La colère de Céleste Black by MissArty
Summary:

Céleste fait partie de la famille Black. Sang-Pur, sa destinée semble toute tracée selon sa grand-mère envahissante mais la jeune fille résiste avec son caractère plutôt explosif. Sa vie n'est pas de tout repos. Heureusement, elle peut compter sur ses amis surtout sur Marlène McKinnon, sa meilleure amie. 


Categories: Biographies, Epoque Maraudeurs Characters: Les Maraudeurs, Lily Evans, Ordre du Phénix, Personnage original (OC)
Genres: Amitié, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 60 Completed: Oui Word count: 217484 Read: 21552 Published: 24/06/2016 Updated: 12/11/2017
Story Notes:

Bonjour lecteurs!

Voici ma première fanfiction. Ce projet me trotte dans la tête depuis un an, je me suis enfin décidée à la développer. 

J'espère qu'elle vous plaira! 

Bonne lecture!

PS: tous les personnages appartiennent à J.K Rowling sauf certains personnages issus de mon imagination.

 

1. Poudlard, me voilà by MissArty

2. Le jour des rencontres by MissArty

3. L'hypothèse de Lily by MissArty

4. Beuglante et amitié by MissArty

5. Découvertes inattendues by MissArty

6. La fin de la première année by MissArty

7. Une rentrée mouvementée by MissArty

8. Une triste nouvelle by MissArty

9. Une fête chez les Poufsouffles by MissArty

10. Une sortie tragique by MissArty

11. La décision de Marlène et le retour au manoir by MissArty

12. Vacances de Noël by MissArty

13. Enterrement et Quidditch by MissArty

14. Attaque et doute by MissArty

15. Vengeance au nom de Mary by MissArty

16. Bavardages autour d'un thé et inquiétudes by MissArty

17. Futur et centième beuglante by MissArty

18. Buses et duel by MissArty

19. Punition et visites by MissArty

20. Le mariage des Malefoy by MissArty

21. Dure rentrée by MissArty

22. Épouvantard by MissArty

23. Quidditch et cours de DCFM by MissArty

24. Vacances de Noël by MissArty

25. Réconciliation et amitié by MissArty

26. Ragots et match contre les Serdaigle by MissArty

27. Vengeance, MacMillan et déprime by MissArty

28. soirée entre filles déjantées et potins by MissArty

29. La fin d'une époque, Adieu Céleste by MissArty

30. Le retour de Céleste by MissArty

31. La vérité sur la captivité de Céleste by MissArty

32. Retour à la routine, enfin presque by MissArty

33. Mariages by MissArty

34. Ordre du Phénix et nouvelle acquisition by MissArty

35. Annonces des naissances et Ordre by MissArty

36. Naissances by MissArty

37. Sentiments défendus by MissArty

38. Parenthèses by MissArty

39. Un mois de juin sinistre by MissArty

40. La mort d'un soleil by MissArty

41. Doutes by MissArty

42. Une victoire au goût amer by MissArty

43. L'enfant aux cheveux roux by MissArty

44. La révélation by MissArty

45. Le retour de Cathleen by MissArty

46. La rentrée des enfants by MissArty

47. Les retrouvailles après douze ans de séparation by MissArty

48. Alea jacta est by MissArty

49. La renaissance de l'Ordre by MissArty

50. L'Ordre du Phénix et département des mystères by MissArty

51. La fin d'un régime by MissArty

52. La bataille de Poudlard by MissArty

53. Après la bataille by MissArty

54. La remise des récompenses by MissArty

55. En prison by MissArty

56. Changement de carrière by MissArty

57. L'agrandissement de la famille by MissArty

58. La rentrée 2017 by MissArty

59. Vérité et harcèlement by MissArty

60. Une vie bien remplie by MissArty

Poudlard, me voilà by MissArty

-Céleste! Descends si tu ne veux pas rater ton premier jour d'école! crie Isabelle Black, ma mère.

-J'arriiiiiiive, je réponds en hurlant, oubliant totalement qu'il ne faut pas hurler dans la maison.

 

Une petite fille aux longs cheveux noirs descend les escaliers à toute vitesse sous le regard désapprobateur de sa mère alors que sa grande soeur, Catleen de seize, ans descend les marches d'un pas léger et distingué comme une véritable aristocrate, digne de son rang. Cette petite fille aux longs cheveux noirs, c'est moi, Céleste Rosalie Black.

 

-Céleste, ne cours pas dans les escaliers, tu vas te rompre le coup! Personne n'a envie d'assister à ton enterrement avant même que tu sois élève à Poudlard, me sermonne gentiment Catleen. Avant que j'aille au ministère prendre mon portoloin, j'ai quelques petites choses à te dire -elle fait une pause- Tu n'as pas à te sentir coupable parce que tu vas à Poudlard, je serai contente où que tu ailles, essaye d'être amical avec Sirius, surtout si vous êtes tous les deux à Gryffondor. Ne te laisse pas faire par tes camarades même les plus grands. Ne te bats pas en duel. Evite de te fâcher avec les camarades de ta maison. Sois sage, travaille bien. Envoie-moi régulièrement du courrier! On se revoit à Noël. Salut!

 

Et Cathleen part aussi vite qu'elle est apparue. Du Cathleen tout craché, elle détient l'art de disparaître et de revenir d'un seul coup et pourtant elle ne peut pas transplaner

 

C'est bientôt à mon tour de quitter mes parents.  Cette année, je vais à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie. Je suis triste de sortir de mon cocon familier pour me plonger dans l'inconnu, qui n'est pas si inconnu que cela grâce aux anecdotes racontées par mon père.

Mon père transplane avec moi. Je déteste la sensation que procure le transplanage. Sur le quai, mon père me prodigue de nombreux conseils que j'écoute d'une oreille. Finalement, je suis pressée de monter dans cette grande locomotive d'un rouge flamboyant! Ma mère me serre dans ses bras, je sens son parfum réconfortant à la lavande. Mon père monte dans le train avec moi pour mettre ma valise dans un comportement vide comme si je ne suis pas capable de traîner ma valise comme tous les autres enfants, il est légèrement protecteur. Après une tape affectueuse dans le dos, il me salue et rejoint sa femme sur le quai, pour un dernier au revoir. C'est avec un pincement au coeur que je vois le quai et donc mes parents s'éloigner de moi. Des larmes me montent aux yeux mais je mords mes lèvres pour éviter ce désagrément. Une Black ne pleure pas! 

Etant seule, j'en profite pour continuer la lecture du manuel de potions que j'ai commencé durant les vacances, étant fille de potionniste, je dois faire honneur à mon père dans cette matière. Plongée dans ma lecture, je sursaute lorsque la porte du comportement coulisse, entre alors une fille blonde de mon âge.

 

-Salut! Désolée de te déranger, est ce que je peux m'installer ici? Oui? Parfait! Je ne pouvais plus supporter les serpentards de sixième année. Je me suis demandée où j'avais bien pu atterrir, ils n'arrêtaient pas de parler de « sang- de-bourbe », de traître à leur sang...Des obsédés de la pureté du sang! Je suis partie avant qu'ils ne s'aperçoivent que je suis de sang-mêlée. Tu vas rien me faire? demande soudain méfiante la fille blonde.

-Non pas du tout, la suprématie du sang, ça me passe largement au-dessus de la tête! Comment t'appelles-tu?

-Oh pardon! Quelle impolie je fais! Ma mère me dit souvent que je parle trop! Je m'appelle Marlène McKinnon.

-Enchantée, moi, c'est Céleste Black.

-Black? Comme Black de la famille Black? La famille qui se marie entre cousins?

 

La renommée de ma famille n'est plus à faire. Quand je pense qu'ils s'imaginent tous comme de grands aristocratiques respectés alors que beaucoup de sorciers se fichent éperdument d'eux, cela me fait bien rire. J'explique à cette Marlène que chez moi, on essaye de limiter le taux de consanguinité. Pas question d'être Sirius Black dont les parents sont cousins germains, je le plains sincèrement. Marlène remarque que je ne vais pas passer inaperçue à Poudlard à cause de mon nom, surtout si je finis à Serpentard. Cette idée me révulse. Je n'irai certainement pas à Serpentard, mais à Poufsouffle comme mon père ou alors à Gryffondor, ma grande-mère serait ravie (c'est de l'ironie).

La porte s'ouvre de nouveau. Adieu tranquillité!

Une rousse énervée rentre, suivie d'un garçon aux cheveux crasseux.

 

-Salut! Pardon de vous déranger! On était dans un autre comportement mais deux idiots se sont moqués de mon ami alors on est parti. Je m'appelle Lily Evans et mon ami, Severus Rogue, dit elle précipitamment.

 

Elle s'installe et engage rapidement la conversation avec Marlène. Je tente de suivre la conversation mais le débit de paroles rapide me décourage. Je préfère comme le garçon aux cheveux crasseux de lire mon livre de potions. Le trajet se passe dans le calme avec en bruit de fond les voix de Marlène et de Lily.

 

-On arrive! s'écrie soudain Lily en regardant par la fenêtre.

-J'ai hâte de voir dans quelle maison je vais aller! dit Marlène en sortant du train en sautillant.

 

Après avoir fait la connaissance du demi-géant Hagrid, nous montons dans une barque pour arriver à Poudlard en s'émerveillant, au passage, devant la beauté du paysage. Derrière nous, deux garçons font les pitres en faisant semblant de tomber à l'eau, Lily les regarde avec un air de profond mépris, je comprends alors qui sont les deux idiots du train. Soudain, je pense avec une pointe d'amertume à ma soeur, qui n'a jamais pu aller à Poudlard, j'observe le paysage afin de lui en faire part dans une future lettre. J'entends Marlène bavarder joyeusement avec Lily. Que cette fille est bavarde! J'espère ne pas être dans le même dortoir qu'elle, elle est gentille mais ses bavardages incessants sont fatiguant à force. Je dis cela alors que je ne la connais que de ce matin, si ça se trouve, elle sera moins bavarde en classe. Les barques s'arrêtent et tous, nous faisons face au terrible professeur McGonagall. Le professeur explique les règles à Poudlard et demande aux élèves de la suivre pour la répartition. Le ciel de la Grande Salle cloue le bec à Marlène qui est intriguée par ce ciel magique. La répartition commence par un certain Avery qui rejoint Serpentard. Un sang-pur à Serpentard et de un!

 

-Black, Céleste, appelle la directrice de Gryffondor.

C'est mon tour, je suis un peu tremblante mais je prends sur moi et me concentre sur ma démarche qui doit être digne de mon rang (d'après les dires de ma grand-mère) et sur mon visage sans émotion apparente.

Un léger murmure s'élève de la table des Serpentards. Le contraire m'aurait étonné! Je me tourne vers eux et vois sur leur visage confiant, que ma répartition à Serpentard est pour eux une évidence. Un première année aux yeux gris et aux cheveux aussi noirs me fixe, sans doute Sirius, puisque nous avons les mêmes yeux gris et les cheveux noirs même si ma teinte de cheveux se rapproche plutôt de celle de ma grand-mère. Cette dernière nous a raconté que Sirius jette l'opprobre sur sa famille et ne cesse de se rebeller contre ses parents, c'est pourquoi Cathleen pense qu'il va être à Gryffondor.

Je me place sur le tabouret et le choixpeau est mis sur la tête, j'essaye de ne pas penser à toutes les têtes qui l'ont porté, pouvant être des têtes avec des poux! Beurk! Niveau hygiène, on repassera.

 

- Une Black! Dans quelle maison vais-je t'envoyer? Tu n'as pas l'air facile,  je vois que tu ne suis pas l'idéologie de ta famille. Oh, je vois un caractère explosif et une grande détermination, un destin unique t'attend. Poufsouffle? Tu es loyale mais cela ne suffit pas. Tu pourrais aller à Gryffondor, tu as du courage et du cran surtout mais tu veux faire tes preuves... Je vois de l'ambition et une vive intelligence... Alors tu iras à SERPENTARD. 

 

Je reste abasourdie. Moi, à Serpentard? Ce n'était pas prévu, je suis censée aller soit à Gryffondor, soit à Poufsouffle. Pas à Serpentard! Merlin a certainement une dent contre moi! Tellement surprise par cette nouvelle que je demeure assise sur le tabouret bancale et peu confortable.

 

-Miss Black, veuillez laisser ce tabouret pour vos camarades, nous allons être en retard à cause de vous.

-Madame, le choixpeau ne se trompe jamais? Il envoie toujours les personnes là où elles doivent aller? j'ose demander sous le regard surpris de l'assemblée, personne ne critique le choix du chapeau, encore moins devant le professeur Mc Gonagall. Le choixpeau vient de dire que j'ai du cran, pour cela, il faut croire qu'il ne s'est pas trompé.

-Oui, Miss Black. Maintenant, rejoignez votre table avant que je n'enlève des points à votre nouvelle maison.

 

Dépitée, je rejoins les Serpentards, je m'installe à côté d'une blonde qui me semble être une Black et en face d'un préfet que je reconnais comme étant malheureusement Lucius Malefoy pour l'avoir déjà rencontré lors d'un gala organisé par le ministère de la magie. De toutes les places assises, il faut que je prenne celle-ci. Merlin me hait. 

Sirius Black est appelé et à la grande surprise de toute l'assemblée, il devient un Gryffondor. Alors, là c'est la meilleure, Sirius peut aller partout sauf à Serpentard alors que moi, je suis vouée à passer sept ans dans cette maison. A quoi cela sert-il de s'appeler Céleste si c'est pour ne pas être née sous une bonne étoile!

 

-Encore un Sang-Pur chez les Gryffondor, quel gâchis! rouspète Lucius.

-C'est le choixpeau qui décide, pas les élèves, répondis-je, froidement.

 

A peine répartie que je me dispute avec un élève de ma maison! Et pourquoi faut-il que cela tombe sur Lucius Malefoy que je déteste?

 

-Tu devrais être contente, tu es une Sang-Pur au sein des Serpentard.

-Mon objectif dans la vie ne se résume pas à faire le serpent comploteur sans moralité, Malefoy.

-Dois-je me sentir toucher par cette remarque acerbe? Tu es chez les Serpents, désormais, et quelques règles sont à respecter. Tout d'abord, tu dois assister à plusieurs réunions de Sang-Purs chaque trimestre, ensuite tu dois respecter tes aînés, c'est à dire moi et mes camarades...

-Tu rêves Malfoy, je le coupe sarcastique. Tu crois que toutes les femmes chez les Black sont des pauvres cloches soumises aux hommes? Tu rêves Malefoy, tu rêves! Je ne participerais pas à tes sales réunions de Sang-Purs comploteurs, pour exterminer de la planète, ces chers Sang de Bourbe comme vous appelez affectueusement les né-moldus.

 

Il m'énerve vraiment, je devine le contenu des réunions secrètes dans les cachots, il s'agit de rassembler le plus de Sang-Purs à Poudlard pour qu'ils rejoignent Voldemort à leur sortie d'école, voir même avant. 

 

-Tu dis ça mais un jour tu viendras nous voir lorsque tu auras peur pour ta soeur! Tu changeras d'avis et tu viendras en pleurant vers nous.

-Que vient faire ma soeur dans cette conversation? Tu veux encore tenter de te la faire?

 

Pour la première fois depuis notre échange, Malfoy est perturbé, j'en profite pour me désintéresser complètement de cette conversation, je constate que la plupart de ses camarades ont suivi notre échange, ainsi que certains des tables voisines et même certains professeurs. Ma voix porte plus que je ne le pense ou alors j'ai parlé suffisamment fort pour que l'on m'entende dans le silence pesant de la Répartition. Au mois, la moitié de Poudlard sait que les réunions secrètes ne sont plus un mythe grâce à l'extraordinaire discrétion de Malefoy. Je remarque aussi que Sirius Black me fixe un sourire aux lèvres, je souris à Lily, assise un peu plus loin que son nouveau camarade. Je reprend le fil de la Répartition lorsque le choixpeau décide d'envoyer Marlène à Serpentard, je suis agacée en pensant déjà aux bavardages intempestifs de ma nouvelle camarade.

 

-Tu as bien de la chance de t'appeler Black, j'en avais marre d'attendre, c'est trop long la répartition! se plaint Marlène qui s'installe à côté de moi avec la grâce d'un éléphant de mer.

 

Dumbledore souhaite bon appétit à ses élèves qui reprennent des forces et profitent du délicieux banquet. Marlène ne parle plus, elle est plus occupée à dévorer chaque plat, plus mesurée, je mange un petit de tout sans me goinfrer comme la bienséance me l'a appris. Après le repas, nous sortons de table mais une voix m'appelle.

 

-Céleste Black, attends, j'ai quelque chose à te demander! crie Sirius.

-Oui? je demande poliment.

-Êtes-tu vraiment une Black? Je sais que la famille Black est étendue mais je pensais être le dernier avec mon frère à porter ce nom.

 

Ah, voilà pourquoi il me fixe! Walburga et Orion n'ont pas l'air de nous apprécier s'ils n'ont même pas parlé de moi à leur fils aîné, ils ont certainement agi comme si on existe pas pourtant ils fréquentent ma grand-mère. Cette dernière nous parle parfois des soirées à Londres.

 

-Je suis une cousine éloignée, mon ancêtre est le fils de Nigellus Phineas Black, déshérité pour avoir défendu les moldus. Si cela ne te dérange pas, j'aimerai rejoindre mon dortoir pour dormir, je réponds, agacée et hautaine.

 

Je suis comme mes nouveaux camarades le préfet qui nous amène dans les cachots, je sens Marlène frissonner, il est vrai que la salle commune de Serpentard n'est pas des plus accueillantes et les dortoirs encore moins, même si j'apprécie la couleur verte. Trop fatiguée pour essayer de sympathiser avec mes colocataires, je prends mon pyjama dans ma valise et me couche après avoir souhaité une bonne nuit à Marlène. Il faut bien être aimable avec les gens avec lesquels je partagerai sept ans de ma vie. 

End Notes:

J'espère que ce premier chapitre vous a plu.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Le jour des rencontres by MissArty
Author's Notes:

Voici la suite. Bonne Lecture!

Je me réveille de bonne heure et en profite pour prendre ma douche avant les autres.

Lorsque je sors de la salle de bain, je vois Marlène, déjà prête pour monter dans la Grande Salle, je ne l'ai même pas remarquée auparavant.

 

-Je t'attendais avant de partir prendre le petit déjeuner, cela ne te dérange pas? demande timidement Marlène.

Je suis surprise de sa question, hier à table, j'ai finalement sympathisé avec elle (entre deux bouchés de nourriture) même si son côté bavard est lourd. Je lui souris sans répondre, elle dois prendre cela pour une réponse négative car elle me suit.

 

-Tu te rends compte que l'on doit dès le matin monter des escaliers pour aller petit déjeuner, râle Marlène, ce qui me fait rire. Pendant sept ans, on va devoir supporter ces escaliers, je sens déjà les courbatures, la fatigue, la flemme de monter ces fichus escaliers. Pourquoi ai-je quitté mon lit ce matin?

-C'est une habitude à prendre, tu verras.

 

Pas convaincue, Marlène me suit en trottinant, je marche assez vite, pressée de prendre son petit-déjeuner. Marlène en est étonnée, je lui réponds que je ne veux pas louper le petit déjeuner, repas le plus important de la journée comme le dit souvent ma soeur. 

Je préfère m'éloigner des plus grands, évitant ainsi les altercations. Les yeux remplis de gourmandise, je choisis des toasts, du bacon, des saucisses et des oeufs sous le regard amusé de Marlène, qui quant à elle, n'a pas trop d'appétit. Elle m'explique pourquoi elle n'aime pas le porridge. Cela est complètement inintéressant mais cela fait un bruit de fond. Tout en l'écoutant, je mange lentement mon copieux petit-déjeuner avant d'être dérangée par Narcissa.

 

-Si tu crois que tu vas t'en sortir en étant hautaine avec tes aînés, tu te trompes complètement. Personne ne te respectera, toi, la descendante d'un membre renié de la famille Black! La vie, chez les Serpentards, n'est pas un conte de fées, comme chez les blaireaux. Pense à faire le meilleur choix le plus rapidement possible sinon tu le regretteras.

 

Narcissa est donc comme sa famille, un défendeur des idées de pureté, je suis déçue, j'espérais qu'elle prenne exemple sur Andromeda, connue pour avoir tourné le dos à sa famille afin d'épouser un né-moldu.

 

-Sache, Narcissa, que le fait d'avoir un ancêtre déshérité ne va pas me gâcher la vie, je ne suis pas responsable des actes de mes aïeuls. Il n'est pas encore temps de faire un choix. Je te pris de bien vouloir ne pas m'adresser la parole pendant que je mange mon petit-déjeuner.

 

Après sa mise en garde, Narcissa, la tête haute, part rejoindre ses camarades. A cause d'elle, je suis énervée dès le matin, merci bien! 

Marlène, qui a assisté à cette conversation, préfère se taire et ne faire aucun commentaire. Le comportement de Narcissa me fait comprendre qu'être une Black à Serpentard n'est pas une situation aisée. Avant d'être une Black, je suis surtout un être humain et une enfant de onze ans, trop jeune encore pour me mêler à une guerre d'idéologie mais j'ai l'impression que je vais devoir lutter contre un endoctrinement précoce concernant la supériorité des Sang-Purs. Seules Marlène et Lily sont venues me parler pour ce que je suis et non par rapport à mon nom.

 

-Ce n'est pas parce que Narcissa est venue me provoquer que tu dois te taire, je t'en prie, continue d'expliquer les raisons de ton dégoût pour le porridge. 

-Non, ce n'est pas la peine. Ce n'est pas important, je ne veux pas t'embêter avec mes anecdotes idiotes, répondit Marlène avec un tel sérieux que j'éclate de rire. 

 

Après leur repas, je cherche la salle de potions, mon premier cours en tant que collégienne. La plupart de nos camarades est présente, Serpentards et Gryffondors ne se mélangent pas, se méfiant des uns et des autres. La division entre les maisons n'est pas prête de se ternir même si certaines personnes n'en ont cure comme Lily Evans qui vient à notre rencontre. 

 

-Coucou les filles! Comment ça va? Votre maison vous plaît? Moi, j'aime bien l'ambiance chaleureuse de la salle commune, je ne suis là que depuis qu'hier soir mais je le ressens déjà. J'ai hâte d'avoir ce premier cours, l'apprentissage des potions a l'air tellement excitant! lance une Lily joyeuse d'une humeur bavarde.

-Je n'ai pas pu analyser la salle commune, étant donné, que je me suis précipité dans mon lit, répondis-je.

-Tu aurais mieux fait de rester dans la salle commune, tu aurais appris les coutumes de Serpentard, ainsi tu ne parlerais pas à la canaille, dit un brun à l'air hautain.

 

Qui c'est celui-là? Ils ne vont pas tous me gonfler dès le deuxième jour!

 

-Je n'ai besoin de personne pour apprendre certaines coutumes et pour savoir qui fait parti de la canaille. A en croire ce que tu dis, j'ai l'impression que le terme de canaille convient mieux à toi qu'à une fille que tu juges sans connaître.

 

Ne pas s'attaquer à Céleste Black, c'est une règle d'or et surtout, ne pas l'énerver!

 

-Je vois donc que tu suis le chemin de ton ancêtre, dommage que tu n'écoutes pas davantage ta grand-mère.

-Laisse mon arrière grand-père en paix! D'où tu connais ma grand-mère?

 

Comment une personne ose-elle me parler de cette garce! Je réfléchis trois secondes avant de deviner son identité, son air arrogant et méprisant me fait tout de suite penser à celui de ma grand-mère et je comprends que se tient devant moi son petit neveu et donc mon petit cousin.

 

-Je m'appelle Evan Rosier, le petit neveu de Rosalie Black, née Rosier. Nous faisons donc partis de la même famille, chère cousine. 

-Impossible! Une personne aussi détestable que toi ne peut être mon cousin, je dis, reniant publiquement cette parenté.

-Tu changeras d'avis rapidement ou alors tu le regrettera, se moque Rosier.

-Qu'avez vous tous à vouloir décider à ma place de mes choix? Je ferai mes choix toute seule sans personne et encore moins avec l'aide de la canaille dans ton genre. Ce n'est pas parce que je suis une Black à Serpentard que je suis aussi raciste que vous, j'ai encore ma liberté de pensée, laisse moi tranquille. Tu te crois malin, Rosier, mais viendra le jour où toi, tu regretteras tes choix, je m'écrie en colère.

-Quelle personne irrespectueuse! Tu sais quoi? Je vais envoyer une lettre à ta grand-mère pour qu'elle constate à quel point sa petite-fille est ingrate avec sa famille.

-Fais comme tu veux, je n'ai pas peur de toi. MOI, je n'ai pas besoin d'aller me réfugier dans les bras de ma grande tante.

 

La sonnerie retentit, je rentre, énervée dans la salle, à grande enjambées et m'assois à l'avant-dernier rang, Marlène s'assit d'un côté, Lily de l'autre avec son ami, Severus Rogue. Dans la salle règne une atmosphère pesante, les collégiens sont gênés d'avoir entendu un échange entre cousins aussi glacial et me jettent des coups d'oeil. Oui, je suis de nature colérique, pas la peine d'en faire toute une histoire.

Le professeur Slughorn nous accueille avec un enthousiasme peu commun, ravi de voir de nouvelles têtes et prêt à chasser des élèves particuliers. Il commence son cours par la présentation de l'apprentissage des potions. Lily boit ses paroles, Rogue est aussi attentif comme Marlène, ce qui me rend perplexe, je m'attendais à ce qu'elle soit plutôt du genre dissipé en classe, comme quoi, les apparences sont trompeuses! Derrière, Sirius Black et James Potter s'amusent à faire de l'origami avec leurs parchemin. Slughorn se rappelle qu'il faut faire l'appel. Le premier appelé est Avery, le professeur lui demande des nouvelles de son père, je suis la suivante, il me parle de ma grand-mère de manière élogieuse, je lui lance un regard noir. Encore une personne qui s'intéresse à moi à cause de mon nom.

Il fait de même avec Sirius en lui racontant à quel point ses parents étaient des élèves appliqués en potion et lui fait par de sa déception de ne pas l'avoir eu dans sa maison. Ce qui à mon avis est une libération pour lui. J'ai eu des échos comme quoi, Walburga et Orion sont très stricts avec leur fils. Je connais des choses sur la grande et respectable famille Black grâce à ma grand-mère qui est toujours invitée dans les réceptions des sang-purs, pas que dans celles des Black. Mes parents, ma soeur et moi-même ne le sommes pas car nous ne sommes pas assez respectables pour eux.

Slughorn continue l'appel, en prenant des nouvelles de certains de ces anciens élèves. Même Marlène doit le supporter lorsqu'il raconte à quel point sa mère a eu un succès fou pendant ses études par sa classe et son caractère généreux. Lorsqu'il achève l'appel, il demande à la classe de préparer une potion pour soigner les furoncles. Grâce à mon père, je sais déjà la faire. Notre concentration est mise à l'épreuve à cause des garçons derrière, Lily ne cesse de leur jeter un regard noir. Sans succès. Évidemment, il faut que ce soit moi qui leur demande se taire.

 

-Vous ne pouvez pas la fermer un peu? Taisez-vous, bon sang! Vous n'êtes pas seuls dans cette classe, bande d'égoïstes. Certains veulent travailler.

-Si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à changer de place, dit James.

-QUOI? C'est vous qui dérangez mais ça serait à moi de subir et de changer de place? Ça va pas la tête! Vous n'avez pas votre place dans une salle de classe si vous dérangez vos camarades.

-Voyons, Miss Black, calmez-vous! Il n'y a que vous que ça dérange, intervient Slughorn. Quelle tempérament de feu! Comme votre grand-mère.

-Professeur, juste une chose, vous ne me connaissez pas alors évitez de me comparer à ma grand-mère.

-Même si j'admire votre impertinence, cela coutera cinq points à votre maison. Miss McDonald, échangez votre place avec Mr Potter, cela calmera les tensions.

 

Furieuse, je continue ma potion avec une envie d'étrangler mon directeur de maison. Je sais que j'ai hérité du côté colérique de ma grand-mère paternel, ce n'est pas un cadeau et cela me rend furieuse à la moindre comparaison avec cette femme que je déteste. Je suis silencieuse pendant tout le cours et ne répond même pas lorsque l'on m'adresse la parole, je suis impolie et l'assume complètement.

A la fin de l'heure, le directeur de Serpentard vient analyser les potions. Il pousse un cri de joie en voyant la potion de Lily et lui demande si elle vient d'une famille sorcière, elle lui répond qu'elle est d'origine moldue, stupéfait, le professeur accorda cinq points à Gryffondor pour cette potion parfaite. Je soupire devant l'enthousiasme de cet homme, étonné qu'une né-moldue puisse être brillante.

La cloche sonne, je me précipite dehors, à grande enjambées et énervée une fois de plus, et me dirige vers la salle de métamorphose, Marlène court pour me rattraper. 

 

-Céleste, pourquoi es-tu si énervée dès que quelqu'un parle de ta famille et surtout de ta grand-mère? Elle est si terrible qua ça? Pourquoi être si énervée par le comportement de Slughorn? interroge Marlène d'une voix douce.

 

Serrant les poings, respirant un bon coup, je tente de répondre calmement.

 

-Je n'aime pas ma grand-mère, elle est mauvaise, elle croit dur comme fer à l'infériorité des moldus, elle veut toujours que que l'on soit fier d'être une famille de Sang-Pur, elle a toujours mis son grain de sel dans notre éducation, se montrant parfois cruelle. Elle est si terrible que mon père a peur d'elle et ne lui tient jamais tête. Slughorn et Rosier vont lui envoyer une lettre à propos de mon comportement, tu verras, demain, je recevrai une magnifique beuglante, et j'entendrai la douce voix de cette femme. Voilà pourquoi, je n'aime que l'on me dise que je lui ressemble. Slughorn m'énerve, je pense qu'il croit à cette supériorité du sang, il était stupéfait, tout à l'heure, qu'une né-moldue puisse faire une potion parfaite.

-Je te connais depuis peu mais je veux te dire que je te parle pour ce que tu es et non pour bien me faire voir par une illustre famille. Je ne te jugerai jamais par rapport aux valeurs de ta famille.

 

Je la trouve de plus en plus sympathique, je me rends compte que je n'ai jamais réellement parlé à quelqu'un de mon âge mise à part ma soeur.

Lorsque mes chers camarades arrivent, ils me lancent un regard noir car j'ai fait perdre des points à notre maison.

Dans une ambiance froide, les premières années écoutent la directrice de Gryffondor, paraissant stricte et exigeante. Pour un premier cours, nous devons métamorphoser une tasse en vase, seuls Rosier et Marlène, réussissent, faisant remporter dix points à notre maison, cette dernière me chuchote qu'à ce rythme, les Serpentards vont remporter le tournoi des quatre maisons!

 

Je m'installe à notre table à l'heure du déjeuner, m'attendant à voir Malefoy. En effet,  il vient me sermonner à propos de mon comportement outrageant envers notre directeur, il m'annonce qu'à la prochaine incartade, j'aurai une retenue. Je l'ignore superbement et mange mon hachis Parmentier lentement et calmement. Lucius, énervé de me voir si maitresse de mes émotions, me provoque en m'accusant d'être indigne de la famille Black. Je lui réponds alors que je n'ai jamais eu l'intention d'être digne de quoique ce soit. Ce qui fait rire Marlène. Le reste de la journée se passe paisiblement. Nous avons déjà des devoirs mais je préfère envoyer une lettre à mes parents et à ma soeur pour leur parler de ma première journée au sein de la maison Serpentard. Je m'installe à une table dans la salle commune et rédige mes lettres. J'observe la salle et la trouve lugubre, elle est basse de plafonds, je lui trouve une allure inquiétante à cause de la prééminence du vert. Je repense au description de la salle commune des Poufsouffles par mon père et regrette une fois de plus d'être à Serpentard. Je déteste le choixpeau.

L'hypothèse de Lily by MissArty
Author's Notes:

Bonjour ou bonsoir! Voici un nouveau chapitre de cette fan fiction. Il sert d'introduction au prochain chapitre, notamment en ce qui concerne la beuglante. 

Bonne lecture!

Le lendemain, j'oblige Marlène à manger plus que la veille et surtout plus vite, on s'amuse à imaginer les elfes de maison préparer les repas en chantant. Lorsque les hiboux arrivent, je reconnais les hiboux de ma mère et de ma soeur, je suis soulagée de constater l'absence de beuglante. Je ne veux pas avoir la honte d'en recevoir une dès la première semaine.

 

Ma chère enfant, 

Nous avons appris ton envoi à Serpentard, nous en étions stupéfaits, presque choqués mais si tel l'a décidé le choixpeau alors il faut le respecter. Nous avons eu vent de ta rencontre avec Rosier, le jeune Sirius et le professeur Slughorn.

Je pense que tu as compris pourquoi nous avons refusé que tu côtoies ton petit cousin même si je voudrais que tu cesses ton comportement belliqueux envers lui. Evite aussi de chercher des poux à Sirius, il pourra t'être d'un grand soutien plus tard, tu comprendras ce que je veux dire lorsque tu auras véritablement conscience des enjeux sociologiques au sein de la société magique.

Maintenant, j'en viens à ton comportement avec Slughorn, j'ai été choquée que tu aies pu te montrer aussi irrespectueuse envers un professeur, je ne t'ai pas élevée ainsi. Ne t'énerve pas du fait de sa préférence pour les Sang-Purs, tu verras, il est assez particulier mais il accueille chaleureusement aussi bien les né-moldus que les autres selon ton père. J'espère que tes bons résultats te permettront d'équilibrer les points que tu gagneras et les points que tu perdras, conséquence de ta fâcheuse tendance à t'énerver. 

En parlant de s'énerver, cela me fait penser à la réaction de ta grand-mère vis-à-vis de tes manquements à la bienséance. Elle était furieuse, j'ai réussi à la faire changer d'avis concernant l'envoi d'une beuglante que tu t'attendais certainement à recevoir. J'ai l'impression qu'à la prochaine entorse aux règles de bonne conduite, elle t'en enverra une en dépit de mes nombreuses négociations pour l'en empêcher. Elle était aussi scandalisée de ton incapacité à converser avec ton cousin (je parle bien évidemment d'Evan Rosier), cela a d'ailleurs amuser ton père, ce qui a rendu sa mère folle de rage, elle a quitté le manoir en hurlant que nous t'avions très mal élevée et que la seule chose positive est ton envoi à Sepentard. Ton père et moi éclatâmes alors de rire devant le visage déformé de rage de ta grand-mère. 

Malheureusement, elle vient ce week-end et ta soeur aussi, cette dernière va de voir s'armer de patience en entendant ta grand-mère la critiquer tout en lui faisant des compliments. Je ne comprendrai jamais cette femme. J'ai envoyé une lettre à ta soeur pour la prévenir de ton envoi à Serpentard, je crois que sa lettre arrivera en même temps que la mienne. 

Sois sage, mon trésor et n'oublie pas d'éviter une retenue, 

Isabelle Black

Je suis fière de toi, ma fille, continue de te défendre avec autant de hargne! Garde la tête froide!  N'oublie pas, noblesse est dignité.

Papa.

Mère a toujours eu la tête sur les épaules, cette lettre que je reçois le montre bien. Père est fier de sa fille mais n'oublie pas la devise de notre famille. Mon arrière grand-père, Phineas, renié par sa famille avait décidé de fonder une autre branche de la famille Black faisant contrepoids à la principale, notre devise « noblesse est dignité » fait écho à sa situation. Il considérais qu'il s'était montré digne de sa famille avec une éducation irréprochable mais aussi de ses convictions, selon lui, l'infériorité des né-moldus et des moldus est une mascarade. 

 

La deuxième lettre est de ma soeur, fidèle à elle-même, elle se montre protectrice mais soucieuse de mon intégration à Poudlard.

 

Ma très chère Céleste, 

Je vais bien sûr commencer ma lettre par te parler de ton envoi à Serpentard. 

La première question qui me vient à l'esprit est : Pourquoi? Je suis déçue, je pensais que tu allais atterrir à Gryffondor. Le choixpeau en a décidé autrement, je respecte son choix mais j'aurai tellement voulu tu sois chez les lions. Si tu es contente de ta maison alors je le serai aussi! 

Mère m'a aussi dit que tu avais eu quelques petits accrochages avec certaines personnes dès le premier jour. Tu bats des records là! Je suis fière de toi car cela montre que tu ne te laisses pas faire. J'espère que si tu as eu l'occasion de parler avec l'autre abruti, tu lui as rendu la monnaie de sa pièce. Je pourrais cracher par terre de dégout tellement je le déteste! Cela me rappelle que tu dois tout de même te montrer fidèle à ton éducation, je n'apprécierai pas que par ton côté colérique et belliqueux, tu te retrouves à l'infirmerie. Même si j'ai confiance en tes capacités, je tiens à te rappeler que tu n'as que onze ans, ma chérie, il faut trouver le juste équilibre entre se défendre et garder son sang-froid. 

Maintenant que j'ai fini de faire ma grande soeur rabat-joie surprotectrice, parlons de tes camarades. As-tu déjà repéré des beaux garçons? Je sais que tu es jeune mais tu peux désormais exercer ton oeil, classer les garçons, je sais, c'est tellement superficielle et immature mais que veux-tu, on ne se refait pas. Mère me réprimanderait si elle avait vent de ces propos!

Et du côté amitié, arrives-tu à faire connaissance avec certaines personnes même si elles ne deviendront pas nécessairement tes amis?

En parlant d'amitié, j'en viens à te faire part d'une bonne nouvelle. Rachel a été accepté à l'université de son choix pour y étudier l'Histoire. Elle est ravie et attend avec impatience le jour où elle sera professeur d'histoire.

Ce week-end, je rentre à la maison mais notre mère m'a prévenue de la présence de grand-mère Rosier, je suis peu ravie, voire même pas du tout! Je l'entend déjà me critiquer. J'en suis lasse rien que d'y penser. Elle va sûrement nous dire que tu fais honte à la famille par ton comportement. Elle exagère étant donné, qu'elle a commencé à parler véritablement de famille Black, à la mort de son mari. Je ne comprendrai jamais cette femme et je n'ai pas envie de le faire à vrai dire. 

Envoie-moi une lettre pendant le week-end si tu as le temps. J'attends ta lettre avec impatiente, 

ta soeur qui t'aime, 

Cathleen Black

 

-Alors? demande simplement Marlène, curieuse de connaître le contenu de mes lettres.

-J'ai échappé à une beuglante de ma grand-mère grâce à ma mère, je suis soulagée. Dès la première semaine, recevoir une beuglante ne m'aurait pas plu.

-Ne dis pas ça, la semaine n'est pas encore terminée, tout peut arriver!

-Marlène, la voix de la sagesse!

-C'est bien la première fois que l'on me dit ça!

 

Je ris à sa remarque. Joyeuses, nous nous dirigeons vers la salle de sortilèges. Avery a l'idée de me rappeler à l'ordre car je suis trop enjouée. J'ai oublié qu'il faut toujours faire la tête lorsque l'on est quelqu'un de respectable! 

 

-Vous n'en avez pas marre de vous attaquer sans cesse à une de vos camarades. Si encore elle était dans une autre maison, je peux comprendre mais là, vous abusez de notre patience, vous vous attaquez à une Serpentard, vous dites tous à peu près la même chose, vous n'en avez pas assez d'agir en mouton. Toi, Avery, tu n'as donc aucune volonté? Avec des gens comme vous dans notre maison, Poudlard va sembler bien long, réplique Marlène, à la surprise de tous.

-Tu ne comprends rien, tu n'es qu'une sang-mêlée.

-Quelle réplique recherchée!

 

Marlène prend ma défense, je n'en reviens pas! Petite, je devais me contenter de me défendre moi-même ou de compter sur ma soeur lorsqu'aux galas du ministère (ma mère travaille au ministère), les autres m'embêtaient.

 

-Allez, viens, Céleste, éloignons-nous d'eux, ordonne Marlène. 

 

Je fais enfin la connaissance de mes colocataires, il y a Galatea Selwyn, Andrea Wallace, et Jane Morsan mais le courant ne passe pas aussi bien qu'avec Marlène, Selwyn et Wallace m'évitent, j'espère qu'elles n'idolâtrent pas les idées de Voldemort mais j'ai peu d'espoir, surtout qu'elles sont de Sang-Purs. Je commence peu à peu à prendre mes marques, assimilant certains chemins comme Dortoir-Grande Salle, Grande Salle-salle de cours. 

J'apprécie les cours surtout celui de métamorphose, cela me paraît tellement compliqué que j'en suis séduite, je sais, cela est étrange. Malgré la routine, les cours de potion ne se passent pas aussi bien que je le veux, je ne supporte pas le professeur Slughorn, en plus, il me fait penser à un morse et je n'aime pas cet animal. Aujourd'hui, nous avons cette matière, le cours se passe paisiblement jusqu'à ce que Slughorn dise à Lily qu'il est étonné qu'une né-moldue est autant l'instinct de potionniste. Perdant patience, je dis suffisamment pour que toute la salle entende que ce qui compte n'est pas le sang mais la personne elle-même avec ses capacités, Slughorn se tourne vers moi et me lance un sourire condescendant, le genre de sourire que je déteste. Lorsqu'il vient me voir, il me dit que sa potion est digne de ma grand-mère et qu'avec un père potionniste, il est évident que je ne rate pas mes potions, et sur sa lancée, il raconte comment ma grand-mère lui a dit que son club était une perte de temps et de neurones lorsqu'elle était étudiante à Poudlard . Il ajoute même que la jeune femme qu'avait été ma grand-mère lui manque parfois et qu'il est ravi de constater une continuité entre Rosalie et moi.

 

-Professeur, dois-je vous rappeler que je vous ai demandé de ne pas me parler de ma grand-mère? Je ne souhaite pas entendre parler d'elle à Poudlard et à quel point vous regrettez de ne pas l'avoir épousé. Vous auriez peut-être eu une chance, en étant bel homme avec un compte bancaire rempli, dis je lentement et froidement.

-Bravo Miss Black, vous avez gagné une retenue samedi à 18h dans mon bureau pour vos propos déplacés, annonça Slughorn. Le cours est terminé.

 

Demain, je vais découvrir une magnifique beuglante.

Pour la première fois, depuis le début de la semaine, j'ai envie de pleurer, je prends la direction de sa salle commune avec l'idée de relâcher la pression en pleurant dans mon dortoir mais je suis stoppée par Lily

 

-Coucou, Céleste. Je voudrais te faire part d'une hypothèse concernant Slughorn et ta grand-mère. 

-Je t'écoute.

 

Quelle hypothèse peut-elle me sortir? 

 

-Tu ripostes avec véhémence à toutes les attaques, bousculant les préjugés que certains avaient sur toi, tu manques de respect envers un professeur, le lendemain tu reçois une lettre de ta mère t'indiquant que ta grand-mère était au courant de tout, je le sais parce que quand j'ai parlé avec Marlène, elle m'a raconté que tu étais un peu sur les nerfs et les lettres de ta famille n'ont pas arrangé les choses. Slughorn passe son temps à dire que ta grand-mère est une femme remarquable. Tout à l'air, tu as dit que Slughorn aurait dû épouser ta grand-mère. C'est là où mon cerveau peut te livrer une hypothèse véridique ou non. Je me demande si Slughorn n'aimerait pas ta grand-mère, et comme il sait qu'il ne pourra jamais l'épouser, il lui envoie des lettres afin de garder contact, d'où cette connaissance accrue par ta famille de tes agissements à Poudlard.

 

Son hypothèse relève d'un roman de Sir Conan Doyle (oui j'ai déjà lu Sherlock Holmes) mais le pire est qu'elle tient la route! Une fois, j'ai surpris mon père et mon oncle discuter du succès qu'avait ma grand-mère à Poudlard, il paraît que c'était une belle femme, et qu'elle a gardé des vestiges de sa beauté. Peut-être! Quand elle vient chez mes parents, je préfère la saluer poliment avant de me réfugier à la bibliothèque pour ne pas la voir et surtout pour ne pas l'entendre.

 

-Je pense avoir un moyen de pression maintenant sur Slughorn! Ca vaut même la peine de recevoir une beuglante, demain, d'elle!

-Une quoi?

-Pardon, parfois j'oublie que certains n'ont pas été élevé dans une famille de sorciers! Une beuglante est une lettre animée que l'on envoie, souvent, c'est pour te réprimander alors tu entends la voix de l'auteur de la lettre te hurler dessus, c'est un moment très gênant. Ces lettres sont de couleur rouge et tu es obligée de les ouvrir sinon elles explosent. 

-Ah merci pour cette explication! J'en apprends des choses! Si tu reçois une beuglante demain, je saurais précisément ce que c'est, dit Lily.

 

J'adore Lily, sa découverte du monde de la sorcellerie m'attendrit car elle est toujours curieuse et attentive au moindre renseignement sur ce monde qu'elle ignorait jusqu'à ce qu'elle recoive sa lettre.

Dans la salle commune, j'aperçois mes camarades de dortoir, la bande de Rosier qui me regarde avec son air mauvais spécial « je te déteste ». Marlène est couchée sur son lit en train de terminer la dissertation de DCFM que j'ai déjà terminé.

Je m'assieds sur mon lit et me mets en position foetale comme à la maison lorsque ma grand-mère crie sur mes parents ou nous lance des piques acides à ma soeur et à moi. Marlène se lève et pose simplement sa main sur mon épaule. Fatiguée de devoir sans cesse lutter contre des imbéciles, ma carapace se brise et je pleure même si je ne suis pas de nature pleurnicharde.

 

-Ils tentent de chercher la bébête, ils se rendront compte bientôt qu'attaquer les Gryffondors, est plus drôle. Beaucoup d'entre nous recevront une beuglante pendant leur cursus scolaire, c'est la honte sur le moment mais après, tout le monde oublie. Sèche tes larmes et allons manger! tente de me consoler Marlène.

-Je n'ai pas faim, je ne veux pas descendre.

-Si, tu vas descendre tout de suite et arrêter de te morfondre. Tu as encore sept ans à passer ici, ce n'est pas en rester dans ton coin que tu vas montrer qui est la plus forte à ces idiots. Ne te laisse pas abattre, montre à Poudlard de quel bois se chauffe l'indomptable Céleste Black!

 

Beuglante et amitié by MissArty
Author's Notes:

Et voici un deuxième chapitre! C'est les soldes! Deux pour le prix d'un!

Le lendemain, dans la Grande Salle, angoissée, je me ronge les ongles, Marlène tente maladroitement de me rassurer mais cela ne fonctionne pas, elle fait des blagues stupides, cela m'arrache seulement un sourire. Lorsque les hiboux arrivèrent, je pâlis, celui de sa mère est présent mais aussi le grand duc de ma grand-mère, avec une enveloppe rouge.

Je cherche des yeux Lily à la table des Gryffondor, je croise son regard et lui montre du doigt la beuglante. La rouge et or comprend que j'ai reçu la fameuse lettre, je la vois ouvrir grand ses beaux yeux couleur émeraude. Les mains tremblantes, j'ouvre la lettre, la voix de ma grand-mère, amplifiée par magie hurle dans la salle.

 

-CÉLESTE BLACK, COMMENT OSES-TU TE COMPORTER DE FAÇON AUSSI INDIGNE. N'AS-TU AUCUN RESPECT POUR TA FAMILLE ET TES PROFESSEURS? COMMENT PEUX-TU CROIRE QUE J'IGNORE TES AGISSEMENTS À POUDLARD? TU ES AUSSI PATHÉTIQUE QUE TA SOEUR. TU ES UNE HONTE DE PLUS POUR NOTRE FAMILLE. C'EST NOTRE FAMILLE QUE TU BAFOUES PAR TON MANQUE DE BIENSÉANCE. JE T'AI À L'OEIL. CROIS-MOI, CE N'EST PAS LA DERNIÈRE BEUGLANTE QUE TU RECEVRAS, HONTE DE MON SANG.

 

Un silence règne dans la salle, professeurs et élèves se taisent mais me regardent avec insistance, je suis rouge de honte. Personne ne bouge, la tension est palpable. J'ai honte de sa grand-mère mais je suis surtout en colère car elle a qualifié de pathétique ses deux petites-filles, je déteste que l'on critique ma soeur. Rosier a un petit sourire en coin, content de voir sa cousine humiliée, Slughorn sourit, ravi de voir sa Rosalie en colère, Lily me fait un petit signe de la main comme pour dire « ça va aller » avec un sourire encourageant (elle sourit beaucoup cette fille), Sirius et Potter me contemplent comme si c'est la première fois qu'ils me voient, et Marlène, n'aimant pas ce silence, le rompt avec son exubérance habituelle.

 

-Wahou, ta grand-mère est vraiment en colère! En plus, elle n'y est pas allée de main morte. Par contre, ce n'est pas gentil de dire que tu es une honte pour ta famille, et de hurler que tu es pathétique car tu es beaucoup de choses mais tu n'es pas pathétique! Elle a mentionné une soeur. Tu as donc une soeur? C'est une question que je ne t'ai jamais posée. Après tout, pourquoi se raconter nos vies dès une rencontre? Ça serait assez étrange comme situation, tu parles cinq secondes à quelqu'un et paf, il te raconte toute sa vie.

 

J'adore Marlène, elle est capable de détendre l'atmosphère en quelques secondes, capacité surprenante lorsque l'on a passé son enfance dans la famille Black avec ses non-dits et son hypocrisie.

 

-Marlène, tu parles trop! je soupire.

-Je sais, ma mère me le dit tout le temps « Marlène, arrête de parler, tu vas épuiser ton entourage »!

 

Je me mets alors à rire, mon rire se répercute dans la salle et l'ambiance redevient plus détendue, chacun se remet à l'activité principale avant les cours: manger! Les conversations reprennent.

 

-Tu sais que tu es moche quand tu es en colère, se moque Rosier.

-Pas autant que toi, je lance du tac au tac.

 

A la table des Serpentards, une bonne partie des collégiens éclate de rire, Rosier, rougit et marmonne des paroles indistinctes en mangeant son porridge.

Jusqu'au week end, les élèves que je croise murmurent des choses sur mon passage mais je les ignore, il y a matière à colporter des ragots alors je les laissais en profiter. Je m'en fiche. J'occupe mon esprit avec des choses plus intéressantes. Accompagnée de Marlène et de Lily, j'explore le château pour mieux le connaître, nous trouvons la bibliothèque, l'infirmerie et même la gargouille du bureau de Dumbledore. Je fais enfin connaissance avec Maximilien McKinnon, Serdaigle.

Le frère et la soeur se disputent violemment concernant l'entrée de Marlène chez les Serpentards, ne voulant plus entendre son frère proférer des insultes à son encontre, Marlène court se réfugier dans une salle. La division entre les maisons se répercute même dans les familles, j'en suis désolée pour elle. Après un sourire d'excuses à Lily, je pars la poursuite de Marlène et la trouve dans une salle du deuxième étage.

Elle ne pleure pas, elle contemple le parc,  elle a ramené ses genoux contre son torse et est assise sur le remord de la fenêtre.  Étrangère à son entourage, elle s'est réfugiée dans son monde, les yeux dans le vide et pourtant son regard exprime de la peine. Je connais ce regard, ma soeur avait eu le même, un jour, lorsque la fatalité vint s'immiscer dans notre famille, sorcière. Je m'assieds par terre, dos au mur, et attends que les mots viennent.

 

-Je ne suis pas comme toi. Toi, tu arriveras à t'en sortir, tu n'as pas froid aux yeux, quelqu'un t'attaque, tu ripostes froidement ou alors tu n'énerves, dans les deux cas, tu es tellement impressionnante que tu inspires le respect. J'aurai voulu aller à Poufsouffle comme ma mère, l'ambiance a l'air plus chaleureuse. Si le choixpeau m'a envoyé à Serpentard, c'est qu'il avait de bonnes raisons mais il n'empêche que je me demande s'il ne s'est pas trompé, je lui en veux de m'y avoir envoyé. Max m'ignore depuis mon entrée à Poudlard, pourtant Maman lui avait fait promettre qu'il s'occupe de moi. Il me déteste, simplement parce que je suis dans la maison qui a la pire réputation. Cela ne fait pas de moi une adepte de magie noire mais pour lui ça l'est. On a jamais été trop proche mais on s'entendait bien. C'est vraiment puéril de détester sa soeur juste pour une histoire de maisons. Je pensais que les liens fraternels étaient plus forts mais j'ai eu tort. Je n'ai pas l'étoffe pour survivre à un monde rongé par une guerre qui se fait de plus en plus menaçante. Je pensais que la vie à Poudlard allait être simple mais une fois encore je me suis trompée. J'étais convaincue que c'était un monde à part avec quelques querelles d'enfants mais nous sommes, en réalité, déjà plongés dans le grand bain de notre vie d'adulte. Cela devait être une phase de transition, amère déception. Je suis une personne ayant besoin de soutien, de liens solides mais notre maison ne solidarise pas, elle divise. Désolée pour ce long monologue, nous ne sommes qu'à la première semaine mais nous avons déjà toutes les deux craqué.

-Je n'aime pas plus que toi d'être à Serpentard, je trouve ça ridicule de classer tout le monde selon son sang. Ce que je trouve encore plus ridicule, c'est de détester quelqu'un parce qu'il est dans telle ou telle maison. Nous cohabitons au sein du même château, nous suivons les mêmes cours, nous mangeons dans la même salle mais certains rangent tout le monde dans une case selon sa maison, finalement ceux qui font ça sont aussi étroit d'esprit que les fanatiques du sang. Toute seule, je n'arriverais pas à supporter les remarques des uns et des autres, à deux, nous serons plus fortes, j'achève, en lui adressant un grand sourire. On s'en sortira.

-Alors amies? demande ma camarade timidement en me tendant sa main.

-Amies. Je ne veux pas t'inquiète mais le couvre-feu est passé depuis longtemps et je ne connais pas assez bien le chemin pour rejoindre les cachots.

-On reste là. On prendra des risques plus tard! Il ne vaut mieux pas que tu aies encore une retenue, j'entends déjà ta grand-mère hurler que tu es la honte de ta famille, répond sagement avec humour Marlène.

-Tu connais le sort pour changer une table en matelas?

 

Sans répondre, Marlène s'approche d'une table et la transforme en matelas, elle marmonne que son père lui a appris la formule, enfin plutôt qu'elle s'est entrainée dès l'obtention de sa baguette à jeter ce sort qu'elle connaissais car elle avait entendu son père le formuler. Je le répète, j'adore cette fille!

 

-Même si Miss McKinnon sait lancer un sort, il n'en demeure pas moins que vous êtes deux jeunes filles hors de votre dortoir alors que le couvre-feu est passé. 

 

Je sursaute et nous voyons le directeur de l'école en personne, amusé à côté de la porte, je ne peux m'empêcher de penser qu'il ressemble au père Noël moldu.

Rouge de confusion, nous attendons la sentence.

 

-A cette heure-ci, Rusard est à la recherche du moindre élève en faute, il serait plus sage que je vous accompagne jusqu'aux cachots.

 

Silencieuses, nous suivons alors notre directeur. Arrivés à destination, il nous laisse après nous avoir dit que le temps qui passe donne bien plus de questions que de réponses. Perplexes, nous rentrons dans la salle commune déserte, nous sommes soulagées de ne pas avoir eu de retenue et surtout étonnées de la clémence du directeur.

 

Le lendemain, dans le couloir menant à la Grande Salle, une tête rousse se précipite sur Marlène pour lui demander des nouvelles. 

 

-Il faut qu'on te raconte quelque chose, viens manger avec nous, propose Marlène.

-Mauvaise idée! Dans un contexte politico-social conflictuel, il est dangereux qu'une née-moldue s'installe à la table d'une maison dont le taux de Sang-Purs racistes est le plus élevé au kilomètre carré, je fais remarquer légèrement paniquée à cette idée.

-On croirait entendre un professeur de sociologie! Si tu estimes que je n'ai pas ma place à vos côtés, je m'en vais, se vexe Lily.

 

Oups! Quelqu'un sait ce qu'est la sociologie? En tout cas, moi je ne connais pas!

 

-Voilà ce que l'on gagne à vouloir mettre des distances avec une née-moldue à Gryffondor. C'est quoi la sociologie?

-Aucune idée. On peut aller à la table des lions lui demander! je marmonne.

-Pas cap!

-Tu crois? Admire mon culot!

 

Sous le regard amusé de Marlène, je m'assieds à côté de Lily et m'excuse.Elle me fait un grand sourire. Marlène suit le mouvement et s'installe de l'autre côté et lui demande ce qu'est la sociologie. 

Sans faire de commentaire par rapport aux intruses à leur table, Sirius et James se placent à côté de moi. Lucius Malefoy entre dans la salle et me voit, il paraît choqué, je sens qu'il veut dire quelque chose mais s'en empêche. Je lui jette le seul sortilège informulé que je connais. Malefoy se retrouve avec les cheveux roses, ce qui fait hurler de rire toutes les maisons sauf Serpentard. Marlène faillit s'étrangler de rire, elle sait que c'est moi, je me suis entraînée sur elle avec son accord. Malefoy, mortifié, s'installe à sa table et demande à Narcissa de lever le sort.

Frank Londubat, un troisième année à Gryffondor se met en face de James et sursaute en nous voyant mais ne fait aucun commentaire.

 

-C'est plus vivant qu'à notre table, ici, il y a un joyeux brouhaha. Nous, tout le monde fait la tête, chuchote ou prépare un mauvais coup. Comme je voudrais que ça soit pareil qu'ici, envie Marlène alors je lui donne un coup de pied pour qu'elle se taise. On a envie de rester à table. En plus, vous, à Gryffondor, vous êtes plus tolérants. Vous êtes les vaillants les chevaliers, les courageux lions...Au moins, vous n'envoyez pas balader les né-moldus de votre maison, vous ne cachez pas des objets de...

-Marlène, je coupe d'une voix menaçante, (aucune maison ne doit connaître l'existence d'objets de magie noire dans notre salle commune) il y a des choses qui doivent rester dans la salle commune. Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas!

 

Lily s'esclaffe, comprenant la référence, elle est la seule! À quoi ça sert de faire de l'humour si seulement une personne comprend la référence?

 

-Non, je ne me tairai pas, je te rappelle que tu es ici grâce à un pari idiot.

-Ou alors parce que j'avais d'y aller, pour rencontrer par exemple, mon cher cousin!

 

Marlène me tire la langue en me faisant remarquer mon plus proche cousin est plutôt Evan Rosier!

 

-Tu voulais me rencontrer? Après m'avoir envoyé balader dès le premier jour? s'insurge Sirius, aussi hautain et arrogant que peuvent l'être les membres de la famille Black. 

-Tu sais, comment sont les jeunes d'aujourd'hui, toujours à vouloir jouer les grands, je réponds.

 

Lily et Marlène explosèrent de rire, James et Londubat sourirent discrètement.

 

-Non, je ne sais pas. Je ne vais pas m'écraser devant une lointaine cousine hautaine et énervante, objecte Sirius toujours hautain.

-Les Black et leur fichue fierté! Je ne suis ni hautaine, ni énervante, et je ne souhaite absolument que tu t'écrase devant moi, on doit suffisamment le faire devant la famille, je m'exclame, face à la bêtise de mon cousin. 

- Pas faux, approuve t-il.

 

Un hibou vient se poser devant moi, ma soeur me donne de ses nouvelles et me raconte qu'elle a fait la connaissance d'un certain Guillaume dans une boite de nuit. Je soupire, ma soeur ne peut s'empêcher d'aller dans une boite de nuit, de rencontrer un garçon charmant selon elle, qui la plaque un mois après.

Une autre lettre arrive, ma grand-mère me met en garde contre les éléments indésirables de Poudlard, lassée de son intolérance, je ne finis pas la lecture. Prise dans mes réfléxions, je ne vois pas approcher Rosier qui me me rappelle que je ne dois pas fréquenter des personnes indésirables et aussi que je suis aussi une tache dans son arbre généalogique. Ne pouvant plus le supporter, je prends le verre de Londubat (contenant du jus de citrouille, cela colle bien aux cheveux en plus, c'est parfait), et le lance à la figure de Rosier. Je sors de la salle ne voulant pas envenimer les chose mais avant cela, j'entendis Marlène.

 

-Elle est gentille mais il ne faut vraiment pas l'énerver, commente t-elle posément.

Découvertes inattendues by MissArty
Author's Notes:

Voici l'avant dernier chapitre concernant la première année de Céleste. Il est plus long que les précédents. Des personnages font leur apparition et surtout on découvre pourquoi Cathleen, la soeur de Céleste, n'est pas allée à Poudlard!

Bonne Lecture!

Les jours et les semaines passent, laissant place à l'autonome et à ses feuilles mortes. Marlène Lily et moi formons un petit groupe studieux, souvent, je me retrouve avec elles pour faire mes devoirs à la bibliothèque, Severus Rogue, parfois, se joint à nous, il m'épate par ses connaissances en potions, en plaisantant, une fois, je lui ai dit qu'en continuant ainsi, il va devenir professeur de potions, pas convaincu par cette idée, il a grogné, Marlène a ajouté que ses élèves auront certainement peur de lui, ce qui nous a fait éclater de rire.

J'aurais aimé que James et Sirius que je commence à connaitre ne voit pas Severus que comme le méchant Serpentard mais je pense que leur relation n'évoluera jamais et même empirera, une sorte de haine réciproque les unit. Parfois, je dois avouer que les garçons ne me font pas rire lorsqu'ils s'attaquent aux Serpentards. Je veux bien qu'ils éprouvent des réticences à devenir amis avec nous mais ils oublient souvent que je me retrouve au coeur de leurs blagues idiotes! Une fois, ils ont mis du colorant violet dans les douches ( je soupçonne Marlène de leur avoir fournir l'emplacement des canaux). Tous les Serpentards étaient furieux sauf Marlène qui a trouvé cela très drôle, d'ailleurs, elle rigole encore lorsque quelqu'un parle de cette histoire. Heureusement pour nous, les garçons ont été punis,  Sirius a même reçu une beuglante de sa mère, les Serpentards ont été ravis.

 

Vers la fin du mois de novembre, les collégiens assistent encore à un nouveau spectacle, made in Black. Rosier m'insulte, je lui lance un Stupéfix, Malefoy m'arrache ma baguette, je gronde, menace, injure sans jamais supplier car une Black ne s'écrase pas! Malheureusement, une femme, plutôt grande ou chignon impeccable m'entend.

 

-Céleste, je ne veux plus t'entendre utiliser ce genre de langage. Est-ce bien clair?

 

Stupéfaite, je vois au bout du couloir ma mère! Je suis ravie de la voir mais cela n'est pas réciproque!

 

-Oui, mère, je réponds, baissant la tête.

 

Malefoy ricane, de façon moqueuse.

 

-Est-ce de ma fille dont tu te moques? Avant de critiquer les autres, regarde-toi dans un miroir. Ah,non, il est vrai que tu le fais déjà toute la journée! se moque à son tour ma mère, faisant rire les personnes (majoritairement des Gryffondors et des Poufsouffles) autour de nous. Pourquoi tu injuriais Malefoy? me demande t-elle d'un ton impérieux, celui qu'elle a seulement lorsque j'ai fait une bêtise.

 

-J'ai lancé un Stupéfix à Rosier alors Malefoy m'a arraché des mains ma baguette, je réponds honnêtement, intimidée par ma mère.

-Malefoy, rends lui sa baguette.

-Non.

 

Il ose défier ma mère! Il est courageux, enfin pas courageux, il s'agit quand même même de Malefoy, le cliché du Serpentard. Je dirai plutôt qu'il est stupide

 

-D'accord alors sache que ta candidature au moindre poste au ministère est compromise.

 

C'est très efficace car Malefoy me rend mon bien et part en pestant contre les mamans poules. Satisfaite, ma mère se tourne vers moi et me fait un grand sourire.

 

-Mère, que faites-vous là?

 

Chez les Sang-Purs, il faut apparement vouvoyer ses parents, règle que l'on applique seulement en public. On est obligée de l'appliquer depuis que j'ai tutoyé ma mère en l'appelant « Maman » au Noël de mes huit ans, ma grand-mère en a fortement été indigné, ma mère m'a alors demandé de la vouvoyer en public pour ne pas provoquer de gros scandales.

 

-Service de régulation des créatures magiques, répond t-elle. J'ai un rendez-vous avec le directeur de la banque. A Noël!

 

A part la venue de ma mère, rien ne casse la routine. Aimant contempler les étoiles, je m'installe parfois en haut de la tour d'astronomie, cela me calme et je me remémore les soirs pendant lesquels ma soeur m'apprenait à reconnaître les étoiles. Malheureusement pour moi, ces vagabondages nocturnes me valent quelques retenues et par ricochet des beuglantes de ma grand-mère. Cela ne m'arrête pas. J'ai même appris que j'ai un surnom: « la Sang-Pur aux beuglantes » à force de recevoir les lettres rouges de la part de ma charmante grand-mère.

Le dernier jour des cours arrive enfin et les vacances de Noël commencent, je vais enfin revoir ma soeur qui me manque. Comme pour le premier trajet à bord du Poudlard Express, Rogue et moi avons le nez plongé dans un livre de potions pendant que Lily et Marlène bavardent gaiement. Je me demande comment elle font pour avoir toujours quelque chose à se raconter.

A notre sortie du wagon, je vois James se précipiter vers un couple d'un âge mur, certainement ses parents, Sirius avancer d'un pas raide vers une grande dame hautaine avec un air pincé. Rogue aperçoit sa mère et nous souhaite un joyeux Noël avant de s'en aller, Lily fait de même. Marlène voit son père et s'éloigne joyeusement. Alors que je recherche mon père, une tornade brune se jette sur moi, je me retrouve alors dans des bras familiers.

 

-Ma chérie, comme tu m'as manqué, j'ai tant de choses à te raconter. Il faut aussi que je te parle de Rachel! Il lui ait encore arrivé plein de choses. Tu vas rigoler! s'écrie Cathleen.

-Catie, tu vas l'étouffer à forcer de la serrer autant, sermonne gentiment mon père alors que je m'élance dans ses bras.

 

Je sais qu'il m'observe de la même manière qu'un marchand de chevaux examine un pur sang. Pour mon père, le physique est important. Je sais qu'en six mois j'ai changé, j'ai perdu mon air pincé, je semble plus aimable, je me tiens de manière moins raide, je suis plus joyeuse sûrement grâce à la bonne humeur quotidienne de Marlène.

Il commence à me conter les diverses réactions de sa mère face à mes entorses au règlement, il s'interrompt en entendant une voix féminine plutôt joyeuse

 

-Victor! Depuis combien d'années nous nous sommes pas vus? Tu es devenu bien plus séduisant avec l'âge! 

 

Mon père, comme moi, est bouche bée. Je reconnais Elena Walters, à ses côtés se tient Marlène. Je n'arrive pas à y croire, Marlène est la fille d'Elena Walters! La Elena Walters, connue pour sa victoire à un concours de Miss sorcier puis pour son engagement féministe! J'admire cette femme depuis que j'ai l'âge de raison. Venant d'une famille sang-pur traditionnelle, elle a épousé un sang-mêlé, après s'être faite connaitre par sa légendaire beauté, elle a dénoncé les traditions patriarcales des familles sorcières. Je n'ai absolument pas fait le rapprochement entre Marlène et elle! D'ailleurs, Marlène ne ressemble pas à sa mère mais à son père. Habituée à laisser les gens sans voix, Mrs McKinnon continue son monologue.

 

-Que vois-je? Tu as deux filles! L'une te ressemble beaucoup, l'autre un peu moins mais on voit bien que vous êtes des Black, cheveux noirs, yeux gris. J'ai appris que Marlène est amie avec ta cadette! Quelle coïncidence exquise, n'est ce pas?

 

Marlène lève les yeux au ciel, lassée de la gaieté étouffante de sa mère, moi, cela me fait sourire, elles ne se ressemblent pas physiquement mais ont le même caractère. Ma mère ne manque pas de chaleur mais elle est un peu raide, jamais, elle n'aurait parlé en public d'une manière aussi enjouée. Elle se contente de parler avec calme et douceur comme Cathleen. Encore l'influence des Black! Enfin, peut-être pas pour la douceur de la voix!

 Mon père est ébahi de voir Elena McKinnon, je me demande comment ils se sont connus. Interceptant le regard que lui envoie mon père, je comprends qu'ils ont partagé plus que des repas à Poudlard! Enfin, ce n'est qu'une supposition! Il s'apprête à répondre mais quelqu'un l'en empêche.

 

-Bonjour, Victor, salue une voix de femme avec un accent hautain, je reconnais alors la femme austère vers laquelle Sirius s'est dirigé.

 

Mon père lève les yeux au ciel, et ne parait pas content de la voir. Je veux bien le croire, la voix de Walburga Black est sèche, hautaine, sans aucune sympathie, tout le contraire de celle de Mrs McKinnon.

 

-Bonjour Walburga, répond-il avec un sourire forcé aux lèvres.

-Je vois que vous continuez d'exhiber votre monstre à la face du monde, une honte pour notre famille.

 

Je la rencontre seulement aujourd'hui mais sans la connaitre, j'ai déjà envie de lui jeter un sort. Comment peut elle traiter ma soeur de monstre? Comme il est bien élevé, mon père s'exprime avec un ton froid et détaché sans s'énerver, ce qui est rare lorsque quelque chose l'agace profondément.

 

-Ma fille n'est ni un monstre, ni une honte pour ma famille, nous avons beau porté le même nom, il n'en demeure pas moins que je ne vous considère pas comme un membre de ma famille.

 

Marlène et Sirius pouffent de rire, il est vrai que j'ai dit cela, une fois à Rosier, alors qu'il était venu me déranger lorsque je faisais, pour une fois, mes devoirs dans la salle commune (Marlène a raconté l'histoire à James et Sirius). Tel père, telle fille! Sirius reçoit une claque de sa mère pour s'être montré grossier. Heureusement, le quai s'est vidé, seules demeurent la famille Black et la famille McKinnon sinon nous nous serions affichés en public et notre belle devise n'aurait servie à rien. 

 

-Je ne pense pas que nous ayons la même définition du mot famille. La famille Black n'est pas une famille comme les autres, il s'agit d'un clan supérieur à tous les autres. Chaque tache à l'arbre généalogique doit être effacée ou détruite, reprend, arrogante, Mrs Black.

-Ma soeur n'est pas une tache, encore moins une chose qu'il faut détruire. Si elle est comme cela, cela est certainement dû à la manie des Sang-Purs de se marier entre cousins. Ainsi, il peut arriver qu'il y ait des ratés dans le sens où certains gènes ne se transmettent pas. Ma soeur a le droit de vivre comme nous tous, je m'exclame, énervée.

 

Walburga me dévisage, surprise de voir une petite de onze ans lui tenir tête, elle ricane et conseille à mon père de dompter sa cadette avant de s'en aller avec son fils d'un air hautain. Mon père pousse un soupir, lassé de ces querelles familiales.

A la sortie de la gare, il transplane avec nous. A la maison, ma mère attend sur le perron du manoir. Nous sommes une branche reniée de la famille Black mais nous perpétuons certains traditions des Sang-Pur, comme la possession d'un manoir Le notre a été acheté par Phineus Black quelques années après son départ de la maison de ses parents.

Ma mère attend donc, son regard exprime son appréhension et son inquiétude, étant donné que sa fille aînée s'est montrée en public et vu le caractère colérique de son mari et de sa fille cadette, elle a de quoi se ronger les ongles. Ma mère me connait par coeur, avant mon entrée à Poudlard, elle tentait de m'apprendre à canaliser mes émotions, surtout lorsque j'explosais des vitres de colère, dans la famille, je suis connue pour cela, on peut dire que c'est ma spécialité.

Elle m'accueille avec joie, les bras grands ouverts, je me jette dans ses bras, heureuse de sentir enfin son parfum de lavande. D'un pas sautillant, j'entre  dans la maison à la recherche des elfes de maison. J'apprécie beaucoup nos trois elfes de maison: Alfred, le majordome et assistant de mon père, Hykia, chargée de l'éducation des enfants et de l'intendance de la maison, Dolly, cuisinière et elfe de ménage. A Poudlard, de temps en temps, ils me manquent. Petite, j'adorais retrouver Dolly dans la cuisine pour lui parler de tout et n'importe quoi, elle m'écoutait avec intérêt toujours souriante. 

Dans la maison, Cathleen ne dit pas un mot, ma mère comprend alors que quelqu'un a dû lui parler de sa particularité. Elle l'appelle mais aucune réponse ne vient. Lorsqu'une personne insulte ma soeur, elle ne riposte jamais, préférant s'enfermer dans une sorte de carapace de mélancolie. Je n'aime pas la voir dans cet état mais rien ne l'arrange il faut juste du temps et de la patience. Inquiète, ma mère se tourne vers son mari, ce dernier redoute ce qu'il va suivre, il sait que l'échange énervera sa femme. 

 

-Tu as rencontré Walburga, n'est ce pas? demande t-elle avec froideur.

 

C'est le niveau un de la colère de ma mère. Comme vous l'avez remarqué, ma mère est très perspicace! Comment elle a deviné juste? Je n'en sais rien.

 

-Oui, répond timidement mon père, en se ratatinant sur place.

-Pourrais-tu m'expliquer ce qu'il s'est passé? Je serai curieuse de le savoir.

 

Niveau 2: colère maîtrisée avec une pointe de tremblements dans la voix. 

 

-Walburga a dit que notre fille était un monstre et une honte pour notre famille et elle a même ajouté qu'on aurait dû la tuer car elle est une tache sur l'arbre généalogique. Cathleen est restée muette, au contraire de Céleste qui a défendu sa soeur avec courage.

-Courage que TU n'as pas eu. Tu te rends compte de ta bêtise? Tu as laissé ta fille de onze ans défendre sa soeur. Onze ans! Elle n'a que onze ans, ne crois-tu pas qu'elle doit déjà se battre suffisamment à Poudlard pour être respectée? Tu n'as pas même pas eu le cran de t'opposer à ta détestable cousine. Je pensais ne pas avoir épousé un lâche mais je me suis trompée lourdement. Je ne te dis pas bravo! Tu me déçois beaucoup. Qui va réparer les pots cassés? Qui? C'est moi! Merci! Ne me parle plus.

 

Niveau 3 enclenché.

 

-Mais Isabelle...

 

-En plus d'être lâche, tu es sourd? NE ME PARLE PLUS.

 

Niveau 4: refus de parler.

(Le niveau 5 consiste en un envoi d'oiseaux.)

 

Redoutant le silence pesant de la maison, mon père sort et s'assoit sur les marches du perron, regardant le ciel il songe sûrement à son mariage comme toujours lorsqu'il se dispute avec ma mère. Un mariage plus ou moins arrangé mais un mariage voulu par les principaux intéressés! La famille considère ma mère comme une étrangère peu digne de la grande et noble famille Black puisque non seulement elle est étrangère à la famille (dans le jargon de ma grand-mère, cela voulait dire qu'elle n'est pas une cousine) mais en plus elle est française! Je sens la lassitude de mon père, fatigué des querelles incessantes des membres de sa famille, il veut juste mener une vie paisible aux côtés de sa femme sans que quelqu'un vienne lui rappeler son statut, surtout sa mère. Préférant le laisser méditer sur ses actions, je compte me réfugier dans la cuisine, je rencontre sur mon chemin Cathleen. Curieuse, je la suis discrètement, je me cache derrière la porte pour entendre la conversation. 

 

-Je ne t'en veux pas. Je peux comprendre que ce n'est pas amusant de se liguer contre quelqu'un d'important dans la société mais j'avais quand même l'espoir que tu me défendes. Céleste l'a fait mais elle n'aurait pas dû, elle est encore si jeune pour s'énerver devant des adultes.

- Catie, cette situation me dépasse. Je pense que si Céleste ne l'avait pas ouverte, je me serais battu en duel avec Walburga.

 

A table, l'ambiance est glaciale, ma mère refuse de parler à son mari et crie des ordres aux elfes, elle qui pourtant ne veut pas que l'on élève la voix en parlant aux elfes. Je reste de marbre face à ce repas des plus désagréables, je réponds poliment aux questions de mes parents. Lorsque je parle de ma rencontre avec Marlène, je mentionne son lien de parenté avec Elena Walters, j'exprime alors mon étonnement par rapport au fait que mon père la connaisse. Ma mère jette sa serviette sur la table, se lève de table. Ne supportant plus cette ambiance, je tente de rejoindre ma chambre mais mon père m'en empêche. 

Il m'explique alors qu'il est sorti avec Elena, en sixième année, puis qu'elle a rompu. Il était très malheureux, et a mis du temps à s'en remettre, surtout que l'un de ses amis est sorti avec elle avant de l'épouser. Fuyant l'Angleterre, ses amours déçues et surtout sa famille qui le harcelait avec le mariage, il décida de suivre l'apprentissage des potions auprès d'un potionniste célèbre français. Ce potionniste avait une fille avec laquelle il devint plus qu'ami, leur relation demeura secrète car ils craignaient la réaction de mon grand-père, protecteur envers sa fille unique. Outre-Manche, ma grand-mère paternelle envoyait sans cesse des lettres à mon père pour qu'il se marie. Mon père, connaissant le caractère autoritaire de ma grand-mère, pressentit qu'elle était capable de le faire revenir en Angleterre et de le contraindre (par un sortilège impardonnable) à épouser une femme de son choix. Perdu et désemparé, mon père se confia alors à sa petite amie.

- Ta mère me confia plus tard qu'à ce moment, elle était tombée amoureuse de moi mais qu'elle aurait pu se tromper mais ce ne fut pas le cas. Malgré les hauts et les bas, ta mère et moi sommes toujours épris de l'un et de l'autre...

Je tousse pour faire comprendre à mon père que je n'ai pas besoin des détails. Il reprend alors son monologue.

- Lorsque je finis d'expliquer les relations compliquées que j'entretenais avec ma famille, elle m'annonçait qu'elle était de Sang-Pur avec un sourire appuyé. Je vous assure que jamais je n'avais pensé à la pureté de son sang! J'appréciais énormément sa présence. Je la laissai pendant quelques heures pendant lesquelles je réfléchissais aux conséquences de la demande que j'allais faire. Je demandai finalement sa main à ses parents qui furent d'abord réticents mais elle vint plaider en ma faveur. Je pus donc l'épouser, j'envoyais une lettre à ma mère, dont je préfère que tu ignores le contenu. Elle accepta mon mariage à la seule condition qu'il soit célébré en Angleterre c'est ainsi que j'épousai celle qui devint la femme de ma vie. 

 

Choquée par les circonstances du mariage de mes parents, aucun mot ne franchit mes lèvres. De plus, je ne comprends pas pourquoi mon père m'explique cela mêm si cela me rassure de savoir qu'il aime toujours ma mère même si mes parents doivent rester marier pour le meilleur et pour le pire car le divorce n'est pas légalisé dans l'Angleterre sorcière.

 

Dans les jours qui ont suivi cette rentrée au manoir, les relations entre les maîtres du domaine ne se sont pas améliorées. Cathleen quitte la maison le matin pour n'y revenir qu'à l'heure du repas. Je passe mon temps à lire des livres sur les créatures magiques dans la bibliothèque. Ma mère annonce, un soir, qu'il y aura des invités pour le réveillon, et menace que quiconque troublerait la soirée aurait à récurer les toilettes sans baguette. Ma mère nous rassure en disant qu'aucune personne du troisième âge ne sera présente. Grand-mère Rosier ne sera pas présente, tant mieux!

Ainsi, le 24 décembre au soir, habillés de tenue de soirée, notre petite famille attend ses invités dans le salon. La sonnerie retentit, Alfred ouvre. Un homme de haute taille, aux cheveux noirs et aux yeux gris apparait accompagné d'un garçon lui ressemblant vaguement. Pour la première, depuis trois jours, un sourire illumine le visage de Cathleen qui se précipite dans les bras de cet homme en criant d'une voie aiguë « Oncle Alphie ». Je ne fais aucune geste, et me traite mentalement d'idiote, je n'ai même pas demandé à ma mère l'identité des invités qui sont Alphard Black et son neveu, Sirius! Cathleen recule et s'aperçoit de la présence du garçon.

 

-Il ne faut pas rester planter là, viens voir Tonton Alphard! s'écrie gaiment Alphard.

 

Je bouge enfin. N'ayant pas eu d'enfant, il chouchoute à sa manière l'aîné de sa soeur et les enfants de son cousin éloigné avec lequel il est ami.

 

-Tu es en retard! reproche ma mère qui arrive dans le hall.

-Pas fait exprès! C'est à cause de ma soeur, cette garce. Tout d'abord, elle m'a réprimandé parce que je ne suis toujours pas marié, ensuite, elle s'est plainte du comportement de son fils et enfin, elle m'a fait promettre de prendre soin de son fils car « il est l'hériter des Black ne l'oublions pas », se défendit Alphard. 

-Excuses acceptées! Maintenant, passons à table.

 

Durant le repas, ma mère parle avec animation de son travail avec Alphard, mon père raconte ses prouesses en Quidditch en tant que poursuiveur dans l'équipe des Poufsouffles. Sirius nous observe, déstabilisé par cette ambiance chaleureuse. Chez lui, lors des repas importants, personne ne parle, on peut entendre les mouches voler, les enfants n'ont pas le droit d'émettre le moindre son sous peine d'être privé de dessert et même de recevoir une gifle. Chez lui, les gens se vouvoient, le tutoiement étant banni, considéré comme une manière de parler des pauvres. Chez lui, les elfes n'apportent pas les plats en souriant. Chez lui, son oncle ne rie pas aux éclats, parle peu, boit peu. Chez lui, l'ambiance est froide, voire même glaciale, rigide. 

Il panique lorsque ma mère lui demande gentiment si Poudlard lui plait et pour la première fois de sa vie, Sirius pleure en public. La coquilla se fissure, le masque tombe. Tout le monde se tourne vers lui, étonné de le voir perdre ses moyens. Cathleen qui ne supporte pas que les gens pleurent, se lève, le force à se lever, le fait asseoir sur ses genoux et lui caresse les cheveux en le rassurant. Alphard écarquille les yeux, étonné de voir une jeune fille de seize ans si maternelle, mes parents sont blasés car petite, ma soeur venait sécher mes larmes. Sirius pleure toujours, inondant de ses larmes la robe violette de Cathleen. 

 

-Le côté mère poule de Cathleen dans toute sa splendeur, je lance, faisant rire l'assemblée.

 

Je deviens comme Marlène! Je détends l'atmosphère!

 

-Tu peux rire mais il t'a été profitable plus d'une fois ce côté mère poule. Petite soeur ingrate! s'exclame Cathleen. Concentrés par vos conversations, vous n'avez même pas vu que le pauvre chéri était malheureux. 

 

Sirius arrête de pleurer et proteste en disant qu'il n'est ni un pauvre chéri, ni malheureux, et pour appuyer ses paroles, il retourne s'asseoir à sa place.

 

-L'orgueil des Black! commente mon père, faisant rire ma mère. 

-Un miracle! Mère rit! s'écrie Cathleen.

-Vous vous êtes disputés? s'étonne Alphard.

-Un peu.

-Un peu? Ça fait trois jours que vous vous faites la tête! s'écrie Cathleen.

-Pourquoi? 

-A cause de ta soeur! Elle a osé dire que ma fille était un monstre et une honte pour notre famille, qu'on aurait dû la tuer! Tu te rends compte? Tuer ma propre fille! Quelle idée!

-Walburga? Walburga a dit cela? Cela ne m'étonne pas! Elle est si imbue de son sang et de son rang que la moindre particularité d'un membre de la famille est une tare. Je ne cautionne absolument pas les paroles de ma garce de soeur, j'apprécie énormément tes filles que je considère comme mes nièces. 

 

Satisfaite d'entendre enfin quelqu'un protester contre Walburga, ma mère fait un grand sourire moqueur à mon père. Sirius ne comprend pas les sous-entendus liés à ma soeur. Détendu, il ose poser la question qui lui brûle les lèvres. Mon père tente maladroitement de lui expliquer mais ma soeur prend les devants.

 

-Dans certaines familles, il y a des personnes qui ne sont pas comme les autres, il leur manque quelque chose par rapport aux autres...

-Nom de nom, Papa, explique lui de façon simple! Il va rien comprendre, sermonne Cathleen avant de se tourner vers Sirius. Je suis une Cracmol, annonce t-elle brutalement sans prélude.

-QUOI? crie Sirius, ne s'attendant pas à une telle nouvelle, malgré moi, j'explose de rire sous le regard désapprobateur de ma mère. Toi? Incroyable! Une cracmol! Pas étonnant que ma mère te considère comme une tare!

 

Après cette révélation, les discussions reprennent et le dîner se termine joyeusement par l'ouverture des cadeaux. Satisfaite de mes cadeaux, je demande à Sirius, avec un grand sourire, comment il trouve ce noël. Des étoiles dans les yeux avec un grand sourire, il nous regarde tous puis déclare que c'est le plus beau noël de sa vie et surtout son premier vrai noël en famille!

End Notes:

Surpris ou vous aviez déjà deviné pour Cathleen?

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! Ne soyez pas tiimides! 

La fin de la première année by MissArty
Author's Notes:

Me voilà de retour! Je voulais poster plus tôt mais j'ai eu du mal avec ce chapitre, je l'ai recommencé plusieurs et je n'en suis toujours pas satisfaite!

Voici le dernier chapitre traitant de la première année de Céleste. La suite marque un bond dans le temps car le prochain chapitre relate le début de la cinquième année de notre héroïne.

Bonne lecture!

Le reste des vacances se passe paisiblement, je me promène dans le jardin, j'aide un peu Alfred au jardinage. Il est passionné de jardinage alors mon père lui a proposé de rendre notre pelouse verte plus fleurie. Parfois, je me baigne, seule,  dans la piscine. Le plus souvent, je me balade avec Cathleen, profitant d'être seules, je lui raconte diverses anecdotes sur ma vie quotidienne. Elle est enchantée de mon amitié avec Marlène, elle m'a même certifiée que cette dernière deviendra ma meilleure amie pour la vie. Je reçois du courrier de Lily, Marlène et même de Severus Rogue. En effet, il m'a envoyé deux lettres concernant les devoirs de potions.

Étant donné que nous sommes dans la même classe et amis avec Lily, il fait parti des rares Serpentard avec qui je m'entend, pourtant, il n'est pas sociable! Je crains qu'il finisse mangemort lorsqu'il me fait part de ses connaissances accrues en magie noire mais  je laisse couler, tout en éprouvant de la sympathie pour lui.

 

Le jour de la rentrée de janvier, ma mère m'accompagne, je suis ravie, ne l'ayant vue que très peu lors des vacances à cause de son travail, elle est fait partie des rares personnes n'ayant pas pris de congés. Elle peut enfin rencontrer Lily Evans, qu'elle trouve charmante, James Potter dont elle connait déjà les parents, elle aperçoit de loin les Rosier mais ne s'approche pas d'eux. Inutile de se demander pourquoi! Elle fait la connaissance de Marlène qui se jette sur moi en guise de bonjour et ma mère peut alors faire la connaissance d'Elena Walters, épouse McKinnon. Alors que je raconte mes vacances à Marlène, nos mères se toisent du regard. 

 

- J'adore votre robe! Où donc l'avez-vous achetée? s'exclame Mme McKinnon, brisant ainsi le silence.

 

Cela permet d'alléger la tension. J'embrasse ma mère et avec mon amie, je pars à la recherche d'un compartiment. Dans le train, je trouve Lily, accompagnée de Severus plus renfermé.

A Poudlard, rien n'a changé. Dès le premier pas dans le hall, je suis accostée par Rosier me reprochant mon absence au repas du 26 décembre chez les Rosier, auquel ma grand-mère a assisté. Je ne suis jamais allée chez eux. Les Rosier ont pensé que comme les deux enfants sont dans la même classe, les Black auraient pu avoir la politesse de venir mais aucun de nous n'est venu. Détendue par les vacances, je l'ignore et me dirige vers James et Sirius.

 

-Mes parents m'ont promis un balai pour mon anniversaire si j'ai de bons résultats pendant toute l'année, annonce James, déjà fier à l'idée d'avoir un balai.

 

-Un balai? Pourquoi t'offrir un balai? Tu ne peux même pas jouer au Quidditch, c'est interdit aux premières années! 

 

-Oui, je sais! Je voudrais tenter les sélections de l'année prochaine pour devenir poursuiveur.

 

-Je comprends mieux. Peut-être qu'on sera adversaire, je voudrais devenir attrapeur pour l'équipe de Serpentard l'année prochaine, comme Malefoy s'en va à la fin de l'année, le poste sera vacant, dis-je

 

Avec mon père, je joue parfois au Quidditch dans le rôle de l'attrapeur ou de poursuiveur, ma mère occupe le poste de gardien. Cathleen fait l'arbitre, ayant le vertige, elle refuse de monter « sur un de ces fichus balais ».

 

-Ça serait génial en effet! s'enthousiasme James.

 

Marlène écoute la conversation avec grand intérêt car elle aimerait un jour être poursuiveur mais pour le moment aucun ne quitte l'école, il faut qu'elle patiente.

 

Je reprends mes habitudes, cette fois-ci accompagnée de Marlène. Le concierge nous surprend à vagabonder dans les couloirs, Marlène tente courageusement de lui expliquer que contempler la nuit étoilée dans le parc est plus joli. Cette nuit-là, le concierge est en forme, il coince même James et Sirius que nous avons, d'ailleurs croisés dans le hall.

 

Notre retenue est de nettoyer une salle qui n'a pas été nettoyé depuis au moins trente ans. J'ai l'immense honneur de recevoir une beuglante de la part de ma grand-mère, je commence même à me demander si elle n'attend pas avec impatience le moindre faux pas pour m'envoyer une beuglante afin de combler ses journées mornes et monotones. Peut-être que je me trompe et Slughorn vient lui rendre visite régulièrement..

Zut! Maintenant, j'ai de drôles d'images dans la tête!

 

Severus, à côté de moi, s'est bouché les oreilles, ce qui fait rire Marlène. Elle en profite pour lui poser une question en botanique. Marlène apprécie aussi Severus malgré son côté ombrageux et son apparence plutôt repoussante car comme il est une encyclopédie, elle le trouve intéressant. Elle me dit souvent que c'est un gâchis s'il s'enrôle chez les mangemorts à la sortie de Poudlard. Je lui rétorque qu'il ne le peut pas, car les rejoindre se traduit par une haine indéfectible pour les né-moldus or il est amoureux de Lily, né-moldue alors il en est incapable. Je sais, c'est naïf comme raisonnement!

 

Pendant le mois de mars, Marlène fait une rencontre étonnante. Alors qu'elle vient de se disputer avec son frère, dans un couloir de l'école, des éclats de voix l'inquiètent, je la suis de loin, ne voulant pas interagir dans une bagarre. La bande de Rosier malmène un petit Gryffondor. Elle se précipite pour lui prêter main forte en les insultant, ils s'apprêtent à lui lancer un sort (je suis tellement choquée que je reste immobile) lorsqu'intervient un Gryffondor de troisième année. Il s'agit de Fabian Prewett dont le frère est préfet. Un préfet connu pour ne pas être indulgent. Mes chers camarades déguerpissent rapidement pour ne pas être collés..

 

 

Quoi? 

Elle insinue que je suis une lâche? La scène s'est passée tellement vite que je ne savais pas comment réagir. En plus, je ne suis pas un preux chevalier défendant les Gryffindors à mes risques et périls, je tiens à ma tranquillité, enfin, au résidu de tranquillité que j'ai pu gardé, compte tenu de mes joutes verbales avec les élèves de ma maison.

 

Pendant plusieurs jours, je lui fait la tête. Son intervention n'est pas passée inaperçue, surtout que les nouvelles circulent rapidement dans la château. Les Serpentards la voient désormais comme une ennemie, et les autres maisons, la considère comme une héroïne de l'ombre, admirant son courage à seulement onze ans.

Même James et Sirius avec lesquels je passe du temps puisque je suis fâchée avec Marlène, ne tarissent pas d'éloges sur elle. Grâce à cette dispute, j'apprends à les connaître, je me rends compte qu'ils sont profondément gentils et loyaux envers ce qu'ils chérissent. ils paraissent avoir confiance en eux, ce qui se reflète par une arrogance. En réalité, derrière cette arrogance, se cache la peur de ne pas être aimé, d'être seuls. Je peux le comprendre, les parents de James l'ont eu tard et si je me souviens bien, son père est malade. Sirius n'est pas aimé par ses parents qui ne voient en lui que l'hériter de la famille, les familles de sang-purs ne sont pas connus pour leur clémence, cela ne m'étonnerait qu'il ait reçu quelques sortilèges. Je suis perplexe quant au fait que Walburga et Orion Black aient pu engendrer un garçon autant à l'opposé de sa famille. James et Sirius ont acquis une certaine popularité au sein de leur maison grâce à leur humour et leur nombreux écarts au règlement mais, pour le moment, ils ne peuvent surpasser Gideon Prewett. Préfet, beau garçon, aimable, impartial, serviable (Lily m'a raconté qu'il aide souvent ses cadets en cas de difficultés), il a tout pour plaire!

 A la fin du mois, alors que je suis en train de lire un manuel de botanique, sur mon lit, Marlène vient me voir en me disant que je ne suis pas une lâche et qu'elle déteste que l'on se fasse la tête. Je la contredis en admettant que j'ai été lâche. Elle me tend la main, et nous nous serrons la main en guise de paix. Je m'aperçois qu'elle m'a manquée, James et Sirius sont amusants mais ils ne remplacent pas l'exubérance rassurante de Marlène et ils ne connaissant pas autant de ragots croustillants qu'elle. Oui, Marlène est une commère, comme elle est curieuse, elle a souvent l'oreille qui traîne et connaît beaucoup de choses. Cette capacité sera fort utile plus tard pour coincer Rosier. 

 

Je la regarde et m'étonne car elle semble en colère, elle qui l'est rarement (tout le contraire de moi!).

 

 

Je confirme, elle est très énervée! D'habitude, elle ne se fâche pas et se contente de me sermonner gentiment. J'espère que cette histoire d'affaires sales va la détourner de sa préoccupation première car je n'ai absolument pas envie d'expliquer le contenu de mon carnet rouge dont j'ai d'ailleurs un peu honte. Profitant d'une minute d'inattention, je tente de m'éclipser en dehors de la chambre mais elle m'attrape le bras avec une force que je ne lui soupçonnais pas.

 

 

Je la regarde à présent amusée de la voir hors d'elle, c'est un spectacle rare! 

 

 

Pardon?

J'écarquille mes yeux avant de comprendre enfin la raison de son énervement. Elle part vraiment trop loin parfois.

 

 

Elle n'est pas facile à convaincre!

 

 

Elle me donne une grande claque dans le dos et sort de la chambre avant de me rappeler de ranger mes affaires. Je souris avant de faire une grimace en voyant l'état de mon côté. Vivant dans un manoir avec à mon service des elfes, je n'ai pas pour habitude de ranger, je sais, ça fait très fille de riches! Après un soupir, je me dirige vers la salle de bain afin de mettre mes vêtements au sale. 

Deux heures après, je contemple l'ordre qui règne à présent dans notre chambre. Une de mes colocataires rentre dans la pièce et murmure un « enfin ». Je fais mine d'être honteuse pour faire bonne figure, intérieurement, je rigole. Elle n'a même pas eu le cran de m'indiquer que le désordre la dérangeait! 

Je sors de la chambre, je trouve Marlène en train de lire mon carnet rouge avec délectation dans la salle commune. 

 

Elle hausse les sourcils, et je lui raconte ma brève entrevue. Elle me dit que c'est à cause de mon nom qu'elles n'ont pas voulu me dire quoique ce soit. Il serait donc dissuasif de toute critique, dommage que cela ne marche pas sur Rosier!

Le 12 avril sonne le jour de mon douzième anniversaire, Marlène m'apprend alors que son anniversaire est le 15. Nous restons le 16 dans notre dortoir, vide à cause des vacances, afin de fêter nos anniversaires autour de confiseries et de gâteaux que m'ont envoyés mes grand-parents maternels et que Marlène a reçu de sa mère en plus de son cadeau. Cette année, je suis satisfaite de mes cadeaux venant de mes amis et de ma famille. Même Severus m'a offert quelque chose: le livre de potion de deuxième année, j'en suis très touchée. Pour le remercier et pour lui offrir quelque chose pour son anniversaire dont j'ignore la date, je demande à mon père de m'envoyer des ingrédients rares. Deux jours plus tard, Severus me répondit pour me remercier et me dire que mon cadeau lui plaît, en bas de la lettre, il écrit que son anniversaire est le 9 janvier. Je le saurai pour la prochaine fois!

La fin de l'année approche par la venue des examens que je réussis, haut la main, avec la note maximale en potion et en botanique.

 

End Notes:

Voilà!

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! 

Une rentrée mouvementée by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! Ayant du temps, je poste un nouveau chapitre. Il concerne la rentrée de la cinquième année de Céleste, il est un peu plus long que les autres, je n'ai pas voulu le couper.

Bonne lecture!

C'est la rentrée! Oh joie! Non, c'est pas vrai, je déteste les rentrées, plus particulièrement celle-ci. A la fin de l'année, nous avons les BUSES. Mes parents et même ma soeur m'ont briefé sur la réussite de mes BUSES, ils disent cela sans même savoir ce que je veux faire de ma vie! Si l'on demande à ma grand-mère, elle répondra qu'il est tout naturel que j'épouse un sang-pur et que je m'occupe de son foyer et de ses enfants, une femme au foyer en somme. Je n'ai rien contre cette idée mais je préfère être indépendante, penser d'abord à ma carrière puis ensuite à me caser. Heureusement que je n'ai pas des parents traditionalistes! En plus, je ne la sens pas cette année, j'ai un mauvais pressentiment et je n'aime pas ça.

Pour une fois, c'est ma mère qui m'accompagne au quai malgré mes protestations pour ne pas qu'elle vienne. A quinze ans, j'estime être capable de me débrouiller, quoique c'est utile le transplanage d'escorte. J'ai essayé deux fois le magicobus, et ce n'est pas une bonne idée lorsque l'on vient d'avaler un repas d'un fast food. N'essayez pas, vous allez redécorer le magicobus! Ma soeur n'avait qu'à pas m'y emmener aussi!

- Titine! Te voilà enfin, je te cherchais partout avec les filles! me dit quelqu'un en se jetant sur moi.

Inutile de se demander qui c'est. Marlène est toujours fidèle à elle-même! Ma mère la regarde amusée avant d'éclater de rire. Je me tourne vers elle, surprise, ma mère rit rarement et pourtant je trouve que son rire est le plus beau que j'ai jamais entendu.

- Bonjour, Madame Black, comment allez-vous? dit poliment mon amie.

- Bien! Je te pose pas la question. Tu parais en pleine forme!

- J'adore la rentrée! On revoit ses amis que l'on a pas vu depuis deux mois.

- Marlène, tu es venue chez moi pendant la moitié du mois d'août, je dis en soupirant.

- Qui a dit que tu es mon amie? rétorque Marlène avec un sourire espiègle (ma mère re-éclate de rire)

- Toujours aussi bruyante, Marlène! Tu parles beaucoup trop fort, on t'entend à l'autre bout du quai, soupire aussi Lily.

Marlène nous tire la langue et va voir les Maraudeurs. Ma mère me serre fort dans ses bras en me recommandant d'être sage et d'avoir de bonnes notes avant de s'en aller à son travail.

 

-Bonjour, Céleste, comment vas-tu? As-tu passé de bonnes vacances, me demande de sa voix douce, Mary, une de mes amies.

- Super! J'ai passé beaucoup de temps avec ma soeur. Je l'appréciais moins lorsqu'elle me faisait réviser les examens! Marlène, comme tu le sais, est venue à la maison, c'était dommage que vous ne puissiez pas venir, Lily et toi. Pour finir, je suis allée chez mes grand-parents en France, c'était fabuleux, mon grand-père m'a fait découvrir des potions.

 

Après quelques phrases échangées, nous arrachons Marlène à sa mère qui essayait de s'en débarrasser pour qu'elle monte dans le train puis nous y montons toutes les quatre afin de chercher un compartiment. Par chance, le deuxième est vide et nous nous y installons. J'écoute vaguement Lily raconter aux filles que James lui a envoyé une lettre, Marlène répondre qu'il y a anguille sous roche et Mary conseiller de ne pas prendre de conclusion hâtive. Je décroche et repense aux années précédentes.

 

Durant ces trois années écoulées, il y a eu des disputes des bouderies, des éclats de voix, des farces à l'encontre des Serpentards de la part des Maraudeurs. Que sont les Maraudeurs? Un groupe d'amis composé de James et Sirius (toujours ensemble pour faire de mauvais coups), de Remus Lupin (qui est aussi un ami de Lily) et de Peter Pettigrow. Tous les quatre partagent le même dortoir alors il est évident qu'il est leur QG pour préparer leurs farces.

Lors de ma deuxième, l'absence de Malefoy me soulagea, il n'était plus là pour m'obliger à rejoindre son club ultra secret que tout le monde connaissait en réalité! Considéré comme le leader des Serpentards, il laissa une place vide lors de son départ. Manque de chance, aujourd'hui, cette place est occupée par Rosier qui s'est imposé grâce à son charisme. Une haine profonde nous lie encore mais adulé par nos camarades, personne ne me défend, sauf Marlène dans la salle commune lorsqu'une dispute éclate, ce qui arrive souvent. Ainsi, la moitié des Serpentard ne me supporte pas, et l'autre, s'en fiche. Dans notre dortoir, il y a le même schéma, Jane Morsan se fiche royalement des tensions au sein de notre maison, elle est impassible à tout alors que les deux autres filles ont pris clairement le parti de Rosier et ne m'adressent plus la parole depuis la fin de la deuxième année. Cela m'arrange, personne ne râle à propos du joyeux désordre qui règne dans le dortoir à cause de moi!

Durant la troisième année, Lily se lia d'amitié avec une fille de son dortoir, Mary McDonald qui devint rapidement un membre de notre petit groupe. J'apprécie énormément son calme et sa douceur, cela contraste avec le caractère trop expansif de Marlène. Lily, quant à elle, est très occupée à sermonner, enfin, crier, plutôt sur James et Sirius qui s'amusent à embêter, voire même harceler Severus. D'ailleurs, Severus s'éloigne petit à petit de nous, sûrement pour se plonger dans la magie noire et éviter les Maraudeurs. Cet acharnement a éloigné Lily de James et de Sirius, trouvant leur comportement immature et irrespectueux. Elle n'a pas tort mais je ne vais pas pour autant cesser de m'amuser avec les Maraudeurs. Malgré ces tensions, Marlène et moi fréquentons toujours Rogue, lequel vient me voir, parfois, pour me parler de choses qui le taraudent, si bien qu'un jour, il m'a avoué ses sentiments pour Lily. La version officielle est que je lui ai tiré les vers du nez, à force de ruse et de persuasion, je ne suis pas à Serpentard pour rien! Je crois que ses sentiments et sa passion pour la magie noire ontéloigné  Rogue de son amie d'enfance. Marlène et moi considérons comme un gâchis qu'un garçon aussi intelligent devienne mangemort, une fin que nous envisageons avec désolation. Pourtant, cela ne nous empêche pas de faire nos devoirs ensemble à la bibliothèque (la salle commune étant un lieu à éviter à cause de Rosier et de sa bande).

En ce qui me concerne, je suis toujours aussi colérique, enchaînant les retenues et les beuglantes de ma grand-mère. Cependant, mon mauvaise caractère comme dirait ma grand-mère (alors que de ce côté-ci, elle ferait mieux de se taire) me permet d'être respectée. Une seule personne ose me signaler mon humeur massacrante et c'est Marlène. Je peux compter sur elle et vice versa.

 

Alors que je salue les Maraudeurs dans le hall du château, Slughorn vient nous inviter à l'une de ses soirées privées. Quand je dis nous, je parle de Sirius, James, Lily, Marlène et moi, les autres semblent ne pas intéresser notre professeur. L'année commence mal! En plus, je n'ai même pas d'idée de cavalier. Par contre James en a une car il propose à Lily d'être sa cavalière qui refuse poliment et calmement. Je suis d'accord avec Marlène, il y anguille sous roche. Cela ne m'étonnerait pas qu'ils finissent ensemble ces deux-là!

Dans la Grande Salle, en voyant les premières années je ne peux m'empêcher de prendre en pitié les futurs Serpentards, Marlène doit penser la même chose car elle m'assure qu'elle protégera les plus modérés des discours racistes du charismatique Rosier. L'année sera mouvementée! Marlène est déterminée lorsqu'il s'agit d'apprendre la tolérance à nos camarades. Ceux qui se méfient de Rosier viennent souvent la voir pour les petits tracas quotidiens, surtout que l'ancien préfet était le fils d'un ami du père de Rosier alors ils n'osaient pas aller vers lui. Je découvre avec stupeur que notre préfète est Morsan et notre préfet Dolohov, un choix judicieux puisque notre préfète se fiche éperdument des tensions idéologiques de Poudlard. En fin de compte, je me demande si elle bougera son petit doigt pour aider ses camarade mais je suis sûre que les rondes vont l'enchanter car je l'ai souvent vue errer dans les couloirs, le regard rêveur. Oui, je continue toujours mes virées nocturnes!

 

-Je ne veux pas aller à la fête idiote de Slug. A un jour près, on aurait pu refuser pour cause d'entraînement de Quidditch. J'ai d'autres choses à faire un vendredi que d'aller à une fête d'hypocrites. On est des proies pour lui, rien d'autre. Des proies pour asseoir son pouvoir partout, je soupire.

-On ne sait jamais qui on peut rencontrer ou qui y sera! Certains se rencontrent pendant ces fameuses fêtes. Peut-être que cela pourra aussi nous permettre de gagner des points par rapport aux employeurs, tempére Marlène. Je vais essayer de me mettre dans les bonnes grâces d'un médicomage, ça pourra m'être utile. J'ai entendu un septième année dire qu'il y a souvent un médicomage invité.

-L'ambition des Serpentards, je soupire de façon théâtral, déclenchant ainsi le rire de mon amie.

-Avec qui tu vas y aller? Pas avec un de nos amis!

-J'ai une idée derrière la tête, ne t'inquiète pas, répond Marlène, son regard tourné vers des septièmes années de Gryffondor.

 

Je surprends son regard et je souris. 

 

-Une idée nommée Fabian Prewett, Gryffondor, septième année? je me moque. Aucune chance.

-Je relève le défi! Et toi tu y vas qui?

-Aucune idée.

 

Deux jours après, Marlène ose demander à Fabian s'il accepte de l'accompagner à la fête, ce à quoi il répond positivement, surpris que sa petite protégée pense à lui dans une pareille occasion. Je gratifie Marlène d'un grand sourire, heureuse pour elle. Elle aime Fabian mais ce dernier ne le remarque pas, ce qui nous fait rire avec les filles, souvent, je charrie Marlène sur son amour à sens unique jusqu'à ce qu'elle me rétorque qu'elle se vengera lorsque je serais enfin casée avec quelqu'un! 

 

-Céleste, il faut que tu m'aides! m'apostrophe Sirius alors que je vais prendre mon goûter,accompagnée de Marlène et de Mary aux cuisines.

-Que t'arrive t-il encore? Tu es poursuivi par Peeves, par le calamar géant, par des méchants Serpentards, par Rusard? Où alors, tu t'es encore blessé? Heureusement que j'ai des potions médicinales, que ferais-tu sans ta gentille cousine?

 

-Céleste, tu poses trop de questions! Méfie-toi, tu vas devenir aussi bavarde que Marlène! Ce n'est pas pour ça que je suis venue te voir! Comme tu l'as remarqué, j'ai grandi, je suis devenu un beau jeune homme intelligent courtisé par les jeunes filles...

 

-Ce n'est pas la modestie qui l'étouffe au moins, commente Mary.

-Très drôle McDonald! J'ai donc un problème. Depuis que les filles savent que je vais à la fête de Sluhgorn, elles me poursuivent pour que j'y aille avec elles mais je n'en ai pas envie alors j'ai trouvé un plan diabolique digne d'un Serpentard...  

-Merci de nous insulter au passage, marmonne Marlène.

-Arrêtez de me couper! Mon plan est simple, je vais sortir avec une Serpentard, les autres seront tellement dégoutées qu'elles m'éviteront un temps, et pendant ce temps, je serai tranquille!

-J'accepte mais avec une contrepartie.

-Quoi? Pas un truc humiliant!

-Trouve-moi un cavalier pas trop barbant pour la soirée.

-Marché conclu.

 

Je suis mes amies dans les cuisines afin de savourer des muffins chocolat-banane ou myrtilles en guise de gouter. Tous les jours de la semaine, on se retrouve à cet endroit, les elfes de maison préparent fidèlement nos commandes, ils nous apprécient, jamais ils nous ont chassées malgré l'interdiction d'aller aux cuisines.

 

-J'ai jamais  goûté d'aussi bons muffins qu'ici et pourtant ma grand-mère en fait des délicieux dit avec délectation Mary alors qu'un elfe qui l'a entendue s'incline, fier d'être complimenté. Heureusement que je suis une fille banale, je n'aimerai pas aller à cette fête.

-Merci Mary. Enfin une qui comprend que ce n'est pas une partie de plaisir! je m'exclame. Je déteste ce genre de soirées, entre hypocrisie et ambition.

-A qui vas-tu demander de sortir avec Sirius?

-Il lui faut une Serpentard dans la moyenne qui s'en fiche royalement de lui et de toute autre personne.

-Ça existe une personne comme elle? Presque toutes les filles se sont amourachées de Sirius même moi! Enfin, ça, c'était avant. Je suis sortie avec lui trois mois et je peux vous dire que rien d'autre ne l'intéresse plus que de faire les quatre cent coups avec ses copains! dit Mary déclenchant un fou rire général.

 

-Morsan, j'ai un service à te demander! je dis sans prendre de pincette, le soir, dans la salle commune.

-Quoi? répond Morsan sans lever les yeux de son livre.

-Mon cousin, Sirius cherche une cavalière pour la fête de vendredi soir, et tu corresponds à ses critères.

-En gros, il lui faut une Serpentard pour dégouter toutes les pimbêches qui gravitent autour de lui, dit-elle en levant les yeux vers moi, je vois à son regard qu'elle est amusée par cette situation.

-Tu acceptes oui ou non? 

-Ouais. Ça pourra m'être utile, pas besoin de contrepartie. 

-Un Gryffondor avec une Serpentard, on aurait tout vu au sein de l'école grâce à toi, Black, lance Rosier qui a entendu toute la conversation, toujours prêt à me critiquer.

-Il faut de tout pour faire un monde, même de ta sale face de bellâtre, il faut croire. 

-Tu es encore plus gentille qu'avant les vacances! Jamais tu deviendras une belle Sang-Pur, digne de son rang, une désolation pour le monde des sorciers...

-Il y a un truc que je n'ai jamais compris. C'est quoi ces histoires de dignité? Pourquoi toujours insister sur la dignité de Céleste? questionne Marlène, permettant ainsi d'éviter une énième dispute familiale.

-« Noblesse est dignité », il s'agit là de la devise de la branche des Black dont fait partie Black, répond Morsan à ma grande surprise.

- C'est complètement stupide! En plus, la notion de dignité diffère selon la personne! Allez, viens Titine, on va aller annoncer la bonne nouvelle à Sirius, dit Marlène tout en m'éloignant de mon ennemi.

 

Le vendredi soir arrive. Marlène est dans un état d'excitation proche de la crise cardiaque, elle court partout dans le dortoir, parle encore plus vite que d'habitude, me crie dessus en m'accusant d'avoir perdu ses affaires alors qu'elles sont sous son nez! Elle recommence quatre fois son maquillage et sa coiffure sous le regard désabusé de Morsan qui enfile au dernier moment une robe rouge toute simple et se fait une simple queue de cheval. Si elle avait une devise, ça serait « dignité est simplicité », vu à quel point, elle ne fait aucun effort pour être apprêtée. Quand je vois l'ouragan qui me sert d'amie, je pense que c'est elle qui a raison, au moins elle ne stresse pas! Quant à moi, je me fais un chignon serré avec quelques mèches qui dépassent et j'enfile une robe  pourpre et j'attends Marlène qui n'arrive pas à attacher la lanière de ses chaussures. Je lui avais dit de mettre des escarpins! C'est plus simple à enfiler! Je soupire et l'aide. Une fois prête, elle se regarde une dernière fois dans le miroir et semble satisfaite de son reflet. Je dois dire qu'elle s'est surpassée! Coiffée et habillée ainsi, je remarque qu'elle a hérité d'une partie de la beauté de sa mère. Je dis cela parce que d'ordinaire, nous avons nos uniformes qui nous ne mettent pas vraiment en valeur et que Marlène attache peu d'importance à son image. Combien de fois ne s'est-elle pas coiffé les cheveux le matin? Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Je ne parle même pas de toutes es fois où elle a oublié de mettre des chaussettes! Marlène était du matin en première année, aujourd'hui, elle l'est moins!

Nous descendons toutes les trois afin de rejoindre nos cavaliers qui nous attendent devant le bureau de Slughorn, utile pour les Serpentards qui n'ont pas à se déplacer. Sirius est donc avec Morsan, Marlène avec Fabian, Lily avec Remus et James avec une Serdaigle qui est sa petite amie selon les dires de Marlène, la commère en chef. Sirius a réussi à me caser avec le batteur de Serdaigle qui est tout à fait sympathique. 

 

-Mes chers élèves, venez! nous accueille gaiment Slughorn.

 

Sa bonne humeur m'inquiète et je me demande même s'il n'a pas eu l'idée d'inviter ma grand-mère, pâle, je rentre dans la pièce d'un pas mal assuré. A côté de moi, Sirius me rassure en me disant que tout ira bien. C'est facile de dire cela, il est très détendu car son plan marche, aucune fille ne lui court après et il parait satisfait de sa cavalière qu'il trouve amusante par son côté nonchalant. 

Marlène est aux anges et passe son temps à parler devant un Fabian très amusé par le débit de paroles peu banal de sa cavalière, je le plains sincèrement car supporter les bavardages de Marlène vaut la médaille d'or de la patience. James, à l'aise dans ce genre de soirée, discute avec des collègues ou des connaissances de ses parents. 

 

-Céleste, c'est amusant, il y a deux personnes qui te ressemblent beaucoup, près de la fenêtre. Un homme blond et un autre aux cheveux aussi noirs que les tiens, constate Lily. Ils ne seraient pas de ta famille?

 

Je regarde à mon tour et me précipite dans les bras de mon père en criant « Père ». La discrétion n'est pas mon point fort.

 

-Titine, tu es en public. Tiens toi tranquille! gronde mon père alors que lui même m'appelle par mon surnom,bref, passons ce détail. Salue ton oncle au lieu de faire l'andouille!

-Célestine! Toujours aussi digne à ce que je vois, commente John Black, mon oncle.

Je lui tire la langue et il explose de rire devant la puérilité de sa nièce.

-Qu'est ce qui ne va pas? demande t-il, remarquant ma pâleur. 

-Grand-mère Rosier, je marmonne.

-Ne t'inquiète pas! Elle ne viendra pas, on a mis une potion de sommeil dans son verre de vin pour ne pas qu'elle vienne. Viens, je vais te raconter mon voyage au Canada. Et à toi aussi, Sirius, dit John en apercevant le jeune homme.

 

Mon oncle connaît Sirius? Je l'ignorais. John est le frère jumeau de mon père. Voulant échapper à l'autorité de ma mère, il est parti faire le tour du monde en tant que potionniste itinérant. Célibataire et sans enfant, il adore ses nièces. Nous adorons notre oncle, il ne s'encombre pas de la bienséance, raconte ses anecdotes avec passion et humour, rapporte des cadeaux loufoques. C'est un homme libre, au grand désarroi de sa mère, Cathleen et moi l'admirons pour cela.

J'écoute avec attention les histoires de mon oncle jusqu'à un certain point car il a un débit de paroles encore plus effrayant que Marlène lorsqu'il est passionné par ses récits. Je choisis donc de laisser Sirius se divertir en écoutant ses histoires et rejoint Fabian que Marlène a enfin lâché pour un médicomage.

 

-Comment tu as fait pour écouter sans relâche Marlène et ses anecdotes pendant une heure et demie? Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi patient même moi je suis obligée de la faire taire, surtout le soir avant de dormir!

-Je t'avoue que je n'ai pas écouté la moitié de ce qu'elle disait. Elle était tellement contente de me parler que je l'ai laissé faire tellement, c'est un spectacle aussi adorable qu'amusant. En plus, elle s'est préparée pour venir à cette fête, je trouve ça touchant. Je me demande bien pourquoi, elle est jolie naturellement. J'aperçois des amis. A la prochaine!

Je rêve ou il a toujours pas compris qu'elle en pince pour lui? Il est stupide ou... juste stupide? J'ai envie de lui hurler qu'elle l'aime et qu'il a intérêt à la rendre heureuse mais j'évite par respect pour Marlène. S'il n'ouvre pas les yeux, elle sera coincée jusqu'à une date indéterminée dans la frienzone, elle mérite mieux que cela.

Comme j'ai soif, je m'approche du buffet pour me rafraîchir mais, à mon plus grand bonheur (notez ici l'ironie), Rosier s'y trouve et profite de ma solitude pour me provoquer, une nouvelle fois.

 

-Bonsoir Black!, lance t-il joyeusement. As-tu vu ton père et ton oncle? Quel dommage que Tante Rosalie ne soit pas là, je pensais qu'elle viendrait, je suis déçu. Pas toi?

-J'ai en effet vu mon père et mon oncle et j'ignorais totalement que ma grand-mère devait venir. 

-Ton oncle est vraiment un homme complètement fou, il racontait son voyage au Canada avec de grands gestes, n'hésitant pas à raconter comment il a utilisé la magie pour draguer des moldues canadiennes. Encore un traitre à son sang, se moque Rosier.

-Mon oncle est un homme intéressant et très charmant, libre de toute pression sociale, je réponds, aussi hautaine que possible.

-Aussi libre que ta Cracmol de soeur! J'ai entendu dire qu'elle est devenue couturière! C'est un scandale pour la famille, elle aurait mieux fait d'épouser un Sang-Pur, de lui faire des enfants et de tenir sa maison. 

 

Il commence sérieusement à m'énerver. Je déteste que l'on critique ma soeur.

 

-Ma soeur est libre de faire ce qu'elle veut.

-Une liberté qu'elle paiera très chère, surtout lorsqu'elle se trouvera devant une personne détestant les Cracmols. Il aurait mieux fallu la faire disparaître à la naissance ou alors lorsque vous avez su qu'elle était une moins que rien ou alors tes parents auraient pu même la renier. 

 

Sans même prendre conscience de ce que je fais, je perds mon calme et lui assène un magnifique coup de poing dans le nez, un coup de pied entre les jambes et un autre coup de poing dans le ventre. Je peux remercier ma soeur de m'avoir appris à me battre! Il gémit et tombe par terre, à ma plus grande satisfaction.

 

-CÉLESTE, hurle mon père. COMMENT PEUX-TU FRAPPER TON COUSIN. JE T'AI DÉJÀ DIT DE TE SERVIR DE TA TÊTE ET NON DE TES POINGS.

 

Il tente de m'immobiliser mais je résiste. Tous les invités ne perdent pas une miette du spectacle, fort divertissant, alors que mon père s'acharne à maîtriser ma colère. Il y arrivait lorsque j'avais six ans mais ayant grandi, je lui donne du fil à retordre.

 

-LÂCHE-MOI! LÂCHE-MOI! JE VEUX LUI FAIRE REGRETTER D'ÊTRE NÉ À CET IMBÉCILE.

-CÉLESTE! SI TU TOUCHES ENCORE UN CHEVEU À TON COUSIN, JE T'ENVOIE CHEZ TA GRAND-MÈRE POUR PARFAIRE TON ÉDUCATION.

 

Cette menace ne marche pas, je continue de gesticuler pour me libérer de l'emprise de mon père. Tout doucement et calmement, Sirius, accompagné de Marlène a le courage de s'approcher. Sans un mot, il m'arrache des bras de mon père et me tient les mains, ses yeux gris si semblables aux miens, m'incitent au calme. Marlène, habituée, me sermonne d'une voix douce mais je ne l'écoute pas. Je parviens à me défaire de l'emprise de Sirius qui a pourtant une bonne poigne et je hurle sur Rosier dont le nez saigne. J'avoue que j'ai été assez violente.

 

-SI TU PARLES ENCORE UNE FOIS DE MA SOEUR COMME ÇA, JE TE CASTRE. LE JOUR OÙ TU REJOINDRAS VOLDEMORT, JE N'HÉSITERAI PAS UNE SEULE SECONDE À TE LANCER UN SORT IMPARDONNABLE ET A TE TUER. 

 

Ma fureur est telle que les vitres explosent. Je pars du bureau mais curieuse, je demeure derrière la porte. Un grand silence s'installe dans la pièce, Marlène est la seule à aider un Rosier sous le choc, je la vois l'accompagner à l'infirmerie. Malgré son aversion, elle est la seule à se bouger. Cette fille est incroyable!

 

-Je suis désolé, Victor mais elle doit être punie, elle vient d'avoir un comportement trop violent pour qu'il reste sans suite, j'entends dire Slughorn, brisant la tension de la pièce qui reprend rapidement une atmosphère gaie. 

-Non, contredit mon père. Rosier passe son temps à provoquer ma fille. La plupart du temps, elle reste calme mais le perd dès qu'une personne insulte sa soeur. Ma fille n'a pas une vie facile au sein de votre maison, elle doit sans cesse se battre. Croyez-moi, elle est déjà punie par le fait d'être à Serpentard sans manquer de respect à votre maison bien sûr. 

-C'est vrai, interviennent en choeur Sirius, Marlène, James, Lily, Lupin et même Fabian, je ressens alors un élan d'affection pour eux.

 

Slughorn règle peu les conflits dans sa maison, pensant que c'est la jeunesse et les hormones qui les créent alors il ferme les yeux et laisse couler sauf lorsqu'il donne quelques punitions pour avoir la conscience tranquille. C'est peut-être à cause de son indulgence que sa maison est un terreau à mangemorts. Je ne l'apprécie pas, seule sa petite vie confortable l'intéresse par le biais de certains avantages que lui procurent des élèves triés sur le volet.

Comprenant que Slughorn n'améliorerait pas ma situation, mon père sors de la pièce violemment et m'envoie la porte dans la figure, un petit cri révèle ma présence, il s'agenouille devant moi avec son frère.

- Tu devrais maîtriser tes colères, cela t'est préjudiciable. Tu as proféré des paroles très violentes envers Rosier mais au moins il t'évitera pour le moment. Prépare-toi à recevoir une beuglante de ma mère! J'informerai ta mère de ta dispute, je suis obligé, elle a le droit de savoir, dit mon père avant de se tourner vers son frère pour qu'il ajoute quelque chose.

- Je ne sais pas qui t'a appris à te battre mais tu étais impressionnante, tu peux remercier cette personne, s'enthousiasme John alors que son frère lève au ciel devant l'inutilité de son intervention.

- Père, es-tu déçu que je sois à Serpentard? je demande enfin d'une petite voix timide.

 

Mon père se lève d'un bond, surpris de ma question et m'assure que si le choixpeau a décidé de m'envoyer à Serpentard, c'est parce qu'il avait de bonnes raisons alors cela ne peut caractériser une déception. En réalité, cela ne répond pas à ma question mais je m'en contente, préférant ne pas envenimer la situation. Mon père m'embrasse sur le front avant de partir alors que mon oncle me prend dans ses bras, et me chuchote de ne jamais me laisser faire y compris par mes propres amis. Ils partent en me laissant digérer ma colère, je les entends s'esclaffer sûrement dû à une plaisanterie de mon oncle. 

Une fois dans mon dortoir, je m'allonge sur mon lit, encore habillée de ma robe pourpre de soirée. Plus les minutes se succèdent, plus je prends conscience de mes agissements, et j'en a honte. Lorsque Marlène arrive dans le dortoir, aussi impeccable qu'il y a quelques heures, elle vient me voir. Sans un mot, elle m'oblige à me coucher convenablement et remonte la couverture sur moi comme l'aurait fait ma mère ou ma soeur. Il ne manque plus que le baiser sur le front! Je demeure silencieuse et Marlène respecte cela, elle serre ma main et se préparer pour aller se coucher

Pendant une semaine, je ne parle plus, ne réponds plus à mes camarades et professeurs, je me contente de les regarder avec un air d'animal blessé, je mange peu, sautant même des repas, je déserte les cuisines. Malgré ce manque de communication, mes amis restent auprès de moi, James tente même de me faire rire mais n'obtient aucun résultat si ce n'est l'exaspération de Lily. Même la beuglante de ma grand-mère concernant ma bagarre avec Rosier ne me sort de ma torpeur. Je ne lis même plus les lettres de ma famille.

Dans la salle commune, Rosier, restauré grâce aux bons soins de l'infirmière, ne se donne plus des airs de petit chef, m'évite et lance un regard noir à quiconque parle de moi.

 

End Notes:

C'est tendu entre les deux Serpentards et ça ne va pas s'arranger au fil des mois! 

Dites moi ce que vous avez pensé de la bagarre! N'hésitez pas à laisser une review!

Une triste nouvelle by MissArty
Author's Notes:

Après un mot de silence complet, je reviens avec un nouveau chapitre! Je trouve que ce chapitre tombe un peu dans le mélo même après de nombreuses rectifications.

Bonne lecture!

 

PS: Pour pardonner mon absence, je vais poster un autre chapitre. Je vais essayer dorénavant d'être plus régulière dans la publication des chapitres.

Un jour, je reçois une lettre inattendue de la part d'un hibou inconnu. Nous sommes dans une salle vide pour faire nos devoirs afin de pouvoir parler tout haut, chose interdite à la bibliothèque.

 

Ma chère Céleste, 

Je sais que je ne suis que la meilleure amie de ta soeur mais je t'en conjure, arrête d'ignorer les lettres de ta famille. Ton père m'a raconté toute l'histoire, je ne te sermonnerais pas là dessus.

Tes parents et ta soeur t'aiment et voudraient t'aider dans cette épreuve. J'appelle cela une épreuve car  ce que tu as fait un acte particulier et regrettable.Tu ne pensais pas arriver jusqu'à cette fin terrible (je parle ici de menacer de mort un membre de ta famille), il faut que tu saches qu'à un moment ou un autre, tu devras faire des choix. Ces choix seront différents  de tous ceux que tu as pris jusque là car tu devras choisir entre faire la guerre ou ne pas la faire, tuer ou ne pas tuer pour ta survie. Dans ta situation et connaissant ton caractère, tu ne pourras jamais choisir de ne pas agir car agir, tu le fais déjà en te dressant contre ceux qui insultent les né-moldus et les Cracmols. 

Sache que tu ne marcheras jamais seule, ta soeur, tes parents, tes amis (et moi?) seront là pour te soutenir quoique tu fasses. Si un jour, tu tombes, n'oublie jamais que tu peux te relever et affronter les problèmes. Je voudrais te dire que tu pourras le faire à ton rythme mais ce serait te mentir car la guerre est proche et les choses s'accélèreront à cause d'elle. 

N'oublie jamais de te relever.

À bientôt, 

Rachel Rowle

Rachel, la meilleure amie de ma soeur, est un peu comme une cousine pour moi. Elle demande toujours de mes nouvelles auprès de ma soeur et m'envoie quelques lettres par an. Je l'apprécie énormément, en tant que sang-pur, elle connaît aussi les désagréments des familles sang-pur.

-C'est qui Rachel? demande Lily, toujours curieuse qui a lu la lettre.

 

Impossible de lire son courrier discrètement dans ce château! Soit c'est Marlène qui jette un coup d'oeil tout sauf discret, soit c'est Lily qui lit carrément la lettre par dessus mon épaule!

 

-Une amie de ma soeur.

 

-Je suis d'accord avec elle, la guerre est proche, mais tant que nous sommes sous la protection de Dumbledore, nous serons en sécurité.

 

Elle a vraiment lu TOUTE la lettre, voilà ce que l'on récolte à être sociable: des amis curieux.

 

-Pas mes parents et pas ma soeur. Ils sont menacés plus que tu ne l'imagines.

 

-On sera là s'il arrive la moindre chose, promet Lily avec un petit sourire triste. Tu sais, je m'inquiète aussi pour mes parents, ils sont moldus, tu n'es pas seule à te faire du souci.

 

Je pose une main sur son bras en guise de soutien. Je sais que Lily s'inquiète pour sa famille.

 

A Poudlard, la plupart des étudiants se sentent en sécurité grâce à la protection de Dumbledore, pourtant dehors, la guerre se prépare. La gazette recense des disparitions de né-moldus suspectes, dans certains coins de l'Angleterre, les habitants doivent faire face au désespoir émanant des Détraqueurs. Règne dans le pays une tension dont le château nous préserve. Souvent, je me demande ce qu'il se passera à notre sortie. Devrons-nous lutter, ou au contraire, attendre que la guerre se termine ou même quitter le pays?

Marlène dirait qu'il faut se battre, au péril de notre vie, Mary dirait qu'il faut se tenir à l'écart de cette guerre car nous sommes trop jeunes. Je sais déjà ce que pense Lily. Si la guerre s'achève avant notre sortie de Poudlard alors elle ne fera rien mais si jamais elle continue après notre sortie, alors elle se battra en entraînant avec elle un maximum de personnes.

- Hé les filles! s'écrie Mary, essoufflée, le visage rayonnant en arrivant en trombe dans la salle.

 

Nous suspendons toutes nos activités car voir Mary aussi joyeuse est un spectacle rare. Nous attendons qu'elle continue mais elle reprend son souffle difficilement.

- Je viens de faire une découverte incroyable! J'ai trouvé la fameuse salle sur demande! Celle dont les plus grands parlent sans jamais nous dire son emplacement!

- C'est génial! On peut y aller tout de suite? nous demande Marlène, aussi excitée que si on est le 25 décembre.

 

Elle est excitée car elle va pouvoir annoncer à Fabian qu'elle connaît l'emplacement de la salle, il s'agit d'un jeu entre eux. Le but est qu'elle découvre un maximum de secrets de Poudlard avant que Fabian quitte Poudlard. Ne me demandez pas plus d'explications je n' en ai toujours pas compris l'intérêt. Nous partons donc en expédition, Mary à notre tête qui accélère le pas à mesure que l'on s'approche de la salle. Marlène remarque que nous arrivons au septième étage, étage où se trouve la salle commune des Gryffondors. Nous la regardons toutes avec un sourire moqueur mais elle fait semblant de l'ignorer. On ne changera jamais Marlène!

- Mary, que fais-tu? Pourquoi passes-tu plusieurs fois devant cette horrible tapisserie! s'étonne Lily en voyant la manoeuvre de Mary.

- C'est étrange en effet. Je suis d'accord avec toi Lily, cette tapisserie est laide. Ses dimensions me font penser à l'arbre généalogique des Black chez Sirius, la seule fois où je suis allée chez ses parents. Un conseil, ne mettez jamais les pieds dans cette maison, elle est...

- Regardez! m'interrompt soudain Marlène alors qu'une porte apparaît dans le mur.

 

Stupéfaites, nous rentrons dans la salle. Elle représente une bibliothèque aux couleurs de Gryffondor dans laquelle se trouve des fauteuils paraissant plus confortables que ceux de la salle commune de Serpentard.

- Tu ne crois pas que tu passes pas déjà suffisamment de temps le nez dans tes livres? je soupire.

 

J'ai oublié de vous dire quelque chose concernant Mary. Dès qu'elle a un moment de libre, elle se plonge dans un livre qu'elle dévore rapidement. Lorsque Mary, Marlène et Lily se lancent dans une conversation passionnée à propos d'un livre, je peux vous garantir que je me sens exclue! Souvent même, elles s'échangent des livres qu'ils soient moldus ou sorciers, peu importe du moment qu'ils soient long! Des accros à la lecture, je vous dis!

 

 

Dring dring! Fichu réveil! Il fait un magnifique vol plané à travers la pièce avant de s'écraser contre la porte de la salle de bain. Je tente de réveiller Marlène qui dort profondément malgré le bruit. J'entends les trois autres filles grogner et amorcer un geste vers la salle de bain. Morsan saute de son lit et hurle dans la pièce « Preum's » avant de foncer dans la salle de bain et s'y enfermer pour en ressortir sept minutes plus tard. Un matin ordinaire dans notre dortoir!

Je sors de la salle commune en compagnie de Marlène qui me fait remarquer qu'il fait froid. Cela ne m'étonne pas, nous sommes en novembre et l'hiver vient. Nous rencontrons Fabian et ses amis, Marlène lui annonce qu'elle connaît l'emplacement de la salle sur demande, Fabian lui répond qu'elle a encore d'autres choses à découvrir avec un clin d'oeil. Avec un clin d'oeil? Mais c'est quoi cette phrase ambiguë? Je suis sûre qu'elle va passer la journée à trouver le sens de cette phrase! Il est fou de lui sortir ça!

- Miss McKinnon! appelle le professeur Flitwick qui passe dans le couloir.

- Oui professeur?

- Pourriez-vous m'expliquer la raison de l'absence de chaussures à vos pieds?

 

Ne me dites qu'elle a oublié de mettre ses chaussures? Fabian et moi regardons ses pieds (qui sont d'ailleurs très gracieux, oui, je sais, j'observe les pieds de mes amis) et constatons, en effet, qu'elle n'a pas de chaussures. Evidemment qu'elle a froid si elle n'en met pas! Que va donc faire d'elle? Je soupire alors que Fabian éclate de rire. Rougissant, elle court vers le dortoir pour trouver des chaussures!

- Elle est toujours comme ça le matin? s'enquiert Fabian.

- Oui malheureusement, mais c'est la première fois qu'elle oublie ses chaussures!

- Elle est incroyable cette fille. Je parie qu'elle est dissipée en classe!

- Détrompe-toi! C'est la plus sérieuse d'entre nous! C'est elle qui récolte le plus souvent des points pour notre maison! La dissipée en cours, c'est Mary! Elle ne supporte pas de rester assise sur une chaise plus d'une heure, elle bouge tout le temps et parle tout le temps. 

 

Heureusement pour moi, je n'ai que trois cours communs avec elle: potions, étude des runes et soins aux créatures magiques. En potion, je m'arrange pour être soit avec Lily, soit avec Marlène, soit avec James (avec Sirius, c'est impossible, nous nous disputons et je finis toujours par lui renverser quelque chose sur ses cheveux). Pour l'étude des runes, nous devons souvent discuter donc c'est supportable et en soins aux créatures magiques, nous pouvons parler à notre guise donc c'est aussi supportable. Je me demande comment fait Lily pour être aussi patiente. Même quand Mary lit, elle bouge tout le temps!

 

Fabian part rejoindre ses amis et j'attends Marlène qui revient, rapidement et essoufflée, avec des converses aux pieds. En rentrant dans la salle, elle me fait remarquer que c'est plus calme que d'habitude. A peine installées que les hiboux arrivent pour livrer la gazette du sorcier. Marlène paye son hibou, et commence à lire son journal. Sur la couverture, est écrit en gros « la guerre est déclarée ». Je mange mon petit déjeuner aussi copieux que lorsque j'étais en première année avant d'être incapable d'avaler quoique ce soit à cause des nouvelles. Marlène ne parle plus et cela m'inquiète, je me tourne vers elle et remarque sa pâleur. Je lève la tête vers les professeurs, ils lisent avec attention la gazette.

- Que se passe t-il? je dis soudain angoissée.

- Il y a eu un attentat, hier après-midi, lors d'un congrès pour la défense des créatures magiques, répond Marlène, les larmes aux yeux et légèrement tremblante.

 

Je sens qu'elle me cache quelque chose, je lui arrache le journal des mains. En effet, il y a eu un attentat qui a fait soixante-six morts, les soupçons se portent sur Voldemort et ses sbires. En lisant le journal, je pense à une chose, ma mère travaille au département de régulation des créatures magiques. Mon coeur s'accélère en une seconde et je parcours la liste des morts, m'attendant au pire. Noir sur blanc, figure le nom de mes parents. 

 

Le monde s'écroule sous mes pieds. Sonnée. Choquée. Désarçonnée. Marlène analyse ma réaction mais je ne bouge pas, je suis incapable d'émettre le moindre son. Pour une fois, je ne mets pas en colère, je ne hurle pas, je ressens rien. Le néant. Marlène, n'y tenant plus, se jette dans mes bras et sanglote contre moi. Elle évacue une tristesse que je ne peux encore ressentir, que je ne veux pas ressentir. Je sais qu'elle apprécie énormément mes parents, admirant ma mère pour son sang-froid. Mais je ne veux pas l'admettre, ils ne peuvent pas être...

J'aperçois un Gryffondor, qui s'armant de courage, vient jusqu'à la table des ennemis de sa maison pour m'annoncer que je suis attendue dans le bureau du directeur. Je me lève lentement, calmement, je prends le chemin du bureau directoriale. Ma soeur s'y trouve, je me plonge dans ses bras réconfortants ignorant la présence du directeur, elle me demande de sa voix douce, si j'ai eu vent des nouvelles. Je lève la tête et acquiesce. Je me plonge alors dans ses yeux gris, semblables aux miens, et je peux y lire l'affreuse réalité mais refuse de l'admettre avant qu'elle n'ait prononcé les cinq mots qui marqueront à jamais la fin d'une période de ma vie. Elle les lâche et alors un flot de souvenirs surgit dans mon esprit. Toutes les fois où mes parents me sermonnaient pour que je sois une parfaite jeune fille bien éduquée. Toutes les fois où mon père se mettait en colère à cause d'une de nos nombreuses bêtises à Cathleen et moi. Toutes les fois où ma mère tentait, de sa voix douce,  de m'apprendre à canaliser mon énergie pour gérer ma colère. Jamais plus je ne sentirais son parfum à la lavande si rassurant. Jamais plus je n'assisterais aux disputes de mes parents, ni à leurs réconciliations. Plus jamais, je n'entendrais mon père se vanter d'avoir une femme aussi belle qu'intelligente. 

 

Je tiens à préciser que pendant ce temps, Dumbledore, assis sur son bureau, ne fait rien et bricole un objet à l'aide de sa baguette.

- Viens, ma chérie, je te raccompagne.

Ma chérie, c'est ainsi que nous appelle ma mère, Cathleen l'a repris...

 

- Cathleen, je te jure que je me battrai pour enfin vivre dans un monde serein. Si je le peux, je le ferai maintenant.

-Céleste, voyons, fais preuve d'un peu de bon sens. Tu n'as que quinze ans, tu ne peux pas encore te battre. La guerre s'arrêterait, ne t'inquiète pas, gronde ma soeur dont la voix exprime sa panique à l'idée de me perdre. 

 

-Qu'est ce que tu en sais, toi? Tu ne connais rien à ce monde, et encore moins ses difficultés, je crache, mécontente de son opposition face à ma détermination. 

 

Pour la première de ma vie, Cathleen me gifle. Une chose qu'elle n'a jamais faite, refusant d'agir comme notre grand-mère

 

-JE CONNAIS CE MONDE PLUS QUE TU NE LE CROIS. Moi, je ne suis pas sous la protection permanente et réconfortante de Poudlard, espèce de soeur ingrate. Je m'en vais et ne viens pas pleurer pour rentrer à la maison, crie Cathleen.

-C'est ça, vas t-en! 

 

Ma soeur, part, furieuse. Seule dans le couloir, je panique, je m'assois dos au mur pour me calmer. J'ai dit n'importe quoi, j'ai sous-entendus que par son statut de Cracmol, elle n'a pas sa place chez les sorciers. Et zut! Maintenant, je m'en veux, je ne voulais pas la blesser. Un bruit de pas me fait sursauter, je me retourne. Se tient devant moi le professeur McGonagall qui m'autorise à ne pas suivre les cours aujourd'hui exceptionnellement. Elle me demande si je ne veux pas rentrer chez moi, je refuse. Cathleen me ramènerait illico en voiture à Poudlard sans un regard.

Perdue dans mes sombres pensées, je déambule dans les couloirs de l'école avant de m'arrêter devant la porte de la salle commune des Poufsouffles, le lieu où mon père a passé sept ans de sa vie...Je reste figée devant la porte. De toutes les salles du château, il a fallu que je m'arrête devant celle-ci. Des bruits de pas précipités retentissent dans le couloir désert, je sors ma baguette en une seconde pour me défendre mais il ne s'agit que de Marlène.

- Céleste! Je t'ai cherché partout! Il est l'heure de déjeuner, as-tu faim ou veux-tu que je te prenne quelque chose aux cuisines? me demande t-elle, essoufflée mais cela ne peut cacher toute son inquiétude pour moi.

- Je n'ai pas faim, je réponds avant de tourner les talons sans même la remercier pour sa sollicitude.

 

Pendant toute l'après-midi, je reprends ma marche dans le château, j'ai l'impression de marcher dans les pas de mon père. Mon père...Il a sûrement dû accompagner ma mère, comme il veut toujours être aux côtés de ma mère par crainte qu'elle soit courtisée par un autre homme et pour s'assurer qu'il ne lui arrive rien. Mon père est un homme jaloux et possessif. 

La nuit tombe mais je préfère m'asseoir devant le lac plutôt que de rentrer dans mon dortoir lugubre. La contemplation du lac m'apaise et je m'endors. 

Lorsque je me réveille, je pousse un cri. Un géant me fixe. Après quelques secondes, je m'aperçois que c'est en réalité Hagrid, le garde-chasse.

- Excusez-moi, je ne voulais pas être impolie.

- Ce n'est rien, petite, j'ai l'habitude, dit-il avec un sourire chaleureux. Je ne crois pas que tu aies le droit d'être ici.

- Oui en effet, je vais rentrer. Bonne journée Hagrid

 

Dortoir ou cuisines ou Grande Salle? Je choisis le dortoir, je n'ai pas envie de me retrouver face à des élèves dont les parents ont peut-être tué les miens. Silencieusement, je rentre dans le dortoir et m'installe sur mon lit, les yeux rivés au plafond, encore perdue dans mes pensées. Arriverais-je un jour à passer outre? C'est trop frais...Marlène ouvre mes rideaux, elle m'observe de bas en haut puis me serre la main avant d'annoncer qu'elle va en cours. Elle a les yeux rouges, cela me réconforte, au moins je suis sûre que dans ce monde, des personnes extérieurs à la famille regrettent et pleurent...la disparition de mes parents. Même en pensée, cette phrase est dure à prononcer. Je ne sais combien de temps, je suis restée allongée, peut-être même endormie, sur mon lit mais lorsque la porte du dortoir grince, je vois Morsan me dire que si je ne bouge pas mes fesses de ce lit, elle me donne une retenue.

 

- Céleste, s'il te plaît, descends, implore Marlène. C'est le bazar sans toi, Lily hurle sur James et Sirius car ils ont décidé d'être les pires voyous de l'école en s'attaquant aux Serpentards, Mary s'inquiète énormément pour toi et passe encore plus de temps plongée dans ses bouquins. Même Rogue m'a demandé si tu comptes revenir en cours. Le pire, c'est Rosier, il se pavane dans la salle comme s'il avait participé à l'orchestration de l'attentat. Et surtout Titine, tu empestes la sueur, depuis combien n'as-tu pas pris de douche? S'il te plaît, sors de cette pièce! J'ai besoin de toi pour sortir avec Fabian! S'il te plaît, Céleste, sors! Tes piques de colère nous manquent, le château est trop silencieux sans toi. 

 

Je tire mes rideaux et tombe nez à nez avec le visage rongé par l'inquiétude de Marlène. Elle semble tellement  désemparée. Combien de jours suis-je restée couchée sur mon lit?

 

- Allez, viens McKinnon, elle se lèvera quand elle le voudra. C'est une question de volonté, soupire Morsan.

 

Elles s'en vont toutes les deux. Depuis quand sont-elles amies? Je n'ai même plus la force de réfléchir, mon cerveau est de la bouille. Je me lève et remarque que j'empeste la transpiration. Je prends une douche. La première depuis combien de jours? Je m'observe dans la glace, j'ai une tête à faire rougir un détraqueur mais tant pis. Je prends mon sac de cours sans même connaître son contenu. La salle commune est déserte. Quelle est heure est-il?

Arrivée devant la Grande Salle, je prends une grande respiration et ouvre les portes, mes yeux cherchent Marlène et je la vois en train de lire. Lorsque je m'installe à côté d'elle, elle ferme son livre et attend que je dise quelque chose.

- Miss Black, heureux de vous revoir parmi nous. Votre amie, Miss McKinnon, m'a dit que vous étiez souffrante, j'espère que vous êtes de nouveau apte à nous éblouir de vos talents de potionniste.

- Merci, professeur, j'espère ne pas vous décevoir, je dis d'une voix enrouée.

- Quel crétin! marmonne Marlène

- Black! Te revoilà parmi nous! Tu nous a manqués s'exclame Rosier. Tu vas pouvoir dire à ta cracmol de soeur d'arrêter de fouiner dans les affaires de la famille.

 

Du Rosie tout craché, je fais semblant d'être content de te voir et après, j'insulte, un membre de ta famille ou toi. Si j'étais dans un autre état, je lui aurai enfoncé la tête dans le hachis parmentier. Du hachis parmentier? Cela veut dire que c'est le déjeuner, cela me donner une heure approximative.

 

- Pour une fois dans ta vie, Evan, fous-moi la paix, je n'ai la force, ni l'envie de me disputer avec toi. Je veux juste être tranquille, je dis d'une voix lasse sans même me rendre compte que je viens d'utiliser pour la première fois de ma vie son prénom.

- Que vos désirs soient des ordres votre altesse, répond t-il d'une voix moqueuse.

 

Je me lève et quitte la Grande Salle lorsqu'une personne m'appelle. Il s'agit de Sirius accompagnée de Lily. Il me serre dans ses bras en me caressant les cheveux, exactement de la même manière que mon oncle.

 

- Je suis tellement heureux de te voir, je me faisais tant de soucis pour toi. Tu m'as tellement manqué. Mais je ne suis pas le seul.

- Sirius a raison. Tu as reçu du courrier, Marlène me l'a donné pour ne pas qu'il traîne dans votre dortoir.

A ma grande surprise, elle sort de son sac un paquet d'enveloppes et me le tend. Je les lirai plus tard.

 

- Céleste! s'exclame Lupin. Es-tu réellement prête à reprendre les cours? ajoute t-il, soucieux.

Quelle personne adorable! C'est une sorte de Mary au masculin. Dommage qu'il ne soit pas le style de Mary, ils auraient pu sortir ensemble.

- Lupin, dis-moi! Combien de jours ne m'as-tu pas vu et quelles sont les nouvelles de Poudlard?

- Cela fait une semaine que tu n'es pas sortie de ton dortoir. Concernant les nouvelles, il y a beaucoup de choses à dire. James et Sirius ont décidé que tous les Serpentards devaient être punis et répondent à la moindre provocation, ils enchaînent actuellement les retenues, Lily tentent de s'interposer mais ils s'en fichent alors elle leur crie dessus. Marlène tente d'expliquer aux plus jeunes l'actualité et les conséquence de l'intolérance. 

 

Je comprends surtout que la haine s'installe dans le château, les Serpentards sont pris pour cible alors que dans les autres maisons, je suis persuadée qu'il y a des futurs mangemorts. Tout ceci n'est pas surprenant, ce qu'il l'est, c'est le fait que je sois restée une semaine dans mon dortoir. J'estime avoir été suffisamment sociable, je sors donc du château pour être à l'aise, toujours, face au lac, préférant sécher les cours. Je prends la dernière lettre du paquet, je reconnais l'écriture de ma grand-mère paternelle. Je prends une grande respiration avant d'ouvrir la lettre.

End Notes:

Merci d'avoir lu!

N'hésitez pas à dire ce que vous avez pensé du chapitre! 

Une fête chez les Poufsouffles by MissArty
Author's Notes:

et voilà le deuxième chapitre de la journée! L'ambiance est plus légère, et comme le nom du chapitre l'indique, il se passe dans la salle commune des Poufsouffles! Dans ma tête, cette maison représente la maison fourre-tout et j'aime bien cette idée!

 

Bonne lecture!

Céleste, 

Je sais que le moment est mal choisi mais il faut qu'on parle de plusieurs choses. Quand vas-tu à Pré-au-lard? 

Je dois te parler de l'enterrement de nos parents et de la tutelle qui pèse sur toi, étant mineure. Grand-mère Rosier voudrait être ton représentant, ce à quoi je m'oppose formellement sinon elle fera tout pour que tu épouses un jeune Sang-Pur avant tes dix-sept ans, voire même après. Oncle Johnny est à exclure car il n'est jamais présent, je ne sais même pas s'il est au courant de la disparition de son frère et de sa belle-soeur. 

Je voudrais être ton représentant légal.

Réponds-moi vite.

Cathleen

-Ta soeur est très responsable, et mûre, constate Mary, après la lecture de la lettre.

-Elle a toujours voulu porter tout le poids du monde sur ses épaules.

-Dommage qu'elle soit Cracmol, elle aurait été une parfaite Gryffondor, dit Mary.

-Elle était la fierté de mes parents même sans pouvoir magique. Ils l'exhibaient partout, pour montrer qu'une Cracmol pouvait aussi être une jeune fille bien élevée et non une tare dans la famille. 

-Peu de parents pensent comme les tiens. La plupart les envoie dans des écoles moldus et les cachent. J'ai même entendu dire que certains les abandonnaient.  

 

J'approuve Mary d'un signe de tête et m'endort sur une table que j'ai transformé en lit dans la salle vide dans laquelle nous faisons habituellement nos devoirs, j'ai besoin de tranquillité, loin de l'agitation habituelle du château. 

 

Revenue dans ma salle commune, j'aperçois Severus, j'en profite pour lui poser une question qui me taraude.

-Pourquoi t'intéresses-tu autant à la magie noire Severus? Je veux comprendre pourquoi certaines personnes se dirigent dans cette voix, je demande alors que j'ai remarqué son éloignement vis-vis de Lily et de nous.

-Pour savoir me défendre, répond Rogue, peu bavard.

-C'est pour te défendre contre les Maraudeurs surtout.

-Non, pas seulement contre eux, admet Rogue. La magie noire te donne aussi un sentiment de puissance.

-C'est tellement dommage qu'un garçon aussi intelligent que toi devienne un adepte de la magie noire. Il n'y a pas de retour en arrière pour toi, soupire Marlène, il aurait fallu que tu ne fréquentes pas la bande de Rosier avec Avery et Mulciber mais c'est impossible comme ils sont dans ton dortoir.

 

Rogue affiche une surprise manifeste, il ne s'attendais à ce que quelqu'un comprenne sa situation.

 

-La préfète rousse est vraiment une furie, elle m'a collée en retenue parce que je m'amusais à descendre les escaliers par la rambarde en la transformant en un toboggan. Elle n'a aucun humour, gronde Morsan, furieuse,  en claquant la porte de la salle commune, faisant sursauter la moitié des personnes présentes.

-Elle est sympa quand on la connaît en faisant abstraction de son côté justicier, défend Marlène. Viens à la fête chez les Poufsouffles, ça te fera du bien de t'amuser avec autre chose que des toboggans. 

-Très drôle McKinnon, très drôle, ironise Morsan.

-Severus, tu veux venir? demande gentiment Marlène sachant très bien qu'il refusera et c'est ce qu'il fait.

 

Marlène soupire et sors du dortoir afin d'aller à la fête, à laquelle, elle m'a obligée de l'accompagner sous prétexte que m'amuser favoriserait mon deuil. Logique étrange selon moi. 

Après avoir pris soin de lancer un sortilège de désillusion sur nous, nous nous dirigeons vers la salle commune des Poufsouffles en espérant que Rusard ne traîne pas dans les parages. Elle est au même étage que la nôtre mais il ne faut pas se tromper de couloir. Marlène après avoir râlé sur le château trop grand donne le mot de passe à l'entrée de la salle. La fête a déjà commencé, et beaucoup de collégiens s'y sont rassemblés. Morsan nous abandonne pour le buffet. Pénétrer dans la salle commune des Poufsouffles me fait plus de mal que je ne le pensais, je maudis alors Marlène et son sens de persuasion. Cette salle non seulement me rappelle la décision du choixpeau mais aussi la partie du château qui me fait le plus penser à mon père. Peut-être avait-il même demander à Ellena Walters de sortir dans cette salle. Mon coeur se serre. Jamais je ne pourrais poser des questions à mon père sur ses années à Poudlard. Jamais plus, je ne pourrais poser de questions sur BeauxBatons à ma mère. Avec amertume, je songe à toutes les questions que je voulais leur poser, qui resteront sans réponse. Trois semaines se sont écoulés depuis la triste nouvelle, grâce à mon éducation, je garde un visage impassible le jour mais la nuit, je fais d'effroyables cauchemars dans lesquels ma grand-mère remplace Voldemort ou alors je rêve d'un serpent qui m'étouffe sous les rires de ma grand-mère et de mes camarades de classe. Souvent, Marlène vient dormir avec moi afin de calmer mes angoisses nocturnes.

 

-Je n'aurais pas du venir, je soupire. 

-Si justement! Tu découvriras enfin l'ambiance dans laquelle ton père et ma mère aussi ont grandi. Ça va aller! Il vaut mieux que tu t'amuses un peu plutôt que de te morfondre tous les soirs dans ton dortoir. Si jamais, tu veux partir, tu viens me voir immédiatement. Pour l'instant, je dois te quitter, j'ai vu un Gryffondor de septième année très intéressant! 

 

Je m'approche du buffet en ayant la vague idée de trouver des muffins, Mary s'y trouve déjà. Cette dernière me tend, sans un mot, deux muffins avec un sourire. Je les prends en remerciant le ciel d'avoir mis Mary sur mon chemin. Elle est discrète mais son amitié m'est essentielle.

 

-Black? Que fais-tu là? J'avais mentionné l'interdiction de la présence de Serpentards au sein de ma maison, crache un Poufsouffle de sixième année. 

-Laisse-la! Elle a le droit de se vider un peu la tête, s'interpose Mary sans se dévêtir de son calme. 

-Il n'en demeure pas point que c'est toujours une Serpentard malgré les drames de sa famille. 

-L'intolérance plongera le monde dans le chaos, je réplique sans réfléchir.

 

Depuis quand je sors des phrases apocalyptique? Constatant que ma présence dérange, je m'éloigne, les larmes aux yeux, avec mes muffins, le pas lourd.

 

-Titine, appelle James. Viens avec nous!

 

Lles Maraudeurs sont déjà présents, on peut leur faire confiance pour cela! « Titine » est le surnom idiot que m'a trouvé James, repris par Marlène. 

Je l'ignore et marche sans but précis, mâchonnant lentement mes muffins avant de m'arrêter dans un coin près d'une fenêtre. Les Poufsouffles ont des fenêtres? Pourquoi on a pas ça? 

Je m'assieds et constate que mes muffins ont un goût salé. En portant les mains à mon visage, je m'aperçois que je pleure silencieusement. 

Comment faire pour surmonter son chagrin? Je me suis disputée avec Catie, la seule personne qui aurait pu me consoler. Ma grand-mère m'a seulement envoyé une lettre froide (et pas une beuglante pour une fois) exprimant ses condoléances et son chagrin de façon très solennelle. Sa lettre sonnait faux. Mes grand-parents maternels m'ont envoyé un colis avec des photos de ma mère jeune afin de garder un souvenir d'elle (mes parents n'amient pas les photos alors il y en a très peu dans la maison) avec une lettre, comportant des traces de larmes, au moins, eux pleuraient la disparition de leur enfant, cela me console légèrement. Je me sens proche de mes grand-parents même si je ne les vois qu'aux grandes vacances.

 

-Salut! lança un garçon de cinquième ou de sixième année, cassant le fil de mes songes. Je viens t'apporter des muffins de la part d'une Gryffondor. Elle m'a chargé de te dire qu'elle a sermonné le crétin grossier et que tu devrais sortir de ton coin.

-Merci, je murmure, tout en cachant mon visage.

-Mon copain est très grossier envers les Serpentard depuis qu'un de ses oncles s'est fait tué sous ses yeux par un mangemort. A part ce détail, il est très sympa.

-Il aurait dû éviter d'être aussi méprisant. Je suis un humain avec des sentiments.

-Je suis désolé que tu aies versé des larmes à cause de lui. Tu sembles être pourtant l'une des Serpentard les plus fréquentables. Tout Poudlard sait qui est Céleste Black, la fille aux beuglantes.

-C'est mon surnom le moins vulgaire à ce que j'ai pu comprendre, je réponds.

-Les gens sont idiots, ils rangent les gens qu'en fonction des maisons et de leurs préjugés. Je m'appelle Eden McMillan, cinquième année, Poufsouffle.

-Je ne vais pas me présenter à mon tour, tu sais déjà le principal me concernant!

 

Eden éclate de rire et je consens enfin à sourire sincèrement. Finalement, Marlène a peut-être raison, sortir m'aère l'esprit. Il part rejoindre ses amis, je le suis du regard mais l'arrivée de Mary brise ma contemplation.

 

-Je savais qu'il pouvait te rendre ton sourire, les Poufsouffle sont les personnes les plus sympathiques de cette école. Ils ne sont pas en conflit avec les autres maisons et ne les dénigrent pas sauf ceux qui portent des préjugés sur les autres. Il était détestable, l'autre Poufsouffle, vulgaire, têtu, agaçant, je me suis pris la tête avec lui. Bref, changeons de sujet. Marlène fait les yeux doux à Fabian Prewett mais elle perd son temps. Des rumeurs courent comme quoi il s'apprête à sortir avec Héloïse Douglas de Serdaigle. 

 

Surprise, je me redresse et échange un regard catastrophé avec mon amie. Quelles seraient les répercussions sur Marlène si cette rumeur s'avère véridique?

 

-Tu es sure qu'ils vont sortir ensemble?

-Oui, je pense que demain, au petit déjeuner, ça sera fait. Ils ont passé la soirée à se sourire et à se tourner autour. Marlène sera verdâtre.

 

Je consens enfin à aller voir mon cousin et sa bande d'amis. Sirius met un bras sur mes épaules et me demande inquiet si je tiens le coup. James me fait la morale car depuis quelques temps, la table des Serpentard parait trop calme de par l'absence des beuglantes de Rosalie Black, cela me fait rire, et les quatre garçons sont soulagés d'entendre enfin mon rire. Profitant de ce moment gai, je demande à James si je peux lui emprunter sa cape, il refuse mais accepte avec réticence lorsque je lui indique que mon but est d'espionner le dortoir des garçons afin de détecter toute trace de magie noire.

Marlène vint nous interrompre avec une tête dépitée car elle a compris que Fabian ne sera pas encore son petit ami, elle souhaite une bonne nuit à tout le monde et part la tête haute vers son dortoir pour laisser libre cours à son chagrin d'amour.

 

-Elle s'en remettra, je rassure.

-Tu parles! Elle était prête à lancer un sort à Douglas! Heureusement, je l'ai arrêté avant, et je l'ai même menacée d'une retenue. Pratique d'être une préfète, dit Lily, faisant éclater de rire ses camarades.

- Tu fais de l'humour, Evans? Je suis choqué! Que dirait le professeur McGonagall? s'exclame Sirius d'un ton théâtral, Lily lui tape le bras sous le regard jaloux de James.

 

Attendez, j'ai dit jaloux? Si James est jaloux de Sirius parce que Lily l'a touché, cela voudrait dire qu'il en pince vraiment pour Lily! Il faut que j'en parle à Marlène! Cela me fait penser qu'elle est partie dans notre dortoir!

 

-Je la rejoins, j'ai peur qu'elle fasse une bêtise.

 

Ma prédiction est infondée, Marlène dort tout simplement en boule dans son lit, marmonnant dans son sommeil des phrases indistinctes mais un nom ressort de son charabia: Fabian. Avec tendresse, je remonte la couverture sur elle et lui donne son ours en peluche rose. En quatre ans de cohabitation, j'ai compris qu'en cas de coups durs, elle a besoin de son ours, Belly, cela l'aide à dormir paisiblement. 

End Notes:

Merci d'avoir lu!

N'hésitez pas à laisser un petit commentaire :)

Une sortie tragique by MissArty
Author's Notes:

Bonne lecture!

En me levant, je vois que les rideaux de Marlène sont encore tirés, je les ouvre et réveille doucement mon amie qui grogne en se levant lentement. Elle s'enferme sans un mot dans la salle de bain, je la laisse tranquille, m'habille et sors prendre mon déjeuner. Avant de rentrer dans la salle, quelqu'un m'attrape le bras, ce n'est que Sirius.

 

-Céleste! Où est Marlène? questionne t-il.

- Elle finit de se préparer.

- Empêche la d'aller dans la Grande Salle.

- Pourquoi? Vous avez fait exploser une gigantesque bombabouse?

- Non mais tu viens de me donner une idée! Si jamais une bombabouse explose dans la Grande Salle un jour, ne dis rien à Evans!

 

Je regarde mon cousin, consterné par sa capacité à ne pas respecter le règlement! Je ris intérieurement. Aurait-il peur de réveiller le dragon qui sommeille Lily lorsque les Maraudeurs enfreignent le règlement?

- Sirius, Céleste! Prêt pour aller à Pré-au-Lard? J'ai hâte d'aller à Honeydukes, il faut que je recharge mon stock de confiseries! J'ai une faim de loup! dit joyeusement Marlène avant d'ouvrir les portes.

 

Je croyais qu'elle allait se doucher et mettre des heures à venir dans la Grande Salle!  Elle est pressée aujourd'hui!

Son regard se dirige naturellement vers Fabian et voit qu'il tient la main de la jeune fille à côté de lui. Ainsi, voilà pourquoi Sirius me saute dessus de bon matin. Elle cache sa déception et lui fait un petit sourire discret en remarquant qu'il la regarde. Sans manifester plus de réaction, elle s'installe à sa table.

 

- C'est une réaction normale? s'étonne Sirius qui n'a pas perdu une miette de la scène.

- Je pense que oui. Elle masque sa déception comme elle peut.

- J'espère que Fabian s'apercevra un jour que Marlène en pince pour lui.

- Moi aussi! Bon appétit!

 

Je remarque que Marlène mange bien plus que d'habitude, Morsan l'observe de loin et sent que quelque chose cloche, elle a le réflexe de regarder à la table des Gryffindors et soupire en comprenant la cause de l'appétit et du mutisme de Marlène.

 

- McKinnon, te mets pas dans un état pareil! Ça ne va pas durer! Avant Noël, il n'y aura plus rien, affirme Morsan.

- C'est exactement, ce que je pense! j'approuve avec conviction.

- Tout va bien! Arrêtez de me fixer avec ces yeux inquiets! Je suis contente de sortir de l'école et c'est seulement sur ça que je dois me concentrer, rétorque Marlène.

- Si tu le dis...dit Morsan en haussant les épaules, pas convaincue du tout.

 

Marlène se montre de bonne humeur et joyeuse pendant le trajet au village alors que je ne suis pas enchantée de cette sortie et je lui avoue que mon entrevue avec ma ma soeur me stresse. Marlène me rassure en me rappelant que Cathleen n'est pas aussi terrifiante que ma grand-mère. Peu convaincue, je me tais et préfère écouter Marlène s'extasier sur la beauté du paysage, paysage qui n'a pas changé depuis notre troisième année. Il faut impérativement qu'elle cesse de penser continuellement à Fabian, cela va lui griller le cerveau à terme.

Arrivées devant les Trois Balais, j'appréhende encore plus les prochaines minutes, heureusement que Marlène me pousse dans le bar sinon je n'y serais pas rentrer. Ma soeur rie aux éclats avec les Maraudeurs, je m'approche d'elle et salue tout le monde pour indiquer ma présence. Reconnaissant ma voix, Cathleen s'arrête net et se tourne vers moi, ses traits se durcissent et ses yeux lancent des éclairs, elle est encore en colère contre moi. Génial! Elle se lève et m'ordonne d'un ton sec de la suivre, Marlène me presse le bras pour m'encourager.

 

- Je suis venue te parler de l'enterrement et de ta tutelle, annonce Cathleen sans préambule. 

 

Elle m'impressionne car son calme désarmant, son maintien et sa tenue lui donne un air de grande dame respectable, digne. Merlin s'est trompé, il aurait dû donner à ma soeur des pouvoirs magiques, c'est elle, la digne et respectable Black!

 

- Je sais, j'ai lu ta lettre.

- Normalement, les enterrements se font peu de temps après la mort des défunts mais le choix du lieu a rendu les relations familiales conflictuelles et a donc retardé la date de l'enterrement. Nous avons décidé après moult disputes que nos parents seront enterrés dans le cimetière familiale de notre branche.

- Quels étaient les autres lieus?

 

Cathleen hésite à répondre, ne voulant certainement pas relancer une dispute.

 

-Grand-mère Rosier optait pour le cimetière près de son cottage ou à Londres, près de la maison de nos aïeux, nos grand-parents préféraient la France puisque c'est le pays où nos parents se sont rencontrés. Moi, j'avais pensé au cimetière familiale se trouvait au fond du jardin du manoir puisque nos arrière grands parents y sont, de même pour notre grand-père et la Tante Isla. Je me suis longuement battue et j'ai fini par obtenir gain de cause. L'enterrement se tiendra le mardi 23 décembre à 11 heures.

 

- Tu as fait un choix juste, je commente tout en admirant sa force de persuasion.

- Maintenant, parlons de toi. Grand-mère Rosier souhaite obtenir ta garde, ce que je refuse. Veux-tu que je sois ton représentant légal? Je le peux, j'ai fouillé dans les diverses lois magiques et dans le code de la justice magique.

- Pourquoi veux-tu absolument mon accord, je demande, surprise qu'elle veuille mon accord.

- Tu as un caractère tellement difficile que je me méfie, je ne tiens pas à ce que tu me reproches cette décision plus tard.

 

Je suis étonnée de la maturité de ma soeur, elle paraît tellement responsable que je donne rapidement mon accord, ce qui a l'air de détendre Cathleen. Ma soeur n'est pas paranoïaque en soupçonnant ma grand-mère de me marier avec Rosier si elle devient ma tutrice.

 

-Il faut que tu viennes avec moi au ministère de la magie le 26 décembre pour la signature des papiers. Tu dois venir avec moi pour appuyer ma demande car notre grand-mère interviendra pendant le rendez-vous prête à reprendre encore les armes, en affirmant qu'une Cracmol ne peut prendre en charge une sorcière. Tu peux maintenant disposer et rejoindre tes camarades.

 

Cathleen, se lève une seconde fois, sans ajouter un seul mot, pas un mot de consolation, ni d'encouragement pour la continuité de mon cursus scolaire, ni de réprobation par rapport à mon comportement. Cathleen éprouve encore de la colère envers moi, je l'ai blessée.

Malgré notre distance, j'ai eu vent des prouesses de ma soeur grâce à ma correspondance avec Rachel, elle av repris les affaires de la famille en main, s'est auto-proclamée chef de famille. Elle s'est occupée de l'enterrement, elle a réglé les soucis testamentaires, fermé l'entreprise de mon père, rempli les promesses de dons qu'avait entrepris ma mère et elle prenait ses dispositions pour gérer la fortune familiale. 

 En quelques semaines, elle a montré à tous la force de la fille ainée d'une branche cadette des Black, dépourvue de pouvoirs magiques. 

 

Cathleen s'apprête à sortir du bar, elle se tourne vers moi lorsque je l'appelle timidement.

- Tu vas bien?

- A ton avis? crache Cathleen, la main sur la poignée de la porte

- Catie, je suis ta soeur, nous avons perdu nos parents récemment. Pourquoi es-tu si froide?

- A ton avis? répète Cathleen.

- Catie! Sois raisonnable, il faut que l'on se sert les coudes, nous ne sommes plus que toutes les deux, faisons un effort pour nous entendre. J'ai besoin de ton affection

 

Cathleen me regarde, impassible.

- L'affection, parfois, se mérite et tu ne le mérites pas, répond-elle un sourire mauvais sur le visage (qui me fait penser à celui de ma grand-mère). Arrête de te montrer en spectacle même si je sais que notre famille en a un goût prononcé.

- Tu ne comprends rien! je m'exclame avant de claquer la porte du bar. 

 

Alors que je prends le chemin pour rentrer au château, je vois plusieurs personnes repartant dans l'autre sens, courant et affolées, j'entends alors le bruit caractéristique du transplanage, mon sang se glace. Des silhouettes habillées d'une longue robe noire, encapuchonnées et le visage invisible par un masque circulent dans l'allée centrale du village. Des mangemorts! La peur m'immobilise, quelqu'un me bouscule et cela me sort de ma torpeur, heureusement car un mangemort m'envoie un sort que je brise d'un Protego. Un dilemme surgit dans mon esprit: dois-je fuir ou dois-je foncer dans le tas? J'imagine alors ma soeur se faire un sang d'encre pour moi. Malgré mon désir d'en découdre avec les mangemorts, je fuis, solution peut-être lâche mais raisonnable.

Je cours sans réfléchir, mes pas s'arrêtent devant la cabane hurlante, lieu maudit selon les rumeurs, certains disent même qu'un loup-garou y habite. Balivernes! Je me retourne et une lumière violette me frôle. Sur mes gardes et baguette en main, je scrute l'horizon. Un mangemort transplane juste à côté de moi, j'ai le réflexe de lui mettre un coup de poing dans le ventre, il s'écroule sous le choc et j'en profite pour lui lancer un stupéfix. Un autre arrive à ma gauche, je me baisse afin d'éviter le sort, je lance un dissendium qui lui déchire le bras, de rage, il tente de me lancer un sortilège doloris mais je l'évite de peu. Après un sort de découpe, un lashlasback puis un maléfice de jambeconton et un nouveau stupéfix succesifs, il s'écroule sous le poids de mes sorts. Sonnée d'avoir combattu mais toujours sur le qui-vive, je suis à deux doigts de jeter un sort lorsqu'une jeune fille se précipite vers moi. C'est Mary! Un gros hématome sur le front et boitant légèrement. Avant d'échanger la moindre parole, j'aperçois Catie, épée en main, son unique moyen de défense, accompagnée des Maraudeurs. Sirius regarde les mangemorts à terre, avec un air dédaigneux. Il ouvre la bouche, certainement pour sortir une plaisanterie mais Catie l'interrompt.

- Vous allez tous passer par le chemin secret de la cabane hurlante menant au parc du château. Comment je connais ce passage? Cela n'est pas d'actualité. Dépêchez-vous.

- Non, je ne partira sans Marlène, je dis en remarquant soudain son absence.

- Vas-y!

- Non

- Céleste, viens, ta soeur retrouvera ta copine, s'exaspère James.

- Alors, ramène la moi vivante! j'ordonne

- Bien reçu! obéit ma soeur avant de se retirer.

 

Les Gryffindors veulent prendre le passage souterrain maintenant mais je refuse de partir sans Marlène, après moult négociations et insultes, je finis par les convaincre d'attendre!

 

- Mary, où est Evans, dit James, soudain pâle.

- Elle a attrapé un rhume cette semaine alors elle a préféré rester au chaud dans le dortoir. Je suis venue sans elle.

- À l'école, tu vas immédiatement à l'infirmerie, tu es dans un sale état, conseille Sirius.

 

Je m'impatiente, je sors de la cabane, Marlène et Cathleen apparaissent enfin dans mon champ de vision mais au même moment, un mangemort surgit de nul part et pointe sa baguette sur Marlène. Sans réfléchir une seule seconde, je me place entre mon amie et lui, je reçois le sortilège en pleine poitrine et je ne vois plus rien. 

 

Je me réveille quelques minutes après, des bras me transportent, vu la douceur de l'étreinte et le pas, je reconnais aisément ma soeur. J'entends Marlène dire à ma soeur qu'elle est éperdument reconnaissante de mon geste et qu'elle peut être fière de moi. A nouveau, ma vue s'assombrit et je replonge dans le vide.

 

C'est étrange car j'atterris dans un endroit inconnu, ma mère danse avec mon père sous le regard indulgent de mes grand-maternels. Je ne perds pas une miette de ce spectacle. Ma grand-mère se tourne vers moi et me dit qu'elle est fière de sa fille et satisfaite de son gendre. Une lumière blanche m'éblouit, je crois revenir à la réalité mais non. Des souvenirs d'enfance défilent dans ma tête, si bien que j'ai l'impression que ma tête va exploser. Je sursaute en entendant râler l'infirmière comme quoi elle est dépassée et qu'elle n'a ni lit disponible ni potion, ma soeur la rassure en lui promettant qu'elle ferait les potions. Mon grand-père et mon père lui ont enseigné l'art des potions, ainsi, elle peut les reproduire sans faire aucune faute.

De nouveau, je n'ai plus aucune connaissance du monde qui m'entoure même si je sens à un moment de la chaleur au niveau de ma poitrine.

 

Je me réveille enfin, en tombant de mon lit, j'aurai préféré me réveiller d'une manière plus douce! Quelqu'un me redresse dans mon lit. Je croise alors le regard de Mary. Elle me sourit et court en dehors de l'infirmerie, certainement pour prévenir mes amis. j'ai vraiment des amis intentionnés! Quelques minutes plus tard alors que l'infirmerie me force à boire une potion infecte, James, Sirius, Remus, Lily et Mary viennent me voir. Ils paraissaient soulagés de mon réveil. Marlène arrive, essoufflée. Elle se jette dans mes bras et pleure de joie. Si proche, je peux l'observer, son visage est cerné d'horribles cernes.

 

- C'est comme ça que tu veux draguer Fabian? En étant moche et fatiguée? je plaisante.

- Ne sois pas désobligeante! Elle était morte d'inquiétude pour toi, elle ne mangeait presque rien, ne parlait que très peu, elle a même raté sa dernière potion, raconte de sa douce voix Mary.

- Que s'est il passé après que je me sois évanouie?

 

Tous font une grimace et restent muets, surement parce qu'ils ne souhaitent pas revivre encore une fois la scène même à travers des mots. Cependant Lily affiche une curiosité manifeste, étant recluse dans son dortoir au moment des faits, elle a eu vent des événements par des bribes de discussions, voire de rumeurs.

 

- Rien de particulier, affirme James.

- Tu parles! Il s'est forcément passé quelque chose! Vous refusez tous de me dire quoique ce soit! Vous ne parlez même pas de votre sortie. En plus, aucun discours du directeur pour l'expliquer, il est absent depuis plusieurs jours. Vous devriez parler car ce n'est que le commencement et nous en verrons encore des vertes et des pas mûres.

- Depuis plusieurs jours? Il était à la table des professeurs hier, je m'en souviens!

- Céleste, hier pour toi c'était samedi mais, pour nous, hier, c'est mardi. Tu as dormi quatre jours, avoue Sirius.

 

Je le regarde stupéfaite mais d'un regard, je leur fais comprendre que j'attends des précisions.

 

- Marlène a désarmé le mangemort puis l'a blessé, raconte James. Ta soeur a ensuite pris les commandes et nous avons rejoint l'école par le passage souterrain. Arrivée à l'infirmerie, nous avons été soignés, Mary était la plus amochée. Cathleen voulait rester mais elle a été conviée par le directeur à le suivre dans son bureau. Cela a été rapide et à son retour, elle a refusé de nous raconter la discussion, on aurait pourtant voulu savoir ce qu'il s'était dit.

- Que s'est-il passé au village? Pourquoi ce jour précis? A quoi cela sert-il de s'en prendre à des élèves?

- Céleste, réfléchis deux secondes! gronde Sirius, c'est au contraire judicieux. Ils s'en prennent à l'innocence même de la sorcellerie pour que les parents prennent peur pour leurs enfants et se rangent de leur côté. Cela accroit le sentiment de peur et, à la sortie de l'école, certains grossiront les rangs des mangemorts par crainte de représailles avec ceux qui les rejoignent par idéologie.

 

L'infirmière leur demande de partir pour le calme de sa patiente mais consent à laisser Marlène quelques minutes de plus. Elle paraît gênée de se retourner seule avec moi, elle me cache quelque chose, je le vois à sa manière de se triturer les mains.

 

- Marlène, on me cache quoi?

- Tu te rappelles le serdaigle avec lequel tu es allée à la soirée de Slug en début d'année? commence t-elle lentement.

- Oui, je l'ai d'ailleurs délaissé après mon altercation avec Rosier mais je me suis excusée après, il m'a certifié qu'il ne m'en tenait pas rigueur.

- Il était avec un ami dans l'allée centrale lorsque les mangemorts sont arrivés. Ils ont été les premières victimes.

- Quand tu dis « premières victimes », cela veut dire qu'il y en a eu d'autres? je m'écrie, scandalisée.

- Il y a eu au total dix morts, les Serdaigles sont les seuls élèves à avoir été touchés, les autres sont des sorciers qui se promenaient dans le village ou qui prenaient un verre au bar. Les blessés les plus graves ont été transférés à Sainte-Mangouste et certains élèves ont été amenés ici comme toi.

- Marlène, dis-moi que tu blagues, s'il te plaît! Personne ne devait mourir ce jour là, personne! je m'exclame d'une voie étranglée, commençant à pleurer pour toutes ces victimes innocentes, venues simplement prendre un peu de bon temps. C'est impossible! Comment une telle chose ait pu arriver?

- Comme l'a si bien dit Lily, ce n'est que le commencement, on sera vite happée par l'engrenage ignoble d'une guerre d'idéologie. 

 

Deux jours après mon réveil, je peux enfin quitter l'infirmerie et rejoins Marlène dans la Grande Salle, le directeur est de retour, assis au centre de sa table, le visage grave, ses yeux ne pétillent pas.

Rosier me lance un regard mauvais que j'ignore. Je questionne Marlène à propos de l'absence de Morsan.

 

- Elle est encore à l'infirmerie, il paraît qu'elle a été très blessée lors de la sortie au village, dit Severus, assis à côté d'elle.

- Pourquoi? Je croyais qu'elle restait dans la salle commune!

 

Severus ne répond pas et replonge dans son mutisme. Je me dis que je devrais impérativement récupérer la cape de James afin d'enquêter. Son comportement m'intrigue car même s'l n'est pas bavard, il répond normalement à mes questions.

 

- Elle n'avait qu'à pas tenter de combattre des mangemorts! Quelle idiote! dit Rosier d'un ton dédaigneux.

Au moins un qui me répond même si le but est de me faire sortir de mes gonds!

- Elle sait très bien qu'à Serpentard, on ne combats pas les mangemorts, c'est une règle de base. Mais il y a des idiots qui essayent, quelle perte de temps! N'empêche que c'était amusant de voir tous ces sorciers qui lançaient ou évitaient des sorts pour tenir tête. Il parait que deux Serdaigles sont morts, ils n'avaient qu'à rentrer sagement à l'école ou se soumettre dit-il un sourire mauvais aux lèvres. Et toi, chère cousine, comment vas-tu?

 

J'ai envie de vomir devant tant de cruauté, des larmes me viennent aux yeux en pensant aux deux élèves décédés. Fatiguée, je laisse Rosier proférer ses inepties, préférant garder mes forces pour ne pas perdre mon sang-froid et résister à une quinte de toux. Mes poumons ont été touchés mais l'infirmière m'a rafistolé mais m'a prévenu que je peux avoir des quintes de toux de temps en temps.

 

- Tu ne réponds pas?

- Laisse-la Rosier, elle vient tout juste de sortir de l'infirmerie. Elle veut du calme et surtout la paix, râle Marlène.

- Le retour du chien de garde, se moque t-il alors que ses acolytes ricanent.

 

J'ai la tête qui tourne, j'amorce un geste pour me lever mais au même moment Dumbledore se lève. Dépitée, je me rassois, prête à écouter le directeur.

 

- Bonsoir étudiants de Poudlard. Comme vous le savez tous, il y a quelques jours une attaque a eu lieu à Pré-au-Lard. Aujourd'hui, je veux rendre hommage à toutes les victimes mais avant je tiens à vous dire quelques mots. Je tiens à vous rappeler que cette attaque n'est pas justifiée, la haine ne doit pas détruire une nouvelle fois le monde des sorciers, personne ne doit être incriminée à cause de son origine, de son rang, de son sang. Faites que la différence devienne une force. Les différences permettent de créer un monde diversifié! Imaginez un monde où tout le monde est semblable! Ne serait-ce pas ennuyeux?  Soyez tous unis! N'ayez pas peur de vos différences et de celles des autres. Maintenant, faisons une minute de silence en hommage aux victimes de cette attaque meurtrière. 

 

Une minute de silence passe, Dumbledore se rassoit en remerciant les élèves. Comme le repas est terminé, les élèves quittent la salle. Je suis prise d'une quinte de toux, les personnes, autour de moi, s'éloignent sauf Marlène ouvrant de grands yeux, inquiète encore de mon état.

 

- Céleste, ça va? Tu es sure que tu pouvais sortir de l'infirmerie? demande Mary, suspicieuse.

- L'infirmière avait sûrement besoin qu'un lit se libère, suggère James.

- Pourquoi? demanda t-elle curieuse.

 

James ne répond pas et lève les yeux au ciel, la pleine lune en est presque à son zénith. Je m'arrête enfin de tousser et regarde mes amis avec tendresse, regroupés autour de moi

 

- Je vais bien, il faut plus qu'un sort d'un mangemort pour abattre une Black, je dis en rigolant. Sirius rit à son tour, comprenant tout de suite l'allusion à l'arrogance des Black.  Franchement, le père noël devrait arrêter de faire des discours larmoyants sur la haine et la tolérance, on sait très bien que Serpentard est un terreau à futurs mangemorts même si tous ne le seront pas, la moitié de notre maison est d'accord avec les dires de Voldemort.

- Tu-sais-qui, plutôt! Céleste, arrête de prononcer son nom, on ne sait jamais, peut-être qu'il a jeté un sort sur son nom, s'inquiète Peter qui a rejoint ses amis.

 

Je hausse les épaules, il faut plus qu'un nom pour me faire peur. Mes parents sont morts alors qu'ils l'appelaient « tu-sais-qui » ou « vous-savez-qui » alors le prononcer ou non, je m'en fiche, cela ne va pas faire revenir mes parents.

 

End Notes:

Merci d'avoir lu

La décision de Marlène et le retour au manoir by MissArty
Author's Notes:

 

Ajourd'hui, un chapitre centré un peu plus sur la vie sentimentale de Marlène!

j'ai enfin trouvé un rythme de publication, je pense poster un chapitre tous les week-ends.

Bonne lecture :)

- Miss Black, m'interpelle notre cher directeur de maison d'un ton joyeux.

Je me retourne et lui adresse un sourire tout en ouvrant grand mes oreilles.

- J'ai prévu de faire une petite fête avant les vacances de Noël le samedi précédant ces dernières, seriez-vous des nôtres ainsi que votre amie, Miss McKinnon.

- J'aimerai, professeur, mais un entraînement de Quidditch a été programmé à cette date. Je ne peux me défaire de cette engagement étant poursuiveuse, il en est de même pour Marlène, je lui annonce d'une voix désolée. 

 

Je tiens à préciser plusieurs choses. Je ne suis pas du tout désolée de ne pas aller à sa fichue fête surtout si on prend en considération mon attitude de la dernière fête. Ensuite, le Quidditch est un excellent prétexte, j'ai fait exprès de proposer cette date à notre capitaine lorsque Lily m'a dit que le club de Slug reprend du service.

 

- Sauf que je suis votre directeur et je peux vous refuser l'accès au terrain à cette date et c'est d'ailleurs ce que j'ai fait. Vous êtes donc priées de vous joindre à nous. N'oubliez pas, tenue de soirée et cavalier obligatoires! dit-il, satisfait d'avoir pu abusé de son pouvoir.

 

Il n'a aucun scrupule! On doit absolument s'entraîner! À la rentrée, on dispute un match contre les Gryffindors et ils ont l'air déterminé à remporter la coupe. Je veux bien le croire, vu à quel point ils se sont faits écrasés l'année dernière par les Poufsouffles! Comme quoi, il ne faut pas croire, que seuls les lions et les serpents peuvent gagner la coupe!

 

- Il va falloir se trouver un cavalier. Quelle perte de temps! se plaint Marlène.

- Vas-y avec Rosier, il sera ravi, je plaisante faisant rire mon amie. 

- Tu veux y aller avec qui?

- Je ne sais pas! J'ai pas envie de choisir quelqu'un au hasard!

- C'est lié au Serdaigle, n'est ce pas?

 

Comment fait-elle pour me connaitre autant? J'ai, en effet, pas envie d'être accompagnée, surtout si c'est pour voir la personne mourrir dans une attaque.

 

- On y va ensemble! Comme ça, c'est réglé!

- Et toi, tu es encore trop dans le passé! Oublie un peu Fabian! Il ouvrira un jour les yeux mais avant, profite! Et ne me dis pas que c'est impossible à cause de tes sentiments pour lui! Sors avec un garçon qui te servira de pansement! Tu te casses trop la tête avec lui! Non! Marlène, ne pleure pas! Je voulais pas être aussi dure, je suis vraiment nulle pour consoler les gens, moi!

 

Marlène me saute dessus et sanglote sur mon épaule. Nous sommes en plein milieu d'un couloir assez fréquent et on ne passe pas inaperçue, les gens nous fixent. Je suis sûre que certains vont s'imaginer des choses qui n'ont pas lieu d'être dans une école.

 

- Que t'arrive t-il, Marly? Quelqu'un t'a fait du mal, dit une voix que j'aurai préféré ne pas entendre en ce moment.

Marlène sanglote encore plus, et je sens la colère se diffuser dans mes veines.

- Laisse tomber, Fabian. Mais n'oublie pas que le jour où tu ouvriras les yeux, tu nous rendras à tous un énorme service. 

 

Prenant Marlène par la main, je quitte le couloir en plantant Fabian au milieu qui tente de comprendre le sens de mes paroles. J'aurai pu lui lancer quelque chose de plus agressif et de moins incompréhensible mais je ne l'ai pas fait, pour Marlène. Dans notre dortoir, je la couche sur son lit et lui donne son ours en peluche. Avant de m'en aller, je lui dis que j'inventerai une excuse pour les profs et que je noterai les cours avec application. 

Je m'en veux un peu car je ne pensais pas que ses sentiments lui pourrissaient autant l'esprit. J'aurai dû m'en douter,  Marlène est quelqu'un de très passionné. Heureusement je ne croise aucun élément nuisible à ma tranquillité car je pense que j'aurai passé ma colère sur lui. Pour une fois, je mange seule et je vais en cours seule, sans la présence de mon amie à mes côtés. L'après-midi passe et je prends les cours pour deux tout en priant pour que le coup de blues de Marlène passe. Lorsque je rentre dans le dortoir, elle ne dort pas et me sourit tristement. Je n'aime pas la voir comme cela, je remarque que ses yeux sont rouges. Je me mets en pyjama et tant pis, pour mon dîner, je m'installe sur le lit de Marlène en la prenant dans mes bras. Elle s'endort et quelques dizaines de minutes après, c'est mon tour.

 

La semaine passe très vite. A ma grande joie, Marlène retrouve sa gaieté habituelle (et comme par hasard, cela arrive quand Fabian et sa copine se disputent de plus en plus...). Le soir de la fête, nous mettons nos robes de soirée, envoyées par ma soeur à ma demande. Lily est bien entendu présente et très à l'aise en public, elle discute avec un Auror, Remus qui l'accompagne vient nous saluer et nous débattons un moment sur l'utilité des mesures prises par le ministère concernant les mangemorts. Je les quitte un moment pour le buffet et comme la dernière fois, je me retrouve face à Rosier. Je crois qu'il a un problème avec la nourriture! Nous nous fixons puis j'interromps notre jeu puéril.

 

- Pour une fois, Rosier, essayons de nous comporter comme des gens civilisés. Tu ne m'agresses pas avec tes propos que je ne tolère pas et je ne me mets pas en colère, contentons-nous de nous ignorer. Es-tu d'accord?

- Juste pour la soirée.

 

Je hoche la tête en guise d'approbation, je prends quelques tartelettes au citron puis essaye de trouver un coin pour manger ce qui sera probablement mon dîner.

 

- Toujours en train de manger, plaisante Fabian en s'approchant de moi.

Surprise, je lève la tête, je remarque l'absence de sa Serdaigle et la présence d'une marque de main sur sa joue.

- Tu te maquilles maintenant? je lui réponds.

 

Il fronce les sourcils puis porte la main à sa joue avant d'éclater de rire.

- J'ai quitté Héloise sous le gui en lui annonçant qu'elle et moi, c'est terminé. Elle l'a mal pris et...

- ne t'a pas loupé! je poursuis

 

il éclate de rire de nouveau et je me rends compte d'une chose pour la première depuis quatre ans. Fabian Prewett est bel homme, intelligent, drôle et a un rire magnifique. Il ferait un excellent parti même si c'est un traitre à son sang.

...

Je viens bien de dire que c'est un traitre à son sang? Argh! Me voilà qui parle comme ma grand-mère! Cette vieille harpie a réussi à me mettre ses idées moyenâgeuse dans la tête!

Céleste, reviens sur terre et arrêter d'analyser Fabian. C'est la chasse gardée de Marlène! De toute façon, il n'est pas mon genre, je préfère les blonds!

Je bafouille quelques mots polis et fonce retrouver Marlène qui est en grande discussion avec Sirius si j'en crois leurs gestes.

 

- ...n'importe quoi! Tous les Sang-Purs ne sont pas comme ça! Regarde ma mère! Regarde Céleste! regarde toi aussi! Tes yeux sont remplis de nuages, tu es aveuglé par ta haine envers ta mère!

 

Pardon? Il est en train de dire que je peux rejoindre Voldemort si cela peut me servir! Il est pas bien dans sa tête! Hello colère, ma vieille amie!

 

- Tu n'es qu'un ingrat, je m'exclame en le giflant de toutes mes forces (ce qui a le mérite de soulager ma colère).

- Tu n'es pas bien dans ta tête, lance James .

- Écoute-moi s'il te plaît, Sirius! Ne dis jamais que je pourrais rejoindre Voldemort, pas après toutes les horreurs que nous avons pues subir ma soeur et moi à cause de notre grand-mère, je dis en sentant mes yeux se remplirent de larmes.

 

Il me prend dans ses bras et s'excuse. Ravalant mes larmes, j'annonce que Fabian est de nouveau célibataire, Marlène pousse un cri de joie qui fait sursauter les personnes autour de nous. Je passe ma main sur le front en signe de lassitude. Marlène ne saura jamais se comporter convenablement. Je dis ça mais moi non plus, peut-être est-ce dû justement à l'influence qu'elle a sur moi?

En petit comité et l'écart des autres, nous passons tous les six une agréable soirée. Je regrette l'absence de Mary mais elle doit être trop commune selon Slughorn pour être invitée à une de ses soirées. Comme il se trompe! Mary est tout sauf commune, c'est la douceur incarnée, c'est une personne passionnée et très curieuse, elle a une culture générale impressionnante, elle connaît un grand nombre de choses que ce soit sur le monde de la sorcellerie ou le monde moldu. Parfois même, c'est elle qui m'apprend des choses sur le monde de la sorcellerie, elle qui est une né-moldue! C'est vrai qu'elle n'a aucun talent comme Lily pour les potions, ne vient pas d'une famille aisée comme James ou Sirius ou moi et n'est pas ambitieuse comme Marlène.

 

Arrivées dans le dortoir, Marlène ne va pas sur son lit et vient sur le mien à ma grande surprise. Elle m'explique très sérieusement que j'ai raison concernant Fabian. Il faut qu'elle l'oublie et s'intéresse à d'autres personnes. Elle sait qu'il n'a toujours pas compris ses sentiments pour lui et n'a pas envie de lui dire surtout que dans six mois, il n'est plus à Poudlard et qu'à la fin de l'année, il y a les examens. Elle préfère se concentrer sur ses études plutôt que de courir après un homme qui ne l'aime pas. Je lui demande s'il ne serait pas plus judicieux qu'elle lui fasse sa déclaration pour être fixée mais elle refuse me disant qu'elle souffrirait encore plus s'il la rejette. Après m'avoir souhaité une bonne nuit, elle s'endort sur son lit, me laissant perplexe quant à sa décision de ne plus chercher à sortir avec Fabian.

 

La semaine passe vite, James et Sirius ont gagné une retenue en faisant exploser une bombabouse dans le couloir des Serpentards (ils se sont faits prendre par le professeur Slughorn), l'odeur a mis quatre jours à partir. Marlène a trouvé l'idée excellente mais Lily et Mary n'étaient pas de cet avis, et ont fait la tête à Marlène pendant deux jours. Une semaine normale à Poudlard! Des disputes et des mauvais coups!

 

Dans le Poudlard express qui nous ramènent chez nous, les filles et moi partageons les ragots croustillants circulant au sein de nos maisons respectives. Rogue n'est pas avec nous, il a prétexté un besoin d'isolement. Je le soupçonne d'être avec la bande de Rosier à moins qu'il soit réellement, seul, dans un compartiment. J'ai déjà remarqué son éloignement vis-à-vis de nous. Une fois, j'en ai fait par à Lily qui m'a voué se disputer souvent avec lui à cause de ses relations. Il va finir mangemort, il est sur la bonne voie pour l'être...

Après quelques câlins d'au revoir, nous nous séparons. J'aperçois ma soeur sur le quai, se tenant aussi droite et immobile qu'une statue. Lorsqu'elle me voit, elle m'adresse un sourire aussi lumineux que les rayons du soleil. Après une étreinte à m'en briser les os, elle me demande d'appeler le magicobus avec ma baguette.

Mon premier voyage à bord m'a dégouté à vie de ce moyen de transport. je ne sais pas quel est le pire entre le sorcière d'une soixantaine d'années qui a vomi dans son sceau pendant tout le trajet et le garçon dont la mère dépassée, n'a pas pu l'empêcher de courir partout dans le bus. Lorsque le paysage familier apparaît dans mon champ de vision, je m'attends à voir la silhouette de ma mère sur le perron du manoir mais avec un pincement au coeur, je me rappelle que cette image n'est plus qu'un souvenir.

Alors que je reste devant la porte sans l'intention de l'ouvrir,  elle s'ouvre toute seule et Cathleen me pousse avec douceur à l'intérieur. Alfred se précipite vers moi pour prendre mes bagages et m'enlever mon manteau. Je tends l'oreille pour entendre la voix de mes parents mais un pincement au coeur me rappelle à la réalité. Cathleen me demande ce que je veux manger, je lui annonce que je ne veux rien, j'ai l'estomac trop noué pour avaler quoique ce soit. Néanmoins, je fais l'effort d'aller dans la cuisine pour saluer Dolly. Je m'assois sur mon tabouret et raconte à l'elfe ma rentrée et ma vie à Poudlard. Elle m'écoute avec attention mais je remarque qu'elle n'est pas en forme, elle a l'air abattu et morose sûrement parce que ses maîtres sont décédés. Lorsque je lui demande si elle va bien et si Cathleen s'occupe bien d'eux, elle me rassure et m'assure que Catie est une gentille maîtresse de maison aussi douce et respectueuse que ma mère. Je ne sais pas ce qui me prend mais je serre dans mes bras l'elfe. Comme si elle n'attendait que ce contact, elle pleure dans mes bras durant plusieurs minutes puis s'excuse de son comportement indigne d'un elfe, je lui souris et lui interdis de se donner une punition. Elle est fait partie de la maison comme la famille Black-Cresson, elle a le droit de pleurer ses maîtres en présence de leur fille. Ma mère a toujours refusé que les elfes se punissent, elle jugeait ce comportement barbare et irrespectueux. Je suis tout à fait d'accord avec elle. Je rejoins ma chambre et m'endors en pensant à mes parents.

End Notes:

Merci d'avoir lu!

A la semaine prochaine! (et dans ma tête, j'entends les présentateurs de l'émission "Silence ça pousse" en écrivant ça!!)

Vacances de Noël by MissArty
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Voici le chapitre du week-end!

Bonne lecture :)

Le jour de l'enterrement d'Isabelle et de Victor Black, le temps est ensoleillé, ce que je trouve curieux car dans ma tête, je croyais naïvement qu'il pleut toujours ce jour-là.

Je dois aller faire l'animal de foire et m'exhiber devant tout le monde, c'est à dire saluer les collègues et amis de mes parents que je connais vaguement de vue. Cathleen, dans sa robe couleur prune et son éternel chignon serré, se plie aux exigences de la bienséance avec zèle. De loin, j'aperçois Alphard, discuter avec enthousiasme avec une jeune fille brune. 

Je constate que Grand-mère Rosier est en retard, j'espère qu'elle ne va pas faire pas de scandale même si j'en doute. Après avoir salué un collègue de ma mère, je m'approche de ma soeur qui discute avec les Potter et Sirius. La discussion tourne autour de la fugue de Sirius que j'ignorais. Je satisferai ma curiosité plus tard, j'ai d'autres préoccupations pour le moment. James s'éclipse pour aller voir les McKinnon qui viennent d'arriver. Je veux le suivre mais mes grand-parents paternels, M et Mrs Cresson, se dirigent vers nous.

Je veux courir à leur rencontre mais ma soeur m'attrape par le bras et m'intime d'un regard d'être une Black digne: ne pas courir et avancer vers eux d'un pas gracieux et léger. Résolue, j'obéis et viens à leur rencontre aussi droite et distinguée que possible. Ils paraissent avoir pris un coup de vieux, les cheveux grisonnants et les joues creuses. Mon grand-père est sur le point de pleurer. Ils nous félicitent pour notre retenue car il s'attendait à ce que l'on soit en larmes. Je suis bien obligée,  j'ai dû supporter un long monologue de Cathleen sur la bienséance, elle m'a aussi fortement conseillé de garder mon sang-froid.

Ils me font des compliments comme quoi je devient une belle sorcière d'année en année, et espèrent que je prenne exemple sur ma mère. Comment leur dire que j'ai hérité du caractère explosif de la famille paternelle? 

Après quelques paroles échangées, je les quitte pour retrouver mes amis. Je ne peux plus rester avec eux. Ma grand-mère s'est murée dans un silence pour faire bonne figure et mon grand-père est à la limite de s'effondrer. Je peux le comprendre, ma mère était sa fille chérie, personne n'avait intérêt à toucher à elle. Ma mère m'a même racontée qu'au début de leur mariage (à mon père et elle), mon grand-père ne cessait de lui envoyer des lettres pour savoir si mon père se comportait bien avec elle. 

 

Je sens Cathleen s'impatienter, Grand-mère Rosier n'est toujours pas  présente. Je passe alors du temps avec James, Sirius et Marlène. Les garçons nous racontent leurs blagues et Marlène s'amuse à décrire mes joutes verbales avec Rosier.

Enfin, ma grand-mère arrive, Sirius commente son arrivée en disant qu'il comprend désormais pourquoi Slughorn dit que je lui ressemble. Il paraîtrait que nous ayons la même teinte de cheveux, le même port de tête, la même forme d'yeux et surtout le même regard de feu, mêlant détermination et fierté et la même taille. Cathleen s'approche de moi et me pince le bras pour me souvenir de ne pas commettre d'impair surtout que notre grand-mère est de mauvaise humeur, à se demander si elle n'a pas tout le temps sa période rouge (même s'il est évident qu'à son âge, elle ne les a plus).

Pourquoi je pense à ce genre de choses?

 

- Bonjour madame, salue poliment Cathleen.

- Tiens, tu es toujours là! Tu persistes à vouloir enterrer mon fils ici! Tu es, la tare de notre famille et en plus tu en es fière! Je vois que tu as amené des traîtres à leur sang et des sang-mêlés, j'espère que pour ton honneur, aucun sang de bourbe n'est présent. 

Charmante comme toujours!

- Bonjour madame, dis-je à mon tour.

- Oh ma petite Céleste, heureusement que tu es là! Toi, tu fais honneur à la famille. Malgré tes frasques à l'école, il faut impérativement que je te présente quelques personnes, j'en connais qui seraient ravis de faire ta connaissance en dehors de l'école.

 

Les personnes présentes sont estomaquées de voir une Sang-Pur aussi imbue de son sang et le montrer aussi ouvertement. Sirius, à côté de moi, me murmure que « la vieille pie doit être très amie avec sa chère et tendre mère ». Cathleen se passe une main sur le front, signe que sa patience a des limites mais elle se tait et laisse couler.

 

- Cathleen, que fais-tu? Ordonne à l'agent du ministère de commencer la cérémonie sans tarder. C'est bien pour cela qu'il est payé! aboie ma grand-mère avec son amabilité coutumière.

 

L'enterrement a lieu, entre larmes et reniflements, tout se passe correctement. Cathleen remercie l'agent du ministère qui ne reste pas pour le déjeuner. Certains prennent ensuite la route, pour rejoindre la maison (le tombeau familial se trouve à l'autre bout du parc du manoir).

 

- Pourquoi mettre ma bru à côté de mon mari? Mon fils aurait dû se trouver à côté de mon mari, râla toujours la même personne puis elle passe à autre chose lorsqu'elle m'aperçoit. Ma petite Céleste, viens ici, il faut que je te parle de certaines personnes, je n'ai pas eu le temps!

- Mère, laissez-tranquille Céleste. Laissez-la vivre et se remettre surtout de la mort de ses parents, conseille John.

- Je ne veux pas que ma seule petite-fille capable d'honorer notre famille fasse une mésalliance. Je te rappelle, mon cher fils, qu'elle doit sauvegarder la pureté du sang des Black. Je ne tolérerai pas qu'elle se marie avec un sang de bourbe comme Andromeda Black, ils ont d'ailleurs eu une fille, elle a été reniée, évidemment...

 

Calme-toi Céleste! Calme-toi! Pas de colère!

 

- Là, ça suffit! Vous pouvez raconter vos inepties chez vous, dans votre cottage maudit mais pas chez MOI. Chez moi, les termes de traites à son sang et de sang de bourbe sont bannis. On s'en fout complètement du sang et ce n'est certainement une sale peau de vache aigrie par le temps qui instaure les lignes de conduite de ma famille. La maîtresse de maison, ici, c'est moi et personne d'autre, c'est moi qui commande alors vous avez intérêt à respecter mes exigences. Autre chose, jamais mais alors jamais Céleste ne fera un mariage arrangé. Vous pouvez dès à présent oublier une possible alliance avec les Lestrange, les Malefoy, les Rosier ou que sais-je encore. Céleste épousera la personne de son choix si elle décide de se marier, son mari pourra être un né-moldu, un mordu ou un sang-mêlée si elle le souhaite, je ne m'y opposerai pas. Maintenant, vous avez deux possibilités, soit vous quittez immédiatement ma demeure, soit vous restez et vous arrêtez de jouer à la Consanguine-Pur, crie Cathleen, oubliant toute règle de bienséance.

 

Oncle Johnny et moi la regardons, effarés, de la voir perdre le contrôle de ses émotions, elle qui est pourtant si calme d'habitude. Elle est bien comme ma mère, elle est d'un naturel calme mais il ne faut pas abuser de sa patience.

 

- Je vois que ma présence ici gêne, je vous quitte donc. Cathleen, j'en ai pas fini avec toi, répondit ma grand-mère, une once de menace de la voix

- Dégagez, je m'en fous. C'est moi qui aurai la garde de Céleste.

 

Rosalie part, outrée par le comportement et le langage de l'aînée de ses petites-filles et grognant de mécontentement.

 

- Ne serait-il pas l'heure de manger? demande Marlène.

- Marlène, un peu de tenue! J'espère qu'à Poudlard, tu n'es pas estomac sur pattes, dit sa mère.

- Aucune risque, Madame! Marlène a l'appétit d'un oiseau! rassure en riant James

 

Je ris, en comprenant que Marlène a fait exprès de casser l'ambiance tendue. Cette fille est vraiment géniale!

La journée se termine dans une ambiance légère, même si tout le monde garde en mémoire la raison pour laquelle nous sommes réunis. Je m'amuse avec mes amis, oubliant pour un moment le vide laissé par la mort de mes parents dans le manoir

 

Après un Noël plutôt solitaire et dans une ambiance morose, le 26 décembre, Cathleen me réveille à 5h. Le rendez-vous au ministère est à 11h30 mais Cathleen ne dispose que de sa voiture pour y aller, c'est pour cela qu'on se lève tôt. Je lui ai bien fait comprendre qu'il est hors de question que je remonte dans le magicobus.

Sur la grande table de la salle à manger, le petit déjeuner est servi. Cathleen, une tasse de café à une main, la Gazette du sorcier l'autre, grimace devant les articles lugubres. Je ne pose pas de questions, j'ai toujours en tête l'attaque de Pré-au-Lard et ne veux pas que ma soeur ait l'idée de m'interroger dessus alors que je lui ai demandé de ne pas me rappeler ce moment.

 

Dans la voiture, Je dois me faire une place et éviter que quoique ce soit ne me tombe dessus. La voiture de ma soeur a toujours été désordonnée. Des magazines moldus jonchent le sol, des rouleaux de tissus  sont empilés dans un équilibre précaire, une valise prend une place entière à l'arrière, je n'ose même pas imaginer l'intérieur du coffre.

- Comme tu as pu le remarquer, ma voiture est toujours en bazar, n'hésite pas à pousser des affaires. Faudra que tu me fasses penser à enlever au moins les rouleaux de tissus, j'ai oublié de les mettre dans mon atelier. Je n'ai pas eu le temps de me soucier de la couture ces dernières semaines. J'ai plein de commandes en retard.

- Tu as arrêté de coudre?

- Oui, j'ai été obligée. La gestion des affaires familiales prend beaucoup trop de temps mais je devrais reprendre mon activité dans les prochaines semaines, les choses ont l'air de se calmer.

 

Cathleen est couturière, elle confectionne des tenues sur commande dans le monde sorcier comme dans l'autre. Peu de personnes savent que derrière la marque « La chambre colorée » se cache une héritière de la famille Black. Avec l'accord de nos parents, elle s'est octroyée une pièce du manoir et y a installé son atelier.

A 10h 40, nous rentrons au ministère du côté moldu et nous nous dirigeons vers le service de la justice magique. Dans l'ascenseur, Malefoy se tient à droite, je pâlis, je tiens alors la main de ma soeur en guise de soutien. Au moment de sortir, je sens le regard de Malefoy se poser sur nous.

- Bonjour! Vous êtes à l'heure et même en avance, dit l'employé du ministère en nous faisant entrer dans son bureau. Je m'appelle Thicknesse, je suis en charge de votre dossier.

- Ne fermez pas la porte, jeune homme! lance la voie hautaine de ma grand-mère.

- Madame, vous n'avez pas pris rendez-vous, je ne peux pour le moment me charger de votre dossier.

- Si, vous vous chargez du dossier Black. Je suis la grand-mère de ces deux jeunes filles, j'ai mon mot à dire.

 

Devant l'aura et l'arrogance de la vieille dame, M.Thicknesse s'efface et la laisse entrer.

 

- Mesdames, nous sommes ici pour régler les problèmes de la tutelle de Miss Céleste Black, ici présente.

- En tant que doyenne de cette famille, je souhaite être responsable de ma petite-fille. Je suis la mieux qualifiée pour recevoir cette qualité, je suis une sorcière accomplie alors que Cathleen ne l'est pas, je saurais gérer les problèmes dues à la magie.

- Je suis peut-être une Cracmolle mais depuis que Céleste est née, je m'occupe d'elle autant qu'a pu le faire notre mère, si ce n'est plus. Je suis majeure dans les deux mondes, je connais les deux mondes,  j'ai un métier, j'estime pouvoir être en mesure d'assumer la qualité de tutrice de ma soeur jusqu'à sa majorité.

- Ne pensez-vous donc pas que votre statut de Cracmolle puisse être un frein au bien-être de votre soeur? demande l'employé.

- Non. N'y a t-il pas des sorciers dont les parents sont des moldus? Je ne vois pas la différence entre ces parents et moi. Je suis capable de m'occuper de ma soeur.

- Bien. Miss Black. Le ministère a déjà tranché. Veuillez signer ce document attestant que vous acceptez d'être le seul et unique représentant légal de votre soeur. Votre soeur devra aussi signer ce papier, vous reconnaissant toute autorité sur elle.

 

La porte claque, Rosalie Black, accepte pour une fois sa défaite et part sans un mot. Je signe le papier après ma soeur, les mains tremblantes car ce document représente beaucoup pour moi, il empêche un mariage arrangé.

 

- Si tous les Sang-Purs pouvaient être comme vous et non comme votre grand-mère, il n'y aurait pas de guerre, dit M.Thicknesse, en nous ouvrant la porte.

 

Dans le couloir, je me jette dans les bras de ma soeur qui m'étreint tellement fort que je crois étouffée.

Le trajet du retour se fait dans une ambiance joyeuse, si bien que je raconte certaines de mes aventures scolaires et Cathleen raconte certaines de ses relations amoureuses. Une fois rentrées à la maison, les elfes se précipitent sur nous et nous demandent si « nous avons gagné ». Lorsque nous leur annonçons la bonne nouvelle, ils font une danse de la joie autour de nous. Je regarde Cathleen et constate qu'elle affiche le  même de consternation que moi. Qu'ont bien pu boire les elfes en notre absence? Je pencherais plutôt vers la bierraubeure! Cathleen frappe dans ses mains, les elfes se figent et bredouillent quelques excuses avant de s'en aller.

 

- Je rêve ou les elfes ont bu de l'alcool pour sorciers?

- Laisse tomber, conseille Cathleen. Va plutôt réviser tes BUSES, tu as intérêt à avoir la note maximale en potion. 

Je n'ai jamais eu en dessous de 16 dans cette matière et au dernier contrôle, j'ai eu un optimal, à sa place, je ne m'inquièterais pas! Par contre, en Astronomie, j'ai encore des difficultés, c'est un comble pour une personne qui s'appelle Céleste!

 

Mes vacances se déroulent dans une routine lassante, je révise mes cours et je fais mes devoirs de vacances. Parfois, je vais parfois voir Dolly dans sa cuisine et lui demande de m'apprendre des plats. La première fois que je lui demandé, j'ai cru qu'elle allait s'évanouir. De sa voix aiguë, elle s'était exclamée que :« la jeune maîtresse ne peut apprendre à faire la cuisine, c'est à Dolly de faire la cuisine. La jeune maîtresse ne doit pas abîmer ses mains ». 

Ma soeur, quant à elle, a passé presque toutes les vacances au troisième étage, l'étage des pièces de travail, je ne l'ai vue qu'aux repas et que lorsqu'elle m'a fait réviser mes cours. Cathleen est incroyable, c'est une Cracmol mais elle sait énormément de choses, elle me conseille même comment tenir ma baguette pour lancer un sort. Cela s'explique par le fait que lorsqu'elle était enfant et même adolescente, elle lisait des ouvrages de la bibliothèque pour combler son ennui. Elle connaît la généalogie des familles de Sang-Pur par coeur et leurs usages. Elle n'est pas une sorcière mais cela ne l'empêche pas de tout savoir sur le monde de la sorcellerie. Elle est extraordinaire.

 

- Catie, où es-tu?

- Dans le bureau de notre mère.

 

Je râle, j'ai la moitié du manoir à parcourir, Alfred me regarde en riant, je lui tire la langue. Normalement un elfe ne devrait pas rire en la présence de sa maîtresse mais mon père l'a habitué à des écarts de conduite. Dans la famille Black-Cresson, on ne fait pas les choses comme tout le monde!

 

- Pourquoi es-tu...Tu as pris le bureau de mère? C'est un lieu sacré! Catie! je m'écrie en voyant ma soeur assise tranquillement sur la chaise tournante de notre mère.

- Son bureau est le plus approprié pour travailler. Dans celui de père, il y a un mélange d'ingrédients pour faire les potions et de parchemins et de dossiers. Si tu rentres à la maison en avril, j'aimerai bien que tu m'aides à trier les affaires de nos parents, il y en a trop pour ne pas que je me sente très vite dépassée par le rangement. 

 

Déstabilisée par ce changement, j'éclate en sanglot en accusant ma soeur d'effacer la présence de nos parents dans le manoir. Paralysée par cet étalement de tristesse, Cathleen reste assise sur sa chaise, attendant que la fin de la crise de larmes. Je ne suis pas une pleurnicharde, Cathleen ne supportait pas de me voir pleurer lorsque nous étions petite, c'était elle qui venait me consoler. De plus, notre éducation ne nous permet pas d'étaler nos sentiments en public, une des rares règles imposées que j'ai assimilée. Je me calme et demande à ma soeur de m'accompagner à la gare le lendemain d'une voix hachée. Pour une raison que j'ignore, Cathleen accepte distraitement et ouvre en grand ses yeux en lisant le contenu du papier qu'elle a dans sa main. Je la vois fouiller rapidement dans le dossier et en ressortir ce qui semble être un contrat. Intriguée par son comportement, j'en oublie le désagrément que me procure l'appropriation du bureau de mère par Cathleen. Je m'approche d'elle et lui demande si tout va bien. Elle sursaute, et se tourne vers moi, étonnée de me voir! Merci d'oublier mon existence en deux secondes à cause d'un fichu papier!

 

- Quel est le contenu de ce papier?

- Tu devineras jamais! Des contrats de fiançailles! Grand-mère Rosier voulait marier l'une de nous deux à Evan Rosier sauf que ses parents ont finalement retirés leur offre, puisque je suis une Cracmol et toi, une traitre à ton sang! C'est écrit noir sur blanc sur ces papiers! Ton contrat a été rompu dès le mois de ta rentrée à Poudlard, tu devais pas être assez digne de ton rang!

- Tu as bien fait de ne pas laisser cette vieille peau m'avoir sous sa responsabilité! je constate, amusée par cette situation. Catie, ne panique pas! Ces contrats sont caduques. Je sais qu'il représente beaucoup de choses mais il ne s'est jamais rien passé, j'ajoute avec légèreté.

- Jamais je ne t'aurais laissée sous sa responsabilité! s'exclame t-elle férocement. 

Je sourie face à sa détermination. Je suis convaincue, qu'à deux, nous pouvons faire face à notre famille et à la société. Toujours ensemble.

End Notes:

Merci d'avoir lu

 

N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé :)

 

 

Enterrement et Quidditch by MissArty
Author's Notes:

Bonjour les gens!

Me voilà avec un nouveau chapitre. Ayant été occupée par la reprise des cours, j'ai eu moins de temps pour cette fan fiction, je m'en excuse. 

Voilà un chapitre tout neuf car je l'ai beaucoup modifié pour qu'il soit plus attrayant. 

J'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture!

Alors que je fais mes devoirs en compagnie de Marlène et de Rogue dans la salle commune, un deuxième année vient me dire que je dois impérativement aller dans le bureau directorial, il en fait de même avec Regulus auquel je n'ai presque jamais parlé à part pour le sport. Sur la route, nous croisons Sirius. Je commence à redouter une mauvaise nouvelle mais que peut-il se passer pour que nous soyons tous les trois convoqués? Cela concerne obligeamment un membre des Black.  Lorsque je franchis le seuil du bureau, je vois ma soeur, debout, aussi droite que possible. Je grimace, sachant pertinemment que les visites de ma soeur apportent leur lot de mauvaises nouvelles. Tranquillement, Cathleen se présente à Regulus.

 

- Catie, qui? je demande, impatiente avec appréhension.

 

Ma soeur nous regarde chacun à notre tour, ne sachant pas visiblement comment nous annoncer une nouvelle qui semble être mauvaise, étant donné son long silence.

 

- Merlin! Comment vous annoncez un truc pareil! Pourquoi, n'est-ce pas marqué dans les livres? se lamente Cathleen. Je vais faire court. Alphard Black est mort ce main à l'hôpital d'une maladie incurable.

 

Nous ouvrons grand nos yeux. Regulus hoche la tête et remercie Cathleen d'être venue avant de s'éclipser, Sirius se jette dans les bras de ma soeur pour pleurer. Avec douleur, je me remémore alors son tout premier repas de Noël chez nous avec Alphard. Elle lui caresse les cheveux avec douceur puis elle lui prend la main et sort du bureau pour le raccompagner dans son dortoir. Je la suis, elle croise James au détour d'un couloir et lui confie Sirius avant de se tourner vers moi. Elle me demande si j'ai besoin d'une potion sans rêve ou d'une potion calmante. J'ignore sa question même sa sollicitude me touche. Je lui demande pourquoi elle ne pleure jamais, elle me répond qu'à force d'encaisser les coups, on finit par se forger une carapace, ce que je trouve à la limite de l'insensibilité. Après un baiser sur le front, elle s'en va direction le manoir pour y organiser les obsèques de notre oncle.

 

Je précise que j'ai à peine compris ce qu'il vient de de passer.

 

Soudain seule dans le couloir, un sentiment de panique s'empare de moi. Je suis prise d'un vertige, j'ai le coeur qui bat très vite, j'ai chaud. Je vais sûrement faire un malaise mais une chose m'en empêche: l'apparition  Lily et Mary.

 

- Que s'est il passé? Black fait une tête pas possible. Potter, cet crétin, m'a dit que « les affaires des maraudeurs ne concernent que les maraudeurs et pas les préfètes parfaites » lorsque je lui ai demandé très gentiment les raisons de la mine de Black.

- Il...mon..hôpital...mort, je bredouille avant de me reprendre, le coeur battant toujours très vite. Mon oncle Alphard est mort.

 

Je m'enfuis à toute vitesse dans mon dortoir vide et m'enferme derrière les rideaux pour pleurer. Doucement, je sens une présence à côté de moi qui me caresse les cheveux d'un geste rassurant. C'est Marlène comme toujours.

 

- Marlène, pourquoi es-tu toujours présente lorsque j'ai besoin de quelqu'un? je murmure en reniflant.

- Tu dois être remise sur pieds rapidement pour m'aider à sortir avec Fabian, plaisante t-elle sans répondre à ma question.

 

Cette nuit encore, Marlène dort avec moi, sa présence m'est essentielle pour ne pas faire de cauchemar.

 

Quatre jours plus tard, nous nous retrouvons pour l'enterrement d'Alphard, je revois Andromeda que je n'avais pas vu depuis une fête chez les Black ou Rosier quand j'étais petite. Je la trouve très belle.

L'enterrement se passe dans le calme à l'image même de l'homme qu'Alphard avait été. La main dans celle de Cathleen, je me sens perdue dans un monde qui me dépasse. Mes figures parentales disparaissent petit à petit. Je prie pour que ni Johnny, ni Cathleen rejoignent bientôt le royaume d'Hadès. Sirius paraît dévasté, ne cessant de renifler, les larmes aux yeux. Je sais qu'Alphard a été le seul membre de sa famille à vraiment l'apprécier si bien qu'il est son héritier, il se trouve à seize ans à la tête d'un patrimoine considérable. D'après Lily, Sirius parle peu, son rire manque dans la salle commune des lions, il n'a plus aucune retenue, lui qui les accumulent. Je suis vraiment désolée pour lui, il n'a plus personne. Moi, j'ai la chance d'avoir encore ma soeur, lui n'a même plus son frère. Andromeda peut s'apparenter à une grande soeur pour lui mais il ne la voit que très peu.

 

 

Changement de décor, en ce mois de février, notre charmante équipe de Quidditch se retrouve sur le terrain dans la joie et la bonne rumeur (toute ma phrase est ironique).

 

- Cessez de parler! ordonne Selwyn dans une tentative  d'être autoritaire.

 

Il faut tout faire ici! 

 

 

Céleste à ton service, espèce de chiffe molle!

 

- C'est pas toi le capitaine, proteste Wilkes. On a pas à t'obéir!

- A ta place, je me tairai! Entre McKinnon qui papote tranquille avec Black et Carrow et toi qui jouez avec vos battes comme des moldus, on est pas prêt de gagner la coupe cette année encore!

 

Petite mise au point. Dans l'équipe, Marlène, Selwyn et moi occupons le poste de poursuiveur, Regulus est attrapeur, Wilkes et Carrow sont batteurs, Gibbon est le gardien. J'espère que l'année prochaine, Selwyn ne sera plus le capitaine car il n'est pas autoritaire et est assez mou, heureusement sur le terrain, il est dynamique, il obéit bien aux ordres que je lui hurle à chaque match. Le lendemain des matchs, j'ai toujours mal à la gorge du coup!

 

- Ne nous insulte! grogne Carrow

 

Je ne peux absolument pas le supporter, il est insupportable mais moins que Rosier. Il a été pris dans l'équipe car il vise bien. Du haut de ses quatorze ans, il a déjà une haine farouche envers les né-moldus et les traîtres à leur sang, et comme la plupart des équipes sont remplies de ces gens-là, il a une telle envie de gagner que parfois il me fait peur, j'ai l'impression qu'il va envoyer sa batte dans la figure de nos adversaires. Il en est de même pour Wilkes. Regulus est calme et discret mais il attrape presque toujours le vif d'or.

 

- Alors, joue bien et concentre sur la victoire. Je ne tolérerai pas que l'on perde contre ces fichus lions! On va les écrabouiller et leur montrer que la noble maison de Salazar Serpentard peut gagner la coupe! Alors, maintenant, enfourchez vos balais, que l'entraînement commence!

 

Ils m'obéissent tous. Je sens qu'ils sont déterminés. Nous envoyons le plus rapidement possible et à tour de rôle le souafle dans les buts afin que Gibbon améliore ses réflexes pour qu'ils soient excellents et en même temps, cela permet aussi aux poursuiveurs d'améliorer leur jeu. Regulus sert de punching-ball pour que je vérifie si Wilkes et Carrow visent toujours aussi bien. Je sais que c'est assez dangereux pour Regulus mais je sais qu'il capable d'éviter les cognards alors il fait la cible et puis je ne vais pas abîmer le précieux cadet de Walburga Black. Je tiens à ma vie! 

A la fin de l'entraînement, je me rends compte que j'ai passé mon temps à leur crier des ordres comme l'aurait fait un capitaine. D'ailleurs à la sortie des vestiaires, Selwyn m'attend et me dit que si on gagne le match contre les Gryffondors, il me laisserait sa place l'année prochaine. J'ai, d'après lui, toute les compétences requises pour être un capitaine. Il a oublié que les femmes sont très rarement capitaines, voire même jamais! Devant mon air incrédule, il m'assure que même si je suis une femme, je pourrais aisément me faire respecter car personne ne peut défier la colère de Céleste black!

 

- Céleste, si tu refais encore une séance comme celle d'aujourd'hui, trois ou quatre fois, par semaine, je ne vais tenir le rythme, râle Marlène alors que nous nous installons à table. Pense à nos devoirs!

- Tu es suffisamment intelligente pour pallier les carences du manque de travail dues au Quidditch. On ne va pas se laisser faire par les Gryffondors, on doit gagner cette coupe! Je ne vais pas laisser les Serdaigles remporter la victoire finale.

- J'avais oublié à quel point tu adores les Serdaigles, ironise Marlène.

 

Je déteste les Serdaigles, ils sont pas fiables ces gens-là. Ils font semblant de rester leur monde à lire ou à rêver alors qu'ils sont hypocrites et sur le terrain, ce sont des bêtes assoiffés de victoire qui n'ont cure des règles. Le nombre de fois où je me suis disputée avec l'arbitre à cause d'une faute des Serdaigles qu'il n'avait pas vu est impressionnant. ils se croient au-dessus de tout le monde parce qu'ils sont dans la maison des individus intelligents et créatifs. Cependant, j'ai eu une énorme surprise l'année dernière, certains Serdaigles sont très sympathiques comme Bones et Hestia Jones, ce sont des personnes franches, intègres qui détestent les mangemorts. Des gens fréquentables.

 

- Céleste! s'exclame Marlène, me sortant ainsi de mes pensées

- Quoi?

- Regarde à la table des Gryffondors!

- Marlène, si jamais tu me montres encore Fabian, je te jure que je te...

 

Mais mes mots restent suspendus à mes lèvres, Mary est en train d'embrasser Edgard Bones! Quelle cachotière! Comment j'ai fait? J'ai pensé à Bones, et là, PAF, il embrasse l'une de mes amies! je tourne la tête légèrement à droite, et je tombe sur Fabian en grande discussion avec Ursula Abbot. A voir sa tête, je pense qu'ils sortent ensemble ou alors c'est en cours. Je reste scotchée par cette vision. Fabian, serait-il le don juan de Poudlard? Il m'énerve! Marlène est à sa portée, complément amoureuse de lui, et lui, il ne l'a toujours pas remarqué et va voir ailleurs. Merlin, qu'il ouvre un peu les yeux! Tout Poudlard est au courant sauf lui! Mes poings se serrent mais Marlène pose sa main sur la mienne.

 

- N'y fais pas attention! Il faut savoir lâcher prise quand c'est perdu d'avance, murmure Marlène avec une telle douleur dans la voix que j'ai envie de gifler Fabian. Regarde, Mary! Elle est toute mignonne les joues légèrement roses.

- Ah non, Marlène, je n'accepte pas cette résignation! A Serpentard, on est les rusés. Tu as intérêt à trouver un plan mais il est hors de question que tu continues de souffrir pour rien! Je refuse que tu nous fasses le remake de Roméo et Juliette!!

 

Marlène me fixe, des larmes coulent sur ses joues et elle s'enfuit en courant de la salle. Mes camarades de maison me regardent avec une lueur de reproche dans les yeux. 

J'en ai marre qu'un idiot s'autorise à faire souffrir ma meilleure amie. Sans avoir réellement conscience de ce que je fais, je me lève et me dirige vers la table des Gryffondors sous le regard de toute la salle et je gifle de toutes mes forces Fabian en lui disant que c'est de la part de sa protégée.

Bien sûr, le professeur McGonagall m'a vue et me met une retenue pour « attaque non justifiée d'un camarade».

Furieuse, je sors de la salle en claquant la porte, je me réfugie en haut de la tour d'Astronomie. Je suis nulle dans cette matière mais j'aime regarder les astres, cela m'apaise. Je m'endors dans la tour comme souvent. J'ai beau avoir été habituée depuis ma naissance à dormir dans des draps propres et parfumés, je suis capable de m'endormir n'importe où.

 

Le lendemain, je me réveille à l'aube, je cours dans mon dortoir afin de me changer et de me laver. Le temps d'arriver jusqu'à mon dortoir, c'est déjà l'heure de prendre son petit déjeuner. Ce château est trop grand! Dans la Grande Salle, Marlène sirote son jus de citrouille tranquillement, le teint reposé, en train de lire Sorcière-Hebdo. Elle lève le nez de son journal quand elle entend des pas, enfin, mes pas.

 

- Merci d'avoir mis une gifle à Fabian et merci pour tes paroles d'hier. Tu as montré que tu te soucies de mon bien-être, cela me fait extrêmement plaisir. J'ai abandonnée, Céleste, je ne peux plus me permettre de penser à autre chose qu'à mes études si je veux devenir médicomage, me dit-elle très sérieusement. 

 

Alors que je l'avais vue toujours en une jeune fille exubérante, je m'aperçois que Marlène McKinnon sera une grand dame comme ma mère ou ma soeur lorsqu'elle sera adulte. Je ne sais pas pourquoi j'ai cette pensée en cet instant. 

Sans lui répondre, je m'effondre sur le banc avec la grâce d'un hypogriffe en soupirant. Elle me reproche, cependant, ne pas avoir dormi dans le dortoir, et me dit que je vais finir par attraper froid à force de dormir en haut de la tour d'astronomie. 

Je reçois la centième beuglante de ma grand-mère sous les applaudissements de la Grande Salle, les élèves s'en amusent beaucoup. Quant à moi, je suis trop habituée à en recevoir pour me sentir mal alors je prends chaque beuglante avec légèreté en en riant avec les filles.

 

Les jours se passent et nous voyons de moins en moins Mary qui passe la plupart de son temps libre avec Bones. Cela fait sourire Lily qui nous fait remarquer qu'au moins, elle quitte un peu ses livres. Je croise très peu les garçons, le Quidditch nous sépare le temps de la compétition, même Remus et Peter nous évite. Heureusement pour nous, Lily nous parle toujours. Ce sport divise les maisons, c'est dommage mais il faut faire avec. Il n'est pas question que l'on perde contre les Gryffindors, j'ai même demandé à Lily de ne plus assister à nos entraînements ou de nous attendre à la fin des entraînements. On ne sait jamais, peut-être qu'elle fait semblant de se ficher de ce sport alors qu'elle est en réalité une espionne envoyée par James. 

 

Le jour du match, mon équipe est stressée, refusant d'avaler quoique ce soit, il est vrai que je leur ai mis une pression d'enfer, j'ai même augmenté la fréquence des entraînements. Selwyn a abandonné sa charge officieusement alors du coup c'est moi qui ai repris les rennes de l'équipe.

 

- Alors, vous êtes prêts à perdre les serpents, me crie James de sa table.

 

Un regard noir des Serpentards répond aisément à sa provocation, j'aperçois Sirius ricaner et Lily sourire amusée.

 

- C'est plutôt vous qui devez trembler! Votre courage ne servira à rien contre la ruse des serpents! 

 

Marlène secoue la tête, lassée de me voir répondre à la moindre provocation. 

J'ordonne à mon équipe de se préparer pour le match, ils semblent mous et résignés lorsqu'ils se lèvent. Je peux le comprendre, le première année que j'ai envoyé espionner les Gryffindors m'a dit que leur équipe est très bien préparée et que James est leur atout majeur. C'est vrai qu'il est excellent, il pourra certainement être engagé dans une équipe nationale.

 

- Serpentards! Aujourd'hui est un grand jour! il est l'heure d'écraser Gryffondords, je veux qu'ils subissent une défaite cuisante! Nous devons impérativement avoir de l'avance afin d'être surs de gagner contre ces hypocrites de Serdaigles (mes joueurs hochent la tête en signe d'approbation, je ne suis pas la seule à ne pas les supporter)! Montrons leur de quoi est capable la très noble et ancienne maison de Salazar Serpentard! Vous avez intérêt à bien jouer, car si nous perdons, mon courroux sera terrible!

 

Je me suis légèrement enflammée mais ils ont l'air convaincus par mes paroles et ils se redressent le regard fier et déterminé! Enfin!

 

- Céleste, tu n'aurais pas copier la devise des Black? me demande amusé Regulus.

 

Je réponds en éclatant de rire et je rejoins Marlène sur le terrain. Je lui murmure des paroles de réconfort comme avant chaque match et son anxiété s'envole peu à peu.

Le capitaine des Gryffindors dont j'ai oublié le nom écrase la main de Selwyn qui reste neutre face à la douleur. Un coup de sifflet retentit et le match commence. James tente de tirer mais Gibbon rattrape le souafle, il est très difficile d'obtenir le souffle. Je comprends rapidement leur stratégie, ils misent sur leur attaque alors que nous, nous avons misé sur l'attaque et la défense. Cela parait invraisemblable mais nous avons réussi à mettre en oeuvre une stratégie qui pallie les deux. 

Enfin, nous avons le souafle et nous marquons (Marlène en marque six, Selwyn et moi cinq). Wilkes et Carrow font un travail excellent , je suis très satisfaite. Par contre, l'équipe adverse est aussi prête à en découdre, je me suis déjà pris trois cognards. Je me suis retrouvée à un moment suspendue dans le vide, seules mes mains étaient accrochées au balai, je ne suis pas trouillarde mais j'ai vraiment eu peur, Regulus qui se trouvait proche a voulu m'aider mais je lui ai hurlé d'attraper le vif d'or s'il ne voulait pas que je l'envoie à sa mère en petits morceaux. Il a enfin attrapé le vif d'or après que Marlène ait réussi son dernier tir. La partie du public réservée à notre maison se lève comme un seul homme et nous applaudit. 

 

J'ai envie de leur faire remarquer que nous avons pas encore gagné la coupe.

 

Une fois arrivée sur la terre ferme, une tornade blonde se jette sur moi en pleurant de joie. Le reste de mon équipe me donner de grandes tapes dans le dos. Même Slughorn vient me voir et me félicite en me disant que la présence de la coupe dans son bureau n'est plus q'une formalité.

 

- Tu as enfin montré que la maison Serpentard peut compter sur toi, me déclare Rosier en tendant la main que je serre, surprise qu'il se soit déplacé pour me faire un compliment.

- L'année prochaine, j'aurai ma revanche, promet James, furieux d'avoir perdu.

- Voilà ce que l'on récolte à défier, la très noble et très ancienne maison de Salazar Serpentard, dit Regulus d'une voix chantante.

- Tu m'ôtes les mots de la bouche, Reg, je lui dis en lui ébouriffant les cheveux.

 

Sirius nous observe, surpris de constater notre bonne entente à Regulus et moi, je capte une lueur de nostalgie dans son regard.  Quand il était petit, il devait certainement ébouriffer les cheveux de son frère en l'appelant par son diminutif mais c'était avant, avant qu'ils soient dans des maisons différentes, avant que leurs parents ne les séparent, avant que Sirius quitte sa famille ad vitam aeternam. 

je quitte le terrain de Quidditch pour l'infirmerie. Durant le match, j'ai senti que ma toux revenait, cela m'inquiète et j'espère être apte à poursuivre ce sport.

 

- Pomona, j'ai un problème!

 

Entre le Quidditch, mes bagarres, et ma toux, j'ai fini par sympathiser avec l'infirmière que j'appelle par son nom et tutoie.

 

- Que viens-tu faire encore ici? me demande, déjà lasse l'infirmière.

- J'ai un peu mal à la tête à cause d'un cognard et ma toux est revenue. Peux-tu soigner tout cela? je lui demande avec ma voix de gentille petite fille qui n'a rien à se faire reprocher. 

 

Elle soupire et me soigne. Une heure après je sors, direction ma salle commune. Mary, Marlène et Sirius m'attendent! Mary, inquiète, me demande comme je vais, je la rassure et elle s'en va en sautillant. Elle va sûrement retrouver son prince charmant. Marlène m'annonce que la fête dans la salle commune ne peut commencer sans le capitaine et part en lançant un regard appuyé à Sirius que je ne comprends pas.

 

- Depuis quand es-tu proche de mon frère et comment va t-il, s'enquiert-il sans préambule.

 

Il abandonne son frère à ses parents racistes et après il fait comme s'il se soucie de lui. Pfff, pauvre Regulus!

 

- Si tu veux des nouvelles de ton frère, va lui en demander toi-même sans que je fasse le hibou postal.

- S'il te plaît Céleste! 

 

Pour la première fois de ma vie, je vois Sirius le regard implorant. Je cède en lui disant qu'il va bien mais traîne avec les futurs mangemorts. Il se rembrunit et marmonne un remerciement. 

 

Dans la salle commune, c'est la fête! mes camarades viennent me féliciter et me font promettre de remporter la coupe. La bièraubeurre coule à flot et le whisky pur feu aussi. Selwyn me dit que le changement de capitaine est fait. Je n'ai pas très envie de fêter la victoire, je m'enferme dans le dortoir pour mes devoirs en retard. A deux heures du matin, des grattements à la porte me font lever les yeux de mes parchemins. Ce sont les filles qui veulent rentrer. Contrainte et forcée d'abandonner mes devoirs par Marlène qui se sait se montrer convaincante, je vais dormir.

 

Alors que nous sommes en train de dormir, une voix nous hurle de descendre toute de suite de nos dortoirs. Une attaque a eu lieu dans le château.

 

End Notes:

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de l'apparition de Regulus et de Céleste, capitaine.

 

Arriverez-vous à reconnaître qui est la vicitme de l'attaque?

 

A bientôt

Attaque et doute by MissArty
Author's Notes:

Bonjour à tous et à toutes!

Désolée pour ce retard. Le délai pour le prochain chapitre sera moins long car il est déjà écrit :).

J'ai eu du mal à écrire ce chapitre mais j'espère qu'il vous plaira quand même.

Bonne lecture :)

Slughorn nous rassemble dans la salle commune et nous annonce la voix tremblante de colère que Mary McDonald a été attaqué au cours de la nuit.

 

Mon coeur loupe un battement et avec Marlène, nous nous regardons, inquiète de l'état de notre amie. Slughorn nous annonce que les coupables seront sévèrement punis et qu'une enquête est ouverte. Toute personne ayant connaissance d'une chose est invitée à en informer l'équipe professorale. Il finit par demander où sont Mulciber et Avery, personne ne lui répond, il applique alors la technique du donnant-donnant. Un quatrième année finit par révéler qu'ils sont dans son dortoir. Slughorn hoche la tête et lui promet qu'il sera dispensé du prochain devoir. 

 

- Monsieur, pouvons-nous voir notre amie s'il vous plaît, je demande (ma voix se répercute dans la salle silencieuse).

- Miss McDonald est actuellement à l'infirmerie, elle a besoin de repos.

- S'il vous plaît, monsieur, j'insiste.

- Non

 

Furieuse, j'ouvre la bouche prête à exploser mais Marlène pose sa main sur mon avant-bras et me regarde avec un air « laisse-moi faire »

 

- Monsieur, nous sommes terriblement inquiètes pour notre amie. Nous aimerions constater nous-même qu'elle va bien, si nous ne la voyons pas, nous n'endormirons pas de la nuit, explique calmement Marlène.

- Bien Miss McKinnon. Je vous donne la permission d'aller voir votre amie à Miss Black et vous.

 

Slughorn griffonne quelque chose sur un parchemin qui traîne sur une table et nous le tend. Je suppose que c'est notre laissez-passer. 

Avant de sortir, j'ai le temps de voir Rosier avec un sourire narquois. Il est sûrement content car mon amie né-moldue a été blessée, quel imbécile!

Je suis Marlène qui est pressée d'arriver à l'infirmerie. Sous ses airs de jeune fille joyeuse, elle est très sensible et stresse à chaque fois qu'il arrive quoique ce soit à une personne qu'elle apprécie. Notre trajet se fait silencieusement. Je la sens frissonner et constate qu'elle n'a pas de chaussures, je lui donne mes pantoufles en lui disant que j'ai des chaussettes et que ça me suffit. Elle les accepte volontiers.

Vivant dans un manoir à peine chauffé, j'ai appris à ne pas craindre le froid!

Marlène prend une énorme respiration et ouvre la porte de l'infirmerie. L'infirmerie nous saute dessus en s'exclamant que nous n'avons rien à faire ici. Sans un mot, Marlène lui tend le parchemin de Slughorn. Pomfresh nous fait signe de la suivre. 

Je m'aperçois avec stupeur que Lily, James et Sirius sont déjà présents. Mary dort. 

 

- Que faites-vous là, je chuchote.

- Lily est venue me réveiller en catastrophe en disant que Mary a été blessée par la magie noire. James qui a le sommeil léger, s'est réveillé aussi. J'ai préféré laisser dormir Peter et Remus. Peter dort enfin après avoir eu toute la semaine des insomnies dû au stress des devoirs et Remus s'est endormi sur son devoir de métamorphose.

 

Bizarrement, ces explications ne semblent pas convenir à Lily qui jette un regard soupçonneux aux garçons. A mon avis, elle a compris quelque chose à propos de la pleine lune...

 

- Pourquoi se sont-ils attaqués à Mary? demande James. 

- Sûrement parce que c'est une né-moldue, grogne Sirius.

- Il a de nombreux né-moldus dans le château, pourquoi elle précisément? s'étonne Lily. En plus je lui ai déjà plusieurs fois de ne pas traîner dans les couloirs la nuit, même pour aller chercher des muffins aux cuisines lorsqu'elle se réveille le ventre vide. 

- En tant que préfète, tu la laisses sans retenue?

- Aucune raison de le faire. Elle circule dans le château après la ronde des préfets , il faut juste qu'elle évite Rusard.

 

J'écoute que d'une oreille leur questionnement car je viens de penser à une théorie. Avery et Mulciber déteste les né-moldus, Rosier aussi mais il me déteste encore plus. L'attaque a eu lieu de nuit  sur une de mes amies.

 

- C'est vicieux et très rusé, je m'exclame tout haut sans m'en rendre compte.

- Pardon? Peux-tu être plus explicite?

- j'ai une théorie tordue mais elle peut marcher. Mary est une de mes amies et est né-moldue. Je pense que Rosier a demandé à Mulciber et Avery de tester un sortilège de magie noire sur une de mes amies en pensant que cela m'atteindrait en plus de s'en prendre à une sang de bourbe. Rosier est le cerveau, Mulciber et Avery les exécutants. Ces deniers sont appréciés de Slughorn, alors ils ne risquent pas le renvoi mais c'est différent pour Rosier. Si Rosier avait directement commis l'acte, Slughorn ou Dumbledore aurait tout de suite compris le rapport avec moi alors il aurait peut-être été renvoyé.

 

Tout le monde se tait et réfléchit à ma théorie. 

Par contre, moi, je me demande pourquoi James et Sirius sont venus. Je ne les savais pas aussi proches de Mary.

 

- C'est rusé mais tout se tient! déclare soudainement Lily.

- Qu'a t-elle eu finalement? demande brutalement Marlène pour changer de sujet.

- On ne sait pas trop. Le professeur McGonagall et Mrs Pomfresh n'ont pas voulu m'en dire plus.

 

J'espère qu'elle se rétablira vite. Nous finissions par retourner dans nos dortoirs à réfléchir sur cette attaque injustifiée.

Après deux heures de tentative d'endormissement, je décide d'écrire une lettre à Cathleen pour lui raconter l'affaire. J'espère qu'elle ne s'inquiètera pas trop mais j'éprouve le besoin de parler de ça avec elle alors que c'est tout frais. Dans la salle commune, je vois Marlène écrire, elle aussi, sur un très long parchemin.

Je ne dis rien et sort sans la déranger. A tous les coups, elle doit écrire à sa mère. Elle fait souvent cela lorsqu'elle est soucieuse. 

J'arrive tant bien que mal à la volière et appelle une des chouettes de l'école. Sur le trajet au retour comme à l'aller, je me jette un sort de désillusion tant en ayant tous mes sens en alerte. Je dois avoir un côté Gryffondor car c'est assez dangereux ce que je fais.

Le lendemain, nous retournons voir Mary qui se rétablit rapidement grâce aux bons soins de l'infirmière, le sortilège ne paraissait donc pas aussi dangereux qu'il en avait l'air. Marlène et moi sommes conviées dans le bureau du directeur qui nous dit que l'attaque de cette nuit ne doit pas quitter les murs du château. Nous évitons de nous regarder Marlène et moi car nous avons déjà fait l'inverse. 

 

- Tu crois qu'on va nous punir parce qu'on a déjà fait filtrer l'information? me demande Marlène.

- Je ne pense pas. Tu te rends compte qu'il nous demande de les aider à étouffer l'affaire?   

- Oui et je suis extrêmement déçue par son comportement mais il doit avoir ses raisons.

 

Je ne suis pas convaincue du tout mais je n'ai pas envie de me fâcher avec elle. Je n'aime pas le père noël, il a peut-être vaincu Grindellwad mais quelque chose chez lui me pousse à penser qu'il est louche.

 

Enfin, la journée se passe relativement bien. Il paraît qu'Avery et Mulciber sont en retenue pendant deux mois et se sont fait hurler dessus par Slughorn. Une chose est curieuse, c'est le sourire narquois de Rosier lorsqu'il me regarde. Je suis sûre qu'il est le cerveau de l'opération. 

Une mission d'infiltration dans son dortoir s'impose depuis le temps que j'en rêve! En plus, Rogue s'éloigne de plus en plus de nous. Il ne parle plus à Mary depuis plusieurs semaines déjà, il ignore Marlène mais continue d'être amie avec Lily. Quant à moi, il me traite un peu en confidente surtout depuis que je sais qu'il en pince pour Lily mais son comportement m'inquiète. Mon instinct me pousse à croire que les garçons de son dortoir sont en train de lui pourrir l'esprit. Raison de plus pour fouiner dans leur dortoir. 

Il faut aussi que je pense à venger Mary. Leur geste ne doit pas être impuni, et c'est pas avec deux mois de retenue qu'ils vont faire pénitence. 

 

Deux jours après l'attaque de Mary, au petit-déjeuner, le hibou de ma soeur m'apporte deux lettres un autre hibou que je reconnais comme étant celui de ma mère se pose devant le professeur Dumbledore. 

 

- Ce n'est pas le hibou de ta mère, me demande Marlène.

 

À peine ai-je le temps de lui répondre, que la voix de ma soeur retentit dans la salle.

 

- COMMENT UNE ATTAQUE ENVERS UN NÉ-MOLDU PEUT-ELLE AVOIR LIEU DANS LE CHATEAU? SI C'EST POUR QU'ILS SOIENT ATTAQUÉS, AUTANT METTRE TOUT DE SUITE LE SEIGNEUR DES TENEBRES À LA TETE DE L'ECOLE. JE VOUS PRÉVIENS, VOUS AVEZ INTERET À PROTEGER NOS ENFANTS SINON JE FAIS TOUT POUR QUE VOUS SOYEZ REMPLACE PAR QUELQU'UN DE PLUS SÉRIEUX!

Mortifiée, je fais semblant de ne pas connaître cette voix et lis la lettre de ma soeur s'excusant d'avoir envoyé une beuglante au père noël et s'excusant d'avance si jamais son geste me porte préjudice. La seconde lettre vient de ma grand-mère.

 

Ma chère Céleste, 

Dès que j'ai eu connaissance de l'attaque d'un né-moldu, je me suis rendue immédiatement chez ta soeur qui venait tout juste de recevoir ta lettre. 

Je t'ai déjà dit une centaine de fois que les né-moldus ne sont que des moins que rien. Ils ne savent même pas se débrouiller contre un malheureux sortilège de magie noire inoffensif. Nous, les Sang-Purs sommes l'avenir de la société, c'est pourquoi, dès cet été, il faudra que tu rencontres des prétendants afin de poursuivre la lignée des Sang-Purs pour que le Royaume-Uni soit enfin débarrassé de cette vermine....

 

Miss Black, m'appelle notre directeur alors que je suis en pleine lecture du tissu d'inepties de ma grand-mère.

- Avez-vous parlé à une personne extérieure au château du malheureux incident à l'encontre de Miss McDonald?

 

Le mensonge ne me servira à rien et j'acquiesce.

 

- Vous avez donc désobéi, vous serez en retenue toute la semaine et vous faites perdre cinq points à votre maison.

 

Pardon? C'est du grand n'importe quoi! Marlène doit sentir que je bous sur place et me demande me calmer.

 

- Professeur, je crains que cette sanction soit injuste. J'ai sous les yeux une lettre de ma grand-mère indiquant qu'elle est venue chez ma soeur après avoir eu connaissance des derniers événements de Poudlard alors que ma soeur venait tout juste d'apprendre la nouvelle. Sans moi, ma soeur aurait su quand même, il y a donc quelqu'un d'autre dans le château qui a fait filtrer l'information, une personne étant proche de ma grand-mère, j'explique avec un ton froid et poli, sans m'énerver, ma mère aurait été contente. 

 

La personne que je vise est bien sûr Slughorn qui me jette un regard noir que je fais semblant d'ignorer. Dumbledore me fixe longuement dans le silence de la salle et annonce que ma punition est maintenu.

Il a une dent contre les Serpentards ou quoi? Il est même pas fichu de se faire obéir de son équipe et c'est moi qui suis punie? C'est complètement injuste! 

 

J'attends que Marlène fasse de même pour partir en cours. En sortant, je croise qui me lance un regard noir plein de mépris. Il commence sérieusement à m'agacer. Où est donc passé le garçon qui me félicitait d'avoir gagné le match?

 

En fin de journée, une altercation a lieu entre les Maraudeurs et Rogue. Je quitte Mary (qui me questionnait sur les chances de James de sortir avec Lily) pour aller les séparer. Elle a quitté l'infirmerie cet après-midi.

Ils sont encore à embêter Rogue, cette fois-ci, il s'est pris un maléfice de jambecoton. Je m'interpose et laisse éclater ma colère qui ne m'a pas quitté de la journée.

 

- Vous vous prenez pour qui? Vous croyez que l'on a pas assez de soucis en ce moment? Mais non, voyons, le riche et immature Potter n'en fait qu'à sa tête et son copain de toujours qui se prend pour l'homme le plus beau sur terre le suit dans ses idioties! Vous faites la paire, oui! Une belle paire d'idiots! Vous vous attaquez à deux contre un, il est passé où le courage légendaire des Gryffondors? Je vous assure que si Severus devient un mangemort, je vous en tiendrais personnellement responsables! Et toi! Tu as intérêt à ne pas devenir un mangemort, d'ailleurs montre tes avant-bras!

 

Sous le coup de la surprise, Rogue obéit, il n'a pas de marque. Soulagée, je tourne les talons avant d'adresser un regard noir aux Gryffondors. Ces derniers semblent honteux et gênés de s'être faits réprimandés sévèrement par une de leurs amies avant que Sirius ne fasse remarquer que je ressemble à Mrs Potter ainsi et les deux jeunes hommes explosent de rire, oubliant complètement derrière eux, un Rogue abasourdi. Ils ont l'air vraiment de petits voyous arrogants comme l'aurait dit Lily.

 

Passablement énervée, je heurte quelqu'un dont la voix m'est vaguement connue.

 

- Salut, Black! Comment vas-tu, demande un jeune homme de Poufsouffle.

- On se connaît? je demande, hautaine. 

- Euh...oui, tu ne te souviens pas? Une Gryffondor m'avait demandé de t'apporter des muffins.

 

Je fais tourner mes méninges et me rappelle avec difficultés la soirée chez les blaireaux. 

 

- Si! Je me souviens de toi, ça me revient! je m'exclame rougissant, légèrement confuse d'avoir oublié son existence alors qu'il m'était apparu sympathique.

- Tant mieux alors! A un de ces jours! 

 

 

- Céleste, tu as rougi! Tu en pinces pour ce Poufsouffle? lance toute excitée, Marlène.

- Marlène, arrêté d'essayer de me caser, occupe de tes propres affaires de coeur et après on verra.

 

Marlène le prend mal et part vers la Grande Salle. Lassée de mon mauvais caractère, elle s'installe à la table des rouge et or sous le regard indigné de ses camarades de maison. Je m'installe à la table de ma maison, Rosier est surpris de me trouver là sans Marlène mais s'abstient de tout commentaire. Il doit avoir de la fièvre, d'habitude, il en profiterait pour me taquiner!

Si ça se trouve il essaye de faire tapisserie pour ne pas qu'on fasse le rapprochement entre l'acte de ses copains et lui-même. Il faut impérativement que je demande à James sa cape d'invisibilité. 

 Alors que je mange mon gâteau au chocolat, je croise le regard de McMillan au bout de la salle, il m'adresse un sourire et se tourne pour parler à son voisin. 

...

Je suis sensé faire quoi là? J'ai une touche ou non? C'est vrai qu'il est plutôt pas mal! Il ne fait pas de Quidditch, c'est dommage car j'aurai pu amorcer une approche. 

 

A la table des maraudeurs, Marlène papote gaiment avec Mary et Franck Londubat. James tente d'attirer l'attention de Lily en vain. Je n'arrive pas à lui faire comprendre que ce n'est pas en frimant et en enfreignant le règlement qu'il va pouvoir sortir avec. Je n'arrive pas encore à déterminer s'il a juste un béguin passager pour elle ou si il est réellement amoureux d'elle. Mary penche pour la deuxième hypothèse et Marlène n'a pas d'avis.

 

Je m'égare! il faut que je me concentre sur la manière la plus adéquate pour venger Mary.

End Notes:

 

Merci d'avoir lu!

 

N'hésitez pas à laisser une review même si vous êtes timides, même si un détail vous chiffonne dans ce chapite!

A bientôt :)

Vengeance au nom de Mary by MissArty
Author's Notes:

Bonjour :)

Voici le nouveau chapitre de cette fan fiction. Il sert de transition. Le prochain est déjà en cours d'écriture. 

Plus que deux chapitres et la cinquième année s'achève. Par contre la sixième année n'est pas du tout écrite, du coup, je pense que je ne pourrais poster un chapitre par semaine

 

Bonne lecture


- James, peux-tu me donner ta cape d'invisibilité pour la soirée? je lui demande pendant la récréation du matin. - Pourquoi faire? me répond-il en s'ébouriffant les cheveux, je me retourne et aperçoit au loin Lily qui discute avec Rogue. La discussion paraît animée. Pauvre Lily! Elle essaye de faire comprendre à son meilleur ami qu'il doit cesser tout intérêt pour la magie noire, en vain. - Je ne peux en parler pour le moment mais lorsque tu verras le résultat, tu seras ravi! - Je te fais confiance, je te la donne maintenant, tu me la rends ce soir sans faute. 

 

A ma grande stupeur, il sort sa cape d'invisibilité et me la tend. Il se balade constamment avec sa cape? 

Je vous explique pourquoi, j'ai besoin de sa cape, je vais venger Mary. J'ai mis plusieurs semaines à réfléchir à  un plan et j'ai enfin trouvé. Mary est d'accord avec moi. 

J'ai l'intention de faire un petit tour dans le dortoir des garçons. Je vais mener mon plan à exécution ce midi à l'heure du repas. Mary se fera passer pour moi à l'aide du polynectar aux côtés de Marlène. Mes proies ne remarqueront pas l'absence de Mary mais la mienne d'où la nécessité d'utiliser le polynectar.  

 

Avant de réfléchir à quoique ce soit, ma toux revient. Je cours alors vers mon dortoir n'ayant que très peu de temps avant la reprise des cours. Après avoir bu ma précieuse potion, je m'apprête à descendre le dortoir lorsque j'entends la voix de Rosier et de ses « amis ». Plaquée contre le mur, j'écoute attentivement leur conversation.

 

- Evan, tu es sur de faire ça? Il ne voudra peut-être pas t'accepter, étant un mineur encore à l'école.

- J'en parlerai aux Lestrange, ils ont déjà eu leur marque. J'ai hâte d'avoir la mienne et de la montrer à chère et tendre cousine! Imaginez sa tête! Elle est trop intelligente pour son propre bien, elle devrait la mettre à Son service.

- Elle n'acceptera jamais, elle est plutôt du genre à grossir les rangs de l'Ordre du Phénix.

- Elle n'est pas si forte qu'on le pense, sa soeur est un bon moyen de pression même si je ne la blesserai jamais, ma tante s'en chargera dans plusieurs années. Black n'a que deux choix, soit elle se soumet, soit je lui montre ma marque lorsque je l'aurai et elle se soumet.

- En fait, tu ne le lui laisses pas le choix.

 

Les garçons rient de ce plan machiavélique et sortent de la salle commune. La respiration saccadée, le coeur battant plus vite que la normale, je suis au bord de la crise de panique. Cependant, le visage de mon père apparaît dans ma tête et je me rappelle des exercices de respirations qu'il m'apprenait lorsque je faisais des cauchemars. Ma respiration se régule enfin. Je regarde ma montre et m'aperçoit qu'il faut que je me dépêche pour ne pas arriver en retard au cours de Slughorn. Alors que je descendais lentement les escaliers malgré mon futur retard, j'entends un bruit venant du dortoir des garçons. N'écoutant que mon courage, je cours à toute allure en dehors de la salle commune jusqu'à arriver devant la porte de la salle avec trois minutes. 

« Courage, fuyons ». Cette expression se prête parfaitement à la situation. Oui, il peut m'arriver parfois d'être lâche, je ne suis pas à Serpentard pour rien!

 

- Titine, que t'arrive t-il? Tu as l'air d'un chaton abandonné sous la pluie! s'exclame James.

- Hein? je réponds d'une manière peu élégante.

 

Ma grand-mère, ma mère et ma soeur me réprimanderaient si elles m'entendaient parler ainsi.

 

- Céleste, que t'arrive t-il? répète James. Tu es toute pâle et tu paraîs fuir quelque chose

 

Pourquoi, faut-il toujours qu'il soit trop curieux? Que veut-il que je lui réponde? Mon cousin veut me vendre à Voldemort ou me tuer? 

Prenant sur moi, mon masque d'insensibilité collé sur le visage, je rentre dans la salle de potion, échappant ainsi aux investigations de James. Lily et Mary s'assoient à côté de moi à mon plus grand soulagement. Marlène m'aurait certainement questionné et n'aurait pas arrêter de jacasser jusqu'à apprendre la vérité. 

Heureusement que Lily est là, car je faillis rater ma potion deux fois! Moi, la petite-fille d'un potionniste célèbre, je faillis rater ma potion! Je suis vraiment mal à cause de la conversation que j'ai surprise toute à l'heure.

La cloche sonne. Je lance un regard à Mary qui comprend toute de suite. Elle sort un mensonge à Lily comme quoi elle a très mal au ventre et préfère s'allonger sur son lit. Lily lui souhaite de se rétablir rapidement. Mary et moi nous nous dirigeons vers les toilettes des filles désertes. Je mets un de mes cheveux dans la potion qui prend une couleur rouge et la tends à Mary.

 

- Tu es sûre de vouloir faire ça? C'est dangereux comme plan et tu n'as pas besoin de faire ça pour moi. Ils ont déjà été puni sévèrement, ils ne recommenceront pas, enfin dans le château. A l'extérieur, c'est une autre histoire.

- Mary, nous avons déjà eu cette conversation. Je dois te venger, c'est un besoin. C'est mon cousin et je me sens responsable. Ce n'est pas anodin s'ils se sont attaqués à toi!

- J'espère que ton plan va réussir. Je te fais confiance, m'assure Mary avec son éternel sourire doux qui m'apaise en une seconde. 

 

Elle avale la potion, la transformation dure quelques instants et je me retrouve face à mon double. Nom d'une gargouille, c'est fou à quel point j'ai grossi ces derniers temps! Oui, je sais, une amie prend ma place et tout ce que je trouve à dire c'est que j'ai grossi!

 

- Tu connais le plan, Mary, je ne te le redis pas. Bon courage, il faut de la patience pour supporter les tirades de Marlène et les regards noirs de Rosier pendant tout un repas sans y être habituée!

 

Elle pouffe de rire et s'en va avec ma démarche. J'ai bien fait attention à ce qu'elle marche comme moi, je n'ai laissé échapper aucun détail. 

Je jette la cape sur moi. Direction, le dortoir des garçons.

Je pénètre dans leur dortoir impeccablement rangé. Ils auraient une crise cardiaque en voyant le notre, Marlène et moi ne sommes pas très ordonnées. Dans notre coin, le sol est jonché de livres, d'emballages de confiseries, et même de vêtements sales. Souvent, les filles de notre dortoir pestent contre ce désordre mais je ne vois pas en quoi ça les concerne. Elles n'ont pas besoin de marcher dans notre joyeux bazar pour se diriger vers la porte du dortoir ou la salle de bain. 

Je repère assez vite le lit de Rogue, car un livre de potion de la bibliothèque s'y trouve. Attentive au moindre bruit, je fouille dans ses affaires à la recherche du moindre indice me permettant de prouver son attrait grandissant pour la magie noire. Il y a e effet des livres de sortilèges de magie noire mais surtout mon regard est attiré par un carnet, dans lequel il consigne tous ses essais sur des animaux différents d'après ce que je comprends. Je parie que ces essais consiste à s'entrainer à des sortilèges de magie noire. Pauvres animaux! Tout est répertorié soigneusement de son écriture serrée. Je remis tout en état. 

Soudain, j'entends un bruit, me cachant sous la cape mais ce n'est que la chute d'un livre dont dépasse une lettre. 

 

Rogue, 

J'espère que tes vacances t'ont été profitables. 

Lors d'une réunion de famille, j'ai croisé le couple Lestrange, lequel a prêté allégeance au Seigneur des Ténèbres. Je leur ai parlé de toi. Ils m'ont dit qu'Il serait très intéressé par un sorcier comme toi malgré son sang-mêlé. Selon Bellatrix, tu pourrais être un atout majeur. Un spécialiste des potions peut être très utile. 

E.R.

 

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Je lance un sort de disparition sur les lits qui ne prendra effet que cette nuit à minuit. Je mets des asticots dans leur commode, que j'ai soigneusement récupérés lors des soins aux créatures magiques. 

Dans leur salle de bain, je découvre dans l'armoire une étagère remplie de produits de beauté de Rosier comme je m'en doutais. Je fouille dans mon sac pour récupérer des petites fioles indolores dont je verse le contenu dans les produits de Rosier et aussi de ces de Mulciber et d'Avery. Je trouve aussi le shampoing de Rogue et je l'échange avec un shampooing anti cheveux-gras très puissant. J'ai eu cette idée grâce au magazine Sorcière-Hebdo que laisse traîner Selwyn dans le dortoir. Je change aussi la couleur des murs du dortoir et de la salle de bain en mettant du rouge, du jaune, du noir et du bleu. 

J'ai conscience que ma vengeance est très puérile mais coincée entre les murs de Poudlard, je ne peux pas faire beaucoup plus et Mary m'a demandé de ne pas faire quelque chose de blessant. 

Je sors de cette pièce malsaine avec soulagement et me dirige vers les toilettes où m'attend Mary.

 

- Alors?

- C'est fait! C'était comment alors le déjeuner chez les serpents?

- Fatiguant! Rosier te surveille souvent du coin de l'oeil, il a l'air d'écouter souvent tes conversations avec Marlène. Marlène parle tout le temps en effet, elle n'arrête jamais! Comment fais-tu pour supporter ces bavardages incessants?

- L'habitude, Mary, l'habitude! 

 

Le lendemain, je me réveille enthousiaste, j'ai hâte de prendre mon petit-déjeuner et de voir la tête des garçons.

Ils arrivent extrêmement énervés. Rosier m'envoie son regard noir habituel. Les garçons commencent à manger et marmonnent dans leur barbe en observant la salle à la recherche du coupable. Je surveille les effets de la potion du coin de l'oeil puis je vois les cheveux de Rosier devenir peu à peu rose vif, je donnais un coup de coude à Marlène qui se mord les lèvres pour ne pas rire. D'autres ne se gênent pas et Rosier continue de manger tranquillement. Les cheveux de Mulciber deviennent rouges et ceux d'Avery violets. Des ricanements s'élevèvent autour d'eux. Les Maraudeurs et les filles éclatent de rire comme la majorité des elèves présents. Soudain Mulciber se tourne vers Rosier et lui chuchote quelque chose, les garçons s'aperçoivent de la couleur de leurs cheveux, n'y tenant plus un rire franc et joyeux franchit mes lèvres. Rosier s'observe dans un plateau en argent. Fou de rage, il se leve et me menace. 

 

- Black, je sais que c'est toi! Je le dirai à ta grand-mère! En plus, je suis sûr que c'est toi les asticots, le changement de décor du dortoir et le sortilège de disparition! m'accuse Rosier

- Fais ce..que...tu veux...Ce n'est pas...moi, j'articule difficilement à cause de mon fou rire.

- Tu es la seule personne qui me déteste au point de faire ça!

- Ce n'est pas parce que tu te comportes comme le roi de Poudlard que tout le monde t'adore mais tout le monde te déteste. Les Gryffondors te détestent parce que tu es un Serpentard, surtout si on prend en considération ce qu'ont fait tes copains à Mary McDonald, les Poufsouffles t'exacerbent car avec tes copains, tu rackettes les premières années. Je peux te citer encore plus de raisons.

- Je te déteste Black, me dit Rosier d'une voix glaciale.

- C'est réciproque. Maintenant, cesse de me parler, je veux prendre mon petit déjeuner tranquille.

 

Après cette conversation, Rosier m'a ignoré jusqu'aux vacances de Pâques. Tant mieux et puis j'ai d'autres choses à penser car qui dit vacances de Pâques, dit intenses révisions pour les Buses. Avec l'accord de Cathleen, j'ai proposé aux filles de venir au manoir pour profiter de l'isolement pour réviser en paix. Comme je l'ai fait remarquer aux fille qui se sont inquiétés du fait de ne pas avoir accès à l'antre de Mrs Pince, la bibliothèque des Black est remplie de livres en tout genre.

Cathleen a été enchantée de cette proposition car elle pourra voir mes amies et garder un oeil sur mes études. Elle a été toujours été soucieuse de mon éducation magique, n'hésitant pas à me faire réciter mes leçons et à me donner des conseils, ayant lu la moitié de la bibliothèque. 

En attendant les vacances, la vie à Poudlard se déroule sereinement, enfin presque. 

 

- Céleste, n'essaye pas de me faire croire que ce n'est pas toi, me lance Lily, passablement énervée alors que je suis tranquillement en train de goûter dans les cuisines en compagnie de Marlène et de Mary.

- Si tu pouvais t'asseoir et me dire de quoi je suis coupable, ça m'arrangerait. 

- Je sais que c'est toi qui a préparé le mauvais coup à l'encontre de Rosier et des autres débiles. Je sais que c'est pour Mary que tu as fait ça.

Intelligente la petite Lily Evans! Elle a dit gros débiles pour désigner les garçons de ma classe donc Sevrus Rogue est aussi un gros débile. Elle devait voir Rogue cet arpès-midi. Serait-il pour cela qu'elle est aussi énervée? Elle a encore essayé de le faire quitter sa chère magie noire? 

- Bien sûr que c'est moi! Qui aurait pu faire une chose pareille? 

- Je crois que dans cette école, personne ne déteste Rosier autant que toi! me dit-elle en souriant puis son sourire disparaît et je sens qu'elle veut me demander quelque chose.

- Que veux-tu savoir Lily?

- Est ce que...euh...Sev', enfin Severus, tu as...noire, bredouille t-elle.

 

Et zut, je vais devoir lui dire la vérité, même si elle est cruelle. Je n'ai parlé à personne de la conversation que j'ai surprise le mois dernier et de la lettre de Rosier adressée à Rogue.

 

- Si tu te demandes si Severus est accro à la mgie noire, la réponse est oui. Malgré tous tes efforts, il va devenir un mangemort, Rosier est en train de lui faire de la pub auprès des Lestrange. 

Il y a un moment de flottement dans la salle. Même Marlène se tait. Mary m'adresse un regard accusateur. Elle veut la vérité, je lui dit! 

- Merci d'être franche Céleste.

Je suis si triste pour elle. je la connais, je sas qu'elle va continuer à essayer de le détourner de la magie noire tant qu'elle n'aura pas une preuve concrète de sa future appartenance aux mangemorts.

- Il a deux amours dans sa vie mais malheureusement ils ne sont pas compatibles. Le premier, c'est toi et le second, c'est la magie noire mais il faut le comprendre. Pour une fois dans sa vie, un groupe de personnes s'intéresse à lui et peut lui permettre d'être craint. 

- Malheureusement, un jour, il le regrettera, commente Mary. 

Lily ne répond pas. Des larmes coulent sur son beau visage, Mary s'installe près d'elle et la serre dans ses bras.

J'espère que sa venue au manoir va lui changer un peu les idées

 

End Notes:


Merci d'avoir lu :)

Bavardages autour d'un thé et inquiétudes by MissArty
Author's Notes:

Bonjour!

Je tiens tout d'abord à remercier les gens qui me lisent. 

Voici le nouveau chapitre de la semaine. On s'approche doucement de la fin de la cinquième année mais pas de l'histoire!

Bonne lecture!

Le trajet dans le train se déroule dans le calme. Mary dort, Marlène et Lily discutent encore d'un livre et moi, je somnole. Mes relations avec Lily sont moins amicales qu'auparavant. Je crois qu'elle m'en veut un peu de lui avoir dit la vérité au sujet de Rogue.

Il est temps qu'elle fasse le deuil de son amitié avec lui. Au début, je faisais tout pour qu'ils restent amis mais aujourd'hui, je me demande encore pourquoi ils le sont encore. Rogue se plonge de plus en plus dans la magie noire et sa haine envers James se renforce, depuis que ce dernier essaye de séduire Lily.

 

Une surprise m'attend sur le quai du train, Cathleen n'est pas seule, sa meilleure amie, Rachel Rowle se trouve à ses côtés. Elle me fait un sourire éclatant et je presse le pas pour arriver le plus vite possible vers elle. Je suis tellement contente de la voir! Marlène, Lily et Mary me suivent d'un pas hésitant ne sachant qui est cette personne. Je fais les présentations et les fille sont plus rassurées. 

 

Qui est Rachel Rowle, à part la soeur d'un mangemort notoire? 

Commençons par le commencement. En réalité, Rachel et Cathleen n'auraient jamais dû se rencontrer. 

Lorsque mes parents ont compris que Cathleen n'irait jamais à Poudlard, ils l'ont inscrite dans un collège privée pour jeunes filles dans lequel elle dut partager son dortoir avec d'autres.

Le soir, elle envoyait une lettre par hibou à mes parents et à moi-même pour parler de son pensionnat. Parfois, son apparence au monde magique se reflétait dans ses réflexions et dans sa manière de parler, ce qui n'échappa pas à une fille de sa classe qui prit un jour Cathleen en flagrant délit d'envoi de hibou. Au lieu d'appeler les surveillants, elle lui fit un énorme sourire et lui: « bienvenue dans la grande famille des Cracmols! ». Cathleen stupéfaite, éclata de rire. Les deux Cracmols devinrent amies, partageant la même différence, c'est ainsi qu'elles purent supporter plusieurs années de pensionnat, un lieu où elles sentaient qu'elles n'avaient pas leur place. Cathleen me confiait souvent qu'elle avait eu le sentiment d'appartenir à aucun des mondes. Elle ne se sentait pas moldue car elle avait été élevée dans une famille sorcière et elle ne pouvait se considérer comme sorcière étant dépourvue de pouvoirs magiques. Elle m'a même dit un jour qu'elle comprend la position délicate des né-moldus.

A seize ans, Rachel Rowle fut reniée par sa famille, elle fut désinscrite du pensionnat. Ne sachant que faire, elle se réfugia chez les Black qui l'accueillirent. Avec l'aide de mes parents, elle put rentrer dans une université moldue et faire des études d'histoire, c'est ainsi que la jeune femme devint professeur d'histoire. Cathleen, refusant de retourner au pensionnat sans Rachel, le quitta et nos grand-parents français prirent alors en main son éducation, notre grand-père lui apprit l'art des potions ( ce qu'il faisait déjà lors des vacances scolaires) et notre grand-mère continua son apprentissage à la couture. 

Voila l'histoire étonnante de l'amitié de Cathleen et de Rachel.

 

J'accueille la venue de Rachel au manoir pour quelques jours avec joie, j'adore écouter Rachel me raconter l'histoire des moldus. Les filles sont même tombées sous charme. Aux heures des repas, Mary, malgré sa réserve, bombarde de questions Rachel, cela nous amuse car il n'y a que le savoir pour faire sortir Mary de sa bulle. Rachel est passionnante, j'envie presque ses élèves! Par contre, en ce qui concerne la magie, elle ne nous est d'aucun secours, au contraire de Cathleen. Cette dernière nous surveille, elle est pire que ma mère! Elle veille à ce que nous remplissons notre quota de révisions sinon elle nous enferme dans le salon jusqu'à que nous ayons tous finis. Même Mary et Lily qui sont assez studieuses sont surprises par les méthodes de ma soeur. Dans son coin, Rachel, nous observe et ricane dans son coin. Dans ces moments-là, je ne l'apprécie plus autant! 

AU bout de six jours, Rachel part et me promet de revenir en voyant ma mine déconfite. Devant le regard déçu des filles, Rachel promet aussi de les revoir bientôt.

Le jour qui suit son départ, règne dans le manoir une atmosphère pesante, même Cathleen est triste de ne plus avoir sa meilleure amie auprès d'elle. Je veux bien le croire! Ces deux-là ne sont jamais les dernières pour aller en discothèque. Je les entends souvent rire aussi quand je passe devant l'atelier de Cathleen. 

 

Un après-midi, James et Sirius viennent nous voir au grand déplaisir de Lily. Peter et Remus n'ont pas pu venir. Peter est parti avec sa mère voir son oncle, c'est dommage car Mary voulait lui poser une question en soins aux créatures magiques et lui dire qu'une Serdaigle de quatrième en pince pour lui. Remus a refusé l'invitation car il a beaucoup de travail. C'est cela, oui, et moi je suis Morgane! A mon avis, il est fatigué à cause de la pleine lune. D'ailleurs, il serait peut-être temps que je leur avoue que je sais pour « le petit problème de fourrure » de Remus. Faut pas me prendre pour une idiote, les autres peuvent penser qu'il a un lapin mal élevé mais moi j'ai découvert la vérité un peu par hasard mais cela est une autre histoire. 

Un elfe des Potter apporte James et Sirius au manoir par transplanage. Marlène les salue avec autant de chaleur que s'ils ne s'étaient pas vus depuis dix ans. Sirius fait un pas un arrière, toujours peu habitué aux manifestations amicales de Marlène. Il est vrai que les Black sont plutôt connus pour leur froideur, je n'ai jamais posé de questions à Sirius sur son enfance mais j'imagine très bien comment elle a pu l'être. Mary les accueille avec un grand sourire. Cathleen, parfaite hôtesse, les invite à prendre le thé dans le salon. 

Autour d'une tasse de thé et détendus, nous discutons gaiment sous le regard bienveillant de ma soeur, heureuse de recevoir autant de jeunes à la maison. 

-Il y a un truc que je ne comprends pas, dit soudain Sirius. Pourquoi toutes les filles du château me courent après?

-Tu es sérieux? ricane Lily. Les filles en général sont attirées par les beaux ténébreux farceurs comme toi! Tu ajoutes à cela ton départ de chez tes parents, les filles craquent! Pour elles, tu es un écorché par la vie et elles veulent te consoler. 

-Lily, tu oublies aussi que Sirius et James sont connus pour être des coureurs de jupons, ce qu'ils ne sont pas en fait! lance Mary dans un sourire moqueur. 

-C'est vrai! J'avais oublié ça! Ça renforce encore plus le côté m'as tu vu! Enfin bref, en général, lorsque les hormones font leur travail, les filles ont de drôles de fantasmes dans ce château.

-Heureusement que tu dis en général, dit James. Tu n'as jamais été sensible à notre charme, et pourtant même Mary et Céleste sont sortis avec l'un de nous...

-Quoi? s'écrie Cathleen. 

 

Il ne peux se taire un peu. Aucune envie à ce que ma soeur se mêle de ma vie privée!

 

-Oui, l'année dernière, pendant un mois. 

 

En effet, je suis sortie l'année dernière avec James mais cela n'a pas duré très longtemps. En réalité, je me demande encore pourquoi nous sommes sortis ensemble! 

Mary est sorti trois mois, il me semble, avec Sirius mais leur histoire s'est terminée car leurs amis respectifs prenaient trop de place dans leur vie.

 

- Tout ça, c'est du passé, maintenant, son objectif est un Poufsouffle, répondant au doux nom d'Eden McMillan, dit Marlène, dont les yeux pétillaient de malice.

 

J'aurai dû me douter que Marlène allait le découvrir! Elle est très observatrice, ce n'est pas étonnant qu'elle connaisse la plupart des ragots de Poudlard.

 

- Un Mcmillan? s'écrie de nouveau Cathleen avec effarement. C'est un Sang-Pur non?

 

Et alors? On peut plus sortir avec qui on veut maintenant! C'est vrai que j'ai complètement oublié qu'Eden est un Sang-Pur. 

 

-Oui, depuis un mois, si tu veux savoir! 

-QUOI? 

 

Rougissant, je ne peux m'empêcher d'éclater de rire devant l'air ahuri de ma soeur et de mes amis. J'ai été très discrète, personne ne s'est douté (à part Marlène) que je sors avec quelqu'un. Notre rapprochement à Eden et moi est tellement cliché! Nous avons commencé à faire connaissance à la bibliothèque et puis maintenant nous sortons ensemble. 

 

-Comme c'est l'heure des révélations, je vous annonce que je ne sors plus avec Edgar Bones, déclare Mary. 

-Pourquoi? Il est sympa pourtant, s'enquiert Sirius. 

-Je n'ai pas aimé son éloignement vis-à-vis de moi depuis que j'ai été agressée par ces sales serpents.

 

Comme tous les Gryffindors, Mary déteste les Serpentard à part Marlène et moi.

 

-Tant mieux, je m'exclame. On ne peut pas faire confiance aux Serdaigle.

 

Je dis ça mais le Serdaigle qui m'a accompagné à la soirée de Slughorn en tout début d'année était très sympa. 

Ne pense pas à lui, Céleste, tu vas faire des cauchemars.

 

- Titine...soupire James. Tu l'aimes bien pourtant Bones.

- Pas depuis qu'il sort avec une de mes amies! je dis d'une mauvaise foi surprenante. 

 

Mary et Lily éclatent de rire devant mon entêtement à détester les Serdaigle.

 

- Ça ressemble à ça une conversation entre filles? Un échange de ragots? questionne James

- Bien sûr et même qu'après on se met du vernis à ongles, on expérimente des coiffures et on joue à action ou vérité! ironise Lily.

- Ça, j'en doute vu ta tête. 

 

Sirius part dans un grand fou rire à ce moment, suivi de près par Mary. Tous les deux se regardent et repartent de plus belle. Il faut croire que ces échanges entre les deux Gryffindors sont fréquents pour qu'ils soient amusés de la situation. Marlène et moi sommes complètements perdues. Chez les Serpentard, on est plus habitué à mes joutes verbales avec Rosier ou mes disputes avec nos camarades de dortoir. 

Eden m'a dit qu'à Poufsouffle, ils se soutiennent beaucoup et que personne ne dispute violemment. J'aurai dû être à Poufsouffle!

 

A la gare pour retourner à Poudlard, j'oblige Cathleen à rester avec moi jusqu'au départ du train alors que les autres après avoir salué ma soeur montent dans le train. Je ressens le besoin de se présence même si j'ai l'impression d'être une première année refuser l'idée de quitter le cocon familial. On ne s'est pas trop vue pendant ces vacances. Elle est restée dans le bureau de mère ou dans son atelier à travailler.  

Sentant mon désarroi, Cathleen s'accroupit, négligeant de vérifier si sa robe traîne par terre afin de se mettre à ma hauteur (elle fait au moins quinze centimètres de plus que moi) 

 

-Céleste, il faut que tu comprennes qu'on est jamais sur de ce qui peut nous arriver, ce n'est pas une raison pour se laisser ronger par l'inquiétude. Vis, ma chérie, vis! Tu as de la chance d'être à Poudlard, tu as des résultats excellents, des amis, tu dois profiter de ta jeunesse, nous n'en avons qu'une! Ne te fais pas tant de soucis pour moi, je vais bien, je quitte rarement le manoir. Même si un jour, il m'arrive quoique ce soit, souviens toi que je t'aime et que je vivrais toujours à travers tes souvenirs. Maintenant va rejoindre tes camarades!

 

Elle me serre dans ses bras, j'aperçois les Potter et me dirige vers eux. Ma soeur n'étant pas loin, je vois une femme enceinte qui s'approche près d'elle et j'entends une partie de la conversation.

 

- C'est toujours pareil lorsque les petits s'en vont, on a toujours un petit pincement au coeur, dit la jeune femme enceinte à ma soeur. En plus, on a de quoi être inquiet avec la guerre. Oh désolée, je ne voulais pas vous faire de peine, ajoute t-elle en voyant la peine sur le visage de Cathleen.

- Ce n'est rien madame, la guerre nous atteint tous à des niveaux différents, répond-elle en souriant. Il est pour quand votre petit?

- Dans deux mois.

- Il est pour bientôt alors! J'espère que vous n'êtes pas trop épuisée par votre grossesse.

- J'ai de l'entrainement. C'est mon troisième! Au fait, je m'appelle Molly, Molly Weasley et c'est mon frère Fabian que j'ai accompagné au train.

- Cathleen Black.

- Alors c'est vous la cracmol qui ne se laisse pas abattre. Vous êtes bien courageuse et en plus vous paraissait tellement respectable, admira la jeune maman. Dans ma famille, nous avons appris à ne pas parler de mon cousin cracmol.

 

Encore un cracmol dans une famille de Sang-Pur, c'est étrange! Je crois me souvenir qu'une Prewett a épousé un Rosier. Cela voudrait-il dire qu'il y a une déficience en magie chez les Rosier? Cela serait intéressant de faire des recherches sur le gêne de la magie. 

 

Pendant le banquet Marlène continue de raconter l'histoire du livre qu'elle a commencé dans le train, elle est d'humeur joyeuse avant que son regard ne se tourne vers Fabian Prewett, par habitude, il est encore en train de discuter avec une fille. Marlène ne fait aucun commentaire, mais ses yeux expriment toute sa déception, elle tourne la tête et voit Sirius lui lancer un regard compatissant, elle lui tire la langue, heureusement pour elle, personne de notre table ne l'a vue à part Regulus, qui sourit de cet enfantillage. Je ne sais pas trop quoi penser de Regulus mais je m'entends assez bien avec lui depuis le début de l'année. 

 

A ma plus grande joie (c'est ironique), alors que nous avons passé la semaine sans le croiser, Fabian vient nous parler. Je préfère que Marlène se tienne le plus loin possible de Fabian afin qu'elle digère sa déception. 

 

-Bonjour Marlène, comment vas-tu? demande Fabian à mon amie.

-Je vais bien, merci, lui répond-elle d'une voix polie.

 

Depuis qu'elle m'a annoncé qu'elle abandonne tout espoir avec Fabian, leurs échanges sont moins amicaux qu'auparavant. 

Au loin, j'aperçois Peeves se diriger dangereusement vers nous avec des bouteilles d'encre. A peine j'ai le temps de dire attention qu'il jette une bouteille d'encre tout droit vers Fabian, je pousse ce dernier et il l'évite de justesse. 

Cela a énervé Marlène qui jette ses chaussures à Peeves tout en le menaçant d'appeler le baron sanglant. Fabian l'observer un sourire amusé collé au visage. 

 

-Black, as-tu vu quand est ton rendez-vous chez Slughorn pour des conseils d'orientation? m'interpelle Rosier.

-Non pas pour le moment. 

-Enfin, je dis ça mais tu n'as pas besoin de conseils d'orientation. Tu as seize ans, il serait temps de penser à ton avenir. Les vacances sont terminées. 

 

Pourquoi m'a t-il dit ça? Je me tourne vers Marlène qui n'a rien compris non plus, par contre, Fabian a l'air d'avoir compris le sous-entendu et me lance un regard inquiet. 

Tu n'as pas besoin de conseils d'orientation. il serait temps de penser à ton avenir. 

Pourquoi cette phrase me fait penser à ma grand-mère?

...

J'ai compris! Il pense à mon mariage! Ma grand-mère va tout faire pour que je me plie aux exigences des Sang-Purs, je vais devoir me trouver un mari afin de l'épouser après Poudlard. 

 

- Non, non, je murmure.

 

Mes doigts tremblent, je vais devoir me marier et faire des enfants. Adieu mon indépendance. Je suis terrifiée par cette idée, je m'écroule par terre, essayant de me calmer.

Devant moi, Fabian et Marlène sont inquiets mais ne savent quoi faire. 

 

-Que t'arrive t-il Céleste? me demande une voix masculine que je reconnais comme étant celle de Sirius.

-Conseils d'orientation...avenir...mariage...je bredouille sans faire d'effort pour formuler une phrase correcte.

-Céleste, calme-toi, ça ne va pas arriver. Ta soeur refusera et ta grand-mère n'osera pas. Ne t'inquiète pas.

-Si elle osera, je dis d'une voix aigue. Je vais finir comme toutes ces femmes qui ne se soumettent pas à leur mari.

-ça ne va pas t'arriver, répète Sirius avec conviction.

- Si! N'as-tu jamais entendu parler de toutes ces histoires de femmes qui sont battues par leur mari et qui finissent par en mourir? Réfléchis un peu! je m'énerve (ce qui a le mérite de calmer ma terreur).

- Je suis d'accord avec Sirius, ça ne t'arrivera pas dit Peter. Tu te battras pour préserver ton indépendance, tu y arriveras! Tu es en capable, me rassure t-il.

 

Etonné d'entendre sa voix, je me redresse et m'aperçois que les maraudeurs sont aussi présents, ainsi que Mary et Lily. 

 

-Tu ferai mieux de prendre un philtre de paix, conseille Lily. Pomfresh t'en donnera un si tu lui fait croire que tu te sens mal à cause des Buses.

-Rappelle moi qui est préfète ici?

-Parce qu'il y a une préfète dans le coin? C'est qui? s'enquiert Lily en faisant semblant d'être très intéressée par la question.

 

Marlène, Mary et moi explosons de rire alors que les garçons sont étonnés d'entendre une préfète tenir ce genre de propos. Ils s'imaginent toujours que Lily est une préfète parfaite, ils ne la connaissent pas!

Je ne veux pas aller à ce rendez vous de conseils d'orientation. Je sais très bien ce que Slughorn va me dire et cela ne va pas me plaire...

End Notes:

Merci d'avoir lu!

Futur et centième beuglante by MissArty
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Voici un nouveau chapitre (avec de nombreux dialogues)! 

 

Bonne lecture!

- Bonjour professeur

- Bonjour, miss Black, m'accueille avec bonne humeur Slughorn. Asseyez-vous. Cet entretien a pour but de parler de vos choix de carrières et ainsi vous aider à choisir vos matières pour les deux prochaines années. Avez-vous déjà une idée de carrière?

-J'envisage de faire une carrière ministérielle au département de justice magique.

-Il vous faudra avoir au minimum cinq ASPIC avec la mention « Effort exceptionnel ». 

-J'aimerai connaître les matières qu'il faut pour ce projet. 

-Défense contre les forces du mal, sortilèges, arithmancie, étude des moldus, histoire de la magie. Poursuivre la métamorphose et la botanique est plus valorisant pour votre dossier. 

 

Ce qui veut dire que je vais passer mes deux prochaines années à ne faire que travailler. Génial! J'aimerai bien poursuivre les potions, ma soeur me sermonnerait si je ne le fais pas. 

Soudain, le professeur Slughorn affiche un sérieux désarmant. Il pose ses avant-bras sur son bureau, se redresse et me me fixe. Il semble réfléchir à ce qu'il va dire. Je sens qu'il va me rappeler mes devoirs de Sang-Pur. J'attends patiemment qu'il daigne ouvrir la bouche. 

 

-Je suis surpris que vous envisagez une carrière ministérielle. Votre grand-mère, cette chère Rosalie, m'a assuré que votre unique désir est de perpétrer la descendance pure des plus grandes familles sorcières.

 

Qu'ai-je dit il y un instant? 

 

-Votre place ne serait pas ainsi dans un bureau du ministère mais dans un manoir entouré d'un mari digne de vous, d'enfants et d'elfes, poursuit-il.

 

L'image de moi dans un manoir avec mari, enfants et elfes me donne froid dans le dos. 

 

-Je ne pense pas que ma grand-mère soit en mesure de m'obliger à suivre une voie que j'estime ne pas être la mienne. 

 

-Alors ainsi, vous décevrez votre grand-mère. Quel dommage que vous n'écoutiez pas davantage votre grand-mère. C'est une femme dotée d'un grand esprit de famille. Vous devriez l'écouter, ses conseils vous seront plus utiles que ceux de votre soeur ou vos rêves d'indépendance. Vous n'échapperez pas à votre destinée, miss Black. Je dis cela pour votre bien en tant que directeur de maison et proche ami de votre grand-mère.

-Je n'ai pas besoin de ma grand-mère, ni de vous pour faire ma vie, je réplique sèchement en me levant.

-Miss Black, revenez ici sinon...

 

Je n'entends pas la suite car je quitte la pièce en claquant la porte. Je rejoins Marlène dans la Grande Salle qui m'attend pour manger. Énervée, je découpe en petits morceaux mon hachis parmentier et mâche peu élégamment. Pour une fois, je ne me préoccupe pas de la bienséance à table. Marlène évite de faire le moindre commentaire et discute avec Morsan qui est assise à côté d'elle. Je me lève et dit à Marlène que je vais dans la salle commune. Manque de chance, je croise à la sortie ce charmant professeur Slughorn.

 

-J'enlève cinq points à Serpentard pour votre comportement indécent et vous serez en retenue demain soir.

-Que s'est-il passé encore avec miss Black, Horace? intervient le professeur McGonagall d'un ton lasse. 

 

Je n'ai pas de chance aujourd'hui! Déjà, la matinée n'a pas bien commencé, je me suis disputée avec Eden au sujet de notre relation qui doit rester secrète. Ensuite, j'ai dû séparer James et Rogue qui commençaient à se battre à coups de poing. Et maintenant, Slughorn me punit pour un motif grotesque devant la Grande Salle, je commence à en avoir assez d'être toujours remarquée pour mes colères et mes retenues.

 

-Miss Black a mis fin à notre entretien sans qu'elle n'y soit invitée, répond Slughorn en me jetant un regard noir. 

Pas impressionnée, je soutiens son regard. Je crois que j'aurai dû aller à Gryffondor! 

-Pourquoi donc? me demande le professeur de métamorphose.

-Le professeur Slughorn m'a déconseillé de poursuivre mon choix de carrière sous prétexte que je devrais écouter les sages conseils de ma grand-mère qui consistent à être une mère au foyer soumise aux ordres de son mari, je lance d'une voix extrêmement calme et froide.

-Je lève votre punition et rajoute les cinq points à Serpentard qui ont été enlevés. Horace, veuillez me suivre s'il vous plaît. 

 

Re regard noir! Demain ou après-demain, je vais certainement recevoir une magnifique beuglante de la part de cette chère Rosalie Black.

Je suis contente, Slughorn va se faire gronder par McGonagall! Petite vengeance!

 

- Tu sais ce que ça sent, Titine? La douce odeur d'une beuglante de ta grand-mère, plaisante Marlène après que nous ayons rejoint notre dortoir, désert.

- Dis-moi, que veux-tu faire plus tard? Nous n'en avons jamais parlé. Moi, je voudrais être médicomage.

- Je plains d'avance tes patients!

 

En guise de réponse, je reçois un coussin en pleine face. Je me venge et lui renvoie son coussin...

Après vingt minutes de bataille de coussins, et après que je sois tombée lourdement de mon lit,  nous arrêtons mais nous continuons de rire comme des folles.

 

-Tu n'as pas répondu à ma question, Titine! J'ai toujours cru que tu serais potionniste comme ton père, ton oncle et ton grand-père. 

-Tu as tout faux! Tu as devant la future directrice du département de justice magique.

-Bon choix de carrière, cela ne m'étonne pas de toi finalement! Au fait, que s'est-il passé, ce matin, avec McMillan?

 

L'incorrigible curiosité de Marlène, la reine des ragots, est de retour! De mauvaise grâce, je lui explique le pourquoi du comment de ma dispute avec Eden. Elle m'écoute attentivement, hochant la tête de temps en temps.

 

****

 

-Marlène, que faisais-tu avec ce grossier Poufsouffle? je lance, choquée et stupéfaite.

 

Marlène sort d'une pièce secrète cachée par une horrible tapisserie mais accompagnée de ce Poufsouffle qui m'avait insulté à la soirée en début d'année. 

 

-A ton avis, Céleste! rétorque Sirius.

Pourquoi faut-il toujours que je croise soit les Maraudeurs soit Rosier dans un couloir pratiquement désert? Ils sont partout!

-A mon avis? Lais je ne pense rien justement, enfin, si je pense à quelque chose mais c'est pas ça! je m'exclame.

-Je pense que c'est ce à quoi tu penses, Titine! Marlène est grande, tu sais et puis à Poudlard, il peut s'en passer des choses! 

-Mais ces choses là ne se font pas avant le mariage!

 

Sirius, James et Marlène éclatent de rire, je me sens ridicule d'un seul coup!

 

-Céleste, détache-toi un peu de ton éducation et pense un peu comme une adolescente!

-Mais ma grand-mère m'a toujours dit qu'un mariage ne doit pas être consommée avant...le mariage! Même ma mère n'est jamais venue démentir ses propos!

 

Je suis perdue! Pendant toute mon enfance et mon adolescence, on m'a dit qu'une jeune fille devait se préserver jusqu'au mariage! 

 

-Elles n'ont pas tort si tu comptes faire un mariage arrangé, chantonne Sirius.

-Céleste! Te voilà, je te cherchais partout, s'exclame soudain Eden.

-Il tombe bien celui-là, se moque James.

Il n'a pas tort.

-Eden, ce n'est vraiment pas le moment, je te rejoins dans le parc plus tard, j'ai quelques petits points à éclairer avec James et Sirius.

-Non, je peux pas, j'ai un cours d'étude des runes. Non, je voulais m'excuser pour ce que tu sais. Plus je te côtoie, plus je te comprends me dit-il avec un sourire. J'espère que tu me feras plus confiance à l'avenir.

 

Manque de chance encore une fois, Rosier passe pile à ce moment, vu son air narquois, il a tout entendu! Merci Eden!

 

- D'accord, c'est tant mieux pour toi! je dis distraite avant de foncer vers Rosier.

- Rosier! Attends-moi! Qu'as-tu entendu?

- Des choses très intéressantes qui vont beaucoup plaire à Tante Rosalie. 

 

Et merde! Je suis vraiment dans la bouse d'hypogriffe jusqu'au cou. 

 

                                                           ****

Marlène s'est levé avant moi, c'est donc seule que je prends le chemin vers la Grande Salle. Elle a mal dormi, cela se voit à ses yeux cernés. Cette andouille n'est pas même venue me réveiller! Hochement de tête en guise de bonjour et je mange mon petit déjeuner l'esprit préoccupé par Eden. Je reçois un hibou de Rachel qui m'apporte un livre sur l'histoire du moyen-âge moldue. Marlène se jette dessus et me demande avec empressement si elle peut l'emprunter. Je lui donne la permission dans un éclat de rire. Soudain Marlène se fige et me montre le hibou de ma grand m'apportant une lettre rouge que je n'avais pas vue. Je soupire et tente de me lever mais une voix me retient.

 

-Et bien, Céleste, on a peur de sa grand-mère, lance Rosier d'une voix moqueuse.

 

Ses « amis » éclatent de rire et de nombreuses personnes observent ma réaction, le regard empli de curiosité. Voilà ce que je suis pour mes camarades, un sujet de curiosité! Comme je suis en plein milieu du chemin, quelqu'un me pousse, j'attrape ma lettre, je ne sais pas comment je fais mais la lettre s'ouvre et la douce voix de ma grand-mère fait trembler la salle. Elle n'a jamais été aussi furieuse mais sa beuglante est la plus courte que j'ai jamais reçu. 

 

-CÉLESTE ROSALIE BLACK! COMMENT OSES-TU MANQUER DE RESPECT AU PROFESSEUR SLUGHORN? POURTANT CELA N'EST PAS PIRE! TU T'ÉLOIGNES IMMÉDIATEMENT DE CET IGNOBLE MCMILLAN! J'AI HONTE D'ÊTRE TA GRAND-MÈRE. 

 

Grand silence! 

 

-C'est ta centième  beuglante, s'exclame Peter. 

 

À ce moment là, toute la salle applaudit! Je suis dans un établissement de fous, dirigés par un fou! Je souris, fait une magnifique révérence et m'éloigne rapidement de la Grande Salle. Je suis la première devant la salle de botanique. 

 

-Céleste, ce soir, tu prends une potion sans rêve, conseille Marlène en arrivant à ma portée. 

 

Je hoche la tête, incapable de répondre quoique ce soit, tellement cela me touche. Elle sait qu'à chaque fois que je reçois une beuglante de ma grand-mère, je fais minimum un cauchemar par la suite. 

Je suis épuisée de devoir sans cesse lutter pour que m'on me fiche la paix. Ce n'est pas agréable de s'énerver pour un rien ou d'être colérique. Ma mère n'aurait jamais laisser ma grand-mère m'envoyer autant de beuglante et insister pour que je fasse un mariage arrangé. Elle me manque tellement, mon père aussi...Cathleen tente de remplir le rôle de ma mère mais elle ne pourra jamais la remplacer.

 

- Qui peux me dire ce qu'est cette plante?

- De l'ellebore, professeur, dit un Serdaigle. C'est un ingrédient du philtre de paix. 

- 10 points pour Serdaigle.

 

Blasée par ces Serdaigle qui font les intéressants, je me tais.

Mes camarades de maison me regardent stupéfaits car habituellement, je réponds aux questions du professeur ou j'envoie un regard noir au Serdaigle qui répond à ma place. 

Épuisée moralement, je laisse Marlène faire tout le travail durant le cours. 

 

La journée se poursuit dans le même état d'esprit. Le soir, je ne prends même pas la peine de diner, mais Marlène vient m'apporter une potion de sommeil.

End Notes:

Merci d'avoir lu :)

Buses et duel by MissArty
Author's Notes:

Bonsoir,

Désolée, pour le retard.

Voici donc le chapitre 18 de cette fanfiction, le prochain chapitre est déjà écrit, je le mettrai rapidement dans les prochains jours.

Bonne lecture!

- Je déteste les Serdaigles, je dis en envoyant dans le mur mon balai.

- Tu prendras ta revanche l'année prochaine, on l'aura cette fichue coupe, ne t'inquiète pas.

-Je les hais! Heureusement que le choixpeau ne m'a pas envoyé là-bas.

 

Je continue d'écumer ma rage pendant que Marlène trottine à côté de moi, pas du tout affectée par notre défaite. Nous avons perdu de trente points et je suis la seule à trouver cela énorme, mes joueurs m'ont dit que ce n'était pas de ma faute mais celle du professeur qui n'a pas vu trois fautes des Serdaigles. Maintenant, mon objectif est de gagner la coupe l'année prochaine. Tant pis si mes coéquipiers doivent faire des nuits blanches pour faire leurs devoirs, l'année prochaine, ça sera entraînement tous les jours

 

-Regarde, Marlène, il y a ton copain, je lui signale.

-On est plus ensemble. Depuis deux semaines. Il était trop prétentieux et hautain alors je l'ai largué. Me voilà de nouveau célibataire et j'en suis bien contente!

-Et Fabian? 

 

Instantanément, ses yeux se voilent de tristesse, elles ferment les yeux quelques secondes et de nouveau son regard vif réapparait. Pourquoi a t-il fallu qu'elle s'accroche autant à quelqu'un qui la voit visiblement que comme une amie? Cela me dépasse. 

 

-Dans deux semaines, ce sont les BUSES, tu te rends compte? Les premiers véritables examens de notre vie! Je stresse d'avance!

Marlène ou l'art de changer de sujet!

-Ne t'inquiète pas, on va réviser et on va les réussir. Nous sommes les plus intelligentes de notre classe!

 

En effet les BUSES approchent. Les filles sont complètement stressées par les examens et si j'ai le malheur de les rassurer en disant qu'elles vont y arriver, je me fais sermonner! Je les fuis afin ne pas être contaminée par leur stress alors je leur préfère la compagnie des maraudeurs ou d'Eden. Je me promène dans le parc avec ce dernier, nous discutons énormément, il n'a aucun préjugé sur les gens, cela est agréable et en plus, il est sûr de réussir ses examens comme moi, alors il ne s'inquiète pas. Les Maraudeurs me font rire et me permettent d'oublier les lettres nombreuses de ma grand-mère qui m'ordonne de me comporter convenablement et me presse de lui donner une réponse concernant le mariage de Narcissa Black avec Malefoy. 

Après des semaines de révisions intenses, les BUSES arrivent! Je pense les avoir toutes réussies. A la fin de l'épreuve de défenses contre les forces du mal, Mary suggère d'aller se tremper les pieds dans le lac pour se détendre. Les pieds dans l'eau, nous rions énormément en nous moquant de Marlène. En effet, Fabian est à proximité et Marlène ne cesse de lui jeter des coups d'oeil alors qu'elle a décidé de passer à autre chose! 

Soudain des rires nous font détourner notre attention portée sur Marlène. James s'en prend (encore) à Severus. Lily se lève, le regard flamboyant, et marche à grand pas vers eux, furieuse. Pieds nus, je la rattrape en courant. Personne ne bronche par rapport à l'attitude de James, seule Lily a le courage de s'interposer mais soudain l'insulte est lâchée. 

Sang-de-bourbe.

Severus a traîné Lily de cette répugnante insulte, entendue de nombreuses fois chez ma grand-mère. Lily se cache derrière des mots cinglants mais elle doit être brisée. Quels idiots! Lily s'éloigne, la rage se mêlant avec la tristesse, Mary et Marlène, nos affaires dans les bras, courent après elle. Lily part mais elle leur a quand même donné une retenue (son côté préfète qui ressort parfois). Severus a tout gâché. C'est fini, il a fallu d'un mot pour qu'une belle amitié se brise. 

 

-Expelliarmus,  je lance alors que James veut s'en prendre de nouveau à Severus.

 

Ce garçon n'a aucune limite? Que dirait sa mère si elle le voyait ainsi? Elle aurait honte de son fils, certainement.

 

-Comment Céleste? Tu ne veux donc pas voir la couleur du caleçon de Severus? s'exclame Sirius d'un ton théâtral, faisant rire ainsi toutes les personnes environnantes.

 

-Vous êtes complètement malades tous les deux! Vous en prendre à Severus est tout ce qui vous passionne dans la vie? Non, je ne veux rien entendre! C'est ça que vous voulez? Qu'on se souvienne de vous comme les crétins populaires les plus abrutis que Poudlard n'ait jamais eu? Vous prônez le respect, la tolérance mais où voyez-vous tout cela? Nul part! S'en prendre à des Serpentards est la chose la plus stupide et irrespectueuse que vous n'aillez  jamais faite et pourtant vous continuez. Je vous hurle dessus, Lily vous hurle dessus mais vous continuez à agir comme des parfaits crétins! Tu veux sortir avec Lily, Potter? Tu n'as aucune chance, pas avant que tu ne changes de comportement. Et toi Rogue? Comment oses-tu insulter Lily de sang de bourbe? Comment oses-tu après tout ce qu'elle a fait pour toi? Comment oses-tu massacrer votre amitié? Comment oses-tu l'insulter de Sang-de-Bourbe, toi es un sang-mêlé?Vous êtes irrécupérables! M'étonnerais pas que vous tombiez tous sous un sort d'un mangemort, stupide comme vous êtes. Merci d'avoir gâché ma journée. je m'exclame d'une voix froide sans hausser le ton, sans m'énerver. 

 

Je laisse les crétins et pars à la recherche des filles. Elles ne sont pas dans la classe vide qui nous sert habituellement de QG, ni dans la salle sur demande, ni dans les toilettes, ni dans la cuisine. Écoutant mon instinct je monte dans la Tour d'Astronomie sans vraiment y croire. Elles sont là, toutes les trois. Lily ne pleure pas, son visage n'exprime aucunement ses émotions. Seule la main de Mary permet de voir qu'elle est très très affectée par ce qu'il vient de se dérouler. 

 

-Même si ça ne va pas te faire aller mieux, sache que j'ai sermonné les garçons.

 

Elle hoche la tête, mais ne répond pas. 

J'en veux énormément à Severus. Il a détruit la seule chose qui le maintenait hors de l'eau, la seule chose qui pouvait le détourner de la magie noire. Il est désemparé et honteux d'avoir insulté la seule qu'il aimera toute sa vie mais je ne le soutiens pas et refuse de lui adresser la parole. Mary m'a dit qu'il a tenté de se rabibocher avec Lily mais ses tentatives ont échoué. Étant très affectée par cette situation, je n'ai pas pu maîtrisé ma colère et je me retrouve donc avec deux semaines de retenue pour l'année prochaine pour avoir répliqué aux provocations d'Avery et Mulciber. Les professeurs ne m'enlèvent même plus de point ayant constaté que cela ne m'arrête pas. Seules les retenues à nettoyer des salles comme un elfe de maison m'ennuient profondément. 

 

                                                    ********

 

-On a enfin fini avec les examens! s'écrie Marlène en sortant de la salle de la dernière épreuve. 

-Ton épreuve s'est bien passée? je demande.

-Tu rigoles! avec ma mémoire et tout ce que j'ai écris, je suis sûre d'avoir un optimal!

-Continue comme ça et tes chevilles seront aussi gonflées que celles de Potter, lance avec humour Lily.

-Je ne te pose même pas la question, tu vas sûrement avoir soit un Effort exceptionnel, soit un Optimal.C'est pas juste, tu es canon et en plus tu es intelligente! se lamente Marlène.

-Regardez moi ces traîtres-à-leur sang, satisfaites de parler avec légèreté à une moins que rien. Vous avez vu, en plus, elles rigolent et se complimentent entre elles. Ces gens là, il faudrait les enfermer! dit dédaigneusement Rosier, qui en sortant de la salle, a entendu la conversation.

 

Toujours là pour m'énerver!

 

-C'est toi qu'il faudrait enfermer! je lance, des éclairs dans les yeux.

-Arrête de réagir au quart de tour, il fait exprès de te provoquer! Céleste! gronde Marlène.

 

Les personnes autour d'eux regardent la scène avec attention, les altercations entre Evan Rosier et Céleste Black divertissent toujours les habitants de Poudlard. Les maraudeurs, au loin, assistent à la scène, Sirius est prêt à prêter main forte pour en découdre avec les Serpentards mais Remus l'en empêche, une main sur son bras. Oui, quelques secondes, j'ai le temps d'observer tout cela, c'est Marlène qui m'a appris à observer les gens rapidement. 

 

-Un jour, le seigneur des ténèbres éradiquera de la planète les nuisibles nécessaires à un monde nouveau. Je serai en premier ligne, chère cousine, pour te voir souffrir et t'obliger à assister à l'agonie de tes amis traitres à leur sang et au sang sale! Sans oublier ta chère soeur, la honte de la famille, la tare, le premier nuisible à éliminer!

 

Évidamment, je cède à la provocation et envoie le premier sort. 

 

-Stupéfix! 

-Protego

-Expelliarmus

-Serpensortia 

-Protego

 

Et les sorts fusent tandis que personne ne bouge pas le moindre petit doigt. Mulciber décide d'aider son ami mais Sirius intervient afin de me laisser ce combat dont je rêve depuis des années, tous deux s'affrontent sous le regard stupéfait de l'assistance.

 

Rosier, la même lueur terrifiante dans les yeux que moi, amorce l'inaction pour lancer un sortilège que je ne connais pas lorsque le professeur McGonagall et Slughorn arrive. 

 

-Rosier, ne faites plus jamais cela! rugit le professeur de métamorphose. J'enlève cent points à Serpentards et j'enlève quarante points à Gryffondor, on ne se bat pas en duel dans les couloirs de l'école. Vous aurez tous les quatre une retenue l'année prochaine, ajouta t-elle, horrifiée de constater que quatre élèves s'affrontaient en duel. Je ne veux plus JAMAIS voir ça! Vos parents seront prévenus. Allez à l'infirmerie Rosier et Black.

 

Enfin, je regarde Rosier, une des ses manches est déchirée et du sang coule le long de son bras. Est-ce réellement mon oeuvre? Il a aussi quelques égratignures au visage, comme moi, si je me réfère à la vitre qui me renvoie mon image. 

 

Les professeurs reprennent leur chemin, la foule se dissipe mais Rosier et moi, nous nous toisons du coin de l'oeil. 

 

-Maintenant, tu sais ce qui t'attend lorsque tu rejoindras le camp du mage noir, je conclue, le sourire aux lèvres . 

 

Rosier me fixe, je soutiens son regard, il perd toute son assurance et marmonne qu'il va à l'infirmerie. 

De nouveau, je me regarde dans la vitre. Mes cheveux ébouriffés encadrent mon visage lui donnant un air fou, mes yeux ont une lueur démente et mon sourire que je pensais narquois est en réalité cruel. Je comprends pourquoi Rosier a eu peur de moi! J'ai l'impression d'avoir Bellatrix Lestrange en face de moi, d'ailleurs Sirius pense la même chose.

 

-Céleste? appelle courageusement Sirius en reculant et dans ses yeux, je lis de la crainte. Tu es là? Tu ressembles à Bellatrix, c'est perturbant.

 

Il recule encore d'un pas lorsque je me tourne lentement vers lui, et je lui souris gentiment, mon visage doit être redevenu normal car il me rend mon sourire.

 

-Maintenant, tout le monde connaît les conséquences des mariages arrangés entre cousins chez les Sang-Pur, je plaisante et Sirius rit de son rire semblable à un aboiement de chien.

 

Lorsque je rejoins la salle commune, je vois que mes camarades me contemplent comme si c'est la première qu'ils me voient.

Et oui, mes chers Serpentards, ne pas énerver Céleste est une règle d'or!

 Au lieu d'en être surprise et attristée, je suis satisfaite, j'ai réussi mon objectif: être crainte au sein de ma propre maison pour me protéger contre les attaques des aficionados du sang! Je suis géniale!

 

-J'ignorais que tu pouvais être aussi terrifiante. Plus personne ne t'adressera la parole, prévient Marlène, gravement.

-Tant mieux, j'aurai enfin la paix. Bientôt, on sera dans le train, personne ne viendra nous embêter.

 

Marlène soupire et se couche, cette nuit-là, je ne fais pas de cauchemar et rêve même du mariage de ma soeur avec un garçon qui me semble familier.

 

                                                  ********

 

Alors que nous attendons les diligences pour rejoindre le Poudlard Express, une voix appelle Marlène. Je me retourne et vois Fabian accélérer le pas pour arriver à notre portée. 

 

-On te laisse? demande Mary.

-Non, restez! murmure Marlène, que me veux-tu? demande t-elle à Fabian.

-On peut pas se parler tous les deux? Sans tes copines? questionne t-il pas très à l'aise.

-Non, dit elle d'une voix autoritaire. Elles sont là depuis le début et resteront jusqu'à la fin. Fais vite, nous avons un train à prendre, ajoute t-elle d'une voie hautaine.

 

Bravo, Marlène! Reste forte!

 

-Cela est un peu dérangeant à dire devant tes copines (un regard de Marlène lui fait comprendre que nous ne bougerons pas). J'ai enfin compris ton éloignement tout au long de l'année, je n'avais pas compris la raison et j'ai enfin ouvert les yeux. Je suis terriblement navré de t'avoir fait souffrir, cela n'était pas mon intention. Je continuerai de t'envoyer des lettres cet été, qu'importe si tu y réponds ou non. Bonnes vacances.

 

...

...

Panne momentanée de quatre cerveaux de jeunes filles de seize ans. 

J'ai rien compris à son charabia. Il sous-entend qu'il a enfin compris que Marlène en pince pour lui? Si c'est ça, c'est la révélation de l'année!

 

-Il croit quoi? Que je vais continuer à ramper sous ses pieds? Il se prend pour quoi? Ce n'est pas parce qu'il a une belle gueule qu'il peut se permettre un tel coup bas. Je m'en fiche de ses lettres, je les brûlerai une à une avec délectation, s'énerve soudainement Marlène. Je ne lui court plus après, c'est terminé. Maintenant, c'est à lui de revenir vers moi si je l'accepte... 

 

Mary, Lily et moi n'osons pas nous jeter un regard. C'est la première fois que nous voyons notre amie aussi remontée contre quelqu'un. Elle continue de vociférer contre Fabian Prewett jusque sur le quai à Pré-au-lard lorsque Frank Londubat l'interrompt.

 

-Tu devrais faire du théâtre, McKinnon, tu serais parfaite dans le rôle de la femme délaissée, se moque t-il. Je ne pensais pas que tu tenais autant à lui. Je ne répèterai pas tout ce que j'ai entendu, ce qui se passe à Poudlard, reste à Poudlard, ajoute t-il en nous faisant un clin d'oeil.

 

Merci Londubat! Marlène est aussi muette qu'un détraqueur! Sa dernière phrase ressemble un peu à celle que j'avais dit au tout début de ma scolarité, "ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas". Ce Londubat a une mémoire d'éléphant!

Dans le train, je m'aperçois que règne une atmosphère morose. Marlène avec sa déception. Mary avec ses rêveries. Moi avec mes réflexions sur les relations amoureuses. Celle qui m'inquiète est Lily. Comme elle, j'ai remarqué l'absence de Rogue. Parfois, ses yeux se couvrent d'un voile de tristesse et se perdent au loin, elle doit certainement penser à tous les jours heureux passés auprès de Rogue. 

 

-Il fallait que cela arrive Lily malheureusement. C'était inévitable et pourtant avec Marlène, on a essayé de lui faire comprendre qu'il prenait la mauvaise voie, je murmure.

-je voulais tellement croire qu'il y avait un espoir, je l'ai cru naïvement, répondit Lily avec des larmes aux yeux.

-Personne ne doit traiter quelqu'un de sang de bourbe, jamais! On se battra, qu'importe les sacrifices, il le faudrait pour lutter contre le fanatisme.

-Pourquoi prononces-tu cette insulte avec autant de flegme alors que souvent, ceux qui la réprouvent n'osent pas la prononcer! s'étonne Mary

-Lorsque l'on a une grand-mère comme la mienne, on s'habitue à l'entendre. Tu n'imagines pas ce que peut être une après-midi avec des peaux de vache détestables et intolérantes. C'est de la torture morale! je m'écrie fatalement en levant les bras d'un geste théâtral, ce qui a pour effet de détendre l'atmosphère.

 

Nous avons la joie de recevoir la visite de Sirius qui me félicite encore pour m'être battue avec Rosier alors que Lily soupire de mécontentement car elle ne cautionne absolument les duels dans les couloirs de l'école, en tant que préfète, elle doit l'éviter. 

A la gare, je vois tout de suite Cathleen, venue me chercher, et je m'élance gaiement à sa rencontre. En vue du regard glacial que ma soeur me jeter en signe de salut, je comprends qu'elle a eu vent de mon comportement de ces derniers jours.

 

-Bonjour, Céleste, va saluer tes amis et reviens ici immédiatement et surtout ne me fait pas perdre mon temps, dit-elle d'un ton aussi glacial que son regard.

 

Toute penaude, j'obéis et m'empresse de saluer mes amis. Nous rencontrons sur le quai Walburga Black.

 

-Votre soeur est une petite écervelée. Avez-vous reçu ma beuglante? A cause de votre soeur, mon fils a été puni.

-J'ai bien reçu votre lettre mais je pense qu'une mère ayant renié son propre fils n'a pas de conseil à me donner en matière d'éducation, réplique sèchement Cathleen, ce qui laisse abasourdie la Duchesse.

 

Dans la voiture, règne un silence religieux, lourd puis Cathleen le rompt en m'annonça que je devrai effectuer un séjour dans la cave pendant plusieurs jours en guise de punition.

 

-Pourquoi une punition? je m'indigne. J'ai défendu mes convictions et mes amis.

-Ta punition est juste, j'ai même pensé à t'envoyer chez Grand-mère Rosier. Je tiens à te signaler qu'à cause de toi, j'ai reçu deux lettres incendiaires du professeur McGonagall et de Slughorn, une beuglante de notre grand-mère et une autre de Walburga Black. Tu as intérêt à te tenir à carreau pendant les vacances sinon tu ne retournes pas à Poudlard et je t'envoie chez notre grand-mère pour parfaire ton éducation, surtout en magie noire!

-Tu n'as pas le droit! Et, puis, tu ne mettras jamais tes menaces à exécution.

-On parie? dit Cathleen en se tournant vers moi, un sourire mauvais aux lèvres.

 

L'été va me sembler bien long...

End Notes:

Merci d'avoir lu. N'hésitez pas à laisser une petite review :)

Punition et visites by MissArty

Le trajet se passe dans le silence le plus total. Cathleen gare la voiture et Alfred ouvre la porte du manoir, les autres accourent, prêts à entendre les ordres. Elle leur donne des ordres sèchement, nullement impressionnés par le ton sec de « Miss Cathleen », ils obéissent. Si les elfes ne sont pas surpris, cela veut dire que Cathleen est de mauvaise humeur depuis déjà plusieurs jours. Hykia me demande de la suivre, légèrement mal à l'aise. Nous descendons les escaliers menant...à la cave! Elle veut vraiment m'enfermer dans cette cave?

L'elfe s'arrête devant un cachot qui ressemble plus à une grande chambre mais les barreaux confirment mes craintes: ma soeur m'enferme réellement en guise de punition. Cependant la pièce est agréable en dépit de l'absence de fenêtre et du manque de liberté qui en découle.

 

-Tu seras enfermée pendant dix jours dans cette pièce, tes affaires y ont été transférées, tu auras trois repas par jour, apportés par les elfes. Aucune visite, pas d'échappatoire possible, la pièce est bloquée par un sort connu que par les elfes. Interdiction de parler aux elfes. Bonnes vacances.

 

Cathleen s'éloigne, la tête haute, et son éternel chignon serré accentuent ses traits sévères et aristocratiques et, je suis frappée à cet instant de lui trouver une ressemblance avec Grand-mère Rosier.

Ce système de punition est normalement aboli chez les Black-Cresson mais comme l'aînée, lorsqu'elle était enfant, passait la plupart de son temps à n'en faire qu'à sa tête, notre grand-mère avait conseillé à son fils et à sa bru d'enfermer « la jeune impertinente » dans la cave. A l'époque, la pièce ne ressemblait pas à une chambre mais plutôt à une geôle. La mort dans l'âme, le couple Black avait obtempéré plusieurs fois mais décidèrent d'arrêter et d'envoyer la grand-mère balader. Ce qui en résulta une grosse dispute mais mes parents tinrent bon. Cependant, ils regrettaient d'avoir fait subir à leur fille une punition pareille comme ils lui avouèrent des années plus tard. 

Dans la famille, cette punition est devenue une simple menace mais Cathleen a fait, par la suite, tout son possible pour être la digne fille de ses parents, ses séjours brefs lui ont forgé une carapace, elle est capable d'être douce mais très dure lorsque ses sentiments sont trop forts. Elle me fait un peu penser à Lily.

 

Contemplant ma nouvelle chambre, je comprends que j'ai extrêmement déçue ma soeur. J'ai mis Cathleen dans une situation difficile, je n'aurai pas dû céder mais mon caractère explosif reprend parfois le dessus, je ne suis pas faite d'une pierre dure comme ma soeur. Je suis plutôt un ballon, prêt à exploser.

Durant les dix jours de ma « captivité », j'ai passé énormément de temps (d'un autre côté, je n'ai que ça à faire). J'ai la décision de prendre sur moi et de rester calme à Poudlard, qu'importe les remarques incessantes de mes camarades. Je songe aux premiers mois passés à Poudlard, j'avais réussi à respecter mon éducation bourgeoise en étant calme mais je m'en étaisvite  émancipée et j'avais commencé à m'affirmer, peut-être est-ce dû à l'influence de Marlène? Il faut que je réapprenne à garder mon sang-froid, je dois impérativement me souvenir des sages conseils de mes parents. 

 

Au bout de dix jours, c'est Cathleen en personne qui lève la punition. Je remarque avec stupeur les traits tirés de ma soeur et son regard d'animal traqué mais je me tais pour éviter un nouveau séjour dans cette chambre.

 

-Tu es désormais libre.

 

Pas un mot de plus sort de la bouche de Cathleen, elle laisse les elfes de chargea de transférer toutes les affaires présentes dans la chambre de la cadette. Je remonte les escaliers en faisant le moins de bruit que possible alors que Cathleen les monte d'un pas lourd qui ne lui ait pas coutumier. Après un bref sourire et une caresse sur la tête, ma soeur claque la porte du manoir et j'entends quelques secondes plus tard, le vrombissement de la voiture. Que lui arrive t-il?

J'interroge les elfes sur les événements passés depuis ces dix derniers jours mais il restent vagues, Cathleen a dû leur interdire de me parler et même de me donner la gazette du sorcier.

Je monte dans ma chambre et entreprends la lecture des lettres que j'ai reçu. La première est de Lily dans laquelle la jeune Gryffondor exprime toute son inquiétude face à la montée croissante des idées de pureté dans la société sorcière et sa crainte d'apprendre un jour la mort de ses parents tués par des mangemorts si jamais ils commencent à s'en prendre aux parents des né-moldus. La perte de son amitié avec Severus lui a ouvert les yeux sur la guerre.

Dans une deuxième plus légère, Lily montre son impatience quant aux résultats des BUSES et raconte qu'elle a déjà fini ses devoirs en potions. La troisième est de Mary qui me demande des nouvelles et me conseille de ne pas broyer du noir. La quatrième est de James qui raconte sa vie et qui me supplie de lui donner des conseils pour s'approcher du dragon aux cheveux roux. Les autres sont d'Eden et de Sirius. La dernière est de Marlène, elle s'interroge sur la nécessité d'une guerre mais un passage m'intrigue. Que veut-il dire? 

 

As tu lu ces derniers jours la Gazette? Je n'arrive pas à déterminer si le journal est infiltré ou s'il considère que la société sorcière est raciste. Si tu lis entre les lignes, tu t'apercevras que parfois, il y a des sous entendus dans certains articles. Pas dans tous, heureusement! J'espère que Dumbledore tente quelque chose, une rumeur dit que c'est le seul sorcier que craint Voldemort. Je dis son nom mais tu verras dans quelques mois, plus personne n'osera dire son nom à cause de ses attaques. J'espère que des proches ne se sont pas engagés dans cette association. 

J'appelle Alfred et lui demande à nouveau le journal mais il me répond qu'il n'y en a pas. Lorsque j'ai voulu, la porte a refusé de s'ouvrir, les elfes m'ont alors appris, peinés, que je ne peux sortir de la maison sans l'accord de Miss Cathleen. Même si j'ai été très énervée par cette nouvelle, j'ai eu la délicatesse de ne rien dire aux elfes qui ne font qu'obéir aux ordres de leur maîtresse.

 

J'ai la vague idée de continuer à faire mes devoirs mais je me suis dit que c'était inutile car je ne sais même pas qu'elles sont mes matières validées. J'ai donc confectionné des muffins à la banane et au chocolat mais malgré mon application, ils ne sont pas aussi bons que ceux de Poudlard. Je suis ensuite allée dans le salon près de la fenêtre pour guetter le retour de ma soeur. 

Elle finit par arriver. Elle ouvre la porte et ordonne aux elfes de lui préparer un repas. Elle file ensuite à l'étage et ne réapparaît qu'à l'heure du diner.

 

-Que se passe t-il? 

-Rien.

-Cathleen! Réponds moi! Pourquoi m'interdis-tu de lire la Gazette?

-Les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Je ne voulais pas te perturber avec ces nouvelles. Il y a une rumeur qui court comme quoi Dumbledore aurait fondé une association pour lutter contre Voldemort. 

-Il y a autre chose, n'est-ce pas?

Cathleen fait une grimace avant de répondre. 

-Le mariage des Malefoy est dans la page des mondanités, sur une photo, on voit leurs fiançailles, toute la famille Black, Rosier et Malefoy présente. Il y a écrit en dessous « toute la famille réunie sans les déshérités » et l'article parle de ces derniers, comme quoi, nous devrions avoir honte de salir des familles aussi nobles et que nous devrins même de plus porter le nom de nos ancêtres. J'ai fait des recherches sur le journaliste, c'est sang-pur de basse condition qui essayer de grimper les échelons dans le but certainement de faire parti d'une grande famille de Sang-Pur. Un imécile ambitieux assoiffé d'un titre qu'il n'aura jamais. On est de Sang-Pur de haut rang, on naît ainsi, on ne le devient pas. Je te déconseille de lire aussi Sorcière-Hebdo, le journal présente Narcissa et Lucius comme un couple heureux et solide. Tu parles! Je me souviens très bien de Narcissa quand nous étions petites, elle était gentille, douce et rêvait de faire le tour du monde, pas de devenir mère au foyer! C'est Bellatrix qui l'a perverti avec ses idées! Elle faisait peur même lorsqu'elle avait dix ans. 

 

J'ouvre la bouche sans savoir quoi répondre. Ma soeur a connu les soeurs Black? Ma soeur les a côtoyées et les connaissait lorsqu'elles étaient enfants? Je suis abasourdie!

 

-Tu...tu...Tu as grandi avec nos cousines? je demande après avoir eu des difficultés à formuler ma question.

 

-Avant que nous apprenions que je suis une Cracmol, nos parents étaient souvent invités dans les soirées mondaines sous la pression de Grand-mère Rosier. A neuf ans, je n'avais toujours pas montré le moindre signe de magie, nos parents cessèrent d'être invités à ces soirées et la famille nous tourna définitivement le dos. Les autres avaient déjà des doutes, mais nos parents gardaient espoir, en vain malheureusement.  

-J'ignorai totalement cette partie de cette enfance.

-Maintenant tu le sais mais ce n'est rien, j'ai passé énormément de temps avec toi quand j'étais petite, et pour cela, mon enfance a été heureuse, me rassure t-elle avec un grand sourire. 

 

Elle peut toujours me dire cela mais je sais que notre grand-mère a été infecte avec elle. Son enfance n'a pas été heureuse. 

 

-Tu n'as pas l'air de m'en vouloir, s'étonne Cathleen. Pour ta punition, ajoute t-elle lorsque je la regarde avec incompréhension. 

-J'ai compris les raisons de cette punition, cette retraite a été bénéfique car je me suis retrouvée.

 

Cathleen se penche vers moi et observe mon visage. Ses sourcils se froncent. J'ai un truc au visage? Ah non, elle pense que je fume des substances illicites car je suis calme et pas rancunière.

Je demande à Catie si je peux recevoir mes amis, elle est d'accord et suggère même d'inviter Rachel. Malheureusement Rachel ne peut pas passer début juillet mais passera à la fin du mois, période où je ne serai pas là, étant en France chez mes grand-parents.

J'ai reçu mes Buses, j'ai eu un optimal dans toutes les matières sauf en métamorphose (effort exceptionnel), en Astronomie (acceptable) et en soin aux créatures magiques (effort exceptionnel).

 

Vers mi-juillet, Cathleen quitte le manoir Black pour aller chercher Mary et Lily, cela ne prend que quelques heures. À tous les coups, elles ont dû papoter, les connaissant, Catie apprécie énormément les filles.

Je suis ravie de revoir mes amies, nous allons dans le salon discuter. Mary et Lily sursautent lorsqu'elles voient les elfes arrivés avec un plateau sur lequel sont disposés thé et petits gâteaux. Cathleen les remercie d'un sourire et les trois elfes sont rassurées de constater que Cathleen est redevenue douce.

À quatre heures, elle sort accueillir les Potter et les McKinnon qui transplanent avec leurs rejetons. Mrs McKinnon serre dans ses  bras ma soeur avec chaleur, les Potter la saluent poliment, Sirius enlace ma soeur dans ses bras. Ils ont toujours été proches ces deux-là, depuis le fameux Noël de 1971. Marlène saute littéralement dans mes bras et sans demander son reste, court dans le rejoindre pour rejoindre nos amies.

 

-Venez donc dans la maison prendre une tasse de thé, propose Cathleen.

-Avec plaisir, répondit Mrs McKinnon qui déjà suit le chemin vers le manoir.

-Il est rassurant de constater que certains quoiqu'il advienne, restent fidèles à eux-même, remarque Mr.Potter.

-On peut, en effet, faire confiance aux McKinnon pour cela, approuve ma soeur déclenchant le rire de ses invités.

 

Mes amis sont dans le salon, en train de discuter joyeusement malgré les regards noirs que lancent Lily à James. Marlène et James débattent sur le statut des elfes de maison. Préférant de pas intervenir dans ce débat, je me tourne vers les autres qui parlent de la sécurité dans Poudlard. D'accord, j'ai cinq amis, et tous ont un sujet de conversation risqué.

 

-Les enfants, allez dans le petit salon. Je réquisitionne le salon principal, annonce Cathleen en ouvrant les portes du salon, je marmonne quelque chose comme quoi c'est toujours elle qui a la meilleure place. On ne marmonne lorsque l'on est une jeune fille bien élevée, digne de son rang, ajoute t-elle avec un ton faussement sévère, déclenchant le rire de Sirius. On ne se moque pas, rajoute Cathleen en faisant les gros yeux à ce dernier qui lui tire  la langue.

 

J'entends Cathleen et ses invités parler de l'éducation des enfants, de politique, de la fugue de Sirius...Ils sont surpris de constater que malgré son jeune âge, Cathleen est responsable et a  la tête sur les épaules. Voulant un peu embêter ma soeur, je dis, moqueuse que je suis navrée de casser le mythe mais qu'ils doivent tous savoir que petite, Cathleen était une vraie casse-cou. Ce à quoi Cathleen répond qu'elle ne peut pas faire pire que la centaine de beuglantes que j'ai reçu. Marlène éclate de rire et Lily surenchérit en rappelant  même que les applaudissements suite à la centième étaient parfaitement proportionnés à la situation.

James et Sirius restent deux jours au manoir au grand déplaisir de Lily. Nos journées sont très animées grâce aux disputes incessantes de James et de Lily.  Au lieu de nous exaspérer, cela nous amuse. Nous passons plusieurs heures à jouer au Quidditch pendant que Mary et Lily nous regarde ou discutent avec ma soeur. Certains fois, elles ont voulu faire un tour en balai mais sans particper à nos matchs.

Mary, Marlène et moi adorons taquiner Lily sur son côté belliqueux dès que James est dans le coin, nous nous en sommes pas privées durant ces quelques jours. Sirius et moi avons tenté de conseiller à James d'être plus lui-même et d'être moins arrogant mais il n'a pas l'air de suivre nos conseils.

 

Étant très occupée, je n'ai envoyé qu'une seule lettre à Eden, il va m'en vouloir à la rentrée mais je n'y peux rien, j'ai pas le temps. De plus, après le séjour des filles au manoir, je suis partie chez mes grand-parents en France.

Ma grand-mère a essayé de m'apprendre à coudre mais je n'en ai pas la patience alors elle a préféré me faire découvrir de nouvelles recettes. Mon grand-père a continué mon apprentissage de potion tout en veillant à ce que je comprenne que certains potions relèvent de la magie noire si elles sont utilisées à mauvais escient. Aurait-il peur que je rejoigne les mangemorts? Loin de l'Angleterre et de ses soucis, j'ai pu me reposer. Mes grand-parents sont des êtres calmes, ne cherchant pas les ennuis. Malheureusement, j'ai pu remarquer que la perte de leur fille unique les a marqués. Le soir, parfois, ils me parlaient de ma mère, je n'ai pu m'empêcher de remarquer que Cathleen ressemble vraiment à ma mère. 

A mon plus grand désarroi, j'ai dû retourner en Angleterre au bout de quinze jours passés en France pour assister au mariage de Narcissa, ma grand-mère m'a obligée à y aller. En réalité, elle m'a manipulée, c'est une vieille harpie. Je me demande bien ce que peut lui trouver Slughorn. Elle a invoqué le fait que ne pas y aller conduirait à détruire tout e travail effectué par ma soeur pour maintenir le rang de la famille à la mort de mes parents et aussi que cela pourrait me nuire à l'avenir si je veux rentrer au ministère. Elle n'a pas tort et pour éviter les ennuis, j'ai donc accepté d'y aller avec elle.

Je ne suis pas dans la bouse d'hypogriffe!

Le mariage des Malefoy by MissArty
Author's Notes:

Bonjour ou bonsoir!

Voici le chapitre 20 de cette fanfiction. Il s'agit du dernier chapitre écrit, ainsi pour avoir un nouveau chapitre il faudra patienter plus longtemps que d'habitude, surtout que je n'ai pas le temps d'en écrire d'autres avec les examens qui approchent. Qui sait? Peut-être qu'un autre arrivera finalement!

Bonne lecture :)

Satisfaite de voir sa petite-fille se plier à un de ses ordres, Rosalie Black a profité de la situation en  me disant que nous irons ensemble et qu'ainsi, je devrais dormir chez elle. Cette idée me panique et me terrorise, je n'ai pas gardé un bon souvenir de tous les séjours que j'ai pu faire chez elle, je me tourne vers Cathleen pour qu'elle intervienne. Devant mon appel au secours, elle refuse catégoriquement et décide que c'est elle qui m'amènera au cottage. Elle ne se rend pas compte que le trajet en voiture sera très long, nous habitons dans le sud et ma grand-mère dans le nord. Arrivera t-elle à supporter autant de route?

Comme le mariage est dans dix jours, Cathleen entreprend de parfaire mon éducation afin que je sois irréprochable. Elle me fait faire des exercices de maintien avec une encyclopédie sur la tête pour vérifier que je sais me tenir parfaitement droite. Elle vérifie aussi mes bonnes manières à table et mon utilisation des couverts. Et surtout le plus important, elle teste ma capacité à être hypocrite. En effet, le monde aristocratique de la sorcellerie baigne dans une atmosphère d'hypocrisie, ce qui aurait pu me perturber, étant donné que je suis de nature franche et honnête, mais je sais comment être hypocrite et faire tapisserie. Je peux remercier ma mère pour cela. Cathleen me conseille même de ne pas hésiter à la dénigrer et à cracher sur Sirius, renié par ses parents.

Anxieuse à l'idée de récupérer sa soeur torturée, Cathleen m'accompagna tout de même le jour venu au cottage de leur grand-mère. Le trajet est long mais la radio serre de bruit de fond, Cathleen tente parfois de faire la conversation mais nos conversations sont vides. Dès lors que je parle de couture, le regard de ma soeur s'illumine et nous trouvons enfin un sujet de conversation. Elle a d'ailleurs confectionné ma robe pour le mariage, elle est remarquable. Violette et d'une longueur raisonnable, elle est chic et élégante. Même ma grand-mère a approuvé lorsqu'elle l'a vue. Elle a été obligée de venir au manoir car ma soeur a aussi fait sa robe. Je me demande encore ce qu'il lui a pris d'accepter!

Lorsque nous arrivons, ma grand-mère est déjà sur le perron en train de nous attendre, et avec une once de tristesse, je pense à ma mère qui se tenait de la même façon lorsque je revenais de Poudlard. Elle nous lance que nous sommes en retard. Ce qui n'est absolument pas vrai mais il faut bien critiquer lorsque l'on s'appelle Rosalie Black. Ma soeur m'embrasse et dit quelques mots à notre grand-mère que je n'entends pas. Cette dernière me fait transplanter et nous arrivons devant l'immense bâtisse qu'est le manoir Malefoy. J'ai beau les détester, j'admets aisément que leur grille est magnifique. Elle impose le respect. Ma grand-mère me donne un coup dans les côtes pour que j'avance au lieu de contempler la grille qui me fascine. Avant de rentrer, elle me dit de bien me tenir sinon elle me punirait en conséquence. Je retiens un frisson.

 

- Tante Rosalie, vous voilà enfin! Nous vous attendions avec impatience, s'écrie Druella Black, enfin je crois, elle a les cheveux blonds et les yeux bleus comme Narcissa.

- Oh très chère nièce, je vous trouve resplendissante! Le mariage de votre fille vous a rajeuni, répond ma grand-mère avec une voix haut perché de snobinarde.

- Dommage que nous n'ayons pas de fils, nous aurions pu le marier avec Céleste. Bonjour Céleste, je suis Druella Black. La dernière fois que je t'ai vue, tu avais quelques mois, je suis heureuse pour ta grand-mère que tu sois devenue une aussi belle femme.

 

Traduction: on t'aurait marié à notre fils, comme ça, on aurait été sûr que tu nous fasses un bel hériter mâle surtout que tu sembles assez potable pour être digne de la famille.

J'ai oublié, vous vous demandez sûrement pourquoi Rosalie Black est la tante de Druella? Petit point sur la généalogie des Rosier.  Mes arrières grand-parents ont eu trois enfants, Rosalie (ma grand-mère) et deux garçons. Un des garçons a eu un fils qui a eu un fils qui est Evan Rosier. et une fille qui est Druella qui a eu trois filles (Andromeda, Bellatrix, et Narcissa). 

 

Druella nous conduit à l'extérieur où une gigantesque tente a été plantée. Ils ont invité toute l'aristocratie sang-pur du Royaume-Uni? Hormis les traitres à leur sang! D'ailleurs, cela me fait bien rigoler car pour tous les sang-purs de Serpentard, je suis une traitre à mon sang mais je viens quand même à une de leurs réunions.

 

- Rosalie, comment vas-tu? dit un homme qui paraît avoir l'âge de ma grand-mère.

 

Il se tourne vers moi et m'observe en plissant les yeux, exactement comme ma grand-mère lorsqu'elle inspecte ma tenue. Serait-il un de mes grands oncles? Je vais rencontrer la famille de ma grand-mère. Fabuleux! Notez ici mon ironie et mon regard blasé. Je sens que je vais bien m'ennuyer, surtout qu'il n'y a pas les sang-purs que je connais. C'est pas étonnant, ce sont des traîtres à leur sang! 

 

- En effet, Edgar, voici ma petite-fille Céleste.

- Quel plaisir de te rencontrer Céleste! Je n'ai pas pu venir lors de ta naissance, j'étais en voyage en Espagne, c'est donc avec un plaisir immense que je rencontre l'unique petite-fille de ma soeur.

 

Déjà j'ai gagné, c'est un de mes grands oncles. Mais, je n'aime pas du tout la façon la façon dont il a insisté sur le mot « unique ». Quelle enflure! Avec un sourire hypocrite, je hoche la tête. Je ne sais pas du tout ce qu'il a compris mais il semble satisfait. Je veux m'en aller! Marlène, Mary, Lily, sauvez-moi! La valse de l'hypocrisie continue, je rencontre Rosier et ses parents. Son père lui ressemble et sa mère fait tapisserie. Cliché! Après quelques paroles échangées et un regard noir entre Rosier et moi, ils s'éloignent. Abraxas Malefoy vient saluer ma grand-mère et explique à quel point son fils est un bon promis. Il m'ennuie mais je ne le montre pas. J'échange trois mots avec lui, tout le monde est satisfait. 

 

- Titine! Alors ça roule? demande une voix que je ne pensais pas entendre aujourd'hui.

- Salut oncle Johnny! Tout roule si ce n'est que je suis à un mariage de sang-purs snobs où je ne connais personne.

 

Il rigole à ma remarque, je l'observe et souris devant l'audace de mon oncle. Il a les cheveux décoiffés, portent des bottes en peau de dragon et se balade les mains dans les poches. Tout cela n'a pas échappé à ma grand-mère.

 

- John! Peux-tu m'expliquer cette tenue? Je t'avais demandé de t'habiller correctement et pas d'avoir l'air d'un moldu!

 

Je précise que, dans la bouche de ma grand-mère, moldu est une insulte. Mon oncle lui lance un grand sourire et lui tire la langue avant de saluer Druella. Je n'ai toujours pas compris si je devais l'appeler « ma tante »!

 

- Le mariage va commencer dans une quinzaine de minutes, veuillez vous asseoir à votre place.

 

Ma grand-mère se plaint car elle ne peux saluer d'autres personnes. Moi, cela me convient!

Le mariage commence. Blabla (ça c'est le discours du fonctionnaire). Lucius se tient fièrement, un air satisfait sur sa sale tête de fouine, Narcissa arrive aux côtés de son père (je vous laisse deviner la couleur des cheveux et les yeux de Cygnus Black). Je peste intérieurement car la mariée est magnifique. Quelque chose me fait sursauter, pendant une fraction de seconde, il me semble avoir vu dans les yeux de Narcissa une immense tristesse. Comprend t-elle que son avenir est tout tracé? Maison, enfant, éducation et surtout tapisserie (au sens propre comme au figuré)! Pense t-elle à son rêve de faire le tour du monde? 

Tout le monde se lève, on félicite les mariés. Malefoy me jette un regard noir, il est ingrat, je viens de lui souhaiter tout le bonheur du monde! Narcissa me sourit simplement. Je la plains, elle s'efface déjà derrière son mari. 

 

- Ainsi, c'est toi la soeur de la cracmol, me toise une brune qui ressemble à Andromeda.

 

...

Merlin, c'est Bellatrix Lestrange! Bellatrix! La folle de la famille! Au secours! Pas de panique, Céleste, pas de panique. 

 

- Ainsi, c'est toi l'une des soeurs d'Andromeda, la traitre à son sang.

 

Exactement ce que je ne voulais pas dire! Merci la panique!

Ses yeux lancent des éclairs, j'ai l'impression que je vais me prendre un sortilège de doloris! Elle fait peur, je vous assure.

 

- J'avais espéré que tu serais digne de la famille Black mais il s'avère que tu n'en as que le physique avantageux, dit-elle avant de partir rageusement.

 

- Tu aurais pu te taire! Andromeda ne doit plus jamais être mentionnée devant sa famille,comprends-tu cela?

 

Je comprends surtout qu'ils ont rejeté la seule personne fréquentable de leur famille.

 

- Bonjour, Rosalie, salue Walburga de sa voix hautaine. 

 

Tout mais pas elle! Je préfère encore affronter Bellatrix en fait...euh...non! Je veux surtout partir!

 

- J'ai entendu dire que tu fréquentes mon fils aîné, continue t-elle en s'adressant à moi.

 

Allez, Céleste, sois hypocrite, tu peux le faire.

 

- Étant donné que nous sommes dans la même classe et que nous partageons certains cours, il nous arrive de nous croiser.

- Seulement vous croiser? J'avais l'impression que c'était plus que cela.

 

Regulus, l'espion! Je ne vois que lui pour tout rapporter à sa chère maman.

 

- Puisque nous portent le même nom, nous nous sommes rapprochés.

- Tu devrais t'en éloigner, il n'est pas digne de cette famille.

- En effet, il a renié sa famille alors que rien n'est plus important que la famille, enfin je veux dire, notre famille au sang si pur, Il me semblait que des divergences d'opinions n'étaient pas suffisants pour caractériser un rejet de sa famille.

 

Je viens de dire exactement, tout le contraire de ce que je pense! J'ai réussi! D'ailleurs, cela se voit à l'air satisfait de ma grand-mère et de Walburga. 

A mon plus grand désespoir, Rabastan Lestrange, accompagné de ses parents s'approche de nous, je sens ma grand-mère trépigner d'espoir. Ça sent le mariage! Plutôt mourir que de me marier avec un ami de Lucius et du frère de Rachel! Tout le monde se salue d'une voix haut perché et nous rentrons dans le vif du sujet. Je viens de penser à une chose. Pourquoi n'y a t-il pas la famille McMillan? J'aurai pu voir Eden! Enfin, surtout voir sa tête devant les propositions de mariage. Il peut s'avérer jaloux par moment. Il faudrait peut-être d'ailleurs que je lui envoie enfin une lettre.

 

- Quel âge à votre petite-fille? demande Mrs Lestrange.

- Seize ans depuis peu.

- Est-elle déjà promise à quelqu'un?

 

Oui, je suis promise à mon indépendance!

 

- Non, mails elle a déjà reçu des propositions.

 

Ouais, c'est ça et moi je suis un hypogriffe géant 

 

- Nous serons ravis d'unir nos deux familles malgré les frasques de la jeune Céleste à Poudlard.

 

Stop! Je sens que ma grand-mère va accepter quelque chose! J'ai promis à Cathleen de casser l'idée de Rosalie Black de me caser.

 

- J'attends ma sortie de Poudlard avant de me prononcer mais je réfléchirai avec beaucoup d'attention à votre proposition.

 

Ma grand-mère me lance un regard noir. Je ne savais pas qu'elle voulait me marier au dernier Lestrange pas casé! il en est hors de question, surtout que les Lestrange sont une famille de mangemorts. Je suis toujours ma grand-mère tout en cherchant des yeux mon oncle, je rencontre Lucretia et Ignatius Prewett, Cassiopée Black, une vieille fille de la famille. Au buffet, je tente de boire du whisky pur-feu pour calmer mes nerfs mais ma grand-mère, scandalisée, m'en empêche. Le whisky n'est pas une boisson pour les femmes selon elle. Je dois me contenter de la bierraubeurre et encore je dois en prendre en petite quantité, les femmes convenables ne boivent que des liqueurs. J'en suis actuellement à deux bouteilles (j'ai réussi à en prendre dès que ma grand-mère tournait le dos).

 

- Madame Black, comment allez-vous? Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus, dit une voix criarde.

- En effet, ma chère, Anastasia? Comment va votre charmant fils?

 

Il s'agit d'Anastasia Crabbe dont le fils est aussi stupide que grand.

 

- Il va très bien. D'ailleurs, je vais l'appeler pour qu'il vous salue.

 

Oh non! Pas encore un éventuel fiancé! Je connais Crabbe, il était en dernier année quand j'étais en première année, il était complètement stupide, je crois même qu'il a eu qu'un ASPIC mais il terrorisait les plus jeunes, Malefoy s'en servait comme moyen de pression et de bouclier.

Crabbe arrive. En sept ans, il n'a pas changé, il est toujours aussi moche.

 

- Que votre fils est charmant! Je me souviens de lui lorsqu'il n'était encore qu'un bébé, un bébé robuste et costaud comme il faut. Céleste et lui s'amusaient ensemble lorsqu'ils étaient petits.

 

Un, si ma grand-mère dit qu'il est charmant, c'est parce qu'elle sait que les Crabbe sont riches donc si je me marie avec lui, je m'élèverais dans la société. Deux, elle a oublié qu'on ne s'amusait pas ensemble, on se battait, j'avais trois ans et je lui ai mis un coup de pied entre les deux jambes parce qu'il m'avait énervé. 

 

- Cela serait charmant que nous unissions nos famille!

 

J'ai l'impression que dans la conversation, le mot charmant a été un petit trop utilisé. Je vais partir! Je veux rentrer chez moi!

 

- Je ne crois pas que votre famille soit le genre de Céleste, intervient John en mettant ses mains sur mes épaules. 

- Je ne crois pas que vous ayez votre mot à dire concernant le futur de votre nièce, lui lance Mrs Crabbe.

- Excusez mon oncle, Madame, il souhaite que je fasse un mariage à la hauteur de mon rang.

- Insinuez-vous que mon fils n'est pas assez digne de vous? s'indigne-elle d'un ton hautain.

 

Oui! 

 

-Non, bien sûr que non. Je me suis mal exprimée, veuillez m'en excuser. Il s'intéresse beaucoup à mon avenir et tente de se subsister à mon défunt père alors il se montre parfois trop protecteur.

 

Je dis vraiment que du caca! Je deviens comme eux! Mon oncle soupire et me murmure que je joue très bien la comédie. Merci oncle John d'avoir vu clair dans mon jeu!

 

- Je n'avais pas compris cela. Pensez à notre proposition! Je dois prendre congés de vous, mon mari m'attend.

 

- John, tu as failli briser mon plan, je ne t'en félicite pas! sermonne ma grand-mère

- Céleste s'en est très bien sortie, mère.

- Heureusement! Que ferions-nous avec une cracmol et une autre incapable de se marier?

- Je vous emprunte Céleste deux minutes après elle pourra faire semblant de réfléchir à des propositions de mariage.

 

Il m'attrape le bras et m'entraîne derrière un gros chêne. Le jardin des Malefoy est comme leur grille, fascinant! Alfred serait enchanté de le voir.

 

-Tiens-tu réellement le coup? s'inquiète mon oncle

- Pas du tout! Je vais péter un câble si on ne s'en va pas.

- Malheureusement, tu dois encore supporter ma mère, elle n'a pas fini de t'exhiber devant tout le monde. Prends ça, tu te sentiras mieux après! me dit-il en me tendant son verre.

 

Je le renifle, méfiante et sens le whisky. 

 

- Oncle John, c'est de la folie! Je n'ai que seize ans, je ne vais pas boire cela! C'est trop fort!

- Céleste, ne me fait pas croire que tu n'en as jamais bu. Tu es comme ton père, seul le whisky peut te détendre, Cathleen me l'a dit. Bois sinon tu vas piquer une colère et tu vas faire honte à ma mère.

 

C'est une légende dans la famille ça. C'est juste q'un jour, j'étais très énervée (je ne sais même plus pourquoi), mon père, perdant patience m'a servie du whisky, et cela m'a complètement détendu. Ce n'était qu'une coïncidence! En plus, l'abus de l'alccol est dangereux pour la santé, je crois même qu'un grand oncle est décédé à cause de cela. 

 

Je le bois mais la quantité ne diminue pas. Il a jeté un sort à son verre. Voilà pourquoi il arrive à être insouciant au pays de l'hypocrisie! Mon père me manque. Pendant ce genre de réunions, je finissais toujours par le coller et lui enchanté, il me montrait à ses connaissances en affirmant que nous étions, ma soeur et moi, ses plus beaux trésors.

 

- Céleste, viens ici, nous avons d'autres personnes à voir!

 

Je soupire et la rejoins. Je supporte encore la famille Goyle, Flint, Bones, Grengrass...

 

- Rosalie, ne croyez-vous pas qu'il serait temps de penser à l'avenir de votre petite-fille? demande avec un sourire qui se veut innocent, Mrs Nott.

-Je le pense aussi mais toutes les familles ne sont pas dignes d'elle.

-La nôtre l'est, dit Mrs Nott, hautaine. Mon fils est apte à assurer la continuité des principes de la famille Black, il y a quelques mois, il a été marqué.

 

Marqué? Son fils est une vache maintenant? L'incompréhension doit se lire sur mon visage car elle précise qu'il s'agit de la marque des ténèbres. Déjà? Mais il est majeur? Il faut stopper ce carnage, je ne veux pas épouser un mangemort. Je préfère encore épouser Flint ou même Regulus!

 

- Je crains que cela compromette une éventuelle union. Il s'agit bien entendu d'un honneur de faire parti des sbi... mangemorts mais je préfère épouser un homme dont le retour à la maison ne serait compromis à cause d'un stupide Auror luttant contre Voldemort.

 

Ma grand-mère et Mrs Nott me regarde, scandalisées. J'ai dit une bêtise. Je réfléchis deux secondes avant de m'apercevoir que j'ai prononcé le nom interdit! Je suis trop forte! J'ai envie d'éclater de rire.

 

- Excusez-moi, mesdames, je crois que je ne me sens pas très bien. Je vais aller me rafraîchir le visage, je dis, faisant semblant d'être navrée de les quitter.

 

Dans la salle de bain, je croise mon oncle (décidément, je ne fais que le croiser) et je lui raconte la conversation. Il explose de rire, il pleure même tellement il rit! Nous partons dans un grand fou rire tous les deux. Nous mettons plusieurs minutes à nous arrêter. Mon maquillage est fichu mais Cathleen m'a appris un sort pour le remettre d'un coup de baguette.

 

- Tu es bien la fille de ton père, Céleste! Lui aussi aurait été capable de sortir un truc pareil! dit-il avec un sourire fier.

- Elle est surtout la soeur d'une cracmol, elle est indigne d'assister au mariage de ma soeur, lance Bellatrix qui arrive dans le sens opposé au notre. Tante Rosalie peut tout essayer mais personne ne voudra d'une traître à son sang dont la soeur est une cracmol. Tout se sait, Céleste. Si tu rejoins un jour, l'Ordre du Phénix, je me ferai une joie d'abréger ton existence et celle de ta soeur, ajoute t-elle, la voix lourde de menace.

 

Effrayante! Elle est effrayante. Elle vous menace avec son regard hautain et fou, avec ses cheveux qui se balancent derrière son dos. Merlin! Sirius a raison, lorsque je suis dans une colère monstrueuse, je ressemble à Bellatrix. Première chose que je fais en rentrant à la maison, c'est de me couper les cheveux. John me demande si je vais bien. Je vais bien, je viens juste de me rendre compte que je ressemble à cette harpie effrayante. 

Je rejoins ma grand-mère qui parle avec animation avec Druella. Je me tiens à côté de ma grand-mère, silencieuse, je suis trop déboussolée par rapport aux paroles de Bellatrix pour participer à la conversation. A mon grand soulagement, ma grand-mère déclare qu'elle est fatiguée et souhaite rentrer chez elle. Nous transplanons. Cathleen m'attend, assise sur les marches du perron, un livre posé à côté d'elle. Elle remercie notre grand-mère et m'ordonne de grimper dans la voiture. 

 

Je commence à lui raconter le mariage mais je m'endors. A mon réveil, je suis dans ma chambre, encore habillée de ma tenue de la veille. Cathleen a dû me porter jusqu'à mon lit.

Dure rentrée by MissArty
Author's Notes:

Bonjour à tous! Me voilà de retour après une absence d'un mois. Ce chapitre est du point de vue de Marlène. 

Bonne lecture :)

 

 

 

-Cette année, sois sage et ne te fais pas remarquer. Cesse de vouloir raisonner tes camarades, concentre-toi plutôt sur ton travail et aies des bonnes notes.

-Oui, maman, je réponds.

 

Comme tous les ans, je dois supporter les recommandations de ma mère. Elle s'inquiète énormément de mon avenir et a peur que je me fasse remarquer par les futurs mangemorts. Elle doit bien se douter que je me suis fait déjà des ennemis dans ma maison. Ma mère aurait préféré que j'aille à Poufsouffle, c'est vrai que j'aurai été plus tranquille là-bas et elle aurait été plus rassurée. Ma mère ne soutient absolument pas les propos racistes de Voldemort et déplore que l'on soit arrivé à une guerre d'idéologie.

 

-Ce ne serait pas Cathleen et Céleste au loin? demande ma mère en me coupant dans mes pensées.

 

Je regarde vers la direction qu'elle m'indique et en effet, ce sont elles. Céleste semble redouter quelque chose et sa soeur tente de la rassurer. Céleste s'est coupée les cheveux, ce petit carré lui va à merveille.

 

-Je sens qu'il va y avoir de la baston, dit mon père qui m'a aussi accompagné. Walburga Black se dirige vers les deux soeurs avec Rosalie Black, explique t-il avec amusement.

-Venez, on va essayer d'entendre ce qu'il dise, ordonne ma mère avec son insatiable curiosité dont j'ai hérité.

-Je te suis, dit mon père.

 

Je lève les yeux au ciel, mes parents ne changeront jamais, ils aiment toujours autant les potins, surtout lorsqu'ils concernent des familles anciennes. Je trouve ça ridicule, ces familles se créent des faux problèmes, je plains la pauvre Céleste. Je suis mes parents n'ayant pas trop le choix surtout que ma meilleure amie va être encore au coeur d'une dispute familiale. 

 

-Céleste! Je suis contente de te trouver. j'ai quelques petites choses à te dire, dit Rosalie Black de sa voix aigue et hautaine.

-Je ne pense pas que le moment soit bien choisi pour lui rappeler de se rapprocher de ses potentiels fiancés encore à Poudlard, répond Cathleen d'une voix glaciale. 

 

Rosalie Black semble étonner de la perspicacité de sa petite-fille. Céleste m'a envoyé une lettre cet été en m'avouant qu'elle craint que sa grand-mère soit décidée à la marier avec un Sang-Pur. Ce n'est pas qu'une crainte, j'en ai bien peur. 

 

-Vous devriez avoir honte de vous opposer à votre grand-mère, dit Walburga Black d'une voix hautaine sans cacher le dégout qu'elle éprouve pour Cathleen. Rien n'est plus important que la famille, c'est même votre soeur qui l'a dit!

 

Merci maman de t'être mariée avec un sang-mêlé, j'ai évité beaucoup d'ennuis! Je n'aurais jamais pu me plier aux us et coutumes des Sang-Purs.

 

-Elle l'a dit sûrement pour ne pas s'attirer des ennuis. Je crois que je n'ai pas de leçon à recevoir d'une femme qui a renié son propre fils, je vous l'ai déjà dit en juin, il me semble, rétorque Cathleen. 

 

Céleste assiste à l'échange sans intervenir, c'est étrange, elle est du genre à prendre la défense de sa soeur et a piqué une colère. Que lui est-il arrivé? J'espère qu'elle n'a pas subi un lavage de cerveau lors du mariage des Malefoy!

 

-Vous n'êtes qu'une cracmol sournoise sans aucun respect pour ses aînés, vos parents auraient dû vous laisser dans un orphelinat. 

-Ne mélangez pas tout, je pense plutôt que c'est cela que vous auriez voulu faire pour Sirius. 

-Si nous n'étions pas dans cette gare...menace Walburga Black

-Malheureusement pour vous, nous sommes dans une gare entourée de sorciers dont des membres du ministère. Je vous souhaite une excellente journée, lance gaiement Cathleen avec un sourire moqueur.

-Je n'en ai pas fini avec Céleste, s'exclame Rosalie Black

-Je vous pris de m'excuser mais je ne suis pas disposée à entendre vos conseils, j'ai un train à prendre, dit Céleste d'une voix calme et polie. 

 

Tout le monde se tourne vers elle visiblement surpris, je m'attendais vraiment à ce qu'elle explose. Qu'ont-ils fait à mon dragon aux yeux gris? 

 

-Oh,Céleste, tu as enfin cessé d'être impertinente! s'écrie Rosalie Black, ravie.

-Il faut bien qu'un jour les leçons soient retenues, répond Céleste avec un sourire hypocrite, hypocrite car ses yeux sont moqueurs mais personne ne l'a remarqué.

 

Je crois avoir compris. Pour avoir la paix, elle est rentrée dans leur jeu, elle fait semblant d'approuver leur attitude alors qu'elle se moquent d'eux, je suis sûre qu'à cet instant, elle doit les insulter dans sa tête. Cette fille est merveilleuse, on ne s'ennuie jamais avec elle!

 

-Que faites-vous ici, s'indigne Rosalie Black.

 

A qui s'adresse t-elle? Je sens mes parents se tendre, et je comprends que cette vieille harpie s'adresse à ma mère en particulier. 

 

-J'accompagne ma fille sur le quai de la gare comme Cathleen fait avec sa soeur, et comme le fait aussi Mrs Black avec son fils, explique ma mère.

-Je me suis mal exprimée. Que vous faites-vous dans mon champ de vision? Votre présence m'est aussi agréable que celle d'un moldu chez moi. 

 

Si elle commence à s'attaquer à ma mère, j'en connais un qui va s'énerver rapidement. 

 

-Comment...commence mon père avant que ma mère ne le fasse taire d'un regard. 

-Mrs Black, ce qu'il s'est passé entre Victor et moi, il y a plus de vingt ans est de l'histoire ancienne. Je vous rappelle que grâce à notre rupture, votre fils est allé en France et s'est marié avec une descendante d'une ancienne famille de Sang-Purs française. 

 

Le sang-froid de ma mère m'impressionne toujours. Elle qui peut être joyeuse peut contrôler ses émotions lorsque les circonstances l'exigent. 

 

-Vous avez fait souffrir mon fils, je ne l'oublie pas. 

-Ça arrive de souffrir à cause des autres surtout en cas de rupture, votre attitude est stupide, s'agace mon père. 

 

Avant que quiconque prenne la parole, un « Titine » interrompt la conversation. Nous voyons James arriver gaiment vers nous. Il a l'art de mettre les pieds dans le plat celui-là!

 

-James, reviens ici! ordonne Sirius qui le suit en accélérant le pas. 

 

James a un moment d'hésitation en voyant qui nous entoure mais ne se démonte pas et nous salue, Céleste, Cathleen et moi. Trente secondes après, Sirius le rejoint sans percuter l'identité des membres de notre petit groupe.

 

-James, viens! Ta mère veut te donner ses dernières recommandations et ton père nous a grillés pour la moto volante. Il vaut mieux le rejoindre avant qu'ils nous attrapent par le cou devant tout le monde. 

-Je vois que la mauvaise graine continue de pousser, dit d'une voix glaciale Walburga Black.

 

Je m'esclaffe discrètement, enfin pas si discrètement que ça parce que ma mère me donne une tape sur le bras. Sirius pâlit en reconnaissant sa mère, Cathleen fait un pas en avant mais Céleste l'en empêche. Reprenant son courage à deux mains, il vient me voir ignorant totalement sa mère.

 

-Marlène! Salut! Content de te voir! Dis-moi, tu n'aurais pas vu la petite amie d'Eden? Il la chercher partout et est très énervé pour je ne sais quelle raison. A mon avis, elle va passer un mauvais quart d'heure.

Qu'a encore fait Céleste? 

-Je l'ai aperçue tout à l'heure avec sa famille, si tu le recroises, dis lui qu'elle ne va pas tarder à rentrer dans le train. 

-D'accord, je ferai passer le message. Allez, viens James, on doit subir le courroux de ton père.

-J'arrive! lance James. A tout à l'heure dans le train Titine, ajoute t-il une lueur espiègle dans les yeux.

 

Ce type n'a pas froid aux yeux, Rosalie est prête à crier sur Céleste et Walburga a l'air de vouloir lancer le sortilège Doloris sur Sirius. Cathleen nous salue précipitamment et entraîne sa soeur loin de la famille Black qui s'éloigne de ma famille à notre plus grand soulagement. 

Un long silence s'installe entre mes parents et moi avant d'être briser par mon père.

 

-Marlène, promets une chose, ne tombe jamais amoureuse d'un Sang-Pur.

 

Hum. Comment te dire, papa, que c'est trop tard? Voyant mon air gêné, ma mère éclate de rire avant de se reprendre et d'attendre ma réponse avec d'attention.

 

-C'est qui? panique mon père.

-Marlène, il vaut mieux nous le dire maintenant. J'espère que ce n'est pas un Serpentard. 

 

On vit dans une drôle d'époque. Pour rassurer mes parents, je dois dire le nom de celui dont je suis amoureuse parce qu'ils ont peur que ce soit quelqu'un comme Rosier. 

 

-Ne vous inquiétez pas. Premièrement c'est un traître à son sang, deuxièmement, il se fiche de moi, et troisièmement ce n'est ni James, ni Sirius. Rassurés?

-Non pas du tout, soupire ma mère. Tu es encore jeune, tu trouveras un garçon sans problème. C'est qui? ajoute t-elle, curieuse, perdant toute crédibilité.

-Maman! je m'indigne. 

-Tu n'es pas gentille avec ta vieille maman, dit ma mère sur un ton boudeur. 

 

Ma mère, quarante-un ans, boude parce que sa fille ne veut pas lui dévoiler sa vie sentimentale. Mon père, quant à lui, est parti dans un grand fou rire.

 

-D'accord, j'arrête de t'embêter! Rejoins tes amis dans le train, passe une bonne rentrée et soutenez-vous mutuellement avec Céleste, dit ma mère en m'étreignant. 

 

Mon père se contente de me décoiffer les cheveux, je râle et il s'en amuse. Je m'élance vers le train en agitant la main pour dire au revoir à mes parents sans voir où je vais et évidemment, je me cogne contre quelqu'un qui n'est autre qu'Eden McMillan.

 

-McKinnon, sais-tu où est Céleste? me demande t-il presque suppliant.

-Je l'ai aperçue lorsqu'elle rentrait dans un wagon.

-Je te suis.

 

Il est agaçant, je me demande ce que Céleste lui trouve. Il est prétentieux, hautain, borné, ce n'est que mon avis. Mary le trouve sympathique, fiable et très protecteur envers Céleste. Je me retrouve donc à chercher ma meilleure amie avec son petit ami. Quelle poisse! Nous déambulons dans le train, je salue quelques personnes de ma connaissance avant de voir au loin Céleste qui discute avec Lily. McMillan fonce vers Céleste, je trottine derrière lui pour le rattraper. 

 

-Céleste, je dois te parler, lui dit-il sans préambule. Bonjour, Evans.

 

Il vérifie si le comportement est vide et attrape Céleste par le bras pour la faire venir, elle a juste le temps de me dire de l'attendre avant que la porte ne se referme sur Lily et moi, abasourdies par l'attitude de ce Poufsouffle. 

 

-Il lui arrive quoi à McMillan?

 

Je hausse les épaules. Je lui fis signe de se taire car je n'entends pas ce qu'ils disent. Nous attendons patiemment, l'oreille collée à la porte. Pour une fois, mon indiscrétion n'est pas pour assouvir mon éternelle curiosité mais pour savoir si Céleste n'a pas besoin de renfort. 

 

-Tu m'as ignoré pendant toutes les vacances, je n'ai reçu que deux lettres! En plus, j'ai entendu dire que tu es allée au mariage des Malefoy, toi qui les déteste! Tu te fiches vraiment de moi! Je parie que ta saleté de grand-mère t'a embarqué dans ses projets de mariage. Tu te sers de moi juste pour oublier tes soucis familiaux!

-Déjà, tu n'insultes pas ma grand-mère, ensuite, j'ai été très occupée pendant les vacances, j'ai envoyé très peu de lettres, si j'ai suivi ma grand-mère c'est pour enfin avoir la paix et pour finir, je ne me sers pas de toi. Si tu ne me fais pas assez confiance, alors il vaut mieux en rester là, je n'ai pas besoin d'une personne qui n'a pas confiance en moi et qui veut me priver de ma liberté. 

-Tu soutiens ta famille? Il y a encore deux mois, tu crachais sur eux! Tu as bien changé Céleste. Tu veux préserver ta liberté et bien tu as gagné, oublie-moi. 

 

Eden coulisse la porte brutalement et sort, précipitamment, l'air très énervé. Lily et moi rentrons dans le compartiment, gênée. Elle a le visage fermée, n'exprimant aucunement ses sentiments, son regard est tourné vers le paysage. Comme ça, elle ressemble à la Céleste de première année lorsqu'elle respectait encore son éducation aristocrate. Nous nous asseyons, ne sachant que dire. Lily prend sa main dans la sienne et attend qu'elle parle. Mary arrive, le visage rouge, un grand sourire aux lèvres et lance à quelqu'un derrière elle qu'il est vraiment stupide. Elle rentre et s'installe devant Céleste, son sourire disparaît rapidement.

 

-Que s'est-il passé? s'inquiète t-elle. 

-Eden m'a quitté, répond Céleste, le visage impassible.

-HEIN? s'écrient James et Sirius en choeur qui rentrent et s'installe à côté de Lily pour son plus grand plaisir...

-Pourquoi? murmure Mary de sa voix douce.

-Parce que Céleste ne faisait pas aussi attention à lui qu'il le voudrait, je réponds.

-C'est un imbécile alors. Céleste fait attention aux gens qu'elle aime mais à sa façon, c'est un imbécile s'il n'a pas compris ça, gronde Sirius.

-Je suis d'accord avec Sirius. 

 

Une nouvelle fois, la porte coulisse, Rosier et ses sbires apparaissent dans mon champ de vision. 

 

-Alors Black, on a passé de bonnes vacances? Tante Rosalie est ravie de ton comportement!Tu as fait grande impression sur Mrs Crabbe.

 

Je sens le corps de Céleste raidir, elle tourne lentement la tête vers lui et lui sourit. Nous la regardons tous interloqués. 

 

-Tu pourrais s'il te plaît me laisser tranquille avec mes amis, je dois leur expliquer certains choses, lui dit-elle d'une voix posée. 

 

Rosier s'en va sans le moindre mot, respectant, pour une fois, le souhait de Céleste. Ok, là, il y a un problème avec elle, jamais elle n'a réagi ainsi. Il lui est arrivé quelque chose. 

 

-Dehors, j'ordonne à tout le monde, même vous Lily et Mary. 

 

Ils sortent donc, avec l'espoir que j'arrive à faire parler Céleste. 

 

-Bon, tu vas cracher le morceau? Pourquoi tu es calme? Pourquoi tu ne te mets pas en colère? Depuis toute à l'heure, tu aurais dû piquer au moins quatre colères!

-Tu parle beaucoup trop vite Marlène, me dit-elle avec un sourire. 

-Céleste, que s'est-il passé pendant tes vacances pour que tu te transformes en aristocrate qui se maîtrise?

 

Elle commence alors à me raconter ses vacances. D'abord, sa punition dans un cachot, de sa visite chez ses grand-parents français, ensuite du mariage des Malefoy qui lui a fait comprendre à quel point sa grand-mère est prête à la marier avant ses vingt ans, sa douleur concernant l'absence de ses parents, sa peur pour la vie de Cathleen.

 

-Je crois que si je me comporte convenablement, j'aurai moins d'ennuis. Je suis épuisée Marlène de toujours lutter. D'un point de vue juridique, je n'ai pas peur que ma grand-mère me marie puisqu'elle n'est pas ma tutrice mais j'ai peur qu'elle se serve de Cathleen ou qu'elle me lance le sortilège d'impérium, conclue t-elle.

-Devant les garçons, Mary et Lily et moi-même, sois toi-même, et préviens les de ta décision de rester calme coûte que coûte pour les rassurer. Oublie pour le moment McMillan et profite d'être loin de ta grand-mère. 

-Bon, vous avez fini? On peut rentrer maintenant? s'impatiente James en ouvrant la porte alors qu'un « Potter » agacé est lancé par Lily.

 

Céleste répète ce qu'elle m'a dit en omettant certains choses. Sirius soupire mais s'abstient de tout commentaire, James fait tout un scandale avant que Lily lui ordonne de se taire. Mary écoute simplement, discrète comme à son habitude. 

 

-Alors Marlène, ton chéri t'a envoyé des lettres pendant les vacances? questionne Lily en changeant totalement de sujet.

 

Hum. Évidemment, il a fallu que l'un d'eux se souvienne de ce que m'a dit Fabian avant de partir de Poudlard!

Je rougis sans pouvoir l'éviter, tous attendent que je parle. A l'évidence, mon histoire avec Fabian les intéresse beaucoup. Ils veulent que je leur dise quoi? Que j'ai brulé la moitié de ses lettres avant d'en ouvrir une et d'être mal pendant plusieurs jours? Heureusement, pour ma dignité, je n'ai répondu à aucune de ses lettres, il a fini par arrêter mi-août. 

 

-Oui mais je ne lui ai pas donné la moindre nouvelle.

-C'est bien Marlène approuve Mary et Sirius en choeur. 

 

Avant que quiconque ne repose de question,James et Sirius s'en vont précipitamment car ils viennent de se rappeler qu'ils ont laissé Pettigrow et Remus dans leur compartiment. Sirius demande à Mary de lui faire un compte-rendu de notre discussion car il l'interrogera durant le banquet. Depuis quand, sont-ils aussi proches?

 

-On a pas de bol toutes les deux, lance en riant Céleste.

-Je pense surtout qu'il ne veut pas qu'une fille s'attache à lui, pas parce qu'il ne le veut pas mais parce qu'il ne le peut pas.

-Que veux-tu dire? s'étonne Lily.

-Je pense que Fabian fait parti de l'Ordre du Phénix. 

 

Lily et Mary échangent un regard, nullement surprise par ma déclaration. Céleste semble songeuse. 

 

-Une fois Mary est revenue très tard de son rendez-vous -Mary rougit légèrement- avec Bones alors je l'ai attendu en travaillant, lorsqu'elle est arrivée, nous nous sommes assises dans le canapé, mais Mary n'a pas pu me raconter son rendez-vous car Longdubat et Prewett sont rentrés dans la salle commune, je nous ai jeté un sort de désillusion, explique Lily. invisibles, nous les avons écouté, ils parlaient d'une organisation secrète qui avait pour but de lutter contre Voldemort. Prewett tentait de convaincre Longdubat de la rejoindre car lui le ferait. Il semblait déterminé. Qu'est ce qui t'a mis la puce à l'oreille?

-La quoi? demande Céleste

-C'est une expression moldue qui veut dire qu'est ce qu'il lui a permis de comprendre.

-Dans une lettre, il a écrit «Même si je disparais, l'idée que tu sois la dernière personne qui reçoive une de mes lettres, me réconforte ». Dans une autre, il s'excuse: « excuse-moi pour ma dernière lettre qui est alarmante, je suis encore en vie ». Je n'aurai pas fait le rapprochement si je n'avais pas lu la Gazette qui révélait l'existence de l'Ordre.

-Il agit vraiment étrangement, commente Lily.

-Non, il est désemparé. Il s'aperçoit qu'il apprécie Marlène plus qu'il ne le pensait mais il ne veut pas lui donner d'espoir car il y a risque qu'il meurt en mission mais envoyer des lettres à Marlène le rassure, l'aide à faire face, explique Céleste. A une autre époque, je pense qu'il aurait fait quelque chose, n'oublions pas qu'il a été un Don Juan durant ces dernières années de Poudlard.

 

Cela n'est pas étonnant, il est intelligent et tellement beau.

Pourquoi elles se tournent vers moi, un grand sourire moqueur aux lèvres?

 

-J'ai parlé à voix haute, c'est ça?

 

Lily hoche la tête en signe d'acquiescement. Je suis irrécupérable dès qu'il s'agit de Fabian. J'ai tellement hâte d'arriver à Poudlard pour manger le délicieux banquet. Il y a beaucoup d'inconvénients de vivre à Poudlard mais le principal avantage est la nourriture. Chez moi, personne ne sait faire la cuisine. Comme ma mère refuse d'avoir un elfe car elle considère que c'est de l'esclavage, mes parents cuisinent à tour de rôle mais ils font seulement de la cuisine de ménage, s'ils font quelque chose de plus expérimenté, cela relève plus du charbon que de la nourriture. 

 

-Mary, tu nous expliques ta récente proximité avec Black? interroge Lily. 

-C'est tout bête, on s'est rencontré à Harrods. Ma mère voulait absolument que je lui rapporte un thé qu'on ne trouve que là-bas, alors j'y suis allée et je les ai croisés dans un escalator. James montrait le Londres moldu à Sirius. Nous sommes allés prendre un thé ensemble et nous avons beaucoup discuté, en dehors de Poudlard, ils sont très fréquentables.

-Si tu le dis, marmonne Lily.

 

Lily et James, une histoire haute en couleurs! Enfin, je ne dis rien, parce que moi avec Fabian, je rame énormément. 

 

-Marlène, il faut faire attention lorsque tu soupçonnes quelqu'un de faire parti de l'Ordre et que tu en parles à des gens. 

 

Merci Céleste de remettre ce sujet sur le tapis et de me faire passer pour une naïve sans cervelle.

 

-Je vous l'ai dit parce que je vous fait confiance!

 

Les deux autres m'approuvent, Céleste n'est pas convaincue mais se tait. Je ne vais pas parler de l'Ordre dans le dortoir par exemple, je sais me taire quand les circonstances l'exigent. 

 

-J'ai lu une nouvelle saga pendant les vacances, ça s'appelle les Jalna, c'est génial! annonce Mary subitement sûrement dans l'intention de changer de sujet.

 

C'est parti pour parler de bouquins! Céleste secoue la tête, désespérée de nous voir aussi enthousiastes pour des livres et replonge dans son mutisme. 

Je sens que cette année sera encore plus mouvementée que les années précédentes. 

End Notes:

Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé :)

Épouvantard by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! Après une absence de presque deux mois, me revoilà avec un nouveau chapitre. Étant donné que les cours et les examens ne me laissent pas autant de temps libre que je le voudrai, le rythme de publication sera très irrégulier. Il faudra être très patient pour avoir la suite.

Ce chapitre est encore du point de vue de Marlène.

-J'ai réquisitionné le terrain de Quidditch pour samedi. Il faut constituer une excellente équipe, m'annonce Céleste. Gibbon a fini Poudlard et j'hésite à garder Selwyn, c'est un bon poursuiveur même si c'est un capitaine incompétent.  Je veux voir s'il n'y a pas meilleur que lui. 

 

Cette fille ne vit que pour gagner la coupe. Nous sommes le 2 septembre, elle s'est déjà arrangée pour avoir le terrain. 

 

-Céleste, je te rappelle que nous avons une vie en dehors du terrain, nous devons faire nos devoirs, nous reposer...

 

Son regard flamboyant m'empêche de continuer plus. Elle fait un peu peur parfois. 

 

-Cette nouvelle coupe te va très bien. Malheureusement, tu ne pourras plus faire de chignons, ni de tresses, ni de coiffures compliquées, Mary va être déçue, elle qui aime tester des nouvelles coiffures sur toi, je dis pour changer de sujet.

-Je voulais changer, j'ai moins l'impression de ressembler à une aristocrate, explique t-elle.

-Et comme ça, tu peux mieux cacher tes yeux fatigués, tu as d'horribles cernes. Tu as encore fait de cauchemars cette nuit? Pourquoi n'es-tu pas venue me réveillée?

-Je ne voulais pas te déranger, tu dormais profondément.

 

Elle m'énerve quand elle fait ça! Elle sait pourtant qu'elle peut compter sur moi, et que ça ne me dérange pas qu'elle dorme avec moi. Je n'ai jamais compris pourquoi dormir avec moi la rassure autant, elle a sûrement besoin de sentir une présence amicale auprès d'elle. Je pense que l'atmosphère de Poudlard et la peur que sa grand-mère ne lui fasse un sale coup accentuent son stress qu'elle parvient à maîtriser le jour mais pas la nuit. Comme elle veut garder son calme, cela lui demande une énergie supplémentaire et cela la rend nerveuse aussi. Si je peux lui venir en aide d'une quelconque manière, alors je le ferai même si cela implique le fait qu'elle puisse dormir avec moi.

 

-Reg! appelle t-elle. Tu as déjà eu un cours de défense contre les forces du mal? Il paraît que le nouveau professeur est spécial. Au fait, les sélections sont samedi, tu as un intérêt à ramener ta belle figure.

 

Voilà un autre mystère. Depuis quand s'entend t-elle avec Regulus Black? 

Le nouveau professeur de DCFM intrigue les élèves. C'est un Auror qui a dû cesser son activité durant une période d'un an pour des motifs de santé, il a été blessé au cours d'une mission. Les cinquième années ont déjà eu cours avec lui, il paraît qu'il rentre dans le vif du sujet et parle de la dangerosité de la magie.

 

- Il a trouvé un épouvantard, et nous avons dû chacun à notre tour le vaincre. Ensuite, il nous a expliqué que nos ennemis se serviront de notre peur pour nous attaquer et qu'il valait mieux apprendre à nous défendre, savoir lutter contre la peur pour survivre, répond-il de sa voix lente. Je viendrai samedi.  

 

-Ce cours promet d'être atypique avec un Auror, lance Céleste, pas convaincue par l'approche du nouveau professeur. 

 

Le soir, après avoir commencé le devoir de métamorphose et de sortilèges, Céleste se frotte les yeux pour la centième fois et déclare qu'elle va se coucher. Morsan s'installe à la place que vient de quitter Céleste et me propose une partie d'échecs, ce que j'accepte. J'aime beaucoup ce jeu, c'est mon frère qui m'a appris à y jouer. D'après James et Sirius, Remus se débrouille à ce jeu, j'aimerai bien me mesurer à lui un jour. Morsan n'est pas une amie mais une camarade de dortoir avec laquelle je m'entends bien, elle est discrète et ne pose jamais de question. De plus, c'est toujours utile de s'entendre avec la préfète de sa maison. 

 

Je gagne la partie et décide d'aller me coucher. Évidemment, Céleste est train de faire un cauchemar. Les autres filles du dortoir me demandent de faire quelque chose car elle les empêche de dormir. Le problème de Céleste lorsqu'elle cauchemarde, c'est qu'elle pousse des hurlements à vous glacer le sang ou elle sanglote. D'habitude, elle arrive à insonoriser son espace de sommeil mais elle a dû oublier, ça m'aurait arrangé qu'elle le fasse car je n'arrive pas à la réveiller et donc faire taire ses cris même en la secouant comme un prunier. 

 

-McKinnon, fais la taire! On en peux plus de ses cauchemars, chaque année, c'est la même chose. Qu'elle prenne une potion pour dormir! s'énerve la douce et charmante Selwyn (qui n'est pas du tout douce et charmante).

 

En grandissant, cette fille est devenue hautaine, arrogante et surtout insupportable. Pour ne pas me disputer dès la première semaine avec mes camarades de chambre, je me vêtis de mon pyjama, insonorise le lit de Céleste et m'allonge à côté d'elle. Aussitôt, elle se calme et elle attrape ma main. Je suis bonne pour passer ma deuxième nuit à Poudlard dans le lit de Céleste. Je sais que c'est très étrange comme situation mais ni elle ni moi avons pensé que cela pourrait engendrer des rumeurs. Etant donné, le regard de Selwyn, je sens que son merveilleux cerveau de lanceuse de ragots pondra une rumeur gênante d'ici la fin de la semaine prochaine. Néanmoins, je préfère que Céleste ne s'habitue pas au potion de sommeil, j'ai lu dans une revue médicale, que cela pouvait rendre dépendant et favoriser l'endormissement même en journée consommer en grande quantité.  

 

Le lendemain, je me réveille avec une main sur le visage, je décale la main de Céleste et lui demande de se lever. Ayant la flemme de me laver (je me laverai ce soir), je fais une brève toilette avant de m'habiller. Céleste émerge seulement, elle a l'air un peu plus reposé qu'hier mais son visage affiche toujours une mine fatiguée et lasse. Je file hors du dortoir. Lily et Mary sont déjà assise à leur table en train de sirotant jus de citrouille et thé, je m'installe à côté de Mary et me sers une tasse de café. 

 

-J'ai hâte d'avoir défense contre les forces du mal, lance Lily.

-Moi, je n'ai pas hâte du tout, dit Sirius en s'asseyant à côté d'elle. Je n'ai pas envie de connaître ma plus grande peur

-Black, je parlais à Marlène, pas à toi, s'agace t-elle. Que fais-tu, d'ailleurs, tout seul sans ton fidèle camarade?

-Il est allé voir s'il peut réserver le terrain demain.

-Trop tard, Céleste l'a fait. 

 

Sirius grimace. Avec la nomination de Céleste en tant que capitaine, les Gryffondor vont avoir de la concurrence.

 

-L'ambiance entre les maisons sera très vite électrique, commente Mary. 

 

Elle l'est déjà! 

 

-Voilà Céleste, remarque Sirius, il lui est arrivé quoi? On dirait qu'elle porte tout le poids du monde sur ses épaules. 

 

Nous nous retournons tous. En effet, Céleste semble abattue, elle marche en traînant les pieds, elle n'est pas coiffée, et ses yeux sont encore cernés. Ça nous fait un choc. D'habitude, elle marche comme si elle venait conquérir le monde avec une grâce inimitable (je dois admettre que sa soeur est encore plus gracieuse qu'elle) et est tirée à quatre épingles. 

 

-C'est peut-être à cause d'Eden, propose Lily.

-C'est un mélange de tout. Elle est presque à bout, je dis avant de demander à mes amis de se taire car Céleste arrive. 

-J'ai tellement pas envie d'aller en cours aujourd'hui, annonce t-elle.

-Moi, je suis plutôt impatiente d'assister à un cours du professeur Williamson. Il parait que son cours n'est pas conventionnel. 

-C'est un Auror, il va nous apprendre à survivre en dehors de l'école en nous parlant tellement des potentiels menaces que cela va nous faire peur. Le cours est commun avec les Gryffondor et ce n'est pas une bonne idée.

-Pourquoi? demande Pettigrow. 

-Montrer notre faiblesse à des futurs mangemorts n'est pas une bonne idée lorsque l'on sait que de nombreux Gryffondor tenteront de les combattre dès la sortie de Poudlard, j'explique. A moins que ce soit justement une technique pour nous apprendre à surveiller nos arrières. 

-Vous verrez bien de toute façon, dit Mary qui ne peut assister à ce cours n'ayant eu qu'Acceptable à cette matière. 

 

Ça ne la dérange absolument pas, elle n'a pas une âme de guerrière et souhaite vivre tranquillement à sa sortie de Poudlard. Elle ne cherche pas les ennuis et généralement, les ennuis ne viennent pas à elle sauf lorsque des futurs mangemorts s'en prennent à elle mais c'est une autre histoire.

Notre petit groupe prend le chemin de la salle de notre prochain cours. Lorsque nous y entrons, je constate que le professeur Williamson est plutôt bel homme...Marlène, arrête d'être attirée par des hommes plus vieux que toi! En observant mes camarades, je m'aperçois que je ne suis pas la seule à le trouver à mon goût, Céleste s'en fiche royalement et suit le moindre de ses mouvements, méfiante. 

 

-Pas mal le nouveau professeur non, me souffle très bas Lily.

 

Je hoche la tête avec un petit sourire entendu, elle glousse discrètement. 

 

-Bonjour à tous, si vous êtes dans ce cours, c'est que vous avez les aptitudes pour lutter contre un mangemort, lance Williamson. Toute personne n'ayant pas le niveau, est priée de quitter ce cours.

 

Ok, sympa l'ambiance! Céleste continue de l'observer avec attention, Lily est prête à prendre des notes.

 

-Cette année, nous étudierons les détraqueurs, ensuite les sortilèges impardonnables pour que vous soyez prévenus en cas de confrontation avec un mangemort, et les inféris, puis les sorts vous permettant de lutter contre une menace et enfin par groupe, vous vous entrainerez à les lancer. Des questions? Aucune? Parfait! Nous pouvons tout de suite commencer. Ce cours permet d'introduire ce que vous aurez à affronter lors d'un combat. Ce n'est pas d'abord les mangemorts, mais votre peur. Pour cela, grâce à un épouvantard, vous y serez confrontés, cela vous permettra de comprendre que vous pouvez aller au delà de votre peur. Tout est une question de mental, vous devez apprendre à l'oublier en cas de danger afin de vous défendre et de vous focaliser seulement sur votre défense. Si vous restez tétaniser de peur devant le moindre obstacle, vous devenez une proie et vous n'aurez plus à vous en soucier puisque vous rejoindrez l'autre monde. 

 

C'est un cours ou une conférence sur la peur? Il veut vraiment qu'on se fasse dessus ou quoi? J'ai hâte de voir ce que va donner cette année en compagnie d'un Auror!

 

-Je vous appellerai par ordre alphabétique et vous devrez utiliser le sortilège adéquat devant l'épouvantard, cela me permettra de voir si vous vous souvenez de vos cours d'une année sur l'autre. 

 

Il nous prend pour des enfants qui ne savent rien! L'étude des épouvantard est du niveau de troisième année, il faut être stupide pour ne plus s'en souvenir. 

 

L'épreuve commence par Avery qui a peur des ours en peluche (je ne ferai aucun commentaire). Ensuite vient le tour de Céleste. Son épouvantard me fait frissonner. Il s'agit de sa soeur, morte, ensanglanté, avec une marque des ténèbres au dessus de sa tête. Je comprends pourquoi elle fait des cauchemars la nuit si elle est capable d'avoir ce genre de vision. Aussi pâle qu'un fantôme, elle lève sa baguette et lance le sortilège puis s'assied dans un coin de la pièce sans un mot alors que les maraudeurs la fixent avec effroi surtout Sirius. Lily  se tourne vers moi et me lance un regard inquièt devant l'absence réaction de notre amie. Sirius est tellement dans ses pensées que le professeur est obligé de l'appeler trois fois. Son épouvantard n'est autre que la mort de James. Qu'est ce qu'ils ont tous dans cette famille à craindre la mort de leurs proches?

 

-Ils ont toujours été perturbés dans cette famille, commente Morsan, amusée. 

 

Celui de Lily est un cerf, Sirius dit « pas de chance, James » à son ami qui est bouche bée. Pourquoi James serait-il surpris que Lily ait peur d'un cerf. Étrange comme réaction. 

Les personnes passent, l'épouvantail devient un clown, un chat, une araignée...Lorsque que vient le tour de Remus, ce dernier est mal à l'aise et légèrement inquiet. En effet, il vient de se griller tout seul. Cette belle boule argenté n'est autre que la lune, car notre cher Remus est un loup-garou! 

...

Un cerf, un loup-garou, Sirius dont le rire se transforme pour ressembler un aboiement de chien.

...

J'AI TROUVÉ LE SECRET DES MARAUDEURS! 

En troisième année, lorsque nous avons étudié les loup-garous, notre professeur nous avait expliqué que seuls les animagus pouvaient s'approcher d'un loup-garou. 

Pour pouvoir soutenir Remus, les maraudeurs sont devenus des animagus! James est un cerf, Sirius, un chien mais pour Pettigrow, je n'en ai aucune idée. Leur surnom vient de l'animal dont ils prennent la forme chacun!

Je suis trop intelligente! Je m'admire sur ce coup! Il faut impérativement que je le dise à Céleste.

 

-McKinnon, voudriez-vous bien refaire connecter vos neurones? Cela fait quatre fois que je vous appelle! me sermonne le professeur. 

-Excuse-moi, professeur.

 

Suspense! De quoi ai-je le plus peur? 

Oh non! Pas ça!

Évidemment, je me trompe de formule, je lance un protego avant de lancer un ridikkulus. 

 

-C'est intéressant miss McKinnon. Vous protégez un individu avant d'attaquer, s'étonne Williamson. 

 

Sans un mot, je m'installe à côté de mes amies.

 

-Ne faites aucun commentaire et je ne ferai pas de remarque sur votre épouvantard, je marmonne, légèrement confuse et honteuse de ne pas avoir trouvé le bon sortilège.

-Il y a de quoi être déroutée lorsque tu vois la personne dont tu es amoureuse se trouver dans une telle situation, me rassure gentiment Lily.

-Ton obsession pour Fabian finira par avoir ta peau, Marlène, soupire Céleste.

 

Préférant les ignorer, j'observe mes camarades mais les tremblements de mes mains m'empêchent de me concentrer. Céleste s'en aperçoit, délicatement prend mes mains dans les siennes et me sourit d'un sourire tendre et doux que je ne lui connaissais pas. 

 

-Avec ça, Evans, tu ne pourras pas dire non la prochaine fois que je te demande de sortir avec moi, s'exclame James avec son sourire arrogant qui nous rejoint. 

-Dans tes rêves Potter!

-Ah, Evans, si tu savais ce que nous faisons dans mes rêves!

-Je préfère ne pas savoir à moins que tu ne rêves que je t'étrangle avant de te donner à manger au calamar géant.

-Evans, ta passion pour ce calamar m'intrigue. Serait-ce ton fantasme inavouable?

-Pourquoi cela ne serait-il pas le tien?

-Taisez-vous les tourtereaux! Pas de drague dans ma salle!

 

Lily rougit en moins d'une seconde et James garde son sourire arrogant. Qu'est ce qu'il peut être énervant ainsi!

 

Je reste perdue dans mes pensées jusqu'à la fin du cours, seule la voix de notre professeur me fait revenir sur la terre ferme.

 

-C'est très intéressant de constater que certains d'entre vous ont plus peur pour la vie des autres que pour la leur. Le cours est terminé. 

 

Nous nous levons mais mes jambes flanchent légèrement. Céleste se précipite vers moi et me prend dans mes bras en murmurant que ça va aller, qu'il n'est pas mort, que je dois arrêter de me faire du souci pour lui. Elle me surprend, je ne pensais pas qu'elle pouvait être aussi tendre. 

J'aurai dû penser plus tôt que Fabian allait intégrer l'Ordre et maintenant, je m'en inquiète. J'aurai dû l'anticiper et lui demander franchement au lieu de m'inquiéter alors que je ne sais même pas si mes doutes sont fondés.

 

-Coucou les filles, nous salue Mary qui nous attendait à la sortie de la salle. Canon, le prof, ajoute t-elle en jetant un coup d'oeil dans la salle. Ça s'est bien passé votre cours? 

-Non, nous nous exclamons toute en même temps.

-Pourquoi? 

-Peut-être parce qu'Evans a compris que James en pinçait définitivement pour elle, que Marlène a pu montrer devant la moitié de notre année qu'elle est folle de Fabian Prewett et que Céleste est toujours anxieuse pour la survie de sa soeur, explique moqueur Sirius.

-A ta place, je ne l'ouvrirai pas, Black. Vu ton épouvantard, on pourrait penser, que toi, par contre, tu en pinces pour Potter, souligne Lily.

 

Sirius éclate de rire, Mary me regarde avec incompréhension et me demande plus de précision sur James et Lily

 

-L'épouvantard de James est lui en regardant douloureusement une mèche de cheveux roux. C'est hyper bizarre d'ailleurs.

-Pas plus bizarre que celui d'Evans, rétorque Sirius, amusé.

-Comme si tu n'avais pas compris pourquoi elle a peur d'un cerf! La discrétion n'est pas votre fort, je commente en le regardant droit dans les yeux.

 

Sirius détourne son regard et se tait, il sait que j'ai tout compris. Céleste hausse les sourcils et je sens que son cerveau cogite. 

L'année dernière, James a réussi à obtenir l'adresse de Lily par Céleste en échange d'un service. Quelques semaines plus tard, Lily est rentrée chez elle pour les vacances et quand elle est revenue, elle nous a raconté qu'un cerf l'avait poursuivi, et qu'elle était complètement paniquée, elle n'a jamais compris comme un cerf pouvait se trouver dans sa ville industrielle. C'est ce crétin de Potter transformé en cerf qui l'a poursuivi! Il va m'entendre! Pauvre Lily qui a été traumatisée par un cerf qui est James! Cela a peut-être aussi une autre signification, peut-être qu'elle a peur, au fond d'elle, d'assumer une relation avec James et que son épouvantard n'est que l'illustration de son inconscient.

....

Ce n'est pas médicomage que je serai mais psycomage si je continue à faire des hypothèses pareilles! 

 

Le soir dans le dortoir, Céleste et moi parlons de l'épouvantard de Lily qui nous intrigue. Quand je lui fais part de mes suppositions, ma meilleure amie s'exclame que je suis la fille la plus brillante qu'elle connaisse et qu'elle est d'accord avec moi puisque elle-même soupçonnait les garçons d'avoir fait quelque chose d'illégal.

Après lui avoir autorisé à ingurgiter une potion sans rêves, Céleste retourne dans son lit et je peux m'endormir sans craindre qu'elle ne fasse un cauchemar.

 

End Notes:

Je me permets ici de parler de quelque chose qui me chagrine. J'ai constaté que le nombre de lectures de mes chapitres diminuait depuis un certain temps. Étant donné que je n'ai que très peu de retour, je ne sais pas ce qui cloche dans cette histoire et ce qu'il faudrait faire pour l'améliorer. Si vous avez quelques minutes, cela m'aiderait beaucoup que vous laissiez une review pour me dire ce qui va ou  ne va pas dans cette histoire.

Je n'oublie pas que certain(e)s m'ont déjà laissé des reviews, je les en remercie encore. 

A bientôt (et j'espère publier le prochain chapitre avant la saint-glinglin!)

Quidditch et cours de DCFM by MissArty
Author's Notes:

Après encore une absence de quelques semaines, je reviens avec un nouveau chapitre. Si je suis lente dans la publication des chapitres, c'est dû à mes cours et aux difficultés que je rencontre pour avoir internet. 

J'essaye d'être plus rapide dans la trame de l'histoire mais progressivement j'essaye d'instaurer les bases du futur de cette histoire. Plus que quelques chapitres, et c'est la fin de la sixième année. Je pense faire un chapitre sur la fin de Poudlard et après on passe directement après Poudlard dont cette partie est déjà en cours d'écriture.

Après ce blabla, place au chapitre qui, j'espère vous plaira.

Bonne lecture :)

-On va enfin pouvoir massacrer les Serdaigle. 

-Oui, Céleste, répond Marlène, lasse de mon obsession de vouloir battre les Serdaigle. Je suis étonnée de ton choix pour le gardien. 

 

Après plusieurs heures, j'ai enfin réussi à trouver un gardien. C'est un quatrième année du nom de Harper. Il est bien bâti, à mon avis, c'est un futur colosse. Il a été le meilleur et pourtant il paraissait tétanisé avant d'enfourcher son balai. J'ai été obligée de garder Selwyn dans l'équipe car il a été le meilleur, pas comme toutes ces larves qui se sont présentées. Cela m'embête car j'aurai voulu un peu de sang neuf dans l'équipe. Marlène a été brillante comme à son habitude. 

 

-Ce petit est très bien, il a un don, je t'assure, on dirait qu'il est attiré par le souaffle. J'ai hâte de pouvoir entraîner mon équipe!

 

Marlène secoue la tête, désespérée mais soudain, elle fronce les sourcils et se mord les lèvres. Je regarde au loin. Dans le parc, Eden se dirige vers nous. 

 

-On se retrouve dans la Grande Salle! je lance avant de prendre un autre chemin. 

 

Ma rupture récente avec Eden ne me permets pas de lui parler comme si tout allait bien. Cet idiot m'a largué car je suis trop distante, pas ainsi investie.... M'en fiche, j'ai rendez-vous avec un Gryffondor de cinquième année. On verra bien ce que ça donnera même si je dois avouer que la présence d'Eden commence à me manquer. 

Je me cogne contre quelqu'un dans le hall du château. Avec stupéfaction, je reconnais Mary dont le visage est triste. Elle tient une lettre fermement dans sa main. Je suis étonnée car normalement elle devrait être accompagnée de Lily et être dans la Grande Salle en train de manger. 

 

-Mary? Que t'arrive t-il?

-Oh, c'est toi, Céleste! Rien, rien, tout va bien. Je vais manger, tu viens? me répond-elle avec un grand sourire, tentant de maîtriser ses émotions en vain.

 

Légèrement inquiète, je la suis jusqu'à sa table. Je m'approche de Lily et lui murmure que Mary ne va pas bien avant d'aller à ma table. 

 

-Black! Viens t'asseoir à côté de moi! me demande gentiment Harper. 

 

Je l'ai pris dans l'équipe, on est pas ami, on a pas élevé les hypogriffes ensemble. De mauvaise grâce, je me dirige vers lui, il a un visage si confiant que j'ai pitié. Cela m'arrange aussi car s'asseoir à côté de lui veut dire m'éloigner de Rosier et de sa bande qui sont à l'autre bout de la table.

 

-Je suis content d'être dans l'équipe. J'ai enfin l'impression de participer à la vie du château. 

-Comment ça? 

-Disons que je ne suis pas intégrer dans ma classe. Ils ne m'apprécient pas. 

-C'est ridicule! Tu n'as pas l'air solitaire. Pourquoi serais-tu rejeté? 

-Je suis de sang-mêlé mais comme mes parents sont décédés, j'ai été élevés par mes grand-parents maternels qui sont moldus. Quand je suis arrivé à Poudlard, les autres ont vu que je ne connaissais rien à la culture sorcière, cela ne leur a pas plu, ils ont certainement cru que j'étais un né-moldu alors ils font comme si je n'existais.

-C'est complètement ridicule! je m'indigne, en haussant le ton si bien que les personnes à proximité se tournent vers moi. 

 

Comme ils voient que je ne me dispute pas avec quelqu'un, ils replongent dans leur conversation. Oui, je suis un spectacle pour les Serpentard!

 

-Écoute-moi bien Harper! Ton sang n'est pas important! Tu es dans la maison des ambitieux et des rusés, tu peux être respecté par tes camarades en les écrasant tous. Tu peux par exemple avoir les meilleurs résultats de la classe, être le meilleur gardien que Serpentard n'ait jamais connu. Tu peux accomplir de nombreuses choses, il suffit d'être malin. Regarde notre directeur, c'est quelqu'un de brillant et de respecté! 

-Quel discours enflammé, Céleste! se moque Marlène en s'installant à côté de moi. Elle a raison, Steven! Ne te laisse pas marcher sur les pieds et tu arriveras à tes fins. Des gens qui ne t'aiment pas, tu en croiseras toute ta vie. 

 

Je ne connaissais pas Steven Harper avant les sélections, je dois reconnaitre que c'est quelqu'un de très intéressant. Rejeté aujourd'hui, respecté, demain, il sera. 

 

-J'ai croisé Mary, toute à l'heure, elle n'avait pas l'air bien. Serais-tu pourquoi?

-Sûrement à cause de sa mère. Si tu n'étais pas autant obnubilée par la Quidditch, tu saurais que son été passé avec sa mère ne s'est pas passé gaiement. 

-Oh! 

 

Mary est gentille et discrète mais derrière cette douceur se cache une blessure: sa mère n'a jamais accepté le fait qu'elle soit une sorcière. Ses parents ont divorcé et ont refait leur vie, cela s'est passé peu avant son entrée à Poudlard. Ainsi, elle ne connaît pas beaucoup ses demi-frères et soeurs, elle se sent toujours un peu exclue de cette famille recomposée. Alors que son père a encaissé sa sorcellerie, sa mère a toujours des réserves envers elle et a peur qu'elle fasse du mal à sa famille. Mary passe la plupart de ses vacances soit à Poudlard, soit chez son père mais ce dernier est très occupé par son travail alors parfois elle retourne chez sa mère comme cet été. 

 

-Ne t'inquiète pas pour elle, Lily s'occupe de lui remonter le moral et puis elle a toujours les cours pour oublier sa peine.

 

Je regarde Marlène, choquée par la dureté de ses paroles, elle qui pourtant est toujours prête pour remonter le moral des gens. 

 

-Quelle est la confiture préférée de Marlène?

-La figue! Ta question est bizarre!

-Tu es dure avec Mary, je me demandais si ce n'était pas quelqu'un qui se faisait passer pour toi avec du polynectar. 

-Tu es trop méfiante! Chacun a ses problèmes familiaux et je ne suis pas d'humeur à consoler quiconque.

 

Marlène dit ça avec beaucoup d'amertume dans la voix, c'est normal. Ce matin, elle a reçu une lettre de son frère lui indiquant qu'il se fiance mais que sa présence n'est pas obligatoire et que cela l'arrange qu'elle ne vienne pas. Sa fiancée est orpheline, ses parents ont été tués par des mangemorts alors comme sa soeur est à Serpentard, il ne veut pas que cela aggrave la peine de sa chère et tendre. Le problème est que cela blesse sa soeur mais il n'a jamais voulu comprendre qu'elle n'est pas aussi forte qu'il le pense.

 

-C'est vrai que cela n'en vaut pas la peine parfois, marmonne Harper à notre grand étonnement. 

 

                 ********

 

Il n'aura fallu qu'une semaine pour que je me retrouve à l'infirmerie. Je me suis pris un cognard lors d'un entraînement. J'ai dû manquer tous les cours d'une journée, tellement mon mal de tête était infernal. J'ai besoin des notes de métamorphose et je suis vraiment chanceuse car je croise les maraudeurs en allant vers mon dortoir.

 

-Sirius, mon cher cousin que j'aime d'amour? je demande en minaudant comme le font certaines filles en s'adressant à lui.

-Que veux-tu ma chère cousine chérie d'amour que j'aime tant? répond Sirius sur le même ton pendant que nos amis s'esclaffent.

 

Tant d'amour entre nous que cela rend jaloux la moitié du château (je parle des filles ici). Parfois, dans les couloirs, certaines filles me lancent un regard noir car je commets la grave erreur de discuter librement avec mon cousin alors qu'elles ne peuvent que l'admirer de loin! Sirius est très populaire et très demandé, de nombreuses filles lui demandent de sortir avec elles ou lui font du rentre-dedans en pensant finir dans son lit. C'est du n'importe quoi! Je ne mens pas! Je l'ai entendu et Sirius nous a déjà raconté ce genre d'histoire. Il a toujours été fidèle à ses copines, il n'a jamais été un coureur de jupons malgré les rumeurs circulant à ce sujet. 

 

-Peux-tu me donner tes notes de métamorphose? J'arrive facilement à te relier et en plus tu les prends correctement.

 

Sirius acquiesce. J'ai l'intention de  lui demander de me prêter un livre mais la vue d'Eden m'ôte toute faculté mentale. La fuite ou le mépris? Discrètement, James me donne sa cape d'indivisibilité (il a toujours sa cape sur lui?), je me mets en dessous. Au lieu de partir, je reste pour suivre l'échange. La curiosité est un vilain défaut, je sais, ma mère me le répétait souvent. Je ne suis pas déçue, Eden râle sur le fait que je passe mon temps à le fuir et que je l'ai vite remplacé. Ce qui étonne Marlène, je lui avais caché cette information exprès. James lui explique alors que je sors avec un Gryffondor de cinquième année (celui avec lequel j'avais un rendez-vous dimanche dernier). Furieux, Eden pars sans dire un mot.

Alors que Marlène et Sirius discutent du comportement jaloux d'Eden, je rends la cape à James et vais à la bibliothèque faire mes devoirs en compagnie de Mary et de Lily, l'acharnée du travail. Ces dernières ne font aucune remarque sur Eden et Lily lance la conversation sur la saison de Quidditch qui va commencer dans quelques semaines. Il est vrai qu'avant d'écraser les Serdaigle, je dois d'abord écraser les Gryffondor mais avec James, capitaine de leur équipe, ça ne va pas être facile même si je crois en mon équipe. J'espère que Harper va s'intégrer dans l'équipe car pour le moment, rien n'est facile pour lui. Il se fait légèrement bizuter. J'ai dû menacer Carrow et Wilkes de les virer s'ils continuent de harceler mon gardien. Pour l'instant, ils se sont calmés, ils ont dû comprendre que Harper est mon petit protégé. 

 

-Ça va, Mary, par rapport à ta mère?

-Oui, je vais rester à Poudlard à Noël avec Lily. Ma mère a finalement refusé que je passe les vacances de Noël avec elle et comme mon père et ma belle-mère ne prennent pas de vacances à Noël, je reste au château. 

 

Lily et moi acquiesçons sans faire de commentaire. Nous n'aimons pas le comportement de sa mère envers elle mais nous ne la critiquons jamais car ce n'est ni notre rôle, ni nos affaires. Si Mary veut en parler qu'elle le fasse mais nous la forcerons jamais à en parler. 

 

            *******

 

Le mois de novembre touche à sa fin, nous avons finalement battu les Gryffondor, ce n'est pas passé très loin. Regulus a attrapé le vif d'or alors qu'ils étaient très proches avec l'autre attrapeur. Leur défense est excellente et leur gardien aussi, nous avons marqué seulement trois buts. Concernant notre gardien, je ne regrette absolument pas mon choix, Harper a arrêté de nombreuses fois le souaffle et a laissé encaisser seulement deux buts. 

Pour le moment, ce qui me stresse est le prochain cours de défenses contre les forces du mal. Le cours traitera des sortilèges impardonnables.

 

-Céleste, vas-tu bien ce matin? s'enquiert Marlène en sortant de la salle de bain. Tu es pâle et les yeux cernés. Tu n'as pas fait de cauchemar pourtant!

 

Je n'ai pas fait de cauchemar car j'ai très peu dormi à cause de notre prochain cours. J'ai vraiment peur que cela ne fasse ressurgir de mauvais souvenirs dans ma mémoire. 

Nous prenons notre déjeuner à la table des Gryffondor entourées de nos amis. James et Lupin discutent joyeusement du cours qui me stresse. Je me tais et mange en silence alors que les filles discutent d'un livre nommé « Autant en emporte le vent ».

 

Le professeur commence le cours par nous demander de nommer les différents sortilèges impardonnables.

Évidemment, la plupart des Serpentards lève la main, les autres sont peu nombreux à en connaître. Ça va redorer l'image de notre maison, cette histoire!

 

-Vous, dit Williamson en désignant James.

-Le sortilège de l'impérium. 

 

Bones et Mulciber donnent le nom des autres. Le professeur explique chacun des sortilèges et la raison pour laquelle ils sont impardonnables. A la fin de sa tirade, il marque une pause et sort plusieurs araignées. Euh...j'aimerai pas être à la place des araignées. Si Mary était là, elle sera outrée qu'on se serve d'animaux comme cobayes. A côté de moi, Lily ne perd pas une miette du cours alors que je passe une main sur le visage de plus en plus nerveuse.

 

-Pour que vous preniez mieux connaissance des sortilèges, je vais lancer chacun des trois sortilèges sur chacune de ses araignées. Impero. 

L'animal fait des tours de table, tisse une toile à toute vitesse. Les élèves s'en amusent mais leur sourire tombe lorsque le professeur leur demande s'ils rigoleraient toujours si c'étaient eux les destinataires. Les seules de la classe à ne pas s'amuser sont les Maraudeurs, Lily et moi. Marlène me redemande si je vais bien car je suis encore plus pâle que toute à l'heure.

 

-Continuons. -il sort une autre araignée de son bocal- Endoloris. 

L'araignée se met alors à se tordre et à pousser des petits cris.

Comme je le craignais, des souvenirs refont surface. La toute première fois que ma grand-mère m'a forcé à lancer le sortilège Doloris sur un oiseau alors que j'étais en pleurs, refusant de commettre cet acte barbare sur un quelconque animal. La fois où j'ai reçu ce sortilège à la place de ma soeur. La fois où ma soeur l'a reçu par ma faute car je ne voulais pas lancer le sortilège de la mort sur un chat (j'avais par la suite profité d'un moment d'inattention de ma grand-mère pour relâcher l'animal).

 

-ASSEZ, je crie à la stupéfaction de toute la salle en me levant d'un bond.

-Voyons, asseyez-vous, m'intime Williamson.

-Comment osez-vous vous servir d'araignées pour lancer ces horribles sortilèges. Ce sont des animaux comme nous, ils souffrent aussi! Cette araignée se souviendra toute sa vie de cette douleur insurmontable qui vous étouffe, qui vous emprisonne. Les araignées ne sont pas des objets. Aucune créature vivante ne devrait supporter une seule fois dans sa vie de pareilles sortilèges, m'écrie-je.

 

Mary aurait été très contente de ce discours. Je jette un regard vers Sirius qui me fixe, son teint est plutôt verdâtre.

 

-Miss Black, asseyez-vous. J'arrêterai quand vos camarades auront compris la dangerosité de ce sortilège. 

 

Je ne bouge pas. Le professeur Williamson semble s'en irriter mais dans son regard, je détecte une lueur d'amusement qui ne présage rien de bon pour moi. 

 

-Miss Black, si vous voulez que cette araignée cesse de souffrir, le meilleur moyen est de lui lancer le sortilège de la mort. 

 

Je suis sûr qu'il veut me tester. Il veut savoir si je suis capable de lancer un tel sortilège. Nous nous défions du regard avant que je ne décroche le mien du sien.

 

-Ce que vous me demandez là est impossible, professeur. Peut-être que vous, vous avez eu l'autorisation de Dumbledore pour lancer ces sortilèges mais moi je ne l'ai pas. Je préférerai éviter un long séjour à Azkaban. S'il vous plaît professeur, faites quelques chose, entendre ces cris...est très...déstabilisant.

 

Une lumière verte surgit de la baguette de notre professeur, en une seconde, l'araignée est morte.

 

-Satisfaite Miss Black? Êtes-vous enfin calme?

-Je suis calme professeur mais je n'aime pas cette méthode d'apprentissage.

 

Le professeur s'abstient du moindre commentaire et continue son cours. Marlène m'apprend que je suis d'une blancheur à faire pâlir un vampire. Nous sortons toutes les deux de la classe mais Sirius nous interpelle.

 

-Céleste, tu peux m'expliquer pourquoi tu as pété un câble à cause d'une araignée?

-Réfléchis, Sirius! Le professeur a lancé le sortilège Doloris, ça ne te rappelle pas de mauvais souvenirs? Parce qu'à moi, c'est le cas!

-Ça va, Céleste! Ne reste pas planter dans le passé! Moi, j'en ai terminé avec l'éducation de la famille Black.

-Sirius, j'ai supporté plusieurs le sortilège Doloris avant mon entrée à Poudlard et même après!

-Tu n'avais qu'à savoir te défendre!

-Ah oui? Lorsque ta grand-mère t'apprend à lancer les sortilèges impardonnables sur des animaux et que tu refuses et qu'ensuite, elle menace de lancer le sortilège Doloris sur ta soeur, tu veux faire quoi? 

-Tu n'as qu'à refuser et rester sur tes positions!

-C'est bien pour ça que j'ai une cicatrice sur ma tête formant le mot indigne! Tu veux qu'on parle aussi du sortilège d'impérium?

-Céleste, arrête de faire ta victime! Si on va dans ce sens, je suis plus à plaindre que toi, mes parents me haïssent, le seul soutien que j'avais est décédé....

-Attendez, un instant! Vous êtes en train de dire que vous avez subi des sortilèges impardonnables et que vous les avez lancés? s'exclame Lily, abasourdie.

 

Sirius et moi éclatons du même rire sans joie avant d'approuver.

 

-Mais c'est complètement scandaleux! Ces pratiques devraient être interdites!

-Elles le sont, Evans, mais pas chez les familles au sang-pur.

-C'est révoltant!

-Oui, tu as raison, Evans mais toutes les familles ne sont pas comme cela, explique James. Certaines conservent une éducation aristocrate sans le côté fanatique comme les Weasley, les Londubat, les Prewett....

-Pour la première fois de ma vie, je suis heureuse d'être une née-moldu!

-Sois plutôt faire d'être une née-moldu, ne considère pas cela comme une honte mais comme une force. Les née-moldu sont peut-être ceux qui sont les plus tolérants dans la société sorcière.

 

Lily lui fait un grand sourire, les yeux de James s'éclairent.

 

Euh, pendant deux secondes, il s'est passé quelque chose là, non? Marlène hausse les sourcils, et le regard que j'échange avec elle me conforte dans l'idée que Lily va finir par être amicale avec James et même plus! Il faut absolument que j'en parle à Mary, elle se doute aussi de quelque chose et elle est aussi la plus apte à cuisiner Lily sur James comme elles partagent le même dortoir.

End Notes:

Merci d'avoir lu :)

N'hésitez pas à lancer une review que ce soit pour critiquer, donner son avis...

Vacances de Noël by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! 

Pour une fois, je poste le week end comme je l'avais dit au début!

Bonne nouvelle: j'ai plusieurs chapitres d'avance alors je vous annonce que je pourrais publier plus régulièrement que ces derniers mois et que j'ai enfin fini d'écrire la scolarité de Céleste qui se terminera au chapitre 30. 

J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture :)

-Ta valise est bouclée, Titine? 

 

Ce surnom est toujours en vigueur. Super! 

 

-Pour la quatrième fois, oui!

 

Si Marlène insiste autant, c'est parce que la dernière fois, j'ai oublié ma trousse de toilette. Je remercie encore l'elfe de maison qui a eu la brillante idée de me l'envoyer par hibou. 

Marlène sors de la salle commune en sautillant. Elle est de bonne humeur puisqu'elle part chez ses grand-parents maternels qu'elle voit très peu puisqu'ils voyagent fréquemment. Pendant que je mange mon porridge, elle me raconte une anecdote sur ses grand-parents. Les hiboux arrivent, nous n'attendons pas de courrier mais il me semble reconnaitre le hibou de Mrs McKinnon. 

 

-Pourquoi ma mère m'envoie du courrier? s'étonne mon amie.

 

Elle caresse le hibou, et lui prend la lettre. Tandis qu'elle la lit, ses yeux s'agrandissement, elle fronce les sourcils avant de me demander si je comprends le sens de la lettre.

 

Chère Marlène, 

Si tu acceptes d'aller à la cérémonie avec ce garçon (si je ne me trompe pas, il s'agit de celui dont tu nous as parlé en septembre), je t'y autorises. Ce garçon a l'air d'un gentleman, c'est rare de nos jours. Nous en parlerons lorsque tu rentreras pour les vacances, ma curiosité a besoin d'être assouvie. 

Bonne journée ma chérie, 

A bientôt.

 

-Le garçon en question doit être Fabian. Il veut certainement t'emmener à un mariage avec lui mais je ne vois pas lequel il peut s'agir à moins que ce soit celui de Frank Londubat et d'Alice Fortescue, il paraît qu'ils vont se marier l'été prochain. 

 

-Je sais tout ça, s'impatiente Marlène, enfin pas en ce qui concerne Londubat, d'ailleurs, comment tu fais pour toujours savoir qui va se marier?

-Tout se sait chez les Vingt-huit sacrés!

 

Elle s'apprête à me répondre quelque chose quand un deuxième hibou vient se planter devant elle. Ses yeux s'éclairent, et je sais alors que c'est le hibou de Fabian Prewett. Cette lumière dans ses yeux n'est là que quand le sujet de conversation est son prince charmant. Je la laisse lire sa lettre et finit de prendre mon déjeuner tranquillement sans les bavardages de Marlène pour une fois!

 

-Je comprends mieux! Fabian me demande de l'accompagner au mariage d'un cousin qu'il apprécie. Il m'informe qu'il a demandé à ma mère l'autorisation que je vienne avec lui comme je suis encore mineure. Je comprends mieux la lettre de ma mère! Je sens que ma mère va me poser de nombreuses questions ce soir, elle est d'une curiosité maladive en plus d'être une mère protectrice. 

 

Elle se plaint mais elle ne se rend pas compte de la chance qu'elle a d'avoir encore ses parents. J'aurai tant souhaité parler de mes amours avec les miens. Avec un affreux moment de lucidité, je m'aperçois d'une chose: jamais mes parents ne connaîtront mon mari, ni mes enfants si j'en ai, ma mère ne m'aidera jamais à organiser mon mariage, elle ne me verra jamais dans ma robe blanche. Je haïs les mangemorts et Voldemort. 

 

-Céleste, tu vas bien? Que t'arrive t-il? s'inquiète Harper en s'approchant de moi. 

 

Marlène qui discute avec son voisin sur la neige qui tombe se tourne vers moi brutalement, elle remarque mon trouble et avec une incroyable perspicacité, elle en comprend l'origine et murmure qu'elle est désolée. 

Je pose mes couverts et lui dit que je l'attends dans le hall. Je croise en chemin Lily et Mary à qui je souhaite un joyeux Noël. 

 

********

 

Quand je sors du train, j'aperçois tout de suite Cathleen qui vient vers moi d'un pas déterminé et rapide. Quelle mauvaise nouvelle va t-elle m'annoncer? 

 

-Bonjour Marlène, pars-tu pendant les vacances de Noël? demande t-elle à ma meilleure amie en m'ignorant totalement. 

-Oui, je pars deux semaines chez mes grand-parents.

-D'accord, passe un très bon séjour chez ta famille et passe de très bonnes fêtes. 

 

Marlène me salue et se dirige vers son père. Cathleen se mord les lèvres, signe qu'elle réfléchit ardemment,son regard s'éclaire et je sais qu'elle a trouvé une idée. A propos de quoi? Je n'en sais strictement rien. Elle contemple la foule à la recherche de quelqu'un. Son comportement m'intrigue surtout qu'elle ne me parle toujours pas. Je n'ai pas pour habitude d'être aussi grossièrement ignorée par ma soeur. 

 

-Cathleen, tu cherches qui?

 

Elle sursaute et semble se souvenir de ma présence. Elle soupire avant de m'expliquer que Grand-mère Rosier a prévu de passer toutes les vacances de Noël au manoir car elle fait des travaux chez elle. 

 

-Serait-ce encore une tentative pour me fiancer à quelqu'un?

-Je le suppose, c'est pourquoi, je vais rester au manoir mais toi, tu vas séjourner chez les Potter, le temps qu'elle s'en aille. 

 

Comment Cathleen fait-elle pour toujours penser à moi? Pour m'éloigner de ma grand-mère, elle est prête à tout. Elle m'attrape par le bras et rejoint les Potter qui discutent joyeusement avec Sirius et James.

 

-Bonjour Euphemia, j'ai un petit souci et j'espère que vous pourriez m'aider.

 

Depuis quand ma soeur appelle Mrs Potter par son prénom?

 

-Que se passe t-il? s'exclame Mrs Potter, soudain alarmée.

 

Ce que je peux comprendre tout à fait, avec les Black, on peut s'attendre à tout.

 

-Je dois absolument éloigner Céleste de notre manoir car notre grand-mère a l'intention d'y séjourner pendant un moment. 

-Ne pouvez pas bloquer l'entrée à votre grand-mère, s'enquiert Mr Potter.

-Malheureusement non et cela est dû à un problème de succession auquel je n'ai pas encore trouvé de faille. Est ce que vous pouvez héberger Céleste pendant les vacances? Je me méfie de notre grand-mère.

-Décidément, notre demeure devient le refuge des Black, commente Mr Potter alors que sa femme accepte volontiers et ajoute même qu'elle avait prévu de nous inviter à Noël.

 

Cathleen me serre dans ses bras et me promettant qu'elle m'expliquera le problème de succession plus tard. Elle me connaît tellement bien qu'elle anticipe mes questions!

 

James et Sirius sont ravis de ma venue au manoir, et m'annoncent d'ors et déjà que nous jouerons au Quidditch. S'ils croient que je vais leur laisser voir mon jeu, ils se trompent complètement, je vais jouer correctement mais pas de manière extraordinaire. pas question de laisser la coupe aux lions. 

Je crois que Marlène a raison, le Quidditch devient une véritable obsession.

 

Nous transplanons à l'abri des regards et nous arrivons dans un coin tranquille que mon oncle Alphard aurait très certainement apprécié. Le manoir Potter est plus petit que le notre mais il est d'une taille convenable. 

 

-Tu auras la chambre à côté de celles des garçons, nous avons un elfe de maison mais comme il est vieux, il faut lui parler assez fort, il devient sourd. 

-Il va bientôt falloir lui couper la tête alors, je plaisante.

 

Sirius éclate de rire alors que les trois Potter me regardent scandalisés.

 

-Ne croyez pas que je suis d'accord avec cela! C'est la tante Elladora qui a instauré cette tradition! Ne vous inquiétez pas, nos elfes de maison seront enterrés dans un parc dans un cimetière dédié à cela. C'est mon arrière grand-père qui a créé ce cimetière, refusant de poursuivre la tradition de Tante Elladora qu'il jugeait irrespectueuse pour les elfes. 

-Je suis soulagée, j'ai cru un instant que tu comptais le faire. 

-Avec son discours sur le respect des créatures magiques en défenses contre les forces du mal, je ne pense pas que Céleste déteste autant les elfes pour faire une une chose pareille.

-Que veux-tu dire, James?

 

James explique alors mon intervention en début d'année, ses parents me félicitent et me disaient qu'avec cette idée d'égalité, je pourrais travailler au département de justice magique. Sirius dit que c'est exactement ce que je veux faire. Depuis quand le sait-il? Aurai-je parlé de mes projets d'avenir avec Sirius ou alors serait-ce Marlène qui en a parlé?

James me fait visiter le manoir et me montre ma chambre qui est de la même taille que celle du manoir. Elle est décorée sobrement, il n'y a pas de grande tapisserie de couleur rouge et or comme je m'y attendais (ses parents étaient tous les deux à Gryffondor). Le manoir Potter est plus petit que le notre mais est très chaleureux et confortable. 

 

         ********

 

Pour Noël, Mrs Potter invite Cathleen qui en est ravie. Elle me serre dans ses bras à son arrivée et fait de même avec Sirius. Elle serre la main de Mr Potter et fait la bise à Mrs Potter (c'est le côté français qui ressort).

 

-Comment se passe la cohabitation avec ta grand-mère? s'enquit Mrs Potter.

-Très mal. Elle était furieuse que je revienne au manoir sans Céleste, elle m'a traité de tous les noms et quand elle a sorti sa baguette, j'ai eu le réflexe d'appeler Hykia et de lui demander de me protéger, ce qu'elle fait avec zèle. Je lui ai interdit d'obéir aux ordre de ma grand-mère, je suis plus tranquille ainsi et je fais confiance aux elfes. Elle est enfin partie, hier, elle a dit qu'elle préfère séjourner dans une demeure où sa présence n'est pas indésirable, c'est à dire celle de Walburga, sa grande copine. En plus, je lui ai assigné le coup de grâce lorsque j'ai mentionné la visite de Molly Weasley et de son frère Fabian après-demain. Elle a ensuite crié que j'étais la honte des Black et que je fréquente les Sang-Purs de la pire espèce, que je n'aurai jamais dû laisser Céleste chez les Potter....., raconte lasse Cathleen.

 

James, Sirius et moi échangeons un regard. Sirius me demande en remuant les lèvres si je compte le dire à Marlène, je lui réponds non. Marlène débarquerait chez moi et je ne le veux pas. Je pourrais en profiter pour dire quelques mots à Fabian sur sa relation avec ma meilleure amie. 

 

-Tu dois être fatiguée! compatit Mrs Potter. Tu aurais dû venir nous voir!

-Surtout pas! Elle aurait trouvé le moyen de s'installer définitivement au manoir et cela, je le refuse. Je ne me suis même absentée de la maison pendant son séjour alors que ma meilleure amie m'avait proposé différentes sorties. Je ne lui fais pas confiance et ne lui ferai jamais confiance. 

 

Cathleen qui n'est pas d'un naturel bavard a l'air de s'entendre merveilleusement avec les Potter, il n'y a qu'elle qui parle depuis son arrivée! Je suis soulagée de constater qu'elle peut discuter librement avec d'autres personnes que moi ou Rachel, elle a besoin de compagnie. Elle doit être tellement seule le reste de l'année dans le manoir avec pour seule compagnie les elfes. 

 

-Céleste ne vous a pas trop embêté? Je compte la ramener à la maison demain.

-Non pas du tout! Elle s'est parfaitement intégrée à la maison, notre elfe l'apprécie également. Les garçons ont été ravis de sa présence, ils n'ont pas arrêté de jouer au Quidditch ou à faire des batailles de boules de neige. J'ai veillé à ce qu'il fasse leurs devoirs. Fleamont les a emmené sur le chemin de Traverse avant-hier pour faire des achats. Céleste est la bienvenue chez nous ainsi que sa tarte aux pommes!

 

Cathleen lève les yeux aux ciel mais semble amusée et soulagée que je n'ai pas embêté les Potter. Je suis contente de pouvoir rentrer à la maison, passer des vacances avec James et Sirius est fatiguant en réalité, ils ne s'arrêtent jamais! Tous les soirs, je m'endors à minuit exténuée. Grâce à cela, je n'ai pas fait de cauchemar, à moins que cela soit dû au coté rassurant du manoir Potter.

 

-As-tu réglé ton problème de succession? demande Mr Potter.

-Non, je n'ai pas la tête à cela en ce moment. J'ai eu de nombreuses commandes à finir avant Noël. D'ailleurs, Céleste, tu pourras dire à Marlène que j'accepte de lui faire sa robe.

 

Oh! Cela veut dire que Marlène a accepté d'aller à la cérémonie avec Fabian! Elle aura intérêt à tout me raconter!

 

Le reste du repas tourne autour de l'emploi de Mrs Potter qui est sous-directrice du département des créatures magiques, de Mr Potter qui gère son entreprise de vif d'or, des retenues de James et de Sirius. Les Potter ont l'air d'apprécier Sirius et de le considérer comme un second fils, c'est bien pour lui, qu'il est enfin une famille qui l'aime pour ce qu'il est et non parce qu'il est l'héritier d'une famille, si on peut considérer que les Black aient un jour ressenti la moindre affection pour leur fils. Ce Noël est très agréable et j'en suis très contente même si j'ai toujours en mémoire que ce Noël aurait été encore mieux avec la présence de mes parents qui appréciaient énormément les Potter. D'près ce que je comprends à l'évocation de mes parents, ma mère et Mrs Potter étaient très amies. Leur mort est un gâchis incommensurable.

 

 ********

 

Quatre jours après, Molly vient accompagnée à ma grande surprise de son frère, Fabian. Arthur et Gideon sont à la maison pour s'occuper des enfants. Fabian qui adore ses neveux mais qui est très fatigué a souhaité accompagner sa soeur en espérant être au calme. Je me demande bien pourquoi il est fatigué encore celui-là!

 

Nos soeurs se posent dans le salon, thé en main et papotant joyeusement. Nous nous asseyons dans les fauteuils et nous nous toisons du regard dans un silence absolu. Le bourdonnement joyeux de la conversation de nos soeurs semble lointain et puis finalement je fais le premier pas en approchant mon fauteuil du sien,ce qui détourne un instant Cathleen de sa conversation m'intimant de faire moins de bruit puisque le fauteuil a raclé. 

 

-Il paraît que tu as demandé à Marlène de t'accompagner à un mariage. 

-En effet, je vois que tu es toujours bien informée lorsqu'il s'agit de Marlène.

-Ne joue pas avec elle, s'il te plaît. Elle ne mérite pas cela. Je ne trouve pas que ce soit une bonne idée cette invitation. 

-Je ferai attention à ne pas la faire souffrir, je te le promets.

-Une promesse en l'air surtout! Je n'ai pas confiance en toi alors ne me fais pas de promesse impossible à tenir. Pourquoi elle? Tu changes de copines aussi vite qu'un flèche d'argent fait le tour du terrain de Quidditch! 

-J'apprécie réellement Marlène, mon frère m'a prié de venir accompagner d'une fille sympa qui ne serait pas une de mes conquêtes. 

-Pas Marlène! Pas elle! De toutes les filles qui existent sur cette terre, tu as choisi Marlène, la seule fille qui t'aime profondément, et tu t'en sers comme d'un faire-valoir. Tu vas la mettre dans ton lit et ensuite l'abandonner en bon connard que tu es! 

-Je ne te toucherai pas Marlène! Si je le fais, ça ne sera pas pour qu'elle soit un coup d'un soir!

-Tu as intérêt à te conduire en gentleman sinon tu auras à faire à moi.

 

Après un regard noir, je quitte la salle un instant pour aller chercher des tartelettes au citron, laissant Prewett, cogiter, seul dans son coin. Dès qu'il s'agit de Marlène, je ne peux pas m'empêcher d'être agressive. Cette fille est la chose la plus merveilleuse qui me sois arrivée à Poudlard. Au début, je ne supportais pas ses bavardages incessants mais j'ai fini par me lier d'amitié avec elle. Elle est toujours présente, toujours là quand j'ai besoin d'elle et quand je tombe, elle est là, prête à me relever sans rien demander en retour. Je ne supporterai que Prewett la brise, qu'elle soit déprimée. Marlène est forte et ne doit jamais tomber car sinon nous tomberons avec elle. Elle est bien plus que ma meilleure amie, notre amitié est aussi fusionnelle que celle de James et Sirius.

 

Mon esprit naviguant, je me retrouve dans le salon, un plateau garni de tartelettes que m'a donné Dolly, Molly, ma soeur et Fabian discutent. Lorsque je m'approche d'eux, je m'aperçois qu'ils parlent des tracas qu'occasionnent les enfants. Molly et Prewett racontent diverses anecdotes sur les petits Weasley qui m'ennuient profondément. Je déteste les enfants et les mères fécondes. J'ai toujours en mémoire les discours de ma grand-mère sur la nécessité d'assurer la lignée des grandes familles. Pour moi, les enfants sont une source d'emmerdes impressionnantes, privant leur mère de liberté et d'indépendance. Moi, si un jour, j'ai des enfants, dès qu'ils sont en âge de marcher, ils se débrouillent tous seuls, ils seront plus autonomes et moi je serai tranquille. 

Cathleen me sourit gentiment et me demande si nous nous connaissons bien avec Prewett. 

 

-Comme nous avons des connaissances communes, nous avons déjà bavardé poliment, répond Prewett en insistant sur le dernier mot. 

-Nous avons des avis divergents mais je sais toujours me montrer très convaincante, n'est ce pas, Fabian?

-C'est vrai, approuve t-il. Surtout sur un sujet. 

-A mon avis, nous ne sommes pas encore prêts à nous mettre d'accord.

-Il faudrait faire des concessions 

-Je n'en ferai pas, ce n'est pas à moi de le faire.

 

Molly et Cathleen tentent de suivre notre échange mais s'aperçoivent vite que nous parlons par sous-entendus. Cathleen, connaissant mon caractère explosif, m'observe intensément, à l'affut du moindre signe qui démontrerait un futur éclat mais je reste calme.

 

-Si tu es prêt à ne pas toucher ce sujet, ce qui pourrait faire des dégâts, alors nous pourrions peut-être nous entendre à l'avenir.

 

Il soupire et ses yeux dans le vague me font penser qu'il songe à Marlène. Si je pouvais avoir la certitude qu'il tient à elle alors je me montrerais moins envahissante mais je ne l'ai pas alors je continue à douter de sa sincérité, à ne pas lui faire confiance tout en espérant qu'un jour, la patience de Marlène sera récompensée. Il a plus le comportement d'un goujat avec elle, maltraitant ses sentiments sans aucune pitié. 

End Notes:

Merci d'avoir lu :)

Réconciliation et amitié by MissArty


-Céleste, ne trouves-tu pas bizarre que Sirius reçoive autant de lettres de ta soeur? me demande Marlène.

-Non. Cathleen a beaucoup soutenu Sirius lorsqu'il a été renié. Elle représente un peu une figure maternelle pour lui, elle ne supporte que quelqu'un soit privé d'amour. 

-Il devrait être habitué à en être privé, je ne comprends...

 

Je n'écoute plus Marlène, étant captivée par la scène qui se présente devant moi, Eden est en train d'embrasser allègrement sans aucune pudeur cette sale garce de Patricia Carpenter, connue dans tout le château pour avoir batifolé avec la moitié des garçons de son année. Je serre les dents et essaye de maîtriser ma colère, afin de ne pas exploser une vitre comme je l'ai fait la semaine dernière. Rosier a une nouvelle fois tenté de me provoquer en m'insultant mais je l'ai ignoré superbement sauf qu'il a continué dans la Grande Salle et évidemment, j'ai perdu mon sang-froid en faisant exploser une vitre. McGonagall a hurlé mon nom mais comme, je lui ai dit poliment (sans m'énerver) que ce n'était pas moi et comme Morsan m'a soutenu en ajoutant que j'étais très calme, notre chère professeure de métamorphose a décrété qu'en l'absence de preuve, je n'étais coupable.

 

-Et après, tu me dis que tu n'es pas jalouse, chantonne amusée, celle qui est censée être ma meilleure amie. 

-Je ne suis pas jalouse!

 

Marlène ricane.

 

-Il est stupide de s'être séparé de toi, c'est bien un Poufsouffle. Tant mieux, ça fera un prétendant en plus, il est riche, assez bel homme, élégant, lance Selwyn, assise à côté de Marlène.

 

Dans ce cas, elle est aussi stupide que lui. Elle le dénigre mais s'intéresse à lui parce que c'est un bon parti! La loi des Vingt-huit sacrés a la vie dure, même dans les années soixante-dix. J'ignorais totalement qu'Eden est riche. Que m'importe cette révélation? Rien, j'ai un compte en banque rempli, je suis une héritière de la famille Black et ce n'est pas rien!

 

-Tu sembles pourtant ne pas l'apprécier, commente Marlène.

-C'est un détail. Il est riche et pourrait me permettre d'avoir une bonne situation.

 

Selwyn est une Sang-Pur parfaite. Elle dénigre les né-moldus, est hautaine et surtout elle a parfaitement assimiler la règle des jeunes filles des familles anciennes: se marier avec un Sang-Pur puis avoir des enfants afin de faire perdurer les Sang-Purs 

 

-Tu oublies que les McMillan ne font que des mariages d'amour depuis deux générations et que l'on ne les jamais vus à une réception rassemblant les Vingt-huit sacrés depuis plusieurs décennies. Tes parents n'accepteront jamais que tu te maries avec un MacMillan, pour tes parents, ça serait comme épouser un Prewett ou un Weasley .

-Tout sauf ça! Mais si je peux essayer de ne pas me marier avec Nott ça serait bien! Je te rappelle qu'il a déjà vingt-deux ans mais il a une bonne situation et cela est satisfaisant. 

-Tu peux te marier aussi avec Fawley.

-Pas assez bien pour moi. C'est un Sang-Pur de petite noblesse.

 

Elle me fatigue, pourquoi ai-je commencé une discussion avec elle? Ah oui, je sais, pour ne pas qu'elle mette le grappin sur Eden, comme Carpenter. Je me tourne vers Marlène qui hausse les sourcils, ne comprenant rien à notre conversation et me lance un regard interrogateur. 

 

-Que veux-tu comprendre? 

-Que sont les Vingt-huit sacrés? Pourquoi ne faut-il pas épouser un Prewett ou un Weasley? 

 

Evidemment, dès que le nom de Prewett est prononcé, Marlène s'interroge et veut tout savoir! 

 

-Nous, les Vingt-huit sacrés représentons les familles sorcières les plus anciennes au sang le plus pur que l'on puisse avoir. Ces familles sont les familles de l'aristocratie sorcière, la plupart ont une fortune colossale, les autres sont dénigrées comme les Prewett et les Weasley qui ont le culot de dire qu'ils ont du sang moldu dans les veines. Nous avons pour but de perpétrer les lignées au sang pur mais il est important ainsi de ne pas se marier avec n'importe qui. Par exemple, un Black ne peut pas se marier avec un Weasley, cela est mal vu. Cedrella Back a épousé Septimus Weasley, résultat, elle a été reniée par sa famille. 

 

-Et la magie noire dans tout cela? Pourquoi certains d'entre vous doivent obligatoirement aller à Serpentard?

-Serpentard estimait que seuls les enfants issus des familles sorcières pouvaient avoir le privilège d'apprendre la magie, il était aussi plongé dans la magie noire et était respecté pour cela aussi. c'est ainsi que les générations suivantes ont perpétrés cette tradition d'aller à Serpentard et d'apprendre la magie noire mais tous ne l'apprennent pas.

-Toi, tu fais parti de la famille Black mais pourtant tu te tiens loin de la magie noire! Quelles sont les familles la pratiquant encore?

 

J'adore la naïveté de Marlène, elle pense que je n'ai jamais appris la magie noire même si j'ai parfois insinué que j'y avais touché! Avec une grand-mère comme la mienne, on est obligé d'y avoir touché mais heureusement pour moi, mes parents s'en sont aperçus ont stoppé ce début d'éducation particulière. Elle en a aussi profité pour m'apprendre la généalogie des Sang-Purs, les préceptes, les coutumes...Tout ce qu'une Black doit assimiler, or, je ne l'ai jamais fait et pendant mes leçons, j'étais très dissipée, ce qui explique aussi les Doloris. Ma soeur connaît la généalogie des Sang-Pur pour deux, elle est incollable sur ces famille. Elle a une excellente développée. 

 

-Si je ne connais pas bien la magie noire, c'est parce que mes parents ne l'ont pas voulu et pourtant mon père l'aurait pu. De nombreuses familles la pratiquent encore aujourd'hui, mais je n'en sais pas plus. 

 

Je suis désolée de te mentir autant Marlène, mais le regard insistant de Rosier me force à n'en pas dévoiler davantage. Tout le monde sait que les Rosier, les Black, les Malefoy sont les personnes les plus plongées dans la magie noire, entraînant avec eux les autres. 

 

-A quoi ça sert de renier son enfant? 

-Cela sert à préserver l'honneur de la famille, à être toujours aussi pur et irréprochable. Que diraient les autres si les parents continuent de se pavaner avec leurs enfants indignes de la suprématie des Sang-Purs. Tu imagines le scandale? Plus personne ne voudrait traiter des affaires avec toi et ta fortune diminuerait, cela pourrait même te mener à la ruine or être fortuné te permet d'atteindre des postes élèves et ainsi assoir ton autorité sur le monde de la sorcellerie. Toute cela se perd, de plus en plus, on assiste à des mariages d'amour et plus de raison, ce qui fait que les postes sont de plus en plus attribués à des sang-mêlés et à des sang de b...euh, à des né-moldus.

 

J'ai failli faire une gaffe, il faut impérativement que je perde cette habitude de dire sang de bourbe. A en croire par le regard courroucé de Marlène, cela ne lui a pas échappé. Je regarde le reste de la salle et constate que ma table me fixe. Ils ont forcément écouté, je n'en rate pas une pour me faire remarquer. 

 

-Pourquoi résistes-tu autant à ta grand-mère alors que tu pourrais avoir une vie facile? me reproche Marlène. 

-C'est intéressant ça! s'exclame Morsan.

 

Je n'ai jamais été amie avec Morsan mais j'ai l'impression que ma vie l'intéresse. Je dois être un spectacle pour elle car lorsqu'il m'arrive des choses, elle est toujours présente, un sourire moqueur aux lèvres. 

 

-Ce système qui dure depuis le roi Arthur s'effondre. Continuer, c'est sacrifié son énergie pour rien, je préfère largement utiliser mon énergie pour assouvir mon ambition et préserver ma liberté pour être heureuse. Je n'ai pas envie de finir comme de nombreuses femmes, prisonnières d'un monde qui ne leur correspond pas. C'est ce qui est arrivé à la grand-mère de Sirius, elle qui rêvait de liberté a cédé, s'est retrouvée mariée à Pollux Black et mère de trois enfants. Je ne veux pas finir comme elle, ou aussi acariâtre que Walburga ou ma grand-mère.

-Tu serais gentille de ne pas parler de ma famille devant tout le monde, crie, énervé Sirius depuis sa table. 

 

De nombreuses personnes se tournent pour voir qui a parlé et se retournent vers moi. Si je comprends bien, il n'y a pas que ma table qui m'écoute!

 

-Mais Sirius, ta famille, c'est la mienne, nous sommes cousins, je te rappelle! 

-Je n'aime pas que tu balances des choses sur ma famille, c'est à dire, sur mes grand-parents et mes parents.

-Tu n'avais qu'à demander à Oncle Alphard des détails croustillants!

 

Mes parents et lui s'entendaient très bien, comme il était détendu et sortait de sa coquille, j'adorais ses anecdotes sur la famille, lorsqu'il venait à la maison. Il me manque. J'ai toujours ma soeur et mes amis. je ne m'imagine pas une vie sans Marlène, Lily, Mary et les garçons comme je n'imaginais pas une vie sans mes parents mais il faut croire que parfois nous devons affronter des épreuves auxquelles nous ne pensions pas. Je réprime un frisson, ce n'est pas le moment de penser à des choses sinistres.

 

-Je l'ai fait mais il faut croire que nous n'avons pas la même notion de détails croustillants.

 

-Miss et M. Black, voudriez-vous cesser votre conversation à travers la Grande Salle, vous importunez vos camarades. 

-je ne crois pas, professeur, nous sommes un spectacle pour eux, affirmons-nous en choeur avant d'éclater de rire alors que le professeur McGonagall lève les yeux au ciel en soupirant. 

 

********

 

-Titine, tu crois que Fabian viendra réellement? s'inquiète Marlène en fermant son sac à main dans lequel grâce à un sortilège d'extension, elle a pu mettre toutes ses affaires. 

-Bien sûr, il a demandé l'autorisation à tes parents de t'emmener, et tu as celle de Dumbledore de partir pour le week-end.

-Suis-je vraiment présentable? Dis moi s'il y a le moindre problème. 

 

J'observe Marlène complètement paniquée. C'est aujourd'hui que Fabian l'emmène pour le mariage d'un de ses cousins et cela la rend très anxieuse, plus que ses BUSES! Pourtant, elle n'a aucune raison de l'être. Avec ses chaussures à talons et sa robe bleue avec un joli décolleté, confectionnée par Cathleen, elle est très jolie. Je l'ai aidé à faire un chignon fouillis mais élégant. Lily l'a maquillée toute à l'heure lorsque l'on s'est vu au petit déjeuner. 

 

-Tu es très élégante, Marly, tout va bien! dis-je.

-C'est la première fois que tu m'appelles par mon surnom! s'exclame t-elle, les larmes aux yeux.

-Ressaisis-toi! Tu vas revoir ton beau Fabian!

-Je suis TROP STRESSÉE, dit-elle en agitant les bras.

 

Alors que je me moque d'elle sur son stress, Morsan rentre dans la chambre, regarde de bas en haut Marlène, et la complimente sur son élégance. Cela change de tous les jours car le plus souvent, ses cheveux sont à peine coiffés et je n'énumère même pas le nombre de fois où elle a oublié ses chaussures. Je lui fait remarquer que les filles doivent nous attendre dans le hall. Elle jette à coup d'oeil à sa montre, prend son sac d'une main et m'attrape par le bras avant de s'enfuir de notre salle commune afin que personne ne la reconnaisse (elle n'a pas envie qu'on lui fasse de remarque sur sa sortie). 

 

-Vous voilà enfin! s'exclame Mary en nous voyant arriver.

 

Mary et Lily ont tenu à venir juste avant le départ de Marlène pour la rassurer et lui souhaiter bonne chance.

 

-Vous êtes sûres que tout se passera bien? 

-S'il te fait le moindre mal, je le castre, et crois-moi, je connais le sort pour. Par contre, tu diras pas que c'est moi car c'est un sortilège de magie noire. 

 

Marlène et Lily sont scandalisées que je puisse faire cela alors que Mary est amusée. 

 

-S'il y a le moindre problème, tu transplanes même si tu n'as pas encore ton diplôme. Tu sais le faire, de toute façon, conseille Lily.

 

Dire que James et Sirius pensent que Lily est une préfère irréprochable! Ils se trompent complètement.

Après une dernière parole rassurante, les deux Gryffondor nous quittent car elles vont à la bibliothèque faire le devoir de sortilèges. 

Je sens le stress de Marlène, j'ai des difficultés à l'apaiser et même à la faire sourire. je ne pensais pas qu'elle appréhenderait autant ce week-end. Peut-être que Fabian est vraiment son âme soeur, même si je ne crois guère à cela. Ma soeur m'a expliqué un jour que le philosophe Platon avait écrit que les dieux avaient puni les hommes en les séparent de leur moitié et qu'ainsi, les hommes cherchent leur moitié toute leur vie, c'est tout ce dont je me rappelle.

 

-Voilà mes deux Serpentard préférées, s'exclame Fabian, très content de nous voir.

-Bonjour, Fabian, comment vas-tu le salue poliment Marlène

 

Le regard qu'elle lui lance montre bien à quel point elle est heureuse de le voir, je suppose que son coeur bat à toute vitesse. Fabian est surpris, il s'attendait plutôt à ce qu'elle se jette à son cou. A mon avis, c'est un mécanisme de défense de sa part pour éviter toute déception et pour montrer aussi qu'elle est capable d'être mature. 

 

-Je vais très bien, surtout lorsque je vois que tu t'es coiffée les cheveux et que tu n'as pas oublié de mettre des chaussures, tu es superbe aujourd'hui. 

 

Je ricane dans mon coin, Marlène me jette un regard furieux. J'avoue qu'il y a mieux comme salutation

 

-Salut,Titine! A demain! lance t-elle à toute vitesse avant de s'élancer en dehors du château. 

-Si tu joues avec ses sentiments ou si tu la blesses d'une quelconque manière, tu auras à faire à moi. Je te le confie de bonne humeur et légèrement stressée, je veux la retrouver de bonne humeur et pas en petits morceaux.

-Tu es sa mère maintenant? plaisante t-il. D'accord, je ne la ferai pas souffrir, promet-il constatant mon air menaçant.

 

Je ne suis pas folle non plus! Je ne vais pas laisser ma meilleure amie se jeter tête baissée dans un amour à sens unique,enfin, à mon avis, il ne l'est pas tant que cela. J'ai bien vu la manière dont il la regarde, ses yeux s'illuminent et il lui sourit gentiment et sincèrement. Pas besoin de décrire comment Marlène regarde Fabian, en gros, elle le regarde comme s'il est la chose la plus merveilleuse sur terre, elle en est complètement dingue, à mon grand désarroi. Après un soupir, je tourne les talons et me dirige vers la bibliothèque. Cependant une petite quatrième année, m'interpelle.

 

-Bonjour, je suis Charity Burbage. Je suis désolée de te déranger mais j'ai besoin d'aide en potions et Eden McMillan m'a dit que tu pourrais m'aider car tu es la meilleure dans cette matière. 

 

Pardon? Moi, aider quelqu'un? Il a un sacré culot Eden de m'envoyer une camarade alors qu'il m'a largué comme un malpropre. Comme je n'ai pas envie de travailler, je vais aider cette fille, ça sera ma bonne action du jour! Je la suis distraitement en songeant à Marlène, je crois que je m'inquiète beaucoup trop pour elle, je dois lui faire confiance. 

 

-Je ne comprends pas pourquoi j'ai raté ma potion contre les furoncles et le professeur Slughorn m'a demandé d'écrire un essai sur les causes de cet échec.

-Tu étais sûrement distraite. Cette potion est très facile. As-tu bien suivi la procédure?

 

Elle prend son temps avant de parler, j'en profite pour répondre au salut de Mary et Lily qui travaillent plus loin. 

 

-Pourquoi tu ne te remets pas avec Eden? Il t'apprécie sincèrement, je l'entendais parfois parler de toi avec ses amis en des termes élogieux, j'ai l'impression qu'il n'aime pas être délaissé.

 

Pardon? Cette quatrième année ne manque pas de toupet! 

 

-Il a l'air de m'avoir oublié, il drague ouvertement Carpenter depuis plusieurs semaines.

-Pour te rendre jalouse! C'est parce qu'elle est né-moldue que tu la détestes?

-Non pas du tout! N'oublie jamais que les né-moldus sont des sorciers comme les autres, je ne vois pas pourquoi je la détesterais pour cela!

-Tu es une Black, pourtant...Je crois que je n'ai pas utilisé de limaces cuites, ma potion avait une couleur brunâtre très laide. 

-Tu as oublié de mettre les orties séchées! la sermonne-je. Dis-moi, Eden ne t'a pas envoyé vers moi pour servir d'intermédiaire pour qu'on se remette ensemble?

-Quelle perspicacité, Black! ironise t-elle avant de me remercier et de sortir de la bibliothèque. 

 

Cette fille est très rigolote! Elle est culottée et ne mâche pas ses mots. Ses propos sur Eden me rendent tellement perplexe que je ne me concentre pas sur mes devoirs et renonce à les terminer aujourd'hui

 

Au déjeuner, je mange seule. Rosier se moque de moi mais je lui lance un sourire hypocrite. Selwyn et Mulciber parlent de mariage, j'aurai dû aller à la table des Gryffondors. En plus, les garçons me l'ont proposé. Je lève les yeux au ciel et la chouette de ma grand-mère fond sur moi et repart aussitôt après avoir posé une lettre devant moi. Je la lis et évidemment, elle m'enjoint de me comporter convenablement et de ne pas oublier que je dois choisir un prétendant. Qu'est ce qu'ils ont tous avec les mariages en ce moment? Je déteste ma grand-mère et son obsession de me voir marier à un Sang-Pur. J'épouserai qui je veux, quand je veux! Alors que je veux me lever, une seconde lettre arrive encore. Elle est de ma tante Cassiopeia qui m'invite à lui rendre visite pendant les vacances d'été, elle ajoute que je dois être fidèle à mes principes. Je ne comprends rien à son charabia, je suis trop fatiguée pour capter les sous-entendus. J'ai fait une nuit  blanche, ainsi, mon cerveau tourne au ralenti. 

Alors que je me rend à ma salle commune, quelqu'un m'interpelle, il s'agit d'Eden. Par le string de Serpentard, que me veut-il? 

 

-Céleste, il faut qu'on parle. 

-Le problème est que j'ai pas envie de parler avec toi. Je te rappelle que tu m'as largué et que tu ne m'as pas adressé la moindre parole depuis le mois de septembre.

-Toi non plus, rétorque t-il sur un ton de reproche. 

-Tu crois quoi Eden? Qu'on va se parler, qu'on va se remette ensemble et que tout sera oublié?

-Oui

-T'es trop stupide. Selwyn a raison!

-Dans deux semaines, il y a une sortie à Pré-au-lard, tu m'accompagnes? me demande t-il, les yeux plein d'espoir.

 

Eden est si simple, un peu arrogant et sûr de lui parfois, un peu naïf mais je me sens bien auprès de lui. Il me fait rire, on se chamaille souvent pour des broutilles puis on se réconcilie. L'année dernière, on est allé deux fois au village, on a ri, il m'a fait essayé des tenues affreuses dans un magasin de vêtements, il m'a offert une magnifique plume, et on s'est gavé de bonbons. Serai-je prête à lui pardonner de m'avoir largué? Suis-je bête de vouloir lui donner une deuxième chance?

 

-Oui, à condition que l'on aille pas dans cette horrible boutique de vêtements réponds-je sans avoir réfléchi.

 

Il éclate de rire avant de me prendre dans ses bras. Je sens son odeur qui m'a toujours piqué le nez et je suis stupéfaite lorsque je me rends compte que ses bras et son odeur m'avaient manqué. Il m'embrasse tendrement avant de rejoindre ses amis qui l'appellent au loin. 

Je reste plantée devant ma salle commune, les larmes aux yeux, désemparée, perdue et me sentant idiote. En cinq minutes, il a fait voler en éclat ma carapace. 

 

-Tu mérites tellement mieux que McMillan, soupire Regulus qui rentre dans la salle commune.

 

Il a dû assister à toute la scène, en retrait, le connaissant. Je ne sais pas quoi faire pour tromper mon ennui. Je fais demi-tour à la recherche des Maraudeurs. Je les retrouve très rapidement car James est en train de suspendre par les airs un Serpentard de cinquième année, Baddock si ma mémoire est bonne. Je le libère de son maléfice et crie sur James. 

 

-Si on ne peut plus rigoler, autant s'enfermer à Azkaban. 

-Si tu es aussi scrupuleux à enfreindre la loi comme le règlement de Poudlard, tu risques d'y aller!

-Titine! T'es pas gentille. 

-Je n'ai jamais dit que je le suis.

 

Sirius éclate de rire et pour la première fois, je m'aperçois que son rire est semblable à un aboiement de chien. Marlène avait raison. Depuis quand a t-il changé de rire? L'ancien ressemblant fort au mien d'ailleurs. Dépitée de constater qu'ils ont décidé de harceler des Serpentard, je les quitte pour aller sur le terrain de Quidditch mis avant je retourne dans mon dortoir pour prendre mon balai. Ce qui est pratique avec Poudlard, c'est qu'on évite de prendre de la graisse en se déplaçant autant. Les personnes en surpoids sont rares. 

 

********

 

Quelqu'un me réveille en me giflant, je me redresse sur mon lit, baguette en main (elle est toujours sous mon oreiller), prête à en découdre, Selwyn est penchée sur moi, l'air très énervée. Je me frotte les yeux et je glisse ma main dans mes cheveux poisseux. Poisseux? Pourquoi je suis en transpiration? Doucement, les idées se mettent en place. 

 

-J'ai encore fait un cauchemar? dis-je timidement.

-Oui! C'est plus possible Black! Tu nous empêches de dormir. Andrea, Morsan et moi avons décidé de t'exclure du dortoir cette nuit. Il serait tant que tu prennes des potions pour dormir. Maintenant, tu dégages. 

 

Tout se passe en une fraction de seconde et je me retrouve en pyjama dans la salle commune avec mon oreiller, ma couette, et ma baguette. 

Où dormir à trois heures du matin sachant que s'installer dans la salle commune est à éviter? Je ne fais pas confiance à mes camarades. Soit je ne dors pas, soit je vais dans un autre dortoir, soit je déambule dans les couloirs tel un maraudeur. 

...

Un maraudeur? Sirius m'a dit en début d'année qu'en cas d'ultime recours, je peux squatter leur dortoir. Je vais mettre sa proposition en action. Après un sortilège de désillusion, je déambule librement dans les couloirs de l'école sans rencontrer ni vivant ni fantôme et surtout ni Peeves. 

Le problème immédiat auquel je n'avais pas pensé est celui du mot de passe. La Grosse Dame me voit me demande d'une voix agressive ce qu'une Serpentard fait à cette heure-ci devant elle.

 

-Si je trouve le mot de passe, je peux rentrer? C'est vraiment exceptionnel, mes camarades m'ont viré de mon dortoir.

-Non. 

-Goddric's Hollow? 

J'essaye au hasard, qui ne tente rien, n'a rien! A ma plus grande stupéfaction, la Grosse Dame ouvre (de mauvaise grâce) le passage. Sans prendre le temps d'admirer la salle commune (qui est beaucoup plus belle que la nôtre), je monte l'étrange escalier en colimaçon, m'arrêtant à chaque étage à la recherche du dortoir des sixième année.  Pourquoi ne suis-je pas allée dans le dortoir de Mary et Lily? Je pense que leurs camarades n'accepteraient pas d'être importunées en pleine nuit par une Serpentard qu'elles ne connaissent pas, nous avons une très mauvaise réputation et je ne l'oublie pas tout en déambulant dans la tour de nos « ennemis ». 

Le dortoir des Maraudeurs ressemblent à un magazine de décoration tellement tout est rangé, pas un vêtement ne traîne, ni le moindre magazine de balais ou de motos. J'insonorise la pièce (on est jamais trop prudent) et lance un « excusez-moi de vous déranger ». Sirius est le premier à ouvrir ses baldaquins, il a le sommeil très léger.

 

-Céleste! Es-tu devenue folle? Que fais-tu là, chuchote t-il visiblement très agacée. 

-Je peux dormir avec toi cette nuit? Les filles m'ont jeté dehors. 

-Encore un cauchemar? Tu devrais demander à l'infirmière une potion. J'ai pas envie de parlementer, viens dans mon lit. Je te préviens , tu me réveilles une seule fois, je te jettes dehors, dit-il tout en lançant un sort d'agrandissement à son lit.

 

La situation est très bizarre, je l'admets mais c'est la seule solution qui me soit venue à l'esprit. La respiration de Sirius me berce et je m'endors en ressentant une énorme bouffée d'affection pour mon cousin éloigné mais si proche. 

 

*******

 

-Alors Titine, tu essayes de te caser avec Sirius? plaisante James avec un sourire narquois. 

 

Sa voix m'a réveillée, j'ouvre difficilement les yeux, la lumière de leur chambre m'éblouit. Un coup d'oeil à ma droite m'indique que Sirius est déjà debout.

 

-La ferme, Potter! 

-Céleste, en tant que préfet, je devrais faire un rapport à McGonagall sur ta présence dans notre dortoir mais comme je suis un piètre préfet, je te demanderai simplement de t'expliquer, m'intime Lupin.

 

Il est malin, il veut simplement que je satisfasse sa curiosité mais il préfère passer par son rôle de préfet!

 

-Les filles de mon dortoir m'ont jeté dehors car j'ai encore fait un cauchemar. J'ai déjà demandé trois fois une potion à Pomfresh qui m'a prévenu qu'il n'y aura pas de quatrième. Le guérisseur Marlène m'a convaincu de ne pas être accro aux potions. Vous n'avez pas une vieille robe que je peux métamorphoser en robe de sorcière. 

-Titine, ta situation est inquiétante. Tu devrais en parler à quelqu'un de confiance, un psycomage ou une autre personne. Tu es à bout, cela se voit, tu as d'immenses cernes.

-Passe-moi une robe et occupe toi de tes affaires. 

-Non, pas avant de promettre de te soigner. Il faut que tu sois plus sereine, tu vas te détruire la santé à force. 

 

Ai-je correctement entendu? Ce prétentieux arrogant farceur à la limite de la méchanceté, ne veux pas me laisser tranquille car il s'inquiète pour moi! J'irai mieux, le jour où le monde tournera rond, quand ma grand-mère cessera de me harceler avec ses idées débiles et quand je serai enfin libre et indépendante.

 

-Fous-moi la paix! Je vais dans le dortoir des filles, Mary me prêtera sûrement quelque chose, on fait la même taille. 

 

Je m'enfuis à toute vitesse de leur dortoir, faisant profil bas pour éviter que l'on me reconnaisse, j'atteins finalement le dortoir de mes amies. Le spectacle devant moi m'ôte toute capacité à parler. Mary et Lily dansent en pyjama en chantant une chanson moldue. 

 

-La ferme! s'écrie une voix. Tous les dimanche, c'est pareil, vous pouvez pas la fermer! 

 

Je crois que la fille qui parle s'appelle Magali Blunt.

 

-Fous-nous la paix, Magali! 

-Vous m'énervez! dit Blunt en sortant de la pièce tout en me bousculant.

-Céleste? s'étonne Mary en s'apercevant de ma présence. Que fais-tu là?

-Trop long à expliquer, je peux te piquer des fringues?

-Elle t'en prête seulement si tu nous racontes tout!

 

 

Lily et ses chantages...Elle aurait pu aller à Serpentard! Je leur explique rapidement les événements de la nuit, elles sont scandalisées, Lily me demande si elle peut faire quelque chose en tant que préfète mais je lui réponds que je me débrouille seule enfin pas si seule que cela puisque Marlène est toujours présente. 

Ragots et match contre les Serdaigle by MissArty

La veille, Marlène est revenue l'après-midi exténuée mais ravie. N'ayant pas fini certains devoirs, elle s'est précipitée dessus dès son arrivée. Le soir, trop fatiguée pour parler, elle s'est endormie rapidement.

C'est pour cela que ce matin, je la réveille de bon matin pour qu'elle me raconte tout lors du petit déjeuner. Elle râle mais est amusée par mon empressement à tout savoir. 

 

-Raconte-moi tout! ordonne-je lorsque nous nous mettons à table.

-Par quoi, je dois commencer? Il s'en est passé des choses pendant le week-end!

-Par le commencement, idiote! Que s'est-il passé précisément dès que je t'ai laissée entre les mains de Prewett. 

-Nous avons traversé le parc pour sortir afin de transplaner. Il était nostalgique en contemplant le parc et le château. Ensuite, nous avons transplanté sur le lieu du mariage. Il y avait des femmes élégamment vêtues, l'air un peu hautain, comme toi -Merci Marlène pour ce détail- un bel homme aux cheveux roux s'est approché de nous, il s'agissait de Gideon, le frère de Fabian, qui m'a complimenté sur ma tenue et m'a avoué que Fabian avait peur que je ne sois pas assez élégante! Fabian a eu un sourire gêné, ce qui m'a fait rire. Le mariage s'est déroulé correctement, la mariée était très belle. J'ai appris par la suite que c'est ta soeur qui a fait la robe, elle est vraiment douée. Nous avons ensuite félicité personnellement les mariés. J'ai fait ensuite la connaissance de Molly Weasley, une charmante femme, un peu protectrice envers ses frères. Par contre, là, ça va t'intéresser, j'ai fait la connaissance de Ignatius et Lucretia Prewett. Je n'ai pas bien su qui c'était par rapport à toi.

-C'est une cousine éloignée, trop compliquée à expliquer. Je sais que c'est la tante de Sirius.

-Ça je sais! Elle ne vous aime pas. Elle n'aime pas Sirius parce qu'il n'est pas à Serpentard et toi, elle ne t'aime pas parce que tu as un comportement indécent pour une jeune fille de ton âge. Lorsque je lui ai dit que j'étais à Serpentard, elle semblait contente, elle m'a demandé si je te fréquentais, je lui ai dit que tu étais ma meilleure amie, elle m'a regardé choquée et s'est plaint qu'une jeune fille aussi charmante fréquente une dévergondée. Je ne sais pas les rumeurs qui circulent dans ta famille mais elle ne sont pas très positives.

-J'ai l'habitude, assure-je alors que Marlène éclate de rire. 

-Son mari avait l'air plus sympathique et a excusé le comportement de sa femme qui n'aime pas le vent de liberté qui souffle sur les jeunes de notre génération. Elle n'est pas une adepte de la suprématie des Sang-Pur car elle n'a fait aucun commentaire quand je lui ait dit que j'étais de sang-mêlé. Fabian et moi sommes servis sur le buffet et puis nous avons discuté avec quelques personnes. Il ne me lâchais jamais, ajoute Marlène avec un grand sourire. Il me présentait à toutes ses connaissances, j'ai un peu discuté avec Alice Fortescue qui va bientôt se marier comme tu l'avais dit. J'ai fini par planter Fabian lorsque j'ai engagé la conversation avec Hyppocrate Smethwyck, un guérisseur stagiaire à Sainte-Mangouste. Nous avons tellement parlé que Fabian est venu m'informer que je parlais avec M.Smethwyck depuis deux heures. Je me suis excusé auprès de ce dernier qui m'a assuré que cela ne l'avait en aucun cas dérangé, il était ravie de constater qu'il existait des jeunes aussi passionnés par la médicomagie.

 

Marlène n'a qu'un seul but: devenir médicomage et plus particulièrement Guérisseuse-en-chef du service des pathologies des sortilèges.

 

-Fabian m'a invité à danser. Prépare-toi bien, il s'est passé le truc le plus romantique de toute ma vie. Nous dansions enlacés derrière nous il y avait un magnifique coucher de soleil, la musique était douce, je crois que c'était du jazz, et là, paf, il m'a embrassé, j'étais sur un petit nuage. En plus quelque nous a pris en photo à ce moment-là, je te la montrerai toute à l'heure. Ensuite, je te passe les détails. 

 

Merci! J'ai dû mal à suivre déjà, elle détaille trop ses histoires! Pour l'instant, Fabian a l'air d'avoir eu un comportement correct. 

 

-Tard dans la soirée, nous avons fini par aller nous coucher, un manoir était à disposition pour ceux qui voulaient dormir sur place. La folie des grandeurs des Sang-Purs! Tu veux vraiment avoir la suite? s'enquit Marlène en rougissant légèrement pendant que je hoche la tête. Il m'a emmené dans sa chambre et nous étions sur le point de...conclure lorsque Gideon Prewett nous a dérangé.

 

QUOI? Je vais le tuer, il m'a dit qu'il ne toucherait pas à Marlène! Quoique elle avait l'air consentante...

 

-J'ai dû m'habiller rapidement, Fabian aussi. Gideon a sourit en voyant nos cheveux ébouriffés mais n'a fait aucun commentaire même s'il a gardé un sourire narquois pendant toute la conversation. Il voulait informer Fabian que Molly les invite à déjeuner dimanche prochain et ensuite...

-Marlène, abrège! Vous l'avez fait oui ou non?

-Oui!

 

Calme toi Céleste, il n'a rien fait de mal à Marlène, j'espère qu'il n'a pas joué avec ses sentiments.

-C'était comment?

 

Nom d'une bouse de dragon, c'est tout ce que je trouve à lui dire! Quelle idiote! Alors que tout ce que je voudrais est de défoncer la sale tête de rouquin de Fabian.

 

-Dément!

-Passe-moi les détails s'il te plaît!

-Quelle pudique! se moque ma meilleure amie.

-Maintenant, qu'est ce qu'il va se passer? Vous allez continuer à vous voir? Tu vas encore lui courir après?

-Il ne va rien se passer et je vais cesser de m'attacher à lui, du moins pour l'instant. Hier, nous avons passé la journée ensemble mais il a été très clair sur ce point. Il ne veut aucune relation amoureuse pour le moment. Il a ajouté qu'il est désolé et qu'il m'a emmené à ce mariage pour qu'on puisse passer un bon moment ensemble, il ne veut pas prendre le risque de laisser entrer quelqu'un dans sa vie à cause de son travail. Je n'ai plus qu'à aller de l'avant mais je ne lâche pas prise car je sais qu'un jour, nous serons ensemble mais que pour le moment c'est impossible. Je savais en acceptant d'aller à ce mariage que je n'aurais rien par la suite. Ne t'inquiète pas pour ça.

 

Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Marlène a l'air de tenir le coup mais je crains que ses sentiments l'écrasent un jour. Finalement, je vais laisser Fabian tranquille, il a été clair avec Marlène et elle savait à quoi s'en tenir. 

 

-Avant de nous quitter, Fabian m'a dit que j'avais de la chance de t'avoir car tu veilles sur moi, dit-elle avec un grand sourire. 

-Ne me dis pas ce genre de choses, je vais pleurer! râle-je. Allez viens, il faut qu'on aille en cours.

 

-Céleste! Ça marche toujours pour samedi prochain? Tu n'as pas changé d'avis? m'interpelle Eden.

-Nan, ne t'inquiète pas!

 

Il me sourit et me presse l'épaule en signe d'affection en passant près de moi. Ce n'est rien mais mon rythme cardiaque a augmenté. Il a un sourire tellement sincère que je fonds à chaque fois. 

 

-On fait des cachotteries à Tante Marlène, ma Titine? me demande Marlène avec son sourire de commère, les yeux pétillant de curiosité.

 

Je soupire mais ne fais aucun commentaire. Comme elle voit que je me tais, elle part dans un grand monologue comme quoi nous avons choisi toutes les deux des garçons compliqués....Je dois la supporter sur tout le chemin menant aux cachots où nous avons potion. Grâce à des années d'expérience, je réussis à ne plus écouter ce qu'elle dit mais à seulement hocher la tête de temps en temps pour lui faire croire que je l'écoute. C'est pas très sympathique mais si je ne le fais pas, je ne la supporte plus!

 

-Vous savez quoi? Céleste et le blondinet remettent le couvert! Il l'a invité à la sortie au Pré-au-Lard! chuchote ravie Marlène à Lily et Mary lorsque nous arrivons devant la salle.

-Nooon, s'exclament t-elles en choeur. Elle a intérêt à tout nous raconter après! Comment s'est passé ton week-end?

 

Premièrement, elle appelle mon ex futur-petit ami (oui, c'est possible) le blondinet. Deuxièmement, elles font comme si je n'existais pas et troisièmement, elles prennent la paillasse de trois personnes en m'éjectant totalement de leur conversation. La seule place de libre est celle à côté de Rogue à mon plus grand bonheur!

 

-Je te préviens toute de suite, je me mets à côté de toi parce qu'il n'y a pas de place autre part pas parce que j'en ai envie.

 

ll me regarde intensément, acquiesce et tourne la tête vers Slughorn qui nous annonce qu'au prochain cours, il choisit les binômes. Génial! Avec la chance que j'ai, je vais me retrouver avec Rosier!

 

*******

 

-Es-tu prête, Céleste? Es-tu prête à réaliser l'un de tes rêves? 

-La ferme Harper! 

 

Marlène et Harper éclatent de rire. Nous sommes, aujourd'hui, le jour que j'ai tant redouté depuis le début de l'année: le match contre les Serdaigle. Cela fait deux semaines que Marlène et Harper me charrient là-dessus, ils me cherchent moins depuis que je leur ai fait subir un entraînement intensif: tous les jours l'équipe s'entrainaient. 

 

-Bon courage, Céleste! me souhaite Lupin lorsque nous nous croisons devant la Grande Salle.

-Il est trop gentil, s'exclame Marlène en prenant Lupin dans ses bras. Pourquoi as-tu l'air aussi fatigué? Ton problème de fourrure te pose quelques soucis? Il ne faut pas t'en faire, ce n'est qu'une mauvaise passe! La semaine prochaine, ça ira mieux, rassure t-elle. 

 

Pettigrow et Sirius lèvent les yeux au ciel, amusés, Marlène est vraiment trop envahissante. Depuis qu'elle a compris quel est le petit problème de fourrure de Lupin, elle lui fait souvent des sous-entendus et est vraiment très gentille avec lui. Tous les deux ont sympathisé en étude des runes en troisième année et depuis, ils sont plutôt bons amis, je ne le suis pas, je suis surtout amie avec James et Sirius. Je n'aime pas Pettigrow, quelque chose chez lui me force à maintenir une distance avec lui, à ériger une barrière entre nous. Mary ressent aussi la même chose à son encontre, il n'en demeure pas moins que nous sommes polies et cordiales avec lui mais cela ne va pas plus loin. 

 

-Marlène, arrête d'importuner Lupin, on a des aigles à massacrer.

 

Ils éclatent tous de rire, même Lupin que je ne croyais pas capable de rire sincèrement, il est plutôt de genre à sourire gentiment. En fait, il a peu le même sourire que Mary, au niveau de sa personne, c'est le même genre que Mary, discret, gentil, honnête et solide. Sirius m'a avoué que grâce à James, il a trouvé un véritable foyer chez les Potter mais celui qui l'a écouté c'est Lupin. 

 

-Oui, mon capitaine! me répond solennellement Marlène avant d'entamer une discussion avec Sirius et Lupin sur Rusard.

 

Je lui attrape le bras pour l'éloigner des garçons et pars vers le terrain d'un pas rapide, Harper nous suit en trottinant, il ne marche pas très vite même si depuis que je force mon équipe à faire du footing, il marche plus vite. L'équipe est déjà, prête à entendre mon speech d'avant-match.

 

-Cette année est notre avant-dernière chance de gagner le tournoi, nous devons impérativement l'emporter. Aujourd'hui, je vous demande de massacrer les Serdaigle dans les limites des règles du jeu. Je ne tolérerai aucune infraction au règlement. Si jamais, nous perdons, je vire toute l'équipe et je refais des sélections. Vous avez intérêt à gagner, il en va de votre place et du prestige de notre maison. Si nous gagnons, nous avons de bonnes chances de remporter la coupe des Quatre maisons. En ces temps troubles, il est impératif de maintenir le prestige de notre maison afin de montrer qu'il ne faut pas sous-estimer la force des Serpentard. Montrez à tout le monde, ce que vaut la noble maison de Salazar Serpentard! Maintenant, tenez-vous prêts à massacrer ses satanés Serdaigle. 

 

Je me suis légèrement emportée par le flot de mes paroles, je ne suis même sûre d'avoir tout compris moi-même mais mon discours a l'air de les avoir motivés. 

 

-On devrait t'enregistrer à chaque discours d'avant-match, et l'envoyer à ta grand-mère, tu défends tellement l'honneur de ta maison, qu'on en vient à croire que tu la vénères! commente Marlène, amusée.

-Tu as intérêt à marquer plein de buts, ta place est aussi menacée.

 

Marlène perd son sourire. Elle adore le Quidditch, elle a été très heureuse de rentrer dans l'équipe, surtout lorsque je lui ai dit que j'étais prise aussi. Alors, elle fera tout pour garder sa place. A mon avis, Carrow va enfreindre les règles et envoyer un cognard dans la tête d'un né-moldu de Serdaigle. 

Après vingt minutes de jeu, je dois effectivement demander un temps mort afin de hurler sur Carrow qui a envoyé un cognard vers le gardien qui est né-moldu en enfreignant une règle du jeu (comme par hasard).

 

-Par le string de Serpentard, tu peux m'expliquer ce que tu fous? J'AVAIS DIT PAS D'INFRACTION AUX RÈGLES DE JEU. TU VEUX ÊTRE VIRÉ DE L'ÉQUIPE? TU REFAIS ENCORE UNE FOIS ÇA, JE TE FAIS BOUFFER TA BATTE, ESPÈCE DE SALE MA...

 

-Céleste, je crois qu'il a compris la leçon, m'interrompt timidement Harper.

 

Heureusement qu'il m'a arrêté, prise par ma colère, j'ai failli lui hurler que c'était un sale mangemort! Le petit Harper commence à me connaître, c'est bien. 

 

-On en est où dans le jeu?

-On mène 150 à 50, me répond Regulus de sa voix tranquille.

-Quoi? Harper a laissé filer cinq buts? Harper, tu fais passer encore un but, je te vire de l'équipe!

 

Harper ouvre grand ses yeux et d'un regard me supplie de ne pas le faire. Je l'ignore, avec cette petite menace, il va faire plus attention. 

 

-McKinnon, Selwyn, vous vous souvenez de notre technique du triangle? On la met en application tout le temps dorénavant, on évitera les cognards, et si nos batteurs font correctement leur boulot, ça devrait le faire -je lance un regard noir aux batteurs qui baissent les yeux. Regulus, essaie d'attendre que l'on est marqué quelques buts de plus pour attraper le vif d'or mais si tu vois que cette saleté d'attrapeur de Serdaigle l'a vu aussi, tu fonces, n'oublie pas, nulle place est acquise. 

 

Il hoche la tête. Devant mon équipe angoissée mais déterminée, je me sens confiante, grâce à mes menaces et aux entraînements, on est capable de gagner. 

Le jeu reprend et Marlène marque un but en évitant de très près un cognard. J'aperçois au loin les attraper qui recherchent le vif d'or concentré sur le jeu. Carrow qui fait attention à ne plus viser le gardien a l'air d'avoir trouvé une autre victime en la personne d'une poursuiveuse de ma classe qui est né-moldue si ma mémoire est bonne. Je marque cinq buts ayant remarqué que le gardien a plutôt tendance à défendre la gauche et non la droite, il doit être gaucher. J'essaye discrètement de le dire à Selwyn mais le cognard droit sur moi m'en empêche, cognard que j'évite de peu aussi. 

 

-BLACK A ATTRAPÉ LE VIF D'OR! Serpentard l'emporte avec 360 points contre 60 pour Serdaigle. 

 

Abasourdie par cette nouvelle, j'atterris au sol alors que toute mon équipe se jette dans mes bras, euphorique d'avoir enfin gagné contre Serdaigle. Harper reste à l'écart, mal à l'aise et inquiet.

 

-Harper, tu restes dans l'équipe, un but, ce n'est rien! Je suis contente de toi, de vous tous, annonce-je en contemplant mon équipe satisfaite. 

-On a enfin réussi, Titine! On a battu les Serdaigle! Je n'arrive pas à y croire! sanglote Marlène en m'étreignant à m'en étouffer. 

-Beau match, Black. Ravi de voir que tu es capable d'être une digne Serpentard, me félicite, narquois, Rosier. 

 

Les Serdaigle passent devant nous, l'air hagard, perdu. Les Poufsouffle ne nous regardent même pas, Eden me fait néanmoins un petit signe de tête qui fait battre mon coeur à toute vitesse. Marlène et Harper ricanent dans leur coin, je les ignore. 

 

-Vous avez été époustouflants! Marlène, Selwyn et toi êtes si gracieux dans les airs que c'est un spectacle s'apparentant à un ballet! J'en ai pris plein les yeux. Merci pour ce moment! s'exclame Mary, les joues rouges, les yeux brillants. Vous avez essayé des choses tellement risquées, vous avez bien plus d'audace que les Serdaigle. 

 

Lily, à côté d'elle, pousse un soupir. Mary n'est absolument pas loyale envers son équipe. Elle se fiche de qui gagne, elle regarde le match en tant que spectacle, passionné par ce sport. Qui aurait pu imaginer que cette férue de livres est aussi une grande amatrice de sport? Malheureusement, elle ne peut pas jouer au Quidditch, elle a le vertige.

 

-Heureusement que tu n'es pas à Poufousffle, la loyauté n'est pas l'une de tes qualités, se moque Sirius à qui Mary répond en lui tirant la langue. 

-Céleste, viens! Il a une fête dans la salle commune, me crie Regulus!

-J'arrive Reg! 

 

Je tourne la tête et remarque les yeux remplis de tristesse de Sirius avant qu'ils ne reviennent rieurs. Prise d'un élan de compassion, je l'étreins en lui murmurant que nul n'échappe à son destin et que ce n'est pas de sa faute. Il me remercie et s'éloigne cachant ses véritables sentiments puisqu'il sort une plaisanterie qui fait beaucoup rire Pettigrow. Il lui reste quelques vestiges de son éducation finalement: ne pas montrer ses émotions.

La fête dans la salle commune n'est pas très intéressante, tout le monde boit à s'en soûler, certains disparaissent dans les dortoirs en gloussant afin de faire des choses qui les regardent, Rosier en premier, ce dernier est un don juan comme dirait Lily. Harper et Marlène papotent joyeusement dans un coin. Je contemple la salle commune en me demandant quelle serait l'ambiance chez les Poufsouffle dans ces circonstances. Un sentiment que je connais que trop bien m'enveloppe et me fait perdre pied. Le chagrin. J'aurai tant aimé envoyé une lettre à mes parents pour leur parler de ma victoire et recevoir une lettre rempli d'amour et de fierté de mes parents avec les encouragements de mon père pour la suite des événements. J'annonce à Marlène que je vais dans le dortoir, en croisant les doigts que je ne découvre pas une scène que je ne suis pas sensée voir mais à mon grand soulagement, mon dortoir ne s'est pas transformé en lieu de débauche. Je pense que c'est dû à la présence de Morsan, la préfète. Je m'écroule sur mon lit, jette un sort d'insonorisation avant d'éclater en sanglots. Quelqu'un tire les rideaux du baldaquin et me serre dans ses bras tout en me caressant la tête. Marlène. Que ferai-je sans elle? Elle a certainement remarqué que je n'allais pas bien. Marlène me laisse lorsque la crise de larmes et me lance un sourire compatissant.

 

********

 

-C'est quoi ce bordel? crie Wallace en me réveillant.

-Wallace, laisse-nous dormir! 

-Non, levez-vous! Il y a une fuite dans la salle de bain, l'eau monte très vite! Galatea, réveille-toi! ordonne t-elle en secouant son amie qui est dort profondément. 

 

Baguette en main, je sors de mon lit et découvre avec stupéfaction que notre salle de bain et notre dortoir commencent à être inondés. Sans réfléchir, je lance le sort Faillamalle sur la valise de Marlène, de Morsan et la mienne, attrape une cape de voyage et Marlène par le bras qui a juste le temps d'agripper sa malle et de l'autre ma malle avant que nous sortions. Nous ne sommes pas les seules dans la salle commune, la moitié des Serpentard est présente. Que s'est-il passé?

 

-C'est quoi ce bordel! s'exclame Rosier en sortant précipitamment de son dortoir, les cheveux mouillés.

 

Un instant, il croise mon regard s'attendant à ce que ce soit encore une de mes vengeances mais mes chaussures et mon bas de cape trempés le rassurent. 

 

-Ce qui m'étonne est que l'eau n'ait pas atteint la salle commune. 

-C'est normal, il y a des sortilèges qui empêchent que l'eau et le feu n'atteignent la salle commune afin que des catastrophe se propagent pas dans la salle commune, explique Carrow à la surprise de tous. 

-Je vais réveiller Slughorn, annonce Morsan. Dolohov, rassure les petits.

 

Elle est au courant qu'il ne fera jamais cela? Lui qui menace et rackette les plus petits et tente même de les endoctriner parfois.

Ce n'est pas normal que tous les Serpentard ne soient pas présents, soit ils sont prise au piège, soit leur dortoir n'a pas été touché. 

 

-Dolohov, va vérifier que les autres ne soient pas coincés dans les dortoirs.

 

Il me regarde avec un air « tu me prends pour qui ?».

 

-Certains de nos camarades sont peut-être des Sang-Purs, prêts à rejoindre le Seigneur des ténèbres.

 

J'ai à peine fini ma phrase qu'il se précipite dans les dortoirs des garçons, une cinquième année se précipite dans ceux des filles.

 

-Ces Sang-Purs, il faut vraiment les prendre par les sentiments, lance-je en faisant éclater de rire Harper (qui est trempé) et Marlène.

-Merci, Titine pour avoir agi rapidement, sans toi, certaines de mes affaires auraient été foutues.

 

Les autres qui étaient dans leur dortoir apparaissent et nous attendons que Morsan revienne avec Slughorn.

Pourquoi certains dortoirs ont été touchés et pas d'autres? Je remarque que les dortoirs des plus petits n'ont pas été touchés. Cela commence à partir de la troisième année, comme celui de Harper. Les septième années n'ont pas été touchés non plus. Seuls les dortoirs de la troisième année à la sixième année ont été inondés...

 

-Ils vont me le payer très cher, ces enfoirés d'aigles, m'exclame-je dans le silence de la salle commune.

 

 Certains sursautent et d'autres me fixent attendant que j'en dise plus.

 

-Céleste, tu es sûre que ton antipathie envers les Serdaigle n'a pas pris le dessus? me demande Marlène, visiblement inquiète de ma santé mentale.

-Je suis sûre que c'est eux! Regarde, les dortoirs touchés sont ceux qui ont un membre de l'équipe, pour les autres, je suppose qu'ils se sont trompés. Tu n'as jamais trouvé ça bizarre qu'ils ne se vengent pas? On les a écrasés! A leur place, je me serai vengée. Le match est encore récent, je suis sûre que ce sont eux. 

-Je suis d'accord avec toi, Black, approuve Rosier à mon grand étonnement.

 

La porte s'ouvre et Slughorn apparaît dans une robe de chambre verte horriblement moche.

 

-Suite à ces événements, Dumbledore vous invite à dormir dans la Grande Salle. Busard est au courant que des élèves circuleront dans les couloirs mais n'en profitez pas pour y traîner. Allez chercher vos affaires, les fuites ont été momentanément stoppées. Une enquête a été ouverte, toute personne ayant des éléments pour éclaircir cette histoire est priée de nous en faire part. 

 

Certains me jettent un coup d'oeil mais se taisent. Tous vont dans leur dortoir chercher leurs affaires sauf Morsan, Marlène et moi.

 

-Merci Black pour avoir sauvegardé mes affaires. Je suis très étonnée. Ne va pas croire que je vais être ton amie!

-Je n'en ai pas l'intention, Morsan.

 

Elle ricane et sort. J'en profite alors pour demander à Marlène si elle ne veut pas aller dormir dans notre salle secrète où nous faisons nos devoirs avec les filles. Elle acquiesce. Arrivés dans la salle, elle métamorphose des chaises en lit et cela me fait penser à notre première année. Rassurée de ne pas avoir à dormir avec les autres, je m'endors rapidement.

 

Le lendemain, Marlène me secoue pour me réveiller en me hurlant que nous allons louper le petit déjeuner. Fouillant dans notre valise, nous trouvons nos vêtements, Marlène a la brillante idée de rapetisser nos valises afin que nous puissions les transporter durant la journée. 

Dans la Grande Salle, les Serpentard affichent une mine fatiguée, certains dorment debout et d'autres ont l'air d'être sur le point de plonger leur visage dans leur assiette ou bol. Les Poufsouffle et les Gryffondor ne cessent de leur jeter des regards intrigués. Les Serdaigle, ces lâches, ces mauvais perdant arborent un air satisfait. Avant que Marlène ait pu m'empêcher de leur sauter dessus, je me dirige vers leur table d'un pas déterminé. je me plante devant le capitaine des Serdaigle qui me regarde amusé. 

 

-Alors, Black, contente de notre surprise? murmure t-il.

-Écoute-moi bien! lui ordonne-je en attrapant le col de sa robe. Je sais que c'est vous, je me vengerai, et croyez-moi dans ce domaine, j'ai beaucoup d'imagination.

-Miss Black, veuillez lâcher votre camarade! crie le professeur McGonagall.

-Tu as de la chance que je sache me maîtriser un minimum car sinon, tu serais déjà à l'infirmerie.

 

Je vais à ma table tranquillement, mes camarades me regardent, attendant que je dise quelque chose. Mais quoi?

 

-Va t-on se venger? me demande Dolohov, les yeux brillants d'une lueur malsaine.

-Oui, nous allons nous venger.

-Pourra t-on utiliser des sorts... non conventionnels? s'enquiert Mulciber.

-J'y compte bien! lance-je, déterminée.

 

Marlène me regarde bouche bée.

 

-Tu ne vas pas faire ce à quoi je pense?

-Je pense que si. Rien de méchant, tu verras à quel point c'est difficile de confondre les deux magies.

-Tu m'avais dit que tu ne connaissais rien! s'exclame t-elle choquée. 

-Moi? Ne rien connaitre dans ce domaine? dis-je en éclatant d'un rire sans joie. On avisera en temps voulu mais crois-moi, cela va être explosif. Je vais quand même dire à Slughorn que je soupçonne les Serdaigle même si à mon avis, cela ne servira à rien. 

 

L'après-midi, accompagnée de mes amies, j'explique mon hypothèse à Slughorn qui me remercie de lui en avoir parlé même s'il doute fortement que ce soit les Serdaigle et que c'est difficile à prouver. 

 

-Il sert à quoi ce prof? L'honneur de Serpentard a été tachée à cause des Serdaigle mais il ne fera rien, il ne sert vraiment à rien. Il faut vraiment tout faire soi-même. 

 

Marlène regarde derrière moi, paniquée, Lily et Mary se tournent et grimacent. 

 

-Ne me dites rien, le professeur Slughorn est derrière moi. 

-Miss Black, un tel manque de respect vous coûterai une retenue et plusieurs points mais votre punition sera celle d'assister à ma soirée vendredi soir, vous y verrez quelqu'un de votre connaissance.

-J'aurai mieux fait de la fermer! râle-je. En plus, j'avais réussi à trouver une excuse pour refuser son invitation. Pourquoi n'es-il pas comme le professeur McGonagall. Au moins, elle, elle enlève des points, te met en retenue et te lance un regard qui signifie qu'elle est très déçue de ton comportement. J'aurai tellement voulu l'avoir comme directrice de maison, elle a l'air plus compétente que Slughorn, j'ai beau lui rapporter régulièrement que certains rackettent les plus jeunes avec des témoignages pour appuyer mes dires, il m'envoie balader. Vraiment, j'aurai dû aller à Gryffondor, pour avoir une directrice de maison aussi compétente qu'elle et pas ce morse. Elle est derrière, c'est ça? demande-je en voyant mes amies se retenir de rire en regardant derrière moi. 

-Sans preuve, nous pouvons rien faire en effet. Je vous remercie d'avoir parlé de racket au sein de votre maison, je verrai cela avec le professeur Slughorn, dit McGonagall.

 

-Compétente, je vous dis, compétente, commente-je faisant éclater de rire mes amies. 

Vengeance, MacMillan et déprime by MissArty

Le soir, pour me changer les idées, je vagabonde dans les couloirs, espérant vaguement de ne pas croiser un préfet ou le concierge.

 

-Céleste, que fais-tu encore à traîner dans les couloirs en pleine nuit?

 

Zut voilà Lily!

 

-Je fais une petite promenade digestive.

-Céleste, arrête de te balader sans protection. Souviens-toi de ce qui est arrivé à Mary!

 

Merci de me rappeler ce moment. 

 

-Ne me mets pas de retenue s'il te plaît. 

 

Elle soupire et acquiesce. Je suis soulagée, je n'avais pas envie de recevoir une beuglante de ma grand-mère.

 

-Par contre, j'en connais certains qui vont en avoir une. 

 

Pardon? Ah oui, je comprends, James et Sirius sont au bout du couloir en train de vérifier quelque chose sur un parchemin. 

 

-Dites-moi ce que vous faites là à une heure aussi tardive, lance Lily d'une voix forte. 

 

James et Sirius se redressent et grimacent. Il va y avoir du spectacle! Intéressant!

 

-Salut, Evans! dit James en se passant une main dans les cheveux. 

C'est un tic chez lui, c'est pas croyable.

 

-Evans, ne nous mets pas une énième retenue s'il te plaît, en plus, Rusard arrive bientôt. Son chat est juste derrière nous, explique Sirius.

-D'accord.

 

James et Sirius poussent un soupir de soulagement mais Lily leur lance un sourire moqueur.

 

-Mais c'est donnant-donnant. Vous arrêtez tous les deux de faire perdre des points à notre maison et d'à avoir des retenues pendant un mois, euh, non, pendant deux semaines. Si vous tenez deux semaines, ça sera déjà un exploit. 

-Marché conclu, Evans. Invente un énorme bobard sur notre présence ici, Rusard arrive, prévient James sans vraiment croire que Lily serait capable d'inventer un mensonge.

-Regardez-moi tous ces jeunes gens hors de leur dortoir. Hum, cela va vous coûter très cher, annonce Rusard de son regard mauvais. 

-Excusez-les, monsieur Rusard, dit Lily avec son air de première de la classe. Il y a une explication plausible à leur présence ici. Voyez-vous, Potter est venu me chercher car Céleste avait fait un malaise. Elle était étendue dans ce couloir depuis plusieurs heure déjà, Black et Potter l'ont trouvée, ainsi. Black est resté près d'elle pendant que Potter venait me prévenir. Maintenant que Céleste s'est réveillée, ces deux jeunes gens vont pouvoir rentrer dans leur dortoir, ainsi que Céleste, bien entendu. 

-Entendu, que cela ne se reproduise plus, Miss Evans. 

 

Busard s'éloigne de nous, personne n'ose parler, de peur qu'il ne se retourne et change d'avis. On ne sait jamais avec lui, on peut s'attendre à tout.

 

-Evans, tu as été incroyable! s'écrie James cachant à peine son admiration. Tu pourrais devenir une maraudeuse si tu en as envie! 

-Non, merci Potter. être une préfète me convient amplement.

-Nous respecterons notre part du contrat. Viens, James, nous avons des choses à régler, lance Sirius en prenant son ami par le bras avant de nous faire un clin d'oeil. 

 

-Je rêve ou tu viens d'être gentille envers les garçons? 

-Te fais pas de fausses joies, Céleste. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'ils arrêtent leurs bêtises.

-Tu es sûre que le choixpeau ne voulait pas t'envoyer à Serpentard?

 

En guise de réponse, elle éclate de rire. A mon avis, elle est lasse de cette guerre entre les Maraudeurs et elle, surtout qu'elle commence à en pincer pour Potter sans le reconnaître.

 

*********

 

-J'ai même pas de cavalier en plus! 

-Avoue que tu n'as pas chercher à en avoir un surtout. Tu n'avais pas envie de casser la tête. 

 

Exactement, ma chère Marlène. Elle me connaît si bien que parfois, cela me fait peur. Je fouille sans motivation dans mes vêtements à la recherche d'une robe correcte. J'hésite entre une grise, une rouge et une verte. Marlène me conseille de mettre la verte. Ensuite, je me fais un chignon, loin du sophistiqué que j'adopte d'habitude mais j'ai vraiment pas envie de me casser comme l'a si bien dit Marlène.

 

-C'est une connerie, cette soirée. Je vais encore discuter avec des gens qui se prennent pour Merlin, aussi arrogants qu'insupportables. 

-Courage, Titine. Mets tes escarpins noirs avec ta robe, tu seras très chic. 

-Je ne ressens aucune compassion venant de ta part. Tu veux aller à cette soirée? Viens avec moi, propose-je pleine d'espoir.

-Nan, je ne viens pas, j'ai des choses à faire (je hausse les sourcils)...parce que j'ai un rencard! Avec un Gryffondor de cinquième année!

-Ce n'est quand même celui avec lequel j'ai rompu il y a deux semaines? 

-Nan, c'est un de ses camarades mais ils ne sont pas proches alors...

-J'y vais! Sois sage, ne fais pas bêtises, maman revient bientôt, dis-je en la faisant pouffer de rire.

 

La maigre consolation de cette soirée est que Lily sera présente. Elle est toujours invitée aux soirées de Slughorn, il est vrai que c'est sa chouchoute, il est rare qu'il ne lui fasse pas de compliment sur sa potion alors qu'à nous, Marlène, Severus et moi, il n'accorde qu'un regard satisfait sans un mot.

Je suis idiote, j'aurai dû demander à Eden de m'accompagner ou même aux garçons! Pourquoi n'y ai-je pas penser? Ah oui, parce que j'avais la flemme de trouver un cavalier. En plus je suis occupée entre les devoirs et la vengeance des Serpentard.

Je toque à la porte du bureau de Slughorn, c'est un sorcier d'environ l'âge de ma grand-mère qui m'ouvre, un homme dont le visage m'est vaguement familier. 

 

-Bonjour, jeune demoiselle. Vous êtes?

-Céleste Black et vous?

 

Il perd son sourire et me regarde, stupéfait. 

 

-Enchanté, miss Black, je suis Edward MacMillan, se présente t-il en me tendant la main que je serre. 

 

C'est à mon tour d'être stupéfaite. Devant moi se tient le grand-père d'Eden, ils se ressemblent, c'est pourquoi son visage m'était familier. C'est un bel homme, mince, se tenant droit, aux cheveux gris avec quelques mèches blondes. Si Eden ressemble à lui plus tard, je suis sûre de faire des jalouses en me tenant à ses côtés.

Je rentre dans la salle, cherchant Lily mais je ne la trouve pas. A la place, je croise Slughorn qui me présente Josh Dawlish, le capitaine de l'équipe des Frelons de Wimbourne qui me parle de son métier avec beaucoup d'enthousiasme et m'avoue qu'il m'a vu volée lors du match contre les Serdaigle, il me propose de passer les sélections après Poudlard si je me lance dans une carrière sportive car je sais voler avec grâce et que j'ai un esprit stratégique aiguisé. Ceux sont ses mots, je n'invente rien. Je le remercie poliment de son offre et lui promets que j'y réfléchirai mais je n'en ferai rien, une carrière ministérielle me tente plus que voler sur un balai pour gagner ma vie. 

Déambulant entre les convives, je trouve enfin Lily qui discute avec le patron de Honeydukes. Habillée aussi d'une robe verte, elle est magnifique et son aisance à parler à n'importe qui m'étonnera toujours. C'est une personne incroyable. Alors je m'approche d'elle, une voix que je ne connais que trop bien me stoppe dans mon élan.

 

-Tu ne viens pas saluer ta grand-mère, petite-fille ingrate et indigne?

 

Je me retourne et fais face, avec horreur, à ma grand-mère. « Vous y verrez quelqu'un de votre connaissance » m'a assuré l'autre jour Slughorn. Il a choisi avec soin sa punition...

 

-Bonjour Madame. Comment allez-vous? J'ignorais que le professeur Slughorn vous avais invitée. 

-Je vais bien, merci de t'enquérir de ma santé. Horace a certainement fait exprès de mentionner ce détail pour te faire une surprise, me répond Grand-mère Rosier, narquoise.

 

Merlin, Serpentard, Morgan, faites que ce soit un rêve, que je me réveille. Je ne voulais pas la revoir. Depuis septembre, je ne l'avais pas vu et cela me plaisait. Je suis incapable de parler, trop abasourdie de sa présence. Mon cerveau est en panne. La présence de Lily à proximité me gêne, j'ai peur qu'elle vienne, que ma grand-mère sache que c'est « une sang-de-bourbe » et qu'elle m'engueule ensuite. Faites que quelqu'un vienne à mon secours!

 

-Rosie! Je ne savais pas que tu viendrais! Après toutes ces années, tu n'as pas changé! Tu es toujours une femme ravissante.

 

Je ne connais pas Edward MacMillan mais j'ai soudain un élan d'affectation pour cet homme.

Une minute.

Comment se connaissent-ils?

 

-C'est grâce à la pureté de mon sang. Les femmes chez nous sont toujours belles. Regarde ma petite-fille!

-Oui, elle te ressemble un peu. Comme toi, elle a très bon goût, j'ai entendu dire qu'elle était sortie avec mon petit-fils, Eden.

 

Je jette un coup d'oeil vers Lily qui se mord la lèvre inférieure en suivant notre échange. Je n'ai jamais dit à ma grand-mère que j'étais sortie avec Eden. A voir son visage qui vire au rouge, j'ai eu raison de cacher cette information. D'ailleurs, ça me fait penser que Rosier ne lui a pas dit alors que c'est justement ce genre de commérages qu'il aime bien rapporter à ma grand-mère.

 

-COMMENT? Tu es sortie avec cette saleté de MacMillan. De tous tes manquements à l'étiquette, celui-là me fait le plus honte. Je t'ai toujours interdit de fréquenter les MacMillan. 

 

Les poings serrés et les larmes aux yeux, je tente de rester calme. Recevoir des beuglantes de ma grand-mère en colère est une chose mais qu'elle s'énerve devant moi, cela me terrifie. J'ai l'impression de retourner dix ans en arrière lorsque j'étais incapable de lui faire face. Je n'avais pas de courage, et je pleurais, terrifiée, ma grand-mère ne supportant mes larmes me jetait le doloris. Je n'ai pas le courage de Gryffondor comme Lily, je n'ai pas la résistance de Sirius face à n'importe quelle situation, je n'ai pas la diplomatie de Marlène, je n'ai pas le calme de Mary mais j'ai une volonté de fer et je décide que je ne laisserai pas ma grand-mère m'abattre. 

 

-Premièrement, MacMillan est un Sang-Pur alors je ne vois pas où se situe le problème. Deuxièmement, vous ne devriez pas avoir honte puisque mon histoire avec lui est terminé. Troisièmement, vous ne m'avez jamais interdit de fréquenter un MacMillan.

-Elle sait tenir tête cette petite, avec de bons arguments. Ah, la ruse des Serpentard! commente amusé Macmillan Senior. 

-J'en ai pas fini avec toi, me lance, furieuse, ma grand-mère.

-Vous n'en aurez jamais fini avec moi, madame. 

-Tu es comme ton immondice de soeur, elle aussi m'avait sorti cette phrase.

-Vous ne pouviez pas faire plus beau compliment, ma chère grand-mère, rétorque-je, en la regardant droit dans les yeux.

 

Suite à cela, elle tourne les talons et va retrouver Slughorn. Parfait, je serai tranquille. 

 

-Si votre histoire avec Eden reprend, je serai ravi. Nous manquons de femmes aussi énergiques dans la famille. Ma bru est une femme déterminée mais elle déteste tout le monde. Vous m'avez l'air plus sympathique qu'elle avec des convictions auxquelles je ne peux qu'adhérer. Je me suis laissé embarquer dans cette prison qui est la suprématie du sang alors que je m'en fiche de tout cela. Vous êtes un sujet de conversation intéressant, chère miss Black. Savez pourquoi Rosalie a été furieuse d'apprendre que vous avez fréquenté Eden? Parce que j'ai refusé de l'épouser, elle garde envers les MacMillan une rancoeur, elle était amoureuse de moi mais je l'ai repoussé pour épouser ma femme que j'aimais. 

 

Décidément cette soirée est très étrange. Voilà que j'apprends que ma grand-mère a eu un amour de jeunesse qu'elle était prête à épouser! 

 

-Si vous vous remettez avec Eden, passez me voir un jour ensemble. Ne me regardez pas aussi étonnée. Mon petit-fils est très proche de moi, je suis un peu son confident sur ces choses-là. Il n'intéresse pas son père qui lui préfère son ainé et évite de parler des Black devant ses parents qui les détestent. J'admire sincèrement votre détermination et votre courage. Vous avez du courage miss Black, beaucoup de courage, croyez-moi. 

 

Sur ces paroles surprenantes, MacMillan Senior se retire après m‘avoir souhaité une bonne soirée.

 

-Les Sang-Purs peuvent toujours me rabaisser, je suis très heureuse d'être une né-moldue de la classe moyenne car tout semble si compliqué dans le monde d'en haut, commente Lily en s'adossant contre la fenêtre comme je le suis moi-même, contemplant le parc de Poudlard. Tu veux une cigarette? J'ai confisqué un paquet à un élève. 

-James et Sirius seraient étonnés de t'entendre proposer cela.

-Non, pas trop. Ils m'ont vu le confisqué et ensuite ils m'ont découverte dans le parc en train de fumer. J'ai cru qu'ils allaient faire une crise cardiaque. Ils pensent vraiment que je suis une préfère-parfaite! Aucun préfet ne l'est, surtout à Serpentard!

-Je suis d'accord avec ça! Donne-moi une cigarette!

 

Tranquillement, pouffant de rire de temps à autres, nous papotons, fumant notre cigarette à l'abri des regards derrière la vitre. Ce moment d'insouciance nous permet de nous rapprocher toutes les deux. Depuis le début de l'année, nous nous voyons moins à cause de la surcharge de travail. 

Je rentre à une heure tardive dans le dortoir, détendue mais fatiguée de cette soirée riche en émotions. J'ouvre les rideaux du lit de Marlène et voit qu'elle y est recroquevillée en position foetale, le regard triste. Je ferme les rideaux, insonorise le lit pour ne pas que les autres entendent notre conversation.

 

-Que se passe t-il, Marlène? Ton rendez-vous était un désastre?

-Non, il était charmant.

-C'est quoi le problème alors?

-Fabian me manque.

 

Oh non! Pas ça! Pas la fabianite aiguë (maladie méconnue du grand public et très néfaste pour Marlène McKinnon)! Je savais que c'était une mauvaise idée l'invitation au mariage. 

 

-Depuis que je suis tombée amoureuse de lui, je le voyais régulièrement dans les couloirs et cet été, il m'a envoyé des lettres. Je pensais que ça allait passer et puis il y a eu ce mariage, sa présence me manque. Lorsque je discutais avec Ryan, je me remémorais sans cesse les moments passés avec Fabian et je me suis mise à imaginer que c'était lui qui se tenait près de moi. 

 

-Tu es incapable de tourner la page, soupire-je. Jamais je n'aurai imaginé que tu étais si attachée à lui. Essaye de sortir avec d'autres garçons, il y en aurait bien un qui te plairait sans que ce soit l'amour fou, cela peut t'aider à guérir de l'absence et du manque de Fabian. 

-Sors avec Eden, redonne-lui une chance. Tu comptes beaucoup pour lui et je sais que c'est réciproque. Tu as de la chance d'avoir un garçon près de toi. Il a compris que tu étais très indépendante, avec ça, il pourra mieux t'accepter. 

-Ne change pas de sujet! Arrête de te blesser autant avec Prewett. Il viendra lorsque ce sera l'heure, à toi de voir, si tu seras prête. Bonne nuit, Marlène. 

 

Une fois installée dans mon lit, je prends une potion de sommeil sans rêve et réfléchis à propos de Marlène et de Fabian avant de m'endormir avec comme dernière pensée, la sortie de demain avec Eden. 

 

        ********

 

-C'était super cette journée avec toi! J'espère qu'il y en aura d'autres, s'exclame Eden, joyeux. 

 

Je le suis moins, troublée par cette proximité qu'il y a entre Eden et moi. L'année dernière, nous étions respectueux de l'un et l'autre, à l'écoute de l'autre. Cette année, nous sommes plus détendus, la conversation ne s'est pas essoufflée une seconde. J'ai passé un excellent moment et j'avais oublié qu'Eden pouvait me faire sentir aussi bien. 

Au moment de nous quitter, nous ne savons quel comportement adopter, Eden me serre finalement dans ses bras en me proposant de nous retrouver lundi soir dans la salle sur demande. 

A la bibliothèque, je rejoins les filles. Dès qu'elles me voient, elles rangent à toute vitesse leurs affaires et m'emmènent dans le parc. Marlène est curieuse mais sa tristesse de la veille ne l'a pas quittée.

 

-Raconte-nous ta sortie! On ne t'a pas vue pourtant nous sommes allés au Trois Balais puis chez Honeydukes. Il y avait beaucoup de monde, Lily a même parlé à Potter calmement. Ils se sont comportés comme des personnes civilisées.

-Mary, arrête de raconter ma vie à Céleste. C'est la sienne qui nous intéresse!

 

Mary tire la langue à Lily qui lève les yeux au ciel. 

 

-Il ne m'a pas emmené dans l'horrible salon de thé, il sait que je déteste ce genre d'endroit alors il a apporté un pique-nique et nous avons déjeuné sur l'herbe dans un calme absolu. J'ai retrouvé notre complicité de l'année dernière. Ensuite, nous sommes allés au magasin de vêtements pour homme, il a insisté pour que je vienne avec lui parce qu'il n'a aucun goût. Puis, nous avons fait un tour chez Honeydukes, et enfin chez Scribenpenne où il m'a offert une magnifique plume de phénix pour se faire pardonner de m'avoir larguée. Il m'a donné rendez-vous lundi soir dans la salle commune. Je sais déjà qu'il va préparer un dîner aux chandelles sans chandelle parce que j'ai horreur de tous les trucs romantiques , après je suppose que...euh...voilà quoi! 

 

-Quelle pudique! se moque Marlène.

-Et toi, tu l'as revu Ryan?

-Non, oublie cette histoire, me dit-elle, tristement.

 

Il faut vraiment lui remonter le moral. J'espère qu'un séjour au manoir va lui redonner le sourire. Lily et Mary acceptent avec joie, Marlène avec plus de réserve. Mary me demande si Rachel pourra venir, j'enverrai un message à ma soeur pour lui demander. 

 

       ********

 

-Vous êtes prêts? Vous savez chacun ce qu'il faut que vous fassiez? 

-Oui, s'écrient en choeur mes camarades, alliés dans notre vengeance. 

 

Nous sommes l'avant veille des vacances de Pâques et je veux impérativement que les Serdaigle soient humiliés avant Pâques pour me débarrasser de ce truc surtout qu'après, nous serons surchargés de travail, encore plus que d'habitude. J'ai attendu mais j'ai choisi le bon moment. Le but est de nous venger sans que quiconque ne nous soupçonne mais que les soupçons se portent sur les Maraudeurs. Une Serdaigle a humilié Lily en cours la traitant de peste imbue de son statut de préfète et a fait circuler une rumeur comme quoi elle serait nymphomane. Que des inepties qui ont conduit Lily à gifler cette fille en lui balançant ses quatre vérités. Je vais d'ailleurs m'occuper de cette fille. 

 

Mes soldats s'éparpillent dans le château. Le groupe 1 s'occupe de balancer des serpents,qui ne peuvent être ni métamorphosés, ni être tués à moins que la personne qui ait lancé le sort le lève, dans le dortoir des garçons de l'équipe. C'est un sort que j'ai trouvé dans un livre de magie noire même si je ne vois pas en quoi il rentre dans cette catégorie. Grâce à une fille dont toute la famille est allée à Serdaigle, nous savons où se situe leur salle commune et comment y entrer, j'ai mis Rosier dans ce groupe comme il est suffisamment intelligent pour résoudre une énigme. Le groupe 2, composé de filles s'occupe de changer le contenu des potions de beauté dans le dortoir de la seule fille de l'équipe  et dans celui de la commère. Normalement, nous étiquetons nos produits de beauté pour ne pas que les autres filles nous les piquent, je sais qu'à Gryffondor, à Poufsouffle, il le font aussi grâce à Charity Burbage et à Mary donc je suppose qu'à Serdaigle, c'est le même processus, enfin j'espère car sans ça, mon plan tombe à l'eau. Le groupe 3, composé de Carrow, Avery et Mulciber va trafiquer la table des Serdaigle dans les cuisines pour que la nourriture ne puisse pas apparaître à table. Il faut un puissant sortilège de confusion pour cela et Mulciber excelle dans ce sort. Pour mener à bien leur mission, ils sont libres d'utiliser la magie qu'ils veulent à la seule condition de ne pas se faire attraper. 

 

-Parfois, j'aimerai que tu n'aies pas un esprit tordu, soupire Marlène.

-Le spectacle en vaut le coup, crois moi. Les profs n'ont pas voulu m'écouter lors de la « blague » des Serdaigle, on verra s'ils croiront les Serdaigle qui nous accuseront. 

 

Le lendemain, je me dirige vers la Grande Salle, enthousiaste à l'idée de contempler mon oeuvre alors que Marlène, toujours dans sa phase déception amoureuse, demeure muette. Je m'assois à côté de Harper qui me sourit. Les portes s'ouvrent et les Serdaigle s'installent à leur table, les traits tirés et regardant méchamment les Serpentard. 

Lorsque la commère de Serdaigle rentre dans la salle, les cheveux métamorphosés en serpent, elle se plante devant Lily et lui crie dessus en l'insultant. Lily, étonnée, tente de l'apaiser.

 

-Miss Goldstein, auriez-vous l'obligeance de vous taire. La Grande Salle n'est pas une basse-cour! la réprimande le professeur McGonagall.

-Professeur, regardez mes cheveux! Ce sont des serpents! C'est elle qui a fait ça, accuse Goldstein en montrant du doigt Lily. 

-Va donc à l'infirmerie Goldstein et laisse tranquille Evans, intervient James. 

-Vous êtes tous dans le coup!

 

Elle sort en bousculant tous ceux se trouvant sur son passage. 

-Professeur McGonagall, nous avons un problème! signale un Serdaigle de cinquième année. Il n'y a plus de nourriture à notre table.

 

Notre chère professeur de métamorphose se lève et constate en effet qu'il y a un problème à leur table, elle les enjoint d'aller dîner à la table des Poufsouffle. Plus tard, le professeur Flitwick apparaît, mécontent, McGonagall lui chuchote quelque chose et il semble encore plus énervé. 

 

-Cette nuit, il est incontestable que quelqu'un a tenté d'humilier les Serdaigle, Toute personne complice de cette mauvaise blague ou ayant des connaissances à apporter est priée d'en faire part à l'équipe professorale. 

 

-Il n'y a qu'un coupable et c'est elle! m'accuse le capitaine de l'équipe en me montrant du doigt.

 

Décidément ces Serdaigle manquent de bonnes manières, ils devraient prendre des cours auprès de ma grand-mère. 

 

-Ayant subi une mauvaise blague il y a quelques semaines, je ne peux que compatir. Moi aussi, j'ai accusé une équipe adverse à tort mais je n'ai pu apporter aucune preuve sur leur culpabilité alors j'ai oublié cette histoire et pardonner aux coupables après avoir compris que toute personne est innocente tant que l'on a pas prouvé sa culpabilité, lui répond-je calmement d'une voix lente. 

-Je suis sûre que les Serpentard ont fait le coup! C'est forcément eux! Nous avons trouvé des serpents dans nos dortoirs!

-Cela a dû être éprouvant pour ceux ayant la phobie des serpents. Ce n'est pas parce que nous sommes à Serpentard que nous adorons les serpents, certains d'entre nous en ont peur. Pardonne avant d'être pardonné, c'est le seul conseil que je peux te donner. 

-Tu es un sale serpent! conclut le capitaine d'une façon si théâtrale que je me mords la langue pour ne pas exploser de rire. 

 

Marlène soupire mais se tait. Depuis son rendez-vous avec le Gryffondor, elle a perdu sa joie de vivre et soupire beaucoup, néanmoins, cela ne l'empêche pas d'exceller dans toutes les matières. Cela n'est gère surprenant, elle se plonge dans ses cours pour ne pas sombrer. 

 

-Tu a été exemplaire, Black, me complimente Rosier. 

-Nous sommes innocents, je n'ai fait que dire la vérité.

 

Rosier me sourit et me dit que je suis une digne Serpentard. 

 

-Tu t'es fait un ami, se moque Harper.

-La ferme, sinon je te vire de l'équipe!

 

Harper éclate de rire, nullement impressionné par ma menace. Il a fait beaucoup de progrès depuis son entrée dans l'équipe. Il est devenu moins réservé, plus déterminé et a gagné en confiance en lui. Un hibou s'immobilise devant Marlène qui prend son courrier sans enthousiasme, elle qui pourtant adore recevoir  du courrier. Tandis qu'elle lit la lettre, elle pâlit, je vois que des larmes lui montent aux yeux avant qu'elle ne sorte précipitamment. Sachant qu'elle préfère être seule pour sangloter un coin reculé du château, je ne la rattrape pas, ce qui étonne Harper. Comme elle a laissé ses affaires et la lettre, je la lis et comprend la cause de la peine de mon amie: son frère se marie cet été mais demande à Marlène de pas venir accompagner de quiconque puisqu'il ne veut pas que son mariage soit gâché par la présence de plusieurs de plusieurs Serpentard surtout lorsqu'il accepte sa présence à contrecoeur sous l'impulsion de leurs parents. 

Marlène et Maximilien ne s'entendent plus depuis qu'elle a rejoint Serpentard et leur relation ne cesse d'empirer.

 

A notre premier cours de la journée, Marlène est assise à sa place habituelle, je lui tends ses affaires et lui avoue que j'ai lu son courrier, elle hausse les épaules et me remercie de lui avoir apporté son sac. Aujourd'hui, Slughorn fait les binômes, je prie Merlin pour ne pas être avec Rosier. Il écrit tous les noms de la classe au tableau avant de lancer un sort qui mélange les noms afin d'obtenir des binômes. Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire lorsque je constate que le nom de Potter est associé à celui d'Evans, surtout lorsque Lily se lève et se dirige vers Potter avec autant d'enthousiasme que si elle montait sur l'échafaud. Mary est avec Eden, cela me fait sourire, Marlène est avec Rosier. J'espère qu'il va être correct avec elle, elle est déprimée, démoralisée et fatiguée à force de se plonger dans les devoirs. Sirius est avec Selwyn, ce qui m'amuse, elle qui a toujours l'espoir de sortir avec même si c'est un traître à son sang. Ne cherchez pas la logique, il n'y en a pas!

 

-Salut! Je suis content d'être avec quelqu'un de ma connaissance, dit joyeusement Lupin en s'asseyant à côté de moi. 

 

Un bref coup d'oeil au tableau me confirme que mon partenaire sera Lupin, j'étais tellement concentrée sur les autres que j'en avais oublié de regarder pour moi!

 

-Je te préviens, Lupin, je ne ferai pas tout le boulot et tu as intérêt à suivre mes recommandations sans broncher. Je suis meilleure que toi en potions alors c'est moi qui dirige l'opération. 

 

Je ne peux pas être aimable deux secondes? Il faut croire que mon cerveau refuse cette option lorsqu'il s'agit de potion. Lupin ne m'en tient pas rigueur et par la suite, il se montre patient et à l'écoute de ce que je lui ordonne.

 

-Sale tête de vipère, c'est tout ce que tu mérites, s'énerve Marlène avant de plonger la tête de Rosier dans le chaudron et de partir en pleurs en plein milieu de la salle. 

-Merde, j'ai perdu mon pari! murmure Lupin.

 

Sa phrase me déroute tellement que je ne pense même plus à rattraper Marlène et je lui demande ce qu'il a parié.

 

-Avec Mary, on a parié qu'avant la fin de Poudlard, tu aurais plongé la tête de Rosier dans un chaudron mais Mary m'a assuré que ce serait Marlène. 

-Je ne ferai aucun commentaire, soupire-je, lasse d'être considérée comme le ballon de baudruche prêt à exploser. 

-Miss Morsan, veuillez emmener M.Rosier à l'infirmerie.

 

Je tourne vers Rosier et voit qu'il a plein de boutons partout sur le visage et que ses yeux sont bouffis, alors que certains ne se gênent pas, je mords ma langue pour ne pas exploser de rire, par respect pour mon camarade. 

 

-Miss Black, veuillez demander à Miss McKinnon de reprendre ses esprits. J'enlève néanmoins trente points à Serpentard, annonce t-il, déçu d'enlever des points à sa propre maison. Venez à la fin de l'heure pour que je vous communique le nom de son nouveau partenaire. 

 

-Pourquoi Marlène est dans cet état? Cela fait plusieurs semaines qu'elle affiche une mine fatiguée et qu'elle a perdu sa bonne humeur, me demande James à la sortie du cours. 

-Déception amoureuse et déception familiale ne font pas bon ménage, explique-je.

-Je vais te la retrouver, Céleste, et elle reviendra moins triste, de meilleure humeur, déclare Sirius convaincu. 

 

J'ai confiance en Sirius mais je doute quant à ses qualités de psychomage. J'essaye de ne pas montrer mon inquiétude et d'écouter la conversation entre Mary, Lupin et James mais je n'arrive pas à me concentrer. Je suis vraiment inquiète pour Marlène, Mettre la tête de Rosier est vraiment incroyable de sa part, même moi je ne l'ai jamais fait et pourtant ce n'est pas l'envie qui me manquait. 

 

Soudain, Sirius ramène Marlène et comme promis, elle est d'une humeur est un peu plus joyeuse. Soulagée, je lui indique qu'elle n'a pas de retenue mais que Slughorn a décidé de la mettre avec Sirius. C'est une sage décision à mon avis. Au début, il a hésité de séparer Mary et Eden mais quand je lui ai fait remarquer que ce n'était pas très judicieux de mettre une né-moldue avec un futur mangemort, il a opté pour une autre option qui semble convenir aux deux intéressés. 

soirée entre filles déjantées et potins by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! 

Je m'excuse pour cette absence de deux semaines, j'ai préféré me concentrer sur mes révisions et mes examens.

Merci à Lina Black pour sa review :)

Bonne lecture :)

 

-YESTERDAY, ALL MY TROUBLES SEEMED SO FAR AWAY. OH I BELIIIIIEVE IN YESTERDAY*, chantonnent en criant soules Mary, Marlène et Lily. 

-Vous connaissez l'histoire de Blanche-neige et les sept nez? questionne Mary.

-Pas les sept nez, t'es bête, c'est Boule de neige et les sept naines! corrige Marlène pendant que Lily s'étale de tout son long sur le sol. 

 

Vous vous demandez certainement pourquoi nous en sommes arrivées là. Pour commencer, comme convenu, les filles sont venues chez moi au manoir, nous avons beaucoup travaillé, Marlène continue de se morfondre même si elle reprend des couleurs petit à petit. Même si c'est risqué par les temps qui courent, nous sommes allées boire un verre pour tenter de nous changer les idées sur le chemin de traverse.

Sous l'insistance de Mary, nous avons fini par échouer dans un bar ouvert récemment, un peu à l'écart de la rue principale sauf que Mary et Lily ont entraîné Marlène dans leur décadence et elles se retrouvent toutes les trois à chanter (faux) des groupes moldus dans la rue en titubant légèrement. Moi-même, j'ai un peu bu mais beaucoup moins que mes amies, elles se sont lancés dans un jeu aux règles obscures dont la conséquence est de finir éméché. Je remercie mon père de m'avoir transmis son gêne de la tenue de l'alcool. Je regarde en souriant Lily insulter le sol sur lequel elle est tombée en imaginant la tête stupéfaite de James!

 

-Toutouille, viens chanter avec nous. Ce n'est pas grave si tu ne connais pas les paroles, souviens-toi de c'qu'a dit le beau gosse brun aux yeux verts. 

 

Je mets du temps à comprendre que Toutouille, c'est moi et je grimace à la mention de cet homme, certes bel homme, mais dont l'esprit pervers m'a tout de suite refroidi. En plus, je suis en couple! Mes « amies » m'ont forcé à accepter des verres d'inconnus pour que je connaisse autre chose que « les bras rassurants mais ternes de MacMachin ». 

Il ne faut pas les fréquenter lorsqu'elles sont éméchées, elles deviennent infréquentables. C'est moi qui les ai trainées en dehors du bar sinon elles auraient terminé la soirée soit à Sainte Mangouste pour coma éthylique, soit dans le lit d'un inconnu dont elles ignoreraient le nom! Marlène m'inquiète vraiment, si elle était comme d'habitude, elle n'aurait pas bu autant, elle connaît ses limites et est rarement soule comme maintenant. Sa déprime est beaucoup plus sérieuse que je ne le pensais.

 

-Touilletine, fais pas ta coincée, danse! Regarde, moi, je danse, je bouge mon popotin. Dancing, dancing in the street**, s'exclame Lily en dansant effectivement. 

 

De ma vie, je n'aurai jamais cru que j'assisterai à une scène aussi incongrue qu'étonnante: mes trois amies en train de danser et de chanter en plein milieu de la nuit, complètement ivres! Cette soirée était une mauvaise idée. 

Avec la vague idée de retenir Lily de danser, je tombe à mon tour puisque je me prends les pieds dans le sac de Mary abandonné, et m'étale lourdement par terre.

 

-Titouilletine est soule aussi, elle est des nôtres! Vite baptisons-là! s'exclame Marlène, inquiète à l'idée de ne pas avoir le temps de me « baptiser ».

 

Alors que je suis encore face au sol, elles tournent autour de moi, m'enveloppant d'un cercle de feu et dansant en murmurant « elle est des nôtres ».

Jamais plus, je n'irai dans un bar ou à une fête avec ces filles. C'est trop dangereux! Reprenant mes esprits, je jette un Aguamenti sur le feu qui s'éteint instantanément. Je me relève et le « pop » d'un transplanage vient briser le silence de la nuit. Étonnée, je reconnais Fabian Prewett qui fronce les sourcils en s'approchant de nous.

 

-Marlyyyy, regarde qui c'est! C'est ton namoureux, ton prince charmant!

-L'homme de ses rêves plutôt, n'est ce pas Cellie?

-Vous avez raison, c'est Fabian Prewett!

-Vite! Jette-toi dans ses bras!

-Nan, Lily, c'est mauvais! Je te rappelle qu'elle a bu ce soir à cause de lui! contredit Mary, perspicace, dans un moment de lucidité malgré son taux d'alcoolémie plutôt élevé.

 

Avant que je ne puisse l'empêcher, Marlène se précipite sur Fabian et lui attrape le bras gauche en le secouant vigoureusement. 

 

-Un jour, à cette main, il y aura une alliance car tu seras marié avec moi, déclare sérieusement Marlène en lui mettant sa main devant sa figure. 

 

Merlin, la honte! Pauvre Prewett! Son regard va de Marlène à Mary et Lily avant de revenir sur Marlène.

 

-Black, ne me dis pas qu'elles sont toutes complètement soules? Même Evans, une préfète!

-Crois-moi, tu n'as encore rien vu! soupire-je alors que Mary aidée de Lily est en train de vomir. 

-Black, tu sembles être la moins pire des quatre, pourrais-tu les faire transplaner?

-Fais-le toi-même Prewett! Je ne suis pas en mesure de le faire! J'avais l'intention d'appeler le magicobus. 

-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée considérant l'état d'ébriété de tes amies, elles seraient encore moins en forme. Il faut absolument que vous alliez dans un endroit calme, à l'abri du moindre danger, explique Prewett en haussant le ton mais je sens une pointe de panique dans son autorité.

-C'est parce que les mangemorts ont prévu d'attaquer le chemin de traverse cette nuit, n'est ce paaaas? Toi, en tant que membre de l'Ordre du Phénix, tu luttes contre les méchants. C'est peut-être pour ça que je t'aime autant! Dis, tu reviens vivant, hein, hein? Sinon on pourra jamais se marier!

 

Prewett la force à le lâcher et est consterné par les paroles de Marlène. J'espère qu'elle va oublier ce moment, parce que c'est vraiment la honte!

 

-Elle est toujours amoureuse de moi, constate Prewett avec un sourire triste.

-Toujours! Elle est complètement attachée à toi. Je n'ai jamais vu cela. je peux comprendre que cela te paraisse lourd à supporter. Laisse-la et elle guérira de son amour déçu. 

-J'espère aussi qu'elle guérira de son amour pour moi. Je souhaite qu'elle trouve quelque de solide, de mûr ayant une vie tranquille, assure t-il avec une pointe d'amertume. 

 

Étonnée de cette pointe d'amertume, j'observe ses yeux puisque l'on dit que les yeux sont les miroirs de l'âme et je découvre quelque chose qui achève de considérer cette soirée comme un désastre: Fabian Prewett est amoureux de Marlène! 

 

-Par le string de Serpentard, tu l'aimes aussi!

-Je ne suis pas faite pour elle, je vis trop dangereusement. Je n'ai pas envie qu'elle s'inquiète jusqu'à ne plus dormir pour moi, je n'ai pas envie qu'elle vive dans la peur de ne jamais me revoir. Je préfère laisser cette relation stérile, sans espoir pour ne pas la blesser.

 

A mon avis, c'est en faisant ça qu'il la blesse mais passons. Il s'éloigne à la recherche de quelque chose pendant que j'observe mes amies se lancer encore dans un jeu loufoque et font apparaître soit de l'eau, soit du feu de leur baguette. J'ai des amies pyromanes! A la lueur des flammes qui sortent de la baguette de Marlène, ses yeux soudain tristes m'incitent à aller chercher Prewett pour qu'il s'explique avec elle. 

 

-Black, transplane avec tes amies, maintenant! Ils arrivent! crie Fabian complètement paniqué.

 

Je demande aux filles de se tenir la main, j'ai le temps de voir des hommes habillés de cape noir et d'autres arrivés, baguette en main avant de transplaner devant la porte du manoir. Alfred m'ouvre la porte et je lâche mes amies qui vomissent avant de se prendre les pieds dans le pas de porte et de tomber, entraînant dans leur chute, le porte-parapluie en forme de tulipe. Le son se répercute partout dans le silence de la maison et Cathleen, sûrement réveillée par le bruit, accourt immédiatement en pyjama. 

 

-Mon Dieu! Que s'est-il passé? Pourquoi Marlène pleure t-elle?

 

Je me retourne et constate en effet que Marlène pleure.

 

-Quelle est cette odeur? demande ma soeur en reniflant. Ne serait-ce pas une odeur de vomi? ajoute t-elle sur un ton de reproche. 

-Je t'expliquerai tout demain si tu m'aides à border les filles dans leur lit.

-Fabian ne m'aiiiiiime paaaaaas, sanglote Marlène. 

 

Je me frotte les yeux et soupire. Je vais finir par commettre un meurtre avec toute cette histoire. Ce con de Fabian ne peut pas lui dire que ses sentiments sont partagés au lieu de me la laisser à chaque fois dans un état lamentable. Je vais l'étriper!

 

-D'accord mais tu as intérêt à tout me raconter demain! Hykia, Dolly, Alfred, venez m'aider à emmener ces jeunes demoiselles dans leur chambre. 

Il faut deux personnes pour emmener Marlène dans sa chambre, tellement elle ne tient plus sur ses jambes. Je suis atterré par le comportement de mes amies surtout celui de Marlène. 

Cathleen revient quelques minutes après dans le hall où je suis toujours.

 

-Va te coucher aussi. Je vous mettrai des potions anti gueule de bois sur la table dans le salle à manger. Tu viendras dans mon bureau m'expliquer pourquoi vous êtes revenues toutes les quatre dans un tel état d'ébriété. 

 

Fatiguée de cette soirée, je monte dans ma chambre et me jette sur mon lit, encore toute habillée avant de m'endormir. 

 

-Il est l'heure de se réveiller, petite flemmarde, chuchote quelqu'un.

-Fiche-moi la paix!

-Il est déjà midi, il faudrait que tu ailles dans le bureau de ta soeur avant le déjeuner. 

 

Quoi? Déjà midi? Je ne me réveille jamais après dix heures en période de vacances! Je grimace à cause de mon mal de tête, Mary me tend un verre contenant une potion anti gueule de bois, je suppose. Un peu mieux réveillée, je remarque qu'elles sont toutes les trois autour de mon lit, gênées et l'air coupable. 

 

Les souvenirs de cette nuit surgissent dans mon esprit et je comprends leur comportement. Elles peuvent être gênées, en effet!

 

-Qui se souvient de cette soirée? leur demande-je tout en sachant qu'elles ont oublié la moitié de la soirée.

 

Elles se raclent la gorge, s'échange un regard lourd de sens que je ne comprends pas. 

 

-D'abord nos souvenirs que nous avons mis en commun, nous avons bu un tout petit peu avant de nous lancer dans un Whisky-Quidditch. Mary se souvient de t'avoir incité à accepter le verre d'un homme brun aux cheveux verts, Lily a vaguement le souvenir d'avoir dansé en plein milieu de la rue et moi, je me souviens d'avoir vomi dans ton hall et d'avoir pleuré.

 

Je me laisse tomber sur mon oreiller, soulagée qu'elles ne se souviennent pas des moments les plus gênants de la soirée. 

 

-C'est à peu près ça qui s'est passé sauf que vous m'avez forcé à accepter de boire avec plusieurs hommes qui ne souhaitaient qu'un truc: que je finisse dans leur lit. Je suppose que les vomis ont été nettoyés par Hykia. Vous ne me refaites plus jamais ça! J'ai vraiment eu honte d'être avec vous! Heureusement que je n'avais pas trop forcé sur la bouteille car j'ai pu vous ramener ici sans désartibulation. 

 

Pendant que je me change et me démaquille, je les entends dire qu'elles ont vraiment abusé, qu'elles espèrent que je ne leur cache pas un truc honteux. Comment dire que Marlène a eu la pire honte de sa vie devant Prewett. Je la revois encore lui dire qu'ils se marieront, j'explose de rire à ce souvenir. 

 

-Pourquoi ris-tu? s'alarme Lily. 

-Je ris parce que je viens de me souvenir d'une histoire qu'Eden m'a racontée à propos de chaussures quand il était petit, invente-je en un temps record en enfilant mes chaussures, ce qui appuie mes dires. A toute à l'heure, je vais dans le bureau de Mère.

 

Malgré l'installation de Cathleen dans le bureau de notre mère, pour moi, il sera toujours le bureau de Mère. Sûrement une démonstration de ma peur de ne plus me souvenir de mes parents. Légèrement angoissée, je toque à la porte, la voix Cathleen m'invite à rentrer. 

Elle est assise dans un grand fauteuil, derrière elle, prône le tableau de notre mère qu'elle a commandé peu après sa mort. Cette vision augmente mon angoisse, la pièce est impressionnante ainsi.

 

-Assieds-toi (j'obéis). Je suis choquée de votre comportement. En vous donnant la permission de sortir, l'idée que vous reveniez éméchées ne m'a jamais effleuré l'esprit. Je sais que vous êtes majeures mais cela ne veut pas dire que vous êtes responsable finalement. Néanmoins, j'ai la satisfaction que tu es celle qui a le moins bu à moins que tu aies hérité de la tête dure de notre père. Je n'ai pas l'aptitude à vous punir mais tu pourras dire à tes copines que je suis très déçue de leur comportement, dit-elle d'une voix sèche et autoritaire. Maintenant, raconte à ta grande soeur adorée à ce qu'il s'est passé, ordonne t-elle avec un ton radicalement différent, le ton de celle qui veut apprendre des potins. 

 

-Il ne s'est rien passé d'extraordinaire. Les filles ont tenté de me rendre infidèle, à part ça, il n'y a rien eu de particulier. 

-Tu vas réussir à me faire gober un truc pareil? J'ai eu ton âge et je sais que certains peuvent faire n'importe quoi dans un état pareil. Je sais que tu mens, tu n'as jamais réussir à me cacher quoique ce soit. Qui a fait un truc honteux? 

 

Parfois, je maudis notre proximité! Je ne peux pas lui dire que ma meilleure amie s'est soulé à cause d'un homme qu'elle a vu deux heures après alors qu'il était en mission pour l'Ordre du Phénix!

 

-A mon avis, c'est Marlène qui a fait un truc à propos d'un homme nommé Fabian dont elle est éperdument amoureuse. Je dirais même qu'il s'agit de Fabian Prewett. Molly m'a déjà dit que Fabian avait une soupirante qu'il tentait tant bien que mal de rejeter. 

 

Ma soeur est devenue une grande copine de Molly Weasley. Elles se voient souvent.

 

-C'est toi qui pense cela, je n'ai rien dit! dis-je en me levant pour fuir la curiosité de Cathleen.

-Rachel vient passer le reste des vacances à la maison, dis-le à tes copines, elles seront sûrement ravies. N'oublie pas, je ne veux plus que vous reveniez à la maison dans un état pareil, ajoute-elle avec un air ressemblant fortement à celui du professeur McGonagall.

 

********

 

-Salut les filles! Comment allez-vous, nous salue James alors que nous arrivons dans le hall, déposant nos bagages.

 

-Bonsoir, Potter! Tu n'es pas avec ses acolytes, vous vous êtes disputés? demande Lily, légèrement sarcastique.

-Non, j'attends mes coéquipiers, on va s'entraîner.

 

Le Quidditch! J'ai oublié de penser au Quidditch pendant toutes les vacances alors que je voulais travailler certaines tactiques, la présence de Rachel au manoir n'y est pas pour rien. Nous étions toutes ravies de voir Rachel, elle est tellement gentille, intéressante, cultivée. 

 

-Bon entraînement alors.

-Merci.

 

Avec Mary, nous nous échangeons un regard qui en dit loin sur ce que nous pensons. Depuis combien de temps Lily converse tranquillement avec James? Marlène est occupée à autre chose: essayer de découvrir pourquoi un première année de Serpentard est en pleurs derrière une armure. Il finit par avouer à Marlène qu'un quatrième année lui a volé le colis qu'il avait reçu de ses parents sauf que Sirius Black l'a remarqué alors il a pu récupérer son paquet mais il est encore sous le choc. 

 

 

-Il y a vraiment du racket chez les Serpentard, s'étonne Lily avec d'indignation.

-Oui, enfin plus trop depuis que je leur lance un sortilège de Chauve-furie à chaque fois que je les surprends. Les cinquième année me résistent encore, les septième année se défendent, j'ai même du aller à l'infirmerie quelques fois pour des dommages mineurs et les sixième année soit ne le font plus, soit sont extrêmement vigilants. Marlène aussi s'y colle, et puis dès que nous le pouvons nous en dénonçons certains à Morsan qui a toujours d'excellents idées en terme punition.

-C'est incroyable cette force que tu as de lutter contre les injustices, commente Mary.

-Tu ferai mieux de préserver tes forces pour te battre après Poudlard, conseille Lily.

-Je n'en vois pas l'intérêt. Je n'ai pas envie de me battre.

-QUOI? s'exclament Lily et Marlène.

 

Elles sont choquées alors que Mary me fait un signe approbateur, au moins, quelqu'un me comprend. Pour Marlène et Lily, leur route est toute tracée dès lors sortie de Poudlard, elles rejoindront l'organisation luttant contre Voldemort et ses sbires.

 

-Tu veux dire que tu mèneras une petite vie simple et posée après Poudlard, que tu ne vas pas affronter les mangemorts ?

-Je ne suis pas sûre qu'un couloir désert soit le lieu propice pour ce genre de discussions, intervient Mary avec sagesse. 

 

Marlène lui demande de se taire et Lily attend ma réponse avec impatience. Dois-je vraiment lui répondre? A mesure que les secondes passent, son regard lance des éclairs. Je comprends enfin ce que ressent James lorsqu'il fait perdre des points à Gryffondor, ce qui a pour conséquence le courroux de Lily. 

 

-Je suis d'accord avec Mary!

-Non! Tu restes là et tu vas jusqu'au bout de ta pensée! m'intime Lily avec autorité.

-J'aurai passé sept ans de ma vie à défendre ma soeur, à me défendre, à devoir supporter la présence et les remarques de mes camarades futurs mangemorts. Je suis lasse de m'énerver pour un rien, c'est épuisant. Je suis épuisée aussi à cause de mes cauchemars, je ne veux pas ajouter encore d'autres images épouvantables. Je ne veux pas vivre ma vie avec comme arrière-plan la guerre, je veux enfin profiter du calme, inexistant à Poudlard. Je veux passer du temps avec ma soeur, apprendre à cuisiner avec Dolly, regarder Alfred s'occuper du jardin depuis le salon ou ma chambre, travailler au ministère pour assouvir mon ambition. Je ne veux pas me battre mais s'il le faut protéger quelqu'un alors je le ferai. Rentrer dans une organisation de lutte anti-magemort, je ne peux pas pour l'instant mais cela changera certainement, rien n'est définitif. J'ai peur qu'on se serve de ma soeur comme un moyen de pression, comme elle a pu l'être dans le passé. J'ai déjà eu des doloris pour la protéger.

 

Marlène et Lily m'écoutent attentivement mais ne sont pas convaincue et le fait que Mary soit d'accord avec elle finit de les achever, elles en perdent leurs mots. Mary nous explique qu'elle a peur d'être tuée étant une né-moldue et l'attaque de l'année dernière l'a entièrement refroidi sur une possibilité de lutter contre les mangemorts.

 

-Aussi courageuse qu'un Gryffondor ironise Marlène.

-ce n'est pas parce qu'elle est à Gryffondor, qu'elle doit forcément se battre. Il faut du courage pour exprimer qu'elle souhaite vivre simplement.

-La Gryffondor, la plus Poufsouffle! 

-Toi, tu es la Serpentard, la plus Gryffondor que je connaisse. Cherchez l'erreur!

Et toi tu es la Serpentard la plus Poufsouffle que je connaisse.

-Le choixpeau a fini par m'envoyer à Serpentard quand même.

-Après avoir hésité avec Poufsouffle.

-Nan! Avec Gryffondor!

 

Sur cette révélation, je les plante toutes les trois bouche bée au milieu du couloir, prête à rejoindre Charity et Harper à la bibliothèque qui ont besoin d'aide sur un devoir de sortilège. Parfois j'ai dû mal à me comprendre, je viens à peine de revenir à Poudlard mais je vais aider des quatrième année. J'ai un peu de mal à comprendre comment Harper et Charity sont devenus amis. Trop de choses que je ne comprends en peu de temps, cela est trop pour mon cerveau. Je veux juste dormir, en évitant les embrouilles mais cela est impossible lorsque l'on s'appelle Céleste Black quoique Napoléon a dit qu'impossible n'est pas français mais je suis à moitié française donc ça compte pas. Oulà, je ferai mieux d'aller dormir vu la tournure que prennent mes pensées. Je suis sûre que c'est à cause de Rachel, elle nous a parlé des guerres napoléoniennes pendant les vacances et c'était très intéressant. 

 

-Bon, les mioches, c'est quoi votre problème? je les salue.

 

Charity et Harper sursautent, ils étaient plongés dans leurs devoirs. A force d'aller à la bibliothèque, je vais finir par croire que le choixpeau s'est planté sur leur répartition. 

 

-Nous n'avons plus besoin de toi! Nous avons réussi notre devoir de sortilège!, m'annonce fièrement Charity.

-Vous m'avez fait déplacé jusqu'ici pour rien? Vous aviez l'air tellement désespéré dans vos lettres que je suis venue à la rescousse. Les jeunes d'aujourd'hui n'ont plus aucun respect pour les aînés, je déclare, dépitée d'un ton ton théâtral.

 

Ils sont tellement pris dans un fou rire qu'ils sont obligés de sortir de la bibliothèque précipitamment. 

 

-Céleste! Comment vas-tu? me demande gaiement Eden.

 

Et merde! Je ne voulais pas le croiser. Il est peut-être mon copain mais supporter sa bonne humeur me fatiguera encore plus que je ne le suis. J'aurai dû m'isoler dans un autre compartiment au lieu de tenter de suivre la conversation des filles, j'aurai été moins fatiguée.

 

-Salut! Oui je vais bien et toi?

-Impeccable! Je dois aller à la bibliothèque, je n'ai pas fini mes devoirs. Entre mes visites chez mon grand-père, les repas qui durent des heures pendant lesquelles j'ai dû supporter ma belle-soeur et les éloges de mes parents adressés à mon frère, je n'ai pas eu vraiment de temps pour faire mes devoirs. On se voit plus tard, je t'enverrai un mot. 

 

Son frère et sa belle-soeur étaient chez lui? Il ne s'est pas beaucoup amusé alors! Non seulement ses parents préfèrent son frère mais en plus le lui font remarquer fréquemment. Ses parents détestent les Black alors ils n'encaissent pas que leur fils cadet sorte avec une Black. Entre la belle-soeur et moi-même, je suis quand même plus agréable à vivre malgré mon mauvais caractère. Cette fille est une commère à la langue acide, ça ne m'étonne pas que Belle-maman l'adore.

 

-Que s'est-il passé dans le château en mon absence? 

 

Je dis ça comme si j'étais un personnage important de Poudlard, n'empêche que l'on sait jamais, je serai peut-être la première directrice Serpentard de Poudlard. J'espère être plus appréciée que mon arrière-arrière grand-père. Je m'imagine déjà directrice de Poudlard, mes pensées vont très loin aujourd'hui! Professeur Céleste Black, ça sonne bien non?

 

-Rosier et sa bande ont essayé de prêcher la bonne parole, Morsan les a menacés de leur mettre une retenue s'ils continuent à déblatérer «  leurs  conneries  autre que dans leur cachette secrète pas secrète que tout le monde connaît. » 

-Vous avez vraiment une pièce secrète? demande avec curiosité Charity. 

-Après la fermeture de la chambre des Secrets  qui n'est pas une légende puisqu'elle a été ouverte il y a plusieurs années, les Serpentard ont décidé de construire une salle de réunion pour Sang-Pur qui est devenue une salle pour adorateurs de Voldy depuis peu. Malefoy m'a forcé pendant longtemps à y aller mais j'ai toujours refusé avec le calme qui m'est coutumier, j'explique en faisant éclater de rire Harper et Charity, ce qui me fait sourire. 

-J'ai un scoop pour toi! Pettigrow sort avec une Poufousffle de votre année! 

-Quoi? C'est pas cette pétasse de Carpenter? J'espère qu'il n'est pas tombé aussi bas!

 

Ils éclatent encore de rire, mon aversion pour Carpenter est connu de mon entourage néanmoins, rien ne peut égaler celle pour les Serdaigle ou Rosier. Charity me rassure que ce n'est pas Carpenter alors je suis soulagée. 

 

-Je me suis battu avec Carrow aussi.

-Pardon?

 

Harper m'explique qu'il s'est battu avec Carrow parce qu'il avait traité ses parents de Sang-de-Bourbe, la routine! Mon petit Harper s'est bien défendu puisque Carrow s'est retrouvé à l'infirmerie mais comme McGonagall l'a appris, elle a enlevé vingt point à Serpentard et lui a collé une retenue mais il s'en fiche. J'adore Harper!

 

-Céleste! Que fais-tu? On te cherche depuis une demie-heure! Salut Steve et Burbage! Comment allez-vous? On a...

-On a un scoop! Pettigrew sort avec une Poufsouffle, interrompt Mary.

 

Que Marlène soit aussi joyeuse pour un truc pareil n'est pas étonnant puisque c'est une commère mais que Mary me l'annonce surexcitée est déroutant, je ne lui connaissais pas ce côté commère.

 

-Je suis déjà au courant

-Oh, s'exclament déçues Mary et Marlène.

 

Discutant des amours des Maraudeurs, nous nous dirigeons avec allégresse vers la Grande Salle pour le dîner, heureusement que Lily est absente car elle aurait été furieuse que l'on se demande quand elle sortira enfin avec James!

 

*"Yesterday" des Beatles

** "Dancing in the street" de Martha Reeves and the Vandellas

La fin d'une époque, Adieu Céleste by MissArty
Author's Notes:

Voilà le 29e chapitre qui marque la fin de la première partie. Je suis contente d'en avoir enfin terminé avec Poudlard. La deuxième partie sera donc sa vie d'adulte avec en arrière-plan la guerre et l'Ordre du Phénix. 

Bonne lecture :)

Après avoir laissé Eden auprès de ses amis, je file vers le compartiment où se trouvent les miens. Je préfèrent éviter les amis d'Eden qui me détestent. Ils ne voient en moi que la Serpentard, issu d'une grande famille, Eden est beaucoup plus intéressant qu'eux puisqu'il est passé outre cela. Le seul de ses amis qui est sympa avec moi est Sam Fawley. Tous n'acceptent pas ma relation avec considérant qu'il est trop bien pour moi donc nous avons chacun notre groupe d'amis et nous nous retrouvons dès que possible surtout que récemment, les garçons ont sympathisé avec Eden.

Dans le compartiment, Marlène et Mary lisent le Sorcière-Hebdo avec intérêt, Peter parle avec Sirius de la préparation d'un gâteau au chocolat (Sirius, jeune propriétaire sans elfe, ne sait pas comment cuisiner alors que Peter, si) avec un James très intéressé, et Lily, dans les bras de ce dernier, papote avec Remus de leurs souvenirs de préfet. 

Avec un grand sourire, je m'installe à côté de Mary qui me fait une place sans avoir décroché ses yeux du magazine. Ses sourires doux et elle me manqueront cette année. Je ne serai plus non plus dans le même dortoir que Marlène, nous raconterons plus des potins jusqu'à pas d'heure, elle ne viendra plus me rassurer lors d'un cauchemar, je ne pourrais plus vagabonder dans les couloirs de Poudlard comme si rien ne pouvait m'arriver. Déjà, la nostalgie m'envahit. Une page se tourne et une autre se créée mais nous ne pourrons plus être insouciants, à part Mary et moi, je pense qu'ils se précipiteront vers Dumbledore pour intégrer l'Ordre du Phénix si ce n'est pas déjà fait. La guerre nous menacera dès que nous ne serons plus protégés par les murs de Poudlard, peut-être que tous mes amis mourront dans cette guerre. Avec une douloureuse tendresse, je regarde Marlène qui rit à une plaisanterie de Mary. Elle lève les yeux vers moi et me sourit.

 

-Céleste, ne sois pas triste! Il fallait bien que l'on quitte Poudlard un jour ou l'autre, tu es enfin débarrassée de Rosier! Plus de duel dans la salle commune! Plus de vitre brisée! Plus de hurlement! Enfin, la sérénité déclare t-elle d‘un ton théâtral. 

-Des duels dans l'enceinte de Poudlard, s'écrie Lily en se redressant.

-T'occupe, il y a prescription maintenant. 

-N'empêche qu'hier, ce n'est pas passé loin d'un véritable combat à mort, si je n'étais pas intervenue, me reproche Marlène. 

 

Rosier et moi avons célébré la fin de l'année à notre manière par un duel. J'avais vraiment l'impression d'avoir en face de moi d'un mangemort en face de moi. C'était Voldemort contre Dumbledore, Moriarty contre Sherlock Holmes, le Nord contre le Sud, Edmon Dantès contre le mari de Mercedes, Crâne Rouge contre captain America. Oulà, je me laisse vraiment influencer par les lectures des filles. Il est vrai que dans la salle commune, les sorts ont fusé, personne n'est allé chercher Slughorn, heureusement et nous étions un spectacle pour nos camarades jusqu'à ce que Marlène intervienne. A la fin j'étais épuisée, Marlène m'a néanmoins fait remarqué que j'ai d'excellents réflexes et m'a proposé  une nouvelle fois de poser ma candidature à l'Ordre du Phénix, ce que j'ai refusé sans l'ombre d'une hésitation. A Poudlard, nous étions sous l'autorité du père noël, pas question de l'être de nouveau en dehors de Poudlard. En plus, je commence mon travail en tant que sous-secrétaire du chef du département de la justice magique.En gros, je suis le larbin du larbin du larbin du chef du département. J'aurai du travail et j'en suis très heureuse!

 

-Vous allez me manquer énormément, même vous Lupin et Pettigrow! 

-C'est trop gentil, ironise Lupin.

-Ta présence me manquera.

-Marlène, on se voit demain sur le chemin de Traverse!

-Oui mais avant tu étais toujours dans le même bâtiment que moi! J'en viens presque à envier Mary.

-Tu nous fais quoi là, Marlène? Une crise de jalousie? Un début de dépression? Pense à ton Fabian, ça te calmera! Dorénavant, tu vas le voir bien plus souvent qu'avant, tu pourras tenter ta chance!

-C'est vrai, tu as raison! Il faut que je me concentre sur ça!

 

Je soupire, désespérée par l'obsession de Marlène à vouloir sortir avec Fabian! Comment peut-elle savoir que c'est l'homme de sa vie? Même moi qui aime Eden, je suis sûre qu'il ne l'est pas! 

Si Marlène est jalouse de Mary, c'est parce qu'elle reste au manoir cet été jusqu'à ce qu'elle parte aux Etats-Unis pour retrouver son amoureux et commencer son travail (elle va couvrir la coupe de Quidditch de l'Amérique du Nord en tant que journaliste stagiaire de la rubrique sport de la Gazette du Sorcier). Les relations entre Mary et sa mère se sont dégradées, elles ne se parlent plus depuis l'année dernière. Néanmoins, elle voit toujours son père chez qui elle va juste avant de partir pour les Etats-Unis, son père est un homme solide et fiable d'après ce que j'ai compris, je suis contente qu'elle ait au moins un père qui accepte sa différence. 

 

-Je commence à être nostalgique de Poudlard alors que nous sommes encore dans le Poudlard Express. J'en garderai de bons souvenirs.

-On en créera d'autres Lily! Ensemble! rassure James.

 

Ils forment un beau couple ensemble, ils se complètent parfaitement et James est fou amoureux de Lily qui se montre plus réservée. Je sais que James pense déjà à l'achat d'une maison et à un mariage, il est sûr de la solidité de leur couple et en temps de guerre, il préfère accélérer les choses pour ne rien regretter. Cela me fait penser à une dispute que j'ai eu le mois dernier avec Eden à ce propos, je lui ai dit que je ne voulais pas me marier aussi jeune que mes parents, il l'a mal pris et m'a accusé de ne pas avoir confiance en nous. Eden est un grand romantique et c'est très difficile de lui faire comprendre que je ne le suis pas. Il aurait dû sortir avec Marlène s'il voulait une fille romantique!

 

-Je propose que l'on célèbre dignement cette fin de scolarité par quelque chose d'exceptionnel, dis-je en sortant une bouteille de champagne de mon sac agrandi par magie grâce à Marlène (je n'arrive toujours pas à laisser le sort d'agrandissement). 

-Du champagne! s'écrient ensemble Mary et Lily.

 

Les autres observent le liquide de la bouteille, intrigués. Ces sorciers, ils ne connaissent pas les alcools moldues, c'est une grosse lacune!

-Ça m'étonnait que Céleste n'ait pas encore sorti une bouteille, commente Lupin.

-La ferme, Lupin, ne me fais pas passer pour ce que je ne suis pas! En plus, dans ma famille, c'est une tradition de fêter chaque fin importante par une bouteille de champagne.

-Jamais entendu parler de cela. Tu ne l'as pas inventé à l'instant? me demande soupçonneux Sirius.

-Nan, c'est ma soeur qui nous a fait découvrir le champagne. Mon père, en bon amateur d'alcool qu'il est, a tout de suite adhéré. Lorsque ma soeur et Rachel ont eu dix-huit, il en a ouverte une, lorsque qu'elle a eu sa première commande, lorsque ma mère a eu sa promotion...explique-je avant de me taire.

 

Même si presque trois ans sont passés depuis leur décès, leur évocation est encore douloureuse. Ils me manquent, j'aurai tant aimé que ce soit mon père qui m'accueille sur le quai de la gare et non personne (Cathleen a un engagement à Londres). Avoir son permis de transplanage est utile, je n'aurai pas rentrer au manoir par magicobus! 

 

-Je te suis, Céleste! Fêtons la fin de Poudlard dignement! dit joyeusement Mary.

-Tu n'aurais pas préféré une discothèque ou un bar? lui demande-je narquoise. 

-La ferme, Céleste! répond mon amie en rougissant. 

 

Notre sortie pendant les vacances de Pâques était mémorable, c'est encore plus drôle de se dire je suis la seule à me souvenir entièrement de cette virée. D'autres sorties ont succédé à celle-ci et toutes ont fini de manière assez particulière mais celle de l'année dernière est la plus atypique.

 

-Tu fais bien d'en parler, Céleste. J'ai un vague souvenir de cette soirée mais je ne sais si c'était la réalité ou une hallucination. A t-on vu Fabian ce jour-là? 

-Oui!

-Par le caleçon de Serpentard! jure Marlène en rougissant.

 

Je ne fais aucun commentaire, en fidèle amie que je suis mais même si cela me titille! Marlène ne dit rien pendant un moment, je sais que cette histoire la travaille. La pauvre... 

 

-Alors Lupin, tu as fini par trouvé un travail? 

-Non.

-Pars à l'étranger, deviens professeur de défenses contre les forces du mal, tu es excellent professeur.

-Je ne peux pas à cause de ma condition, répond Lupin, soudain abattu et las

-Je suis d'accord avec Céleste, pars à l'étranger mais pas professeur, tu pourrais devenir par exemple journaliste ou alors assistant d'un magicozoologiste, ou même écrire des livres. Tu as tellement d'opportunités! s'écrie avec enthousiasme Mary.

 

Décidément, le fait de quitter Poudlard réussit grandement à Mary, je ne l'ai jamais vue aussi joyeuse!

 

-Mary?

-Oui, Sirius?

-Donne-moi ton verre et Céleste, range ta bouteille. On a pas besoin d'être éméché.

 

Mary et Sirius s'étendent vraiment très bien, je me suis toujours demandé pourquoi ne se sont-ils jamais remis ensemble.

 

-Tu penses que je suis euphorique à cause du champagne? N'importe quoi! Je suis heureuse de quitter Poudlard, de prendre ma vie en main, d'être débarrassée de tous les futurs mangemorts m'insultant.

-C'est pas un truc qui me manquera ça, avoue Lily.

 

Alors que nous sommes en train de demander à Marlène pourquoi elle nous cachés le fait qu'elle est major de notre promotion, le porte du compartiment s'ouvre et quelqu'un me lance quelque chose dessus. Peter, Sirius et Marlène poussent un cri, Lily et James sont déjà dans le couloir. Avec étonnement, je comprends que le « quelque chose » est en fait trois serpents. Je ne trouve rien de mieux que de leur parler. 

 

-Ça va les gars? Qu'est ce que vous faites là?

-Un homme nous a fait apparaître.

-Nommé Rosier?

-Non Evan avec un autre, Alysus. 

-Merci pour ta réponse. Je suis désolée mais je vais vous faire disparaître. Je ne peux ni vous garder ni vous relâcher dans la nature, vous vous blesserez.

Après un sort de disparition, mes camarades disparaissent. J'ai toujours aimé les serpents mais je n'ai jamais pu en avoir, mon père ayant une phobie des serpents. Le comble pour un Serpentard! Je relève la tête et constatent que tous mes amis me fixent, effarés. Je crois que j'ai oublié de leur mentionner que je parle aux serpents, fourchelangue dont j'ai hérité de ma grand-mère, ce qui pourrait laisser croire que je suis apparentée à un hériter de Serpentard quoique c'est possible que je sois une descendante de Serpentard, les familles de Sang-Pur sont toutes cousines!

 

-Tu nous expliques? s'enquit Sirius sur un ton autoritaire. 

-Il n'y a rien à expliquer. Je parle fourchelangue et  ce sont Rosier et Carrow qui ont fait le coup. Mon ami le serpent me l'a dit.

-Tu es pleine d'ambiguïté. Je ne sais jamais si tu es digne de confiance ou si tu joues un rôle.

-J'ai eu un début d'éducation de Sang-Pur alors non je ne joue pas un rôle mais j'en ai des vestiges. Il serait temps que tu me fasses entièrement confiance, Sirius, je suis honnête et franche même si j'ai été répartie à Serpentard. Si on regarde notre lignage, nous sommes éloignés mais tu es mon cousin, Sirius, je t'apprécie énormément. Vous m'énervez à la fin à me faire tomber dans le mélo depuis toute à l'heure, je vais finir par rejoindre Eden pour me disputer avec ses amis si ça continue comme ça!

-Je réserve une place! s'enthousiasme James alors que Lily lui donne une petite tape sur la tête en le traitant de crétin. En sept ans, avec Céleste, on en a eu du spectacle entre ses joutes verbales avec Rosier, son intolérance vis-vis des Serdaigle, son insubordination envers Slughorn. Si un jour la carrière ministérielle ne t'intéresse plus, deviens comédienne!

-Et toi, on en parle de tes joutes verbales avec Lily? Je suis sûre qu'à cause de Sirius et toi, mon audition a baissé depuis mon entrée à Poudlard, contre-attaque Mary en nous faisant rire Lupin, Marlène et moi. 

 

La porte s'ouvre de nouveau et ce sont Harper et Charity qui apparaissent.

 

-Mon gardien préféré et mon adorable élève! m'écrie-je en continuant de rire à moitié. Venez vous asseoir avec nous. Il y a trop de Gryffindors par ici. Viens t'asseoir, à côté de moi Harper, je ne mords et je ne t'en veux pas d'avoir eu la gerbe en plein milieu du match, c'est plutôt à Regulus que j'en voudrais.

-Il est dans le compartiment de Rosier, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que tu y ailles. 

-Pas bête mon petit Harper! Tu veux du champagne?

-Céleste! s'indigne Lupin, il est encore mineur!

-Et alors, il n'y a pas d'âge pour ça! C'est grâce au whisky pur feu que j'ai pu survivre au mariage des Malefoy!

-Range ça, veux-tu! Et ne va pas dans le compartiment des mangemorts, tu pourrais en ressortir blessée.

-Quel homme prévenant! me moque-je. Penses-tu avoir réussi tes BUSES, Harper? 

-Oui! Je suis sûre d'avoir un optimal en potion, j'ai eu un excellent professeur!

-Tu es adorable!

 

Alors que j'étais moi-même en plein dans les  révisions pour les Aspics, j'ai aidé Harper dans ses révisions ne supportant pas l'idée qu'il ait de mauvaises notes. Depuis son entrée dans l'équipe, je me suis beaucoup attachée à lui. Je suis fière de lui! Il est le premier de sa classe et grâce à son imposante carrure, il est maintenant respecté de tous, il n'a toujours pas d'ami dans sa classe, mais il s'est lié d'amitié avec Charity alors je ne suis pas inquiète pour son avenir. 

 

-Il a été repéré par le capitaine des Frelons, m'annonce Charity.

-C'est vrai? crie presque James, tout excité. 

-Chary, tu aurais pu te taire! 

-C'est grâce à Céleste que tu as pu rentrer dans l'équipe, je te rappelle, tu lui dois cette information!

 

Harper tire la langue à Charity et fais semblant de bouder. 

 

-Il a essayé aussi de me faire rentrer dans son équipe mais j'ai refusé l'offre. Le Quidditch ne m'intéresse pas en tant que profession mais en tant que divertissement. 

 

Troisième ouverture de la porte et c'est Eden qui l'ouvre et la referme précipitamment. 

 

-Qu'est ce qui t'arrive, MacMillan, tu as croisé un détraqueur? se moque Sirius

-Pire! Carpenter!

-Celle-là, m'en parle pas! Une vraie glu avec l'intelligence d'une mandragore.

-Hé! N'insulte pas les mandragores! s'exclame Lily en nous faisant rire.

 

Carpenter, une fille insupportable qui plaît à tous les garçons ayant les hormones en ébullition. Cette fille est vulgaire, je ne sais pas comment elle a eu ce culot mais elle a trafiqué son uniforme pour avoir un décolleté plongeant, elle a des ongles très longs d'un rouge vif et on a l'impression que son but ultime est de mettre tous les hommes dans son lit en les jetant par la suite comme si n'était qu'un vulgaire détritus. A mon grand désespoir, elle essaye de coucher avec Eden pour se venger du jour où je lui ai envoyé mon bol de porridge dans la figure lorsqu'elle a dit qu'Eden ratait sa vie en sortant avec moi. Cela m'a valu une semaine de retenue et une beuglante de ma grand-mère mais ça en valait la peine! 

 

-On a dix huit-ans, on est adulte désormais, il serait temps qu'elle comprenne qu'elle ne m'intéresse pas et que tromper Céleste est exclu, s'énerve Eden. 

-Je ne voudrais pas plomber l'ambiance mais nous sommes trop nombreux pour chacun d'entre nous  s'assied, remarque Pettigrow. 

-On est pas des princesses, on va s'asseoir par terre, enfin, Harper va s'asseoir par terre et moi je prends ta place à côté de Titine. 

-Charity, ne commence pas avec ce surnom débile! Il y a déjà James et Marlène et c'est suffisant. Arrêtez de ricaner vous deux!

 

Dans une ambiance détendue et joyeuse, nous faisons le reste du voyage ensemble. Tous mes amis sont réunis dans un même compartiment. Mary nous mitraille avec son appareil photo et je suis heureuse qu'elle ait investi dans cet appareil afin d'immortaliser chacun de nos meilleurs moments. Elle semble partante lorsque je lui fais part de mon idée d'album photo de nos années à Poudlard. Ce serait une bonne idée de l'offrir pour Noël. 

Sur le quai, nous voyions certains s'élancer joyeusement vers leurs parents, d'autres à la recherche alors que les septième années sortent du train plus lentement que les autres. Ma gorge me pique et mon coeur se serre.

 

-Papa! crie James. Viens-nous prendre en photo! ordonne t-il. 

 

Souriant avec indulgence à son fils, M.Potter lui obéit. Je lui demande de nous prendre tous les trois Harper, Charity et moi. C'est peut-être la dernière fois que nous nous voyons. Avec des larmes aux yeux, Marlène se jette dans mes bras avant de pleurer. 

 

-Marlène, arrête de pleurer! Reste un peu digne! la salue, amusée, sa mère.

 

Peter nous dit au revoir avec sobriété et part rejoindre son père. Charity m'étreint, les larmes aux yeux, avant de retrouver ses parents.

 

Lily, Mary et moi nous regardons avant de finir en larmes dans les bras des unes et des autres. James et Sirius  se joignent à nous, et Marlène, rejetée, nous saute dessus et nous tombons tous ensemble, hilares et pleurant en même temps.

 

-Vous êtes au courant que vous allez vous revoir très prochainement? nous indique, perplexe, Eden.

-La ferme, MacMillan! 

-Je dois être masochiste pour aimer une personne avec aussi mauvais caractère, se lamente t-il, faisant ricaner Harper. 

-Stevie, enfin, nous te trouvons! Chaque année, c'est pareil, tu es introuvable et ton grand-père malgré ses rhumatismes est obligé de courir partout sur le quai, râle la grand-mère de Harper. Dieu merci, tu pourras transplaner bientôt!

 

Me redressant d'un bond, je vais saluer poliment Mrs Harper.

 

-Enchanté Mrs Harper, je suis Céleste Black, une amie de votre petit-fils.

-Céleste Black? se réjouit Mrs Harper. Stevie, tu nous as pas dit qu'elle est aussi charmante? Tu aurais dû nous la présenter il y a longtemps, tellement tu nous parles d'elle, je l'aurais invité à prendre un thé!

 

Harper lève les yeux au ciel devant l'indignation de sa grand-mère. La situation m'amuse et je ricane dans un coin. 

 

-Mémé, arrête de me foutre la honte!

-Parle poliment à ta grand-mère, jeune chenapan! s'énerve M.Harper. 

 

N'en pouvant plus, j'éclate de rire. Cette scène me fait penser à Cathleen en pleine crise d'adolescence.

 

-Au revoir, Céleste! Je ne peux pas rester sinon mes grand-parents vont me traiter de petit-fils indigne n'ayant aucune pitié pour ces pauvres grand-parents qui l'élèvent avec beaucoup  de tendresse pour au final recevoir peu de gratitude et d'affection. 

-Je n'aurais pas dit mieux, petit-fils indigne! 

 

Harper a l'air de s'entendre très bien avec ses grand-parents, leur échange montre une proximité entre eux. Les Harper me quitte après m'avoir fait promettre de prendre le thé chez eux. 

 

-Il est temps de quitter définitivement la gare et Poudlard, les filles, soupire Lily, triste.

-C'est vrai! A bientôt, dit Marlène, encore en larmes, en rejoignant sa mère.

 

Cette fille est trop sensible! 

 

-James, Sirius! Vous venez au manoir ce week-end? 

-Oui, on vient avec Lily! 

-James m'a invité à passer le week-end chez ses parents et j'ai accepté, me renseigne Lily avec un grand sourire en rougissant. 

-Donc on va se revoir! 

-Fais-pas ta Marlène, Céleste, ça ne te va pas! 

 

Mary m'attrape par le bras et trouvant un espace calme et discret, elle nous fait transplaner au manoir. Alfred nous accueille et je le complimente sur le jardin qui est très bien tenu. Dolly surgit devant nous et annonce que le repas sera servi à huit heures et qu'il y aura une tarte au citron meringuée au dessert, une manière de dire qu'elle est contente de mon retour à la maison. 

 

-Pas besoin de me montrer le chemin, Alfred, je connais la maison!

 

Je souris à cette remarque, c'est vrai que Mary a passé plus de temps dans ce manoir que Lily et Marlène mais moins que Rachel. 

 

********

 

-Je suis contente de pouvoir passer enfin du temps avec toi seule!

 

Je n'ose lui faire remarquer que c'est à cause d'elle tellement sa bonne humeur m'avait manqué. 

 

-Je pense que James va bientôt demander à Lily en mariage.

-Ils n'ont même pas vingt ans!

-Eden ferait la même chose s'il n'avait pas peur d'être changé en blaireau. Tu devrais être plus gentille avec lui, il t'aime sincèrement. 

-Marlène, je te fais des remarques sur ton absence de relation avec Prewett?

 

J'ai l'air d'avoir marqué un point puisqu'elle mange sa glace sans répondre.

 

-Comment c'est alors la médicomagie? 

-C'est génial! Je n'ai pas une minute à moi, je suis occupée du matin jusqu'au soir, on est même pas arrivé au bout d'un mois de formation que certains ont déjà abandonné, ce sont les plus faibles. Il faut être malin pour supporter le rythme effréné de la médicomagie. Le matin, tu as des cours et l'après-midi, tu pratiques sur des cadavres ou tu observes, en première année, tu fais essentiellement de l'observation ou alors tu cours à droite à gauche pour trouver un médecin adapté au cas ou alors tu apportes un café à ton chef de formation. J'ai croisé avant-hier le médicomage que j'avais croisé au club de Slug. Et toi, comment c'est au ministère? 

-Fatiguant, démoralisant et insupportable par moment.

-A cause de quoi?

-De mon nom. Certains me voient comme un mangemort infiltré au ministère, c'est ahurissant! Comme j'ai pété deux vitres, la plupart des gens n'ose plus me parler. Heureusement, il y a en qui sont sympathiques sinon j'aurai déjà démissionné depuis longtemps. 

 

En effet, depuis que j'ai pris mon pose de larbin au ministère, les gens m'adressent la parole et quand ils sont obligés de le faire, ils choisissent leurs mots et me fond comprendre par sous-entendus qu'ils n'ont pas confiance en mon honnêteté. La big chef, Amelia Bones, se fiche royalement des préjugés et me fournit du travail sans commentaire. Tant que je fais correctement mon travail, il n'y a pas de problème. J'aime beaucoup cette femme, elle est stricte sans être intolérante, efficace sans hurler sur ses collègues qui travaillent moins vite et surtout, elle n'a jamais fait de remarque sur mon nom et sur un quelconque membre de ma famille.

 

-Harper a eu presque toutes ses BUSES avec un Optimal. Il a eu un Acceptable en astronomie, je n'ai pas pu l'aider, étant nulle dans cette matière malgré mon prénom, explique-je à Marlène qui sourit à ce détail.

-Tu l'as bien aidé. C'est grâce à tes encouragements qu'il a eu d'excellents résultats. Et Charity?

-Elle a eu aussi un optimal en potion, pareil en étude des moldus. Pour le reste, ça va du piètre à l'effort exceptionnel.

-Tu ferai un bon professeur de potion. Tu expliques bien sans perdre ton calme, ce qui est paradoxal avec ton caractère. Sans toi, on aurait eu tous un Effort exceptionnel à part Lily. Même Pettigrow a eu un optimal et pourtant tu partais de loin, il en est de même avec James et Sirius. 

-Merci Marlène. 

-Je dois acheter des nouvelles plumes et des livres de médecine, tu me suis?

-Oui!

 

Marlène me raconte sur le chemin, diverses anecdotes sur ses nouveaux camarades et m'annonce qu'elle déteste ses voisins. Comme elle revient souvent tard, elle a fini par louer un appartement à proximité de l'hôpital pour ne pas déranger ses parents. A mon avis, c'est surtout pour éviter que ses parents comprennent qu'elle part en mission la nuit pour le compte de l'Ordre du pigeon, enfin, c'est ce que je suppose.

 

-Belle journée, Black, ne trouves-tu pas? 

 

Marlène et moi nous retournons et la scène devant moi me fait soudainement paniquer. Cinq personnes nous encerclent dont Rosier qui m'a interpellé. 

 

-Que fais-tu ici?

-Simplement discuter avec toi, enfin plutôt t'ordonner de nous rejoindre.

 

C'est quoi ce charabia? Je jette un coup d'oeil à Marlène qui a l'air de comprendre plus que moi car sa main, dans sa poche de veste, serre quelque chose que je suppose être sa baguette.

Petite mise à jour de mon cerveau. 

Nous sommes entourées de mangemorts qui m'ordonne de les suivre et Marlène est prête à lancer un sort. 

Petite pause. Pour gagner 1000 gallons, il faudra répondre à cette question: Que va t-il se passer?

A Nous allons tous rentrés sagement chez nous

B Des Aurors vont arriver

C Nous allons nous battre

D La reine d'Angleterre va surgir d'un hélicoptère pour nous sauver puisque c'est en réalité une sorcière. 

 

-Black! Fais pas d'histoire et suis-nous! Le maître veut te voir!

-C'est pas réciproque! Moi je veux aller à la librairie, je ne l'oblige pas à me suivre!

 

D'un mouvement vif, il me jette un sort d'immobilisation, me ligote et transplants avec moi. La dernière chose que je vois est Marlène, bouche bée, avec un air paniqué. 

Nous atterrissons devant un grillage en fer forgé absolument charmant qui après quelques secondes de réflexion est celui des Malefoy?! Qu'est ce que je fous là? J'étais peinard sur le chemin de traverse avec ma meilleure amie qui avait l'intention de me parler de Prewett (encore). 

 

-Viens là, me dit Rosier en m'empoignant sans aucune douceur. 

 

Même Marlène qui est assez brutale est plus douce que lui! Encore une fois, je ne peux que m'émerveiller devant la beauté du jardin et du manoir des Malefoy. Si j'étais devenue Mrs Malefoy, j'aurai passer des jours à contempler le paysage. Mes pensées deviennent tordues. Moi épouser un Malefoy? Jamais!

 

-Arrête de traîner Black, le maître n'est pas disposé à t'attendre.

 

Le maître? Je vais vraiment voir Voldemort? Je pensais que c'était une menace ou une blague. Par les cheveux de Serpentard, je vais rencontrer Voldemort! 

 

-Tu vas avancer oui! m'ordonne Rosier en me poussant d'un coup de pied dans le dos.

 

Cela me fait chuter (et en plus ça fait mal) et je tombe sur le sol. Face au sol, je me remémore les soirées pendant lesquelles Lily faisait au minimum deux chutes. Cela me fait sourire. Rosier me relève et remarquant mon sourire me gifle. Il jubile, cet abruti! Pour la première fois de sa vie, il a entre ses mains tous les moyens pour me blesser. Il a certainement mal pris le fait que j'étais sur le point de gagner notre dernier duel.

Nous déambulons dans le manoir avant de rentrer dans un magnifique salon. Les Malefoy ont beaucoup de goût. Cathleen devrait venir ici pour piocher des idées si elle n'avait pas peur de se faire tuer en y venant.

 

-Maître, voici, Céleste Black. Salue le Seigneur des Ténèbres, Black.

 

Comme je suis bien élevée, je redresse la tête pour le saluer mais je ne retient pas mon hoquet de surprise. Voldemort est l'homme le plus affreux que j'ai vu de toute ma vie et pourtant à Poudlard, il y a des gens très laids. Il n'a pas de nez, des yeux injectés de sang. Je frissonne mais je ne flanche pas. 

 

-Ravi de vous rencontrer, Lord Voldemort à moins que je doive vous appeler différemment. J'ai beaucoup entendu parler de vous. 

 

Je suis face au mage noir le plus puissant de tous les temps et je ne trouve pas mieux à dire. Désespérant et stupide.

 

-Vos parents vous appris la politesse.

-Ils auraient pu m'apprendre plus de choses mais malheureusement, ils sont morts, par vos soins.

 

Voldemort sourit, amusé par mon insolence. Je ne sais pas où je trouve la force pour m'adresser à lui sans trembler. Ma voix est posée et calme, je le regarde dans les yeux, sans montrer ma peur.

 

-Vous semblez être pleine de qualités, miss Black. Avec un sang aussi pur et une magie aussi développée, ce serait un gâchis de ne pas vous avoir dans les rangs des mangemorts. 

-Étrangement, ce choix de carrière ne m'intéresse pas. 

-Rejoindre l'Ordre du Phénix vous intéresse plus? me demande Voldemort, intrigué.

 

A mon avis, il fait semblant d'être intrigué, tout ce qu'il veut, c'est que je devienne mangemort sinon il me tue. Cathleen sera effondrée si je meurs. Marlène aussi à moins que Prewett la console et ainsi cela les rapprochera. 

Quelque chose cloche chez moi, je suis censée, le supplier de ne pas me tuer ou un truc de ce genre, pas lui parler poliment et penser à mes proches en même temps. Je crois que la consanguinité des Vingt-huit sacrés a pris chez moi, finalement et moi qui pensais y avoir échappé!

 

-Non plus. Je n'apprécie pas Dumbledore, ni vous d'ailleurs alors je refuse de servir l'un ou l'autre.

 

Faites-moi taire! Que Merlin, Morgane, Serpentard, Poseidon, Démeter ou que sais-je encore me fassent taire. 

 

-Alors votre choix est de ne pas me rejoindre?

-C'est exact, Lord Voldemort. Vous êtes perspicace.

 

Avec un sourire satisfait et malsain, il me lance le sortilège Doloris. Le premier d'une longue série. 

End Notes:

Notre Céleste n'est pas franchement en position de force... rassurez-vous, elle revient au chapitre suivant (je spoile un peu le prochain chapitre mais c'est pour rassurer!!) dans quel état, je peux pas dire mais elle revient, c'est l'essentiel, enfin je crois!

N'oubliez pas de reviewer! Je suis contente quand je vois le nombre de lectures monter mais je suis contente aussi d'avoir une review car j'ai un retour (je me fiche qu'il soit bourré de critique, au moins j'ai un retour (mais il faut qu'il reste constructif ( et puis oui je fais une parenthèse dans une parenthèse dans une parenthèse)))! 

 

Le retour de Céleste by MissArty
Author's Notes:

Boooooonjour tout le mooooooonde! Comment allez-vous? (je dis ça comme si vous pouvez me répondre toute de suite!!). Il fait beau chez vous? Si oui, tant mieux! Sinon, et bien, ca serait bientôt votre tour!!

Comme vous avez pu vous en douter. Avec ce chapitre, Céleste revient! L'ellipse contenue dans ce chapitre est normale, vous aurez plus de précisions dans les prochains chapitres. Il faut que je me grouille pour écrire la suite car je n'ai plus beaucoup de chapitres d'avance. 

Bonne lecture!

(j'allais oublier: merci à Lina Black pour sa review)

Je me réveille en sursaut. La porte de ma cellule grince. A ma grande surprise, j'aperçois deux silhouettes familières dans mon champ de vision: celles de Regulus et de Severus. Que sont-ils venus faire? D'instinct, je me plaque contre le mur, appréhendant la suite. Vais-je encore subir un Doloris? Par mon propre cousin!

 

-On a pas le temps pour les explications. Le maître est sorti, nous sommes seuls tu vas pouvoir sortir, m'explique Severus, le regard fuyant.

 

Regulus m'annonce rapidement le plan. Je dois appeler un serpent pour faire croire qu'il m'a aidée à sortir et je dois lui demander d'attaquer. Avant que j'ai pu formuler la moindre question, Severus me montre le serpent qui se tient immobile devant lui. Perplexe, je leur obéis mais je dis au serpent de blesser légèrement les garçons. Je les remercie, Regulus me dit que la famille, c'est sacré et Severus me supplie de veiller sur Lily. Je pique un sprint à travers tout le manoir, cours dans le jardin (qui ressemble plus à un parc), et passe la grille avec un grand sentiment d'appréhension. Je me remets à sprinter. Lorsque je suis complètement à bout, essoufflée, à la limite de cracher mes poumons, je prends une allure plus lente. Me rendant enfin compte de la lumière, je suis soudainement aveuglée. Reprenant mes esprits, j'essaye de réfléchir mais ma fatigue permanente et le manque de nourriture ralentissent la productivité de mes neurones. N'y tenant plus, je m'écroule sur le tronc d'un arbre. Que faire? Que faire? Si Lily était dans cette situation, elle trouverait une solution. 

Non, Céleste, ne pense pas à tes amis, cela est trop cruel. Je ne peux m'empêcher de les voir rassembler au manoir Potter réunis. Si seulement, je pouvais trouver un moyen de revenir vers eux. 

...

Le manoir Malefoy est désormais loin normalement et les protections magiques sont levées donc je peux transplaner! Où aller? 

Je transplane dans le parc en face de l'immeuble où habite normalement Marlène. Je ne sais pas quel jour nous sommes, peut-être est-elle à l'hôpital. Prenant une grande respiration, je sors de ma cachette et me dirige de l'autre côté de la rue, ignorant le regard méprisant de certains passants. Ils doivent penser que je suis sans domicile fixe.

Je tape le code, priant pour qu'il n'ait pas changé. A ma plus grande joie, il n'a pas changé. Je prends l'ascenseur et toque à la porte de Marlène (Marlène habite un immeuble moldu). 

 

-Qui est là? me demande une voix agressive

-C'est Céleste!

-De quelle nationalité est le copain de Mary, quelle profession exerce t-il et comment s'appelle t-il?

-Son copain s'appelle Eric, il est magizoologiste et il est de nationalité danoise, ce qui explique la blondeur de ses cheveux et la couleur de ses yeux.

 

La porte s'ouvre et se tient dans l'encadrement Marlène, bouche bée de me voir. En me voyant, des larmes dévalent ses joues et elle me prend dans ses bras et me sert si fort que j'ai l'impression qu'elle ne voudra plus me lâcher. Elle sanglote en prononçant mon nom et ne me lâche toujours pas, elle me jette à l'intérieur de l'appartement, et m'assied sur son affreux canapé vert. Elle part un instant dans la cuisine et revient avec une tasse de thé qu'elle me tend et dans lequel elle a rajouté une pointe de Whisky Pur-feu. J'attends que ses larmes sèchent pour dire quelque chose.

 

-Je n'ai jamais cesser d'espérer que tu reviennes. Tu es une Black et les Black sont rusés, je savais que tu allais revenir parmi nous, me revenir, dit-elle d'une voix enrouée. Tu es partie si longtemps, j'avoue avoir pensé au pire mais au fond, je savais que tu reviendrais.

-Marlène, calme-toi, je suis là, c'est le principal. Combien de temps je suis...partie?

-Neuf mois.

 

Neuf mois? Ces salauds m'ont laissée croupir dans cette cave pendant neuf mois! Comment j'ai fait pour rester aussi longtemps? Je vais tous les écrabouiller!

 

-James et Lily se sont mariés?

 

Je pars neuf mois et tout ce qui m'inquiète est de savoir si mes amis se sont mariés sans moi. Il doit me manquer des neurones parfois. 

 

-Non, ils t'attendent, enfin c'est plutôt Lily qui t'attend. Après sa demande en mariage, James lui a demandé s'il fallait t'attendre, Lily lui a hurlé dessus parce que selon elle, c'était une évidence de t'attendre et qu'elle marierait seulement entourée de ses trois plus proches amies. 

-Ma soeur?

-Ta soeur est à la limite de la dépression, Mary est restée au manoir pour la soutenir, j'y vais souvent avec Lily. Sirius passe tout son temps libre là-bas. Lorsque tu la reverras, ne fais aucune remarque sur sa maigreur. Quand on lui a fait remarquer qu'elle se laissait dépérir et que tu n'apprécierais certainement pas ça, elle nous a dit d'une façon d'aller nous faire voir et nous a envoyé un vase que Sirius a failli se prendre sur la tête. C'est pas la joie au manoir mais heureusement, Mary veille sur elle, elle a pris les commandes pendant un moment mais maintenant, c'est redevenu comme avant, ta soeur remplit son rôle de maîtresse de maison comme elle l'a toujours fait. Avant que tu me demandes, Mary va bien, elle fait des aller-retours entre les Etats-Unis et l'Angleterre pour voir son copain donc ça l'aide à tenir. On essaye tous d'aller bien en se soutenant les uns les autres. 

 

Cela ne m'étonne pas et cela me rassure qu'ils ne soient pas rester à se morfondre sur ma disparition, je n'aurai pas aimé cela. Je m'inquiète pour ma soeur, j'espère que Marlène n'a pas minimiser la réalité. 

 

-Tu dois savoir une autre chose. Eden est complètement anéanti, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Il tient vraiment à toi. Il tient à toi autant je tiens à Fabian. J'ai tenté de l'épauler mais il m'a envoyé balader, gentiment bien sûr. Sa famille a été infecte avec lui en lui disant que tu n'étais pas une personne convenable et qu'il devrait en profiter pour chercher un autre parti. Depuis, il ne parle plus à sa famille et lance un regard noir à quiconque mentionnant ses parents. Tu as créée un beau bazar en disparaissant.

 

Marlène, pourquoi tu me balances toutes ses informations sans aucune gêne et et parles-tu avec un manque de tact flagrant? 

 

-Va prendre une douche, tu pues! Je vais te prêter des vêtements et jette cette horreur que tu portes sur toi. Cette robe est très sale.

 

Qu'est ce que je disais?

 

-Je vais aussi te donner une potion de sommeil sans rêve et demain, je t'emmène à Dumbledore pour que tu lui parles de ta captivité.

-Pas question de parler à Dumbledore! C'est à cause de l'Ordre du pigeon que je me suis retrouvée là-bas! Je ne veux pas revivre ces événements. Tu n'imagines pas ce que j'ai vécu! crie-je avant de m'enfermer dans la salle de bain.

 

Je prends ma douche avec un plaisir que je n'ai jamais éprouver. Que c'est agréable de sentir enfin de l'eau sur sa peau. Propre, je sors de la douche et constate que Marlène est toujours sur le canapé mais elle écrit une lettre avec un petit sourire aux lèvres, le spécial « Fabian ». Prendre ma douche m'a consumé de l'énergie, faible, je manque de m'étaler dans le salon, je me rattrape à l'accoudoir du canapé. Marlène lève la tête, son sourire a disparu et elle me fixe avec sérieux. J'avais oublié que quand elle fait ça, elle ressemble à ma mère. Elle a l'aura d'une grande dame et je suis toujours aussi stupéfaite de penser cela.

 

-Tu peux garder ce que tu as vécu pour toi mais cela n'allégera pas ton traumatisme. Je t'ai entendu durant des années pousser des hurlements la nuit, tu auras besoin de consulter un psychomage. J'ai un collègue qui peut t'aider, il a vécu des choses pas sympathiques, il pourra t'écouter. 

-Marlène, qu'est ce qui t'as pris de venir dans mon compartiment lors de notre premier trajet à bord du Poudlard express? Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi généreux, fiable et honnête que toi. Moi, la colérique Sang-Pur est devenue amie avec toi, la bonté incarnée.

-Ne pense pas à cela, Céleste, ne pense plus à des choses négatives. Viens, je vais te raconter mes histoires avec Fabian.

 

Je lève les yeux au ciel et cela l'a fait pouffer de rire.

D'après ce que je comprends, avec Fabian, il n'y a pas d'amélioration malgré des tentatives venant toutes de Marlène.

 

-Laisse-le faire un pas vers toi.

-Je peux attendre encore trente années alors! Pendant une mission, on s'est retrouvé tous les deux coincés dans un placard -on fuyait les Lestrange, je te passe les détails- Fabian m'a embrassé en me disant qu'il m'aimait! Évidemment, on s'en est sorti mais par la suite, il a agi comme toujours.

-Vous couchez ensemble parfois?

-Même pas! Je crois qu'il est indécis et ne veut pas me faire souffrir si jamais il meurt dans une mission et puis...

-Marlène, tu le dis à tout le monde que tu fais partie de l'Ordre du pigeon?

 

Le fait qu'elle parle de l'Ordre librement devant moi me met souvent mal à l'aise, je pensais souvent à elle et à l'Ordre dans ma cave. 

 

-Ça va pas la tête, Céleste! Je te fais confiance! Les mangemorts s'en doutent alors je ne vois pas pourquoi je ne peux pas en parler avec la personne en qui j'ai le plus confiance.

 

Comment ne pas l'aimer quand elle dis ce genre de choses?

 

-Même mes parents se doutent de quelque chose. Parfois ils essayent de me faire cracher le morceau mais ils n'y arrivent jamais! lance t-elle, fière de ne pas se faire manipuler par ses parents.

 

Que ferai-je sans Marlène? Si j'étais homosexuelle, je serai irrémédiablement amoureuse d'elle!

 

-Céleste, dans cet appartement, tu es en sécurité. Seules les filles et Fabian savent que j'habite ici à part toi. Va te coucher maintenant, je dormirai dans le canapé.

-Marlène, tu as partagé mon lit je ne sais combien de fois à Poudlard et tu voudrais dormir dans le canapé? Cette nuit, on va dormir ensemble comme au bon vieux temps! 

-Parfois, je me demande si nous n'étions pas amantes dans une autre vie. 

 

Nous éclatons de rire. Cela me fait mal car je n'ai pas ri depuis longtemps. Marlène voulait dormir sur le canapé car elle pensait que fuirai tout contact avec un être humain alors qu'au contraire, j'ai besoin de sentir les gens près de moi. 

 

 

                                                        ************ 

 

 

-Par le string de Serpentard, je vais être en retard! hurle Marlène en me réveillant.

 

Je la vois courir partout dans sa chambre à la recherche de ses habits puis lance un sortilège d'attraction pour faire venir sa nourriture jusqu'à elle, l'engloutir à toute allure, foncer dans la salle de bain se maquiller et se brosser les dents. Le tout en moins d'un quart d'heure. 

 

-Fais ce que tu veux de ta journée, je ne m'en mêlerai pas, je viendrai ce soir au manoir. Ne gâche pas trop ta journée! Relave-toi et fais un ravalement de façade avant de te présenter au monde. Tu peux me piquer des affaires. Salut, je fonce, je suis en retard, lâche t-elle à toute vitesse. 

 

Je m'écroule sur le canapé et ferme les yeux mais les souvenirs de ces neuf mois de captivité s'installent dans mon esprit, je ne peux plus penser à autre chose. Je pique des affaires à Marlène et après une grande respiration, je transplane non loin du manoir. Je marche quelques instants et je me tiens devant les grilles de ma demeure, celle qui m'a manquée pendant plusieurs mois. Je me mets à pleurer, angoissée mais soulagée à l'idée de revenir à la maison.

Je pousse les grilles et pénètre dans le jardin, toujours aussi splendide. Alfred n'a pas chômé et a continué d'embellir le jardin. Il est bon de savoir que certaines choses ne changent pas, que la vie continue son cours. 

 

Je n'ai même pas le temps de faire trois pas qu'une personne surgit à mes côtés. Je m'aperçois avec stupéfaction que c'est Dolly. 

 

-Quel est le plat préféré d'Alphard Black? me demande t-elle d'un ton menaçant.

 

Perplexe, je lui réponds que c'est la tarte au citron, un « Bienvenue, Miss » très chaleureux suit ma réponse et l'elfe disparaît. J'ai demandé aux elfes de faire attention dès qu'ils ont un doute sur une personne. Un an après, ils continuent d'obéir à mes ordres. Étrangement, je trouve cela attendrissant.

Je poursuis ma route et deux silhouettes courent vers moi. Une tornade aux longs cheveux noirs se jette sur moi et m'étreint de la même manière que Marlène la veille. 

 

-Merlin, Céleste! s'écrie Cathleen avant d'éclater en sanglots.

 

La seconde silhouette qui est Mary se précipite vers elle et lui frotte gentiment le dos. Je remarque qu'elle pleure aussi.

 

-Enfin de retour, Céleste! C'était bien ton tour du monde? plaisante Mary.

 

J'ouvre en grand les yeux, Mary n'est pas du genre à plaisanter. Est-ce vraiment elle? Je commence à avoir un doute. Elle met son index devant sa bouche pour me signifier de ne rien dire. Je comprends alors qu'elle ne veut pas envenimer la situation, que je dois laisser Cathleen pleurer. Je ne l'ai jamais vu dans cet état. Même le jour de ses onze ans, elle n'a pas pleuré autant en raison de l'absence de sa lettre. Mary m'observe et me fait son sourire doux, celui qui m'apaise. Hykia transplane à nos côtés et tend une tasse de thé à Cathleen qui le boit d'une seule traite.

 

-Miss Céleste, entrez, vous allez avoir froid, dit l'elfe.

-J'ai connu plus frais, réponds-je en essayant de ne pas songer à la cave glacée.

 

Cathleen s'arrête net de pleurer et me regarde de haut en bas avant de m'étreindre de façon brutale. 

 

-J'aurai adorer rester mais je dois me rendre au journal, j'ai une réunion, annonce Mary. A ce soir.

 

Cathleen m'attrape le bras et m'entraîne à l'intérieur du manoir. Dolly arrive dans le salon, les bras chargés d'un plateau rempli de scones accompagnés d'un service à thé et pars fouiller dans le buffet pour revenir avec une bouteille de Whisky Pur-feu. Elle me connaît tellement bien qu'elle sait qu'une portion de cet alcool me détend. Cathleen se tamponne les yeux avec un mouchoir et tente de reprendre son masque de froideur.

 

-Que t'es t-il arrivée ma chérie? Je me suis fait du souci pour toi.

 

Je veux bien le croire, Marlène m'avait prévenu. Ma soeur a toujours été très mince mais là, elle est maigre, elle a dû perdre quinze kilos et ressemble plus à un squelette qu'à un être humain. Ses yeux sont cernés, ses cheveux ont perdu leur éclat mais heureusement elle n'a pas un seul cheveu blanc. J'aurai été anéantie qu'elle ait des cheveux blancs à cause de moi, elle a toujours pris soin de sa chevelure. 

Je ne sais pas comment répondre à sa question. Je ne peux pas lui dire: « écoute, j'ai fait un merveilleux séjour dans la cave glacée des Malefoy, j'ai croisé Voldemort qui est un chouette type, je me suis pris quelques Doloris au passage et j'ai assisté à des assassinats. C'était merveilleux! »

 

-J'ai été kidnappée par les mangemorts et avant que tu me poses la question, j'ai subi le sortilège Doloris.

 

Cathleen pousse un cri de stupéfaction et me prend dans ses bras en me caressant les cheveux. Je la sens renifler mes cheveux.

 

-Pourquoi tes cheveux sentent aussi bon? s'étonne t-elle

-Je me suis échappée hier et je suis allée chez Marlène. J'ai pris une douche chez elle et je lui ai piqué des affaires. Je ne suis pas revenue au manoir car je n'en avais pas la force.

-As-tu eu à manger là-bas? 

 

Je souris, Cathleen a un instinct maternel qui m'attendrit toujours.

 

-J'ai eu de la nourriture, mais je t'avoue que les plats de Dolly m'ont manqués.

-Je te crois sur parole. Tu n'as jamais été aussi maigre. J'ai une commande que je dois impérativement finir pour cet après-midi, je dois te laisser. Repose-toi, tu l'as bien mérité. 

 

Elle franchit la porte du salon avant de revenir sur ses pas et de me conseiller d'aller à Sainte-Mangouste constater si je n'ai pas de séquelle. Je remarque qu'elle tremble légèrement, elle s'éloigne certainement pour cacher son trouble.

Après avoir monté péniblement les marches de l'escalier, je rentre dans ma chambre avant de m'écrouler sur mon lit. Je tourne la tête vers mon bureau et remarque une pile d'enveloppe haute d'un mètre. Intriguée, je m'installe à mon bureau et lis la première lettre qui est d'Eden. Il m'ordonne de revenir et ne pas me laisser abattre par des « fils de cognards ». je suis très étonnée qu'il emploie un tel langage, lui qui est l'élégance incarnée. Alors que je suis plongée dans la lecture d'une autre lettre, une de ma grand-mère cette fois-ci (qui me harcèle avec ses histoires de mariage), quelqu'un toque à la porte. Il s'agit de Mary.

 

-Céleste, je suis vraiment heureuse de te revoir. Tu m'as manqué, j'ignorais que l'on pouvait ressentir ce sentiment aussi fort. 

-Merci d'avoir pris soin de ma soeur.

-Tu m'as offert un toit, il est normal que je m'occupe de l'une de vous en cas de besoin. 

-Tu es toujours tenue à l'écart par ta mère?

 

Son sourire triste répond à ma question.

 

-Je vois mon père certains week-ends. Nous sommes tous les deux pris par notre travail alors je vois peu ma soeur qui grandit vite.

 

Je ne sais quoi lui répondre et le silence s'immisce entre nous mais il n'est pas pesant comme s'il permettait à Mary d'analyser la situation.

 

-Je ne te demanderai aucun détail sur ce que tu as traversé. Je n'ai jamais voulu forcer les gens à parler, je ne commencerai pas aujourd'hui. Sache que je suis là si tu as envie d'en parler.

-Ce qui m'inquiète, c'est la réaction des autres, surtout celle d'Eden, de Sirius et de Lily. 

-Tu ne leur as encore rien dit? s'étonne Mary, choquée. 

-Non, je viens seulement de rentrer, je n'ai pas envie de subir leurs interrogatoires, m'agace-je.

-C'est ton choix. J'ai un article à faire sur l'influence du sport dans l'économie de la communauté sorcière des Etats-Unis.

-Bon courage...

-Personne ne voulait le faire et comme j'étais en retard lors du partage des articles, j'ai eu le plus complexe. Si les lecteurs de la Gazette s'intéressaient à cela, ça se saurait! Pourtant, si je fais n'importe quoi, le patron me vire! il est furieux depuis que j'ai fait un article sur les sports moldus. A mon avis, il est un peu trop fier d'être un sorcier. Je le déteste! Dès que j'ai une opportunité, je m'installe aux Etats-Unis. Je t'avoue que je crains pour ma peau. Des né-moldus ont disparu et ne sont jamais revenus chez eux. Tu vas bien? s'arrêt t-elle soudain. Tu es toute pale.

 

Si elle savait tout, elle ne me regarderait plus de la même façon. Je les ai vus ces moldus, je les ai vus servir de jouets pour les mangemorts avant de se faire assassiner par le sortilège de la mort et j'ai même... Ne pense pas à ça, Céleste. 

 

-Ah! Excuse-moi, Céleste, murmure Mary, au bord des larmes. 

-Mes parents n'auraient pas dû m'appeler Céleste, je n'ai jamais été protégée par les cieux. 

-Tu es vivante, c'est le principal, assure t-elle avant de pleurer.

 

Voir la douce et discrète Mary pleurer me fait mal au coeur et nous tombons dans les bras de l'une et de l'autre en pleurant. 

 

-Qu'est ce qui se passe? s'écrie Cathleen affolée en entrant précipitamment dans ma chambre. Pourquoi vous pleurez? Qu'est ce qui se passe? Répondez-moi! ordonne t-elle hystérique.

-Ce n'est rien, Cathleen. Céleste se libérait un peu de la tension qu'elle a accumulé. 

 

Cathleen soupire et se détend.

 

-Il faut faire une fête pour célébrer ton retour! Tu veux inviter qui? s'écrie t-elle un immense sourire aux lèvres, ravie à l'idée de voir de la vie dans la maison.

-Je ne suis pas sûre de vouloir fêter mon retour. Pas ce soir.

-Mais si! Marlène a prévenu Mary qu'elle viendrait ce soir. Sirius va aussi venir aujourd'hui, c'est son jour! 

 

Ne se rend-elle pas compte que je ne veux voir personne? Je n'ai pas la tête à faire la fête avec des membres de l'Ordre du Phénix qui vont m'interroger! Même s'ils ne me l'ont jamais dit officiellement, je sais que les maraudeurs, Lily et Marlène font partis de l'Ordre depuis la fin de Poudlard. Je ne suis pas idiote!

 

-On peut même inviter Eden! Il serait ravie de te revoir, lui qui s'est tellement inquiété!

-Non! Surtout pas! hurle-je. Pas lui!

 

Tout mais pas lui! 

 

-C'est ton petit ami! Pourquoi ne voudrais-tu pas le voir?

-Je ne veux voir personne! Tu peux comprendre ça! Sortez de ma chambre! ordonne-je d'un ton calme mais froid, celui que j'ai pris l'habitude depuis le début de ma rencontre avec les mangemorts. Je t'interdis de faire la moindre fête sans mon accord.

 

Choquées, elles sortent de ma chambre. 

Seule, je peux enfin continuer la lecture de mes lettres. Celles de James sont légèrement agressives, il cachent son inquiétude ainsi. Lily m'a envoyé que très peu de lettres, toutes sont fripées comme si des larmes avaient coulés dessus. Mary et Remus adoptent un ton plus calme et Marlène écrit tout ce qui lui passe par la tête si bien que ses lettres ressemblent à un journal intime. Je souris en les lisant. Son histoire avec Fabian ressemble tellement à une comédie romantique hollywoodienne que j'en pleurerai de rire. Mary m'a emmené plusieurs fois au cinéma juste avant...ma disparition alors je connais un peu le cinéma.

 

-Qu'as-tu encore fait? Ta soeur est muette et Mary est très énervée! Sirius arrive dans une dizaine de minutes, tu as intérêt à ne pas être de mauvaise humeur, m'intime Marlène, en déboulant dans ma chambre.

-Ma chambre n'est pas une autoroute! Personne ne comprend le mot « intimité » dans cette maison? 

-Tu parles sur un autre ton à Marlène! Elle est déjà gentille de venir alors qu'elle est surchargée de travail! s'écrie Mary, légèrement en colère.

-Vous vous fichez de moi? ÇA FAIT NEUF MOIS QUE JE CROUPIS DANS UNE CAVE GLACÉE. JE PEUX PAS FAIRE COMME SI RIEN NE S'ÉTAIT PASSÉ. 

-Tu as vraiment un sale caractère! s'énerve Marlène avant de tourner les talons, Mary à sa suite, en claquant la porte.

 

Je fouille dans ma commode et extirpe difficilement une pochette en cuir, la spéciale « dernier recours ». il s'agit là d'une pochette contenant différentes potions servant à faire planer, un peu comme la drogue moldue. Je suis idiote, et oui, je vais en ingurgiter. Je refuse de continuer à voir défiler des images atroces dans ma tête à chaque seconde. 

Petit à petit, ma tête se vide et c'est le néant.

End Notes:

N'hésitez pas dire à ce que vous avez pensé de ce chapitre! 

La vérité sur la captivité de Céleste by MissArty
Author's Notes:

Bonjour ou bonsoir (ca dépend à l'heure à laquelle vous lisez cette histoire:)!

Tout d'abord, je suis inquiète car le nombre de lecteurs a fortement diminué. Que se passe t-il? L'histoire ne vous plaît plus? Je ne peux rien faire pour l'améliorer si tel est le cas puisque je n'ai presque aucun retour à chaque fois. N'oubliez pas que laisser des reviews est primordial pour la motivation de l'auteur et pour qu'il améliore son travail si des choses ne vont pas. Alors, à vos claviers!!

Ensuite, le chapitre suivant est centré autour de la captivité de Céleste (je pense que vous vous en doutiez vu le nom du chapitre xD)! Alors du coup, il est un peu tordu. Il est plus court que les autres car je voulais que ce chapite soit entièrement centré sur la captivité de Céleste.

La troisième chose que j'ai à dire c'est que pour l'instant, j'en suis au chapitre 38 au niveau de l'écriture mais j'en ai d'autres qui viennent après, il faut que je rebouche les trous temporels ou les ellipses (c'est bien comme ca que ca s'appelle non) donc si je commence à prendre du retard dans la publication des chapitres, c'est normal :)

Je vous laisse enfin lire le chapitre (si vous avez eu la patience de lire cette note jusqu'au bout)

De mauvaise grâce et suite à l'insistance de Marlène et de James, j'ai fini par accepter d'aller voir Dumbledore pour lui parler de ma « petite excursion dans la cave des Malefoy ». Après avoir transplané avec Marlène , les yeux bandés, j'ai été conduite au QG de l'Ordre du Phénix. Cependant, pour moi, il s'agit plus d'un jugement. En effet, de nombreux membres sont présents dont j'ignorais jusqu'à aujourd'hui l'existence et sont face à moi, Marlène est à ma droite. Elle m'assuré qu'à la moindre critique, elle me défendrait, c'est un peu mon avocat.

A ma gauche, se trouve Gideon Prewett. Bel homme, cheveux roux, il se dégage de lui un certain calme qui est apaisant. Les Maraudeurs, Lily et Fabian Prewett se trouvent sur le côté droit de la salle, m'observant en manifestant différents sentiments, de l'inquiétude pour Sirius, James et Lily, de l'intérêt pour Lupin et Pettigrow et de l'agacement pour Fabian Prewett à qui je ne cesse de lancer des regards noirs dès que nos yeux se croisent.

il est assis à côté de Marlène et je n'aime pas cette proximité. 

 

-Je commence à en avoir ras le chaudron d'attendre. Ça fait vingt minutes qu'on attend que l'autre barbu arrive. J'ai pas que ça à faire, moi. J'ai une pile de parchemins aussi haute qu'Hagrid à traiter. Aucun respect pour les autres, même Voldemort à plus de respect, enfin, avant de jeter des Doloris, m'énerve-je alors que Marlène me demande d'être plus patiente et ajoute que la patience est une vertu (que je n'ai pas visiblement).

 

Suite à ma tirade, de nombreuses personnes sont choquées de m'entendre parler de Voldemort avec autant de désinvolture et de Dumbledore avec aussi peu de respect. Gideon à ma gauche émet un gloussement discret. Lui, je sens qu'il va être mon allié, autant que Marlène!

 

-Miss McKinnon a raison, la patience est une vertu.

-Que je n'ai pas! J'ai pensé neuf mois dans un cachot humide, privée de liberté, ce n'est pas vous qui allez m'apprendre la patience.

-Nous sommes ici justement ici pour en discuter.

-Discuter? Vous vous foutez de moi? J'ai l'impression d'être dans un tribunal avec presque des regards accusateurs lancés vers moi! Vous voulez que je dise quoi? Que j'ai pris le thé à quatre heures trente chaque jour avec Voldemort et que nous avons papoté tranquillement? 

-Black, ne t'énerve pas. Cela n'arrange pas ton cas. 

-La ferme Don Juan! Je n'ai pas de conseil à recevoir d'un mec qui n'est pas fichu d'assumer ses sentiments!

Marlène me lance un regard interloqué et Prewett me fusille du regard. Un jour, entre nous deux, ca va finir en duel si on continue à se détester. 

-Miss Black, calmez-vous. Je vous le répète, nous sommes ici pour discuter. Personne ici ne vous juge. 

 

Je me mords les lèvres pour ne pas laisser éclater la colère qui monte en moi mais c'est impossible. Les vitres explosent, mes amis ont le bon réflexe de se jeter un protego, ils ont l'habitude. Je pense que je n'aurai pas dû prendre mes potions calmantes toute à l'heure car cela fait l'effet inverse. ce n'est pas normal, j'ai dû les prendre avec quelque chose d'incompatible. Je suis obligé d'en prendre, il n'y a que ça qui me permet d'affronter les images qui surgissent dans mon esprit dès mon réveil, j'ai refusé l'aide d'un psychomage, décrétant que nul ne pouvait apaiser le flot d'images qui me hantent. Les seules personnes pouvant peut-être alléger mes tourments sont dans cette salle. Les Combattants.

 

-Libre à vous d'exploser des vitres mais cela ne n'ont permettra pas de discuter.

-Apportez-moi une bouteille de Whisky Pur feu.

 

Les gens me regardent choqués que je demande cela mais je me connais et je sais que je ne pourrais être détendu qu'en enfilant une bouteille. Mon père était pareil. 

Dumbledore fait apparaître une bouteille et me la tend avec un verre. Je m'en sers une bonne rasade avant de parler.

 

-Je vous parlerai mais dites-moi exactement ce que vous voulez savoir. En neuf mois, il s'est beaucoup de choses, je risque d'omettre des faits importants pour vous ou au contraire mentionner des anecdotes insignifiantes pour votre combat. 

 

-Où étiez-vous enfermée? me demande posément Dumbledore.

-Dans la cave du manoir des Malefoy. Leur cave est divisée en deux grandes parties. L'une est un grand espace plongé dans le noir alors que l'autre partie est divisée en cellules, dont la lumière s'infiltre un tout petit lorsqu'il y a du soleil. 

-Comment en êtes vous sortie?

-Grâce à d'anciens camarades.

-Qui sont-ils? s'enquit avec curiosité une femme.

 

Je ferme les yeux et repense à Regulus et Rogue, l'un déterminé et l'autre suppliant. Veiller sur Lily...Lorsque je vois leurs mains élancées, je me dis que James veille déjà sur elle. 

 

-Dois-je vraiment le dire?

-Garder ces choses pour vous ne nous aideront pas à déterminer le déroulement des événements. 

 

De l'eau coule sur mes mains et je m'aperçois que ce sont en réalité des larmes. Je pleure à l'idée de lâcher une bombe qui ravivera la peine de Sirius et la tristesse de Lily. Ne devrais-je pas justement dire leur nom par respect pour leur acte courageux. Ils l'ont fait parce que c'était moi, camarade de classe et cousine éloignée. 

 

-Severus Rogue et Regulus Black, lâche-je précipitamment.

 

Lily plaque une main sur bouche, stupéfaite et Sirius n'affiche aucun sentiment sur son beau visage mais il serre les poings.

 

-Pourquoi ont-ils fait cela? s'étonne Gideon Prewett.

-Je suis une camarade de classe pour l'un et une cousine éloignée pour l'autre. Sans être amis, nous parlions régulièrement, Rogue et moi. Regulus était mon gardien, cela a tissé un lien en plus de notre parenté. Au moment de partir, Regulus m'a dit que la famille, c'est sacré. Il ne supportait pas l'idée qu'une Black soit enfermée dans une cellule à la merci de ses camarades. 

-Que vous ont-ils fait? 

 

Une fois de plus je ferme les yeux, je les ouvre et croise le regard de Sirius qui me conseille de parler. Depuis mon retour, depuis trois semaines, il tente de me faire parler en vain, convaincu que cela m'aiderait à supporter  mes démons. Lui-même a utilisé cette technique en racontant son enfance détruite aux parents de James, qui lui avaient ouvert leur porte avec tendresse. Sauf que moi, la moitié des gens me considèrent comme une adepte de la suprématie du sang parce que je suis une Black à Serpentard alors que lui est à Gryffondor.

 

-Imperium, Doloris. Leur technique préféré est le Doloris. Le premier que j'ai eu était de Voldemort, les siens sont vraiment costauds. Cet homme n'est que haine et méchanceté, tout son être pue mais les autres le vénèrent et le craignent. Il est vrai qu'il n'hésite par utiliser des sortilège sur ses propres mangemorts. J'ai assisté souvent à ce spectacle, explique-je avec un sourire mauvais aux lèvres.

 

J'ai vu Rosier se tordre de douleur, pleurant à cause d'un Doloris de Voldemort. J'ai eu la fierté de constater que je résiste à ce sort beaucoup mieux que lui. Finalement ceux de ma grand-mère m'ont forgé. 

 

-Titine, soupire Marlène dans un murmure, ayant certainement compris pourquoi je souris.

 

-Est-on sûr que ce n'est pas une mangemort, demande une femme d'une voix hautaine. 

 

Je sursaute car pendant une fraction de seconde, j'ai cru que c'était Walburga qui parlait.

 

-Céleste n'est pas une mangemort. J'ai passé sept ans dans son dortoir et je peux vous assurer qu'elle n'est pas une mangemort. Peut-être que sa façon de parler vous étonne mais cette fille est pleine d'ambiguïté, de contrastes et a parfois des propos contradictoires car elle a été élevée dans un milieu que peu d'entre nous connaisse. Un milieu où se côtoient mensonges, trahisons, haine, corruption pour que tous soient des soldats du Sang-pur. Les Vingt-huit sacrés pensent dominer les sorciers alors cela explique que leur progéniture soit arrogante et fière de leurs origines. Comment blâmer une personne qui a résisté aux coutumes de sa famille d'en garder néanmoins des vestiges? Céleste n'est pas une mangemort. Dès son entrée à Poudlard, elle a montré à tous les Serpentard qu'elle ne suivrait pas les adorateurs du sang-pur. Dès ses quinze ans, elle a menacé un camarade de le tuer parce qu'il serait un mangemort plus tard. Ses parents ont été tués à cause d'eux. Elle reçut un nombre impressionnant de beuglantes de sa grand-mère qui lui hurlait qu'elle n'était pas une fille digne des Black. Elle a côtoyé des né-moldues, des Sang-Pur et des sang-mêlés sans distinction. Ses plus proches amies sont des né-moldues, elle a encouragé un sang-mêlé, élève par des moldus à se moquer des idées reçus, aujourd'hui, il a réussi ses BUSES et va sûrement faire une carrière de joueur de Quidditch professionnel. Comment pouvez-vous un instant penser que Céleste Rosalie Black est une mangemort! Vous ne valez pas mieux que les mangemorts en pensant cela! déclare Marlène, énervée.

 

Plus personne ne bouge dans la salle, sous le choc du discours de Marlène. Je suis abasourdie, c'est la première fois que je vois Marlène en colère. 

 

-Cela ne nous permet pas d'avoir l'entière conviction de son innocence, reprend la femme à la voix hautaine.

-De son innocence, s'étrangle Marlène, encore furieuse. Comment...

-Marlène, assieds-toi et calme-toi, lui ordonne Prewett.

-La ferme, connard! Et toi, Céleste, tu as intérêt à te défendre, tu ne vas pas me faire croire que ta captivité t'a fait perdre ton mauvais caractère. 

 

Je ricane avant d'éclater de rire lorsque je croise le regard de Lily amusée. Que Marlène insulte l'homme de sa vie montre qu'elle est très en colère. 

 

-Je ne sais pas comment vous vous appelez mais je vais vous dire deux choses. Premièrement, si ma présence vous gêne, je ne vous retiens pas,la porte est grande ouverte. Deuxièmement, votre voix est insupportable, vous avez la même voix hautaine de Walburga, et ce n'est pas un compliment, dis-je d'un ton calme comme si l'éclat de Marlène m'avait apaisé. 

-Ce n'est pas à vous décider qui part ou pas.

-Écoute-moi, sale harpie, depuis toute à l'heure, j'accepte de parler de choses qui me font cruellement souffrir alors j'ai le droit de choisir les personnes à qui je veux en parler. Si vous êtes toujours aussi sceptique avec la tirade de Marlène quant à ma bonne foi, alors vous avez déjà perdu le combat contre les mangemorts. Avoir des préjugés ne vous mènera à rien, je suis votre alliée, oui, moi, Céleste Rosalie Black, répartie à Serpentard, je suis l'alliée de ceux qui luttent contre Voldemort. Vous vous attendez à quoi? Que d'un seul coup de baguette, je vous tue tous? Ne comptez pas sur moi pour cela! Alors maintenant, je vous prierai de bien quitter cette maison sinon je ne parle plus, tout ça à cause de sale harpie comme vous!

 

Revoilà, ma colère. Elle m'avait manqué!

 

-Vous vous appelez comment?

-Hester Fawley

 

J'éclate d'un rire sans joie à la surprise générale. Cette femme se fiche de moi.

 

-Vous osez insinuer que je suis une mangemort mais vous, ne l'êtes vous pas? Les Fawley font partis des Vingt-huit sacrés et si je ne me montre pas votre mère est une Lestrange. Entre nous, qui est la mangemort alors? 

 

Il ne faut pas me sous-estimer, j'ai quelques notions en généalogie. 

J'ai l'air d'avoir encore lâché une bombe car tous la regardent, soudain méfiants. 

 

-Bravo Titine! Tu es enfin redevenue toi-même! Serpentard serait fier de toi! se réjouit Marlène.

-Puisque ma présence gêne, je m'en vais.

-Bonne décision. Dégage, sale harpie, dise d'une voix sifflante.

 

Hester Fawley décampe rapidement et tous les regards se tournent vers moi. Qu'est ce que j'ai fait encore? Je suis lasse, j'ai l'impression que ma vie est un combat de chaque minute. Je dois soit lutter, soit justifier de la bonne foi de ma lutte, c'est un cercle vicieux.

 

-Avant que tu demandes pourquoi tout le monde te regarde, sache que tu as parlé Fourchelangue.

-Quoi? Dans toute ma vie, j'ai parlé trois fois dans cette langue en le faisant exprès et c'était à des serpents.

-Il faut croire qu'ils t'ont retournée le cerveau. 

-Pfff, ils feraient mieux de m'oublier car le cocktail Rosier-Black fait des ravages. 

-Sans baguette, tu es inutile.

-Justement, la baguette ne fait pas tout. J'ai même un exemple, Bellatrix a découvert un nouveau joujou pour torturer: le poignard! Je peux te confirmer qu'elle l'utilise aussi souvent que possible et avec plaisir. 

-Quel est le rôle de Bellatrix Lestrange? s'enquiert Dumbledore, très intéressé. 

 

Dumbledore se fiche royalement de l'altercation entre Fawley et moi. Personnellement, si j'étais lui, j'aurai questionné cette personne mais chacun a sa manière de réagir.

 

-Bellatrix est le meilleur lieutenant de Voldemort, elle est complètement folle. Je crois même qu'elle est amoureuse de lui, ce qui démontre un certain masochisme. 

 

Un rire semblable à un aboiement de chien fait écho à ma remarque et je ressens un élan d'affection pour Sirius. 

 

-Elle adore le Doloris aussi. D'ailleurs, je me suis souvent pris des Doloris, surtout lors des interrogatoires. Ils sont persuadés que je fais partie de l'Ordre, enfin pas tous, Voldemort a fini par le comprendre mais il m'a laissé croupir dans ma cellule, espérant certainement que je finisse par les rejoindre. 

-Toute à l'heure, vous avez mentionné l'impérium. Pourquoi?

-Je vous demande une chose, à tous, c'est de ne pas juger mes actions. J'étais sous l'effet de l'imperium et jusqu'à la fin de ma vie, je regretterai de ne pas avoir eu la volonté nécessaire pour lutter contre ce sortilège. Quand ils ont compris que les Doloris ne fonctionnaient pas sur moi, ils sont passés à autre chose: la torture morale. Ils avaient emprisonné des né-moldus et ils devaient s'en débarrasser au nom de leur stupide idéologie. Pour faire le sale boulot, ils m'ont mise sous imperium. D'abord, je me montrais récalcitrante à tout commandement mais comme le doloris affaiblissait mon esprit et ma résistance, ils en ont profité, ensuite, pour...Excusez-moi, laissez-moi un moment pour...

 

Ils ne comprendront pas, ils ne comprendront pas à quel point je m'en veux, à quel point, je regrette d'avoir obéi, à quel point j'ai honte de mes actes, moi qui n'avais jamais eu honte jusqu'à ce jour. Je me pardonnerai jamais d'avoir fait cela et je ne peux leur pardonner de m'avoir obligé à faire cela, d'avoir l'esprit aussi tordu.

Une main se pose sur mon bras et lorsque je relève la tête, ce n'est pas Marlène qui m'encourage mais Gideon Prewett avec un sourire compatissant. Grâce à ce sourire, je trouve la force de continuer mon récit. 

 

-Sous l'impérium, ils m'ont forcé à d'abord jeter le Doloris sur ces gens. Mes cauchemars sont peuplés de leurs cris et de leurs supplications pour que la douleur cesse. Ensuite, ils sont passés à autre chose, ils m'ont forcée à le jeter aussi sur des opposants. C'est moi qui ai lancé le sortilège Doloris sur Caradoc Dearborn. 

 

Des cris d'indignation s'élèvent partout dans la salle.

 

-Tu es pardonnée, tu t'es rattrapée sur la suite, me rassure Dearborn dont j'ignorai la présence.

 

Sauf que je ne me pardonnerai jamais d'avoir fait ça.

 

-Ils ont fini par me forcer à lancer le sortilège de la mort, dis-je, me maîtrisant pour ne pas pleurer. En me manipulant. Je vous passe ces détails. 

-Céleste, parle leur de ce que tu as fait par la suite. C'est important.

-Après cela, ils ont trouvé une autre technique. Il s'agissait de mettre une autre personne dans ma cellule qui ne revenait jamais. Un jour, ce n'est pas un né-moldu qui est apparu mais Caradoc Dearborn. Alors que nous discutions, il m'a appris qu'il connaissait mes talents de potionniste grâce à mes amis. Et là, je me suis souvenue que j'avais des potions sur moi, une sorte de trousse de secours. J'ai alors fouillé dans mes poches et j'ai découvert tout un tas de potions: du polynectar, la potion de disparition, de l'essence de dictame... Avant que j'ai pu faire quoique ce soit, ils sont venus chercher Dearborn et l'ont remplacée par une jeune fille rousse. J'ai instantanément pensé à Lily et à cause de cela, j'ai eu la mauvaise idée de lui donner du polynectar pour qu'elle prenne l'apparence d'un mangemort afin de s'enfuir sauf que le plan n'a pas marché. C'est Voldemort en personne qui est venu m'annoncer que la Sang de bourbe rousse était morte, que mon brillant plan n'avait pas marché et que j'étais une traitre à mon sang arrogante et insolente. Dearborn est revenu dans la cellule et cette fois-ci je lui ai proposé une potion de disparition. Je pensais que cela avait marché car personne ne m'a annoncé sa mort mais je me suis retrouvée face à Voldemort qui tentait de connaître mon secret. ll avait compris que j'étais plus intelligente qu'il ne le pensait, il m'avait sous-estimée. Pendant un moment, je devais m'installer à une table en face de Voldemort qui essayait de pénétrer dans mon esprit or je suis une excellente occlumens grâce à mon père. Il y a quelque chose qui le désarçonnait à chaque fois: l'amour que je portais à mes proches. Dès que l'amour se propageait dans mes veines, Voldemort ordonnait mon renvoi dans ma cellule. Comme ils continuaient de mettre des personnes dans ma cellule, j'en profitais pour leur donner des potions de disparition qui leur permettait de s'enfuir sauf qu'ils en ont eu marre de ces disparitions et m'ont laissé seule dans ma cellule. Comme rien ne semblait m'abattre, ils ont décidé de me laisser croupir dans ma cellule presque sans eau et sans nourriture jusqu'à ce que Regulus et Rogue viennent me sortir de là. 

 

Un silence de mort fait place à mon récit, Lily pleure, Sirius serre les dents, James me regardent de ses yeux inquiets, Marlène me serre tellement le bras que je pense que le sang ne circule plus. 

 

-Il faut que vous sachiez autre chose. Il a trouvé le moyen d'être immortel grâce aux horcruxes. Les mangemorts l'ont laissé échapper pensant que je n'entendais pas. 

 

-Merci pour ses explications miss Black. Vous avez fait preuve d'un courage rare. Grâce à vous, certaines de nos lacunes sont comblées et vous avez démasqué un espion de Voldemort. Nous pouvons vous remercier de l'aide que vous nous avez apporté. 

-Je ne fais pas cela pour vous mais pour qu'un jour, les humains cessent de se déchirer. Puis-je partir?

-Oui.

 

Je me lève difficilement, les jambes tremblantes, Marlène me tient pour que je retrouve mon équilibre, je suis épuisée, à bout de nerfs. James plante son regard dans le mien et sans un mot, je comprends à quel point, il s'est inquiété pour moi ces deniers mois. Lily se jette dans mes bras en larmes en me disant que j'ai été très courageuse, que je mérite du repos, que je ne devrais pas retourner au travail... Sirius se lève aussi et m'enlace, me serrant contre son torse. Dans son étreinte, je sens tout son soutien, la fierté qu'il éprouve. Je ne sais pas pourquoi mais je mets alors à sangloter dans ses bras, oubliant la bienséance, la devise familiale. Il me caresse lentement les cheveux et lorsque je suis enfin calmée, il me relâche en me m'embrassant sur le front. 

 

-J'espère que maintenant vous êtes convaincus que Céleste n'est pas une mangemort, dit Marlène d'un ton autoritaire. 

 

A cet instant, je me dis que c'est une grande dame. Elle est magnifique. Des traces de larmes sur ses joues, le regard flamboyant, elle semble être prête à défier quiconque la contredirait, me protégeant. Un flash me revient en mémoire. Nous étions en troisième année et Rosier venait encore de me provoquer, Marlène s'était énervée sur lui et m'avait défendue. Suite à cela, elle m'avait fait la promesse qu'elle serait toujours là pour me défendre, me protéger, et je lui avais fait aussi cette promesse. Nous avions gravé dans le saule cogneur: «Si tu te tombes, je tombe avec toi». Sans Marlène, je n'aurai rien pu supporter des difficultés de Poudlard, j'aurai demandé à mes parents d'engager un précepteur à domicile pour ne plus retourner au château ou alors de m'envoyer à Beauxbâtons. 

 

-Pourquoi ne pas lui proposer de rentrer dans l'Ordre? interroge Gideon.

-Parce que miss Black ne veut pas être sous les ordres de Dumbledore qu'elle déteste, c'est impossible de lui faire changer d'avis tellement elle est têtue, lui répond son frère.

-je suis peut-être têtue mais moi, au moins, j'assume...

-Black, tais-toi, ça va mal finir! m'interrompt Fabian le ton menaçant, sachant exactement ce que j'allais dire.

 

Ce que j'ai découvert, il y a deux ans, est un secret entre nous. Sans nous être concertés, j'ai compris que les sentiments de Fabian à l'égard de Marlène doivent demeurer secrets même si c'est stupide selon moi. L'idée de l'avouer à Marlène me démange mais cela la blesserait davantage et créerait un gouffre entre elle. Je me souviens encore de la dépression qu'elle avait faite en sixième année. L'un des défauts de Marlène est d'aimer trop fort et cela la détruit si elle se laisse submerger par ses sentiments.  

 

-On va sortir, et parler calmement sans en passer par un duel, s'interpose Marlène.

-Il n'y a rien à dire, c'est un lâche. 

-STOP! Céleste, tu transplanes chez toi, tu prends une douche, tu te goinfres de tartelettes au citron mais tu te détends, d'accord?

-Si tu crois que je ne te surveille pas Prewett, tu te fourres la baguette dans l'oeil, lance-je avant de rentrer chez moi. 

-Tu me l'as déjà, Black, s'amuse Prewett. 

 

Je le déteste. Comment Marlène a pu tomber amoureuse de lui? Gideon est plus gentil que lui, moins cassant et plus compatissant. 

Obéissant à Marlène, je rentre chez moi et confectionne avec Dolly de délicieuses tartelettes au citron!

End Notes:

N'hésitez pas à laisser un petit commentaire et pendant ce temps, moi je file écrire la suite :)

Si j'avance rapidement, souhaitez-vous que je poste deux chapites par semaine?

Retour à la routine, enfin presque by MissArty
Author's Notes:
Bonjour à tous!
Tout d'abord, merci à Lina Black et à Lily-chan d'avoir reviewé :)
Ensuite, je pense faire environ 60 chapitres, j'ai pour l'instant une cinquantaine de chapitres avec des trous temporels. Je voulais tenter d'en poster deux par semaine mais je n'y arrive pas! Ce chapitre est un peu fourre-tout, il était essentiel pour poser le cadre et pour avancer dans l'histoire.
Pour finir, bonne lecture (et n'oubliez pas de reviewer, c'est le petit encadré blanc tout en bas du chapitre :))

Le réveil sonne, je le balance violemment à l'autre bout de ma chambre qui se casse en plusieurs morceaux. Pauvre réveil, je le massacre au moins trois fois par semaine! Un grognement à côté de moi me fait sursauter. Je soulève la couverture et découvre une tête blonde. Tout est normal! Cela fait plusieurs semaines qu'Eden s'est installé au manoir et dort donc avec moi, chose à laquelle, je ne suis guère encore habituée. Sa relation avec ses parents s'est encore dégradée, je lui ai proposé de venir s'installer au manoir, ce qui l'a accepté avec joie. Le manoir devient le refuge des âmes en peine. D'abord, Mary, maintenant Eden. Qui sera le prochain? Je râle mais je suis très heureuse qu'il soit là, depuis que nous dormons ensemble, je fais moins de cauchemars. Je crois que je ne supporte pas de dormir seule. Petite, il m'arrivait d'échouer dans le lit de ma soeur tellement je n'arrivais pas à dormir. 

Après m'être préparée, je descends afin de prendre mon petit déjeuner avec Cathleen et Mary. Ma soeur, le petit doigt en l'air (décidément l'éducation aristocratique a bien pris sur elle), boit son thé en feuilletant un livre de comptes alors que Mary a déjà le nez dans la Gazette du sorcier et mange son porridge sans regarder sa nourriture, je suis toujours stupéfaite qu'elle arrive à manger ainsi sans faire de tâche. 

 

-Bonjour, Céleste! Prête à affronter une journée de travail? me demande en souriant ma soeur, levant le nez de ses comptes. 

-Non, pas vraiment! je soupire. Que fais-tu encore là, Mary, je croyais que tu devais partir aux Etats-Unis aujourd'hui? 

-Désolée de squatter chez toi! ironise t-elle. Mon patron m'a envoyé un hibou, il m'envoie en France pour interviewer l'entraineur de Quidditch d'une équipe française, je n'ai toujours pas compris l'intérêt de cet article mais je dois le faire et ensuite je pourrais partir aux Etats-Unis!

-Où comptes-tu loger? s'enquit Cathleen.

-Dans un hôtel, comme d'habitude!

-Va plutôt chez mes grands-parents, ils seront ravis de t'héberger!

 

Comment fait-elle pour prendre des décisions aussi rapides dès le matin? Cela me fait penser que je n'ai pas vu mes grands-parents depuis longtemps et ils veulent rencontrer Eden. Les voir me gêne un peu car ils ne sont pas au courant de mon « petit voyage », cela m'embête d'omettre cela mais si je leur raconte tout, ils m'obligeront à venir en France le temps que les choses se tassent en Grande-Bretagne mais je ne le veux pas, ma vie est en Angleterre.

 

-Bonjour tout le monde! s'exclame de bonne humeur Eden.

-Bonjour Eden! Que veux-tu manger? Veux-tu que l'on demande à Dolly de préparer des pancakes? 

-Cela ne sera pas nécessaire, je vais prendre du porridge.

 

Petit déjeuner avalé et souhaitant une bonne journée à tout le monde, je me rends au ministère par la cheminée. Les quelques personnes que je croise me saluent froidement, une collègue de ma mère me salue avec son éternel sourire compatissant, la seule personne qui me salue chaleureusement est Arthur Weasley. A peine installée derrière mon bureau que la secrétaire arrive avec une pile de dossier énorme à traiter: les demandes de perquisitions, de traques et autres des Aurors. J'en ai au moins pour toute la matinée. Il faut bien s'y mettre! Courage Céleste! Grâce à cela, tu pourras devenir directrice de ton département. Je remarque comme d'habitude que bon nombre de demandes est au nom de Alastor Maugrey. C'est l'Auror le plus compétent de son service, mais le plus repoussant avec de nombreuses cicatrices mais je l'apprécie, je l'ai vu quelques fois et ses manières brutales m'ont plues, il va droit au but et est franc. 

Concentrée sur un dossier concernant l'incarcération d'un homme qui aurait tué sa femme, je sursaute en poussant un cri et dégainant ma baguette sans réfléchir lorsque la porte du bureau s'ouvre violemment et qu'une personne hurle « j'ai réussi! ». Ce n'est que James, surexcité!

 

-Tu as réussi quoi? A découvrir le nom du shampoing de Rogue?

 

Il éclate de rire quelques secondes avant de me fixer sans un mot avec un grand sourire. Je ne peux pas passer une seule journée tranquille cette semaine! Hier, Sirius m'a arrachée à mon bureau parce qu'il s'ennuyait à sa pause déjeuner (il donne un coup de main dans l'entreprise de Mr.Potter de temps en temps), résultat j'ai pris une pause de deux heures et j'ai dû supporter un sermon de ma chef. Avant-hier, Marlène est venue dans mon bureau et est y restée toute la matinée (elle n'avait pas cours) et encore avant, Lily est venue me poser une question sur les vertus d'une plante. 

 

-Lily a accepté! 

 

Accepter quoi? Je réfléchis quelques secondes avant de comprendre que Lily a enfin répondu « oui » à la demande en mariage de James. Son excitation ne m'étonne pas alors! Il y a deux semaines, James m'a annoncée qu'il demanderait prochainement Lily en mariage. Je lui ai dit de faire une demande simple, il a rechigné mais à force de persuasion a compris que Lily n'a pas besoin de demande grandiose. 

 

-Vous avez fixé une date?

-Oui! Le 3 juillet! Lily m'a chargée de te dire que tu seras notre demoiselle d'honneur avec Mary.

-Je suppose que Cathleen va faire les costumes de tout le monde!

 

James approuve, Cathleen va avoir du boulot! 

 

-Miss Black! Pourquoi n'êtes vous donc pas en train de travailler? Veuillez demander à vos amis de cesser de vous importunez au travail! 

-Oui, miss Crawley.

 

Une fois la porte refermée, je pousse un long soupir. Ma chef est un tyran! Déjà qu'elle me donne énormément de travail, il faut qu'en plus je m'interdise toute relation sociale! Je fais des journées de treize heures sans pause pour boucler tous les dossiers parfois! Je suis obligée de le faire sinon elle me vire! 

 

-Sympa ta boss!

-M'en parle pas! Selon elle, je devrais consacrer ma vie à mon travail. Je n'ai pas le choix, je vais devoir écourter cette entrevue. Je suis ravie que Lily ait enfin accepté, cela va être un merveilleux mariage.

-Lily ne souhaite inviter qu'une dizaine de personnes alors ça sera un mariage tranquille.

-C'est parfait!

-A ce week-end! Lily veut que l'on fête nos fiançailles chez mes parents avec nos amis!

-Miss Black, que vous ai-je demandé? dit la harpie en chef en ouvrant violemment la porte.

 

Cette porte est indestructible, je ne vois pas comment elle aurait pu supporter la brutalité de mes amis et de ma chef sans cela!

 

-Oui, miss Crawley, je demande à mon ami de quitter mon bureau! je soupire.

-N'oubliez pas que tous les dossiers doivent être traités avant vingt-heures ce soir!

 

Hein? Elle veut me tuer d'épuisement! Quelle saleté! Elle agit comme cela car elle a peur que j'ai une promotion avant elle! Etant donné qu'elle est infecte avec tout le monde, à mon avis, je vais gravir les échelons plus vite qu'elle!

 

-J'ai compris, dit James sans se départir de sa bonne humeur. J'y vais! A ce week end!

 

Il quitte mon bureau et je peux enfin comprendre le dossier de l'homme qui a tué sa femme. Si je comprends bien, il l'a tuée pour se marier avec sa maîtresse. Ce n'est pas la première fois que je suis confrontée à un tel cas. A mon avis, il faudrait légaliser le divorce chez les sorciers pour ne pas se retrouver avec ce genre de situation sinistre. Les sorciers sont tellement conservateurs que le mariage est une institution à laquelle on se soumet jusqu'à la fin de notre vie. Lorsque je serai directrice du département de la justice magique, je légaliserai le mariage! Il faut que cette société sorcière se modernise et accepte les changements. Il faut libérer la société, c'est parce que la société est conservatrice que les Sang-Pur ont encore l'impression de tenir le pouvoir! Céleste, cesse de penser à la société, concentre-toi sur ton dossier si tu ne veux pas finir à 22 heures et te faire sermonner par Eden à ce sujet! 

 

        ********

 

J'espère que Mrs Potter a prévu un repas consistant car j'ai très faim! On pourrait se dire que comme on est dimanche, j'ai une journée de repos. Manque de chance, les Aurors ont découvert un cadavre, j'ai eu de la paperasse à faire ce matin comme j''ai été la seule joignable, j'ai dû me taper tout le boulot. Eden n'a rien dit mais j'ai senti qu'il était déçu et énervé lorsque je suis partie ce matin. Je suis quand même retournée au manoir pour me changer et pour que nous puissions aller ensemble chez les Potter. 

 

-Leur jardin est moins entretenu que le tien, remarque Eden.

-Alfred a décidé que notre jardin serait travaillé pour en faire un jardin à la française, ce qui explique pourquoi il ressemble plus à un jardin de château plutôt qu'à un jardin de la campagne anglaise comme celui des Potter. 

 

Eden ne répond rien et continue l'observation du jardin. Lorsque nous entrons dans le hall, une tornade rousse arrive vers moi et m'étreint avec force. Je ne pensais que je manquais autant à Lily.

 

-Lily, on s'est vue, il y a une dizaine de jours, ce n'est pas comme si j'avais disparu de la surface de la planète. 

 

Aussitôt, je sens Eden se tendre à côté de moi et Lily fait une grimace. Pourquoi lorsque les images de ma captivité n'envahissent pas mon esprit, il faut que mon entourage m'y replonge! 

 

-Bonjour Céleste! me salue avec un grand sourire Mrs Potter.

 

Elle n'a pas l'air en forme, elle a minci depuis que je l'ai vue pour la dernière fois et elle a les yeux cernés.

 

-Bonjour Mrs Potter, vous devez être ravie que votre fils se marie!

-Oui, en effet. Lily est une jeune fille charmante et très gentille, mon fils n'aurait pas pu trouver mieux. 

-Il lui a fallu du temps pour qu'elle cède à ses avances, rappelle avec un sourire Eden. 

-Ils m'ont raconté leurs années de disputes, mon fils a intérêt à bien se tenir! répond Mrs Potter en riant avant de tousser légèrement. 

 

Eden et Mrs se présentent l'un à l'autre alors que mon inquiétude grandit. Mrs Potter serait-elle malade? 

Nous suivons Mrs Potter dans le salon dans lequel sont déjà présents les Maraudeurs, Mr Potter, Lily. Marlène et Mary sont en retard. 

Nous discutons de nos souvenirs de Poudlard lorsque deux têtes blondes apparaissent. Mary, de retour de France, semble légèrement fatiguée alors que Marlène, en pleine forme, a un sourire éclatant. 

 

-Bonjour à tous. Pardonnez mon retard, je me suis réveillée tard! s'excuse Marlène.

-Tu as donc réussi à te débarrasser des malpolis! remarque James.

-Bien sûr! Tu me prends pour qui? Je suis Marlène McKinnon, ne l'oublie pas!

 

Des malpolis? Ne serait-ce pas un terme pour désigner les mangemorts? Je crois que je déteins sur elle, il y a dix ans, elle n'aurait jamais dit "je suis Marlène McKinnon" avec un tel accent de fierté!

 

-Qui sont les « malpolis »? demande Mary, curieuse.

-Hier, avec Lupin et James, nous sommes allés boire un verre pour discuter un peu tous les trois.

-Mouais, c'est ce que tu dis, je commente, pas convaincue de son mensonge alors que toutes les têtes se tournent vers moi. 

 

Lily me fait même les gros yeux, j'ai dû faire une gaffe!

 

-Je ne te crois pas, à mon avis, tu es allée te souler avec pour compagnie James et Lupin qui ont eu la gentillesse de te raccompagner, je mens à toute vitesse. 

 

Lily me fait un clin d'oeil, j'ai rattrapé ma gaffe! 

 

-Marlène, ne fais pas la tournée des bars! C'est stupide et décevant! Pourquoi une jeune fille aussi charmante que toi aurait besoin de ce genre de sorties? Il y a d'autres activités pour s'évader du présent! gronde Mrs Potter. 

 

Marlène lui sourit gentiment et Lupin s'empresse de changer de sujet de conversation. Que Lupin soit bénit des cieux!  A table, nous asseyons, je suis séparée de Marlène et d'Eden, je me retrouve assise entre Lupin et Mr Potter. Ça va être sympa pour trouver un sujet de conversation! Je jette un coup d'oeil vers Eden qui déjà discute avec Lily et Pettigrow. A mon avis, on aurait dû échangé nos places, Eden s'entend très bien avec Lupin.

 

-Non je ne suis pas d'accord avec toi! Les mangemorts semblent terrorisés de plus en plus la population! s'exclame Marlène interrompant toutes les conversations. 

-Me parle pas des mangemorts! Ils m'énervent! Depuis quelques semaines, les Aurors sont sur une piste et j'ai une tonne de paperasse à traiter! je râle.

-A l'hôpital aussi, ils nous causent des ennuis. Des sorciers arrivent atteints de sortilèges inconnus, nous ne savons pas comment les soigner! C'est épuisant!

-Personne ne connaît la magie noire? A mon avis, si quelqu'un maîtrise la magie noire, il peut résoudre de nombreux cas, je te prêterai un livre sur la guérison des sortilèges de magie noire. 

-Merci, je veux bien! 

 

Mrs Potter commence à tousser, je suis très inquiète, James et Sirius affichent le même air que moi.

 

-Mrs Potter, prenez-vous une potion à base de cochenilles écrasées? demande Marlène avec un tel sérieux que j'ai l'impression de voir le Dr McKinnon. 

-Bien sûr, ne vous inquiétez pas pour moi! Je suis solide!

 

Sirius, James et moi échangeons un regard sans faire de commentaire. Mrs Potter est très malade, Marlène fait une grimace qui ne lui est pas coutumière et lance un regard compatissant à Mr Potter et à James. 

Alors que nous mangeons notre dessert, Hykia, arrive, affolée. Ma grand-mère est au manoir et veut impérativement me voir. La vieille harpie! Pour une fois que je passe du temps avec l'ensemble de mes amis, il faut qu'elle me gâche tout. 

 

-Miss Cathleen est avec elle? 

-Oui, miss Céleste. Cathleen a demandé à Hykia de demander à miss Céleste de revenir au manoir.

-Dans quel état est Mrs Black?

-Tais-toi, Céleste et vas-y! s'énerve Sirius. Cathleen est peut-être en danger! ajoute t-il légèrement paniqué.

 

Qu'est ce qui lui prend? Je gère à ma façon les histoires concernant ma grand-mère!

 

-Je sais ce que je fais! Je demande des précisions afin de mieux contre-attaquer la vieille harpie qui me sert de grand-mère!

-Mrs Black est énervée mais pas en colère, elle est très impatiente!

-Je ne sais pas ce qu'elle a derrière la tête mais si elle veut la guerre, elle l'aura, je dis en serrant les dents.

-Je viens avec toi! lance Eden.

-Non, surtout pas! Je crois que tu es la raison de sa venue! Reste là, je reviens! Gardez-moi une part de cette délicieuse tarte à la mélasse. 

 

Hykia me fait transplaner, j'entends des voix venant du salon. Ma grand-mère explique à Cathleen pourquoi les Cracmol devraient être considérés comme des êtres nuisibles à l'ordre public au même titre que les loup-garous. Céleste, respire un bon coup, ne t'énerve pas! Espérant garder mon sang-froid, je pénètre dans le salon et j'ai une horrible pensée. Pourquoi Rosalie Black est en pleine force alors Mrs Potter qui vaut mille fois plus qu'elle est très malade? 

 

-Bonjour Céleste! j'ai attendu dire que tu es toujours liée à cet avorton de Macmillan. Je suis venue te dire qu'il est temps que cela cesse et que tu devrais être considéré les autres hommes non mariés comme dignes de toi plutôt que ce MacMillan détestable et inutile. De nombreuses  familles ayant un fils de ton âge sont venues me faire des propositions. Il serait temps que tu penses à l'honneur de ta famille plutôt qu'à toi. Réfléchis bien, le temps est compté, ma chère Céleste, dit-elle de sa voix cassante avant de partir. 

 

Un peu perdue, je reste immobile au milieu de la pièce pendant que Cathleen pousse un long soupir. 

 

-Retourne chez les Potter, cela te fera du bien, Céleste et passe le bonjour de ma part à tout le monde. Dis à Lily de venir au manoir rapidement pour que je commence sa robe de mariée le plus tôt possible! 

-Bien chef! 

 

Je reviens chez les Potter. Tous semblent surpris de me voir arriver si tôt et sereine. 

 

-Tout va bien? demande Mr Potter!

-Impeccable! Ma grand-mère est venue me rappeler mes obligations de Sang-Pur, non mariée tout en insultant au passage Eden. La routine!

 

********

 

-Bonjour Céleste! As-tu pris ta douche? me demande Eden.

-Non pas encore, je lui réponds, étonnée qu'il s'en formalise.

 

Aujourd'hui, j'ai décidé de manger mon petit-déjeuner avant de me préparer. J'ai trop faim! Je descends en pyjama  et m'installe à table en me jetant sur les délicieuses viennoiseries préparées par Dolly. 

 

-Mère serait horrifiée de ton comportement! remarque Cathleen, amusée. Elle ne t'a pas élevée ainsi! 

-J'ai faim, Cathleen! J'ai à peine mangé hier, je suis rentrée tard à cause de ma chef qui ne trouvait pas un dossier!

-Ta chef est toujours aussi agréable!

 

Je prends ma douche, cela me détend et lorsque je sors, des lettres rouges apparaissent  de nul part et se mélangent à toute vitesse pour faire une phrase à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Ma respiration se coupe et mon rythme cardiaque s'accélère, j'ai la tête qui tourne. 

Veux-tu m'épouser? 

C'est la phrase qui se tient devant moi. 

Par le slip de Serpentard, Eden me demande en mariage! En mariage! Moi qui suis contre toute idée de mariage! Qu'est ce qui lui passe par la tête! Je lui ai déjà dit plusieurs fois que je ne voulais pas me marier!

Essayant de me calmer, je m'habille. Je sors de la salle de bain, tremblant légèrement. Je descends les escaliers et retourne dans le salon dans lequel se trouvent Mary et Eden. Voir Eden me terrifie soudainement. Comment lui annoncer que la réponse à sa demande est négative? Est-ce que je fais la lâche Serpentard ou alors j'affronte l'ennemi (oui je parle bien d'Eden) comme un Gryffondor. 

 

-Céleste! s'exclame Mary. Pourrais-tu dire à ta soeur que le corsage de la robe de demoiselle d'honneur est trop serré?

 

Je hoche la tête en évitant tout contact visuel avec Eden, la mention du mariage de Lily et James va l'amener à lui poser une nouvelle sa question. 

 

-N'as-tu pas une réponse à me donner?

 

Merlin, Serpentard, Morgane, Artemis, Aphrodite, Apollon, donnez-moi la force de répondre non alors qu'il attend que j'accepte avec des yeux remplis d'espoir et d'amour!

 

-Oui, j'ai une réponse à te donner et c'est « non », je lui annonce d'une voix sèche sans le vouloir véritablement.

-Ta copine est vraiment une tête de mule et une sale Serpentard! s'exclame Eden furieux en s'adressant à Mary avant de claquer la porte. 

-J'ai loupé un épisode non? dit Mary doucement et lentement. Que s'est-il passé?

-Je viens de l'envoyer balader suite à sa demande en mariage, je lui réponds, lentement, culpabilisant légèrement. 

 

Mary éclate de rire, enfin, non elle n'éclate pas de rire, elle s'écroule de rire sur la table, les larmes aux yeux. J'attends qu'elle ait fini son fou rire pour lui parler, cela me mettra en retard mais tant pis. 

 

-La vie sans toi Céleste serait monotone et ennuyeuse! dit-elle alors que son fou-rire semble tarir. 

 

Elle reprend son souffle et tente de reprendre son calme.

 

-Es-tu sûre de ton choix? Te marier avec Eden t'apporterait une certaine liberté puisque ta grand-mère ne viendrait plus t'importuner avec sa volonté de te marier. 

-J'en sais rien, je soupire. Je suis trop jeune pour pensant à cela et je tiens trop à ma liberté. Je n'ai pas envie d'être enchaînée à cette institution toute ma vie. Je te rappelle que c'est pour la vie le mariage! Je ne suis même pas sûre qu'Eden soit l'homme de ma vie! Je ne suis pas Marlène!

-Réfléchis-bien, Céleste! Eden t'apportera stabilité et tranquillité, il n'est pas possessif, ni insistant, ni caractériel. Si jamais tu rencontres un autre homme, tu te sépares d'Eden, ce n'est pas compliqué!

 

Sauf que mon éducation m'oblige à demeurer fidèle à un homme! Je suis liée à mon éducation de jeune fille de bonne famille plus que je ne le pensais. 

Pendant toute la matinée, je repense à la conversation que j'ai eu avec Mary. Je suis complètement perdue. J'irai voir Marlène ce week-end, peut-être qu'elle pourra me guider. 

 

 **********

 

Mal à l'aise, je toque à la porte de Marlène avec l'espoir qu'elle soit chez elle. Elle m'ouvre la porte, je m'engouffre dans son appartement et lui annonce que j'ai besoin de lui parler de quelque chose de très important.

 

-Nous serons ravis de t'écouter, Black, dit une personne d'un ton moqueur. 

 

Avec effroi, je me rends compte que Marlène n'est pas seule. Gideon et Fabian Prewett sirotent un thé dans le canapé, L'aîné me salue d'un signe de tête alors que le cadet me regarde avec un sourire moqueur. 

 

-Ne pourrait-on pas parler dans un endroit à l'abri d'oreilles indiscrètes?

-Dans la cuisine!

 

J'attrape Marlène par le bras et nous enferme dans la cuisine en prenant soin d'insonoriser la pièce. 

 

-J'ai un problème, un gros problème. Eden m'a demandé en mariage et j'ai dis non. Il ne me parle plus depuis. 

 

C'est vrai, il refuse de m'adresser la parole mais discute en m'ignorant totalement avec Cathleen lorsque nous prenons nos repas ensemble. Cathleen est amusée de la situation, pas moi. Il dort même dans une chambre d'amis! Cette situation m'énerve tellement que j'ai perdu mon calme au travail en disant ses quatre vérités à ma chef, depuis, elle me parle plus que par notes volantes et m'adresse un regard noir lorsque nous nous croisons. 

 

-Pardon?

 

Merci Marlène pour tes conseils avisés!

 

-Je dois vraiment tout expliquer?

-Non. Sache que tu es une idiote! Ce garçon t'aime énormément, vous êtes ensemble depuis vos seize ans, ce n'est pas rien. Comprends-le aussi, il a failli te perdre, il était déboussolé, anéanti. Il est tellement attaché à toi qu'il est capable de te demander en mariage alors que tu es contre et que tu as un sale caractère! Il lui en faut du courage!

-Si je comprends bien, tu es en train de me dire de changer d'avis et d'accepter?

-Oui!

-Ce n'est pas l'homme de ma vie! Ce n'est pas comme toi avec Fabian!

-Au pire, tu le largues! Le divorce sera bien admis un jour ou l'autre alors fonce! Tu as la chance d'avoir un garçon gentil et attachant qui t'aime! Il sait très bien qu'il t'aime plus que tu ne l'aimes!

-Tu me dis exactement la même chose que Mary, ça ne m'aide pas! C'est terriblement égoiste ce que vous me dites!

-Parle avec ta soeur!

 

Bizarrement, c'est un sujet de conversation que j'évite avec ma soeur car mon instinct m'indique qu'en parler la blesserait. Depuis plusieurs semaines, elle ferme à clé sa chambre pour ne pas que j'y rentre et elle apparaît avec des suçons, je suis sûre qu'elle a un copain mais elle ne m'en a jamais parlé avec elle. A mon avis, elle le cache car elle sait que je ne l'aimerai pas et évite ainsi les problèmes. 

 

-Il faut qu'on abrège cette conversation, je te rappelle que j'ai des invités!

-Je peux rester?

-Bien sûr à condition que tu n'étrangles pas Fabian!

 

Je ris à cette condition et c'est de meilleure humeur que je m'installe à côté de Gideon, laissant la place à coté de Fabian à Marlène.

 

-Vous n'avez pas discuté très longtemps pourtant, l'objet de ta visite était très important remarque Gideon, curieux. 

-Le problème est à moitié réglé, c'est pour ça!

-Titine, veux-tu du thé? me demande Marlène.

 

Je me pince les lèvres pour ne pas rire, Marlène qui se comporte en parfaite hôtesse est vraiment surprenant. J'accepte volontiers une tasse de thé et Gideon me pose des questions sur mon travail, sur ma soeur et s'intéresse au rôle des elfes au manoir. J'oublie très souvent que tout le monde n'a pas d'elfe chez soi, cela me gêne toujours quand les gens m'en parlent car j'ai l'impression d'être une aristocrate ayant des esclaves alors que les elfes sont loin d'être des esclaves au manoir. Demandez-leur de partir, ils vous regarderont avec de grands yeux, choqués. 

 

-C'est Molly qui devrait avoir un elfe de maison avec toutes les charges qu'elle a! dit Fabian.

-Ma soeur lui a proposé plusieurs fois que Hykia vienne l'aider mais elle a toujours refusé. Nous ignorons pourquoi. 

-Nos soeurs semblent s'apprécier, on va certainement se recroiser à l'avenir, me dit Fabian moqueur.

-Même si je ne pourrais jamais te considérer comme ami, j'ai accepté l'idée que tu fasses parti de mon entourage, je lui réponds avec un sourire.

 

Marlène me lance un clin d'oeil et cache mal sa satisfaction de me voir enfin parler à Fabian comme une personne civilisée.

 

-Je suis toujours étonné de constater à quel point tu es franche. C'est peu habituel chez les Black, dit Gideon en souriant.

 

Par certains aspects Gideon me fait penser à Eden et même à Lupin. Il est calme, posé et gentil, il a un magnifique sourire. 

 

-Sirius et moi sommes les deux exceptions de cette famille!

 

     ********

 

Alors que je monte les escaliers pour aller dans ma chambre, je croise Eden qui me lance son habituel regard furieux. Cette situation ne peut plus durer et je dois être courageuse pour lui annoncer ce que j'ai décidé. 

 

-Eden, on peut parler, j'ai quelque chose d'important à te dire. Rejoins-moi dans le petit salon.

 

Quelques minutes après, Eden arrive dans le petit salon. Le petit salon est plus un boudoir mais Cathleen et moi l'avons toujours appelé petit salon.

-Je t'écoute, Céleste mais fais-vite car j'ai que très peu de temps à te consacrer, me dit-il, hautain. 

 

Courage Céleste!

 

-Je sais que je ne suis pas quelqu'un de très agréable à vivre. Je m'énerve facilement et j'ai quelques restes de mon éducation Black, ce qui m'amène à être parfois arrogante ou froide. Il me semble qu'au fond, je ne suis pas quelqu'un de si détestable que cela. Je sais que tu m'aimes plus que je ne t'aime mais cela me fend le coeur de te voir aussi furieux contre moi. Ces derniers temps, tu m'as vraiment manqué et c'est vraiment à ce moment que je me suis rendue compte que je suis très attachée à toi, que finalement, je t'aime plus que je ne le pensais. Ta présence dans ma vie m'a apportée une certaine stabilité et beaucoup de réconfort.

 

-Céleste, abrège! J'ai l'impression que tu veux rompre!

 

-Non, ce n'est pas ça, c'est même tout le contraire. J'accepte ta proposition. Oui, je veux t'épouser!

 

Le cri de joie d'Eden me brise les tympans. Il se lève du canapé et se jette sur moi en m'enlaçant très fort en murmurant qu'il est heureux très heureux. Il est même au bord des larmes. Cet homme est trop sensible!

 

-Je peux émettre une condition?

-Vas-y!

-S'il te plaît, ne rejoins jamais l'Ordre du Phénix!

 

Cette demande me coupe le souffle. Comment peut-il penser que j'ai l'intention de rejoindre l'Ordre du père Noël? Je déteste ce dernier! Je comprends enfin ce que Marlène m'a répété. Eden était vraiment anéanti lorsque j'ai disparu, il ne veut pas que je risque ma vie, il ne veut pas me perdre définitivement. Je pensais que c'était du pur égoïsme mais en fait, c'est une marque d'amour! Il a de la chance, je ne veux pas servir sous les ordres de Dumbledore alors que je peux aisément respecter sa condition. 

 

********

 

-On est pas ridicule à poser ainsi en attendant le retour de ta soeur?

-Ouais je suis d'accord! Je commence à me les peler. 

 

Lily et moi sommes en petite tenue au milieu de l'atelier de ma soeur pour les essayages de nos robes de mariée. Cathleen est sensée revenir mais elle est partie depuis plus d'un quart d'heure et n'est pas décidée à revenir. Elle nous a interdit de bouger mais je m'en fiche, je veux pas attraper froid!

 

-Attends, je vais chercher ma baguette pour lancer un sort de réchauffement.

-Quelle bonne idée! 

 

Aussitôt dit, aussitôt fait! Sauf que je me prends les pieds dans un tas de tissu et je m'étale de tout mon corps sur le sol alors que Lily rit! Je comprends pourquoi Cathleen ne veut pas qu'on bouge, le sol est jonché de tissus, et d'aiguilles. Elle est bordélique dès qu'il s'agit de couture!

 

-Je ne suis pas la seule à aimer les sols!

-La ferme, Evans!

 

Alors que je me redresse, en ayant mal aux genoux, Cathleen ouvre la porte, un peu rouge avec un petit sourire étrange avant de me voir et de me gronder parce que j'ai bougé!

 

-C'est seulement maintenant que tu arrives? On t'a entendu pendant au moins vingt minutes! Où étais-tu? je l'interroge légèrement agacé.

-J'étais partie chercher de la dentelle dans ma réserve mais j'ai croisé Sirius qui m'a rendu un livre que je lui avais prêté. 

 

Lily hausse les sourcils et n'est pas convaincue par l'explication de ma soeur. Mentirait-elle? 

 

-C'est quand déjà vos mariages? 

-Le 3 juillet pour moi et le 14 juillet pour Céleste.

-Le 14 juillet? Tu as choisi la fête nationale des français moldus pour te marier? C'est fait exprès?

 

Un petit peu en effet. J'avais besoin d'un lien avec ma mère alors j'ai trouvé que cette date était parfaite pour cela. Je n'ai pas envie de me laisser dans des explications foireuses alors je souris. Je voulais aussi que le mariage ait lieu pendant les vacances scolaires car j'ai invité Harper et Charity. En y repensant, Eden et moi avons invité énormément de personnes

 

-Cathleen, tu ne peux pas abréger la séance d'essayage? En plus, la robe est quasi terminée, tu peux rajouter la dentelle sans que je sois là!

-Non! Je veux que cette robe soit parfaite alors elle le sera. Tu restes là et tu arrêtes de bouger!

-On peut parler quand même? 

-Mouais.

 

J'appréhende ma rencontre avec les Macmillan, ils nous ont invités demain après-midi et je sais déjà que cela ne va pas bien se passer! Heureusement, ma grande tante Cassiopeia m'a aussi invité à prendre le thé alors cela me donner une raison pour ne pas rester très longtemps chez Macmillan.

 

-Cathleeen, j'en ai maaaaarre des essayages. Quand est-ce que c'est fini? se plaint Lily.

-Lorsque tu seras mariée avec ce voyou arrogant, prétentieux qu'est James Potter! je lui réponds narquoise.

 

Elle me lance un regard noir alors Cathleen et moi éclatons de rire! 

 

       ********

 

J'attends Eden dans le hall, la boule au ventre, je suis très anxieuse, nous devons aller aujourd'hui chez ses parents et j'ai pas envie d'y aller. Eden veut y aller, je crois que c'est son grand-père qui l'a un peu forcé à accepté l'invitation. Lorsqu'il descend les escaliers, je constate son teint pâle et son visage fermé indiquent qu'il n'est pas plus enthousiaste que moi!

 

-Prête?

-Non!

-Au moins, on est deux!

 

Je lui serre la main très fort pour lui communiquer tout mon soutien. Il n'a aucune nouvelle d'eux depuis plusieurs mois, j'espère que ses parents seront conciliants avec lui. Il me fait transplaner dans la campagne anglaise devant un charmant cottage. Eden doit me prendre pour une reine si on compare la taille du cottage de ses parents avec celle de mon manoir! Eden toque à la porte et quelques secondes après, un homme grand, les cheveux gris-blonds apparait dans l'encadrement de la porte. Mr McMillan est un bel homme et ressemble fort à son père.

 

-Bonjour père, dit Eden d'un ton poli.

-Bonjour, Eden. Entrez donc.

 

Eden me prend ma veste et la range dans un placard du vestibule. Une voix retentit dans la maison en demandant si « le déserteur est arrivé avec sa... ». Je n'ose le répéter tellement c'est malpoli. Cela commence fort bien!

 

-Enchanté, Mr Macmillan, je m'appelle Céleste. Vous avez un très beau jardin et une très belle maison. 

 

Merci, mère de m'avoir appris à garder mon sang-froid! Tes leçons de bonne conduite servent enfin à quelque chose!

 

-Enchanté miss Black, ma femme vous attend dans le soin. Eden vous montrera le chemin, je vais chercher le plateau de thé. 

-Ma pauvre, Céleste, dans quelle galère, je t'ai entraînée, murmure Eden en soupirant. 

 

Eden m'emmène dans le salon dans lequel une femme élégante est installée dans un fauteuil bleu. En m'approchant d'elle, je remarque instantanément la ressemblance entre Eden et elle, ils ont la même forme de visage et les mêmes yeux. Comme lui, elle a quelques taches de rousseur. 

 

-Bonjour mère. Je vous présente ma fiancée, Céleste.

-Tu aurais pu t'en abstenir. Je pensais que tu serais seul.

-Mère, vous nous avez invités tous les deux! proteste Eden.

-Par politesse seulement. Si tu avais suffisamment intelligent pour comprendre entre les lignes, tu aurais compris que la présence de ta vipère de fiancée -elle prononce ce mot avec dégout- n'était pas souhaitée. 

Je me mords la langue pour ne pas répondre. Si j'ouvre la bouche, je crache mon venin et elle comprendras ce qu'est une vipère! Je dois rester calme, pour Eden, que je ne sens pas très à l'aise. Comment ose t-elle parler avec autant de méchanceté à son fils qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs mois? 

 

-Asseyez-vous, les enfants. Ne restez pas plantés au milieu du salon, prenez place dans un fauteuil. 

 

Je m'installe dans un fauteuil rouge, pas très confortable mais le vert ne me tentait pas. J'ai l'impression qu'en m'y asseyant, c'est comme si j'avais eu écrit Serpentard sur le front. Je suis terriblement mal à l'aise, je n'ose dire quoique ce soit de peur de commettre un impair. 

 

-Ainsi, vous avez décidé de vous marier, dit Mrs Macmillan d'un ton hautain.

 

J'ai l'impression d'avoir Walburga en face de moi et ce n'est pas une impression très agréable. 

 

-C'est cela, mère.

-N'aurais-tu pas pu trouver mieux qu'une Black? Une Black réputée pour son mauvais caractère, mélangé à une folie qu'elle tient de son côté Rosier. 

 

Je crois qu'à force de me mordre la langue, je vais finir à Sainte-Mangouste pour qu'ils me la recousent. 

 

-Aurelia, même si nous n'approuvons pas le choix d'Eden, évitons d'être blessants. Respectons son choix.

-Je fais ce que je veux, Andrew! Il s'agit de l'avenir de mon fils, j'ai le devoir de l'empêcher de faire une bêtise. 

 

Mr Macmillan se tait. Il faut croire que les hommes Macmillan préfèrent les femmes autoritaires! Trois générations de Macmillan ont épousé ou vont épouser une femme dotée d'une forte personnalité. 

 

-Je n'ai pas l'impression de faire une bêtise, mère!

-Pourtant, vous en faites une! Votre fiancée a du sang Rosier et les Rosier ne sont pas connus pour leur fidélité! Ils sont fous et n'ont aucune limite! Pourquoi n'as-tu pas fait comme ton frère qui a épousé une jeune fille respectable?

-Vous rigolez, mère? Ma belle-soeur est une vipère déguisée en ange! Elle colporte des ragots sur n'importe qui! Vous l'appréciez parce qu'elle vous ressemble!

 

Mr Macmillan tente de s'interposer entre sa femme et son fils mais en vain. Ils continuent de se disputer et moi, je bois mon thé tout en grignotant un scone pour m'occuper.

 

-Que faites-vous dans la vie? me demande Mr Macmillan.

-Je travaille au département de la justice magique. J'écris notamment des résumés des dossiers complexes et je sers d'intermédiaire entre les services et la directrice du département. 

-Une Black au ministère de la justice magique, on aurait tout vu! Les directeurs sont idiots de faire confiance à des êtres tels que vous par les temps qui courent. 

 

C'est officielle je hais Aurelia Macmillan. M'accuser d'être une mangemort est la pire chose qu'elle ait pu faire depuis le début de mon arrivée.

Eden s'apprête à répondre mais je lui presse la main pour lui faire comprendre que je m'en occupe. 

 

-M'accuserez-vous d'être une mangemort, Mrs Macmillan? je lui demande du ton le plus hautain que j'ai en réserve. 

-Je suis ravie que vous, à l'inverse de mon fils, vous comprenez les sous-entendus. 

-Sachez, Mrs Macmillan, que je n'ai jamais émis le souhait de grossir les rangs de Voldemort. Je suis pour l'égalité pas pour la division. J'avoue avoir un mauvais caractère mais si votre fils qui est la bonté incarnée, chose que vous ignorez certainement, m'a choisie, c'est que je n'ai pas que des mauvais côtés et qu'il m'aime assez pour se marier avec moi, moi, la vipère de Black!

 

Je précise que le tout est dit d'un ton froid sans hausser une seconde le ton. Mr Macmillan est surpris de mon intervention et est content que quelqu'un ne se laisse pas faire par sa femme. 

 

-Vous n'êtes pas digne de mon fils! crache Mrs macMillan. 

 

Je crois que si on me donnait une mornille à chaque fois que l'on me dit que je suis indigne de quelqu'un ou de quelque chose, je pourrais acheter l'équipe de Quidditch d'Angleterre. 

 

-Selon vous, je suis indigne de votre fils, si vous ne voulez pas venir à notre mariage, cela m'importe peu mais vous décevrez énormément votre fils pour qui vous n'éprouvez pas la moitié de l'affection que vous portez à votre aîné. Je ne vous remercie pas de m'avoir invité étant donné votre comportement envers votre fils néanmoins je vous souhaite une bonne soirée. Étouffez-vous avec votre thé, cela sera amplement mérité!

 

Je me lève, la tête haute, je les quitte alors que Mrs Macmillan est sur le point de m'étriper! Eden salue ses parents et me suit. 

 

-Tiens, prends ton manteau, je lui dis.

-Je suis désolé. 

-Ce n'est pas à toi de t'excuser, ta mère est détestable. 

-Et vous vous êtes comportée avec beaucoup d'élégance, commente Mr Macmillan en s'approchant de nous. J'aurai préféré qu'Eden ne se marie pas avec une Black mais il vous a choisie alors je respecte son choix mais sa mère vous déteste, j'en suis terriblement navré mais je ne peux rien faire si ce n'est de la convaincre d'assister à votre mariage. 

-Merci, père, dit mon fiancée avec un sourire lasse. 

 

Nous quittons la demeure Macmillan, Eden rejoint Lupin au Trois Balais alors que moi, je transplane chez ma tante Cassiopeia qui est toujours enchantée de ma venue chez elle. 

Mariages by MissArty
Author's Notes:

Bonjour!

Je me suis apercue que je n'avais pas fait la partie sur le mariage de James et Lily juste avant la publication du chapitre, cette partie est donc moins travaillée, j'espère que le chapitre tout entier vous plaira!

Merci à Lina Black pour sa review :)

Bonne lecture :)

-J'ai une retouche à faire sur ta robe, Lily! Je vais demander à Hykia de t'arranger ça. Fais attention, ta cheville gauche est mal épilée, annonce Cathleen. 

 

Lily me lance un regard d'appel au secours mais je ne peux rien faire pour elle. Lorsque Cathleen a décidé quelque chose, il est difficile de la détourner de son objectif. La cérémonie commence dans une demie-heure et sa robe n'est pas prête, elle doit être stressée. Mary la coiffe, Marlène la maquille et moi je lis un magazine de mode moldue apportée par Mrs Evans assise dans un fauteuil, donc je ne fais rien! La porte s'ouvre et Lily tourne violemment la tête si bien que Marlène l'éborgne avec le mascara et Mary manque de se mettre une épingle dans les yeux. Ce n'est que Sirius!

 

-Sirius, s'écrie Lily. va t-en! Je suis en petite tenue, James te tuerait s'il l'apprenait.

-Lily, soupire amusé Sirius, il y aurait un problème si tu étais en petite tenue dans mon lit mais là tu es entourée de tes amies debout dans la chambre d'amis des Potter! Je t'ai déjà vue en maillot de bain alors c'est pareil. 

-Ce n'est pas une raison! Sors de cette picèce

-Pilaro, dis-je afin que les quelques poils en trop disparaissent de la cheville de Lily.

-Pilaro? s'étonne Sirius.

-Tu veux que je te le lance aussi? Prends ta forme de chien, ça serait plus drôle, lance-je narquoise.

 

Sirius comprenant la nature de ce sortilège, s'en va rapidement prétextant que M.Potter demande à le voir. 

 

-Il est absolument sans gêne! rouspète Mary.

-C'est parfois amusant! dis Cathleen en rentrant dans la pièce. Tiens, Lily, enfile ta robe pour que je vois si le décolleté doit être encore rectifié.

 

Lily enfile sa robe, Cathleen a fait un travail remarquable. Des lys brodés s'ouvrent et se ferment, c'est époustouflant! Au bout de dix minutes, Lily est prête et est magnifique. Mary lui a fait un chignon fouillis élaboré ravissant et Marlène a finalement opté pour un maquillage sobre car «Lily n'a besoin d'aucun artifice tellement elle est belle de nature.»

 

-Je vous quitte, je dois rejoindre ma place! A toute à l'heure! chantonne Marlène, encore plus joyeuse que d'habitude. 

-Prêtes les filles? nous demande Lily.

-Si je dis non, tu me tapes avec ton bouquet?

-Oui!

-Alors tout va bien! N'est ce pas Mary?

 

Mary ricane, d'excellente humeur. C'est vrai que le mariage de sa meilleure amie n'arrive pas tous les jours! Assisterai-je moi aussi au mariage de Marlène?

 

Lily prend une grande respiration, les joues un peu rouges d'excitation descend les interminables escaliers du manoir Potter en essayant de ne pas tomber. Une fois, je suis tombée dans ces escaliers et je me suis fait très mal, je dois avouer que tenter de descendre les escaliers en jouant au Quidditch n'est pas une bonne idée (on a fait ça une fois avec les garçons en vacances, je ne risque pas de recommencer).

 

-Pourquoi on est obligé de passer par une cérémonie? Tout ce que je veux, c'est me marier avec James! ronchonne Lily.

 

Lily est une personne discrète et n'aime pas attirée l'attention des gens. Elle est tellement adorable à être pressée de se marier avec James!

 

-Il y a encore trois ans, tu n'acceptais même pas l'idée d'être avec lui alors que tu sortais avec lui depuis plus de six mois! se moque Mary.

-Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! C'est le moment, les filles! 

 

Muettes nous nous dirigeons vers le milieu du jardin, où se tient la cérémonie. Les Potter ont insisté pour que James et Lily se marient dans leur manoir. Le jardin n'a pas décoré, il est comme d'habitude. Lily a voulu faire dans la simplicité, elle a eu raison car les Potter sont malades et n'ont pas besoin de soucis en plus de leur santé. A côté de moi, j'entends Mary fredonner une chanson des Beatles pour réduire son stress, elle commence à me le communiquer. Ma robe est plutôt longue et j'ai peur de me casser la figure surtout que j'ai des talons donc je suis mal à l'aise!

Il y a peu d'invités, il y a les Maraudeurs, Mary, Marlène, moi, les Potter, les Evans, Emmeline Vance et les Londubat. Eden devait m'accompagner mais il a attrapé un rhume. Lorsque nous arrivons, James dévore Lily des yeux, il l'aime d'un amour passionnel. Lily lui sourit, fière de son petit effet sur son futur mari. Sirius me lance un clin d'oeil avant de reprendre un air plus sérieux.  Le fonctionnaire du ministère a une voix plutôt monotone, ce qui m'agace. Je suis à la limite d'intervenir mais Mary me lance un regard qui m'en dissuade. 

 

-Lily Rose Evans voulez-vous prendre pour époux, James Fleamont Potter?

-Oui, répond Lily fermement. 

-James Fleamont Potter, voulez-vous prendre pour épouse Lily Rose Evans. 

-Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme jusqu'à ce que la mort vous sépare, annonce le fonctionnaire. 

 

Sa déclaration vaut acceptation du mariage, Lily et James sont unis par un lien magique, leurs voeux ne peuvent être rompus que par la mort. Le divorce n'est pas accepté chez les sorciers, et je pense que le sacrement du mariage perdura encore pendant de longues décennies. 

Mrs Evans et Potter pleurent de joie, Mr. Potter a les larmes aux yeux. Marlène et Emmeline affiche un grand sourire mais dans leur regard, je distingue une lueur mélancolique. Me marierai-je aussi? semble dire leur regard. Le mariage fait rêver beaucoup de jeunes filles et de jeunes hommes, mais il ne faut pas se leurrer. Le mariage n'est pas à prendre à la légère puisqu'on est uni à son partenaire à vie. Je déteste cette notion du mariage. 

Mary qui a eu la bonne idée d'apporter son appareil photo nous mitraille sans cesse, souriant comme jamais. Elle a pu surprendre Mr. et Mrs Potter en train de s'embrasser, Alice tirant la langue à son mari, Marlène expliquer avec de grands gestes quelque chose à Pettigrow qui la regarde mi blasé, mi amusé... Elle poursuit surtout notre couple du jour! Sirius ne quitte plus son sourire et est heureux pour son frère de coeur. Nous dinons chez les Potter. Les Evans, craintifs au départ, se détendent et sont étonnés de l'existence des elfes des maisons. Lorsqu'ils nous expliquent comment les moldus imaginent les elfes, nous éclatons de rire et le repas se passe dans la joie et la bonne humeur. Lorsque les parents disparaissent, nous sortons les bouteilles d'alcool avec contentement avant Mary tient à nous prendre en photos, tous ensemble. Celui qui a le plus grand sourire est James mais Sirius peut aussi prétendre à ce titre. 

Après avoir dansé et bu, Mary, Lily, Marlène et moi nous asseyons sur l'herbe face à un bosquet de fleurs. 

 

-Les gens disent que le mariage est le plus jour de leur vie, je suis complètement d'accord avec eux, lance Lily. Jamais je n'aurai cru être mariée à James, le garçon qui m'énervait, je ne regrette pas mon choix. Et toi, Céleste, es-tu excitée de te marier avec Eden.

-Plutôt stressée.

-Stressée? s'étonne t-elle, me demandant du regard d'en dire plus. 

-Je suis stressée car j'ai des doutes sur ce mariage. Sera-je heureuse avec lui? L'aime-je vraiment? 

-Ne te pose pas de question! Fonce! Si tu ne l'aimes pas, ne te marie pas avec.

 

J'échange un regard entendu avec Mary et Marlène qui elle, me conseillent de me marier et de me séparer ensuite si être avec Eden devient impossible. Lily pense différemment et je ne veux pas créer la zizanie entre mes amies alors je me tais mais Lily s'accroche à continuer notre conversation. C'est facile pour elle, elle était ravie de se marier, elle répétait au moins trois à chaque fois qu'on la voyait qu'elle se mariera très bientôt avec James!

 

-Es-tu heureuse lorsque tu vois Eden? Ressens-tu sa présence comme une protection? Te sens-tu en confiance lorsque vous dormez ensemble?

-Je crois que je me suis habituée à sa présence à mes côtés, dormir avec lui apaise mes cauchemars.

-Tu l'aimes alors! La question ne se pose plus!

 

Depuis quand Lily se fait l'avocate de l'amour? La romantique du groupe, c'est Marlène normalement! Des reniflements me sortent de mes pensées. Marlène, en larmes, renifle.

 

-Marlène, pourquoi pleures-tu? 

-C'est trop beau de se marier mais j'ai peur que les mariages ne nous éloignent. Moi, je vous aime, je veux pas vivre sans vous! En plus, Mary est de moins en moins en Angleterre, elle va nous quitter. 

-N'importe quoi! s'écrie Mary. J'envoie régulièrement du courrier lorsque je suis à l'étranger, demande à Lily! 

-Ce n'est pas parce que je vais me marier que tu vas cesser d'être ma meilleure amie. Nous serons toujours ensemble. Notre amitié est plus forte que l'amour.

 

Marlène m'étreint avec force en me murmurant qu'elle m'aime énormément. Je crois qu'elle a trop bu! Mary et Lily se moquent de sa sensibilité et la rassurent en même temps. Elle finit par se calmer, à notre plus grand soulagement.

 

-Salut les filles! De quoi vous parliez?

-De mariage! 

-Un sujet de conversation incongru en ce jour spécial, plaisante Alice en se faisant une place entre Lily et moi.

-Tu étais stressée avant ton mariage?

-Oui et non. J'étais stressée car j'avais peur que les invités ne viennent pas, que le gâteau tombe par terre mais j'étais très heureuse à l'idée de passer le restant de mes jours avec Frank. Fabian a fait un discours mémorable, en tant que témoin, en me déconseillant de blesser Frank sinon j'aurai à faire à lui! Il a continué son discours sur cette note, mettant une très bonne ambiance.

 

Marlène éclate de rire en disant qu'il lui fait penser à quelqu'un, je lui lance un regard noir, me sentant visée, mais elle continue en s'étouffant à moitié. Alice l'observe avec un sourire attendri. 

 

-Fabian a toujours été protecteur avec les gens qu'il aime, préférant même s'en éloigner pour ne pas les mettre en danger. Il a tenté de le faire avec sa soeur, par exemple, mais elle a copieusement grondé sur son absence au repas de famille. Il a tenté aussi de le faire avec toi, Marlène mais c'est de plus en plus difficile pour lui, il finira par craquer. 

-Avant mon mariage, ça serait bien! Marlène serait ravie d'y venir avec lui!

-Il le fera, soutient Alice. Elle est comment ta robe de mariée? C'est ta soeur qui l'a faite? Elle a cousu la mienne et son travail est remarquable, j'étais magnifique dedans même ma belle-mère m'a complimenté!

 

Cette phrase m'arrache un sourire, Augusta Londubat est connue pour être difficile à contenter, un peu comme ma grand-mère, mais en plus supportable!

 

-Les filles, venez! Les garçons veulent jouer au Quidditch, lance Emmeline Vance. 

 

Lily et Mary rouspètent, disant qu'elles préfèrent regarder les étoiles, en se souvenant des cours d'Astronomie, Sirius rétorque qu'elles n'ont besoin de se souvenir que d'une étoile. Comprenant le sous-entendu, nous éclatons de rire, bêtement. Je fais remarquer que le ciel est plus important car il regroupe les étoiles. Sirius et moi nous disputons sur l'importance des étoiles et du ciel pendant que nos amis, hilares, suivent l'échange. James finit par mettre fin à la dispute en nous rappelant notre match de Quiddich.

Emmeline, Lily et Lupin préfèrent observer plutôt que jouer. Peter, James, Alice et moi contre Marlène, Londubat, Sirius et Mary. Marlène me fait un clin d'oeil, amusée, je trouve ça bizarre d'être dans l'équipe adverse. Nous n'avons jamais été séparées! Nos trois observateurs servant d'arbitres papotent dans leur coin alors que la bataille fait rage dans le ciel. Le problème concerne Marlène et moi, nous connaissons tellement bien le jeu de l'autre que nous prenons le souffle avec facilité. Pettigrow est un bon gardien, ce qui m'étonne. Il a dû jouer avec ses amis durant les vacances scolaires. Londubat est l'autre gardien et il est plutôt fort même redoutable, ce qui énerve Alice qui marque difficilement. 

Résultat, après une heure de lutte acharnée, nous décidons que mon équipe à gagner. Marlène propose de fêter cela (même si elle n'a pas gagné) au nom de l'amitié. J'ai pas compris le rapport mais tout le monde s'est servi un verre et les discussions ont repris. J'ai fait la connaissance d'Emmeline Vance, une fille charmante, un peu timide, passionnée d'Astronomie. Tout le monde décide de rester sur place. Les garçons prennent une chambre et nous choisissons toutes de dormir dans la même chambre « comme à Poudlard » fait remarquer Alice. Un peu éméchées, nous rions à nos bêtises, nous racontant des choses jamais racontées. Un sac de couchage en guise de lit, nous nous endormons les unes après les autres, satisfaites de cette journée, en gardant à l'esprit que le réveil sera difficile!

 

********

 

Deux jours après le mariage des Potter, je retourne à mon bureau, maussade. J'ai passé un excellent moment au manoir Potter. Nous n'étions pas nombreux mais cela ne nous a pas empêchés de faire la fête. Je me serais volontiers passée de la gueule de bois le lendemain. Quand je suis rentrée au manoir, Eden, en pleine forme, écrivait une lettre à Charity. Il m'avait piqué une potion qui accélère le processus de guérison, une potion à consommer avec modération sous peine d'en être addictif. 

Mon bureau est évidemment envahi de dossiers, ma chef me prend vraiment pour un larbin. Vivement que j'ai une promotion! Soit les dossiers concernent la guerre, soit des délits ou crimes. C'est déprimant mais il faut bien que quelqu'un traite ces dossiers! A l'heure du déjeuner, mon ventre gargouille mais je tente d'ignorer ma faim, concentrée sur une affaire de recel d'objets de magie noire.

 

 

-J'ai réussi! s'écrie soudainement quelqu'un en défonçant presque la porte du bureau.

 

Je sursaute en poussant un cri en sortant ma baguette coincée dans la manche de ma robe. Le tout en moins d'une seconde. Je me détends lorsque je constate que le bruit provient de Marlène.

 

-Tu as réussi à faire quoi? demande-je, complètement perdue. Tu as invité Fabian à mon mariage? suppose-je, reprenant mes esprits.

 

Mary et moi l'avons coachée pour qu'elle convainc Prewett de l'accompagner à mon mariage. 

 

-Encore mieux!

-Vous sortez ensemble?

-Ouiiiiiiiiiiiiiii.

 

Que Merlin soit béni! Ce jour ardemment souhaité et attendu est arrivé!

 

-Ce jour est à marquer d'une pierre blanche! Je vais lui envoyer une lettre cordiale pour une fois, cela changera des beuglantes. 

-Des beuglantes?

 

Je ne lui ai jamais parlé des beuglantes que j'ai envoyée à Prewett lorsqu'il l'ignorait ou la faisait pleurer. J'ai un côté mère poule protectrice avec mes amies!

 

-C'est une affaire entre Prewett et moi.

 

Marlène explose de rire. Elle fait apparaître une chaise dans la pièce minuscule et sort de son sac deux lunch box pour que l'on déjeune ensemble. Elle pense à tout! Heureusement, je peux lire les documents, manger et écouter Marlène, c'est une habitude acquise à Poudlard lorsqu'au moment des ASPICS, je mangeais en révisant tout en écoutant Marlène d'une oreille! 

Nous parlons de Prewett, de médicomagie, de mon mariage et de celui des Potter. Ma chef n'est pas venue une seule fois dans mon bureau alors ce moment passé avec ma meilleure amie a été agréable.

 

 

*********

 

Je suis sûre que ce mariage est une mauvaise idée! Je sais même pas si je suis toujours amoureuse d'Eden! J'ai pas envie de porter le nom d'une famille qui ne m'aime pas!

 

-Titine? Es-tu prête?

-Je ne veux pas me marier.

-Quoi? s'écrie Sirius. Je n'ai pas supporté l'angoisse de ta soeur pour rien! Ressaisie-toi! Aujourd'hui doit être le plus beau jour de ta vie!

 

Pas quand on s'appelle Céleste Black. Je suis sûre que mon mariage sera hors de contrôle avec de nombreuses engueulades.

 

-C'est normal qu'elle s'inquiète. Ça arrive à toutes les femmes, j'ai eu la même chose! intervient Lily.

 

C'est un gros mensonge, Lily était surexcitée et ne manifestait pas une quelconque réticence à se marier. 

 

-Je suis venu pour vous prévenir que le marié est prêt, il n'attend plus que Céleste, dit Sirius en sortant avant de revenir sur ses pas. J'oubliais: vous êtes toutes les quatre magnifiques, ajoute t-il avec un clin d'oeil. 

-C'est parti! lance Marlène, tout sourire avant s'élancer hors de ma chambre dans laquelle je me préparais avec mes amis.

-A mon avis, si Fabian n'a pas compris que Marlène est non seulement une fille charmante mais en plus une fille très jolie, c'est qu'il est stupide, remarque Mary.

-Il est stupide, c'est tout!

-Tu es tellement méchante avec lui, s'amuse Lily.

-Non, je suis lucide! Pour gagner ma confiance, il a un long chemin à faire. Je  me souviens encore des larmes versées pour lui, des coup de blues à cause de lui. 

 

Lily soupire et quitte ma chambre avec Mary. Je me retrouve toute seule avec mes pensées mais je ne dois pas me laisser submerger par elle. Avant, je dois aller sur la tombe de mes parents. Devant eux, je me rends compte à quel point je n'y vais jamais. Quelqu'un le fait et dépose des fleurs, je me demande si c'est un elfe ou Cathleen. Je caresse leur tombe, cela me donne un peu de courage. Résignée, je les quitte pour rejoindre mes invités et mon fiancé. Évidemment, je manque de trébucher, c'est à cause de Mary qui m'a convaincue de me chausser avec des chaussures de quinze mètre de haut! Le petit juron discret que je lâche fait retourner de nombreuses têtes, je leur réponds avec un petit sourire hypocrite. Droit devant, il y a Eden qui est très beau dans sa robe de sorcier, j'aurai préféré qu'il mette un costume comme les moldus. Il ne faut peut-être pas m'écouter car je voulais une robe rouge, à la place! J'ai cédé à Cathleen et j'ai une robe blanche un peu trop décolleté à mon goût. Je passe devant les invités et Fabian et Sirius me font un clin d'oeil. Je m'empêche de m'esclaffer. Après son blabla barbant, l'agent du ministère nous déclare mari et femme. Je le sens mal. 

 

-Céleste, tu vas bien? s'inquiète Eden.

-Oui, je vais bien.

 

Il est rassuré et mon angoisse et mes inquiétudes s'envolent grâce à son sourire rayonnant. 

 

-Je t'aime, lui dis-je sans réfléchir. 

 

Il me sourit et me prend la main alors que nous remontons l'allée sous les applaudissements. Avec effroi, je m'aperçois que je lui ai dit seulement deux fois « je t'aime ». Va t-il supporter ma froideur longtemps? Très vite, les gens viennent nous féliciter personnellement. Que c'est barbant! Le dernier couple à me féliciter se compose de Marlène rayonnante et de Fabian avec un sourire que je ne lui connaissais pas. Me rappelant de mes devoirs de meilleure amie, j'attrape Fabian par le bras en disant à Marlène et Eden que je reviens très bientôt. 

 

-Black! Quand vas-tu enfin avoir confiance en moi?

-Je n'ai pas confiance en toi. Tu aimes Marlène depuis des années et tu l'as éloigné de toi. Sais-tu combien cet éloignement l'a blessée? J'ai toujours essayé de la maintenir hors du chaudron. Elle se noyait dans la douleur à cause de ton indifférence. Es-tu véritablement sérieux avec elle aujourd'hui? Etes vous ensemble pour une durée indéterminé? 

-Je suis sérieux avec elle, je l'aime et je compte rester avec elle longtemps. Elle est merveilleuse!

-Si tu dis que tu es sérieux, je te crois mais je ne te fais pas confiance. Je continuerai de me méfier de toi, je te surveillerai. N'oublie pas que Marlène est une grande romantique. Si votre relation est sérieuse et forte, alors elle penseras au mariage. 

-Le mariage?

-Oui le mariage! 

-Par le caleçon de Merlin! 

 

J'éclate de rire et Fabian fait de même. Peut-être qu'un jour nous pourrons nous entendre finalement, lorsque je lui ferai enfin confiance. Sirius vient briser ce moment rare entre Fabian et moi pour m'annoncer que Cathleen et ma grand-mère se disputent. En un instant, l'allégresse a disparu pour laisser place à la colère. D'un pas déterminé, je suis Sirius, Fabian sur nos talons. Mains sur les hanches, ma soeur domine de toute sa hauteur ma grand-mère qui malgré son apparente assurance semble se ratatiner devant l'air menaçant de Cathleen qui lui hurle qu'elle n'est peut-être qu'un cracmol mais qu'au moins, elle est respectable et a un sens de l'honneur. 

 

-Cathleen, que se passe t-il?

 

Elle se tourne vers moi, son regard s'adoucit automatiquement.

 

-Cette garce nous a encore insultées et a osé dire que nos parents seraient furieux de te voir mariée à un homme aussi insignifiant qu'Eden!

 

La tête haute, et le regard mauvais, je m'avance vers ma grand-mère. Tous nous regardent et savourent d'avance le spectacle. 

 

-Madame, je me marie avec qui je veux et mes parents seraient très heureux de me voir mariée avec Eden plutôt qu'avec un Lestrange, un Malefoy ou même un Nott. Si vous continuez de gâcher mon mariage, ma vie et celle de ma soeur, je n'hésiterai pas à vous lancer les Doloris les plus douloureux de votre vie, tellement douloureux que vous souhaiteriez mourir. Soyez sûre que je sais parfaitement le lancer, j'a eu un excellent professeur, lui dis-je froidement. 

-A force de te croire supérieure, Céleste, tu finiras par descendre de ton piédestal et la chute sera terrible, prédit ma grand-mère. 

-Qu'importe, je remonterai automatiquement. Je suis une Black, comme vous me l'avez tant répété pendant toute mon enfance, un Black n'abandonne jamais. 

-Méfie-toi Céleste! dit l'harpie qui me sert de grand-mère avant de transplaner. 

 

Mes amis tellement habitués à ce genre de scènes se replongent dans leur conversation, enfin, pas tous. Sirius tente de calmer Cathleen toujours furieuse. Je vais pour l'épauler mais une voix amusée m'en empêche. 

 

-Certains disent que le mariage adoucit les femmes. C'est loupé pour toi. Tu es une Serpentard jusqu'au bout des ongles, Black, entre manipulation, menace, supériorité.

 

C'est Macmillan, et plus Black mais Prewett continue de m'appeler ainsi, je ne m'y opposerai pas, j'adore mon nom de famille (de jeune fille maintenant)!

 

-C'est comme ça qu'on l'aime, Fabian. Céleste, regarde! Mrs et M.MacMillan sont venus!

 

Je me tourne vers l'endroit qu'indique Marlène et en effet mes beaux-parents sont présents, ils discutent avec Cathleen et semblent l'apprécier. Plus loin, Harper, Eden et son grand-père sont lancés dans une conversation qui amuse beaucoup ce dernier. Marlène soupire en disant qu'il n'y a pas autant d'ambiance qu'elle le pensait.

 

-Tu pensais que les gens allaient s'entre-tuer? Que Céleste se battrait en duel avec sa grand-mère? Qu'on soit au courant d'un énorme scandale?

-Quelle imagination! 

-Oui, je pensais exactement à ça!

 

Je ris bêtement et rejoint Mr et Mrs Potter qui m'inquiète de plus en plus. Elle s'affaiblit de semaine en semaine.

 

-Céleste, pourras-tu venir au manoir la semaine prochaine? Nous voulons discuter avec toi d'une chose très importante.

-C'est grave? m'inquiète-je.

-Oui et non, dit Mr Potter avec un sourire de conspirateur.

 

Ok, c'est étrange! Ils cachent quelque chose! Et cela ne me plaît absolument pas. Y aurait-il un lien avec la maladie de Mrs Potter? Je me casse trop la tête. Il me faut du whisky sinon je ne pourrais pas m'amuser. je compte sur du Whisky pour m'amuser. C'est pathétique!

 

-Il est l'heure du lancer de bouquet!

-Ouaaaaaais, s'exclame de nombreuses filles.

 

Cathleen les regarde amusée et replonge dans sa discussion avec Sirius. Ils sont toujours ensemble aujourd'hui! Marlène voyant qui je regarde hausse les sourcils et me jeter un regard entendu que je ne comprends pas. 

 

-Un, deux, eeeeet troiiiiiiiis, crie-je en lançant enfin le bouquet.

 

C'est une tradition moldue que je trouve ridicule mais les filles m'ont convaincue de le faire. Je vois toutes les femmes foncer vers le bouquet qui fait des mouvements bizarres, c'est James qui s'amuse à narguer avec « Wingardium Leviosa ».

-Tu ne crois pas que tu as passé l'âge de faire des farces?

-c'est tellement amusant! Bon j'arrête, décide t-il en voyant que je suis agacée. 

 

C'est Marlène qui attrape le bouquet sans vraiment le chercher puisqu'il arrive dans ses mains « comme par magie ». Je lance un regard furieux à James mais celui-ci hausse les épaules, mon regard se dirige vers Prewett qui est en grande conversation avec Mr.Potter donc ce peut être lui. Cela doit être un coup du destin même si je suis moyennement convaincue.

 

-Céleste! C'est moi qui ai eu le bouquet! Quel magnifique symbole! Je le donner à Fabian, il aime bien les fleurs, il pourra le mettre sur la table du salon de son cottage.

 

Un symbole? Donc elle ne croit pas à la légende entourant l'envoi du bouquet, je suis soulagée! 

 

-Tiens, Céleste! me dit Harper en me tendant un verre. Je te présente Diana, ajoute t-il en me présentant une jeune fille blonde. C'est la fille de mon voisin, elle est moldue mais est très intéressée par la magie.

-Ici, tu ne seras pas décue! C'est une maison tenue par des sorciers de pure souche!

-C'est vrai que les balais ne servent pas à nettoyer mais sont un accessoire de sport?

-Oui! Viens, je vais te montrer la cabane où l'on range nos balais!

 

Je l'emmène vers le fond du jardin, Harper derrière nous, nous passons devant la piscine et elle s'émerveille de la grandeur du jardin et pousse un soupir en disant qu'elle adorerait nager dans la piscine. Je lui dit qu'elle le pourra plus tard lorsqu'il y aura moins de monde. Je n'ai pas envie d'avoir une noyade le jour de mon mariage!

 

-Stevie, peux-tu monter sur le balai? demande Diana, presque suppliante. Je veux absolument voir comment ça fait!

 

Harper grogne mais accepte, Diana et moi pouffons de rire devant sa résignation. Diana observe Harper avec curiosité et s'exclame que le Quidditch a l'air d'être un sport spectaculaire mais dangereux! 

 

-Tu l'avais cachée que tu avais une petite copine! souffle-je à Harper alors que nous prenons le chemin du retour. 

-J'ai omis ce détail pour ne pas que tu te moques de moi!

-Tu as raison! Ta copine a l'air sympa et ne t'a pas rejeté concernant la magie. Tu es bien tombée, lui dis-je avec un sourire. 

 

La suite de la soirée est plutôt flou car j'ai un peu abusé avec l'alcool. Je me souviens d'avoir eu un fou rire avec les filles, d'avoir fait une course de sac avec Harper, James, Sirius, Mary et Eden, d'avoir fait un concours du plus beau plongeon avec Diana. A un moment, Marlène m'a montrée quelque chose en me disant « tu vois ça? Tu comprends nos sous-entendus? ». Le problème, c'est que je ne sais plus de quoi il s'agit car j'ai un trou noir à partir de ce moment! 

 

Je me réveille le lendemain avec un mal de crâne épouvantable et Eden, endormi à côté de moi avec ses vêtements de la veille. Quand je descends prendre mon petit déjeuner, je constate que certains sont restés au manoir, c'est à dire les squatteurs habituels, à savoir les filles, James, Sirius. Il y a même Fabian (sa présence se passe de commentaire), Charity et le petit ami de Mary dont j'oublie le prénom fréquemment. 

 

-Où est le reste de votre troupeau? demande-je à James et Sirius.

-Remus est parti dès que nous sommes partis dormir et Peter est parti dès qu'il s'est levé car il devait aller chez sa mère. 

-Quelqu'un n'a pas la potion anti-gueule de bois?

-Non, on ne les a pas trouvées!

-Il m'en faut une! J'ai trop mal à la tête! dis-je comme une enfant capricieuse. 

-Céleste Macmillan, veux-tu te taire? s'exaspère une voix dans mon dos, qui n'est autre qu'Eden. J'ai aussi mal à la tête que toi!

-T'es obligé de m'appeler Macmillan?

-Oui, je voulais voir l'effet que ça fait Je dois t'avouer que Céleste Black sonne mieux que Céleste Macmillan. Malheureusement pour toi, ma chérie, Macmillan est ton nom désormais! ajoute taquin mon fiancé alors que les filles s'esclaffent.

 

Euh... je corrige toute de suite « ajoute mon mari ». J'ai un mari maintenant! Je suis mariée!! Comme preuve, j'ai un magnifique rubis à mon annulaire! Pas trop gros, pas trop petit, Eden me connaît!

 

-Où est Cathleen?

-Encore dans sa chambre, répond Sirius.

 

Marlène me lance un regard entendu, Mary soupire alors que Lily se passe la main sur le front. Je suis censée comprendre quelque chose mais mon mal de tête m'en empêche, j'y  réfléchirai plus tard, ça ne doit pas être important. Étant trop écoeurée pour manger quoique ce soit, je prends néanmoins un thé, Eden fait de même alors que James le taquine sur sa nuit de noces. Est-il au courant que le mariage a été consommé bien avant sa célébration?! Ce James, toujours là pour blaguer! Marlène et Fabian côté à côté discutent calmement. Depuis qu'ils sont ensemble, elle le colle moins alors que c'est l'inverse pour Fabian. Je suis allée trois fois chez elle depuis le mariage de Lily, il était là à chaque fois! Je crois que l'équilibre qu'ils sont en train d'acquérir plait à Marlène. Leur relation est compliquée à suivre mais pour le moment, ils sont enfin ensemble et c'est cela le plus important.

Cathleen arrive dans le salon avec le Graal, c'est à dire les potions anti-gueule de bois!

 

-Par le string de Serpentard, Cathleen, tu es une déesse! m'exclame-je, soulagée de boire la précieuse potion.

-Par le string de Serpentard? Céleste, surveille ton langage! Tu peux dire par la culotte de Poufsouffle, maintenant que tu es mariée! plaisante Cathleen, ce qui déclenche des rires, recouvert par l'aboiement de Sirius. 

-Tu as reçu une lettre, ce matin! me dit Mary en me tendant une lettre. 

 

Je ne l'ouvre pas, je connais le contenu. Il s'agit de ma copie du formulaire concernant la séparation des biens entre Eden et moi. C'est Mrs McKinnon qui m'a parlée de ce formulaire lorsque je lui ai demandé s'il existait un moyen pour ne pas que toute ma fortune soit transférée sur le compte d'Eden. Une chose est ridicule dans ce formulaire, le futur marié doit consentir à ne pas acquérir la fortune de sa fiancée de son vivant. Il a fallu la signature d'Eden pour quelque chose touchant mes biens privés, heureusement pour moi, j'ai un mari en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes! Je hais cette société patriarcale!

 

-Vous faites trop de bruit! se plaint Harper, derrière lui, mal à l'aise se tient Diana.

-Didi! Viens t'asseoir!

 

Marlène et ses surnoms! Elle est gentille mais il n'y a plus de place à table!

 

-Céleste, viens sur mes genoux! m'ordonne Eden en tapant sur ses genoux. 

 

J'obéis donc (ses genoux sont confortables, c'est pour ça que j'obéis aussi facilement) et il m'enlace tendrement. A présent au milieu de la table, j'ai une vue d'ensemble sur mes invités qui sont mes amis que j'aime énormément. Je suis heureuse qu'ils soient venus à mon mariage, c'était important pour moi. Maintenant que je suis mariée, je suis plus confiante dans l'avenir de mon couple. Un sentiment d'allégresse se diffuse dans tout mon corps et je participe avec bonne humeur aux discussions, assise sur les genoux de mon mari.

Ordre du Phénix et nouvelle acquisition by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! 

Comme j'ai un peu d'avance, je poste un chapitre avant le week-end. Je pense poster le prochain d'ici un ou deux jours.

Cette fanfiction a presque un an, je pense que je mettrais le point final d'ici la fin de l'année. J'ai de nombreux projets d'écriture en tête mais je ne peux pas les commencer car je veux impérativement avancer (et finir) sur celle-ci. 

Je suis décue de n'avoir eu aucune review sur mon précédent chapitre, je pensais avoir des retours puisqu'il marquait un moment crucial dans la vie de Céleste. Tant que j'ai des lecteurs je continuerai d'écrire cette ff même en l'absence de review :)

Je vous souhaite une bonne lecture :)

-Allez Céleste, fais pas le troll, rejoins-nous! supplie presque Lily. 

-Tu es au courant que ça fait presque de la propagande comme les affiches des Etats-Unis lors de la Seconde guerre mondiale que nous a montrées Rachel?

-On se fiche de la propagande! Il nous faut ta connaissance de la magie noire, tes conseils sur le comportement à avoir pour les missions d'infiltration.

 

Cela fait déjà plusieurs semaines que je réfléchis à rejoindre l'Ordre du Phénix. Cela peut paraître comme un comble (concernant pour aversion pour Dumbledore) ou une trahison (vis-à-vis d'Eden) mais les rares moments où mes démons ne me hantent plus sont ceux que je passe avec mes amis, membre de l'Ordre. Je ressens de plus en plus le besoin de m'engager, je ne peux plus lire la Gazette sans ressentir un immense sentiment de culpabilité. Il faut aider les moldus à s'en sortir, il faut les contraindre même à quitter le pays.

 

-D'accord. Quand puis-je rencontrer Dumbledore pour faire partie de l'Ordre?

 

Lily me regarde stupéfaite. Elle pensait que la négociation serait plus longue! Il ne faut pas oublier qu'elle me harcèle depuis plusieurs mois pour que j'accepte enfin, même Marlène a abandonné l'idée comme elle voyait que ça ne servait à rien d'insister. 

 

-C'est parfait alors! Il y a une réunion ce soir! Tu vas m'accompagner, personne n'ose s'attaquer à Lily Potter! 

 

Elle s'est habituée très rapidement à son nouveau nom! J'oublie souvent que je suis Mrs MacMillan. Heureusement que certains comme Fabian m'appellent toujours Black!

 

-Tu es sûre de ton choix, Céleste? me demande très sérieuse Lily. Ce n'est pas une décision que tu peux prendre à la légère. Tu devras faire le serment inviolable. Tu dois jurer de servir l'Ordre du Phénix au péril de ta vie et de ne jamais trahir l'organisation ni quiconque en faisant parti. C'est une cérémonie très solennelle qui a lieu devant de nombreux membres. 

-Tant qu'on ne me demande pas de vouer un culte au père Noël, ça me va, soupire-je en faisant pouffer de rire Lily. 

 

Elle me fait transplaner au QG et je reconnais la maison comme étant celle des parents de Dumbledore. Je suis allée une fois à Terre en Lande avec mon père, et il m'avait montré la maison en me racontant la tragédie de cette famille. 

 

-Bonsoir! lance Lily joyeusement.

-Lily! J'ai reçu une lettre de Mary! Il faut impérativement que tu la lises!

-Marlène, laisse-lui le temps d'arriver! sermonne Fabian.

 

Je ricane dans mon coin, Fabian tourne la tête et me remarque. Sa bouche forme un « O » parfait avant de me jeter un regard noir en demandant à Lily ce que « Black fout là ». 

 

-Elle veut rejoindre l'Ordre!

-QUOI? s'écrient Remus, Sirius, James, Marlène et Fabian.

-J'attendais votre venue depuis plus tôt que cela, Mrs MacMillan.

-Appelez-moi, Black ou Céleste mais pas MacMillan s'il vous plaît. Je ne peux me faire appeler par le nom d'une famille qui me déteste. 

-Céleste, êtes-vous sûre de votre décision? 

-Oui! Passons au serment inviolable que j'en sois débarrassée. Moins on parlera, plus vite, je pourrais être utile. 

 

Fabian éclate de rire, Marlène lève les yeux au ciel. 

Dumbledore demande à Gideon Prewett d'être l'Enchanteur. A chaque clause du contrat, une langue de feu rouge-orange magnifique sort de la baguette de Prewett. Je souris en me rappelant de la soirée où les filles, ivres m'avait encerclée par le feu. 

 

-Bienvenue à l'Ordre du Phénix, Céleste. Passons au contenu de cette réunion. La dernière mission d'infiltration a échoué, notre espion s'est fait attrapé.

-Comment a t-il fait? s'enquiert Emmeline Vance

-Il ignorait qu'un Shafiq est ruiné.

-Seulement avec ça? s'étonne Lily.

-Seulement avec ça? La ruine de Shafiq a été le sujet de conversation dans les dîners des harpies au Sang-Pur pendant trois semaines! Certains pensent même que Mrs Shafiq n'est pas morte accidentellement d'une chute d'escaliers mais s'est suicidée pour ne pas supporter la disgrâce. Shafiq est complètement désemparé sans appui, il ne tardera pas à rejoindre sa femme dans le caveau familial. Leur fils, qui entre à Poudlard cette année, a été confié à sa tante, une Lestrange, connue pour son libertinage et sa franchise. 

 

Tout le monde me fixe, étonné, que je connaisse autant de choses sur les Shafiq. C'est que personne n'a une grand-mère très demandée aux soirées V.I.P qui me raconte un tas d'anecdotes comme si je m'y intéressais! Malheureusement pour moi mais heureusement pour eux, je me souviens de certains détails!

 

-Ce sont exactement ce genre d'informations qui nous manquaient! Je sens qu'avec toi, Céleste, nous n'allons plus nous faire repérer lance ravi, Dearborn.

 

La vue de cette personne est toujours aussi désagréable car je culpabilise encore par rapport à ce que je lui ai fait même s'il m'a pardonnée. Il a souffert à cause de moi, comment pourrais-je lui parler normalement?

 

-C'est vrai qu'il nous manquait une personne qui fréquente le milieu des mangemorts.

-Je t'arrête toute de suite, Prewett. Je ne le fréquente pas, je connais pas mal de choses car ma grand-mère m'envoie des lettres remplis de potins. 

 

Au bout d'une heure de réunion, Dumbledore annonce que nous devons faire une mission d'infiltration. Évidemment, je suis la personne désignée pour cela mais heureusement pour moi, Gideon m'accompagnera sous l'apparence d'une autre personne. A cette annonce, il me sourit gentiment, et cela me rassure, j'ai l'impression que je pourrais me tourner vers lui en cas de problème durant cette mission. La toute première! Le stress... Dumbledore nous demande de rester à Gideon et moi pour nous exposer son plan. Nous devons simplement recueillir le plus d'informations sur les agissements des mangemorts. Je vais devoir pour une fois accepter l'offre de ma grand-mère! Je sens que je ne dormirai pas beaucoup entre les missions et mon travail! Qu'importe, au moins je participerai à la lutte contre ce veracrasse à tête de serpent!

En partant, Gideon me demande si je suis prête à affronter ma première mission, je lui réponds qu'il suffira juste que je n'étripe pas ma grand-mère. Il éclate de rire. Cela ne me donne pas matière à rire mais je suis déterminée à faire ce qui doit être fait.

 

    ********

 

-Céleste, es-tu sûre que tu ne peux pas refuser? me demande pour la énième fois, Eden. Tu as réussi à te tenir à l'écart de ces réunions pendant plus de dix ans, pourquoi cela devrait-il changer aujourd'hui?

 

Depuis que j'ai annoncé à Eden que j'ai succombé à la pression de ma grand-mère pour aller à une soirée V.I.P, il tente de m'en empêcher, c'est un gros mensonge, l'histoire de la pression. Je ne vais pas lui dire que j'ai intégré l'Ordre du Phénix!

Habillée d'une robe noire classique, j'essaye donc de sortir mais Eden, devant la porte, me barre le passage. Gideon m'attend et je suis déjà en retard, ce qui m'agace. J'appelle Dolly pour qu'elle me fasse transplaner hors de la maison puisqu'un enfant ne peut transplaner à l'intérieur du manoir. Je souhaite une bonne soirée à Eden qui me conseille de garder mon calme et me sourit légèrement inquiet de mes chances de survie.

 

-Excuse-moi pour mon retard, mon mari était peu enclin à me laisser partir, explique-je en rejoignant Gideon au point de rendez-vous.  

-Tu es là, c'est le principal, me répond Gideon, absolument pas affecté par mon retard d'un quart d'heure.

-Tu t'appelles comment déjà? Quelle est ton histoire?

-Je m'appelle Vlad Preslov. Ma mère, une Sang-Pur, a épousé un sang-mêlé, je la déteste pour cela car à cause d'elle, je ne suis pas un Sang-Pur. 

-Sympa le personnage, commente-je alors qu'il sourit, amusé. 

 

La soirée a lieu chez Cygnus et Druella, les parents de Narcissa. J'ai enquêté auprès de ma grand-mère et Bellatrix est absente, à mon soulagement, elle est sûrement en mission pour Voldemort en train de martyriser des né-moldus. Malheureusement. Cette fille est aussi dangereuse que belle. 

Je toque à la porte et c'est Druella accompagnée de ma grand-mère qui m'ouvre.

 

-Bonjour ma tante, salue-je. Je me suis permise de venir accompagnée d'un ami russe.

-Cela ne pose pas de problème. Entre, ma nièce. J'ai attendu dire que tu t'appelles désormais Mrs Macmillan. 

-Oui, j'ai accepté la demande d'Eden, dis-je à ma « tante » avec un sourire poli. 

 

Je me suis enfin décidée à l'appeler ma tante, parce que « cousine Druella » est étrange à dire!

 

-Nous sommes enchantées que ton époux soit un Sang-Pur. Nous avons eu peur que tu transgresses la loi des Sang-Pur. 

-Vos inquiétudes ont pu être apaisées. Eden est un Sang-Pur, et riche de surcroît.

 

Qu'est ce que je me fous de la richesse d'Eden!  Je ne suis pas aussi vénale! Ma remarque est approuvée par ma tante et ma grand-mère. Gideon me lance un regard surpris. Prépare-toi car tu n'as encore rien vu de la Céleste hypocrite!

 

-Comment s'appelle ton ami russe? me demande ma grand-mère.

-Il s'appelle Vlad Preslov, c'est un sang-mêlé car sa mère, de Sang-Pur, a eu la bêtise d'épousé un sang-mêlé.

-Quel dommage! se lamente ma grand-mère. Venez, je vais vous présenter des hommes convenables. 

 

Gideon la suit, le visage curieux. Il va rencontrer des potentiels mangemorts, c'était le but. Je lui souhaite d'être très patient!

 

-Comment vas-tu? me demande soudainement Druella.

-Je vais bien et vous, ma tante?

-Moi je vais bien mais Cygnus est atteint d'une maladie des poumons, il ne lui reste plus beaucoup de temps. S'il te plaît, ne fais aucun commentaire sur son état de santé si tu le vois sinon il se mettra en colère, conseille Druella, soucieuse.

-Je ferai attention. Dites-moi, prend-il un traitement à base de cochenilles? lui demande-je en me souvenant de la question de Marlène lors des fiançailles de Lily et James.

 

Cela me fait penser que je dois passer chez les Potter Senior pour discuter d'une affaire à régler rapidement.

 

-Oui mais cela ne fait que le soulager et non le soigner.

-Ah! 

-Céleste, sais-tu comment va Andromeda et sa petite? chuchote Druella en veillant à ce que personne ne nous entende.

-Andromeda va très bien, elle est secrétaire et la Nymphadora est une petite charmante un peu maladroite, elle est très impatiente d'aller à l'école. 

-Merci de me donner de leurs nouvelles mais ne dis à personne que je te l'ai demandé.

-Je ne divulguera à personne cet échange.

 

Druella hoche la tête et repart vers ses invités, droite et fière. Pauvre femme! Contrainte par les coutumes de la famille, elle a dû renier sa fille cadette, n'ayant ainsi plus de nouvelle. Je pense que Druella est profondément attachée à ses filles, elles les feraient passer avant tout même si elles se sont écartées de la ligne de conduite des Black. Druella considère peut-être le mariage de sa fille avec un né-moldu comme une trahison, mais il n'en demeure pas moins qu'Andromeda continue d'être sa fille. Cette croyance en la supériorité du sang conduit de nombreuses familles à renier des proches, Narcissa n'a donc plus qu'une soeur aînée à moitié folle alors qu'elle s'entendait plus avec Andromeda qu'avec Bellatrix.

J'attrape un verre de Whisky pur feu sur le buffet et me retrouve nez à nez avec Rosier. Pendant quelques secondes, nous nous regardons sans savoir quoi dire.

 

-Bonsoir Rosier. Nous ne nous sommes pas vus depuis un moment.

-En effet.

 

Je le quitte précipitamment pour éviter que notre discussion dégénère. La dernière fois que nous étions dans la même pièce, notre dispute a fini en duel. Pas question que cela recommence aujourd'hui! Le coeur battant à la chamade, je m'isole dans un coin du jardin. Gideon vient me rejoindre, légèrement agacé. 

 

-Tout va bien?

-Oui, oui! Lestage vient de me demander quand je compte rencontrer le seigneur des Ténèbres. Je lui ai répondu que je n'étais pas encore prêt mais que je suis très attentif de l'avancée de seigneur que j'estime être une grande chance pour l'Angleterre. Il m'a demandé si je suis marié avec des enfants, il n'a pas apprécié la réponse en me houspillant sur la nécessité de le faire. 

-C'est Lestrange qui te dis ça? Rodolphus Lestrange, mariée à Bellatrix, et complètement soumis à sa femme au tempérament colérique? Parfois, il vaut mieux s'abstenir de se marier!

-Surtout avec elle!

 

Nous partons dans un fou rire tous les deux en riant très fort. Lorsque nous pouvons reprendre notre souffle, nous nous quittons. Je dois découvrir si Narcissa est une mangemort et quand aura lieu la prochaine réunion des mangemorts. Chaque réunion marque la capture des « indésirables » et l'Ordre du Phénix avec la connaissance du lieu peut libérer ces « indésirables ». Ces missions de libération font parties des plus dangereuses et à ce que j'ai pu comprendre, Marlène, Sirius, Remus, Dearborn les font fréquemment. 

Malheureusement pour moi, Narcissa est introuvable mais heureusement pour moi, je tombe sur Crabbe qui grâce à ma ruse, avoue que la prochaine réunion se tiendra dans le manoir des Nott qui est connu pour abriter les cachots les plus terrifiants du pays. Personnellement, je n'en ai jamais eu la preuve et préfère ne pas l'avoir! 

Je pars donc cette fois-ci à la recherche de Gideon mais ma grand-mère m'accapare pendant un quart d'heure pour critiquer Eden (qu'elle ne connaît pas). Irritée par cette imprévu, je poursuis ma quête et tombe enfin sur Gideon qui discute avec Ignatius Prewett et sa femme, Lucretia.

 

-Bonsoir!

-Céleste Black, je présume, dit Lucretia.

-C'est cela!

-Ta meilleure amie est une personne charmante, dit Lucretia

-Une sang-mêlée, ne l'oublie pas Lucretia, lance une voix hautaine.

 

Merlin! J'ai oublié que Walburga est présente! Cette femme me déteste et c'est réciproque! Je ne sais pas d'où vient cette haine et j'essaye toujours de la rencontrer le moins possible

 

-Walburga, soupire Lucretia. Cette sang-mêlée est une personne charmante, bien élevée, polie, joyeuse. J'ai entendu des rumeurs comme quoi elle sort avec mon neveu Fabian, elle a très bon goût. Je préfère que mon neveu sorte avec une sang-mêlée avec un excellent caractère, plutôt qu'avec une Sang-Pur connue pour son caractère détestable, dit-elle en me jetant un regard appuyé. 

 

Je ne sais pas ce qu'elle a pu raconter à Lucretia mais Marlène a fait son petit effet auprès de cette dernière. Par contre je passe pour la peste, la garce de service. Je pense qu'on peut exclure le couple Prewett des gens potentiellement mangemorts. 

 

-M.Preslov, n'écoutez pas ma belle-soeur, elle a tendance à être aveuglée par l'apparence. 

 

Je me mords les lèvres pour ne pas rire. C'est vraiment le chaudron qui se moque de la potion. Gideon garde son sérieux avec un sang-froid qui m'impressionne alors que ses yeux présentent une lueur amusée. 

 

-M.Preslov, écoutez qui vous voulez mais gardez en tête qu'il faut toujours être sur ses gardes même en présence de ses proches. 

-Je prends note de vos conseils, Mrs Prewett, répond Gideon avec politesse.

 

Lucretia parle beaucoup par sous-entendus, aurait-elle deviné que Gideon est un de ses neveux et membre de l'Ordre? 

 

-Suivez-moi Mr. Preslov, je vais vous présenter mon frère et mon époux. 

 

Mince, je voulais partir! Je sais que Cygnus et Orion ne sont pas des mangemorts. Gideon comprend mon agacement et décline l'invitation de Walburga, toujours très poli. Cet homme est le roi de la politesse! Je salue ma grand-mère et Druella avant de partir. Druella me sourit gentiment, sûrement parce que je lui ai donné des nouvelles de sa fille cadette. Je n'aimerai pas être à sa place, coincée par les us et coutumes de la famille. Gideon remarque que Druella et moi avons le même sourire, je lui explique alors que nous sommes cousines. Il est surpris mais s'abstient du moindre commentaire. Quand on réfléchit nous-mêmes sommes cousins par alliance! 

Lorsque nous rentrons au Q.G de l'Ordre, il est pas loin de deux heures du matin. Remus est là, de même pour  Caradoc.

 

-Qu'est ce que vous fichez là? m'exclame-je surprise. 

-On écrit notre rapport de mission, répond Remus.

-Il faut faire un rapport de mission? C'est énervant, ce truc!

-Black, te plains pas, je le fais, pour te montrer ce qu'il faut mettre à l'intérieur.

-Merci, Gideon! Tu as retrouvé ton apparence normal au fait!

-Super! Les cheveux longs commenceraient à me démanger! 

 

J'éclate de rire devant son enthousiasme, il sourit, légèrement surpris de ma réaction. 

 

-Tu as réussi à avoir le lieu de la prochaine réunion des adorateurs de Voldy? 

-J'ai le jour et l'heure mais pas le lieu.

-Moi je l'ai! chantonne-je, fière.

-Parfait! On est une équipe de choc! Tu as fait comment?

-Crabbe est un imbécile qui n'a toujours pas compris que je ne partage pas ses idées et comme il avait pris quelques verres, il était plus bavard donc j'a tout!

-Tu es géniale, Céleste!

-T'inquiète pas pour ça, elle le sait déjà! plaisante Remus.

-Retourne à ton rapport et fiche-moi la paix! rétorque-je en lui tirant la langue. 

 

Gideon revient avec un parchemin et de l'encre, inscrit la date, l'heure et le motif de la mission. 

 

-Tu ne mets que les choses importantes. Notre conversation avec Tante Lucretia et Walburga est inintéressante, par exemple.

-Je m'en serai doutée. Surtout tu ne dis pas à Sirius que tu as vu sa mère. 

-Pas de problème.

 

Il continue de m'expliquer, en fait c'est pas si facile que ça car j'aurai mis plein de faits inintéressants. A deux heures et demie, je retourne chez moi et m'assoupis paisiblement dans les bras de mon mari qui est profondément endormi puisqu'il ne se réveille pas malgré tout le raffut que je fais dans la chambre pour me changer.

 

       ********

 

Le lendemain, à peine fatiguée par mon coucher tardif, je descends les escaliers, prête à petit déjeuner. Cathleen, comme à son habitude, lit les livres de compte et s'occupe de l'avancée de ses commandes. Eden, en face, mange ses pancakes avec délectation. Selon lui, Dolly fait les meilleurs pancakes de l'univers! A chaque fois qu'il dit ça, la pauvre rougit et est gênée! Mary s'est définitivement établi aux Etats-Unis et vit avec son suédois dont je ne me souviens jamais du nom!

 

-Tu es rentrée tard hier? me demande Eden.

-Non, pas trop tard car j'étais fatiguée.

-Tant mieux alors.

-J'espère que cela ne se reproduira pas, déclare Cathleen sur un ton autoritaire.

 

Son ton m'étonne et m'agace énormément. 

 

-Je fais ce que je veux, Cathleen. Si j'ai envie d'assister à une soirée, ce n'est pas toi qui m'en empêchera.

-Je dis ça pour ton bien, Céleste, soupire t-elle.

 

Avant que j'ouvre la bouche, la porte s'ouvre subitement et une jeune femme blonde apparait, légèrement surexcitée.

 

-Viens Titine, j'ai un tas de choses à dire! J'ai apporté de quoi manger, on fonce à ton bureau. Salut Cathleen et Eden! débite rapidement Marlène avant de m'attraper par le bras et de me faire transplaner au ministère. 

 

Elle me force à m'asseoir à mon bureau, sort des victuailles et se met face à moi, le menton reposant sur ses mains jointes.

 

-Alors, c'était comment ta première tu sais quoi?

-Elle était très réussie et Gideon est un garçon très sympathique. On a vu Lucretia qui te voue un culte!

-Tout cela ne m'étonne pas! Tu le trouves comment Gideon? Il est canon, un peu ton style!

-Marlène! Je suis mariée! sermonne-je, choquée.

-Fais pas ta mijaurée, Céleste! 

-Marlène, si c'est pour dire de telles idioties, tu peux sortir de ce bureau!

 

Elle me sourit amusée et attendrie.

 

-Je suis rassurée! Je craignais un instant que tu aies le béguin pour Gideon! Tu as pris conscience de la responsabilité d'un mariage, tu as mûri, je suis contente. 

-Tu ne dois pas allée à l'hôpital normalement? 

-Mon service reprendrais vingt minutes. J'ai le temps de papoter encore!

-Ça va entre Fabian et toi?

 

Rien qu'aux étoiles dans ses étoiles, je sais que ça va, très bien même!

 

-Oui! C'est parfait. Je suis même en train d'envahir son cottage avec mes affaires! Son frère ne dit rien donc je suppose que cela ne l'indispose pas.

-Fabian vit avec son frère?

-Oui! Dans un cottage tout mignon, je t'y amènerai si tu veux. Je ne suis pas là pour parler de Fabian. J'ai vu le père Noël avant de venir chez toi, il est satisfait de ta mission et souhaite que tu prépares des potions, présentes sur cette lette, explique ma meilleure amie en me tendant un parchemin. 

 

Au bout d'un quart d'heure, Marlène part à l'hôpital et je peux enfin commencer à travailler sauf qu'évidemment je ne peux jamais être tranquille. James vient en personne m'apporter une lettre me disant que c'est très urgent et que je dois traiter cette histoire avec sang-froid avant de partir très agité. Comme demain, c'est samedi, je passerai au manoir Potter dans l'après-midi. Je suis très inquiète et j'appréhende la discussion, je pense que le contenu concerne la maladie de Mrs Potter et celle de Mr. Potter. Récemment, lui a été diagnostiqué la dragoncelle, James est venu, alarmé et anéanti par cette nouvelle, Eden l'a calmé avec des paroles de réconfort et un philtre de paix. Leur mort est proche selon James qui se prépare à voir partir ses parents alors qu'il est encore si jeune.

 

********

 

C'est insensé ce qu'ils me demandent! Je ne peux pas faire ça!

 

-Céleste, comprends notre décision. Lily et James ne veulent pas de cette bâtisse mais ne veulent pas la vendre à un inconnu. Ta mère m'a beaucoup parlée de toi et elle m'a dit que tu es très attachée aux biens familiaux.

-Il est absolument hors de question que je fasse à James! Vous imaginez toutes les taxes que je devrais payer aussi! Je ne vais pas dilapider mon argent pour votre manoir!

 

Euphemia est vexée et Fleamont est furieux. Ils ne me comprennent pas mais c'est moi qui dois les comprendre? Me parler de ma mère pour que cède est stupide!

 

-Céleste, ce manoir est dans la famille depuis deux cent ans. Nous respectons le choix de James et Lily mais nous ne pouvons le laisser à n'importe qui. Tu n'auras rien à payer au niveau des taxes, je t'assure. Nous ne te parlons pas d'achat de don. Tu acquerras le manoir à notre mort, tu héritera de notre bien immobilier. Nous avons besoin d'être rassurés sur la conservation de notre manoir.

 

C'est de la folie! D'un côté, avoir une autre maison plus tard peut être un plus si Cathleen se case avec quelqu'un et a des enfants, de l'autre, je trouve ça bizarre d'acquérir un bien qui reviendrait plutôt à James. Leur manoir est beaucoup plus petit que le mien, est coquet et dégage une atmosphère réconfortante et chaleureuse que ne possède pas notre manoir. 

Fleamont et Euphemia m'observe avec appréhension et curiosité. Je pose le pour et le contre encore quelques minutes et je prends ma décision. 

 

-James est au courant?

-Oui.

-D'accord, j'accepte. 

 

Euphemia sort du buffet un contrat de donation à mon nom, je n'ai qu'à le signer! Ils m'ont eue, ils savaient depuis le début que je n'allais pas refuser! C'est étrange, j'ai l'impression que les Potter me connaissent plus que je ne les connais. Serait-ce du fait que ma mère était proche d'Euphémia. Cette dernière a toujours été adorable avec moi, en particulier depuis la mort de mes parents. Pendant les vacances, elle m'invitait souvent et elle continue de le faire mais désormais il y a les Maraudeurs et les filles. Euphemia est tombée sous le charme de Marlène comme tant de personnes! Les Potter reçoivent souvent ma soeur qui les apprécie énormément. Je suis persuadée qu'elle s'est appuyée sur eux lorsque nos parents sont morts, cherchant auprès d'eux du réconfort et des conseils. 

 

-J'espère que je serai propriétaire de ce manoir dans longtemps.

-Je ne parierai pas là-dessus à ta place, conseille Euphemia dans un sourire lasse. Céleste, nous sommes heureux et n'auront aucun regret, nous sommes rassurés sur l'avenir de James grâce à Lily et ses amis, et sur l'avenir de nos biens grâce à James, Sirius et toi. 

 

Après plusieurs tasses de thé, les Potter consentent à me laisser rentrer chez moi. Lorsque je sors du manoir, je fais quelques pas et contemple cet édifice. Euphemia et Fleamont ont raison, ils ne peuvent laisser ce manoir à n'importe qui. Il faut en connaître l'histoire pour l'apprécier, il a une âme qu'il faut respecter. Sincèrement, j'espère qu'Euphemia et Fleamont ont encore plusieurs années devant eux, ce sont des gens bons, ils ont recueilli Sirius, soutenu Remus quand ils ont appris son secret, donné un peu plus confiance à Pettigrow, encouragé Mary à réaliser son rêve de devenir journaliste sportive... 

 

Démoralisée, je rentre au manoir. Eden, confortablement installé dans le canapé joue aux échecs avec Remus. Il me voit et voyant ma tête me lance son sourire chaleureux qui me détend instantanément. 

End Notes:

Céleste s'est enfin décidée à rejoindre l'Ordre. Surpris? Que pensez-vous de Gideon Prewett? La décision des Potter vous étonne t-elle, vous paraît étrange? Dites-moi tout!

Dans le prochain, un secret sera dévoilé. Lina Black, tu auras la réponse à ta question :)

Annonces des naissances et Ordre by MissArty
Author's Notes:

Je passe rapidement. Il n'y aurait pas de chapitre avant au moins deux semaines. Celui que je poste aujourd'hui est à peine corrigé mais au moins vous aurez la suite :)

Bonne lecture et excusez moi pour les éventuelles fautes que vous trouverez au cours de votre lecture!

Très chère Céleste, 

Je suis déçu que tu aies mis autant de temps à répondre à ma dernière lettre. Ton travail n'est pas une excuse!

Tu vas être très fier de moi, j'ai passé les sélections pour être gardien des Relons de Wilmbourne et j'ai eu le poste! Je suis très heureux mais je n'aurai plus de temps libre à consacrer à mes amis. Lorsque je l'ai dit à Charity, elle m'a copieusement insulté avant de résigner et de me féliciter. Diana est même encore plus fière que moi de mon entrée dans une équipe de Quidditch. Elle est fan de ce sport, comme un sorcier. J'ai finalement consenti à la laisser monter sur mon balai. Depuis, elle me harcèle dès qu'elle veut faire un tour dessus. Je suis bluffé car elle se débrouille très bien et pourtant c'est une moldue! Mes grand-parents ont peur qu'elle tombe mais moi, je lui fais confiance, elle n'a pas le vertige et sait utiliser un balai. 

Tout cela, c'est grâce à toi, Céleste. Tu as su encouragé à ta manière le jeune garçon sans ami, timide, n'ayant aucune confiance en lui, que j'étais. Ce poste de gardien que tu m'as offert à changer ma vie, je n'exagère pas. Merci, Céleste, merci pour tout. 

J'ai vu Marlène, il y a quelques jours. Elle a l'air épanouie dans son travail comme dans sa relation amoureuse. Je commençais à désespérer quant à ses chances de sortir avec Prewett mais elle a réussi à le faire tomber dans ses bras!

Comment vas-tu? Comment vis-tu ton statut de femme mariée? Comment va ta soeur? Diana est fan des robes de ta soeur. Elle m'a dit que le jour où on se mariera, elle voudra une robe faite par ta soeur! Encore faut-il déjà que je consente à me marier, ce dont je n'ai absolument envie! 

Amicalement, 

Harper (j'ai un prénom mais tu sembles l'avoir oublié)

PS: Bonjour Céleste! J'espère que tu vas bien. Comment pourrais-je revenir dans ta piscine et discuter jardinage avec Alfred?

Je suis vraiment émue. Harper s'est affirmé mais il reste une part du garçon que j'ai connu. Je suis très fière qu'il aie réussi les sélections et très heureuse. Le passage concernant Diana m'a beaucoup amusée. Sa copine est rigolote, elle est si naturelle!

 

La porte d'entrée claque dans un fracas assourdissant. Intriguée, je m'approche de l'escalier pour voir le hall, Cathleen rabroue sèchement Alfred. Désormais, inquiète, je descends. Cathleen est désagréable avec les elfes seulement lorsque quelque chose l'agace.

 

-Toi! dit-elle en pointant un doigt vers moi. Suis-moi dans mon bureau.

 

Elle me fait peur. 

 

-Cathleen, que se passe t-il?

-Il se passe que je n'ai pas été foutu de faire une potion de contraception correctement et que maintenant, je me retrouve dans une galère pas possible, confesse t-elle avec brusquerie avec un léger accent de panique. 

-Comment? hasarde-je ne sachant que dire.

-Réfléchis une seconde, Céleste! 

 

Je n'aime pas quand elle est énervée, elle fait vraiment peur, comme mère. Devant son air impatient, je me mets à réfléchir trente secondes et...Non! Cela ne peut pas être ça!

 

-Tu es enceinte! crie-je d'une voix très aiguë. 

-Bravo!

-Mais de qui?

 

Étonnamment, Cathleen rougit et regarde ses pieds comme si en moins de deux secondes, ils sont devenus la chose la plus intéressante à regarder. 

 

-Hum, s'éclaircit-elle la gorge, mal à l'aise. C'est là que tout se complique, ajoute t-elle d'une voix légèrement paniquée.

-Cathleen, ne tourne pas autour de la mandragore, dis-moi qui est le père, ordonne-je. 

 

Elle se gratte les cheveux et passe une main sur son front, elle murmure un prénom de façon inintelligible. Je lui demande de répéter et le prénom qui sort de sa bouche me laisse pantoise. Heureusement que je suis assise, je me serai tombée à la renverse.

 

-Tu te fiches de moi? Ça dure depuis combien de temps? 

-Notre relation a commencé lors du premier Noël après sa majorité, avoue t-elle, d'une petite voix comme un enfant qui avoue une bêtise. 

-Je suis consternée, Catie. Comment as-tu pu me cacher une chose pareille pendant aussi longtemps? 

-J'avais peur de ta réaction! 

 

Quoi? Elle pensait que je le prendrai très mal? C'est pas faux parce que ce n'est pas une nouvelle facile à encaisser. 

 

-Alors que je pensais que votre proximité manifestait de la tendresse entre vous, en fait, c'est plus que ça! Comment ai-je pu être aussi aveugle et bête? Je suis sûre que Marlène vous a grillés, elle n'arrêtait pas de me faire des sous-entendus!

-A vrai dire, tu peux ajouter Mary aussi sur la liste, elle nous a surpris en train de nous embrasser. Lily aussi mais je ne sais pas comment elle l'a su. 

-C'est du n'importe quoi! Alors que je me tue à m'éloigner de cette manie des Sang-Pur à se caser entre cousins, toi, tu fricotes tranquillement avec notre cousin au troisième degré?

 

On nage en plein délire!

 

-Céleste, je t'en prie! Ne te fâche pas! Ça nous est tombé dessus sans que l'on comprenne ce qu'il nous arrive. J'ai essayé de repousser ses avances mais je n'ai pas réussi. J'ai attendu qu'il soit majeur pour...

-Épargne-moi ta vie intime et un mélo. Il a intérêt à être correct avec toi et de te demander en mariage. Imagine le scandale que cela ferait dans la famille des enfants illégitimes! A moins que tu t'en débarrasses...

-Il n'est pas question que j'avorte! Je garde mon enfant et je ne me marierai jamais avec Sirius.

-Pardon?

 

Elle est complètement folle! Élever un enfant hors mariage est à peine toléré chez les né-moldus et les sang-mêlé alors chez les Sang-Pur, cela relève de la pure inconscience! Combien de jeunes filles et femmes ont été reniées par leurs parents suite à une grossesse hors mariage? Combien de filles et de femmes tuées par leur famille afin d'éviter un scandale?

 

-Sirius est un homme charmant, je ne pouvais tomber mieux mais il est membre de l'Ordre. Les mangemorts pourraient m'enlever comme toi pour avoir des renseignements ou pour servir d'appât si je me marie avec lui. Il serait incapable d'élever un enfant, je préfère qu'il ne le sache jamais plutôt que de mettre en danger mon enfant. Je changerai d'avis si la guerre se termine et s'il en sort vivant. Tu compris? Il faut que tu me comprennes, Céleste, tu es la personne la plus proche de moi, je n'ai ni mère, ni tante à qui parler de ça! dit-elle de plus en plus paniquée.

 

Je demeure muette, trop choquée d'apprendre que ma soeur est enceinte d'un cousin éloigné mais refuse de se marier avec lui car elle a trop peur que l'appartenance de Sirius à l'Ordre la mette en danger avec son enfant. Elle est inconsciente ou courageuse ou lâche, je n'en sais rien mais je ne m'attendais pas à une décision pareille.

 

-Si tu crois que la vie de Sirius vous met en danger, alors éloigne-toi de lui.

-Quoi? Jamais!

-Cathleen, il faut que tu choisisses, soit tu dis tout à Sirius et vous restez ensemble, soit tu le quittes et élève ton enfant loin de tout danger, m'énerve-je.

-C'est intéressant ce que tu dis Céleste, dit-elle.

 

Elle réfléchit quelques secondes et me lance un sourire victorieux. 

 

-Il y une troisième solution! Il y en a toujours une!

 

Je la regarde surprise qu'elle soit soudain aussi enjouée. Cela ne présage rien de bon.

 

-Il y a un compromis. Je reste avec Sirius mais lorsque cela commence à se voir, je me réfugie en France chez nos grand-parents le temps que l'enfant naisse, en prétextant une maladie de notre grand-père!

 

C'est bien ce que je disais! Je suis sidérée que ma grande soeur de vingt-cinq ans, plus mûre que moi, envisage de cacher sa grossesse au père de l'enfant et de retourner par la suite à sa petite vie tranquille. Nos grand-parents ne présentent pas un problème, ils aiment trop Cathleen qui leur rappelle leur fille chérie pour la laisser à la porte.

 

-Une fois l'enfant né, tu fais quoi ensuite?

-Je le laisse en France de temps en temps pour revenir en Angleterre.

-Comment vont réagir nos grand-parents? Pense à eux aussi!

-Ils sont plus tolérants que tu ne le penses et je leur dirai toute la vérité!

 

Nos grand-parents ne présentent pas un problème, en effet, ils aiment trop Cathleen qui leur rappelle leur fille chérie pour la laisser à la porte.

 

-Eux, ils ont le droit à la vérité mais, moi, ta petite soeur, je peux toujours aller courir pour l'avoir!

-Tu es trop jeune, trop impulsive pour comprendre mon choix!

-Un choix que tu as fait en trente secondes! Je n'imaginais pas que ma grande soeur qui m'a prise en charge soit aussi irréfléchie et égoïste! Ne compte pas sur moi pour mentir à tout le monde! m'emporte-je en claquant la porte du bureau, furieuse. 

 

Plus tard, Cathleen apparait dans l'encadrement de la porte.

 

-Comprends-tu mon point de vue?

-Non, je ne le comprends pas mais j'avoue que je suis d'accord avec toi quant au fait que clamer tout haut que le petit est un Black n'est pas une bonne idée. N'oublie pas que Grand-mère Rosier piquera une crise dès qu'elle entendra parler de ton enfant illégitime. Il faudra mettre Eden et Mary au courant puisqu'Eden habite ici et que Mary vient régulièrement et ils découvriront un jour ou l'autre ta grossesse.

-On ne dit pas qui est le père, d'accord?

-D'accord, souffle-je, vaincue par ma soeur. 

 

Même si je pense que c'est toujours une mauvaise idée! 

Je croise Eden qui rentre du travail, il m'embrasse distraitement et claque la porte  de notre chambre avec violence. Eden est rarement énervée mais quand cela arrive, je préfère m'éloigner de lui. Comme je m'ennuie, je vais dans la cuisine aider Dolly à préparer le dîner. Avec le temps, elle s'est habituée à ma venue, nous n'avons pas une relation maitre-elfe très conventionnelle. Dolly me parler parfois de ses difficultés à supporter Hykia ou à trouver certains aliments et moi, je lui raconte ma journée ou même des choses que je n'ai pas envie de dire à mes proches. Depuis l'enfance, j'adore venir dans cette pièce et je pense que cela ne changera jamais. Dolly me demande de la laisser finir le repas et contrainte et forcée, je quitte la cuisine. Avec appréhension, je toque à la porte de ma chambre, je n'ai aucune réponse alors je me permets d'entrer. Eden est allongé sur le lit et serre le drap. 

 

-Que se passe t-il Eden? m'inquiète-je.

-Céleste! Que je suis content de te voir, j'ai besoin de parler.

-Étant donné que je suis ta femme, il est normal que tu viennes me parler des choses qui te tracasse.

 

Il se relève et me prend la main. 

 

-J'ai croisé mon frère toute à l'heure à Gringotts.

-C'est tout?

-Non, laisse-moi finir, s'agace t-il. Il est venu me dire que sa femme est enceinte mais qu'il est hors de question que je noue un lien avec son enfant même si je suis son oncle. Je ne pourrais jamais voir mon neveu ou ma nièce! Pourquoi ils me détestent autant?

 

Eden est déçu et amer de la dégradation de sa relation avec son frère dont j'ignore le nom. La famille Macmillan n'est décidément pas unie! 

 

-Eden, c'est dommage en effet, s'ils te détestent alors ce n'est pas la peine de te tracasser pour eux. La famille Black est devenue la tienne avec notre mariage. Ma soeur t'apprécie, Sirius t'apprécie. Je sais ce que tu vas me répondre: le reste de ma famille ne t'apprécie pas beaucoup, ce n'est pas grave car ceux que je considère comme ma famille alors tu peux être rassuré. 

-J'aurai aimé gardé contact avec mes parents et mon frère, nous partageons le même sang!

-Eden, tu fonderas ta propre famille, un jour, ajoute-je en rougissant. Et tu partageras ton sang avec des personnes qui te chériront autant que toi tu les chériras.

-Tu crois?

-Oui! 

-Merci, Céleste, soupire t-il. Tu veux des enfants? questionne t-il lentement, guettant ma réaction. 

 

Nous n'avons jamais eu cette conversation, pourtant, c'est vrai que les enfants est suite logique du mariage mais c'est la première fois que nous discutons de ce sujet. J'y ai déjà réfléchi mais je n'ai jamais osé abordé le sujet avec Eden. Décidément, c'est la journée où l'on parle d'enfants!

 

-J'en veux, bien sûr mais plus tard, bien plus tard. Dans cinq ans peut-être, même plus. Nous ne sommes pas pressées.

-Je suis d'accord avec toi, dit-il dans un sourire franc, celui qui me le coeur en vrac tellement il réchauffe le coeur. 

 

Lorsque j'entends Eden respirer calmement dans son sommeil, je me faufile hors des draps, m'habille et sors sur la pointe des pieds. Pas l'ombre d'une âme qui vive alors c'est soulagée que je quitte discrètement le manoir pour aller au QG de l'Ordre. Sur tout le chemin, mon cerveau cogite et je trouve que la conversation que j'ai eue avec Eden au sujet des enfants est étrange. Mon entrée dans le salon élimine mes interrogations de mon esprit. 

Prewett, Marlène dans ses bras, lui caresse la tête pour la réconforter. La réconforter de quoi? Il y a eu un mort dans l'Ordre? Je m'assieds à côté de Prewett et lui demande tout bas pourquoi Marlène est déprimée. Il me répond qu'elle a vu un homme mourir à l'hôpital et cela la démoralise. Pauvre Marlène, elle qui est si sensible a dû être confronter à cette douloureuse épreuve. Hélas, elle en verra d'autres. 

 

-Comment ça va, Céleste depuis ta dernière mission? s'enquiert Gideon.

-Très bien et toi?

-Moi ça va, j'ai eu des problèmes de robinetterie dans la cuisine, j'ai réussi à arrêter la fuite mais je ne sais pas trop comment gérer le flux de source magique. 

-Je connais quelqu'un qui peut t'arranger ça! Alfred, l'un de nos elfes de maison, sait tout réparer!

-Je ne vais pas demander à un elfe de faire ça! C'est de l'esclavage!

-Mais non! Alfred sera très content de t'aider, il aime bien réparer et rendre service.

-C'est normal, il a été éduqué pour ça!

-Il est satisfait de son sort! Demande-lui de quitter le manoir ou propose-lui un salaire avec des congés et tout le tralala, il demandera à ma soeur et moi s'il a fait quelque chose de mal! La génération d'Alfred a été éduqué pour servir leur maître sans aucun bénéfice. Par contre, je n'ai rien contre le fait de considérer les générations suivantes comme des employés « normaux ».

-Une Sang-Pur révolutionnaire! se moque Gideon.

-Dédé, un conseil: ferme-la concernant les elfes quand tu parles à Céleste! 

 

Dédé? Marlène appelle Gideon Dédé? Le respect a disparu! Gideon ne fait aucune remarque, il doit être habitué à ce surnom alors!

 

-Bonsoir, salue Dumbledore en entrant dans la pièce Je tiens tout d'abord féliciter Marlène et Gideon pour leur dernière mission, Lily, Remus et Emmeline pour les informations recueillies.

 

Ça commence bien mais il va nous faire des remarques à Prewett et moi. Quelle idée aussi de nous mettre ensemble dans une mission? Il était évident que le plan ne marcherait pas totalement. 

 

-Fabian et Céleste, je suis déçu de la manière dont s'est déroulée votre mission. Je pensais que les querelles d'adolescents seraient mises de coté.

-Si vous n'êtes pas content, fallait pas nous coller ensemble! Prewett et moi sommes incompatibles! Ne nous faites aucun reproche, la mission a été réussie. Le petit a été récupéré sain et sauf.

-Vous oubliez que cet enfant était fragile psychologiquement, vous l'avez traumatisés! Il a même dit à Lily qui l'a interrogé qu'il a peur de « la dame aux cheveux noirs qui râle et crie beaucoup ».

-Ça va le forger le petit! Il en faut plus que ça pour briser un enfant!

-Je souhaite que cela ne reproduise plus, Céleste. Gardez votre sang-froid et évitez à l'avenir d'obstruer le bon déroulement de la mission. Je vous rappelle que Fabian a été blessé.

-QUOI? s'écrie Marlène. 

-C'est rien, Marlène, il s'est juste pris un incendio sur la main avant que j'arrête le feu et lui une pommade cicatrisante. 

-Ça va alors. 

 

Ouf! J'ai évité la dispute! Je n'aurai jamais laisser son petit Fabian chéri souffrir d'une vulgaire brûlure sur la main. 

Il y a une semaine, j'ai fait une mission qui consistait à libérer un enfant. Comme c'était au manoir Goyle et que Goyle est connu pour sa passion du feu, Dumbledore a choisi une personne qui se débrouille en sortilèges avec une expérience dans ce genre de missions (Prewett) et une personne pas peureuse et ayant des connaissances en potions (moi) pour les utiliser rapidement en cas de brûlures. Nous sommes sommes infiltrés dans le manoir, avons neutralisé des mangemorts avant de chercher l'enfant dans la cave. Jusque là, tout va bien, mais Prewett a commencé à me stresser,  le « gamin pourrait mourir si tu ne te magnes pas plus vite ». Je lui ai répondu et la dispute a commencé alors que l'enfant, dans mes bras, paniquait de plus en plus. Des bruits de pas se rapprochaient alors nous avons mis notre querelle de côté. Prewett est passé devant moi pour nous protéger, nous n'avons croisé personne étonnammentc(puisque que nous avons pris un chemin parallèle aux mangemorts)  jusqu'à ce Goyle nous aperçoive du fond d'un couloir et lance un bel « incendio »qui a touché Prewett. J'ai lancé un aguamenti et un expulso avant de mettre l'enfant dans les bras de Prewett et de lui attraper le bras en lançant des sortilèges à l'aveugle derrière nous. Je nous ai fait transplané dans la campagne anglaise pour soigner Prewett et donner un philtre de paix à l'enfant en pleurs. Prewett m'a alors copieusement insulté avant que je rétorque. Il a eu le culot de me dire que tout était de ma faute! L'enfant a sangloté et appelé son père. C'est avec surprise que je me suis rendue compte alors que l'enfant que nous avons libéré est le fils du ministre de la magie! 

 

-Tout ça, c'est quand même de ta faute, lâche Prewett. 

 

Avant même que j'ouvre la bouche, Dumbledore nous fait signer de nous taire et annonce le retour d'un membre de l'Ordre. C'est alors qu'une magnifique femme plus âgée que moi aux cheveux noirs et aux bleus ciel apparaît. 

 

-Incroyable! souffle-je en détachant chaque des syllabes.

-Titine, ferme la bouche, tu vas mettre plein de bave sur le tapis, se moque James. 

 

Dorcas Meadows était en septième année quand je suis entrée à Poudlard. Serpentard mais fervente opposante au régime de Vodemort, elle ne cessait de se disputer avec Malefoy et tentait d'apprendre aux jeunes Sang-Pur la tolérance. Avec Marlène, nous étions admiratrices de cette fille. Marlène a pris exemple sur elle lorsqu'elle déambulait dans la salle commune pour diffuser la tolérance. Nous rêvions de lui ressembler. Elle avait de longs cheveux longs noirs, se maquillait légèrement, avait de longs oncles vernis de rouge. A dix-sept ans, elle était déjà magnifique. Non seulement physiquement elle assurait mais elle réussissait tous ses examens avec d'excellentes notes, elle passait énormément de temps à la bibliothèque, ses camarades la jalousaient car elle était douée en défenses contre les forces du mal et en sortilèges. 

 

-A partir d'aujourd'hui, elle reste au Royaume-Uni et sera donc une alliée à l'Ordre basé en Angleterre.

 

C'est fabuleux de l'avoir avec nous! C'est un véritable atout! Il est fort Dumbledore, il est fort de s'entourer des personnes les plus douées de sa génération. Dorcas pourrait même affronter Voldemort d'égale à d'égal. 

 

 

Dumbledore fait le planning des missions, temporaire et désigne les groupes. Pour la prochaine mission de surveillance, je serai donc accompagnée d'Emmeline, je suis soulagée d'être avec elle. Je craignais que Dumbledore me mette avec Caradoc, Pettigrow ou Prewett. J'ai toujours eu des difficultés à m'entendre avec Pettigrow, quelque chose chez lui m'incite à me méfier de lui.

Naissances by MissArty
Author's Notes:

Bonjour!

Après presqu'un mois d'absence, je reviens! J'avais dit que je posterai pas avant d'avoir fini entièrement cette histoire mais comme il me reste encore 3 chapitres à écrire, je me suis dit que je pouvais poster la suite quand même maintenant que j'ai de l'avance! j'essayerai de poster plus rapidement pour peut-être finir les vacances avec la fin de cette histoire!

 

Cette histoire comptera 55 ou 56 chapitres (je ne sais toujours pas si je termine l'histoire avec le chapitre 55 ou si je fais un véritable chapitre de fin). 

Comme j'essaye de respecter le plus possible le canon, préparez à la disparition de certains personnages (je dis ca, je dis rien....), je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspense!

Bonne lecture!

-Par la barbe de Merlin! s'écrie Eden en sursaut alors que la sonnerie de l'entrée retentit. 

-Un problème, mon chéri? lui demande-je narquoise. 

-Qui est le fils de cognard qui vient si tôt. 

-Si tôt?  Il est midi!

-QUOI? Pourquoi tu ne m'as pas réveillé.

-J'ai essayé. 

 

Je ne mens pas. Je lui ai lancé un levicorpus, un aguamenti, un sort de chatouillis, je lui ai même mis une claque. Il dormait profondément. C'est rare, mais il était très fatigué hier soir en rentrant car il voulait impérativement finir son dossier. 

Impeccablement habillée, contrairement à une certaine personne, je descends les escaliers, un mélange de chevelures rousse, châtain et blonde me fonce dessus. Derrière elles, les hommes affichent le même air blasé. Je ris à cette vision et les filles me parlent toutes en même temps si bien que je ne peux suivre aucune conversation. 

 

-Vous êtes toujours aussi en forme, soupire Eden, derrière moi.

 

Je me retourne surprise qu'il soit déjà là. Il est tiré en quatre épingles. Comment a t-il fait pour se préparer aussi vite? Il a dû demander de l'aide à Alfred... C'est pas son rôle normalement. 

 

-Qui êtes-vous? demande t-il soudainement. 

-Eden, c'est Eric, le petit ami de Mary, celui qui est magicozooliste. 

-Aaaah je m'en souviens maintenant! C'est lui dont tu n'arrives jamais à te souvenir du nom! Enchanté.

 

Merci Eden pour ce détail! J'aurai préféré qu'Eric ne le sache pas! 

 

-Moi de même. 

-Céleste, où est Cathleen? interroge Sirius, soucieux. 

 

En France, mon très cher cousin. Sa grossesse se voit maintenant. J'espère qu'elle ne va pas ressembler à une grosse vache, avec ses petits. Oui, ses petits. Le médicomage a eu l'immense honneur d'annoncer à une Cathleen, qu'elle aura des jumeaux. Son teint a verdi à cette annonce, elle a même failli faire un malaise! 

 

-Cathleen est rentrée en France, mon grand-père est toujours malade. Ma pauvre grand-mère ne peut pas faire face toute seule à cette situation, mens-je.

-J'espère qu'il se rétablira vite, dit Sirius, sincère. 

 

Il a beaucoup de respect pour mon grand-père, potionniste reconnu dans le milieu de sa profession. Il l'a vu l'année dernière à Noël et ils ont sympathisé. Mes grand-parents ont évidemment gardé le secret de la grossesse de Cathleen. Comme elle l'avait dit, ils ont été très tolérants et l'ont accueillie avec bienveillance. J'ai été très heureuse de leur venue en Grande-Bretagne. Ils ont fait la connaissance d'Eden et m'ont félicitée d'avoir trouvé « un homme aussi calme, respectueux et affectueux ». Je suis rassurée qu'eux acceptent Eden dans ma vie contrairement à Grand-mère Rosier.

 

La sonnerie retentit de nouveau et c'est le couple Londubat qui apparait dans l'encadrement de la porte. 

 

-Où sont les toilettes, Céleste? demande Alice sans saluer quiconque. 

-La porte à côté de toi.

 

Elle murmure un rapide remerciement et s'enferme dans les toilettes sous le regard inquiet de Frank et le regard amusé de Prewett (oui, Prewett est là, en tant que petit ami de Marlène, pas en tant qu'ami!). Elle ressort le teint un peu pâle et dit qu'en ce moment, elle supporte très mal le transplanage. Alice est devenue une amie après une mission périlleuse et terrifiante où nous avons failli mourir. Je n'exagère même pas. Nous nous sommes retrouvées là où se trouvaient Voldemort et ses sbires. Elle a dû affronter Voldemort alors que moi, mon adversaire était Bellatrix. Le transplanage pour les humains était interdit alors j'ai appelé Dolly qui nous a sorties de là. La scène s'est produite en une seconde, j'ai eu le temps d'attraper la main d'Alice avant que Dolly disparaisse. Je crois qu'à ce jour, ils essayent tous encore de comprendre comment nous avons fait pour nous en sortir. 

Un énorme gargouillis résonne dans le hall. 

 

-Je crois que Marlène a faim, avance Prewett en ricanant. 

-Allons dans la salle à manger alors, dit Eden, imperturbable. 

 

La première à se diriger vers la salle est évidemment Marlène. Comme elle sait où je me place habituellement, elle s'assied à côté de mon siège. Sirius et Alice, Eric à sa suite, de l'autre côté, s'assoient James, Mary Prewett, Lily. 

Alfred apporte les entrées. Sirius et Eric grimacent, je leur fais la remarque. 

 

-C'est de l'esclavage, marmonne Eric.

-Eric, tu viens de lâcher une bombe, soupire Mary. 

 

J'en ai marre que l'on me dise que les elfes sont des escales. CE NE SONT PAS DES ESCLAVES!

 

-Alfred, restez ici et répondez honnêtement à toutes les questions d'Eric. Eric, pose lui des questions. Finissons-en avec les réflexions stupides sur les elfes. 

 

Alfred me lance un regard étonné.

 

-Alfred, êtes-vous satisfait de vos conditions de vie et de travail?

-Bien sûr! Alfred est très heureux d'être ici, s'indigne t-il.

-Voudrez-vous partir? Avoir une retraite, des congés payés etc.

-Non, Alfred est ici depuis que monsieur Victor est un jeune enfant, Alfred ne veut pas partir et ne veut rien d'autre que de rester ici jusqu'à la fin de sa vie! s'écrie Alfred, offensé par les questions d'Eric.

 

Alfred repart, je lui demande de revenir avec le vin. Il hoche la tête et semble soulagé de recevoir un ordre. 

 

-Maintenant, Eric, tu as la confirmation que mes elfes ne sont pas maltraités. Nous les respectons!

-Tu étais plus véhémente lorsque tu défendais tes opinions devant Gideon!

-Devant Gideon? D'où tu fréquentes les deux frères? s'enquiert Eden avec une pointe de méfiance.

-Depuis que sa meilleure amie sort avec l'un d'eux et qu'elle les croise parfois chez elle, dit Marlène, calmement.

 

Merci Marlène! Alfred revient avec les bouteilles, je vois Lily échanger un regard apeuré avec James. Que se passe t-il donc? Vin+Lily apeurée= femme enceinte! Ils me cachent ça! Comme je suis une amie taquine, je demande à Alfred de commencer par Lily. Elle me jette un regard noir auquel je réponds par un sourire hypocrite. 

 

-Mrs Céleste, Alfred ne doit-il pas commencer d'abord par l'homme de la maison?

 

Mince! J'avais oublié cette règle! Fichue coutume!

 

-En effet, Alfred, vous avez raison. Sauvée par la coutume, n'est ce pas Lily? 

-Sale garce! 

-Moi, une garce? Oui, c'est vrai je suis une garce alors je vais être fidèle à ma réputation. N'aurais-tu pas quelque chose à annoncer? 

-La harpie! lâche James en serrant les dents.

-Il se passe quoi là? s'énerve Marlène.

-Demande à James et Lily, ils te le diront!

 

Comme un seul homme, Eden, Marlène, Eric, Prewett, Alice et Franck se tournent vers Lily qui rougit. Le fait que Mary et Sirius ne bougent rien confirment mon hypothèse.

 

-Euh... commence Lily, mal à l'aise.

-Tu vas accoucher, oui! s'agace Marlène, impatiente, avant d'écarquiller ses yeux. Aaaaaaah, d'accord!

-De quoi? Dis Marly! 

-Disons que la famille Potter va s'agrandir avec une naissance prochaine.

-C'est merveilleux! s'écrie Eden.

-Fabuleux! 

-Félicitations! 

-On sera deux familles à s'agrandir alors, dit Alice, rougissante. 

-Alfred! Sortez le champagne, on a deux choses à fêter, crie Eden en couvrant les voix enjoués de tous nos invités. 

 

     ********

 

Comment une misérable visite chez le médecin peut changer une vie à tout jamais? Comment ai-je pu aussi distraite? Que va dire Eden? Et Cathleen? Et les filles? Dans quel pétrin me suis-je encore fourrée? Vais-je devoir arrêter les missions de l'Ordre? Sûrement.

 

C'est autant de questions que je me pose en sortant de l'hôpital. Je suis enceinte. Je ne m'en réjouis, je suis plutôt inquiète. Cette perspective n'était pas envisagée avant plusieurs années. Comment puis-je élever un enfant au milieu d'une guerre? 

Anéantie par cette nouvelle, je m'écroule le long d'un mur, à proximité de l'hôpital et je me mets à pleurer, cachant mon visage dans mes bras. Je suis pathétique.

 

-Black? Que fais-tu au milieu d'une rue moldue? Veux-tu que je cherche Marlène? questionne Prewett, dérouté de me voir dans un état pareil. 

-Fiche-moi la paix Prewett, c'est pas le moment.

-Non. Une Black n'abandonne pas, une Black doit rester forte. Alors, sois une courageuse Serpentard et relève-toi par la barbe de Merlin!

-Non.

-T'es soulante!

 

Soudain, il me relève avec une force que je ne lui connaissais. Il prend mes poignets dans ses mains et me regarde droit dans les yeux. 

 

-Ne flanche jamais, Céleste! N'aie peur de rien! Ne doute pas! La femme que je vois devant moi n'est pas Céleste Black alors ressaisie-toi! 

 

Cette phrase m'émeut et je me remets à pleurer bêtement avec morve, sanglots, la totale, le summum du glamour. 

 

-Tu sais consoler les femmes, frangin, se moque Gideon, mi amusé, mi inquiet. 

 

Sans prendre une seule seconde pour réfléchir, je me jette dans ses bras et pleure encore. Je sens ses bras se refermer sur moi et il me chuchote qu'il faut rester forte. Je sens que Prewett disparaît et cela bizarrement ne me réconforte pas. La présence des frères serait-elle bénéfique sur ma santé psychologique?

 

-Par le caleçon de Serpentard, Titine, que se passe t-il? crie Marlène, essoufflée et angoissée. Viens-là, Céleste, viens près de moi, j'ai pris ma pause, tu vas me dire ce qui ne va pas dans un fast-food moldu. Les garçons, laissons-nous, je prends la relève. Merci d'avoir pris soin d'elle. 

-Je ne vais pas laisser ta meilleure amie seule, pétant un cable au milieu d'une rue moldue!

-Et moi, je ne vais pas laisser une jeune femme seule, ne se sentant pas bien. Entre collègues, on se soutient. 

-Il est réconfortant de savoir qu'on peut compter encore sur des gens comme vous en période de guerre. 

 

Marlène m'agrippe le poignet et déambule dans les rues bondés de Londres avant de s'arrêter dans une rue déserte. je sens alors la désagréable sensation du transplanage avant que mes pieds ne retombent sur la terre ferme. Une odeur de jasmin me chatouille le nez et je comprends alors que je suis dans l'appartement de Marlène. 

 

-Pas de fast-food, en effet. J'ai dit cela pour brouiller les pistes, les frères auraient été capables de nous chercher et de nous trouver. Dans mon appartement, ils ne nous trouveront pas. Explique-moi pourquoi étais-tu en train de mouiller le costume de Gideon de tes larmes et pourquoi Fabian est venu me chercher affolé?

-Pardonne-moi, pardonne-moi, Marlène. 

-Ok, tu divagues, Céleste. Respire et prends ton temps pour tout m'expliquer. 

-J'ai, je veux.. je ne sais pas...j'ai pas la force.

-La force de quoi?

-De supporter la guerre en élevant un enfant.

 

Voilà, j'ai lâché la bombe et je me remets à pleurer. Je suis une véritable fontaine aujourd'hui. 

 

-Ah! 

 

C'est tout ce qu'elle trouve à dire? Elle est plus bavarde normalement. 

Elle part dans sa cuisine et un énorme fracas retentit, je l'entends alors s'énerver sur quelque chose en l'insultant puis elle revient quelques minutes plus tard, un thé fumant sur un plateau. 

 

-Thé! Bois ça!

 

Obéissante, je bois, doucement et je me suis déjà légèrement plus apaisée.

 

-Tu es donc enceinte et tu as peur de l'élever dans un monde en guerre, ce qui est compréhensible. Je me trompe peut-être mais si tu as peur autant, c'est que cette grossesse marque un nouveau tournant dans ta relation avec Eden. Le mariage passe encore mais l'idée d'avoir un enfant de lui t'angoisse. La guerre n'est qu'un prétexte. 

-Marlène, je ne suis pas prête! Eden non plus! Nous avons vingt ans! Les Potter et les Londubat sont peut-être capables d'élever un enfant mais moi je ne peux pas! Tu as raison concernant Eden mais ce n'est pas la seule chose qui m'angoisse. Je vais avoir un enfant, qui aura les gênes Black-Rosier, je ne veux pas favoriser la propagation de la folie des Rosier, pas dans un pays rongé par une guerre dont une partie des belligérants n'attendent que la naissance des enfants Sang-Pur afin de les élever « correctement ». 

-Ne stresse pas pour l'avenir de ton enfant. Peut-être que l'enfant naîtra lorsque la guerre sera terminée. Il faut garder l'espoir qu'un monde meilleur est en devenir. C'est pour ça, que Lily, James, Alice et Franck ont eu un enfant. Bien sûr qu'ils étaient aussi affolés que toi au début mais il faut apprendre l'idée qu'une nouvelle génération arrive et qu'elle naîtra sûrement pendant la guerre, ils sont l'avenir de demain.

 

Je comprends absolument rien de ce qu'elle raconte, je me contente donc de hocher la tête. Elle essaye de me réconforter et c'est ça que je comprends, pas son monologue mi dramatique mi incompréhensible. 

 

Par la suite, j'ai attendu plusieurs jours avant d'annoncer la nouvelle à Eden. Il a été surpris, clignant les yeux à maintes reprises avant de se reprendre, de me faire son sourire rayonnant et de me dire qu'il est heureux. Cela m'a soulagé, j'avais tellement peur qu'il le prenne mal que j'avais convoqué le conseil de guerre, à savoir Lily, Marlène et Mary qui par chance passait quelques jours en Angleterre chez son père. Elles se sont toutes mises d'accord et m'ont convaincue d'annoncer ma grossesse rapidement à Eden. Lors d'un week-end, je suis allée en France, ils ont tous accueillis la nouvelle avec beaucoup de chaleur mais Cathleen m'a demandée si j'étais sûre d'être capable de l'élever en étant si jeunes dans un pays en crise. Je l'ai aussitôt rassurée. Mes grand-parents m'ont même proposée de passer ma grossesse chez eux mais j'ai refusé préférant l'Angleterre. Ils ont été déçus mais ont accepté ma décision. Cathleen semble satisfaite de son séjour en France, je me demande même si elle ne va pas y rester. 

Une semaine après mon bref séjour en France, j'ai annoncé à l'Ordre que du fait de ma grossesse, je ne ferai plus de mission. Mes amis m'ont alors chaleureusement félicitée, les frères Prewett m'ont sourie et j'ai senti un drôle de lien entre nous à ce moment comme si nous partagions un secret. Il est vrai qu'ils m'ont trouvée dans une rue moldue pleurant toutes les larmes de mon corps car je venais d'apprendre ma grossesse et deux semaines après, j'arbore un chaleureux sourire qui ne les trompe pas, je ne suis pas heureuse de cette grossesse mais j'aime déjà ce petit être qui grandit en moi. 

 

*******

 

-Céleste, viens. Cathleen va accoucher! Il y a un portoloin dans dix minutes, dépêche-toi, dit ma grand-mère maternelle en ouvrant  violemment les portes du salon dans lequel je bois mon thé au jasmin. 

-Bonjour Mrs Cresson. Que se passe t-il, s'inquiète Mary.

-Cathleen va accoucher! Céleste, dépêche-toi! 

-Vous allez en France comment?

-En portoloin.

-Je viens avec vous! 

-Mamie, as-tu prévenu, Rachel?

-Elle est déjà, là-bas. 

 

Je griffonne un message pour Eden et nous attrapons le portoloin juste à temps. Nous arrivons dans la campagne du sud de la France et toute de suite, l'odeur vient me chatouiller les narines. L'odeur des vacances. Ma grand-mère court à travers son jardin, ouvre la porte. 

 

-Je n'ai pas très envie d'entendre les hurlements de ma soeur. En plus, Rachel est auprès d'elle. Je vais attendre dans le jardin, tu restes avec moi?

 

Mary s'empresse d'acquiescer, aussi mal à l'aise que moi. Nous arrachons les mauvaises herbes pour passer le temps après avoir échangé des nouvelles. C'est seulement lorsque le jour commence à tomber que Rachel sort de la maison, les traits tirés, un grand sourire aux lèves et nous informe que l'accouchement est terminé. Je me précipite dans la maison, montant les escaliers à vive allure. Je pénètre dans la chambre, Cathleen est au milieu, fatiguée, les cheveux décoiffés, tenant dans ses bras ses enfants. Je m'approche et me mets à pleurer d'émotion. Cathleen libère un de ses bras et me presse la main, elle est fatigué mais apaisée. 

 

-Regardez, les enfants, c'est tante Céleste! murmure t-elle. 

-Comment les as tu appelés?

-Isabelle et Alphard

 

Et je me remets à pleurer. Un bruit de mouchage m'indique que je ne suis pas la seule.

 

-C'est le plus bel hommage que tu puisses rendre à ta mère, Catie, dit à voix basse ma grand-mère. 

-Tu veux les porter?

-Oui!

 

Doucement, je prends les jumeaux dans mes bras et les observe. Ils se ressemblent, et ont les mêmes cheveux noirs que leurs parents. Je suis sûre qu'ils auront les yeux gris. Cheveux noirs et yeux gris, les jumeaux au Sang-Pur sont de vrais Black. Faites que Grand-mère Rosier ne les voit pas et qu'ils n'aient pas de problèmes à cause de ça plus tard! 

 

-Et toi, Céleste? Pour quand est prévu ton petit?

-A la fin de l'année. 

-Tu nous appelleras lorsqu'il sera là!

-Bien sûr, mamie!

-Je viendrai vous voir personnellement si vous le souhaitez pour vous informer de la naissance de votre petit-enfant!

-Merci, Mary, tu es un amour, dit chaleureusement ma grand-mère avec un gentil sourire.

 

Mary et ma grand-mère s'entendent très bien. Dès que Mary doit aller en France, elle séjourne chez mes grand-parents. 

 

   ********

 

-J'ai chauuuuuuuud! me lamente-je alors qu'Eden soupire, irrité de mes plaintes continuelles depuis que je me suis levée, c'est à dire depuis deux heures, . 

-Si ça se trouve, quand tu seras une baleine, tu auras encore plus chaud, me taquine mon mari auquel je jette un regard noir. 

-J'aurai jamais osé dire cette phrase, s'amuse Sirius. 

-Fichez-moi la paix avec vos moqueries! J'ai chaud, n'empirez pas les choses!

 

Sirius éclate de rire et commence à parler de mon sale caractère à Eden en ignorant totalement ma présence. Eden a le culot de surenchérir ce que dit Sirius. Ils riront moins lorsqu'ils se prendront un doloris, na!

Un cerf argenté surgit dans la salle et annonce de la voix paniqué de James que Lily est en train d'accoucher. Sirius, Eden et moi nous regardons puis d'un même mouvement, nous quittons le salon pour transplaner. Arrivés dans le charmant cottage des Potter, nous sommes accueillis par le couple Potter Senior (dont la maladie ne cesse de croître) et les cris de Lily, ce qui me met instantanément mal à l'aise. Sirius rejoint James, dans la chambre à coucher et me demande du regard si je monte. Après un soupir, je me décide de monter, Mary n'est pas présente, elle doit être aux Etats-Unis. D'un murmure, je demande à James si quelqu'un a prévenu Mary, il me répond qu'il a envoyé Pettigrow la prévenir. Elle va être enchantée! Lily, après avoir hurlé sur la médicomage qu'elle ne l'aidait pas à se détendre (James et Sirius ont eu le réflexe de se boucher les oreilles, réflexe que je n'ai pas eu au grand malheur de mes tympans), a remarqué ma présence et m'a demandée de l'apaiser. Alors, je lui ai raconté n'importe quoi sur les fleurs qui poussent dans le jardin, la chaleur insupportable, Dolly qui a tenté d'inventer une nouvelle recette au citron qui s'est soldée par un échec. La pauvre Dolly était en larmes et a dit qu'elle méritait de se coincer les oreilles dans les portes de la cuisine, j'ai eu peur qu'elle le fasse et l'ai rassurée tout en lui interdisant de se punir. Diriger des elfes de maison, tout un art! 

Soudain, la médicomage me pousse brusquement sur le côté et annonce que c'est le moment. Les minutes qui suivent me font paniquer et j'anticipe mon propre accouchement. Je me demande alors s'il n'y a pas un moyen d'avoir un enfant avec ses gênes sans passer par l'accouchement mais j'échoue trouver une solution et reprends mes esprits. Je me tourne vers les Potter et là, le choc. Pour la première fois de ma vie, je vois James pleurer (de joie) en caressant le bras d'un bébé avec une touffe de cheveux noirs. C'est officiel, ce petit est bien l'enfant de James et a hérité de ses cheveux indomptables. Bravo!

 

-Incroyable, souffle Sirius qui garde un air émerveillé sur le visage. 

 

Il semble scotché par la naissance d'un enfant. Qu'as tu fait Cathleen? Sirius aurait adoré ses enfants, les aurait protégés contre tous les nuisibles sur cette planète, aurait été un papa poule avec sa fille! Je persiste à dire que Cathleen n'a pas fait le bon choix mais je la soutiens et essaye de la comprendre. J'ai vu la semaine dernière les jumeaux, ce sont de parfaits petits Black physiquement, Cathleen les couve mais reste distante avec eux comme si elle voulait pas qu'ils s'attachent trop à elle. Mère avait-elle un comportement similaire avec nous? J'ai posé la question à mamie mais elle m'a dit qu'elle nous avait très peu vues lors des premiers mois de notre existence, ce qui m'étonne mais je n'ai fait aucun commentaire. 

 

-Est-ce une fille ou un garçon?

-Un garçon! me répond fièrement James.

 

Il aurait été aussi fière si l'enfant avait été une fille.

 

-C'est un petit maraudeur alors! Il va devenir aussi doué que son papa au Quidditch, s'exclame Sirius.

-Tant qu'il n'est pas arrogant, qu'il ne se pavane pas dans les couloirs du château comme s'il lui a appartenait et qu'il ne se passe pas la main dans le cheveux pour faire comme s'il venait d'un tour en balai, je n'ai rien à dire. Avec le fils d'un maraudeur, je m'attends à tout, soupire, résignée, Lily.

-Si ça se trouve, il sera très sage et ne cherchera jamais les ennuis, dis-je pour la rassurer sans même me croire moi-même.

 

Sirius, Lily et James me regardent perplexe. Je ne suis pas la seule à ne pas croire en mes paroles!

 

-Longue vie à ce petit alors! 

-Coucou, je suis arrivée aussi vite que possible mais le portoloin en destination de l'Angleterre était introuvable alors je l'ai raté et j'ai dû prendre un autre. Heureusement que le responsable des portoloins est un ami d'Eric, lance Mary, essoufflée mais sans reprendre son souffle (si si ça peut arriver). 

-Je te présente Harry, notre petit garçon, déclare doucement Lily. 

 

Mary contemple l'enfant et se met à pleurer en se traitant de gourde. Lily lui fait une place sur son lit et lui tend Harry qui somnole que Mary prend dans ses bras avec précaution. Elle lui masse doucement le ventre et il replonge dans son sommeil.

La porte s'ouvre une nouvelle fois mais plus doucement et timidement, un instant, je crois que c'est Remus mais ce n'est pas lui. 

 

-Salut tout le monde, chuchote Marlène. Le petit est né? C'est une fille ou un garçon? Comment s'appelle t-il. 

-C'est un petit garçon qui s'appelle Harry et qui a malheureusement les mêmes cheveux que son père, l'informe Eden. 

 

Marlène s'approche prudemment du lit et sourit, attendrie, en voyant Harry. 

 

-Toutes mes félicitations aux parents alors, surtout à Lily qui a dû souffrir le martyr en accouchant. 

 

Lily la remercie d'un sourire et replonge dans sa contemplation de l'enfant. Remus et Pettigrow arrivent peu de temps après. Pettigrow n'est pas venu avec Marlène car il était parti chercher Remus. Il a fait le hibou humain!

 

Marlène ne reste pas longtemps car elle doit retourner à son service, elle murmure encore des félicitations, puis jette un regard mélancolique sur mon ventre avant de partir. Je déteste quand elle fait cela, je culpabilise du fait d'avoir bientôt un enfant alors qu'elle n'attend que le mariage et un enfant de Fabian. Je pensais que nous ferions tout en même temps quand j'étais à Poudlard (j'avais douze ans, ne me jugez pas!). Elle est incroyable, elle jongle entre travail, amis, missions et amour avec enthousiasme, avec une passion admirable. C'est une grande dame. 

Sentiments défendus by MissArty

 Je sirote mon thé tranquillement, plongée dans mes réflexions, dans le canapé du QG de l'Ordre du Phénix. Cela peut paraître incongru puisqu'enceinte, je suis dans l'un des endroits les plus dangereux. Je m'ennuie tellement que j'ai besoin de voir du monde et c'est seulement là que je le peux. Enfermer dans un manoir désert ne me convient pas du tout, Cathleen séjourne toujours chez nos grand-parents. Au travail, je ne dois pas mettre les pieds dans mon bureau  sinon Charity me vire! J'ai demandé à Charity de me remplacer puisqu'elle cherche du travail tout en faisant des recherches sur les moldus.

 

-Céleste? Que fais-tu là? s'étonne Gideon. Tu ne devrais pas être là, retourne chez toi, c'est plus sûr!

-Non, je n'en ai pas envie! Je m'ennuie tellement chez moi! la seule compagnie que j'ai, ce sont les elfes qui sont toujours affairés! Ne me ramène pas chez moi!

-Même si c'est dangereux, je respecte ton choix, dit-il en se jetant dans le canapé. Je suis tellement fatigué! J'ai fait une mission de surveillance cette nuit, je n'ai pas dormi depuis deux jours!

-Repose-toi! Profite-en, c'est calme pour le moment!

-Oui, c'est vrai, reconnaît-il en souriant. 

 

Merlin, son sourire! C'est le plus beau sourire que j'ai jamais vu...

Calme-toi, Céleste! Les hormones me font penser à des choses étranges!

Gideon pose sa tête sur mon épaule et s'endort. Heureusement j'ai toujours mon bras droit disponible pour boire mon thé. Je me demande si mon père aurait rejoint l'Ordre, il n'était pas particulièrement courageux mais il détestait le milieu des Sang-Pur qui l'avait obligé d'épouser rapidement une femme et par conséquent, il détestait aussi les mangemorts et leur suprématie du sang-pur. Ma mère n'aurait jamais rejoint l'Ordre, enfin, je pense. Depuis que je suis enceinte, je réfléchis au lien que j'aurai avec mon enfant, je n'ai jamais été proche de ma mère et je l'ai souvent ressenti  comme un manque. C'est avec stupéfaction que je me suis rendue compte que je connaissais très peu ma mère, elle était une énigme à elle toute seule. Je ne souhaite pas vivre ça avec mes enfants, je préfère être proche, qu'ils me parlent de leurs petits soucis. Je veux être une présence rassurante accessible pour eux alors que j'ai l'impression que Cathleen sera comme ma mère avec ses enfants, présente mais distante.

 

-Black? Que fais-tu là? Tu ne devrais pas être là, retourne chez toi! dit Fabian en rentrant dans le salon.

 

Il a dit exactement la même chose que son frère, cela me fait rire si bien que je réveille Gideon, son frère le regarde avec un étrange sourire narquois. 

 

-Céleste! Rentre au manoir! Je t'ai déjà dit dix mille fois de ne plus apparaitre ici dans ton état! me sermonne Marlène, les mains sur les hanches.

-Ne t'inquiète pas! Il est bien accroché, je peux me défendre et vous êtes là, donc je peux être rassurée! Ils ne vont pas tuer une Sang-Pur enceinte d'un sang-pur! 

-Tu es si confiante, Black! se moque Fabian avant de reprendre un visage plus sérieux. Mais évite de venir au QG, nous ne pourrons pas nous protéger les uns les autres éternellement, ajoute-il gravement.

-Fabian! Tu as vraiment l'air de détendre l'atmosphère, ironise Marlène. Tu ne lui dis pas des choses aussi sinistres, elle est quand même enceinte! 

 

Comme toujours lorsqu'elle parle de ma grossesse, Marlène elle pose ses yeux avec mélancolie sur mon gros ventre. Elle n'est pas jalouse de moi mais je crois qu'elle se demande un jour si elle pourra voir un enfant de Fabian. C'est une combattante mais elle souhaite aussi lorsque la guerre sera finie de fonder une famille avec Fabian. Elle dit souvent cela avec légèreté mais elle a toujours l'arrière-pensée qu'ils ne sortiront peut-être pas vivants de cette guerre et cela me fout des frissons. Je n'ai pas envie qu'ils meurent, ils sont tous si importants, si impressionnants dans leur lutte contre Voldemort que cela force l'admiration.

 

-Je m'ennuie chez moi! Eden est au travail, Cathleen est en France. Tout le monde est occupé! Ici, c'est ma seule chance de voir du monde et ne pas me morfondre seule. 

-James a raison, tu peux devenir comédienne! 

-Comédienne? Par le string de Serpentard, c'est un métier grossier, inconvenant pour une jeune femme comme moi!

-Je ne sais pas ce qui est le plus drôle, qu'elle jure par le string de Serpentard ou qu'elle prenne les comédiennes pour des courtisanes! commente Sirius.

-Qu'elle ne soit pas foutue de se détacher de son éducation surtout! N'est-ce pas Sirius? 

-Très drôle Black! Je suppose que tout le monde t'a dit que c'est dangereux d'être au QG en étant enceinte, donc on se fait une partie de scrabble? 

 

Sirius a découvert, il n'y a pas longtemps, des jeux de société moldus. Depuis, ils nous harcèlent pour que l'on fasse une partie avec lui dès que l'on a un moment de libre. 

 

-Je joue aussi! dit Gideon. 

 

Résultat, nous sommes six à jouer: Gideon, Sirius, Emmelie Vance, Caradoc, Dorcas Meadowes et moi. Fabian et Marlène s'éclipsent discrètement puis Prewett revient quelques minutes plus tard, l'air blasé. Je suis curieuse de connaître le contenu de leur conversation mais Marlène a droit d'avoir une vie privée. 

 

-Prewett, tu triches! Tu regardes les lettres avant de piocher! Dorcas, n'échange pas de lettre avec ton voisin! Je suis enceinte mais pas aveugle! 

-Tu nous soules, Black! râle Fabian même s'il est amusé que je l'ai pris en flagrant délit de triche. 

-Et encore, tu ne l'as jamais vu en tant que capitaine de l'équipe de Serpentard, elle était redoutable! ajoute Sirius. 

-Tu faisais du Quidditch? s'exclame Dorcas.

 

Merci Sirius d'avoir relancé la conversation sur le Quiddtich! Ce sport me manque tellement! Avant le week end, quand Mary était là ou quand Marlène venait le week end, on jouait au Quidditch mais avec le boulot, on en faisait plus. Maintenant que je suis enceinte, j'évite. Si je monte sur un balai, Eden serait furieux. 

 

            ********

 

Quelqu'un toque à la porte, c'est forcément un membre de l'Ordre du Phénix qui m'est proche. Seuls certains membres de l'Ordre, Harper et Charity peuvent transplaner dans la zone du jardin prévue à cet effet grâce au sortilège Fidelitas. Tous les autres ne peuvent plus rentrer dans le jardin. Depuis que j'ai intégré l'Ordre, j'angoisse toujours à l'idée que Voldy et ses sbires apprennent que je fais parti de l'autre camp, Rosier se ferait un malin plaisir à me décapiter sur place ou même Lucius Malefoy!

 

-Alfred, la porte! je crie à travers toute la maison dans l'espoir qu'il entende. 

 

Difficilement, je me lève du canapé pour venir à la rencontre de l'invité.

 

-Salut Black! Ma soeur m'a chargé de te donner cela pour ta soeur, ce sont des bouts de laine qu'elle n'utilise plus et il y a aussi un peu de nourriture, des tartelettes au citron et des sablés. 

 

Fabian est dans le secret, j'ai accepté car il est le petit ami de Marlène et je peux avoir confiance en lui même s'il n'est pas encore mon ami. Une chose m'amuse beaucoup, c'est le fait qu'il m'appelle Black, même si je suis Mrs MacMillan. Cela me réjouit car je déteste toujours mon nouveau nom. 

 

-Merci, Fabian, tu es ado...

 

.... Et Merde!

 

-Céleste! C'est quoi ce liquide? panique soudain Fabian. Qu'est ce qui se passe? Ne me dis pas que....

-Fabian, la ferme! Ne panique pas! Oui, je viens de perdre les eaux! 

-QUOI?

 

Si un jour, Marlène et lui ont un enfant, il faudra briefer Marlène sur son manque total de self-control. 

 

-Fabian, tu vas faire un truc dangereux mais tu vas réussir, tu vas me faire transplaner à l'hôpital!

-Moi?

-Non, Voldemort qui se cache dans l'armoire! ironise-je. Oui, toi, Fabian! Ne perdons pas de temps! Allez fais-moi transplaner!

 

Il est complètement paniqué, il ne bouge pas et me regarde fixement.

 

-Fabian,tu as combattu des mangemorts mais tu n'es pas foutu d'emmener une femme sur le point d'accoucher à l'hôpital? réveille-toi! Où est passé le courage des Gryffondor. Aie!

 

Mon cri de douleur le ramène sur terre, il me dit « ok » et me fait transplaner. 

 

*********

 

-Merci Fabian, c'est la chose la plus gentille que tu es faite pour moi. Je t'en suis très reconnaissante.

-Repose-toi, tu l'a bien méritée. 

-Tu as appelé Eden et mes amis?

-Oui! Comment vas-tu appeler cette jeune demoiselle?

 

Ma petite fille est endormie dans mes bras. Elle est toute mignonne et je ressens une énorme bouffée d'amour pour ce petit être. Son nom, je l'ai décidé depuis longtemps mais je ne l'ai dit à personne. 

 

Quelqu'un toque à la porte et je vois débouler Marlène, Lily, Sirius, Remus, Gideon, Caradoc. Ma fille ouvre les yeux, ses yeux marrons-gris croisent les miens et elle me sourit. Cette petite aura un très bon caractère, je le sais déjà et cela va très bien avec le prénom que je lui ai choisi. 

 

-Bonjour! Je vous présente ma fille, dis-je en la calant mieux dans mes bras pour que tout le monde la voit.

 

Marlène est sur le point de pleurer, Sirius la regarde fasciné, Gideon et Caradoc ont un sourire radieux, Remus, un sourire plus discret mais je vois dans ses yeux qu'il est content pour moi. 

 

-Dis-nous comment s'appelle cette petite demoiselle! s'impatiente Fabian.

-T'es là, toi? dit Marlène, surprise.

 

En quelques mots, il lui explique le pourquoi du comment et Marlène le félicite.

 

-Viens dire bonjour à ta filleule, Marlène. 

-Je suis tellement émue, Céleste. Je suis marraine! Comment s'appelle t-elle? 

-Je viens de le dire à l'instant! 

 

Marlène me regarde, ne comprenant pas alors que Gideon et Remus pouffent de rire.

 

-Elle s'appelle Marlène, Edina MacMillan, j'annonce d'une voix douce. 

 

Marlène (l'aînée) se met à pleurer, Fabian se précipite vers elle. 

 

-C'est quoi tout ce monde? s'exclame Eden, en entrant dans la salle, essoufflé.

 

J'avais complètement oublié sa venue! Honte à moi!

 

-Tiens, Eden, prends ta fille dans tes bras. 

 

Il la contemple un instant en souriant puis consent à la mettre dans les bras de Lily qui le réclame. C'est ainsi que Marlène passa de bras en bras, tous s'émerveillant de son sourire et tous remarquent la ressemblance de Marlène avec son père. 

 

-Céleste, tu m'expliques pourquoi il y a autant de monde dans cette chambre? me demande soudain Eden suspicieux. Ces personnes ne semblaient pas être tes amis auparavant. 

 

Et merde! J'ai toujours caché mon appartenance à l'Ordre, ce n'est pas le jour de la naissance de ma fille que je vais me faire griller!!

 

-Maintenant, elles le sont. Ce sont des amis des filles, à force d'aller prendre un verre ensemble, nous avons sympathisé, mens-je sans rougir. 

 

Gideon lève les yeux au ciel et Caradoc sourit. 

 

-Comme quoi, même après Poudlard, il est possible de se faire des amis, dit Lily. 

 

Merci Lily de fortifier mon mensonge! Grâce à elle, Eden accepte mon mensonge.

 

-Fabian, je ne t'ai pas brisé les os de la main? m'inquiète-je, me rappelant que je lui ai broyé la main pendant tout l'accouchement.

-Non, c'est bon! Mes mains sont habituées à la poigne de Marlène. A chaque fois qu'elle me serre la main, j'ai l'impression qu'elle me la broie. 

-Il existe pire que la poigne de Marlène et crois-moi je préfère la poigne de Marlène à celle de cette saleté de petit cousin!

-La maternité ne t'adoucit pas non plus, remarque Fabian. 

-Maintenant, tout le monde dehors, je veux pioncer. 

-Qu'est ce que je disais? marmonne Fabian en faisant rire Marlène et Lily qui le tiennent chacune par un bras.

 

 

*********

 

Comment Molly Weasley fait avec sa progéniture? J'ai seulement un enfant et je suis déjà fatiguée alors que nous sommes en début d'après-midi et que j'ai les elfes pour m'aider! Alors que je tente de faire une sieste, quelqu'un toque à la porte, ce qui réveille Marlène. Calant ma fille sur une hanche, j'ouvre la porte m'attendant à voir Cathleen qui doit venir sans ses jumeaux pour quelques jours mais c'est Gideon qui se tient devant moi aussi beau que d'habitude. Aussi beau que d'habitude? Donc, si j'étais attirée par lui durant ma grossesse, ce n'était pas à cause des hormones... Merlin! 

En plus, je suis trop moche aujourd'hui! J'ai un jogging couvert de terre car j'ai emmené Marlène dehors pour qu'elle joue un peu et mon t-shirt trop large ne me met pas en valeur. Que pense t-il de mon accoutrement, moi qui suis toujours apprêtée?

 

-Salut Céleste! Je viens te tenir compagnie, ça fait un moment que l'on ne s'est pas vu. 

 

Ça fait seulement trois semaines! Depuis quand je lui manque autant? « Depuis qu'il s'intéresse à toi, me souffle une petite voix dans la tête, avoue qu'il t'a manqué aussi!»

 

-Comment va mini-Marlène? 

-Très bien. Elle s'est amusée dehors. Dommage qu'il ne neige pas, j'aurai été contente qu'elle la découvre. 

-Cela viendra! Ton mari n'est pas là?

 

Mon mari? Ah oui, le courant d'air qui me sert de mari et qui ne s'occupe jamais de sa fille car il a -je cite- « trop de boulot et tu peux t'occuper de ta fille, tu ne travailles pas ». On est encore au Moyen-Age dans le manoir Black!

 

-Non, il est en voyage d'affaires, il revient dans deux jours. 

-Tu es donc toute seule avec ta fille? s'étonne Gideon avec une pointe d'agacement dans la voix. 

-Oui et non car il y a aussi les elfes. 

-Très bien. Je peux tenir un instant Marlène dans mes bras?

 

Je lui mets Marlène dans les bras et file aux toilettes (je n'aurai pas dû boire autant de thé ce matin). Lorsque je reviens Gideon est assis dans le canapé avec Marlène et s'amuse à faire apparaître de sa baguette des bulles qu'elle éclate de son petit doigt potelé en éclatant de rire. Cette enfant est capable de redonner le sourire à n'importe qui. Lorsque je les contemple ainsi, je m'aperçois qu'Eden n'a jamais rien fait de tel à Marlène. Je sais qu'il aime sa fille mais il ne sait pas comment réagir face à elle. Nous avons peut-être eu notre fille trop tôt.

 

-Ta fille est adorable, elle sourit tout le temps et est toujours prête à s'amuser!

-Je ne me suis pas trompée sur le choix de son prénom alors.

-En effet! Je suis tellement heureux que Fabian soit avec Marlène, elle est charmante et tellement protectrice avec lui! Je vais souvent les voir à l'appartement de Marlène. 

-Mon pauvre! Supporter Marlène pendant un repas te pompe toute ton énergie! lui dis-je en le faisant pouffer. 

 

Merlin que son rire est un son agréable à mes oreilles!

 

-C'est vrai mais cela te fait oublier tous tes problèmes! Elle va mourir de joie le jour où il la demandera en mariage.

-Quoi? Il veut la demander en mariage? 

-Il y pense de plus en plus!

 

Par le string de Serpentard, Fabian va demander Marlène en mariage! Heureusement que je suis assise, je me serai étalée par terre sinon, déjà là, je suis au bord du malaise tellement je suis... AAAAAArgh!

 

-Céleste! Tu vas bien? Tu es toute pâle, prête à t'évanouir, me dit Gideon, en posant la main sur mon bras et en approchant son visage du mien. Tu n'as pas de la fièvre? ajoute t-il en mettant sa main sur mon front d'une manière très naturelle 

 

Aussitôt, je sens une bouffée de chaleur et j'espère qu'il n'entend pas les battements de mon coeur dont le rythme est trop accéléré pour que cela soit normal. 

 

-Tu reprends des couleurs! Je ne pensais pas que te parler d'un potentiel mariage entre Fabian et Marlène te fasse autant d'effet.

 

C'est lui qui me fait de l'effet! 

Qu'est ce que je raconte?

 

-Marlène serait tellement heureuse si elle se mariait avec lui! Depuis ses quinze ans, elle attend ce moment!

-Elle est patiente!

-En ce qui concerne Fabian, oui même s'il ne le mérite pas. 

-Je crois que chaque mérite de connaître une belle histoire même si elle est défendue. 

 

J'ai l'impression qu'il y a un léger sous-entendu dans sa phrase. Serait-il en train d'imaginer une histoire entre deux personnes dont l'une est mariée? Ou serait-ce mon inconscient qui me suggère cette idée? Préférant ne pas répondre, j'annonce que la petite doit aller faire sa sieste. A peine l'ai-je dans les bras qu'elle tend les siens vers Gideon avec un grand sourire. Feignant l'ignorance, je quitte le salon sans ménagement mais Marlène éclate en pleurs. Déterminée à la coucher, je l'installe dans son berceau même si elle continue de brailler. Je tente de la calmer avec une comptine en vain (ce que je peux comprendre, je n'ai pas une très belle voix). Une main apparaît dans mon champ de vision et masse doucement le petit ventre de ma fille qui se tait et agrippe de ses mains les doigts de la main inconnue. Cette main appartient à Gideon et je suis profondément émue qu'il m'ait suivi et qu'il ait calmé Marlène. Eden n'aurait jamais fait cela et m'aurait laissé tout gérer comme d'habitude. 

 

-Elle a l'air de m'apprécier cette petite, murmure d'une voix douce Gideon.

-Merci Gideon! Elle va bientôt s'endormir, tu pourras prendre pleinement le contrôle sur ta main.

-Elle est adorable avec ses trois cheveux blonds sur la tête. 

 

Silencieusement, nous contemplons ma fille jusqu'à ce qu'elle s'endorme. discrètement, sur la pointe des pieds, nous quittons la chambre, en chemin, je croise Hykia et lui dis que Marlène fait sa sieste. 

 

-Au QG, je ne t'imaginais pas maîtresse de maison et mère de famille et pourtant tu l'es. 

-Les gens croient souvent que je ne suis qu'une colérique imbue d'elle-même au Sang-Pur qui cherche les problèmes.

-Tu es bien plus que cela, me souffle Gideon. 

 

Mon coeur bat à toute vitesse et mon corps semble brulé de l'intérieur. Je dois taire la tentation de le plaquer contre le mur et de l'embrasser furieusement. Que m'arrive t-il? Je suis mariée! Je ne devrais pas avoir ce genre de pensées pour un homme aussi charmant soit-il. 

 

-C'est gentil! Dolly (l'elfe apparaît immédiatement)! Peux-tu mettre un plateau de thé dans le salon, Cathleen ne va pas tarder à arriver.

-Ta soeur revient de France? Ton grand-mère est guéri?

-Pas vraiment mais je lui manque et elle veut voir Marlène alors elle reste pour quelques jours.

 

J'espère sans les enfants! Si Gideon les voit, il comprendra toute de suite que Cathleen a des enfants illégitimes et cela aura des conséquences énormes s'il le dit à Sirius. 

 

-Je vais vous laisser entre soeurs alors! Vous devez avoir une quantité de ragots à échanger!

-Oui! Cathleen en a toujours en stock et moi aussi!

-Bonne journée, Céleste! Si tu veux que je garde ta fille pendant que tu te reposes, dis le moi! J'ai l'habitude des petits, je garde souvent mes neveux. 

-Merci Gideon, la maman fatiguée que je suis retient cette proposition! 

 

Lorsqu'il referme la porte du manoir, je suis soulagée mais peinée de l'avoir mis à la porte alors que sa présence était agréable, peut-être plus qu'agréable même. Non,Céleste, arrête toute de suite de fantasmer sur Gideon Prewett. Par la barbe de Merlin, dans quelle galère, je suis encore! La porte s'ouvre et mon coeur loupe un battement.

 

-Céleste! Tu m'expliques pourquoi je viens de croiser Gideon avec un sourire aux lèvres?

 

Je suis soulagée que ce soit Cathleen! 

 

-Il est venu voir Marlène et me tenir compagnie 

-Céleste, n'oublie pas que tu es mariée à Eden, dit Cathleen, le ton lourd de reproches.

-Je ne sais pas ce que tu as compris mais c'est absolument faux. Il n'y a rien entre Gideon et moi! m'exclame-je indigné.

-Pour l'instant...

 

Je suis clairement dans la bouse de dragon jusqu'au cou. 

End Notes:

Est ce que Céleste est vraiment dans la bouse de dragon? Va t-elle tromper Eden? Que pensez-vous du prénom de la fille de Céleste? Et de la séquence au QG de l'Ordre? 

Parenthèses by MissArty

Comme je suis sortie plus tôt du travail, j'arrive en avance à la réunion de l'Ordre, je croise dans le hall Fabian qui a l'air d'attendre quelqu'un, il est anxieux.

 

-Un problème, Prewett?

-Non, non...

-Si, il y a un problème. Ça concerne Marlène?

 

Il hoche la tête.

 

-Tu l'as blessée? Tu l'as trompée?

 

A ces mots, il se tourne vers moi me jetant un regard entendu. Il doit être au courant pour Gideon et moi. Je m'occuperai de ce souci plus tard. 

 

-Je vais la demander en mariage, annonce t-il, précipitamment.

 

J'écarquille les yeux, encaissant le choc. Je sens une bouffée d'excitation monter en moi. Marlène sera ivre de bonheur lorsqu'il fera sa demande. 

 

-Elle dira oui. Elle rêve de ce moment depuis longtemps! je le rassure.

 

 

N'ayant pas envie de supporter l'angoisse de Fabian, je vais dans le salon. Un peu fatiguée, je m'endors dans le canapé jusqu'à ce qu'une voix me réveille.

 

-Déjà là? s'étonne Gideon.

-Suis sortie tôt, dis-je d'une voix ensommeillée. J'ai croisé ton frère.

-Mmmmh. On est seuls alors...

 

Me redressant, je m'approche de lui et l'embrasse. Je sens son parfum de fleurs qui me fait perdre la tête et m'apaise. 

 

-Tu viens chez moi ce soir?

-Oui. Eden est en voyage pendant trois jours. Je pourrais venir aussi demain.

-C'est parfait, me dit-il avec son sourire qui augmente mon rythme cardiaque. 

 

Des voix interrompent notre conversation. Je reconnais la voix de Marlène. J'essaye d'écouter à la porte mais je ne distingue aucune phrase à part une. 

 

-Marlène! Ne pleure pas! 

 

Ne pouvant pas supporter que Marlène pleure, j'ouvre la porte et la retrouve dans les bras de Fabian. 

 

-Avec une tête aussi moche, si Fabian veut toujours t'épouser, c'est que tu as trouvé le bon!

 

Elle renifle et glousse à ma plaisanterie.

 

-Tu étais au courant?

-J'ai croisé Fabian, complètement angoissé à l'idée que tu dises « non ».

-Fabian! Comment peux-tu croire que j'allais refuser? Tu es un imbécile!

-C'est ce que je me tue à lui dire depuis qu'on est petit!

 

Marlène et moi ricanons devant l'air déconfit de Fabian.

 

-Pour le moment, c'est plutôt toi l'imbécile. Je suis fiancé alors que toi, tu es pris dans une relation sans espoir.

-Pardon?

-On va vous laisser régler vos comptes, dis-je en m'apprêtant à revenir dans le salon.

-Non! Toi tu restes ici! Si mon frère est dans une situation compliquée, c'est aussi en partie de ta faute. Tout le monde vous a grillés, à force de vous regarder comme si vous allez vous sauter dessus. Tout le monde dans l'Ordre a remarqué vos regards entendus, vos sourires en coin. Je vais vous dire une chose: faites très attention et toi, Céleste, tu as intérêt à ne pas blesser mon frère!

 

Les rôles s'inversent! C'est maintenant Fabian qui me menace!

 

-Je suis désolée Fabian pour ton frère. Je ne voulais pas le mettre dans une telle situation mais c'est plus fort que moi, que nous. 

 

-Que tu sois mariée ou pas, c'est ton problème. Tout ce que je veux, c'est de ne pas ramasser mon frère à la petite cuillère. 

-Compris. 

 

J'embarque Marlène dans le salon pour qu'elle me montre sa bague de fiançailles qui est beaucoup plus belle et plus voyante que la mienne. Eden avait bien choisi la mienne car jamais j'aurai osé porter celle de Marlène! En attendant que les autres arrivent, nous discutons des préparatifs du mariage, excitées. 

 

 

********

 

Eden toque à l'appartement et c'est une Mary rayonnante qui nous ouvre la porte. C'est louche. Elle doit déjà avoir un petit coup dans le nez! 

 

-On devrait se refaire une petite soirée. Ça nous manque, je dis à Mary.

-Dans la boite de strip-teaseuse comme la dernière fois? demande t-elle, avec espoir.

 

Eden se racle la gorge et nous nous rappelons sa présence. Il n'a pas envie d'être au courant du déroulement de nos soirées entre filles!

 

-On parlera de ça plus tard, je chuchote et Mary acquiesce avec séreux comme si nous élaborons un plan top secret. 

 

Nous rentrons dans le salon et sans même le chercher, mes yeux se posent instantanément sur Gideon et je déglutis difficilement. Merlin, je n'avais pas pensé à sa présence à cette fête. Comment allons-nous faire pour être discrets et ne pas éveiller les soupçons d'Eden? 

 

-Black! s'écrie joyeusement Fabian.

-C'est Macmillan, corrige Eden mais Fabian hausse les épaules, signifiant qu'il s'en fiche. 

 

Il m'appelle Black, un point, c'est tout! Qu'est ce que j'aime qu'on m'appelle par mon nom de jeune fille!

 

-Comment va ta fille? Où es t-elle?

 

Fabian s'est attaché à Marlène avec une facilité déconcertante. En riant, il dit souvent qu'il a charmé toutes les Marlène d'Angleterre. De temps en temps, Marlène et lui gardent ma fille, ils en sont ravis car ils l'adorent.

 

-On a confié la petite à Londubat et elle va très bien, répond froidement Eden.

 

Il n'aime la proximité de Marlène avec mes amis mais s'il se montrait plus attentionné, peut-être qu'elle apprécierait sa présence!

 

-Titine! Tu es en retard! Tu as mis encore trois heures à choisir ta tenue? Tu es magnifique quoique tu portes! Je suis ravie que vous soyez toutes là. Alice m'a dit qu'elle...

-Marlène, tais-toi! Tu nous soules! l'interrompt sans ménagement Fabian.

 

Même moi, j'aurai pas osé!

 

-Laisse-moi parler! Tu vas pas jouer au macho qui surveille les conversations de sa femme?! 

-Premièrement, je ne te surveille pas mais tu commençais à énerver tout le monde avec ton débit trop rapide. Deuxièmement, tu n'es pas encore ma femme!

-On est pas à quelques semaines près! 

 

Eden et moi rions devant cette dispute de couple. Marlène tire la langue à son fiancé et m'emmène voir Lily, Mary et Alice qui discutent de leur première fois. 

 

-Vous n'avez pas un autre sujet de conversation? je m'exclame, choquée, qu'elles parlent de cela au milieu de la foule.

-Non! Ne sois pas si prude, Céleste! se moque Alice. 

-Tu veux que l'on parle de toi, Céleste? De ta charmante relation avec un rouquin de notre connaissance? me taquine Lily.

-Chuuuuut! Ne dis pas ça en public! Tu es complètement folle! je m'écrie, affolée, le coeur battant.

-Ne pas dire quoi en public? demande une voix derrière moi que je reconnais comme étant celle d'Eden. 

-Des trucs de filles! Des trucs que tu ne devrais pas savoir!! je mens, en lançant un regard furieux aux filles qui pouffent de rire. 

-Il y a de l'animation par ici! dit Gideon en s'approchant de notre groupe, les filles éclatent de rire.

-Vous êtes vraiment pas discrètes et immatures! je lance, les mains sur les hanches avec un air sévère.

-Rassure-moi, je ne suis pas le seul à ne rien comprendre à leur conversation, souffle Eden à Gideon qui acquiesce.

-Arrêtez! C'est pas drôle! Je vais voir James et Sirius, même si niveau maturité, il y a mieux. 

 

Je les plante là, perdues dans leur fou rire avec Gideon et Eden, perplexes. James m'interpelle à l'autre bout de la pièce. Je m'approche de lui et constate qu'ils jouent à un jeu de cartes moldus. Sirius me propose de me joindre aux joueurs, et j'accepte volontiers. Cela me détend et j'oublie peu à peu ma vie amoureuse chaotique. Nous enchaînons les parties de président et Sirius a pimenté le jeu en décrétant que le perdant doit boire deux gorgées de Whisky Pur-feu. Remus a lâché le jeu au bout de deux défaites alors que James, Sirius et moi continuons, compétiteurs dans l'âme. Aucun ne veut s'arrêter sur une défaite. 

 

-A quoi vous jouez? s'enquiert Fabian, une pointe d'envie dans la voix.

-Au président! Le perdant doit boire!

-Génial! Pourquoi vous ne m'avez pas appelé plus tôt?

-Tu étais en train de roucouler avec Marlène, je lui rappelle avec amusement.

 

Je les observais du coin de l'oeil en train de se murmurer des choses. 

 

-Pas faux! Pour information, Alice, Lily, Eden et Gideon discutent ensemble.

-Quoi? Pourquoi tu ne me l'a pas dit plus tôt? Quel crétin!

-Relax! Personne ne va te trahir à ce sujet!  Loyauté et solidarité!

-A propos de quel sujet? demande Gideon.

-C'est une manie chez vous! je m'exclame irritée. Je peux m'exprimer librement? Les français se sont battus pour avoir la liberté d'expression! Ce n'est pas pour rien!

-Céleste, calme-toi! Profite de la soirée et personne n'en sera rien enfin à part les personnes qui sont au courant!

 

Son calme olympien et la douceur de sa voix me calment. J'ai confiance en Gideon. S'il me dit qu'Eden ne découvrira pas la vérité alors je le crois. Je parcours du regard la salle et je note alors que la plupart des invités font partis de l'Ordre. Depuis quand notre vie sociale se résume à l'Ordre? Plongée dans mes réflexions, je ne peux éviter, Marlène qui se jette sur moi et s'installe confortablement sur mes genoux. 

 

-Marlène, je ne remets pas en cause ton poids, loin de là mais ne penses-tu pas que les genoux de ton fiancé sont plus appropriés? 

-Voyons, Céleste, nous avons partagé tant de nuits ensemble que je peux m'asseoir sur tes genoux! Nous sommes intimes, dit-elle devant son fiancé, mon mari et mon amant. 

-On en apprend tous les jours sur la sexualité de sa femme, plaisante Eden. 

-Je suis d'accord avec toi, Eden! Je pense que nous pouvons les laisser seules pour qu'elles assouvissent leurs pulsions, surenchérit Fabian.

-Bien sûr! approuve Eden, hilare. Excellente idée!

 

Marlène et moi nous lançons un regard surpris mais amusé. C'est la première fois que je vois Eden s'amuser véritablement à une soirée. 

 

-C'est terminé tes cauchemars? demande Sirius.

 

Sirius ou l'art de plomber l'ambiance.

 

-Elle en a moins qu'avant. Heureusement! 

-C'est sûr qu'il lui faut de l'attention et de la douceur et un peu de chaleur pour qu'elle se sente mieux, ajoute t-il. Depuis combien de temps, ses cauchemars se font-ils plus rares?

-Depuis le mois de janvier.

-Intéressant! Et est-elle...

-SIRIUS! je hurle, mal à l'aise et terrifiée à l'idée qu'Eden comprenne les sous-entendus. TU LA FERMES IMMÉDIATEMENT SINON JE TE CASTRE.

 

Aussitôt, tous les gens se figent, curieux et surpris de mon éclat de colère.

 

-Ça faisait longtemps! Pour une fois, ce n'est pas moi qu'elle menace de castrer, plaisante Fabian, ce qui a pour mérite de débrider l'ambiance tendue.

 

Sirius et moi continuons de nous regarder dans le blanc des yeux. Combat de regards. Aucun ne flanche. 

 

-Tu joues avec le feu, Céleste, avertit-il.

-Tais-toi! Tu ne fais qu'aggraver les choses!

-Je ne les aggrave pas, je te fais réfléchir.

 

Je suis prête à lui sauter dessus mais deux bras me bloquent en m'enlaçant

-Céleste, ne réponds pas à ses provocations. Il le fait exprès. Souviens-toi de tes joutes verbales avec Rosier, c'est la même chose avec Sirius. Garde ton sang-froid, me chuchote Gideon. 

-Céleste! Au lieu de te bagarrer avec ton cousin et mon futur beau-frère, pourrais-tu venir? s'enquiert Marlène, avec, je le sens, une pointe d'inquiétude dans la voix. 

 

Quittant le rassemblement formé autour de moi, je m'approche de Marlène.

 

-Que se passe t-il? Tu as l'air inquiet.

-Surtout ne panique pas. On a un gros problème. Les mangemorts sont dehors et observent les immeubles de la rue, murmure t-elle, précipitamment.

-Tu penses qu'ils sont venus pour toi? 

-Ou pour ma mère! Tu as dû le lire mais ma mère a été interviewée par une journaliste et elle a défendu ses idées. Je ne crois pas que son féminisme plaise aux mangemorts. 

 

J'ai lu l'article avec passion, je suis d'accord avec tout ce qu'a dit Mrs McKinnon.

 

-Personne ne doit quitter l'appartement alors!

-Pour notre sécurité, je pense que oui. Je ne sais pas comment faire pour ne pas apeurer ceux qui ne font pas partis de l'Ordre! Je suis sûre qu'Eden, par exemple, sera affolé.

-Il a plutôt l'habitude de fuir les conflits, en effet. Je me charge de tout! Enferme les gens à l'intérieur de l'appartement avant que je ne parle et demande à Lily de t'aider.

-Merci Céleste! En plus j'ai trop bu et j'ai dû mal à aligner deux phrases.

 

Je m'en suis aperçue. Elle parle trop vite d'une voix très aiguë. Je lance un sortilège à la fenêtre pour ne pas que la lumière se voit de l'extérieur. 

 

-Excusez-moi! dis-je afin d'avoir l'attention de tout le monde mais cela ne suffit pas. LA FERME! je crie alors (et ça marche). Nous avons actuellement un souci mais je vous demande ne pas paniquer. Marlène est en train de bloquer toutes les issues et d'installer un sort anti-transplanage. Des mangemorts se trouvent à l'extérieur de l'appartement, ils sont dans la rue. Pour votre sécurité, il est préférable que vous restiez enfermés.

 

L'ambiance devient lourde, les membres de l'Ordres sont prêts à dégainer leur baguette, ils sont concentrés, les autres sont anxieux, affolés, et terrifiés. 

 

-S'ils nous tombent dessus, ils nous tuerons tous! 

-Non, pas si nous utilisons les sortilèges adéquats. Lorsque les mangerons seront partis alors nous vous laisserons partir par petit groupe. 

-C'est insensé! Pourquoi s'attaquer spécifiquement à cet appartement?

-A cause de l'article paru ce matin dans la Gazette dans lequel Mrs McKinnon défendait ses idées comme l'égalité entre les hommes et les femmes, dénonçant la société patriarcale de la communauté sorcière et montrait son dégout profond pour Vous-Savez-Qui et les mangemorts.

 

Je n'en reviens pas qu'Eden ait lu cet article! Je vais peut-être faire de mon mari un féministe!

 

-Ils pensent faire pression sur elle en capturant sa fille.

-Ils peuvent toujours courir, ce sont des incapables et des abrutis, marmonne Marlène, faisant sourire son fiancé.

-Comment êtes-surs que nous sommes en sécurité? demande Eden. 

-Impossible de la savoir mais sois sur tes gardes et garde ta baguette à portée de main s'ils arrivent, dis-je avec indifférence totale pour son angoisse. 

-Comment peux être aussi sereine?

 

Mon regard se dirige mes camarades de l'Ordre, amusés.

 

-Parce que j'ai confiance en mes capacités, que je suis une Sang-Pur et que je ne laisserai pas ma fille, orpheline de sa mère.

 

Surtout parce que je suis membre de l'Ordre et que j'ai reçu un entraînement pour lutter contre les mangemorts mais ça, tu ne dois jamais le savoir, mon cher mari. 

 

-Ce n'est pas une sécurité!

-Ne t'inquiète, mon chéri, je te protégerai! je lui lance. 

-J'ai épousé une insensible. Il n'y a pas d'autre raison, soupire Eden en s'installant dans le canapé. 

-Une insensible qui loyale serait capable de massacrer de colère tous les mangemorts pour nous protéger, rappelle James, agacé par le comportement d'Eden. 

 

L'atmosphère devient plus détendue lorsque certains se replongent dans leur conversation. Le bruissement des voix me donnent de l'espoir quant à la finalité de la guerre, étrangement. Quelques regards de certains vers la fenêtre montrent à quel point les gens sont inquiets. 

 

-Ma fête est un échec. Je voulais que l'on s'amuse ce soir, pas s'angoisse! se désespère Marlène. 

-Je passe un agréable moment! Pour une fois que je peux boire sans craindre le retour à la maison parce qu'il faudra s'occuper de Neville! 

 

Les paroles d'Alice arrachent un sourire à Marlène. Alice et moi discutons alors de nos nourrissons qui grandissent rapidement. Elle se plaint que la croissance de Neville vide son compte bancaire à cause du nombre de vêtements qu'elle achète. Je suis tranquille de ce côté-là, Cathleen m'a donnée toutes les affaires de ses enfants qui sont en parfait état. 

 

-Je crois qu'ils partent. Ils n'ont pas l'air content, ils pensent certainement qu'ils ont perdu leur soirée et regrettent leur nuit manquée auprès d'une femme, dit Gideon en me fixant.

 

Merci pour le sous-entendu!

 

-Fais voir! nous nous écrions en choeur, Alice, Lily et moi.

 

Je pousse Gideon en lui effleurant la main discrètement pour m'excuser de la situation délicate dans lequel je le mets. 

 

Ses yeux se posent sur moi et je lis de l'amour, de la tristesse et de l'espoir. Comment peut-il transmettre autant ses sentiments par un regard. Cela me rend folle.

 

-Garde la tête froide, murmure t-il en passant près de moi avant de se diriger vers son frère.

 

-Garde la tête froide? A condition de ne pas piquer une colère comme un gamin de trois ans, ma taquine Lily.

 

Merlin, elle a tout entendu et a tout vu à en croire son petit sourire en coin!

 

-Je suis d'accord avec Sirius, tu joues avec le feu mais fais en sorte qu'il ne te dévore pas, avertit-elle.

 

Un silence s'installe entre nous. J'essaye de réfléchir aux paroles de Lily mais la présence des mangemorts à proximité, la fatigue et l'alcool ont raison de mes neurones. 

 

-Je crois que de toutes les soirées auxquelles j'ai pu assister, celle-ci est la plus bizarre. Enfermée dans un appartement pour éviter d'attirer l'attention des mangemorts, j'aurai tout vu ici. C'est aussi la raison pour laquelle je suis partie aux Etats-Unis. Né-moldue, je ne me sentais pas le courage d'affronter les mangemorts et de craindre pour ma vie. Je suis trop jeune et n'ai pas encore la maturité nécessaire pour affronter la guerre. Peut-être que si plus tard, un nouveau conflit éclate -ce que je n'espère pas- alors je me battrai. je reviendrai en Angleterre et je me battrai mais pas aujourd'hui, confie soudainement Mary avec franchise.

-Mary? Tu es très éméchée n'est ce pas?

-Il semblerait... dit-elle distraitement. 

-L'insouciance de Poudlard me manque, parfois. Tu te rappelles quand on mangeait des patacitrouilles et des dragées surprises de Berthie Crochue à parler de Céleste, de James, de Marlène et Fabian?

-Je m'en souviens très bien! Aussi lorsqu'on se rassemblait toutes les quatre aussi dans la salle vide pour faire nos devoirs, papoter et nos gouters aux cuisines... Tout cela me manque.

-Parfois, la vie d'adulte vous apporte des joies que vous n'auriez pas connu, dit Alice.

-C'est vrai... Je me suis mariée et j'ai un enfant comme vous deux.

-Je n'en suis pas encore là avec Eric, dit Mary avec un sourire. 

-Chacun va à son rythme. Ce qui compte, c'est de rester fidèle à soi-même, garder son sens moral et son honneur, j'affirme.

-Ton sens moral a subi un coup d'oubliettes, ma chère Titine, rappelle Marlène. Je ne te critiquerai et ne te ferai aucun reproche, ajoute t-elle devant mon air furibond. Tu t'es mise dans le pétrin, culpabilisant régulièrement, c'est déjà assez, quoique qu'en dise Sirius.

-J'ai beaucoup de chance de vous avoir. Que ferai-je sans vous?

-Il faudra y penser le jour où nous serons plus là, tuées par des mangemorts, soupire Marlène, morose.

Je déteste quand elle a ce genre de pensées morbides. Heureusement, James et Remus se joignent à notre conversation qui devient plus joyeuse. Marlène a levé les protections et les gens quittent l'appartement les uns après les autres, assurant à l'hôte du jour que même si la soirée fut particulière, ils ont passé un bon moment. Gideon vient saluer Marlène, il se tourne vers moi et me fait un signe de tête avant de s'en aller. Ne pas montrer que nous sommes proches en public est une torture. J'aurai aimé sentir ses bras autour de moi et son odeur de fleurs. 

 

-Restons-nous encore, Céleste? me demande Eden me faisant revenir sur terre.

 

Je hoche la tête. Nous sommes une dizaine et Marlène en profite pour mettre une musique plus énergique, j'attrape Eden pour danser avec lui. A côté, ma meilleure amie et son fiancé ont opté pour une danse acrobatique qui éloigne les personnes à côté. Elle rit, heureuse et Fabian la regarde, amusé mais dans ses yeux, je peux lire toute l'affection qu'il a pour elle et je suis rassurée. Plus loin, Mary, Lily et Alice dansent le french cancan en chantonnant la mélodie. Eden rit à cette vision. 

Nous passons une fin de soirée agréable en petit comité, malgré la frayeur causée plus tôt par la présence des mangemorts. Si nous pouvons rire, nous amuser alors la guerre n'aura pas raison de nous, c'est l'espoir auquel je m'accroche.

Un mois de juin sinistre by MissArty
Author's Notes:

Une seule chose à dire: Sortez les mouchoirs! Ce chapitre a été l'un des plus durs à écrire, j'espère m'en être bien sortie!

Merci à Lily-Chan pour sa review du chapitre 37 :)

 

Ayant terminé les potions, je me rends au quartier général pour les donner au père Noël. Comme toujours, il me félicite car je les prépare rapidement (et parfaitement) malgré mon emploi du temps surchargé. Je reste encore car je sais que Marlène a été envoyée en mission avec les frères Prewett, je l'attends donc. J'ignore l'objectif de cette mission mais Gideon m'a avouée hier qu'elle est très dangereuse. Il m'a dit « pour reprendre une expression moldue, il s'agit de se jeter dans la gueule du loup ». Il m'a dit aussi qu'il risque de ne pas revenir cette fois-ci, je ne l'ai pas cru et lui ai rétorqué qu'il avait survécu à pire. Il m'a alors souri et nous nous sommes endormis, enlacés. 

 

Un « pop » brise le silence de la nuit, j'ai à peine la main sur la poignée de la porte qu'elle s'ouvre à la volée. Marlène apparaît, les yeux rouges, les cheveux décoiffés. Son regard est sévère et m'annonce en me regardant droit dans les yeux, brusquement, que la mission s'est mal passée et qu'elle n'a rien pu faire. 

 

-Pardon? Qu'est ce que tu racontes, Marlène? 

-Va dans la cour, tu comprendras mieux, me dit-elle, les larmes aux yeux. 

 

Je la bouscule et me précipite dans la cour. Ma respiration se bloque, je suis dans l'incapacité de pousser un cri. 

 

-Marlène, dis-moi que c'est pas vrai?

 

Muette, elle me lance un regard triste depuis le perron de la maison. 

 

-Non, non! Fabian réveille-toi! crie-je en le secouant. Tu ne peux pas être mort, Marlène a besoin de toi, vous deviez vous marier! Marlène avait tout prévu! Ne l'abandonne pas!

 

-C'est fini, Céleste. Il n'y aura jamais de mariage, me dit Marlène en posant une main sur mon épaule. Céleste, Gideon aussi a été touché. 

 

Non, je ne veux pas. Je ne veux pas voir Gideon sans vie. Ce n'est pas possible, il était vivant hier plus vivant que jamais! J'avais enfin pris la décision de quitter Eden pour lui, j'y avais réfléchi toute la journée! 

Retour au point de départ.

Avec ma culpabilité. 

 

-Marlène? Que s'est-il passé? demande Dumbledore apparaissant soudainement.

 

Je sens l'adrénaline mélangée à la colère se propager dans mes veines.

 

-TOUT ÇA,  C'EST DE VOTRE FAUTE! TOUT LE MONDE MEURT PARCE QUE VOUS N'AVEZ PAS ÉTÉ FICHU DE LUTTER CONTRE VOLDEMORT LORSQU'IL N'ÉTAIT ENCORE QU'UN AMATEUR EN MAGIE NOIRE. ÇA FAIT QUOI D'AVOIR LA VIE DE PLUSIEURS DIZAINES DE PERSONNES SUR LA CONSCIENCE?

 

-Céleste! Cesse de hurler! Nous connaissions les dangers de cette mission, la mort était un risque, mais un risque à prendre. 

-FOUTAISES! TOUT EST DE LA FAUTE DE DUMBLEDORE. 

-Céleste, calmez vous!

-Ne vous approchez pas de moi! dis-je avec mon ton de sang-pur aristocrate.

 

Instantanément, il recule. Ferais-je peur à Dumbledore? C'est hilarant, enfin je rirais si mon amant et son frère n'étaient pas..., enfin si la situation s'y prêterait. 

 

-Vous avez laissé trois membres de l'Ordre risquer leur vie dans une mission suicide. Les frères Prewett sont morts! Regardez-les! Avez-vous imaginé le futur de Marlène et même le futur de votre fichu Ordre sans eux? Ils étaient vos meilleurs atouts! Vous allez continuer à envoyer tout le monde à l'abattoir jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne? Quel hypocrite vous faites!

 

-Céleste! Calme-toi, je t'en prie, me supplie Marlène. 

-Marlène à cause de lui, ton fiancé est mort. 

-JE N'AI PAS BESOIN QUE TU ME LE RÉPÈTES! TU N'ÉTAIS PAS LÀ! TU NE LES A PAS VUS SE SACRIFIER POUR QUE J'AI LA VIE SAUVE! TU NE LES AS PAS VU SE DÉFENDRE CONTRE CINQ MANGEMORTS ASSOIFFES DE SANG!

 

De toute ma vie, je n'ai jamais vu Marlène en colère. Je la contemple, complètement ahurie. 

 

-Fabian est tout pour moi! dit-elle avant de se jeter dans mes bras pour sangloter. 

-Sont vraiment folles ces filles.

-Ta gueule, Black!

 

S'ensuit alors une dispute houleuse entre Sirius et moi, il clôt la dispute par « tu n'as pas le monopole de la colère », et je réponds à cela par une charmante insulte. 

 

-Les filles, venez prendre une tasse de thé à l'intérieur, dit gentiment Emmeline Vance.

-Non, murmure-je avant de m'accroupir près de Gideon. 

 

J'accepte enfin la vérité aussi cruelle soit elle. La rapidité à laquelle je l'accepte m'étonne mais depuis peu, j'arrive mieux à surmonter les coups durs depuis que certains de mes camarades sont morts en mission et surtout depuis que Fleamont et Euphemia Potter sont morts, de maladie.

 

Même dans la mort, il est beau. Ses boucles rousses encadrent son visage tel l'ange qu'il est aujourd'hui. Sa robe est couverte de sang, il a dû être blessé. Je lui prends la main, normalement chaude qui est aujourd'hui si froide. Je lui caresse la joue, les larmes se mettent à couler mais je les essuie rapidement, puisant toute mon énergie pour ne pas pleurer car sinon, je le sais, elles ne s'arrêteront pas. 

Lorsque je rentre dans le salon, je m'aperçois qu'un bon nombre de personnes sont arrivés. Nous nous regardons tous dans l'espoir que quelqu'un brise le silence. Les frères Prewett sont très appréciés par leurs camarades. 

 

-Qu'attendons-nous? demande Elphias Doge.

-Les ordres du père Noël, je suppose, lui réponds-je, cassante.

-Titine... soupire Marlène, lasse, les yeux emplis de tristesse.

 

La pauvre, elle a vraiment pas de chance. Son fiancé est mort et de surcroît, c'est elle qui a dû ramener les corps. C'est une femme très courageuse. 

 

-C'est énervant de tous nous rassembler ici, si c'est pour qu'on se regarde tous dans le blanc des yeux, ça ne sert à rien de rester! Il faut faire quelque chose sinon on va être fou, enfin, je vais devenir folle. 

-Ça ne serait pas une nouveauté, taquine Sirius.

-Ta gueule, Black! Sinon, je demande à ma grand-mère de dire à Bellatrix de t'occuper de ton cas.

-Tu n'oserais pas!

-Je suis une ancienne Serpentard, ne l'oublie pas, me vante-je.

-Ça suffit vous deux! Échange ta place avec James. 

 

Je me retrouve donc à l'autre bout de la pièce, séparée de Sirius et de Marlène qui me lance un regard implorant. Lily a raison, pour obtenir le calme, nous séparer est une bonne idée. L'inconvénient, c'est que je ne peux pas réconforter Marlène qui tente de garder la tête haute. Que va t-il nous arriver? Il est trois heures du matin, Eden doit s'inquiéter, je devais rentrer vers vingt-une heure. Au pire, il comprendra, c'est plutôt, j'espère qu'il comprendra. 

Alors que je force Marlène d'ingurgiter un filtre de paix, Dumbledore apparaît, l'air soucieux. 

 

-Maugrey a fait son enquête et a réussi à capturer Dolohov qui a avoué avoir pris part aux meurtres des Prewett. 

-Maugrey a fait rapidement mais trop tard pour prévenir ces meurtres, commente-je. 

-Son équipe a pu capturer rapidement Dolohov grâce aux informations de Marlène. Nous ne pouvons pas toujours anticiper les faits et gestes des mangemorts. 

-Si vous le dites, dis-je pas convaincue en me levant. Marlène, viens, on s'en va. 

-Où? demande t-elle, la voix affreusement éraillée à force de pleurer. 

-Au manoir, chez moi. Je te ne laisserai pas toute seule.

-Qui va organiser l'enterrement? s'inquiète Remus.

-Nous, lance Marlène. Céleste et moi, nous nous chargeons de tout. Dumbleodre, j'ai bientôt mes examens pour valider ma formation de médicomage, je ne pourrais pas partir en mission pendant un moment. 

 

Nous sortons dans la cour pour transplaner mais Marlène me prend le bras et me demande où sont passés les corps des Prewett. Elle retourne à l'intérieur de la maison, furieuse et ressort cinq minutes après en m'annonçant qu'ils sont la pièce attenante à la cuisine et qu'ils y resterons jusqu'à l'enterrement. A ces mots, j'ai l'impression d'avoir du plomb dans l'estomac. Ils ne sont plus que des corps maintenant et dire qu'il y a encore vingt-quatre heures, je dormais dans les bras de Gideon. 

Nous transplanons enfin au manoir. La lumière est allumé dans le salon, Eden dort dans le canapé, il a dû m'entendre. Nous essayons de monter les escaliers sans faire de bruit mais une marche craque et cela réveille Eden.

 

-Où étais-tu donc? Pourquoi Marlène est avec toi? J'espère que vous n'avez pas fait la tournée des bars moldus. 

 

D'un même mouvement, nous nous retournons pour faire face à Eden. Je m'apprête à l'envoyer balader mais Marlène est plus rapide.

 

-Céleste était chez moi car mon fiancé et son frère sont morts. 

 

Le visage d'Eden change de couleur, passant du rouge de colère au blanc. 

 

-Je ne savais pas, bredouille t-il. Tu peux rester au manoir tant que tu le désires. Je vais demander à Hykia de te préparer ta chambre. Vous voulez que je vous apporte du thé ou une potion calmante?

 

Voilà pourquoi j'hésitais à le quitter. Il est si attentionné, prévenant lorsque quelqu'un va mal. Marlène lui demande une potion calmante et monte les escaliers jusqu'à l'étage de la chambre qu'elle occupe avec Lily lorsqu'elles viennent au manoir toutes les deux (ou toute seule), me laissant seule avec Eden. Il y a une minute de flottement jusqu'à ce qu'Eden me demande si je suis en état de travailler. Il sait que je suis peinée de la disparition de Fabian, mais il ne sait pas à quel point je suis peinée de la disparition de Gideon. 

 

-Non, je ne crois.

-Je vais envoyer un hibou à ta chef disant que tu souffres d'une migraine impossible à faire partir. 

-Merci, Eden.

-Céleste, dit-il la voix soudain grave. Tu ne partiras pas? 

-Eden, il est cinq heures du matin et tu me demandes si je partirai. Pourquoi cela? 

-Je me méfie de toi lorsque tu es anéantie par une nouvelle, tu es capable de tout. 

 

J'ai eu peur! Je pensais qu'il avait compris que j'avais l'intention de le quitter! Je suis soulagée que ce ne soit que ça. Il me connaît bien plus que je ne le croyais. 

Marlène déjà installée dans le lit, semble m'attendre. La potion est déjà effective car elle est sereine. 

 

-Tout cela arrange tes affaires, n'est ce pas?

 

Je vois toute de suite de quoi elle parle et je rougis bêtement. 

 

-Chut, Marlène. Ne parle pas de ça ici! Il y a Eden. 

-Tu vas rester avec lui?

-Je ne sais pas. C'est flou dans ma tête encore. 

-Bon courage, Céleste! ironise t-elle.

-A toi aussi, Marlène. Sache que j'accourrai vers toi au moindre problème, au moindre coup de blues. Je suis là, Marlène, pour le meilleur et le pire, comme dirait les moldus lors de leur mariage.

-Nous ne sommes pas mariés, Céleste!

-Tu es sûre? 

 

Elle éclate de rire et je suis tellement soulagée de l'entendre que j'en pleure, je cache mes larmes et enfouis mon visage dans mon oreiller! Comme à Poudlard, nous finissons par nous endormir ensemble. 

 

********

 

Deux jours après, nous recevons la visite d'Alice, le teint blafard, qui nous apporte des gâteaux. Nous mangeons le tout autour d'une tasse de thé dans une atmosphère pesante en tentant de trouver un sujet de conversation mais celle-ci n'est jamais relancée. Je ressens la même sensation que lors d'un lendemain de soirée arrosée.

La venue de ma fille met un peu de gaité dans cette journée froide. Depuis que je suis revenue du quartier général, elle me colle et refuse d'être dans d'autres bras que les miens. Sent-elle ma souffrance que j'essaye de camoufler? 

 

-Frank m'a dit que vous vous chargez de l'enterrement. Savez-vous où ils voulaient reposer? nous demande timidement Alice. 

 

Marlène lance un regard furieux à Alice avant de quitter la salle en claquant la porte. Alice me lance un regard interrogateur mais je hausse les épaules. 

 

-Elle est toute mignonne cette petite! J'aimerai avoir une fille, souffle avec envie Alice, changeant de sujet.

-Frank a raison. En période de guerre, vous ne pouvez vous permettre d'avoir un autre enfant, surtout que vous êtes des combattants et des Aurors. 

-Lorsque la guerre sera finie, peut-être que la question se reposera alors, soupire t-elle, résignée.

-C'est une éventualité que je n'espère plus, elle dure depuis beaucoup trop longtemps.

-Toute guerre a une fin. Que ce soit dans l'histoire moldue ou sorcière, il y a toujours une fin, c'est la certitude à laquelle je me raccroche dans les moments de doute.

-Tu as raison.

-J'ai toujours raison même si ma belle-mère pense que c'est elle qui a toujours raison.

 

Je souris, amusée. Alice est vraiment amusante mais reprend son sérieux lorsque les circonstances l'exigent. Lors des missions, elle est très méthodique et pragmatique, c'est rassurant de l'avoir dans son équipe. Dumbledore n'a jamais voulu me mettre dans la même que Marlène pour une raison que j'ignore alors qu'elle est connue pour être une personne douée, ayant de bons réflexes. Lors du partage des missions, à chaque fois, ses coéquipiers sont ravis d'être avec elle. Marlène est un soleil dont la lumière, hélas, s'éteint à petit feu désormais. 

 

********

Les yeux rouges, Marlène me demande de rendre hommage aux frères Prewett, je le refuse mais elle insiste, elle ne sera pas capable de se maîtriser alors que moi, je peux parler sans m'effondrer en larmes. Elle me croit plus forte que je ne le suis, je suis anéantie par la disparition de Gideon. Heureusement que je ne partage pas mon bureau, je fonds souvent en larmes. Quand je rentre à la maison, je dois faire semblant d'aller bien mais personne n'est dupe. Eden ne comprend pas pourquoi je suis si triste même s'il fait tout pour me remonter le moral, il est très présent mais j'aurai préféré qu'il s'occupe plutôt de Marlène, je ne suis plus vraiment disponible pour elle, il faut que quelqu'un prenne soin d'elle. Cette petite manque d'affection de la part de son père, elle me colle souvent ou alors serait-ce parce qu'elle sent encore ma tristesse? 

 

-Viens, Céleste, il est l'heure, me dit Marlène en prenant ma main et nous faisant transplaner au cottage des frères, la maison qu'elle aurait dû habiter définitivement une fois mariée à Fabian. 

 

 

Nous restons un moment assises dans le salon à observer les gens attendre bavardant la mine sombre, près des trous que nous avons creusé Marlène et moi, seules en fin de soirée. La tâche nous avait épuisées, et cela  avait permis de nous faire oublier notre tristesse le temps de quelques heures. Je suis rentrée à quatre heures et demie chez moi, Eden avait grogné car je l'avais dérangé en me glissant sous les draps. il n'a fait aucun commentaire, tellement habituée à ce que je rentre tard.

Molly Weasley se tient aux côtés de son mari, se mouchant régulièrement. Je la plains énormément, ses deux frères sont décédés, elle doit accepter cela alors qu'elle est enceinte. J'espère que ce sera sa dernière grossesse car c'est fatiguant et qu'ils n'ont forcément le budget pour élever autant d'enfants. Je ne m'inquiète pas pour elle, cette femme est pleine de ressources et aime ses enfants profondément. 

D'autres membres de l'Ordre sont présents, ceux qui étaient le plus proche d'eux. Frank Londubat a le visage fermé, il était le meilleur de Fabian. 

 

-J'ai tout perdu, lâche Marlène, se mettant à pleurer. Il est mort, je ne serai jamais sa femme. Tous mes rêves s'effondrent, Céleste! 

-Je sais. 

 

Elle se jette dans mes bras et sanglote. Je me mets, moi aussi, à pleurer. Leur mort est injuste mais ils voulaient mourir ainsi. Gideon m'avait dit une fois qu'il préférait mourir en ayant lutté contre Voldemort plutôt que de mourir de vieillesse en ayant laissé ses camarades tomber sans rien faire. Je le comprends car c'est aussi une raison qui m'a poussée à rejoindre l'Ordre.

 

-Nous devons y aller Marlène. Tout le monde nous attend.

-Je devais me marier dans quelques semaines, s'écrie d'une voie aiguë ma meilleure amie.

 

Elle se mouche et me promets d'essayer ne pas trop pleurer. C'est une promesse inutile, qu'elle pleure si cela peut atténuer sa tristesse. 

Gravement et nous tenant la main, nous rejoignons ceux venus rendre un dernier hommage aux frères Prewett. A part les Weasley, tous les autres font partis de l'Ordre. Heureusement, Dumbledore est absent, je n'aurai pas pu supporter sa présence. C'est lui qui a pris la décision de laisser Fabian et Gideon partir en mission malgré sa dangerosité. Me plaçant entre les futures tombes des frères, je commence mon discours, tentant de maîtriser ma voix. 

Je me demande pourquoi j'ai accepté cela, j'ai horreur des discours. Je ne suis pas Dumbledore!

 

-Nous sommes aujourd'hui réunis pour rendre hommage à Gideon et Fabian Prewett. Ces deux hommes étaient bons, loyaux et courageux. Leur mort est un immense gâchis pour ceux qui les ont aimés mais leur mort ne doit pas être vaine. Ils sont morts en défendant leurs convictions en faisant ce qui leur paraissait le plus juste. Ils sont morts comme ils le souhaitaient, en combattant. Tous, nous nous souviendrons de la discrétion, du sourire, de la fiabilité, des boucles rousses de Gideon. A Poudlard, je n'appréciais pas énormément Fabian mais avec le temps, j'ai appris à voir en lui l'homme courageux, tendre, rieur, moqueur qu'il était. Ils nous manqueront chaque jour de notre vie mais n'oublions pas qu'ils sont morts en héros. N'oubliez jamais cela. Lorsque viendra le temps pour vous d'hésiter entre la lumière et l'obscurité, souvenez-vous que Fabian et Gideon sont morts en héros pour que nous puissions vivre dans la lumière. 

 

La gorge nouée, je me tais, je ne peux pas pleurer. Je dois aider Marlène en larmes. Ses sanglots me parviennent aux oreilles mais je reste clouée sur place, mon regard s'est posé sur la pierre tombale de Gideon. Si je l'avais connu plus tôt, aurais-je épousé Eden? Ma vie aurait-elle été différente? On se fait du mal avec des « si » mais on ne peut s'empêcher de penser à des alternatives lorsque la vie apporte son lot d'épreuves. Je ne dois pas succomber aux « si ». Ce n'est pas le moment et c'est dangereux. Gideon est mort, seule demeure cette vérité aujourd'hui, une vérité difficile à admettre. Combien de fois suis-je allée au QG et à son cottage pensant le voir? Même Fabian me manquera. J'ai pour lui plus d'affection que je ne le pensais. L'avait-il compris?

 

-Mrs MacMillan, ne faudrait-il pas poursuivre l'enterrement, me demande doucement Arthur Weasley. 

 

Je lève la tête et remarque que tout le monde m'observe. Mes yeux accrochent ceux de Sirius, il semble me dire de continuer pour ensuite pleurer. Marlène est dans les bras d'Alice Londubat qui tente de l'apaiser et Lily lui frotte le dos pour la réconforter. Dans toute cette tragédie, c'est Marlène qui a le plus perdu, elle demeurera inconsolable, je le sais. Prenant une grande respiration, je réponds à Arthur. De ma baguette, je place les cercueils dans leur trou et referme la tombe en déposant une magnifique couronne d'hortensias, la fleur préférée des deux frères. Gideon m'avait appris le sort. 

 

-Céleste, viens, me dit Sirius en m'ouvrant ses bras dans lesquels je me jette pour pleurer. 

 

Une fois calmée, je constate que tout le monde est rentré dans la maison, Marlène semble se reprendre puisqu'elle ne pleure plus et essaye d'être aussi enjouée que d'habitude. 

 

-Titine, regarde ce qu'a apporté Mrs Weasley, des photos de Fabian et Gideon quand ils étaient petits, dit joyeusement Marlène en me faisant signe d'approcher. 

 

Son ton joyeux sonne atrocement faux à mes oreilles mais je fais semblant de l'ignorer. 

 

Les frères sont adorables sur les photos avec leur grande soeur. Cette grande soeur pour laquelle ils éprouvaient une tendresse infinie.

 

-Je ne savais pas que tu étais proche de mes frères, me dit Molly Weasley.

-Je suis, enfin, j'étais surtout proche de Gideon. Fabian et moi avons eu pendant longtemps un différend qui s'est arrangé par la suite avant de nous entendre. Je n'oublierai jamais que c'est lui m'a accompagnée à l'hôpital et qui m'a soutenue pendant mon accouchement. Il est resté même si je broyais sa main, c'était un homme bon.

-Il avait raconté cette histoire à un repas dominical. J'étais fière de lui.

-Que va t-il se passer maintenant? Cet endroit sera mis en vente? Leurs affaires disparaitront?

-Non, dit d'une voix forte et autoritaire Marlène à la surprise de tous. Jusqu'à l'ouverture du testament, cette maison restera telle qu'est aujourd'hui. Les héritiers, seulement leurs héritiers, aviseront par la suite des démarches à faire, ils devront préserver cet endroit.

 

Mrs Weasley est étonnée mais s'abstient du moindre commentaire. Marlène ne veut pas lui révéler qu'elle était fiancée à Fabian, je trouve ça stupide mais il parait que c'est Fabian qui voulait cacher leur mariage car sa soeur s'en serait mêlée et il préférait éviter cela.

 

*********

 

-Rien ne sera plus comme avant Céleste. J'ai l'impression que cette guerre finira cette année en nous enterrant le plus possible. 

 

D'une tristesse inconsolable, Marlène est passée à une mélancolie solennelle grave, elle est moins joyeusement, moins spontanée et se pose énormément de questions. Physiquement, elle a changé en peu de temps, elle ne porte plus que du noir, ses cheveux sont relevés en chignon, ses yeux plein de vie sont tristes. 

 

-Peut-être mais j'espère que cela fera avancer les choses. 

-Comment va mini Marly?

-Très bien, elle gazouille joyeusement dans la maison. Elle aime beaucoup rester à l'extérieur à observer la nature. 

-C'est ma digne successeure! Au moins, une Marlène aux cheveux blonds continuera d'être enjouée. 

 

Je n'aime pas lui parler de Marlène, j'ai peur qu'elle se rappelle de ce qui lui manquera pour toujours. Elle me demande régulièrement de ses nouvelles et vient souvent à la maison jouer avec elle. Ce sont les seuls moments où son regard affiche autre chose que de la mélancolie. Elle passe de temps en temps aussi chez les Potter mais Harry lui préfère Sirius, ce qui l'amuse toujours. Je crois qu'elle l'intimide, James s'amuse beaucoup de cette situation alors que Lily est déçue.

 

-Tu sais pourquoi on nous a convoquées?

-Vaguement. Nous sommes dans le couloir des notaires. 

 

En silence, nous attendons dans le couloir à côté de la porte du fonctionnaire qui nous a envoyés une lettre nous priant de venir. 

 

-Bonjour, mesdames, dit un homme à la carrure digne d'un batteur. Veuillez vous installer dans mon bureau, j'arrive dans quelques minutes. 

 

Nous nous installons dans un minuscule bureau sombre composé d'une armoire pleine à craquer et de dossiers empilés. Ce bureau ne met absolument pas en confiance. 

 

-Miss McKinnon et Mrs Macmillan, je vous ai convoquées à propos du testament des frères Prewett. J'étais en charge de leur dossier. 

 

Marlène et moi échangeons un regard surpris. Aucun n'est deux nous avait parlées d'un quelconque testament. 

 

-« A Miss McKinnon, je lègue ma part du cottage situé dans le Kent et toutes mes affaires personnelles en espérant qu'elle se souvienne de moi et de l'amour que je lui portais ». Le deuxième feuillet est une liste précise des objets que Fabian Prewett vous lègue, la voici. Il m'a aussi chargé de vous donner une boite remplie de parchemins dit le fonctionnaire en lui tendant un feuillet et une énorme boîte. Passons, maintenant, au testament de Gideon Prewett.

 

J'avale ma salive difficilement, je ne m'attendais pas à ce que Gideon me mette dans son testament. C'est sinistre et je me sens mal vis-à-vis de lui et d'Eden qui ne soupçonne pas un adultère. 

 

-« à Céleste Black, épouse Macmillan, je lègue ma part du cottage situé dans le Kent, mes affaires personnelles en espérant qu'elle chérisse mon souvenir»

 

C'est incroyable! Je suis une riche propriétaire terrienne! J'ai en ma possession la moitié du manoir, le manoir Potter, et maintenant la moitié du cottage de mon amant!

 

-Comment tu vas annoncer à Eden que tu possèdes la moitié du cottage?

-Je ne le lui dirai rien. Jamais, je n'oublierai Gideon et les moments que j'ai passé avec lui mais je n'avouerai jamais à Eden que je l'ai trompé aussi longtemps. 

-Tu le devrais.

-Non, Marlène! Il sait déjà que je ne l'aime pas autant que je le devrais, je n'ai pas envie d'ajouter cette histoire à sa peine. Je sais qu'Eden n'est pas l'homme de ma vie. Celui qui l'était est mort désormais. 

-Comment tu le sais?

-Tu te rappelles du cours sur l'Amortentia en sixième année? Je t'avais dit que j'avais senti l'odeur d'Eden mais en fait ce n'est pas vrai. En réalité, j'ai senti l'herbe coupée, l'odeur des vieux livres et une odeur que je n'arrivais pas à déterminer mais après coup, je me suis aperçue que l'odeur ressemblant fort à celle de Fabian alors j'ai inventé ce bobard car j'avais peur d'être éprise en secret et en l'ignorant de Fabian. En réalité, j'avais senti l'odeur de Gideon, je l'ai compris lorsque nous avons commencé à devenir intimes. 

 

Marlène est bouche bée et pour la première fois depuis plusieurs jours, elle éclate de rire. Merlin, que son rire m'avait manqué! Je sens même les larmes me monter aux yeux. 

 

-Je t'adore Céleste! Tu compliques tellement ta vie qu'elle en devient un roman! Ton histoire fait presque penser au livre Autant en emporte le vent! Ça ne m'étonne pas que ça soit ton livre préféré, tu te reconnais en Scarlett! 

 

Marlène continue de rire, se moquer de moi l'a requinquée pour un moment!

 

-Allez, on va fêter tes révélations et boire à la santé de notre cottage!

 

Sans attendre d'approbations, nous transplanons à Pré-au-lard. A notre plus grande surprise, les maraudeurs sont présents. Marlène de bonne humeur les salue joyeusement et s'installe à côté de Sirius en lui demandant (en ricanant) s'il connaît l'histoire d'Autant en emporte le vent. 

 

-Tu es rouge, Céleste. Tu vas bien? me demande Remus.

-Oui, Remus, ça va très bien. Je viens juste d'avoir une conversation avec Marlène qui m'a ébranlée. 

-T'es la meilleure, Céleste! Je suis très fière que tu sois ma meilleure amie! Si je meurs un jour, je voudrais que tu te souviennes de ça!

-Si je meurs, je voudrais que tu t'occupes de Marlène, que tu sois une deuxième mère pour elle!

-Elle devient morbide votre conversation, les filles, dit Sirius.

-Surtout que l'on sait que Céleste nous enterreras tous, plaisante Remus

-Parce que c'est une Serpentard! surenchérit James

 

Les quatre maraudeurs éclatent de rire sous le regard attendri de Marlène. La conversation se poursuit sur une note plus joyeuse et pendant un instant, j'ai l'impression que la joie de vivre de Marlène est de retour. 

Elle nous quitte rapidement pour aller à son travail. A travers la vitre, je l'aperçois. Son regard est devenu mélancolique, elle souffle un bon coup, ses lèvres bougent et elle transplane. J'ai envie de la suivre. Me tournant vers les Maraudeurs, je remarque que Sirius et Remus ont aussi observé Marlène. Nous nous regardons et nous pensons à la même chose.

Arrivera t-elle à vivre avec la perte douloureuse de Fabian?

 

-Elle s'en sortira, rassure Remus. Elle est plus forte que nous le croyons. 

-Non, elle est fragile! J'étais dans son dortoir, pas vous. Je la connais mieux que vous. Sa force, c'est son amour pour autrui, pour la vie. Avec la disparition de Fabian, elle a perdu tout ça! Elle était si proche du bonheur! Essayez de la comprendre!

 

Sirius, Remus et moi nous disputons jusqu'à ce que James intervienne et nous demande de laisser tranquille Marlène. Je lui rétorque que c'est facile pour lui de dire ça, il a femme et enfant, ce que n'aura peut-être jamais Marlène qui l'espérait tant! Nous nous séparons à moitié fâchés car James nous a invité chez lui ce week-end.

 

*******

 

Je me réveille avec un mal de tête épouvantable. Me redressant, j'essaye de reprendre mes esprits et ouvre mon baldaquin, la lumière m'agresse les yeux et je râle le temps que mes yeux s'habituent à la soudaine luminosité. Sur ma table de chevet, une fiole contenant une potion anti-gueule est posée, je remercie dans ma tête Eden pour cette attention. Il a laissé aussi un mot.

« Puisque sa mère se comporte encore comme une ado de dix-sept sans responsabilité, j'emmène Marlène chez ta tante. Lorsque je reviens, tu dois t'être remise de ta cuite sinon je t'empêche de t'approcher de ta fille. »

 

Il est donc toujours furieux! 

Je suis rentrée à quatre heures du matin, complètement ivre. Comment ai-je pu transplaner dans cet état? Eden était furieux, il m'a copieusement sermonnée alors qu'encore dans les vapes, je comprenais à peine sa tirade, j'ai juste distingué les mots « inconsciente », « mère indigne », « dangereuse », « amis sans morale ». J'ai évité de lui rappeler qu'il ne s'occupait pas beaucoup de sa fille lorsqu'elle est née et que je suis donc loin d'être une mère indigne comparée à lui.

Pourquoi suis-je dans les vapes un dimanche matin? La réponse est simple. J'ai bu plus que de raison hier soir chez les Potter (heureusement Harry était chez ma tante Cassiopeia qui a accepté avec joie de s'occuper d'un nourrisson « aussi adorable et calme que Harry »). Il y avait les Londubat (Alice était déchaînée et nous avons chanté faux David Bowie ensemble avec beaucoup d'ardeur), Mary qui s'est amusée avec Sirius à jouer au Quidditch-Pong sous les encouragements de Marlène et de Remus, Emmeline Vance qui a fait le DJ pendant toute la soirée. James et Lily, éméchés, se sont disputés pour des broutilles, Mary a remarqué qu'elle avait l'impression d'être de retour à Poudlard. 

Nous avons bu, dansé, chanté comme des jeunes de notre âge loin de la guerre et en oubliant nos peines. Marlène m'a surprise, elle était d'excellente humeur après plusieurs verres, elle es redevenue la Marlène d'autrefois. 

 

La porte de ma chambre s'ouvre sur Marlène, Mary et Lily dans un état proche du mien.

 

-Bien dormi?

-La ferme Black! rétorque Marlène comme l'aurait fait Fabian.

 

Il l'a influencée plus que je ne le pensais!

 

-Alice va bientôt passer aussi. On est là pour les potions anti-gueule de bois! dit d'une voix rauque Lily.

-Les profiteuses! Je suis scandalisée que vous veniez juste pour ça!

-Pour toutes les fois où on t'a dépannée, tu nous dois au moins ça!

 

Pas faux!

De mauvaise grâce, je fouille dans le placard de la salle de bain et leur tend à chacune la précieuse fiole.

 

-Ça va déjà mieux, s'exclame Marlène. On s'est tellement bien amusée hier! J'ai adoré cette soirée! Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusée. La dernière fois, c'était quand j'étais allée à une fête chez un ami de Fabian. Tu t'en souviens, Titine? 

 

Oui, je m'en souviens très bien. C'est la fois où après être rentrée chez Gideon, j'ai éclaté en sanglots parce que je culpabilisais par rapport à Eden, Gideon m'a alors consolée et nous avons eu une discussion très sérieuse sur notre avenir. Trois jours après, il était mort. 

 

-Évite de me parler de cette soirée! 

 

Marlène me tire la langue, moqueuse. Mary nous annonce qu'elle ne pourra pas revenir en Angleterre avant un moment à cause de son travail. Lily rouspète, Mary la rassure en lui disant qu'elle lui enverrait un hibou tous les jours pour compenser. 

 

-Je plains le pauvre hibou qui se chargera de cette tâche, commente Alice, les cheveux hirsutes en apparaissant soudainement. C'est ton majordome qui m'a dit que tu es encore dans ta chambre, ajoute t-elle. 

 

Sans un mot, je lui tends une potion anti-gueule de bois qu'elle accepte volontiers. 

Alors que nous faisons un debrieffing de la soirée, Marlène s'étonne soudainement de l'absence de sa filleule. 

 

-Eden l'a emmenée chez ma tante pour que je me remette de la soirée. Quand je suis rentrée, il était furieux. 

 

 A ma grande surprise, Frank a eu le même comportement qu'Eden. Alice et moi nous critiquons alors nos maris respectifs, Marlène et Mary ont quitté ma chambre. Je soupçonne Mary d'avoir éloigné Marlène exprès. 

Lorsque nous pénétrons dans le salon, Marlène pleure en serrant contre elle une licorne en peluche.

 

-Tu pleures de honte car tu as chanté faux « où est passé ma petite licorne »?

 

C'est une comptine pour enfant que m'a apprise Gideon quand je n'en avais plus en stock et je sentais que Marlène se lassait de des comptines habituelles.

Ma plaisanterie ne fonctionne pas. Alice prend Marlène dans ses bras et lui caresse la tête, Mary et Lily, impuissantes, attendent que la crise passe. 

Soudain, Marlène se lève et vient vers moi en me sommant de cesser de pleurer car en effet, je pleure, en silence. J'ai l'impression de ne faire que ça ces derniers temps: pleurer.

 

-Quand tout cessera?

-Lorsque la guerre sera terminée, répond Lily de sa voix rauque en ajoutant une note tragique à la question de Marlène.

-Les filles, comme nous sommes réunies, je voudrais vous parler de mon enterrement. 

 

Cette phrase provoque un mélange incompréhensible d'indignation, de stupeur et de colère.

Je me pose une question: depuis quand Alice est-elle devenue proche de notre petit groupe de quatre? Même Mary a sympathisé avec elle alors qu'elle la voit moins que nous. 

 

-Je voudrais être enterrée à côté de Fabian un jour ensoleillé, avec comme musique de fond la chanson « rock 'n' roll Suicide » de David Bowie. 

 

Marlène est fan de David Bowie et adore cette chanson. 

 

-Tu voudrais pas une chanson plus joyeuse? demande Alice.

-Non. Ma mort sera une délivrance alors je ne veux pas de chanson joyeuse. Je ne vis pas, je survis. 

-Tout est si triste, je n'aime pas ça! dit Lily, soudain très abattue. 

 

L'annonce de Marlène a mis un froid dans notre groupe. Soudain inspirée, je dis aux filles de rester ici déjeuner et je file aux cuisines pour dire à Dolly de préparer un succulent repas coloré même si je doute qu'avec notre gueule de bois nous puissions avaler beaucoup de choses mais un bon repas rend heureux. Je l'ai remarqué avec Gideon quand nous mangions ensemble. Par le caleçon de Serpentard, j'ai l'impression d'avoir eu une double vie!

Dolly arrive avec des plats succulents et malgré notre lendemain de soirée, nous jetons dessus avec gourmandise. Nos conversations sont plus gaies, plus joyeuses. Marlène oublie un instant sa peine et je suis soulagée qu'il existe encore chez elle sa joie de vivre, comme hier soir. 

 

-Il y a une bonne ambiance ici, s'exclame Eden en entrant dans la salle à manger. 

 

Nous avons toutes un fou rire à cause d'une histoire racontée par Mary. Ma fille me snobe complètement et court (à quatre pattes) vers Alice qu'elle adore. Cette dernière la prend sur ses genoux et lui propose de la mousse au chocolat qu'elle avale rapidement. 

 

-Marlène, as-tu oublié qui est ta maman? demande-je à ma fille qui est sur les genoux de Mary qui lui raconte des bêtises. 

-Jalouse! se moque Alice. 

 

 

Marlène et moi éclatons de rire et j'essaye de repousser dans un coin de ma tête la mort des Prewett pour profiter du moment présent, cela dure un temps mais l'image de Gideon persiste malgré tout. Son souvenir m'accompagnera jusqu'à la fin, j'en suis persuadée. 

La mort d'un soleil by MissArty
Author's Notes:

Bonjour! Je poste enfin le nouveau chapitre. j'avoue que je n'arrêtais pas d'y penser avant d'oublier! 

Comme le précédent, préparez vos mouchoirs! Pour vous donner un indice juste avant de lire le chapitre: ce chapitre se situe en juillet 1981. Qu'est ce qui est arrivé en juillet 1981 (à part le premier anniversaire de harry)? Pensez à la lettre que Lily envoie à Sirius!

Bonne lecture!

Marlène sera ravie, sa filleule a fait ses premiers pas. Eden était fou de joie et a immortalisé cela avec son appareil photo. Il lui a fallu du temps mais aujourd'hui, il s'intéresse à sa fille.

Aujourd'hui, je me rends chez les McKinnon. Marlène a insisté pour que je vienne déjeuner et comme j'adore sa mère, ça n'a pas été très compliqué. Comme les McKinnon habite dans une ville moldue, j'ai dû transplaner dans un endroit discret. Arrivée à cinq mètres de la maison, j'aperçois des lumières de toutes les couleurs. A coup sûr, la magie est derrière tout ça. Ils vont avoir des problèmes avec le ministère de la magie. Plus je me rapproche, plus je sens que quelque chose est étrange. en effet, des têtes blondes se battent contre des hommes encapuchonnés. 

 

Des mangemorts! Les McKinnon se battent contre des mangemorts! Courant alors, je lance un protego entre Maximilien et le mangemort. Je me mêle à la bataille aux côtés de Marlène qui semble ravie de me voir. Que font-ils ici?

Ils sont coriaces surtout celui contre lequel je me bats, il lance ses sorts avec beaucoup de grâce et de détermination sans relâche. Je suis en sueur mais je n'abandonne pas. La personne en face de moi m'envoie sortilège sur sortilège, manquant de peu de me tuer parfois. Merci l'Ordre d'avoir développé mes réflexes! La personne m'en veut personnellement et je commence à me demander si ce n'est pas un de mes camarades de classe. Un cri me force à détourner mon regard du mangemort un instant. Mrs McKinnon tombe en arrière et ne se relève pas, son mari se précipite vers elle mais il baisse sa garde et un mangemort en profite pour lui  infliger le coup de grâce. 

 

Reprenant mes esprits, je replonge alors dans mon combat, un combat à mort. Je ne dois plus me disperser. La capuche du mangemort glisse et à mon plus grand déplaisir, la tête de Rosier apparaît. Depuis que je me suis enfuie de la cave de Malefoy, je ne l'ai pas revu. j'avais oublié à quel point je le hais. Je comprends mieux pourquoi je combats pour vivre. Rosier veut en finir avec moi! Je me débrouille très bien mais je suis à bout de force et Rosier aussi. Ses gestes sont de moins en moins précis. J'ai un flash soudainement, je me revois à huit ans, lire un ouvrage très épais sur les sortilèges de magie noire, je me souviens de la formule de l'un d'eux. Comme je dois agir vite, je le lance avec beaucoup de concentration et Rosier me fixe avant de tomber raide sur le sol. 

 

Débarrassée de mon adversaire, je me tourne vers Marlène qui en pleurs se défend contre plusieurs mangemorts. Je me précipite pour l'aider, tout comme moi, elle est fatiguée. Ensemble, côte à côté, nous ripostons à chaque sort lancé. Nous avons trouvé une stratégie inconsciemment. Quand elle lance un sort, je protège ses arrières et inversement mais deux autres mangemorts rejoignent leurs camarades, nous sommes en sous-nombre, ils sont sept contre nous deux. S'ils sont tous en train de se battre contre nous, cela veut dire qu'ils ont vaincu la famille de Marlène. Je chasse cette idée de mon esprit. Puis, l'espace d'un instant, les sept mangemorts envoient un sort ensemble sur nous. Nous ne pouvons plus lutter. C'est la fin! Marlène me pousse  alors sur le côté et se prend le sort en pleine poitrine. Au même instant, les mangemorts transplanent. Ma meilleure amie marche quelques secondes avant de de s'écrouler contre un lampadaire. Une tâche rouge se propage partout sur son chemisier, elle ne fait rien pour arrêter l'hémorragie. Elle perd beaucoup trop de sang, et j'ignore la démarche à suivre. Je lui serre une main, le coeur battant comme si cela pouvait la guérir. 

 

-Céleste, murmure t-elle. Ap...proche (j'obéis). Ne t'assombris jamais, dit-elle en serrant mon chemisier identique au sien. Sois forte, Titine, car je vais mourir. Ne m'oublie jamais, car moi je ne t'oublierai jamais, je continuerai de veiller sur toi. S'il te plaît, occupe toi de l'enterrement de ma famille aussi.

-Arrête de parler, garde tes forces!

-Non, je vais mourir, répète t-elle, têtue. Je veux te parler jusqu'à ce que je meurs. N'aies pas de regret pour moi, ne culpabilise pas. Je suis heureuse de ma vie et je vais rejoindre Fabian. Nous serons enfin ensemble pour toujours. Lui et moi pour toujours, j'en rêve depuis tant d'années. Adieu, Céleste, ma Titine adorée. 

 

Sans un mot, nous attendons sa mort imminente, c'est un moment assez étrange. Et puis, la main que je serrais si fort tombe sur le sol. Elle ne vit plus. Elle est morte un sourire aux lèves, détendue. Je me redresse, essuyant mes joues, observant enfin le champ de bataille. Tous les McKinnon sont morts. Rosier aussi et pourtant je ne ressens aucune pitié envers lui, j'ai envie de piétiner son cadavre et de le ruer de coups. 

 

-Black? grogne une voix.

 

Je me retourne et vois Maugrey, accompagné de ses hommes. Ils sont arrivés trop tard, comme toujours!

 

-Aucun n'a survécu. Marlène et sa famille ont été tués par les mangemorts. 

 

Un instant, je vois de la surprise traverser le visage de Maugrey. 

 

-Et lui? demande un Auror montant du pied le corps sans vie de Rosier. 

-Aucune idée, mens-je. 

 

Maugrey hausse les sourcils et je sais qu'il ne me croit pas. Comment annoncer au chef des Aurors que j'ai tué un mangemort avec un sort de magie noire dont je connaissais à peine les effets. Après réflexion, je me suis souvenue qu'il coupe toute respiration, la personne meurt en quelques secondes mais a le temps de comprendre qu'elle va mourir. Je suis horrible mais je ne ressens rien vis-à-vis de Rosier, j'ai tué un homme et en éprouve aucun sentiment si ce n'est du soulagement.

 

-Black, tu nous suis, tu vas faire une déposition. 

 

Au ministère, on m'installe dans une petite salle et quelqu'un m'interroge. Je suis fatiguée alors je réponds sèchement. Lorsque l'Auror me demande comment est mort Rosier, je lui raconte que Rosier a dû se prendre un sortilège de magie noire d'un de ses camarades. En sortant de la salle, Maugrey me chuchote que je devrais sans doute faire un passage au QG et il me conseille de prendre de changer de vêtements. C'est un bon conseil car ils sont tâchés de sang, celui de Marlène. Eden est au travail, il ne sera pas à la maison et je n'ai pas la force de surmonter en plus la solitude du manoir. Je transplane donc chez les Potter. 

Lily est dans le jardin et chantonne joyeusement un air qui ressemble à une chanson de David Bowie. 

 

-Salut Lily!

 

Elle sursaute et me sourit, elle m'observe de bas en haut et pousse un cri qui alerte toute de suite James qui sort de la maison baguette en main.

 

-Céleste, pourquoi es-tu couverte de sang? Tu t'es battue? Tu es blessée? s'inquiète James.

-Ce n'est pas mon sang, c'est celui...de...Marlène, dis-je avant d'éclater en sanglots. 

 

Lily et James ouvrent grand leurs yeux et accourent vers moi pour m'étreindre. 

 

-Entre Céleste. James, va préparer du thé et rajoute une goutte de cognac dedans. Vérifie que Harry dort. Il ne faut qu'il voit Céleste dans cet état. 

-Oui capitaine!

 

Malgré moi, je souris et me remets à pleurer. Lily me force à m'asseoir dans le canapé et me tend une tasse de thé. Le breuvage me requinque légèrement et je commence mon récit. A la fin James ne dit rien, il a les dents serrés, Lily pleure mais me sourit tendrement.

 

-Je ne peux pas laisser le chagrin m'envahir. Marlène m'a demandée de ne jamais m'assombrir. Vous vous rendez compte, elle m'a sauvée la vie! Elle s'est sacrifiée pour moi car elle n'a plus rien à perdre puisqu'elle a tout perdu.

 

Les Potter se taisent mais nous partageons tous la même douleur. Je suis en train de tout perdre, Gideon est mort, Fabian aussi, maintenant Marlène. Qui sera le prochain? Quand la guerre cessera? Je ne supporte plus le monde dans lequel on vit. 

 

-Titine, va te changer, prends une douche. Tu dors ici ce soir, dans la chambre d'amis. Je vais envoyer un hibou à Eden et Lily se chargera de contacter Mary. Je file au QG prévenir les autres de...tu sais quoi. 

 

Je suis tellement épuisée que Lily m'aide à monter l'escalier, elle me déshabille comme je restais plantée devant la baignoire sans bouger, en sous-vêtements, elle m'oblige à rentrer dans la baignoire. Je continue de pleurer, Lily prend ma main et ne la lâche plus. Je sens vaguement quelqu'un me porter et me poser doucement sur quelque chose avant de fermer les yeux, pour j'espère à ce moment-là, toujours. 

 

Je me réveille et sens une odeur de chien. Je me redresse et remarque un énorme chien à côté de moi. Il s'agit de Sirius sous sa force d'animagus. Je le caresse pour le réveiller. Automatiquement, il lève les yeux vers moi, me lèche la main avant de se transformer en Sirius, pâle. Ainsi, il a perdu toute aura aristocratique, pâle, les cheveux décoiffés et le regard triste. 

 

-Je suis désolé, Céleste. Lily m'a tout raconté. Mary est arrivé il y a une heure, elle est en bas. 

 

J'enfile des vêtements propres et descends. Mary se jette sur moi et m'étreins très fort. Je dois aller au QG mais je dois aussi éloigner Mary.

 

-Mary, mets tes affaires au manoir dans ta chambre. Pourrais-tu t'occuper de Marlène, je dois régler des affaires.

-Bien sûr, Céleste. J'y vais toute de suite. 

 

Aujourd'hui, plus que jamais, moins de douze heures après l'assassinat de ma meilleure amie, je suis heureuse d'avoir donné son prénom à ma fille. Elle vivra toujours, je ne l'oublierai jamais, ma fille sera là pour me rappeler que Marlène a existé. 

 

-Tu as éloigné Mary pour te rendre au QG, dit James.

-C'est très malin, très Serpentard, commente Lily, ce qui fait pouffer de rire son mari. 

 

Ils sont attendrissants. 

 

-Tu es capable de transplaner? me demande gentiment Sirius.

-Je ne suis pas faible! 

 

Sirius me fait quand même transplaner avec lui. Dans le salon, la plupart des membres sont réunis, Dumbledore se tient dans le fond de la pièce, étrangement. Alice se jette sur moi et me dit que si j'ai besoin de la moindre chose que je le lui dise. Ça marche si je lui dis que je veux la présence de Marlène et des Prewett? De Dorcas et de Caradoc? 

Pour la troisième fois, je raconte mon récit et cette fois-ci, je ne mens pas et avoue que j'ai tué Rosier mais personne ne fait le moindre commentaire. Tous sont d'accord pour dire que c'est un assassinat. Ils voulaient tuer Marlène et sa famille. Les idées modernes de Mrs McKinnon ne leur plaisent et pourtant, ce qu'elle prône n'est autre que la liberté et l'égalité entre les hommes et les femmes. Je reste encore quelques minutes au QG avant de rentrer au manoir. Je ne dois pas m'effondrer. Eden est présent, je me mets directement au lit et dans ses bras, je sombre dans un sommeil dénué de tout cauchemars à ma grande surprise au réveil. 

 

Je me réveille, et l'assassinat des McKinnon ressurgit dans mon esprit à la vitesse de l'éclair mais je ne pleure pas, je n'en ai plus la force. J'ai l'impression qu'on m'a arrachée une partie de mon être. Je ne peux pas imaginer un monde sans Marlène. De rage, je lance ma table de chevet à travers la chambre. Aussitôt, j'entends des pas dans les escaliers. La porte s'ouvre doucement et apparait Mary, tenant ma fille dans ses bras. Immédiatement, Marlène tend ses petits bras vers moi. Sans un mot, mon amie la pose sur le lit et remets la table de chevet à sa place. Pour occuper Marlène, je lui donne un bracelet avec lequel elle aime jouer. 

 

-Tu vas tenir le coup?

-Non, une partie de moi est morte avec elle.

-Rien ne sera plus comme avant désormais. Alice m'a écrit récemment que c'est bientôt la fin mais au prix de nombreux sacrifices, qu'il faut s'attendre à voir les gens mourir autour de nous. 

-Merci de t'être occupée de ma famille. Elle t'apprécie beaucoup. 

-J'ai pris trois jours de congés, je resterai au manoir, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas. 

 

Le silence revient dans la pièce mais cela ne nous empêche pas de parler à travers nos yeux. Mary a toujours eu un regard très expressif. Son silence et sa discrétion m'ont toujours apaisée. Hykia m'apporte une tasse de thé avec seulement une tartelette au citron. Dolly sait que je ne suis pas en état de manger énormément, elle me connaît si bien... Marlène s'est endormie contre moi et ronfle, c'est attendrissant. 

Eden rentre dans la pièce et réussit à ne pas réveiller notre fille qui a le sommeil lourd. Prise de nausées depuis mon réveil, je me précipite dans la salle de bain pour vomir. Eden vient vers moi, me tient les cheveux d'une main et me frotte le dos de l'autre. Une fois toute nourriture à l'extérieur de mon estomac, je reviens dans mon lit.

 

-Céleste, où étais-tu passée? Dans la gazette, ils ont parlé de l'assassinat des McKinnon. Est ce vrai? Marlène est...

 

Même lui n'arrive pas à encaisser l'information. 

 

-Oui, Eden, Marlène est morte, tuée par ces sales fils de cognards de mangemorts, crache-je la voix rauque du fait de la fatigue. 

-C'est toi, le témoin dont il parle dans la gazette, pas vrai? devine t-il, perspicace. 

-C'était un hasard.

-Je suis profondément navrée pour toi, Céleste. Je n'ai pas les mots pour te consoler.

-Reste près de moi, c'est tout ce que je demande. 

Eden hoche la tête traitement. Ce moment mélo-dramatique est interrompu par Marlène qui se réveille. Prenant les choses en main, Mary emmène ma fille en dehors de la pièce. Fatiguée mentalement et psychologiquement, je me rendors mais cette fois-ci dans les bras d'Eden. 

 

-Céleste, réveille-toi, murmure une voix féminine en me secouant légèrement.

-S'passe quoi? demande-je d'une voix endormie. 

-Un homme du ministère t'attend en bas. 

-Pas envie de le voir. Dis-lui que je dors, Alice. 

 

Alice soupire et quitte la pièce. Quant à moi, je retombe dans les bras de Morphée. 

Brusquement, j'ouvre les yeux, parfaitement réveillée, le cerveau en état de marche. Premièrement, vérifier que quelqu'un s'occupe de Marlène, deuxièmement, organiser les enterrements, troisièmement, prévenir ma chef que je ne suis pas apte à retourner au travail. Je me coiffe un peu et enfile un peignoir puis descends les escaliers. J'entends des voix et des gazouillements de bébé. Dans le salon, Franck avec Neville sur ses genoux, Sirius, Alice, Eden et Mary, Marlène sur ses genoux, discutent, le visage fermé. Ok, phase masque d'impassibilité et enfouissement des sentiments, enclenchée. En gros, mode Sang-Pur enclenché pour ceux qui n'avaient pas compris. 

 

-Céleste! s'écrie Eden, soulagé de me voir. 

-Excuse-moi, j'ai dormi longtemps.

-En effet, à peu près vingt quatre heures si tu veux des détails.

 

Quoi? Vingt- quatre heures? J'ai dormi une journée? Voir Marlène sur les genoux de Mary me rassure, elle a dû s'occuper de la petite. 

 

-De quoi discutiez-vous? 

-De motos, de licornes... Pas des choses passionnantes, répond Sirius. 

-Ne me prends pas pour une buse. De quoi discutiez-vous avant que je n'arrive? 

-De l'enterrement des McKinnon et de la vente de leur maison, informe Alice.

-Bien, je vais m'occuper de tout cela. Ai-je reçu du courrier? demande-je d'une voix neutre. 

-Oui, je l'ai posé sur ton bureau.

-Merci, Eden. 

-Céleste, ça va? demande prudemment Alice.

-Non mais il faut aller de l'avant. Elle m'a dit de ne jamais m'assombrir, rassure-je (ou pas) avec un sourire. 

 

Je m'éclipse dans mon bureau, lance un sortilège pour ne pas que quelqu'un rentre et m'écroule au sol, ne supportant plus l'insupportable vérité. Je ne peux pas faire semblant, ma meilleure amie est morte. Comment vivre avec cela? Prenant sur moi, je m'assieds devant ma table et lis mon courrier. Marlène est l'héritière de Marlène (très étrange comme phrase), je suis donc chargée de la gestion de cet héritage jusqu'à la majorité de ma fille. Je suis donc avec ma propre fille propriétaire d'un cottage! Le notaire me demande aussi si je veux m'occuper de la vente de la maison des McKinnon. Là, c'est délicat, Marlène est la propriétaire de cette maison mais elle n'est pas la seule, il y a aussi les parents de la belle-soeur de ma meilleure amie. Je vais devoir envoyer un courrier très joyeux leur indiquant la vente de la maison et l'enterrement des McKinnon mais je leur laisse l'enterrement de leur propre fille, ils en ont le droit s'ils le refusent, je le ferai moi-même. Que tout cela est déprimant!

 

-Céleste? appelle Frank en toquant à la porte.

-Oui, vas-y, rentre, dis-je tout en annulant le sortilèges.

-Alice et moi partons en mission d'urgence, peux-tu t'occuper de Neville s'il te plaît? supplie t-il presque.

-Oui, je vais le garder, je demanderai à Hykia d'installer un lit supplémentaire dans la chambre de Marlène. 

-Merci beaucoup, Céleste. Je ne pouvais pas demander à ma mère, elle est en vacances en Espagne!

-Pas de problème, Frank, tu peux partir l'esprit libre en ce qui concerne ton fils, nous nous occuperons de lui, le temps que tu reviennes. 

 

Neville est un gentil garçon alors cela ne me pose aucun problème de le garder, il s'entend bien avec Marlène. J'ai déjà dû garder Neville, Harry et Marlène en même temps, je ne le fais pas trop souvent car Marlène n'aime pas Harry, elle a tendance à lui piquer ses jouets ou à le lui lancer. Je suis très gênée quand elle fait ça. Elle est très copine avec Neville, lui prête ses jouets, lui parle souvent. 

 

********

 

-Si nous sommes réunies aujourd'hui, c'est pour saluer une dernière fois, notre amie. Comme vous le savez tous, Marlène est ma meilleure amie, personne ne pourra la remplacer, nous avons tout partagé depuis nos onze ans. Il y a presque dix ans, une fille blonde de mon âge entrait dans mon compartiment dans le Poudlard Express pour fuir des Serpentard adeptes de la suprématie du sang. Déjà, elle les détestait. Quant à moi, j'ai écouté poliment cette fille qui pa