Ad Vitam Aeternam by Smittina
Ancienne histoire coup de coeurSummary:

 

Lily Potter est morte, tuée par des Mangemorts et James a dû élever seul leur fils.

Depuis, il ne laisse aucune femme rentrer dans leur vie.

Du moins jusqu'à ce qu'une nouvelle recrue mystérieuse ne rejoigne l'Ordre du Phénix et vienne tout remettre en cause...

 


Crédits : "Hands" by ZwichrowanaNanorurka sur DeviantArt

***

- FICTION TERMINEE -


Categories: Après Poudlard, Univers Alternatifs Characters: Harry Potter, Les Maraudeurs, Lily Evans, Personnage original (OC)
Genres: Aventure/Action, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 55 Completed: Oui Word count: 346928 Read: 158650 Published: 26/01/2014 Updated: 17/08/2017
Story Notes:

Ad Vitam Aeternam (ou "A tout jamais")

[Ici, tous les personnages (sauf quelques OC), et certains faits appartiennent exclusivement à la brillantissime JK Rowling]

Cette fanfiction est un Univers Alternatif dans lequel j'ai choisi délibéremment d'occulter la Prophétie de Trelawney. Ainsi, Voldemort n'a pas ressenti le "besoin" d'éliminer la menace : Harry Potter. Et par conséquent, ses parents ne sont pas morts le soir d'Halloween comme c'est le cas dans les livres.

L'histoire se déroule en 1995, soit lors de la Quatrième Année d'Harry à Poudlard et elle s'étalera sur l'intégralité de cette année scolaire.

C'est donc une fanfiction longue qui comportera en tout entre 55  chapitres. Sa rédaction est terminée.

Certains chapitres comportent quelques scènes de violence d'où le rating -16. Il n'est donc pas là pour faire jolie. Mais en général, j'essaie de signaler ces scènes, en note de début de chapitre, histoire de vous prévenir. 

Certaines fautes d'orthographes/conjugaisons se dissimulent sûrement dans mon texte, n'hésitez pas à me le dire que je m'empresse de les corriger!

N'hésitez pas non plus à me faire part de vos impressions, de vos critiques! Elles sont bien évidemment les bienvenues et ne peuvent que me permettre de progresser!

La question est souvent revenue dans les reviews alors je vous l'indique ici : ma fréquence de publication est bi-mensuel et en général, je poste mes chapitres le weekend, quand le temps me le permet! Voila !

Sur ce, Bonne Lecture à tous et à toutes !

(mise à jour le 16/04/2015)

1. Prologue - Treize ans by Smittina

2. Une nouvelle recrue by Smittina

3. Méfiance by Smittina

4. Au Chaudron Baveur by Smittina

5. Sous Surveillance by Smittina

6. Le Foyer by Smittina

7. Retour sur les bancs de l'école by Smittina

8. De la Défense Contre les Forces du Mal by Smittina

9. Gringotts by Smittina

10. La Coupe de Feu by Smittina

11. La Première Tache by Smittina

12. Le Manoir des Malefoy by Smittina

13. Le Cottage by Smittina

14. Dangereuse Attraction by Smittina

15. Cours particuliers by Smittina

16. Dernière danse by Smittina

17. Le Bal de Noël by Smittina

18. Godrick's Hollow by Smittina

19. Révélations et Guet-Apens by Smittina

20. L'Entre-Deux by Smittina

21. L'Enquête by Smittina

22. Carte et soupçons by Smittina

23. L'Anniversaire by Smittina

24. La Deuxième Tâche by Smittina

25. Dans les Bois... by Smittina

26. Echec & Mat by Smittina

27. Serment Inviolable by Smittina

28. Retrouvailles by Smittina

29. Diadème et plus si "affinités" by Smittina

30. Entrevues sur Demande by Smittina

31. L'Ordre du Phénix by Smittina

32. L'Autre by Smittina

33. Mme Maxime by Smittina

34. Le Trio by Smittina

35. Ces Secrets de Famille... by Smittina

36. La Chaumière aux Pommes by Smittina

37. Brocéliande by Smittina

38. Le Labyrinthe by Smittina

39. La Dame du Lac by Smittina

40. Ellie by Smittina

41. Nouveau départ by Smittina

42. Les Gardiens by Smittina

43. La Troisième Tâche by Smittina

44. Fenêtres sur le passé by Smittina

45. Cauchemar éveillé by Smittina

46. Little Hangleton by Smittina

47. Traître ! by Smittina

48. Le Département des Mystères by Smittina

49. Avalon by Smittina

50. La Bataille by Smittina

51. La fin d'une ère by Smittina

52. La Pensine by Smittina

53. Le Procès by Smittina

54. Redemption by Smittina

55. Epilogue - Treize ans plus tard by Smittina

Prologue - Treize ans by Smittina
Author's Notes:

Bien le bonjour à vous, chers lecteurs !

Ce prologue se marie très bien avec :
"Snape's demise" d'Alexandre Desplat :
https://www.youtube.com/watch?v=6LLMI3qYvGg

 

PROLOGUE - TREIZE ANS.

 

"Un amour qui n'a pas le sentiment d'être éternel,
n'a jamais commencé."

André Frossard

 

***

 

Un homme progresse lentement sur ce petit sentier en plein cœur de la forêt de Dean. Ses jambes tremblent et son cerveau le supplie de faire demi-tour. Mais il veut en avoir le cœur net. Il doit savoir. Alors, il continue d’avancer, les bras le long du corps et les poings serrés. Les battements de son cœur s’accélèrent à mesure qu’il approche de l’agitation. De nombreuses autres personnes sont présentes. Parmi elle, un jeune homme aux cheveux et yeux gris s’avance vers lui. Il pleure. Cela ne lui ressemble peu. Il lui pose une main sur le torse, le suppliant de ne pas y aller.  Cependant, l’homme le repousse et continue sa progression vers l’agitation. Il doit savoir, et il ne repartira pas sans l’avoir vue de ses propres yeux. Lorsqu’elles s’aperçoivent de sa présence, toutes les personnes se trouvant sur les lieux, s’écartent pour le laisser passer. Voyant leurs mines attristées, et cet air désolé sur leurs visages d’une pâleur cadavérique, il comprend qu’il n’y a pratiquement plus d’espoir. Cependant, il insiste pour aller jusqu’au bout, et de ce fait, il avance la tête haute vers ce qui s’apparente à la tragédie de sa vie.

                Il baisse les yeux, et il la voit, étendue sur le sol, inerte, sans vie. Mise à part sa chevelure rousse caractéristique, elle n’est même pas reconnaissable tellement son visage est défiguré par les sévices qu’elle a dû subir durant les deux derniers mois qui suivirent sa disparition. A vrai dire, son corps entier est mutilé, lacéré, écorché par les nombreux sortilèges et coup de lames qu’elle a endurés. Tout ce qui reste d’elle, c'est sa baguette – saule, 25.6 cm, souple et rapide – ainsi que son alliance ensanglantée. L’homme tombe à genoux et ne peut s’empêcher de pousser un cri de douleur déchirant car celle qu’il avait tant aimée, n’était plus à présent.

 

***

 

                Ce fut un horrible cauchemar qui réveilla en sursaut James Potter. Ce dernier était dégoulinant de sueur, et son corps était parcouru de spasmes incontrôlés. Le temps d’une infime fraction de seconde, il crut qu’il était encore agenouillé dans ces bois ; mais un rapide coup d’œil dans la pièce où il se trouvait lui fit comprendre qu’il avait encore fait cet odieux cauchemar. Il porta ses mains à son visage, et tenta de reprendre par-dessus tout, ses esprits. Il inspira profondément à plusieurs reprises, essayant d’effacer ces horribles images de sa mémoire, mais rien n’y faisait. Aujourd’hui, il savait qu’elle serait partout, à ses côtés.

                James resta longtemps assis sur ce lit qui n’était pas le sien, et se rappela qu’il n’était pas seul lorsqu’il sentit le corps d’une personne bouger à ses côtés. Il porta enfin le regard vers la propriétaire des lieux où il se trouvait. Comment elle s’appelait ? Où était-il ? Il n’en avait aucune idée. Il avait trop bu la veille pour s’en rappeler. Et puis, de toute façon, il s’en moquait comme de son premier balai. Tout ce qu’il savait sur elle, c’était qu’elle était rousse. C’était son seul et unique critère de choix depuis des années. Et après la nuit agitée qu’ils avaient passée, elle était profondément endormie, et seul un drap fin permettait de cacher l’intégralité de son corps pourtant si bien dénudée. James sortit du lit qui l’avait hébergé le temps d’une nuit. Il trouva rapidement ses affaires, jetées au sol la veille au soir, et se rhabilla le plus rapidement et le plus discrètement possible. Puis, il sortit de la chambre, et de la demeure de l’inconnue.

                Une fois à l’extérieur, il ne put que constater qu’il faisait encore nuit. Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il était. Sa tête lui faisait un mal de chien – sûrement à cause de l’alcool -  et les images du corps en lambeaux de sa femme n’arrêtaient pas de venir le hanter. Il erra sans but et sans destination précise pendant un long moment. Lorsqu’il s’arrêta, il ne savait vraiment pas où il était, mais à présent, des rayons de soleil commençaient à inonder les rues londoniennes qu’il arpentait depuis au moins une heure. Aussitôt, ces rues jusqu’à présent désertes, se remplirent progressivement de moldus qui partaient pour leur travail. James les observa, et son regard resta figer quelques longues secondes sur l’image d’une femme embrassant tendrement son mari sur le pas de la porte. Cette vision si banale et si routinière ne put qu’accentuer la profonde mélancolie qu’il ressentait en cette dernière matinée du mois de Juin. 

                James soupira et vit soudain une station de métro. Il plongea une main dans sa poche et en sortit quelques pièces moldues. Il descendit dans la rame, et rejoint le centre de Londres. Là-bas, il y avait le Ministère de la Magie, point de rendez-vous qu’il avait fixé avec son meilleur ami, des heures auparavant. Il sortit de la rame et commença à rejoindre tranquillement son lieu de rendez-vous. Il savait qu’il était en avance, mais peu l’importait. Il n’avait pas envie de rentrer chez lui. Cependant, il fut assez surpris de constater que son meilleur ami était lui aussi en avance, et en train de parler à une charmante demoiselle. Blonde, un mètre soixante dix, de longues jambes : tout à fait le style de Sirius Black, même si James trouvait qu’elle était peut-être un peu trop jeune pour lui. Ce dernier le vit baiser la main de la jeune femme, qui rougit, avant de prendre la direction du Ministère.

- Tu les prends à la sortie de Poudlard maintenant, Patmol ? Demanda James, en achevant les derniers pas qui le séparaient de son ami.

Sirius se retourna et ne fut pas surpris de voir son meilleur ami en avance, tout comme lui. Aujourd’hui était un jour spécial pour eux, et particulièrement pour James.

- Je constate que tu portes les mêmes affaires qu’hier… Se contenta de répondre Sirius.

- Harry est chez les Weasley pour le week-end, expliqua James.

- Je vois… S’amusa Sirius. Encore une rousse…

James se contenta d’hausser les épaules, les mains dans les poches, se retenant de passer négligemment une main dans ses cheveux. Elle avait horreur de ça.

- On va le chercher ce balai ? Finit par dire James.

- D’accord.

Les deux hommes transplanèrent alors, chacun de leur côté et ils se retrouvèrent rapidement dans la rue de Londres qui abritait la plus fameuse rue commerçante pour sorcier : le Chemin de Traverse. Ils passèrent par le Chaudron Baveur où ils saluèrent Tom l’Aubergiste, et se rendirent à l’arrière du pub pour accéder à la rue sorcière.

                James et Sirius se déplacèrent dans le silence, et n’arrêtèrent pas d’attirer sur eux tous les regards des jeunes sorcières qu’ils croisaient sur leur passage. Ce phénomène c’était toujours produit durant leur scolarité à Poudlard, et cela avait continué, même en étant adulte. Il faut dire que ces deux hommes étaient particulièrement attirants.

Sirius Black était grand, musclé, et ses cheveux étaient noirs, longs et légèrement bouclés. Les traits de son visage étaient fins, ses yeux étaient gris, mais ce qui faisait son charme irrésistible depuis toutes ces années, c’était son magnifique sourire.

James Potter quant à lui, était grand, et plus mince que Sirius. Ses yeux étaient de couleur noisette et ses cheveux étaient noir de jais, tout le temps ébouriffés. Il portait des lunettes rondes, avait beaucoup de charisme, et une assurance folle. Ces deux là pouvaient avoir exactement toutes les femmes qu’ils voulaient. Sirius ne s’en privait jamais, alors que James, se contentait de quelques rousses à l’occasion, mais jamais rien de sérieux, car la seule femme qu’il n’avait jamais voulu dans sa vie, il l’avait eue, et elle lui avait été brutalement arrachée.

                Les personnes qui avaient connues James à Poudlard, auraient pu témoigner du fait qu’il avait énormément changé depuis cette époque. Il semblait avoir perdu de sa gaité et de sa joie de vivre. Il ne souriait plus énormément, et cette lueur particulière qu’il avait eue dans ses yeux, exprimant son gout pour la vie, semblait l’avoir définitivement quitté. A présent, le regard de James était triste et mélancolique, et il ne fallait pas s’appeler Merlin pour comprendre que James avait perdu de son éclat, le jour où le rayon de soleil qui illuminait sa vie -  Lily Potter, née Evans - s’était éteint.

 

***

 

                C’était une douce nuit du mois d’Avril. James était rentré tranquillement chez lui après avoir passé deux jours en mission secrète pour l’Ordre du Phénix. Ils avaient perdus deux hommes quelques heures plus tôt et n’avait eu qu’une envie : serrer dans ses bras les deux amours de sa vie. Il se rappela avoir été surpris de ne recevoir aucun Patronus de la part de Lily pour prendre de ses nouvelles, mais il ne s’en était pas inquiété plus que ça. Il se rappela  ensuite avoir franchi le pas de sa porte et constaté que leur maison était sans dessus dessous. Toutes leurs affaires étaient renversées sur le sol, comme si une bataille avait eu lieu. Des traces de sang étaient également présentes dans le salon, mais James n’avait retrouvé aucun corps.

                 Il se souvint alors avoir cherché frénétiquement sa femme et son enfant, dans toutes les pièces de leur cottage à Godric’s Hollow. Il n’y avait personne. Il avait alors entendu des pleurs d’enfants, provenant d’un placard. James avait couru jusqu’à lui, et avait fini par retrouver son fils âgé d’à peine un an, dans ses couvertures, à même le sol. Lily avait dû voir la menace, et l’avait enfermé dans ce placard pour le protéger. James avait pris son fils dans ses bras, et l’avait bercé pour tenter de le rassurer, lui murmurant, en pleurs que sa maman allait bientôt rentrer.

                Mais Lily semblait avoir disparu, et James la chercha sans relâche pendant deux mois, jusqu’à ce qu’il ne retrouve son corps mutilé dans la forêt de Dean. A ce moment là, sa vie prit un bien triste tournant. Il sombra quelques temps dans la dépression, pendant laquelle il se laissa mourir à petit feu, refusant de s’alimenter, et n’arrivant pas à dormir. Il se contentait de rester assis sur son lit, les yeux vidés de toute expression. Il agissait comme s’il avait subi le baiser du Détraqueur, et que son âme lui avait été arrachée.

                Cependant, il réussit à en sortir le soir de l’anniversaire d’Harry, son fils. Ce dernier était dans la chambre d’à côté et pleurait. Au bout d’une heure, Sirius rentra dans la chambre de James et Lily, et il lui apporta son fils. Bien que James n’eût aucune réaction de premier abord, il finit par lui prêter attention au bout de quelques longues minutes. Le regard du père et de l’enfant se croisèrent, et c’est là que James comprit. En voyant cette paire d’yeux vert émeraude en amande, il comprit que Lily ne serait jamais morte car une part d’elle vivrait éternellement dans son fils… Leur fils. Il réalisa ainsi qu’il fallait qu’il se batte, et qu’il essaye de s’en sortir, pour Harry… Mais aussi pour elle. A partir de ce jour là, James fut un père extrêmement présent et attentionné envers son fils. Il n’avait raté aucun de ses anniversaires, faisait attention à ses fréquentations et s’imposait d’être tous les soirs présent pour passer le plus de temps possible avec lui. Et c’est parce que James était un père attentionné qu’il se trouvait à présent sur le Chemin de Traverse.

 

***

 

                James et Sirius finirent par trouver le magasin d’accessoires de Quidditch. Ils y pénétrèrent et James acheta le balai dernier cri qui venait de sortir : un Eclair de Feu. Ce serait le cadeau d’anniversaire d’Harry, qui aurait quatorze ans dans un mois. Ce dernier jouait au poste d’Attrapeur dans l’équipe de Gryffondor, à Poudlard, et James savait pertinemment que son fils rêvait de ce balai depuis qu’il était sorti en avril dernier.

                Les deux hommes sortirent alors, et Sirius proposa à James de lui payer un coup à boire. Ce dernier accepta malgré son mal de tête et ils se remirent à arpenter la rue sorcière. C’est alors qu’ils furent abordés par Arthur Weasley, le père de Ron, meilleur ami d’Harry à Poudlard. Les trois hommes échangèrent quelques banalités, et Sirius commença à raconter les dernières nouvelles au sujet des Mangemorts, lorsque James la vit. Elle était là, immobile au milieu de la foule qui allait et venait. James secoua fermement sa tête pour tenter de la faire partir. Mais lorsqu’il rouvrit les yeux, il ne put constater qu’elle était toujours là, en train de le fixer.

                Sans dire le moindre mot, et sans réfléchir, il s’élança dans sa direction. La foule était nombreuse ce matin-là et il avait peine à se mouvoir à travers elle. Il la vit alors tourner les talons, et partir dans une allée secondaire. James réussit à s’extirper de la foule, et se lança à sa poursuite, dans une course frénétique. Lorsqu’il atteint la rue qu’elle avait empruntée, elle ne semblait plus y être. James tourna alors sur lui-même pour voir s’il n’avait pas raté quelque chose, mais il dut se rendre à l’évidence que son esprit lui avait encore joué des tours.

                C’est alors, qu’il aperçut une chevelure rousse, qui semblait payer des Fleurs de Lys à une commerçante. C’était sa fleur préférée. Vue de dos, elle lui ressemblait énormément. Il courut alors sans réfléchir dans sa direction, tandis qu’un immense espoir avait commencé à s’insinuer en lui. Lorsqu’il l’eut atteinte, il posa précipitamment une main sur son épaule, de peur qu’elle ne lui échappe, et la força à se retourner. Cependant, tous ses espoirs s’évanouirent au moment même où il vit son visage. Il dut alors admettre amèrement que son esprit lui avait bien joué des tours.

                Il regarda la femme rousse s’en allait tandis que son cœur sembla se déchirer, une nouvelle fois, si cela était possible. Soudain, il sentit une main lourde s’abattre sur son épaule, et il ferma les yeux, reconnaissant cette patte là, parmi des milliers. Sirius l’avait rejoint, et il se plaça face à lui, les sourcils froncés.

- Ca va, vieux ?

- J’ai cru qu’elle était là, expliqua James.

- Ah… Répondit tristement Sirius.

- Ca fait treize ans aujourd’hui.

- Je sais, soupira Sirius, en baissant la tête.

-  Elle me manque.

 

Sirius savait que James n’avait jamais aimé parler de ses sentiments, et encore plus depuis que Lily était morte. Il savait aussi que ces mots avaient été difficiles à avouer pour son meilleur ami, et en guise de réponse, il se contenta de resserrer son emprise sur son épaule, et l’incita à le suivre pour prendre cette bièraubeurre au Chaudron Baveur. En cette triste matinée, cela faisait treize ans que Lily Potter était morte.

 


Une nouvelle recrue by Smittina
Author's Notes:

Merci aux lecteurs et aux reviewers :)


Vous pouvez lire ce premier petit chapitre avec Hometown Glory de Adèle, dans les oreilles : 
https://www.youtube.com/watch?v=BW9Fzwuf43c

 

                C’était le dernier jour du mois de Juillet, et il pleuvait sur Londres. Dans une rue du centre de la capitale anglaise, se tenaient une femme et un homme aux cheveux blancs, et particulièrement grand. Ce dernier portait une longue robe d’une couleur bleuté, et des lunettes demi-lunes. La pluie ne semblait pas les atteindre, comme s’ils étaient protégés par une sorte de bulle invisible. La femme finit de lire une inscription sur un morceau de papier, puis elle y mit feu, avant de soupirer grandement.

- Vous êtes sûre que vous êtes prête pour ça ? Demanda Albus Dumbledore.

- Tout à fait, répliqua la femme.

- Si vous avez le moindre doute, il est toujours temps de renoncer, vous savez ? Personne ne vous en voudra… Surtout pas après ce que vous avez vécu.

- Ca va aller, affirma-t-elle, d’un ton détaché.

- Ce sera de loin la mission la plus dure que vous aurez à effectuer, expliqua-t-il. Les choses ont changé.

- J’en suis pleinement consciente.

- Dans ce cas… Soupira Dumbledore. Suivez-moi.

                Ce dernier passa devant la femme, et elle le suivit sans discuter. Ils se trouvaient à présent, à l’extérieur d’une immense maison de l’époque victorienne de Londres. Elle avait un aspect sombre et lugubre, qui donna froid dans le dos à la femme. Elle comprit alors pourquoi cet endroit était devenu le Quartier Général de l’Ordre du Phénix. Personne n’imaginerait aller les trouver dans un endroit pareil. Dumbledore ouvrit la porte et la lui tint pour la laisser pénétrer la première au 12 Square Grimmaurd. Elle fit quelques pas dans ce couloir, tout aussi lugubre que l’aspect extérieur de la maison, et attendit qu’Albus Dumbledore ne lui indique le chemin à prendre. Ce dernier la fit alors pénétrer dans une pièce où se tenait une grande table ronde où étaient assises de nombreuses personnes, qui lui étaient plus ou moins inconnues. Puis, il la pria de le suivre et l’emmena jusqu’à une jeune femme très particulière, car elle arborait une chevelure rose fuchsia.

- Bonsoir, Albus, dit elle en  souriant.

- Bonsoir, Tonks, répondit le vieux Directeur. Est-ce que tout le monde est là ?

- Non, les Maraudeurs sont aux abonnés absents, répondit-elle. C’est l’anniversaire du petit, ce soir.

- Oui, je sais, sourit Albus. Nous allons commencer sans eux.

Albus leva les mains, et incita ainsi toutes les personnes présentes, à prendre part autour de la table ronde. Une chaise supplémentaire fut apportée à la nouvelle arrivante, et quatre restèrent vides pendant un petit moment.

 

***

 

                James Potter, Sirius Black, Rémus Lupin et Peter Pettigrow, transplanèrent avec une quinzaine de minutes de retard devant le 12 Square Grimmaurd. Ils se dépêchèrent d’entrer, et de se rendre à la petite pièce qui faisait office de lieu de réunion. Lorsqu’ils pénétrèrent dans cette salle, tout le monde les regarda et leur adressa un sourire plutôt amusé.

- Excusez-nous Albus, commença James. C’était l’anniversaire d’Harry et on n’a pas vu le temps passer…

- Il n’y a aucun problème, James, lui sourit son ancien Directeur. Asseyez-vous donc.

James et les autres acquiescèrent et rejoignirent rapidement leur place. Dumbledore leur fit un rapide résumé des sujets qu’ils avaient commencé à aborder, lorsque Sirius donna un coup de coude à James. Ce dernier se retourna vers son meilleur ami, et fronça des sourcils. Sirius s’approcha alors discrètement de l’oreille de James, et murmura :

- Tu as vu la nouvelle ?

James reporta alors son regard sur l’ensemble des personnes présentes, et il remarqua enfin la présence d’une tête nouvelle assise aux côtés de Nymphadora Tonks.

- Elle est plutôt pas mal, non ?

Le brun à lunettes n’y avait pas spécialement prêté attention jusqu’à présent, et il décida d’y remédier pour pouvoir répondre à la question de son meilleur ami. Il admira alors cette femme. Ses cheveux étaient noirs corbeaux, légèrement bleuté, ce qui contrastait assez avec la couleur pâle de sa peau. Elle avait un nez droit, une bouche assez pulpeuse, et de l’endroit où il était, James constata qu’elle avait une paire d’yeux bleus assez clairs, magnifique. Elle était assise, avec une cape sur les épaules, ce qui empêchait d’avoir une vue directe sur le reste de son corps. Mais pour ce qu’il en voyait, James ne put qu’être d’accord avec Sirius.

- Ouais, finit-il par répondre.

Sirius sourit malicieusement, et se redressa sur sa chaise, tandis que Dumbledore continuait à déplorer les pertes tragiques du côté moldus. Près d’une heure plus tard, le Directeur de l’école de Sorcellerie Poudlard, se leva et déclara :

- Pour finir, j’aimerais vous présenter une nouvelle recrue, qui je pense, nous sera d’une aide indispensable.

Il avait prononcé ces paroles en indiquant la jolie brune qui se trouvait à ses côtés, et d’un simple geste de la main, il l’incita à se lever. Lorsqu’elle fut debout, James ne put que confirmer ses premières impressions à son sujet, trouvant ainsi qu’elle avait un corps presque parfait, avec ce qu’il fallait là où il le fallait.

- Je vous présente Ellie Sturgis, leur dit-il. Elle travaillera sur le terrain avec Tonks. J’espère que vous l’aiderez à prendre ses marques et que vous ne lui donnerez pas envie de faire machine arrière.

Tout le monde rit, et d’un geste de la main, Dumbledore mit fin à la séance. James vit alors qu’il se pencha à l’oreille de cette nouvelle recrue, et qu’il lui murmura quelque chose à l’oreille. Cette dernière se contenta d’hocher la tête, et en une fraction de seconde, ses yeux d’un bleu perçant rencontrèrent ceux de James. Ce dernier, assez gêné d’avoir été pris en train de l’observer, détourna rapidement la tête pour rapporter toute son attention sur Sirius. Ainsi, il ne put voir Dumbledore partir, et Tonks venir faire connaissance avec la nouvelle recrue.

- Salut ! Au cas où tu ne l’aurais pas compris, je suis Nymphadora Tonks, dit la femme aux cheveux roses fuschia, en lui tendant la main. Mais je préfère qu’on m’appelle Tonks.

- Moi c’est Elisabeth Sturgis, répondit-elle en serrant la main de Tonks, mais je préfère qu’on m’appelle Ellie.

- Très bien Ellie, sourit Tonks. Il semblerait que l’on va souvent travailler ensemble toi et moi.

Un rire particulièrement bruyant s’éleva soudain dans la pièce, et accrocha l’attention d’Ellie, qui en oublia de répondre à sa nouvelle coéquipière. Elle porta alors son regard vers deux hommes bruns qui riaient à gorge déployée.

-  Le brun qui est en train de faire l’andouille, c’est Sirius Black, expliqua alors Tonks. L’autre, celui qui porte des lunettes, c’est James Potter.

Ellie hocha la tête sans détourner son regard de ce dernier. Elle semblait comme captivée par lui. Tonks s’en rendue compte et mit ça sur le compte de l’attirance folle que pouvait faire naître James Potter chez une femme. Alors, elle se pencha à l’oreille de la nouvelle recrue et lui murmura d’un ton amusé :

-  Laisse tomber.

Ces dernières paroles firent sortir Ellie de sa contemplation, et elle reporta enfin son attention sur sa nouvelle coéquipière, en fronçant des sourcils.

- Potter ne laisse entrer personne dans sa vie. Tu n’as aucune chance avec lui.

- Je ne cherche pas à…

-  Je te préviens, c’est tout, la coupa gentiment Tonks. Il n’y a pas de place pour une femme dans sa vie… Sauf si tu as seulement envie de prendre du plaisir pour une nuit. 

Ellie releva les sourcils, et n’eut pas le temps de répliquer, qu’elle aperçut plusieurs personnes qui s’étaient rapprochées d’elles.

- Bonsoir, sourit le dit Sirius Black, avec un sourire charmeur. Nous sommes venus te souhaiter la bienvenue parmi nous.

- Merci, c’est gentil, répondit Ellie.

-  Laisse-moi te présenter mes amis, lança Sirius avec un clin d’œil qui était censé faire craquer toutes les filles. Le petit blond qui à l’air timide, c’est Peter.

- Bonsoir, répondit-elle, avec un léger sourire sur ses lèvres.

- Le mec au teint maladif, c’est Rémus, ajouta Sirius. Mais ne t’inquiète pas, il n’est pas contagieux, seulement ennuyeux lorsqu’il commence à faire de la psychologie.

- Je suis enchanté de te rencontrer Ellie, sourit alors Rémus. Et cet imbécile-là, c’est Sirius.

Ellie se contenta de sourire légèrement et de leur adresser un simple hochement de tête.

-  Et le magnifique homme que voici, continua Sirius. C’est James.

- Enchantée, dit alors Ellie.

Cependant James ne répondit rien, et se contenta de la regarder d’une manière indescriptible. A cet instant précis, elle aurait été incapable de dire s’il était énervé, blasé, ou ennuyé. Cet homme semblait froid, et distant avec elle, alors qu’elle l’avait vu rire quelques minutes auparavant.

- Quel âge as-tu ? Demanda soudain James, d’un ton détaché.

Ellie releva ses sourcils, et se dit que ses parents avaient échoué s’ils avaient tenté de lui inculquer les bonnes manières.

- Voyons James… Le réprimanda Rémus. Ce n’est pas…

- Elle a l’air d’avoir la trentaine, et pourtant, je ne l’ai jamais vue à Poudlard, le coupa-t-il en fronçant les sourcils.

- James… tenta d’intervenir Sirius.

- Sa tête ne me dit rien du tout.

Rémus allait de nouveau le réprimander sur son comportement lorsqu’une personne parla avant lui, et en abasourdit plus d’un :

- C’est peut-être parce qu’Elle n’a pas fait ses études en Grande Bretagne, répondit Ellie, qui semblait piquée au vif par la manière dont il lui parlait.

- Où ça alors ? Demanda James.

- Je ne savais pas que les nouvelles recrues devaient subir un interrogatoire par tous les membres de l’Ordre, répliqua Ellie sur la défensive.

James inspira fortement et s’approcha d’elle d’un pas décidé. Il s’arrêta à quelques centimètres de son visage, et en observa avec minutie, chaque centimètre carré avant de dire :

-  Tu es nouvelle, et personne ne semble t’avoir déjà vue, avant…Expliqua-t-il. J’ai le droit de me poser des questions, non ?

- Oui, tu as le droit. Tout comme moi j’ai le droit de ne pas y répondre, trancha fermement la brune, la tête haute.

James serra légèrement des poings, et Sirius finit par lui mettre une main sur l’épaule pour le calmer. James regarda froidement la brune, droit dans les yeux, et finit par sortir, furibond de la salle, sous le regard éberlué de ses amis. Sirius secoua la tête et partit à la poursuite de son meilleur ami, alors que Rémus s’approcha d’Ellie.

- Je suis vraiment désolé pour le comportement de James, commença-t-il gêné. Aujourd’hui n’a pas été une journée facile pour lui, et… Il est un peu à cran ces derniers temps.

- Ce n’est pas grave, assura Ellie, malgré le fait qu’elle soit toujours énervée contre le dit Potter.

Rémus lui sourit, et après quelques banalités échangées, Ellie Sturgis quitta le 12 Square Grimmaurd pour rejoindre la chambre qu’elle louait au Chaudron Baveur. Elle enleva ses chaussures, et se coucha sur son lit. Elle se dit alors que Dumbledore avait eu au moins raison sur un point : ça serait de loin la mission la plus dure qu’elle aurait à effectuer.

 

***

 

                Ce soir-là, James quitta le 12 Square Grimmaurd assez rapidement sans dire au revoir à ses amis. Le comportement de cette femme l’avait tellement énervé qu’il avait préféré rentrer directement chez lui, retrouver son fils. James Potter n’était pas quelqu’un de colérique, mais il n’avait pas l’habitude qu’on lui tienne tête. Il avait eu une enfance plaisante pendant laquelle ses parents lui avaient toujours donné ce qu’il voulait. A Poudlard cela avait été la même chose. Ce que James avait voulu, il l’avait eu. Une seule personne avait osé lui tenir tête, et lui avait refusé ce qu’il demandait : Lily Evans. Elle fut la seule fille de Poudlard à refuser tout bonnement de sortir avec lui, invoquant son arrogance. Il avait du lui courir après pendant près de deux ans, avant qu’elle n’accepte, car elle avait remarqué que sa tête avait dégonflé. Lily, sa défunte femme, fut la seule qui ne se soit jamais dressé contre lui. Et ce fut cette qualité – qui avait pourtant l’air d’un défaut – qui fit qu’il en tomba profondément amoureux.

 

                Mais cette nuit-là, il y avait eu cette Ellie Sturgis qui l’avait tout bonnement envoyé sur les roses. Elle avait refusé de répondre à ses questions. Elle avait refusé de lui donner ce qu’il voulait, et cela l’agaçait profondément. Pour se changer les idées et se calmer, James monta voir son fils dans sa chambre. Cependant, lorsqu’il ouvrit la porte, il constata qu’Harry était déjà profondément endormi. Il avait la tête qui reposait sur un album photo, et avait oublié d’éteindre la lumière. James s’approcha doucement de son fils, et ôta le livre de sous sa tête, avant d’éteindre la lumière et de rejoindre sa propre chambre.

 

                Il jeta l’album photo sur son lit, et se déshabilla pour prendre une douche. Il resta longtemps sous l’eau chaude qu’il pensait pouvoir le débarrasser de toute sa colère envers la nouvelle recrue. Cependant, lorsqu’il sortit de la douche, il ne put que constater qu’il en voulait toujours à la jeune femme de s’être opposé à lui de la sorte. Après tout, pour qui se prenait-elle ? Et si elle avait refusé de répondre à ses questions, c’était peut-être parce qu’elle avait quelque chose à cacher. Une chose était sûre, James n’avait pas confiance en elle, et s’en méfierait comme de la peste jusqu’à nouvel ordre.

                Il rejoint son lit et s’allongea nonchalamment dessus, en soupirant. Il tendit ses bras au dessus de sa tête et ses doigts rentrèrent en contact avec une couverture de livre, plutôt froide. James lança un regard vers l’objet et s’en empara d’une main. Il se tourna et se mit à caresser délicatement l’album photo du bout des doigts. Il hésita longuement avant de l’ouvrir mais finit par céder à la tentation. La première photographie qu’il vit fut celle de son mariage.

                Ce jour-là, il n’y avait eu qu’eux deux, et Sirius en tant que témoin car ils avaient décidé de garder ça secret. James avait un costume trois pièces et un sourire magnifique aux coins des lèvres. Lily quant à elle était magnifique dans sa robe blanche, avec ses cheveux flamboyants relevés en un magnifique chignon. De temps en temps, elle arrêtait de regarder l’objectif pour venir déposer un délicat baiser sur la joue de James. Ce dernier sourit tristement face à cette scène. Merlin qu’elle pouvait lui manquer ! Il caressa du bout des doigts la photographie, tout en murmurant :

- Bonne nuit, Lily.

Méfiance by Smittina
Author's Notes:

Merci une fois de plus pour vos commentaires et vos ressentis !

Bonne lecture !

[Avec pour ma part : An army of lying wait - The Witcher 2
 https://www.youtube.com/watch?v=sVI-DRMZW_8 ]

Le lendemain matin, James descendit à la cuisine et ne put que constater qu’Harry était déjà debout. Il secoua les cheveux de son fils, en guise de bonjour et s’assit à ses côtés. De dos, mise à part leur différence de taille apparente, on aurait été incapable de distinguer lequel était le fils du père. Ils se ressemblaient énormément. Harry Potter était le portrait craché de son père, à son âge. Excepté ses magnifiques yeux verts en amande, qu’il tenait de sa défunte mère.


- Ca s’est bien passé hier soir ? Demanda gaiment Harry à son père.


- Ca peut aller, répondit ce dernier qui se servit un grand bol de café.


- Tu es rentré tard ?


- Pas vraiment fiston, réussit à dire James entre deux bâillements. Toi en revanche tu t’es endormi étonnement tôt… J’ai dû éteindre ta lumière.


- Je me suis endormi pendant que je parlais à Maman, avoua Harry, avant de croquer dans sa biscotte.


                Le cœur de James se serra face à cet aveu poignant. Etant enfant, Harry avait posé beaucoup de questions à son père, concernant sa mère. Ce dernier ne lui avait jamais rien caché, estimant qu’Harry avait besoin et devait connaître un maximum de choses au sujet de sa mère. Cependant, même si James donnait tout l’Amour dont il était capable à son fils, il ne pouvait que constater qu’il manquait une présence féminine dans sa vie. En effet, Harry était assez gâté, car il avait quatre personnes pour l’aimer et le chérir au quotidien. Il avait un père, et trois oncles formidables avec lui. Mais il n’y avait aucune femme autour d’eux car James refusait catégoriquement d’en faire rentrer une autre dans leur vie. Cela aurait été comme trahir Lily à ses yeux.


- On essaie l’Eclair de Feu aujourd’hui ? S’enthousiasma Harry.


- Bien sûr, lui sourit James, en lui ébouriffant les cheveux.


Une demi-heure plus tard, James était sur un balai, en train de s’amuser au Quidditch avec son fils de quatorze ans, comme toute famille normale le ferait en un dimanche matin.


 


***


 


                Deux semaines s’écoulèrent et James enchaina les missions pour l’Ordre aux côtés de Sirius. Il n’avait guère recroiser la nouvelle recrue et cela lui allait parfaitement. Il avait dû subir les remontrances de Rémus qui lui avait expliqué ô combien son comportement avait été déplacé ce soir-là, et ô combien il devrait avoir honte. Ce à quoi, James avait répondu qu’il n’avait tout bonnement pas confiance en cette femme, et qu’il irait s’excuser le jour où elle aurait fait ses preuves. Mais ce qu’il n’avait pas envisagé, ce fût que ce jour arriverait peut-être bien plus vite que prévu.


                James et Sirius étaient partis pour effectuer une simple mission de surveillance auprès d’un homme que l’Ordre suspectait faire partie du camp de Voldemort. Ces derniers le suivirent jusque dans une sombre ruelle, d’un quartier malfamé de Londres, et étaient tombés tout bonnement dans un piège orchestré par les Mangemorts. Ils se retrouvèrent très vite dépassés, et en infériorité numérique. Sirius fut soudain blessé par un Sortilège qui le toucha sur le flanc droit. Il perdait énormément de sang, tandis que James essayait de repousser à lui tout seul les quatre Mangemorts qui les avaient encerclés. Cependant, ce dernier ne se laissa pas abattre, en en jouant avec sa chance insolente, il parvint à se sortir de là, avec Sirius. Il transplana directement au 12 Square Grimmaurd, avec son meilleur ami, qu’il essayait de soutenir de son mieux. A mesure qu’ils avançaient vers la demeure, ce dernier devenait blême et se vidait peu à peu de son sang.


                James enfonça la porte du Quartier Général à coup de baguette, et se mit à crier, en appelant Marlène McKinnon, la célèbre médicomage qui s’occupait de soigner de son mieux toutes leurs blessures. Cependant, cette dernière ne répondit pas, et James débarqua  dans la salle de réunion. Là, il aperçut la nouvelle recrue, qui accourait de la cuisine, une tasse de thé à la main. Cette dernière lui lança un regard froid et semblait assez crispée de le voir. James se contenta de garder le silence pendant qu’ils se dévisageaient mutuellement. Cependant, ce fut un grognement de la part de Sirius qui les sortit de leur pensée, et Ellie reporta immédiatement son regard vers le jeune homme qui perdait beaucoup de sang. Elle se mit alors à courir dans leur direction et posa sa tasse sur la table.


- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Demanda-t-elle, en essayant d’observer la plaie de Sirius.


- Un Sortilège de SectumSempra l’a frappé sur le flanc.


- Mets-le sur la table, lui ordonna-t-elle alors, avant de courir vers une étagère où se trouvait tous les remèdes et potions de Marlène.


James n’en fit rien et se contenta de la voir s’agiter dans tous les sens. Puis, elle se retourna avec plein de flacons à la main, et remarqua qu’il n’avait pas bougé d’un millimètre.


- Potter, si tu tiens à ce que ton ami vive, mets-le sur cette table !


James hésita une fraction de seconde mais finit par faire ce qu’elle lui demandait, tandis que Sirius grogna de douleur. Ellie sortit sa baguette, et déchira sa chemise pour qu’elle ait pleinement accès à la plaie. Elle n’était pas belle à voir et suintait énormément. Elle s’activa alors à faire des mélanges de potions, et lorsque cela fut fait, elle en imbiba un morceau de tissu. Elle l’approcha de la plaie du garçon pour arrêter l’hémorragie, mais une main puissante l’en empêcha.


- Tu es médicomage ? Lui demanda froidement James.


- Non.


- Tu sais ce que tu fais ?


- Non, Potter je joue aux apprentis magiciens, là ! Répondit-elle avec sarcasme.


-  Sturgis… Commença-t-il, avec un ton menaçant.


- Ecoute, le coupa-t-elle, soit tu me laisses sauver la vie de ton ami, soit tu le tues en m’en empêchant. Tu choisis quoi ?


                James la toisa mais lui lâcha le bras car Sirius était de plus en plus blême. Aussitôt, la jeune femme s’activa à appliquer sa potion sur la plaie. Elle demanda à James d’appuyer fortement sur la blessure, le temps qu’elle aille chercher un cicatrisant. Lorsqu’elle revint, elle appliqua une deuxième potion sur le flanc de Sirius, et James ne put que constater que la plaie s’était refermée d’elle-même. Ellie lui fit nettoyer les contours de la plaie tandis qu’elle chercha une potion de Régénération Sanguine. Elle prit une seringue et en injecta une certaine dose à Sirius.


                Ce fut ce moment là que choisit Marlène McKinnon pour arriver au Quartier Général de l’Ordre. Elle avait pris tout son temps, pensant qu’aucune urgence ne se présenterait car toutes les missions en cours s’apparentaient à de la simple surveillance. Ce fut alors avec effroi qu’elle remarqua la porte enfoncée et la quantité de sang qui était étendue sur le parquet de l’ancienne demeure des Black. Elle suivit les traces de sang en courant, et en entrant dans la salle de réunion, elle blêmit en voyant Sirius, allongé sur la table.


- Que s’est-il passé ? Demanda alors subitement Marlène, en accourant auprès d’eux.


- On est tombé dans une embuscade, dit James, soucieux de l’état de son ami.


Marlène examina Sirius qui semblait dormir profondément, et vérifia rapidement toutes ses constantes. Ces dernières étaient anormalement parfaites, étant donné la quantité de sang présente dans la demeure. Alors la médicomage porta enfin son regard sur la plaie de l’homme et constata qu’elle était parfaitement soignée.


- Qui a fait ça ? Demanda-t-elle alors, ébahie.


-  Elle, dit froidement James en désignant Ellie du doigt.


- Tu es médicomage ?


- Non, avoua Ellie, mais j’ai quelques bases.


- Elle a fait quelque chose de mal ? S’enquit James auprès de Marlène.


- Non, James… Elle… Elle lui a sauvé la vie, avoua la médicomage, toujours aussi ébahie.


Potter se retourna alors vers Ellie, qui était en train de nettoyer tout le sang qui s’était répandu autour d’eux. Il l’observa silencieusement, jusqu’à ce qu’elle se retourne, exaspérée par le regard insistant de son homologue.


- Quoi ? Soupira-t-elle, sentant le reproche qui allait lui être fait.


- Tu aurais pu le tuer, dit James d’un ton détaché.


- De rien, Potter, répondit-elle sur un ton de défi.


                Puis, elle ramassa les potions, et repartie énervée jusqu’à l’étagère où elle les avait prises. Elle les rangea nerveusement, lorsqu’une main délicate se posa sur son épaule. Ellie se retourna et vit Marlène McKinnon, en train de lui sourire. Puis, la médicomage la prit par le poignet pour l’inciter à la suivre. Les deux jeunes femmes se retrouvèrent ainsi dans une chambre, transformée en infirmerie provisoire. Elle venait d’y installer Sirius, qui dormait à présent à poing fermé, le temps que la Potion de Régénération Sanguine ne fasse son effet. Elle indiqua un fauteuil à Ellie, et toutes deux s’assirent.


- Je suis curieuse de savoir où est-ce que tu as appris à faire ça, car ça relève d’une très bonne maitrise de la Médicomagie.


- J’avais une amie médicomage, expliqua Ellie. C’est elle qui m’a appris les bases, il y a une dizaine d’années.


- Hé bien je pense que Sirius doit la vie à cette amie, et à ta prodigieuse mémoire !


Ellie lui sourit et elle s’apprêta à lui répondre quand la porte de l’Infirmerie s’ouvrit pour y laisser pénétrer James Potter. Ce dernier sourit à Marlène, et eut aucune considération envers Ellie, ce qui l’énerva au plus haut point. Puis, il déposa un verre d’eau sur la table de chevet qui se trouvait près du lit de Sirius. Il sortit ensuite, laissant ainsi les deux femmes, à nouveau seules. Ellie fixa rageusement la porte et tapa légèrement du pied. Elle était agacée par le comportement de James Potter, et cela se voyait.


- Je me demande ce que j’ai bien pu faire de mal… Dit alors Ellie, plus pour elle-même que pour autre chose.


- Toi ? S’amusa Marlène. Strictement rien, crois-moi. Il est comme ça avec toutes les nouvelles.


Ellie fronça des sourcils, et Marlène se redressa pour lui expliquer.


- Je pense que James n’aime pas s’attacher aux femmes et plus particulièrement à celles de l’Ordre. Ce ne sont pas des missions de routine que nous traitons. Tu as bien vu l’état dans lequel est revenu Sirius après une simple mission de surveillance.


Ellie hocha la tête et attendit qu’elle continue.


-  Je pense qu’il ne veut pas s’attacher pour ne pas avoir à souffrir de leur perte, en cas de dérapage.


- Pourtant il a l’air attaché à toi, constata Ellie.


- Pour mon cas c’est différent, s’amusa Marlène. On se connait depuis bien longtemps, lui et moi. Mais avec toutes les autres, comme Tonks par exemple, il ne partage rien et ne cherche absolument pas à les connaitre.


- Peut-être mais pour ma part, j’ai l’impression qu’il me hait.


- C’est vrai qu’il est un peu agressif avec toi, mais ça peut s’expliquer…


-  Comment ?


- Tu lui tiens tête, s’amusa Marlène. James a toujours eu horreur de ça.


Ellie leva les yeux au ciel, et secoua la tête pour montrer son exaspération. Un certain silence s’installa entre elles, et Marlène commença à se relever quand Ellie finit par demander :


- Pourquoi uniquement les femmes ?


- Pardon ? S’enquit Marlène.


-  Tu as dit qu’il n’aimait pas s’attacher aux femmes de l’Ordre. Pourquoi est-il comme ça uniquement par rapport aux femmes ?


Marlène ne répondit pas immédiatement, et se contenta d’inspirer fortement.


- Parce qu’il y a des années, il en a perdu une… Et il ne s’en est jamais remis.


Ellie fut touchée par cet aveu, et regarda silencieusement Marlène rejoindre le Salon. Elle resta quelque temps auprès de Sirius, totalement perdue dans ses pensées. Puis, elle décida de se lever et de rejoindre Marlène dans le Salon. Là-bas, elle retrouva les deux autres amis de Sirius : Peter et Rémus. Ces derniers avaient été prévenus par James de l’état de Sirius. Lorsqu’ils virent Ellie, ils s’empressèrent de venir à sa rencontre pour la remercier, tandis que James resta à l’écart et la fixa d’un air totalement impassible.

End Notes:

Voila :) J'espère que ça vous a plu !

A bientot !

Au Chaudron Baveur by Smittina
Author's Notes:

Merci une fois de plus à vous de me lire :)
Voici donc la petite suite ^^

-> Love Song - The Cure
https://www.youtube.com/watch?v=ks_qOI0lzho

Le lendemain, Sirius fut de nouveau sur pieds et supplia Marlène pour qu’elle le laisse sortir de son Infirmerie. Il l’eut à l’usure et l’autorisa à prendre congé en fin d’après-midi. Il rejoignit alors ses amis Maraudeurs, venus pour fêter son rétablissement. Ils semblaient en grande discussion dans le Salon du 12 Square Grimmaurd.

- Je te dis que Gwenog Jones est la meilleure batteuse de tous les temps ! S’entêta James.

- Alors pourquoi Alicia Cooper s’est vue décerner la Coupe par la Gazette, cette année ? Demanda Peter.

- Tout simplement parce que la Gazette est corrompue ! S’exclama James.

- La Gazette n’est pas…

- Si Queudver ! Aboya Sirius, en prenant place auprès de ses amis, un sourire aux lèvres. La Gazette est corrompue !

- Tu te sens bien ? Demanda Rémus, en refermant son livre.

- Je pète la forme ! Sourit Sirius.

- Tant mieux, dit James, soulagé.

- Elle est où Sturgis ? Demanda Sirius, en pianotant sur la table, tout en cherchant la jeune femme du regard.

- En mission avec Tonks, expliqua Rémus, tandis que James se renfrogna à l’évocation du nom de la nouvelle. Elles suivent Rosier…

Sirius se contenta d’acquiescer et sembla réfléchir longuement avant de dire :

- Maintenant qu’elle m’a sauvé la vie, et qu’elle a pu contempler mon magnifique torse, croyez-vous que j’ai la moindre chance avec elle ?

-  Tu n’as qu’à le lui demander… Dit James, dont le ton devint subitement froid.

Sirius et Peter se retournèrent alors instantanément. Tonks et Sturgis venaient de rentrer, et ils virent cette dernière se diriger vers l’Infirmerie tandis que Tonks s’approcha d’eux.

- Tout s’est bien passé ? Demanda James. Elle n’a pas fait de bêtise pour sa première mission à l’extérieur ?

- Tu plaisantes ? S’étonna Tonks, un magnifique sourire aux lèvres, tandis que sa chevelure prit une couleur bleue foncé. Elle a été phénoménale !

- Pourquoi ? Demanda Rémus, un sourire aux lèvres.

- Rosier et son contact ont failli nous démasquer à cause de cette idiote de journaliste de Rita Skeeter qui ne cessait de me demander si j’étais bien « le monstre de foire du bureau des Aurors », expliqua Tonks, en levant les yeux au ciel. Mais Ellie s’est montrée très inventive et elle a réussi à faire douter Skeeter ! Vous imaginez ?

- Cette femme est faite pour moi, dit Sirius en la regardant sortir de l’infirmerie, rêveur.

-  Par pitié, ne me demande pas d’être le témoin à ton mariage, grogna James, entre ses dents, l’air totalement renfrogné.

Ellie s’approcha d’eux, et les salua rapidement. Son regard se posa quelques secondes sur Potter qui ne lui accorda pas la moindre attention.

- Bonsoir Ellie ! Minauda soudain Sirius, d’une voix suave.

- Black…Répondit-elle, visiblement gênée par le ton charmeur qu’il employait avec elle. Tu vas mieux ?

- Oui et c’est uniquement grâce à toi, lança-t-il avec un clin d’œil.

Ellie sourit légèrement et ne put s’empêcher de constater que James avait tiqué aux paroles de son ami.

- On a prévu de fêter mon rétablissement au Chaudron Baveur ce soir, continua Sirius. Vous vous joignez à nous ?

James tourna enfin la tête et alterna son regard entre son meilleur ami, et Sturgis. Cette dernière le regarda assez froidement d’ailleurs. Puis, il se mit à secouer la tête pour montrer sa désapprobation.

- D’accord ! S’écria Tonks, ravie de passer du temps avec ces garçons qu’elle appréciait énormément dont un en particulier.

- Ellie ? Demanda Sirius, un sourire aux lèvres.

Cette dernière planta ses yeux bleus perçants dans ceux de James, sans ciller une seule fois. Et comme pour le défier, elle répondit :

-  Je vais chercher mes affaires.

- Je t’accompagne, s’écria Tonks, un magnifique sourire aux lèvres.

Puis, elles firent demi-tour et s’engouffrèrent dans les escaliers, laissant les garçons au rez-de-chaussée. Sirius fut le premier à se lever et à rejoindre l’Infirmerie où il y avait laissé ses chaussures. Il ne remarqua pas qu’il fut rejoint par James, ni que ce dernier referma la porte derrière eux, pour plus d’intimité.

- Pourquoi tu as fait ça ? Demanda-t-il alors froidement.

- Fais quoi Cornedrue ? Répondit Sirius, en se penchant pour attraper ses chaussures.

-  Tu as invité Sturgis à se joindre à nous… Lui reprocha le brun à lunettes.

-  Et alors ? Demanda Sirius, en haussant les épaules.

- Tu te fous de moi, Patmol ? S’emporta James. Qu’est-ce qu’on connait de cette femme, hein ? Qu’est-ce qui nous dit qu’on peut lui faire confiance ?

- Je vois, soupira Sirius. C’est parce qu’elle a refusé de répondre à tes questions ?

- Si elle n’avait rien à cacher, elle…

- Tu as vu un peu la manière dont tu lui as demandé aussi ? Le coupa Sirius, qui finissait de lasser ces chaussures. Moi aussi j’aurais eu envie de ne pas te répondre.

James ne répondit rien et se contenta de fulminer. Sirius se releva enfin, et soupira avant de poser une main sur l’épaule de son meilleur ami.

- Ecoute, tu n’as peut-être pas confiance en elle, mais tu ne peux nier le fait qu’elle m’ait sauvé la vie hier.

- Ca reste à voir… Se renfrogna James.

- Tu es de mauvaise foi là, admit Sirius.

James se contenta de regarder son meilleur ami et n’ajouta rien. Il savait que Sirius avait raison de toute manière.

-  Ce soir, on pourra peut-être en savoir plus sur elle, ajouta Sirius. Tu sais ce qu’on dit… L’alcool délie les langues…

- Je ne pense pas qu’elle soit du genre à picoler.

-  J’espère que tu as tord ! Rit Sirius.

- Pourquoi ? Sourit malicieusement James. Tu crois que tu auras plus de chance pour coucher avec elle, si elle boit ?

-  Pour qui me prends-tu, Cornedrue ? S’amusa Sirius.

James se contenta de relever un sourcil, et Sirius se mit à rire.

- Peut-être qu’elle sera plus réceptive à mes charmes… C’est tout.

- C’est bien ce que je disais… Sourit James.

- Bon allez, dit Sirius, en tapant sur l’épaule de son meilleur ami. Il est temps.

Puis, les deux hommes sortirent de l’Infirmerie et rejoignirent leurs amis et les deux femmes, avant de transplaner pour le Chaudron Baveur.

 

***

 

                Cela faisait une dizaine de minutes seulement qu’ils étaient installés tranquillement à une table. James et Sirius avaient commandé de Whisky Pur-Feu, tandis que Tonks et les deux autres Maraudeurs avaient commandé des Bièraubeurre, plus légère. Seule Ellie n’avait pas prit d’alcool, en se contentant d’un simple verre de jus de Citrouille, au grand désespoir de Sirius. En entendant la commande de la jeune femme, James n’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire narquois, et de lancer un regard à Sirius qui semblait dire : « Je te l’avais bien dit ».

-  Alors Ellie, demanda Rémus avec un sourire, si on parlait un peu de toi ?

La jeune femme regarda son interlocuteur, avant d’adresser un regard froid à James. Puis, elle se cala au fond de sa chaise, et pianota sur la table, du bout des doigts, avant de dire :

- Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

James s’apprêta à ouvrir la bouche quand il reçut un violent coup de pieds dans le tibia de la part de Sirius, ce qui l’emmena à pousser un cri étouffé.

- Tu es anglaise ? Demanda Rémus.

- Je suis née en périphérie de Londres, répondit-elle calmement. Et pour répondre à la question que Potter se pose depuis deux semaines… J’ai fait ma scolarité à Beauxbâtons.

- Quel âge as-tu ? Demanda Peter.

- Ce n’est pas poli de demander son âge à une femme, Pettigrow, répliqua Ellie. Mais si tu veux tout savoir, j’ai trente quatre ans.

- Pourquoi est-ce que personne ne te connait ? Demanda alors James.

- Tu connais tous les sorciers de Grande-Bretagne, peut-être ? Répondit-elle au tac au tac.

- Non, mais je connais tous ceux qui se sont opposés à Voldemort pendant toutes ces années, et toi, tu n’en fais pas partie.

- Je ne suis rentrée que récemment en Angleterre, expliqua-t-elle, et j’ai décidé de prendre part au combat.

- Pourquoi ? Continua de demander James, qui la fixait, les bras croisés, impassible.

- Pour des raisons personnelles, répliqua-t-elle, sans ciller.

- Et quels sont ces …

- Tu as un petit ami, ou un mari ? Demanda alors Sirius, en coupant James qui allait sûrement la braquer.

Le visage d’Ellie se décomposa aussitôt et elle quitta enfin James du regard pour regarder Sirius avec une profonde tristesse dans ses yeux. Toutes les personnes présentes autour de cette table remarquèrent le changement brutal de comportement de la nouvelle. Puis, elle se leva, s’excusa, et partit rapidement en direction des toilettes.

- Je crois que tu as la réponse à ta question, James, dit tristement Rémus.

- Je vais aller voir comment elle va… Commença Tonks, en se levant.

-  Tu devrais la laisser seule, dit alors James, en posant sa main sur le bras de Tonks. Si elle a perdu quelqu’un de proche, elle n’a pas envie de compagnie à cet instant précis.

- Mais… Tenta de protester la métamorphomage.

- Crois-moi, la coupa-t-il. Elle veut être seule.

Un certain silence s’installa, et James se sentit légèrement coupable d’avoir été aussi dur avec cette femme qu’il ne connaissait pas. Il aurait pu se dire qu’elle pouvait bien faire semblant, mais James savait que ce n’était pas le cas. Il ne connaissait que trop bien le regard qu’elle avait eu lorsque Sirius avait parlé d’un potentiel homme dans sa vie. C’était ce même regard profondément triste et vidé de toute expression que James voyait dans la glace tous les matins. Celui qu’il avait depuis que sa femme était morte.

- Je vais prendre un autre verre, soupira-t-il, en se levant. Quelqu’un veut quelque chose ?

Tonks et Sirius acceptèrent volontiers, et quelques secondes après, James s’en alla vers le comptoir.

 

***

 

                Ellie était penchée au dessus du lavabo depuis cinq minutes à présent. Elle s’était passée de l’eau à plusieurs reprises sur son beau visage pour essayer de reprendre ses esprits. Elle devait bien admettre qu’elle avait pensé à toutes les questions possibles qu’ils seraient susceptibles de lui poser, sauf à celle-là. En venant dans ce pub ce soir, elle ne s’était pas attendue une seule minute à ce que l’on vienne évoquer cette partie douloureuse de sa vie.

                Elle attendit une minute de plus que l’envie de vomir qu’elle éprouvait se dissipe un peu, et finit par se décider à sortir des toilettes pour femme. Elle referma gentiment la porte devant elle, lorsqu’elle rentra en collision avec une masse plutôt grande et baraquée. Elle leva les yeux sur ce qui s’apparenterait pour elle à un géant  - étant donnée sa relative petite taille – et elle sourit légèrement pour s’excuser. Elle tenta d’éviter ce bel homme qui lui faisait face, avec un sourire charmeur, lorsqu’il lui barra le passage avec son bras. Ellie le regarda, étonnée, et le jeune homme lui adressa un clin d’œil.

- Alors beauté ? Tu t’en vas déjà ?

-  Oui, dit-elle, en essayant de passer.

Mais il s’interposa de nouveau et lui barra cette fois-ci le passage, de son corps. Ellie se raidit et tenta d’attraper sa baguette située dans la poche de son jean. Cependant, l’homme fut plus rapide et lui attrapa le poignet. Il s’approcha alors d’elle, tout en la plaquant contre la porte des toilettes. L’envie de vomir d’Ellie lui reprit lorsqu’elle sentit l’alcool qui semblait émaner de chaque centimètre du corps de cet homme. Elle essaya de se débattre, et paniqua tandis qu’il renforçait son emprise sur son poignet et qu’il s’approcha de son oreille.

- Tu ne veux pas que l’on fasse un peu connaissance, toi et moi ? Susurra-t-il.

- Lâchez-moi ! Cria-t-elle, en continuant à se débattre.

- Ne le prend pas comme ça, je suis sûr que tu m’apprécierais, si tu cherchais à me connaître…

- J’ai dit non ! Cria-t-elle en essayant de le frapper.

                Mais l’homme esquiva et la bloqua de tout son poids contre la porte. Elle ne pouvait plus bouger, et son corps entier se mit à trembler. Elle était dans un couloir étroit et sombre, et personne ne l’entendrait à cause du bruit et de la musique provenant du pub. Elle était totalement à sa merci. Elle eut un haut-le-cœur quand il commença à faire remonter l’une de ses mains sur son corps,  et elle ferma les yeux pour s’empêcher de penser à ce qu’il allait se passer. Ca ne pouvait pas recommencer, elle en avait terminé avec cette partie de sa vie. Elle se l’était jurée.

                Ellie déglutit fortement, tandis que sa respiration s’emballait sous l’effet de la peur. Elle se résigna presque lorsqu’elle sentit la main de cet homme répugnant, approchant dangereusement de son sein. Mais soudain, elle sentit toute la pression qu’il lui imposait par son corps, la quitter instantanément, et elle rouvrit les yeux. L’homme était plaqué contre le mur par un deuxième, plus petit mais très intimidant. C’était étrange, car il ressemblait étrangement à…

- Elle t’a dit non ! Cria James. C’est si difficile à comprendre ?

- No…Non, balbutia l’homme.

- Dégage ! Cracha-t-il alors, avec dégout.

                James desserra aussitôt son emprise du col de la chemise de l’homme, et le poussa en direction du pub. James serra les poings pour essayer d’évacuer toute la tension qu’il avait accumulée, en s’empêchant de frapper cet odieux personnage. Lorsqu’il fut un peu calmé, il se retourna vers Ellie. Cette dernière était immobile contre la porte des toilettes. Son regard était totalement perdu dans le vide, et elle semblait totalement effrayée, comme si elle si ses vieux démons étaient venus la hanter. James déglutit devant l’image de cette femme qui lui paraissait si forte en temps normal, et qui à présent semblait aussi fragile qu’une enfant. Puis, il la vit se frotter le poignet, là où l’homme l’avait serrée.

- Tout va bien ? Finit par demander James.

Elle hocha silencieusement la tête. James n’ajouta rien et se contenta de l’observer, après avoir revêtu son masque d’impassibilité.

- Qu’est-ce que tu faisais ici ? Lui demanda-t-elle soudain.

- Je suis venu voir comment tu allais, avoua-t-il simplement.

Ellie fronça des sourcils, et attendit qu’il s’explique.

- Je sais ce que ça fait de perdre un proche, ajouta-t-il en guise d’explication.

La jeune femme ne dit rien et se contenta d’acquiescer en lui souriant timidement. James répondit par un hochement de tête, et elle se décolla enfin de la porte des toilettes. Elle s’apprêta à rejoindre les autres lorsque James l’attrapa par son poignet quelque peu endolori. Elle émit un léger gémissement, avant de se retourner vers lui, et il lâcha instantanément son bras.

- Désolé, fit James, en se passant une main dans les cheveux.

Etrangement, ce petit geste fit sourire la jeune femme, qui se décrispa légèrement.

- Je voulais m’excuser, dit alors James.

- De quoi ? Lâcha-t-elle, en relevant les sourcils.

- De mon comportement envers toi depuis ton arrivée. J’ai… J’ai peut-être agis comme un…

- Crétin ? Le coupa-t-elle.

James eut un léger pincement au cœur à l’évocation de ce mot. Combien de fois Lily l’avait traité de « crétin » durant leur scolarité ? Sûrement des centaines.

- Ouais, avoua-t-il.

Puis après une courte pause, il se passa une nouvelle fois la main dans les cheveux et dit :

-  Ta tendance à me tenir tête m’agace profondément, Sturgis…

- Ecoute, Potter…

- Je ne dis pas que ça sera facile, la coupa-t-il, mais j’aimerais que l’on enterre la hache de guerre et que l’on reparte sur de bonnes bases, toi et moi, c’est d’accord ?

Ellie le dévisagea quelques secondes, pour être sure d’avoir bien entendu. Lorsqu’elle se rendit compte qu’il était vraiment sérieux, elle s’empressa d’hocher la tête, pour lui faire comprendre qu’elle était d’accord. James le lui rendit et d’un geste de la main, il l’invita à passer devant pour rejoindre leurs amis. Les Maraudeurs et Tonks, toujours attablés au même endroit, furent assez surpris de les voir revenir ensemble.

- Tu as oublié les boissons ? Demanda alors Sirius à son meilleur ami.

- Ouais, se contenta de répondre James.

- Vous parliez de quoi ? Demanda Ellie, en s’efforçant de sourire.

Tonks s’empressa alors de leur raconter la blague qu’elle avait entendue dans les bureaux du Ministère, et l’atmosphère devint alors très plaisante, voire amusante avec les frasques de Sirius. Au total, ils restèrent deux heures ainsi, jusqu’à ce que James ne se lève, sans un mot. Tonks et Ellie pensèrent qu’il était allé se chercher une autre bièraubeurre jusqu’à ce que Rémus ne dise :

-  Tiens… James n’a pas Harry ce soir ?

- Non, il est chez les Weasley, dit Sirius.

- Qui est Harry ? Demanda Ellie.

- C’est le fils de James, répondit Peter.

- Oh… S’étonna-t-elle. Je ne savais pas qu’il était marié.

Un silence de mort s’abattit autour de la table, et tout le monde se regarda, gêné.

- Qu’est-ce que j’ai dit de mal ? S’enquit alors la brune.

- Sa femme est morte il y a treize ans, expliqua tristement Rémus. Harry est tout ce qui lui reste.

- Oh ! Je suis désolée, admit-elle, en baissant la tête.

-  Tu ne pouvais pas savoir, trancha Sirius.

Un nouveau silence, de gêne cette fois, s’installa entre les jeunes gens. Ellie fixait le fond de son verre, extrêmement pensive.

-  Au fait, comment as-tu su que James n’avait pas son fils ce soir ? Demanda Tonks à Rémus.

Ce dernier sourit, et se contenta de lui indiquer une direction, d’un simple mouvement de tête. Les deux femmes se retournèrent et virent James en train de caresser le visage d’une jolie rousse qui semblait totalement sous son charme. Ellie grimaça d’une manière presque imperceptible, et son cœur se serra. Puis, James s’éloigna de cette femme et revint vers ses amis.

- Je vais vous laisser, dit James en récupérant sa veste sur le dossier de sa chaise.

- Elle s’appelle comment ? Demanda Sirius, amusé.

-  Est-ce que c’est important ? Répliqua James, blasé. Allez, à demain tout le monde.

-  A demain, James, répondit tout le monde en canon.

 

Et le beau brun partit une fois de plus dans les bras de cette inconnue avec qui il ne passerait qu’une unique nuit.

End Notes:

Merci d'avoir lu et à bientot !

Sous Surveillance by Smittina
Author's Notes:

Salut à tous ! 
Voici la suite que vous pouvez écouter avec  Young Men Dead de The Black Angels.
https://www.youtube.com/watch?v=Q04E1fyaRJI

Bonne lecture !

 

Le lendemain matin, James arriva au quartier général de l’Ordre avec ses cheveux, encore plus ébouriffés qu’en temps normal. Il avait une petite mine et ses yeux peinaient à s’ouvrir correctement. Il fut l’un des derniers à pénétrer dans le Salon où l’ensemble des Maraudeurs étaient attablés, ainsi qu’Ellie qui lisait la Gazette du sorcier.

- Ha mon bon cher Cornedrue ! S’écria Sirius. On a cru que tu n’allais jamais venir !

-  J’ai eu du mal à émerger, répondit le concerné, en baillant.

- Nuit agitée ? S’amusa Sirius.

- On peut dire ça comme ça… dit-il en baillant de nouveau. Tu me passes le café, Lunard ?

Rémus s’exécuta, tandis qu’Ellie tourna une nouvelle page de la Gazette, et fronça grandement des sourcils.

- Quelque chose ne va pas, Sturgis ? Demanda alors James.

- Une sorcière a été retrouvée morte dans la forêt de Dean, expliqua-t-elle.

James qui était en train d’avaler sa première gorgée de café matinale, se crispa, et commença à s’étouffer quelque peu, avant de se pencher sur la table, et de lui arracher le journal des mains en disant :

- Fais voir ça !

- Hé Potter ! Protesta la brune. J’étais en train de lire au cas où tu ne l’avais pas remarqué !

- J’avais remarqué… Se contenta de dire James, en cherchant frénétiquement l’article consacré à cette femme.

-  C’est mal poli ce que tu viens de faire ! On te l’a jamais dit ? Surenchérit Ellie.

James ferma aussitôt les yeux et déglutit, avant de quitter le journal de yeux, et de planter son regard dans celui d’Ellie. Bien sûr qu’on le lui avait déjà fait la remarque et ce à mainte reprise durant sa scolarité. Bon sang, cette femme lui faisait les mêmes réflexions que Lily à l’époque de Poudlard.

- Oui, on me l’a dit, dit-il tristement.

Puis, il referma le journal et le tendit à Ellie pour le lui rendre. Cette dernière resta quelques secondes sans réaction, se demandant bien ce qu’elle avait pu dire pour que cela produise une telle réaction chez le jeune homme, mais elle finit par reprendre son bien.

- Lis l’article à vois haute, ordonna-t-il.

Cependant Ellie n’apprécia pas son ton, et elle lui fit comprendre en relevant ses sourcils. Son comportement exaspéra légèrement James, qui se sentit obliger de rajouter un :

- S’il te plait.

La jeune femme sourit car satisfaite, et acquiesça avant de rechercher la page en question. Lorsqu’elle l’eut trouvée, elle s’éclaircit la voix et commença à lire :

- « Le Bureau des Aurors a fait une macabre découverte dans la nuit de vendredi 17 à samedi 18 Aout. Le corps d’une femme, âgée entre 25 et 35 ans, a été mutilé, écorché, brulé et lacéré, avant d’être rejeté négligemment sur un sentier forestier de la forêt de Dean. Etant donné les nombreux sévices et dommages qui ont été infligés sur le corps de cette femme, son identité reste pour l’instant totalement inconnue. Les Aurors invitent toutes personnes ayant un proche porté disparu à se rendre au Ministère pour tenter d’identifier cette femme, sachant qu’il s’agit d’une femme rousse, et que la seule chose retrouvée sur elle est sa baguette (bois de saule, 25.6 cm). »

Ellie finit sa lecture et ferma le journal. Lorsqu’elle releva enfin les yeux sur les autres membres de l’Ordre, elle ne put que constater la mine sombre qui était venue s’installer sur le visage de ses compagnons pourtant si joyeux en temps normal. Ellie porta alors son regard sur James. Ce dernier était totalement livide, et son regard semblait perdu et vide. Soudain, une lueur blanchâtre sortit de la cheminée du 12 Square Grimmaurd, et sortit tout le monde de sa torpeur. Alors, la lumière prit peu à peu la forme d’un lièvre et il se mit à leur parler avec la voix de Tonks.

- Le corps d’une femme a été retrouvé dans la forêt de Dean, leur annonça-t-elle.

- On vient de l’apprendre par la Gazette, dit alors tristement Rémus.

- Ils ont révélé les circonstances de sa mort ? Demanda Tonks.

-  Non, mais je suppose qu’ils l’ont torturée, tuée et qu’ils ont joué avec son corps après ? Répondit James, avec une certaine forme d’assurance masquée légèrement par sa profonde mélancolie.

- Hé bien justement, il y a quelque chose d’autre, dit Tonks.

- Comment ça ? S’enquit Sirius.

- Il semblerait qu’elle ait reçu le baiser du Détraqueur avant de mourir, expliqua la Métamorphomage.

- Le Baiser du Détraqueur ? Répéta Sirius, comme si cela n’avait aucun sens. Quel intérêt auraient-ils à faire ça ?

- Nous n’en savons rien, dit Tonks.

- Tu restes sur le terrain aujourd’hui ? Demanda alors James.

- Oui, on m’a chargé d’enquêter sur ce meurtre. D’ailleurs, ça me fait penser que Dumbledore m’a demandé de te dire que tu effectuerais ta surveillance avec Ellie aujourd’hui.

James lança un regard dans la direction de la brune, qui semblait relire l’article concernant la femme des bois. Puis, il soupira et acquiesça.

- Je vous laisse. Kingsley a besoin de moi, dit alors Tonks.

-  Tiens-nous au courant au sujet de cette femme, dit James.

Le lièvre acquiesça et disparut aussitôt par la cheminée.

- Le baiser du Détraqueur ? Répéta une fois de plus Sirius.

- Il va falloir élucider ça, dit alors Rémus.

-  Et prier pour que cela ne se reproduise plus, ajouta Peter.

James se leva, silencieux, et plongea son regard par la fenêtre où il pouvait visualiser la petite cours extérieure du Quartier Général de l’Ordre. Il semblait pensif, et ses amis échangèrent un regard inquiet.

- Tout va bien, Cornedrue ? Finit par demander Sirius.

- Ouais, soupira ce dernier. Je pensais seulement à la famille de cette pauvre fille qui doit la chercher depuis je ne sais pas combien de temps, sans se douter une seule seconde de l’état dans laquelle ils vont la retrouver.

- James… Commença Rémus, avec un ton compatissant.

- Tu viens Sturgis ? Le coupa-t-il, tandis que cette dernière se tourna pour le regarder. Apparemment on a une surveillance en commun, aujourd’hui.

Cette dernière hocha de la tête, ferma son journal qu’elle donna à Rémus, et suivit James qui était déjà dans le Hall d’Entrée, prêt à partir.

 

***

 

- Qui est-ce ? Demanda Ellie, tandis qu’ils étaient tranquillement installés à la table d’un café.

- Il s’agit de Stan Rocade, expliqua James. Il est le contrôleur du Magicobus et on le soupçonne d’être dans leur camp.

- D’accord, dit Ellie en buvant la tasse de chocolat chaud qui lui servait de couverture.

- Mais personnellement je ne pense pas qu’il en fasse parti, ajouta James. 

- Pourquoi ? Demanda Ellie, en fronçant des sourcils.

- Regarde-le, dit James.

Ellie porta toute son attention sur le jeune homme assis, seul à une table. Il était en train de boire son café, tout en lisant la Gazette du Sorcier. C’était un jeune homme assez grand, et rachitique. Il avait les cheveux longs et faisait quelque peu négligé. La serveuse passa devant lui, et il se retourna sur elle en la reluquant de la tête aux pieds, sans se rendre compte qu’il trempait sa cravate dans son café. Lorsqu’il le réalisa enfin, il recula brutalement, donnant un coup de pieds dans la table, et il renversa ainsi l’intégralité de son café sur ses vêtements. Ellie se retourna vers James et haussa un sourcil.

- Tu vois ? S’amusa James. Qu’est-ce qu’ils feraient d’un mec comme lui ? Il n’a même pas de fonction, susceptible de les intéresser. Ce n'est qu'un contrôleur de bus...

- Alors pourquoi perd-t-on notre temps à le suivre ?

- Parce que c’est une information anonyme qui nous a été donnée et que l’on doit quand même la vérifier, expliqua James.

- Mais si cette information nous a été communiquée par l’autre camp, ce n’est pas une perte de temps ?

- C’est un risque à prendre Sturgis. Imagine que sa maladresse et sa naïveté apparente ne soit qu’une façade ? Imagine qu’il se cache un être sournois et manipulateur derrière chacun de ses gestes d’empoté ?

- Vigilance constante, dit alors Ellie, en esquissant un léger sourire, tout en remuant son chocolat chaud.

- Je donne raison à Alastor sur ce point. On ne peut pas vraiment faire confiance aux apparences que nous renvoient les gens autour de nous.

- C’est pour ça que tu n’as aucune confiance en moi ? Lui demanda-t-elle alors.

- Oui, répondit honnêtement James.

- Je comprends, dit alors Ellie d’un ton solennel. Je suis la petite nouvelle mystérieuse qui débarque de nulle part, qui refuse de répondre à ton interrogatoire et qui doit faire ses preuves. Mais je te prouverais que je peux être digne de confiance.

-  Ca je n’en doute pas, dit James. Tu as déjà commencé d’ailleurs…

Ellie lui sourit avant de lui donner une petite tape sur l’avant bras. Une personne venait d’entrer dans le café et avait prit place aux côtés de Stan Rocade. James reporta discrètement son attention sur l’homme. Il était grand, ses cheveux étaient d’un blond très pâle. Il tenait une canne à la main, et son attitude était celle d’une personne hautaine et fière. James le reconnut instantanément et sourit.

- Je me suis peut-être trompé à son sujet... Dit alors James, en chuchotant.

- Tu connais cet homme ? Demanda Ellie.

James se pencha soudainement vers la table, et posa ses mains chaudes sur celles d’Ellie complètement glacées. Cette dernière fut surprise par ce geste qui la fit sursauter légèrement. Puis James lui sourit, presque amoureusement et lui chuchota :

- Penche-toi en avant. On doit avoir l’air d’un couple follement amoureux.

Ellie s’exécuta sans réfléchir et tout en répondant à son sourire.

-  Il s’appelle Lucius Malefoy, chuchota alors James, tout en caressant la main d’Ellie. Il est l’héritier de l’une des plus anciennes familles de Sang-Pur.

- Je connais les Malefoy, dit alors Ellie.

James fronça légèrement les sourcils, et Ellie se mit alors à rire, en repoussant sa tête en arrière, comme si son amant factice venait de lui raconter une blague. James la regarda avec stupeur, en remarquant au passage qu’elle était une excellente comédienne.

- Je les connais de nom, reprit-elle, en chuchotant.

- Il fait partie leur rang.

Lucius regarda autour de lui, et James s’approcha encore plus du visage d’Ellie pour feindre la confidence.

- Il te connait ? Murmura Ellie à son oreille.

- Oui, avoua à James, dont le souffle chaud chatouillait les oreilles de la jeune femme. On a un petit passif lui et moi.

Un silence s’installa entre eux, tandis que James continuait à caresser les mains de la jeune femme.

-  Rocade lui donne une enveloppe, lui indiqua alors Ellie, tandis que la tête James était toujours dissimulé dans sa chevelure. Malefoy se lève.

Aussitôt James recula et reprit sa position d’origine, tandis que Malefoy ressortait du café. Quelques secondes plus tard, Stan Rocade fit de même. Ellie s’apprêta à le suivre, lorsque James tapa du poing sur la table, ce qui l’en dissuada quelque peu.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? S’enquit la jeune femme.

- Si seulement on avait pu mettre la main sur cette fichue enveloppe ! S’exclama James.

- Ca, ça peut toujours s’arranger, répliqua Ellie, en haussant les épaules.

- Comment ça ?

- Malefoy ne me connait pas, moi.

Et sans que James ne puisse répliquer quoique ce soit, Ellie se leva précipitamment et sortit du café, en ignorant les appels du brun à lunettes. Ellie se doutait bien qu’il allait encore se mettre en colère contre elle, mais elle s’en moquait comme de sa première baguette. Cette enveloppe était importante et elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour l’obtenir.

                Elle rattrapa rapidement Lucius Malefoy qui était vraiment reconnaissable entre tous, avec sa chevelure blanche et sa canne.  Elle l’observa à distance pendant un certain temps, tout en élaborant un plan à toute vitesse. Soudain, elle le vit s’arrêter dans une allée sombre et commencer à ouvrir l’enveloppe. Elle en profita alors pour mettre son plan en action, et se dirigea vers Malefoy. Ce dernier était en train de lire le morceau de papier contenu dans l’enveloppe lorsqu’une personne lui rentra dedans, l’obligeant à lâcher le précieux parchemin.

- Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds !? Grogna Lucius.

- Excusez-moi Monsieur, répondit une jeune femme brune qui s’était penchée pour ramasser ses affaires, et ceux de l’homme.

- Donnez-moi ça ! Cria Malefoy, en lui arrachant le morceau de papier des mains, avec un air dédaigneux.

- Pardonnez-moi, dit timidement la femme, avant de repartir dans la direction opposée.

Malefoy pesta encore quelques temps envers cette malotrue qui avait osé le bousculer, jusqu’à ce qu’il se décide à continuer sa route, le regard plongé sur le petit morceau de papier, si cher à ses yeux. De son côté, Ellie était plutôt fière de sa ruse. Elle s’apprêta à retourner au café, lorsqu’elle sentit deux mains puissantes la saisir par le col de sa chemise. Elle n’eut pas le temps de réagir qu’elle transplana, malgré elle. Elle atterrit dans une rue de Londres qu’elle reconnut instantanément. Elle réalisa alors que la personne qui l’avait accostée brutalement n’était autre que James, dont le visage semblait déformé sous l’effet de la colère. Cette impression se vérifia lorsqu’il la prit violemment par le bras et qu’il l’emmena de force à l’intérieur du 12 Square Grimmaurd.

- Lâche-moi Potter ! Cria alors Ellie, en essayant de se débattre.

Cependant, James n’en fit rien, et l’entraina jusqu’au salon. Les cris plaintifs d’Ellie ne passèrent pas inaperçus et en une fraction de seconde, Marlène et le reste des Maraudeurs accoururent pour voir ce qu’il se passait.

- MAIS BON SANG, QU’EST-CE QU’IL T’A PRIS ? Cria alors James, hors de lui.

- Il fallait bien faire quelque chose pour avoir cette liste, non ? Le défia Ellie.

- Mais tu es complètement insouciante ma parole ! Continua de crier James.

- Ecoute, ça a marché alors pourquoi…

- Mais je m’en fiche que ça ait marché ! La coupa James. Tu as délibérément refusé d’obéir à mes ordres !

- Tes ordres ? T’obéir ? Répéta Ellie, qui devenait rouge de colère. Non mais tu t’entends Potter ? Tu crois vraiment que j’ai des comptes à te rendre ?

- On travaille en équipe Sturgis ! Alors oui, tu as des comptes à me rendre comme moi j’en ai à te rendre ! On ne part pas comme ça, sans un plan préétabli, pour se jeter volontairement dans la gueule du dragon !

- Mais il n’y a vu que du feu ! Protesta Ellie.

- Et je refuse, tu m’entends ? Continua-t-il comme s’il ne l’avait pas entendu. JE REFUSE DE PERDRE ENCORE L’UNE DE MES COEQUIPIERES !

Ellie ne dit rien cette fois car même s’il avait prononcé ces paroles sous l’effet de la colère, elle pouvait bien voir la lueur de tristesse qui passa dans son regard. Et elle se souvint surtout des paroles de Marlène concernant Potter et ses relations avec les femmes de l’Ordre.

- Je refuse d’en perdre encore une, répéta-t-il en se calmant, tandis que la tristesse qu’avait vue Ellie dans ses yeux, s’installa progressivement sur son visage, remplaçant ainsi la colère.

- D’accord, dit-elle doucement. Je suis désolée.

James ne répondit rien et se contenta de la fixer droit dans les yeux. Toutes les personnes qui avaient assistées à l’altercation auraient voulu être aussi petites que des souris à cet instant précis. Après quelques longues secondes de silence pesant, James finit par dire :

- Tu as dit une liste ?

- Oui, s'empressa de répondre Ellie. C’était une liste avec de noms. Une dizaine, je dirais.

- Tu te souviens de ces noms ?

- Seulement des quatre premiers, avoua Ellie, il m’a arraché la feuille des mains après.

- Bien, trancha James, qui semblait s’être calmé. Ecris –les sur un parchemin, on étudiera ça après.

Ellie acquiesça et monta à l’étage pour « obéir » aux demandes de James. Ce dernier finit par s’assoir autour de la table du Salon, et se mit la tête entre ses mains. Il entendit ses amis, qui étaient restés silencieux jusqu’à présent, prendre place autour de lui. Puis, il sentit une lourde main s’abattre sur son épaule, et comprit qu’il s’agissait de Sirius. James soupira et, la tête toujours entre ses mains, il finit par dire :

- Cette femme a le don pour me faire sortir de mes gonds.

- C’est vrai que l’on ne t’avait pas vu comme ça depuis longtemps, avoua Rémus.

- Oui, la dernière fois que ça s’est produit c’était avec… S’arrêta soudain Peter, qui comprit son erreur.

- Lily, finit James en relevant la tête vers son ami, tout en soupirant.

Ses amis n’eurent pas le temps d’ajouter quoique ce soit qu’Ellie était déjà de retour et qu’elle jeta un calepin sous le nez de James, avec les quatre prénoms qu’elle avait vu :

« Rose, Eglantine, Iris et Marguerite. »

- Qu’est-ce que ça signifie ? Demanda Sirius.

- Ce ne sont que des noms de fleurs, releva Ellie.

- Par Merlin, qu’est-ce qu’ils préparent ? Soupira Rémus.

 

James secoua la tête et essaya de trouver le moindre lien entre des noms de fleurs, et les Mangemorts, mais il dut se rendre rapidement à l’évidence que sans un autre indice, il leur serait impossible d’y voir plus clair. Malheureusement, qui disait indice avec les Mangemorts, disait cadavres, et James n’était pas sûr d’en vouloir d’autres.

 

 

 

End Notes:

Voili voilou ! A bientot j'espère ! ;-)

Le Foyer by Smittina
Author's Notes:

Le rating -16 s'applique bien à ce chapitre.

Je trouve qu'il s'accorde assez bien avec :
Sweet Dreams - Emily Browning (Sucker Punch)
https://www.youtube.com/watch?v=PoVJRzrHb-A

Bonne Lecture !

 

Deux jours s’écoulèrent depuis la mission de surveillance de Stan Rocade. Depuis la découverte de cette étrange liste de noms, les Maraudeurs et Ellie en avaient déduits qu’il pourrait s’agir d’une liste des prochaines cibles des Mangemorts, même s’ils ignoraient leur réelle importance. Dans cette optique, ils dressèrent la liste de toutes les Rose, Eglantine, Iris et Marguerite qui se trouvaient sur les listes de recensement du Ministère de la Magie. Cependant, ils durent rapidement se rendre à l’évidence qu’identifier ces personnes ne serait pas si aisé que ça, étant donné la quantité phénoménale de sorcières qui portaient ces noms là.

                Alors que Sirius était sur le point d’abandonner, ils entendirent deux personnes rentrer à l’intérieur du 12 Square Grimmaurd. La porte du Salon où ils se trouvaient s’ouvrit alors, et les Maraudeurs et Ellie prirent connaissance des nouveaux arrivants. La première était Tonks, dont la mine était particulièrement sombre aujourd’hui. Ellie comprit immédiatement que quelque chose de grave s’était produit, lorsqu’elle remarqua que ces cheveux étaient d’un gris solennel en cette matinée. L’autre personne était un homme à qui il manquait une jambe, dont le visage était rempli de cicatrices liées à la Magie Noire. Il s’agissait d’Alastor Maugrey. Ce dernier était l’un des Aurors les plus puissants de son époque. Il possédait également un œil magique qui se posa immédiatement sur Ellie lorsqu’il l’aperçut. Ils se dévisagèrent quelques temps jusqu’à ce que Maugrey finisse par dire :

- Nous allons avoir besoin de vous.

- Que s’est-il passé ? Demanda Sirius.

- Un drame, répondit tristement Tonks.

-  Nous avons réussi à ne pas ébruiter l’affaire, continua Maugrey. Seul l’Ordre est au courant pour l’instant. Il faut que vous veniez avec nous. Toutes les personnes disponibles seront nécessaires pour comprendre ce qu’il a bien pu se passer là bas.

- Où ça ? Demanda Ellie.

Maugrey se retourna vers elle, et la dévisagea une fois de plus avec son œil. Il fronça les sourcils et dit :

- 45 Rose Avenue. Suivez-nous maintenant.

Ellie fronça les sourcils, sans bouger durant quelques instants. James suivit Alastor et ses amis, lorsqu’il se rendit compte que la nouvelle n’était pas à leurs côtés. Il se retourna et la vit, immobile, et extrêmement pensive. Il se mit alors à froncer des sourcils et dit :

- Qu’est-ce qu’il y a Sturgis ?

Cette question la sortit enfin de ses réflexions et elle posa son regard sur James.

- J’ai un mauvais pressentiment, expliqua-t-elle alors en se décidant enfin à suivre le mouvement.

Puis, les deux derniers membres de l’Ordre sortirent du 12 Square Grimmaurd et transplanèrent à l’adresse que leur avait indiquée Maugrey. Là-bas, ils se retrouvèrent devant une grande bâtisse qui ressemblait à un Orphelinat. Alastor Maugrey compta ses effectifs, et finit par dire :

- Je tiens à vous signaler que ce qui vous attend là-dedans n’est pas joli à voir. Il faut que vous ayez le cœur bien accroché.

Il prononça ces mots en regardant principalement les femmes, qu’il avait toujours jugées plus faibles que les hommes. Puis, il s’avança vers l’entrée de la bâtisse et incita tout le monde à le suivre. L’endroit était désert, et il y régnait un silence de mort. Ellie remarqua la présence de nombreux jouets pour enfant dans le Hall et elle se demanda où leurs propriétaires pouvaient bien être à présent. Cette idée lui fit froid dans le dos et elle commença à gravir les escaliers, tout en continuant de suivre Alastor Maugrey.

- Vous vous trouvez dans l’un des foyers de réfugiés nés-moldus de Londres, expliqua alors l’Auror. Il en existe une dizaine et leurs emplacements ne sont connus que par quelques membres haut placés du Ministère. Ils ont été créés il y a six mois, pour protéger toute famille née-moldue qui souhaiterait se cacher de Voldemort et de ses partisans.

Ils arrivèrent enfin à une porte et Alastor se retourna vers eux, la mine sombre. Apparemment, la raison de leur présence ici se trouvait derrière cette porte et à voir la tête de Maugrey, toutes les personnes présentes redoutaient le pire.

- Je vous préviens à l’avance, ils ont fait un carnage, avoua Maugrey, d’un air détaché.

Puis, il se retourna et ouvrit la grande porte devant laquelle ils se tenaient. Lorsqu’Ellie rentra dans la pièce, elle fut automatiquement prise d’un haut le cœur.

- Merlin… dit alors James, qui devint livide.

Des dizaines de corps d’hommes et d’enfants étaient regroupés dans un coin de l’immense pièce, raides morts. Les enfants, filles et garçons confondus, étaient dans les bras de leurs pères, qui semblaient essayer de les protéger de leurs bras. Ellie remarqua alors une pile de baguettes déposées négligemment sur une table. Elles avaient été confisquées à leurs propriétaires. Il s’agissait tout bonnement d’une exécution. Toutes les personnes de l’Ordre présentes semblaient tout aussi perturbées par la présence de tous ces corps inanimés. Effectivement : c’était un véritable carnage. Maugrey, qui avait un air impassible, semblait s’impatienter. Il se racla la gorge lorsqu’une petite voix demanda :

- Où sont passés les mères ?

Tout le monde se retourna vers cette voix, y comprit Maugrey, et ils comprirent qu’elle appartenait à Ellie. James lui, fut frappé par la perspicacité de la nouvelle.

- Justement… dit Alastor Maugrey, tentant de cacher sa surprise. Suivez-moi.

L’Auror les conduisit alors dans une autre pièce, attenante à celle où se trouvaient les cadavres des hommes et enfants. Lorsqu’ils y pénétrèrent la même scène macabre s’offrit à eux. Des dizaines de femmes étaient recroquevillées dans un coin de la pièce, mortes.

- Pourquoi sont-elles isolées des autres ? Demanda James.

- C’est là que ça devient intéressant, expliqua Maugrey.

- Intéressant ? Répéta Ellie, qui jugeait le mot quelque peu déplacé.

- Les enfants et les hommes ont été exécutés rapidement, par un simple Sortilège de Mort, expliqua l’Auror. Mais pour les femmes, c’est différent. Avant d’avoir été abattues, elles ont subies le baiser du Détraqueur.

- Elles aussi ? S’étonna Sirius, en fronçant des sourcils.

Maugrey se contenta d’acquiescer et un nouveau silence s’installa, car tout le monde essaya de trouver une raison logique qui expliquerait l’attaque de Détraqueurs sur ces femmes innocentes. James vit alors Ellie s’approcher de l’un des corps, celui d’une femme, rousse. Elle fouilla le cadavre devant les regards surpris et interrogatifs de ses collègues. Puis, elle fit rapidement de même avec les autres femmes. Ellie finit par se lever et dire :

- Ils leur ont laissé leur baguette.

- C’est exact, confirma Tonks.

- Ils ne l’ont pas fait avec les hommes, continua Ellie.

- Effectivement, dit Maugrey qui la scrutait avec insistance.

- C’était un risque à prendre… Elles auraient pu tenter de s’échapper…Elles auraient pu tenter de désarmer leurs assaillants.

- C’est vrai… Pensa Rémus. Pourquoi n’ont-elles pas cherché à transplaner ?

Ellie s’arrêta et regarda à travers la porte ouverte qui donnait une vue macabre sur les corps enchevêtrés des hommes et des enfants.

- Parce qu’ils tenaient leurs proches de l’autre côté… Répondit-elle tristement.

Puis, la jeune femme pencha la tête sur le côté, pensive et se mit à imiter les Mangemorts :

- « Si vous tentez de nous désarmer, ils seront abattus. Si vous tentez de vous échapper, ils seront massacrés. Faites ce qu’on attend de vous, et tout se passera bien. Ils auront la vie sauve. »…

Ellie s’arrêta et se retourna vers le premier corps qu’elle avait fouillé. Puis elle soupira.

- Pour protéger leur famille, elles étaient prêtes à tout. Elles se sont laissées faire et ont toutes succombé au baiser du Détraqueur.

- Ce n’est pas tout à fait exact, dit alors l’Auror.

Tout le monde se retourna vers Maugrey qui ne lâchait pas la nouvelle du regard et il finit par leur faire signe de le suivre. Ils se déplacèrent longuement à travers les couloirs avant d’arriver dans une salle isolée. Là-bas, se trouvait le corps d’une dernière femme. Elle aussi était morte mais son corps était dans une posture différente de celles des autres. Elle était allongée sur le dos, les bras en croix, et ses yeux étaient ouverts. Ellie s’approcha et remarqua que sa baguette était loin d’elle, comme si on la lui avait ôtée.

- En quoi est-elle différente ? Demanda James.

- Elle n’a pas reçu le baiser du Détraqueur, dit alors Tonks.

- Pourquoi est-ce qu’elle y a échappé ? Demanda Sirius, en fronçant des sourcils.

- Ils leur ont laissé leurs baguettes, dit alors Ellie, extrêmement pensive, tandis qu’elle examinait le corps de la femme.

- Et ça change quoi ? L’interrogea Sirius.

- Tout, répondit Ellie. Cette femme-là devait savoir se protéger des Détraqueurs.

Tout le monde la regarda une nouvelle fois, assez étonné par ses propos. Pourtant, aux yeux de James, ces derniers expliquaient énormément de choses.

- Un Patronus ? Demanda alors James.

-  Je pense oui, répondit Ellie. C’est un acte de magie avancé, et très peu de sorciers arrivent à en produire un. Elle devait en faire partie…

- Peut-être, admit Sirius. Mais ça n’explique toujours pas pourquoi ils ont lancé ces Détraqueurs sur l’ensemble de ces femmes.

- Je pense qu’il pourrait nous donner la raison, si on arrive à le faire parler, dit alors Maugrey.

-  Il ? L’interrogea James, en fronçant des sourcils.

- Quand nous sommes arrivés, nous avons attrapé l’un des Mangemorts qui a participé au massacre, expliqua alors l’Auror. Il venait de la tuer, ajouta-t-il en indiquant le corps de la femme présent dans la pièce.

- Où est-il ? Demanda James.

- Au Ministère, répondit Tonks.

- On peut le voir ? Demanda Ellie.

Maugrey se contenta d’hocher la tête et il leur demanda de le suivre. Quelques minutes après, les deux Aurors, les Maraudeurs et Ellie se retrouvèrent dans les Bureaux des Aurors du Ministère. Alastor les conduisit par la suite jusqu’à une porte située dans les sous-sols des locaux. Il les fit pénétrer à l’intérieur où se trouvait Hestia Jones, une autre Auror, membre de l’Ordre. Ellie remarqua ensuite la présence d’une vitre sans teint, derrière laquelle se trouvait un prisonnier, menottes aux poignets.

- Il a parlé ? Demanda Alastor à Hestia.

- Non, toujours pas, admit la femme. Kingsley essaie de le faire craquer mais rien ne semble marcher.

- Est-ce qu’il avait des effets personnels sur lui ? Demanda alors Ellie, qui jusqu’à présent s’était contentée de fixer le Mangemort avec grande insistance.

L’Auror acquiesça et lui montra les quelques affaires confisquées au Mangemort lors de son incarcération. Il y avait sa baguette, une chevalière, quelques morceaux de papier sans grande importance et un collier. Ce dernier attira toute l’attention d’Ellie qui s’en empara précipitamment. Il s’agissait d’un collier en or, pourvu d’un pendentif rectangulaire, en or massif également. La jeune femme se tourna alors vers Maugrey, en évitant de prêter attention aux autres membres de l’Ordre qui la regardait étrangement.

- Est-ce que je pourrais essayer de l’interroger ? Demanda-t-elle alors au chef des Aurors.

- Il faudrait peut-être évité de le mettre en contact avec une femme, Sturgis, s’opposa alors James. Tu as vu ce qu’il leur fait ?

- Je pense pouvoir le faire craquer, expliqua-t-elle, en ne prêtant aucune attention à James, ce qui l’agaça.

- Tu n’as aucune expérience en interrogatoire ! La contra James, une fois de plus.

- Je peux le faire, insista-t-elle auprès d’Alastor.

Ce dernier la dévisagea silencieusement quelques temps, avant de soupirer et d’acquiescer. Ellie hocha la tête et partit en direction de la Salle d’Interrogatoire, tandis que James leva les yeux au ciel. Quelques secondes après, lui et les autres membres de l’Ordre la virent entrer dans la pièce et relever Kingsley Shacklebolt. Elle prit alors la chaise située en face du Mangemort, et s’assit. Elle attendit quelques instants, le temps d’avoir toute l’attention de l’homme, puis elle se décida à commencer son interrogatoire :

- Je m’appelle Ellie Sturgis.

La Mangemort pouffa, et lui lança un regard mauvais.

- Mon nom te fait rire ? Demanda Ellie, en relevant les sourcils.

- Non, toi uniquement, se moqua le Mangemort.

- Et pourquoi ça ?

- Si tu crois vraiment que je vais m’abaisser à répondre à une sale Sang-de-Bourbe, tu te berces d’illusions.

- Oh, détrompes-toi, tu vas répondre à mes questions, affirma Ellie avec beaucoup d’assurance.

- Qu’est-ce qui te rend si confiante, Vermine ? Cracha le Mangemort.

Ellie sourit et se leva. Elle sortit sa baguette et d’un geste rapide de la main, elle envoya valser la table qui se trouvait devant l’homme enchainé. Toutes les personnes derrière la vitre sursautèrent à l’exception de Maugrey et James. D’ailleurs ce dernier, avait porté sa main droite à sa bouche et se rongeait les ongles. Cette femme était tellement imprévisible qu’il eut peur qu’elle ne commette une erreur avec le Mangemort.

- Je n’ai pas peur de toi, dit glacialement l’homme.

- Oh, je sais ça… Dit Ellie, qui passait sans cesse devant l’homme. Je sais aussi que la seule personne que tu craignes, est Voldemort.

- Comment oses-tu prononcer son nom, espèce d’ignoble Sang-de-Bourbe !? Cracha le Mangemort.

- Tu obéis toujours à ton maitre ? Continua Ellie, en ignorant ses propos déplaisants.

- Bien sûr, je lui suis fidèle, corps et âme, répondit fièrement le Mangemort.

- Pourtant tu as fait une exception aujourd’hui…

- Non, trancha l’homme, qui pâlit légèrement.

- Ah bon ? S’étonna faussement Ellie. Et tu appelles ça comment toi ?

Elle avait prononcé ces dernières paroles en sortant de sa poche le collier de l’homme avec le pendentif rectangulaire en or massif. Les yeux du Mangemort se posèrent immédiatement sur l’objet et il déglutit fortement. Ellie leva soudain sa baguette sur l’homme et le força à se redresser. Ce dernier se retrouva alors projeté contre le mur de la salle d’interrogatoire, sans avoir la moindre possibilité de bouger et donc d’exprimer la fureur qu’il ressentait à cet instant précis. Il se contentait de lui envoyer un regard noir et glacial. Ellie s’approcha alors de lui, et se plaça à seulement quelques centimètres de son visage.

- A quel chiffre correspond-t-elle ? Lui demanda-t-elle alors.

Tous les membres de l’Ordre froncèrent alors les sourcils, en se demandant ce qu’elle pouvait bien entendre par là.

- Je ne vois pas de quoi tu parles…

- Ne jouons pas à ce petit jeu-là, toi et moi, lui dit Ellie. Je sais parfaitement ce que sont ces colliers, et ce à quoi ils servent, alors évite de me mentir et réponds à ma question.

- Je ne parle pas aux Sang-de-Bourbes, cracha-t-il.

- Pourtant c’est ce que tu fais depuis deux minutes, répliqua Ellie au tac au tac.

L’homme dévisagea la femme avec une expression de dégout. Il avait l’intention de lui cracher au visage lorsque la baguette d’Ellie vint se planter dans son cou.

- N’y pense même pas, le menaça-t-elle, comme si elle avait deviné ses pensées.

Le Mangemort lui lança un regard mauvais. S’il avait été libre de ses mouvements, il l’aurait bien tuée à mains nues, celle-là.

- A quel chiffre de ta précieuse collection correspond-t-elle ? Réitéra Ellie.

- C’était la cinquantième, fini-il par répondre avec un sourire malfaisant aux coins de lèvres.

Ce sourire figea le sang d’Ellie dans ses veines et celle-ci s’écarta du Mangemort, avec un air de dégout profond sur le visage. Un nouveau silence s’installa dans la pièce, pendant lequel Ellie se retenait de ne pas le pulvériser sur place. De l’autre côté du miroir, les membres de l’Ordre ne comprenait toujours pas de quoi elle pouvait bien parler.

- Pourquoi avoir jeté des Détraqueurs sur ces femmes ? Continua Ellie.

Seulement, le Mangemort ne répondit pas cette fois. Alors, Ellie se rapprocha de nouveau de lui et le toisa froidement.

- Ecoute-moi bien espèce de petit salopard, dit-elle alors, en prenant soin d’articuler méticuleusement chacun de ses mots. Tu vas répondre à mes questions sinon je te jure que tu vas le regretter.

- Je te l’ai déjà dit, s’amusa le Mangemort, tu ne me fais absolument pas peur.

- Et je crois t’avoir déjà répondu que j’étais au courant que seul Voldemort t’effrayait.

Le Mangemort déglutit et devint encore un peu plus pâle.

- Comment crois-tu qu’il réagirait s’il apprenait que tu t’es fait bêtement capturé par les hommes du Ministère, uniquement parce que tu lui as désobéi ?

- Je n’ai pas…

- Je suppose qu’il t’a demandé d’isoler cette femme, et de la tuer vite fait, bien fait, le coupa Ellie. Seulement toi, tu n’as pas su t’en contenter. Il a fallu que tu imposes la dominance de ton Sang sur le sien.

- Tais-toi, cracha le Mangemort.

-Selon toi, comment réagira Lord Voldemort quand il saura que tu désobéis à ses ordres directs pour violer une sale Sang-de-Bourbe ?

Ellie avait prononcé ces dernières paroles en élevant la voix. Ses mâchoires étaient crispées et son pouls s’était légèrement emballé sous l’effet de la contrariété. Les émotions commençaient à prendre le dessus, et elle savait qu’elle devait à tout prix restait maître d’elle-même. Elle ne devait pas lui laisser voir ses faiblesses.

- Réponds à mes questions, ou je te jure que cette information remontra aux oreilles de ton Maitre.

- Tu bluffes ! Répliqua le Mangemort, peu sûr de lui.

- Tu crois ça ? S’amusa Ellie. Je sais exactement à qui donner ces informations.

Puis la jeune femme attrapa d’une main, le visage du Mangemort et tourna légèrement sa tête pour pouvoir lui murmurer quelque chose à l’oreille. Aucun membre de l’Ordre n’entendit les propos qu’elle lui avait soufflés à l’oreille, cependant ils remarquèrent le changement de teint du Mangemort. Peu importe ce qu’elle lui avait dit, cela semblait le terrifier suffisamment. Du moins, suffisamment pour qu’ils se mettent peut-être à parler.

                Ellie reprit sa position initiale et attendit qu’il ne lui parle. Cependant rien ne vint, et Ellie soupira avant de se diriger vers la porte qui la mènerait à la sortie. Elle posa délicatement la main sur la poignée de cette porte lorsqu’elle entendit :

- Attends !

Ellie sourit malicieusement et se retourna vers le Mangemort en remettant son masque d’impassibilité. Puis, elle s’approcha de lui et pencha la tête sur le côté.

- Tu me jures que tu ne lui diras rien ? Demanda l’homme, apeuré.

- Oui, se contenta de répondre Ellie. A condition que tu me révèles tout ce que tu sais au sujet de ce qu’il s’est passé dans ce foyer.

L’homme sembla réfléchir, et au bout de quelques longues secondes, il finit par hocher la tête et dire :

- Très bien. Pose tes questions.

D’un autre mouvement rapide de baguette, Ellie le fit se rassoir, tout en remettant la table à sa place. Elle s’installa en face de lui, et pianota sur la table du bout des doigts.

- Pourquoi avoir envoyé des Détraqueurs sur ces femmes ?

-  Le Maitre veut connaître leur Patronus.

- Pourquoi ?

- Pas tout le monde n’est capable d’en produire un, expliqua le Mangemort. Et celui de la femme qu’il recherche est assez caractéristique.

- Quel est ce Patronus ?

- Je n’en sais rien… répondit le Mangemort en haussant des épaules. Personne ne le sait. On doit juste l’appeler lorsque l’une d’entre elle est capable d’en produire un.

- Pourquoi recherche-t-il cette femme ?

- Elle lui a échappé… Et apparemment elle serait importante pour ses projets… Il n’arrêtera pas avant d’avoir mis la main dessus, s’amusa le Mangemort avec un air malfaisant. Le Foyer de Ste Rose était le premier d’une longue liste.

A ces mots, Ellie blanchit et sortit précipitamment de la salle d’interrogatoire, sous le regard étonné de tous les membres de l’Ordre. Quelques secondes plus tard, elle ouvrit la porte où ils se trouvaient tous, dans un fracas, et haletante, elle dit à Maugrey :

- Vous avez dit qu’il existait une dizaine de foyers comme celui-là à Londres.

- Oui… Dit Maugrey.

- Est-ce que ces foyers ont tous des noms de fleurs ? Demanda alors Ellie.

- Oui, mais comment… S’étonna l’Auror.

- Il faut impérativement que vous changiez ces personnes de places ! Le coupa-t-elle alors. Le prochain sur la liste sera sûrement le Foyer Ste Eglantine.

Les Maraudeurs comprirent alors où elle voulait en venir, et James se retourna alors vers Maugrey qui semblait se méfier des propos d’Ellie.

- Elle a raison Alastor, dit alors James. Ces gens sont en dangers imminents.

- Très bien, affirma alors Maugrey. Dans ce cas, venez avec moi.

Puis, les Aurors sortirent, suivis de Rémus, Peter et Sirius. Ellie alla leur emboiter le pas lorsqu’elle sentit la main de James se refermer sur son poignet.

- Comment as-tu su ? Lui demanda-t-il alors.

- Su quoi, Potter ? Soupira Ellie.

- Le lien qu’il existait entre ces colliers et les viols orchestrés sur des Nées-moldues ?

Ellie sentit son cœur et sa gorge se serrait, et elle se dégagea de l’emprise de James, avant de répondre :

- Si tu lances un Sortilège de Révélation sur cet objet, tu verras qu’il s’ouvre et qu’il laisse apparaître une liste de noms. Chacun de ces noms correspondent aux nées-moldues qui ont été violées puis tuées. Ils comparent leur résultat à la fin du mois…

James ferma les yeux et eut une subite envie de vomir. Il avait déjà trouvé ces colliers sur les cous des Mangemorts qu’il avait tués en combat solennel, mais jamais il n’avait pu imaginer leur signification réelle. Cette pratique était vraiment répugnante.

-  D’accord  Sturgis, mais comment tu le sais ?

- J’ai mes sources…

- Bien sûr, pouffa James. Et par sources tu entends ?

- Je ne veux pas en parler, Potter, le coupa-t-elle froidement. On doit aller aider ces familles à évacuer.

Puis, elle tourna les talons et s’enfuit précipitamment de cette petite salle exigüe où ils se trouvaient. James resta immobile quelques instants, avant de reporter son attention sur le Mangemort assis dans la Salle d’Interrogatoire. Il se demanda alors qu’est-ce qu’Ellie avait bien pu lui dire pour qu’il se décide à parler. Décidemment, bien qu’elle lui ait légèrement prouvé qu’il pouvait avoir confiance en elle, James ne pouvait s’empêcher de penser qu’Ellie Sturgis était une femme vraiment mystérieuse.

 

Retour sur les bancs de l'école by Smittina
Author's Notes:

Merci beaucoup à tous les lecteurs et reviewers !
J'espère que cette suite vous plaira. Vous pouvez d'ailleurs l'écouter avec :
A journey to Hogwarts - Nicholas Hooper (HP5)
https://www.youtube.com/watch?v=X3krMQoeRUY

Bonne Lecture !

Les membres de l’Ordre réussirent à cacher en l’espace d’une semaine, toutes les personnes qui se croyaient en sécurité dans les foyers du Ministère. Une nouvelle enquête avait été ouverte afin de déterminer l’origine des fuites des emplacements de ces foyers. C’est la raison pour laquelle Stan Rocade fut arrêté et lourdement interrogé. Cependant, son interrogatoire ne mena à rien et il en ressortit qu’il avait été soumis au Sortilège de l’Impérium. Face au manque de pistes concrètes dans cette affaire, l’enquête stagna rapidement et les membres de l’Ordre ne purent que s’évertuer à cacher les nés-moldus, du mieux qu’ils le pouvaient.

                Un soir d’été, alors que la rentrée des élèves à Poudlard se rapprochait à grand pas, la totalité des membres de l’Ordre disponibles furent convoqués précipitamment par le Directeur de l’école, Albus Dumbledore. Ce dernier les réunit de nuit, dans le Grand Salon de l’ancienne noble maison des Black.

-  Bonsoir, et merci à tous d’avoir répondu « présent », commença le directeur. Je suis désolé de vous presser de la sorte, mais j’ai jugé que le temps allait nous manquer si nous voulons pouvoir palier à cette nouvelle stupidité du Ministère.

Toutes les personnes présentes se demandèrent à quoi faisait référence le vieil homme à l’exception des quatre Aurors présents qui se contentaient de secouer la tête, d’un air désolé.

- Ils m'ont seulement mis au courant depuis cinq heures, continua le Directeur, car ils devaient se douter que je serais contre.

- Au courant de quoi, Albus ? Commença à s’impatienter James.

- Le Ministère vient de m’annoncer que Poudlard accueillera cette année un évènement exceptionnel, qui ne s’est plus produit depuis des siècles. Un évènement qui pourrait avoir des fins tragiques pour nos élèves si aucune mesure n’est prise par l’Ordre.

- Un évènement ? Demanda Sirius, en fronçant des sourcils.

Dumbledore ne répondit pas immédiatement, et inspira très fortement, ce qui angoissa légèrement toutes les personnes présentes dans la salle.

- Ils ont décidé de remettre à l’ordre du jour, le Tournoi des Trois Sorciers, finit par dire le vieux sorcier dans un soupir.

Aussitôt annoncé, un tolet de protestations s’éleva dans le Salon. Toutes les personnes présentes s’étaient levées et mises à parler en même temps pour montrer leur désapprobation, à l’exception d’Ellie, qui était restée assise et particulièrement calme. Dumbledore ferma les yeux et se mit à lever les mains en l’air pour imposer le silence, en ajoutant :

- Mes amis je vous en prie ! Calmez-vous.

- Nous calmer ? Répéta James. Mais c’est de la folie Albus !

-  J’en suis parfaitement conscient, James… Soupira le vieil homme.

- Il n’y a rien que vous puissiez faire ? Demanda Molly Weasley.

- J’ai tout essayé mais la décision m’a été imposée par le Premier Ministre lui-même, expliqua le Directeur. J’ai les mains liées. La seule chose que nous puissions faire c’est de nous préparer de notre côté pour éviter le pire.

- Vous allez faire rentrer un Mangemort dans l’enceinte du château, répliqua froidement James. Comment voulez-vous que l’on évite le pire ?

- Un Mangemort ? Demanda alors Ellie qui sortit enfin de son mutisme.

- Igor Karkaroff, expliqua Sirius. C’est le directeur de Durmstrang, et l’un de ses partisans.

Un silence s’installa entre les différents membres de l’Ordre, qui se contentaient de secouer leur tête, comme s’ils tentaient de se réveiller, en plein cauchemar. Mais les personnes les plus inquiètes étaient bien évidemment les parents qui avaient un ou plusieurs enfants dans l’enceinte du château, comme Arthur et Molly Weasley ou bien James. Ellie inspira fortement, et plongea son magnifique et perçant regard dans celui du Directeur de l’Ecole. Ils restèrent ainsi quelques longues secondes, comme s’ils étaient en grande discussion.

- Je ne comprends pas la logique du Ministère, dit alors Molly. Pourquoi rétablir ce Tournoi qui a été interdit, il y a des centaines d’années de ça ?

- Le Ministère invoque la coopération magique internationale qui est plus que nécessaire en ces temps obscurs, expliqua Tonks.

- Ouais, bien sûr, pouffa Sirius, l’air mauvais. Moi je dis que le Ministère est plus infiltré que ce qu’on ne le pense.

- Je suis de l’avis de Sirius, dit Rémus. Parmi nos hauts dirigeants, il y a une personne de leur rang ou même plusieurs qui s’y cachent et qui tirent certaines ficelles. Sinon cette idée de Tournoi n’aurait jamais été approuvée.

- Je suis d’accord, ajouta James, d’un ton très solennel. Fudge n’est pas un mauvais bougre, mais il est extrêmement influençable. Il suffirait qu’un des leur, lui ait insufflé l’idée, et ce sombre crétin n’aurait pas hésité une seule seconde à sauter dessus, pensant que c’est la meilleure idée qui soit, depuis l’invention de la potion Tue-Loup.

- Oui, concéda Marlène, mais comme Molly, je ne comprends pas leur logique. Ils ne font jamais rien au hasard. Quel serait l’intérêt des Mangemorts dans ce Tournoi ? Ca n’a pas de sens…

- Pas de sens, à part la possibilité de pouvoir s’introduire le plus facilement du monde, dans le seul endroit où ils ne peuvent pénétrer ? Demanda Sirius.

Tandis que l’ensemble des membres de l’Ordre continuait à s’échauffer l’esprit pour trouver une logique dans les actes des Mangemorts, ils ne remarquèrent pas qu’Ellie et le Directeur de l’école, continuaient à se fixer avec insistance. Soudain, cette dernière acquiesça légèrement et Albus Dumbledore se leva enfin pour reprendre la parole.

- Je suis conscient que cette nouvelle puisse en bouleverser plus d’uns. Mais je vous répète qu’il est important que nous nous organisions pour pouvoir contrer leur plan qui reste un véritable mystère à l’heure actuelle des choses.

- Vous proposez quoi ? Demanda alors James.

- J’ai pensé que des membres de l’Ordre pourraient prendre une place permanente dans l’enceinte du château, pour cette année.

- Le Ministère s’y opposera, dit alors Maugrey. Ils n’autoriseront jamais deux personnes extérieures à rester une année entière à Poudlard. C’est contre les règlements. Seuls les enseignants sont autorisés à rester de manière permanente…

- Justement… Répondit Albus, un sourire malicieux au coin des lèvres. J’ai actuellement deux postes vacants dans mon corps enseignant.

- Deux ? Répéta Sirius, en relevant un sourcil.

- Le traditionnel poste maudit de Défense contre les Forces du Mal, expliqua Albus, et le poste de Maitre de Métamorphose.

- Il est arrivé quelque chose à Minerva ? S’enquit alors James, en fronçant des sourcils.

- Ce matin, elle a subi une attaque à Pré-au-Lard, lors d’une mission de surveillance.

- Est-ce qu’elle… Commença James, visiblement inquiet.

- Non, rassurez-vous, le coupa Dumbledore. Elle est à Ste Mangouste, mais étant donné son âge, elle risque de mettre plusieurs mois à se rétablir entièrement. Donc son poste reste vacant.

- Vous voulez donc que deux d’entre nous, revêtissent l’habit de professeur pendant un an ? Résuma Sirius, qui aurait accepté n’importe quelle mission, sauf celle-là.

- Oui, répondit simplement le Directeur.

- Je suis volontaire, dirent alors James et Ellie simultanément.

Ces derniers se regardèrent immédiatement, tandis qu’Albus Dumbledore sourit malicieusement, comme s'il s'attendait à cette réaction de leur part.

- Dans ce cas, c’est réglé, se réjouit le Directeur. Je suppose que Mr Potter reprendra les cours de Minerva, étant donné sa brillante maitrise de la Métamorphose…

- Oui, Albus, confirma James.

- Donc Miss Sturgis vous reprendrez le cours de Défense contre les Forces du Mal, sourit Dumbledore. Là aussi, je doute que cela ne vous pose de grande difficulté. 

Ellie se contenta d’hocher rapidement la tête, sous le regard inquisiteur de James.

***

                Une heure plus tard, la réunion fut terminée, et tout le monde sut quel rôle il devrait jouer dans la mission de protection des élèves de l’école pendant cette année qui promettait d’être longue. Les membres de l’Ordre quittèrent progressivement le Quartier Général, jusqu’à ce qu’il ne reste que les Maraudeurs dans l’ancien salon de la famille Black. Ils burent quelques verres de Bièraubeurre ensemble, jusqu’à ce que James ne rentre chez lui, accompagné de Sirius. Ces derniers pénètrent silencieusement dans le Cottage Potter de Godric’s Hollow. James laissa Sirius seul quelques secondes, histoire de vérifier qu’Harry s’était bien endormi. Lorsqu’il en fut rassuré, il rejoint son meilleur ami dans le salon où il avait préparé deux verres de Whisky Pur-Feu. James se laissa tomber dans son fauteuil et soupira.

- Il dort ? Demanda Sirius, en tendant le verre à son meilleur ami.

- A poings fermés… Soupira une fois de plus James, en acceptant volontiers le verre.

- Tu es inquiet ?

- Tu ne l’es pas toi ? Répliqua James, qui n’aimait pas parlé directement de ses sentiments.

- Bien sûr que si… Surtout depuis que je sais que Karkaroff sera dans l’enceinte du château, s’exaspéra Sirius. Il y a de quoi être inquiet, mais bon… Tu seras là, pour veiller sur lui.

- Ouais…

- Je suis même presque sûr que les blessures de McGo ne sont pas si graves que ça, et que Dumbledore a fait exprès de ne pas la laisser rentrer pour que tu sois auprès d’Harry.

- Tu penses ? S’amusa enfin James.

Sirius se contenta d’hocher la tête, et James en rit légèrement.

- Et puis, il y aura Ellie, rajouta Sirius, en buvant une autre gorgée.

- Je ne sais pas si cette idée me rassure ou m’effraie, avoua alors James.

- Pourquoi ? S’étonna le beau brun. Je croyais que tu lui faisais légèrement confiance depuis quelques temps…

- C’est le cas… Soupira James, en buvant une gorgée de son breuvage. Mais il y a quelque chose qui me dérange chez cette femme… Quelque chose qui me parait faux.

- Moi je la trouve parfaite, se mit à rêver Sirius, un sourire aux coins de lèvres.

- Je ne te parle pas de son physique, Patmol, s’amusa James. Je te parle de son comportement.

- Développe… L’incita à continuer Sirius, sans que son sourire ne quitte son visage.

- Tu n’as pas remarqué les regards lourds de sens qu’elle échange avec Dumbledore ou Maugrey ?

-  Non, pas vraiment… Mais je t’avoue que ce ne sont pas ces yeux que je regarde chez elle, donc bon…

-  Tu n’es pas croyable, s’amusa James, avant de reprendre plus sérieusement. Et puis, il y a eu cet interrogatoire du Mangemort… C’était vraiment étrange… On aurait dit qu’elle lisait dans ces pensées où je ne sais quoi.

- Elle est peut-être Legilimens ? Proposa Sirius.

- Peut-être, mais ça n’explique pas tout. Comment peut-elle savoir toutes ces choses sur eux, que nous ignorons ?

- Comme quoi ? S’enquit Sirius, en fronçant des sourcils.

- Ces colliers en or massif que l’on a recouvert sur de nombreux Mangemorts. Elle savait ce que c’était et à quoi ils servaient. Comment peut-elle savoir ça ?

- Il faudrait le lui demander, dit alors Sirius.

- Je l’ai déjà fait, et elle a refusé de me donner sa « source », répliqua James, amèrement. Dès fois je me demande si elle n’a pas été l’une d’entre eux…

- Tu es sérieux ?

- Elle connait leur fonctionnement, leur manière de penser…

- Mais elle n’a pas de marque sur le bras…

James fronça des sourcils et Sirius acquiesça en souriant avec malice, avant d’ajouter avec un clin d’oeil :

- Tu peux me faire confiance, je l’ai assez matée pour en être sûr.

Cette dernière réplique eut le mérite de faire rire James, qui pensait que son ami ne changerait jamais.

- Tu as confiance en elle, n’est-ce pas Patmol ? Demanda soudain James.

- Ouais, se contenta de répondre Sirius, en finissant son verre.

- Pourquoi ? Parce qu’elle t’a sauvé la vie ?

- Pas uniquement, Cornedrue, avoua Sirius, en soupirant. Je ne sais pas comment t’expliquer… Il y a quelque chose chez elle qui me pousse à lui faire confiance. Elle me semble… familière.

James se contenta d’acquiescer et finit son verre, à son tour. Les deux amis échangèrent quelques banalités après ça, et Sirius finit par s’en aller. James en profita pour prendre une bonne douche relaxante, et se coucha dans son lit vide quelques minutes après. Cependant, il mit plusieurs heures à trouver le sommeil, n’arrêtant pas de ressasser les paroles de Sirius dans sa tête.

« Elle me semble familière », avait-il dit.

James n’avait rien répondu,  et même s’il se méfiait d’elle, il ne pouvait s’empêcher de penser comme son meilleur ami. Ellie Sturgis lui semblait également familière. Mais à la différence de Sirius, James savait pertinemment pourquoi.  Il avait bien observé cette étrangère - ce loup potentiel qui aurait infiltré la bergerie – et il était le plus à même de voir les similitudes et les différences qu’il pouvait exister entre cette jeune femme au passé si embrumé et sa défunte femme. Oui, par certains de ses mots, de ses réactions et comportements, Ellie Sturgis lui rappelait quelque fois Lily Potter.

 

***

 

                La dernière semaine du mois d’Août passa étonnement vite, et Ellie Sturgis n’en pouvait plus d’attendre. Elle enchainait ses missions pour l’Ordre avec Tonks, et le soir s’affalait sur le lit de sa chambre au Chaudron Baveur, s’endormant rapidement pour que le 1er Septembre arrive le plus vite possible. Non pas qu’elle en eut marre de se promener librement dans les rues Londres, mais elle se languissait de revoir Poudlard. Dès qu’elle fermait les yeux, un sentiment de bien-être qu’elle n’avait pas ressenti depuis des années, se répandait progressivement dans son corps. Elle avait eu tellement de bons souvenirs dans cet endroit. C’étaient eux d’ailleurs qui lui avaient permis de lutter pendant toutes ces années.

***

                Le jour de la rentrée arriva ainsi rapidement et Ellie fut en avance à la Gare de King’s Cross. Elle poussait son unique valise qui contenait la totalité de ses quelques affaires, sous les regards curieux des passants. Bien sûr, ce n’était pas courant de voir une femme vêtue d’une longue cape, et dont les habits semblaient particulièrement démodés. Pour l’occasion, Ellie avait coiffé ses longs cheveux en un parfait chignon, qui lui donnait un air beaucoup plus strict. Elle avança lentement au milieu de cette gare, jusqu’à reconnaître le portail qui menait au quai de la voie 9 ¾.

                Tandis qu’elle voyait de nombreuses familles sorcières s’engouffrer dans le passage, elle s’arrêta quelques longues minutes, avec un pincement au cœur. Jamais elle n’aurait cru pouvoir y remettre les pieds un jour. Ce fut une main, posée délicatement sur son avant-bras, qui la sortit de ses pensées. Ellie se retourna vers la propriétaire de cette main, et reconnut Molly Weasley, l’une des membres de l’Ordre, qui lui souriait. Elle était accompagnée de quatre enfants roux, qui lui ressemblaient assez. Trois d’entre eux étaient des garçons, dont deux jumeaux. La dernière était une jeune fille particulièrement jolie.

- Comment allez-vous très chère ? Demanda gentiment Molly.

- Très bien, merci, essaya de sourire Ellie. Ce sont vos enfants ?

- Oui, sourit Molly. Les jumeaux entament leur sixième année à Poudlard. Ils s’appellent Fred et George. L’autre garçon, c’est Ronald. Il rentre en quatrième année.

- Comme Harry ? Demanda alors Ellie.

- Oh vous connaissez le fils de James ? S’étonna Molly.

Ellie déglutit et se contenta d’hocher la tête, en guise de réponse.

- Oui, Harry et Ron sont tous les deux à Gryffondor et sont de très bons amis.

- D’accord, assimila Ellie, avant de continuer. Et votre fille, elle s’appelle comment ?

- Oh ! Sourit Molly. Il s’agit de ma seule fille, ma petite Ginerva.

- Maman ! Protesta Ginny. Combien de fois t’ai-je demandé de ne pas m’appeler comme ça !?

- Et toi, combien de fois je t’ai dit de ne jamais interrompre une discussion entre adultes ? Répliqua sévèrement sa mère.

Ginny se mit à bouder et Ellie se mit à sourire devant cette scène familiale, peut-être banale, mais qu’elle trouvait attendrissante.

- Les enfants, reprit Molly. Je vous présente Ellie Sturgis. Elle sera votre nouvelle Professeur de Défense contre les Forces du Mal cette année.

Les jumeaux se mirent à pouffer, Ellie pencha la tête sur le côté, et Molly mit ses mains sur ces hanches.

- Attention tous les deux ! Les prévint-elle. Que je ne vous prenne pas à embêter cette pauvre enfant cette année !

- Ce n’était pas notre intention, chère mère, dit George.

- Mais maintenant que tu le dis… continua Fred.

- Fred, George ! Les menaça-t-elle, avec un regard froid.

- Maman, on peut aller rejoindre les autres s’il te plait ? Les coupa alors Ginny, d’un air plaintif.

Molly soupira fortement, sans quitter ses deux jumeaux de son regard sévère. Puis, elle inspira de nouveau, et finit par céder, d’un ton autoritaire :

- Oui… Oui… Traversez…

Ellie regarda la totalité des enfants Weasley traverser le portail qui les mènerait à la voie 9 ¾. Puis, Molly l’incita à faire de même, et après quelques pas, elle atterrit de l’autre côté. Elle suivit ensuite la petite femme rousse et remarqua au loin une chevelure ébouriffée qu’elle ne reconnaissait que trop bien. A cet instant, son cœur se serra mais elle continua sa progression malgré tout. Quelques secondes plus tard, elle se trouvait auprès des Maraudeurs, avec Molly.

-  Bonjour à vous ! S’écria la mère Weasley, tandis qu’Ellie resta en arrière.

- Bonjour Molly, répondirent les quatre hommes.

- Sturgis, dit alors James, qui s’aperçut de la présence de la brune.

Cette dernière se contenta d’hocher la tête pour les saluer. James s’apprêta à lui parler lorsque la voix d’un jeune garçon retentit derrière lui. Aussitôt, Ellie remarqua une deuxième tête aux cheveux ébouriffés, noir de jais, qui portait des lunettes rondes. Elle n’avait pas besoin de s’appeler Merlin pour comprendre qu’il s’agissait du fils de James : Harry. Ce dernier était son portrait craché, à l’exception de ses yeux, d’un vert éclatant.

- Papa, est-ce que ça te dérange si je ne reste pas avec toi, dans le compartiment ?

- Non, pas du tout, répondit James, avec un doux sourire. Va avec tes amis.

Ellie remarqua alors instantanément que le comportement de James avait radicalement changé quand il s’adressait à son fils. Il était doux, attentionné, et son regard semblait ravivé par une flamme.

- Bonjour, dit alors Harry à Ellie.

Cette dernière fut assez surprise qu’il ne s’adresse à elle, et n’arriva pas à lui répondre par des mots. Alors, elle se contenta de lui sourire, maladroitement.

- Harry je te présente ton nouveau Professeur de Défense contre les Forces du Mal, expliqua alors James. Il s’agit d’Ellie Sturgis.

- Enchanté, dit alors Harry en souriant. Vous êtes l’autre membre de l’Ordre ?

- Harry, le réprimanda alors James, sévèrement. Combien de fois je t’ai dit de faire attention aux paroles que tu prononçais en public ?

- Désolé, Papa… dit le brun à lunettes, en baissant la tête.

Ce dernier se décontracta et serra son fils dans ses bras, tout en l’embrassant sur la tempe avant de dire :

-  Allez, va rejoindre Ron et Hermione. On se retrouve demain, en cours.

Harry sourit de nouveau et se dépêcha de rentrer dans le train. Quelques secondes plus tard, James dit au revoir à ses amis, et il pénétra à son tour  dans le Poudlard Express, en compagnie d’Ellie. Ces derniers trouvèrent rapidement un compartiment de libre, où ils s’assirent. Le train démarra quelques minutes après, et la majorité du trajet se fit dans le silence. James lisait la Gazette du Sorcier, tandis qu’Ellie avait le regard plongé à travers la fenêtre. Elle semblait se délecter du paysage écossais qui s’offrait à eux. James lança quelques regards dans sa direction, de temps à autre. Puis, il finit par dire :

- Je suis désolé pour tout à l’heure…

Ellie détacha son regard de la fenêtre et ses yeux bleus rencontrèrent les yeux noisette de James. Puis, elle fronça les sourcils pour lui exprimer son incompréhension.

- Pour ce qu’a dit Harry, et ta position au sein de l’Ordre.

- Ce n’est pas grave, dit alors Ellie.

James acquiesça et se replongea dans la lecture de son journal. Cependant, Ellie continua de le fixer, et le brun en lunettes, finit par s’en apercevoir.

- Quoi ? Lui demanda-t-il alors.

- Tu parles de l’Ordre avec ton fils ? L’interrogea-t-elle.

- Je parle de tout avec Harry, expliqua James. Je n’ai aucun secret pour lui.

- Tu lui parles aussi de tes rousses ? S’étonna alors Ellie, en relevant les sourcils.

James se crispa légèrement et serra des points. Ellie se dit alors qu’elle était peut-être allée un peu loin, et s’en mordit légèrement les doigts.

- Bien que cela ne te regarde pas, rétorqua froidement James. Oui, il est au courant de mes aventures passagères.

James la fixa d’un regard froid, et Ellie pencha la tête sur le côté, avant de dire :

- Il te ressemble beaucoup.

- Je sais.

- Mais sa mère avait les yeux verts, n’est-ce pas ?

James déglutit, inspira fortement et se contenta d’hocher la tête, en guise de réponse. Ellie acquiesça, et les deux membres de l’Ordre se replongèrent dans leur mutisme réciproque pendant le reste du trajet.

***

 

                Une fois arrivés à la Gare de Pré-au-Lard, les deux nouveaux enseignants s’éclipsèrent rapidement, avant le départ des élèves pour le château. Ils approchèrent alors de l’une des calèches, et Ellie fut stoppée dans son élan lorsqu’elle réalisa la présence de créatures étranges qui semblaient pousser les calèches. Elle ne les avait jamais remarqués auparavant.

- Ce sont des Sombrals, expliqua James, en l’incitant à monter dans la calèche.

Ellie acquiesça et grimpa dans la nacelle, et James lui emboita le pas, tandis que les chevaux ailés commencèrent à avancer.

- Seuls ceux qui ont vu la mort peuvent les apercevoir, continua James.

- Je sais ce qu’est un Sombral, rétorqua Ellie, avec un léger air dédaigneux. Je ne m’attendais pas à en voir ici, c’est tout.

James ne répondit pas et se contenta de lever les yeux au ciel, tout en se disant que cette année promettrait d’être très longue.

                Quelques interminables minutes de silence plus tard, les deux membres de l’Ordre arrivèrent dans le château. Ils furent accueillis par Dumbledore et deux Elfes de maison. Ces derniers s’occupèrent de récupérer les valises des enseignants, tandis que le Directeur les accompagna jusqu’à la Grande Salle où les élèves se rendraient d’une minute à l’autre. Ellie se délecta de la beauté des lieux et de la décoration qui avait quelques peu changé depuis son dernier passage. Puis, elle posa son regard sur les Professeurs déjà installés. Elle semblait tous les connaitre à l’exception d’une femme à l’allure loufoque, qui semblait dans la lune. Ellie en déduit facilement qu’il devait s’agir d’un nouveau Professeur de Divination… Alors qu’elle balayait du regard l’ensemble des Professeurs, tout en continuant sa progression vers la Table, son regard fut attiré vers un homme, vêtu entièrement de noir, aux cheveux gras et au nez crochu. Elle le reconnut instantanément et s’arrêta, sans le quitter des yeux. Puis, elle attrapa James par la manche pour le forcer à s’arrêter avec elle. Ce dernier se retourna et fronça des sourcils. Ellie s’approcha alors de son oreille, et dit :

- Qu’est-ce que Severus Rogue fait ici ?

- Tu connais Rogue ? S’étonna James.

- Je sais ce qu’il est… C’est un Mangemort.

- C’était, rectifia James.

- Pardon ?

- Il y a quelques années, il a retourné sa veste et est devenu un agent double pour le compte de l’Ordre.

- Tu plaisantes ?

- Non, Sturgis… L’information au sujet du foyer de Ste Rose venait de lui. Il est digne de confiance.

- Tu lui fais confiance ? S’étonna Ellie, en fronçant des sourcils.

- Oui.

- Pourquoi ?

- C’est personnel, Sturgis, rétorqua le beau brun à lunettes. Maintenant, viens, ils nous attendent.

Ellie resta quelques instants, immobile à alterner son regard entre James et Rogue. Elle aurait juré que ces deux-là se serait détesté jusqu’à la fin de leur vie, mais apparemment Dumbledore avait raison : les choses avait changé. Elle finit par rejoindre James et le directeur les présenta au reste du corps enseignant. Quelques minutes plus tard, les élèves rentrèrent et la Répartition des nouveaux élèves commença. Puis Dumbledore annonça la participation exceptionnelle de Poudlard au Tournoi des Trois Sorciers, ce qui réjouit la majorité des élèves, et ce que déplora l’intégralité des Professeurs.

 

 

De la Défense Contre les Forces du Mal by Smittina
Author's Notes:

Excusez-moi pour le retard dans mes posts depuis un certain temps mais j'avais mon mémoire de Master à rendre et je n'avais absolument pas le temps d'écrire autre chose ou de publier.

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira ! ;-)

Mischief Managed - John Williams (HP3)
https://www.youtube.com/watch?v=zg__wAowsLs

Ellie se tenait droite comme un i, le visage strict et fermé, le temps que ses élèves de quatrième année ne s’installent dans sa salle de classe. Même si elle ne le montrait pas, elle était énormément stressée. Cependant, elle essayait d’évacuer cette angoisse, en s’amusant à deviner les noms des élèves, à partir de ce qu’elle connaissait des parents. Ainsi, elle n’eut aucun mal à deviner l’identité du fils Malefoy avec sa chevelure blonde pale  si caractéristique, ni celle du fils Londubat. Ellie ne put que constater à quel point il pouvait ressembler à ses parents. La forme ronde de son visage, il la devait à Alice, tandis qu’il tenait son regard de Frank. A cette pensée, le cœur d’Ellie se serra, jusqu’à ce qu’elle n’aperçoive la tête ébouriffée caractéristique des Potter. Harry venait de faire son entrée accompagné du fils Weasley, et d’une jeune fille aux cheveux ébouriffés, et aux yeux marron. D’après ce que James avait dit à Harry, et ce que les autres professeurs lui avait appris concernant quelques uns de ses élèves,  il devait s’agir de la dénommée Hermione Granger. Ellie attendit quelques secondes, et commença son cours avec la sévérité qui la caractérisait tant, en temps que professeur.

 

 

 

***

 

 

 

                A la fin de la première journée, Ellie se rendit à ses appartements pour poser ses affaires de cours, avant de rejoindre la Grande Salle pour le diner. Cependant, elle croisa en route James qui étreignit son fils. Elle s’arrêta quelques secondes pour les observer. Elle était toujours aussi fascinée par le comportement de son homologue qui changeait du tout au tout lorsqu’il était avec son fils. Ce qui la marquait le plus, étant le fait que James lui adressait ses rares sourires, pourtant si magnifiques. Harry partit ensuite rejoindre ses amis, tandis que James s’approcha d’elle.

 

- Alors cette première journée, Sturgis ? Demanda-t-il.

 

- Ca peut aller…

 

- Tu as eu les Sixième Année ? S’amusa-t-il.

 

- Comment le sais-tu ?

 

- Tu as la tête de celle qui a eu le grand honneur d’avoir les Jumeaux Weasley dans sa classe, se moqua James.

 

-  Et bien ces deux jeunes gens, bien que très sympathiques, ont eu le grand honneur de se prendre une retenue, rétorqua Ellie.

 

- C’est donc pour ça, s’amusa James.

 

- De quoi ?

 

- Harry m’a dit que tu avais déjà une sacré réputation auprès des élèves.

 

- Laquelle ? S’étonna-t-elle.

 

- Ils disent que tu es sérieuse, stricte et qu’on n’a pas intérêt à te chercher des noises.

 

- Tant mieux, dans ce cas… Décréta le nouveau Professeur, la tête haute. Il faut que ces élèves comprennent et respectent le règlement. C’est important.

 

- Tu aurais fait une parfaite Préfète, toi, dit James sans réfléchir.

 

- Je l’ai été, répliqua Ellie, elle aussi sans réfléchir.

 

Aussitôt, elle se frappa mentalement et pria pour que James n’ait rien remarqué. Cependant, ses espoirs s’envolèrent lorsque ce dernier s’arrêta et la força à faire de même.

 

- Tu as bien dit que tu avais fait ta scolarité à Beauxbâtons, n’est-ce pas ? L’interrogea James, en fronçant des sourcils.

 

- Oui, rétorqua Ellie, qui arrivait à la perfection à cacher son trouble.

 

- Ils n’ont pas de Préfets, là-bas, affirma James, avec conviction.

 

- C’est exact, mais ils ont des chefs de dortoirs, répondit Ellie avec assurance. Et j’ai été l’un de ces chefs pendant trois ans.

 

- D’accord, répondit James, qui resta tout de même assez dubitatif.

 

Puis, les deux professeurs se séparèrent pour rejoindre leurs appartements. Pendant le reste de la soirée, Ellie et James ne s’adressèrent pratiquement pas la parole. Ellie restait seule dans son coin, silencieuse, en train de repenser à l’énorme gaffe qu’elle avait faite, tandis que James parlait et riait avec les autres professeurs. Cependant, au fond de lui, il n’oubliait pas les paroles qu’avaient prononcées Ellie, et cela ne faisait que confirmer les doutes qu’il avait à son sujet depuis leur première rencontre. Cette femme avait des secrets, et n’était peut-être pas totalement sincère concernant son passé.

 

***

 

 

 

- Que me vaut l’honneur de votre visite, Professeur ? Demanda Argus Rusard, le concierge de l’école.

 

- J’ai donné une retenue aux jumeaux Weasley, dit Ellie, et j’aimerais savoir si vous pourriez les punir en leur donnant à nettoyer les récompenses de la Salle des Trophées ?

 

- Bien entendu, Professeur, répondit Rusard en faisant une sorte de révérence devant la jeune femme.

 

- Rusard, dit alors Severus Rogue qui venait d’entrer à son tour dans le bureau du Concierge.

 

Cependant, ce dernier s’arrêta lorsqu’il remarqua la présence d’Ellie Sturgis. Les deux professeurs se dévisagèrent quelques longues secondes, avant que Rogue ne reporte toute son attention sur le Concierge.

 

- Peeves a fait exploser les toilettes du premier étage, dit-il d’une voix glaciale.

 

- Oh ! Saleté d’esprit frappeur ! Grogna Rusard, avant de retrouver son sourire mielleux, en se tournant de nouveau vers Ellie. Veuillez m’attendre ici, Professeur, je reviens le plus vite possible.

 

- Il n’y a aucun souci, rétorqua Ellie.

 

Cette dernière lança un dernier regard froid à Rogue, avant qu’il ne sorte du bureau suivi de Rusard. Elle se retrouva ainsi, toute seule, dans cet immense bureau rempli d’objets confisqués au fur et à mesure des années. Ellie se promena et observa cette multitude d’objets pour passer le temps. Il y en avait de toute sorte : des pétards, des plumes spécialement prévues pour la triche, ou des bonbons à l’aspect douteux. C’est alors que son regard fut attiré par l’un d’entre eux. A première vue, il ne s’agissait que d’un simple morceau de vieux parchemin. Mais Ellie savait qu’il était beaucoup plus que ça. Elle entendit les pas du concierge revenir dans sa direction, et se dépêcha de s’emparer du parchemin, et de le dissimuler dans sa longue cape.

 

- Excusez-moi, Professeur, dit le Concierge avec cette voix mielleuse, qui donnait des frissons dans le dos à Ellie.

 

- Il n’y a pas de mal, rétorqua cette dernière, de la manière la plus naturelle qui soit, malgré le fait qu’elle venait de commettre un vol.

 

- Je vais vous faire le bon de retenue pour ces deux lascars.

 

- Merci.

 

Cinq minutes plus tard, elle quitta le bureau du Concierge et se dépêcha de rejoindre ses appartements. Etant donné le peu d’affaires personnelles qu’elle possédait, sa chambre était assez vide, et totalement impersonnelle. Ellie s’assit ensuite à son bureau et sortit le parchemin de sous sa cape. Puis, elle le posa délicatement sur son bureau et soupira. Elle fixa l’objet intensément et entama un long débat intérieur. Elle se mordit la lèvre inférieure et après une très longue hésitation, elle finit par sortir sa baguette. Puis, elle la pointa sur l’objet avant de dire :

 

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

 

Aussitôt, le parchemin révéla des inscriptions, et lorsqu’Ellie entreprit de l’ouvrir, il lui donna accès à une carte spéciale de l’école, qui indiquait la position exacte de tous ses occupants. Elle se mit alors à chercher frénétiquement quelque chose ou quelqu’un.  Elle s’arrêta lorsqu’elle se trouva au niveau de la Tour de Gryffondor. Là, elle soupira d’aise devant la petite étiquette tranquillement installée au coin du feu. Il était en sécurité.

 

***

 

                La vie à Poudlard ne fut pas simple pour les deux membres de l’Ordre fraichement débarqués, et ils mirent près de trois semaines à s’acclimater totalement à leur nouvel environnement et nouvelles fonctions. James était un Professeur de Métamorphose très doué, et très apprécié des élèves. Il était strict mais savait plaisanter. Il n’insistait pas beaucoup sur la théorie et préférait de loin leur enseigner la pratique. Quant à Ellie, c’était une toute autre chose. Bien sûr, nul ne pouvait contester qu’elle était extrêmement douée, et très pédagogue. Cependant, elle était beaucoup plus stricte et beaucoup plus froide que James. De ce fait, la majorité des élèves la craignait et on aurait pu entendre les mouches voler dans sa classe. Ellie s’en réjouissait, car elle n’avait jamais apprécié le désordre et le bruit en cours.

 

                La fin du mois de Septembre arriva rapidement, tout comme le premier match de Quidditch qui devait opposer les Serpentards aux Gryffondors. Avec l’arrivée imminente du Tournoi des Trois Sorciers, Dumbledore aurait du annuler les matchs de Quidditch à l’année. Cependant, il n’en avait rien fait, car il ne voulait pas priver ses élèves de ce plaisir à cause de la nouvelle lubie du Ministère.

 

                Le matin du match, Harry semblait particulièrement stressé malgré le fait que son père lui ait offert le dernier balai, le plus puissant et le plus rapide qui existait. James lui, était parfaitement confiant. Il savait que son fils était un très bon attrapeur et qu’il s’emparerait le Vif d’Or comme à son habitude.

 

                A la fin du repas dans la Grande Salle, tout le monde prit la direction du Terrain de Quidditch. James s’installa dans la Tribune réservée aux Professeurs, excité comme un gamin de douze ans. Il avait joué mainte fois avec Harry dans leur jardin, mais il allait assister pour la première fois à l’un de ses matchs. Il secouait ses jambes d’impatience, lorsqu’une personne s’assit à ses côtés. Il se retourna et fut étonné d’y voir Ellie. Cette dernière observait les gradins.

 

- Je ne savais pas que tu t’intéressais au Quidditch, dit alors James.

 

- Je n’ai jamais aimé ça… Avoua-t-elle. Je trouve que ce jeu transforme les joueurs en crétins finis.

 

- C’est un sport, Sturgis, rectifia James. Pas un jeu.

 

- Si tu veux… Soupira-t-elle, non convaincue par les propos de son homologue.

 

- Si tu n’aimes pas le Quidditch, qu’est-ce que tu fais là ?

 

-  La même chose que toi, je présume…

 

-  Non, je ne pense pas… Affirma James. Je suis venu voir mon fils jouer.

 

- Harry joue dans l’équipe de Gryffondor ? Sembla-t-elle s’étonner, avec un léger enthousiasme qui n'échappa pas à James.

 

- Oui… Sembla s'étonner le beau brun à son tour.

 

- A quel poste ?

 

- Attrapeur, répondit alorsfièrement James. Il est très doué. Il a été accepté dans l’équipe en première année, ce qui fait de lui le…

 

- Plus jeune attrapeur depuis des siècles à Poudlard, finit Ellie.

 

James fronça des sourcils et Ellie se contenta d’hausser les épaules.

 

- J’ai lu l’Histoire de Poudlard, pour m’instruire, expliqua-t-elle alors.

 

- Je vois, dit James, en levant les yeux au ciel.

 

Ellie regarda de nouveau dans les gradins, comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu’un.

 

- Qu’est-ce que tu fais là, Sturgis ?

 

- Mon travail, répliqua-t-elle. Je m’assure que rien ne pourra arriver aux élèves pendant le match.

 

- Les autres écoles ne sont pas encore là, tu sais ? On peut se détendre…

 

- Vigilance constante, Potter, répliqua-t-elle, en observant la foule.

 

Quelques minutes plus tard, le match commença et malgré tous les efforts qu’elle fit, Ellie craqua et finit par se délecter du spectacle de voir Harry Potter, sur son Eclair de Feu. Il attrapa le Vif d’Or au bout d’une vingtaine de minutes et Ellie ne put que constater que James avait raison : son fils était vraiment doué sur un balai.

 

***

 

                Le mois de Septembre toucha à sa fin par un cours supplémentaire de Défense contre les Forces du Mal. Bien que le Ministère refusait d’apprendre les Sortilèges Impardonnables aux élèves, Ellie jugea qu’il était nécessaire pour eux de les connaitre. Selon elle, les futurs sorciers devaient avoir toutes les cartes en main pour arriver à se défendre, une fois qu’il serait à l’extérieur, dans ce monde en guerre.

 

- Il nous reste dix minutes de cours. Nous allons donc en profiter pour traiter des Sortilèges Interdits ou dits Impardonnables, annonça-t-elle alors à ses quatrièmes années de Gryffondor et Serpentard. Qui parmi vous peut me dire de quoi il s’agit ?

 

Seule une petite main fluette se leva parmi la vingtaine d’élèves présents et Ellie n’en fut pas du tout surprise. En un mois de cours à Poudlard, elle avait assimilé qu’Hermione Granger était l’élève la plus brillante de ce château.

 

- Miss Granger, dit alors Ellie, d’un ton neutre.

 

- Les Sortilèges Impardonnables sont des Sortilèges de Magie Noire, récita Hermione, avec assurance. Ils sont tellement abominables que l’utilisation de l’un d’entre eux, sur un moldu ou un sorcier, peut entrainer de graves sanctions comme une condamnation à vie à Azkaban, et ce depuis 1717.

 

-  Bien, Miss Granger, dit Ellie. 20 points pour Gryffondors. A présent, qui peut me citer l’un d’entre eux ?

 

Il y eut un calme plat, jusqu’à ce que la main hésitante de Ron ne se lève.

 

- Mr Weasley ?

 

- Il y a le Sortilège de l’Impérium, Professeur.

 

- C’est exact, affirma Ellie. Connaissez-vous ses effets ?

 

- Oui, Professeur, dit Ron, en se raclant la gorge. Il permet d’avoir un contrôle total sur une personne. De ce fait, on peut lui faire faire n’importe quoi. Il n’y a pas moyen de lutter.

 

- Je vous accorde 15 points, même si ce n’est pas tout à fait juste, Mr Weasley, rectifia Ellie. Des trois Sortilèges Impardonnables, l’Imperium est le seul que l’on peut contrer. Une personne suffisamment forte d’esprit peut lutter contre le Sort et éviter d’être sous son emprise.

 

Ron chuchota quelque chose à l’oreille d’Harry, tandis que la porte de la salle de cours s’ouvrit. Ellie vit James y pénétrer et se mettre dans un coin pour ne déranger personne. Elle décida de continuer son cours, comme si de rien n’était.

 

- Est-ce que l’un d’entre vous, connait un autre sort interdit ?

 

Cette fois-ci, ce fut la main timide de Neville Londubat qui se leva, et Ellie ferma les yeux, sachant pertinemment de quel sortilège il allait lui parler.

 

- Mr Londubat ?

 

-  Il… Il y a le Sortilège Doloris, Professeur, dit Neville d’une petite voix.

 

- Bien entendu… Soupira Ellie.

 

Cette dernière hésita quelques secondes, et toutes les personnes présentes dans la Salle se demandèrent pourquoi elle ne continuait pas son cours. Ellie sembla totalement perdue dans ses pensées, et finit par s’assoir sur son bureau.

 

- Ce Sortilège-ci est particulièrement atroce, finit-elle par dire. Il vous inflige une douleur telle, que l’on préfèrerait mourir plutôt que d’en subir un autre. Certaines personnes en sont même devenues folles… Folles de douleur…

 

-  Il n’y a aucun moyen de le contrer ? Demanda Harry.

 

- Aucun… Répondit-elle tristement. On peut essayer de lutter lorsque les premiers sont lancés. Mais plus on vous en lance, plus vos défense s’amoindrissent, plus votre esprit cherche par tous les moyens à s’échapper de cette douleur, et on finit par céder malgré tout. Cette douleur là, est bien plus forte que l’esprit, en tout point de vue.

 

-  Vous avez l’air de savoir de quoi vous parler… Lança Dean Thomas.

 

Ellie lui adressa un regard noir pour lui faire comprendre que sa question était beaucoup trop indiscrète. Cependant, la lueur de tristesse qui passa dans les yeux d’Ellie n’échappa pas à James, qui fronça des sourcils, les bras croisés. Puis, Ellie se leva et continua son cours.

 

- Et le dernier ? Demanda-t-elle.

 

Cette fois-ci ce fut la main d’Harry qui se leva. Le cœur de James se serra et ce dernier inspira profondément.

 

- Mr Potter ?

 

-  L’Avada Kedavra, répondit tristement Harry, en baissant la tête.

 

- Le pire d’entre tous, répliqua le Professeur, le regard dans le vide. Le Sortilège de Mort...

 

Ellie resta silencieuse quelques minutes avant de regarder la montre qu’elle portait au poignet.

 

- Le cours est terminé. Je veux deux rouleaux de parchemins sur ces Sortilèges pour la semaine prochaine, annonça-t-elle. Mr Londubat, restez quelques minutes. J’aimerais vous parler.

 

Tous les élèves quittèrent la salle de cours, tandis que Neville, anormalement pâle, s’approcha du bureau de son Professeur. Ce dernier avait les yeux vitreux et n’arriva pas à soutenir le regard d’Ellie.

 

- Je suis désolée Mr Londubat, dit-elle alors. Je n’aurais pas du décrire avec autant de précision le calvaire infligé par le Sortilège Doloris devant vous.

 

- Ce n’est pas grave, Professeur, dit doucement Neville, en baissant la tête.

 

James, toujours en retrait depuis l’évocation du Sortilège Doloris, observa attentivement Ellie. Au bout de quelques secondes d’hésitation, il la vit se lever et se placer en face de Neville Londubat, tout en posant délicatement sa main sur son épaule. Puis, elle se pencha vers lui et lui murmura quelque chose que James fut incapable d’entendre.

 

- Je connaissais vos parents, Neville, chuchota Ellie.

 

Le garçon releva enfin la tête vers elle, étonné, tandis qu’il luttait pour empêcher ses larmes de couler.

 

- C’étaient deux personnes extraordinaires qui ne méritaient absolument pas ce qu’il leur est arrivé.

 

Neville renifla et Ellie pressa son épaule, en guise de réconfort.

 

- Ils seraient très fiers de vous.

 

- Je ne pense pas, affirma le garçon. Je ne leur arrive pas à la cheville.

 

- Je ne suis pas d’accord avec vous, trancha Ellie. Vous leur ressemblez bien plus que ce que vous pouvez penser.  Quand je vous regarde, je vois le sourire et la gentillesse d’Alice, et même s’il est vrai que vous avez des difficultés dans la plupart des matières, vous n’abandonnez pas. Vous avez la même persévérance que Frank.

 

Neville ne le supporta plus, et s’autorisa à pleurer. Ellie le prit alors délicatement dans ses bras, sous le regard stupéfait de James. C’était la première fois qu’il voyait un geste affectif provenant de cette femme.

 

- Je vous le répète, ils seraient très fiers de vous, chuchota Ellie à son oreille.

 

Elle finit par lâcher Neville, et elle lui sourit sincèrement, ce qui étonna une fois de plus James. Puis, cette dernière déclara à voix haute, cette fois :

 

- Je peux vous donner des devoirs de pratique supplémentaires dans ma matière que l’on pourrait travailler ensemble à chaque fin de semaine, si vous voulez. Je pense que cela pourrait vous être bénéfique pour progresser.

 

- Oui, Professeur, lui sourit Neville, en essuyant ses larmes, du revers de la main.

 

- On commencera la semaine prochaine, dit-elle alors, en regagnant son bureau. Vous pouvez rejoindre vos amis.

 

Neville lui sourit une nouvelle fois, prit ses affaires et s’apprêta à sortir, lorsqu’il se retourna vers son Professeur et lui demanda :

 

- Pourquoi faites-vous ça, Professeur Sturgis ?

 

- C’est évident, non ? Lui sourit-elle tendrement.

 

Neville lui adressa son plus magnifique sourire, et sortit, heureux de la salle de classe. Ellie fixa longtemps la porte par laquelle son élève venait de sortir, lorsqu’elle entendit des bruits de pas s’approcher d’elle. Elle se rappela alors qu’elle n’était pas seule, et que James était présent depuis une dizaine de minutes.

 

- Tu as connu les parents de Neville ? Demanda James, toujours aussi soupçonneux.

 

- J’ai entendu dire ce qu’il leur était arrivé, répliqua-t-elle. C’est dramatique.

 

- Ouais, répondit tristement James. Alice et Frank étaient des amis à moi et à ma… femme.

 

Un silence s’installa entre les deux membres de l’Ordre, pendant lequel James s’efforçait d’atténuer la douleur qui lui lacerait le cœur. Il n’aimait pas parler de Lily, qui plus est, avec une inconnue dont il se méfiait toujours un peu.

 

- Pourquoi es-tu là, Potter ? Demanda alors Ellie.

 

- Dumbledore nous a confié une mission, et il m’a dit de mettre au point un plan avec toi.

 

- Quel genre de mission ? L’interrogea Ellie, en jetant un sort d’insonorisation sur la porte.

 

- Du genre loufoque, suicidaire et complètement irréalisable si tu veux mon avis… rit amèrement James.

 

- C’est-à-dire ?

 

- Il veut que l’on cambriole un coffre de Gringotts....

 

Ellie releva les sourcils, et se mordit la lèvre inférieure.

 

- Hé bien, on va s’amuser, répliqua-t-elle, sous le regard inquiet de James.

Gringotts by Smittina
Author's Notes:

Merci à tous pour vos lectures et vos commentaires !
Voici donc un nouveau chapitre qui comporte un petit peu d'action pour une fois, et toujours autant de mystères ^^
Perso, j'aime bien le relire sous les airs de :
The Mass - Era
https://www.youtube.com/watch?v=VJTAjonuAiU

Bonne lecture !

Trois semaines s’écoulèrent depuis que Dumbledore leur avait confié la mission de cambrioler un coffre de Gringotts, sans se faire prendre, et sans que le propriétaire du coffre ne remarque l’effraction. Selon James, c’était une mission tout bonnement impossible. Elle comportait trop de risques car il y avait beaucoup trop d’incertitudes sur le fonctionnement de cette banque. Selon lui, pour pouvoir y arrivait, il leur aurait fallu qu’un gobelin les aide, ce qui n’était pas l’avis d’Ellie qui pensait qu’on ne pouvait pas faire confiance à ces êtres qui détestaient profondément les sorciers. James aurait voulu utiliser du polynectar pour se faire passer pour les propriétaires du coffre, mais Ellie pensait que ça échouerait à cause du test des baguettes. Autant dire, que les deux membres de l’Ordre avaient beaucoup d’avis divergents sur la manière de s’y prendre. Mais ils finirent néanmoins par se mettre d’accord sur un plan, qui reposait sur un bon timing et aucun imprévus. Malheureusement pour eux, la vie est remplie d’imprévus et il faut savoir faire preuve d’ingéniosité pour pouvoir s’en sortir sans dommage.

                Le cambriolage se ferait en plein jour, devant témoins, et une semaine avant le jour d’Halloween. Le matin, James alla trouver son fils dans la Grande Salle pour l’étreindre, sous le regard attentif d’Ellie, qui resta en arrière. Cette mission comportait des risques et si elle échouait, ils pouvaient très bien se retrouver devant la Justice. Cependant, c’était un mal nécessaire pour la lutte contre Voldemort, et James en était conscient. C’est la raison pour laquelle il avait accepté cette mission, que seul un fou aurait accepté, selon Sirius. Les deux membres de l’Ordre quittèrent Poudlard par la suite, et marchèrent jusqu’à Pré-au-Lard. Là-bas, ils transplanèrent pour arriver devant l’entrée du Chaudron Baveur de Londres.

                James et Ellie pénétrèrent à l’intérieur du Pub et saluèrent Tom l’Aubergiste, avant de se diriger vers l’arrière boutique pour avoir accès au Chemin de Traverse. Ils marchèrent alors silencieusement vers l’édifice imposant que représentait la Banque de Gringotts. James semblait légèrement nerveux et Ellie, étonnement calme, s’en rendit compte. Elle l’arrêta en tirant sur sa cape, quelques mètres avant de pénétrer dans l’enceinte de la Banque des Sorciers. James se retourna vers elle, et fronça des sourcils.

- Ecoute Potter, si tu ne te sens pas de le faire…

- Ca va, Sturgis, la coupa-t-il.

- Tu es sûr ? Insista-t-elle.

- Oui, affirma-t-il, avec assurance.

- Bien… Dans ce cas, il est temps pour toi de me tenir la main, dit-elle.

- Et toi de changer de couleur de cheveux, répliqua-t-il.

Ils avaient convenus de se faire passer pour un couple devant les Gobelins, afin d’expliquer la présence d’une femme aux bras de James Potter, qui souhaitait déposer de l’Or dans son coffre. Cependant, pour que cela soit crédible, cette femme devait être rousse, comme toutes les femmes avec lesquelles James avait l’habitude de sortir depuis une dizaine d’années. Ellie sortit une petite potion de sa poche, et en but le contenu. Une quinzaine de secondes plus tard, elle devint rousse, ce qui fut loin de déplaire aux yeux de James, qui entrelaça ses doigts à ceux d’Ellie. Un délicieux frisson parcourut alors son corps à cet instant précis, tandis qu’ils avaient commencé à gravir les marches de la Banque. Ils finirent par y pénétrer, main dans la main. Ils avancèrent, sous les regards curieux des Gobelins et Sorciers présents, jusqu’à arriver au comptoir où un Gobelin, particulièrement repoussant les accueillit.

- Mr Potter, sourit-il froidement. Que nous vaut votre visite ?

- Je voudrais déposer de l’Or dans mon coffre, expliqua James, tandis qu’Ellie s’accrocha fermement à son bras pour jouer les amoureuses transies.

- Bien. Vous avez votre clé ? Demanda-t-il en relevant les sourcils.

- La voici, répondit James, en sortant une petite clé de la poche de sa cape.

Le Gobelin récupéra la clé et leur demanda de le suivre, jusqu’à une sorte de wagon. Ils s’installèrent dessus, et ils partirent dans le dédale de couloirs souterrains de la Banque. Après plusieurs changements de rails de dernières minutes qui procurèrent de sérieux haut-le-cœur à Ellie, ils finirent par arriver devant le coffre de James. Les deux membres de l’Ordre et le Gobelin sortirent du wagon. Ce dernier s’approcha du coffre de James, et commença à sortir la clé de sa poche pour pouvoir lui donner pleinement accès à son coffre. Ce fut ce moment-là que choisirent James et Ellie pour mettre leur plan à exécution. Pour cela, James sortit une petite fiole de sa poche et la jeta aux pieds du Gobelin. Ce dernier se retourna en fronçant des sourcils, et James comprit alors que la potion, qui devait agir instantanément, n’agissait nullement sur la créature. Cette dernière mit rapidement sa main à son sifflet, qu’il portait autour du cou, pour donner l’alarme. James ferma les yeux pensant qu’ils étaient finis, lorsqu’une voix douce retentit à ses cotés.

- Impero !

James ouvrit aussitôt les yeux, et vit que le Gobelin avait ôté sa main de son sifflet. Puis, il se retourna rapidement vers Ellie et vit qu’elle tenait fermement sa baguette dans la direction du Gobelin. Elle le contrôlait totalement. James fronça alors des sourcils et s’apprêta à protester lorsqu’elle le devança :

- Ecoute Potter, visiblement la Potion ne fonctionne pas sur les Gobelins. C’était la seule solution.

- Je ne suis pas convaincu que l’utilisation d’un Sortilège Impardonnable soit une solution, en soit.

- On aura qu’à débattre de ce sujet à Poudlard, si tu veux bien, trancha froidement Ellie. Le temps presse.

James, n’ayant pas de meilleure idée sous la main, abdiqua et ils remontèrent dans le wagon avec le Gobelin. Ils descendirent un étage en dessous, pour atteindre le coffre 66. Une nouvelle surprise les attendit en bas, et pas des moindres étant donné qu’il s’agissait d’un dragon. Ce dernier était gigantesque, pâle, et ses yeux étaient recouverts d’un voile, ce qui leur indiquait qu’il était à moitié aveugle. Ellie se dit que la pauvre créature devait être enfermée, prisonnière là, depuis bien longtemps, et la vision de ses plaies lui déchirèrent le cœur. Cependant, elle savait qu’elle n’avait pas le temps de faire du sentimentalisme,  et décida d’avancer. Mais le dragon, fermement attaché, se rendit compte de leur présence, et commença à s’agiter. Les membres de l’Ordre et le Gobelin sous contrôle, reculèrent et ils essayèrent de trouver rapidement une solution. C’est alors que James remarqua la présence de tintamarres posés aux alentours de la créature. Il s’empara de l’un d’entre eux, grâce à un Sortilège d’Attraction, et commença à l’agiter. Aussitôt fait, ils remarquèrent que l’animal battait en retraite, comme si le son strident qui sortait de l’instrument, représentait pour lui le signe imminent d’une prochaine torture. Une fois de plus, cette vision dégouta Ellie, qui eut cette fois-ci un haut-le-cœur, d’autant plus qu’elle savait qu’elle ne pouvait strictement rien pour cette créature. Si elle tentait de le libérer, les Gobelins feraient une enquête et ils comprendraient vite que l’un de leur coffre aurait été cambriolé.

                Alors, Ellie suivit James qui progressait vers les coffres forts, toujours munis de son tintamarre qu’il faisait vibrer pour empêcher le dragon de s’approcher d’eux. Ils finirent enfin par atteindre le coffre qui les intéressait. Cependant, James remarqua qu’il n’avait pas de serrure.

- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Demanda James à Ellie.

Cette dernière se tourna vers le Gobelin et ferma les yeux. Son visage fut alors parcouru de nombreuses mimiques que James interpréta comme de la concentration. Puis, elle rouvrit les yeux, et pointa sa baguette sur la créature, l’obligeant ainsi à poser sa main sur le panneau en bois du coffre. James n’eut pas le temps de poser la moindre question que la porte de la chambre forte fondit littéralement pour laisser apparaitre une immense grotte, remplis de coupes et d’objets en or, en tout genre. James entreprit de s’avancer mais Ellie le retint par sa cape.

- Il ne faut pas pénétrer à l’intérieur, lui dit-elle alors.

- Pourquoi ? S’étonna James.

- Ils ont ajouté un Sortilège de Duplication, et un Maléfice de Flagrance, sur l’ensemble des objets.

- Donc si on touche à n’importe lequel de ces objets, ils sauront que quelqu’un est venu les cambrioler, pensa James à voix haute.

- Exact, répondit Ellie.

- D’accord Sturgis, je vais te faire confiance sur ce coup-là et m’abstenir de te demander comment tu le sais, affirma James. Mais à présent, on a un autre problème…

-  Lequel ?

- Je crois qu’il est temps pour toi de me révéler quel objet Dumbledore veut que l’on substitue…

- Il ne te l’a pas dit ? S’étonna Ellie, en fronçant des sourcils.   

- Non… Répondit prudemment James, dont le teint devenait étonnement pâle. Il m’a dit que tu saurais de quoi il s’agirait…

Ellie pencha la tête sur le côté, et elle se mit à réfléchir extraordinairement vite, tandis que James paniquait à vue d’œil. Puis, elle s’approcha lentement du coffre, sans y pénétrer pour autant, et son regard se balada sur l’ensemble des objets présents dans cette grotte. James commença à s’impatienter, et à vraiment angoisser.

- Sturgis, qu’est-ce que tu…

- Chut, fit-elle sèchement en relevant sa main, pour lui imposer le silence.

James se tut et l’observa. Sa tête faisait des mouvements saccadés, tantôt à droite, tantôt à gauche, comme un serpent qui semblait chercher sa proie. Puis, son regard se braqua sur un objet en particulier, posé sur l’une des plus hautes étagères, et James la vit sourire.

- C’est cette Coupe qu’il nous faut, dit-elle alors.

- Comment le sais-tu ? Demanda James, en fronçant des sourcils.

-  Potter, pour une fois dans ta vie arrête de poser des questions et duplique cette foutue Coupe, avec tes dons en Métamorphose ! Lui ordonna-t-elle.

James inspira fortement, se mordant la langue pour éviter de répliquer quelque chose de cinglant. Il finit par faire ce qu’elle lui demanda et matérialisa une magnifique copie de la Coupe en question. Il lui montra et Ellie acquiesça en guise de contentement.

- Et maintenant ? Demanda James, amèrement. On utilise un Sortilège d’Attraction ?

- Ca ne marchera pas, répliqua-t-elle. Ils l’ont protégé contre ce sort.

- Donc je suppose que la super Sorcière que tu es, a une idée de la manière dont on va s’y prendre pour substituer cette Coupe sans toucher aucun de ces objets ? Demanda sarcastiquement James.

- Effectivement, répondit Ellie, en se tournant vers lui.

Elle esquissa un sourire narquois qui déplut à James, et en une fraction de seconde, elle pointa sa baguette sur lui :

- Levicorpus !

James blanchit et se retrouva instantanément dans les airs, suspendu par une seule cheville.

- Sturgis, fais moi descendre !

-  Non, répondit-elle simplement, tout en réprimant un sourire amusé.

- STURGIS !! Insista James.

                Puis, d’un simple mouvement de baguette, elle le dirigea délicatement vers l’étagère en question. James, bien qu’extrêmement boudeur, fit le remplacement de sa coupe par celle qui les intéressait, et Ellie le ramena à elle. Puis, elle le rapprocha du sol, et annula le sort. James se releva, en lui lançant un regard froid, et Ellie se contenta de récupérer la Coupe et de la dissimuler dans sa cape.

                Ils repartirent rapidement jusqu’au wagon, et rejoignirent le Coffre Fort de James. Ce dernier déposa son Or dans son coffre, et il regarda le Gobelin, toujours sous l’emprise d’Ellie.

- Qu’est-ce qu’on va faire de lui, à présent ?

- On va le libérer, dit simplement Ellie, en pointant sa baguette sur lui.

- Attends ! Dit alors James, en posant une main sur son avant-bras.

Ellie s’arrêta et le regarda en fronçant des sourcils.

- Aie confiance, Potter, lui dit-elle alors, en plongeant son regard bleu perçant dans le sien.

James lâcha progressivement son emprise sur le bras de la jeune femme, et la regarda faire.

- Finite Incantatem ! dit-elle.

Le Gobelin secoua vigoureusement la tête, comme s’il venait de se réveiller d’un étrange cauchemar. Il porta son regard sur Ellie, qui avait toujours sa baguette braquée sur lui, et commença à s’affoler, tout comme James. Cependant, ce dernier n’eut pas le temps de réagir qu’Ellie prononça :

-  Oubliettes !

-  Il vous faut autre chose, Mr Potter ? Sourit le Gobelin, après s’être tourné vers James.

- Non, merci, répondit James avec assurance.

- Dans ce cas, suivez-moi ! Dit le Gobelin en remontant dans le wagon.

James déglutit et essaya de garder toute son assurance, tandis qu’Ellie semblait parfaitement calme et sereine, accrochée à son bras, dans son rôle de parfaite petite amie. Le Gobelin les ramena à la surface, et James le remercia une dernière fois, avant de sortir de la Banque. Une fois à l’extérieur, Ellie lâcha le bras de James et s’apprêta à retrouver sa couleur de cheveux originale lorsque James lui prit la main. Cette dernière ne comprit pas sur le coup sa réaction, jusqu’à ce qu’elle n’aperçoive une femme brune aux cheveux hirsutes et épais, en train de gravir les marches de la Banque. Cette dernière passa à leur côté et envoya un regard dédaigneux à James, qui se contenta de lui répondre par un regard glacial. Puis, elle regarda attentivement la rousse qui se tenait à son bras. Elle l’observa longuement, comme si elle tentait de la reconnaître, avant de ricaner. James sentit son cœur se serrait comme dans un étau et s’efforça de quitter rapidement les lieux avec Ellie, avant qu’il ne la tue de ses mains nues sur ces marches.

                Une fois en sécurité, les deux membres de l’Ordre transplanèrent en silence pour arriver à Pré-au-Lard. Ils ne s’adressèrent pas la parole une seule fois, durant la totalité du trajet qui les ramena jusqu’à l’intérieur du château. Là-bas, ils montèrent au Deuxième Etage pour avoir accès au Bureau du Directeur, qui les attendait de pieds fermes.

- Nous l’avons, dit alors Ellie, en sortant la Coupe de sa cape et en la posant sur le bureau de Dumbledore.

Ce dernier observa attentivement l’objet, sans pour autant le toucher. Puis, il reporta toute son attention sur ses deux collègues. Ellie était toujours aussi impassible, mais James lui, semblait furieux.

-  Tout s’est bien passé ? Demanda-t-il, conscient qu’il allait déclencher un orage.

- Oui bien sûr, Albus, répondit rapidement James avec beaucoup d’ironie dans le ton de sa voix. Si on oublie les Potions inefficaces sur les Gobelins, les Dragons, les Coffres Ultra-Protégés, et le fait que vous  ayez omis de nous dire ce que l’on devait voler… Tout s’est magnifiquement bien passé !

Ellie leva les yeux au ciel ce qui eut pour effet d’amuser Dumbledore.

-  Ils ne se sont rendus compte de rien ? Demanda le Directeur à Ellie, sans prêter attention aux plaintes de James.

- Non, répondit simplement Ellie.

- Mais c’était moins une, ajouta James malgré tout. On est tombé sur cette chère Bellatrix Lestrange en sortant de là. Une hésitation de la part d’Ellie, un Dragon incapable à maitriser ou un coffre impossible à ouvrir, et elle nous serait tranquillement tombée dessus, en train de cambrioler son coffre !

-  Je vois… Sourit Dumbledore.

Le Directeur se tourna vers Ellie, et James remarqua qu’ils recommençaient à s’échanger des regards lourds de sens, dont la signification lui échappait totalement. La jeune femme acquiesça et sortit discrètement du Bureau, sans ajouter un mot. Dumbledore offrit tacitement à James de s’assoir. Ce dernier s’exécuta et tenta cinq secondes de se calmer. Cependant, il n’y arriva pas et explosa :

-  Vous m’avez assuré que je n’avais aucun souci à me faire, qu’elle savait ce qu’elle faisait, Albus !

- C’est le cas, répondit tranquillement le concerné.

- Ah bon ? Répondit sarcastiquement James.

- James vous êtes de retour à Poudlard, et la mission est accomplie avec succès… Où est le problème ?

- Le problème, c’est Sturgis !

- Elle est brillante, James.

- Elle est surtout incontrôlable, et indomptable ! Elle n’en fait toujours qu’à sa tête ! Et puis, elle jette des Sortilèges Impardonnables maintenant !

Albus ne répondit rien, le temps de laisser reprendre son souffle, à son ancien élève. Puis, ce dernier continua.

- Je n’ai pas confiance en elle, dit James.

- C’est faux, rétorqua le vieil homme, et vous le savez pertinement. Si cela n’avait pas été le cas vous seriez surement aux prises des autorités à présent.

- Elle a des secrets, tenta de se justifier James.

- Tout le monde en a, répondit simplement Dumbledore.

James planta son regard noir à présent, dans les yeux bleus de son ancien Directeur et dit :

-  Vous les connaissez, n’est-ce pas ? Ses secrets…

- Pourquoi pensez-vous une chose pareille ?

- Sinon vous ne l’auriez jamais acceptée dans l’Ordre, trancha le brun à lunettes, avec beaucoup d’assurance.

- Je sais à quoi vous pensez, James, et je ne vous les révèlerai pas.

James savait qu’il répondrait par la négative à ses interrogations tacites, mais au fond de lui, il avait tout de même gardé un petit espoir.

- C’est à elle de vous en parler, si un jour elle se sent prête.

- Ils sont si horribles que ça… ses secrets ?

- Oui, trancha tristement Dumbledore. Mais ils sont surtout extrêmement douloureux pour elle.

- Ca concerne son petit ami ou mari ?

Dumbledore fronça des sourcils, en se demandant comment James avait pu avoir ces informations.

-  Elle a réagi violemment le jour où Sirius lui a demandé s’il y avait quelqu’un dans sa vie, expliqua James. Elle a réagi comme j’avais tendance à le faire lorsqu’on me parlait de Lily, durant les premières années après sa disparition.

- C’est beaucoup plus complexe que ça, James, soupira Albus.  Je sais que c’est difficile pour vous ne pas avoir de réponses précises aux questions que vous vous posez. Un jour, elle vous en parlera, mais pour l’instant, je vous demanderai de me croire sur parole. Ellie Sturgis est l’une des personnes les plus dignes de confiance que je connaisse, avec vous. Elle a les mêmes objectifs que nous tous. Elle veut faire tomber Voldemort et ses Mangemorts.

- Je ferais de mon mieux, Albus.

- Je sais… Sourit le vieillard.

Un silence s’installa entre les deux hommes, jusqu’à ce que le regard de James se pose sur le Coupe qu’il venait de voler dans le coffre des Lestranges.

- Pourquoi avoir besoin de cette Coupe ? Demanda James.

- Elle est importante aux yeux de Voldemort…

- En quoi l’est-elle ?

 

                Albus ne répondit pas, mais enchaina sur les règles de sécurité à mettre en place pour l’accueil des futurs invités du Tournoi des Trois Sorciers. James sortit quelques minutes après du Bureau du Directeur et s’empressa de rejoindre ses appartements. Il sortit le morceau de miroir qui lui permettait de communiquer avec Sirius depuis longtemps. Il le rassura donc ainsi de sur le bon fonctionnement de leur mission suicidaire et raconta à son meilleur ami, la conversation qu’il venait d’avoir avec Dumbledore au sujet d’Ellie Sturgis.
                D’ailleurs, à cet instant précis, la jolie brune était tranquillement installée à son bureau en train de regarder la Carte qu’elle avait dérobée en début d’années dans le Bureau de Rusard. Son regard alternant entre le Quatrième étage et la Tour de Gryffondor.

La Coupe de Feu by Smittina
Author's Notes:

Chapitre un peu particulier et qui reprend les évènements se déroulant dans Harry Potter et la Coupe de Feu (bon vu le titre, vous vous en serez douté ^^).

-> Double Trouble - John Williams (HP 3)
https://www.youtube.com/watch?v=EMzrgXFeX_o

Bonne Lecture.

- Détends-toi ! Dit Sirius, à James.

- Patmol, un Mangemort va entrer dans la Grande Salle d’une seconde à l’autre. Il va s’assoir à quelques mètres seulement de mon fils et tu veux que je me détende ?

-          Quatre Aurors, sept membres de l’Ordre, et Dumbledore sont présents. Il ne tentera rien, essaya de le rassurer Sirius.J

- J’ai un mauvais pressentiment, avoua James.

- Tout se passera bien, lui assura Sirius.

James n’eut pas le temps de répondre que Dumbledore lui fit signe de prendre place à la table des Professeurs. Ainsi, il s’assit entre Ellie et Rogue qui avaient l’air tous d’eux extrêmement impassibles, quant aux évènements qui allaient se produire dans la soirée. Le 30 Octobre était arrivé et les élèves des deux écoles étrangères devaient faire leur apparition d’une minute à l’autre, dans la Grande Salle.

            Cinq minutes plus tard, Dumbledore imposa le silence à ses élèves et Rusard finit par ouvrir la porte de la Grande Salle. Ainsi, de nombreuses personnes, toutes vêtues d’uniformes en soie bleus, firent leur entrée, sous les regards admiratifs et excités des élèves des Quatre Maisons. Les élèves de Beauxbâtons, essentiellement composés de filles, progressèrent avec classe et distinction, tout en suivant une femme immense : leur directrice, Madame Maxime. Dumbledore vint à sa rencontre et baisa délicatement sa main, avant d’indiquer à ses élèves les places qui leur étaient réservées. Puis, vint le tour des élèves de Durmstrang, avec leur uniforme rouge sang, doté d’une immense cape en fourrure leur permettant de se protéger du froid. Ils furent suivis par deux personnes. Le premier semblait être un élève, mince, au teint cireux et sombre. Son nez était arrondi et ses sourcils très épais. Cependant, pour une raison qu’Ellie ignorait, toutes les personnes présentes semblaient s’extasier sur lui. Le deuxième homme, en revanche, était grand, mince et ses traits du visage étaient ceux d’un homme froid et insensible. Ellie sentit James se crisper à ses côtés lorsque ce dernier passa au niveau d’Harry et de ses amis, et elle comprit qu’il ne pouvait s’agir que du Mangemort, Directeur de l’école de Durmstrang. A partir de ce moment-là, elle ne le quitta plus du regard.

            Le diner se déroula à merveilles, bien qu’assez bruyant étant donné les circonstances. Ce n’était pas tous les jours qu’un joueur de Quidditch de renommée mondiale se trouvait dans l’enceinte du château, à la portée de tous. C’est ainsi qu’Ellie prit connaissance de l’identité du jeune homme de Durmstrang, particulièrement apprécié des élèves. Il s’agissait de Viktor Krum, l’attrapeur de l’équipe de Quidditch de Bulgarie. Ellie remarqua également que tous les membres de l’Ordre ne quittaient pas Igor Karkaroff du regard, tandis que ce dernier semblait discuter avec Severus Rogue.

            Soudain, un tintement de verre imposa le silence à toute la salle, et Dumbledore se leva pour prendre la parole.

- J’espère que vous êtes toutes et tous bien rassasiés. A présent, le moment est venu pour nous de commencer le Tournoi des Trois Sorciers.

De nombreux chuchotements s’élevèrent dans la salle, tandis que Dumbledore leva les mains pour imposer de nouveau le silence.

- Avant cela, j’aimerais vous donner quelques petites explications concernant la procédure que nous allons suivre cette année. Pour cela, permettez-moi d’accueillir le directeur du Département de la coopération magique internationale, et le directeur du Département des jeux et sports magiques, Messieurs Croupton et Verpey.  

            Aussitôt annoncés, Rusard ouvrit une fois de plus la porte de la Grande Salle pour laisser entrer deux hommes supplémentaires, du Ministère. Le dénommé Verpey était un homme grand, fort et blond, au visage rond. Lorsqu’elle prit connaissance de l’autre homme, Ellie blanchit, comme si elle venait de voir un fantôme, en beaucoup plus âgé. Elle déglutit et serra des poings, ce qui n’échappa pas au regard attentif de James. Ce dernier fronça des sourcils et ajouta dans un coin de sa tête, une question supplémentaire qu’il aurait à poser un jour à Ellie Sturgis.

            Les deux hommes du Ministère prirent place aux côtés d’Albus Dumbledore et ce dernier continua :

- Messieurs Croupton et Verpey se sont chargés de l’organisation de ce tournoi, et plus particulièrement des instructions concernant les différentes tâches que les champions auront à effectuer. Ils se rajouteront également à Madame Maxime, le professeur Karkaroff et moi-même pour composer les membres du jury, chargés de noter les efforts des champions.

Dumbledore s’arrêta quelques secondes, avant de reprendre.

- Comme cela vous a déjà été expliqué, trois champions correspondants à chacune des écoles, s’affronteront lors de trois tâches, tout au long de l’Année. Seront notés : leur capacité magique, leur audace, leur pouvoir de déduction et leur aptitude à réagir face au danger. Ces champions seront sélectionnés grâce à un juge impartial… La Coupe de Feu. 

Aussitôt dit, le directeur pointa sa baguette sur un coffre posé à ses côtés. Son couvercle s’ouvrit et laissa apparaître une immense coupe de bois, dont des flammes bleutés s’échappèrent. Un silence s’installa parmi les élèves qui contemplaient l’objet avec grand intérêt.

- Toute personne âgée de dix-sept ans ou plus pourra soumettre sa candidature pour être le champion de son école. Vous avez donc jusqu’à demain soir, soir d’Halloween, pour déposer votre nom dans la Coupe de Feu.

Le professeur Dumbledore continua à donner ses instructions, malgré les protestations des élèves âgés de moins de dix-sept ans qui souhaitaient tenter leur chance. Cependant, le directeur leur fit bien comprendre qu’il leur serait impossible de tromper l’objet, pour les dissuader d’essayer.

            Le repas prit fin, et les élèves rejoignirent leurs dortoirs respectifs, totalement excités. James et Sirius raccompagnèrent quant à eux, Karkaroff et ses élèves jusqu’à leur navire, pour faire comprendre au Mangemort qu’ils l’auraient à l’œil, tout au long de l’année. Ellie, qui était à présent seule avec Dumbledore dans la Grande Salle, secoua vigoureusement la tête, comme si quelque chose la tracassait.

- Quelque chose ne va pas, professeur ? Demanda Dumbledore.

Ellie soupira et sans arrêter de fixer la porte de la Grande Salle.

- J’ai un mauvais pressentiment, se contenta-t-elle de dire.

- Karkaroff ? Demanda Dumbledore avec une certaine assurance.

- Croupton, répondit-elle contre toute attente.

Dumbledore fut surpris par ses paroles, et fronça légèrement des sourcils.

- Son fils fait partie des leurs, expliqua-t-elle alors.

- Vous en êtes sûre ? S’étonna fortement le vieux directeur.

- Je n’oublierais jamais son visage, dit simplement Ellie, d’un ton impassible.

- Je connais personnellement Barty Croupton Senior, dit alors Dumbledore. Il a en horreur les Mangemorts.

- Peut-être, rétorqua Ellie. Mais il n’empêche qu’il y a plus d’inconnus que prévus dans l’équation.

Puis, elle se leva enfin, et sortit de la Grande Salle sans ajouter la moindre explication à ses paroles. Dumbledore réfléchit quelques minutes à cette conversation, et partit, à son tour pensif, jusqu’à ses appartements. L’année promettait d’être longue.

 

***

 

            Le lendemain soir, tout le monde fut réuni dans la Grande Salle pour découvrir avec impatience les noms des trois champions de cette nouvelle édition du Tournoi des Trois Sorciers. James parla longuement avec Sirius, visiblement toujours aussi inquiet quant à la présence de Karkaroff dans l’enceinte du château. Ellie s’assit à sa place habituelle, lorsque Dumbledore pria ses enseignants et invités à s’assoir convenablement pour le repas.

            Ce dernier se passa agréablement bien pour les élèves, tandis que les deux membres de l’Ordre semblaient avoir l’estomac noué. Ils n’auraient su dire pourquoi, mais ils avaient l’impression que quelque chose de mal allait se produire durant la soirée. A la fin du repas, Dumbledore se leva, et tapa une fois de plus sur son verre, pour imposer le silence à la salle.

- Il est à présent temps de révéler les noms de nos trois champions pour cette année. Lorsque le nom d’un champion sera annoncé, je demanderai aux heureux élus de se regrouper dans la petite pièce voisine, dit-il en indiquant une petite porte par laquelle les enseignants arrivaient toujours dans la Grande Salle. Ils y recevront leurs premières instructions.

Dumbledore s’approcha de la Coupe de Feu, et atteignit toutes les lumières de la Grande Salle. La coupe était à présent remplie de flammes bleues. Tous les élèves la regardaient, captivés par elle. Soudain, les flammes bleues devinrent rouges, et de nombreuses étincelles en jaillirent. A ce moment là, un petit morceau de parchemin noirci, sortit de la Coupe de Feu et atterrit dans la main du professeur Dumbledore. Pendant ce temps, les flammes reprirent leur couleur d’origine.

- Le champion de Durmstrang, annonça le professeur Dumbledore d’une voix forte, sera Viktor Krum !

Ellie observa minutieusement ce garçon froid, aux traits si durs, pendant que tout le monde lui adressait un tonnerre d’applaudissement. Elle ne comprenait pas la réaction de toutes ces personnes qui étaient à la limite de l’évanouissement lorsque le nouveau champion passait à côté d’eux.

« Ce n’est qu’un joueur de Quidditch ! Pas de quoi en faire tout un hyppogriffe ! », pensa Ellie, en levant les yeux au ciel.

 Puis, le silence revint, et Ellie vit que la Coupe venait d’extraire un nouveau morceau de parchemin.

- Le champion de Beauxbâtons sera une champione, s’amusa Dumbledore, car il s’agit de Fleur Delacour !

Ellie ne put s’empêcher de relever un sourcil lorsqu’elle vit la championne en question arriver. A sa démarche et à l’attention trop insistante que lui portait les garçons, elle en déduisit qu’elle avait sûrement du sang de Vélane en elle. Cependant, Vélane ou pas, cette gamine n’inspirait rien de bon aux yeux du professeur. Un nouveau silence s’installa et Dumbledore attrapa le dernier morceau de papier rejeté par la Coupe.

- Le champion de Poudlard est… Cédric Diggory !

La table des Poufsouffles sauta de joie et Ellie vit se lever un jeune homme brun, aux yeux gris, pourvu d’un nez exceptionnellement droit. Elle ne put s’empêcher de faire la comparaison avec son père, Amos Diggory, comme à chaque fois qu’elle l’avait eu en cours. Il lui ressemblait énormément.

            La table des professeurs, les Aurors et les membres de l’Ordre présents, semblèrent se détendre. Même Ellie se décontracta légèrement car aucun incident ne s’était produit pendant l’annonce des champions.

- Excellent ! S’exclama alors Dumbledore d’un air joyeux, quand le vacarme qui était survenu dans la Grande Salle, eut prit fin. Nous avons à présent nos trois champions. Je suis sûr que vous saurez encourager chaque champion comme il se…

Mais Dumbledore s’arrêta soudain lorsqu’il réalisa que les flammes de la Coupe virèrent une fois de plus au rouge. Instinctivement, Ellie et James se levèrent de leur chaise, prêts à intervenir en cas de problème, et les Aurors se rapprochèrent des membres du Ministère. Un nouveau parchemin sortit de la Coupe et Dumbledore le saisit au vol. Il lut alors le nom inscrit à l’intérieur et il se plongea dans un lourd silence. Tout le monde retint son souffle et Ellie s’agrippa à sa baguette. Puis, le directeur s’éclaircit la voix, et lut d’une voix frêle :

- Harry Potter.

Aussitôt, toutes les têtes se tournèrent vers le concerné, et aucun applaudissement ne retentit. James eut un mouvement de recul, comme s’il avait mal entendu. Le nom de son fils de quatorze ans ne pouvait pas être sorti de cette coupe. Cela le laissa totalement sans voix. Harry, quant à lui, resta totalement immobile, bouche bée, jusqu’à ce que Ron et Hermione ne le pousse à se lever et à faire comme les autres champions. Il se leva, tremblant et vit les regards assassins que lui portaient les élèves des deux autres écoles, et ceux de Poufsouffles. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il devait y avoir certainement une erreur car il n’avait pas mis son nom dans la Coupe. Il arriva à la hauteur de Dumbledore et ce dernier, sans le moindre sourire, lui dit :

- Rejoins les autres dans la pièce voisine, Harry, en lui indiquant la petite porte qui se trouvait à la droite de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

D’ailleurs, il fut surpris de voir que cette dernière était la seule à ne pas le regarder. Elle semblait chercher quelque chose dans la salle, tout en alternant son regard sur la Coupe de Feu. Il franchit alors la petite porte et il se retrouva dans une pièce remplie de tableaux, dont les personnages chuchotaient entre eux. Puis, il vit les trois autres champions, qui se retournèrent vers lui pour le regarder. Ils ne semblaient pas comprendre sa présence à leurs côtés et s’échangèrent de nombreux regards. Harry, lui, ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Tout ceci le dépassait complètement. C’est alors que Ludo Verpey rentra, ivre, dans la salle et se saisit du bras d’Harry, avant d’indiquer.

- Jeunes gens, permettez moi de vous présenter… le Quatrième champion !

- Parrdon ? demanda alors Viktor Krum.

- Oui, oui, cela parait incroyable, n’est-ce pas très cher ? S’amusa Verpey.

Avant que les autres champions ne puissent dire le moindre mot, la petite porte s’ouvrit de nouveau, mais dans un fracas, cette fois.  Harry se retourna vivement et vit de nombreuses personnes entrer dans cette petite salle. D’abord, ce fut les professeurs Dumbledore, Flitwick et Rogue, Madame Maxime, et Igor Karkaroff. Puis, il eut Mr Croupton Sr, et de nombreuses personnes du Ministère, toutes aussi inutiles les unes que les autres. Ensuite, ce fut au tour des Aurors de rentrer. Harry, perdu, finit par reconnaître son père dans la foule, qui poussa les curieux et vint se placer devant lui. Il posa ses mains sur ses épaules, et lui dit d’un ton très sérieux, qu’Harry avait rarement vu chez lui.

- Harry, écoute-moi, c’est très important. Est-ce que c’est toi qui a mis ton nom dans la Coupe ?

- Non ! S’écria alors Harry.

- Baliverneuh ! Répondit alors Madame Maxime.

- Mon fils n’est pas un menteur, affirma alors James en serrant la mâchoire.

-  Bien sûr, ce petit garçon est un angeuh ! Et maintenant, il y a deux champions à Poudlard ! S’indigna Madame Maxime.

- Il n'a que quatorze ans ! S’indigna à son tour Sirius.

- Et aloreuh ?

Le ton monta alors rapidement dans la salle entre les personnes qui défendaient Harry et celles qui l’accusaient d’avoir triché et trompé la Coupe. Harry balaya la salle du regard, toujours aussi perdu, quand il vit la petite porte s’ouvrir encore une fois. Une femme brune y pénétra et referma instantanément la porte derrière elle, tout en s’y appuyant. Le Professeur Sturgis venait de les rejoindre. Cette dernière regarda avec froideur l’ensemble de la foule excitée, et secoua la tête en guise de désapprobation. Puis, ses yeux bleus vinrent à la rencontre de ceux d’Harry. Elle ne lui sourit pas, ni ne lui adressa le moindre signe. En revanche, elle leva sa baguette, dont une étincelle en sortit, et une violente détonation retentit. Tout le monde sursauta - à l’exception d’Harry qui l’avait vue faire - et se tut, tout en prenant soin de se retourner vers elle. Au bout de quelques secondes, Madame Maxime dit alors, énervée :

- C’est quoi votre problèèèmeuh ?

- Vous êtes des imbéciles, tous autant que vous êtes. Voila, mon problème, Madame, cracha Ellie, avec beaucoup de mépris dans le ton de sa voix.

James fut étonné de l’entendre parler ainsi, à celle qui avait du être sa directrice par le passé. A vrai dire, tout le monde le fut.

- Comment osez…

- Seul le nombre de champions de Poudlard vous intéresse, la coupa-t-elle froidement, alors qu’un « petit garçon » comme vous l’avez dit, vient de se faire entrainer de force dans une compétition pour laquelle il n’a pas le niveau.

- De forrce ? Demanda alors Karkaroff.

- Oui, se contenta-t-elle de répondre, en lui lançant un regard mauvais.

Tout le monde la regarda, tandis qu’elle porta son regard sur James. Puis, au bout de quelques secondes de silence, elle reprit, en s’avançant vers Harry et son père :

- La Coupe de Feu est un objet ancien et très difficile à duper. Un élève de quatrième année serait incapable de lancer un sort de confusion de cette envergure.

- Et vous pensez à quoi, alors ? demanda Karkaroff, en pouffant légèrement.

- A l’intervention d’un Mangemort, dit-elle simplement.

- Un Mangemort ? S’étonna alors Croupton Sr. Pourquoi un Mangemort mettrait le nom d’un garçon de 14 ans dans la Coupe de Feu ? Ca n’a aucun sens…

- Vous n’avez qu’à lui demander, dit amèrement James, en indiquant Karkaroff.

- Je vous interrdit de…

- Silence ! Les coupa Ellie.

Puis, cette dernière planta ses yeux bleus dans ceux de James, avant de lui dire :

- Ce n’est pas lui.

-  Comment peux-tu en être aussi sûre ? Demanda James, en fronçant des sourcils.

- Je l’ai espionné, répliqua-t-elle en haussant les épaules, il n’a pas quitté sa cabine de la nuit.

- Vous avez faiit quoi ? S’indigna Karkaroff.

- Je vous ai espionné, répéta Ellie, en lui lançant un regard froid.

- Vous n’aviez pas le drroit, cracha Karkaroff, avec dégout.

- Si ce n’est pas lui, qui est-ce alors ? Les coupa à son tour Sirius.

Ellie se contenta d’hausser les épaules, avec un air profondément triste qui n'échappa pas au Professeur Rogue.

- Il ne peut pas concourir, dit alors James fermement, en serrant son fils par les épaules.

- Malheureusement, il n’a pas le choix, James, soupira Dumbledore.

- Comment ça ? Demanda Sirius.

-  En déposant son nom dans la Coupe, il est lié au Tournoi par un contrat magique, dit tristement Croupton. Il est obligé de concourir. Sinon, il risque la mort.

- Donc vous êtes en train de me dire que dans tous les cas, mon fils est condamné ? Dit James, dont la gorge était serrée.

Ellie se sentit dominée par ses émotions, et tenta d’éviter de prêter la moindre importance à son cœur qui se serrait. Elle se tourna vers Dumbledore et demanda tristement :

- Il n’y a vraiment rien que vous puissiez faire Albus ?

- Je suis vraiment navré… Mais non, répondit tristement le directeur.

- Ca veut dire que Poudlard va vraiment avoir deux Champions ? Demanda de nouveau Madame Maxime, qui commençait sérieusement à agacer Ellie, James et Sirius.

-  Oui, répondit Verpey, qui ne semblait nullement affecté par la situation.

- Mais je continue à dire que ça n’a aucun sens, dit Croupton, en secouant la tête.

 

***

 

            Toutes les personnes présentes dans cette salle continuèrent à débattre de la participation d’Harry au Tournoi jusqu’à ce qu’il ne laisse le pauvre enfant retourner à son dortoir. James insista pour le ramener, seul, jusqu’à sa Salle Commune. Sirius, quant à lui, insista pour ramener Ellie jusqu’à ses appartements.

- J’ai adoré la manière dont tu as remis à sa place ton ancienne directrice ! Dit Sirius, d’un ton amusé. Cet hibou de malheur ne pense même pas à Harry là-dedans.

- Madame Maxime peut s’avérer très égoïste et très combative lorsqu’il s’agit de la réputation de son école, déclara Ellie.

Les deux membres de l’Ordre se retrouvèrent face à une porte, et Ellie s’arrêta.

- Ce sont mes appartements.

- Bien, répondit Sirius.

- Bonne nuit, lui dit-elle en mettant la main sur la poignée de sa porte.

Cependant, Sirius posa sa main sur la sienne, et de son autre main, il l’incita à se retourner. Ellie ne sembla pas vraiment surprise, comme si elle s’attendait à ce genre de manœuvre chez le jeune Black. Ce dernier lui sourit, et commença à approcher rapidement son visage du sien, lorsqu’Ellie tourna la tête. Le visage de Sirius atterrit alors dans sa chevelure brune, et il soupira.

- J’aurais au moins tenté, dit-il.

- Oui, répondit-elle, impassible.

Sirius se dégagea d’elle et lui sourit tristement.

- C’est à cause de cet homme ?

Ellie ne répondit pas, et pencha la tête sur le côté tandis qu’une lueur de tristesse s’installa dans ses yeux bleus.

- Je suis désolé, dit alors Sirius. Je n’aurais pas du te parler de lui.

- Bonne nuit, Sirius, se contenta de répondre Ellie, qui se retourna et s’engouffra, seule, dans ses appartements.

Cette dernière resta quelques longues minutes, appuyée contre la porte, extrêmement pensive, car elle avait l’impression d’avoir reçu plusieurs coups de poignard en plein cœur. Ce fut des petits coups brefs sur la porte sur laquelle elle se reposait qui la firent sortir de ses pensées. Elle inspira profondément et ouvrit rapidement la porte en déclarant :

- Ecoute, Black, je t’ai dit non et j’aimerais que tu respecte ma…

Cependant, elle s’aperçut rapidement que ce n’était pas Sirius Black qui venait de taper à sa porte, mais bien une autre personne à laquelle, elle ne se serait jamais attendue.

- Bonsoir Professeur, répondit la voix glaciale de Severus Rogue. Puis-je entrer ?

            Ellie considéra à plusieurs reprises sa requête et finit par y accéder. Elle se retrouva ainsi, seule dans ses appartements en compagnie d’un homme en qui elle n’avait pas confiance, malgré le fait que James lui ait assuré qu’il en était digne. De plus, l’esprit de cet homme était totalement fermé et cela la dérangeait énormément.
            Elle lui indiqua un fauteuil dans lequel il s’assit, et lui servit une tasse de thé qu’elle réchauffa d’un simple coup de baguette magique. Puis, elle prit place en face de lui, et le regarda froidement. Les deux professeurs s’observèrent longuement, jusqu’à ce que le Maitre de Potion vienne rompre le silence :

- Cela fait plus d’un mois que je me demande qui tu es vraiment.

Ellie déglutit, en remarquant qu’il l’avait tutoyé sans la moindre gêne.

- J’ai demandé des informations à Dumbledore à ton sujet, et il n’a rien voulu me dire, ce qui n’a fait qu’aiguiser ma curiosité. Mais ce soir j’ai compris qui tu étais en réalité… J’ai compris au moment même où je t’ai vu prendre la défense du gamin.

Un silence s’installa entre les deux professeurs, jusqu’à ce qu’Ellie ne soupire fortement, en guise de reddition. Elle connaissait suffisamment Severus Rogue pour savoir qu’à ce stade, nier ou mentir n’était plus nécessaire : il savait.

- Tu ne fais plus partie des leurs ? Lui demanda alors Ellie, comme si de rien n’était.

- Je les ai quittés il y a de nombreuses années de cela, répondit Rogue, et j’ai rejoins l’Ordre. Comme toi…

- C’était la seule chose à faire, affirma Ellie.

- Je sais, soupira Rogue. Je regrette seulement de ne pas l'avoir fait plus tôt.

Le Maitre des Potions planta son regard un peu moins froid qu’en temps normal dans ceux du nouveau Professeur de Défense contre les Forces du Mal et finit par dire :

- Tu es devenue une très bonne Occlumens…

- Tout comme toi, répondit Ellie.

- Mais je ne suis pas Legilimens, moi.

Ellie se contenta de sourire, tout en continuant de regarder Severus Rogue dans les yeux. Ce dernier la dévisagea encore quelque temps, silencieusement, avant de se lever. Il posa sa main sur la poignée de la porte mais se retourna une dernière fois vers elle, tout en disant :

- Potter n’est pas au courant ?

- Harry n’a pas besoin de savoir.

- Je te parlais du père.

Ellie déglutit et blanchit légèrement, tandis que Rogue souriait amèrement.

- Tu lui caches la vérité concernant la mort de sa femme, dit-il alors, impassible. Pour le gamin, je peux comprendre tes réticences… mais lui…

- Il n’a pas besoin de connaître les détails, non plus, le coupa rapidement Ellie. Lily Potter est morte il y a treize ans, abattus par des Mangemorts. Il n’a pas besoin de connaitre les noms des responsables, ni les circonstances exactes de sa mort.

- Si tu le dis… Répliqua Rogue en haussant des épaules.

 

Puis, Severus tourna la poignée et sortit des appartements d’Ellie Sturgis, qui ne trouva pas le sommeil de la nuit, s’efforçant à fixer continuellement la petite étiquette se trouvant dans la Tour de Gryffondor.

La Première Tache by Smittina
Author's Notes:

Merci encore à tous les lecteurs et tous les reviewers qui êtes de plus en plus nombreux!

Voici donc pour vous, la suite, à écouter avec :
Birdy - Just a Game
https://www.youtube.com/watch?v=gBcQjTKAOQI

Bonne lecture !

Trois semaines s’étaient écoulées depuis l’annonce des Quatre Champions du Tournoi des Trois Sorciers. Les réactions quant à la nomination du jeune Harry Potter au titre de Champion étaient assez variées au sein des différentes écoles, et maisons de Poudlard. La plupart des élèves de Poufsouffle lui rendait la vie impossible parce qu’il avait volé la vedette à Cédric Diggory, tout comme les Serpentards qui ne l’appréciaient guère, et la moitié des Serdaigle. Cependant, la majorité des élèves de Gryffondor soutenait le jeune Potter, et Harry pouvait bien évidemment compter sur le soutien de ses deux meilleurs amis : Ron et Hermione.

            La Première tâche aurait lieu le dernier jour du mois de Novembre. Plus ils s’approchaient à grand pas de cette date fatidique, plus James était angoissé. Il n’avait aucune idée de ce que l’on pouvait réserver à son fils, et il n’arrivait pas à avoir la moindre information concernant cette tâche, même en faisant jouer ses relations au Ministère. Parallèlement, il ne quittait pas Karkaroff d’une semelle, et continuait à s’informer des agissements des Mangemorts, grâce au miroir qui lui permettait de communiquer tous les soirs avec Sirius.

- Ils ont encore retrouvé quelques uns des nés-moldus que l’on avait extraits des foyers.

- Laisse-moi deviner… Soupira James. Les femmes séparées des autres, et elles ont toutes subies le baiser du Détraqueur ?

- Ouais, répondit tristement Sirius.

-  Je me demande qui peut-être cette femme qu’ils recherchent aussi ardemment que ça. Et surtout, pourquoi pensent-ils qu’elle serait susceptible de se cacher parmi les nés-moldus ?

- S’en est sûrement une… Je ne vois pas d’autre explication, déclara Sirius.

Un silence s’installa entre les deux meilleurs amis de toujours, jusqu’à ce que le jeune Black ne s’aperçoive que James était particulièrement pensif, ce soir.

-  Ca se passera bien, ne t’inquiète pas, tenta de le rassurer Sirius.

-   La première tâche est dans une semaine, et Harry n’aura probablement pas le niveau pour se défendre.

- Comment il se sent par rapport à ça ?

- Il est terrifié, dit James, en soupirant. Cependant, il ne le montre pas, et essaie de me rassurer coute que coute…

- Harry a toujours été très courageux, et téméraire. Il s’en sortira…

- Je sais. Il est comme Lily… constata tristement James.

Sirius soupira et avant qu’il n’ait eu le temps de rétorquer quoique ce soit, quelqu’un frappa à la porte.

- Tu attends de la visite à cette heure-ci ? Demanda Sirius, un tant soit peu amusé.

- Non, répondit James, en fronçant des sourcils. A demain, Patmol.

Avant que Sirius ne puisse dire quoique ce soit, James rangea le morceau de miroir dans le tiroir de sa commode et se leva pour atteindre la porte. Il l’ouvrit avec précaution, baguette en main, car il était tout de même plus d’une heure du matin. C’est alors qu’il tomba nez-à-nez avec une magnifique jeune femme brune, au regard d’un bleu perçant.

- Sturgis ? S’étonna James.

- J’ai vu de la lumière, affirma-t-elle, en guise de réponse. J’ai donc osé frapper.

- Qu’est-ce qu’il t’amène à une heure pareille ? Demanda James, un tantinet soupçonneux.

- Je peux entrer ?

James acquiesça et la fit pénétrer dans ses appartements. Il referma la porte derrière lui, et eut à peine le temps de regarder son homologue qu’elle lui dit :

-  Des dragons.

- Quoi ?

- La Première Tâche, dit-elle alors. Ce sont des dragons. Il y en a quatre. Un pour chaque champion.

- Et tu sais ça, parce que ? L’interrogea James.

- Ils sont détenus dans la Forêt Interdite, à l’abri des regards indiscrets...

- Qu’est-ce que tu faisais là-bas ?

- Je devais parler avec un Centaure, répliqua Ellie.

James alla lui demander pourquoi par Merlin elle devait s’entretenir avec un Centaure à une heure aussi tardive, lorsqu’elle le devança :

- Les directeurs des autres écoles sont au courant, et par conséquent, leurs champions aussi… Il faut que tu préviennes Harry. Il faut qu’il trouve une stratégie pour pouvoir réussir sa tâche face à un Dragon.

- Je sais ce que j’ai à faire concernant mon fils, Sturgis, répliqua froidement James.

- De rien, Potter, rétorqua-t-elle piquée au vif par le ton dur qu’il avait employé avec elle.

Elle leva sa tête, haute, et se dirigea avec un air dédaigneux vers la porte, lorsque James l’attrapa par le poignet.

- Excuse-moi, s’empressa-t-il de dire. Je suis légèrement à cran avec cette histoire… Surtout qu’on ne sait toujours pas qui a pu mettre le nom d’Harry dans la Coupe…

- Ce n’est pas grave. Je comprends, répondit Ellie, plus détendue.

- Merci de m’avoir prévenu.

-  Pas de quoi… répondit Ellie, en tournant la poignée. Bonne nuit, Potter.

- Bonne nuit Sturgis, répliqua le brun à lunettes, avec un léger sourire en coin, involontaire.

 

***

 

            Le lendemain matin, Ellie vit James en train de prendre à part son fils pendant le petit déjeuner dans la Grande Salle. Devant la mine sombre, et anormalement pâle d’Harry, elle comprit qu’il venait de le mettre au courant pour les dragons. Puis, elle vit ce jeune garçon de quatorze ans, se diriger vers la table des Poufsouffles où tout le monde l’insultait sur son passage. Cependant, Harry semblait s’en moquer comme de sa première baguette et finit par s’arrêter à la hauteur de Cédric Diggory. Il lui chuchota quelque chose à l’oreille et Diggory pâlit à son tour. Ce fut ce moment que choisit James pour s’affaler aux côtés d’Ellie. Cette dernière tourna la tête et l’observa longuement tandis qu’il se jetait sur le porridge.

- Quoi ? Finit par demander James, en relevant les sourcils.

- Tu peux être fier de ton fils.

Puis, sans ajouter la moindre explication, le professeur de Défense contre les Forces du Mal se leva, et sortit de la Grande Salle pour rejoindre sa Salle de Cours. James reporta alors son regard vers Harry qui venait de quitter Cédric Diggory, et il sourit, en pensant au fait qu’Harry ressemblait vraiment trop à sa mère.

 

***

 

            La première journée de cours, une semaine avant la Première Tâche, se termina par un cours de Défense contre les Forces du Mal, pour les Quatrièmes Années. Ellie leur parla de Maléfices tout aussi puissants les uns que les autres et termina son cours en leur demandant deux rouleaux de parchemins pour la semaine prochaine. Les élèves commencèrent à ranger leurs affaires, tandis qu’elle effaçait le tableau. Lorsqu’elle eut fini, Ellie dit sévèrement :

- Mr Potter, restez cinq minutes. J’ai à vous parler.

Harry déglutit et envoya des regards inquiets à Ron et à Hermione, qui grimacèrent et finirent par le laisser seul dans la classe du professeur le plus strict qu’il n’ait jamais eu. Même McGonagall ressemblait à un chaton, comparée à cette lionne, impassible et implacable. Ellie lui proposa de s’assoir sur la chaise qui se situait en face de son bureau, ce qu’il fit, nerveusement.

- Votre père vous a mis au courant pour les dragons ? Lui demanda alors Ellie.

- Oui, Professeur, répondit nerveusement Harry.

- Vous avez une idée de ce que vous allez faire pour lutter contre lui ?

-  Non, Professeur, admit Harry, en baissant la tête.

Ellie se cala confortablement sur sa chaise et inspira profondément, tout en le transperçant du regard.

- Viktor Krum est un imbécile, déclara-t-elle alors. Comme la plupart des joueurs de Quidditch professionnels, soit dit en passant...

Harry releva les yeux vers son professeur, étonnement surpris par les propos qu’elle venait de tenir.

- Seul, il ne tiendra pas trente secondes dans cette arène, continua-t-elle. Cependant, vous pouvez compter sur Karkaroff pour lui établir une très bonne stratégie, qui lui permettra de remporter aisément sa première tâche, tout en survivant.

Harry acquiesça, tout en se demandant où elle voulait en venir.

- Fleur Delacour est aussi mièvre et innocente que moi, continua Ellie sans quitter Harry des yeux. Elle joue là-dessus pour que l’on pense qu’elle n’est pas une adversaire dont on doit se méfier. Mais il faut faire attention aux apparences qui sont bien souvent trompeuses, Mr Potter.

Ellie s’arrêta quelques secondes et se mit à jouer de ses mains, avec une plume qui se trouvait sur son bureau.

- Cédric Diggory est quelqu’un de fort et d’extrêmement intelligent. Il maitrise à la perfection ses Sortilèges. Vous pouvez être sûr qu’il a déjà une stratégie pour combattre son dragon, depuis que vous l’avez mis au courant ce matin, dans la Grande Salle.

- Comment savez-vous que…

- C’est tout à votre honneur d’avoir agi de la sorte Mr Potter, le coupa-t-elle, mais à présent, il faut vous concentrer sur votre propre stratégie pour cette Tâche, qui arrive à grand pas. Je pense que votre père vous l’a déjà dit.

- Oui, admit Harry.

- Ces champions ont tous un point fort, continua-t-elle. Krum est courageux et assez doué en Métamorphose, d’après ce que j’ai pu comprendre. Delacour est forte en Sortilège, tout comme Diggory, qui excelle dans ma matière. Alors maintenant, dites-moi Mr Potter. Quels sont vos points forts ?

Harry ne répondit pas rapidement à la question de son professeur. Après tout, ce n’était pas la question la plus facile qu’on lui ait jamais posé, car Harry avait beau être un bon élève en moyenne, il n’avait pas de matière de prédilection, à part peut-être la Défense contre les Forces du Mal qu’il appréciait énormément. Alors, en guise de réponse, il se contenta d’hausser les épaules.

-  Vous êtes bien modeste, Mr Potter, lui sourit Ellie pour la première fois. Je vous ai vu sur un balai… Vous vous débrouillez à merveilles. Je dirais même que vous avez un don pour le Quidditch.

- Merci Professeur, répondit timidement Harry, en rougissant. Mais je doute que le Quidditch puisse m’aider dans l’arène. D’autant plus, que l’on n’a pas le droit de prendre un balai avec soi…

- Peut-être, dit Ellie, mais vous avez droit à votre baguette, Mr Potter.

Harry fronça des sourcils tandis que son professeur se leva rapidement. Il l’observa se diriger vers une étagère située derrière elle, et en sortit un livre. Puis, elle retourna à son bureau et tendit le livre à Harry.

-  Page 153. Les Sortilèges d’Attraction.

-  Manuel avancé de Défense, lut alors Harry à voix haute. Mais Professeur, c’est un Sortilège de Sixième Année…

- Et je suis convaincue que vous y arriverez, continua Ellie.

Harry lança un regard étonné à son professeur, qui avait l’impression de se retrouver devant James et son scepticisme si caractéristique, à ce moment précis.

- Lisez ce livre pour demain. Je vous propose d’en voir la Pratique ensemble tous les soirs de la semaine, jusqu’au jour du Tournoi. Cela vous convient-il ?

Harry alterna son regard entre le livre qu’il tenait entre les mains, et son professeur. Il finit par acquiescer au bout de quelques longues secondes.

- Dans ce cas, je vous libère, Mr Potter, dit Ellie, et je vous dis à demain soir, dix-sept heures dans mon bureau.

- Bien professeur, répliqua Harry, en se levant.

            Ce dernier sortit alors de la pièce, toujours aussi décontenancé par la proposition de son professeur, se demandant pourquoi elle avait tenu à l’aider, lui, et pas Cédric Diggory. C’est la raison pour laquelle, Harry rejoint précipitamment ses amis, dans sa Salle Commune où il leur raconta tout ce qu’il s’était produit dans le bureau de Sturgis, sans oublier de mentionner l’incroyable et surprenant sourire qu’elle lui avait adressé. Ron et Hermione finirent par lui souffler l’idée que cette aide devait provenir de son père qui se faisait énormément de soucis pour lui. Ce dernier s’en laissa convaincre, et ils finirent par descendre à temps pour diner dans la Grande Salle.

            Harry avait emporté le livre que lui avait confié son professeur pour en lire un maximum avant son retour dans la Salle Commune. Ainsi, il arriva à lire une page, entre deux changements de plats. A la fin du repas, il remonta en direction de sa salle commune, accompagné de Ron et d’Hermione, lorsqu’il fut appelé par son père, qui semblait lui courir après. Ce dernier serra son fils dans ses bras, et lui proposa de s’isoler quelques minutes, prétextant avoir quelque chose d’important à lui dire. Harry le suivit alors jusqu’à une alcôve qui se situait pas loin de sa Salle Commune. Il remarqua l’air absent et pensif de son père, et se demanda si cet endroit ne lui rappelait pas de doux souvenir avec sa mère, à l’époque où ils étaient élèves à Poudlard. James sortit de lui-même de ses pensées, et alla lui parler lorsqu’il remarqua le livre qu’Harry tenait entre les mains.

- Où est-ce que tu as eu ça ? Demanda-t-il en fronçant des sourcils, après avoir lu le titre du livre.

- C’est le professeur Sturgis qui me l’a donné, expliqua Harry. Elle veut que j’apprenne la théorie concernant le Sortilège d’Attraction.

- Pourquoi faire ? S’enquit James.

- Tu n’es pas au courant ? S’étonna à son tour Harry.

- Au courant de quoi Harry ?

- Elle veut que j’apprenne ce sort pour la Première Tâche…expliqua Harry. Elle m’a parlé de dragon, de balai et…

- De balai ? le coupa James.

- C’est mon meilleur atout selon elle.

James sembla pensif et finit par pouffer de rire, car Ellie Sturgis avait une fois de plus raison… Le vol sur un balai était sans doute le meilleur atout d’Harry pour échapper à un dragon.

- Je croyais que l’idée venait de toi, Papa, dit prudemment Harry.

- Non, répondit James. Je voulais parler avec toi de stratégie ce soir, mais apparemment, Ellie m’a devancé…

-  Pourquoi est-ce qu’elle a fait ça ? S’étonna Harry.

- Si j’arrive à avoir la réponse un jour, je te le dirais, s’amusa James.

            Il embrassa son fils, et le laissa rejoindre sa Salle Commune, le nez plongé dans le livre que Sturgis lui avait donné à lire. James resta quelques temps pensif, sous l’alcôve, puis se décida à prendre la direction des appartements de son homologue. Ainsi, il frappa à sa porte cinq minutes après, et elle lui ouvrit, non surprise de le trouver là. Elle le fit entrer dans ses appartements. James mit à peine deux secondes pour remarquer qu’elle était en tenue très décontractée. Elle avait détaché ses cheveux pour une fois. Ils tombaient sur ses épaules jusqu’à atteindre ses hanches, parfaitement marquées par le pantalon serré qu’elle portait. Il remarqua également qu’elle portait un haut mettant ses formes en valeur. Cependant, elle s’empressa de prendre un gilet, qu’elle enfila rapidement, dissimulant ainsi, la partie la plus intéressante de son corps, aux yeux de James. Puis, elle l’invita à s’assoir, et il ne se fit pas prier lorsqu’elle lui proposa une tasse de thé.

- Tu es fâché ? Lui demanda-t-elle alors, tout en servant le thé.

- Je devrais l’être ? Répondit James, un tantinet amusé par sa question.

- Tu es courant de ce que j’ai fait…

- Tu veux parler du fait que tu aies trouvé une stratégie pour éviter à mon fils de finir carboniser par un Dragon à seulement quatorze ans ? Rétorqua James.

- Oui.

- Pourquoi serais-je fâché contre toi alors que tu tentes de lui sauver la vie ?

- On ne sait jamais avec toi, rétorqua Ellie.

James sourit et secoua légèrement la tête.

- Je veux juste savoir pourquoi… dit-il alors.

-  Pourquoi quoi, Potter ? S’enquit Ellie.

- Pourquoi tu l’aides ?

- Tu plaisantes ? S’étonna Ellie.

- Non, Harry se le demande et moi aussi.

- Ton fils de quatorze ans se retrouve dans ce Tournoi à cause de… des Mangemorts, dit-elle. C’est tout à fait naturel pour un membre de l’Ordre de l’aider, non ?

James acquiesça, même si au bout du compte, il se doutait bien qu’une fois de plus elle n’avait pas été totalement sincère dans sa réponse. Après tout, il avait bien relevé l'hésitation qu'elle avait marqué lorsqu'elle avait évoqué les coupables. Elle lui cachait des informations, et James se dit que cela devait encore avoir un rapport avec son passé si mystérieux.
            Ils continuèrent à parler des plans des Mangemorts et des nouvelles macabres qui leur provenaient de l’extérieur pendant une bonne heure. Puis, James la laissa et rejoignit ses appartements, serein pour une fois, car il était à peu près sur que la stratégie d’Ellie marcherait et qu’Harry était un tantinet plus en sécurité à présent.

 

***

 

            Durant les quelques jours qui précédèrent la Première Tâche, Harry passa l’intégralité de son temps libre, en compagnie de son professeur de Défense contre les Forces du Mal qu’il se mettait à apprécier de jour en jour. Même si Ellie Sturgis était froide, sévère et intraitable, elle était surtout incroyablement patiente avec Harry qui n’arrivait toujours pas à maitriser le Sortilège d’Attraction, et ce même, la veille au soir de l’épreuve.

-  J’abandonne ! S’écria Harry, en s’asseyant sur un pupitre, totalement abattu.

Cela faisait à présent plus de trois heures qu’il s’entrainait et qu’il n’y arrivait toujours pas. D’ailleurs, Harry se disait qu’il n’y arriverait probablement jamais, étant donné qu’il s’imaginait déjà mourir carboniser par un dragon. Il avait à présent enfoui son visage dans ses mains, et essaya de ne pas se laisser envahir par son stress grandissant. Soudain, il sentit une présence à ses côtés, et releva rapidement la tête en direction de son Professeur. Ellie se tenait face à lui, une main tendue et pourvue de Chocogrenouilles. Harry l’interrogea du regard et Ellie répondit, en haussant les épaules :

- Rien de mieux que du chocolat pour remotiver les troupes…

Harry fut surpris par ses paroles, et ne put s’empêcher de réprimer un rire.

- C’est ce que mon oncle Rémus me dit toujours, avoua Harry, d’un air amusé.

- Votre oncle est une personne pleine de sagesse, affirma Ellie, en lui tendant un bocal rempli de sucreries.

Le jeune Potter se servit et se mit à grignoter silencieusement, accompagné de son Professeur. Harry s’autorisa quelques regards en direction d’Ellie, qui semblait totalement perdue dans ses pensées, avec un sourire discret mais si rare, aux coins des lèvres.

- Je sais ce que vous faites pour Neville, dit soudain Harry.

Ellie sortit alors de ses pensées et posa ses yeux sur ceux d’Harry, l’interrogeant ainsi du regard.

- Vous êtes la première à vous préoccuper réellement de lui, vous savez ? Continua Harry. Rien ne vous oblige à l’aider dans votre matière et d’autant plus pendant votre temps libre. Pourtant vous le faites.

Le Professeur de Défense pencha la tête sur le côté, et se demanda à cet instant précis, où le jeune Potter voulait en venir.

- Comme vous m’aidez en ce moment, alors que nous savons pertinemment vous et moi, que je n’y arriverais pas à temps, acheva Harry, défaitiste.

-  Vous êtes le seul à penser ainsi, Mr Potter.

- Professeur… Tenta de protester Harry.

- Vous croyez vraiment que je vous aurais donné ce livre et ces cours privés si je pensais que vous ne seriez pas capable de produire ce Sortilège à temps, Mr Potter ?

- Il est onze heures du soir et…

- Il ne reste que neuf heures avant que vous ne finissiez carboniser, finit-elle.

Harry eut un léger mouvement de recul à l’idée que son Professeur venait de dire mot pour mot la phrase qu’il s’apprêtait lui dire. Comment avez-pu-t-elle savoir à l’avance ce qu’il allait dire ?

- Mais vous y arriverez, affirma-t-elle, en se relevant du pupitre où elle était assise.

-  Pourquoi croyez-vous autant en moi ? Demanda alors Harry.

- La question serait plutôt, pourquoi vous, ne croyez pas en vous, Mr Potter ? Rétorqua Ellie, en lui tendant la main.

Harry observa son Professeur et finit par saisir sa main. Elle le força ainsi à se relever et à reprendre l’entrainement. Cependant, au lieu de rester assise à son bureau, elle resta à ses côtés, cette fois. Harry se concentra et fit quelques tentatives qui se soldèrent, une fois de plus par un échec. Il s’apprêta une fois de plus à abandonner et à abaisser définitivement sa baguette, lorsqu’Ellie attrapa son poigné pour l’en empêcher. Harry se tourna vers elle, en fronçant des sourcils.

- Gardez votre baguette levée, Mr Potter et faites le vide.

- Pardon ? S’enquit Harry, qui ne comprenait pas ce qu’elle entendait par là.

- Fermez les yeux, lui demanda-t-elle.

- Mais Professeur… Tenta de protester Harry.

- Arrêter de protester et faites ce que je vous dis ! Par Merlin… Vous n’êtes pas le fils de votre père pour rien, constata Ellie, un tant soit peu amusée.

Harry rougit de la tête aux pieds et finit par faire ce que son Professeur attendait de lui : il ferma les yeux, la baguette toujours tendue, droit devant lui. Ellie, satisfaite, commença à lui parler calmement, d’une voix qui eut pour effet d’apaiser totalement Harry.

- La plupart des sorciers que vous croiserez tout au long de votre vie, vous diront qu’un sorcier puissant est un sorcier qui sait maitriser ses émotions, quitte à les mettre dans une boite fermée à double tour, dont on aurait pris soin de jeter la clé.

Harry garda les yeux fermé mais entendit les pas de son Professeur qui se promenait lentement dans la Salle de cours.

- Sachez que ces sorciers-là, ne sont que des idiots, trancha Ellie. Notre Magie est indissociable de nos sentiments et elle se retrouve d’autant plus forte lorsqu’elle est associée à nos émotions les plus intenses… Videz-vous l’esprit Mr Potter et laissez-vous envahir par vos émotions. Laissez-vous transporter par vos souvenirs les plus heureux…

Ellie continua ainsi à lui donner des conseils, tandis qu’Harry tenta d’appliquer à la lettre ses instructions. Au bout d’un moment, il parvint à faire le vide, à tel point que la voix de son Professeur paraissait extrêmement lointaine. Il suivit ses conseils et se laissa envahir par toutes les émotions qu’il pouvait ressentir. Et lorsqu’il fut prêt, Harry inspira profondément, et formula un :

- Accio Eclair de Feu !

Le jeune Potter eut à peine le temps d’ouvrir les yeux, que son balai, situé initialement à une vingtaine de mètres de lui, se retrouva instantanément dans ses mains. La bouche d’Harry fit un O parfait, tandis qu’Ellie ne put s’empêcher de sourire. Une fois l’étonnement passé, une joie immense envahit le cœur d’Harry, dont les commissures de ses lèvres s’étaient nettement élargies.

- J’ai réussi ! S’exclama-t-il.

- En effet, répondit Ellie, un tantinet amusée par la scène.

- Et maintenant ? Demanda Harry.

- A présent, il ne vous reste plus qu’à recommencer Mr Potter.

Le garçon s’exécuta, sans refaire les exercices de concentration de son Professeur et toutes ses tentatives se soldèrent par une réussite qui lui remit énormément de baume au cœur. Harry était désormais prêt pour sa Première Tâche, et son Professeur le savait.

 

***

 

            La stratégie d’Ellie porta ses fruits et le lendemain matin, Harry survécut face à son dragon, et il réussit même l’exploit de se placer en tête du classement, grâce à son idée d’invocation de balai, jugée « ingénieuse et très classe ». Le jeune Potter se moquait de son classement car il était tout simplement heureux de s’en être sorti vivant. Les premières personnes à le rejoindre furent ses deux meilleurs amis, puis l’ensemble de ses camarades de Gryffondor. Puis, lorsque l’évènement fut terminé, il réussit à trouver son père dans la foule. Ce dernier étreignit et embrassa pleinement son fils qu’il avait craint de perdre.

- Très beau Sortilège, Mr Potter, dit alors Ellie, en inclinant la tête vers lui.

Harry s’écarta de l’étreinte de son père, et s’approcha de son Professeur de Défense.

- Merci Professeur, lui dit-il alors.

- Ce n’est que la stricte vérité, déclara Ellie.

Cette dernière tenta de s’écarter pour laisser James et son fils, seuls, mais elle sentit une main se refermer sur son poignet. Elle se retourna et fut étonnée de voir qu’il s’agissait de celle de James.

- Sturgis… Commença l'homme, avec un air gêné que la jeune femme n'avait vu que dans de rares cas.

- Oui, Potter ?

- Je…euh…Merci, balbutia-t-il, en passant une main dans ses cheveux. Merci pour tout.

Ellie lui sourit, et pour la première fois depuis leur rencontre, James lui rendit un sincère et franc sourire. La jeune femme en fut étonnée mais s’éloigna pour laisser le père et le fils, seuls.

- Ellie a raison, ton Sortilège était parfait ! Dit James, sur le trajet de retour vers le château.

- Sans elle, je n’y serais jamais arrivé… Avoua Harry. Elle n’a rien lâché jusqu’à ce que j’y arrive.

- Ca ne m’étonne pas d’elle, s’amusa James.

- Sans elle et sans Maman, je serais probablement mort carbonisé, insista Harry.

- Ta mère ? S’étonna alors James.

- Oui, soupira d’aise Harry.

Ce dernier marqua une pause, qui sembla interminable pour James, mais il finit par tout lui expliquer :

- Le Professeur Sturgis m’a dit de me rattacher à des souvenirs heureux ou à des émotions fortes pour arriver à produire mon Sortilège d’Attraction. Selon elle, la Magie est plus forte si on l’associe à des sentiments puissants. Alors j’ai pensé à l’amitié de Ron et d’Hermione, à mes oncles, à toi… Mais surtout à Maman qui veille sur moi, d’où qu’elle soit.

 

James ne répondit rien à cet aveu poignant mais se contenta de prendre son fils dans ses bras et de l’embrasser sur la tempe. Et intérieurement, il remercia une fois de plus Ellie Sturgis pour son intervention, qui venait certainement de sauver la vie de son fils.

 

 

Le Manoir des Malefoy by Smittina
Author's Notes:

Désolée pour le manque de post! J'étais en vacances et je n'avais pas accès à internet! En tout cas, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! :)

-> Tennis Court - Lorde
https://www.youtube.com/watch?v=D8Ymd-OCucs

Bonne Lecture !

Une semaine après la Première Tâche, James et Ellie furent convoqués dans le bureau du Directeur pour une affaire de la plus grande importance. Les deux jeunes gens quittèrent donc leur Salle de Classe respective à la fin de la journée, pour prendre la direction du Deuxième Etage. Ils se retrouvèrent au même moment devant la gargouille qui leur permettait d’accéder au bureau de Dumbledore. James donna sans problème le mot de passe et quelques minutes après, ils frappèrent à la porte. Severus Rogue, également convié, leur ouvrit et les deux membres de l’Ordre sous couverture, s’introduisirent à leur tour dans le bureau du Directeur. Ce dernier les invita tacitement à prendre place dans les fauteuils situés en face de son bureau, et ils purent ainsi commencer leur réunion, accompagnée d’un bon verre de Whisky Pur-Feu pour les hommes.

- Excusez-moi de vous prévenir au dernier moment, mais des informations importantes sont arrivées jusqu’à mes oreilles et cela ne pouvait pas attendre.

- Que se passe-t-il, Albus ? Demanda James.

-  J’ai une autre mission de la plus grande importance à vous confier, à tous les deux, expliqua Dumbledore, en désignant James et Ellie.

- Tant qu’il ne s’agit pas d’un cambriolage… Commença James, en riant.

Cependant, il fut le seul à agir de la sorte, et lorsqu’il comprit son erreur, il en perdit tout sourire.

-  Ne me dites pas qu’il s’agit encore d’un coffre de chez Gringotts ! S’exclama le brun à lunettes.

- Non, rassurez-vous James, la cible est beaucoup plus accessible cette fois, répliqua Dumbledore.

- Tant mieux, dit James, un tantinet soulagé. Il s’agit de quoi alors ?

James porta son verre à la bouche et commença à savourer son Whisky Pur-Feu.

- Il faut que vous dérobiez un livre, dit Dumbledore. Un livre très spécial…

- Il est lui aussi important aux yeux de Voldemort ? Demanda James.

-  Oui, affirma Dumbledore. Très important.

-  Et où se situe-t-il ? Demanda de nouveau James, en buvant une autre gorgée de Whisky Pur Feu.

- Dans la Bibliothèque du Manoir des Malefoy, dit Rogue, d’un air glacial.

La réaction de James ne se fit pas attendre et le Whisky Pur Feu qu’il venait d’introduire dans sa bouche, en ressortit aussi vite qu’un Eclair de Feu. Il se mit à tousser, et Ellie dut lui taper légèrement dans le dos pour éviter qu’il s’étouffe.

- Je vous demande pardon ? Dit James, rouge, mais qui priait intérieurement pour que son ouïe lui ait fait défaut.

- Vous avez bien entendu, James, confirma Dumbledore.

- Mais c’est du suicide ! S’exclama James.

-  Pas tout à fait, Potter, répliqua Rogue qui semblait légèrement agacé par le comportement du membre de l’Ordre.

-  Il faudrait un miracle pour arriver à pénétrer dans cette propriété, affirma James. Et quand bien même ce dernier se produirait, il en faudrait un deuxième pour pouvoir en sortir et en vie !

-  Si tu me laissais parler, Potter, je pourrais peut-être te les donner ces miracles, dont tu parles, lâcha froidement Rogue.

James se tut mais lui lança un regard froid et sévère. Les deux hommes se dévisagèrent quelques temps, avant que Severus ne continue.

-  Le Seigneur des Ténèbres a convoqué tous ses partisans dans le Manoir des Selwyn pour… faire du nettoyage. L’intégralité des Malefoy et autres Mangemorts, sera donc absente du Manoir pour l’occasion. Vous pourrez donc entrer et sortir par la grande porte.

- Et quel est le plan B ? Demanda alors Ellie, qui parla pour la première fois depuis leur arrivée.

- Le plan B ? Répéta Rogue.

-          Après les évènements qui se sont passés à Gringotts, j’estime qu’il est nécessaire pour nous d’avoir un plan B au cas où les choses tourneraient mal, expliqua Ellie. Je pense que Potter sera d’accord avec moi, sur ce coup.

- Tout à fait, confirma James, avec fermeté.

- Qu’attends-tu de moi ? Demanda Rogue à Ellie, en plongeant son regard dans celui de la jeune femme.

James remarqua que Rogue venait de la tutoyer et cela l’intrigua fortement. Depuis leur arrivée à Poudlard, il ne les avait jamais vus se parler. Se pouvait-il qu’ils se connaissent autrement ?

-  Est-ce qu’il y a un autre moyen de sortir du Manoir ? J’entends par là, autre que la Grande Porte ? Demanda Ellie. Car je suppose que leur demeure est équipée d’un dispositif d’anti-transplanage… Je pense que tu seras d’accord avec moi, si je te disais qu’il serait étonnement stupide d’entrer dans ce Manoir et de ne plus pouvoir en sortir par la suite…

Rogue sourit, ce qui étonna d’autant plus James, et il finit par dire :

- La cheminée n’est pas régit par cette règle…

- Quel est le rayon de transplanage ? Demanda James.

-  Deux mètres.

- Merci, Rogue, dit Ellie, en le regardant droit dans les yeux.

Un silence s’installa dans le bureau du Directeur, et James finit par demander :

- Quand est-ce que cette réunion se déroulera ?

Dumbledore et Rogue échangèrent un rapide coup d’œil et Ellie haussa des sourcils.

- Ce soir, à 22 heures, finit par dire Rogue.

- Pardon ? Demanda James, incrédule.

-  Je vous l’ai dit James, nous avons été averti à la dernière minute et…

-  Sans moi, le coupa alors le brun à lunettes, qui semblait se résigner.

- Potter, dit froidement Rogue, de plus en plus agacé.

-  Je suis désolé, mais vous me demandez de pénétrer illégalement dans la demeure d’un Mangemort, sans aucun préparatif !

- C’est la seule chance que nous aurons pour nous emparer de ce livre, dit Dumbledore.

- Par Merlin ! S’exclama James, en faisant les cent pas dans la pièce. On ne connait même pas les lieux !

-  Ce n’est pas tout à fait juste, dit alors Rogue.

James se retourna vers lui, et le regarda sévèrement, tout en attendant de plus amples explications, mais elles ne vinrent pas de Severus.

-  Je les connais, dit soudain Ellie.

James rit nerveusement, et porta une main à sa bouche pour se ronger les ongles.

- Pourquoi est-ce que ça ne m’étonne même pas ? Dit-il à voix haute, plus pour lui-même que pour autre chose.

- J’y suis déjà allée, dit Ellie. Je sais où se trouve la Bibliothèque.

            James acquiesça silencieusement, et s’approcha de la fenêtre d’où il avait une vue magnifique sur le Lac Noir, éclairé par les rayons de la lune. Il se rappela alors de la mission de surveillance de Stan Rocade et de la réaction d’Ellie en voyant Malefoy. Elle avait fait comme si elle ne le connaissait pas, et à présent, James réalisa qu’elle avait du lui mentir. Tout ceci ne faisait que le conforter dans l’idée qu’Ellie avait peut-être été une Mangemorte par le passé. Cependant, ce mensonge ne le dérangeait pas. Après tout, quelle personne censée et saine d’esprit, voudrait crier haut et fort d’avoir fait partit de ces êtres abjectes par le passé ?

            La main toujours portée à sa bouche, il pesa longuement le pour et le contre de cette mission. Il fut tellement plongé dans ses pensées qu’il ne remarqua la présence d’Ellie que lorsqu’elle s’adressa à lui, dans un murmure.

- On peut le faire Potter. D’autant plus que cette fois, on a un Plan B au cas où les choses tourneraient mal.

- …

- Aie confiance en moi.

James se retourna vers elle, et plongea ses yeux noisette dans cet océan que représentait les yeux d’Ellie Sturgis. Il la scruta longuement et finit par acquiescer définitivement, provoquant ainsi le soulagement de Dumbledore.

- Une dernière chose, dit Dumbledore.

- Quoi ? Soupira James. Ne me dites pas que leur Manoir est gardé par des Inferi ? Ca serait trop simple, sinon…

- Une fois que vous serez sorti du château, vous ne pourrez plus revenir…

- Pourquoi ? Demanda Ellie, en fronçant des sourcils.

-  Le couvre-feu de Pré-au-Lard, dit alors James.

- Vous n’aurez qu’à aller au Chaudron Baveur, précisa le Directeur.

- Bien, dit Ellie sûrement.

Les deux membres de l’Ordre rejoignirent par la suite leurs appartements respectifs pour se préparer pour cette nouvelle mission, qualifiée une fois de plus par Sirius, de suicidaire. James fit un crochet vers la Tour des Gryffondors pour parler à son fils, et lui dire au revoir, au cas où.

 

***

 

            Trois heures plus tard, les deux membres de l’Ordre étaient cachés dans des buissons et guettaient le départ imminent de la famille Malefoy de leur domicile. Une fois que cela fut le cas, ils pénétrèrent par effraction à l’intérieur de cette grande bâtisse. Une fois à l’intérieur, Ellie semblait être comme un poisson dans l’eau, dans ces lieux, et elle les guida jusqu’à la Bibliothèque sans la moindre hésitation. Tandis qu’ils cherchaient le livre responsable de ce suicide, James n’arrêta pas de s’interroger, une nouvelle fois sur sa partenaire et sur son possible passé de Mangemort. Après tout, comment aurait-elle pu connaître parfaitement le Manoir des Malefoy, si elle n’avait pas été une ancienne partisante de Voldemort ?

- Je crois que je l’ai, dit enfin Ellie.

Ces paroles firent sortir James de ses pensées, et il se tourna vers son homologue qui tenait un petit carnet noir à la main.

-  « Journal intime de Tom Jedusor », lut James à voix haute. Qui est Tom Jedusor ?

-  Je ne sais pas, mentit Ellie, en haussant les épaules pour appuyer ses dires. A présent, il faut partir Potter…

- Partir où ? Demanda alors une voix glaciale, qui semblait tapie dans le noir.

Ellie eut le réflexe d’arracher le Journal Intime des mains de James, et de le cacher dans sa cape, à l’aide d’un puissant sort de dissimulation. Quelques secondes après, les bougies du Manoir s’éclairèrent toutes, de manière simultanée, révélant enfin à James et à Ellie le bourbier dans lequel ils étaient empêtrés.

- Expelliarmus ! Cria la petite femme blonde qui se trouvait aux côtés d’un grand homme qu’Ellie reconnut comme étant Lucius Malefoy.

Les baguettes des deux membres de l’Ordre s’échappèrent de leurs mains, et volèrent jusqu’à se retrouver aux pieds d’une cheminée. James et Ellie se regardèrent, et se comprirent instantanément.  Il était temps pour eux, d’agir discrètement, tout en passant au plan B.

- Vous, cracha alors Lucius, en pointant du doigt Ellie. Vous êtes la malotrue qui m’a bousculé l’été dernier dans la rue… Vous êtes donc l’une de ces vermines de l’Ordre du Phénix.

-  Il semblerait… Répondit Ellie, en le défiant du regard.

- Qu’êtes-vous venus faire dans notre demeure ? Interrogea la blonde.

- On voudrait se prendre un appartement, commença James avec l’un de ses airs arrogants et suffisants. Mais on avait encore des doutes concernant la déco, alors on…

- Endoloris ! Cria alors la voix d’une autre femme.

James s’écroula instantanément au sol sous la douleur, tandis que la personne responsable de ce Sortilège Impardonnable, sortit progressivement de l’ombre, avec un rire machiavélique. Ellie la reconnut immédiatement comme étant Bellatrix Lestrange, la femme à qui appartenait le coffre qu’ils avaient cambriolé, un mois auparavant. Cette dernière s’approcha rapidement d’Ellie, et commença à jouer avec une mèche de ses cheveux. Puis, elle rit d’un nouveau rire glacial, digne d’une démente, avant de se tourner vers James, qui tentait de se remettre debout, après le Sortilège, particulièrement douloureux, qu’il venait de subir.

- Alors Potter ? Comme ça, on n’aime plus les rousses ? Se moqua Bellatrix, tout en indiquant Ellie.

James serra des dents et essaya de prendre sur lui, pour ne pas lui donner ce qu’elle voulait.

- Je me demande si ta nouvelle petite copine est aussi résistante qu’a pu l’être ta femme.

Ellie tourna la tête vers son homologue qui était devenu livide et qui serrait ses poings à tel point qu’il aurait pu en saigner.

- C’était une battante, cette Sang-de-Bourbe là… Mais comme les autres, elle a fini par crier… Comme les autres, elle a fini par nous implorer de lui laisser la vie sauve !

-  La ferme, cria soudain Ellie.

Bellatrix fut extrêmement étonnée d’entendre ces mots-là, sortir de la bouche de la jeune femme. Elle se serait attendue à ce que ce soit James qui les prononce et pas sa nouvelle Sang-de-Bourbe. De son côté, James rouvrit les yeux, qu’il avait au préalablement fermé pour ne pas craquer face à la Mangemorte. Il regarda Ellie avec encore plus d’étonnement que les Malefoy et Lestrange présents. Cette dernière se tenait droite, d’un air digne, et semblait défier Bellatrix de son regard glacial. Cependant, d’une manière très discrète, elle réussit à lancer un discret regard à James. Elle lui indiqua la cheminée et James comprit qu’elle tenterait de gagner du temps comme elle le pouvait.

- Comment oses-tu t’adresser à moi de cette façon, cracha alors Bellatrix. Espèce…

- D’ignoble Sang-de-Bourbe ? Finit Ellie, avec un air moqueur. Vous manquez cruellement d’originalité, vous autres Mangemorts !

-  Petite insolente ! Endoloris ! Cria Bellatrix.

Le Sortilège frappa de plein fouet Ellie, qui aurait du se plier en quatre de douleurs. Cependant, la jeune femme le ressentit comme une légère décharge électrique qui lui traversa tout le corps, faisant trembler quelque uns de ses muscles au passage. Les Mangemorts furent tellement étonnés par le contrôle qu’Ellie exerçait face au sort qu’ils ne remarquèrent pas la présence de James face à la cheminée.

- C’est tout ce que tu peux faire, Lestrange ? Se moqua Ellie pour gagner encore un peu de temps.

Bellatrix explosa dans un cri de démence et pointa sa baguette de nouveau en direction d’Ellie :

-  Endolo

Cependant, Lestrange n’eut guère le temps d’achever sa phrase que sa baguette lui fut ôtée des mains, à l’aide d’un Sortilège Informulé. Son mari, Rodulphus, sa sœur Narcissa et son beau-frère Lucius, n’eurent également guère le temps de réagir que leurs baguettes leurs furent également ôtées. Tandis qu’Ellie avait fait diversion, James en avait profité pour récupérer leurs baguettes.

- Sturgis, dépêche-toi ! Cria alors James, en tendant une main vers elle.

La jeune femme ne se fit pas prier une seconde fois et courut dans la direction de James. Bellatrix, sous l’effet de la colère, s’empara alors de l’un de ses poignards fétiche et elle le lança dans la direction de deux membres de l’Ordre qui disparurent presque instantanément, en transplanant.

 

***

 

            Quelques secondes plus tard, James et Ellie atterrirent dans un champ remplis de neige. Ellie regarda autour d’elle et tenta de reconnaître le lieu où James les avait emmenés. Cependant, il faisait nuit noire, et les seules lumières qu’elle pouvait distinguer, provenaient de ce qui semblait être un village, à un ou deux kilomètres à pieds de leur position actuelle. Soudain, elle sentit une main chaude s’agripper à la sienne, gelée. C’était celle de James, et ce dernier semblait vouloir la trainer en direction des bois, situés à l’orée du champ.

- On ne va pas au Chaudron Baveur ? Demanda Ellie.

- On s’est fait prendre la main dans le sac. C’est le premier endroit où ils iraient nous chercher.

-  Alors pourquoi pas le Quartier Général de l’Ordre ?

- Trop risqué, répondit James.

-  Où est-ce que tu nous amènes alors ?

- Dans un endroit sûr, se contenta de dire James.

- Mais…

- Chut, Sturgis ! Dit alors James.

            Etrangement, Ellie se tut et se laissa entrainer par James, à l’intérieur de cette forêt. Au bout de quelques longues minutes de marche, ils arrivèrent devant une pierre tombale portant les initiales : L.E.P. James s’arrêta et lâcha la main d’Ellie, tout en s’approchant rapidement de la tombe. Il regarda autour de lui pour s’assurer qu’ils n’avaient pas été suivis, et il incita Ellie à venir à ses côtés. Là, elle le vit tâtonner dans le noir, jusqu’à ce qu’il mette la main sur une chose qui semblait gravée dans la pierre. James l’attrapa fermement et le retourna. Aussitôt la tombe s’écarta pour laisser place à un escalier qui semblait s’enfoncer dans les profondeurs de la terre.

« C’est donc ça, l’endroit sûr de James ? Une tombe ? » Se demanda Ellie.

            Ce dernier reprit sa main dans la sienne, tout en sortant sa baguette pour avoir de la lumière. Une fois qu’ils eurent finis de descendre les escaliers, une autre gravure les attendait en bas, et James la tourna pour refermer le passage derrière eux. Ellie remarqua alors qu’il s’agissait d’une fleur de Lys. S’en suivit ensuite une longue marche rapide sur un ou deux kilomètres qui les conduisirent devant un mur. Ellie se retourna vers James, étonnée et ce dernier la prit par les épaules et planta ses yeux dans ceux de la jeune femme.

- Le dernier ennemi qui sera vaincu, c’est la mort, lui dit alors James.

-  Pardon ? Répondit Ellie, qui ne comprenait pas ce qu’il voulait dire par là.

- Répète la phrase, dit simplement James.

Ellie douta quelques secondes mais finit par dire à son tour :

- Le dernier ennemi qui sera vaincu, c’est la mort.

Aussitôt dit, la jeune femme vit une porte se dessiner progressivement sous ses yeux, puis se matérialiser. James mit la main sur la poignée et l’ouvrit. Ellie fut alors assez éblouie par la lumière qui semblait se dégager de l’autre côté de la porte. Elle sentit de nouveau la main de James se refermer sur la sienne et l’entrainer dans ce bain de lumière. 

 

Le Cottage by Smittina
Author's Notes:

Merci à tous !!

Voici la suite, à écouter pour ma part avec :
Dark Paradise - Lana Del Rey
https://www.youtube.com/watch?v=ZSz43AHM2EU

Bonne Lecture !

Une fois que ses yeux furent acclimatés à la lumière qui émanait des bougies d’une petite pièce sombre, sans fenêtre, Ellie comprit qu’elle se trouvait dans la cave d’une maison. James lâcha sa main, et mit fin à son Sortilège d’Allumage de Baguette. Puis, ce dernier se dirigea vers un petit escalier, pourvu d’une rampe qui menait à une porte en bois et en fer forgé. Ellie déglutit fortement tout en suivant James, qui posa sa baguette sur la porte. A son contact, un cliquetis se fit entendre et la porte s’ouvrit d’elle-même. Décidément, cet endroit était magiquement bien protégé.

 

            D’un simple geste de la main, James invita Ellie à le suivre et quelques secondes plus tard, les deux jeunes gens se retrouvèrent dans une autre pièce lumineuse, qui correspondait à une cuisine. Ellie déglutit une fois de plus, et se décida à lui poser la question qui lui trottait dans un coin de la tête depuis leur arrivée dans cette maison, et pour laquelle elle pensait déjà avoir la réponse.

 

- Où est-ce que l’on est Potter ?

 

- Dans l’endroit le plus sûr de Grande-Bretagne, après Poudlard, répondit énigmatiquement James.

 

- Mais encore ?

 

James pouffa et se retourna pour faire face à Ellie, alors qu’ils étaient à présent dans ce qui semblait être un Salon.

 

- C’est agaçant de ne pas avoir de réponse précise à ses interrogations, n’est-ce pas Sturgis ? La nargua James, fier de lui.

 

- Potter… Soupira Ellie.

 

- On est chez moi, Sturgis, pouffa de nouveau, James. Tu te trouves dans le Cottage Potter, à Godric’s Hollow.

 

Ellie s’arrêta de marcher, tandis que ses doutes venaient d’être confirmés. James, qui se trouvait à présent près de sa cheminée, remarqua qu’elle ne le suivait plus et se retourna vers elle. Ellie semblait le dévisager, tout en basculant sa tête sur le côté.

 

- Quoi ? Demanda James.

 

- Tu m’as fait entrer chez toi, dit simplement Ellie.

 

- Et ?

 

- Etant donné le niveau de protection de ta demeure, je doute que tu invites souvent des personnes extérieures à ton cercle d’amis, ici.

 

- Effectivement, confirma James.

 

- Tu as fini par avoir confiance en moi ? Lui demanda-t-elle alors.

 

James ne répondit pas et se contenta de la fixer. S’en suivit alors un long et pesant silence entre les deux membres de l’Ordre, pendant lequel ils n’eurent de cesse de s’observer mutuellement. Puis, James se passa une main dans ses cheveux et finit par briser le silence.

 

- Tu as toujours le Journal ?

 

- Oui, dans ma poche, répondit Ellie.

 

Cette dernière porta la main à la poche intérieure de son gilet, prenant soin de repousser en arrière sa cape. Elle chercha le livre d’une seule main, et lorsqu’elle l’eut trouvé, elle le sortit rapidement pour le montrer à James. C’est alors que son regard se posa sur l’homme, qui avait subitement pris une teinte anormalement livide. Ellie fronça des sourcils et pencha la tête sur le côté.

 

- Qu’est-ce qu’il y a, Potter ? L’interrogea-t-elle. A ta tête, on dirait que tu viens de voir un fantôme…

 

James ne répondit pas et s’approcha doucement vers elle, de la même manière qu’il l’aurait fait s’il avait du marcher sur un lac gelé dont la glace serait susceptible de s’effondrer à n’importe quel moment. Son comportement ne rassura pas Ellie qui fronça davantage des sourcils.

 

- Potter, tu commences à me faire peur, là, avoua-t-elle, avec beaucoup d’inquiétude dans le ton de sa voix.

 

- Ne bouge surtout pas, répondit alors James.

 

            Ce dernier était à présent à sa hauteur. Il prit le Journal de Jedusor qu’elle tenait entre ses mains, et le déposa sur une petite table qui se trouvait à gauche de la femme. Puis, avec beaucoup de précaution, il prit la cape d’Ellie du bout des doigts, et la repoussa en arrière, révélant ainsi la tenue d’hivers de son homologue. Cette dernière ne comprenait toujours pas le comportement étrange de James, jusqu’à ce que ce dernier ne se recule et lui fasse un simple signe de la tête. Ellie regarda alors dans la direction qu’il lui avait indiquée, et elle remarqua enfin le petit poignard planté sous ses côtes droites, accompagné d’une auréole de sang qui était venu entacher ses vêtements.

 

            Jusqu’à présent, Ellie n’avait pas ressenti la moindre douleur liée à cet objet métallique qui était venu se loger dans son corps. C’était surement du à l’adrénaline sécrétée suite à leur évasion du Manoir des Malefoy. Cependant, la simple vue du poignard dans son corps avait changé la donne, et Ellie se mit soudainement à ressentir une forte douleur sur le flanc droit. Elle émit un gémissement plaintif et un vertige l’obligea à se retenir au dossier du fauteuil le plus proche d’elle. Par réflexe, James se rapprocha immédiatement d’elle et la soutint à l’aide de son bras.

 

- Est-ce que tu as de quoi faire des Potions ? Lui demanda Ellie, en s’efforçant de ne pas penser à la douleur.

 

- Non, répondit James, blâfard, dont le regard était braqué sur le poignard.

 

- Non ? Répéta Ellie, incrédule.

 

- Les Potions et moi, ce n’est pas le grand amour, se contenta de dire James.

 

- Mais tu as bien des ingrédients ou des potions déjà préparées quelque part, non ? Essaya Ellie.

 

- Oui… Répondit James. Attends ici, je vais te chercher ça.

 

- D’accord, dit Ellie en s’accrochant fermement au dossier du fauteuil.

 

- Ne bouge pas hein ? S’écria James, en s’éloignant.

 

- Tu veux que j’aille où dans cet état, James ? Murmura Ellie, en levant les yeux au ciel, et en secouant fermement la tête.

 

            Ellie patienta une trentaine de secondes avant que James ne revienne, les bras remplis de toutes les Potions qu’il avait en réserve. Il n’avait jamais été doué dans cette matière à Poudlard, et ne savait pas vraiment lesquelles étaient réellement nécessaires. Il posa ainsi toutes ces Potions sur la table du Salon et aida ensuite Ellie à se diriger jusqu’à cette même table. La jeune femme examina avec attention toutes les Potions et soupira.

 

- Il manque quelque chose ? Demanda James, légèrement angoissé car il savait qu’ils ne pouvaient plus mettre les pieds en dehors du Cottage, jusqu’au lendemain matin.

 

- Il y a tout ce qu’il faut, mais pas en quantité suffisante, expliqua Ellie.

 

- Mais est-ce que c’est suffisant pour passer la nuit ?

 

Ellie regarda James avant d’acquiescer.

 

- Dans ce cas, on va enlever ce poignard, dit alors James en s’approchant d’Ellie.

 

Cependant, cette dernière recula d’un pas, chancelante et posa une main sur le torse de l’homme pour l’empêcher de faire quoique ce soit. James la regarda avec un air curieux et Ellie précisa :

 

- Je préférerai le faire moi-même si cela ne te dérange pas.

 

James acquiesça et la regarda faire. Ainsi, il la vit porter la main sur le poignard, et inspirer fortement. Puis, d’un geste net et précis, elle ôta rapidement la lame de son corps. Ce geste s’accompagna d’un gémissement de douleur, et elle jeta le poignard qui tomba non loin de leurs pieds. Puis, Ellie porta une main à sa plaie pour limiter l’hémorragie.

 

- Tu vois la Potion bleue, là ? Demanda-t-elle à James, qui acquiesça. Imbibes-en le tissu.

 

James s’exécuta et s’approcha d’Ellie avec le dit tissu dans l’intention de nettoyer lui-même la plaie.

 

- Maintenant, enlève ton gilet et ton chemisier Sturgis, que je nettoie ta plaie.

 

Cependant, Ellie recula une nouvelle fois, et stoppa encore James dans son élan.

 

- Tu n’y arriveras pas toute seule. Tu tiens à peine debout, dit James, en s’approchant de nouveau.

 

Mais la jeune femme recula encore, et s’agrippa fermement à un accoudoir d’une chaise pour ne pas tomber.

 

-  Merlin que tu peux être têtue ! S’exaspéra James, en secouant vigoureusement la tête.

 

            Il s’approcha légèrement d’elle jusqu’à ce que ses yeux croisent ceux d’Ellie. La lueur qu’il y vit lui serra instinctivement le cœur. Ellie n’avait pas honte… Elle semblait tout simplement terrifiée. C’est alors que le brun à lunettes se rappela qu’il avait déjà vu cette expression dans ses yeux. C’était au Chaudron Baveur, juste après qu’il ait chassé l’homme qui l’avait molestée. Puis, les paroles de Dumbledore lui revinrent en mémoire : « Ses secrets sont extrêmement douloureux pour elle », tout comme le fait qu’elle connaissait l’existence des colliers recensant les viols orchestrés sur des Nées-Moldues, comme elle. Le cœur de James se serra de nouveau, pensant avoir percé à jour, au moins l’un des secrets d’Ellie Sturgis.

 

- C’est parce que je suis un homme ? Demanda-t-il alors, d’un ton compatissant.

 

Ellie ne répondit rien et s’efforça de rester debout sur ses pieds.

 

- Je ne suis pas Sirius, tu sais ? Tenta de plaisanter James pour la détendre.

 

Sa tactique marcha car il la vit esquisser un léger sourire, entre deux grimaces de douleur.

 

-  Je te promets que je ferais de mon mieux pour ne rien regarder, dit James, en essayant d’avoir sa confiance. Et je toucherai seulement ce qui est nécessaire de toucher.

 

James avait prononcé ces mots, sans quitter Ellie du regard. Cette dernière sembla réfléchir à sa proposition, ce qui parut être une éternité pour James. Au bout d’un certain temps, Ellie inspira profondément, et finit par soupirer :

 

- Promets-moi seulement que tu ne poseras aucune question.

 

James fut surpris par sa requête, ne comprenant pas quelles questions elle s’attendait à ce qu’il lui pose, mais il finit par l’accepter. Après tout, il n’avait guère envie d’avoir un cadavre dans son salon.

 

- D’accord.

 

- Jamais, insista-t-elle.

 

- C’est promis, Sturgis.

 

Ellie ferma alors les yeux, et entama d’ôter son gilet, dans un premier temps. Puis, elle déboutonna lentement son chemisier, qu’elle fit rapidement tomber à ses pieds. C’est alors que James les vit. Le corps d’Ellie, et en particulier son ventre et sa poitrine, était recouvert de cicatrices, plus ou moins profondes, selon les endroits. Devant la vue de ce corps mutilé par ce qui ressemblait à des Sortilèges de Magie de Noire, James en eut un haut-le-cœur important. Cependant, il en détourna rapidement le regard pour ne pas perdre la confiance qu’Ellie venait de lui accorder, cinq secondes auparavant.  Mais il comprit également pourquoi elle lui avait fait jurer de ne lui poser aucune question, car à présent des dizaines se bousculaient dans sa tête.

 

- La Potion s’il te plait, Potter.

 

            James acquiesça et vint nettoyer minutieusement la plaie d’Ellie, qui n’était pas belle à voir. Puis, suivant les indications de la jeune femme, il appliqua une deuxième potion qui était censée aider la plaie à se refermer d’elle-même. Cependant, sa quantité était insuffisante et la plaie restait encore extrêmement fragile. Pour finir, James lui donna un fond de potion de Régénération Sanguine, pour palier au fait qu’elle s’était peu à peu vidée de son sang, au fur et à mesure de la soirée. Lorsqu’ils eurent finis, Ellie entreprit de remettre ses vêtements tachés de sang, mais James l’en empêcha, en s’emparant d’eux. La jeune femme lui lança un regard froid, et James lui dit :

 

- Avant que tu me tues d’un seul regard, je te prierai de me suivre.

 

- Où ça ?

 

-  Je pense que tu ne cracheras pas sur une bonne petite douche relaxante pour enlever tout ce sang...

 

            Ellie n’ajouta rien, et suivit James qui lui fit prendre un escalier, alors qu’elle ne portait qu’un jean taché de sang, et un soutien-gorge. Après avoir gravi les quelques marches qui menaient à l’étage, ils se trouvèrent dans un couloir donnant accès à trois portes. Sur l’une d’entre elle se trouvait des dessins animés de Vifs d’Or et Ellie en déduit qu’ils devaient s’agir de la chambre d’Harry.

 

            Quelques secondes plus tard, James la fit pénétrer dans une chambre. Cette dernière était simple, avec un lit double, entouré de deux tables de chevet. La décoration était parfaitement soignée, et d’un gout exquis, tandis qu’un magnifique parfum de Fleur de Lys s’en échappait. La seule chose qui parut étrange à la jeune femme, fut le fait que la chambre était pourvue de deux armoires, alors que James vivait seul avec son fils. Ellie resta au milieu de cette pièce, qu’elle avait peur de salir avec son sang, et elle vit James se diriger vers une armoire. Il en sortit un peignoir de bain et une serviette.

 

- Derrière cette porte se trouve une salle de bain. Fais comme chez toi.

 

- D’accord, Potter, dit Ellie.

 

- Tu mettras ce peignoir, ajouta le brun à lunettes. Je te donnerais des vêtements à ta sortie que tu pourras revêtir dans la chambre d’amis.

 

            Ellie acquiesça et prit la direction de la douche. Elle ne sut combien de temps exactement, elle resta sous cette eau bouillante, mais en tout cas, elle s’y sentit extrêmement bien. Lorsqu’elle eut fini, elle démêla ses cheveux à l’aide de sa baguette, et revêtit le peignoir que James lui avait donné. La jeune femme retrouva cette odeur de Fleur de Lys sur le vêtement et s’en enivra malgré elle. Puis, elle finit par sortir, totalement sereine, oubliant ainsi qu’elle était passée prêt de la mort quelques minutes auparavant.

 

            C’est alors qu’elle tomba sur une image qui la bouleversa. James était toujours debout dans ce qu’Ellie avait interprété comme étant sa chambre. Mais cette fois-ci, il était face à la deuxième armoire de la pièce. James était immobile et tenait entre ses mains, deux robes. Il semblait totalement perdu comme si son choix pouvait lui couter la vie. Ellie évita de se faire remarquer par son homologue et resta de longues secondes à observer cet homme, pourtant si fort en temps normal, mais qui lui paraissait si fragile à cet instant précis. N’ayant pas récupéré la totalité de ses forces, elle ressentit la nécessité de s’appuyer contre le mur pour se soutenir. De ce fait, elle recula de quelques pas, faisant ainsi craquer le vieux parquet du Cottage, sous son poids, avertissant ainsi James de sa présence.

 

            Ce dernier tourna la tête dans la direction d’Ellie, qui remarqua instantanément son regard anormalement vitreux. Durant une fraction de seconde, elle se demanda si son esprit ne lui jouait pas des tours, mais au bout du compte, elle ne put que constater, que James Potter se tenait bel et bien devant elle, sur le point de pleurer. Cette image lui brisa de nouveau le cœur, qu’elle sentit se serrer atrocement à l’intérieur de sa poitrine. Elle voulut lui parler mais les mots ne semblèrent pas vouloir sortir de sa bouche. Ils restèrent donc à se regarder quelques longues secondes, jusqu’à ce que James ne vienne briser ce pesant silence.

 

- Ma femme adorait ces robes, dit-il tristement.

 

- Elle avait bon gout, admit Ellie, qui ne détacha pas son regard de James.

 

- Ca oui, pouffa James, comme s’il se rappelait de bons souvenirs.

 

            Le silence les reprit et Ellie se détacha du mur pour aller à la rencontre de son homologue, toujours obnubilé par les robes qu’il tenait entre ses mains. Elle se retrouva très vite en face de James et de l’armoire, et elle put ainsi constater que celle-ci ne contenait que des affaires de femme. Ellie comprit alors qu’en treize ans, James n’avait jamais pu se résoudre à jeter les vêtements de sa femme, comme si le faire aurait été admettre qu’elle avait définitivement quitté sa vie. Le cœur d’Ellie se serra une nouvelle fois alors qu’elle reportait toute son attention sur James.

 

- Je ne sais pas laquelle te prêter, avoua-t-il alors qu’il semblait de nouveau perdu.

 

- Tu n’es pas obligé de le faire, le rassura Ellie, d’un ton compatissant, comprenant très bien la détresse émotionnelle qu’il pouvait ressentir à cet instant précis.

 

- Si, répondit-il tristement. Lily n’aurait pas apprécié que je ne le fasse pas. Elle m’aurait dit que c’est impoli…

 

En prononçant ces mots, la voix de James semblait avoir déraillée quelque peu. Il tenta de ne pas se laisser submerger par les émotions et tendit l’une des deux robes à Ellie.

 

-  Prends-en soin, dit-il alors. C’est tout ce que je te demande.

 

Ellie acquiesça et s’empara de la robe tandis que James avait du mal à détacher son regard de celle-ci, comme s’il disait adieu à quelqu’un.

 

-  Je te la rendrais une fois de retour à Poudlard, lui assura Ellie, avec un léger sourire.

 

James reporta son regard sur son homologue et planta ses yeux toujours vitreux dans les siens. Ils restèrent ainsi un moment, à se fixer dans le silence, jusqu’à ce qu’Ellie se sente légèrement mal à l’aise et qu’elle fit demi-tour pour rejoindre la chambre d’ami qui lui était réservée pour la nuit. James la regarda faire sans rien dire. Puis, il la vit poser sa main délicatement sur la poignée de la porte. A ce moment là, sans qu’il ne se l’explique, James ressentit le besoin de faire quelque chose qui lui ressemblait peu. Il avait envie de parler. De parler de Lily…

 

- Elle était tout pour moi, dit-il alors.

 

La main d’Ellie s’arrêta net dans son élan, et son corps devint subitement immobile.

 

- Elle était tout et elle ne l’a jamais su.

 

Ellie, touchée par ses propos, finit par lâcher la poignée et elle se retourna vers lui.

 

-  Tout ça parce qu’un jour ils me l’ont enlevé. Ils sont venus chez moi, et ils l’ont pris, continua James, qui avait de plus en plus de mal à retenir ses sanglots.

 

De son côté, Ellie sentit sa gorge se rétrécir sous l’effet de l’émotion, et son cœur fut prisonnier d’un étau qui n’avait de cesse de se resserrer après chaque mot prononcé par James.

 

- Elle est morte, expliqua ce dernier qui avait de plus en plus de mal à parler. Elle est morte et elle ne reviendra plus.

 

- Potter… dit Ellie, en posant délicatement la robe de sa femme sur une chaise, située près de l’entrée de la chambre.

 

- Pourtant, j’ai l’impression qu’elle est là, auprès de moi, chaque jour durant… Finit par sangloter le membre de l’Ordre.

 

Le sentant sur le point de craquer, Ellie s’avança d’un pas décidé vers lui. Au même moment, James n’arriva plus à retenir ses larmes et se mit à pleurer. C’était la première fois en douze ans qu’il pleurait en présence d’une autre personne. Lorsqu’Ellie arriva à son niveau, elle le prit dans ses bras. Ce geste lui vint naturellement, et James ne résista pas. A vrai dire, il en avait eu énormément besoin, ce soir-là.

 

- Elle me manque Sturgis… Arriva-t-il à dire, entre deux sanglots. Elle me manque tellement.

 

- Chut… Murmura Ellie à son oreille.

 

            Elle accompagna ses paroles de réconfort, de caresses dans les cheveux de James. Ce geste, pourtant si anodin, vint accentuer le trouble que ressentait James à chaque fois qu’il se trouvait en présence d’Ellie. Par le passé, lorsque James revenait de missions particulièrement difficiles, où de nombreux collègues avaient perdu la vie face aux Mangemorts, il se languissait de rentrer chez lui pour retrouver sa femme et son fils. En général, après de telles journées, il ne tenait pas cinq minutes avant de s’effondrer en larmes. Lily sentait toujours le moment où James était sur le point de craquer, et elle s’empressait de le prendre dans ses bras, et de lui caresser les cheveux, tout en lui murmurant des paroles réconfortantes. Tout comme venait de le faire Ellie, à cet instant précis.

 

            La mission au Manoir et l’évocation de la mort de sa femme par Bellatrix Lestrange, avait énormément bouleversé James. A partir de ce moment là, il s’était retrouvé dans une sorte de tourbillon mélancolique dans lequel il se repassait sans cesse, tous les délicieux moments qu’il avait pu passer avec son épouse.

 

             Tout cela, combiné au fait qu’il se trouvait à présent, en pleurs dans les bras d’une femme qui lui rappelait énormément sa Lily, autant par ses gestes que par son caractère, le fit perdre pieds. Et pour une raison qu’il ne s’expliqua pas, James sortit soudain sa tête des cheveux de son homologue, et en une fraction de secondes, ses lèvres rencontrèrent les siennes. 

 

 

End Notes:

S'il vous plait, ne me détestez pas de couper comme ça... Ca rajoute juste un peu de suspens pour la suite ^^


Merci d'avoir lu en tout cas !

Dangereuse Attraction by Smittina
Author's Notes:

Un petit peu de lemon dans ce chapitre. Je préfère vous le signaler ! ^^


A écouter avec : Innocence - Electric Youth
https://www.youtube.com/watch?v=kOWM9ao38lM

Bonne lecture.

Dans un premier temps, Ellie ne réalisa pas ce qu’il était en train de se produire. Elle sentit simplement une chaleur agréable envahir son corps, et en particulier ses lèvres. Instinctivement, elle avait fermé les yeux, et ce fut les mains glacés de James, qui se posèrent sur son visage qui les lui fit rouvrir. Elle réalisa alors qu’elle ne rêvait pas et que l’homme avec qui elle se prenait le bec depuis plusieurs mois, était bel et bien en train de l’embrasser, et ce avec une certaine passion qui ne lui échappa pas.

            Durant une fraction de secondes, le cerveau d’Ellie se mit en ébullition, se demandant ainsi, si oui ou non, il était judicieux pour elle de continuer sur cette voie. Cependant, elle n’eut guère le luxe de pouvoir s’épancher davantage sur la question, que James passa une main derrière sa tête, et approfondit nettement leur baiser, faisant ainsi basculer la balance de son côté. Ellie savait pertinemment que  c’était une mauvaise idée – et de loin la pire, même -  mais son désir était bien trop important et elle finit par s’y abandonner, répondant ainsi au baiser langoureux de James.

            A partir de ce moment-là, les choses s’enchainèrent rapidement. Ellie passa ses mains autour du cou de son coéquipier, et ce dernier fit glisser les siennes, le long du dos de la jeune femme jusqu’à atteindre ses hanches. Là, il la serra tout contre lui, tout en continuant de l’embrasser avec passion. Inconsciemment, leurs corps se déplacèrent frénétiquement jusqu’à qu’Ellie heurte violemment la porte de la chambre. Les mains de James quittèrent alors ses hanches, pour se frayer un chemin sous le peignoir de bain de la jeune femme. Ainsi,  ses mains glacées rentrèrent en contact direct avec la peau douce, chaude et délicate d’Ellie, qui fut parcourue d’un frisson intense. Puis, le brun à lunettes quitta les lèvres de sa partenaire pour s’attaquer à son cou, encore vierge de toute attention, tandis que ses mains remontèrent dangereusement vers sa poitrine, ignorant les cicatrices qui pouvait se sentir sous ses doigts. Ellie n’avait pas ressenti de désir aussi fort depuis très longtemps, et même si elle avait pu avoir quelques réticences au début, pour rien au monde, elle aurait voulu faire machine arrière, à cet instant précis.

            Tandis que James avait atteint sa poitrine sans trop de difficulté, les mains de la jeune femme quittèrent le cou de son partenaire pour s’employer à déboutonner sa chemise. Elle le fit avec une telle lenteur que James crut qu’il allait en perdre la tête. Il avait eu des tas d’amantes depuis ses dix dernières années, mais aucune d’entre elles n’avait suscité un tel désir et une telle envie chez lui, qu’Ellie Sturgis. Et lorsque cette dernière finit par ouvrir intégralement sa chemise, elle posa délicatement ses doigts longs et fins, sur le torse imberbe et magnifiquement bien sculpté de James. A ce contact, le brun à lunettes fut à son tour parcouru d’un délicieux frisson, et ses lèvres rencontrèrent à nouveau celles d’Ellie, pour lui asséner un baiser fort ardant.

            Les deux membres de l’Ordre continuèrent leur balai, parfaitement orchestré de caresses et baisers passionnés, durant de longues minutes, jusqu’à ce que les mains d’Ellie ne se posent sur la ceinture de James. A ce moment-là, l’esprit du jeune homme sembla se reconnecter à la réalité. Il réalisa ainsi ce qu’il était en train de faire, avec qui et surtout il le faisait. En treize ans, James Potter avaient été avec de nombreuses femmes, rousses. Elles avaient porté ou non des lunettes, avaient été grandes ou petites, minces ou légèrement potelées. Oui, James avait sans doute eu une centaine d’amantes en treize ans, mais jamais il n’en avait ramené une chez lui. C’était une règle d’or qu’il s’était imposé à lui-même la première fois qu’il s’était mis à draguer une rousse au Chaudron Baveur, après la mort de sa femme. Personne ne devait et ne pourrait jamais remplacer Lily.

            Cependant, il devait bien admettre qu’il s’était mis à embrasser une femme, brune, dans sa propre chambre et qu’à présent, ils étaient sur le point de passer à l’acte. Cette idée lui fit peur, et il posa ses mains sur celles d’Ellie, pour l’empêcher d’aller plus loin.

- Non, soupira-t-il, alors que son cœur semblait être pris de nouveau dans un étau. Non, pas ici…

Ellie ôta immédiatement ses mains de la ceinture de James, et s’écarta délicatement de lui. Ce dernier posa alors ses mains sur la porte et vint enfouir sa tête dans les cheveux de la jeune femme.

- Je suis désolé, dit alors James. Je ne peux pas faire ça ici… Je ne peux pas…

- Je comprends, murmura Ellie, d'une toute petite voix.

Ils restèrent alors ainsi tandis que la chemise de James était entièrement déboutonnée, tout comme le peignoir d’Ellie, à moitié ouvert, dévoilant son corps en partie mutilé, mais toujours aussi agréable à regarder. Nul n’aurait pu dire le temps qu’ils passèrent l’un aussi proche de l’autre, à reprendre leur souffle et leur esprit. Mais au bout d’un certain temps, James sortit son visage des cheveux d’Ellie, et ses yeux rencontrèrent les siens. Ils s’observèrent durant quelques secondes, jusqu’à ce que James ne décide de reculer. Ellie en profita pour resserrer son peignoir autour de sa taille, afin de cacher de nouveau son corps, du regard de son homologue. Mais lorsqu’elle le fit, elle ressentit alors une forte douleur dans son abdomen, qui semblait provenir de l’endroit où elle avait été blessée, plus tôt dans la soirée. Elle gémit de douleur, ce qui avertit James.

-  Qu’est-ce qu’il y a ? S’enquit-il.

- Je crois que ma blessure s’est rouverte, dit alors Ellie.

- Il faut que tu t’allonges, répondit précipitamment James, qui la prit délicatement par le bras.

Ellie acquiesça, et James l’aida à se déplacer jusqu’à la chambre d’amis qui lui était réservée. Là, il retira les couvertures du lit, et l’aida une fois de plus à s’allonger. Puis, le jeune homme écarta légèrement le peignoir d’Ellie pour ne voir que l’état actuel de sa blessure. Il ne put alors que constater qu’Ellie avait raison : la plaie, pas totalement consolidée, s’était de nouveau rouverte, légèrement.

            James s’excusa auprès d’Ellie et fonça jusqu’au rez-de-chaussée pour récupérer quelques compresses et désinfectant. Puis, il remonta dans la chambre de son homologue et nettoya de nouveau sa plaie, sans qu’elle n’y redise quoique ce soit.

- Je suis désolé, dit James, tandis que ses mains étaient appuyées sur la plaie d’Ellie pour empêcher une quelconque hémorragie.

- Tu l’as déjà dit, répondit Ellie, en fermant les yeux et en soupirant.

-  Je te parle de ta blessure… Si je n’avais pas…

- Ce n’est pas ta faute, le coupa-t-elle, en serrant des dents.

James n’ajouta rien, et se contenta de fixer ses mains, toujours appuyées sur la plaie d’Ellie. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable du fait que cette dernière s’était rouverte. Après tout, s’il ne s’était pas laissé emporté par ses ardeurs, il ne l’aurait pas poussé violement contre la porte et la plaie de la jeune femme serait toujours en partie refermée à l’heure qu’il est.

            James se tourna légèrement en direction de l’horloge qui se trouvait dans la chambre d’amis, pour savoir combien de temps ils leur restaient, avant de pouvoir rentrer à Poudlard  où Ellie serait soignée correctement. Il était deux heures du matin, et James soupira en reportant son attention sur ses mains. Ils avaient encore quatre heures à tenir. Puis, il regarda Ellie pour le lui annoncer, mais il fut surpris de voir que malgré tout, elle s’était endormie. James la regarda alors dormir, et en profita pour observer chaque trait de son visage sans aucune impunité. Et sans qu’il ne s’en rende forcément compte, il se mit à sourire.

***

            Le lendemain matin, Ellie eut beaucoup de mal à ouvrir les yeux, et lorsqu’elle y parvint, elle remarqua presque instantanément que James Potter dormait à son chevet. Ses mains étaient toujours appuyées sur la blessure de la jeune femme, et sa tête reposait nonchalamment sur l’un de ses bras, tendu. Quant à ses lunettes, elles se retrouvaient de travers sur son nez. Cette douce image fit esquisser un tendre sourire à Ellie, qui hésita quelques longues secondes avant de passer délicatement ses doigts dans les cheveux ébouriffés de son homologue. Ce geste tendre réveilla malgré lui, James. Alertée par les grognements que le jeune homme poussait, Ellie retira aussitôt ses mains, pour ne pas être prise en flagrant délit. Et il s’en fallut de peu, puisque James ouvrit les yeux, une seconde après.

            La première chose qu’il vit, fut de rares rayons de soleil qui venaient illuminer la chambre d’amis. Il papillonna des yeux quelques secondes avant de réaliser que la matinée devait être à présent, largement entamée. Aussitôt, il comprit qu’il avait du s’assoupir et se releva brutalement sur sa chaise. Par la suite, son regard se porta rapidement sur Ellie pour juger de son état. Il fut surpris de voir que cette dernière était réveillée et qu’elle l’observait, presque amusée.

- Comment tu te sens, Sturgis ?

James lui avait posé alors cette question, tout en fixant son attention sur la blessure de la jeune femme. Cette dernière était encore ouverte, mais semblait s’être arrêtée de saigner pendant la nuit. Cependant, James craignit qu’elle ne se remette à perdre du sang si elle se mettait à bouger. Malheureusement, ils étaient dans l’obligation de se rendre à Poudlard.

- Comme une personne qui s’est faite poignardée, répondit la jeune, en essayant de se redresser sur le lit.

- Mais encore ? Demanda James, en soupirant.

- Je t’avoue que j’ai connu mieux…

James remarqua la pâleur de son visage et posa instinctivement sa main sur son front. Puis, il grimaça.

- C’est bien ce que je pensais… Lui dit-il alors. Tu as une légère fièvre…

-  La blessure a du s’infecter, déclara alors difficilement Ellie.

- Tu crois que tu vas pouvoir marcher ? Lui demanda James.

- Je vais te dire ça, tout de suite, répondit la jeune femme en balançant ses jambes hors du lit.

Cependant, Ellie fit un mouvement trop brusque et sa tête se mit à tourner. Elle s’agrippa au rebord du lit, et James accourut vers elle, pour la soutenir.

- Je crois que tu vas encore devoir jouer au chevalier servant, dit-elle en grimaçant.

-  Pas de problème, répondit James, en passant ses mains sous ses jambes.

Puis, le jeune homme la souleva du lit, jusqu’à ce qu’Ellie se retrouve dans ses bras. James fut surpris de sentir la plupart des os de la jeune femme. Ellie était beaucoup plus maigre que ce qu’elle ne paraissait. James ouvrit la bouche pour lui faire la remarque sur sa maigreur maladive mais il n’eut pas le temps de dire quoique ce soit que la jeune femme lui murmura faiblement :

- Un autre jour, les questions Potter. Tu veux bien ?

Le dit Potter referma aussitôt la bouche, tout en se demandant comment elle faisait toujours pour anticiper ses interrogations à son sujet. Puis, il prit la direction de la cave dans le silence le plus complet, pour pouvoir rejoindre Poudlard le plus discrètement et le plus rapidement possible, car, comme James l’avait prédit, la blessure de la jeune femme s’était remise à saigner.

 

***

 

            Une randonnée dans les bois, un transplanage, et deux passages secrets plus tard, les deux membres de l’Ordre se retrouvèrent dans l’enceinte du château. Le court trajet semblait avoir affaibli davantage Ellie. Cette dernière avait perdu beaucoup de sang à présent. Son hémoraggie associée à sa fièvre grandissante eut de lourdes conséquences sur la jeune femme qui commença à avoir des hallucinations. Tout ceci inquiéta d'avantage, James.

- Je suis désolée… Tellement désolée… Je ne voulais pas… 

- Ne t’inquiète pas, Sturgis, on est bientôt à l’infirmerie, tenta de la rassurer James.

-  Il m’a obligé… C’était le seul moyen…

De plus en plus inquiet par l’état de son homologue, James accéléra le pas, en direction de l’Infirmerie. Cependant, Ellie continuait de s’excuser sans cesse à cause de ses hallucinations, et même s’il hésita longuement, James finit par essayer d’en savoir plus. Il pensait ainsi pouvoir obtenir des réponses à certaines questions qu’il se posait depuis plusieurs mois.

-  Tout est de ma faute… murmura difficilement Ellie.

- De quoi tu parles, Sturgis ?

- Je les ai trahis…

-  Qui donc ?

- Je n’aurais jamais du m’enfuir…

- T’enfuir ? Répéta James. Mais t’enfuir d’où ?

- JAMES !!

James releva immédiatement la tête dans la direction de ces voix si familières et si chères à son cœur. Il vit alors ses meilleurs amis accourir vers lui. Puis, il distingua au loin, à l’entrée de l’infirmerie, les silhouettes d’Albus Dumbledore et de Severus Rogue.

-  Tu vas bien ? Lui demanda Sirius, qui fut le premier à être à son niveau. Tom l’Aubergiste ne vous a pas vu et…

- Oui, je vais parfaitement bien, s’empressa de dire James. Mais ce n’est pas le cas d’Ellie… Elle a besoin de soin, et rapidement.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Demanda Rémus, qui venait d’arriver à son tour.

- Lestrange, répondit simplement James.

- Donne-la-moi, dit alors Sirius. Je vais faire le reste du trajet, tu dois être épuisé.

James acquiesça et accepta bien volontiers l’aide de son meilleur ami. Il s’approcha ainsi de lui pour lui confier son homologue, qui délirait toujours. Cependant,  lorsque Sirius voulut s’emparer d’elle, cette dernière resserra son étreinte autour du cou de James, et se débattit avec le peu de force qu’il lui restait.

- Non, non, non… murmura-t-elle. Je veux rester… Je ne veux plus partir

- Qu’est-ce qui lui prend ? Demanda Peter.

- Tu es enfin là… Reste avec moi…

- La fièvre. Elle délire depuis quelques minutes, expliqua James, de plus en plus inquiet.

- Je veux rester avec toi… Je refuse de te perdre de nouveau, continua à murmurer Ellie, toujours accrochée fermement au cou de James.

- Je crois qu’on ne devrait pas la perturber davantage, dit Rémus. Tu devrais la conduire toi-même à l’infirmerie James.

- Tu t’en sens capable ? L’interrogea Sirius.

- C’est bon, il n’y a plus qu’une centaine de mètres, affirma le jeune homme.

Sirius acquiesça et James reprit rapidement la route de l’infirmerie. Il passa rapidement devant Dumbledore et Rogue qui lui demandèrent ce qu’il s’était passé, mais James n’avait nullement envie de leur répondre. Il s’engouffra dans l’infirmerie et appela Mme Pomfresh. Cette dernière, voyant l’état d’Ellie, indiqua un lit à James pour qu’il puisse  l’y déposer. Ce qu’il fit, le plus délicatement possible. Une fois qu’elle fut allongée, James desserra gentiment les doigts de la jeune femme, afin qu’elle puisse relâcher l’étreinte autour de son cou. Puis, James indiqua rapidement la localisation de la blessure d’Ellie, et Mme Pomfresh le pria de sortir. James observa une dernière fois Ellie, aux prises de ses hallucinations, et commença à faire demi-tour lorsque quelque chose s’agrippa fortement à sa cape.

-  Non, s’il te plait, ne me laisse pas… Lui dit Ellie, brulante de fièvre.

- Je serais juste à côté Sturgis, tenta de la rassurer James.

- Ne me laisse pas ici… Pas avec eux… le supplia-t-elle, les yeux remplis de larmes.

Cette image bouleversa James, dont la gorge se serra, ainsi que son cœur.

- Ne m’abandonne pas ici… le supplia-t-elle de nouveau.

- Je ne vais pas loin. Je serais juste derrière la porte.

- Tu ne viendras pas.

- Si, bien sûr, lui murmura gentiment James. Dès que Mme Pomfresh aura fini je viendrais te voir et…

- Je t’ai tellement attendu… Je priais tous les soirs pour que tu viennes me sortir de cet enfer… Mais tu n’es jamais venu…

- Ellie, je…

- Il faut vous en aller Mr Potter, le coupa Mme Pomfresh. Je dois la tranquilliser avant de faire quoique ce soit. Et votre présence n’aide pas.

James acquiesça et se mit à la hauteur d’Ellie. Là, il détacha délicatement sa main de sa cape, et lui murmura :

- Ne t’inquiète pas, je viendrais à ton réveil.

- Non… commença à s’affoler Ellie. Non je t’en prie ! Ne m’abandonne pas… S’il te plait…

- Partez Mr Potter… Maintenant.

            Cependant, James eut du mal à obéir à l’infirmière, tandis qu’il entendait Ellie, le supplier de ne pas l’abandonner. Il savait parfaitement qu’elle délirait et qu’elle devait surement faire un parallèle entre lui et son petit ami décédé. Mais cela rendait les choses encore plus difficiles pour lui. Ce furent, un deuxième avertissement, et une menace de Mme Pomfresh, qui l’incitèrent à sortir définitivement de l’infirmerie, alors qu’il sentait son cœur se serrer dans un étau.

            James referma la porte de l’infirmerie derrière lui, et s’appuya ensuite contre elle, le regard vide, tandis qu’Ellie criait à l’intérieur, le suppliant de venir la chercher, de ne pas la laisser seule. Sirius, qui avait entendu les cris d'Ellie, s’approcha délicatement de son meilleur ami, qu’il voyait de plus en plus perdu et finit par poser ses mains sur ses épaules. James ne le regarda pas dans les yeux, mais Sirius l’y contraint, en se plaçant en face de lui.

- Ce n’est pas Lily, murmura Sirius afin que seul James l’entende.

- Mais ça aurait pu être elle, il y a treize ans, répondit James, la gorge serrée.

-  James… soupira Sirius.

-  Elle aurait pu prononcer ces mots.

- Ce n’est pas ta faute.

- Je l’ai abandonnée.

- Non, trancha Sirius. Tu as tout fait pour la retrouver.

- Mais je suis arrivé trop tard… Et elle ne l’a jamais su…Elle est morte en pensant que je l’avais abandonnée…

Sirius ne savait pas quoi ajouter à ces propos et se contenta de serrer les épaules de son meilleur ami, en guise de réconfort, tandis qu’Ellie cessa subitement de crier. Mme Pomfresh avait du lui administrer un tranquillisant pour pouvoir la guérir efficacement.

- PAPA ! Cria soudainement une voix, à l’autre bout du couloir.

Sirius s’écarta alors de James, et ce dernier aperçut son fils, accompagnés de ses deux meilleurs amis. Ils courraient dans sa direction. Lorsqu’il vit son fils, James se ressaisit presque instantanément, et se redressa contre la porte. Cependant, Harry s’arrêta, le visage sérieux, lorsqu’il vit l’état des vêtements de son père, recouverts de sang.

- Tu vas bien ? Demanda prudemment le jeune Potter.

- Oui, je vais très bien, tenta de le rassurer James.

- Mais… le… le sang ? Demanda Harry, très inquiet.

- Le sang ? Quel… Oh… Ce n’est pas le mien, fiston, sourit difficilement James, lorsqu’il remarqua l’état de ses propres vêtements, recouverts du sang d’Ellie.

- Mais alors…

Harry n’ajouta rien. Avant son départ, son père lui avait expliqué qu’il devait effectuer une mission pour l’Ordre aux côtés du Professeur Sturgis. Il se mit alors à regarder la porte de l’infirmerie qui se trouvait derrière son père, avec beaucoup d’inquiétude. James le remarqua et s’agenouilla au niveau de son fils. Il lui prit la main et tenta de le rassurer du mieux qu’il pouvait.

- Ne t’inquiète pas Harry, Ellie Sturgis est une battante. On ne se débarrasse pas d’elle aussi facilement.

- C’est ce qu’on disait de Maman… lui fit remarquer Harry.

James déglutit, tandis que son cœur semblait être transpercé de milliers de couteaux à la fois.

- Tout ira bien, répéta James. Elle va s’en sortir.

Malgré le sang sur les vêtements de son père, Harry se jeta dans ses bras, et James l’étreignit fortement. Ils restèrent ainsi quelques longues secondes avant que Dumbledore et Rogue ne s’avancent vers eux. James savait qu’il était temps pour lui de faire un rapport de leur mission et se détacha progressivement de son fils.

- Le devoir m’appelle bonhomme, dit tristement James, qui n’aimait pas laisser son fils dans des circonstances pareilles.

- Je sais, répondit Harry, avec un fin sourire aux coins des lèvres.

- Retourne dans ta Salle Commune avec Ron et Hermione, dit James, en se relevant. Je viendrais te voir dans l’après-midi.

- D’accord, Papa.

James se tourna vers ses meilleurs amis, et avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit, Rémus lui lança :

- On reste ici. Si on a la moindre information de la part de Pomfresh, on te tient au courant.

- Merci, les gars.

Puis, James se retourna vers le directeur et le maitre de Potions et s’élança dans leur direction. Une fois réunis, les trois hommes déambulèrent dans les couloirs du château, dans le silence le plus complet, jusqu’à atteindre le bureau du Directeur. Là, les deux professeurs s’assirent, tandis que le directeur leur servit un verre de Whisky Pur-Feu. James but le sien cul-sec et Albus lui en resservit un immédiatement.

- Que s’est-il passé ? Finit par demander le vieil homme, d’un ton grave.

- On est tombé sur la famille au grand complet : Malefoy et Lestrange réunis, expliqua James d’un ton neutre, tout en fixant le fond de son verre. Heureusement qu’Ellie avait pensé au plan B, ajouta-t-il plus pour lui-même que pour autre chose.

- Et pour la blessure d’Ellie ? Demanda Dumbledore.

-  Lestrange et ses poignards, répondit James, blasé.

- Comment la situation a-t-elle pu dégénérer ainsi, Potter ? Lui reprocha soudainement Rogue, qui semblait énervé.

- Je te demande pardon ? Lui dit alors James, dont le regard sévère avait quitté le fond de son verre pour se planter dans les yeux de Severus.

- Elle a perdu énormément de sang ! L’extraordinaire sorcier que tu es, n’as pas su contenir l’hémorragie ? Lança froidement Severus, avec beaucoup de sarcasmes.

James bondit de sa chaise, d’un air mauvais, prêt à sauter au cou de Severus s’il ne cessait pas de l’attaquer ainsi. Ce dernier se contenta de rester assis et de le toiser de la manière la plus dédaigneuse qui soit.

- Messieurs, je vous en prie, calmez-vous, tenta d’adoucir Dumbledore.

- J’ai fait tout ce que j’ai pu avec ce que j’avais sous la main, dit James, tout en essayant de se calmer.

- Je n’en doute pas, affirma Dumbledore.

Rogue n’ajouta rien, et quitta enfin James du regard, pour fixer le phénix du Directeur. Un certain silence  s’abattit dans le bureau avant que James ne finisse par sortir quelque chose de l’intérieur de sa veste. C’était un petit cahier noir, qu’il déposa sur le bureau du Directeur.

- Voila votre précieux objet, dit James.

Albus ne le prit pas dans ses mains et se contenta de l’examiner de près.

- J’espère qu’il est aussi important que la vie d’Ellie, ajouta James, amèrement.

Le directeur quitta le journal intime du regard pour planter ses yeux bleus dans ceux de James, au regard rempli de tristesse et d’amertume. Puis, il se tourna vers Severus et lui dit :

- Pourriez-vous nous laisser seuls, Severus ?

Le Maitre des Potions acquiesça et lança un dernier regard noir à James, avant de sortir du bureau. Pendant ce temps, James en avait profité pour se mettre à une fenêtre qui donnait une vue imprenable sur le terrain de Quidditch où des élèves de Serdaigles semblaient s’entrainer. Albus respecta durant de longues secondes, le silence de son ami, avant de poursuivre leur discussion.

- Ellie Sturgis va s’en sortir.

- C’est votre stupide diseuse de bonne aventure qui occupe la tour de Divination, qui vous la dit ? Demanda James avec beaucoup de sarcasmes, sans détourner son regard de la fenêtre.

- Je comprends que cela puisse être difficile pour vous…

- Non, vous ne comprenez strictement rien, le coupa James, en se retournant enfin vers lui. Vous ne savez pas ce que ça fait.

- De perdre un coéquipier ? L’interrogea Dumbledore.

- De perdre une femme…Rétorqua tristement James.

Dumbledore ne rétorqua rien, sentant que James n’était pas aller au bout de ses pensées, et il décida de le laisser continuer.

- Vous ne savez pas ce que ça fait de perdre une personne dont on se sent responsable… Une personne qu’on est censé protéger quoiqu’il arrive…

-  Détrompez-vous James, je sais parfaitement ce que ça fait de perdre une personne comme celle que vous décrivez…

-  Ah oui ? Pouffa James, qui ne semblait pas y croire.

- J’ai perdu ma jeune sœur… Ariana. Cela fait une éternité à présent…

James se sentit très mal et déglutit avant de rétorquer, sur un ton plus calme :

- Je ne savais pas. Je suis désolé pour vous, Albus.

Le vieux Directeur inclina la tête, et invita James à se rassoir d’un geste de la main, ce qu’il fit.

- Qui est Tom Jedusor ? Demanda finalement James, après quelques longues secondes de silence.

- Une vieille connaissance commune à Voldemort et à moi-même…

- Et son journal intime donne des quelques informations pour le stopper ?

- Je l’espère en tout cas, sourit le vieil homme, tout en restant vague, comme à son habitude.

 

***

 

            Un quart d’heure plus tard, James était de retour auprès de ses amis Maraudeurs, qui étaient toujours postés à l’entrée de l’infirmerie. Lorsqu’ils s’aperçurent de la présence de leur meilleur ami, ces derniers se mirent à sourire. Sur les derniers mètres, James s’approcha rapidement d’eux et leur dit :

-  Je vous en supplie, dites-moi que vous avez de bonnes nouvelles…

- De très bonnes, lui sourit Rémus.

- Elle va s’en sortir ? L’interrogea James.

-  Elle est tirée d’affaire, lui assura Sirius, avec un large sourire au coin des lèvres.

- Pomfresh nous a dit qu’elle doit se reposer mais que normalement, elle sera dehors demain soir. Elle ne ratera qu’une journée de cours, ajouta Peter.

James soupira fortement, en guise de soulagement, et Sirius lui donna une petite tape dans le dos.

- Je dois retourner au quartier général maintenant, affirma Rémus. J’ai un rapport important à finir.

- Dis plutôt qu’il y a une personne en particulier qui t’attend là-bas, Lunard, se moqua Sirius, avec un sourire mesquin.

- Je ne vois pas de quoi tu parles… Trancha Rémus, le plus surement du monde.

- Et maintenant, grâce à ton petit mensonge - totalement raté au passage - je sais que tu te languis d’aller la retrouver ! Continua Sirius.

- Par Merlin, de quoi tu parles à la fin ? S’amusa James.

-  De cette chère Nymphadora Tonks, bien sur, dit Sirius, avec un clin d’œil.

- Aurais-tu une touche avec elle, Lunard ? Demanda alors James, de plus en plus amusé par la situation.

- Bon, je vous laisse, répondit Rémus, tout en entamant sa "fuite". On se revoit bientôt.

- Et il part… Constata Sirius. Preuve flagrante qu’elle lui a bel et bien tapé dans l’œil…

James se mit à rire, tandis que Rémus, tournait au coin du couloir. Son ami n’avait jamais aimé parler de ses béguins.

- Vous venez prendre un verre dans mon appartement ? Proposa alors James à ses deux amis restants.

- D’accord ! Se réjouit Sirius.

- Euh… Ca aurait été avec plaisir… Dit nerveusement Peter. Mais…

- Mais quoi ? Le coupa Sirius. Tu ne vas pas me faire croire qu’une jolie jeune femme t’attend toi aussi ?

- Hé bien, peut-être que oui… Tenta Peter.

- Mais bien sur, se moqua Sirius. Pourquoi est-ce que tu ne nous dis pas simplement que tu préfères rentrer chez toi pour finir les restes de pudding que Marlène t’a donné ?

-  Laisse le tranquille, Patmol, dit alors James, en tirant Sirius par la manche. Bonne fin de journée, Queudver.

- A vous aussi, les gars, rétorqua timidement le rat.

 

***

 

            Quelques minutes plus tard, Sirius et James avaient rejoins l’appartement de ce dernier. Ils s’avachirent sur les deux fauteuils présents dans la salle, tout en se servant un bon verre de Whisky Pur-Feu.

- Non mais sincèrement, pourquoi faut-il toujours qu’il trouve des excuses qui ne tiennent pas la route ? Il ne peut tout simplement pas nous dire la vérité ? S’exaspéra Sirius.

- Qui te dit qu’il n’a pas réellement un rendez-vous avec une femme ? Demanda James.

-  On parle de Peter là…

- Et alors ?

- Tu as vu ses cheveux aujourd’hui ?

- Tu n’es pas sympa là… Constata James.

- Je suis réaliste, c’est tout… Répondit Sirius, en haussant des épaules.

Les deux jeunes hommes n’ajoutèrent rien à la suite de cela, et Sirius observa James qui lui paraissait  particulièrement distrait.

- Cela ne te ressemble pas de laisser partir Queudver comme ça… Dit alors Sirius. En général tu insistes un peu pour qu’il reste…

- Si tu le dis… Soupira James, qui semblait fixer un livre, posé sur une table.

- A moins que cela t’arrangeait parce que tu ne voulais parler qu’à moi ? Continua Sirius, avec un sourire fier au coin des lèvres.

James regarda enfin son meilleur ami, et ne put s’empêcher de sourire.

- Tu me connais trop bien, dit alors James. Cela en est presque effrayant des fois.

- Je sais… Pouffa Sirius.

Un nouveau silence s’installa entre les deux meilleurs amis qui se dévisagèrent longuement.

-  Si on continue à se fixer de la sorte, je sens que je vais finir par loucher, s’amusa Sirius.

- Ce n’est pas facile à dire… Expliqua James, après avoir souri à la remarque de son ami. Et je ne sais pas par où commencer…

- Ben le commencement, me semble un bon début… Non ?

James sourit de nouveau et but d’une traite son Whisky Pur Feu, auquel il n’avait pas touché jusqu’à présent.

- Wow, c’est si grave que ça ? S’amusa Sirius, qui but une petite gorgée de sa propre boisson.

-  J’ai failli coucher avec Ellie la nuit dernière, sortit James de but en blanc.

La réaction de Sirius ne se fit pas attendre et il recracha l’intégralité de sa gorgée, sur James, qui était assis en face de lui. Cependant, James s’y était attendu et avait lancé un sort de Bouclier autour de lui.

- Tu as fait quoi ? Répéta Sirius, dont les yeux auraient presque pu sortir de leurs orbites.

-  Failli, rectifia James. Et ne me fais pas répéter, tu as parfaitement entendu.

- Je croyais qu’elle t’exaspérait, t’énervait au plus haut point et que tu ne supportais pas ses airs de Melle-Je-Sais-Tout-Mieux-Que-Personne ?

- Ben faut croire qu’à ce moment-là, ça ne m’insupportait pas plus que ça…

- Mais attends, reprit Sirius, qui essayait d’y voir plus clair. J’ai cru comprendre que vous vous étiez réfugiez au Cottage, hier soir ?

- Oui, confirma James.

- Et tu as failli faire ça... Chez toi ? S’étonna fortement Sirius.

-  C’est justement lorsque je l’ai réalisé que c’est devenu un « failli » et non un « fait ».

Sirius se tut durant quelques secondes, ayant du mal à assimiler ce qu’il venait d’être avoué.

- Et tu comptes faire quoi à présent ? Demanda Sirius.

- Bah justement… C’est pour ça qu’il fallait que je t’en parle… Je t’avoue que je comptais mettre ça sur le dos de ses hallucinations, mais je doute que ça marche, ironisa James.

- Mais… Commença Sirius, en prenant le maximum de pincettes qu’il pouvait. Tu as envie d’une relation avec elle ?

- Non ! S’empressa de répondre James. Enfin… Tu me connais… Tu sais que je ne peux pas… Je… J’ai… J’ai Lily… Et…

James passa une main sur son visage, le temps de réordonner ses idées. Puis, il finit par dire après avoir soupirer fortement :

- Je ne veux pas la blesser…

- Tu devrais lui parler sincèrement James. Lui expliquer la situation. C’est une femme intelligente et censée. Elle comprendra.

-  Je l’espère en tout cas… Soupira James.

 

A la suite de ça, les deux hommes finirent leur verre respectif, et Sirius quitta James. Ce dernier passa le reste de l’après-midi à méditer dans son appartement et à se repasser en boucle la soirée qu’il avait passé en compagnie d’Ellie, cherchant sans cesse à comprendre pourquoi les choses entre eux, avaient pu déraper à ce point.

Cours particuliers by Smittina
Author's Notes:

Et voila la suite :) Merci encore à tous les lecteurs et les reviewers !

-> Isolated System - Muse
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Bonne lecture !

Le lendemain matin, James se leva aux aurores pour rendre visite à Ellie, avant d’aller en cours. Ainsi, il sortit de ses appartements, sans prendre le soin de se raser, et arriva à l’infirmerie, dix minutes plus tard. Là, il se dirigea vers le lit où il avait déposé Ellie la veille. Cependant, il fut extrêmement surpris d’y trouver un lit complètement vide. Par réflexe, il regarda rapidement autour de lui, au cas où Mme Pomfresh l’aie changé de place mais rien n’y faisait. Ellie Sturgis ne semblait plus être à l’Infirmerie.

- Si vous cherchez cette petite furie, elle est sortie, dit une voix hautaine, derrière le jeune homme.

James se retourna vers Mme Pomfresh, l’air à moitié étonné.

- Elle ne devait pas sortir ce soir ? L’interrogea-t-il alors.

- Bien sûr… Mais que voulez-vous ? Elle m’a presque menacé de sa baguette ! S’indigna l’Infirmière.

            Malgré lui, James sourit. Cela ressemblait bien à sa coéquipière. L’infirmière quant à elle, continuait à maugréer toute sorte de nom d’oiseau au sujet de la jeune femme, et James en profita pour s’éclipser discrètement. Il pensait retrouver Ellie dans la Grande Salle à cette heure-ci, et prit donc cette direction. Cependant, lorsqu’il y fut, il constata amèrement que sa chaise était vide. Il interrogea les autres professeurs présents, qui lui affirmèrent qu’ils ne l’avaient pas vue depuis le samedi midi. Tout ceci commença à inquiéter légèrement James, qui eut beaucoup de mal à manger le contenu de son assiette.

            Soudain, il entendit une chaise racler à ses côtés et tourna précipitamment le regard dans cette direction. Il fut assez déçu de constater, qu’en réalité il ne s’agissait que de ce cher Maitre de Potion, avec qui il s’efforçait tous les jours d’enterrer la vieille hache de guerre.

- Si tu la cherches, sache qu’elle est avec Dumbledore en ce moment, dit froidement Severus.

- Qu’est-ce qui te fait croire que je la cherche ? Répondit James, sur la défensive.

- Tu as ce regard de chien battu… Tu sais, le même que tu avais en sixième année quand L...

Severus s’arrêta subitement, et déglutit, tandis que James lui lança un regard glacial.

- C’est tout ce que tu avais à me dire ? Demanda froidement James.

Severus acquiesça, et James se leva et sortit de la Grande Salle, en serrant des poings. L’enterrement de cette hache ne serait pas encore pour aujourd’hui.

 

***

            Au même moment, Ellie était dans le bureau de Dumbledore. Ces derniers étaient attablés autour du fameux Journal Intime qui avait failli coûter la vie à Ellie.

- Vous êtes sur que s’en est un ? Demanda le Directeur.

- Tout à fait, assura Ellie. Je l’ai vu aussi distinctement que la Coupe ou le Médaillon…

- Je vais donc le mettre avec les autres, affirma le Directeur, en approchant une main vers l’objet.

Cependant, Ellie agrippa violemment son poignet, le stoppant ainsi dans son élan. Le vieil homme lança un regard étonné à la jeune femme, la forçant à s’expliquer d’avantage :

- Vous ne devriez pas le toucher directement. Merlin seul sait, ce qu’il pourrait advenir dans des mains aussi puissantes que les vôtres.

- Mais pas dans les vôtres ? S’amusa le Directeur.

- Vous savez parfaitement que c’est différent pour moi.

Un silence s’installa entre eux jusqu’à ce qu’Ellie ne se relève.

- Vous devriez utiliser les gants en peau de dragon. C’est plus sûr.

Dumbledore acquiesça et Ellie se retourna, en direction de la porte.

- Vous êtes sûre que vous pouvez reprendre votre travail ? Lui demanda Dumbledore, légèrement inquiet.

- Je vais bien, rétorqua Ellie, sans se retourner vers lui.

- Votre blessure ne saigne plus… Mais cela ne signifie pas pour autant que vous allez bien, déclara Dumbledore.

Ces dernières paroles eurent de l’effet sur Ellie, qui se retourna vers le vieil homme, un sourcil relevé, obligeant Dumbledore à s’expliquer.

- Je m’inquiète pour vous.

- Vous ne devriez pas, assura Ellie. Je vais parfaitement bien.

- Vous vous êtes fait poignardée, constata Dumbledore.

- Et alors ? Ca arrive à tout le monde que je sache.

- Pas à vous… Pas à la personne que vous êtes devenue.

- J’ai eu un moment d’inattention… C’est tout, assura le professeur de Défense contre les Forces du Mal.

- Et ce moment d’inattention porte un nom, n’est-ce pas ?

Le cœur d’Ellie se serra légèrement, appréhendant les paroles à venir de son vieil ami.

- James Potter est…

- Mon coéquipier, le coupa froidement Ellie, et il ne me détournera pas de ma mission.

- Ellie… Soupira le directeur, qui commençait à s’exaspérer devant l’obstination de son amie.

- Je sais pertinement ce que j'ai à faire Albus, le coupa-t-elle de nouveau, avec un certain air hautain. Maintenant, je dois y aller. Mes élèves m’attendent.

Puis, elle tourna les talons, et sortit rapidement du Bureau, le cœur lourd.

 

***

 

            Le reste de la journée se passa étonnement bien pour les deux membres infiltrés de l’Ordre du Phénix, mise à part le fait que James se sentait particulièrement frustré de ne pas avoir pu parler à Ellie. Il faut dire qu’à chaque fois qu’il voyait la jeune femme, celle-ci était particulièrement occupée.

            A la fin de la journée, James la vit tourner au bout du couloir qui menait à ses appartements. Il se mit alors à accélérer le pas, afin de pouvoir enfin lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Cependant, tous ses espoirs s’anéantirent lorsqu’il la vit en train de parler sévèrement aux Jumeaux Weasley. Elle ne parla pas longtemps et leur indiqua son bureau, où les deux jeunes gens pénétrèrent, suivis rapidement d’Ellie, qui referma la porte derrière elle.

            Une fois à l'intérieur, Ellie indiqua les deux chaises vacantes aux Jumeaux, qui s’assirent sans ajouter le moindre mot. Ils savaient parfaitement qu’ils ne devaient pas protester avec ce professeur qui parfois, leur donnait froid dans le dos. Ellie s’assit en dernier et toisa les deux malfaiteurs en herbe, tout en tapotant du bout des ongles sur son bureau en bois de chêne massif. Elle resta ainsi pendant une bonne minute qui parut être une éternité pour les frères Weasley. Ces derniers n’avaient toujours pas ouverts la bouche, et se lançaient de discrets regards de temps en temps, renforçant ainsi leur anxiété.

- Je suis sûre que vous pensez être les pires perturbateurs que Poudlard ait jamais connu, finit par dire Ellie, avec un ton presque amusé. Mais croyez moi, vous êtes des amateurs comparés à d’autres.

Elle marqua une courte pause, et elle sembla se perdre dans de plaisants souvenirs, lui faisant un esquisser l’un de ses rares sourires, en coin.

- Vous ne leur arrivez pas à la cheville, en fait… Murmura-t-elle plus pour elle-même que pour autre chose, alors que son regard se perdit à travers la fenêtre donnant vue sur le terrain de Quidditch.

Les jumeaux se regardèrent, très étonnés par les paroles du Professeur le plus stricte que Poudlard ait jamais connu, se demandant ainsi de qui elle pouvait bien parler.

- Vous êtes des jeunes hommes extrêmement intelligents et vous ne manquez pas d’ingéniosité, reprit-elle alors, en sortant de ses pensées. Pourtant, vous passez la plupart de vos journées à concocter des plans pour faire enrager ce pauvre Rusard, continua Ellie.

Ellie marqua une pause, pendant laquelle elle continua à fixer chacun des Jumeaux, chacun leur tour.

- Depuis combien de temps le savez-vous ? Demanda-t-elle alors, soudainement.

Les jumeaux se regardèrent de nouveau pour essayer de comprendre ce qu’entendait par là leur professeur.

- Nous sommes censés savoir quoi exactement, Professeur ? Osa demander Fred.

- Depuis combien de temps savez-vous que vous ne finirez jamais vos sept années d’étude à Poudlard ? Demanda simplement Ellie.

Fred et George parurent soudainement, complètement décontenancés par les propos d’Ellie. Comment pouvait-elle savoir une telle chose ? Ils en avaient jamais parlé à qui que ce soit.

-  Comment savez-vous que… Commença George.

- Je vous l’ai dit… Le coupa Ellie. Vous êtes intelligents. En tout cas, suffisamment pour savoir que les études ne sont pas faites pour vous, et que ce qui vous intéresse dans la vie, c’est de poursuivre vos rêves.

Les garçons n’ajoutèrent rien, et Ellie garda le silence pendant quelques secondes avant d’ajouter :

- Vous devriez mieux utiliser votre temps libre. Developpez votre projet de boutique de farces et attrapes, et arrêtez de rendre fou ce pauvre Concierge, non ?

Fred et George se regardèrent une fois de plus, très étonnés, et acquiescèrent presque simultanément à la question d’Ellie.

- Bien, trancha cette dernière. Dans ce cas, nous avons terminé. Vous pouvez partir.

- Et c’est tout ? Demanda Fred, tandis que George lui donna un coup de coude, qui était tout sauf discret.

- C’est tout, confirma Ellie. A moins que vous ayez envie de nettoyer les cachots…

- Non, ça ira Professeur, s’empressa de dire George. Merci.

- Alors sortez de mon bureau, dit Ellie.

Les deux jeunes gens ne se firent pas prier et sortirent précipitamment. Ellie les regarda partir et vit ensuite une tête brune à lunettes, et aux cheveux très ébouriffés, s’engouffrer dans la pièce. Son cœur se serra légèrement, et ses yeux perçants rentrèrent en contact avec ceux de James.

- Si Molly savait que tu encourages ses fils à quitter Poudlard sans leurs A.S.P.I.Cs, je ne donnerais pas très cher de ta peau, s’amusa James.

- C’est très mal poli d’écouter aux portes, Potter, lui fit remarquer Ellie.

- Je sais, affirma ce dernier. Mais je devais te parler, et pour ça, je devais m’assurer que tu sois seule.

Ellie n’ajouta rien, et se contenta de le regarder progresser à l’intérieur de sa salle de cours, alors qu’elle était toujours assise à son bureau. Puis, elle le vit prendre l’une de chaises qu’avait occupée l’un des jumeaux Weasley, et s’y assoir. Il était à présent, en face d’elle, et il planta ses yeux dans les siens.

- Tu vas bien ? Demanda James.

- Pour la centième fois de la journée…répondit Ellie, légèrement exaspérée par la question. Oui, je vais bien.

- Tant mieux, répliqua-t-il.

Un silence pesant s’installa entre les deux jeunes gens, sans que James n’arrive à prononcer le moindre mot. Il avait cherché à lui parler toute la journée, et à présent qu’il était en face d’elle, les mots semblaient s’évaporer de ses pensées.

- Tu n’avais pas quelque chose à me dire ? Lui demanda Ellie.

- Oui… Affirma James, peu sûr de lui, ce qui ne lui ressemblait guère. Oui, il fallait que je te parle d’avant-hier soir… Tu sais… Ce qu’il s’est passé dans ma chambre…

- Ne te tracasse pas avec ça, Potter, le coupa Ellie. Il n’y a aucun souci.

- Ellie…

- Je sais ce que tu vas dire, et crois moi. Je comprends…

Elle marqua une courte pause devant le regard légèrement déconcerté de James, et continua :

- C’était une erreur. On avait passé un sal quart d'heure, et on s’est peut-être laissé emporter.

- Oui, peut-être… Confirma James, gêné. Mais j’espère juste que mes actes ne t’ont pas fait…

- Souffrir ? Le coupa-t-elle, avec un air triste et mélancolique que James ne lui connaissait pas.

- Oui, dit-il gravement.

- Je te l’ai déjà dit Potter… Il n’y a aucun souci. Mais merci de t’en préoccuper.

James allait rétorquer quelque chose lorsque la porte de la salle de classe d’Ellie s’ouvrit de nouveau, pour y laisser pénétrer Severus Rogue. Ce dernier paraissait assez étonné de voir James dans le bureau d’Ellie, et son visage prit soudainement une expression étonnement sévère.

- Rogue ? S’étonna alors Ellie, en fronçant des sourcils. Que fais-tu ici ?

- Je suis venu voir comment tu allais, répondit froidement ce dernier. Mais il semblerait que j’ai toujours un train de retard…

Il avait prononcé ces mots, en regardant glacialement James. Ce dernier ne comprit pas ses propos et fronça des sourcils. Puis, il se tourna vers Ellie, qui semblait lancer un regard triste à Rogue. Un certain silence s’installa entre les trois professeurs, jusqu’à ce qu’une quatrième personne frappa à la porte et y pénétra. Tous les regards se braquèrent alors sur elle, et ils en furent plus qu’étonnés.

- Harry ? Dit alors James.

- Oh, salut Papa, sourit nerveusement Harry. Je ne savais pas que tu étais là.

- Il y a un problème ? S’enquit alors James.

- Non, non, s’empressa de dire Harry. Je voulais juste m’entretenir avec le Professeur Sturgis, au sujet du devoir sur les Strangulo que nous devons rendre la semaine prochaine.

Ellie regarda Harry quelques secondes, avant de se tourner vers les deux autres professeurs, les priant de bien vouloir les excuser. Ainsi, elle se retrouva seule avec Harry, et elle lui indiqua une chaise de libre pour qu’il puisse s’y assoir.

- Quelle est la vraie raison de votre visite, Mr Potter ? Demanda alors Ellie.

- Comment savez-vous que… Commença Harry, légèrement dérouté.

- Bien que vous pensiez être discret en cours, je vous ai entendu dire à votre ami Ronald que vous aviez terminé ce devoir, et ce depuis la semaine dernière, affirma Ellie. Du coup, je me doute que ce devoir soit la véritable raison de votre visite...

- Vous avez raison, admit Harry. J’ai menti. Mais c’est uniquement parce que mon père était là.

- Votre Père ? S’étonna Ellie.

- J’ai un service à vous demander, dit alors Harry, et je souhaiterai qu’il ne soit pas au courant.

- Quel genre de service ?

- J’aimerais que vous m’aidiez à me battre contre les Mangemorts, déclara Harry, avec conviction.

De surprise, Ellie releva ses sourcils et planta ses yeux bleus dans ceux d’Harry, comme pour le sonder. Elle resta quelques secondes silencieuses avant de dire :

- Pourquoi un garçon de quatorze ans, voudrait se battre contre les Mangemorts ?

- Pourquoi le nom d’un garçon de quatorze ans est-il sorti de la Coupe de Feu ? Répliqua Harry.

Face à cette réponse, Ellie ne put s’empêcher de d’esquisser un fin sourire. Une chose était sure, Harry tenait son sens de la réparti de son père.

- Vous êtes très perspicace pour votre âge, Mr Potter, lui dit-elle alors.

- Merci.

- Mais je crains d’être dans l’incapacité de vous aider, continua Ellie.

- Mais Professeur… Tenta de protester Harry.

- Je refuse de vous entrainer pour que vous combattiez, trancha fermement Ellie. Vous n’avez que quatorze ans et je doute que votre père…

- Mais si vous refusez, comment vais-je faire pour me défendre face à eux ? Lui demanda Harry, dépité.

Ellie s’arrêta de parler et se mit à observer le garçon très attentivement. Ce dernier leva les yeux vers elle, et essaya de la convaincre du mieux qu’il pouvait :

- Comme vous me l’avez fait si bien remarqué, je n’ai que quatorze ans… Et pourtant ils n’ont pas hésité une seule seconde avant de mettre mon nom dans cette maudite Coupe de Feu !

Harry marqua une pause, tandis que ses yeux semblaient devenir de plus en plus vitreux. Ellie le remarqua et son cœur se serra presque automatiquement.

- Quand j’avais à peine un an, ils m’ont pris ma mère, dit tristement Harry, et depuis lors mon père n’a de cesse de les traquer. A plusieurs reprises ils ont failli me l’arracher, lui aussi… Et hier, quand vous êtes revenu de mission et que j’ai vu tout ce sang, j’ai bien cru qu’il…

Devant ses aveux poignants, Ellie serra fortement les accoudoirs de sa chaise.

- Je ne veux pas perdre mon père, Professeur, avoua alors Harry. Tout comme je ne veux pas qu’il me perde…

Harry se redressa légèrement sur sa chaise et planta ses yeux d’un vert émeraude dans ceux d’Ellie, avant de reprendre surement :

- Je ne suis pas stupide, vous savez ? Je sais très bien pourquoi mon nom est sorti de cette Coupe. Ils l’ont fait uniquement pour l’atteindre, lui… Ca fait des années qu’il les traque, des années qu’il en enferme. Dès qu’il peut, il leur met de sérieux bâtons dans les roues. Mais eux, ils n’ont jamais pu lui rendre la monnaie de sa pièce, car ils n’ont plus eu de prise sur lui depuis le jour où ils lui ont enlevé ma mère…

Ellie déglutit fortement, tout en continuant à soutenir le regard perçant d’Harry.

- Ils veulent l’atteindre à travers moi et ce Tournoi, continua Harry, sûr de lui. Et s’ils n’y arrivent pas de cette manière là, je sais très bien qu’ils trouveront un autre moyen. Peut-être même que la prochaine fois, ils s’en prendront directement à moi. C’est pour cela que j’ai besoin de votre aide…

Ellie pencha la tête sur le côté, et scruta intensément Harry, dans le silence le plus complet.

- Mon père n’a que moi… Et si un jour il devait m’arriver malheur, je…

- Pourquoi moi ? Le coupa subitement Ellie.

Harry fut surpris par sa soudaine intervention et prit quelques secondes afin de trouver les mots justes pour lui répondre :

- Vous êtes de loin le meilleur professeur de Défense contre les Forces du Mal qu’on ait eu à Poudlard, assura Harry. Vous êtes une sorcière puissante d’après mon père… Et même s’il ne l’admet pas… Je sais qu’il a confiance en vous.

- Très bien, dit Ellie en hochant de la tête. Mais votre père aussi est un sorcier puissant… Pourquoi ne vous adressez-vous pas à lui directement ?

- Parce qu’il refuserait, trancha Harry. Il dirait que je ne devrais pas m’en faire, que tout ira bien et que ce n’est nullement mon combat…

- Et selon vous, je serais plus à même d’accepter ? L’interrogea Ellie, sans laisser filtrer la moindre émotion sur son visage.

- Oui, affirma Harry.

- Pourquoi ?

- Parce que mon père dit aussi que vous êtes imprévisible et que vous en faites souvent qu’à votre tête, du moment que vous pensez prendre la meilleure décision.

-  Et décider de vous aider serait  la meilleure décision, selon vous ? Rétorqua Ellie.

- Oui, affirma fermement Harry.

- Bien évidemment… Soupira-t-elle.

Ellie n’ajouta rien à cela et plongea ses yeux bleus dans les yeux vert émeraude d’Harry, sans cligner des yeux une seule fois. Elle réfléchit ainsi à sa proposition durant une bonne minute.

- Alors ? Vous en dites quoi ? Demanda Harry, qui commençait à s’impatienter.

- Je refuse de vous enseigner à vous battre, Mr Potter.

Harry baissa la tête, extrêmement déçu.

- En revanche… Continua Ellie, tandis qu’Harry releva la tête dans sa direction. J’accepte de vous aider à vous défendre.

- Vraiment ? Demanda Harry, tandis qu’un magnifique sourire vint illuminer son visage.

Ellie lui répondit par un simple hochement de tête.

- Mais attention, le prévint-elle, si votre père apprend que je …

- Il n’en saura rien ! La coupa Harry, peut-être un peu trop enthousiaste.

- Peut-être pas…

Ellie lui sourit et se redressa sur sa chaise, tout en croisant les bras.

- Est-ce que votre père vous à céder sa Cape d’Invisibilité pour vos onze ans ? Lui demanda-t-elle alors soudainement.

Harry perdit son sourire, et recula légèrement sur sa chaise. Comment pouvait-elle savoir pour la Cape d’Invisibilité des Potter ? Personne à part un Potter et leurs amis pouvaient être au courant.

- Pardonnez-moi, Professeur, mais comment savez-vous pour la Cape ?

Ellie lui sourit de nouveau et se cala confortablement sur sa chaise.

- Cela n’a pas vraiment d’importance, rétorqua-t-elle. Vous l’a-t-il cédé oui ou non ?

Harry hésita quelques temps avant d’acquiescer.

- Bien, sourit Ellie. Dans ce cas, écoutez-moi bien…

 

***


            Quatre heures plus tard, il faisait nuit noir à l’extérieur du château et Harry préparait ses affaires dans son dortoir, accompagné de Ron et Hermione, qui semblaient particulièrement inquiets.

- Tu ne devrais pas faire ça, Harry, lui conseilla Hermione. Après tout, qu’est-ce que l’on sait de cette femme ? Si ça se trouve c’est elle qui a mis ton nom dans la Coupe de Feu !

- Ne sois pas ridicule Hermione, lui répondit Harry, en continuant à faire son sac.

- Ce n’est peut-être pas une idée si stupide que ça, dit alors Ron, hésitant. Après tout, on ne sait toujours pas qui a mis ton nom dans cette Coupe… Et puis ton père se méfie d’elle, non ?

- Ce n’est pas tout à fait exact pour mon père. Il lui fait confiance maintenant, affirma Harry. Et puis, le professeur Sturgis nous a renseignés sur les dragons, et elle m’a aidé pour ma stratégie ! C’est le comportement d’une personne qui essaierait de me tuer, selon vous ?

- Mais tu te rends compte tout de même que tu vas sortir illégalement du château, après le couvre-feu, par un passage secret que nul ne connait, pour avoir rendez-vous avec elle ? Continua Hermione. Le tout sans que personne ne le sache…

- Vous êtes au courant non ? Rétorqua Harry qui venait de boucler son sac.

- Tu sais très bien ce que je voulais dire, trancha Hermione avec dédain. Je voulais parler de ton père.

- Ecoute Hermione, commença à s’impatienter Harry. Cette histoire de cours particulier était mon idée ! Pas celle du Professeur Sturgis ! Et le but de la manœuvre n’est pas que mon père soit au courant…

- Et tu ne trouves pas ça bizarre qu’elle ait accepté aussi facilement ? Continua Hermione.

- J’ai du la convaincre pendant un quart d’heure… Si tu trouves que ça a été facile... Affirma Harry, en levant les yeux au ciel.

- Mais Harry, tenta de protester son amie.

- J’y vais. Point, trancha Harry, en prenant soin de mettre sa Cape d’Invisibilité sur ses épaules. Si je ne suis pas rentrée dans deux heures, tu auras le droit d’alerter qui bon te semblera !

- Je continue à dire que c’est une très mauvaise idée, rétorqua Hermione, en croisant les bras.

            Harry soupira et recouvrit le reste de son corps visible, de la Cape, avant de s’engouffrer hors de son dortoir. A partir de là, il suivit à la lettre les diverses instructions que lui avait donné Ellie, pour sortir en toute sécurité du château. Ainsi, il évita Rusard qui faisait sa ronde au troisième étage, et sortit dans le Parc de Poudlard pour rejoindre la Cour du Saule-Cogneur. Là, il ensorcela un bâton pour qu’il vienne frapper le nœud du vieil arbre. Aussitôt fait, un passage secret se révéla à lui, au pied de l’arbre. Il s’y engouffra, et atterrit dans un sombre couloir. Il se déplaça avec précaution  à l’intérieur du tunnel jusqu’à ce qu’il voit une fine lumière qui semblait lui indiquer la sortie.

            Harry se retrouva alors à l’intérieur d’une vieille bâtisse qui avait du être magnifique à une époque mais qui semblait à présent, totalement abandonnée. L’endroit était même très sinistre à présent. Il se rappela des consignes d’Ellie qui lui avait demandé de se rendre à l’étage. Ainsi, Harry entreprit de gravir les marches poussiéreuses et grinçantes de cet endroit. Durant son ascension, il ne put que constater les marques de griffures présentes sur les tapisseries des murs. Elles semblaient avoir été laissées par un énorme chien. Tout ceci donna un étrange frisson à Harry, qui accéléra le pas, malgré lui.

            Une fois qu’il eut atteint l’étage, il entra dans la seule pièce qui n’était pas condamnée. Cette dernière semblait moins poussiéreuse que les autres, et un ancien lit à baldaquin s’y trouvait. Malgré l’aspect repoussant de cet endroit, Harry se dit qu’il devait être magnifique en d’autres temps.

            Ce charmant voyage venait de toucher à sa fin, et Harry ne put que constater l’absence de son Professeur. C’est ainsi que les mises en garde d’Hermione vinrent frapper son esprit. Peut-être avait-il été stupide d’accepter un tel lieu de rencontre. Après tout, il était à l’extérieur de Poudlard maintenant, et Merlin seul savait quel danger pouvait l’attendre à l’extérieur. Etant le fils du membre de l’Ordre du Phénix le plus détesté des Mangemorts, les craintes d’Harry étaient tout à fait justifier. Soudain, une planche craqua derrière lui, et Harry se retourna brusquement, baguette en main, dans la direction du bruit. Là, il y vit une silhouette tapie dans l’obscurité, et sans qu’il n’ait le loisir d’agir, sa baguette lui fut ôtée des mains. Par réflexe, Harry recula jusqu’à ce qu’il heurte le mur derrière lui. Il vit alors la silhouette s’avancer pour sortir progressivement de l’ombre, jusqu’à ce qu’elle lui parle :

- Vous avez été stupide, Mr Potter, dit alors une voix féminine qu’Harry reconnut instantanément.

- Professeur Sturgis ? Demanda nerveusement Harry.

Ellie sortit enfin, totalement de la pénombre et se révéla à lui, sa baguette pointée dans sa direction. Elle n’ajouta pas le moindre mot, et d’un simple mouvement du poignet, elle s’appropria la baguette d’Harry, qui ne savait plus sur quel pied danser avec elle. Il se contenta alors se rester appuyer contre le mur qui se situait derrière lui.

- Pourquoi avoir accepté un rendez-vous à l’extérieur de Poudlard, avec une femme que vous ne connaissez pratiquement pas ? Lui demanda-t-elle alors.

- Je… Je… J’ai confiance en vous, affirma Harry.

- Vous avez tort de le faire, lui confia-t-elle alors.

Harry déglutit fortement, et il sentit son cœur se serrer comme s’il était  dans un étau, ne sachant toujours pas à quelle sauce il allait être mangé.

- Vous voulez survivre face aux Mangemorts, Mr Potter ? Lui demanda alors Ellie, qui continuait à s’approcher de lui.

- Oui…

- Dans ce cas, la première règle est de ne faire confiance à personne.

Ellie avait prononcé ces mots, tout en tendant sa baguette à Harry. Ce dernier alterna à plusieurs reprises son regard, entre son professeur et sa baguette. Puis, il planta ses yeux émeraude dans ceux d’Ellie et lui demanda :

- Cette… cette cabane… C’était un test ?

- Oui, affirma-t-elle, avec un léger sourire au coin des lèvres. Et vous avez lamentablement échoué… Si j’avais été un Mangemort, vous seriez probablement mort à l’heure qu’il est.

Harry déglutit et récupéra sa baguette qu’Ellie tendait toujours dans sa direction. Puis, il vit son professeur lui tournait le dos, et d’un simple coup de baguette magique, elle nettoya la pièce de toute poussière. Harry s’approcha prudemment d’elle, et finit par lui demander :

- Où est-ce que l’on est ?

- Dans la Cabane Hurlante, répondit simplement Ellie, qui fit apparaitre des cibles, un peu partout dans la pièce.

-  La Cabane Hurlante de Pré-au-Lard ? S’étonna Harry. Mais… Elle est hantée ?

- Nom d’une chouette, bien sur que non, se mit à sourire Ellie. Ce n’est qu’une légende…

- Mais… Est-ce qu’on est en sécurité ici ?

- Tout à fait, affirma Ellie. Le seul moyen d’y entrer est par le passage secret que vous avez emprunté. Donc seuls les résidents de Poudlard pourraient nous trouver ici.

Harry acquiesça aux paroles de son Professeur et regarda autour de lui, la salle d’entrainement qu’Ellie avait aménagée en seulement trois coups de baguettes.

- On commence par quoi ? Demanda Harry.

- Cette séance-ci me servira juste à évaluer correctement votre niveau. Nous attaquerons les choses sérieuses dès la semaine prochaine.

- La semaine prochaine ? Répéta Harry. Pas avant ?

- Non, mon jeune ami, lui sourit tendrement Ellie. J’ai besoin d’un peu de temps pour me remettre de ma blessure.

- Ah… Oui… Bien sûr… Je suis désolé, je…

- Passons aux choses sérieuses Mr Potter, le coupa-t-elle. Et montrez-moi votre Maléfice du Saucisson.

 

Harry lui sourit et s’exécuta avec brio sur l’une des cibles qu’Ellie avait fait apparaître. Ainsi, ils passèrent pratiquement une heure et demi à tester l’ensemble des sorts appris par Harry au cours de ces trois dernières années, et Ellie ne put que constater que le jeune Potter était particulièrement doué. Lorsque leur séance fut terminée, Ellie raccompagna Harry jusqu’à la Tour des Gryffondors, tandis que ce dernier était caché sous sa Cape d’Invisibilité. Ensuite, elle rejoint rapidement ses appartements, pour y retrouver cette fameuse carte, qui la rassura quant à la présence du jeune Potter, profondément endormi dans son lit. Et Ellie s’endormit pour la première fois depuis longtemps, avec un large sourire aux lèvres.

 

 

Dernière danse by Smittina
Author's Notes:

Salut !!
Désolée pour mon abscence ces derniers temps mais j'ai pas eu une seule seconde à moi pour pouvoir écrire. Maintenant, j'en ai de nouveau, donc je suis de retour avec ce petit chapitre qui, je l'espère, vous plaira !!

-> Breathe Me - Sia
https://www.youtube.com/watch?v=SFGvmrJ5rjM

Bonne Lecture !

Les deux semaines qui suivirent, furent anormalement calmes, autant pour les résidents du château, que pour les membres de l’Ordre. Aucun meurtre n’avait été perpétué sur des femmes né-moldues, impliquant des Détraqueurs, et aucun évènement étrange ne s’était produit dans l’enceinte du château, impliquant un certain Harry Potter.

 

                D’ailleurs, ce dernier avait été très occupé, entre ses entrainements de Quidditch, ses devoirs, son énigme de l’œuf qu’il s’efforçait de résoudre pour sa Deuxième Tache, et bien évidemment ses cours particuliers avec Ellie Sturgis, qu’il prenait dans le dos de son père. Depuis qu’il s’entrainait avec Ellie, Harry n’avait pu que constater les prodigieux progrès qu’il avait faits, et était fier d’apprendre à maitriser des sortilèges qui n’étaient pas de son âge.

 

                Le mois de Décembre était bien entamé à présent, et le professeur Dumbledore fit une annonce particulièrement surprenante. En effet, le Tournoi des Trois Sorciers semblait s’accompagner d’un Bal, donné en l’honneur des Champions, quelques temps avant les vacances de Noël. Du côté des filles, tout le monde semblait s’en réjouir, alors que chez les garçons, l’enthousiasme n’était pas partagé de tous. Et en ce qui concernait les Professeurs, il y avait ceux qui étaient indifférents, ceux qui maudissaient le directeur et ceux qui riaient de la misère de leur confrère.

 

- Ne fais pas cette tête, Sturgis, s’amusa James.

 

- N’en rajoute pas, Potter, grogna Ellie, entre ses dents.

 

                James rit d’avantage, tandis qu’il referma la porte de la salle de classe d’Ellie, derrière lui. Puis, il vit sa consoeur particulièrement énervée, ranger rageusement quelques livres qui trainaient sur son bureau. James s’appuya sur l’un des pupitres, sans perdre son stupide sourire, accroché au coin de ses lèvres.

 

- Je ne vois pas ce qu’il y a de dérangeant là dedans, ajouta James, sachant que son homologue réagirait au quart de tour.

 

-  Tu n’as qu’à prendre ma place, trancha-t-elle froidement.

 

- Désolé, mais je suis un homme, pouffa James.

 

- Selon toi, c’est uniquement parce que je suis une femme je devrais m’exécuter gentiment à cette tache ? Rétorqua Ellie, après s’être retournée dans sa direction. 

 

- Ben oui, dit simplement James, avec un sourire malicieux. Sinon, tu admettras que ça pourrait paraitre étrange...

 

Ellie expira bruyamment, avant de se remettre au rangement de ses livres. James quant à lui, continua d’observer son homologue, avant de dire :

 

- Qu’est-ce qui t’embête réellement dans cette tache ? Ce n’est qu’une danse, Sturgis !

 

- Facile à dire pour un type qui, à 10 ans connaissait toutes les danses que les sorciers n’aient jamais inventées !

 

Cette remarque fit légèrement réagir James. Il était vrai qu’il appartenait à une vieille famille de sorcier, et que par conséquent, il avait subi une éducation très stricte, incluant l’apprentissage de toutes ces danses. Cependant, ce qui frappa James, fut l’âge qu’Ellie indiqua… Dix ans… De tous les âges possibles, elle avait donné le bon, et James se demanda s’il s’agissait d’un hasard attribuable à de la simple chance, ou si elle le connaissait réellement.

 

- Tu ne sais pas valser, Sturgis ? Finit par demander James.

 

- Bien sûr que si, trancha-t-elle froidement. Mais j’ai beaucoup de mal avec la version sorcier…

 

- C’est vrai que tu es une née-moldue, releva James.

 

- Oui… Et j’ai toujours eu du mal avec vos foutus rythmes décalés.

 

Cette nouvelle remarque finit sourire James inconsciemment, se rappelant ainsi les difficultés qu’avaient eu Lily pour retenir une simple danse pour leur mariage.

 

- Je peux t’aider si tu veux, finit-il par dire.

 

-  M’aider ? Répéta Ellie.

 

- Oui, répondit simplement James. Si tu as tant de mal que ça, et que tu es obligée d’ouvrir le Bal avec Dumbledore… Je peux t’aider…

 

Ellie ne répondit pas, et se contenta de fixer James dans le blanc des yeux. Un silence s’installa entre les deux jeunes gens jusqu’à ce qu’Ellie finisse par dire :

 

- Je veux bien.

 

- D’accord ! Dans ce cas, je te propose de s’y mettre le plus rapidement possible, dit James. Le Bal est dans deux semaines…

 

- Très bien…

 

- On pourrait d’ailleurs commencer maintenant si tu veux et…

 

- Non, pas ce soir, le coupa précipitamment Ellie.

 

- Ah…  dit James, qui paraissait assez surpris par la réponse de sa consoeur.

 

- J’ai déjà quelque chose de prévu, expliqua-t-elle.

 

- D’accord… Répondit James, avec une légère déception dans le ton de sa voix, qu’Ellie remarqua.

 

- Je suis désolée, je ne peux pas annuler…

 

- D’accord, répéta James, peu convaincu par ses propos. On a qu’à remettre ça à demain ?

 

- Très bien, lui sourit légèrement Ellie.

 

Puis, James se leva et quitta la salle de classe, tandis qu’Ellie s’affala dans son fauteuil, en expirant la quasi-totalité de l’air contenu dans ses poumons. Elle resta longtemps à fixer la porte par laquelle James venait de partir, et ce fut la sonnerie de son horloge qui lui rappela qu’il était temps pour elle d’aller à son rendez-vous. Ainsi, elle se leva et prit la direction du Parc de Poudlard, alors qu’il faisait nuit noire, dehors. Là-bas, elle se faufila discrètement dans le passage secret sous le Saule Cogneur, jusqu’à rejoindre la Cabane Hurlante. Elle monta au premier étage, et y découvrit Harry, en train de s’entrainer.

 

                Ce soir-là, leur cours particulier dura un peu plus longtemps qu’à leur habitude car Harry semblait avoir des difficultés avec le Sortilège de Stupéfixion. Ils rentrèrent alors au château aux alentours de minuit. Comme à leur habitude, Ellie raccompagna Harry jusqu’au portrait de la Grosse Dame, tandis que ce dernier était judicieusement dissimulé sous sa Cape d’Invisibilité. Alors qu’ils se trouvaient devant le Portrait, des pas se firent entendre derrière eux, et Ellie ordonna à Harry de retourner sous la Cape.

 

- Sturgis ?

 

- Potter…  Répliqua Ellie, assez nerveuse.

 

- Qu’est-ce que tu fais ici à une heure tardive ? Demanda James, en fronçant des sourcils.

 

- Je pourrais te poser la même question, rétorqua Ellie, qui tentait de cacher  son trouble.

 

- Je devais envoyer un hibou à Rémus, expliqua-t-il.  Et toi ? Tu reviens de ton fameux rendez-vous ?

 

- C’est exact, affirma la jolie brune, tandis qu’elle s’éloigna du portrait de la Grosse Dame.

 

Cependant, ce dernier l’attrapa par le poignet, l’obligeant ainsi à s’arrêter.

 

- Ecoute, Sturgis… Commença James, qui semblait assez nerveux.

 

- Oui, Potter ?

 

- Je voulais savoir… hésita-t-il. Est-ce que tu m’évites ?

 

- Pardon ? S’étonna-t-elle.

 

- J’ai l’impression que tu m’évites depuis notre dernière mission. Depuis… Hésita-t-il de nouveau. Depuis ce qu’il s’est passé dans ma chambre…

 

-  Potter, soupira Ellie. Je croyais qu’on avait clos ce sujet.

 

Ellie espéra que James coupe court à la conversation, car elle ne voulait pas qu’Harry apprenne certaines choses qu’il était censé ignorer. D’ailleurs, le jeune Potter prêta une oreille très attentive à la conversation depuis qu’il avait entendu les dernières paroles de son père.

 

- Peut-être qu’on aurait du en parler un peu plus, insista James.

 

- Je ne pense pas, trancha Ellie.

 

- On s’est quand même embrassé, Sturgis, dit alors James, et pas de la manière la plus innocente qui soit.

 

- Potter, s’il te plait… le supplia Ellie, en priant qu’Harry aurait vite oublié ces paroles.

 

- Et depuis ce moment là, c’est à peine si tu me dis bonjour, continua-t-il. Pour te dire, la plus longue conversation qu’on ait eu depuis c’était celle de tout à l’heure… Et tu as fini par prendre la fuite, en prétextant un « rendez-vous »…

 

- J’avais vraiment un rendez-vous, Potter, insista Ellie.

 

- Si tu le dis.

 

- Ecoute, il se fait tard, trancha Ellie. On aura qu’à finir cette conversation demain, quand tu viendras pour ton cours de danse, d’accord ?

 

James soupira, légèrement déçu qu’elle ne se dérobe encore et finit par acquiescer. Puis, il prit la direction de ses propres appartements, tandis qu’Ellie attendit, immobile, dans le couloir.

 

                Au bout de cinq minutes, elle fit signe à Harry, pour qu’il puisse enlever sa Cape d’Invisibilité.

 

- Professeur… Commença Harry, prudemment. C’est vrai que vous avez embrassé mon père ?

 

- Oui, dit-elle simplement. Seulement, c’était une erreur liée à la mission périlleuse que l’on venait d’effectuer. J’étais blessée, et ça y a beaucoup joué.

 

Harry ne dit rien et se contenta de fixer son Professeur, qui semblait très fatiguée à l’heure qu’il était.

 

- Je ne vais plus pouvoir mentir à votre père, décréta soudainement Ellie.

 

- Moi non plus, dit Harry, en baissant la tête.

 

- Je lui dirais demain, décréta Ellie. Mais maintenant, il est tard, et tu devrais aller dormir Harry.

 

Ce dernier fut étonné qu’elle l’appelle par son prénom. C’était la première fois qu’elle le faisait. Cependant, il acquiesça, et donna le bon mot de passe à la Grosse Dame. Cette dernière lui ouvrit le passage, et il commença à s’y engouffrer, quand il se retourna vers Ellie, et qu’il lui dit :

 

- Vous savez… Mon père n’embrasse jamais les brunes. Il doit vraiment vous apprécier.

 

Le cœur d’Ellie se serra tandis qu’elle vit le garçon disparaitre dans la pénombre du portrait, venant se refermer derrière lui.

 

 

 

***

 

 

 

                Le lendemain soir, Ellie attendit James patiemment dans sa salle de classe et particulièrement nerveuse. Elle appréhendait les discussions qu’elle allait avoir avec lui, et plus particulièrement celle concernant Harry et leurs cours particuliers. Elle craignit alors de perdre toute la confiance que James lui avait accordé jusqu’à présent, et se maudit d’avoir accepté l’idée du jeune garçon.

 

                Elle resta longtemps perdue dans ses pensées, jusqu’à ce qu’elle entendit frapper à la porte. Là, elle vit la tête ébouriffée de James entrer et refermer la porte derrière lui. Puis, il s’avança vers elle, et il prit place dans la chaise située en face d’elle.

 

- Alors ? Lui demanda-t-il. Prête pour danser ?

 

- Oui, dit-elle, mais avant, on doit parler.

 

- D’accord…

 

- Je ne t’évite pas, Potter, dit-elle précipitamment. Je ne t’évite pas et je t’assure que j’ai fait table rase de tout ce qui s’est passé entre nous le soir de notre excursion chez les Malefoys.

 

- D’accord, Sturgis, affirma James, sans la quitter une seule fois du regard.

 

- Et j’avais vraiment un rendez-vous hier soir. Un rendez-vous que je ne pouvais pas annulé.

 

- Très bien…

 

- Un rendez-vous avec ton fils, continua-t-elle alors.

 

A la suite de cette révélation, James ne dit rien et se contenta de la fixer avec intensité.

 

- Je te demande pardon ? Finit-il par dire.

 

- Je lui donne des cours particuliers de Défense contre les Forces du Mal depuis deux semaines, Potter.

 

- Des cours de Défense ? Répéta James, avec un léger ton de colère qu’Ellie reconnut rapidement. Mais pourquoi faire ?

 

- Pour qu’il puisse se défendre contre les Mangemorts, expliqua Ellie

 

James n’ajouta rien mais Ellie avait remarqué combien son regard s’était obscurci. Il se contentait de la regarder d’un air mauvais.

 

- Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu comptais donner des cours à mon fils ? Finit-il par lui demander.

 

- Parce que je n’en avais nullement l’intention, jusqu’à ce qu’il me le demande, expliqua calmement Ellie.

 

- Quoi ? S’étonna-t-il alors. Harry est venu te trouver pour ça ?

 

- Oui.

 

James marqua une courte pause, comme s’il essayait de mettre de l’ordre dans ses idées.

 

- Quand ? Demanda-t-il alors.

 

- Après notre retour du Manoir des Malefoys.

 

- Et pourquoi n’est-il pas venu me voir ? Pourquoi ne m’a-t-il pas demandé de l’aide à moi ?

 

- Parce qu’il savait que tu dirais non.

 

James se leva, et commença à faire les cents pas dans la pièce, tandis qu’il essayait de maitriser sa colère.

 

- Ton fils est tout sauf un idiot, Potter, dit alors Ellie avec conviction. Il pense que les Mangemorts se servent de lui pour t’atteindre, à travers ce Tournoi. Et si tu y réfléchis, il a peut-être raison… En tout cas, il ne compte pas se laisser faire.

 

- Il n’a que quatorze ans, Sturgis ! S’emporta alors James.

 

- Tu crois que Voldemort s’en soucie ? Lui répondit-elle alors calmement.

 

Ces dernières paroles troublèrent James, qui planta son regard dans celui d’Ellie.

 

- Il voulait combattre, et que je lui enseigne des moyens d’attaquer, dit-elle alors. J’ai refusé catégoriquement, bien sûr… En revanche, j’ai accepté de lui donner des moyens de se défendre, au cas où…

 

James la toisa silencieusement durant quelques longues secondes, jusqu’à ce qu’il n’émette un soupir, et qu’il vienne s’affaler sur sa chaise.

 

- Tu aurais du me le dire avant...

 

- Je sais, avoua Ellie, en baissant la tête. Je suis désolée.

 

- Et il aurait du s’adresser à moi… Continua James. Je suis son père… Il devrait avoir confiance en moi pour ce genre de chose.

 

-  Il te fait confiance, le rassura Ellie. Seulement, il a pensé que tu refuserais catégoriquement et il ne voulait pas envisager cette option.

 

James soupira de nouveau et Ellie se mit à pouffer, ce qui l’étonna grandement.

 

- Quoi ? Lui demanda-t-il.

 

-  En tout cas, il est tenace comme garçon, dit-elle avec un léger sourire. Il m’a fait un plaidoyer de cinq minutes pour arriver à me convaincre.

 

- Il ne lâche jamais rien… Soupira James. Il ressemble beaucoup à sa mère, pour ça…

 

Suite à cet aveu, un nouveau silence s’installa entre les deux membres de l’Ordre jusqu’à ce que James ne vienne le briser :

 

- Votre prochain cours est censé avoir lieu quand ?

 

- Demain soir.

 

- Je peux y participer ?

 

- Bien sur, répondit Ellie.

 

James acquiesça et se leva, tout en prenant la direction de la sortie.

 

- Tu ne veux plus danser ? Demanda alors Ellie.

 

- Je suis trop fatigué pour ça, répondit James, en sortant de la salle de classe, laissant derrière lui, une Ellie Sturgis qui ne savait plus sur quel pied danser.

 

 

 

***

 

 

 

                Le lendemain soir, Ellie et James entreprirent de rejoindre la salle d’entrainement du jeune Potter. Pour cela, ils descendirent les marches du Grand Escalier et ils rejoignirent le Parc du Château, dans le silence le plus complet. Durant tout ce temps où ils déambulaient dans le Parc, James se demanda où est-ce qu’Ellie était en train de le conduire. C’est alors qu’il vit le Saule Cogneur et James se demanda si la jeune femme était au courant pour le passage secret. Combien de fois, l’avait-il emprunté durant ses années d’étude afin de tenir compagnie à Rémus ? Combien de souvenirs pouvait-il avoir là bas ? Des centaines, surement.

 

                Ellie mit fin rapidement à ses interrogations, en envoyant valser une branche contre le nœud de l’arbre, libérant ainsi le passage secret menant à la Cabane Hurlante. Pour une fois, James s’abstint de lui poser des questions, sachant pertinemment qu’il n’aurait pas de réponses, et la suivit ainsi, sans discuter.

 

                Arrivés au rez-de-chaussée de la demeure, James se rappela presque instantanément ses transformations passées, lorsque la pleine lune arrivait. Il pouvait voir dans les couloirs les fantômes de ses amis Animagi, en train de s’amuser, sans se soucier de ce qu’il pouvait se passer autour d’eux. C’était le bon temps… Le temps de l’insouciance. James eut un léger pincement au cœur tandis qu’il gravit les marches de la maison, toujours dans le silence le plus complet. Puis, il suivit Ellie jusqu’au bout du couloir, qui mena à une pièce, contenant un lit à baldaquin. Alors, il sentit son cœur se serrait fortement dans sa poitrine, et un de ses délicieux souvenirs si précieux à ses yeux lui revint instantanément en mémoire, comme un vieux film qu’il pouvait voir défiler sous ses yeux.

 

***

 

                C’était le mois de Mars et la neige peinait à fondre à Pré-au-Lard. Pourtant, l’air était incroyablement doux. La Cabane Hurlante était la même à cette époque mise à part peut-être la poussière qui était moindre en ce temps là. A l’extérieur, des oiseaux chantaient pour annoncer la venue proche du printemps, alors qu’à l’intérieur, on pouvait entendre un rire. Mais pas n’importe lequel. Le plus magnifique qui l’eut été possible d’entendre pour James : Celui d’une certaine Lily Evans.

 

                Cette dernière était au milieu de la pièce contenant le lit à baldaquin. Elle portait une jupe et une chemise qui arborait les couleurs de la maison Gryffondor. Ses cheveux, d’un roux flamboyant, étaient relevés en une queue de cheval. Elle riait à gorge déployée. A ses côtés, se tenait James, qui fêtait ses 18 ans. Il n’était pas très différent du James Potter, père de famille, et veuf. Mise à part son regard qui semblait briller d’une étincelle, et son sourire qui ne quittait pas une seconde son visage.

 

- Par Merlin, qu’est-ce qu’on fait ici, James ? S’amusa Lily. Cette maison est dans un état encore plus pitoyable que le bureau du Professeur Gilmore !

 

- On danse, répondit James, avec un magnifique sourire, en lui tendant les mains.

 

- James… Soupira Lily.

 

- Je sais ce que tu vas dire, Lily-Jolie, mais ici, personne ne pourra juger de tes piètres performances en matière de danse sorcière.

 

- Personne à part toi, lui fit-elle remarquer, avec un regard malicieux.

 

- Exactement, Miss Evans !

 

James prit les mains de sa petite amie, et la fit ainsi se rapprocher de lui. Il captura l’une de ses mains dans la sienne, et posa l’autre, délicatement sur sa hanche. Puis, il commença à valser avec elle. Cependant, Lily était assez gauche et ne semblait pas arriver à suivre le rythme.

 

- Tu sembles avoir quelques soucis de coordination, s’amusa James.

 

- Ne te moque surtout pas, Potter, le prévint gentiment Lily.

 

- Je peux compter les mesures pour toi, si tu as tant de mal avec ça.

 

- Tu ferais ça pour moi ? S’amusa-t-elle.

 

- Qu’est-ce que je ne ferais pas pour toi, Lily Evans ? Dit alors James, le plus sérieusement du monde.

 

Lily s’arrêta de danser et lui sourit. Puis, elle se mit sur la pointe des pieds, et l’embrassa tendrement. Lorsqu’ils rompirent leur baiser, Lily plongea son regard vert émeraude dans les yeux noisette de James, un sourire en coin. Puis, elle prononça pour la première fois ces mots, que James n’oublierait probablement jamais :

 

-  Je t’aime.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

- Papa ? Demanda Harry. Tout va bien ?

 

 

 

James secoua la tête et sortit enfin de ses pensées les plus profondes. Il réalisa alors qu’il était revenu dans le présent. Un présent dans lequel l’amour de sa vie n’existait plus.

 

- Oui, tout va bien Harry, mentit-il, tout en cachant au mieux son mal être. .

 

- Je vous propose de commencer à présent, dit alors Ellie qui s’avança au centre de la pièce.

 

Les deux Potter acquiescèrent et tandis que James se mit dans un coin pour observer, Harry rejoint Ellie vers l’une des cibles présentes dans la pièce.

 

- Voyons si vous vous souvenez de la séance précédente, Mr Potter, dit alors Ellie, et stupéfixez cette cible.

 

Harry acquiesça et frappa de son sort la cible en bois qui se trouvait près d’une fenêtre condamnée. Ils continuèrent pendant plus d’une heure à enchainer les différents sortilèges de défense qu’Harry avait appris depuis le début de leurs entrainements. Lorsque minuit approcha, Ellie mit fin à la séance et ils quittèrent la Cabane Hurlante pour rejoindre Poudlard, et la Tour des Gryffondors. Là, James embrassa Harry, tout en lui souhaitant une bonne nuit, et le jeune Potter disparut par la suite, à travers le portrait de la Grosse Dame.

 

                A présent, James et Ellie se retrouvèrent seuls et silencieux. Ce fut James qui brisa le silence le premier et qui invita son homologue à prendre un verre dans ses appartements. Bien que cette demande étonna fortement Ellie, elle accepta, de peur qu’il interprète mal un refus de sa part.

 

                Ainsi, ils pénétrèrent dans les appartements du brun à lunettes quelques minutes plus tard. Comparés à ceux d’Ellie, les appartements de James étaient très personnalisés, avec de nombreuses photos et effets personnels. James se dirigea vers un petit buffet et sortit une vieille bouteille de Whisky Pur-Feu ainsi que deux verres, qu’il remplit abondement. Il en tendit un à Ellie, et ils trinquèrent dans les secondes qui suivirent. James but quelques gorgées d’affilé tandis qu’Ellie savoura pleinement la saveur de l’alcool.

 

- Je dois avouer que j’ai été étonnement surpris ce soir, finit par dire James.

 

- Comment ça ?

 

- J’étais assez sceptique et en colère quand tu m’as parlé de ces cours avec Harry, expliqua-t-il alors. Je pensais que c’était inutile… Les sorts de défense vraiment utiles contre les Mangemorts ne sont enseignés qu’à partir de la Cinquième année, et je ne pensais pas qu’il pourrait les apprendre avec autant de facilité et surtout en si peu de temps.

 

- Ton fils est incroyablement doué dans ma matière, dit alors Ellie.

 

- Peut-être, admit James, dont une lueur de fierté vint s’installer dans son regard. Mais je suppose qu’avoir un bon professeur, ça aide aussi.

 

Il avait prononcé ces mots en plantant son regard, étonnement chaleureux pour une fois, dans celui d’Ellie.

 

- Il aime beaucoup ça, dit alors James.

 

- Quoi ?

 

- Ces cours, répondit James, et ces moments passés en ta compagnie. Ca se voit.

 

Ellie ne répondit rien, mais elle eut un léger pincement au cœur lorsqu’elle entendit ces paroles.

 

- C’est réciproque, finit-elle par dire. Harry est vraiment un chouette garçon. Tu as fait du bon boulot avec lui.

 

- Merci, Sturgis, lui sourit alors James.

 

Soudain, James posa son verre sur le buffet, ce qui fit sursauter Ellie. Puis, il tendit une main vers elle, qu’Ellie regarda avec étonnement.

 

- Une leçon de danse ? Lui proposa alors James.

 

- Potter, il est plus de minuit, lui fit remarquer Ellie.

 

- Je sais, répondit simplement le brun à lunettes, avec un certain sourire.

 

Ellie considéra pendant quelques secondes sa proposition avant de lever les yeux au ciel et de prendre sa main. Cette attitude amusa James, qui fit une fois de plus un parallèle avec Lily, et ils se mirent à valser. Du moins, ils essayèrent car Ellie semblait avoir beaucoup de mal à suivre son partenaire.

 

- L’abandon, dit soudain James.

 

-  Pardon ?

 

- L’abandon, répéta ce dernier. C’est la clé pour réussir une bonne valse. Tu dois te laisser totalement mener par ton cavalier. T’abandonner complètement à lui et à ses pas.

 

- C’est plus facile à dire qu’à faire, maugréa Ellie, qui venait encore de marcher sur le pied de James. Si seulement les rythmes pouvaient être normaux chez les sorciers !

 

- Est-ce que ça t’aiderait si je comptais les mesures pour toi ? Lui demanda alors James.

 

A cette proposition, le cœur d’Ellie se serra presque instantanément et elle leva précipitamment les yeux vers James.

 

- Ca aidait beaucoup ma femme, en tout cas, expliqua-t-il. C’était une née-moldue, comme toi, et comme beaucoup de née-moldue, elle avait aussi beaucoup de mal avec les rythmes sorciers.

 

Ellie ne dit rien et déglutit fortement. Seulement, James ne le remarqua pas, et il continua à lui parler de sa femme.

 

-  Elle angoissait beaucoup à l’idée de devoir danser devant toute l’école, avec l’autre Préfet-en-Chef de Poudlard, lors de la remise des diplômes de dernière année, s’amusa James. Elle avait peur de marcher sur sa robe de sorcier et de se ridiculiser complètement.

 

- Qui était l’autre Préfet ? Demanda Ellie, assez nerveusement.

 

- C’était moi, sourit James, tandis qu’il se rapprocha inconsciemment d’Ellie, sa tête collée à la sienne.

 

- Oh… Répondit simplement Ellie, ne sachant pas trop quoi ajouter.

 

- Tous les soirs après les cours, on allait dans la Cabane Hurlante, continua James, et je lui donnais des cours de danse pour qu’elle soit parfaite le jour venu. On a fait ça tous les soirs pendant près de deux mois.

 

- Je ne te savais pas aussi patient, murmura Ellie à l’oreille de James.

 

- Avec elle, je l’étais, s’amusa James. Je lui ai couru après pendant deux ans, tu sais. Elle ne voulait pas de moi au début, me reprochant surtout mon manque de maturité, de sérieux et mon arrogance. Il faut dire qu’elle avait raison… J’étais un véritable crétin à cette époque…

 

- Seulement à cette époque ? S’amusa Ellie.

 

James se mit à rire, remarquant que la jeune femme venait de faire de l’humour pour la première fois depuis leur rencontre. Puis, un certain silence s’installa entre eux, tandis qu’ils continuaient à valser.

 

- Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis finalement ? Demanda alors Ellie.

 

- Elle n’a jamais voulu me dire à quel moment elle a eu le déclic, sourit James. Je sais seulement que Dumbledore m’a nommé Préfet-en-Chef en Septième Année, malgré le fait que je ne méritais absolument pas cette distinction…

 

James marqua une courte pause avant de murmurer à l’oreille d’Ellie :

 

-  Les garçons et moi étions de véritables cancres qui n’en faisions qu’à leur tête.

 

- Ca ne m’étonne pas, sourit Ellie.

 

- Et à partir de là, continua James, elle a été forcé de travailler en collaboration avec moi, alors qu’en temps normal elle me fuyait comme la peste.

 

- Vous vous êtes rapprochés ? Demanda Ellie.

 

- Oui, énormément, dit James. Et ensuite, tout est allé très vite, et au mois de Janvier, on sortait enfin ensemble.

 

Ellie sourit tandis que James garda le silence, suite à cet aveu. Ce dernier s’étonna alors de la facilité qu’il avait eu à se confier aussi naturellement au sujet de Lily.

 

- Votre histoire est très belle, dit alors Ellie.

 

- Oui… très, répondit James, alors que sa gorge se serra.

 

Un nouveau silence s’installa entre eux. Ils se contentèrent de danser. Puis, Ellie finit par rompre cette proximité qu’ils avaient crée le temps d’une danse et recula. Leurs regards se croisèrent durant quelques secondes, tandis que les battements de leur cœur accélérèrent presque simultanément.

 

- Je crois que je ferais mieux d’aller me coucher, dit alors Ellie.

 

- D’accord, lui sourit James.

 

- Merci pour la danse, Potter, répondit Ellie, en lui rendant son sourire.

 

- Merci de m’avoir écouté, rétorqua James.

 

- Ce fut un plaisir.

 

Ellie lui lança un dernier sourire, avant de lâcher les mains de James, et de se diriger vers la sortie. Elle s’engouffra alors dans les couloirs et rejoint rapidement ses propres appartements. Elle referma la porte derrière elle, qu’elle prit soin de verrouiller avec l’aide de sa baguette. Puis, elle s’appuya contre la porte et se laissa lentement glisser contre cette dernière, jusqu’à atteindre le sol glacé. Là, elle rabattit ses genoux contre son torse, à l'aide de ses bras et elle y enfouit sa tête. Elle s’efforça durant plusieurs minutes à ne pas craquer face aux diverses émotions qui se bousculaient en elle à cet instant précis. Cependant, elle finit par céder et quelques fines larmes s’échappèrent de ses magnifiques yeux. Cette dernière danse avait fait remonter beaucoup de souvenirs, particulièrement plaisant mais aussi particulièrement douloureux pour la jeune femme. Car elle représentait tout ce qu’elle avait perdu, tout ce dont on l’avait forcé à renoncer durant ces années de captivité.

 

 

 

 

Le Bal de Noël by Smittina
Author's Notes:

Et voila pour vous un nouveau petit chapitre, en espérant qu'il vous plaira !

-> Safe and sound - Taylor Swift
https://www.youtube.com/watch?v=RzhAS_GnJIc

Bonne Lecture !

Les deux dernières semaines étaient passées rapidement et les résidents de Poudlard n’étaient plus qu’à deux jours des vacances et du fameux Bal de Noël. Harry et Ellie avaient continué leur cours de Défense, ayant à présent la bénédiction de James, qui s’offrait même le plaisir d’assister à certains de leurs cours de temps en temps.


                La veille au soir du Bal, ils se retrouvèrent tous les trois dans la Cabane Hurlante pour un ultime cours avant les vacances. Au bout d’une heure de répétition, Harry finit par maitriser à la perfection son sort de Stupéfixion.


- Excellent, Harry, sourit fièrement James.


- Oui, c’était parfait, confirma Ellie avec l’un de ses rares sourires.


Harry réitéra le sort, le sourire aux lèvres et se tourna ensuite vers ses deux encadrants, très enthousiaste :


- Et maintenant ? On travaille quel sort ?


- Maintenant, on va aller dormir, Harry, répondit James en baillant.


- Mais ça ne fait qu’une heure qu’on est là ! Protesta Harry. En général les séances durent beaucoup plus longtemps que ça…


- Il est trop tard pour commencer l’apprentissage d’un nouveau sort, dit Ellie, et avec la coupure des vacances, je doute que ça en vaille la peine. De plus, vous devez être en forme pour le Bal de demain soir.


-Stupide Bal, maugréa Harry entre ses dents.


Cette remarque fit sourire les deux membres de l’Ordre, qui échangèrent un regard complice à cet instant précis.


- Dans ce cas, continua Harry en s’adressant à Ellie, je peux connaitre le programme post-vacances ?


- Je n’y ai pas encore réfléchi, lui répondit gentiment Ellie. Je compte sur les vacances pour le faire.


- Vous pourriez peut-être m’apprendre à matérialiser un Patronus ? Demanda Harry.


Cette question fit réagir les deux membres de l’Ordre qui s’interrogèrent mutuellement du regard.


-  Un Patronus ne t’aiderait pas à te défendre des Mangemorts Harry, lui fit remarquer James avec prudence, tout en fronçant des sourcils.


- Oui, mais il me permettrait de repousser des Détraqueurs, et vu qu’en ce moment ils sont d’actualité…


- Comment tu sais ça ? L’interrogea alors son père, en fronçant davantage des sourcils.


Harry marqua une courte pause et se mit à rougir. Involontairement, il venait de se trahir.


- Je t’ai entendu en parler avec Oncle Sirius, admit finalement Harry, en baissant la tête.


James ne répondit rien sur le moment, et se contenta de regarder son fils, le temps de trouver les bons mots.


- Dans ce cas, tu sais qu’ils ne s’en prennent qu’aux femmes, finit par dire James.


-  Oui, mais… Tenta de protester Harry.


- Il vaut mieux être prudent, non ? Les coupa alors Ellie, en se tournant vers James.


Ce dernier plongea son regard dans celui d’Ellie et ils s’observèrent ainsi, assez longuement jusqu’à ce que James ne soupire et reporte toute son attention sur son fils.


- Très bien, concéda James.


- Super ! S’enthousiasma Harry.


- Mais tu dois être conscient qu’il y a un risque que tu n’y parviennes pas, le prévint James. C’est un sort très complexe, et pas tous les sorciers n’y parviennent.


Harry acquiesça et à la suite de ça, les Potter et Ellie quittèrent la Cabane Hurlante pour rejoindre Poudlard.


                Alors qu’ils gravirent le Grand Escalier dans le silence le plus complet, Harry posa enfin la question qui lui trottait dans la tête depuis leur départ de la Cabane :


- Tu crois que mon Patronus aura la même forme que le tien, Papa ?


- Je n’en sais rien, sourit James. Personne ne le sait jusqu’à ce qu’on arrive à le produire… Et encore, certains peuvent changer avec le temps.


-  Vraiment ? Demanda Harry. Je croyais que la forme restait fixe…


James s’apprêta à répondre mais Ellie le devança :


- Non, ils peuvent changer, si la personne subit une sorte de bouleversement émotionnel.


- Quel genre de bouleversement ?


- Si on choisit le mal plutôt que le bien – ou inversement – si l’on perd une personne que l’on aime… Ou bien si…


- On tombe amoureux, la coupa James, avec un léger air de mélancolie.


Lorsqu’il prononça ses propos, Harry se retourna presque immédiatement vers lui, l’interrogeant du regard. James soupira tandis que son regard semblait perdu dans le vide. Il semblait étrangement absent durant quelques secondes. Puis, il finit par reporter son regard sur son fils.


- La forme du Patronus de ta mère a changé lorsque l'on a commencé à sortir ensemble, expliqua alors James.


- Vraiment ? Sourit Harry.


- Oui, répondit James, en lui rendant son sourire. Ta mère produisait une magnifique louve jusqu’au jour où on s’est alors rendu compte qu’elle produisait…


- Une biche ? Demanda Harry.


James se contenta d’acquiescer pour répondre à la question de son fils.


- Ton Patronus est un cerf ? Demanda alors Ellie à James.


- Effectivement, confirma ce dernier.


- Et quel est le votre professeur ? Demanda alors Harry.


Ellie s’arrêta de marcher lorsque le jeune Potter lui posa cette question, ce qui étonna à la fois James et Harry, qui s’arrêtèrent de marcher à leur tour. La jeune femme sentit sa gorge se resserrait tandis qu’elle perdit tout sourire et que son cœur semblait subitement à l’étroit dans sa poitrine. Son regard perdit toute étincelle de vie et parut soudainement vide.


- Sturgis ? Demanda James, qui semblait légèrement inquiet face à la réaction de la jeune femme.


- C’était une loutre, répondit Ellie, d’une voix monotone.


- C’était ? L’interrogea Harry.


- Oui, répondit tristement Ellie. Je n’arrive plus à le produire depuis un certain temps...


- Pour quelles raisons ? Demanda Harry, en fronçant des sourcils.


James vit le visage d’Ellie se décomposer davantage et prendre une couleur livide, tandis qu’elle déglutissait difficilement. Il comprit que la réponse devait surement avoir un lien avec la perte de cet homme dont elle refusait toujours de parler, et il décida qu’il était temps de mettre un terme à la discussion.


- Professeur ? Insista le jeune Potter.


- Ca suffit avec les questions, Harry, le coupa James.


Puis, il se tourna vers Ellie et dit :


- Je vais le raccompagner jusqu’à la Tour. Tu n’as qu’à rentrer te reposer, tu dois être en forme pour valser demain soir.


Ellie lui lança un regard qui semblait rempli d’une certaine forme de reconnaissance, et elle finit par acquiescer. Puis, elle prit la direction de ses appartements dans le silence le plus complet, tandis que James et Harry restèrent immobiles en la regardant s’éloigner.


                Lorsqu’elle disparut au coin du couloir, James passa un bras sur les épaules de son fils, et l’incita ainsi à continuer leur chemin en direction de la Tour des Gryffondors.


- Pourquoi n'arrive-t-elle plus à produire son Patronus ? Demanda Harry à son père.


James soupira et resserra involontairement son étreinte autour des épaules de son fils.


- Ellie a perdu quelqu’un de proche, finit-il par expliquer à Harry. Je pense qu’il devait s’agir soit de son petit ami, soit de son mari.


- Tu penses ? L’interrogea Harry.


- Elle refuse catégoriquement d’en parler, expliqua James.


Un silence s’installa entre les deux Potter, jusqu’à ce que James finisse par poursuivre.


- Je pense que cette perte l’a profondément affectée et que depuis elle ne trouve plus de souvenirs assez forts, assez heureux pour pouvoir matérialiser son Patronus.


Les paroles de son père plongèrent Harry dans une grande réflexion et il ne prononça plus le moindre mot jusqu’à leur arrivée devant le portrait de la Grosse Dame. Là, James embrassa son fils et lui conseilla de bien se reposer. Puis, il tourna les talons et commença à prendre la direction de ses propres appartements jusqu’à ce que la voix d’Harry ne retentisse de nouveau dans les couloirs.


- Papa, attends !


James s’arrêta et se retourna vers son fils, qu’il vit accourir vers lui. Il fronça des sourcils et attendit qu’Harry n’en dise davantage.


- Si ce que tu penses au sujet du Professeur Sturgis est vrai… Elle doit surement être seule pour les fêtes de Noël…


- Peut-être… Admit prudemment James, qui se demandait où est-ce que son fils voulait en venir.


- Personne ne devrait être seul pour Noël, affirma alors Harry. Tu m’as toujours dit que c’était la devise de Maman.


- Effectivement… Concéda James.


- Dans ce cas, on devrait peut-être l’inviter à passer les fêtes avec nous, non ?


James fut surpris par la requête de son fils, et il ne prononça pas le moindre mot durant quelques longues secondes. Il se contentait ainsi de rester immobile et de le fixer.


- Tu veux que j’invite Ellie pour les fêtes ? Répéta James.


- Oui, confirma Harry. Elle est déjà venu à la maison, donc les sorts de protection ne sont pas un problème et…


- Comment sais-tu ça ? Le coupa alors James, d’un air surpris. Je ne t’ai jamais dit qu’Ellie avait mis les pieds au Cottage…


Harry se mit alors à rougir et il sembla subitement mal à l’aise.


- Harry ? Insista son père.


- J’étais sous la Cape d’Invisibilité quand tu as parlé de votre baiser à la maison, avoua assez timidement le concerné.


- Tu as quoi ? Le baiser… Le… Balbutia alors James qui se sentit extrêmement mal à l’aise.


James essaya de retrouver rapidement ses esprits. Une fois qu’il y parvint, il inspira un grand coup et finit par dire :


- Tu n’aurais jamais du entendre ça…


- Ce n’est pas grave, tu sais ? Lui sourit Harry. Elle est cool…


- Harry… Soupira James. Ellie et moi sommes seulement des collègues de travail et…


- Tu l’inviteras alors ? Le coupa Harry, avec un large sourire.


James soupira de nouveau et finit par acquiescer :


- D’accord, je lui demanderais pendant le Bal.


- Génial ! S’enthousiasma Harry.


- Maintenant, vas te coucher, lui ordonna gentiment James.


- Bonne nuit ‘Pa !


-  Bonne nuit, fiston…


Puis, James vit son fils disparaitre derrière le Portrait. Il y resta quelques longues minutes, immobile en train de se demander si c’était une si bonne idée d’avoir accepté la requête d’Harry. Après tout, il devait admettre qu’il était de moins en moins insensible au charme de sa coéquipière et cela l’ennuyait fortement.


***


                Le lendemain soir, Harry et sa cavalière ouvrirent le Bal de Noël, accompagné des trois autres champions. Puis, vint le tour des Directeurs de Maison, et par conséquent d’Ellie, qui dansa au côté du Professeur Dumbledore. Durant l’intégralité de la valse, James ne quitta pas des yeux sa coéquipière qui – il devait l’admettre – était particulièrement magnifique pour l’occasion. Elle avait revêtu une robe bleu nuit, dont un ruban d’un bleu plus clair, venait marquer sa taille, si fine. Elle avait coiffé ses cheveux en un chignon, dont quelques mèches s’en échappaient et venaient reposer sur ses épaules légèrement dénudées. L’ensemble de sa tenue venait sublimer les magnifiques traits du visage du si jeune Professeur de Défense contre les Forces du Mal. James était en telle contemplation devant la beauté de son homologue qu’il ne remarqua pas la présence de son meilleur ami à ses côtés, dont le visage arborait un regard et un sourire, remplis de malice.


- Les brunes sont de nouveau à ton gout, Cornedrue ? Finit par dire Sirius, après avoir gardé le silence pendant plusieurs minutes.


James sortit de ses pensées, et secoua légèrement la tête avant de se retourner vers son meilleur ami, dont il remarqua enfin la présence.


- A moins que ce soit exclusivement cette brune-là qui te fasse de l’effet, s’amusa Sirius.


- Ne sois pas ridicule, trancha James.


-  Oh arrête Cornedrue, rit Sirius. Tu la dévores du regard depuis qu’elle est entrée dans la Grande Salle. Tu crois que je ne l’ai pas remarqué ?


- J’ai le droit de constater qu’elle est de toute beauté ce soir, non ?


- Bien évidemment… Concéda Sirius. Et puis ce n’est pas comme si tu lui avais sauté dessus il y a tout juste un mois de ça…


- Patmol… Soupira James.


- Je sais, le coupa Sirius. Ellie Sturgis n’est que ta coéquipière, et elle ne sera jamais rien de plus étant donné que ton cœur est pris : ad vitam aeternam !


- Depuis quand tu parles latin, toi ? Demanda James, avec un léger amusement dans le ton de sa voix.


- Depuis que tu refuses de voir l’évidence… Rétorqua Sirius au tac au tac.


- Patmol, qu’est-ce que…


- En tout cas… Le coupa rapidement Sirius. Si j’étais toi, simple coéquipière ou non, je l’inviterai à danser, finit par dire Sirius, en lui indiquant la jeune femme qui venait de s’approcher du buffet des boissons.


                Après avoir prononcé ces mots, Sirius laissa son meilleur ami seul et se rapprocha du buffet de nourriture pour mieux observer le Directeur et Mangemort de Durmstrang, qu’il était censé surveiller avec Peter. James quant à lui, but cul-sec le jus de citrouille qu’il avait dans son verre, et décida de suivre le conseil de Sirius. Ainsi, il essaya de se frayer un chemin à travers la foule, jusqu’à la belle brune qui avait à présent rejoint la table des Professeur. Sur son passage, il renversa le verre de la jeune Ginny Weasley qui se répandit sur sa robe. James réagit rapidement et nettoya la robe de la jeune fille d’un simple coup de baguette magique. Lorsqu’il regarda de nouveau en direction de la table des professeurs, il se rendit compte qu’Ellie n’y était plus.


                Durant quelques minutes, il eut craint que la jeune femme ne se lasse de la fête et qu’elle ait rejoint ses appartements. Cependant, il n’en était rien et il lui suffit de balayer la Grande Salle du regard pour s’en rendre compte. Ellie n’était pas partie mais elle était à présent en train de partager une valse avec l’une des vieilles connaissances de James - et pas la meilleure, selon lui : Severus Rogue.


                Au même moment, au centre de la piste de danse, Ellie tentait tant bien que mal de ne pas marcher sur la longue robe de sorcier de Rogue. Les deux professeurs ne s’étaient pas adressés la parole depuis que Severus l’avait invitée à danser. Ils se contentaient de tournoyer dans le silence le plus complet, jusqu’à ce que le Maitre de Potion ne décide d’ouvrir la bouche :


-  Cette robe te va bien.


- Pourquoi est-ce que tu tournes autour du pot, Severus ? Rétorqua Ellie.


- Je ne vois pas de quoi…


- Pourquoi m’avoir invité à danser ? Le coupa Ellie, en plantant son regard d’un bleu perçant dans ses yeux.


- Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de te parler depuis l’attaque du Manoir Malefoy, dit alors Severus qui semblait blessé par la question de la jeune femme. Et je voulais simplement savoir comment tu allais.


- Je vais bien, trancha Ellie.


- Et avec Potter ? Demanda Severus.


- Depuis quand cela t’intéresse-t-il ? Répliqua Ellie, sur la défensive.


Severus ne répondit pas, et s’efforça de cacher sa déception. Seulement, Ellie s’en rendit compte et elle soupira.


- Excuse-moi, finit-elle par dire. Je n’ai jamais aimé les bals. Ils me rendent légèrement à cran.


- Je sais, répondit simplement Rogue.


Un silence s’installa entre les deux professeurs qui se contentaient de danser, tout en évitant soigneusement de se regarder. Mais au bout d’un moment, Ellie sortit de son mutisme et osa lui poser la question qui lui brulait la langue depuis son retour à Poudlard :


- Pourquoi as-tu finis par rejoindre l’Ordre ?


- Pourquoi me poses-tu une question dont tu connais parfaitement la réponse ? Rétorqua Severus.


La jeune femme pouffa et se contenta de secouer la tête. Puis, Severus se rapprocha d’elle jusqu’à ce que sa bouche soit près de son oreille.


- Tu sais que le jour où il saura, il t’en voudra ? Murmura alors Rogue, pour que seule Ellie, ne l’entende.


- Il ne le saura jamais, trancha fermement Ellie.


- Si c’est vraiment ce que tu crois, tu te berces d’illusions, répondit Severus. Potter a beaucoup de défaut… Mais c’est tout sauf un idiot, et tu le sais pertinemment.


- Il ne se doute de rien, affirma Ellie.


- Est-ce qu’il se doute de ta réelle identité ? Non, bien sûr que non, sourit malicieusement Rogue. Mais il sait que tu as des secrets, et tôt ou tard, il fera le rapprochement entre la traque dans laquelle se sont lancés les Mangemorts, le Tournoi des Trois Sorciers et toi. Et à ton avis, comment ce cher Potter réagira lorsqu’il comprendra que l’unique raison pour laquelle son fils est impliqué dans le Tournoi, c’est toi ?


Ellie ne rétorqua rien mais elle enfonça involontairement ses ongles dans l’épaule de Severus, pour témoigner de sa contrariété.


- Tu es devenue trop proche de lui, finit par dire Severus, et malheureusement ça te perdra…


- Tu crois qu’il me détourne de ma mission ? Siffla alors Ellie, visiblement de plus en plus contrariée par les propos du Maitre de Potions.


- Non, affirma Severus, mais j’ai peur pour toi.


- Tu ne devrais pas, trancha Ellie.


- J’ai peur que dans cette histoire tu perdes plus de choses que tu pourrais en gagner, Ellie.


- C’est là que tu te trompes, mon vieil ami, dit alors tristement Ellie, en le regardant enfin dans les yeux. Je n’ai strictement plus rien à perdre… Ils m’ont tout pris.


Severus regarda sa consoeur avec beaucoup de tristesse. Il s’apprêta à lui répondre lorsqu’il sentit une main tapoter son épaule. Le Maitre des Potions soupira et se retourna vers le propriétaire de la main. Lorsqu’il prit connaissance de son identité, il soupira d’avantage, tout en maugréant :


- J’aurais du m’en douter.


- Puis-je ? Demanda alors James, en indiquant Ellie.


Severus lâcha la main de la jeune femme et fit une légère révérence devant elle, avant de repartir vers la table des Professeurs. Ellie ne le quitta pas des yeux, jusqu’à ce que son attention revienne vers James qui lui tendait à présent une main. Ellie l’accepta, et pria pour que le temps des valses cesse rapidement. Elle en avait marre de danser.


                James posa délicatement une main sur la hanche de sa cavalière, tandis que son autre main captura l’une des siennes. Puis, ils se mirent à danser, et la jeune femme décida de suivre de nouveau les conseils de son cavalier et maitre de danse, en s’en remettant totalement à lui, et à ses pas. Elle fut alors très surprise de constater qu’il ne la faisait pas danser en version sorcier. Elle interrogea alors James du regard qui lui répondit :


- Je me suis dit que tu devais en avoir marre des danses sorcières et que tu ne cracherais surement pas sur une bonne vieille valse moldue.


- Tu as vu juste, soupira Ellie. Merci.


- Mais je t’en prie, répondit James avec un sourire rempli d’une certaine malice.


Les deux membres de l’Ordre continuaient à danser au centre de la piste, attirant les regards des autres danseurs.


- Ellie, j’ai quelque chose à te demander… Dit soudain James, qui semblait soudainement nerveux.


- Quoi donc ?


- Je me demandais ce que tu faisais pour les fêtes ?


- Les fêtes ? Répéta la jeune femme. Quelles fêtes ?


- Les fêtes de Noël, Sturgis… Répondit James, légèrement déconcerté.


- Oh… Oui, les fêtes de Noël, bien sûr… Suis-je bête… Finit par dire Ellie, gênée.


Cependant, elle ne répondit pas à la question du jeune homme, de plus en plus décontenancé par son manque de réaction.


- Alors ? Finit par demander James, avec précaution.


- Oh je… Rien de spécial… Des corrections de devoirs, et des préparations de cours, dit Ellie en évitant de croiser le regard de son homologue.


- Tu es donc toute seule ?


- Oui…


- Très bien, dans ce cas tu oublies tes devoirs et autres cours, et tu viens passer les fêtes chez moi.


Cette annonce perturba suffisamment Ellie, pour qu’elle en vienne à trébucher et à marcher lourdement sur le pied de James, qui émit un grognement.


- Excuse-moi ! S’empressa-t-elle alors de dire, gênée.


- Je dois prendre ça pour un oui ? S’amusa James.


- Ecoute Potter… Je ne sais pas si…


- C’est Harry qui a insisté, dit alors James.


- Harry ? Répéta Ellie, assez surprise.


- Oui… Il m’a demandé de t’inviter.


A la suite de ces paroles, Ellie se mordit la lèvre inférieure et elle devint légèrement angoissée.


- Il t’apprécie beaucoup, et je pense qu’il aimerait vraiment que tu viennes…


- Potter…


- Et moi aussi, finit par admettre James, après une longue hésitation.


Cet aveu provoqua des frissons à la jeune femme tandis qu’ils parcoururent l’intégralité de sa colonne vertébrale. Cependant, elle fut dans l’incapacité de répondre quoique ce soit.


- Je ne te demande pas de me donner une réponse, Sturgis, dit alors James. Mais en tout cas, sache qu’il y aura un couvert de prévu pour toi et tu sais où on habite maintenant.


Ellie ne répondit rien et se contenta d’acquiescer. Puis, James la lâcha, et se recula. Puis, il lui fit une révérence avant de s’éloigner de nouveau en direction du buffet et de son meilleur ami, laissant Ellie dans un certain état de détresse émotionnelle.


 


 


 

Godrick's Hollow by Smittina
Author's Notes:

-> Juste parce que cette musique me retourne le coeur à chaque fois que je l'entends. Qu'elle a été utilisée pour HP7 part 1 lorsqu'Harry et Hermione retourne à Godrick's Hollow un soir de Noël et que je trouve qu'elle colle bien à l'esprit ici.

My Love Is Always Here - Alexandre Desplat.
https://www.youtube.com/watch?v=uqmuNExKsG0

Bonne Lecture !

"Noël ce n'est pas un jour ou une saison... C'est un état d'esprit "


Calvin Coolidge.


 


 


La veille de Noël était à présent arrivée, et le château était complètement vide, mise à part la présence de quelques élèves et professeurs qui étaient restés pour l’occasion. La neige tombait dans le Parc du Château, tandis qu’un certain professeur de Défense contre les Forces du Mal passa l’intégralité de sa journée à corriger des devoirs et à préparer ses prochains cours, afin de ne surtout pas penser à l’offre que James Potter lui avait faite le soir du Bal. A chaque fois qu’elle lui revenait en mémoire, la jeune femme perdait ses moyens et n’arrivait plus à garder les idées claires. L’idée de fêter cet évènement familiale était beaucoup trop douloureuse pour cette jeune femme dont le mot fête ne faisait plus partie de son vocabulaire depuis de nombreuses années.


                Alors qu’Ellie s’évertuait à se tuer à la tache, la nuit tomba rapidement sans qu’elle ne s’en aperçoive une seule seconde. Elle ne remarqua pas non plus, la porte de son bureau qui s’entrouvrit, ni le vieux sorcier qui s’y engouffra. Il fallut que Dumbledore se racle la gorge pour qu’elle finisse par se rendre compte de sa présence.


- Albus ? S’étonna alors la jeune femme, en fronçant des sourcils.


- Que faites-vous donc ici, Ellie ? Répliqua alors le vieil homme qui était resté debout et immobile, près de la porte.


- Je corrige mes copies, indiqua Ellie, éludant ainsi la véritable question de son ami dont elle avait parfaitement compris le sens.


- Pourquoi n’êtes vous pas à Godrick’s Hollow à l’heure qu’il est ? Précisa Dumbledore, très sérieusement.


- Qu’est-ce que j’irais faire là-bas ? Rétorqua Ellie, tout en faisant mine de replonger son nez dans ses copies.


Dumbledore soupira, comprenant parfaitement la stratégie de la jeune femme qui consistait à se protéger du mieux qu’elle le pouvait, en faisant comme si de rien n’était. Ainsi, il l’observa longuement sans rien ajouter. Mais au bout du compte, le vieil homme ne put s’empêcher de lui dire gravement :


- Votre place n’est pas à Poudlard.


Ellie soupira à son tour tandis qu’elle sentit son cœur totalement écrasé dans un étau. Elle posa sa plume et finit par planter son regard perçant dans celui du directeur.


-  Elle n’est pas là-bas non plus, Albus, affirma-t-elle, tout en essayant de cacher la douleur qui lui lacerait le cœur à cet instant précis.


- Mais ma très chère amie… Soupira le vieil homme avec beaucoup de compassion. Si votre place n’est pas là-bas, en cette veille de Noël, alors elle n’est nulle part ailleurs sur cette Terre.


Ellie déglutit fortement tandis que les paroles du vieil homme accentuèrent cette douleur lancinante qui lui lacerait la poitrine.


- C’est trop douloureux, Albus, admit difficilement la jeune femme au bout de quelques instants. Je n’aurais pas la force de porter ce masque, ce soir… Comment pourrais-je les regarder en face, après ce que je leur ai fait ?


- Je comprends, Ellie… Mais un jour ou l’autre vous devrez affronter cette douleur… Et les affronter… Alors pourquoi ne pas commencer dès ce soir ?


- Albus, je…


- Comme une jeune femme pleine de bon sens m’a dit un soir de Noël, la coupa-t-elle gentiment, alors qu’une tempête faisait rage dehors et que je refusais de sortir mon nez des stratégies pour défaire Voldemort…


Le vieil homme marqua une courte pause et sourit malicieusement avant de finir :


- Personne ne devrait être seul pour Noël…


Ces dernières paroles écrasèrent d’autant plus le cœur meurtri d’Ellie, qui regarda Dumbledore lui sourire une dernière fois et sortir calmement de son bureau. Ellie fixa longuement la porte, silencieuse et extrêmement pensive, tout en essayant de reprendre le dessus sur ses émotions. Lorsqu’elle y parvint, elle inspira fortement et décida de retourner à la correction de ses copies. Elle reprit donc sa plume et porta toute son attention sur la copie qu’elle tenait entre ses doigts. Son cœur se serra de nouveau lorsqu’elle crut en reconnaitre l’écriture. Elle regarda alors dans la direction du nom du propriétaire de la copie et ses doutes furent instantanément confirmés. Il s’agissait de celle d’Harry Potter. La jeune femme ferma les yeux, avant de reporter son attention sur sa fenêtre. Elle remarqua enfin que la nuit était tombée et regarda en direction de l’horloge présente dans son bureau. Il était 20h passé. Les paroles de Dumbledore revinrent en mémoire à la jeune femme, et sans qu’elle ne puisse expliquer pourquoi, elle se leva, prit sa cape et sortit du château par l’un des passages secrets qu’il abritait. Puis, une fois arrivée à Pré-au-Lard, elle transplana.


***


                Le vieux clocher de l’église sonna 21h tandis que de nombreuses personnes – uniquement des moldus - semblaient s’en rapprocher pour fêter et célébrer plus tard, la messe de Noël. Les enfants courraient et s’amusaient ensemble dans la neige tandis que les parents, sourires aux lèvres, s’enivrèrent silencieusement de la quiétude qui pouvait régner durant ces quelques heures de fêtes. Ces personnes ne remarquèrent guère la multitude de hiboux qui pouvaient s’envoler dans les airs, des lettres et paquets en tout genre accrochés à leur patte. Ils ne remarquèrent également pas, la présence d’une jeune femme qui déambulait à contre sens dans la rue piétonne centrale, vêtue étrangement d’une vieille cape de velours, bleue marine. Ainsi, ils ne la virent pas s’engouffrer dans une petite rue, ni s’arrêter devant ce qui pouvait ressembler pour eux, à un vieux cottage délabré. Cette dernière resta longtemps immobile devant ces lieux, avant de franchir le petit portillon délimitant la propriété. Puis, elle hésita encore plus longuement à frapper à la porte. Elle finit par s’y résoudre lorsqu’un rire retentit à ses oreilles, l’arrêtant net dans son élan. Le cœur de la jeune femme se serra presque instantanément et elle se dirigea vers la fenêtre qui lui offrait une merveilleuse vue sur les évènements qui se passaient entre ces quatre murs.


                Rémus Lupin et Peter Pettigrow étaient tous deux assis sur l’un des canapés présents dans le Cottage. Entre eux, se trouvait le jeune Harry Potter, un sourire éclatant au coin des lèvres. Le rire que la jeune femme avait entendu provenait de cet adorable petit garçon à lunettes. Ce dernier avait du s’esclaffer de rire à cause de son parrain, Sirius Black qui se tenait debout près de la cheminé, en train de faire le pitre comme à son habitude. Seul James Potter, le propriétaire des lieux n’était pas visible depuis l’endroit où la jeune femme se trouvait. Mais elle pensa que le jeune homme devait également être en train de rire à la blague de Sirius. Il le faisait toujours, de toute manière. Cette scène familiale transperça le cœur de la jeune femme qui finit par se demander ce qu’elle faisait vraiment là. Son regard se porta longuement sur le jeune Potter tandis que son cœur se mit à rétrécir progressivement dans sa poitrine. Elle ferma les yeux lorsqu’elle l’entendit rire de nouveau et secoua violemment la tête, avant de faire demi-tour et de s’enfuir assez rapidement en direction du portillon. Elle devait rentrer au plus vite à Poudlard, et elle savait qu’elle ne pouvait transplaner dans l’enceinte de la propriété des Potter.


                Alors qu’elle eut presque atteint le portillon en question, la jeune femme entendit la porte d’entrée s’ouvrir et une voix masculine, vraisemblablement amusée, s’exprima à l’adresse de Sirius. Puis, le propriétaire de la voix s’arrêta et la jeune femme pria pour qu’il n’ait pas remarqué sa présence. Elle était si près du but.


- Sturgis ? S’étonna alors la voix masculine qu’elle ne connaissait que trop bien.


La jeune femme ferma les yeux et expira fortement. Il l’avait donc vue. Elle se ressaisit le plus rapidement possible et se retourna vers l’homme, comme si elle n’avait pas été prise sur le fait, en train de fuir.


- Bonsoir Potter, répondit-elle, gênée.


- Tu t’en allais sans dire bonsoir ? Répondit le bel homme à lunettes, tandis qu’il s’approcha d’elle, une poubelle à la main.


Ellie rougit légèrement et passa une main nonchalante dans ses cheveux, essayant de trouver une excuse le plus rapidement possible. Cependant, à court d’idée et de temps, elle opta pour la vérité.


- Je comptais frapper mais…


- Mais ? Sourit James.


- Je vous ai vu, soupira-t-elle, assis tous ensemble, comme une famille et je me suis dit que je n’avais pas ma place auprès de vous…


James lui sourit tendrement, avant de jeter sa poubelle et de lui tendre la main. Ellie la regarda longuement, alternant des regards inquisiteurs entre cette main et le visage toujours étonnement souriant de James.


- Je croyais t’avoir dit que dans tous les cas, une place serait prévue pour toi.


- Potter, je…


- Elle t’attend donc, patiemment… Continua le brun à lunettes.


- Je ne veux pas être de trop, affirma Ellie, qui avait de plus en plus envie de saisir la main de son homologue.


- Ma femme disait toujours que personne ne devrait être seul pour Noël, dit calmement James, sans perdre patience.


Ellie ne protesta plus, tandis que son cœur se serrait davantage. Si cela était possible, bien entendu.


- Je pense qu’elle avait raison, continua James. Personne ne devrait l’être.


- Je suis de trop, je n’appartiens pas à votre famille. Je…


- Tu as sauvé la vie de Sirius, la coupa James, mon frère de cœur. Tu as sauvé la vie de mon fils avec ta brillante idée pour affronter un dragon. Tu l’aides à se défendre contre les Mangemorts qui lui voudrait du mal…


- Mais je… Tenta de protester Ellie.


- Et tu m’as sauvé la vie également, dans le manoir des Malefoy. S’ils avaient continué de parler ainsi de Lily, et si tu n’étais pas intervenue, j’aurais surement explosé de rage et ils auraient été dans l’obligation de me tuer, laissant ainsi derrière moi, mon fils totalement orphelin.


La jeune femme ne comprenait pas où est-ce que James voulait en venir mais ses propos eurent le mérite de la laisser complètement sans voix.


- Chacune des personnes qui sont à l’intérieur, continua James, aurait probablement agi de la même manière que toi, dans les mêmes circonstances. Alors j’estime que tu as autant ta place parmi nous, que Sirius, Rémus ou Peter.


Cet aveu émut énormément Ellie qui essaya de cacher son trouble du mieux qu’elle put. Elle ne devait surtout pas abattre son masque devant James.


- Alors s’il te plait, Sturgis, ajouta James, la main d’autant plus tendue vers elle. Accepte de te joindre à nous ce soir. Ca ferait extrêmement plaisir aux garçons, à Harry et… à moi.


Face à ce nouvel aveu, Ellie ne put résister davantage, et hocha timidement la tête avant de saisir la main brulante de James, qui se referma sur la sienne, entièrement glacée par le froid de décembre. Puis, le jeune homme lui adressa un tendre sourire et ils se dirigèrent ensemble vers la porte d’entrée du Cottage, laissée entrouverte depuis le départ de James. Et tandis qu’ils franchirent la porte, Ellie murmura timidement :


-  Merci.


- Je t’en prie, répondit James sur le même ton.


Les deux jeunes gens progressèrent vers le salon, où tout le monde se trouvait. Puis, James lâcha la main d’Ellie et cria :


- Regardez qui est finalement venu !


Toutes les têtes se retournèrent vers eux, presque immédiatement, et lorsque les garçons se rendirent compte de la présence d’Ellie, leurs visages s’illuminèrent.


- Ellie ! S’exclama Sirius, les bras grands ouverts.


- Content que tu sois là, Ellie, ajouta Rémus, en inclinant faiblement sa tête.


- Bienvenue parmi nous, Ellie, rajouta Peter.


Ellie fut touchée par un tel accueil. Cependant, celui qui la toucha le plus, fut celui du jeune Harry Potter, qui se leva précipitamment vers son père et elle, un sourire éclatant sur son visage.


- Professeur ! Vous êtes venue !


- Oui, sourit Ellie. Mais je vous en prie, Harry. Laissez tomber les « Professeur » pour ce soir. Vous pouvez m’appeler Ellie.


- Très bien, Ellie, s’enthousiasma Harry. Vous voulez que je vous fasse découvrir la maison ? Ah non, suis-je bête, vous êtes déjà venu… Mais est-ce que vous avez vu la serre ? Et l’atelier de Potion ? Vous voulez voir le Terrain de Quidditch qu’on a aménagé ?


- Du calme, Harry, se mit à rire James. Ellie vient à peine d’arriver. Ca serait bête de la faire fuir…


Tout le monde rit face à l’enthousiasme du jeune Potter et à la remarque de James. Même Ellie esquissa un maigre sourire, mais si sincère.


- Tu veux bien aller chercher un jus de citrouille pour Sturgis ? Lui demanda-t-il gentiment.


- Bien sur, Pa’.


Puis Harry courut en direction de la cuisine, sous les regards amusés de son père et oncles.


- Donne moi ta cape que je te débarrasse un peu, demanda James, en tendant ses mains dans la direction d’Ellie.


- Merci, lui sourit timidement cette dernière.


Elle déboutonna le col de sa cape et la tendit à James. Ce dernier la prit et la rangea dans un placard. Puis, il se tourna vers la jeune femme, toujours immobile à l’entrée du salon. Elle se tordait les doigts - preuve flagrante de sa nervosité – et James s’en rendit compte. A vrai dire, comme cela était souvent le cas avec Ellie Sturgis, il aurait cru voir en elle, sa Lily, nerveuse, lorsqu’il la présenta pour la première fois à ses parents, dans ce même hall d’entrée, 17 ans plus tôt. Cette image le troubla quelques instants mais il finit par se reprendre avant de s’approcher d’Ellie et de se pencher à son oreille pour qu’elle seule puisse entendre ses paroles.


- Pardonne Harry pour son enthousiasme. Il n’a pas l’habitude d’avoir une présence féminine dans cette maison. Et puis… Il t’apprécie énormément.


- Il n’y a aucun souci, lui sourit Ellie.


- Tenez Prof… Ellie ! Se reprit Harry, tout en tendant le verre à son professeur préféré.


- Merci beaucoup Harry, lui répondit Ellie, avec un magnifique sourire cette fois.


- Vous voulez voir la serre, maintenant ? S’empressa d’ajouter le garçon.


- Harry… Soupira son père, toujours aussi amusé et heureux de voir son fils dans cet état.


- Ne t’en fais pas, Potter, le coupa Ellie, avant de se tourner vers Harry. Je serais plus qu’enchantée de visiter la serre.


- Génial ! S’écria Harry. Suivez-moi, c’est par ici.


Puis, les Maraudeurs virent Ellie et Harry prendre la direction de la Serre, en passant derrière le grand escalier.


 


***


 


                En une vingtaine de minutes, Harry avait fini par faire découvrir à son professeur l’intégralité de sa demeure. Ainsi, la jeune femme avait mis les pieds dans la serre, sur le terrain de Quidditch aménagé et caché aux yeux de tous par son père, ainsi que dans une magnifique volière où la chouette blanche d’Harry semblait prendre un repos bien mérité. Harry finit sa visite par la pièce qui lui tenait le plus à cœur et qui en même temps le  rendait extrêmement mélancolique. Il s’agissait de l’Atelier de Potions qui appartenait jadis à sa mère.


                Lorsqu’il fit pénétrer Ellie à l’intérieur, cette dernière reconnut instantanément le doux parfum de coquelicot fané qui s’échappait de la potion d’apaisement. Cette dernière était utilisée pour apaiser et calmer les enfants en bas âge, le soir, afin qu’ils puissent s’endormir tranquillement et paisiblement.


- Et voici l’Atelier de Potion qui appartenait à ma mère, déclara fièrement Harry, tout en approchant des chaudrons en étain et en cuivre, reposant sur une paillasse du fond.


- C’est une très jolie pièce, affirma Ellie, qui s’émerveilla de voir que cette salle était parfaitement bien entretenue, et propre.


- Ma mère adorait les potions, expliqua Harry, avec une certaine mélancolie. C’était sa matière préférée à Poudlard, et d’après Papa, elle avait un véritable don pour ça…


Les dernières paroles d’Harry s’accompagnèrent d’un soupire, et le jeune Potter sembla perdre un peu de sa gaité, ce qui n’échappa pas à Ellie.


- Cela semble vous rendre triste, releva-t-elle.


- Je suis nul en Potions, décréta Harry, presque abattu.


- Et ? Essaya de le faire parler Ellie, en se rapprochant doucement de lui.


- J’aurais tellement voulu être doué dans cette matière, expliqua Harry. J’aurais voulu rendre hommage à ma mère ainsi. Mais je ne suis bon qu’à faire exploser mon chaudron et à cramer les sourcils de Ron…


Cette dernière réplique fit rire Ellie, qui ne réprima rien de ce sentiment de joie qui la parcourrait à cet instant précis. Harry quant à lui, regarda son professeur avec étonnement, attendant d’avoir de plus amples explications de sa part. Et puis… C’était la première fois qu’il l’entendait rire et étrangement ce son lui réchauffait le cœur.


- Vous n’avez peut-être pas hérité des dons de votre mère pour les potions, finit par dire Ellie, mais c’est à croire que vous avez ceux de votre père.


- Comment savez-vous que mon père… Commença Harry, assez décontenancé à présent par ses propos.


- J’ai été victime de son manque total de connaissance en potion, il y a un mois quand j’ai été blessée, le coupa-t-elle précipitamment.


- Oh, je vois… Sourit le garçon.


- Mais vous savez Harry, reprit sérieusement Ellie, je pense qu’il existe d’autre moyen pour vous de rendre hommage à votre mère…


- Vous pensez ? Demanda Harry, peu convaincu jusqu’à présent.


Tandis qu’Ellie s’apprêtait à répondre, James arriva dans le vestibule de l’Atelier. Il alla interrompre leur conversation afin de leur annoncer qu’il fallait passer à table, lorsqu’il prit connaissance de leur sujet de conversation. Ainsi, le jeune homme resta tapi dans l’ombre, tout en prenant soin d’écouter la suite de cet échange.


-  Bien sur, continua alors Ellie, en souriant. Vous honorez votre mère lorsque vous prenez la défense de votre ami Neville devant les Serpentards. Vous l’honorez lorsque vous prévenez Cédric Diggory de l’existence des dragons… Vous l’honorez quotidiennement par votre bravoure, votre courage et par votre générosité.


Le discours de son professeur laissa Harry totalement sans voix, et extrêmement ému.


- Votre capacité dans une matière n’honore pas la femme qu’elle était et la mère qu’elle aurait pu être pour vous, continua tristement Ellie. Ce ne sont que des matières après tout ! En revanche, vos actes, eux, pèsent dans la balance, et honorent beaucoup plus sa mémoire.


Dans l’obscurité, le cœur de James fut pris dans un étau. Le discours d’Ellie était tellement juste et tellement approprié. Il n’aurait pas pu dire mieux à son fils.


- J’ai eu un enfant, vous savez ? Continua difficilement Ellie, le regard plongé dans les yeux émeraude d’Harry.


- N… Non… Je… Je l’ignorais, balbutia Harry, visiblement troublé et ému par la nouvelle, d’autant plus qu’il avait remarqué son emploi du passé.


- On me l’a enlevé alors qu’il était encore bébé…


Ce dernier aveu finit d’achever le cœur de James, qui ne s’était jamais douté qu’au-delà la perte d’un homme, Ellie Sturgis avait pu souffrir de la perte d’un enfant. Et à cet instant précis, il eut énormément de compassion pour elle, n’osant même pas imaginé combien cette épreuve avait pu être douloureuse pour elle.


- Je suis désolé… Répondit sincèrement Harry.


- Il aurait eu quatorze ans, continua Ellie, tout en regardant Harry avec ses yeux perçants. Quelques fois, j’aime imaginer à quoi il ressemblerait s’il était toujours à mes côtés…Et quand je pose les yeux sur vous, Harry… Je me dis que j’aurais bien aimé que mon fils eut été comme vous. Un garçon courageux, généreux, droit, loyale… Votre mère, si elle eut été en vie, aurait été fière de vous… Croyez-moi…Elle aurait été très fière…


Le sourire d’Harry revint s’installer sur son visage, tandis qu’Ellie réussit eu énormément de difficulté à prononcer ces mots. James, de son côté, fut également très touché par les propos qu’elle avait tenus, et grandement peiné pour elle. Et il comprit ce que Dumbledore avait voulu dire lorsqu’il lui avait révélé que les secrets d’Ellie étaient extrêmement douloureux pour elle.


                Cependant, le jeune homme se ressaisit et feint d’arriver en courant pour les prévenir que le diner allait être servi. Harry et Ellie le suivirent et le diner se déroula dans la joie et la bonne humeur. Les trois jeunes gens retrouvèrent leur sourire en compagnie d’un Sirius Black plus que déchainé. Mais durant la totalité du repas, une partie de James ne pouvait s’empêcher de repenser sans cesse à Ellie et à la perte qu’elle avait subie. Il repensait surtout à la phrase que la jeune femme avait prononcé : «  On me l’a enlevé », se demandant à qui le « on » pouvait bien faire référence.


 


***


 


                Quatre heures passèrent sans qu’aucune des personnes présentes dans le Cottage ne s’en rendent compte. Au bout du compte, Peter fut le premier à partir, suivi de prêt par Rémus. Sirius resta beaucoup plus longtemps mais finit par fatiguer lorsqu’Ellie et Harry entamèrent une partie d’échec version sorcier. James quant à lui, arbitrait la partie et surprit à plusieurs reprises Ellie, en train de changer sa tactique pour ne pas vaincre Harry facilement et lui donner une chance. Il ne put alors s’empêcher de penser qu’elle aurait fait une excellente mère.


- Echec et mat ! S’écria Harry, avec un grand sourire au coin des lèvres.


- Effectivement, dit Ellie.


- Bon, je ne veux pas jouer les rabat-joie, décréta James, mais il serait peut-être temps pour nous d’aller se coucher.


- Pourquoi, quelle heure il est ? Demanda Harry, assez mécontent.


- Il est près de deux heures du matin, fiston, répondit James, en baillant.


- Deux heures du matin ? S’affola Ellie, en se relevant brusquement de sa chaise.


- Oui, Sturgis… Confirma James, assez surpris par sa réaction.


- Par les caleçons de Merlin ! S’exclama-t-elle alors à la surprise de tous. Le couvre-feu !


- Ah mince… Grimaça James, qui comprit enfin sa réaction.


- Quel couvre feu ? S’étonna Harry.


- Celui de Pré-au-Lard, expliqua James. Passé minuit, plus personne ne peut y mettre les pieds.


- Donc ça signifie qu’Ellie ne peut plus rentrer à Poudlard ? Demanda Harry.


- Effectivement, soupira Ellie, se trouvant parfaitement idiote à cet instant précis. Il ne me reste plus qu’à prier pour qu’il reste une chambre de libre au Chaudron Baveur…


- Ou vous pourriez dormir dans la chambre d’ami, suggéra Harry.


James se tourna rapidement vers son fils, puis vers Ellie qui semblait assez surprise par la proposition d’Harry. Puis, les regards d’Ellie et James se croisèrent, avant de s’éviter rapidement. A présent, Ellie était gênée, car, comme James, elle venait de repenser aux évènements qu’il s’était produit dans le Cottage, un mois auparavant.


- Je ne veux pas vous déranger avec mon manque d’anticipation… Commença alors Ellie.


- Tu ne nous déranges absolument pas, la coupa James. Et tu nous insulterais même, si tu refusais notre gite pour cette nuit.


Le brun à lunettes lui fit cette réflexion avec un sourire rempli de malice. Ellie essaya de ne pas se laisser distraire et regarda Harry, dont le regard était rempli d’un grand espoir. Elle ne put finalement pas résister à ce regard et finit par céder en acceptant leur proposition.


                Ainsi, Ellie retourna dans la chambre d’ami qui lui avait été indiquée lors de sa dernière visite. Elle entreprit d’enlever ses vêtements pour se mettre à l’aise lorsqu’une personne pénétra dans la chambre sans s’annoncer. Il s’agissait de James, qui était venu lui apporter des serviettes de bain. Ce dernier remarqua rapidement le manque de vêtements de sa consoeur, qui était vêtue d’un simple pantalon et soutien-gorge à présent. James se sentit extrêmement mal et s’empressa de se retourner et de fermer la porte derrière lui. Ellie quant à elle, leva les yeux au ciel et soupira.


- Je suis désolé Sturgis, je ne savais pas… Je ne voulais pas…


- On ne t’a jamais appris à frapper avant d’entrer ? Lui demanda-t-elle ironiquement.


- Je…Oui… bien sur… mais… Balbutia ce dernier.


- Ca va, Potter, s’amusa la jeune femme. Ce n’est pas comme si tu ne m’avais jamais vu vêtue de la sorte… Retourne-toi, tu n’as plus douze ans que je sache…


James, assez surpris dans un premier temps, hésita longuement mais finit par se retourner. Il vit ainsi Ellie, en train d’enfiler un tee-shirt plus confortable qu’Harry lui avait prêté pour la nuit. D’ailleurs, James reconnut qu’il s’agissait d’un de ses maillots : celui de Morane, le poursuiveur vedette de l’équipe irlandaise de Quidditch. Il reconnut également les nombreuses cicatrices présentes sur le corps d’Ellie, et il déglutit. James ne put s’empêcher de fixer la jeune femme et ses marques, ce qui n’échappa pas à l’œil aguerri d’Ellie. Cette dernière soupira et finit par dire :


- Pose-la ta question…


- Quoi ? Demanda James, qui sortit de ses pensées. Quelle question ?


- Celle qui te brule la langue depuis que tu as vu mes cicatrices, dit la jeune femme, en se rapprochant de lui, d’un pas décidé.


Ellie planta son regard pénétrant dans celui de James, assez mal à l’aise à présent. Les deux jeunes gens s’observèrent longuement, dans le silence le plus complet durant près d’une minute. Puis, James finit par céder à la curiosité. Après tout, la jeune femme l’avait quasiment autorisé à le faire.


- Tes cicatrices ont été provoquées par des sortilèges de magie noire, affirma-t-il.


Ellie ne répondit rien, même si James remarqua la lueur de tristesse mêlée à une forme de colère, qui passa dans ses yeux.


- J’ai cru voir que certaines d’entre elles, étaient plus récentes que d’autre, continua-t-il avec précaution.


- Je n’ai toujours pas entendu la moindre question Potter, dit alors Ellie, toujours aussi stoïque.


James déglutit légèrement avant d’oser demander :


- On t’a torturée ?


- Oui, répondit simplement Ellie, sans sourciller une seule fois.


Le jeune homme attendit quelques instants que la jeune femme ne lui donne de plus amples explications mais rien ne vint. Alors, il finit par ajouter :


- Pendant combien de temps ?


Ellie ferma les yeux lorsqu’il lui posa cette question, et inspira fortement avant de s’assoir sur le lit. Elle indiqua à James une chaise pour que ce dernier puisse s’assoir à sont tour. Ce dernier ne se fit pas prier et prit place rapidement. A présent, il faisait face à la jeune femme.


- C’est douloureux Potter, lui dit-elle alors en soupirant. Alors par pitié, ne me fais pas répéter.


Pour seule réponse, James acquiesça. Ce dernier était partagé par ses sentiments. Une partie de lui, curieuse, ne rêvait que de percer les secrets de cette mystérieuse femme. Mais l’autre, redoutait ce qu’elle allait lui révéler, craignant l’empathie grandissante qu’il s’était mis à ressentir pour elle depuis le jour où il l’avait vu terrifiée au Chaudron Baveur. Car James ne pouvait pas le nier, il s’attachait de plus en plus à elle.


                De son côté, Ellie ferma les yeux et inspira fortement. Elle ne savait pas si elle avait raison de le faire ou non, mais elle avait décidé qu’il était enfin temps pour James Potter de connaître une partie de sa sombre histoire. Alors, elle inspira une dernière fois, et commença son récit.


 


 

End Notes:

J'espère que vous ne m'en voudrez pas une fois de plus d'avoir coupé à cet endroit précis hihi :D

Merci d'avoir lu en tout cas!

Révélations et Guet-Apens by Smittina
Author's Notes:

Merci à tous pour vos reviews de la semaine dernière et voici la suite ! J'espère qu'elle vous plaira ! 

Rating -16 adapté à ce chapitre !

-> Sonate au Clair de Lune - Beethoven
https://www.youtube.com/watch?v=Bmwkx0tSvKc

Bonne Lecture !

James était allongé sur son lit à baldaquin, les bras croisés derrière la tête et surtout extrêmement pensif. Les révélations qui lui avaient été faites précédemment par Ellie Sturgis, l’avaient largement bouleversé. Les faits étaient trop similaires pour que cela ne soit qu’une simple et malheureuse coïncidence. Plus il y pensait, et plus ses pensées devenaient claires : James pensait avoir percé le mystère planant autour de l’identité d’Ellie.

***

Cinq minutes auparavant, dans la chambre pour ami du Cottage de Godrick’s Hollow, Ellie avait commencé à se confier à James au sujet de son passé.

- Je me suis mariée jeune, Potter.

James fut plutôt surpris. Il ne pensait pas une seule seconde qu’elle commencerait par ça.

- Certaines personnes n’ont jamais compris notre besoin de nous marier tout juste après l’obtention de notre diplôme…Continua-t-elle avec une certaine mélancolie dans le ton de sa voix. Pourtant, pour nous c’était une évidence… Le monde extérieur était particulièrement inquiétant et de plus en plus sombre… On n’avait pas une minute à perdre… Surtout que mon mari était un homme de principe et de convictions… Et en ces temps obscurs, Merlin seul sait que les principes et les convictions n’y ont pas leur place…

James déglutit car au fond, il ne pouvait être que d’accord avec ses propos.

-  Du coup… Tu peux comprendre que mon Mari n’a jamais pu se résoudre à adhérer aux idéologies de Voldemort malgré son statut de Sang Pur. Et lorsque nous sommes rentrés en Grande Bretagne, il s’est opposé ouvertement à eux, en refusant leur généreuse offre qui lui aurait permis de se faire tatouer le bras. Il les a même humiliés à plusieurs reprises.

Le cœur de James se serra involontairement car il connaissait que trop bien le prix à payer pour ceux qui refusaient l’amitié de Voldemort. Lui et sa famille n’en avaient que trop souffert.

- Ils sont venus une nuit, chez nous… Ils étaient une dizaine…

Ellie marqua une courte pause et essaya de respirer alors que l’air semblait se faire de plus en plus rare dans ses poumons.

- Ils m’ont pris tout ce que j’avais de plus chère au monde… Ma famille.

A présent, ce fut James qui eut du mal à respirer. Il ne comprenait que trop bien le sentiment qu’Ellie pouvait ressentir face à ces évènements. Il avait vécu ça avec la perte tragique de Lily.

- Ils m’ont battue. Lacérée. Ecorchée. J’étais salement amochée…Mais ils ont décidé de me garder en vie…

James déglutit de nouveau. Avait-il eu raison d’insister auprès de la jeune femme ? Etait-il vraiment sur de vouloir savoir ?

- Ils ont pris soin de me bander les yeux et on a transplané hors de mon domicile…

James remarqua que le corps d’Ellie se crispa. Elle ferma les yeux, déglutit et serra les couvertures du lit sur lequel elle était toujours assise. Puis, elle prit une grande bouffée d’air frais et continua son récit :

- Je me souviens encore de l’air anormalement frais de cette soirée. Le vent venait frapper mon visage et apportait jusqu’à mon nez une douce odeur de cèdre. J’avais énormément de mal à marcher et deux d’entre eux me soutenaient fermement pour m’empêcher de m’étaler par terre. Il faut dire que j’avais perdu pas mal de sang.

Durant la totalité de son discours, James ne la quitta pas du regard et buvait la moindre de ses paroles. Pour une fois qu’elle lui parlait d’elle, il voulait tout enregistrer dans un coin de son cerveau, même si toute cette histoire lui glaçait le sang…

- Après avoir marché sur une distance considérable, j’ai entendu un son métallique… Une sorte de grincement. J’en ai déduit qu’il devait s’agir d’un portail. On pénétrait donc dans une propriété… Surement celle d’un Mangemort. Ils m’ont soulevé afin de gravir quelques marches et mes pieds ont fini par fouler un sol marbré. De nombreuses voix, qui résonnaient en écho, s’élevèrent soudainement tout autour de moi. Certaines personnes riaient. D’autres semblaient tout simplement impatientes. Derrière mon bandeau, je pouvais presque les voir se frotter les mains. C’est alors que j’ai compris… J’étais ici pour une seule raison… J’étais leur prochaine distraction de la semaine.

Lorsqu’elle prononça ces mots, James ne put s’empêcher de fermer les yeux à son tour et de déglutir, car une fois de plus il savait pertinemment ce que « distraction » signifiait pour les Mangemorts. Et il comprit également comment Ellie connaissait l’existence des fameux pendentifs en or.

- Mon mari m’avait parlé de certaines de leurs pratiques sordides. J’avais donc une idée de ce qu’ils allaient me faire. Mais je m’en moquais comme de ma première baguette. Je ne pensais qu’à eux… Ma famille…

Ellie marqua une courte pause pendant laquelle elle déglutit. Puis, contre toute attente, elle finit par rouvrir les yeux, comme si le plus dur pour elle, était dit. Elle planta ses yeux bleus perçants dans ceux de James qui ne l’avait toujours pas quitté du regard, avant de poursuivre.

-  Ils m’ont jetée dans un cachot où une personne au visage masqué m’a retirée mon bandeau et m’a soignée. Une fois que cela a été fait, une fois que j’étais comme neuve… Ils m’ont laissée là… A même le sol pendant des jours… ou peut-être des semaines, qui sait ? On perd vite la notion du temps dans ces moments là…

En prononçant ces dernières paroles, Ellie se perdit quelques temps dans ces pensées. James quant à lui, commençait à douter, regrettant même un peu d’avoir osé lui poser la question. Elle avait du vivre un enfer. D’autant plus qu’il ne pouvait s’empêcher de faire un parallèle entre ce qui était arrivé à Ellie et ce qui avait surement du vivre sa Lily.

- Ils ne m’ont pas nourri durant cette période… Et je devais rationner l’eau que l’on m’apportait de temps en temps… Continua-t-elle.

James s’interrogea intérieurement sur l’utilité de l’approvisionner en eau si leur but avait été de la tuer au final. Mais une fois de plus, Ellie devina sa question, ce à quoi elle répondit :

- Ils ne voulaient pas que je meure avant d’avoir pu jouer avec moi, Potter. Donc l’eau était nécessaire.

James déglutit et ne put s’empêcher de la dévisager du regard. Puis, un certain silence s’installa entre eux. Il dura quelques longues secondes durant lesquels James se demanda si elle avait fini avec son récit. Mais contre toute attente, Ellie soupira et continua :

-  Un jour, ils ont fini par entrer dans mon cachot. Ils étaient trois et portaient tous des masques. Ils m’ont portée. A vrai dire, ils n’avaient pas le choix s’ils tenaient à ce que je les suive car j’étais trop affaiblie pour me mettre debout.

Etrangement Ellie sourit d’un air mauvais et secoua la tête, avant de déglutir et de continuer :

- Ils m’ont transférée dans une autre pièce, beaucoup plus lumineuse. Ce n’était pas grand-chose, mais le peu de luminosité qu’il y avait, suffisait à m’aveugler alors que j’avais été privée de toute lumière depuis le début de ma captivité. Ils m’ont déposé sur une chaise. Avec le peu de force qu’il me restait, j’ai essayé de me débattre, mais l’un d’eux m’a solidement attaché.

James remarqua le regard d’Ellie, vidé de toute expression et braqué sur ses poings, serrés.

- Puis, il s’est penché au niveau de mon oreille. « Ne résiste pas, beauté. Garde tes forces. Tu en auras besoin » qu’il m’a dit… Et il avait raison. Les deux heures qui suivirent furent deux heures de tortures à coup de sortilèges de magie noire. Doloris, SectumSempra et autre merveilleux sorts en tout genre. Ils y sont tous passés, m’entaillant la peau, petit à petit.

La gorge de James se serra et il ne put s’empêcher d’empoigner à son tour les couvertures du lit de la chambre d’ami. Vu l’état dans lequel il avait retrouvé sa femme, ils avaient du lui faire la même chose…

- Quand ils ont senti que je partais, ils ont mis fin à cette… séance. Deux autres personnes sont entrées dans cette chambre de torture. Elles m’ont soigneusement détachées et à l’aide d’un Sortilège de Lévitation, elles m’ont reconduites jusqu’à mon cachot. Là-bas, elles s’évertuaient à panser mes plaies et à me remettre sur pieds. De manière générale, je peux dire que j’étais en sécurité le temps que mes plaies guérissent. Mais lorsqu’elles étaient totalement cicatrisées, le calvaire a recommencé encore et encore, durant ce qui a semblé pour moi, une éternité

Ellie finit son récit en plantant son regard triste et profondément meurtri dans les yeux d’un James Potter totalement anéanti par les révélations de la jeune femme. Ils n’eurent pas besoin de dire quoique ce soit et se comprirent en un seul regard. Ils savaient que plus jamais ils ne reparleraient de tout ça. C’est ainsi que James quitta la chambre d’ami pour rejoindre sa propre chambre, des milliers de questions en tête mais surtout des doutes quant à l’identité d’Ellie Sturgis.

 

***

 

                Le lendemain matin, jour de Noël, Ellie resta en compagnie des Maraudeurs à cause de l’insistance dont avait fait preuve le jeune Potter. Ce dernier avait été énormément gâté par son père, ses oncles mais également par ses meilleurs amis. Mais ce qu’Harry apprécia le plus durant cette journée de fête, fut la présence de son professeur préféré, qu’il appréciait de plus en plus. Il ne l’avoua pas à son père, ni à quiconque d’ailleurs, mais la présence d’une femme dans leur cottage, lui fit énormément de bien. Pour la première fois dans sa vie, Harry eut l’impression d’avoir une sorte de mère à ses côtés, pour Noël.

                Lorsque la journée toucha à sa fin, Peter et Rémus partirent chacun de leur côté, et James insista pour raccompagner Ellie jusqu’à Poudlard. Sirius, quant à lui, resta auprès d’Harry avec qui, il joua au Quidditch. Lorsque James rentra, ils se mirent tous les trois à ranger et à nettoyer le Cottage. Puis, James prépara une soupe pour les aider à digérer les copieux repas qu’ils avaient ingurgités. Ils mangèrent dans la joie et la bonne humeur et James envoya Harry se coucher dès que les premiers signes de fatigue apparurent chez le garçon. Puis, il invita Sirius à le suivre dans la cave. Ce dernier trouva le comportement de son ami étrange. En treize ans, Sirius avait passé de longues soirées à discuter avec James, mais jamais ce dernier ne l’avait convié dans un lieu aussi spécial que sa cave.

                Une fois qu’ils y furent tous deux descendus, James lança un sort d’insonorisation sur la porte, ce qui étonna d’autant plus le beau et magnifique Sirius Black. James l’invita à s’assoir sur une caisse de Bièraubeurre tandis qu’il s’assit sur une caisse de Whisky Pur Feu.

- Tu as le mérite d’aiguiser ma curiosité, Cornedrue, finit par dire Sirius.

- Je préférais prendre toutes les précautions possibles, expliqua James. Harry ne doit surtout rien entendre de notre conversation.

- D’accord, dit prudemment Sirius, mais pourrais-tu enfin me dire ce que nous faisons ici ?

- Il fallait que je te parle d’Ellie…

- Tu sors enfin avec elle ? S’enthousiasma, peut-être un peu trop vite, Sirius.

- Mais non, Patmol, soupira James, à la limite de l’agacement et de l’amusement. Soit un peu sérieux, veux-tu ?

- Ma question était tout à fait sérieuse et légitime, Cornedrue, affirma Sirius. Si tu avais vu la manière dont tu la regardais au Bal, toi aussi tu te la poserais…

- Je crois avoir percé le secret de sa véritable identité, dit alors James, sans tenir compte des dernières paroles de son meilleur ami.

- Sa véritable identité ? S’étonna Sirius. Depuis quand, Ellie n’est pas Ellie ?

- Depuis qu’elle est la née-moldue recherchée par les Mangemorts, répondit simplement James.

- Quoi ? S’étonna Sirius. C’est absurde, James.

- Réfléchis cinq minutes, Patmol…

- Je ne pense pas que ça soit suffisant, tenta d’ironiser Sirius.

- Elle débarque de nulle part et intègre l’Ordre deux semaines avant la découverte de cette femme dans la forêt de Dean, et trois semaines avant le début des massacres dans les foyers pour nées-moldues, continua James.

- Ce n’est qu’une coïncidence…

-  Elle connait des choses sur eux que personne d’autre ne connait…

- Elle a peut-être de bons indics… Essaya d’expliquer Sirius.

- Elle a des cicatrices liées à la magie noire sur l’intégralité de son corps.

- James…

- Et souviens-toi des paroles qu’elle prononçait lorsqu’elle délirait : «  Je n’aurais jamais du m’enfuir ». Et ce Mangemort qui disait que cette femme avait échappé à Voldemort ? Qui d’autre qu’une captive peut s’échapper ?

- Je ne suis pas convaincu, James, avoua sincèrement Sirius.

- Je ne vois pas comment tu peux douter, répondit le brun à lunettes. C’est clair comme de l’eau de roche pour moi…

- Je ne sais pas… Je… Il y a tout juste un mois, tu disais qu’elle était une Mangemorte et là…

- Il y a tout juste un mois, je ne savais pas que Voldemort avait décimé sa famille et l’avait fait prisonnière pendant X temps, le coupa James.

- Quoi ? S’étonne Sirius, en fronçant des sourcils face à cette révélation.

- Elle s’est confiée à moi hier soir, expliqua alors James.

Puis, un certain silence s’installa entre les deux amis de toujours, durant lequel Sirius sembla fortement réfléchir.

- Tu as peut-être raison, finit par admettre Sirius, en soupirant. Mais tu n’as aucune preuve de ce que tu avances. Juste des constatations et des suppositions… Et puis, quand bien même tu aurais raison… Est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

James ne comprenait pas où est-ce que son meilleur ami voulait en venir, et il lui fit par de ses interrogations par un simple froncement de sourcils. Sirius s’empressa alors d’ajouter :

- Je veux dire par là que si tu as raison… Ellie reste Ellie, non ? Et c’est notre amie à présent…

- Bien entendu, s’empressa de répondre James. Mais si j’ai raison, cela signifie aussi qu’Ellie a quelque chose qui intéresse Voldemort.

- Comment ça ? L’interrogea Sirius, fronçant à son tour des sourcils.

- Souviens-toi de ce que le Mangemort du Foyer de Ste Rose a dit : « Elle lui a échappé… Elle est importante pour ses plans ».

- Mais tu as vu son appartement ? S’amusa Sirius. Cette femme ne possède strictement rien… A moins que ça ne soit sur son corps, auquel cas tu serais le seul à pouvoir éclairer notre lanterne…

- Patmol, soupira James, amusé cette fois.

L’amusement s’atténua jusqu’à ce qu’un nouveau silence ne s’installe entre les deux amis qui fixèrent le sol, pensifs.

- On pourrait tout simplement le lui demander, suggéra Sirius.

- Non Patmol, pouffa James. Je la connais suffisamment maintenant pour savoir qu’elle éludera ta question. Avec elle, il faut avoir toutes les cartes en main et la mettre au pied du mur pour avoir confirmation sur ses interrogations. Sinon, tu fonces droit dans un cognard…

- Tu suggères quoi alors ? Demanda Sirius.

- Il faut continuer de l’observer, de la comprendre… Et peut-être qu’on trouvera de nous même la réponse à nos questions…

- Ouais, douta Sirius. Peut-être…

Sur ce dernier doute, les deux hommes mirent fin à leur conversation et ils remontèrent prendre un dernier verre – ou deux – dans le salon du Cottage. Mais une chose était sure, James comptait bien avoir toutes les cartes en mains pour pouvoir un jour se confronter devant la jeune femme, car cette dernière se devait de répondre à d’autres questions dont il pensait qu’elle avait les réponses. James n’en avait pas fait part à Sirius, mais l’enlèvement et les tortures subies par Ellie étaient très similaires à ce qu’avait pu subir Lily. Il pensait que seule Ellie pourrait l’aider à y voir plus clair quant aux évènements qui s’étaient passés treize ans plus tôt. Il devait savoir.

 

***

 

                Une fois passées les fêtes de Noël, James passa le plus clair de son temps avec Harry. Cependant, ce dernier partit un week-end dans la famille de son ami Ron, laissant ainsi son père, seul. James profita de la première matinée de  solitude pour ranger et dépoussiérer le Cottage comme il se devait. Mais lorsque l’après-midi arriva, il commença à tourner en rond, sans trop savoir quoi faire. Et s’il y avait bien une chose que James Potter détestait, c’était bien de se tourner les pouces. C’était un homme d’action, après tout. Il finit par sortir du tiroir de sa commode le vieux morceau de miroir brisé qui lui permettait de communiquer avec Sirius.

- Tu es là, Patmol ? Demanda James, au miroir.

Ce dernier attendit quelques longues et interminables secondes, avant d’avoir une réponse positive à ses interrogations.

- Je suis là, Cornedrue, finit par répondre Sirius. Excuse-moi pour le temps d’attente, j’étais… occupé.

- Blonde ou Brune ? Demanda James, amusé, qui ne connaissait que trop bien son meilleur ami.

-  Blonde, répondit simplement Sirius, un sourire au coin des lèvres.

- J’espère qu’elle ne sort pas tout juste de Poudlard celle-là, rétorqua James, à moitié sérieux.

- Non, mais je sais maintenant que les langues-de-plomb ne sont pas si coincées que ça.

La remarque de son meilleur ami fit rire James durant quelques longues secondes, ce qui rendit fier Sirius. Puis, un silence s’installa entre les deux hommes, jusqu’à ce que Sirius ne dise :

- Au fait, tu n’as pas de souci j’espère ?

- De souci ? Répéta James, en fronçant des sourcils.

- Oui, il est assez rare que tu viennes me trouver pendant la période des fêtes. En général, tu en profites pour rester avec Harry et…

- Il est chez les Weasley jusqu’à demain soir, le coupa James.

- D’accord, dit Sirius. Donc tu as rangé la maison et à présent tu tournes en rond à ne pas savoir quoi faire, n’est-ce pas ?

- Tu me connais si bien, répondit James, amusé.

- Tu as pensé à aller au Chaudron Baveur ? Lui proposa Sirius.

- Pour y faire quoi ? Rétorqua James, légèrement blasé.

- Je ne sais pas moi… Tu pourrais te trouver une nouvelle rouquine…

- Oh… Non… Ca… Ca ne me dit rien, là, répondit James, avec un air presque gêné.

- Vraiment ? S’étonna Sirius, avec un air amusé. Ca ne te ressemble pas, ça…

- Je n’ai pas la tête à ça, en ce moment… C’est tout, expliqua James, tout en essayant de noyer le poisson.

- D’accord, c’est toi qui vois, répondit Sirius, avec un sourire en coin. Dans ce cas, tu devrais peut-être aller faire un tour au Quartier Général de l’Ordre.

- Ah oui, sourit alors James, trouvant l’idée génial. Tiens, comme ça je pourrais me rendre utile pour une mission de surveillance ou quoi…

- Effectivement, approuva Sirius, et puis surtout, Ellie est là-bas…

- Ellie ? S’étonna James, avant de comprendre où est-ce que son meilleur ami voulait en venir. Patmol, combien de fois devrais-je te rappeler qu’Ellie n’est que…

- Ta coéquipière ? Le coupa Sirius, amusé.

- Ouais, répondit James avec une légère touche d’agacement.

- Bon Cornedrue, ma petite blonde se réveille, et je doute qu’elle apprécie que je parle avec un homme plutôt que de m’occuper d’elle…

- Oui, Patmol, rit James. Amuse-toi bien…

- Ne t’en fais pas pour ça ! Et passe le bonjour à Ellie pour moi, le taquina Sirius.

James leva les yeux au ciel et rangea le miroir dans le tiroir de sa table de chevet. Puis, il s’habilla chaudement, sortit de sa propriété, et transplana en direction du Quartier Général de l’Ordre.

 

***

 

                Ellie était assise au coin du feu avec une pile de devoirs entre les mains. Elle avait passé la matinée dans le froid et sous la neige, à suivre une piste avec Tonks qui ne les mena nulle part. A présent, elle avait froid et essayait par tous les moyens de se réchauffer. Elle était très concentrée sur ses copies traitant des Loups-Garous lorsqu’elle sentit un regard posé sur elle. Elle détourna alors le regard et ses yeux bleus rencontrèrent instantanément des yeux noisette qu’elle aurait pu reconnaitre entre tous. Son cœur se serra presque aussitôt.

- Potter ? Demanda-t-elle.

- Salut Sturgis, lui sourit James. Tu vas bien ?

- Oui mais…

- Mais ? S’amusa James.

- Par Merlin, qu’est-ce que tu fais ici, Potter ? L’interrogea-t-elle, en fronçant des sourcils.

- Toujours aussi directe, n’est-ce pas ? Continua de s’amuser James.

- Tu ne devrais pas être auprès d’Harry ?

- Il est chez les Weasley pour le week-end, finit par répondre James en prenant un chocogrenouille qui trainait sur la table. Et pour répondre à ta première question, je m’ennuyais comme un rat mort, seul, dans mon cottage… Alors j’ai décidé de venir me rendre utile ici.

- D’accord…

- Il n’y aurait pas une mission ou deux pour moi ? Lui demanda-t-il avec un sourire ravissant au coin des lèvres.

Ellie s’apprêta à lui répondre lorsque Rémus et Peter firent leur entrée dans le salon de la Noble maison des Blacks. James salua comme il se doit ses amis, et ces derniers prirent place à côté d’Ellie, restée silencieuse depuis leur arrivée.

- Vous ne savez pas si une mission serait disponible pour moi ? Leur demanda James.

- Pas à ce que je sache, répondit évasivement Rémus qui semblait chercher quelque chose ou bien quelqu’un dans la pièce.

- Toutes les missions ont été assignées ce matin, expliqua Peter qui regardait presque amoureusement la part de gâteau qu’Ellie n’avait pas encore entamée.

                James ne répondit rien mais bouda intérieurement. Il aurait tellement voulu effectuer une mission. C’est alors que la porte d’entrée du manoir s’ouvrit et que le vent glacial de cette fin de mois de décembre s’engouffra dans le salon. Ellie se mit à frissonner presque instantanément, et frotta rigoureusement ses mains, afin de se réchauffer. James alla lui faire une remarque lorsqu’il vit le visage de son vieil ami, Rémus Lupin, prendre une teinte étonnement chaleureuse et colorée. Il suivit alors le regard de son ami et ses yeux se posèrent alors sur une jeune sorcière aux cheveux violets.

- Je me demande comment des personnes aussi stupides ont pu rejoindre le Ministère, se plaignit Nymphadora Tonks.

- On les a élus, répondit timidement Rémus.

                James observa alors un regard complice entre les deux jeunes gens, et il sourit involontairement. Sirius avait raison : Rémus avait bel et bien le béguin pour Tonks, et il était plus que ravi pour son vieil ami. En revanche, il espérait que cette fois, la nature lycanthropique de Rémus, ne serait pas un frein pour lui et pour toute relation.

- Tu n’as toujours pas réussi à te réchauffer, Ellie ? Demanda Tonks, qui semblait légèrement inquiète à présent.

- Non pas vraiment… Répondit Ellie, qui s’efforçait de ne pas claquer des dents.

- Il faut dire que tu n’as pas beaucoup de graisses sur les os non plus, répondit James, en repensant au jour où il avait du porter la jeune femme blessée, et qu’il avait pu ressentir la maigreur de sa consoeur.

                Pour seule réponse, Ellie lui lança un regard froid, lui faisant comprendre qu’il était allé beaucoup trop loin. Une fois de plus, sa réaction surprit James qui crut revoir l’un des regards que Lily avait pu lui adresser lorsqu’ils étaient adolescents et qu’il dépassait les bornes avec Severus Rogue.

- Je devais effectuer une simple mission de surveillance autour du manoir des Malefoy avec toi, dit alors Tonks, mais si tu es gelée jusqu’à la moelle…

- Je peux t’accompagner, moi, s’empressa alors de proposer James. Je n’ai strictement rien à faire.

- Potter, non, je… Commença Ellie, qui parut légèrement affolée.

- Regarde toi, Sturgis, tu trembles de manière incontrôlée tellement tu as froid, la coupa James. Tu ne peux pas sortir comme ça.

- James a raison Ellie, lui assura Tonks avec un sourire.

Cependant, Ellie n’en fut pas rassurée et se tourna une nouvelle fois vers James.

- Je peux te parler Potter ? Lui demanda-t-elle.

- Bien sûr, répondit James. Je t’écoute…

-  En privé, dit alors Ellie, en se levant.

                James fut étonné par le comportement de sa consoeur et la suivit malgré tout, sous les regards étonnés des personnes présentes, jusque dans la petite pièce attenante au salon, qui servait d’infirmerie pour Marlène McKinnon. James eut à peine le temps de refermer la porte derrière lui qu’elle lui dit :

- Tu ne devrais pas partir en mission, Potter.

- Et pourquoi ça ? Rétorqua James, avec un léger air de défi.

- Le nom de ton fils est sorti de la Coupe de Feu, et si ça se trouve, c’est pour t’atteindre, toi… Tout comme l’attaque lorsque Sirius a été blessé en Aout… C’était peut-être toi qui était visé et non pas lui…

- Oui, je sais, on a déjà parlé de ça, Sturgis… Soupira James.

- Alors pourquoi prendre le risque de sortir en mission…

- De surveillance, Sturgis ! Ce n’est qu’une simple surveillance…

- La mission avec Sirius était aussi une mission de surveillance, je te signale, rétorqua Ellie, et je n’ai pas besoin de te rappeler comment elle s’est terminée.

- Sturgis… Soupira James.

- Je m’inquiète juste pour toi Potter, lâcha Ellie.

Ces dernières paroles touchèrent James, mais l’étonnèrent surtout énormément car elles relevaient de la spontanéité pure.

- Merci Sturgis, dit sincèrement le brun à lunettes. Mais tu n’as pas a t’en faire, tout se passera bien.

-  Pot…

- Allez viens, la coupa-t-il en souriant et en lui tendant la main. On retourne près du feu. Tu as les lèvres qui ont pris une teinte violette.

Ainsi, James coupa court à la conversation. Lorsqu’ils retournèrent dans le salon, James demanda à ses amis où Peter était passé. Rémus, tout souriant qu’il était, lui expliqua qu’il avait du ménage à faire chez lui, et qu’il avait du s’en aller. Ellie remarqua cependant que la part de gâteau qu’elle s’était réservée plus tôt dans la matinée avait, elle, disparue, et fit rapidement le lien avec le départ de Peter. Quelques temps après, James fut prêt et il quitta le Quartier Général de l’Ordre aux côtés de Tonks, laissant ainsi Ellie et Rémus en arrière, et inquiets.

 

***

 

                Une heure plus tard, les deux membres de l’Ordre étaient dissimulés dans un bosquet qui donnait une vue imprenable sur l’immense bâtisse qu’était le Manoir des Malefoy. James eut un léger pincement au cœur, lorsqu’il aperçut cet endroit, se remémorant ainsi les douloureux souvenirs de sa précédente mission en ces lieux, deux mois auparavant.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi on ne peut pas les arrêter, dit Tonks, en grinçant des dents. On sait pourtant qu’ils font partie de leur clan. Il n’y a qu’à voir le tatouage présent sur leur bras.

- Le problème c’est que les Malefoy, les Selwyn, les Lestrange ou le reste des Mangemorts en général, appartiennent à de très vieilles familles de sorciers : riches et incroyablement puissantes, expliqua alors James. Ils ont beaucoup d’influence et de relations. Il ne suffit pas de dire qu’ils ont un tatouage sur le bras pour les inculper. Il faut des preuves beaucoup plus solides que ça… Il faut les attraper sur le fait. Mais…

- Ils se cachent derrière des masques, finit Tonks, en soupirant.

                James ne répondit rien. Après tout, qu’est-ce qu’il y avait à répondre à ça. Tonks avait raison, c’était totalement injuste. Au cours de ces treize dernières années, il avait entendu à plusieurs reprises Bellatrix Lestrange lui faire des remarques au sujet de femmes rousses. Elle avait même évoqué devant lui,  le calvaire de sa femme deux mois auparavant. Cependant, leurs paroles ne constituaient pas des faits en soit. Ce n’était pas une preuve de leur culpabilité ou de leur implication dans le meurtre de sa femme.

-  Je commence vraiment à avoir très froid, dit alors Tonks, en soufflant sur ses mains. Tu crois qu’ils vont se décider à sortir un de ces quatre ?

- Je ne sais…

James s’arrêta et se retourna précipitamment pour regarder derrière lui.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Lui demanda Tonks.

- J’ai cru entendre quelque chose… Répondit James, en chuchotant.

- De quoi tu…

D’un simple geste de la main, James lui imposa le silence et Tonks se tut. Puis, elle le vit mettre la main à sa ceinture pour récupérer sa baguette et ce geste suffit à l’Auror pour en faire de même.

                James fixa silencieusement les alentours, tandis que la neige continuait à tomber. Il se concentra également sur tous les bruits suspects qui pouvaient se faire entendre. C’est alors qu’il entendit des brindilles craquer sur sa droite et sur sa gauche. Son visage se décomposa alors, et il comprit qu’ils étaient cernés. Il saisit Tonks par la manche et l’entraina de force au sol, sans ajouter quoique ce soit. De nombreuses lumières vertes jaillirent alors de part et d’autre de leur position et vinrent s’abattre les unes contre les autres, au dessus de leur tête. Les deux membres de l’Ordre se remirent rapidement debout et le combat commença. Cependant, James se rendit vite compte qu’ils étaient en infériorité numérique et que le seul choix qui s’offrait à eux, était de battre en retraite. Cependant, ils étaient dans une zone où le transplanage ne fonctionnait pas, et leur seule solution qui leur restait, était d’atteindre les bois de cèdres en un seul morceau. Alors, ils se mirent à courir, tout en esquivant du mieux qu’il le pouvait les sortilèges lancés de part et d’autres par les Mangemorts. Une lumière rouge jaillit et atteint James au mollet, qui tomba durant sa course. Tonks quant à elle, ne remarqua pas la blessure de son partenaire et continua sa course en direction des bois.

                James tenta tant bien que mal de se relever malgré le sang qu’il perdait au niveau de sa jambe. Il réussit cependant à faire quelques mètres, avant d’être atteint par un deuxième sortilège qui le toucha cette fois-ci à l’épaule. Il se retint alors de justesse à un arbre, se maudissant de ne pas avoir écouté Ellie. Il était totalement assommé par la douleur qui le consumait. Cependant, il continua d’avancer, sans prêter attention aux silhouettes qu’il voyait s’approcher de lui. Il n’était plus très loin d’un ravin et d’un cours d’eau. Si seulement il pouvait l’atteindre et se jeter dedans, ils n’auraient plus aucune prise sur lui.

              Tandis qu’il était à deux doigts d’atteindre son but, une douleur insupportable se répandit dans chaque cellule de son corps, et il s’effondra de nouveau à terre.

- Où croyais-tu aller comme ça, Potter ? Demanda une voix calme et froide que James n’eut pas de mal à reconnaître comme étant celle de Lucius Malefoy.

- Tu ne nous échapperas pas cette fois, dit la voix de Rodolphus Lestrange, toujours amer contre lui, depuis son évasion de la bibliothèque.

- Et ta petite chérie ? Dit alors Bellatrix Lestrange. Elle va bien depuis la dernière fois ? Pas de douleur dans les côtes ?

                James tenta de se relever mais ses jambes eurent beaucoup de mal à lui obéir. Lorsqu’il y fut parvenu, il n’eut le temps de faire qu’un seul pas qu’une voix assourdissante retentit :

- Endoloris !

James tomba de nouveau à terre, et fut pris à plusieurs reprises de convulsions de douleur.

- Ne te fatigue pas, Potter, dit Lucius Malefoy. Tu n’iras nulle part.

-  Tu es notre appâts, rajouta Rodolphus, avec un ton amusé.

- Endoloris ! Cria Malefoy, tandis que James s’était mis à ramper.

- Elle ne devrait plus tarder à présent, dit alors Bellatrix, telle l’hystérique sadique qu’elle était.

- Endoloris ! Cria à son tour Rodolphus, alors que James ne comptait pas leur faciliter la tache malgré la douleur grandissante.

- Tu es sûre de ton plan, Bella ? Demanda alors Lucius.

- Endoloris ! Continua Rodolphus.

- Oui, affirma la Mangemorte. Elle ne le laissera pas mourir.

- Endoloris !

- C’est pourtant ce qu’il risque d’arriver si elle ne vient pas.

- Endoloris !

- Crois-moi Lucius… Elle viendra…

- Endo…

Rodolphus n’eut guère le temps d’assainir un dernier sortilège à James, qu’il fut projeté dans les airs. Les deux Mangemorts restants n’eurent guère le temps de réagir, qu’ils se retrouvèrent à leur tour dans les airs. Lorsque Bellatrix se releva, elle eut juste le temps d’apercevoir une chevelure violette se pencher sur le corps inerte de James Potter, et transplaner.

 

 

End Notes:

Voilaa ! A la semaine prochaine ! :D

L'Entre-Deux by Smittina
Author's Notes:

Salut salut tout le monde !
Je poste la suite des aventures d'Ellie/James un peu plus tôt que prévu parce que je risque de ne pas avoir le temps de le faire le reste de la semaine... Alors étant donné que j'ai un peu coupé le chapitre précédent à un moment que l'on pourrait qualifier de "pas très sympa" j'ai décidé de ne pas vous faire mariner une semaine de plus.
Je vous préviens que ce chapitre est un peu "spécial" dans sa narration, mais il est capital pour la suite... Il reprend un thème effleuré dans les livres de JKR que j'ai jugé intéressant d'exploiter à ma sauce... J'espère qu'il vous plaira !

En tout cas, un grand merci à tous les lecteurs et à tous les reviewers !

Bonne lecture [avec John Williams - A window to the past] !
https://www.youtube.com/watch?v=ULbed0sE1gY

 

«__ Je voudrais savoir une dernière chose, dit Harry. Est-ce que tout cela est réel? Ou bien est-ce dans ma tête que ça se passe ?
__ Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry. Mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel ? »

JK Rowling. 

 


 

-  Aidez-moi ! Cria Tonks.

 

                La jeune femme venait d’ouvrir la porte du Quartier Général de l’Ordre dans un fracas. La tempête de neige qui faisait rage dehors s’engouffra alors à l’intérieur tandis que de nombreuses têtes accoururent vers l’entrée. Ils trouvèrent ainsi Tonks, accroupie auprès du corps inerte de James Potter, recouvert de sang. Les membres de l’Ordre ne réagirent pas immédiatement, trop choqués de voir le corps du brillant sorcier, étendu sur le sol. C’est alors qu’une jeune femme brune se fraya un chemin parmi la foule. Elle accourut auprès de Tonks, suivie de très près par Rémus Lupin. Il s’agissait d’Ellie qui s’accroupit à son tour et examina rapidement les blessures de James.

- Je le savais, murmura-t-elle tandis que Rémus appelait Marlène McKinnon en renfort, grâce à son patronus. Pourquoi tu ne m’écoutes jamais, James…

- Marlène arrive, dit alors Rémus, en s’agenouillant à son tour auprès de son ami. Tu n’as rien, toi ?

- Non, il n’y a que James qui ait été touché… Répondit tristement Tonks.

- Par Merlin, il perd trop de sang, dit alors Ellie, visiblement paniquée et anormalement blanche. Il faut le transférer dans l’Infirmerie…

- Mais Marlène… Commença Tonks.

- Elle va arriver, la coupa froidement Ellie. En attendant, il faut absolument essayer d’arrêter cette hémorragie au niveau de sa jambe.

                La sorcière se releva rapidement, et d’un coup de baguette magique, elle éleva délicatement le corps de James, dans les airs. Elle le conduisit ainsi sur l’un des lits de l’infirmerie aménagée par Marlène. Elle se précipita ensuite vers l’armoire à Potions, et en sortit une bleue qui permettait d’arrêter les saignements.

- Rémus, il me faut de la glace, dit-elle alors. Tonks, va me chercher des linges propres.

Les deux jeunes gens se regardèrent quelques secondes, sans réagir.

- Allez ! Dépêchez-vous par Merlin ! Les pressa Ellie, tandis que ses deux mains appuyaient sur la blessure de James.

                Alors que les deux membres de l’Ordre se dépêchaient de répondre aux exigences de la jeune femme, Marlène McKinnon rentra précipitamment dans l’infirmerie, où elle retrouva Ellie Sturgis et ses bases en médicomagie.

- Tu me briefes, lui demanda-t-elle alors.

- Il a une blessure importante à la jambe et une autre superficielle à l’épaule. Son corps est pris de convulsions de temps en temps. Je suis pratiquement sûre qu’il a été victime du Sortilège Doloris.

- D’accord, il me faut de la glace et des linges propres, dit Marlène.

- Tonks et Rémus s’en chargent.

- Tenez ! Crièrent alors les deux concernés qui venaient de réapparaître dans l’infirmerie.

- Très bien, à présent, sortez, exigea Marlène.

- Quoi ? Demandèrent simultanément Rémus et Tonks.

- J’ai besoin de calme et d’espace. Sortez, répéta-t-elle.

                Les deux jeunes gens obéirent à la médicomage, tandis qu’Ellie, également mécontente, eut beaucoup plus de mal à se résoudre à partir. Elle finit par entreprendre d’enlever ses gants, lorsque la main de Marlène se referma autour de son poignet.

- Non, pas toi, lui dit-elle. Tes bases vont m’être utiles. Je ne pourrais jamais arrêter cette hémorragie sans toi.

- Très bien, dit alors Ellie. En quoi puis-je t’aider ?

- Tu es douée en potions ? Lui demanda la jeune femme tandis qu’elle appliquait la potion anti-hémorragie sur les blessures de James.

- C’est ma spécialité, affirma la jeune femme.

- Dans ce cas, il va falloir que tu fabriques une grande quantité de Potion de Régénération Sanguine… Dit gravement Marlène.

 

*___*
* *

 

                James ouvrit les yeux. Il était allongé sur un sol glacé et carrelé. Il essaya de se rappeler ce qu’il s’était passé. Ainsi, il se remémora la mission, la neige et l’attaque. Il était blessé. Il porta alors ses mains à l’emplacement de ses blessures. Cependant, il fut très surpris de constater qu’elles semblaient avoir complètement disparues. Puis, il se demanda enfin, où est-ce qu’il pouvait bien être car il n’était certainement pas au QG de l’Ordre. Il remarqua alors les odeurs de bave de crapaud et de bois de sorbier qui envahissaient son nez. Il se redressa et remarqua les nombreuses paillasses et tabourets qui l’entouraient. Visiblement, il était dans les cachots de Poudlard, en plein cours de Potions. James s’appuya sur le tabouret qui se trouvait tout près de lui, et se remit debout. Il avait très mal à la tête, et se frotta les tempes pour atténuer la douleur. Mais rien ne semblait y faire. Il avait tout simplement l’impression d’avoir la gueule de bois.

                Le jeune homme regarda ensuite autour de lui et remarqua les nombreux chaudrons mis sur le feu. Des potions de toutes les couleurs et de toutes les odeurs possibles semblaient en pleine préparation. Cependant, une question frappa l’esprit vif de James :

- Où sont passés les élèves ? Demanda-t-il à voix haute, plus pour lui-même que pour autre chose. Et qu’est-ce que je fais ici, par Merlin ? Je ne devrais pas être à l’infirmerie ?

C’est alors qu’un grincement de porte se fit entendre. James se retourna rapidement et entraperçut une chevelure rousse fuyant le cachot. Son cœur se serra instantanément. Il aurait pu reconnaitre ces cheveux parmi des centaines.

- Lily, murmura-t-il alors, tandis que sa gorge se serra.

Puis, sans réfléchir une seule seconde, James se lança à la poursuite de la jeune femme, et s’engouffra hors de la salle de Potion.

*___*
* *

 

- Il a de la fièvre, remarqua Ellie, tandis qu’elle épongeait le front de son coéquipier.

- Je sais, soupira Marlène qui lui administrait une nouvelle dose de potion. La glace ne sert à rien… Tout comme ces potions, j’ai l’impression…

La médicomage marqua un temps d’arrêt, avant de soupirer de nouveau.

- La prochaine potion de Régénération sanguine sera prête quand ? Demanda Marlène.

- Dans une minute ou deux, répondit Ellie. Tu as utilisé les deux dernières ?

- Il ne me reste plus qu’une dose…

Marlène marqua un nouveau temps d’arrêt et son regard s’attarda encore sur la plaie située sur la jambe de James.

- Il perd vraiment trop de sang. Je ne sais pas quel sortilège ils ont pu utiliser pour que ça saigne autant.

- SectumSempra, dit simplement Ellie.

- Je ne le connais pas celui-là…

- C’est normal, il a été inventé par…

Soudain, James convulsa. Ellie se précipita sur lui, pour l’empêcher de trop bouger et de rouvrir les parties de la plaie qui avaient eue du mal à cicatriser.

- Empêche-le de bouger, s’écria alors Marlène tandis qu’elle alla chercher une dose de tranquillisant.

- C’est ce que j'essaie de faire, répondit difficilement Ellie. Mais… Il a… trop… de force… pour moi.

                Les flacons posés autour d’eux se renversèrent tandis que James continuait de convulser. Ellie avait les mains et la moitié de son corps appuyées contre le torse du jeune homme afin de le maintenir le plus stablement possible. Elle remarqua ainsi que son ami devenait de plus en plus chaud. Il perdait face à la fièvre grandissante et sombrait de plus en plus dans l’inconscience.

- Marlène ! Cria alors Ellie, affolée. On est en train de le perdre !

 

*___*
* *

 

                Lorsque James passa la porte du cachot, il atterrit instantanément dans la Grande Salle. Le jeune homme fit volte-face, ne comprenant pas ce qui était en train de lui arriver. La pièce était très lumineuse. Les étendards des quatre maisons étaient hissés le long des murs, et les quatre grandes tables étaient parfaitement dressées. Elles n’attendaient plus que l’arrivée des élèves pour le petit déjeuner. Cependant, une fois encore, il était bel et bien seul dans cette immense pièce. C’est alors qu’un bruit retentit et James en chercha la provenance. Des centaines de hiboux entrèrent dans la Grande Salle et voletèrent autour de lui. James ne quitta pas les oiseaux de vue et chercha à comprendre la logique des évènements qui se produisaient depuis plus de cinq minutes. Il n’en voyait aucune.

                L’un des oiseaux se démarqua du lot et fonça dans sa direction. Par réflexe, le jeune homme se baissa et un parchemin atterrit gentiment dans sa main droite. Surpris, James regarda une nouvelle fois autour de lui. Cependant, tous les oiseaux avaient disparus, comme par magie.

- Qu’est-ce qui m’arrive ? Demanda-t-il alors, de plus en plus perdu.

Puis, il reporta toute son attention sur le petit morceau de parchemin, finement enroulé et fermé à l’aide d’un ruban bleu. James se gratta la tête et regarda une nouvelle fois autour de lui, cherchant des explications là où il le pouvait. Alors, il se décida enfin d’ouvrir le parchemin, et entreprit de défaire le ruban. Lorsqu’il y parvint, il déroula soigneusement le parchemin. Il s’agissait de son examen de B.U.S.E de Défense Contre les Forces du Mal.  Alors, son cœur fut pris dans un étau. Une fois encore, elle était là. Comme si elle occupait la moindre de ses pensées.

- « L.E », lut James dans un coin du manuscrit. Lily…

Soudain, les portes de la Grande Salle s’ouvrirent dans un fracas, et une lumière blanche, aveuglante en sortit. James lâcha le parchemin afin de se protéger les yeux à l’aide de son bras. Il pensait qu’elle s’en irait, qu’elle ne serait que passagère. Mais plus le temps passait, plus la lumière grandissait et se rapprochait de lui.

 

*___*
* *

 

- Il s’enfonce d’avantage ! Cria Ellie. Il lui faut la potion.

- J’arrive, cria à son tour Marlène, dont le front était dégoulinant de sueur.

La médicomage de renom arriva avec deux seringues. Elle lui administra en premier le tranquillisant, afin que James cesse ses convulsions. Puis, elle lui injecta rapidement la potion de Régénération Sanguine.

- Injecte-lui aussi une Potion de Renforcement, lui demanda Ellie. Ca l’aidera peut-être à tenir le temps que la potion fasse effet.

- Oh oui… Bien sûr ! S’écria Marlène, se maudissant de ne pas y avoir pensé plus tôt.

                La jeune femme se précipita vers son armoire à potions et prépara rapidement la potion demandée par Ellie. Puis, elle s’approcha rapidement de James et lui fit une troisième injection. Depuis l’administration du tranquillisant, ce dernier ne convulsait presque plus. Il n’avait que quelques spasmes, de temps en temps. Marlène soupira et s’essuya le front.

-  Il ne nous reste plus qu’à attendre maintenant, dit la médicomage, et prier pour qu’il passe la nuit.

Ellie n’ajouta rien et se tourna vers James. Elle passa délicatement sa main sur la joue de son coéquipier et la lui caressa. Elle finit par déposer sa main sur son front. Il avait toujours de la fièvre, mais elle était moindre. Puis, la jeune femme s’approcha de son visage et murmura :

- Tiens bon, James. Je t’en supplie… Tiens bon…

 

*___*
* *

 

                D’un coup, la lumière disparut. James ouvrit les yeux avec précaution, l’un après l’autre. Une fois de plus, il regarda tout autour de lui. Il était de nouveau seul.

- Par Merlin, qu’est-ce que c’est que toute cette histoire ?

Alors qu’il essayait une fois de plus de comprendre, James se sentit extrêmement mal à l’aise. Comme s’il se sentait observé, épié… Il fit de nouveau un tour sur lui-même afin d’observer les alentours. C’est ainsi que son regard croisa celui d’une magnifique biche. Cette dernière se trouvait à l’entrée de la Grande Salle. Elle l’observait, la tête légèrement penchée sur le côté. James remarqua presque instantanément la couleur de ses yeux. Ils étaient d’un vert émeraude éclatant qu’il aurait pu reconnaitre entre tous. A vrai dire, cette biche aurait pu être la copie conforme du Patronus de sa femme.

- Ca ne peut pas être une coïncidence, murmura James.

Soudain, la biche entama un demi-tour et sortit de la Grande Salle, en direction des couloirs.

-  Attends ! S’écria James.

Ce dernier se mit alors à sa poursuite, et sortit à son tour, sur les pas de l’animal.

 

*___*
* *

 

                Dans l’infirmerie, trois heures s’étaient écoulées depuis la dernière dose de potion injectée à James. Marlène McKinnon regardait les aiguilles de l’horloge qui cliquetaient toutes les secondes. C’était une horloge un peu spéciale. Elle permettait d’indiquer l’état du patient qui était à charge. Pour l’instant, l’aiguille principale indiquait « Dans un état critique » pour le cas de James. Ellie quant à elle, était toujours auprès de son coéquipier. Elle lui avait épongé le front depuis plus de deux heures et avait surveillé avec précaution l’évolution de sa fièvre. Elle avait ainsi remarqué que cette dernière avait énormément baissé depuis.

                Soudain, l’aiguille principale bougea et vint se placer sur « Stabilisé ». Marlène se redressa alors instantanément et vint rejoindre Ellie auprès de James. Elle regarda ses constantes vitales et lui fit subir une batterie de test. Pendant ce temps, Ellie ne quitta pas James du regard une seule seconde, lui caressant la tempe et coiffant ses mèches, toujours aussi indisciplinées.

- Il vivra, déclara alors Marlène, d’un ton sûr mais assez triste.

Ellie soupira et s’autorisa un maigre sourire. Cependant, elle remarqua l’insistance de la médicomage à piquer son patient avec une aiguille.

- Il y a un problème ? Demanda Ellie, en fronçant des sourcils.

- Il n’a aucun reflexe… Il ne réagit plus aux stimuli sensoriels. Il ne sent plus la douleur.

- Et qu’est-ce que ça implique selon toi ? Demanda Ellie, de plus en plus angoissée.

- J’ai bien peur que les dommages liés aux Doloris soient beaucoup plus importants que ce que j’aurais pu penser.

- Et en d’autre mot ?

- Il est dans le coma, Ellie… Déclara tristement Marlène.

 

*___*
* *

 

                Une fois de plus, James se retrouva téléporté dans un endroit différent. Cette fois-ci, il s’agissait du Terrain de Quidditch. Il était seul, au beau milieu de ce dernier, sur la pelouse. Les bannières hissées dans les gradins étaient celles de deux maisons ennemies : Gryffondor et Serpentard. James tourna une nouvelle fois sur lui-même pour chercher la biche. Comme pour la propriétaire de la chevelure rousse dans le cachot de potion, elle semblait avoir disparue à son tour.

                C’est alors que l’ancien capitaine de l’équipe de Gryffondor remarqua une petite étincelle qui brillait au centre du terrain. Il aurait pu reconnaitre cette petite balle dorée parmi des centaines. Il s’agissait d’un Vif d’Or. James s’approcha délicatement du vif de peur qu’il ne s’envole. Cependant, l’objet métallique continuait à faire du sur place, comme s’il l’attendait.

                Une fois à sa hauteur, James tendit la main dans sa direction mais à seulement quelques centimètres de l’objet, il s’arrêta. Il se demanda si c’était la bonne chose à faire et pesa le pour et le contre durant une ou deux minutes. James ne savait pas où il était, mais il était sûr qu’il n’était pas à Poudlard. Ce château n’avait jamais été aussi vide. On aurait dit un château hanté, et jusqu’à présent, James se dit qu’il était hanté par son propre passé.

                D’abord les cachots et le souvenir de Lily qui prenait toujours la fuite pour ne pas avoir à lui parler à la fin des cours. Puis, la Grande Salle et les examens de B.U.S.E où il avait inscrit les initiales de Lily sur la copie, car à l’époque la jeune femme occupait déjà la moindre de ses pensées. Ensuite, il y avait eu la biche, en tout point similaire au Patronus de sa femme. Mais à présent, James se demandait à quoi pouvait bien se rapporter le Vif d’Or, exposé devant ses yeux. C’est alors qu’il eut le souvenir d’une dispute entre Lily et lui, en début de sixième année. Le Vif d’Or qui lui venait de son père lui avait été arraché des mains par la Préfète qui était exacerbée par ses enfantillages et elle l’avait jetée dans la direction des gradins. Se pouvait-il qu’il s’agisse du même ? Se pouvait-il qu’à force de revivre tout son passé avec Lily, il finisse par la trouver ?

                Une fois que cette dernière question fut posée, James ne réfléchit plus et referma ses doigts autour de la petite balle en or.

 

*___*
* *

 

- Donc il se peut qu’il ne se réveille jamais ? C’est ça que tu es en train de me dire Marlène ? Demanda Sirius, anéanti.

                L’intégralité des Maraudeurs, Tonks, Dumbledore et Ellie étaient à présent au chevet de James, en vie mais toujours plongé dans un coma profond.

- C’est une des possibilités, répondit tristement Marlène.

- Et quelles sont les autres ? Demanda Dumbledore.

- Dans le meilleur des cas, il décide de se réveiller et tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais dans le pire des cas…

- Il ira rejoindre Frank et Alice à Ste Mangouste, dit tristement Sirius, dont les yeux étaient anormalement vitreux.

- Non Sirius, affirma alors Marlène à la grande surprise de tous.

- Non ? Répéta Rémus, totalement perdu.

- Je lui ai fait passé une batterie de tests dès que j’ai diagnostiqué son coma, continua Marlène. Ce sont des tests de routine que l’on fait quand une personne a subi à plusieurs reprises des Sortilèges Doloris.

- Et ? L’incita à continuer Sirius.

- Et physiquement, il n’a strictement rien. Il n’a aucune séquelle mentale. Je n’ai pas observé les dégradations habituelles dans son cortex cérébral… C’est mentalement que ça coince…

- Comment ça ? Demanda Rémus, en fronçant des sourcils.

- Qu’est-ce que tu entends par « mentalement » ? Rajouta Sirius.

- Comment vous expliquer, soupira Marlène, en cherchant ses mots.

Un silence d’incompréhension s’installa entre toutes les personnes présentes au chevet de James. C’est alors qu’Ellie, qui s’était contenté de fixer son coéquipier depuis le début, détourna enfin le regard du corps inerte de son ami et qu’elle prit la parole d’une voix assez fébrile.

- Tout à l’heure tu as dit «s’il décide de se réveiller ». Tu veux dire que ça serait à lui de choisir ou un truc comme ça ?

-  Oui, répondit Marlène, contente qu'Ellie ne vienne à sa rescousse. Je n’ai jamais aimé la branche de la psychomagie mais j’ai du suivre quelques cours durant ma formation. Ils appellent ça « l’Entre-Deux ». Pour faire simple, c’est un état inconscient du patient pendant lequel il se retrouve confronté à certains éléments de son passé ou présent. C’est une sorte de pont entre la vie et la mort.

- Et pourquoi il n’en sort pas ? Demanda Sirius.

- C’est là qu’est le problème, expliqua alors Marlène. Il doit choisir s’il veut continuer son chemin ou revenir parmi nous.

- Mais il en est conscient au moins ? Demanda à son tour Rémus.

- Les témoignages de patients qui sont revenus ne donnent pas de réponse très claire à ce sujet. Des fois ils le sont et d’autres fois, ils sont complètement absorbés par l’univers dans lequel ils se trouvent.

Marlène posa son regard sur James, avant de soupirer et de reprendre :

- J’imagine que quelque chose doit le retenir là-bas…

Lorsqu’elle prononça ces dernières paroles, Ellie planta son regard perçant dans celui de Dumbledore et ils échangèrent tous deux un regard très lourd de sens. Marlène avait dit « quelque chose » mais ils avaient tous deux pensé à « quelqu’un ».

*___*
* *

 

                James atterrit cette fois dans son dortoir de Gryffondor. Il était en tout point identique à celui qu’il avait partagé avec Sirius, Rémus, Peter et Frank Londubat durant leur scolarité. Les livres poussiéreux de Rémus sur l’Histoire de la Magie étaient toujours sur sa table de chevet alors que celle de Peter étaient recouvertes d’emballages de chocogrenouille, sûrement tous engloutis durant la nuit. Le mur aux alentours du lit de Sirius étaient quant à eux recouverts de poster de motos, dérobés dans des magazines moldus appartenant à George Stewart, un sixième année Gryffondor et né-moldu. Puis, le regard de James se posa sur son propre lit. Ce dernier était parfaitement bien rangé. Sa tenue de Quidditch avait été disposée sur son lit par les elfes de maison.

- Pourquoi est-ce que je suis ici ? Se demanda alors James.

                Comme pour répondre à son interrogation, la malle qui était disposée au pied de son lit s’ouvrit instantanément. James sursauta légèrement et s’en approcha. Il y découvrit alors sa vieille carte du Maraudeur qui lui avait été confisquée par Rusard en Septième Année. James bondit sur l’objet, sortit sa baguette et récita l’incantation pour l’ouvrir. Le parchemin se révéla à lui. La première chose qui frappa le garçon fut l’absence totale d’étiquette présente aux alentours de la Tour Gryffondor. James avait raison, il était bien tout seul.

                C’est alors qu’une petite étiquette, en plus de la sienne vint attirer toute son attention. Elle indiquait « Lily Evans ». Alors, James ne réfléchit plus et sortit en courant de son dortoir. Il se devait coute que coute de la rattraper.

 

*___*
* *

 

- Tu devrais rentrer te coucher Sirius, lui conseilla Ellie.

- Je veux rester auprès de lui, déclara le jeune homme. Il ne peut pas rester seul.

- Je comprends… Déclara Ellie. Mais tu ne peux pas continuer ainsi. Ca fait près de vingt quatre heures que tu n’as pas fermé l’œil.

- Tout comme toi, lui fit remarquer Sirius.

- Moi je ne dors pratiquement jamais, avoua la jeune femme. Je reste auprès de lui pendant ton absence si tu veux. Comme ça, il ne sera pas seul.

- Je reste encore deux heures, déclara alors Sirius. Après, j’irais chercher Harry chez les Weasley… Je ne sais pas comment lui annoncer que son père risque de ne jamais se réveiller…

Ellie ne répondit rien et déglutit fortement. Puis, elle s’approcha de James et lui ôta une mèche de cheveux du visage.

*___*
* *

 

                James se retrouva téléporté dans la Cabane Hurlante à présent. Il était au rez-de-chaussé lorsqu’il entendit de la musique se déclencher au premier étage. C’était une valse. Alors, le jeune homme monta les escaliers quatre à quatre et se précipita à l’intérieur de l’unique chambre de la maison. Cependant, sa déception fut grande lorsqu’il réalisa qu’il était toujours seul.

                James soupira et s’assit sur le lit à baldaquin, poussiéreux. Il sortit la Carte du Maraudeur de sa poche et la posa sur ses genoux. Il n’y avait plus aucun nom sur la Carte. Il était seul.

- Alors c’est ça le message qu’on essaye de me faire passer ? Demanda sarcastiquement James. Je suis condamné à être seul toute ma vie, et même après ? Je ne te reverrai donc jamais, Lily…

Une fois de plus, quelque chose sembla répondre à ses interrogations car le nom de Lily apparut de nouveau sur la Carte. Elle était au bord du Lac.

                James se précipita une dernière fois à travers la porte qu’il venait d’emprunter cinq secondes auparavant. Il était à présent à l’entrée de l’immense Parc du Château. Son regard se porta aussitôt sur la Carte. A son grand soulagement, Lily était toujours là. Il leva alors rapidement la tête dans la direction qui lui était indiquée et il la vit. Enfin. Cette dernière avait ôté ses chaussures et pataugeait dans l’eau. Elle portait les mêmes vêtements et était coiffée exactement de la même manière que le jour de leur altercation en cinquième année par rapport à Severus Rogue. Le cœur de James se serra. Il avait tellement voulu la voir mais à présent que c’était chose faite, il avait peur d’aller à sa rencontre. Cela faisait treize ans qu’il ne l’avait pas vue, treize ans qu’il rêvait de lui parler. Mais à présent que c’était possible, il ne savait même plus par quoi commencer.

                Il réussit finalement par mettre un pied devant l’autre, et en l’espace d’une trentaine de seconde, il se retrouva à son niveau. Elle lui tournait le dos et il se contenta de l’observer, silencieusement. Merlin qu’elle pouvait être belle, plus belle encore que dans ses souvenirs.

- Tu ne me dis pas bonjour, James ? S’amusa alors la jeune femme en se retournant enfin vers lui.

Lorsqu’il la vit, le cœur de James se serra, tout comme sa gorge. Elle était bien devant lui, et elle lui souriait.

- Bonjour Lily, murmura James, ému et étonnement timide.

La jeune femme rit devant l’attitude de son mari. James quant à lui, ne voulait même plus cligner des yeux, de peur qu’elle ne lui échappe encore.

- La dernière fois que je t’ai vu aussi timide et réservé, c’était lorsque je t’ai invité chez moi pour que tu rencontres ma famille ! Sourit alors Lily. Je crois que c’est la seule fois d’ailleurs… Tu avais tellement peur que mes parents te détestent.

- C’était légitime, lui répondit James, toujours aussi intimidé. J’allais leur demander ta main.

- Je t’aurais épousé avec ou sans leur bénédiction, James, avoua Lily.

James sourit et se rapprocha de sa femme avec précaution. Il l’observa également avec beaucoup d’intensité. Il évita aussi de cligner des yeux, de peur qu’elle ne disparaisse entre deux battements de cils. Lily fit les derniers pas qui les séparaient l’un de l’autre et lui toucha délicatement le visage du bout des doigts. L’homme ferma les yeux et déglutit. C’était tellement bon et tellement douloureux à la fois. Lorsqu’il ouvrit les yeux, Lily le regardait toujours, amoureusement.

- Est-ce que je rêve ? Lui demanda tristement James.

- Non, lui répondit simplement Lily.

- Alors je suis mort ?

- Pas encore, lui sourit tristement Lily.

- Mais… Je me souviens de l’attaque près du manoir et…

- Tu es dans le coma, mon chéri, lui apprit alors Lily.

James n’ajouta rien et devint extraordinairement pensif. Puis, son attention se rapporta sur le visage de Lily, qui le regardait toujours, avec son magnifique sourire d’ange. Si seulement il pouvait rester avec elle, pour toujours.

- Tu dois repartir, James, lui sourit alors tendrement Lily.

- Je ne veux pas, souffla James. Je veux rester avec toi.

- Moi aussi j’aimerais bien… Mais est-ce que tu penses à Harry ? Ta place est auprès de lui… Il a besoin de toi.

- Mais c’est si dur sans toi, Lily. Tellement dur, si tu savais.

- Tu t’en sors à merveilles James, lui sourit Lily, en lui caressant la joue. Tu t’en sors toujours.

James ne put en supporter d’avantage et s’apprêta à fondre en larmes. Comme à son habitude, Lily anticipa sa réaction et le prit dans ses bras, juste à temps. Et tandis que James pleurait, la jeune femme lui caressa la tête.

- Je veux que tu vives James. Que tu vives pour deux, lui murmura-t-elle alors à l’oreille. Cesse de vivre dans le passé et construis-toi un avenir. Vis ta vie.

- Je ne veux pas t’oublier, sanglota James.

- Qui t'as parlé de m'oublier ? Mais rien ne t'empêche d'ouvrir ton cœur, et de passer à autre chose. Pour moi… Pour ce que nous avons été. Ne reste pas enfermé dans ton passé.

- Mais je t'aime tellement... Souffla alors James.

- Moi aussi je t’aime.

Lily s’écarta alors de James tout à gardant sa main, prisonnière dans la sienne. Il essaya de la retenir mais elle lui échappa.

- Attends ! Cria-t-il alors. Est-ce qu'au moins tout ceci est réel ou est-ce que c'est dans ma tête ?

- Les deux, mon chéri... Lui sourit tristement Lily.

Puis, elle ferma les yeux et son corps entier se transforma en un flot de lumière qui inonda tout le parc, et qui vint caresser les joues de James, recouvertes par des larmes. Puis, ce fut le noir total.

*___*
**

                James ouvrit alors les yeux d’un seul coup. Il ne savait plus où il était. L’endroit était blanc et ressemblait à une pièce complètement stérilisée.

- Lily ! Cria-t-il, affolé, tout en essayant de se redresser.

Cependant, il sentit deux mains qui faisaient pression sur son torse, l’incitant ainsi à se recoucher.

- Lily ! Continua-t-il d’appeler, tout en se retournant vers la propriétaire des mains.

- Chut… Soupira-t-elle alors. Ne t’inquiètes pas James, tout va bien.

- Lily, murmura alors James, tandis que sa vision se troubla et qu’il sembla tomber peu à peu dans les bras de Morphé.

- Tout va bien James, tu es revenu parmi nous...

 

***

**

End Notes:

Et voila ! J'espère que ça vous a plu malgré le fait que ça soit un peu spécial comme chapitre et surtout comme narration...
Comme vous vous en serez douté, entre la citation et le chapitre... J'ai essayé d'exploiter les évènements qui se déroulent dans le chapitre "King's Cross" de Harry Potter et les Reliques de la mort. C'est un chapitre qui m'a toujours fasciné et je trouve qu'il donne un large choix de possibilité quant aux interprétations possibles... Ici, je vous expose l'une des miennes XD !

Merci d'avoir lu en tout cas, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

A bientot !

L'Enquête by Smittina
Author's Notes:

Salut tout le monde! 
Merci pour vos derniers messages qui m'ont rassurés sur le chapitre précédent. Il m'angoissait tellement mais vos si gentils commentaires ont vite calmé mes craintes et doutes existentiels ^^

Alors maintenant, voilà la suite. Je vous préviens, il n'y a pas trop d'action mais il est capital pour la suite des évènements !

J'espère donc qu'il vous plaira !!

-> Where's my mind - Yoav feat Emily Browning [Sucker Punch]
https://www.youtube.com/watch?v=7U9f1Rrhz9w

Bonne Lecture !

"N'as-tu jamais fait un de ces rêves qui ont l'air plus vrai que la réalité ? Si tu étais incapable de sortir de l'un de ces rêves, comment ferais-tu la différence entre le monde réel et le monde des rêves ? " 

[Matrix]

 

***

 

 - Je continue à dire que c’est une très mauvaise idée, Cornedrue, déclara Sirius, mécontent.

- Il est hors de question que je reste une journée de plus dans cette pièce hermétique au possible ! Rétorqua James, qui s’était redressé sur son lit d’infirmerie et qui commençait à revêtir ses habits de sorciers.

- Dois-je vraiment te rappeler qu’il y a encore quatre jours, tu étais dans le coma ?! Tenta de le raisonner Sirius. Ce n’est pas anodin, James. Pourquoi est-ce que tu ne resterais pas allongé un jour de plus ? Qu’est-ce que ça te couterait ?

- La question serait plutôt : pourquoi est-ce que je resterais alors que tout va parfaitement bien ? Rétorqua James, borné tout en boutonnant sa chemise.

- Tu mentais beaucoup mieux du temps de Poudlard, trancha froidement Sirius.

La remarque de son meilleur ami interpella James, qui venait de finir de lasser ses chaussures. Ce dernier se redressa alors et planta ses yeux noisette dans les yeux gris de Sirius. Il remarqua alors que son vieil ami semblait à la fois contrarié et triste.

- Tu crois que je n’ai pas remarqué le regard vide et absent, triste et mélancolique que tu traines depuis que tu es sorti du coma ? Continua alors Sirius.

James ne rétorqua rien cette fois, et tandis que sa gorge se serrait. A aucun moment il ne lâcha son meilleur ami du regard.

- Tu nous as dit que tu ne te souvenais de rien, mais là aussi tu nous as menti, n’est-ce pas ? Insista Sirius.

Cette fois-ci, James déglutit et baissa le regard. Cela faisait vingt ans qu’il connaissait Sirius à présent. Et en vingt ans, il ne lui avait menti qu’à deux reprises, et ce fut durant ces quatre derniers jours.

- Tu l’as vue, c’est ça ? Demanda alors Sirius.

Le ton dur et sec du jeune homme était remplacé à présent par un ton triste et compatissant. Sirius connaissait son meilleur ami, et il savait qu’une seule chose pouvait le pousser à lui mentir : Lily.

                James releva la tête et planta ses yeux tristes dans ceux de Sirius. Puis, en guise de réponse, il se contenta simplement d’un hochement de tête. Sirius posa alors la main sur l’épaule de son meilleur ami et soupira. Puis, James rendit les armes, commençant ainsi à lui raconter tous les évènements qui s’étaient produits durant son périple dans l’Entre-Deux.

-  Ce n’était qu’un produit de ton imagination, James, soupira alors tristement Sirius. Ton esprit devait faire un choix : quitter ce monde ou y rester. Et qui d’autre que notre Lily-Jolie aurait pu t’aider à prendre cette décision, hein ? C’était le plus logique que ce soit elle qui t’apparaisse….

- Non Patmol, tu ne comprends pas… Soupira à son tour James, dont la gorge était serrée.

- Bien sûr que je comprends, Cornedrue, le coupa Sirius. Ta femme te manque. Cela fait treize ans qu’elle te manque et tu aimerais que tout ce que tu aies vu soit vrai. Tu aimerais l’avoir réellement repris dans tes bras, lui avoir parlé… Mais malheureusement, on sait tous les deux qu’elle est morte, James.

- Je sais ce que j’ai vu Patmol, affirma James avec beaucoup de difficulté tandis qu’il n’avait qu’une seule envie : pleurer.

- James…

- Elle était là, près de moi.

- C’était dans ta tête…

- Non, déclara fermement James. Elle était même là, à mon réveil.

- Quoi ? S’étonna alors Sirius.

-  Elle se tenait au dessus de mon lit, affirma alors le beau brun à lunettes. Elle me caressait les cheveux et n’arrêtait pas de me répéter que tout allait bien maintenant, que j’étais revenu. Elle n’arrêtait pas de me dire de ne pas m’en faire.

La gorge de Sirius se serra et il observa son meilleur ami avec beaucoup de peine. Il savait que ce qu’il allait lui dire le contrarierait sûrement et le blesserait. Mais il savait aussi qu’il fallait à tout prix qu’il s’enlève de la tête, l’idée que sa défunte femme était toujours en vie. Par le passé, Sirius avait vu son meilleur ami sombrer dans le désespoir et dans une certaine forme de folie, alors qu’il tentait de prouver par tous les moyens que la femme retrouvée dans la forêt de Dean n’était pas sa femme. Il se souvenait du temps qu’ils avaient mis avant de l’en convaincre du contraire. Il ne voulait surtout pas que cette sombre époque ne se répète. Alors, avec beaucoup de précaution, et en choisissant judicieusement ses mots, Sirius Black déclara :

- Quand je suis revenu avec Harry, il y avait bien une personne à ton chevet, James.

Ce dernier planta alors ses yeux pleins d’espoir dans ceux de Sirius, profondément attristé.

- Cette personne te caressait bien la tête et essayait de te rassurer alors que tu venais de sortir du coma.

- Tu l’as vue alors ? S’emballa James.

- Oui…

- Donc tu…

- Mais ce n’était pas elle, James, le coupa Sirius, dont le cœur se serra. Ce n’était pas Lily.

 

Le cœur de James se brisa une nouvelle fois, et il sentit sa gorge se nouer d’avantage, si cela était possible.

- Mais alors… Commença alors le beau brun à lunettes.

- Il s’agissait d’Ellie, déclara tristement Sirius.

 

                Lorsque la sentence s’abattit, James se contenta de fixer Sirius droit dans les yeux. Ce dernier tapa l’épaule de son meilleur ami, et sortit de l’infirmerie pour le laisser digérer l’information. Il connaissait James, et savait parfaitement qu’il aurait besoin de temps pour se remettre de sa désillusion. Cependant, ce qu’il n’avait sûrement pas prévu, fut la réelle réponse émotionnelle de James face à cet aveu. Ce dernier avait redouté les paroles de son meilleur ami. Il avait eu peur d’en être totalement attristé, voire dévasté. A vrai dire, il aurait préféré ne pas connaître le nom de cette personne à son chevet pour continuer à se bercer dans la douce illusion que sa femme était encore en vie. Cependant, lorsque le prénom d’Ellie fut prononcé, personne au monde et encore moins James, n’aurait pu prévoir sa réaction. Toutes les émotions redoutées chez le jeune homme ne se déversèrent pas en lui, telles un nouveau tsunami, dévastant les fondations qu’il s’était évertué à reconstruire depuis treize ans. A vrai dire, James ne ressentit rien : pas de joie, pas de peine, comme si les propos de Sirius, au fond de lui, il les connaissait déjà. Comme si il avait toujours su intérieurement que la seule autre personne possible était Ellie. C’était une évidence pour son cœur, et à présent, James le réalisait.

                Il resta une dizaine de minutes, plongé dans ses pensées les plus profondes. Puis, il se saisit de sa veste, accrochée au porte-manteau de l’infirmerie, et sortit rapidement du 12 Square Grimmaurd où il estimait y avoir perdu beaucoup trop de temps.

 

***

 

                Ellie était allongée sur son lit, dans ses appartements de Poudlard. Elle était triste, extrêmement pensive, et extraordinairement en colère contre elle-même. Elle n’arrêtait pas de se remémorer les évènements qui s’étaient produits quelques jours auparavant. Ce qui était sûr, c’est qu’elle avait commis de nombreuses erreurs. Des erreurs qu’elle estimait lourdes de conséquence si elle ne faisait rien pour les réparer. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Comment avait-elle pu céder aussi facilement ? Albus et Severus avaient probablement raison dans le fond : il la détournait de sa mission, et ne pas l’admettre reviendrait à être de mauvaise foi. Elle avait tellement cru pouvoir y arriver. Elle l’avait fait durant de nombreuses années et cela avait été si simple pour elle. Arborer quotidiennement un masque d’impassibilité et de mensonge était devenu aussi facile pour elle que de lancer un Sortilège de Lévitation, qu’elle en avait oublié le plus important : James Potter. A partir du moment où elle l’avait vue, en train de rire avec Black, il avait été sa faiblesse, et les évènements qui s’étaient produits quatre jours plus tôt, en étaient la preuve flagrante.

                Après s’être auto-flagellée durant une quinzaine de minutes supplémentaires, Ellie soupira fortement et décida qu’il était temps pour elle de retourner à ses activités, plus qu’importantes. Ainsi, elle se leva de son lit et enfila sa cape car le mois de Janvier était l’un des plus froid à l’intérieur du château. Puis, elle sortit de ses appartements. Elle décida de rejoindre le Septième Etage, et emprunta ainsi le Grand Escalier, désert à cette période de l’année.

***

                James  était passé chez les Weasley où Harry était resté depuis son attaque. Il n’était pas rentré et s’était juste contenté de voir comment son fils se portait, à travers la fenêtre de la cuisine du Terrier. Apparemment, il avait le sourire aux lèvres et mangeait volontiers. Cela suffit à James pour s’autoriser à transplaner jusqu’à Pré-au-Lard. C’était le début du mois de Janvier, et certains commerçants avaient déjà enlevé les décorations de Noël. James se fondit dans la masse et prit la direction d’Honeyduckes et de sa cave qui donnait un accès direct à Poudlard. Il ne savait pas exactement pourquoi il avait ressenti le besoin d’aller à Poudlard. Peut-être avait-il besoin de réponses à ses questions et que la seule personne susceptible de les lui fournir se trouvait en ces lieux ? 

                Alors qu’il finissait son périple au sein du passage secret et qu’il atterrit derrière la statue de la Sorcière Borgne, James entendit des pas dans le couloir environnant. Ne voulant en aucun cas indiquer la présence d’un passage secret à l’un des élèves de l’école, il resta cacher derrière la statue. Cependant, plus les pas se rapprochaient de lui, plus il se rendit compte qu’ils ne pouvaient appartenir à un élève, car le port de chaussure à talons étaient tout simplement interdit dans l’enceinte du château. Il devait donc s’agir d’un professeur. James passa discrètement la tête hors du passage secret et finit par entrapercevoir une  longue chevelure brune qui prit la direction du Grand Escalier. Il l’aurait reconnue entre toutes. Il s’agissait d’Ellie Sturgis.

                La jeune femme n’était pas la personne que James était venu voir. Mais à présent qu’il l’avait vue déambuler dans les couloirs de l’école déserte, alors que le couvre-feu était passé, James devint curieux et décida de s’abandonner à l’un de ses passe-temps favoris datant de l’époque où il était lui-même élève à Poudlard. Il décida de l’espionner à distance, sans Carte du Maraudeur, certes, mais avec l’atout de connaitre ce château comme sa poche.

                Ainsi, James suivit discrètement la jeune femme. Il la vit emprunter le Grand Escalier et se diriger vers les couloirs du Septième Etage. Le jeune homme se demanda aussitôt ce qu’elle pouvait bien y faire à une heure aussi tardive car James savait pertinemment qu’il n’y avait strictement rien au Septième Etage, mise à part la Salle sur Demande, bien sûr. Mais très peu de personnes étaient au courant de son existence, et James avait beaucoup de mal à croire qu’une personne étrangère au château puisse l’avoir découvert en aussi peu de temps. Cependant, il continua de l’épier, car le comportement étrange et décalé de la jeune femme l’avait toujours interpellé.

                Soudain, James la vit s’arrêter en face d’une tapisserie qu’il ne connaissait que trop bien. C’était celle qui représentait la tentative de Barnabas le Follet, d’apprendre la danse classique à des trolls. L’arrêt de la jeune femme interpella d’autant plus James qui savait très bien ce qu’il se trouvait dans cet endroit du château, pour s’y être caché durant de nombreuses années. Le jeune homme décida alors de se dissimuler derrière une statue et d’observer sa consoeur. Ainsi, il la vit passer devant un mur, vierge de toute décoration, et y faire des aller et retours, jusqu’à ce qu’une petite porte en bois n’apparaissent sous les yeux ébahis de James. Ainsi donc, Ellie Sturgis connaissait l’existence de la précieuse Salle sur Demande. James fronça des sourcils, se demandant dans un premier temps comment la jeune femme aurait pu apprendre son existence après seulement quatre mois passés dans le château. D’ailleurs, à présent qu’il y pensait, il se souvenait s’être demandé comment elle avait fait pour apprendre l’existence du passage secret sous le Saule-Cogneur, menant à la Cabane Hurlante. Là aussi, très peu de personnes étaient au courant. A vrai dire, on aurait presque pu les compter sur les doigts d’une main. Une fois que les vieilles interrogations de James à son sujet eurent refait surface, ce dernier finit par se demander ce que la jeune femme pouvait bien faire dans la Salle sur Demande.

                Alors, il entreprit de s’approcher à son tour du mur. Ellie avait peut-être percé à jour les secrets de Poudlard, mais personne au monde ne connaissaient mieux le château et son fonctionnement que les Maraudeurs. Ca, James en était persuadé. Alors, le jeune homme commença à formuler clairement dans son esprit ce qu’il attendait de la salle et entama à son tour les va-et-vient devant le mur. Une petite porte en bois finit par apparaitre, et James tourna la poignée avant de s’engouffrer rapidement à l’intérieur de la nouvelle pièce.

                La première chose qui le frappa fut le manque cruel de meubles et de décorations dans la pièce car un simple matelas était déposé à même le sol, au pied d’une lucarne pourvue de barreaux. A vrai dire, James se fit la réflexion que cette salle ressemblait fortement à une cellule et d’une certaine manière, cette idée le dérangea fortement. Cependant, il remarqua la présence d’Ellie autour d’un bureau où de nombreux cartons et dossiers étaient entreposés. Derrière elle, se trouvait également un pan de mur en pierres, recouvert de photographies et de petits papiers reliés entre eux par des bouts de ficelle rouge. James se demanda ce que tout cela pouvait bien signifier lorsqu’il sentit le regard d’Ellie, rempli d’étonnement, braqué sur lui.

- Potter ? Demanda-t-elle alors que le ton de sa voix témoignait pour elle de sa surprise et de sa crainte.

- Surprise de me trouver ici, Sturgis ? Rétorqua James, en avançant vers elle d’un pas assuré, fier de la surprise qu’il avait provoqué chez la jeune femme.

 

Pour une fois, c’était lui le maitre du jeu.

- Qu’est-ce que tu fais ici ? Lui demanda-t-elle. Tu ne devrais pas être à l’infirmerie ?

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda-t-il à son tour, en indiquant le mur étrange de la pièce, et en éludant sa question.

- Comment as-tu fait pour…

- Je t’ai suivi dans les couloirs, la coupa-t-il.

- Tu m’espionnes ? Lui demanda-t-elle, d’un ton accusateur.

- Espionner ne serait pas le bon mot, s’amusa James. Je dirais plutôt que je répondais à une certaine curiosité de ma part… Te concernant.

 

Ellie se contenta de fixer James avec un regard rempli de soupçon. Est-ce qu’il savait ? Avait-il des doutes ? Ou était-il seulement curieux de savoir ce qu’elle pouvait bien faire à cette heure-ci dans les couloirs de l’école ? En tout cas, le comportement de James, consistant à la fixer dans le blanc des yeux avec un sourire narquois au coin des lèvres, ne l’aida pas à réagir à ses propos. Ils se contentèrent alors de se fixer, l’un l’autre, durant une interminable minute. En tout cas, James était toujours aussi fier de lui, et décida de briser le premier le silence, comprenant que pour une fois il avait tous les atouts en main.

- Alors ? Qu’est-ce que c’est ? Demanda-t-il, en indiquant le mur recouvert de papiers et photographies.

 

Ellie déglutit de manière presque imperceptible et son regard s’aligna dans la direction de celui de James. Elle s’approcha avec précaution de son homologue et dit :

- Il s’agit des résultats d’une enquête que je mène de mon côté…

- Une enquête ? Demanda James, en fronçant des sourcils et en regardant plus attentivement ce qui se trouvait sur le mur. Une enquête sur quoi ?

- Sur une série de meurtres réalisés par les Mangemorts depuis une quinze d’années, sur des femmes nées-moldues.

- Je ne vois pas en quoi cela nécessite une enquête, commença James qui promenait toujours son regard d’étiquette en étiquette. Après tout, rien que le terme « né-moldu » leur sert de justifi…

 

James ne finit par sa phrase lorsque son regard se posa sur la photographie qui se retrouvait mêlée à toutes les étiquettes et autres photographies. Sur ce mur, elle se retrouvait au cœur de tout. Le cœur de James se serra et il perdit en une fraction de seconde toute l’assurance qu’il avait su gagner de par son effet de surprise. Il tendit une main fébrile en direction de la photographie et l’effleura du bout des doigts. Durant ces quelques secondes de silence, James paraissait complètement blessé et anéanti. Ellie se contenta de le fixer avec beaucoup d’appréhension. Il faut dire qu’il était très imprévisible. C’est ainsi qu’elle le vit changer de comportement aussi rapidement que la météo puisse changer en montagne, et il se tourna vers elle. Son regard était beaucoup plus dur et son visage totalement fermé.

- Pourquoi est-ce que tu as une photo de ma femme sur ce mur ? Lui demanda-t-il calmement mais froidement.

 

Ellie ferma les yeux et soupira. Elle savait que cette fois-ci, elle ne pourrait pas s’en tirer avec une simple esquive de sa part. Elle devait répondre.

- Je suis loin de te l’apprendre Potter, mais ta femme fait partie de ces nées-moldues qui ont été retrouvées mortes durant ces quinze dernières années. Alors il est logique qu’elle y soit.

- Oui, mais pourquoi l’avoir placée au centre de tout, Sturgis ? Lui demanda-t-il toujours sur le même ton, mais en fronçant des sourcils cette fois.

- Parce que c’est ce que son meurtre représente, Potter, dit tristement Ellie. C’est la clé de tous nos échecs.

- Je ne comprends strictement rien de ce que tu me racontes, admit froidement James.

- J’ai enquêté sur des centaines d’affaires Potter, dit alors Ellie, tout en se déplaçant vers le bureau où de nombreux cartons et dossiers étaient entreposés.

 

Elle marqua une courte pause et se tourna vers lui, pour l’inciter à se joindre à elle. James, qui l’avait observée froidement dans un premier temps, finit par avancer jusqu’au bureau et remarqua alors que le dossier d’enquête sur la disparition et la mort de sa femme avait été étudié et annoté par Ellie, tout comme de nombreux autres.

- J’ai essayé de trouver un lien quelconque entre ces femmes : couleur de cheveux, époux, enfants, baguettes… Je n’ai strictement rien trouvé… La plupart d’entre elles ont été choisies au hasard… Elles ont toutes été enlevées pour leur servir de divertissement ou pour envoyer un message lorsque la presse n’était plus recentrée sur eux.

- Et c’est différent pour le cas de Lily ? Demanda James, d’un air soupçonneux.

- Oui et non, répondit Ellie.

- Sturgis… Commença à s’impatienter James.

- Je pense qu’à l’époque, ta femme a été enlevée, torturée puis… tuée… Continua-t-elle avec précaution, dans le seul but d’envoyer un message fort à l’Ordre du Phénix qui leur donnait du fil à retordre. C’était une manière pour eux de vous dire que vous n’étiez pas à l’abri de leurs actes.

- Mais…

- Mais son meurtre, le coupa-t-elle, est aussi la clé qui permet de comprendre notre échec face aux Mangemorts depuis la création même de l’Ordre du Phénix.

- Je ne comprends rien, Sturgis, admit James, totalement perdu. En quoi l’est-elle ?

- Le meurtre de ta femme, membre actif et puissant de l’Ordre du Phénix ne prouve qu’une chose, Potter. Il y a un traitre au sein même de l’Ordre. Un traitre qui vous a vendu il y a treize ans de cela, déclara alors Ellie tristement.

 

Cette révélation heurta de plein fouet James qui sentit ses jambes, susceptibles de l’abandonner sous son propre poids, d’une minute à l’autre. Cela ne pouvait être possible selon lui, et James le lui fit comprendre d’un simple regard.

- Réfléchis, Potter, dit alors Ellie avec conviction, tout en saisissant le dossier d’enquête sur la mort de Lily. Tu as étudié ce dossier. Je pense que tu le connais mot pour mot, à la virgule près. Je serais même prête à parier que tu as fait tes propres investigations concernant le meurtre de ta femme, n’est-ce pas ?

 

James se contenta de lui répondre par un simple hochement de tête, tandis qu’Ellie brandissait le dossier devant lui.

- Vous viviez dans un cottage entouré de maisons moldues. Personne à part les membres de l’Ordre ne connaissait son emplacement. Vous viviez même sous une fausse identité, Potter ! Et pourtant qu’est-ce qu’il en ressort ? Lui demanda-t-elle, toujours avec beaucoup de conviction et de force dans son discours. Il en ressort qu’il n’y a eu aucune effraction. Ils sont entrés comme s’ils en connaissaient le moyen, comme si on les avait renseignés…

- Tu te rends compte que tu es en train de parler de personnes…

- En qui tu as confiance et que tu connais pour certains depuis une vingtaine d’années ? Le coupa Ellie. Bien sûr que j’en suis consciente, Potter.

 

Tandis que James continuait de fixer le dossier qu’Ellie tenait entre ses doigts, la jeune femme en profita pour reprendre son souffle.

- J’ai appris il y a bien longtemps et à mes dépends que le danger ne vient jamais de là où on l’attend… Et parfois, il peut venir de personnes que l’on croyait proches de nous.

- Si tu as raison, Sturgis, et je ne dis pas que c’est le cas, s’empressa d’ajouter James. Alors on parle de combien de personnes ? Trente ? Quarante ? L’Ordre s’est considérablement agrandi depuis sa création…

- Oui, mais on peut resserrer les liens en procédant à quelques éliminations, expliqua Ellie après avoir enfin déposé le dossier sur le bureau. Déjà, toutes les personnes qui étaient à Poudlard au moment du meurtre de ta femme, comme Nymphadora Tonks, et celles qui n’étaient pas présentes au sein de l’Ordre il y a treize ans, comme moi...

- Oui, bien sûr… Admit James, en hochant la tête. Mais ça représente encore trop de monde…

- Il y a quatre personnes que l’on peut définitivement exclure de la liste des suspects, ajouta Ellie.

- Lesquelles ? Demanda James.

- Dumbledore, Maugrey, Black et… toi, déclara Ellie.

- Pour…Pourquoi ?

- Severus, répondit simplement Ellie.

- Rogue ? Quel est le rapport avec…

- Severus Rogue est un agent double depuis près de treize ans maintenant. Il a rejoint l’Ordre après la découverte du corps de ta femme.

- Oui mais en quoi Rogue…

- Depuis près de treize ans, il vous livre des informations concernant les Mangemorts. Celles-ci sont toujours justes, Rogue est toujours vivant, et seules quatre personnes sont au courant de sa situation d’agent double pour le compte de l’Ordre…

- Albus, Alastor, Sirius et… moi, répéta alors James, devenu extrêmement pensif.

- Oui, confirma Ellie.

 

Un silence s’installa entre les deux membres de l’Ordre, durant lequel James eut le regard perdu dans le vide tandis qu’Ellie le fixa, tristement.

- Mais… Il est peut-être mort à l’heure qu’il est, ajouta James, toujours aussi pensif et perdu.

- Non, le contra fermement Ellie.

- Comment peux-tu en être aussi sûre, Sturgis ? L’interrogea James.

- Parce que seul un membre de l’Ordre aurait pu mettre le nom de ton fils dans la Coupe de Feu, expliqua Ellie. Seul un membre de l’Ordre aurait pu trahir notre position dans la Bibliothèque lors de la mission au Manoir Malefoy, et les inciter à rentrer chez eux pour nous y trouver. Et enfin… Seul un membre de l’Ordre aurait pu dire aux Mangemorts où tu te trouverais en mission de surveillance, il y a quatre jours de cela…

 

James n’ajouta rien et se contenta de planter ses yeux tristes dans les yeux d’Ellie. Il n’avait pas voulu y croire au début, mais plus Ellie énonçait les faits, plus ses affirmations semblaient logiques et tellement évidentes avec du recul. Cependant, à présent qu’Ellie avait abordé le sujet de la dernière attaque en son encontre, de nombreuses autres questions vinrent se bousculer dans l’esprit de James. Il n’en avait pas parlé à Sirius, ni à personne d’ailleurs, mais James se souvenait parfaitement des échanges entre Lucius Malefoy et Bellatrix Lestrange tandis que Rodulphus Lestrange prenait un malin plaisir à lui assainir des Sortilèges Doloris. N’ayant aucun doute qu’en à l’identité d’Ellie – contrairement à Sirius, qui lui, en doutait encore – James ne put s’empêcher de lâcher ses informations comme une bombe, juste pour voir la réaction de la jeune femme.

- Ils cherchent toujours cette femme, dit-il alors, en prenant soin d’observer avec minutie les traits de sa consoeur.

-  Pardon ? Demanda Ellie, le plus naturellement possible.

- Quand ils me sont tombés dessus il y a quatre jours, c’était un piège, dit alors calmement James.

 

Ce dernier remarqua alors que le corps de son homologue s’était quelque peu tendu. Elle était crispée, et ce changement d’attitude corporelle confirma les doutes de James, qui le poussèrent à continuer.

- Ils s’attendaient à ce qu’une femme vienne à ma rescousse…

 

Bien que naturellement pâle,  le visage d’Ellie pâlit d’avantage.

- Et je pense qu’il s’agit de la mystérieuse femme au Patronus, qu’ils recherchent depuis plusieurs mois maintenant…

- Pourquoi pensaient-ils qu’elle viendrait à ton secours ? Demanda Ellie, qui tenta de dissimuler son trouble, du mieux qu’elle put.

- Ca je n’en sais rien, répondit James en haussant des épaules. Mais on pourrait le lui demander, le jour où on saura qui elle est et surtout, ce qu’ils lui veulent…

 

Ellie déglutit et James s’en aperçut. Sans le savoir, et surtout sans le vouloir, elle venait de confirmer tous les doutes de James à son sujet. Ce dernier, fier de lui une fois de plus, se retourna et prit la direction de la sortie. Il posa sa main sur la poignée lorsqu’une dernière question lui vint à l’esprit. Alors, il se retourna et fixa son homologue qui semblait légèrement perdue dans ses pensées.

- Pourquoi est-ce que toute cette histoire t’intéresse, Sturgis ?

- Quelle histoire ? L’interrogea Ellie.

- Ces femmes, ces meurtres… Ce traitre…

Ellie planta son regard triste dans celui de James et déclara :

- Ai-je vraiment besoin de te rappeler ce qu’ils m’ont fait ?

James eut le cœur qui se serra et se frappa mentalement. Il ne pourrait jamais oublier ces aveux troublants que la jeune femme lui avait faits et il s’en voulut de ne pas avoir anticipé sa réponse plus tôt. James se contenta alors de secouer la tête et il sortit de la Salle sur Demande, avec cependant plus de questions en tête qu’il n’en avait eues en rentrant....

End Notes:

Alors ? :$
Bon certes, je vous avais prévenu, il n'y avait pas beaucoup d'action et j'ai rajouté encore un mystère à tout ça ^^ Mais c'est un chapitre de transition, vraiment important pour la suite des évènements!

Merci en tout cas d'avoir lu ! :)

 

 

Carte et soupçons by Smittina
Author's Notes:

Salut salut !
Déjà, Merci beaucoup pour vos reviews de la semaine dernière !
Ensuite, en général j'essaie de poster un chapitre tous les vendredi pour que vous l'ayez en fin de weekend. Cependant, je pars pour un weekend de trois jours et je ne voulais pas vous faire trop patienter... Du coup je poste un jour plus tôt et le temps que le chapitre soit validé par les modérateurs, j'espère que vous l'aurez pour le weekend :)

En tout cas, ce chapitre et le prochain sont principalement focalisés sur James. J'espère qu'il vous plaira et je vous préviens d'avance, il est beaucoup plus long qu'en temps normal !

Bonne Lecture !

Ps : Je me suis un peu inspiré ede cette musique tout en écrivant ce chapitre, si ça vous intéresse ! Emma Louise - Jungle
https://www.youtube.com/watch?v=cvzu3bKgt5Y

Les cours avaient repris depuis peu et malgré les insistances de Sirius, James avait également repris sa fonction de Professeur de Métamorphose. Une semaine s’était déjà écoulée depuis le début de la rentrée et James semblait toujours aussi préoccupé. On aurait pu croire que cela aurait un rapport avec le traitre de l’Ordre, mais ce qui occupait la quasi-totalité de son esprit, était sa troublante expérience dans l’Entre-Deux. Il avait tenté d’en parler à Marlène mais cette dernière avait vite coupé court à la conversation, n’ayant pas une grande expérience dans le domaine de la psychomagie. Cependant, cette dernière lui avait conseillé d’en parler à Dumbledore, dont la connaissance du monde magique dépassait largement celle du sorcier lambda. 

                Après une longue hésitation de plusieurs jours, James finit par céder et sortit de ses appartements, un soir de nouvelle lune. Il rejoignit rapidement le couloir menant au bureau du directeur et finit par arriver devant la porte pourvue d’un heurtoir en forme de gryffon. Il hésita une nouvelle fois, la main prête à frapper à la porte et finit par s’y résoudre au bout de quelques secondes. Une voix, légèrement ensommeillée, retentit à travers la porte, et James décida d’entrer. Il trouva à l’intérieur son ancien directeur et ami, vêtu d’un long peignoir de nuit, bleu foncé.

- James ? S’étonna le directeur, comme s’il s’attendait à voir une autre personne. Tout va bien ?

- Je vous dérange, Albus ? Demanda à son tour James, de peur d’avoir réveillé son ami.

- Non, non, le rassura Dumbledore, tout en s’asseyant à son bureau. Installez-vous confortablement dans un fauteuil.

- Merci Albus, fit James tout en s’exécutant.

- Que me vaut votre visite, James ? Demanda Dumbledore, tout en souriant.

- J’ai posé des questions à Marlène concernant l’Entre-Deux, commença le brun à lunettes, mais elle n’est pas suffisamment à l’aise avec le sujet. Du coup, elle m’a redirigé vers vous.

 

Albus s’efforça de sourire mais James ne put s’empêcher de remarquer l’attitude de son vieil ami qui était devenue légèrement crispée.

- Que voulez-vous savoir exactement, James ? Finit par demander Dumbledore.

- Tout, trancha le concerné. Tout ce que vous pouvez m’apprendre sur le sujet. Je suis preneur de toute information.

- Je vois… Sourit nerveusement Dumbledore, qui avait un peu de mal à cacher son malaise à présent. Une sucrerie ?

 

Albus lui posa la question tout en mettant sous son nez un bol rempli de sucreries. James sourit face au comportement quelques fois enfantin de son ancien directeur, et prit une Chocogrenouille.

- L’entre-deux est une sorte de passerelle… Dit alors Dumbledore. Un pont vers l’au-delà que seule une personne peut choisir d’emprunter volontairement. Les témoignages de ceux qui en sont revenus sont très vastes et très différents. Certains se retrouvent dans une gare, d’autre chez Zonko. Notre esprit est projeté dans un endroit qui représente beaucoup à nos yeux. Un endroit qui, d’une certaine façon, nous apaise…

- J’étais à Poudlard, expliqua James.

 

Le vieil homme sourit face à cet aveu, et continua :

- La personne piégée dans l’Entre-Deux a donc un choix à faire : vivre ou mourir. Mais en général, dans cet état inconscient, un guide est matérialisé par notre esprit. Un guide que l’on doit suivre, comme si nous réalisons une sorte de quête.

 

James baissa les yeux, et Dumbledore n’eut pas besoin de s’appeler Merlin pour comprendre que l’esprit du jeune homme avait certainement matérialisé la belle Lily Evans Potter. Un silence s’installa entre les deux hommes avant que James ne commence à l’interroger.

- Est-ce que ces guides peuvent être des personnes encore vivantes ?

- Oui, c’est possible, répondit prudemment Albus, du moment que cette personne représente un sentiment de parfaite plénitude et d’apaisement de l’âme. Certaines personnes ont témoigné du fait de parler à leur parent durant leur voyage, alors qu’ils étaient en vie et en parfaite santé… Il s’est avéré qu’en réalité, ces derniers n’avaient eu de cesse de leur parler tout au long de leur période d’inconscience tandis qu’ils se tenaient à leur chevet. Il semblerait alors que leur esprit ait juste matérialisé leur âme pour les apaiser et les aider à revenir.

- Leur âme ? Répéta James, qui semblait à présent très pensif.

- Oui, James.

- Donc si j’ai vu l’âme d’une personne pendant que j’étais là bas, il y a une chance pour que cette personne soit toujours en vie, n’est-ce pas ?

 

Suite à cette question, un long silence s’installa entre les deux hommes durant lequel Dumbledore transperça James du regard, comme s’il essayait de le sonder. Puis, le vieil homme soupira, et son regard fut soudain très triste.

- Je ne sais pas ce que vous avez exactement vu là-bas, James. Mais si vous l’avez vu, elle… Ce n’est pas possible… Elle… Elle est morte…

- C’est ce que Sirius n’arrête pas de me dire, soupira alors l’ancien Gryffondor.

- Et malheureusement, il a raison… Répondit tristement Albus.

- Pourtant… Je ne saurais pas comment l’expliquer mais… C’était réel pour moi… Je l’ai senti au plus profond de mon être… Comme si toutes mes entrailles n’arrêtaient pas de me pousser à croire qu’elle était vraiment là… Comme si elle était tout juste sous mon nez et que je n’arrivais pas à la voir.

 

Dumbledore déglutit et soupira.

- Je suis sincèrement désolé, James… Mais c’est impossible… Répéta-t-il dans l’espoir de le convaincre.

- C’est ce que j’essaie de me dire tous les jours depuis l’incident… Mais ça sonne toujours aussi faux à mes oreilles.

 

Un nouveau silence s’installa entre eux, avant que James ne se relève. Il remercia Albus pour toutes ces informations et il regagna alors lentement la porte qu’il ouvrit avec encore plus de lenteur, comme si son corps le poussait à rester encore. C’est alors qu’une dernière question vint résonner dans sa tête et il se retourna vers son ami pour la lui poser :

- Une dernière question Albus...

- Oui, James ?

- Est-ce qu’il est possible de voir l’âme d’une personne, hors de cet état d’inconscience ? Je veux dire par là, si elle est dissimulée…

- Dissimulée ? Demanda Albus, en fronçant des sourcils.

- Oui… Dissimulée comme sous une forme d’Animagus par exemple, ajouta James.

 

Dumbledore tenta de sonder l’esprit de son ami mais n’y parvint pas. Alors, avec toute la précaution du monde il finit par lui révéler :

- Oui, c’est arrivé à Elsa Schnaps, une sorcière allemande dont le mari était un Animagus. Alors qu’elle venait de sortir de l’Entre-Deux, elle a vu distinctement son mari à son chevet alors qu’il était toujours sous sa forme animale…

 

James hocha la tête, encore plus pensif, et Albus, inquiet, finit par lui demander :

- Pourquoi me poser cette question, James ?

 

Le concerné planta son regard noisette dans les yeux bleus du directeur et finit par hausser les épaules tout en ajoutant :

- Simple curiosité… Bonne nuit Albus, et merci.

- Bonne nuit James, rétorqua un Albus Dumbledore particulièrement inquiet en voyant son ami refermer la porte derrière lui car il savait pertinemment qu’il venait de lui mentir.

 

***

                Quelques minutes auparavant, Ellie et Severus Rogue quittèrent les cachots. Ce dernier avait grandement insisté pour raccompagner la jeune femme jusqu’à ses appartements. La plupart de leur trajet s’effectua dans le silence le plus complet, jusqu’à ce qu’Ellie ne brise ce lourd et pesant silence :

- Tu ne devrais pas avoir à faire ça, Severus, dit-elle d’un ton grave. C’est trop risqué. S’il apprend que…

- Il n’en saura strictement rien, la coupa Rogue.

- C’est moi qui devrait y aller, renchérit Ellie, tout en secouant la tête.

- Tu as trop de choses à gérer, continua Rogue. Tu ne peux pas tout faire… Tu es humaine, Ellie…

- Ca j’en doute, pouffa sarcastiquement la jeune femme.

 

Lorsqu’elle prononça ces mots, Severus s’arrêta dans son élan et la retint par le poignet. La jeune femme s’immobilisa mais ne se retourna pas vers le Maitre de Potions, l’obligeant ainsi à se positionner devant elle, afin d’avoir toute son attention. Puis, Severus prit un ton solennel et compatissant que très peu de personne lui connaissait.

- Tu n’as pas à t’en vouloir indéfiniment pour ce qu’il s’est passé là-bas. Tu n’es pas responsable… Tu n’as fait que…

- Survivre ? Le coupa Ellie, tout en le regardant droit dans les yeux pour la première fois depuis le début de cette conversation.

 

Severus répondit simplement par un hochement de tête, tout en serrant le poigné de son homologue, en guise de réconfort.

- Ce que j’ai fait… Dit difficilement Ellie. Tout ce que j’ai fait… Je ne pourrais jamais me le pardonner…

 

Ellie ferma ensuite les yeux, et soupira fortement comme si elle essayait de panser une blessure intérieure particulièrement profonde.

- Si tu n’arrives pas à te pardonner, Lui, il le fera… Dit alors Severus, ce qui eut pour effet d’attirer de nouveau l’attention d’Ellie.

- J’en doute, pouffa sarcastiquement la jeune femme, tout en secouant fortement la tête.

- Pourquoi ?

- Il y a six mois, j’ai surement pris la décision la plus difficile de ma vie, Sev’. Mais il n’empêche que je l’ai prise, et tout choix, tout acte, entraine forcément des conséquences.

- Il t’aime.

- Non, trancha froidement Ellie. Celle qui l’aime, il l’a perdue il y a des années. Il aime sa femme ; la parfaite,  gentille, patiente et optimiste Lily Evans. Moi, je ne suis qu’une femme atroce ayant commis des actes atroces.

- Tu n’es pas…

 

Le cœur de la jeune femme s’emballa soudainement et elle paniqua :

- Tais-toi, le coupa-t-elle alors fermement.

- Non, laisse-moi finir, je…

- Bonsoir, dit alors une troisième voix qui semblait s’avancer vers eux dans le noir.

- Potter ! S’écria alors Ellie, avec peut-être un peu trop de faux enthousiasme.

- Qu’est-ce que vous faites ici ? Demanda le brun à lunettes, tout en fronçant des sourcils.

- Je montrais à Ellie la potion Tue-Loup que je prépare pour… l’autre… Déclara froidement Rogue.

- Je n’en avais jamais vu la fabrication, enchaina alors la jeune femme.

 

James ne dit rien et se contenta de les dévisager l’un l’autre, avec un regard froid et fermé. Il était loin d’être stupide et savait pertinemment qu’ils venaient tous deux de lui mentir. Et à cet instant précis, il aurait voulu être arrivé plus tôt afin de surprendre leur sujet de conversation.

- Et toi ? Finit par dire Ellie. Qu’est-ce que tu fais dans les couloirs à une heure aussi tardive ?

- Je prenais l’air… simplement, mentit James, tout en la regardant droit dans les yeux.

 

Ellie sut qu’il venait de lui mentir et déglutit. Son esprit, quant à lui, était devenu tout bonnement insondable pour la jeune femme. James était fermé comme une huitre, et cela la dérangeait fortement.

                Après un énième silence pesant entre les trois professeurs, Severus s’excusa et prit la direction de ses appartements. Puis, James et Ellie entreprirent à leur tour de rejoindre les leurs. Cependant, ils firent une fois de plus le trajet dans le silence absolu, ce qui angoissa de plus en plus, Ellie. Pourquoi ne disait-il rien alors qu’il est de nature assez bavarde ? Pourquoi lui avait-il menti ? Et puis il y avait ce regard… Celui qu’il arborait depuis qu’il était sorti du coma. C’était un regard triste, mélancolique, mais surtout profondément pensif.

- Demain, j’ai un cours avec Harry dans la Cabane Hurlante, finit par dire Ellie. Ca t’intéresse ?

- C’est gentil mais non, dit James, d’un ton parfaitement neutre et détaché. Il y a des choses qui faut que j’éclaircisse.

- Tu veux que je te donne un coup de main ? Proposa Ellie. Parce que tu sais, je peux toujours…

- Non merci, la coupa-t-il.

 

Ellie déglutit et elle ne put empêcher son cœur de se serrer fortement dans sa poitrine. Cette réaction ne lui ressemblait guère. Elle ne semblait plus reconnaitre le James Potter qu’elle connaissait depuis 6 mois. Alors, elle s’arrêta et referma sa main autour de son poignet, comme Severus l’avait fait pour elle, cinq minutes auparavant. Ainsi, elle l’arrêta dans son élan et se plaça devant lui. Les deux jeunes gens se fixèrent silencieusement pendant plusieurs longues et interminables secondes, jusqu’à ce qu’Ellie ne reprenne la parole :

- Tout va bien, Potter ?

 

James ne répondit pas et continua à la regarder dans le blanc des yeux. Devant le manque de réaction de son partenaire, Ellie enchaina :

- Tu es étrange depuis la rentrée. Tu ne restes pas longtemps aux diners ; en dehors de tes heures de cours tu restes cloitrer dans ta chambre. Tu ne parles pas, ne rit pas. Tu sembles…

- Oui, Sturgis ? L’incita-t-il à continuer, sans sourciller une seule fois.

- Vide, trancha la jeune femme, tout en soutenant son regard.

 

La réponse d’Ellie entraina l’esquisse d’un sourire de la part de James. La jeune femme avait une fois de plus vu juste sur ces sentiments depuis quelques temps. Il se sentait vide, seul.

- Ca va, trancha-t-il, tout en essayant de continuer sa route, mais Ellie l’en empêcha de nouveau.

- Ne fais pas ça, lui dit-elle alors.

- Faire quoi ?

- Te replier sur toi-même, ajouta-t-elle. Parle-moi.

- Pour te dire quoi Sturgis ? Tout va bien.

-  Non, tout ne va pas bien, James ! S’emporta alors la jeune femme.

 

Le ton qu’elle employa, tout comme l’utilisation de son prénom, surprit énormément le jeune homme qui eut un léger mouvement de recul. Il crut voir sa femme et cela le perturba d’autant plus.

- Tu as failli mourir ! Faut-il que je te le rappelle ? Et pour couronner le tout, tu as appris récemment que tu avais surement été trahi par une personne que tu considères être ton ami. Alors, non, tu ne vas pas bien. Tout le monde le voit, tu sais ? Même ton fils, le voit !

- Harry ne…

- Si, le coupa-t-elle. Il m’a fait part de ses inquiétudes à ton sujet avant-hier soir.

 

Cette nouvelle eut le mérite de serrer le cœur de James. En deux semaines, ce fut les seules paroles qui le firent réagir émotionnellement.

-  Je sais que c’est dur, ajouta-t-elle alors. Mais tu dois te ressaisir !

- Tu ne comprends pas, dit alors James, en secouant la tête.

- Détrompes-toi, Potter.

 

Ellie marqua une courte pause durant laquelle James sentit la pression qu’elle exerçait sur son poignet s’intensifier, comme si elle cherchait à trouver du courage.

- Tu te sens seul. Tu te lèves tous les matins pour affronter une journée de plus dans ce monde où tu as l’impression que la vie n’a jamais rien fait d’autre pour toi que de t’abandonner. Tu pourrais rester au fond de ton lit à te morfondre sur ta misérable vie. Tu pourrais te laisser totalement dépérir. Mais tu ne le fais pas, et tu te lèves chaque matin. Tu te bats. Tu le fais pour les personnes qui sont là, dehors. Les personnes qui comptent sur toi. Les personnes qui ont besoin de toi. La vie t’a peut-être abandonnée mais toi, tu ne les abandonneras pas. Alors tu te forces à faire des sourires. Tu t’efforces à faire semblant de vivre, pour eux. Mais au fond, tu te sens seul comme personne.

 

Durant la totalité de son monologue, James ne quitta pas un instant la jeune femme du regard, malgré le fait que chaque mot, incroyablement justes, lui lacérait petit à petit le reste de son cœur.

-  Mais tu ne l’es pas, Potter, ajouta-t-elle tristement. Tu n’es pas seul.

 

Un autre silence s’installa entre les deux jeunes gens, jusqu’à ce que l’un d’eux ne le brise de nouveau. Mais cette fois-ci, ce fut James qui prit la parole.

- Je l’ai vue, lâcha-t-il alors.

- Qui donc ? Demanda Ellie, en fronçant des sourcils.

- Ma femme, dit alors James, sans la quitter une seule seconde du regard. Elle était dans l’Entre-Deux.

- Potter, c’était dans ta tête… S’empressa-t-elle de lui répondre.

- Je sais, dit-il alors d’une manière stoïque. Mais j’aurais voulu que pour une fois, ça soit vrai…

- Je comprends, ajouta alors Ellie.

 

James lui sourit timidement et après quelques autres secondes de silence, les deux professeurs reprirent la route vers leur appartement. Cependant, James avait bel et bien remarqué que la jeune femme était devenue particulièrement détendue à partir du moment où il avait confirmé que tout c’était passé dans sa tête… Et la seule question qui lui revenait sans cesse dans sa tête était : « Pourquoi ? ».

 

***


                Trois semaines passèrent, et le comportement de James ne changea pas d’un iota. Il faisait ses cours, mangeait dans la Grande Salle, passait quelques temps avec son fils, avant de rejoindre ses appartements où il s’enfermait dès qu’il le pouvait. Tout ceci alimenta l’angoisse grandissante d’Ellie qui ne put s’empêcher d’en faire part à Dumbledore et Rogue :

- Il reste cloitrer à longueur de journée dans cette foutue chambre ! S’exclama la jeune femme qui faisait les cent pas dans le bureau du Directeur. Je suis prête à parier qu’il y resterait constamment si on pouvait le dispenser de cours et le nourrir par intraveineuse !

- Calme-toi, répondit stoïquement Severus.

 

Ellie arrêta instantanément de faire les cent pas et se tourna vers son confrère, tout en lui lançant l’un de ses regards les plus noirs.

- Je suis parfaitement calme, répondit-elle avec un ton froid. Cependant, je souligne le fait que son comportement est étrange…

- Il se pose des questions, dit alors Albus, le regard perdu vers les montagnes visibles depuis l’une de ses fenêtres.

- A quel sujet ? Demanda Rogue, d’un ton placide.

 

Albus ouvrit la bouche pour s’apprêter à lui répondre mais il fut devancer par Ellie :

- L’Entre-Deux.

 

La jeune femme, qui s’était dirigée vers l’une des fenêtres de la Tour, regardait à présent le Terrain de Quidditch.

- C’est exact, rétorqua Dumbledore, tout à laissant échapper un soupir.

- Vous pensez qu’il est au courant ? Demanda Rogue.

 

Dumbledore lança un regard en biais vers Ellie. Cette dernière avait toujours son regard braqué sur ce qu’il se passait à l’extérieur, et ne semblait pas réagir à la question de Severus. Alors, le vieil homme se décida à lui répondre :

- Non, je ne pense pas. Mais quelque chose le dérange…

- Quoi ? Demanda Rogue.

- Pour une raison qu’il ne s’explique pas, il est persuadé d’avoir réellement parlé à sa défunte femme là-bas, répondit Albus, qui n’avait toujours pas quitté Ellie du regard.

- Je vois… Dit Rogue, avec ce ton glacial qui lui correspondait tant.

 

Un silence s’installa entre les trois sorciers. Ellie n’avait toujours pas réagi et se contentait toujours de regarder le Terrain de Quidditch. Quant aux deux hommes présents dans la pièce, il la fixait. Elle. Soudain, sans qu’ils se l’expliquent, la jeune femme se détacha de la fenêtre et leur fit face. Elle les dévisagea chacun leur tour, avant de secouer la tête.

- Ils sont là, dit-elle alors simplement.

 

 C’est alors qu’une personne frappa à la porte. Dumbledore plongea ses yeux bleus perçants dans ceux d’Ellie durant quelques secondes.

- Je m’en vais, dit alors Rogue.

- Vous les faites entrer Severus ? Merci.

 

Ce dernier ne répondit pas et ouvrit simplement la porte. Il tomba nez à nez avec Sirius Black. Les deux hommes se dévisagèrent quelques instants, avant que Rogue ne s’éclipse après leur avoir dit d’entrer. La porte du bureau du directeur laissa alors pénétrer huit personnes : les trois Maraudeurs restants, les parents de Ron Weasley, l’incroyable médicomage Marlène McKinnon, l’auror Gilrod Jonas et une employée du ministère, dénommée Jenna Goldmann. Il s’agissait exclusivement de membres de l’Ordre du Phénix qu’Ellie dévisagea soigneusement. Après tout, le traitre qu’elle recherchait, était peut-être parmi eux. Dumbledore leva sa baguette et fit aussitôt apparaître quatre fauteuils supplémentaires, afin que chacun d’eux puissent s’assoir confortablement. Ellie resta debout, comme à son habitude. Les membres de l’Ordre prirent place et Albus se décida à leur parler :

- Bienvenue à toutes et à tous. Je vous remercie d’avoir répondu présent pour cette mission.

- C’est tout à fait naturel, Albus, répondit Arthur Weasley, avec un ton ferme et assurant.

- Quand il s’agit de la sécurité de nos enfants… Rajouta Molly Weasley.

 

Albus Dumbledore leur sourit, et marqua une courte de pause avant de poursuivre. Il en profita pour regarder Ellie, dont le regard était de nouveau captivé par ce qu’il se passait sur le Terrain de Quidditch. C’est alors que le vieil homme sourit car il venait de se souvenir que l’équipe de Gryffondor s’entrainait aujourd’hui.

- Comme Mr Black a du vous le dire, j’ai besoin de vous tous pour la mise en place de la Deuxième Tâche du Tournoi des Trois Sorciers.

- En quoi pouvons-nous être utiles ? Demanda Peter, qui laissa échapper une sorte de couinement dans la formulation de sa question.

- Je présume qu’il ne vous a pas échapper que le nom d’un garçon de quatorze ans que nous connaissons bien et que nous apprécions tout particulièrement, est sorti de la Coupe de Feu, répondit alors gravement le vieil homme. J’ai bien peur qu’il ne s’agisse que d’un prétexte pour l’atteindre lui, ou James à travers ce Tournoi. Par conséquent, j’ai besoin de personnes de confiance qui pourront vérifier et placer le matériel nécessaire pour cette Tâche.

- Et nous sommes ces personnes, répondit fièrement Sirius.

 

Le vieil homme leur sourit, et tous prirent notes de leur rôle et fonction qu’ils devront effectuer durant le mois à venir. Mais Ellie, elle, avait toujours son regard braqué sur le Terrain de Quidditch, réprimant son irrésistible envie de se ronger les ongles. Il fallait que tout se passe bien. Il ne devait surtout rien lui arriver.

 

***

 

 

                C’était un mardi matin et comme tous les mardi matins, James devait se lever pour donner son cours de Métamorphose à des deuxième Années. Le brun à lunettes soupira alors qu’il savait pertinemment que l’heure n’arrêtait pas de défiler. Une minute supplémentaire passée dans son lit et il pourrait dire adieu à son petit déjeuner. L’horloge de sa chambre sonna alors huit heures et James soupira de nouveau. Il ne prendrait pas encore de petit déjeuner en ce mardi matin. Il patienta encore quelques secondes avant de se résigner à se redresser sur son lit. Il sortit alors sa baguette de sous son oreiller et d’un seul coup, il fit venir à lui l’intégralité de ses vêtements.

                Le professeur s’habilla machinalement, tandis que son esprit était toujours tourné vers ses interrogations. Au sujet de l’Ordre et du traitre, au sujet de l’Entre-deux, au sujet du Tournoi des Trois Sorciers et du nom d’Harry, et surtout au sujet d’Ellie… Cela faisait presque un mois à présent qu’il passait son temps libre à penser et à essayer de résoudre cet incroyable puzzle qui s’était formé dans sa tête. Un mois où toutes ses interrogations restaient sans réponse. Un mois où le mystère « Ellie Sturgis » lui pesait de plus en plus. De toutes les questions qui lui trottaient dans la tête, celles concernant la jeune femme était celles qui le perturbaient le plus et qui lui donnaient le plus de maux de tête.

                « Ellie Sturgis » ou la femme aux cent mystères. La femme qui ne connaissait que trop bien les pratiques des Mangemorts, la femme qui leur avait surement échappé, la femme qu’ils s’employaient activement à rechercher, la femme qui lui rappelait tellement la sienne par moment. En général, c’était sur ce dernier point que James s’attardait le plus. Par le passé, il avait déjà fait énormément de parallèle entre Ellie et Lily. Certaines répliques, certaines mimiques, certains regards. Ca aurait pu être elle. C’était la réponse rationnelle à la question « Pourquoi ? » que James s’était posé des centaines de fois après ce qu’il s’était passé au Cottage suite à leur fuite du Manoir des Malefoy. S’il avait dérapé avec elle, c’était uniquement parce qu’elle lui rappelait à certains moments sa Lily. Ca ne pouvait pas être autre chose pour lui. En tout cas, pas une réelle attirance…

                Cependant, Ellie Sturgis était toute fois bien différente de Lily Potter. Elle était froide voire glaciale par certains moments, peu démonstrative, insensible. Devant le massacre du foyer Ste Rose, elle n’avait pas sourcillé une seule fois. Elle avait simplement fait son travail, sans se rendre compte qu’elle s’agenouillait auprès du cadavre d’une femme dont le corps était probablement encore chaud. Elle était restée de marbre et distante face aux évènements. Jamais Lily n’aurait pu agir ainsi, jamais elle n’aurait pu s’approcher des cadavres des enfants sans réagir. Et puis, il y avait eu cet épisode avec Harry et ses cours particuliers. Ellie lui avait menti alors que Lily n’aurait jamais pu. C’était une menteuse lamentable. De nombreux autres éléments venaient s’ajouter à la liste et pesait pour dire que les jeunes femmes étaient tout de même bien différentes. Mais pourtant, plus il y pensait, plus James ne pouvait s’empêcher de faire un parallèle entre elles, comme si un lien, invisible pour son esprit, les liait.

                Il y a un mois, James ne se serait jamais posé la question. Il y a un mois, il aurait pensé que ce n’était juste que de simples, étranges, voire cruelles coïncidences. A vrai dire, il y a un mois, il n’y aurait pas pensé plus d’une minute ou deux, et aurait vite fait de ranger tout ça dans un coin de sa tête. Après tout, sa femme était bel et bien morte pour lui. Mais il y a un mois, il ne l’avait pas vu, elle, dans l’Entre-Deux. Cette rencontre avec Lily, ce bref échange… Il se moquait de tout ce que pouvait lui dire Sirius ou Dumbledore… Pour lui, c’était réel.  Tout ce qui s’était passé là-bas avait été réel, et encore plus les évènements produits lors de son réveil de l’Entre-Deux. Pourquoi avait-il vu en Ellie, sa propre femme si ce n’est qu’il ne s’agisse peut-être de la même personne ? Voila, la question qui taraudait l’esprit du Maraudeur vingt-quatre heures sur vingt-quatre tandis que son cœur et sa raison ne cessaient de rentrer en conflit. Sa tête lui hurlait « coïncidence » alors que son cœur, lui,  criait « ouvre les yeux, James ! ».

                Ce dernier finit de nouer machinalement sa cravate et son regard croisa alors son propre reflet dans le miroir. Il revint alors à la réalité, et sortit instantanément de ses délicates pensées. Le jeune homme soupira de nouveau et entreprit de sortir de ses appartements. Il ne pouvait pas passer sa journée à réfléchir. Il devait donner ses cours.

 

***

 

                Les cours du mardi prirent fin et James entama de rejoindre ses appartements. Comme à son habitude depuis un mois, il voulut emprunter le couloir de l’Aile Est, menant au Grand Escalier, jusqu’à ce qu’il ne s’aperçoive que ce dernier était fermé pour cause d’inondation.

- « Surement Mimi Geignarde, pensa alors James. C’est toujours Mimi… »

Le jeune homme soupira et retourna sur ses pas, pour emprunter les petits escaliers menant au rez-de-chaussée. De là, il pourrait rejoindre plus loin le Grand Escalier. Il marcha dans cette direction, un peu moins perdu dans ses pensées qu’en temps normal, jusqu’à ce qu’il ne tombe nez-à-nez avec les jumeaux Weasley. Ces derniers, un sourire malin au coin des lèvres, le saluèrent poliment et s’éloignèrent rapidement, tout en parlant à voix basse. James leva les yeux au ciel et ne put s’empêcher de sourire. Ces deux-là avaient bien repris le flambeau des Maraudeurs.

                Cependant, James remarqua soudain l’endroit duquel les jumeaux étaient sortis. Il s’agissait du bureau du vieux concierge, Argus Rusard. Le cœur de James se serra alors instantanément et son esprit fut percuté par l’idiotie dont il avait fait preuve pendant plus d’un mois. Il cherchait des réponses, et Argus Rusard était l’homme qui pouvait les lui donner. James s’approcha alors rapidement du bureau et y entra. Il se retrouva alors entouré de nombreux objets facétieux en tout genre, confisqués au fur et à mesure des années. Parmi eux, se trouvait même certains objets qui lui avaient appartenus. Le bon vieux temps, selon James.

- Tiens donc ! S’exclama alors la voix de Rusard, faussement enjouée, qui eut le mérite de sortir James de ses pensées. Que ce jour soit marqué d’une pierre blanche ! James Potter qui entre dans mon bureau sans y avoir été convié, pour une fois !

- Bonjour Rusard, répondit alors James.

- Qu’est-ce que vous voulez petit chenapan ? Rétorqua alors le vieil homme, qui devint subitement sur la défensive.

- Oh voyons, Argus… De l’eau a coulé sous les ponts depuis…

- Un voyou reste toujours un voyou, Potter… Répondit méchamment Rusard. Je n’ai pas oublié les fusées hallucinogènes cachées sous ma chaise, ni vos stupides diversions en vous servant de Peeves. Je n’ai pas oublié ces nuits blanches passées à vous courir après, à vous et à vos stupides amis !

- On était jeune ! S’exclama alors James, amusé car il venait de repenser à toutes les stupides blagues qu’ils avaient pu faire à Poudlard.

- Des voyous ! Voila ce que vous étiez.

- Je suis désolé, déclara alors James, d’un ton toujours légèrement amusé.

- Je vais vous dire, Potter, dit alors Rusard. Vous avez eu de la chance de tomber sur cette Evans… Elle a su au moins vous mettre un peu de plomb dans la cervelle en dernière année !

 

L’évocation de Lily par Rusard fit perdre tout son sourire à James, tandis qu’il sentit son cœur étouffer de nouveau, comme oppressé.

- C’était une fille bien, cette gamine-là… Je n’en ai plus vu des comme elles. La seule qui me respectait dans ce château… La seule qui posait un regard sur ceux qui en avait le plus besoin…

 

Rusard avait continué de parler sans se soucier une seule fois de la réaction de James. Il semblait perdu dans ses pensées. Il faut dire que Lily Evans avait su marquer les esprits à Poudlard. Le vieil homme sortit de ses pensées et remarqua enfin le regard triste et vitreux de James Potter. C’était la première fois qu’il voyait le visage du jeune homme dépourvu de toute assurance et de tout sourire. Argus Rusard n’était pas un mauvais bougre. C’était juste un homme rongeait par la solitude, qui ne pouvait compter que sur sa chatte Miss Teigne. Alors, quand il vit l’expression du visage de James, il ne put qu’avoir de la compassion pour lui.

-  Je suis désolé, dit alors le vieil homme.

 

James planta son regard dans ses yeux et déglutit. Aucun son ne pouvait sortir de sa gorge, complètement serrée.

- Vous vouliez me demander quelque chose ? Essaya de se radoucir le vieux bougre.

- Oui… Réussit à prononcer James, tout en se raclant la gorge. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais lors d’une nuit d’excursion dans le château, vous m’êtes tombé dessus et m’avez confisqué un parchemin.

-  Celui qui insulte toute personne qui essaye de s’en servir ? Demanda Rusard, avec un air soupçonneux, devenu totalement naturel au fil des années.

- Oui, c’est ça, dit alors James. Vous l’avez toujours ?

- Oui, bien sûr, répondit le vieillard. Je ne jette jamais rien.

- Vous pourriez me le rendre ? Demanda alors James.

 

Le vieil homme le regarda encore plus soupçonneux, ce qui réussit à arracher un rire à James.

-  Voyons Rusard, le voyou que je suis n’est plus élève à Poudlard. Je veux juste m’en servir pour protéger les élèves.

- Les protéger ? Demanda le concerné.

- Oui, répondit simplement James.

- Soit… Dit alors le vieil homme.

 

Rusard se retourna et commença à chercher parmi ses étagères.

-  Je me suis toujours demandé ce que ça pouvait être…

- Une carte, dit alors James.

- Du château ?

- Oui.

 

Un nouveau silence s’installa entre les deux hommes jusqu’à ce que James ne voie le concierge mettre ses mains sur ses hanches, et se gratter la tête.

-   Un problème ? Demanda alors le membre de l’Ordre.

- Je ne comprends pas… Elle devrait être là…

- La carte ? Demanda de nouveau James, tout en se rapprochant du concierge.

-  Je l’ai rangée ici, il y a dix sept ans de cela…

- Vous en êtes sur ? L’interrogea alors James.

- Bien sur que je suis sur, Potter ! S’emporta légèrement Rusard. Je n’oublie jamais rien. J’ai posé ce foutu parchemin sur cette étagère il y a dix sept ans de cela ! Il y était encore à la rentrée ! Mais là… Disparu…

 

Rusard continua à maugréer mais James ne l’écoutait plus. C’était de nouveau plongé dans ses pensées qu’il quitta discrètement le vieil homme, sans ajouter le moindre mot. Les idées et pensées fusèrent à une telle vitesse dans sa tête qu’il eut cru qu’elle était sur le point d’exploser. Il avait besoin de prendre l’air, d’arrêter de penser ne serait-ce qu’une minute ou deux. Alors, il entreprit de gravir les six cent vingt deux marches qui le mèneraient au sommet de la Tour d’Astronomie. Là-bas, il ouvrit la porte qui menait à l’extérieur et s’approcha de la balustrade. Machinalement, il monta dessus et écarta les bras, comme s’il s’apprêtait à faire le saut de l’ange. James n’était pas suicidaire. Non, pourquoi l’aurait-il était simplement à cause de la disparition d’une carte ? Il avait juste besoin de faire rentrer de l’air dans ses poumons qui se faisait de plus en plus rare depuis l’annonce de Rusard. Il avait besoin de faire sortir toute cette pression qu’il s’était imposé depuis un mois. Il avait besoin d’arrêter de penser. Il avait besoin de se sentir vivant. Alors quoi de mieux pour ça, que de se retrouver suspendu au dessus du vide, tandis que le vent glacé du mois de Janvier venait fouetter ses joues ? Ses poumons réussirent à se remplir progressivement de cet air frais et revigorant ; et durant une fraction de seconde il arrêta de penser à tout ce que la disparition de cette carte pouvait impliquer, vraiment. Il parvint à faire le vide total dans sa tête, pour la première fois en un mois, lorsqu’il sentit quelque chose, agripper fermement sa cape de sorcier et le tirer en arrière. Et en une fraction de seconde, James atterrit dans la neige et le vide dans sa tête se retrouva de nouveau rempli.

- Non mais t’es malade ! Cria alors une voix féminine.

 

James finit par rouvrir les yeux. Sa vision était floue mais au bout d’une seconde ou deux, il parvint à y voir beaucoup plus clair. Et quand il la vit, son cœur se serra.

- Répond-moi, Potter ! Cria de nouveau la femme. T’es malade ?

 

Elle était bel et bien là devant lui, en train de lui hurler dessus comme Lily l’aurait probablement fait dans de pareilles circonstances. Et puis cette maudite carte avait disparu… Il avait eu beaucoup d’interrogations à son sujet mais à présent, ces dernières s’étaient transformées en doute. Des soupçons qu’ils voudraient vérifier par n’importe quel moyen. Mais en attendant, il devait continuer d’agir le plus naturellement possible avec elle. C’était capital.

- Non, répondit simplement James, tandis que son regard ne put s’empêcher de quitter des yeux, l’océan bleuté et perçant qui constituait les yeux d’Ellie Sturgis.

- Par Merlin ! Si t’es pas malade, qu’est-ce que tu faisais sur ce rebord, à deux doigts de sauter !? Cria-t-elle de nouveau, afin de se faire entendre à travers le vent qui soufflait.

- Je réfléchissais, dit-il alors simplement.

- Tu réfléchissais ? Répéta la jeune femme, incrédule. Tu ne pouvais pas réfléchir dans ta chambre comme tous les jours ? Il fallait vraiment que tu réfléchisses à moitié dans le vide ?

- Oui, répondit James.

- Pourquoi ? Pourquoi Potter ? S’étonna la jeune femme.

 

En guise de réponse, il se contenta d’hausser les épaules et cela agaça d’autant plus la jeune femme. Elle alla d’ailleurs répliquer quelque chose de cinglant lorsqu’elle remarqua la lueur triste qui s’était répandue dans ses yeux. Son cœur se serra. Alors, elle se mit à le dévisager dans le silence le plus complet. Elle fixait son regard comme si elle cherchait quelques choses. Des réponses. Mais une fois de plus, James semblait fermé comme une huitre, et cela ne l’inquiétait plus, non. Ca la terrifiait au plus haut point.

- On devrait rentrer à l’intérieur, suggéra-t-elle enfin, avec beaucoup de précaution.

 

James ne répondit rien et se contenta de la suivre. Ellie raccompagna James à son appartement dans le silence le plus complet. Elle attendit quelques secondes devant sa porte dans l’espoir qu’il ne lui parle, mais rien ne vint. Alors, elle fit demi-tour et lui souhaita bonne nuit. Tandis qu’Ellie atteignait presque le bout du couloir, James, lui n’était toujours pas rentré à l’intérieur de ses appartements. Les questions étaient revenues et il se demanda longuement s’il pouvait s’autoriser à n’en poser rien qu’une seule. Alors, il fit soudain volte-face et s’adressa à Ellie :

- Comment tu m’as retrouvé, là-haut ?

 

La jeune femme s’arrêta de marcher et mit une seconde ou deux avant de se retourner vers son collègue. Elle planta alors son regard dans celui de son confrère.

- J’ai croisé Sirius qui t’a vu emprunter les escaliers de la Tour d’Astronomie, finit-elle par lâcher.

- D’accord, Sturgis, répondit simplement James.

- Bonne nuit, lui dit alors la jeune femme.

- Bonne nuit, répondit machinalement James.

 

Ce dernier la vit tourner au bout du couloir et se résout enfin à entrer dans ses appartements. Il ne prit pas la peine d’enlever ses vêtements et se coucha sur son lit, les bras reposant derrière sa tête.

                En ce mardi après-midi, Sirius Black, Peter Pettigrow et Rémus Lupin étaient exceptionnellement absents du château car c’était l’anniversaire d’Alice Londubat et comme chaque année depuis leur internement, ils lui rendaient visite. Seuls James et Dumbledore étaient au courant. Par conséquent, en ce mardi, Ellie Sturgis venait de lui mentir, et inconsciemment James sourit.

End Notes:

Voila ! J'espère que ça vous a plu et je vous dis à très bientot !


 

L'Anniversaire by Smittina
Author's Notes:

Désolée, désolée, désolée! J'ai été débordée et j'ai pas pu poster plus tôt!
Du coup, ce chapitre est encore très long et j'espère qu'il suffira pour me faire pardonner :/

En tout cas, encore une fois merci de m'avoir laissée vos impressions sur le chapitre précédent, et j'espère que ce long et tardif chapitre vous plaira tout autant!

Bonne Lecture !

> Peter Bradley Adams - Between us
https://www.youtube.com/watch?v=m_dvakUl9wA

Trois jours s’étaient écoulés depuis l’épisode de la Tour d’Astronomie. Trois jours pendant lesquelles Ellie ne quitta pas une seconde James du regard, afin de s’assurer qu’il ne recommencerait pas d’autres actes stupides de la sorte. Cependant, même s’il n’empruntait plus les escaliers menant à la Tour d’Astronomie, James semblait toujours aussi pensif ; voire plus.

                Les membres de l’Ordre chargés de vérifier le matériel et de l’installer pour la Seconde Tâche, menaient quotidiennement leur mission à bien. En revanche, seul Sirius Black ne leur prêtait pas main forte afin de pouvoir garder un œil sur Igor Karkaroff. Alors que le Mangemort rejoint ses appartements dans son navire, Sirius bailla et décida d’attendre sur un rocher enneigé. Le froid venait lui fouettait les mains et il lança un sort pour pouvoir les réchauffer. Le jeune homme ne quitta pas une seule seconde la cabine de Karkaroff du regard, jusqu’à ce que le bruit d’une brindille brisée ne retentisse jusqu’à ses oreilles. Le beau brun fit alors rapidement volte face, baguette à main et mit en joue une très, très grande personne.

- Du calmeuh jeune hommeuh ! S’écria alors Mme Maxime, les mains en l’air en guise de reddition. Je ne suis pas l’une de ces vermineuh de Mangemorteuh !

-  Excusez-moi Madame, s’exclama alors rapidement Sirius, tout en abaissant sa baguette vers le sol. Je suis un peu à cran.

- C’est à cause d’Igor Karkaroff ? Demanda la directrice de Beauxbâtons.

- Entre autre…

Mme Maxime marqua une courte pause et finit par soupirer avant de prendre place sur le rocher enneigé qui faisait face à Sirius.

- J’ai vu comment vous défendiez ce jeune hommeuh… Harry Potter… Vous le connaissez bien ?

- Je suis son parrain, expliqua alors Sirius.

- Vous vous inquiétez donc pour lui, déclara alors Mme Maxime, d’un ton solennel. Je comprends.

- S’il devait lui arriver quoique ce soit… Je ne le supporterai pas, dit alors Sirius, tout en lançant un regard furtif dans la direction de la cabine du Mangemort.

- Igor Karkaroff ne tentera rien ici, affirma alors Mme Maxime.

- Comment pouvez-vous en être si sure ? L’interrogea Sirius.

- Je connais les hommes comme lui. Ils disent avoir des convictions, et pour cela ils se sentent obligés d’être rattaché à un groupeuh… à une meute… Mais dans le fond, ce ne sont que des lâcheuh… Avec Albus Dumbledore dans le château, il ne tentera strictement rien, même si Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom lui en donnait l’ordre. Il fuirait, et Vous-Savez-Qui le sait pertinemment.

Sirius regarda Mme Maxime dans le blanc des yeux. Elle lui souriait. Il n’aurait jamais cru qu’un être aussi grand et qui semblait si imbu de lui-même, puisse faire preuve d’autant de sagesse et de bon sens. Alors, Sirius lui rendit son sourire et après quelques longues secondes de silence, Mme Maxime finit par se relever. Elle s’inclina pour lui dire au revoir et fit demi-tour dans la direction de son carosse.

                Tandis qu’il voyait cette demi-géante s’éloigner, Sirius eut soudain une idée qui lui permettrait d’en savoir plus sur Ellie et qui pourrait rassurer l’esprit torturé  et suspicieux de son meilleur ami. Alors il s’écria :

- Comment elle était quand elle était étudiante ?

- Qui donc ? Demanda Mme Maxime, en fronçant des sourcils.

- Ellie Sturgis, dit alors Sirius. Comment était-elle à Beauxbâtons ?

- Vous parlez de la jeune femmeuh qui a pris la défense d’Harry Potter, le soir de la cérémonie de la Coupeuh de Feu ? Demanda Mme Maxime, avec un air légèrement perdu.

- Oui, lui sourit Sirius.

- Je ne sais pas ce qui vous fait penser ça, mais elle n’a jamais étudié chez nous… Dit alors la directrice avec beaucoup de précaution.

- Vous êtes sûre ? Insista Sirius, cette fois-ci en fronçant des sourcils.

- Je n’oublie jamais un visage Mr Black, dit alors Mme Maxime. Et je suis catégoriqueuh… Cette jeune femme n’a jamais étudié à Beauxbâtons.

Sirius n’ajouta rien et se contenta d’hocher la tête, totalement perdu à son tour dans ses pensées. Il avait posé la question afin de pouvoir rassurer son meilleur ami. Mais à présent, c’était lui qui était complètement abasourdi par les révélations de la directrice de Beauxbâtons. Ainsi donc, Ellie leur avait menti et James avait raison depuis le début.

                Aussitôt, Sirius quitta son poste de surveillance et fila tout droit en direction du château. Durant sa course, il consulta sa montre. A cette heure-ci, James avait du rejoindre ses appartements. Alors, il s’élança de plus belle et atteignit en moins de cinq minutes, les appartements de son meilleur ami. Là, il frappa à la porte avec vivacité et attendit le plus patiemment possible car James mit quelques longues secondes avant de lui ouvrir enfin la porte.

- Ce n’est pas trop tôt ! S’écria alors Sirius, en poussant son meilleur ami et en entrant dans ses appartements.

James referma délicatement la porte derrière lui et se retourna vers Sirius en soupirant. Il avait de larges cernes sous les yeux et semblait extrêmement fatigué.

- Tu dormais ou quoi ? Lui demanda alors Sirius.

- Non.

- Bah tu devrais, répondit la jeune Black avec un air amusé. Tu verrais ta tête.

- Qu’est-ce que tu veux Patmol ? Demanda alors James, en soupirant.

- Tu avais raison sur toute la ligne Cornedrue.

- J’ai toujours raison, dit alors le brun à lunettes en baillant et en s’asseyant sur son propre lit. Mais à propos de quoi exactement ?

- D’Ellie.

Lorsque Sirius prononça le prénom de la jeune femme, les yeux de James semblèrent de nouveau éveillés, tout comme le reste de son corps qui semblait à présent totalement alerte.

- Développe ? Lui demanda alors James, avec une touche d’impatience : car tout ce qui concernait Ellie Sturgis, l’intéressait fortement depuis quelques temps.

- Elle n’est pas celle qu’elle prétend être, dit alors Sirius, excité comme une puce, tandis qu’il prenait place aux côtés de James sur son lit.

- C’est-à-dire ?

- J’ai parlé à Mme Maxime il y a toute juste cinq minutes…

- Et ? Le pressa James.

- Et elle n’a jamais étudié à BeauxBâtons, répondit Sirius avec un sourire malin en coin.

- C’est ce que Maxime t’a dit ? Demanda James.

Sirius se contenta d’un simplement hochement de tête pour lui répondre, avant de poursuivre :

- Elle n’a jamais mis les pieds là-bas James. Donc elle nous a  bien menti sur son passé. Et si elle a fait ça, ça veut dire…

- Qu’elle a pu nous mentir sur bien d’autres choses, compléta James qui semblait satisfait par les révélations de Sirius.

- Je pense que tu as raison et qu’elle est la femme recherchée par les Mangemorts… Elle doit vivre sous une autre identité et peut-être même que…

Sirius s’arrêta et marqua un temps d’arrêt qui intrigua fortement James.

- Quoi ?

- Elle vit peut-être sous une autre apparence… Répondit alors Sirius avec précaution.

- Pourquoi tu…

- En tout cas, si j’étais recherché par Voldemort pour une raison X ou Y, c’est ce que je ferais moi… Déclara Sirius, le plus sérieusement du monde. Je m’inventerai une autre identité, un autre visage, un autre passé… Je ferais tout pour qu’on m’oublie mais je resterais quand même dans les parages, pour aider…

James ne répondit rien et sembla de nouveau très concentré sur les pensées qui envahissaient son cerveau.

- Il faut le dire à Dumbledore, dit soudain Sirius, en se relevant d’un pas décidé.

- Ne te tracasse pas avec ça, déclara alors James. Il est déjà au courant.

- Tu es sérieux ? S’étonna Sirius en fronçant des sourcils.

- Oui, il sait tout d’elle…

- Et il laisse faire ça ? Enfin… Ces massacres ? Pourquoi ?

- Je pense qu’Ellie doit connaître les points faibles de Voldemort… Et c’est sans doute la raison pour laquelle ce dernier la pourchasse à travers tout le pays. Mais ses informations doivent être suffisamment importantes pour que Dumbledore décide de sacrifier quelques innocents, pour le bien de tous…

- On dirait que tu as pas mal réfléchis à la question… Remarqua Sirius.

- Ca fait un mois que ça m’obsède, avoua James.

Un silence s’installa ensuite entre les deux jeunes hommes et Sirius en profita pour se rassoir aux côtés de son meilleur ami. Puis, il fronça des sourcils, et ce geste, pas anodin chez le jeune Black, n’échappa pas à James.

- Quoi ? Demanda alors ce dernier.

- Il y a une chose que je ne m’explique pas… Répliqua Sirius, l’air très pensif.

- C’est-à-dire ?

- Si Ellie est la femme qu’ils recherchent et si on considère que tout ce qu’ils font depuis son arrivée dans l’Ordre, a un rapport de près ou de loin avec elle…

- Oui ?

-  Pourquoi ont-ils mis le nom d’Harry dans la Coupe de Feu ?

James planta son regard dans les yeux de Sirius et ne répondit pas cette fois. Sa remarque et sa question étaient très pertinentes, et James se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt… Il avait longtemps pensé que cet acte était uniquement destiné à lui faire du mal, mais à présent, il était en droit de se demander s’il n’avait pas été mis en place pour atteindre Ellie. Mais dans ce cas, pourquoi est-ce que Voldemort utiliserait Harry en particulier, s’il ne pensait pas qu’Ellie était liée de près ou de loin à son fils ? Plus il y pensait, plus il ne voyait qu’une réponse possible à cette question. Une réponse qui expliquerait la disparition de la Carte du Maraudeurs ainsi que tous les mystères qui entouraient sa coéquipière. Une réponse qui expliquerait la conviction qu’il avait que sa femme était toujours en vie… Une réponse dans laquelle Ellie et Lily ne serait qu’une seule et même personne…

 

***

 

                Le lendemain après-midi, était un Samedi et il neigeait légèrement à l’extérieur. Les élèves passèrent la plupart de leur journée à jouer dans le Parc du château. La plupart des professeurs quant à eux, préparèrent leur cours et corrigèrent leurs copies. Lorsqu’elle eut fini avec ces tâches, Ellie se leva de son bureau et regarda par delà sa fenêtre. Elle adorait les temps de neige qui avaient toujours su l’apaiser. Elle aperçut au loin trois têtes qu’elle ne connaissait que trop bien et qui semblait jouer insouciamment. Elle sourit.

                Elle resta quelques longues minutes à regarder dehors jusqu’à ce qu’elle ne se décide à prendre sa cape et à sortir à son tour. Elle descendit alors le Grand Escalier et rejoint rapidement l’immense porte qui conduisait au Parc du château. Elle prit soin de revêtir ses gants, quand elle percuta une grande masse noire.

- Excuse-moi ! Dit-elle alors, en s’écartant du jeune homme.

- Ce n’est pas grave, répondit la voix grave de Severus Rogue. Tu sortais prendre l’air ?

- Oui, répondit-elle.

- Je peux t’accompagner ?

- Bien sûr, souffla-t-elle, tout en essayant de faire abstraction du froid qui venait fouetter son visage si pale.

Les deux professeurs franchirent alors la Grande Porte et ils atterrirent dans le Parc de l’Ecole. Ils marchaient dans le froid, et machinalement, jusqu’à ce qu’ils atteignirent un vieux Saule Pleureur qui semblait souffrir de la fraicheur extérieure. Là, Rogue fit fondre la neige d’un simple coup de baguette magique avant de faire apparaître une couverture. Il invita alors Ellie à s’assoir et après quelques secondes d’hésitation, la jeune femme s’exécuta, suivie de très près par Severus. Ils restèrent par la suite tout aussi silencieux, et se contentèrent de regarder le paysage enneigé qui s’offrait à eux.

- Tu avais raison, dit soudainement Ellie, tout en continuant de fixer le Lac Noir, encore recouvert d’une épaisse pellicule de glace.

- A quel propos ? Demanda Rogue, sans la regarder non plus.

- James… Soupira-t-elle. Il va comprendre…

- Et ça te fait peur ?

- Non… Murmura-t-elle. Ca me terrifie.

- Ellie…

- Je pensais que je pouvais revenir et faire comme si ça ne m’atteindrait pas, le coupa-t-elle. Je pensais que ça serait facile car ça faisait longtemps que mon cœur était protégé par une gigantesque barrière de glace. Mais je ne suis qu’une idiote ! Et maintenant, cette foutue barrière fond. Elle me lâche, Severus, et je n’arrive pas à la retenir.

- Il te…

- Pardonnera jamais, le coupa-t-elle comme si elle avait deviné ses pensées.

- Ca, tu n’en sais rien…

-  Je le connais… Pouffa Ellie avec une pointe d’amertume. Il ne va voir que la trahison dans cet acte…Et je ne peux pas l’en blâmer…

- Ellie…

-  Il y a cette barrière qui fond, Sev’… Répéta la jeune femme. Il ne faut pas qu’elle fonde… Il ne faut plus… Sans elle, je n’y arriverai pas… Je n’y arriverai plus…

La jeune femme était sous le point de craquer et Severus le sentit. Alors, il étira l’un de ses bras dans la direction de la jeune femme et il le déposa délicatement sur ses épaules. Puis, d’un geste simple et attentionné, il la serra tout contre lui. Ellie se laissa faire pour une fois. Elle en avait besoin. Elle déposa sa tête dans le creux de son cou, sans quitter une seule fois le lac des yeux. Une larme commença à se former dans son œil mais n’arriva pas encore à se déverser. Soudain, Severus l’embrassa tendrement sur le front et soupira fortement avant de lui susurrer le plus gentiment du monde :

- Joyeux Anniversaire.

Ellie ferma les  yeux, et la seule larme qu’elle réussit à exprimer, se déversa sur sa joue tel le torrent de tristesse et d’impuissance qui se répandait en elle, au fur et à mesure du temps qui passait.

 

***

 

                Lorsqu’ils furent pratiquement frigorifiés, Harry et ses amis rejoignirent la salle commune de Gryffondor, le sourire aux lèvres. Il faut dire qu’ils avaient passés la plupart de la journée à s’amuser depuis qu’Harry avait réussi à résoudre l’énigme de l’œuf, grâce à l’aide de l’autre candidat de Poudlard, Cédric Diggory. Le trio s’affala sur le canapé situé près du feu et commença à enlever leurs gants et bonnets.

- Ca faisait longtemps que l’on ne s’était pas amusé de la sorte ! S’écria Hermione.

- Ca tu l’as dit ! Dit alors Ron, avec un large sourire. Merci à Cédric Diggory !

- Oui, merci Cédric, répondit Harry, en souriant.

- Il faut dire que tu l’avais bien aidé, en le prévenant pour les dragons… Remarqua Hermione.

- Ouais… Déclara Harry, pensif à présent.

Un silence s’installa entre les trois amis, jusqu’à ce qu’Hermione ne vienne le briser, en évoquant le sujet qui fâche :

- Alors, tu te sens prêt pour la Seconde Tâche ?

- Hermione ! La réprimanda Ron. Tu ne peux pas le laisser tranquille avec ça ?

- Je veux juste savoir où il en est Ronald, c’est tout, rétorqua Hermione, d’un ton sec et dédaigneux.

- Je vais bien, répondit Harry, en essayant de faire redescendre la tension. Ca va… Je vais voir ma stratégie avec Ellie demain soir.

Ron et Hermione ne répondirent rien et s’échangèrent simplement un regard lourd de sens.

-  Quoi ? Leur demanda alors Harry.

- Ellie ? Demanda Ron.

- Oui, le Professeur Ellie Sturgis, quoi ? Dit Harry. Qu’est-ce qui vous gène ?

- Tu sembles… très attaché à elle Harry, dit prudemment Hermione.

- Je ne vois pas ce qu’il y a de mal là dedans, trancha Harry tandis qu’il se doutait qu’il n’aimerait probablement pas la suite de cette conversation.

- Et bien… Elle est cool… Ca c’est sur… Déclara Ron, gêné. Et c’est super ! Mais… euh…

- Ce n’est pas ta mère Harry, dit alors Hermione de la même manière qu’elle aurait enlevé un pansement : simplement et rapidement.

Harry déglutit tandis qu’il sentit son cœur complètement serré dans un étau. Puis, il lança un regard étonnement glacial et dur à Hermione.

- Je ne suis pas stupide, Hermione. Je sais que ce n’est pas ma mère. Ma mère est morte, trancha-t-il froidement.

- Je n’ai jamais dit que tu étais stupide, je dis simplement que…

- Que quoi ? S’énerva légèrement Harry. Que je ne devrais pas m’attacher à une femme dont je ne connais pratiquement rien ? Que je ne devrais pas lier des liens avec une personne qui risque elle aussi de m’abandonner un jour ou l’autre ? Je sais tout ça, Hermione. Je le sais parfaitement !

- Mais alors si tu le sais, pourquoi est-ce que…

- MAIS TU N’AS AUCUNE IDEE DE CE QUE CA FAIT HERMIONE ! S’emporta alors Harry, tout en se levant.

Ron et Hermione avaient sursauté. Jamais ils n’avaient entendu leur ami criait, et surtout pas sur eux. Ses yeux étaient étonnement vitreux  et Harry respira fortement, afin de se calmer. Et lorsqu’il y fut parvenu, il reprit :

- Tous les deux vous avez la chance d’avoir votre mère à vos côtés. Elle vous berçait pour vous endormir. Elle vous rassurait quand vous faisiez un cauchemar. Elle prenait soit de vous, quoiqu’il arrive. Moi, je n’ai jamais eu droit à tout ça. Mais quand je passe du temps avec elle, j’ai l’impression d’être comme tout le monde. J’ai l’impression d’avoir une mère qui veille sur moi, qui me rassure quand j’angoisse, qui m’aide à affronter la vie…

Harry marqua une courte pause. Hermione s’apprêta à profiter de ce silence pour lui parler, mais il ne lui en laissa pas l’occasion sachant pertinemment quel argument elle allait mettre en avant :

- Oui, j’ai mon père, Hermione. Je sais qu’il m’aime et qu’il a toujours tout fait pour que je ne manque de rien. Mais il n’empêche qu’il me manquera toujours une mère… Et les quelques moments que je passe avec Ellie, ça me fait oublier tout ça. Je suis bien avec elle, alors par pitié, n’essayez pas de m’enlever ça…

Le discours d’Harry toucha profondément ses amis qui ne surent pas quoi ajouter d’autres. Un silence s’installa jusqu’à ce qu’Harry ne fasse demi-tour et prenne la direction du Portrait de la Grosse Dame.

- Où tu vas ? Osa demander Ron.

- Je vais faire un tour, j’ai besoin de marcher, déclara tristement Harry.

- Mais ton père… Continua Ron. En général, il vient te voir à cette heure-ci…

-  Je ne le verrais pas aujourd’hui, affirma Harry.

- Mais… Commença Hermione.

- C’est l’anniversaire de Maman…La coupa-t-il. Il s’isole toujours ce jour là, déclara tristement Harry, avant de s’engouffrer dans le portrait de la Grosse Dame et de laisser derrière lui ses deux meilleurs amis qui se sentirent effroyablement mal à présent.

 

***

 

 

                La neige, toujours la neige… C’était comme ça depuis vingt trois ans, alors pourquoi est-ce que les choses seraient différentes aujourd’hui ? Depuis son entrée à Poudlard, James n’avait jamais connu un 30 Janvier où il n’avait pas neigé. Comment s’en souvenait-il ? Simplement parce qu’une dénommée Lily Evans était née, un 30 Janvier. Il se souviendrait probablement toujours de la première fois qu’il l’avait vu dans le Poudlard Express. Elle venait de pleurer mais James n’avait jamais vu une personne aussi belle de toute sa vie. Il l’avait aimé au premier regard, même s’il lui avait fallu cinq longues années avant de le réaliser. Cinq longues années perdues à tout jamais, se disait-il souvent.

                Cela faisait toute une journée que James était assis, au bord du Lac, dans la Forêt Interdite. Il avait pris soin de s’isoler de toute personne en ce jour, comme il le faisait toujours. Il voulait juste être seul, avec ses pensées et surtout avec ses souvenirs qu’il aimait se remémorer. La vie lui avait offert seulement quatre ans avec Lily, mais ces quatre petites années avaient été de loin les plus belles de sa vie… Cependant, à la différence des autres anniversaires neigeux de sa défunte femme, les pensées de James furent entièrement tournées vers le mystère d’Ellie Sturgis. Et pour la énième fois depuis près d’un mois, il n’arrêtait pas de se remémorer tous les faits qu’ils connaissaient à son sujet ainsi que tous les autres qu’il n’arrivait pas à s’expliquer.

                La nuit était tombée à présent, et la neige avait cessé. Il régnait un calme parfait aux alentours du Lac, éclairé par les rayons d’une lune qui tendait à présent vers son dernier quartier. James était assis  par terre, les jambes recroquevillées contre sa poitrine. Il avait froid, mais n’était toujours pas décidé à partir d’ici. Il s’y sentait tellement bien.

                Le temps défila sans qu’il ne s’en aperçoive, jusqu’à ce qu’il n’entende une brindille craqué sous le poids d’une masse, assez importante. Il fit rapidement volte-face et brandit sa baguette en direction du bruit. La lumière qui s’échappait de sa baguette laissa apparaitre le corps d’un être mi-homme mi-cheval. Il s’agissait d’un centaure. Sa robe était claire, sa queue cuivrée et ses cheveux, d’un blond très clair, étaient bouclés. Lorsqu’il le reconnut, James abaissa immédiatement sa baguette.

- Bonsoir Firenze, lui sourit alors James.

- Bonsoir James Potter, lui répondit le Centaure en s’inclinant. Cela faisait longtemps que je ne voyais plus l’homme-cerf dans cette forêt.

- Cela faisait longtemps que j’avais quitté l’école, rétorqua James, en souriant.

Le centaure s’approcha du sorcier qui s’était enfin relevé. Ils se fixèrent alors dans le blanc des yeux durant quelques secondes.

- Tu n’as pas beaucoup changé, dit James, d’un air amusé.

-  Toi si, rétorqua Firenze. Tes yeux. Ils sont tristes.

- Je sais… Répondit James, tristement. J’ai perdu ma biche

James avait baissé la tête en prononçant ses paroles et  Firenze lui, n’ajouta rien. Après quelques minutes de silence, il s’éloigna gentiment pour s’enfoncer dans les bois. James le regarda faire, sans un mot, jusqu’à ce qu’il le vit hésiter et se retourner enfin vers lui.

- Tu sais, James Potter, tout ce qui est perdu peut être retrouvé… Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Car parfois, ce que l’on cherche est juste sous notre nez…

- Qu’est-ce que tu veux dire par là ? L’interrogea alors James, en fronçant des sourcils.

- Tu devrais t’en aller maintenant… Tu es dans le secteur de Bane… Il ne t’a jamais apprécié.

-  Firenze, attends, qu’est-ce que tu sous-entends par…

Mais le Centaure fit demi-tour et se mit au galop. James lui courut après, le plus vite possible.

- Firenze ! Cria James. Attends… Firenze ! FIRENZE !!!

Il était trop tard. Le sorcier était distancé à présent et il arrêta de courir. James savait reconnaitre une cause perdue quand il en voyait une. Il savait que Firenze ne lui en dirait pas d’avantage de toute manière, et il savait aussi que le centaure lui en avait peut être trop dit. Il l’avait vu hésité. Il n’avait surement pas l’autorisation de lui dire ces mots là mais il l’avait fait, et cela perturba d’autant plus le sorcier. Qu’avait-il voulu dire ?

 

***

 

                Une fois de plus, la nuit fut très courte pour James. A vrai dire, il n’avait pratiquement pas fermé l’œil, repensant sans cesse aux paroles qu’avait prononcé le centaure dans cette forêt. Ca ne pouvait pas être une coïncidence. Tout ce qui s’était produit depuis maintenant six mois ne pouvait pas être une coïncidence. Son réveil sonna et le sorcier l’arrêta immédiatement. Pour la première fois depuis un mois, il se leva instantanément. Il se dirigea vers la salle de bain où il mit de l’eau sur son visage. Lorsqu’il se redressa, il aperçut son reflet dans le miroir. Sirius avait raison. Il avait vraiment une mine affreuse. Cependant, James décida de l’ignorer et partit s’habiller. Aujourd’hui, il avait rendez-vous avec Rémus aux Trois Balais et il ne voulait surtout pas être en retard.

                Lorsqu’il eut fini, il sortit de ses appartements et emprunta le Grand Escalier pour rejoindre le couloir où se trouvait la statue de la sorcière borgne. Il tourna au coin d’un couloir et percuta une personne de plein fouet. Des livres et parchemins en tout genre se répandirent alors sur le sol. Sans prêter attention à l’identité de la personne, James se précipita pour l’aider à tout ramasser. Sa main finit par toucher involontairement celle de l’autre personne, et à ce contact, son corps fut parcouru par un étrange frisson. Il décida alors de lever les yeux vers cette personne, et il se perdit une fois de plus dans un océan d’un bleu éclatant.

- Sturgis ?

- Salut Potter, répondit-elle avec une toute petite voix qu’il ne lui connaissait pas.

Les deux jeunes gens se redressèrent et James lui tendit ses affaires tout en la dévisageant. Son cœur se serra fortement dans sa poitrine à l’idée qu’il était peut-être en train de parler à sa femme. Ellie quant à elle, les récupéra et évita au maximum son regard.

- Désolé pour tes affaires, lui dit-il alors.

- Pas grave, répondit la jeune femme, avant de prendre la direction de la Grande Salle.

Son comportement surprit James et malgré lui, il l’attrapa par le poignet.

- Tout va bien, Sturgis ?

- Oui, oui, répondit la jeune femme, sans le regarder une seule fois dans les yeux.

La réponse ne le satisfaisant pas, James se déplaça pour se retrouver face à elle. Il posa sa main sur son menton et releva son visage pour la forcer à le regarder droit dans les yeux. Elle était incroyablement pâle, et apparemment, elle non plus n’avait pas du beaucoup dormir car des larges cernes occupaient le dessous de ses yeux. Pourquoi semblait-elle si triste en cette froide matinée ? Le cœur de James se serra à nouveau face à cette image et de nouvelles interrogations se manifestèrent à son esprit. Devait-il lui faire part de ses interrogations à son sujet ? Devait-il tenter de discuter avec elle afin d’éclaircir toutes les zones d’ombres qui l’entouraient ? Devait-il lui poser toutes ces questions afin de vérifier ou d’infirmer ses soupçons ? James y avait pensé durant la totalité de la nuit mais n’avait toujours pas réussi à se décider.

- Sturgis, il… Hésita-t-il encore en déglutissant fortement. Il faut que je te parle de quelque chose…

- Pas maintenant, Potter. Pas aujourd’hui, trancha-t-elle alors froidement, revêtant ainsi son masque d’indifférence à nouveau.

Puis, la jeune femme se détacha de l’emprise de son homologue sur son poignet et partit en direction de la Grande Salle. James resta quelques longues secondes à la regarder partir, se demandant bien quelle mouche venait de la piquer. Son comportement avait changé en une fraction de seconde, comme si elle s’était doutée du sujet qu’il aurait souhaité aborder avec elle… Puis, il secoua la tête se disant que cette idée était parfaitement ridicule – personne ne pouvait lire dans les pensées des autres comme cela, et d’autant plus sans baguette - et il finit par emprunter le passage secret qui le mènerait le plus discrètement possible à Pré-au-Lard.

 

***

 

                Rémus était en avance. Il en avait eu marre de rester aliter ces derniers jours et il avait eu envie de prendre l’air le plus rapidement possible. Il s’était installé à une table située près de la fenêtre et avait commandé deux tisanes d’ortie, l’une pour lui et l’autre pour James. Il regardait les rues piétonnes de Pré-au-Lard, recouverte par la neige qui était tombée la veille. Le calme et la quiétude qui y régnait faisait rêver.

                Il resta encore cinq minutes seul, jusqu’à ce que le bruit du carillon des Trois Balais ne retentisse jusqu’à ses oreilles. Il se retourna et vit l’un de ses meilleurs amis. James le chercha du regard parmi la foule et lorsqu’il l’eut repéré, il s’avança vers sa direction. Plus il s’approchait de lui, et plus Rémus ne pouvait que constater que Sirius avait raison. James n’allait pas bien en ce moment. Ca se voyait sur son visage.

- Bonjour Lunard, lui sourit James, en s’asseyant en face de lui.

-  Bonjour Cornedrue, répondit Rémus, en lui rendant son sourire.

James ôta son bonnet, ses gants et son écharpe, tandis que Rémus l’examinait de plus près. Lorsqu’il eut fini, Rémus lui tendit sa tisane, et James s’empressa de refermer ses deux mains gelées autour de la tasse.

- Merci, lui dit-il.

- Je t’en prie, James… Lui sourit Rémus.

Les deux jeunes hommes n’échangèrent pas le moindre mot durant quelques minutes. Ils se contentèrent de boire, dans le silence le plus complet.

- Comment ça s’est passé ? Dit soudain James. Tu n’as pas trop souffert cette fois ?

- Ca peut aller, répondit Rémus.

- Je m’en veux de ne pas avoir été là…

- Tu as d’autres soucis en tête en ce moment James. Ne t’inquiète pas pour moi…

- Je suis quand même désolé. Je n’ai pas été un très bon ami ces derniers temps.

- Tu es le meilleur ami que l’on rêverait d’avoir Cornedrue. N’en doute jamais.

James esquissa un léger sourire et reporta toute son attention sur la feuille d’ortie qui reposait dans sa tasse.

- Est-ce que tout va bien, James ? Demanda alors Rémus.

Le concerné quitta la feuille du regard et planta ses yeux dans ceux de son ami.

- Tu as une mine affreuse.

- Je sais.

- Qu’est-ce qui te préoccupe autant ?

James ne répondit pas immédiatement et Rémus le vit fixer un point, comme s’il était en grand débat intérieur. Alors, Rémus s’approcha vers lui et se mit à murmurer :

- Je sais garder un secret James. Et je ne suis pas de ceux qui jugent les autres. Je ne te donnerais même pas mon avis si c’est ce que tu souhaites. Mais tu ne peux pas garder des choses aussi pesantes pour toi…

Rémus marqua un temps d’arrêt et attendit de voir si James se décide à parler. Il vit alors son vieil ami, quitter du regard le point qu’il fixait et planter son regard dans le sien.

- Sirius t’a parlé de mon expérience dans l’Entre-Deux ? Lui demanda James.

- Oui, répondit simplement le lycanthrope.

- Il t’a donc dit que je l’avais vue et que je pensais que c’était réel ?

- Oui.

James hocha la tête à plusieurs reprises comme pour s’inculquer du courage. Puis, il soupira et continua :

- Je me demande si c’était bien elle.

- Qui donc ?

- La femme dans la forêt de Dean, il y a treize ans. Je me demande si c’était bien Lily.

Lorsqu’il prononça ces derniers mots, Rémus ferma les yeux et inspira. Depuis qu’il avait entamé cette conversation avec James, il n’avait eu de cesse de craindre qu’il prononce ces mots. Par le passé, Rémus avait vu James s’enfoncer dans ses théories selon laquelle Lily ne serait pas morte et que la femme trouvée dans les bois n’était qu’une autre victime. Lui, Sirius et Peter avaient mis près de trois ans à essayer de le convaincre que ces théories n’étaient pas fondées et que Lily était bel et bien morte. Dès lors, il avait espéré de tout cœur que ces théories ne reviennent jamais hanter l’esprit de son ami. Mais en vain, étant donné qu’à présent, James doutait, encore. Cependant, Rémus avait promis, et il ne l’interrompit pas.

- Je sais que tu dois te dire que je divague encore et que cette idée est totalement farfelue… Continua alors James. Il y a treize ans, je n’avais pas la moindre preuve, mais aujourd’hui… Aujourd’hui, je suis en droit de me poser sincèrement la question.

- Pourquoi ? Dit alors Rémus. Qu’est-ce qui a changé, James ?

- Ellie, répondit simplement le concerné.

L’évocation du nom de la jeune femme surprit énormément le lycanthrope qui ne réagit pas durant quelques secondes. Il faut dire que celle-là, il ne l’avait pas vu venir.

- Ellie Sturgis ? Répéta enfin Rémus, toujours aussi étonné.

- Oui, Ellie Sturgis, confirma James.

- Mais… Pourquoi ?

- Il y a trop de mystères qui planent autour d’elle… Trop de coïncidences… Trop de mensonges… Trop de…

James, qui s’était emballé, marqua une courte pause pour reprendre le fil de ses pensées. Puis, il inspira un bon coup et continua plus pour lui-même qu’autre chose :

- Si je mets toute les pièces du puzzle en place, tout converge vers elle.

- De quel puzzle tu parles James ? Demanda alors Rémus en fronçant des sourcils tandis qu’il se sentait totalement perdu de par les paroles de son ami. Et puis quel est le rapport entre Ellie et L…

Rémus s’arrêta de parler et prit soudain un air grave.

- Tu ne penses quand même pas qu’Ellie est… Lily ? Lui demanda Rémus, d’un air peu rassuré.

- Je suis en droit de me le demander, Rémus.

- Mais…C’est de la folie, James ! S’exclama alors son ami.

- Chut ! Lui dit alors le concerné, en regardant d’eux. Moins fort…

- Tu n’es pas sérieux ? Chuchota alors Rémus.

- Réfléchis, Rémus… Il y a trop de coïncidences, trop de… Elles sont tellement semblables !

- Elles sont surtout très différentes, lui fit remarquer Rémus, d’un ton ferme.

- Tu ne la connais pas aussi bien que moi… Soupira James en se passant une main nonchalante dans ses cheveux ébouriffés.

Rémus n’ajouta rien et se contenta de fixer son meilleur ami. Il devait le faire redescendre sur terre, et pour cela, il savait qu’il s’apprêtait à faire quelque chose de très douloureux  et particulièrement pénible : il allait devoir détruire cet espoir dans l’esprit de son ami. C’était pour son bien. Ainsi, il soupira et reprit :

- Quelles sont tes preuves ?

- Elle m’a avoué avoir été enlevée et séquestrée, énuméra James. Elle avait un mari, sang pur, avec qui elle a eu un petit garçon, né en juillet.

- Coïncidences, dit Rémus. Il doit y avoir plusieurs femmes sorcières dont le mari était un sorcier sang-pur et qui a eu un enfant né en juillet. Ca ne constitue pas une preuve.

- Elle parle comme elle. Ses répliques, ses mimiques… Des fois j’ai l’impression de me retrouver face à elle.

- Coïncidences, réitéra Rémus, d’un ton ferme.

- Elle connait l’existence de la Salle sur Demande et de la Cabane hurlante ! Tenta alors James.

- Elle a surement dû explorer le château de fond en comble durant ses quatre premiers mois afin de protéger les élèves ! C’est ce que tu aurais fait si tu n’avais pas été un Maraudeur.

Jusqu’ici les arguments de Rémus semblaient tenir la route et James chercha dans son esprit, d’autres éléments. Après tout, il n’était pas fou et ses soupçons étaient bien légitimes.

- La carte a disparu, lâcha-t-il alors.

- Quelle carte ?

- La carte du Maraudeur, répondit James. Elle était dans le bureau de Rusard en début d’année et à présent, elle n’y est plus…

- Et le rapport avec…

- Lily connaissait l’existence de la Carte. Elle l’a vue. Elle s’en est servie à plusieurs reprises en dernière année. Elle aurait très bien pu…

- Des élèves auraient pu voir le parchemin et le dérober sous les yeux de Rusard, lui fit remarquer Rémus.

- Mais elle me retrouve toujours dans les endroits les plus improbables qui soient Rémus ! S’emporta légèrement James. Comment tu expliques ça hein ?

- La chance, rétorqua le Lycanthrope toujours aussi peu convaincu, ou alors elle t’a très vite cerné, ce qui ne m’étonnerait guère étant donné son incroyable perspicacité…

Suite à ça, James marqua une courte pause et sembla réfléchir. Puis, il planta de nouveau ses yeux dans ceux de son ami et dit :

- Elle était là à ma sortie du coma…

- Oui, Ellie était présente, confirma Rémus.

- Oui… Et quand j’ai ouvert les yeux, c’est Lily que j’ai vu et non pas Ellie…

Rémus ferma les yeux et soupira. Il ne dit rien pendant quelques longues secondes et lorsqu’il finit par les rouvrir, il prit un air si désolé et si attristé et James comprit qu’il ne le suivrait pas encore cette fois.

- Je peux te parler sincèrement James ? Lui demanda-t-il.

- As-tu vraiment besoin de demander, Lunard ? Répondit le concerné, en soupirant.

- Ellie est une jeune femme formidable. Elle est forte, loyale, amicale bien qu’assez froide de prime abord. Elle ressemble à Lily dès fois, je te l’accorde. Mais Ellie et Lily sont deux personnes bien distinctes Cornedrue.

- Mais… Tenta de protester James.

- Tu vois en elle ce que tu aimerais qu’elle soit… Tu y vois ta femme parce que depuis qu’elle t’a été enlevée, tu la cherches toujours… Mais… Elle n’est plus là, Cornedrue.

James baissa la tête et serra des poings.

- Je suis désolé, crois moi. Ca me fend le cœur de devoir te dire ça… Moi aussi j’aimerais que ça soit vrai… Moi aussi j’aimerais que l’une de mes meilleures amies revienne… Mais malheureusement, c’est impossible…

- Pourtant, il y a trop de coïncidences, Lunard… S'obstina James.

- Mais malheureusement, elles ne restent que des coïncidences… Tu vois des signes, des soit-disantes preuves, là où il n’y en a aucune, car c’est ce que ton cœur souhaiterait le plus au monde… Tu n’as pas de vraies preuves, James…

James baissa de nouveau la tête. Après tout, Rémus avait peut-être raison. Son cœur lui jouait peut-être des tours ?

- Et puis, réfléchis James, ajouta le lycanthrope. Si Ellie et Lily était la même personne…. Pourquoi se cacherait-elle derrière ce visage là ? Pourquoi nous aurait-elle menti ?

- Elle est peut-être recherchée par Voldemort, dit alors James, en plantant ses yeux vitreux dans ceux de son meilleur ami.

- Peut-être… Mais pourquoi te dissimuler à toi, sa véritable identité ? A toi, James ! Insista-t-il. Tu es la seule personne en qui elle aurait une confiance aveugle ! Ca n’a pas de sens… Si Ellie était Lily, elle te l’aurait dit

La dernière réplique fit énormément réfléchir James et les deux jeunes hommes restèrent encore quelques temps dans le pub. Ils se quittèrent dans une accolade et se dirent à bientôt pour la prochaine Tâche qui aurait lieu dans trois semaines. Lorsqu’il rentra dans ses appartements, James se regarda de nouveau dans la glace, se répétant sans cesse les paroles de son sage ami. Après tout, Rémus avait surement raison. Lily était morte et Ellie était simplement Ellie, malgré ses coïncidences et ses mensonges. Il n’avait pas de preuve, que de cruelles et misérables coïncidences. Et puis, Lily ne lui aurait jamais menti… Elle aurait eu confiance en lui. Elle n’aurait pas supporté de le voir aussi désemparé devant elle, cette nuit là, au Cottage, et elle se serait forcément manifester à lui. Elle n’aurait jamais pu le regarder droit dans les yeux et lui mentir si ouvertement. Ca, il en était persuadé

                Sur ces délicates pensées, James s’allongea sur son lit et pour la première fois depuis un mois, il trouva le sommeil rapidement. Il faut dire qu’il était épuisé.

End Notes:

Merci d'avoir lu comme toujours :)

 

Et à bientot (beaucoup plus vite cette fois-ci, promis!)

La Deuxième Tâche by Smittina
Author's Notes:

Salut tout le monde !

Ensuite, désolée d'avoir mis un peu plus de temps que prévu pour publier la suite mais j'ai eu des soucis perso et j'ai pas eu le temps de me relire correctement avant. 

Du coup, voici la "petite" suite. Chapitre de transition avant d'arriver à certains dénouements (je ne vous en dis pas plus ; vous verrez bien dans les deux prochains chapitres). J'espère qu'il vous plaira tout autant que les précédents.

 

Bonne Lecture !

 

> Sail - Awolnation
https://www.youtube.com/watch?v=JaAWdljhD5o

James dormit durant la totalité du dimanche. Il n’avait pratiquement pas ou très peu dormi depuis un mois et il avait besoin de rattraper tout ce retard. Il avait enfin accepté les sages paroles de Rémus. Tout ceci n’était que de simples, curieuses et cruelles coïncidences, exposées en faits à son cerveau car son cœur aurait voulu que Lily soit toujours en vie. Il s’était répété des dizaines de fois ces mots là pour essayer de s’en convaincre et de passer à autre chose. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’il avait eu l’impression que Lily était en vie et l’arrivée de cette mystérieuse femme dans l’Ordre du Phénix n’avait fait que réveiller un vain espoir enfoui profondément en lui. Et il savait que ce sentiment ne le conduirait que vers un comportement autodestructeur et qu’il n’avait pas le droit de se laisser emporter dans cette spirale infernale à cause de tout ce qui se passait autour de lui. Pour Harry, et sa prochaine Tâche qui arrivait à grand pas, il se devait d’avoir les idées parfaitement claires pour pouvoir assurer au mieux sa protection. A présent, il se trouvait presque stupide d’avoir pu penser qu’Ellie et Lily n’était qu’une seule et même personne.

                Ainsi, lorsqu’il se leva le lundi et qu’il pénétra dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, tous les professeurs furent surpris. James passa devant Harry qu’il embrassa tendrement sur le front et fila s’assoir aux côtés d’Ellie. Cette dernière évita de croiser son regard durant la totalité du repas où elle resta profondément silencieuse. Lorsqu’elle eut fini, elle s’excusa et sortit de la Grande Salle par la petite porte réservée aux professeurs. James finit rapidement le reste de son assiette, essuya sa bouche et partit à sa poursuite.

                Il la retrouva au deuxième étage, en train d’entrer dans sa salle de cours. James accourut dans sa direction et pénétra à son tour dans la salle de Défense contre les Forces du Mal.

- Potter ? S’étonna-t-elle, visiblement mal à l’aise.

- Salut Sturgis, lui sourit ce dernier. Tu as cinq minutes ?

- Euh…

- C’est au sujet de mon comportement de ce dernier mois, expliqua-t-il alors. Je tenais vraiment à m’en excuser…

- T’excuser ? Répéta bêtement Ellie qui ne comprenait pas ou il voulait en venir.

- J’ai failli mourir et… Je n’ai pas eu les idées toutes à fait claires à la suite de ça, dit alors James. Je sais que j’ai du te faire un peu peur… Surtout après l’épisode de la Tour d’Astronomie… Je voulais m’en excuser et te remercier de m’avoir fait redescendre sur terre... Enfin… mes pieds, quoi…

- D’accord… Dit-elle, tandis qu’elle semblait dubitative.

- D’accord, répéta James, soulagé, qui lui lança un sourire.

 

La jeune femme répondit timidement à son sourire et elle reporta toute son attention sur les copies des élèves qu’elle devait rendre dans une minute ou deux.

- Et toi ? Lui demanda alors James.

- Moi ? L’interrogea-t-elle, en fronçant des sourcils.

- Est-ce que tu vas bien ?

- Euh… Oui, répondit-elle avec le plus d’assurance possible. Je vais bien.

- Je te demande ça parce que je t’ai trouvée étrange hier matin, dans ce couloir…

- J’avais passé une mauvaise nuit, c’est tout, lui assura-t-elle, avec un léger air dédaigneux.

 

James déglutit tout en s’efforçant de ne pas prêter attention à l’attitude qu’elle venait d’avoir et qui lui faisait penser une fois de plus à Lily. Il se répéta à plusieurs reprises les paroles de Rémus : ce n’était qu’une coïncidence. Lily était morte dans ces bois et il devait aller de l’avant. Cependant, il continua à la regarder, persuadé dans le fond qu’elle venait quand même de lui mentir. Après tout, elle aussi était étrange envers lui depuis quelque temps, comme si elle le craignait, d’une certaine manière.

- Arrête de me regarder comme ça, trancha-t-elle alors, avec ce ton sévère et autoritaire qui lui correspondait tant. Et puis de toute manière, tu devrais t’en aller si tu ne veux pas être en retard à ton propre cours.

- D’accord Sturgis, sourit James, en secouant la tête. A tout à l’heure.

- A tout à l’heure, Potter.

 

Puis, le jeune homme sortit de sa salle de cours, et lorsque la porte se referma derrière lui, Ellie s’affala dans son fauteuil de tout son poids. Elle fixa longuement la porte et s’autorisa pour une fois à se ronger les ongles. James Potter allait la rendre folle.

 

***

 

                Trois semaines s’écoulèrent. Trois semaines où James se forçait à oublier toutes les coïncidences qui liaient Ellie à sa défunte femme ; et donc trois semaines où les efforts de James permirent aux deux membres de l’Ordre de retrouver leur complicité particulière, d’avant l’attaque du brun à lunettes aux alentours du Manoir des Malefoy. Ils se rendaient ensemble dans la Grande Salle et James avait recommencé à assister aux entrainements d’Harry qui n’arrivait toujours pas à produire de Patronus bien distinct.  Les choses avaient donc repris leur cours à Poudlard, mise à part bien sûr le fait que la Seconde Tâche aurait bientôt lieu, ce qui avait pour don d’angoisser à la fois James et Ellie.

                La veille au soir de l’épreuve du Tournoi des Trois Sorcier, James et Harry s’isolèrent sous l’alcôve, située près de la salle commune des Gryffondors. Ils parlèrent de tout et de rien jusqu’à ce que James ne lui demande :

- Tu sais quoi faire demain ?

- Oui, lui assura Harry. Je prendrais la branchiflore qu’Ellie m’a procurée et je pourrais nager en toute sécurité pendant près d’une heure jusqu’à ce que je trouve ce que l’on m’aura pris.

- Exact ! Confirma James, ne pouvant pas s’empêcher de serrer son fils dans ses bras.

 

Ils restèrent ainsi quelques longues secondes, jusqu’à ce qu’Harry n’arrive presque plus à respirer.

- J’étouffe ‘Pa ! Dit alors Harry à son père.

-  Pardon, fiston, réagit rapidement James, en lâchant son fils.

- Tout va bien se passer, assura Harry à son père. J’ai combattu un dragon, alors nager dans un lac, ça devrait être  facile à côté…

- Tu as raison, sourit James.

 

Les deux Potter restèrent silencieux par la suite, se contentant de se fixer l’un l’autre, jusqu’à ce que James ne brise le silence :

-  Il faut que je te laisse fiston, j’ai rendez-vous avec Dumbledore dans une dizaine de minutes.

- Aussi tard ? S’enquit le jeune Potter.

- Oui, bonhomme.

 

 Puis, James soupira et recommanda à Harry de rentrer se coucher. Il devait être en pleine forme pour sa Deuxième Tâche. Il embrassa une dernière fois son fils tendrement, et prit ensuite la direction du bureau de Dumbledore. Il faisait un peu froid ce soir là, et James se frotta les mains pour se réchauffer. C’est alors qu’il vit de la lumière dans le couloir. Il se demanda alors qui pouvait être encore dehors à cette heure-ci. Il s’approcha alors le plus rapidement possible de cette lumière et découvrit rapidement qu’il s’agissait d’une personne qu’il ne connaissait que trop bien.

- Sturgis ! S’écria alors James.

- Bonsoir, répondit simplement la concernée.

- Tu ne dors toujours pas ? Lui demanda-t-il alors, en fronçant des sourcils. Je pensais que tu devais dormir tôt pour pouvoir être en forme et aux aguets pour demain ?

- J’avais rendez-vous avec une personne qui ne sort que la nuit.

- Un vampire ? S’amusa James.

- Non, répondit-elle en baillant, un centaure…

 

Etrangement, lorsqu’elle prononça ces mots, le cœur de James se serra presque instantanément dans sa poitrine. Elle aurait pu dire qu’elle avait rendez-vous avec une Harpie, un Troll, un Géant ou bien encore une Sirène qu’il n’aurait absolument pas relevé. Cependant, elle avait dit « centaure », et sa discussion avec Firenze, trois semaines plus tôt lui revinrent instantanément en mémoire.

-  Un centaure ? Répéta-t-il alors, en fronçant des sourcils.

- Oui… Confirma-t-elle, en baillant de nouveau. Un dénommé Firenze…

 

Le cœur de James rata de nouveau un battement. Encore une troublante coïncidence…Celle de trop ?

- Il m’aide à déchiffrer le ciel, continua la jeune femme qui venait encore de bailler. J’avais besoin de savoir si tout se passerait bien, demain.

- Et qu’est-ce qu’il t’a dit ? Demanda froidement James.

 

Le changement de ton du jeune homme n’échappa pas à Ellie, qui posa son regard dans le sien. Qu’avait-elle dit pour qu’il change si brutalement de comportement envers elle ? Venait-elle de commettre une autre erreur ? Se pouvait-il qu’il ait revu Firenze depuis la rentrée ? Se pouvait-il que ce dernier ait failli à sa promesse ? Elle scruta longuement le regard de son coéquipier, qui s’était assombri depuis le début de leur conversation. Mais, elle finit par soupirer et dire avec toute l’assurance dont elle était pourvue :

- Il a parlé d’un voile obscur… J’espère simplement qu’il ne parlait que du mauvais temps prévu…

- Oui, je l’espère aussi, répondit James machinalement.

 

Les deux professeurs se regardèrent encore quelques longues secondes pesantes jusqu’à ce qu’Ellie ne lui souhaite bonne nuit et qu’elle l’abandonne dans ce couloir désert. James resta quelques autres secondes seul et immobile avant de se rappeler que Dumbledore l’attendait. Il prit alors la direction du bureau du directeur de Poudlard mais cette fois-ci, il se promit une chose : lorsque la Deuxième Tâche sera terminée, Ellie et lui devront parler de tous ces mystères qui l’entourent et de toutes ces troublantes coïncidences qui semblaient toujours la rattacher à sa défunte épouse… Elle lui devait des explications à ce sujet.

***


                Le lendemain matin, tout le château était en ébullition. Il faut dire que la Deuxième Tâche était programmée en fin de matinée et que tout le monde s’impatientait de revoir les Champions en action. La sécurité avait été renforcée pour l’évènement, ce qui fit pénétrer dans le château d’autres membres de l’Ordre et d’autres agents du Ministère, au grand damne d’Ellie qui s’en méfiait comme de la peste.

                 Harry commençait quant à lui à sentir le stress monter. Il n’arrêtait pas de lancer des regards à la Table des Professeurs, dans l’espoir de croiser le regard rassurant de son père mais ce dernier était absent. Cela inquiéta d’avantage le jeune Potter qui heureusement, pouvait compter sur le soutient de ses meilleurs amis et autres élèves de Gryffondor.

                L’absence de James à cette table inquiéta également Ellie qui se demanda bien où le jeune homme pouvait être. Elle le connaissait suffisamment pour savoir que pour rien au monde il resterait volontairement éloigné de son fils, durant cette journée. Ainsi, la jeune femme ne mangea pratiquement pas et sortit de la Grande Salle pour partir à sa recherche. Elle commença d’abord par rejoindre ses appartements et sa salle de cours. Cependant, James n’y était pas. Ellie partit alors dans sa propre chambre afin d’y récupérer la Carte. Elle prononça la formule et un plan du château apparut sous ses yeux, comme par magie. Elle chercha frénétiquement le nom de James à tous les étages, en commençant par le dernier et en finissant par les cachots. Cependant, ce dernier ne semblait être nulle part. Ellie fronça des sourcils et chercha ensuite dans les parties extérieures du château, à savoir le Parc et ses alentours. Elle chercha longtemps avant de voir son nom enfin apparaitre en plein milieu du Lac. Ellie soupira et sembla alors rassurée. James avait du faire un tour avec les équipes de protection, afin de s’assurer que tout était en ordre.

                Par simple mesure de précaution, Ellie referma la Carte et la rangea dans l’une de ses poches. Elle referma ses appartements avec précaution et rejoignit les autres en empruntant le Grand Escalier. Elle se retrouva alors prise dans le mouvement de foule qui se dirigeait vers le Lac Noir à présent. Elle essaya de se frayer un chemin à travers la multitude de personnes présentes, afin de rejoindre l’emplacement réservé aux professeurs. Cependant, elle aperçut dans la foule, Harry et ses amis qui semblaient importunés par une femme blonde, assez grande. Cette dernière avait des boucles frigides et tenait à la main un sac à main en peau de crocodile. Ellie leva les yeux au ciel et poussa tout le monde afin de rejoindre rapidement son petit protégé.

- Alors dis-moi Harry, sourit la femme blonde, un carnet à la main, tandis qu’une plume sortit de son sac à main. Comment te sens-tu pour cette deuxième épreuve ? Pas trop stressé ?

- Hé bien… euh… Répondit difficilement le jeune Potter qui n’aimait absolument pas cette femme.

- Tu penses que ta mère veille sur toi de là où elle est ? Insista la femme avec un sourire hypocrite.

- Ne répondez pas Mr Potter, dit alors une voix sévère qui s’éleva derrière eux.

 

La femme blonde sursauta légèrement et se retourna pour voir enfin une magnifique jeune femme aux cheveux noirs corbeaux et aux yeux d’un bleu hypnotisant. Cette dernière se plaça alors entre ses élèves et la femme blonde, tout en prenant une posture peu amicale, les bras croisés sur son torse.

- Vous n’êtes pas obligé de lui répondre, déclara alors Ellie d’un ton sec, tout en fixant sévèrement l’autre femme.

- Excusez-moi, répondit cette dernière en papillonnant des yeux pour tenter d’amadouer cette étrangère. Je ne me suis pas présentée. Je suis…

- Rita Skeeter, journaliste pour la Gazette du Sorcier, la coupa Ellie, ce qui eut le mérite de laisser la journaliste bouche bée. Et vous n’avez aucune autorité sur cet élève. Il n’est pas obligé de vous répondre, s’il ne le souhaite pas.

- Vous semblez savoir qui je suis, mais moi en revanche, je l’ignore, sourit hypocritement Rita. Vous êtes ?

 

Cette dernière avait posé sa question tout en approchant son carnet et sa maudite plume du visage d’Ellie. Cette dernière la fixa méchamment, sans sourciller une seule seconde. Un bras de fer s’était engagé entre les deux jeunes femmes et il aurait pu durer très longtemps si la plume de la journaliste ne s’était pas mise à bruler et à se désintégrer… subitement.

- C’est… C’est vous qui… qui ? Demanda alors la journaliste, avec un ton accusateur et un air légèrement apeuré.

- Moi ? S’étonna faussement Ellie. Comment aurais-je pu fait une telle chose ? Je n’ai pas la moindre baguette entre les mains, regardez…

 

Ellie avait toujours les bras croisés et n’avait pas bougé d’un iota. Puis, elle s’approcha d’un pas menaçant de la journaliste jusqu’à ce qu’elle ne se retrouve à la hauteur de son oreille.

- Ne vous approchez plus de cet élève, lui dit-elle alors avec un ton tout aussi menaçant que sa démarche. Si je vois la moindre ligne concernant Harry Potter et le décès tragique de sa mère écrite dans votre minable torchon, ça sera plus que votre plume à papote qui brulera.

 

Ellie recula, sans jamais quitter la journaliste des yeux. D’ailleurs cette dernière déglutit fortement et finit par tourner les talons et par s’en aller embêter Victor Krum, le Champion de Durmstrang. Ellie soupira et se retourna vers Harry.

- C’était génial ! S’exclama Ron.

- Merci Ellie, lui sourit un Harry Potter, toujours aussi stressé.

- C’est normal, répondit le professeur.

- Mais comment vous avez fait pour sa plume ? L’interrogea Hermione, suspicieuse. J’ai bien vu vos mains, elles n’ont pas bougé, elles n’ont…

- C’est très simple Miss Granger, la coupa alors Ellie. Je n’ai rien à voir là dedans…

 

Ellie avait prononcé ces paroles en regardant Hermione droit dans les yeux. Cette dernière ressentit alors un étrange frisson qui parcourut l’intégralité de son corps. Hermione ne savait pas pourquoi, mais elle était persuadée que son professeur venait de lui mentir. Et pire… Elle pensait qu’elle était vraiment responsable de la destruction de cette plume à papote.

- Bonne chance Harry, dit alors Ellie, après avoir enfin détourné son regard d’Hermione.

 

Puis, la jeune femme fit demi-tour et commença à prendre la direction des tribunes. Mais Harry l’en empêcha :

- Attendez !

- Oui ? Demanda Ellie, en se retournant vers lui.

- Vous n’auriez pas vu mon père ? Il n’était pas dans la Grande Salle et…

- Votre père était au milieu du Lac tout à l’heure. Il devait surement vérifier les dernières installations. Ne vous en faites pas, il ne ratera pas une miette de votre Tâche.

 

Harry hocha la tête à plusieurs reprises pour se convaincre qu’Ellie avait raison, et finit par rejoindre les autres champions, auprès du Lac.

Ellie, quant à elle, prit sa place dans la tribune réservée aux professeurs de l’école. Cependant, elle recommença à s’inquiéter car James ne semblait pas décider à arriver. Pourquoi mettait-il autant de temps ? L’épreuve allait bientôt commencer à présent. Pourquoi était-il toujours absent ? Soudain, Ellie sentit une personne prendre place à ses côtés et elle se retourna brutalement. Etant pratiquement sûre qu’il s’agissait de James, elle prit une grande inspiration  pour lui faire la morale. Cependant, elle eut le souffle coupé, quand elle ne vit qu’il ne s’agissait que de Severus Rogue.

- Tu as l’air déçue de me voir, dit simplement le Maitre des Potions.

- Où est Potter ? Lui demanda-t-elle.

- Je n’en sais fichtrement rien, rétorqua Severus en haussant ses épaules.

- Il devrait être là, dit alors Ellie, assez nerveusement.

- Si cela te préoccupe tant, tu devrais en parler à Dumbledore, lui conseilla alors Severus.

 

Ellie hocha vigoureusement la tête et décida de suivre les conseils de son ami. Elle se leva, lorsque le premier coup de sifflet donnant le départ aux champions retentit. Elle accéléra alors le pas et fit de son mieux pour rejoindre le plus rapidement possible la tribune des juges. Lorsqu’elle l’eut atteint, elle identifia rapidement Dumbledore et s’agenouilla à ses côtés.

-  Albus, pardonnez-moi de vous dérangez, chuchota alors Ellie à son oreille, mais je n’ai pas vu James de la journée, et cela m’inquiète… Vous savez où il est ?

- Ne vous inquiétez pas, répondit tout simplement Dumbledore. Il va bien.

- Peut-être mais où est-il ? Insista Ellie. Si je consulte la Carte, elle m’indique qu’il se trouve au milieu du lac, pourtant toutes les embarcations ont été enlevée pour la…

 

Soudain, le cœur d’Ellie se serra et l’air se fit extrêmement rare dans ses poumons, tandis que son cerveau réfléchit extraordinairement vite. Puis, elle récita à l’oreille du directeur l’énigme de l’œuf que lui avait répété Harry, plus pour elle-même que pour autre chose :

« A présent, réfléchis, exerce ton esprit,
Ce qui t’est le plus cher, nous te l’avons ravi.
Pendant une heure entière il te faudra chercher
Si tu veux trouver ce qu’on t’a arraché » **

Ellie marqua de nouveau un temps d’arrêt, et ce fut le souffle pratiquement coupé qu’elle arriva à prononcer :

- James…

 

Dumbledore confirma tacitement, d’un simple hochement de tête. Puis, la jeune femme, furieuse, prit le directeur par l’épaule et d’un coup sec, l’obligea à se retourner vers elle, sous les regards étonnés des autres membres du jury et du Ministère.

- Vous le saviez, lui reprocha-t-elle. Vous le saviez et vous ne m’avez rien dit.

- Je n’ai été prévenu qu’hier soir, tard… Quand je l’ai convoqué.

- Vous auriez du me le dire, siffla alors la jeune femme entre ses dents, tout en se relevant et en faisant demi tour.

- Ellie… Commença le vieil homme. Où allez-vous comme ça ?

- Vérifier le matériel…

- Vous l’avez fait une centaine de fois déjà, lui fit remarquer Barthémius Croupton Senior, avec un air hautain.

 

Lorsqu’elle entendit cet homme s’adresser à elle, Ellie serra des poings et se retourna. Puis, elle s’approcha vers lui d’un pas menaçant, et planta ses yeux dans les siens.

- Et bien je le referais encore… Croupton.

 

Le directeur du département de la coopération magique international fut aussitôt offusqué par le ton que cette charmante jeune femme avait pris pour s’adresser à lui. Puis, il vit une expression de dégout sur son visage, avant qu’elle ne tourne les talons et s’enfuit en courant en direction du château. Elle avait un très mauvais pressentiment.

 

***

 

                Harry nageait. Il avait l’impression de tourner en rond, avec ses pieds palmés et ses branchies. Il n’avait rencontré personne jusqu’à présent : aucun autre champion, ni aucune autre créature. Etrangement, tout ceci l’angoissait. Il se contentait simplement de nager et de s’enfoncer chaque seconde, un peu plus dans les abimes du Lac Noir. Au bout d’un certain temps, il regarda la montre que son père lui avait fournie la veille. Cela faisait presque une demi-heure qu’il avait plongé et il n’avait toujours pas le moindre indice, concernant la « chose » qui lui avait été arrachée. Ainsi, il décida de mettre les bouchées doubles et s’enfonça davantage dans ces eaux troubles.

 

***

 

                Ellie avait rejoint le château. Son cœur battait extraordinairement vite, malgré sa course. Elle ne savait l’expliquer mais l’idée de savoir James et Harry, tous les deux, seuls, au fond de ce lac, la terrifiait. Tandis qu’elle rejoint les salles du quatrième étage qui avaient servies de salles d’entrepôt pour tout le matériel de la Seconde Tâche, Ellie ne put s’empêcher de pester intérieurement contre Dumbledore. Pourquoi n’avait-il pas jugé bon de la mettre au courant ? Pourquoi ne voyait-il pas le danger que cela pouvait représenter avec le traitre présent au sein même de l’Ordre du Phénix ? Ellie ouvrit enfin la première porte et commença à inspecter chaque recoin de la pièce. S’il devait y avoir une preuve, elle devait forcément se trouver dans l’une de ces pièces.

 

***

 

                Harry en était arrivé à rencontrer son premier obstacle : des strangulos dont il s’était rapidement débarrassé. A présent, il naviguait entre des algues qui lui cachaient toute visibilité.  Tandis qu’il pensait ne jamais voir la fin de cette traversée, Harry entendit soudain un son. C’était la comptine de l’œuf, chantée par des êtres de l’eau. Il accéléra alors et sortit enfin des algues. Il vit alors au loin, ces fameux êtres de l’eau, qui ressemblaient à tout, sauf aux représentations traditionnelles des sirènes. A vrai dire, Harry se demanda même s’il s’agissait bien de sirènes dans le cas de Poudlard. Peut-être des selkies ou des merrows, à en juger par leur aspect légèrement effrayant.

                Tandis que le jeune Champion balaya du regard la colonie aquatique, celui-ci fut soudain attiré par la présence de quatre corps, qui semblaient flotter au fond de l’eau. Parmi eux, il y avait deux jeunes filles, et deux hommes, plus âgés. C’est alors que le cœur d’Harry se serra instantanément, lorsqu’il reconnut parmi les hommes, son propre père. Le jeune Potter n’hésita pas un seul instant, et fonça dans la direction de James. Une fois arrivé, son premier réflexe fut de toucher son poignet afin de vérifier s’il était toujours en vie. Sentant battre son pouls sous ses doigts, Harry décida alors de le secouer, pour le réveiller. Cependant, rien n’y faisait. James semblait profondément endormi. Alors, Harry commença à regarder plus attentivement les entraves de son père. Il remarqua alors qu’il était retenu au fond du lac par une simple chaine, attachée à un poids et fermée par un cadenas. Harry sortit alors sa baguette et la brandit vers le cadenas afin de l’ouvrir. Cependant, rien n’y fut. Il tenta alors un autre sort pour briser la chaine, mais une fois de plus, il échoua. Le jeune Potter sembla quelque peu déconcerté, jusqu’à ce qu’il aperçoive au loin, une sorte d’autel, pourvu de quatre objets brillants. Se pouvait-il qu’il s’agisse des clés permettant d’ouvrir les cadenas ? N’hésitant plus un seul instant, Harry vogua alors dans cette direction.

***

                Ellie ouvrit la porte de la dernière salle, et se précipita vers les caisses en bois, ouvertes, qui reposaient sur le sol. Elle les fouilla, les retourna dans tous les sens, persuadée que son instinct ne la trahissait pas. Elle était à présent assise à genou, l’air déconcerté et affolé. Ses cheveux était anormalement décoiffé et en bataille. On aurait dit qu’elle venait de se battre comme les moldus. Elle inspira et expira fortement à plusieurs reprises, comme pour se calmer car strictement rien dans ces pièces, n’étaient inhabituels. Chaque chose était à sa place et la jeune femme se demanda alors si pour une fois, son instinct ne venait pas de lui jouer des tours.

                Elle inspecta une dernière fois la pièce du regard. C’est alors que ce dernier fut attiré par une petite chose dorée qui semblait dissimulée derrière un énorme pot en terre, contenant des racines de valériane. Ellie se précipita vers l’objet, en rampant à quatre pattes, et poussa vigoureusement le gros pot en terre, qui s’explosa au sol. Son cœur se serra alors, fortement dans sa poitrine, et l’air n’arriva pratiquement plus dans ses poumons, car dans chacune de ses mains se trouvait d’une part la baguette de James, et de l’autre un énorme cadenas en or massif enroulé dans un petit bout de papier.

 

***

 

 

                Harry s’était à présent emparé de la clé en or massif qui correspondait au cadenas, emprisonnant son père. Il fit demi-tour et se précipita vers James, toujours aussi endormi. Puis, sans réfléchir une seule seconde – pourquoi l’aurait-il fait ? – Il inséra la clé à l’intérieur de la serrure. Et en une fraction de seconde, les corps de James et d’Harry disparurent du fond du Lac, comme par magie.

 

 

** Extrait d'Harry Potter et la Coupe de Feu : l'Enigme de l'Oeuf.

End Notes:

Voila voila ! Alors quelques petites précisions ici, quant à mes choix de bouleverser un peu les choses par rapport à ce que l'on connait du canon et que j'ai choisi de ne pas respecter ici. Vous l'aurez compris (ou pas peut-être), le cadenas était une sorte de Portoloin qui s'activait uniquement si on insérait la clé à l'intérieur. Un peu tordu je vous l'accorde mais j'avais besoin que l'histoire du Portoloin dans la 3ème Tache, se déroule à ce moment précis de l'intrigue. Vous comprendrez dans le prochain chapitre.

 

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu!

 

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année et on se retrouve la semaine prochaine avec la suite de ce petit chapitre de transition!

 

Des bisous et Encore une fois : Bonnes fêtes!

Dans les Bois... by Smittina
Author's Notes:

Salut Tout le monde et BONNE ANNEE !!

 

Alors déjà, j'ai remarqué récémment qu'il y avait un bug avec le chapitre 23 "L'anniversaire" qui était tout bonnement illisible pour vous pendant un certain lapse de temps... J'ai bidouillé un truc et à présent il est de nouveau en ligne. Je dis ça pour toutes les personnes qui l'auraient raté car c'est un chapitre super important pour la suite!

 

Ensuite, voici le nouveau chapitre qui a mis du temps à être posté, j'en suis consciente... Mais à l'approche des fêtes j'ai pas eu le temps de me plonger dans l'écriture et j'ai pris du retard dans la rédaction de mes fanfics... Donc je me suis accordée une semaine supplémentaire pour l'écriture et pour pouvoir continuer à publier pour vous, toutes les semaines!

 

Sur ce, j'arrête mon blabla et je vous laisse découvrir la suite !

Bonne Lecture !
Avec la musique du chapitre :
> Imagine Dragon - Radioactive
https://www.youtube.com/watch?v=ktvTqknDobU

Le toucher. Ce fut le premier sens qui sembla fonctionner de nouveau chez lui. Il ne sentait qu’un vent glacial venu s’abattre sur la totalité de son corps. Cependant, il dut en premier lieu lutter contre l’eau qui semblait s’être infiltrée dans ses poumons. Il toussa, pas une mais trois fois.

Le gout. L’eau qui fut enfin expulsée de ses poumons lui laissa un arrière gout vaseux et poisseux, dans la bouche. Comme s’il avait séjourné au fond d’un lac.

L’odorat. Une odeur de pin qu’il avait déjà senti auparavant vint titiller son nez. Cela lui rappelait à la fois de doux et terrifiants souvenirs.

L’ouïe. Elle commença à se manifester par une sorte de bourdonnement continu. Puis, il distingua progressivement différentes sonorités. Il se concentra d’avantage et finit par reconnaître distinctement une voix familière et si chère à son cœur.

La vue. Il finit par ouvrir les yeux. Sa vision fut très floue durant quelques secondes, mais plus il se concentrait, plus elle devenait parfaitement claire.

                Il avait recouvert ses cinq sens mais semblait encore désorienté. Il était à genoux, sur ce qui semblait s’apparenter à un tapis d’aiguilles de pins. Il pouvait à présent les sentir sous ses paumes de mains, sur lesquelles il était appuyé. Il était également trempé de la tête aux pieds.  Harry était accroupi en face de lui et semblait l’observer, inquiet. Lui aussi était trempé. Il l’entendit lui demander à plusieurs reprises si ça allait, mais James ne pouvait pas répondre. Il avait du mal à émerger, comme s’il venait de se réveiller après un mauvais sort qu’on lui aurait lancé. C’est alors que tout lui revint en mémoire : la Deuxième Tâche, le rendez-vous avec Dumbledore, cet homme du Ministère qui avait pointé sa baguette sur lui, et le trou noir qui s’en suivit.

                Aussitôt, James se jeta sur son fils et commença à l’inspecter de la tête aux pieds, afin de voir s’il n’était pas blessé.

- Papa, je vais bien je te dis, insista Harry. Mais je ne comprends pas… Où est-ce qu’on est ? Je t’ai libéré alors normalement, je devrais avoir fini ma Tâche, non ?

 

Après avoir entendu les dernières paroles de son fils, James s’arrêta et regarda rapidement autour de lui. Ils se trouvaient dans une forêt. Cependant, pour l’avoir exploré de fond en comble durant ses sept années d’étude, James comprit qu’ils n’étaient plus à Poudlard. Il n’y avait pas de pins dans la Forêt Interdite. Il y faisait trop froid là-bas. Puis, il reporta toute son attention sur Harry et le prit par les épaules, avant de le regarder fermement dans le blanc des yeux.

- Harry, écoute moi bien, lui dit clairement James avec énormément de sérieux. On ne devrait pas être là. On doit s’en aller et tout de suite, d’accord ?

 

Pour seule réponse, Harry se contenta d’hocher rapidement la tête, légèrement apeuré par le ton qu’avait pris son père. Il avait ainsi compris qu’ils étaient sûrement en danger. Pendant ce temps, James fouilla minutieusement chacune de ses poches afin d’y trouver sa baguette magique. Il s’affola lorsqu’il se rendit compte qu’il ne l’avait plus.

- Harry, où est ta baguette ? Lui demanda alors son père.

- Je… Je ne sais pas…Je

- Harry, c’est très important, le pressa alors son père. Où est-ce qu’elle est ? Réfléchis !

 

Harry fouilla ses propres poches et ne la trouva pas non plus. Les Potter regardèrent alors rapidement autour d’eux. C’est alors que James la vit. La baguette d’Harry se trouvait à cinq mètres d’eux, près d’un petit rocher pointu, recouvert de mousse. James se mit alors à ramper rapidement dans sa direction quand soudain, la baguette vola, lui échappant ainsi, pratiquement des doigts. Sans réfléchir une seule seconde de plus, James fit demi-tour et se plaça volontairement devant Harry, afin de le protéger de son corps car il savait que c’était la seule option qui lui restait…

                Sur le coup, Harry ne comprit pas la réaction de son père, jusqu’à ce qu’il n’entende des brindilles de bois se plier sous le poids d’une ou plusieurs personnes. Il regarda alors rapidement autour d’eux avant de s’apercevoir qu’une dizaine de silhouettes encapuchonnées et portant des masques, marchait vers eux. Ils étaient cernés.

                James écarta les bras pour renforcer du mieux qu’il put la protection autour de son fils. Cependant, il savait très bien que ça ne suffirait pas. Les battements de son cœur s’accélérèrent considérablement, tandis que sa gorge commença à se serrer. Plus le temps passait, plus les Mangemorts approchaient, et plus il redoutait l’instant fatidique où il ne pourrait plus rien faire pour protéger son fils.

- Regardez ce que nous avons attrapé dans nos filets, dit un homme avec un rire sans joie. James Potter et son marmot…

- Et en plus, il n’a plus de baguette, rajouta la voix d’une femme que James reconnut comme appartenant à Bellatrix Lestrange.

-  Et que peut faire un sorcier, sans baguette ? Demanda une troisième silhouette.

- Strictement rien, ajouta une autre voix grave que James avait déjà entendu quelque part.

 

Le groupe de Mangemorts se mit à rire, comme s’ils se délectaient du spectacle qui s’offrait à eux. Puis, la silhouette correspondant à la voix de Bellatrix Lestrange sortit du cercle et s’approcha lentement vers eux.

-  Ne t’approche pas ! La prévint alors James, tout en éloignant Harry de cette folle furieuse.

- Sinon quoi, Potter ? S’amusa la femme. Tu vas me découper en morceau avec des aiguilles de pins ?

 

Les Mangemorts rirent de nouveau, tandis que Bellatrix semblait hystérique.

- Pour une fois dans ta vie, tu es totalement à ma merci. Tu ne peux pas m’échapper. Ni toi, ni ton stupide gamin ! Cracha la femme.

 

James recula encore avant de se rendre compte qu’il rapprochait d’avantage son fils des autres Mangemorts présents. Alors, il s’arrêta, et Bellatrix ne fut qu’à quelques centimètres de son visage. Elle pointa alors subitement sa baguette sur le cou de James. Elle pouvait sentir la carotide du jeune homme qui semblait sur le point d’exploser à chaque pulsation de ses battements de cœur.

- Depuis le temps que j’ai envie de te rendre tout ce que tu nous as fait subir durant toutes ses années…

- Comme si tu le pouvais, la défia James.

- Ne me tente pas, Potter, siffla la Mangemorte tout en enfonçant un peu plus sa baguette dans sa gorge. Tu ne dirais pas ça si tu savais tout ce que j’ai pu faire à ton idiote de Sang-de-Bourbe.

- Va en enfer, lui répondit-il alors avec tout le mépris qu’il pouvait ressentir pour cette meurtrière.

 

Seulement, il était resté calme. James savait qu’il n’y avait pas que sa vie en jeu. Il y avait aussi la vie d’Harry. Et même s’il avait envie de la tuer sur le champ à main nue, après qu’elle ait encore évoqué le calvaire subi par Lily – surtout devant Harry - James resta maitre de ses actes. Il ne devait pas craquer.

-  Si tu savais tout ce que j’ai envie de te faire, là, maintenant, continua la femme, en sortant l’un de ses poignards et en le faisant glisser lentement sur la joue de James.

- Mais tu n’en feras rien, Bella, s’éleva alors une voix claire et aigue, mais si glaciale.

 

La dite Bella perdit alors tout son sourire, et une lueur de crainte passa dans son regard. Parallèlement, les autres Mangemorts arrêtèrent instantanément de rire et s’écartèrent pour laisser place à un nouvel invité. Il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait inspirer autant de crainte parmi les Mangemorts et James ferma les yeux. S’il avait fait le déplacement, cela ne présageait rien de bon.

- Maitre, se radoucit alors Bellatrix avec une voix mielleuse, en se retournant vers l’homme.

 

Il était grand, chauve et très élancé. Sa peau était d’une pâleur cadavérique et ses yeux semblaient injectés de sang. Il n’avait pas changé. Il imposa aussitôt le silence à sa disciple, en levant simplement l’une de ses mains, pourvue de doigts extrêmement longs et fins.

- Mais que vois-je ? Dit l’homme, faussement amusé. Un de mes plus vieux ennemis, ici, en ces lieux ?

 

Instinctivement, James se rapprocha de son fils, qui lui, était totalement terrifié à présent. Harry s’était agrippé fermement à la cape mouillée de son père, et il n’avait pas besoin de s’appeler Merlin pour comprendre que cet être hideux qui était devant eux à présent, n’était autre que Voldemort lui-même.

- A ce que je vois, ton fils et toi avaient bien reçu nos invitations…

 

Tous les Mangemorts rirent et Voldemort sembla satisfait. Cependant, il ne sortit ni sa baguette, ni se rapprocha d’eux, ce qui perturba légèrement James. Le Mage Noir était connu pour son impatience et son sadisme. Alors pourquoi n’avait-il pas commencé à attaquer ?

- A l’heure qu’il est, tu dois surement te demander pourquoi vous êtes ici, Harry et toi ?

 

James ne répondit pas, et se retint de lui sauter à la gorge lorsqu’il prononça le nom de son fils. De quel droit osait-il prononcer son nom après qu’il ait lâchement torturé et abattu sa mère ?

- En fait, James… Je voudrais simplement que tu répondes à une petite et insignifiante question…

 

Une fois de plus, les propos du Mage Noir le surprirent mais James continua de garder le silence.

- Si tu le fais, je vous laisserai partir ton fils et toi… Mais dans le cas contraire… Nous serons obligés de jouer à un tout autre jeu, mais qui, je vous l’assure, sera fort déplaisant pour vous deux

 

James déglutit de manière presque imperceptible, tandis qu’il sentit l’étreinte d’Harry se resserrer sur sa cape. Cette fois-ci, Voldemort fit un premier pas vers eux, tout en plantant son regard dans le sien.

- Où est-ce qu’elle est ? Demanda alors le Mage.

 

Lorsqu’il entendit cette question, James ne put s’empêcher de déglutir. Il parlait d’Ellie, il en était persuadé. Cependant, il ne comptait rien lui dire. Surtout depuis qu’elle s’était confiée à lui, au sujet des sévices qu’elle avait reçu auprès d’eux.

- Je ne vois pas de qui tu parles, mentit alors James, le plus sereinement du monde.

- Oh, tu peux mieux faire que ça James, lui dit alors Voldemort. J’en suis persuadé.

- Je ne vois vraiment pas de qui…

- Je suis persuadé qu’elle a rejoint l’Ordre… J’ai appris à la connaitre pendant tout ce temps… Et je sais qu’une femme comme elle… Une femme d’honneur, une femme courageuse, une femme d’action,  aurait voulu se battre, et pas se cacher dans l’un de ses foutus camps pour Moldus…

 

Il parlait donc bel et bien d’Ellie.

-  Si tu en es persuadé pourquoi avoir tout de même attaqué ces foyers ? Demanda James pour gagner du temps.

- Pourquoi ? S’amusa Voldemort. Pour me distraire tout simplement… Et puis… Ca fait toujours de la sale vermine en moins…

 

James serra des poings et essaya de tout son être de se contenir. Il ne devait surtout pas craquer.

- Tu as envie de me tuer, n’est-ce pas Potter ? Lui demanda alors Voldemort.

 

Cependant, le sorcier ne répondit rien. Il essayait de se calmer intérieurement.

- Je ressens toute cette haine en toi… Si tu la laissais sortir, tu pourrais peut-être…

- Je ne vois vraiment pas de qui tu parles, le coupa-t-il alors en serrant des dents, pour changer de sujet.

- Vraiment ? Demanda ironiquement Voldemort.

 

Puis, il reporta toute son attention dans une direction qui déplut fortement à James.

- Et toi Harry ? Tu sais où elle se cache ?

- Je t’interdis de lui parler ! Cria alors James, en détournant son fils du mieux qu’il put. Tu as perdu ce droit depuis le jour où tu as tué sa mère !

 

Un silence s’installa à la suite de ses paroles, durant lequel Voldemort ne sembla pas réagir durant quelques secondes. Quoiqu’il eut dit, cela avait eu le mérite de l’interpeller et il avait fini par détourner son attention du jeune Harry.

- Sa mère ? Répéta Voldemort, en se plaçant de nouveau à la hauteur de James, l’air assez étonné.

 

Le Seigneur des Ténèbres marqua une autre courte pause, tandis qu’il regardait James dans le blanc des yeux. Il semblait chercher quelques choses en lui… Comme une réponse…

- Tu ne sais vraiment pas où est elle, n’est-ce pas ?

 

James ne répondit rien, et tenta de ne rien laisser transparaitre.

- En fait…tu n’as aucune idée de qui elle est… Continua Voldemort, amusé à présent.

 

James fut troublé par ses paroles tandis que Voldemort émit un petit rire sans joie. Puis, il planta de nouveau son regard dans celui de James et dit :

- Elle ne t’a rien dit… Je l’ai donc grandement sous-estimée, une fois de plus

 

Les deux hommes s’affrontèrent du regard, jusqu’à ce que Voldemort ne se retourne et commence à faire les cents pas, en centre du cercle formé par ses disciples. James le regarda alors étrangement, se demandant ainsi à quelle sauce Harry et lui allaient être mangés, à présent.

- C’est fâcheux, dit enfin Voldemort. Très fâcheux… Du moins, pour vous, Messieurs !

 

Il marqua de nouveau une pause et se stoppa avant de faire de nouveau face aux Potter.

- Je ne voulais pas en arriver là, James… Tu es l’un de mes plus vieux ennemis et d’une certaine manière je tiens à mes ennemis… Cependant… Elle est beaucoup plus importante à mes yeux que n’importe quoi d’autres…

 

Lorsqu’il prononça ses mots, Voldemort fit un léger signe de la main, adressé à ses disciples qui s’écartèrent d’avantage. Deux d’entre eux, partirent également dans la pénombre du bois.

- J’espère que vous survivrez à tout ça, continua alors le Seigneur des Ténèbres. Je lui ai laissé un petit mot avec ta baguette, James et j’espère qu’elle viendra vite à votre rescousse cette fois

 

Les deux Mangemorts revinrent alors, avec une énorme cage qui semblait léviter. Les Mangemorts qui les encerclaient, avaient pris la peine de se déplacer, laissant ainsi tout le loisir à James et à Harry de s’enfuir dans les bois. Cependant, lorsque James prit connaissance du contenu de cette cage, il pâlit.  Cette dernière semblait renfermer des dizaines voire une quinzaine de détraqueurs.

-  Ils sont affamés, dit alors Voldemort amusé, et je vous donne une petite longueur d’avance…Alors, je n’aurais qu’un conseil à vous donner, messieurs… Courrez !

 

Le Mage Noir n’eut pas besoin de se répéter. James se retourna, referma sa main dans celle de son fils, et ils s’élancèrent à travers les bois. Le vent sifflait à leur oreille et les aiguilles de pins semblaient craquer sous leurs pieds.

- Cours Harry, cria alors James. Quoiqu’il arrive, tu cours, et tu ne te retournes pas !

 

Harry acquiesça et involontairement, il resserra d’avantage ses doigts autour de la main de son père. Ils ne savaient pas où ils étaient, ni même comment ils pourraient s’en sortir en vie avec une quinzaine de détraqueurs qui n’allaient pas tarder à leur courir après. Sans baguette, ils n’avaient aucune chance, et James le savait. Cependant, il tenta de garder tout son calme, afin de pouvoir peut-être trouver une solution. Bien sûr, il gardait dans un coin de sa tête, l’espoir qu’Ellie ne vienne et les sorte de ce traquenard. Mais plus il y pensait, plus il se demandait pourquoi Voldemort avait eu ce regard et ces paroles en parlant d’elle ? Comme si Ellie n’était pas vraiment Ellie…

                James s’efforça de chasser ses pensées négatives de son esprit, et tenta de se concentrer uniquement sur sa course. Soudain, un bruit sourd retentit. Puis, un craquement, et le membre de l’Ordre sentit les doigts de son fils se dérober de sa main. Il s’arrêta net et vit alors Harry qui était tombé au sol. Ce dernier gémit légèrement et porta instinctivement la main à son pied.

- Ma cheville… Se plaignit le jeune Potter. Elle…

- Accroche-toi à mon cou, dit alors James, en s’accroupissant auprès de son fils.

 

                Harry passa ses mains autour du cou de son père, et James le souleva. Il en profita pour regarder derrière eux. Les aiguilles de pins commencèrent à geler au loin, et l’air s’était rapidement refroidit. Ils avaient dû les libérer. De ce fait, James se retourna et courut le plus vite possible, tout en portant son fils. Chacun de ses muscles étaient endoloris mais il avait un mental d’acier qui lui permit de tenir bon. Il accéléra légèrement lorsqu’il vit un épais brouillard devant eux. Il pensa alors pouvoir s’y dissimuler quelques temps mais il s’arrêta soudainement, lorsqu’il s’aperçut qu’ils ne pourraient continuer dans cette direction. Il y avait un lac gelé, et James savait pertinemment que la glace ne serait pas suffisamment résistante pour les supporter tous les deux.

                C’est alors qu’il comprit où ils étaient. Ils ne se trouvaient pas devant n’importe quel lac, de n’importe quelle forêt. Ils se trouvaient au bord du lac où le corps de Lily avait été retrouvé treize ans plus tôt, dans la forêt de Dean. Cela perturba James durant quelques secondes, avant qu’il ne réalise qu’ils ne devaient pas perdre une seconde de plus dans cet endroit maudit. Le jeune homme prit alors la décision de contourner le lac par la droite, afin de rejoindre le petit sentier de terre qu’il avait emprunté treize ans auparavant.

                Il se retourna précipitamment mais avant qu’il ait le loisir de faire le moindre pas en avant, une étrange sensation de profonde tristesse et de malheur sembla envahir tout son être. Le froid gagna par la suite la totalité de ses membres et il ne put soutenir le poids d’Harry plus longtemps. Il tomba à genou et déposa ainsi son fils sur le sol. C’est alors qu’il l’entendit… Un cri effroyable et déchirant… Celui de Lily.

                James comprit alors que leur course venait de toucher à sa fin. Ils étaient peut-être condamnés dès le départ, mais ils avaient tout donné pour s’en sortir. Il chercha la main de son fils, et dès qu’il l’eut trouvée, il la serra de toutes ses forces. S’ils devaient mourir, s’ils devaient la rejoindre, ça serait ensemble.

                Tandis que toute sensation de bonheur était pratiquement éradiquée chez eux, et qu’Harry s’évanouit, un détraqueur s’approcha dangereusement de James, pour lui assainir son mortel baiser. Il n’eut plus la force de résister et ferma les yeux. Mais alors qu’il pensait tout espoir éteint à jamais, une lueur éblouissante traversa ses paupières, et le bonheur revint. James rouvrit alors immédiatement les yeux et c’est ainsi qu’il le vit.

                Un patronus de toute beauté venait d’être matérialisé et avait chassé le détraqueur qui avait tenté de l’embrasser. Même s’il aurait pu le contempler pendant des heures, le premier reflexe de James fut de s’assurer qu’Harry allait bien. Ce dernier était inconscient, mais son père sentait toujours son pouls battre sous la pression de ses doigts. Il était juste très affaibli. Puis, James reporta son regard sur le Patronus corporel qui finissait de chasser tous les Détraqueurs qui les avaient encerclés. C’était une magnifique biche qu’il aurait pu reconnaitre entre milles.

- Lily… Murmura-t-il alors, tandis qu’il sentit son cœur fortement oppressé dans sa poitrine.

 

Ainsi donc, il avait raison : elle était bel et bien en vie... Mais étrangement, cette idée lui fit plus de mal que de bien au final car le puzzle dans son esprit était enfin résolu et l’image qui s’offrait à lui était incroyablement douloureuse.

                Lorsque le patronus finit de faire le ménage, il se trouva au milieu du lac gelé. Il tournait le dos à James, qui lui, le regardait d’un air profondément triste. Il sembla hésiter quelques instants, mais il finit par se retourner. Il entama alors une marche légèrement pressée mais élégante, vers les deux Potter. Plus il approchait, plus le cœur de James semblait vouloir exploser face à tous les sentiments contradictoires qu’il pouvait ressentir à cet instant précis. Et avant même qu’il eut le temps de crier « Quidditch », la biche se retrouva à sa hauteur.

                Le patronus et l’homme se regardèrent fixement dans le blanc des yeux, durant quelques longues secondes, jusqu’à ce que le patronus ne se mette enfin à communiquer.

- Il faut que tu tiennes bon James, dit alors la véritable voix de Lily. Les renforts ne devraient plus tarder.

 

James quant à lui, sentit sa gorge se serrer de nouveau et aucun mot ne put sortir de sa bouche.

- Tu dois contourner le lac et rejoindre le sentier. C’est votre seul espoir.

 

Des brindilles craquèrent, un peu partout dans les bois, et James se retourna.

- Va t-en, dit alors le patronus.

 

James se retourna de nouveau vers la biche, les yeux incroyablement vitreux.

- Elle est là ! Cria alors la voix d’un Mangemort, tandis que le patronus ferma les yeux. Par ici !!

- Va-t-en, réitéra l’animal. Je vais les retenir.

 

                James ne sut qu’acquiescer à ses paroles et entama de soulever Harry, de nouveau. Une fois qu’ils furent sur pieds, le patronus avait disparu, mais il entendit des cris et gémissements, comme si une bataille s’était engagée, en arrière. James aurait voulu y aller mais il savait qu’il ne pouvait pas. Il devait penser avant tout à son fils. Il se confronterait à sa défunte femme, à un autre moment.

                Ainsi, il suivit les instructions du patronus à la lettre et contourna le lac par la droite. Au bout de cinq minutes, il arriva sur ce sentier qui lui glaçait le sang. Treize ans auparavant, il l’avait traversé pour se diriger vers la plus grande tragédie de sa vie. Mais à présent, ce n’était plus le cas, car Lily était toujours en vie. Il avait vu son Patronus et à présent, plus aucun doute n’était possible. Il se retourna pour voir s’ils n’avaient pas été suivis, mais il ne voyait que la brume qui recouvrait l’intégralité du lac. Cependant, il savait qu’ils n’étaient toujours pas sortis d’affaire. Il devait continuer d’avancer.

                Il courut alors durant dix minutes supplémentaires, tandis qu’Harry était toujours inconscient, dans ses bras. Il se retourna de nouveau et remarqua qu’il n’entendait plus le moindre bruit de bataille. Se pouvait-il que Lily les ai mis à terre ? Où avait-elle été capturée ? Ces questions-là, James évita soigneusement de se les poser. Il le ferait au calme, lorsqu’Harry serait en sécurité. D’ailleurs, le garçon commença à remuer et à reprendre conscience. James en profita pour le poser à terre, au grand soulagement de ses membres, complètement endoloris à présent. Harry ouvrit enfin les yeux, et aperçut son père, accroupi autour de lui. Il avait très mal à la tête.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Demanda alors Harry, encore sonné.

- Des détraqueurs, répondit simplement James, en regardant l’état de sa cheville.

- Comment ça se fait qu’on soit encore en vie ? Demanda Harry.

- C’est une longue histoire, se contenta de répondre James, pour l’instant.

 

Ce dernier dégagea la chaussette et la chaussure de son fils, afin de voir l’état de son pied, dans son ensemble.

- Mais je ne comprends, on devrait être… AIE ! Cria le jeune Potter.

- Pardon, s’excusa James. Je devais juste vérifier…

- Quoi ? Que ma cheville était cassée ? Demanda Harry, légèrement boudeur.

- Elle est juste foulée, dit alors James.

- Si tu le dis… Rétorqua Harry qui n’y voyait pas une grande différence.

- Je sais que ça va être difficile, mais il va falloir que tu t’appuies sur moi et que tu essayes de marcher en t’aidant de ton pied valide.

- Je croyais qu’on était sorti d’affaire… Dit alors Harry, dont l’inquiétude réapparut.

-  Non, pas encore… Souffla James. Les secours sont en route mais…

- PAPA ! Cria alors Harry.

 

Par réflexe, James se jeta rapidement à terre en emportant son fils avec lui. Un sortilège venait de frapper l’emplacement même où s’était tenu Harry, une seconde plus tôt. James, dont la tête avait heurté un rocher, arriva à garder ses esprits, malgré sa vision trouble et le sang qui coulait de sa tête. Il fit donc une fois de plus barrière de son corps, pour protéger son fils. Il réussit alors à distinguer une silhouette encapuchonnée qui braquait une baguette sur eux.

- Tu es pire qu’un filet du diable, Potter, dit alors une voix que James reconnut comme appartenant à Rodulphus Lestrange. Tu ne meures donc jamais ?

- Qu’est-ce que tu veux, Lestrange ? Répondit James, en serrant des dents. J’ai toujours eu beaucoup de chance…

- Pas cette fois, rétorqua le Mangemort avec un air mauvais.

- Ca reste à voir, se contenta de répondre James avec assurance, tout en haussant des épaules.

 

Le Mangemort leva alors sa baguette sur eux, l’air toujours aussi mauvais et prononça :

- Avada

- Stupefix ! Cria alors une autre voix.

 

Aussitôt le Mangemort tomba au sol, au niveau de James, qui put enfin souffler. Puis, il se tourna vers son sauveur et lui dit :

- Tu as pris ton temps…

- J’aime me faire désirer, tu le sais... Répondit Sirius, un sourire en coin et en tendant la main à son meilleur ami pour l’aider à se relever.

- Tu es tout seul ? Lui demanda alors James, debout sur ses pieds.

- Non, Tonks, Rémus et Peter sont avec moi. Shacklebolt, McKinnon, Fletcher et Maugrey couvrent le flanc Est.

- Où est Sturgis ? Demanda alors subitement James.

- Elle est repartie au château, répondit simplement Sirius. Elle ne peut pas se défendre contre les Détraqueurs.

- Bien évidemment, rétorqua James, d’un air mauvais.

- James ! Harry ! S’écria soudain une autre voix familière. Merlin soit loué, vous êtes sains et saufs !

 

Rémus avait accouru auprès d’eux, suivi de très près par Peter et Tonks.

- Harry va bien ? Demanda Peter, en se rongeant les ongles.

- Oui, il a juste la cheville foulée Queudver, rétorqua James, tandis que son regard semblait chercher quelque chose dans les bois.

- Je vais te ramener au château, dit alors Rémus, en s’accroupissant auprès d’Harry. Tu y seras en sécurité là bas.

- D’accord… Se contenta de répondre le concerné.

- Accroche-toi bien fermement à mon cou, ajouta Rémus. On va transplaner.

 

Harry s’exécuta et la seconde d’après, lui et Rémus disparurent.

- Tu dois rentrer toi aussi, James, dit alors gravement Sirius.

- Quoi ? S’étonna le brun à lunettes. Tu plaisantes, j’espère ? Après ce qu’ils ont essayé de nous faire ?

- Tu n’as pas ta baguette, crétin ! Dit alors Sirius. Elle est à Poudlard avec Dumbledore. Tu es plus vulnérable qu’autre chose ici…

- Je dois rester, Patmol, dit alors James d’un ton grave. Ma place est…

- Auprès d’Harry, à Poudlard, le coupa fermement Sirius.

 

James n’ajouta rien et se contenta de croiser le regard de son meilleur ami. Puis, il détourna le regard une dernière fois, afin de vérifier qu’aucune biche ne l’attendait dans les bois.

- On s’occupe d’eux, dit Sirius, en faisant un signe de la tête à Tonks. Toi, contente-toi de t’occuper de toi et de ton fils.

 

 

James n’eut pas le luxe de répondre à son meilleur ami, qu’il sentit une petite main se refermer sur sa cape. L’instant d’après, Tonks et lui transplanèrent.

End Notes:

Voila ! :)

Alors c'est un chapitre avec pour le coup pas mal d'action... Ce genre de chapitre m'angoisse toujours parce que j'ai peur de ne pas arriver à être assez précise dans mes descriptions etc... Alors j'espère qu'il vous a plu!

Ensuite, une dernière précision, au cas où certains se seraient posés la question... Ici, ma description physique de Voldemort diffère quelque peu de celle que l'on a l'habitude de voir... Il n'a pas de "tête de serpent", uniquement parce que cette apparence là, il l'a acquise lors de sa "résurrection" à la fin du Tome 4... Or ici, dans cet UA, Voldemort n'a jamais perdu son corps initial du coup, je lui ai donné l'apparence qu'il était censé avoir lors de la Première Guerre des Sorciers... Voila pour les précisions!

Sur ce, j'espère que tout ceci vous a plu et on se retrouve la semaine prochaine!!

 

Echec & Mat by Smittina
Author's Notes:

Salut tout le monde !

Désolée désolée désolée pour le retard dans la publication mais je n'avais pas une seule seconde à moi ! 

Bref... Ceci étant dit, j'espère que vous êtes prêt parce que là c'est un méga chapitre que je vous poste... Un record pour moi avec 14 pages word... Il est long certes mais
CA-PI-TAL. Je ne pouvais absolument pas le couper en deux (même si j'en vois déjà certains me traiter de sadique pour l'avoir arrêté comme ça lol).

Bref, vous verrez bien ! Et j'espère surtout qu'il vous plaira!

Vous pouvez l'écouter avec cette musique si vous voulez (c'est la musique avec laquelle j'écrivais le chapitre. Je sais que certains aiment les ambiances tout ça...) :
Sia - Electric Heart
 https://www.youtube.com/watch?v=KWZGAExj-es

Sur ce, Bonne Lecture !

« La raison se comporte de vérités qu’il faut dire et d’autres qu’il faut taire. »
Rivarol

 

 

- Asseyez-vous là en attendant, Mr Potter.

 

James s’exécuta, non sans maugréer, son regard braqué sur le lit où Mrs Pomfresh venait d’installer son fils. Il ne pouvait s’empêcher de gigoter, assis à présent sur ce lit d’infirmerie, ni de se ronger les ongles. Elle était là, dans ce château, à sa merci ; il le savait. Il y a un an cette idée se serait déversée en lui tel un torrent de joie et de plénitude absolue. Mais à cet instant précis, ce n’était qu’un immense flot de tristesse et de trahison qui s’insinuait progressivement dans ses veines, tel un poison qui venait obscurcir son cœur, au fur et à mesure que les secondes passaient. Il avait mal. Merlin que ça pouvait faire mal, et sa douleur mentale avait largement pris le pas sur la douleur physique qu’il aurait dû éprouver avec cette large entaille, dégoulinante de sang, située sur sa tempe droite.

                Un grincement des dents de la part de son fils et le diagnostic tomba. Cheville foulée ; James l’avait deviné. L’infirmière, à qui James avait rendu la vie difficile durant sa scolarité, fit absorber à Harry une potion - particulièrement odorante et atroce à en juger par sa grimace – et l’incita par la suite à s’allonger. Elle se retourna alors vers lui, l’air désapprobateur, une bouteille de désinfectant à la main.

- Comment vous êtes vous fait ça, cette fois ? Soupira Mrs Pomfresh.

- Je suis mal tombé, répondit machinalement James, dont le regard était à présent braqué sur la porte de l’infirmerie.

- Ca risque de faire mal, le prévint l’infirmière en approchant délicatement un torchon empreint de désinfectant.

- Ca ira, dit simplement James. Allez-y.

 

L’infirmière hésita quelques secondes devant l’étonnant calme de son patient, qu’elle savait craindre toute forme de médication. Mais elle finit par appliquer sa solution sur la plaie sanguinolente de James. A son contact, il aurait dû avoir un mouvement de recul, mais il ne fit rien. L’esprit était davantage blessé que le corps et cela, nul potion, nul remède ne pouvait y remédier.

 

***

 

 

                La pendule de l’horloge située dans le bureau de Dumbledore allait et venait marquant ainsi les longues et interminables secondes de silence qu’Ellie imposa dans la pièce. La jeune femme avait débarqué furieuse dans le bureau du Directeur où se trouvait déjà Severus Rogue, cinq minutes auparavant. Elle n’avait pas encore parlé et se contentait seulement de tourner en rond dans cette pièce déjà circulaire. Elle finit néanmoins par s’arrêter au niveau d’une des fenêtres qui donnait une vue imprenable sur le Lac et la Forêt Interdite. Elle serra alors des poings et pour la première fois en six mois d’activité pour l’Ordre du Phénix, elle perdit le contrôle et le verre de la dite fenêtre, explosa.

- Calme-toi, dit alors sereinement Severus Rogue qui se trouvait auprès du directeur de Poudlard, droit comme un i et les mains derrière le dos.

- Que je me calme, Severus ? Répéta Ellie avec un air sombre.

 

La jeune femme avait prononcé ces mots, tout en se retournant. Son visage était sévère et elle semblait extrêmement tendue.

- Rien de tout ceci n’aurait du se produire ! Cria-t-elle alors à l’encontre de Dumbledore.

- Ellie, je… Tenta de se justifier Dumbledore.

- Je n’en ai rien à faire que vous soyez désolé, Albus ! Le coupa-t-elle, en hurlant cette fois.

- Ca ne sert à rien de crier… Calme-toi, réitéra Severus, le plus sereinement du monde.

 

Ellie prit énormément sur elle-même face à cette nouvelle remarque de la part de son vieil ami. Elle ferma les yeux et inspira fortement pour reprendre ses esprits. Cependant, une autre fenêtre du bureau explosa. Elle perdait le contrôle, seconde après seconde, et elle savait qu’elle devait à tout prix le récupérer. Alors, elle continua à inonder son esprit de