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Les 10 ans de l'association


10 ans de l'association Héros de Papier Froissé




Pour fêter ses 10 ans, l'association qui s'occupe de gérer les sites hpfanfiction.org et le-heron.com vous propose un questionnaire. Au programme 20 questions sur les sites, Harry Potter ou encore la littérature et l'écriture !

Pour participer c'est ~ ICI

3 lots seront à gagner par tirage au sort parmi les personnes ayant au moins 17 bonnes réponses.
A vos claviers : vous avez jusqu'au 4 novembre inclus pour participer !
De Conseil d'Administration le 18/10/2018 11:25


Concours officiel Mappa Mundi


C'est l'heure des prolongations !


Vous n'avez pas eu le temps de lire toutes les participations ? Aucun problème ! Le délai a été rallongé exprès pour vous. Vous avez donc jusqu'au dimanche 21 octobre 23h59, dernier délai, pour envoyer votre bulletin de vote.
Pour rappel, les textes sont en ligne ici.
De Les Schtroumpfettes de compet' le 17/10/2018 18:29


Au Bonheur des Commentateurs


Après une troisième semaine pleine de réussite, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte sans image dans son résumé.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 13/10/2018 23:14


Concours Officiel - Mappa Mundi


Les participations pour le concours Mappa Mundi vous sont enfin dévoilées !


Il est maintenant temps de lire, reviewer et voter pour vos créatures préférées grâce à ce formulaire et vous pourrez retrouver les 17 participations dans la série créée pour le concours !

Vous avez jusqu'au dimanche 14 octobre 23h59 pour élire nos grands vainqueurs.
De Les Schtroumpfettes de compèt' le 08/10/2018 22:41


82e Édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 82e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 13 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


De L'Équipe des Nuits le 08/10/2018 00:03


Au bonheur des commentateurs


Après avoir fait la joie de 30 autrices et auteurs sur le Héron et HPFanfiction, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte publié depuis au moins 2 ans.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 07/10/2018 01:09


La dernière frontière par magicalfox

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Me revoilà avec une petite histoire postée vite fait, avant la date limite de la fin du concours. Je ne pensais pas y arriver, mais j'ai réussi à finir ce texte. Je ne sais pas s'il est vraiment abouti, mais j'ai pu aller au bout de mon idée. Je reprends, pour ceux qui connaissent, une des idées exposées dans "Tous les chemins mènent à Serpentard", avec les Ombres, mis morts, mis vivants. En voici leur genèse.
La dernire frontire


La brume. Elle tait partout. Elle lenvahissait, allant presque jusqu ltouffer. Elle loppressait, lempchait de voir o il allait. Il avait le sentiment de se retrouver fait prisonnier par elle, comme si elle cherchait le retenir, lui interdire laccs la petite massue quil avait devin dans le lointain. Lui qui tait un enfant des marcages, il navait encore jamais vu un tel brouillard. Il ne voyait mme pas le bout de ses pieds tellement latmosphre tait dense, charge dhumidit et pourtant si rsistante son corps solide.

Il stait battu avec les lments depuis son dpart de lcole. Il avait affront de nombreuses temptes pour arriver jusquici. Il stait confront des trombes nuits qui lavaient laiss malade pendant plusieurs nuits daffile, seul dans les bois, sans pouvoir faire un feu pour se rchauffer. Il avait survcu une tornade de neige qui avait manqu de le congeler jamais, le prenant par surprise dans une congre, dans une rgion o il ne neigeait pourtant que rarement. En pleine mer, le vent avait souffl si fort que son embarcation avait drive pendant quelques jours, le mettant au supplice du rationnement. Puis il avait subi une chaleur quil ne connaissait pas, si sche quil avait cru stre tromp de chemin et tre arriv dans un dsert. Et prsent quil tait l, ctait a, un brouillard si puissant quil pouvait tout instant sombrer dans le prcipice quil avait suivi pour arriver sur cette presqule maudite par les moldus. A croire que des puissances occultes voulaient le voir abandonner son chemin. Ctait mal le connatre. Il tait hors de question quil recule maintenant. Il avait dj tant perdu. Il ne pouvait pas renoncer.

Ces penses le remirent daplomb. Il savait que son voyage navait pas t ais, et quil ne finirait pas arriv destination, mais il se sentait enfin apais, comme sil savait que les choses seraient plus faciles une fois quil aurait pntr dans la demeure de la sorcire. Ce soudain rconfort le poussa en avant, lui donnant la force de jeter un nouveau sortilge de lumire qui claira pendant un bref instant la route humide qui soffrait devant lui. Il eut un sourire carnassier. Il ne stait pas loign de la route. Malgr tout ce qui se mettait en travers de son chemin, il continuait progresser.

Le vent se leva, lui soulevant sa cape noire dj trempe par la brume. Elle le tira alors en arrire, gonfle par les assauts des rafales. Il dut faire quelques pas en arrire, tout en maugrant dans sa barbe quil portait taille en pointe. Sous le cyclone qui se profilait, son chapeau, dj bien abm par son priple, senvola dans la grisaille. Ses cheveux se retrouvrent lair libre, et ne tardrent pas tre chargs de gouttelettes provenant du brouillard.

- Vous ne maurez pas ! hurla-t-il en rponse au vent.

Il leva le poing en lair en signe de dfi, et il reprit sa route, courbant lchine pour offrir moins de prise aux lments. Il avanait maintenant encore moins rapidement quau dbut, mais il gagnait tout de mme, centimtre par centimtre, sa guerre contre le vent. Il approchait de son but.

Enfin, aprs une marche qui sembla lui durer une ternit, il aperut les torches qui marquaient lentre du territoire de la sorcire. Sa maison se dessinait dans la brume. Aussitt, un feu se matrialisa dans sa pense. Il allait pouvoir se rchauffer, et peut-tre mme manger. Il allait sortir de la brume et de lhumidit. Pour un homme de son ge, toute cette eau ntait pas bon. Une bonne flambe allait rchauffer ses vieux os et ses muscles endoloris.

Il atteignit la demeure plus vite quil ne le crut. Ctait comme si soudainement la brume avait dcid de le laisser avancer, de lui permettre darriver bon port. Elle ne stait pas pour autant volatiliser, elle attendant, lentourant de part en part, mais il pouvait voir devant lui, il pouvait marcher sans tre retenu par le brouillard. Il pouvait mme entendre les flots qui se dchanaient prs de lui, signe que la falaise donnant sur locan ntait qu quelques pas. Il apercevait mme lhabitation dans son entier, le bois marqu par les embruns qui la constituait, et son toit en chaume qui ne devait pas vraiment retenir lhumidit. La maison tait petite, elle ne devait pas faire plus dune pice. Elle lui rappela brutalement la propre maison de son enfance, celle o il avait vcu les plus belles annes de sa vie, sa massue dans les marcages cossais. Que cette poque lui semblait lointaine.

Enfin, en sortant de ses penses, il posa sa main sur la porte en bois de la cabane. Cette dernire tait chaude, presque brlante. Il en manait beaucoup de chaleur. Il en trembla, rconfort par labri qui lattendait derrire la porte. Bien quil nait pas aperu la moindre chemine, il devait il y avoir un feu qui brlait lintrieur, un feu quil ressentait dj au plus profond de son corps. Sans hsitation, il franchit le seuil de la demeure.

Lintrieur tait baign de vapeur. Au dbut, il ne fut plus trs certain dtre rentr dans la cabane. Il se dit mme quil tait encore dans le brouillard, sauf que toute cette fume tait bien plus chaude et touffante que celle qui rgnait dehors. Il avana un peu, les mains devant lui, les yeux clos tellement lair tait charg deau. Dans un coin de lhabitation, il entendait crpiter des bches. Ctait donc un feu qui produisait toute cette vapeur qui lui piquait le nez. Et dans un autre coin, il lui semblait entendre une respiration. Il nen ntait pas certain, mais dans toute cette fume, il ne parvenait pas se rendre compte si ces bruits taient le fruit de son imagination ou non. Il se mit en qute de cette personne, peut-tre fictive, qui se trouvait avec lui. Il fit cela en lanant un timide appel.

- Il y a quelquun ?

Sa voix se rpercuta contre le bois de la cabane, se rptant en cho tout autour de lui. Personne ne lui rpondit. Il se sentit bien seul, ratatin dans toute cette fume. Il avait perdit toute la prestance qui lavait accompagne tout au long de sa vie. Il se sentait vulnrable. Il sarrta donc un instant, le temps de rcuprer sa baguette et de la tenir devant lui. Bien que la brume lempchait dapercevoir un possible ennemi, il voulait montrer quil tait prt se battre. Et voici lui permit dobtenir enfin une rponse :

- Tu peux baisser ton arme, sorcier ! Je ne te ferai pas de mal !

La voix venait de sa gauche. La personne, jeune, fminine, qui venait de parler ne devait ntre qu quelques pas. Il si dirigea, la boule au ventre, sans toutefois baisser sa baguette. Il ne voulait pas cder sans voir la propritaire de la demeure.

Bientt, il mergea de la fume. Elle se dissipa soudainement, de la mme manire que la brume lavait fait lextrieur. Ceci lui permit de voir son hte. Il sagissait dune jeune fille, d peine quinze ans, qui tait assise dans un des coins de la cabane, le dos contre le mur. Ses jambes taient croises, ses pieds nus sortaient de sa lourde robe en laine rouge sang. Elle avait une capuche sur la tte, mais celle-ci ne dissimulait pas ses longs cheveux blancs, aussi blancs que les avaient les personnes qui arrivaient un ge vnrable. Ils taient nous en une tresse qui lui descendait au niveau des jambes. Ses traits, linverse, reprsentaient bien son ge juvnile, ils ntaient pas marqus. Elle avait, par contre, une peau trs ple, comme lui lavait force de rester enferm dans ses cachots. Elle ne devait pas voir beaucoup la lumire du jour. Mais ce qui le frappa le plus, ce fut ses yeux blancs laiteux, sans vie. Ils taient morts, certes grands ouverts, mais sans aucune expression. Ctaient deux puits sans fonds aspirant tout autour deux. Il ne put retenir un frisson. Cela le mettait mal laise de se retrouver ainsi juger par ces deux prunelles vides.

- Approche, lui dit la voix juvnile.

Malgr son handicap, elle ne le quitta pas du regard. Elle suivait ses mouvements comme si elle le voyait parfaitement. Il sassit alors face elle, essayant de reproduire sa position. Toutefois, il ntait pas aussi souple, ni aussi jeune, et il eut beaucoup de mal croiser ses jambes devant lui. Il maugra un peu dans sa barbe en se tordant dans tous les sens avant de parvenir se mettre laise.

A prsent quil tait install, il en profita pour jeter un plus ample coup dil autour de lui. La fume qui lentourait tait toujours prsente, mais il voyait maintenant les murs qui soutenaient la structure de la demeure. Cette dernire ntait pas bien grande, comme il lavait remarqu depuis lextrieur. En quelques pas, il en faisait le tour. Le foyer tait au centre, devant les pieds de la jeune fille. Il tait dailleurs tonn quelle nait pas les pieds brls par ltre fumant. Et il tait aussi surpris que la btisse ne seffondre pas avec toute cette vapeur schappant du feu.

Il tait donc assis face la jeune aveugle, le feu les sparant. La chaleur tait touffante, et il retira rapidement sa cape trempe par le brouillard. Il avait la gorge sche, et il se demandait comment il allait aborder son problme, le pourquoi il se trouvait maintenant dans cette massue, qumander laide dune enfant aux yeux morts. Cependant, il neut pas parler le premier, car ce fut elle qui prit dabord la parole.

- Je connais tes questions, sorcier, dit-elle de sa voix si jeune, et pourtant prsent si froide. Je sais pourquoi tu es l et ce que tu attends de moi. Je sais les dangers auxquels tu tes retrouv confront pour arriver jusquici. Je sais aussi tout ce que tu as perdu en chemin. Et pourtant, tout ce voyage est vain, car ce que tu demandes est impossible.

Elle avait dclar tout cela de manire stoque, sans dvoiler aucune expression. Elle stait seulement contente de le regarder, de plonger ses yeux vides dans les siens comme si elle pouvait y lire tout ce quelle voulait.

Ce ne fut pas son cas lui. Son visage reflta immdiatement ses sentiments, passant de la joie tre compris, puis celle de la tristesse en se remmorant ses pertes, puis la colre lorsquil avait compris quelle ne pouvait rien pour lui. Elle qui tait son dernier recours, la dernire personne de ce monde pouvoir lui prter main forte. Comment osait-elle le rabrouer de cette manire ? Savait-elle vraiment qui il tait ?

De colre, il stait lev, la main brandit sur sa baguette, prt sen servir. Dans son esprit, plusieurs sorts taient en train de dfiler. Il voulait voir souffrir la gamine, la voir se plier sa volont. Aprs tout, il ntait pas nimporte qui.

La jeune fille, bien quaveugle, avait suivi des yeux tout son petit mange. Elle savait bien qu prsent, il la menaait de son arme. Toutefois, cela ne leffrayait nullement.

- Je sais qui tu es, sorcier, continua-t-elle. Comme je te lai dit, je sais aussi ce que tu as perdu.
Loin de le calmer, ses mots ne firent quaccentuer sa rage. Cette fois, il savait de quel sortilge il allait se servir.
- Tu es Salazar Serpentard et tu veux dfier la Mort elle-mme, poursuivit la jeune fille. Un de tes proches est mort et tu voudrais pouvoir le ramener dans ce monde. Tu veux traverser les Limbes pour sauver ce proche, le sang de ton sang. Pour cela, tu as men de nombreuses expriences qui ont toutes choues. Tes amis se sont loigns de toi. Tu es tomb plus profondment dans la magie noire. Mais comme tu nas toujours pas russi franchir la dernire frontire, et que tu ne veux pas mourir maintenant, tu espres que je vais taider, que je vais te faire traverser. Mme si ton but est louable, sorcier, je ne peux accder ta requte. Je ne peux transgresser les Lois. Les morts sont morts et doivent le rester.

A de nombreuses reprises il avait hoch la tte, impressionn par tout ce que lenfant savait de lui. Comment tait-elle au courant de toutes ces choses le concernant ? En vrit, il sen moquait. Tout ce quil voulait, ctait avoir ce pour quoi il tait venu.

- Tu es la sorcire de la mort, cracha-t-il dune voix polaire. Tu es celle que viennent voir les hommes du monde entier afin de ctoyer lau-del. Tu es capable de traverser les Limbes pour parler aux morts. Alors ne vient pas me parler des Lois de la frontire !

La jeune fille resta encore une fois impassible.

- Jai t lue pour faire ce que je fais, dit-elle de sa voix pose. Jai perdu la vue pour accder au monde des Limbes. On doit tous voir mourir un proche un moment donn. Les Lois imposent quon sy soumette.
- Je ne me soumettrais pas ! hurla-t-il.

Il ressemblait maintenant un dment, ses cheveux blancs bouriffs suite la tempte, ses yeux gris carquills lextrme, tout cela accentu par ltre tout prs de lui et la vapeur qui lentourait.

- Je veux aller chercher ma fille ! continua-t-il sur le mme ton. Je me moque des Lois !
- Les morts ne reviennent pas la vie, dit-elle calmement.
- Alors tu vas maider changer a.

Il leva sa baguette et pronona une formule. Une lumire rouge sortit du bois et alla frapper la jeune fille de plein fouet. Du moins, ce fut le sentiment que cela donna, parce quen un clair, la jeune fille avait disparue. Il ny avait plus trace delle.

Le vieil homme regarda partout autour de lui. Mais il ne fut pas assez rapide. Avant mme quil nait pu se retourner, un poignard fait dossement se planta sous sa gorge.

- Tu veux affronter la mort, sorcier ? Tu veux aller la dfier sur son propre terrain. Es-tu seulement conscient que tu nas aucune chance ? Que cest la mort assure ? Que tu ne reviendras pas de ce dernier voyage ?
- Que crois-tu ?, lcha Salazar. Jai dj tout perdu. Je nai pas peur de la mort !

La pression sur son coup disparue. La fille tait prsent devant lui, si prs quil pouvait voir les moindres dtails de son visage, les rides qui marquaient en fait sa peau, et lge immense qui se dessinait dans ses yeux. Leurs nez se touchaient presque.

- Je vais accder ta requte, sorcier, finit-elle par dire. Je vais touvrir la dernire frontire. Mme si je suis certaine que tu nen reviendras pas.

Il ne releva pas cette remarque. Il avait gagn, ctait le plus important.

La jeune fille retourna sinstaller sa place, derrire le feu. Elle sortit ensuite de sa tunique de la poussire noire quelle jeta dans le brasier. Elle murmura en mme temps quelques mots, inaudibles pour le sorcier. Aussitt, une fume noire comme la suie matrialisa, le faisant tousser. Il eut mme quelques larmes qui perlrent aux coins de ses yeux. Puis, tout se brouilla. Il entendit des hurlements qui lui fit froid dans le dos, et un vent polaire se leva, lemportant avec lui.

***


Tout tait maintenant gris autour de lui. Ce ntait toutefois plus de la brume, mais de la cendre. Ctait comme si tout avait brul autour de lui, du sol au ciel. Tout ntait que cendre, ml une odeur de fume cre qui lui piquait la gorge. Cette cendre qui tait perte de vue tait en plus en suspension. Cela donnait limpression que le temps stait arrt.

Il mit plusieurs minutes avant de reconnatre lendroit o il se trouvait. Cet endroit, cela faisait des annes quil ne lavait plus vu. Depuis son enfance en vrit, depuis le jour o des moldus taient venus massacrer sa famille, depuis le jour o il tait devenu orphelin. Il ny avait plus jamais mis les pieds. Il ne supportait pas se souvenir de sa lchet, de sa fuite ce jour-l. Il aurait d se battre pour les sauver, ou mourir avec eux. Mais il avait obi aux ordres de sa mre, et il avait fui dans les marais, russissant semer ses poursuivants. Il ntait alors quun enfant apeur.
Rien navait chang. Il y avait toujours la cabane, sa maison, construite au milieu des marcages. Cette petite maison en bois sur pilotis qui reprsentait limage quil se faisait cet moment-l du foyer.

Il savana un peu vers la demeure. Il se demandait ce quil faisait l, pourquoi il avait atterri dans ce lieu.

- Jaime amener les mes dans les lieux o ils ont t le plus heureux.

Salazar se retourna vivement. La jeune fille tait l, le dfiant du regard.

- Cest l quils acceptent de me cder leurs mes, avoua la jeune fille.

Sur le visage de Salazar apparut alors une rapide expression davidit. Il trouvait le pouvoir de lenfant terriblement fascinant. Puis, il comprit ce que voulait dire la fille, ce que ses paroles impliquaient.

- Tu ne prendras pas mon me, prdit-il.

Elle eut un sourire mystrieux.

- Tu as accept de venir dans mon monde, mais je tai dit que personne nen ntait revenu. Je tai annonc les dangers qui tattendaient ici. Je tai dit que seule la Mort te guettait dans ce monde. la Mort, cest moi, et je suis l devant toi. Tu ne pourras pas mchapper.

Salazar dglutit pniblement. Il pensait avoir le temps de voir sa petite fille et la ramener dans le monde des vivants avant que la mort ne lui tombe dessus. Son aventure allait-elle se terminer l ? Ctait impossible. Il ne pouvait pas mourir maintenant ! Ctait injuste.

- Tu as choisi ta voie, dit lenfant en se rapprochant du vieil homme.

Elle tenait toujours dans sa main son poignard en os. Dans le paysage en cendre qui les entourait, elle avait presque une texture fantomatique. Salazar se demanda mme sil ntait pas en train de rver. Peut-tre que la jeune fille lavait envoute et quelle tait en train de le manipuler.

Il ne tenait pas mourir, ctait une certitude. Il pensait encore quil pouvait lui chapper. Il ntait peut-tre pas trs endurant, mais ctait un sorcier fourbe et intelligent. Il pensait, esprant, quil pourrait russir berner la Mort.

Il commena reculer prudemment puis, sans rien dire, il se mit senfoncer dans les marais. Certes, cela faisait des annes quil navait pas mis les pieds dans ces marcages, mais ses pieds sen souvenaient comme si ctait hier. Il retrouvait sans mme y songer les chemins de son enfance, les cachettes quil dcouvrait avec sa sur.

Cependant, la Mort ne pouvait pas tre dupe. Elle ne supportait pas quon se joue delle. Et mme si Salazar connaissait cet endroit comme sa poche, elle tait et restait la maitresse du jeu. Elle ne se pressait pas, marchant dans ses pas, sachant qu un moment donn, le sorcier finirait par lui tomber dans les bras.

Prs de la maison sur pilotis, il y avait un ancien terrier de lapin, agrandis par les annes et les mares. Salazar se souvenait parfaitement de son emplacement, et des longues herbes qui le dissimulaient. Malgr ses centimtres gagns au fil des annes, il tait certain quil pouvait encore se glisser lintrieur et chapper son assaillante. Il avait un peu davance sur elle, et grce aux longues herbes, il tait certain de ne plus tre dans son champ de vision.

Toutefois, il ne pouvait pas chapper la Mort. Elle le voyait toujours, dans ses minables tentatives de cachette. Elle souriait toujours. Elle adorait sentir la peur de ceux qui osaient la dfier. Elle dtestait faire certaines choses, comme retirer leurs enfants des parents qui les aimaient, ou prendre les mes pures, mais ceux qui pensaient pouvoir fuir devant elle, tre suprieurs elle, elle prenait un malin plaisir les remettre leurs places. Il tait que les hommes, mme les sorciers, comprennent quils ntaient que poussire. Elle en avait vu des morts au cours de sa carrire, et personne ne parvenaient pas chapper son pouvoir. Et personne ny arriverait jamais. Elle pouvait prendre son temps, prendre enfin du plaisir ce quelle faisait.

Pendant que la fillette marchait dans sa direction, Salazar, qui transpirait de peur, ne put tout de mme retenir un sourire moqueur. Il avait certes penser quil aurait plus de temps devant lui une fois la dernire frontire franchie, et mme quil naurait peut-tre pas besoin de se servir du flacon qui se trouvait dans sa poche et quelle navait pas remarqu, mais il jubilait de pouvoir tester sa dernire invention. Il ne fallait juste pas quil se rate.

La Mort approchait. Elle ntait plus qu quelques pas lorsque son poignard traversa la terre comme du beurre pour aller se loger dans la peau du sorcier. Ce dernier ne put laisser senvoler un cri de surprise et de douleur. Il ne sattendait pas ce quelle utilise de tels moyens pour lui mettre la main dessus. En un instant, il se demanda ce qui allait se passer sil venait mourir dans ce monde ci ? Irait-il ailleurs ou serait-il condamner errer ici ? Etait-il dj mort ?

Il sortit sa fiole de sa poche alors que son sang coulait le long de son bras. Elle avait russi lui entailler profondment les chairs, buttant sur son os. Le liquide violac brillait dans lambiance trange de lendroit, comme sil avait russi y introduire une toile. Il se dit que ctait le moment de prier, comme le faisaient les moldus face aux choses quils ne comprenaient pas. Qui savait ? Peut-tre quun dieu couterait sa prire.

- Tout est fini, sorcier, dit la voix glaciale de la Mort, juste son oreille.

Elle stait matrialise juste derrire lui, son poignard de retour dans sa main.

- Cest ce que tu crois, lui rpondit Salazar en se retournant pour lui faire face, plongeant ses yeux gris dans ses yeux blancs.

Il dbouchonna le flacon et, dun mouvement rapide, en aspergeant la fillette. Cette dernire, malgr ses pouvoirs mortels, navait pas prvu que sa proie se rebellerait de cette manire. Le liquide violet rencontra donc sa peau de plein fouet.

Ce qui arriva ensuite, Salazar, dans ses plus grandes recherches, dans ses meilleurs espoirs, navait pas russi limaginer. La jeune fille se mit fondre. Ses chairs taient en train de disparatre, coulant sur le sol, se mlangeant la poussire du sol. Elle avait les pupilles carquilles, ne comprenant pas le terrible sortilge qui tait en train de lui tomber dessus.

- Sen est fini de ton trne, lcha Salazar. Tu vas aussi connatre la morsure de la mort, car tu nes quune usurpatrice !

La jeune fille ne supporta pas linsulte. Comment ce misrable sorcier pouvait ainsi se moquer delle ? Comment pouvait-il croire quelle allait disparaitre ?
Salazar tait dj en train de sloigner lorsquil seffondra de douleur. Il navait jamais ressenti une telle morsure. Mme la blessure du poignard semblait ntre quune piqure dinsecte face ce quil tait en train daffronter. Il se rendit alors compte que la fille stait volatilise, pour se matrialise nouveau dans son dos, posant sa main moiti efface sur sa peau. Le liquide qui lui avait jet se trouvait prsent sur sa peau lui. Il commenait lui aussi fondre.

Il se dbattit violement, sous lil moqueur de lenfant qui ne semblait pas affecter par la fonte de son corps. Il tait prsent terre, se roulant dans la cendre en gmissant tel un nouveau-n.

- Je ne sais pas quel est ta potion, sorcier, dit la jeune fille, mais malgr leffet quelle a sur mon enveloppe corporelle, elle ne peut matteindre. Tu vas bientt tre entre mes mains.

Lesprit du sorcier fonctionnait toute vitesse. Malgr la douleur, malgr ses cris de plus en plus puissants mesure quil se volatilisait, il tentait de trouver une solution son problme. Et soudain, il eut une illumination : il pouvait se sortir de ce mauvais pas, il avait prvu une solution en cas de problme. Certes, ctait une solution prilleuse, car il ne pourrait pas revenir totalement dans le monde des vivants, mais cela lui permettrait tout de mme dchapper la mort.

- Suscipit a morte, et ubera tua vincere, cria-t-il alors que ses chairs venaient couler sur le col.

En disant cela, il attrapa, dans un dernier moment de volont, la lame de la jeune fille quil senfona profondment en plein cur.

- Que fais-tu, inconscient ? scria la jeune fille.

Sous ses yeux aveugles, Salazar avait russi stopper la progression du liquide sur son corps. A prsent, ce dernier se mlait son sang. Du moins, sur la peau qui restait apparente, car le corps du sorcier tait en train de seffac. Ce ntait pas la mme disparition que celle quavait annonc la potion. Il ntait pas en train de fondre, il tait seulement en train de se diluer dans les cendres. Il navait plus mal, il ne ressentait plus rien. La seule sensation qui lanimait, ctait celle qui lavait prise lorsquil avait franchi la frontire des morts. Il tait en train de repartir dans le monde des vivants.

- Tu mappartiens ! hurla la Mort, laissant ses traits devenir ceux du horrible squelette.
- Jamais ! rpondit Salazar. Et je vais me mettre sur ta route !

Ce furent ses derniers mots. Il rapparut bientt dans la lande bretonne, l o il avait quitt la route pour entrer dans les marcages brumeux.

Il jeta un rapide coup dil ses membres. Ces derniers taient tous l, tous prsents, comme si rien ne stait pass. Il tait devenu normal.

Il soupira. Malgr le froid qui rgnait, aucun souffle ne schappa de sa bouche. Alors il comprit. Il se dirigea vers une maison moldue qui se trouvait non loin pour vrifier son hypothse. Mais il savait dj.

Devant la maison, il y avait deux moldus qui discutaient. Salazar arriva prs deux, et il sarrta. Il tait juste sous leurs yeux, mais les moldus ne ragirent pas. Ils ne levrent mme pas les yeux vers lui. Ctait comme sil ntait pas l.

Salazar engagea la conversation. Il leur lana des banalits, mais aucun deux ne rpondirent. Au contraire, ils poursuivaient leur conversation sans interruption. Alors, le sorcier passa la vitesse suprieure, il renversa une des armes que lun deux avait de serre entre ses jambes. Les mains du sorcier passrent travers le mtal. Il tait mort, il tait devenu un fantme, une ombre errante.

Salazar dsespra. Il ntait plus rien. Finalement, il navait pas su chapper la mort. Une part de lui tait reste dans le monde des morts, derrire la dernire frontire. Il ne pourrait pas ramener la vie sa fille. Il avait chou.

Des larmes de colre et de tristesse schapprent de ses yeux. Il les essaya dun geste machinale. Comme si cela avait de limportance. Personne ne pouvait plus le voir.

- On peut vous aider ? demanda soudain lun des hommes.

Le sorcier leva ses yeux pour observer le moldu. Celui-ci le dvisageait. Le sorcier regarda autour de lui. Il ny avait bien que lui et les deux moldus.

- On ne voit jamais vu par ici, reprit lhomme.
- Cest moi que vous parlez ? demanda Salazar, incrdule.
- Vous voyez quelquun dautre ?

En dfinitive, Salazar tait peut-tre mort, mais il tait aussi vivant. Une partie de lui ntait pas revenue de la dernire frontire, mais une partie de lui lavait travers. Il tait la fois mort et vivant. Il tait une Ombre, un fantme se faisant passer pour un vivant. Et, alors quil disparaissait pour les deux hommes, comme sils avaient rv sa prsence, Salazar sut quil avait en partie gagn, il avait dup la mort, il avait chapp ses griffes. Tout ntait pas encore perdu. Il prendrait le temps quil faudrait, mais il ramnerait sa fille de la dernire frontire.
Note de fin de chapitre :

"Suscipit a morte, et ubera tua vincere" signifier "accueille la mort en ton sein afin de la vaincre". C'est la formule rituelle dont se servira plus tard Salazar Serpentard pour transformer des mourants en Ombres.
Merci de votre lectire.
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