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News

Les Sélections sont de retour !


Les sélections sont de retour !


Chers HPFiens, nous vous l'avions annoncé;, les Sélections seraient de retour au premier décembre. Nous avons donc quelques nouvelles à vous communiquer.

Pour commencer, peut-être l'avez-vous remarqué;, peut-être pas, mais de nouvelles pages concernant les Sélections ont été créées il y peu de temps. Vous pouvez les retrouver dans le menu "Jury des Aspics" en haut du site. Vous retrouverez sur la page Les Sélections d'HPF des explications quant aux Sélections et vous pourrez également voter pour vos textes préférés sur cette même page. La page Les textes médaillés répertorie les textes primés, de quoi vous garantir de longues heures de lecture ! L'équipe vous souhaite une bonne découverte !


Pour continuer sur notre lancée de bonnes nouvelles, sachez que le sondage pour choisir votre fanfiction préférée sur le thème des Sœurs Black est ouvert et disponible sur le forum, ou directement sur la page du site, ici !


Enfin, vous avez voté pour le thème pour les Sélections de Février 2019. Vous pouvez dès à présent proposer vos fanfictions favorites ici ! A très vite ;)


De L'Équipe des Podiums le 07/12/2018 18:16


84ème Édition des Nuits d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 84e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 14 décembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


De L'Équipe des Nuits le 07/12/2018 12:36


10 ans de Héros de Papier Froissé - résultats


10 ans de l'association Héros de Papier Froissé - résultats

 



Merci à toutes celles et ceux qui ont participé à notre questionnaire pour les 10 ans de l'association !

Vous pouvez d'ailleurs trouver toutes les réponses attendues ICI

Parmi les questionnaires reçus, 14 remplissaient la condition des 17 bonnes réponses minimum et sans plus tarder, ont été tirées au sort les personnes suivantes :

Fleur d'épine ! Blulenya ! Melow !

 


De Conseil d'Administration le 26/11/2018 15:26


Au Bonheur des Commentateurs


Après une neuvième semaine faisant le bonheur de 21 auteurs, "Au bonheur des commentateurs" continue à vous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un auteur que vous n'avez encore jamais lu.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 25/11/2018 13:13


Au Bonheur des Commentateurs


Après une huitième semaine faisant le bonheur de 25 auteurs, "Au bonheur des commentateurs" continue cette semaine à nous faire découvrir de nouveaux textes. Cette fois-ci, il vous faudra reviewer un texte contenant un animal dans le résumé ou le titre.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre ici ou à nous contacter sur notre mail projetreview[at]gmail.com !
De le 18/11/2018 16:56


Retour des Sélections d'HPF


 

Retour des Sélections d'HPF


Chers HPFiens, nous avons l'honneur, la joie, la fierté de vous annoncer que les Sélections d'HPF vont faire leur grand retour le 1er Décembre 2018. Sans tout vous dévoiler, nous aimerions vous informer que plusieurs changements seront à l'honneur avec ce grand retour. À savoir : Un nouveau système de vote plus équitable, une Charte ainsi que de nouvelles pages entièrement dédiées aux Sélections sur les sites. 

Nous vous informons également que les Suggestions sur le thème des Sœurs Black reprennent et que vous aurez jusqu'au premier décembre pour proposer vos textes préférés ici

De même, vous pouvez d'ores et déjà voter ici pour le thème des Sélections de Janvier 2019 ! ;)

 


De L'Équipe des Podiums le 16/11/2018 11:49


Les zibelines triompheront bien par Bloo

[13 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Les personnages appartiennent à J.K Rowling à l'exception de quelques OC dont Sybil Kvapilová.

Cette histoire est une réponse à la table A des Presqu'Accio Prompts organisés par Julia sur le forum.
Note de chapitre:

Alors, ça faisait un looooong moment que cette histoire de zibelines me trottait en tête en bien longtemps aussi que j'avais d'écrire un Regulus/OC à force d'avoir écumé tout ff.net à ce sujet. C'était aussi l'occasion d'enfin donner vie à ma nouvelle OC : Sybil Kvapilová.

J'ai pensé que la table A des Presqu'Accio Prompts serait l'occasion de me lancer et d'enfin écrire cette histoire, mais j'ai encore cogité plus d'un an avant d'enfin pondre le premier chapitre. En fait, cette histoire est vraiment importante pour moi, mais parce qu'elle a quelque chose de terriblement personnel et que l'écrire, c'est un peu me confronter et ça a quelque chose d'effrayant. Mais ça a surtout quelque chose de nécessaire et je suis vraiment heureuse d'avoir enfin pu coucher mes premiers mots sur le papier, et je tiens à remercier tout particulièrement Layi pour ça, qui avec son histoire sur Rose et Regulus (même si Regulus n'apparaît pas encore :mg:) m'a enfin poussée à rédiger ma propre histoire.

Il y aura dix chapitres comme autant de prompts mais je n'en ai pas le moindre d'avance alors la publication sera sans doute un peu aléatoire, mais il va bien falloir que je termine cette histoire d'une manière ou d'une autre et j'ai bon espoir que ça ne prenne pas tant de temps que ça. J'espère en tout cas que vous l'apprécierez !

On commence donc avec le premier prompt : "saveur d'orient".

Bonne lecture !

Regulus se souviendrait toujours des premiers mots que Sybil lui avait adressés – ils n’avaient pourtant rien d’extraordinaire, pas plus que la scène qui avait abouti à ce fameux échange. Il se tenait alors dans la salle commune des Poufsouffle depuis une bonne heure déjà et était en train de sérieusement envisager d’étriper Josephine Rosier qui lui promettait la veille encore de l’accompagner à cette soirée. Les Poufsouffle étaient connus pour organiser les meilleures fêtes de l’école et Regulus n’avait alors besoin que d’une chose : oublier. Oublier l’horrible semaine qui venait de s’écouler, oublier les regards que lui lançaient ses camarades de dortoir lorsqu’il regagnait celui-ci très tard le soir, oublier la suspicion, les murmures, l’ironie à peine voilée, oublier le camouflet infligé par son frère l’été passé lorsque celui-ci lui avait définitivement préféré James, oublier les attentes écrasantes que faisaient peser ses parents sur ses épaules depuis le départ de Sirius et pas seulement ses parents mais l’ensemble des personnes qui composaient le trop petit monde dans lequel il évoluait depuis toujours.

Il voulait oublier et il voulait oublier beaucoup de choses et pourtant, cette soirée était incontestablement devenue l’une des plus inoubliables de ses jeunes années.

Il était pourtant sur le point de mener à bien son dessein lorsque quelques paroles des plus banales l’avaient arraché à sa mélancolie. Josephine n’était toujours pas là, elle n’était pas la sœur d’Evan pour rien. Froide et arrogante, la jeune fille ne faisait jamais rien qui n’était pas exclusivement dans son intérêt. Regulus savait pertinemment qu’elle ne s’était approchée de lui lors de la première année que parce qu’elle voyait en lui un parti intéressant pour le futur, mais il n’en avait alors que faire, parce que la compagnie de Josephine était encore préférable à celle des autres garçons de son année. Josephine était égoïste, calculatrice et même méchante s’il le fallait, mais au moins n’essayait-elle pas de se faire passer pour meilleure qu’elle ne l’était – avec elle, il savait à quoi s’attendre, ce qui n’était pas le cas avec la plupart des autres Serpentard. Elle était devenue l’une de ses plus proches amis, même s’il ne s’était jamais résolu à la qualifier ainsi, et il lui avait même semblé avec le temps que Josephine s’adoucissait en sa présence et s’avérait être une personne digne de confiance. Mais depuis leur rentrée en sixième année, il sentait bien que Josephine s’éloignait : entre-temps, Sirius avait fui la maison familiale et créé un scandale sans précédent dans l’étroit univers des Sang-Pur. Le nom des Black était devenu sujet de commérages et de moqueries le temps d’un été et malgré toute sa bonne volonté, Regulus n’avait pas été capable de les étouffer. Il avait toujours tout fait comme il le fallait, au contraire de son frère, bien sûr, et pourtant c’était Sirius qui malgré toutes ses frasques attirait les regards, Sirius qui avait su mettre Poudlard à ses pieds, Sirius qui excellait en cours et particulièrement en duel, Sirius qui avait toujours attiré à lui toute la lumière en ne laissant que des ombres à son frère.

Regulus n’était pas son frère et c’était une bonne chose sans en être une, et Josephine l’avait sans doute compris, c’était pour ça qu’elle l’avait laissé se rendre seul chez les Poufsouffle et pour cela encore qu’elle avait placé – même si elle ne le savait pas encore – Sybil Kvapilová sur le chemin tortueux de son existence.

- Tu veux goûter une de mes pâtisseries ? lui avait demandé cette dernière avec un sourire poli qu’il n’avait pas trouvé très avenant.

C’était la première fois qu’il voyait Sybil de si près et il eut tout le loisir de la détailler : elle s’était arrêtée juste devant lui et lui tendait innocemment une petite boîte en fer blanc dans laquelle étaient enchevêtrés des gâteaux de tailles inégales. Elle avait les yeux clairs, à mi-chemin entre le marron et le vert, qu’habillait un maquillage discret qu’il n’aurait pas remarqué s’il n’avait pas légèrement coulé sur sa joue gauche. Son visage était parsemé de tâches de rousseur et avait une forme très particulière, très fine, qui n’était pas sans lui rappeler quelques-unes des vieilles photographies familiales représentant les femmes de la famille Black depuis le dix-neuvième siècle au moins. Il était alourdi par la masse de cheveux bruns qui cascadaient jusque dans son dos et dont il avait déjà remarqué qu’elle n’était pas souvent attachée.

Il avait soudain regardé Sybil depuis le début de l’année et il ne savait ne pas être le seul. La jeune fille était une vraie curiosité à Poudlard – elle avait fait toute sa scolarité à Salem, aux Etats-Unis, et n’avait rejoint le vieux château anglais qu’à la rentrée. Elle était donc la seule à ne pas avoir été répartie en première année mais directement en sixième année, la même que Regulus. Le Choixpeau l’avait envoyée à Poufsouffle et il ne s’était visiblement pas trompé puisque la jeune fille s’était très vite intégrée dans sa maison. Elle lui rapportait beaucoup de points pendant les cours, était entrée dans l’équipe de Quidditch au poste de Poursuiveuse et elle était en permanence entourée d’une bande d’amis qui riaient aux éclats à chacune de ses blagues. Elle était même devenue amie avec Lily Evans, qui était très appréciée des Gryffondor mais aussi des Serdaigle et bien évidemment des Poufsouffle, et elle semblait rayonner dans un château dont elle ne foulait le sol que depuis deux mois à peine. En fait, elle correspondait exactement au stéréotype que se faisait Regulus des Américaines : sociables, extraverties même, très sportives et dynamiques et avec une espèce d’aura qui attirait invariablement la sympathie – comme Sirius.

Les lèvres du jeune homme formèrent alors une grimace mais Sybil ne la comprit pas et s’en vexa, alors ses lèvres à elle se pincèrent et elle fronça légèrement les sourcils.

- Tu sais, ils sont vraiment bons, j’ai mis mon épice préférée dedans et je n’ai eu que des compliments.

Cette histoire de pâtisserie lui tenait vraisemblablement à cœur mais Regulus était d’une humeur massacrante et ses propres sentiments l’accaparaient trop pour qu’il ne prête attention à ceux de la jeune fille.

- Ce n’est pas ce qu’on dirait en te regardant, lui dit-il en plantant son regard dans le sien.

- Tu peux lire le goût de mes gâteaux sur mon visage ? s’enquit Sybil d’un ton sarcastique.

- On dirait que tu as pleuré, là, répondit-il en pointant du doigt son visage là où le maquillage de la jeune fille avait légèrement coulé.

- J’ai pleuré de rire, expliqua Sybil. Marlène m’a raconté une très bonne blague et il m’a bien fallu cinq minutes pour m’en remettre.

- Peut-on savoir ce qu’il y avait de si drôle ?

- Je préfère ne pas te la raconter, elle ne te fera pas rire de toute façon et je n’ai pas envie qu’elle soit gâchée par ta susceptibilité.

Regulus tiqua à ce dernier mot. On le qualifiait déjà de beaucoup de choses depuis l’été dernier, de rêveur, de faible, de « moins » – moins flamboyant, moins attrayant, moins talentueux. Il n’avait en revanche pas encore eu le droit au terme de susceptible mais il n’était pas certain de vouloir voir la liste de ses défauts s’élargir encore.

- Qu’est-ce que tu en sais, qu’elle ne me fera pas rire ?

- Je le sais, c’est tout, et Marlène le sait bien aussi, c’est pour ça qu’elle ne l’a racontée qu’à Lily et moi.

- Est-ce que tu me racontes cette blague si je goûte un de tes gâteaux ?

Le visage de Sybil s’illumina soudainement et pour la première fois depuis le début de leur conversation, il vit ses lèvres s’étirer en un sourire sincère.

- Tu promets ?

- Je n’ai qu’une parole.

- Toi d’abord.

Elle tendit à nouveau sa petite boîte en fer blanc et le laissa piocher au hasard une des pâtisseries qu’elle contenait, et elle continua à sourire lorsqu’il la porta à sa bouche et en croqua un premier morceau au point qu’il finit par s’interrompre dans sa mastication, un peu gêné par les grands yeux de Sybil et cette drôle de façon qu’elle avait de le fixer.

- J’ai passé beaucoup de temps à les faire, se justifia la jeune fille lorsqu’elle comprit que son attitude mettait Regulus mal à l’aise.

Elle garda ensuite les yeux rivés au sol et laissa à Regulus le loisir d’apprécier sa cuisine. Elle ne s’était pas moquée de lui en lui vantant le goût de ses gâteaux : celui qu’il dégustait, en tout cas, avait une saveur particulière, une saveur qui lui rappelait un voyage effectué des années auparavant lorsque son frère, ses parents et lui formaient encore une famille, la saveur des vacances en Inde, la saveur du voyage, du plaisir, de la découverture, une saveur qu’il n’avait jamais retrouvée depuis dans la cuisine de Kreattur, la saveur de l’enfance – une saveur d’orient.

- C’est quoi ton épice préférée ? s’enquit-il auprès de Sybil, sa mauvaise humeur brusquement envolée.

- En fait, ce n’est pas vraiment ma préférée, la cannelle passera toujours avant le reste. Mais c’est aussi une épice orientale.

- Oui, j’avais deviné ça, mais je possède malheureusement de trop maigres connaissances culinaires pour l’identifier précisément.

- C’est de la cardamone. J’adore cette épice parce qu’on peut l’utiliser pour du salé comme pour du sucré. Mes parents m’ont emmenée au Vietnam, une fois, et quelqu’un nous a offert ces gâteaux et ils ont toujours eu une saveur particulière pour moi depuis – une saveur d’insouciance et de bonheur, tu vois ? Ils me rappellent ces vacances loin de tout, à l’autre bout du monde et toutes ces sensations que je pouvais ressentir là-bas.

Regulus ne renchérit pas, il n’en avait pas vraiment besoin – Sybil avait désormais le regard perdu au loin et ne paraissait guère préoccupée par le jeune homme. Du reste, elle avait mis juste les mots qu’il fallait sur ce qu’il ressentait et il lui semblait n’avoir rien à ajouter. Machinalement, il se servit un deuxième gâteau dans la boîte en fer blanc. Il ne remarqua qu’à cet instant que celle-ci était décorée d’un grand blaireau probablement peint à la main et il se demanda si c’était Sybil qui l’avait dessiné. Ça ne l’aurait pas vraiment étonné, parce qu’elle paraissait vraiment être une espèce de Sirius au féminin et que Sirius, lui, faisait toujours les plus jolis dessins lorsqu’ils étaient des enfants.

Il chassa l’image de son frère en croquant une nouvelle fois dans une pâtisserie de Sybil pour remplacer cette vision par quelque chose de plus savoureux, plus onctueux, plus apaisait et finalement bien plus formidable – la saveur de l’orient était la saveur des temps insouciants.

- Tu veux toujours que je te raconte la blague ? lui demanda soudainement Sybil en l’arrachant une nouvelle fois à ses pensées.

Il lui trouva le ton de celle qui n’avait pas envie, mais une promesse était une promesse et il hocha imperceptiblement la tête, juste assez pour qu’un sourire contrit ne se dessine sur les lèvres de la jeune fille.

- Alors viens, il y a trop de bruit ici !

Et elle lui attrapa brusquement la main pour l’entraîner à sa suite de la salle commune des Poufsouffle à un dédale de couloirs qu’il n’avait encore jamais arpenté et qui était parsemé d’épaisses portes rondes. Il comprit qu’il s’agissait des dortoirs mais ne saisit pas en revanche la raison de leur venue ici – la salle commune était certes bruyante mais il l’avait connue bien plus agitée. Il laissa pourtant Sybil le guider jusqu’à son dortoir sans chercher à l’arrêter, se surprenant même à apprécier la sensation de sa main dans la sienne : elle avait les mains douces et chaudes, et si elle n’avait pas la beauté froide de Josephine, il la trouvait plutôt jolie avec ses tâches de rousseur et ses grands yeux, même s’il ne l’aurait sans doute jamais avoué à ses condisciples.

Il pénétra donc de bon cœur dans la chambre qu’elle finit par lui désigner et attendit qu’elle ait refermé la porte derrière eux pour se retourner vers elle avec un sourire en coin.

Ce sourire mourut aussi vite qu’il était né : il n’avait même pas eu le temps de pivoter que Sybil avait planté sa baguette dans son dos.

- Qui es-tu ? demanda-t-elle d’un ton acerbe.

Il eut envie de protester, de dire qu’il ne comprenait pas et que cette scène était parfaitement ridicule parce qu’elle savait probablement qui il était et que même si ce n’était pas le cas, il lui aurait volontiers donné son nom sans qu’elle n’ait besoin de l’attaquer.

Mais au lieu de quoi, il s’entendit lui répondre :

- Regulus Arcturus Black.

- Et pourquoi es-tu venu ici ce soir ?

- Pour boire suffisamment pour oublier mon idiot de frère et toutes les conséquences de son départ égoïste de la maison qui pèsent sur mes épaules depuis cet été.

D’abord, il ne comprit pas. Il avait l’impression que ses propres mots lui échappaient et s’émancipaient de sa volonté et il était pourtant loin d’avoir suffisamment bu pour cela – et c’était ironiquement à cause d’elle même s’il dirait plus tard que c’était plutôt grâce à elle. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser et la jeune fille devait d’ailleurs l’avoir prévu, c’était bien pour cela qu’elle avait dégainé sa baguette avant qu’il n’ait le temps d’esquisser le moindre geste.

- Tu as mis du Veritaserum dans tes gâteaux ! s’exclama-t-il avec fureur.

- C’est mon épice préférée, le railla-t-elle. Elle a une saveur particulière, tu ne trouves pas ?

- Tu réalises que je peux te faire arrêter pour ça ?

- Il faudrait déjà que je te laisse sortir d’ici la mémoire intacte, répliqua Sybil.

Bouillonnant de rage, Regulus ignora la baguette de la jeune fille et se retourna brusquement vers elle pour faire face à un visage qui n’avait plus rien de chaleureux. Il se demanda quel était le moyen le plus sûr de lui arracher sa baguette et de s’enfuir d’ici avant qu’elle ne lui pose des questions trop compromettantes mais sans en trouver de satisfaisant et en désespoir de cause, il essaya simplement de la lui arracher des mains en comptant sur sa force physique pour s’en sortir.

Sybil l’étonna encore.

Elle l’étonnerait sans doute jusqu’à la fin.

Non seulement elle ne le laissa pas s’emparer de sa baguette, mais surtout elle lui infligea un puissant coup de genou qui le fit reculer de quelques mètres et elle en profita pour l’expulser contre le mur d’en face à l’aide d’un sortilège. Sonné, Regulus mit quelques secondes à reprendre ses esprits et ces quelques secondes suffirent à Sybil pour revenir à sa hauteur et planter sa baguette contre sa gorge.

- Je te déconseille de recommencer ça, le menaça-t-elle.

- Pour qui est-ce que tu travailles ?

Il ne lui restait plus que cette solution-là – gagner du temps, gagner le plus de temps possible.

- Amy Cauldwell.

- Mais Cauldwell est…

- En sixième année à Serdaigle et la petite amie d’Evan Rosier, oui. Et tu sais ce qui est arrivé à Amy Cauldwell ?

- Non.

Le visage de Sybil se décomposa un bref instant, mais la jeune fille reprit rapidement ses esprits et appuya encore un peu plus fort sa baguette contre la nuque de Regulus.

- Qu’est-ce que tu as fait à Amy Cauldwell le soir du premier match des Serpentard dans le couloir qui mène aux cachots ? articula-t-elle très lentement.

Le cœur de Regulus tambourinait très fort dans sa poitrine mais cette fois-ci, au moins, il ne se surprit pas lui-même en entendant sa réponse lui échapper :

- Rien, je n’ai rien fait.

C’était au tour de Sybil de ne pas comprendre. La baguette toujours enfoncée dans le col de Regulus, la jeune fille entrouvrit plusieurs fois la bouche, cherchant désespérément une autre question, une autre formulation qui lui permettrait d’aboutir à la réponse qu’elle attendait – mais elle devait bien se rendre à l’évidence, elle avait commis une lourde erreur en s’en prenant à Regulus.

- Mais qu’est-ce que lui est arrivé ? Qu’est-ce qui lui est arrivé à Amy ?

- Ne fais pas comme si ça t’intéressait, répondit Sybil dans un souffle.

- Bien évidemment que ça m’intéresse ! Tu m’enfermes dans cette pièce, tu menaces de me blesser, tu me fais boire du Veritaserum et tu m’accuses d’avoir fait du mal à Amy, j’ai le droit de savoir pourquoi !

- Amy ne te doit rien du tout, et moi non plus, répliqua Sybil de façon lapidaire.

Elle relâcha ensuite la pression qu’elle exerçait sur Regulus mais garda sa baguette pointée contre ce dernier, même s’il s’aperçut rapidement que ses mains étaient parcourues de tremblements. Ses lèvres aussi étaient agitées de soubresauts, et il réalisa qu’elle était sur le point de pleurer en plantant son regard dans le sien à la recherche de réponses aux mille et une questions qui l’assaillaient.

- Je dois effacer ta mémoire, lâcha finalement Sybil.

Elle s’en voulut aussitôt de s’être exprimée à voix haute, elle s’en voulut de perdre ses moyens de la sorte et de non seulement se compromettre mais d’aussi compromettre Amy, et elle s’en voulut plus encore lorsque Regulus lui arracha finalement sa baguette parce que toute accaparée par ses reproches silencieux, elle en avait complètement oublié dans quelle situation elle se trouvait et qui se tenait en face d’elle.

À sa grande surprise, Regulus ne pointa toutefois pas sa propre baguette sur elle à son tour mais se contenta de la faire disparaître dans une des poches de sa cape.

- Dis-moi ce qui est arrivé à Amy, lui demanda-t-il simplement.

Voyant que Sybil ne réagissait pas, Regulus alla pour l’empoigner par les épaules, bien décidé à ne pas sortir de cette pièce sans avoir toutes les clés pour comprendre l’étrange soirée qui venait de se dérouler, mais il n’eut pas le loisir de la toucher : elle le frappa violemment dès qu’elle comprit ce qu’il s’apprêtait à faire et lorsqu’il essaya de répliquer mais surtout de parer à ses coups, les larmes qu’elle ne contenait que difficilement lui échappèrent finalement et dévalèrent ses joues pour venir mourir dans sa nuque.

Les mains de Sybil ne lui servirent alors plus qu’à enfouir son visage, à le dissimuler de Regulus et du monde et d’elle-même, ce visage trop marqué, ce visage sur lequel les larmes avaient leur chemin tout tracé tant elles l’avaient parcouru depuis des mois, ce visage hideux qui la renvoyait à sa propre laideur, la laideur de son corps, de son âme, d’elle – de tout.

Et Regulus, impuissant, ne put que la contempler sans savoir comment réagir : il n’avait jamais vraiment vu quelqu’un pleurer ainsi et l’avait encore moins consolé.

Si Amy et Sybil ne lui devaient rien, Regulus songea qu’il ne devait rien non plus à Sybil. C’était elle, après tout, qui l’avait amené là, elle qui l’avait menacé et faussement accusé, elle qui s’était placée dans une position la dépassant visiblement. Il ne lui devait rien, ni compassion ni consolation, et certainement pas alors qu’il se trouvait à cause d’elle sous l’emprise de Veritaserum.

Et pourtant, il avait précisément le sentiment de lui devoir quelque chose lorsqu’il la voyait là, seule au milieu de cette pièce si grande – parce qu’il était seul avec elle, le seul qui soit là, le seul à pouvoir l’aider et qu’aujourd’hui, peut-être, pour une fois et à jamais, quelqu’un dans ce monde ne comptait que sur lui et personne d’autre.

Alors il soupira une première fois, et une deuxième, et encore une troisième fois avant d’enfin lui demander :

- Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?

Sybil ne laissait plus échapper de gros sanglots, mais ses mains dissimulaient toujours son visage et il pouvait voir les larmes laisser des traînées nacrées le long de sa nuque avant de disparaître derrière sa robe bleue. Regulus attendit un long moment qu’elle ne lui dise quoi faire, patiemment, comme on le lui avait appris tout au long de sa vie, mais au bout d’un temps qui lui parut infini, Sybil se contenta de se diriger mollement vers ce qui devait être son lit et de s’y laisse tomber avec nonchalance sans lui accorder un seul regard. Elle passa une main sous son oreiller et Regulus sentit l’exaspération reprendre le dessus en la voyant ainsi s’apprêter à se coucher comme si tout était réglé et que la situation était des plus banales – il s’apprêtait à tourner les talons lorsque Sybil l’appela finalement d’une voix douce.

- J’ai quelque chose pour toi, lui dit-elle en sortant une autre boîte en fer blanc de sous son oreiller.

- Tu m’excuseras mais je ne compte pas regoûter de sitôt à ta cuisine, répondit-il non sans ressentiment.

- C’est un antidote, si tu veux être sûr de regagner ton dortoir sans avoir à répondre à des questions embarrassantes, expliqua Sybil sans se formaliser de son ton.

Regulus lui jeta un regard suspicieux avant de réaliser qu’il avait toujours sa baguette et que la jeune fille n’était pas en position de lui tendre un nouveau piège. Il calcula rapidement qu’il avait plus intérêt à manger l’un de ses gâteaux qu’à répondre aux questions que ne manqueraient pas de lui poser ses camarades de dortoir lorsqu’il rentrerait ou pire, que risquait de lui poser son frère s’il venait à la croiser en quittant la salle commune des Poufsouffle – Sirius ne manquait jamais ni une seule fête ni une occasion de provoquer Regulus avec des questions auxquelles ils connaissaient tous les deux la réponse mais que Regulus se refusait toujours à considérer.

- Ils sont aussi à la cardamone ? demanda-t-il en s’approchant de Sybil.

- La même saveur d’orient, oui.

Alors il attrapa la petite boîte en fer blanc et s’arrêta un instant sur l’animal qui ornait cette dernière et qui n’était pas un blaireau – il savait encore reconnaître le blason de Poufsouffle – mais qu’il ne parvenait pas à identifier.

- Qu’est-ce que c’est ? interrogea-t-il.

- C’est une zibeline.

Regulus ne savait pas ce qu’était une zibeline, il n’avait jamais entendu parler de cet animal, mais il se désintéressa assez vite du dessin la représentant pour attraper un gâteau et en avaler un premier morceau, qui lui arracha bien malgré lui un sourire.

- Tu es meilleure cuisinière que potionniste, lâcha-t-il en essayant d’attirer le regard de Sybil – elle fuyait ostensiblement le sien depuis qu’elle avait pleuré.

- Ma potion était très réussie.

- Oui, c’est le problème, je veux dire…

- Tu essayais de faire de l’humour.

- Voilà.

Un silence embarrassant s’installa dans la pièce que Sybil ne paraissait pas décidée à briser et que Regulus n’était pas certain de savoir rompre.

- Tu as toujours une blague à me raconter, nota-t-il.

- Si je te la raconte maintenant, tu n’auras plus de bonne raison de revenir à la charge, répliqua Sybil.

- J’ai bien plus d’une raison.

- Je maintiens ce que j’ai dit, tu sais, je ne te dois rien.

- Tu n’as pas peur de ce que je pourrais faire en connaissant tes pratiques plus que douteuses ?

- Et toi, tu n’as pas peur d’expliquer à tout le monde comment tu t’es fait ridiculiser par une fille ? rétorqua Sybil.

Regulus fut tenté de lui répondre que non, simplement pour l’emporter dans leur joute verbale, mais il était bien forcé d’admettre que la jeune fille avait raison – il n’imaginait que trop bien les railleries des Serpentard et le sourire narquois de Josephine s’ils venaient à apprendre que Regulus Black avait été piégé avec du Veritaserum, lui qui se vantait d’être l’un des meilleurs potionistes de leur génération si l’on exceptait Severus Rogue.

Il s’était promis que son nom ne serait plus jamais le sujet de moqueries.

Sybil était profondément agaçante et il en savait suffisamment pour la faire renvoyer de l’école, mais elle ne semblait pas travailler pour Dumbledore ou en collaboration avec les Gryffondor, au premier rang desquels son frère, comme il l’avait d’abord cru : elle était motivée par autre chose, quelque chose qui avait un rapport avec Amy Cauldwell et s’il voulait savoir ce que c’était, il avait besoin de la garder dans les parages au moins pour un temps.

- Un deuxième contre ma baguette ? proposa Sybil en désignant du doigt la petite boîte à la zibeline.

Une fois encore, Regulus eut bien envie de lui dire non, mais lui confisquer sa baguette n’était certainement pas la meilleure façon de ne pas attirer l’attention sur eux et surtout, il avait bien envie d’apprécier une dernière fois la saveur de ses gâteaux.

Il était venu pour oublier à grand renfort de Whisky Pur-Feu et il n’avait certes pas eu l’occasion de mettre la main sur une bouteille mais finalement, c’était une autre saveur qui lui avait permis d’oublier – parce que pour une petite heure, au moins, elle lui avait fait oublier tout ce qui l’avait amené chez les Poufsouffle. Elle lui créait peut-être d’autres soucis, mais au moins ceux-ci ne l’accaparaient pas depuis des mois déjà et lui offraient une formidable occasion de se concentrer sur autre chose et ce n’était pas une occasion à laquelle il était prêt à renoncer.

Il lui rendit sa baguette, bien sûr, et elle ne parut pas plus surprise que lui, mais elle lui laissa tout de même la boîte entière comme en guise d’excuses même s’ils savaient tous les deux que ça n’effaçait rien, que tôt ou tard, la confrontation viendrait remplacer la saveur de quelques pâtisseries d’orient.

Parce qu’il savait que des explications viendraient d’une façon ou d’une autre, il ne chercha pas à brusquer Sybil et à les provoquer le plus tôt possible – il les préférait sincères que lâchées sous le coup de l’énervement. Dans les jours et même dans les semaines qui suivirent leur première rencontre, Sybil et Regulus n’échangèrent donc pas le moindre mot et personne n’aurait pu deviner qu’il s’était même passé quelque chose entre eux. Regulus n’en parla pas à ses condisciples et Josephine ne lui demanda jamais comment s’était passée sa soirée. Elle continua à s’asseoir à ses côtés lors des cours qu’il avait en commun, mais elle disparaissait ensuite si vite lorsque la sonnerie retentissait qu’il savait que même cette petite attention ne survivrait pas à leur sixième année. Sybil, elle, rayonnait toujours au milieu de ses amis mais Regulus eut beau l’observer très souvent, il ne la vit jamais en compagnie d’Amy Cauldwell.

Puis, au milieu du mois de décembre, Donaghan Avery fut violemment agressé entre les murs du château mais n’en garda pas suffisamment de souvenirs pour décrire son agresseur. Cette agression rappela à tout le monde celle de Mary McDonald, survenue l’an passé, dans laquelle Donaghan avait justement été impliqué. Dans la salle commune des Serpentard, tout le monde affirmait haut et fort que les Gryffondor et plus particulièrement Sirius Black et James Potter étaient probablement à l’origine de ce règlement de compte – Regulus lui-même en était convaincu. Mais en l’absence de preuves concrètes, personne ne fut sanctionné et Donaghan refusa de répondre aux sollicitations de ses camarades et même de préparer une vengeance contre les Gryffondor. Si certains se montrèrent compréhensifs dans un premier temps, beaucoup commencèrent à pointer du doigt la lâcheté de Donaghan et les railleries des Serpentard se reportèrent alors sur ce dernier au plus grand bonheur de Regulus. Il en profita pour développer ses relations avec ses condisciples et accepter davantage de soirées en leur compagnie et Josephine elle-même finit par le reconsidérer : elle reprit l’habitude de l’attendre à la fin des cours pour discuter avec lui de leurs journées respectives.

Les semaines et finalement les mois passèrent lorsque Regulus reçut lors du petit-déjeuner une minuscule missive sur laquelle était simplement esquissée un dessin qui lui était familier : c’était la zibeline de Sybil. Il releva aussitôt la tête pour scruter la table des Poufsouffle mais sans apercevoir la jeune fille. Elle n’était pas non plus à côté de Marlène, chez les Serdaigle, ou près de Lily avec les Gryffondor. Il regarda sans comprendre la zibeline dessinée à la va-vite en réfléchissant à ce qu’elle pouvait bien vouloir dire : Sybil voulait le voir, sans aucun doute, mais elle aurait très bien pu dessiner un blaireau si elle souhaitait le retrouver dans sa salle commune. La zibeline signifiait certainement quelque chose de précis, mais il n’avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait bien être alors il se leva précipitamment et prit la direction de la bibliothèque sans tenir compte de l’exclamation indignée de Josephine avec laquelle il petit-déjeunait ce matin.

La section sur les animaux fantastiques de la bibliothèque était très fournie, mais les ouvrages sur les animaux que connaissaient les Moldus étaient beaucoup plus rares. Regulus n’eut donc pas à les parcourir longuement pour trouver une description de la zibeline, petit mammifère carnivore qui avait bien failli disparaître au début du siècle à force d’être chassé pour sa fourrure – mais cela ne lui disait toujours pas où Sybil voulait en venir en lui envoyant cette esquisse.

Il referma rageusement l’encyclopédie qu’il venait de consulter avant de se prendre un instant la tête entre les mains, et lorsque son regard se posa à nouveau sur l’étroit rayonnage dans lequel il se trouvait, il croisa celui de Sybil qui venait d’y apparaître comme par magie, le visage très pâle et son écharpe étrangement nouée autour de son bras qu’elle tenait fermement contre sa poitrine.

Sa voix tremblotait légèrement quand elle lui demanda :

- Un gâteau contre un peu d’aide ?

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu !

C'est la première fois que j'écris sur Sybil mais aussi la première fois, je crois, que j'écris sur Regulus, alors n'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé, ça me ferait vraiment plaisir :)

Le prochain prompt est "lavande", on verra s'il vous inspire la même chose qu'à moi ;)
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