Il faut sauver Ginevra Weasley by Ellie (Déconseillé -12)



Merci à Lilith pour cette magnifique bannière, qu'elle m'a offerte pour Noël ^^


C'est la guerre, et par un coup du sort, Drago Malefoy se retrouve à protéger Ginevra Weasley au lieu d'être un bon petit Mangemort. Mais elle ne le sait pas... encore. Et a-t-elle vraiment besoin de lui ?

Traduction de Saving Ginevra Weasley de Azrulai

Categories: Après Poudlard, Draco/Ginny
Characters: Draco Malfoy, Ginny Weasley
Genres: Angoisse/Suspense, Aventure/Action, Romance/Amour
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 10
Word count: 12486 - Hits: 7932
Complete?: Non - Published: 28/06/2008 - Last Updated: 03/08/2010
Story Notes:
Merci à Azrulai de m'avoir donné la permission de traduire sa fic, Saving Ginevra Weasley !

1. Chapitre 1 : Comment c'est arrivé by Ellie

2. Chapitre 2 : Le gardien invisible by Ellie

3. Chapitre 3 - Des notes et un scandale by Ellie

4. Chapitre 4 : Opération Belette by Ellie

5. Chapitre 5 : Opération Drago Malefoy by Ellie

6. Chapitre 6 : Le Réveil by Ellie

7. Chapitre 7 : Je suis là by Ellie

8. Chapitre 8 : Pardonné by Ellie

9. Chapitre 9 : Trouver un endroit où appartenir by Ellie

10. Chapitre 10 : Espionnage by Ellie



Chapitre 1 : Comment c'est arrivé by Ellie
Author's Notes:
Merci à Keina d'avoir corrigé ce chapitre et d'avoir trouvé des tournures de phrase que je m'arrachais les cheveux à trouver ;)
Comment c’est arrivé


L’emploi du temps du seigneur des Ténèbres ressemblait beaucoup à celui de Harry Potter et, par chance, ce dernier était dans la même année que moi à Poudlard. Au lieu d’obtenir un emploi au Ministère ou de passer un an à l’étranger comme n’importe quel autre sorcier de mon âge, j’ai célébré la fin de mes études en me faisant tatouer une tête de mort et un serpent sur le bras. Puis je me suis entraîné, puis je suis parti me battre.

Je devrais commencer mon histoire par la mort du dernier fils Weasley. C’est ce qui m’a mis dans cette situation, pour commencer. Pas le fait de devenir un Mangemort, ça c’était mon père. Je veux parler de la situation ‘Il faut sauver Ginevra Weasley’.

La guerre battait son plein et tous les sorciers de dix-sept ans ou plus étaient au front. Il n’y avait plus d’école, plus de Ministère de la Magie ; seulement la guerre. La vie de chacun se résumait à la guerre, peu importe pour quel camp il se battait. Nous vivions dans des campements, les maisons étant trop dangereuses, même pour les enfants et les femmes qui ne se battaient pas. Nous passions de longues journées à attendre qu’on nous donne l’ordre de faire quelque chose, n’importe quoi, pendant que les haut-placés élaboraient des stratégies ; et finalement, nous tentions des choses qui causaient invariablement plus de morts que de progrès. Les deux camps avaient accusé beaucoup de pertes, mais ce n’était pas un hasard que seuls deux des enfants Weasley étaient toujours en vie. Non, notre camp avait attaqué leur famille avec un acharnement particulier. Aucune famille n’avait jamais autant trahi son sang pur et ils étaient honnis pour cela. De toute façon, avec leurs maudits cheveux, on les remarquait à mille lieues à la ronde. Ils attiraient les Mangemorts comme les Gallions attirent les Niffleurs.

A cette époque, donc, seuls Ginevra, l’accident génétique de la famille, et le bras-droit idiot de Potter étaient toujours vivants. Je dois avouer qu’ils m’impressionnaient, à se battre avec autant de vigueur après avoir perdu cinq frères. Leur père était mort aussi ; un des premiers, en fait.

J’étais là quand Weasley est mort. Non, je ne l’ai pas tué, pour l’amour de Merlin. C’était Nott, je crois. Ce qui est drôle, en fait, c’est qu’il ne visait même pas Weasley cette fois-là. J’ai vu apparaître le jet de magie et il se dirigeait droit sur Granger. …videmment, le Roi Weasley n’a rien trouvé de plus intelligent à faire que se jeter devant, en bon Gryffondor qu’il est. Franchement, qui pourrait autant aimer Granger ? A son crédit, je dois dire qu’il avait du cran ; moi, je ne crois pas que je prendrais un Avada, même pour ma propre mère.

Quoiqu’il en soit, j’étais là et la Weaslette aussi. Ils se battaient toujours ensemble, ces trois-là. Le Garçon-qui-ne-voulait-pas-mourir n’était habituellement pas avec eux, probablement en train de jouer les héros ailleurs (il devait s’ennuyer ferme, d’ailleurs, étant donné que le Seigneur des Ténèbres ne s’était pas montré durant tout ce temps).

J’ai vu le sort voler vers Granger, vu Weasley se jeter devant comme un idiot, vu Weaslette tendre les bras vers lui alors que ses yeux s’éteignaient et qu’il tombait au sol, et je l’ai entendue crier. Jamais auparavant n’avais-je entendu de cri aussi troublant, aussi déchirant.

Ce qu’elle a fait ensuite m’a impressionné. Au lieu de s’effondrer, sanglotant, sur le corps sans vie de son dernier frère, elle a fait volte-face et a pointé sa baguette vers le Mangemort masqué qui avait jeté le sort. Lui lançant un regard meurtrier, elle a murmuré « Endoloris ». À ma connaissance, c’était le premier Sort Impardonnable qu’elle avait jeté (quoique depuis la chute du Ministère, il n’y avait plus personne pour le rendre impardonnable). Ce ne fut pas son dernier, en revanche. Elle l’a tué quelques minutes plus tard, quand il devint évident qu’elle ne pourrait plus rester debout et le torturer au beau milieu d’un champ de bataille beaucoup plus longtemps. J’ai vu la lueur enragée quitter ses yeux, les laissant froids et vides mais toujours secs, alors qu’elle se retournait de nouveau vers le corps de son frère. Elle s’est écartée de la main étirée de Granger (Granger qui, évidemment, pleurait comme une madeleine) et a balayé sa baguette au-dessus du corps, sans doute pour le faire apparaître dans le champ où reposaient les morts de la Lumière. Puis elle a touché le portoloin d’urgence qui pendait autour de son cou, a murmuré les mots déclencheurs et a disparu.

Plus tard, j’ai été rendre visite à mon père, dans l’hôpital de fortune non loin du champ de bataille, où il se mourait d’un sort incurable à action lente. Ça ne me dérangeait pas plus que ça, à vrai dire. Il n’avais jamais vraiment été un père pour moi. Quelques coups de temps en temps à l’écart des regards, une main sur mon épaule, parfois, quand nous nous trouvions en public ; l’instinct paternel de Lucius s’arrêtait là. Mais il m’avait demandé de lui amener des nouvelles de la bataille, et j’avais été élevé à suivre ses ordres.

Alors je me suis assis et je lui ai annoncé que le dernier des fils Weasley était mort. C’est alors que mon père m’a fait sa propre révélation.

Pouvez-vous imaginer ma réaction quand mon père, Lucius Malefoy, m’a dit qu’il avait été amoureux d’une Weasley ? Bon, une Prewett en réalité, mais tout de même.

J’ai vu des photos de Molly jeune fille. Elle avait toujours été un peu grassouillette, mais elle avait ce genre de beauté que Dieu a tendance à donner aux gros en compensation pour leur surpoids. Elle avait de grands yeux et les lèvres rouges, la peau pâle et lisse, même adolescente. Mais honnêtement, je ne vois pas ce que Lucius lui trouvait. C’est Molly Weasley ! Celle qui avait fini par mettre bas à pratiquement une douzaine de petits rouquins stupides ! Père n’avait quand même pas pu tomber amoureux de sa personnalité, pas vrai ? Je suis quasiment certain qu’il n’a pas de cœur…

Bref, après m’avoir raconté cette charmante histoire, il m’a jeté un sort pour que je ne puisse en souffler mot à personne. Je ne sais pas à qui il s’imaginait que j’allais en parler ; je n’avais certainement aucune intention de déshonorer notre nom de famille.

Le choc de cette nouvelle, en revanche, n’était rien comparé à celui qui a suivit quand il parla à nouveau. Il m’a demandé de protéger Ginevra Weasley. Oui, de la protéger. Pourquoi ? Il a dit qu’il ne voulait pas que Molly perde tous ses enfants. Il ne pouvait pas imaginer la douleur d’avoir perdu ses six fils, encore moins celle de devoir enterrer sept enfants. Il a donc un cœur, finalement. Il est capable de faire preuve d’empathie. Wow. Peut-être que le sort avait affecté son cerveau.

Il est mort le lendemain. Ma mère était là, mais les derniers mots qu’il m’a adressés furent « souviens-toi, Drago, de ce que je t’ai dit hier… ». Sa putain de dernière volonté. Eh bien, j’étais un Malefoy. Je ne pouvais pas désobéir à un vœu de mon père. Alors j’ai commencé à protéger la petite Weaslette.
End Notes:
Alors, ça vous plait ?

Chapitre 2 : Le gardien invisible by Ellie
Author's Notes:
Merciencore à Keina d'avoir relu, et à Lyane et loloche35 pour m'avoir donné les traductions de termes HPiens anglais que je ne connaissais pas en français.
Le gardien invisible


J’ai commencé à protéger la petite Weaslette.

Je la surveillais durant les batailles, hors de vue ou sous un sort de désillusion. Je bloquais déviais les sorts qui lui étaient destinés et neutralisais temporairement les Mangemorts qui se trouvaient autour d’elle. J’observais son style. Elle était bonne, il n’y avait aucun doute là-dessus. La plupart du temps, elle n’avait pas besoin de mon aide discrète. Elle était si enflammée et passionnée – une passion que je n’ai jamais pu ressentir pour ce sang-mêlé qui prônait la suprématie des sang-purs. D’après ses propres théories, il m’était inférieur. Pourquoi alors aurais-je dû le suivre ? Weasley, de son côté, croyait de tout cœur en sa cause. C’était évident.

Je m’étais presque attendu à ce qu’elle arrête de se battre. Je pensais que Molly le lui aurait interdit. Maintenant que je l’ai vue se battre, je me rends compte qu’elle ne l’aurait jamais accepté. Elle a besoin de se battre.

Alors, j’ai décidé de démissionner. D’arrêter de me battre pour le Seigneur des Ténèbres, et de faire de la protection de Weasley un emploi à temps plein. Honnêtement, le vainqueur de la guerre m’importait peu. J’avais le pressentiment que Potter y arriverait à la fin, dès que Voldy aurait montré son horrible… peut-on vraiment appeler ça un visage ?

Alors j’ai disparu. J’ai élu domicile dans la forêt près du camp de la Lumière, afin d’avoir un meilleur accès à Weasley. Selon toutes les apparences, j’étais mort. On n’avait simplement pas retrouvé mon corps. C’était assez fréquent. Je me sentais un peu coupable de faire ça à ma mère, mais je n’avais jamais été très proche d’elle non plus. Je ne culpabilisais pas assez pour ne pas le faire.

J’étais bien installé ; bien plus que je ne l’avais été au camp des Mangemorts, en réalité. J’avais pu faire un saut au Manoir Malefoy, récupérer tout ce dont j’avais besoin sans me faire remarquer (personne ne savait contourner les sorts de protection aussi bien que moi) et je m’étais installé dans la tente que nous avions utilisée pour la Coupe du Monde de Quidditch. J’y étais très à l’aise, et comme elle était prévue pour trois personnes, j’avais tout l’espace dont j’avais besoin. Quelques (douzaines de) coups de baguette plus tard, elle était enchantée et invisible. J’avais toujours été doué en métamorphose, alors avec quelques efforts je parvenais à transformer les baies et champignons que je trouvais en repas appétissants.

Pourquoi, vous demandez-vous peut-être, est-ce qu’un Malefoy voudrait passer son temps à protéger une Weasley ? D’accord, ça avait été le dernier vœu de mon cinglé de père, mais je n’étais pas sous l’emprise d’un Serment Inviolable ou quoi que ce soit du même genre. Eh bien, pour être honnête, cette fille m’intriguait. Je n’avais jamais vraiment fait attention à elle à l’école, mais sa manière de se battre, la façon dont elle avait vengé son abruti de frère, son redoutable sortilège Chauve-Furie… Je voulais en savoir plus sur elle. C’était plus fort que moi . Je sais, cela ne me ressemble pas du tout.

Une nuit, je me suis réveillé avec l’étrange impression que quelque chose ne tournait pas rond. Me dirigeant silencieusement vers la lisière du bois, j’épiais à travers la dernière rangée d’arbres le cimetière de la Lumière, situé entre leur camps et les grands chênes parmi lesquels j’avais trouvé refuge.

Tout d’abord, je crus que ce n’était qu’une autre personne endeuillée qui venait dire bonsoir à un être cher. C’était bien une personne en deuil, mais pas n’importe laquelle. Vous l’avez deviné : c’était Weasley. Elle s’était agenouillée devant les sept tombes de sa famille, figée et silencieuse. Son dos n’était pas secoué par les sanglots et elle ne baissa pas la tête dans ses mains. Elle restait simplement là, immobile.

J’étais sur le point de retourner dans la forêt et la laisser tranquille, m’étant convaincu que mon mauvais pressentiment n’était dû qu’au fait d’avoir entendu ses pas sur les feuilles, quand elle a finalement bougé. Elle mit la main sous sa cape et en ressortit un objet qui scintilla à la faible lueur de la lune. Pendant un moment je fus incapable de bouger, hypnotisé, ne saisissant pas vraiment ce qu’il se passait. Quand elle pointa résolument le couteau vers sa poitrine, le déclic se produisit.

Avant que je n’aie pu vraiment réfléchir à ce que je faisais, j’avais sorti ma baguette et murmuré « Wingardium Leviosa ». Le poignard s’est échappé de sa main et a volé jusqu’à moi. Je l’ai attrapé agilement par la garde. Elle s’est tournée dans ma direction, les yeux écarquillés.

J’avais compté sur sa peur de l’inconnu (ou sa crainte que je sois Mangemort, ce que j’étais plus ou moins) pour contrer sa curiosité, mais apparemment j’avais eu tort. Elle a dégainé sa baguette et traversé le cimetière désert en un clin d’œil. Je ne pouvais pas transplaner vers ma clairière ; il y avait probablement des sorts de détection pour cela, comme pour les Sorts Impardonnables (la raison pour laquelle, je suppose, elle n’avait pas essayé de se tuer avec sa baguette, ce qui aurait été beaucoup moins douloureux. Quoique peut-être était-ce la douleur qu’elle recherchait). Je me suis lancé un nouveau sort de désillusion (je passais plus de temps invisible que visible ces derniers temps, pas vrai?) et me suis aplati contre le large tronc d’un chêne alors qu’elle franchissait la lisière du bois à quelques pas de moi.

Naturellement, c’est à ce moment qu’une brindille sèche a craqué sous mon pied. Elle a tourné brusquement la tête en direction du son, sa baguette suivant le mouvement. Je retenais ma respiration alors que le point de lumière avançait, lentement mais sûrement, vers ma poitrine. Son visage parsemé de taches de rousseur était éclairé par la lueur de la baguette et ses grands yeux bruns étaient plus sombres que je ne les avais jamais vus auparavant. Je ne l’avais jamais regardée de près depuis… eh bien, jamais, en fait, en tout cas pas depuis Poudlard.

Sa chevelure typique des Weasley était coupée court, juste au-dessus de son menton, et tombait dans ses yeux en mèches inégales. Je fus étonné à la vue de l'effet que la guerre avait eu sur elle. De larges cernes s’étiraient sous ses yeux foncés; il était clair qu’elle n’avait pas dormi correctement depuis longtemps. Elle était plus maigre qu’elle ne l’avait jamais été à Poudard ; je pouvais m’en rendre compte même avec mes vagues souvenirs de ce à quoi elle ressemblait dans le temps. Elle avait toujours eu une silhouette fine et athlétique, assez grande pour une fille, mais maintenant elle avait juste l’air en mauvaise santé. Ses joues étaient creuses, le poignet de la main qui tenait sa baguette si mince que j’aurais facilement pu le casser de mes mains nues.

J’avais fait ces observations en quelques secondes, mais j’avais l’impression que de longues minutes s’étaient écoulées. Je retenais toujours ma respiration et ma baguette était sortie, prête à me lancer un bouclier si elle pensait à murmurer un « Finite Incantatem ». Mais elle ne l’a pas fait. Elle a reculé, brandissant toujours sa baguette dans ma direction approximative, avant de s’enfuir en courant vers son camp. Je l’ai regardée disparaître puis j’ai examiné son poignard à la lumière de la lune. La lame était aiguisée et portait le sceau des Prewett. Il venait donc de la famille de sa mère. La garde plaqué or n’était pas incrustée de pierres précieuses, comme la mienne, mais le poignard était tout de même bien ouvragé. Elle serait contrariée de le perdre. Je l’ai mis dans la poche intérieure de ma cape noire et suis retourné dans mon propre petit campement.

Le lendemain matin j’ai surveillé l’entrée de sa tente jusqu’à ce que sa mère en sorte, laissant Ginevra seule à l’intérieur. J’ai percé une ouverture juste au-dessus de son lit et j’ai posé le poignard sur son oreiller, accompagné d’une note, avant de refermer l’ouverture. Quelque part au milieu de tout cela, Weaslette était devenue Ginevra, sans que je ne sache trop comment c’était arrivé.

Ginevra,

Pense à quel point cela serait égoïste. Je garderai un œil sur toi, au cas où.

Tu peux m’appeler Silver.


J’avais été tenté de me faire appeler dragon (j’avais toujours bien aimé mon prénom ; une des rares bontés de Lucius envers moi, je suppose), mais c’était trop évident. Elle aurait deviné.

Cela étant fait, je fis une visite rapide dans la tente de Rogue du côté du camp des Ténèbres. Je savais qu’il aurait des potions de sommeil sans rêves, et je ne fus pas déçu. Je subtilisais sa réserve au complet et j’étais de retour chez la Lumière en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. La potion se retrouva elle aussi dans la tente avec une nouvelle note.

Pour l’amour de Merlin, dors un peu. Je sais que tu n’as aucune raison de me faire confiance, mais tu es intelligente ; tu dois bien connaître les incantations pour déceler les traces de poison dans une potion. Au pire, tu peux toujours la tester sur un elfe de maison.

Silver


Je l’ai observée plus tard. Elle a bu la potion sans faire un seul test. J’aurais dû m’en douter ; après tout, elle désirait mourir.

Chapitre 3 - Des notes et un scandale by Ellie
Author's Notes:
Une fois de plus, ce chapitre ne serait pas ce qu'il est sans l'habile relecture de Keina (ni le chapitre de base d'Azrulai, évidemment)!
Des notes et un scandale


C’était très terriblement intelligent de leur part, vraiment. Normalement, ils étaient plus arrogants dans leurs attaques.

Les Mangemorts avaient été discrets en traversant les sorts de protection et en envahissant le campement de la Lumière. Personne ne réalisa ce qu’il se passait avant qu’il ne soit bien trop tard. Ils capturèrent simplement les meilleurs Aurors et combattants et repartirent. Parmi les captifs se trouvaient Remus et Nymphadora Lupin, Sirius Black, Alastor Moody, et une foule d’autres gens. Leurs vies sauve coûterait au camp de la Lumière sa reddition, mais tout le monde savait que cela ne garantissait en rien leur retour en bon état.

Durant l’attaque, la mère de Ginevra se rendit à la tente des Médicomages afin d’aider autant qu’elle le pouvait ceux qui avaient eu la malchance d’être dans la même tente que les cibles. J’étais le seul à savoir que Ginevra était sous l’emprise d’une potion de Sommeil Sans Rêves et ne se réveillerait pas avant cinq heures si personne ne prononçait le contre-sort. J’écrivis un nouveau mot.

Ginevra, c’est une attaque de Mangemorts. Ne te bats pas. Trouve-toi un endroit sûr où tu pourras te défendre.

Silver


J’ai laissé le mot à côté de sa silhouette endormie et, à travers mon ouverture habituelle, ai murmuré le sort pour la réveiller. Une fois certain qu’elle était bien alerte, j’ai disparu pour me cacher. Je ne pouvais pas risquer qu’un Mangemort qui me croyait mort me voie me promener dans le camp, n’est-ce pas ?

Même si je ne passais qu’un temps limité dans le campement et que je ne parlais à personne, j’ai senti que l’atmosphère avait changé le jour suivant. La tension était à couper au couteau. Les meilleurs combattants et stratèges de la Lumière étaient tenus en otage, les Mangemorts avaient réussi à déjouer les sorts de protection – d’après les conversations que je pouvais saisir (d’accord, espionner serait plus juste ), les gens perdaient espoir.

Potter avait été désigné comme meneur, en tant que « sauveur du monde sorcier ». Une idée stupide, si vous voulez mon avis – il était peut-être le Garçon-Qui-A-Survécu, mais d’après ce que j’avais plu constater, il n’était pas particulièrement doué pour aider les autres à rester en vie. Il était pour le moment occupé à concocter un plan avec Granger. Elle, au moins, elle avait un peu de bon sens, et il est vrai qu’elle était une bibliothèque ambulante.

Tard dans l’après-midi, Ginevra a quitté sa tente, lançant des regards furtifs à gauche et à droite pour s’assurer que personne ne l’avait vue. En fait, personne sauf moi, comme je l’ai compris plus tard. Sur le moment je me suis simplement dit que c’était idiot de sa part de s’aventurer seule dehors avant que les sorts de protection ne soient correctement mis à jour, et qu’il valait mieux que je la suive.

Elle s’est rendue à l’extrémité du cimetière la plus rapprochée du la forêt. Je la suivais de près, invisible une fois de plus. Elle a sorti un morceau de parchemin de sa poche et l’a posé sur un rocher, au pied d’un des arbres, puis est retournée aux tombes de sa famille. Je lui ai jeté un regard, m’assurant qu’elle était en sécurité et qu’elle regardait ailleurs, et me suis dirigé vers le parchemin qu’elle avait laissé. Je n’aurais pas dû être étonné de voir Silver écrit dessus en lettres cursives.

J’ai présumé que tu me suivrais puisque tu sembles toujours être là, dans les coulisses. Si tu lis ceci, j’avais raison. Qui es-tu ? Pourquoi moi ? Vais-je te rencontrer un jour ? Est-ce que je te connais déjà ? Quel âge as-tu ? …tais-tu à Poudlard en même temps que moi ? Tu sais où me trouver.

Ginevra


J’ai décidé que je pouvais aussi bien répondre aux questions qui ne lui dévoileraient pas mon identité. J’ai écrit ma réponse et l’ai pliée en forme de grue, l’enchantant pour qu’il vole jusqu’à elle.

Tu as raison. Je ne peux pas te dire qui je suis, mais il y a certaines choses que tu peux savoir. J’ai à peu près ton âge. Tu m’as rencontré, mais tu ne me connais pas. Je porte la Marque des Ténebres, mais je ne suis pas un Mangemort. Peut-être qu’un jour nous nous rencontrerons à nouveau.

Silver


Elle a attrapé la note au vol et l’a dépliée. Avant de la lire, elle a jeté un bref regard dans ma direction. Quand elle l’eut finie, elle a secoué la tête et s’est dirigée vers le campement. Alors qu’elle atteignait la première rangée de tentes, Granger est apparue et l’a tirée par le bras, lui disant quelque chose que je ne pus comprendre. Je ne reconnus Granger qu’à sa masse de cheveux caractéristique. Me déplaçant rapidement afin de ne pas les perdre de vue, j’ai suivi les filles jusqu’à une tente et j’ai écouté avec attention la conversation qui se déroulait à l’intérieur.

- Ginny, nous te cherchions. – J’ai reconnu la voix de Potter. – Tu ne devrais pas sortir seule.
- Oui, oui, Hermione m’a déjà fais la leçon. Qu’est-ce que vous voulez ?

J’ai été surpris par l’animosité de son ton. Sa relation avec Potter et Granger s’était visiblement détériorée depuis la mort de son frère.

- Eh bien, pour être franc, nous avons besoin de ton aide pour libérer les captifs.
- Pourquoi moi ? Qu’est-ce que je peux faire ?
- Tu sais te battre et tu es… mince. Nous avons trouvé une brêche dans le bouclier des Mangemorts, mais elle est seulement assez large pour que quelqu’un de ta taille, ou plus mince encore, y passe. Autrement, il faut la Marque des Ténèbres, et nous n’avons plus de guerrier marqué de notre côté.

Il a pris une profonde respiration.

- Crois-moi, Ginny, je n’ai vraiment pas envie de t’y envoyer, mais tu es notre unique chance. Tu es la seule à être assez petite pour traverser la barrière mais aussi assez intelligente pour savoir quoi faire une fois de l’autre côté.
- Alors tu m’envoies faire une mission extrêmement dangereuse parce que je suis mince ? a-t-elle dit amèrement.
- Je ne peux pas t’y obliger. La décision te revient, a répondu Potter.
- Oh non, je vais y aller, ne te méprends pas. Je voulais simplement souligner l’ironie de la situation, a-t-elle ajouté avec acidité.

Potter n’a pu retenir un soupir de soulagement.

- Qu’est-ce que je dois faire ?

Chapitre 4 : Opération Belette by Ellie
Author's Notes:
Un immense merci à Keina. Je sais sérieusement pas ce que je ferais sans toi, cette trad déborderait d'anglicismes!
Opération Belette


Quand Ginervra a rejoint sa tente, il y avait une nouvelle note sous les couvertures de son lit.

Je serai là, que tu me voies ou non.

Silver


J’envisageais de me révéler à elle avant l’opération Belette, comme je la nommais dans ma tête (étrangement approprié, elle s’apprêtait à fureter comme une belette dans le camp des Mangemorts). J’étais en train de devenir un peu fou, à n’avoir parlé à personne depuis si longtemps. Quand même, je n’ai pas pris de décision définitive au cas où j’aurais changé d’avis. Pas de promesse, pas d’engagement. Un Malefoy tout craché.

Le lendemain matin, j’ai attendu près de l’endroit où je savais se trouver la brèche dans le bouclier (je le savais parce que j’avais écouté le reste de la conversation jusqu’au bout). Je n’ai pas eu à attendre longtemps avant d’entendre des bruits de pas. À travers les arbres, j’ai épié Potter se glisser hors de sa cape d’invisibilité et transplaner, laissant Ginevra seule; je le savais, même si je ne pouvais pas la voir. Elle s’est approchée du bouclier, s’est débarrassé de la cape à son tour et s’est accroupie à la recherche du petit rocher à la forme étrange qui marquait l’endroit où elle pourrait traverser. C’était le moment ou jamais. Tenant ma baguette devant moi au cas où elle déciderait d’attaquer, j’ai brisé le sort de désillusion et l’ai appelée doucement.

Elle a été trop rapide pour moi. Sa baguette était pointée sur moi avant que je n’aie eu le temps de parer. J’ai eu une chance du diable qu’elle n’ait pas cherché à me tuer.

- Petrificus Totalus !

Elle s’est levée et a baissé le regard sur moi alors que je gisais, immobile, sur le sol de la forêt.

- Malefoy ? a-t-elle murmuré, semblant abasourdie.

Elle a regardé mes yeux, les seules parties de mon corps qui pouvaient bouger, qui tournaient furieusement dans leurs orbites. Mes yeux gris argentés si particuliers.

Elle a subitement réalisé.

- C’est toi, Silver ?

Elle n’était visiblement pas encore prête à me faire confiance puisqu’elle m’a attaché les mains et les pieds avant de me libérer de ma paralysie. Je me suis redressé maladroitement, me servant de mes mains jointes comme levier, et ai levé les yeux pour rencontrer son regard.

- Oui, je suis Silver, ai-je dit d’une voix enrouée, faute de l’avoir utilisée depuis si longtemps.

Elle a décidé de me tester.

- Quelle est la première chose que tu m’aies donnée ?
- Le poignard de ta mère, celui avec l’emblême des Prewett. Mais il t’appartenait déjà, je ne faisais que te le rendre. La première chose que je t’ai donnée était une potion de sommeil sans rêves.
- Comment as-tu suggéré que je teste son intégrité ?
- Avec des sortilèges, ou en la testant sur un elfe de maison.

Elle a alors semblé se résoudre à y croire.

- Comment ai-je pu ne pas le deviner ? Seul un Malefoy dirait quelque chose comme ça. Merlin, tu es Drago Malefoy ! Tu es supposé me narguer à propos de ma famille, ou plutôt le fait que je n’en ai plus. Qu’est-il arrivé à l’ordre de l’univers ?
- Ça, Ginevra, c’est une histoire pour un autre jour.

- Appelle-moi Ginny, comme tout le monde, a-t-elle dit automatiquement.

Puis, elle s’est rappelé de l’identité de son interlocuteur et a secoué la tête, comme si tout cela n’était qu’une hallucination qu’elle pouvait faire disparaître.

- Jamais de la vie. Ginevra n’est pas mal, mais Ginny est une parodie de prénom.
- Tu es toujours le même Malefoy, a-t-elle dit, libérant enfin mes membres de leurs contraintes magiques.
- Détrompe-toi, Ginevra. Je suis là pour t’aider. Range cette cape ridicule, nous avons besoin de notre liberté de mouvement.

J’ai lancé mon éternel sort de désillusion surexploité sur nous deux, le modifiant pour que nous puissions nous voir. Puis j’ai lancé un enchantement sur le bouclier, pour en rendre une section visible telle un film rouge translucide. On pouvait voir l’endroit exact de la brèche, près du sol, à la base d’un arbre qui poussait de part et d’autre du bouclier.

- Tu vas devoir te faufiler par là. Heureusement pour moi, je porte la Marque des Ténèbres – j’ai levé ma manche pour lui montrer le symbole répugnant et elle a grimacé – alors je pourrai simplement traverser. Je sais comment rompre le bouclier, mais ils le sauront immédiatement, alors mieux vaut ne le faire que sur le chemin du retour. Le campement comprend un large bâtiment qui sert de quartier général. C’est sûrement là que sont retenus les Aurors. Il est entouré de tentes, lesquelles sont cernées par une forêt de ce côté et des collines de l’autre. Nous serons en sécurité tant que nous serons sous le couvert des arbres, mais une fois à découvert nous devrons faire très attention. Très bien, es-tu prête ?

Ginevra a hoché la tête et j’ai traversé le bouclier pour lui parler depuis l’autre côté.

- Ils se rendront compte de ta présence si tu touches le bouclier. Colle bien ton dos contre le tronc en traversant, tu risqueras moins de toucher les côtés.

Elle a entrepris de se faufiler, ondulant comme un serpent, à travers la brèche.

- On dirait un film de James Bond ! a-t-elle dit, ne quittant pas le bouclier des yeux.
- Un quoi ? ai-je demandé.
- Truc de Moldus, désolée.

Une fois passés le bouclier, une relativement longue marche à travers la forêt nous attendait avant que nous puissions atteindre le campement. Au début, aucun de nous deux ne disait quoi que ce soit. C’était douloureusement inconfortable.

- Alors, pourquoi me protèges-tu ? Toi, particulièrement ? Pourquoi n’es-tu pas là-bas, à surveiller les prisonniers que je viens sauver ? a-t-elle finalement demandé.
- Je te l’ai déjà dit : ceci n’est toujours pas un moment idéal pour en parler. Plus tard. Pour ce qui est de ta deuxième question, eh bien, j’essaie de voir la situation d’un œil pratique. Sans les nés-Moldus, il y aurait tellement de consanguinité chez les sorciers que nous deviendrions tous génétiquement défectueux. De toute façon, le Seigneur des Ténèbres est un parfait hypocrite.
- Je n’aurais jamais cru entendre Drago Malefoy dire ça.
- Je ne l’aurais pas cru moi-même, en fait.

Et je n’aurais jamais un jour pensé aller sauver des Aurors avec l’aide d’une Weasley.

Notre conversation s’est poursuivie facilement, du moins plus facilement que ce à quoi je m’étais attendu, jusqu’à ce que nous atteignions la lisière du bois et n’apercevions le campement Mangemort. Une chance qu’un petit lapin blanc a bondi devant nous à ce moment en direction du campement, parce que j’ai eu tout juste le temps d’étendre un bras devant Ginevra pour la stopper en le voyant frapper un mur invisible et changer brusquement de direction.

Elle n’avait rien remarqué.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Un nouveau bouclier. Une deuxième couche. Elle n’était pas là la dernière fois que je suis passé par là. Ils ont dû penser à renforcer les mesures de sécurité.

Je me suis tu une minute pour réfléchir à la situation.

- Qu’est-ce qu’on va faire ?
- Nous n’aurons pas la chance de trouver une brèche dans celui-ci. Nous allons devoir dévoiler notre présence, à moins que…
- A moins que quoi ?
- A moins que j’y aille seul. Marque des Ténèbres, tu te souviens ?
- Jamais de la vie, c’est moi qui suis supposée accomplir cette mission.
- Si tu mangeais un peu plus, tu ne le serais pas, ai-je rétorqué. Tu sais quoi, je ne vais pas rester ici et argumenter avec toi. Je vais simplement traverser ce bouclier – j’ai marché jusqu’à l’autre côté – et te rappeler que si tu essaies de me suivre, tu feras plus de mal que de bien. Souhaite-moi bonne chance.

Elle me fixait, coincée de l’autre côté, tandis que je dégainais ma baguette, tournais les talons à la Lucius, et me mis en route vers le campement.

Chapitre 5 : Opération Drago Malefoy by Ellie
Author's Notes:
Le retard est de la faute de Keina !

Je rigole :P Ma betateuse est tellement phénoménale qu'elle peut prendre tout le temps qu'elle veut pour corriger mes chapitres !

J'en profite pour signaler que cette fic est en course pour être la Sélection du mois de septembre, ici ^^
J’ai traversé le campement silencieusement et même si je ne l’avouerai jamais, mon coeur battait à cent à l’heure. Quand je suis arrivé face à l’imposant immeuble noir en son centre, j’ai fait une pause pour décider de la prochaine étape. Après avoir fait le tour de l’endroit, j’ai décidé que passer par une des fenêtres de la cave, au ras du sol, serait plus facile que de tenter de me faufiler à travers les vigiles qui montaient la garde aux multiples entrées.

Il n’y avait pas beaucoup de protections magiques autour de l’immeuble – je suppose qu’ils pensaient que deux murs traversables seulement avec la Marque des Ténèbres autour du campement feraient l’affaire. Du moment où tous les vivants répondaient à l’appel, ils avaient sûrement raison. Je ne répondais pas à l’appel, mais qui se serait attendu à ce que le fils de Lucius Malefoy change de camp ? Ah, quelle ironie.

Il m’a fallu quelques sortilèges et un bon moment à utiliser mon superbe poignard familial comme levier avant de parvenir à ouvrir une fenêtre. Je me suis laissé tomber lestement au sol et ai lancé un Imperio au seul gardien à proximité avant même qu’il ne puisse se tourner vers le bruit que j’avais dû faire en brisant la fenêtre. Suivant mes directives soufflées, il s’adossa nonchalamment contre le mur, semblant seul à quiconque jetterait un coup d’oeil en sa direction. Il a pris le flacon de Véritasérum que je lui tendais et l’a porté subtilement à ses lèvres, en déposant une seule goutte sur sa propre langue. Je soulevai l’Imperio alors que son regard devenait flou.

- Où sont les prisonniers et comment puis-je m’y rendre ? ai-je murmuré.
- Un étage plus bas. L’escalier est masqué au bout du corridor, dis Mardevoile, a-t-il répondu d’une voix morne.
- Merci. Maintenant, si tu pouvais venir avec moi… J’imagine que tu n’y verras pas d’objection…

J’ai replacé l’Imperio alors que les effets de la dose minimale de Véritasérum s’évaporaient.

Le gardien a traversé le corridor sous mes ordres et tapoté le mur du fond en prononçant la formule alors que je me tenais derrière lui, invisible. Le mur s’est évaporé et j’ai suivi mon guide en bas d’un escalier jusqu’à l’anti-chambre de la prison qui était ma destination. J’ai stupéfixé un des vigiles qui se tenait devant la porte ; mon toujours utile robot-Mangemort s’est occupé de l’autre. J’en réveillai un pour répéter la longue procédure du Véritasérum et découvrir comment ouvrir la cellule.

J’avais fait tout cela comme si j’étais dans un rêve. Je savais exactement ce que j’étais en train de faire, je prévoyais comment le tout allait se dérouler, et mon corps exécutait ses fonctions machinalement, sans y réfléchir. Je me suis glissé à l’intérieur avec mon Mangemort sous l’Imperio. J’ai réveillé les deux autres, effacé leur mémoire et les ai placé eux aussi sous Imperio, pour faire bonne mesure. Ils ont repris leur place devant la porte alors que je la fermais, ignorants de tout changement s’étant produit ces trois dernières minutes. Une fois à l’intérieur, j’ai révélé ma présence aux prisonniers.

Il y a eu un moment de silence étonné de la part des captifs, puis :

- Tu es le fils de Lucius Malefoy ? s’est écrié l’homme que je reconnaissais être Sirius Black.
- Oui, c’est lui, a confirmé Lupin, mon ancien professeur de Défense contre les forces du mal.
- Il paraît que tu es un salaud, tout comme ton fichu père, a craché Black.

J’ai levé ma baguette pour leur rappeler que j’étais armé et eux pas.

- Ne me compare plus jamais à mon père, ai-je sifflé en toisant tous ceux présents.

Personne n’a dit un mot, mais j’ai cru voir le coin des lèvres de Lupin se lever.

- Et puis, aussi pénible que ce soit à avouer, je suis dans votre camp. Enfin, dans le camp de Ginevra Weasley. Le fait est que je suis venu vous sortir d’ici.

Nouveau silence. Je leur ai expliqué.

Nous n’aurions pas de difficulté à traverser les défenses de l’immeuble, mais les Mangemorts serait alertés aussitôt que les prisonniers se seraient échappés. Mon plan n’était pas extraordinaire (d’accord, ce n’était même pas vraiment un plan) mais aucun des “brillants” Aurors n’avait de meilleure idée, alors…

J’ai mené le groupe vers la sortie une fois que chacun se soit rendu invisible. L’ai levé l’Imperio des trois gardes et leur ai lancé un dernier sort d’amnésie (je crois avoir eu la main lourde sur l’un d’eux, mais peu importe), et j’ai terminé en les assommant. Etant donné que les Mangemorts seraient à nos trousses d’un instant à l’autre, ça ne valait plus la peine prétendre qu’il ne s’était rien passé. Nous avons jeté des sorts d’amortissement sur nos chaussures, puis nous nous sommes rendus jusqu’à la fenêtre déjà cassée. J’ai rompu les barrières magiques, nous sommes sortis le plus rapidement possible, puis nous avons couru.

Les sortilèges d’amortissement fonctionnaient bien – la plupart des Mangemorts des environs ne nous entendaient pas. Mais ils savaient quand même approximativement où nous nous trouvions et se mirent à lancer des sortilèges. Quelques minutes plus tard, une seconde équipe de vigiles est arrivée en renfort. Nous essayions de garder un sort de protection avancé autour de nous, mais nous avons été forcés de nous séparer en courant et il s’est rompu. C’était une vraie pagaille – chaque sorcier lançait des sortilèges derrière lui tout en maintenant un bouclier personnel et en tentant d’éviter de toucher son propre camp.

Nous avions presque atteint la première strate de boucliers. Je voyais Ginevra, les yeux écarquillés, nous attendant impatiemment juste derrière. Je l’ai agrippée par le bras après avoir brisé les sortilèges et nous avons continué à courir, cette fois-ci à travers la forêt. Les Mangemorts nous suivaient toujours, mais il leur était plus difficile de viser à travers les arbres. Après ce qui semblait être des heures de sprint douloureux, nous avons atteint la couche extérieure de boucliers.

- TRANSPLANEZ DES QUE VOUS AUREZ TRAVERSE ! ai-je hurlé.

Alors que nous approchions le mur, je le brisais. Notre groupe a couru encore plus vite, et je voyais des gens transplaner devant moi. Je me suis tourné vers Ginevra, prêt à l’agripper pour l’emmener avec moi, quand j’ai vu un visage familier quelques mètres derrière elle. Blaise Zabini, mon ancien compagnon de classe, leva sa baguette et lança un sortilège avec lequel j’avais eu une expérience personnelle :

- SECTUMSEMPRA !

Je me suis jeté vers elle. Je ne me sacrifiais pas comme l’avait fait son idiot de grand frère, ne vous faites pas d’idées. Ce n’était pas un sort mortel, mais ça le deviendrait s’il l’atteignait à l’endroit visé. Je pensais pouvoir la pousser hors du chemin, en sortir indemne. Au pire, je pourrais me positionner de sorte à recevoir le sort à un endroit moins grave. C’est ce qui est arrivé. Je sentis une douleur déchirante et du sang chaud se répandre dans le haut de mon dos, autour de l’omoplate, puis le sortilège me fit perdre l’équilibre. Je tombai à la renverse et eut brièvement conscience de me cogner l’arrière de la tête sur un tronc d’arbre avant que tout ne devienne noir.

Chapitre 6 : Le Réveil by Ellie
Author's Notes:
Merci à Keina pour la correction :) Je tiens aussi à remercier tous les gens qui ont voté pour cette fic à la Sélection du mois dernier. Je ne savais pas que SGW était si appréciée, et ça me flatte beaucoup de voir son petit succès. Azrulai et moi sommes très reconnaissantes :D
Le Réveil


Mes paupières ont papillonné juste assez longtemps pour voir une tache de rouge vif qui flottait au-dessus de ma tête. Elles se sont refermées aussitôt.

- Drago ? Drago !

La voix était familière. Mon esprit embrumé a fait la connection avec le nuage cramoisi. Soudainement, je me suis souvenu de sa propriétaire et de ce qui était arrivé, et mes yeux se sont ouverts pour de bon.

- Tu es réveillé ! s’est écriée Ginevra avec enthousiasme.

Je me suis relevé sur un coude, me secouant légèrement la tête pour l’éclaircir avant de réaliser que ce mouvement était douloureux. À ma surprise, la femme qui s’est précipitée dans la chambre était Poppy Pomfresh. J’ai laissé échapper un soupir. Alors nous étions parvenus à nous échapper.

Je n’avais plus revu Madame Pomfresh depuis Poudlard, ce qui n’avait rien de surprenant. Elle travaillait comme guérisseuse pour la Lumière.

- Tu as perdu beaucoup de sang et tu souffres d’une blessure sérieuse à la tête ! Peux-tu m’expliquer ce que tu fais assis ?! a demandé Pomfresh en me repoussant sur les draps frais du lit de camp.

Je n’ai pas émis de protestation, étant donné que je commençais à me sentir vaguement étourdi. Elle est sortie de la tente en lançant :

- Je reviens tout de suite, ne bouge pas.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? ai-je demandé d’une voix rauque à Ginevra, que je pouvais voir perchée sur le côté de mon lit.
- Merlin merci, tu es finalement réveillé, a-t-elle répété, les yeux un peu brillants.

Soudain, elle s’est agenouillée près de moi et a entouré mon corps de ses bras fragiles, dans une tentative de câlin. Ses cheveux courts me chatouillaient l’épaule et j’ai senti quelque chose de mouillé contre mon cou. Ne sachant trop quoi faire, j'ai maladroitement tapoté son dos d’une main. Elle s’est écartée et a tourné son visage vers le sol, ce qui ne m’a pas empêché de la voir rapidement essuyer des larmes de ses joues.

- Tu as une mine horrible, ai-je dit d’un ton compatissant quand elle s’est tournée pour me faire face.

C’était vrai – les poches sous ses yeux étaient devenus plus prononcés et elle paraissait, si c’était possible, encore plus maigre.

Elle a reniflé.

- Merci beaucoup. Tu peux bien parler – c’est toi qui viens de passer deux semaines dans le coma.
- Deux semaines ?!

Tout d’un coup j’ai réalisé pourquoi elle avait l’air si épuisé. Elle était restée là tout ce temps, à attendre que je me réveille.
J’ai été sauvé d’avoir à ajouter quoi que ce soit par l’arrivée de Pomfresh, qui avait réapparu avec une potion au goût abominable qu’elle m’a forcé à avaler.

- C’est pour la douleur, mon grand. Tu en auras besoin maintenant que tu es réveillé.

J’ai réprimé mon haut-le-coeur et retenu ma plainte instinctive, marmonnant à la place :

- Merci, Madame Pomfresh.

Elle m’avait toujours détesté à l’école (j’avouerai que c’était compréhensible, après l’incident de l’hippogriffe), alors d’où venait donc ce « mon grand » ?

Comme si elle avait capté mes pensées, elle a répondu :

- Poppy, mon cher. Nous ne sommes plus à Poudlard. Tu as bien grandi – je me souviens que tu étais vraiment pénible dans le temps, si tu me permets, mais j’ai appris ce que tu as fait pour les prisonniers.

J’ai vaguement hoché la tête, les yeux dans le vide.

Cela s’étant clarifié, je me suis souvenu de la façon dont j’en étais arrivé ici. Je me suis de nouveau tourné vers Ginevra.

- Est-ce que tout le monde s’en est sorti ? j’ai demandé.

Elle a souri.

- Oui, grâce à toi. Quelques blessures, mais la tienne était la pire.

Poppy a ajouté quelques oreillers pour que je puisse m’asseoir sans devoir me soutenir avant de nous assurer qu’elle serait à portée de voix et de me laisser seul avec Ginevra. Il y a eu un silence un peu gêné qu’elle a fini par briser.

- Maintenant que nous ne sommes plus en danger de mort, peux-tu me dire pourquoi tu me protèges, s’il-te-plaît ? Tu me dois au moins ça.

J’aurais pu souligner que je lui avais sauvé la vie plusieurs fois et que je ne lui devais rien du tout, mais je devais bien lui dire un jour, après tout.

- D’accord, ai-je commencé, mais tu ne peux pas le dire à qui que ce soit. Surtout pas à ta mère.

Elle a haussé un sourcil mais a hoché la tête, et je lui ai raconté tout l’histoire, lentement et méthodiquement. Son expression est rapidement passée de l’intérêt à l’incrédulité.

- Mais c’est ton père qui m’a donné le journal intime de Tom Jedusor !
- J’imagine qu’il n’avait pas la moindre idée de ce que ce livre était capable de faire. Par ailleurs, à cette époque, ta mère avait six autres enfants. Ne va pas t’imaginer que c’est toi qui était importante pour Lucius.
- Et pour toi, suis-je importante ? a-t-elle demandé abruptement.
- A présent, tu l’es, ai-je répondu honnêtement.

Il y a eu une autre pause.

- Pourquoi l’appelles-tu Lucius ?
- Il n’a jamais vraiment été un père pour moi, alors je ne vois pas pourquoi je devrais lui accorder ce titre.
- Mais alors pourquoi lui as-tu obéi ? Je sais que le truc de « l’obligation Malefoy » ne vaut rien. Ton père n’aurait pas voulu que tu sauves des membres de l’Ordre, peu importe à quel point il aimait ma mère.

Là-dessus, elle m’avait eu. Pourquoi y étais-je allé ? J’aurais simplement pu revenir avec Ginevra et lui faire dire qu’elle ne pouvait pas traverser la seconde barrière. Cela m’aurait épargné une perte de sang et une blessure à la tête, apparemment.

- Je ne sais pas… Honnêtement, je n’ai jamais fait vraiment attention à toi à l’école, mais ton sortilège Chauve-Furies est tout de même assez génial, et je suppose que je voulais abandonner la vie de Mangemort. Ça m’a semblé être une bonne opportunité.
- Tu semblais bien emballé par la vie de Mangemort il y a quelques années.
- Oui, eh bien, j’était naïf. Je n’avais pas réalisé à quel point le Lord Noir était hypocrite… Je veux dire, il est un fichu sang-mêlé lui-même … et je suppose que je pensais que tuer des gens innocents était plus glorieux que ça ne l’est vraiment. Et le meurtre n’est que la partie émergée de l’iceberg – tu ne veux pas savoir ce qu’ils font, là-dedans.

Elle a frissonné. A ce moment, nous avons été interrompus par Poppy qui entrait avec des bols fumants de quelque chose de mou sur un plateau.

- Ginny, je suppose que tu vas prendre ton déjeuner ici ?

Ginevra a hoché la tête presque imperceptiblement. L’infirmière était déjà en train de poser le plateau sur la table de nuit, de toute manière. J’ai soulevé mon bol, grimaçant en observant la consistance douteuse de son contenu.

- Pourquoi ne manges-tu pas ? ai-je demandé, remarquant une fois que Poppy était partie que Ginevra n’avait pas touché au sien.
- Je n’ai pas très faim.
- Ne pense même pas à ne pas manger, ai-je dit. Tu ressembles à un squelette. Tiens – je peux l’améliorer un peu…

J’ai pris ma baguette, qui se trouvait aussi sur la table bancale, et l’ai agitée au-dessus de son plat, puis du mien.

- De la purée aux jalapeños, ai-je expliqué. Je ne peux pas vraiment changer la texture, alors il vaut mieux garder quelque chose de ressemblant.

Je l’ai essayé en premier. Ce n’était pas si mauvais, en fait. Une chance que Poppy n’ait rien vu, cela dit – je n’aurais probablement pas dû manger de nourriture épicée après avoir passé deux semaines sur intraveineuse. Ginevra a pris quelques petite cuillerées avant de reposer son bol. J’ai décidé de ne pas insister– pour l’instant.

Chapitre 7 : Je suis là by Ellie
Author's Notes:
Un petit chapitre "de transition" tout court ^^ Merci à Keina de l'avoir corrigé à travers ses maladies !
Je suis là


- Ginevra, je vais finir par te lancer un maléfice si tu ne manges pas. Ce sont des fraises, par Merlin.
- Pourquoi ne te sers-tu pas, alors ? Ce que je mange ne te regarde pas.
- Je suis sérieux. Tu deviens de plus en plus maigre. Ce n’est pas bon pour ta santé.
- Tu es toujours en convalescence. Je n’aurais aucun mal à bloquer tout maléfice que tu me pourrais me lancer, de toute manière.
- Dans tes rêves.

J’ai levé ma baguette pour la pointer sur elle.

- Tu n’oserais pas.
- Tu as peut-être raison.

J’ai baissé ma baguette de quelques degrés, vers le bol qu’elle tenait dans ses mains. Les fruits qu’il y avait à l’intérieur se sont soudainement transformées en glace à la fraise.

- Mange ça, alors, ai-je dit.

Qui n’aime pas la glace ?

- Drago, ce n’est pas à toi de me dire ce que je devrais manger ou de critiquer mon apparence.
- C’est à qui, alors ? Qui d’autre reste-t-il pour le faire ?!

Elle a jeté le bol au sol, où la glace s’est mêlée avec la terre noire pour former des longues traînées roses. Puis elle a fait volte-face et s’est enfuie, furieuse. Je l’ai laissée partir. Je savais où je pourrais la retrouver plus tard.

J’avais repris connaissance quelques jours auparavant. Je me remettais lentement, et des promenades à l’extérieur avec Ginevra couvraient plus ou moins l’étendue de mes activités physiques.

Elle mangeait vraiment peu, et ça m’inquiétait beaucoup, mais à chaque fois que je voulais en parler elle se fermait. Etait-elle sérieusement en train de se laisser mourir de faim ?

Je lui ai donné quelques minutes de solitude avant de me mettre en marche vers le cimetière. Alors que je l’atteignais, j’aperçut sa fine silhouette exactement à l’endroit où je m’y attendais. Quand je me suis approché des tombes de sa famille, j’ai vu que son corps tremblait légèrement, que son poing était pressé contre sa bouche pour étouffer ses sanglots. Impulsivement, je l’ai prise dans mes bras. Elle s’est laissée tomber faiblement au sol, et je l’ai suivie.

- Je suis désolé. C’était une chose horrible à te dire, ai-je murmuré.

Elle n’a fait que sangloter plus fort. Elle griffait ma poitrine, se tordant et se pressant le plus près possible de mon corps. Elle était comme une enfant enveloppée dans mes bras, petite et rachitique.

- Ce n’est pas horrible. C’est vrai, a-t-elle lâché. Je n’ai plus personne. Ma mère ne me parle même plus. Elle ne fait que travailler, elle fait tout ce qu’elle peut pour donner un coup de main, et elle passe le reste de son temps assise sans rien dire. Harry et Hermione m’ignorent. Tout le monde est parti. Parti…
- Je suis là, moi, ai-je répondu doucement. Je suis là.

Elle a posé son visage sur ma poitrine, mouillant mon chandail de ses larmes. Je comprenais, maintenant. Elle n’avait plus aucune raison de manger parce qu’elle n’avait plus de raison de vivre. Je comprenais parce que j’avais déjà ressenti la même chose. Mais maintenant, j’avais une raison de vivre – elle. Je vivais pour la protéger, d’elle-même autant que du monde extérieur.

Chapitre 8 : Pardonné by Ellie
Author's Notes:
Comme d'habitude, merci à Keina pour ses corrections ;)
Pardonné


Je me suis relevé dans mon lit quand je l’ai vu entrer dans la tente, Ginevra sur les talons. Elle s’est immédiatement approchée de moi, posant ses mains fragiles sur mon épaule.

- Potter.
- Malefoy.
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Ce que je veux ? Tu es un putain de Mangemort. Tu crois que tu peux t’en sortir comme ça ? Tu as tort. Tu auras un procès dans deux jours, Malefoy, a-t-il annoncé.
- Potter, je suis désolé de te décevoir, mais je ne suis pas un Mangemort. J’ai sauvé tes meilleurs combattants et stratèges d’une mort certaine. Tu n’aurais aucune chance dans cette guerre sans moi.
- Tu es un Mangemort ! Tu as tué des gens !

Merlin, il ne peut rien trouver de mieux ?

- Je n’ai jamais tué qui que ce soit.

Il a ricané.

- Tu t'imagines que je vais te croire ?
- Non, en fait, je ne m’attends pas à ce que cela fasse un jour son chemin à travers ton crâne épais.

Ah, voilà qui faisait remonter de bons souvenirs. Potter a fait volte-face et est sorti. Je me suis tourné vers Ginevra. Des larmes silencieuses coulaient sur son visage.

- Je ne peux pas te perdre, a-t-elle dit très doucement.

Je ne savais pas quoi dire. Je ne m’étais pas rendu compte qu’elle s’était attachée à ce point à moi.

- Je ne vais nulle part, Ginevra.

Elle a levé la tête, remplaçant sa posture abattue par un air déterminé. Cela lui allait mieux.

- Tu as raison. Je ne te laisserai pas partir.

--


- Nous n’avons pas les moyens de tenir formellement un procès complet, mais nous allons faire avec les moyens du bord, a commencé le sorcier chauve, un des derniers membres survivants du Magenmagot. Les accusations sont les suivantes : Drago Malefoy, résident du Manoir Malefoy, Witshire, a volontairement pris la Marque des Ténèbres et a participé à des actes de violence en compagnie de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et d’autres Mangemorts. Il risque un emprisonnement à vie.

Ginevra est entrée est s’est installée sur le banc à mes côtés. L’homme l’a saluée d’un mouvement du menton réticent.

- Représentant la défense, Ginevra Molly Weasley.

J’ai remarqué que Fol-Oeil, Black et Lupin étaient entrés derrière Ginevra et se tenaient groupés à ma gauche.

Ginevra a pris la parole.

- Témoins à la défense, Alastor Maugrey, auror, Sirius Black, et Remus Lupin.
- Permission de prendre la parole ? a demandé Black.

L’homme chauve a de nouveau hoché la tête.

- Je suis sans doute en train de sérieusement détériorer ma relation avec mon filleul en défendant cet homme, - il s’est tourné vers Potter, assis dans l’assemblée, qui lui lançait en effet un regard meurtrier – mais je n’ai pas le choix. Je suis le cousin germain de Drago Malefoy, mais il y a à peine un mois je croyais fermement qu’il était le diable en personne. Cette impression a changé récemment, principalement parce que je lui dois la vie à présent.

Le procès s’est déroulé dans cette veine – je ne vous ennuierai pas avec la narration d’une histoire que vous connaissez déjà (mais je vous assure que les discours étaient très éloquents). J’étais ébahi par le soutien que Ginevra avait réussi à m’attirer – je n’aurais certainement pas réussi à convaincre ces gens de me défendre, que j’aie sauvé leur vie ou pas. Personne n’a mentionné ma déclaration de ce jour-là, comme quoi j’étais dans le camp de Ginevra, pas vraiment dans le leur.

Ils m’ont libéré, cela va sans dire. Je ne crois pas avoir jamais vu Potter si furieux.

Maintenant, j’étais officiellement (enfin, aussi officiellement que possible) du côté de la Lumière. Je ne pouvais plus rebrousser chemin.

Je me suis approché de mon cher cousin après le procès.

- Hey, Black !
- Oui ? Et appelle-moi Sirius, dit-il avec un large sourire.

Je lui ai serré la main.

- Eh bien, merci.
- C’était la moindre des choses. Amis ?
- Ouais. Amis.

J’arborais un sourire affecté en disant cela. Le parrain d’Harry Potter.

Je me demandais comment ça serait d’avoir des amis, plutôt que des suiveurs. Je suppose que Ginevra était mon amie, n’est-ce pas ?

En parlant de Ginevra, je me suis retrouvé d’une façon quelconque dans une chambre libre de la tente qu’elle partageait avec sa mère. Elle avait insisté pour que je ne reste pas seul, maintenant que j’avais quitté la tente médicale.

- Drago ? a-t-elle chuchoté de l’autre côté du voile qui séparait nos deux lits, tard cette nuit-là.
- Ouais ? Oh, je ne t’ai jamais remerciée, tu sais, pour la défense.

Elle a rigolé doucement pour ne pas réveiller sa mère.

- Aucun problème. C’était assez amusant.
- Amusant ? C’est de ma vie qu’on parle, là !
- Oh, allez, je savais qu’on allait gagner. Harry est le seule avec une vendetta assez grande contre toi pour ignorer le fait que tu as sauvé la vie de tous les gens les plus importants de notre camp.
- Qu’est-ce qu’il se passe entre toi et Potter, au fait ? Je croyais que vous sortiez ensemble pendant ma sixième année.
- C’était le cas. Ça s’est plus ou moins terminé, après que Ron… enfin, je crois qu’Harry est avec Hermione maintenant.
- La Sang-de-Bourbe ? Vraiment ?
- N’utilise pas ce mot, s’il-te-plaît. Oui, mais ils tiennent probablement leur relation secrète. Il est sérieusement paranoïaque à l’idée que Voldemort ne tue ses petites amies.
- Cet idiot ne te mérite pas, de toute manière.

Elle a ri de nouveau.

- Et qui est-ce qui me mérite, Malefoy ?
- Je pensais que c’était Drago maintenant, Ginevra.
- Désolée, Drago. L’habitude, je suppose. Regarde-nous, une Weasley et un Malefoy.
- Le passé est le passé. Le présent est déjà bien différent. Et le futur – ça, c’est totalement autre chose.
- Effectivement. Autre chose.

Chapitre 9 : Trouver un endroit où appartenir by Ellie
Author's Notes:
Merci encore une fois à Keina pour la correction!
Trouver un endroit où appartenir


La guerre est ennuyeuse. Il n’y a rien à faire pendant que vos “supérieurs” élaborent des stratégies; quand vous n’êtes pour eux qu’un pion de plus à disposition. Enfin, j’étais plus que cela pour eux, mais je ne l’ai appris que plus tard.

Ginevra et moi passions la majorité de ce temps ensemble. Des fois, Sirius se joignait à nous. Remus et moi avions des conversations polies aussi, mais il ne m’a jamais vraiment fait confiance. Il restait encore trop de mauvais souvenirs de l’époque où j’étais son élève, je suppose.

- Elle te plaît.

Je me suis détourné de la tente dans laquelle Ginevra venait de pénétrer pour chercher des capes plus chaudes pour faire face au chien noir qui venait de se transformer en homme à mes côtés.

- Tu sais que ça me crispe quand tu fais ça, ai-je dit, et Ginevra et moi ne sommes que des bons amis.
- Ouais, c’est ça.

Peut-être qu’il avait raison. Je commençais à penser à Ginevra comme à autre chose qu’une amie. Je me sentais si possessif envers elle, et je trouvais qu’elle faisait ressortir le meilleur en moi.

- Est-ce que je te mérite ? lui ai-je demandé, de but en blanc, tandis que nous nous asseyons devant la tente pour regarder les étoiles.

Elle a eu l’air perdue un instant avant de se souvenir de notre conversation d’avant. Elle a souri.

- Ouais, peut-être que oui.

J’ai levé une main vers sa joue pâle. Nos peaux étaient pratiquement de la même couleur. Je ne l’avais jamais remarqué. Mon pouce a caressé sa pommette.

- Tu as un cil, ai-je dit.

Je sentais des papillons dans mon ventre. D’où venaient-ils ? Je n’étais jamais nerveux avec les filles. Le manque de pratique, je suppose. Eh bien, ça peut toujours s’arranger.

Je l’ai finalement embrassée, doucement, mes lèvres effleurant à peine les siennes. Elle s’est penchée vers moi et a répondu, entortillant ses doigts dans mes cheveux. J’ai posé un bras délicatement autour de sa taille fine quand nous nous sommes séparés.

- Peu importe qui étaient nos familles…, ai-je commencé.
- Parce que nous sommes tout seuls maintenant, a-t-elle terminé.

Je l’ai attirée contre ma poitrine, serrant mes bras autour d’elle, et nous sommes restés là un long moment, regardant simplement le ciel nocturne et écoutant la respiration de l’autre.

--


Nous n’avons dit à personne pour notre relation. Bon, je l’ai dit à Sirius pour des raisons évidentes, mais il a été prié de garder le secret. Nous pensions que ce serait mieux de ne rien dire, de ne choquer personne avec la nouvelle (car nous savions que ce serait un choc).

Nous avons vécu quelques semaines de rêve ensemble jusqu’à la mort de Molly Weasley.
Elle est morte dans son sommeil. Ginevra s’est réveillée un matin et l’a découverte silencieuse et paisible sur son lit de camp ; elle ne respirait plus. Personne ne savait pourquoi – peut-être était-elle simplement morte de chagrin. Elle était jeune, pour une sorcière.

Ayant perdu la quasi-totalité de sa famille, vivant dans un monde de mort et de destruction, ce n’était guère surprenant. Je ne sais pas comment le reste de nous continuions à vivre.

Cette nuit-là, Ginevra m’a demandé de dormir dans son lit avec elle. Je l’ai tenue dans mes bras comme je l’avais fait cette nuit dans le cimetière, et elle a pleuré pendant presque une heure sans interruption, dans le noir.

Désormais nous n’avions plus que nous-mêmes. J’avais été seul depuis que j’avais quitté le camp des Mangemorts, mais elle avait grandi avec une famille aimante pour la soutenir et entourée de beaucoup d’amis. Je n’avais jamais vraiment eu quelqu’un pour m’aimer ou quelqu’un à aimer, même quand j’étais avec mes parents. Je n’avais que Ginevra, et maintenant que sa famille était partie, Ginevra n’avait que moi. Je me suis promis cette nuit-là que je resterais à ses côtés, quoi qu’il arrive.

Nous avons dormi dans le même lit à partir de ce moment. Nous ne couchions jamais ensemble – nous prenions notre temps. Nous dormions ensemble pour le réconfort – pour savoir qu’il y avait quelqu’un d’autre à nos côtés. Pour que je sois là quand Ginevra se réveillait d’un cauchemar, pour que nous sachions que quelqu’un était là pour prendre soin de nous.

Mais c’était la guerre. La guerre, ce n’est pas se coucher avec quelqu’un dans le noir et se sentir en sécurité. La guerre ne prend pas en compte le temps auquel on devrait avoir droit pour faire notre deuil.

La guerre est une immonde garce.

C’est ainsi que la paix délicate que nous avions développée a été brisée bien trop tôt, par quelques mots de la part de Sirius environ deux semaines après la mort de Molly.

- Harry déteste avoir à demander ton aide, alors il m’a envoyé. Nous avons une mission que toi seul peux accomplir.

Chapitre 10 : Espionnage by Ellie
Author's Notes:
Merci à Ayame d'avoir corrigé, en remplacement de Keina qui est an ce moment aux …tats-Unis en vacances :)
Espionnage


Rappelez-moi pourquoi j’ai accepté de faire ceci ? Ah oui, parce que sans moi Voldemort gagnerait la guerre et ma protégée et petite amie serait torturée et tuée. Maintenant je sais comment le Garçon-Qui-Ne-Meurt-Jamais se sent. Je ne le déteste pas moi, bien sûr.

Je suis entré dans le camp des Mangemorts seul et à la vue de tous, cette fois. Je portais mes robes de Mangemort, déchirées avec soin, et j’avais du sang étalé sur mon visage et mes bras.

J’avais toujours été un bon acteur et j’ai bien joué mon rôle. J’ai raconté une histoire comme quoi j’avais été capturé par la Lumière et m’étais échappé après qu’ils aient abandonné l’espoir d’obtenir une quelconque information de ma part. J’ai feint du dédain pour leurs gardes et leurs barrières – Ce n’était que trop facile de m’échapper – et retrouvé mon ancien rictus. Quand Voldemort a vérifié la véracité de mes dires à l’aide de la Légilimencie, il n’a vu que des visions concoctées avec soin de ma capture et fuite imaginaire. Mon père m’avait appris l’Occlumencie à un jeune âge (maintenant je sais ce qu’il cachait) et il était relativement simple pour moi d’apprendre à créer de faux souvenirs en plus de garder cachés les vrais.

J’aurais eu des problèmes s’ils avaient pensé à utiliser du Véritasérum, mais les suiveurs du Lord Noir n’avaient jamais été si intelligents. Mon histoire prouvée (qu’ils croyaient), j’ai été accueilli dans une position haut-placée dans la société des Mangemorts. J’étais un Malefoy; j’étais où je devais être.

Tous les deux ou trois jours, Sirius ou Ginevra venait me rencontrer à l’extérieur de la deuxième épaisseur de barrières au cas où j’avais de nouvelles informations. J’avais des façons de contacter l’Ordre en cas d’urgence, mais elles étaient risquées. C’était plus simple de leur parler en personne aussi rapidement et furtivement que possible.

C’était là mon erreur – ne pas être assez rapide ou furtif. Je ne parlais presque jamais à Ginevra alors j’ai commencé à prendre mon temps pour le passer avec elle et avoir des conversations alors que nous étions sensés échanger des informations le plus vite possible avant de retourner à nos campements respectifs. J’aurais dû m’attendre à ce que ça me crée des ennuis.

C’était difficile pour elle, je m’en rendais bien compte. Sirius me parlait d’elle et je savais qu’il faisait un effort pour être là pour elle et pour l’aider, mais à part cela elle était seule. Elle faisait de terribles cauchemars, je le sais grâce aux nombreuses nuits que j’ai passées avec elle, et maintenant elle était seule dans une immense tente qui avait, un jour, logé sa famille entière.

J’ai grimpé dans les rangs des Mangemorts. On s’attendait à ce que je prenne la place de mon père, et il avait été le bras droit de Voldemort.

Il y avait quelques légers inconvénients. Il était difficile de ne pas sembler suspect en allant rencontrer des membres de la Lumière. Bien que j’essaye d’organiser des rencontres à des moments qui seraient passés inaperçus, je ne pouvais jamais vraiment savoir quand je serais entouré de personnes dont je devrais me débarrasser afin de m’y rendre. Une fois, j’ai été envoyé en mission avec deux autres qui aurait fait beaucoup de dommages à la Lumière si elle avait réussi. Il a été relativement facile pour moi de monter quelque chose ; J’ai immédiatement remis aux Aurors les deux Mangemorts, me suis arrangé avec un peu plus de faux sang, et ai donné un baiser rapide à Ginevra avant de retourner à mon propre champ de bataille, l’air du petit veinard qu’ils croyaient tous que j’étais. Mais malgré tout, je suis certain que l’incident a dû soulever de la méfiance à mon égard.

Ça a finalement été Blaise Zabini, une fois de plus, qui a compliqué les choses. Enfin, compliqué, c’est peu dire.

C’était le crépuscule d’une nuit quand je me suis glissé hors de ma tente pour débuter ma marche plutôt longue à travers la forêt pour rencontrer Ginevra. J’avais des nouvelles importantes.

J’ai eu un large sourire quand je l’ai enfin vue. Il s’était passé des semaines – peut-être plus d’un mois, j’avais perdu la notion du temps – depuis la dernière fois qu’elle avait été envoyée me rencontrer.

- Ils prévoient un gros assaut sur le campement de la Lumière, le Lord Noir inclus. Ça sera la bataille finale, j’en suis certain. Dans je-ne-sais-combien de jours, Ginevra, cette guerre sera –

J’ai été interrompu quand elle s’est approchée de moi et je l’ai prise dans mes bras, la serrant fort contre moi. Elle était si menue et délicate dans mon étreinte, ses bras fragiles autour de mon dos alors qu’elle posait la tête sur ma poitrine.

- Tu as perdu du poids. Je croyais que nous en avions fini avec ce problème.
- Je m’inquiète pour toi.
- Tu devrais surtout t’inquiéter pour toi-même.

J’ai déposé un léger baiser sur ses lèvres, ses courts cheveux chatouillant ma main sur sa nuque comme des plumes. C’est à ce moment, évidemment, que nous avons entendu le craquement d’une brindille et le son d’une cape qui virevolte derrière nous.

- Ahh, comme c’est mignon. Je ne m’y serais jamais attendu de ta part, Prince de Serpentard. Petrificus Totalus !

Je me suis retourné pour rencontrer les yeux de Zabini au moment où le sortilège contraignant atteignait sa cible. Il a stupéfixé Ginevra alors que je tombais au sol, rigide comme une planche de bois, et il a pris bien soin de faire entrer nos corps mous en collision avec plusieurs arbres en nous faisant léviter derrière lui en nous ramenant au milieu du campement.

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=11532.