Et cincta ferro Bella by Juliette54
Summary:

 

— Aaaaarrh ! Je choisis, je… Tais-toi, tais-toi ! Je… Aaaaarrh !

Le 12, Square Grimmaurd est un fourreau d’où naissent des lances.

 


Categories: Biographies Characters: Bellatrix Black
Genres: Horreur, Missing Moments, Poésie
Langue: Français
Warnings: Violence physique
Challenges: Aucun
Series: Mesdames et Mesdemoiselles Black, Concours - Secret Story
Chapters: 1 Completed: Non Word count: 735 Read: 225 Published: 23/11/2022 Updated: 23/11/2022
Story Notes:

Voilà, je crois que c’est le texte le plus bizarre que j’ai jamais écrit oups. Le début est très métaphorique, la fin devient plus claire. Ce sont quatre mots latins lus mardi qui m’ont inspiré ce texte pas du tout prévu : Et cincta ferro Bella, début du vers 695 de Hercules furens (Hercule furieux) de Sénèque. Contexte qui vous intéressera peut-être : Thésée raconte à un autre personnage sa descente aux enfers où il a rencontré des divinités comme la Peur, le Deuil, la Douleur, la Maladie et Bella (les guerres) qui étaient cincta (ceintes) de ferro (de fer), c’est-à-dire avec un fer/un glaive à la ceinture. Bella les guerres… Bella Bellatrix… Ma fanitude des Black n’a pas résisté à gambader dans les prés de l’inspiration et s’est décidée à écrire ce texte absolument bizarre et qui mériterait un petit approfondissement oups.

Bonne lecture !

Et cincta ferro Bella by Juliette54

— Aaaaarrh ! Je choisis, je… Tais-toi, tais-toi ! Je… Aaaaarrh !

— Il suffit ! Tu en as assez fait, tu…

— Assez ? Assez ? ASSEZ ? Bah les pattes ! Je vais te… Tu vas…

— Lâche-moi, lâche-moi… Mais tu… 

.

.

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Le 12, Square Grimmaurd est un fourreau d’où naissent des lances. Les lances pointent l’ennemi, comme un point finit une phrase. Elles achèvent, elles coupent court, elles fracturent le fil de la pensée et cisaille celui des Parques. Personne ne tranche mieux qu’une lance dans un écrin de velours. Personne ne siffle mieux que le tranchant d’une épée affutée pour servir une cause plus grande que celle de son fourreau.

Lances conscientes d’être lances. Lances capables de s’envoler jusqu’à la cible, d’un bond, d’un jet, d’un geste. Lances créatrices de débuts, de fins ; de naissances, de morts.

Dans la lignée du geste qui dégaine, dans l’élévation du mouvement surhumain, dans la pureté du cri du fer précédent, l’épée jaillit et lance son cri d’enfant à la face du monde.

— Aaaaarrh !

— Encore un instant, Madame, encore un instant et…

— Aaaaarrh !

— Aaaaarrh !

— …quelle beauté !

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.

.

— Aaaaarrh ! Je t’ai dit de te taire, je t’ai dit… Aaaaarrh !

— Arr… Arr…

— Quoi ? Quoi ? Toi, tu ne sais rien faire. Écoute-moi : Aaaaarrh !

— Arrête… 

.

.

.

Le 12, Square Grimmaurd sert d’enclume au matériau de leurs rêves.

— Mes rêves résident à présent dans ce geste.

Les yeux avides du matériau ont aiguisé leur vue à l’affût de la proie, de la brebis galeuse, du geste ambigu, de l’escarmouche mesquine. Les yeux ambitieux ont trop balayé la plaine des ennemis du regard, la poussière s’accumule depuis si longtemps dans un monde en proie à la perdition. Mais le fer est d’une autre nature cette fois-ci. Il n’est pas orné de pierreries lumineuses et grandioses. Il ne fera pas office de beauté reculée qui cache la crasse chassée dans le coin des murs.

— Ne soyez pas si cérémonieux, Père.

— Cette cérémonie est importante, jeune fille. Je vous adoube pour toujours comme nôtre par ce geste. Peu importe vos choix à venir.

— Je veux simplement mon cadeau de majorité. J’espère que ce n’est pas un poignard d’apparat comme…

Les guerres sont ceintes de fer. Mais les guerres ne sont pas d’albâtre, ni de nacre, ni d’opale. Les guerres portent le glaive à la ceinture, l’épée au côté, le fer au fourreau. Elles n’ont pas le mot au bout du geste, mais le geste au bout du mot.

— Retenez-vous un peu, pour une fois, ma fille.

— Bien, reprenons. Mes rêves résident à présent dans ce geste.

Les discours ennuient les guerres. Les discours sont vains. Les discours ne valent rien s’ils ne sont pas incarnés.

— Mes espérances prennent chair en vous. Toute la Maison des Black vous accepte pour toujours comme gardienne de sa couronne et de sa gloire pure et éternelle. Toute la Maison des Black vous arme pour porter l’honneur et le coup fatal à quiconque la décevra.

— Waouh !

— Bof. Il n’est même pas orné de pierres.

— Mouais. Je suis d’accord avec Cissy. Il est affuté, mais il n’est pas bien beau.

— Vous ne comprenez rien : c’est un vrai poignard, fait pour être utilisé.

— Il vous plaît, Bella ?

— Il est parfait.

.

.

.

— Bel… la… lâ… che… moi…

— Tu es tellement faible, tellement inutile, tellement…

L’éclat du poignard déchire le cœur de la nuit. La lame frémit lorsqu’elle se teinte du sang rouge de Rodolphus, juste là, sur la joue que Bella a tant embrassée. Ça la dégoûte. Lui, sa joue, son sang si pur qu’elle est obligée de faire couler tant il est sali par la couardise. Il veut fuir alors que le Seigneur des Ténèbres a besoin d’eux. Il faut le retrouver, il faut…

Il faut que Rodolphus se reprenne, sinon elle devra porter le coup fatal à la Déception. Elle aurait dû le faire ainsi pour les Londubat. Rodolphus préférait le Doloris ; ça ne marche jamais ces choses-là.

En revanche, son poignard atteint toujours son but.

Les yeux noirs de Rodolphus cessent de s’agiter et s’aiguisent. Elle relève la pointe du poignard. Elle lâche son cou.

Il respire à nouveau. Il l’avait peut-être oublié : Bella est ceinte de fer.

— Qui pourrait savoir où est le Maître, à présent ?

Et quand le poignard regagne un autre fourreau que celui qui l'a vu naître, c’est pour prendre un chemin qui achèvera de détruire tous les fourreaux et toutes les lances du 12, Square Grimmaurd.

 

End Notes:

Niveau 1 pour le Secret Story du forum :

- Deux champs lexicaux, cinq mots et cinq mots

- « Retenez-vous un peu, pour une fois, ma fille. » correspond à un indice sur le secret et au prompt 3 « votre personnage se fait passer un savon ».

 

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