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70e édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 70e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 21 octobre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 11/10/2017 13:11


Sélections du mois


Chers membres d'HPF,

Les votes pour la sélection Univers Alternatif du mois d'octobre sont en cours. Vous pouvez découvrir les choix des lecteurs et voter jusqu'au 31 octobre pour les textes que vous avez aimés sur ce topic !

Vous avez admiré le courage de Minerva McGonagall tout au long de la saga ? Vous adorez sa technique de défense dans le 7e tome ? Ou la trouvez-vous trop sévère ? Les propositions sont donc bien ouvertes pour le thème Minerva McGonagall du mois de novembre : n'hésitez pas à soumettre vos coups de coeur ici !

Félicitations aux textes sélectionnés sur le thème Maraudeurs : Princesse se sélectionne avec Cornedrue ainsi que Jukava, pour son texte Just dashes accross the heart !



Nous sommes toujours en pleine réflexion pour un système de vote et de proposition qui ne nécessite pas l'inscription sur le forum, n'hésitez pas à nous suggérer vos idées !

Vous pouvez toujours trouver l'ensemble des Sélections du Mois sur le site et proposer vos thèmes et idées sur les topics du forum.
De L'équipe des Podiums le 01/10/2017 20:35


2ème Edition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 2e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 7 octobre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic. A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 27/09/2017 21:47


Sélections du mois


Chers membres d'HPF,

Les votes pour la sélection Maraudeurs du mois de septembre sont en cours. Vous pouvez découvrir les choix des lecteurs et voter jusqu'au 30 septembre pour les textes que vous avez aimés sur ce topic ! D'ailleurs, si vous aimez écrire sur James Potter et Sirius Black, un projet est en cours sur le forum, un Halloween Maraudesque !

Harry à Serpentard ? Voldemort a gagné la guerre ? Sirius n'est pas mort ? Vous avez lu un texte qui présente une réalité alternative, un "et si ça n'avait pas eu lieu ?" et vous aimeriez le partager ? Alors n'hésitez pas ! Les propositions sont donc ouvertes pour le thème Univers Alternatifs du mois d'août : n'hésitez pas à soumettre vos coups de coeur ici !

Félicitations aux textes sélectionnés sur le thème Nuits d'HPF : Catie voit deux de ses textes sélectionnés avec Voûte Céleste et Ma faiblesse ! Eanna l'accompagne avec Sous l'océan !



Nous aimerions vous proposer un système de vote et de proposition qui ne nécessite pas l'inscription sur le forum : seriez-vous intéressé ? N'hésitez pas à nous le dire en commentaire ! Vous pouvez toujours trouver l'ensemble des Sélections du Mois sur le site et proposer vos thèmes et idées sur les topics du forum. Vous êtes intéressé par gérer ces Sélections ? Mettre en avant les textes du mois ? Ça tombe bien, l'équipe recrute ! Les modalités sont ici !
De L'équipe des Podiums le 10/09/2017 21:10


HPF invite vos fanfictions au Bal des Sorciers



Cette année, HPF n’aura pas de stand au Bal des Sorciers, mais cela n’empêchera pas notre conquête du monde de s’étendre. Comment marquer les esprits si nous ne sommes pas présents allez-vous dire ? C’est très simple : notre plan machiavélique consiste à proposer un recueil de fanfictions que les personnes présentes lors de l’événement découvriront grâce à nos flyers qui inonderont la salle !



Ingénieux n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tout… le recueil sera composé uniquement d’inédits. Et pour le proposer, nous avons besoin de vous chers membres de l’association ! Et oui, qui mieux que vous pour transmettre le savoir-faire d’HPF !

Laissez libre court à votre imagination et profitez d’un projet sans contraintes ou si peu !

Toutes les modalités sont disponibles sur le forum.
De Le Conseil d'Administration le 05/09/2017 15:59


69e édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 69e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 9 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Pour connaitre les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 04/09/2017 18:44


La mystérieuse du Grand Nord par SombralAilyn

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Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Cette fiction répond au concours de Catie, Sept années à Poudlard (ou ailleurs), lancé sur le forum HPF. Chaque chapitre suivra un épisode de vie de Viktor Krum au sein de son école. 

Note de chapitre:

Thème imposé : Amitié improbable. 

Choix de contrainte estivale : Cinq phrases qui se suivent doivent commencer par les lettres formant le mot "Soleil", dans le même ordre (S-O-L-E-I-L). 

En espérant que cette vision de Durmstrang et de la vie de Viktor vous plaîra, 

Bonne lecture ! =) 

Chapitre I : Les aigles de Durmstrang

 

 Alors que la lumière du jour repoussait encore suffisamment la nuit interminable de Scandinavie et la chute drastique des températures qui l'accompagnait, une drôle d'invasion prit possession des cieux de ces terres de froid. Une flopée d'oiseaux rouges claquaient leurs ailes, cousues de fourrure brune, en s'élançant depuis un vieux manoir de quatre étages, à l'allure modeste mais incroyablement sévère, quatre murs gris surmontés d'un toit noir : des apprentis sorciers en uniforme grimpés sur des balais volants. Les cours venaient de se terminer et les élèves de Durmstrang profitaient des dernières heures d'ensoleillement pour survoler les à-pics rocheux et les lacs miroirs de leur domaine. Ainsi, ils se livraient à des parties improvisées de Quidditch et se lançaient des défis de vitesse entre les crêtes montagneuses.

 

Répandant de la poudre blanche sur ses mains pour protéger sa jeune peau, Viktor, onze ans, se préparait à décoller à son tour pour une balade. De la craie rouge se mélangeait à la substance claire et formait une couche rosée sur ses paumes. Il venait d'entamer le mois de juin, sur son calendrier sorcier, en marquant la première case d'une croix couleur rubis, juste sous la figure d'un poursuiveur de l'équipe nationale de Bulgarie en pleine réception du Souaffle. Le décompte amorçait la dernière ligne, littéralement. L'heure du retour à la maison sonnerait bientôt. En Scandinavie, l'année scolaire s'achevait dès les premiers jours de juin. Viktor fleurerait bientôt l'odeur entêtante des champs de lavande qui couvraient sa Bulgarie natale. Son pays le retrouverait bientôt, et, avec lui, ses parents. Il tardait au garçon de pouvoir embrasser sa mère, fier d'avoir enduré la première année de ce calvaire du grand nord. La rassurer, elle qui avait eu si peur de cette école de toutes les polémiques.

 

- Oh, Viktor !

 

Devant le bulgare, son ami, un camarade de son année prénommé Tsvetan, planait à quelques mètres du sol sur son balai. Il chancelait de droite à gauche, peinant à trouver la bonne position sur ses étriers. Sa cape l'empêtrait.

 

- Ne fais pas semblant de m'admirer ! Je sais que tu te moques de moi ! protesta-t-il.

 

Le sourire aux lèvres, le bulgare enfourcha son propre bolide. Il donna un coup de talon ferme contre le sol encore boueux de la dernière giboulée et s'éleva tel un boulet de canon. Dépassant son ami, Viktor l'invita à se mettre dans son sillage pour se protéger des assauts du vent. Tsvetan savait voler, bien sûr, mais il n'atteignait pas son niveau. Et puis, le bulgare ne pouvait pas nier ses capacités innées pour les performances aériennes et son année éprouvante lui avait concocté une carrure loin de le desservir durant les matchs de Quidditch. La majorité de ses camarades, tout particulièrement des première année comme lui, n'avait utilisé leurs balais que lors des cours de vol ou des matchs de Quidditch, pour ceux qui avaient eu la chance d'être recrutés, comme Viktor. Mais lui n'avait pas attendu. Ni le mauvais temps ni la nuit ne l'effrayaient : avec un bon équipement rien ne pouvait l'arrêter. L'historique de ses heures de vol dépassait donc celui de n'importe quel autre de ses camarades. C'était d'ailleurs ce qui lui avait valu l'intérêt grandissant du directeur, le charismatique Igor Karkaroff, qui le couvrait de privilèges. Dès ses premiers mois dans l'école, l'ancien Mangemort l'avait transféré dans l'équipe des troisième année pour les entraînements aériens. Cet œil constamment posé sur lui allégeait considérablement la discipline militaire et les traitements au mérite, plus officieusement traitements de réputation.

 

À quelques jours de l'embarquement sur le vaisseau mère du retour, tout cela n'avait pourtant plus d'importance. En survolant le domaine, les deux garçons s'en mettaient plein la vue. Cela pouvait bien être la dernière fois qu'ils voyaient cet endroit. À Durmstrang, les première année étaient les plus nombreux en effectif, mais demeuraient les champions en abandons et en retraits. Bien que Viktor sache qu'il y ait peu de chances que son père décide de le reprendre, ayant fait toute sa scolarité ici, il tenait juste à montrer quelque chose à Tsvetan, déjà réinscrit. Quelque chose qui se trouvait entre deux immenses pans de montagnes abruptes, bordées, à leur naissance, par un lac miroitant et un désert de toundra courant à perte de vue derrière les cimes. Et, bientôt, reconnaissant le paysage, Viktor ralentit.

 

- Viktor ! Pourquoi on s'arrête ?

 

- Attends un peu. Il va venir.

 

- Qui ça ?

 

Le bulgare ne répondit pas. Il demeurait muet comme une tombe en planant calmement, ses jambes relâchées de ses étriers, dans le vide. Soudain, un rictus souleva un coin de ses lèvres. Tsvetan écarquilla les yeux.

 

Descendant des montagnes comme un éboulement, un aigle magistral vint flatter les cuisses du prodige aérien en poussant plusieurs cris courts. Viktor fourra son poing sous sa cape de fourrure et rejeta un cadavre de rongeur dans l'air. Le rapace le saisit d'un coup de bec avant de disparaître brusquement derrière une montagne.

 

De toutes les rencontres que le bulgare avait faites cette année, cet aigle était probablement la plus insolite. L'animal, pourtant sauvage, était venu vers lui un jour qu'il volait au-dessus de cette crevasse entre les sommets et ne l'avait quitté que pour rejoindre son nid, lorsqu'ils s'étaient rapprochés des alentours de Durmstrang. Il le reconnaissait et, même, sollicitait de sa part d'improbables courses dans les airs auxquelles Viktor se pliait avec grand plaisir. L'aigle était l'emblème de son école mais celui-là, en chair et en os, lui vouait une affection sans failles. Une relation qui ne nécessitait aucun échange vocal, juste de l'intuition pure, comme durant les séances de vol. Pour le garçon silencieux et plus physique qu'autre chose, c'était juste ce qu'il fallait.

 

L'aigle revint bientôt et Viktor démarra sans attendre, laissant Tsvetan sur place. Les deux, garçon et oiseau, se livrèrent une bataille de pirouettes de haute voltige avant de plonger soudainement vers le sol, à pleine vitesse. L'adrénaline au cœur des veines, le bulgare tenta de rester le plus longtemps possible dans l'axe mais redressa sa trajectoire drastiquement à plusieurs mètres du sol. L'aigle le rejoignit bientôt et piailla, comme lui lançant une réprimande. Viktor sourit. Cette fois non plus il n'avait pas pu plonger jusqu'au niveau du sol, mais un jour il pourrait le faire. Ce jour là, il comprendrait ce que cet aigle lui enseignait patiemment, comme un sage, le meilleur des amis. C'était la seule chose, tout bonnement, dont le prodige aérien n'avait pas été déçu en arrivant ici. Ça et le rire de Tsvetan dans son dos.

 

 

 

***

 

 

 

Lorsqu'une personne s'imaginait le Grand Nord de l'Europe, là où se trouvaient Russie, Sibérie et pays scandinaves, la première image à naître dans son esprit restait fréquemment une immense étendue glaciale couverte de neige, perpétuellement ankylosée par le froid et où le souffle des hommes n'était qu'une condensation brumeuse dans l'air. Une autre, pieuse, se penchait sur le folklore, les coutumes, les dieux nordiques et autres curiosités tout aussi symboliques. Enfin, une dernière, mais pas des moindres, ressentait la chaleur humaine des êtres accoutumés au froid exigeant et s'émerveillait, en comparaison, de l'éclat des coupoles rayonnant comme autant de soleils et des murs colorés de l'architecture nordique, la Russie anciennement impériale surtout, perdu entre les déserts de toundra.

 

Du haut de ses onze ans, Viktor, bulgare de nationalité, mettait le tout à contribution dans un feu d'artifice d'images et d'émotions comme seule l'enfance en dispense. Une entité mystérieuse nommée Durmstrang l'obsédait depuis des mois. Son père, et son grand-père avant lui, y avaient étudié et Krum père avait tranché de sa voix dure que les prédispositions de son fils pour les performances de balai ne seraient pas gâchées à Koldovstoretz où le Quidditch se pratiquait sur des troncs d'arbres entiers déracinés. On avait donc décidé de l'envoyer « là-bas, dans le Grand Nord » pour le perfectionner et l'endurcir sans plus d'informations. L'école en elle-même était effectivement un secret très bien gardé par quiconque l'avait fréquentée. En plusieurs mois de temps, Viktor ne savait que peu de chose sur cette mystérieuse Durmstrang : c'était une école du Grand Nord. Il verrait le moment venu, lui avait-on dit en espérant lui inculquer la patience et le silence des hommes. L'intrigue régna jusqu'au dernier moment, alimentant son désir de savoir à quoi Durmstrang ressemblait, ce qui s'y trouvait et ce qu'on y pratiquait exactement. Les phrases vides de son père ne lui étaient pas d'un grand secours. Elles étaient devenue pareilles à une ritournelle populaire entonnée de sa voix dure et rapidement dépassée par l'impatience de son tempérament d'homme intransigeant : « C'est dans le Grand Nord. Entre les montagnes. Près d'un grand lac. Tu verras ! Tu ne te préoccuperas plus du paysage, c'est moi qui te le dis ! Ils feront de toi un homme, un vrai ! ». C'était à peu près tout. Il était, de plus, coutume de ne poser aucune question à cet individu dont la colère pouvait s'abattre aussi soudainement que la foudre d'un dieu. Alors, Viktor s'était fait son idée tout seul sans même savoir qu'il s'agissait là de la première étape d'endurcissement propre à l'école de toutes les polémiques.

 

Durmstrang étant une école de sorciers, Viktor s'était imaginé quelque chose d'insolite. Malgré lui, une gravure d'un édifice riche en couleurs et en matières précieuses censé se trouver à proximité du Grand Nord, dans une ville portant le nom de Moscou, était devenue la représentation par excellence de la base immuable de l'architecture de l'école. Il l'avait trouvée dans un vieux livre moldu qui prenait la poussière dans sa maison bulgare : la cathédrale Saint-Basile le Bienheureux. Impressionné par cette apparence grandiose, Viktor avait automatiquement projeté ses espoirs sur cet édifice. Ainsi, Durmstrang était devenue basilique immense aux toits d'or et de jade profond, nichée entre deux montagnes de quartz grattant les cieux et encerclée par un immense lac de nacre. Ses cours étaient délimitées par de grandes grilles plaquées de feuilles d'or et les uniformes parés de rubis sanguins comme les joyaux d'une couronne. Il avait vu presque juste... concernant les uniformes, uniquement.

 

Le voyage de Viktor vers Durmstrang n'avait été qu'une mise en bouche pour l'immense déception qui l'attendait en fin de course. Avant même de poser le pied sur cette terre du Grand Nord jalousement protégée par ses pairs, le bulgare vécut sa toute première et douloureuse désillusion. On le tira du lit au milieu d'une nuit d'été pour l'emmener, par Portoloin, sur les bords de la Mer Noire. D'après son père, il s'agissait d'un privilège. Les étudiants bulgares scolarisés à Durmstrang se situaient près de cette grande étendue d'eau ouverte à la navigation. Ils n'avaient, ainsi, pas à s'entasser dans les convois ferroviaires pollués de suie qui alimentaient, eux aussi, une bonne partie des effectifs de l'école. Viktor s'était donc assuré de prendre conscience de sa chance le long du chemin menant jusqu'à la mer. Il avait pourtant très vite déchanté : Durmstrang avait des principes... insolites.

 

Près du rivage était amarré un superbe vaisseau entouré d'une couverture d'écume jaunâtre semblable à une apparition fantomatique. Sa proue saillait abruptement du reste de sa charpente, à l'image des grands mats en haut desquels flottait l'étendard de l'école : un blason orné de deux aigles dorés reposant sur un crâne de bœuf rouge dont les cornes s'arrondissaient pour former chaque montant des armoiries. Une banderole surmontait le tout en annonçant en lettres stylisées : « DURMSTRANG ». Le navire paraissait immense, pourtant, Viktor n'avait pas douté un seul instant que la queue d'une cinquantaine de personnes partant de la terre ferme pour aboutir au pont du navire n'aurait aucun mal à le remplir. Lorsque son tour de se présenter à l'appel du départ était venu, il avait comprit que son traitement ne serait pas tout à fait le même que celui du grand gaillard nettement plus âgé qui était passé avant lui.

 

- La cale, avait annoncé le superviseur du pont avec un sourire mauvais.

 

Cela n'était pas qu'une expression, car, durant la semaine que dura le voyage sur les flots, Viktor demeura dans les profondeurs humides, sombres et glaciales du vaisseau. Une trentaine d'autres garçons et quelques rares filles partageaient avec lui cette « pièce » où étaient suspendus des hamacs sommaires qui se balançaient au rythme de la houle. Des regards interrogateurs munis d'une lueur de crainte fusaient de tous côtés avant d'atteindre, le troisième jour, la désillusion et la résignation. Un superviseur montait la garde en permanence dans les compartiments qui lui étaient réservés au même niveau, pour éviter les infractions au règlement et les altercations. Quoique, Viktor n'était pas convaincu sur ce dernier point. Les adultes, ici, semblaient vraiment marcher les yeux fermés.

 

Heureusement, son voisin de hamac était enclin à la conversation et, grâce à lui, l'éternité de cet affreux voyage sembla devenir plus raisonnable à supporter. Il était bulgare lui aussi à en croire l'origine de son prénom Tsvetan et possédait des parents visiblement plus loquaces que son propre père.

 

- Le vaisseau est divisé en plusieurs sections hermétiques. C'est pour ça qu'ils montent la garde, lui expliqua-t-il le quatrième jour alors que Viktor zyeutait un superviseur qui surveillait leur temps d'exercice sur le ponton détrempé du navire. Ceux qui sont dans la cale ne peuvent pas rencontrer ceux qui font le voyage en haut des tours de garde. C'est le règlement.

 

- Il y a des hamacs là-haut ?

 

- Des appartements entiers. Tant d'élèves abandonnent entre la première et la dernière année qu'ils peuvent se le permettre. Plus tu as d'ancienneté dans l'école, plus tu as de chances d'avoir des privilèges, et pas uniquement lors des voyages en mer ou en train. Mais je sais de mon père que ce n'est pas le seul moyen.

 

Viktor avait interrogé son camarade en silence, piqué dans sa curiosité. Il se pencha plus vers son camarade qui lui murmura à l'oreille :

 

- Karkaroff, le directeur, aime bien ceux qui apportent du prestige à l'école. Plus tu représentes bien l'école, plus vite tu grimpes tout en haut, au milieu des édredons en soie et des entraînements prolongés près du feu à l'école, là où il fait bien chaud. Si tu ne portes pas bien les couleurs, par contre...

 

Tsvetan avait jeté un œil rapide aux élèves plus âgés partageant leur cale insalubre. Viktor détailla leur expression morose. Leurs regards se perdaient à mi-hauteur des tours de garde, là où devaient a priori se trouver les étudiants du milieu de classe. Son camarade lui fit du coude.

 

- Si on se débrouille bien, on aura de vrais lits au retour. C'est le principe de l'échelle de Durmstrang.

 

Une corne de brume résonna sur le pont du navire. On sonnait la rentrée dans la cale. Ils ressortiraient demain si le temps le permettait. Quatre jours plus tard, Durmstrang s'était dévoilée à Viktor. Les traditions de voyage avaient ravivé son intérêt pour cet institut aux apparences trompeuses derrière son étendards flamboyant frappé de deux aigles majestueux, sans savoir que la plus improbable de ses amitiés serait l'un d'eux en personne.

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