Les affres de Lucius by vaipan
Summary:

Lucius Malefoy connaît une ascension fulgurante auprès de Voldemort, mais peut-il combiner sa carrière avec sa vie familiale pendant la première guerre des sorciers, en 1981 ? Pourquoi est-il si soucieux du regard de Bellatrix ? Qui est Lucius Malefoy, au fond ?

Projet : Et si c'était eux ? Thème : guerre. 

Merci Lyssa pour cette belle idée !

 

Edit modération : Le nombre de catégories est limité à 3.

 

Edit Modération : Ne sélectionne pas tous les genres de ta fic, leur nombre est limité à 3


Categories: Biographies, Romance (Het), Autres couples (Het) Characters: Bellatrix Black, Tom Jedusor/Voldemort, Lucius Malefoy, Narcissa Black
Genres: Angoisse/Suspense, Guerre, Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: P comme Projet "Et si c'était eux ?"
Chapters: 1 Completed: Non Word count: 3279 Read: 733 Published: 10/01/2018 Updated: 10/01/2018
Story Notes:

J'espère que vous aimerez cette fanfic-j'ai collé au canon. Y aimeriez-vous une suite ?

Les affres de Lucius by vaipan
Author's Notes:

J'espère que vous aimerez cette fanfic-j'ai collé au canon. Y aimeriez-vous une suite ?

-        - Joyeux anniversaire, ma sœur, fit Narcissa avec solennité en étreignant légèrement Bellatrix, qui resta immobile, un sourire figé sur le visage.   

     - Merci, sœurette, souffla-t-elle dans le cou abondamment parfumé de Narcissa qui s’écartait à présent, s’asseyant sur le canapé de velours avec raideur.

Elle déposa un paquet enrubanné de soie noire sur la table, et Bellatrix distingua la forme de l’objet.

- Un livre ! Eh bien il faudra que je prenne le temps de m’y mettre entre deux missions, dit-elle avec un rictus ironique.

- Ce n’est pas un roman moldu à l’eau-de-rose, précisa Lucius avec froideur.

- Tu as participé aussi, Lucius ? Voilà qui devient intéressant, remarqua-t-elle sans que quiconque puisse déceler si elle était ironique ou non.

Lucius étouffa un soupir irrité, et Narcissa détourna les yeux. Lucius savait que son épouse aurait aimé que sa sœur réagisse positivement, comme tout le monde face à un cadeau. Les relations entre elles deux étaient éminemment compliquées et s’il y avait une chose que Lucius détestait par-dessus tout, c’était l’imprévisibilité : or Bellatrix en était la reine.

-  Mais c’est ? Oh merci merci merci, s’écria-t-elle en se jetant au cou de Narcissa qui ne sut comment réagir.

Qu’est-ce que Lucius venait de se dire ? Imprévisible. Encore que là, il savait qu’elle allait apprécier. Mais bien sûr, il avait fallu qu’elle doute d’eux, qu’elle soit sceptique.

- Bellatrix souleva l’ouvrage noir avec précaution, le feuilletant comme une gamine de 5 ans, émerveillée.

Chaque page tournée soulevait une fine couche de poussière, qui la fit éternuer, et comme d’habitude, Lucius fut surpris de ce son aigu, presque cristallin, qui complétait le tableau de la gamine. Ses grands yeux noirs effleuraient les informations, tandis qu’un sourire excité s’était posé sur son visage, expression pure de la curiosité en train d’être assouvie.

- Je ne sais pas comment tu as fait, mais elle a l’air d’apprécier, nota Narcissa à Lucius dans un chuchotement.

- Ta sœur peut être très prévisible, fit-il avec une expression hautaine.

Rien de ce que n’affichait Lucius ne reflétait fidèlement ses pensées. C’était un mécanisme qu’il s’était imposé dès son adolescence, et cela lui avait maintes fois servi. Oui, il avait trouvé le bon bouquin, il savait qu’elle le cherchait depuis longtemps : si Bellatrix avait une passion, c’était bien la magie noire. Et ce livre sur les sortilèges de capture d’âme était connu dans le monde sorcier entier ; le trouver, cependant, était plus difficile. Heureusement, grâce à sa position ascendante auprès du Seigneur des Ténèbres, Lucius n’avait plus besoin de se présenter dans les magasins, et surtout, les gens se pliaient en deux pour le satisfaire. Or, Lucius aimait qu’on le satisfasse ; et bien qu’il ait dû dépenser une somme rondelette, même à ses yeux, il n’avait eu qu’à attendre une semaine pour l’avoir, un privilège rare. A la hauteur des trente ans de sa belle-sœur.

Bizarrement, il avait menti à Narcissa, prétextant qu’il l’avait trouvé en réduction chez Barjow et Beurk. Lucius détestait se justifier et Narcissa n’aurait pas compris sa générosité soudaine. Bellatrix occupait une place inédite auprès du Seigneur des Ténèbres, et il se devait d’être prudent avec elle. Il avait senti que ce cadeau était la bonne chose à faire. D’autant qu’elle ne pourrait l’accuser de zèle : c’était leur cadeau, à Narcissa et lui. Et aussi étrange que cela lui paraisse parfois, Lucius savait que Narcissa aimait sa sœur. Ce cadeau n’aurait donc rien d’étonnant.

-  Où l’as-tu trouvé ? Demanda évidemment Bellatrix à sa sœur. J’aimerais en trouver une copie, ajouta-t-elle songeusement.

- Un ne te suffit pas ? Coupa Lucius pour que Narcissa n’ait pas à répondre.

- Si, bien sûr, merci Lucius, fit-elle avec une voix douce qui étonna celui-ci. Mais je sais que notre Seigneur le cherche depuis longtemps, je crois qu’il y tient, le sien est en mauvaise état, fit-elle.

Lucius réprima des yeux ronds. Il ne s’habituerait jamais à ce que Bellatrix parlât du Seigneur de Ténèbres de cette façon, et qu’elle ait accès à sa bibliothèque. Il se doutait qu’elle était souvent avec lui puisqu’elle était toujours la première lors des réunions, mais l’imaginer déambuler chez le Seigneur des Ténèbres ? C’était tout simplement… Incongru. Lucius ressentit un pincement et essaya de réprimer sa jalousie. Il savait qu’il n’y avait pas de quoi être envieux-Il la rabrouait plus fort que n’importe quel mangemort, ça n’avait rien d’enviable, mais cela signifiait aussi qu’il tenait à elle, d’une certaine façon. Elle lui était si dévouée… Est-ce que Narcissa l’était autant, envers lui ? Rien n’était moins sûr. L’adoration de Bellatrix pour le Seigneur des Ténèbres était unique.

- Ne restez pas plantés là, continua-t-elle en dévisageant les Malefoy. Une fois n’est pas coutume, j’ai préparé un gâteau-et j’ai eu raison, apparemment-, ajouta-t-elle en faisant un clin d’œil à Lucius, qui supposa qu’elle parlait du livre.

Celui-ci la fixa, puis son expression redevint neutre. Bellatrix, un clin d’œil ? Elle devait vraiment être heureuse du présent qu’il lui avait fait. Il eut l’impression qu’elle avait 15 ans, tout à coup.

- Installez-vous, installez-vous, chantonna-t-elle pendant qu’elle apportait de la cuisine un gâteau noir et blanc, qui n’inspira pas confiance à Lucius.

- Où est Rodolphus ? Demanda Lucius, étonné de ne pas voir le mangemort avec eux. Il était discret, mais tout de même.

- En mission, répondit-elle avec insouciance.

- Tu n’as jamais peur ? Je hais quand Lucius part en mission, frissonna Narcissa.

Bellatrix s’arrêta, ébranlée, regarda sa sœur dans les yeux et reprit comme si elle n’avait rien entendu.

- Et voilà une création personnelle, annonça Bellatrix. J’avais une matinée de libre, alors je m’y suis mise. Rodolphus sera épaté, nota-t-elle avec un petit rire.

Lucius l’observa. L’excellente humeur de Bellatrix ne ressemblait pas au comportement qu’elle arborait en mission. Même s’il pouvait déceler une similitude entre son rire rapide et le rire jouissif qu’elle faisait parfois exploser en mission. C’était sa façon à elle de gérer le stress, supposa Lucius dubitatif. L’éclat un peu fou qu’il voyait parfois dans ses yeux brillait également à présent, mais d’une manière plus… saine ? Il n’avait pas l’habitude de voir Bellatrix dans de si bonnes dispositions, après tout.

- Est-ce que le petit Malefoy veut une part aussi ? J’ai pensé à lui tu sais, Cissy. Je me suis dit que ce serait bien s’il goûtait à un plat préparé par sa tante. A cet âge-là ils ne doivent se soucier que de nourriture, ajouta-t-elle en contemplant Drago avec scepticisme.

- Nous allons tester ça, dit Narcissa avec une hésitation contenue.

Elle coupa un petit bout du gâteau de sa sœur et l’approcha de la bouche de l’enfant, qui fit la grimace et tourna la tête. Contre toute attente, les yeux de Bellatrix s’agrandirent de déception.

-  Bon, eh bien, au moins c’est clair, fit-elle avec un petit rire que Lucius ne sut interpréter.

- Narcissa, nous ne pouvons pas céder à ses caprices, décida Lucius en prenant l’assiette de gâteau.

- Je t’en prie Lucius, il mâche à peine, objecta Narcissa, sur ses gardes.

- J’ai de grandes espérances pour lui, alors lui faire avaler une part de gâteau est le minimum, dit Lucius très sérieusement, pince-sans-rire.

- S’il te plaît, Lucius. Il a eu son biberon il y a quelques heures, tenta Narcissa.

- Tu le gâtes trop, et tu le laisses décider à ta place, Narcissa, ce n’est pas normal, décida Lucius en approchant la bouchée du bébé.

Il détestait que Narcissa le défiât, et plus encore en public. Peut-être qu’elle avait à élever l’enfant, mais cela ne se ferait pas sans son accord. Surtout devant Bellatrix, il détestait être pris en défaut. Elle avait la moquerie tellement facile-elle serait capable de le ressortir en réunion, lors de ses coups d’éclat, si elle décidait de s’en prendre à lui pour n’importe quelle raison.  

Drago tourna la tête à nouveau, mais Lucius lui maintient fermement le crâne dans la direction de la cuillère et introduisit celle-ci dans sa bouche, tandis que des cris de protestations s’élevaient.

- Ça va Lucius, lança Bellatrix d’une voix blasée. Je ne le prendrai pas comme une offense, assura-t-elle en regardant le bébé dont la bave dégoulinait avec suspicion.

- Ce n’est pas ça, contra-t-il. Il doit apprendre à obéir dès maintenant, dit-il avec fermeté.

Au moment où Lucius allait obliger Drago à avaler le gâteau, sa marque le brûla, ainsi qu’à Bellatrix, et il lâcha la cuillère, de surprise. Drago éclata en sanglots, Narcissa se précipita pour le calmer tandis que lui et Bellatrix se regardèrent, troublés.

- On y va, Lucius, déclara-t-elle en se levant.

- Non ! S’exclama Narcissa. J’en ai marre ! Lucius est appelé n’importe quand, le jour, la nuit, il revient épuisé, et nous avons un enfant à élever, éclata-t-elle.

- Cissa, ne commence pas, démarra immédiatement Bellatrix.

- J’en ai marre de cette guerre ! J’en ai marre de tout ça ! Ça dure depuis trop longtemps ! C’était notre premier moment en famille depuis quinze jours, Bella ! Ça suffit ! Arrêtez ça ! Je ne veux pas savoir ce que vous faites, j’en ai assez de laver les vêtements pleins de sang de Lucius ! Pour la grâce de Salazar Lucius n’y va pas ! Si tu as décidé de foutre ta vie en l’air pour ton Maître Bella, ça te regarde, mais n’oblige pas Lucius à faire de même ! Explosa la blonde.

- Narcissa je t’en prie, fit Lucius avec pudeur, gêné des débordements de sa femme.

- Non, non, non Lucius ! Moi qui pensais que la naissance de Drago te freinerait un peu dans cette obsession morbide, on dirait que tu en as besoin, s’écria-t-elle en frappant son torse avec ses poings délicats.

- Sois heureuse que ton mari ait des convictions, murmura Bellatrix.

- Je me fous de ses convictions, je veux qu’il me revienne vivant, et j’en ai marre de trembler en pensant qu’à tout moment Drago peut devenir orphelin, répondit vertement Narcissa.

A ces mots, elle jeta l’assiette du gâteau par terre, et le grand fracas qui suivit fit redoubler les pleurs de Drago. Bellatrix eut un regard excédé vers l’enfant qui criait.

- Narcissa, tu dois comprendre que je ne peux pas refuser, fit Lucius en l’enlaçant, pour la calmer. Elle semblait hystérique, ses mains tremblaient et son regard était fou.

- Lâche, fit Bellatrix en portant sur Lucius un regard empli de mépris.

Les pleurs de Drago, la crise de Narcissa et le dédain de Bellatrix eurent raison de sa patience. Il fit ce qu’il savait faire le mieux : fuir.

- Je dois y aller, fit-il en posant une main sur sa marque qui le brûlait à présent.

Il jeta un œil à Bellatrix ; elle effleurait sa marque devenue brûlante d’un geste lascif qui dérangea Lucius. Comme à chaque fois qu’il était gêné quand cela avait à voir avec de la luxure, il appuya son pouce contre son index, nerveux. Bellatrix leva les yeux et capta ce geste.

- Peut-être qu’un jour, il n’y aura plus personne, si tu reviens, déclara Narcissa en regardant Lucius dans les yeux.

- Arrête ça, fit-il avec un ton polaire. Il jeta un regard froid à Narcissa et Drago, et tourna les talons.

Lucius n’était pas sans cœur mais il savait que sa mission devait primer sur le reste. Il ne savait pas comment montrer son amour ; il était dès lors préférable d’être distant et éviter toute situation gênante. Il s’y était engagé. Bellatrix, provoquante, le fixait, comme pour voir s’il allait désobéir à Voldemort. Fatigué, il ne réagit pas et lui présenta son bras, qu’elle saisit avec une moue de petite fille excitée. Ils transplanèrent.

Une voix glaciale se fit tout à coup entendre, et Bellatrix se dégagea prestement de Lucius.

- Je vous attends depuis trop longtemps déjà, fit Voldemort avec une voix chargée de menaces.

- Désolé, Maître, fit Lucius en se prosternant.

Bellatrix s’était déjà placée à côté de Lui, un siège qu’elle était fière d’occuper après toutes les épreuves qu’Il lui avait imposé, Lucius se devait de le reconnaître. Déjà assis, les autres mangemorts les observaient, impatients de voir quelle allait être leur punition. Ils enviaient nettement Bellatrix, par sa place de favorite, et Lucius, grâce à son ascension fulgurante.

- Nous vous attendions pour le récit de McNair, mais j’ai bien peur que celui-ci ne soit pas très révélateur, grinça des dents le Seigneur des Ténèbres. Mc Nair se recroquevilla.

- Il n’y avait personne chez les Weasley, Maître, je n’ai pas pu-

- Tais-toi, lança Voldemort, et l’autre vit sa bouche se coudre

 C’était classique, comme punition, mais toujours aussi douloureux. Un grand silence se fit, et la salle parut encore plus grande. Personne n’osa rompre le silence avant Voldemort.

- Mais aujourd’hui, c’est ma Bella que je félicite, pour son magnifique passage chez les Londubat, fit-il avec une délectation visible. C’est ton anniversaire, et c’est toi qui m’offre un présent, dit-il en se tournant vers elle, et elle se contenta de l’observer, le rouge aux joues.

A 30 ans, elle était encore parfois incapable d’articuler un mot en présence de Voldemort, mais ça n’était pas par crainte, songea Lucius avec agacement.

- Lucius, je te sens tendu, poursuivit-il avec une voix où perçait l’ironie. Aurais-tu quelques soucis d’ordre privé ? Susurra-t-il.

- Non, maître, répondit l’intéressé d’une voix tranchante, fermant son esprit.

ll ne devait avoir aucune crainte sur sa loyauté, c’était primordial. Autrement, un Crucio aurait tôt fait de le remettre dans le droit chemin.

- Je l’espère bien, commenta Voldemort. Autrement, tu ne pourrais supporter la promotion que je t’octroie à présent : je te fais l’inouïe confiance d’approcher notre Ministre de la Magie et de le soumettre à nos projets. Aucun échec ne sera toléré, mais la récompense peut être grande Lucius, plus grande que ce que tu imagines, précisa Voldemort avec un sourire faux.

- Merci, Maître, souffla Lucius, analysant les conséquences de cette promotion.

Il était indubitablement fier-cette mission, ils l’attendaient tous depuis quelques mois-, et cela impliquait de passer davantage de temps au Ministère, ce qui était plutôt reposant à priori. Le seul problème résidait en le Ministre lui-même ; l’homme était évidemment compétent et un Impardonnable serait évidemment tout de suite senti par les Aurors, qui le collaient presque jour et nuit. Il allait devoir agir finement et avec discernement ; ce n’était pas le genre de travail qu’Il aurait pu confier à Wilkes, McNair, ou n’importe qui d’autre. Rogue avait déjà une mission à laquelle il ne pouvait se dérober. En fait, seul Dolohov aurait été peut-être été éligible, mais Lucius sentait qu’Il ne l’appréciait pas, d’instinct, et que celui-ci ne prendrait jamais vraiment d’importance au sein de leur organisation.

- A présent que les nouvelles du jour ont été données, vous pouvez partir, déclara Voldemort. Sauf Bella, qui a bien mérité un cadeau d’anniversaire, dit-il en esquissant un rictus enthousiaste. Je remarque que tu ne m’es pas très utile, Avery, en ce moment, ajouta-t-il en se tournant vers le mangemort. Il va falloir me montrer que tu es nécessaire à notre cause, dit-il à l’homme qui sembla se faire plus petit, instinctivement. Et toi Lucius, je te veux ici immédiatement lorsque je te demande, précisa-t-il en fixant le blond, qui baissa les yeux.

Puis il se leva, et les autres s’éparpillèrent, pressés de rentrer. Personne n’avait reçu de sortilèges punitifs, ce soir : c’était rare. Certainement grâce à ce qui s’était passé chez les Londubat. Il obliqua vers la sortie, là où transplaner demandait moins d’effort. Il sentit un froissement de robe derrière lui et devina au pas discret mais assuré que Rogue le suivait.

- Jolie promotion, Lucius, fit-il avec une voix aussi indéchiffrable que de coutume.

- Il va falloir que je sois prudent, commenta Lucius avec une voix où perçait tout de même la fierté.

- Tu as déjà des idées ? Demanda Rogue.

- Quelques-unes, répondit vaguement l’autre. Il pensait à ce livre qu’il avait offert à Bellatrix, et qui pourrait pourtant être utile ; ce genre de sortilège, issu d’une magie noire ancienne, ne laissait quasiment aucune trace lorsqu’il était parfaitement exécuté. Les Aurors auraient du mal à remonter à lui, quand bien même ils comprendraient que le Ministre serait manipulé.

- Te voilà bien mystérieux, fit Rogue avec un accent moqueur dans la voix.

Lucius serra les poings. Il estimait Rogue et s’en méfiait-à ses yeux, c’était le plus doué de tous. C’était un comble que Rogue le qualifiât de mystérieux alors que lui-même paraissait entouré d’une aura de mystère : le Seigneur de Ténèbres ne parlait jamais des missions de Rogue lorsqu’Il réunissait ses mangemorts. Et pourtant, il ne pouvait pas être un simple professeur de potions ; mais personne ne savait ce qu’il faisait vraiment. Et ça n’était certainement pas rien, vu la confiance que Voldemort lui accordait. Et Lucius avait également la désagréable impression que Rogue le méprisait, méprisait son intelligence. Cette mission allait être le moyen de prouver à tous qu’il n’était pas qu’un bon duelliste. Il ne supportait pas l’espèce de condescendance dont Rogue faisait preuve à son égard : assez discrète pour qu’il ne puisse ouvertement s’en plaindre, mais assez présente pour l’agacer dès les premières phrases qu’ils échangeaient.

- Je dois y aller, fit Lucius pour écourter leur conversation.

Rogue eut un sourire ambigu, et tourna les talons. Lucius se décida à tourner les talons pour revenir voir Bellatrix et lui demander son livre. Il n’en n’obtiendrait pas un second. Il la trouva assise contre le dossier d’une chaise, l’air songeur.

- Bella, fit-il pour s’annoncer, et elle se retourna, alerte.

- Lucius, répondit-elle d’un air neutre. Pourquoi ne retournes-tu pas immédiatement auprès de ma sœur ? Elle avait l’air assez convaincue, à midi, dit-elle d’un ton impressionné, pensive.

- J’ai une faveur à te demander, dit-il abruptement. Le livre que nous t’avons offert. Je pense qu’il serait pertinent pour ma future mission, précisa-t-il en se rengorgeant.

Elle haussa un sourcil, joueuse.

- Eh bien, qu’est-ce qu’un cadeau s’il est aussitôt repris ? Fit-elle d’une voix fluette.

- Allez Bella, lança-t-il avec un ton plus détendu. Tu n’en n’as pas besoin, argumenta-t-il.

- Tu n’en sais rien, répondit-elle familièrement, s’amusant de voir Lucius chercher des raisons.

Qu’est-ce qu’elle pouvait être gamine parfois, songea Lucius.

- Je te le rends à la prochaine réunion. Ou tu pourrais voir venir Narcissa bientôt. Elle a besoin de soutien, je ne peux pas être là tout le temps, fit-il d’un ton important.

- Surtout avec cette superbe faveur du Seigneur des Ténèbres, fit-elle d’un ton admiratif. Bien joué, Lucius, ajouta-t-elle en le fixant.

- Je suis étonné qu’Il ne t’ait pas confié cette mission, fit-il remarquer.

C’était vrai ; c’était souvent Bellatrix qui bénéficiait de Sa confiance en premier lieu.

- Je ne le voulais pas, expliqua-t-elle sans développer.

- Toi ? Ne pas vouloir d’un mission de cette importance ? Fit Lucius avec surprise.

- Notre Maître a proposé que je remplisse ça d’une manière…Eh bien, féminine, dit-elle vaguement. Il paraît que ça marche mieux qu’un Impérium, dit-elle pensivement.

Lucius haussa un sourcil. Il ne la voyait pas dans ce rôle, fière comme elle était. Mais qu’elle le refuse, même pour le Maître ? Ayant quelques images suggestives en tête, il frotta à nouveau son pouce contre son index.

- Eh bien je suis heureux d’avoir trouvé une manière plus virile de le faire, dit-il avec un rictus d’humour dans la voix, pour détendre l’atmosphère.

Elle éclata de rire, et Lucius songea qu’ils partageaient un moment de complicité, chose extraordinairement bizarre et rare. Voldemort apparut à ce moment.

- Lucius, tu es encore là, constata-t-il. Tu peux t’en aller, le congédia-t-il.

Celui-ci obtempéra et tourna les talons, surpris par la sécheresse du ton, tandis que Bella levait les yeux vers Voldemort, fascinée.

End Notes:

Un petit commentaire après cet anniversaire raté et cette promotion ? Aimez-vous mon Lucius, ou le trouvez-vous définitivement lâche ? J'avoue que je ne l'ai pas épargné :D

Avez-vous trouvé son habitude, une manie qui ressort, comme le thème de Lyssa le voulait ?

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=35842