Pré-au-lard, 1er octobre, 17 ans auparavant
Mme Smilbank était heureuse, bien que très fatiguée. Elle avait donné le jour au petit matin à 3 petites filles : Angela, Alexandra et Anita. Son mari et elle avait bien eu du mal à se mettre d’accord pour les prénoms, lui souhaitant que les prénoms des enfants commencent par A, et elle souhaitant qu’ils finissent par la même voyelle s’il s’agissait de filles.
Les caractères des trois petites filles étaient déjà bien marqués dès leur naissance. La plus « âgée » semblait nerveuse et pleurait pour un rien, la seconde, très éveillée, avait besoin d’attentions pour rester calme. La dernière était sans conteste la plus calme et ne pleurait que pour réclamer à manger.
Château de Poudlard, 1er octobre, 17 ans auparavant
Lorsque le professeur Dumbledore entendit M. Rusard lui indiquer le nom de son visiteur, il commença par froncer les sourcils. Que venait donc faire l’un des plus fidèles mangemorts de Voldemort à Poudlard ? Il décida cependant que celui-ci étant seul, cela valait sans doute le coup d’entendre ce qu’il voulait lui dire.
- Bonjour, professeur Dumbledore, dit calmement le mangemort qui venait d’entrer dans la pièce.
- Bonjour, M. Rogue, répondit le professeur Dumbledore. Asseyez-vous donc.
Le professeur scrutait son ancien élève qui avait l’air de ne pas avoir dormi depuis plusieurs jours. Cela faisait à peine plus d’un an que celui-ci avait quitté Poudlard et il avait dix-neuf ans. Dumbledore savait cependant qu’il avait reçu sa marque des ténèbres déjà deux ans auparavant, en même temps que le meneur des serpentards de l’époque Lucius Malfoy. Il regrettait cependant que le tout jeune Severus soit tombé sous la coupe de Lucius Malfoy dès son entrée à Poudlard. Mais les amitiés entre les élèves n’étaient pas de son ressort. Il avait aussi appris la naissance du nouvel héritier des Malfoy quelques mois auparavant, prénommé Drago, et savait que le jeune homme qui était devant lui en était son parrain.
- Que puis-je pour vous M. Rogue ?
Après un long temps de silence, Severus prit la parole d’une voix rauque :
- Savez-vous à quel instant l’acceptable devient tout à coup inacceptable, professeur ? Peut-on, sous prétexte de vouloir forger un caractère, soumettre un bébé de six mois au doloris ?
Dumbledore resta silencieux un moment, sous le choc de cette révélation et du fait même qu’un mangemort ose venir lui en parler à lui directement, lui qui était le meneur incontesté de ceux qui résistaient à Voldemort ?
- Qui a osé ? demanda Dumbledore doucement. Et qui est sa victime ?
- Lucius. Mon filleul Drago, qui est le propre fils de Lucius au passage …
Severus était resté toute la nuit dans le bureau de Dumbledore. Chacun défendait son point de vue, mais chacun écoutait aussi les arguments de l’autre. A un moment donné, Severus cru s’être perdu dans ses pensées et Dumbledore le regardait d’un air étrange lorsqu’il croisa à nouveau son regard et était en train de ranger quelque chose dans le tiroir de son bureau, mais il n’y prêta pas plus attention que cela. En se quittant, Dumbledore n’avait qu’une seule certitude : si Lucius Malfoy continuait à traiter son fils de la sorte, non seulement il y perdrait sûrement l’amitié de Severus Rogue, ce qui ne lui ferait sûrement ni chaud, ni froid, mais Voldemort y perdrait aussi, cela Dumbledore en avait la certitude, l’un de ses partisans les plus doués. Et ce serait à lui, Dumbledore, d’amener doucement le jeune Severus à travailler pour lui …
Cependant, dès le lendemain, il avait une visite à faire à un couple de jeunes parents habitants à Près-au-Lard. Lorsqu’il vit les trois petites filles sagement endormies, pour une fois toutes ensemble, dans leurs berceaux, il eut un sourire attendri. Il faudrait un certain nombre d’années pour que ces petits bouts de femme soient en mesure de commencer à accomplir leur destin. En attendant, ce serait à leurs parents de veiller sur elles jusqu’à ce que les événements commencent. Il discuta longuement avec les jeunes parents qui étaient stupéfaits et organisa avec eux leur déménagement pour le centre de la France. Ils y resteraient le temps nécessaire.
Château de Poudlard, 1er Septembre, six ans auparavant
Pendant la cérémonie de répartition, Severus était particulièrement attentifs aux nouveaux arrivants. Cette année en effet, son filleul Drago allait faire son entrée à onze ans à l’école de sorcellerie. En onze ans, Severus avait énormément changé. Le mangemort qui était venu voir Dumbledore bientôt onze ans auparavant, jeune homme malingre qui ne se souciait pas de son apparence, s’était mué en un homme de trente ans sûr de ses nouveaux choix, à savoir, pour le plus important, le combat contre Voldemort. Sans passer non plus des heures devant son miroir, il avait aussi appris à prendre soin de son corps et avait développé une musculature harmonieuse. Quelques sorts soigneusement appliqués rendaient son visage assez peu attrayant pour donner ses cours car il ne tenait pas à être poursuivi par toutes les jeunes filles en fleur de Poudlard. Il lui suffisait de retirer ses sorts lorsqu’il sortait de Poudlard, le week-end ou en semaine, lorsqu’il avait envie de compagnie féminine. Ce qui, il le reconnaissait, était assez fréquent, mais Dumbledore en avait conscience, s’en amusait et le laissait aller à sa guise. Il n’avait rien à redire de son travail en temps que professeur, de son travail auprès des anciens mangemorts. Dumbledore l’avait aussi énormément formé aussi bien en magie moins destructrice que la magie noire, mais aussi sur la pratique de l’occlumancie, car il était certain que Voldemort reprendrait forme à un moment ou à un autre et que pour que Severus puisse accomplir sa tâche d’espion, il lui faudrait être imperméable à toute legimencie de la part de Voldemort. Ils s’étaient réellement mis au travail lorsque Dumbledore avait constaté le vrai soulagement de Severus lorsque Harry Potter l’avait réduit à un état proche de la mort et qu’il avait aussi rompu tout rapport d’amitié avec Lucius Malfoy.
Un nom le fit sortir de ses souvenirs alors que le professeur Mac Gonagall appelait les premières années :
- Malfoy, Drago
Severus avait l’impression de revoir Lucius au même âge. Ils n’eurent pas longtemps à attendre avant que le choixpeau ne crie « Serpentard ». Etant donné que sa mère et son père étaient tous deux des serpentards cela était logique. Severus était content aussi d’avoir Drago dans la maison qu’il dirigeait, mais il était nettement moins content de l’expression de suffisance qui trônait sur son visage. Lucius en avait pour l’instant fait une parfaite petite réplique de lui-même, comme lui avait laissé entendre Narcissa dans les rares lettres qu’ils continuaient à échanger en secret de Lucius.
L’un des noms suivant le fit grimacer en revanche :
- Potter, Harry
Et bien au moins, celui-là non plus ne pouvait pas renier sa parenté. Il était le portrait craché de son père. Il aurait intérêt à ne pas avoir hérité du caractère de son père en revanche s’il ne voulait pas avoir des ennuis dans ses cours de potions en revanche. Le choixpeau semblait hésiter avant d’envoyer le fils de son ennemi juré à Poudlard à « Gryffondor », bien entendu ! Un dernier nom le fit sursauter :
- Weasley, Ronald
Encore un Weasley ? Non ! Ce n’était pas possible ! Ce n’était pas encore un rejeton d’Arthur et Molly tout de même ? Mais la couleur rousse des cheveux ne laissait guère de doute à ce sujet ! Et, à l’instar de ses frères avant lui, il partit évidemment chez Gryffondor où il rejoignit Potter. Il ne manquait plus que cela ! Une amitié Potter – Weasley à Poudlard ? En plus des catastrophes ambulantes que représentaient les deux jumeaux Weasley de la famille ?
Château de Poudlard, cinq ans auparavant après le départ du Poudlard Express
Severus ruminait en terminant ses propres bagages. Le jeune Potter était bien à l’image de son père. Arrogant à souhait et totalement ignorant des règlements. La seule chose qui chagrinait Severus lorsqu’il le regardait était ses yeux verts, qui lui rappelaient l’ancienne préfète de Gryffondor, Lily Evans, dont il gardait un assez bon souvenir, tout serpentard qu’il était. Mais bon, Potter avait tout de même réussi à survivre à cette année, ses résultats étaient suffisamment corrects pour lui permettre d’aller en deuxième année Le trio qu’il formait avec le plus jeune Weasley et Granger était surprenant, mais peut-être Granger réussirait-elle là où Evans avait échoué avant elle ? Elle parviendrait peut-être à mettre un peu de plomb dans cette cervelle afin qu’il daigne rester en vie et à Poudlard accomplir ses études pour lui permettre ensuite d’accomplir sa tâche qui était de tuer Voldemort. Concernant Drago, Severus était assez heureux finalement que ce dernier ne sache pas qu’il était son parrain. En effet, compte-tenu de son attitude générale, Severus avait été à deux doigts parfois de lui filer une bonne paire de claques morale pour lui remettre les idées à l’endroit. Le seul point positif était qu’il travaillait très correctement et qu’il n’avait été surclassé que par Hermione Granger.
Château de Poudlard, quatre ans auparavant début juillet
Potter avait encore échappé à la mort par il ne savait quel miracle. Mais c’était un enfer ce gamin pour tenter de le faire survivre ! Severus était en rage après cette histoire de chambre des secrets ! Et il était d’autant plus en rage que c’était Lucius qui avait donné à la plus jeune Weasley, encore une, ce livre maudit qui avait tout précipité. Et Drago se transformait de plus en plus en digne de fils de son père, ce qui n’était vraiment pas un compliment dans la bouche de Severus. Mais il gardait malgré tout un peu d’espoir au vu des lettres de Narcissa : Drago avait l’air de faire quelques cachotteries à son père, en particulier d’animaux blessés qu’il arrivait à recueillir et à soigner, à la place de les torturer comme le faisait son père au même âge.
Château de Poudlard, trois ans auparavant début juillet
Severus et Lupin se dévisageaient avant le départ définitif de celui-ci du château. Severus était abasourdi. Potter n’avait donc rien inventé, c’était Pettigrew le gardien du secret et non Black. Là où Severus n’avait vu qu’une escapade de plus, ils avaient en fin de compte et par il ne savait quelle aide de Dumbledore, il en était persuadé, sauvé un innocent d’un sort pire que la mort. Même si cet innocent ne le serait jamais le concernant, lui, Severus. Drago, lui, ne semblait courageux que lorsqu’il était entouré de ses copains serpentards. Il vaudrait mieux que ce genre de rumeurs n’arrive pas aux oreilles de Lucius, sinon l’été serait encore plus difficile pour son filleul.
Château de Poudlard, deux ans auparavant, début juillet
Severus grimaçait, Potter avait entièrement raison, quoique dise le ministère, Voldemort était de retour. Et cette fois, Severus ne pouvait que reconnaître que Potter n’avait été plutôt que victime dans toute cette affaire. Dans quelques minutes, il allait retrouver son … maître, puisqu’il fallait bien se réimprégner de ce terme. Sa défense était prête, il espérait juste pouvoir rester en vie.
Château de Poudlard, un an auparavant, début juillet
Année de cauchemar pensa Severus. Drago avait été pire que jamais, dans les jupons d’Ombrage qui avait donné à son « cher » filleul une importance dont il avait aussitôt abusé. En fait, la seule chose positive de cette année finalement, était que Lucius était désormais derrière les barreaux. Peut-être Narcissa arriverait-elle à faire revenir cette tête de mule dans le droit chemin ? Peut-être, peut-être pas. A seize ans, il pouvait commencer à réfléchir par lui-même aux absurdités proférées par son père et faire le tri parmi le vrai et le faux. Quant à Potter, il devait bien reconnaître que Voldemort ne lui laissait que peu de répit. Il avait encore enfreint quantité invraisemblable de règlements, mais s’en était une fois de plus tiré grâce à la bienveillance de Dumbledore. Black n’était plus, Severus ne pouvait pas dire qu’il le pleurerait …
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