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Au Bonheur des Commentateurs


Après une troisième semaine pleine de réussite, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte sans image dans son résumé.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 13/10/2018 23:14


Concours Officiel - Mappa Mundi


Les participations pour le concours Mappa Mundi vous sont enfin dévoilées !


Il est maintenant temps de lire, reviewer et voter pour vos créatures préférées grâce à ce formulaire et vous pourrez retrouver les 17 participations dans la série créée pour le concours !

Vous avez jusqu'au dimanche 14 octobre 23h59 pour élire nos grands vainqueurs.
De Les Schtroumpfettes de compèt' le 08/10/2018 22:41


82e Édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 82e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 13 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


De L'Équipe des Nuits le 08/10/2018 00:03


Au bonheur des commentateurs


Après avoir fait la joie de 30 autrices et auteurs sur le Héron et HPFanfiction, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte publié depuis au moins 2 ans.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 07/10/2018 01:09


Refonte des sites - recrutement


Bonjour !

Après une petite pause, l'association souhaite continuer d'avancer sur la refonte des sites. Pour cela nous cherchons des petites mains qui auraient envie d'aider sur les points suivants :

- finir le cahier des charges pour les besoins des nouveaux sites

- définir le financement et dans cette éventualité, organiser la campagne de financement

Si cela vous intéresse de participer à l'aventure, que vous ayez ou non déjà fait cela, n'hésitez pas à nous contacter sur admin_hpf[at]herosdepapierfroisse.fr ou par commentaire de ce post ! Merci d'avance


De Le Conseil d'Administration le 01/10/2018 12:23


Au bonheur des commentateurs


Après avoir fait la joie de 42 autrices et auteurs sur le Héron et HPFanfiction, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte présent dans les nouveautés.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 30/09/2018 12:03


Estuant interius ira vehementi par Ielenna

[13 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Je sais pas, en ce moment, je suis partie sur le passé des personnages de LMA (comme Maggie l'autre fois). Mais pour Emeric, c'est autre chose. De manière générale, Emeric est un personnage qui me touche énormément, et que j'ai su adorer dès les premières lignes (c'est pas tous les persos qu'on aperçoit dès le premier chapitre d'une histoire). Et comme j'ai adoré écrire SPAIR, qui racontait son "Erasmus" à Durmstrang, je me suis sentie d'en raconter un peu plus sur lui et son enfance. Entre autres, sa relation avec sa mère, qui est mentionnée assez souvent dans son histoire.

Je trouve cela assez important pour comprendre toute l'étendue du personnage et comprendre les sentiments très forts qu'il a envers Kate par la suite.

Oui, parce qu'avant d'être un gamin hyper timide (même s'il l'était déjà !) Emeric était un vrai petit trou du cul. Ahahaha, non, j'exagère un peu, mais en tout cas, il était en réel décalage avec les autres enfants du fait de son intelligence hors norme. Et que c'est sa mère qui lui a appris à vivre avec son coeur plutôt qu'avec sa tête.

BON. Je préviens, cette histoire ne sera pas réputée pour son humour, car on sait tous comment elle se termine (DANS LES LARMES INTARISSAAAAABLES DE VOTRE CHAGRIIIIN ET DANS LESQUELLES JE PRENDS MON BAIN DANS DES RIRES MACHIAVELIQUES MOUHAHAHAHAHAHA. Hem.)

Bonne lecture !

Note de chapitre:

Premier chapitre. Ah oui, les chapitres seront courts !

AH OUI², et si vous passez votre curseur sur le nom des morceaux de piano, ça vous ouvre youtube avec la musique concordante. VOILA.

— Maman !

Comme beaucoup de fins d’après-midi, c’étaient avec des larmes intarissables, un nez bien pris, reniflant, et une mine décomposée que le garçon revenait de l’école. Ses yeux bleus, déjà bien agrandis par ses lunettes, devenaient plus grands encore lorsqu’ils étaient imprégnés de ses pleurs. Sur son dos, son cartable d’école bien plus large que lui.

— Maman ! geignait-il à l’entrée de la maison.
— Eh bien, mon chéri ! lui répondit sa mère qui le rejoignit, l’air soucieuse. Qu’est-ce qu’il se passe ?
— C’est Kyle, il m’a encore frappé, maman !

Il remonta la manche de son manteau jusqu’à son épaule, révélant un petit bleu sur son bras. Pourtant, sa mère afficha une expression grondeuse, après avoir vérifié la blessure, accroupie près de lui.

— Qu’est-ce que tu lui as dit encore ?

Le garçon renifla bruyamment ; sa mère savait et il ne pouvait pas lui mentir.

— Il disait que le soleil était plus petit que la terre. Je lui ai dit qu’il était stupide, parce que le soleil est gigantesque. Et même que la terre, c’est même pas la plus grosses des planètes. Il ne connaît même pas Jupiter ! Ou les autres ! Ah, si, il dit que la lune est une planète ! Mais c’est un satellite ! Il comprend rien de rien !
— Tu lui as vraiment dit qu’il était stupide ? soupira la mère en aidant le garçon à retirer son manteau.
— C’est la vérité !
— C’est peut-être la vérité. Il y a beaucoup de gens stupides dans le monde. Enfin, non, des gens qui n’ont pas les mêmes compétences, on va dire. Mais rappelle-toi de ce que je t’ai expliqué.

Elle leva un index moralisateur.

— Pas de jugement. Utilise seulement tes connaissances, mais ne juge personne. Ce n’est pas eux qui sont stupides. C’est toi qui es plus intelligent. Ils sont des enfants normaux.
— Tu veux dire que je ne suis pas normal ?
— Quoi ? Non, non, pardon, ce n’est pas ce que je voulais dire ! se rattrapa-t-elle en balbutiant. Enfin, si ! Tu n’es pas normal, mais dans un bon sens du terme ! En quoi serait-ce mal d’être différent ?
— Et c’est parce que je suis différent qu’ils me tapent ? s’apitoya son fils.
— Non, c’est parce que tu les juges et que tu les blesses. La véritable intelligence, c’est de rester modeste et honnête envers soi-même, de pouvoir ainsi s’adapter au monde qui t’entoure.

Elle se redressa et lui adressa un sourire.

— Tu es d’accord avec ça, Emeric ?

Le petit garçon, âgé d’à peine sept ans, hocha la tête et ravala ses pleurs, le visage rougi.

— Allez, viens avec moi, l’invita-t-elle en lui tendant la main.

Alors qu’ils traversèrent la maison, Emeric leva la tête vers sa mère. Il l’admirait tellement. Elle était si belle et elle avait toujours raison. Chaque mot qui sortait de sa bouche n’était que vérité. Mais surtout, il se sentait comme elle. Il fallait admettre que leurs ressemblances étaient nombreuses.
Par habitude, Amy attachait ses longs cheveux blonds en queue de cheval et aucune mèche ne dépassait. Ses lunettes aux verres épais lui permettaient de compenser sa myopie handicapante dont avait hérité son fils unique, mais mettait en valeur le bleu si intense de ses yeux. Sa coquetterie et son petit côté rebelle tranchaient avec sa rigueur, quand elle portait du blush, un rouge à lèvre très rose, des petites chaussures à talons ou encore quand les boucles d’oreilles se multipliaient sur ses lobes.

— Fais pas cette tête, Emeric, le rassura-t-elle, quand il s’assit sur l’un des sièges de la verrière au piano. Ça ira mieux demain.
— Je veux aller à Poudlard, maman. C’est nul l’école des Moldus !
— Tu iras un jour. Peut-être.

Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs, mais priait pour que son fils ne soit pas comme elle : un Cracmol. Elle rêvait tant qu’Emeric puisse suivre ce chemin qui lui avait été interdit.

— Mais c’est important que tu ailles à l’école. Que tu rencontres d’autres enfants. Que tu apprennes des choses.
— Mais je m’ennuie ! se plaignit-il.
— Attends de voir comment se passe ce trimestre, d’accord ? Je suis sûre que ça va bien se passer.

Après lui avoir caressé la joue, elle se releva et jeta un regard songeur en direction de la mer. Le soleil resplendissait ce jour-là et rendait honneur à cette belle ambiance de septembre, alors que sa lumière commençait à décroître plus vite et que les températures se faisaient de plus en plus fraîches le soir venu.

— Qu’est-ce qu’on fait ? l’interrogea-t-elle. Je commence ou tu commences ?
— Commence, maman, commence !

Emeric semblait soudain si enjoué. Amy préférait bien plus cette facette que celle, geignarde, qu’elle savait reliée à l’école. Habituellement, son fils n’était pas de ce tempérament. Lui qui était si doux, si calme et si sensible. Depuis qu’il fréquentait les bancs de la petite classe de ville, elle savait Emeric confronté à des enfants qui ne nourrissaient pas les mêmes ambitions que lui, qui n’avaient pas les mêmes facilités que lui. Qui ne partageaient pas le même monde que lui.
À trois ans, il savait déjà déchiffrer des mots et lire les syllabes. L’année suivante, l’écriture ne lui posa pas plus de problème. Pour compenser son avance, l’école lui décida de sauter une classe, puis rapidement une deuxième. Fatalement, Emeric se retrouvait entouré d’enfants plus âgés qu’il ne l’était et réussissait à se les mettre à dos avec son orgueil scolaire.
Oui. Elle préférait largement cet Emeric rayonnant de bonheur à l’idée de passer un peu de temps en tête à tête avec la musique.

— Alors… je commence avec quoi, à ton avis ? lui demanda-t-elle, en lui montrant toutes ces partitions. Ça m’en fait des choses à réviser…
— La Nocturne de Chopin !
— Laquelle ?
La première de l’opus soixante-douze.
— Très bien. Allons-y.

Elle s’assit sur le tabouret et déposa sa partition sur la baguette. Aussitôt, ses doigts se mirent en mouvement et plus rien ne pouvait arrêter leur course. Ils étaient si vifs, si agiles. Mais c’était la mélodie qui charmait Emeric, transporté par cette musique qu’il connaissait par cœur. Il savait comment sa mère allait interpréter chaque nuance, chaque variation de vitesse. Derrière, elle racontait une histoire que seul lui était en mesure d’écouter et de comprendre. Son histoire préférée.

— Aïe, aïe, aïe, je ne serai jamais prête pour samedi… ! se catastropha Amy à la fin du morceau, en mettant la partition de côté.
— Mais non, maman, c’était parfait !
— Tu es gentil, mon chéri. Mais j’ai encore des petites choses à peaufiner. Je n’aimerais pas me ridiculiser devant tout Varsovie !

Elle se tourna vers lui avec une expression malicieuse.

— Tu viens toujours avec moi ?
— Et comment !
— Pauvre papa. On va encore le laisser tout seul.
— Il n’a qu’à venir avec nous !
— Tu sais bien qu’il a du travail aussi, soupira Amy. Chacun son job ! Allez, à toi !
— Attends, joue-moi d’abord quelque chose de plus joyeux ! La première valse de l’opus soixante-quatre !
— Bon. Vraiment parce que c’est toi !

Cette fois, elle s’exécuta sans même sortir la partition. La cadence était ardue, pourtant, elle semblait glisser toute seule sur le clavier du piano à queue. Comme si ses doigts ne lui appartenaient plus tout à fait. La valse expéditive ne dura qu’à peine plus d’une minute, mais fut accueillie par les applaudissements frénétiques d’Emeric. Il ne s’en lasserait jamais.

— Encore ! Encore !
— T-t-t-t-t-t ! refusa-t-elle en secouant l’index. Au travail, jeune homme ! C’est à ton tour !

Amy libéra sa place sur le tabouret et lui dégotta les partitions du prélude en do mineur de Bach qu’il apprenait depuis quelques jours. Et chaque soir, c’était leur rituel, de consacrer ainsi une heure, voire plus, à l’apprentissage d’un morceau. Cela permettait à Amy de se détacher de ses propres entraînements pour éprouver cette joie à la fois intime et si intense de voir sa passion se transmettre à travers son fils. Mais elle refusait que le piano ait la même signification que celui qu’il avait pour elle : l’expiation d’une magie qui ne s’était jamais manifestée.
Quand Amy avait appris qu’elle ne serait jamais capable de l’utiliser, elle s’était réfugiée dans ses notes et n’en était jamais ressortie, de peur, sûrement, d’affronter la terrifiante réalité qu’elle n’était pas la sorcière qu’on avait attendu d’elle. Elle qui avait toujours été si talentueuse et si assidue. Elle serait devenue sans aucun doute une brillante sorcière. Mais le destin en avait choisi autrement.
Leur moment d’apprentissage fut interrompu par le bruit d’une porte claquante. Aussitôt, Emeric décrocha du piano et se précipita jusqu’à l’entrée.

— Papa !
— Salut, mon grand !

Eugene attrapa son fils dans ses bras et l’étreignit. Cela faisait plusieurs jours qu’ils ne s’étaient pas vus. Eugene Beckett travaillait dans une branche très particulière de Gringotts qui lui demandait parfois de voyager à l’étranger. Emeric avait toujours du mal à expliquer spécifiquement ce que son père faisait comme métier, car, malgré ses facilités d’apprentissages et de compréhension, les termes tels que « taux d’intérêt », « transactions » et autres mots barbares des finances lui restaient bien étranges.

— Comment s’est passé l’école ? s’intéressa Eugene auprès de son jeune fils.
— Question délicate, je crois, grinça Amy qui les avait rejoints, les bras croisés, avec un rictus gêné.
— On m’a encore frappé ! se plaignit Emeric.
— Quoi ? Il faut que tu répondes, Emeric !
— Eugene ! Tu ne vas tout de même pas l’inciter à se battre !
— Non, non. Juste se défendre !
— Je… ne suis pas assez fort pour ça, admit le garçon. Ils sont tous plus grands que moi ! Ils ont deux ans de plus !

Eugene soupira en rangeant sa mallette dans le placard de l’entrée d’un Wingardium Leviosa.

— Il faudra bien un jour que tu les empêches de te martyriser comme ça. Tu devrais te mettre au sport, mon garçon !
— Je n’aime pas faire du sport.
— Eh bien, faudra t’y mettre quand même !

C’était toujours la même rengaine. Emeric aimait son père de tout son cœur, mais il se sentait incompris par cet homme qui ne semblait pas faire l’effort de se mettre à sa place. Même si Eugene ne l’avait jamais verbalisé, Emeric devinait que son père aurait préféré qu’il passe plus de temps à s’entraîner à la course, à la boxe, ou même au Quidditch, plutôt que de passer des heures sur un piano. Passion qu’il trouvait peut-être trop féminine à son goût.
Après un repas calme, Amy accompagna son fils au coucher, dans sa grande chambre du dernier étage, sous les combles. Les toitures avaient été repeintes par magie et reproduisait le ciel du dehors, selon les envies d’Emeric. À la manière de Poudlard, lui disait son père, pour le faire rêver. Ce soir-là, le plafond était d’un bleu nuit pur, parsemé de petites étoiles. Les nuits d’orage, quand la tempête faisait rage sur la mer, le garçon se réfugiait sous ce même ciel clément, espérant que les bruits du dehors n’étaient qu’un cauchemar lointain.

— Je ne veux pas dormir, maman, marmonna Emeric, qui avait enlevé ses lunettes, tenant la main de sa mère assise à ses côtés sur le lit.
— Pourquoi ?
— Parce que quand je me réveillerai, je vais devoir retourner à l’école. Et je ne veux pas.
— Il le faudra bien, mon chéri.
— Je préfère aller à Poudlard. On ne peut pas envoyer une lettre à Dumbledore ? Et lui dire que je peux venir plus tôt ? Même si on ne sait pas si je fais de la magie ?
— Il faut que tu attendes. Patience. Je suis sûre que ça arrivera un jour. Et tu recevras ta lettre.
— Envoyée par un hibou ?
— Envoyée par un hibou.

Elle le borda, remontant ses couvertures sur ses épaules et approchant son visage afin qu’il puisse la distinguer sans ses verres.

— Tout ira bien demain. Si tu fais ce que je t’ai dit tout à l’heure. Reste toi-même. Mais sois modeste, Emeric.
— Mais s’ils me bagarrent quand même ? Je fais quoi ?
— Rien. Va juste chercher des adultes.
— Les adultes, ils sont pas toujours là. Puis parfois, ils disent rien.

Amy soupira en caressant le dos de la main d’Emeric.

— N’écoute pas ce qu’a dit papa tout à l’heure. Que tu devrais te défendre. Il a peut-être raison. Mais la violence est la réponse des faibles. Le pardon est quelque chose qui demande bien plus de courage. Souviens-toi de ça. Et tu es fort, Emeric. Je le sais. Tu en es capable.
— Je sais pas.
— Moi, je le sais. Allez. Dors bien, mon chéri. Fais de beaux rêves.

Elle déposa un baiser sur son front et l’abandonna aux ténèbres de la nuit adoucie par le ciel magique au plafond. Emeric ferma les yeux et se plongea dans ses espoirs d’un avenir plus radieux. À Poudlard. Il se voyait en cours. Passer sous le Choixpeau. Oh, et le Poudlard Express ! Et l’immense bibliothèque ! Tant de choses que lui avaient racontées son père, des photos animées à l’appui. Peut-être que Poudlard serait l’endroit où il se ferait enfin des amis. Où il rencontrerait des gens comme lui, qui le comprendraient. Et sur ces belles pensées, Emeric s’endormit, le sourire aux lèvres, des rêves de l’école de sorcellerie plein la tête.

***

Ce fut avec détermination qu’Emeric partit à l’école le matin, dans son petit uniforme scolaire. Ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Les années défileraient vite d’ici Poudlard. Il ne devait pas perdre de vue cet objectif. Sa mère l’accompagna à l’arrêt du bus le matin, alors qu’il portait son lourd cartable sur son dos. Le chauffeur le salua ; il n’avait pas l’habitude de voir un petit bout monter pour se rendre à l’école. Face à ses camarades, âgés de huit ou neuf ans, Emeric paraissait tout chétif. Le garçon s’assit à l’avant et regarda défiler la mer à la fenêtre. Chaque fois que le bus s’arrêtait pour récupérer des enfants, Emeric leur souhaitait le bonjour avec gentillesse et timidité. Il voulait paraître grand, lui aussi, et pouvoir s’intégrer auprès d’un groupe plus âgé était un but à atteindre, pour lui.
Quand le bus s’arrêta devant la petite école de Lyme Regis, Emeric laissa passer tout le monde avant de descendre en dernier. Les portes du bus se refermèrent derrière lui, après qu’il eut courtoisement salué le chauffeur, qui lui lança un signe de tête. Puis, le garçon prit une grande bouffée d’air. Une nouvelle journée commençait. Et cette fois, il allait devoir prendre sur lui.
Il déambula dans la cour de récréation, sans trop s’arrêter, se contentant d’observer ses camarades. Il n’était pas trop partisan des matchs de football improvisés ou des jeux de chat. Préférant se faire discret, il s’assit sur un petit muret et sortit un livre qu’il avait apporté avec lui, son sac à ses pieds, en attendant que la cloche qui annoncerait le début des cours ne sonne.
Un coup de pied dans son sac le détourna brutalement de sa lecture. En sursautant, les lunettes basculèrent de côté sur son nez.

— Tu lis même ici ?

Emeric contint ses tremblements face aux trois garçons, bien plus imposants qu’il ne l’était.

— Hé. Bonjour, Kyle. Bonjour, Jared. Bonjour, Mike.

Par réflexe, il se frotta le bras qui affichait toujours l’hématome de la veille.

— Joue pas ton gentil, Emeric ! Tout le monde sait que tu n’es qu’un sale crâneur.
— Ouais. T’es qu’un faillot !
— C’est… c’est pas vrai !
— Et j’oublie pas que tu as dit devant toute la classe que j’étais stupide !
— Je suis désolé de ça ! Je referai plus.

Mais cela ne convainc pas au garçon, qui lui arracha son livre des mains avec un sourire de victoire.

— C’est quoi encore ça ?
— Un livre.
— Mais tu me prends vraiment pour un idiot ?!
— Mais tu as demandé ce que c’était. J’ai répondu.
— « La mythologie égyptienne » ? C’est quoi encore ce truc…
— C’est super intéressant ! Avec tous les Dieux de l’ancienne et de la nouvelle Egyp-… Mais qu’est-ce que tu fais ?

Kyle s’était emparé des pages et en arracha une poignée.

— Mon livre ! s’écria Emeric.
— T’as qu’à garder les pages !
— Mon livre !

Le garçon avait envie de pleurer mais il les voyait déjà en train de ricaner de son infortune. Il devait garder la tête haute. Au même moment, la cloche sonna dans la cour et tous les élèves se regroupèrent. Emeric tarda un peu plus, récupérant les restes du livre que Kyle avait jeté à terre avant de s’éloigner. Il tenta vainement de les regrouper et de les ranger en ordre pour les caler dans la couverture abîmée.
Aussi, il fut accueilli par le sourire inexistant de Miss Krammer, leur enseignant, vieille fille de soixante ans aussi belle que courtoise :

— Vous êtes en retard, fit-elle remarquée avec sa voix pincée.
— Désolé, professeur, s’excusa Emeric tout penaud, son livre en feuilles entre les petits bras.
— Vous me ferez deux exercices de mathématiques en plus, pour la peine !
— C’est vrai ? Merci professeur !

Miss Krammer se frotta la tempe tandis qu’il rejoignit sa place de devant, tout guilleret. Elle avait parfois tendance à oublier que le garçon se nourrissait de l’école et appréciait le travail qu’il y effectuait, à l’inverse d’une majorité de ses camarades.
La matinée sembla passer à une vitesse phénoménale aux yeux du petit Emeric. S’il n’aimait pas l’école, c’était seulement car les moments de récréation étaient parfois difficiles à supporter, de même que l’ignorance ou les erreurs de ses camarades de classe. Mais il adorait les enseignements, bien qu’il regrettât parfois que la magie ne soit pas abordée. Ses parents l’avaient bien prévenu : il ne devait pas révéler l’existence du monde des sorciers. Cela lui était interdit. Et garçon très soucieux des règles à respecter, ou plutôt angoissé à l’idée des retombées s’il ne respectait pas sa parole, Emeric se taisait au milieu de tous ces Moldus.

— La semaine prochaine, nous ferons une sortie scolaire pour aller observer les oiseaux de la crique, leur rappela Miss Krammer. J’ai laissé un mot pour vos parents dans les carnets de chacun, car nous manquons d’accompagnateurs.

Le reste de la journée se déroula sous de bons auspices, jusqu’à ce qu’en fin de journée, Emeric découvre avec déception qu’on avait volé son goûter dans son sac. Dépité, il monta dans le bus, le ventre gargouillant. Ce fut avec la même mine déconfite de la veille que sa mère l’accueillit à la maison.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé ? lui demanda-t-elle.
— On m’a piqué mon goûter. Et on a abîmé mon livre…
— Qui a fait ça ?
— Je peux pas le dire.
— Pourquoi ?
— Sinon, les autres diront que je suis une balance. J’ai pas tout compris. Mais c’est possible de se transformer en balance chez les Moldus si on rapporte ?
— Ce n’est… pas à prendre au sens littéral du terme, Emeric.
— Ah.
— Je suis un peu rassurée de voir que je suis pas la seule à galérer avec leurs expressions. J’étais pareille que toi quand j’étais plus jeune ! Allez. Viens avec moi à la cuisine, je vais te préparer un meilleur goûter encore !

Emeric retrouva son sourire autour d’un chocolat chaud et d’une bonne tartine de confitures de fraises. Puis, il présenta son cahier à sa mère, qui rangeait les pots.

— Tu veux pas venir à la sortie avec nous ?
— La sortie ?
— On va voir les oiseaux. Et la maîtresse dit qu’il manque des parents pour nous accompagner. Tu n’as qu’à venir avec nous !
— Je ne suis pas très à l’aise avec les Moldus, grimaça sa mère. Avec les gens en général !
— Mais c’est pour voir les oiseaux sauvages ! Et puis comme ça, la classe verra que j’ai une chouette et belle maman ! Peut-être qu’ils arrêteront de se moquer de moi.
— T’es chou, le remercia-t-elle en déposant un baiser sur sa tête. Écoute, on verra, d’accord ? Ça dépend de l’état dans lequel on revient de Varsovie. Tu sais, je reste peut-être à la maison la semaine, mais c’est pour travailler mes morceaux. Ce n’est pas vraiment du temps libre.
— Je sais… Pardon, maman.
— Mais j’essaierai. Je ferai de mon mieux. D’accord ?

Note de fin de chapitre :

Prochain chapitre, un peu quand je voudrais, vu qu'il est déjà écrit ! xD

Merci ! Vos impressions sont toujours les bienvenues ! (coeur coeur sur vous !)

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