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Info sur l'histoire:
Ceci est un recueil de Songfics autour du couple Sirius/Hermione. Les chapitres n'ont donc pas de rapport les uns avec les autres, il n'y a pas de continuité.
Avant chaque Songfic, je préciserai le morceau à partir duquel j'ai composé le récit et je vous mettrai un lien vers la chanson pour que vous puissiez l'écouter. Une petite précision sur le titre, quand même : Animus et Anima veut dire le coeur et l'âme en latin.
Note de l'auteur:
On commence ce recueil avec la merveilleuse Nina Simone et son titre I put a spell on you .
Bonne lecture ^^
Hermione détestait les soirées mondaines. Les rires forcés que l’on entendait d’un bout à l’autre de la pièce. Les bracelets bling-bling de ces dames qui s’entrechoquaient dans un bruit de ferraille bon marché. Les regards conquérants de ces messieurs qui se plaisaient à croire posséder le monde le temps d’une soirée. Non, tout cela n’était pas pour elle. Surtout pas ce soir-là.

D’ordinaire, elle avait au moins la consolation d’avoir Ron à ses côtés, mais il n’avait pas pu venir ce soir. La perspective de ne pas avoir son ami avec elle pour se moquer des invités qui s’apostrophaient en grande pompe avait achevé de la décider de ne pas venir ce soir-là. Elle avait bien tenté de convaincre Harry qu’il pouvait se rendre seul à ce gala-sans-intérêt-qui-n’apportera-rien-de-plus-au-monde, mais il n’avait rien voulu entendre, prétextant être mal à l’aise dans ce genre d’évènements. Tu parles ! pensa Hermione en l’observant évoluer avec aisance d’un invité à l’autre, une Ginny qui s’était glissée dans une robe époustouflante au bras. Lors des premières soirées de ce genre, oui, il n’avait pas su où se mettre. Mais les années avaient passé depuis et aujourd’hui, il était comme un poisson dans l’eau. Auprès de ses amis, il faisait toujours comme si ces soirées l’effrayaient, mais Hermione savait qu’il n’en était rien. Il prenait même plaisir à se retrouver dans ces cercles, maintenant. Il avait passé sa jeunesse à se battre, aujourd’hui il profitait des agréments que leur offrait à tous la paix.

Dissimulée dans un angle de la pièce, Hermione poussa un soupir. La plainte des violons sur laquelle s’embrassaient du regard les couples qui dansaient sur la piste commençait à lui vriller les tympans. La jeune femme entendit le crépitement d’un appareil photo beaucoup trop près d’elle et le flash qui s’en suivit l’éblouit quelques secondes. Tandis qu’elle se collait sans y réfléchir un sourire avenant sur les lèvres, elle s’efforça de ne pas tousser à cause de la fumée âcre que dégageait l’appareil.

- Miss Granger ! Angus Telldone, du Daily Prophet, lui annonça le journaliste en lui serrant la main, un petit mot ? Le gala vous plait ? Vous pensez que l’organisme arrivera à récolter quelle somme ce soir ? Vous êtes venue seule ? Alphonse, prends encore quelques photos !

Nouveau flash et des tâches blanches dansèrent devant les yeux de la jeune femme. Typique. Les journalistes vous aveuglaient avant de se présenter au lieu de vous demander aimablement s’ils pouvaient prendre des clichés, et ensuite ils vous assommaient de questions comme s’ils essayaient de remporter un concours sur le débit de parole le plus élevé, sans se soucier une seule seconde de savoir si vous n’avez pas déjà perdu connaissance suite à leur assaut. Hermione fulmina encore un peu plus alors qu’elle répondait aimablement aux questions du journaliste. Elle alla même jusqu’à lui donner d’elle-même quelques anecdotes sans conséquences et il s’en lécha littéralement les babines.

Avec la force de l’expérience, elle parvint enfin à s’extraire des questions pressantes du journaliste et s’empressa d’aller se réfugier dans un autre coin de la pièce. Sur la piste de danse, Harry dansait maintenant avec Ginny, et le monde semblait s’effacer sur leurs pas. Un jour, elle avait été heureuse pour eux. Vraiment. Elle avait eu du mal à admettre que finalement, la jalousie prenait le pas sur la contemplation sereine de leur bonheur. Ils leur rappelaient tout ce qu’elle n’avait pas. Elle avait l’intelligence, la connaissance, un travail qui lui apportait beaucoup, une position enviée dans la société et un passé qui faisait des admirateurs. Mais elle n’avait pas l’amour. Encore moins celui d’un sorcier en particulier.

Son regard embrassa la salle du regard et tous les couples qui évoluaient ensemble, l’un à côté de l’autre. Tout à coup, elle ne supporta plus cette situation. Elle n’en pouvait plus de se sentir perpétuellement frustrée, blessée, seule. Etait-ce pour cela qu’elle détestait les soirées mondaines ? La question du journaliste qui l’avait agressée un peu plus tôt lui revint en tête : « Vous êtes venue seule ? ». Elle venait toujours seule. Elle était seule. Et quand elle assistait à ce genre de gala, elle n’avait que faire de la bonne cause qu’il défendait, tout ce qu’elle voyait, c’était qu’il n’y avait personne à son bras.

Hermione jeta un dernier regard à Harry et Ginny. Eperdus l’un dans l’autre, ils ne remarqueraient même pas son absence. La jeune femme tourna les talons et se dirigea vers la sortie en se demandant depuis quand elle était devenue si amère. Alors qu’elle franchissait la porte qui la menait dans le Hall d’entrée, un rire la figea sur place. Un rire chaud, vivant et tellement masculin. Un rire semblable à un aboiement de chien. Elle leva les yeux sur Sirius qui faisait une entrée remarquée, deux greluches pendues à ses poignets. Elle comprit en voyant son regard déshabiller une de ses pouliches que la question n’était pas de savoir depuis quand elle était amère, mais plutôt à cause de qui.

Déjà, les journalistes présents opéraient une ruée vers le play-boy qui était suivi de roucoulements indécents à chacune de ses sorties. Dans le crépitement des appareils photo, Hermione se retint de s’emparer du vase qui avait été délicatement posé sur une surface délibérément plane et sans danger qui se trouvait à côté d’elle pour l’envoyer valser à la tête de ce sorcier par trop remarqué et remarquable. Ce qui l’énervait le plus, c’était qu’après toutes ces années, elle ne parvenait toujours pas à maîtriser les battements de son cœur qui s’affolaient à chaque fois qu’elle posait les yeux sur lui.

Excédée, Hermione s’empressa de gagner la sortie en s’efforçant de passer le plus loin possible du sorcier vers lequel toutes les personnes présentes s’étaient dirigées comme si une force aimantée les attirait irrévocablement dans son sillage. Soulagée, la jeune femme franchit la gigantesque porte dont les doubles battants étaient restés ouverts sur cette nuit de juin. Instinctivement, elle se dirigea tout de suite sur la droite, à l’abri d’une petite ruelle baignée dans l’ombre. Elle s’adossa au mur de pierre de l’immeuble qui accueillait le gala et s’échina à prendre plusieurs inspirations pour calmer son cœur et ferma les yeux. La rumeur de la musique ponctuée de rires sourdait encore à ses oreilles, mais ce son étouffé l’apaisait plus qu’autre chose maintenant qu’elle se savait sortie de cet enfer. La soirée aurait pu être pire. Elle n’avait pas eu à lui parler.

- Me fuirais-tu ?

La respiration d’Hermione se bloqua dans sa gorge. Elle pouvait entendre les accents du triomphe dans sa voix. Pourquoi l’avait-il suivie ? Elle rouvrit les yeux et les planta dans ceux de Sirius, qui était nonchalamment appuyé contre le même mur qu’elle. Pourquoi s’amusait-il comme cela avec elle ? Depuis des mois, il la faisait tourner en rond. Il était un séducteur né et il en jouait. Il flirtait avec toutes les femmes qu’il croisait, c’était son mode de communication. Malheureusement pour elle, Hermione ne faisait pas exception à la règle. Il la terrassait de sourires enjôleurs et de regards caressants, il l’empoisonnait de paroles d’invites et de sous-entendus dévastateurs. Et quelques heures plus tard, il papillonnait une nouvelle fois d’une femme à l’autre.

Combien de fois Hermione s’était dit qu’elle pourrait répondre à ses invitations, au moins une fois ? Combien de fois avait-elle rêvé de poser ses mains sur lui ? Combien de fois s’était-elle laissée aller à imaginer ce que cela pourrait être de passer une nuit avec lui ? Mais elle ne voulait pas de cela. Elle ne voulait pas être une femme parmi d’autres. Elle lui appartenait déjà corps et âme. La dernière chose qu’elle voulait, c’était qu’il la prenne pour toutes les pimbêches qu’il croisait sur sa route. Elle voulait autre chose. Elle voulait plus. Et ce soir-là, à cet instant précis, elle n’en pouvait plus de se retenir de le lui dire. Elle n’en pouvait plus de se faire mal pendant qu’il se faisait plaisir. Elle n’allait tout de même pas se pourrir la vie pour un homme ! Et encore moins Sirius Black ! Elle avait besoin de se libérer. Et il était grand temps de le lui faire enfin comprendre. Elle le regretterait certainement le lendemain, mais pour l’heure, elle n’en avait cure.

A l’abri de l’ombre, elle saisit fermement sa baguette qu’elle gardait toujours sur elle et la pointa vers Sirius. Au même moment, il fit un mouvement pour se rapprocher d’elle, mais resta mystérieusement figé à mi-chemin. Hermione ne put s’empêcher d’éclater de rire devant sa position grotesque. Elle fit un autre mouvement de sa baguette et seule la tête de Sirius s’anima à nouveau. La surprise se dessina sur ses traits, puis ses sourcils se froncèrent.

- Qu’est-ce que tu m’as fait ?

Hermione sourit de toutes ses dents. Les rôles étaient enfin inversés. Elle avait Sirius Black en son pouvoir et c’était une sensation grisante.

- Je t’ai jeté un sort, répondit-elle en reprenant le sourire triomphant qu’il affichait un peu plus tôt et en agitant négligemment sa baguette devant ses yeux pour le narguer.

- Pourquoi ? demanda-t-il en levant un sourcil étonné.

- J’ai des choses à te dire, déclara-t-elle en perdant tout à coup son sourire. Et pour une fois, tu vas m’écouter.

- Etant donné que je ne peux rien faire d’autre, je t’écoute, fit-il en récupérant le petit sourire qu’Hermione venait de délaisser.

- Tu as intérêt à arrêter ce que tu fais, dit-elle durement.

- Qu’est-ce que je fais ? feignit Sirius alors que son sourire se courbait en un trait malin.

- Je te jure, Sirius, je ne mens pas ! s’irrita Hermione. Arrête tes petits jeux, où je vais finir par m’énerver, je ne mens pas.

Le sourire de Sirius s’élargit encore, et Hermione eut envie de lui arracher avec force ce petit air qui la narguait sans cesse.

- Tu sais que je ne le supporte pas, cracha-t-elle soudain.

- Tu ne supportes pas quoi ? demanda-t-il en faisait briller ses yeux.

- Tu me tournes autour, et tu sais très bien de quoi je veux parler ! Je ne joue pas moi ! Je ne suis pas comme toi. Je ne le supporte pas parce que tu m’empêches de…

Hermione ne termina pas sa phrase. Qu’était-elle en train de faire ? Elle voulait simplement lui demander d’arrêter, pas lui dire pourquoi. Que se passait-il ? Même quand c’était elle qui menait la danse, c’était toujours lui qui contrôlait tout.

- Pourquoi tu fais ça, Hermione ? demanda Sirius, tout à coup sérieux.

Hermione leva les yeux vers lui et rencontra son regard. Quelque chose en elle explosa à ce contact.

- Et toi, pourquoi tu fais ça ? s’exclama-t-elle. Pourquoi est-ce que tu te moques de moi tout le temps ? Tu me mènes en bateau depuis le début ! Pourquoi est-ce que tu as une femme différente à ton bras chaque soir, hein ? Pourquoi est-ce que tu continues quand même à me chercher ?

- Hermio…

- Tais-toi ! Tu veux savoir pourquoi je t’ai jeté un sort ce soir ? Je t’ai jeté un sort parce que tu es à moi ! Tu comprends ? Tu es à moi ! Et j’en ai marre de faire semblant que ce ne soit pas le cas. Je t’aime. Même si tu es impossible, même si tu es capricieux, même si tu joues avec moi, je t’aime de toute façon !

- Hermione, écoute-moi ! parvint enfin à placer Sirius.

- Non ! Je m’en fiche. Je me fiche de savoir que tu ne me veux pas, parce que moi, je suis à toi depuis déjà longtemps, tu m’entends ? J’en ai marre de faire semblant…

- Hermione ! cria Sirius pour l’arrêter.

- Quoi ? demanda-t-elle en l’écoutant enfin.

- Lève le sort, ordonna Sirius en plantant un regard grave dans le sien.

- Pourquoi je ferais ça ? s’étonna-t-elle. Pour que tu puisses t’enfuir en courant et aller raconter à tout le monde quelle idiote je suis ?

Les larmes commençaient à couler le long des joues d’Hermione. Oui, ce qu’elle venait faire était bien idiot. Elle n’avait même pas pu contrôler ce qu’elle disait. Maintenant il savait qu’elle l’aimait au point de tenir un discours aussi ridicule. Il était à elle ? Mais pourquoi était-elle aller raconter ça ? Elle était tellement stupide, tellement stupide !

- Parce que si tu ne me libères pas, commença Sirius d’une voix rauque, je ne pourrais pas venir te rejoindre. Je ne pourrais pas te serrer dans mes bras et te dire que toutes ces femmes avec qui tu m’as vu, je ne les fréquentais que pour te rendre jalouse. Si tu ne me libères pas, je ne pourrais pas te chuchoter à l’oreille que je t’aime et que tu me rends fou au point de faire des choses aussi stupides pour attirer ton attention.

Hermione recula d’un pas sous le choc, levant du même coup sans s’en rendre compte le sort qui immobilisait Sirius. Sirius, qui se débattait avec force pour se libérer fut soudain projeté en avant et profita de son élan pour se précipiter vers Hermione et l’enserrer fermement dans ses bras avec l’intention de ne pas l’en laisser partir. Et puis, tout en séchant ses larmes de ses baisers, il lui répéta mot pour mot ce qu’il avait promis de lui dire.





Paroles de la chanson :

I put a spell on you
'Cause you're mine

You better stop the things you do
I ain't lyin'
No I ain't lyin'

You know I can't stand it
You're runnin' around
You know better daddy
I can't stand it cause you put me down

I put a spell on you
Because you're mine
You're mine

I love ya
I love you
I love you
I love you anyhow
And I don't care
if you don't want me
I'm yours right now

You hear me
I put a spell on you
Because you're mine
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