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Au bonheur des commentateurs


Du 23 septembre au 22 décembre, nous vous proposons de donner du bonheur autour de vous en participant à notre concours reviews "Au bonheur des commentateurs".
Le but ?
Poster un minimum de cinq reviews par semaine dont l’une devra être sur un texte correspondant au thème de la semaine. En exclusivité pour vous, le thème de la première semaine sera "commentez un texte avec moins de 5 commentaires/reviews" !
Quand ?
Pendant l'automne, du 23 septembre au 22 décembre. Vous pouvez prendre le train en marche sans problème !
Comment ça marche ?
Si vous êtes déjà inscrits sur le forum, rendez-vous ici. Sinon, nul besoin de s'inscrire ! Envoyez-nous un mail à l'adresse suivante projetreview[at]gmail.com en indiquant votre souhait de participer, nous vous indiquerons la marche à suivre !

De le 21/09/2018 22:05


81e Edition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 81e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 22 septembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A très bientôt !
De L'Équipe des Nuits le 12/09/2018 09:50


Concours Officiel - Mappa Mundi


L'horloge de la gare de King's Cross sonne l'heure fatidique à laquelle les jeunes sorciers et sorcières du Royaume-Uni montent à bord du Poudlard Express. De l'autre côté de la voie 9 3/4, les jeunes Moldus, tout comme vous, attendent impatiemment la sortie du film Les Animaux Fantastiques 2...

Voyager avec Newt Scamander - Norbert Dragonneau pour ses amis francophones - visiter de nouveaux pays, découvrir des animaux extraordinaires, affronter de terribles menaces et s'en sortir de justesse à chaque fois... Ça fait rêver non ? Ça vous tenterait bien, n'est-ce pas ?

Alors, n'attendez plus une seconde de plus ! Et embarquez à bord du train, prenez un Portoloin ou grimpez sur votre balai pour découvrir de nouvelles contrées. Partez à l'aventure rencontrer les créatures magiques du monde entier ! Avec l'écriture, rien n'est impossible !

Venez découvrir Mappa Mundi, le dernier concours officiel de l'équipe des Bleues ! Inutile d'être inscrit sur le forum pour participer !

A très vite !
De Les Schtroumpfettes de compèt' le 01/09/2018 11:55


7ème édition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 7e édition des Nuits Insolites se déroulera le Samedi 1er septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic. À très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 20/08/2018 18:04


80e Edition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 80e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 août à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 13/08/2018 19:43


Délais de validation


Bonjour à toutes et tous !

Une bonne partie de notre équipe étant en vacances, nous tenions à vous informer que les délais de validation des chapitres qui nous sont soumis sont susceptibles d'être plus longs.
Merci de votre compréhension !
Bel été ! Profitez-bien !
De L'équipe de modération HPF le 09/08/2018 14:04


Ludo Mentis Aciem par Ielenna

[1108 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

HELLO HELLO MES POUSSES SOJA A LA BOLOGNAISE !

Ca fait DEUX MOIS que j'ai pas posté de chapitre, je mérite LA MUERTE. Au moins.

Ces deux derniers mois ont été EXTREEEEEEEEEEEEEEEMEMENT chargés, j'explique en fin de chapitre, parce que je vous vois, là, vous en pouvez plus d'attendre, vous allez me faire une syncope !

Alors un petit chapitre de transition (pas d'action, pas de révélation, on repose tranquilou le cadre) pour cette partie VI, mama. JE VEUX ECRIRE LA SUIIITE. Hem.

Au programme, une lampe citrouille, une radio exposée, Olive Ollivander et un Fawley qui se prend encore une sévère torgnole.

Bonne lecture !

Quand elle se réveilla, le lendemain matin, Kate savait que l’aube s’était à peine levée. Elle le voyait par la béante ouverture qui servait d’entrée de grotte, isolée thermiquement par magie pour garder les chambres au chaud. La veille lui revenait comme un souvenir flou et lointain. Mais elle ne fut pas surprise de se retrouver à côté de Maggie dans le lit, endormie sous les draps, encore toute habillée. Oui, elle avait fait une nouvelle crise. Bien moins violentes que les précédentes, certes, mais toute aussi déconcertante pour ses amis.
Elle entreprit de flâner vers le lieu de rassemblement, n’ayant aucune envie de rester somnoler plus que nécessaire. L’accueil dans la nature lui plut, lors de cette balade en solitaire. Le bruissement des feuilles au-dessus de sa tête, le sol meuble qui s’écrasait légèrement sous ses ballerines, le chant du coucou plus loin. Au niveau de la rune Fehu, des restes de drapeaux jonchaient le sol. La plupart des stands étaient encore fermés et les spectateurs les plus matinaux se rassemblaient autour du vendeur français de boissons chaudes et de pâtisseries.

— Déjà deböt ?

Surprise par cette voix si proche, Kate fit volteface : Sigrid la dévisagea avec une expression impassible.

— Tu m’as fait peur !
— C’étät peut-être le but, hm ? sourit-elle, amusée.
— Tu es déjà debout aussi ?
— Je suis matinale. Tu le säs.
— Ah oui… Tu te promenais souvent autour du lac, le matin.

Sigrid hocha la tête avant de désigner le stand de nourriture.

— Je te päe quelque chose ?
— Oh, c’est gentil ! Mais…
— Vilma m’a dit qu’elle t’avät escroqué une Biéraubeurre hier. C’est pour te rembourser.

Kate ne put réprimer le rougissement de ses joues et refuser cette compensation. Elles achetèrent donc des croissants encore chauds, un thé et un lait de licorne.

— C’est elle qui t’a dit ça ? s’interrogea Kate après s’être assise sur un banc, à l’écart de la place.
— Vilma a toujours eu ce penchant. Elle est rusée, comme un renard.
— C’est drôle que vous soyez amies, vous n’avez pas du tout le même caractère !
— On pourrät en dire de même pour tö et Dawkins.
— Pas faux.

Elles sirotèrent leurs boissons chaudes en appréciant les doux bruits de la forêt matinale alors que les gens s’éveillaient peu à peu.

— Tu ne m’avais jamais dit que tu étais Animagus.

Sigrid se mortifia face à cette affirmation impromptue. Kate lui renvoya alors un regard malicieux.

— Emeric me l’a dit.
— Le petit angläs qui m’a remplacée ?
— Il l’est devenu aussi. Je me doute que ce sont tes amis qui lui ont appris !

Le grommellement de Sigrid l’amusa plus encore.

— Et donc ? Tu te transformes en quoi ? s’intéressa Kate, mordue de curiosité.
— Qu’est-ce que ça t’apporterät ?
— Oh, allez, Sigrid ! Je ne dirai rien à personne, promis.
— Un ägle, maugréa-t-elle.
— Un aigle ? répéta Kate, soufflée. Impressionnant ! Hm. Je me suis toujours dit que si j’avais un Animagus, avec toute la poisse que j’ai, ça serait sûrement un animal pas très reluisant.
— Tu as un Patronus ?
— Oui, mais c’est le même que mon père. Donc ça ne doit pas être mon animal totem… Oh non, vu la chance que j’ai, ça sera un papillon riquiqui.

La discussion se tarit. Certains spectateurs traversaient la place avec leurs gros bagages, quittant l’endroit.

— Avec tout ça, soupira Kate, je ne sais même pas qui a gagné le match.
— Comment ça ?
— J’ai quitté le stade un peu tôt… J’ai senti l’Immatériel revenir et j’ai préféré m’isoler. C’était pas la peine de faire une démonstration publique devant le monde entier !
— Mäs ça a été ?

Kate lâcha un sourire discret : c’était bien remarquable que Sigrid se soucie pour elle.

— Oui, oui, rien de grave ! J’ai réussi à le contenir. De manière générale, je trouve que ça va beaucoup mieux que l’année dernière. Il est moins violent. C’est grâce à toi.
— C’est grâce au Seidr, rectifia Sigrid en hochant la tête. Et c’est l’Inde qui a gagné.
— Sérieusement ? éclata Kate avec un immense sourire. Ah ! Maggie va tellement le regretter !
— Un retournement de situation. C’étät vräment serré… Et ils ont attrapé le vif d’or pile pöl quand ils ont réussi à remonter pour réduire l’écart au niveau des pönts.
— Et j’ai manqué ça.

Kate préféra en rire. Il y avait bien pire dans la vie que de louper la fin d’un match de Quidditch. Elle en avait, hélas, une certaine expérience. Mais face à cela, Sigrid n’en répondit que d’une expression figée. En tirer, rien qu’un maigre sourire, semblait relever du miracle. Mais la sorcière du nord changea de sujet du tout au tout :

— J’ä compris.
— T’as compris quoi ?
— Ce que tu m’as dit, sur l’Immatériel, il y a quelques semänes. Pourquoi tu refusäs de l’utiliser. Je tröve töjörs tes positions stupides , mäs je les comprends.
— Qu’est-ce qui t’a amené à penser ça ?
— La magie ne résout pas tout. Färe ses preuves soi-même est bien plus durable.

Ses propos furent accueillis par un hochement de la tête approbateur de la part de Kate.

— Je suis contente de savoir que tu m’accordes cela, Sigrid.
— Mais je tröve cela idiot de ne pas l’utiliser .
— Il est dangereux, tu le sais mieux que n’importe qui.
— Je pense que c’est ce que tu cherches à penser . C’est comme un monstre. Tu refuses juste de l’apprivöser, de t’en faire un allié. Tu cherches juste à l’endormir. Mais si tu apprennäs à le dresser, tu en sortiräs bien plus forte.
— J’ai essayé, crois-moi. Le professeur Wolffhart a essayé de m’apprendre à l’utiliser. Et ça a échoué. D’un côté, je ne sais pas forcément s’il est le mieux placé pour m’apprendre à faire ça.
— Wolffhart a fät tellement de choses dans sa vie. Au conträre, c’est sûrement le mieux placé.
— Emeric m’a dit que vous le vénériez à Durmstrang. C’est vrai ?

Sigrid fronça les sourcils.

— Il a sauvé notre école pendant la guerre. Beaucoup d’élèves. De sorciers et de moldus. C’est un héros.
— Je n’en sais rien. Il n’est pas très expressif sur son histoire. La dernière fois qu’un élève a essayé de lui poser une question sur ce qu’il avait fait avant d’être professeur, il a été métamorphosé en chenille. Il a bien attesté que la prochaine fois que cela se produirait, il transformerait le fautif en luciole. Qu’il le mettrait dans une fiole, qu’il ferait avaler à un hippogriffe, pour qu’on puisse voir de l’intérieur ce que c’était d’être vraiment dans la merde. Enfin, ça, il l’a dit en allemand, mais j’ai grossièrement compris l’idée. Mais… comment il a sauvé l’école ?
— Tu n’as jamais entendu parler de Klaus Fuchsberg ?

Face au signe négatif que Kate lui lança, Sigrid soupira d’agacement.

— J’alläs demander « qu’est-ce que vous apprenez en histöre de la magie », mais j’oubliäs que vous avez un professeur fantôme qui répète en böcle la même période.
— C’était qui ce… euh. Santa Claus ?
— Ce n’est pas drôle, la rabroua Sigrid. Tu apprécieräs que je fasse une blague sur Voldemort ?

Kate ravala aussitôt sa plaisanterie, glacée par le regard clair de la Völva.

— Fuchsberg étät l’un des plus puissants partisans de Grindelwald. Son bras dröt. Un mage nör, un fou, tout autant que lui. Qui n’avät comme but que de servir son mätre, de le rendre fier . Et ils vouläent détruire Durmstrang. Car l’établissement les a renvoyés, tous les deux, chacun en leur temps. Mais Wolffhart a empêché Fuchsberg de mettre ses plans à exécution… Quelque part, il a sauvé cette guerre.

Cette fois, Kate se montra bien plus intéressée. Elle se souvenait de cette bribe, dans la mémoire de son père, quand elle l’avait empêché de la tuer , cette nuit où tout avait basculé. Oui, la phrase de Wolffhart résonnait encore dans ses oreilles :

« Voir mourir sa fille unique, de la main d’un ancien ami qui a donné son âme à son côté sombre. »

Parlait-il du même homme ? Cet ancien ami, qui avait tué sa fille, avait-ce été Fuchsberg ?

— Effectivement, souffla-t-elle, il a de quoi être un héros. Il m’avait dit que Dumbledore lui avait confié des missions, à l’époque. Je n’imaginais pas que ça consistait à sauver Durmstrang ! Il ne fait pas les choses à moitié, cet homme !

Sigrid vida son godet de lait de licorne chaud d’une traite.

— Je dös aller préparer mes affäres.
— Ah d’accord, dis-moi si je t’ennuie, grinça Kate.
— Ce n’est pas contre tö.
— J’espère bien !
— C’est juste que… je dös partir vite, tout à l’heure.
— Ah ?
— Lyov vient me chercher.

Aussitôt, des milliers d’étoiles scintillèrent dans les yeux gris de Kate.

— Lyov, ton amoureux ?
— Arrête de parler de ça comme ça, tu ressembles à… une guimauve à pällettes ! C’est ridicule, Kate ! Grandis un peu .
— Je pourrais le voir ? Il ressemble à quoi ce fameux Lyov ?
— Arrête un peu, tu veux ?
— Bon, bon, d’accord, excuse-moi. Et pourquoi il vient te chercher ? Je croyais qu’il n’avait pas eu l’autorisation de venir. De se mélanger au bas peuple.

Elle avait illustré sa phrase avec des guillemets créés avec ses doigts.

— On part en vacances.

Cette fois, Sigrid élargit un timide sourire et cela attendrit son interlocutrice.

— Je croyais que ses parents n’étaient pas d’accord pour que…
— Ses parents ne sont pas au cörant, coupa Sigrid.

La bouche de Kate s’arrondit de gêne.

— Marek est complice.
— Votre pote la montagne de muscles ?
— Les parents de Lyov cröent qu’ils partent tous les deux. Marek me cövre.
— Oh, mais c’est si mignon ! Un voyage en amoureux !
— Tu recommences, Kate.
— Et vous partez où ?
— En Sibérie, chasser les bébés phoques à mäns nues.

En voyant la Papillombre pâlir, Sigrid éclata soudainement de rire.

— Et tu m’auräs vraiment cru ?
— Il est russe. Tu es un peu extrême. Et « la fin justifie les moyens ». Ça me paraissait assez plausible.
— On part au Canada.
— Oh, c’est super chouette, ça ! J’espère que vous passerez du bon temps.

À l’expression malicieuse d e Kate, Sigrid soupçonna bien des allusions, ce à quoi elle rétorqua :

— Si tu commences sur le sujet, je te préviens que j’ä du dossier grâce à Vilma, te concernant, toi et ton petit angläs à lunettes.
— Les élans sont des bêtes majestueuses, là-bas ! Et ils font d’excellents sirops d’érable !
— C’est ça, change de sujet.

Sigrid lui tendit alors son godet vide pour le lui confier.

— C’était sympa de te revoir, Sigrid, lui sourit Kate. Ça va me manquer de ne plus te voir à Poudlard.

La sorcière blonde ne répondit rien. Peut-être avait-elle du mal à l’admettre qu’elle allait un peu regretter cette année si différente des autres.

— Tu penses qu’on se reverra un jour ?
— Certänement.

Cette brève réponse, Kate s’en contenta bien. Oui, leurs chemins se recroiseraient, c’était certain. Personne ne pouvait échapper à l’emprise de Sigrid Söderberg.


*** *** ***



Quand Kate rentra à son tour chez elle, à Carlton , en fin de journée, elle se sentit soudainement épuisée. Elle jeta son sac dans l’entrée ; elle entendait déjà la voix de sa mère lui demander de ranger ses affaires. Mais personne ne lui reprocha rien, ce jour-là.
Le groupe était revenu à Londres, puis s’était disloqué. Kate avait accepté de manger en ville avec ceux qui n’étaient pas encore partis. Emeric en faisait partie, mais il fut étonnement silencieux. Son regard soucieux avait dérangé la jeune fille. Elle s’était doutée qu’il s’inquiétait encore de la veille. N’allait-elle jamais pouvoir trouver l’équilibre ? Après Griffin, qui préférait nier les pouvoirs de Kate, elle se confrontait maintenant aux angoisses d’Emeric, qui aurait bien été prêt à la décharger en endossant la malédiction à sa place. Elle avait donc pris le Magicobus sans pesant remords d’avoir ainsi écourté ces moments ensemble. Maggie n’était pas rentrée avec elle, restant quelques jours de plus chez Terry sous de futiles prétextes afin que ses parents ne découvrent pas sa supercherie.
En avançant dans le vestibule, Kate entendit la radio allumée dans la cuisine.

— … et maintenant, découvrez le nouveau tube d’Avril Lavigne, I’m with you…

Phil était là, assis à la table, picorant des noix de pécan dans un bol, face à Abby, qui mangeait seule sur sa chaise rehaussée.

— Mange ta purée, ma citrouille, ou je te la fourre dans le nez pour t’y obliger.
— Je ne me souvenais plus que tu me parlais comme ça quand j’avais l’âge d’Abby, sourit Kate en prenant place à son tour, tandis que la musique démarrait sur une douce mélodie de basse.
— C’est que les enfants oublient vite. Celle-là est sourde, en prime. Comment ça va ?
— Tranquille.
— C’était sympa, cette coupe du monde ? J’ai lu sur la Gazette que l’Inde a gagné. Ça devait être assez incroyable à regarder, vu ce qu’ils ont réussi à rattraper !
— Oui, assez incroyable, répéta Kate, machinalement, refusant de lui avouer qu’elle n’avait pas pu assister au dénouement du match.

Elle s’accorda quelques secondes de silence pour observer son père, l’air fermé, peut-être un peu penaud. Phil n’était plus vraiment le même homme depuis cette nuit-là…

— Et toi, papa ? marmonna-t-elle. Comment tu vas ?

Mais Phil semblait absorbé, tandis que la chanteuse récitait sa mélodie mélancolique.

Isn't anyone trying to find me ?
Won't somebody come take me home ?
It's a damn cold night
Trying to figure out this life
Won't you take me by the hand ?
Take me somewhere new
I don't know who you are
But I'm with you
I'm with you
Oh why is everything so confusing
Maybe I'm just out of my mind…


Mais Phil ne lui laissa pas le luxe de poursuivre : attrapant sa baguette à côté de lui, il susurra une formule qui fit exploser l’appareil. Tandis qu’Abby applaudissait la prouesse , ravie de ce feu d’artifice, Kate tira une expression fébrile. Puis son père reposa sa baguette et étira un sourire radieux en levant un pouce optimiste.

— Je me porte comme un charme !
— Je vois ça… !
— C’était vraiment une musique de merde ! Et les jeunes de ton âge écoutent ce genre de daube ?

D’un geste discret, elle se pencha en avant et avança une main sur la table pour tirer la baguette vers elle, par précaution. Phil en fronça les sourcils, mais Kate n’avait sûrement pas envie qu’un autre accident ne survienne.

— On devrait en parler, papa…
— De quoi ? De la musique ? C’est qu’une gamine qui miaule !
— Non, papa. Je parle de maman.

Le regard de Phil s’affermit mais Kate ne renonça pas :

— Depuis qu’elle est partie, c’est comme si… elle n’avait jamais existé. On n’a pas parlé d’elle. Mais il faut qu’on se réveille, bon sang ! Je sais qu’on est des Whisper et qu’on tait beaucoup de choses. Qu’on a beaucoup de secrets les uns envers les autres pour éviter de nous faire souffrir mutuellement, mais à un moment, il faut qu’on parle. Et j’aimerais qu’on parle de maman…
— Tu veux qu’on parle ? Alors d’abord, parlons de ça…

Il sortit de sous la table une lettre dépliée.

— Cher mister Whisper, lut-il, Kate a encore fait une crise hier soir…
— C’est une lettre de Maggie ? s’indigna-t-elle. Vous échangez encore ?
— Elle n’a blessé personne, poursuivit-il, mais elle était dans tous ses états. Elle s’est enfermée dans une… bulle.

Phil avait prononcé ce mot, incertain, en jetant un coup d’œil à sa fille, furibonde.

— Je la sens très vulnérable et je m’inquiète pour elle. Prenez soin d’elle et ne la laissez pas seule, s’il vous plaît. Blabla, bla bla. Maggie.
— Oui, c’est arrivé, mais j’ai réussi à me contrôler.
— C’est bizarre, c’est pas vraiment l’impression que me laisse ce mot.
— Je me sentais très mal, oui. Justement, parce qu’on n’a pas parlé de maman ! Faut qu’on crève l’abcès, papa ! Tu es peut-être habitué à voir des choses horribles avec tes missions. Mais j’ai seize ans et j’ai vu mon père aller à Azkaban pour moi, parce que j’ai tué un type ! J’ai vu mon oncle agoniser dans ce salon ! Mon chien être explosé sur un mur ! Et ma mère m’a oubliée ! Avoue que ça fait beaucoup. S’il te plaît, papa.

Elle étira de nouveau son bras, cette fois pour poser ses doigts conciliants sur le poignet de Phil. Ses yeux se firent plus doux.

— S’il te plaît, papa, répéta-t-elle. Parlons de maman…

Le sorcier soupira en agrandissant sa colonne vertébrale contre le dossier de la chaise de la cuisine. Abby observait les échanges avec de grands yeux ronds, sans vraiment comprendre du fait de sa surdité. Mais elle avait profité de cette distraction pour renverser, cuillère par cuillère, sa purée par terre sans se faire remarquer.

— Très bien.
— Comment va-t-elle ? Tu as des nouvelles ?
— Elle est chez James.
— Chez James ? s’exclama Kate, scandalisée. Tu l’as laissée avec James ?
— C’est le seul qui peut garder notre secret. J’ai fait tout oublier à tes grands-parents.
— Même moi ?

La voix de Kate s’était faite plus faible.

— On ne peut pas prendre le risque. James est le seul qui sait que Grace a oublié et qu’on doit la protéger. Il en est plutôt content.
— Mais… comment tu as réussi à faire passer ça ? Il ne sait pas que tu es un sorcier ! Et là, il voit maman comme ça, il va se rendre compte que Mamine et Papi Bobby ignorent qui nous sommes aussi. Il va se poser des questions, non ?
— Un petit sort de persuasion et c’était dans la poche. Et aussi un sort de mutisme sélectif.
— C’est-à-dire ?
— S’il cherche à parler de nous à ta mère et à tes grands-parents, il en sera incapable. J’aurais bien aimé l’ensorceler pour qu’il se mette à braire si l’envie lui prenait. Mais j’avais plus de risque de me faire épingler par le Ministère, d’après Jack. Alors on va la jouer discret.

Ses propos furent accueillis par le hochement de tête approbateur de Kate. Mais cette dernière rebondit bien vite :

— Et comment on va faire pour Abby ?

Cette fois, Phil laissa le silence planer tandis que la petite, qui pressentait que l’on parlait d’elle, fixait son père, sa cuillère droite dans sa main, de la purée aux coins des lèvres.

— Je me suis arrangée avec Jack et Alison pour qu’ils la gardent.
— Par rapport à maman, reprit Kate. Tu lui as dit où elle était ?
— Je n’ose pas.
— L’autre jour, elle hurlait dans le salon à la réclamer… On ne va pas lui mentir toute sa vie !
— Ta sœur a trois ans, Kate ! Et tu veux lui dire que sa mère ne reviendra plus jamais ?
— Techniquement, elle pourrait revenir.

Phil n’appréciait pas tant ce ton, qui laissait présager quelques plans complexes et qui ne les laisseraient pas indemnes.

— La première solution…

La jeune fille lia ses mains sur la table pour se donner du courage.

— … ça serait de retrouver ses souvenirs. Si cela se trouve, Electra a juste enfermé tout ça dans sa tête. J’ai pas osé vérifier, à Ste Mangouste. Tu comprends ? Comme si… elle les avait enfermés.
— Comme elle pourrait aussi les avoir détruits, maugréa Phil, plus pessimiste.

Kate préféra en grimacer plutôt que de rentrer dans son jeu.

— L’autre solution…

Un sourire éclaira ses traits ; cela rendit Phil d’autant plus suspicieux.

— … ça serait que tu la fasses revenir.
— Je te suis pas.
— Elle est bien tombée amoureuse de toi une fois. Elle peut l’être de nouveau !
— Donc t’es en train de me proposer d’aller draguer ta mère qui ne me remet même pas ? Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de ma fille ?
— Penses-y, papa, ricana Kate en se levant. Peut-être que tu pourrais ainsi la ramener. Et rendre à Abby sa maman.

Elle se pencha au-dessus de sa petite sœur et déposa un baiser sur sa joue encore joufflue.

— C’est pour la protéger qu’on a éloigné ta mère, lui rappela Phil.
— Non, mais moi, j’ai juste lancé l’idée en l’air , tu en fais ce que tu veux ! lança Kate, facétieuse.

Elle essuya la bouche de sa sœur et lui expliqua qu’il était temps d’aller se changer pour aller se coucher à l’aide de la langue des signes. Abby se renfrogna, mais la promesse de Kate de lui lire une histoire avant de dormir lui plut davantage. L’aînée la fit descendre de sa chaise, tint sa main dans l’escalier et l’aida à s’habiller pour la nuit.
Puis, toutes les deux s’installèrent dans le petit lit d’Abby, cette dernière partant chercher dans la bibliothèque le livre de son choix. Puis, à la lumière de sa lampe de chevet en forme de citrouille, Kate raconta l’histoire, Abby assise entre ses jambes, le dos contre son torse. Tandis que la grande sœur expliquait à l’aide de ses mains, manquant quelquefois de vocabulaires, la petite tournait les pages, pointant de temps à autre une illustration qui l’attirait. Elles lurent ainsi près de quatre histoires, mais Abby s’endormit avant la fin mot du dernier conte. Attendrie, Kate n’osa pas se retirer et enroula ses bras autour d’elle. Elle ferma les yeux et, sans se rendre compte de sa propre fatigue après cette longue journée de voyage, tomba à son tour dans le sommeil.
Quand Phil monta, quelques dizaines de minutes plus tard, il les retrouva, endormies l’une contre l’autre, leurs visages paisibles éclairés par la lumière orange de la citrouille allumée. Et ainsi, elles ressemblaient tellement à leur mère. Cette image, si tendre soit-elle, lui enserra le cœur. D’un coup de baguette magique, il fit décroître l’intensité de la lumière et referma la porte sans bruit.


Alors, il se dirigea vers son petit bureau bleu, cette pièce qui lui était réservée. Des actes de missions jonchaient les meubles, de même que des emballages vides, des petits objets magiques divers. En le voyant entrer, Littleclaws ouvrit un œil et fit frissonner ses ailes. La petite chouette restait juchée sur son perchoir, dans un coin de la pièce. Phil ouvrit l’un de ses tiroirs et en tira son paquet de cigarettes. Il en porta une à ses lèvres et l’alluma avec sa baguette. Ouvrant la fenêtre, il lâcha sa première bouffée au dehors. Son regard se leva vers le ciel. Les étoiles étaient si belles cette nuit-là.
Littleclaws quitta son refuge dans les ténèbres de la pièce pour venir se poser sur son épauler et admirer le spectacle nocturne à ses côtés, sans être importunée par la fumée.
Lui qui s’était battu toute sa vie durant, était-ce vraiment le moment de renoncer ? D’abandonner ? Les yeux gris de Phil se fixèrent sur l’étoile la plus brillante, comme la priant de lui donner la réponse. Car en lui s’entredéchiraient son cœur et sa raison. Il se sentait comme un adolescent perdu et tourmenté par ses sentiments. Mais les astres ne lui répondirent pas. Alors, il s’adressa à sa chouette.

— Tu penses que je devrais le faire ?

Sollicitée, Littleclaws lança un petit « Fru-fruh » flûté, que Phil reçut avec un sourire amusé.

— Je savais que tu allais dire ça.

La chouette rétorqua de plus belle.

— Bon, d’accord. Je vais le faire. Mais c’est vraiment parce que tu m’y obliges !

 

*** *** ***



Le mois de juillet fut particulièrement éprouvant pour Kate, qui finit par se lasser de rester enfermée dans sa chambre toute la journée, à lire et relire les Gazettes du jour, épluchant les résultats de scores des matchs de Quidditch et parcourant quelquefois ses livres d’école, pendant que son père travaillait et qu’Abby était gardée chez les Wayne. Elle avait pris son balai à plusieurs reprises pour voler au-dessus des buttes de Greenfield quand le soleil déclinait. Cela lui avait rappelé ces nombreux soirs d’été, deux ans auparavant, quand Phil venait d’être emmené par les Aurors. Mais elle n’avait pas pris avec elle ses cigarettes, car chaque fois qu’elle se décidait à se vider la tête avec un peu de tabac, la dernière dispute avec sa mère lui revenait en mémoire. Non, ce n’est pas ce que Grace aurait voulu. Peut-être était-ce là sa chance d’arrêter de fumer une fois pour toutes.
Un matin, Kate descendit au salon et s’assit dans le canapé. Elle resta près de vingt minutes inactive, se demandant si elle était assez motivée pour pianoter sur le clavier de Grace ; ce dernier avait été rouvert, sur la suggestion d’Emeric. Et cette espèce de présence, Kate l’appréciait. La jeune fille finit par se faire un thé, sortir le jeu de dames et placer les petits palets sur les cases. Après son premier coup, elle se désespéra que personne en face ne joue à son tour. Ainsi s’initia une longue partie contre elle-même.
Quand les noirs finirent par perdre, Kate soupira en s’écrasant dans le canapé et porta la main à côté d’elle. Mais Mister Minnows n’était pas là non plus ; il était d’habitude enroulé en une grosse boule blanche aux côtés de sa maîtresse. La jeune fille était définitivement toute seule. Dépitée, elle ramena sa tasse vide dans la cuisine et aperçut à ce moment-là un hibou moyen-duc, posté devant la vitre. Kate lui ouvrit, persuadée dans un premier temps que ce courrier était adressé à son père. Pourtant, l’enveloppe portait son nom. Elle brisa le cachet de cire ocre et lut la lettre :

« Chère Kate,
Ta baguette est prête. Viens la chercher quand tu veux. Mais évite la dernière semaine d’août, c’est la cohue !
Avec toute mon amitié,
Clive »


Enfin une bonne nouvelle !
La Papillombre grimpa à sa chambre et prépara son sac en quatrième vitesse. Elle ne pouvait pas attendre le retour de son père ! Attrapant sa petite bourse au vol, elle sortit de la maison et… se rendit compte qu’elle ne pourrait pas aller bien loin sans baguette pour appeler le Magicobus. Le serpent se mordait la queue. Grognant en retournant vers le seuil, elle porta la main à la poignée de la porte d’entrée : fermée. Kate fit défiler les dernières minutes dans sa tête : les clés étaient restées sur la commode.

— Et merde…

Vérifiant qu’aucun passant ne la voyait ou qu’aucun voisin ne l’espionnait par la fenêtre, elle colla sa paume sur la serrure et fit jouer son Immatériel : elle finit par céder. Cette petite victoire la fit sourire.
Quand Phil rentra le soir et que Kate lui expliqua la situation, il ne lui refusa pas cette escapade à Londres. Cependant, il tint à l’accompagner, profitant de son jour de congés du lendemain, car il voulait rendre visite à Will pendant sa convalescence. Cette attention, à l’égard de son demi-frère, toucha Kate, qui préféra se taire plutôt de déclencher un nouveau débat.
Ainsi, le lendemain matin, Kate fut emmenée par Phil en transplanage. Elle eut le temps de se remettre de ses émotions en attendant que son père ne revienne avec Abby. Cette sensation ne lui plaisait vraiment pas.

— Tu as déjà fait transplaner maman ? demanda Kate à son père, alors qu’ils sortaient de la ruelle sombre pour éviter l’attention des passants.

Visiblement, Abby, saisie d’un terrible tournis car peinant à marcher droit, n’avait pas apprécié non plus le transplanage.

— Oh non. J’ai toujours respecté les choix de ta mère. L’idée lui plaisait très moyennement.
— Personnellement, j’avoue que je ne sais pas si je le passerai, l’examen de transplanage !
— C’est quand même très utile !
— Je ne me sens pas bien après.
— On s’y habitue. C’est comme boire de la bière. Quand on est mioche, on n’aime pas ça, puis plus tard, on se demande comment on a pu s’en passer !
— Alcoolique.
— Petite nature.

Ils déambulèrent dans les rues de Londres, qui s’éveillait à peine. On devinait déjà que le temps allait être de nouveau très chaud, en cette période de canicule. Abby regardait les voitures défiler avec grand intérêt et tirait quelquefois le bras de son père pour s’exprimer à l’aide du langage des signes.

— Tu as l’air soucieuse, fit remarquer Phil à sa fille aînée, quelques minutes plus tard. Je t’ai vexée ?
— Non c’est juste que… si maman habite chez James, elle est techniquement ici, à Londres. Je ne sais pas comment je réagirai si on la croisait au hasard.
— Il y a très peu de chance que cela se produise, moujingue, la rassura son père. Ils n’habitent pas dans ce quartier.

Cela ne l’apaisa qu’à moitié, mais ils arrivèrent bien vite à Ste Mangouste. Traversant la vitrine, Abby resta un moment interdite face au phénomène. Sa découverte de la magie amusait sa grande sœur, songeant qu’elle avait été la même quand elle était plus jeune : une petite sorcière ayant grandi dans un environnement majoritairement moldu.
Mais l’endroit lui rappelait trop de mauvais souvenirs pour qu’elle s’en réjouisse. L’incident du nouvel an, le réveil d’Eliot, l’attaque de Dédalus Diggle, la torture d’Electra… Et quelque part, Kate savait que d’autres choses allaient se rajouter à la liste, elle en était tristement certaine.
Quand ils entrèrent dans la chambre de Will, Phil ne lui laissa pas le luxe de réagir.

— Attaque de gnome !

Jetant Abby sur le lit, Will la réceptionna à moitié, étouffé par le choc surprise. Cela fit rire la petite aux éclats.
— Vous, ici ? sourit Will, en se redressant sur son lit, dans lequel il s’était juste allongé pour se reposer quelques minutes et lire. Je ne m’y attendais pas ! Ça me fait plaisir !
— Kate m’a forcé à venir.
— C’est faux ! Laisse tomber, Will, il raconte n’importe quoi. Il n’ose pas dire qu’il était soucieux pour toi et qu’il avait envie de te voir. Tu comprends, parce qu’il est toujours censé t’en vouloir d’être son demi-frère.
— Balance.
— Chochotte.

Will préféra rire de la scène et réinstalla correctement Abby sur ses genoux, ce qu’il parvint difficilement à faire avec son seul bras. Kate étouffa un hoquet en voyant dépasser l’imposant bandage de la manche du tee-shirt de son oncle.

— Comment tu te sens ?
— Je n’ai plus mal, grâce à Dieu.
— Ouais, maugréa Phil, peu convaincu. Grâce à Dieu, tu as perdu ton bras. Youpi.
— Je suis bien entouré, ici. Un programme de ministre ! L’ergomage va passer me voir tout à l’heure.
— L’ergomage ? C’est une espèce d’escargot ?
— C’est un spécialiste qui me réapprend à utiliser ma baguette magique avec la main gauche. Il faut que je réapprenne beaucoup, au niveau des mouvements ! J’avais l’habitude de faire tout dans l’autre sens. Et puis j’étais droitier, je ne suis pas encore très adroit de la main gauche.
— Pourquoi tu ne demandes pas aux guérisseurs de te fabriquer un bras magique ? C’est possible, non ?
— Une prothèse, tu veux dire ?

Il secoua la tête dans un soupir, pendant qu’Abby s’amusait à rebondir sur le matelas.

— Pas pour un bras entier, ça serait trop contraignant. Ils peuvent en proposer quand tu perds un pied ou une main. Mais un bras…
— Donc tu vas rester comme ça toute ta vie ? grimaça Phil. Eh bien. Déjà que le côté prêtre t’empêchait d’aller attraper de la donzelle, là, je pense que c’est foutu !
— Ma foi me suffisait à prêcher ma chasteté, préféra s’en amuser Will. Et Dieu m’acceptera toujours tel que je suis. Peu importe l’avis de certaines demoiselles.
— Hm. T’es peut-être sexy comme un Whisper, mais t’es parfois con comme une bûche !

Will préféra en rire ; Kate administra une légère tape du dos de la main sur le ventre de son père pour l’empêcher de proférer d’autres bêtises.

— Et… tu vas rester encore ici ? lui demanda-t-elle d’une petite voix.
— Deux ou trois semaines. Le temps que je puisse redevenir autonome.
— Tu pourras venir à la maison, si tu veux.
— Volontiers . Et puis… Harmony aussi attend que je revienne. Elle est passée hier.
— Une vraie maman poule, soupira Phil, sarcastique.

Pourtant, Will étira une grimace et annonça d’un ton plus bas :

— Je ne suis pas sûr que je puisse sortir d’ici la prochaine pleine lune.
— T’en fais pas, mon gars. Je trouverais une autre solution. Je peux me débrouiller tout seul ! En m’enfermant à double tour et en m’enchaînant deux fois !

Il ricana, mais sa blague n’eut pas l’effet escompté : sa fille l’observa avec une expression dépitée. Elle se retint de gratter sa cicatrice, qui la démangeait encore de temps en temps.

— Vous venez ici pour les courses de Kate ? devina Will, après avoir joué quelques minutes avec Abby, toujours assise à ses côtés dans le lit.
— Non, on vient dévaliser Gringotts.
— Clive – le petit-fils d’Ollivander – m’a préparé une nouvelle baguette magique, répondit Kate, plus réaliste.
— C’est possible ça ? demanda Will en fronçant des sourcils. Normalement, c’est la baguette qui choisit son sorcier.
— On verra bien si l’inverse est possible. Clive travaille sur cette hypothèse.
— J’espère que tu ne seras pas trop déçue si elle ne fonctionne pas.

La phrase de son oncle résonna longtemps dans l’esprit de Kate, jusqu’à ce qu’elle franchisse l’entrée de la boutique d’Ollivander, plus d’une heure plus tard.
Abby observa les alignements de boîtes élimées avec admiration ; Phil, avec nostalgie.

— Non, non, ne touche pas !

Le sorcier rattrapa in extremis sa fille benjamine qui s’apprêtait à attraper une baguette laissée en évidence.

— Tu es encore trop jeune pour ça ! Tu as encore… euh… huit ans à attendre.
— Mais je veux une baguette ! réclama Abby en langue des signes. Comme toi ! Comme Kate !
— Ce n’est pas un jouet, moujingue, lui expliqua son père avec patience, en accompagnant ses dires de gestes.
— J’y crois pas… t’as appris à dire moujingue en langue des signes ? releva Kate, amusée.
— La baguette est un trésor, poursuivit Phil, sans se laisser déconcentrer. C’est grâce à elle que l’on devient un vrai sorcier. Quand, un jour, le hibou de Poudlard viendra pour toi, on viendra chercher ta baguette ici. Je te le promets.

À moitié satisfaite de la réponse, Abby tira la moue avant que son père ne la prenne dans ses bras. Au même moment les rejoignit Clive :

— Salut Kate ! Pile à l’heure, à ce que je vois !
— Comme promis ! lui sourit-elle.
— Et vous devez être Mr Whisper !
— Quelle perspicacité. Enchanté, jeune homme.

Ils partagèrent une poignée de mains, avant que Phil ne laisse échapper une remarque assez bas, mais suffisamment fort pour que sa fille aînée la détecte.

— Tu as une préférence pour les intellos à lunettes, maintenant ?
— Papa, arrête ! le rabroua-t-elle en comprenant l’allusion.
— Je t’ai mis exprès ta baguette de côté ! s’exalta Clive, visiblement excité à l’idée de partager sa création avec sa cliente.

Il sortit du petit comptoir une boîte somme toute banale et ouvrit le couvercle. Puis, il écarta le tissu pour dévoiler la merveille dans son écrin blanc. Se dévoila alors aux yeux de Kate une magnifique baguette en bois rouge sombre, tirant presque sur le violet . Sa base était assez épaisse , presque arrondie, mais s’affinait jusqu’à son extrémité. Son manche était composé de torsades, qui se terminaient en ailes de papillon. La référence l’émut.
Phil lui-même entrouvrit les lèvres, épaté par ce travail d’orfèvre.

— Clive… ! Elle est… ! Elle est sublime !
— Attends, c’est toi qui as réalisé ça, gamin ?
— Papa, il a vingt ans !
— J’en ai dix-neuf.
— C’est la même chose, Clive ! J’essaie de te défendre !
— C’est du beau boulot, admit Phil, les coins de la bouche tirés vers le bas.
— Merci !

Puis, Clive en énonça les caractéristiques, pendant que Kate faisait danser ses doigts autour de l’objet, sans oser le toucher :

— C’est du bois d’amarante . Il est naturellement de cette couleur presque violette, il te correspond bien. J’ai espacé les interstices des morceaux qui la composent pour la rendre assez souple. Le poil de veau de lune est dedans. Elle mesure 32 cm.
— Comme la mienne !
— … J’ai presque eu peur que tu dises autre chose, papa !
— Heureusement qu’Abby est sourde. J’ai un peu honte de nos sorties en famille.
— Vas-y, essaie-la ! l’incita Clive.

Les doigts de Kate se refermèrent lentement sur le manche, dont elle analysa le papillon en bois, qui lui rappelait ceux qu’elle formait avec l’Immatériel, comme composés de fumée. Elle n’était pas aussi légère qu’elle le laissait penser. Clive observait cette première rencontre avec des yeux brillants, mais il tentait aussi de camoufler au possible son air soucieux. Lui et Kate s’accordait sur la même pensée : cela pouvait ne pas marcher.

— Lance un sort facile.
— Et évite de détruire la boutique cette fois ! trouva bon de préciser Phil , qui se souvenait de la première acquisition de Kate.

La jeune fille restait suspicieuse. La baguette magique ne lui renvoyait rien de spécial. Mais déterminée, elle la brandit et entonna un ferme :

Lumos !

Mais rien ne se produisit. Ni lumière ni explosion. La mine réjouie d’avance de Clive se décomposa graduellement.

— Réessaie. Parfois, ça ne fonctionne pas du premier coup, ça arrive.
Lumos !

De nouveau, la baguette refusa de réagir. Entre les doigts de Kate, elle était comme morte. Elle se rappelait que son ancienne baguette magique vibrait dans la pulpe de sa main, elle pouvait sentir ce petit battement, comme un cœur de bois. Cette constatation la dépita. Un nouvel espoir venait de se briser.

— Ce n’est pas grave, ma chérie, souffla Phil. On t’en trouvera une autre… N’est-ce pas, Olive ?
— O-oui…, bredouilla Clive, qui ne releva pas l’erreur dans son prénom. Il y en a plein d’autres.
— Non !

L’exclamation de Kate retentit dans la boutique déserte.

— C’est celle-là que je veux !
— C’est la baguette qui choisit son sorcier, pas l’inverse, lui rappela Phil.
— Écoute, je sais que c’est celle-là ! Je le sais ! Ce n’est pas possible autrement ! Elle a été créée pour moi !
— Kate…
— Je vais réessayer.

Mais cette fois, elle prit un autre angle d’attaque : elle laissa couler en elle l’Immatériel. Cela faisait habituellement défaillir son ancienne baguette, qui ne supportait pas ce flux puissant de magie. Mais cette baguette était différente… Et Kate le sentit aussitôt, quand l’Immatériel descendit de son bras jusqu’à ses doigts. Son cœur magique s’activa. Il était puissant, si profondément ancré dans le bois.
À cet instant précis, une lumière éblouissante jaillit de l’extrémité de la baguette. Tout son bois se mit à réagir, blanchissant jusqu’à prendre une teinte lilas. Le spectacle épata les quatre spectateurs : Abby elle-même ne parvenait à détacher les yeux du phénomène, impressionnée.
Quand la lumière décrut, un long silence y fit suite. Puis Phil lâcha un :

— C’était quoi ce bordel ?
— Kate, qu’est-ce que tu as fait ? l’interrogea Clive, stupéfait.

Mais la jeune fille était transie de joie, ramenant la baguette vers elle et commençant à sauter sur place, tournant sur elle-même avec des petites exclamations témoignant sa joie.

— J’ai réussi ! J’ai réussi ! J’ai ma baguette !

Elle se sentait revivre, elle se sentait de nouveau entière. Sans magie, elle avait perdue une part d’indépendance, une part d’elle-même. Tout ce qui faisait d’elle une sorcière. Désormais, elle pouvait retrouver ce sentiment d’autonomie. Phil et Clive la contemplèrent, tout autant touchés l’un que l’autre. Qu’elle était belle à ainsi manifester son bonheur.

— Je suis ravi qu’elle ait finalement marché, soupira Clive, qui referma la boîte vide.
— Tu l’as obligée à t’obéir ? demanda Phil, toujours suspicieux.
— En quelque sorte. En fait… elle catalyse l’Immatériel. L’autre n’y parvenait pas. Celle-là… c’est comme un filtre ! Elle est incroyable ! Elle me ressemble. Elle est endormie, mais quand je la réveille… elle est… waouh !
— Comme c’est un poil de veaudelune qu’elle renferme, peut-être aussi que sa puissance est dépendante des phases de la lune, supposa Clive. Tu me feras un retour. Je suis curieux de savoir.

Quand Phil sortit sa bourse de la poche de sa veste, Clive l’arrêta :

— Je l’offre.
— Quoi ? s’exclama Kate. Hors de question ! On va payer le prix ! Ça t’a demandé du temps et c’est de la bonne qualité.
— C’est toi qui m’as fourni le crin !
— Je veux te remercier !
— Tu le fais déjà en la prenant. Ca me comble plus que les gallions. C’est pour ça que je fais ce job. Et puis c’était une expérience ! Ce n’était pas dit que ça marcherait.
— On va payer, Clive !

Kate insista auprès de son père, qui soutint l’achat, déposant sept pièces d’or sur le comptoir. Clive soupira :

— Vous ne voulez vraiment pas…
— Ferme-la, Ollivander ! lui lança Kate, dans un sourire. Prends l’argent.

Clive n’eut pas d’autre choix que d’accepter. Ils discutèrent encore un peu et empêchèrent Abby de faire tomber la grande lampe à pied avant de quitter la boutique. Kate gardait les yeux rivés sur sa nouvelle possession alors qu’elle flânait sur le Chemin de Traverse avec son père.

— Bon. Celle-là, tu évites de la casser !
— Je n’ai pas cassé la première, lui rappela Kate, toujours un peu amère. Electra me l’a brisée.

La sorcière bleue avait brisé beaucoup de choses, pas seulement sa baguette : le cœur de Phil, la famille Whisper… Préférant ne pas se remémorer une fois encore cette nuit, Kate secoua la tête et rangea sa baguette dans sa poche. Mais cette dernière était plus lourde que d’habitude. Le bout de ces doigts tâtèrent la froideur du métal et elle en sortit un gallion, sous les yeux interdits de son père.

— Tu fais un tour de magie ? plaisanta-t-il.

Avec précipitation, Kate fourra sa main dans sa poche : elle devina alors la forme de six autres gallions. Un sourire s’étira sur son visage.

— Clive… tu es incorrigible !

 

*** *** ***


Le soir, Kate veilla dans sa chambre, au Chaudron Baveur. Désirant lui laisser son indépendance, son père avait pris une chambre à part avec sa sœur. Tard dans la soirée, Kate continuait de lire à la lumière de la bougie, allongée dans le lit. Elle avait emprunté l’un des ouvrages dans la grande bibliothèque de sa mère. Cela lui donnait l’impression de se rapprocher d’elle malgré son absence. Kate n’appréciait qu’à moitié certaines de ces histoires vieillottes, mais elles avaient l’avantage de lui faire penser à autre chose.
Quelqu’un frappa à la porte et la tête de Phil passa par l’embrasure.

— Salut, moujingue.
— Salut, papa.
— Bien installée ?
— Oh oui. Cette chambre est plus grande que celle que j’ai, je n’ai pas à me plaindre. Bon. Certes, peut-être plus poussiéreuse. Et ces lits doivent être plus vieux que toi.
— C’est le charme sorcier !
— Tu viens faire le couvre-feu ? nasilla-t-elle.
— Pas spécialement. Je pense que tu es assez vieille pour savoir toi-même quand te coucher !
— Abby va bien ?
— La citrouille dort à poings fermés. Cette journée a été épuisante pour elle. La vie n’est pas facile quand on est court sur pattes !

Kate lâcha un petit rire nerveux qui fit sourire son père. Mais ce dernier demeura là sans bouger. Sa fille se douta qu’il ne venait pas seulement lui souhaiter la bonne nuit. Phil sortit alors une enveloppe qu’il tenait entre l’index et le majeur, avant de la lui désigner.

— Tu as reçu ça ce matin, quand tu dormais encore. Et je pense que tu voulais attendre d’être seule pour l’ouvrir. Donc tiens.

Kate fronça les sourcils. De qui cela pouvait-il bien provenir ? Maggie ? Terry ? Peut-être Emeric. Mais elle ne s’attendait pas à voir le sceau de Poudlard à l’arrière de l’enveloppe. Ce n’était pas tout à fait l’époque des lettres de rentrée, qui arrivait généralement entre le 1er et le 15 août. Elle comprit quelques secondes plus tard, le cœur battant : les résultats des BUSES.

— Merci, papa.

Les doigts fébriles, elle la rabaissa sur ses jambes : Phil avait raison, c’était quelque chose qu’elle avait besoin de lire seule. Mais en relevant les yeux vers lui, elle remarqua alors qu’il portait son habituelle veste en cuir. Ce qui n’était pas tant approprié pour l’heure.

— Tu sors ?
— Juste un peu.
— Tu vas voir maman ?

La question était sortie si naturellement que Phil ne put pas même esquisser de surprise.

— On ne peut rien te cacher.
— Ne lui fais pas peur…
— Je vais juste vérifier que tout va bien. Je ne sais pas si…

Il dut s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’achever sa phrase.

— Je ne sais pas si j’aurai le courage de lui parler. Je me contenterai de regarder de loin…
— C’est glauque. T’as pas l’impression de la stalker ?
— Je… je fais ce que je peux !

Le sujet semblait sensible. Aussi, Kate ne le prolongea pas plus longtemps :

— Allez, briseur de cœurs ! Va retrouver maman !

Cela le fit sourire. Il se pencha alors au-dessus d’elle et déposa un baiser sur son front.

— Tu me diras demain matin pour tes résultats de BUSES, lui lança-t-il en s’éloignant du lit, pointant un doigt vers elle, le regard légèrement baissé pour lui donner de l’intensité.
— Promis, papa. Tu le sauras. Si tu reviens et que l’auberge a explosé, c’est que j’ai été recalée ! Allez, ne traîne pas ! Sinon, maman sera déjà couchée !

Phil fila à la vitesse de l’éclair après avoir adressé un dernier signe de la main à sa fille aînée. Cette dernière soupira en étant de nouveau seule, le livre ouvert, à l’envers sur le lit. Et sur ses cuisses, la lettre des BUSES. Quelques minutes lui furent nécessaires pour se donner le courage de casser le cachet de cire violet et de déplier le parchemin.

 


BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ELEMENTAIRE

Le candidat est admis s’il obtient l’une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)

Le candidat est recalé s’il obtient l’une des notes suivantes :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)

KATELYNA JOANNA WHISPER

Astronomie………………………………………E
Soins aux créatures magiques……………………O
Sortilèges…………………………………………A
Défenses contre les forces du mal………………O
Botanique…………………………………………E
Divination…………………………………………E
Histoire de la magie………………………………A
Potions……………………………………………E
Métamorphose……………………………………E
Arts et magie………………………………………E



Kate soupira de soulagement face à ces résultats. Elle n’avait été recalée dans aucune matière et s’en sortait de façon plutôt remarquable. Malgré sa réputation de bonne élève, elle doutait toujours de ses notes. Elle regretta peut-être ce A en sortilèges, qui s’expliquait par l’épreuve pratique assez limite qu’elle avait réussi à compenser avec ses connaissances en matières de formules magiques. Elle s’enchanta à moitié de ce petit E en métamorphose : Wolffhart allait sûrement la rabrouer de ne pas avoir eu un Optimal. Mais Kate avait le principal : des Optimaux en soins en créatures magiques et en défenses contre les forces du mal, ce qui lui offrait entièrement l’accès à l’orientation qu’elle souhaitait.
Projetant sa prochaine année, Kate savait que certaines spécialisations de matières lui seraient refusées, comme en potions, mais elle ne regretta pas vraiment ces portes fermées. Elle ne pouvait pas tout faire à la fois.
Ce qui l’étonnait le plus restait cet Effort Exceptionnel en Divination. Elle pouvait alors poursuivre cette matière l’année suivante, ce qui ne la ravissait pas tant. Subir Trelawney en petit groupe allait être une torture pire encore qu’à l’habitude.
Sur ces bonnes pensées, Kate éteignit la bougie et s’allongea sur son lit, reposant la lettre sur la table de chevet. Elle ne s’enroula pas dans les draps ; il faisait bien trop chaud. Alors elle s’endormit, bercée par les bruits d’un Londres nocturne qu’elle entendait par la fenêtre ouverte, songeant que quelque part, dans un quartier plus lointain, ses parents allaient peut-être se retrouver.

 

*** *** ***


Le lendemain matin, Kate sourit en descendant à la salle principale du Chaudron Baveur. Derrière le comptoir, Hannah portait dans ses bras Abby, qui touillait avec application dans le chaudron de beans à l’aide d’une cuiller en bois.

— Ta sœur est vraiment adorable, Kate ! lui fit remarquer la jeune femme.
— Elle a ses moments, nuança-t-elle.
— En tout cas, elle n’a pas peur des inconnus.
— Elle n’a peur de rien. C’est un peu le souci !
— Bonjour, miss Whisper.

Neville rejoignit le comptoir après avoir déchargé le fût de Biéraubeurre qu’il venait de faire léviter jusqu’en arrière-boutique.

— Bonjour, professeur !
— Je vous ai déjà dit de m’appeler par mon prénom, ici. Ça ne me dérange pas.
— Bonjour, Neville !
— Regarde, j’ai une aide cuisinière ! s’exclama Hannah pour attirer son attention. N’est-elle pas mignonne ?
— Tout à fait.
— On pourrait en avoir une ? D’aide cuisinière ?
— Euh. Tu veux quoi, que j’engage un elfe de maison ?
— Mais non, espèce d’idiot ! Tu sais très bien ce que je veux dire.

Mais Neville restait toujours aussi perplexe.

— Tu sais, ce que Harry vient bientôt avoir.
— Euh. Une promotion ?
— Je vais affiner ma devinette. Ce que Harry et Ginny vont bientôt avoir.

Aussitôt, le visage de Neville se mit à rougir si fort que cela fit rire Abby, qui ne saisissait rien de la conversation. Ce fut cependant au tour de Kate de ne pas comprendre.

— Qu’est-ce qu’ils vont avoir ?
— Tu n’es pas au courant ? Ginny est enceinte !
— Quoi ?
— On l’a su il y a quelques semaines, c’était tout nouveau ! Un premier bébé dans le groupe ! Ça va être quelque chose… ! Le célèbre Harry Potter va devenir papa.

La nouvelle fit sourire Kate. Les générations se renouvelaient. La guerre était maintenant bien derrière eux et les anciens héros pouvaient prétendre à la paix, à une vie de famille.

— Tiens, je te la rends ! dit Hannah en reposant Abby au sol, qui trotta pour sortir de derrière le comptoir. Je te sers quelque chose pour le petit-déjeuner ?
— Un thé et une assiette, comme d’habitude.
— Parfait, je te prépare ça !

En s’éloignant, tenant Abby par la main, Kate ne put s’empêcher de tendre l’oreille pour écouter la discussion qui se poursuivait au comptoir.
— Tu n’étais pas obligée de faire ce genre d’allusion devant l’une de mes élèves… !
— Oui, mais sinon, tu ne réagis pas !
— Je n’arrive déjà pas à me gérer moi-même, me répète ma grand-mère . Comment tu veux que je m’occupe d’un enfant ?
— Tu es professeur, il me semble !

Kate et Abby rejoignirent leur père, assis à la table près d’une fenêtre. Phil était occupé à parcourir les grands titres de la Gazette.

— Alors, tes résultats ? lui demanda-t-il, sans lui jeter un regard ni même un bonjour.

À son air morose, Kate devina que sa sortie de la veille n’avait pas dû se dérouler selon les meilleurs espoirs de Phil.

— J’ai tout validé ! annonça-t-elle en s’asseyant, portant Abby sur ses genoux.
— Bravo, moujingue !
— Avec deux Optimaux. En défenses contre les forces du mal et en soins aux créatures magiques.
— La digne fille de son père, ça !
— Tu l’as dit !

Elle attendit qu’Hannah la serve pour ouvrir la conversation délicate avec son père.

— Alors ? Comment ça s’est passé ?

En même temps, elle confia sa fourchette à sa petite sœur, qui adorait à chaque fois crever le jaune de l’œuf au plat.

— Je l’ai vue.
— Elle va bien ?
— Ca a l’air d’aller.
— Tu lui as parlé ?
— Oui.
— Et alors ?
— J’étais déguisé. Ce fut fugace…

Kate soupira mais ne lui en voulut pas.

— C’est pas grave…
— Je n’ai pas eu le courage. Quelle connerie ! Je chasse des créatures mille fois plus dangereuses, mais quand il s’agit d’aller parler à ta mère que je connais depuis vingt ans, je suis pas foutu d’y parvenir !
— Ça viendra, papa. Tu es nerveux, c’est normal.

Mais Phil grommela, peu convaincu, puis avala une autre gorge de thé.

— Et sinon, c’est quoi ton programme du jour ?
— Je pense que je vais aller voir Terry. Je lui ai promis de passer.
— Ne reviens pas trop tard. Nous devons être rentrés ce soir.

En réalité, Kate cacha la moitié de la vérité à son père. Elle se rendit en effet chez Terry, sur Irving Street, mais avec une autre idée derrière la tête…
Kate grimpa au cinquième étage de l’immeuble, après avoir franchi la rampe magique qui fit apparaître le dernier escalier, et frappa à la porte. Son meilleur ami lui ouvrit avec un air plus réservé que d’habitude.

— Salut, Kate.
— Tu es prêt ? lui lança-t-elle.

Il se contenta de hocher la tête, enfila ses chaussures et ferma la porte pour descendre avec elle. Ils furent silencieux sur leurs premiers mètres sur Irving Street.

— Alors ? demanda Terry, les poings enfoncés dans les poches, alors qu’ils venaient de rejeter un marchand ambulant qui cherchait à vendre les figurines de Big Ben aux touristes moldus. Tu as eu tes résultats de BUSES ?
— Oh, oui ! sourit Kate, en haussant les épaules. J’ai tout validé !
— Bravo ! Félicitations ! Tu dois être enchantée !
— Et toi ?
— Oh…

Il tira la moue et Kate devina que son meilleur ami n’avait pas aussi brillé qu’elle aux examens. Terry avait toujours été un étudiant assidu, mais qui manquait parfois de compétences scolaires. Comme il se plaisait à le rappeler à ses amis quand ces derniers soulignaient ses résultats moyens, Terry rétorquait toujours avec le sourire qu’il était une personne qui pensait plus avec le cœur qu’avec la tête.

— Je n’en ai eu que quatre.
— C’est déjà bien ! Dans quelles matières ?
— J’ai validé Sortilèges, Défenses contre les Forces du mal et Histoire de la Magie. Puis l’option de Juridiction sorcière.

Un sourire s’étira sur ses lèvres.

— J’ai eu un Effort Exceptionnel dans cette matière !
— Mais quand tout le monde te dit que tu es bon là-dedans ! Même les examinateurs le disent ! En plus, ça te passionne.
— On verra bien. Ça risque de se compliquer pour cette année. Puis pour les ASPICS, je ne te raconte pas !
— Wolffhart risque de te mettre la pression.
— Ça serait plutôt une bonne nouvelle. Ca signifierait qu’il croit en mes capacités.
— Exactement !

Kate manqua de se prendre les pieds dans un trottoir et aurait trébuché si Terry n’avait pas anticipé pour la rattraper par le bras.

— Et Maggie ? reprit-elle. Tu as eu des nouvelles ?
— Pas encore, soupira Terry, le regard fixe vers le bout du grand boulevard.
— Ca s’est bien passé, chez toi ?
— Très bien.
— Alors pourquoi tu tires cette tête ?

Terry grimaça et profita de l’arrêt à un passage piéton pour réfléchir aux mots à employer.

— Cela fait un an et demi qu’on sort ensemble, expliqua-t-il alors qu’ils traversaient. On a vécu beaucoup de choses ensemble et ça se passe très bien.
— Mais ? devina Kate.
— Mais elle n’a toujours rien dit à ses parents.
— Et ça t’inquiète ?
— J’ai l’impression qu’elle n’assume pas notre relation jusqu’au bout. Quoi, elle en a honte ?
— Tu connais ses parents. S’ils apprennent que vous sortez ensemble, ils penseront peut-être que tu le fais pour t’accaparer leur fortune, toi, « le petit roturier londonien » ! Ils pourraient engager un sorcier mercenaire pour te mettre hors d’état de nuire, peut-être !

En remarquant que Terry pâlissait, Kate chercha à se rattraper :

— C’est une plaisanterie, hein !

— Non, justement, ça serait terriblement plausible !

Il ricana quelques secondes pour se détendre.

— Mais plus le temps passe, plus je me dis que ça sera difficile à la fois de leur dire et de leur cacher.
— Ça se fera petit à petit. On ne peut pas savoir comment ses parents réagiront…
— Ça ne sera pas si catastrophique, si ?

La non-réponse de Kate ne le rassura pas. Elle apporta une remarque une bonne minute plus tard.

— Je comprends que cela te dérange et te travaille, Terry. Mais je suis d’accord avec Maggie. Je connais aussi les Dawkins. Ça risquerait de leur faire un choc. Tiens, nous sommes arrivés.

Elle désigna la vieille cabine téléphonique rouge puis en ouvrit la porte.

— Les dames d’abord, s’inclina-t-elle en invitant Terry à entrer.
— Oh, avec plaisir ! gloussa ce dernier avec une voix de fausset.

Ils en rirent encore quand l’ascenseur magique descendit une fois que Terry eut tourné le code d’accès sur le combiné rotatoire. Le Ministère de la Magie éveillait des sentiments contradictoires en Kate. Car en ces lieux s’étaient déroulés des événements très heureux, comme l’ouverture de Papillombre, mais aussi d’autres, plus regrettables, comme le procès de Phil. Les deux amis passèrent pour faire analyser leur baguette. Kate en profita pour présenter sa nouvelle possession à son meilleur ami qui dut s’avouer impressionné. Le nouveau gardien semblait connaître Terry et les deux hommes discutèrent quelques minutes pendant que Kate se questionnait quant aux instants qui allaient suivre.
Puis, ils empruntèrent le second ascenseur en veillant à ce que celui-ci soit vide.

— Étage -1, demanda Kate d’une voix déterminée.

Et aussitôt, un bouton supplémentaire germa sur le tableau, sur lequel la jeune fille appuya.

— Je n’y suis jamais allé, marmonna Terry.
— Il faut bien une première fois à tout.

Puis, elle se tourna vers lui et ils partagèrent un regard amusé.

— Merci de m’accompagner, en tout cas.
— C’est normal. Tu avais besoin du code. Et puis, si je peux t’aider d’une manière ou d’une autre à obtenir des réponses… Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que tu prévois de faire, mais si c’est ta décision et que tu es sûre de cela, je ferai de mon possible pour te soutenir. Et puis… il fait quand même beaucoup plus frais ici.
— Niveau -1, archives des infrastructures magiques nationales, annonça la voix féminine de l’ascenseur magique.
— Allons-y.

Ils se donnèrent du courage avant de parcourir le couloir sombre qui menait jusqu’à la pièce d’accueil du Ministère. Kate la reconnut immédiatement, avec son guéridon rangé de façon presque maniaque, les quelques rayonnages de bibliothèque et la fameuse bicyclette magique qui permettait de parcourir les archives.

— Je ne m’attendais pas à ta visite.

Ulysse Fawley, assis sur son gros fauteuil rouge, les jambes croisées, referma d’un vif geste sa Gazette du Sorcier. Depuis les révélations d’Orpheus sur l’île au phare, Kate ne considérait plus le sorcier de la même manière. Au-delà du junkie marginal aux goûts prononcés pour la fête, fils indigne d’une grande famille de Sang-Pur, elle voyait désormais le héros qui avait sauvé la vie du frère qu’il avait tant haï au prix de sa jambe. Kate observait là un homme blessé, au cœur meurtri, seul. Mais elle n’avait pas pitié de lui : il méritait quelque part un tel jugement.

— Mister Fawley, le salua-t-elle avec un air neutre.
— Et tu n’es pas venue seule, fit-il remarquer en pliant son journal.
— Mister, annona Terry à son tour.
— C’est toi, le fameux Terry Diggle.
— Vous me connaissez ?

Ulysse haussa les épaules, faisant rebondir ses boucles brunes.

— Il suffit d’être perspicace. Ton nom a été mentionné à plusieurs reprises, aux côtés de cette gamine. Je suppose donc que tu es le célèbre ami de Poufsouffle de la petite sorcière la plus célèbre de Grande-Bretagne.

Ses flatteries ne firent pas réagir Kate. Les fourbes compliments des Fawley ne pouvaient désormais plus l’atteindre. Face à cet air impassible, Ulysse se leva dans un effort plus important qu’à la normale, s’appuyant sur les accoudoirs, attrapa sa canne et les contourna en boitant.

— Que viens-tu quémander en ce jour, miss Whisper ? devina-t-il, d’une forte voix, en leur tournant le dos.

Il lâcha sa gazette qui partit d’elle-même se ranger dans un tiroir.

— Des informations. Concernant Electra Byrne.

Un rictus amusé s’étira sur les lèvres d’Ulysse Fawley. Il se retourna vers eux et secoua la tête.

— Ta mémoire déraille à ce point ? Mon propre frère m’a subtilisé toutes les informations la concernant, il y a quatre ans de cela. Il m’a dupé. Pour ne pas changer.
— Je ne cherche pas vraiment à savoir qui elle était, mais où elle est.
— Hé. Je ne suis pas devin.
— Vous archivez très certainement des gazettes, des journaux avec des articles la concernant. Elle reste une sorcière très recherchée… Ou même des rapports d’Aurors !

Cette fois, Ulysse s’accorda un temps de réflexion.

— Pourquoi tu voudrais la trouver ? Que je sache, c’est toi qu’elle cherche et qu’elle désire éliminer…
— Elle doit répondre de ce qu’elle a fait.
— Oh. Tu te découvres l’âme d’une justicière maintenant ?
— Electra a brisé ma famille. Elle a condamné mon père, elle m’a volé ma mère. Elle mérite de payer pour ce qu’elle a fait !

Derrière elle, Terry ne réagissait pas, se contentant de l’écouter, sans pour autant supporter ses paroles.

— Et toi ? rebondit Ulysse, l’air rusé. Tu as de quoi me payer ?

Les larmes de vélane, voilà tout ce que ce drogué désirait…

— Je n’ai rien, admit Kate. Mais c’est tout autant votre combat que le mien.
— Je ne vois pas en quoi.

Ulysse s’était retourné, l’expression plus sombre, les deux mains liées sur le pommeau de sa canne devant lui.

— Electra veut aussi se venger de votre frère, qui l’a trahie. Elle veut s’en prendre à Mélody. Et à votre fils.

Cette explication sembla le rendre plus amer encore :

— Comment sais-tu cela ? susurra-t-il.

Mais Kate n’apporta pas d’explication supplémentaire. D’une colère subite, Ulysse frappa le sol de sa canne et cria :

— Réponds-moi !
— Ne lui parlez pas comme ça ! intervint Terry qui avança d’un pas, la carrure imposante, prêt à s’interposer.
— Votre frère est un grand bavard, l’éclaira Kate avec un sourire victorieux. Il m’a tout raconté à votre propos…
— Et t’a-t-il dit qu’il m’avait trahi ? Qu’il avait volé la femme de ma vie et qu’il l’avait convaincue de me fuir pour une unique bévue ? Elle m’a abandonné ! Et elle a donné naissance à ce petit bâtard de métamorphomage !
— Êtes-vous allée la voir quand elle est revenue ici ? Avez-vous rencontré son fils ? Non ! C’est vous qui l’avez abandonnée ! Et maintenant qu’elle est en danger, la seule chose dont vous vous préoccupez, c’est votre petit cul blanc de Fawley bien loti et de vos rancunes contre votre frère, qui datent de plusieurs années !
— Comment oses-tu me parler de la sorte ?

Ulysse dégaina alors sa baguette magique qu’il braqua sur Kate ; sans réfléchir plus longtemps, Terry se plaça devant elle pour la protéger, mais aucun d’eux n’avait de baguette puisqu’ils les avaient confiées au poste du gardien.

— Tu es bien insolente pour te pointer ici avec ton ami, en réclamant des informations sans dû et en venant déballer cela ! Comment peux-tu…

Sa parole se coupa net, comme s’il était étranglé. Puis, sa baguette échappa au contrôle de ses doigts. Terry entrouvrit les lèvres de stupeur, s’inquiétant du phénomène. Pourtant, le sorcier continuait de respirer et semblait ne pas en souffrir. Il était seulement incapable de bouger ou de parler. Alors, le jeune homme se retourna vers Kate, ses yeux gris fixés sur Fawley, la main levée vers lui. Et il comprit alors qu’elle exerçait sur lui son terrible Immatériel… L’Allégeance.

— Je n’ai pas à répondre de vos propres conneries, mister Fawley, rétorqua Kate, sinistre. Je suis là pour récupérer des informations sur Electra Byrne et je les obtiendrai. D’une manière ou d’une autre. Même sans votre satanée drogue…
— Kate…, s’étrangla Terry, anxieux. Tu ne devrais pas…
— Quoi, Terry ? se haussa-t-elle. Tu vas me dire que tu soutiens les méthodes de ce junkie ? Qui soutire des choses comme ça à une sorcière mineure ? Alors qu’elle cherche juste à réunir sa famille ?
— Pas par ce moyen, chercha-t-il à la raisonner.
— C’est ce que l’on verra.

Puis, elle redonna la parole à Ulysse, toujours assujetti par l’Immatériel.

— Que savez-vous sur Electra Byrne ? Où est-ce qu’elle est ?
— Je ne sais pas !
— Vous mentez.

Cette fois, elle lui fit lâcher sa canne. Le visage d’Ulysse se mit à rougir et à se crisper à cause de la douleur grandissante. Sa jambe invalide flageolait, le torturait, mais Kate l’obligeait à rester debout.

— Je répète : que savez-vous sur Electra Byrne et où est-ce qu’elle est ?
— Je ne sais pas ! Je te le jure, je ne sais pas !
— Je vois…
— Kate ! Arrête !

Mais les paroles de Terry lui traversèrent l’esprit sans y avoir de répercussion. Ouvrant la large porte qui donnait sur les archives, Kate ordonna sans parole à Fawley d’y marcher. Il menaça de trébucher, mais Kate l’obligeait à se maintenir sur cette jambe meurtrie. Une véritable torture.
Elle le mit dos à l’immense pièce magique, sans sol ni plafond. Puis le fit reculer d’un pas. Et Ulysse ne pouvait pas savoir quand le vide arriverait.

— Que savez-vous sur Electra ?
— Je ne sais rien ! commença à hurler Ulysse.

Un pas en arrière.

— Où est-elle cachée ?
— Je te l’ai dit ! Je ne sais pas !

Un deuxième.

— Vous, les Fawley, vous n’êtes que des lâches…
— C’est de la folie ! s’était mis à crier Ulysse, terrifié à l’idée d’être précipité dans le vide, le cœur battant et les yeux humides, de peur et de souffrance.

Terry était tétanisé face à cette personne qui n’était que le reflet de sa meilleure amie. Dans son regard brillait une cruauté qu’elle s’apprêtait à accomplir. Elle était capable de tout pour atteindre son but…

— Tu… tu me fais mal !
— Et que pensez-vous qu’elle m’ait fait, Electra Byrne, hein ? J’ai souffert bien plus… Mon corps n’est plus le mien ! Il est écorché ! Ma sœur n’a plus de mère ! Elle a tout pris à mon père ! Elle me fait passer pour responsable ! Et en me cachant la vérité, vous vous rendez complice de tout cela !
— Mais je t’ ai dit que je n’en savais rien !
— Menteur ! Menteur !

Un autre pas en arrière : cette fois, Ulysse devina que le talon ne reposait qu’à moitié sur le sol.

— Pitié, reviens à la raison, la supplia-t-il.
— C’est votre dernière chance, Fawley. Où est Electra Byrne ?
— Je ne sais pas ! Je te l’ai dit, je ne sais pas ! Par pitié ! Libére-moi ! Je ferai ce que tu voudras, je te donnerai ce que tu désireras.

Il y eut un instant de flottement. Puis le haussement d’épaule de Kate.

— Dommage.
— Miss Whisper… ! Non !
— Somnubilia !

Les paupières de Kate s’alourdirent soudainement et la jeune fille tomba de sommeil. Terry la rattrapa à temps, lâchant la baguette d’Ulysse qu’il avait utilisé au prix de cloques sur sa paume droite. Un phénomène courant quand un sorcier cherchait à forcer une baguette qui n’était pas la sienne à lui obéir. Ulysse, libéré de l’Allégeance, bondit en avant pour s’éloigner du vide et tomba à terre, sa jambe estropiée secouée par des tremblements dolents. Le sorcier, en état de choc et de colère profonde, leva la tête vers Terry, qui affronta son regard sans se défiler.

— Partez. Et ne revenez plus jamais… Vous n’êtes plus les bienvenus ici.

Sans un mot, Terry hocha la tête et porta son amie dans ses bras pour l’emmener à l’extérieur. Il la déposa dans le couloir en marbre bleu sombre, devant la cage d’ascenseur légèrement éclairée pour attendre qu’elle se réveille. Ce qu’elle fit quelques minutes plus tard.

— Kate…

Il caressa son bras tandis qu’elle plissait les yeux, comme se réveillant avec un énorme mal de crâne. Puis, elle ouvrit lentement les paupières. Terry préféra ne pas la brusquer.

— Ça va ?

Elle hocha la tête sans un mot.

— Tu te souviens de ce qu’il s’est passé, lui murmura-t-il.

De nouveau, elle opina lentement du chef en silence, sans une expression. Mais quand elle prononça ses premiers mots, il trouva sa voix tremblante. Presqu’apeurée.

— Tu sais, Terry… Je crois que…

Elle formula sa phrase dans sa tête avant de la prononcer, les larmes aux yeux. Cela lui faisait mal de l’admettre…

— Je crois qu’Electra est en train de faire de moi le monstre qu’elle a toujours rêvé de traquer…

Note de fin de chapitre :

VOILAAAAAAAAAAAAAA. C'était pas palpitant, mais ça annonce la couleur !

Bon. Ptet que vous commencez à comprendre POURQUOI j'idôlatre la Kate de la partie VI. Certes, il lui arrive plein de merde, mais elle devient super combattive. Avec ce désir de vengeance, MAMA. La Sorcière Bleue n'a plus qu'à bien planquer son cul, sinon, elle va prendre cher ! Maaaaaais, partie VI.

ENFIN. Ce chapitre est surtout là pour faire l'ouverture sur l'histoire parallèle de cette partie... j'ai nommé... (prends sa respiration) Tua pulchra facies me fay planszer milies (reprend sa respiration). Alias TPF. Qui sera l'histoire parallèle de Phil et Grace. Coeur coeur sur eux, voilààà. Je commence à poster dès aujourd'hui ! ;) Comme pour SPAIR, ça sera un chapitre de LMA et un chapitre de TPF en alterné.

OUI ET DONC. Si j'étais méga occupée ces deux derniers mois c'est que... CA Y EST ! Mes livres sont sortis ! WOUH ! Ils sont beaux et très sexys ! Les ventes vont bientôt rouvrir sur le site officiel de la saga (juste le temps que je termine tous les colis Ulule). Faudra un peu se ruer dessus, car je suis déjà presque en rupture de stock... ! (mais il y aura de futurs autres tirages ;) ) Vous pouvez lire le compte-rendu d'Audrey sur le Salon des Rencontres Chimériques et la soirée de lancement de mon roman, sur le blog de la Tasse Ebréchée

Vous aurez l'occasion de me voir à pleeeeeeeeeein d'autres salons sur fin 2017, je vous donnerai les dates en temps voulu. J'essaie de ramener Emi à l'un d'entre eux, si certains veulent des affiches de LMA dédicacées ! ;) 

SUR CE, je retourne à mon prochaine chapitre ! Et à mes colis ! MERCIIIIII !!

 

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