Comme d'habitude by michedepain
Summary:
C'est l'histoire d'un père et d'un fils. Le père voudrait dire quelque chose, mais il ne sait pas comment. Comme d'habitude.
Le fils veut de l'attention, mais il n'en a pas. Comme d'habitude.
Alors ils ne se parlent plus, ne se voient plus, mais chacun ne peut oublier.
Mais lorsque les non-dits deviennent trop lourds, les comme d'habitude doivent disparaître.

Categories: Biographies, Durant Poudlard Characters: Autre personnage
Genres: Angoisse/Suspense, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 1333 Read: 755 Published: 17/05/2013 Updated: 17/05/2013
Story Notes:
Bonjour/bonsoir, fans d'Harry Potter. Je suis de retour après deux ans pour vous présenter mes «expériences» d'écriture. Disons simplement qu'après avoir étudié l'Histoire de l'art, cela m'a donné le goût de recommencer à écrire. Alors voici mon essai dans le monde du minimaliste littéraire. J'adore cela. Merci, Raymond Carver !
Ce n'est pas une bonne idée by michedepain
Lorsqu'il quitta la maison familiale pour la première fois, à l'âge de 18 ans, son père lui dit que la vie était une affaire des plus sérieuses, une entreprise ardue, mais qui rapportait pour ceux qui le méritaient. Pour Caspar Croupton, on ne pouvait se permettre de rigoler avec son futur. Alors Bartemius prit un petit appartement à Londres et commença à travailler pour le Ministère de la magie. Rien de très palpitant, il portait les cafés entre divers départements, mais c'était payant et il se disait qu'un jour, il gravirait les échelons. Là, il y rencontra Mary Barthes, qu'il épousa en 1953. Il venait d'avoir tout juste 22 ans. En 1956, sa femme donna naissance à un fils. Le couple le nomma Bartemius Croupton Jr. Entre temps, Bartemius avait pu accéder à un meilleur poste au sein du ministère. Malheureusement, à la suite de l'arrestation de son fils, il tomba en disgrâce aux yeux du Premier ministre et devint directeur du Département de la coopération magique internationale.

Lorsque Mary tomba gravement malade et fut sur le point de mourir, elle lui demanda de ramener son fils au domicile familiale. Son plan était simple : boire du polynectar et prendre la place de Junior à Azkaban.

- C'est une mauvaise idée, lui dit-il calmement en baissant les yeux.

- Peut-être.

Bartemius secoua la tête, désapprouvant ce plan, mais ne dit rien. Après tout, c'était le dernier souhait de sa douce Mary. Il fit ce qu'elle lui demandait, comme d'habitude, puis il retourna chez lui avec son fils sous Imperium. Quelques jours plus tard, il vit dans le coin gauche inférieur de la page 3 de la Gazette du sorcier que Bartemius Croupton Junior était mort à Azkaban. Il n'y avait aucuns funérailles organisés. L'article disait simplement que des détracteurs s'étaient chargés de son enterrement à l'extérieur de la forteresse.

Il ne pleura pas : c'était plus facile ainsi. Il ne dit rien à son fils - il ne lui parlait plus depuis un bon moment déjà de toute façon - et continua sa vie comme si de rien n'était. Des gens allaient et venaient dans son bureau pour lui donner leurs condoléances - bien que très peu -, lui poser des questions sur son « fils » qui venait de mourir, savoir si Mary tenait le coup, etc. Par contre, cela ne dura pas longtemps et chacun d'eux retournèrent à leurs occupations, quelle qu'elle soit.

Durant la Coupe du Monde de Quidditch de 1994, son fils s'échappa. Bartemius savait que c'était lui qui avait fait apparaître la Marque des ténèbres et il tenta d'en avertir Dumbledore - c'était plus facile à dire qu'à faire. Après tout, à Poudlard, on organisait le Tournois des Trois Sorciers et on craignait le retour de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. En plus, le célèbre sorcier était toujours sollicité quelque part et Bartemius ne réussit pas à lui parler seul à seul.

C'était un après-midi de juin comme les autres. Il faisait beau près du lac de Poudlard. Au loin, Bartemius Croupton Sr entendait les gens crier. De bonheur, d'excitation, de soulagement. Les voix disaient :

- Harry est là.

- Harry est remonté à la surface.

- Potter tient deux personnes.

Mais par-dessus tout, la majorité du monde gueulait que le jeune Potter était un héros. Par contre, une voix vint ensevelir tout le reste. Elle était proche du fonctionnaire, à quelques mètres à peine, et c'était exactement celle qu'il redoutait depuis ce fatidique jour où il s'échappa :

- Je t'ai cherché partout, papa. Expelliarmus !

Ce mot, « papa », contenait tout ce que Bartemius Croupton Sr avait tenté de fuir en reniant son... fils. Il ne voulait pas être associé à un meurtrier, un adepte des ténèbres, un sbire de Vous-savez-qui.

Quoi répliquer à Junior, il ne le savait pas. Alors il ne dit rien... comme d'habitude. Il se tourna pour faire face à son seul enfant, cet être à moitié fou qui fît trainer le nom de la famille Croupton dans la boue en fréquentait les Lestrange et le Seigneur des Ténèbres.

- Comme c'est dommage que tu restes silencieux, j'espérais réellement que tu voudrais me parler avant de mourir. Il me semble que cela fait si longtemps que je n'ai pas entendu ta voix.

Junior tournait autour de son père tout en disant cela et Bartemius le suivait des yeux, tout en se tordant les mains derrière son dos.

- Tu m'as déjà dit, lors de ma rentrée à Poudlard, qu'un bon sorcier se devait d'être sage, d'avoir un sens inné de la justice, d'être fort, mais aussi d'être tempérant. Lorsque tu m'as dit cela, j'ai su que je n'en avais rien de cela. Mais j'ai d'autres qualités, papa...

Junior eût un sourire en coin bien sinistre : il semblait presque fier en récitant ses différents avantages, disons :

- ...l'ambition, le courage - bien que ce ne soit pas dans le sens héroïque du terme, mais il y a plusieurs formes de courage -, le dévouement à ma famille, à toi. Mais aucune de mes qualités n'étaient sur ta « liste »...
Junior respirait de plus en plus fort, semblaient de plus en plus en colère, mais en même temps, il apparaissait aux yeux de Bartemius comme vulnérable. Alors le père ne put s'empêcher de dire quelque chose. Pour une fois dans sa vie, cela lui sembla nécessaire :

- Ecoute, Barty...

- Je ne m'appelle pas BARTY ! s'exclama-t-il. Tout ça c'est du passé. Je ne voulais qu'avoir un peu d'attention de ta part, c'était tout ce que je voulais, mais m'en as-tu déjà donné un peu ? Non, bien sûr que non, ton travail était tellement plus intéressant que ton propre fils. Tu sais, c'est pour ça que je suis allé avec les Lestrange rendre visite aux Londubat, j'ai pensé que tu me remarquerais enfin pour une fois. Ça a marché, d'une certaine manière... Mais j'avoue que ton regard quand tu m'as envoyé à Azkaban... ça m'a déchiré et j'ai compris qu'on ne peut compter sur personne, en particulier sur son père.

En disant ce mot, Junior sortit de nouveau sa baguette et la pointa sur Bartemius. Il s'approcha de lui et s'arrêta lorsqu'il ne fut qu'à quelques pieds. Junior la lui planta dans la joue et Bartemius Croupton Sr détourna les yeux.

- Tu sais que tu vas mourir, pas vrai ? Oh, oui, tu le sais, je vois que tu as peur. Mais ne t'inquiète pas, tu ne souffriras pas bien longtemps, même si j'aurais pu jouer avec toi pendant des heures sans avoir de remords. Ne suis-je pas clément ? NE SUIS-JE PAS CLEMENT ? répéta-t-il en hurlant.

Junior le lâche et se recula de quelques pas - juste assez pour pouvoir jouir de la peur dans les yeux de son père lorsqu'il lui lancera le sort mortel, mais pas assez pour rater son coup.

- AVADA KEDAVRA !

Bartemius Croupton Sr le reçut en pleine poitrine et tomba par en arrière : lorsque son corps rencontra le sol poussiéreux de la forêt, il était déjà sans vie.

Junior s'approcha du cadavre de son père, un sourire mauvais éclairait son visage. Il s'accroupit auprès de lui, lui ferma les paupières et lui murmura un léger adieu ironique.

- On se retrouvera en enfer, papa.

Bartemius Croupton Jr se leva, bût une gorgée de polynectar pour retrouver l'apparence de Maugrey et retourna à sa salle de classe. Là-bas, il put enfin savourer pleinement sa victoire.
End Notes:
J'avoue ne pas être habituée à ne pas décrire les personnages, les décors, etc., mais après tout, c'est cela le minimaliste littéraire. «Show, don't tell», disait H. James. J'espère que vous avez aimé, en tout cas. J'avoue que j'adore David Tennant dans le film, alors je ne pouvais qu'écrire quelque chose dessus cette famille méconnue.
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