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News

Grand Ménage des Résumés


Chers autrices et auteurs d’HPFanfic,


Depuis quelques semaines, l’équipe a débuté le Grand Ménage des Résumés. Nous passons en revue les résumés de l’ensemble des fanfictions publiées sur le site afin de contrôler le respect du règlement.


Pour rappel, le nombre de catégories mentionnées est de 3 maximum, le nombre de personnages de 4 maxi, et la taille des illustrations est de 500px largeur sur 250px hauteur maxi. Nous vérifions aussi les crédits de ces dernières.


Ainsi, nous vous convions à vérifier vos résumés afin de corriger les éventuelles entorses, mises en évidence par nos mentions. « L’Edit » de la modération peut être supprimé une fois le problème résolu. Pour toute question, vous pouvez contacter Chalusse sur le forum, Schtroumpfette qui assure le suivi de ce projet ; ou bien l’équipe par mail à cette adresse : moderation[ at ]hpfanfiction[ . ]org.


À très vite !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 13/11/2019 21:04


95ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 95e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 23 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


De L'équipe des Nuits le 10/11/2019 16:17


Sélections du mois


 

Félicitations à Zakath Nath et Yuro qui remportent la sélection sur Rubeus Hagrid ! Leurs fanfictions recevront une vignette avec notre garde-chasse préféré.

 

Des sapins, des guirlandes et des cadeaux ! En décembre, nous aurons une sélection sur Noël. Venez proposer vos fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant  ici ou bien en répondant à cette news.

 

Enfin, durant le mois de novembre suivez les sentiers obscurs de la magie noire avec notre sélection sur les Horcruxes ! Reviewez et votez pour vos favoris ici.

 

Bonne lecture à tous !


De L'Équipe des Podiums le 07/11/2019 21:46



Ça bouge dans la modé !!!


Suite à la campagne de recrutement du mois de septembre, votre équipe de modération est ravie de vous annoncer l’arrivée de deux nouvelles recrues. Chalusse pour un CDD et LookCatMe pour un CDI.
Bienvenue à elles dans nos rangs !

Nous n’oublions pas Omicronn, qui a réintégré la modération pour notre plus grand plaisir.

Et comme elle ne serait rien sans une cheffe, l’équipe est très heureuse de procéder à la réélection de Caroliloonette !

Félicitations à elles !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 27/10/2019 17:14


14ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 14e édition des Nuits Insolites se déroulera le VENDREDI 1er NOVEMBRE à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L' équipe des Nuits le 25/10/2019 23:49



À voter !

Le froid s'installe peu à peu et rien de tel qu'une petite fanfiction au coin du feu pour se réchauffer, non ? Venez donc choisir le prochain thème des Sélections pour le mois de décembre parmi : Mental Disorders, Nostalgie/Souvenir, Scorpius Malefoy eeeeeeet Noël !

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 31 octobre 2019, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 19/10/2019 10:36


Estuant interius ira vehementi par Ielenna

[13 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Super, tu viens ici pour une dépression ? Je préviens, c'est aller simple.

... 

...

Ok, j'avais prévenu ! :D

Plus le van se rapprochait du tunnel sous la Manche, plus Amy plongeait dans sa maladie. Les conditions de voyage n’avaient rien arrangé à son état. Si bien qu’un matin, alors qu’Amy peinait à respirer au réveil, recroquevillée dans ses couvertures à l’arrière du van, Emeric décida de prendre les choses en main.
Il rejoignit son père, qui agitait sa baguette magique au-dessus de la carte routière, s’aidant des panneaux de direction face à lui.

— Papa ! On ne peut plus continuer !
— Qu’est-ce qu’il y a, Emeric ?
— On ne peut pas laisser maman dans cet état ! On doit rentrer !

Eugene jeta un regard soucieux vers le van ; il préférait ne pas manifester son inquiétude aux yeux de son fils. Mais l’état de sa femme le peinait tout autant.

— Je sais mais… nous devons partir. Peut-être que demain, les passages seront fermés ! Qui sait de quoi sera fait la semaine ? Emeric, nous sommes en guerre.
— Je sais que vous faites ça pour moi ! Mais c’est hors de question que l’on continue ! Pour maman ! Elle a besoin de soins urgents ! On a besoin d’aide !
— Et tu penses que rentrer arrangera les choses ?

Alertées par les haussements de ton de la conversation, Meg sortit du van et les rejoignit pour apaiser les tensions.

— On peut monter à Londres ! soutint Emeric. À Ste Mangouste, ils la prendront en charge.

Eugene laissa échapper un ricanement ironique qui ne laissait pas présager la meilleure issue :

— Ils la refuseront. Les Mangemorts contrôlent l’endroit. Ils emmènent tous les Nés-Moldus qui s’y présentent. Alors une Cracmolle ? Ils la refuseront.
— Qu’est-ce que tu en sais ? On n’a pas essayé ! Et de toute façon, les Mangemorts s’en prennent aux Nés-Moldus, pas aux Cracmols ! Je m’en voudrais si on ne tente pas ! Pas toi ?

Cette question retournée troubla Eugene. Meg, les bras croisés, ses cheveux courts malmenés par le vent d’hiver, s’immisça dans leur débat :

— Emeric a raison. Tant qu’on n’essaie pas… Peut-être qu’ils nous mettront à la porte. Mais on ne peut pas laisser Amy comme ça. Elle souffre beaucoup, Eugene…

Sa voix se fit plus douce.

— Je sais que tu fais ça pour Emeric. Et parce que c’est ce qu’aurait voulu Amy. Mais on ne peut plus continuer. Elle ne tiendra pas jusqu’en France.

Elle tentait de le raisonner, pendant qu’Eugene, les bras croisés, résistait à contrecœur.

— Tu aimes cette femme. Tu ne peux pas la laisser mourir sans ciller ! Elle a besoin de toi. À quoi bon traverser la frontière si nous ne sommes pas tous ensemble ? Tu te vois continuer sans elle ?

Le sorcier finit par céder et sembla tout à coup se précipiter :

— V-vous avez raison… ! Vite ! Ne perdons pas de temps !

Ils coururent tous les trois jusqu’au van. Emeric sauta sur la banquette arrière et attacha la ceinture de sécurité autour de sa mère souffrante, pendant que les adultes, devant, parlaient avec une voix forte pour retrouver leur direction.

— Eme-Emeric… siffla Amy. Qu’est-ce… qu’est-ce qu’il se passe ?
— On va te sauver, maman !
— Par-là ! Prends par-là !

Meg fit démarrer l’engin avec un grand coup d’accélérateur, qui provoqua une grande secousse chez les passagers. Amy commença à paniquer, les lunettes de travers sur son nez.

— Où allez-vous ? P-… keuf ! Pourquoi vous faites… demi-tour ?!
— Ne discute pas, Amy ! lui ordonna Meg, qui ne respectait plus les limitations de vitesse.

Enhardie d’une nouvelle force, elle se pencha en avant en s’agrippant à l’appui-tête du conducteur.

— Faites demi-tour… tout de suite !
— C’est hors de question !
— Chérie, intervint Eugene, à la fois ferme et conciliant, laisse-nous faire !
— On doit aller en France ! Arrêtez ça ! Faites demi-tour !

Sa voix était partie dans les aigus et dénonçait les larmes de rage qui commençaient à couler dans sa gorge. Emeric attrapa les épaules de sa mère, la força à se ramener vers la banquette et l’étreignit. Il lui fit comprendre par-là que sa vie à elle était bien plus importante que l’avenir qu’il pourrait avoir au sein de cette guerre. Et Amy, en pleurs, ne sut si elle serait en mesure d’accepter cette décision.

*** *** ***


— Là ! C’est là !

D’un coup sec, Meg tira sur le frein à main et le van pila au milieu de la ruelle londonienne. Eugene bondit hors du véhicule et ouvrit la porte arrière pour détacher sa femme et la porter, à la force de ses bras, jusqu’à la vitrine d’une boutique abandonnée. Emeric les rejoignit pendant que Meg restait au poste de conduite, les suivant du regard.

— Je viens pour une urgence, articula Eugene, en direction des vieux mannequins poussiéreux, parqués derrière le vitrage crasseux. Amelia Colfer-Beckett.

Emeric aperçut alors le mannequin le plus aux devants se pencher vers eux, animé par magie. Il leva son bras et agita son index rigide dans un signe négatif.

— Quoi ? s’étrangla le garçon. Ils… ils refusent qu’on entre ?

Bien décidé à se faire entendre, Eugene déposa Amy contre la vitrine et dégaina sa baguette magique, sous le regard anxieux de son fils, qui n’était pas à l’aise à l’idée qu’un Moldu de passage ne les surprenne.

— Je vous jure, au nom de Merlin, que si vous ne nous faites pas entrer, j’explose votre entrée ! susurra Eugene, la baguette braquée vers les mannequins.

La menace de son père fit trembler Emeric, qui guettait cependant la réaction des grandes poupées articulées avec espoir. Après de longues secondes, le mannequin se pencha de nouveau et, face à la colère de cet homme, répondit cette fois en ramenant son index vers son poing, comme leur faisant signe d’avancer.
Sans réfléchir plus longtemps, Eugene rangea sa baguette, reprit Amy dans ses bras et lança à son fils :

— Suis-moi ! Et ne t’éloigne pas de moi ! Compris ?

Sur ces mots, il franchit la barrière magique, talonné par Emeric, le cœur battant.
Ils parvinrent dans le hall de l’hôpital sinistré. Des sorciers malades attendaient dans des fauteuils branlants, certains criaient au comptoir qu’ils n’en pouvaient plus, ce à quoi la pauvre guérisseuse répondait qu’ils n’étaient pas assez nombreux pour gérer tous les cas. En réalité, les Mangemorts s’étaient accaparé un certain nombre de soignants pour guérir leurs membres blessés lors des rafles, face aux défenses de ceux qu’ils pourchassaient.

— Venez par-là !

Une main avait agrippé l’épaule d’Eugene pour le tirer vers la gauche, dans l’obscurité d’un mur. Il tomba nez à nez avec un guérisseur en robe verte, la quarantaine, au petit nez enfoncé dans son visage.

— Suivez-moi !

Sans réfléchir, Eugene s’exécuta, Emeric les poursuivant à pas rapides et rapprochés. Il les mena dans un tunnel caché, derrière un portrait d’un alchimiste. Derrière avaient été aménagées des salles de soin clandestines. Des guérisseurs surmenés se relayaient au chevet des patients, parfois blessés gravement. Emeric se tétanisa aux hurlements poussés par l’un d’eux, qui avait perdu sa jambe en se désartibulant en espérant fuir face aux Mangemorts.

— Posez-la ici.

Amy fut allongée dans un lit de fortune. Peut-être que le dernier patient qui avait été là avait succombé à son mal… Personne ne pouvait plus assurer de soins décents dans de pareilles conditions.

— Que s’est-il passé ? demanda le guérisseur en sondant le corps d’Amy avec sa baguette magique.
— Elle est tombée malade après avoir attrapé froid, expliqua Emeric. Cela fait plusieurs semaines. Elle a eu des moments de fièvre, elle a fait des malaises. Elle tousse beaucoup. Elle a du mal à respirer… Peut-être une bronchite. Ou une pneumonie. Quelque chose en rapport avec son système respiratoire.

Face aux dires sortis de la bouche d’un garçon de dix ans, le guérisseur camoufla sa surprise et poursuivit son examen. Amy continuait de tousser.

— Vous avez essayé des onguents ? Des potions ?
— Oui.
— Et alors ?
— Ca n’a pas fonctionné. Enfin… pas complètement.
— Peut-être étaient-ils mal dosés ?

Eugene préféra alors avouer la vérité :

— Elle est… Amy n’est pas une sorcière.

Aussitôt, le guérisseur se raidit :

— Une Moldue ?
— Non. Elle est née d’une famille de sorciers mais… elle n’a pas développé de magie.
— Vous me dites qu’elle est une cracmolle ?

Il aurait préféré que le mot ne soit pas prononcé ici. Le guérisseur pâlit.

— Hélas, je crains que je ne puisse rien pour vous.
— Quoi ? cria Emeric. Mais… vous ne pouvez pas la laisser comme ça !
— Les Cracmols sont, par nature, moins sensibles à la magie des potions, des sortilèges. Nos réserves… sont trop peu élevées. Nous devons les partager avec des sorciers. Qui eux sont…
— Vous refusez de la soigner ? se haussa Eugene à son tour.

Devinant qu’il prononçait là des paroles délicates, le guérisseur ralentit le débit de sa voix.

— Nous sommes en guerre, messieurs. Vous devez comprendre les risques que nous encourons en prenant en charge des Nés-Moldus, des réfugiés, des sorciers recherchés par Vous-Savez-Qui et ses partisans. Nous parvenons à rester là car nous restons discrets. Mais nos moyens sont limités… Nous ne pouvons pas déployer pour votre femme les moyens qui nous permettraient de sauver vingt hommes. Nous devons faire des choix, qui sont loin d’être les plus évidents nous concernant… J’en suis vraiment navré.

La grosse fiole d’apothicaire posée sur la table de chevet du patient voisin éclata dans une explosion de verre et de gouttes de potion. Des soignants accoururent pour soigner le pauvre homme, blessé au visage. Par chance, le contenu était un Apaise-Braise, sans conséquence pour de la peau saine, non brûlée.
Eugene attrapa le bras d’Emeric qui fulminait.

— Sa vie ne vaut pas moins que celles de vingt hommes ! hurla-t-il, hors de lui. C’est de l’injustice ! De la discrimination !
— Emeric, calme-toi !

Un portrait secoué tomba du mur, la femme à l’intérieur bringuebalée dans le cadre.

— Vous l’abandonnez ! Vous allez la tuer !

À ses pieds, Amy, à peine consciente, avait les yeux qui roulaient dans ses orbites. Mais elle était trop fatiguée pour s’exprimer. Son souffle était rauque, sifflant.

— Faites-le taire ! s’immisça une guérisseuse. Sinon, ils vont nous trouver !
— C’est ma mère ! Vous ne pouvez pas la laisser mourir ! Vous ne pouvez…
— Somnubilia !

Le sortilège d’Eugene sur son propre fils le plongea dans un sommeil profond et instantané ; il le rattrapa avant qu’il ne tombe par terre.

— Je suis désolé, reprit le guérisseur, mais je…
— Taisez-vous, répliqua Eugene, grave. Taisez-vous…
— Je vais vous raccompagner. Je ne peux que vous conseiller d’aller consulter chez les Moldus. Eux pourront peut-être vous aider…

*** *** ***


Après un passage aux urgences, Amy fut hospitalisée dans un centre de la banlieue londonienne. Eugene dut user de la magie pour transmettre de faux papiers aux administrations moldues. Endormi dans le van, gardé par Meg, son fils ne pouvait lui traduire les termes moldus qu’il ne connaissait pas, qu’il ne comprenait pas. Puis, il resta un long moment dans la salle d’attente, épuisé, sur un plan aussi physique que psychologique. Ses doigts liés tremblaient. Il n’arrivait pas à concevoir qu’Amy puisse mourir. De rester seul avec Emeric.
Ce dernier se réveilla, désabusé. Il se frotta le visage et comprit qu’il était allongé, la tête sur les cuisses de quelqu’un. Meg lui caressa le bras pour le rassurer.

— Hé, calme. Je suis là.
— Il fait nuit ? Et… où sommes-nous ?

Il bondit pour observer par la fenêtre du côté passager. Les lumières de l’hôpital éclairèrent son visage décomposé en une expression de peine.

— Maman… ! Maman !
— Pas de panique, Emeric ! Elle est dedans, ils prennent soin d’elle. Ton père va sûrement… Emeric !

Le garçon avait ouvert la portière sans prévenir et courut jusqu’à l’entrée de la structure. Meg jura entre ses dents avant de sortir à son tour du véhicule en quatrième vitesse pour le courser, l’appelant pour tenter de le retenir. Mais Emeric n’écoutait que les battements erratiques de son cœur. Seule l’image de sa mère lui restait dans la rétine.
Une secrétaire de l’hôpital tenta de l’arrêter quand il franchit les portes interdites aux visiteurs. Il n’avait plus de règle à suivre. Lui qui avait toujours respecté toutes les consignes à la lettre, parfois pointé comme trop intransigeant, ce jour-là, il était prêt à toutes les briser.
Il passa sous les brancards, échappa aux bras qui tentaient ci et là de l’attraper pour stopper sa course effrénée dans les couloirs. Mais personne ni rien ne pouvait l’arrêter.
Emeric ferma les yeux, persuadé que la magie pouvait l’aider à retrouver sa mère. Sans comprendre quel phénomène se produisait, il vit des traces de pas luminescentes apparaître sur le sol, formant un chemin à suivre.

— Maman !

Quand il entra dans la chambre, l’image qui lui sauta aux yeux l’estomaqua. Sa mère, allongée dans son lit médicalisée, était reliée à plusieurs machines et perfusions. Intubée pour l’aider à respirer, un tuyau sortait de sa bouche, scotché à sa joue. Emeric s’approcha doucement, se fiant aux sons du rythme cardiaque de sa mère, endormie ou inconsciente. Puis, il glissa ses doigts dans la main inerte d’Amy. À ce contact, sa mère ouvrit les yeux avec douleur. Mais l’absence de ses lunettes ne lui permettait pas de le distinguer.

— Je suis là, maman, chuchota Emeric.

Il sentit les doigts de sa mère se serrer fébrilement autour des siens, avant de fondre en larmes.
Quand des hommes de la sécurité arrivèrent dans la chambre, ils retrouvèrent Emeric, assis sur une chaise, prostré, la tête près de sa mère.

— Faites-le sortir d’ici ! ordonna une infirmière. C’est interdit aux enfants ! C’est dangereux pour lui de rester là !

Un premier homme s’approcha et tenta d’attraper l’épaule d’Emeric pour le détacher de sa mère, mais le contact fit remonter dans son bras un puissant courant électrique, douloureux. Ils eurent beau essayer à plusieurs, personne ne parvint à toucher Emeric ni à le raisonner. Le garçon semblait sourd à tous les bruits extérieurs. La seule sensation qu’il était en mesure d’accepter était la faible caresse du pouce d’Amy sur le sien.

— Laissez-le…

Eugene avait fini par intervenir quand on l’appela depuis la salle d’attente.

— Laissez-le avec sa mère.

Emeric resta des heures, muet, dans la même position, au chevet de sa mère. Parfois, des bribes lui venaient de l’échange de son père avec un médecin, qui tentait de se faire aussi discret que possible.

« … qui a dégénéré… »
« … nous allons faire de notre possible… »
« … apaiser ses souffrances… »

La nuit défila sans qu’Emeric ne puisse trouver le sommeil, bien que la fatigue l’assaille. Il refusait d’abandonner sa mère. Elle avait besoin de lui. Peut-être que grâce à lui, grâce à sa présence, elle survivrait. Emeric désirait croire au miracle. Il refusa toutes les collations qu’on lui apporta, ignorant ses interlocuteurs. Quelquefois, il levait les yeux vers sa mère, croisant les siens, presque identiques.
Puis, à l’aube, il fut tiré de son état de semi-conscience en devinant l’agitation de sa mère, animée de quelques gestes.

— Maman ?

Il sourit, dans l’espoir d’un rétablissement, d’un regain d’énergie. Avec des gestes faibles et désemparés, Amy désigna les tubes qui entravaient sa bouche. En la voyant insister et en l’absence des soignants, Emeric ne se posa pas davantage de questions. Se hissant sur le lit d’hôpital, il retira le scotch et les tuyaux en plastique de la gorge de sa mère, qui posa sur les draps.

— Maman ? redemanda-t-il, priant qu’elle parle, qu’elle lui annonce qu’elle se sentait mieux.

Mais en réalité, Amy savait qu’elle ne pouvait plus rester immobile, insensible. Elle voyait désormais, derrière Emeric, une jeune fille, capée de noir, aux longues couettes blanches. Peut-être Amy n’était-elle pas sorcière, mais elle n’était pas indifférente aux symboles apportés par cette culture dans laquelle elle avait grandi, sans pouvoir en profiter.

— Em-Emeric…

Sa voix sifflante ne le rassurait pas. Mais il continuait de l’épier avec insistance. Des larmes commencèrent à poindre dans leurs yeux respectifs.

— Je… je t’aime… mon chéri. Je t’aime…

Ses doigts se crispèrent plus encore autour des siens, lui refusant de la quitter, de s’enfuir. Puis elle ouvrit la bouche :

— Le pardon… pardon… le…

Pendant plusieurs secondes, Emeric resta perché à ses lèvres, avant de comprendre que plus aucun son ne franchirait cette bouche. Le son plat de la machine derrière lui le lui martela.

— Mam… maman ?

Il secoua son bras, le regard fixé sur l’expression figée d’Amy.

— Maman !

Ses iris se remuaient plus, recouverts par ses paupières qui retombaient.

— MAMAN !

Ses hurlements alertèrent les soignants dans le couloir. On voulut le séparer de sa mère pour tenter de dernières manœuvres, un ultime massage cardiaque. Mais le garçon se débattait, avec la force de plusieurs hommes. Ses hurlements résonnèrent si fort dans la pièce qu’elle se rompit à la force de sa magie démesurée. Les machines court-circuitèrent. Les médicaments bouillaient dans les poches à perfusion qui fondaient sur le sol. Les néons grillèrent. La ventilation fit abattre des rafales. Les vitres de la chambre explosèrent.
Ce fut l’abri de deux grands bras qui lui permit de faire cesser cette apocalypse. Eugene serra son fils contre lui, à genoux sur le sol. Peu lui importait les yeux orange qu’il venait de voir sur son visage déchiré par la rage, il savait. Mais il ne pouvait pas l’abandonner non plus. Eugene ne retenait pas ses propres larmes, mais il espérait que son étreinte permette à Emeric de se calmer, l’espace d’une minute, le temps pour lui de reprendre une respiration. De ne pas sombrer dans la folie. De ne pas commettre l’irréparable.
Au milieu des pleurs bruyants, il entendit un faible :

— Maman… maman…
— Je sais, Emeric. Mais je suis là.
— Maman n’est plus là…
— Ca va aller, Emeric. Je te le promets.

*** *** ***


La promesse d’Eugene. Emeric se la rappelait souvent, hélas, elle ne s’accomplissait pas. Tout ça n’allait pas mieux.
La guerre s’était peut-être terminée, mais Emeric aurait tout donné pour ramener sa mère, s’il devait endurer le temps de la guerre une nouvelle fois.
Le corps d’Amy avait été rapatrié dans le Dorset, où il fut inhumé sur les falaises, lors d’une intime cérémonie, non loin de la maison des Beckett. Et depuis ce jour, Emeric revenait quotidiennement avec un bouquet de fleurs sauvages dans les mains. Car chaque soir, le vent qui venait de la mer si proche l’emportait. Emeric préférait croire que sa mère, quelque part, les cueillait. Quelquefois, il se couchait sur la terre, sur le dos, à deux mètres d’elle, regardant défiler le soleil et les nuages épais, parfois traversés par des mouettes, toute la journée durant.
Cela faisait des semaines qu’Emeric ne parlait qu’à peine. Il n’avait plus touché au piano depuis leur fuite. Il restait enfermé dans sa chambre quand il n’était pas en train de méditer au-dessus de la dépouille d’Amy. Depuis un certain temps, il ne rêvait plus de Poudlard. À dire vrai, il n’imaginait pas que l’année suivante puisse se produire. Quelque part, Emeric refusait désormais d’être un sorcier. De rejoindre la cause pour laquelle la guerre avait éclaté. Ceux qui l’avaient traqué. Ceux qui l’avaient chassé de Ste Mangouste. Emeric préférait renier sa propre nature, prêt à abandonner sa magie pour devenir à l’image de sa mère tant aimée.
Quand la nuit finissait par peindre le ciel des côtes, Emeric devait se résoudre à rentrer avant que les ténèbres n’obscurcissent son chemin. Mais il avait désormais la peur au ventre de rentrer. Il savait ce qu’il allait devoir affronter en revenant chez lui. Les souvenirs. Le fantôme de sa mère. Et puis son père…
La disparition d’Amy n’avait pas seulement affecté son fils ; son mari n’était désormais que l’ombre de lui-même. Dévasté par le chagrin, Eugene lambinait souvent dans le salon, noyant son deuil dans du Whisky Pur-Feu bradé. Emeric l’évitait le plus souvent. Être confronté à la misère de son père lui rappelait trop souvent qu’il se comportait comme un égoïste, à pense qu’il était le seul affecté par la mort d’Amy.
Se dirigeant vers la cuisine, Emeric chercha quelque chose à grignoter dans le frigidaire, dans les placards. Mais tout était vide, personne n’avait fait les courses depuis bien longtemps.

— Y a plus rien…

Emeric fit volteface en entendant son père, posté dans le cadre de la porte.

— Ce n’est pas grave, papa. J’irai faire les courses, demain.

Eugene fronça les sourcils.

— Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Mais Emeric, autrefois si prompt à faire jaillir toutes les vérités, s’abstint de toute réponse. Il savait que cela pouvait très vite dégénérer.

— Tu trouves que je m’occupe pas assez bien de toi, c’est ça ?
— Je n’ai pas dit ça, papa, geignit Emeric, craintif.
— Depuis le début… que je m’occupe de toi ! Plus que ce que je n’aurais dû ! Toutes les choses que j’ai faites pour toi ! J’ai abandonné ta mère ! Je l’ai sacrifiée pour qu’on puisse traverser la frontière ! Pour toi ! Mais ça, ça t’est complètement égal !
— Papa, arrête… tu me fais peur !

Réfugié contre un meuble de cuisine, Emeric devait essuyer les cris de son père, ravagé par la tristesse.

— Rien de tout cela ne serait jamais arrivé si tu n’avais pas été là ! Elle ne serait pas tombée malade ! On n’aurait pas dû se cacher ! Tu veux la vérité, Emeric, hein ? Puisque tu la veux toujours, de toute façon ! C’est toi qui as tué ta mère ! Depuis le début ! Tu entends ?

Blessé jusqu’au plus profond de lui-même, Emeric s’enfuit, échappant de justesse à la prise de son père qui essaya de le rattraper. Ce dernier resta un instant dubitatif et grogna en se frottant le front. Emeric grimpa à l’étage et s’empara du téléphone, composant un numéro, alors que les larmes coulaient sans fin sur son visage.

— Allo… ? trembla-t-il. Meg ? C’est… c’est Emeric. Je t’en prie. Viens me chercher… je ne peux plus rester là. Viens me chercher, Meg, je t’en supplie…

Note de fin de chapitre :

Je suis une personne horrible.

T_T

Mais bisous quand même !

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