1. La victoire le cœur lourd
Hermione leva son verre avec un temps de retard sur les autres. Elle avait écouté le discours de Minerva Mac Gonagall sans vraiment l’entendre. Son cœur n’était pas à la fête. Cela faisait maintenant une semaine que le Seigneur des Ténèbres avait été vaincu et Harry Potter n’était toujours pas sorti du coma où l’avait plongé leur combat final. Tous les jours, elle allait lui rendre visite, avec Ron, mais pour l’instant, aucune amélioration de son état n’avait eu lieu. Elle jeta un regard circulaire autour d’elle. Aucune guirlande, pas la moindre décoration n’ornait la Grande Salle de Poudlard où avait lieu la cérémonie. En fait, personne ne semblait avoir réellement le cœur aux réjouissances. Un règne de Terreur qui avait duré cinq ans venait de s’achever avec la mort de Voldemort, mais la population sorcière ne semblait pas encore avoir réalisé que c’était fini. Et il y avait tellement de morts à pleurer.
Hermione se tourna vers son voisin et échangea un regard triste avec lui. La famille de Ron n’avait pas été épargnée par la guerre et la jeune femme savait que son ami souffrait encore profondément de la perte de sa mère. Son attention revint à Mac Gonagall qui terminait son discours avec sobriété :
- Et ceux qui sont tombés, pour que nous puissions voir un jour comme celui-ci, ne seront pas oubliés, car ils vivront à jamais, dans nos cœurs et dans nos mémoires. Je vous remercie.
Hermione pensait repartir directement après la fin du discours, mais un homme qu’elle ne connaissait pas lui remit un message : la Directrice souhaitait la rencontrer en privé. Ron lui jeta un regard interrogatif mais la jeune femme haussa les épaules. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que Minerva Mac Gonagall pouvait avoir à lui dire.
Elle prit donc le chemin du bureau de la Directrice sans pouvoir s’empêcher de ressentir une légère appréhension. Les couloirs de Poudlard, où elle n’était pas revenue depuis la fin de ses études, en sixième année, étaient pleins de souvenirs. Des souvenirs qui lui serraient la gorge, maintenant que Harry était suspendu entre la vie et la mort. Elle se mordit la lèvre inférieure et se força à penser à autre chose. Elle ne connaissait évidemment pas le mot de passe qui commandait la gargouille de l’escalier, mais elle était attendue par un elfe de maison, qui l’accompagna jusqu’à la porte du bureau.
Assise dans l’immense fauteuil directorial, Minerva Mac Gonagall semblait minuscule, grise de fatigue et tassée sur elle-même. En découvrant le visage de son ancien Professeur de Métamorphose, Hermione comprit à quel point ces derniers mois avaient été pénibles pour elle. Elle s’était visiblement efforcée de faire bonne figure pendant son discours, mais elle était épuisée, minée par les épreuves. Cependant, sa voix était ferme, presque sèche lorsque elle salua Hermione :
- Miss Granger. Merci d’être venue aussi rapidement. Je vais aller droit au but : que savez-vous de la situation actuelle ?
Hermione fronça les sourcils, se demandant où la Directrice voulait en venir.
- Et bien… commença-t-elle. Le pays peine à se remettre de ces cinq ans de guerre… Toutes ces destructions… Le champ d’énergie magique qui entoure la planète a été perturbé par le combat final… Et le Ministère a fort à faire avec les Moldus qui ont vécu des expériences traumatisantes…
En fait, Hermione, qui avait passé la plupart de son temps au chevet d’Harry, n’avait guère fait d’efforts pour se tenir informée des derniers évènements.
- Le Ministère ! Parlons-en ! explosa Mac Gonagall. Comme vous le savez sûrement, je ne portais pas Scrimgeour dans mon cœur, mais enfin… paix à son âme.
Hermione hocha la tête. Pendant toute la dictature, c’était Lucius Malefoy qui avait dirigé le pays d’une main de fer. Il avait été arrêté aussitôt après la mort du Seigneur des Ténèbres et l’ancien Ministre aurait dû reprendre sa place. Mais Scrimgeour avait trouvé la mort dans les émeutes qui avaient secouées la capitale à l’annonce du décès de Voldemort.
- Dans l’état actuel des choses, reprit la Directrice, il est impossible de savoir quand de nouvelles élections auront lieu. En attendant, c’est Weasley qui a été nommé « Législateur Provisoire ».
Hermione fronça les sourcils avant de comprendre. Il s’agissait sans aucun doute de Percy Weasley, un des grands frères de Ron, brouillé avec sa famille depuis de nombreuses années, et qui avait toujours été dans les petits papiers de Scrimgeour. Minerva hocha la tête avec un air dégoûté qu’Hermione ne lui avait pas souvent vu.
- Bien sûr, il n’a jamais eu – et n’aura jamais – l’étoffe nécessaire pour gouverner un pays. Non, il ne fait aucun doute qu’il n’est qu’un homme de paille. Celle qui tire les ficelles, dans l’ombre, n’est autre que Dolores Ombrage.
Hermione se raidit d’effroi. Le souvenir qu’elle avait de cette femme était pour le moins épouvantable. L’imaginer à la tête du Ministère avait de quoi glacer les sangs. Cependant, Mac Gonagall poursuivait :
- D’après elle, cela coûte trop cher d’effacer la mémoire des Moldus traumatisés, que vous évoquiez tout à l’heure, elle a donc jugé plus simple de faire courir le bruit que ce sont des malades mentaux, et de les envoyer directement à l’asile !... Mais elle n’est pas plus clémente avec les sorciers. Depuis la fin de la semaine, les arrestations arbitraires se sont multipliées. Et le Ministère ne prend pas la peine d’organiser des procès pour le moment : tous les « accusés » sont envoyés directement à Azkaban.
Mac Gonagall fit craquer les articulations de ses doigts avant de reprendre.
- Et malheureusement, Ombrage semble moins soucieuse de s’en prendre aux véritables Mangemorts qu’à ses adversaires politiques… Le terme « chasse aux sorcières » peut vous sembler ironique, mais c’est sûrement l’expression qui convient le mieux…
La Directrice s’interrompit à nouveau, comme si elle se demandait comment en venir au sujet qui lui tenait à cœur.
- C’est pour cela que j’ai sollicité votre présence auprès de moi ce soir… finit-elle par dire.
- Oui ? interrogea aussitôt Hermione. Je serais ravie de pouvoir faire quelque chose pour contrer cette femme ! s’exclama-t-elle sans réfléchir. Dites moi ce que vous attendez de moi.
Minerva eut un sourire soulagé :
- Je savais que je pouvais compter sur vous !
Hermione ne put s’empêcher de penser que son ancien Professeur semblait tout à coup beaucoup trop enjouée étant donné les circonstances. La jeune femme se mordit les lèvres : elle avait le pressentiment que ce qui allait suivre n’allait sûrement pas lui plaire…
- Comme vous le savez, expliquait la Directrice, Monsieur Drago Malefoy nous a été d’une aide précieuse au sein de l’Ordre, grâce au rôle d’espion qu’il a réussi à jouer auprès de Voldemort.
Hermione hocha la tête. Elle était au courant, en effet, du rôle non négligeable qu’avait joué l’ancien Serpentard dans cette guerre.
- Cependant, poursuivait Mac Gonagall, nous ne disposons d’aucun document prouvant explicitement qu’il était de notre côté. Et ma parole ne suffit pas à ce butor de Weasley. Dès à présent, Drago Malefoy est activement recherché. Si il est pris, Ombrage ne s’encombrera pas plus d’un procès que pour les autres. Mais je ne crois pas non plus qu’elle l’enverra à Azkaban : elle préférera sans aucun doute le faire exécuter directement…
Hermione hocha la tête d’un air concerné. C’était certes injuste pour Malefoy qui avait pris beaucoup de risques en jouant les agents doubles, mais elle ne voyait toujours pas quel était son rôle dans cette histoire.
- Pour le moment, Monsieur Malefoy est caché à mon domicile. Mais cette situation ne peut pas durer. Je ne peux me permettre le moindre faux pas, ou bien Ombrage sera trop contente de se débarrasser de moi pour placer l’un de ses pions à la tête de Poudlard…
Hermione acquiesça : c’était évident. Toutefois, cela ne lui disait toujours pas ce que Mac Gonagall attendait d’elle.
- Je peux vous assurer que j’ai longuement réfléchi. Nous ne pouvons nous permettre de lui faire prendre la fuite à l’étranger : cela ne ferait qu’accroître les charges qui pèsent contre lui, et cette teigne d’Ombrage parviendrait sûrement à prouver que notre réseau l’a aidé à s’enfuir… Non, il nous faut impérativement apporter la preuve que Mr Malefoy est de notre côté depuis le début, et pour cela, j’ai besoin du témoignage de quelqu’un d’irréprochable… vous !
Hermione s’autorisa un sourire en s’entendant vanter comme autorité morale irréprochable. Cependant le plan de Mac Gonagall comportait une faiblesse, et pas des moindres.
- Vous me demandez un faux témoignage ! s’exclama-t-elle.
Le réseau de résistance du Phénix était devenu très cloisonné après la mort de Dumbledore, et ce n’est qu’à cause d’indiscrétions de la part de Harry que Hermione était au courant du rôle joué par Drago. Durant les cinq années qu’avait duré la dictature du Seigneur des Ténèbres, elle n’avait pas vu son ancien condisciple une seule fois. Elle n’avait donc aucune preuve tangible à apporter de son adhésion à la cause de la résistance.
Mac Gonagall se racla la gorge.
- A vrai dire, je vous demande même un peu plus qu’un faux témoignage, dit-elle d’une voix éteinte.
Comme elle n’ajoutait rien, Hermione se sentit obligée de dire :
- Je vous écoute.
- Ce que je vous demande, déclara Minerva en inspirant profondément, c’est un mariage blanc…
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Note de l'auteur:
Bon en ce moment, j'ai un travail monstre, je suis censée bosser sur son mémoire 25h sur 24, et du coup, je trouve rien de mieux à faire que d'écrire toutes les fics qui me passent par la tête...
c'est ma façon de décompresser...
Quand c'est des one-shot, passe encore, mais celle-ci risque d'être un peu plus longue...
En plus, j'avais établi un plan pour savoir un peu où j'allais, et dès le départ, je trouve le moyen de raconter en trois chapitres ce que j'avais prévu de faire en deux...
voilà, voilà, en espérant que ce petit délire vous plaira... Laissez-moi des reviews pour me dire ce que vous en pensez... Merci!
c'est ma façon de décompresser...
Quand c'est des one-shot, passe encore, mais celle-ci risque d'être un peu plus longue...
En plus, j'avais établi un plan pour savoir un peu où j'allais, et dès le départ, je trouve le moyen de raconter en trois chapitres ce que j'avais prévu de faire en deux...
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