Antartik et Atlante by Realgya
Summary: Hermione est heureuse. Plus de quatre ans ont passé depuis la fin de sa scolarité à Poudlard. Si elle regrette encore de s'être donnée à son pire ennemi au lendemain de la guerre contre Voldemort, elle ne se désole en rien de ce qui en a découlé. Seule véritable ombre au tableau en dehors du chamboulement du monde sorcier: elle voit beaucoup trop ce Serpentard imbu de lui-même à son goût, une fois par semaine en fait. Mais la menace qui plane sur toute la communauté sorcière se rapproche, et ce tableau si blanc risque de basculer totalement noir.

Suite de Harmonie à lire de préférence auparavant.
Categories: Dramione (Drago/Hermione), Après Poudlard, Romance (Het) Characters: Autre personnage, Drago Malefoy, Hermione Granger
Genres: Romance/Amour
Langue: Aucun
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Cercles entre un Serpent et une Lionne
Chapters: 40 Completed: Oui Word count: 71923 Read: 199842 Published: 26/11/2009 Updated: 27/03/2010
Chapitre 39 : Contrecoup by Realgya
Author's Notes:
Attention, nouvelle importante: ceci n'est pas le dernier chapitre ! Car bien évidemment, entre la théorie et la pratique il y a un grand fossé. Donc voici cette fois-ci le vrai avant-dernier chapitre qui me permet d'exprimer les sentiments d'Hermione et Draco comme je le souhaite. J'espère qu'il vous plaira (surtout que pour un chapitre bonus, il a une taille assez conséquente ^^). Bonne lecture ! :D
Hermione remonta lentement les escaliers. Sa confrontation avec Lucius Malfoy était encore plus insupportable que celles qu’elle entretenait auparavant régulièrement avec Narcissa. Il ne s’agissait parfois que d’un duel de regards, ou de petites remarques lancées semblait-il au hasard mais destinées à mettre l’ancienne Gryffondor mal à l’aise. Cependant, il était arrivé plusieurs fois que les deux femmes tiennent une véritable joute verbale, en particulier quand il s’agissait de l’éducation d’Harmonie. Plusieurs fois si Draco n’était pas intervenu Hermione aurait fini par foudroyer la maîtresse des lieux sur place. De quel droit décidait-elle de ce qui était bon ou non pour sa fille ? Harmonie n’avait pas besoin d’un précepteur, elle irait à l’école publique comme tous les enfants de son âge pour s’y faire des amis. Et sa grand-mère n’avait rien à y dire.

Dans ces cas là, elle finissait toujours par plus ou moins occulter l’affrontement de son esprit en se disant que de toute manière, Narcissa ne pouvait pas imposer l’éducation qu’elle souhaitait à Harmonie, puisque c’était elle qui était sa mère. Là où les discussions devenaient le plus délicates, c’était quand elle parlementait avec Draco, qui bien entendu soutenait l’opinion de sa mère. Plusieurs fois Hermione lui avait rappelé que jusqu’à présent elle s’était occupée de leur fille toute seule, et qu’il n’aurait pas droit au chapitre si elle ne l’avait pas permis en lui accordant la garde alternée. Cette méthode était mesquine et indigne d’elle, mais l’éducation de son ange passait en priorité sur ses principes, surtout que les coups-bas, son adversaire ne s’en privait pas. Elle avait cessé de relever les allusions au fait qu’elle vive sous son toit et que par conséquent, elle était dépendante de lui.

La discussion de la veille avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Non, Hermione n’était pas dépendante et ne se soumettrait pas à ses volontés sous prétexte qu’il hébergeait, chose sur laquelle il avait d’ailleurs insisté lui-même. Elle était partie, avec Harmonie. Il ne pouvait pas lui imposer son modèle, et il fallait qu’il le sache. Ses pensées la ramenèrent à leur dernière grosse dispute si on exceptait celle où il lui avait annoncé qu’ils allaient se marier.

Draco avait déclaré une nouvelle fois qu’une décision au sujet d’Harmonie dont elle ne se rappelait même plus lui revenait, car il était l’homme de la famille.

- Je peux savoir où est-ce que tu as vu une famille ? avait-elle répliqué.

Le jeune homme avait gardé un masque impassible, mais n’avait pu cacher la lueur décontenancée dans ses yeux. Hermione parvenait de mieux en mieux à lire en lui et à briser la barrière qu’il avait dressée entre le monde extérieur et son esprit. Et puis finalement, il avait pris un air hautain, lui avait jeté un regard dédaigneux qui avait fait bouillir de rage la jeune femme et avait tourné les talons, jugeant la discussion close.

Hermione détestait cela, mais devait bien admettre que si elle ne pourrait jamais le changer, il n’essayait pas non plus de même avec elle. Quand elle lui tenait tête, il ne cherchait pas à la faire plier. Lors de l’unique soirée à laquelle étaient conviés des amis à sa mère, il ne l’avait pas forcée à y participer, c’était elle qui en avait éprouvé le désir. Et par la suite il ne l’avait pas obligée à rentrer dans le moule de la femme de bonne société. Elle avait été libre, totalement libre. La seule réprimande qu’elle avait eue était un regard un peu noir quand elle avait accordé une danse à Blaise Zabini.

Il l’avait acceptée comme elle était, et c’est pour cela qu’elle faisait de même, ne cherchant pas à lui faire perdre cet éternel sourire supérieur et son arrogance. Enfin, acceptée comme elle était uniquement en partie, puisqu’il semblait qu’elle ne méritât pas qu’il lui demande son avis au sujet de leur mariage. Elle avait très bien compris ce que lui avait dit Lucius à ce sujet. Ce n’était pas tant un honneur que lui faisait Draco qu’une marque d’affection puisqu’il voulait qu’elle reste à ses côtés. Mais Hermione ne pourrait jamais endosser le rôle de la femme parfaite qui s’occupe des enfants et organise de grandes réceptions. Elle aspirait à une vie tranquille, par à rentrer dans le moule qu’avait voulu cette fois-là lui imposer Draco. Car si elle était libre sur tout sujet, il avait quand même voulu l’enfermer dans un statut social qui ne lui correspondait pas.

Finalement, ils venaient chacun de deux mondes trop différents pour pouvoir s’entendre. Et même si le dernier mois passé avait été un des plus heureux de sa vie, avec une monotonie tranquille, il n’était que la vision illusoire d’un avenir impossible.

Elle se glissa dans son ancienne chambre où elle partageait le lit avec sa fille, se changea en vitesse et se laissa tomber sur le matelas. La respiration calme de son ange à ses côtés l’apaisa. Une pointe de nostalgie l’envahit cependant. Elle avait fini par s’habituer à la présence de Draco, et son absence se faisait cruellement sentir. Cependant, fatiguée qu’elle était, elle ne tarda pas plus longtemps avant de s’assoupir.



Draco n’arrivait pas à croire qu’elle était partie. Tournant comme un lion en cage, il cherchait encore dans son manoir une trace d’elle. Un effluve de son parfum, un vêtement oublié, un cheveu tombé… Pour une fois, il regrettait presque que ses elfes de maison travaillent bien. Et le pire dans cette affaire, c’est qu’elle avait osé emporter Harmonie avec elle ! S’il la tenait, il se ferait un plaisir de s’emparer de sa gorge et de l’étrangler.

A l’instant même où il imaginait la sang-de-bourbe à sa merci, il sentit comme un frisson le parcourir. Malgré sa colère il n’arriverait jamais à la tuer, il s’était trop attaché à elle, et c’était ça qui le mettait en colère. Lui, un aristocrate ! C’était impensable. Et il ne pouvait même pas l’accuser elle de lui avoir fait boire un philtre d’amour ou autre, car si c’était le cas elle ne serait pas partie.

Partie… Le mot sonnait bizarrement. Alors qu’il pensait enfin avoir réussi à se l’attacher définitivement avec ce mariage, et sans perdre la face auprès de ses amis et sa famille puisqu’il se sacrifiait en fin de compte pour libérer son père, Hermione était partie. Elle avait fui ce mariage, refusant de devenir sa femme. Ou plutôt refusant de n’être qu’un outil entre ses mains.

Le dernier mois qu’ils avaient passé ensemble avait été l’un des meilleurs de son existence. Cette chose après laquelle il courait depuis la fin de Poudlard, il commençait peu à peu à se l’approprier. Et si ce mariage n’était pas venu sur la table, sans doute aurait-il fini par s’en emparer. Le cœur d’Hermione, l’objet de tous ses désirs. Ce qui faisait la différence entre les deux relations qu’ils avaient eu bien auparavant et chacune des nuits qu’ils avaient vécues au manoir. Il n’y avait aucun moyen de comparaison tellement c’était différent. Ce cœur il le voulait ardemment, et il savait pourquoi, bien qu’il peina encore à se l’admettre. Elle lui avait volé le sien, et il était bien destiné à s’emparer d’une compensation.

Il se détestait de penser ainsi. Et dire qu’elle avait osé emmener Harmonie avec elle. Ca le mettait dans une rage incommensurable. Depuis le début du moins, il sentait qu’il manquait quelque chose, que ce cœur était encore hors de sa portée. Leurs silences diurnes en étaient le reflet. Elle avait beau lui accorder de plus en plus de sourires, il avait toujours l’impression que si le vent soufflait elle prendrait aussitôt son envol, tel un oiseau qui n’attend qu’un signe pour libérer ses ailes. Elle n’était pourtant pas prisonnière au manoir, elle avait le droit de partir quand elle le souhaitait, même si elle ne l’avait pas fait.

Et à l’instant même où il avait voulu se l’attacher, espérant combler se sentiment qu’il manquait quelque chose, il lui avait retiré le droit de s’en aller, et c’était la première chose qu’elle avait faite. Les femmes étaient décidément pleines de contradictions, et en particulier Hermione ! On lui donnait des droits qu’elle n’usait pas, puis des interdictions qu’elle semblait prendre un malin plaisir à enfreindre.

En passant à pas vifs dans un couloir, il s’arrêta devant un miroir et eut l’impression de voir le visage de la jeune femme le narguer. Il donna un violent coup de poing dans la glace, s’entaillant profondément. Le sang commença à couler mais il n’y prit pas garde. Si elle croyait pouvoir le ridiculiser comme cela, elle se trompait. Et si jamais ça s’apprenait, sa famille serait la risée de toute la haute-société. « Le fils Malfoy s’est fait posé un lapin par sa fiancée » riaient des gens imaginaires dans sa tête. « Une sang-de-bourbe, vous imaginez ? »

Une nouvelle fois il eut envie de tout briser autour de lui. Pourquoi est-ce qu’elle n’était pas là ? Pourquoi elle ne l’attrapait pas doucement par les épaules pour le ramener dans une de leurs deux chambres ? C’était ce qu’elle avait fait, une fois, quand il s’était mis dans une colère noire parce qu’une des nombreuses invitées à une énième réception de sa mère avait parlé d’Harmonie qui dormait à l’étage comme « la bâtarde Malfoy ». Si son père avait été là, il lui aurait fait remarquer que quelqu’un de sa classe méprise, menace, coupe froidement mais ne laisse surtout pas sa colère transparaître sur ses traits. Comme quoi l’incarcération de ce dernier l’avait fait lui manquer. A moins que ce ne soit la présence d’Hermione. Ca avait beau être sa fille qui venait de se faire insulter, et elle avait beau être aussi si ce n’est plus en colère que lui, elle l’avait tiré à part, forcé à s’asseoir, calmé. Chacune des paroles qu’ils avaient prononcées étaient encore inscrites dans sa mémoire.

- Et toi, tu les laisses parler comme ça d’Harmonie ? avait fulminé le jeune homme avec fureur.

- J’ai appris à ignorer ce genre de personne, avait répondu Hermione d’une voix maîtrisée.

- C’est vrai que j’oubliais, avait ricané Draco. Miss-je-sais-tout est une élève exemplaire. Tu as lu un bouquin sur le sujet, c’est ça ?

- Non, j’ai six années d’entraînement avec toi derrière moi, avait répliqué Hermione.

Sa voix était froide, ses yeux brillants d’une fureur difficilement contenue mais à travers lesquels il avait pu apercevoir des larmes. Sang-de-bourbe, miss-je-sais-tout… Il n’arrivait pas à s’empêcher de l’insulter quand elle l’énervait, même s’il faisait des efforts devant Harmonie. Ses efforts, s’il les faisait pour sa fille, pourquoi pas pour elle ? Il voyait bien que ça la blessait. Avait-il envie à ce point de lui faire mal ?

Cette fois-ci en tout cas, il l’avait pris dans ses bras, avait embrassé son front. Aucun mot n’avait franchi ses lèvres, ni les siennes. Il ne manquait plus qu’il s’abaisse à s’excuser ! Et pourtant, dans cette étreinte, c’était comme s’il lui demandait pardon.

Un cri perçant d’un des elfes de maisons le ramena brutalement à la réalité. La petite créature disparut et réapparut presque instantanément dans un double pop et entreprit de soigner sa main avec les baumes et potions qu’elle était allé chercher. Draco se laissa faire, regrettant que les petits doigts qui effleuraient sa peau n’appartiennent pas à Hermione. Lui qui la croyait courageuse, elle venait de lui prouver le contraire en s’enfuyant. A moins que ce ne soit justement cela, le courage.

- Ah Lucius, tu es de retour, entendit-il sa mère annoncer depuis le hall d’entrée.

Il écarta l’elfe de maison et se précipita dans les escaliers sans prendre attention, sa main presque cicatrisée. Ca risquait juste de le picoter, voir l’élancer pendant plusieurs heures car il n’avait pas bu la potion anti-douleur, mais il était trop pressé pour retourner en avaler ne serait-ce qu’une gorgée.

- Draco, où tu vas ? s’enquit froidement son père en le regardant passer.

- Maman a dit : tu ne bouges pas d’ici tant que ton père n’est pas revenu, cita le jeune homme en ouvrant la porte. Désormais tu es là, alors je bouge.

Et sans lui laisser le temps de répliquer, il claqua la porte dans son dos.
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