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News

IRL - 10 ans de l'association



L'association Héros de Papier Froissé souffle ses 10 bougies en octobre 2018 ! C'est un anniversaire important pour notre association et nous aimerions passer ce cap avec vous ! Bien entendu, HPFanfiction, le Héron à la Plume Flamboyante et les Éditions HPF seront de la partie :)

Avec quelques mois d'avance, le CA aimerait donc fêter cette occasion avec vous autour d'un week-end sur le thème de l'écriture à travers le temps.

Crédits : Montage de Labige à partir d'images de Sumkinn et Prawny


L'anniversaire d'HPF aura lieu du vendredi 18 mai (fin d'après-midi/soir) au lundi 21 mai 2018 matin à Chamelet dans le Rhône. Pour tout détail concernant l'événement, les modalités d'inscriptions et les tarifs : ici sur le forum ou sur le site de l'association.

A bientôt sur un de nos sites,
De L'équipe du CA le 17/01/2018 10:48


Sélections du mois


Chers et chères membres d'HPF,

Les votes pour la sélection sur Les Fondateurs de Poudlard, pour le mois de janvier, sont en cours. Vous pouvez découvrir les choix des lecteurs et voter jusqu'au 31 janvier pour les textes que vous avez aimés sur ce topic !

Les Concours sont mis à l'honneur en février : n'hésitez pas à soumettre vos coups de coeur ici ! Il s'agit de fanfictions écrites en réponse à un concours organisé sur le forum ou sur le site.

Félicitations aux textes sélectionnés sur le thème Echange de Noël : Le Marchand de Glaces de LaLouisaBlack, Eanna pour Wizard Wheezes are cool, Api avec Capturer les images et Seonne pour Les douze coups de Noël !



Vous pouvez toujours trouver l'ensemble des Sélections du Mois sur le site et proposer vos thèmes et idées sur les topics du forum.
De Equipe des Podiums le 15/01/2018 18:10


Sauvegardes automatiques quotidiennes


Chers membres d'HPF,

Tous les jours à 2h du matin, heure de Paris, les sites de l'association HPF (HPFic, le Héron, le blog, la boutique, le site de l'asso et le forum) sont indisponibles pendant environ 20 minutes. En effet, l'Equipe Technique a mis en place depuis le jeudi 4 janvier des sauvegardes automatiques qui nécessitent leurs fermetures temporaires. Les sites aussi ont bien le droit à un peu de repos !


De L'équipe Technique le 09/01/2018 19:18


73e édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 73e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 janvier à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 08/01/2018 23:48


Fin de la période de recrutement


Bonjour à tous,

Le recrutement pour notre équipe de modération s'est achevé hier soir. Nous avons reçu 8 candidatures que nous allons étudier sérieusement les jours prochains.

Les personnes qui ont postulé recevrons un message de notre part très prochainement !

Merci à vous d'avoir répondu à cette annonce et pour l'intérêt porté à notre équipe !
De Les Schtroumpfettes de compèt' le 07/01/2018 18:02


Recrutement pour l'équipe de modération d'HPFanfiction


Bonjour à tous,

En cette fin d’année, l’équipe des Bleues cherche deux nouvelles recrues pour étoffer ses rangs.

Une grande partie de notre travail s’effectue sur HPFanfiction où nous lisons puis validons ou invalidons les textes. Nous organisons aussi des concours ou projets d’écriture, une ou deux fois par an. Nous gérons la boîte mail sur laquelle arrivent les questions relatives au site. Nous publions des news et traquons également les bots. Vous trouverez le détail de nos principales missions ici.

Pour plus d’informations sur les modalités de recrutement, c’est par ici.

Le recrutement restera ouvert jusqu’au 6 janvier 2018.

A vos plumes !
De Les Schtroumpfettes de compèt' le 18/12/2017 20:01


Ludo Mentis Aciem par Ielenna New!

[1041 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

KEUWAH, déjà un nouveau chapitre ? EH OUI, il faut croire ! Avec le NaNo (j'ai déjà plié la moitié en 5 jours ahaha), ça va tout de suite beaucoup plus vite. Les congés aident aussi beaucoup. 

Au programme, des bébés dans des chaudrons, l'anneau unique et mots avec plein de rrrr (merci Irina !)

Bonne lecture !

En quelques minutes, Kate traversa les années. Les scènes défilèrent sous ses yeux, sans s’arrêter. Jusqu’à ce qu’une image commence à se figer. Elle reconnut l’endroit. Ces falaises d’Irlande. Ces étendues d’eau à perte de vue. Deux silhouettes tranchaient sur le paysage vert et cyan. Une cape violette, une autre bleu nuit. Cliodna et Maëva observaient l’horizon, captant les particules que leur renvoyait le vent marin. Cet endroit était devenu leur lieu de retrouvailles, de concessions. Combien de fois s’étaient-elles donné rendez-vous en ces lieux ? Des centaines.

— Cette histoire de chaudron te tracasse. Je me trompe, Maëva ?

La mine grave, Cliodna se tourna et observa le profil de son amie, ses cheveux roux soulevés par la bise comme des fouets flamboyants.

— D’où viennent ces artefacts ? Sont-ils l’objet de la magie ? Je me demande à quels desseins ils ont été créés. Et qui a pu être capable, par le passé, d’une telle prouesse.
— Voici là une drôle d’affirmation, provenant de la meilleure enchanteresse de notre siècle, ricana Cliodna, de sa voix grave et étirée.
— Certes. Mais cela signifie que d’autres l’ont fait avant moi. Penses-tu qu’eux aussi maîtrisaient l’Immatériel ?
— Probable. Nous ignorons tous les origines de notre magie.
— Les Moldus se demandent parfois qui, de l’œuf ou de la poule, est arrivé avant l’autre. Une interrogation qui s’applique aussi dans notre monde. Qui est apparu le premier ? Le sorcier ou la magie ?
— Nous n’aurons jamais la réponse, Maëva.
— Arthur m’a fait prendre conscience de cela.

Alors, elle pivota la tête vers sa consœur druidesse et déclara :

— Je veux retrouver ces reliques du passé. Celles qui me permettront de comprendre nos origines.
— Quelle folie. À quoi cela te mènera-t-il ?
— Je l’ignore. Mais si les hommes, si les sorciers, ont laissé des traces derrière eux, je dois les découvrir. Lever le voile sur le mystère de nos origines. Si j’ai attendu Merlin toutes ces années, c’était pour qu’il me mette sur cette piste.

Puis, Maëva s’approcha de Cliodna et lui attrapa les mains.

— Viendras-tu avec moi ?

La druidesse bleue s’accorda un temps de réflexion.

— Quelqu’un doit rester ici, pour Poudlard. Et le cercle n’accepterait pas l’absence de deux de ses membres.
— Peu importe le cercle ! Et nos quatre apprentis se chargent de Poudlard seuls, désormais. Ils n’ont plus besoin de nous, désormais. Partons, toutes les deux. Comme avant, quand nous parcourions les terres, à la recherche de jeunes sorciers. Souviens-toi de cette époque.
— Je me souviens très bien, sourit Cliodna. Mais je ne peux m’y résoudre. Le temps a passé depuis, Maëva. Nos apparences n’ont peut-être pas tant changé grâce à la magie. Grâce à l’eau de la fontaine de vie… Mais je n’ai plus ma fougue d’antan. L’aventure ne me sied plus. Mais pars. Ne t’en fais pas pour moi. Je sais que tu ne vis que de ces mystères. Que la sédentarité ne te sied pas. Ne t’en prive pas en mon nom.

Comprenant sa décision, Maëva hocha la tête, puis réfléchit un temps à son tour, attentive au bruit des vagues qui éclataient en contrebas. Son geste suivant surprit Cliodna, quand Maëva décrocha le cordon autour de son cou qui soutenait le disque en agate que lui avait offert sa mère, quelques décennies auparavant.

— Maëva, que fais-tu ? hoqueta Cliodna quand son amie passa le bijou autour de son cou sans lui demander son avis.
— Si les hommes sèment des objets dans leur existence pour faire perdurer leur souvenir, je veux que celui-là te revienne.

Maëva caressa la surface polie de la pierre, désormais sur le buste de Cliodna.

— Ceci est mon cœur, la chose la plus précieuse à mes yeux, et je veux que tu le gardes jusqu’à ce que je revienne. Peux-tu faire cela pour moi ?
— Je le ferai, acquiesça Cliodna.
— Un jour, je reviendrai à Poudlard. Peu importe ce qu’il se produira. Et nous ouvrirons notre maison. Nous mettrons à exécution notre plan. Celui duquel nous rêvons depuis si longtemps.

*** *** ***

L’image qui suivit supplanta les falaises. Celle d’une forteresse, implantée au milieu d’un large village cerné par des champs à perte de vue. La bâtisse surplombait les pauvres habitations de l’époque. Et en arrière de la cour, ce mur de garde, devant lequel Maëva et Merlin discutaient. Attachés à l’un des rares arbres de l’endroit, deux chevaux, lourdement chargés de provisions. Prise de curiosité, Kate s’approcha et remarqua alors que les deux sorciers traçaient des runes à l’aide de leurs pouvoirs sur les remparts.

— Quel est ce regard, Merlin ?

Maëva avait capté les yeux du jeune sorcier sur elle. Parfois, ses iris d’ambre la pétrifiaient, car lui rappelaient sa terrible nature.

— Celui de la réprimande ?
— Vous êtes consciente de ce que vous faites. Bien que je n’approuve pas votre décision. Vous avez fait présent de l’épée à Arthur et maintenant, vous l’utilisez comme un pion.
— Il sert nos intérêts tout comme nous répondons à ses ordres. Ce n’est qu’un juste retour des choses.
— Le serment des druides nous astreint à obéir aux rois. Non mais à les manipuler.
— Cesse donc tes accusations. Je ne le manipule pas. Arthur est aux faits de tout ce que cela implique. Je lui ai expliqué, il a accepté, de son plein gré. Dis-moi où discernes-tu des aspects influents ?
— Vous déformez les propos des druides.
— Je ne te permets pas, Merlin.

Le ton de Maëva s’était fait plus dur et elle s’était interrompu dans sa tâche. Cette voix rude faisait frissonner Kate, car elle arrivait à percevoir sa puissance qui s’échauffait, son Immatériel grandissant, régi par ses émotions.

— Nous avons tous nos propres ambitions. Nos propres particularités. Je pense que tu es le mieux placé pour me comprendre.
— Vous vous cherchez des excuses.
— Je n’y répondrai plus.

Elle abaissa sa main et renferma son Immatériel une fois qu’elle eut achevé ses runes.

— Il ne devrait pas tarder…

Et effectivement, aussitôt eut-elle prononcé ses mots que Kate aperçut au bout du chemin descendant le roi Arthur qui longeait les remparts. Sa barbe avait pris plus d’ampleur sur son visage. Deux ou trois années devaient séparer leur première rencontre. En parvenant au point de rendez-vous, il décerna un regard empli d’un profond respect à l’égard des sorciers. Kate appréciait cet égard pour les sorciers, bien qu’Arthur soit un Moldu. Il portait à la ceinture sa petite épée. La fameuse Excallibur.

— Merlin. Ma Dame.
— Êtes-vous prêts à partir ? lui demanda Maëva dans un sourire confiant.
— Plus que jamais. Vous avez ma toute confiance.
— Nous tâcherons de revenir avant l’aube demain. Dans l’espoir que notre quête soit accomplie.
— J’ai prévenu Lancelot de mon absence ces quelques heures. Il saura gérer les affaires.

Maëva approuva d’un hochement de la tête.

— Alors, ne perdons pas de temps, lui dit-elle en désignant les chevaux préparés derrière eux.

Quand ils furent installés sur leurs montures, Merlin se plaça devant eux, leur exposant leur dos, tandis que Kate observait en plissant les yeux, incapable de deviner ce qu’il allait se produire. Et sans que Merlin ait usage de sa baguette magique confectionnée à partir de chêne blanc, il éveilla les runes qui s’illuminèrent sur le mur. Les pierres qui composaient ce dernier commencèrent à fondre, laissant apparaître derrière elle l’image d’une profonde forêt. Il venait d’ouvrir une porte magique pour un autre endroit. L’ancêtre du transplanage, pensa Kate, fascinée.

— N’ayez crainte, votre Altesse. Ceci n’est qu’un portail.

Arthur ne s’autorisa pas une parole et fut le premier à taper le flanc de son cheval de son talon pour le faire avancer, suivi de Maëva. Tous deux s’engouffrèrent dans la brèche magique et disparurent alors. Puis, Merlin se retourna vers Kate :

— Qu’est-ce que tu attends ? Suis-les.

La jeune fille ne se fit pas prier et, sous le sourire complice de Merlin, trotta jusqu’à la porte, plongeant dans ce nouvel inconnu. Les sensations de ce phénomène lui rappela assez celles du transplanage, aussi se sentait-elle fébrile quand elle arriva sur place, dans ces bois jamais dominés par l’homme.

— Vous sentez-vous bien, votre Altesse ?
— Oui. Ne vous inquiétez pas pour moi, ma Dame.

Dans un léger rictus d’approbation, Maëva fit avancer son cheval, sa grande cape violine recouvrant la croupe de ce dernier. Kate devant les suivre à pieds, elle se félicita qu’ils vadrouillèrent au pas. Ils prirent la direction du Nord, sans que la jeune fille n’ait une traitre idée de l’endroit où ils se trouvaient.

— Comment en êtes-vous venue à penser que l’anneau se trouve dans ces lieux ?
— Les légendes des druides sont rarement basées sur du vent, avança Maëva, le regard brillant. Cela fait des siècles que le mythe d’Andvaranaut nous obsède. Et nous devons le trouver avant qu’un sorcier malveillant ne s’en empare.
— Il serait en effet fort fâcheux qu’un esprit mal intentionné mette la main dessus.
— Il pourrait amener la destruction… C’est trop dangereux de le laisser dans la nature. Nous devons le retrouver. Et l’épée que j’ai ensorcelée pour vous nous aidera, votre Altesse.
— Nous sommes seuls. Appelez-moi Arthur.
— Très bien, Arthur.

Le ciel gris s’épaissit en une pluie, qui les arrosa en début de soirée. Ils trouvèrent alors refuge dans une petite grotte abritée. Arthur observa avec fascination Maëva allumer un feu à l’aide de sa magie et ainsi préparer leur repas du soir.

— Vous êtes une excellente cuisinière en plus d’être une sorcière très adroite, la félicita Arthur en goûtant au contenu de son écuelle.
— Vos compliments me vont droit au cœur, Arthur.

Ils mangèrent un temps, avant que Maëva n’émette une réflexion :

— Ma nature de sorcière ne semble pas vous effrayer. Et je me ravis de savoir que vous avez su accepter la présence de Merlin à vos côtés. Tous les rois ne sont pas aussi sages que vous concernant leur rapport à la magie.
— Dois-je vous rappeler, ma Dame, que ma propre sœur est l’une des vôtres ? Nos forces sont différentes. Nos ressources. Mais nous pouvons nous être utiles, mutuellement. Sorciers et non sorciers. Personne ne doit représenter un danger pour l’autre, tant que nous pouvons vivre ensemble, dans la paix.
— Je n’aurais jamais dit mieux. Hélas…

Maëva reposa sa gamelle.

— … tous les moldus, enfin… non sorciers, ne sont pas aussi prévenants que vous l’êtes.
— Avez-vous été persécutée par le passé ?
— Je l’ai été, en effet.
— Vous m’en voyez navrée, ma Dame. Je m’engagerai à ce qu’à Camelot, dans tout le Royaume de Bretagne, les sorciers soient respectés au même titre que n’importe quel autre homme.
— Je crains que vos lois ne puissent régir le cœur de chaque homme en cette terre, aussi nobles soient vos ambitions, salua Maëva.
— Ils apprendront. Les hommes doivent être traités avec patience.

Après un court silence, Maëva se leva et entreprit de débarrasser Arthur de ses affaires. Mais quand elle tendit la main vers lui pour récupérer l’écuelle, les doigts du roi attrapèrent les siens. Ce contact la fit trembler. Alors, il se leva, sans quitter ses yeux troublés du regard.

— Vous feriez… une si bonne reine.
— Arthur.

Elle interposa ses doigts tremblants entre leurs lèvres alors qu’il s’apprêtait à l’embrasser. Pourtant, elle lui accorda un sourire amusé.

— Ne vous méprenez pas sur mes sentiments. Mais…
— Je… je suis désolé, je n’aurais pas dû.

Confus, Arthur chercha à se rattraper, mais Maëva le reprit :

— Vous m’auriez proposé d’être votre reine ?
— Une suggestion qui n’aurait pas manqué de charme. Et qui nous aurait permis d’asseoir la place des sorciers parmi le peuple. De vivre comme des égaux.
— Je ne puis être votre reine, Arthur. Je ne pourrai jamais… aimer, épouser un homme. J’espère que vous me comprenez.
— Oui, ma Dame. Je… je pense que j’entends vos pensées.

Puis son regard regagna en assurance.

— Mais mon idée ne me paraît pas dénuée de sens. Vous représentez l’autorité. Votre charisme est si grand que même le plus puissant des guerriers s’agenouillerait devant vous. Vous possédez toutes les qualités d’une souveraine.
— Que me proposez-vous, alors ?
— Les terres d’Irlande. Votre terre natale. Je vous sacrerai reine. Et sous mon autorité, personne ne remettra en question la vôtre.
— Reine Maëva…

Ce qualificatif la fit ricaner.

— Qu’aurais-je à apporter en tant que reine ? Je suis une professeur. Une druidesse. Je ne suis châtelaine qu’à Poudlard.
— La paix, ma Dame, la paix. Je le sais. Au fond de vous, nous nourrissons les mêmes aspirations.

Puis, dans un soupir, Arthur se pencha pour ramasser les fourrures qu’ils avaient détachées des chevaux.

— Accordez-vous ces quelques heures de repos pour réfléchir. Nous en rediscuterons à notre réveil, quand la pluie se sera calmée.

Pourtant, Maëva ne dormit pas, obnubilée par cette tendre promesse. Celle d’un trône et d’une couronne. Celle de la souveraineté de ses terres d’origines. Et si Arthur avait raison. Si, ensemble, ils pouvaient bâtir ce grand royaume uni où sorciers n’auraient plus besoin de se cacher des moldus. Où les jeunes pourraient être ainsi accompagnés jusqu’à Poudlard plutôt que d’être chassés de leurs villages ou contraints de s’enfuir pour survivre aux persécutions.
Au milieu de la nuit, une fois que la pluie eut cessé de tomber et qu’Arthur fut de nouveau réveillé, ils plièrent bagage et poursuivirent leur quête, dans ces bois sombres, à la seule lueur de l’Immatériel qui naissait de la paume ouverte de Maëva. Le roi, quant à lui, avait dégainé son épée et se laissait guider par ce qu’elle lui inspirait.
Ils parvinrent quelques heures plus tard au sommet d’une petite colline recouverte de ronces.

— Je le sens, c’est ici, lui déclara Arthur.

Prudente, Maëva descendit de son cheval, ses pieds atterrissant sur les feuilles imbibées de pluie, et se fraya un passage à travers les végétaux en les commandant avec son Immatériel. Elle grimpa le monticule, jusqu’à parvenir à des dalles de pierres, recouvertes de mousses et de feuilles mortes. Derrière elle, Arthur la suivait, son épée à la main. Cette dernière lui soufflait qu’ils étaient proches du but.

— Elle doit être ici.

S’accroupissant, Maëva frotta les pierres d’une main, l’autre éclairant les reliefs. C’est ainsi qu’elle trouva les gravures. Et l’une d’elles portait le nom de Kriemhild.

— Éloignez-vous.

La lumière s’éteignit, remplacée par de l’Immatériel, qui s’insinua dans les interstices des dalles pour les desceller. La plus grosse, au centre, se souleva dans un bruit de raclement et lévita pour retomber un mètre plus loin. Puis, Maëva défricha la terre à l’aide de la magie. Jusqu’à ce qu’ils tombent sur des os. Arthur posa un genou au bord de la tombe, se pencha, sous la lueur de l’Immatériel de Maëva, et frotta la terre avec sa main gantés jusqu’à faire émerger les restes de doigts. Avec délicatesse, il retira la terre tout autour et dégagea une main sans la casser. Puis, il la tourna. Un éclat doré brilla à la lueur de la magie de Maëva. Un anneau glissé à son annulaire.

— C’est lui. C’est l’Andvaranaut. Surtout, ne le touchez pas, Arthur.

Elle lui fit alors signe de se reculer ; il s’exécuta. Maëva se pencha à son tour et, avec l’Immatériel, fit glisser l’anneau le long de l’os de la défunte Kriemhild. Le bijou lévita dans les airs mais, plutôt que de s’en emparer et de risquer le contact avec sa peau, elle le fit rentrer dans un petit sachet de velours qu’elle avait réservé à cet effet. Malgré cela, elle parvenait à sentir sa puissance. Elle ne devait pas céder…

— Qu’allez-vous faire, à présent ? se soucia Arthur.
— Le ramener aux druides. Eux sauront quoi faire. Nous devons le protéger.

Respectant sa décision, Arthur hocha la tête. Sans imaginer toutes les conséquences qu’auraient eues cette nuit.

*** *** ***

Quand la vision de Kate redevint claire, elle avait quitté la sombre forêt de l’Europe continentale et se trouvait désormais à l’intérieur d’un château. Pourtant, ce n’était ni Camelot ni Poudlard. Elle entrevit, à travers une meurtrière, les grandes plaines vertes s’étendre et dégringoler jusque dans la mer. On entendait résonner le cri des mouettes.
Au loin, Kate aperçut une ombre bleue, qui déambulait d’un pas rapide. Sans réfléchir plus longtemps, elle la suivit pour ne pas perdre sa trace. Ce n’était pas la couleur des habits de Maëva, devina-t-elle. Mais de ceux de Cliodna.
La druidesse passa sous le regard avisé de deux gardes, qui acceptèrent de lui ouvrir la grande porte qui donnait sur la salle du trône. Et quand Kate pénétra dans la pièce à sa suite, elle étouffa un hoquet de surprise. Car sur la chaire royale était assise Maëva, une couronne ceignant sa tête. Arthur avait tenu sa promesse.
Mais pire encore. L’anneau qu’ils avaient exhumé brillait à son doigt.

— Je vous remercie, déclara Cliodna pour congédier les gardes, laissant seules les deux femmes.

La druidesse bleue effectua quelques pas circulaires autour des marches qui menaient vers le trône, tandis que Maëva, les mains sur les accoudoirs, l’observait sans un mot. Un silence terrible régnait dans la salle.

— Qu’as-tu fais ?

La voix grave de Cliodna résonna longtemps, sans trouver de réponse.

— Après tout ce que je t’ai appris. Comment as-tu osé ?
— Je n’éprouve pas de regret, si tu veux le savoir, ma chère amie.
— Tu as bafoué ma confiance ! Tout ce que je me suis évertué à t’enseigner, durant ces longues années ! Tu as brisé le serment des druides. Tu as préféré le pouvoir à la sagesse.
— Les deux sont compatibles.
— Non, tu te trompes, Maëva. Et c’est pour cette raison que nous associons toujours un druide à un puissant. À un roi. Pour dissocier ces deux aspects qui, unis, constituent un danger. La magie aliène les sorciers qui ne sont pas capables de la distinguer au-delà du pouvoir.
— J’avais des ambitions.

Maëva se leva avec prestance.

— Et je les ai accomplies.

Lentement, elle commença à descendre les marches pour rejoindre sa partenaire.

— Que peux-tu me reprocher aujourd’hui ? Je suis une bonne régente. Les terres d’Irlande n’ont jamais connu une paix pareille. Et les jeunes sorciers volent, confiants, jusqu’à Poudlard. Là où nos apprentis leur enseignent nos valeurs. Celles que nous leur avons inculquées.
— Je ne peux pas nier tes réussites, Maëva. Mais les moyens dont tu as fait usage…
— Je veux faire changer les choses, Cliodna ! Que ne comprends-tu pas dans cette sentence ?

Son ton agressif devint pourtant plus lascif.

— Les druides restent ancrés dans leurs mêmes principes depuis des siècles. Certains mêmes restent au sein des conseils malgré les âges, grâce à la fontaine. Le changement leur fait peur. Mais le monde autour d’eux évolue. As-tu eu ouïe dire du christianisme ? De ces religions qui balaieront le paganisme que les Moldus entretiennent et qui permet à nous, sorciers, de survivre dans certaines communautés ? Sais-tu quels dangers nous réserve l’avenir ? Que penses-tu que les druides feront face à tout cela.
— Tu pouvais faire changer les choses au sein du cercle. En respectant les règles sur lesquelles tu as prêté serment.
— N’as-tu jamais eu envie ?

Elle s’était approchée si près de Cliodna, mais restant en hauteur d’une marche.

— D’en faire de même ?
— Je n’ai pas ton impertinence, Maëva.

La main de Maëva glissa lentement vers la sienne pour l’attraper et les yeux de l’ancienne druidesse se mirent à briller.

— Viens.

Elle l’entraîna vers le sommet puis, devant le trône, planta ses yeux dans les siens. Cliodna, désemparée, affichait une expression interdite. Sans qu’elle ne l’anticipe, elle vit Maëva retirer sa couronne. Quand elle la lui plaça sur la tête, Cliodna se passa de réaction. Et quand Maëva lui désigna le trône, il ne fallut que quelques secondes d’hésitation pour que Cliodna se prenne sa place. Mais elle s’installa avec retenue, comme craignant d’y prendre son aise.

— Alors ? s’intéressa son amie. Qu’en penses-tu ?
— Le monde ne change pas.
— Car tu as toujours les yeux que t’imposent les druides. Mais ensemble…

Maëva s’accroupit auprès d’elle, ses mains sur l’accoudoir, proches de celles de son amie.

— … on pourrait tant changer les choses. Poudlard n’était qu’un premier pas. Nous pouvons tant accomplir. Tant que nous restons toutes les deux.

Et dans une lente approche par le bas, Maëva éleva son visage et attrapa les lèvres de Cliodna des siennes. Un baiser que la druidesse ne lui refusa pas, mais elle ne le partagea pas pour autant. Quand Maëva se retira, ses yeux verts emplis de félicité, il y eut un moment de flottement. Avant que Cliodna ne se lève d’un bond. Une étrange furie se lisait sur les traits crispés de son visage.

— Non ! Jamais !

Elle se saisit alors de la couronne sur sa tête et la jeta à terre sans scrupule, dans un son terrible. Celui d’une amitié trop altérée pour perdurer.

— Cliodna ! Ne pars pas ! Cliodna !

Mais la druidesse bleue ne l’écouta pas, marchant d’une allure décidée vers la fenêtre. Et se jetant dans le vide, on ne put apercevoir qu’au loin le vol d’un corbeau qui voulait fuir le plus loin possible. Choquée, sa main toujours tendue vers cette fenêtre, Maëva resta immobile quelques secondes. Avant qu’elle ne sente sur ses joues la tiédeur des larmes qui commençaient à couler.
Son hurlement résonna longtemps dans les pierres du château, tandis qu’elle tomba à genoux contre le carrelage, reniant cette couronne chue à côté d’elle. Peu lui importait d’être une sorcière, d’être une druidesse, d’être une reine.
Elle n’était plus rien sans elle.




Les années passèrent. Mais dans le cœur de Maëva, rien ne changea. Les souvenirs s’y gelèrent, ses convictions se brésillèrent. Et bientôt, il devint froid et dur, comme de la pierre. L’or sur sa tête, le pouvoir dans sa main, n’y faisait rien.
Parfois, Merlin lui rendait visite. Le jeune garçon était désormais un adulte accompli, un druide puissant, un sorcier influent. Il était son seul et dernier lien vers l’extérieur.

— Quelles nouvelles apportes-tu ce jour, Merlin ? lui demanda un jour Maëva, qui se versait un verre de vin dans une grande coupe en cristal.
— Rien qui ne puisse vous réjouir.
— Et qui puisse me mécontenter.
— Je le crains.

Les mains de Maëva se crispèrent autour du pied du verre, puis elle se retourna vers son ancien apprenti, placide.

— Parle, lui ordonna-t-elle, avant de goûter son breuvage.
— Cliodna est revenue à Poudlard.
— Ah ? Serait-elle devenue nostalgique ?
— Elle vient de mettre au monde un enfant.
— Quoi ? s’étrangla Maëva.

Son verre de vin termina sa course dans un mur, se brisant dans une pluie de couleur et de débris cristallins. Puis, elle se força à se calmer, sentant qu’elle perdait le contrôle de ses pouvoirs. L’Immatériel ne pouvait jamais être complètement maîtrisé.

— Après tout, pourquoi pas. C’est l’ordre naturel des choses.

Puis ses yeux, tout à coup plus sombres, se tournèrent de nouveau vers Merlin.

— En quoi pensais-tu que cela éveillerait mon courroux ?
— Vous n’êtes pas ignorante de ma nature. Je lis à travers vous.
— C’est vrai, c’est vrai, souffla-t-elle.

Elle se resservit un second verre de vin et se résolut à ne pas briser ce dernier sous un coup de colère.

— Puis-je me permettre une question, maîtresse ?
— Je t’écoute, mon brave Merlin.
— Si vous avancez que cela fait partie de l’ordre naturel des choses… Vous n’avez pas d’héritier. Est-ce cela qui vous blesse ?
— Et je n’aurai jamais d’héritier, Merlin, trancha-t-elle. Ce que cela implique, je ne peux m’y résoudre. Cela fait bien longtemps que j’ai renoncé aux hommes. Je ne peux pas…
— Pourtant, votre maison aura besoin d’un héritier.

Le don de clairvoyance de Merlin ne cesserait de l’épater. D’une manière ou d’une autre, il avait appris pour l’existence secrète de la cinquième maison.

— Et Cliodna pense que cet héritier sera le sien.
— C’est hors de question. Cet enfant à venir n’a pas à hériter de la maison que j’ai fondée !
— Cette maison n’existe pas.
— Car les Fondateurs ne me le permettent pas. Mais crois-moi, Merlin. Un jour, elle renaîtra. D’une manière ou d’une autre, la cinquième maison s’ouvrira. Mais certainement pas sur la tête de cet enfant…

Elle grimaça avec douleur.

— Est-ce un garçon ? Une fille ?
— Une fille. Son nom est Electra.
— Electra… quel joli nom.
— Maëva.

Merlin s’était avancé vers elle.

— Ne restez pas seule. Vous feriez par là une grossière erreur. Votre place est à Poudlard. Vous nous avez tant appris. Aux Fondateurs. À nous. À moi-même. Nous vous sommes tous redevables. Revenez. Votre maison est à Poudlard, et pas dans les froids murs de ce château.
— Tu as raison, soupira Maëva, après avoir bu une nouvelle gorgée de vin. Soit. Je reviendrai à Poudlard. Mais pas dans l’immédiat. Il me reste encore quelques priorités à accomplir.

Satisfait de sa décision, Merlin hocha la tête. Peut-être se doutait-il déjà de ce que fomentait Maëva. Mais il n’intervint pas.

*** *** ***

À la pointe sud de l’Irlande se trouvait la petite ville de Glandore. Un hameau qui bordait la mer. Et les pêcheurs qui accostaient au port connaissaient bien Ciabhán, le barde itinérant, qui ne quittait jamais sa petite harpe. Cette dernière accompagnait ses contes colportés du fin fond des terres. Mais Ciabhán finissait toujours par rentrer ici, à Glandore, où les enfants ne cessaient de lui réclamer quelques légendes supplémentaires.
Un soir pourtant, il reçut une visite inhabituelle, alors qu’il pinçait quelques cordes de son instrument face à la mer infinie qui se déclinait dans une palette de couleurs incroyable.

— Quel talent.

Surpris par cette voix proche, le jeune homme se retourna vers cette belle femme rousse à la cape violette, assise sur de vieilles caisses empilées. Il ne l’avait pas entendu arriver, sûrement trop focalisé sur sa mélodie et les sentiments qu’elle lui inspirait.

— Votre compliment me va droit au cœur, gente dame.
— Il est mérité. Vous parvenez à véhiculer tant d’émotions dans si peu de notes. Cela en deviendrait presque magique.

D’un élan gracieux, elle se leva et s’approcha de lui, sa grande cape à ses arrières.

— Vous me rappelez quelqu’un, sourit Ciabhán.
— Ah ? Qui donc ?
— Une femme. Aussi belle et mystérieuse. Croisée au détour d’une crique.

Son regard amoureux se perdit au loin, sur les écumes vespérales de cette mer si froide.

— L’avez-vous revue ? s’intéressa Maëva.
— Oui. Maintes fois. Mais mon cœur ne saurait pallier son absence entre ces moments de retrouvailles. J’espère un jour la retrouver.
— Je déplore votre perte, cher barde. Mais honnêtement…

Maëva se planta à côté de lui et le regard sombre qu’elle lui adressa le fit frissonner.

— … qu’est-ce que Cliodna aurait bien pu trouver comme intérêt, chez un vulgaire Moldu tel que vous ?
— Je vous demande pardon ? lui demanda-t-il, croyant avoir malentendu ses propos.

Mais Maëva préféra en rire. Un rire mauvais.

— Une puissante druidesse, qui s’amourache d’un Moldu conteur de foutaises !
— Qui êtes-vous ?! se haussa Ciabhán en se levant, son instrument à la main.

L’Immatériel qui lui sauta à la gorge l’étrangla. Maëva étira un sourire malsain sur son visage, autrefois si joli.

— Assieds-toi. Et reste là.

Sans qu’il ne comprenne par quel phénomène, la sorcière disparut de sa vision, comme volatilisé. Mais son corps ne lui répondait plus. Astreint à rester assis sur le ponton, face à la mer. Et depuis le haut de la falaise adjacente, Maëva gardait ses yeux fixés sur ce port lointain. Elle n’avait jamais ressenti une telle colère depuis des décennies. Une rage qui amenait la vengeance.
Quand elle leva son bras vers la marée, l’anneau d’or à son doigt se mit à briller. Et crochetant ses doigts, comme harponnant la mer, elle y exerça sa sombre et puissante magie. Au loin se dessina un relief, celui d’une vague. Gagnant en hauteur, en vitesse, en puissance. C’est avec une violence inouïe qu’elle déferla sur le port de Glandore, dévastant tout sur son passage. Elle emporta les bateaux, les constructions, remontant jusqu’aux fondations de la ville. Des cloches de détresse commencèrent à résonner dans la vallée pour faire écho à la vague et des cris d’horreur emplirent le silence du soir.
Sur la falaise, Maëva avait disparu. Il lui restait encore une chose à accomplir, ce jour-là, avant que ne tombe la nuit.

*** *** ***

Le brouillard était roi, ce soir-là, sur les landes d’Ecosse. Reconstituant un rêve si connu. Répété, encore et encore, nuit après nuit, comme un écho du passé.
Maëva veillait sur les remparts de Poudlard. Elle lui avait laissé un mot. Malgré leurs différents, la reine savait qu’elle se présenterait. Question de fidélité. Elles s’en étaient fait la promesse, sur les falaises. Le croassement d’un corbeau résonna contre les pierres froides et Maëva devina la présence proche de son ancienne amie.

— Merci d’être venue si vite, Cliodna…
— Tu me l’as expressément demandé, répondit la druidesse bleue. Et je me doute que c’est de la plus haute importance.

Un silence.

— C’est le moment.
— S’il en est ainsi. Je suis prête.
— En es-tu sûre ?

Cliodna ne se doutait de rien. Elle croyait encore à ces doux rêves du passé, aujourd’hui enterrés dans l’esprit de Maëva, qui tissait ses paroles à double-sens.

— Je n’aime pas quand tu adoptes ce ton, Maëva. Il dissimule bien des choses cauteleuses…
— Rien ne t’échappe. Mais il est vrai. J’ai revu mes plans.
— Tes plans ? Il s’agit de nos plans.
— Plus maintenant. Tu ne peux plus. Plus depuis que tu m’as trahie.
— Trahie ? ricana Cliodna. Est-ce considérée comme de la trahison ? Maëva. Regarde un peu autour de toi. Personne ne peut t’appartenir. Tu n’es pas le centre d’une étoile. Mais le point d’un cercle.

Elle faisait référence au cercle des druides qui l’avait chassée pour avoir brisé son serment.

— Tu dois admettre que tu n’es pas seule. Que je me partage pour…
— Assez !

Le cri autoritaire de Maëva eut raison des paroles de Cliodna.

— Ne me fais pas passer pour une égoïste, au nom de ton bonheur personnel. Après tout ce que j’ai sacrifié pour toi. Pour nous.
— Notre rêve. Ton rêve. Ça ne me convient plus.
— Tu comprends mieux alors pourquoi je te parle de trahison.
— Maëva. Depuis quelques temps, tu perds la notion de la réalité. Tu n’es plus toi-même… Je t’en supplie. Reviens à la raison. Je suis là pour toi. Je ferai tout pour toi.

Sans peur, Cliodna étreignit Maëva contre elle. La sorcière rousse entrouvrit les lèvres, confuses. L’odeur de Cliodna la torturait. Elle lui rappelait tout ce qu’elle n’avait pu obtenir. Tous ces anciens plaisirs avaient à présent un goût amer en bouche. Tout cela n’était qu’hypocrisie.

— Plus maintenant.

Et d’un grand geste inattendu, Maëva la repoussa par-dessus les remparts. La grande cape de Cliodna donnait l’impression qu’elle incarnait l’envol de cet oiseau, qui hélas ne planerait plus désormais.
Son corps chuta jusqu’à percuter le sol avec violence. Elle sentait des côtes craquer chaque fois qu’elle tentait de respirer, ses membres brisés qui ne lui répondait plus, et son crâne fissuré se vider de son sang. Mais ses yeux écarquillés voyaient encore cette grande ombre descendre des remparts en lévitant. Celle de la Mort. De cette amie qui voulait lui faire payer ses affronts de sa vie. Maëva admira son œuvre avec une certaine satisfaction. Elle contourna ce corps désarticulé, cassé de parts et d’autres, auréolé de sang. Comme un tableau qui contentait enfin son être.

— Tu m’as dit un jour que la magie aliénait les sorciers qui n’étaient pas capables de la distinguer au-delà du pouvoir, soupira-t-elle, comblée. Mais tu avais tort, Cliodna. Ce qui t’a rendue faible, ce qui t’a rendue folle, ce n’est ni la magie, ni l’Immatériel.

La druidesse ne parvenait à répliquer, souffrante, le sang coulant sur son visage. Maëva se pencha et attrapa le pendentif autour du cou de Cliodna : ce cœur qu’elle lui avait confié. Qu’elle lui avait volé. Elle le lui arracha sans douceur. Quand la mourante attrapa le bras de la reine sorcière avec rudesse, dans un dernier geste désespéré, elle lui adressa un regard, non pas haineux, mais implorant.

— Ne lui… fais pas de mal !

Maëva s’immobilisa un moment, déconcertée. Car même au bord de la mort, son amie la suppliait. À propos de sa fille. Si jeune, si fragile, et qui pourtant avait remplacé son amie dans son cœur. Sans mot dire, Maëva repoussa sa main et s’éloigna avec son disque d’agate, la laissant agoniser aux pieds des remparts.
Le corbeau, qui avait tout observé, volait en cercles au-dessus du corps malmené de la druidesse. Des larmes coulèrent sur les tempes de cette dernière.

— S’il te plaît… ne lui fais pas mal…

Mais, entre ses dents serrées, son imploration se transforma en menace.

— Si tu la touches… Maëva… Je te maudis ! T-toi… ! Ton Immatériel… ! Soyez maudits !

*** *** ***

Mais Maëva n’avait plus d’ordre à recevoir de personne. Et certainement pas de la part de celle qu’elle considérait comme sa plus grande trahison. Quand elle retrouva les appartements de Cliodna au sein de Poudlard, elle fut captée par les babillements d’un bébé. Maëva s’approcha, le dégoût au cœur, attirée par la haine que lui inspirait ce petit être. Dans son couffin chargé de linge, la fille de Cliodna gigotait. Elle n’avait que quelques semaines, à peine. Mais elle exhibait déjà ces grands yeux bleu saphir, identiques en tous points à ceux de sa mère.

— Bien le bonsoir, Electra, susurra Maëva.

Reconnaissant une voix différente de celle de sa mère, la petite commença à pleurer.

— Allons, douce petite. N’aie crainte.

Maëva se pencha au-dessus du berceau et prit le bébé emmailloté dans ses bras.

— Tu es si petite. Si vulnérable… Et pourtant, tu es mon salut.

Tandis qu’elle la berçait et qu’Electra s’apaisait dans cette fatale consolation, Maëva attrapa son autre main son pendentif en agate, qu’elle glissa dans les langes du nourrisson. Puis un parchemin sur lequel s’inscrivit le prénom du bébé, qu’elle inséra à son tour.

— Car tu transporteras mon âme. À travers le temps. Et qu’un jour, grâce à lui, naisse mon héritier. Celui ou celle qui ouvrira ma maison.

À ces mots, Maëva rassembla tous les fragments de son pouvoir disséminés en son être. Cet Immatériel. Issu de la douleur, de la tristesse, de la colère. Elle était prête à tout perdre pour arriver à ses fins. Et son pouvoir s’empara de tant de matière que la pièce entière fut noyée de blanc. D’une lumière éblouissante qui ne se tarit qu’après quelques secondes.
Des pas précipités se firent entendre dans le couloir et la porte s’ouvrit à la volée. Les sens alertes et sa belle baguette en main, Rowena Serdaigle s’avança, examinant avec prudence la pièce. Elle lâcha un tremblement en reconnaissant la femme écroulée au milieu de la chambre de Cliodna.

— Maëva ! se précipita-t-elle. Que s’est-il passé ?

Des larmes coulaient sur les joues de la sorcière.

— C’est… c’est horrible ! Je savais que quelque chose de terrible se produirait ! Je le savais !
— Calmez-vous, Maëva, tenta de l’apaiser Rowena, une main sur son dos. Respirez.
— Cliodna… elle… je lui ai appris la triste nouvelle. Son aimé… il a péri ! Je l’ai priée de ne rien commettre d’insensé ! Mais elle n’a rien écouté ! Elle s’est jetée ! Sous mes yeux ! Et sa fille… ! Sa fille a disparu !
— Quoi ? Je… non ! C’est impossible ! Cliodna n’aurait jamais fait une chose pareille !
— Alors, va voir de tes propres yeux, Rowena ! cria Maëva, emportée par la folie de son mensonge. Son corps gît, en bas des remparts ! Je ne peux… et la petite ! Elle n’est plus là !

Elle écarta les bras pour désigner la pièce vide. Malgré cela, la sage Rowena garda son sang-froid.

— Venez avec moi, ne restez pas ici. Nous allons prévenir Godric, Helga et Salazar. Gardons les élèves de cette tragédie…

*** *** ***

Les pierres s’assombrirent. Pour devenir celles d’une pièce cette fois souterraine. De ce couloir, qui donnait sur cette statue à laquelle Maëva faisait face. Sa main apposée sur la sculpture inerte lui transfusait ses souvenirs. Les souvenirs de celle qui avait été Cliodna. Son Immatériel avait tant été affaibli depuis sa mort que désormais, chaque tentative de son usage transformait physiquement la sorcière. Ses veines saillissaient sous sa peau creusées, mettant en relief ses doigts osseux, comme ceux d’une vieille personne. Maëva n’était plus que l’ombre décrépie de sa gloire d’antan. Souillée par l’avidité, le pouvoir et ses crimes. Elle qui n’avait été qu’une innocente sorcière en quête de réponses, n’ayant comme première défense que sa beauté qui lui avait été ravie et son espoir qui lui donnait des ailes, la voilà qui paraissait maintenant si loin de ce souvenir.
Irriguée par les flux de cette nouvelle vie, la statue de pierre frémit, jusqu’à ouvrir les yeux et insuffler sa première bouffée d’air. Cela sembla lui coûter.

— Quel est ton nom ? lui demanda Maëva.
— C-Cliodna, répondit-elle.

Le cœur de Maëva manqua un battement quand elle reconnut l’exacte voix de son amie disparue.

— Je te connais. Tu es Maëva.
— Tu es une statue. Celle de Cliodna. Mais tu possèdes tous ses souvenirs. Tous nos souvenirs communs… Je t’ai créée afin que tu gardes ces lieux.
— Ces lieux ?
— Nous sommes à Poudlard, l’école de sorcellerie fondée par nos apprentis. Et ces souterrains m’appartiennent. Ils formeront la salle commune de mes futurs élèves.
— Arriveront-ils bientôt ?
— Dans plusieurs siècles de cela. Tu seras leur protectrice. Personne ne devra pénétrer en ces lieux si le Choixpeau ne les a pas envoyés dans ma maison.
— J’entends vos ordres, affirma la statue, déférente.

Certaine que ses préceptes seraient respectés, Maëva se détourna d’elle et descendit dans cette salle qu’elle avait aménagée. Ses Papillombre, ses petits héritiers, ne naîtrait que plus d’un millénaire plus tard, pourtant, elle les aimait et les chérissait déjà comme ses propres enfants. Elle voulait le meilleur pour eux.
Après avoir déplacé le socle de la cheminée centrale, Maëva descendit l’escalier, les doigts éclairés de son Immatériel. Elle admira d’un soupir cette immense porte qu’elle avait elle-même gravé. Tous les reliefs des artefacts qu’elle avait trouvés dans sa vie formaient les clés. Quand elle la franchit, un mécanisme magique se déclencha et l’épaisse porte de pierre coulissa pour se refermer dans un bruit sourd, l’énorme verrou effectuant une rotation pour fermer définitivement l’endroit.
Et dans le noir le plus complet, Maëva s’avança vers cette tombe en pierre. Elle en caressa le rebord.

— Un jour, ma moitié d’âme me retrouvera…

Elle se hissa pour s’asseoir dessus.

— Un jour, elle reviendra en moi... Dans un temps qui me sera plus favorable.

Dans une dernière caresse, elle s’alanguit sur la stèle froide.

— Mais d’ici là, je dormirai à tes côtés. Cliodna… Pardonne-moi. Mais je ne te laisserai jamais partir. Jamais sans moi…

*** *** ***

C’est avec moins de rudesse, mais toujours avec autant de bouleversement, que Kate réintégra son corps à la fin du rituel. L’immatériel n’avait, cette fois, pas débordé. Sigrid était restée auprès d’elle, prête à réagir en cas de problème, aussi parut-elle soulagée de voir Kate revenir sans complication.

— Kate ? Ça va ?

Une main sur son épaule, elle secoua légèrement la jeune fille, toute blafarde. La Papillombre entrouvrit les lèvres, encore sous le choc de tout ce à quoi elle venait d’assister. Elle accepta l’aide de la jeune Völva pour se lever, les jambes flageolantes.

— Je… pense.
— Tu as passé l’épreuve du passé. Il t’en restera une dernière.
— J’ai… besoin de sortir. De prendre l’air. Excuse-moi.
— Pas de souci. C’est déjà un explöt que tu äes réussi à tenir… Comparé à l’autre fös.

Elle lui libéra le passage et quand Kate fut sortie de la chambre, elle n’avait qu’un seul besoin : partager toutes ces révélations.

*** *** ***

— Donc. Si je résume grossièrement. Electra Byrne est la fille de Cliodna et d’un barde moldu, envoyée du passé par Maëva pour lui permettre de créer un héritier en décalé grâce à son horcruxe. Son pendentif dans lequel était attaché une partie de son âme, mais ça on le savait déjà. Et que… ce pouvoir qui s’est transféré sur toi, via l’Immatériel de Horcruxe qu’a porté ta mère pendant sa grossesse, il pourrait refusionner avec l’âme de Maëva, à partir de son corps qui se trouve dans son tombeau ?!
— Je sais, Maggie, ça paraît dingue, mais c’est techniquement ça !
— Tout ça explique pourquoi Electra est folle… !
— Sûrement qu’elle-même ne sait probablement pas qu’elle est née il y a plus d’un millénaire de cela !
— Il y a un truc qui ne colle pas, intervint Terry en haussant un sourcil. Electra a été retrouvée dans les années 70. Et le pendentif… c’est Ariana Dumbledore qui a mis la main dessus il y a plus d’un siècle de cela.
— Peut-être que lors du voyage, ils se sont détachés l’un de l’autre et ont atterri à des époques différentes. En tout cas…

Kate soupira profondément.

— … c’est horrible à avouer, mais Maëva était une grande tarée. Electra avait raison.

Elle balaya d’un regard encore confus l’étendue du Lac Noir, derrière lequel se découpait les collines, aux sommets encore légèrement enneigés. Pour plus d’intimités, ils s’étaient donné rendez-vous près du pont. Irina Ivanov veillait au loin, aussi vigilante qu’un oiseau de proie.

— De ce que tu en racontes, apparemment ! confirma Maggie. Son pouvoir lui est monté à la tête.
— Mais c’est dingue de se dire que c’est elle, la Dame du Lac, poursuivit Terry. Et qu’elle a participé à tant de légendes. Tous ces objets, ces artefacts…
— Certains sont des clés de cette porte, je le sais.
— Tu ne penses tout de même pas l’ouvrir ?! Souviens-toi de ce que t’a dit Emeric ! Le prix à payer est très lourd !
— Non. Certainement pas ! Je ne m’y risquerai pas ! Mais si d’une certaine manière, cela peut enlever la malédiction…

Elle avait encore du mal à digérer cette réalité.

— Je n’arrive pas à y croire. Une malédiction…
— Mais cela signifie que tu peux la lever ! préféra positiver Terry. Et que les débordements de tes pouvoirs sont bien anormaux ! On trouvera bien une solution !
— Je n’en vois qu’une, et elle n’est pas fameuse. C’est de couper mon âme. Et pour cela, il faut que j’accomplisse un meurtre particulièrement violent. Celui d’un proche. Alors non, excuse-moi, mais à ce compte-là, je préfère garder la malédiction. Electra l’avait compris aussi et elle a tué ses parents. En ignorant qu’ils n’étaient pas ses parents de sang.
— Il y a sûrement un moyen moins extrême que ça !
— J’espère ! Mais je ne veux pas que cette malédiction me rende folle comme elle ! Je n’ai pas envie de vous faire du mal… Je vous en ai déjà fait assez dégusté comme ça !

Terry passa son large bras autour des épaules de Kate et la secoua avec douceur pour la forcer à étirer un sourire.

— Tu devrais aller en parler à Wolffhart, suggéra Maggie. Maintenant qu’il a décidé de reprendre les choses en main – enfin ! – je pense qu’il pourra t’apporter des réponses. Ou réagir à tout ça… Peut-être que ses connaissances pourront nous aider à trouver une solution. À moins qu’il soit trop orgueilleux pour les partager avec nous !
— Bonne idée ! s’exclama Kate. J’irai lui en toucher deux mots après le cours de demain !

Elle s’apprêtait à reprendre la promenade d’un bon pas, quand elle remarqua que ses deux amis ne la suivaient pas.

— Alors ? Qu’est-ce que vous faites ?

Pourtant, le regard que s’échangèrent Terry et Maggie, aussi efficace qu’une conversation muette, ne la rassurèrent pas complètement.

— Écoute, Kate, la rejoignit Maggie. On voulait te raconter quelque chose ici, entre nous, avant que tu ne l’apprennes d’une manière différente.
— De quoi tu veux parler ?
— De Griffin, voyons ! De qui d’autre tu veux que je parle ?
— Qu’est-ce qu’il y a avec Griffin ? se soucia Kate. Il a un problème ?
— Sûrement pas. C’est bien là le souci.

Face à l’expression d’incompréhension de Kate, Terry s’avança, une grimace sur le visage. Sa meilleure amie le sentait hésitant vis-à-vis de ce qu’il s’apprêtait à lui annoncer, mais le sourire rassurant de Maggie lui permit de prendre son courage à deux mains.

— Je l’ai aperçu l’autre jour. Il… il embrassait une fille derrière les tonneaux de l’entrée des Poufsouffle. Une quatrième année de ma maison.
— Griffin… fait ce qu’il veut, maintenant que nous ne sommes plus ensemble, raisonna Kate, qui se contenait, toute bafouillante.
— Ce n’est pas tout, grinça Maggie. De mon côté, hier, c’était une toute autre histoire.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Il bécotait Suzanna sur le canapé de la salle commune hier soir.
— Quoi ?!

Cette fois, l’exclamation furieuse de Kate avait jaillit toute seule.

— Suzanna ?! Comment… comment ose-t-elle ?! Elle sait que ça ne fait pas longtemps que… ! Mais pourquoi ?
— Honnêtement, tu veux que je te dise pourquoi ? grimaça Maggie. C’est simple. Griffin est beau gosse et il le sait. Il en profite et c’est normal ! Je serai à sa place, je ferai pareil !
— Je ne sais pas comment je dois le prendre, s’immisça Terry en levant un doigt.

Dans un souffle profond, Kate préféra aplanir les choses, pensée qu’elle reproduisit en gestes : c’était ce qu’il y avait de plus sage à faire.

— Voyons les choses d’un autre angle. Ça signifie qu’il m’a été fidèle ! Et qu’aujourd’hui il se cherche !
— J’aime cet état d’esprit ! approuva Terry, satisfait.

Le jeune homme lui frotta alors les cheveux, ce qui ne manqua pas de la faire sourire. Puis, la Papillombre changea de sujet :

— Alors comme ça, vous m’abandonnez pour les vacances ? Honte sur vous !
— Ne nous en veux pas, Kate. Mais l’idée de retourner chez mes parents, même pour deux semaines, me donne la nausée. Je préfère encore rester ici !
— Enfin, ce que Maggie oublie dans l’histoire, c’est qu’on sera bien contents d’avoir Poudlard pour nous tous seuls !
— Accessoirement, certes.
— Bande de profiteurs, ricana Kate.
— Tu as prévu quelque chose, toi ?
— Pas que je sache. Du temps en famille, quoi. Mais je sais qu’une pleine lune est prévue… Ça sera la deuxième de mon père. Will sera sûrement là aussi.
— Le sorcier-prêtre là ? Ton oncle est un paradoxe vivant, tu le sais, j’espère !
— Paradoxe ou pas, je suis bien contente de l’avoir à nos côtés.
— Ça me fait penser que je n’ai pas vu mes tantes depuis des siècles !
— Toi, Maggie Dawkins ? Tu as des tantes ?
— Mon père a deux sœurs. Elles travaillent toutes les deux pour l’entreprise familiale. Entre nous, je trouve qu’elles font le plus gros du boulot ! Elles travaillent tellement qu’elles en ont oublié de procréer. Et sans cousin, je suis la seule héritière légitime du business.

La vision de Maggie sur sa propre famille amusa ses deux amis.

— Tu sais, on peut être une femme et ne pas avoir envie de faire des enfants si on veut se consacrer à son travail ! fit remarquer Kate.
— On voit que tu as une vision très influencée par le côté moderne et moldu de ta mère, soupira Maggie. Dans les grandes familles de sorciers, surtout quand elles sont riches, la question de l’héritage est prépondérante. Et une fille qui ne se marie pas et qui n’a pas d’enfant est une honte. Bon. En l’occurrence, je pense surtout que c’est un coup de mon père, pour s’assurer que je sois la seule et unique héritière de la filiale.
— Mais quelle joie ! s’exclama Terry.
— Mais si on suit ta logique, Maggie… Cela signifie que tu seras « obligée » d’avoir des héritiers à ton tour si tu veux que l’activité familiale perdure ! Toi qui nous répète depuis la première année que tu n’auras jamais d’enfant !
— C’est bien là mon malheur ! J’espère que d’ici là, Ste Mangouste aura mis au point un système pour faire développer les fœtus dans un chaudron ou quelque chose du genre. Je suis prête à financer s’il faut !
— Mais c’est dégueulasse ! poursuivit Terry, toujours rebuté.
— C’est pas toi qui dois te taper un parasite qui se nourrit de ta propre chair pendant des mois ! Et quand ça naît, c’est moche et rose ! Ça pue, c’est tout humide ! Il passe des années à projeter plein de fluides partout – surtout sur toi –, ça ne parle pas, ça pleure, ça crie, c’est hyper-dépendant de ta personne et c’est stupide ! Sincèrement ! C’est quoi l’avantage d’avoir un enfant ?!
— D’en faire plus tard un adulte responsable ? proposa Terry, le sourire avenant. Un nouvel acteur de ce monde, avec les valeurs que tu lui auras inculquées ?

Maggie le dévisagea un moment en tirant la moue, peu convaincue, avant de conclure sur un :

— Mouais.
— Tu as encore bien le temps d’y réfléchir, s’exclama Kate en cognant son épaule contre la sienne. Tu n’as même pas encore seize ans !
— Ah oui ! C’est vrai que tu es la plus jeune de nous trois !
— Bientôt ! Ça ne tardera pas !
— Notre dernière année avant notre majorité… Ca va changer notre vie, tout ça ! D’ailleurs, Terry ? Comment se passent les leçons de transplanage avec McGonagall ?
— Mieux ! J’arrive à transplaner à dix mètres de distance sans me désartibuler ! On essaie de faire plus loin, maintenant. Mais surtout avec des objets que je dois porter en même temps, si je dois me spécialiser dans le transplanage d’escorte. Si tout se passe bien, je passerai mon permis anticipé juste avant les BUSES, avec les sixième année qui ont leur anniversaire en été.
— Bravo, Terry !
— Ca va me faire beaucoup de pression sur cette période, mais ça ne sera qu’un mauvais moment à passer.

Ce que ses deux amies approuvèrent d’un hochement de tête synchronisé.

— Rentrons… soupira Kate. Au regard qu’elle me lance, je pense qu’Irina Ivanov va finir par me tuer si on reste encore ici.
— Je croyais qu’elle était habitué au grand froid ?
— Je pense que c’est plutôt le fait de rester immobile et si on ne fait rien, elle va se défouler sur moi, c’est certain !

*** *** ***

— Si vous avez une chose à retenir de ce cours aujourd’hui, c’est que l’expression « tête de pioche » n’est plus à prendre à la légère. Ach, ja, et Herr Orchard, vous êtes prié de me rapporter votre devoir sur la métamorphose d’une main en passoire avant demain soir avant que je ne vous en fasse la démonstration sur vous. Auf wierdersehen.

Aussitôt eut-il terminé de parler que tous les élèves se levèrent d’un bond commun et discipliné pour ranger leurs affaires. Mais Kate avait un autre plan en tête que de courir jusqu’à la Grande Salle pour savourer un déjeuner bien mérité ; comme elle en avait discuté avec Maggie et Terry, elle devait partager ses découvertes à propos de Maëva et Electra avec son directeur de maison. Ce dernier ne réagit pas tout de suite quand elle s’approcha de l’estrade, occupé à effacer tous les tableaux d’ardoises recouverts de schémas à l’aide de sa baguette magique. Derrière Kate, Irina Ivanov était quitté le fond de la salle, petit à petit désertée par les élèves, surveillant d’un œil avisé la jeune Papillombre.

— Professeur Wolffhart ?
— Tiens ? Il vous a fallu une heure de cours pour me reconnaître, Fräulein Whisper ? Ja, c’est bien moi.

Ses tentatives d’humour, toujours amenées sur un ton de condescendance, faisaient soupirer Kate.

— J’aimerais vous parler de Maëva. Et d’autres choses…

Elle savait que mentionner le nom de la Sorcière Bleue allait automatiquement attirer l’intérêt de miss Ivanov, qui, commanditée par le Département des Aurors, connaissait bien l’identité de la sorcière la plus recherchée de Grande-Bretagne. En revanche, celui de Maëva lui était inconnu. Quand Wolffhart se retourna vers elle, Kate aperçut ses yeux brillants. Malgré sa prise de distance, le vieux sorcier allemand restait friand de toutes ces connaissances à propos de l’Immatériel.

— Gut. Mais je ne crains que la présence de Fräulein Ivanov nous soit inutile désormais. Comme depuis le début, in Wirklichkeit.
— J’ai orrrdrrre de rrrester auprrrrès de miss Whisperrr. Aucune dérrrogation possible.
— Vous avez entendu le professeur Wolffhart, miss Ivanov ? intervint Kate, confiante. Sinon, ça serait dommage que je sois obligée de le dire. À propos de vos fréquentations.

Cependant, l’Auror russe demeura stoïque.

— Quelles fréquentations ? demanda Wolffhart, une ride sur son front et les mains derrière son dos.
— Eh bien, miss Ivanov est fiancée à un riche héritier russe et…

Kate guettait la réaction d’Irina, espérant qu’elle ne quitte les lieux d’elle-même avant de lâcher le morceau. Pourtant, la femme en manteau rouge ne cillait pas.

— … et elle a passé une nuit avec un journaliste métamorphomage malgré tout !

Un silence embarrassant retomba dans la salle de cours, avant que Wolffhart ne le balaie d’un mouvement de la main.

— Je ne préfère même pas savoir d’où vous tenez ce genre d’information, Fräulein Whisper.
— Mais c’est vrai !
— C’est ta parrrole contrrre la mienne, gamine.

Même si le ton d’Irina Ivanov laissait surtout entendre qu’elle allait chèrement lui faire payer ce affront, elle tenta de rester neutre.

— Non… Fräulein Ivanov va simplement comprendre que…

Sans prévenir, il avait échangé son anglais teinté d’allemand en un russe parfaitement maîtrisé. Une faculté qui lui venait de son ancienne scolarité à Durmstrang. Une langue que seule l’Auror parvenait à comprendre. Quand il eut terminé son long monologue, Irina Ivanov hocha la tête et quitta les lieux sans autre revendication. Cette prouesse ne manqua pas d’étonner la jeune fille :

— Que lui avez-vous dit ?!
— Vous n’avez pas besoin de le savoir.

À ces mots, Wolffhart rejeta les pans de son long manteau en feutre noir pour s’asseoir sur sa chaire de professeur, derrière son imposant bureau qui dominait la classe. Et d’un coup de baguette magique, il fit apparaître une chaise face à lui afin que Kate s’y installe.

— Maëva, alors. Dites-moi.

Kate lui raconta alors tout en détails. Le rituel du Seiðr avec Sigrid, les épreuves du présent, du passé. En particulier toutes ces révélations autour de Maëva, de Merlin, de Cliodna et d’Electra. Elle ne devait omettre aucun élément pour permettre la bonne compréhension de cette histoire alambiquée. Wolffhart l’écouta avec une attention toute particulière, ses doigts devant sa bouche, sans émettre de commentaire. Et quand elle eut terminé son long récit, il lui murmura en se levant :

— Suivez-moi.

Ensemble, ils montèrent les escaliers qui menaient à ses appartements et, à pas rapide, Wolffhart atteignit son secrétaire. Son tiroir s’ouvrit une fois qu’il eut chatouillé sa poignée en lion au bon endroit et il en sortit un objet qui laissa Kate bouche bée.

— Vous la reconnaissez, Fräulein ?
— C’est l’épée d’Arthur ! C’est Excallibur, c’est bien elle ! Mais comment… ? Qu’est-ce qu’elle fait en votre possession ?!
— Disons qu’elle m’est parvenue il y a de nombreuses décennies par quelques moyens et que je la garde aujourd’hui de manière très protégée…

Avec délicatesse, il la posa à plat sur la surface du bureau, avant de s’y appuyer avec ses paumes, penchant son immense silhouette filiforme.

— Cette épée permet en effet de retrouver des artefacts qui dégagent une importante magie. Autant vous dire qu’elle est en activité sans pause depuis votre arrivée à Poudlard.
— À cause de mon pendentif ?
— Wahrscheinlich. Mais vous devez savoir autre chose à propos de cette épée. C’est l’un des rares objets à pouvoir détruire un Horcruxe. Tout comme l’épée de Gryffondor. Mais également tout objet enchanté ou personne…
— Que voulez-vous dire par… personne ?
— Certaines créatures, comme les vampires ou les loups-garous, ne peuvent être tués que d’une certaine manière. Un pieu dans le cœur, la lumière du soleil, des blessures avec des armes en argent… Aber cette épée peut trancher n’importe quelle chair, peut blesser n’importe quelle créature. Aucune magie ne permet de s’en défendre. Ni même l’Immatériel. Après, d’un point de vue technique, elle n’est pas particulièrement meilleure que d’autres lames. Je la trouve même trop petite à mon goût… On dirait un pic à gnome !

Il en caressa le reflet métallisé d’un doigt mesuré, avant de poursuivre.

— C’est une chose. Mais vous devez en savoir une deuxième. L’anneau…

Wolffhart leva vers elle ces yeux noirs qui la terrifiaient tant.

— Était-ce Andvaranaut ? L’anneau d’Andvari ?
— Précisément. C’était son nom, se souvint Kate, grave, étonnée que son enseignant en connaisse tant sur le sujet. Qu’est-ce qu’il a de spécial, cet anneau ? Je n’ai pas tout à fait compris…
— Ses origines remontent jusqu’à la mythologie nordique. Andvari y incarne un nain. Même si je pense qu’il s’agissait plutôt d’un gobelin, si vous voulez mon avis… Car Andvari possédait un anneau ensorcelé qui garantissait pouvoir et richesses. Il permet à celui qui le possède d’exercer un terrible charisme… Mais un jour, le Dieu Loki aurait volé l’anneau de la main d’Andvari, qui aurait alors maudit l’objet. Hreidmar, à qui Loki offrit l’anneau, fut assassiné par son fils, qui se métamorphosa en dragon. Qui fut lui-même tué par Siegfried. Et Siegfried offrit la bague à une valkyrie, Brunehilde, qui finit par mettre fin à ses jours quand mourut Siegfried.
— Pourtant… Maëva l’a trouvé dans la tombe d’une certaine K-…
— Kriemhild ? C’était l’épouse de Siegfried, qui a récupéré l’anneau lors de leur mariage, en tant qu’alliance. Oui oui, vous m’avez bien compris, ce brave Siegfried est allé récupérer l’anneau à la valkyrie pour l’offrir à une autre femme, un véritable gentleman. Et pour Kriemhild, cela a causé la mort de son mari. Comme quoi, il aurait dû la laisser à Brunehilde, cela aurait fait moins de dégâts. Les histoires du passé sont toujours loin d’être les plus simples… Quoiqu’il en soit, Maëva aurait donc récupéré l’anneau pour elle. Et cela l’aurait corrompue…
— Mais vous ne connaissez l’anneau seulement grâce à sa légende ?

Un sourire étrange apparut sur le visage de Wolffhart.

— Vous êtes futée, Fräulein Whisper. Ma route a croisé celle de cet anneau au début du siècle. Et si je peux vous donner un conseil…

Il redressa, étirant sa longue carrure avec lenteur.

— … ne tentez jamais de retrouver cet anneau.
— Pourquoi ?
— Car, comme sa malédiction l’indique, il ne fait qu’apporter le malheur et la destruction. Mieux vaut-il l’oublier à jamais…
— Mais c’est l’une des clés de la porte du tombeau de Maëva ! Il faudra bien qu’on le retrouve un jour pour l’ouvrir !
— Avez-vous suivi les instructions que vous a données Herr Beckett ? Ouvrir cette porte vous expose à de très grands dangers. En l’occurrence, la mort… ! Et j’entrevois mal quelque chose de pire que la mort !
— Oui, mais nous la tenons peut-être là, notre solution, professeur ! Si nous ouvrons le tombeau et que je rends cette partie d’âme en moi à Maëva, je ne porterai plus la malédiction ! Et je ne serai plus un danger pour quiconque !
— Qu’est-ce qui vous garantit que cela va marcher ? Et comment allez-vous mettre ça en œuvre ? Ça serait s’engager sur un trop gros risque… Sans compter que cela signifierait, de manière complètement accessoire, que vous ramèneriez Maëva à la vie ! Et, que je sache, cela n’est pas forcément synonyme de bonne nouvelle, au vu du portrait de la belle aliénée que vous m’avez rapporté la concernant !
— Rien ne nous empêche de chercher tous les artefacts, de les rassembler. Sans forcément les utiliser !
— Je pense que vous ne vous rendez pas compte de tout ce que cela implique, Fräulein ! Nous parlons d’objets millénaires extrêmement puissants, pour ne pas dire dangereux… ! Avez-vous au moins fait semblant d’écouter ce que je vous ai dit précédemment ? Pour ne donner que l’exemple d’Andvaranaut. Mais qu’en savez-vous des autres ?
— Mon pendentif est l’un d’eux...

Par réflexe, Kate avait apposé les doigts sur la surface du disque en agate, ce qui éveilla un regard suspicieux de la part de son professeur.

— Il s’agit du « cœur de la reine » qui est mentionné en runes. L’une des clés est une épée, peut-être Excallibur ? On a une coupe, je vous parie que c’est le Graal !
— … Vous voulez partir à la quête du Graal ? Est-ce que vous vous entendez parler ou l’espace intérieur de votre crâne est-il si étroit que vous en sentez le besoin d’énoncer vos pensées à voix haute pour qu’elles vous reviennent en écho ? Bitte hört…

Wolffhart avait contourné son bureau pour lui faire face, ce qui lui donnait un air bien plus imposant encore.

— Tant que nous n’avons aucune certitude de ce qui peut se produire en ouvrant cette porte, nous nous contenterons de garder cette solution dans un coin de nos esprits sans la considérer comme notre objectif. Ne vous basez jamais sur des « peut-être », car cela peut vous coûter très cher. Surtout dans notre situation, où des puissances inconnues sont en jeu. Bitte. Ne soyez pas aussi stupide que vous le laissez paraître. Verstanden ?

Un peu déçue, Kate hocha néanmoins la tête. Wolffhart avait raison : mieux valait-il ne rien précipiter et envisager toutes les autres alternatives possibles avant d’en arriver à cette solution.

*** *** ***

— Des friandises ?
— Non, merci.

Kate répondit d’un sourire poli à la vendeuse au charriot qui parcourait le Poudlard Express, souvent prise d’assaut par les plus jeunes. Mais ce jour-là, la Papillombre n’avait pas particulièrement envie de sucreries. Car elle n’avait personne avec qui les partager. Si ce n’était avec Irina Ivanov.

— Quoi ? Vous en vouliez ? demanda-t-elle à l’Auror.

La sorcière au manteau rouge ne prit même pas la peine d’y répondre et suivit Kate, errant entre les wagons.
Maggie et Terry étant restés à Poudlard pour profiter de la tranquillité des lieux durant l’absence d’une majorité des élèves, les choix s’étaient vite réduits. L’idée de rejoindre ses amies de Gryffondor la rebutait car elle savait qu’elle ne verrait que l’ombre de Griffin au-dessus de Suzanna maintenant que Maggie lui avait révélé leur rapprochement. Et elle ne se sentait pas d’humeur à rejoindre les Papillombre qu’elle fréquentait déjà au quotidien. Les possibilités qui s’offraient à elle devenaient donc bien restreintes si elle ne désirait pas passer le long trajet du retour vers Londres dans la solitude.
Quand, en passant dans le couloir, lui vint une idée. Elle traversa trois wagons de la trouver, comme elle s’y attendait, seule dans son compartiment.
Occupée à décortiquer la Gazette du Sorcier, certainement pour se changer les idées, Morgana prêtait peu d’attention aux magnifiques paysages printaniers du dehors. Les beautés de la nature l’avaient rarement intéressée. Lorsque s’ouvrit la porte du compartiment, elle ne détourna pas même les yeux de son journal. Sans l’avertir de sa présence par quelques mots ou lui demander l’autorisation, Kate s’assit sur la banquette d’en face. Irina, quant à elle, était restée à l’extérieur, la surveillant depuis la vitre qui séparait Kate du couloir. Une bonne minute sépara l’instant auquel Morgana prit enfin la parole :

— Que fais-tu là, Whisper ?
— Je cherchais une place assise.

La moitié haute du journal s’abaissa pour laisser apparaître le regard gris et tranchant de Morgana, chargé de jugement.

— J’avais compris cela.

Puis, la Serpentard retourna à la lecture de sa Gazette, inexpressive.

— Tes parents savent ? À propos de Merrick ?
— Qu’est-ce que cela te ferait ?
— Rien de particulier. Juste… je m’informe.
— Ah.

Malgré l’amélioration notoire qui amenait les deux filles à ne plus s’entretuer dès qu’elles se croisaient l’une l’autre, Kate pressentait que se réconcilier avec Morgana n’allait pas être une mince affaire.

— Hé, mais j’y pense, c’est bientôt ton anniversaire. Si je me souviens bien, c’est en avril, on a juste un mois d’écart ! Tu vas le fêter ? Enfin… je ne sais pas, tu as un peu des amis à Serpentard ?

Entre temps, Morgana avait sorti sa baguette de sa poche et la braqua vers Kate qui ravala aussitôt ses paroles.

— Assurdiato.

Malgré tous ses efforts, aucun mot ne parvenait à sortir de la bouche de Kate, devenue aphone. Et ravie d’avoir de nouveau du silence, Morgana replongea dans sa Gazette, avec une illusion de sourire aux coins des lèvres.

*** *** ***

Une fois qu’elle eut débarqué sur le quai 9 ¾, Kate récupéra la lettre que son père lui avait envoyée quelques jours auparavant et la déplia pour la consulter. Cela arrivait que Phil lui donne rendez-vous dans un endroit à l’extérieur de la gare quand il ne pouvait pas garer sa voiture trop longtemps et leur éviter ainsi de perdre trop de temps avant de rentrer pour Carlton.

— Tu sais au moins où tu vas, gamine ? lui demanda Irina Ivanov, qui la suivait de près, sans même lui porter assistance pour ses bagages.
— Midhope Street, c’est par là. On l’a bien vu sur le plan, non ? Ça ne doit plus être très loin. Mais vous savez, vous pouvez me laisser là, je pourrai me débrouiller toute seule !
— J’ai pour orrrdrrre de ne te laisser que lorrrsque ton pèrrre serrra là.

Cette réponse prévisible amena le grognement de Kate. La nuit était déjà tombée et le nombre de réverbères s’amenuisait au fur et à mesure qu’elle s’éloignait de la gare. Dans sa cage, Mister Minnows miaula d’inconfort.

— Oh non ! Tu ne vas pas t’y mettre aussi !

Mais Midhope Street était loin de l’idée que Kate se faisait de la rue, puisqu’il s’agissait d’une impasse dans laquelle aucune voiture ne pouvait se garer.

— Tu aurrrais dû m’écouter. Tu t’es trrrompée.
— Mais si vous êtes si maline, vous auriez dû le faire à ma place ! Vous n’avez pas de courses d’orientation, dans vos courses, pour les Aurors ?
— Je ne suis pas ta carrrte-guide, gamine !
— Pourtant, je ne suis pas idiote ! C’est marqué là, noir sur parchemin ! Midhope Street ! Mon père aurait dû être là.

Le débat n’eut pas l’opportunité d’aller plus loin, car un claquement détourna soudainement leur attention. Et sans qu’elles ne s’y attendent, un immense nuage de fumée les étouffa.

— Ventus !

Le vif sortilège d’Irina déchargea l’endroit de son air suffocant. Mais elle n’avait pas été assez rapide. Kate tremblait de tout son être, un grand bras autour de son buste l’empêchant de s’enfuir. La pointe d’une baguette enfoncée sur sa tempe. Elle reconnaissait la facture de cette veste, ces boutons de manchette argentés en forme de serpent. Et ce parfum si agréable. Si perfide.
Orpheus afficha un regard de défi, accompagné d’un sourire victorieux, face à Irina Ivanov, la colère bien apparente sur son visage de s’être faite ainsi berner. Pourtant, sa baguette braquée en direction de son ancien amant, elle ne pouvait pas lancer le premier sort au risque de mettre en péril la vie de Kate. Dans sa cage, Mister Minnows feulait de rage et de peur.

— Oh non… susurra Orpheus, ravi, affermissant sa prise sur Kate, terrifiée. Tu n’oserais pas, Irina…

La seconde d’hésitation de l’Auror lui coûta, car elle permit à Orpheus de s’échapper par la voie des murs, traversant la pierre d’un sortilège habile. Quand elle réapparut de l’autre côté, elle était ainsi revenue dans le quartier bondé de la gare. Confuse, elle balaya l’endroit du regard, sondant la foule, examinant le visage de ceux qui traversaient les routes, qui consommaient dans le kébab adjacent. Mais que pouvait-elle face à un professionnel de la métamorphose qui tenait une jeune fille en otage ?
Furieuse, Irina lâcha un puissant juron et se promit de la retrouver. Elle se donna la nuit.

Note de fin de chapitre :

ET VOILA, un petit cliffhanger pour venir, qui annonce un BON GROS CHAPITRE QUI TUE pour le prochain. Qui risque de déchirer grave sa maman, baaaaaah, parce que révélations sur Orpheus, KEUWAH !

Sur ce, je retourne à mon NaNo et je vous dis à très bientôt (bon, à ptet pas dans trois jours, il ne faut peut-être pas abuser ! xD)

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