Enfant Ginny Weasley rêvait de posséder un animal à elle, un petit animal dont elle prendrait
soin et qui dépendrait d’elle. Oui mais voilà, Ginny ne voulait pas n’importe quel animal, elle
voulait un poisson. Pourquoi un poisson me diriez-vous alors que tant d’enfant rêve d’un chat
ou d’un chien au pelage doux qu’ils pourraient dorloter, caresser, brosser, câliner à longueur
de journée ? Ginny, elle, vouait un culte aux poissons multicolores qu’elle avait un jour
observé dans un magazine de jardinage appartenant à son père. Sur la double page justement
intitulée « Poissons de rêve » elle avait assisté, médusée, au ballet aquatique de ces drôles de
bêtes à nageoires. Depuis ce jour, elle déclarait haut et fort à qui voulait l’entendre que quand
elle serait grande elle nagerait avec eux et qu’en attendant elle voulait avoir son propre
poisson.
Le jour de ses 7 ans, elle eût l’immense joie de découvrir un joli poisson rouge qu’elle
s’empressa d’installer dans l’aquarium qu’on lui avait offert avec. Malheureusement aux
vacances suivantes, Bubulle, le joli poisson rouge, fut oublié sur le buffet où il trônait. Quelle
ne fut la tristesse de la petite rousse lorsqu’elle découvrit, flottant dans son bocal, le corps
inanimé de Bubulle.
Mme Weasley soucieuse du bonheur de sa fille et se sentant un peu coupable du destin
tragique du poisson s’empressa de se rendre à l’animalerie la plus proche où elle fit
l’acquisition de Bubulle deuxième du nom. Cependant son choix s’avéra être le mauvais car
la famille compris rapidement que Bubulle 2 présentait des tendances suicidaires. Lors de son
4ème saut hors du bocal, Mr Weasley arriva trop tard et Ginny dû enterrer Bubulle 2 auprès de
Bubulle 1 dans le fond du jardin du Terrier.
Après ces deux échecs, Mme Weasley jugea plus sérieux de patienter quelque temps avant de
peut-être racheter un poisson, si sa fille n’avait pas abandonné sa lubie. L’envie ne passa pas à
l’enfant qui eût la joie lors du Noël suivant de découvrir, outre le traditionnel pull en laine
rose tricoté main par le Père Noël en personne, un joli poisson rouge qui adopta
immédiatement le nom de Bubulle 3. Cette année-là, le réveillon du jour de l’an se passait
chez les Weasley et toute la famille était réunie au Terrier pour quelques jours. Le pauvre
Bubulle ne vit pas la nouvelle année, le chat d’un oncle Prewett décida qu’il ferrait un festin
de choix pour son réveillon.
L’oncle, très gêné, offrit, pour se faire pardonner, Bubulle 4 à Ginny. Il fut celui qui vécu le
plus longtemps. Malheureusement pour lui, après plusieurs mois de vie paisible à onduler
dans l’aquarium en verre sous le regard émerveillée d’une petite frimousse à tâches de
rousseur, son chemin croisa celui des jumeaux Weasley. Ceux-ci, grands amateurs de blagues
en tous genres voulurent transformer le poisson rouge en poisson noir, beaucoup plus chic
selon leurs dires. Ils se procurèrent de la potion de teinture capillaire « noir ébène » chez
Sorcière Mode et ils la versèrent dans l’aquarium. Bubulle 4 ne se remit pas de ce traitement
de choc, Fred et Georges le cachèrent dans le jardin et expliquèrent à leur jeune sœur en larme
que son poisson avait fuguer pour rejoindre sa famille.
Après ce nouvel incident Mme Weasley déclara ne plus vouloir de poisson chez elle, au grand
damne de son unique fille. C’était sans compter la fête du village qui avait lieu au début de l'été. Ginny,
déjà très habile, rafla le premier prix dans un jeu de tir avec une balle en mousse, premier prix
qui s’avéra être un poisson rouge. Durant l’été, Ginny voulu faire bronzer son joli poisson,
qu’elle installa dans le jardin. Mr Weasley découvrait alors le fonctionnement d’une tondeuse
à gazon moldue, encore peu adroit à manier l’engin, il oublia momentanément que celui-ci ne
se dirigeait pas seul. La machine roula, roula jusqu’au bocal de Bublle 5 qui rejoignit les
quatre autres poissons rouge de Ginny. A force de persuasion, Mr et Mme Weasley réussirent
à faire comprendre à leur fille que les poissons rouge n’étaient pas fait pour elle.
Ainsi, lorsqu’une vingtaine d’années plus tard, James Sirius Potter, son jeune fils, brandit
fièrement sous son nez le sac dans lequel nageait le beau poisson rouge que son père venait de
lui offrir, Ginny ne pu s’empêcher de plaindre le petit poisson qui venait de voir son
espérance de vie réduite à une peau de chagrin.