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Félicitations aux textes sélectionnés sur le thème des Molly/Arthur : Extraaterrestre pour L'écho de leurs rireset DameLicorne pour Ouvrir les yeux !



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De L'équipe des Podiums le 09/04/2018 21:58


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De L'équipe des Nuits le 06/04/2018 15:51


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De L'Équipe des Nuits le 26/03/2018 19:30


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De L'équipe des Podiums le 18/03/2018 19:27


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De L'équipe des Nuits le 03/03/2018 15:00


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De L'Equipe Technique le 18/02/2018 18:27


Le gardien par Noisette

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note de chapitre:

Voilà ma participation au concours d'Ao, Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?

Le texte est hors-concours, alors c'est juste pour le plaisir =) Merci à Aya pour la relecture o/

Bonne lecture !!
La première fois que j'ai mis les pieds dans ce stade j'avais quoi ? cinq, six ans ? Je sais même plus qui jouait. Si je le savais, j'aurais pu retrouver la date. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont gagné. Et qu'ils volaient si vite...

Le vieil homme promena ses yeux opacifiés de cataracte sur le stade. C'était un beau stade, un très beau stade, même. Depuis sa position, rien ne disait qu'il distinguait encore les détails des tribunes. Qu'importe.
Il avait passé tant de temps dans ce stade qu'il en connaissait la moindre gravure, le moindre fanion. Un jour, il y a près de deux siècles, l'équipe victorieuse sculpta le buste de son capitaine dans le bois d'un pilier qui soutenait les tribunes. Huit autres capitaines victorieux l'avaient rejoint au fil des années. Le stade n'était pas le plus grand des stades de Quidditch de Grande-Bretagne. Il était le plus mythique. Aux balustrades pendaient des fanions laissés là par des supporters déçus ou au contraire repartant victorieux. Le vent les faisait claquer, et hormis ce bruit, le stade était plongé dans le silence. Pourtant, le vieil homme entendait encore les cris des supporters, le sifflement des balais, le bruit sourd des Cognards qui heurtaient les battes, le craquement de deux joueurs entrant en collision... Il entendait encore les directives des entraîneurs, la plainte retenue du joueur à terre, les grognements du batteur, les cris des poursuiveurs. Il entendait même le vrombissement ténu du vif d'or qui s'envole.

Il s'avança sur la pelouse, jusqu'au centre du terrain. Le sol était parfaitement égal, l'herbe drue, souple, profondément enracinée dans la terre meuble. Il se baissa pour la caresser. Ce gazon était l'un des plus beaux du championnat.
Du temps où il en avait encore la vigueur, c'était lui qui en prenait soin. Lui qui était l'orfèvre de ce tapis d'émeraude. Lui que les joueurs complimentaient pour le doux matelas qui avait propulsé leur envol et amorti leur chute. Lui qui passait de longues heures passionnées à égaliser les brins d'herbe. Et puis son dos s'était raidi, ses hanches, ses genoux, ses épaules avaient suivi le mouvement. Un jour il n'avait plus pu pousser le rouleau sur le gazon du terrain. Il se refusait à utiliser la magie, arguant que l'herbe avait besoin de sueur et d'attention. Il avait soupiré et demandé à ce qu'on engage un jardinier. Il ne venait plus souvent sur la pelouse. Le temps où il avait été joueur, puis celui où cette pelouse l'avait occupé de longues heures chaque semaine avaient laissé de vivaces souvenirs, qui revenaient le tourmenter sitôt qu'il posait le pied sur le terrain.

Au début, alors qu'il venait juste de prendre sa retraite de joueur, il avait été tenté de continuer à voler, de proposer ses services à l'entraîneur de l'équipe de réserve. Il y avait longtemps que Potter, Willanders, McLane et les autres avaient disparu de ses rangs, mais il aimait bien ces jeunes joueurs attentifs et encore humbles. Il avait joué avec Willanders pendant des années, jusqu'à ce qu'il change d'équipe. Quand ils avaient pris leur retraite, ils s'étaient perdus de vue. Il avait appris sa mort quelques mois auparavant. Kemal Willanders, le batteur de Jodhpur avait voulu que ses cendres soient dispersées sur le stade par un de ses coéquipiers. Kemal Willanders était l'avant dernier joueur de cette belle époque. Il était le dernier. Il avait rempli sa tâche avec dignité, malgré l'impression de disperser ses derniers souvenirs. Il n'était pas retourné sur le terrain pendant un long moment. Le temps que la pluie emporte les dernières particules de son ami que le vent n'avait pas balayées. Il s'était concentré sur les gradins, les tribunes, les vestiaires. L'herbe du terrain n'avait plus besoin de lui. Un jeune gars à la main verte avait repris le flambeau, et si sa vue faiblissante n'était plus digne de confiance, il entendait les commentaires des joueurs et des spectateurs. Le gazon était toujours aussi beau, aussi doux, aussi tendre. Il était tranquille.

A pas lents, il rejoignit les trois poteaux de but du côté Nord. Ses buts. Il les avait gardés si longtemps... S'il connaissait le stade dans ses moindres recoins, c'était encore là-haut qu'il avait passé le plus de temps, à serpenter entre les trois anneaux de bois doré. La première fois qu'il avait gardé ces buts, il venait d'avoir 18 ans. Il retint l'impulsion de compter les années et sourit au souvenir de sa fierté, quand le speaker avait annoncé son nom. Depuis des années, il n'était plus monté là-haut visiter son domaine, son royaume perché. Qu'importe. Il arrivait encore à décrire parfaitement les stries du bois, les feuilles d'or scintillantes, la vue depuis chacun des anneaux. Il sortit sa baguette et la pointa vers le ciel. Auro. Une gerbe d'étincelles dorées jaillit et s'envola pour aller se déposer sur les anneaux qui brillèrent encore davantage sous le pâle soleil de Cornouailles. Le vieillard ne les voyait plus, tout juste il distinguait l'éclat de soleil, mais il savait simplement quand ses chers buts avaient besoin d'être rafraîchis. Il fit de même, avec moins de ferveur, de l'autre côté du terrain. Il avait rarement gardé le côté Sud, ce n'étaient pas ses buts. Sortant de l'aire de sable dans laquelle étaient plantés les poteaux, il effaça ses traces d'un coup de baguette, comme il l'avait fait précédemment. Le terrain était prêt.

A pas lents, il se dirigea au pied des piliers portant les tribunes. Dans un seau rempli de produits d'entretien, il prit un vieux flacon d'huile à bois et un chiffon maculé de tâches. A tâtons, il était maintenant presque aveugle, il commença à frotter le premier buste. Il était tellement ancien, le bois étaient devenu lisse et dur comme de la pierre polie. Le chiffon passait doucement sur les pommettes, l'arête du nez, le front... Il prenait plaisir à l'ouvrage, ses mains, larges et calleuses s'arrêtaient sur le moindre détail, détectaient n'importe quelle imperfection sur le bois brillant. Quand le visage de l'illustre capitaine eut bu toute l'huile déposée à sa surface, il passa au suivant. Le sixième était celui qui lui prenait le plus de temps. Anton Czevic, capitaine de 1983 à 1988. Le buste avait été sculpté en 1986, il avait 10 ans et il avait assisté à la victoire. Czevic était son idole, son modèle, son dieu vivant. Il s'était tué en 1994, bêtement, en testant un balai de son invention. Il y a les concepteurs et les utilisateurs, Anton Czevic n'appartenait manifestement pas à la première catégorie. Avec une minutie infinie, il passa le chiffon dans les boucles sculptées de l'attrapeur. Le bois, d'une douceur rare, absorbait rapidement l'huile du chiffon. Quand ses doigts lui dirent que le buste avait été suffisamment soigné, il passa au suivant. Il y accordait aussi toute son attention, mais le faisait d'un air plus détaché, comme si ce capitaine-là ne lui importait pas vraiment. Il lui ressemblait, pourtant : le même nez droit, le même menton volontaire. La crinière blanche avait remplacé le cheveu ras, mais les années n'avaient pas eu raison de leur ressemblance. Quelques secondes d'observation suffisaient à comprendre pourquoi le vieux gardien semblait si détaché du relief : ce profil qu'il polissait était le sien, l'image de ses vingt-six ans. Le plus jeune capitaine de l'assemblée.

Montant dans les tribunes, il vérifia, du bout des doigts que les guirlandes de fanions ne s'étaient pas envolées. C'était une des nombreuses traditions du stade : les supporters abandonnaient leurs banderoles, leurs couleurs sur les rambardes, les surchargeant au long de l'année de multiples couleurs. Tout était en ordre, le stade était prêt pour le match du lendemain. Le soleil de l'après-midi rasait les tribunes, réchauffant le vieux gardien. Accoudé à la balustrade du dernier étage, il profita de ses rayons. Le vent là-haut ressemblait à celui qui soufflait entre ses chers poteaux. Il ne s'autorisait que rarement ce plaisir, de peur qu'il ne perde sa magie. C'était un des derniers matches de la saison régulière, le début du mois de mai. Il s'assit sur le banc du fond, adossé à la rambarde et exposa son visage au soleil. C'était une belle journée, celle du lendemain le serait aussi. L'affiche était prometteuse, comme toujours. Son labeur était terminé, il s'accorda encore un peu de repos. Il faisait si doux, au soleil... De là où il était, il avait un point de vue imprenable sur tout le stade. Maudite cataracte... Il avait toujours refusé de se faire opérer, arguant qu'il avait trop d'images en tête pour en ajouter de nouvelles. Et puis il ne croisait plus le regard du jeune capitaine qu'il avait été. Peu savaient. A vrai dire, peu remarquaient le vieux gardien du stade. Pourtant, il en avait des choses à raconter, ce vieux gardien. Croisant ses mains sur son ventre, confortablement adossé à la rambarde, Olivier Dubois s'accorda une petite sieste et ainsi s'éteignit la mémoire des cent six dernières années du club de Flaquemare.
Note de fin de chapitre :

J'espère que vous avez apprécié ce texte, parce que moi j'ai beaucoup aimé l'écrire ;)
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