RB by Ptitcouik
Ancienne histoire coup de coeurSummary:


Régulus Black. Ca c'est lui, l'homme de ma vie.
Réel Boulet. Ca c'est moi, Jenny. Gaffes, bazar, chutes, potions ratées et une franchise qui ne plait pas toujours. Tel est mon quotidien. Mais attendez ! Je ne vous ai pas dit le meilleur : je suis une née moldue griffondor éperdument amoureuse du sang pur serpentard Regulus Black et je vais vous raconter comment j'ai réussi à le faire tomber dans mes filets...
J'ai mis :
- deux ans à l'aborder
- trois ans à me remettre de son regard glacial obtenu pour toute réponse
- un an pour mettre en place un plan infaillible
- un an de plus pour l’exécuter (le plan... pas Regulus)
Voilà donc l'histoire de ma dernière année à Poudlard, racontée et écrite par nulle autre que moi même.
Categories: Romance (Het), Durant Poudlard Characters: Regulus Black
Genres: Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 20 Completed: Non Word count: 60302 Read: 15533 Published: 20/02/2014 Updated: 12/04/2017

1. Chapitre 1 by Ptitcouik

2. Chapitre 2 by Ptitcouik

3. Chapitre 3 by Ptitcouik

4. Chapitre 4 by Ptitcouik

5. Chapitre 5 by Ptitcouik

6. Chapitre 6 by Ptitcouik

7. Chapitre 7 by Ptitcouik

8. Chapitre 8 by Ptitcouik

9. Chapitre 9 by Ptitcouik

10. Chapitre 10 by Ptitcouik

11. Chapitre 11 by Ptitcouik

12. Chapitre 12 by Ptitcouik

13. Chapitre 13 by Ptitcouik

14. Chapitre 14 by Ptitcouik

15. Chapitre 15 by Ptitcouik

16. Chapitre 16 by Ptitcouik

17. Chapitre 17 by Ptitcouik

18. Chapitre 18 by Ptitcouik

19. Chapitre 19 by Ptitcouik

20. Chapitre 20 by Ptitcouik

Chapitre 1 by Ptitcouik
Author's Notes:
Tout l'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Les autres personnages, notamment Jenny et Mary sont de moi. En espérant que la lecture vous plaira !

Chapitre 1


- Jenny ! Descends tu vas encore louper ton train !

Je me réveille en sursaut et regarde mon réveil : 10h30. Non d'un scrout à pétard ! Le train part dans trente minutes. Je fais un rapide calcul dans ma tête : je dois être à King Cross à 10h55, on a quinze minutes de trajet, il me reste donc dix minutes pour boucler ma valise, prendre une douche et petit déjeuner... ça risque d'être serré. Je me lève donc précipitamment, m’emmêle dans mes draps et m'écrase sur le sol (chute numéro un), je file à la salle de bain, me déshabille et voulant faire au plus vite, je glisse dans la baignoire (chute numéro deux). Je me relève et prends ma douche à la quatrième vitesse. Je finis ma préparation en moins d'une minute et descends à la cuisine. Je loupe la dernière marche et me retrouve à genoux (chute numéro trois) mais pas le temps de se plaindre, je mange deux tartines et remonte illico boucler ma valise. Pas le temps de vérifier ma check liste, je mets mon manteau et sort de la maison avec une minute d'avance. J'évite de justesse un flaque, me préservant d'une quatrième chute et saute dans la voiture.

- Tu ne seras donc jamais prête à l'heure ? Rouspète ma mère.

- Mais je suis à l'heure, dis-je en montrant le quadrant de ma montre. Il est 10h39, on a même de l'avance.

- Mais bien sur.. répond-elle exaspérée avant de démarrer.

J'arrive sur la voie 9 trois quarts dans les temps et j'ai même le luxe de choisir mon compartiment. J'en trouve un vide au fond du train, je monte sur la banquette pour mettre ma valise dans les filets à bagages. Mais sous son poids je tombe à la renverse et me retrouve les fesses au sol, mes affaires éparpillées autour de moi (chute numéro quatre). Désespérée je remets mes affaires dans ma valise sans prendre le temps de les ranger ou les plier et la pose à coté de moi sur la banquette.

Mary ne devrait pas tarder mais en attendant, je vais prendre quelques secondes pour me présenter (c'est tout de même la moindre des politesses) : Je suis Jenny Davis, j'ai dix sept ans et je suis en route pour ma septième et dernière année à Poudlard. Je n'ai pas besoin de préciser que je suis maladroite (quatre chutes en une demi heure, qui dit mieux?), gaffeuse, bref une catastrophe ambulante. Le Choixpeau m'a placée à Griffondor et lui seul sait pourquoi, je pensais plutôt intégrer Poufsouffle, mais j'en suis très contente. Je suis plutôt sociable et m'entends bien avec la plupart des élèves de ma maison. D'ailleurs, voilà Mary Prewett, ma meilleure amie, qui entre dans mon compartiment.

- Jenny ! Crie-t-elle avant de se jeter dans mes bras. Tu m'a tellement manquée ma grande ! J'ai des montagnes de choses à te raconter.

- Laisse moi deviner, ça concerne un grand blond avec qui tu as passé tout l'été, je réponds malicieuse.

- Exactement !

Mary est une jeune fille rousse et rondouillette. Elle a un côté très maternel et a une façon de se comporter qui semble dire "je suis quelqu'un de confiance, tu peux tout me dire" et c'est exactement ce que je fais : je lui raconte tout sur tout. Elle est vraiment adorable et nous sommes dans le même dortoir depuis la première année. Depuis la fin de l'année dernière elle sort avec Remus Lupin, un ancien Griffondor d'un an plus agé. Il ne sera donc pas à Poudlard cette année et j'ai peur pour elle que la séparation soit difficile, elle est vraiment très amoureuse.

- Alors ? Vous êtes partis où ? Je demande impatiente.

- Il m'a fait la surprise de nous payer un Portoloin pour la France ! S'exclame-t-elle. Il avait de la famille là bas, on a pu visiter le sud est et se baigner en méditerranée. Oh et j'ai appris des recettes de gâteaux typiquement français, il faudra que j'aille t'en faire dans les cuisines du château, ils sont divins !

- Mais c'est génial ! J'attends de goùter tout ça avec impatience !

Mary adore faire la cuisine, particulièrement les gâteaux donc à chaque vacances, elle apprend de nouvelles recettes et les teste sur moi (ce qui ne me déplaît pas du tout). C'est une excellente pâtissière

- Et toi, tu as fini de mettre au point le "plan-RB" ?

Seule Mary est au courant pour ce plan, il est top secret. Que je vous explique, je fais une fixation sur Black : Regulus Black (pas Sirius, de toute façon il n'est même plus à Poudlard). Donc tout a commencé par ma première année : j'ai surpris une de ses disputes avec Sirius au coin d'un couloir :

- Regulus, arrête d'obéir à Mère, tu sais bien que ses histoires de sangs ne sont que des sottises. Tu ferais mieux de faire comme moi avant qu'il ne t'arrive des ennuis, tu vaux mieux que ces sorciers de magie noire !

- Laisse moi tranquille Sirius, avait répliqué le plus jeune. Je suis assez grand pour choisir quoi faire. Si tu as décidé de t'opposer à notre famille pour traîner avec des gens peu recommandable, c'est ton problème pas le mien.

- Si tu reste de leur coté, tu vas finir aussi mauvais qu'eux et participer à leurs injustices. A toi de voir ce que trouves le plus important : les idées inculquées par notre mère ou ton frère, la personne qui t'a toujours défendu face à elle.

- Je n'ai pas besoin de toi pour savoir ce qui est bon ou non, fiche moi la paix. Je n'ai pas envie de me fâcher avec toi Sirius mais ton comportement nous déçoit beaucoup.

- Nous déçoit ? Alors tu es définitivement tombé dans le piège mon petit Reg'! Tu ne te rappelles pas quand on s'échappait du chemin de traverse pour observer les moldus et leurs drôles de costumes il n'y a pas si longtemps. Je ne t'ai laissé avec eux que depuis un an mais entre temps elle t'a fait un lavage de cerveau complet et le pire c'est que tu ne t'en rends même pas compte.. se lamentait le Griffondor.

- Tu délires complètement, si pour toi la meilleure solution c'est de te prendre des doloris tous les jours pendant les vacances et bien moi je préfère éviter. Maintenant laisse moi tranquille, avait riposté Regulus avec un regard noir.

- C'est toi qui décides, avait répondu Sirius avant de tourner les talons.

J'étais abasourdie, comment pouvait donc renier ainsi son frère ? Qu'est ce qu'il avait contre les nés moldus ? J'étais sur le point de partir, dégoùtée par le comportement du Serpentard quand je l'avais vu s'asseoir contre le mur et l'avais entendu sangloter. C'est à ce moment là, en le voyant pleurer suite à une dispute avec son frère que j'avais compris qu'il y avait quelque chose de bon chez Regulus mais qu'il n'avait pas le courage de l'exprimer, de peur des représailles de sa famille et des autres Serpentards. Depuis, je faisais une fixation sur ce garçon et j'étais persuadée qu'un jour ou l'autre nous serions assez proches pour qu'il me laisse voir cette facette qu'il garde secrète et réussir à faire tomber son masque.

Je ne crois pas aux âmes soeurs, ni aux coups de foudres, c'est pourquoi je préfère appeler ça une "obsession". Suite à la dispute que j'avais surprise, l'obsession n'a cessée de grandir si bien que ce sentiment était devenu de l'amour sans même lui avoir adressé la parole ne serait-ce qu'une seule fois. En troisième année, j'avais décidé de me jeter à l'eau. Le voyant un après midi seul à la bibliothèque, je me dirigeais vers sa table et demandais :

- Est ce que je peux m'asseoir ?

Pour toute réponse, il m'avait jeté un regard glacial, avait ramassé ses livres et avait quitté la bibliothèque. Gros échec.

Suite à "l'épisode bibliothèque" je n'avais pas osé ni l'approcher, ni le regarder et encore moins lui parler pendant trois ans. Ce n'est que l'année dernière que je me suis remise d'aplomb et que j'ai mis au point le "plan RB" pour le faire tomber dans mes filets. Il faut absolument qu'il fonctionne, cette année est celle de la dernière chance. Alors peut importe le nombre de regards noirs, de vents phénoménaux, de moqueries de la part des autre élèves, je vais sortir avec Regulus Black coûte que coûte. Et mieux encore, je vais montrer à tout le monde qu'il n'est pas le vilain Serpentard qu'il paraît.


- Il est parfaitement au point, je réponds avec un sourire victorieux.

Mary me renvoie mon sourire et nous enchaînons sur divers sujets pour passer le temps. Le dernier petit frère de Mary entre à Poudlard cette année et elle espère qu'il sera comme elle à Griffondor (ses quatre autres frères et soeurs sont allés à Serdaigle), elle attend donc le dîner avec impatience. Elle me reparle de Remus et de leurs futurs projets, ce qui nous amène au terrible sujet de l'orientation : étant née moldue je ne connais pas toutes les possibilités d'études après Poudlard, mais je me suis beaucoup documentée pendant les vacances (sans pour autant choisir).

Nous terminons le trajet en mangeant des gâteaux faits par Mary et des bonbons achetés dans le train et quand la nuit commence à tomber, nous enfilons nos capes. Le train s'arrête peu de temps après. En descendant je fais bien attention à ne louper aucune marche ce qui n'est pas évident avec ma grosse valise. J'arrive à poser les deux pieds sur le sol et à me stabiliser mais un énorme Serpentard répondant au nom de Goyle me pousse violemment pour passer. Résultat, me voilà une fois de plus par terre avec mes affaires éparpillées autour de moi (il faut que je change la fermeture de cette valise). Mary m'aide à tout ramasser et me dit :

- Tu devrais manger plus, tu vois bien que tu es toute maigre, c'est pour ça que tu tombes tout le temps !

- D'accord maman, j'y penserai, je réponds avec un sourire malicieux.

Mary lève les yeux au ciel et m'aide à monter dans la diligence. Nous sommes avec deux ou trois Serdaigles qui s'enthousiasme du programme de cette année. Je regarde par la fenêtre le château se rapprocher lentement de nous. Les six ans sont passés trop vite, nous allons devoir profiter de cette dernière année au maximum.


Nous arrivons au château et entrons dans la grande salle. Le ciel du plafond est clair et Dumbledore s'est mis sur son trente-et-un. Les premières années entrent à leur tour et regardent la salle émerveillés. S'en suit alors la répartition et pour chacun nous tentons de deviner où ils iront : les binoclards chez les Serdaigles, les rondouillards chez les Poufsouffles, ceux qui vous regardent avec mépris chez les Serpentards et les mignons tout pleins chez les Griffondors. C'est très cliché mais c'est souvent comme ça, je peux vous le dire après avoir assisté à six répartitions. Finalement le petit frère de Mary est envoyé chez les Griffondors à sa plus grande joie.

Peu de temps après, Dumbledore prononce son habituel discours de bienvenue et rappelle les règles de base à suivre dans l'école. Il présente les professeurs et nous découvrons le nouveau professeur de défense contre les forces du mal. C'est ce qui s'appelle une "intello coincée" elle a les cheveux attachés dans une queue de cheval très serrée et des énormes lunettes lui barrent le visage. Elle se tient droite comme un I et regarde la salle d'un air craintif.

- Et bien... j'espère qu'elle sait effectivement se défendre parce qu'elle a l'air terrifiée et les élèves ne vont en faire qu'une bouchée, je dis.

- Ne jamais se fier aux apparences, je l'ai vu dans le journal cet été, elle était intervenue dans une attaque de Mangemorts et l'article vantait ses mérites. Elle a eu une carrière d'auror professionnel et était à la tête d'une équipe. Je pense qu'il ne va pas falloir trop rigoler pendant ses cours au risque de se prendre un sortilège... m'explique Kingsley un élève de notre année.

Qui l'eut cru ? Madame grandes binocles est une dure à cuire... Je sens que ses cours vont me plaire. Je n'ai pas le temps de penser plus longtemps à la question car le repas vient d'être servi : quelle joie de retrouver de la bonne nourriture ! Ma mère cuisine très peu donc j'ai mangé des plats surgelés ou réchauffés pendant deux mois ; un bon poulet rôti me fait donc le plus grand bien.


Après le dîner, nous montons dans notre dortoir, nous discutons pendant le reste de la soirée avec Jess et Katy, les autres filles de notre année avec qui nous partageons la chambre. On se raconte nos vacances et de la joie de retrouver Poudlard. Nous parlons jusque tard dans la nuit mais quand je sens mes yeux se fermer tous seuls je vais me coucher. Les autres en font de même et c'est ainsi que s'achève ma rentrée en septième année. J'ai hâte d'être demain et d'avoir mon emploi du temps pour commencer le "plan RB". C'est sur cet espoir que je m'endors.

End Notes:
Alors ? Un petit review pour me donner votre avis ?
Chapitre 2 by Ptitcouik
Author's Notes:
Voilà la suite, partant en vacances, le troisième mettra un peu de temps à venir donc voilà de quoi à patienter en attendant (et si vous vous ennuyez vraiment n'hésitez surtout pas à laisser des gentils petits commentaires). Bonne lecture !

Chapitre 2


- Jenny, il est sept heures et demie, dit une voix douce en me secouant doucement l'épaule.

J'émerge doucement et ouvre les yeux pour découvrir une Mary décoiffée et en pyjama. Depuis six ans maintenant c'est la même histoire : le réveil commun de notre dortoir sonne mais je me rendors aussitôt et Mary vient me réveiller trente minutes plus tard quand Jess a libéré la salle de bain (Mary et Kate se lavent le soir pour gagner du temps le matin). Je remercie donc mon amie et file à la salle de bain.

Aujourd'hui, c'est mon premier jour de cours en tant que septième année. Au petit déjeuné, j'aurai mon emploi du temps et je pourrai officiellement commencer le Plan R.B. Un an pour le préparer, évidemment il y aura des imprévus... Mais après tout, qui peut deviner les réactions d'un parfait inconnu ? Personne ! Même si vous avez étudié l'inconnu en question pendant de longues années c'est impossible. Surtout quand cet inconnu est un Serpentard méprisant les nés moldus comme vous. Ca va pas être de la tarte à la citrouille... Mais bon, les Griffondors sont de nature téméraires et courageux alors quand faut y aller, faut y aller !

Je prends ma douche et sors me préparer dans la chambre tout en bavardant avec mes amies. Je ne passe pas deux heures à choisir ma tenue : l'uniforme obligatoire a quelques avantages. Je me regarde dans le miroir et cherche quoi faire de mes cheveux. Ils sont châtains bouclés et m'arrivent au milieu du dos ce qui me laisse de nombreuses possibilités de coiffures. J'opte finalement pour un chignon simple où j'accroche une petite fleur rouge. Je me maquille légèrement et attends que Mary ait fini. Finalement nous descendons toutes les quatre en même temps.

J'aime beaucoup Kate et Jess mais depuis la cinquième année, elles travaillent dur pour obtenir les meilleures notes possibles aux ASPICS et passent de moins en moins de temps avec nous. C'est dommage car durant nos premières années nous formions une sacrée équipe...

Nous arrivons dans la grande salle et nous installons pour déjeuner. Qui a dit que le petit déjeuner était le repas le plus important de la journée que je le bénisse ? Grâce à lui je peux me goinfrer de brioche, tarte et autres délices dès le matin ! Alors que je savoure ma troisième part de brioche tout en parlant de la nouvelle collection de Gai Chiffon avec mes camarades, Miss Chourave vient distribuer nos emplois du temps. Je recherche tout de suite les cours en commun avec les Serpentards (je dois être la seule de ma maison à faire ça!). Nous commençons à dix heures ce matin par un cours de potion en commun avec eux. Très bien, j'ai deux heures pour revoir le début du plan avec Mary avant de le mettre à exécution.

Nous finissons de manger tranquillement et laissons Kate et Jess, qui vont à la bibliothèque, alors que Mary et moi prenons la direction du dortoir. Nous répétons pour une énième fois la formule que je connais par coeur. J'espère que Slughorn n'a pas changé sa manière de fonctionner sinon tout mon plan tombe à l'eau. Déjà que je ne l'aime pas beaucoup parce que j'ai toujours des Troll dans sa matière, alors si en plus il ruine mes chances avec Regulus je le flingue ! Il ne s'y attendra pas cet espèce de vieux sorcier, d'ailleurs il ne sait probablement pas ce qu'est un flingue...

D'ailleurs je ne vous ai pas vraiment parlé de mon parcours scolaire : je suis plutôt douée pour tout ce qui est manipulation de baguette c'est à dire métamorphose, sortilèges et défense contre les forces du mal. J'ai choisi étude des moldus en troisième année donc j'ai de trés bonne notes dans cette matière. Je me débrouille plus ou moins en astronomie, en soin des créatures magiques et en histoire de la magie. Cependant, étant très maladroite, j'ai d'énormes difficultés en potions (ma seule mauvaise note aux BUSES). Alors là, vous vous demandez "Mais pourquoi a-t-elle choisi cette matière pour commencer son plan ? Elle va se payer la honte de sa vie !", et bien justement, lisez donc la suite et vous verrez que mon plan est très futé.

Bref, j'arrête de parler de moi parce qu'entre temps, Mary et moi sommes descendues aux cachots et il ne reste que quelques minutes avant que le cours débute. Les Serpentards ne sont pas arrivés, ils devaient avoir cours avant. Nous nous installons au premier rang pour pouvoir lancer le sort discrètement (ce serait bête que Regulus le remarque..). Quand tout le monde est là, Slughorn commence son discours habituel :

- Vous êtes maintenant en septième année. Il vous faudra donc travailler dur pour réussir vos ASPICS. Les potions sont une matière très difficile demandant de la rigueur. J'ai choisi de garder le même mode de fonctionnement que les années précédentes, c'est à dire de former moi même les binômes composés d'une personne de chaque maison. Je vais maintenant vous donner les groupes.

Je lance un regard complice à Mary, le plan peut commencer. Slughorn commence à énoncer les binômes et quand arrive mon nom :

- Jenny Davis et..

- Confundo, je murmure en pointant ma baguette vers lui.

- Regulus Black, dit notre professeur.

Je souris, le plan peut maintenant débuter. Mais détail imprévu, le prof fini l'appel par :

- Kate Cooker et Regulus Black.

- Monsieur, il doit y avoir une erreur j'ai déjà été nommé, dit Regulus

- Vous avez raison, j'ai du me tromper. Qui n'a pas été appelé ?

- Moi monsieur, dit Goyle (l'horrible Serpentard qui m'a bousculé la veille à la sortie du train).

- Bien, Goyle vous travaillerez avec Cooker.

Mission accomplie ! Non seulement mon sort a fonctionné et le prof n'y a vu que du feu mais en plus je me suis évitée une année avec Goyle. Je sens que cette année commence très bien. Deuxième partie de mon plan : être moi même, c'est à dire étourdie, maladroite et peu douée dans cette matière (cessez de me demander pourquoi, vous saurez bien assez tôt).

- Maintenant, installez vous par binôme et ouvrez votre livre à la page 12 et commencez sans tarder, vous n'avez plus qu'une heure trente.

Je me lève et vais vers la table de Regulus, je m'installe et sors mon nécessaire de potion pendant qu'il part chercher les ingrédients sans un mot. Toujours sans parler il se met au travail.

- Tu sais que c'est une potion à réaliser ensemble ? Je demande

- Oui mais si je veux qu'elle soit réussie, il faut que je fasse le plus gros du travail. Tu te contenteras de mettre les ingrédients que j'aurais préparé dans le chaudron et tourner dans le sens indiquer,répond-il sans même me regarder.

J'acquiesce et attend qu'il ait terminé. Dès qu'il a fini la préparation d'un ingrédient, il le pose au centre pour que je le mette dans le chaudron. Les racines d'asphodèle sont maintenant coupées finement et je n'ai plus qu'à les mettre dans le chaudron, ce que je fais sans trop de difficulté. Il continue à couper/écraser/éplucher tout un tas d'ingrédients. A la fin, il pose tout les bols entre nous deux et part chercher quelque chose. Alors que je suis distraite, plus absorbée par la vue de son postérieur se mouvant vers le fond de la classe que par ma potion, je verse machinalement les bols les uns après les autres.

Regulus revient et je me re-concentre. Je jette un coup d'oeil à la potion qui fait de grosses bulles oranges. Je consulte le livre, elle devrait être bleue lagon... Je tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, tentant de reprendre le fil de la préparation. Mon partenaire n'a pas encore vu l'état du chaudron, il fini de couper les chenilles que nous devons ajouter à la mixture. Dès qu'il a fini, il en jette une poignée dans le chaudron sans quitter son livre des yeux. Très mauvaise idée car à peine a-t-il le temps de relever la tête que notre chaudron explose et nous recouvre d'un liquide orange et poisseux.

- Qu'est ce que vous avez ENCORE fait miss Davis ? Demande Slughorn

- Je ne sais pas professeur, il a ajouté les chenilles et tout a explosé..

- Tu ne vas quand même pas m'accuser d'avoir raté cette potion alors que c'est toi qui t'occupait depuis le début de verser les ingrédients ! S'exclame Regulus.

- Filez tous les deux à l'infirmerie, on ne sait jamais, décrète le professeur.

Nous prenons nos affaires et sortons sans un mot. Je vois bien que mon partenaire est très en colère. L'infirmière nous nettoie d'un coup de baguette et nous ausculte. Elle commence par Regulus et entrouvre sa chemise pour vérifier qu'il n'est pas brûlé... Il fait chaud tout à coup, je n'ai jamais vu de torse aussi parfait (enfin je n'ai pas eu le loisir d'en voir beaucoup non plus malheureusement). On voit que les entraînements de Quidditch font leur petit effet...

- T'as pas fini de me mater ? S'impatiente le Serpentard.

- Ne commencez pas à vous chamailler ! Allez vous installer sur un des lits, je vais vous garder tout l'après midi pour être sur qu'il n'y ait pas d'effet secondaire, dit l'infirmière avant de m'ausculter à mon tours.

Regulus part bouder sur un des lits, tandis que l'infirmière vérifie les moindres recoins de mon visage. Rien à signaler mais je suis également consignée jusqu'à la fin de l'après midi. Je vais m'installer sur un lit mais je marche sur mon lacet et m'étale de tout mon long aux pieds du Serpentard... Il fallait que ça arrive. Ce dernier me lance un regard méprisant et je me relève aussi vite que je le peux.

Une demi heure plus tard, l'infirmière nous apporte le repas que nous mangeons chacun assis sur notre lit l'un en face de l'autre. Le silence devient de plus en plus pesant, c'est pourquoi je lance :

- Je suis désolée pour la potion, j'ai du laisser échapper une instruction..

Il me regarde mais ne répond pas, je continue, peut être que ça lui donnera envie de discuter pendant le reste de l'après midi (ou pas d'ailleurs)

- Tu sais, je suis une calamité en potion mais c'est pas de la mauvaise volonté, je t'assure. C'est juste que je n'y arrive pas. J'ai beau essayer et faire toujours plus attention, il y a toujours un moment où ça dérape. Soit je me trompe, soit je ne suis pas assez concentrée ou même parfois je ne comprends pas les instructions...

- Mais tu vas pas te taire ? Me coupe Regulus. Je m'en fiche des raisons, t'es nulle, c'est comme ça, pas la peine de m'abrutir avec tes explications : ça changera rien. A cause de toi je loupe ma première journée de cours donc dès ce soir j'aurai des devoirs à rattraper et j'aurais des mauvaises notes toute l'année.

- C'est pas de ma faute ! T'as qu'à m'apprendre toi puisque t'es si doué, je réplique.

C'est la première fois qu'on a une conversation et il trouve le moyen de m'humilier. Je suis rouge de honte mais je suis bien décidée à ne pas me laisser faire.

- D'accord. Rendez vous tous les jeudi soirs dans la salle de cours pour un "cours de soutien". Je ne fais ça que pour améliorer mes notes, que ce soit bien clair. Et attention, personne ne doit être au courant, je ne fréquente pas les sang-de-bourbe, dit-il dégoùté.

Je reste abasourdie. Mon plan fonctionne plus vite que prévu, il m'aura fallu seulement une potion ratée pour obtenir des cours particuliers avec Monsieur Black.

- Très bien, je réponds aux anges.

Je vais me retrouver une fois par semaine seule dans une salle sombre avec l'homme de mes rêves.Une fois par semaine il va m'apprendre à être moins nulle en potion. Une fois par semaine je vais l'avoir rien que pour moi... Ma bonne étoile était avec moi pour cette première partie du Plan RB.

Le reste de l'après-midi se passe sans encombres, Regulus en a profité pour faire une sieste et je suis assise sur mon lit en train de lire quand l'infirmière vient nous dire que nous pouvons partir. Je sors donc de l'infirmerie sans attendre le Serpentard et file dans mon dortoir raconter ma victoire à Mary ;

- Il t'a proposé de te donner des cours ? S'exclame Mary

- Pas exactement, je rectifie, je lui ai suggéré et il a accepté. Après tout, ça lui servira aussi s'il ne veut pas avoir de mauvaises notes toute l'année.

- Mais on s'en fiche, c'est pareil ! T'as plus qu'à user de tes charmes ma belle !

- On va essayer, je réponds en lui faisant un clin d'oeil.

End Notes:
Alors ? Des idées sur la suite ? Un avis sur ce chapitre ? Faut pas hésiter si vous trouvez qu'il y a des choses à améliorer ! A très vite
Ptitcouik
Chapitre 3 by Ptitcouik
Author's Notes:
Voici la suite ! J'essaie de conserver le rythme mais je ne publierai pas un jour spécifique. Merci pour les reviews, l'histoire commence à se corser, j'espère que vous aimerez. Enjoy

Chapitre 3


Vivement que cette journée se termine ! Je n'en peux plus d'attendre ! Aujourd'hui on est jeudi : vous avez donc compris la raison de mon impatience. Il est dix-sept heures trente et je suis en étude des moldus. Nous étudions les objets électroménagers : c'est passionnant (ironie évidemment). Après avoir passé la première heure sur l'aspirateur, nous voilà rendu à la gazinière... décidément, ces moldus sont étonnants, comme dirait notre cher professeur.

Je m'imagine tout un tas de scénario pour ce soir. Je sais que c'est mal puis qu'après on est souvent déçu mais c'est plus fort que moi. J'ai tellement bien réussi la phase 1 de mon plan que la suite ne peut pas mal se passer et je reste confiante. Alors, après manger j'irai prendre mon livre de potion, me refaire une petite beauté et filer au cachots pour ne pas être en retard. Je tiens à faire bonne impression pour ce premier "cours de soutien".

- DRIIIIIIING

Ah ! Enfin la sonnerie, je file hors de la salle et vais poser mes affaires de cours dans le dortoir. Alors que je range mes parchemins de la journée, Mary entre un sourire radieux au visage.

- Il y a du Remus là dessous... je la taquine.

- Oui ! Le bruit court qu'une sortie à Pré-au-Lard est prévue fin octobre, si Remus est libre je pourrai le voir avant Noël !

- C'est super ! Je m'écris. J'espère que Dumbledore nous en dira un peu plus sur cette sortie au dîner : je suis bien tentée par un après midi shopping, même seule pendant que ma meilleure amie préfère batifoler.

- Arrête de faire ta martyr ! Je passe mes journées entières avec toi et tu te plains toujours que je te couve. C'est l'occasion de voler de tes propres ailles mon petit hibou.

- Je sais bien, je te fais marcher. Profite donc de ton amoureux.

Je sais qu'il lui manque beaucoup, je ne peux pas lui en vouloir. Et puis ce n'est pas comme si je n'avais pas d'autres amis, je vais pouvoir passer un bon après midi tout en laissant Mary et Remus entre eux. Elle est pas belle la vie ?

- Tu n'est pas trop stressée pour ton rendez-vous aux cachots ?

- Non pire, morte de trouille... J'essaie de me dire que ça va bien se passer mais on ne peut rien prévoir avec Regulus Black !

- Tu ne pouvais pas tomber amoureuse d'un gentil garçon de notre maison ? Me demande-t-elle.

- Tu ne pouvais pas tomber amoureuse d'un gentil garçon de notre âge ? Je réponds au tac-au-tac.

- Ok, je dis plus rien, répond-elle en riant.

Nous continuons à papoter pendant une demi-heure avant de descendre manger. Le repas est comme toujours délicieux mais je n'ai pas très faim. Une boule se forme dans mon estomac à mesure que le cours de soutien approche. Et si il décrétait qu'il ne pouvait rien pour moi puisque j'étais trop nulle ? Si il ne venait pas au rendez vous ? Si c'était un piège et que je me faisais torturer par les affreux Serpentards ? Mon assurance de toute à l'heure s'est envolée et je suis plus stressée que jamais. Je touche à peine au dessert, Mary me sourit doucement et me dit qu'après mon cours, je n'aurais qu'à la rejoindre aux cuisines pour tout lui raconter et découvrir ses "macarons", une pâtisserie typiquement française. J'accepte et file au dortoir.

Arrivée là bas je me brosse les dents trois fois pour être sure d'avoir bonne haleine, je me brosse les cheveux que je laisse détachés et me remaquille légèrement. Je regarde le résultat : soigné mais discret. Je lisse ma jupe du plat de la main, mets mon nécessaire de potion et mon livre dans mon sac et ressors plus anxieuse que jamais. En chemin je loupe deux ou trois marches en descendant les escaliers, j'arrive donc essoufflée et décoiffée mais tout ça n'est que routine pour la catastrophe ambulante que je suis.


Lorsque j'entre dans la salle de potion, elle est vide. Je souffle et m'installe à une table. Je sors mon nécessaire, prends un chaudron dans une armoire et pose mon livre sur la table puis attends. Regulus arrive quelques minutes plus tard, le visage fermé et pose son sac à coté de moi.

- Ouvre ton livre page 12, tu vas recommencer la potion du cours de lundi.

- On reprend le même mode de fonctionnement : tu coupes et je mets dans le chaudron ?

- Non. Tu vas tout faire, me dit il sur un air de défi comme si je n'en étais pas capable (ce qui finalement est la vérité).

- D'accord, je répond plus hésitante que jamais.

Je prends mon livre et sors les ingrédients un à un. Je mets mon chaudron à chauffer et commence à lire la première instruction : coupez finement les racines d'asphodèle. Très bien, je prends un couteau très aiguisé pour couper le plus finement possible. Je prend une des racines et commence. Je la coupe une tranche, puis deux, puis trois, puis AIE !

- Merde ! Je crie en relevant mon doigt.

Une grosse entaille barre mon index gauche et le sang coule abondamment. Pourquoi ne se limite-t-on pas aux couteaux à bouts ronds en potion ?! Regulus me lance un regard méprisant.

- Mais cherche moi un mouchoir, mon sang ne va pas te contaminer bordel !

J'ai mal, du coup je deviens vulgaire mais à cet instant je ne souhaite qu'une chose : un mouchoir dans lequel mettre mon doigt pour pouvoir chercher ma baguette dans mon sac sans le tâcher. Mais cet andouille de Black fixe mon doigt comme si j'étais un extraterrestre et ne bouge pas d'un pouce. Il savait pas que le sang moldu était rouge ou quoi ? Dans la panique je lui envoie une claque et lui crie :

- Mais bouge toi imbécile !

La claque a le mérite de le réveiller et il sort sa baguette. Il lance un informulé et ma plaie se referme aussitôt. Je cherche un mouchoir dans mon sac de ma main propre et essuie ma main et mon chemisier désormais taché.

- Plus jamais tu ne me gifle et plus jamais tu ne me parle sur ce ton. Est-ce clair ? Me demande Black sur un ton glacial plus que menaçant.

Là j'ai vraiment foiré... Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Je ne suis donc pas capable de faire quelque chose de correcte en potion ?

- Je suis désolée, j'avais très mal et tu ne bougeais pas, comme si tu avais peur du sang, tu savais que je n'étais pas douée avec un couteau, j'ai paniqué c'est tout, je dis à toute vitesse.

- Dans tous les cas tu n'avais pas à le faire. Tu me dois le respect et si je n'ai pas voulu t'aider c'est parce que ton sang impur me dégoùte, aucun rapport avec une quelconque phobie du sang. Le cours est terminé.

Sur ce, il ramasse ses affaires et part en me jetant un regard noir.

Je suis maintenant seule dans la salle de potions. Etait-il possible de faire pire ? Gifler Black... Mais quelle idiote ! Les larmes coulent toutes seules sur mes joues, je ramasse en vitesse mes affaires et courre vers les cuisines rejoindre Mary. En me voyant arriver en larmes, elle ne pose pas de question et m'entoure de ses bras rassurants. Je continue de pleurer pendant un bon moment, puis elle me ramène jusqu'au dortoir en me prenant par l'épaule. Arrivée dans notre chambre, les filles dorment déjà. Mary m'aide à mé changer car je ne vois rien, elle va chercher un coton et me démaquille doucement. Je m'allonge, elle me borde et pose un baiser sur mon front puis je sombre dans un sommeil sans rêve.


Le lendemain, je me reveille et constate qu'il fait totalement jour dans la chambre. Je me lève rapidement et regarde le réveil : il affiche dix-heures quatorze. Mes colocataires sont déjà en cours (là où je devrais être également d'ailleurs) et ne m'ont pas réveillée. Je tourne la tête et vois un parchemin posé sur ma table de chevet, je reconnais tout de suite l'écriture de Mary :

Jenny, vu ton état d'hier j'ai préféré te laisser dormir. Je me doutais que tu n'étais pas prête à aller en potions à huit heures, quoi qu'il se soit passé. Je dirai aux profs que tu ne te sentais pas bien et passerai à midi pour que l'on déjeune ensemble. D'ici là, prends un bon bain chaud, ça devrait te détendre. Je t'embrasse, Mary.

Tous les évènements de la veille me remontent en mémoire et je bénis Mary pour sa gentillesse. Je ne suis pas encore prête à faire face à Black après ce qui s'est passé hier... "Si je n'ai pas voulu t'aider c'est parce que ton sang impur me dégoùte", ces mots repassent en boucle dans ma tête et malgré moi les larmes se remettent à couler. Je suis le conseil de Mary et file prendre bain pour me changer les idées. En chemin j'aperçois mon reflet : j'ai les cheveux emmélés et les yeux gonflés par les pleurs, et dire que c'est l'autre abruti qui me met dans cet état. Je fais couler un bain et me laisse aller à mes pensées.

Le bain me fait du bien mais Black m'a brisé le coeur. Je pensais être sur la bonne voie mais je m'étais fourrée la baguette dans l'oeil jusqu'au coude. Et si je m'étais trompée à son sujet ? S'il n'y avait réellement rien de bon en lui ? Après tout je l'ai jugé sans le connaître. Et après ce qui s'est passé hier soir je n'ai peut être plus très envie de le connaitre.

A midi, Mary me rejoins au dortoir et après un gros câlin je lui raconte ce qui c'est passé. Voyant que je vais un peu mieux, elle se permet même de rire de la situationê:

- Qui aurait cru que ma petite Jenny aurait un jour giflé le grand Regulus Black ? Tu as fait très fort sur ce coup là!

- Rigole tiens, en attendant je me suis mise dans de beaux draps : tu n'imagines pas comment ça me mine ce qu'il m'a dit. Je pensais vraiment qu'il n'avait pas les mêmes idéologies que sa famille et voilà qu'il me balance que je le dégoùte. Je me suis plantée à son sujet.

- Tu devrais plutôt voir le bon coté des choses : il ne t'a ni frappée ni jeté de sort et il ne t'a même pas dit que les "cours de soutien" étaient terminés. Tout n'est pas perdu !

- Mouais.. Enfin là je n'ai pas du tout envie de le revoir.

- Je comprends mais ne t'en fais pas, tu ne vas pas le voir avant lundi. Maintenant prépare tes affaires, nous allons déjeuner aux cuisines.

J'acquiesce et descends avec elle. En arrivant, les elfes se jettent sur nous pour savoir ce que nous voulons manger. Mon moral étant au plus bas, je demande un énorme gâteau au chocolat accompagné de crème anglaise. Mary me regarde en souriant et demande la même chose que ce qui a été servi dans la grande salle.

Nous nous installons et elle commence à me raconter un nouveau potin concernant un Poufsouffle et une Serdaigle de notre année : Rita Skeeter, une petite fouine de Poufsoufle rédigeant la "Gazette de Poudlard" les a espionnés à la bibliothèque et a pris quelque photos qu'elle a dévoilé à toute l'école. Ce n'est pas la première fois qu'elle fait ça cette garce mais j'ai l'impression que ça ne choque que les concernés des scandales.

Lorsque nous avons fini le repas et notre séance ragot nous montons pour le cours de DCFM. Arrivées là-bas, nous sommes contraintes de nous installer au fond car tous les Serdaigles occupent les places les plus près de l'estrade. La professeur entre dans la salle et nous dit :

- Aujourd'hui séance pratique, ayant consacré le premier cours à une évaluation théorique, je vais aujourd'hui voir ce que vous valez en duel. Placez vous en deux colonnes, une pour chaque maison, dit-elle.

Et dire qu'au premier abord j'ai cru qu'elle se laisserait dépasser par l'agitation des élèves... Absolument pas ! Elle nous tient d'une main de fer cet auror à lunette. Nous exécutons et elle nous fait passer deux par deux pour une duel au centre de la salle. Quelques élèves passent, puis vient mon tour : je dois me battre contre Faucett, je ne connais pas du tout son niveau en pratique (je sais par contre qu'en bon Serdaigle il déchire aux devoirs écrits).

Je m'installe au milieu de la salle plutôt confiante, je m'entraîne souvent aux duels avec Kingsley pour se défouler le week end, j'ai donc acquis un niveau correct. Je lève ma baguette, signe que je suis prête et attends le top départ de la prof.

-Allez-y ! dit elle.

J'enchaîne direct avec un "stupefix" que mon adversaire contre grêce à un bouclier, je persiste et décide de le faire plier par la vitesse des sorts. J'ajoute donc une série de sorts d'attaque de plus en plus puissants. Faucett se protège tant bien que mal mais je vois qu'il commence à flancher : ses sorts de protection sont de moins en moins précis et de plus en plus faible. Je décide de rassembler toute ma puissance pour un dernier "Expelliarmus" qui l'atteint de plein fouet, sa baguette arrive donc dans ma main : j'ai gagné !

La professeur me regarde avec un air approbateur et note quelque chose sur son parchemin. Le Serdaigle me lance un regard noir et nous retournons chacun de notre côté de la salle. Je sens mon moral remonter, je suis peut être une calamité en potion mais je sais manier une baguette. En même temps, qu'est ce qui me servira le plus dans les années à venir ? A mon avis, je serai capable de vivre sans chaudron et autres fioles, je préfère donc être douée à la baguette.

Les autres élèves passent et la fin du cours sonne :

- Très bien, merci à tous, je vous retrouve la semaine prochaine. Je vous donnerai un parchemin avec vos points forts et points forts et éventuellement des conseils, que ce soit pour les ASPICS ou pour vos études supérieures. Vous pouvez y aller.

Nous nous levons tous et sortons de la salle. Le cours suivant : histoire de la magie avec les Poufsouffles. Je vais directement passer au dîner parce que ma sieste n'avait rien de passionnant.

Au dîner, je mange seule avec Kingsley car Mary a une heure de "tutorat volontaire" avec un ami de son petit frère qui a du mal en métamorphose.

- Pas mal ton duel en DCFM, me dit-il

- Merci, j'ai eu un bon professeur, je réponds avec un clin d'oeil.

- Si tu veux, on se fait une autre séance demain, j'ai remarqué que t'avais de la rage à revendre. Je crois que ça pourrait te défouler.

Ce qui me plait chez Kingsley c'est qu'il devine tout. Nous sommes très proches, on sait l'un comme l'autre que l'on peut se confier mais d'un autre côté on a rarement besoin de mots tellement on se ressemble.

- Ca me ferait le plus grand bien ! Et après tu me feras une petite leçon de Quidditch ? Je demande.

- Parfait !

Je sais qu'il veut me remonter le moral car il sent que ça ne va pas fort. Je n'ai pas le temps de le remercier qu'un hiboux se pose devant moi. Il est brun et n'appartient pas à l'école. J'ouvre la lettre curieuse :

Salut Jenny ! Tu vas bien ? Je voudrais te demander ton aide pour faire une surprise à Mary : étant un maraudeur professionnel, je connais tous les passages secrets de Poudlard, je voudrais donc venir demain dans l'école pour la voir. Est ce que tu pourrais trouver une excuse pour l'emmener du coté de la sorcière borgne demain à quatorze heure ? Je te remercie d'avance pour ta gentillesse et ta discrétion. A demain, Remus.

L'écriture et le hibou inconnu s'expliquent ! C'est adorable de la part de Remus, Mary va être aux anges. Reste maintenant plus qu'à réussir ma mission d'agent secrète. Je montre la lettre a Kingsley pour connaître une éventuelle solution.

- Donc rendez vous dans la salle de classe face à la statue de la sorcière borgne pour un après midi de duel. Dis à Remus qu'on y sera, il nous rejoindra dans l'après midi à son arrivée et elle ne se doutera de rien !

- Très bonne idée Agent Shacklebolt, je commente.


End Notes:
Alors ? Verdict ?
Chapitre 4 by Ptitcouik
Author's Notes:
Et voilà la suite, Enjoy !

Chapitre 4


Aujourd'hui c'est samedi, j'en ai donc profité pour faire la grasse matinée. J'ai loupé le petit déjeuné à la grande salle mais le repas de midi sera dans une heure. Je file à la douche puis profite de l'absence de cours pour mettre des vêtements moldus : l'uniforme, ça va bien cinq minutes. J'enfile donc un jean et un débardeur rouge puis des chaussures ouvertes. Il fait encore beau au mois de septembre en Ecosse, je profite de mon avance pour aller faire un tour.

Je vais jusqu'au dernier étage, entre dans une des salles de cours inoccupée et passe par la fenêtre pour me retrouver sur le toit. J'adore être ici : j'ai vue sur tout Poudlard mais personne ne soupçonne que je suis en train de les observer. J'aperçois une bande de Serpentards de cinquième année terroriser des Serdaigles près du lac, des amoureux se promener vers les serres de botanique, l'équipe de Poufsoufle s'entraîner sur le terrain de quidditch et le nouveau garde chasse sortir de sa maison. Il me fait un peu peur ce garde chasse : il est à demi géant et des rumeurs courent comme quoi il aurait été renvoyé de Poudlard il y a quelques années pour une enfreinte au règlement impardonnable. Je ne comprends pas comment il a réussi à obtenir un poste après ça... Dumbledore et ses mystères, nous n'en viendrons jamais au bout !

J'entends du bruit derrière moi et aperçois Kingsley se glissant à mes côtés.

- Tu n'es pas avec Mary ? Me demande-t-il.

- Elle dormait encore quand je suis sortie du dortoir, j'ai préféré la laisser se reposer, j'explique.

- D'accord. Tu lui as dit pour la séance de duel ?

- Oui je lui ai expliqué hier soir, elle a dit qu'elle viendrait faire l'arbitre pour être sûre que je revienne en un seul morceau.

Mon ami rit de Mary, elle me couve sans arrêt mais sans elle je serai déjà en fauteuil roulant : je n'arrête pas de chuter, me cogner, me perdre dans le chêteau. Heureusement qu'elle est là pour m'aider un peu !

- Tu veux un conseil ? Marie toi avec un infirmier de Sainte Mangouste après Poudlard sinon tu paieras des frais médicaux faramineux !

- Arrête donc de te moquer ! Je dis en lui tapant sur l'épaule. D'ailleurs tu as réfléchis à ce que tu voulais faire l'an prochain ?

- J'ai toujours révé d'être Auror, j'espère que je réussirai suffisamment mes ASPICS pour être pris dans la formation. D'ailleurs vu tes atouts en DCFM tu devrais tenter aussi cette formation, me dit-il.

- Je ne sais pas du tout ce que je veux faire et je n'y connais pas grand chose, je sais que je ne ferai pas médicomage car je suis incapable de réaliser une potion correctement, ni professeur d'une quelconque matière puisque je ne suis pas assez patiente. Auror pourrait m'interesser mais je ne sais absolument pas quelles notes il me faut obtenir pour ça et je préfère ne fermer aucune porte. J'attends les entretiens avec McGonagall.

- Tu as raison, il ne faut pas se précipiter, me répond mon ami.

Kingsley regarde sa montre, il est midi passé, nous passons réveiller Mary au dortoir puis descendons manger. Elle nous rejoins un quart d'heure plus tard encore à moitié endormie :

- Bonjour vous deux, comment ça va ? Nous demande-t-elle

- Très bien et toi, bien dormi ? Demande Kingsley

- Trop peu, j'irai faire une sieste dans l'après midi.

Je lance un regard à Kingsley... Si elle savait la surprise qui l'attend dans l'après midi elle ne dirait pas ça !

Nous finissons de manger puis allons dans notre salle de duels. Nous nous échauffons chacun sur un mannequin pendant une bonne demi heure puis commençons un premier duel. Mary nous donne le top départ et les sorts fusent. Connaissant chacun la manière de se battre et les sorts préférés de l'autre, le combat et des plus difficile. Mais chacun de nous reste concentré. Les boucliers et les sorts s'enchaînent pendant un bon quart d'heure sans pour autant que l'on réussisse à désarmer l'autre. C'est lorsque Kingsley me lance sont Stupefix le plus puissant que Remus choisi d'entrer : distraite par son entrée, je n'ai pas le temps de former mon bouclier et me voilà en train de m'écraser contre le mur... merci Remus !

Alors que ma meilleure amie se jettent dans les bras de Remus, Kingsley vient s'excuser et m'aider à me relever. Je salue Remus et les laissent partir tous les deux.

- On fait une pause, je dis à Kingsley.

- Je veux bien, répond-il essoufflé. Je crois que la surprise a bien fonctionné, Mary était aux anges.

- Oui, je vais en entendre parler pendant un bon bout de temps ce cette "MAGNIFIQUE SURPRISE" je dis en imitant Mary.

Nous rions de bon coeur puis plus sérieux, il me questionne :

- Qu'est ce que tu avais jeudi soir ? Je t'ai vu monter dans ton dortoir complètement abattue. Tu sais que si tu as des problèmes tu peux m'en parler, ou pas d'ailleurs, c'est comme tu le sens mais je m'inquiète un peu pour toi.

Adorable, il y a pas d'autre mot. J'hésite un moment sachant que Kingsley se moquera de moi si je lui raconte mais décide de partager mon secret avec lui. Je lui raconte donc tout : la dispute de Regulus et Sirius, mon obsession depuis, le plan que j'ai mis en place, comment j'ai réussi à être en binôme avec lui et obtenir des cours particuliers, et enfin le fiasco de jeudi soir. Quand j'ai fini il me regarde bizarrement pendant quelques secondes puis, comme je l'avais prévu : il explose de rire.

- Excuse moi Jenny mais là c'est plus fort que moi ! Non mais attends : toi amoureuse de Regulus Black ? Mieux encore : toi qui gifle Regulus Black ! Non mais tu sais que t'es géniale toi !

- T'as qu'à le crier plus fort, je crois que tout le château ne t'a pas entendu.. je bougonne.

- Désolé mais là c'est trop drôle ! Mais attends c'est pour ça que tu pleurais ? Parce que tu lui en as collé une ?

- Mais non imbécile ! Je pleurais parce qu'il m'a craché à la figure un "Si je n'ai pas voulu t'aider c'est parce que ton sang impur me dégoùte" qui m'a bien refroidi.

- Je comprends, reprend-il plus sérieux. Tu veux que j'aille lui casser la figure à ce serpent ?

- Non non garde tes biscotos pour le quiditch... mais je ne sais plus trop quoi faire et lundi dès la première heure je serai à coté de lui, je répond mi-amusée, mi-désespérée.

- C'est vrai que c'est pas évident tout ça.. Voilà ce que je te propose..

Kingsley me propose donc une solution et me dit quoi faire lundi. Je ne vous en dis pas plus pour le moment sinon ça gâche tout le suspens. Après ça c'est à mon tour de lui tirer les vers du nez :

- Alors, maintenant que tu sais tout de mes problèmes de coeur, vas-tu me dire avec qui tu passes tes soirées ?

- Pardon ? Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, répond-il innocent.

- Oh si tu vois très bien de quoi je parle !

- Mais... comment tu le sais ?

- Je te cherchais mardi soir et un des garçons de ton dortoir m'a dit que tu étais parti faire un tour avec une fille que tu voyais beaucoup depuis la rentrée mais il ne connaissait pas son nom. Mercredi, je lui ai redemandé et il m'a donné la même réponse. Alors ? Avec qui est-ce que tu passes tes soirées Don Juan ?

- Je ne savais pas que tu étais détective. Penses à cette carrière l'année prochaine, tu sembles avoir de bonnes aptutides !

- Ne changes pas de sujet Shacklebolt, je lui réponds menaçante.

- Elle s'appelle Emily Bell, elle est en sixième année à Poufsouffle, lache-t-il

- La capitaine de l'équipe de Quidditch ? Je demande.

- Elle-même, elle a déménagé près de chez moi dans l'été donc nous avons passé pas mal de temps ensemble comme elle ne connaissait personne et je dois dire que je l'aime bien..

- Bien ou beaucoup ?

- Beaucoup.

- AAAAAAAH ! Mon Kingslounet chéri est amoureux ! C'est pas trop mignon tout ça ! Mais qu'est ce que t'attends, va donc lui rouler des pelles ! Je lui dis enthousiaste.

- T'es complètement barge, me répond-il. Je ne sais pas du tout si elle a pensé que nous pourrions être plus qu'amis donc je préfère ne rien brusquer.

- Le sage Shacklebolt a parlé.

- Arrête un peu ton cirque, vient on va faire une séance de quidditch.

Sur ce, nous partons pour le parc. Aucune trace de Remus et Mary, je me demande où ils peuvent bien être. Je me rend compte que cela m'a fait plaisir de me confier à Kingsley et de voir qu'il me faisait aussi confiance. Maintenant je vais pouvoir lui mettre une raclée au quidditch.


Le week-end est passé à une vitesse hallucinante, me voilà déjà devant la salle de potion, morte de trouille. Regulus est à l'autre bout du couloir avec ses amis. Mary et Kingsley m'encouragent du regard. J'ai parlé de l'idée de Kingsley à Mary samedi soir, elle l'a trouvée géniale j'ai donc décidé de la mettre en application. Le professeur nous fait entrer et je vais m'asseoir à ma place habituelle. Regulus me rejoins et s'installe sans un mot. Kingsley se retourne et lève les pouces pour me motiver.

- Aujourd'hui nous allons réaliser une potion de tue-loup, dit Slughorn. C'est une potion parmi les plus difficiles du programme donc soyez vigilents et lisez attentivement les instructions que j'ai noté au tableau.

Regulus part chercher les ingrédients et nous commençons la potion en silence, après avoir lu les instructions, je cherche le bon moment pour mettre en application l'idée de Kingsley "Tourner trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, la potion deviendra alors bleue et glacée". Parfait. Je fais donc très attention à mes manipulations puis exécute cette partie des instructions : je tourne trois fois, la potion devient effectivement bleue et du givre se forme sur les bords du chaudron. Regulus ne regarde pas et en me penchant pour attraper un ingrédient, je fais "malencontreusement" tomber le chaudron qui se renverse sur mon coéquipier.

- Ah ! Mais qu'est ce que t'as fait encore ! C'est gelé ce truc ! Dit il en sautillant partout.

- J'ai pas fait exprès, je réponds platement.

- Davis, vous n'êtes décidément pas capable de faire attention plus de cinq minutes, je retire 40 points à Griffondor. Emmenez Black à l'infirmerie.

Je prends mes affaires et l'accompagne jusqu'à l'infirmerie. Il rouspète pendant tout le trajet et je jubile, bien fait pour lui.

- Qu'est ce que j'ai bien fait pour t'avoir comme coéquipière, tu es une vraie calamité. Tu ne sais vraiment rien faire correctement, râle-t-il.

- Et si je te disais que je l'avais fait exprès ? Je dis.

- Quoi ? S'étrangle-t-il.

- Après ce que tu m'as dit jeudi soir je n'ai plus envie de faire aucun effort pour que toi tu ais des bonnes notes en potion. J'ai toujours été mauvaise dans cette matière donc ça ne me pose aucun problème d'avoir des Troll toute l'année. Si tu veux que je fasse des efforts dans cette matière il va falloir t'excuser.

Black est estomaqué, il ne pensait pas que la gentille petite Jenny pourrait lui faire un coup pareil... Merci Kingsley !

- M'excuser ? Je n'ai dit que la pure vérité, c'est à toi de t'excuser pour la gifle que tu m'as donnée sans aucune raison valable.

- Comme tu voudras, tant que tu ne te seras pas excusé je ne ferai aucun effort en potion. Il se pourrait même que j'y mette de la mauvaise volonté, je dis.

Sur ce je le laisse entrer à l'infirmerie et vais devant la porte de mon prochain cours attendre mes amis.


Pendant le cours de métamorphose, je me mets à coté de Mary et Kingsley se met juste devant nous. J'en profite pour leur raconter la scène, mon histoire les fait rire ce qui nous vaut un regard réprobateur de notre directrice de maison.

- Bien joué Jenny ! Tu vas voir qu'il va te présenter ses excuses ton Black. Et après ça tu pourras en faire tout ce que tu veux, me glisse Kingsley avec un clin d'oeil.


Tout le reste de la semaine je réussis à faire rater nos mixtures en cours de Potions (à vrai dire cette tâche est plutôt simple pour moi). Regulus qui ne croyais sans doute pas à mes menaces au début commence à réaliser que je suis sérieuse. Kingsley et Mary aiment de plus en plus les cours de potion et j'attends de voir le résultat de mes efforts : Black n'est pas loin de craquer, je sens les excuses arriver et son orgueil battre de l'aile.

End Notes:
N'hésitez SURTOUT PAS à me dire ce que vous en pensez et donner vos hypothèses pour la suite ;) A très vite pour la suite des aventures de Jenny
Chapitre 5 by Ptitcouik
Author's Notes:
Voici la suite de nos aventures Poudlariennes, j'espère que ça vous plaira. En attendant je vous laisse à votre lecture :)

Chapitre 5


Je vous ai déjà dit que j'adorais le samedi après-midi ? En fait j'aime tout ce qui consiste à ne rien faire ! Alors que je lis dans un des canapés de la salle commune, un première année entre et cours vers moi :

- C'est toi Jenny Davis ? Me demande-t-il apeuré.

- Oui, qu'est ce qu'il se passe ? Je m'inquiète.

- Il y a un méchant Serpentard qui m'a envoyé te chercher, il t'attend devant la salle de métamorphose. Tu veux que j'appelle le professeur Mc Gonagall ? Il avait l'air de très mauvaise humeur, m'explique-t-il.

- Ne t'en fais pas, je vais me débrouiller.

Pas de doute sur l'identité du vilain Serpentard, Regulus aurait-il décidé de céder ? Je sors rapidement de la salle commune et vais d'un pas rapide vers le point de rendez-vous. Je suis impatiente d'entendre ce qu'il a à me dire ! Je tourne dans le dernier couloir et le vois adossé au mur. Je suis censée lui en vouloir mais dès que je le vois c'est la même chose : il est tellement beau que je pourrais tout lui pardonner...

- C'est pas trop tôt, me dit-il.

Par contre, ce n'est pas l'amabilité qui l'écorche.

- Qu'est ce que tu veux ? Je le presse sans prendre en compte sa remarque.

- Je veux remonter ma moyenne de potion, répond-il.

- Tu sais ce qu'il te reste à faire.

- Oui.

Je n'ai jamais eu de conversation aussi froide et distante, même avec un professeur ! J'attends impatiemment ses excuses sans rien dire. Après tout je ne vais pas lui mâcher le travail !

- Je m'excuse, lâche-t-il.

- Tu t'excuse de..?

- Je m'excuse de t'avoir crié dessus. C'est bon tu es contente ? Demande-t-il agacé par mon attitude.

- Oui, très satisfaite ! Je réponds en souriant jusqu'aux oreilles.

- Maintenant je veux te voir jeudi soir pour refaire la prochaine potion du programme. Je ne te laisse pas sortir tant que tu n'arrive pas à la faire correctement. C'est clair ?

Je hoche la tête et nous partons chacun de notre côté.

J'ai réussi ! Le grand Regulus Black s'est excusé! Je suis trop forte. Je cours jusqu'à la tour de Griffondor rejoindre Mary pour lui dire. Une fois qu'elle a émergé de sa lecture et qu'elle a compris la source de mon excitation elle lève les bras et crie :

- T'AS REUSSI !!

- OUI !

Je ne m'attarde pas plus longtemps et cours prévenir Kingsley, après tout, c'est lui qui m'avais donné l'idée du chantage ! J'entre en trombe dans son dortoir et saute sur son lit, il sursaute et ronchonne. Il cesse vite de râler quand il écoute la nouvelle que je lui annonce :

- Bah voilà, quand tu sais pas : tu me demandes !

- Oui chef ! Je réponds aux anges.

Maintenant qu'il est réveillé, nous commençons à discuter :

- Et toi tu avances avec ta Poufsoufle ? Je demande.

- Je dois passer la soirée avec elle, dit-il en rougissant légèrement (un métisse qui rougit, c'est plutôt comique).

- Mais qu'est ce que tu fais encore au lit ! Debout, file à la douche vieux troll !

- J'y vais, j'y vais.

Il se lève et se dirige vers la salle de bain mais avant d'entrer il se retourne et me demande :

- Tu ne veux pas rester pour m'aider à choisir la tenue adaptée ?

- Je ne bouge pas tant que t'es pas nickel mon vieux, c'est vrai que tu as besoin d'une styliste vu ton pyjama !

- J'adore les oursons de mon pyjama, c'est ma grand-mère qui me l'a offert, riposte-t-il.

Je souris puis m'allonge sur son lit en l'attendant. Je repense aux excuses de Regulus, maintenant que l'on est plus "fâchés" je vais pouvoir essayer de passer du stade de "sang de bourbe" à "camarade", du moins je vais tout faire pour qu'il cesse de me détester.

Kingsley sort en caleçon de la salle de bain, il est bien bâti le bougre ! La Poufsoufle ne va en faire qu'une bouchée.

- Uniforme ou pas uniforme ? Me demande-t-il.

- Pas uniforme.

- Chemise ou t-shirt ?

- T-shirt

- Rouge ou Noir ?

- Rouge, on est à Griffondor mon pote !

- Jean ou pantalon noir ?

- Jean.

- Basket ou chaussures noires ?

- Basket.

Je le vois sortir de sa valise tous les éléments décidés. Le résultat est simple mais décontracté. Je lui dis de se parfumer légèrement, ce qu'il fait. Parfait ! Je lui fais un clin d'oeil et lui dit de vite rejoindre sa belle tout en lui faisant promettre de tout me raconter le soir même. Pour ma part, je me dirige vers la bibliothèque. Je passe au dortoir chercher mes affaires de cours et vois que Mary s'est rendormie.

En arrivant à la bibliothèque je m'assois à une table au fond près de la fenêtre pour ne pas être dérangée par la bibliothécaire. Je sors mon livre d'étude des moldus et rédige mon rouleau de parchemin à rendre la semaine prochaine. L'objet d'étude d'aujourd'hui : la télévision. J'ai bien fait de prendre cette option, au moins je comprends toujours les leçons ! Je vois Regulus entrer dans la bibliothèque et s'asseoir à une table non loin de la mienne.

Je continue mes devoirs pour la semaine et au moment de partir, je décide d'"oublier" mon livre d'étude des moldus sur la table. Pourquoi ? Parce que d'après la dispute que j'avais surprise entre Sirius et son frère : quand il était petit, Regulus était fasciné par les moldus. S'il décide de le prendre pour me le ramener, peut être qu'il l'ouvrira et que ça lui rappellera de bons souvenirs... Ca fait beaucoup de "si" et de "peut être" mais bon, ça vaut le coup d'essayer. S'il ne le prend pas, la bibliothécaire me le remettra à ma prochaine visite.

Je quitte donc la bibliothèque en espérant que mon petit plan fonctionne. Je file à la grande salle pour le dîner. Mary est déjà installée et nous commençons à discuter. Je remarque que Kingsley et sa Poufsouffle ne sont pas dans la grande salle, il va avoir des choses à me raconter celui ci !

- Vas-tu enfin te décider à te présenter pour l'équipe de Quidditch de Griffondor ? Me demande Mary.

- Je ne pense pas, j'ai déjà beaucoup de choses à faire cette année, je réponds en regardant vers la table des Serpentards, et je pense que je ne serai jamais prise.

- Tu as tort ! Je vous ai déjà vus toi et Kingsley, vous formez une sacrée équipe !

- Le problème c'est que ce sport ne se joue pas qu'à deux, et la probabilité qu'on soit pris tous les deux est quasiment nulle.

- Ca vaudrait le coup d'essayer. Tu devrais regarder la liste qu'il y a dans la salle commune pour voir le nombre de personnes qui se sont déjà inscrites et leur niveau.

- Ils ont probablement tous un excellent niveau, je dis.

- Mais toi c'est ta dernière année, c'est maintenant ou jamais !

- Je le fais si Kingsley tente les sélections avec moi.

- Super ! Dit-elle joyeuse, ça va être un jeu d'enfant de le convaincre.

Dans quoi est-ce que je me suis encore engagée..?

En rentrant dans la salle commune, je regarde les inscrits pour les différents postes. La liste n'est pas très longue cette année. Kingsley et moi aimons jouer poursuiveurs, les autres inscrits pour ce poste ne sont pas bien vieux (quatrième et cinquième année tout au plus), nous avons donc nos chances. Je n'ai plus qu'à attendre que Kingsley rentre de son rencart. Mary et moi nous installons donc à une table pour une partie d'échecs en l'attendant.


Il arrive, alors que je suis en train de prendre l'avantage sur Mary, et elle commence à lui expliquer le "deal" que nous avons convenu au dîner ce qui la déconcentre. Je remporte donc rapidement la partie.

- Donc si j'accepte, Jenny se présente aussi ? Demande-t-il.

- C'est ça... je ronchonne.

- Alors c'est d'accord, enchaîne-t-il avec un sourire malicieux.

Je suis sûre qu'il n'accepte que pour m'embêter ce troll ! En même temps, l'idée de jouer dans l'équipe ne me déplaît pas, c'est plutôt celle de ne pas être sélectionnée qui me déplaît... J'ai peur de m'entraîner et d'espérer pour finalement être déçue. Enfin bon, maintenant que j'ai accepté le deal, je n'ai plus qu'à m'entraîner avec Kingsley en espérant ne pas être trop ridicule.


Depuis le début de semaine, je passe presque tout mon temps libre sur le terrain de Quidditch avec Kingsley et Mary qui nous encourage des gradins avec son petit-frère. Je rentre tous les soirs lessivée et courbaturée, j'espère que ça en vaudra la peine ! Ce qu'il y a de bon dans tout ça c'est que je ne me vide la tête et cela m'évite de trop penser à mon cours particulier de jeudi (ou autrement dit de ce soir). Je stresse terriblement : " Je ne te laisse pas sortir tant que tu n'arrives pas à la faire correctement". Je risque de passer la nuit aux cachots.

Après l'entraînement, je file prendre une douche au dortoir. Je descends aux cuisines prendre un sandwich et me rends aux cachots rejoindre mon Serpentard préféré (en même temps je déteste tous les autres). Il est déjà dans la salle lorsque j'arrive. J'avale le reste de mon repas et sors mes affaires. Regulus a déjà inscrit toutes les instructions au tableau et disposé les ingrédients sur ma table.

Je commence à réaliser la potion et il fait attention à mes moindres faits et gestes. Alors que je m'apprête à prendre un couteau pour couper des fèves, Regulus me stoppe et me dit :

- Comme tu n'es pas douée avec un couteau, j'ai fais quelques recherches : les sorts sont autorisés pendant l'épreuve de potions. Tu peux donc utiliser un simple sort de découpe si tu le maîtrises.

Il a fait des recherches pour moi ? C'est trop adorable ! Mais pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt : étant douée avec une baguette mais très maladroite avec tout ce qui est tranchant je peux tout simplement utiliser ma baguette pour couper ! Ingénieux !

- Pas bête !

- Plutôt intelligent même, dit-il avec prétention.

Je mets tout de suite son conseil en application et réussis à couper toutes les fèves dans me couper moi. Je les ajoute ensuite à la potion puis passe à l'instruction suivante "tourner trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre". Je saisis le manche de la louche et m'apprête à tourner mais Regulus me stoppe à nouveau.

- Pour être sûre de tourner dans le bon sens, sors ta louche entre chaque instruction. Si tu la laisse dans le chaudron, à chaque fois que tu la reprends elle fait un mouvement dans le chaudron et même s'il est infime, ça peut suffir pour faire rater la potion.

Je hoche la tête et après avoir fait mes trois tours je sors la louche de la potion. Je retiens ses précieux conseils, ils pourraient me permettre d'obtenir la moyenne aux ASPICS. Le reste de la potion est relativement simple, juste une fiole de sang de dragon à verser et une couleur rose pâle à attendre. Regulus se permet donc le luxe de sortir un livre le temps que je finisse mon travail. Je jette un coup d'oeil furtif dans sa direction et constate avec joie qu'il s'agit de MON livre, celui que j'avais volontairement laissé sur la table de la bibliothèque.

Après avoir versé la fiole, je dois attendre quelques minutes avant qu'elle tourne au rose pâle, je décide donc d'entamer une discussion avec mon "coach"

- Ca t'intéresse ? Je lui demande

- Hein ? Dit-il en sursautant. Pas du tout, tu l'avais oublié à la bibliothèque c'était juste pour te le rendre. Ca ne m'intéresse absolument pas.

- Bien sûr.. alors pourquoi tu ne me l'as pas rendu lundi en cours de potion ? Je le questionne sournoise.

- Je l'avais oublié dans mon dortoir, répond-il nonchalant.

C'est qu'il ment sacrément bien ! Si je ne savais pas qu'en vérité il est fasciné par les inventions moldues, je le croirais sans soucis. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot.

- Si tu veux le lire, je te le prête. De toute façon je connais déjà la plupart des objets contenus dans ce bouquin, j'explique.

- Je n'en veux pas, répond-il faisant mine d'être dégoùté.

- Pourtant quand tu étais petit, tu aimais bien observer les moldus et leurs inventions, je riposte.

- Qui t'a dit ça ? Dit-il énervé.

Maintenant que je me suis vendue, autant aller au bout de la chose...

- En première année je t'avais entendu te disputer avec Sirius et il avait dit que plus jeunes, vous vous échappiez du chemin de traverse pour aller voir Londres du côté moldu. Je comprends que tu ne veuilles pas que les autres Serpentards l'apprennent mais je peux te prêter ce livre si tu veux.

Regulus me regarde avec des yeux écarquillés. Il ouvre la bouche, puis la referme et fronce les sourcils. J'ai peut être abusé là... et si j'avais tout fait foiré? J'aurais mieux fait de fermer ma bouche... Étant gênée, je me re-concentre sur la potion. Elle est au rose vif mais est en train de s'éclaircir. Lorsqu'elle arrive au rose pâle, j'éteins le feu et verse une louche dans une fiole. Je la tends à Regulus et commence à rassembler mes affaires puisqu'il n'est toujours pas décidé à répondre. Alors que je mets ma veste, il me dit finalement :

- N'en parle à personne. Je ne suis pas fan des moldus contrairement à ce que tu penses, quand j'étais petit j'admirais énormément mon frère comme tous les gamins. Comme il était très intrigué par les non-sorciers, je l'accompagnais dans ces observations. Mais les choses ont changées : je ne veux plus aucun contact avec mon frère et j'ai bien vite compris que les moldus ne valaient pas la peine que l'on s'intéressent à eux.

Ouh le menteur ! Et il pense que je vais gober ses mensonges alors que je viens de le trouver en train de lire mon manuel d'étude des moldus ? N'importe quoi !

- Si tu le dis, je réponds avec un sourire en coin lui montrant que je ne suis pas dupe.

Sur ces derniers mots, je quitte la salle tout en lui laissant le livre entre les mains.


Comme tous les matins, Mary me réveille doucement et je file à la douche. Après être descendue petit-déjeuner nous nous rendons aux cachots. Lorsque Slughorn ouvre la porte, nous nous installons à nos places habituelles. Regulus s'assoie à côté de moi mais ne décroche pas un mot. En même temps, je ne m'attendais pas à ce qu'il me sorte le livre d'étude des moldus devant tous ses copains...

Slughorn affiche les instructions de la potion que j'ai réalisé hier. Regulus et moi nous divisons les tâches et commençons la potion. Je suis ses conseils à la lettre et nous avançons rapidement. Au bout d'une demi-heure notre potion repose et nous attendons qu'elle passe au rose pâle. Quelques minutes plus tard, la potion est prête et le prof vient examiner notre travail :

- Félicitations ! C'est du beau travail les enfants ! J'offre vingt points à chacune de vos maison et vous donne un Optimal. Une grande première pour vous Miss Davis.

Je suis aux anges ! Je prends des cours particuliers avec le plus beau garçon de l'école, je suis passée de la pire note à la meilleure et j'ai même réussi à obtenir des points supplémentaires pour ma maison. Que demander de plus ? Ah si, tant que j'y suis : j'aimerai bien réussir les sélections de Quidditch demain (tant qu'à faire).

Pendant le reste du cours, Regulus ne décroche pas un mot. Kingsley finit quelques minutes après moi et il se retourne pour discuter.

- Comme nous n'avons pas cours cet après-midi, on ira s'entraîner ? Me propose-t-il.

- Ça marche ! Je dis. J'espère vraiment qu'on sera pris tous les deux, après tout, on forme une sacrée équipe !

End Notes:
Alors ? Est ce que ça vous plait ? Des suppositions pour la suite ?
Chapitre 6 by Ptitcouik
Author's Notes:
Me voilà de retour pour vous jouer un mauvais tour.. Mouhahahaha !
Aucune review pour le dernier chapitre, est-ce parce qu'il vous a déplu ou déçu ? J'accepte toutes les critiques qu'elles soient positives ou non !

Chapitre 6


Aujourd'hui c'est le grand jour : c'est ce matin qu'ont lieu les sélections de Quidditch ! Kinglsey et moi nous sommes entraînés dur toute la semaine, j'espère donc que l'on sera pris tous les deux. Cependant je doute sérieusement que le capitaine veuille de moi dans l'équipe : ma réputation de catastrophe ambulante est connue dans tout Poudlard donc qui voudrait d'une poursuiveuse avec deux mains gauches ? Bon c'est vrai que je me débrouille plutôt bien pour ce jeu mais pendant nos entraînements, nous étions que deux sur le terrain, je n'ai donc jamais joué avec des batteurs. Nous lâchions les cognards, mais ils nous fonçaient dessus quand ils voulaient. Là on va réellement vouloir me faire tomber de mon balais à tout moment. J'espère vraiment ne pas me ridiculiser.

Au petit-déjeuner, Mary arrive avec des cookies au chocolat blanc (mes préférés) pour "encourager ses champions" comme elle dit. Nous avons la gorge nouée mais les cookies ont eu raison de nous et nous les avons tous mangés. Après ce petit-déjeuner light, je vais au stade me changer dans les vestiaires. J'emprunte un des balais de l'école (j'en demanderai un à Noël si je suis prise dans l'équipe) et me dirige vers le terrain. Malheureusement, la pelouse est encore humide et je glisse dès le premier pas. Je me retrouve donc les fesses par terre et pleine de boue alors que les sélections n'ont pas encore commencé. Génial.

Le capitaine qui joue le poste de gardien nous demande de former deux équipes, je me mets avec Kingsley et les autres joueurs les plus vieux de l'équipe (les plus jeunes doivent avoir peur de nous puisqu'ils se sont automatiquement regroupés).

- Vous allez jouer un match sans gardien vu que ce poste est déjà pris. Je ne sélectionnerai pas l'équipe gagnante au complet : je choisirai l'attrapeur qui attrapera le vif d'or en premier, les trois poursuiveurs qui marqueront le plus de points et les deux batteurs qui atteindront le plus souvent leurs cibles. Le résultat final de votre équipe ne vous assurera donc pas une place dans l'équipe mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il faudra jouer uniquement pour soi-même. Ceux qui n'ont pas l'esprit d'équipe peuvent aller se rhabiller, c'est clair ? Demande-t-il.

Nous hochons tous de la tête, montons sur nos balais et nous mettons en place. Le match débute et notre équipe prend très vite l'avantage : les batteurs nous défendent parfaitement et nous marquons presque tous les buts. La machine Kingsley-Jenny est en route. Nous nous arrangeons pour marquer autant de but l'un que l'autre pour être pris ensembles, le dernier poursuiveur se débrouille plutôt bien. Le match est plutôt rapide car au bout d'une demi-heure le capitaine siffle la fin du match, l'attrapeur de l'équipe adverse a attrapé le vif d'or, la partie est donc terminée avec un score de 180 pour eux à 150 pour nous. Nous avions marqué beaucoup plus de buts qu'eux mais comme la partie a été courte, nous n'avions pas pris assez d'avance.

- Très beau match, annonce le capitaine. J'ai noté tous vos buts ou cognards touchés, les batteurs sont donc Lee et Johnson, les poursuiveurs Shacklebolt, Davis et Martins, et l'attrapeur Baker. Les plannings des entraînements seront affichés chaque semaine dans la salle commune, merci à tous.

J'ai été prise ! J'ai réussi ! Je me jette sur Kingsley et le serre dans mes bras :

- L'équipe de choc que nous formons va faire remporter la coupe aux griffondors, me dit-il avec un grand sourire.

- Il n'y a pas de doute, on va les écraser ! Mais en attendant, l'athlète a faim donc que dis-tu d'un casse-croûte dans les cuisines ?

Nous sortons du stade et Mary nous retrouve pour nous féliciter.

- Tu as bien fait de m'écouter Jenny, peut être qu'on va pouvoir regagner la coupe cette année, même sans James Potter !

Nous allons aux cuisines tout en discutant joyeusement, j'ai l'impression d'être invincible : zéro chute en trente minutes de match, un grand record pour Jenny Davis ! Nous mangeons dans la joie et la bonne humeur puis je décide d'aller à la bibliothèque travailler au calme. Je m'installe près des présentoirs de métamorphose et commence mon devoir sur les animagi.

Je suis en train de rédiger mon deuxième rouleau de parchemin lorsque quelqu'un se poste en face de moi. Je lève la tête et lance un petit sourire à Regulus :

- Voilà ton livre, ne dis à personne que je l'ai eu en ma possession, dit-il en me tendant mon manuel d'étude des moldus.

- T'en fais pas, personne ne saura que tu l'as gardé une semaine entière alors que les moldus ne "valent pas la peine qu'on s'intéresse à eux", je réponds en citant ces propos de jeudi soir.

- Je ne voulais pas que les autres me voient avec un déchet pareil dans les mains, c'est tout.

- N'en fais pas trop, je dirai rien. T'as le droit d'aimer les moldus même si tu tentes de faire croire à tout le monde le contraire, je riposte.

Regulus me jette un regard noir et s'approche de moi, il se penche et me dit d'un air menaçant :

- Que ce soit bien clair, je n'aime pas les moldus ni les sang-de-bourbe de ton genre alors fiche moi la paix Davis.

Je déglutis difficilement et hoche la tête. Le dicton moldu "qui s'y frotte s'y pique" me vient instantanément en tête... Black est un vrai cactus ma parole ! Il n'y a personne dans la bibliothèque mais il continue à nier. Et si je m'étais trompée ? Finalement, il était peut être "bon" en première année car il restait proche de Sirius mais il est passé du "mauvais" coté depuis que son frère et lui n'ont plus aucun contact.

Regulus quitte la bibliothèque et je me remets à mes devoirs mais sans grande concentration et passe une fin d'après-midi maussade.


Durant mon début de semaine il ne se passe rien qui ne mérite d'être raconté ici, c'est pourquoi je passe directement au jeudi midi. Je suis donc en train de manger avec les autres septième année de Griffondor quand Dumbledore se lève. Le silence se fait instantanément dans la grande salle et il nous annonce :

- Samedi aura lieu la première sortie à Préaulard, je rappelle que seul les élèves de troisième année et plus sont autorisés à s'y rendre et qu'il vous faut obligatoirement remettre l'autorisation signée par vos tuteurs. Sur ce, bon apétit.

Mary crie de joie et attrape une pomme :

- Je file à la volière envoyer une lettre à Remus, j'espère qu'il pourra se libérer samedi !

- D'accord, je réponds, et toi Kingsley tu vas y aller avec Bell ?

- Je ne sais pas encore, tu ne vas quand même pas y aller toute seule ? Me demande-t-il inquiet.

- Mais on est là nous, répondent Winston et Barnes deux autres garçons de ma maison.

- T'en fais pas pour moi, j'irai juste m'approvisionner en sucreries et faire un tour au magasin de Quidditch avec eux alors va donc passer l'après midi avec Emily.

- Je lui proposerai alors, répond-il avec un grand sourire.

Une fois notre repas terminé, nous nous apprêtons à quitter la grande salle mais le capitaine de notre équipe nous retient :

- J'ai réussi à obtenir le terrain de quidditch ce soir à vingt-heure, donc rendez-vous après le dîner pour s'entraîner.

Génial... Je vais devoir reporter mon "rencart" avec Regulus. Et comme mes cours sont classés "top-secrets" je ne peux pas aller le voir pour lui dire. Je vais lui envoyer un hibou, comme ça il pourra dire que ça vient de quelqu'un d'autre. Je regarde ma montre, j'ai quinze minutes avant le début de mon prochain cours, je cours au dortoir, écris vite sur le parchemin "Entrainement de Quidditch à vingt heure, ne peux pas venir ce soir. Désolée. J.Davis" puis je cours à nouveau mais cette fois vers la volière. J'attache le parchemin au premier hibou que je vois et file en cours de DCFM.


J'arrive juste avant que la porte ne se referme et vais m'installer à coté de Mary :

- C'était moins une, où étais-tu passée ? Me chuchote-t-elle.

- A la volière, j'ai entraînement ce soir j'ai prévenu Regulus que je ne viendrai pas.

- J'espère que le Quidditch ne va pas compromettre le "plan RB".

Je ne réponds pas car la prof nous rend les parchemins qui rendent compte de nos niveau. Je regarde le mien, plus que satisfaite : "Réaction vive et maîtrise des sorts d'attaque, les boucliers sont puissants. La théorie est aussi acquise, groupe A. Peut envisager une carrière d'auror".

- J'ai divisé la classe en trois groupes pour le créneau du mardi après-midi afin de vous faire travailler avec des gens de votre niveau. Les groupes vont donc des plus confirmés (A) aux moins à l'aise (C). J'ai parfois suggéré des carrières dans le domaine de la défence à certains d'entre vous dont j'ai décelé un réel potentiel mais il n'y a absolument rien d'obligatoire. Pour ceux qui seront effectivement intéressés, je mettrai en place des cours spécifiques une fois par mois afin de vous apprendre quelques tuyaux et développer les différentes possibilités. Aujourd'hui comme nous sommes en classe entière, nous allons donc faire de la théorie, sortez vos libre page 27.

Kingsley se penche sur ma table pour regarder nos groupes, Mary est dans le groupe B et lui dans le même que moi : nos petits duels ont fini par nous servir. Le reste du cours se passe tranquillement et nous nous entraînons au sort du patronus. Au bout de deux essais, une masse blanche sort de ma baguette mais je ne parviens pas à distinguer une quelconque forme animale. Je réessaie et cette fois ci je vois nettement un zèbre se former. La prof vient me féliciter car je suis la première à réussir, je passe la fin du cours à jouer avec mon patronus et à le faire courir dans la salle : fantastique !


Après ça, je rejoins ma salle d'Etude des moldus et en attendant le professeur, je vois le hibou que j'avais envoyé à Regulus taper contre la fenêtre avec son bec. J'ouvre et prends le petit parchemin accroché à sa patte, l'oiseau s'envole aussitôt. Je déplie la feuille de papier et lis "RDV après ton entraînement : je veux un optimal demain en potion. R.Black". Et bien.. j'ai comme l'impression que mon lit s'éloigne de moi. Cours, entraînement, potion, l'heure du couché me semble bien loin. J'espère que Regulus sera clément avec moi et qu'il me laissera sortit assez vite car en état de fatigue, je doute que je puisse réussir la potion du premier coup.

Je suis à peine entrée dans la salle d'étude des moldus que le professeur annonce :

- Nous avons fini le chapitre sur les objets ménagers moldus, je vous fait donc parvenir un questionnaire afin de vérifier vos connaissance. Vous avez toute l'heure.

Il ne manquait plus que ça... Quelle journée ! Tous les élèves soupirent et prennent un parchemin. Je commence à lire les questions qui, heureusement, ne sont pas trop compliquées pour moi.

1)Quel sont les différents objets permettant de faire chauffer les aliments ? (trois exemples)

Bon, facile : micro-onde, four classique et gazinière.

2) Comment s'appelle l'objet moldu remplaçant la cheminée et fonctionnant grâce à l'électricité ?

Radiateur. J'ai failli avoir une attaque en regardant la réponse de ma voisine : fer à repasser... on aura tout vu !

Les dix-huit autres questions sont du même genre, c'est pourquoi je vous les passe. J'ai fini mon questionnaire bien avant l'heure et le prof me laisse sortir en avance. J'ai donc le temps de souffler un peu avant mon cours de métamorphose. Je passe aux cuisines récupérer un quatre-heure (je glisse bien évidemment sur le sol humide, quelle idée ils ont ces elfes de laver le sol a cette heure là !) et me dirige vers la salle de métamorphose. La sonnerie est dans quinze minutes, j'aurais le temps de faire le trajet grande salle- dortoir- volière- salle de cours comme tout à l'heure mais je préfère m'asseoir contre le mur (bien plus physique comme activité). Je me régale de la grosse part de gâteau au chocolat que j'ai demandée aux elfes et attends la sonnerie, profitant du calme des couloirs et du peu de temps de repos que j'ai.

Mac Gonnagall ouvre la porte peu après et les septième année de Griffondor et Serpentard entrent dans la salle. Regulus me regarde d'un air interrogateur, je hoche discrètement la tête pour lui faire savoir que j'ai bien eu son message. Kingsley vient s'asseoir à côté de moi, la première heure de cours est purement théorique et pendant la deuxième heure nous tentons d'appliquer le sortilège appris. Aujourd'hui il s'agit de changer un chaudron en valise, Mac Go dit que tout sorcier voyageur doit maôtriser cette transformation, je me demande si je l'utiliserai un jour sachant que je ne maîtrise qu'un nombre très limité de potions. Je parviens néanmoins à obtenir une belle valise en trois essais et Kingsley réussi peu de temps après moi. Je vois plusieurs élèves galérer et n'obtenir qu'un malheureux sac-à-dos comme Regulus.

A la sonnerie, Mac Gonagall nous retient quelques instants :

- Je voulais vous informer que des examens blancs auront lieu durant le mois de décembre, donc répartissez vous le travail afin de ne pas être surchargés et pour les Griffondors, après les résultats des examens blancs je mettrai en place un planning de rendez-vous individuels pour discuter de vos futures études si vous le souhaitez. Vous pouvez sortir, sauf Black et Davis avec qui je voudrais m'entretenir quelques instants.

Quoi ? Alors deux choses ne me plaisent pas dans son petit discours: déjà je n'aime pas le principe d'avoir du stress juste avant noël, je vais encore me goinfrer pour me calmer et prendre deux kilos avant les fêtes. Et qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour qu'elle me retienne dans son bureau ? J'ai réussi le sort d'aujourd'hui contrairement à Black donc ce n'est pas ça... Et si c'était parce qu'elle ne voulait pas que je fasse partie de l'équipe de Quidditch de Griffondor ? Les directeurs de maisons doivent avoir le droit de revenir sur les décisions du capitaine...

- Venez tous les deux vous asseoir en face de moi, dit-elle.

Nous prenons chacun une chaise au premier rang et nous asseyons devant son bureau. Regulus me regarde, il ne comprend pas la situation plus que moi, encore un point en commun (avouez, on est faits l'un pour l'autre !)

- Les murs de Poudlard ont des oreilles et sont également très bavards, j'ai donc entendu dire que monsieur Black vous donnait des cours de potions, annonce Mac Go.

Je hoche la tête.

- J'ai également appris que cet enseignement vous avez valu un Optimal, une grande première dans cette matière, poursuit-elle.

Re-hochement de tête.

- Vu que votre coopération a l'air de plutôt bien fonctionner, vous allez rendre l'appareil à Monsieur Black en lui donnant des cours de métamorphose car depuis le début de l'année, il a quelques difficultés et je suis sûre que vous pourrez l'aider à combler ses lacunes.

Nouveau hochement de tête.... Attendez! Quoi ? Moi aidez Black ? Je suis tellement surprise que je tombe se ma chaise. Je me relève et me rassois alors que Regulus riposte :

- Je ne suis absolument pas d'accord ! Je n'ai pas besoin qu'une née moldue m'apprenne à me servir de ma baguette.

Notez qu'on est passé de "sang-de-bourbe" à "née moldue" en seulement un mois, je suis sur la bonne voie ! Mac Gonagall ne semble cependant pas être du même avis que moi :

- Et bien la "née moldue" en question a des résultats nettement supérieurs aux vôtres dans ma matière, il faudrait donc que vous mettiez votre orgueil et vos préjugés de coté pour réussir vos ASPICS.

Alors là, elle lui a bien cloué le bec ! Je ne savais pas que Mac Go avait autant de répartie.

- Je vous prêterez ma salle le mardi soir pour que vous puissiez travailler sans que les autres élèves soient au courant car j'ai cru comprendre que votre image était bien plus importante que votre réussite scolaire monsieur Black. Vous pouvez disposer.

Sur ce, nous nous levons et nous dirigeons d'un même pas vers la sortie. Une fois la porte fermée j'entends Regulus marmonner :

- Si elle l'apprend, elle me tue...

- Qui ça ? Je le questionne.

- Personne, mêle toi de ce qui te regarde. Je t'attends à vingt-deux heures ce soir alors ne sois pas en retard.

Je n'ai pas le temps de répondre que l'entraînement FINIT à vingt-deux heures donc que je serai FORCEMENT en retard car il a déjà tourné les talons. Très bien, je vais devoir manquer la fin de mon premier entraînement pour ne pas m'attirer les foudres de Black, quelle journée !


J'entre dans la Grande Salle pour le dîner et me dirige vers notre capitaine pour lui demander :

- J'ai rendez-vous avec Mac Go à vingt-deux heures, est-ce que je pourrai quitter l'entraînement un quart d'heure plus tôt ?

- Davis, tu commences mal l'année, râle-t-il. Tu pourras mais c'est exceptionnel !

- Promis, merci Tommy.


Après ce court échange, je vais manger avec Kingsley et Mary. Je leur raconte l'entretiens que je viens d'avoir avec Regulus et Mac Gonagall.

- Mac Gonagall doit être ma bonne étoile : deux soirée par semaine avec Regulus, c'est le paradis !

- On a pas la même vision du paradis mais bon... dit Kingsley d'un air dubiitatif.

- Roh ça va toi ! Je riposte en lui tirant la langue de façon très mature. Vous avez reçu des réponses de vos amoureux pour la sortie de samedi ? J'ajoute pour changer de sujet

- Emily est d'accord pour venir prendre une Bièraubeurre aux Trois-Balais mais seulement à partir de seize heure, donc je viendrai avec toi en début d'après midi, explique Kingsley

- Si j'ai envie, et ça c'est pas sûr... je réponds pour le faire marcher.

- Remus vient en début d'après midi et les autres maraudeurs arrivent un peu plus tard, quand Kingsley ira rejoindre Emily tu n'auras qu'à me rejoindre, propose Mary

- D'accord, super.

J'aime beaucoup les maraudeurs : s'ils étaient si populaires à Poudlard ce n'était pas seulement pour leur physique avantageux comme pourrait le penser certains jaloux mais parce qu'ils étaient sympas avec tout le monde. Quand ça a commencé à devenir sérieux entre Remus et Mary, ils m'invitaient à toutes leurs soirées pour qu'elle ne soit pas toute seule ce qui m'a permis de sympathiser avec eux et notamment avec Sirius (je dois avoir un feeling particulier avec les Black). Cet été j'ai passé de nombreuses soirées avec eux même quand Mary était en France avec Remus et j'ai hâte de les revoir. Je sens que les anecdotes de leur nouvelle vie d'adultes irresponsables vont me plaire...


End Notes:
Si vous avez aimé, merci de laisser un petit mot pour m'encourager dans la suite, à bientôt pour le prochain chapitre !
Chapitre 7 by Ptitcouik
Author's Notes:
Merci pour les commentaires du dernier chapitre, c'est très encourageant. Dans ce chapitre, les choses sérieuses débutent pour la petite Jenny et les maraudeurs entrent en jeu. J'espère que ça vous plaira !

Chapitre 7


Je viens de finir mon premier entraînement de Quidditch, bien évidemment j'ai des bleus partout sur le corps et je suis recouverte de boue. Si j'avais su que c'était si dur, je n'aurais pas signé! On a commencé par une heure de "batteurs contre poursuiveurs" un exercice de précision pour les batteurs, pour nous ça a été comme une "balle aux prisonnier" mais sur balais... Nous n'avions pas mis le souaffle en jeu et heureusement car j'ai du tomber une centaine de fois de mon balais ! Tommy avait mis un sort au terrain pour amortir nos chutes mais ça restait douloureux (et boueux).

La deuxième partie de la séance a été une "préparation physique", je n'ose même pas vous révéler le nombre d'abdominaux, pompes et autres exercices que nous avons du faire : une véritable torture. Heureusement que j'ai délaissé l'entraînement un quart d'heure avant, sinon je serai morte. Enfin "heureusement"... je dois me farcir un cours de potion à vingt-deux heures, donc je ne sais pas si ça me rend réellement "heureuse" !

Je n'ai pas le temps de prendre une douche, n'ayant plus cours je troque mon uniforme contre un confortable ensemble jean/t-shirt et cours jusqu'aux châteaux. Arrivant dans le hall avec la semelle de mes chaussures mouillée je glisse sur le carrelage et me retrouve les quatre fers en l'air devant le bureau de l'horrible concierge. Je me prend un sermon car l'heure du couvre feu approche et que je devrais déjà être dans ma salle commune mais je ne le laisse pas terminer et descends aux cachots.

Je regarde ma montre : vingt-deux heures et trois minutes... Ouf ! Je pousse la porte de la salle, Regulus est déjà à l'intérieur écrivant les instructions au tableau (je tiens à préciser qu'il aurait pu le faire d'un coup de baguette mais qu'il les écris "à la moldue" c'est-à-dire avec des craies).

- Tu es en retard, dit-il sans se retourner.

- Je me suis déjà pris un savon par le concierge alors commence pas, je le prie.

Etant très fatiguée, je risque de ne pas être patiente. Calme Jenny, tu vas y arriver. Plus vite ce sera fini, plus vite tu seras dans ton lit... Mais qu'est ce que je fais à me parler toute seule ?!

- Aujourd'hui nous allons faire de la "Pimentine". Est ce que tu sais à quoi ça sert ? Me demande-t-il.

- Absolument pas.

- C'est une potion qui soigne les rhumes, c'est donc une potion médicament. Madame Pomfresh en a toute une réserve mais elle est au programme des septième année pour qu'ils puissent en faire eux même lorsqu'ils ne vivront plus au château, récite Regulus.

- Très bien, au travail ! Je dis impatiente d'en finir.

Cette fois ci, Regulus réalise la potion en même temps que moi. Je dois regarder comment il procède et essayer d'en faire de même. Cependant le silence et l'atmosphère des cachots m'endorment, je décide donc d'entamer la conversation pour me divertir.

- Ton frère sera à Préaulard samedi, je dis. Tu iras le voir ?

- Pourquoi est-ce que j'irai ? Me questionne-t-il.

- Parce que ça doit faire un moment que tu ne l'as pas vu ou que tu ne lui as pas parlé et qu'il doit tout simplement te manquer.

La fatigue me fait dire des choses que je n'oserais pas dire en temps normal mais Regulus semble être de bonne humeur et ne s'est pas encore énervé contre moi : quelle chance !

- Mon frère et moi n'avons plus aucun contact depuis qu'il a quitté la maison. C'est lui qui m'a laissé tomber, il ne veut plus me voir et moi non plus.

- Alors c'est ça que tu penses ? Tu es persuadé que ton frère a quitté la maison des Black parce qu'il n'en avait rien à faire de toi ? T'as pété un boulon, c'est juste qu'il ne supportait plus les préjugés raciaux imposés par ta famille, c'est lui qui me l'a dit.

Je ne précise pas qu'il m'a raconté tout ça avec un taux d'alcoolémie très élevé et qu'il avait achevé son histoire par "tous des cons...je commence à croire qu'il vaut pas mieux qu'eux", ça pourrait créer quelques tensions inutiles...

- Je n'ai pas besoin de toi en ce qui concerne mon frère, va passer l'après midi à le suivre comme un gentil toutou si ça te fait plaisir mais je n'en ai absolument pas envie.

- Comme tu voudras, je décrète en continuant mon travail.

Un long silence s'en suit. Chacun de nous continue la potion tranquillement, perdus dans nos pensées. Je ne connais pas les siennes mais je peux deviner au léger sourire qu'il a qu'elles sont tournées vers son grand frère et aux bons souvenirs de leur enfance. Si je parviens à faire ressortir ce qu'il y a de bon en Regulus, ma seconde tâche sera de réconcilier les deux frères Black.

- Qu'est ce que c'est une "télésivion" ? me demande Regulus me faisant sursauter.

Je ramasse la louche que je viens de lâcher et réponds étonnée par la question.

- On dit une "téléViSion", je le corrige. Pour faire simple, c'est comme une boîte qui diffuse toutes sortes d'images, ça peut être des histoires, des documentaires, des informations...

- Une version moldue de la pensine en fait ?

- Pas vraiment : une pensine permet de voir les souvenirs d'une personne, la télévision peut montrer des histoires totalement inventées, on appelle ça des films, j'explique.

Cette conversation m'étonne au plus haut point mais je ne dit rien, après tout ce n'est pas tout les jours que Regulus Black souhaite en savoir plus sur les moldus... Voyant qu'il ne comprend pas, je rajoute :

- Un film c'est une pièce de théatre qu'on a enregistrée de manière à pouvoir le montrer à la télé. Si tu préfères, la télé ça a les mêmes fonctions qu'un livre mais avec des images qui bougent

- D'accord, dit-il en hochant la tête.

Ca pourrait être une conversation banale si elle avait été faite avec un autre élève que Black, là, il me pose ces questions sur le ton de la confidence. Je n'ose donc pas rompre la confiance installée en lui demandant pourquoi me pose-t-il cette question car je devine que cela a un rapport avec Sirius et que cela ne me regarde pas. Le reste de la potion se fait en silence. Au final la sienne est parfaite quand la mienne n'atteint qu'un stade correcte mais cela me convient car je sais que c'est déjà une nette amélioration.

- Garde la potion, me dit-il. Tu pourrais en avoir besoin cet hiver.

Je range la fiole dans ma poche et rassemble mes affaires. Je sais que quand j'aurais quitté la salle, la confiance établie pendant cette heure s'évaporera aussitôt et que demain je n'aurais droit qu'au regard méprisant "made in RB". C'est pourquoi je lui glisse un "merci" sur le pas de la porte avant de partir.

Je fais attention à être discrète en entrant dans mon dortoir car mes amies dorment déjà. J'enfile mon pyjama et me glisse dans mon lit. Je repense au moment très étrange mais tout autant agréable passé avec Regulus et je sens que je suis sur la bonne voie. Je sais bien sûr que ce n'est pas gagné mais c'est déjà un grand bond en avant !


Le lendemain matin, Mary me réveille tôt car nous avons cours dès huit heures. Je prends une douche et tente de me persuader que l'attitude de Regulus pendant le cours de potion ne va pas être différente des autres jours mais une partie de moi ne cesse d'espérer qu'il reste comme hier soir : simple et un peu plus bavard que d'habitude...

Je descends petit-déjeuner avec mes colocataires d'un pas lent et fatigué ce qui me vaut de me prendre les pieds plusieurs fois dans divers tapis. Mon corps n'est que douleur : les bleus d'hier et les courbatures se font sentir. Arrivée dans la Grande Salle, j'engloutis tout le sucré qui me tombe sous la main. En sortant, en plus d'avoir mal à tous les muscles de mon corps, j'ai aussi mal au ventre : la journée risque d'être belle...

En m'asseyant à côté de Regulus en potion je n'ai même pas droit à un "bonjour". Je sais donc désormais qu'il ne changera rien à son comportement. La potion à effectuer est celle que nous avons faite hier, nous nous mettons donc au travail. Nous coupons, versons, épluchons en silence, la potion avance plutôt vite quand soudain, je sens mon petit déjeuner remonter et je n'ai pas d'autre réflexe que de tout vomir... dans le chaudron ! Le résultat est immédiat : la mixture explose et me voilà recouverte d'un mélange de Pimentine et de vomi à la brioche : appétissant.

Regulus me regarde d'un air moitié dégoûté, moitié exaspéré, si j'avais une quelconque chance d'améliorer nos relations je viens de les réduire à néant : bravo Jenny ! Le prof me dit d'aller me changer dans mon dortoir et de me rendre à l'infirmerie pour être sûre que tout ira bien. Je sors donc de la salle dépitée : pourquoi est-ce que j'enchaîne les bourdes ? Sérieux, il ne se passe pas une journée normale et curieusement quand j'entre dans la salle de potion mes capacités de réel boulet sont décuplées. J'ai vraiment la poisse...

Je retourne donc prendre une douche et pour tenter de faire disparaître l'odeur que je me traîne et descends voir l'infirmière, elle me donne une potion d'anti-vomissement, me dit de ne pas trop manger à midi et que d'ici ce soir je serai en pleine forme.

Le reste de la journée se passe plutôt bien même si j'entends de nombreuses remarques de la part des Serpentards mais je ne m'attendais pas à mieux de leur part. Je finis tranquillement ma semaine et file au lit très tôt afin de récupérer de ma fatigue.


Je suis réveillée en fin de matinée par la lumière qui s'est répandue dans la chambre. Je suis la dernière levée, je peux donc prendre mon temps dans la salle de bain sans craindre de réveiller mes amies. Je sors détendue et reposée de la salle de bain puis descends dans la salle commune rejoindre Kingsley qui est assis sur un canapé. Il lit une revue de Quidditch je m'installe donc pour la feuilleter avec lui. Nous commentons les derniers balais et regardons les nouveaux accessoires disponible à la boutique de Préaulard. Nous irons faire un tour dans l'après-midi, après s'être ravitaillé en sucreries.

Après le déjeuner, nous remontons à la tour de Griffondor pour prendre nos économies et nos autorisations. Mary est dans le dortoir en train de se recoiffer et se pomponner pour son Remus chéri. J'attends qu'elle ait fini puis nous descendons avec Kingsley. Nous donnons nos autorisations au concierge dans le hall puis nous rendons à pied au village. Mary nous quitte pour rejoindre Remus alors que nous nous dirigeons vers les magasins.

Après notre petit shopping, nous allons déguster nos sucreries devant la cabane hurlante (oui nous aimons les cadres spéciaux). Nous nous gavons tout en discutant :

- Est-ce que ça avance avec Emily ? Je demande.

- Doucement mais sûrement, il répond. Je préfère ne pas la brusquer et être certain de lui plaire avant de tenter quoi que ce soit.

- Une fille qui passe autant de temps avec toi ne peut pas être insensible tes charmes !

- Et toi alors ? On passe presque tout notre temps ensemble cette année pourtant il n'y a aucun risque qu'on finisse ensemble, riposte-t-il.

- Le fait que tu ne veuilles pas de moi brise mon petit coeur en mille morceaux, je dis d'un air dramatique.

- Ne pleurez pas ma mie, c'est seulement que votre amitié m'est trop précieuse pour tenter de la gâcher, répond-il sur le même ton.

Il me dit ça sur le ton de la plaisanterie mais je sais pourtant qu'il dit vrai. Nous avons une amitié sans aucune ambiguïté et je ne voudrais la perdre pour rien au monde ! Trêve de niaiseries, le temps est passé aussi vite qu'un nimbus 300 et il est déjà seize heures : Kingsley doit aller rejoindre Emily. Il me dit au revoir et part la retrouver. Je n'ai pas envie de rejoindre Mary et les Maraudeurs tout de suite, je décide donc de profiter un peu du calme. La cabane hurlante se dresse devant moi lugubre et effrayante mais toujours silencieuse... je me demande bien pourquoi on l'appelle "cabane hurlante" si elle ne hurle pas ! Je cesse là mes réflexions hautement philosophique car quelqu'un vient de s'asseoir à côté de moi. Je tourne la tête et constate avec étonnement qu'il s'agit de Regulus. Aurais-je loupé un épisode ? Voyant mon air étonné il me dit simplement :

- J'aime bien venir ici, je t'ai vu assise toute seule alors je suis venu.

Je devrais être seule plus souvent tiens !

- J'ai vu Sirius devant les Trois-Balais, ajoute-t-il sans laisser voir le moindre sentiment.

- Je t'avais dit qu'il viendrait, je réponds.

- Je pensais que tu serais déjà avec eux.

- J'avais envie de profiter du calme qu'il y a ici, ce silence est d'ailleurs étonnant face à une maison nommée "cabane hurlante" tu ne trouves pas ?

Et voilà ! Je me retrouve seule avec Regulus et le stress me fait dire tout haut ce que j'aurais mieux fait de garder pour moi. Contrôle toi Jenny ! Et arrête de parler toute seule bon sang ! Heureusement, Regulus ne réponds que par un léger sourire. Et bon sang : quel sourire ! M'en voilà toute retournée ! Voyant que la conversation n'avance pas, je lui demande :

- Tu veux que je te laisse seul ?

- En fait, j'aimerai que tu donnes ceci à Sirius s'il te plait, dit-il en me tendant un paquet de chocogrenouilles.

- Finalement tu m'écoutes un peu, je réponds en le taquinant.

- Pas du tout, je me suis simplement dit que sans être aussi proches qu'avant on pouvait cesser de se détester... du moins s'il le souhaite.

- Mais bien sûr qu'il voudra ! Tu ne veux pas mettre un petit mot avec le paquet ?

- Non, il répondra s'il veut.

Je hoche la tête et prends le paquet. Je me lève, l'entends me murmurer un "merci" qui me rappelle celui que je lui ai dit hier soir : décidément c'est une habitude entre nous de se remercier ! Je ne sais pas très bien ce qu'il se passe dans la tête de Regulus en ce moment et ne comprends pas ce brusque changement de comportement (même si je ne vais pas m'en plaindre). J'éclaircirai ce point plus tard, après tout pour le moment je n'ai qu'à profiter de notre "camaraderie" naissante (lien social en dessous de l'amitié).

Je me dirige donc vers les Trois-Balais, le paquet de chocogrenouilles dans les mains. La salle est très bruyante et noire de monde mais je réussi à repérer les maraudeurs et Mary. Je tente de me frayer un chemin parmi les tables et les chaises mais un Poufsouffle qui ne m'avait pas vu me renverse son jus de citrouille dessus. Je nettoie mon chemisier à l'aide d'un sort et fini par m'asseoir avec la grâce d'un hippopotame à coté de James Potter.

- Jenny ! S'écrie-t-il. Comment vas tu depuis cet été?

Nous commençons donc à discuter tous les cinq. James vit désormais avec Lily qui n'a pas pu venir aujourd'hui car elle est en cours, Sirius et lui font des études d'Aurors. Remus et Sirius vivent en colocation du côté moldu de Londres et Peter est de plus en plus distant depuis qu'il a une nouvelle copine (qu'apparemment personne ne connaît). Le reste de l'après-midi passe rapidement et dans la bonne humeur. Au moment de rentrer au château je décide de laisser James, Remus et Mary marcher devant pour parler à Sirius :

- Tu sais cette année ton frère me donne des cours de potions et en échange je vais devoir lui donner des cours de métamorphose.

- Ma pauvre Jenny, ne te laisse pas faire ! Dit-il en posant sa main sur mon épaule.

- Oh non ! Ne t'en fais pas pour moi ! Mais ce que je veux dire c'est qu'on a eu l'occasion de discuter un peu et...

- Discuter avec Regulus ? Me questionne-t-il étonné

- Oui.. enfin "échanger" serait plus juste car il n'est pas très bavard contrairement à un autre Black de ma connaissance, je le taquine.

- Ca c'est sur, pour que Regulus se confie, il doit avoir une entière confiance en la personne ce qui n'est pas prêt d'arriver vu la vermine avec qui il passe ses journées.

- Nous ne sommes pas amis mais il sait que toi et moi le sommes, c'est pour ça qu'il m'a demandé de te donner ça, je réponds en lui tendant le paquet de chocogrenouilles. Il m'a également dit qu'il voulait que vous arrêtiez de vous détester et que si tu voulais reprendre contact avec lui tu pouvais lui écrire.

- Ca pour être une surprise... Je me demande bien ce qui lui a pris ! Cela fait bientôt cinq ans qu'on ne s'adresse plus la parole et il se pointe comme une fleur avec un paquet de bonbons. C'est quand même très bizarre non ? Me questionne Sirius très étonné.

- Figures toi que je me pose aussi des questions. Avant il me m'envoyait sur les roses dès que je lui adressais la parole et voilà qu'il se met à me poser des questions sur les moldus et qu'il vient me demander de l'aide pour reprendre contact avec toi... je lui explique.

Sirius et moi savons que quelque chose a changé chez son frère mais aucun de nous n'a la moindre idée de quoi il s'agit. Il est décidé que je le questionnerait mardi pendant le cours particulier de métamorphose. J'enverrai ensuite un hibou à Sirius pour lui raconter ce que j'ai appris (si j'arrive à en savoir un peu plus). Je vois bien que Sirius est inquiet pour son frère, j'espère donc que ce n'est rien de grave...

End Notes:
Voilààààà ! Alors, toujours intéressés par les aventures de notre griffondor préférée ?
Chapitre 8 by Ptitcouik
Author's Notes:
Ca y est on entre dans le vif du sujet...

Chapitre 8


Le jour tant attendu est enfin arrivé: aujourd'hui je donne mon premier cours de métamorphose à Regulus. Pendant trois jours je me suis demandée inlassablement "Mais qu'est ce qu'il lui prend ?". Sérieusement, un Serpentard qui pose des questions à une née moldue sur son monde d'origine et qui tente se renouer avec son frère jugé "traître à son sang", il y a de quoi à se poser des questions ! J'ai promis à Sirius de poser la question à Regulus, l'obtention d'une quelconque réponse n'est absolument pas garantie mais bon, qui ne tente rien n'a rien.

La journée du mardi passe donc à une vitesse folle : je n'écoute pas les cours et émets de nombreuses hypothèses avec Mary et Kingsley. Mes amis enchaînent des propositions plus loufoques les unes que les autres. Les deux théories qu'ils estiment les plus plausibles sont : la vision d'une licorne dans la forêt interdite qui lui aurait donner foi en la beauté de la vie ou une chute dans les escaliers lui ayant déréglé les neurones. Je ne sais pas pourquoi mais je doute...

Après le dîner je me rend donc à mon cours "top-secret" avec le Serpentard. J'entre mais pour une fois je suis la première. Etant seule, je m'autorise un petit plaisir et m'assois derrière le grand bureau du professeur Mc Gonagall. Je pensais qu'en m'assaillant derrière ce bureau je me sentirai un peu puissante mais en fait pas du tout ! Je me sens minuscule derrière ce gigantesque bureau (faut dire que du haut de mon mètre soixante je ne suis pas des plus imposantes).

Je m'arrête là dans mes pensées car Regulus vient d'entrer dans la pièce. Il parcourt le reste de la salle et vient s'asseoir au premier rang. Merlin qu'il est sexy ! La cravate défaite, les cheveux bruns en bataille et ses yeux gris perçants... Calme Jenny. La ressemblance avec Sirius est réellement frappante : la seule différence est que Sirius a les cheveux un peu plus long et une attitude plus confiante que celle de son cadet sinon ils sont identiques.

- Bien, nous allons revoir la transformation du chaudron en valise puis l'inverse, j'explique en allant chercher deux chaudrons dans l'armoire de Mc Go.

Regulus hoche la tête d'un air distrait. C'est quand même bizarre tout ça, je m'attendait à une réflexion sur le fait qu'au vu de mes origines je n'avais rien à lui apprendre ou quelque chose du style... Mais rien ! Il va réellement falloir qu'on discute après la séance.

Nous nous mettons au travail et très vite je constate qu'il ne tient pas correctement sa baguette, je le corrige :

- Tu devrais tenir ta baguette au bout du manche et non au milieu, ça donnerait plus d'amplitude au geste de ton poignet donc le sort sera plus efficace.

Nouveau hochement de tête mais toujours aucune réflexion. Il réessaie et cette fois-ci le chaudron parvient à se transformer en beau cartable d'écolier. On est pas encore à une valise mais c'est toujours mieux que le sac à dos de randonnée qu'il obtenait avant.

- Tu dois absolument visualiser l'objet que tu souhaites obtenir. Si l'image est floue dans ta tête, le résultat sera tout autant imprécis. Ferme les yeux et visualise une grosse valise, comme celle que tu prends pour aller à Poudlard en début d'année.

Je ne vous surprendrai pas en vous disant qu'il a une nouvelle fois hoché la tête. Il a ensuite fermé les yeux et froncé les sourcils pour se concentrer (Jenny contrôle tes hormones bordel, ne lui saute pas dessus), puis il a récité la formule et a enfin obtenu un belle valise.

- Bravo, maintenant tu utilises la même formule mais en visualisant un chaudron cette fois pour réaliser la métamorphose dans l'autre sens.

Il re-re-re-re-hoche la tête et se concentre. Au bout de la troisième tentative il obtient le chaudron de départ.

- Maintenant tu vas effectuer le sort dix fois de suite en alternant chaudron-valise.

Toujours aucune réponse parlée mais un énième hochement de tête. Il s'exécute et malgré un ou deux raté, il fini l'exercice. Je regarde l'horloge de la salle : neuf heures trente, mine de rien on a travaillé pendant une heure. Le cours devrait se terminer, mais Regulus ne bouge pas. Il y vraiment quelque chose qui cloche !

- Est-ce qu'il y a un problème ? Je demande.

Regulus baisse la tête mais ne répond pas. Je décide donc de poursuivre ne sachant pas s'il est énervé ou non :

- Tu sais, si c'est à cause de tes notes en métamorphoses ce n'est pas grave, avec un peu de travail ça va très vite s'arranger. Si c'est à cause de Sirius, il était très content de ton paquet de chocogrenouille et s'il n'a pas encore répondu c'est qu'il doit manquer de temps ou que l' hibou s'est perdu...

Je cesse de parler quand Regulus relève la tête vers moi en pleurs. Je suis estomaquée : le grand Regulus Black pleure à chaudes larmes devant moi, qu'est ce que je suis censée faire ?! Comme une andouille, je n'ai aucun autre réflexe que de m'approcher de lui et de le prendre dans mes bras... BON SANG ! Regulus entrain de pleurer sur mon épaule, qui l'eut cru ?! Je ne sais pas combien de temps nous restons là, moi tentant de le consoler, lui pleurant de tout son saoul pour se libérer de ses problèmes (dont je ne connais toujours pas la provenance).

Je le laisse pleurer, me doutant qu'avec ses amis il ne doit pas souvent se confier... Je lui frotte le dos attendant qu'il se calme. Je sens les sanglots diminuer petit à petit, je lui tends un mouchoir et le laisse sécher ses larmes. Il me regarde totalement désarmé me me dit :

- Ma mère veut que je devienne mangemort aux prochaines vacances...

Sa voix s'éteint et il recommence à pleurer de plus belle. Je ne sais pas quoi répondre, trop choquée pour enchaîner plus de deux mots, je continue donc simplement de le serrer dans mes bras pour lui montrer qu'il n'est pas seul.

La situation est tellement improbable : une née moldue console un futur mangemort... Enfin à voir Regulus, il n'est pas sûr qu'il rejoigne les rangs de "Vous-savez-qui" : finalement je ne m'étais pas trompée sur son cas, il y a réellement quelque chose de bon en lui. La seule chose qui lui manque c'est du courage : et pour affronter Madame Black et toute les grandes familles de sang-pur il en faut.

Regulus finit par arrêter de pleurer et je le lâche (à mon plus grand regret). Je le regarde, ne sachant quoi dire et génée par la situation qui est arrivée soudainement et spontanément.

- S'il te plaît n'en parle à personne, me supplie-t-il

- Je veux bien te le promettre mais à une condition : toi tu dois en parler à Sirius. Il peut t'aider, il est passé par là avant toi mais il a su tout gérer et maintenant il vit très heureux. Si tu ne lui dit pas je le ferai, je ne le dirai à personne d'autre mais je pense que tu as besoin de lui dans un moment comme celui-ci.

Regulus me regarde apeuré, il sait que son frère pourra l'aider mais est-il prêt à faire face à sa famille ?

- Si tu pleure comme ça, c'est que tu ne veux pas devenir un mangemort non ?

Il me fait non de la tête et je suis soulagée. J'avais donc bel et bien raison de croire en lui.

- Donc il n'y a personne d'autre que Sirius pour t'aider, tu ne peux pas faire face à ta famille seul et tu ne peux pas non plus les laisser décider pour toi. Si tu as peur d'écrire à ton frère je peux le faire et lui décrire la situation : il trouvera sûrement une solution.

- Je préfèrerais que tu lui écrives, je ne veux pas avoir à me cacher des autres Serpentards pour lui envoyer un hibou et je ne saurais pas quoi dire : je ne suis pas très doué pour les relations humaines et celles que j'ai avec Sirius ont toujours été compliquées.

- D'accord, je réponds doucement. Je lui écrirai demain et je te montrerai la réponse jeudi à mon cours particulier de potion, ça te va ?

- Merci pour tout..

Sa voix s'éteint de nouveau, il ramasse ses affaires, garde le mouchoir que je lui avais donné et quitte la salle afin de ne pas craquer une nouvelle fois devant moi ce soir.

Lorsque j'entends la porte claquer, je m'autorise à lâcher toutes les barrières émotionnelles que je m'étais fixée pour soutenir Regulus. Les larmes coulent sur mes joues. Vous devez vous demander pourquoi : je viens de passer au moins une demi-heure à câliner Regulus, j'ai désormais la preuve qu'il est une "bonne personne" et qu'il ne déteste pas les moldus comme il le disait jusqu'à présent.. Seulement je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur. Oui, peur. Une seule questions résonne dans ma tête et me terrifie : Regulus va-t-il devenir un mangemort ?. Il y a tellement de si et de mais pour que la réponse me convienne que je ne peux pas être sûre du résultat. Je ne pouvais pas tomber amoureuse d'un garçon normal ?! Non il a fallu que ce soit lui, et maintenant je vais m'inquiéter jusqu'à ce que je reçoive la réponse de Sirius.

Etant donné que plus vite la lettre sera envoyée, plus vite j'aurais de chance d'avoir une réponse : je l'écris tout de suite. Ma main tremble mais le texte reste lisible :


Sirius,

J'ai parlé à ton frère ce soir et la chose est plus grave que prévue. Il a pleuré pendant un bon moment dans mes bras et a fini par lâcher "Ma mère veut que je devienne mangemort aux prochaines vacances...". Il faut que tu l'aides, il est dans la même situation que toi il y a quelques années. J'espère que tu trouveras vite une solution car Regulus est au plus mal, il a beau se cacher derrière ses airs méprisants il est terrifié et torturé par cette idée. Réponds moi vite, je ne sais absolument pas quoi faire : je ne peux pas le soutenir car personne ne doit savoir que l'on se donne des cours mutuellement et d'un autre cêté je ne peux pas le laisser seul car j'ai peur que ça tourne mal... Est ce que je dois en parler à un professeur ? Peux tu venir au château voir ton frère ? (je sais que c'est possible : Remus est déjà venu voir Mary)

Réponds moi le plus vite possible,

Jenny


Après ça, je file à la volière envoyer ma lettre et monte me coucher. Par chance mes camarades dorment déjà et je n'ai pas à mentir à Mary : je n'ai pas encore décidé si je devais partager le lourd secret de Regulus avec elle et Kingsley. D'un coté je sais qu'ils ne le répèteront à personne mais de l'autre j'ai promis à Regulus de ne rien dire... Je me couche tout en me posant des centaines de questions et passe une nuit horrible et pleine de cauchemars.



Le lendemain je n'ai cours qu'à dix heures mais mes colocataires sont déjà en cours quand j'émerge car elles sont en divination. Je me prépare lentement et décide d'aller me chercher quelque chose à manger aux cuisines. Je bénis chaque jour les Maraudeurs de nous avoir montré ce passage, sans ça j'aurais du me lever tôt un bon nombre de fois !

Alors que je marche tranquillement je suis happée derrière une tapisserie par une main de fer. Je hurle mais une autre main se pose sur ma bouche pour étouffer le son.

- Chut ! C'est moi !

Mais c'est qui "moi" ? Non d'un chaudron les gens ne peuvent pas donner simplement leur prénomé? Je me tourne violemment et constate que le "moi" n'est autre que Sirius. Il aura fait vite !

- Tu m'as fait peur espèce de scroutt !

- Moi aussi je suis content de te voir, enchaîne-t-il naturellement. Viens, on va dans un endroit tranquille pour parler.

Une fois encore il me prend par le bras sans me demander mon avis et fonce vers les escaliers direction le septième étage (les cuisines auraient très bien pu faire l'affaire mais les Maraudeurs ne font jamais les choses simplement!). Arrivé là, il s'arrête en plein milieu du couloir, effectivement c'est un endroit plus discret... Il se met à tourner en rond, décidément il a un problème ce type. Je m'apprête à lui faire remarquer qu'il y a plus discret comme endroit mais soudain une porte apparaît en face de la tapisserie des trolls. Encore un passage secret ! A croire qu'il les connaît tous !

Sirius me pousse à l'intérieur et referme la porte derrière nous :

- On sera mieux ici. Je te présente la Salle sur Demande, le principe est simple : demande n'importe quoi et tu l'obtiens lorsque tu es dans cette salle, m'explique-t-il.

Je suis étonnée mais tente l'expérience :

- Je voudrais un petit déjeuné.

Rien n'apparaît.

- Sur les millions de choses que peut t'offrir cette salle tu as choisis la seule qui est impossible ! Dit Sirius exaspéré. Elle ne peut pas faire apparaître de nourriture ou d'êtres humains.

- Oh ! Alors je voudrais un gros fauteuil bien confortable.

Le fauteuil que j'avais imaginé en prononçant ces mots apparaît instantanément et je m'affale dessus sans attendre. Un autre apparaît juste en face du mien et Sirius s'y assois.

- Tu n'es pas obligée de prononcer tes souhaits à voix haute, explique-t-il. Bon, parlons plus sérieusement : tu sais que je ne suis pas venue pour te faire une visite guidée de Poudlard mais pour parler de mon frère et de la lettre que tu m'as envoyée hier.

- Merci d'être venu aussi vite, je dis soulagée. Il m'a annoncé ça de but en blanc alors je ne savais absolument pas quoi dire... On fait quoi ?

- Ecoute, j'ai eu une idée un peu dingue et je ne sais pas si Regulus sera d'accord donc je vais avoir besoin de ton aide pour le convaincre.

- Je veux bien essayer mais je n'ai aucune influence sur lui, on est pas amis tu sais...

- Ca vaut quand même le coup d'essayer. Donc voilà le plan : Regulus va venir passer les vacances de Noël chez moi comme ça pas de mangemorisation, ça va être compliqué car personne ne doit être au courant mais on a deux mois pour s'organiser, expose-t-il confiant.

- Tu penses qu'il va vraiment s'opposer à vos parents ? Je ne veux pas le critiquer mais il y a plus courageux que lui... Et il avait l'air résigné à devenir mangemort, ça le désespérait. Je pense qu'il s'est rendu compte que tous les préjugés de tes parents ne lui correspondaient pas mais pas au point de les envoyer valser..

- C'est justement là que l'on entre en jeu : on va le convaincre et mettre au point un plan parfaitement parfait ! Dit-il victorieux.

- Mouais...

Je pense que Sirius est tellement heureux de découvrir que son frère n'a pas envie d'être mangemort qu'il en oublie la peur ou la pression que subit Regulus... Il va falloir calmer le grand et convaincre le petit : ça risque d'être plus difficile que je ne le pensais !

- Ca va marcher ! S'exclame Sirius pour me convaincre. On se retrouve ici après le déjeuner, je vais prévenir Regulus pour qu'on s'organise au plus vite.

Après cette conversation, je file en cours de DCFM le ventre toujours vide. Je ne raconte rien à Mary et Kingsley pendant le cours. Je ne sais pas trop pourquoi mais ils ne pourraient rien pour moi et j'ai promis à Regulus de ne rien dire... Je suis un peu coincée mais je m'en veux de leur cacher ça.

Pendant les deux heures je ne suis pas très attentive et j'écoute plus les gargouillements de mon ventre que le blabla du professeur. Je ne pense qu'à deux choses : premièrement, manger et deuxièmement, aller dans la Salle sur Demande rejoindre les Black. J'ai l'impression d'être légèrement pitoyable, toute ma vie tourne autour de Regulus et la moindre petite chose prend des proportions gigantesque tant ma vie est vide... La honte ! Mais maintenant que je suis concernée par ce que j'appelle désormais le RDR (Rébellion De Regulus) j'ai bien l'intention de l'aider jusqu'au bout. Tout en menant à bien mon plan RB qui est quelque peu modifié au vu des nouveaux évènements : oui je sais ça fait beaucoup de noms de codes.

Dès la sonnerie je rassemble mes affaires et file au réfectoire. Arrivée à table je m'empiffre de tout ce qui me tombe sous la main ;

- Arrête de manger sinon tu ne pourras plus décoller avec ton balais, me taquine Kingsley

- N'importe quoi, elle est maigre comme une baguette alors laisse la manger, me défend Mary (quand je vous disais qu'elle était comme une mère pour moi).

- Je ne cherche pas à grossir ou non mais simplement à combler le vide de mon estomac, je réponds.

- Et bien comblez chère dame, me répond Mary en me resservant de tarte à la citrouille.

Après notre repas, mes amis vont dans la salle commune prendre leurs affaires de l'après midi et je feins avoir quelque chose à faire à la bibliothèque pour remonter à la Salle sur Demande. Je retrouve sans peine l'endroit mais une question apparaît : comment je fais pour entrer ? Car en effet un problème de taille se pose puisque la porte a disparu. Je me positionne devant la tapisserie et pense très fort à la porte que je souhaiterai faire apparaître... Rien. Très bien, je fais quelques pas dans le couloir et me poste à nouveau devant la tapisserie : deuxième essai. Cette fois-ci je dis à voix haute :

- Je voudrais entrer dans la Salle sur Demande.

Toujours rien. Encore quelque pas pour dans le couloir, cherchant une idée. Je me mets de nouveau face à la tapisserie des trolls prête à hurler désespérément "SIRIUUUUUUS" contre le mur mais la porte apparaît et j'entre sans difficultés. Sirius est déjà là assis sur un fauteuil semblable à celui de ce matin entrain d'étudier ce qui ressemble être une carte.

- Comment fait-on exactement pour entrer ? Parce que j'ai eu quelques difficultés...

- Il suffit de passer trois fois devant la tapisserie des trolls en pensant à la salle et la porte apparaît, dit-il simplement sans quitter la carte des yeux. Regulus arrive, je vais dans le couloir car il ne connaît pas la salle.

Sur ce, il se lève et sort de la salle. Bien, si je récapitule, Sirius a vu sur son bout de papier que son frère allait débarquer alors il sort pour lui montrer le chemin bien qu'ils ne se soient pas parlé depuis des années, le tout pour éviter à Regulus de passer du côté obscur de la force... Tout me semble parfaitement normal ! Si j'avais su que mon plan RB m'entraînerait dans ce genre de situation improbable j'y aurais peut être réfléchi d'avantage !

End Notes:
Les aventures de Jenny on pris une nouvelle tournure, j'espère que ça vous donne envie de lire la suite... N'hésitez pas à m'encourager par un petit commentaire, ça fait toujours plaisir et ça pousse à poster/écrire plus vite. A bientôt ! :)
Chapitre 9 by Ptitcouik
Author's Notes:
Pardonnez moi pour les publications espacées : j'entre en période d'examens donc ça va être plutôt tendu mais je vais continuer à publier le plus rapidement possible ! En attendant j'espère avoir de nouveaux commentaires sur ce nouveau chapitre, bonne lecture à tous !

Chapitre 9


Je suis toujours dans la Salle sur Demande attendant les deux frères Black. Je m'amuse à faire apparaître toutes sortes de choses par la simple de la pensée, la pièce ressemble donc à un vide grenier regorgeant de trouvailles atypiques. Je suis en train de faire apparaître une bouse d'hypogriffe (je vous jure qu'elle est apparue !) quand ils entrent dans la salle. Ils me jettent un regard étonné et je demande mentalement à la salle de faire disparaître tout ça. Moins d'une seconde plus tard il ne reste plus que trois fauteuils et une table basse.

- Bien, maintenant que Jenny a fini de jouer on va pouvoir bosser sérieusement et trouver un plan, expose Sirius.

Regulus et moi nous asseyons en hochant la tête. Sirius sort quelques parchemins tel un élève studieux et nous explique :

- Je pense que le mieux serait que tu viennes passer les prochaines vacances chez moi : si tu restes à Poudlard, mère n'hésitera pas à venir te chercher et te traîner jusque devant Nous-Savons-Qui.

Regulus regarde son frère étonné par sa proposition : ils ne se sont pas parlé depuis des années et là, il lui propose un petit séjour dans son appartement... Décidément les Blacks sont trop étranges pour qu'on puisse espérer les comprendre.

- Le problème, je dis, c'est que sa mère sera à la gare et qu'elle ne va pas le regarder partir avec toi sans faire éclater un scandale qui pourrait, par la même occasion, ôter la vie à l'un de vous deux.

- Elle a raison, poursuit Regulus (pour une fois qu'il est d'accord avec ce que je dis, je vais faire une belle croix rouge sur mon calendrier pour m'en souvenir), mère nous tuera si elle nous voit partir ensemble.

La bonne nouvelle, c'est que Regulus semble avoir accepté le séjour chez Sirius. La moins bonne c'est qu'on ne sait toujours pas comment s'y prendre donc nous retournons à la case départ...

- Alors il faut que tu réussisses à la convaincre que tu seras chez un ami pendant les vacances. Comme ça, elle ne viendra pas à la gare et le tour sera joué, propose Sirius.

- Tu penses que l'excuse "je suis invité chez les Malefoy pour les vacances" suffira pour que mère ne vienne pas me chercher à la gare ? Il faudra une excuse en béton pour qu'elle ne vienne pas , explique Regulus.

- Et si plutôt que de la convaincre de ne pas venir, on "cachait" Regulus pour qu'elle ne le voit pas partir et qu'elle ne sache pas où il sera ? Je demande.

Voyant que les deux autres me regardent comme si j'étais une aliénation, je développe :

- Je ne voulais pas dire qu'il faudrait le cacher derrière un pot de fleur jusqu'à ce que Maman Black s'en aille mais il doit bien exister un sort pour transformer un humain en quelqu'un d'autre pour qu'elle ne se doute de rien. On transforme Regulus qui te rejoint chez toi à pied sans qu'on le reconnaisse, je dis à Sirius, et maman n'y verra que du feu.

- T'es pas si bête Davis, dit Regulus, je ne sais pas s'il existe un sort mais on peut toujours préparer du polynectar !

Si je me mêle à la potion, il y a de grandes chances pour qu'elle soit ratée alors bon, si on pouvait éviter...

- Il faut deux mois pour que cette potion soit prête donc jusqu'aux prochaines vacances, nos travaux du jeudi seront essentiellement centrés sur cette potion, décrète-t-il.

Je vois que l'idée d'échapper à sa mère et aux mangemorts le met de bonne humeur : il ne m'aurait jamais parlé sur un ton aussi enjoué si ce n'était pas le cas et ne m'aurait peut être même pas adressé la parole... Il y a du mieux je vous dis !

Sirius repart une heure plus tard avec la certitude que ce plan va marcher, il nous explique qu'au pire des cas, James pourra nous prêter quelque chose pour cacher Regulus mais ne sachant pas de quoi il s'agit, je ne peux pas être sûre du résultat. Notre plan est donc simple : Regulus et moi préparons jusqu'au mois de décembre la potion, nous utiliserons les cheveux de quelqu'un restant à Poudlard pour les vacances afin de ne pas éveiller les soupçons, il boira la mixture juste avant de descendre pour que les effets durent le plus longtemps possible et il ira à pied jusqu'au chemin de traverse où Sirius le rejoindra. Maintenant il n'y a plus qu'à espérer qu'il fonctionne !

Je suis quand même sacrément étonnée par la tournure que prend ma dernière année : il y a un mois et demi je n'étais qu'une petite Griffondor insignifiante et amoureuse du chef de Serpentard, aujourd'hui je fais partie de l'équipe de Quidditch, je prends et donne des cours au Serpentard en question, ma moyenne de potion monte en flèche et je fais partie d'une mission top secrète pour éviter la mangemorisation de mon bien aimé (j'ai toujours aimé les tournures théâtrales, pardonnez moi). Si ça c'est pas un miracle, qu'est-ce que c'est ?!



Le reste de la semaine se passe sans encombre et nous voilà jeudi soir. Je suis sur le chemin de la Salle sur Demande pour mon cours hebdomadaire de potion. Nous avons décidé de préparer le polynectar ici pour ne pas éveiller les soupçons et avoir tous les ingrédients dont nous auront besoin à portée de main. Je passe trois fois devant la tapisserie des trolls et entre. Regulus a aménagé la salle avec une grosse table en bois ronde et deux chaises. Le chaudron est posé au milieu de la table pour que l'on ait de la place autour. Il a mis une tapisserie verte que je change dès mon arrivée pour du rouge. C'est effectivement très puéril mais j'aime bien, et puis de toute façon, Regulus est tellement concentré sur son livre qu'il n'a rien remarqué, alors pourquoi s'en priver ?

Je fais quelques pas et me prends les pieds dans son sac, je tombe donc la tête la première et me cogne contre la table, faisant tanguer dangereusement le chaudron. Regulus relève la tête, soupire d'exaspération et me dit :

- T'en manque pas une ! Il va falloir que tu sois très concentrée si on veut réussir cette potion alors fais un petit effort s'il te plaît.

C'est la première fois que Regulus use du "s'il te plaît" avec moi donc on peut quand même dire que c'est un grand pas pour notre relation (toujours inexistante). Je sens qu'au terme de cette potion se trouve la clé de notre "camaraderie" qui, je le répète, est le stade juste en dessous de l'amitié. En tous cas, j'ai deux chances par semaines de faire naître la camaraderie donc je n'ai plus qu'à me mettre au travail !

Je m'installe en face de Regulus et attends les instructions. Il ne met pas longtemps à me les donner.

- Ouvre ton livre page 527. On va se diviser le travail : tu vas couper les ingrédients et je vérifierai leur état avant de les mettre dans le chaudron.

- La confiance règne... je marmonne

- J'ai des raisons de me méfier, répond-il (et je dois avouer qu'il n'a pas tort)

- Comment je vais faire pour les cours de potion ?Si on ne les réalise pas au moins une fois avant je risque encore de faire exploser le chaudron, j'explique soucieuse.

- La potion du polynectar demande énormément de repos entre les ajouts d'ingrédients, je pourrais donc t'aider pour les potions du cours quand elle ne nécessite pas d'attention particulière, me propose-t-il.

Alors là, c'est le rêve ! Non seulement il m'inclue dans son projet d'évasion top secret mais en plus mes cours particuliers vont durer plus longtemps : Merlin est avec moi ! Je souris comme une niaise pendant toute la première demi-heure et ne fais pas attention à l'air soucieux de Regulus. Je fais tranquillement apparaître les ingrédients les uns après les autres quand sa voix me fait sursauter (et par la même occasion lâcher tous les ingrédients que j'avais dans les mains).

- Je suis désolé d'avoir craquer pendant le dernier cours de métamorphose, c'était ridicule et je te demanderai de garder tout ça pour toi.

- Tu avais besoin de quelqu'un qui n'aurait pas les préjugés de tes parents pour te confier, je dis en ramassant les feuilles de mandragore, et il y a peu de personne de ce genre dans ton entourage à Serpentard. Je comprends, ne t'en fais pas.

- Je tenais quand même à te remercier, sans toi Sirius ne serait pas venu m'aider.

- C'est là que tu te trompes, je dis en me cognant à la table alors que j'essaie de me relever. Il serait venu peu importe la raison si tu lui avais demandé.

Une moue peu convaincue s'accroche à ses lèvres et il ne répond pas. Le reste de la séance se passe dans le silence le plus total. A vingt-deux heures, il m'annonce que la séance d'aujourd'hui est terminée car le cours de potion de demain sera purement théorique. En ramassant mes affaires, je décide de tenter le tout pour le tout et lui dis :

- Tu sais, même si Sirius est au courant il n'est pas à Poudlard donc si tu as besoin de parler, je suis là.

Il ne répond pas mais hoche la tête, un léger sourire flottant sur son visage.

Sur le chemin du retour, deux pensées s'entrechoque dans mon esprit : tout d'abord, est-ce-que je dois tout dire à Kingsley et Mary ? Ils commencent à se douter que je leur cache quelque chose mais j'ai promis alors qu'est ce que je fais ? D'un autre côté, je suis certaine qu'ils ne répèteront rien donc je dois pouvoir leur dire sans soucis... La deuxième pensée n'est pas une question mais la certitude que j'avais raison de croire en Regulus : depuis le début je savais qu'il avait un bon fond et j'avais effectivement raison. Cette pensée me donne le sourire. Au moins, je n'aurais pas passé sept ans à aimer un garçon sans coeur et sans aucun état d'âme, c'est déjà ça !

J'entre dans la salle commune de Griffondor et vois Mary et Kingsley attablés pour travailler. Je m'assois avec la grâce d'un troll à leurs côtés.

- Divination ? Je demande les voyant profondément ennuyés.

- Exactement, répond Kingsley. On doit décrire ce que nous a dit la boule de cristal au dernier cours.

- Et qu'est ce qu'elle t'a dit ? Je le questionne curieuse d'apprendre ce qu'il a inventé cette fois-ci.

- "Ma meilleure amie me cache quelque chose et je vais le découvrir sous peu grâce au meilleur moyen de persuasion : la torture." me répond-il en me regardant droit dans les yeux.

Coincée. Je regarde Mary cherchant de l'aide mais je n'obtiens pas la réponse attendue :

- On travaillait sur la même boule de cristal donc j'ai la même chose, dit-elle.

- Ok... Je suis démasquée, je réponds résignée. On peut en parler dans un endroit un peu plus calme ?

- Venez dans mon dortoir, tous mes colocataires sont dans la salle commune donc on sera tranquille, propose Kingsley.

Nous acquiesçons et le suivons. En entrant dans les lieux, je constate que rien n'a changé depuis ma dernière visite : le même bazar règne et je m'y sens comme dans ma propre chambre. En me dirigeant vers le lit de Kingsley, je glisse sur un parchemin qui traînait et me retrouve les fesses sur le tapis. Mes amis ne me relèvent même pas tant c'est habituel. Nous prenons place et Kingsley sort un paquet de dragées surprises de sa valise : comme au cinéma.

- Bien, je ne vous ai rien dit car le problème ne vient pas de moi mais de Regulus, j'explique.

- Gagné, dit Mary en tendant la main vers Kingsley.

Ce dernier soupire et met dix gallions dans la main tendue. Ils avaient parié sur mon dos ! Et après ça se dit être des amis... Je crie à la trahison ! Je leur jette un regard noir auquel Mary répond :

- Mais je t'en prie, continue.

Je marmonne deux ou trois insultes pour la forme et commence à leur raconter mes mésaventures de ces trois derniers jours : mardi Regulus qui fond en larmes, mercredi Sirius qui débarque et ce soir le début de la potion. Quand j'ai fini, il me regarde avec des yeux ronds comme des soucoupes. La seule chose que Kingsley trouve à répondre est :

- Si j'avais à réaliser une potion aussi difficile, je ne t'aurai jamais choisie comme partenaire.

- Les deux Black qui débarquent pour toi en deux jours : t'as un ticket ma grande, poursuit Mary.

- On pourrait être sérieux deux minutes, je dis exaspérée.

- J'étais très sérieux, assure Kingsley.

Je lui envoie son coussin en pleine figure (il ne mérite rien de mieux le bougre) et la soirée se termine en bataille de polochons et éclats de rire. Quel âge avons nous ? Dix sept ans, mais il n'y a pas d'âge pour s'amuser non ?

La bataille se termine par une alliance de filles contre Kingsley et ce dernier finit par se rendre. Les femmes ont toujours le dessus, il devrait le savoir ! Après cette écrasante victoire, Mary et moi souhaitons bonne nuit à notre ami vaincu et partons nous coucher.

En se mettant au lit, j'entends Mary me chuchoter :

- J'en reviens pas que tu m'aies cacher ça, c'est une avancée fulgurante dans ton plan RB et tu ne la partages même pas avec ton lieutenant en chef.

- Je suis désolée Mary mais il m'a fait promettre de ne rien dire à personne. Je vous fait confiance mais si ça venait à se savoir tout mon plan tomberait à l'eau et il me pourrirait le reste de ma vie, j'explique

- C'est vrai : la vengeance fait partie des qualités requises pour Serpentard. Tu penses qu'il aura assez de courage pour faire face à sa mère ? Me questionne-telle.

- Je pense qu'en préparant cette potion il fait plus preuve de ruse que de courage : elle lui permet "d'échapper" au mage noir et à sa mère. S'il avait été courageux, il aurait envoyé une beuglante pour renvoyer sa mère sur les roses et aurait clairement fait comprendre à ses camarades de Serpentard qu'il ne partageait pas les mêmes idéaux.

- Ne lui jette pas la pierre comme ça, c'est déjà exceptionnel pour lui ce qu'il s'apprête à faire. Moi je trouve que c'est très courageux. Ce n'est pas parce qu'il ne court pas au suicide qu'il ne fait pas preuve de courage. Je sais que tu as toujours idéalisé le moment où Regulus se rebellerait face à ses parents mais n'oublie pas que tu ne le connaissait pas vraiment.

Suite aux paroles sages de mon amie,je réfléchis. Je sais qu'elle a raison mais pendant ces six années, j'ai révé d'un retournement étonnant et d'un face à face héroïque entre Regulus et sa mère. Finalement en imaginant ces scènes je lui donnait le caractère de Sirius mais ils sont tous les deux très différents. Regulus est un vrai Serpentard dans le sens où il agit toujours de manière très rusée et sais rester discret quand il le faut alors que Sirius est ce qu'on appelle une "grande gueule" et se sent toujours obligé de dire ce qu'il pense. Mais ce qui différencie les deux c'est surtout que (bien qu'il ne l'avouera jamais) Regulus n'a jamais eu de véritable ami, donc contrairement à son frère, il manque de confiance en lui et peut être même qu'il souffre de solitude. C'est sur ces analyses comportementales que je m'endors.

End Notes:
Un petit avis ? A très vite !
Chapitre 10 by Ptitcouik

Chapitre 10


Ca y est ! Plus qu'une semaine avant les vacances ! Tous les élèves commencent à se relâcher pensant déjà aux divers cadeaux qu'ils vont découvrir au pied du sapin en rentrant chez eux, d'autres stressent et cherchent des cadeaux de dernière minute dans tout Préaulard et d'autres encore révisent pour leurs ASPICS blancs... oui ça fait tout de suite moins rêver.

Nos chers professeurs nous ont concocté des épreuves type ASPICS pour qu'on puisse s'entraîner et entamer nos révisions. Idée des plus déplaisantes, merci pour ce joli cadeau de Noël chers professeurs bien aimés.

Parallèlement à ce petit désagrément, ma vie a suivi son cours depuis ces deux mois. Regulus et moi avons presque fini la potion de Polynectar, j'ai réussi à lui faire obtenir la moyenne en métamorphose et miracle, j'ai obtenu des notes plus que correcte en potion pendant tout le trimestre ! Maintenant il ne reste plus qu'à assurer toute seule pendant les devoirs de cette semaine... Pour continuer mon petit résumé, j'ai joué mon premier match de Quidditch en tant que poursuiveuse et nous avons battu Serdaigle à plate couture (trop fière).

Maintenant que j'ai fini de raconter ce qu'il s'était passé "avant", je peux commencer à raconter ce qu'il se passe "maintenant". Je suis donc dans la Grande Salle transformée pour l'occasion en salle d'examen. Les tables sont bien espacées et il y a quatre grandes rangées : une pour chaque maison et les élèves sont placés par ordre alphabétique. "Davis" n'étant pas très éloigné de "Black" dans la liste je me retrouve juste derrière mon élève/prof (après tout ça dépend des jours) favori. Résultat : il m'est extrèmement difficile de rester concentrée.

Ca fait maintenant une heure que j'alterne entre coup d'oeil sur les cheveux de Regulus qui semblent très doux et ma copie qui est mille fois moins intéressante. Bon j'arrête de rêvasser et je me remets au travail. Je suis sûre que ses cheveux sentent bon... Ses cheveux sentent toujours bon quand il vient de les laver et d'après ce que je vois, ils sont encore humide. Quelle est la formule permettant de transformer un chaudron en valise ? Facile. Bon Jenny, maintenant tu finis ce parchemin illico presto, sinon tu n'auras pas de dessert ! Et voilà que je me remets à parler toute seule. Pire encore : je me menace moi même.

Le reste du devoir se passe tranquillement, heureusement que je connaissais ma leçon sur le bout des doigts sinon j'aurais été incapable de finir à temps avec toutes les distractions qui se trouvaient en face de moi ! En sortant, je ne demande pas à Regulus s'il a bien réussi, il me le dira demain soir lors de notre leçon hebdomadaire.

D'ici là, je dois réviser les sortilèges dont l'épreuve écrite aura lieu cet après midi, la DCFM qui sera mardi matin et les potions mardi après midi. Nous avons ensuite le mercredi de répit : pas de cours ni d'épreuve. Et pour finir : les épreuves pratiques de ces quatre matières dans le même ordre. Je terminerai donc la semaine par une magnifique entrevue avec Slughorn... quelle semaine de rêve !

Je vais vous passer mes innombrables heures passées dans la grande salle à trimer et passer directement au mercredi, jour de grâce. Contrairement à un bon nombre d'élèves de mon année, j'ai décidé de profiter de cette journée pour faire la grasse matinée et me requinquer. Je suis malheureusement réveillée à dix-heures par un hibou bien en forme qui frappe à ma fenêtre.

- Satanée bestiole, je lui dis hargneusement.

Il s'agit d'un hibou de l'école m'apportant un peu de courrier en cette fraîche matinée d'hiver. Je fais semblant de trouver ça poétique alors qu'en fait je n'ai qu'une envie : avadakédévriser ce foutu volatile ! J'attrape le parchemin, pousse l'oiseau et referme la fenêtre immédiatement.

Je déplie le petit morceau de papier et découvre l'écriture noble et fine de Regulus :

Davis, rendez vous dans la salle de métamorphose à dix heures trente j'ai besoin de ton aide pour réviser une dernière fois. Black.

Comme vous l'avez remarqué je n'ai pas vraiment mon mot à dire mais mon élève admet avoir "besoin de mon aide" ce qui est plutôt flatteur venant de lui. Je regarde mon réveil et estime avoir le temps de prendre une douche très rapide mais pas de passer aux cuisines. Peut être que Regulus aura pensé a m'amener le petit déjeuné...Ok, je sais que je rêve, faut pas trop en demander non plus.

Je prends une douche à la quatrième vitesse, sèche mes cheveux à l'aide d'un sort et les tresse rapidement puis me poste devant mon armoire. La grande question : "Qu'est ce que je mets ?" revient très souvent lorsque je dois aller voir Regulus. Je ne sais pas s'il le remarque, mais je fais des efforts !

Après un choix difficile et avoir dévalé les escaliers sur les fesses (pour moi ils devraient installer des toboggans), je me dépèche de rejoindre Regulus. J'entre dans la salle et ferme la porte derrière moi. Même si nous avons réussi à instaurer une certaine camaraderie due à la confidence de nos cours et potions illégales, personne ne doit être au courant de nos petits rendez vous et jamais Regulus n'accepterait de m'adresser la parole en public.

- Qu'est ce qu'il y a de si urgent pour que tu me réveilles de si bon matin ? Je lui demande.

- C'est la métamorphose, j'ai révisé mes sorts toute à l'heure et ça ne marche plus : impossible de changer quoi que ce soit !

- C'est bizarre... Peut être un coup de stress, montre moi.

Mon élève hoche la tête et s'exécute avec l'un des sorts les plus simple du trimestre. Il prononce la formule et attend. Rien ne se passe, absolument rien, pas même un petit changement. Je le regarde étonnée et le questionne :

- A quoi tu penses ?

- Ca ne te regarde pas ! Se défend-il.

- Ecoute, si tu veux que ça fonctionne, tu dois être très concentré et ne penser à rien d'autre alors pose toi quelques secondes, vide toi la tête et recommence.

Il me regarde sceptique, probablement persuadé d'avoir perdu tous ses pouvoirs durant la nuit. Il fixe un point au fond de la salle pendant quelques secondes. Il souffle un bon coup, regarde l'objet, prononce la formule et cette fois si la métamorphose a lieu. Je suis vraiment une très bonne prof !

- Bravo ! Je lui dis pour l'encourager.

- Merci, tu donnes vraiment de bons conseils, me répond-il avec un sourire radieux.

Oulala ! Le coeur qui s'emballe, les papillons dans le ventre, tout y est ! Il sourit pas souvent mais quand ça arrive : mon dieu ce que ça fait de l'effet. Je crois que je lui réponds par un air des plus niais mais je m'en fiche, Regulus vient de me faire un compliment et de me faire un sourire du feu de dieu donc le reste je m'en fou !

Malheureusement, mon rêve est interrompu par le bruit de la porte qui s'ouvre. Je reprends mes esprits et me tourne vers la personne qui vient d'entrer. Il s'agit d'Evan Rosier, un septième année de Serpentard qui selon les rumeurs fricotte avec la magie noire.

- Je savais que tu cachais quelque chose, dit-il en direction de Regulus, mais je ne pensais pas que ce serait ça.

Comme vous l'aurez compris, ça c'est moi. Je jette un regard à mon élève qui est blanc comme un linge. Je ne sais absolument pas comment réagir, je décide donc je fixer Rosier d'un air méchant (très utile, je sais).

- C'est McGonagall qui lui a demandé de me donner des cours, explique-t-il calmement. Elle m'aide pour la métamorphose mais ne vient pas t'imaginer quoi que ce soit.

- Je n'imagine rien : je crois ce que je vois, répond l'autre d'un air sournois. Et je pense que ta mère sera ravie d'apprendre que tu aies accepter l'aide d'une Sang de Bourbe ! Ajoute-t-il en quittant la salle d'un air enjoué.

La porte se referme et le silence s'installe dans la salle de métamorphose. Je n'ose pas prendre la parole et je vois Regulus sur le point d'exploser. Il a les mains blanches tellement ses poings sont serrés et, il serre les dents tellement fort que je vois une veine palpiter sur sa tempe. Je m'éloigne légèrement, ayant peur de me prendre un coup, un sort ou quoi que ce soit d'autre qui pourrait me parvenir sous l'effet de la colère. - - C'est foutu... murmure Regulus

Je lui jette un coup d'oeil et lève un sourcil.

- La potion, les vacances chez Sirius, tout ça c'est fini, développe-t-il.

Je vois quelques larmes perler aux coins de ses yeux. Il allait enfin pouvoir échapper aux idéologies de sa familles, renouer avec son frère et voilà que Rosier vient tout foutre en l'air, car ne nous leurrons pas, Madame Black ne laissera pas son fils impuni pour avoir fréquenté une née moldue.

Je pose une main sur son épaule, incapable de dire quoi que ce soit mais Regulus me repousse et me lance un regard haineux. Il attrape ses affaires et quitte la salle en claquant la porte.

Voilà, c'est fini. Tout ce que j'avais essayé de construire petit à petit pour gagner la confiance de Black vient de partir en fumée. Je me sens anéantie, je commençais sérieusement à espérer que quelque chose pourrait naître entre nous et une porte qui claque vient de tout détruire. Je suis tellement perdue que je ne sais même pas si je dois envoyer une lettre à Sirius pour le prévenir, vu le regard que m'a lancé son frère, il ne veut plus m'adresser la parole et encore moins que je me mêle de ses affaires.

Je décide de tout de même prévenir Sirius, peut être aura-t-il une solution... même si j'en doute fortement, au moins, il pourra écrire à Regulus pour le soutenir. Je prends un parchemin et lui écrit :

Sirius,

Rosier vient de nous surprendre avec Regulus en train de travailler dans une salle de classe. Il va prévenir ta mère, le plan des vacances tombe à l'eau et cela a rendu ton frère... agressif. Ce ne sont probablement pas mes affaires mais je me suis dit que tu aurais peut être une solution miracle.

A très vite,

Jenny


Quand je repense au sourire qu'il me lançait juste avant l'arrivée de Rosier, et là, un regard noir "Made in Black" (Sirius a le même quand il est fâché)... ce foutu serpent a tout gâché! Durant le reste de la journée je tente désespérément de réviser les sortilèges et la métamorphose mais c'est peine perdue. Je décide donc de chercher Kingsley pour un petit duel. Je le retrouve dans la salle commune :

- Kingsley, duel ?

- Volontier, répond-il.

Me voilà donc partie avec mon ami à la recherche d'une salle disponible. Nous en trouvons une au cinquième étage qui semble avoir été ravagé par Peeves il y a peu de temps, tant mieux, on pourra l'accuser si on abîme quelque chose.

- On fait le duel, tu te défoules et après tu m'expliques ce qu'il se passe, décrète Kingsley.

Je hoche la tête et me mets en garde. Le duel dure longtemps, Kingsley fait exprès de ne pas attaquer et d'utiliser seulement des boucliers pour que je puisse déferler un maximum de sorts de plus en plus puissant. Ensuite, c'est lui qui commence à riposter et là commence le vrai duel. Au bout d'une demi-heure, c'est un "expelliarmus" tout simple mais efficace qui surprend mon adversaire. Sa baguette atterrit dans le creux de ma main. Nous sommes essoufflés mais nous regardons en souriant, heureux de notre performance et d'avoir évacuer stress et soucis.

Kingsley s'assoit en tailleur, adossé à un mur et tapote le sol à coté de lui pour que je le rejoigne. Je m'assoies et attend pour le faire mariner encore un peu. Au bout d'à peine quelques secondes il ne tient plus et demande :

- Bon vas-tu me dire ce qu'il se passe ?

- J'y venais cher ami, je dis pleine d'ironie.

- C'est cela, marmonne-t-il dans sa barbe inexistante. Allez, abrège !

- Que d'impatience ! Bon, je te résume : Regulus m'a envoyé un hibou ce matin pour l'aider en métamorphose, j'y suis allée et Rosier a débarqué et a dit qu'il allait tout répéter à la mère de Regulus. Résultat le plan pour les vacances n'est plus possible et il ne veut plus me parler.

Au moins, il n'essaie pas de me remonter le moral avec des paroles en l'air, c'est déjà ça !

- Oui, j'attends la réponse de Sirius, peur être qu'il aura une solution miracle, j'explique sans conviction.

Kingsley hoche la tête mais ne parle plus, j'en déduis que quelque chose ne va pas de son côté aussi :

- Et toi, quand est-ce que tu vas me raconter ce qui te tracasse ? Je le presse.

- Ca se voit tant que ça ?

- Plutôt oui, je lui dis en souriant.

- Bon, pendant notre dernier rendez vous, Emily m'a dit toute contente qu'elle avait trouvé mon cadeau de Noël. Le gros soucis c'est que je ne lui ai rien acheté par peur qu'elle trouve ça trop "guimauve" et maintenant je ne sais pas quoi faire !

- Tout ça pour ça ? Je demande moqueuse. Mais tu sais que pour les filles il en faut peu : un petit bijou fera très bien l'affaire et ça te donnera un indice sur tes chances potentielles : si elle le porte tous les jours tu peux choper, si c'est de temps en temps vous resterez amis, si elle le porte pas lâche l'affaire.

- C'est pas très rassurant mais l'idée du bijou est pas mal !

- Par contre, évite les bagues ça fait très entreprenant, vérifie qu'elle ait les oreilles percées avant d'acheter des boucles et ensuite regarde si elle préfère le doré ou l'argenté comme ça tu auras plus de chances de bien choisir.

- T'es pas bête toi quand tu t'y mets, me charrie-t-il en riant.

Et me voilà encore à donner des conseils conjugaux alors que je suis même pas foutue de les appliquer... Je crois que j'ai de sérieux problèmes de relations humaines.

End Notes:
Un avis est toujours le bien venu, à bientôt !
Chapitre 11 by Ptitcouik
Author's Notes:
Voici la suite. Je vais ré-essayer de poster régulièrement (un chapitre par semaine dans l'idéal). Merci de me suivre !

Chapitre 11


Enfin ! J'ai enfin fini mes épreuves ! Je sors tout juste de la salle de potion, j'ai réussi à aller au bout des instructions sans faire exploser mon chaudron : comme quoi, les miracles existent ! Je pense avoir réussi à peu près toutes les épreuves et je suis plutôt contente de moi. J'aurais envie de courir remercier Regulus pour son aide mais vu comment nous nous sommes quittés la dernière fois, je ferais mieux de m'abstenir.

Je ne sais pas comment s'est passé son épreuve de métamorphose mais j'espère que grâce à moi il s'en est sorti. Peut être qu'il m'enverra un hibou pendant les vacances quand il aura eu les résultats... ou peut être pas. J'ai eu une réponse de Sirius qui m'a dit n'avait pas de meilleure idée que moi et que si son frère ne voulait vraiment pas être mangemort, il trouverait un moyen de s'enfuir ou de ruser pour échapper à sa mère. J'espère qu'il dit vrai.

Je remonte vers ma salle commune pour préparer ma valise. Dehors le parc de Poudlard est enneigé et certains premières années n'ayant pas cours font des batailles de boules de neige. J'aperçois le garde-chasse s'engouffrer dans la forêt interdite, ce type me fait froid dans le dos et en même temps quelque chose dans son regard semble dire"Je suis un gentil, je ne mors pas." .Les vitres des serres sont toutes givrées et le lac totalement gelé. Le paysage pourrait paraître maussade, tout blanc, mais c'est pourtant l'un des plus beaux endroit que j'ai jamais eu la chance de voir.

Je continue mon chemin, donne le mot de passe à la Grosse Dame et entre dans la salle commune. L'ambiance y est chaleureuse grâce au rouge des tapisseries et au doux feu de cheminé. Je monte au dortoir et vois une enveloppe posée sur mon lit. Ne reconnaissant pas l'écriture je décide de l'ouvrir :


Jenny,

Cette année, la célèbre fête des Maraudeurs en l'honneur de la nouvelle année aura lieu chez moi et je serais ravi que tu sois des nôtres. Donne moi une réponse assez vite et n'oublie pas : une soirée comme celle-la annoncera forcément le début d'une année toute aussi inoubliable. On se voit le 31 (car je suis sûr que tu vas dire oui),

James


Je souris à la lecture de la dernière phrase : bien sûr que je vais dire oui ! Les soirées que j'ai passées avec les maraudeurs ont toutes été plus géniales les unes que les autres alors pourquoi refuser ? En plus, je suis certaine que Mary sera aussi de la partie alors ce sera l'occasion de la voir pendant les vacances qu'elle va très probablement passer entre Remus et sa famille.

Je décide de répondre plus tard : n'ayant pas encore mon permis de transplanage, je dois m'assurer que quelqu'un pourra m'emmener chez les Potter. En attendant, je commence à faire ma valise. Je suis contente de rentrer chez moi pour Noël, j'ai acheté une paire de boucle d'oreilles pour ma mère et je pense qu'elles devraient lui plaire. Mon père ne sera pas à la maison, mes parents sont divorcés depuis que j'ai 7 ans. Il vit désormais au Japon et a reconstruit sa vie là-bas. Il essaie de venir en Angleterre au moins une fois par an mais il est devenu comme un étranger pour moi. On se voit, on mange au restaurant, il me pose des questions sur mon école, je lui mens car il ne sait même pas que je suis une sorcière, il me montre des photos de ses enfants et on finit par aller au cinéma : au moins là bas on n'a pas besoin de parler. Ensuite, il me ramène chez ma mère et repart. Ses visites se déroulent comme ça depuis plus de dix ans.

Vous devez penser que je lui en veux ou qu'il ne doit pas avoir de coeur pour laisser sa fille comme ça mais franchement je m'en fiche. J'ai toujours été proche de ma mère donc je n'ai jamais souffert de l'absence de mon père. La seule chose qui me chiffonne c'est de laisser ma mère seule pendant que je suis à Poudlard : elle ne sait pas cuisiner autre chose que des raviolis en boîte et n'a pas réussi à sortir plus de trois semaines avec un type depuis son divorce. Bref, je m'en veux de la laisser même si je sais qu'elle se débrouille très bien sans moi et qu'elle a beaucoup d'amis.

- Alors ?

Je sursaute violemment et ma valise se referme sur mes doigts. Je hurle de douleur et court à la salle de bain les passer sous l'eau froide. Mary entre à son tour, examine mes doigts et poursuis :

- Tu auras juste un bleu de plus. Alors, "boum" ou "pas boum" ? demande-t-elle.

- PAS BOUUUUUM ! Je m'écris très heureuse.

Mary me saute dessus et me serre dans ses bras. Pour ceux et celle qui n'ont pas compris cet échange des plus étranges, mon amie me demandait si j'avais fait explosé mon chaudron durant l'épreuve de potion ou non. Alors que je suis sur le point d'étouffer, je m'écarte de Mary et change totalement de sujet :

- Tu vas chez les Maraudeurs le 31 ?

- Evidemment ! Remus m'a invitée ça va être génial !

- Ca te dit qu'on se fasse une après-midi shopping entre Noël et la soirée pour trouver nos tenues et qu'on se montre tous nos jolis cadeaux ? Je lui propose joyeuse.

- J'allais te proposer la même chose, disons... le 28 décembre au chemin de traverse ?

- Parfait, je réponds en souriant. Maintenant reste à proximité, j'ai comme l'impression que je n'arriverai pas é fermer cette valise toute seule.

Mary va donc s'asseoir sur son lit pendant que je me remets au travail. Elle commence à me raconter tout ce qu'elle a prévu de faire pendant les vacances avec Remus et je dois avouer que cela me rend un peu jalouse. Je me sens stupide d'avoir cru que j'allais enfin pouvoir avancer avec Regulus... C'est un peu comme au jeu de l'oie : vous arrivez sur les dernières cases du jeu mais vous tombez toujours sur cette foutue case qui vous fait retourner à la case départ. Je suis tellement abattue que je me mets à m'auto-comparer à une oie. Ma pauvre Jenny, tu es tombée bien bas. En même temps, j'avais acheté quelque chose pour Regulus pendant la dernière sortie à Préaulard, j'avais mis un certain temps à trouver quelque chose d'utile, dans mon budget et de pas trop personnel quand même. Bref ça avait été une véritable galère et je ne suis même pas sûre de lui envoyer tellement il doit m'en vouloir... Comme si Mary avait lu dans mes pensées, elle me demande :

- Est ce que tu vas lui envoyer la cravate par hibou ?

Oui, j'ai acheté une cravate.

- Je ne sais pas encore si je dois attendre de me réconcilier avec lui ce qui peut prendre énormément de temps voire ne jamais arriver ou alors lui envoyer pour voir si ça peut améliorer la situation...

- Je pense que tu devrais lui envoyer, il t'a fait confiance et peut être même qu'il commençait à apprécier ta présence donc peut être que ça le ferait réfléchir.

Je hoche la tête et continue à faire ma valise pensive. Je me lève pour aller chercher mes dernières affaires dans l'armoire et c'est à ce moment que Mary s'écrie :

- J'ai une super idée !

Resultat : je me cogne à l'étagère et tous mes vêtements me tombent dessus. Au moins, maintenant qu'ils sont par terre, ils sont plus près de ma valise. Je me tourne et regarde mon amie attendant des explications tout en me frottant la tête.

- Et si tu lui envoyais juste après les résultats aux examens blancs : vu que tu n'as pas fait explosé ton chaudron ta potion doit être à peu près réussie et tu auras une note correcte, ou du moins pas un Troll comme les autres années donc tu peux lui envoyer pour lui remercier.

- Super comme idée ! Comme ça ne sera pas trop formel comme un cadeau de Noël mais ça pourra peut être le radoucir...

Je hoche la tête et souris pensivement, l'idée est bonne je décide donc de l'adopter. Je demande ensuite à Mary de s'asseoir sur ma valise pour que je réussisse à la fermer. Au bout de quelques sauts et contorsions je réussis à en venir à bout et nous descendons nos deux valises dans la salle commune. Nous allons ensuite dans le parc profiter une dernière fois du paysage.

Après notre courte balade, nous rejoignons Kingsley dans le hall et nous rendons ensemble jusqu'à la gare. Nous nous installons dans un wagon tranquille et commençons à discuter. Kingsley nous explique qu'il va passer les vacances avec sa famille très nombreuse, ils seront même assez de cousins et cousines pour faire des match de Quidditch avec deux équipes complètes et un arbitre. Mary raconte que Remus viendra passer le repas du réveillon avec ses parents ce qui la rend plutôt anxieuse. Et moi je ne raconte rien si ce n'est que je vais tenter de cuisiner quelque chose qui changera des raviolis pour le réveillon mais que ça se terminera probablement par un fish and chips commandé dans la rue d'à côté. Ca a le mérite de faire rire mes amis, ils vont beaucoup me manquer tous les deux.

- Tu sais que si tu veux venir t'entraîner au Quidditch avec mon troupeau de cousins, tu seras la bienvenue, me propose Kingsley.

- C'est bien aimable à toi, c'est pareil pour vous deux : si vous avez une folle envie de raviolis vous pouvez venir manger chez moi sans soucis !

Le reste du voyage se passe donc dans la joie et la bonne humeur puis le train finit par s'arrêter à la gare de King Cross. Je commence à sortir ma valise des filets à bagages mais je la sens basculer sur moi mais heureusement mes amis la rattrapent et la posent délicatement sur la banquette. Je suis vraiment une assistée et un boulet ambulant.

Sur le quai de la gare j'aperçois la famille Black. Regulus les rejoint en traînant sa valise d'un air coupable. Ma mère m'attendant dans la gare côté moldu, je dis au revoir à mes amis et m'approche du passage secret. Juste avant de passer, je croise le regard de Regulus, il est désormais apeuré et je lui lance un sourire qui se veut réconfortant mais il tourne la tête sans répondre. Je rejoins donc la gare côté moldu sans plus attendre même si une partie de moi s'étonne et s'attriste qu'il ne m'ait pas souri en retour : stupide Jenny (qui parle toute seule en plus).

J'ai à peine posé un pied côté moldu qu'une masse me saute dessus en hurlant :

- Jen ! C'est fou ce que tu m'avais manqué!

Ca y est, je viens de retrouver ma maman... Ca fait un bien fou de la revoir ! Je ne perds pas un instant et me blottis contre elle. Oui, à presque dix-huit ans j'aime encore faire des calins à ma mère, ça pose un problème à quelqu'un ? Bref, après les effusions nous prenons la direction de la maison et c'est ma mère qui porte ma valise, non pas parce qu'elle me prend encore pour une enfant mais parce qu'elle sait que si je la porte moi même, il va y avoir un accident : en troisième année j'avais arraché un rétroviseur, en quatrième je l'avais fait tomber sur un chihuahua (ne vous en faîtes pas, il s'en est sorti) et en cinquième j'avais failli castrer un homme dont les bijoux de famille se trouvaient à la même hauteur que ma malle. Depuis ma mère préférait porter ma valise par précaution.

Une fois entrées dans la voiture ma mère me demande :

- Alors, raconte moi, quoi de neuf chez les fous ?

- Ne fais pas de notre directeur une généralité, il existe des sorciers sains d'esprit tu sais !

Depuis la venue de Dumbledore chez nous il y a sept ans, ma è�re s'amuse en disant que je suis dans un établissement pour personne mentalement dérangées... tout ça parce que pour nous prouvez l'existence de la magie, mon directeur avait changé notre table de cuisine en chameau... enfin bref, la routine !

Je commence ensuite à raconter mon premier semestre à ma mère : qui s'enthousiasme lorsque je lui raconte mon entrée dans l'équipe de Griffondor en tant que poursuiveuse.

- Mais c'est super ! Et alors ? Je suis sûre que tu as gagné tous les matchs !

Ma mère sait à peine ce qu'est le Quidditch mais ça fait tout de même du bien de se sentir soutenue et encouragée.

- Pour l'instant nous n'avons fait qu'un seul match mais nous l'avons gagné! Mais il me faudrait un balais alors je me disais que si tu ne savais pas quoi m'acheter pour Noël...

- Ecoute Jen, je ne suis pas contre mais tout dépendra du prix. On ira faire un tour au chemin traversé dans la semaine pour que tu choisisses, mais ce soir tu vas défaire tes valises et on ira manger chez Mike ! Dit-elle pleine d'entrain.

Chemin traversé... Pauvre maman, peut être parviendra-t-elle un jour à dire ce nom correctement ! Je sais que ma mère ne pourra pas m'acheter le dernier balais mais j'aimerai vraiment en avoir un à moi et non pas les balais pleins de mousse de l'école... Manger chez Mike, j'aurais du m'en douter. Mike n'est pas le petit ami de ma mère mais le gérant du fish and chips à côté de chez nous. C'est là que m'emmène ma mère quand elle n'a pas eu le temps (ou la flemme) de faire les courses.

En rentrant, je dépose mon manteau et mes chaussures dans l'entrée et file dans ma chambre pendant que ma mère s'installe dans le canapé avec Striker, le chat. Je constate avec plaisir que rien n'a changé dans ma chambre, les photos de moi et mes amis sont toujours accrochés au dessus de mon lit, le bureau toujours en bazar plein de manuels de l'an passé. Je m'étale sur mon lit et savoure quelques instants le fait d'être de retour à la maison puis défait ma valise. J'ai un léger pincement au coeur lorsque je sors le paquet contenant le cadeau de Regulus, je ne sais toujours pas si je dois lui envoyer ou non. Je n'ai pas le temps de réfléchir plus longtemps car j'entends ma mère m'appeler au rez de chaussé pour aller manger. Je descends donc en faisant attention à ne manquer aucune marche dans l'escalier mais c'est le verglas sur le trottoir qui a raison de moi et je me retrouve sur les fesses malgré ma prudence.

- Ca fait du bien de voir que certaines choses ne changent pas, se moque ma mère.

- Parle pour toi... Moi je commence à en avoir ma claque !

- Au moins, tu as du relancer la médecine sorcière avec tous tes bobos.

Très drôle... En tout cas, c'est vrai que l'infirmière a du boulot grâce à moi. Une fois à table, je me rappelle qu'il faut que je demande à ma mère l'autorisation de me rendre au nouvel an des Maraudeurs :

- Au fait maman, j'ai été invitée chez des amis pour fêter le nouvel an, tu serais d'accord pour que j'y aille ?

- Je ne dis pas non mais j'aimerais bien savoir qui sont ces "amis" avant donner ma sentence, répond-elle.

- C'est un groupe de quatre anciens griffondors qui font maintenant leurs études. L'un d'eux Remus sort avec Mary depuis plus d'un an c'est comme ça que je suis devenue amie avec eux. S'il te plait mamantounette, dis oui !

- S'ils font des études ils doivent être sérieux alors c'est d'accord...

La blague du siècle : les mauraudeurs sont des gens sérieux. Pauvre maman, si tu savais de qui tu parles !

- Par contre, ajoute-t-elle génée, j'avais moi aussi prévu de passer la soirée du 31 avec un ami donc je ne pourrai t'emmener nulle part ce soir là.

- Je me débrouillerai, je réponds, mais qui est ce mystérieux "ami"?

Ma mère me raconte ensuite comment elle a connu Rudy, un nouveau à son travail avec qui elle sort depuis quelques semaines. Elle compte même me le présenter dans la semaine, ça doit être sacrément sérieux !


Je suis réveillée par un hibou qui tape à une vitesse effrénée contre mon carreau. Je m'assois et tente de mettre un peu d'ordre dans ma tête. Premièrement, quel jour sommes nous ? Je regarde le petit calendrier sur ma table de nuit et me rappelle : nous sommes le 25 décembre ! Je jette un regard au hibou qui est dehors trempé par la neige. Je le laisse entrer, il se pose sur mon bureau un paquet accroché à la patte. Je le laisse dans ma chambre le temps que ses plumes sèchent et ouvre le paquet. Il s'agit d'un calendrier des joueurs de l'équipe écossaise de Quidditch, une version sorcière des Dieux du Stade, un petit parchemin est collé sur la couverture. Je peux y lire :


Joyeux Noël ma petite Jenny, ça te donne un avant goùt de ce à quoi doit ressembler le corps de ton serpentard fétiche après ses longues années d'entraînement. Regarde le attentivement, je te fais un contrôle à la rentrée sur tous les noms des joueurs ! Je rigole, je voulais juste te rappeler les attraits du Quidditch, si tu veux venir jouer pendant les vacances, ma proposition tient toujours : mes cousins t'attendent ! Bisous

Kingsley


Je feuillette rapidement le calendrier appréciant le cadeau, il a toujours des idées originales ce Kingsley ! J'espère que le nécessaire à balais que je lui ai envoyé hier lui aura plu. Je dois aller aujourd'hui au chemin de traverse (et pas chemin traversé comme dit ma mère) pour acheter un balais, j'ai vraiment hâte de tous les essayer. Avec mes économies et son budget cadeau de Noël, je dois pouvoir m'offrir un bon balais. J'irai demain l'essayer chez Kingsley.

Le hibou de mon ami est à peine reparti qu'un autre débarque dans ma chambre, une chouette marron que je reconnais immédiatement comme étant celle de Mary. Mes deux amis ont un timing parfait. J'ouvre le gros paquet qu'a emmené la chouette, il est composé de trois partie : la première est une enveloppe, la deuxième une grosse boite en métallique et la troisième un paquet cadeau. Je les ouvre dans l'ordre dans lequel je viens de les citer. La lettre me dit :


Coucou ma Jenny, merci pour ton paquet c'est vraiment adorable, il est arrivé hier soir, je me doute que tu l'as posté hier car il y aurait trop de monde ce matin. Tu devrais vraiment t'acheter un hibou personnel, ça change la vie ! J'espère que mes cadeaux te plaisent (je ne développe pas car je ne sais pas si tu les as déjà ouvert ou non). On se retrouve dans trois jours pour choisir nos tenues du nouvel an : à dix heures ça t'ira ? Mille bisous à toi et à ta mère. A très vite !

Mary


Au moins je n'ai pas gâché la surprise en lisant sa lettre. J'ouvre immédiatement la boite métallique et découvre un assortiment de petits biscuits en tous genres : cookies, muffins, macarons, truffes et cannelés. Elle a même pris le temps de me faire ces gâteaux français dont je raffole ! Il va falloir que je planque tout ça ou ma mère risque de les faire disparaître comme par "magie".

Je finis par ouvrir le petit paquet et découvre un appareil photo sorcier. Ce n'est pas un modèle haute qualité car ça coûte une fortune mais Mary sait que j'ai toujours été fascinée par ces appareils. Je décide de lui renvoyer un petit parchemin pour la remercier (après tout, pour une fois que je ne paie pas le hibou). Je la remercierai comme il ce doit le vingt huit.

Je file prendre ma douche, manque de m'électrocuter avec le sèche cheveux et descends donner son cadeau à ma mère. Elle est réellement touchée et me dit qu'il est temps d'aller choisir le mien. Il est encore tôt, les rues londoniennes sont donc désertes. Nous entrons dans la boutique de balais du chemin de traverse et après une bonne heure d'essayages et de négociations avec les vendeurs je repars avec un Nimbus 1563, un véritable bolide comparé à ceux de l'école. En sortant, nous continuons de flâner devant les boutiques sorcières pendant le reste de la matinée.

En rentrant, une lettre m'attend devant la porte d'entrée. Elle vient de Poudlard, il doit s'agir des résultats aux ASPICS blancs. J'entre dans la maison les mains tremblante. Je m'assois dans la cuisine pendant que ma mère fait cuire les raviolis et me dis "Si j'ai la moyenne en potions, j'envoie la cravate à Regulus.". Voilà, tout mes efforts résident dans cette foutue enveloppe, si j'ai la moyenne cela signifiera qu'ils ont payé et que ça vaut le coup de continuer, que ce soit sur le plan scolaire ou relationnel.

Je cesse de tergiverser et ouvre l'enveloppe. Je commence à lire le relevé de note : Sortilèges : Efforts Exceptionnels, Métamorphose : Optimal, Défense contre les forces du mal : Optimal, Astronomie : Efforts Exceptionnels, Potions : Efforts Exceptionnels, Etude des Moldus : Optimal.

Attendez... petit retour en arrière dans ma lecture : "Potions : Eforts Exceptionels" ?! Mais c'est magnifique ! Qui l'eut cru ? Je me suis ramassée des Troll pendant toute ma scolarité et voilà que le miracle a lieu. Je prends ça comme un signe et décide de vite envoyer son cadeau à Regulus avant que je ne change d'avis.

- Maman, je sors, j'ai oublié d'envoyer quelque chose au chemin de traverse ce matin.

C'est donc anxieuse et euphorique que je cours vers la poste.



End Notes:
Alors ? Qu'est ce qu'on en dit ?
Chapitre 12 by Ptitcouik

Chapitre 12


Le grand jours tant attendu est arrivé: c'est le nouvel an ! La première semaine des vacances est passée à une vitesse phénoménale, j'ai été plusieurs fois jouer chez Kingsley avec mon nouveau balais et il y a quelques jours j'ai été faire du shopping avec Mary. Je vais donc me faire plaisir en vous décrivant la tenue que j'ai prévu : qui dit soirée chez les maraudeurs dit tenue irréprochable, j'ai donc opté pour une robe bustier bleu nuit. Le bustier est entièrement pailleté et le reste du jupon est en tulle. Je suis vraiment fière de mon choix car la robe est magnifique et j'ai eu une très bonne réduction grâce à la mère de Mary qui travaille dans la boutique. Avec, je porterai des escarpins et une veste gris foncés empruntés à ma mère.

En attendant il me reste plusieurs détails à régler : un, l'épilation des jambes puisque j'ai toujours mon pelage d'hiver, deux, le maquillage, trois, qu'est ce que je fais de mes cheveux ? Nous allons donc procéder dans l'ordre : premièrement épilation. A l'école j'utilise des sorts mais comme je n'ai pas le droit d'utiliser la magie chez ma mère et qu'elle ne peut pas le faire pour moi je vais devoir ressortir mon bon vieil épilateur. En voilà un qui ne m'avait pas manqué!

Après la séance torture, j'ai les jambes rouges et enduite de crème hydratante pour tenter d'apaiser la douleur. Je me poste maintenant devant l'ordinateur de ma mère. Après avoir visionné une douzaine de "tutos make-up" avec des filles maquillées comme des balais volés et des "tutos coiffure" tout aussi ridicules, je décide d'appeler ma mère à la rescousse.

Elle arrive et commence le travail d'une main experte. Ma mère a toujours été très coquette et a beaucoup de goût. Elle me demande de mettre m'asseoir sur mon lit et commence le travail. En moins de vingt minutes je suis coiffée en une couronnes de tresses tellement complexes que je ne peux pas les décrire et j'ai un trait d'eye liner noir épais au ras des cils, je laisse la bouche au naturel. J'ai une demi-heure d'avance mais je décide de finir les préparations : j'enfile ma tenue et mes chaussures et fait un tour sur moi même. Ma mère me regarde d'un air fier mais je ne sais pas si elle est fière de ma mise en beauté ou de sa progéniture. Sûrement un peu des deux...

- Tu es magnifique ma chérie ! Dit-elle en me prenant dans ses bras.

Je me regarde dans le miroir et me reconnais à peine : habituellement je laisse mes cheveux blonds lâchés ou me limite à une couette mais la coiffure est superbe. Je pense également que je devrai me maquiller plus souvent car l'eye liner fait ressortir mes yeux bleus. Je suis tellement contente que je cours me blottir dans les bras de ma mère.

Après cette petite effusion je prépare mes affaires pour la nuit et le lendemain : je sors mon plus beau pyjama, mon nécessaire de toilette, des affaires de rechange, une bouteille d'alcool moldu pour faire goûter à Mary et je glisse mon appareil photo afin d'immortaliser la soirée. Une fois tout ça terminé, je consulte ma montre, il est dix-neuf heures. J'ai donc encore une demi-heure avant que Sirius ne vienne me chercher via transplanage. Je m'assois donc sur le canapé pour regarder la télévision. Il s'agit d'un reportage sur la cuisine française, de quoi à faire pâlir d'envie Mary qui adore la pâtisserie (que ça soit à manger ou à faire). Je regarde les images et salive en imaginant le goût que ça doit avoir. Mon esprit se met à divaguer : Regulus ne m'a pas répondu suite au cadeau... Peut être que le hibou s'est perdu, ou que la vilaine maman Black a intercepté le cadeau, ou même qu'il n'a pas ouvert la boîte et voyant que ça venait de moi il l'a jetée au feu. J'aurais jamais du faire ça, je vais me prendre des réflexions à coup sûr dès la rentrée. Et si il était déjà devenu mangemort ? Je sais qu'on ne devient pas mauvais d'un seul coup de baguette mais s'il était passé du côté des méchants par ma faute ? Quelle idiote ! Jamais je n'aurais du me mêler de cette histoire qui ne me regardait absolument pas !

CRAAAAAAC

Ceci était l'entrée fracassante de Sirius Black dans mon humble demeure. Il a au moins le mérite de stopper mon dialogue intérieur

- Wahou Jen t'es superbe ! S'exclame-t-il en ajoutant un clin d'oeil charmeur que ma mère surprend.

Ma mère me lance ensuite un regard entendu du genre "c'est bon ne mens pas, je sais que c'est ton petit ami". Ma pauvre maman, si tu savais... Tu te trompes de Black !

- Salut Sirius. On y va ? J'enchaîne souhaitant éviter le regard de ma mère qui devient de plus en plus insistant.

- Deux secondes, je vais tout de même saluer ta maman !

Au moins il est poli, son éducation aura au moins eu quelque chose de positif. Ma mère a l'air ravie et je les laisses discuter deux minutes en montant chercher mes affaires à l'étage. En redescendant je manque la dernière marche à cause de ces satanés talons et me retrouve à genoux devant Sirius. Cette andouille ne trouve rien de mieux à dire que:

- Oui je le veux !

Bref, une fois cette demande en mariage involontaire passée et après avoir embrassé ma mère qui me glisse un préservatif dans la poche de ma veste (moment plus qu'embarrassant), je passe mon bras autour de celui de Sirius, nous transplanons chez James. Une fois la nausée du trajet passée, j'ouvre les yeux et regarde autour de moi. La maison de James est en fait un château, pas aussi grand que celui de Poudlard mais au moins un grand manoir. Chaque fois que je viens ça m'impressionne. Sirius m'accompagne vers l'entrée, quand je pousse la porte je vois James sur un balais en plein milieu du salon en train de poser des enceintes magiques en haut des étagères et des armoires afin de diffuser le sons dans toute la maison. Quand il atterrit il m'aperçoit et court vers moi :

-Jen ! Tu arrives juste à temps pour m'aider aux tests de sons et lumière ! S'écrit-il tout heureux.

- Et ça consiste en quoi ? Je demande méfiante.

- Je déclenche la musique et allume les lumières et on court chacun à un bout du couloir, pour vérifier que ça se diffuse bien partout dans la maison. Sirius et Remus s'occupent de l'étage.

- D'accord... Je dois ouvrir les chambres et salle-de-bains aussi ?

- Non, ça on préfère les laisser sombres et insonorisées si tu vois ce que je veux dire, m'explique-t-il malicieux.

Je vois parfaitement ce qu'il veut dire... James enchaîne une série d'ordre militaires du genre "A vos postes !" ou "Prêts à faire feu ?" et dès que les lumières s'allume, ils se mettent à courir le long des couloirs où retentit la musique. Je me prends au jeu et court à mon tour, il est sacrément long ce couloir. Je savais que j'aurais du enlever mes talons... en même temps c'est un bon test de stabilité de la chaussure. Arrivée au bout, j'entends toujours la musique, je m'arrête et attend que la musique s'arrête également pour hurler "R.A.S.", trois autres voix répondent en échos ce qui signifie que tout est parfait pour ce soir.

Remus transplane pour aller chercher Mary chez elle, James regarde la pendule car Lily et Peter devraient déjà être là. Résultat, je me retrouves seule avec Sirius dans la cuisine en pour terminer les préparations. Je me lance et lui demande la question qui me brûle les lèvres depuis une heure :

- Est-ce que tu as eu des nouvelles de ton frère ?

Il me regarde déprimé et répond:

- Aucune, j'espérais que tu en saurais plus que moi...

- Vu que c'est de ma faute s'il n'est pas avec nous ce soir je pense qu'il est logique que je n'ai rien reçu ni pour Noël, ni pour la nouvelle année... je marmonne.

Je m'accroupis pour mettre au four une tarte à la citrouille et en refermant la porte (mille fois trop lourde pour mes petits bras), je m'écroule sous son poids. Je suis donc actuellement sur les fesses au beau milieu du manoir des Potter... Je n'en loupe vraiment pas une ! Sirius me prend la main et m'aide à me relever en souriant, je plonge dans ses yeux et l'espace d'un instant, je crois voir Regulus qui me souri comme il l'a fait juste avant que la porte ne s'ouvre sur Rosier. Je n'oublierai jamais ce sourire, le plus beau que j'ai jamais reçu et le seul que je recevrai jamais de Regulus.

Je secoue la tête pour chasser les idées noires qui me viennent, après tout, ce n'est pas parce que je n'ai plus de nouvelles de puis le regard noir d'avant les vacances et qu'il m'en veut à mort que tout est foutu entre nous ! Ouais, je vous l'accorde c'est pas très crédible... Pour éviter de trop y penser j'enchaîne :

- Dis Sirius, combien on sera ce soir ?

- Oh, c'est une petite soirée intime : on ne sera pas plus de cinquante, répond-il d'un air nonchalant.

On ne doit pas avoir la même définition du terme "soirée intime" car pour moi ça signifie deux ou trois amis pour un apéro dans mon salon alors que pour lui c'est grosse beuverie dans un château. D'un autre côté vu le nombre de chambres que j'ai vu en traversant le couloir toute à l'heure, n'importe qui peut trouver un endroit pour profiter d'intimitée.

Mes pensées se stoppent ici car Mary rentre dans la cuisine suivie par Remus. Bien qu'on se soit vues seulement trois jours plus tôt, mon amie saute dessus pour me prendre dans ses bras. Elle est magnifique : elle porte une longue jupe noire en voile transparent et un chemisier sans manche rouge plutôt décolleté. Elle a assorti son rouge à lèvres et ses escarpins à son haut et a coiffé ses cheveux en un chignon sophistiqué. Sirius résume donc en une phrase ce que mes neurones tentent de vous faire comprendre:

- Fais gaffe Remus, tu vas devoir la surveiller ou tu risques de te faire voler ta sublime cavalière, dit-il en lui faisant un baise main.

Ce qui est bien avec Sirius, c'est qu'il sait s'y prendre avec les filles. Si la fille en question l'intéresse ou si elle est son ami, il va toujours trouver les mots justes pour qu'elle se sente jolie. C'est l'effet qu'il me fait à chaque fois qu'on se voit : un surplus de confiance en moi envahi mes veines, chose dont je manque en temps normal.

- Bon, les autres devraient commencer à arriver d'ici une demi heure donc je vous propose de porter un toast entre nous pour célébrer le début des festivités, déclare James.

- Fort bonne idée, s'exclame Sirius en sortant des verres et une bouteille de whisky pur feu.

Une fois mon verre plein, j'hésite à trinquer avec les autres et boire "cul-sec" ou le siroter tranquillement mais ma conscience ne me retient pas longtemps et je tape mon verre contre celui de Sirius avant de le vider d'une traite. Après tout, ce soir pas de plan tordu pour épater un certain Serpentard, pas de chaudron qui explose, pas de cours, pas d'adultes sur le dos, juste moi, mes amis, beaucoup d'inconnus et beaucoup d'alcool alors pour une fois je vais tout relâcher et fêter cette nouvelle année comme il se doit.

A peine ai-je fini mon verre que Sirius me le rempli, on trinque à nouveau et le buvons ensemble puis il démarre la musique d'un coup de baguette et m'emmène danser au milieu du salon. Je sens que cette soirée va être une pure folie !


Les gens sont désormais tous arrivés, l'alcool coule à flot, la musique fait trembler les murs et je suis entourée de mes amis. Que demander de plus ? J'ai mal au pieds et terriblement chaud à force de danser c'est pourquoi je propose à Mary une petite pose à la cuisine. Elle hoche la tête et me suit.

- Tu sais que Dubois ne t'a pas quitté des yeux, me dit-elle taquine en sortant une pizza du four.

- Mais n'importe quoi, on a juste dansé une fois ensemble ne vient pas t'imaginer quoi que ce soit.

- Je ne m'imagine rien, je constate ! Répond-elle en souriant

J'explose de rire et me serre un nouveau verre. Etant de nature maladroite et n'ayant pas les idées très claires j'en verse la moitié à côté.

- Oups, tombé, je dis en riant.

Mary n'étant pas mieux que moi, elle explose de rire. Nous voici donc au milieu de la cuisine, rigolant comme des lutins de Cornouaille pour quelques gouttes de whisky sur le carrelage... du grand n'importe quoi. C'est ce moment que choisi Dubois pour entrer.

- Et bien les filles, qu'est ce qui vous fait rire ? Demande-t-il d'un air charmeur.

Nouvelle crise de rire de notre part, on doit s'adosser au mur tellement nous rions. Mary parvient quand même à lâcher :

- Mais c'est toi qui nous fait riiiiiiire !

A partir du moment où l'on dédouble des voyelles de la sorte c'est que l'alcool a fait tout son effet !

- Bon, je te laisse avec ce dragueur à deux gallions Jen et je vais retrouver mumuuuus ! Ajoute-t-elle pour empirer son cas.

Tout d'un coup je ne rigole plus car Dubois est décidé à me raconter tous ses exploits de quidditch de l'an passé et croyez moi lorsque votre esprit est embrumé, il n'y a rien de plus ennuyant. Heureusement que Sirius entre et me sauve de cette situation !

- Siriuuuus ! Viens on va danser j'en ai marre de ce mec, il est plus ennuyant que Bins.

Niveau tact, je repasserai mais Dubois a compris le message et me voilà avec le maraudeur le plus fétard de la soirée : je ne vais pas m'ennuyer ! Sur ce, nous partons dehors pour une petite partie de quidditch...

- Le but est simple, tu mets une bouteille de ton choix dans le porte gourde de ton balais. On fait un match, un contre un et chaque fois que l'autre réussi à marquer un but : tu bois.

L'esprit embrumé, je vous jure que le principe a l'air marrant. Sauf que face à Sirius qui joue (il faut l'avouer) très bien c'est tout de suite plus difficile. Surtout que plus je perds, plus je bois et plus je bois, plus je perds...

- Allô, dernier point, rigole mon adversaire, je te laisse la balle. Si tu gagne ce point, je finis ma bouteille.

Je prends ça comme un défi et tente de rester aussi concentrée que possible pour envoyer ce satané souaffle dans les anneaux. Je m'élance, passe sous le balais de Sirius, fonce vers les anneaux. Sirius 'est déjà replacé devant les anneaux pour intercepter mon tir, je tente une feinte vers la gauche et lâche la main droite pour tirer mais je perds l'équilibre et me sens glisser de mon balais. C'est drôle, je me vois tomber au ralenti, la pelouse semble moelleuse, j'ai envie de m'y blottir mais quelqu'un m'attrape. Je lève la tête et me rends compte que Sirius m'a posée comme un sac à patate sur son balais et qu'il nous fait redescendre lentement.

- Et bien Jen, on a perdu l'équilibre ? Me demande-t-il moqueur.

- C'est pas comme si c'était la première fois qu'il m'arrivait une bourde...

J'entends soudain la dernière chanson sorcière à la mode retentir dans le salon. Je prends Sirius par la main et l'entraîne en hurlant

- J'adoooore cette chanson, il faut absolument qu'on aille danser !

Je manque de me prendre une baie vitrée en courant mais Sirius me retient juste à temps. Nous dirons que tout ceci est du à l'alcool que j'ai ingurgité précédemment (et ce n'est pas fini). Nous entrons dans le salon des Potter et commençons une danse effrénée. Je ris aux éclats, on enchaîne verre sur verre, Sirius danse comme un hippogriffe à qui on aurait ligoté les ailes, beaucoup de filles me regardent avec jalousie et je ne trouve rien d'autre à faire que leur tirer la langue, James entame un karaoké et Mary est partie bécoter Remus je ne sais où... Si je résume la soirée et parfaitement parfaite...



End Notes:
Alors, selon vous cette nouvelle année s'annonce bien pour notre petite Jenny ?
Chapitre 13 by Ptitcouik
Author's Notes:
Et voici le lendemain de soirée de notre chère petite Jenny. Riche en surprise et en émotions... Je vous laisse découvrir la suite !

Chapitre 13


Ma tête est lourde, très lourde. Le bras posé sur mon ventre est lourd, très... Attendez...le QUOI ? Je me redresse brusquement, m'emmêle aux draps et tombe du lit. Je suis donc assise sur une moquette inconnue complètement nue. Le "boum" émis par ma chute engendre un grognement de la part du propriétaire du mystérieux bras cité précédemment.

Je tente tant bien que mal de rassembler mes idées. Premièrement : où suis-je ? Je regarde autour de moi et ne reconnais pas la pièce. Je repère cependant quelque chose de potentiellement utile : une robe bustier, des sous-vêtements et des chaussures. "Le nouvel an!" je me rappelle en voyant la tenue que je portais hier soir. Je rampe jusqu'à mes vêtements et les enfile le plus vite possible. Bien, je suis chez James Potter, nous sommes le 1er janvier, hier j'ai un peu trop bu.. voire BEAUCOUP trop bu.

Maintenant, question plus difficile : comment je me suis retrouvée dans ce lit, à poil, avec cet inconnu ? Là je sèche complètement, j'ai beau fouiller dans ma mémoire : aucune explication ne me vient. En même temps, je ne peux pas savoir avec qui j'ai passé la nuit si je ne regarde pas à quoi il ressemble, me dis-je toujours assise sur le tapis. Je me redresse et jette un coup d'oeil craintif à la personne présente sur le lit. Pourvu que ce ne soit pas ce gros lourd de Dubois qui m'a collé toute la soirée. Peau clair, dos musclé, fesses rebondies, cheveux noirs mi long, traits fins... Pas de doute possible : la personne dans ce lit n'est pas si inconnue que ça puisqu'il s'agit (à mon plus grand désespoir) de Sirius Black.

Mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez moi ? J'ai du être tellement saoule que je me suis trompée de Black... Ma petite Jen, tu es un boulet. Qu'est ce que tu vas dire à Sirius quand il va se réveiller ? Qui me dit que je dois attendre qu'il se réveille ?

J'en reste là dans mon questionnement intérieur et décide de quitter la pièce tant que Sirius dort encore. Peut être qu'il ne se rappellera de rien à son réveil ! Avec toute la discrétion dont je suis capable, je sors sur la pointe des pieds. Le trajet tapis-porte se passe sans encombre mais la porte qui grince a raison de ma discrétion et réveille mon colocataire.

- Grumph.. Tu vas où ? Demande Sirius encore à moitié endormi.

- C'est un rêve... Rien de tout cela n'est pas réel...La licorne magique te joue des tours Sirius... je tente en sortant de la chambre.

Malheureusement ma phrase étonne Sirius bien plus qu'elle ne le rassure et ce dernier se redresse en jetant vers moi un regard interrogateur.

- A quoi tu joue Jenny? Me demande-t-il.

Grillée. Je réponds quoi moi maintenant ?

- Euh... Je passais juste voir si tu allais bien, on a beaucoup bu hier donc bon...

- Ah ça oui, on s'est bien amusés tout les deux hier ! S'esclaffe mon ami.

Est ce qu'il se rappelle de ce qui s'est passé dans ce lit ou seulement de la partie de Quidditch ?

- Ecoute, je préférerais qu'on fasse comme s'il ne s'était rien passé... J'étais ivre et je n'aurais jamais fait ça en temps normal.

- Un si beau postérieur, c'est du gaspillage ! Répond Sirius d'un air taquin.

Devant mon air outré il rajoute :

- T'en fais pas Jen, le prends pas mal ! On en parle plus ! C'est oublié et tout redevient comme avant.

Soulagement extrême !

- De toute façon j'ai bien compris que j'étais pas le Black qui t'intéressait, conclue-t-il.

- QUOI ?! Je m'étrangle.

Sirius explose de rire tandis que je fouille le plus rapidement possible dans ma mémoire embrumée. Qu'est ce que j'ai bien pu dire qui m'aurait trahie ?! Ca y est ! je me rappelle... même si j'aurais préféré oublier à jamais ce moment des plus gênants..

Je m'écrase aux côtés de Sirius après une partie de jambe en l'air des plus torrides. Sirius me regarde en souriant et me dit :

- Dis donc Jen, tu caches bien ton jeu, coquine...On remet ça quand tu veux !

L'ivresse entraînant un manque de tact évident, je lui réponds naturellement :

-Non mais Sirius, tu m'intéresses pas du tout. Moi je suis grave in love de Regulus alors laisse tomber, ce soir c'est juste parce que je suis bourrée et que j'ai rien trouvé de mieux.


Ok... Donc premièrement : ivre j'ai un langage de pré-adolescente sans cervelle, et deuxièmement :j'ai avoué au garçon avec qui je venais de coucher que j'étais amoureuse son petit frère. Tout va bien, tout va très bien.. MAIS BORDEL POURQUOI J'AI FAIT CA ?

- Euh.. J'ai dit ça sous le coup de l'alcool tu sais, ton frère c'est un connard de Serpentard qui n'a absolument rien d'intéressant, je tente sans trop de conviction.

- Bien sûr... me répond-il avec un sourire narquois.

Rien ne sert de mentir, Sirius a déjà tout compris et relié les efforts que j'avais fait pour aider son frère avec ce que je lui ai avoué hier soir.

- S'il te plaît ne lui dit rien, c'est déjà assez compliqué comme ça, je le supplie.

- Je dirai rien à Reg mais je vais quand même te dire que tu cours après du vent et que, même s'il ne souhaite pas devenir mangemort, ça m'étonnerait tout de même qu'il sorte avec une née-moldue...

Sans blague, merci Sirius, ça me remonte le moral.

- De toute façon à cause de Rosier, ton frère doit, à l'heure qu'il est, déjà faire partie des rangs de "Nous-savons-qui" et me détester plus que n'importe qui au monde.

Sirius ne répond rien, pensant probablement la même chose que moi. Je tente donc d'oublier ce malheureux incident en lançant :

- Ca sent les pancakes, enfile un truc et descend pour le ptit dej' !

- Oui mon capitaine, lance-t-il soudainement joyeux (c'est l'effet pancake).

Je me retourne et commence à sortir de la chambre lorsque je l'entends me rappeler :

- Jen, maintenant que je sais pour Reg : si t'as besoin de parler n'hésite pas. Personne ne le connais mieux que moi et même après ce qui s'est passé cette nuit, rien ne change entre nous, me rassure Sirius.

Je hoche la tête soulagée et prends la direction de la cuisine. Finalement ça va peut être me rendre service d'avoir couché avec le frère de Regulus... J'ai vraiment de la chance d'avoir un ami comme Sirius : pas susceptible pour une mornille, à l'écoute, attentionné.


Au petit déjeuner chez les Potter : remède anti gueule de bois, pancakes, muffin de Mary, jus de citrouille, lait, thé, café... Bref, un repas princier. Mary est attablée en face de Remus et je les rejoins. Je bois mon remède anti-gueule de bois et en ressens immédiatement les effets. Maintenant que je suis presque devenue douée en potion, je vais pouvoir réaliser ces petites merveilles moi même et m'en faire tout un stock.

Mes amis ne semblent pas savoir avec qui j'ai passé la nuit, ni ce qu'on y a fait et ce n'est pas pour me déplaire. On discute de tout et de rien, des fou-rires de la soirée d'hier, de la fin des vacances, James et Lily nous rejoignent et se mêlent à la conversation.

Soudain, Sirius fait son apparition et James s'exclame :

- Tu descends seul ce matin ? Ta réputation de Don Juan serait-elle en danger ?

- Absolument pas James, mais Jenny ne m'a pas attendu pour descendre, explique-t-il calmement.

Je lève vers Sirius de grands yeux ronds. Tous les regards se tournent vers moi, je triture ma serviette en papier et baisse rapidement les yeux sur mon bol de café. Je n'ai jamais été aussi gênée de toute ma vie et ne trouve rien à répondre.

- J'y crois pas... murmure Mary à ma droite.

Je lui lance un regard signifiant "on en parle plus tard, et en privé" qu'elle saisi imm"diatement. James se lève et donne une tape dans le dos de Sirius avec un sourire plein de sous-entendus.

- Va pas t'imaginer quoi que ce soit James : elle est raide dingue de mon frère !

Je recrache d'un seul coup ma gorgée de café et jette un regard meurtrier à Sirius. Je retire tout ce que j'ai dit précédemment à son sujet : c'est un être d'une cruauté sans fin, sans coeur et horriblement égoïste.

- Je t'ai promis de ne pas en parler à Regulus, mais je n'ai rien dit au sujet de mes amis, se défend-il.

- Connard.

Sur ce dernier mot, je sors en courant vers le jardin. Je vais m'asseoir sur l'herbe givrée et tente de remettre mes idées au clair. Qui est au courant de quoi ? Les maraudeurs, Lily, Kingsley et Mary savent que je suis amoureuse de Régulus. Les personnes citées précédemment et toutes les personnes présentes à la soirée d'hier savent que j'ai passé la nuit avec Sirius. Le bouche à oreille allant très vite, d'ici la rentrée : toute l'école saura que j'ai couché avec Sirius Black le soir du nouvel an alors que j'étais complètement saoule. L'année commence vraiment bien.

J'entends des pas écrasant le givre derrière moi. Je me retourne et vois que c'est Mary qui m'a suivie. J'ai les larmes aux yeux et mon amie me prend dans ses bras.

- T'en fais pas, les autres ne diront rien à Regulus. Mis à part moi et Sirius, les autres n'ont aucun contact avec lui et ils ne te feraient jamais ce coup là.

-Je suis fichue : toute l'école saura que j'ai couché avec Sirius, donc Regulus sera également au courant. Déjà que je n'avais qu'une infime chance de lui plaire, là c'est définitivement foutu, je dis en sanglotant.

- N'essaie pas de prévoir ce qui va ou ne va pas arriver : attends la rentrée avant de stresser comme ça.

Je fais "oui" de la tête et continue à pleurer un petit moment dans ses bras. Quand je suis enfin calmée, je retourne dans la cuisine des Potter. Je n'adresse pas un mot à l'assemblée, ignore royalement Sirius et demande à Remus :

- Tu peux me ramener chez moi s'il te plaît ?

Ce dernier hoche la tête avec un léger sourire compatissant. J'aime beaucoup Remus, contrairement à d'autres présents à cette table : il a un bon fond et ne souhaite jamais mettre les gens dans l'embarras. Je lui souris timidement et vais dans le salon chercher mon sac et mon manteau. Mon appareil photo est sur la table avec un tas de photos posé à côté. Je l'ai laissé dans le salon toute la soirée, laissant aux autres le soin d'immortaliser cette soirée. Je regarde les clichés, certains montrent des gens aperçus hier dont je ne connais même pas les noms, sur les autres je vois les maraudeurs trinquer, Rémus et Mary s'embrasser, Sirius et moi faire du Quidditch en zig zag (qui a bien pu prendre cette photo ?), Lily et James enlacés, de nouveau Sirius et moi dansant et riant aux éclats. Ces photos sont toutes réussies et me redonnent un léger sourire.

- Sois pas fâchée Jen, me dit une voix derrière moi.

J'identifie cette voix comme celle de Sirius. Je range les photos et l'appareil dans mon sac, contourne le maraudeur et marche en direction de la cuisine pour retrouver Remus.

- Changement de programme : c'est moi qui te ramène, explique ce traître.

Je lâche un grand soupire et lui tend mon bras sans même lui adresser un regard.

CRAC

On arrive dans mon salon, faisant sursauter ma mère et son nouveau copain qui avait l'air plutôt occupés...

- Jenny ! S'empresse ma mère en remettant de l'ordre dans ses cheveux. Tu as reçu un colis hier soir par hibou, je l'ai posé sur ton lit.

Je hoche la tête et monte rapidement dans ma chambre, Sirius sur les talons. Il ferme la porte derrière lui et je lâche de mauvaise humeur :

- Tu peux partir maintenant.

- Fais pas ta tête de cochon, me dit Sirius en me prenant dans ses bras.

Je grogne et le repousse violemment.

- Jen ! Je suis désolé, je te jure je voulais pas te faire de peine. J'étais un peu vexé, d'habitude c'est moi qui rembarre les nanas, donc j'ai voulu faire le malin. J'aurais pas du...

Un Black qui s'excuse est une espèce en voie de disparition, je lève la tête et regarde mon ami. Il a l'air vraiment désolé, je décide donc de lui pardonner.

- Bon, on oublie toute cette histoire et on redevient copains ? Je demande d'une toute petite voix.

Un large sourire s'étire sur son visage et il me serre contre lui sans aucun ménagement. Quand il me lâche, je jette un coup d'oeil au paquet sur mon lit. De qui peut-il être ? Je le prends et reconnais immédiatement l'écriture : mon nom et mon adresse ont été écris finement et soigneusement à la plume par nul autre que Regulus Black.

Je l'ouvre précipitamment, les battements de mon coeur s'accélèrent, mes mains tremblent en déchirant le papier. Dans le carton il y a un livre. Mais pas n'importe quel livre : La potion pour les nuls. La couverture est jaune et noire, comme pour tous les autres de la collection qui à la base avait été créée par un moldu mais une filiale sorcière avait acheté des droits l'an passé élargissant la gamme.

J'ouvre le livre délicatement, de peur de l'abîmer. C'est peut être une moquerie de sa part mais le Roi des Serpentards a dépensé une douzaine de mornilles pour m'offrir ce livre ! Un bout de parchemin qui était coincé entre les pages tombe sur mon parquet. Sirius le ramasse et me le tend. Je m'empresse de lire ce mot griffonné à la va-vite :


Davis,


Merci pour la cravate.

EE en métamorphose u94; Merci u94; Livre.

Pas le temps de t'expliquer pour "tu sais qui".

RDV lundi 20h30 Salle sur Demande.


RB


Le mot est court, écrit en abrégé ce qui est très étonnant de la part de Regulus. Il est plutôt du genre à utiliser un langage ultra soutenu et à s'appliquer dans ses lettres. J'en déduis qu'il n'avait pas le droit de m'envoyer ce colis et une grande joie m'envahit : il a pris des risques pour moi ! Un large sourire se colle sur mon visage et je tends le mot à Sirius pour qu'il le lise. Il parcourt rapidement le parchemin et lève les yeux vers moi plein d'interrogations :

- Tu lui as acheté une cravate ?!

Je dois avouer que je m'attendais à toutes les questions du monde sauf celle là...

- Euh..Oui. C'était pour Noël et pour le remercier de son aide en potion. J'ai eu Efforts Exceptionnels alors que d'habitude je ne dépasse pas le Troll. J'ai cherché quelque chose de bien, mais pas trop cher ni trop personnel. C'est la seule idée que j'ai eue... Tu trouves ça nul ? Tu penses qu'il a pas aimé?

Je débite tout ça d'un seul trait. Tout d'un coup le stress est monté d'un cran : et si j'avais mal choisi ? S'il voulait me voir pour me la jeter à la figure ?

- Hé, du calme Jen ! Me rassure Sirius. Si Regulus a pris la peine de répondre c'est que ça lui a plu, sinon crois moi elle serait dans la cheminée avec la lettre que tu lui avais écrite et il n'aurait même pas pris la peine de te renvoyer un "merci".

Je hoche la tête soulagée.

- Donc là, continue mon ami, non seulement il a répondu, mais il t'a aussi acheté quelque chose ! Je retire ce que j'ai dit tout à l'heure : t'as peut être tes chances avec mon frangin..

Je regarde Sirius soudainement très intéressée par ce qu'il peut m'apprendre. Il me lance un regard entendu et continue :

- Tu as l'air bien mordue... J'espère juste qu'il n'a pas rejoint le coté obscur.

J'ai les yeux qui deviennent humide, le manque de sommeil me rend à fleur de peau et la moindre pensée négative me donne envie de pleurer. Sirius s'assoie sur mon lit et tapote ses genoux en signe d'invitation. Je cours me blottir contre lui et laisse couler doucement mes larmes. Pas besoin de mots, Sirius et moi partageons la même peur en ce qui concerne Regulus. La lettre ne donne pas de réponse précise qui nous aiderait à savoir si oui ou non, il est devenu mangemort. J'ai peur de ce qu'il pourra bien m'annoncer... D'un autre côté il a répondu et fait un cadeau à une née moldu donc il ne peut pas être devenu mauvais. Peut importe le tatouage sur son bras (qu'il n'a peut être même pas), je suis plus déterminée que jamais à conquérir Regulus Black.





End Notes:
1 Review = 30 seconde d'écriture pour vous mais 10 minutes de satisfaction pour moi. Alors surtout : n'hésitez pas !
Chapitre 14 by Ptitcouik
Author's Notes:
Et un nouveau chapitre pour vous, un ! Joyeux Noël !

Chapitre 14


Durant la fin des vacances, j'ai passé tout mon temps avec Sirius. Je savais que je ne pourrais plus le voir une fois à Poudlard donc j'en ai profité au maximum. Parties de Quidditch, sorties avec les autres maraudeurs, cinéma coté moldu, j'ai tout immortalisé grâce à mon nouvel appareil photo. Suite à la nuit du nouvel an, beaucoup de choses ont changé entre Sirius et moi : on est devenus plus proches, plus complices et étonnamment il n'y aucun sous-entendus. Je n'ai plus qu'à espérer que l'approche de l'autre Black soit aussi simple...

A l'heure actuelle, je suis étalée sur mon lit. Le réveil vient de sonner, c'est le jour de la rentrée. Je commence juste à me rendormir quand ma mère entre dans ma chambre armée d'une casserole et d'une cuillère. Le son de la cuillère tapant sur la casserole résonne dans ma tête. Je plaque mes mains sur mes oreilles et crie :

- DEHORS !

- Non ma chérie, dis ma mère d'une voix douce en stoppant net son tintamarre. Cette année tu ne seras pas en retard à la gare !

Sur ce, elle ouvre grand mes fenêtres, me vole ma couverture et s'en va dans un bruit insupportable de vaisselle. Je suis maintenant en sous- vêtements grelottant alors qu'un vent glacial entre par la fenêtre. Résignée je me lève, attrape un jean, un gros pull en laine et file à la salle de bain.

La fin de ma préparation matinale et le trajet se déroulent sans encombre. Ma mère est toute guillerette depuis qu'elle est avec son nouveau copain. Ce type me plaît : il sait cuisiner autre chose que des raviolis, ce qui est une réelle évolution pour ce foyer. J'arrive à la gare de King's Cross en tirant ma malle à bout de bras. J'embrasse une dernière fois ma mère et passe sur la voie 9 3/4 .

Je monte tout de suite dans le train et me dirige vers mon wagon habituel. C'est le premier, celui juste derrière la locomotive, on choisit toujours celui-ci avec Mary et Kingsley car c'est là que passe en premier la marchande de confiseries. Mes amis ne sont pas encore arrivés, je les attends pour monter ma valise dans les filets à bagages (sinon ça va encore mal se terminer pour moi). Je m'installe donc confortablement sur la banquette et regarde par la fenêtre.

J'aperçois certains première année de ma maison qui laissent échapper quelques larmes en quittant leurs parents qu'ils ne reverront pas avant les vacances d'été. Je vois des visages inquiets, sûrement à cause de la montée en puissance toujours plus rapide de "Vous-savez-qui". Kingley me fait un signe de la main puis fais un câlin à sa ribambelle de cousins. Rosier (cet enfoiré de mes...) pousse tous les élèves et parents qui osent se mettre sur son chemin et monte dans le train sans un regard pour personne. Au moins, il y en a qui ne changent pas.

J'ai beau scruter la gare de long en large, je ne vois aucun signe de la famille Black. Une boule me serre l'estomac : et si les parents de Regulus ne l'avaient pas autorisé à revenir à cause de moi ? Et si... Mes interrogations sont stoppées net par un énorme troll des cavernes qui me saute dessus.

- Jennyyyy ! S'exclame Kingsley.

- Peux... Pas... Respirer... je réussis à articuler alors que Kingsley est allongé sur moi en riant.

Il se pousse, monte ma valise et s'installe en face de moi. Il n'a même pas le temps de poser la moindre question car Mary entre dans le wagon et s'installe.

- Il paraît que tu as des choses à nous dire Jen ! Me dit cette dernière d'un air accusateur.

Je suis avec mes amis ou mes avocats ?! En même temps, je dois être coupable puisque je sais exactement de quoi elle parle. Je sors donc le colis de Regulus que j'ai gardé soigneusement et leur annonce d'un air solennel:

- Vous savez qu'il y a peu de temps un miracle s'est produit... J'ai eu la moyenne en potion. J'ai donc envoyé un cadeau des plus impersonnel à mon professeur particulier : monsieur Regulus Black. Ne voyez rien de personnel là-dedans. En retour, j'ai reçu ceci de sa part, je continue en leur tendant le paquet, je vous laisse le soin de l'ouvrir et de découvrir par vous même.

Mes amis s'emparent du cadeau, l'ouvrent, lisent le titre du livre, se regardent avec un sourire un brin moteur et lisent le mot qui était joint.

Mes amis sont surpris et ne le cachent pas leur euphorie bien longtemps :

- Il t'a payé un bouquin ! S'exclame Mary en levant les bas, signe de victoire.

- Il veut ton corps, conclue Kingsley très sérieusement.

Nous explosons de rire suite à la remarque de Kingsley et le reste du voyage se passe dans la joie et la bonne humeur. Je me sens plus légère, je sens que je n'ai jamais été aussi près de mon objectif. Une part de moi a tout de même peur que Regulus ait rejoint les mangemorts mais au moins il ne me déteste plus, c'est déjà ça...


A la sortie du train, nous nous dirigeons tranquillement vers la Grande Salle où un repas somptueux a été servi. Les élèves et les professeurs sont joyeux : l'année commence vraiment bien. J'écoute ce doux tintamarre d'une oreille lointaine car tous mes neurones sont concentrés sur une unique chose : la pendule. Plus que quinze minutes avant le rendez vous avec Regulus, plus que douze minutes, plus que dix minutes. Peut être que je devrais commencer à y aller, Regulus déteste attendre et je ne veux pas qu'il soit en colère. J'attends encore trois minutes et j'y vais. Oh et puis zut, j'y vais maintenant.

J'adresse un clin d'oeil à mes amis et quitte la Grande Salle. Regulus me regarde, jette un coup d'oeil à sa montre et fronce les sourcils. "Je sais que j'ai huit minutes d'avance !" ai-je envie de lui dire. Bref, il ne sait pas ce qui se passe dans ma tête donc il est étonné de me voir partir si tôt du dîner. Maintenant j'arrête ma parlote intérieure et je monte à la tour Griffondor. Je me poste devant le miroir de ma salle de bain, relève mes cheveux dans un chignon simple, me mets un peu de gloss rosé sur les lèvres, tire sur ma chemise légèrement froissée par le voyage et hoche la tête en signe de satisfaction.

Il me reste deux minutes avant mon rendez-vous avec Regulus, je rejoins donc d'un pas tranquille la salle sur demande, passe trois fois devant la tapisserie des trolls et entre. Regulus n'est pas encore arrivé, je décide donc de décorer la salle selon mes propres envie. Je souhaite que les murs soient de briques, le sol d'un joli parquet couleur crème, j'imagine un canapé en angle de cuir rouge et tout ceci apparaît immédiatement. J'ajoute des bibliothèque le long des murs, un feu de cheminé et une table basse sur lequel se matérialise un vase avec des jonquilles. Tiens, je n'ai pas demandé ça...

- C'est ma touche finale, explique une voix dans mon dos.

Je souris et me retourne vers Regulus que je n'avais pas entendu entrer.

- C'est joli, je dis sans trop savoir quoi dire d'autre.

- Ce sont mes fleurs préférées.

Je remarque qu'il porte la cravate que je lui ai offert à Noël et mon coeur saute un battement. Mon dieu qu'il est beau... alors que mes hormones et mes pensées s'emballent, je me ressaisie.

- Jolie cravate, je lui dis sur le ton de la plaisanterie.

- C'est une médaille de bon professeur, me répond-il sur le même ton. Il paraît que j'ai réussi à faire des miracles avec un cas désespéré en potion.

Regulus fait de l'humour, décidément, cette nouvelle année s'annonce exceptionnelle ! Alors que je souris comme une gogole, il ajoute :

- Enfin, je ne t'ai pas demandé de venir pour parler de fleurs et de cravate mais de ce qu'il s'est passé pendant mes vacances.

Tout de suite, c'est moins drôle. Je remarque alors que ses manches sont baissées et qu'il m'ait impossible de savoir si oui ou non il a rejoint les rangs de vous savez qui et possède le fameux tatouage. Mais en regardant attentivement son visage, je vois une cicatrice au menton, puis une entaille au niveau de son torse. J'ai peur de ce qu'il pourrait m'annoncer mais en bonne Griffondor que je suis, je prends mon courage à deux mains et demande :

- Est ce que tu es devenu un mangemort ?

Et s'il me dit oui ? Si ça se trouve il doit prouver sa fidélité à vous-savez-qui en tuant une née moldue... Ca me toucherait qu'il m'ait choisie moi mais bon, s'il pouvait éviter, ça m'arrangerait.

- Non, répond-il.

Je sens un énorme poids quitter mes épaules. Il est toujours le Regulus que j'ai su bon dès la première année, j'ai toujours l'espoir que mon plan RB fonctionne et je suis la fille la plus heureuse de la terre !

- Alors qu'est ce qu'il s'est passé? Je demande curieuse.

- Ma mère, après avoir appris pour nous deux, m'a dit que je n'étais pas digne de recevoir le "présent" de nous-savons-qui et qu'elle devait me purifier d'abord. J'ai donc eu droit à tous les sortilèges de tortures possibles et imaginables mais pas au tatouage du mage noir.

"Appris pour nous deux" on est un peu un couple en fait... Jenny ressaisi toi !

- Mais pourquoi tu ne t'es pas enfui ? Je demande incrédule.

- Elle s'arrangeait pour que je sois dans l'inconscience, elle me réveillais pour me faire souffrir puis me laissait en sachant que je ne pourrais aller nulle part tellement la douleur était forte, me répond-il d'un air sombre.

Et moi qui me plaignais des tendances culinaires de ma mère. Ma petite maman, si tu m'entends, plus jamais je ne te critiquerais !

- Si Rosier n'avait pas cafté tu serais allé chez Sirius comme prévu et tu n'aurais pas subit tout ça, je dis pleine de compassion.

-Je sais, mais les vacances ont été meilleures que je ne l'imaginais... répond-il.

Je ne sais pas comment il fait pour rester avec ce calme là, toujours à cacher ses émotions que ce soit de la joie ou de la douleur.

- Tu devrais écrire à Sirius pour lui dire, je lui conseille.

- C'est ce que je compte faire, répond-il.

Un silence pesant s'installe. Nous sommes tous les deux assis à un bout du canapé. Il a la tête baissée et le dos voûté et je n'ose pas le réconforter. Je me contente donc de le regarder avec des yeux compatissant qu'il ne peut pas voir en regardant ses genoux. Dans mes rêves les plus fous, Regulus ose balancer ses quatre vérités à sa mère et suit le même chemin de rébellion que son frère. Mais il y a peu de chances que ça arrive, Regulus n'a pas le caractère téméraire et le courage de Sirius.

- Tu n'as jamais pensé à les envoyer balader, comme l'a fait Sirius il y a quelques années ? Je le questionne d'une toute petite voix.

- Bien sûr que si j'y pense. Mais Sirius avait des amis sur qui compter en cas de coup durs, Potter l'hébergeait après qu'il ait quitté la maison, toute l'école le voyait comme un héro. Alors que moi...

Je suis touchée par les paroles de Regulus car je sais qu'il a raison. Tous les gens qu'il fréquente sont des apprentis mangemorts, ce ne sont pas des amis. A part Poudlard, il n'a nulle part où aller, il est redouté par tous les élèves car ils pensent tous qu'il fricote avec la magie noire. Bref, il n'a pas la vie facile.

- Peut être que c'est parce que tu restes fidèle à ta famille que les gens ne vont pas vers toi, je dis timidement. Pour Sirius ça a été plus simple parce qu'il avait de vrais amis avant de se "rebeller". Mais peut être que dans ton cas, tu ne pourras te faire de véritables amis que lorsque tu arrêtera de fréquenter des futurs mangemorts et que tu auras coupé les ponts avec ta famille.

- Plus facile à dire qu'à faire, répond-il amèrement.

Je souris tristement. Ca y est je l'ai vexé avec mes théories à deux gallions.

- En tous cas, si tu as besoin de parler et d'avoir de vrais amis, je pense que Mary, Kingsley et moi pourrions faire l'effort de supporter ton sale caractère, j'ajoute d'un air malicieux.

- Je pense que si je ne veux pas recevoir d'autres sortilèges impardonnables aux prochaines vacances, je ferais mieux de m'abstenir.

- Ses sortilèges t'ont permis de ne pas devenir le larbin de tu-sais-qui donc finalement c'est pas si mal, je réplique du tac au tac.

Le serpentard soupire et met sa tête dans ses mains. Il s'écoule plusieurs minutes sans qu'aucun de nous n'ose parler. Je remarque que le couvre feu est désormais passé de deux bonnes heures et décide de le laisser un peu seul pour réfléchir. Je me lève du canapé, pose une main sur son épaule et murmure :

- Courage... Et si tu changes d'avis, ma proposition tient toujours : mes amis et moi serions honorés de partager un repas avec toi dans les cuisines des elfes, loin des regards indiscrets.

Il pose sa main sur la mienne et me remercie d'un sourire franc. Ca ne veut pas dire oui mais c'est déjà un bon début. Sur ce, je ramasse mon sac et le laisse à ses réflexions.


En retournant à mon dortoir, un grand nombre de pensées se bousculent dans ma tête et un sentiment d'espoir ne cesse de grandir. Le sentiment de complicité que j'avais réussi à instaurer avant les vacances (avant que Rosier le crétin débarque) semble revenir peu à peu et qui sait, peut être même se renforcer. J'ai envie d'écrire à Sirius pour tout lui raconter mais je pense que c'est d'abord à Regulus de le faire, je vais donc attendre quelques jours.

Quand j'entre dans ma chambre, je vois que Mary m'a attendue et qu'elle est entrain d'écrire à son bureau. Je me penche au dessus d'elle et voit qu'elle écrit à Remus. Qu'est ce que j'aimerais partager ce genre de relation avec mon Serpentard... Mary sort une boite de gâteaux qu'elle a fait chez elle avant de partir et s'assoie sur mon lit en me jetant un regard signifiant "maintenant tu vas tout me raconter en détail sinon tu seras privée de dessert". Je prends donc un gâteau et commence à lui raconter mon entrevue avec Regulus dans les moindres détails.

A la fin de mon récit mon amie siffle d'admiration :

- Et bien, ce petit n'est pas aussi irrécupérable que je ne le pensais !

- Je te l'avais dit, il n'est pas mauvais.

- Certe mais depuis qu'on le connais il cachait bien son jeu. Le plan RB avance à grand pas ! Quelle est la prochaine étape sergent ?

- La prochaine étape est de vous présenter Regulus pour l'humaniser un peu et gagner sa confiance, ensuite je lance l'opération séduction, et enfin le mariage et les gosses.

- Simple mais efficace, conclue mon amie.

J'avale un dernier gâteau, me brosse les dents et file dans mon lit en glissant un dernier "bonne nuit" à ma meilleure amie. Je m'endors le sourire aux lèvres, cette nouvelle année commence bien : grâce à Sirius Kingsley et Mary j'ai des amis en or, le plan RB prend enfin forme et j'ai même la moyenne en potion. Que demande le peuple ?

End Notes:
Aloooooooors ?
Chapitre 15 by Ptitcouik
Author's Notes:
Désolée pour la looooooongue absence. Je sais, je suis impardonnable. J'espère que vous me pardonnerez avec ce tout nouveau chapitre tout beau, tout neuf !

Chapitre 15


Je suis avec Regulus assis sur un banc face à la mer, nous nous embrassons avec fougue. Le vent se faufile entre mes cheveux, Regulus me sourit, des fossettes se creusent sur ses joues. Merlin qu'il est beau. Il pose une main sur mon épaule, comme s'il était prêt à m'avouer quelque chose. Je retiens ma respiration et attends, les yeux clos, attentive au moindre mot. Mais la main qui tient mon épaule se met à me secouer comme un prunier. Mais qu'est ce qu'il fou ??

J'ouvre les yeux brusquement et sursaute vivement. Le visage qui se trouve en face de moi n'est autre que celui de Mary... Ma pauvre Jenny arrête de rêver, le jour où tu te réveillera aux côtés du roi des Serpentards n'est pas prêt d'arriver. Et si (en plus d'arrêter de rêver) tu pouvais arrêter de parler toute seule dans ta tête, ça t'éviterait un séjour à Sainte Mangouste.

- Je ne veux même pas savoir de quoi tu rêvais, vu les bruits de bouches que tu faisais pendant ton sommeil...

Je tire la langue à on amie et file à la salle de bain. Pour finir de me réveiller, je fais couler de l'eau bien chaude le long de ma nuque. Je me savonne rapidement et me sèche dans une serviette chaude. Je brosse mes cheveux, me maquille légèrement et enfile mon uniforme. Quand je reviens dans le dortoir, Mary n'est plus là. J'attrape ma cape et mon sac de cours puis descends à la salle commune. Mes deux amis sont là et Kingsley me lâche impatient :

- Enfin ! Je meurs de faim, dépêche toi !

Je souris à l'estomac sur pattes qui me sert de meilleur ami et sors par le portrait de la Grosse Dame. Je sens que la journée va être bonne !

Le déjeuner et les premiers cours de la journée se passent très bien, les professeurs nous rajoutent une couche de pression à cause des ASPICS qui approchent à grand pas. Après le repas du midi, nous descendons vers les cachots.

Je déteste cet endroit sombre et humide, tout en pierres. Je resserre mon écharpe et enfonce mes mains dans mes poches pour ne pas avoir froid avec les vent qui s'infiltre par les fenêtres mal fermées d'un couloir. Je n'aurais jamais dû faire ça car je ne vois pas la bandoulière du sac qu'une élève avait posé par terre, je me prends donc les pieds dedans et tombe la tête la première sans pouvoir me rattraper dans ma chute (mes mains étant toujours dans mes poches).

Les serpentards avec qui nous partageons ce cours me lancent des piques tous plus gentils les uns que les autres, Kingsley m'aide à me relever et leur jette un regard noir. Note mentale : acheter des gants pour éviter tout autre incident de ce genre.

Je relève la tête et croise le regard de mon Black préféré. Je m'attends à lui trouver un air amusé mais pas du tout, il me toise de manière hautaine comme si j'étais un chewing-gum collé sous sa chaussure : quelque chose d'indésirable et gênant. Je fronce les sourcils d'incompréhension, personne ne va remarquer qu'il me regarde, pas la peine de faire autant de cinéma, on est (presque) amis maintenant, il va falloir qu'il se déride cet enfant !

J'entre dans la salle de potion et je vais m'asseoir à ma place habituelle. Regulus me rejoint sans me lancer un regard. Ca me blesse vu la conversation que nous avons eu hier et la manière dont il s'est livré, je ne pensais pas qu'il serait si froid aujourd'hui. Je décide de ne pas m'en préoccuper, le Serpentard fait très attention à son comportement depuis notre mésaventure avec Rosier. Il veut probablement éviter tout soupçon.

Je sors mes affaires pendant que Slug' inscrit les instructions de la potion d'aujourd'hui au tableau. Il se tourne vers nous et s’apprête à nous donner quelques consignes de précautions supplémentaires quand mon voisin lève la main pour l'interpeller :

- Professeur !

-Oui Monsieur Black ? Demande le prof.

- Ne pensez vous pas qu'il serait judicieux de changer les binômes. Travailler toute l'année avec la même personne pourrait nous pénaliser le jour des ASPICS : les équipes sont tirées au sort, il vaudrait mieux ne pas s'habituer à travailler toujours avec la même équipe, explique-t-il.

Alors là : je suis sur le cul... Et je ne dis pas ça parce que je suis assise ! Hier tout allait bien, je me voyais déjà lui présenter Mary et Kingsley et aujourd'hui j'ai droit à un regard méprisant, une ignorance totale et une demande pour ne plus travailler avec moi : je retire ce que j'ai dit toute à l'heure, cette journée s'annonce pourrie.

- A partir du moment où vous réussissez à travailler avec Mademoiselle Davis, vous pouvez réussir vos potions avec n'importe qui ! Explique mon professeur un brin moqueur. Je vais donc conserver ces binômes jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Je devrais être vexée du commentaire de Slug' sur mon niveau en potion mais je suis tellement heureuse qu'il n'ait pas cédé à la demande de Regulus que j'ai plutôt envie de lui sauter au coup pour lui faire des papouilles.

Mon voisin de table hoche la tête l'air agacé et file au fond de la classe chercher les ingrédients. Kinglsey, à qui j'ai raconté le rendez vous d'hier pendant notre pause déjeuner, me lance un regard d'incompréhension totale. Mon pauvre, si seulement j'en savais plus que toi, je te le dirais...

Durant toute la fin du cours de potion, je tente de savoir ce qu'il arrive à mon voisin pour qu'il soit devenu froid et distant. Faut dire qu'avant c'était pas non plus particulièrement chaud entre nous mais tout de même... Bref j'ai tout essayé : messes basses, petits mots, aucune réponse ne m'est parvenue.

Je sors du cours dépitée. Mes deux compères ont la gentillesse de ne pas poser plus de questions et je file dans le parc me vider l'esprit. Je marche en direction du lac et m'assois sur un tronc d'arbre à la lisière de la forêt interdite.

Bon, réfléchissons. Hier mon très cher Serpentard semblait sur le point d'accepter mon amitié et moins de vingt-quatre heures après, il m'ignore et m'évite. QU'EST CE QUE J'AI ENCORE FAIT ?! J'ai beau creuser, et re-creuser toujours plus profond dans ma mémoire, rien ne me vient et je ne trouve aucune explication à cela. Si j'avais fait quelque chose de mal hier, il me l'aurait fait remarqué d'un regard noir ou d'une réplique cinglante dont il a le secret... Donc c'est autre chose. Mais : QUOI ?

Je souffle bruyamment, nous sommes lundi donc deux solutions s'offrent à moi. Première solution : j'attends demain et je vois s'il vient au rendez-vous habituel de son cours de métamorphose (il est peut être simplement mal luné aujourd'hui...). Deuxième solution : je le suis discrètement jusqu'à ce soir en attendant de le trouver seul dans un couloir pour lui demander des explications.

N'étant pas de nature très patiente, je décide de partir à la « chasse au Regulus ». Je commence par arpenter les couloirs des étages inférieurs, puis descends dans les cachots, remonte à la bibliothèque, passe aux cuisines, vais faire un tours dans la grande salle... Personne. Enfin si, beaucoup de monde mais pas une trace de Black.

Il doit être dans la salle commune, me dis-je. A moins que... Un éclair de génie s'abat sur moi et je me mets à courir comme une folle vers le septième étage. Je passe trois fois à toute vitesse devant la tapisserie des trolls en disant tout haut « Je veux entrer là où se trouve Regulus Black ». Une porte de bois simple apparaît et je la pousse avec précipitation.

Le porte claque contre le mur faisant sursauter la personne qui dormait dans la Salle sur Demande. Merde... C'est pas en réveillant Regulus que je vais le mettre de bonne humeur ! Bon, je vais faire comme si c'était à moi d'être énervée et non à lui (ce n'est qu'une petite sieste, rien comparé à ce qu'il fait subir à mon pauvre petit cœur).

- Tu vas m'expliquer ce qui se passe ?! Je lui demande agressive.

Il saisit tout de suite que je fais référence à son comportement d'aujourd'hui en cours de potion mais ne répond pas.

- Ce serait plutôt à moi de te poser la question. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je te cherchais, je t'ai trouvé, je réponds au tac-au-tac.

- Et bien maintenant tu vas retourner d'où tu viens et me laisser dormir.

Une veine ressort sur sa tempe et je sais que je suis sur le point de le faire sortir de ses gonds. Sur le moment, je ne pense à rien d'autre qu'à l'explication potentielle de son comportement, je le relance donc :

- Pas avant d'avoir eu une explication.

- Va te faire...

Mon énervement monte d'un cran et je m'approche de lui, les points sur les hanches.

- Je ne vais rien me faire du tout mais toi tu vas t'asseoir gentiment et me dire quelle mouche t'a piquée aujourd'hui sinon je vais te transformer en Troll des Cavernes et te laisser pourrir ici.

Le Serpentard fronce les sourcils et me regarde avec haine. Je vais me prendre une giffle dans trois... deux... une seconde... Je me jette sur lui folle rage, lui bloque les poignets comme je peux et m'assois sur son ventre.

- Ta maman t'a jamais dit de ne pas taper les filles ?

Dans un moment de rage profonde et mutuelle comme celui-ci, un spectateur se serait moqué de ma réplique puérile mais le Serpentard me répond avec toute la haine qu'il possède :

- Non, au contraire, ma mère m'a toujours dit que les Sang-de-Bourbe méritaient la mort.

Sous l'effet de la surprise, je lâche ses poignets. Mauvais idée car je suis éjectée du lit et tombe sur le carrelage la tête la première. Je mets ma main sur mon crâne et sens un liquide poisseux dans mes cheveux. Bien... prochain arrêt : l'infirmerie ! YOUPI !

Je ne sais pas ce que j'ai pu faire pour le mettre dans cet état mais l'entendre me traiter de Sang-de-Bourbe me déchire le cœur. Les larmes commencent à monter et je tente tant bien que de mal de les cacher en enfouissant ma tête entre mes mains (pas très discrète comme cachette).

- Qu'est ce que j'ai fait ? Je demande au bord du désespoir.

- Arrête avec des airs de bonne sœur. T'en as rien à foutre de moi, je suis juste la carotte pour faire avancer l'âne.

A-t-il vraiment utilisé cette expression en pleine dispute ? Je ne comprendrais jamais cet être humain.

- Mais de quoi tu parles ? Je demande choquée.

- Ecoute, t'as eu ce que tu voulais donc pas la peine de continuer à être gentille avec moi. Maintenant tu vas sortir d'ici et me laisser tranquille.

Mes sourcils sont froncés, ma bouche entre-ouverte. Mais qu'est ce que j'ai bien pu faire ? Je suis tellement pas douée que je fais des bourdes sans m'en rendre compte...

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles. Je voulais vraiment t'aider, j'étais persuadée que tu n'étais pas qu'un apprenti mangemort mais vu tout ce que je viens d'entendre, je me suis mis la baguette dans l'oeil jusqu'au coude.

Une cascade de larmes s'écrase sur mes joues. Je baisse la tête, ramasse mon sac et me me dirige vers la porte.

- C'est ça, retourne dans le lit de mon frère. Vous êtes des traîtres autant l'un que l'autre, lâche le serpentard.

Je fais volte face, choquée de ce que je viens d'entendre. Ca y est, je comprends ! Donc Regulus a du entendre les ragots concernant ma nuit du nouvel an.. Et il pense que je l'ai utilisé pour me rapprocher de Sirius. La comparaison de la carotte et l'âne prend tout son sens.

- C'est pas ce que tu crois, je balbutie, ne sachant quoi dire d'autre.

- Tu vas me dire qu'il ne s'est rien passé ? Me jette-t-il amère.

- Non. Mais je ne me suis jamais servie de toi.

J'ai envie de courir me blottir dans ses bras et tout lui avouer.. Mais ce ne serait pas très approprié. Je me contente donc de le regarder d'un air désolé. Je ne sais pas comment m'expliquer sans trop me dévoiler. Je ne vais quand même pas lui balancer que j'ai couché avec son frère parce que j'avais trop bu et que je les ai confondu ?!

- Je n'ai jamais été intéressée par Sirius, l'alcool a eu des effets que je regrette. Nous sommes de très bons amis et il n'y a aucune ambiguïté entre nous. Maintenant, tu crois ce que tu veux mais j'étais tout à fait sincère hier soir. Si tu veux qu'on reprenne nos cours mutuels de potion et de métamorphose envoie moi un mot par hibou.

Sur ce, je quitte la salle pour le laisser réfléchir. Un énorme sentiment de remords m’envahit. Est ce que j'aurais du lui dévoiler tous mes sentiments pour le convaincre ? D'un autre côté ça l'aurait très probablement fait fuir. J'ai peur qu'il n'envoie jamais ce satané hibou jusqu'à la tour Griffondor. Ce n'est pas seulement ma vie sentimentale qui dépend du cadet des Black mais aussi mes notes en potion !

Perdue dans mes pensées, je ne regarde pas mes pieds (cruelle erreur) et je me prends les pieds dans un tapis. Je m'écrase lourdement sur le sol et j'entends un groupe de Serpentards se moquer ouvertement de moi. Les remarques sur ma maladresse et mes origines fusent.

- Stupéfix ! Je crie dans leur direction.

Je ne suis pas de nature à chercher les conflits mais là, c'était vraiment pas le moment de me provoquer. Ils sont quatre, je suis toute seule. Ils sont en quatrième année, je suis en septième. Ils baignent dans la magie noire, je suis douée en DCFM. Que le duel commence.

J'ai réussi à en envoyer un contre le mur du couloir puisqu'il ne s'attendait pas à ma riposte. Les trois autres se postent en rang d'oignon, baguettes levées. J'adopte également la « position duel » (arrêtez vos idées mal placées...) et je sens la rage me traverser de la tête aux pieds.

- Levicorpus je lance.

Le Serpentard touché se met à léviter et je l'accroche au lustre d'un coup de baguette. Les deux derniers sont tellement surpris qu'ils n'ont pas eu le temps de réagir.

- Crache limace, j'enchaîne.

Et un troisième Serpentard neutralisé. Le gros blond vert et argent se tient au mur tandis qu'il vomit de grosse limaces hideuses. Je ne peux m’empêcher de rire sadiquement à la vue de cette image. Le dernier Serpentard profite de mon hilarité pour me lancer un sort :

- Aguamenti !

Un ridicule filet d'eau sort de sa baguette mais il n'est même pas assez grand pour m'atteindre. Je me plante face à lui, les bras croisés avec un regard moqueur. Cette attitude doit particulièrement l'agacer puisqu'il me regarde avec une rage démente et me lance un nouveau sort :

- Doloris !

Je l'esquive d'un Protego bien placé. Je savais que ce petit était tombé dans la magie noire quand il était petit... J'enchaîne avec un « Obscuro » en informulé. Mon dernier adversaire ne peut plus me voir, je le pousse donc violemment en passant. Quand j'atteins l'angle du couloir, je me retourne pour admirer mon œuvre : un sonné avachi contre un mur, un autre accroché au lustre, le troisième crachant des limaces et le dernier aveugle étalé sur le sol.

C'est donc avec un sourire sadique que je rejoins ma tour. C'est fou comme les duels me vident la tête. Fière de moi, j'entre dans ma salle commune. Elle est presque vide, mes deux compères sont en cours de divination et un sentiment de vide et de solitude s'empare de moi. Je m'assoie au coin du feu et me mets à penser.

Je réfléchis à ma conversation avec Regulus. Est-ce que je devrais demander de l'aide à Sirius ? Personne ne connaît mieux que lui, il saurait sûrement m'aider. Mais d'un autre côté j'ai envie d'attendre et de voir s'il va revenir de lui même. Il ne faudrait pas qu'il attende trop sinon je vais revenir à ma moyenne de potion initiale (et c'était pas très brillant). En même temps, sa moyenne en métamorphose va probablement baisser aussi. Il reviendra peut être par moi plus par nécessité que par envie...

Je décide de me concentrer sur mes devoir pour ne plus penser à cette histoire. Je m'installe donc près de la fenêtre armée de mon devoir de DCFM. Je dois rendre un trente centimètres de parchemin sur les sortilèges impardonnable. Zut ! J'aurais dû demander aux serpentards de toute à l'heure de m'aider, ils doivent en savoir plus que moi.

End Notes:
Voilà ! J'essaie d'écrire la suite dès que possible, a bientot :)
Chapitre 16 by Ptitcouik
Author's Notes:
Milles excuses pour la longue attente, je sais, c'est impardonnable. Je vais vraiment essayer de reprendre un rythme régulier de publication. Je remercie les lecteurs qui continuent de suivre les aventures de notre Jenny et qui me laissent de super commentaires. Bonne lecture

Chapitre 16


Regulus n'a jamais envoyé de hibou. Cela fait deux semaines que nous nous sommes disputés et je n'ai toujours aucun signe de lui. Je me sens comme toutes ces moldus qui donnent leurs numéros de téléphone en boîte de nuit et qui attendent désespérément que l'apollon de la piste de danse les rappelle. Bref, j'arrête là mes comparaisons débiles et je poursuis ma plainte : depuis deux semaines ma vie est un vrai bazar. Je suis distraite donc ma moyenne est en chute libre dans pas mal de matières, je viens d'ailleurs de faire exploser ma potion pendant mon dernier cours (reprise des bonnes vieilles habitudes).

Je quitte la salle de cours dépitée, ce n'est pas seulement ma vie sentimentale qui est en jeu : c'est ma moyenne en potion ! Mais quand j'y pense, la sienne aussi est en danger... peut être que si j’enchaîne les bourdes il reviendra vers moi..? Ma petite Jenny, tu es un génie. Il me suffit de faire foirer toutes nos prochaines potions et Regulus sera « obligé » de me redonner des cours. Mouhahaha !

- Jenny... me réprimande Kingsley alors que je m'assois à la table de Griffondors dans la Grande Salle pour déjeuner.

- Quoi ? Je demande innocemment.

- Tu as un sourire narquois à faire pâlir de jalousie tous les Serpentards présents dans cette salle. Alors dis nous ce que tu mijotes !

Mary lève la tête de son assiette tout à coup très intéressée par la discussion et me lance un regard signifiant « toi ma petite, tu vas tout me raconter sinon je te prive de dessert ». Je leur souris et me lance dans l'explication de mon nouveau plan d'attaque.

- Donc ton plan consiste à faire chuter ta moyenne et la sienne le plus possible jusqu'à ce qu'il revienne vers toi ? Me demande Kingsley pensif.

- Exactement ! C'est brillant je sais, je dis d'un air pompeux.

- Tu souris et tu parles comme une Serpentard.. ce garçon te monte à la tête, me répond mon ami blasé.

- Mais Jenny, me dit Mary, tu ne crois pas que si tu fais chuter sa moyenne de potion tu risques de retourner les choses contre toi et qu'il cherche à se venger ?

Tiens... je n'avais pas pensé à cette possibilité.

- Mais comment voudrais-tu qu'il se « venge », je lui demande hébétée.

- Si tu fais chuter sa moyenne en potion, ses deux seules options sont : un, de te redonner des cours de soutien, et deux, de t'empêcher d'aller aux cours pour faire ses potions tout seul et remonter sa moyenne.

- Mais il ne peut pas m'empêcher d'aller en cours, je lui explique comme à un enfant de cinq ans.

- Une chute dans les escaliers est si vite arrivée, entraînant un petit séjour à l'infirmerie... me dit Kingsley d'un air sombre.

- Oui, enchaîne Mary, ou une armure qui te tombe dessus au coin d'un couloir, ou une potion glissée dans ton jus de citrouille, ou encore...

- Ca va, j'ai compris, je dis en levant une main pour faire taire mes amis.

Mary affiche un air soulagé tandis que Kingsley reste dubitatif.

- Mais, j'ajoute, vous avez une meilleure idée ?

- Changer de cible ? Regarde autour de toi Jenny, les garçons c'est pas ce qui manque dans cette école. Tu pourrais pas vouloir quelqu'un d'autre que lui ? Me demande Kingsley.

- Tu sais très bien que non. Donc je vais suivre mon idée, et si je finis à l'infirmerie, et bien... ce ne sera qu'un séjour de plus ! J'y vais au moins une fois par mois depuis sept ans à cause de mes propres boulettes alors je suis une habituée des lieux, une VIP !

Sur ce, je décide de changer de sujet et de parler des derniers potins de l'école afin de terminer le repas sans autre désaccord.



Le reste de la journée se passe de manière normalement normale et après mon dernier cours je file à la tour Griffondor. Je m'installe sur mon lit afin de peaufiner mes dernier devoirs pour demain le plus vite possible et ainsi pouvoir profiter de ma soirée à jouer aux échecs avec Kingsley.

Je corrige les éventuelles fautes d'orthographe et apporte quelques précisions à mon devoir de DCFM sur les sortilèges impardonnables. J'en suis au dernier paragraphe de mon parchemin lorsque j'entends quelque chose taper contre la fenêtre. Je relève la tête et vois un hibou tapant du bec sur le carreau. Je m'empresse d'aller lui ouvrir et lui arrache la lettre des pattes. Merlin, Morgane, Claude François et tous les autres génies qui peuvent me venir en aide en cet instant critique... faites en sorte que ce soit une lettre de Regulus !


Salut Jenny !

Comment vas-tu ? Je t'envoie ce petit mot pour te demander comment ça avance (ou stagne) avec mon frère ? Tu m'avais dit que tu m'écrirais pour me tenir informé mais j'attends toujours. Petite cachottière... Trêve de plaisanteries, je suis surtout inquiet. Je n'ai eu aucune nouvelle de lui depuis qu'il est retourné à Poudlard et je ne sais donc pas ce qu'il a bien pu subir pendant ses deux semaines de vacances. J'espère que tu pourras m'en dire un peu plus.

Dis moi quand tu as la date de la prochaine sortie à Préaulard, ça me ferait plaisir de discuter avec toi au tour d'une bière au beurre (à défaut d'un dîner romantique avec le Black que tu convoites).

Je t'embrasse, passe le bonjour à Mary et Kingsley.

A très vite j'espère,

Sirius


Mon enthousiasme est très vite retombé. J'ai envie d'envoyer une droite à ce pauvre hibou même si ce n'est absolument pas de sa faute s'il n'apporte pas la lettre du Black que j'espérais. Je m'allonge pensive sur mon lit. Il y a au moins une petite chose positive à cette lettre : si Sirius n'a reçu aucune nouvelle de son frère, cela signifie également que Regulus ne lui a pas envoyé une lettre d'insultes au sujet de notre nuit du nouvel an me traitant de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables (encore désolé petit hibou).

Je me raccroche donc à cette petite idée positive. S'il n'a pas envoyé de lettre à Sirius pour l'envoyer balader c'est qu'il n'a pas envie de couper définitivement les ponts avec son frère, donc il reste une chance pour qu'ils continuent à se parler, donc il est toujours envisageable que Regulus se retourne contre sa famille et dise « bye-bye » au Seigneur des ténèbres, donc il reste encore une micro chance pour qu'il finisse avec moi !

- Pourquoi tu souris comme une gogole ? Me demande Mary en entrant dans le dortoir coupant court à ma parlote interne.

Pour toute réponse, je lui tends la lettre de Sirius. Elle la lit puis me répond dubitative :

- Mais... Qu'est-ce qu'il y a de bien dans cette lettre ? C'est pas particulièrement mauvais mais pas non plus super. Enfin je veux dire, à moins que finalement tu sois tomber sous le charme de Sirius et que son « je t'embrasse » et rende aussi niaise que les Poufsouffles de cinquième année, je comprends pas pourquoi tu souris comme ça.

Je soupire et explique mon cheminement de pensées (quelque peu tordues je dois l'avouer) à mon amie.

- D'accord, me dit-elle pas très convaincue. Et tu vas répondre quoi à Sirius ?

Ca c'est une bonne question... Je me lève d'un bond et retourne tous mes cours à la recherche d'un morceau de parchemin vierge. Je finis par en trouver un de taille correcte et pas trop froissé coincé entre deux pages de mon livre de botanique et commence à rédiger :

Sirius,

Les nouvelles sont plutôt bonnes pour ton frères mais le sont nettement moins pour moi. Je m'explique : il est revenu de vacances avec quelques cicatrices (apparemment ta mère s'est exercée au sortilège de doloris pendant ces deux semaines) mais avec l'avant-bras non tatoué. Donc c'est moins pire que ce que nous le craignons.

En revanche, il ne m'adresse plus la parole et m'a traité de choses pas très jolies : sang de bourbe et autres variantes des plus agréables, car il a appris par je ne sais quel bruit de couloir ce qu'il s'était passé durant notre nuit du nouvel an. Du coup il est persuadé que je me suis servie de lui pour atterrir dans ton lit et j'ai eu beau lui expliquer que ce n'était pas vrai, il n'a pas voulu me croire. Résultat, ma moyenne de potion est en chute libre et ma vie sentimentale est... inexistante enfait.

Notre prochaine sortie à Préaulard est dans deux semaines, nous pouvons nous y retrouver juste après le déjeuner si ça te va. Remus est censé venir pour voir Mary d'après ce qu'elle m'a dit.

Je t'écris s'il y a du nouveau et toi n'hésite pas à envoyer une petite lettre en ma faveur à ton frère. Sait-on jamais, il pourrait te croire. L'espoir fait vivre.

Je t'embrasse, à très vite

Jenny


Je me relis plutôt satisfaite, je passe le parchemin à mon amie pour avoir son approbation et après un hochement de tête de sa part, je quitte le dortoir direction la volière. Arrivée là-bas, je confie ma lettre à un des hibou de l'école et le regarde s'envoler par la fenêtre. Quand il est trop loin et que je ne peux plus le voir, je me retourne en priant avec toute ma bonne volonté pour que ce hibou me rapporte de bonnes nouvelles. Je sors de la pièce d'un pas décidé et prends le chemin de mon dortoir.

A l'angle d'un couloir, quelque chose me heurte de plein fouet et je me retrouve par terre les quatre fers en l'air.

- Regarde où tu vas Davis, me lâche la personne qui m'a foncée dedans.

Je lève les yeux en me relevant constate qu'il s'agit de mon cher et tendre Rosier.

- Casse toi, je lui répond à bout de nerfs.

- Je n'ai aucun ordre à recevoir d'une sang de bourbe, me répond-il agressif.

Mon sang ne fait qu'un tour et je me jette sur lui. Je l'attrape par la cravate et l'attire vers moi d'un coup sec. Je colle ma bouche contre son oreille et lui murmure de ma voix la plus cinglante :

- Ecoute moi bien, je te préviens une dernière fois : tu m'appelles encore une seule fois « sang de bourbe » et je te détruis. Je suis plus douée que toi en duel et tu le sais alors sois sage. Surtout qu'être une fille de moldue c'est toujours mieux qu'être un fils de pute alors je n'ai strictement rien a envier de tes origines.

Après quoi, je le repousse violemment contre le mur et continue mon chemin sans me retourner. Rosier ne tente ni de me rattraper pour m'en coller une, ni de me jeter un sort par derrière, probablement sous le choc de ce que je viens de lui dire. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit de lui parler comme ça, cela ne me ressemble absolument pas. Enfin, je hausse les épaules, après tout ça a fonctionné et je ne devrais être tranquille pour la soirée !

J'entends un léger bruit sur ma droite et je sursaute de peur que ce soit Rosier qui me rattrape pour m'envoyer son poing dans la figure mais j'aperçois seulement la silhouette d'une personne (un homme je dirais vu sa taille) caché derrière une armure. Je plisse les yeux essayant de voir qui a bien pu surprendre la conversation que je viens d'avoir avec le Serpentard. La personne sort de l'ombre et je vois apparaître le magnifique visage de Regulus Black. Je le regarde gênée, ne sachant pas si je suis censée dire quelque chose. Il se contente de m'offrir un léger sourire et de me dire :

- Bien joué Davis.

Sobre. Cependant mon cœur bat la chamade et je suis incapable de répondre quoi que soit. Je reste donc plantée devant lui, les yeux grands ouverts. Voyant que je ne répond pas, Regulus tourne les talons, fait trois pas puis se ravise :

- Demain vingt-heures dans la salle sur demande. N'oublie pas ton manuel de potion, me dit il avant de repartir vers les cachots.

Je suis totalement abasourdie. Une petite partie de mon cerveau s'inquiète et se demande si Regulus ne serait pas tombé sur la tête provoquant un traumatisme et des troubles du comportement, une autre se félicite d'avoir remis Rosier à sa place, et la dernière grosse partie de mon cerveau a juste envie de faire une danse de la joie en plein milieu de ce couloir désert.

Je pique un sprint et court jusqu'à la tour Griffondor pour tout raconter à mes deux acolytes. Une fois arrivée sur place, étant essoufflée par ma course et toujours sous le choc, la seule chose que j'arrive à leur dire est :

- Partie... hibou... Rosier... fils de pute...Sourire...Régulus... Potions !

- Tu vas t'asseoir et nous raconter tout ça calmement me dit Mary en me dirigeant vers le fauteuil le plus proche.

Je m'écroule dedans avec autant de grâce qu'un scroutt à pétard. Je reprends mon soufle et recommence mon histoire depuis le début. A la fin de mon récit, mes deux amis me regardent avec des yeux ronds comme des soucoupes.

- Je comprendrais jamais ce type, déclare Kingsley. Mais ça s'annonce mieux pour la reprise du plan RB !

- T'as remis cet abruti de Rosier à sa place et les choses vont finir pas s'arranger avec Black, elle est pas belle la vie ? Me demande Mary enthousiaste.

- Si ! Ca me remonte le moral, je dis avec un grand sourire. Il ne manquerait plus qu'un muffin au chocolat et la soirée serait définitivement parfaite, j'ajoute innocemment.

- Toi, tu as encore fouillé dans mes affaires ! Me reproche Mary avec un faux-air de maman sévère. Bougez pas je vais chercher la boite.

Je regarde Kingsley d'un air complice, Mary est vraiment la meilleure pâtissière que je connaisse et les elfes de maisons la laissent utiliser les cuisines à sa guise pour qu'elle puisse tester ses nouvelles recettes. Mary revient donc avec une grosse boîte remplie de gâteaux et nous passons le reste de la soirée à bavarder joyeusement tout en nous goinfrant des petites merveilles faites par mon amie. J'ai hâte d'être au lendemain et de reprendre mes petits rendez-vous secrets avec mon Serpentard favori...



End Notes:
Merci d'avoir pris le temps de me lire, n'hésitez pas à laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé. A très vite !
Chapitre 17 by Ptitcouik
Author's Notes:
J'espère que ce chapitre va vous plaire, un peu plus fourni que les précédents pour me faire pardonner l'attente. Bonne lecture !

Chapitre 17


J'ai passé la nuit a me tourner et retourner dans mon lit incapable de trouver le sommeil. Résultat, quand le réveil a sonné j'étais déjà éveillée et mon reflet dans le miroir de la salle de bain ressemblait plus à un troll des cavernes un lendemain de cuite qu'à un visage humain. J'ai d'énormes cernes, les yeux rouges, le teint très pâle et je suis épuisée. Je me munis donc de mon anti-cerne et n'hésite pas une seule seconde à m'en tartiner le visage. Pour la fatigue je prendrais une potion énergisante au petit déjeuner et ça devrait aller. Je suis stressée par mon cours de ce soir avec Regulus et en même temps j'ai hâte d'y être ! J'espère que la journée va passer au plus vite car je suis tellement excitée que je me vois mal tenir immobile sur une chaise pendant plus de cinq minutes.

Après mon ravalement de façade, je descends déjeuner avec mes amis. Dans la Grande Salle, Regulus mange avec les autres Serpentards de son année sans vraiment participer à leur conversation et ne semble pas m'avoir remarquée. Moi en revanche je l'ai bien remarqué ! Il sort juste de la douche, ses cheveux sont encore humides. Il doit sentir bon... Stop ! Les fantasmes devront attendre ce soir ! Je détourne à contre-coeur mon regard du cadet des Black et finit de mâchouiller mon morceau de pain.

Notre petit déjeuner terminé, nous filons en Histoire de la Magie où je peux tranquillement finir, enfin, débuter ma nuit de sommeil. Quand la cloche sonne, elle me réveille et je suis mes amis vers la salle de sortilèges. Malheureusement le cours d'aujourd'hui est purement théorique et je dois rester immobile et attentive tout en prenant le maximum de notes pour le prochain devoir. Ce n'est pas une tâche facile avec seulement deux heures de sommeil et un niveau d'impatience très élevé (provoquant une crise d'hyper activité). Je ressemble donc actuellement à un zombie chargé aux piles duracell...

Enfin, l'heure du déjeuner arrive me permettant de faire une pause. Kingsley discute de quidditch avec un membre de l'équipe de Griffondor, Mary est plongée dans ses révisions d'étude des moldues et me pose parfois quelques questions sur le sujet. Pendant ce temps, je ne cesse de jeter de rapides coups d'oeil vers la table des verts et argent. Mes hormones me travaillent, ce garçon me fait décidément beaucoup trop d'effet !

Après le déjeuner, je me sépare de mes amis qui vont en cours d'étude des moldus. Je profite de mon temps de pause pour aller m'allonger dans mon dortoir. La digestion devant aider, je m'endors comme une masse. Après deux heures d'un lourd sommeil sans rêve, je me dirige vers mon cours de DCFM en commun avec les Serpentards. Le prof nous rend nos devoirs sur les sortilèges impardonnable et je récolte un Optimal. Ensuite, il nous explique qu'aujourd'hui nous ferons une séance de duels pour voir comment on maîtrise les sortilèges appris depuis le début de l'année en situation réelle. Kingsley vient se poster à mes côtés avec un grand sourire. J'adore faire des duels avec lui : nous sommes de niveaux égaux et avons à peu près la même réactivité ce qui nous permet de rendre les duels vraiment difficiles et intéressants.

- Pas la peine de vous mettre à côté de vos copains, j'ai déjà effectué les binômes, déclare notre professeur.

Kingsley et moi échangeons un regard déçu alors que le prof commence à donner les différents binômes.

- J'espère qu'il m'a mise avec Rosier, je chuchote à mon ami, je me ferais une joie lui mettre la raclée de sa vie.

- Shacklebolt et Rosier, Smith et Goyle....énumère notre professeuf

Bon bah... c'est pas moi qui mettrais Rosier au tapis mais je fais confiance à Kinglsey pour ça.

- Davis et Black, Jones et Prince...

Je lève vivement la tête en entendant mon binôme. Je suis avec Regulus... je suis censée le laisser gagner pour qu'il m'aime bien ou au contraire gagner pour lui montrer à quelle point je suis douée ? En même temps je m'en voudrais toute ma vie si je lui esquinte son joli visage.

- Sachez que ces duels sont notés et que la victoire vous assure la moyenne. Ensuite je jugerai la difficulté et la réussite des différents sortilèges d'attaque et de défense que vous utiliserez.

Bon, si c'est noté j'élimine directement l'idée de le laisser gagner et je vais montrer leur montrer de quoi je suis capable.

Le professeur décide de faire passer les binômes les uns après les autres afin de bien nous voir. On se retrouve donc en rang comme des enfants de maternelle chacun a côté de son adversaire. Je suis donc adossée contre le mur avec Regulus. Je lui fais un petit sourire auquel il répond par un signe de tête. C'est pas le signe le plus amical du monde mais ça me convient parfaitement.

On regarde les élèves défiler, Mary se fait battre à plates coutures par un élève de notre maison, Kinsgley après une lutte acharnée a réussi à envoyer Rosier sur les roses (rosier, roses... ok ça fait rire que moi). Quand vient enfin mon tours, je me poste devant Regulus et plonge mon regard dans le sien. On se regarde un moment avec défi ne sachant pas qui va attaquer le premier. Tous mes muscles sont tendus, je suis prête à contrer un sort d'un protego à tout moment mais Regulus ne semble pas décider à attaquer.

- C'est quand vous voulez, déclare notre professeur impatient.

Je profite de la légère inattention de mon adversaire écoutant les paroles de mon professeur pour lui envoyer un stupefix en informulé. Régulus s'écrase sur quelques mètres plus loin et se relève bouillant de rage. Oups....

- Expeliarmus ! Crie-t-il.

- Protego !

Regulus a le regard plein de rage. Il ne veux sûrement pas perdre ce duel, que ce soit pour sa moyenne générale ou pour ne pas subir les moqueries de ses camarades... Perdre contre une née-moldue quand on est à fond dans les délires de sang purs et tout le tintouin, c'est vraiment la honte. Seulement nous avons deux problèmes : premièrement je suis aussi déterminée que lui à gagner, deuxièmement, comment je peux faire pour gagner sans trop l'amocher ? Je tente de répondre à cette énigme tout en enchaînant les sorts d'attaque et de protection par réflexes quand soudain une idée de génie me vient :

- Protego, je dis en évitant son dernier sort facilement puis j'enchaine en visant son épaule droite, Sectumsempra !

Mon adversaire en nage, ne voit pas le coup venir et se prend de plein fouet mon sortilège ayant pour but t'entailler la cible comme un coup d'épée. Sous l'effet de la surprise et de la douleur, il hurle et regarde son épaule entaillée.

- Expelliarmus ! Je crie en profitant de son inattention.

Sa baguette file droit dans mes mains annonçant la fin du duel. J'ai réussi !! J'ai gagné ce duel en montrant à mon professeur de quoi j'étais capable et j'ai à peine amoché Regulus à l'épaule : Mme Pomfresh va soigner sa plaie en un rien de temps.

Je me tourne vers mon professeur qui me regarde avec un sourire satisfait :

- Bravo Miss Davis, maintenant, emmenez votre camarade à l'infirmerie s'il vous plait.

Et en plus, je gagne un moment seule à seule avec Black. Je n'en demandais pas tant ! Je remercie mon génie intérieur et sort de la salle de cours suivie par mon prince charmant (ok j'en fais peut être un peu trop...)

A peine a-il fermé la porte de la salle de cours qu'il explose :

- Mais t'es une grande malade !!! T'aurais pu me faire perdre mon bras !

Il me prend vraiment pour une goule ! Il ne comprend donc pas que j'ai fait exprès de viser son épaule et pas son cou. J'aurais pu le décapiter mais j'ai eu la bonté de ne pas le faire... même si j'aurais adoré poser sa tête sur ma table de chevet et le voir chaque matin au réveil. Ok j'arrête c'est dégoutant et c'est même pas drôle.

- Si j'avais voulu te couper en deux je l'aurais fait, j'explique au serpentard. Je voulais détourner ton attention juste assez pour pouvoir te prendre ta baguette et ça a parfaitement marché.

Je le vois qui marmonne dans sa barbe mais ne comprends pas ce qu'il dit, c'est pourquoi j'ajoute pour le rassurer :

- Ne t'en fais pas, Mme Pomfresh va te soigner ça en cinq minutes.

Et au pire, je lui fais un bisous magique et tout ira pour le mieux !

- J'ai reçu une lettre de mon frère ce matin, me dit Regulus.

Mon cœur s'emballe, est ce qu'il m'en veut d'avoir dit à Sirius ce qu'il s'était passé pendant ses dernières vacances ?

- Et.. ? Je demande légèrement sur la défensive.

- Il m'a dit que tu lui avais donné de mes nouvelles et qu'il ne fallait pas que je te juge sur ce qui s'était passé durant votre nuit du nouvel an. Qu’apparemment vous étiez saouls et que tu ne m'as jamais utilisé pour l'avoir... Il a d'ailleurs ajouté que c'était plutôt l'inverse mais je suis pas sûr de comprendre ce que ça veut dire, dit-il en fronçant les sourcils sur la dernière phrase.

Je vais tuer Sirius. Comment je me sort de la bouse d'hypogriffe dans laquelle il m'a mise ?? Merlin venez moi en aide !

- J'avais vraiment besoin de cours de potion, j'explique sans réfléchir.

Mon dieu Jenny, tu passes pour quoi ? Tu te prostitue pour des cours ??

Regulus hoche la tête d'un air compréhensif. Bon, si cette explication lui suffit je vais pas en rajouter. Pour une fois je vais éviter de gaffer...

Nous arrivons à l'infirmerie sans plus de cérémonies, Mme Pomfresh regarde rapidement l'épaule de Regulus et déclare :

- C'est rare de vous voir ici sans rien de cassé, déboîté ou écorché Miss Davis ! Venez donc Monsieur Black, vous pourrez partir d'ici dix minutes.

Je ris jaune à la remarque de l'infirmière et tourne les talons n'ayant plus rien à faire dans l'infirmerie. Avant de passer j'entends le Serpentard m'appeler :

- Davis ! Vingt-heures dans la salle habituelle, n'oublie pas !

- J'y serais, je réponds toute contente.

La cloche annonçant la fin des cours sonne et je rejoins ma salle commune d'un pas léger. Tout semble s'arranger, le plan RB repart sur de bons rails !


Après avoir raconté mon trajet jusqu'à l'infirmerie à mes camarades, nous descendons dîner. Nous mangeons dans la joie et la bonne humeur, moi compris même si je consulte l'horloge toutes les cinq minutes. Un quart d'heure avant mon « rencard » avec Regulus, je quitte la Grande Salle et monte me repasser un coup de peigne au dortoir. J'attaque mes cheveux en un chignon désordonné et le remets une légère couche de mascara. Une fois satisfaite, je quitte la tours Griffondor et file vers la Salle sur Demande.


Après être passée trois fois devant la tapisserie des trolls, la porte s'ouvre et j'entre. Regulus est déjà là, penché sur un énorme grimoire.

- Tu es en retard, dit-il sans même relever la tête.

Je lève les yeux au ciel, il doit être vingt-heures deux à tout casser...

- On commence par quoi ? Je demande en posant mes affaires à côté de lui.

- Potion de ratatinage, me répond-il.

Je sors mon livre de potions pour voir les ingrédients nécessaires : marguerites, figues, chenilles, foie de rat et sangsues. Ca m'a l'air délicieux...

Mon professeur ferme son livre et fait apparaître un gros chaudron sur notre table de travail.

- Bien, c'est la potion qu'on fera au prochain cours et je veux un optimal compris ?

- Oui chef, je réponds en hochant la tête

- Parfait, tu dois commencer par les marguerites, tu dois récupérer seulement les racines, elles sont très fines alors fais bien attention en les coupant.

Il prend une fleur dans mon nécessaire de potion et me montre comment faire. Je répète son geste en faisant très attention et place ma récolte dans le chaudron chauffant à feu doux.

- Maintenant tu dois peler les figues sans les écraser, donc tu prends ton scalpel, tu entailles le fruits au niveau de la tige et tu retires délicatement la peau. Compris ?

- Ca a l'air simple quand c'est toi qui le fait, je marmonne.

- C'est très simple, même un scroutt à pétard pourrait le faire, me dit mon professeur d'un ton moqueur.

Je rêve ou il vient de me dire que j'étais débile ? Je lève vivement la tête vers le serpentard prête à lui jeter mon regard le plus noir mais je vois Regulus me regarder avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Monsieur Black essaie l'humour, on aura tout vu ! Je dis en rigolant.

Il me répond par un petit rire gêné. Merlin ! Regulus rit ! Mettez tous une croix sur votre calendrier pour vous rappeler cette date, qu'on en fasse une fête nationale !

- Bon, elle arrive cette figue ? Me demande mon professeur redevenu sérieux.

Je prends mon scalpel, entaille le fruit, et tente de décoller la peau mais la moitié de la figue vient avec. Super, je suis encore moins douée en potion qu'un scroutt. Je regarde ma figue écrasée d'un air dépité. Heureusement Regulus me vient en aide et sauve la deuxième moitié du fruit.

Il se place derrière moi et se penche. Ses deux bras entourent ma tête et il récupère le scalpel et la figue pour me remontrer comment faire. Mon dieu, qu'un sent bon ! Merlin, que ses mains sont agiles !

- Tu vois, c'est vraiment pas difficile, essaie encore !

Je n'ai absolument pas regardé ce qu'il avait fait trop occupée à contrôler mes hormones mais je réessaie quand même. Au bout de la troisième tentative je réussie à peu près à retirer la peau sans trop de dégâts.

- Très bien, maintenant il faut hacher les chenilles, m'explique-t-il.

Il me montre et je n'ai pas trop de mal à répéter l'opération, je me permet donc de lui faire la causette pendant que je coupe ces petites bêtes.

- Alors, je commence, comment s'est passé la rentrée pour toi ?

Regulus me regarde avec surprise.

- Des réflexions à ton sujet et des mauvaises notes en potions et métamorphose, aussi à cause de toi.

Le point positif c'est qu'à priori j'ai été au centre de ses pensées...

- Des réflexions de quel genre ? Je demande curieuse

- Après que Rosier nous ait surpris, la plupart des serpentards pensaient que j'avais une relation « intime » avec une née moldue donc je me suis pris un certain nombre d'insultes au sujet de mon sang... Et après quand ils ont appris que tu avais... enfin tu vois... avec Sirius... Les rumeurs sont reparties de plus belles, des choses absurdes de tromperies, plan à trois et inceste. En gros, c'était assez folklorique pour moi dans la salle commune.

Je lâche mon hachoir choquée par ce que je viens d'entendre et je m'entaille légèrement le doigt. Du grand Jenny.

- Mais c'est débile, je m'exclame !

- Ca je te le fais pas dire, répond-il.

Un grand silence s'installe. Je continue à hacher mes chenilles en réfléchissant. C'est ma faute si Regulus a subit toutes ces insultes et insinuations à deux mornilles. En même temps, il est quand même revenu vers moi et ne m'a pas encore insultée donc il ne doit pas me détester tant que ça...

- Je suis désolée, je lui dis sincèrement.

Regulus est surpris et me regarde avec des yeux ronds.

- Bah quoi ? Je demande.

- Je reçois rarement d'excuses, m'explique-t-il, et venant d'une personne que je connais à peine, ça m'étonne d'autant plus.

- Et pourtant c'est sincère.

Regulus me souris franchement et je sens mon cœur bondir dans ma poitrine. Déjà qu'il est beau quand au naturel mais quand il me sourit comme ça j'en peux plus ! Stop les hormones, j'ai dit stop !

- Tu sais, si un jour tu veux discuter, ma proposition d'un repas aux cuisines tient toujours, je lui dis timidement.

- Je vais y rélféchir, me répond-il toujours en souriant.


End Notes:
Voilà ! Alors, vous aimez l'évolution ? n'hésitez pas à laisser votre avis :)
Chapitre 18 by Ptitcouik
Author's Notes:
Longue absence mais je pense que vous n'allez pas être déçus du voyage !

Chapitre 18


Nous sommes désormais début février, le parc du château est complètement enneigé et le lac gelé faisant de mon école de sorcellerie un endroit d'autant plus magique. De mon côté, tout va pour le mieux : depuis trois semaines j'ai repris mes cours particuliers de potions et je n'ai pas eu de note en-dessous de Acceptable dans cette matière. Je passe pas mal de temps avec Regulus (pour la potion et la métamorphose, n'allez rien vous imaginer...) et je le sens de plus en plus à l'aise avec moi.


D'ailleurs, je rentre à ce moment même de son cours particulier de métamorphose hebdomadaire. Je me balade donc dans les couloirs déserts, marchant sur la pointe des pieds pour ne pas me faire prendre par Picott, le concierge. Mc Gonagall est au courant de nos cours mutuels et ne me punirait pas mais ce vieux croûton ne voudra rien entendre s'il me voit me promener la nuit dans les couloirs.


Je m'arrête quelques secondes pour admirer le parc par une des fenêtre du cinquième étage. La pleine lune fait ressortir la brillance de la neige, c'est magnifique. J'ai une petite pensée triste pour Remus qui ne pourra jamais profiter d'un tel spectacle...

Je sursaute à l'entente de ce miaulement. Saperlipopette ! C'est le chat de Picott !

Je me mets à courir vers ma salle commune mais les miaulements de cette sale bête ont déjà alertés son maître et celui-ci surgit à l'autre bout du couloir. Le puissant Lumos dégagé par sa baguette m’éblouit et je me cogne à une armure, celle-ci tombe et se défait en milles morceaux.

- Mademoiselle Davis, me dit-il avec mépris. Déjà que vous êtes dans les couloirs après le couvre-feu, serait-il trop vous demander de ne pas réveiller tout le château ?

- Non monsieur, je suis désolée.

Il rétablit l'armure d'un coup de baguette et m'annonce ma punition :

- Je vous attend demain à 19h30 devant mon bureau pour une retenue. Maintenant, retournez dans votre dortoir.

Je hoche la tête frénétiquement et part sans demander mon reste.

Je marche rapidement vers ma salle commune et grimpe me coucher, fatiguée par cette longue journée. Je suis agacée par moi même, je ne pouvais pas admirer le paysage une fois arrivée dans mon dortoir ? Si je n'avais pas été aussi sotte, je n'aurais pas de retenue demain soir... Enfin, ce n'est pas ma première ni ma dernière retenue. Sur ce, au lit !


Le lendemain, Mary me réveille doucement et je file à la douche pour émerger. Quand nous sommes prêtes, nous descendons joyeusement prendre notre petit déjeuner dans la grande salle. Sur le chemin je lui raconte comment je me suis bêtement fait prendre par le concierge hier soir ce qui me vaut une retenue le soir même.

- Pas de bol, me dit mon amie, ce chat est vraiment une enflure !

- Je ne te le fais pas dire... Enfin bon, c'est pas grave, ça m'apprendra à sortir la nuit pour voir des garçons, je réponds ironiquement.

- Te plains pas, le plan RB a beaucoup avancé ! Je dois t'avouer que je ne pensais pas que ça irait aussi loin.

- Aussi loin que des cours de potion et métamorphose ? C'est vrai que c'est chaud bouillant entre nous ! Je dis en riant.

- Non mais sans rire, ça progresse ! Doucement certes, mais sûrement !

Je n'ai pas le temps de répondre car le courrier arrive et des centaines de hiboux déboulent dans la grande salle couvrant le brouhaha des conversations entre élèves. Un des oiseaux se posent devant moi m'apportant la gazette du sorcier. Je lis les grands-titres qui ne sont pas des plus joyeux : arrestations de mangemorts, attaques un peu partout dans le pays, sorciers nés-moldus portés disparus... Les temps sont durs et de lire ça dès le petit déjeuner me donne la nausée.

Je plis le journal, le fourre dans mon sac et lève les yeux vers mon amie qui a aussi reçu du courrier. A en juger par son sourire niais à souhait, je mettrai ma baguette au feu que c'est son Mumus adoré ! En attendant qu'elle ait fini sa lecture, je prends une part de tarte à la citrouille.

- Rémus est vraiment parfait, déclare Mary des étoiles pleins les yeux.

- Qu'est ce qu'il dit ? Je demande curieuse.

- Qu'il viendra a Pré-au-Lard le week-end prochain ! Me dit-elle tout excitée.

- Super ! Est ce que les autres maraudeurs viendront aussi ? Je demande impatiente.

- Euh... Jenny, Remus vient la semaine prochaine, soit le samedi 14 février, m'explique-t-elle gênée.

- Et alors ? Je demande sans comprendre où elle veut en venir.

- Il vient pour qu'on passe la Saint Valentin tous les deux !

Ah oui. Maintenant qu'elle le dit, ça semble logique. Et je comprends beaucoup mieux pourquoi les filles papillonnent des cils et sont surexcitées depuis l'annonce de la date de cette prochaine sortie au village sorcier. J'avais absolument pas fait le lien.

- J'avais zappé, désolée. Tant pis, j'irai chez Zonko et siroter une bièraubeurre avec Kingley !

Mon amie me lance un regard triste et désolé. Je n'en veux absolument pas à Mary mais à ce foutu type qui a inventé cette fête. Merci monsieur Valentin ou qui que tu sois, grâce à toi, tout les ans on me rappelle que je courre après du vent et qu'au final je suis toujours toute seule.

Je lance un regard dépité à la table des serpentards. Regulus y est attablé, légèrement éloigné de ses camarades, ses yeux lancent des éclairs en direction de Rosier. Je me demande ce qu'il s'est passé entre ces deux là...

La sonnerie retentit et nous filons en cours d'histoire de la magie. Je m'assoies aux côtés de Kingsley et nous commençons une partie d'échec pendant que Binns débute son long monologue. Tout en jouant, nous commençons à discuter :

- Comment ça va toi ce matin ? Me demande mon ami. Je demande parce que ton moral risque d'être au plus bas après la raclée que je t'aurais mise aux échecs.

- Haha, très drôle, je réponds légèrement agacée. Si tu veux tout savoir, ce soir je suis en rentenue parce que Picott m'a chopée dans les couloirs hier soir, les gros titres du journal me foutent la frousse et Mary vient de me rappeler que le week-end prochain c'était la St Valentin. Je te fais un dessin ou tu comprends tout seul que je suis au bout de ma vie ?

- Ok, je vais te laisser gagner, décide-t-il en m'adressant un sourire espiègle. Tours en E5.

- Arrête ça tout de suite sinon je te fais manger les pièces de l’échiquier une par une, je le préviens en voyant sa tour avancer sur une case beaucoup trop exposée.

- C'était pour te faire plaisir, me dit-il en tapotant mon bras amicalement.

- Dis moi plutôt que tu vas me tenir compagnie à Pré-au-Lard, c'est ça qui me ferait plaisir ! je le supplie.

- Oh... murmure-t-il embarrassé. Je ne t'avais pas dit, j'ai proposé à Emily qu'on y aille ensemble.

- Et elle a dit oui ? Je demande très heureuse pour mon ami.

- Oui, je la retrouve a 14h devant la grande salle, répond-il aux anges.

- Mais c'est génial ! Tu sais quoi ? Je t'en veux presque pas de m'abandonner ! Par contre, va falloir que tu passes à la vitesse supérieure avec elle... T'as mis au point un plan d'attaque ?

- Tu pourrais arrêter de penser que toutes les tentatives de dragues sont des champs de batailles ? Me dit-il un brin moqueur.

- Non impossible. Lieutenant Shackelbolt j'attends votre rapport.

Mon ami lâche un soupire exaspéré et m'explique :

- Je pensais l'emmener chez Honeyduke, la laisser choisir les confiseries de son choix et ensuite qu'on aille se balader dans le village tout en grignotant. Et j'avais dans l'idée de l'embrasser pour lui dire au revoir si l'après-midi se passe bien.

- Bon programme... le chemin le plus court pour atteindre le cœur d'une femme c'est de passer par son estomac, je déclare d'un air scientifique.



La fin de la journée est passée très vite et il est désormais 18h30. Je sors de ma dernière salle de cours (étude des moldus) et décide d'aller faire un tour dans le parc. J'ai une heure avant ma retenue et je suis restée enfermée toute la journée, je compte donc profiter du peu de temps que j'ai pour prendre l'air. Tant pis pour le dîner, j'irai aux cuisines après ma retenue.

Je me balade près du lac gelé, quelques élèves de Poufsouffle y font du patin à glace. Je passe à côté d'un groupe de première année de ma maison qui font un bonhomme de neige. Derrière les buissons je vois les première année de Serpentard qui complotent en regardant le bonhomme de neige... décidément, peu importe l'âge les querelles entre les deux maisons sont omniprésentes !

Je continue ma ballade vers la forêt interdite, j'ai toujours été curieuse et j'adorerais l'explorer un jour.

- CRACK

Je sursaute à l'entente d'une branche brisée, glisse sur le verglas et m'écrase par terre, la tête dans la neige. Brrr... C'est glacé !

Je regarde autour de moi en me relevant et vois qu'il s'agit d'Hagrid, le garde-chasse.

- Excuse moi je ne voulais pas te faire peur ! S'exclame-t-il. Rien de cassé ?

- Ça va, ne vous inquiétez pas, je réponds avec un sourire.

J'ai toujours été à la fois très effrayée et impressionnée par le garde-chasse : c'est un demi-géant qui n'a pas peur de se balader dans la forêt interdite au milieu des créatures sauvages, mais malgré sa barbe hirsute, son visage est doux et son sourire amical. James et Sirius m'ont raconté qu'ils allaient souvent lui rendre visite pendant leurs années à Poudlard mais je n'ai jamais osé aller frapper à la porte de sa cabane.

- Tu ne serais pas une amie de Sirius ? Me demande-t-il semblant me reconnaître.

- Si, je réponds timide.

- N'hésite pas à venir boire le thé avec moi si tu veux, les amis de mes amis sont mes amis !

Je réponds par un hochement de tête à sa phrase des plus philosophique et le quitte après un dernier sourire.


Il est désormais l'heure de ma retenue. Je retourne donc au château et me dirige vers le bureau du concierge. Quand j'arrive, Picott m'annonce :

- Je vais vous demander de patienter quelques instants, un autre élève sera avec vous pendant cette retenue mais il n'est pas encore arrivé.

Je hoche la tête, au moins je ne serai pas toute seule !

Je patiente depuis quelques minutes quand mon coéquipier de ce soir se pointe. Et devinez de qui il s'agit ? Regulus Black ! Deux heures de plus avec mon âme sœur, Merlin est avec moi !

- Vous allez astiquer les armures du couloir de l'aile droite du troisième étage, nous explique Picott. Je vais vous demander de poser vos baguettes sur mon bureau et de prendre des chiffons sur l'étagère. Je viendrai vous rendre vos baguette quand votre retenue sera terminée.

Je soupire, pose ma baguette, prend quelques chiffons puis sort de son bureau. Je marche à côté du Serpentard vers le lieu de notre punition quand il me demande :

- Qu'est ce qui tu as fait pour avoir une heure de retenue ?

Il entame la conservation et s'intéresse à moi ! YOUPI ! Décidément ce garçon est totalement imprévisible... Un coup il joue les prof sévères, un autre il me fait le serpentard prétentieux et là il me fait le camarade de classe.

- Je me suis faite surprendre par Picott hier soir après le couvre feu dans les couloirs en rentrant de ton cours de métamorphose, j'explique. Et toi ?

- Je me suis battu avec Rosier, répond-il le regard sombre.

- Quoi qu'il ait fait, il le méritait très certainement, je lui dis.

Je déteste ce type et j'espère que mon Regulus lui a mis une belle déculottée !

Nous sommes arrivés à destination : c'est un couloir très peu fréquenté, donc les armures sont pleines de poussière... génial !

Je meure d'envie de questionner Regulus sur son altercation avec Rosier... En même temps s'il voulait m'en parler, il l'aurait peut-être fait de lui même non ? Ou alors il pense que ça ne m'intéresse pas ? Ou alors il est absolument passionné par son chiffon ? Oh et puis zut :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Rosier ? Je finis par demander.

Le Serpentard lève la tête vers moi l'ai surpris et répond :

- Cet abruti passe son temps à me pourrir la vie depuis qu'il nous a surpris ensemble en décembre. Pendant les vacances il venait souvent chez moi pour me regarder me tordre de douleur sous les Doloris de ma chère maman, à la rentrée, c'est lui qui a appris a tous les Serpentards pour toi et mon frère et qui a lancé toutes ces rumeurs d'inceste, plan à 3, relations douteuses etc... Et hier ça a été la fois de trop, je suis rentré dans la salle commune et il s'est moqué de moi devant toute la salle commune parce que je prends des cours avec une « sang de bourbe ». Bref, pour la première fois depuis qu'il des mois j'ai osé lui répondre. Je lui ai donc dit qu'il pouvait faire le malin tant qu'il voulait mais que je t'avais vu le remettre à sa place il y a quelques semaines et que depuis il avait peur de toi. Ca lui a pas plu, il m'a lancé un sort, j'ai riposté, ça s'est transformé en duel mais Slug' est arrivé et nous a collé des retenues.

Ouah ! C'est qu'il commence à se rebeller mon petit Serpentard ! On en est pas encore au stade où il envoie bouler toute sa famille mais c'est pas mal !

- Tu regrettes de t'être emporté ? Je lui demande curieuse.

- Non, la seule chose que je regrette c'est de ne pas avoir pu lui régler son compte avant l'arrivée de Slughorn, me répond-il.

Choquée, je relève la tête un peu trop vivement et me cogne au bras de l'armure que je nettoie. La main de cette dernière tombe en faisant un boucan pas possible. Je me la ramasse et me tourne vers Regulus prête à lui faire une leçon de morale mais je suis stoppée dans mon élan par un éclat de rire.

Regulus Black est en train de rire. Pas un petit rire jaune comme quand il se fout de moi, non, un vrai rire sincère ! Son sourire creuse de petites fossettes sur ses joues et ses yeux m'envoient un regard argenté et malicieux. Merlin ! J'ai chaud ! Très très chaud !

- Je plaisantais ! S'exclame l'élu de mon cœur, comment tu fais pour être aussi maladroite ?

- Je me le demande tous les jours, je lui réponds lassée de ma propre conduite.

- Et pour répondre plus sérieusement à ta question, non je ne regrette pas, cette enflure n'a eu que ce qu'il méritait. J'en ai assez de devoir justifier tout ce que je fais... Qu'est-ce que j'aimerais qu'on me foute la paix : qu'on me laisse voir qui je veux, peu importe sa maison et ses origines, qu'on ne m'oblige pas à rentrer dans les rangs d'un grand malade qui se croit surpuissant, que je puisse faire ce que je veux sans avoir peur de me prendre un sortilège impardonnable juste après... J'en ai assez d'obéir et j'en ai assez d'avoir peur !


Je restais interdite suite à cette grande tirade. Regulus venait de se confier à moi comme il ne l'avais jamais fait et j'en étais très émue. J'avais follement envie de courir dans ses bras lui faire un gros calinou d'amour mais je doute que ça lui aurait plu...

- Désolé, fallait que ça sorte... m'avoue-t-il tout penaud.

- Aucun problème, au contraire, je te trouve de plus en plus...sympathique !

Oh mon dieu ! J'avais failli dire « séduisant » ! Heureusement que j'ai rattrapé ma boulette à la dernière seconde... j'aurais eu l'air maline moi après ! Jenny il faut impérativement que tu calmes tes hormones !

Regulus me répond par un sourire éclatant (mon dieu j'y ferai jamais !) et nous nous remettons au travail. Peu de temps après, le concierge vient nous libérer et nous rendre nos baguettes. Après ça, je prends mon courage à deux mains propose à mon collègue vert et argent :

- J'ai manqué le dîner à cause de cette retenue, je vais aux cuisines manger quelque chose, tu m'accompagnes ?

Il me regarde surpris mais répond :

- Avec plaisir, moi aussi j'ai faim !

J'hallucine : il se confie, me fait des sourires à tomber par terre et mange avec moi... Qu'est-il arrivé à Regulus Black ??!



Nous prenons ensemble le chemin des cuisines, je chatouille la poire du tableau et nous entrons. Les elfes accourent aussitôt pour nous servir : Regulus demande une tarte à la citrouille et moi du gâteau au chocolat.

- Je ne savais pas que tu connaissais le passage secret menant aux cuisines, me dit-il.

- En même temps tu ne connais pas grand chose de moi, je réponds malicieuse. Mais disons que ça a du bon d'être amie avec les Maraudeurs...

- Quand j'étais en première année, Sirius et ses amis faisaient déjà les quatre-cent coups et il m'avais montré quelques passages secrets dont celui-ci, me raconte Regulus nostalgique. D'ailleurs, est-ce qu'il vient à la prochaine sortie à Pré-au-Lard ?

- Non, ce sera le jour de la Saint Valentin donc a priori, Remus a prévu de venir seul passer l'après-midi avec Mary, je lui explique déçue.

- La Saint Valentin... j'avais oublié.

- M'en parle pas, je dis en soupirant

- Qu'est ce qu'il se passe ?

Ça fait quelques minutes que j'ai une discussion des plus amicales avec mon Serpentard préféré et voilà qu'il me pose des questions sur ma vie... Je suis gonflée à bloc, le plan RB est en route les amis, je l'aurais un jour, je l'aurais !

- Mary va y aller avec Remus, Kingsley a invité la fille dont il est amoureux, résultat je vais me retrouver toute seule au milieu des couples enlacés !

- Ca va être pareil pour tous les célibataires, m'explique-t-il avec un sourire compatissant. Mais si tu n'as pas envie d'y aller toute seule, je pourrais peut être te rejoindre pour boire une Bièreaubeurre dans l'après-midi ?

STOP ! Est ce qu'il vient de dire ce que je pense qu'il vient de dire ??? Il vient de me proposer qu'on sorte tous les deux ? Qu'on aille boire un verre ensemble ? Pas la barbe de Dumbledore, il faut à tout prix que je me calme et que je trouve quelque chose de censé à répondre....

- Tu irais boire un verre avec une « née moldue » ? je demande stupéfaite.

- Euh...Oui, répond-il gêné.

- Même s'il y a plein de monde autour ? j'insiste.

- Oui, et le premier qui me fait une réflexion se prendra mon poing dans la figure.

- Je sais vraiment pas ce qu'il t'arrive mais bon, je vais accepter avant que tu ne changes d'avis !

Tous mes rêves deviennent réalité : je vais boire un verre avec Regulus Black, le garçon que j'aime en secret depuis sept ans, le jour de la Saint Valentin. Et cerise sur le gâteau : c'est lui qui m'a proposé ! J'ai hâte de voir la tête de mes amis quand je vais leur raconter ça demain...




End Notes:
Alors ? On en pense quoi du changement soudain de Regulus ?
Chapitre 19 by Ptitcouik
Author's Notes:
Milles excuses après cette longue absence. Je vais essayer de m'y remettre sérieusement. Les bourdes de Jenny et le caractère imprévisible de Regulus m'ont surement autant manqué qu'à vous. J'espère ne pas vous décevoir.

Chapitre 19


Le lendemain matin, mon sourire niais refuse catégoriquement de partir. Mary, à qui je n'ai pour l'instant rien raconté me regarde avec un air mi-inquiet, mi-amusé. J'attends que Kingsley soit avec nous pour raconter les derniers événements relatifs au plan RB : ça m'évitera de raconter l'histoire deux fois.

Je descends donc vers la Grande Salle en sautillant, excitée comme jamais. Je m'empresse de m'installer avec mes amis et leur annonce d'une voix solennelle :

- Chers soldats, je pense que le plan RB est sur le point d'aboutir.

- Tu peux développer ? Me demande Kingsley pas très bien reveillé (mais qui le sera dans quelques secondes)

- Regulus m'a invitée à boire une bièraubeurre à la prochaine sortie Préaulard !!!!!!!!!!!

Ma voix est partie dans l'aigu sans que je puisse rien contrôler et je frétille sur ma chaise comme une enfant de douze an à qui on offre sa première baguette.

Mes deux amis me regardent avec de grands yeux, la bouche grande ouverte.

- Tu es sûre que tu n'as pas encore confondu les deux frères Black ? Me demande Kingsley suspicieux.

Je lui tire la langue et leur raconte les derniers événements.

- J'en reviens pas ! S'exclame Mary

- Moi non plus, dit Kingsley

- Moi non plus, j'ajoute rêveuse.

Mes amis explosent de rire et nous discutons de choses et d'autres pendant la fin de notre petit déjeuner.

Quand Regulus entre dans la Grande Salle je le suis des yeux. Une fois assis, il relève les yeux et croise mon regard, me sourit et me fais un signe de tête en guise de bonjour : le tout de manière très discrète mais sincère. Je lui répond par un sourire aussi éclatant que dégoulinant de niaiserie. Je suis tellement absorbée par lui, son regard, ses cheveux encore mouillés, que je ne remarque pas tout de suite que je suis en train de verser mon café à coté ma tasse... La café coule donc sur la table puis continue sa cascade sur mon chemisier blanc et ma jupe.

Super.

En plus je n'ai plus que dix minutes pour rejoindre la serre du cours de botanique donc pas le temps de me changer... J'ignore les regards lassés de mes amis qui sont maintenant habitués à mes bourdes quotidiennes. Mary sort sa baguettes et en un instant mes vêtements sont détachés.

- Merci maman, je lui dis malicieusement.

Mon amie lève les yeux au ciel et nous nous levons pour rejoindre la serre.

Mon humeur reste au beau fixe pendant les deux prochains jours et arrive le jour de mon cours particulier de potion. J'espère que mon lunatique serpentard sera d'aussi bonne humeur que moi et que je pourrais en apprendre autant sur la science des potions que sur lui. Je me maquille un peu plus que d'habitude et tente d'attacher mes cheveux en un joli chignon mais la catastrophe ambulante qui sommeille en moi devait en avoir décidé autrement puisque je me retrouve juste avec un sac de nœuds dans les cheveux.

- Super, on dirait qu'un hibou a fait son nid sur le sommet de mon crâne, je soupire en balançant ma brosse sur mon lit

- Laisse moi faire, me dit calmement Mary en récupérant la brosse.

Je hoche la tête et la laisse démêler délicatement mes cheveux puis les attacher doucement en un joli chignon lâche. Quand elle a fini, je lui fais un gros bisou sur la joue pour la remercier, que ferai-je sans elle ? Je prends mon sac de cours et file rejoindre Regulus avant de me faire stupefixier pour deux minutes de retard.


Une fois arrivée devant le tableau de la Salle sur Demande, je passe trois fois devant le tableau et entre dans la pièce. Je suis légèrement essoufflée d'avoir marché si vite et remarque que mon professeur n'est pas encore présent. Je m'installe donc tranquillement et sors mes livres, mon nécessaire de potion et mes parchemins.

J'entends la porte s'ouvrir derrière moi, j'ouvre mon livre au chapitre étudié en ce moment en cours.

- Qu'est ce qu'on fait ce soir monsieur le professeur ? Je demande d'une voix enjouée les yeux toujours rivés sur mon livre.

- Prends la page 137, c'est la potion qu'on devra faire demain en cours et qui sera probablement notée donc il vaut mieux que tu t'entraînes avant, me dit il d'une voix monotone.

Etonnée par le ton de sa voix, je relève vivement la tête vers lui pour le questionner.

- Qu'est ce qu'il...

Je ne finis pas ma phrase, trop abasourdie par ce que je vois. Mon serpentard a une énorme balafre sur la joue droite, un coquard sur l'oeil gauche et la lèvre inférieure entaillée.

- Qui t'a fait ça ?! Je demande stupéfaite.

- A ton avis ? Me répond-il blasé

Je n'ai pas besoin de réfléchir bien longtemps, c'est forcément Rosier.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Regulus soupire, s'affale sur une chaise et commence son récit :

- Je suis rentré dans ma salle commune après mes cours, je ne souhaitais pas particulièrement passer du temps avec mes camarades de classe donc je suis directement monté m'allonger dans mon dortoir. Je commençais à m'endormir quand quelqu'un est rentré dans la pièce. Je n'ai même pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait que Rosier m'a balancé par terre et envoyé son genou à la figure. Je n'ai pas pu reprendre mes esprits qu'il m'avait déjà envoyé son poing dans le ventre et un Endoloris bien salé. Il m'a dit que ça m'apprendrait à le défier et à copiner avec des sang-de-bourbes et il a quitté le dortoir en me laissant dans cet état. J'ai jeté quelques sorts pour arrêter le sang de couler et refermer les plaies mais je ne peux pas faire mieux...

Je n'en reviens pas, je suis tellement en colère que je voudrai que Rosier se fasse avaler par le Calamar Géant. Je respire un grand coup et demande à Regulus :

- Je suppose que tu ne veux pas aller à l'infirmerie ?

- Non, si j'y vais je devrai expliquer ce qu'il s'est passé et si Rosier se fait punir à cause de moi, je vais encore manger chaud...

Je grimace à l'idée que mon serpentard se fasse frapper une nouvelle fois.

- Tu devrais peut être dormir dans la Salle sur Demande cette nuit plutôt que de retourner dans ton dortoir, je propose.

- Non, ça va aller. Je ne vais pas le chercher mais je ne vais pas le fuir non plus : ça lui ferait trop plaisir. Je voudrais juste terminer ma dernière année en vie.

Je hoche la tête et mais ne réponds pas. Je suis trop abasourdie et choquée pour dire quoi que ce soit. Ce Rosier est beaucoup plus dangereux que je ne le pensais et de savoir que Regulus va continuer à dormir, manger et étudier aux côtés d'une ordure pareille me donne la nausée...


Regulus ne semble rien avoir à ajouter sur le sujet, il fait donc apparaître un chaudron et nous nous mettons au travail en silence. N'ayant pas vraiment la tête aux potions je fais exploser la potion en moins de dix minutes.

- Les bonnes vieilles habitudes reprennent, me dit malicieusement Regulus en netoyant sa cape recouverte du liquide bleu et pâteux qui se trouvait initialement dans le chaudron.

- Je suis vraiment désolée, je réponds rouge comme une tomate.

- Pas de soucis, on va recommencer, me dit-il calmement

Je suis soulagée qu'il ne s'énerve pas contre moi, comme il l'aurait fait quelques semaines plus tôt, et ça me fait penser que notre relation a quand même bien évoluée depuis le début de l'année. Soudain, une pensée me frappe : si Rosier l'a tabassé quelques heures auparavant, Regulus ne voudra sûrement plus se montrer à Préaulard en ma compagnie ce week end... Je me doute de la réponse mais je suis incapable de lui poser la question, je ne pourrais pas cacher ma déception. Rien qu'à l'idée que ce rendez-vous tant attendu puisse être annulé, les larmes me montent aux yeux.

Calme Jenny, inspire, expire, inspire.. Mais pourquoi je suis autant attachée à ce foutu serpentard ?! Il ne m'a rien proposé de plus que des cours de potions et une bièraubeurre et je me mets dans des états pas possible pour lui.

Etant complètement plongée dans mes pensées je ne fais encore une fois pas attention à la potion et elle m'explose une nouvelle fois en pleine figure. Je suis donc couverte d'une pâte malodorante et gluante... pour le glam on repassera. Je soupire d'exaspération et j'entends mon professeur exploser d'un rire tonitruant. Super. En plus il se moque de moi.

D'un coup de baguette, Regulus me débarrasse de la potion donc je suis recouverte et il me dit gentiment :

- Je pense qu'on arrivera à rien ce soir donc on va s'arrêter là.

J'acquiesce mais ne dis rien, trop dépitée.

- Il y a un problème ? me demande Regulus légèrement inquiet.

- Est ce qu'on va quand même à Préaulard ensemble samedi ? Je demande brutalement.

Mais pourquoi j'ai dit ça ? Tu peux pas réfléchir avant de parler Jenny ? Pas plus de Q.I qu'un troll des cavernes !!

Regulus me regarde surpris, ses yeux gris semblent me transpercer et lire toutes mes inquiétudes. Je rougis et baisse la tête, rompant le contact visuel et mon serpentard me répond très embarrassé :

- Ecoute, c'est vraiment pas contre toi...

Ca y est, il va me dire que je lui plais pas et qu'il n'a jamais voulu que je me fasse des films, que c'était une relation purement prof-élève mais rien de plus... Merlin, pourquoi j'ai posé cette foutue question ?!

- C'est juste que vu ce qu'il s'est passé aujourd'hui je préfère pas me montrer devant toute la clique d'apprentis mangemorts à Préaulard. Je pense qu'il vaut mieux que je fasse profil bas quelques temps...

Et voilà j'en étais sûre. Ca fait des années que je rêvais d'un rencard avec Regulus et quand c'était finalement sur le point d'arriver : tout tombe à l'eau. J'ai envie de pleurer et mais je ravale mes larmes. Manquerait plus que je me mette à pleurer et morver de manière lamentable devant lui, ce serrait la goutte d'eau qui fait déborder le chaudron.

- Par contre, poursuit-il, j'aimerai vraiment qu'on se voit un peu en dehors de nos séances de travail. Ca me fait vraiment plaisir de parler avec quelqu'un qui n'est ni obsédé par la pureté du sang ni par la magie noire. Donc on pourrait, si tu es d'accord, se voir samedi après midi mais aux cuisines. Personne ne le saurait et je n'aurai rien à craindre... Enfin si tu préfères aller à Préaulard je comprends, les sorties n'ont pas lieu souvent donc c'est un peu bête de rester enfermés dans le château.

Je relève vivement la tête et un grand sourire apparaît sur mes lèvres. Il a dit qu'il aimait bien discuter avec moi ! J'ai l'impression de rêver ! Et du coup je pourrai quand même passer du temps avec lui ce week end, tout est bien qui finit bien. Quelle andouille je suis à me mettre dans des états pareil. Avec lui mon moral fait les montagnes russes.

- Je n'ai pas franchement envie d'aller à la sortie toute seule, je réponds. Et puis les cuisines sont beaucoup plus attrayantes que le village d'à côté un 14 février avec tous ces couples d'adolescents qui se font des bisous et des déclarations à tous bouts de champs.

Un grand sourire éclaire le visage de Regulus et mon cœur se met à tambouriner dangereusement dans ma poitrine.

- Alors, disons seize heure aux cuisines ?

- Parfait, je réponds aux anges.

-C'est réglé. On va s'arrêter là pour ce soir, je voudrais juste que tu relises la fiche de préparation d'ici demain, c'est une potion assez difficile mais je suis sûr qu'on peut avoir la moyenne si tu fais attention.

- Je ferai de mon mieux, je dis en essayant d'avoir l'air confiante.

- T'as intêret, me répond-il taquin. Bonne nuit Jenny.

- Bonne nuit.

Ok. Faisons le point : il m'a proposé un rendez-vous secret, m'a sourit, m'a taquiné, m'a souhaité bonne nuit et m'a appelé par mon prénom. Le tout en même pas dix minutes. Je ne vais jamais réussir à retirer ce sourire niais de mon visage. Je range précipitamment mes affaires et quitte à mon tour la Salle sur Demande, trop pressée d'aller tout raconter à mes amis.



Le reste de la semaine se passe merveilleusement bien, Regulus et moi avons eu un « Acceptable » en cours de potion (oui, j'avoue je n'ai presque pas toucher à la préparation mais bon au moins elle n'a pas explosé), Mary et Kingsley on attendu le week end avec autant d'impatience que moi et ce jour est finalement arrivé !!

Mary et moi passons la matinée à nous pomponner et à choisir nos tenues. Mary choisit une robe à motifs fleuris dans les tons rose pâle et j'opte pour un jean simple et une blouse légèrement décolletée. Ensuite tout y passe : les cheveux, le maquillage, les ongles... Une fois cette préparation intense finie nous sommes toutes les deux contentes du résultat. Mary est absolument magnifique, un peu plus soignée qu'à son habitude tandis que moi je suis restée très naturelle. Je ne veux pas que mon serpentard favori remarque que je fais des efforts pour lui.

Je suis à la fois stressée et excitée par ce « rendez-vous » . J'ai tellement envie de lui plaire et de bien faire que j'ai peur de mal me comporter et de l'agacer. Je n'ai jamais été aussi près du but mais je ne pense pas pouvoir tenter quoi que ce soit car cela pourrait tout gâcher. Et d'un autre côté j'ai l'impression que si je ne fais pas le premier pas, rien n'avancera entre nous puisqu'il est timide, réservé et effrayé par sa famille et ses camarade de classe.

Il est quatorze heure, il est temps pour Mary de rejoindre Remus, je l'accompagne jusqu'à la sortie de la salle commune et lui dit :

- Passe lui le bonjour de ma part et passe un bel après-midi.

- Merci, on se voit ce soir et tu me racontes tout ! Me répond-elle.

- Moi aussi je veux tout savoir ! Dit Kingsley qui vient de descendre de son dortoir.

Mon ami s'est mis sur son trente et un, jolie chemise, chaussures neuves et parfum envoûtant, si avec ça il n'arrive pas à séduire l'élue de son cœur je ne m'appelle plus Jenny !


Je les laisse tous les deux partir pour le village voisin et me concentre sur mes devoirs. Enfin, je TENTE de me concentrer sur mes devoirs. La botanique me paraît totalement inintéressante, et le parchemin de cinquante-cinq centimètre que nous avons à rendre pour lundi me semble interminable.

Quand la pendule de la salle commune annonce quinze heure quarante-cinq, je rassemble mes affaires de cours, monte jusqu'au dortoir poser mon sac et pars en direction des cuisines.

Mon cœur bat la chamade et je suis plus stressée que lors de mon épreuve de potion des BUSES. Je chatouille la poire et entre dans les cuisines. Il n'est pas encore seize heure mais Regulus est déjà arrivé. Quelle ponctualité !

- Salut, je dit joyeusement.

- Salut, me répond-il d'un air enjoué. Comment vas-tu ?

- Tout va bien, et toi, pas trop de problèmes avec Rosier ?

- Non, nous nous sommes royalement ignorés depuis notre dernière entrevue.

Je m’apprête à répondre mais nous sommes interrompus par un elfe de maison qui vient nous demander ce que nous souhaitons manger. Je demande un thé et des muffin au chocolat blanc tandis que Regulus demande un café et une pomme. Nous continuons à discuter de tout et de rien pendant quelques minutes quand Regulus me demande gêné :

- J'ai trouvé un livre très intéressant sur l'étude des moldus à la bibliothèque et j’aurais aimé que tu m'expliques certaines choses...

Mon serpentard au sang pur s’intéresse à la culture moldue ? Mais que lui arrive-t-il ?! Il me demande quel objet du quotidien peuvent replacer un sort de notre connaissance, me pose des questions sur les programmes des hommes politique, sur les différentes coutumes et expressions moldues. Je lui fait part de toute mon expérience, des différences que j'ai pu noter entre ces deux mondes si proches et si éloignés à la fois.

Cela me fait plaisir de voir qu'il s'intéresse au monde duquel je viens, je lui parle de ma famille, il compare avec la sienne, on parle de nos enfance et de notre futur. Le temps passe très vite et je voudrais que ce moment dure toujours.

Quand Regulus regarde sa montre, il est déjà vingt-et-une heure et nous avons manqué le dîner.

- Je n'ai pas vu le temps passer, m'annonce-t-il, on a manqué l'heure du dîner.

- Je n'avais pas vu non plus qu'il était si tard, je répond, je ne vais pas trop tarder à retourner dans ma salle commune, je ne voudrais pas que le concierge me colle une retenue de plus...

- J'ai été vraiment content de discuter avec toi cet après midi. Est-ce que ça te dirait qu'on se retrouve à la même heure demain ? Me demande-t-il.

- Oui, j'aimerai beaucoup, je réponds en rougissant.

Il me sourit et mon cœur manque un battement. C'est alors que mon courage légendaire de Griffondor prend le dessus, je me mets donc sur la pointe des pieds et embrasse Regulus sur la joue. Un bisou tendre et sincère qui n'engage à rien. Il ne semble pas gêné et me répond simplement

- Passe une bonne nuit, à demain Jenny.

End Notes:
Alors ? des idées pour la suite ? Comment avez vous trouvé ce chapitre ?
Chapitre 20 by Ptitcouik
Author's Notes:
Encore une longue absence mais je pense que ce chapitre valait le coup de patienter...

Chapitre 20


Je rentre des cuisines en sautillant telle une licorne gambadant dans la forêt interdite, je me sens pousser des ailes. Ce rendez-vous était parfaitement parfait.

J'ai à peine passé le tableau de la grosse dame que deux mammouths me sautent dessus en hurlant :

- ALOOOOOOOORS ?????

N'étant pas préparée du tout à cet enthousiasme, je perds l'équilibre et mon front va taper contre le mur d'à côté. Super. Je vais encore avoir une bosse. Ou un bleu. On une cicatrice. Je hais mes amis.

- Pardon Jenny ! Tu ne t'es pas fait mal ? S'inquiète Mary

- Ca va, je répond en me frottant le front.

- Bon tu vas nous raconter oui ? S'impatiente Kingsley qui lui est trop lassé par mes chutes en tous genres pour se préoccuper de ma santé.

- Minute papillon ! On s'installe près du feu et on fait un compte rendu de nos après-midi respectifs tranquillement, soyez pas si pressés !

Je vais donc m'asseoir dans un fauteuil près de la cheminée et leur fais signe de se joindre à moi.

- Arrête de te faire désirer et raconte nous tout ou je te fais boire du veritaserum, me menace Mary.

- Mais c'est qu'elle mord la lionne ! Je m'exclame en riant. Bon, c'est parti accrochez vous : on est allés prendre le gouter aux cuisines, j'ai pris un thé et un muffin au chocolat blanc et lui une pomme et un café...

- J'en ai rien à faire de ce qu'il mange ! Me coupe Kingsley qui commence à perdre patience (et j'y prends un malin plaisir). Viens en aux faits et dis nous ce qu'il s'est passé : C'était bien ? Vous avez parlé de quoi ? T'as conclu ?

- Alors, oui c'était très sympas, on a parlé de beaucoup de choses, il m'a posé beaucoup de questions sur les moldus donc on s'est un peu raconté nos enfances et éducations respectives, on a aussi discuté des cours, des profs, des élèves, de ce qu'on voudrait faire l'an prochain. On a pas vu l'heure passer ! Et quand on s'est séparés : je lui ai fait un bisou sur la joue, il ne m'a même pas repoussée et m'a même souhaiter une bonne nuit. Et le meilleur de l'histoire : il m'a proposé qu'on remette ça demain !!

- La séance de bécottage ? Me demande Mary bouche-bée.

- Mais non ! Le goûter ! Je réponds amusée.

- C'est une avancée considérable pour le plan RB ! S'exclame Kingsley. Maintenant faut sortir l'artillerie lourde et tu vas voir, il va craquer ce petit serpentard.

- Je dois avouer que j'ai jamais autant espérer. J'ai hâte d'être à demain !! Et vous comment ça s'est passé ? Je demande intriguée.

- J'ai rejoins Emily directement à Préaulard, on s'est promenés dans les alentours pour être un peu au calme et pouvoir discuter tranquillement. Ensuite on est allés acheter quelques sucreries et on a terminé par une bière au beurre. C'était vraiment super mais je n'ai pas osé tenter quoi que ce soit donc aucune avancée de mon côté. On a passé un bon après-midi puis elle est allée rejoindre ses amis.

- Mais le choixpeau avait fumé le jour de la répartition ou quoi ? Qu'est ce que tu fiches chez les Griffondors courageux si t'es même pas capable de faire comprendre à une fille qu'elle te plait ?! Je m'exclame

- Je suis suffisamment dépité comme ça, pas la peine d'en remettre une couche... me répond tristement Kingsley

Mary me lance un regard noir signifiant « c'est pas le moment pour faire de l'humour » et demande de sa voix la plus douce :

- Tu n'as pas osé parce tu avais peur de te faire rejeter ou parce qu'elle avait une attitude qui te laissait entendre qu'elle ne voulait que de l'amitié ?

- A vrai dire je ne sais pas trop. On est très proches, on parle vraiment de tout, on se confie sur beaucoup de choses mais du coup d'un certain côté je me dit que c'est ce que j'aime chez elle, et d'un autre que ça pourrait tout gâcher si elle n'a pas les mêmes sentiments... Elle ne m'a jamais parlé d'un quelconque intérêt pour un garçon mais elle ne m'a jamais laissé entendre non plus que je pouvais lui plaire.

- Peut etre qu'elle est lesbienne... je réponds du tac au tac. Ou peut-être qu'elle est juste intimidée ! Je rajoute rapidement suite au regard noir de Mary.

- Mouais... je ne sais plus trop quoi faire mais bon, on verra plus tard. Et toi Mary, c'était comment avec Remus ?

- C'était super de se retrouver tous les deux. Il m'a offert des fleurs : des roses oranges, mes préférées ! On est allés boire un chocolat chaud et on a discuté de tout et de rien, justes heureux de se retrouver.

- Qu'il est romantique ce mumus ! Je dis légèrement envieuse.

- Oui ! Me répond mon amie des étoiles dans les yeux. Et du coup on a parlé de l'année prochaine. Je ne sais pas exactement vers quoi je voudrais m'orienter mais je vais rester dans les alentours de Londres pour être près de lui et il m'a proposé d’emménager avec lui ! Il m'a dit qu'il avait eu un contact pour un appartement donnant sur le chemin de traverse, à un prix raisonnable et qui se libérait mi-août.

- Mais c'est super ! Je m'exclame. Tu as dit oui j'espère ! Il y aura de la place pour tata Jenny les week end ?

- Il y aura toujours de la place pour toi voyons ! On t'appellera pas pour le déménagement, ça ferait trop de dégats mais on compte même sur toi pour baptiser les escaliers d'une chute mémorable.

Mes amis et moi-même éclatons de rire et le reste de la soirée se passe dans la joie et la bonne humeur. Je sens que Kingsley est quand même un peu déçu de ne pas avoir « conclu » avec Emily même s'il n'en laisse rien paraître. Au moment de monter nous coucher, je lui propose :

- Un petit duel demain matin ? Pour se mettre en jambe et évacuer le stress ?

- Volontiers, me répond-il.

- Ce sera sans arbitre, demain c'est grasse matinée pour moi, ajoute Mary en baillant.

- Pas besoin d'arbitre, on sait tous que je vais gagner, dit mon ami d'un air prétentieux. Dix heure dans la salle habituelle ?

- Parfait, je lui répond. Repose toi bien et prend des forces pour demain, je ne me laisserai pas faire.



Le lendemain, je suis réveillée par la douce lumière qui envahit mon dortoir. Je cligne des yeux et regarde ma montre : il n'est que huit-heure et demi, ça me laisse le temps de me préparer tranquillement avant mon duel avec Kingsley. Je vais à la salle de bain et prend une douce bien chaude qui termine de me réveiller. Je me campe devant mon armoire pour choisir mes vêtements et opte pour une tenue moldue plutot sobre et confortable. En voulant enfiler mon jean je perds l'équilibre et m'écrase sur le sol. Super, un bleu de plus.. J'espère que je n'ai pas dérangé mes camarades qui dorment encore.

Après cette première chute matinale, je sors de la salle commune et pars retrouver mon ami pour notre séance de duel. Quand j'arrive il n'est pas encore là, je commence donc à pousser les tables pour qu'on ait de la place.

- Laisse moi t'aider, tu vas te blesser, me dit mon ami en entrant dans la salle.

Une fois l'espace dégagé, nous commençons le duel. Nous enchaînons les sorts d'attaque et de défense sans se laisser de répit. On essaie de surprendre l'autre par des informulés ou des sorts originaux mais Kingsley et moi avons de bons réflexes et connaissons nos habitudes respectives à force de travailler ensemble. Au bout de quarante minutes de lutte acharnée, je finis par le désarmer ce qui annonce la fin du duel.

- Bien joué Jenn', me dit mon ami essoufflé.

- Bravo à toi aussi, tu as été aussi teigneux qu'un lutin de cornouaille.

- Ne me compare pas à ses sales bestioles ! S'exclame-t-il en riant.

Nous reprenons notre souffle et nous installons à une table pour discuter.

- Comme tu as perdu, tu dois avoir un gage. C'est la règle, j'explique.

- C'est une règle que tu viens d'inventer. On a jamais fait comme ça ! Proteste mon ami.

- Et alors ?

- Alors, j'aurais jamais du te laisser gagner !

- Assume ta défaite, tu es juste mauvais ! Je dis moqueuse.

- Dis toujours, je déciderai si je le fais ou pas.

- Tu vas aller déclarer ta flamme à ta Emily chérie. Simple et efficace. Ne me remercie pas, je le fais pour toi.

- Saloperie ! Jamais de la vie. Mêle toi de ta vie sentimentale avant de t'occuper de la mienne, grogne Kingsley.

- Ma vie sentimentale se porte très bien, je réplique.

- Ok, je le fais si... tu embrasses Regulus cet après midi.

- Ca va pas la tête ??? je m'étrangle.

- On est plus ou moins dans le même cas, m'explique-t-il, on ose pas foncer parce qu'on est pas sûrs que l'autre ressente la même chose. Mais le seul moyen d'être fixé c'est de tenter, donc je le fais si tu le fais aussi. Et au pire, on aura le litre de whisky pur feu que j'ai eu a Noël pour se consoler.

Le pire c'est qu'il a raison. Sauf que sa relation avec Emily est beaucoup plus installée que celle que je tente tant bien que mal d'avoir avec Regulus... Remarque ça veut aussi dire qu'il a beaucoup plus à perdre que moi. Et en même temps la fin de l'année approche à grands pas donc si je veux avoir le temps de construire quelque chose de « sérieux » avec mon Serpentard, faudrait que je me mette au boulot avant qu'il soit trop tard.

- Ok, marché conclut, je réponds m'étonnant moi-même

- On va leur montrer qu'on est des vrais Griffondors ! Me répond mon ami qui tente plus de se convaincre lui-même que moi.

- Ca va marcher, je le rassure.

Je suis pas sûre de ce que ça peut donner de mon côté mais je suis confiante pour Kingsley. Il hoche la tête et prend un bout de parchemin sur lequel il écrit « Ballade dans le parc à seize heure ? -Kingsley » , il me le montre, j'approuve et il file à la volière avant que son courage ne s'échappe.

Je rentre tranquillement à la salle commune en me demandant quel Joncheruine a bien pu embrumer mon cerveau et me faire accepter ce pacte. Je suis perdue dans mes pensée (ou plutôt mes craintes) et ne regarde pas où je mets les pieds et ce qui devait arriver arriva. Je glisse sur une dalle humide et m’étale de tout mon long dans le couloir du sixième étage. Mon menton rappe contre le sol et une douleur vive se fait ressentir. En passant mes doigts dessus je sens que je saigne légèrement.

- T'en loupes vraiment pas une, tu devrais avoir une carte de fidélité pour l'infirmerie, me dis une voix derrière moi un brin moqueuse.

J'identifie instantanément cette voix comme celle de mon Apollon de serpentard et me redresse vivement tentant de reprendre mes esprit et un semblant de dignité.

- L'infirmière m'appelle par mon prénom et m'offre des chocolats pour mon anniversaire, au bout de sept ans de maladresses on est devenues très intimes, je réponds mi-amusée mi-désespérée.

- Je n'en doute pas, me répond Regulus en s'approchant de moi.

Il se poste devant moi et place un doigt sous mon menton pour me forcer à lever la tête et examiner ma récente blessure. Ce contact me fait frissonner, j'ai l'impression que des trolls dansent la samba dans mon estomac. Je ne me suis jamais trouvée aussi proche de lui, ces yeux gris orage regardent mon menton avec attention. Ses cheveux noirs de jais sont encore humide, il sent bon : un doux parfum boisé qui me chatouille les narines.

- Rien de grave, tu auras peut-être une petite croûte mais pas de cicatrice.

Avez-vous déjà eu une conversation aussi glamour avec l'élu de votre cœur ? Je sais pas vous, mais je trouve qu'à partir du moment où le mot « croûte » est prononcé, le charme fait son petit effet...

- Plus rien ne m'inquiète, tout ça c'est la routine pour moi, je réponds nonchalante.

- Je veux bien te croire, répond-il en riant.

Un rire franc et sincère, très doux à l'oreille (rien à voir avec celui de Sirius qui ressemble plutôt à un aboiement). J'aimerai l'entendre rire tout les jours, il est tellement séduisant quand il sourit, ça ne lui arrive pas souvent mais quand c'est le cas son visage d'ordinaire si sombre s'illumine.

- On se voit toujours vers seize heure ? Me demande-t-il

- Oui, j'y serai, je réponds en souriant (et tentant de cacher mon stress vis-à-vis de ce que je me suis engagée à faire à cause de mon foutu meilleur ami)

- Super, je te vois toute à l'heure alors, me dit-il enjoué.

Sur ce, il m'embrasse sur la joue et tourne les talons, me laissant au milieu du couloir avec un sourire niais, le cœur qui bat la chamade et un espoir plus vif que jamais.


Je rentre en courant dans ma salle commune, monte les marches menant au dortoir quatre à quatre (sans trébucher une seule fois : un réel exploit!) et saute sur le lit de Mary où cette dernière était en train de lire.

- Tu devineras jamais ce qu'il vient de m'arriver ?! je hurle comme une harpie hystérique

- Tu as eu la moyenne en potion ? Non impossible... Tu as battu Kingsley à votre duel ? Non, ça aussi c'est impossible... Tu as vu Dumbledore en slip ? Ca c'est plausible !

J'aime quand mes amis croient en ma réussite scolaire et en mes capacités...

- Non. J'ai gagné le duel avec Kingsley mais ça on s'en fiche, on a fait un pacte et Régulus m'a fait un bisou !!!!!

- Hein ? Mais quel pacte ? C'est quoi encore cet histoire ?

Mon amie n'ayant apparemment pas compris mon explication précédente, je décode de lui raconter tous les détails de ma matinée. Une fois mon monologue terminée, elle me dit :

- Je peux pas vraiment pas vous laisser seuls plus de deux heures.. Votre histoire de pacte c'est bien beau mais si ça marche pas comme vous voulez je vais encore devoir vous ramasser à la petite cuillère. Je vais aller faire des gâteaux pour le cas-où l'un de vous serait en dépression ce soir.

- Mais Mary, tu as entendu la fin de mon histoire ? Regulus m'a embrassée !!!!

- Sur la joue, rectifie mon amie.

- Sois pas rabat-joie, je lui dis vexée.

- Désolée, c'est juste que Black est complètement imprévisible donc c'est pas parce qu'il t'a fait une bise ce matin qu'il te roulera des pelles ce soir... Je veux juste pas que tu sois triste.

Mary est tellement parfaite, elle s'inquiète toujours pour moi et sais toujours me remonter le moral. C'est d'ailleurs parce qu'elle sait très bien me consoler que je vais aller au bout du pacte avec Kinsgley. Au mieux je roule des pelles à mon Black favori, au pire je me goinfre de gâteaux en buvant du whisky pur feu avec mes amis... Dans tous les cas, j'ai pas à me plaindre.


Pendant le déjeuner, Kingsley et moi sommes à la fois anxieux et impatients de nos futures folies. Il répète les différentes manières de dévoiler son amour à Emily et nous lui donnons des avis et conseils sur ses différentes prestations. S'en suit un réel défilé de mode afin que nous trouvions tous deux la tenue adaptée à nos rencards respectifs. Mary nous annonce ses préférences affalée en pyjama sur le lit de Kingsley, il finit par opter pour une chemise à carreaux rouges (team Griffondor) et un pantalon noir et moi pour une tunique bleue à motifs avec un jean. Nous sommes soignés mais sans en faire trop.

L'heure de vérité étant arrivée bien vite, nous faisons un gros câlin à Mary qui nous souhaite « bonne chance » et nous sortons de la salle commune. Après un dernier sourire encourageant nous nous séparons, lui en direction du parc, moi vers les cuisines.

Je marche vers mon lieu de rendez-vous quasi à reculons, emprises de doutes. Et s'il me rejetait ? Ca réduirait mon espoir, mon moral et mes notes en potion à néant. On commence juste à se connaître et à s'apprécier (même si moi je l'apprécie depuis un moment..) peut-être que c'est trop tôt et qu'il ne me considère que comme une camarade. En même temps je n'ai jamais vu Regulus donner un quelconque signe d'affection à quiconque donc ce bisou sur la joue toute à l'heure devait signifier quelque chose non ? On se rassure comme on peut...

J'entre dans les cuisines après avoir chatouillé la poire du tableau. Il est déjà là,en avance comme à son habitude.

- T'en fais une tête ! me dis Regulus inquiet.

Je tente tant bien que mal de camoufler mon stress et invente un bobard instantané :

- Je me prends un peu la tête pour mon orientation en ce moment donc je suis un peu tendue.

- Pourquoi ? Tu n'es pas sûre de tes choix ?

Ce mensonge a du bon finalement, ça permet de lancer une discussion et de me changer les idées vis à vis de la réelle cause de mon anxiété.

- Je voudrais vraiment devenir auror, le prof de DCFM dit que j'ai le niveau et les capacité pour être reçue à la formation mais c'est quand même un métier risqué...

- Depuis quand les Griffondor ont peur de prendre des risques ? me taquine-t-il.

Si tu savais ce que j'ai parié avec Kingsley ce matin tu ne dirais pas ça mon ami... Attends de voir la suite des évènements tu seras bien surpris.

- C'est pas vraiment pour moi que j'ai peur. S'il m'arrive quelque chose au moins j'aurais lutté pour une cause qui me tient à cœur : défendre les autres. Mais je ne suis plus là, je laisse ma mère toute seule, elle n'a que moi et ça, ça me fait peur.

- Noble cause que de souhaiter défendre sa nation du vilain Voldemort, me dit-il ironique. Je comprends pour ta mère mais de toute façon quand nous serons sortis de Poudlard aucun métier et aucun lieu ne nous assurera d'être en sécurité. Donc si tu préfères te battre plutôt que de te cacher fais-le.

- C'est ce que je compte faire mais il y a toujours cette appréhension qui ne me quitte pas.

Mine de rien, ça m'a fait du bien de parler de tout ça avec lui, d'avoir son avis et qu'il me rassure. Mary pense qu'on est complètement de vouloir faire ce métier Kingsley et moi.

Le reste de l'après midi se passe dans la joie et la bonne humeur, j'ai du prendre dix kilo tellement j'ai mangé de gâteaux... Pourquoi est-ce que les elfes cuisinent si bien ? S'ils préparaient les mêmes monstruosités culinaires que ma mère j'aurais beaucoup moins de problème d'estomac.

- C'est vraiment agréable de parler avec toi m'avoue Regulus, j'ai l'impression que je peux tout te dire mais que tu ne me jugeras pas. Tu me donneras ton avis mais tu ne me tiendras pas rigueur sur mes actions passées ou mes choix futurs. Je pense que c'est la première fois que je peux discuter aussi librement avec quelqu'un. Même avec Sirius c'était pas pareil, il n'a jamais accepté que je n'ose pas envoyer balader toute la famille Black et me jugeait pour ça. Il n'a jamais compris que je n'avais pas son courage...

- Je pense que Sirius a finit par comprendre. C'est juste qu'au début il pensait que tu préférais lui tourner le dos à lui plutôt qu'au reste de la famille et ça l'a blessé. Mais tout ce que tu me dis me fait vraiment plaisir et moi aussi j'aime beaucoup discuter avec toi, je lui avoue rouge comme une tomate.

Il me sourit et jette un coup d'oeil à sa montre.

- Il est dix-neuf heures, on ferait mieux d'y aller si on ne veut pas encore manquer le souper.

- Tu as raison, je dis en ramassant mes affaires.

- Tu sais, un jour, tu m'avais proposé de rencontrer tes amis, ajoute-t-il gêné. Je ne sais pas si c'est toujours d'actualité mais vu comment tu me les as décrits ils ont l'air d'être très sympas donc si la prochaine fois qu'on se voit tu veux leur proposer de se joindre à nous, ça me ferait plaisir.

Mon cœur se met à virevolter dans ma poitrine, non seulement Regulus voudrait qu'on se revoit une nouvelle fois, mais en plus il voudrait rencontrer Mary et Kingsley. J'ai l'impression que ce sera une présentation officielle de mon fiancé à mes parents...

Je dis au serpentard que je ne manquerai pas de les convier à notre prochain goûter et qu'ils accepteront à coup sûr. Il commence à rassembler son sac et les quelques affaires qu'il avait laissé traîné sur la table, visiblement prêt à partir. La voix de Kingsley résonne dans ma tête : «  Ok, je le fais si... tu embrasses Regulus cet après midi ». C'est le moment de prouver au Choipeau qu'il ne s'est pas planté en m'envoyant chez les rouges et or. Si mon meilleur ami peut dévoiler ses sentiments à l'élu de son cœur, je peux bien embrasser Regulus non ?

Je ne sais plus si c'est ma fierté (hors de question que je perde ce pari), mes hormones ou mon espoir qui prennent le dessus mais au moment ou Regulus s'apprête à me souhaiter un bonne soirée, je l'agrippe par le cou et l'embrasse.

Je le sens d'abord très surpris et désemparé puis, il pose se mains sur ma taille et répond au baiser. Ce n'est pas un baiser passionné comme dans tous les films romantiques moldus, non, juste un baiser sincère et doux. Je sens un sourire se former sur sa bouche qui est pourtant encore collée à la mienne.



End Notes:
Alors ? Des impressions ? L'histoire vous plait-elle toujours autant ? Des hypothèse concernant la suite des évènements ?
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