Le poids du sang by Ginnyw
Ancienne histoire coup de coeurSummary:


Marius Black est né dans une grande famille de sorciers, influente, et au sang d’une grande pureté. Pourtant, il n’ira jamais à Poudlard, ne prendra jamais place autour d’une des quatre grandes tables de la Grande Salle, ne dormira dans aucun des dortoirs de maison, ne passera ni les BUSEs, ni les ASPICs.

Car, à onze ans, sa vie bascula lorsqu’il réalisa qu’il ne ferait jamais de magie.

Réponse au concours de Kathleen: La noble famille des Black

source de l'image: Historical Boys' Clothing
Categories: Enfances, Autres fics HP Characters: Autre personnage
Genres: Autres genres, Tragédie/Drame
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: La noble famille des Black
Chapters: 6 Completed: Oui Word count: 12739 Read: 4131 Published: 08/11/2011 Updated: 15/11/2011
Story Notes:
Disclaimer: Les personnages de cette histoire appartiennent à JK Rowling, à l'exception de quelques OC qui sont ma propriété propre. Je ne gagne pas d'argent sur cette histoire.

Réponse au concours de Kathleen: La noble famille des Black

1. Prologue by Ginnyw

2. "Tu ne sais pas faire de magie, Black?" by Ginnyw

3. "Cracmol" by Ginnyw

4. "Je veux pas partir" by Ginnyw

5. "Adieu Marius" by Ginnyw

6. Epilogue by Ginnyw

Prologue by Ginnyw
Author's Notes:
Bonjour tout le monde!

Comme mentionné dans le résumé, ce texte est une réponse au concours de Kathleen sur la famille Black. Je me suis intéressé à un Black un peu particulier, mais je vous laisse découvrir en quoi.

Un grand merci à Albert qui bêtate cette fic et bonne lecture^^
La pluie tombait drue sur l’aérodrome situé un peu au Sud de Londres. Après plusieurs heures passées à bricoler un moteur, Marius Black s’octroya une pause cigarette sous l’aile de l’appareil. Le mécanicien qui travaillait sur le Spitfire voisin le rejoignit. Il s’appelait Steeve Lawrence et avait une allure de brave gars avec ses cheveux châtains, ses taches de rousseur, ses grands pieds et ses bras démesurément longs.

« Marius, tu m’en files une ? »

Le mécanicien Black sortit le paquet de sa poche et le lança à son ami. Les volutes de fumée montaient vers le ciel, à travers les gouttes de pluie.

« J’ai reçu une lettre de ma mère hier, dit Lawrence en tirant une bouffée. Il paraît que ma sœur commence à réclamer de nouvelles robes et des bas en soie. Tu te rends compte ? Elle n’a même pas onze ans et elle veut des bas de soie ! Je te jure, où va le monde ?! »

Une sirène hurla au loin. Le fracas des bombes retentit sur la ville.

« Encore une ! Quand je vois ça, je suis vraiment content que mes parents habitent la campagne avec mes petits frères et sœurs. »

Marius Black ne répondit pas. Il continuait de fumer tranquillement sa cigarette en écoutant son camarade d’une oreille distraite.

« J’ai deux sœurs et un frère. Et toi Marius ?
- Un frère et deux sœurs aussi. Une de mes sœurs est plus jeune. »

Lawrence souffla doucement la fumée qui s’enroula en de poétiques arabesques.

« Ton frère est dans quelle division ?
- Il… Ne combat pas, répondit Marius, gêné.
- Ah… »

Un silence se fit.

« Ta sœur est mariée ? »

Marius haussa les épaules, jeta sa cigarette à terre et l’écrasa avec son talon.

« On a encore du travail. Il faut que les zincs puissent voler ce soir.
- T’es pas bavard Marius. Enfin, c’est comme tu veux, hein, je vais pas te forcer. »

Le mécanicien Black releva sa capuche et retourna à son travail. Peu de temps auparavant, les bombes allemandes avaient touché le hangar, les mécaniciens travaillaient depuis à ciel ouvert, par tous les temps. Aujourd’hui était un jour sombre, un jour de pluie. Marius ne se plaignait pas, ne geignait jamais et faisait un travail extraordinaire. C’était ce qu’on attendait de lui.

Ce soir-là, Lawrence reçut une lettre de sa mère et il s’empressa d’en parler pendant le repas, puis dans les dortoirs. C’était quelqu’un de très volubile, pour qui la famille était sacrée et une source de fierté. Le cœur de Marius se serrait quand il l’entendait. Il ne recevait jamais de lettres de ses parents ou de ses frères et sœurs. Et son nom n’évoquait plus en lui aucune fierté.
End Notes:
Comme d'habitude, le cadre en bas de la page n'a pas une vocation décorative et attend avec impatience vos remarques/critiques/louanges/tomates (rayez la mention inutile). N'oubliez pas que l'abus de review est essentiel à la santé de l'auteur. Merci^^

La suite de cette histoire sera postée demain. Merci d'avoir lu^^
"Tu ne sais pas faire de magie, Black?" by Ginnyw
Author's Notes:
Voilà donc la suite de votre fiction préférée (ou pas). Désolée si quelques fautes traînent par-ci par-là, j'écris très vite et mon bêta va au moins aussi vite que moi. Si vous en voyez, merci de les signaler.

Un grand merci à Albert qui a quand même eu la foi pour corriger ce petit texte^^ Bonne lecture.
Il pleuvait également ce jour-là et il y avait beaucoup de monde. Même si la foule était habillée de noir et si la plupart de ceux qui assistaient à l’évènement affichaient une mine de circonstance, personne ne semblait vraiment affecté de la perte qui les réunissait aujourd’hui.

C’était son grand-père qu’on enterrait. Marius avait huit ans. Et il n’était pas triste. Phineas Nigellus Black n’avait jamais été quelqu’un de sensible, de gentil, d’équitable et de juste. Et envers son petit-fils, qui n’avait pas encore fait de magie, il s’était toujours comporté avec un profond mépris, le regardant avec dégoût, comme s’il eut été une bouse de dragon qu’il fallait nettoyer d’urgence. Aussi, même si Marius savait qu’il aurait dû éprouver une quelconque émotion, son cœur était presque soulagé par cette situation. Bien sûr, il aurait été inconvenant de le montrer et il en était conscient. Aussi faisait-il mine d’être ému, mais sans effusion. Un Black se devait d’être digne.

Tous les membres de la famille étaient présents. Ursula, la veuve, se tenait au premier rang dans ses vêtements de deuil, droite et digne, le visage dissimulé par un long voile noir d’excellente qualité. A côté d’elle, ses quatre enfants l’entouraient, installés de part et d’autre en compagnie de leurs époux et épouses. Un peu à l’écart, mais sur la même rangée, Elladora, la sœur du défunt, observait la scène et l’assistance d’un air pincé, ses yeux d’aigle notant chaque imperfection, chaque faux pas, chaque attitude qu’elle jugerait indigne. Le fait d’être soi-même un Black ne la rendait pas plus indulgente, bien au contraire. Elle était devenue une vieille femme acariâtre, extrêmement sévère et irrémédiablement aigrie. C’est en tout cas les termes qu’utilisait la mère du jeune Marius, Violetta Black, pour la décrire à ses amies lorsqu’elle recevait à l’heure du thé.

Le deuxième rang était occupé par tous les petits enfants. Le plus âgé, le cousin Acturus, était venu en compagnie de sa jeune femme dont le ventre rebondi annonçait une naissance prochaine. C’était allé très vite, leur mariage ne datait que de l’été précédent. Marius s’en souvenait bien, il s’était bien amusé ce soir-là avec sa cousine Cedrella, tout en se comportant de la meilleure façon possible envers les invités, tous issus des meilleures familles de sang-pur. Elle était assise un peu plus loin, à côté de ses sœurs. Pollux était le seul enfant de la famille à porter un uniforme de Poudlard, aux couleurs de Serpentard bien entendu. Personne d’autre que lui ne suivait sa scolarité à ce moment-là. Arcturus, Lycoris et Regulus avaient fini leurs études et tous les autres, dont Marius, n’étaient pas encore assez âgés pour être admis dans la prestigieuse école.

Derrière eux, le corps professoral au grand complet assistait à la cérémonie, notamment le futur directeur Armando Dippet. Celui-ci cachait avec beaucoup de peine son sourire, tout comme certains enseignants. Le professeur Black n’était aimé de personne et sa mort faisait beaucoup plus d’heureux que l’on voulait bien l’admettre. Alors, sa famille se devait d’être digne, de leur montrer à quel point ils étaient grands.

De l’autre côté de la tente dressée dans le cimetière de Loutry Sainte-Chaspoule, le ministre de la magie en personne ainsi qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires écoutaient du premier rang l’oraison funèbre adressée au défunt directeur de Poudlard. Les membres des grandes familles de sang-pur avaient également fait le déplacement et les élèves occupaient les dernières chaises mises à disposition de l’assistance. Sous la pluie, une foule de journalistes se pressait pour couvrir l’évènement.

« Et nous regretterons longtemps le charisme et la prestance de ce grand directeur… »

Du haut de ses huit ans, Marius ne put s’empêcher de penser de penser que le discours du mage sonnait faux. Si son grand-père n’avait pas été en exercice au moment de sa mort, peu de personnes se seraient déplacées pour son enterrement, en tout cas, pas ces imbéciles du ministère qui défendaient les sang-de-bourbe, ni les élèves de Poudlard, qui le détestaient tous d’après Pollux. Quand aux autres membres de sa propre famille, il les avait tellement brimés au cours de sa vie que personne ne le regretterait, pas même sa veuve. Seulement, ça, personne n’était censé le savoir.

Cedrella s’agita sur sa chaise. Elle devait trouver le temps long. Lysandra Black, sa mère, se retourna et lui siffla de se tenir tranquille. Elle n’hésiterait pas à lui jeter un sortilège du saucisson pour qu’elle ne bouge plus. C’était ainsi dans la famille Black, il ne fallait jamais se faire remarquer, être toujours calme et bien élevé et ce n’était pas la mort de Phineas qui allait changer les choses.

Enfin, la cérémonie prit fin. Le cercueil descendit dans la fosse qui avait été creusée un peu plus tôt dans l’après-midi, l’assemblée toute entière se leva pour jeter une rose dans la tombe puis une grande pierre blanche le recouvrit.

Pourtant, le rituel des obsèques n’était pas terminé. Les élèves de Poudlard se regroupèrent par maison et par classe d’âge et se réunirent autour des Portoloins pour regagner l’école. Marius fut impressionné par l’ordre avec lequel ce voyage s’organisait et regardait ses futurs condisciples avec fascination. Comme ils étaient chanceux… Il avait vraiment hâte de se retrouver parmi eux, de revêtir l’uniforme de Serpentard et d’étudier la magie.

Pollux leur adressa un faible signe de tête avant de disparaître avec les élèves de sa classe. Il ne les avait pas embrassés, leur avait à peine dit plus de trois mots alors qu’il n’avait pas vu sa famille depuis Noël. Chez les Black, il n’y avait pas d’effusions, pas de larmes, pas d’émotions. Toujours cette froide façade de dignité et de supériorité. C’était ainsi, et Marius serait comme eux. Il se montrerait digne d’eux tous plus tard et on le respecterait.

Belvina Beurk, sa tante, agrippa soudain le bras de Cygnus et lui désigna un homme qui se tenait à l’écart, sous la pluie, vaguement dissimulé sous la capuche d’une cape noire. Marius vit son père tressaillir et serrer les lèvres en pâlissant. Il frissonna. Quelque chose n’allait pas.

Cygnus interpella ses frères et ses neveux les plus âgés en leur montrant l’homme, qui semblait être un intrus. Une lueur de dégoût brilla dans leurs yeux et Arcturus, l’aîné des enfants de Sirius, traversa la tente à grands pas, attrapa rudement l’intrus par le bras et l’entraîna loin des journalistes et des regards indiscrets. Marius n’en vit pas plus. Sa mère l’attrapa par la manche et transplana Square Grimmauld, la résidence principale de la famille Black, où résidait sa grand-mère, sa grand-tante, son oncle Sirius et ses fils qui n’étaient pas mariés.

L’elfe de maison s’inclina et débarrassa de leurs capes Marius et ses sœurs, tandis que leurs cousins apparaissaient dans le hall d’entrée. Une jeune femme se présenta et fit monter les enfants au deuxième étage, dans un salon où des dizaines de gâteaux et du thé bien chaud les attendaient.

Il fallut beaucoup de volonté à Marius pour se comporter comme l’exigeaient les convenances et pour ne pas se jeter sur la nourriture. D’autres cousins les rejoignirent vite, bientôt suivis par les enfants des autres familles de sang-pur. Il lui fallait donc donner l’exemple, d’autant plus qu’il était le garçon Black le plus âgé présent dans la salle.

Tous savaient ce qui allait se passer, en tout cas, Marius le savait. Les membres de la famille Black allaient se réunir dans le salon qui contenait la tapisserie familiale pour lire le testament de son grand-père et pour désigner un nouveau chef de famille. Celui-ci aurait alors la tâche de régler tous les différends familiaux ainsi que de décider des prochaines alliances. Cette décision allait donc avoir de grandes conséquences sur la vie mondaine et sur les prochaines négociations matrimoniales. D’où la présence dans la salle à manger de nombreux membres de familles de sang-pur, ainsi que du ministre de la magie et des hauts fonctionnaires. Les Black étaient très influents, et ce même si Phineas venait de mourir.

Les enfants restèrent longtemps dans le salon, signe que les pourparlers semblaient difficiles. Marius bouillonnait intérieurement, il avait hâte que tout soit fini. Léandre Yaxley, l’un des neveux de sa tante, lui tapait sur les nerfs en s’amusant à faire voler divers objets à travers la pièce. Les plus petits le regardaient avec une franche admiration, cependant, Marius ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Il était dans sa famille, l’autre n’avait pas à amuser ainsi la galerie.

« Ça suffit maintenant Yaxley. Arrête ça. »

Le garçon, âgé d’une dizaine d’années, se tourna vers lui.

« Qu’est-ce qu’il y a Black ? T’es jaloux ? T’arrives pas à faire la même chose que moi et ça t’énerve ? »

Marius se rendit soudainement compte que c’était vrai. Il était jaloux de Léandre Yaxley, car il pouvait faire des choses dont il était incapable. Jamais il n’avait fait voler d’objets, jamais il n’avait fait exploser quoi que ce soit, jamais il n’était retombé sur le sol d’une manière peu habituelle, jamais il n’avait changé la couleur de quoi que ce soit… En fait, il ne se souvenait pas avoir jamais fait de magie. Alors effectivement, voir un garçon de son âge en faire sous son nez, dans sa propre maison, au milieu de sa famille, ne le mettait pas en joie. Cependant, il était hors de question de le reconnaître.

« Qu’est-ce que tu racontes Yaxley ? Il faudrait être fou pour être jaloux de toi. Regardes-toi un peu. Tu ne sais pas te tenir et tu ne penses qu’à attirer l’attention sur toi. Il n’y a rien de convenable dans ton attitude. »

Il avait énoncé tout cela d’une voix calme, posée, étrange pour un enfant de huit ans. Par sa bouche, ses parents et sa famille avaient parlé. Marius avait appris sa leçon à la perfection.

« Forcément Black. Il est plus facile de dire qu’on sait pas se tenir, plutôt que faire de la magie. Si tu n’es pas jaloux, t’as qu’à nous montrer ce que tu sais faire. »

Dans les yeux bleus de Yaxley brûlait une lueur de défi. La tension était palpable, tous les enfants avaient dirigé leurs regards vers lui. Marius sentit un poids tomber sur son estomac. Non, il ne pouvait pas faire la même chose que lui, il ne pouvait rien faire. Ses pouvoirs n’étaient pas encore aussi développés que les siens. Et il allait faire honte à sa famille.

Son cerveau fonctionnait à toute vitesse. Il lui fallait une échappatoire, quelque chose qui lui permette de ne pas montrer sa faiblesse. Et il le fallait vite, avant que tout le monde ne le prenne pour un dégonflé, ce qui ne serait guère mieux.

Du coin de l’œil, il avisa la jeune femme qui était censée les surveiller. Elle discutait sur le pas de la porte du salon avec un jeune homme qui avait assisté à l’enterrement et tous deux avaient l’air grave.

Marius annonça alors d’une voix forte :

« Bien sur que je peux faire quelque chose d’impressionnant ! Tu vas voir, je vais mettre le feu au sofa ! »

Il se tourna vers ledit meuble et plissa les yeux. Aussitôt, les petites filles qui étaient assises dessus se levèrent en hurlant, occasionnant un tapage absolument inacceptable pour les circonstances et sous le toit des Black.

Alertée par le bruit, la gouvernante s’intéressa à nouveau aux enfants et ramena le calme en produisant un bruit d’explosion avec sa baguette.

« Je peux savoir ce qui se passe ici ? » demanda-t-elle d’une voix sèche et claquante comme un coup de fouet.

Doris Yaxley, la sœur de Léandre qui venait d’être chassée du fameux sofa, s’empressa de tout raconter d’une voix entrecoupée de larmes. Les yeux froids de la gouvernante se posèrent alors sur les deux enfants.

« Vous devriez avoir honte d’un tel comportement messieurs. La magie demande la plus grande rigueur dans son exécution et se doit d’être maîtrisée pour ne pas blesser autrui comme vous alliez le faire ! Vous avez tous les deux un comportement indigne de votre sang ! »

Léandre ouvrit la bouche pour répondre, mais la jeune femme l’interrompit sèchement :

« Parfaitement, vous aussi monsieur Yaxley ! Si vous n’aviez pas provoqué monsieur Black, rien de tout ceci ne serait arrivé ! Ce qui n’atténue en rien la gravité de vos actes monsieur Black ! » affirma-t-elle en se tournant vers Marius.

« Maintenant, allez au coin ! Et qu’on ne vous entende plus ! » conclut-elle tout aussi sèchement.

Marius se dirigea vers la bibliothèque disposée dans un angle de la pièce, leva un pied, mit les mains derrière sa tête et se tint ainsi, face au mur.

Ses jambes tremblaient sans aucun rapport avec la punition. Il n’était pas capable de faire de la magie. Pourtant, il aurait déjà du exécuter son premier sortilège depuis longtemps. Ce n’était pas normal, il ne pouvait pas être aussi lent… Peut-être serait-il un mauvais sorcier.

A cette pensée, des larmes perlèrent à ses yeux. Non, il ne voulait pas être une honte pour sa famille, il ne voulait pas être un poids mort. S’il n’était pas capable de faire de la magie à huit ans, alors ses notes à Poudlard ne seraient pas bonnes et tout le monde se moquerait de lui et salirait son nom. Il fallait se ressaisir, s’entraîner pour qu’une telle chose ne se reproduise jamais.

Marius ravala les larmes qui commençaient à s’approcher dangereusement du rebord de ses paupières et releva la tête. Fier même lorsqu’il était puni. Il était un Black après tout.

Léandre Yaxley et Marius se tenaient sur un pied depuis un bon quart d’heure quand la rumeur des conversations augmenta d’intensité. Le conseil de famille venait certainement de se terminer. Du coin de l’œil, le jeune Black vit Yaxley se tortiller pour regarder vers la porte.

« Monsieur Yaxley ! Je n’ai pas mis fin à votre punition il me semble ! Alors, vous restez dans cette position ! »

Il s’exécuta. Au moins, grâce à lui, Marius ne s’était pas fait gronder une nouvelle fois. Il brûlait de connaître le nom du nouveau chef de famille, c’était essentiel pour eux tous.

Des pas résonnèrent dans l’escalier et Violetta et Lysandra Black apparurent sur le seuil. Aussitôt, elles avisèrent les deux garçons punis et s’enquirent de la raison de cette sanction auprès de la jeune gouvernante.

« Marius Black ! Veuillez vous tourner sur le champ ! »

Frissonnant, Marius obéit à sa mère et ce qu’il vit ne le rassura pas le moins du monde. Certes, de l’extérieur, l’on ne pouvait déceler facilement la colère sous le masque d’indifférence, pourtant, le jeune garçon savait parfaitement qu’elle était plus que furieuse.

« Suivez-moi ! »

Yaxley se mit à ricaner.

« Oh, rassurez-vous monsieur Yaxley, vos parents seront mis au courant de votre attitude. Et croyez-moi, je ne pense pas que votre mère en sera enchantée » répliqua sa tante.

Marius ressentit une joie certaine à le voir pâlir. Joie qui fut vite gâchée par le signe que sa mère lui adressa afin qu’il la suive dans l’escalier qui menait à l’étage supérieur. Violetta ferma la porte de la bibliothèque familiale des Black, jeta un sort dessus et se tourna vers son fils.

« Qu’est-ce qui vous a pris de vous comporter ainsi Marius ? Le jour de l’enterrement de votre grand-père qui plus est ! Vous n’avez pas honte !
- Pardonnez-moi mère, je ne voulais pas…
- Silence ! Je ne veux pas entendre vos raisons. Votre conduite est inqualifiable ! Je suis vraiment déçue, vous m’aviez habituée à mieux.
- Mère, je voulais juste préserver l’honneur des Black !
- L’honneur des Black ! Mais vous êtes devenu fou Marius ! En quoi mettre le feu à ce sofa allait-il préserver notre honneur ?
- Je…
- Silence ! Je demanderai à ce que votre précepteur vous donne un devoir supplémentaire sur l’importance du contrôle de ses émotions lors de l’exercice de la magie, vous serez privé de dessert pendant une semaine et vous irez vous coucher sans manger ce soir. Votre père sera également mis au courant de cet incident. Maintenant, rejoignez les autres enfants et tâchez de mieux vous conduire. Vous n’imaginez même pas à quel point vous me faîtes honte ! »

La tête basse, Marius quitta la pièce. Sa mère referma la porte derrière elle et descendit vivement l’escalier jusqu’au premier étage où se tenait la réception. Dans peu de temps, les enfants iraient saluer les convives avant de se retirer dans la cuisine où ils prendraient leur repas. Ensuite, ils iraient se coucher pendant que les adultes continueraient à discuter, parfois jusqu’à une heure très avancée de la nuit.

Le regard de l’enfant se troubla. Pour avoir menacé de mettre le feu à un sofa, il venait de jeter la honte sur sa famille et d’être sévèrement puni. Que se serait-il passé s’il n’avait rien fait et avoué qu’il n’avait encore jamais fait de magie ? Tout le monde se rendrait alors compte que quelque chose n’était pas normal chez lui, qu’il était une erreur de la nature.

Non, il s’entraînerait et rattraperait son retard sur les autres, c’était aussi simple que ça. Et il commencerait le soir même, dès que ses parents l’auraient expédié dans sa chambre pour le punir. Dans sa candeur, il n’imaginait pas qu’il ne puisse jamais utiliser la magie, c’était tout bonnement inconcevable.

Il était un Black. Et tout Black était sorcier.
End Notes:
Faut-il vraiment que je répètes mon laïus habituel?... Rho, une petite piqure de rappel, ça ne fait pas de mal n'est-ce pas? XD

Le cadre en bas de la page n'a pas une vocation décorative, il est là pour recevoir vos impressions/critiques/louanges/tomates (rayez la mention inutile). Je rappelle également que la review est gratuite, ne prends généralement qu'une ou deux minutes et est essentielle à la motivation et à la santé mentale des auteurs. En conclusion: n'hésitez pas à en laisser.

Merci d'avoir lu et à demain pour le chapitre suivant^^
"Cracmol" by Ginnyw
Author's Notes:
Bonsoir, un nouveau chapitre du Poids du sang pour égayer votre soirée (quoique...)

Bonne lecture.
Elladora Black fut désignée comme chef de famille, ce qui n’enchantait presque personne. La vieille fille était intransigeante, très à cheval sur les convenances et diaboliquement sévère. Elle n’avait rien à envier à son défunt frère en matière de tyrannie et d’injustice et la haine que lui vouaient Violetta et Lysandra fut à son comble. Même la douce et très effacée Ursula Black, veuve de Phineas, semblait avoir à son encontre de profonds ressentiments.

Son influence se fit rapidement sentir quand elle brisa les fiançailles de Lycoris et de Miss Adélaïde Nott, pourtant jeune fille d’excellente famille et d’excellente réputation. Cette alliance rompue tendit sérieusement les relations entre les deux familles et braqua irrémédiablement le jeune homme contre sa grand-tante, d’autant plus qu’aucun mariage n’avait été prévu en remplacement. Quand au pauvre Regulus, personne ne songeait plus à le marier.

Une autre mesure avait profondément blessé l’ensemble des Black quand Elladora avait exigé le retour de tous les membres sous le toit de la maison familiale. Toutes les générations et toutes les branches des Black se côtoyaient donc dans une ambiance pour le moins électrique.

Marius avait très mal supporté ce retour aux sources. Malgré tous les sortilèges d’agrandissement qui avaient été jetés, la vieille bâtisse n’avait pas été conçue pour accueillir autant de monde et la promiscuité le gênait, d’autant plus qu’il lui était devenu difficile de s’isoler suffisamment pour travailler sérieusement sa magie. Aussi, les progrès tant désirés n’arrivaient pas.

Une sourde angoisse l’étreignait au fur et à mesure que les jours, les mois et bientôt les années passèrent. Malgré tout ses efforts, Marius ne réussissait aucun sortilège, même le plus simple, même le plus facile à réaliser. Il ne parvenait à faire léviter aucun objet, ne les attiraient pas à lui ni ne les repoussaient, ne changeaient la couleur d’aucune fleur et d’aucun tissu, n’avait aucune prise sur la croissance des végétaux, ne se rattrapait pas en tombant dans les escaliers, ne se protégeaient d’aucune attaque, pouvait éprouver de très fortes émotions sans que cela ait la moindre incidence sur ce qui l’entourait, n’attisait aucun feu… Pourtant, il essayait, il essayait de toutes ses forces, passait tout son temps libre à se concentrer sur toutes sortes d’objets, espérant en vain que quelque chose se passe enfin, s’usait les yeux tard le soir à la chandelle sur de lourds grimoires qui ne lui apportaient aucune réponse digne de ce nom.

Que se passerait-il quand il irait à Poudlard ? Que diraient ses professeurs quand ils s’apercevraient qu’il n’était capable de rien ? Marius tremblait à l’idée de tous ces visages moqueurs, des regards de pitié que ne manqueraient pas de lui adresser ses cousins, de la déception qui se lirait dans les yeux de ses parents et de la colère qui animerait les traits de sa tante Elladora.

A cette pensée, les larmes ne tardaient jamais à dévaler ses joues et il les laissait couler sans aucune pudeur, le soir dans sa chambre. Marius Black allait être une honte pour sa famille, il ne serait jamais brillant comme ses cousins ou son frère, ne pourrait peut-être pas occuper les hautes fonctions qu’exigeaient sa condition, serait toujours inférieur à des imbéciles tels que Léandre Yaxley.

Quand arriva son onzième anniversaire, il n’avait toujours pas fait de magie et attendait sa lettre avec une intense anxiété mêlée d’espoir. Peut-être lui faudrait-il l’aide de ses professeurs pour réussir là où il avait toujours échoué, peut-être que ses pouvoirs évolueraient après son entrée dans la célèbre école de sorcellerie. Marius s’accrochait de toutes ses forces à cette idée, la seule lumière qu’il apercevait dans le puits de ténèbres dans lequel il plongeait inexorablement.

Si seulement Merlin voulait accéder à ses prières et lui permettre de réussir un sortilège, n’importe lequel, même le plus minime ; si seulement les fées Morgane et Viviane lui prêtaient ne serait-ce qu’un grain de leur puissance pour qu’il puisse être à nouveau une source de fierté pour sa famille.

Oh, il voyait bien que le regard des autres changeait, il sentait bien qu’un fossé semblait le séparer de plus en plus de ses parents et de ses sœurs, il devinait parfaitement la teneur des paroles que se murmuraient à l’oreille ses oncles et tantes quand il se tenait dans la même pièce qu’eux, il tremblait de peur devant le dégoût chaque jour grandissant qu’Elladora avait à son égard.

Aucun hibou ne se posa devant lui le matin de ses onze ans. Alors, Marius attendit. Ce ne pouvait être qu’une erreur. Il avait entendu dire que Poudlard partait à vau-l’eau depuis la mort de son grand-père. Sans doute quelque professeur ou domestique de l’école qui avait omis de faire son travail et qui allait très certainement se rattraper rapidement en envoyant la lettre avec ses plus plates excuses.

Les minutes passèrent. Puis les heures. Marius ne tenait plus en place, et ses parents aussi. Violetta avait donné l’ordre de ne recevoir aucune visite et ne quittait plus son fils d’une semelle, le visage pâle et les nerfs à fleur de peau, assistant aux leçons du précepteur, prenant ses repas et le thé en sa compagnie et sursautant à chaque craquement des vieux planchers.

Sa tante Lysandra venait régulièrement prendre des nouvelles, d’abord toutes les heures, puis toutes les trente minutes, puis encore plus souvent, jusqu’à prendre place auprès de sa belle-sœur et lui serrer la main au point que ses phalanges blanchirent.

Cygnus avait ordonné qu’on le joigne par cheminée à la moindre nouvelle et apparut de nombreuses fois dans l’âtre pour apprendre les dernières nouvelles. Ses oncles firent de même, ainsi que ses cousins les plus âgés. Rien de nouveau ne vint cependant calmer l’effervescence qui gagnait l’ensemble des membres de la famille Black au fur et à mesure de l’avancée inexorable du soleil dans le ciel, aucun hibou ne se présenta à la fenêtre, aucun professeur contrit ne fit irruption dans la demeure par la cheminée, aucune lettre ne vint mettre un peu de baume au cœur du petit Marius.

Cette longue journée fut pour lui un véritable supplice, une attente semblable à celle des condamnés à mort avant leur exécution. Que se passait-il ? Pourquoi n’avait-il pas reçu sa lettre d’admission ? Pourquoi était-ce si long ?

Et l’angoisse monta, aussi implacable que l’horloge qui égrenait les secondes dans la grande salle à manger du premier étage, insoutenable. Celle qui vous glace le cœur, celle qui fait monter en vous les gouttes de sueur froide, celle qui fait accélérer la respiration au point de vous étouffer, comme si votre propre corps devenait un instrument dirigé contre vous-même. Comme si vous alliez mourir, là, vous évanouir sur le plancher et quitter cette terre et ce monde, arraché à vos proches et à ce qui vous est le plus cher.

Avec l’angoisse, le désespoir grimpa lui aussi, s’insinuant dans chaque fibre de son être, embrouillant chaque pensée, teintant tout raisonnement.

Lorsque le soleil se coucha enfin, la tension était à son comble dans la maison du Square Grimmauld. Plus personne n’osait parler à voix haute, comme lorsqu’un mort reposait dans l’une des chambres à l’étage, comme si une catastrophe était sur le point de survenir, comme si le destin allait décocher l’une de ses flèches vengeresses. Les femmes ne cousaient pas, ne lisaient pas, se parlaient à peine. Elles se tenaient les unes à côté des autres, serrées sur un sofa. Lysandra n’avait toujours pas lâché la main de Violetta, et celle-ci s’accrochait à sa belle-sœur comme si sa vie en dépendait.

Les enfants ne jouaient pas. Même la petite Lucretia, âgée de trois ans, n’osait pas pleurer. La vie était comme suspendue, comme si le temps s’était peu à peu ralenti avec la course du soleil pour s’arrêter quand la nuit enveloppa Londres de son linceul.

Seule à échapper à cette ambiance, Elladora fixait sa belle-sœur et ses nièces d’un regard narquois, un sourire mesquin aux lèvres, comme une diablesse qui attendrait la pauvre âme dévolue aux enfers.

Prostré dans un coin du salon, Marius attendait son châtiment, misérable, hagard. Que se passait-il ? Pourquoi faisait-on tout cela ? Pourquoi se comportait-on ainsi ? Qui était mort ? Sa lettre allait arriver, il en était certain. Ce n’était qu’un regrettable retard, quelque chose que l’on pourrait sans nul doute rattraper, quelque chose qui pouvait se réparer. Certes, c’était vraiment très troublant, mais ce n’était pas une raison pour se comporter de la sorte, pour agir comme si la Terre s’était arrêtée de tourner, comme si plus rien ne devait bouger.

Oui, la lettre de Poudlard n’allait plus tarder maintenant. Armando Dippet, le directeur, viendrait en personne annoncer son admission dans son école, cela ne faisait aucun doute. Et tout le monde verrait à quel point cet homme n’avait pas les épaules pour assumer une telle responsabilité. Oui, cela allait se passer ainsi n’est-ce pas ? C’était juste un simple oubli, une farce d’un très très mauvais goût qui serait vite oubliée et que l’on raconterait volontiers plus tard, au coin du feu, quand on aurait atteint un âge avancé. Et Marius allait entrer à Poudlard, il serait réparti chez les Serpentard, il porterait le blason de la maison de Salazar et une écharpe vert et argent l’hiver, passerait brillamment ses examens quand les beaux jours reviendraient et regagnerait sa demeure avec les honneurs.

Des flammes vertes apparurent dans la cheminée. Les trois fils de Sirius venaient de rentrer. Ils présentèrent leurs hommages à la doyenne Elladora avant de s’asseoir sur les dernières chaises libres. Les quelques mots qui furent prononcés étaient si bas qu’il fallait tendre l’oreille pour en comprendre le sens et un silence tendu et désespéré retomba sur le salon, seulement entrecoupé par les respirations rapides et le tic tac de la grande horloge qui résonnaient comme le glas du jugement dernier.

L’heure du dîner arriva dans l’indifférence générale. Personne ne se leva pour sermonner les elfes de maison, personne ne réclama sa part, aucun ventre ne gargouilla. Les regards demeuraient fixés sur l’imposante cheminée qui apporterait sans doute bientôt des nouvelles de l’extérieur, de ce monde qui semblait dorénavant si menaçant, de cette école merveilleuse qui semblait tout à coup si noire et effrayante, détenant entre ses mains le destin d’un enfant encore si jeune, le pouvoir de réduire en éclats tous ses beaux rêves, de changer sa vie de façon irrémédiable, de tout détruire sur son passage, comme une tempête qui ravagerait leurs existences.

La vieille horloge sonna dix heures du soir sans que personne n’eut songé à envoyer les plus jeunes enfants se coucher, sans que personne n’allume le grand lustre qui apporterait de la lumière à la pièce. Plongés dans la pénombre comme pour une veillée funèbre, les Black ne bougeaient plus, immobiles comme des statues de cire, un reflet du feu éclairant seulement par intermittence leurs visages de plus en plus pâles à mesure que le temps passait, s’égrenait lentement, insidieusement, s’étirant à l’infini pour prolonger cette insoutenable attente, toujours chargée de ce stupide et maigre espoir d’apprendre que tout ceci n’était qu’une abominable méprise.

De nouveau, les flammes vertes s’agitèrent dans la journée, livrant passage à ses oncles, puis son père. Sirius jeta sur le pauvre Marius totalement terrifié un regard de dégoût, Arcturus ne savait visiblement plus où se mettre et Cygnus… Le pauvre homme ne tenait même pas de cacher son désespoir et sa tristesse, il avait le visage blême, le regard hagard, la bouche ouverte sur une interrogation, les lèvres semblant former un éternel pourquoi. Comme s’il venait de perdre un enfant, comme si la Terre venait de s’arrêter de tourner pour lui.

Violetta se leva légèrement, se tendit vers son mari, ses yeux l’interrogeant d’un regard suppliant. Cygnus se détourna et regarda son fils. Il se rapprocha de Marius qui observait la scène avec effroi. Ses mains tremblaient et il leva le bras avec difficulté pour emprisonner l’épaule de son fils dans une pression rassurante.

Personne ne bougea. Toutes les personnes présentes dans la pièce avaient les yeux fixés sur eux, ne sachant pas quelle attitude adopter. Il était évident que quelque chose de grave s’était produit. Marius ne savait pas ce qui se passait, mais ça le concernait. Il avait peur. Une peur terrible, paralysante. Il aurait voulu se cacher, se terrer six pieds sous terre, disparaître dans les murs du salon où ils s’étaient tous réunis durant cette soirée interminable. Et cette maudite lettre qui ne voulait pas arriver !

Mais que se passait-il ? Qui était mort ? Pourquoi ce comportement ? C’était sans doute quelqu’un qu’il connaissait, quelqu’un qu’ils aimaient tous beaucoup. Pourtant, tous les cousins étaient présents et en bonne santé, aucun ami de la famille n’était malade. Peut-être un accident alors ?

Violetta secoua la tête, faisant légèrement tinter ses bijoux. Dans le silence pesant, ce léger bruit explosa comme une bombe.

« Non, non, non… S’il vous plaît non… »

Lysandra passa un bras sur ses épaules et la serra fort contre elle en la berçant comme une enfant.

« Dîtes moi que ce n’est pas vrai ! Dîtes moi que c’est une erreur… Mon petit garçon ! »

Les larmes se mirent à couler sans retenue sur ses joues. Marius reçut la phrase comme un coup de poignard. Sa mère, sa propre mère, pleurait ouvertement devant témoins. C’était tout simplement impensable, improbable, impossible.

Soudain, Marius comprit. Par Merlin, Pollux ! Pollux avait eu un accident ! Non, il ne pouvait pas être mort ! Son frère ne pouvait pas être parti maintenant, il n’avait que quinze ans ! Pourquoi ne l’avait-on pas prévenu ? Pourquoi tout ce secret ?

Elladora émit un reniflement méprisant et déclara d’une voix sèche :

« Cygnus, enlèves-moi ça du salon ! »

Elle leva le bras et désigna le pauvre Marius du doigt. Les sanglots de Violetta redoublèrent.

« Et empêche ta pleurnicheuse de femme sur le sort de son fils Cracmol ! » asséna-t-elle d’une voix dure.

Cracmol… Il fallut quelques secondes à l’intéressé pour réaliser que c’était de lui qu’on parlait. Cracmol… Voilà donc ce qu’il était. Il ne pourrait jamais faire de magie, n’irait pas à Poudlard… Ne revêtirait pas l’uniforme de Serpentard…

Il s’était mis à pleurer.

« Papa… »

Il aurait vraiment eu besoin de son aide, de son soutien. Le bras de Cygnus retomba le long de son corps. Il soupira, prit une grande inspiration, et dit :

« Va dans ta chambre Marius. On te fera apporter à manger. »

Violetta se leva pour rejoindre son fils. Lysandra la retint.

La pièce était pleine, Marius était seul. Il ne faisait plus partie de la famille Black. Son regard passa sur chaque visage. Cedrella avança la main vers lui, elle se fit gronder.

Indésirable… Comme un condamné à mort, Marius tourna les talons et sortit. Les marches de l’escalier crièrent sous ses pieds. Lui était trop sonné pour seulement songer à pleurer. Les larmes séchaient sur ses joues.

Dorénavant, Marius Black était mort. Il n’était plus rien.
End Notes:
Merci de votre lecture. A demain et n'oubliez pas la review en sortant^^
"Je veux pas partir" by Ginnyw
Author's Notes:
Voilà, voilà, le chapitre suivant. Je suis vraiment à flux tenu dans l'écriture de cette fic, aussi, excusez-moi encore s'il y a des fautes d'orthographe.

Bonne lecture.
Cette nuit-là, Marius ne parvint pas à fermer l’œil. Le choc était immense. Il appartenait à une très grande famille de sorciers et il n’avait aucun pouvoir magique, il ne mettrait jamais les pieds à Poudlard. A cette pensée, des larmes commencèrent à couler sur ses joues, tout doucement, sans bruit.

Sa déception était immense, son chagrin abyssal. Il avait tellement entendu parler de l’école pendant son enfance qu’il avait trépigné d’impatience pour recevoir sa lettre. La Grande Salle, la salle commune de Serpentard, le Choixpeau… Tout cela ne serait pas pour lui, il n’y aurait jamais droit. Il ne volerait jamais sur un balai, il ne parcourait pas les longs couloirs, ne s’arrêterait pas devant les immenses sabliers qui annonçait les points de chaque maison.

Pourquoi ? Pourquoi cela lui arrivait-il ? Qu’avait-il fait pour mériter de ne pas avoir de pouvoirs ? Qu’avait-il fait pour être ainsi mis au ban de sa famille alors qu’il s’était toujours comporté comme un enfant sage et bien élevé ? Pourquoi des enfants nés dans des familles moldues allaient-ils avoir le droit d’étudier la magie alors que lui ne le pourrait jamais ? C’était profondément injuste !

Dans un accès de rage, Marius prit l’un des livres de magie qu’il avait trouvé dans la bibliothèque des Black et le jeta contre le mur de toutes ses forces. Le bruit ne fit qu’augmenter sa rage et son désespoir.

Il passa les bras sur le bureau et envoya tout balader, les livres, les plumes, l’encre, les parchemins. Une bouteille d’encre rouge se brisa sous le choc et inonda les pages de parchemin, évoquant des taches de sang. Le sang…

On lui avait toujours dit qu’avec un sang comme le sien, il irait à Poudlard, on lui avait toujours dit qu’il était supérieur, de part sa position de sorcier de sang-pur. Et maintenant ? Que restait-il ? Certes, il avait toujours dans les veines le sang des Black, on ne pourrait jamais le lui enlever. Et pourtant, il n’était pas sorcier, il n’y avait pas la moindre étincelle de magie en lui.

Quelle ironie quand on songeait à tout cela. La dégringolade sociale. En une journée, il passait de l’élite du monde sorcier à la plus basse classe de la société.

Parce que Marius était bien trop intelligent pour s’arrêter à la simple déception. Ne pas être accepté à Poudlard était très grave. Il avait senti à quel point quand il avait vu cette étincelle de dégoût dans les yeux d’Elladora. Pour la doyenne de la famille, il n’était plus rien, il n’était plus un Black, il méritait à peine la dénomination d’humain. Quand aux autres… Ceux qui ne le regardaient pas avec dégoût le considéraient comme mort.

Qu’est-ce qu’on allait faire de lui maintenant ? Le faire partir ? Le faire disparaître ? L’éloigner ? Marius n’avait aucune envie de quitter sa famille, n’avait aucune envie de quitter sa maison, peut-être même son monde…

Il devrait aller dans le monde des Moldus ? Alors qu’il ne savait rien d’eux ? Enfin si… Les Moldus vivaient à l’âge de pierre, ils n’avaient pas la magie donc ils pouvaient à peine s’éclairer et se déplacer, ils ne pouvaient pas voler, pas de Quidditch, donc pas de loisirs.

Ce monde lui semblait hostile, le sien n’était pas mieux. Partagé, entre deux mondes, il n’avait pas le choix.

Marius frissonna et sentit une main de fer serrer son estomac, le malaxer et le tordre en tout sens. Comment allait-il s’en sortir ? Comment pourrait-il survivre dans un monde dont il ne connaissait rien ? Comment pourrait-il être heureux dans un monde qui le rejetterait sans cesse en raison de sa condition ? Que devait-il faire ?

Il eut une brusque envie de rejoindre sa mère. Il voulait qu’elle le rassure, qu’elle l’aide à comprendre ce qui était en train de lui arriver, qu’elle lui dise une nouvelle fois que tout irait bien, qu’elle serait toujours là pour lui, qu’elle l’aimait toujours malgré tout.

Marius ouvrit doucement sa porte et descendit dans le salon du premier étage, celui où tous avaient passé la soirée et une partie de la nuit à attendre. Il avançait sur la pointe des pieds pour ne pas qu’on l’entende. Si Elladora le rencontrait, elle ne serait pas tendre avec lui.

Le salon était désert. Sans doute étaient-ils tous allés se coucher. Marius s’avança vers la tapisserie familiale. L’arbre généalogique des Black, tous des sang-purs, tous de grands sorciers… Et lui, leur descendant, un Cracmol. Un profond sentiment de honte l’envahit. Ca ne pouvait être que de sa faute. Oui, c’était surement de sa faute, il ne s’était pas assez entraîné, n’avait pas été assez fort, ne s’était pas assez concentré. Pourtant, pouvait-il faire plus ? Est-ce que cela aurait pu changer quoi que ce soit ?

Il chercha son nom sur l’arbre, trouva celui de son frère et de ses deux sœurs en dessous de ceux de ses parents. A la place du sien se trouvait un trou formé par une cigarette. Ainsi, il n’avait jamais existé à leurs yeux, c’était comme si tous ces noëls, tous ces anniversaires, toutes ces soirées sur les genoux de son père, tous ces moments passés dans les bras de sa mère n’avaient jamais existé. Parti, envolé, chassé de leur généalogie, de leur famille, de leur cœur, avant d’être chassé définitivement de leur maison. Il n’était plus un Black.

De nouvelles larmes commencèrent à se former au coin de ses yeux. Marius renifla bruyamment et les essuya rageusement. Ne pas pleurer, garder la tête haute. C’est ce qu’on lui avait toujours appris depuis sa plus tendre enfance, c’est comme ça qu’il continuerait à agir. Parce qu’ainsi, il était plus fort qu’eux tous.

Un bruissement lui fit tourner la tête. Sa mère se tenait sur le pas de la porte, encore vêtue de la robe qu’elle avait porté toute la journée et qui était toute froissée, son chignon défait et les yeux rouges.

« Mère ! »

Il se précipita dans ses bras et elle l’étreignit très fort.

« Marius… Si tu savais comme je t’aime mon fils.
- Je veux pas aller chez les moldus, je veux pas vous quitter, je veux pas m’en aller… »

Sans répondre, Violetta commença à le bercer en chantonnant doucement. L’angoisse de Marius se calma un peu. Sa mère était visiblement ravagée par le chagrin, pour elle aussi, toutes ces années avaient existé, elle l’aimait. Et son chagrin était moins grand, moins lourd, plus facile à porter.

« Je suis désolé d’être un Cracmol, mère, tellement désolé… Je voulais pas déshonorer la famille, je voulais vraiment aller à Poudlard, je voulais vraiment que tu sois fière de moi, que vous soyez tous fiers de moi… Je te jure que j’ai essayé, j’ai même cherché dans la bibliothèque des Black pour y arriver…
- Je le sais, je sais Marius… Je sais que tu as tout essayé. C’est moi qui te demande pardon. »

Il se détacha d’elle pour scruter son visage. Désolée, pourquoi était-elle désolée, pourquoi lui demandait-elle pardon ? Elle n’avait rien fait elle, c’était de sa faute s’il n’avait pas de pouvoirs, ou de quelqu’un d’autre, il ne savait pas trop, mais certainement pas de celle de sa mère.

« Vois-tu, on naît Cracmol, et personne ne peut rien changer à cette situation. Mais…Mais, les parents peuvent en général faire quelque chose. Pardonne moi Marius, je ne voulais pas te faire Cracmol, j’aurais tellement voulu… J’aurais tellement voulu que tu aies des pouvoirs comme ton frère et tes sœurs. Oh, s’il te plaît, pardonne-moi, pardonne-moi… »

De gros sanglots déchirèrent sa gorge, et elle serra à nouveau son petit garçon dans une étreinte désespérée, comme si elle s’accrochait à une bouée de sauvetage, retenant contre elle ce fils qu’on allait bientôt lui enlever. Marius ne pouvait plus respirer, cependant, il ne se débattit pas. Sa mère l’aimait, sa mère voulait de lui, c'était le plus important.

Elle avait dit que c’était de sa faute s’il n’était pas un sorcier. Peut-être était-ce vrai, peut-être aurait-il du lui en vouloir, peut-être aurait-il du lui demander des comptes… Pourtant, serré ainsi contre elle, il se sentait étrangement en sécurité, se sentait bien pour la première fois depuis le début de cette si longue journée, cette maudite journée qui avait vu sa vie basculer inexorablement.

« Qu’est-ce qui va m’arriver mère ? »

Violetta le serra encore plus fort. Elle renifla sans aucune grâce, sans aucune retenue, sans aucune considération de ce qui convenable ou inconvenant. C’était vraiment déstabilisant de la voir ainsi, elle qui était un si grande dame. L’angoisse de Marius revint à la charge, s’insinua dans ses veines comme un poison froid.

« Ton père est allé voir son frère Phineus. Ton oncle est un fervent défenseur des droits des Moldus, c’est pourquoi la famille Black l’avait renié. Lui saura surement quoi faire, dans quelle école t’inscrire… Il saura te préparer au monde qui t’attends, je sais que tu seras en sécurité avec lui. Après tout, il a le même sang que toi.
- Je vais être renié aussi ? »

Au fond, Marius connaissait la réponse, il avait seulement besoin que quelqu’un le lui affirme, le lui dise en face, pour réaliser, pour digérer la nouvelle.

« Oui… Oui mon fils. »

La voix de Violetta n’était plus qu’un murmure. Dire ces simples mots semblait la mettre au supplice. C’était étrange. Au moment où sa propre mère lui annonçait le rejet de sa famille, il se sentait plus proche d’elle que jamais. Son masque froid était tombé, le sévère vouvoiement qu’on adressait à ses propres enfants n’avait plus lieu d’être. Elle lui montrait plus d’elle pendant ces quelques minutes qu’elle ne l’aurait fait en dix ans s’il avait été sorcier.

Ils restèrent ainsi enlacés longtemps, si longtemps qu’ils ne se séparèrent que lorsque la porte du vestibule claqua et que le son résonna jusqu’à eux, comme le glas du jugement dernier. Des pas s’entendirent dans l’escalier et Cygnus Black s’arrêta sur le pas de la porte, tout comme sa femme quelques heures plus tôt.

« Qu’est-ce que… »

Violetta se tourna vers son mari et lui adressa un regard de défi mêlé de mépris. Cygnus soutint son regard, puis fixa son fils.

« Je suis allé voir votre oncle Phineus et je me suis arrangé avec lui. Il choisira ce qu’il convient de faire pour vous Marius. Votre mère et moi verserons de quoi poursuivre votre scolarité jusqu’à votre majorité. Maintenant, puisque vous êtes réveillé, allez vous rendre présentable et rassemblez vos affaires. Je vous amènerai chez lui quand le jour sera levé. »

Violetta libéra son enfant. Marius scruta le visage de son père, puis celui de sa mère. Celle-ci hocha la tête et le suivit quand il regagna sa chambre. Cygnus ne bougea pas quand ils passèrent auprès de lui, n’esquissa pas un seul mouvement vers eux. Seules ses lèvres tremblèrent légèrement, il ne pouvait pas les contrôler.

Marius fit ses valises en compagnie de sa mère sans échanger un seul mot. Celle-ci était effondrée, elle ne voulait visiblement pas de ce départ, aurait voulu garder son fils auprès d’elle.

Il descendit l’escalier comme un condamné descend les marches de sa prison avant de se rendre à son exécution. Cygnus l’attendait devant la porte d’entrée. Violetta décrocha sa cape et s’apprêta à sortir.

« Que faîtes-vous Violetta ?
- J’accompagne mon fils Elladora. »

La vieille fille se trouvait sur les dernières marches de l’escalier et regardait la scène avec les lèvres pincées et une expression dégoûtée et méprisante sur le visage.

« Il n’en est pas question. Il est suffisamment pénible de vous entendre pleurnicher une nuit entière sur ça. »

Elle désigna Marius du doigt. Ça. C’est ainsi qu’elle l’avait nommé avec un profond dégoût, comme si elle parlait d’un poisson pourri qu’il fallait jeter à la poubelle. Et c’était exactement ce qu’ils faisaient. Ils se débarrassaient de lui comme on se débarrasse d’une ordure à l’odeur malodorante.

« Et pourquoi je vous prie ? Marius est mon fils, j’ai le droit de l’accompagner.
- Oui, Marius est effectivement votre fils, je n’en ai aucun doute. C’est pourquoi j’ai demandé à Cygnus d’éloigner votre bâtard de notre maison. »

Cygnus blêmit soudainement, Marius reçut la nouvelle comme un coup de poignard. C’était donc pour cela qu’elle lui demandait pardon, parce qu’il était un enfant illégitime. Il n’était pas un Black. Une vague de haine à l’endroit de sa mère monta en lui, le submergea. Pourquoi devait-il payer les conséquences des frasques de sa mère ?

« Mon fils est un Black, que cela vous plaise ou non Elladora. Il est le fils de Cygnus, il a votre sang ! Comment osez-vous affirmer une telle chose, comment osez-vous ! hurla Violetta.
- Toujours purs ! Telle est la devise des Black ! Aucun Black ne peut engendrer un Cracmol ! C’est donc qu’il n’a pas notre noble sang dans ses veines !
- Alors, c’est que vous êtes encore plus idiote que vous en avez l’air ma tante ! »

Le père de Marius semblait vraiment furieux, hors de lui.

« Je n’ai aucun doute sur la vertu de mon épouse ! Les Cracmols arrivent dans les meilleures familles, la notre ne fait tout simplement pas exception !
- Alors, c’est que vous n’avez aucun discernement ! Quel naïf vous faîtes Cygnus !
- C'est vous qui êtes naïve! Naïve de croire qu'en affirmant une telle chose, l'honneur de la famille Black ne sera pas entaché, naïve de croire que je vous laisserai déblatérer sans broncher sur l'attitude de mon épouse!
- Vous n’avez pas à me parler ainsi ! Je suis le chef de la famille Black ! Vous me devez obéissance !
- La famille Black a commis la plus grosse erreur de son histoire en vous nommant à sa tête. Maintenant, excusez-nous, nous allons emmener notre fils chez son oncle. »

Elladora écarquilla les yeux, choquée.

« Chez ce traître à son sang de Phineus ? Mais vous avez perdu l’esprit ?!
- Il sera mieux chez son oncle, répliqua Violetta. Lui au moins pourra veiller sur lui.
- La pension aurait été la meilleure solution !
- Vous avez retiré mon fils de l’arbre généalogique des Black, s’emporta Cygnus. Vous m’avez seulement donné le choix de son placement dans le monde Moldu, j’ai choisi. Je préfère de loin le savoir chez Phineus que dans un orphelinat Moldu. Ne vous inquiétez pas, vous n’entendrez plus jamais parler de lui à l’avenir ! Maintenant, nous allons nous retirer, veuillez nous excuser ! »

Il ouvrit violemment la porte, emmena sa femme et son fils à l’extérieur et claqua le battant sous le coup de la rage. Un long silence suivit cet échange. Marius se posait beaucoup de questions, était submergé par beaucoup d’émotions contradictoires. Que devait-il croire, qui devait-il croire ? Elladora avait affirmé qu’il était un enfant illégitime et que c’était pour cette raison qu’il était un Cracmol. Pourtant, son père n’avait pas l’air d’accord avec cette version. Et d’un autre côté, sa mère lui avait demandé pardon, n’était-ce pas parce que la vérité venait d’éclater avec sa nature ?

« Père… Est-ce vrai ? demanda-t-il, la voix cassée.
- Qu’est-ce que vous dîtes Marius ?
- La tante Elladora a-t-elle raison quand elle affirme que je ne suis pas réellement votre fils ? »

Marius n’osait pas regarder sa mère. Il ne voulait pas se trouver face à son regard de pitié ou d’indignation feinte. Comment avait-elle osé faire une chose pareille ? Il se sentait souillé.

« Marius, écoutez-moi. Les Cracmols sont fréquents dans les familles de Sang-pur. Et il est souvent plus aisé d’affirmer que l’épouse a eu un comportement indigne, plutôt que reconnaître que cela peut tout simplement être l’œuvre de la fatalité. »

La fatalité… Il n’y avait donc pas de coupable ? Il devait donc subir cette indignité sans espoir de vengeance ?

« Oui, Marius, il n’y a malheureusement aucun coupable. »

Le jeune garçon ne s’était pas rendu compte qu’il avait parlé à voix haute.

« Marius… »

Violetta posa sa main sur son épaule et le fit tourner vers elle avec douceur.

« Je suis sincèrement désolée que vous soyez un Cracmol, je suis sincèrement désolée de vous avoir fait Cracmol. »

Le tutoiement avait disparu, signe qu’il l’avait profondément blessée.

« Mais je n‘ai absolument pas à rougir de ma vertu. Je vous jure sur tout ce que j’ai de plus précieux que je n’ai jamais eu un comportement indigne. Vous êtes bien le fils de Cygnus Black.
- Beaucoup de gens vous diront beaucoup de choses sur votre condition. J’aimerais juste que vous vous rappeliez que votre mère et moi vous aimions et que nous aurions voulu vous garder près de nous. Et que vous êtes bien notre fils. »

Sa voix se brisa. Il serra fort l’épaule de Marius, comme la veille au soir, lorsqu’il était rentré. Puis transplana.

L’aube s’était levée. Devant la porte de la maison de son oncle, Marius avait l’impression d’être un condamné qui vit ses derniers instants, qui monte les marches de l’échafaud en écoutant les battements accélérés de son cœur. Il avait envie de pleurer, de hurler, de s’indigner contre ce sort injuste. Pourtant, il n’en fit rien. Il n’avait pas eu le temps de regarder une dernière fois la maison de sa famille, n’avait pas pu embrasser ses sœurs et ses cousins, s’était comme enfui, tel un voleur. Ne pas faire de vagues, c’était ainsi dans la famille Black.

Et Marius ne comprenait plus rien.
End Notes:
Et voilà^^ Merci de ne pas oublier la review en sortant^^ A bientôt.
"Adieu Marius" by Ginnyw
Author's Notes:
Bonjour tout le monde. Voici donc l'avant-dernier chapitre de votre fic, j'espère qu'il vous plaira autant que les autres. Encore pardon s'il y a des fautes d'orthographe. Et bonne lecture.
Cygnus Black leva le bras, agrippa un gros heurtoir en bronze et frappa trois coups qui résonnèrent longtemps dans l’esprit de Marius. Il avait l’impression qu’on venait de frapper aux portes de l’enfer, d’un enfer qui le dévorerait tout cru, qui l’avalerait et le ferait disparaître à jamais. C’était surement ce que souhaitait Elladora et bon nombre des membres de la famille Black à cet instant : l’éloigner, l’oublier, l’ensevelir dans la brume des souvenirs.

Que diraient-ils à leurs amis et à leurs relations ? Il y avait fort à parier que beaucoup le croiraient mort, peut-être même pousserait-on le vice jusqu’à publier un entrefilet dans la Gazette du Sorcier. Toujours purs…

Mais il avait le sang pur ! Il était le fils de Cygnus Black et de Violetta Bulstrode, issus de deux grandes lignées de sorciers. Pourquoi ne pouvait-il pas faire de magie dans ce cas-là ? Pourquoi devait-il vivre chez des moldus alors que des individus à l’ascendance moins prestigieuse et au sang mêlé, voire de bourbe, exécutaient-ils des sortilèges sans problèmes ?

Marius chercha la main de sa mère, la trouva et la serra très fort contre sa paume. Dans quelques instants, il serait présenté à son oncle et ferait son entrée dans un monde où il n’avait nulle envie d’entrer, un monde sans magie, un monde sans ses parents et toute sa famille, un monde si éloigné de ce qu’il avait toujours connu…

Le claquement d’une clé que l’on tourne dans une serrure se fit entendre et la lourde porte de bois s’ouvrit sur une jeune fille d’environ quinze ans qui portait une robe noire qui lui descendait jusqu’à mi-jambes, un tablier blanc et une sorte de bonnet plat, blanc également. Marius écarquilla les yeux et sa bouche forma un O de stupeur. Cette tenue lui était étrangère et surtout, elle lui paraissait tellement inconvenante. Dans son entourage, aucune femme ne portait de robes qui ne descende pas au moins jusqu’aux chevilles, c’était totalement ahurissant.

Un regard vers sa mère lui montra qu’il n’était pas le seul à penser ainsi. Elle regardait la jeune femme d’un œil perplexe, ne sachant pas si elle devait blâmer cette attitude ou se contenir. Après tout, peut-être était-ce normal chez les Moldus.

Cygnus ne paraissait pas surpris. Marius ne s’étonna pas de cette réaction, après tout, son père était déjà venu dans la maison de son oncle.

« Bonjour mademoiselle. Je désirerais parler à Mr Black.
- Bonjour Mr Black, il attendait justement votre venue. Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer. »

Elle leur ouvrit la porte en grand et les laissa franchir le seuil avant de les débarrasser de leurs capes et de leurs chapeaux de sorciers. Puis, elle les guida à travers un étroit couloir jusqu’à un petit salon confortable où elle les laissa avant de se retirer pour prévenir leur hôte de leur arrivée.

« Marius, cette jeune fille est l’une des domestiques de ton oncle. »

L’intéressé se tourna vivement vers son père et le regarda, incrédule.

« Pourtant, elle n’est pas habillée comme une gouvernante. »

A l’expression que sa mère affichait, le jeune garçon sut qu’il n’était pas le seul à trouver cela étrange.

« Parce que ce n’est pas une gouvernante. D’après ce que j’ai compris, cette personne s’occupe du ménage, de la cuisine et du service.
- Comme un elfe de maison ? »

Violetta semblait tellement surprise qu’elle n’avait pu retenir une exclamation.

« Oui, c’est ce qu’il me semble… »

C’était étrange. Si cette jeune fille exerçait la même fonction qu’un elfe, pourquoi les Moldus ne prenaient-ils pas directement des elfes à leur service ?

Une porte latérale s’ouvrit brusquement et un homme grand, ressemblant beaucoup à son père, entra. Il ne pouvait s’agir que de son oncle Phineus.

« Cygnus, soyez de nouveau le bienvenu sous mon toit. Mrs Black. »

Il fit une légère révérence devant Violetta, puis ses yeux gris se posèrent sur son neveu. Marius se sentit immédiatement soulagé sans qu’il ne puisse expliquer pourquoi. Le regard de cet inconnu lui avait semblé bon et protecteur. Peut-être serait-il vraiment en sécurité dans ce lieu.

Phineus esquissa un geste pour leur désigner les fauteuils, les invitant ainsi à prendre place. Cygnus n’en fit rien.

« Veuillez nous excuser, Violetta et moi ne pouvons rester. Je vous présente mon fils Marius. »

Pour accompagner ses dires, il posa fortement la main sur l’épaule de Marius.

« C’est un brave garçon, travailleur et raisonnable, il pourra aisément effectuer toute tâche que vous jugerez utile de lui faire faire. »

Des tâches, mais quelles tâches ? Allait-il devoir nettoyer les parquets à la manière des elfes de maison ? Etait-ce pour cette raison que Phineus Black avait accepté de l’accueillir sous son toit, pour qu’il vienne grossir les rangs des domestiques de sa demeure ? Dire qu’il l’avait tout d’abord trouvé tellement gentil…

Ce qu’il pouvait être stupide ! On ne jugeait pas quelqu’un sur un simple regard, ça, il s’en souviendrait, et longtemps ! Un profond désespoir l’envahit à nouveau.

Alors, c’était donc cela son destin ? Passer le restant de sa vie aux côtés d’un oncle renié par sa famille, à cirer les planchers et à servir le thé ?

Il eut l’impression qu’on lui avait donné un nouveau coup dans l’estomac. Tandis que Pollux, Cassiopeia, Dorea et Cedrella deviendraient des sorciers estimés par la société et leurs familles, lui devrait jouer les elfes de maison chez un paria ?

Il serra très fort les poings pour ne pas montrer sa fureur. Comment cela était-il possible ? Comment ses parents pouvaient-ils le laisser face à un avenir aussi funeste ? Alors qu’ils lui avaient promis qu’ils faisaient leur possible pour trouver la meilleure solution ?

Ou peut-être qu’ils n’avaient pas le choix… Peut-être était-ce la seule destinée possible pour un Cracmol… Pour les gens comme lui, ceux qui n’avaient pas eu la chance de posséder les mêmes pouvoirs que leur famille.

Cygnus échangea quelques mots avec son frère, puis Violetta demanda :

« Vous prendrez bien soin de lui n’est-ce pas ? Vous me le promettez ? »

Son mari se racla la gorge en signe de désapprobation, il était tout bonnement inconvenant de supplier de cette manière, en particulier quelqu’un qui avait été renié d’une famille de Sang-Pur.

« Oui Violetta, je vous promets de prendre soin de lui et de vous donner régulièrement de ses nouvelles. Vous pourrez aussi lui écrire et…
- Il n’en est pas question ! »

Cygnus avait parlé tellement fort que Marius sursauta.

« Elladora ne me le pardonnerais jamais. Je ne pourrai jamais venir voir Marius et lui écrire de lettres. Je suis désolé.
- Pourquoi Père ? Qu’ai-je fait de mal ? »

Cygnus se tourna vers son fils.

« Dans la famille Black, personne ne doit se compromettre à fréquenter des Moldus.
- Parce que tu penses que je me compromets, comme tu le dis si bien Cygnus ? Pourtant, tu as été bien content de me trouver pour t’occuper de ton fils ! »

L’intéressé se mordit les lèvres. Il ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Ses épaules s’abaissèrent comme sous le poids d’un lourd fardeau.

Marius recevait cette dernière invective comme un coup de poignard. Son propre père ne voulait pas de lui, ne voulait plus le fréquenter, ne voulait même pas entendre parler de lui. Comment pouvait-on parler ainsi après son beau discours à Elladora et celui qu’il avait tenu devant la porte de la maison ancestrale des Black ? Comment pouvait-on jouer ainsi sur les deux tableaux, comment pouvait-on être aussi hypocrite ?

« Marius, fais honneur à ta famille et sois heureux. »

Honneur à sa famille ? Il se moquait de lui ou quoi ? Il avait déjà apporté la honte et l’opprobre, ne l’avait-on pas éloigné pour cette raison ? N’était-ce pas aussi pour cela qu’il ne voulait pas venir le voir ? Parce qu’il lui faisait honte, parce qu’il le souillait, parce qu’il aurait voulu ne pas l’avoir pour fils ?

Et il comptait sincèrement repartir ainsi, impuni, propre sur lui, noble ? Mais cette attitude n’avait rien de noble, elle était lâche, monstrueusement lâche même ! Non, il n’allait pas le laisser partir la conscience tranquille, il n’allait pas lui faire ce plaisir.

« Honneur à la famille ! Mais père, je vous fais déjà honte par ce que je suis, je vais laver des parquets, comment pourrai-je faire honneur à la noble et ancienne maison des Black dans ces conditions ? Je suis un Cracmol, quelqu’un qui n’a pas le moindre pouvoir magique ! Vous êtes en train de m’enterrer vivant ici, avec un paria du monde sorcier ! »

Marius ne s’était même pas rendu compte qu’il avait haussé la voix.

« Alors, pourquoi avoir soutenu mère devant la tante Elladora, pourquoi lui avoir dit que j’étais votre fils si vous vouliez me mettre ainsi à l’écart ? Pour vous donner bonne conscience ?
- S’il vous plaît Marius, ne rendez pas les choses plus difficiles, soupira-t-il, visiblement peiné.
- Non, je ne vois pas pourquoi je vous rendrai les choses faciles ! J’ai toujours été un bon fils, tout le monde m’a toujours félicité pour mon sérieux et ma bonne conduite. Mère, vous me citiez même en exemple pour Cassiopeia et Dorea, parfois même pour Pollux ! Alors, oui, je suis un Cracmol, et non, je n’ai pas choisi de l’être ! Vous n’avez pas le droit de me dire de sauver l’honneur de la famille, parce que vous n’en avez absolument rien à faire de ce que je ferai ou pas ! Ce serait même un soulagement pour vous tous si je me perdais dans les souterrains de Gringotts ou si je me faisais carboniser par un dragon ! »

Violetta éclata en sanglots. Cependant, Marius était dans une telle colère contre son père qu’il ne s’en préoccupa pas.

« Toujours purs ! Mais j’ai le sang-pur père et je n’ai jamais trahi la famille ! Alors, votre honneur, vous pouvez le garder parce que c’est à cause de lui que je me retrouve ici ! »

Cygnus leva la main comme pour le gifler, puis la rabaissa. Il se mordit la lèvre et gémit d’une voix rauque :

« Adieu Marius. »

Il adressa un bref signe de tête à son frère avant de sortir de la pièce. Ses pas résonnèrent quelques instants dans le couloir, la porte d’entrée claqua et un lourd silence tomba. Cygnus Black était parti, pour toujours. Marius savait qu’il ne le reverrait jamais, qu’ils ne se parleraient plus. D’abord à cause de sa condition, puis de tout ce qui venait d’être dit.

Violetta pleurait toujours et la colère de Marius retomba aussi vite qu’elle était montée. Sa mère souffrait énormément et il se sentit affreusement coupable. Il n’aurait jamais du parler ainsi à son père. Pourtant, ce dernier le méritait, chaque mot prononcé, chaque phrase, avait été motivé par l’hypocrisie de sa famille. Cygnus ne pouvait pas s’en sortir à si bon compte après avoir enterré son fils dans le monde Moldu et avoir effacé toute trace de son existence.

« Marius… Je t’en prie, pardonne-nous, pardonne-moi… Envoie-moi des nouvelles mon fils, envoyez-moi des nouvelles Phineus. Je ne pourrai pas répondre, mais je les lirai toutes et je les attendrai avec impatience. »

Elle pleurait tant qu’elle avait des difficultés à parler et que ce qu’elle disait était presque incompréhensible.

« Je serai toujours là pour toi, je viendrai à chaque fois que tu seras dans la joie ou dans la peine. Dans l’ombre, mais je serai là, tu n’auras qu’à bien regarder autour de toi. »

Elle l’étreignit avec force.

« Je t’aime Marius, je t’aime… Tu seras toujours mon fils, tu seras toujours mon garçon. Et je serai toujours fière de toi. Je t’en prie, deviens quelqu’un dans le monde Moldu, deviens quelqu’un que l’on respecte, deviens une belle personne. Et écoute bien Phineus, il saura te guider, il saura ce qui est bon pour toi… »

Violetta leva ses yeux emplis de larmes vers son beau-frère et le défia du regard.

« Vous me le promettez ? Vous ferez tout ce qu’il faut pour lui ?
- Vous avez ma parole. »

Phineus semblait vraiment retourné par tout ce qui avait été dit. Son visage était blême et ses lèvres tremblaient, comme s’il était sur le point de pleurer à son tour.

« Vous avez intérêt à respecter votre promesse. Sinon, je vous jure par Merlin et toutes les fées Arthuriennes que vous le regretterez Phineus. »

Son regard était devenu dur, froid comme de la glace, lourds de menaces. Phineus ne s’en formalisa pas outre mesure, il hocha la tête et assura une nouvelle fois qu’il prendrait un grand soin de son neveu.

Violetta se détourna et embrassa avidement son fils sur le front.

« Je t’aime Marius… Souviens-toi, je t’aime… »

Puis elle se leva brusquement, comme muée par des ressorts et sortit de la pièce en courant, sans un seul regard vers Marius ou Phineus, comme si elle s’arrachait le cœur.

Ils entendirent la porte s’ouvrir, puis se refermer. Marius ne ferait plus jamais partie de la famille Black.
End Notes:
Merci de votre lecture et n'oubliez pas la review en sortant.
Epilogue by Ginnyw
Author's Notes:
Bonjour, et voilà, dernier chapitre, profitez-en bien.^^
Phineus tint sa promesse. C’était un homme gentil et doux, dont la femme, Moldue, accepta avec un grand plaisir de lui faire découvrir ce monde inconnu. Les journées se succédèrent, ponctuées par les lettres qu’il écrivait à sa mère, lui racontant ce qu’il voyait, ce qu’il vivait, la rassurant également. Il allait bien.

En septembre, il fit son entrée dans un collège réputé, St John’s, et étudia sérieusement. L’école était belle et, même si elle n’avait surement rien à voir avec Poudlard, Marius était heureux.

Il travaillait bien et finit l’année avec les honneurs. A la remise de prix, il scruta les derniers rangs. Un homme et une femme se tenait à l’écart. Il reconnut sans peine Cygnus et Violetta Black. Ils ne vinrent pas lui parler, mais ils étaient là pour l’applaudir et il espérait qu’ils seraient fiers de lui.

Seulement, il se sentit rougir quand il repensa aux dernières paroles qu’il avait adressées à son père. Même s’il n’arrivait toujours pas à comprendre ses raisons, il était sur d’une chose : Cygnus ne l’avait pas oublié. Le soir même, dans la lettre hebdomadaire qu’il adressait à sa mère, il présenta ses excuses.

L’année suivante, les Black firent le déplacement, tous les deux, puis toutes les années qui suivirent. Ils ne manquèrent jamais une remise de prix, pas un seul match de football, le sport préféré des Moldus, pas un seul moment de joie. Ils étaient toujours là, comme des anges gardiens qui veilleraient sur lui dans l’ombre.

Puis, avec les années, il comprit. Son père n’avait pas eu la force de désobéir à sa famille et de le garder près de lui. Ses parents avaient été dépassés par la situation. Ils avaient juste été écrasés par les convenances, par la famille, par la société, par leur condition. Ils n’avaient pas su se libérer du poids du sang.

Et quand Marius sourit à la jeune infirmière qui allait devenir sa femme, il repensa à ses parents, à sa famille, à leurs idéaux. Finalement, être Cracmol avait été une chance pour lui. Dans le monde Moldu, il n’avait pas à le supporter, il en était libéré. Le poids du sang.
End Notes:
Merci d'avoir lu jusqu'au bout et n'oubliez pas la review. Que vous ayez aimé ou non, votre avis m'intéresse beaucoup^^
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