Les soirs de match by Pikenikdouille
Summary:

Par un soir de finale de quidditch, Fleur et Hermione se retrouvent seules au Terrier... (trois petits points !)


Categories: Romance (Slash), Fleurmione (Fleur/Hermione) Characters: Hermione Granger
Genres: Femslash/Yuri
Langue: Français
Warnings: Lemon soft
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 3264 Read: 180 Published: 14/01/2022 Updated: 14/01/2022
Story Notes:

Récemment, j'ai remarqué qu'il n'y avait aucun texte dans la catégorie Fleurmione alors je me suis dit "ma petite Piknikdouille, les choses ne peuvent pas rester en l'état !"

C'est ainsi que ce petit texte (plaisir coupable) est né...

Bonne lecture

Chapitre unique by Pikenikdouille
Author's Notes:

Je précise que j'adore Hermione tout comme j'adore Fleur (pour cette dernière, j'ai une affection particulière car elle n'est pas toujours très à son avantage dans les livres)

Ceci n'est qu'une interprétation possible de ces deux peronnages dont je respecte profondément la version originale de JKR !

              « Oh non, gémit Ron en ralentissant le pas… Elle est là ! »


Hermione jeta un regard à la cape splendide ; satin bleu clair semé de paillettes argentées, qui illuminait l’entrée d’une délicate lueur. Les vêtements raffinés de Fleur lui inspiraient toujours une agréable sensation d’harmonie, à elle. Devant les Weasley pourtant, Hermione se contentait de déplorer qu’on puisse dépenser autant d’argent pour de telles futilités.


              « Pourquoi Bill s’acharne à venir avec elle ?! renchérit Ron.


              — C’est sa femme, Ronald ! le réprimanda Hermione. Tu trouverais ça normal de venir sans moi… ? »


Ron parut profondément scandalisé ! Il prétendait que ça n’avait rien à voir :


              « Toi, tout le monde t’adore ! Mais Fleurk… »


Hermione lui lança un regard sévère :


              « Arrête de l’appeler comme ça. Et puis, ça va beaucoup mieux entre Fleur et ta mère. Mets-y un peu du tien s’il te plait… »


Ron ne sembla pas l’entendre. Il retira son manteau. Mrs Weasley se pressa hors de la cuisine, une louche dans une main, sa baguette dans l’autre :


              « Ah Ron, te voilà enfin ! (sa voix était chargée de reproche) Oh, bonsoir Hermione, ma chérie… Comment vas-tu ? »


Ron envoya à Hermione un regard qui signifiait tu vois bien que tout le monde t’adore… Mrs Weasley enfonça le clou en prenant sa belle-fille par le bras :


              « Je suis navrée qu’il n’y ait pas de billet pour toi ce soir… Tu es certaine que tu ne veux pas que je te laisse ma place ?


              — Molly, s’amusa Hermione. Je vous ai dit cent fois que le quidditch n’a aucun intérêt pour moi. Ne vous inquiétez pas, je serai beaucoup mieux ici ! »


 


Bill et Harry échangeaient avec Arthur des nouvelles de leurs travails et Hermione se mêla naturellement à la conversation pendant que Ron rejoignait Ginny et George sur le canapé. L’ambiance au Terrier retrouvait vite ses couleurs d’avant-guerre, malgré l’absence de Fred… Ginny et Harry avaient trouvé une maison à acheter dans la campagne londonienne. Hermione s’installait soigneusement dans son poste du Ministère et bientôt, Bill et Fleur iraient en vacances en France… Quand devaient-ils partir, déjà ? Hermione ne savait plus. Bill avait parlé du sud du pays…


              « Est-ce que vous avez trouvé un hôtel, finalement ? interrogea soudain Hermione »


Tous les regards (presque unanimement interloqués) se tournèrent vers elle. George leva un sourcil. Même Bill, qui avait suspendu sa phrase, ne semblait pas comprendre le sens de la question.


              « Non, nous irons chez mes parents… fit alors une voix feutrée »


Fleur s’était tenue debout près de la fenêtre tout ce temps. Sans un mot, sans même avoir l’air d’exister… Pourtant, à l’instant où Hermione posa les yeux sur elle, il lui sembla impossible de l’avoir loupée ! Comment pouvait-on ne pas remarquer une telle beauté ?


Cette fois, tout le monde se tourna vers Fleur qui esquissa un sourire poli à l’adresse d’Hermione. Elles deux semblaient être les seules à comprendre de quoi il était question.


              « Ah… Très bien, souffla Hermione dans l’épais silence qui embarrassait le salon comme un gros animal maladroit »


Fleur avait toujours eu la sensation bizarre qu’Hermione Granger ne se méfiait pas d’elle. C’était bizarre, oui, car la plupart des femmes se méfiaient de Fleur. Et quand elles ne se méfiaient pas, les femmes lui étaient officiellement hostiles ! Ginny, par exemple, l’avait toujours détestée. Molly avait mis de l’eau dans son jus de citrouille depuis le mariage avec Bill, mais elle s’agaçait quand même de la voir rôder autour de sa cuisine. Chez Gringotts où elle avait été embauchée, c’était la même ambiance pesante avec ses collègues féminines… Suspicion, murmures, remarques acides et moues exaspérées. Bill prétendait que c’était faux. La dernière fois qu’ils en avaient discuté, il avait presque failli la traiter de paranoïaque avant de l’encourager un peu mollement à se montrer plus amicale, à participer à plus de sorties entre filles…


 


Le diner était anglais. Plus anglais qu’anglais, plus Weasley encore qu’anglais… Fleur ne s’en étonna pas. Elle écouta patiemment Bill, Ronald et Ginny s’émouvoir de la cuisine de leur mère. Hermione souriait poliment, elle aussi, mais elle ne disait rien. Plusieurs fois, les deux jeunes femmes se regardèrent. De ces regards qu’elles avaient souvent entre elles, comme une reconnaissance mutuelle. Fleur termina ses pommes de terre et s’éclipsa en demandant pardon d’une manière si habile que personne ne parut l’entendre.


 


              « Tu dois être contente d’aller voir ta famille… »


Fleur sursauta. Hermione était arrivée derrière elle sans un bruit. Elles échangèrent un regard.


              « Euh…oui. Je suis très contente. »


Les oreilles de Fleur bourdonnaient. Elle chercha à saisir le reflet étrange dans les iris de son interlocutrice.


              « Ce n’est pas marrant d’être loin de chez soi… dit encore Hermione, baissant pudiquement les yeux sur le feu qui crépitait dans la cheminée »


Fleur l’examina plus en détails. Hermione ne semblait pas très à l’aise. Plus exactement, ses mains s’emmêlaient comme pour défaire un nœud imaginaire. Les voix du reste de la famille filtraient depuis la salle à manger attenante.


              « Oh bien sûr, tu es chez toi ici aussi… ajouta précipitamment Hermione »


Ses joues s’étaient soudainement empourprées et elle eut un geste de la main. Sa paume se posa sur l’avant-bras de Fleur. Puis Hermione retira sa main comme si ce contact venait de lui brûler la peau ! Fleur ne bougea pas, son regard glacial passant la situation au peigne-fin…


Soit Hermione était d’une grande maladresse (Fleur avait suffisamment eu la preuve que ce n’était pas le cas), soit quelque chose lui échappait…


 


Un bruit de pas brisa le silence. La porte s’ouvrit avec fracas. Ginny et George annoncèrent en chahutant qu’ils venaient chercher les coupes à glaces !


              « Allez, ça suffit, dépêchez-vous un peu ! gronda Arthur en faisant à son tour irruption dans le salon. Avalons ce dessert ou on risque de rater le portoloin ! »


Fleur regarda la fameuse horloge des Weasley qui faisait la fierté de toute la famille. Elle indiquait la présence de tous les convives de ce soir. Juste à côté, sur le manteau de la cheminée, on pouvait voir les places pour le match Holyhead/Chudley, la finale du championnat, d’après ce qu’elle en avait compris…


 


Hermione et Fleur regardèrent les silhouettes s’éloigner pendant quelques instants. Le bruit de leurs joyeuses conversations s’évanouissait un peu plus de secondes en secondes, mais les deux sorcières ne cherchèrent pas à meubler le silence. Hermione jeta un ou deux regards à Fleur, mais cette-dernière semblait absorbée dans la contemplation du soleil couchant. De son côté, Fleur eut la nette impression qu’Hermione ne voulait pas parler. Elle n’était pas du genre à bavarder inutilement, au contraire de toutes ces anglaises insupportables qui vous abreuvaient de discours stupides sur la dernière mode en matière de chapeau ou les recettes de tourte au mouton ! C’était agréable de rester comme ça près d’elle, en silence, immobile.


 


 


              « Est-ce que tu veux du thé ? proposa Hermione en se dirigeant vers la cuisine, Je vais m’en faire une tasse


              — C’est une manie à laquelle je ne me ferai jamais… soupira Fleur avec un petite geste de dédain »


Hermione arqua les sourcils.


              « Enfin, je veux dire… C’est gentil, merci. Mais j’ai déjà bu cinq tasses de thé depuis qu’on est arrivés ici… »


Fleur avait prononcé ici avec un froissement de lèvres dont elle avait le secret. Hermione fit semblant de ne pas le remarquer et reporta son attention sur la bouilloire de Mrs Weasley. Malgré elle, une inconfortable sensation de décalage la distrayait… Les choses n’étaient pas à leur place. Bien sûr qu’elle n’aimait pas le quidditch, mais jamais encore Ron et Harry n’étaient allés voir un match sans elle ! Et jamais elle ne s’était retrouvée au Terrier sans Ron ou Harry… Encore moins sans Mr ou Mrs Weasley ! Plus que tout, jamais encore elle ne s’était retrouvée seule avec Fleur !


              « Molly a dit qu’il y avait des draps propres sur chaque lit… indiqua poliment Hermione.


              — Si Molly l’a dit… fit Fleur sans prendre la peine de dissimuler l’ironie dans sa voix »


Mais le sourire amusé que lui tendit Hermione la pris de court.


                            « Viens, dit simplement celle-ci en lui prenant la main pour l’entraîner dans l’escalier »


Fleur se laissa guider, un peu flottante, vers la chambre de Ron dans laquelle elle n’était jamais entrée… D’ailleurs, elle resta à distance, sur le seuil, tandis qu’Hermione dépliait les draps soigneusement empilés sur le matelas. Un pas de plus l’aurait introduite dans une intimité qui n’était pas la sienne, comme une intruse. A cette pensée, Fleur sentit un frisson chatouiller son estomac. Elle toussota et désigna l’autre bout du couloir : la chambre de Bill. Hermione hocha la tête et proposa :


              « Tu veux un coup de main ? »


Mais Fleur repoussa aussitôt la proposition avec un petit rire entendu. Elle n’était pas aussi empotée qu’elle en avait l’air, merci. Elle savait faire un lit !


Hermione rit de bon cœur devant cette démonstration d’orgueil mal placé, mais il y avait plus d’indulgence que d’ironie dans sa voix. Elle regarda Fleur s’éloigner de son pas souple et aérien. Elle n’avait rien perdu de sa grâce adolescente. Elle avait même gardé toute la nonchalance des petites filles modèles. Pourtant, quand elle lui adressa un ultime bonne nuit depuis le palier, Hermione remarqua que ses joues s’étaient creusées. Son teint diaphane était moins éblouissant qu’autrefois. Ses pommettes saillaient d’une manière délicate. Son regard semblait un peu désenchanté.


 


Le silence s’installa pour de bon dans la maison. Fleur s’était glissée sous le drap qu’elle avait pris soin de tirer à quatre épingles. Elle éteignit la lampe de chevet d’un coup de baguette. Elle ferma les yeux. Les rouvrit sur l’obscurité. Les referma.


Est-ce qu’Hermione dormait déjà ? Sûrement pas… Quelle heure était-il ?


Elle se tourna sur le ventre pour enfouir son visage dans l’oreiller.


Quel âge pouvait avoir Hermione, maintenant ? Vingt-trois, vingt-quatre ans ? Est-ce qu’elle épouserait bientôt Ronald ?


Fleur fit tourner son alliance avec son pouce et soudain, la bague lui glissa du doigt !


« Merde ! jura-t-elle avec une grimace coupable »


Elle arracha sa baguette pour éclairer le lit. Le drap était lisse. Pas de trace du bijou. Mais dès qu’elle remua les jambes pour se redresser, Fleur entendit le bruit d’une chute métallique sur le parquet. L’alliance rebondit contre la plinthe dans un tintement joyeux et disparut de nouveau. Fleur sauta sur ses jambes. La lampe de chevet vacilla. Un sentiment de panique incontrôlable monta en elle.


              « Fleur… fit alors la voix étouffée d’Hermione derrière la porte de la chambre. Tout va bien ? »


Cette fois, Fleur eut la sensation d’être prise dans un piège stupide, comme une souris dans un labyrinthe miniature… Elle posa une main fébrile sur la poignée de la porte et l’entrouvrit…


Hermione discerna d’abord le nez discret et les yeux flamboyants de la jeune femme, découpés entre la porte et le mur…


              « …oui, euh, ça va. Non… bredouilla cette-dernière »


Le regard d’Hermione passa malgré elle sur la soie bleu pastel de la tunique de Fleur, ses jambes fuselées, ses bras nus, la peau veloutée de son cou, la courbe tendre de ses épaules.


              « Je… dit Fleur avec un rire nerveux. »


Elle ouvrit la porte sur la chambre. Hermione découvrit le lit défait, la lampe de chevet de travers, l’oreiller tombé sur le sol.


              « Hum… Accio alliance… ? lança alors Fleur, visiblement embarrassée »


Malgré l’hésitation dans sa voix, il y eut aussitôt un bruissement sous la commode et une lueur dorée fila à toute vitesse dans l’air. Traversant l’espace qui la séparait de la main de sa propriétaire, la bague atterrit dans sa paume et Fleur poussa un soupir de soulagement.


Hermione s’était avancée dans la chambre. Elle posa un regard amusé sur la bague que Fleur glissait de nouveau à son annulaire et lui souffla à l’oreille :


              « Ouf, tu viens de sauver ton mariage ! »


Fleur ne comprit pas immédiatement si c’était le sens de la phrase, les mots qui la composaient ou le souffle chaud d’Hermione contre sa joue qui lui glaçait le sang.


              « Tu crois… ? demanda-t-elle, plus pour reprendre une contenance que pour obtenir une réponse »


Hermione se contenta de sourire plus largement, laissant brièvement paraitre ses dents avant de les recouvrir d’une moue complice. Sans préavis, elle se rendit compte que sa main avait rejoint celle de Fleur :


              « Je peux voir … ? murmura Hermione en attirant les doigts de Fleur près de son visage. »


Elle se pencha sur la bague qu’un petit diamant aux reflets roses faisait briller. Fleur sentit son cœur rater un battement. Ses paumes devenaient brûlantes, ses joues rosissaient. Elle le sentait !


Lorsqu’Hermione releva les yeux sur son visage, Fleur pinçait les lèvres, la mine vaguement égarée. Son regard se flouta et Hermione eut la très nette impression qu’il glissait sur le col de sa veste de pyjama, sur sa poitrine, le long de ses hanches…


              « C’est très joli… »


La voix d’Hermione était devenue fébrile. Elle déglutit :


              « Ta… Ta bague, précisa-t-elle inutilement »


Mais son regard venait de caresser la bouche de Fleur et elle ne parvenait plus à s’en détourner. Les lèvres de Fleur s’étirèrent en un sourire, se crispèrent, se tordirent. Hermione posa le bout de son index sur ce spectacle tendre. Soudain, son doigt rejoignit le souffle court de Fleur, entra dans sa bouche, éprouva la caresse de sa langue.


Hermione tressaillit et recula contre le mur. Plus aucune pensée ne trouvait le chemin de son esprit. Il n’y avait que le vertige de cette envie aussi soudaine que nouvelle, incongrue : embrasser Fleur ! Sentir sa bouche contre la sienne, sa langue autour de sa langue, son souffle dans son souffle… Hermione serra les poings pour se ressaisir.


Mais Fleur avançait lentement dans sa direction, sans baisser les yeux, à l’exception des instants furtifs où elle jetait un regard sur le renflement discret de sa poitrine… Quand elle se trouva trop près pour faire un pas de plus, Fleur laissa ses mains fondre le long des côtes d’Hermione, répandant en elle une chaleur pénétrante.


Hermione ferma étroitement les yeux. Le dos plaqué contre le mur, elle chercha à tâtons la taille de Fleur, sans bien savoir si c’était pour l’attirer contre elle ou pour contenir ses élans… En fait, l’idée se noya dans leur premier baiser. Sans regard, sans bruit. La pression sourde des lèvres tendues. La tendresse aveugle de leurs bouches avides.


Hermione savait ce que c’était d’aimer un sens de l’humour, de chérir une maladresse, de vibrer pour une bravoure. Mais tomber amoureuse d’une bouche, chavirer pour des mains ? Ça, c’était nouveau !


Les mains de Fleur avaient glissé de la fébrilité à la fièvre. Lentement, pendant qu’elles s’embrassaient, ses mains avaient soulevé le tissu satiné sur le ventre d’Hermione. Du bout des doigts, elle avait défait les petits boutons nacrés, écarté les pans de la veste…


Un bref instant, Hermione se demanda quel pouvait être le score du match, à cet instant… Son corps lui semblait si léger qu’elle n’était plus certaine d’être encore consciente. Elle serra le bras de Fleur, retint son geste… Fleur leva les yeux vers elle. Leurs regards s’accrochèrent un instant. Fleur ouvrit la bouche. Ne trouva rien à dire. La referma.


Hermione se retrouva assise, presque prostrée sur le lit, sans se souvenir comment elle était arrivée là. Puis elle réalisa que ses jambes l’avaient portée, que ses pas s’étaient faits tout seuls. Fleur était accroupie devant elle, le menton sur ses genoux, elle la regardait sans sourire. Elle la dévorait en douceur :


              « J’ai eu un vertige… souffla Hermione en se passant une main sur le front »


Elle avait chaud. Sa bouche était sèche.


              « C’est ça, acquiesça Fleur sans pouvoir réprimer un sourire. Moi aussi : un vertige… »


Hermione leva un sourcil. Elle n’était pas sûre qu’elle et Fleur parlaient bien de la même chose. Elle avait envie de s’expliquer. Ce désir, cette soif d’elle, soudain, ça ne lui ressemblait pas du tout ! Elle ne faisait pas ce genre de…choses ! Elle ne voulait pas être ce genre de…femme ! Elle voulait. Qu’est-ce qu’elle voulait, nom d’une chouette ?! Elle ne savait plus.


              « Je sais… murmura alors Fleur en abandonnant une caresse sur sa joue brûlante »


A ce mot, qui disait toute la tendresse, toute la compassion de Fleur, Hermione sentit un frisson lui remonter le long de la colonne. Il fallait s’en aller. Il fallait qu’elle sorte de cette chambre. Elle allait le dire. Maintenant ! Elle allait dire : je vais me coucher.


Hermione ouvrit la bouche :


              « Je… »


Le regard de Fleur rampa sur le sol comme une créature blessée. Elle se détourna d’Hermione et s’assit de l’autre côté du lit, décidée à ne pas la retenir, à ne pas la regarder. Elle était proche, juste à côté d’elle, mais inaccessible.


L’éclairage du plafonnier donnait à la pièce quelque chose d’aussi cruel, d’aussi arbitraire et définitif que le score d’un match de quidditch.


                            « Eteins la lumière… dit Hermione au bout d’un long silence »


Le cœur de Fleur se souleva. Elle ne chercha pas le sens de cette demande et leva aussitôt sa baguette. La pénombre tomba comme une averse londonienne, immédiate et toute-puissante.


Fleur se laissa gagner par la tension résignée de l’instant : savoir Hermione prête à lui échapper mais encore présente quelques secondes. Sentir cette présence sans la toucher. Deviner la vague fluette de sa respiration. Percevoir son trouble sans l’étreindre…


Alors un effleurement mouillé chemina contre sa nuque et rappela Fleur à son corps palpitant. Dans un désordre de mains tâtonnantes, Hermione s’enroula autour d’elle, l’attirant dans la pagaille de draps qu’était devenu le lit. Fleur s’allongea sans résistance. Les bras tendus dans la pénombre elle murmura :


              « Viens… Je suis juste là »


Les premières minutes enlacées s’égrainèrent sans autre mouvement. Hermione s’était glissé dans ses bras avec la même satisfaction évidente que lorsqu’elle rangeait un livre à sa place dans la bibliothèque… Quand Fleur risqua une jambe entre ses genoux, Hermione commença à s’approcher. Comme à un feu, elle offrait sa peau, cherchait sa chaleur. Sa poitrine se pressa bientôt contre celle de Fleur qui eut juste le temps et la place de glisser une main prudente entre leurs deux nombrils…


              « La limite… indiqua-t-elle en traçant une ligne du bout des doigts »


Hermione sentit une brûlure sourde allumer son ventre. Elle appuya son bassin cotre cette paume qui lui imposait une loi si cruelle. Fleur baissa les paupières, complice immobile. Elle laissa cette pression s’épanouir, s’alourdir, se préciser, accélérer… Quand Hermione émit un soupir plus aigu que tous les autres, elle s’écarta doucement. Mais leur étreinte ne se brisa pas.


Aucune d’elles ne dormit. Dans la pénombre chaude, Fleur vérifiait d’un baiser, d’une morsure tendre, qu’Hermione était toujours là. Elle lui soufflait des mots inconnus. Hermione pensa que c’était la langue des vélanes car ses sens s’enflammaient à chaque parole… Au bout d’une phrase énigmatique, à bout de souffle, elle répondait :


              « Ne me laisse pas comme ça »


Et Fleur venait sur elle, pesait contre ses hanches, au creux de ses jambes, jusqu’à ce qu’Hermione ne bouge plus que par sursauts, ne bouge plus du tout.


 


Il y eut un échange de regards quand leurs corps se démêlèrent :


              « On n’a pas…pas vraiment… ? commença Hermione avant de suspendre sa question »


C’était trop stupide.


              « Non, mentit Fleur en secouant la tête, en baissant les yeux »


Elle allait se justifier mais l’index d’Hermione lui barra les lèvres. Fleur ravala la suite.


Leurs mains se frôlèrent, s’échappèrent. Le jour rampa sous la porte, une lumière bruyante qui montait lentement du rez-de-chaussée… Il y eut un cri de joie féminin. Les Harpies de Holyhead avaient remporté le titre.

End Notes:

J'espère que ce petit moment suspendu n'aura heurté aucun fan !

N'hésitez pas à me hurler dessus ou, à défaut, à me dire simplement ce que vous en avez pensé ;)

 

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