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News

93ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 93e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 28 septembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


De L' équipe des Nuits le 16/09/2019 17:54


Recrutement pour l'Équipe de modération


Bonjour à toutes et tous,

En cette période de rentrée scolaire, notre équipe de modération est à la recherche de deux nouvelles recrues :

- un CDI pour succéder à Zakath Nath qui quittera notre équipe en fin d'année.
- un CDD jusqu'au 31 décembre 2020 pour suppléer l'équipe lors du Grand Ménage Orange que nous débuterons en janvier 2020.

Une grande partie de notre travail s'effectue sur HPFanfiction avec la validation et l'invalidation des chapitres. Nous organisons aussi des concours ou projets d'écriture. Nous gérons la boîte mail sur laquelle arrivent les questions relatives au site. Nous publions régulièrement des news.

Vous trouverez toutes les informations relatives à ce recrutement ici sur notre forum.

Le recrutement sera ouvert jusqu'au 30 septembre 2019.

A vos plumes et au plaisir de vous lire !

Caroliloonette
De L'équipe de modération d'HPFanfic le 05/09/2019 20:40


Sélections du mois


 

Un grand bravo à Api et Bloo pour leurs magnifiques textes qui remportent la sélection Féminisme ! Leurs fanfictions recevront une jolie vignette.

 

C'est finalement notre demi-géant préféré Rubeus Hagrid qui sera à l'honneur pour les sélections du mois d'octobre et vous pouvez déjà proposer vos fanfictions favorites sur ce sujet en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

 

La rentrée est partout même dans vos sélections ! Au mois de septembre, venez lire, reviewer et voter pour les textes de la Gare de King's Cross ici.


De L'Équipe des Podiums le 04/09/2019 11:54


Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 13e édition des Nuits Insolites se déroulera le SAMEDI 7 SEPTEMBRE à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L' équipe des Nuits le 03/09/2019 07:35


Équipe de modération HPF


Un grand merci à Lyssa qui après une année et demi passée au sein de l'équipe de modération part voguer vers de nouveaux horizons.

Bonne continuation à toi !!!
De L'équipe de modération d'HPFanfic le 01/09/2019 19:15


Sélections du mois


À voter !

Chers HPFiens, les votes pour la prochaine Sélection du Mois sont lancés ! Vous avez jusqu'au 31 août 2019 23h59 pour décider quel sera le mystérieux thème du mois d'octobre parmi Horreur/Angoisse, Épistolaire, Rubeus Hagrid, Secrets, Univers Alternatifs.

Rendez-vous sur ce topic pour voter et à bientôt !


De L'équipe des Podiums le 19/08/2019 11:08


Sum Presentialiter Absens in Remota par Ielenna

[63 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

HEY HEY HEY mes cabécous poilus ! Avant-dernier chapitre de SPAIR ! Une première partie un peu chelou et la seconde qui ouvre un peu l'action, buuuuuh ! 

BONNE LECTURE !

— On ne peut pas le laisser comme ça, Lyov ! Il est encore très fiévreux !
— Ca va être compliqué de le ramener au château ! C’est pas comme si on était juste à côté !
— Au pire, je peux le transporter.
— Peut-être, Marek, mais dans ce cas-là, c’est le meilleur plan pour se faire griller ! Nous sommes en plein jour ! Au pire, il y a le portoloin qui amène vers Vydra Bol’nice.
— Hors de question ! Il est là pour toi, ce portoloin ! C’est ton issue de secours, on ne peut pas se permettre de l’utiliser. Même si c’est pour Emeric.
— Et si on amène Martha ici ?
— Tu es vraiment un chef pour les idées foireuses, Marek.
— Excuse-moi d’essayer de proposer des choses !

Le silence retomba, sur un fond de râle très bas et leurs quatre regards convergèrent sur le fruit de leurs inquiétudes. Allongé dans sa couche de fortune, Emeric, aussi livide qu’un linge, tremblait dans sa fièvre.

— Ca ne descend toujours pas, s’inquiéta Vilma. Il faut vraiment que l’on fasse quelque chose.
— Le plonger dans la neige, tu penses que ça aidera ? J’ai toujours rêvé de le faire !
— Je pense que c’est une mauvaise idée. Quand quelqu’un est fiévreux, il faut justement bien le couvrir et faire en sorte qu’il ait chaud.
— Alors pourquoi, à ton avis, on met des linges glacés sur les fronts des personnes malades ?
— Pour les soulager ?
— Arrêtez de vous disputer, tous les deux ! Ce n’est pas le moment.

Vilma soupira :

— Je vous propose qu’on se relaie. Faire en sorte de chauffer cette grotte plus fortement. Mais pour souffler, nous procéderons à tour de rôle pour le surveiller.

Une suggestion que les deux jeunes hommes acceptèrent, malgré le fait que leur dimanche allait ainsi être gâché.

*** *** ***

Les pensées d’Emeric n’avaient aucun sens. Tout se mélangeait. Le passé, le présent, le futur. Les têtes de ses proches se mêlaient les unes aux autres. Mais dans cette brume, une seule silhouette restait identique, restant plantée au milieu. Emeric s’approcha, esquivant les autres personnes qui observaient son avancée sans ciller, se contentant de pivoter la tête quand il passait à côté d’eux.

— Maman.

Mais Amy ne répondait pas. Elle restait immobile, lui tournant le dos, dans cette longue robe blanche qui soulignait sa minceur, ses cheveux blonds détachés cascadant entre ses omoplates.

— Maman... S’il te plaît, réponds-moi.

Et quand il attrapa son épaule, elle se retourna enfin. Emeric étouffa un cri de terreur en constatant que la figure de sa mère était totalement décharnée, ne laissant paraître d’un crâne articulé.

— Emeric... ?

Le jeune homme effectua un pas en retrait, ne sachant à quoi s’attendre face à cette apparition. Autour de lui, toutes les autres silhouettes commencèrent à s’évanouir.

— Emeric... Mon fils... Emeric...
— Non !

C’est lorsque la carcasse d’Amy tenta d’approcher une main vers lui qu’Emeric commença à s’enfuir. Il refusait de faire face à cela. Se rappeler que sa mère en était aujourd’hui réduite à cet état. Elle n’était plus qu’un vulgaire tas d’os dans un cercueil...

— Emeric.

La voix la poursuivait.

— Ecoute-moi. Je t’en prie. Ne t’enfuis pas... Je t’aime.

Elle avait commencé à prendre des aspects de lamentations.

— Je t’aime... Ne me quitte pas, Emeric...

Puis, les geignements se transformèrent progressivement en pleurs, mais cela ne fit pas ralentir Emeric dans sa course. Seules les notes d’un piano parvinrent à le stopper. Car dès les premières, il en reconnut la mélodie. Cette nocturne de Chopin, qu’il avait tant écouté par le passé... Il avait coutume de s’endormir sur cette dernière, assoupissant à même le tapis à côté du piano alors qu’il n’avait que trois ans. Cette musique avait toujours su le bercer. Le mettre en confiance. Alors, le cœur battant, il se retourna et observa un temps le squelette vêtu exécuter le morceau avec une virtuosité singulière. Il reconnaissait chaque rythme, chaque coup de pédale. Identiques à ses souvenirs intacts.
À pas lents et prudents, Emeric s’approcha, ne nourrissant de tout ce que la musique avait à lui offrir. Et, tout à coup dénué de sa frayeur à l’égard de la dépouille animée, il s’en sustenta. Combien d’années avait-il rêvé de ce simple instant ? De s’ancrer une fois de plus cette musique au fond de son cœur ? Naturellement, le jeune homme s’assit alors au pied du piano et attendit la fin du morceau.

— Tu n’as pas changé... !

La voix amusée d’Amy avait attendu que les derniers échos du piano résonnent dans cet espace infiniment noir.

— Je sais que moi aussi ! Enfin... pas forcément dans le même sens ! Mais tu me comprends !
— Non, maman, tu n’as pas changé, ricana Emeric, qui reconnaissait très bien les intonations de sa mère et sa façon maladroite de s’exprimer.
— S’il y a une chose qui n’a pas changé, c’est que je t’aime toujours. Mais ça, tu le sais, Emeric.
— Je sais, maman... Je sais...

Il y eut un temps de flottement.

— Pourquoi viens-tu me voir ?
— Pour te prévenir, mon chéri.
— Me prévenir de quoi ?
— Du danger. Celui qui te guette. Durmstrang n’est pas un endroit paisible.
— Je ne suis pas en danger.
— Des choses se trament, je le sais. Et tu devras utiliser toutes tes ressources pour triompher. Je t’en prie. N’hésite pas une seule seconde ! Tu ne dois pas hésiter ! Tu dois agir ! Je sais que ce que je vais te dire va te paraître étrange, parce que ce n’est pas dans mon habitude de dire des choses pareilles, mais ne réfléchis pas.

Comme elle l’avait prévenu, cela le surprit. À l’image de sa mère, Emeric avait appris à toujours réfléchir avant de mener une action afin d’éviter toute erreur de jugement ou de négliger un risque inconsidéré.

— Dis-moi quoi, dans ce cas ! Qu’est-ce qui me met en danger ?!
— Je ne peux pas te dire. Cela influencerait le futur... De manière trop importante. Mais je tiens à toi. Aussi, évite de mourir ! Même si je t’attends, ne fais pas de bêtise ! Tu dois vivre !

Les exclamations de sa mère le firent sourire. Puis, petit à petit, il vit apparaître autour des os de la face d’Amy des chairs qui reformèrent son faciès, sous des traits fantomatiques. Aussi, il put alors reconnaître son sourire.

— Mais je n’ai peut-être pas envie de partir.
— Ta vie n’est pas ici, Emeric ! Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Non. Il y a des gens qui tiennent à toi, dans ce monde. Tu es précieux pour eux. Tu ne peux pas les abandonner. Ils ont encore besoin de toi.
— Mais tu me manques. Et tu manques à papa... Tu... tu nous as quittés trop brusquement ! C’est injuste !
— Je sais. Mais ainsi est faite la vie. C’est horrible à dire, mais tires-en une leçon ! Et profite de chaque instant, de chaque opportunité. Sans jamais trop réfléchir à ce que les autres penseront de toi. Tu n’as pas de temps à perdre avec ça. Sois... juste toi-même, quoi ?
— Emeric... ?

La voix masculine résonnante arracha le jeune homme à son rêve. Il y eut des flashs.

— Je me disais bien que je t’avais vu sourire... ! Ça va ?

À côté de lui, Marek venait de remplacer le linge sur son front. À l’aide de la magie, il avait fait augmenter la taille et l’intensité des flammes dans l’âtre central de la grotte. Pour éviter de mourir de chaud, Marek s’était donc déchargé de son manteau et de son pull, assis en débardeur près de lui pour le surveiller.

— Qu’est-ce... qu’est-ce que tu fais là ? arriva à articuler Emeric.
— Tu es malade. On se relaie pour faire baisser ta fièvre. Mais pour l’instant, ça n’a pas l’air de bien marcher. Tu es sûr que ça va ?
— Oui. C’est juste que... c’est juste que...
— Oula, ne force pas ! l’arrêta Marek en le forçant à rester coucher. Tu dois te reposer tant que ce n’est pas passé.

Emeric se radoucit et soupira. Il se sentait si mal. Chaque mouvement le lançait et accentuait son envie de vomir. En dévisageant Marek, sa fièvre l’obligea à dénouer sa langue.

— J’ai dit à Vilma...
— Qu’est-ce que tu as dit, à Vilma ?
— Tu sais très bien...

Marek fronça les sourcils : il refusait de croire l’allusion glissée derrière.

— Arrête de causer. Dors.
— Je devais t’en prévenir. Je n’aurais pas dû... Mais je n’avais pas d’autre choix...
— Je ne vois pas de quoi tu parles. Alors tais-toi.

La voix plus autoritaire et plus sèche du grand gaillard éveilla un faible sourire sur les lèvres d’Emeric, qui décida alors de suivre son judicieux conseil et de fermer les yeux à nouveau. Cela le plongea de nouveau dans sa vision. Sa mère lui refaisait face, son semblant d’expression disparue pour laisser de nouveau place à ce crâne lugubre.

— Je ne comprends pas pourquoi... marmonna Emeric.
— Pourquoi quoi ?
— Pourquoi j’arrive à te voir ? Pourquoi ces visions ? Est-ce que je deviens fou ?
— Non, Emeric. Tu es unique. Et ça, depuis le début. N’en doute jamais.
— Qu’est-ce que j’ai qui provoque ça ?
— Tu le comprendras un jour par toi-même.
— Alors il y a bien quelque chose... Quelque chose de particulier.
— Cela te dérange tant ?
— C’est juste que... je ne peux en parler à personne. Autour de moi, personne ne vit la même situation.
— Tu es certain ? souligna sa femme avec une voix complice.

Cette insinuation fit grimacer Emeric d’embarras.

— Je ne veux pas embêter Kate. Elle a déjà ses propres problèmes.
— Au contraire, tu ne l’embêteras pas. Vous avez tous les deux des situations semblables, nimbées d’incompréhension. Tous les deux, vous pourrez vous entraider.
— Nous nous connaissons mal, maman ! Kate et moi. Même si... même si je l’aime. Elle ne sait pas réellement qui je suis et même si j’ai pu tirer des observations, je ne connais pas le chemin de ses pensées...
— Ça viendra. Mais tous les deux, vous y arriverez. Je suis certaine.
— Espèce d’abruti.
— Ah...

Emeric releva la tête, une brusque sensation de froid lui retombant en plein visage.

— Pourquoi tu l’as dit à Vilma ?!

Craignant d’être pointé du doigt pour meurtre s’il laissait Emeric une seconde de plus avec ce grand chiffon humide écrasé sur son visage qui risquait de l’étouffer, Lyov le retira. Mais son acrimonie ne s’envola pas pour autant.

— Tu te rends compte de ta connerie ?
— Je... quoi ?
— Ne joue pas à l’innocent, petite merde ! Tu as tout gâché ! Ils sont en train de se disputer dehors à cause de toi !
— Tu parles de Marek... ?
— Non. Du père Noël, abruti !
— Pardon... je...
— Pardon ?! C’est tout ce que tu trouves à dire ! Non mais dis-moi ce qui va se passer exactement si notre groupe éclate par ta faute ? Ca fait des années que j’essaie de conserver cet équilibre.
— Ah... oui. Tu l’as si bien démontré en début d’année.
— Comment oses-tu ?!

Lyov fulmina mais reprit le torchon pour le replonger dans le baquet d’eau glacée, de neige fondue, avant de l’essorer. Lui-même débarrassé de ses habits chauds, les muscles noués de ses bras étaient mis en relief par les flammes si proches.

— Félicite-toi d’être malade, sinon, tu t’en aurais vraiment assené une. Et je t’aurais arraché les dents une par une également. Mon frère m’a montré comment faire, un jour.
— Vilma devait savoir...
— Elle ne devait rien savoir du tout. Je la connais depuis bien plus longtemps que toi. Vilma ne peut pas construire une relation stable. Elle a besoin d’un constant mouvement. Ou bien elle s’ennuie. Et ça, Marek lui-même le sait. C’est pour ça qu’il ne lui a rien dit. C’est voué à l’échec ! Cela ne ferait que détériorer leurs liens d’amitié. Ce que tu as réussi à faire avec brio...
— Mais s’il... s’il ne fait pas...
— Essaie encore une fois de te trouver une excuse, gamin, et ce torchon finit au fond de ta bouche. Pigé ?

Dans un soupir, Lyov se rassit à côté d’Emeric, rejeta son catogan en arrière, et déposa le linge froid sur le front en sueur du sorcier, avec une délicatesse telle que cela épata le jeune homme malade.

— Merci, Lyov.

Cependant, le russe lui accorda un regard froid pour seule réponse.

— Un jour, je te le promets, tu connaîtras la vérité.

Sa mère avait remplacé Lyov et toute la scène retomba dans l’obscurité.

— Quand ?
— Quand tu seras en âge de supporter cela.
— Tu ne me rassures pas vraiment quand tu dis des choses pareilles, tu sais ?
— Pardon ! Pardon, mais c’est vrai ! Tu n’as pas encore assez vécu ! Je ne veux pas dire par là que tu ne sais rien faire, ce n’est pas ce que je voulais dire... ! C’est juste que...
— J’ai compris, maman.
— Tu comprends vite, mon garçon. Comme toujours.

Puis, petit à petit, les entours prirent des couleurs. Vives et fraîches.

— Je serai toujours fière de toi, mon trésor. Mon petit Emeric...
— Tu pars ?
— Non. Jamais.
— Te reverrai-je ?
— Appelle-moi. Je serai toujours à tes côtés. Comme je l’ai toujours été. Oh. Et. Avant qu’on se sépare... pour la Mazurka, essaie d’utiliser le quatrième doigt, mesure trois du deuxième système de l’avant-dernière page. Tu bloques trop avec ton majeur... !
— Tu ne changeras jamais !
— La mort ne change personne. Hormis ceux qui vivent encore. Allez. Va. Profite. Et arrête de me faire ces yeux-là !
— C’est de ta faute !

Cette fois, ce furent les cris de Vilma qui le réveillèrent presque en sursaut. La jeune fille était en pleurs face à elle.

— Tu as tout gâché ! Tout ça parce que tu étais frustré !
— De... quoi ?
— Tu sais très bien ! Je te déteste ! Oui, vraiment !
— Vilma... Est-ce que... je dois m’excuser ?

La jeune fille, qui s’était assise en tailleur, essuya ses larmes.

— Non. Ça va... Tu as juste... crevé l’abcès. Il fallait que quelqu’un le fasse avant qu’il ne devienne trop gros.

Décidant de penser à autre chose, Vilma s’approcha et testa le front d’Emeric. Tout à coup, un sourire éclaira ses traits, malgré ses joues encore humides.

— Tu es moins fiévreux, Bäumchen... ! Tu es presque guéri.
— Bonne nouvelle, souffla-t-il, encore faible.

Il apprécia la tendre caresse de Vilma sur les courbes de son visage quand elle retira sa main de son front.

— Comment te sens-tu ?
— Je n’ai... je ne me suis jamais senti aussi bien.

Et cela, Vilma le reconnut à l’expression singulière sur le faciès encore blême d’Emeric. Son regard pétillait de bonheur comblé. Elle se questionna secrètement sur ce qui pouvait ainsi le mettre dans cet état, mais tut ses interrogations.

— Tant mieux. Ça aurait été dommage qu’on ait veillé toute la journée sur toi pour toi !
— Toute la journée ?
— Bäumchen. Il est déjà le soir. Et on est là depuis ce matin... ! Heureusement que nous n’avions pas cours aujourd’hui. Mais je pense que notre absence a été remarquée, si tu veux mon avis... Bah ! On s’arrangera ! Déjà, faisons en sorte d’arrêter de mourir de chaud ici !

*** ***

— Bakken, Botolf

L’élève appelé se leva aussitôt, presque au garde à vous, et se dirigea vers la salle de classe dans laquelle se déroulait l’entretien d’orientation. Emeric était assis à côté de lui. Il savait qu’il serait le prochain. L’ordre alphabétique laissait peu de marge d’erreur et Emeric devenait souvent l’un des premiers à passer, comme cela avait été le cas sous le Choixpeau plus de cinq ans auparavant. Le premier élève à être réparti, le premier Serdaigle de l’année. À la réflexion, il n’y aurait pu avoir un meilleur choix pour lui. Même s’il avait dû être envoyé après l’ouverture de Papillombre, il doutait de la légitimité de son appartenance à cette nouvelle maison. Serdaigle lui offrait l’excuse de pouvoir apprendre sans limite, quitte à ce que cela lui confère une réputation d’intello.
Aujourd’hui, ils avaient convoqué tous les élèves de cinquième année, qui allaient subir leurs premiers examens officiels à la fin du mois de juin. Si les élèves de Poudlard révisaient actuellement leurs BUSES, ceux de Durmstrang se préparaient pour leurs MURINS, les Magiques et Utiles Rappels des Interrogations Notoires Scandinaves. Ces tests différaient par les matières qui y étaient proposées, les MURINS impliquant une note en relation avec le classement des duels et une épreuve théorique en magie noire. Même si Emeric reviendrait à Poudlard pour passer ses BUSES, ce qui lui nécessitait de se mettre à jour dans les matières qui n’étaient pas dispensées ici, comme la botanique, il devait passer comme tout un chacun l’entretien préliminaire.

— Beckett, Emeric.

Quand son nom fut prononcé, il se leva à son tour et jeta un dernier coup d’œil à la fille à sa droite. Celle-ci lui décerna un regard neutre, détournée de la lecture de son magazine sur les sports d’hiver magiques. L’article concernait les prestations de l’athlète autrichien sur l’épreuve de glisse suédoise, un sport qui consistait à faire fondre la neige et à la regeler à l’aide de sa baguette pour glisser dessus sur de grandes pentes dangereuses. Une alternative au snowboard avant que ce dernier ne soit inventé par les Moldus. La glisse suédoise était restée cependant très la mode, du fait de son matériel nécessaire bien réduit, même si elle comportait un certain nombre de chevilles foulées ou de jambes cassées. Le sport comptabilisait au moins un mort par an dans le monde. Souvent des amateurs qui n’avaient pas réussi à éviter un rocher, un sapin ou un ravin à temps.
Sans un mot, Emeric entra à son tour dans la pièce aménagée. À la table, trois professeurs l’attendaient : Mrs Stendger, la directrice, Herr Richter, le professeur des Forces du Mal et Kahru.

— Asseyez-vous, mister Beckett, l’invita la grande directrice.

Emeric s’assit sans un mot, glacé par le regard infrangible de Herr Richter. Puis, la directrice s’exprima après avoir consulté ses notes, regroupant les appréciations des différents professeurs.

— À ce que je constate, votre année d’échange a l’air de se dérouler dans les meilleures conditions, mister Beckett. Vos professeurs sont très satisfaits de votre travail et de vos performances.
— Merci, professeur.
— Mrs Janhensen vous a accordé une excellente note sur votre dernier devoir sur les Trolls des Neiges, à ce que je lis. Elle a été impressionnée par la richesse de vos recherches concernant les habitudes territoriales des jeunes mâles lors des solstices d’hiver.
— Peut-être, elle n’a pas encore rendu les devoirs.
— Avez-vous une idée de ce que vous voudriez faire après vos BUSES ? demanda alors Kahru, d’une voix conciliante, délaissant son tutoiement habituel pour les protocoles. Ou même après vos ASPICS ? Même si nous ne sommes pas très au fait des options qui s’offrent à vous, à Poudlard, nous serions intéressés de l’apprendre.

Pour Emeric, un seul projet lui venait à l’esprit. Depuis petit, cela n’avait été qu’un rêve lointain, auquel il ne pensait jamais pouvoir prétendre, car se pensant trop faible.

— J’aimerais devenir sorcier archéologue.

Cela fit ricaner Herr Richter. Kahru réagit alors pour y apporter quelques explications.

— Ne le prenez pas mal, mister Beckett. Je pense que ce que mon collègue a tenté d’exprimer, c’est que beaucoup de voies plus prestigieuses pourraient s’ouvrir à vous. Vous auriez les moyens de devenir Auror, haut-fonctionnaire du Ministère, voire peut-être un jour Ministre ! Vous avez tant de facilités !
— Mais ça ne m’intéresse pas vraiment... ! Je veux découvrir la vie de nos ancêtres ! Mettre à jour de nouveaux trésors. Pour nous permettre de comprendre et peut-être, avec un regard tourné vers le futur, de pouvoir mettre au point de nouvelles technologies ou magies inspirées des expériences de nos prédécesseurs.
— Ce sont de nobles objectifs, rebondit Mrs Stendger, la tête vissée sur son cou.

Tous cependant semblaient assez perplexes quant à son choix. Tout le monde semblait tout le temps le juger sur ses décisions, et cela commençait à l’agacer. Même Vilma s’était permise une réflexion au petit-déjeuner quand il avait décidé de ne pas se servir de bacon ce matin-là. Ne pouvait-il pas vivre par ses seuls choix ?

— Je me suis renseigné, poursuivit Emeric, déterminé. Car il n’y a pas vraiment de spécialisation à Poudlard. Les cours d’histoire de la magie ne poussent pas assez loin les connaissances... Sachant que notre professeur est assez particulier en plus, là-bas ! C’est un fantôme. Passé expert dans la guerre des Gobelins, mais j’aimerais explorer les aspects internationaux de la magie.
— Effectivement, reprit Kahru. Vous devrez vous orienter vers un parcours spécialisé après vos études.
— De deux ans, à ce que j’ai compris. À New-York, à l’institut international d’Histoire de la Magie. Une année de théorie, une année sur le terrain. Et ça sera très intense !
— Sans compter que vous devrez être capable de déjouer un certain nombre de pièges. Herr Richter vous le dira mieux que moi : les reliques du passé vont très souvent protégées par des sortilèges particulièrement dangereux. Beaucoup de sorciers ont péri en n’estimant pas assez les risques. Vous devez être préparé à toutes ces éventualités. Et avec une telle vie, vous serez amené à vous déplacer beaucoup, à l’étranger et très régulièrement. Pensez-y si vous envisagez pour plus tard une vie de famille. Ça pourrait être difficilement compatible.
— Pour l’instant, mes projets ne concernent que moi et je ne tiens pas à rester bloqué par d’hypothétiques projets. Je saurai m’adapter en fonction.
— Mais pourquoi pas, après tout. Vous savez vous accommoder très rapidement aux coutumes, comme vous nous l’avez prouvé cette année à Durmstrang. Vous avez des capacités exceptionnelles pour apprendre des langues étrangères. Vous êtes passionné par vos recherches, extrêmement motivé dans ce que vous faites. Je ne doute pas de votre réussite dans ce domaine.
— Nous sommes simplement un peu déçu, intervint Herr Richter, droit.
— Je... n’aurais pas dit cela, rattrapa Kahru. Nous avions juste beaucoup d’attentes vous concernant. Surtout avec ce que vous avez démontré dernièrement.
— Que voulez-vous dire par-là ?

Les trois professeurs s’échangèrent un regard, puis Mrs Stendger s’exprima d’une voix froide, les mains liées devant elle :

— Nous voulions profiter de cette séance pour mettre au clair quelques points avec vous.
— Je... oui, d’accord, faiblit Emeric, anxieux.
— Le professeur Kahru a eu la lucidité d’esprit de nous avertir de ce qu’il avait vu, de même que le professeur Wolffhart qui en a été mis au courant. Vos petits rendez-vous avec messieurs Miloslavski et Majorczyk, et avec Fräulein Hoffnung ont assez duré. Nous avons fermé les yeux jusqu’à là. Mais nous ne pouvons plus vous permettre d’user de magie contraire au règlement de l’école, voire contraire aux lois. La métamorphose en Animagus est extrêmement cadrée par nos Ministères respectifs et cela ne l’est pas pour des broutilles. Vous ne serez pas sanctionné sur ce fait, cependant, aussitôt serez-vous revenus à Poudlard, vous devrez effectuer les démarches pour vous faire reconnaître par le Ministère de votre pays. Votre directrice, le professeur MacGonagall, vous accompagnera dans le processus. Après tout, elle-même l’est !

Malgré les rumeurs qui circulaient à Poudlard, Emeric n’avait jamais eu l’occasion d’observer MacGonagall sous sa forme de chat. Les élèves des années supérieures racontaient que, du temps où elle était professeur de métamorphose avant Wolffhart, elle surveillait les examens ainsi, assise sur son bureau, sa queue battant le métronome.

— Mais si nous apprenons d’une manière ou d’une autre que vous avez tenté de vous transformer encore une fois au sein de l’établissement, nous agirons avec les mesures nécessaires. Me suis-je bien fait comprendre, mister Beckett ?
— Oui, professeur Stendger.
— Une dernière chose vous concernant avant que vous nous quittiez.

La directrice adopta un ton plus grave encore.

— Vous n’êtes pas étranger à la situation familiale de mister Miloslavski.
— Oui, professeur.
— Nous avons appris ce matin que l’un de ses oncles a été assassiné.
— Assassiné ?!
— Et mister Miloslavski restant une cible potentielle, nous vous recommandons de redoubler de vigilance.
— L’essai d’empoisonnement n’était qu’une première tentative, l’éclaira Kahru. Nous nous chargeons de surveiller de manière plus accrue, cependant, il nous est impossible de tout contrôler. Vous êtes l’un de ses proches camarades, alors restez extrêmement prudent.
— Je le ferai, professeur, lui assura Emeric.
— Parfait, alors. Vous pouvez y aller.
— Sortez par la porte de derrière, bitte, le pria Herr Richter.

Dans un dernier hochement de tête, Emeric quitta les lieux, la boule au ventre. Il se questionnait à propos de Lyov et de sa réaction vis-à-vis de cette nouvelle. Lui qui demeurait si froid dès que l’on abordait le sujet de sa famille, avait-il été touché par la mort de son oncle ou avait-il appris, à force d’expérience, de prendre de la distance pour ainsi mieux supporter ce genre d’aléa, inhérent au business familial ?
Plutôt que de se triturer l’esprit plus longtemps, il entreprit alors de se rendre aux douches. Malgré les habitudes, il restait un jeune homme pudique qui préférait se laver pendant les heures creuses, lorsque les autres élèves ne fréquentaient pas les dortoirs ou les salles de bains communes. L’eau chaude qui coulait sur son corps le déchargea de toutes ses craintes. Le contraste avec le froid mordant du dehors, ou même des dortoirs, était si plaisant, si agréable. Il laissait alors voguer ses pensées, moment propice pour inspirer ses prochaines compositions.

Quand, tout à coup, des bruits le détournèrent de ses réflexions. Des voix, de plus en plus proche. Par précaution, Emeric arrêta le jet d’eau et écouta plus attentivement, derrière la paroi qui séparait chaque box de quatre douches. Il n’appréciait pas l’idée que quelqu’un vienne le déranger et préféra se faire très discret, jusqu’à temps que la personne parte.
Il reconnut alors la voix de Sergueï et des autres russes qui sortaient tout juste du sauna. Emeric jura en son for intérieur : il avait oublié que les sixième année n’avait exceptionnellement pas cours cet après-midi du fait des entretiens des cinquième année. Lui qui avait voulu profiter de son temps libre pour profiter des douches désertes, c’était loupé ! Restait seulement à espérer qu’ils ne le repèrent pas et le laissent ainsi en paix. Cependant, il prêta une oreille curieuse à leur conversation en russe alors qu’ils avançaient dans les douches pour nettoyer leurs corps encore tout transpirant du sauna.

— Au fait, tu as reçu la nouvelle avance ?
— Je me dis qu’elle ne va pas tarder. Ils sont rarement en retard !
— Ou peut-être qu’ils s’attendent à ce qu’on agisse plus vite, justement !
— Impossible. Ils avaient été clairs avec nous. Nous n’avons pas de délais tant que nous le faisons.

De quoi pouvait-il bien parler ? Des professeurs et d’un devoir en particulier ? Emeric entendit alors les pommeaux de douche qui crachaient les jets d’eau chaude.

— Je serai d’avis qu’on leur demande plus, s’avança Sergueï.
— Vladimir nous tuera si on ose !
— Qu’il essaie ! En attendant, personne ne pourra nous remplacer ici.
— Sergueï a raison. Au moins, leur rappeler leur retard ! Ils se rendent compte, un peu de la pression qu’on a ici ?!
— Tu n’es qu’une mauviette. Ça nous prépare au monde extérieur. À la suite.
— Je n’en veux pas, de cette suite ! Ce n’est pas pour moi !
— Tu es un Slavinsky ! Tu ne peux pas y échapper ! À moins que tu ne veuilles ternir la réputation de ta famille !
— Ça concerne nos familles, mais ça n’a rien à voir à Durmstrang !
— Durmstrang fait partie du monde !

Tout de suite, la voix baissa d’un ton, murmurée :

— Et plus vite on se sera débarrassé de Miloslavski, mieux ça sera. On n’en entendra plus parler !

Emeric s’étrangla, commençant à trembler à cause de son corps humide qui absorbait le froid ambiant. La mafia russe n’avait pas envoyé des assassins pour s’occuper du cas de Lyov, mais de recruter des élèves... ! Personne ne se serait douté d’une attaque venant de l’intérieur, surtout de la part d’élèves encore mineurs, pour certains.
Quand Sergueï et les autres russes eurent fini de se laver, l’un d’eux remarqua alors un détail dans les casiers de l’entrée.

— Il y a des affaires, là.
— Hein ?
— Il y a quelqu’un, ici.

Sergueï poussa Vladimir sur le côté pour constater de lui-même la présence de la pile de linge, surmontée d’une paire de lunettes rectangulaires qu’il reconnut aussitôt.

— L’anglais est ici... !

Le cœur d’Emeric manqua un battement ; l’endroit était une impasse. Pas de fenêtre, pas de passage secret. Il n’existait qu’une issue : celle de la porte, devant laquelle se dressaient les russes.

— Fouillez l’endroit.

Gardant son sang-froid, Emeric analysa les éléments à sa portée. Il n’avait ni sa baguette avec lui, ni même ses lunettes pour y voir plus clair. Dans sa main, un innocent savon qui ne lui serait pas d’une grande aide. Il n’avait qu’une seule solution, qui lui paraissait hors de portée : la magie sans baguette. Mais il ne s’en pensait clairement pas capable. À moins que...
Quand les russes, une serviette autour de la taille et armés de leur baguette magique, s’approchèrent du box où était caché Emeric, quelle fut leur surprise en se retrouvant en face d’un harfang qui n’avait visiblement rien à faire en ces lieux ! Ils abaissèrent leurs armes par réflexe, ne pouvant s’empêcher une exclamation :

— C’est quoi ce délire ?!

C’est alors qu’Emeric décida de sortir son épingle du jeu, déployant ses ailes à moitié pour slalommer entre leurs jambes et tenter de voler vers la sortie, évitant leurs silhouettes. Avec ses serres, il attrapa au passage ses affaires, mais le poids le déstabilisa d’autant plus.

— Putain, c’est lui !
— Rattrapez-le !

Mais Emeric était déjà parvenu à sortir. Dans les dortoirs, dissimulé dans l’ombre de deux lits superposés, le jeune sorcier se rhabilla en quatrième vitesse. C’est à ce moment-là qu’il remarqua Petrov, prostré sur son matelas, quelques structures plus loin, quand il replaça ses lunettes sur son nez. Le russe trapu affichait des yeux écarquillés, car avait dû assister à la métamorphose fortuite d’Emeric. Cependant, la porte des salles de bains s’ouvrant à la volée, le Serdaigle pensa plus prudent de prendre les jambes à son cou. Les russes, également habillés de manière sommaire, commencèrent à le poursuivre dans le dortoir, jusqu’à ce que le chemin leur soit barré par une énorme valise qui tomba devant eux, bloquant l’étroite allée entre les livres.

— Abruti ! cria Sergueï à Petrov.
— Pas fait exprès, répondit simplement son compatriote, inexpressif, qui ne voulait même pas se faire pardonner.

Alors, d’un coup rageur de baguette magique, Sergueï fit exploser le bagage en mille morceaux de vêtements en lambeaux et de débris de cuir renforcé. Il devait à tout prix rattraper Emeric avant qu’il ne mette son ami au courant des manigances. Sinon, les conséquences seraient terribles pour lui et ses proches si son commanditaire apprenait son échec.
Dans les escaliers, Emeric ne réfléchit pas, poussant les élèves sur son passage sans s’excuser. C’était pour lui une question de vie ou de mort, il en avait conscience. Les jeunes sorciers l’insultèrent dans un premier temps, avant d’assister aux tirs croisés des sortilèges des russes à ses trousses. Alors, tous se baissaient, certaines adolescentes criant de panique. Des éclairs de toutes les couleurs fusèrent, certains manquant de peu Emeric, qui répliquait parfois. Mais dans ces escaliers en colimaçon, il risquait davantage de blesser quelqu’un d’autre si un sortilège rebondissait sur un mur.
Soudain, un maléfice frappa ses jambes, qui s’immobilisèrent net. Et dans l’élan, Emeric culbuta par-dessus, roulant avec violence dans l’escalier. Son corps s’immobilisa sur un palier, mais lâchant sa baguette, celle-ci continua de descendre les marches, jusqu’à disparaître de sa vue, sous le regard effaré des quelques élèves présents. Son épaule, son coude, sa hanche qui l’avaient réceptionné, lui faisant si mal qu’il grimaçait sans pouvoir penser à autre chose. Il tenta de ramper dans l’escalier, les jambes toujours paralysées, mais la bande de Sergueï le rattrapa bien vite. Ce dernier l’attrapa par le col avec ses deux mains et le souleva à la force de ses bras. Emeric pâlit, mais il remarqua que le russe l’était de même. Cet imprévu l’importunait. Il savait que peu de solutions s’offraient à lui. Mais Sergueï remarqua cet intérêt et troqua son anxiété pour une fausse assurance.

— Dégagez ! Tout le monde, dehors ! cria-t-il en anglais en espérant se faire comprendre du plus grand nombre.

Les autres élèves ne se firent pas prier, comprenant qu’Emeric allait passer un sale quart d’heure et désirant éviter de devenir spectateur. Seule la bande des russes resta sur place, encerclant le jeune anglais impuissant. Il y eut un long temps de silence, où Emeric douta de leurs prochaines actions, jusqu’à ce que Sergueï s’exprime de nouveau.

— Je pensais que tu nous serais utile au début, articula-t-il en russe. Tu nous aurais rendu un grand service si tu avais tué Lyov sans le vouloir pendant la première soirée de duels. Dommage que tu te sois attaché à lui et à son polonais de compagnie...

Sergueï sembla un temps étudier toutes les possibilités. Peut-être allait-il l’épargner. Mais son sourire peu rassurant persuada Emeric du contraire.

— Au pire, un élève qui se jette d’une fenêtre pour en finir, ça arrive tous les jours dans le monde.

Son complice lui ouvrit alors la fenêtre dont la lumière extérieure éclairait les escaliers.

— Sergueï ! Non, arrête !

Après un dernier temps d’hésitation, le russe le fit basculer malgré tout dans le vide, mais détourna aussitôt le regard. Comme si ce geste lui avait coûté. Mais il n’avait pas eu le choix.
La chute vertigineuse terrifia tant Emeric qu’il ne parvenait même pas à hurler. Tous ses sens étaient en panique, alors qu’il sentait son corps ankylosé tombé comme un énorme poids mort. Il n’avait pas sa baguette magique, rien, en bas, ne pouvait amortir sa chute...

— Emeric !

Un grand cri venant du côté le fit relever la tête. C’est alors qu’il aperçut la silhouette volante de Kate, dans cette grande robe à volutes blancs, qui tendait son bras vers lui.

— Vite ! Attrape ma main !

Emeric n’hésita pas une seule seconde et écarta son bras à son tour. Et quand ses doigts se refermèrent autour de ceux de la jeune fille, il sentit de nouveau son apparence changer. Le grand harfang déploya ses ailes et sa chute le fit remonter de justesse à moins d’un mètre des rochers qui l’attendaient en bas. L’air glissait sur ses plumes, avec un juste équilibre. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’Emeric comprit qu’il volait pour la première fois, planant dans les airs encore glacés de l’arctique. Malgré les derniers instants de panique, son cœur s’emplit de félicité. Car il y était parvenu contre toute attente.
Dans la tour d’où il était tombé, Vladimir avait assisté à sa chute et à sa nouvelle métamorphose.

— Merde, Sergueï ! Il a survécu !
— Quoi ?!

Abasourdi, le russe s’approcha de la fenêtre et se pencha en avant en se tenant aux parois pour jeter un œil en bas, mais n’y trouva aucun corps. La flèche blanche au loin, qui se distinguait assez mal de la neige, accrocha alors son regard. Il lâcha un juron et s’écarta de la lucarne.

— Les plans ont changé. On doit éliminer Miloslavski avant qu’il ne l’apprenne !
— On va se faire attraper par les professeurs !
— On n’a plus le choix ! Quoi qu’il se passe, on se fera avoir ! La mission avant tout !

La réalité fit redescendre Emeric de son nuage. Il devait retrouver et prévenir Lyov avant que les russes ne lui tombent dessus. Il négocia maladroitement son premier virage dans les airs, rattrapant son équilibre in extremis. Parvenu sur le pont-levis au sommet de la colline sur laquelle trônait le château de Durmstrang, il ne se permit pas d’attendre d’être seul dans la cour intérieur pour retransformer sous le regard hagard des quelques rares élèves présents dehors. Il les salua de manière bien brève et la maladroite, le sourire embarrassé, tout en se précipitant sur la porte.

— Hé ! l’arrêta le vieux Sven à l’autre bout du couloir. On ne court pas à l’intérieur, espèce de petit vaurien !

Cependant, Emeric ne pouvait pas dépendre des règles de Durmstrang aujourd’hui. La vie de Lyov était en jeu. Il se retourna donc entre deux foulées et haussa les épaules, désolé. Cela ne plut pas particulièrement au surveillant, qui grommela dans sa barbe.

— Non, mais tu vas voir de quel bois je me chauffe, l’anglais !

Il entama alors de larges foulées derrière le jeune homme, faisant claquer sa jambe de bois sur les dalles pavées.

— Reviens ici ! Tu vas regretter de t’être frotté à moi ! Personne ne désobéit au vieux Sven !

Emeric siffla entre ses dents : il n’avait pas besoin de ça pour lui compliquer la tâche ! D’autant plus qu’il ignorait où se trouvait Lyov. Il devait être juste du premier coup dans ses recherches. Car il ne voulait pas voir apparaître dans le prochain journal les gros titres concernant des assassinats au sein de Durmstrang. Même s’il était un excellent duelliste, Lyov ne faisait pas le poids face à quatre russes recrutés pour le tuer. Mais surtout, il existait le risque que cette attaque engendre des dégâts collatéraux. Et la simple idée que Vilma devienne une potentielle victime lui enserra les entrailles. Il devait agir. Et vite.

Note de fin de chapitre :

JE VEUX PAS QUE SPAIR SE FINIIIIIISSE, AAAAAAAAAAH. Tristesse infinie dans mon coeur, KEUWAH. 

Allez, je retrouve écrire le dernier chapitre (et l'épilogue, parce qu'il y a quand même un épilogue, faut pas déconner)

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