Closer by Lyssa7
Summary:

« Le vent d'automne se faisait sentir et la jeune fille glissa sa cape par-dessus le pull en laine qu'elle portait, retenant un léger frisson. En cet instant, Lucy Weasley se sentait plus seule que jamais... Certains lui auraient dit que ce n'était que justice étant donné ce qu'elle s'apprêtait à faire mais la Serpentard, elle, savait que cette sensation qu'elle gardait sous contrôle était la cause de ce plan machiavélique.

A chaque conséquence, sa propre cause, lui disait son père à chaque fois qu'elle faisait une bêtise étant petite. Si le battement d'ailes d'un papillon pouvait provoquer le plus violent des orages, si un murmure devenait vacarme, la solitude et l'amertume de la jeune fille s'apparentaient à la théorie des dominos. Petites causes, grandes conséquences ; petites choses, dégâts immenses.»

 

Felicia Simion

 


Entre mensonges, manipulations et trahisons, vous ne verrez plus la nouvelle génération de la même façon...

 

*** Cette fiction est en pause pour manque d'inspiration. Elle ne correspond plus tellement à ce que j'aime écrire et me contrarie sur certains points que je juge excessifs et passablement clichés. Je pense tout de même la reprendre après quelques relectures et modifications ultérieures ***


Categories: "19 ans plus tard", Scorose (Scorpius/Rose), Autres couples (Het) Characters: Lily L. Potter, Lucy Weasley, Molly II Weasley, Rose Granger-Weasley
Genres: Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: N comme Next-Gen
Chapters: 19 Completed: Non Word count: 83558 Read: 19206 Published: 19/09/2016 Updated: 20/10/2017

1. Nous ne sommes pas des héros by Lyssa7

2. Nous nous moquons des apparences by Lyssa7

3. Nous passons notre temps à nous mentir by Lyssa7

4. Nous avons tous des faiblesses by Lyssa7

5. Nous sommes imprévisibles, incompréhensibles by Lyssa7

6. Nous nous raccrochons à ce que nous pouvons, à ce que nous avons by Lyssa7

7. Nous nous confions rarement by Lyssa7

8. Nous cédons à la tentation (première partie) by Lyssa7

9. Nous cédons à la tentation (deuxième partie) by Lyssa7

10. Nous nous cachons la vérité, y compris à nous-mêmes. by Lyssa7

11. Nous nous trompons, nous vous détrompons. by Lyssa7

12. Nous cachons nos sentiments by Lyssa7

13. Nous sommes plus fragiles que nous le laissons penser (première partie) by Lyssa7

14. Nous sommes plus fragiles que nous le laissons penser (deuxième partie) by Lyssa7

15. Nous sommes faibles, plus faibles qu'il n'y paraît by Lyssa7

16. Nos mensonges cachent nos plus intimes secrets, nos plus grands désirs, nos tentations les plus noires by Lyssa7

17. Nous nous méfions, à tort ou à raison by Lyssa7

18. Nous nous consumons by Lyssa7

19. Nous sombrons tous by Lyssa7

Nous ne sommes pas des héros by Lyssa7
Author's Notes:

Bonjour, je débute cette histoire avec appréhension puisqu'elle compte huit personnages principaux, un challenge que je me suis lancé ! Vous passerez donc d'un personnage à l'autre, sachant que chacun d'eux a sa propre histoire, ses propres secrets. Chacun d'eux a également sa bande d'amis qui seront les personnages "secondaires"( certains seront plus importants que d'autres). Tous ces personnages sont reliés par deux points communs : ils sont tous de la même famille, le clan Weasley-Potter et l'un d'eux va s'acharner à faire de leur vie un véritable enfer. Je crois avoir tout dit... C'est déjà pas mal, vous me direz ! Donnez-moi votre avis, c'est toujours utile ! ;)

Edit : Premier chapitre relu et corrigé.

"Nous ne sommes pas des héros, nous ne l'avons jamais été. Nous ne sommes pas courageux et loyaux et nous ne lutterons pas pour la survie de la communauté sorcière. Parce que notre propre survie compte bien plus à nos yeux, que nous sommes des adolescents égocentriques, paresseux et sans aucun respect." Fred II Weasley.

Le Poudlard Express
1er septembre 2023 : 10h50


Sa valise rouge à la main, Rose Weasley cherchait à distinguer son cousin dans la foule qui s'amassait sur le quai 93/4.

Ses parents ainsi que son frère la suivaient en discutant des dernières bévues d'Hugo, sa mère lui faisant ses dernières remontrances avant qu'il ne monte dans le Poudlard Express. Rose considérait son frère comme un cas désespéré malgré toute l'affection qu'elle lui portait, jugeant que l'influence de Fred Weasley, le fils de son oncle George et de sa tante Angelina, et de Lily Luna Potter, la fille de son oncle Harry et de sa tante Ginny, avait un impact dans son attitude provocatrice envers le corps enseignant. De plus, Hugo venait d'avoir dix-sept ans et ses hormones aidant, il délaissait de plus en plus ses études au profit des filles de Poudlard toutes maisons confondues.

Rose tourna un instant la tête pour voir que son frère acquiesçait à tout ce que lui disait leur mère, un comportement désabusé qu'il utilisait lorsqu'il voulait se sortir de la conversation au plus vite.

Rose leva les yeux au ciel et reprit sa recherche. Albus Severus Potter ne devrait plus tarder, et effectivement elle le vit s'avancer vers elle, un sourire amical au coin des lèvres. Derrière lui, James Sirius Potter paradait au bras de sa petite amie Katlin Bell, visiblement fier comme un paon. Rose avait appris qu'ils avaient finalement emménagé ensemble pendant l'été. Comme James lui adressait un signe de tête, elle en fit de même poliment. Ils n'avaient jamais été proches, le jeune homme étant bien trop immature à ses yeux, elle préférait de loin le calme rassurant d'Albus.

Un peu plus loin, Lily Luna Potter essuyait elle aussi les recommandations de ses parents comme Hugo avant elle. Rose aimait bien Lily mais elle aurait parié son sac de gallions que la jeune fille n'écouterait pas un traitre mot de ce que lui disait Harry Potter.

- Tu es encore plus belle que la dernière fois que je t'ai vu, Rosie ! la complimenta Albus en la prenant dans ses bras. L'air de la France te va bien, on dirait !
- Je t'en prie, ça fait ressortir toutes mes tâches de rousseur ! répondit Rose en rosissant tout de même sous le compliment. Et toi, la Californie ?
- Formidable... Entre les disputes de papa et Lily et les gratins de courgettes de maman, je n'ai jamais été aussi heureux ! ironisa Albus avec un rictus qui se voulait moqueur. Tu as vu Jane et Franck ? Apparemment, ils sont partis en vacances ensemble cet été, leurs parents avaient réservé dans le même hôtel en Espagne.

Jane Thomas et Franck Finnigan étaient leurs meilleurs amis et complétaient le quatuor qu'ils formaient depuis leur première année à Poudlard. Leurs parents étant amis de longue date, c'était tout naturellement que les deux amis étaient partis en vacances ensemble pendant l'été. Rose se demanda un instant si ces deux-là avaient réussi à tenir deux mois sans se disputer mais elle déchanta lorsqu'elle les vit arriver, Jane levant les bras au ciel en fusillant Franck du regard tandis que celui-ci lui riait carrément au nez.

- Je ne la supporte plus ! s'écria le jeune homme en parcourant les quelques mètres qui restaient, la laissant au beau milieu de leur dispute. Je vous assure qu'un an de plus avec cette fille va finir par me tuer, et je ne plaisante pas !
- Parce que tu crois que tu es supportable, Finnigan ? répliqua la jeune fille en arrivant à son tour, son teint métissée devenant d'un joli pourpre. Deux mois de vacances avec lui ressemble à un voyage en enfer !

Rose poussa un long soupir et jeta un coup d’œil à Albus qui haussait les épaules d'un air las. Cette année ne serait pas différente de la précédente pour eux, si ce n'était qu'elle était la dernière. La jeune fille passa une main dans ses cheveux roux, priant pour réussir à concilier ses études avec sa vie relationnelle qui, elle en était persuadée, ne serait pas de tout repos.

Alors que Jane et Franck continuaient de se lancer toutes sortes de reproches, Albus et Rose grimpèrent dans le train avec un signe de main pour leurs parents. Sur le quai, Hugo Weasley tentait d'échapper à l'emprise de sa mère du mieux qu'il le pouvait.


- Maman... Le train va bientôt partir et je te promets que je vais essayer de faire de mon mieux pour...
- Je ne veux pas que tu essayes Hugo, je veux que tu réussisses !
- Hermione laisse-le partir, ça va faire deux heures que tu es sur son dos, intervint Ron Weasley.
- Je ne suis pas sur son dos, Ronald ! fit Hermione Granger Weasley en se tournant vers celui-ci, furieuse.

Avec une pensée de gratitude pour son père, Hugo Weasley profita des chamailleries de ses parents pour leur fausser compagnie, rejoignant Lily qui lui faisait de grands signes sur la première marche du train.

- Tu as eu le droit au même traitement que moi on dirait... lui lança la jeune fille, une lueur malicieuse éclairant ses yeux d'un marron clair.
- Ne m'en parle pas... soupira Hugo. Ma mère a commencé dès le réveil cette année !
- J'envie vraiment Fred et les jumeaux par moments... dit Lily en l'aidant à monter sa valise. Oncle George ne lui fait jamais de leçons de morale à deux noises, et Luna et Rolf sont tellement dans les nuages qu'il pourrait y avoir un troupeau de centaures dans leur maison qu'ils continueraient à chasser les joncherunes !
- Tu oublies Leane et ses parents moldus qui partent en déplacement à travers tout le pays en lui laissant le champ libre ! renchérit Hugo.

Lily ne lui répondit pas et Hugo l'interrogea du regard. Sa cousine lui fit un signe de tête impliquant que la personne concernée était justement derrière lui. Hugo se retourna avec un sourire, prêt à accueillir la jolie blonde qu'était Leane Jones, sa meilleure amie, quand il s'aperçut qu'une larme roulait sur la joue de la jeune fille.

- Leane... commença-t-il doucement.
- La ferme, Weasley ! le rabroua-t-elle. Je ne veux pas de tes phrases toutes faites de petit garçon choyé par ses parents, d'accord ? Peut-être que vos parents vous prennent la tête, mais au moins ils sont présents pour vous. Je n'ai pas vu les miens de toutes les vacances, leur apprit-elle, sa voix se brisant sur les derniers mots. Mais j'ai l'habitude alors allons trouver ce compartiment vide, gavons-nous de sucreries et racontez-moi vos vacances en France et en Californie pendant que je me morfondais à Londres !

Leane Jones contrôlait rapidement ses émotions au point que ses amis s'en trouvaient quelquefois déroutés. Elle pouvait pleurer, se mettre en colère et rire aux éclats en quelques minutes. Hugo la connaissait depuis sa première année et il savait que la jeune fille cachait sa sensibilité sous un trop plein d'émotions, tout le contraire de Lily qui ne les montrait pas du tout.

Malgré cela, les deux filles se ressemblaient par leur fougue commune, leur anti-conformisme qui épouvantait les professeurs chaque fois qu'elles apparaissaient avec leur chemise remontée sur le ventre, et leur hypersensibilité qu'elles cachaient chacune à leur façon. Cependant, Lily était plus solaire que Leane qui préférait parfois s'isoler plutôt que d'être entourée d'amis et de connaissances diverses.

En les observant entrer dans un compartiment en riant à nouveau, Hugo se fit la réflexion qu'elles lui avaient terriblement manqué. Il aimait ses parents et sa sœur, mais il n'était lui-même qu'en étant entouré de ses deux meilleures amies.

Au fond du couloir, il remarqua Fred Weasley et Lorcan Scamander qui discutaient, leurs valises à la main. Avec un signe dans leur direction pour les inviter à le rejoindre, Hugo suivit les deux filles.


Fred Weasley répondit gaiement au signe de la main de son cousin Hugo avant de reprendre la conversation qu'il avait engagé avec Lorcan Scamander.

Aux côtés de son jumeau, Lysander lisait tranquillement un livre de Potions, adossé à l'une des fenêtres du train. Fred s'entendait bien avec Lorcan mais n'avait aucune affinité avec Lysander. Il ne faisait donc aucun effort pour l'intégrer dans leur discussion. De plus, Lorcan était dans son dortoir depuis six ans à Gryffondor tandis que Lysander appartenait à Serdaigle, une maison qui l'indifférait totalement bien que sa sœur en fasse partie.

- J'ai ramené quelques farces et attrapes de la boutique de mon père, tout est là-dedans ! dit-il en désignant sa valise. Ma mère ne voulait pas que j'emmène quoique ce soit, mais elle n'a absolument rien remarqué ! se vanta-t-il avec un grand rire qui ressemblait à un aboiement rauque.
- Génial, j'ai hâte de voir ça ce soir ! s'exclama Lorcan en lorgnant la petite valise au pied de Fred.

Fred tapa amicalement sur l'épaule de son camarade avant de s'éloigner rapidement. Il avait besoin de se retrouver seul avant de retrouver les autres, imaginant déjà l'ambiance étouffante de familiarité qui se dégagerait du compartiment de son cousin Hugo. Il y aurait sans doute Lily qui le questionnerait sur ses vacances avec enthousiasme, Leane qui lui proposerait une chocogrenouille par politesse, Lorcan qui le questionnerait à nouveau sur les marchandises de son père, et Hugo... Hugo qui riait sincèrement, qui vivait à cent à l'heure, qui profitait de la vie sans en laisser une miette.

Fred se retint de hurler pour sourire à l'une de ses connaissances qui passait à côté de lui dans le couloir. Encore une fois, il allait devoir faire semblant de se sentir bien, d'être ce type populaire qui organisait les meilleures soirées de Poudlard dans la salle sur demande ; le digne fils de son père, la parfaite réplique de son oncle Fred. Il n'était qu'une copie, il était Fred II depuis sa naissance, il était né pour être le deuxième exemplaire d'un homme que tout le monde regrettait.

Le jeune homme souffla, expulsant l'air de ses poumons pour se redonner une contenance. Il était fin prêt à entrer en scène, comme il le faisait chaque jour de sa vie. Du coin de l’œil, il vit son exubérante grande sœur Roxane Diane Johnson-Weasley décrire son séjour de rêve en Australie.
Pour Fred, le rêve était relatif.


- Absolument fantastique ! s'exclama Roxane Weasley en racontant son séjour en Australie à l'une de ses amies de Serdaigle, Mary Peters. Les garçons de là-bas n'ont absolument rien à voir avec ceux qu'on côtoie ici !
- Je t'envie, Roxane ! soupira son amie. Mes parents m'ont envoyé chez ma tante à quelques kilomètres de Londres... Les seuls garçons que j'ai eu l'occasion de voir avaient largement dépassé la trentaine, pouffa-t-elle doucement.

Roxane repoussa ses longs cheveux bruns en arrière d'un geste élégant et légèrement surfait. Elle aimait le regard de pure envie que lui jetait Mary et elle en profita encore un peu en lui contant les sorties sur la plage avec une bande d'amis qu'elle s'était faite en Australie. Mary Peters était devenue l'une de ses proches amies mais elle devait s'avouer qu'elle la considérait quelque peu comme un faire-valoir. Toujours prête à accourir au moindre de ses désirs, Roxane avait fait de la jeune fille une sorte d'esclave des temps modernes. Naïve et éperdue d'admiration, Mary ne remarquait rien malgré les tentatives de Peter Nott pour décrédibiliser Roxane.

Peter Nott... Serdaigle de son année, Roxane partageait avec lui la même bande d'amis. C'était tout ce qu'ils avaient en commun et leurs amis subissaient régulièrement les altercations des deux adolescents. Roxane reprochait à Peter Nott d'être quelqu'un de vicieux et lui rappelait souvent que son père, Théodore Nott, avait été à Serpentard et nourrissait des ambitions malsaines. Quant au jeune homme, il lui répondait avec le mépris qui le caractérisait que, malgré son air supérieur, elle n'avait pas participé à la bataille de Poudlard, sa réputation n'étant par conséquent bâtie que sur du vent. Les insultes fusaient suivies de près par les hurlements de Roxane qui ne supportait pas de perdre la face.

- Tu es une pitoyable actrice, Weasley !

La jeune fille se retourna lentement, prête à l'affronter. Il lui semblait que Peter avait pris quelques centimètres et elle tiqua quelques secondes en se rendant compte qu'elle était plus petite que lui avant de planter ses yeux d'une couleur ambrée dans le regard noir du jeune homme. Une grimace de dégoût se plaqua sur les lèvres de Roxane, son sourcil se haussa dangereusement et Mary Peters, sentant la tempête arriver, choisit ce moment précis pour s'éclipser.

- Qui t'as permis de m'adresser la parole ?
- Eh bien, on dirait que ta tête n'a toujours pas désenflée, répliqua Peter d'un ton doucereux. Qui te dit que j'ai besoin de ta permission pour exprimer mon avis ?
- Exprime-le quelque part où quelqu'un en aura quelque chose à faire, Nott. Je n'ai pas de temps à perdre avec toi le jour de la rentrée, déclara la jeune fille en se détournant théâtralement.
- Tu oublies sûrement que nous n'avons pas le choix.

Roxane ne releva pas sa dernière phrase, sachant pertinemment qu'il avait raison. Comme chaque année, et de mauvaise grâce, ils partageraient leur compartiment en essayant de se placer le plus loin possible l'un de l'autre.

En le suivant dans le couloir du Poudlard Express, Roxane croisa le regard de Molly Weasley, sa cousine, qui s'affairait à nettoyer son insigne en prévision de la réunion des préfets. Aucune des deux ne fit le moindre geste pouvant laisser penser qu'elles se connaissaient ou appartenaient à la même famille.


Molly Weasley contempla une dernière fois son insigne avant de le ranger soigneusement dans sa valise. Elle ne le remettrait que plus tard lorsque la réunion des préfets commencerait, espérant devenir préfète en chef. Après tout, qui était mieux qualifiée qu'elle ? Molly respectait le règlement à la lettre, et ne blaguait pas avec le couvre-feu. Plus d'un élève la craignait dans Poudlard, avec raison, puisque la jeune fille n'était pas réputé pour sa sympathie. Il lui paraissait tout simplement improbable que le titre de préfète en chef soit attribué à une autre personne.

Molly avait toujours privilégié ses études au détriment de tout le reste. Elle était entrée à Poudlard avec une seule idée en tête : décrocher ses ASPICS avec le maximum d'Optimal. Elle n'était pas là pour se faire des amis.

Son père lui avait répétée maintes fois qu'elle seule pouvait construire son avenir et satisfaire ses ambitions. Comme lui, Molly souhaitait entrer au ministère et grimper les échelons jusqu'à atteindre un poste de magistrat.

Remontant ses lunettes rondes sur son nez, elle releva la tête avec détermination. Elle était prête à tout pour atteindre le projet qu'elle s'était fixée quitte à en piétiner quelques-uns sur son passage. Si l'on regardait bien, elle n'était pas si différente que cela de sa sœur Lucy malgré leurs tempéraments aux antipodes l'une de l'autre.

Plus jeune d'une année, Lucy était plus sociable qu'elle, plus manipulatrice aussi. Lucy aimait s'entourer de sa cour, Molly détestait tout contact humain. Aussi rousse que sa sœur était brune, les yeux d'un vert pâle tandis que Molly les avaient bleu outremer. Les deux sœurs se rejoignaient finalement sur un seul point : si elles voulaient quelque chose elles l'obtenaient, de gré ou de force.

Lucy avait déjà revêtu l'uniforme des Serpentards et se dirigeait vers elle.

- Toujours personne à qui parler, Mollynette ?
- Ne m'appelle pas ainsi, répondit sèchement Molly, les lèvres pincées.
- Décidément, tu es d'un ennui mortel ma chère sœur. Pas étonnant que personne ne t'approche, continua Lucy qui ne sembla pas déstabilisée par l'orage qui se profilait dans les yeux bleus de Molly.
- J'ai décidé que personne ne m'approche !
- Bien entendu... souffla Lucy, un rictus narquois se dessinant sur ses lèvres maquillées d'un rouge vif.
- Si tu as terminé ton petit discours mensuel qui nous coûte à toutes les deux, je t'invite à aller faire ton petit numéro de langue de vipère autre part, finit par dire Molly en secouant légèrement la main, agacée.
- Fais attention... Papa n'est plus là pour veiller sur toi.

Sur cette menace implicite, Lucy repartit dans l'autre sens en adressant un sourire calculé à chaque personne qui croisait son chemin.

Molly était crainte pour son autorité et son sérieux à Poudlard, mais Lucy la surpassait de loin lorsqu'il s'agissait de mettre quelqu'un à terre pour parvenir à ses fins.

Reprenant sa valise bleue en main, Molly Weasley la regarda s'éloigner avant de se décider à chercher un compartiment où elle pourrait lire tranquillement.


Lucy Weasley referma la porte de son compartiment et alla s'asseoir près de la fenêtre, jetant un œil à Scorpius Malefoy qui paraissait perdu dans ses pensées.

Elle savait que le jeune homme briguait le poste de préfet en chef cette année, et elle était certaine qu'il allait l'obtenir. Rien ne leur résistait jamais bien longtemps chez les Serpentard et, bien qu'elle ait eu du mal à s'y faire les deux premières années, elle avait fini par s'intégrer parfaitement à sa maison et était même devenue une personnalité connue parmi les élèves de Poudlard.

A présent, la jeune fille pouvait se vanter d'être aussi populaire que James Sirius Potter trois ans auparavant, que Rose Weasley et sa générosité à toute épreuve, ou encore que Hugo et Fred avec leurs frasques légendaires. A sa façon, bien entendu... Parce que Lucy n'était pas gentille, n'avait pas un humour ravageur, n'était même pas incroyablement belle. Non, elle avait simplement su jouer des coudes pour se faire une place parmi l'élite et le revendiquait chaque jour. Il n'était pas question qu'elle perde ce qu'elle avait gagné difficilement en usant de manipulations diverses et de menaces sous-entendues, elle ne le supporterait pas...

- Ne te fais aucun souci, tu l'auras ce poste de préfet en chef, dit-elle, s'adressant à Scorpius. Aucun autre préfet ne t'arrive à la cheville.
- Même pas Potter ? la nargua Scorpius sachant parfaitement qu'il parlait de son cousin.
- Surtout pas Potter, répondit-elle en haussant les épaules. Il n'en a pas l'étoffe et tu le sais très bien, Malefoy.

Scorpius Malefoy acquiesça lentement, les paroles de la jeune fille s'insinuant lentement en lui. La jeune fille savait comment gérer son petit monde et, vu son sourire, elle était décidée à ce que le poste lui revienne.

Pas qu'ils étaient réellement amis mais ils appartenaient tous deux à Serpentard et, même si Lucy portait le nom des Weasley, il avait appris à respecter ses talents.

En face d'eux, Elisabeth McKenzie avait le regard tourné vers la fenêtre et ne décochait pas un mot, se parant de son habituel mur de glace.

Il était étrange de voir ces trois-là ensemble, dans le même compartiment. Lucy était plus jeune qu'eux mais elle avait suffisamment d'assurance pour en faire l'impasse. Scorpius Malefoy et Elisabeth McKenzie lui ressemblaient par leurs manigances, leurs mimiques dédaigneuses, et Lucy aimait se dire qu'ils étaient le trio le plus respecté de Poudlard. Il suffisait d'une phrase de l'un d'eux pour détruire une réputation et la plupart de leurs camarades jouait des pieds et des mains pour entrer dans leurs bonnes grâces.

- J'espère que tu ne vas pas nous refiler des maladies après avoir revu les membres de ta famille cet été, fit Scorpius avec une moue de dégoût.
- J'ai pris soin de me tenir éloignée, répondit Lucy avec un petit rire. De toute manière, aucun d'eux ne veut plus m'approcher depuis que je suis entrée à Serpentard, et je fais tout ce qu'il faut pour que cela continue. Leur gentillesse sirupeuse me ferait vomir... lâcha-t-elle, sa bouche se tordant en une grimace.
- Ils devraient savoir que la gentillesse n'a jamais inspirée le respect.

Elisabeth McKenzie avait tourné la tête, posant ses grands yeux verts sur Lucy. Elle avait parlé d'un ton neutre, sans émotions, comme à chaque fois qu'elle daignait ouvrir la bouche.

C'était le genre de fille qui ne parlait que si elle le jugeait nécessaire, usant de manières aristocratiques que Lucy admirait secrètement. Malgré le temps qu'elle passait avec elle, Lucy ne la connaissait pas réellement et elle était quasiment certaine que personne, pas même les parents d'Elisabeth, ne recueillaient ses confidences.

- Effectivement, McKenzie, acquiesça Lucy en ne cessant pas de la fixer. Mes cousins sont braqués sur leurs grands principes, mais je suis certaine que chacun d'eux dissimule quelque chose et n'est pas aussi blanc qu'ils veut le laisser paraître. Cette année, rien ne m'amusera plus que de découvrir ce qu'ils cachent derrière leur apparence bien lisse et de l'utiliser contre eux...
- Tu comptes détruire la réputation de ta famille ? interrogea Scorpius, visiblement surpris.
- Oui... Mais j'aurais besoin de vous cette fois-ci, avoua Lucy, grisée par un enthousiasme malsain. J'ai passé l'été à y réfléchir et je peux vous assurer qu'aucun d'entre eux ne s'en relèvera...

Scorpius Malefoy posa un doigt sur ses lèvres signe d'une profonde réflexion. L'idée de mettre la famille Weasley plus bas que terre le séduisait, Lucy en était consciente. Ses cousins avaient passé leur temps à lui faire comprendre qu'il ne serait jamais du bon côté de la balance, que les idéaux de son père avant son naissance avaient décidé de la personne qu'il était. Malefoy n'attendait que le bon moment pour se venger des préjugés marqués au fer rouge sur son front et Lucy venait de lui donner les clefs pour assouvir ses pulsions.

Lucy n'était pas certaine de convaincre Elisabeth McKenzie mais elle pariait sur son besoin maladif de respect pour qu'elle lui accorde son aide. Les coups d’œils mauvais et les quolibets de Hugo Weasley n'avaient pas dû échapper à la belle brune puisqu'elle hocha la tête juste après Scorpius Malefoy.

Avec délectation, Lucy s'installa dans le fond de sa banquette et dévoila son plan pour renverser la vapeur à leur avantage.


Lily Potter attrapa une chocogrenouille dans le sachet avant de la porter à ses lèvres.

A sa droite, Hugo avait engagé une discussion passionnée sur le Quidditch avec Lorcan, les deux garçons étant respectivement aux postes de gardien et de batteur dans l'équipe de Gryffondor. En face, Leane tentait de parler des cours de Potions avec Lysander ayant remarqué le livre qu'il tenait quelques minutes plus tôt. Quant à Fred, il semblait perdu dans ses pensées et affichait un sourire figé.

Lily aurait tenté de savoir à quoi pouvait songer son cousin si elle n'avait pas été troublée par la présence de Lorcan à ses côtés.

La cuisse du jeune homme entrait de temps en temps en contact avec la sienne et Lily ne savait comment réagir, ses joues rougissants de gêne. Devait-elle se décaler ? Sans doute le remarquerait-il et en conclurait justement que leur proximité la gênait... Et puis, Lily était transportée par la sensation grisante que cela entraînait, les frissons qui parcouraient son corps.

Deux ans qu'elle était complètement et irrémédiablement amoureuse de lui. Deux ans de sous-entendus et de tentatives de séduction maladroites qui n'aboutissaient jamais. Elle avait voulu passer à autre chose, l'oublier une bonne fois pour toutes pendant l'été. Elle avait cru réussir. Elle s'était trompée au plus haut point. A sa simple vue, son coeur battait à une vitesse qu'elle n'aurait jamais pensé possible et, quand il l'avait embrassée sur la joue, elle avait failli défaillir de bonheur.

La jeune fille s'infligea une claque mentale et reprit contact avec la réalité. Elle l'avait vaguement entendu lui adresser la parole.

- Lily ?
- Excuse-moi, je réfléchissais, s'excusa la jeune fille en rosissant alors qu'il plongeait ses yeux bleus dans les siens. Qu'est-ce que tu disais ?
- Hugo me disait que tu comptais postuler pour l'un des postes de poursuiveur cette année ? interrogea Lorcan, une lueur d'intérêt dans le regard.
- Oui, j'y pense de plus en plus, répondit la jeune fille dans un sourire qu'elle espérait charmeur.
- Cool ! On fera forcément une bonne équipe ! s'exclama le jeune homme en lui tapant soudainement sur le bras dans une accolade presque virile.

Le sourire de Lily s'éteignit et elle acquiesça avant de se tourner pour poser sa tête contre la fenêtre.

Lorcan ne parut pas se rendre compte du changement d'attitude de la jolie rousse et recommença sa discussion sur le Quidditch avec Hugo. Celui-ci lorgna discrètement du côté de sa cousine avec un peu de compassion. Leane avait interrompu sa conversation avec Lysander et tendit le sachet de chocogrenouilles à Lily qui le prit sans dire un mot.

Lysander releva les yeux sur elle lui aussi et observait la jeune fille du même regard bleu que son frère jumeau. Un air doux passa sur son visage avant qu'il ne dise :

- Tu as bonne mine, Lily. Comment se sont passées tes vacances ?

Lily sursauta avant de tourner la tête vers lui. Il était rare que Lysander lui adresse la parole même s'il était déjà venu passer quelques jours au Terrier avec sa famille.

En vérité, il la mettait plutôt mal à l'aise quand il posait son regard insondable sur elle. Pourtant, il ressemblait trait pour trait à Lorcan avec ses yeux bleu clair, ses cheveux blonds aux reflets légèrement cuivrés, ses traits fins et sa grande taille. Les seules différences résidaient dans la carrure de Lysander, plus fine que celle de Lorcan, et dans son air rêveur constamment sur son visage lorsqu'il n'étudiait pas.

Hormis leur apparence, les jumeaux n'avaient rien en commun. Lorcan était insouciant et doté d'un humour ravageur alors que Lysander était d'un naturel sérieux et trop calme selon Lily. Lorcan était sportif et jouait au Quidditch depuis sa plus tendre enfance, Lysander préférait les livres et avait le vertige. Évidemment, le choixpeau magique avait envoyé Lorcan à Gryffondor et Lysander à Serdaigle à leur arrivée à Poudlard, les séparant plus encore qu'ils ne l"étaient déjà par leurs différences.

- Plutôt bien, répondit platement la jeune fille en haussant les épaules, cherchant à deviner pourquoi Lysander s'intéressait soudainement à elle.

Un frisson lui parcourut tout à coup l'échine tandis qu'un petit sourire apparaissait sur les lèvres du jeune homme. Mettant ce bref instant sur le compte d'un courant d'air dû à la fenêtre ouverte, Lily détourna les yeux. Vraiment, ce type la mettait mal à l'aise et elle ne pouvait même pas s'en expliquer les raisons.

Jetant un œil discret par dessus son épaule, elle put constater qu'il l'observait encore, promenant ses yeux bleus sur elle sans aucune gêne. Heureusement, la vieille dame et son chariot de friandises passa à ce moment-là dans le couloir et Lily, trop heureuse d'y trouver une échappatoire, s'empressa de sortir du compartiment.


Albus Potter s'interrompit dans sa conversation avec Rose en voyant sa sœur sortir de son compartiment aussi vite que si elle avait un troll aux trousses. Il ne fut pas surpris de la voir se diriger vers le chariot de friandises et repartir avec un sac rempli à ras bords.

Albus ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour sa petite sœur, la surprotégeant au risque de la perdre. Plus elle grandissait, plus elle souhaitait s'éloigner, ne voyant en lui que le frère possessif qui n'hésitait pas à raconter à leur père ses dernières bêtises. Albus poussa un profond soupir. Non, il n'était pas comme James et son incroyable aptitude à tout relativiser sans jamais s'inquiéter de rien.

- Ils finiront par comprendre... dit Rose en posant sa main sur son épaule dans un geste réconfortant. Laisse-leur un peu de temps, d'accord ?
- Tu y crois vraiment ? demanda Albus avec un sourire ironique. Ils ne sont pas comme nous, Rosie. Les études passent au second plan pour eux. Poudlard n'est qu'un vaste terrain de jeu à leur yeux !
- Et ce n'est pas à nous de nous en occuper, Al. Écoute, nous entrons en dernière année et nous avons nos examens à la fin de l'année... Nous avons aussi nos responsabilités de préfets !
- C'est ma sœur... fit Albus d'un air contrarié.
- Justement, tu n'es pas son père, conclut Rose avec fermeté. Pense à toi pour une fois, tu veux bien ?

Albus ne répondit pas à sa cousine, reconsidérant sous un nouvel angle ce qu'elle venait de lui dire. Il savait qu'elle avait raison mais il n'arrivait pas à se faire à l'idée d'abandonner sa petite sœur, encore trop jeune et trop naïve. Poussant un second soupir de résignation, il s'avança dans le long couloir du train, s'apprêtant à rejoindre la réunion des préfets en compagnie de Rose.

- Prête à affronter Malefoy ? demanda-t-il, une grimace se dessinant sur ses lèvres.
- Même si je ne l'étais pas, ça ne changerait rien, fit Rose en secouant la tête d'un air déterminé.
- C'est vrai... Mais si tu pouvais penser à mes oreilles, je t'en serai très reconnaissant, plaisanta Albus en prenant un ton plus léger.
- Je ne te garantis rien, Al, dit Rose avec un clin d’œil amusé. D'autant que plus les années passent, plus l'imbécilité de Malefoy évolue, je ne peux pas cautionner ce fait !
- Je te remercie de prêter une si grande attention à ma santé intellectuelle, Weasley.

Scorpius Malefoy se tenait derrière eux, n'ayant rien manqué de leur conversation. Son regard passait de Rose à Albus, une lueur dangereusement glacée éclairant ses yeux gris. Loin d'être impressionné par les effets de manche de l'orgueilleux Serpentard, Albus lui répondit par un sourire narquois et attrapa le bras de sa cousine pour lui manifester son soutien.

- Je vois que tu n'as pas réussi à patienter cinq minutes de plus pour me voir... rétorqua simplement Rose, une moue boudeuse aux lèvres. Je suppose que ton cerveau n'est pas assez développé pour faire preuve d'une once de patience.
- Il l'est assez pour remarquer que tu as pris des formes cet été, fit Malefoy, la lueur glacée laissant place à une étincelle de défi alors qu'il se rapprochait lentement d'eux.
- Preuve de plus qu'il ne l'est pas, répliqua Rose avec un automatisme qui fit sourire Albus.

Albus ne put s'empêcher de constater que la jeune fille, tout comme son père avant elle, avait le bout des oreilles rouges. Rose pouvait faire croire à n'importe qui que les paroles de Malefoy ne l'atteignaient pas, mais pas à lui.

Au fur et à mesure des années, le niveau avait chaque fois augmenté d'un cran et Scorpius Malefoy ne s'était pas gêné pour utiliser le changement physique de Rose à son avantage. Bien sûr, la jeune fille ne se laissait pas faire et répliquait vertement à ses attaques.

Au grand étonnement d'Albus, Malefoy ne rétorqua pas. Toutefois, tout en passant près de Rose, il lui effleura la main et la jeune fille rougit jusqu'aux oreilles.


Rose Weasley écoutait distraitement ce que lui disait Albus. Le comportement de Malefoy n'était décidément pas normal... Son intuition féminine lui ordonnait de se méfier de lui tandis que son corps, ce traître, demandait déjà que ce contact puisse donner lieu à d'autres.

Pour Rose, nul doute que Scorpius Malefoy était attirant avec ses cheveux blonds presque blanc, ses yeux gris acier, sa mâchoire anguleuse et ses fossettes qui relevaient ses lèvres fines chaque fois qu'un rictus se formait. Mais, même s'il était très séduisant, la jeune fille n'oubliait pas à qui elle avait affaire et ce qu'il pouvait faire pour parvenir à ses fins. La jeune Moïra Dinks en avait fait l'expérience en cinquième année après que Scorpius l'ait séduite délibérément avant de la quitter sans aucun remords. Malefoy était un être vil, imbu de lui-même, manipulateur, sournois... Il était un excellent Serpentard tout comme son père avant lui.

Il passait d'ailleurs le plus clair de son temps avec Lucy Weasley, la cousine de Rose. Pour la jeune femme, rien ne pouvait être plus significatif de la personnalité de Malefoy. Lucy était la personne la plus mauvaise qu'elle connaissait et elle savait, malgré leurs liens de parenté, que sa cousine n'hésiterait pas à la piétiner si elle se dressait sur son chemin. A Poudlard, nombre de ses camarades avaient subi ses foudres et avaient vu leur réputation détruite d'un jour à l'autre par la faute d'une simple rumeur lancée par Lucy. Qui aurait cru qu'une petite rousse aux yeux vert pâle et aux innombrables tâches de rousseur, au rire si cristallin et aux jupes à fleurs deviendrait aussi machiavélique ?

- Tu devrais resserrer un peu ta cravate, Rosie, lui conseilla Albus avec un sourire.
- Oh ! fit-elle en constatant que sa chemise baillait, révélant sa peau laiteuse. Tu fais bien de me le dire, Malefoy serait capable de l'utiliser contre moi.
- Ne fais pas attention, répondit Albus avec un haussement d'épaules. Tu es vraiment jolie Rose, de plus en plus chaque année et je suis certain que cet imbécile ne sait plus comment agir avec toi à cause de ça.

Rose eut un sourire de remerciement pour son cousin. Albus Potter était le seul qui savait trouver les mots justes lorsqu'il sentait la jeune fille anxieuse ou mal à l'aise. Il était conscient que les formes féminines de Rose qui se développaient un peu plus chaque été engendrait un mal-être chez elle, et il faisait tout ce qu'il pouvait pour la rassurer.

Passant son bras sous celui de son meilleur ami, Rose eut une pensée pour son frère Hugo qui devait sûrement imaginer de nouvelles techniques pour mettre Minerva McGonagall, la directrice de Poudlard depuis plus de vingt ans, hors d'elle. Il fallait dire qu'il était excellent dans ce domaine...


Hugo Weasley attrapa son uniforme dans sa valise et l'enfila rapidement. Le Poudlard Express ne tarderait plus à arriver en gare, les laissant ensuite monter dans des diligences tirées par les sombrals. Il ne les avait jamais vu et s'en estimait heureux en connaissant la légende de ces créatures qui, disait-on, apparaissaient à ceux qui avaient côtoyé la mort.

Près de la fenêtre, Lily n'avait plus desserré les dents après la conversation qu'elle avait eu avec Lorcan Scamander. Hugo en comprenait parfaitement les raisons bien que sa cousine ne lui ait jamais parlé ouvertement de ses sentiments. Il s'étonnait que Lorcan n'ait pas encore compris mais il était aussi conscient que son ami n'était pas particulièrement sentimental et que, même s'il avait découvert l'amour que lui portait Lily Potter, il n'aurait su qu'en faire.

Hugo n'en était pas mécontent et trouvait en Lorcan un complice lorsque les deux jeunes hommes décidaient d'effectuer une opération séduction, celle que le grand roux appelait modestement "La fille de la semaine". Si Lily était devenue la petite amie de Lorcan, qui aurait partagé ses activités aussi bien que le faisait son ami ? pensait Hugo assez égoïstement.

Fred ? Sans doute pas, son cousin ne s'intéressait pas particulièrement aux filles, plus adepte de l'organisation de soirées alcoolisées, de la fourniture des farces et attrapes en provenance directe de la boutique de son père et des escapades nocturnes dans la forêt interdite.

Lysander ? Idée ridicule, considéra-t-il en jetant un coup d’œil blasé au Serdaigle qui resserrait sa cravate bleu et bronze.

- Tu es prêt, Hugo ?

Le jeune homme se retourna sur Leane Jones dont le sourire illuminait son visage et ses yeux d'un bleu plus clair encore que les siens. Il ne put s'empêcher de lui sourire à son tour en hochant la tête, enthousiaste.

- Et comment ! Que notre sixième année commence ! s'exclama-t-il en l'embrassant sur la joue.
- Tu crois que McGonagall y survivra ? demanda la jeune fille avec un petit rire.
- Elle a survécu à la guerre, non ? intervint Lily Luna en se faufilant au milieu de ses amis et les prenant tous les deux par le bras. Et à nos parents, ce qui n'était pas une mince affaire !

Lily esquissa une moue moqueuse et tous trois partirent dans un éclat de rire.

Derrière eux, Lorcan desserrait sa cravate rouge et or en maudissant celui qui avait inventé ce vêtement proche de la torture. Lysander attendait patiemment que les trois amis sortent du compartiment et Fred tentait de porter du mieux qu'il le pouvait sa valise pleine à craquer de babioles en tout genres.

En sortant du train, il profita du fait qu'on ne fasse pas attention à lui pour s'éclipser du groupe.

 

Nous nous moquons des apparences by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Vous en apprendrez un peu plus sur les personnages principaux (pas trop non plus !), de nouveaux personnages secondaires feront leur apparition ( Oui, encore !), et quelques altercations et franches mises au point.

Voilà ! Donnez-moi votre avis si le coeur vous en dit ! ;)

Edit : Chapitre deux relu et corrigé, notamment quelques phrases formulées de façon maladroite.

" Nous nous moquons des apparences comme nous nous moquons des sentiments des autres. La vie est une pièce de théâtre et chacun de nous voudrait le premier rôle." Roxane Weasley.

Les diligences
1er septembre 2023 : 19h



Fred Weasley attendit que la plupart des étudiants soient montés dans les diligences avant d'y grimper à son tour.

Ainsi il était certain de ne rencontrer personne qu'il puisse connaître, de près comme de loin. Il savait qu'une fois qu'il serait arrivé à Poudlard, il devrait remettre son masque et sourire à tous ceux qu'il croiserait, faire semblant encore cette année-là. C'était ce qu'on attendait de lui et il ne faisait qu'être ce personnage qu'on lui demandait d'être, et sa vie se résumait à cette pièce de théâtre.

La diligence dans laquelle il s'installa n'avait recueillie que deux filles de son année qui appartenaient à Serdaigle. Sans même leur accorder un regard, il tourna la tête vers la fenêtre, laissant ses yeux bleus dériver sur le paysage. Mais l'une des deux sembla le reconnaître, à son grand regret, et toussota pour se faire remarquer. Lorsque de mauvaise grâce, il se retourna vers elle, la jeune fille haussa un sourcil :

- Tu es Fred Weasley ? demanda-t-elle d'une voix au timbre si aiguë qu'il n'avait qu'une envie : la faire taire par n'importe quel moyen.
- Lui-même, répondit-il sans en dire plus, espérant qu'elle ne poursuivrait pas.
- Je suis Melissa Sanders, et elle c'est Elena Sweet, continua la petite brune sans remarquer que Fred lui lançait un regard peu amène.

Petite brune au carré et aux yeux bruns entourés de lunettes rondes, Melissa Sanders n'avait aucun charme. Si l'on ajoutait à cela sa voix de fausset et son air hagard, on pouvait définitivement dire qu'en plus de ne pas intéresser la gent masculine, elle ne devait pas non plus avoir beaucoup d'amis. Ce qui expliquait qu'elle voulait se présenter à lui, jugea méchamment Fred, retenant une forte envie de soupirer.

A cet instant, il aurait tout donner pour ne pas être ce garçon admiré et populaire qui organisait les fêtes clandestines les plus prisées de l'école.

- Laisse tomber, Mel. Tu vois bien que tu l'ennuies ! intervint la dénommée Elena en lui jetant un regard froid. Tu sais bien que ce genre de type se croit au-dessus de tout le monde... dit-elle en oubliant presque qu'il était devant elle. Qu'est-ce que tu pensais, franchement ?
- Je... Je voulais...
- Oublie. Je n'ai aucune intention de changer mes habitudes, d'accord ?

Si Melissa Sanders lui avait fait une mauvaise impression, ce n'était rien comparé à son amie.

Irritée par son ton supérieur de reine des glaces, Fred Weasley décida qu'il était temps de la faire redescendre de son piédestal. Peu importait qu'elle soit plutôt jolie avec ses cheveux noirs mi-longs et ses grands yeux d'un gris quasiment transparent. Si on regardait de plus près, elle ne l'était pas tant que ça avec son teint pâle et ses joues creuses.

- Je te signale que je suis en face de toi, déclara-t-il d'un ton étrangement calme où couvait une colère sourde.
- Je ne t'ai pas adressé la parole, répliqua la jeune fille sur le même ton.
- Tu peux m'expliquer ce qui ne va pas chez toi ? Tu parles souvent aux gens de cette façon ?
- Aux petits cons dans ton genre, oui.

Fred, surpris par l'insulte gratuite dont il venait d'être gratifié en perdit ses mots. Qui était cette fille pour se permettre de le juger aussi simplement sans même le connaître ? Son regard bleu se durcit, annonçant l'orage qui s'y préparait.

- Donc tu es de ces filles sans aucune intelligence qui porte un jugement selon les rumeurs... fit-il d'un ton doucereux. Tu es de quelle maison, je ne me souviens plus très bien ? insinua-t-il, un sourire narquois étirant ses lèvres brunes.

Elle parut réaliser qu'elle avait été trop loin puisqu'elle ne répliqua pas, ses joues pâles rougissant un peu. A côté d'elle, Melissa posa une main sur le bras de son amie en poussant un profond soupir, apparemment soulagée que la discussion ne s’envenime pas plus.

- Un point partout, balle au centre, conclut Elena Sweet d'un ton badin que Fred trouva forcé. Disons que tu ne m'intéresses pas, que c'est réciproque, et reprenons nos vies là où nous les avons laissées, conclut-elle en haussant les épaules.

Et la jeune fille se détourna, lui faisant comprendre que la conversation était close. Parfait, pensa Fred en faisant de même. Elle était finalement plus intelligente qu'il ne l'avait cru. Il fallait croire que tous les Serdaigle n'étaient peut-être pas aussi imbu de leur personne que sa sœur...


Plus de dix minutes que Roxane Weasley écoutait le débat qu'avait commencé Peter Nott avec l'un de leurs amis en commun, Maxence Stuart. Plus de dix minutes qu'elle avait envie de lui hurler de la fermer une bonne fois pour toutes.

La jeune fille se félicitait de sa patience hors normes depuis qu'elle était montée dans l'une des premières diligences plus d'un quart d'heure plus tôt. Parfois elle se demandait pourquoi personne ne lui avait remis de médaille pour avoir supporté cet énergumène au regard vicieux et au pli des lèvres méprisant toutes ces années. Il n'y avait vraiment qu'elle pour se rendre compte que Nott n'était pas quelqu'un de fréquentable ?

- Et toi, Roxane ? Qu'est-ce que tu penses des gobelins en charge des coffres à Gringotts ? l'interrogea Maxence en tournant la tête vers elle. Tu crois qu'ils devraient être remplacés par des sorciers ?
- J'aimerais te répondre que votre discussion m'intéresse mais comme ce n'est pas le cas... répondit franchement la jeune fille en haussant les épaules, montrant clairement son indifférence.
- Tu sais bien que rien ne l'intéresse hormis sa petite personne, Maxence... intervint Peter avec flegme.
- Évite de parler à ma place, Nott... répliqua Roxane d'un ton où perçait la colère.
- Bien ! les stoppa Maxence d'un mouvement de la main. Commençons cette dernière année sur une notion de maturité, si vous le voulez bien. Ce qui veut dire éviter de se chercher des mornilles pour deux noises, compris ?

Roxane souffla, tentant de reprendre son calme. De son côté, Peter acquiesça lentement face au regard insistant de Maxence Stuart. Il pouvait aisément comprendre que leurs amis en avaient plus qu'assez de les entendre se quereller depuis sept ans mais c'était devenu viscérale. Heureusement, Maxence remettaient souvent les pendules à l'heure entre eux, sa sagesse exemplaire réussissant l'exploit de les faire taire pendant quelques heures. Ce qui n'était pas pour déplaire à Mary Peters qui jeta au jeune homme un regard éperdu de reconnaissance.

- Alors ces vacances en Australie ? demanda Maxence à Roxane, souhaitant faire redescendre la tension accumulée dans la diligence.
- Prodigieuses... Les plages de sable fin sont exceptionnelles et le climat...

Roxane avait repris la parole avec enthousiasme, satisfaite qu'on lui accorde enfin un peu d'attention. Ses vacances en Australie étaient bien plus intéressantes qu'un vulgaire débat inutile sur Gringotts, n'est-ce pas ? Et puis qui serait intéressé par ce genre de conversation à part sa cousine, l'insipide Molly ?


Du calme, Molly ! s'évertuait à penser Molly Weasley en se contrôlant pour ne pas étrangler Samuel Dubois. Presque vingt minutes que celui-ci ne cessait de lui parler, visiblement aveugle et sourd puisqu'il n'avait toujours pas compris qu'elle ne voulait pas discuter. D'ailleurs, ce pauvre garçon devait avoir un problème psychologique puisqu'il la suivait partout depuis leur quatrième année malgré les refus assez significatifs de la jeune fille. Par Merlin, elle l'avait même assommé avec un livre en cinquième année pour qu'il arrête une bonne fois pour toutes de la harceler... Heureusement pour elle, il appartenait à Poufsouffle et ne pouvait pas la suivre jusque dans la salle commune.

- Non, mais tu vois... Mes parents sont de vrais timbrés ! Ils passent leur temps à parcourir le monde ! Tu imagines le nombre de maladies qu'ils pourraient attraper en une seule journée ? J'ai lu une étude sur ce cas et...
- Dubois ?
- Oui, Molly ?
- Je vais te le redire encore une fois et j'espère que cette fois sera la dernière. Je me contrefiche de ta petite vie minable, nous ne sommes pas et nous ne serons jamais amis tous les deux, dit-elle sèchement. C'est pas assez clair ? Pourquoi tu n'irais pas te greffer à quelqu'un d'autre pour changer ?

Samuel la considéra un instant avec sérieux avant qu'un air doux ne passe sur son visage. Sa bouche fine se releva doucement en un sourire un peu triste.

- Tout le monde a besoin de quelqu'un de temps en temps, Molly. Je sais parfaitement que nous ne sommes pas amis, mais je reste persuadé que ma présence a un côté bénéfique et...
- Garde ta philosophie à deux noises, d'accord ? Tu me pompes l'air, Dubois, c'est aussi simple que ça. Et contrairement à ce que tu penses, je n'ai besoin de personne pour exister. Je me complais à moi-même et tout ce qui m"intéresse en ce moment c'est le poste de préfête-en-chef. Rien d'autre n'a d'importance à mes yeux ce soir, d'accord ?
- Très bien, je ferai en sorte de te laisser un peu plus d'espace mais...
- Merlin soit loué ! Commence dès maintenant dans ce cas.

Molly tourna la tête, ses yeux bleus se perdant dans l'immensité de la forêt interdite qui bordait la route. Elle savait parfaitement qu'elle aurait pu lui dire tout cela avec plus de complaisance, un peu de patience, mais elle n'en avait plus la force. De toute façon, si elle avait été trop gentille, Dubois se serait accroché comme une sangsue... Mieux valait y aller franchement et détruire toutes les illusions de son camarade une bonne fois pour toutes. Il pouvait s'estimer heureux, s'il avait eu le malheur de suivre Lucy, elle en aurait fait un esclave jusqu'à la fin de ses jours.


Lucy Weasley se rapprocha de Scorpius, glissant sa main dans la sienne. Celui-ci, surpris, coula son regard gris vers elle. Penchant la tête vers lui, elle fit en sorte que le souffle de sa bouche lui caresse doucement l'oreille. Scorpius tressaillit avant de l'interroger à voix basse :

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je m'amuse un peu... répondit-elle en posant un baiser sur sa lèvre inférieure. Après tout, tu vas devenir préfet-en-chef grâce à moi, tu me dois bien ça...
- D'accord... soupira-t-il doucement. Mais tu devrais attendre ce soir, je veux être sûre que tu ne me mentes pas, déclara-t-il avec un rictus narquois alors que sa main effleurait la cuisse de Lucy.
- Tu me connais bien, Scorpius, répondit-elle de la même façon en se décalant.

En face d'eux, Elisabeth McKenzie n'avait pas fait un seul geste qui pouvait laisser penser qu'elle s'intéressait à leur petit jeu. Lucy était prête à parier un sac de Gallions qu'elle s'en fichait royalement. La Reine des Glaces semblait avoir autre chose en tête que leur petite relation, si on pouvait appeler comme cela ce qu'il y avait entre Scorpius et elle. Tant mieux ! Se dit Lucy avec satisfaction. Au moins avait-elle le champ libre pour faire ce qu'elle voulait du blond...

- La jolie Rosie va tomber raide dingue de toi...
- Tu es certaine que McGonagall ne choisira pas Potter ? Ou Stuart ? interrogea Scorpius comme s'il ne l'avait pas entendu. Tu es certaine qu'elle va me choisir ? Et si elle choisissait Molly Weasley et pas Rose ?
- Allons Malefoy, je te prierai de ne pas sous-estimer mon influence... Un marché est un marché, tu le sais très bien. Tu auras ce poste, sois-en sûr. Tout ce que je te demande en retour, c'est d'écraser le petit cœur de Rose Weasley, fit-elle, ses lèvres s'étirant dangereusement.
- Ce ne devrait pas être difficile... répondit Scorpius en haussant les épaules. Un simple effleurement de la main a eu l'air de la mettre en transe.
- Pauvre petite fleur... susurra Lucy, ses yeux d'un vert pâle brillant tout à coup de perversité.

Elisabeth parut soudainement se réveiller d'un long sommeil, semblant prendre conscience de la présence des deux autres dans la diligence. Elle prit quelques secondes avant de poser la question qui lui restait au bord des lèvres :

- Qu'est-ce que je suis censée faire de Potter ?
- Trouve son point faible, sers-toi en. Eloigne-le de Rose, de Lily... Fais-en sorte qu'il se retrouve seul.
- Qu'est-ce que j'y gagne ? interrogea Elisabeth en levant un sourcil ennuyé.
- Ce que tu souhaites, McKenzie. Ne t'en fais pas, nous aurons tout le temps d'en reparler...

Une lueur d'intérêt brilla une seconde dans les yeux de la jeune fille avant qu'elle ne reprenne l'attitude hautaine qui la caractérisait si bien. Lucy s'adossa un peu plus contre le dossier de la diligence.

- Qu'est-ce que tu comptes faire pour les autres ? demanda Scorpius.
- Chaque chose en son temps. Tu le sauras bien assez tôt, Malefoy.

Lucy redescendit légèrement sa jupe sur ses jambes, s'attarda sur les traits fins de Scorpius. Ce soir, il serait à elle pour la dernière fois. Demain, elle s'attaquerait à Lorcan Scamander. Et Lily Potter n'aurait plus qu'à pleurer sur son triste sort, tout comme les autres.

Oh oui, ils allaient payer ce qu'ils lui avaient fait au centuple... Elle leur prendrait ce qu'ils avaient de plus cher au monde jusqu'à ce qu'il ne leur reste plus rien. Elle découvrirait chacune de leurs faiblesses, chacun de leurs petits secrets... Et ils regretteraient de l'avoir traité comme une paria toutes ces années. Un sourire s'étala sur les lèvres de Lucy Weasley. Un sourire malsain teinté d'amertume.


Lily Luna Potter avait retrouvé le sourire. Un sourire radieux, étincelant. La cause étant que Lorcan Scamander lui avait fait un compliment sur ses cheveux qu'elle avait coupés au carré pendant l'été. Et elle ne cessait plus de sourire depuis le début de leur voyage en diligence. Comme Hugo venait d'entraîner Lorcan dans une énième conversation sur le Quidditch, Leane Jones se pencha discrètement vers elle :

- Arrête de sourire maintenant, ça commence à devenir flippant !
- Tu as entendu ? murmura la petite rousse, visiblement aux anges. Il m'a fait... un compliment.
- Il a simplement dit que cette coupe t'allait bien, pas de quoi fouetter un chat ! chuchota Leane en haussant les sourcils. Écoute, Lily... Tu t'emballes pour un rien...
- Un compliment, Leane, ce n'est pas rien ! répondit Lily en la fusillant du regard.
- Très bien, considère que je n'ai rien dit... soupira son amie en croisant les bras, vexée.

Lily ne voulait pas faire de mal à sa meilleure amie. Elle savait parfaitement que la jeune fille avait passé un été plutôt triste et solitaire comme toutes les années et qu'il lui faudrait quelques jours avant de retrouver sa bonne humeur. Mais Lily ne voulait pas entendre que Lorcan ne la regardait pas comme une femme, une potentielle petite amie, et qu'il la taquinait comme on le fait avec une amie, presque une sœur, la cousine de son meilleur ami Hugo. Rien de plus. Pourtant, elle continuait à espérer. C'était ridicule n'est-ce pas ? Son sourire s'effaça et elle se tourna vers Hugo qui l'observait :

- Tu es de plus en plus jolie, Lily... lui dit-il, et la jeune fille comprit que son cousin tentait de l'aider et de faire réagir Lorcan.
- C'est vrai, confirma ce dernier en hochant vivement la tête, et le cœur de Lily se mit à battre la chamade. Tu devrais te trouver quelqu'un, je suis sûr que pas mal de mecs feraient la queue pour sortir avec toi, petite rouquine ! déclara-t-il d'un ton détaché lui brisant le cœur du même coup.
- J'y penserai, répondit-elle d'un air vague en haussant les épaules.

Lily avait deux options : soit elle passait à autre chose, ce qui s'avérait compliqué vu son échec total pendant l'été, soit elle mettait au point un plan tactique pour qu'il la remarque enfin. En attendant, elle avait tout intérêt de changer de sujet.

- Tu peux m'en dire plus sur les sélections de l'équipe de Quidditch, Hugo ?

Lily adorait voler, il n'y avait que sur un balai qu'elle oubliait à peu près tout, y compris Lorcan Scamander. Albus avait tenté de la dissuader de ce nouveau projet en mettant en avant le fait qu'elle n'accordait déjà pas assez d'attention à ses études, mais elle s'en fichait. Elle en avait besoin, et Albus ferait bien de s'occuper de ses affaires pour une fois dans sa vie. Merlin, il n'était pas son père !


Albus Potter soupira, tentant de retenir le hurlement qui menaçait de franchir ses lèvres. Depuis le début du voyage en diligence, Rose et lui ne cessaient de subir les disputes continuelles de Franck et Jane. Il était proche de la migraine...

- Vous allez la fermer maintenant ? intervint Rose d'un ton acide qui interrompit les deux autres.
- Rose, il...
- Quoi ? Il a dragué une serveuse sur la plage ? fit-elle, moqueuse tandis que Jane rougissait sensiblement. Et toi, Franck ? Elle a un peu trop regardé un type dans la gare ? Je vous préviens, si vous ne réglez pas vos problèmes "d'amitié" très rapidement, je le ferai à votre place !

Le silence s'installa dans la diligence et Albus se tourna vers Rose, formulant un "merci" sur ses lèvres. Albus avait parfaitement compris, tout comme Rose, ce qui engendrait les disputes de Jane et Franck, récurrentes depuis leur quatrième année. C'était aussi clair qu'un hypogriffe dans un magasin de chaudrons. Étrangement, ça ne l'était pas pour les deux protagonistes qui passaient leur temps à se chercher des noises et à rendre jaloux l'autre. Si c'était plutôt marrant au début, c'était devenu lassant puis carrément chiant. Si bien qu'ils ne parlaient presque plus ensemble comme auparavant.

- Cette année, vous allez faire un effort ! reprit Rose après quelques minutes. On va discuter de tout et de rien, on va rire aux blagues débiles de Franck et des gaffes de Jane, on va rédiger nos devoirs dans un calme qui convient à une atmosphère de travail, on va vivre normalement bordel ! Si l'un ou l'autre commence une dispute, il passera la journée tout seul dans son coin, c'est clair ?

Albus considéra les mines défaites de ses amis avec une satisfaction presque coupable. Il avait presque envie d'embrasser Rose à cet instant, et Merlin savait à quel point il n'était pas tactile. Sa cousine était exceptionnelle, il s'en rendait compte chaque jour un peu plus. Rose était la personne la plus proche de lui, celle qui lui ressemblait le plus, sa moitié, sa meilleure amie. S'il la perdait, il perdrait tout il en était conscient. Se penchant vers elle, il lui chuchota :

- Tu sais que je t'adore, Rosie ?
- Tout le monde m'adore, répondit la jeune fille avec un clin d’œil amusé.

Albus acquiesça doucement, se cala un peu plus dans son siège et ferma les yeux pour profiter d'un moment de calme. Avant de s'endormir, il eut une dernière pensée reconnaissante pour Rose.


Le voyage se terminait. Rose attendit que leur diligence s'arrête complètement avant d'ouvrir la porte en bois pour sortir et rejoindre la file d'élèves qui se dirigeait vers le château en compagnie d'Albus et des deux imbéciles qui leur servaient d'amis. Elle avait fini par atteindre le point de non retour les concernant. Elle se considérait d'une patience d'ange après deux ans à supporter leurs querelles d'adolescents chargés d'hormones.

Depuis sa diatribe, Jane et Franck se taisaient, respectant du mieux qu'ils le pouvaient leur pacte tout en continuant à se jeter des coups d’œil meurtriers. Grand bien leur en fasse, les oreilles de Rose ainsi que celles d'Albus s'en portaient mieux.

- Weasley... Je te manquais tant que ça ?

Perdue dans ses pensées, la jeune fille n'avait pas remarqué qu'elle avançait un peu trop dans la file jusqu'à bousculer la personne devant elle, qui se trouvait par une malchance étonnante être Malefoy.

- Je ne t'avais pas vu, répliqua-t-elle avec une morgue féroce, peu disposée à se laisser faire.
- Je suis pourtant très remarqué d'habitude... fit-il doucement en lui frôlant le bras.
- Arrête ton petit jeu, Malefoy ! lui intima-t-elle à voix basse, furieuse.
- Sinon quoi ?
- Rose ? Tu viens ? l'appela Albus qui l'attendait deux mètres plus loin.

Rose se dépêcha de rejoindre ses amis, encore secouée du ton qu'avait employé Malefoy et de son regard gris chargé d'une promesse qu'elle avait du mal à définir. Le pire étant sans doute qu'elle attendait de savoir ce que ça pouvait être...

Secouant la tête pour chasser le blond de ses pensées, elle se concentra sur la cérémonie de répartition qui allait avoir lieu et sur les deux postes de préfets en chef qui allaient être attribués par la directrice. A quelques dizaines de mètres devant elle, Hugo entrait dans le hall du château.

Nous passons notre temps à nous mentir by Lyssa7
Author's Notes:

Bonsoir à tous ! Ce troisième chapitre ne comprend que six points de vue : Hugo, Fred, Rose, Roxane, Lucy, Lily ; il manque donc Albus et Molly.

Je m'explique : Le premier chapitre était le point de départ, il fallait donc que chaque personnage s'y trouve afin de lancer l'histoire. Dans le deuxième, il y avait sept points de vue, Hugo n'y apparaissant pas. Tout simplement parce qu'il était dans la même diligence que Lily et qu'il n'apportait rien à ce chapitre, j'ai donc préféré commencé par lui dans le troisième chapitre.
Pourquoi ne pas y ajouter Albus et Molly ? Albus est avec Rose donc son point de vue n'est pas particulièrement intéressant pour ce chapitre ; et Molly ? Molly sera elle aussi bien plus intéressante dans le prochain chapitre.

Pour vous aider, je vais faire un petit récap des personnages qui sont apparus pour le moment et de leurs maisons ;) :

Gryffondor (7ème année) :
Rose Amy Weasley
Albus Severus Potter
Jane Thomas
Franck Finnigan

Gryffondor (6ème année):
Lily Luna Potter
Hugo Arthur Weasley
Leane Jones
Lorcan Scamander
Fred II Weasley

Serdaigle (7ème année) :
Roxane Diane Weasley
Peter Nott
Mary Peters
Maxence Stuart
Stella Dubois
Molly Weasley
Serdaigle (6ème année) :
Lysander Scamander
Melissa Sanders
Elena Sweet

Les Serpentard (7ème année) :
Scorpius Malefoy
Elisabeth McKenzie
Alexia Perkins

Les Serpentard (6ème année):
Lucy Weasley

Les Poufsouffle (7ème année):
Dorian McMillan
Eleonor Flintch-Fletcher
Samuel Dubois

J'espère que ça peut vous aider à situer les personnages dans le contexte, notamment dans la Grande salle.

A bientôt ! (Et n'hésitez pas à donner votre avis, je ne mords pas ! ;) )

EDIT : chapitre relu et corrigé

" Ne croyez surtout pas que nous jouons encore à la petite famille unie lorsque nos parents disparaissent de notre champ de vision... Nous passons notre temps à nous mentir, nous trahir, nous détruire". Lucy Weasley.

Grande salle de Poudlard
1er septembre 2023 : 20h30


- Regarde celui-là, je suis certain qu'il ira à Serdaigle ! s'exclama Hugo en désignant un garçon brun au corps fluet qui semblait plus serein que les autres.
- Et elle, c'est une parfaite Gryffondor ! renchérit Lily en montrant une petite fille blonde qui semblait ne jamais pouvoir s'arrêter de parler à deux autres filles, on dirait Leane lorsqu'on est arrivés, elle ne pouvait pas s'empêcher de nous raconter les anecdoctes de son enfance !
- J'étais stressée et c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour oublier quelques minutes la répartition ! répliqua Leane avec un sourire.

La cérémonie de répartition venait de commencer et comme tous les ans, Hugo Weasley prenait un malin plaisir à observer les premières années et à parier sur la maison qu'ils allaient intégrer. C'était devenu une sorte de rituel auquel ses deux amies avaient pris part pour patienter jusqu'au repas ; et toutes deux savaient que c'était le seul moyen pour Hugo de ne pas penser à son estomac qui hurlait famine. Et ce n'était pas le vulgaire sandwich qu'il avait avalé dans le Poudlard Express qui l'avait rassasié ! Il en avait l'eau à la bouche rien qu'à penser au buffet qui apparaîtrait après la cérémonie...

- Gryffondor !
- Tu vois, j'avais raison ! exulta Lily en regardant la petite blonde se diriger vers leur table.
- C'était couru d'avance ! répondit Hugo en haussant les épaules.
- Serpentard !
- Hum... Tu te ramollis, Hug' ! commenta Leane en suivant le brun des yeux.
- J'aurais dû remarquer son petit air vicieux caractéristique des serpents, râla Hugo. Bon, ils ont bientôt terminé qu'on puisse enfin manger ?
- Mauvais joueur, le tacla Lily avec un petit rire. Tu me dois deux gallions, Weasley.
- Dans tes rêves, Potter ! fit Hugo entre ses dents mais, alors que Lily éclatait de rire suivie de Leane, il ne put s'empêcher de rire à son tour, les rejoignant dans leur hilarité.

Hugo prenait la vie comme elle venait, il profitait de ce qu'elle lui avait donné. Ils avaient des parents célèbres, deux meilleures amies fantastiques, un poste de gardien au sein de l'équipe de quidditch de Gryffondor depuis sa troisième année, un acolyte en la personne de Lorcan lorsqu'il décidait d'aller séduire une ou deux filles, et un physique plutôt bien fait qu'il savait utiliser. Que demander de plus ? Rose lui aurait sans doute dit qu'il ne prenait pas ses études au sérieux mais on n'était jeune qu'une seule fois, non ? Et puis, il était le fils de Ron Weasley et Hermione Granger, le neveu de Harry Potter, personne n'oserait lui refuser un poste lorsqu'il aurait terminé ses études.

McGonagall fit tinter son verre, réclamant d'un geste le silence qu'elle obtint en une fraction de secondes. Hugo leva la tête vers elle, impatient d'entendre qu'il était l'heure des festivités.

- A présent que la cérémonie de répartition est terminée, nous allons procéder à la nomination des préfets-en-chef, déclara la directrice. Mesdemoiselles, Messieurs les préfets, veuillez vous avancer.

Hugo poussa un grognement de protestation qui résonna dans la Grande Salle, et Minerva McGonagall tourna la tête vers lui, posant un regard sévère sur lui par-dessus ses lunettes.

- Mr Weasley, je vous prie de croire que ces deux mois de vacances ne m'ont malheureusement pas fait oublier votre existence. Veuillez donc vous tenir tranquille encore un moment, si cela est possible pour vous.
- Bien professeur, je vais essayer d'étouffer mon incroyable charisme, répondit Hugo avec un sourire charmeur.

McGonagall préféra ne pas relever sa dernière remarque, attendant que les huits préfets, un garçon et une fille de chaque maison, soient montés sur l'estrade. Albus Potter et Rose Weasley se tenaient sur la gauche représentant la maison Gryffondor, venaient ensuite Dorian MacMillan et Eleonor Fintch-Fletcher de la maison Poufsouffle, sur la droite de la directrice Maxence Stuart et Molly Weasley attendaient les résultats de la nomination avec le sérieux digne des Serdaigle, et enfin Scorpius Malefoy et Alexia Perkins représentaient fièrement les Serpentard. Tous attendaient les résultats avec impatience.

Pour certains comme Molly, c'était une occasion de se démarquer, de cumuler les responsabilités, de rajouter ce poste envié sur son dossier scolaire ; pour d'autres, comme Alexia ce n'était rien d'autre que des appartements et une salle de bains personnelle. Pour Rose ou Albus, c'était bien plus que cela, c'était une question d'honneur, de fierté, de figure respectable sur lesquels tous les élèves pourraient s'appuyer.

Hugo Weasley, lui, s'en foutait royalement. C'était juste à mourir d'ennui.

Le jeune homme réprima un bâillement, essayant de faire taire les gargouillements de son estomac. Comme il se souvenait que Fred avait ramené quelques trucs en plus dans sa valise, il se décida à lui demander s'il n'aurait pas, par le plus grands des hasards, une friandise à se mettre sous la dent.


- Hey, Freddie ! T'as pas quelque chose pour me faire patienter un peu ?
- Tu t'imagines que je transporte Honeydukes dans ma poche, Hugo ? répliqua Fred avec un sourire lisse, soupirant intérieurement et priant pour que le dîner ne soit pas interminable.
- Je t'en supplie, il faut que tu trouves quelque chose pour m'aider, fit Hugo avec une moue qu'il devait considérer comme étant celle d'un homme au bord de l'agonie.
- Tiens ! lui dit Fred en glissant un petit bonbon rond de couleur rouge sur la table. Tu devrais te sentir mieux après avoir avalé ça.
- Qu'est-ce que c'est ? interrogea Hugo en faisant tourner la friandise entre ses doigts.
- Si tu l'avales, ça annule les sensations de faim et de fatigue pendant une heure ou deux, mais ça ne t'empêchera pas de dévorer une bonne partie du buffet tout à l'heure, expliqua Fred avec son rire rauque.
- Nouvelle invention de ton père et Lee Jordan ?
- Non, la mienne, révéla Fred avec un haussement d'épaules indifférent.

Hugo le félicita et le remercia avant de reprendre une conversation avec ses amies sans plus prêter attention à son cousin, ce qui convenait parfaitement à Fred Weasley. Il avait assez de Lorcan qui ne cessait de lui pomper l'air depuis qu'ils s'étaient installés.

- Tu as inventé cette friandise sans l'aide de ton père ? C'est génial ! commenta Lorcan avec un enthousiasme débordant.
- Pas tant que ça, répondit modestement Fred. C'est juste une potion de compression dans des friandises tout ce qui y a de plus banal.

Fred commençait à saturer, ayant hâte d'avoir les quelques heures de répit qui lui seraient accordées lorsque tout le monde seraient endormis. Sans doute irait-il faire un tour dans la forêt interdite. Il avait besoin de s'éloigner du château, de ressentir le danger ; il n'y avait que cette sensation pour qu'il se sente vivant. Aussi étrange que cela puisse paraître, il avait un besoin presque animal de côtoyer la mort pour se sentir vivre, pour ne pas oublier qu'il était là, lui et pas quelqu'un d'autre.

- Applaudissez nos préfets-en-chef pour cette année : Rose Weasley et Scorpius Malefoy !

Une salve d'applaudissements éclata dans la grande salle, l'interrompant dans ses pensées. Apparemment Rose avait réussi à avoir le poste de préfête-en-chef et Fred en était content pour elle. Il n'avait pas vraiment de contacts avec elle, et il savait très bien ce qu'elle pensait de lui. Il était au courant qu'elle n'appréciait pas du tout son entente avec son petit frère, qu'elle jugeait son influence néfaste. Et il ne pouvait pas lui donner tort. Que pourrait-on dire d'autre d'un type qui sortait dans la forêt interdite en pleine nuit, organisait des soirées où l'on ne buvait pas que de la biéraubeurre, et qui vendait des farces et attrapes dans toute l'école ? Rose avait entièrement raison de se méfier de lui.

Son regard s'attacha à la jeune femme rousse qui fronça les sourcils, détournant les yeux rapidement. Elle semblait mal à l'aise, pas dans son assiette ; elle paraissait avoir envie de déguerpir aussi vite que possible de l'estrade. Fred ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi. Scorpius Malefoy lui effleurait les doigts, un sourire à la fois victorieux et sournois collé aux lèvres. Tout cela n'annonçait rien de bon, pensa Fred, se replongeant dans ses sombres pensées.


Rose Weasley tentait de trouver un juste milieu entre la joie d'avoir été nommée préfête-en-chef et le trouble que lui procurait les doigts de Malefoy qui entrait régulièrement avec les siens. Devait-elle se réjouir de sa nomination ou se désespérer que son homologue soit le Serpentard qu'elle exécrait le plus ? Les applaudissements finirent par se taire et elle poussa un soupir de soulagement en prenant conscience qu'elle allait pouvoir descendre de l'estrade et rejoindre la table des Gryffondor.

- Passe une bonne soirée, Weasley. J'ai hâte d'être à demain, lui murmura Scorpius à l'oreille avant de remercier la directrice et d'aller s'asseoir à sa table en compagnie de McKenzie qui lui décocha un minuscule sourire et de Lucy dont les yeux brillaient d'excitation.

Mais pourquoi ? Qu'avait-donc à gagner sa cousine dans la nomination de Malefoy ? Rose n'eut pas le temps d'analyser plus qu'elle ne l'aurait voulu la situation, Albus s'empressa de la prendre dans ses bras en la félicitant, Maxence Stuart, Eleonor Fintch-Fletcher ainsi que Dorian MacMillan lui serrèrent la main bien qu'on ressentait clairement leur déception, Alexia Perkins n'avait pas pris la peine de lui adresser un seul mot, et Molly... Molly était repartie s'asseoir à la table des Serdaigle, remontant toutes les cinq secondes ses lunettes sur son nez, essayant de maîtriser les tremblements de sa main. Rose se jura d'aller lui parler dès qu'elle le pourrait, étant parfaitement consciente de ce que le poste représentait aux yeux de Molly Weasley. En attendant, le buffet venait d'apparaître sur les tables après un coup de baguette de Minerva MacGonagall, et Rose mourrait littéralement de faim.

- Félicitations, Rose ! s'exclamèrent Franck et Jane d'une même voix.
- Tu le mérites amplement ! déclara Albus. Par contre, j'aurais préféré perdre contre Stuart ou MacMillan que contre Malefoy... C'est humiliant de songer qu'il est plus apte que moi pour ce poste.
- Hum... Je suis persuadé que Lucy n'y est pas pour rien, le rassura Rose. Elle a dû menacer quelques élèves pour obtenir leurs voix, c'est tout.
- Ouais, sans doute... répondit Albus, loin d'être convaincu.
- Dis-toi que tu auras plus de temps pour le reste, dit Franck en le frappant amicalement à l'épaule. Pour tes ASPICS et... pour Stella Dubois !
- Elle n'a même pas conscience que j'existe...
- Tu parles ! s'écria Jane. Qui pourrait ignorer l'existence d'un des enfants de Harry Potter, tu peux me le dire ? Il faut que tu passes à la phase deux ! continua-t-elle en se servant du poulet d'une main.
- La phase deux ? demanda Rose, amusée par les techniques de Jane pour aider Albus. On peut savoir ce qu'était la phase un ?

Jane leva les bras au ciel, maugréant une seconde contre le fait qu'ils ne l'écoutaient jamais et qu'elle devait tout mettre au point toute seule. Rose songea que ce n'était pas une mauvaise chose qu'elle s'occupe un peu d'Albus et qu'elle oublie les disputes qu'elle pouvait avoir avec Franck.

- La phase un, c'était de lui dire bonjour quand il la croisait, de lui souhaiter une agréable journée... expliqua Jane comme si c'était une évidence. Autrement dit, la phase passive ! Maintenant, il est temps de passer à la phase active !
- C'est-à-dire ? demanda Albus dont la voix trahissait quelque peu l'angoisse.

Les yeux vert pâle d'Albus allèrent s'accrocher sur la silhouette gracile de Stella, une jolie petite blonde qui appartenait à Serdaigle, et qui discutait avec son petit groupe d'amis composé de Maxence Stuart, le préfet de septième année des Serdaigle, Peter Nott, un jeune homme aux abords froids et peu sympathique, Roxane Weasley, leur cousine dont Rose n'aimait pas particulièrement les manières, et Mary Peters qui suivait les autres telle une ombre.

- Si seulement on avait une meilleure entente avec Roxane, on pourrait lui demander un coup de main, dit Rose en jetant un oeil à la jeune fille qui faisait de grands gestes, parlant sûrement d'elle comme elle se plaisait à le faire à toute heure du jour et de la nuit.
- Même si c'était le cas, tout ce qui ne se rapporte pas à elle ne l'intéresse pas, répondit Albus en haussant les épaules, visiblement abattu.

Rose acquiesça lentement à ce que venait de dire son cousin. Tant pis, ils se débrouilleraient autrement, ils n'avaient pas besoin de Roxane. Qui aurait besoin d'une fille qui ne pensait qu'à ses propres intérêts de toute manière ?


- Potter n'arrête pas de regarder par ici, remarqua Maxence Stuart, regardant Roxane Weasley par automatisme lorsqu’il parlait de l'un des membres de sa famille.
- Ne me regarde pas comme ça, je ne lui ai rien fait, c'est Stella qu'il mate sans arrêt ! rétorqua la jeune femme en haussant les épaules et en reportant le regard sur son amie.
- Il me fait presque peur parfois, se plaignit la petite blonde. Il est partout où je passe, il me dit bonjour tous les matins et il m'observe tout le temps comme un psychopathe...
- Tu pourrais peut-être lui parler, Roxane, glissa doucement Mary Peters. Juste pour savoir ce qu'il veut.
- Stella est assez grande pour se mêler de ses affaires, répliqua Roxane en prenant une gorgée de jus de citrouille, jetant un œil à la blonde qui se rongeait les ongles de contrariété.
- Weasley n'a pas la même conception de l'amitié que nous... fit subtilement Peter Nott.

Roxane tourna la tête vers lui, le fusillant du regard. Depuis le début de la soirée, elle avait tout fait pour l'ignorer, ne pas tenir compte de sa présence bien qu'elle sentait parfaitement ses yeux d'un noir d'encre la suivre continuellement. Elle savait qu'il attendait le moindre faux pas de sa part, la moindre remarque avec laquelle il ne serait pas d'accord et il attaquerait aussitôt. " Ne rentre pas dans son petit jeu, Roxane. Tu as dix-huit ans, pas douze. Laisse-le dire ce qui lui plaît !" se dit-elle à elle-même, un sourire de façade se dessinant sur ses lèvres alors qu'elle reprenait la discussion.

- Nous irons lui parler demain, dit-elle en posant une main sur l'épaule de son amie. Toutes les deux.
- Je pourrais vous accompagner, proposa Maxence. Potter et moi avons une entente plutôt cordiale.
- Pourquoi ne pas y aller tous ensemble ? intervint Mary.
- C'est le meilleur moyen de le faire flipper ! déclina Roxane d'un geste de la main. Albus n'est pas très causant habituellement, alors si on lui tombe dessus à cinq il bredouillera une excuse et partira en courant...
- Bien ! Comme le problème est réglé, changeons de sujet ! la coupa Peter d'un ton sec. Non, mais sérieusement, Scorpius Malefoy, notre nouveau préfet-en-chef ! s'emporta le jeune homme, les dents serrés par la colère. Tu vaux cent fois plus que lui, Maxence ! Même Potter et Macmillan auraient été mieux prédisposés à ce poste !

Roxane ne pouvait pas lui donner tort sur ce point. Certes, elle n'appréciait pas Peter Nott, et c'était réciproque, mais elle était convaincue, tout comme lui, que Maxence Stuart était un candidat parfait pour le poste. Sérieux, mature, proche de ses camarades, toujours apte à donner de bons conseils, Minerva MacGonagall ne pouvait rêver mieux comme préfet-en-chef... mais les votes en avaient décidé autrement. Son regard se dirigea vers Scorpius Malefoy dont la prétention paraissait atteindre des sommets depuis son élection. Le jeune homme bombait le torse, se laissant féliciter par ses camarades de maison, un sourire superficiel sur ses lèvres pâles. A ses côtés, sa cousine Lucy ne laissait rien transparaître hormis un petit rictus sournois, sa marque de fabrique lorsqu'elle venait de réussir l'un de ses tours.

- Ils ont triché, déclara Roxane avec une moue dégoûtée.
- Comment le sais-tu ? interrogea Maxence, surpris.
- Allons, Max, tu sais aussi bien que moi que cet imbécile de Malefoy n'aurait pas obtenu le poste sans " un peu d'aide" de Lucy... insinua la jeune fille à voix basse.
- Si on le disait à MacGonagall... commença Mary d'une petite voix tremblante.
- Avec quelles preuves ? la contra Peter. On écopera d'une retenue pour les avoir accusés gratuitement.
- Laissez tomber, soupira Maxence, un petit sourire éclairant son visage. J'aurais bien plus de temps pour vous, et Merlin sait qu'il faut beaucoup de patience et de cran pour séparer ces deux-là ! fit-il en désignant Roxane et Peter qui froncèrent tous deux les sourcils.

Mary éclata de rire à la suite de Maxence suivie de près par Stella. Roxane rencontra le regard de Peter, essayant de déterminer ce à quoi il pensait. Celui-ci sembla lutter un instant avant de rejoindre les autres dans leur fou rire ; et Roxane finit par oublier qu'elle riait d'elle-même.


Lucy Weasley s'essuya les lèvres d'un geste de la main gracieux tout en observant les moindres faits et gestes de Scorpius Malefoy. Ce soir, elle avait obtenu ce qu'il lui avait demandé et il n'aurait plus d'autres choix que de suivre son plan. Sentant son regard sur lui, le jeune homme tourna la tête vers elle.

- On dirait que tout fonctionne comme tu le voulais, Lucy ! dit-il avec un petit sourire de remerciement.
- Tu en doutais, Malefoy ? rétorqua-t-elle, les yeux brillants d'une lueur moqueuse.
- Nullement. Je suis juste surpris que ce soit passé aussi facilement.
- Mes petites vipères ont fait leur travail, insinua-t-elle à demi-mots. Trinquons à ton nouveau poste de préfet-en-chef... fit-elle en tendant son verre vers lui.
- Ainsi qu'à tes manigances ! murmura-t-il doucement alors que les deux verres entraient en contact.

Dans un signe de tête, il lui faussa compagnie la laissant seule devant son assiette à peine remplie. Lucy n'avait jamais eu beaucoup d'appétit, sa mère lui reprochait souvent ce fait en lui disant qu'elle n'avait que la peau sur les os, vantant les mérites de Molly qui mangeait pour deux. De toute manière, Molly l'avait toujours surpassé aux yeux de leurs parents. Mais pas ce soir...

Ce soir, Molly rongeait son frein, ruminant son chagrin au bout de la table des Serdaigle. En aidant Rose à obtenir le poste, elle l'avait poussé dans les griffes de Scorpius ; mais en plus de cela, sa sœur perdait l'un de ses rêves les plus chers. Une pierre, deux coups, pensa Lucy, grisée par la vengeance.

- Tu as une idée pour que j'entre en contact avec Potter ? demanda Elisabeth McKenzie en venant s'asseoir sur sa gauche, ayant fait partir le deuxième année qui s'y trouvait d'un simple signe élégant.
- Mmmh... Il aime passer du temps à la volière en fin de journée. Il écrit à son père chaque début d'année... ou quand il veut dénoncer sa sœur, répondit Lucy, narquoise. Tu n'auras qu'à t'y rendre vers 18h demain, lui demander quel hibou est le plus rapide pour une lettre urgente et lui laisser croire que votre rencontre n'est due qu'au hasard... Pour le reste, c'est à toi de voir, McKenzie.
- Bien, acquiesça doucement Elisabeth quelque peu songeuse. Je devais m'y rendre de toute façon.

A son tour, McKenzie alla s'asseoir un peu plus loin. Lucy n'était pas blessée par leurs attitudes, elle en avait l'habitude. C'était ainsi qu'ils fonctionnaient, que leurs relations étaient fondées. Ils étaient ce qui ressemblait le plus à des amis, bien qu'ils n'en soient pas. Mais Lucy n'avait pas besoin de tels liens, elle se suffisait à elle-même. Si quelque chose tournait mal, elle n'aurait rien à perdre.

Elle avait tout à gagner dans cette histoire. Elle était la reine du jeu d'échecs, Scorpius et McKenzie en étaient les cavaliers ; et bien entendu, sans même qu'ils le sachent, les autres étaient les pions. De malheureux pions qu'elle avançait dans son intérêt, comme elle le souhaitait.

Les yeux vert pâle de Lucy allèrent se poser sur Lily Luna Potter, de l'autre côté de la grande salle, qui discutait joyeusement avec ses amis, essayant par tous les moyens d'attirer l'attention de Lorcan Scamander. "Peine perdue, ma belle !" pensa Lucy, un rictus sournois étirant ses lèvres pleines.


- Et qu'est-ce que vous pensez de Stuart ? Il est plutôt mignon, non ? s'enquit Leane en observant la réaction de Lily qui déclinait toutes les propositions depuis dix minutes.
- Trop sérieux ! gémit la jeune fille avec une moue boudeuse. Je ne veux pas sortir avec un type qui passe son temps à me faire des leçons de morale sur la bonne conduite à tenir en société !
- Et Finnigan ? proposa Hugo en jetant un œil au groupe d'amis de Rose.
- Pour que Jane m'arrache la tête avec ses dents ? Non, merci ! répliqua Lily en partant d'un grand rire. De toute façon, je ne suis pas un morceau de viande ! déclara-t-elle fermement. Vous comptez faire quoi ensuite ? Me coller une étiquette sur le front : "A vendre, excellent état, prix raisonnable" ?
- J'aurais plutôt dit gratuit ! fit Hugo, moqueur.
- Eh !"

Lily Luna Potter flanqua un coup de poing dans le bras d'Hugo qui poussa un juron. Lily n'était pas franchement réputé pour sa douceur, ni sa féminité d'ailleurs. C'était sans aucun doute pour cette raison qu'elle avait autant de mal à se faire comprendre de Lorcan qui préférait les grandes brunes au teint mat comme Roxane avec laquelle il était sorti pendant deux mois, ou les petites blondes comme Dhalia Reegan, une cinquième année de Serdaigle. Elle savait qu'il ne la voyait que comme la bonne copine, la fille drôle avec laquelle on pouvait se marrer pendant des heures entières mais qu'il ne nous viendrait pas à l'idée d'embrasser. Qu'est-ce qu'elle espérait sérieusement ? Qu'il ait une illumination soudaine, qu'il se tourne tout à coup vers elle pour lui déclarer sa flamme ? Pathétique, Lily.

- Si tu veux, je peux vanter tes qualités autour de moi, dit Lorcan avec un sourire qu'elle eut instantanément envie de lui faire avaler.
- Et... Qu'est-ce que tu diras ? demanda-t-elle, contrôlant sa voix qui tremblait un peu.
- Que tu es charmante, drôle et bonne vivante ! Le chanceux qui sortira avec toi ne risquera pas l'ennui, je peux te l'assurer ! déclara le jeune homme en fourrant un morceau de poulet dans sa bouche. Et maintenant, si ça ne vous ennuie pas, je vais aller voir cette fille de cinquième année qui me dévore des yeux depuis tout à l'heure...

Passant une main dans ses cheveux blonds cendrés, Lorcan se leva de table et alla s'asseoir un peu plus loin, rejoignant la jeune fille qui eut un sourire timide lorsqu'elle le vit arriver. Le sourire de Lily s'effaça une fois de plus, remplacé par une grimace de tristesse, et sa tête alla rencontrer le bord de la table en bois avant qu'elle ne relève un regard dépité sur Hugo et Leane.

- Est-ce que je dois danser à poil sur la table pour qu'il remarque que je suis aussi une fille qui le dévore des yeux ? interrogea-t-elle avec humour.
- Évite, je n'ai aucune envie d'être traumatisé jusqu'à la fin de mes jours ! répondit Hugo, sa bouche se tordant avec dégoût tandis que Leane éclatait de rire.
- Hugo Weasley, je vais te tuer ! déclara Lily en lui sautant dessus, lui écrasant du même coup un morceau de poulet sur le visage.

Il s'ensuivit une bataille féroce où Hugo répliqua avec un bol de sauce aux champignons qui s'écrasa malencontreusement sur les cheveux de Lily, où Leane se retrouva avec du jus de citrouille sur sa chemise, et où ils se firent coller pour la première fois de l'année par McGonagall. "Mais, par Merlin, que c'était bon de les retrouver tous les deux !" se dit Lily en essuyant ses cheveux du mieux qu'elle pouvait.

Lily ne fit pas vraiment attention au regard désaprobateur que lui lançait Albus Potter quelques chaises plus loin, et c'était bien le dernier de ses soucis.

 

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous a plu ? Prochain chapitre : 2 septembre 2023.

Nous avons tous des faiblesses by Lyssa7
Author's Notes:

Bonjour (ou bonsoir) !

Ce chapitre commence à entrer dans le vif du sujet et abordera bientôt des sujets qui ne sont pas forcément comiques et qui tiennent de l'ordre du tragique. Je tenais à vous prévenir, même si ce chapitre reste soft comme les précédents, il sera peut-être un peu plus sombre, moins porté sur les joies de l'adolescence ! ;) Enfin, je n'en dis pas plus, je voulais simplement justifier mon rating et ma catégorie que vous ne soyez pas trop surpris...

Ensuite, sachez que cette fiction a déjà une fin toute tracée dans mon esprit et que j'en ai déjà écrit une partie (comment ça je suis désorganisée ?). D'habitude, je ne fais pas ainsi, préférant continuer chapitre par chapitre, mais la fin de cette histoire me taraudait, ce que les personnages disaient, ce qui allait se passer pour chacun d'eux... Bref, tout ça pour dire que je ne risque pas de l'abandonner en route !

Dans ce chapitre, tous les personnages sont présents hormis Roxane. Enfin, elle le sera mais pas de son point de vue personnel ! On la verra par les yeux de Molly et d'Albus.

Roxane-James sera très contente de savoir que Lysander est de retour ! (Non, pas pour jouer un mauvais tour, voyons !)

A bientôt !

EDIT : chapitre relu et corrigé !

"Nous avons tous des faiblesses, mais chacun d'entre nous a sa façon de les camoufler." Hugo Weasley.

Premier jour de cours
2 septembre 2023 : 7h15
Tour des Serdaigle.



Molly Weasley tentait de maîtriser le tremblement qui envahissait ses doigts depuis la veille au soir tandis qu'elle resserrait le nœud de sa cravate. Si la jeune fille se vantait de contrôler ses moindres faits et gestes, depuis que le poste de préfête-en-chef lui avait échappé ce n'était plus vraiment le cas. Des cernes violacés s'étalaient sous ses yeux bleus, trahissant la nuit difficile qu'elle venait de passer et elle n'avait pas réussi à lisser un épi dans ses cheveux bruns.

Ce matin, Molly n'était décidément bonne à rien. Une petite voix dans sa tête lui rappela qu'on avait toujours le droit au retour de bâton, qu'elle s'en était trop bien sorti deux ans auparavant pour ne pas le payer un jour. La jeune fille secoua la tête, faisant taire cette petite voix vicieuse qui ressemblait un peu trop à celle de sa sœur.

Dans le dortoir des septièmes années de Serdaigle, elle était la première debout comme d'habitude. Mais aujourd'hui, c'était plus dû au fait qu'elle n'avait pas fermé l’œil plutôt qu'à sa soif intarissable de connaissances. Refermant son sac de cours où des dizaines de livres s'entassaient, Molly s'assit sur son lit, se donnant quelques minutes pour retrouver une contenance.

- Elle est déjà partie ? entendit-elle, reconnaissant parfaitement la voix ensommeillée de sa cousine Roxane. Cette fille est une machine... C'est à se demander si on fait vraiment partie de la même famille parfois, continua-t-elle tandis qu'un petit rire, celui de Mary Peters, troublait le silence du dortoir.
- Tu crois qu'on arrivera à lui décocher plus de deux mots un de ces jours ? interrogea Mary.
- Peu importe, ce qu'elle a dire n'est pas intéressant de toute manière, rétorqua sèchement Roxane. Elle me fout le cafard...

Molly était consciente depuis sa plus tendre enfance que Roxane ne l'avait jamais porté dans son cœur, et elle n'en était pas mécontente quand elle voyait comment elle traitait ses proches. Au contraire d'elle, Roxane n'avait aucun besoin d'étudier intensément, il lui suffisait de jeter un œil à un livre pour en mémoriser le contenu aussitôt. Les moldus appelaient cela la "mémoire photographique". C'était totalement injuste du point de vue de Molly et cela n'avait pas dû aider Roxane à être moins imbue d'elle-même au fil des années. Molly se releva d'un mouvement souple et toussota, une moue ennuyée sur les lèvres.

- Rassure-toi, je n'ai pas l'intention de "te décocher plus de deux mots", dit-elle, ironique. Nous partageons le même dortoir ainsi que la même famille, et c'est déjà amplement suffisant.

Rassérénée par cette petite mise au point et par les visages quelque peu décomposés de Roxane et Mary, Molly s'empressa de sortir du dortoir d'un pas digne. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle n'avait pas eu le poste qu'on devait se permettre de lui marcher sur les pieds. Elle n'avait pas travaillé si dur toutes ces années pour ruiner tout ce qu'elle avait construit si proche du but. Alors qu'elle passait le portrait et qu'elle se dirigeait vers la Grande salle pour prendre le petit-déjeuner, la jeune fille croisa la route d'Albus Potter.

Bien qu'étonnée de le trouver dans la tour des Serdaigle, Molly ne se posa pas plus de questions sur la présence du Gryffondor. A vrai dire, cela lui importait aussi peu que ce que pouvait penser Roxane de sa personne.


Albus Potter se retourna, distinguant Rose, Jane et Franck qui l'attendaient une dizaine de mètres plus loin. Jane leva le pouce en l'air en signe de victoire, Franck leva le poing en signe d'encouragement et Rose eut un sourire pour lui. Le jeune homme se demanda un instant si ce n'était pas de la folie d'attendre Stella Dubois à la porte de sa salle commune, le premier jour et à 7h30 du matin en plus ! Oui, c'était sûrement de la folie ! pensa Albus, légèrement angoissé par la réaction de la jeune fille.

Mais il n'eut pas le temps de se laisser distraire par ses pensées, Stella venait de passer le portrait suivi de son petit groupe d'amis habituel. Lorsqu'ils le virent, les quatre autres eurent tous une réaction différente. Maxence Stuart fit un signe de tête en direction de la jeune fille avant de s'éclipser, entraînant Mary par le bras qui observait Albus avec un sourire amusé ; Peter eut un haussement d'épaules désinvolte avant de les suivre. Roxane, quant à elle, fronça les sourcils et croisa les bras, attendant apparemment des explications d'Albus. Stella avait les joues d'un rose soutenu et se rongeait les ongles, posant les yeux partout sauf sur le jeune homme.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Roxane en se plaçant devant son amie.
- Je voulais seulement discuter avec Stella sans que tu ne lui serves de chien de garde, répondit Albus d'un ton doucereux, agacé par l'attitude sans gêne de sa cousine.
- Tu devras faire avec, déclara la brune avec un geste de la main présomptueux.
- Comment tu connais mon prénom ? s'enquit Stella d'une petite voix qui ressemblait à un couinement de souris prise au piège.

Ignorant délibérément Roxane, Albus posa les yeux sur la jeune fille. Devait-il lui demander franchement de l'accompagner à la prochaine sortie de Pré-au-Lard ou devait-il préserver ses arrières ? D'autant que Stella Dubois ne paraissait pas vraiment enchantée de sa présence.

- Je... On avait cours de Métamorphoses en commun l'année dernière, dit-il.
- Ah... fit Stella, son regard dérivant vers l'un des couloirs. Je vais y aller...
- Bonne journée, Albus ! la coupa Roxane. Comme tu le sais, nous commençons notre premier cours à 8h et nous aimerions avoir le temps de prendre le petit-déjeuner.

Sur cette dernière parole, Roxane glissa son bras sous celui de Stella et les deux jeunes femmes disparurent en sens inverse, le laissant planté au milieu du couloir. Sympathique... songea Albus, dépité.

- Alors ? Comment ça s'est passé ? interrogea Jane qui arrivait de l'angle du couloir où elle était cachée, le sourire aux lèvres, certaine que son plan avait fonctionné à la perfection.
- Hum... Pas très bien, avoua-t-il, une grimace déformant sa bouche.
- Il semblerait que ton plan avait finalement des défauts, conclut Franck, fataliste, en s'adressant à Jane.
- Tu n'avais qu'à en trouver un qui tienne la route au lieu de draguer tout ce qui a de la poitrine ! grinça la jeune fille, mécontente.
- Jane... protesta Rose, les mains sur les hanches, en signe de menace.

A cet instant, Albus se fichait des disputes de ses amis. Il avait été repoussé par la seule fille qui l'intéressait vraiment pour la première fois. Pour être exact, il avait carrément été jeté comme un malpropre et son ego en avait pris un sacré coup. D'une démarche traînante, il commença à avancer seul. Derrière lui, Rose Weasley poussa un profond soupir.


Rose Weasley aurait voulu faire quelque chose pour Albus, pour effacer ce petit air triste de son visage. Si Stella Dubois ne laissait pas sa chance à son cousin alors elle était plus pathétique que ce qu'elle avait déjà pu voir ; si elle n'essayait même pas de le connaître, elle ne le méritait clairement pas. A la fois énervée et attristée par le refus qu'avait reçu Albus, Rose rumina pendant tout le chemin qui conduisait à la Grande salle et alla s'asseoir à la table des Gryffondor, à côté de son cousin évidemment.

Albus était le grand frère qu'elle n'avait jamais eu. Oh bien entendu, elle avait Hugo... mais son petit frère n'était pas vraiment le frère rassurant et protecteur qu'elle aurait aimé avoir, c'était Albus qui remplissait ce rôle depuis toujours, et leurs liens étaient plus forts que ceux qu'ils avaient avec leurs frères et sœurs. Il était son meilleur ami, son confident, l'épaule sur laquelle elle s'était appuyé quatre ans auparavant... En repensant à cette période de sa vie, Rose eut soudainement un haut-le-cœur et repoussa le pain brioché qu'elle tenait dans sa main.

- Rose ? s'enquit Albus, inquiet.
- Tout va bien, affirma-t-elle dans un murmure.
- Tu me le dirais, n'est-ce pas ? s'enquérit son cousin en chuchotant, soulagé cette fois-ci que Jane et Franck ait repris leur dispute en ignorant leur conversation.
- Bien sûr, Albus, lâcha Rose dans un souffle en posant sa main sur son épaule.

Il serait le premier à être au courant. C'était le seul en qui elle pouvait avoir réellement confiance pour ce genre de choses : son meilleur ami, son frère, son âme sœur. Évidemment, elle avait aussi Jane et Franck et ils étaient ses amis mais ce n'était pas pareil... S'ils avaient su cela... Ils se seraient détournés d'elle avec empressement, c'était certain.

Avec un sourire sincère envers lui, elle proposa à Albus son morceau de pain qu'il prit en la remerciant, pas totalement convaincu par ce qu'elle venait de lui affirmer. Elle n'avait pas menti pourtant, elle n'avait pas fait de rechutes depuis près de trois ans.

- Weasley ? l'interpella Malefoy en arrivant d'un pas vif vers eux. Tu l'as sans doute oublié mais nous avons pour rôle de mettre en place le planning des rondes nocturnes pour ce soir. McGonagall m'a demandé qu'on s'y mette dès la première heure, lui apprit-il avec un sourire pervers qu'elle fit mine de ne pas voir.
- Mais... notre premier cours de la journée ?
- Je suis persuadé que Potter nous passera ses notes, émit-il avec un clin d'oeil provocateur envers le jeune homme.
- Je les prêterai à Rose, riposta Albus en insistant sur le prénom de sa cousine.
- On dirait que la réputation de générosité des Gryffondor est légèrement surfaite, non ? insinua Scorpius. Je te retrouve dans le hall, Weasley !

Scorpius Malefoy s'éloigna et Rose ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil à son corps élancé. Ce que ne manqua pas de remarquer Albus qui haussa un sourcil lorsqu'elle se retourna vers lui.

- Quoi ? demanda-t-elle un peu trop brusquement pour paraître crédible.
- Ne tombe pas dans son piège, Rosie. Tu sais aussi bien que moi comment il est, insista Albus.
- Je ne vais pas tomber dans son piège, Al ! réfuta Rose avec aplomb.
- Qui ne va pas tomber dans le piège de qui ? questionna Franck avec un petit rire faux, se détournant de Jane qui boudait dans son coin en mâchouillant un bout de pain.
- Personne ne va tomber dans le piège de personne, d'accord ? répliqua Rose en jetant un regard oblique à Albus qui émit un toussotement qui reflétait ce qu'il pensait.

Non, elle ne tomberait pas dans le piège qu'avait mis en place Malefoy, pensa Rose en essayant de se convaincre elle-même. Non, il ne réussirait pas à l'atteindre. Bien sûr, il était beau à se damner mais il restait un être dépourvu d'humanité, de gentillesse et de tout ce qu'elle aurait aimé trouver chez un homme. Il était tout ce qu'elle ne supportait pas ! Tout ce à quoi elle avait déjà été confrontée. Et s'il fallait encore une preuve qu'il n'était pas un homme fréquentable, elle n'avait qu'à tourner la tête pour le voir rejoindre sa cousine, Lucy.

Lucy qui regardait vers eux à l'instant avec un sourire perfide. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien mijoter ? s'interrogea Rose avec une angoisse sourde.


Lucy Weasley détourna les yeux du groupe d'amis de Rose Weasley pour reporter son regard sur Scorpius Malefoy. Elle était certaine à présent que le jeune homme était parfait pour la mission qu'elle lui avait confié, il lui suffisait de voir la lueur de désir qui brillait dans les yeux bleus de sa cousine une minute plus tôt. D'autant que si Rose était loin d'être insensible au charme du Serpentard, elle ne tarderait pas à en tomber amoureuse, la petite fleur fragile étant une incorrigible romantique.

Lucy sortit de la Grande salle en compagnie du jeune homme, satisfaite que son plan fonctionne comme prévu. Ils étaient faibles, pensa-t-elle. Chacun d'eux avait une faiblesse, et si l'on s'y attaquait, ils ne se relèveraient pas. En ce qui concernait Rose, il ne fallait pas être très doué pour deviner que Scorpius lui faisait de l'effet... Bien entendu, il ne fallait surtout pas que Malefoy perde de vue ce qu'il devait faire une fois qu'il l'aurait séduite !

- Alors, qu'est-ce que tu penses de ma cousine ? interrogea Lucy d'un ton presque innocent.
- Ce que je pense d'elle ne fait pas partie de notre accord, répondit durement Scorpius en glissant vers elle un œil suspicieux. Je la séduis, je la jette, c'est aussi simple que cela.
- Oh non, Scorpius, ce n'est pas aussi simple... susurra Lucy, venimeuse. Je veux être certaine que tes pensées n'iront pas vers elle. Tu sais très bien que ça gâcherait tout, non ? Et... je ne veux pas perdre mon amant une fois ce petit jeu terminé, fit-elle en se collant à son corps, frôlant sa joue de ses ongles vernis.
- Rose Weasley n'a rien d'une femme, ce n'est qu'une gamine, cracha Scorpius en haussant les épaules. Je suis déçu que tu aies le moindre doute sur ce que je pourrais éprouver pour elle. A part du mépris, je ne vois rien d'autre...
- Parfait ! s'exclama Lucy en lui tapotant la joue d'un air condescendant, un rictus aux lèvres. N'oublie pas notre petit rendez-vous de tout à l'heure dans la bibliothèque avec McKenzie !

La jeune femme s'éclipsa de sa démarche chaloupée, sentant le regard de Scorpius sur elle tandis qu'elle s'éloignait. Quand elle tourna l'angle du couloir, Rose venait de sortir de la Grande salle et rejoignait Malefoy, visiblement très mal à l'aise. Que la partie commence ! songea Lucy en ne pouvant s'empêcher d'émettre un petit rire. Hugo Weasley arrivait en sens inverse et lui jeta un regard moqueur, pensant sans doute qu'elle mériterait un séjour à Sainte-Mangouste. Ne t'en fais pas Hugo, pensa-t-elle méchamment, lorsque j'en aurai fini avec vous, ce ne sera pas moi qu'on internera là-bas !


Hugo Weasley dépassa Lucy en pensant que sa cousine était totalement folle. Ce qui n'était pas étonnant lorsqu'on avait des parents aussi sectaires que Perceval et Audrey Weasley, où l'ambition et la capacité d'être meilleure que n'importe qui primait sur le bien-être personnel. Entre Molly qui n'avait aucun contact humain et qui préférait s'exclure elle-même, et Lucy qui ne perdait pas une occasion d'écraser les autres, on pouvait voir où cette éducation avait mené ses deux cousines. Heureusement que ses parents n'étaient pas comme ça ! Pensa-t-il avec soulagement.

Bien que sa mère était d'un naturel sérieux et qu'elle passait son temps à le rabrouer pour ses mauvaises notes, elle avait aussi ce côté chaleureux et maternel, et son père était là pour la canaliser lorsqu'il considérait qu'elle allait trop loin. De toute façon, pour Hugo, on était jeune qu'une seule fois et il se devait d'en profiter au maximum, il aurait tout le temps d'être mature lorsqu'il dépasserait la vingtaine !

- Hey, Fred ! chuchota-t-il en se penchant vers son cousin tout en continuant à marcher. Tu viendrais faire un tour dans les serres avec moi et Lorcan ce soir ?
- Qu'est-ce que tu vas aller foutre dans les serres ? demanda Fred sur le même ton.
- J'ai trouvé une plante très intéressante la dernière fois que j'y suis allé... avoua Hugo, les yeux brillants. Le genre à te faire planer ! Alors, t'es de la partie ?
- J'ai autre chose de prévu, déclina son cousin en secouant la tête. Fais gaffe de ne pas te faire avoir par Davis ! lui rappela Fred en haussant un sourcil.
- Ce vieux Davis est presque aveugle, et sourd comme un pot ! fit Hugo en éclatant de rire. T'en fais pas, j'aurais la cape d'invisibilité, murmura-t-il sur le ton de la confidence en désignant Lily qui marchait derrière eux en compagnie de Leane.
- Elle le sait ? interrogea Fred en jetant un coup d’œil à la jeune fille rousse.
- Pas besoin ! Elle ne le verra même pas !

Hugo ne dirait rien à Lily. Si elle le savait et qu'elle connaissait la raison de leur sortie avec Lorcan, elle lui arracherait les yeux. Même si Lily avait un côté provocateur avec le corps enseignant lorsqu'elle remontait sa chemise au-dessus du ventre ou qu'elle plaçait un bandana dans ses cheveux, elle n'aurait pas été d'accord pour ce qu'il comptait faire. Les substances illicites, ce n'était pas le genre de Lily Potter.

- Tu sais que tu risques de gros problèmes si tu te fais choper ? le prévint Fred en fronçant les sourcils.
- Écoutez donc notre donneur de leçons qui passe son temps à se promener dans la forêt interdite ou dans les cuisines à boire du whisky pur-feu ! rétorqua Hugo, moqueur.
- Fais comme tu veux, se rembrunit Fred. Mais tu t'embarques dans un mauvais délire.
- C'est ça ! répondit Hugo avec indifférence en s'arrêtant pour attendre Lily et Leane. A plus tard, Fred !

Fred pouvait bien dire ce qu'il voulait, Hugo ne l'écoutait pas. Qu'est-ce qu'il croyait ? Qu'il était apte à lui dire quoi faire alors qu'il était cent fois pire que lui ? Monsieur se la jouait grand seigneur en lui donnant des conseils ? S'il ne voulait pas venir avec eux, c'était son problème, mais qu'il tente de l'en dissuader, Hugo n'aurait jamais cru cela de lui. Déçu par le comportement de Fred, il ne lui parla plus jusqu'à ce qu'il arrive à leur premier cours. Une fois dans la classe d'Histoire de la Magie, il alla s'asseoir à côté de Lorcan. Qu'il reste seul, il l'avait bien mérité !


Fred Weasley s'assit dans le fond de la classe, bien content qu'Hugo le laisse enfin tranquille. Même s'il se sentait coupable que son cousin ait prévu un mauvais plan le soir-même... L'image de Rose, puis celle de sa tante Hermione s'imprégna dans ses prunelles, mais il secoua la tête. Ce n'était plus de son ressort, après tout ce n'était pas lui qui avait invité Hugo dans les serres, n'est-ce pas ? La pointe de culpabilité resta néanmoins présente tandis qu'il sortait ses affaires de son sac. Il était conscient que si Hugo en arrivait là, c'était aussi de sa faute.

C'était lui qui l'avait entraîné dans les soirées clandestines, lui qui l'avait fait boire son premier verre de whisky pur-feu à quatorze ans, lui encore qui l'avait poussé à sortir la nuit pour parcourir le château et découvrir les nombreux passages secrets à l'aide de la cape et de la carte des Maraudeurs. C'était James Potter qui avait refilé la carte à Fred lorsqu'il avait terminé ses études à Poudlard, jugeant que son cousin était parfait pour détenir le parchemin. Si seulement il n'avait pas fait ça... Pensa Fred en songeant que tout aurait pu être différent si James ne l'avait pas désigné comme son successeur.

Arrête tes simagrées, Fred ! Se dit-il à lui-même avec une pointe de réalisme. C'est toi qui a choisi de devenir celui que tu es aujourd'hui, de coller à cette image qu'on te donne depuis ta première année. Le fils de George, l'héritier des jumeaux Weasley. Tu as choisi, Fred ! Tu aurais pu leur dire non, être toi-même, mais tu ne l'as pas fait. Point barre.

- Fred Weasley ? l'appela une voix féminine, l'interrompant dans ses pensées.
- Sanders, c'est ça ? fit-il avec une grimace en relevant la tête vers les deux Serdaigle assises devant lui.
- Oui ! s'exclama la jeune fille, enthousiaste en se tournant vers son amie. Tu vois qu'il se rappelle de nous ! déclara-t-elle avec une pointe de reproche envers l'autre fille.
- Et moi, comment je m'appelle ? interrogea la deuxième, haussant un sourcil narquois en se tournant vers lui à son tour.

Fred ne mit pas longtemps à reconnaître la fille de la diligence qui lui avait répondu sur un ton hautain. Ses cheveux noirs mi-longs encadraient son visage qui semblait encore un peu plus pâle que la veille, ses joues paraissaient s'être légèrement creusées ce qui donnait à son visage un teint cadavérique, renforcé par les cernes brunes sous ses yeux gris. Cependant, même si Fred se souvenait au mot près de leur houleuse conversation, il était incapable de mettre un nom sur la jeune fille.

- Aucune importance ! finit-elle par dire en jetant un regard vainqueur à Melissa Sanders qui haussa les épaules, visiblement déçue.
- Je ne me souviens pas de ton nom mais je me rappelle très bien t'avoir entendu dire qu'on reprenait nos vies chacun de son côté et que ne pas me connaître était très bien comme ça, dit Fred après un long silence. Il semblerait que la constance ne soit pas l'une de tes qualités principales, n'est-ce pas ?

La jeune fille le considéra un instant, ses prunelles grises le fusillant du regard. Fred planta ses yeux bleus dans les siens, l'affrontant silencieusement. Après la discussion qu'il avait eu avec Hugo en ce début de matinée, il avait besoin de s'en prendre à quelqu'un, n'importe qui. Et cette fille était une cible parfaite ! pensa-t-il en ne la lâchant plus du regard.

- Je voulais simplement prouver ma théorie, je ne comptais pas apprendre à te connaître, répondit-elle plutôt calmement malgré l'éclat de colère qui brillait dans ses yeux gris.
- Ah oui ? Et laquelle ?
- Laisse tomber, d'accord ? Restons-en là, déclara la jeune fille en se retournant.
- C'est bien ce que je pensais ! insinua Fred en prenant sa plume d'oie en main pour commencer à noter son cours d'Histoire de la Magie.

Il la sentit bouillonner, respirer profondément pour reprendre son calme, se retenir de se retourner pour ne pas entrer dans son jeu. C'était presque trop facile pour lui, mais c'était quelque part plutôt distrayant de la voir se débattre avec ses émotions. Puis, alors qu'elle s'apprêtait à se retourner vers lui une énième fois et qu'il se préparait mentalement à l'affronter, la jeune fille fut prise d'une sévère quinte de toux qui lui coupa la respiration.

- Elena ! s'écria Sanders, visiblement paniquée. Professeur Binns ! cria-t-elle, interrompant le cours soporifique du fantôme. Il faut que je l'emmène à l'infirmerie !

Binns eut un signe de tête positif avant qu'il ne reprenne son cours. Elena Sweet, il s'en souvenait à présent, ne parvenait pas à cesser de tousser et Melissa, passant son bras autour de ses épaules pour la mettre debout, se dépêcha de sortir de la salle de classe.

Fred n'était pas du genre à se préoccuper de quelqu'un qu'il connaissait à peine, même lorsque la personne appartenait à son entourage proche il avait du mal à se sentir concerné par ses états d'âme, mais cette fille l'intriguait de plus en plus. Si l'on observait que son physique, on était frappé par cette maigreur, cette pâleur sur son visage aux traits fins et creusés ; mais si l'on regardait derrière cette apparence... Elena Sweet était plus forte et plus complexe que toutes les personnes qu'il connaissait, il en était intimement persuadé.

Pour la première fois depuis longtemps, Fred avait envie d'en savoir plus, de découvrir le fin mot de l'histoire sur Elena Sweet. Pour la première fois depuis des années, quelqu'un l'intéressait réellement. Alors qu'il tournait la tête après avoir passé plus de deux minutes à fixer la porte de la classe, il croisa les yeux noisette de sa cousine Lily qui l'interrogea du regard.


Lily Luna Potter ne connaissait la Serdaigle qui venait de quitter la classe que de vue. Il fallait dire que la seule personne qu'elle connaissait vraiment dans cette maison et qui était de son année, c'était Lysander Scamander, et elle n'avait pas énormément d'affinités avec ce garçon.

Il la mettait littéralement mal à l'aise, et c'était bien pire depuis l'épisode du Poudlard Express. Comble de malchance, il avait fallu qu'il se retrouve assis juste derrière elle lors de ce premier cours. Il s'en était fallu de peu que ce soit Hugo et Lorcan, mais il semblait que le frère de ce dernier ait été beaucoup plus rapide pour se glisser derrière elle. Sa présence ne dérangeait pas Leane qui s'arrangeait pour lui prendre ses notes dès qu'elle en avait besoin, mais Lily...

Lily sentait ses yeux se promener sur son dos, et elle n'avait qu'une envie, qu'il cesse de poser le regard sur elle. Elle ne parvenait pas à comprendre ce que Lysander lui voulait réellement, quel était le fond de sa pensée, et ça la rendait folle. Si bien qu'elle finit par se retourner vers lui :

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle sèchement.
- Il te plaît, non ? interrogea à son tour Lysander sans prêter attention à sa question.
- Quoi ? Qui ? fit Lily, déconcertée, rougissant jusqu'aux oreilles lorsqu'elle comprit qu'il parlait de son frère jumeau installé avec Hugo deux rangées sur la droite.
- Ne fais pas l'idiote, Lily, dit-il avec une voix tranquille qui procura à Lily un drôle de frisson. C'est assez flagrant, tu sais. Il n'y a que lui pour ne rien remarquer, continua-t-il doucement en haussant les épaules, les yeux dans le vague.

Lily ne savait plus comment réagir à ce que venait de lui dire Lysander. Devait-elle tout nier en bloc et jouer la jeune fille indignée, accusée à tort d'un crime qu'elle n'avait pas commis, ou simplement lui faire promettre de se taire sur ce qu'il avait vu ? Lysander posa à nouveau les yeux sur elle en paraissant réfléchir, son menton posé au creux de sa main gauche, le coude posé sur la table.

- Je ne dirais rien, Lily. Tu peux me faire confiance pour garder ton secret.
- Je... d'accord, finit-elle par dire. Tu...

La jeune fille ne savait comment s'y prendre pour poser la question qui lui brûlait les lèvres. Si Lysander savait ce qu'elle ressentait pour Lorcan, il pouvait peut-être l'aider à le séduire.... Après tout, hormis Hugo, la personne qui le connaissait le mieux était sans doute son frère jumeau ! Elle n'aurait qu'à mettre de côté la sensation de malaise qu'elle éprouvait à son contact pour glaner quelques infos sur le garçon qu'elle aimait ! Un sourire crispé s'étala sur les lèvres de la petite rousse :

- Tu m'aiderais... à savoir ce dont j'ai besoin sur lui ?
- Je ne suis pas vraiment le mieux placé pour ça depuis qu'on est entré à Poudlard, répondit le jeune homme avec une pointe d'amertume.
- Mais... Tu as forcément quelques tuyaux ! Tu sais ce qu'il aime, ce qu'il déteste, son style de fille...
- Plus ou moins, mais peut-être que ton cousin pourrait t'aider plus que moi, tu ne crois pas ?

Lily réfléchit un instant, jetant un œil vers son cousin qui s'amusait à faire voltiger sa plume d'oie qui effectuait des trajectoires dans l'air tout en formant des mots qui s'adressaient à deux filles de Serdaigle. Elle adorait Hugo, vraiment... Mais si elle lui demandait de l'aide directement pour ce genre de choses, soit il lui rirait au nez, soit il finirait par tout balancer à Lorcan dans une gaffe monumentale.

- Non. Tu vas m'aider, oui ou non ? trancha-t-elle.
- Je verrais ce que je peux faire, répondit le jeune homme avec un sourire qui soulevait à peine ses lèvres. Je serais dans le parc après les cours, tu n'auras qu'à m'y rejoindre. Je serai près du grand chêne.
- D'accord... Alors, tu vas m'aider ? répéta Lily, incertaine.
- Ce n'est pas ce que tu m'as demandé ? rétorqua-t-il en haussant un sourcil.
- Oui, mais... Pour quelle raison tu m'aiderais ? On n'est même pas amis tous les deux.
- C'est vrai, mais j'aime bien ton sourire quand tu es avec lui. C'est un sourire que j'aimerai te voir garder, c'est tout.

Et sur cette phrase, Lysander s'attela à reprendre des notes, les passant de temps en temps à Leane qui paraissait avoir tout entendu de la conversation. Celle-ci, voyant que Lily avait gardé la bouche légèrement entrouverte en se retournant glissa doucement sa main sous le menton de la jeune fille.

 

Nous sommes imprévisibles, incompréhensibles by Lyssa7
Author's Notes:

Bonjour ! Me revoilà avec la suite de cette fiction qui vous plaira, je l'espère !

Chapitre assez léger par moments, moins à d'autres. En tout cas, c'est l'un de ceux que j'ai préféré écrire pour l'instant !

Roxane-James et Roberts seront contentes d'y retrouver Lysander et Lily ! ;) Seule Molly n'est pas présente de son point de vue, mais elle le sera de celui de sa soeur, Lucy, plus manipulatrice que jamais !

A bientôt !

EDIT : chapitre relu et corrigé !

" Nous sommes imprévisibles, incompréhensibles. Nous tentons simplement de survivre les uns avec les autres en forgeant notre propre carapace !" Rose Weasley.


2 septembre 2023 : 16h
Parc de Poudlard


La première journée de cours venait de se terminer, et Roxane Weasley avait suivi ses amis dans le parc de Poudlard pour se détendre un peu avant de rentrer dans la salle commune pour réviser. La dernière année s'annonçait difficile et les professeurs n'avaient pas lésiné sur les devoirs pour le lendemain. Avec un léger bâillement, la jeune femme leva les bras, les plaçant derrière son cou pour s'étirer les muscles endoloris par toute une journée sur une chaise en bois.

- Je suis déjà éreintée et nous n'en sommes qu'à la première journée, se plaignit-elle avec un petit soupir.
- A quoi est-ce que tu t'attendais ? répliqua Peter Nott en lui jetant un coup d'oeil moqueur. Nous sommes en septième année et nous passons nos ASPICS dans huit mois, il faut bien qu'ils nous mettent la pression ! Et puis, tout le monde n'a pas la chance d'avoir tes capacités, Weasley !
- C'est vrai, confirma Maxence Stuart avant qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. Il te suffit d'ouvrir un livre et de le lire une seule fois pour en mémoriser le contenu, c'est injuste pour le commun des sorciers ! s'écria-t-il, se retenant de rire.
- Heureusement ! fit Roxane avec une moue boudeuse. Je n'aurais sûrement pas survécu autrement !

Bien que la jeune femme se sentait bien à Serdaigle depuis qu'elle y était entrée en première année, elle savait parfaitement qu'elle n'était pas aussi studieuse que ses camarades et n'avait aucun besoin qu'on le lui rappelle ; elle n'avait pas leur goût de la connaissance et de la réflexion, même si son intelligence n'était plus à prouver depuis longtemps. Roxane préférait buller sur les sofas ou entamer une longue partie d'échecs avec Maxence qu'elle battait presque à chaque fois, ou encore se prélasser en lisant l'un de ces romans policiers moldus qu'elle affectionnait tout particulièrement depuis que Mary lui en avait prêté un exemplaire.

Si elle n'avait pas eu ce don de mémoire, peut-être que le choixpeau l'aurait envoyée à Gryffondor avec Rose et Albus... Elle secoua la tête, se disant qu'elle préférait encore subir les remarques acides de Nott plutôt que la gentillesse sirupeuse de la rouquine ou le calme olympien du fils de Harry Potter. De toute façon, elle n'était pas forcément courageuse, ni très loyale, Roxane.

Alors où le choixpeau l'aurait-il envoyée ? Poufsouffle ? Non, se raisonna-t-elle. Elle ne serait pas tombée aussi bas ! Serpentard ? Après tout, Roxane avait de l'ambition et préservait férocement ses intérêts... D'ailleurs, le choixpeau magique avait longuement hésité... Voilà bien une chose qu'elle ne dévoilerait jamais, et surtout pas à Peter Nott qui serait trop content de l'utiliser contre elle !

Et puis, Roxane ne ressemblait pas à Lucy, malgré ses nombreux défauts. Elle tenait à ses amis même si elle avait une drôle de façon de le montrer parfois ; et si elle ne l'aurait jamais avoué consciemment, elle aurait tout donné pour eux. Même pour Nott s'il avait été en difficulté, s'avoua-t-elle à contrecœur, une petite grimace effleurant sa bouche aux lèvres brunes et ourlées.

Peter Nott faisait partie de son groupe d'amis, qu'elle le veuille ou non. D'ailleurs, il ne lui semblait plus aussi insupportable qu'auparavant. Peut-être qu'il avait mûri, ou peut-être que c'était elle. Peu importait, ils entamaient leur dernière année à Poudlard et il était temps qu'ils mettent de l'eau dans leur vin. Tous les deux. A la fin de l'année, elle n'entendrait plus jamais parler de lui, et c'était très bien comme cela ! se dit-elle, se donnant ce qu'il fallait de courage pour ne pas l'étrangler alors qu'il reprenait la parole de sa voix légèrement grave et aux accents lents.

Comme Roxane tournait la tête pour échapper au yeux noirs de Peter qui s'étaient posés sur elle, la jeune femme haussa les sourcils, intriguée de voir Lily Potter rejoindre Lysander Scamander.


Lily Luna Potter tira sur le pull beige qu'elle venait de revêtir rapidement avant de rejoindre Lysander Scamander. Elle avait toujours été plus sensible au froid, et la brise qui s'était levée en ce premier jour de septembre était particulièrement fraîche. Elle allait devoir oublier jusqu'au printemps les chemises remontées au-dessus du nombril et s'emmitouflait dans sa cape noire aux liserés rouge et or ; bientôt, elle devrait même laisser de côté ses bandanas fleuris pour des bonnets en laine. Comment pourrait-elle séduire Lorcan si elle n'avait plus aucun atout féminin dans sa manche ? se lamenta-t-elle intérieurement. Déjà qu'il la confondait presque avec Hugo...

- Salut... dit-elle en se laissant tomber à deux mètres de Lysander qui avait à peine relevé les yeux lorsqu'elle était arrivée. Tu m'avais dit... de venir après les cours et...

En plus de ne pas se sentir très à l'aise en sa présence, Lysander ne faisait rien pour arranger les choses et la considéra plusieurs secondes avant d'enfin ouvrir la bouche :

- Excuse-moi, je réfléchissais à ce que je venais de lire, s'excusa-t-il doucement, ses yeux bleus dans le vague reprenant soudainement conscience qu'elle était face à lui. Ce livre d'Enchantement est vraiment incroyable, si tu veux que je te le prête un de ces jours...
- Lysander ! le coupa Lily, se tordant les doigts à l'idée de discuter de ses sentiments avec lui. Je suis là pour une raison bien précise et je n'ai aucune envie de t'entendre parler de bouquins, d'accord ?
- Je sais, je voulais simplement faire la conversation, déclara le jeune homme en haussant les épaules. Mais si tu veux mettre cartes sur table, allons-y et dis-moi ce que je peux faire pour toi, Lily !

La jeune fille parut prise au dépourvu, ne sachant pas comment réagir face au regard légèrement blessé de Lysander. Lily n'avait pas été très diplomate sur ce coup-là : elle lui réclamait de l'aide, il acceptait bien gentiment, et elle ne lui laissait même pas le temps de placer un mot. Il aurait très bien pu refuser, la laisser en plan au pied du grand chêne avec ses élans amoureux ridicules...

- Je suis désolée ! finit-elle par dire, plantant ses yeux noisette en amande dans ceux bleu clair de Lysander. Je suis... un peu stressée de parler de ça avec quelqu'un d'autre que Leane, avoua-t-elle, jouant tout à coup avec l'ourlet de son pull.
- Tu ne devrais pas, répondit-il avec un sourire doux où toute trace de ressentiment avait disparu. Je l'ai remarqué depuis presque deux ans. Tu te rappelles de ce Noël que nous sommes venus passer au Terrier ? demanda-t-il, son sourire s'élargissant alors que Lily rougissait furieusement.
- Tu le sais depuis tout ce temps ? Mais je n'étais même pas sûre de mes sentiments à cette époque là ! s'exclama-t-elle, ses yeux n'osant plus s'attarder sur lui. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- Tu es déjà mal à l'aise en ce moment, imagine si je te l'avais dit deux ans auparavant alors qu'on venait d'avoir quatorze ans ! répliqua-t-il, un rire discret s'échappant de ses lèvres fines. De plus, je reste persuadé que tu es assis à côté de moi en ce moment seulement parce que tu penses que je peux t'aider avec mon frère. Je n'ai pas raison ?

Comment faisait-il pour lire à ce point en elle ? Ce garçon était un mystère. Trop calme, trop sérieux, trop doux, trop... Elle ne savait jamais comment réagir avec des personnes comme lui. Son frère, Albus, était un peu comme Lysander si bien qu'elle n'arrivait pas vraiment à s'entendre avec lui, préférant depuis sa plus tendre enfance la compagnie de son frère aîné, James Sirius Potter, qui ne mâchait jamais ses mots même s'il paraissait parfois trop sûr de lui. Oui, Lily Luna Potter avait toujours préféré s'entourer de gens qui disaient ce qu'ils pensaient sans faire de sous-entendus, qui ne l'observaient pas avec insistance comme le faisait maintenant Lysander.

- Je... Nous n'avons pas vraiment d'affinités, répondit-elle d'un ton un peu gêné. Je suis certaine que tu es quelqu'un de bien, Lysander, mais tu...
- Je te mets mal à l'aise, j'avais compris, la coupa-t-il avec ce même sourire doux. Bon... Tu veux savoir ce qui plaît à Lorcan en termes de filles, n'est-ce pas ?

Lily hocha la tête, soulagée qu'il s'éloigne de cette conversation très gênante. Lysander sembla réfléchir pendant quelques secondes avant de reprendre :

- Tu devrais l'ignorer pendant quelques temps, lâcha-t-il soudain.
- Quoi ? Mais...
- Écoute, Lorcan est quelqu'un qui aime les défis, non ? On dit souvent qu'on est attiré par ce que l'on ne peut pas avoir, et toi... Tu es bien trop intéressée par lui pour qu'il te remarque, tu comprends ?
- J'essaie... fit lentement Lily.
- Donc... Éloigne-toi de lui. Vois d'autres garçons, flirte un peu, ne lui accorde plus autant d'attention qu'avant, et il finira par se rendre compte de ton potentiel.
- Mais... je n'ai aucune envie de flirter avec d'autres garçons ! s'écria-t-elle, indignée.
- Je ne t'ai pas dit de sortir avec quelqu'un d'autre, Lily... soupira Lysander, son sourire toujours au coin des lèvres. Fais simplement semblant, tout ce qui compte c'est que tu le laisses de côté pendant quelques temps, que tu éveilles son intérêt et il viendra de lui-même, tu peux me croire.
- D'accord... dit Lily en se grattant la tête, surprise du tour que prenait la discussion. Ensuite, il viendra vers moi et je pourrais être avec lui ? demanda-t-elle, pleine d'espoir malgré tout.
- Non... la contredit Lysander, son sourire s'agrandissant de plus en plus.
- Tu as dit que... tu... balbutia la jeune fille, comprenant de moins en moins ce qu'il tentait de lui expliquer. Tu as dit qu'il viendrait vers moi ! Qu'est-ce qui m'empêchera d'être avec lui à ce moment-là ?

Lysander eut un sourire malicieux, ses lèvres fines se retroussèrent et ses yeux bleus pétillèrent. Lily secoua la tête, perdue. Elle ne comprendrait jamais ce garçon ! pensa-t-elle en le considérant alors qu'il continuait :

- Fais le mariner un peu... Tu l'as attendu pendant deux ans, il peut très bien attendre deux mois ! dit-il doucement en s'apprêtant à se lever. Ce ne sont que des conseils Lily, tu n'es pas obligé de m'écouter, finit-il par dire en ramassant le livre d'Enchantement resté au sol pendant leur conversation.
- Je sais... soupira Lily. Mais c'est le meilleur conseil qu'on m'ait donné alors...

Lily repoussa une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux.

- C'est aussi le seul, en fait. Merci, Lysander. Vraiment.

Le jeune homme lui adressa une dernière fois son éternel sourire avant d'acquiescer et de s'éloigner. Il croisa justement la route d'Hugo Weasley qui se dirigeait vers sa cousine, en compagnie de Lorcan et Leane, riant à l'une des blagues de son frère jumeau.


Hugo Weasley fut assez étonné de croiser la route de Lysander, ayant remarqué qu'il venait de discuter avec Lily, mais il n'en montra rien. Il ne salua même pas le Serdaigle qui s'éloignait, un énième livre à la main.

Lysander était un mystère pour lui, comme pour beaucoup d'autres. Comment pouvait-on tant aimer lire qu'on ne prenait le temps de rien d'autre ? Lysander était tellement dans les nuages par moments que c'en était déroutant ! Même s'ils étaient jumeaux, Lysander avait bien plus de ressemblances avec Luna Lovegood Scamander que Lorcan qui avait récupéré les traits de caractère de son père, Rolf Scamander. Lorcan était un fonceur, un aventurier dans l'âme et ne reculait devant rien ! pensa Hugo en reprenant son souffle après une blague de son ami sur le quidditch.

- Qu'avez-vous prévu de faire ce soir ? interrogea innocemment Leane en fixant étrangement Hugo.
- Rien de particulier ! répondit précipitamment Hugo, trop rapidement pour être crédible car la jolie blonde haussa un sourcil menaçant, s'arrêtant un instant à quelques mètres de Lily pour que la rousse n'entende pas.
- Ne me prends pas pour une chouette, Hug' ! chuchota la jeune fille, mécontente. Lorcan ! fit-elle en se tournant soudain vers le jeune homme qui sursauta. Dis-moi immédiatement ce que vous avez prévu de faire ce soir ! ordonna-t-elle, à présent furieuse.
- Ne lui dis rien du tout ! murmura Hugo en fronçant les sourcils, jetant à son ami un regard appuyé.

Hugo n'avait jamais aimé le ton que prenait Leane quand elle l'interrogeait sur ses incartades si elle jugeait qu'il allait trop loin. D'autant plus qu'elle n'était pas étrangère à la plupart d'entre elles ! Après tout, qu'est-ce que ça changeait qu'il aille dans les serres plutôt que de parcourir les couloirs à la recherche de nouveaux passages secrets, hein ?

On aurait presque pu penser à sa mère lorsqu'elle le fixait ainsi, de ses grands yeux océan qui tournait à l'orage, si bien qu'il était presque certain d'y avoir déjà vu des éclairs. Par Merlin, c'était sa meilleure amie, elle était censée le soutenir pas le réprimander ! D'ailleurs, comment avait-elle pu savoir ce qu'il avait prévu le soir-même ?

Lorcan, voyant la conversation dégénérer, ne demanda pas son reste et alla se réfugier près de Lily qui l'accueillit avec un sourire.

- Hugo Arthur Weasley ! fit la jeune fille, les mains sur les hanches.
- Tu devrais arrêter de prendre cet air outré, Lea ! répliqua Hugo, le bout de ses oreilles commençant à chauffer dangereusement alors qu'il se rapprochait de la jeune fille pour que Lily, qui n'était qu'à quelques mètres et qui parlait de quidditch avec Lorcan, n'entende pas leur conversation.
- Et pourquoi donc ? Tu sais très bien ce que je pense de cette plante et des effets qu'elle produit !
- On dirait ma mère ! cracha Hugo, le visage aussi rouge que le bout de ses oreilles à présent.
- Merci ! rétorqua Leane à voix basse. C'est un vrai compliment, figure-toi !

Excédé, Hugo se détourna de la jeune fille pour rejoindre sa cousine et Lorcan, s'affalant sur l'herbe en boudant. Leane alla s'asseoir à sa droite et prit un malin plaisir à lui présenter son dos. Cette fille était une plaie par moments ! pensa rageusement Hugo en lui lançant un regard mauvais. Trop en colère pour s'engager dans la discussion entre Lily et Lorcan, Hugo reporta son regard au loin. Près du lac, sa soeur semblait se disputer avec Scorpius Malefoy. Belle journée pour s'engueuler ! songea Hugo en poussant un soupir.


Rose Weasley bouillonnait de décoller une gifle à Scorpius Malefoy. Ce salaud décoloré l'aurait bien mérité ! pensa-t-elle avec colère alors qu'elle hurlait littéralement sur lui :

- Tu te rends compte, pauvre idiot, que cette petite fille de onze ans est venue me voir en pleurant toutes les larmes de son corps et qu'elle avait l'air traumatisée ! Tu lui as donné une colle de deux heures et quinze points en moins seulement pour un retard de quinze minutes le premier jour ?! Quinze minutes, Malefoy ! Alors qu'elle s'est sans doute perdue, sombre imbécile !
- T'as fini, Weasley ?

Au contraire de Rose qui tremblait de fureur, Scorpius Malefoy paraissait simplement ennuyé. Ce qui décupla par cent la colère de la jeune femme, si c'était encore possible !

- Tu comprends au moins ce que je te dis ?! T'es vraiment un...
- Quoi ? Qu'est-ce que je suis, Weasley ? rétorqua froidement Scorpius.

Il avait rattrapé son poignet alors qu'elle s'apprêtait à le gifler. A présent, il était bien trop proche d'elle... songea-t-elle, troublée malgré elle. Elle pouvait presque sentir son souffle sur sa joue, il n'aurait qu'un seul geste à faire pour toucher ses lèvres...

Rose tenta de dégager son poignet mais la poigne de Malefoy était si serrée qu'elle lutta sans succès pendant plusieurs dizaines de secondes, sous le sourire narquois du jeune homme.

- Lâche-moi ! finit-elle par dire en le fusillant du regard, ses joues remplies de tâches de rousseur rougissantes de honte.
- Sinon quoi ? s'enquit-il d'un ton doucereux. Je dois avouer que j'aime particulièrement te voir te débattre ainsi, Weasley...
- Lâche-moi ou je hurle ! répéta Rose, tremblant de tout son corps tandis qu'elle tentait une deuxième fois de le gifler de son autre main.

Mais Scorpius Malefoy fut plus rapide et d'un mouvement souple, il lui emprisonna les deux poignets. Un gémissement de frustration échappa des lèvres de Rose alors qu'elle l'affrontait du regard.

- Si tu ne me lâches pas, articula-t-elle calmement. Je jure que tu ne pourras plus jamais engendrer ! le menaça-t-elle, levant dangereusement le genou vers son bas ventre.
- C'est d'accord, Weasley, si tu promets de ne pas me gifler, ni de me castrer, ironisa-t-il, ses yeux gris luisant d'une lueur qu'elle avait du mal à définir.

Était-ce du désir ? Rose se sentit mal, presque malsaine de ressentir une attirance envers lui alors qu'il venait de la violenter. Prenant conscience de ce fait, la jeune femme sentit ses yeux se remplir de larmes. Oh, non ! pensa-t-elle, désespérée. Il ne manquait vraiment plus qu'il me voie pleurer !

Pourtant, Scorpius Malefoy n'en profita pas pour la rabaisser. Il paraissait particulièrement surpris et relâcha la pression de ses mains sur ses poignets. Rose saisit l'occasion pour se libérer de son emprise et se détourna de lui, partant presque en courant d'une démarche très loin d'être digne.

A l'entrée du château, Albus Potter et ses deux amis discutaient en attendant qu'elle règle le problème avec Malefoy. Heureusement que son cousin n'avait rien vu !


Albus Potter ne cessait de jeter des coups d'oeil en direction du parc, à l'endroit même où était assise Stella Dubois, entourée de ses amis comme d'habitude. Franck posa une main sur l'épaule de son meilleur ami, compatissant :

- Allez oublie-la, Al ! Tu sais qu'il y a plein d'autres jolies filles à Poudlard ? Si tu veux, je peux demander à Samantha Crews si elle a une amie...
- C'est pas parce que t'es un coureur de jupons qu'Albus va en devenir un ! le coupa Jane en croisant les bras. C'est à Stella qu'il s'intéresse, pas à une autre de tes poupées sans cervelle !
- Alors tu conseilles quoi, miss super plan ? Qu'il se morfonde jusqu'à la fin de l'année pour une fille qui n'en a rien à foutre de lui ?
- Qu'est-ce que t'en sais qu'elle se fiche de lui ? Tu lis dans les pensées maintenant, Finnigan ?!

Albus se fit violence pour intervenir entre ses deux amis puis jugea qu'après tout, leurs disputes pouvaient se révéler divertissantes. Surtout lorsqu'on avait pas le moral ! pensa-t-il avec amertume en repensant à sa rencontre du matin avec Stella. De toute façon, il n'avait pas la force de les séparer.

- Tu sais que t'es vraiment chiante, Thomas ? J'exprime mon avis, j'en ai encore le droit ! s'exclama Franck en levant les yeux au ciel, exaspéré. Non mais c'est dingue de réussir à supporter quelqu'un comme toi depuis aussi longtemps que moi !
- Je peux dire exactement la même chose, pauvre type !
- Fermez-la vous deux et disparaissez ! ordonna Rose en arrivant devant eux.
- Rose... tentèrent de s'excuser les deux amis en se tournant vers elle dans un même mouvement.
- Je veux juste un peu de calme, c'est trop demandé ? lâcha la jeune femme, visiblement perturbée après la discussion qu'elle avait eue avec Malefoy. S'il vous plait, allez régler vos comptes ailleurs !

Pour une fois, Jane et Franck n'y trouvèrent rien à redire et partirent tous les deux dans la même direction, ayant du même coup oublié leur dispute futile. Albus se tourna vers sa cousine, fronçant les sourcils avec inquiétude. Stella était passée au second plan lorsqu'il avait remarqué l'air plus que contrarié de Rose. Bien entendu, il était conscient que Rose et Malefoy n'allaient pas travailler ensemble sans anicroches mais... Il ne voulait pas que Rose retombe dans le piège dans lequel elle était tombée en troisième année alors qu'elle n'avait que treize ans.

Heureusement, elle s'en était sortie mais Rose restait une jeune femme fragile malgré les apparences qu'elle voulait bien se donner, il le savait. Si Malefoy osait faire quoique ce soit à Rose... Repoussant ses idées noires, Albus posa une main sur le bras de sa cousine dans un geste protecteur.

- Tout va bien, Rosie ? Si Malefoy t'as fait quelque chose...
- Je vais bien, répondit-elle sans le regarder.
- Rose...
- Je te dis que ça va, Al ! répéta-t-elle d'un ton sec alors qu'il la considérait avec étonnement. Je vais à la bibliothèque, d'accord ? On se voit plus tard !

Et Rose s'empressa de monter les escaliers, le laissant en bas des marches de l'entrée du château. Bon... Ce ne doit pas vraiment être mon jour, aujourd'hui ! songea-t-il, un peu morose. De toute manière, il fallait qu'il dépose sa lettre pour ses parents à la volière comme tous les ans, le premier jour de l'année. C'était une tradition chez les Potter depuis que James avait fait son entrée à Poudlard.

Quand il pénétra dans le hall de Poudlard, il remarqua ses deux cousines, les sœurs Molly et Lucy Weasley, en pleine altercation. Décidément, c'est la journée ! songea-t-il, ironique tandis qu'un petit sourire triste s'affichait sur ses lèvres.


Lucy Weasley jubilait. Cela faisait tellement longtemps qu'elle attendait ce moment ! Voir la tête de Molly après ce qu'elle venait de lui annoncer valait son pesant de gallions, c'était certain !

- Qu'est-ce que tu racontes ? interrogea Molly en remontant ses lunettes automatiquement, les mains tremblantes à la fois de colère et d'angoisse.
- Molly, ma chère Molly, je ne raconte rien, je t'énonce un fait ! Tu devrais le savoir, toi qui est si à cheval sur les termes, n'est-ce pas ? objecta Lucy d'un ton qui n'admettait aucune réplique. Je sais ce que TU as fait... Rien ne m'échappe à Poudlard, tu n'as pas oublié ?
- Tu n'as aucune preuve ! répliqua Molly avec force, essayant de faire bonne figure alors que son visage disait le contraire, passant de la pâleur à la rougeur caractéristique des Weasley en un quart de seconde.
- Oh, Molly... Tu ne crois tout de même pas que je m'abaisserais à te le dire si je n'étais pas certaine de le prouver ? Tu as tellement de choses à apprendre, soeurette... sussurra-elle à voix basse d'un ton triomphant.

Lucy attendit quelques secondes que ses paroles fassent effet sur sa sœur, qu'elle comprenne qu'elle avait toutes les cartes en main pour la mettre plus bas que terre. Mais pas maintenant... Ce serait bien meilleur de voir Molly trembler de peur à l'idée qu'elle la dénonce...

Elle n'en dormirait plus de la nuit, se rongeant les sangs jour après jour... Oui, Lucy attendrait le bon moment, le moment opportun. Lorsque Molly se croirait à l'abri, qu'elle penserait qu'elle l'avait oublié, qu'elle ne serait finalement pas capable d'aller voir McGonagall, elle abattrait sa dernière carte.

- Rassure-toi, je ne dirais rien. Du moins, pour l'instant !
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Molly d'un ton qui trahissait son angoisse.
- Je ne veux rien d'autre que ton avenir entre mes mains, Mollynette ! persifla Lucy, mauvaise. Par chance, je n'ai rien eu à faire, tu l'as saboté toi-même ! Tu peux commencer à t'inquiéter, grande sœur !

Le visage décomposé de Molly arracha un sourire de contentement à Lucy. Et d'une ! se dit-elle, ses yeux se plissant de perversité tandis qu'elle traversait le hall pour rejoindre les cachots. De l'autre côté du hall, au même moment, Fred Weasley pénétrait dans l'infirmerie.


Fred Weasley ne savait pas réellement ce qui lui avait pris de venir à l'infirmerie. Cette fille, Elena Sweet, il ne l'appréciait même pas. Elle avait juste titillé sa curiosité... Et puis, peut-être qu'il se sentait coupable. Comme si sa soudaine quinte de toux était sa faute... pensa-t-il en fronçant les sourcils. Non, il n'avait pas à éprouver la moindre culpabilité, cette fille avait répondu à ses attaques ! Elle l'avait provoqué ! Alors pourquoi était-il là, à vouloir s'excuser et demander de ses nouvelles ? C'était ridicule !

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Melissa Sanders était soudainement apparue devant lui, visiblement surprise de le trouver là. Elle croisa les bras après l'avoir observé quelques secondes, se mettant face à lui comme si elle tentait de s'interposer, l'empêchant de se diriger vers le fond de la pièce.

- Je t'ai posé une question ! insista-t-elle de sa voix au timbre trop aigüe au goût de Fred.
- Je suis venu voir comment elle allait, répondit-il finalement en haussant les épaules.
- Tu en as assez fait, Fred Weasley ! affirma la jeune fille, l'observant toujours par-dessus ses lunettes rondes. De toute façon, elle dort, elle a besoin de repos !
- Elle... va bien ?

C'était presque irréel pour lui de poser cette question. Il lui semblait que cela faisait des lustres qu'il ne l'avait pas demandé, pour qui que ce soit. Habituellement, il s'en foutait cordialement du bien-être des autres, tout comme du sien d'ailleurs. Et puis, qu'est-ce qu'il venait faire là alors qu'il aurait pu profiter de ce moment où personne ne venait lui prendre la tête ? T'es vraiment masochiste, mon pauvre Fred ! se dit-il intérieurement. Et pour une fille que tu n'as rencontré qu'hier, par-dessus le marché !

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? interrogea Melissa en fronçant les sourcils, suspicieuse.
- Écoute... Je ne voulais pas que... Enfin, je ne savais pas que...
- Que rien du tout, Weasley ! le contra-t-elle brusquement. Elle ne s'est pas senti bien, c'est tout d'accord ? Alors casse-toi d'ici ! lui ordonna-t-elle en lui désignant la porte.

Fred ne comprenait pas le comportement de Melissa Sanders. De la petite intello aimable et bonne copine, elle était passé au garde du corps féroce et désagréable, ce qui attisa encore plus sa curiosité. Pourtant, il ne chercha pas à passer outre l'amie d'Elena Sweet et sortit de l'infirmerie, se disant qu'il aurait le temps de découvrir ce que pouvait bien cacher la jeune fille.

 

End Notes:

Rassurez-vous, Molly sera de retour dès le début du prochain chapitre et vous en saurez plus sur ce qu'elle a fait ! ;)

Nous nous raccrochons à ce que nous pouvons, à ce que nous avons by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour ! Me revoilà avec ce nouveau chapitre que j'ai écrit plutôt rapidement. Je ne sais pas s'il en sera de même pour les suivants, par contre...

Dans ce chapitre, il manque simplement Lily car il n'y avait pas d'intérêt à ce qu'elle soit présente ! ;)

Vous découvrirez le secret de Molly qui risque de faire des éclats s'il est révélé au grand jour... (Des fois, je regrette un peu d'être aussi méchante avec mes personnages, mais bon ça ne dure qu'une seconde ! ;) ) Plus sérieusement, j'adore Molly et je vous promets que ça ira pour elle... à peu près !

Bonne lecture et à bientôt !

" Parfois, nous nous raccrochons à ce que nous pouvons, à ce que nous avons. Et nous nous laissons simplement porter par les événements. Parce qu'il n'y a que ça à faire..." Molly Weasley.

Couloir du quatrième étage
2 septembre 2023 : 20h


Molly Weasley eut un frisson tandis qu'elle ouvrait la porte de la salle des archives, regardant de chaque côté du couloir si quelqu'un venait. Il ne fallait pas qu'on la voie ici, surtout pas, pensait-elle, un nœud se formant dans son estomac à l'idée qu'on découvre ce qu'elle avait fait ou ce qu'elle était entrain de faire.

Mais la jeune femme n'avait pas à s'inquiéter, pour le moment tout le monde se trouvait dans la Grande salle, attablé pour le dîner qui était sûrement apparu sur les tables depuis quelques minutes. Même Lucy ne manquerait le repas pour rien au monde malgré son appétit d'oiseau. A la pensée des mets savoureux qui devaient être sur les quatre tables, l'estomac de Molly se tordit. Tant pis, elle ne pouvait pas se permettre de répondre à ce besoin primitif de nourriture, ce qu'elle s'apprêtait à faire était bien plus important !

Molly rangea la petite clé dont elle s'était servi pour ouvrir la porte de la salle. Le poste de préfète offrait tout de même quelques avantages... Avantages dont elle n'avait pas hésité à se servir en cinquième année après avoir passé ses BUSES.

A ce souvenir douloureux, la jeune femme s'empressa de se diriger vers le tiroir où était rangé les dossiers scolaires de tous les élèves de la période 2017-2023. Contrôlant sa main qui ne cessait de trembler depuis qu'elle avait eue cette discussion avec Lucinda, Molly ouvrit le tiroir et prit la pile de dossiers, à la recherche du sien.

Elle devait le faire disparaître. Il ne fallait surtout pas que Lucy ou l'un de ses sbires mettent la main dessus ; pire, si Minerva McGonagall découvrait ce qu'elle avait fait, elle risquait le renvoi définitif de Poudlard, peut-être même que le Ministère de la magie prendrait en main l'affaire...

" Non..." Gémit-elle, ne trouvant pas son nom parmi tous ceux de ses cousins.

Les journalistes de la gazette s'emparerait de son histoire, trop content de mettre à jour l'incroyable fraude de Molly Weasley, la fille de Perceval Weasley, fonctionnaire haut placé du Ministère ! Elle voyait le visage de son père, sa déception lorsqu'il saurait que sa brillante fille avait falsifié ses examens ; le rictus de Lucy, trop heureuse d'avoir pris sa revanche sur elle ; les messes basses de ses cousins et cousines. " Non, mais tu t'imagines ! Elle a carrément falsifié ses notes !"

Tricheuse, menteuse, fraudeuse ! Les termes pour la désigner seraient loin d'être flatteurs. Elle serait exclue de la communauté sorcière, condamnée à rejoindre le monde moldu. Elle se voyait déjà dans un vieux bar mal famé à servir des verres de bière à des joueurs de Toof, ou de Tofo elle ne savait même plus ! Portant la main à son crâne en essayant de se concentrer, la jeune femme tenta une dernière fois de remettre la main sur ce dossier.

Qu'est-ce qu'il lui avait pris ce soir-là ? Comment avait-elle pu croire qu'elle réussirait à garder ce secret ? Comment avait-elle pu penser que ce n'était que quelques Acceptables transformés en Effort Exceptionnel, rien de plus ? Pas de quoi fouetter un chat, s'était-elle dit pour se donner bonne conscience.

Molly n'avait que quinze ans. Elle avait pensé que son père serait fière d'elle et elle avait eu peur de sa réaction s'il savait qu'elle n'avait eu qu'un Acceptable en Défense contre les Forces du Mal et en Potions. Molly avait cédé à cette voix qui lui disait que les dossiers étaient au quatrième étage et qu'elle avait la clé de la salle des archives, qu'elle était préfète. Elle avait suivi ces recommandations illusoires qui lui affirmaient qu'elle n'aurait plus qu'à grimper les échelons ensuite, qu'elle serait la meilleure de sa promotion. Mais à présent... Tout ses espoirs s'étaient envolés, et le dossier avait disparu.

Comme si elle s'était brûlée, la jeune femme remit précipitamment les dossiers de ses camarades dans le tiroir et sortit de la salle en courant. Elle ne s'arrêta de courir que lorsque ses poumons furent en feu, ses lunettes de travers et ses cheveux en bataille. Alors, Molly se laissa glisser contre le mur froid et une larme de désespoir roula sur sa joue.

- Molly ? Quelque chose ne va pas ?"

La jeune femme releva les yeux sur le jeune homme qui venait de lui adresser la parole, prête à faire rejaillir toute sa frustration et ses peurs sur Samuel Dubois, l'idiot de Poufsouffle qui n'avait toujours pas compris qu'elle n'avait aucune envie de sa compassion et de son amitié.

Mais il s'agenouilla face à elle, l'air sincèrement inquiet pour elle et Molly ravala sa soudaine colère, se laissant envahir par une fatigue extrême. Après tout, si elle s'endormait dans ce couloir, elle serait habituée lorsqu'elle devrait dormir sous les ponts !

- Allez, lève-toi ! lui ordonna Samuel en lui prenant les mains pour l'aider à se relever.
- Dubois... T'es pitoyable ! fit-elle avec un petit ricanement peu convaincant.
- Ce n'est pas moi qui l'est en ce moment, répondit-il d'un ton ferme qu'elle ne lui connaissait pas. Je t'emmène à l'infirmerie, décréta-t-il alors qu'il l'avait remise sur pieds et que Molly se laissait traîner comme un pantin désarticulé.
- Laisse-moi ! soupira-t-elle d'un ton peu convaincant. Pourquoi tu fais ça, Dubois ? Je le mérite même pas, de toute manière ! Dit-elle d'une voix un peu plus forte en éclatant d'un rire sans joie.

Il ne répondit pas, se contentant de placer le bras de Molly sur son épaule et de la prendre par la taille, commençant à marcher dans le long couloir du quatrième étage. Pour une fois, la jeune femme se laissa faire, jetant un regard de reconnaissance à ce type collant qui s'était imposé comme son ami depuis leur quatrième année. Avant de fermer les yeux, Molly pensa à Lucy qui avait sûrement récupéré son dossier et qui devait se réjouir à l'instant même.


-Tu devais parler à Potter aujourd'hui, murmura Lucy à voix basse d'un ton empli de reproches en considérant Elisabeth McKenzie.
- J'ai été à la volière, il n'y était pas, répondit la jeune femme brune froidement. Il a dû y aller plus tôt cette année, c'est tout !

S'il y avait bien une chose que Lucy Weasley ne supportait pas, c'était que ses plans ne se déroulent pas comme elle l'avait prévu. D'autant que McKenzie semblait s'en foutre royalement ! Se retenant de pousser un cri de rage, Lucy rapprocha son visage de sa camarade.

- N'oublie pas notre arrangement, Elisabeth... fit-elle en utilisant volontairement son prénom afin de lui faire comprendre que c'était elle qui avait le pouvoir. Si tu décides de faire une croix sur notre projet...
- Non ! la coupa McKenzie d'un ton qui avait légèrement perdu de sa froideur. Tu peux compter sur moi, je finirais par approcher Potter. D'une façon ou d'une autre.
- Bien ! Et toi, Malefoy ?"

Lucy se tourna vers le blond qui ne paraissait pas leur prêter énormément d'attention, faisant tourner son verre de jus de citrouille entre ses doigts. Il releva les yeux à l'appel de son nom et son habituel sourire narquois refit surface.

- Tout se déroule selon nos plans, répondit-il à voix basse.

Pourtant, Lucy ne put s'empêcher de remarquer l'air ailleurs de Scorpius Malefoy, comme s'il oubliait volontairement de lui révéler quelque chose. La jeune femme fronça les sourcils, passa un doigt sur ses lèvres maquillés de rouge et frotta sa jambe contre celle du jeune homme sous la table.

- Tu es sûr que tu n'omets rien ? demanda-t-elle en passant sa langue sur ses lèvres. Tu sais que je serais très déçue si c'était le cas...
- Je te le dirais, affirma-t-il avec un sourire tout en répondant à son appel du pied, glissant sa main sous la table pour la mettre sur sa cuisse.

Grisée par la sensation de réchauffement qu'il lui procurait, Lucy ne posa pas plus de questions et grignota quelques morceaux de poulet avant de diriger son regard sur la table des Serdaigle où Roxane Weasley venait de jeter un verre d'eau sur Peter Nott, déclenchant des dizaines d'éclats de rire de part et d'autres de la Grande salle.


- Je t'interdis de m'insulter, Nott ! s'écria encore une fois Roxane Weasley, hors d'elle. Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Mary est ma meilleure amie depuis la première année !
- Je ne sais pas de quoi je parle ? répliqua le jeune homme en prenant la serviette que lui tendait Maxence Stuart. Tu te sers d'elle depuis le début, Weasley ! Et tu recommences tous les jours ! "Mary, apporte moi mon gilet ! Mary, passe-moi tes notes de Sortilèges ! Mary, remets-moi ma cravate !" fit-il en l'imitant délibérément, sous les regard figés de Stella et Maxence, et celui affligé de Mary. Tu te prends pour qui, "Princesse Roxie" ?
- La ferme ! rugit la jeune femme, ses joues métissées prenant une teinte pourpre alors qu'elle attrapait la cruche de jus de citrouille, prête à lui jeter au visage.
- Miss Weasley, Mr Nott ! intervint la voix de Minerva McGonagall du haut de l'estrade où mangeaient les professeurs. Cinquante points en moins pour Serdaigle, et deux heures de retenues pour régler vos problèmes ne seront pas de trop pour nous permettre de dîner en paix, je suppose ?

Roxane se rassit sur le banc en fusillant Peter Nott du regard, ses yeux ambrés lançant des éclairs. Comment osait-il dire qu'elle n'était amie avec Mary que par intérêt ? Elle aimait beaucoup Mary... C'était un peu comme son double, en moins bien évidemment, mais Mary était toujours là pour elle. C'était normal qu'elle lui rende de petits services, non ? C'était ainsi qu'on procédait entre amis, non ?

Roxane essaya de se calmer, souffla un bon coup et ignora les regards indignés de ses camarades de maison qui lui reprochaient ouvertement la cinquantaine de points en moins qu'elle leur avait fait perdre.

- Je vais manger plus loin, je ne voudrais pas que cette folle me poignarde avec son couteau à beurre ! dit Peter Nott en se levant pour s'asseoir une dizaine de mètres à l'écart.
- Bon débarras ! grogna Roxane en piquant un morceau de viande avec férocité.
- Écoute Roxane, je... je vais le rejoindre, d'accord ? déclara Maxence en se levant à son tour.
- Alors tu cautionnes ce qu'il a dit ?! s'exclama-t-elle, outrée.
- Je... On en parlera plus tard, répondit-il rapidement avant d'aller s'asseoir près de Nott.
- Et vous deux ? interrogea Roxane, emplie d'une colère sourde, tandis qu'elle considérait Stella et Mary d'un œil assassin.
- Vous avez vu ? Potter regarde encore par ici ! fit Mary, détournant la conversation de ce sujet très sensible.

Roxane grogna une nouvelle fois et reporta sa mauvaise humeur sur son repas, se jurant que Peter Nott ne s'en tirerait pas comme ça.


Albus Potter n'avait pas pu s'empêcher de glisser un regard vers Stella Dubois, contemplant son visage gracile, ses traits fins, ses lèvres qu'elle aimait mordiller, ses cheveux blonds qu'elle faisait rouler entre ses doigts. Son seul défaut, et encore il ne trouvait pas que c'en était un, était qu'elle rongeait ses ongles lorsqu'elle se sentait anxieuse. Une manie qui s'accentuait quand il était dans les parages, à son grand regret. Avec un soupir de résignation, le jeune homme détourna les yeux d'elle et se leva de table ; Rose en fit de même en prenant conscience que leurs rondes en tant que préfets allaient commencer.

- Je dois rejoindre Malefoy, dit sa cousine avec une grimace, loin d'être enchantée à cette idée. Tu es avec Alexia Perkins, non ? Lui demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- Ouais... Je vais passer deux heures à l'écouter parler de sa petite personne si parfaite, ironisa Albus en traînant le pas tandis qu'il passait la porte de la Grande salle.

Mais ce n'était pas Alexia Perkins qui l'attendait en compagnie de Scorpius Malefoy. Haussant un sourcil étonné, Albus échangea un regard avec Rose qui était aussi surprise que lui. Elisabeth McKenzie le considérait avec mépris, visiblement contrariée de se trouver là.

Albus ne connaissait pas du tout la jeune fille, hormis son nom issu d'une lignée prestigieuse de sang-pur ; elle était pourtant de son année. Il savait simplement qu'elle passait du temps avec Scorpius Malefoy ainsi qu'avec Lucy, et cela lui suffisait amplement pour qu'il ne cherche pas à en savoir plus.

Elle n'était pas laide, en conclut-il en l'observant du même regard glacial qu'elle lui lançait. Mais son air hautain lui enlevait clairement tout le charme qu'elle aurait pu avoir. A cet instant, McKenzie était figée dans une beauté glacée qu'il n'appréciait pas du tout : ses lèvres pulpeuses qui formaient une moue blasée, ce menton légèrement en pointe relevé dans une attitude désagréable de supériorité, et ses longs cheveux bruns bouclés qu'elle avait jugé bon de relever en un chignon aristocratique. Le seul détail qui lui conférait une sorte d'aura de séduction étaient ses grands yeux verts où l'on ne retrouvait pas cette froideur qui faisait partie intégrante d'elle ; ils brillaient d'une drôle de lueur qu'il n'arrivait pas à définir.

Un sourire carnassier avait étiré les lèvres de Malefoy en voyant Rose s'approcher. Albus passa un bras protecteur sous celui de sa cousine et toisa Scorpius dont le sourire s'agrandit un peu plus.

- Première ronde nocturne, Weasley. J'espère que tu es prête ?" s'enquit-il, et Albus discerna un sous-entendu dans sa voix qu'il ne parvint pas à comprendre.
- Allons-y et finissons-en ! marmonna Rose en dégageant son bras de celui de son cousin.
- On peut encore échanger, Rosie, chuchota Albus en se penchant vers elle.
- Ça ira, Albus ! répondit-elle en reprenant ce ton sec qu'elle avait eu en fin d'après-midi.

Rose s'éloigna en compagnie de Scorpius, le laissant seul avec Elisabeth McKenzie. Albus toussota, mal à l'aise, avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres :

- Où est Perkins ?
- Elle ne se sentait pas très bien, je la remplace pour la soirée, répondit la jeune femme en conservant ce ton sans émotions qui lui donnait envie de la secouer.
- Ah, d'accord, fut tout ce qu'Albus répondit tandis qu'il lui désignait l'escalier menant aux étages.

Albus n'avait pas l'intention de lui faire la conversation, et de toute façon elle n'avait pas l'air décidé non plus à ouvrir la bouche. Parfait ! Pensa-t-il en avançant un peu plus vite qu'elle, se demandant s'il pouvait la semer dans les couloirs. Il aurait presque préféré Perkins et ses divagations sur la mode sorcière... Agacé, il se demanda si Rose s'en sortait mieux que lui avec Scorpius Malefoy.


Rose marchait d'un pas rapide, essayant de mettre le plus d'espace entre elle et Scorpius Malefoy. Malheureusement, elle ne parvint pas à le laisser en arrière bien longtemps.

- Weasley ! l'appela-t-il en la rejoignant. Tu comptes m'expliquer ce qui t'as pris cet après-midi ?"

Elle s'apprêtait à lui demander de quoi il parlait, elle allait lui hurler qu'il était aussi responsable qu'elle de leur dispute de l'après-midi avant de se souvenir qu'elle avait failli se mettre à pleurer... et qu'il l'avait parfaitement remarqué avant qu'elle ne s'enfuie en courant. La jeune femme rougit de honte et continua à marcher. Si elle ignorait sa question, peut-être qu'avec de la chance, il laisserait tomber ? Idiote ! Se dit-elle aussitôt. C'est Scorpius Malefoy, il va passer son temps à te lyncher à cause de ça !

- Tu préfères que j'en parle ? la provoqua-t-il en la retenant par le bras.
- Je préfère que tu oublies et qu'on fasse ce qu'on doit faire sans s'adresser la parole, d'accord ? répliqua-t-elle en récupérant son bras d'un mouvement brusque. Et ne me touche pas, Malefoy !
- Très bien, soupira-t-il en laissant retomber sa main. Pourquoi tu pleurais ?

Rose se retourna vers lui, les mains sur les hanches et ses yeux bleus lançant des éclairs. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire le pourquoi du comment ? Il l'observait, semblant essayer de lire en elle, et elle se demanda à quel moment il se moquerait d'elle, sortant l'une de ces phrases perfides dont il avait la spécialité.

- Je ne pleurais pas ! rétorqua-t-elle avec force, les joues rouges de colère et de gêne.
- Ah non ? Pourtant, j'aurais juré avoir vu des larmes dans tes yeux.... fit-il, l'air vaguement songeur.
- Qu'est-ce que ça peut te faire de toute manière ? demanda-t-elle en haussant les épaules.

Le visage de Scorpius Malefoy exprima un instant de la confusion avant qu'il ne réponde sur son ton habituel, mêlant l'ironie à la prétention :

- Je voulais simplement savoir comment y parvenir si je voulais retenter l'expérience. Rassure-toi, je me fiche de tes états d'âme, Weasley ! Évite simplement de faire ça devant moi, la prochaine fois..."

Rose préféra ne pas répondre à ces attaques gratuites. Il cherchait un moyen de la déstabiliser et il n'était pas question qu'elle le laisse faire. Lui tournant le dos, la jeune femme continua sa route, parcourant les couloirs du deuxième étage. Au détour de l'un d'eux, elle tomba sur son frère, Hugo, et son meilleur ami Lorcan ; à cette heure, ils auraient dû être remontés dans la salle commune, et non traîner dans les couloirs.


- Hugo ? Mais qu'est-ce que tu fais encore ?"

La question formulée sous forme de reproches par sa soeur ne mit pas longtemps à énerver Hugo Weasley. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous aujourd'hui à vouloir lui faire des leçons de morale ? D'abord Fred, ensuite Leane, et maintenant Rose ! C'est la pleine lune ou quoi ? Se demanda-t-il en jetant à Rose un regard peu amène.

- J'ai oublié mon sac de cours dans la Grande salle, je peux aller le chercher ou tu comptes me tenir la main pour être certaine que je ne vais pas troubler la quiétude des couloirs du château ?"

Pendant un instant, il ne sut pas si Rose avait avalé son mensonge. D'autant que Malefoy eut un petit rire doucereux qui trahissait son doute sur la véracité de ses propos. Mais Rose désigna l'autre bout du couloir d'un geste lasse :

- Dépêche-toi de te barrer avant que je change d'avis ! lui dit-elle.

Les deux garçons ne demandèrent pas leur reste et s’empressèrent de déguerpir, trop heureux d'avoir une échappatoire à cette rencontre fortuite. Direction le rez-de-chaussée du château, où ils pourraient rejoindre les serres récupérer la plante avant de sortir dans le parc pour en profiter pleinement.

- On l'a échappé belle ! déclara Lorcan en faisant référence à Rose et son homologue.
- Tu parles ! Rose n'a jamais été foutu de nous empêcher de faire quoi que ce soit, c'est pas aujourd'hui que ça va commencer ! répliqua Hugo avec un grand rire moqueur. Elle ferait mieux de s'occuper de Fred avec ses excursions dans la forêt interdite et ses soirées clandestines, sans parler de ses inventions illégales ! rumina-t-il.

Hugo n'avait pas digéré les remontrances qu'avaient osé lui faire son cousin le matin, alors il expulsait sa rancune comme il pouvait. Lorcan acquiesça, sachant très bien que le contredire dans un tel état de nerfs n'était pas franchement une bonne idée. Enfin, la porte en verre se dessina au bout de l'un des couloirs du rez-de-chaussée, et Hugo poussa un soupir de soulagement. Il avait bien besoin d'un remontant après cette foutue journée !

Hugo et Lorcan avaient découvert la plante l'année précédente au cours de leurs recherches nocturnes. Les deux amis aimaient prendre des risques, même s'ils n'en prenaient jamais autant que Fred, et s'amusaient à entrer dans les salles de classe où ils repartaient avec divers objets ou potions qui les intéressaient. Ils étaient donc tombés sur cette plante, Lirus Hilarus de son nom, elle ressemblait à un lierre grimpant dont chacune des feuilles étaient recouvertes d'une poudre jaune. C'était à partir de ses feuilles et de cette poudre qu'ils incorporaient dans leur bouteille de biéraubeurre que leur soirée pouvait commencer, distillant un effet d'euphorie pendant quelques heures.

Les deux amis s'étaient assis près du lac après avoir récupéré la plante dans les serres. Sortant les bouteilles de biéraubeurre qu'ils avaient inséré dans la ceinture de leur pantalon et enfouis sous leurs capes, Hugo et Lorcan se dépêchèrent d'y mettre quelques feuilles de la plante avant de trinquer, un sourire insouciant aux lèvres. Inconscients du reste du monde, ils ne virent pas passer Fred une heure plus tard.


Fred Weasley avait remarqué Hugo et Lorcan qui riaient comme deux demeurés ; il vit parfaitement Hugo marcher dangereusement au bord de la rive du lac, manquant plusieurs fois de tomber dedans. Mais, après tout, il l'aurait bien mérité et peut-être que ça lui ferait passer l'envie de recommencer ses délires ! Pensa-t-il avec humeur en se dirigeant vers la forêt interdite.

Bon d'accord, il était très mal placé pour le juger ne serait-ce qu'une seule seconde... Rabattant sa cape sur ses cheveux, il s'enfonça un peu plus profondément, laissant les silhouettes sombres des arbres le recouvrir peu à peu. Au loin, on entendait un hurlement. Une chouette, un loup-garou ou quelque chose d'encore plus immonde et effrayant ? Fred n'en savait rien, mais il n'avait pas peur. Seule l'excitation parcourait ses veines, le rendant presque euphorique.

Il allait continuer en direction du hurlement quand il entendit les feuilles crissaient derrière lui, lui révélant l'existence de quelqu'un qui le suivait. D'un mouvement rapide, il se retourna et sauta sur l'auteur du bruit, le plaquant au sol avec une force qu'il ne se connaissait pas. En dessous de lui, l'inconnu émit un toussotement, et Fred se releva. L'autre en fit de même, époussetant doucement sa cape recouverte de feuilles mortes et de brindilles.

Lorsque Fred s'approcha et enleva la cape qui recouvrait pratiquement tout le visage de l'intrus, il ne put s'empêcher de grogner d'étonnement :

- Qu'est-ce que tu fous là, toi ? T'es pas censée être à l'infirmerie ?"

La jeune fille eut un bref mouvement d'épaules qui lui indiqua qu'elle se fichait complètement de l'endroit où elle devait être. Dans la noirceur de la forêt, à la lueur de la lune, Elena Sweet semblait encore plus pâle, presque fantomatique. Un petit sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'elle lui répondit finalement :

- Tu ne devrais pas être ici non plus, il me semble !
- C'est pas tes affaires ! marmonna-t-il tout en lui indiquant les lumières du château qui filtraient entre les arbres pour qu'elle retrouve son chemin. Maintenant, retourne d'où tu viens, Sweet !
- Et te laisser aller là-bas tout seul ? Pas question !" rétorqua-t-elle en croisant les bras, le défiant de la faire partir.

Qu'est-ce qu'elle croyait cette fille ? Il n'avait pas besoin de son aide. Il n'avait besoin de personne. Il voulait simplement se retrouver seul ; oublier Poudlard, sa famille, "ses amis", et le masque qu'il portait tous les jours pendant une heure ou deux. Était-ce trop demandé ?

- J'ai pas besoin de toi, je te dis ! grogna-t-il d'un ton plus fort. Mais qu'est-ce qui va pas chez toi ?
- Et chez toi ? le contra-t-elle d'une voix plus forte que lui, nullement impressionné par la voix rauque du jeune homme. Melissa m'a dit que t'étais venu me voir à l'infirmerie !

Ne s'attendant pas à ce revirement dans la conversation, Fred resta un instant sans voix. Cette fille était la personne la plus... exaspérante qu'il avait connu de sa vie ! Elle surpassait même Hugo et Lorcan qui avaient au moins la décence de le laisser faire ses virées nocturnes dans la forêt interdite sans lui demander des comptes. Non, mais pour qui elle se prenait ?

- Et alors ? Je voulais être sûr que tu n'allais pas crever à cause de moi ! cracha-t-il méchamment.
- Aucun risque, tu peux me croire ! rétorqua-t-elle tranquillement.
- Parfait ! Dans ce cas, disparais !
- Non ! refusa-t-elle de ce même ton calme qui commençait à troubler Fred.
- Très bien... fit-il soudainement, agacé. Reste-là si ça te chante !

Et Fred s'éloigna, la laissant plantée là. Après tout, elle ne risquait rien, ce n'était que le début de la forêt et... Et si elle allait plus loin ? Si elle le suivait dans la forêt à la recherche de la créature qui avait poussé ce hurlement ? Si elle avait tout à coup cette quinte de toux comme elle avait eu le matin et qui l'avait conduite à l'infirmerie ?

- Merde ! jura-t-il, s'adossant des deux mains à l'arbre le plus proche.

Puis, tout en revenant vers elle, il la poussa doucement vers l'avant, vers l'entrée de la forêt interdite. Elle ne rechigna pas, le considérant étrangement de ses yeux gris presque transparents. Tant pis pour son escapade, il se rattraperait le lendemain ! Pensa-t-il avec dépit.

- Rentrons, il se fait tard ! dit-il simplement en se dirigeant avec elle vers le château.

End Notes:
Pas trop choqués ? Oui, Molly est une vilaine tricheuse !
Nous nous confions rarement by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour ! Me voici pour le chapitre sept de cette fiction !

Dans ce chapitre, seul le point de vue de Lucy n'est pas présent. J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, même si je ne sais pas si les émotions sont restés assez réalistes par moments. Vous pouvez tout à fait me donner votre avis concernant ce point ! ;)

Ce chapitre se passe précisément 8 jours après le 2 septembre 2023, il y a donc un petit saut dans le temps d'une semaine seulement.

Vous découvrirez le lien qui unira Fred Weasley et Lily Luna Potter que l'on n'a pas vraiment vu ensemble avant ; vous aurez quelques infos sur ce qui s'est passé dans la semaine tout le long du chapitre ; Peter Nott et Roxane seront en retenue ; et Rose, Molly et Albus feront leurs rondes nocturnes.

" Nous nous confions rarement, mais lorsque nous le faisons nos mots ont une véritable signification". Roxane Weasley.


Salle sur demande, septième étage.
10 septembre 2023 : 22h


Il y avait près d'une vingtaine de personnes dans la salle sur demande qui se déhanchaient sur la musique rock des Magics ou qui discutaient sur les fauteuils avec un verre à la main, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de se sentir seul. Fred Weasley se dessina un sourire factice sur son visage avant de se diriger vers Lily qui ne semblait vraiment pas dans son assiette ce soir-là, assise dans un coin de la salle à siroter son verre.

Fred avait toujours préféré Lily à toute la fratrie Potter-Weasley, c'était la plus authentique. Lily Luna Potter ne trichait jamais avec ses émotions, elle les vivait qu'elles soient bonnes ou mauvaises ; et il émanait d'elle une gentillesse si flagrante qu'on ne pouvait que l'apprécier. Avec ses bandanas et ses chemises remontées sur le ventre, Lily aimait se donner un genre de dure à cuire même si tout le monde savait qu'elle avait le coeur sur la main. Ce soir cependant, elle avait revêtu une robe noire assez simple, délaissant ses tenues colorées.

Tandis que Fred s'approchait, il fut intercepté par Hugo, une biéraubeurre à la main, les yeux hallucinés par cette drôle de plante qu'il rajoutait dans ses bouteilles depuis une semaine.

- Hey, Freddie ! Goûte ça !

Fred esquissa une grimace, il avait toujours détesté qu'on l'appelle par ce diminutif ridicule. Pourtant, Hugo continuait à l'utiliser, visiblement sourd à toutes ses insinuations sur le sujet. Repoussant sa mèche qui lui tombait devant les yeux, Fred tenta de reformer cet espèce de sourire qu'il gardait depuis le début de la soirée. Mais cette fois, il n'y parvint pas et jeta un oeil agacé à son cousin qui tanguait un peu sur ses jambes.

- Je te remercie mais ce verre de whisky pur-feu me convient parfaitement.
- Oh merde, tu te ramollis, mon vieux ! grogna Hugo avant de se détourner, non sans un geste injurieux à son égard.

Fred parcourut les quelques mètres qui le séparaient encore de Lily, tira une chaise pour s'asseoir à côté d'elle, et s'y laissa tomber avec un soupir.

- Si tu veux rentrer à la salle commune... commença-t-il doucement.
- Non... le coupa Lily. Tu peux m'apporter un autre verre ?
- Tu es déjà à ton troisième verre, Lil...

Lily tourna la tête vers lui pour le fusiller du regard ; c'est à cet instant qu'il remarqua une lueur de tristesse coincée aux fonds de ses beaux yeux noisette tirés en amande.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-il aussi gentiment qu'il le put.
- Tu as vraiment envie de le savoir ou c'est une marque de politesse, Fred ? rétorqua-t-elle, un peu moqueuse.

Fred était conscient que Lily n'était pas dupe. Elle avait toujours été doué pour discerner les véritables sentiments des gens autour d'elle. Mais elle ne lui en avait jamais vraiment parlé, attendant sans doute qu'il le fasse de lui-même. Lily n'attendit pas sa réponse et poussa un profond soupir.

- Je n'ai aucune envie de croiser Lorcan dans les couloirs... Alors je préfère me soûler ici avec vous, c'est pathétique, n'est-ce pas ? fit-elle, un rictus narquois aux lèvres qui ne lui allait pas du tout.
- Leane n'est pas avec toi ? interrogea Fred, surpris de ne pas voir la blonde aux côtés de son amie depuis le début de la soirée.

Sans qu'elle ne lui donne la réponse, Fred avait déjà compris. Depuis qu'il avait mise au courant Leane Jones pour les excursions de Hugo dans les serres de botanique, la jeune fille passait de moins en moins de temps avec le rouquin, privant du même coup Lily de sa présence. Et Lily ne comprenait pas ce que reprochait son amie à Hugo, prise entre deux feux. Elle haussa les épaules puis leva son verre pour engloutir la dernière gorgée de whisky.

- Je peux te procurer un philtre d'amour si ça peut t'aider... dit Fred, essayant un trait d'humour qui tomba à plat lorsque Lily releva les yeux sur lui.
- Pour qu'il ne m'aime que quelques heures ? répliqua-t-elle, amère en attrapant un verre qu'un garçon venait de laisser pour aller danser. Qu'il reste donc avec Lucy ! déclara Lily comme si elle portait un toast, buvant le reste du verre d'un trait.

Fred avait été aussi stupéfait que tous les autres lorsqu'il avait appris que Lorcan sortait avec Lucy Weasley, sans aucun doute la cousine qu'il appréciait le moins. Il aurait même préféré passer du temps avec sa soeur qu'il ne supportait pas énormément qu'avec cette peste manipulatrice de Serpentard. Deux jours qu'elle avait mis le grappin sur Lorcan Scamander, l'allumant outrageusement dans les couloirs de Poudlard chaque fois qu'elle le croisait. Deux jours que Lily essayait de masquer sa peine de coeur comme elle le pouvait, en évitant Lorcan qui passait le plus clair de son temps avec Lucinda. Heureusement, Hugo avait lui aussi été du côté de Lily sur ce coup-là, et les deux garçons s'ignoraient cordialement.

- Donc pour résumer... Leane ne parle plus à Hugo qui ignore totalement Lorcan ? Super ambiance !
- Je crois que je vais reprendre un verre ! fit Lily en se relevant du fauteuil sans qu'il n'ait eu le temps de la retenir.

Fred s'adossa un peu plus au dossier de son fauteuil, surveillant sa cousine qui se dirigeait vers le buffet pour se resservir un verre, qu'elle but d'une traite. Elle perdit l'équilibre pendant une seconde et dût se rattraper à une fille qui passait à côté d'elle. Cette dernière poussa un cri, hurla sur Lily de faire attention avant de partir le plus loin possible de la jeune fille.

Déposant son propre verre, Fred Weasley se leva, décidant qu'il était temps de ramener Lily Luna Potter à leur salle commune.


- Je n'ai pas l'intention de partir d'ici ! geignit Lily Luna Potter, visiblement très éméchée.
- Lily... Je suis l'organisateur de cette soirée, tu ne l'as pas oublié ? Alors suis-moi, c'est un ordre !

Fred ne lui laissa pas le temps de répliquer une seconde fois, l'attrapa par le poignet et l'entraîna vers la porte. Comme elle se débattait comme un beau diable, son cousin la souleva brusquement, la plaçant sur son épaule droite sous les rires des autres élèves. Comment osait-il ? Pensa Lily, outrée par le comportement d'homme primitif de Fred.

- Lâche-moi immédiatement, Fred Weasley ! criait-elle en donnant des coups de poings dans le haut de son dos, et des coups de pieds qui atteignaient le ventre de son cousin.

Pourtant, aucun de ses coups ne semblaient avoir le moindre effet sur le jeune homme qui continuait à avancer et passa finalement la porte de la salle sur demande. Ils se retrouvèrent tous les deux dans le couloir du septième étage et Fred la déposa sur le sol aussi soudainement qu'il l'avait soulevé.

- Tu es un rustre ! se plaignit la jeune fille en se ruant sur lui pour lui assener une claque derrière la tête.
- Eh ! s'exclama Fred, son rire rauque franchissant la barrière de ses lèvres. Je peux aussi te remettre sur mon épaule si tu préfères !
- Non merci, je m'en sors très bien toute seule ! rétorqua la jeune fille alors que ses pieds refusaient de marcher droit, la portant sur la droite plus qu'elle ne l'aurait voulu jusqu'à atteindre le mur.
- Je vois ça ! se moqua légèrement Fred en la rattrapant, déposant l'un des bras de Lily sur ses épaules pour la soutenir jusqu'à leur destination.

Lily ne rétorqua rien, préférant se laisser faire. Après tout, Fred avait sans doute raison de la ramener à la salle commune des Gryffondor. Elle ne se sentait pas très bien... Esquissant un pas de côté, la jeune fille eut à peine le temps de se tourner pour déglutir son dîner sur ses chaussures.

- Lil, merde ! jura Fred en sortant sa baguette magique, faisant disparaître les traces de déjection sur le sol et sur les sandales noires de sa cousine.
- Désolée... s'excusa-t-elle en s'essuyant la bouche, l'estomac en vrac.
- C'est rien ! soupira le jeune homme en secouant la tête.

Lily tourna les yeux vers lui, considérant la grande taille et la carrure épaisse de son cousin. Il était plutôt beau garçon, songea-t-elle en lui souriant gentiment. Ses cheveux auburn étaient mi-longs et une mèche rebelle recouvrait régulièrement ses yeux bleus. Fred avait une apparence étrange qui mêlait le teint mat d'Angelina Johnson et les caractéristiques des Weasley, tâches de rousseur comprises. Pour complêter le tableau, Fred avait hérité des lèvres ourlées des Johnson tout comme Roxane.

Elle avait entendu plus d'une fois certaines filles parler de lui dans les couloirs de Poudlard, s'extasiant devant cette apparence pas comme les autres, à la fois aussi sympathique qu'impressionnante, et vantant sa popularité et son caractère extraverti. Mais Fred s'en foutait et ces filles se trompaient... Lily savait, elle, que Fred faisait semblant. Depuis bien trop longtemps pour qu'il reste crédible...

- Tu retournes là-bas après m'avoir déposé ? demanda-t-elle.
- Non, répondit simplement Fred en évitant son regard.
- Toi qui connais le chemin des cuisines, tu m'offres un chocolat chaud ?

Fred l'observa un instant avant de hocher la tête. Il ne posa pas de questions sur la soudaine envie de Lily de passer du temps avec lui. Elle avait toujours préféré Hugo, parce que Hugo était simple et sans prises de tête, parce que Hugo vivait sa jeunesse sans en laisser une seule miette. Fred avait cette part sombre qu'elle avait longtemps tenté d'ignorer, d'éviter même. Plus maintenant.

Parce que Hugo commençait à l'exaspérer depuis la rentrée avec ses grands rires sonores qui sonnaient un peu faux, qu'il lui cachait quelque chose d'important, qu'elle ne le reconnaissait plus ; parce que Hugo se fichait de Leane et qu'il n'essayait rien pour qu'elle lui pardonne, quoi qu'il ait pu faire. Bien sûr, il avait dit à Lorcan ce qu'il pensait de Lucy, mais ce n'était pas pour aider Lily. Hugo ne voulait pas perdre son ami, il n'avait pas pensé une seule seconde à elle, pensa tristement la jeune fille.

- Tu sais ce qui se passe avec Hugo ? interrogea-t-elle alors qu'il empruntait l'un des passages secrets qui conduisait au premier étage, après que Fred ait sorti la carte des Maraudeurs. Il est... différent !

Elle sentit Fred se contracter, mal à l'aise. Il la dépassa de deux mètres avant de dire :
-Lumos ! Ce n'est pas moi qui devrait te le dire, Lily. J'en ai parlé à Leane et comme tu l'as constaté, ça n'a pas eu l'effet escompté ! Tu devrais demander à Hugo directement.
- Leane est au courant ? s'étonna Lily d'un ton vexé. Et Lorcan ?
- Hum, aussi, toussota Fred qui avait l'air de vouloir se confondre avec le mur humide.
- Alors tout le monde est au courant sauf moi ?

Lily s'était arrêté, le fixant avec rage. C'était véritablement injuste de leur part ! Se dit-elle. Alors qu'est-ce qu'elle était en fin de compte, la dernière roue du carrosse ? A cette pensée, la petite rousse éclata en sanglots tout en se maudissant d'avoir trop bu de whisky.

- Lil... soupira Fred en se rapprochant, lui tapotant le dos maladroitement. Je ne voulais pas t'inquiéter... Donc j'en ai parlé à Leane en me disant qu'elle saurait trouver les mots pour...
- Pour quoi ? fit Lily, le ton pressant en essuyant les larmes sur sa joue.
- Hugo et Lorcan ont... trouvés une plante l'année dernière. Leane était avec eux à ce moment-là, à ce qu'elle m'a dit, avoua Fred. Ils ont tous les trois testés les effets de cette plante... Leane n'a pas apprécié du tout et elle a fait promettre aux deux garçons de ne plus remettre les pieds dans les serres. Il y a une semaine...
- Ce connard de Hugo est retourné dans les serres, je me trompe ? finit Lily à sa place. J'aurais dû m'en douter quant il sortait aussi tard, soi-disant pour retrouver des filles de Serdaigle ! Quelle genre de plante ?
- Lirus Hilarius, révéla Fred en croisant la lueur de colère qui brillait dans les yeux de Lily.
- Je vais le tuer ! grogna Lily tandis qu'elle entraînait Fred vers les cuisines de son pas chancelant. Cet espèce de véracrasse ne s'en sortira pas comme ça, tu peux me croire ! fulmina Lily.

Fred éclata de rire face à l'expression de pure fureur qu'affichait la jeune fille. Lily cligna des yeux, surprise de l'entendre rire de cette façon. Cela faisait tellement longtemps que son cousin avait ri comme ça qu'elle le rejoignit dans son fou rire. Juste avant de vomir une deuxième fois le contenu de son repas.


Hugo Weasley se laissa tomber sur l'un des fauteuils de la salle sur demande, les yeux dans le vague. Après avoir dansé près d'une heure avec une fille de Poufsouffle de cinquième année, il se sentait las. La fille vint le rejoindre et s'assit sur ses genoux, se collant à son corps. Comment s'appelait-elle déjà ? Agatha ? Lila ? Claudia ? A vrai dire, il s'en foutait. Tandis qu'elle passait les bras autour de son cou, il l'embrassa, laissant ses mains se promener sous son t-shirt, caressant le ventre lisse de la jeune fille.

Depuis qu'il s'était pris la tête avec Lorcan quelques jours auparavant et que Leane ne lui adressait plus la parole, Hugo se laissait porter par le courant, dans un état second à longueur de temps. La plante faisait son petit effet, l'empêchant de réfléchir aux conséquences de ses actes. Après tout, si Lorcan préférait passer l'essentiel de ses soirées avec cette folle de Lucy, grand bien lui en fasse ! Pensa-t-il en remontant ses grandes mains sur les seins de la fille. Il n'avait pas besoin de lui. Ni de Leane d'ailleurs !

- Et si on allait ailleurs ? susurra la jeune fille en passant sa langue sur son cou.
- Pas ce soir, refusa Hugo en la repoussant négligemment.

Claudia ou Lila prit un air outré qui le fit rire une seconde avant qu'une moue songeuse ne s'étale sur ses lèvres. C'était étrange comme cette fille ressemblait à Leane Jones...

- T'es un enfoiré ! l'insulta la fille avant de le gifler.
- Tout doux, ma belle ! Je ne t'ai rien promis ! répliqua Hugo en passant une main derrière sa tête tandis que l'autre allait vagabonder sur les fesses de Claudia.

Ce fut au tour de Lila de le repousser tandis qu'elle abattait sa main une deuxième fois sur sa joue en le traitant de tous les noms d'oiseaux qu'elle connaissait. Hugo n'avait rien senti. C'était comme si, sous l'effet de cette plante qu'il mélangeait à sa biéraubeurre, son corps entier se retrouvait anesthésié. Avec un petit soupir de contentement en voyant les fesses rebondies de la jeune fille s'éloigner de son champ de vision, Hugo reprit une gorgée de biéraubeurre.



Rose Weasley faisait sa dernière ronde du soir en compagnie de son homologue lorsqu'elle entendit clairement la musique résonner dans le couloir du septième étage. Evidemment, elle était au courant depuis son arrivée à Poudlard de l'existence de la salle sur demande, grâce à James Sirius Potter qui avait pris soin de se vanter à tous ses cousins de l'avoir découvert en première année.

- Tu entends ?
- Je ne suis pas sourd, répondit Scorpius Malefoy avec un rictus amusé.
- Allons voir ! décréta la jeune fille.
- Weasley, attends ! l'arrêta Malefoy en la rattrapant par le poignet.

Décidément, songea Rose avec agacement, cela devient une manie ! Depuis quelques jours, aussi étrange que cela puisse paraître, leur entente était devenue cordiale. Ce qui n'empêchait pas la jeune fille de détester tout contact physique avec le Serpentard. Retirant précipitamment son poignet de sa main comme si elle s'était brûlée, elle lui lança un regard interrogateur :

- Quoi ?
- Je sais parfaitement ce qui se passe dans la salle sur demande, fit-il en haussant les épaules.
- Et ? insista-t-elle, ses joues prenant une teinte rouge.
- Et ce n'est rien d'autre qu'une soirée, Weasley !
- Une soirée ? En plein soir de semaine ? s'indigna la jeune fille en mettant les mains sur ses hanches, en prenant un air qui ne valait rien de bon pour Scorpius Malefoy.

Scorpius avait gardé son rictus amusé au coin des lèvres tandis que ses yeux gris la considéraient de haut en bas avec une insistance qui finit par la rendre mal à l'aise.

- Quoi ? répéta-t-elle en détournant les yeux, gênée.
- Tu es assez sexy finalement... déclara-t-il en prenant un air songeur comme s'il regardait un tableau en connaisseur. Pour une Weasley !
- La ferme, Malefoy ! En tout cas, je ne vais pas rester ici à fermer les yeux comme tu le fais ! dit-elle en se dirigeant tout de même vers la salle sur demande où la musique s'était arrêtée.

Scorpius ne l'avait pas suivi. Rose se retourna, lui jetant un regard qui trahissait son irritation. Etait-il préfet en chef, oui ou non ? Mais ses pensées furent interrompues par la salle sur demande qui s'ouvrit, libérant une quinzaine de jeunes, pour certains éméchés, pour d'autres carrément bourrés. Aucun d'entre eux ne l'avaient remarqué, continuant à rire, à danser dans les couloirs. Un garçon avait même eu le culot de la bousculer ! Si le concierge passait par là...

- Te tracasse pas, avec le boucan qu'ils font, le vieux Davis va les choper en un temps record ! fit Scorpius Malefoy en continuant tranquillement son chemin, les mains dans les poches.

Rose ne pouvait décemment pas lui donner tort.


- C'est ta faute ! se plaignait Roxane Weasley alors qu'elle prenait un chiffon mouillé dans le seau d'un air dégoûté. Entièrement ta faute, Nott , si je me retrouve à récurer les trophées de quidditch à cette heure !
- Ma faute ?! s'exclama Peter Nott avec un rire rempli d'une colère contenue. Si tu n'avais pas ordonné à Davis de nous laisser partir, il nous aurait certainement pas collé une heure de plus !
- Excuse-moi de lui rappeler que j'ai une vie en dehors de cette salle ! répliqua Roxane en se détournant de lui pour aller s'asseoir sur l'un des vieux cartons dans le fond de la salle.

Exaspérée, la jeune femme prit une moue boudeuse qu'elle estimait justifié. Si Nott ne l'avait pas insulté, jamais elle ne se serait retrouvé dans cette salle pleine de trophées à récurer aux moyens d'une simple éponge et d'un chiffon sale. Ses mains ne s'en remettraient jamais... Pensa-t-elle en poussant un soupir tandis qu'elle observait ses ongles dont le vernis avait été amoché.

- C'est ta faute, répéta-t-elle comme une litanie incessante.
- Bon, admettons ! grogna le jeune homme qui en avait plus qu'assez des caprices de sa camarade.
- Ah, tu vois ! s'exclama-t-elle, victorieuse.
- Tais-toi un peu et continue à frotter, Cendrillon ! rétorqua-t-il d'un ton doucereux.

Surprise par le surnom, Roxane en oublia de riposter. Cendrillon était un conte moldu, et Peter Nott venait d'une lignée de sorciers au sang-pur, il ne pouvait tout simplement pas le connaître ! Ce n'était tout simplement pas logique, se dit-elle en fronçant ses sourcils bien dessinés. Un sourire s'étala sur les lèvres de Peter quand il remarqua l'air contrarié de Roxane.

- Ma mère est une sang-mélée, révéla-t-il, savourant chaque seconde de sa revanche.
- Tu ne me l'avais jamais dit... murmura-t-elle, sous le choc.
- Je ne te dis pas grand chose, Weasley ! fit-il en haussant les épaules. Ce n'est pas parce qu'on a le même groupe d'amis qu'on va se faire des confidences, c'est toi qui me l'a dit le premier jour de notre répartition.

Roxane ne pouvait pas lui donner tort. Elle avait passé une partie de sa scolarité à lui dire qu'il n'était et ne serait jamais l'un de ses amis, alors elle ne devait pas s'étonner si elle ignorait pas mal de choses sur lui, comme lui ne savait presque rien sur elle. Tout en continuant à récurer l'un des trophées, le jeune homme reprit la discussion :

- J'aimais beaucoup les dessins animés moldus lorsque j'étais petit, je les ai pratiquement tous vu, dit-il avec un sourire plus sincère comme s'il se replongeait dans son enfance. Mon père désapprouvait, mais il laissait faire. Ma mère ne lui laissait pas vraiment le choix...
- Ta mère... Je pensais que les Nott aurait marié ton père à une sang-pur, avoua Roxane en se relevant du carton où elle était installée.
- Ils étaient prêts à le faire... fit Peter avec un drôle de sourire mêlé d'amertume. Avec Pansy Parkinson. Mon père a refusé et il est parti s'installer avec Susan Bones, ma mère donc... Il n'a plus jamais eu de nouvelles de ses parents, ils l'ont renié.
- Je suis désolée... dit Roxane dans un murmure.
- Ne le sois pas ! Ils ont fait leur choix, mon père a fait le sien.

Après cette conversation, Roxane Weasley sentit l'atmosphère entre Peter Nott et elle se détendre. La jeune femme attrapa le chiffon qu'elle avait jeté précédemment et recommença à frotter jusqu'à ce que la porte de la salle des trophées s'ouvre sur Albus Potter et une fille de Serpentard qu'elle ne connaissait pas.


- Davis nous a demandé de venir vous chercher, prévint Albus. Il a été retenu par des élèves dans les couloirs du sixième étage. Vous pouvez partir.

Le ton froid avec lequel il s'adressa à eux n'était pas voulu, mais Albus Potter avait encore du mal à digérer l'intervention de Roxane Weasley quand il avait voulu inviter Stella Dubois une semaine auparavant. Il n'avait pas retenté l'expérience depuis, la première étant suffisamment humiliante, malgré les encouragements et les plans tous plus loufoques les uns que les autres de Jane Thomas.

Les deux Serdaigle ne se firent pas prier pour retourner dans leur tour, et s'empressèrent de sortir de la petite pièce qui contenaient des dizaines de trophées. Albus aimait bien cette pièce, il contemplait les coupes et les médailles reçus par les joueurs de quidditch au fur et à mesure des années, même s'il ne faisait pas partie de l'équipe comme James quelques années auparavant. Son regard s'attarda sur celle de son père, reçu parce qu'il avait été le plus jeune joueur de son époque à seulement onze ans. A côté de sa coupe de quidditch trônait le trophée qu'il avait eu pour "Services rendus à l'école".

Albus admirait énormément son père, même s'il avait du mal à l'imaginer comme un héros quand il le voyait flemmarder dans son vieux fauteuil, maintenant qu'il avait pris sa retraite après quinze ans en tant qu'auror. Venir ici lui rappelait à quel famille il appartenait, à quel point il ne devait pas le décevoir.

- Tu comptes passer la nuit ici ? Si c'est le cas, n'oublie pas de me le dire, Potter.

Comme chaque fois qu'il venait ici, Albus en oubliait ce qu'il faisait auparavant et même la personne avec laquelle il se trouvait. Il se retourna sur Elisabeth McKenzie dont le sourire glacial indiquait l'état d'esprit actuel. Une semaine qu'il la supportait tous les soirs lors de ses rondes de préfet, une semaine qu'il en était arrivé à regretter la présence d'Alexia Perkins qui était apparemment très malade... Albus en doutait particulièrement.

- Tu peux m'expliquer pourquoi t'es encore là ?
- D'accord... Il suffisait de le dire, rétorqua-t-elle en s'apprêtant à partir.
- Non, qu'est-ce que tu fais encore avec moi tous les soirs alors qu'Alexia va très bien, rectifia-t-il sur un ton sec. Tu m'as dit qu'elle était malade, et pourtant elle a l'air de se porter comme un charme en cours.

McKenzie parut troublée pendant une brève seconde avant de le considérer de ce regard vert qui alternait entre le mépris et quelque chose d'autre qu'il n'arrivait pas à définir complètement. Comme de la compassion ? Pensa Albus, perplexe. Non, c'était vraisemblablement ridicule comme hypothèse.

- Perkins ne visait que le poste de préfète en chef, lui apprit-elle avec un reniflement de dédain. Sans la salle de bains et les appartements personnels, le poste ne l'intéressait plus. J'ai donc demandé à McGonagall de la remplacer cette année, et elle a accepté.
- Sérieusement ? Pourquoi ? interrogea-t-il, haussant les sourcils.
- Mes intérêts ne te regardent absolument pas, Potter ! Je te souhaite une bonne nuit ! répondit-elle avec un geste de la main qu'il trouva à la fois élégant et terriblement prétentieux en empruntant le couloir adjacent.

Malgré les quelques soirées qu'il avait passé avec elle, Elisabeth Mckenzie restait une fille insondable qui ne dévoilait jamais rien d'elle-même. Albus avait quasiment l'impression de se balader avec un iceberg parfois. Mais après tout, elle n'était pas là pour être ami avec lui, songea-t-il, s'apprêtant à rejoindre la salle commune des Gryffondor. Bien qu'il aurait aimé qu'elle soit plus chaleureuse...


Molly terminait sa ronde en silence accompagnée par Dorian McMillan. Pas qu'elle n'appréciait pas la façon de faire de celui-ci, mais elle préférait qu'il n'empiète pas sur son territoire. Chaque fois qu'ils croisaient un élève, c'était soit l'un soit l'autre qui s'en occupait, mais jamais les deux en même temps. Ils avaient convenu cela en début d'année lorsqu'ils avaient échoués ensemble pour les rondes. McMillan s'occupait des élèves de Serdaigle et Gryffondor, et Molly de Poufsouffle et Serpentard.

Alors qu'ils allaient se séparer pour rejoindre leurs salles communes, Dorian redescendant au rez-de-chaussée et Molly remontant dans la Tour des Serdaigle par le deuxième étage, il sembla à Molly reconnaître Lily Potter et Fred Weasley sortir d'un des portraits qui parsemaient le mur du premier étage. S'arrêtant net, la jeune femme remonta ses lunettes et tapota l'épaule de son homologue.

- Regarde ! souffla-t-elle tandis que les deux ombres tentaient de s'en aller en courant.
- Hey ! cria Dorian en leur courant aussitôt après. On vous a vu ! Arrêtez-vous !

Il ne parvint pas à les rattraper, et Molly joua sa dernière carte avant qu'ils ne puissent disparaître à l'angle du couloir.

- Fred Weasley, Lily Potter ! s'exclama-t-elle d'une voix forte. Je sais que c'est vous !"

La technique fonctionna, l'une des deux silhouettes s'arrêta et Molly reconnut les cheveux roux coupés au carré de Lily Luna Potter. Fred Weasley avait continué malgré tout mais s'arrêta lorsqu'il vit que sa cousine se trouvait derrière et que Molly se rapprochait dangereusement.

- Putain, Lil !
- Désolée, Fred... fit la jeune fille en laissant retomber ses bras dans un mouvement lasse. Si je ne m'arrête pas, Molly en parlera à Albus, et Al enverra un courrier à mon père...
- Exactement ! s'exclama Molly, satisfaite de voir qu'elle n'avait pas perdu toute autorité.

Depuis une semaine, Molly essayait de ne pas se laisser abattre par les tentatives de Lucy pour la décrédibiliser. Même si elle avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête, la jeune femme tenait à garder son image en tant que préfète studieuse et respectée. De toute façon, Lucy ne la dénoncerait pas tout de suite, elle connaissait assez sa sœur pour savoir qu'elle la laisserait d'abord mariner dans son jus avant de porter le coup fatal. Et la meilleure chose à faire, c'est de rester moi-même ! Pensa Molly en se plaçant face à ses cousins, les observant sévèrement par-dessus ses lunettes.

- Dis donc, Weasley, tu n'aurais pas oublié quelque chose ? intervint Dorian en levant les sourcils.
- Quoi ? fit Molly, impatiente d'en finir pour monter dans sa tour.
- Ce sont des Gryffondor !" lui fit-il remarquer en pointant du doigt leur blason sur leurs capes.

Molly ne comprit ce qu'il voulait dire que lorsqu'elle repensa à leur accord. A lui les Gryffondor et les Serdaigle, et à elle les Poufsouffle et les Serpentard ! Ils avaient convenu cela après s'être dit qu'ils seraient plus objectifs si la personne ne venait pas de leur maison...ou de leur famille. Résignée, la jeune femme poussa un profond soupir ennuyé avant de déclarer forfait et de rebrousser chemin, laissant ses deux cousins entre les mains du Poufsouffle. En jetant un œil à sa montre, elle réalisa qu'il était déjà plus de minuit.

End Notes:
Positif ou négatif, tout avis est bon à prendre ! ;)
Nous cédons à la tentation (première partie) by Lyssa7
Author's Notes:
Bonsoir, bonsoir !

Me revoici avec un peu de retard puisque je participe à deux concours et que, étant une éternelle insatisfaite, je me relis deux ou trois fois avant de poster un chapitre ou une fic, c'est... assez long ! ;)

Pour ce chapitre, nous retrouvons tous les personnages à la fin septembre 2023. Encore un bond dans le temps, mais rassurez-vous, vous saurez tout ce qui s'est passé entre deux à chaque fois qu'il y en aura un, évidemment !

Pas de Serdaigle dans ce chapitre donc pas de Molly et pas de Roxane que vous retrouverez dans le prochain chapitre.

Enfin, je dirai que ce chapitre est un peu spécial puisqu'il garde le même thème (première et deuxième partie) et que ce sera le même jour (30 septembre) dans ces deux chapitres.

Au programme, vous aurez quelques révélations mais aussi de nouvelles questions !(Oui, je sais je suis relativement sadique !) Peut-être même que vous toucherez du doigt le secret de Rose et celui d'Elena Sweet...

P.S : La citation est inspirée d'Oscar Wilde et tout appartient à J.K Rowling hormis l'histoire et les personnages secondaires.

A bientôt ! Lyssa7

"Le meilleur moyen de résister à la tentation c'est d'y céder. Totalement et délibérément." Hugo Weasley.

30 septembre 2023 : 16h30
Parc de Poudlard



La brise, légère, fit frissonner Lily Luna Potter. Quelques mèches rousses s'envolaient doucement en se plaçant devant ses yeux mais la jeune fille s'en fichait, ce qui l'intéressait se trouvait quelques mètres plus loin en train d'embrasser sa cousine. Elle voulut se retourner et s'en aller avant qu'ils ne puissent remarquer sa présence et les larmes qui dévalaient ses joues, mais elle ne fut pas assez rapide.

Lorcan Scamander leva les yeux sur elle et poussa une exclamation tandis qu'un immense sourire fleurissait sur ses lèvres. Le cœur de Lily battit un peu plus vite et elle se maudit de l'aimer autant, au point de venir ici, de vouloir le voir avec une autre qu'elle, de s'en faire souffrir volontairement.

Elle essuya rapidement ses larmes avec un bout de sa manche, refusant de faire ce plaisir à Lucy qui s'approchait, son bras sous celui de Lorcan et un rictus arrogant flottant sur son visage trop maquillé.

- Lily ! Justement, il fallait que je te voie ! déclara Lorcan sans paraître avoir remarqué la tension qui s'était installée entre les deux jeunes filles. Crétin, pensa durement Lily en le considérant de son air le plus neutre possible.
- Ah oui ?
- Ouais... fit Lorcan en passant une main derrière son cou avec gêne. Je me disais que tu pourrais peut-être... glisser un mot à Hugo de ma part !

Le traitant intérieurement de tous les noms, Lily tenta de garder une contenance en glissant les mains dans les poches de son jean, paraissant réfléchir à ce qu'elle allait pouvoir lui dire.

En vérité, elle ne voulait pas parler de cela devant Lucy, sachant parfaitement que sa cousine se ferait une joie d'utiliser les problèmes d'addiction de Hugo à son avantage. Elle n'avait aucune confiance en cette fille qui haussait les sourcils avec un intérêt évident... Même si elle était de sa propre famille.

De toute manière, Hugo avait juré de ne pas recommencer ses conneries. Il l'avait promis à Lily quand elle l'avait menacé de le dénoncer à ses parents ; il l'avait supplié de ne pas le faire, qu'il allait stopper ses incartades et la consommation de cette plante. Et Lily avait voulu lui donner cette seconde chance. Hugo ne recommencerait plus, il lui avait juré sur toute sa collection des Canons de Chudley.

- Hugo ne veut plus te voir, Lorcan, finit-elle par dire.
- Mais tu...
- Non ! Je refuse que tu te serves de moi comme d'un hibou ! assena-t-elle d'un ton sec.
- Lily... insista-t-il doucement, une moue se formant sur ses lèvres.

Lily avait bien remarqué que le jeune homme savait qu'il avait l'avantage dans ces moments-là et qu'il s'en servait sans états d'âme. Prise au piège, elle était complètement prise au piège entre l'imbécile que son cœur avait choisi et la lueur malsaine qui brillait dans les yeux de sa cousine et qui lui faisait peur.

Lucy remonta soudainement sa main droite sur le torse de Lorcan, le caressant lentement à travers son pull en laine, sous les yeux de Lily qui se retenait de hurler et de lui flanquer son poing dans la figure.

- Je suis certaine qu'elle le fera, susurra Lucy en déposant un baiser au coin des lèvres de Lorcan. Après tout, elle ne peut rien te refuser, n'est-ce pas Lily ?

Et si elle la tuait, là, maintenant, à cet instant précis ? Est-ce qu'elle finirait à Azkabhan ? Lily n'avait qu'une envie : lui faire ravaler ce sourire vicieux et sournois. Lorcan haussa les sourcils, semblant ne pas comprendre ce que Lucy avait voulu insinuer et lui jeta un regard interrogateur. Lily aurait voulu disparaître dans un trou ou assommer sa cousine avec une pierre, elle ne savait pas encore quelle option elle allait choisir, quand tout à coup une main se posa sur son épaule.

- Est-ce que tout va bien, Lily ?

Le son de la voix de Lysander était aussi calme que d'habitude tandis qu'il se plaçait à ses côtés, saluant les deux autres d'un signe de tête. Mais Lily discerna comme une certaine froideur qu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'entendre dans le ton qu'il utilisait.

Lucy fronça les sourcils instantanément et fusilla le jeune homme du regard alors que Lorcan avait plissé les yeux, essayant de comprendre le lien qui unissait son frère et Lily. Cela ne parut pas lui faire plaisir puisqu'il perdit automatiquement son sourire ; mais ce n'était rien comparé à Lucy qui fixait Lysander de ses yeux vert pâle où luisait une colère vénimeuse.

- Oui, j'allais partir, répondit finalement Lily en se détournant du couple.

Lily avançait rapidement, voulant mettre le plus d'écart possible entre eux et elle. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle ne les vit plus et, s'appuyant de ses deux mains sur ses genoux pliés, elle souffla un bon coup avant de se tourner vers Lysander qui l'avait suivi.

- Merci, dit-elle avec un hochement de tête. Comment as-tu su que...
- Tu semblais sur le point de fondre en larmes, répondit-il avec une franchise déroutante.

Ce garçon était une véritable énigme pour elle. Elle le considéra un instant alors qu'il tournait la tête vers le château. Ses cheveux blonds étaient parfaitement coiffés, comme s'il avait attaché un soin tout particulier à sa coiffure en se préparant ce matin-là ; à l'inverse de Lorcan qui cultivait son allure débraillé et nonchalante et ne s’embarrassait pas de ce genre de choses.

Seul un minuscule épi dépassait dans le creux de la nuque de Lysander et Lily ne le lâcha pas du regard pendant quelques secondes avant qu'il ne se retourne vers elle en sentant qu'elle l'observait.

- Je ne dirais rien à personne, tu peux compter sur moi, dit-il doucement, son air rêveur réapparaissant dans ses yeux bleus.

Il allait partir et s'apprêtait à se diriger vers le château quand elle lui attrapa la manche de sa veste en coton. Il était le seul qui connaissait ses sentiments pour Lorcan, hormis Leane.

Le seul qui l'avait un tant soit peu aidé à avancer dans ses tentatives de séduction, même si ignorer Lorcan n'avait pas vraiment donné ce à quoi elle s'attendait. Il l'interrogea du regard alors qu'elle jouait un instant avec une mèche de cheveux sans oser relever les yeux sur lui.

Ce qu'elle voulait lui demander était ridicule, mais elle n'avait pas d'autres choix qui s'offraient à elle. Flirter avec un autre garçon pour séduire Lorcan revenait à prendre le risque que le premier s'attache à elle et Lily ne voulait faire souffrir personne. Lysander était le seul qui était au courant et qui pouvait l'aider, se dit-elle en essayant de se convaincre elle-même de lui poser cette question.

- Tu m'as dit qu'il fallait que je... Lily dansait d'un pied sur l'autre et elle se rendit compte avec gêne qu'elle n'avait toujours pas lâché sa manche. Je devais... trouver quelqu'un d'autre et le rendre jaloux mais... enfin, tu es le seul qui... Tu sais ?

Un petit sourire apparut à la commissure des lèvres du jeune homme alors qu'il repliait ses manches avec soin. Lily ne savait pas s'il avait réellement compris ce qu'elle voulait lui dire mais elle ne se sentait pas capable de le demander clairement.

Le malaise s'accentua et Lysander ne paraissait pas décider à lui répondre. Nerveuse, Lily releva finalement la tête et planta ses yeux dans les siens. Elle fut surprise d'y croiser une étincelle d'amusement.

- Qu'est-ce que tu veux exactement, Lily ?

Lysander semblait se retenir de rire en l'observant tandis que la jeune fille le fixait avec des yeux ronds. Il se moquait d'elle ? Se demanda-t-elle, plus mal à l'aise si c'était possible, ses joues rougissantes de honte. Bravo, Lily ! Pensa-t-elle avec dépit. Maintenant, tu es pitoyable !

Le petit sourire de Lysander s'accentua en posant la main sur son bras.

- Respire ! Je vais t'aider si c'est ce que tu me demandes de faire, dit le jeune homme. Je serai ravi de faire enrager mon frère, fit-il ensuite en riant un peu.

Un rire clair qui s'éleva doucement dans les airs en rejoignant la brise, se confondant avec elle. Un rire léger qui détendit la jeune fille. Au loin, Lucy Weasley leur lançait un regard particulièrement mauvais.


Lucy Weasley ne décolérait pas depuis que Lysander Scamander était intervenu dans la discussion. Lorcan l'embrassait sensuellement dans le cou et c'était plutôt agréable, mais rien ne faisait diminuer la rage qu'elle avait ressenti quand le Serdaigle s'était mêlé de ce qui ne le regardait pas, qu'il s'était mis en travers de sa route.

Lucy aurait brisé Lily Luna Potter s'il n'avait pas joué au preux chevalier et elle l'aurait regardé se décomposer sous ses yeux comme elle l'avait fait avec Molly.

Repoussant Lorcan d'un geste de la main, elle se leva dans un mouvement gracieux et lui adressa un sourire langoureux. Elle n'avait plus besoin de lui pour le moment.

- Je dois aller réviser à la bibliothèque pour un devoir de Potions, mentit-elle en déposant un baiser chaste sur ses lèvres. Slughorn nous a donné un devoir sur les différentes façons de préparer les élixirs éternels et si je ne le commence pas maintenant, je ne le finirai jamais.

Lucy avait toujours eu une capacité exceptionnelle à mentir quand elle le voulait, trompant son monde lorsqu'elle le décidait et Lorcan ne décela rien de son mensonge. Il acquiesça en disant qu'il la retrouverait plus tard.

Parfait ! Pensa Lucy en se félicitant de ne plus l'avoir dans les pattes. Pour ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle n'avait pas besoin de son petit chien pour lui coller au derrière. Et puis, si elle avait pu avoir sa revanche sur Lily, se dit-elle, le pli de ses lèvres se tordant dans une grimace, elle ne se serait sûrement pas attaqué à Hugo aujourd'hui.

La jeune fille qu'elle cherchait se trouvait justement dans le hall. Une petite brune de troisième année à Gryffondor qu'elle avait mise à sa solde l'année précédente. Lucy ne se souvenait même pas de son nom, elle n'en avait pas besoin de toute façon.

- Toi ! l'appela-t-elle en lui faisant signe d'approcher d'un doigt à l'ongle parfaitement manucuré. J'ai une mission à te confier et tu n'as pas intérêt à me décevoir, fit-elle à voix basse, menaçante.
- Une... mission ? trembla la gamine en ne soutenant son regard que quelques secondes avant de fixer ses chaussures.

Lucy ne répondit pas à sa question pathétique, se contentant de sortir un sachet qui contenait des branches de Lirus Hilarius de sa poche. Un Serpentard de cinquième année, Brandon Stevens, avait croisé Hugo Weasley dans la salle sur demande deux semaines auparavant et s'était attelé à lui tirer les vers du nez. Ce qu'il n'avait eu aucun mal à faire vu l'état dans lequel se trouvait le rouquin...

Elle savait par Lorcan, son petit-ami qui pouvait parfois être utile, que Hugo avait promis à Lily de ne pas retoucher à cette plante. Malheureusement pour lui, elle allait s'assurer qu'il en soit autrement.

- Tu connais Hugo Weasley ? chuchota-t-elle à la gamine, un sourire pervers étirant ses lèvres.
- Je... Oui, c'est un sixième année.
- Va dans son dortoir et glisse ce petit sachet sous son oreiller, murmura-t-elle en glissant le sachet dans les mains de la fille. Tu sais ce qu'il peut arriver si tu ne le fais pas, n'est-ce pas ?
- Ou... oui, souffla-t-elle en tremblant de tout son corps, dénonçant la peur qu'elle ressentait face à elle.
- Parfait ! Allez, envole-toi petit oiseau !

Elle observa la petite remonter les marches d'un pas si rapide qu'elle faillit tomber plusieurs fois. Lucy se retint de rire à cette vision avant de se diriger vers les cachots. Elle ne vit pas Fred Weasley partir dans la direction opposée à la sienne, celle qui menait aux cuisines de Poudlard.


Fred Weasley aimait ce moment après les cours où il filait en cuisines prendre quelques gâteaux avant l'heure des repas et un bon chocolat chaud que s'empressait de lui faire Winky, une petite elfe qui était arrivée à l'époque de son père à Poudlard. Elle le confondait souvent avec son oncle décédé, mais comme elle ne devait plus avoir toute sa tête il n'y prêtait pas attention. C'était son moment de détente, ce à quoi il se raccrochait tous les jours avant de remettre son masque et de sourire faussement à nouveau.

Comme d'habitude, le tableau s'ouvrit après qu'il ait chatouillé la poire et il s'engouffra dans les cuisines, respirant à pleins poumons les odeurs délicieuses qui s'en dégageaient. Dans les immenses fours en pierre, les côtelettes d'agneau doraient doucement, produisant des effluves enchanteresses mélangées aux pommes de terre sautées qu'un elfe faisait sauter de la poêle d'un coup de baguette.

Winky s'approcha de lui en souriant, un sourire qui enlaidissait un peu plus son visage si c'était possible mais qui n'avait jamais dérangé Fred. Il venait ici depuis sa première année et Winky était devenue son amie au fil des ans. C'était elle qui lui fournissait les bouteilles de whiky pur-feu pour ses soirées clandestines ; elle s'arrangeait chaque fois pour lui en donner une ou deux lors de ses visites, de façon à ce qu'on ne remarque pas trop la différence dans la réserve. En contrepartie, Fred discutait avec elle, échangeait des idées, et l'elfe de maison se sentait valorisée. Si sa tante Hermione avait su cela, elle aurait désapprouvé l'échange d'alcool mais aurait aimé leurs longues heures à converser.

- Mr Weasley ! Winky est heureuse de vous voir enfin ! dit-elle, cachant à peine le reproche dissimulé dans sa dernière phrase.
- Je suis désolé, Winky, s'excusa Fred en s'agenouillant pour se mettre à sa hauteur. J'ai eu un contretemps...

En réalité, Fred n'osait pas lui dire qu'il passait beaucoup plus de temps avec Lily et Hugo depuis deux semaines. Depuis cette fameuse soirée où il avait emmené sa cousine boire un chocolat chaud dans les cuisines. Il appréciait énormément la compagnie de Lily Luna Potter même s'il ne pouvait s'empêcher de rire sans en avoir envie, de sourire gentiment seulement pour lui faire plaisir, et de prendre part à des discussions qui l'indifféraient.

Fred avait donc faussé compagnie à la jeune fille qui était sûrement encore dans le parc à tenter de voir ce que faisait Lorcan Scamander. Une idée stupide de son avis !

- Un chocolat chaud ? s'enquit Winky, son sourire s'élargissant.
- Oui, et un peu de compagnie ! sourit sincèrement Fred à son tour.
- Hum... Je crois que quelqu'un vous attend déjà... fit Winky en désignant un coin de la pièce sur la droite ; c'était à cet endroit que le feu de cheminée ronflait doucement et qu'il prenait son chocolat chaud habituellement en observant les flammes qui dansaient devant ses yeux.

Qui pouvait l'attendre ? Il n'avait pourtant dévoilé à personne qu'il allait dans les cuisines. Même Lily pensait qu'il était remonté à leur salle commune. Contournant le mur, Fred se stoppa en voyant la jeune fille qui était assise sur l'un des fauteuils et qui lui tournait le dos. Des cheveux noirs mi-longs et une peau aussi pâle ne pouvait appartenir qu'à une seule et même personne : Elena Sweet.

- Tu comptes me suivre partout ? lança-t-il sèchement alors qu'elle sursautait en prenant conscience de sa présence. Est-ce que c'est une sorte de plan de vengeance tordue ou quelque chose dans ce goût-là ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Non, répondit-elle simplement. J'avais envie d'un chocolat chaud.
- Vraiment ? fit-il, narquois. Et la dernière fois, tu avais envie d'une petite virée dans la forêt interdite au milieu de créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres, c'est ça ?

Elle l'observa un instant de ses grands yeux gris presque transparents. Sa peau à la lueur des flammes paraissait presque translucide. D'un mouvement lasse, elle lui désigna le fauteuil en face d'elle.

- Nous ne serons pas amis ! lâcha-t-il d'un ton qui n'admettait aucune réplique tout en s'asseyant.
- Je sais, dit-elle en haussant les épaules. Je veux simplement que tu m'apprennes à vivre, Weasley.

Qu'est-ce qu'elle racontait encore ? Cette fille n'était vraiment pas net, et bien entendu il avait fallu qu'il tombe sur elle. Les prunelles bleues de Fred s'obscurcirent et il lui jeta un regard dur.

- Petite fille sage en manque de sensations fortes ? Désolé, je ne fais pas dans le social !

Pourtant, pour la deuxième fois depuis qu'il la connaissait, la curiosité s'imposa à lui. Elle avait semblé détester sa façon d'être la première fois alors pourquoi voulait-elle passer du temps avec lui ? Pourquoi le suivre ainsi ? C'était totalement incompréhensible ! Pensa-t-il en lui lançant un coup d’œil intrigué. Peut-être qu'elle désirait seulement participer aux soirées qu'il organisait, se dit-il avec agacement.

- La prochaine soirée clandestine aura lieu ce week-end, le samedi soir à vingt et une heures dans la salle sur demande, lui apprit-il une part de lui espérant qu'elle le laisserait tranquille après avoir obtenu un passe-droit.
- Je me fiche de tes soirées, déclina-t-elle en secouant la tête doucement. Je veux me sentir vivante, tu comprends ? Je veux sentir la peur m'envahir, je veux voir mes mains trembler, je veux... elle cherchait ses mots et Fred, sans le vouloir, était resté suspendu à ses lèvres.

- Je veux exister ! C'est pour ça que je t'ai suivi dans la forêt interdite. Au départ, je voulais juste te remercier d'avoir pris de mes nouvelles et m'excuser d'avoir été si désagréable, mais quand je t'ai vu pénétrer dans la forêt, je...
- D'accord, t'auras qu'à me rejoindre ce soir en bas de la tour des Serdaigle à 23h précises. Je n'attendrais pas une minute de plus.

Fred ne prit pas la peine de lui lancer un dernier regard. Il savait très bien que la surprise devait se lire sur ses traits fins. Même lui ne savait pas ce qu'il lui avait pris d'accepter cette requête insensée. Peut-être était-ce parce que cette fille, Elena Sweet, avait dit au mot près ce qu'il aurait dit si on lui avait posé la question. Si on lui avait demandé pourquoi il allait dans la forêt interdite, pourquoi il se mettait en danger continuellement, Fred Weasley aurait répondu : pour exister.


Hugo Weasley poussa un soupir tandis qu'il reportait son regard sur Leane Jones. Il vit parfaitement Fred traverser le hall de Poudlard, mais il ne pouvait pas laisser son amie en pleine dispute sans en subir les conséquences. Elle aurait été capable de le gifler !

Presque un mois que Leane ne désarmait pas malgré le fait qu'il n'ait plus retouché à cette plante. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait !

- Tu ne m'écoutes même pas ! s'exclama la jeune fille, outrée. J'en ai assez, Hugo ! Je pensais que tu allais enfin grandir, mais apparemment je me suis trompée et j'en ai vraiment marre de réparer tes conneries !
- Personne ne t'a demandé de régler quoi que ce soit, Lea ! répliqua-t-il sur le même ton.
- Si tu étais capable de le faire toi-même, je ne serai pas obligé de m'en occuper ! lâcha-t-elle méchamment.
- Alors c'est vraiment ce que tu penses de moi ? Après toutes ces années, je pensais que tu me connaissais mieux que ça ! grogna-t-il en s'apprêtant à la laisser seule au milieu du hall.
- Mais je te connais ! rétorqua-t-elle avant de conclure dans un murmure : et c'est bien ça le problème !

Hugo ne prit pas la peine de répliquer, plus blessé qu'il ne l'aurait voulu. Leane était sa meilleure amie, tout comme Lily évidemment, mais elle était aussi cette fille qu'il avait voulu impressionner en première année, qu'il avait entraîné dans ses péripéties nocturnes en deuxième année, et qu'il avait emmené au bal de noël en quatrième année. C'était Leane Jones. Et cet air de déception lorsqu'elle l'observait ces derniers temps finissait d'achever Hugo.

Il ne pouvait pas en parler à Lily qui prenait presque tout le temps la défense de son amie, ni à Fred qui aurait juste haussé les épaules. Encore moins à Lorcan à qui Hugo ne parlait plus depuis trois semaines et auquel il ne reparlerait que si Lucy débarrassait le paysage. Comment pouvait-on seulement envisager de sortir avec ce genre de fille ? Pensa-t-il avec colère. Lorcan devait vraiment être en chien pour se tourner vers cette folle !

Hugo remonta dans la salle commune des Gryffondor, le cœur lourd. Entre Lily qui lui faisait encore la tronche, Fred qui lui adressait la parole que pour lui faire des remarques acerbes et Leane qui refusait de lui parler tout court à part pour lui lancer ses quatre vérités en pleine tête, il n'avait plus qu'une envie et c'était se glisser dans son lit et tout oublier pendant une heure ou deux.

Comme il soulevait les couvertures après avoir rejoint le dortoir, il remarqua un petit sachet en plastique qui dépassait de sous l'oreiller. Hugo l'attrapa et reconnut très bien ce qu'il contenait. Qui avait pu mettre ça là ? Lorcan était la réponse la plus probable... S'il chopait cet enfoiré ! Se dit-il, à mi-chemin entre la colère et la tentation.

Hugo se demanda une seconde s'il ne devait pas prévenir sa sœur de ses problèmes avant de secouer la tête. Rose le considérait déjà comme un cas désespéré... Et après tout, elle n'avait pas tort, pensa-t-il en glissant le contenu du sachet dans la biéraubeurre qui traînait sur la table de chevet avant de porter la bouteille à ses lèvres.


Il était près de dix-neuf heures lorsque Rose Weasley décida d'emprunter la salle de bains des préfets en chef au cinquième étage. Ses amis devaient sûrement se mettre en route pour la Grande salle, prêts à dîner. Elle leur avait dit qu'elle n'avait pas très faim, avait pris ses affaires et était partie sans un mot de plus. Depuis deux semaines, elle s'était peu à peu éloignée d'eux, même de Albus malgré ses efforts pour tenter de comprendre. Rose s'était renfermée dans ses problèmes, notamment les rondes nocturnes en compagnie de Scorpius Malefoy.

Chaque fois qu'elle était en sa compagnie, le jeune homme ne cessait de trouver une occasion pour la toucher. Parfois c'était la main qu'il posait sur son bras, d'autres fois il poussait le vice jusqu'à effleurer ses doigts. Et Rose ne pouvait ressentir que les frissons qu'il lui procurait, incapable de faire un geste, prisonnière de son attirance pour lui.

Poussant un profond soupir en prononçant le mot de passe de la salle de bains des préfets, Rose s'engouffra dans la pièce et déposa sa serviette sur les portemanteaux en or situés près de la porte. Tout en chantonnant un air connu par tous les adolescents sorciers, la jeune femme commença à se déshabiller. Elle n'était plus qu'en sous-vêtements, fermant les yeux pour profiter du calme qui régnait dans la pièce où l'on entendait que l'immense piscine se remplir d'eau lorsqu'un bruit de porte qui claque se fit entendre derrière elle.

Rose ouvrit brusquement les yeux et se retourna sur le visiteur en poussant un cri, protégeant les parties intimes de son corps aussi bien qu'elle le pouvait. Scorpius Malefoy, son habituel sourire goguenard aux lèvres, ne se privait pas pour la reluquer de haut en bas. Et Rose fit la seule chose qui lui passa par la tête à ce moment précis: elle sauta dans la piscine.

Quand elle en ressortit, les cheveux ruisselants d'eau et la respiration légèrement haletante, Malefoy était toujours là, ne se départissent pas de son sourire qu'elle aurait aimé lui arracher à coups d'ongles. Pour qui se prenait-il cet espèce de.... ? Rose se retint de prononcer des quantités d'insultes que Hugo lui avait apprises et qu'elle n'aurait jamais dites en temps normal.

- Sors d'ici, Malefoy ! lui ordonna-t-elle, les joues rougies par la colère.
- Charmante vision... fit-il d'une voix traînante. La prochaine fois, n'oublie pas de fermer la porte à clef...
- Je venais juste d'y entrer ! s'écria-t-elle, indignée par l'allusion dans sa phrase.

Qu'essayait-il de dire ? Qu'elle voulait qu'il entre dans cette salle de bains à sa suite ? Si Rose n'avait pas été dans cette position inconfortable, elle se serait empressé de lui faire regretter ses paroles et cette fois, elle aurait utilisé le sortilège de chauve-furie que sa tante Ginny lui avait appris quand elle avait eu douze ans.

- Si tu insinues que... commença-t-elle, tremblante de colère en tentant de rassembler la mousse.
- Oh, je n'insinue rien, Weasley, je constate ! répliqua-t-il, mettant un doigt sur sa lèvre inférieure comme s'il réfléchissait réellement à ce qu'il venait de dire. Tu sais... il suffisait simplement de me le dire si tu voulais que je te rejoigne...

Et Scorpius Malefoy sortit de la salle de bains des préfets en sifflotant tandis que la jeune femme poussait un hurlement de rage. Elle lui ferait payer son insolence ! Se jura-t-elle en essayant de se détendre dans la mousse d'où s'élevait des parfums entêtants.

Mais l'intervention de Malefoy avait réduit à néant toutes ses chances de se détendre un minimum ; et Rose Weasley se décida à rejoindre Albus Potter dans la Grande salle en redoutant particulièrement ce qu'il y aurait dans son assiette.


Albus Potter écoutait à peine ce que lui expliquait Franck Finnigan sur les Soins aux créatures magiques. En fait, il s'inquiétait pour Rose, sa cousine qui avait passé la moitié du temps à l'éviter pendant ces deux semaines. Si la rousse avait seulement besoin de solitude, il aurait pu comprendre ; mais la jeune femme qu'il connaissait ne réagissait comme cela que lorsqu'elle était trop fragile, qu'elle se sentait en danger. Alors dans ces moments-là, elle se forgeait une carapace que personne ne pouvait franchir. Pas même lui.

Les plats venaient d'apparaître sur les tables, les remplissant de mets plus succulents les uns que les autres. Pourtant, l'inquiétude lui nouait l'estomac et Albus repoussa son assiette.

- Al... Tu crois que Rose va bien ? demanda soudainement Jane en fronçant les sourcils.

Surpris par la question, Albus ne répondit pas aussitôt et Jane fronça d'autant plus les sourcils tandis que Franck s'était approché d'eux pour suivre la conversation. Albus ne souhaita pas leur mentir, ils étaient ses amis depuis la première année et il leur devait au moins une part de vérité.

- Je ne sais pas, répondit-il en secouant la tête. Elle m'évite constamment. Peut-être que tu auras plus de chances que moi avec elle, Jane.
- Hum... Pas sûr ! Je ne l'ai pas vu dormir dans notre dortoir depuis une bonne semaine...
- Et c'est maintenant que tu me le dis ? lui reprocha Albus, plus inquiet encore qu'il ne l'était déjà.
- Rose doit simplement profiter de ses appartements de préfète en chef, intervint Franck en haussant les épaules. Inutile de passer tes nerfs sur nous, tu n'auras qu'à lui demander directement. D'ailleurs, la voilà ! fit-il alors que Albus allait justement "passer ses nerfs" sur lui.

Et effectivement, la jeune femme rousse se dirigeait vers la table des Gryffondor, et Albus remarqua qu'elle jetait des coups d’œils meurtriers à la table des Serpentard. Qu'avait encore fait Malefoy pour mettre Rose en colère ? Se demanda-t-il en lui faisant une place entre lui et Jane.

- Pas de questions, d'accord ?

Voilà qui avait le mérite d'être clair, pensa Albus, dépité. Rose refusait de se confier à lui et elle n'avait pas touché la moindre miette de son assiette. Un frisson d'anticipation parcourut le dos d'Albus Potter en observant la jeune femme repousser les pommes de terre sautées de sa fourchette et, de temps en temps, en mettre une discrètement sous la table.

End Notes:
Merci à tous ceux qui suivent cette fiction (oui, même vous, lecteurs fantômes ! ;) )
Nous cédons à la tentation (deuxième partie) by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Alors, j'aimerais revenir sur certains points. En me relisant, c'est vrai que c'est assez peu réaliste que presque tous les Weasley soient pratiquement dans la même classe, mais bon on va dire qu'après la guerre il y a eu un immense "Baby Boom" pour les besoins de l'histoire ! ;)

Ensuite, j'ai eu une petite idée récemment et j'aurais aimé savoir ce que vous en pensez ? Je m'explique :
Je souhaiterais en avançant dans l'histoire inclure des chansons dans certains chapitres, à un certain moment, qui conviendrait à l'ambiance et aux relations ou à ce que ressentent les personnages. Bien évidemment, mon texte sera travaillé autour comme pour une songfic sauf que ce sera un "song-chapter".

Voilà, à vous de me dire si mon idée est complètement irréaliste ou si c'est faisable ! ;)

Pour finir, j'ai adoré écrire ce chapitre ! Vous en apprendrez bien plus sur Lucy et les raisons qui la poussent à être aussi malfaisante, Molly aura le droit à un chantage, vous connaîtrez les raisons d'Elisabeth McKenzie pour accepter le marché de Lucy, Roxane... Bon, je n'en dis pas plus !

Bonne lecture !
Lyssa7

Hall de Poudlard
30 septembre 2023 : 20H15


Molly Weasley tentait pour la énième fois de se débarrasser de Samuel Dubois qui, sous prétexte qu'il l'avait amené à l'infirmerie un mois plus tôt, pensait qu'elle passerait du temps avec lui. Mais la jeune fille n'avait pas changé sa façon de voir les choses, d'autant plus maintenant que Lucy avait découvert ce qu'elle cachait et qu'elle avait en main son dossier scolaire. Elle devait payer le prix de ses erreurs. Seule.

- Combien de fois dois-je te remercier pour que tu me laisses tranquille, Dubois ? fit-elle à voix basse, mécontente, le considérant par-dessus ses lunettes. Je ne veux pas être ton amie. Ce que tu as fait pour moi n'y change rien. Je ne veux pas de ta présence dans ma vie, je ne veux pas que tu penses que tu as la moindre possibilité de...
- Qu'est-ce que tu faisais dans la salle des archives ?

Non, elle ne pouvait pas le croire. Est-ce qu'il était vraiment en train de faire ce qu'elle croyait ? Samuel passa une main dans ses cheveux blonds comme les blés avant de poser de nouveau son regard bleu sur elle d'un air déterminé.

- Est-ce que tu me menaces ? s'enquit-elle, le souffle coupé par ce revirement inattendu.
- Hum... ça se pourrait, répondit-il avec un sourire penaud.
- Comment tu peux savoir que j'étais dans cette salle ? demanda-t-elle en redressant les épaules, décidée à ne pas se laisser faire.
- Il n'y a que cette salle dans le couloir où je t'ai trouvé. Toutes les autres salles sont condamnées. Je suis un Poufsouffle mais je ne suis pas un idiot ! répliqua-t-il en haussant les épaules.

Molly ne sut que lui répondre. Si même Samuel Dubois se mettait à lui faire du chantage, comment allait-elle lutter ? Elle maudit Merlin et son karma pendant une vingtaine de secondes avant de relever les yeux sur lui et de l'affronter du regard. Mais cette fois-ci, Dubois ne semblait pas prêt à céder et ses yeux, d'un bleu plus foncé que celui de Molly, eurent pendant un instant un éclat amusé.

- Passe une heure avec moi tous les jours pendant un mois, et je te promets que tu n'auras pas à t'en faire pour ton petit secret. Dans le cas contraire, je suis très gaffeur alors... reprit-il, presque moqueur.
- C'est du chantage ! souffla-t-elle, offusquée.
- Un mois, une heure par jour, si tu ne changes pas d'avis, je te laisserai tranquille.

Et sur cette dernière phrase, le jeune homme mit les mains dans ses poches avant d'emprunter le petit couloir qui menait aux cuisines et à la salle commune des Poufsouffle. Molly n'en revenait pas. Comment osait-il lui imposer sa présence ? Ce gars n'abandonnerait donc jamais ?

- Eh bien, grande sœur, comment vas-tu ?

Le ton perfide de Lucy Weasley la paralysa pendant une minute. Oui, décidément, Merlin l'avait dans le collimateur ces temps-ci, pensa-t-elle, exaspérée avant qu'elle ne redresse la tête et ne se retourne sur sa petite sœur, prête à l'affronter.


Lucy Weasley aimait particulièrement ces instants où sa sœur se sentait prise au piège. Elle pouvait lire dans ses yeux que Molly avait peur de se faire dénoncer, qu'elle ne voulait pas que tout ce pourquoi elle avait travaillé jusque ici s'effondre comme un château de cartes. Lucy se délectait de cette angoisse, s'en nourrissait. La roue tournait enfin en sa faveur après toutes ces années dans l'ombre, toutes ces années à n'être que le vilain petit canard de la famille ; celle qui avait atterri à Serpentard, celle qui ne serait jamais comme les autres.

Tout le monde pensait que la famille Weasley, ces héros, était une famille tolérante, sans le moindre défaut. Comment cela aurait-il pu en être autrement après tout ce qu'ils avaient fait pour la communauté sorcière ? Lucy, elle, savait que ce n'était qu'un mensonge. Lorsque le choixpeau lui avait désigné Serpentard comme sa maison, son autre famille pour les sept années à venir, la petite fille avait tenté de garder le contrôle d'elle-même et s'était dit qu'elle pourrait compter sur eux, que peu importait la maison où elle était répartie, elle aurait leur soutien. Un sourire amer effleura ses lèvres en y repensant.

- Qu'est-ce que tu me veux ? demanda Molly dans un soupir.
- Je voulais juste te rappeler à mon bon souvenir, Mollynette. Je ne voudrais pas que tu oublies ce que j'ai entre les mains, persifla Lucy, mauvaise.
- Comment pourrais-je l'oublier ? Tu passes ton temps à me le rappeler, répliqua Molly en haussant un sourcil. Mais sache une chose, Lucinda : tu ne réussiras pas à me mettre plus bas que terre, quoi que tu fasses. Je suis prête à payer mes erreurs si tu m'y obliges mais je m'en relèverai, tu peux en être sûre.
- Papa sera tellement déçu... insinua Lucy en sachant très bien qu'elle touchait le point sensible.

Molly pâlit subitement et Lucy éclata d'un rire froid. Percy Weasley était en admiration devant sa fille ainée depuis bien trop longtemps et bientôt, il saurait que tout ce que Molly avait construit jusqu'à maintenant était bâti à partir d'un leurre, qu'elle l'avait dupé comme tous les autres.

Lucy s'éloigna, laissant sa sœur avec sa propre conscience et rejoignit sa salle commune en passant par les escaliers qui menaient au sous-sol. Comme habituellement, elle longea le long souterrain humide qui se trouvait sous le lac et donna le mot de passe devant le mur d'entrée composée de pierres brutes et froides. Ces jours-ci, le mot de passe semblait être inspiré de son état d'esprit puisqu'il s'agissait de "Ruse", une qualité essentielle lorsqu'on souhaitait survivre à Serpentard.

L'intérieur de la salle commune des Serpentard était éclairée par une lumière crue, verdâtre, donnée par des lampes rondes accrochées à des chaînes. Peu chaleureuse malgré le feu qui dansait dans la cheminée et produisait des ombres sur les murs froids, la pièce avait pour seuls objets de décoration des crânes placés sur les bureaux en marbre, des portraits de personnages peu sympathiques dont celui d'Horace Slughorn, professeur de potions émérite, et des chaudrons disposées au hasard. Pour compléter le tableau, des fauteuils en cuir confortables aux gravures ouvragées trônaient devant la cheminée, immense, où était représenté le symbole des Serpentard, un serpent en pierre dont l’œil luisait d'une pierre d'émeraude. Les fenêtres ne laissaient pénétrer que peu de lumière étant située sous le lac, et quelquefois, on pouvait apercevoir une sirène ou un strangulot.

Dans les premiers temps, la petite fille qu'était alors Lucy avait eu du mal à s'adapter à cette atmosphère froide et imposante, mais elle avait fini par se faire une raison et à présent, elle ne pouvait s'imaginer un autre endroit que celui-ci pour évoluer. Elle s'était façonnée à cette image au fur et à mesure des années et elle pouvait maintenant se vanter d'être l'une des élèves les plus respectées chez les Serpentard, les plus craintes aussi.

Assis l'un en face de l'autre dans les fauteuils en cuir, Scorpius Malefoy et Elisabeth McKenzie attendaient son arrivée en discutant de leur dernier cours de potions. Laissant se dessiner un rictus glacial sur son visage constellé de tâches de rousseur masqué par le fond de teint, la jeune fille prit place dans le troisième fauteuil, faisant signe à l'élève de quatrième année qui s'y était installé de lui laisser sa place.

- Bien, fit-elle en se tournant vers eux. Quelles sont les dernières nouvelles ?
- Plutôt bonnes, répondit Scorpius avec un léger sourire satisfait. Je sens que Weasley ne tardera pas à flancher. Elle est plus fragile qu'il n'y paraît.
- Et pour Albus ? demanda à nouveau Lucy avec un signe d'assentiment envers Malefoy.
- J'y travaille, dit brièvement Elisabeth. Tu te souviens de ce que je t'ai demandé en échange ?

Lucy haussa un sourcil, mécontente du ton que prenait la jeune femme face à elle. Le dos droit, les sourcils arquées en attendant visiblement sa réponse, Elisabeth McKenzie lui faisait comprendre qu'elle n'entrait dans son petit jeu que par simple intérêt. Lucy poussa un bref soupir, elle savait très bien qu'elle ne réussirait pas à obtenir l'allégeance de la brune autrement qu'en lui promettant ce qu'elle souhaitait.

- Bien entendu, je t'ai dit qu'une fois que tout cela sera terminé, j'en parlerais à mon père.
- Tu es certaine que mes parents ne me retrouveront pas ? questionna Elisabeth dont les yeux brillaient de méfiance. Je peux te faire confiance ? elle avait dit ce mot avec répugnance.
- Mon père est en perpétuelle relation avec le bureau des affaires étrangères, McKenzie... C'est à toi de voir si tu tentes ce pari ou si tu t'abandonnes à ce mariage arrangé que tes parents prévoient...

Lentement, Elisabeth McKenzie hocha la tête. Elle n'avait pas le choix, Lucy en était consciente. Elle était sa seule porte de sortie, son passe-droit pour la liberté. Un fin sourire étira les lèvres de la rousse tandis qu'elle joignait ses doigts et les plaçait sous son menton. Rose était quasiment à la merci de Malefoy, Albus ne tarderait pas à être sous l'influence de McKenzie, Lily avait le cœur brisé depuis qu'elle lui avait volé Lorcan, et Hugo s'éloignait de son propre chef de ses amis pour cette plante aux propriétés euphorisantes. Quand à Molly, elle n'avait plus qu'à claquer des doigts pour la briser...

- On dirait qu'il ne manque plus que deux de mes cousins sur la liste, fit-elle à voix basse en se penchant vers eux. Roxane et Fred sont sûrement ceux qui m'opposeront le plus de résistance...

Lucy ne se racontait pas d'histoires, l'orgueilleuse Roxane Weasley était très bien entourée et il était très difficile d'infiltrer son cercle d'amis alors que Fred Weasley était déjà un solitaire dans l'âme malgré les nombreuses connaissances diverses qui gravitaient autour de lui. Jugeant que Roxane était sans doute la plus facile des deux à atteindre pour le moment, Lucy envoya l'un de ses petits oiseaux qui descendait justement du dortoir recueillir quelques informations sur sa cousine.


Roxane Weasley essayait de garder son calme tandis que Peter Nott continuait ses élucubrations sur ses échanges malsains avec Mary Peters. Il lui reprochait, une fois de plus, d'utiliser la jeune fille au quotidien et insistait sur la fragilité de leur amie qui n'avait jamais su dire non à la grande brune. Évidemment, Roxane démentait à grands cris, incapable de se remettre en question une seule seconde. Où allait-il chercher tout cela ? se demandait-elle avec agacement. Mary était son amie et en tant que telle, elle avait le droit de lui demander deux ou trois petits services quand elle en avait besoin, c'était aussi simple que ça ! Et puis, si Mary considérait qu'elle exagérait, elle lui aurait dit !

- Tu vas passer l'année à me prendre la tête avec ces histoires complètement farfelues ?
- Tu ne te rends pas compte de l'incidence que ton comportement peut avoir sur elle ! répliqua-t-il.
- A t'entendre, on pourrait croire que je la frappe pour qu'elle m'obéisse ! lâcha Roxane, son teint caramel ayant viré au pourpre. Elle pourrait me dire non, mais elle ne le fait pas !
- Elle a bien trop peur de ta réaction si tu apprenais que le monde ne tourne pas autour de ta petite personne, Weasley ! Mary s'oublie, elle te fait passer avant tout, même avant elle-même, il serait temps que tu en prennes conscience !

La conversation avait tourné à l'orage dans la salle commune des Serdaigle. Maxence Stuart, qui étudiait les sortilèges de la première à la sixième année pour ses ASPICS, leur avait ordonné de poursuivre en bas de la tour sur un ton qui n'admettait pas le refus, au grand soulagement de Stella Dubois, et de Mary Peters autour de laquelle tournait toujours les disputes des deux Serdaigle et qui avait plongé la tête dans un livre de botaniques depuis le début de la soirée. C'était donc en bas de la tour, devant le portrait d'Igor l'ensorceleur, que les deux adolescents continuaient leur "discussion".

- Et alors ? Qu'est-ce que j'y peux, Nott ? rétorqua la jeune fille, les mains sur les hanches, le considérant d'un œil méprisant.

Il ne répondit pas, avançant vers elle jusqu'à la coincer contre le mur. C'était la première fois que Nott agissait ainsi, et la jeune fille s'en retrouva déstabilisée. Pourtant, il n'était pas question pour elle de baisser les yeux, qu'il prenne le contrôle de la situation. La tension était palpable, le regard noir de Peter Nott la sondant sans un mot, ses deux mains se posèrent de chaque côté de sa tête, l'empêchant de fuir. Roxane voyait sa mâchoire se contracter de rage tandis qu'il murmurait, menaçant :

- Ne reprends plus jamais cet air supérieur avec moi, Weasley...
- Sinon quoi ? rétorqua-t-elle avec un petit ricanement moqueur.

A cet instant, il fit la dernière chose à laquelle la jeune fille s'attendait. Dans un grognement sourd, il posa violemment ses lèvres sur les siennes tandis que sa main passait derrière sa tête pour la plaquer contre lui. Roxane avait toujours pensé que Peter Nott serait le dernier homme avec lequel elle aurait ce genre de rapprochement et encore moins qu'elle répondrait à ce baiser imposé. Pourtant, elle accentua la pression de ses lèvres, les entrouvrant alors que les mains du jeune homme passaient sous sa cape, sous sa chemise. Elle lui mordit férocement la lèvre, ses doigts s'accrochant à ses cheveux bruns, lui arrachant un gémissement rauque. Roxane n'avait plus aucune faculté de pensée, dévouée toute entière à leur étreinte.

- Eh bien, on dirait que les Serdaigle évacuent la tension des examens comme ils peuvent...

Le contact fut rompu brutalement et Peter Nott s'écarta de Roxane Weasley, laissant entrevoir à la jeune femme le rictus moqueur de Scorpius Malefoy qui n'avait sûrement rien manqué de la scène, tout comme Rose Weasley qui se tenait quelques mètres derrière lui, la bouche entrouverte par le spectacle auquel elle venait d'assister.


Rose Weasley ne pouvait s'empêcher d'observer le couple que formait Peter Nott et sa cousine avec stupeur. Comme la plupart des élèves à Poudlard, elle était au courant de l'animosité que se portait les deux Serdaigle. Quelle surprise donc de les voir s'embrasser à perdre haleine en plein couloir !

Peter Nott tenta une défense dérisoire, expliquant à Malefoy que Roxane l'avait littéralement poussé à bout et qu'il n'avait trouvé que ce moyen pour la faire taire ; Roxane, les joues rouges et les cheveux bruns décoiffés, se faisait la plus petite possible, phénomène plutôt rare quand on connaissait la personnalité extravagante de la jeune femme. Scorpius finit par hausser les épaules, ne se départissent pas de son sourire narquois avant de leur signifier qu'il fermerait les yeux sur cette "incartade". Il revint ensuite vers Rose qui n'arrivait toujours pas à croire ce qu'elle venait de voir.

- Ferme la bouche, Weasley, je n'ai aucune envie d'observer tes amygdales.
- J'y crois pas ! lâcha-t-elle sans répliquer à ce qu'il venait de dire. Jamais je n'aurais pensé que ces deux-là finiraient par...

Scorpius Malefoy éclata de rire face à l'air choqué qu'elle prenait. Sans aucun doute, Rose Weasley n'était pas de ce genre-là. Evidemment, elle était explosive quand elle se confrontait à lui, mais chaque fois qu'il la touchait, ou ne faisait que l'effleurer, les joues de Rose se coloraient et ses oreilles prenaient une teinte rouge vif. Il était évident pour Malefoy qu'elle n'était pas encore très au point sur ces choses-là. Et il avait raison, pensa-t-elle avec dépit. Le seul petit-ami qu'elle avait eu, Terence Brandford, un Poufsouffle de septième année, ne s'était pas gêné pour lui faire comprendre qu'il voulait aller plus loin et quand elle avait refusé en rejetant fermement ses avances, il l'avait quitté. Oh, elle ne le regrettait pas, au contraire, mais elle aurait aimé contrôler un peu mieux ses émotions en présence de Malefoy.

D'ailleurs, il lui semblait étrange qu'il ne lui ait pas reparlé de ce qu'il avait vu dans la salle de bains des préfets en début de soirée, qu'il n'en ait pas profité pour la mettre mal à l'aise. Pas qu'elle en soit mécontente, mais son silence était comme un compte à rebours, et elle se demandait quand est-ce qu'il ferait une allusion à ce sujet. Mais Scorpius ne disait rien, se contentant de faire sa ronde nocturne quotidienne comme d'habitude, en la précédant de quelques mètres, sans un regard en arrière. Et Rose ne pouvait qu'attendre, attendre la sentence qui tomberait tôt ou tard, elle en était persuadée.

Finalement, il finit par se tourner vers elle, mais loin de remuer le couteau dans la plaie comme elle le pensait, il passa une main dans ses cheveux blonds avant de dire :
- Je tenais à m'excuser pour mon comportement inapproprié de tout à l'heure, Weasley."

Ne sachant comment réagir face à ces excuses inattendues, la jeune fille lui lança un coup d’œil suspicieux. Malefoy lui présentait ses excuses ? Qu'avait-il réellement en tête pour en arriver à de telles extrémités ?

- Tu t'excuses ? répéta-t-elle en haussant un sourcil, peu convaincue.
- Je viens d'une famille de sang-pur, Weasley. Ce n'est pas dans notre nature de s'amuser à surprendre les filles quand elles se déshabillent, répondit-il avec un sourire contrit.
- Je vois... J'aurais dû penser à fermer la porte à clef.

Il la considéra pendant quelques instant avant de reprendre sa ronde, la précédant encore une fois de quelques pas. Comme il tournait à l'angle d'un couloir, ils croisèrent Albus Potter et Elisabeth McKenzie qui montaient les escaliers menant au deuxième étage.


Albus Potter avait fini par s'habituer à la présence glaciale d'Elisabeth McKenzie. La jeune femme marchait à ses côtés dans un silence qui ne le déstabilisait plus comme au début de leurs rondes ensemble. Ce silence avait quelque chose de rassurant, presque réconfortant. Albus était soulagée qu'elle ne soit pas entrée en confrontation directe avec lui, préférant garder cette sorte de distance indifférente.

D'ailleurs, il avait ainsi tout le loisir de repenser à Stella Dubois et les quelques mots qu'elle lui avait adressé en cours de métamorphoses le matin même. Oh, elle lui avait simplement demandé un morceau de parchemin mais il avait eu le temps de croiser ses yeux bleus outremer et de s'y noyer... Un fin sourire se dessina sur le visage du jeune homme, déclenchant soudainement une lueur d'intérêt dans le regard vert de son homologue.

- Qui peut te faire sourire comme ça, Potter ?
- Comme quoi ? interrogea-t-il en se tournant vers elle, étonné.
- Comme un gars transi d'amour, répondit-elle avec une grimace de dégoût sur ses lèvres pleines.
- Je ne suis pas "transi d'amour" !" s'exclama-t-il, outré qu'elle ait pu lire en lui si facilement.
- Si tu le dis, Potter ! répliqua-t-elle avec un petit rire clair qu'il n'avait encore jamais entendu.

Ce son sortant de la bouche de cette jeune femme lui paraissait étrange. C'était comme si ce bruit n'avait pas lieu d'être, qu'Elisabeth McKenzie était faite pour rester cette beaûté froide sans émotions, et que ce rire était totalement incongru venant d'elle. Il resta un instant à l'observer tandis qu'elle continuait à avancer dans les couloirs du deuxième étage. Lorsqu'elle se rendit compte qu'il était resté en arrière, elle se retourna, haussant l'un de ses sourcils qui s'arqua avec élégance.

- Un problème, Potter ?
- Pas le moindre, répondit-il en la rejoignant d'un pas rapide.

Ils continuèrent leur ronde comme il l'avait commencé, dans un silence que ni l'un ni l'autre ne voulait briser. Quand il fut l'heure de retrouver leur salle commune, ils se saluèrent d'un hochement de tête poli et Albus prit le chemin du septième étage, rejoignant la salle commune des Gryffondor.

Lorsque le portrait de la grosse dame s'ouvrit, il jeta un oeil à la grande horloge en bois située près des bureaux où quelques élèves de quatrième et cinquième année terminaient leurs devoirs pour le lendemain. Il était presque vingt-deux heures trente, et Albus sentait les muscles de son cou réclamer une bonne nuit de sommeil. Poussant un petit soupir, il fit un geste de la main à Rose qui venait elle aussi de rentrer de sa ronde du soir avec Scorpius Malefoy. Elle lui répondit par un petit sourire qui le rassura sur le bon déroulement de la soirée de sa cousine.

Pendant le dîner, Rose n'avait pas touché à son assiette et elle pouvait lui mentir en prétendant le contraire, Albus n'était pas dupe. Il connaissait chaque manie de la rousse quand elle faisait l'une de ses crises, chaque habitude, même celle qui consistait à mettre de la nourriture sous la table pour prétendre ensuite avoir mangé. Il secoua la tête, refoulant ses sombres pensées. Rose était forte, elle avait passé ce cap avec difficulté mais elle l'avait fait et à présent, elle était guérie. De loin, elle lui présenta un sachet de friandises, en mit une dans sa bouche, et une vague de chaleur rassurante se propagea en lui. Oui, Rose était guérie. Il ne devait pas s'en faire pour elle.

Comme il se tournait vers les fauteuils qui se tenaient devant la cheminée, il vit sa petite soeur, Lily Luna Potter, pelotonnée dans une épaisse couverture qui discutait de quidditch et du prochain match contre les Serdaigle avec Hugo Weasley et Fred Weasley, leurs cousins, et Leane Jones, sa meilleure amie. Albus Potter, bien qu'il était content que sa soeur ait été sélectionnée en tant que poursuiveuse, pensait toujours qu'elle aurait dû mettre deux fois plus d'énergie dans ses études que dans ce sport. Il en avait d'ailleurs fait mention dans la lettre qu'il avait envoyé à leur père.


Lily Luna Potter remarqua l'arrivée de son frère dans la salle commune mais elle fit le choix de ne pas y prêter attention. Après tout, Albus avait choisi lui aussi quand il avait décidé de prendre le parti de leur père et de surveiller ses faits et gestes, promettant à Harry Potter de lui rapporter la moindre faute de la jeune fille. Se concentrant sur la discussion qui animait leur soirée en oubliant son frère ainé, la jeune fille tourna la tête vers Hugo qui prenait la parole avec enthousiasme :

- Dawson a vraiment fait le meilleur choix en te prenant dans l'équipe, Lil !
- Il n'avait pas vraiment le choix, non plus, répondit modestement la jeune fille. Entre une deuxième année qui tenait à peine sur son balai, et Denver qui passait plus de temps à charmer les filles dans les gradins... D'ailleurs, Caver se débrouille aussi très bien !
- C'est vrai ! renchérit Leane. Je l'avais vu s'entraîner pour les sélections et Clotilde a beau être une peste de la pire espèce, elle est très douée !

Julian Dawson était le capitaine de l'équipe ayant passé les sélections de Quidditch. Jeune homme de septième année exigeant et autoritaire, il tenait à recruter les meilleurs afin de remporter la coupe de Quidditch que les Gryffondor n'avaient pas obtenu depuis deux ans. Lily pouvait donc s'estimer heureuse d'avoir été sélectionnée pour entrer dans l'équipe. Clothilde Caver était une sixième année et partageait le dortoir de Leane et Lily et avait rempli le deuxième poste de poursuiveuse vacant. Lily ne l'aimait pas particulièrement, lui reprochant de véhiculer certaines rumeurs infondées dans le château, mais elle reconnaissait que Caver avait énormément de talent sur un balai.

La conversation se poursuivit, vantant les mérites de tel ou tel balai, enchaînant sur les techniques de vol, et bien entendu sur les stratégies de matchs. Lily participait avec enthousiasme, essayant de ne pas penser à Lorcan qui était dans le fond de la pièce et jetait de temps à autre un regard triste vers le petit groupe. bien fait pour lui ! pensa la jeune fille en repensant à la scène à laquelle elle avait assisté dans l'après-midi. S'il voulait être avec Lucy, qu'il reste avec elle mais il n'était pas question qu'il se plaigne des répercussions.

Reportant son regard sur Hugo et Leane qui continuait à converser de quidditch, la jeune fille éprouva une bouffée de joie en voyant que les choses commençaient peu à peu à s'arranger entre eux. Ce n'était pas encore comme avant, mais les deux amis faisaient des efforts pour tenter de passer au-dessus de leurs altercations. Son cousin Fred Weasley, lui, se tenait un peu plus à l'écart, en tailleur sur le grand tapis rouge et or de la salle commune, jetant régulièrement un œil sur l'horloge.


Lorsque l'horloge afficha vingt-deux heures cinquante, Fred Weasley se releva, vérifia que la carte du maraudeur se trouvait bien dans sa poche et s’éclipsa sans que le petit groupe, hormis Lily Luna Potter qui lui lança un coup d'oeil interrogateur auquel il ne répondit pas, ne le remarque. Il devait encore faire un crochet par la tour des Serdaigle où Elena Sweet l'attendait. Un petit point portant son nom sur la carte ne cessait de faire les cent pas.

Quand il la rejoignit et lui fit signe de la suivre, Fred vit une lueur de soulagement s'allumer dans le regard gris pâle de la jeune fille. Sans doute pensait-elle qu'il ne tiendrait pas parole. C'était bien mal le connaître ! songea-t-il alors qu'il pénétrait dans l'un des passages secrets menant au rez-de-chaussée. Si Fred promettait quoique ce soit, il tenait toujours sa promesse. Exactement comme il avait promis à son père de reprendre le flambeau quand il était entré à Poudlard.

- Lumos ! annonça-t-il, faisant jaillir une lumière verte de sa baguette qui éclaira le visage d'Elena pendant quelques secondes. Tu es prête ? J'espère pour toi que tu as réfléchi à ce que tu faisais en me suivant dans la forêt interdite ? Libre à toi de rebrousser chemin, dit-il en espérant qu'elle s'en aille et qu'elle le laisse seul.
- Je n'ai pas peur, répondit-elle simplement en continuant à le suivre dans le dédale du passage secret.
- Comme tu voudras.

Ils arrivèrent rapidement au-rez-de-chaussée où ils empruntèrent un autre passage qui menait directement dehors. Les Maraudeurs, dont Fred savait que le père de son oncle Harry était à l'un de ceux-là, avaient cartographié l'ensemble du château et de ses moindres recoins afin de pouvoir sortir quand bon leur semblait. Fred marchait vite, ne se préoccupant pas de la jeune fille qui peinait à le suivre.

Enfin, l'orée de la forêt interdite se profila et Fred s'y précipita, pressé de ressentir à nouveau ce sentiment de liberté le saisir entièrement. Il entendit Elena le rejoindre en courant, son souffle précipité se répercutant dans le silence.

- Tu crois qu'il y a des loup-garous ? demanda la jeune fille, son corps soudainement pris d'un frisson.
- Sans doute, répondit-il en continuant à avancer.

Fred n'en avait encore jamais croisé même s'il venait dans cette forêt depuis sa quatrième année. A vrai dire, à part quelques cynospectres qu'il avait éloigné d'un simple sortilège "lumos", une Ford Anglia à moitié camouflé par les ronces, et quelques scroutts à pétards, il n'avait rien vu de particulier. Mais le hurlement qu'il avait entendu trois semaines auparavant avant que la jeune fille ne l'interrompe... Il devait savoir ce que c'était, il avait besoin de sentir la peur le submerger, de ressentir au moins une fois une émotion palpable qui lui prouverait qu'il était là, bel et bien vivant.

Ils continuèrent à marcher, s'éloignant peu à peu de la faible lumière produite par le château, étant seulement guidés par la lueur de la baguette magique de Fred. Elena fit un mouvement pour glisser son bras sous le sien, il eut un mouvement de recul. Loin d'être habitué aux contacts physiques, Fred eut un instant l'idée de la repousser vivement. Mais la pâleur du visage de la jeune fille et l'éclat d'excitation qui brillaient dans ses prunelles grises eurent raison de lui.

- Pourquoi ? interrogea-t-il, brusquement. Pourquoi vouloir se mettre en danger consciemment ?
- Pose-toi la question, répliqua-t-elle doucement avec un petit sourire amusé.
- Je ne te parle pas de moi, je connais mes raisons.
- Je sais.

Le corps frêle de la jeune fille tremblait contre le sien, laissant deviner qu'elle n'était pas aussi sereine à l'idée de rencontrer l'une des créatures qui vivaient dans la forêt qu'elle le prétendait. Décidément, cette fille restait un mystère pour lui, pensa-t-il en lui jetant un rapide regard, détaillant ses traits fins, ses yeux gris cernés de mauve, et ses cheveux noirs mi-longs qu'elle avait coiffé en un chignon lâche d'où s'échappait quelques mèches folles.

Tout à coup, un hurlement retentit, brisant le silence de la nuit, et Elena Sweet eut un hoquet de surprise et de peur entremêlés avant qu'un immense sourire s'installe sur son visage et qu'elle ne le tire en avant.

- Alors... on y va ou tu comptes faire un pique-nique ici ? s'enquit-elle alors.

Cette fille n'était vraiment pas comme les autres, se dit Fred en la rattrapant. Elle se dirigeait vers le hurlement, s'enfonçant dans la forêt, malgré les tremblements, de plus en forts, qui prenaient le contrôle de son corps. Cette fois, ce fut Fred qui mit son bras sous le sien. Le hurlement se rapprochait sensiblement et la peur s'infiltra dans chaque parcelle de leur corps. Une forme se distingua entre les arbres, faiblement éclairée par la pleine lune. Ce fut à ce moment que Fred attrapa la main d'Elena pour la tirer en sens inverse.

Derrière eux, un nouveau hurlement plus fort que les précédents se fit entendre et le bruissement des feuilles qui se froissaient indiquait à Fred que le loup-garou, car il n'y avait aucun doute que la créature en soit un, s'était mis à leur poursuite. Ils couraient aussi vite qu'ils le pouvaient, leurs cœurs battant contre leur cage thoracique prête à exploser. Fred tirait la jeune fille par la main, lui criant de courir plus vite. Toujours plus vite. Encore plus vite.

Enfin, Fred distingua le parc de Poudlard et une bouffée de soulagement l'envahit quand, après une dernière course effrénée, ils se laissa tomber à genoux près du lac, le souffle court. Le loup-garou n'aurait pas pu les suivre dans le parc même s'il l'avait voulu, des sortilèges protégeant les élèves de toutes les sortes de créatures qui vivaient dans la forêt interdite. Derrière lui, Elena Sweet poussa un cri qui ressemblait étrangement à celui d'une victoire. Il se retourna sur elle.

A la lueur de la pleine lune, la pâleur du visage de la jeune fille était presque fantomatique tandis qu'elle levait le poing en l'air et qu'elle éclatait de rire.

- Je me suis jamais senti aussi vivante ! S'exclama-t-elle en tournant sur elle-même. On recommence demain soir ?"

Fred Weasley aurait pu la rabrouer, lui dire que c'était la première et la dernière fois qu'il l'emmenait avec lui. Mais pour la première fois, Fred se sentait bien avec quelqu'un. A sa place.

End Notes:
Une petite review pour me dire ce que vous pensez de ce chapitre et de mon idée de song-chapter ? ;)
Nous nous cachons la vérité, y compris à nous-mêmes. by Lyssa7
Author's Notes:
Bonsoir !

Me revoici plus tôt que prévu avec ce nouveau chapitre, un peu plus court que les précédents. J'espère qu'il vous plaira !

Petite info : vous n'aurez les points de vue de Roxane et Molly que dans le chapitre suivant qui commencera pendant le déjeuner (on continue donc la même journée).

A bientôt ! Lyssa7

"Les mensonges font partie intégrante de notre vie, et nous nous cachons la vérité. Y compris à nous-mêmes." Rose Weasley

Classe d'Histoire de la Magie
1er octobre 2023 : 8h


Lily Luna Potter prit place au deuxième rang, à sa place habituelle dans la classe du professeur Binns. Comme tous les lundis, les Gryffondor avaient cours en commun avec les Serdaigle. Et comme chaque semaine, elle sentait le regard insistant de Lysander Scamander dans son dos. Elle aurait pu faire semblant de s'intéresser au cours d'Histoire de la Magie mais comme tout élève normalement constitué, elle ne pouvait écouter le cours soporifique du fantôme plus de cinq minutes.

Lily se contentait de prendre des notes sur Leane qui les prenait elle-même de Lysander. Le reste du temps, la jeune fille essayait d'oublier le mal être que lui faisait ressentir le regard du jeune homme sur elle. Mais ce matin-là, Lily n'était pas particulièrement de bonne humeur et se tourna vers lui en soupirant :

- Est-ce que tu pourrais arrêter de me fixer ? s'enquit-elle, l’œil mauvais.
- Pour te fixer, il faudrait que tu sois face à moi, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
- Ne joue pas sur les mots ! lâcha-t-elle d'un ton mécontent.
- Ce n'est pas ce que tu voulais ? demanda-t-il en se penchant vers elle, prenant une voix plus basse. Tu devrais constater par toi-même, fit-il en lui désignant discrètement l'autre côté de la salle.

En effet, il semblait que Lysander avait raison. Lorsque Lily tourna la tête, elle croisa le regard de Lorcan Scamander qui détourna les yeux aussi vite et s'intéressa soudainement à sa plume qu'il tourna entre ses doigts.

Depuis près d'un mois et son différent avec Hugo Weasley, le jeune homme se retrouvait seul à sa table et prenait un air boudeur qui remplaçait son habituel sourire étincelant. Malheureusement pour Lily, il n'avait toujours pas rompu avec Lucy qu'il rejoignait chaque jour après les cours.

- Tu crois qu'il commence à s'intéresser à moi ? demanda Lily d'une petite voix, son cœur ratant un battement. Il espère peut-être encore que je parlerais à Hugo...
- Tu devrais avoir plus confiance en toi, Lily, dit Lysander en haussant légèrement les épaules. Si tu veux, on peut tester tout de suite...
- Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea la jeune fille en lui jetant un œil peu rassuré.

Lysander ne prit pas la peine de répondre. Sa main attrapa celle de Lily, l'emprisonnant dans la sienne. La jeune fille le considéra un instant, interloquée par son geste, avant qu'elle ne lorgne vers Lorcan qui avait tourné la tête vers eux. Les doigts de Lysander caressaient les siens, son pouce remontait lentement sur son poignet, s'arrêtant une seconde sur une tâche de naissance. Un frisson parcourut la jeune fille et elle retira précipitamment sa main de la sienne.

Lily ne prêta pas attention au sourire quelque peu moqueur du jeune homme ou à la lueur de colère qui brilla un court instant dans les yeux bleus de Lorcan. Elle se retourna et prit sa plume, s'attelant à prendre des notes sur Leane qui haussa un sourcil.

Bien entendu, à quoi est-ce qu'elle s'attendait ? Leane n'était ni sourde, ni aveugle, et elle avait très bien remarqué ce qui venait de se passer entre les deux adolescents. Se penchant vers Lily, Leane prit soin de chuchoter pour que seule son amie l'entende :

- A quoi tu joues, Lil ?
- Je ne joue à rien, Leane, répondit sèchement la jeune fille, rougissante.
- Ah oui ? rétorqua la blonde avec un sourire narquois. Et tu laisses souvent les garçons te prendre la main sans raison ? Tu me prends pour un troll ?

Le sang de Lily ne fit qu'un tour tandis qu'elle fusillait son amie du regard. Pour qui se prenait-elle ? Elle voulait tout savoir alors qu'elle n'avait même pas pris la peine de lui en parler pour Hugo ? Il n'était pas question que Leane Jones s’immisce dans ses affaires alors qu'elle ne lui faisait même pas confiance !

- Je n'ai aucune envie de t'en parler, Lea... murmura-t-elle.
- Depuis quand tu ne veux rien me dire ?
- Ce n'est pas moi qui ait commencé, répondit Lily en lui décochant un énième regard noir.
- Tu en es encore là ? fit Leane d'un air déçu. Je pensais franchement que tu avais dépassé ce stade...
- Il semblerait que non !

Les deux amies s'affrontèrent quelques secondes en silence avant que Leane Jones ne baisse les yeux dans un soupir. Le reste de l'heure se passa dans une ambiance tendue où Lily tentait de ne pas penser aux regards scrutateurs dans son dos et évitait de tourner la tête à droite comme à gauche afin de ne pas croiser les regards de Leane, suppliants, et ceux de Lorcan dont les sourcils froncés n'annonçaient rien de bon. Lily Luna Potter était cernée, et ce fut avec un véritable soulagement qu'elle accueillit la fin de leur première heure de cours.

Se ruant dans le couloir du cinquième étage, la jeune fille bouscula son frère, Albus Severus Potter, qui semblait attendre quelqu'un devant la porte. Et vu la chance qu'elle avait en ce début de matinée, ce devait être elle !


Albus Severus Potter avait reçu une lettre de son père au petit-déjeuner. Une lettre en réponse à la sienne qui dénonçait Lily et son inscription au quidditch, disant que ses notes n'étaient pas à leur maximum. Évidemment, Albus savait que ce n'était pas un comportement très brillant, plutôt lâche si on y réfléchissait bien, mais il ne voyait pas d'autres solutions pour que Lily s'intéresse plus à son avenir et moins à tout ce qui pouvait l'éloigner de ses études. Dans son esprit, les amis de Lily, notamment leurs deux cousins Hugo et Fred, n'y étaient pas pour rien dans son comportement rebelle.

Lily ramassa les quelques livres qu'elle avait fait tombé en le bousculant et se releva, lui faisant face, les mains sur les hanches.

- Qu'est-ce que tu me veux, Albus ? demanda-t-elle, visiblement désappointée de le trouver là.
- Papa voudrait que tu lises cette lettre, répondit-il en lui tendant l'enveloppe portant son nom.
- Je suppose que tu n'as rien de mieux à faire que de lui dire tout ce que je fais à Poudlard ?

Lily n'était pas dupe. Elle savait que la lettre envoyée par son père serait une multitude de reproches la concernant, et elle était consciente que ses moindres faits et gestes étaient rapportées par son frère aîné. Pendant un instant, Albus regretta ce qu'il avait fait, mais la jeune fille lui lança un regard effrontée avant de lui arracher la lettre et de la déchirer en quatre morceaux sous ses yeux.

- Tu pourras lui rapporter ça aussi. Tu sais, Al, si tu n'étais pas mon frère, je t'aurais foutu mon poing dans la gueule depuis longtemps, fit-elle en le laissant planté au milieu du couloir.

Albus ne sut comment réagir devant cette réaction. Il contempla les morceaux de parchemin déchirés sur le sol pendant une minute avant de rebrousser chemin, s'apprêtant à rejoindre son cours de potions dans les cachots. Le professeur Williamson était très à cheval sur les horaires et s'il arrivait en retard, ne serait-ce que d'une minute, il écoperait très certainement d'une retenue.

Il arrivait au rez-de-chaussée lorsque la deuxième sonnerie annonçant la reprise des cours résonna dans tout le château. Albus accéléra le pas, se pressant de parcourir la centaine de mètres qui lui restaient avant d'atteindre les cachots. Quand il arriva dans la classe, Williamson lui lança un regard mauvais mais ne fit aucun commentaire. Albus avait la chance d'être un élève sérieux et plutôt doué en potions, ce qui lui valait parfois des traitements de faveur du professeur.

Williamson était un professeur de grande taille aux longs cheveux bruns et à la carrure impressionnante, ses petits yeux un peu trop rapprochés et son long nez lui donnaient un air idiot aussitôt démenti lorsqu'il ouvrait la bouche. Intransigeant, Damian Williamson demandait le meilleur à ses élèves et ne supportait pas la médiocrité.

Albus s'installa près de Rose qui lui avait gardé une place près d'elle, déposa son sac sur le sol, et sortit le livre de potions qui récapitulait toutes celles qu'ils avaient étudiés depuis leur première année. En cette première semaine d'octobre, Williamson leur faisait revoir les propriétés de la goutte du mort vivant. Rose était en train d'infuser l'armoise quand il se pencha vers elle.

- Lily ne veut plus me parler, dit-il sur un ton où perçait de la tristesse.
- Je t'avais prévenu, Al, tu n'aurais pas dû t'en occuper, répliqua la jeune fille sans relever les yeux de l'infusion qui commençait à bouillir.
- Elle ne veut pas m'écouter, Rose ! fit-il sur un ton buté, croisant les bras.
- Lily est devenue poursuiveuse, elle n'a pas déclenché une explosion dans une salle de classe comme en quatrième année ! fit Rose en haussant les épaules. Laisse-la respirer, Albus.

Comprenant qu'il n'aurait pas droit au soutien de Rose, Albus bouda pendant le reste de l'heure, ne l'aidant même pas à terminer la potion. Oui, il réagissait comme un gamin immature, pensa-t-il alors qu'il l'observait continuer la potion, mais Rose Weasley était sa meilleure amie et elle aurait dû comprendre que ce qu'il faisait, c'était pour Lily, et pas par gaieté de cœur.



Rose Weasley venait de terminer sa potion lorsque la sonnerie qui annonçait la pause de dix heures retentit. La jeune femme soupira en ramassant ses affaires. Si Albus lui avait donné un coup de main, elle aurait peut-être fini un peu plus en avance et aurait réussi à recueillir les félicitations du professeur Williamson. A la place, elle avait eu droit à un vague hochement de tête.

Albus était buté par moments, songea Rose en l'attendant néanmoins tandis qu'il rangeait soigneusement ses affaires dans son sac de cours. Lorsqu'il décidait quelque chose, il n'en démordait jamais. Et malheureusement pour Lily, c'était sur elle que l'entêtement du jeune homme s'était porté.

Avec une pensée de compassion pour sa cousine, Rose sortit de la classe avec Albus, rejoignant leurs deux amis, Jane Thomas et Franck Finnigan. Ceux-ci discutaient de la potion qu'ils avaient fini en un temps record et semblaient bien loin de leurs disputes habituels.

- Rose ! Tu ne devineras jamais ! Williamson nous a donné un Optimal ! s'exclama son amie en lui sautant dans les bras, surexcitée. Et c'est grâce à Franck ! surenchérit-elle en désignant le jeune homme qui eut un geste de la main modeste. S'il n'avait pas pensé à la racine d'asphodèle, notre potion aurait sûrement explosé !

Rose eut un sourire de circonstance. Bien sûr, elle était contente pour ses amis et leur entente pendant le cours de potions au point qu'ils aient réussi à travailler ensemble, mais elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à Albus pour avoir boudé comme un gosse de trois ans. Jane Thomas ne parut pas se rendre compte du manque de loquacité de sa meilleure amie puisqu'elle enchaîna sur un tout autre sujet en posant une main sur l'épaule d'Albus.

- Nous avons croisé Stella Dubois ce matin quand tu es parti voir ta sœur, dit-elle avec un sourire rayonnant. Et devine quoi ? Elle nous a demandé où tu étais ! fit-elle, triomphante.
- Quoi ?

Le nom de Stella Dubois sembla réveiller Albus de sa transe puisqu'il jeta un regard surpris à son amie. Rose haussa les sourcils, aussi surprise que lui. Elle s'était réveillée plus tard que d'habitude ce matin-là, loupant l'heure du petit-déjeuner et n'arrivant que quelques minutes avant leur premier cours ; elle n'avait donc pas assisté à la scène que Jane décrivait.

Stella Dubois n'avait jamais montré d'intérêt envers son cousin, refusant toutes les propositions qu'il avait pu faire, et aujourd'hui c'était elle qui demandait de ses nouvelles ? s'interrogea Rose, beaucoup moins enthousiaste que Jane sur le revirement de la Serdaigle. Albus, lui, se dérida et un sourire rêveur effleura ses lèvres.

- Qu'est-ce que vous avez répondu ? interrogea-t-il.
- La vérité, répondit Jane. Je lui ai dit que tu étais allé voir ta sœur avant notre cours de potions.
- Et ? la pressa Albus, passant une main dans ses cheveux noirs.
- Elle viendra te voir au déjeuner, lâcha Jane en levant les bras en l'air, tapant dans la main de Franck en signe de victoire. Alors ? C'est qui la meilleure ?

Albus la serra dans ses bras avant de tourner la tête vers Rose qui ne paraissait pas partager leur joie. Non, décidément, elle sentait que quelque chose clochait... Accrochant un sourire crispé à ses lèvres, la jeune femme les suivit dans les couloirs humides des cachots qui amenaient dans le hall de Poudlard. Les cours ne reprendraient que dans une dizaine de minutes et les quatre amis décidèrent de se diriger directement au deuxième étage pour attendre la fin de la pause devant la salle de classe.

Dans les escaliers, leur route croisa celle de Lucy Weasley qui leur jeta un regard avant de sourire d'un air satisfait. Un frisson parcourut Rose Weasley alors qu'elle se retournait sur sa cousine qui descendait tranquillement les escaliers.


Lucy Weasley jubilait intérieurement. Elle n'aurait jamais pensé que les informations qu'elle récolterait sur le petit groupe de sa cousine Roxane seraient aussi favorable pour ses projets. A présent, Stella Dubois n'avait pas d'autres choix que d'obéir à ses directives si elle ne voulait pas qu'elle dise tout à Roxane Weasley sur ses incartades avec l'ex petit-ami de celle-ci, Johan Wilson, du temps où Roxane était encore avec lui. A vrai dire, elle ne s'attendait pas à ce que la petite blonde lui serve autant... Comme quoi, pensa-t-elle, les apparences étaient trompeuses. Qui aurait pensé que la petite Stella, Serdaigle aux traits d'ange, lui permettrait d'avoir l'ascendant sur Albus, Roxane et Rose du même coup ?

En brisant le petit cœur fragile d'Albus Potter, Stella Dubois ne manquerait pas de l'éloigner de Rose Weasley, ce qui rapprocherait indiscutablement la rousse de Scorpius Malefoy. Quant à Roxane, Stella lui avait dévoilé quelques informations croustillantes à son sujet comme son utilisation malsaine de Mary Peters, et sa relation suspecte avec Peter Nott.

Lucy avait presque toutes les cartes en main... Il ne manquait plus à son tableau de chasse que Fred Weasley. Son cousin était bien trop solitaire malgré ses dehors extravertis, et ses relations amicales se limitaient à Lily Luna Potter et à Hugo Weasley, dont il n'était pas particulièrement proche.

Fred était, de loin, le plus inaccessible de tous ses cousins et il allait lui donner du fil à retordre. Néanmoins, il n'y avait aucun doute à ce qu'elle réussisse tôt ou tard à découvrir sa faiblesse, songea-t-elle, un sourire mauvais se dessinant sur ses lèvres.

Justement, alors qu'elle rejoignait les serres pour son troisième cours de la matinée, Fred Weasley se tenait dans le hall, apparemment en grande conversation avec une Serdaigle de sixième année. La jeune fille n'avait vraiment rien d'attrayant avec ses lunettes rondes et ses cheveux bruns coupés au carré, et Lucy s'étonna que son cousin accorde une minute d'attention à ce genre de fille. Se glissant sous les escaliers où elle pouvait les espionner sans se faire repérer, Lucy Weasley distinguait quelques brides de leur discussion qui paraissait monter en éclats de voix.

- Elle ne sait pas ce qu'elle fait ! disait la brune, visiblement en colère. Tu devrais la laisser tranquille !
- Ce n'était pas toi qui voulait qu'elle vienne vers moi ? répliquait durement Fred, agacé.
- Ce n'était pas... la jeune fille baissa le ton, soucieuse qu'on l'entende et Lucy n'entendit que quelques mots. Elle.... avant que je n'apprenne.... en danger, Weasley !

Lucy était curieuse de savoir de qui pouvait bien parler son cousin avec la brune. Visiblement, la fille dont il discutait avait une importance pour eux puisque la jeune fille brune renouvela ses messes basses tandis que ses yeux lançaient des éclairs et que Fred, étrangement, semblait lui aussi en colère. Avant de partir pour son cours de botanique, Lucy se promit de faire le jour sur cette histoire. Si cette personne était si importante pour Fred Weasley, elle l'était forcément pour ses plans.


- Ecoute, Sanders, parce que je ne me répéterai pas deux fois ! disait Fred Weasley qui ne décolorait toujours pas de l'intervention de Melissa qui l'avait pris à parti dans le hall. Elle a choisi de venir avec moi hier soir, je ne l'ai pas forcé ! Qu'est-ce qu'elle t'a raconté ?
- Elle m'a dit que c'était la plus belle soirée de sa vie ! Non, mais vous délirez tous les deux ? Elle aurait pu se faire tuer, Weasley ! murmura Melissa Sanders d'une voix qui partait dans les aiguës.
- Je le sais très bien ! répliqua-t-il, les sourcils froncés. Ton amie a la sale manie de me coller depuis quelques temps, tu crois vraiment qu'elle ne m'aurait pas suivi dans cette forêt ? Au moins j'étais là pour la protéger de ce qu'on peut trouver là-bas ! fit-il à voix basse d'un ton soudain sérieux.
- Bravo, Weasley ! s'exclama Melissa en secouant la tête. Je te félicite, tu es le meilleur pour te déculpabiliser ! Tu pourras dire ce que tu voudras, s'il lui arrive quelque chose, je te jure que...

Melissa Sanders ne termina pas sa phrase, poussa un grognement de dédain avant de monter les escaliers qui menaient au premier étage. Fred resta là, au milieu du grand hall, perdu dans ses sombres pensées et ruminant les paroles de la Serdaigle.

Sanders avait raison. Une fois de plus, il mettait en danger quelqu'un, projetant de plein fouet son influence néfaste. Elena Sweet ne méritait pas de perdre pied avec lui, il n'avait pas le droit de l'entraîner dans ses conneries. Même si elle était la seule avec qui Fred ne jouait pas un rôle, même s'il était lui-même cette fois-ci...

Fred n'avait plus cours avant le déjeuner et profitant de cette heure de creux, il se décida à sortir dans le parc et à rejoindre ses deux cousins, Lily et Hugo, qui étaient assis près du lac, emmitouflés dans leurs capes. Le vent d'automne se faisait plus frais ces temps-ci et les feuilles mortes n'allaient pas tarder à se décrocher des arbres. S'asseyant à côté de Lily, Fred fut surpris de l'absence de la meilleure amie de celle-ci, Leane Jones.

- Leane n'est pas là ? interrogea-t-il doucement, sachant très bien que son absence révélait une énième dispute dans le groupe.
- Elle a préféré commencer son devoir de métamorphoses pour demain, répondit Lily en haussant les épaules, faisant mine de se ficher des agissements de son amie.
- Quelque chose ne va pas, Lily ? demanda Fred en posant une main sur l'épaule de sa cousine.

Le regard fuyant et les larmes au bord des yeux, Lily semblait à bout de nerfs. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle se tourne vers Hugo et qu'elle déverse sa rage contre lui.

- Tout ça, c'est de ta faute ! Si tu n'avais pas pris cette merde, Leane ne me l'aurait pas caché et j'aurais pu tout lui dire sur ce que je ressens pour Lorcan ! laissa-t-elle tomber alors que Hugo ouvrait de grands yeux, horrifié par la lueur de dégoût qui brillait dans les yeux de sa cousine et meilleure amie. D'ailleurs, elle nous évite deux fois plus depuis le coup que tu nous as fait ! continua-t-elle en faisant des moulinets avec ses bras. T'es vraiment qu'un pauvre con, Albus avait raison ! cracha-t-elle, furieuse tout en se levant. Si t'as envie de foutre ta santé en l'air, vas-y mais démerde-toi tout seul pour une fois ! Tu crois que je n'ai pas remarqué tes yeux vitreux et ton rire de connard ahuri ?

L'éclat de rire amer de Lily transperça le cœur de Fred qui se leva à son tour avant de la prendre dans ses bras.

La jeune fille se laissa bercer, étouffant ses sanglots dans la chemise de Fred Weasley. Hugo était resté assis, ne sachant comment réagir face à la soudaine fureur de Lily Luna Potter. Et finalement, dans un silence, il se leva, resserra sa cape sur ses épaules et se détourna d'eux.


Hugo Weasley ne savait pas vraiment où il allait. Il tituba dans le parc, les paroles de Lily mélangées à celle de Leane résonnant dans son esprit comme une sentence. Il était devenu l'ennemi public numéro un, en quelques semaines seulement. Leane ne lui parlait que par brides avec un sourire qui en disait long sur ce qu'elle pensait de lui, et Lily venait de lui reprocher tous ses malheurs ; sans parler de Fred qui l'évitait au maximum, et de Lorcan avec qui Hugo ne voulait plus aucun contact.

Poussant un juron, le jeune homme se reprocha de ne pas avoir pris sa biéraubeurre aromatisée pour expier toute sa douleur. Au moins, il aurait pu oublier les mots blessants que Lily lui avait jeté à la figure. Comment Lily avait-elle pu percevoir qu'il n'avait pas arrêté de mettre la plante dans sa biéraubeurre ? Hugo faisait pourtant tout ce qu'il fallait pour que rien ne change, pour être le même qu'avant ! Il fallait croire que ce n'était pas suffisant... songea-t-il, adossant sa tête contre un arbre pour faire le vide dans son esprit.

Qui avait pu mettre cette plante sous son oreiller, le confrontant à la tentation ? Il n'y avait que Leane, Fred et Lorcan qui étaient au courant pour ses expéditions dans les serres. Fred avait sans doute prévenu Lily puisque Lily reprochait à Leane de ne rien lui avoir dit. Mais Lily ne l'aurait jamais trahi, tout comme Leane malgré les griefs qu'elle avait contre lui. Il ne restait que Fred et Lorcan...

Qui de son cousin ou de son ancien meilleur ami aurait pu être amené à mettre cette plante sous son oreiller ? La question tournait dans sa tête comme une litanie incessante sans qu'il n'arrive à mettre le doigt dessus. Fred lui avait fait comprendre sa façon de penser à propos de cette plante... Quant à Lorcan, il aurait très bien pu espérer que lui faire parvenir de la Lirius Hilarius le ferait revenir vers lui...

Hugo se laissa tomber au pied de l'arbre, essayant de démêler le vrai du faux en fermant les yeux. Mais ses pensées se mélangeaient à cette sensation de somnolence que lui procurait la plante quelques heures après sa prise, et il finit par s'endormir, reléguant ses soupçons à plus tard.

End Notes:
N'hésitez pas à me donner votre avis, bon ou mauvais ! ;)
Nous nous trompons, nous vous détrompons. by Lyssa7
Author's Notes:
Bonsoir !

Bon...j'avais promis un chapitre de 9000 mots mais celui-ci en fait 7000, et tous les personnages sont présents.

D'ailleurs, attendez-vous à être surpris pour l'un de ces personnages... ;)

J'ai hâte d'avoir vos retours sur ce chapitre !

A bientôt !
Lyssa7

"Trompons-nous, détrompez-vous. Les apparences sont trompeuses." Lucy Weasley.


Grande salle de Poudlard
1er octobre 2023 : 12h


Roxane Weasley n'avait pas dit un mot depuis la veille. Ce qui était étonnant pour une jeune fille comme elle qui parlait sans cesse de sa personne et ne ratait jamais une occasion de se mettre en avant. Maxence Stuart tenta de savoir ce qui n'allait pas mais elle haussa les épaules et détourna bien vite le regard, ses joues prenant soudainement une teinte pourpre. Mary Peters, aidée de Stella Dubois, essaya de trouver la source du problème dès le réveil, ayant remarqué que Roxane n'avait pas cessé de se retourner entre ses draps toute la nuit précédente, mais elle se confronta à un silence glacial. Peter Nott, lui, semblait ne pas être touché par la situation et vivait sa petite routine habituelle sans lui prêter une seconde d'attention. Enfin, si l'on omettait les regards en coin qu'il lui lançait de temps à autre...

Bien sûr, Peter était tellement discret qu'il faisait en sorte que seule Roxane le remarque, ce qui mettait la jeune femme encore plus mal à l'aise si c'était possible. Jouant distraitement avec un morceau de bœuf dans son assiette, Roxane ne cessait de se demander ce qui avait bien pu lui prendre pour qu'il l'embrasse. Pire encore, comment elle avait pu répondre à ce baiser forcé... Elle ne le trouvait même pas attirant, songea-t-elle en se maudissant, ses cheveux bruns étaient beaucoup trop longs et ses petits yeux noirs lui flanquaient la nausée ! Et pourtant, si Malefoy ne les avait pas interrompu...

Roxane retint un haut le cœur et poussa son assiette sur le côté. Ce type lui avait coupé l'appétit en plus de l'empêcher de trouver le sommeil ! pensa-t-elle, furieuse, en sentant ses yeux la considérer pendant une seconde. Et bien entendu, il s'en foutait complètement ! Il allait voir qu'on ne l'embrassait pas impunément sans en subir les conséquences...

Attrapant sa baguette qui se trouvait dans sa poche et, sans la sortir de de sous la table, elle envoya à Peter Nott un sortilège informulé de bloclang. Aussitôt, celui-ci qui parlait échecs sorciers avec Maxence s'étouffa presque avec sa langue, porta la main à sa bouche sans pouvoir prononcer le moindre son avant de tourner la tête vers elle en mimant un étranglement imminent.

" La prochaine fois, ne fourre pas ta langue n'importe où, Nott ! déclara la jeune femme avec un petit rire en fourrant joyeusement une pomme de terre dans sa bouche. De quoi parlais-tu, Maxence ? demanda-t-elle en se tournant vers son ami, ignorant délibérément le jeune homme.

Peter eut un sourire mauvais alors qu'il faisait léviter le bol de sauce tomate d'un coup de baguette et, le dirigeant au-dessus de la tête de Roxane qui poussa un cri de frayeur en s'en rendant compte, il laissa retomber sa baguette.

- Espèce de.... troll des montagnes ! Véracrasse à la manque ! Fumier ! Salaud !

Dégoulinante de sauce tomate et sous les rires moqueurs de la table des Serdaigle ainsi que de la plupart des élèves de la grande salle qui s'étaient retournés sur elle après son hurlement, la jeune femme écumait tout son répertoire d'insultes sorcières et moldues en le maudissant jusqu'à la dernière génération de sa lignée. Peter Nott, lui, savourait sa victoire en silence. Si elle avait pu, elle lui aurait arraché les yeux, mais au lieu de cela, Roxane se leva aussi dignement que possible, et ne prêtant pas attention à McGonagall qui se dirigeait vers eux en maugréant, elle le stupéfixa d'un geste leste.

Peter Nott s'écrasa au sol, son poids entraînant sa chaise avec lui, sous les sifflements admiratifs des élèves. Roxane eut un petit rire tandis qu'elle repoussait une mèche de cheveux trempée de sauce, mais son rire s'étrangla dans sa gorge lorsque Minerva McGonagall posa une main sur son épaule. D'un mouvement de la main, la directrice annula le sort lancé sur la personne de Nott par Roxane.

- Mr Stuart, j'espère que vous avez apprécié le spectacle infligé par vos amis car votre inaction entraîne cinquante points en moins pour votre maison, fit la directrice dans un claquement de langue agacé, faisant baisser la tête au jeune homme. Miss Weasley, Mr Nott, je retire cent points de plus pour votre comportement inacceptable, continua-t-elle d'un ton glacial. Il semblerait qu'une heure de retenue dans la salle des trophées ne vous ait pas suffi... constata-t-elle en fronçant les sourcils, les observant sévèrement par dessus ses lunettes. Cinq heures de plus ne seront certainement pas de trop ! A présent, terminons ce déjeuner dans le calme si ce n'est pas trop vous demander.

Les deux adolescents concernés baissèrent la tête et se rassirent sur leurs chaises sans dire un mot. Si leur petite scène avait d'abord fait rire les élèves de Serdaigle habitués à leurs éclats, les cent cinquante points qu'ils venaient de leur faire perdre changea considérablement la donne ; les regards qu'ils leur lançaient étaient dorénavant loin d'être amicaux et Roxane, après s'être lancé un sortilège de nettoyage, se fit la plus petite possible pour terminer son repas. A la table des Gryffondor, Hugo Weasley ne respirait même plus correctement tellement il riait.


Hugo Weasley tenta de reprendre son souffle, ouvrant deux ou trois fois la bouche comme s'il était un poisson hors de l'eau. Qui aurait cru que les Serdaigle avaient un tel sens de l'humour ? se dit-il en félicitant intérieurement sa cousine Roxane de cette initiative haute en couleurs. Après tout, il n'avait plus tellement l'occasion de rire ces temps-ci et ce déjeuner lui avait offert sur un plateau d'argent ! Même s'il aurait aimé partager ce moment avec Lily et Leane... Et pourquoi pas Lorcan et Fred ?

Mais Lily se contentait de le fusiller du regard à l'autre bout de la table des Gryffondor et déjeunait en compagnie de Fred tandis que Leane mangeait seule quelques places plus loin. Quand à Lorcan, il était déjà reparti après avoir englouti son assiette à une vitesse ahurissante.

La jeune femme qui était en face de lui, sans doute une cinquième année de sa maison, lui sourit lorsque ses yeux entrèrent en contact avec les siens. Plutôt mignonne si l'on omettait ce regard de merlan frit, se dit Hugo en lui rendant son sourire.

- Comment se fait-il que tu sois seul ? interrogea la jeune fille en gloussant quelque peu.
- J'aime la solitude parfois, mentit-il, charmeur. Je suis un baroudeur qui se met à l'écart de la foule quand elle se fait oppressante...
- Oh ! s'exclama la cinquième année en se penchant un peu plus, laissant entrevoir son décolleté. C'est... terriblement séduisant, minauda-t-elle alors qu'il s'amusait à promener son pouce dans le creux de sa main, dardant ses yeux bleus sur ses lèvres pulpeuses.
- Je sais. Qu'est-ce que tu fais ce soir ?

Hugo Weasley pouvait mentir tant qu'il voulait à sa nouvelle conquête pour la mettre dans son lit, mais s'il était honnête avec lui-même, il s'avouerait qu'il ne réclamait la compagnie de la jeune fille que par peur de la solitude. La vérité, c'était que Hugo ne supportait pas d'être seul. Il avait besoin d'un corps, d'une présence. Peu lui importait que ce soit cette fille un peu trop aguicheuse, qu'il ne connaisse pas son nom, qu'elle ne soit là que pour la nuit. Tout cela, Hugo s'en foutait, pourvu qu'on ne le laisse pas en tête à tête avec ses sombres pensées, ses remords, et cette plante un peu trop tentante. Parce que si cela arrivait, il n'était pas sûr de s'en sortir...

- Je n'ai rien de prévu...
- Je peux t'emmener quelque part si ça te tente ? proposa-t-il doucement, ne voulant pas l'effrayer.
- Où tu voudras... répondit-elle en lui décochant un énième sourire.
- Parfait. Sois dans la salle commune à 20h... précisa-t-il en se relevant, se retenant de pousser un soupir de soulagement. Euh... je ne me souviens plus de ton prénom, c'est... ?
- Lina, répondit-elle dans un souffle langoureux.
- Joli prénom. fit-il en prenant sa main pour y déposer un baiser.

Elle aurait pu s'appeler Agatha ou Ursula, Hugo n'en aurait rien eu à faire. Mettant son sac sur son épaule, il lui fit un clin d’œil avant de se diriger vers la porte de la grande salle. Lorsque Hugo Weasley en sortit, il ne remarqua pas deux adolescents qui semblaient en grande discussion sous les escaliers du hall, se profilant dans l'ombre. Il aurait pourtant été très surpris d'y voir Lucy Weasley en compagnie de Lysander Scamander.


- A quoi tu joues, Lysander ?

Lucy Weasley essayait de garder son calme malgré ses mains qui tremblaient de colère face à l'air moqueur qu'affichait le jeune homme. Lysander Scamander pouvait faire croire qu'il était un ange descendu du ciel à n'importe qui, sauf à elle. Elle le connaissait trop bien pour se laisser avoir par son allure impeccable et ses regards rêveurs dont il savait jouer à la perfection.

Lucy avait eu du mal à le coincer depuis qu'il était intervenu dans sa confrontation avec Lily. Mais finalement, elle avait réussi lorsqu'il était sorti de la grande salle après son déjeuner. A présent, le jeune homme avait les mains dans les poches et ne paraissait pas le moins du monde mal à l'aise face à elle. Après tout, comment aurait-il pu l'être après les nombreux étés qu'ils passaient ensemble au Terrier, lorsque les grands-parents de Lucy invitaient les Scamander aux repas de famille et que Lorcan et Lysander restaient parfois quelques jours tout comme Lucy et ses cousins ?

- Je ne joue à rien du tout, répondit-il calmement. Je ne veux pas que tu mêles Lily à tes traquenards malsains. Nous savons très bien tous les deux que la seule chose que tu lui reproches, c'est moi.

Lucy leva la main, prête à le gifler, mais s'abstient de le faire à la dernière seconde. Avec lui, elle était incapable de mentir.

C'était celui qui la connaissait par cœur, celui avec qui elle passait des heures à se livrer les soirs d'été quand tous les cousins et cousines dormaient au Terrier. Celui à qui elle confiait ses états d'âme et qui ne la jugeait jamais. Jusqu'à ce qu'elle lui fasse part de ce plan qu'elle projetait pour détruire la vie de ses cousins et cousines à l'orée de leur sixième année ; jusqu'à ce qu'il comprenne que Lily Luna Potter faisait partie de ses pions à abattre uniquement parce qu'il s'intéressait à elle. Parce que Lucy ne supportait pas que Lily, en plus de tout ce qu'elle avait, de sa famille, de ses amis, de sa petite vie parfaite, pouvait l'avoir lui aussi : Lysander Scamander.

- Et tu crois qu'elle te choisira ? fit-elle d'un ton glacial. Il serait temps que tu te réveilles, Lysander. Lily n'a de yeux que pour ton frère et tu ne seras jamais qu'une pâle copie. Tu pourras faire tout ce que tu voudras, elle ne sera jamais à toi.

La jalousie l'envahissait totalement. Ses joues prenaient une couleur pourpre qui jurait affreusement avec ses cheveux roux et ses yeux vert pâle avaient pris une teinte plus foncée. Comment pouvait-il lui préférer Lily alors qu'elle lui avait tout donné ? se demandait-elle, contrôlant du mieux qu'elle pouvait les tremblements de rage de son corps. Lysander gardait cet air neutre qu'elle haïssait plus que tout.

- Quand la petite Lily se rendra compte de tes manigances pour la récupérer... insinua-t-elle, vicieuse. Je suis malsaine, Lysander, mais la seule différence entre toi et moi, c'est que moi je l'assume entièrement ! Tu joues avec ses sentiments pour avoir ce que tu souhaites, tout comme moi.

Lucy termina sa tirade dans un chuchotement et posa la main sur son bras, s'accrochant à sa chemise, tentant de se rapprocher de lui ; mais le contact fut bref. Lysander se recula en lui envoyant un regard méprisant.

- Je ne te ressemble pas, Lucy. Je le fais par amour, tu n'éprouves que de la haine.
- Maintenant, oui, répondit-elle simplement en se libérant de l'ombre que leur prodiguait l'escalier. Je te souhaite du courage... fit-elle avec un sourire perfide avant de se détourner et de se fondre dans la foule qui sortait de la grande salle.

S'il croyait qu'elle allait le laisser faire, il se trompait fortement. Il n'était pas question que Lily lui vole la seule personne qu'elle aimait. Et s'il fallait qu'elle le brise comme tous les autres, elle le ferait.

En se faufilant parmi la foule d'élèves, Lucy Weasley bouscula sa sœur, Molly Weasley, sans même la reconnaître.


Molly Weasley remonta son sac sur son épaule et poussa un profond soupir de soulagement en se rendant compte que Lucy ne l'avait pas remarqué. Elle n'avait franchement pas besoin de ses menaces en plus du chantage que Samuel Dubois exerçait sur elle depuis la veille. Elle était dos au mur, ayant l'impression que si elle osait faire un pas de travers, tout s'effondrerait sur elle. Toutes ses années de travail acharné pour être la meilleure, toutes les heures qu'elle avait passé à la bibliothèque pour être toujours au maximum de ses capacités, ne seraient plus qu'un tas de cendre fumant, réduit à néant.

La jeune fille montait l'escalier qui menait au deuxième étage lorsque Samuel Dubois la rejoignit en courant, un sourire à la commissure des lèvres.

- Nous avons cours en commun aujourd'hui, dit-il.
- Je sais, répondit la jeune fille avec une grimace.
- On pourrait s'asseoir ensemble, non ? Je ne suis pas exceptionnel en métamorphose, et il paraît que tu as reçu un Optimal dans cette matière aux examens des BUSES.

Molly avait très bien compris le sous-entendu sous la question de Dubois qui n'en était pas vraiment une. A mots couverts, il lui faisait une fois de plus du chantage. En retenant un soupir de frustration, elle hocha la tête sans prendre la peine de répondre.

- Tu pourrais peut-être me donner un coup de main pour les devoirs ?
- C'est une question ou tu m'imposes de t'aider ? répliqua-t-elle tout à coup en se tournant vers lui, n'y tenant plus. Parce que si c'est le cas, range tes petits airs de gentil garçon et sois clair, Dubois.

Il parut un peu déçu de se faire rabrouer de la sorte mais ne rétorqua rien. Ils continuèrent leur chemin dans les couloirs, côte à côte, dans un silence qui commençait à devenir pesant. De temps en temps, Dubois lui lançait des regards en coin, paraissant vouloir lui demander quelque chose. Hésitant, il finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres :

- Qu'est-ce que tu faisais dans la salle des archives, Molly ? interrogea-t-il en baissant la voix, conscient que la jeune fille ne tenait vraiment pas à ce que cela se sache.

Molly se stoppa en plein milieu du couloir avant de lui jeter un regard glacial par-dessus ses lunettes carrées. Pour qui se prenait-il ? Ils avaient un arrangement, qu'elle n'était pas heureuse d'avoir pris certes, mais qu'elle respectait néanmoins en acceptant toutes les demandes qu'il pouvait faire. Elle acceptait même sa compagnie, et pourtant Merlin savait à quel point elle rêvait de lui flanquer un coup de livre sur le crâne. D'un pas rapide, elle se rapprocha de lui, l'attrapant par le col de sa chemise jusqu'à ce qu'il ne soit qu'à quelques centimètres de son visage :

- Écoute moi bien, ce que je faisais ne te regarde pas, chuchota-t-elle. Si tu veux me faire un stupide chantage pour que je passe du temps avec toi et que tu n'ailles pas le répéter, libre à toi. Mais jamais je ne te dirais ce que je faisais dans cette salle sans que tu ne m'y forces, c'est assez limpide pour toi ou il faut que j'utilise des mots simples pour que ton cerveau imprègne ce que je viens de te dire ?

Samuel acquiesça et elle le relâcha. Il se massa la gorge quelques secondes avant qu'il ne la rattrape dans le couloir du deuxième étage. Molly lui jeta un coup d’œil hargneux avant d'avancer de quelques pas de plus. Si seulement elle pouvait le semer une bonne fois pour toutes... pensa-t-elle, exaspérée. A l'angle du couloir, elle tomba sur le petit groupe de Rose Weasley et Albus Severus Potter.

Si Potter lui adressa un humble signe de tête poli, Rose sursauta en la voyant. Sans doute que la douce Rosie s'en voulait pour lui avoir dérobé le poste de préfète-en-chef, mais Molly se félicitait finalement de ne pas l'avoir eu. Avec tous les problèmes qu'elle rencontrait depuis la rentrée, elle aurait été incapable d'assurer son poste correctement. Rose se mordit la lèvre avant de s'approcher d'elle.

- Molly ! Je voulais venir te voir avant, mais le mois de septembre a passé à une vitesse affolante et...
- T'en fais pas, Rose, répondit Molly avec un sourire légèrement crispé. Tu l'as mérité ce poste. Toutes mes félicitations, fit-elle en lui tendant la main que Rose serra aussitôt en rougissant de gêne. De toute manière, il vaut mieux que ce soit toi plutôt que cette peste de Perkins, conclut-elle avec un demi-sourire que Rose ne sut pas comment prendre.

Molly Weasley continua son chemin accompagnée de Samuel Dubois, sous le regard de Rose Weasley qui ne savait pas si elle devait s'estimer heureuse que Molly ne l'ait pas étranglé.


- C'est le frère jumeau de Stella qui était avec Molly ? s'enquit Albus Severus Potter, surpris de voir quelqu'un aux côtés de sa cousine qui n'était pas réputée pour être chaleureuse.
- Samuel... répondit Rose Weasley avec un hochement de tête affirmatif. Il est à Poufsouffle et si je me souviens bien, ce n'est pas la première fois que je le vois collé aux basques de Molly.
- Il a du mérite, fit Albus avec un petit rire qui se voulait moqueur en resserrant sa cravate.

Rose observa un instant son cousin qui essayait de coiffer quelques mèches rebelles, sans succès. Albus semblait de très bonne humeur depuis que Stella était venu l'inviter pour la prochaine sortie à Pré-Au-Lard, faisant quelques blagues et commentant tout ce qu'il voyait. Si Jane Thomas et Franck Finnigan le soutenaient à cent pour cent, ce n'était pas le cas de Rose qui voyait dans ce revirement quelque chose de louche.

D'ailleurs, elle ne l'expliquait pas mais la demande de Stella Dubois avait paru extrêmement forcée, comme si quelqu'un la poussait à le faire et qu'elle n'avait pas d'autres choix...

Bien entendu, Rose n'en avait pas parlé à Albus. Il était tellement heureux que ses tentatives de séduction maladroites aient fini par payer qu'elle ne voulait pas lui enlever ce bonheur. Et puis, si Stella avait quelque chose à se reprocher, elle se trahirait forcément... songea Rose en se promettant de surveiller la Serdaigle de très près.

Rose entra à la suite d'Albus dans la classe de Défense Contre les Forces du Mal. Le professeur Carter se trouvait au fond, debout devant son bureau, les mains appuyées dessus. James Carter était un ancien auror qui approchait de la soixantaine, mais malgré son âge respectable, il possédait une aura qui inspirait le respect le plus total.

Se dirigeant vers les tables sur la gauche, Rose s'apprêtait à s'asseoir près d'Albus quand Carter toussa bruyamment, faisant se retourner la vingtaine d'élèves de Gryffondor et Serpentard qui n'étaient pas encore assis. Rose croisa le regard de Scorpius Malefoy qui lui envoya un clin d’œil provocateur.

- Aujourd'hui, vous allez devoir travailler sur un devoir qui portera sur les créatures de l'ombre j'entends par ce terme, toutes les créatures qui ne sortent qu'en pleine nuit ou qui se complaisent dans la noirceur la plus totale tels que les lougs-garous, les vampires, les inferi... Chaque groupe choisira l'une de ces créatures et travaillera dessus ce mois-ci, expliqua le professeur en contournant son bureau pour se placer au milieu des deux groupes d'élèves. Pour permettre une meilleure entente inter-maisons et favoriser le travail entre vous, je vais vous placer avec un élève de l'autre maison pour ce projet. Quand j’appellerais votre nom, vous vous avancerez.

Une vague de protestation s’éleva parmi les élèves, bien vite stoppée par le regard sévère du professeur Carter. Fourrant la main dans sa poche, il en sortit un morceau de parchemin froissé qu'il déplia d'un mouvement leste. Il se racla la gorge avant de se tourner vers Rose, puis vers Malefoy. Non... supplia la jeune fille en elle-même. Il ne peut pas...

- Miss Weasley, Mr Malefoy, en vos qualités de préfets-en-chef, il me semblait logique de vous mettre ensemble pour ce projet, fit le professeur avec un sourire, inconscient des sentiments qui submergeaient son élève.

Rose resta figée, ne tournant même pas la tête lorsque Albus glissa son bras sous le sien et que Jane en fit de même de l'autre côté. Franck, lui, tenta un trait d'humour.

- Au moins, tu n'as pas besoin de t'adapter !
- La ferme, Franck ! Tu vois bien qu'elle n'est pas ravie de se retrouver avec lui ! s'agaça Jane en poussant un petit soupir.
- Figure-toi que je fais ce que je peux pour lui remonter le moral ! rétorqua le jeune homme.
- C'est pathétique ! murmura Jane après que le professeur Carter ait froncé les sourcils dans sa direction.
- Pathétique ?! Mais c'est toi qui est pathétique, ma pauvre fille ! fit Franck sur le même ton.
- Est-ce que tu sais ce que ce mot veut dire au moins ?

Rose se détacha du bras de Jane, coula un regard dépité à Albus avant de rejoindre son binôme qui l'attendait dans le fond de la classe, un fin sourire aux lèvres et adossé au mur.

- Weasley, comme on se retrouve ! C'est intéressant de constater qu'on ne passe pas une journée sans se voir, n'est-ce pas ?
- Nous travaillons ensemble, Malefoy, c'est uniquement pour cette raison qu'on ne passe pas une journée sans se voir, répondit la jeune fille avec lassitude.
- Vraiment ? fit-il en se rapprochant d'elle, sensiblement, sa main frôlant sa hanche.

Rose se recula comme si elle s'était brûlée. Le maudissant intérieurement, elle souffla un bon coup avant de le fusiller du regard. Il ne fallait pas qu'elle entre dans son petit jeu, c'était exactement ce qu'il voulait. Scorpius Malefoy cherchait à l'atteindre depuis qu'elle ne répondait plus à ses attaques...

- Qu'est-ce qui t’arrive, Weasley ? demanda-t-il, sincèrement surpris par son manque de réaction. Tu te ramollis ces derniers temps...
- C'est un concept que tu ne peux pas comprendre, Malefoy. Il s'appelle la maturité, répliqua la jeune fille en se tournant vers le groupe d'élèves qui attendaient d'être placés.

Jane Thomas était tombée avec Michaël Wells, un Serpentard qui dépassait les deux mètres et qui n'était pas très loquace ; Franck Finnigan avait atterri avec Eleonor Jopkins, une petite blonde aux allures angéliques mais qui était loin de l'être, et Albus fut appelé en dernier et se retrouva avec Alexia Perkins.

Chaque groupe alla se trouver une place dans la classe et Rose dut se faire à l'idée d'être assise à côté de Scorpius Malefoy à chaque cours de DCFM, une idée très loin de la réjouir même si elle pouvait admirer de beaucoup plus près les cheveux blonds mi-longs de son camarade qui retombaient négligemment sur son front, et ses yeux gris qui luisaient chaque fois un peu plus quand ils se posaient sur elle.

- Hum... C'est une habitude chez toi d'oublier un bouton de ta chemise, ou de fermer les portes à clé, ou tu en fais exprès pour me déconcentrer ? demanda-t-il soudain en lorgnant vers le haut de sa poitrine.

La jeune fille porta la main à sa chemise, se rendant compte que sa chemise avait perdu un bouton, révélant un bout de peau pâle aux yeux du Serpentard. Elle se maudit un instant de ne pas avoir prêté plus d'attention à son reflet dans le miroir le matin-même, avant de rougir en gardant sa main sur sa chemise de façon à ce que Malefoy ne puisse plus rien voir.

- Je... murmura-t-elle. Je suis désolée, je ne savais pas et...
- C'est bon, Weasley. C'est pas comme si t'étais horrible à voir non plus... répondit-il en haussant les épaules, sortant ensuite son livre de son sac pour le mettre au milieu de leur table.

Rose préféra se taire, ne souhaitant pas aborder ce sujet avec lui. Il devait sûrement avoir dit ça pour la rassurer... se dit-elle en sortant un morceau de parchemin pour noter les informations qu'il devrait récupérer sur la créature qu'ils choisiraient. Même si c'était Scorpius Malefoy et que la rassurer devait être le dernier de ses soucis... Mais alors pourquoi lui avait-il dit ça ? se demanda la jeune fille en lui jetant un regard en coin alors qu'il était déjà en train d'écrire ce qu'ils avaient besoin.

Rose Weasley poussa un profond soupir et s'attela à prendre des notes sur les différentes créatures que le professeur Carter décrivait. Son regard alla chercher celui d'Albus Potter de l'autre côté de la classe qui semblait occupé à expliquer en quoi consistait le projet à Alexia Perkins.


Albus Potter se demandait si la fille qu'il avait en face de lui n'était pas complètement idiote. Alexia Perkins se curait les ongles avec le bout de sa plume, n'écoutant même pas ce qu'elle venait de lui demander d'expliquer quelques secondes plus tôt. Se retenant de l'interpeller méchamment, Albus ferma une seconde les yeux, revoyant Stella Dubois qui l'avait timidement invité à Pré-au-Lard le mercredi suivant. S'il fallait qu'il survive à ce cours deux fois par semaine, eh bien soit ! pensa-t-il en réexpliquant une énième fois le contenu de leur projet.

- Nous allons étudier les vampires, fit-il calmement. Leurs conditions de vie, leur façon de se nourrir, de chasser, de se transformer pour se fondre dans le décor...
- Les étudier ? Tu veux dire qu'on va devoir en rencontrer un ? s'enquit Alexia, horrifiée.
- Non ! Souffla-t-il, excédé. Les étudier veut dire que nous allons faire des recherches sur eux !
- Ah ! Je préfère ça !

Recommençant à se curer les ongles, Alexia se désintéressa de la discussion, et Albus sut à ce moment-là que le "nous" qu'il avait laissé entendre ne valait pas pour elle, et que s'il voulait avoir une bonne note sur ce devoir, il n'allait pas falloir qu'il compte sur les talents de la Serpentard. La fin des deux heures de cours arriva finalement et Albus s'empressa de ranger ses affaires pour rejoindre ses amis qui l'attendaient devant la classe.

- J'ai mis quinze minutes à ce que Wells daigne ouvrir la bouche ! dit Jane avec une grimace.
- Te plains pas, Jopkins est un vrai moulin à paroles ! répliqua Franck qui mit la main à sa tête.
- Je gagne avec Perkins ! intervint Albus en secouant la tête. Il n'y a que le vent qui peut infiltrer le cerveau de cette fille... Et toi, Rose ? Ça s'est bien passé avec Malefoy ?

Sa cousine paraissait perdue dans ses pensées et sursauta lorsqu'elle s’aperçut que Albus venait de lui adresser la parole. Que pouvait encore avoir dit Malefoy pour la mettre dans cet état ? Albus fronça les sourcils, mécontent, et tout en se rapprochant de Rose, il profita du fait que Jane et Franck soient en pleine discussion sur leurs binômes pour lui glisser à l'oreille :

- Si ce mec fait la moindre chose qui ne te plaît pas, Rosie...
- Non, non, ça va... répondit la jeune fille d'un ton lointain. Il est... courtois.

Même si Albus n'en croyait pas un mot, on ne pouvait décemment pas mettre Scorpius Malefoy et courtois dans la même phrase, il n'en dit rien. S'il voyait que la situation dégénérait et qu'elle affectait trop la santé de sa cousine, il se ferait un plaisir d'attraper Malefoy...

Laissant Rose repartir dans leur salle commune avec Jane et Franck, Albus se décida à monter à la volière, froissant de ses doigts la lettre qu'il avait écrit à son père après le déjeuner. Depuis l'altercation qu'il avait eu avec Lily, Albus ne cessait d'être rongé par les remords.

Lily avait raison sur toute la ligne. Il n'avait pas le droit de se mêler de ses affaires, sauf si elle se mettait en danger, ce qui n'était pas le cas depuis la rentrée. S'il était juste, Albus pouvait même dire que Lily s'était calmée sur les provocations envers le corps enseignant et les expéditions nocturnes.

De toute façon, son père devrait s'adresser directement à Lily s'il avait quelque chose à lui reprocher, il n'était plus question pour lui de jouer au messager entre les deux. Sur cette nouvelle résolution, Albus grimpa les escaliers de la tour ouest qui menaient à la volière.

Frissonnant à cause d'un des courants d'air qui traversait la multitude de fenêtres sans carreaux, Albus se fit la réflexion qu'il aurait dû aller chercher sa cape avant de venir. Un bruit sur la droite lui fit tourner la tête et découvrir Elisabeth McKenzie qui attachait une lettre à la patte d'une des chouettes de l'école.

- Bonjour, la salua-t-il. Je ne pensais pas que tu viendrais ici, déclara-t-il en considérant l'endroit où les fientes de hiboux côtoyaient les cadavres de souris.
- C'est-à-dire ? interrogea la jeune fille, ne comprenant visiblement pas ce qu'il entendait par là.
- Eh bien... cet endroit... et toi, fit-il en désignant la volière puis sa camarade qui se tenait droite malgré la paille qui emplissait le sol.
- Moi ? répliqua-t-elle, plus sombre. J'ai peut-être été élevée dans la noblesse mais je n'ai pas besoin qu'on envoie mon courrier à ma place, et même si l'odeur me répugne, j'aime bien venir ici.

Albus considéra la jeune femme qui dardait son regard vert sur lui. Le chignon aristocratique qu'elle avait l'habitude de porter était quelque peu défait et quelques mèches en sortaient, s'envolant avec le vent qui passait par les fenêtres. Ses joues avaient rosi à cause de la brise qui lui fouettait le visage, et ses lèvres pleines formaient une moue qui était à la limite du sourire. Elle était belle ainsi, pensa-t-il. Vraiment très belle.

- Pourquoi aimes-tu venir ici ? demanda-t-il tout en accrochant sa lettre à la patte d'une chouette effraie.
- C'est calme, répondit-elle. Plus calme que n'importe quel endroit dans cette école.
- C'est vrai, confirma-t-il avec un sourire.
- Alors cette histoire avec l'élue de ton cœur, elle avance ?

S'il y avait bien une question à laquelle Albus ne s'attendait pas, c'était bien celle-ci. Le jeune homme haussa les sourcils avec étonnement avant de répondre d'un ton prudent.

- Ouais...
- Tu devrais être un peu plus loquace si tu as rendez-vous avec elle. Enfin, si tu veux un deuxième rendez-vous, bien entendu, fit-elle avec ce petit rire qu'il avait déjà entendu et qui l'avait troublé.
- Je ne suis pas quelqu'un de loquace en temps normal, répliqua-t-il avec une grimace.
- J'ai cru remarquer ! dit la jeune femme en enjambant une pile de souris morte pour rejoindre la porte. A ce soir, Potter !

Et Elisabeth ouvrit la porte de la volière avec une énergie qu'il n'aurait jamais cru voir chez elle. Elisabeth McKenzie était singulièrement différente de l'image qu'elle donnait en première impression. Plus vive, moins froide... plus accessible aussi, peut-être...

Albus secoua la tête, tentant de refouler cette attirance qui l'avait étreint quelques minutes plus tôt à l'entente de son rire. C'était ridicule, songea-t-il en se reprenant. Elisabeth McKenzie était belle, c'était un fait, rien de plus.

Après avoir attaché la lettre pour son père dans laquelle il lui demandait de s'adresser directement à sa sœur et de ne plus passer par lui, Albus redescendit à son tour de la volière et rejoignit la salle commune des Gryffondor.

Lorsqu'il passa le portrait, il était presque seize heures et l'agitation était à son comble, les élèves de sa maison étant tous rentrés se reposer ou commencer leurs devoirs avant de rejoindre la Grande salle pour le dîner.

Attablée dans un coin de la pièce avec Fred Weasley, Lily Luna Potter semblait concentrer sur un livre de Sortilèges. Prenant son courage à deux mains dans l'intention de lui faire des excuses, Albus Potter se dirigea vers sa sœur.


Lily Luna Potter ne prit conscience de la présence de son frère que lorsque celui-ci se plaça devant elle. Relevant les yeux sur lui, elle lui adressa un regard peu amène. Qu'est-ce que Albus lui voulait encore ? se demanda-t-elle avec exaspération.

- Si c'est pour me prévenir que papa veut me punir pendant les vacances de noël, tu peux t'abstenir, Albus, dit-elle froidement.
- Non, je voulais m'excuser.
- T'excuser ? répéta la jeune fille, surprise. T'excuser de me pourrir la vie ? se moqua-t-elle en passant une main dans ses cheveux roux coupés au carré pour les repousser en arrière.
- Oui. J'ai envoyé une lettre à papa pour lui dire qu'il devrait correspondre avec toi à partir de maintenant, expliqua Albus avec un mouvement des épaules las.
- D'accord... Merci.

Elle lui adressa un petit sourire de remerciement et Albus s'en alla rejoindre Rose qui faisait une partie d'échecs sorciers avec Franck, sous l’œil avisé de Jane. Sur l'un des fauteuils devant la cheminée, Hugo contemplait les flammes qui dansaient devant ses yeux, l'air particulièrement triste.

Lily s'en voulait de l'avoir insulté ainsi... Hugo n'était pas un mauvais bougre. Il était immature, un peu lourd, et parfois agaçant mais il avait toujours été là pour elle quand elle en avait eu besoin. Et cette fois-ci, c'était lui qui avait besoin d'elle.

Et puis... ses amis lui manquait. Hugo et ses blagues sans queue ni tête, Leane et son drôle de rire, Lorcan et ses airs désinvoltes.

Fred était là, mais ce n'était pas la même chose. Elle ne savait pas comment prendre les attitudes de son cousin qui paraissait jouer un rôle à longueurs de temps. Fred pouvait être drôle, souriant, mais ce n'était jamais plus de quelques minutes. C'était faux, et elle avait l'impression de jouer une comédie toute la journée. Fred serrait des mains, riait et présentait ses inventions, à des personnes qu'elle ne faisait que croiser dans les couloirs. Non, vraiment, elle adorait Fred mais ses amis lui manquait terriblement.

- Tu devrais aller les voir, Lil, dit Fred en remarquant que ses yeux se dirigeaient trop souvent vers eux.
- J'ai été horrible avec eux, Fred, répondit Lily en posant sa plume.
- Ce sont tes amis, ils te pardonneront, répliqua le jeune homme.

Lily choisit de le croire et se leva. Ses pas la conduisirent d'abord à Leane qui lisait un manuel de potions, assise à même le sol dans un coin de la salle commune.

Comme Leane ne relevait pas les yeux, Lily décida de s'excuser immédiatement. Ce serait plus facile si son amie ne braquait pas son regard accusateur sur elle.

- Écoute Lea, je suis vraiment désolée pour ce que je t'ai dis ce matin. J'étais en colère et...
- C'est bon, répondit son amie en attachant ses cheveux en une queue de cheval. Je ne suis pas très agréable non plus en ce moment, et j'ai gravement abusé quand je ne t'ai rien dit pour Hugo.

Les yeux bleus de Leane s'accrochèrent une seconde au dos de Hugo avant qu'elle ne fixe de nouveau Lily. Toute trace de ressentiment avait disparu et la tension entre les deux filles s'était considérablement affaiblie. Leane se releva en tendant la main.

- Amies ?
- Amies ! affirma la rousse en lui attrapant la main, la rapprochant d'elle pour la serrer dans ses bras.
- Et... Hugo ? demanda tout doucement Leane, arrachant un sourire à sa meilleure amie.
- Viens...

Les deux filles allèrent s'installer sur les accoudoirs du fauteuil où se trouvait le jeune homme, le faisant sursauter. Chacune des deux filles lui offrit un sourire, ce qui fit se détendre Hugo qui s'attendait sûrement à se faire remonter les bretelles une nouvelle fois.

Il leur rendit un sourire hésitant, un peu triste aussi. Et Lily qui ne supportait pas de le voir ainsi, descendit de son accoudoir pour se percher sur ses genoux et enrouler ses bras autour de son cou. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de s'écarter.

- Lil... fit le jeune homme, attendri. Tu m'as bavé dessus ! s'exclama-t-il en montrant sa joue.
- Tu l'as mérité, idiot ! rit la jeune fille en lui frappant le bras, imitée par Leane.

Hugo se plaignit que ses amies étaient complètement folles mais dans ses yeux bleus, elle constata la même lueur de joie qui devait briller dans les siens, tout comme dans ceux de Leane. Tout à son bonheur, Lily Luna Potter ne vit pas Fred Weasley s'éclipser de la salle commune avec un sourire à la commissure des lèvres.


Fred Weasley, la carte des Maraudeurs en main, s'était décidé à aller voir Elena Sweet qui se trouvait à l'instant même à la bibliothèque. Seule apparemment, puisque Fred pouvait voir sur la carte que sa meilleure amie, Melissa Sanders, était dans la salle commune des Serdaigle.

Il fallait que Fred la voit, qu'il lui dise qu'il ne voulait plus la mettre en danger de mort. Si Elena ne comprenait pas, il était prêt à l'insulter pour qu'elle ne le suive pas, même s'il devait se frapper lui-même après l'avoir fait. Elle ne devait pas subir ce qu'il s'infligeait à lui-même tous les jours pour se sentir en vie. Pour se sentir exister...

C'était une folie d'avoir accepté qu'elle le suive dans la forêt interdite, d'avoir cru qu'il pourrait la protéger. Et s'il n'en avait pas été capable ce soir-là ? Si le loup-garou s'était jeté sur eux avant qu'ils n'aient eu le temps de s'échapper ? Un frisson le parcourut alors qu'il pénétrait dans la bibliothèque, longeant les rangées pour rejoindre celle où Elena avait élu une table.

La jeune fille mordillait sa plume, concentrée sur ce qu'elle faisait. Lorsqu'elle l'entendit approcher, elle releva les yeux sur lui, un sourire triste aux lèvres.

- Je sais déjà ce que tu vas dire, dit-elle lentement.
- Tu comprends que je le fais pour ton bien ? interrogea-t-il en s'asseyant face à elle, posant une main sur la sienne. Ce que je fais... ne doit impliquer personne d'autre, je ne peux pas...
- Pour mon bien ? Si c'était vraiment pour mon bien, Fred, tu m'aurais écouté quand je t'ai expliqué pourquoi je te demandais de m'emmener. Je ne te demande rien d'autre que cela, continua-t-elle avec ce même petit sourire triste. Je croyais que toi, tu pourrais me comprendre..."

La lueur terne qui luisait dans ses yeux comme une bougie vacillante brisa le cœur de Fred. A cet instant, le souvenir d'Elena Sweet et de ce moment où elle avait hurlé après cette course-poursuite dans la forêt interdite, ce moment où ils s'étaient senti en vie tous les deux refit surface sous ses yeux...

Fred se leva. Il devait échapper à ce regard qui lui demandait plus qu'il ne pouvait donner. Mais lorsque Fred se retourna, la jeune fille conclut dans un murmure :

- La vérité, Fred, c'est que tu as peur de t'attacher à quelqu'un...

Fred Weasley ne la détrompa pas, ne lui donna pas raison non plus. Il n'ajouta rien, préférant la fuite aux sentiments qu'elle commençait à provoquer chez lui.

End Notes:
Alors... est-ce que vous vous attendiez à ce que Lysander soit un proche de Lucy finalement ? Ceci explique la colère de la jeune fille lorsqu'il est intervenu pour protéger Lily ! ;)
Nous cachons nos sentiments by Lyssa7
Author's Notes:
Bonsoir !

Je dois avouer que ce chapitre n'était pas comme je l'avais en tête au départ, mais il s'en rapproche plutôt bien ! ;)

Pas de point de vue de Molly et Roxane que vous retrouverez dans le prochain chapitre.

N'hésitez pas à me faire des critiques si vous trouvez des incohérences (c'est possible, je suis tête en l'air !) ou des répétitions, je promets de les corriger ! :)

Voilà ! Bonne lecture et à bientôt !
Lyssa7

"Nous cachons nos sentiments. Ils sont une faiblesse à nos yeux." Rose Weasley

Terrain de Quidditch
1er octobre 2023 : 18h15


Lily Luna Potter essayait de tenir le rythme imposé par son cousin qui courait à vive allure dans les couloirs de Poudlard. Les deux adolescents, toute à leur joie de se retrouver après leurs disputes, en avaient complètement oublié leur premier entraînement de Quidditch prévu par Julian Dawson. Le capitaine de l'équipe des Gryffondor détestait les retardataires et le manque de constance en règle générale ; aucun doute qu'il ne se gênerait pas pour leur rappeler, surtout à Lily qui venait seulement d'intégrer l'équipe. Enfin, leur course les amena dans le hall et Hugo lui cria de se dépêcher encore un peu. La grande horloge du hall indiquait dix-huit heures vingt et Lily esquissa une grimace en réalisant qu'elle commençait à avoir un point de côté.

- Pas le moment de faiblir ! ordonna Hugo en l'attendant quelques secondes avant de la tirer par la main à sa suite dans le parc.
- Je... ne... faiblis pas ! répondit la jeune fille entre deux inspirations douloureuses.

Les joues rouges, le souffle court, les cheveux trempés de sueur, Lily faisait peine à voir en pénétrant dans les vestiaires et fut ravie de constater que Lorcan avait déjà rejoint celui des garçons. S'il l'avait vu dans cet état, elle n'aurait plus aucune chance avec lui, c'était certain ! Posant ses affaires sur un banc, la petite rousse ignora le sourire sarcastique de Clotilde Caver qui terminait d'enfiler sa tenue de Quidditch. Elle s'habilla en quatrième vitesse, et rejoignit les autres membres de son équipe sur le terrain, attendant tous le discours de début d'année de leur capitaine.

Lily s'en fichait, elle avait simplement envie de voler, de jouer, d'oublier tous ses problèmes et ses sentiments étranges qui la rendait fébrile ces temps-ci. Les regards en coin de Lorcan lui brûlaient la nuque, et ceux de Lysander la rendait tellement mal à l'aise qu'elle avait envie de se fondre dans le décor. Alors, elle n'écouta qu'à moitié ce que disait Julian Dawson, tapant discrètement son pied dans l'herbe coupée du terrain de Quidditch, n'attendant que le moment de grimper sur son balai. Enfin, Dawson lança le départ et Lily ne se le fit pas dire deux fois.

La jeune fille fut la première à décoller, ressentant avec plaisir la sensation grisante de liberté que lui procurait le vent dans ses cheveux, se laissant transporter par la brise sur son visage. Ce ne fut que quelques secondes avant que Hugo ne vienne la rejoindre, un petit sourire à la commissure des lèvres.

- J'espère que tu es prête à te frotter au meilleur gardien de tous les temps ?
- N'exagère pas ! répliqua Lily en riant en le voyant se placer devant les trois anneaux qui constituaient les buts, les bras écartés et l'air très concentré.

Du coin de l’œil, elle vit Lorcan à quelques mètres d'elle qui devait essayer de viser un mannequin ensorcelé faisant des cabrioles sur un balai. Il ne faisait pas attention à elle et elle pouvait l'observer à loisir, mais sa petite bulle de confort s'évanouit lorsque Clotilde Caver l'interpella d'un ton singulièrement agacé.

- Potter ! Si t'es là pour mater, ce n'est pas mon cas ! Alors je te prierais de bien vouloir prendre part à l'entraînement ! fit la petite brune, hautaine, en relevant le menton.

Caver tenait le souafle dans ses mains et, après une dernière figure acrobatique, elle l'envoya à Lily qui le stoppa entre ses deux mains. La jeune fille rousse considéra la distance entre elle et les anneaux des buts et son pourcentage de réussite, plissa les yeux pour rétrécir son champ de vision et prit son élan avant d'envoyer le souafle. Elle vit Hugo qui tentait de l'arrêter d'un mouvement de la main sans y parvenir et le souafle qui passait à quelques centimètres de son oreille, mais aussi du but.

Un sentiment de frustration envahit Lily alors qu'elle poussait un cri de dépit. Derrière elle, Caver lui reprochait un manque de précision, et le pire était que cette peste avait raison. Tant pis, elle ne partirait pas avant d'avoir marqué un but ! se dit-elle avec détermination en récupérant le souafle.

Et finalement, quand Lily redescendit au sol en compagnie de son cousin, elle avait réussi à marquer six buts sur dix, ce qui était remarquable pour un premier entraînement. Preuve en était que Julian Dawson, pas franchement réputé pour ses compliments, l'avait félicité d'être aussi obstinée.

La plupart de ses coéquipiers lui avait souri, et même Lorcan avait paru admiratif. Sentant son cœur devenir un peu plus léger, la jeune fille se dirigea vers les vestiaires en chantonnant.

Mais Lily sentit rapidement son cœur se figer dans sa poitrine lorsqu'elle croisa le regard bleu de Lysander qui se tenait adossé au mur, près de la porte des vestiaires. Celui-ci eut un petit sourire avant de laisser ses yeux parcourir sa tenue de Quidditch pleine de boue et ses cheveux roux en bataille.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? interrogea Lily, tentant de ne pas laisser sa voix trembler.
- Si tu veux que mon frère croit qu'il y a une quelconque relation entre nous deux, il faut qu'on se voie le plus souvent possible, et pas seulement pendant nos cours en communs, répondit-il doucement en se détachant du mur pour se rapprocher d'elle, peut-être un peu trop près au goût de Lily.

Le mal-être qu'elle ressentait en sa présence se fit plus vif, et elle regretta un instant sa décision de l'impliquer dans sa relation avec Lorcan. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de lui demander son aide ? se demanda-t-elle alors que quelques centimètres à peine les séparait et qu'elle pouvait clairement sentir son souffle se mêler au sien. Elle inspira profondément avant de braquer ses yeux dans les siens.

- Comme tu le vois, Lorcan n'est pas dans les parages, rétorqua-t-elle d'un ton un peu dur. Il n'y a donc aucune raison de jouer à ce petit jeu maintenant.
- Comme tu voudras, Lily, fit-il en haussant les épaules. Je voulais juste te prévenir que si tu veux vraiment le rendre jaloux, il faudra sans doute passer à la vitesse supérieure.
- Supérieure ? répéta-t-elle en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Tu le sauras bien assez vite ! dit-il en riant et, se reculant, il se détourna et s'éloigna d'un pas tranquille, les mains dans les poches.

Le cœur de Lily se remit à battre normalement lorsqu'elle le vit disparaître au loin, même si son corps mit quelques minutes avant de reprendre contact avec la réalité. Par Merlin, qu'est-ce qu'il lui avait pris d'incorporer Lysander Scamander dans ses plans de séduction ?

- Lily ? Est-ce que ça va ?

Lily Luna Potter se retourna et recommença à respirer sereinement quand elle reconnut la voix de son cousin. Hugo Weasley l'observa d'un air inquiet tandis qu'il posait une main sur son épaule.

- Je vais aller prendre une douche, fit la jeune fille en se décalant rapidement de la poigne de son cousin. On se retrouve dans la Grande salle !


Hugo Weasley frissonna, pris d'un mauvais pressentiment. Il ne savait pas pourquoi mais la présence de Lysander Scamander près de sa cousine ne lui plaisait pas du tout, et depuis quelques temps, le Serdaigle était bien trop proche d'elle à son goût. Bien entendu, Hugo était conscient que Lily était têtue et que si elle ne voulait rien lui dire, elle n'en démordrait pas avant d'être dans de sales draps. Se promettant de garder un œil sur sa cousine et Lysander, le jeune homme rejoignit le château.

La douche chaude après l'entraînement lui avait fait du bien, ayant rasséréné son corps pour la soirée qu'il avait réservé à Lina, la jolie cinquième année avec laquelle il avait discuté pendant le déjeûner. Hugo n'avait aucun doute quand au bon déroulement de la soirée, Lina lui tomberait immanquablement dans les bras, déjà plus que sensible à son charme. Peut-être ramènerait-il un peu de Lirus Hilarius pour faire tomber un peu plus les défenses de la jeune fille...

Partagé entre la tentation de se laisser aller aux sensations que lui prodiguait la plante et l'envie de reprendre une vie plus "normale" entouré de ses amis de toujours, Hugo valsait dangereusement. D'autant que tous les soirs avant de se coucher, il retrouvait un sachet sous son oreiller, incapable de savoir comment celui-ci avait pu se retrouver là. Il avait tenté de se renseigner discrètement auprès de Fred, mais son cousin avait froncé les sourcils et lui avait posé des questions que Hugo avait dû détourner rapidement ; et comme ses relations avec Lorcan étaient toujours inexistantes, Hugo n'en savait pas plus sur l'identité de la personne qui pénétrait dans leur dortoir, ni sur ses raisons.

S'installant sur la droite de Leane Jones à la table des Gryffondor, le jeune homme lui offrit un sourire qu'elle lui rendit aussitôt. Malgré toute cette histoire, Hugo était heureux qu'elle lui adresse de nouveau la parole sans lui hurler dessus. Il fallait dire que Leane avait toujours été impressionnante quand elle se mettait en colère malgré sa petite taille et son air angélique ; même les accès d'humeur de Lily n'étaient rien à côté de ceux de la jolie blonde.

- Alors cet entraînement ? interrogea-t-elle en lui servant une tranche de dinde.
- Lily s'est bien débrouillée, Dawson l'a chaudement félicité, répondit-il, son regard s'attardant sur le sourire qui se dessinait sur les lèvres de son amie.

Leane avait un joli sourire, à n'en pas douter.... Et une jolie bouche aussi. Hugo secoua la tête, tentant de reprendre contact avec la réalité et avec ce que la jeune fille lui disait. Il fallait vraiment qu'il calme ses hormones ! se dit-il en passant une main dans ses cheveux roux. Heureusement, Lina était là pour ça, et il pourrait évacuer toute la tension de ce dernier mois.

Hugo Weasley n'en avait pas conscience mais un regard malveillant l'observait depuis son arrivée. A la table des Serpentard, Lucy Weasley était satisfaite de constater que son cousin commençait déjà à décliner.


Lucy Weasley piqua quelques pommes de terre qu'elle mit dans sa bouche, les savourant aussi lentement qu'elle le faisait pour sa vengeance. Son plan prenait du temps mais elle savait qu'elle réussirait, qu'elle les aurait à leur propre jeu, l'un après l'autre.

Lily Luna Potter, l'éternelle amoureuse, aurait le cœur brisé. Ce serait évidemment sa plus belle revanche sur le petit groupe de ses cousins, mais aussi sur Lysander Scamander. Finalement, les vaines tentatives de Lysander pour se rapprocher de Lily allait lui servir... Bientôt, sa cousine se perdrait dans les méandres de ses émotions et elle n'aurait presque rien à faire. Un rictus se forma sur ses lèvres rouges alors qu'elle se répétait inlassablement ce qui leur arriverait à tous, y prenant un plaisir incommensurable.

Hugo Weasley, l'immature chronique, finirait par s'éloigner de lui-même des autres. Pour lui non plus, elle n'aurait pas grand chose à faire à part envoyer tous les jours cette gamine de Gryffondor glisser un petit sachet sous l'oreiller de son cousin. Hugo n'était qu'un gosse fêtard et provocateur, il s'enliserait forcément à un moment ou à un autre. Elle n'avait plus qu'à attendre...

Rose Weasley, fleur fragile sous ses apparences de femme forte, verrait toutes ses défenses s'effondrer face à Scorpius Malefoy. Jusqu'à ce que la rose perde ses épines et se fane...

Roxane Weasley, reine de l'égoïsme, n'aurait plus qu'à faire face à ses responsabilités quand le moment viendrait. Tout comme sa sœur, l'ambitieuse Molly.

Albus Potter, le plus calme de tous, devrait rester à l'écart de ses plans. Elle avait longuement hésité à le mettre sur sa liste. Albus avait été le seul à ne pas la mettre de côté pour son appartenance à Serpentard, il avait été le seul à venir la voir en lui répétant ce que son père lui avait dit concernant Severus Rogue et son courage émérite. Mais Albus était trop proche de Rose, de Lily, de tous ceux qui lui avaient tourné le dos. Albus devrait être éloigné le plus possible, et pour cela, Elisabeth McKenzie et Stella Dubois seraient parfaites. S'il décidait de se mêler de ses projets, par contre...

Le seul qui lui glissait encore entre les doigts était Fred Weasley. Son cousin était aussi faux qu'elle, distribuant des sourires factices à ceux qu'ils croisaient, organisant des fêtes dont il n'avait cure. Lucy le savait parfaitement. Fred Weasley était un maître dans l'art de cacher ses sentiments, exactement comme elle. Peut-être qu'il souffrait lui aussi... pensa-t-elle en attachant son regard sur le jeune homme qui mangeait en silence. Peut-être... mais elle n'en avait cure à présent.

La seule chose qui comptait c'était de faire taire cette amertume qui résonnait au plus profond d'elle-même depuis des années, effacer cette rage sourde qui brûlait son cœur chaque jour un peu plus que la veille. Qu'ils souffrent comme elle avait souffert ! Qu'ils se sentent aussi seuls que la gamine qu'elle était en première année s'était senti ! Et lorsque ce serait fait, elle se sentirait sûrement mieux.

Ses pensées l'enivraient, ses prunelles luisaient de cette colère qui la consumait.

A sa gauche, Scorpius Malefoy et Elisabeth McKenzie se lancèrent un bref regard. Ils savaient tous les deux de quoi Lucy Weasley était capable. Ils savaient aussi que le plan dans lequel ils venaient de s'engager allait laisser des séquelles, qu'il y aurait forcément des conséquences. Mais Elisabeth n'avait pas d'autres choix que celui-ci, elle était pieds et poings liés entre un mariage auquel elle se refusait et la perfidie de Lucy ; Scorpius Malefoy avait simplement voulu prendre sa revanche sur les Potter-Weasley, ne se rendant compte de la folie de sa camarade que bien trop tard pour se retirer du jeu, et lorsqu'il avait voulu récupérer ses cartes, Lucy en avait ajouté de nouvelles en le faisant chanter.

Prenant soin de lui souhaiter une bonne soirée pour ne pas la froisser, Scorpius et Elisabeth se levèrent pour rejoindre leurs binômes pour les rondes nocturnes. Lucy Weasley les observa s'éloigner avec ce même sourire vicieux aux lèvres, les yeux illuminés d'une lueur machiavélique lorsqu'elle posa les yeux sur Rose qui rejoignait Scorpius Malefoy près de la porte de la Grande salle.


Rose Weasley ne prit pas la peine de saluer Scorpius Malefoy. Elle tenait à ce que cette ronde se termine le plus rapidement possible pour rejoindre sa salle commune. Ce qu'il lui avait dit l'après-midi ne cessait de la chambouler, et sa présence ne faisait que ravivait un peu plus l'attirance qu'elle éprouvait pour lui. Tout en adressant un signe de tête à Albus, elle passa la porte de la Grande salle et commença à monter les escaliers qui menaient au premier étage. Elle montait les marches quatre à quatre, essayant de mettre le plus de distance possible entre eux. Mais Scorpius la rattrapa bien vite et sa main s’abattit sur son épaule. Elle s'en dégagea aussitôt, comme s'il l'avait brûlé.

- Alors, je te fais autant d'effet ? interrogea-t-il, son habituel sourire sardonique sur ses lèvres fines.
- Pas du tout ! répondit-elle un peu vite et trop sèchement pour paraître crédible.
- Ce n'est pas déplaisant... Au contraire...

Il se rapprochait d'elle. Il était trop près. Bien trop près. Le rouge lui monta aux joues, et son souffle s'accéléra tandis que la main du jeune homme revenait effleurer son bras.

- Arrête ça... fit-elle, le ton de sa voix devenant suppliant.
- Est-ce que tu veux réellement que j'arrête, Weasley ?

Rose sentait sa présence dans chaque parcelle de son corps, sa main qui remontait lentement sur son bras, lui procurant des milliers de frissons. Elle ferma les yeux, priant pour que ce moment interminable prenne fin et en même temps... Toutes ses pensées se stoppèrent brusquement lorsque les doigts du jeune homme caressèrent son cou, se perdirent dans ses boucles rousses. Le corps de Scorpius se colla au sien, et ce fut comme un électrochoc, la jeune femme le repoussa vivement.

- Dégage ! murmura-t-elle d'un ton à la fois terrifié et empli d'une rage sans nom. Ne fais plus jamais ça sans mon accord, tu m'entends ?

Et Rose le laissa là, au beau milieu des marches, les yeux brillants d'incompréhension, choisissant de remonter à sa salle commune avant l'heure prévue. Elle dirait à McGonagall qu'elle ne se sentait pas très bien, qu'elle était malade. Et elle dirait la même chose à son cousin, Albus Severus Potter, parce que si celui-ci savait le fin mot de l'histoire... Rose ne lui avait jamais dit toute la vérité, reléguant jusqu'aux tréfonds de son âme ses douloureux secrets, et Albus n'en connaissait qu'une infime partie. S'il savait...


Albus Severus Potter était bien loin de s'imaginer ce que venait de vivre sa cousine, Rose Weasley. Les mains dans les poches, il marchait dans les couloirs du troisième étage, aux côtés de sa binôme pour les rondes nocturnes, Elisabeth McKenzie.

Depuis leur discussion de l'après-midi dans la volière, elle lui semblait moins froide, plus accessible. Ce qui la rendait deux fois plus belle qu'avant. Ce n'était pourtant son genre d'être inconstant dans ses sentiments ! se morigéna-t-il. Il n'était pas comme son cousin, Hugo, qui passait de filles en filles sans tenir compte des sentiments. Il était amoureux de Stella, point final !

- Comment comptes-tu t'y prendre pour la séduire ? demanda tout à coup la brune en arquant un sourcil.
- Qui ? répondit bêtement Albus en tournant la tête vers elle.
- La fille avec qui tu as rendez-vous, Potter ! fit-elle en lui lançant un regard moqueur. Pourquoi ? Tu veux devenir le nouveau bourreau des cœurs de Poudlard ?
- Ne dis pas n'importe quoi, la rabroua-t-il fermement. Je ne sais pas comment m'y prendre, je vais y aller au feeling, comme toujours.
-Au feeling ? Tu te moques de moi ? répliqua-t-elle, son rire s'échappant à nouveau de ses lèvres pulpeuses.

Comme à chaque fois qu'elle riait, Albus s'en trouvait désemparé. Comme si son rire le transperçait au plus profond de son âme, il l'entendait en écho. Il planta ses yeux verts dans les siens, et le rire d'Elisabeth se stoppa immédiatement.

- D'accord, Potter. Peut-être que ça peut fonctionner. Mais si tu as besoin d'autres astuces, je pourrais t'aider, dit-elle avec une moue qui détrompait ses paroles, comme si elle se forçait à être aimable.
- Ah oui ? Et pourquoi tu voudrais m'aider ? s'enquit-il, narquois. Ce n'est pas pour te vexer mais tu n'es pas réputé pour ta bonté d'âme, McKenzie.
- Je m'ennuie, Potter. Et figure-toi que tu es ma nouvelle distraction, répondit-elle, un petit sourire à la commissure des lèvres.

Albus Potter dut user de tout son sang-froid pour ne pas lui répliquer vertement qu'il n'était pas un nouveau jouet pour les petites princesses pourries gâtées. Il préféra hausser les épaules et continuer sa route dans les couloirs du troisième étage, la laissant derrière lui. Si Albus Severus Potter avait été moins préoccupé par ses échanges avec Elisabeth McKenzie, il aurait vu Fred Weasley se profiler dans l'ombre d'un des passages secrets.


Il n'était pas plus de vingt et une heure quand Fred Weasley décida d'aller faire un tour dans la forêt interdite. Mais ce soir, il en avait besoin plus que d'habitude. Il ne voulait plus penser à elle. Avant qu'Elena Sweet n'entre dans sa vie, il était seul et il s'en contentait très bien. Il était temps pour lui de retrouver sa solitude, se dit-il en projetant un lumos sur les murs de pierre. Solitude qui le satisfaisait parfaitement ! pensa-t-il comme pour s'en convaincre lui-même.

Elena avait tort, il n'avait pas peur de s'attacher. Il ne s'attachait à personne, et surtout pas à une fille pâle qu'il ne connaissait que depuis un mois ! Seule la curiosité l'avait poussé à accepter qu'elle l'accompagne, savoir ce que la jeune fille dissimulait dans ses yeux gris aux reflets blanchâtres. Rien d'autre, et surtout pas d'un attachement quelconque vis-à-vis d'elle. Il ne devait rien à cette fille, alors pourquoi ne pouvait-il s'empêcher de ressentir cette pointe de culpabilité quand il repensait à son visage attristé ?

- Et merde ! grogna-t-il, sa voix se répercutant contre les murs.
- Tu devrais arrêter de jurer, tu sais ? fit une voix à son oreille, sa voix, à la fois timide et assuré.

Fred porta une main à son cœur. Il avait failli avoir une crise cardiaque avec ses conneries ! Et puis, qu'est-ce qu'elle foutait là encore ? Elena Sweet n'avait-elle pas encore compris qu'il ne tenait plus à sa compagnie ? Cette fille était pire que ce bonbon moldu, le chewing-gum, s'accrochant à la semelle de ses chaussures.

- Qu'est-ce que tu fous encore là ?
- Je viens avec toi, décréta-t-elle. De toute façon, si tu n'acceptes pas, j'irais seule ! fit-elle, les mains sur les hanches.
- Tu n'iras nulle part , hormis dans ton dortoir et... refusa-t-il, excédé.
- Qu'est-ce que tu comptes faire, Fred ? M'enchaîner à mon lit tous les soirs ? Me dénoncer ? Tu ne le feras pas, tout simplement parce que ça reviendrait à avouer que tu te promènes dans la forêt interdite et que McGo t'arracherait les yeux !

Sa tirade terminée, la jeune fille plaça une main sur son ventre, ayant apparemment du mal à retrouver son souffle. Elle toussota une ou deux fois avant de se redresser rapidement, l'observant d'un air décidé.

- Alors, Fred Weasley, quel est ta réponse ?

Les yeux bleus de Fred s'assombrirent de colère en prenant conscience que la jeune fille venait de marquer des points. Il ne pouvait rien faire pour l'empêcher de le suivre. Et quitte à ce qu'elle se mette en danger, autant qu'il soit là pour veiller sur elle. Un petit rire passa les lèvres de Fred à la lueur de ses pensées, petit rire qui se transforma rapidement en un éclat de rire incertain. Veiller sur elle, c'était d'un comique venant de lui !

- Qu'est-ce qui te fait rire ?
- Tu aurais eu ta place aussi bien chez les Serpentard pour le chantage, comme chez les Gryffondor pour ton inconscience de le faire justement, mais d'accord, répondit-il, presque amusé.
- J'ai refusé les deux propositions, lui apprit la jeune fille en se mettant à marcher dans l'étroit passage secret. Les cachots sont bien trop humides, et les Gryffondor passent leur temps à faire la fête, très peu pour moi !

Sans même le prévoir, Fred éclata de rire, rasséréné par la présence d'Elena Sweet. Il pourrait dire ce qu'il voudrait, cette fille le suivrait comme son ombre. Et étrangement, il appréciait vraiment sa compagnie. Plus que celle de n'importe qui d'autre.

Nous sommes plus fragiles que nous le laissons penser (première partie) by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Me voilà pour un nouveau chapitre de cette fiction, chapitre un peu plus court que les autres puisque la deuxième partie devrait arriver sous peu. Je m'excuse donc pour les quatre points de vue qui ne seront pas dans ce chapitre mais vous promet qu'ils seront tous présents dans le prochain qui sera aussi deux fois plus longs.

Vous ne verrez pas Lily, (non, ne me lancez pas ce caillou... Aïeeeuh !) Rose (mais vous verrez Scorpius...), Albus (mais McKenzie sera dans ce chapitre et dans le prochain), ni Hugo (même s'il sera présent du point de vue de Fred). J'en profite pour m'excuser auprès de Roxane qui a subi mes humeurs du moment... Malheureusement, c'est tombé sur elle ! ;)

Sur ce, bonne lecture et à l'année prochaine ! (ouais, cette blague est débile mais j'assume !)
Lyssa7

" Nous sommes plus fragiles que nous le laissons penser. Et lorsque la carapace se fissure, nous ne pouvons que frissonner." Fred II Weasley.


Dortoir des filles, Tour des Serdaigle
6 octobre 2023 : 8h10



Roxane Weasley ouvrit les yeux, laissant la faible lueur du soleil d'automne s'infiltrer entre les rideaux de son lit à baldaquin. Elle poussa un petit soupir d'aise en s'étirant doucement. Ce matin, c'était un samedi et la jeune fille pouvait prendre tout son temps pour se préparer, nullement pressée par le temps. En début d'après-midi, une sortie à Pré-au-Lard était organisée et Roxane avait prévu de s'y rendre en compagnie de ses amis, ce qui incluait bien évidemment Peter Nott dans la troupe... Tant pis, elle ferait bande à part avec Mary Peters et Stella Dubois et elles iraient prendre une biéraubeurre ou acheter des tonnes de chocogrenouilles. Il n'était pas question que Nott lui gâche sa journée, elle s'en faisait la promesse !

Inconsciemment, ses mains glissèrent jusqu'à ses cheveux où elle aimait les enfouir dans la masse épaisse et brune . Mais ce matin-là...

- Qu'est-ce que... ? Aaaaaaaaaaah !!!

Roxane se leva précipitamment, le coeur battant la chamade dans sa poitrine. Ce ne pouvait pas être ce qu'elle pensait, il ne pouvait pas avoir fait ça ! Il n'avait quand même pas osé... Elle faillit se prendre les pieds dans le tapis et ne prêta pas attention aux grognements de ses camarades de dortoir qu'elle avait réveillé sans le vouloir avec ses hurlements. Le miroir se trouvait là, près d'une des deux gigantesques armoires qui accueillait les affaires des filles de septième année et le reflet qu'il lui renvoyait n'était pas pour lui plaire. Devant elle, l'image qui lui faisait face arborait une coupe étonnament courte au point qu'on voyait ses oreilles ; c'était comme si tous ses cheveux s'étaient évaporés pendant son sommeil. Muette de stupeur, la jeune fille porta une main à sa bouche. Il avait osé !

- Je vais le buter ! Je vais le saigner et faire une écharpe avec ses tripes de fumier ! finit-elle par déclarer en jetant un oeil dégoûté au miroir avant de s'en détourner pour ouvrir la porte du dortoir aussi tendrement qu'un troll dans un magasin de chaudrons.

Roxane descendit rapidement les escaliers qui menaient à la salle commune des Serdaigle, certaine de le trouver sur l'un des fauteuils bleu nuit. Peter Nott ne dormait jamais bien longtemps et était toujours réveillé avant elle, Maxence lui avait dit que Nott était insomniaque. Cette fois, il avait dû profiter de son insomnie pour lui jouer un sale tour à sa façon. C'était vicieux, petit, mesquin... C'était du pur Nott.

Lorsqu'elle arriva en bas des marches, elle distingua sa silhouette sur l'un des fauteuils devant la cheminée. De dos, il semblait assoupi mais la jeune fille savait très bien qu'il n'attendait qu'une chose : savourer sa vengeance contre elle. Evidemment, elle avait fait en sorte de remplacer son shampoing par du poil à gratter qui venait tout droit de la boutique de son père mais... ce n'était pas une raison valable pour lui couper les cheveux ! Serrant les poings de colère, la jeune fille rejoignit son rival en quelques enjambées et se plaça devant lui, furieuse. On aurait presque pu voir de la fumée sortir des oreilles de Roxane Weasley.

- Tu es fier de toi ? interrogea-t-elle, le ton chargé d'une colère savamment contenue.

Peter Nott releva les yeux sur elle et ses lèvres se plissèrent dans un sourire guoguenard. S'il se mettait à rire, elle l'étranglerait ! se jura-t-elle, ses joues se colorant d'une couleur pourpre.

- Très sympa cette coupe, Weasley... laissa-t-il tomber d'un ton moqueur.
- Si tu n'arranges pas ça tout de suite, je te fais la peau, Nott ! déclara-t-elle en se penchant sur lui pour l'attraper par le col de sa chemise.
- Il n'y a rien à arranger... répondit-il en se dégageant avec habileté tout en ne se départissant pas de ce petit sourire qu'elle aurait voulu lui arracher à mains nues. Il n'y a aucun contre-sort, Weasley.

Le teint mat de la jeune fille blanchit d'un coup, lui donnant une teinte orangée qui jurait affreusement avec ses yeux ambrés. C'est à cet instant que Nott éclata de rire sous son nez et que l'impulsivité de Roxane fit surface. Elle lui décolla une telle gifle que la tête du jeune homme fit un aller-retour en quelques dixièmes de seconde. Il l'avait bien méritée, se dit-elle en croisant les bras alors qu'il la fusillait de son regard noir devenu glacial.

- Ne t'avise jamais de recommencer, la prévint-il en se levant du fauteuil pour se placer face à elle.
- Je n'aurais pas dit mieux ! répliqua-t-elle avant de se détourner pour remonter dans son dortoir.

Dans les escaliers, elle croisa Molly Weasley qui fut tellement surprise par le relooking de sa cousine qu'elle en lâcha les livres qu'elle avait dans les mains. Pourtant, Roxane Weasley ne se retourna pas sur elle, dévouée toute entière à sa colère envers Peter Nott.


Molly Weasley resta un instant les bras ballants dans les escaliers qui menaient à la salle commune. Interdite, elle considéra les livres qui étaient descendus de quelques marches lorsqu'elle les avait laissé tomber quelques secondes plus tôt. Roxane avait coupé ses longs cheveux ? C'était quasiment impensable quand on savait que sa cousine y tenait comme à la prunelle de ses yeux...

Molly haussa les épaules, se reprenant rapidement. Après tout, ce n'était pas son problème et elle avait autre chose à faire aujourd'hui que de se préoccuper de la coupe de cheveux de Roxane Weasley. Samuel Dubois devait déjà être en train de l'attendre à la bibliothèque pour qu'elle lui donne des cours de soutien en Métamorphose, cours qu'elle lui dispensait depuis quelques jours...

La jeune femme était loin de l'aider de gaïeté de coeur, seulement elle savait que si elle ne le faisait pas, Dubois n'hésiterait pas à dénoncer son excursion dans la salle des archives. Enfin, c'est ce qu'il disait... A vrai dire, Molly n'était pas vraiment sûre que le jeune homme soit une personne de ce genre-là mais elle préférait couvrir ses arrières. Elle accédait donc à toutes ses demandes, notamment de passer du temps avec lui et de l'aider en Métamorphose.

Heureusement, la bibliothèque serait calme ce samedi-là, la plupart des étudiants de Poudlard profitant de la sortie à Pré-au-Lard. Molly espérait que Lucy aurait elle aussi l'envie d'aller prendre une biéraubeurre plutôt que de la harceler. Elle avait déjà fort à faire avec cet abruti de Dubois ! pensa-t-elle, envahie par une colère froide tandis qu'elle arrivait à la porte de la bibliothèque de Poudlard.

Et en plus, il n'était même pas encore arrivé ! se dit-elle en se triturant les doigts avec nervosité. Croyait-il qu'elle allait l'attendre toute la matinée à faire le pied de grue devant cette porte ?! Mais la jeune femme n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'une main se posa sur son épaule et que la voix familière de Dubois lui parvint aux oreilles.

- Un timing parfait comme d'habitude, lui dit-il avec un clin d'oeil qu'elle préféra ne pas relever.
- Tu as tes cours ? demanda-t-elle, décidée à en finir au plus vite.
- Ouais, fit-il en désignant son sac qu'il portait négligemment sur l'épaule droite.
- Parfait ! s'exclama-t-elle en attrapant son bras pour qu'il la suive.

Molly l'entraîna jusqu'au fond où elle déposa les livres sur la table avec un soupir de soulagement. Les manuels de Métamorphose n'étaient décidément pas les plus légers... Tandis qu'elle prenait place en face de Samuel, celui-ci fouilla dans son sac et en sortit une patacitrouille qu'il lui tendit. La jeune femme fronça les sourcils, sans comprendre.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'une patacitrouille, Dubois ? Que je la transforme ?
- Ce n'est qu'une friandise, Molly, pas une déclaration de guerre. Prends-la et savoure-la, c'est ma dernière.

Méfiante, la jeune fille avança doucement sa main. D'un geste leste, Samuel fit tomber la friandise dans le creux de sa main avec un sourire. Qu'est-ce qu'il mijotait ? Voulait-il vraiment lui faire croire qu'il ne cherchait que son amitié et rien d'autre ? Molly ne croyait pas au don de soi sans que rien n'entre en ligne de compte, sans rien en échange. Son père lui avait fait comprendre depuis sa plus tendre enfance qu'on ne lui donnerait rien, que ce qu'elle gagnerait elle devrait travailler pour l'obtenir.

- Qu'est-ce que tu veux à la place ? demanda-t-elle d'un ton revêche, ranimé par les souvenirs du passé.
- Par Merlin, avale cette patacitrouille et ferme-la ! ordonna Samuel en fronçant les sourcils, agacé.

Molly en fut tellement surprise qu'elle n'opposa pas la moindre résistance et fourra la friandise à la citrouille dans sa bouche. La liqueur descendit lentement dans sa gorge, lui procurant une intense satisfaction et c'est avec un peu plus de décontraction que la jeune femme reprit la parole :

- Et si on commençait par réviser le sortilège de disparition ? proposa-t-elle en ouvrant l'un des livres volumineux qu'elle avait ramené pour étudier.

Samuel hocha la tête et la jeune femme eut un petit sourire en contemplant la grimace qui effleurait les lèvres du jeune homme. Cachée derrière l'un des rayons de la bibliothèque, Lucy Weasley poussa un grognement de dépit, visiblement peu enchantée que sa soeur ait trouvé une compagnie.


Lucy Weasley retourna s'asseoir à la table où l'attendait Scorpius Malefoy et Elisabeth McKenzie. Ce qu'elle venait de découvrir sur sa soeur n'était pas pour lui faire plaisir. Il serait bien moins aisé pour elle de garder son emprise sur Molly si celle-ci commençait à entretenir des relations avec ce Poufsouffle blond. Ce fut donc avec une colère visible qu'elle se laissa tomber sur sa chaise.

- Mauvaise nouvelle ? s'enquit Malefoy de ce ton nonchalant qu'elle commençait à trouver lassant.
- Occupe-toi de Rose et laisse-moi m'occuper du reste, Malefoy, répliqua-t-elle sèchement.

Depuis que Scorpius avait failli lui faire faux bond une semaine auparavant en comprenant l'étendue de sa vengeance, elle n'avait plus la même confiance en lui. Elle savait qu'elle le tenait par un simple chantage et que Malefoy ne faisait ce qu'elle voulait que pour garder les secrets de sa famille à l'abri. Il n'était pas son ami, même plus son allié. Quand à Elisabeth, elle n'était dans le coup que par pur intérêt. Autant dire que ses complices n'étaient pas aussi sûrs qu'elle avait pu le penser au départ.

- Rose ne se laisse pas approcher aussi facilement, fit Scorpius avec un léger mouvement d'épaules. Surtout en ce qui me concerne. Elle se méfie et elle garde ses distances.
- Fais ce qu'il faut pour la mettre en confiance, Scorpius. Tu sais aussi bien que moi ce qui peut arriver si je suis mécontente, n'est-ce pas ?

Lucy avait baissé le ton, utilisant une note douce dans sa voix qui procura un frisson d'effroi au jeune homme blond. Pourtant, il n'était pas dans son habitude de baisser les yeux devant qui que ce soit et Scorpius garda les yeux rivés sur la jeune fille rousse qui esquissa un sourire. Elisabeth, les mains posées sur la table et le dos droit semblait être ailleurs et elle sursauta lorsque Lucy s'adressa à elle.

- Tu avances avec Albus ?
- Nous avons établi quelques rapports cordiaux pour le moment, répondit la jeune fille d'une voix lointaine, ses yeux verts ne reflétant pas la moindre émotion. Il ne se doute de rien.
- Bien. Je vais devoir vous laisser. Vous vous souvenez de ce que vous devez faire aujourd'hui ?

Les deux Serpentard hochèrent la tête et Lucy se releva de sa chaise qu'elle replaça sous la table. Non sans un dernier regard insistant vers eux, elle s'éloigna et sortit de la bibliothèque. Lucy espérait que la petite sortie à Pré-au-Lard en début d'après-midi lui révélerait ce qui tenait le plus à coeur à son cousin Fred. De loin, elle observerait ses moindres faits et gestes en espérant tomber sur une information capitale.

Il n'était pas question que Fred Weasley lui échappe. Il n'était pas question que l'un d'entre eux ne tombe pas entre ses griffes. Lucy Weasley aurait sa revanche, quoi qu'il lui en coûte.


Fred Weasley, lui, ne se doutait pas le moins du monde des plans de sa cousine Lucy. Il venait juste de se réveiller et bailla longuement avant d'étirer ses muscles endoloris. La nuit précédente, Elena Sweet et lui avaient dû échapper à un hippogriffe en colère et il s'en était fallu de peu que la créature ne piétine la jeune fille de ses sabots. Heureusement, Fred avait réussi à repousser l'animal grâce à un protego et les deux adolescents avaient fini par s'échapper. Étrangement, Elena n'avait pas paru effrayée ni même choquée par ce qu'ils avaient vécu, elle avait simplement souri en réitérant qu'elle voulait recommencer le lendemain. Et plus les jours passaient, plus la curiosité de Fred à son sujet se faisait plus intense. Que pouvait bien cacher la Serdaigle pour paraître aussi sereine face au danger ?

- Tu viens avec nous à Pré-au-Lard ?

Hugo avait tiré les rideaux de son cousin et l'interrogeait du regard. Fred se composa un visage souriant avant de lui répondre.

- J'ai d'autres plans de prévus.
- Une fille ? s'enquit Hugo, les yeux brillants à l'idée que son cousin ait enfin accepté un rendez-vous.
- Une amie, rétorqua Fred en se redressant dans son lit.
- Mouais... fit Hugo avec un petit rire qui exprimait clairement ce qu'il en pensait. Comme tu voudras Freddie. Amuse-toi bien avec ton amie !

Le dénommé "Freddie" eut une grimace qui dénonçait sa haine du surnom utilisé par son cousin. Hugo avait la sale habitude d'en donner à tout le monde, même à ceux qui ne le désiraient pas. Et puis, si Hugo croyait qu'il était comme lui et qu'il ne pouvait s'empêcher de sauter sur tout individu de sexe féminin assez potable, il se mettait le doigt dans l’œil. Les filles n'avaient jamais été la priorité de Fred, surtout pas celles qui lui collaient au derrière en lui faisant les yeux doux. Quand à Elena Sweet, elle s'était imposée d'elle-même dans sa vie sans son consentement. D'accord, il appréciait sa compagnie peut-être un peu plus que celle des autres mais... Fred secoua la tête, maudissant son cousin de lui mettre de telles idées saugrenues en tête.

Le jeune homme posa le pied à terre et son regard dériva vers le fond de la pièce, là où se trouvait le lit de Lorcan Scamander. Ce dernier avait tout tenté pour récupérer son amitié avec Hugo mais le rouquin restait sourd à tout ce qu'il disait. Fred commençait vraiment à en avoir pitié, ce qui n'était pourtant pas dans ses habitudes. A cet instant, Lorcan venait juste d'enfiler un t-shirt des Bizarr's Sisters noir et blanc et un jean basique ; toutefois, Fred intercepta le regard de dépit qu'il lançait vers la porte que venait de passer Hugo. D'ordinaire, Fred Weasley ne s'en serait pas soucié et se serait habillé sans prêter attention aux relations qu'entretenaient ses camarades de dortoir, mais il fallait croire qu'Elena avait un drôle d'effet sur lui depuis qu'il la fréquentait.

- Qu'est-ce que tu comptes faire aujourd'hui ? Rejoindre Lucy ? demanda Fred, un tic nerveux jouant au coin de sa lèvre quand il prononça le prénom de sa cousine.
- Non... Elle dit qu'elle préfère "prendre un peu de distance" pour le moment, répondit Lorcan qui se paraissait pas si déçu que cela par le comportement de sa petite-amie.
- Si tu veux... tu peux venir avec nous, proposa Fred sans y croire lui-même. Je vais prendre un pot avec une amie de Serdaigle et peut-être bien qu'on rejoindra Lily et Hugo...

Fred lui tendait une perche, à lui de la saisir ou pas mais ce serait bien la seule qu'il lui lancerait.

- Oh... D'accord ! s'exclama Lorcan avec un sourire resplendissant. Ouais, carrément que ça me tente !

Fred Weasley n'en revenait tout simplement pas lui-même. Ce n'était pas son genre de rétablir les relations amicales ou amoureuses, se dit-il en enfilant un sweat orange qui tranchait vivement avec son teint mat et un jean troué. Il avait pour habitude de s'en foutre royalement, de se complaire dans sa solitude et ses propres états d'âme, et ceux des autres lui passaient au-dessus de la tête. Par Merlin, qu'est-ce que cette fille avait bien pu lui faire ? se demanda-t-il, légèrement irrité.

Justement, Hugo passait la tête par la porte du dortoir et l'interpella :

- Hey, Bourreau des cœurs ! fit-il, ses yeux brillants d'une lueur d'hilarité. Tu ne m'avais pas dit que ton amie était aussi jolie... C'est pas la petite Serdaigle qui a atterri en début d'année à l'infirmerie ? continua-t-il en se grattant la tête, semblant se remémorer ce moment. En tout cas, elle t'attend devant le portrait, conclut-il avec un sourire moqueur et en mimant des petits baisers ridicules.

Fred préféra ne pas répliquer aux gamineries de son cousin et sortit du dortoir pour rejoindre Elena Sweet.

End Notes:
N'oubliez pas la petite case blanche juste en dessous pour me dire ce que vous en pensez ! ;)
Nous sommes plus fragiles que nous le laissons penser (deuxième partie) by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Voici donc la deuxième partie de ce chapitre et je peux vous dire que celle-ci sera riches en rebondissements et en révélations...

Alors... attachez vos ceintures et accrochez-vous, ce chapitre va démarrer dans...4...3...2...1

Go !

Bonne lecture et à bientôt pour de nouvelles aventures !
Lyssa7

Tour des Gryffondor
6 octobre 2023 : 10h30



Lorsque Fred Weasley passa le portrait, Elena Sweet l'attendait sur le côté et semblait perdue dans ses pensées. Ses yeux gris étaient vitreux et elle paraissait retenir ses quintes de toux avec difficulté. Aussi doucement que possible pour ne pas la brusquer, le jeune homme s'approcha et posa une main sur son épaule :

- Elena ? Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Je... oui, répondit-elle d'une voix altérée. Je... dois juste passer voir Pomfresh avant d'aller à Pré-au-Lard, fit-elle dans un murmure songeur.

Fred ne posa pas les questions qui menaçaient de franchir ses lèvres. Il savait que ce n'était pas le bon moment pour le faire - les murs pouvaient avoir quelques oreilles indiscrètes - et que la jeune fille s'en sortirait encore une fois par un discret revirement dans la discussion. Cette dernière semaine, chaque fois qu'il avait tenté de savoir ce qui la poussait à le suivre dans la Forêt Interdite, Elena finissait par changer de sujet. Sans doute n'avait-elle pas une totale confiance en lui, songea-t-il, irrité par cette pensée. Il décida donc d'acquiescer simplement à ce qu'elle venait de dire, et les deux adolescents commencèrent à descendre les escaliers qui se mirent aussitôt à tourner, les ramenant au sixième étage, côté est du château. Fred n'avait jamais aimé les escaliers ensorcelés de Poudlard, les jugeant imprévisibles. Combien de fois était-il arrivé en retard en cours à cause d'eux ? Il ne comptait même plus. Cette année, rares étaient les fois où il les prenait, préférant utiliser les passages secrets qui le menaient un peu partout dans le château. Justement, l'un d'entre eux ne se trouvait pas très loin et le jeune homme entraîna la Serdaigle en passant son bras sous le sien.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'enquit-elle sans comprendre avant qu'il ne touche le nez de la statue de sa baguette - la statue ayant cette partie du visage très sensible - et que celle-ci ne leur délivre le passage. Oh ! fit-elle en haussant les sourcils. Donc... tu ne te déplaces que comme ça ?
- Pratiquement, répondit-il avec un sourire. Bien plus pratique que les escaliers, et plus rapides aussi.

Les deux adolescents s'engouffrèrent alors dans le passage qui redescendait jusqu'au rez-de-chaussée en une sorte de long chemin tortueux, si bien que la jeune fille dut s'accrocher plus d'une fois au bras de Fred pour ne pas tomber. Enfin, ils sortirent discrètement par une brèche qui se trouvait sous les escaliers du hall et se dirigèrent vers l'infirmerie. Mais, quand ils furent devant la porte, Elena se stoppa et se mordit la lèvre, mal à l'aise.

- Est-ce que... tu veux bien m'attendre ici ? demanda-t-elle dans un murmure.
- Tu n'as pas confiance en moi ?

Fred n'avait pas pu s'en empêcher. La sensation que lui provoquait cette hypothèse était très désagréable et il voulait en avoir le cœur net. Après tout, il n'avait pas de secrets pour elle et acceptait sans rechigner qu'elle le suive dans ses péripéties, non ? D'accord, Elena avait dû lui forcer la main mais il n'avait pas mis longtemps à accepter, n'est-ce-pas ? se disait-il, agacé en considérant la Serdaigle dont les joues avaient pâli un peu plus au ton de sa voix.

- Ce... Ce n'est pas du tout ça... balbutia-t-elle en enroulant une mèche de cheveux autour de son doigt sans le regarder. Écoute... elle toussa, prise d'une soudaine quinte de toux. Je dois vraiment y aller, d'accord ?

Il haussa les épaules, reprenant cet air de parfaite indifférence qu'il savait prendre en temps normal. A force de faire semblant de s'en foutre, il avait fini par réellement ignorer les sentiments des autres... Seulement, cette fois c'était différent. Il voulait savoir. Pire, il en avait besoin. Reléguant cette sensation au plus profond de lui-même, Fred lui désigna l'infirmerie d'un geste de la main alors que la jeune fille releva sur lui, paraissant essayer de le sonder.

- Qu'est-ce que tu attends dans ce cas ? fit-il tandis qu'une lueur de colère traversait ses yeux bleus.

Curieusement, la colère de Fred déclencha celle d'Elena Sweet. Ces derniers temps, les facettes qu'il avait vu d'elle se résumaient à une fille calme, drôle, et bonne vivante ; mais à ces mots, les prunelles grises de la jeune fille se mirent à luire d'une drôle de façon et il crut reconnaître la jeune fille qu'il avait rencontré dans la diligence la toute première fois. Une fille sombre, caractérielle et aux tendances versatiles...

- Ne prends pas ce petit ton supérieur avec moi, Fred Weasley ! répliqua-t-elle en se rapprochant de lui, le ton menaçant d'une rage contenue. Je suppose que tu as l'habitude qu'on cède à tes moindres caprices ? Désolée de te décevoir mais tu ne sauras rien de plus de moi à part ce que j'aurais voulu te dire, c'est bien clair ?

Et sur ces paroles, la jeune fille se détourna et entra dans l'infirmerie tout en refermant la porte d'un mouvement brusque. Eh bien ! pensa Fred, soufflé par les éclats de voix de la Serdaigle. Elena Sweet réservait encore pas mal de surprises !

A quelques mètres de lui, cachée derrière une armure, Lucy Weasley n'avait rien manqué de leur échange.


Lucy Weasley sortit de l'ombre où elle se trouvait cachée depuis quelques minutes, un rictus se dessinant lentement sur ses lèvres maquillées d'un rouge vif. Le hasard faisait bien les choses et elle avait remarqué Fred Weasley en grande conversation avec cette petite brune au teint pâle en sortant justement des cachots. Il lui avait tout de suite sauté aux yeux que son cousin n'utilisait pas cette expression dénuée d'émotions en s'adressant à la jeune Serdaigle en face de lui... Fred Weasley s'intéressait à cette fille, et si Fred s'intéressait à elle, alors aucun doute que Lucy lui porterait toute son attention...

Mais pour le moment, Lucy n'avait pas que son cousin Fred à l'esprit. La sortie à Pré-au-Lard réunirait sûrement la plupart de sa famille et il était temps pour elle d'entrer en action. Si Scorpius Malefoy pensait agir comme bon lui semblait avec Rose sans qu'elle ne l'ait à l’œil, il se trompait lourdement. Lucy voulait que Rose sombre, qu'elle s'effondre dans les bras du blond jusqu'à en perdre toute logique... Mais elle ne voulait pas que l'inverse se produise et pour cela, elle devrait s'en assurer elle-même.

Le vent d'automne se faisait sentir et la jeune fille glissa sa cape par-dessus le pull en laine qu'elle portait, retenant un léger frisson. En cet instant, Lucy Weasley se sentait plus seule que jamais... Certains lui auraient dit que ce n'était que justice étant donné ce qu'elle s'apprêtait à faire mais la Serpentard, elle, savait que cette sensation qu'elle gardait sous contrôle était la cause de ce plan machiavélique.

A chaque conséquence, sa propre cause, lui disait son père à chaque fois qu'elle faisait une bêtise étant petite. Si le battement d'ailes d'un papillon pouvait provoquer le plus violent des orages, si un murmure devenait vacarme, la solitude et l'amertume de la jeune fille s'apparentaient à la théorie des dominos. Petites causes, grandes conséquences ; petites choses, dégâts immenses. Son père avait raison, pensa-t-elle tandis que ses yeux vert pâle se posaient sur Lorcan Scamander qui marchait seul un peu plus loin.

Son petit-ami, son faire-valoir si elle utilisait le bon terme, ne lui servait plus à rien pour le moment. Lily ne semblait plus en faire une affaire d'état, ou le cachait relativement bien, et Lucy n'en pouvait plus de l'avoir constamment collé à ses chaussures noires et vernies. Elle lui avait donc laissé entendre qu'elle voulait faire une pause et ne reviendrait vers lui que si elle avait une raison valable.

Lorcan était d'un ennui à mourir... se dit Lucy en ralentissant le rythme pour ne pas qu'il trouve un prétexte pour faire le chemin jusqu'à Pré-au-Lard avec elle. Non décidément, elle se demandait encore comment Lysander et Lorcan avaient pu être élevés par les mêmes parents, sous le même mode d'éducation. Ils étaient carrément dissociables l'un de l'autre, songea-t-elle en se rappelant les discussions qu'elle entretenait pendant l'été avec Lysander ; conversations qui n'étaient pas aussi futiles que celles de Lorcan et qui ne tournaient pas toutes autour du Quidditch !

Comment Lily pouvait-elle accorder son amour à Lorcan alors qu'elle avait celui de Lysander ? Lily n'était qu'une pauvre gourde qui ne méritait pas un tel honneur ! pensa-t-elle, ses doigts se crispant sur les coutures de sa cape alors que, derrière elle, les rires de sa cousine Lily Luna Potter et de ses amis résonnaient à ses oreilles.


Lily Luna Potter se sentait bien en cette fin de matinée. Les blagues de Hugo étaient redevenues aussi lourdes qu'auparavant et le rire de Leane ne semblait pas aussi forcé que ces derniers temps. C'était une belle journée, et Lily comptait bien en profiter du mieux qu'elle le pouvait. Alors qu'elle tournait la tête, elle fut surprise de découvrir que Lorcan marchait seul à quelques mètres devant eux et que Lucy en faisait de même quelques pas derrière lui. Un espoir soudain envahit la jeune fille alors que son sourire s'agrandissait de seconde en seconde.

- Regardez, dit-elle en se penchant vers son cousin et son amie tout en désignant Lorcan et Lucy.
- Ils font une pause, leur apprit Hugo avec un mouvement d'épaules.
- Vraiment ? s'extasia Lily en ouvrant de grands yeux avant de s'assombrir et de frapper son cousin à l'épaule. Et tu ne pouvais pas me prévenir ? Comment tu l'as su ?
- C'est Caver qui s'est fait un plaisir de le crier sur les toits hier soir, répondit Hugo avec un sourire. Tu sais comment elle est..."

Lily décida de ne pas lui en tenir rigueur et, passant son bras sous ceux de ses amis, ils se dirigèrent tous les trois vers le pont qui les mènerait à Pré-au-Lard qu'ils traversèrent rapidement, pressés de parcourir les boutiques du petit village. Ils se rendirent en premier aux Trois Balais où ils trouvèrent une place dans le fond de la salle, le pub étant déjà rempli de monde à cette heure de la matinée.

- Je pourrais avaler un hippogriffe, ronchonna Hugo dont le ventre émit un bruit de gargouillis.
- Mme Rosmerta fait d'excellents sandwichs au poulet à ce qu'on m'a dit, fit Leane en lui ébouriffant gentiment les cheveux.

Une bouffée d'attendrissement emplit Lily alors qu'elle considérait ses deux amis. Le début d'année avait été compliquée entre eux et c'était en partie sa faute, même si Hugo et cette plante euphorisante n'y était pas pour rien non plus. Ils commandèrent trois sandwichs et des bierraubeures, discutant joyeusement du prochain match de quidditch quand Fred passa la porte des Trois Balais, avec une Serdaigle que Lily ne connaissait que de vue, et se dirigea directement vers eux. Avec un sourire moqueur, Hugo se leva et leur amena deux chaises qu'il plaça délibérément l'une à côté de l'autre. Les deux nouveaux arrivants s'assirent à leur tour même s'il paraissait à Lily que l'ambiance s'était brusquement alourdit.

- Tu veux quelque chose ? demanda Lily en se penchant vers la Serdaigle. Hum... tu es ?
- Elena, répondit la jeune fille dans un sourire. Je prendrais bien une biéraubeurre...
- Et toi, Fred ? interrogea Lily à nouveau en se tournant vers son cousin qui lorgnait vers Elena.
- La même chose, fit-il dans un grognement.
- Querelle d'amoureux ? s'enquit Hugo dans un rire bruyant qui lui valut un regard noir de Fred.

Lily Luna Potter leva les yeux au ciel, son cousin Hugo Weasley n'avait jamais fait dans la dentelle et visiblement, ce n'était pas prêt de changer.


Hugo Weasley se marrait intérieurement de la tête que faisait Fred à sa réplique. Contrairement à ce que son cousin pensait, il savait très bien que les relations amicales et amoureuses n'étaient pas le fort de Fred Weasley, bien au contraire. Le sourire qu'il arborait constamment ne trompait pas Hugo et si, pendant des années, il avait tenté d'y remédier, il avait finalement décidé d'en prendre son parti. Mais rien ne valait la lueur mêlée de colère et de gêne qui brillait dans les yeux du grand métis en face de lui à cet instant précis ! pensait Hugo en lui renvoyant un sourire innocent.

D'ailleurs, la petite Serdaigle ne semblait pas insensible au charme indomptable du Gryffondor puisque son teint pâle avait repris quelques couleurs rosées. Y aurait-il anguille sous roche ? se demanda Hugo en mordant avidement dans son sandwich sans lâcher les deux concernés des yeux. Mais Fred ne paraissait pas près à se laisser faire sans réagir et d'un geste de la main, il fit signe à Lorcan et Lysander qui discutaient près de la porte d'entrée pour qu'ils les rejoignent. Hugo fronça les sourcils alors que la table comptait à présent sept personnes et que Leane se poussait pour laisser un peu de place à Lorcan.

- Salut ! fit celui qu'il avait longtemps considéré comme son meilleur ami.
- Qu'est-ce qui te prends, Freddie ? répliqua Hugo en regardant Fred comme s'il n'avait pas entendu Lorcan. Tu joues les entremetteurs maintenant ?
- C'est une sortie entre amis et, si je ne me trompe pas, vous l'êtes.
- C'est ridicule ! intervint Leane. Tout ça pour une fille...

Hugo se retourna vers elle, s'apprêta à répondre quelque chose de bien senti mais finit par remarquer que, autour de la tablée, tout le monde hochait la tête visiblement d'accord avec la jolie blonde. Même Lily haussa les épaules lorsqu'il l'interrogea du regard. Bien ! pensa-t-il, de mauvaise humeur. Si tout le monde se liguait contre lui... De mauvaise grâce, il tendit sa main à Lorcan qui, trop heureux, la serra aussitôt.

- Trêve ! déclara-t-il rapidement. Mais ça ne veut pas dire que j'oublie que tu nous as préféré Lucy...

A la prononciation du prénom, ses lèvres se serrèrent avec force et Hugo s'empressa de boire une nouvelle gorgée de biéraubeurre pour se donner une contenance. A la table, un silence pesant était tombée. Lucy, bien qu'elle fasse partie de la famille, était déclarée persona non grata depuis des années. Et ils avaient tous des milliers de raisons à cela... Ce fut Lysander qui finit par rompre l'ambiance sombre qui régnait entre eux en se tournant vers Lily.

- Est-ce que je peux te parler, Lily ? demanda-t-il sur ce ton rêveur qui exaspérait Hugo.
- Euh... la jeune fille rousse lança un regard à l'assemblée, se trémoussa un instant sur sa chaise avant d'acquiescer à sa demande et se leva pour le suivre un peu plus loin.

Hugo Weasley fronça les sourcils de nouveau et Leane Jones, en suivant son regard, déposa une main apaisante sur son avant-bras. Aussitôt, le jeune homme se détendit et lui adressa un sourire. Un peu plus loin, Albus Potter n'avait pas manqué non plus l'éloignement de sa petite sœur avec l'un des Scamander.


Albus Potter suivit Lily du regard jusqu'à ce que les deux adolescents s'arrêtent dans un coin de la salle. De là où il se trouvait, il pouvait parfaitement distinguer que sa petite sœur était mal à l'aise face à Lysander Scamander. Si le Serdaigle osait quoique ce soit envers elle, il... pensa Albus avant que la stupeur ne prenne possession de lui.

Les joues de Lily avaient rougi tandis que le Serdaigle, droit comme un balai, continuait sa diatribe ; puis la jeune fille avait acquiescé rapidement, comme si elle avait peur de le regretter si elle réfléchissait plus longtemps, et le Serdaigle s'était penché sur elle pour... l'embrasser ! Albus n'en revenait tout simplement pas. Les yeux exorbités par la stupéfaction ainsi que par un brusque instinct protecteur, il se leva de sa chaise d'un mouvement vif, prêt à accourir vers eux pour coller son poing dans la figure au bellâtre qui avait osé embrasser sa petite sœur ! Mais avant qu'il ne le fasse, Rose le rattrapa par la manche et le força à se rasseoir.

- Al, ça ne te regarde pas, d'accord ? fit-elle d'un ton aussi calme que possible. Lily a seize ans et c'est de son âge. Tu sais aussi bien que moi que si tu interviens dans cette histoire, elle t'en voudra à mort..."

Albus s'était figé sur sa chaise, les mains tremblantes. Lily ne perdait rien pour attendre, se dit-il en voyant sa petite sœur qui retournait s'asseoir avec ses amis, qui semblaient tous aussi stupéfaits que lui - et il vit même Hugo serrer les poings - elle ne s'en tirerait pas comme ça... Quand à ce Scamander, il saurait tôt ou tard ce qu'il voulait vraiment à sa sœur. Lily pourrait bien le détester, au moins saurait-il qu'il avait tout tenté pour la protéger.

- Hum... Délicieux ces sandwichs au poulet, n'est-ce pas ? dit Franck, l'air de rien.
- Excellents ! renchérit Jane tout en rajoutant sur la qualité du poulet. Il faudra qu'on pense à complimenter Mrs Rosmerta !

Evidemment, la discrétion n'étaient pas le point fort de ces deux-là et Albus comprit parfaitement que leur technique pitoyable était destinée à le détourner de son centre d'attention. Rose se pencha sur lui, prenant ce ton autoritaire qu'elle n'utilisait qu'en cas d'extrême nécessité.

- Albus Severus Potter ! fit-elle en pointant un doigt accusateur sur le jeune homme. Tu vas laisser Lily vivre sa vie d'adolescente comme elle le souhaite et ne pas interférer dans ses relations, qu'elles soient amicales ou amoureuses, tu m'entends ?

Lorsqu'elle avait ce regard là, Rose Weasley pouvait vous convaincre de faire n'importe quoi. Ce fut donc dépité que Albus Severus Potter hocha la tête.


Rose Weasley poussa un profond soupir en constatant que son cousin reprenait peu à peu son flegme habituel. Il s'en était fallu de peu qu'Albus fonce droit sur Lily et Lysander... Par Merlin, a quoi pensait sa cousine en se donnant en spectacle ainsi ? se demanda Rose en repoussant discrètement son sandwich.

- Jane, Franck ? fit-elle avec un clin d’œil dans leur direction. Vous venez avec moi chez Honeydukes ?J'aurais aimé voir les nouveautés qu'ils proposent, déclara-t-elle tout en se levant.
- Évidemment ! s'exclama Franck en se levant de son siège comme si un ressort s'était glissé dessus.
- Comment refuser ? dit Jane à son tour en tapant sur l'épaule d'Albus. N'oublie pas de la mettre à l'aise, Al ! ajouta-t-elle avant de rejoindre Rose et Franck qui se dirigeaient déjà vers la sortie.

Les trois jeunes gens sortirent des Trois Balais mais Rose les laissa avancer de quelques pas et ne put s'empêcher de jeter un œil par la fenêtre du pub. Stella Dubois, qui venait de quitter son groupe d'amis quelques tables plus loin, venait de venir s'asseoir en face d'Albus. Alors qu'elle le saluait, Rose la vit très bien se triturer les mains et jeter des regards dans un recoin sombre des Trois Balais. De la personne qui paraissait observer son cousin et Stella, on ne distinguait que les mains et Rose vit parfaitement des ongles vernis de rouge...

- Weasley ? Tu espionnes les rencards de ton cousin maintenant ?

Lentement, la jeune fille se retourna sur la personne qui venait de la surprendre en flagrant délit. Malefoy, évidemment ! Elle ne pouvait décidément plus faire un pas sans tomber sur lui ! pensa-t-elle, agacée. Et comme par hasard, Jane et Franck étaient partis sans elle.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, Malefoy ? répliqua-t-elle avant d'essayer de discerner un autre élément qui lui aurait permis de reconnaître la personne assise dans le fond des Trois Balais.

Mais, à ce moment précis, Scorpius Malefoy la tira par la cape et l'entraîna plus loin.

- En fait, je voulais avoir ton impression sur une hypothèse concernant le devoir que l'on doit faire ensemble en cours de Défense contre les Forces du Mal, dit-il précipitamment.

Rose fronça les sourcils, suspicieuse. Scorpius Malefoy paraissait tendu, ce qui était loin d'être son genre habituellement... Qu'est-ce qu'il lui voulait réellement ? se demanda-t-elle en plongeant ses yeux bleus dans les prunelles grises du jeune homme qui les détourna aussitôt.

- Je t'écoute, déclara-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
- Eh bien... Je te cherchais depuis presque une heure et j'ai dû oublier entre-deux, répondit-il, son petit sourire narquois reprenant place sur ses lèvres.
- Très amusant, Malefoy.

Rose poussa un soupir lasse avant de rebrousser chemin pour se diriger vers Honeydukes, Malefoy sur ses talons. Ne la laisserait-il donc jamais tranquille ? songea-t-elle alors que la main du jeune homme s'abattait sur son épaule et qu'elle s'en dégageait aussi vite qu'elle le pouvait.

- Je t'ai déjà dit de ne pas me toucher... souffla-t-elle, furieuse.
- Est-ce que quelqu'un t'a fait du mal, Weasley ? interrogea-t-il, soudainement sérieux.
- Pour...pourquoi tu dis ça ? balbutia-t-elle.
- Ton refus des contacts masculins, hormis ceux de ta famille, et ta tendance à ne rien avaler depuis que ma présence te perturbe... lâcha-t-il en fourrant ses mains dans ses poches, ses yeux gris l'observant avec insistance.

Comment... comment avait-il su ? Comment avait-il pu remarquer tout cela alors qu'elle faisait tout pour que personne ne le découvre ?

End Notes:
Cinq raisons de laisser une review à l'auteur de cette fanfiction :

1 - Votre avis est précieux et peut permettre d'améliorer les chapitres et/ou de dire ce qui vous convient ou pas.
2 - Les reviews sont le seul salaire de l'auteur de cette fiction.
3 - Les reviews font énormément plaisir à l'auteur et le motive à écrire la suite plus rapidement !
4- Les reviews font plaisir à l'auteur !
5 - Les reviews font plaisir à l'auteur ! (on ne le répétera jamais assez ! ;))
Nous sommes faibles, plus faibles qu'il n'y paraît by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Ce chapitre ne comportera que quatre points de vue (Lily, Fred, Lucy et Rose) donc vous n'aurez pas ceux d'Albus, de Roxane, de Molly et de Hugo. Mais... Ce chapitre sera source de révélations, mes chers lecteurs ! Enfin, vous connaîtrez le secret d'Elena et celui de Rose (en partie).

La chanson qui apparaît dans ce chapitre est celle de D.H.T Listen to your heart qui sera incorporée dans le POV de Fred.

J'espère que vous ne serez pas déçus et je dois avouer qu'en ce moment, mes persos font un peu "ce qu'ils veulent". Par exemple, Elena ne devait pas avouer son secret à Fred maintenant mais il se trouve que cette jeune fille a "décidé" de tout lui dire de but en blanc donc j'ai suivi (auteure folle qui croit que ses persos ont une vie propre, bonjour !).

A bientôt !
Lyssa7

"Nous sommes faibles, plus faibles qu'il n'y paraît. Et quand certains secrets éclatent au grand jour, nous nous effondrons." Rose Weasley.

Pré-au-Lard
6 octobre 2023 : 14h


Lily Luna Potter prétexta une bouffée de chaleur pour pouvoir s'éloigner un peu de l’atmosphère étouffante qui régnait aux Trois Balais. Les regards insistants de Lorcan et ceux, noirs de colère, de Hugo auraient fini par la rendre folle si elle était restée avec eux. Le regard bleu de Lysander posé continuellement sur elle n'y était pas pour rien non plus, tout comme sa main dans la sienne. La jeune fille espérait simplement que tout ce qu'elle faisait pour que Lorcan s'intéresse enfin à elle ne serait pas vain.

Les lèvres chaudes de Lysander sur les siennes la perturbait encore et elle dût secouer la tête pour se calmer. Elle fit deux ou trois pas dans la ruelle, tentant de reprendre le contrôle de ses émotions quand une main se posa sur son épaule.

- Lily ? Est-ce que tout va bien ?

Lysander, évidemment ! s'agaça-t-elle en se retenant de lui hurler de la laisser tranquille. Le jeune homme haussa un sourcil, glissa les mains dans ses poches et fronça le sourcil droit d'un air inquisiteur.

Elle se prit un instant à l'observer. La coupe de sa chemise était parfaite, tout comme son col et sa cravate bleu et bronze. Les manches de son pull beige étaient délicatement relevées sur ses avant-bras et son pantalon semblait avoir été défroissé avant de partir. Aucun détail ne clochait sur Lysander, tout était orchestré au milimètre près et même le vent d'octobre ne parvenait pas à le décoiffer. Si cela n'avait tenu qu'à Lily, elle aurait pris un malin plaisir à écorner cette image sans défauts.

- Comme sur un hyppogriffe, merci bien ! répondit-elle avec un sourire crispé.
- Tu mens très mal, répliqua-t-il tranquillement, ses lèvres remontant doucement pour former un sourire en coin. Ecoute... Mon frère a eu l'air de...
- D'être étonné ? rétorqua la jeune fille en ramenant ses cheveux roux en arrière. Excuse-moi mais ce n'est pas l'attitude d'un garçon jaloux ! continua-t-elle en se détournant pour avancer de trois pas.
- Peut-être qu'avec un peu de temps... fit Lysander en se rapprochant d'elle.
- Ouais, génial ! Je vais passer l'année à sortir avec toi alors que ton frère s'en fout royalement ! D'ailleurs, tu peux m'expliquer ton intérêt dans cette histoire ? explosa finalement la jeune fille, ses yeux noisette lançant des éclairs en direction de Lysander. Et ne me dis pas que tu m'aides par bonté d'âme, d'accord ? C'est complètement... s'énerva-t-elle, ses mains faisant de grands moulinets dans les airs.
- D'accord, je ne le dirais pas dans ce cas, répliqua-t-il en rebroussant chemin et en la laissant plantée au milieu de la ruelle de Pré-au-Lard, tremblante de frustration et de rage.

Est-ce qu'elle rêvait ou il s'était carrément défilé ? Il n'était pas question qu'il s'en sorte comme ça ! Elle exigeait des réponses et il n'avait pas le droit de fuir ses questions comme il venait de le faire ! Le jeune homme s'apprêtait à repasser la porte des Trois Balais lorsqu'elle le rappela après avoir couru derrière lui sur une bonne dizaine de mètres.

- Lysander... fit-elle en reprenant son souffle. Pourquoi tu m'aides ?

Lentement, il se retourna et posa ses yeux bleus sur la jeune fille. Une fois de plus, son regard se fit rêveur et un sourire doux se plaça sur ses lèvres tandis qu'il haussait les épaules.

- Pour la même chose que toi. Moi aussi, je voudrais que la personne que j'aime prenne conscience que nous sommes parfaits l'un pour l'autre alors... d'une certaine manière, tu m'aides aussi, répondit-il, son sourire s'agrandissant un peu plus et sa main ouvrant la porte de la taverne.

Lily ne sut pas quoi répondre à ce qu'il venait de dire. Quelque part, elle se sentait gênée d'être utilisée mais avait-elle quelque chose à dire puisqu'elle se servait de lui elle aussi ? La jeune fille se contenta de hocher la tête et ils retournèrent tous les deux s'asseoir avec les autres.

Lorsque Lily Luna Potter reprit sa place, elle intercepta le regard de Fred Weasley qui lui fit un léger clin d'oeil. Aucun doute que son cousin à qui elle s'était confiée sur ses sentiments pour Lorcan quelques semaines plus tôt avait très bien compris son manège.


Fred Weasley félicita intérieurement sa cousine du petit jeu qu'elle avait mis en place. Il n'y avait bien que Lily pour imaginer de telles procédés pour parvenir à ses fins. Et ce qu'elle voulait ces temps-ci, c'était Lorcan qui, pour le moment, était bien plus concentré sur le fait de récupérer l'amitié de Hugo même si en voyant Lily embrasser son frère jumeau, Fred avait parfaitement discerné un tremblement sur sa lèvre inférieure. Se promettant tout de même de garder un oeil sur la petite rousse - son petit jeu pourrait s'avérer dangereux - Fred coula un regard vers Elena Sweet.

La jeune Serdaigle n'était pas à l'aise depuis qu'ils s'étaient assis avec les autres, et c'était peu de le dire. Elena ne cessait pas de se ronger les ongles et buvait sa biéraubeurre en silence, les yeux baissés. Bien qu'il lui garde une certaine rancoeur pour le ton qu'elle avait employé contre lui avant de se rendre à l'infirmerie, Fred posa une main sur celle qu'elle avait mise sur ses genoux et se pencha vers elle.

- On peut sortir, si tu veux... proposa-t-il dans un murmure pour que les autres ne l'entendent pas.
- Je... d'accord, répondit la jeune fille en acquiesçant vivement.

Fred se leva tandis qu'Elena faisait de même et le jeune homme prit congé des cinq autres avec un signe de la main. Tout en passant son bras sous celui de la jeune fille, ils sortirent des Trois Balais. Ce ne fut que quelques mètres plus loin que la jeune fille reprit la parole d'un ton de voix si bas que Fred dut tendre l'oreille pour comprendre.

- Merci... Fred, je suis désolée pour tout à l'heure, je n'aurais pas dû...
- Je n'ai pas été très sympa non plus, répliqua-t-il avec un petit sourire.
- Tu...

Elena semblait hésiter. Vraisemblablement, ce qu'elle s'apprêtait à lui dire était lourd de sens. La poitrine de la jeune fille se soulevait au rythme de ses inspirations et elle toussota deux ou trois fois avant de reprendre.

- Tu promets de ne rien dire ? fit-elle en s'approchant de lui tandis qu'elle souriait tristement.

I know there's something in the wake of your smile
Je sais qu'il y a quelque chose derrière ton petit sourire
I get a notion from the look in your eyes, yeah
Je peux l'apercevoir à travers ton regard

Fred fronça les sourcils, blessé malgré lui. Pour qui le prenait-elle ? Croyait-elle sincèrement qu'il n'était pas capable de tenir sa langue ? La jeune fille paraissait si frêle à cet instant qu'il préféra ne rien répondre et écouter ce qu'elle avait à dire. Elena leva ses yeux gris perle sur lui et la lueur dans ses yeux se ternit quelque peu avant que des larmes ne s'en échappent. Le bras de Fred la rapprocha de lui aussitôt et la jeune fille posa la tête sur son torse en poussant un soupir.

- Je suis malade.

Il crut une seconde qu'il n'avait pas compris, qu'elle n'avait pas prononcé cette phrase ou que sa nouvelle amie avait un humour spécial mais lorsqu'il baissa les yeux sur elle, une larme avait roulé sur sa joue. Fred la lâcha et recula de deux pas, une vive douleur lui enserrant soudainement la poitrine. La main d'Elena tenta de le retenir, sa bouche voulut émettre un son mais elle en fut incapable.

- Tu... commença-t-il, la gorge nouée. Tu as vu Pomfresh, non ? Elle va te remettre sur pieds en un rien de temps ! dit-il en essayant de sourire même s'il avait une brusque envie de vomir sa biéraubeurre sur les pavés de la ruelle de Pré-au-Lard.

Elena était restée à l'endroit où il l'avait lâchée deux minutes plus tôt. A présent, les larmes roulaient abondamment sur ses joues alors qu'elle secouait la tête de gauche à droite.

- Fred... Je suis malade, répéta-t-elle.

Il ne voulait pas réaliser ce que ses mots voulaient réellement dire, ce qu'ils impliquaient pour elle. Mais aussi pour lui. En quelques semaines, cette fille avait réussi l'exploit de compter dans sa vie bien plus que tous ses proches. Bien plus que tous ceux qu'il connaissait. Bien plus que tous ceux avec qui Fred faisait continuellement semblant.

Sa vie était un mensonge mais Elena, elle, était la seule partie réelle. Elle était devenu l'une des seules raisons qui lui donnait envie de sourire sincèrement, sans faux-semblants. Elle ne pouvait pas vouloir dire que... Fred recula encore, les yeux rivés sur elle, sur son corps fragile, sur son visage pâle, sur les cernes qui bordaient ses yeux gris. Et il comprit.

You've built a love but that love falls apart
Tu as construit un amour, mais cet amour tombe en morceaux.
Your little piece of heaven turns to dark
Ton petit bout de paradis devient obscurité

- Non !
- Fred... Je t'en prie, ne rends pas les choses plus difficiles... le supplia-t-elle en avançant difficilement.
- Plus difficiles ?!

Cela faisait bien longtemps que Fred n'avait pas ressenti une colère aussi intense, une rage si puissante qu'elle lui enflammait le coeur et il serra les poings si fortement que ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume.

Elena recula, effrayée par ce qu'elle voyait. La sérénité que montrait habituellement Fred Weasley pour duper les autres n'avait plus lieu d'être et le jeune homme, dans sa colère, était deux fois plus impressionnant. Ses yeux bleus avaient tourné à l'orage prenant une couleur plus foncée et les mâchoires du jeune homme s'étaient contractées.

- Tu m'annonces ça sur le ton de la conversation et je ne dois pas rendre les choses plus difficiles ?!
- C'est déjà assez compliqué pour moi... répliqua-t-elle doucement en affrontant vaillamment son regard.
- Compliqué ? fit-il en commençant à rire nerveusement tout en passant une main tremblante dans ses cheveux roux foncés. C'est...
- C'est compliqué, Fred ! le coupa-t-elle d'une voix altérée par les sanglots. Et ça l'est deux fois plus depuis que je te connais ! s'exclama-t-elle, sa voix montant dans les aiguës.

Fred ouvrit la bouche, la referma aussi sec et marcha quelques mètres en soufflant fortement, expulsant sa rage, sa colère, ce sentiment d'injustice qui l'avalait tout entier. Elena le laissa faire, attendant qu'il se calme et qu'il revienne vers elle. Ce qu'il fit finalement même s'il ne cessait toujours pas de trembler.

- Il y a forcément un moyen...
- Crois-moi, si c'était le cas, les médicomages l'auraient trouvé depuis longtemps ; mais il n'y a rien à faire. C'est comme ça depuis dix ans. La seule chose que l'on puisse faire, c'est ralentir la course du poison dragon jusqu'à mon coeur... avoua-t-elle.

Elle paraissait si petite, si fragile... Fred ouvrit ses bras et elle vint se blottir contre lui. La douleur dans sa poitrine n'avait pas disparu, il lui paraissait même qu'elle s'était décuplée au fur et à mesure des minutes qui passaient. Et serrer Elena dans ses bras ne la rendait que plus insupportable.

Listen to your heart
Ecoute ton coeur
When he's calling for you
Quand il t'appelle

Pire encore, il n'osait pas poser les questions, celles qui détruiraient l'espoir vague qu'elle avait encore une chance de s'en sortir. Où se situait le poison dans son corps ? Etait-il vraiment trop tard ? Fred ne voulait pas y croire, ne pouvait pas se résigner sans se battre pour elle. Elena était celle qui avait réussi à raviver la vie en lui. La seule avec qui Fred ne trichait pas.

Listen to your heart
Ecoute ton coeur
There's nothing else you can do
Il n'y a rien d'autre que tu puisses faire

Lentement, aussi doucement qu'il le pouvait malgré les tremblements qui l'habitaient encore, il la repoussa de lui. Il devait trouver un moyen. Il le fallait. Il lui lança un dernier regard avant de se mettre à courir vers le château, vers Poudlard, vers la volière.

- Fred !

Elena l'appela de toutes ses forces, tenta de le rattraper mais il courrait trop vite pour elle.

I don't know where you're going
Je ne sais pas où tu vas
And I don't know why
Et je ne sais pas pourquoi
But listen to your heart
Mais écoute ton coeur
Before you tell him goodbye.
Avant de lui dire au revoir.

Fred ne se retourna pas. Une seule pensée hantait son esprit à cet instant précis : sauver Elena. Et ses jambes le portaient aussi vite qu'elles le pouvaient. Rien d'autre ne comptait à part Elena. Et Fred Weasley ne remarqua pas qu'il dépassait Lucy Weasley, figée à quelques mètres d'eux par ce qu'elle venait d'apprendre.


Lucy Weasley gardait les yeux rivés sur la petite Serdaigle à quatre mètres d'elle. Ses yeux vert pâle observèrent son teint pâle, ses cheveux noirs et mi-longs qui renforçaient l'aspect fantomatique de la jeune fille, ses yeux gris presque transparents qui oscillaient entre la tristesse et le désespoir.

Elena, car c'était ainsi qu'elle s'appelait, pleurait. Fred venait de partir en courant, la laissant seule au milieu de la rue. Lucy ne pouvait pas croire que Fred l'abandonnait à son sort... Fred, même s'il se donnait des allures de garçon insensible, ne l'était pas et d'après ce qu'elle venait d'apercevoir, l'état de cette fille lui importait plus que tout au monde.

Lucy hésita un instant, et c'était la première fois, à aller jusqu'au bout de ce qu'elle s'était promis. Les briser tous. Un par un. Autant qu'elle-même l'était. Et si cela impliquait de se servir de cette fille quasiment déjà morte...

Un tic nerveux agita la lèvre de Lucy et elle repoussa ses longs cheveux roux en arrière. Elena Sweet était ce qui comptait le plus pour Fred. Se répétant inlassablement ces mots, Lucy rebroussa chemin.

Lucy ne pouvait pas abandonner maintenant alors qu'elle avait toutes les cartes en main, qu'elle était la maîtresse du jeu et que son coup de poker était sur le point de rafler la mise. Et puis, est-ce qu'ils s'étaient souciés d'elle lorsqu'ils l'avaient laissée se débrouiller seule dans Poudlard, qu'ils s'étaient tous détournés à la simple mention de Serpentard ?

Personne n'était tout blanc dans cette sombre histoire et ses cousins allaient enfin payer le prix de leurs choix passés. Nos actes ont des conséquences, se répéta-t-elle encore une fois, un sourire sardonique aux lèvres. Et nous nous devons d'assumer les conséquences.

- Quel dommage que ces conséquences doivent faire des victimes collatérales... murmura-t-elle, un rictus étirant ses lèvres rouges tandis qu'elle resserrait sa cape noire de ses ongles vernis du même rouge.

Il fallait qu'elle mette la main sur la potion qui stoppait la progression du poison dans le corps d'Elena Sweet. Pour atteindre Fred, Elena allait devoir mourir. Refoulant le doute qui persistait encore en elle, Lucy Weasley se dirigea vers le château à son tour. Au loin, Scorpius Malefoy s'était considérablement rapproché de Rose Weasley.


Rose Weasley repoussa la main que Scorpius avait posé sur son épaule. Le contact avait été bref mais la jeune fille ne pouvait en supporter plus. Pas après ce qu'elle avait vécu... Pas après ce qu'il avait fait. Scorpius sembla le comprendre rapidement puisqu'il se recula.

- Je ne savais pas, Weasley... Je n'aurais jamais pensé que...
- C'est pas ta faute, Malefoy ! répliqua-t-elle doucement avec un mouvement d'épaules. Tu ne pouvais pas savoir que...

Les mots étaient trop douloureux pour les prononcer à voix haute et les yeux bleus de la jeune fille entrèrent en contact avec les prunelles grises de Scorpius. Pendant un instant, le jeune homme perdit son masque de froideur et son sourire narquois se transforma en une esquisse de grimace sincère.

- Tu es forte, Weasley. Ne l'oublie pas... fit-il avant de s'éloigner en direction du château.

Rose le regarda s'éloigner jusqu'à ce que sa silhouette ne soit plus reconnaissable et qu'elle se fonde entre les arbres qui parsemaient le chemin menant à Poudlard. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle lui avait tout dit sur ce qui la hantait depuis des années ; personne, même Albus, n'avait jamais su le fin mot de l'histoire.

Ce qui expliquait pourquoi Rose était tombée dans l'anorexie à treize ans reportant cette douleur sur la nourriture, refusant de manger pendant des mois. Quelquefois, la douleur revenait, plus sourde, comme lorsque Malefoy avait poussé son petit jeu un peu trop loin en début d'année, et Rose replongeait, s'affamait.

Heureusement, Albus veillait sur elle du mieux qu'il pouvait et, dans l'état actuel des choses, sa maladie n'était que de petites rechutes sans importance. Ou en tout cas, c'était ce dont Rose tentait de se convaincre quand elle faisait croire à son cousin qu'elle mangeait alors qu'elle ne faisait que glisser quelques pommes de terre sous la table.

Peut-être que se confier à Scorpius Malefoy lui avait fait du bien. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû. Rose se débattait avec les pensées qui l'assaillaient de toutes parts. Elle se sentait si fatiguée tout à coup, si faible...

Un voile noir se posa sous ses paupières et Rose s'écroula. Elle n'entendit pas son prénom hurlé par Roxane Weasley qui accourait vers elle, suivie de près par Peter Nott.

End Notes:
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! ;) Et s'il vous plait, ne me tuez pas pour tout ce que je fais subir à mes persos par l'intermédiaire de cette chère Lucy !
Nos mensonges cachent nos plus intimes secrets, nos plus grands désirs, nos tentations les plus noires by Lyssa7
Author's Notes:
Bonsoir !

Je sais, la suite a mis du temps à arriver et j'ai eu aussi beaucoup de mal à l'écrire. Je dois dire qu'entre les différents concours, j'ai un peu perdu de vue mes personnages et j'espère que cela ne se ressentira pas dans le texte. Prévenez-moi si vous voyez des incohérences majeures, un point qui vous chiffonne, etc...

Bonne lecture et à bientôt !
Lyssa7

"Nos mensonges cachent nos plus intimes secrets, nos plus grands désirs, nos tentations les plus noires." Hugo Weasley

Bibliothèque de Poudlard
15 octobre 2023 : 17h


Roxane Weasley poussa un soupir tandis que sa main effleurait les pages du livre qu'elle tentait de lire. Depuis près de quinze jours, Peter Nott avait décidé de l'ignorer, et de lui parler cordialement le reste du temps. L'inquiétude qui les avait saisi tous les deux en voyant la cousine de Roxane, Rose, s'évanouir dans l'une des rues de Pré-au-Lard n'y était sans doute pas pour rien. Ils avaient tous les deux relégués leurs disputes d'adolescents au placard pour agir en jeunes gens civilisés, ce qui n'était finalement pas plus mal.

Seulement... Roxane n'avait plus personne à qui se confrontrer et aussi étrange que cela paraissait, ça lui manquait. Et elle se retrouvait là, un samedi après-midi à tergiverser sur le fait que Peter Nott avait une quelconque importance dans sa vie, c'était ridicule ! songea-t-elle en refermant son livre d'un coup sec.

- Roxane ? tenta quelqu'un derrière elle que Roxane reconnut comme la voix de Rose.
- Pas de quoi, la coupa Roxane en se retournant sur la jeune fille rousse dont les joues avaient considérablement rougi. Ne prends pas cet air surpris Rose, nous savons toutes les deux que tu es venu jusqu'ici me trouver parce que tu estimes que tu me dois des remerciements. Je fais simplement en sorte de t'éviter une humiliation de plus, précisa Roxane en se levant.

Puis, attrapant son sac accrochée au dossier de la chaise, elle passa rapidement devant sa cousine sans un regard de plus. Roxane n'avait pas aidée Rose par générosité, elle l'avait fait parce qu'elle se trouvait là et que sa cousine était en danger. Tout simplement. Il n'était pas question qu'elles deviennent amies pour autant et qu'elles se fassent des soirées pyjamas en se faisant des couettes alors elle avait préféré éviter les effusions pathétiques de Rose.

Pas qu'elle la détestait, ce n'était pas le cas, mais les deux cousines ne vivaient pas dans le même monde. Rose était trop serviable, trop altruiste. Une notion qui dépassait complètement Roxane qui pensait que la rousse finirait par tomber malade à force de privilégier les autres au détriment d'elle-même. Il fallait croire qu'elle n'avait pas tort au vu du séjour que Rose avait effectué à l'infirmerie de Poudlard. Rose était généreuse, Roxane ne l'était pas ; Rose était fragile et avait tendance à se positionner en victime ; Roxane aurait préféré mourir plutôt que d'admettre ses faiblesses.

- Roxane ?
- Par Merlin ! ronchonna la jeune fille en passant une main lasse dans ses cheveux coupés courts. Est-ce que c'est la journée "familiale" ? ironisa-t-elle en se tournant vers Albus. Parce que, au cas où tu n'aurais pas remarqué, mes journées sont suffisamment occupées sans que vous ne veniez mettre votre nez dedans !

Albus ne rétorqua pas, préférant fourrer ses mains dans les poches de son pantalon avant de la fixer pendant quelques secondes sans rien dire. Roxane n'aimait pas cela. Le calme olympien dont son cousin faisait preuve en permanence, comme si rien ne pouvait l'atteindre, exaspérait la jeune fille. Elle prit une inspiration avant de reprendre la parole :
- Qu'est-ce que tu veux, Albus ?
- Je ne suis pas là pour te remercier, Roxane.
- Oh, vraiment ? Étonnant venant de ta part ! répliqua-t-elle, ses lèvres se serrant d'agacement.
- Est-ce que Rose t'a dit quelque chose ?
- Quoi ?

Roxane ne s'attendait pas à cette question. Qu'est-ce que Potter croyait ? Qu'elle était devenu psychomage et qu'elle avait veillé Rose jour et nuit sur son lit d'infirmerie ? pensa-t-elle en s'apprêtant à lui répondre vertement qu'elle avait autre chose à faire que consoler la pauvre petite Rosie. Non, elle n'était au courant de rien la concernant. Oui, elle s'en fichait éperdument. Albus allait déclarer quelque chose mais elle le coupa rapidement.

- Attends, je t'arrête tout de suite avant que tu ne me contes "Les Malheurs de Rosie" sixième volume, fit-elle avec un sourire narquois. Rose a toujours aimé se plaindre de tout et n'importe quoi, ça lui donne une importance. Jouer les victimes, être la petite sainte-nitouche fragile, c'était son jeu favori quand nous étions petits, tu te souviens ? Si tu veux continuer à la croire, à te persuader qu'elle ne te mène pas par le bout du nez, libre à toi, mais ne compte pas sur moi pour en faire autant ! Bonne journée, Potter ! Je dirais à Stella que tu l'embrasses ! le nargua-t-elle dans un signe de la main.

Pour la deuxième fois en quelques minutes, Roxane Weasley laissa l'un de ses cousins planté au milieu du couloir et s'éloigna.



Albus Severus Potter regarda Roxane Weasley tourner l’angle du couloir en soupirant. Sa cousine ne changerait jamais, pensa-t-il, désappointé. Il s’apprêtait à aller retrouver Rose dans la bibliothèque pour un devoir de Métamorphose quand il aperçut Elisabeth McKenzie se diriger vers lui.

- Potter ! Comme on se retrouve ! Je pensais te voir collé à Dubois depuis votre rendez-vous à Pré-au-Lard, dit-elle avec un sourire ironique.
- Pas vraiment, non, répondit-il avec un bref mouvement d’épaules.

Le rendez-vous qu’il avait eu avec Stella n’était franchement pas à la hauteur de ses espérances. Elle avait passé tout le déjeuner à lancer des regards vers son groupe d’amis et il avait fini par comprendre qu’elle n’avait aucune envie d’être avec lui. Ce qu’il ne comprenait pas par contre était qu’elle ait pu accepter un rendez-vous avec lui s’il ne l’intéressait pas. Depuis, le jeune homme passait son temps à l’éviter même si la jeune fille avait tenté à plusieurs reprises de revenir vers lui. Il n’était pas le genre de garçon à forcer les choses et encore moins à imposer sa présence à quelqu’un qui ne désirait pas être avec lui.

Il n’avait revu McKenzie que pour leurs rondes de préfets et la jeune fille ne semblait pas vouloir engager la conversation. Elle avait repris ces airs de princesse hautaine et il n’avait pas cherché à en savoir plus.

- Je peux peut-être t’aider ? s’enquit McKenzie.
- Pourquoi tu ferais ça ? rétorqua-t-il aussitôt. Tu m’excuseras mais je n’ai pas l’impression que tu sois une experte dans ce domaine.

Albus avait remarqué qu’elle semblait de moins en moins à son aise avec lui, comme si quelque chose la perturbait. Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de se faire la réflexion que tous ceux qu’il croisait ces temps-ci semblaient étranges. D’abord Rose, ensuite Stella, et pour finir McKenzie. Comme si elles cachaient quelque chose…

Le petit rire d’Elisabeth le tira de ses réflexions.

- Non, en effet, mais je suis une fille, répliqua-t-elle d’un ton légèrement plus froid que précédemment. Et si je ne me trompe pas, Stella en est une aussi.
- T’as trouvé ça toute seule ?

Après sa conversation avec Roxane, Albus n’était pas d’humeur à ce qu’on le prenne pour un idiot, et l’air de dédain qu’arborait Elisabeth McKenzie à ce moment précis ne lui plaisait guère. Si elle croyait qu’il avait besoin d’elle, elle se trompait lourdement. L’affaire Stella Dubois n’avait plus d’importance, il avait bien compris la leçon et s’était fait des illusions sur leur potentielle relation. Fin de l’histoire.

- Écoute McKenzie, je ne sais pas pourquoi tu veux m’aider et à vrai dire, je m’en fous. Tout ce que je sais c’est que Stella et moi, ce n’est pas possible et que je me suis fait une raison, d’accord ? Tu feras bien d’en faire autant avec ta carrière de conseillère conjugale, déclara-t-il en la contournant pour rejoindre la bibliothèque.

- Tu as le mérite d’être clair, Potter ! répliqua-t-elle avec un sourire narquois.

Albus ne répondit pas, s’éloignant le plus possible de la brune. Cette fille était la plus spéciale qu’il ait eu l’occasion de côtoyer. Tout chez elle démontrait qu’elle appartenait à une riche famille de sang-purs mais parfois, il lui semblait – ce n’était le temps que de quelques secondes, juste le temps d’une lueur dans ses yeux – que sa froideur se transformait en brasier. C’était plutôt… En vérité, Albus ne savait pas comment le définir. Est-ce que cette fille l’attirait ? Il n’aurait su le dire mais ce dont il était certain c’était qu’elle ne le laissait pas indifférent. Elle l’agaçait la plupart du temps mais lorsqu’elle riait… Ouais, sans doute que McKenzie l’attirait, se dit-il en soupirant. Rien de plus normal après tout, c’était une jolie fille, non ?

Il secoua la tête en refoulant cette sensation au plus profond de son être. Vu comment c’était déroulé son rendez-vous avec Stella Dubois, il n’était pas prêt de se relancer dans ce genre de plan de sitôt, ce qui réglait le problème définitivement. Il avait bien assez à faire avec Rose qui ne lui disait pas tout – il en était intimement convaincu - et Lily qui sortait avec l’un des frères Scamander. Lily Luna Potter qu’il vit justement rejoindre les escaliers qui menaient à l’étage inférieur. Pour l’instant, il devait parler à Rose, il s’occuperait du cas de Lily plus tard.



Comme tous les jours, Lily devait rejoindre Lysander près du grand chêne dans le parc. Il lui avait dit qu’il fallait profiter des derniers rayons de soleil avant que l’hiver ne s’installe. Frileuse, la jeune fille avait revêtu sa cape d’hiver afin de ne pas attraper un mauvais rhume ; elle était toujours la première que les virus choisissaient et elle avait appris à les éviter comme elle le pouvait. Presque quinze jours que Lysander l’avait embrassé aux Trois Balais, quinze jours qu’elle se voyait obligé de justifier cette relation aux autres qui ne comprenait pas son choix, Hugo en tête de file. La seule qui la soutenait était Leane même si elle répétait à sa meilleure amie que sortir avec son jumeau n’était vraiment pas le meilleur moyen pour séduire Lorcan.

Lily ne les écoutait pas, elle voyait bien que Lorcan commençait à émettre des signes de jalousie lorsqu’elle était avec Lysander. C’était la seule chose qui faisait tenir Lily dans cette relation pour le moins particulière car, même s’ils étaient censés sortir ensemble, la jeune fille ne pouvait s’empêcher de ressentir le même malaise que lors de leurs premières discussions. Malaise qui s’accentuait de plus en plus chaque fois qu’ils devaient jouer les amoureux transis, le pire étant quand ils s’embrassaient. Bien sûr, Lysander ne posait que brièvement ses lèvres sur les siennes et ses baisers n’avaient plus rien à voir avec celui qu’il lui avait donné lors de la sortie à Pré-au-Lard mais… Tout son corps se liquéfiait, se figeait, et son esprit paraissait entrer en transe.

Lily se sentait mal quand il la relâchait et elle savait que ce n’était pas bien, que c’était sa faute, qu’elle n’aurait jamais dû lui demander d’entrer dans son petit jeu malsain, mais quand elle fermait les yeux, elle pensait à Lorcan et à son sourire chaleureux, à ses répliques vives et pleines d’humour et quand elle les rouvrait, c’était Lysander qu’elle voyait, c’était dans les bras de Lysander qu’elle était. La sensation de vide qui prenait place dans son cœur à ce moment-là n’était comparable à aucune autre ; elle avait l’impression de trahir ses amis, tout ce en quoi elle croyait, Lorcan, et Lysander aussi.

Lorsque Lily arriva dans le parc, son regard se dirigea automatiquement vers le grand chêne. Comme habituellement, Lysander était assis au pied, les jambes repliés, un livre posé sur ses cuisses et l’air concentré sur son contenu. Il ne semblait pas faire attention à ce qui se passait autour de lui et elle prit quelques secondes pour l’observer.

Son dos était droit, ses cheveux bien coiffés, sa cravate bleu et bronze mise à la perfection. Tout était parfait. Trop ? La jeune fille avait soudainement l’envie de détacher sa cravate, de le décoiffer, de défaire cette allure bien sous tout rapports dans laquelle il se complaisait. Il releva soudainement les yeux et un sourire éclaira son visage alors qu’il lui faisait signe de le rejoindre. Elle se laissa tomber près de lui dans un soupir.

- La journée a été longue ? interrogea-t-il tout en reprenant sa lecture.
- Tu n’imagines pas à quel point… ronchonna-t-elle. Je dois reprendre mon devoir de Sortilèges du début et Hugo m’a encore posé des questions sur notre relation. Qu’est-ce que tu lui as fait pour qu’il t’en veuille à ce point ?
- J’en sais rien, Lily. Faut croire que ton cousin et moi n’avons aucun point en commun, répondit-il doucement, ses yeux bleus plongeant pendant un instant dans les siens.
- Sauf moi, répliqua-t-elle.
- Sauf toi, acquiesça-t-il.

La conversation s’arrêta là, Lily ne sachant plus quoi dire d’autre et Lysander ne faisant aucun effort pour entretenir le semblant de discussion que Lily avait commencé. Depuis quelques jours, Lysander était plus distant,plus froid, indifférent à tout ce qu’elle lui disait. Quelque chose clochait mais elle était incapable de savoir ce qu’elle avait pu faire pour le mettre dans cet état.

- Est-ce que… j’ai fait quelque chose de mal ? demanda-t-elle dans un souffle, décidée à tirer la situation au clair.

Lysander releva brusquement les yeux sur elle et son regard s’assombrit. Il parut légèrement pris au dépourvu puisqu’elle remarqua qu’il tripotait les manches de sa chemise, ses doigts jouant avec la boutonnière.

- Non, finit-il par dire. Tu n’as rien fait de mal, Lily.
- Vraiment ? rétorqua-t-elle, piquée au vif en entendant le ton peu convaincu du garçon. Est-ce que… ça te met mal à l’aise de faire ça pour séduire cette fille ? tenta-t-elle, un peu radoucie en pensant que lui aussi faisait cela dans le même but qu’elle. Je suis certaine qu’elle finira par te remarquer… l’encouragea-t-elle. Au fait… tu ne m’as toujours pas dit qui c’est…

Un sourire triste sur les lèvres, Lysander ferma son livre avant de se lever.

- Tu le sauras bien assez tôt, laissa-t-il tomber avant de s’éloigner, la laissant seule au pied du grand chêne.

Contrariée, Lily se décida à rentrer à la salle commune, bien qu’elle espérait ne pas croiser Albus. Son frère ne lui avait toujours rien dit mais Rose avait prévenu sa cousine que Al ne tarderait pas à lui faire ses leçons de morale à deux mornilles. Qu’il essaye, pensait-elle alors qu’elle traversait le couloir du deuxième étage. Il verrait bien comment il serait reçu…

Lily en était là de ses pensées quand elle entendit une voix – si familière qu’elle se stoppa net et tendit l’oreille – qui chantait une chanson paillarde d’un ton si faux qu’elle lutta pour ne pas se boucher les oreilles. Sur la pointe des pieds, elle se glissa jusqu’au placard à balais d’où provenait la voix et l’ouvrit brusquement. Hugo Weasley se tenait là, la chemise entrouverte, les yeux vitreux, une feuille roulée qui laissait s’échapper une fumée blanchâtre entre les doigts. Lily fut tellement surprise par cette découverte qu’elle ne trouva rien à faire d’autre que de le gifler violemment.



Hugo Weasley remonta la main sur sa joue, stupéfait, touchant l’endroit où devait sûrement être étalés les cinq doigts de sa cousine et meilleure amie. Il avait beau être dans un état second, il savait parfaitement que la lueur qui brillait dans les yeux de Lily s’apparentait à de la colère, pire encore, à de la déception.

- Lily… essaya-t-il en avançant la main tandis que la jeune fille reculait de quelques pas.
- Tu avais dit… Tu avais dit que tu ne recommencerais pas ! Et pendant ce temps-là, tu continuais à fumer cette merde ? Tu te foutais de notre gueule ? Tu nous mentais ? A nous ! A moi !

La voix de Lily était rauque, emplie d’une rage froide. Ses joues étaient rougies par la colère et elle semblait sur le point d’imploser intérieurement. Hugo regretta un instant qu’elle ne lui hurle pas dessus comme la première fois. Cette colère là lui donnait froid dans le dos, et pire que tout, elle paraissait au bord des larmes.

- Je… Je pensais… Je voulais… balbutia-t-il sans savoir quoi dire exactement.
- Tu ne pensais rien du tout. Tu ne voulais rien du tout, Hugo. Tu nous as menti, c’est tout, conclut-elle avant de s’éloigner rapidement d’un pas qui traduisait une fureur intense.
- Merde ! grogna Hugo. Merde ! Merde ! Merde !

Son poing alla s’écraser contre le mur de pierre et si, pendant une seconde, il ne ressentit pas la douleur, il poussa un juron qui résonna dans le couloir alors que le sang qui coulait des jointures de ses doigts ruisselait sur le sol. Dans un nouveau grognement, il se laissa glisser contre le mur froid et ramena ses genoux contre son ventre. Si Lily en parlait à Leane, il serait foutu ; mais ne l’était-il pas depuis longtemps ?

End Notes:
Roxane reprendra-t-elle ses joutes verbales avec Nott ou resteront-ils dans une relation de cordialité ? Albus comprendra-t-il ce qu'il éprouve pour McKenzie et si c'est le cas, comment voyez-vous leur relation évoluer ? Lily finira-t-elle par découvrir que c'est elle dont Lysander est amoureux ? Comment Hugo s'en sortira-t-il maintenant que Lily est au courant qu'il leur a menti ? Et les autres ? Quelles sont vos petites prédictions ? ;)
Nous nous méfions, à tort ou à raison by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Ce chapitre a mis pas mal de temps à arriver et je n'en suis pas super fière... (c'est sûrement le pire de tous, je crois !) Je vais essayer de faire mieux pour le prochain et de me concentrer sur cette fiction sans m'éparpiller. En attendant, nos petits amis sombrent de plus en plus et nous entrons véritablement dans la tragédie.

Bonne lecture !
Lyssa

" Accorder sa confiance c'est remettre son coeur entre les mains de l'autre. D'un moment à l'autre, il peut le jeter à terre et l'écraser". Rose Weasley.

Dortoir des garçons de Gryffondor
30 octobre 2023 : 7h40 


Hugo Weasley se retourna entre ses draps, poussa un grognement sourd, alors que la main de Lorcan Scamander le secouait une deuxième fois avec plus d’insistance.

- Hug’ ! appela l’autre en soupirant. Tu vas encore être en retard… McGo a déjà quelques doutes sur ton comportement, tu ne voudrais pas empirer les choses…

Lorcan ne comprenait pas. Il avait eu beau lui expliquer qu’il se foutait de ce qu’on pouvait penser de lui, qu’il n’en avait clairement rien à foutre, son ami n’avait pas l’air de saisir la nuance.

Hugo se redressa difficilement, ses yeux vitreux se posant sur Lorcan alors qu’il attrapait la petite bouteille d’eau sur la table de chevet. Il avait la bouche terriblement pâteuse ces derniers temps lorsqu’il daignait ouvrir les yeux, les effluves de la biéraubeurre mélangée à cette plante lui donnant parfois des nausées ; mais cette sensation le lendemain matin ne l’empêchait pas de continuer, il avait besoin d’oublier, de ressentir cet état d’euphorie pendant quelques heures avant qu’il ne se souvienne que Lily et Leane l’ignoraient totalement, qu’il avait perdu ce qui comptait le plus pour lui. Le reste de la journée se passait dans un état semi-comateux qui commençait à interpeller le corps enseignant.

Hugo avait finalement réussi à ce que sa cousine n’en dise rien à ses parents, la faisant chanter sur ses sentiments pour Lorcan. Il savait que c’était le coup de grâce porté à leur amitié, que Lily ne lui pardonnerait pas ce chantage affectif mais Hugo jugeait qu’il n’avait pas eu le choix. Ses parents ne devaient pas savoir ce qu’il faisait, à quel point il s’était foutu dans la merde cette fois-ci. Le jeune homme enfila sa chemise et posa lentement un pied en dehors du lit. Une ride d’inquiétude se forma entre les deux yeux de Lorcan.

- Écoute Hug… Je sais que je ne suis pas le mieux placé pour te dire ça alors que je t’ai suivi dans ton délire les premières fois mais…
- Comme tu dis, t’as rien à me dire ! le coupa Hugo en attachant sa cravate rouge et or. D’ailleurs, tu devrais me laisser tranquille.

Lorcan resta un instant planté au milieu de la pièce mais la lueur de défi qui brillait dans les prunelles bleues de son ami le dissuada de répliquer. Il avait essayé de lui tendre la main, de l’empêcher de toucher à cette plante qui le détruisait un peu plus chaque jour. Lorcan avait même tenté de parler à Lily et Leane mais il s’était confronté à un mur. De toute façon, Hugo passait son temps à lui dire qu’il ne voulait pas de lui, à lui répéter qu’il souhaitait être seul, à se foutre de tout et de tout le monde. Hugo passait des heures le soir à contempler le plafond avec ce sourire effrayant plaqué sur le visage et Lorcan n’avait plus la force de se battre contre son ami. Il poussa un profond soupir et son regard s’attarda sur le lit de Fred qui n’était même pas défait.

- Fred n’a pas dormi ici, constata-t-il sans savoir s’il parlait à Hugo ou à lui-même.

Hugo ne prit même pas la peine de répondre et Lorcan attrapa son sac, se pressant de passer la porte du dortoir pour ne pas arriver en retard à son premier cours. Hugo attendit de ne plus entendre son ami dans les escaliers pour sortir le petit sachet de sous son oreiller et une bouteille de biéraubeurre de sa valise. Une fois de plus, il allait planer et la journée ne paraîtrait plus si difficile à passer, il ne verrait plus la déception et la colère dans les yeux de Lily et de Leane et il se sentirait bien. Ce n’était qu’artificiel, ce n’était pas réel mais ça lui suffisait. Hugo se perdait dans les vapeurs nébuleuses de la mixture et le reste ne lui importait plus. Son regard vague se posa à son tour sur le lit de Fred Weasley. Personne ne savait où celui-ci passait ses nuits mais Hugo Weasley n’en avait rien à carrer.


Fred Weasley était attablé dans les cuisines de Poudlard, sa tête reposant entre ses deux mains. Chaque matin, à l’aube, il revenait là après avoir erré toute la nuit dans la forêt interdite. Winky l’accueillait avec une tasse de chocolat chaud et attendait qu’il parle mais la plupart du temps, Fred restait silencieux.

Lorsqu’il avait appris la maladie d’Elena, il s’était renseigné auprès de sa tante, Audrey, la mère de Molly et de Lucy, qui travaillait à l’hôpital Sainte-mangouste. Elle n’avait pas pu le rassurer mais avait promis de contacter des personnes qui sauraient répondre à ses questions. Fred n’avait pas eu les réponses qu’il attendait. Elena n’avait pas menti, ne lui avait rien caché, le poison ne reculerait pas, c’était tout juste si le remède que lui donnait Pomfresh chaque jour permettait de le ralentir.

Fred était passé par le déni, refusant d’y croire, la colère ensuite contre tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Il avait repoussé Elena, lui interdisant de le suivre dans la forêt, l’évitant tous les jours un peu plus. Il savait qu’il la blessait, il le savait très bien, seulement… c’était plus facile de s’éloigner d’elle, moins douloureux, même s’il ne parvenait plus à dormir, même s’il se mettait deux fois plus en danger, s’enfonçant de plus en plus loin dans la forêt interdite, provoquant volontairement les créatures potentiellement dangereuses qui s’y trouvaient.

- Vous n’allez pas bien, déclara Winky d’une petite voix en se plaçant sur sa droite.
- Sans doute, répondit doucement le jeune homme avec un pauvre sourire qui se fana rapidement. Elle me manque.
- Pourquoi ne pas lui dire ? s’enquit l’elfe en lui tendant un gâteau sec.
- A quoi ça servirait ? Je vais la perdre de toute manière.
- Les moments que nous passons avec les personnes que nous aimons sont précieux, Mr Weasley, répliqua l’elfe en attrapant un bout de son oreiller qu’elle enroula autour de ses doigts. Peu importe le temps qu’il nous reste.

Fred releva la tête et ses yeux bleus croisèrent le regard de Winky. La petite elfe sembla embarrassée et elle s’empressa de s’éloigner pour vaquer à ses occupations. Les paroles de l’elfe résonnait dans l’esprit du jeune homme alors qu’il se levait pour aller en cours. En arrivant dans le hall de Poudlard, il croisa le chemin de Molly Weasley qui se dirigeait vers les cachots.


Molly Weasley n’eut pas l’occasion de pénétrer dans les longs couloirs étroits et humides. Scorpius Malefoy, qui en sortait justement, l’interpella de ce ton de voix nasillard que la jeune fille trouvait particulièrement agaçant. Un petit sourire suffisant se dessina sur les lèvres fines du jeune homme alors qu’il relevait le menton en désignant le grand escalier qui menait aux étages supérieurs sur leur droite.

- McGonagall t’attend dans son bureau, dit-il simplement, son sourire s’agrandissant un peu plus.
- Elle t’a dit pourquoi ? demanda Molly bien qu’un long frisson lui parcourait l’échine dorsale.
- Non, rétorqua-t-il en haussant les épaules. Aurais-tu quelque chose à te reprocher, Weasley ?

La brune préféra ne pas répondre. Malefoy passait énormément de temps avec sa sœur ces temps-ci et si cette dernière n’avait encore rien dit au blond, elle ne voulait pas lui donner du grain à moudre. Scorpius était un pur Serpentard même si elle avouait aisément qu’il était moins vicieux que Lucy. Dans un signe de tête poli, la jeune fille s’éloigna et rejoignit rapidement les escaliers.

Pourquoi Minerva McGonagall l’avait-elle convoquée ? Avait-elle fini par découvrir son forfait ? A cette idée, Molly se sentit soudainement si faible qu’elle dût se tenir à la rambarde. Si la directrice avait tout découvert, la jeune fille ne donnait pas cher de sa peau. McGonagall était sévère mais juste et elle détestait tout particulièrement la malhonnêteté. Si elle savait, Molly se ferait immédiatement renvoyée chez elle et son père serait mis au courant. La jeune fille se stoppa, se donnant intérieurement tout le courage nécessaire pour réussir à monter les escaliers jusqu’au bureau de la directrice de Poudlard. Une fois face à la statue, elle remonta ses lunettes de son index et précisa la raison de sa venue.

La statue pivota, libérant de petits escaliers en colimaçon que la jeune fille grimpa lentement comme si ses propres pas l’amenaient à l’échafaud. La porte du bureau de McGonagall était ouverte et la directrice était assise à son bureau, ses yeux penchés par dessus ses lunettes sur d’épais dossiers. Molly frappa à la porte, souhaitant annoncer sa présence.

- Miss Weasley, dit Minerva McGonagall en relevant le nez de ses dossiers pour la contempler de ce regard perçant si caractéristique. Asseyez-vous, je vous prie.
- Vous m’avez faite demandée, professeur McGonagall, fit Molly aimablement en s’asseyant en face de la directrice, sur un fauteuil en bois de chêne.
- En effet, miss Weasley. J’ai quelques questions à vous poser. Ensuite je vous laisserais rejoindre votre prochain cours, soyez rassurée.

Elle avait sans doute remarqué que Molly n’était pas à son aise, passant souvent une main sur les branches de ses lunettes et repoussant régulièrement une mèche de cheveux derrière son oreille. Pour l’instant, McGonagall semblait mettre son malaise sur la peur de rater un cours important. Molly se félicita que sa réputation de sérieux et de soif intensive de connaissances l’ait précédée.

La directrice croisa les mains sous son menton et darda ses yeux verts sur la jeune fille brune en face d’elle. Molly se redressa, tentant de ne pas montrer son angoisse alors qu’un nœud se formait dans son estomac. Enfin, Minerva McGonagall reprit la parole.

- Il semblerait que votre dossier ait disparu, laissa-t-elle tomber. Le bureau des archives a été ouvert et plusieurs dossiers ont été retrouvés au sol. Il manque le vôtre, continua-t-elle en la fixant.
- Le mien ?

La meilleure chance de Molly était de jouer la surprise, l’incompréhension. Ce n’était pas elle qui avait ce dossier, c’était Lucy, mais si elle avouait que sa sœur était celle qui avait récupéré le précieux dossier, elle pouvait dire adieu à son avenir. Lucy se ferait un plaisir de tout révéler à la directrice de Poudlard.

- Le vôtre, miss Weasley. Savez-vous pourquoi ?
- Non, répondit simplement Molly en secouant la tête. Pourquoi aurait-on voulu prendre mon dossier ?

McGonagall l’observa encore quelques secondes avant de faire un geste de la main vers la porte de son bureau. Molly se retint de pousser un soupir de soulagement. Elle était libre pour le moment mais il fallait qu’elle récupère ce dossier. Il le fallait absolument ! Si Lucy Weasley comptait la mettre à terre, elle allait devoir se battre avant de réussir à porter le coup fatal. Molly Weasley n’était pas prête à se laisser faire…


Lucy Weasley somnolait sur son bureau. Les cours du professeur Binns étaient toujours aussi soporifiques et la jeune fille en profitait pour se remémorer tout ce qu’elle avait à faire pour mettre ses cousins et cousines plus bas que terre. Les cartes qu’elle avait en main étaient les meilleurs et elle ne doutait pas de sa réussite. Rose Weasley s’éloignait de plus en plus d’Albus mais ce n’était rien comparé à Hugo qui était désormais seul dans son coin. Fred Weasley, bien qu’il affichait ses airs de faux-semblants, avait été touché par la révélation d’Elena Sweet et elle n’aurait plus qu’à porter le coup de grâce. Quant à Molly, elle était sous sa coupe. La seule qui poursuivait sa vie tranquillement était Roxane. La si fière et égocentrique Roxane…

- A quoi tu penses ? interrogea Scorpius en se penchant vers elle.
- A ma victoire, répondit Lucy, une lueur de sadisme brillant dans ses yeux vert pâle. Comment va Rose ?

Lucy n’était pas dupe. Scorpius semblait distant et elle avait du mal à lui soutirer les informations nécessaires à son plan.

- Pas très bien, répondit-il simplement avant de détourner la tête.
- Je te préviens, Malefoy. On a conclu un pacte… Si tu me trahis, tu sais ce que je pourrais faire, n’est-ce pas ? La réputation de ta famille a déjà tellement souffert… insinua-t-elle doucereusement.
- Je n’ai pas l’intention de te trahir, répliqua-t-il sèchement en la fusillant du regard.
- Bien. C’est parfait. La petite Rose ne mérite pas que tu sacrifies ton avenir pour elle…

Une ombre passa dans les yeux gris de Scorpius. Le jeune homme avait failli abandonner lorsqu’il avait vu l’étendue et les conséquences de son plan mais elle avait su le retenir. Il était pieds et poings liés, il n’avait pas le choix de faire ce qu’elle demandait. Rose Weasley devait tomber et Scorpius Malefoy serait celui qui l’aiderait dans cette entreprise.


Le premier cours de la journée venait de se terminer et Rose Weasley rassembla rapidement ses affaires avant de sortir de la salle de classe. Elle n’attendit pas Albus qui lui jeta un coup d’œil inquiet alors qu’il se dépêchait de mettre les livres dans son sac et tentait de la rattraper dans le couloir du deuxième étage. Elle avait déjà atteint les escaliers quand son cousin posa une main sur son épaule.

- Rose… Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Tout va très bien, Al, répliqua-t-elle sans oser croiser son regard.
- Je ne t’ai pas vu au petit-déjeuner, ni au dîner d’hier soir.
- J’avais des devoirs à faire, répliqua-t-elle en essayant de se défaire de son emprise. On va être en retard.
- Rose… Je te connais, tu sais. Tu peux tout me dire… Si ça recommence, tu dois m’en parler, déclara-t-il en fronçant les sourcils, la forçant d’une main à tourner la tête vers lui.

Les joues de la jeune fille habituellement d’un rose pâle avaient blanchi et Albus pouvait voir que ses vêtements ne tombaient plus aussi bien sur son corps. Rose avait maigri et il avait soudainement très peur qu’elle ait recommencé à se faire vomir. A ses treize ans, elle n’avait rien voulu lui dire et il avait fallu qu’il la surprenne dans les toilettes du deuxième étage pour qu’elle finisse par tout avouer. Cette fois-ci, elle ne voulait pas que son cousin se sente responsable d’elle. Elle avait presque dix-huit ans, elle était adulte et elle devait régler ses problèmes par elle-même.

- Je vais bien, affirma-t-elle finalement, se libérant de sa poigne avant de descendre précipitamment les escaliers.

Albus Potter regarda la silhouette de Rose Weasley se fondre dans la foule d’élèves en fronçant les sourcils. Sa cousine et meilleure amie n’allait pas bien quoiqu’elle en dise et il se doutait que Scorpius Malefoy n’était pas étranger à l’affaire.


Albus Potter resta planté en haut des escaliers, se demandant ce qu’il pouvait faire pour aider sa cousine. Fallait-il qu’il prévienne ses parents ? La première fois, il avait réussi à l’éviter et Rose avait fini par guérir. Elle avait recommencé à manger correctement et il s’était dit que ce n’était qu’une mauvaise passe, que tout cela était derrière eux. Il avait eu tort. La voix de Jane dans son dos le fit sursauter.

- Rose va mal, pas vrai ?
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ? rétorqua-t-il calmement, souhaitant ne pas inquiéter ses amis.

Jane poussa un long soupir.

- Ne me mens pas, Potter. C’est ma meilleure amie, je la connais très bien et je sais quand quelque chose ne va pas. La dernière fois qu’elle était dans cet état, j’ai cru que je l’avais perdue, murmura-t-elle, les larmes brillant dans ses yeux ambrés. Elle n’a rien voulu me dire mais je sais, je savais qu’elle n’allait pas bien et que tu étais au courant. Alors cette fois-ci, dis-moi… Dis-nous, rectifia-t-elle en attrapant Franck par le bras. Nous sommes vos amis depuis presque sept ans, Albus. Sept ans. Si tu as un minimum d’estime pour nous, tu dois nous le dire…
- Elle a raison, acquiesça Franck en prenant la main de Jane dont les larmes ruisselaient librement sur ses joues.

Albus Potter baissa la tête. Ils avaient raison, il en était conscient. Seulement, ce n’était pas à lui de leur dire. Son cœur se serra alors que Jane Thomas se mettait à sangloter dans les bras de Franck Finnigan. Celui-ci lui tapota maladroitement le dos.

- Je ne peux pas, finit-il par dire dans un souffle.

End Notes:
Positif ? Négatif ? D'après vous, que va-t-il se passer par la suite ? Hugo va-t-il se sortir de cette spirale infernale ? Fred va-t-il écouter les conseils de Winky ? Molly va-t-elle récupérer son dossier ? Et Rose, va-t-elle faire suffisamment confiance à ses amis pour tout leur dire ?
Nous nous consumons by Lyssa7
Author's Notes:
Bonjour !

Je dois vous avouer que j'ai du retard dans cette fiction (et dans mes rar aux reviews également) et que je m'en excuse. J'ai eu beaucoup de mal à écrire la suite et j'espère qu'elle sera à la hauteur de vos espérances !

Dans ce chapitre, un nouveau personnage fait son entrée... (personnage qui est présent dans une autre de mes fictions et que j'affectionne beaucoup).

Bonne lecture !
Lyssa

" Les secrets sont faits pour être gardés, et ils ont une bonne raison. Parce que lorsqu'ils explosent, ils consument tout autour d'eux." Albus Potter.


Salle commune des Gryffondor
2 novembre 2023 : 0h30


Lily Luna Potter descendit l’escalier qui menait à la salle commune à tâtons. Depuis quelques jours, elle ne réussissait pas à s’endormir sereinement, hantée par son actuelle relation avec Hugo.

Les deux amis s’ignoraient cordialement, et bien que la jeune fille faisait tout pour ne pas montrer que cela la peinait, elle s’en voulait pour la gifle qu’elle avait mis à son cousin quinze jours auparavant. Elle avait agi sous le coup de la colère, sur une simple impulsion en pensant le faire réagir. Seulement… c’était l’inverse qui s’était produit. Son cousin se renfermait, ne laissait plus personne l’approcher. Il ne riait plus, se cloîtrant dans son monde, s’asseyant dans le fond de a classe, le regard fixé sur la fenêtre ou sur un point invisible. Seul. Toujours seul. Elle savait qu’il n’avait pas cessé de prendre cette foutue plante, cette drogue qui le rendait à la fois apathique et colérique.

Deux jours plus tôt, Lorcan était venu lui dire qu’il s’était confronté à un mur. Lily s’inquiétait et ne cessait de se demander si elle devait prévenir Rose ou son oncle et sa tante. Albus peut-être, se disait-elle, c’était dire à quel point elle s’inquiétait pour lui. Mais la petite rousse savait aussi que si elle faisait cela, elle le perdrait inévitablement. Il lui en voudrait tellement… Elle ne pouvait pas se résoudre à le dénoncer même si elle était consciente, au fond d’elle-même, que c’était la meilleure solution.

Lily avait atteint la dernière marche lorsqu’elle s’arrêta. Le feu de la cheminée était éteint mais elle distinguait parfaitement une ombre dans l’immense canapé pourpre en velours. Elle s’apprêtait à remonter, ne voulant pas avoir à inventer une excuse ou à tenir une discussion avec l’un de ses camarades mais la marche grinça, faisant se retourner l’intrus sur elle.

- Lily ?

L’intonation de la voix était grave, familière. La jeune fille poussa un soupir de soulagement en reconnaissant Fred. Son cousin n’était pas du genre à poser les questions qui fâchent. D’autant que ces derniers temps, il passait le plus clair de son temps, comme elle, à éviter tout le monde.

- Tu m’as fait peur, dit-elle en le rejoignant et en s’asseyant en tailleur sur le canapé.
- Je pourrais t’en dire autant mais je te mentirais. Tu n’as rien d’une menace, répondit-il, rictus légèrement moqueur à l’appui.

La jeune fille le frappa gentiment au niveau du bras mais reprit assez vite un ton sérieux. Elle n’aimait pas ce qu’elle était devenue en ce début d’année. Elle aurait dû profiter de son adolescence, de sa nouvelle place au poste de poursuiveuse dans l’équipe des Gryffondor ; elle n’avait pas à s’en faire pour les BUSES qu’elle avait passé sans trop d’efforts, et les ASPICS qu’elle ne passerait que l’année suivante. Au lieu de ça, elle se retrouvait à se ronger les sangs pour Hugo qui faisait clairement n’importe quoi, pour Leane qui partait régulièrement en crise de larmes, pour Fred aussi qui retrouvait son comportement distant avec elle…

Lily fronça les sourcils.

- Qu’est-ce que tu fais ici à cette heure ?
- Je te retourne la question, répliqua-t-il automatiquement avec un mouvement d’épaules.
- Cesse de jouer au plus malin, Fred Weasley. Ne me dis pas que tu vas encore aller dans la forêt interdite ? continua-t-elle en fronçant les sourcils. Tu sais très bien que tu te mets en danger inutilement et…
- Lily, tu ne sais pas de quoi tu parles, la coupa-t-il d’un ton brusque. Qu’est-ce que ça peut te faire de toute façon ? Ce n’est pas parce que Hugo ne t’adresse plus la parole que tu dois trouver un autre petit oisillon à protéger.

Les mots durs de son cousin laissèrent Lily sans voix pendant quelques secondes. Puis, la colère s’empara d’elle. Qu’est-ce qu’ils avaient tous à jouer au jeu du plus con ces temps-ci ? La jeune fille se redressa et releva fièrement le menton.

- Ne fais pas semblant avec moi, lui intima-t-elle à voix basse en plongeant ses yeux bruns dans les siens. Tu vas mal. Depuis longtemps, Fred. Et je suis… désolée de ne pas être venue vers toi avant. Tellement désolée. Vraiment. Mais tu fais partie de ma famille et je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit… Je ne sais pas comment m’y prendre mais je veux être là pour toi.

Les traits du jeune homme parurent se radoucirent un bref instant et Lily espéra qu’il l’avait entendue, qu’il allait l’écouter , mais un petit rire empli d’amertume s’échappa des lèvres de son cousin.

- Super discours, Lily. Digne de Tante Hermione, ironisa-t-il en se levant. Tu devrais prendre le temps de le sortir à Hugo. Tu peux me croire, il en a plus besoin que moi.

Sur ces dernières paroles, Fred passa le portrait, laissant Lily face à ses doutes et ses regrets. La jeune fille replia ses jambes et se recroquevilla dans le canapé de la salle commune, cherchant le moyen de recoller les morceaux avec Hugo, de réunir ses amis. Il fallait que tout redevienne comme avant. Au moment où tout allait bien. Au moment où ils n’avaient aucun secret les uns pour les autres. Hugo, Leane et elle. Au moment où ils se pensaient intouchables.


Fred Weasley s’appuya contre le mur et passa une main crispé dans ses cheveux roux, sous le regard interrogateur de la Grosse Dame.

Il appréciait Lily mais il n’avait aucune envie qu’elle se raccroche à lui, qu’elle le prenne pour un substitut de Hugo, qu’elle l’étouffe. Cette histoire avec Elena était la preuve qu’il ne devait pas s’attacher, qu’il devait continuer sa route seul. Ne pas être trop proche. Surtout pas. On finissait toujours blessé dans ce genre de cas. Fred avait assez vécu dans l’ombre de son oncle défunt pour essayer d’obtenir l’amour de son père. Il avait fini par abandonner même s’il entretenait encore l’illusion. Il était Fred et, dans le regard de George, c’était la seule chose qui comptait. Ne pas trop espérer des autres était la clé pour ne pas souffrir. On finissait toujours par être déçu.

Le jeune homme se dirigea vers le passage secret qu’il empruntait à chaque fois et fit pivoter la statue d’un mouvement du poignet. Il avait à peine fait deux pas dans l’étroit couloir qu’il entendit une respiration dans son dos. Le jeune homme se retourna brusquement et, tout en attrapant vivement le bras de la personne, il pointa sa baguette sur elle. Faiblement éclairée par la lueur du sortilège, Elena, la tête penchée sur le côté, l’observait sérieusement. Le jeune homme relâcha aussitôt son emprise comme s’il s’était brûlé.

- Je t’ai suivi.

Fred grogna d’exaspération et croisa les bras.

- Bordel ! Tu n’abandonnes jamais, toi ! marmonna-t-il dans son esquisse de barbe.

Elle haussa les épaules. Ce qui n’était pas normal. Il la connaissait assez pour savoir qu’elle n’aurait pas manqué une occasion pour lui rire au nez ou lui sortir l’une de ses répliques acides. Alors pourquoi était-elle soudainement de marbre ? Il se doutait que l’attitude d’Elena Sweet avait très certainement un rapport avec ces dernières semaines, avec son éloignement et la distance qu’il avait mis entre eux.

Les lèvres de la Serdaigle se pincèrent et elle baissa les yeux vers le sol, semblant chercher ses mots. Lorsqu’elle releva la tête, son regard était un mélange de tristesse et de colère. Elena tremblait.

- Est-ce que tu as honte de moi, Fred ?

Dire qu’il ne s’attendait pas à cela aurait été un euphémisme. Fred était réputé pour son sang-froid et son air affable, ce qu’il était loin d’être le cas depuis le début de l’année, surtout avec la jeune fille qui se tenait face à lui et qui replaçait nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Honte ? répéta-t-il sans vraiment y croire.
- Tu m’évites continuellement depuis que je t’ai dis pour… elle détourna les yeux, n’osant croiser son regard. Alors… Je me suis dit que tu avais peut-être honte d’être vu avec quelqu’un comme moi. Une mourante…

Fred fut incapable de répondre et sa peau prit une teinte grisâtre. Les paroles absurdes de la jeune fille le prenait de court. Comment Elena pouvait-elle s’imaginer une chose pareille ? Il cligna plusieurs fois des yeux, baissa sa baguette et prit une profonde inspiration pour calmer les battements de son cœur.

- Tu te trompes complètement, tu ne devrais pas…

Il n’eut pas le temps de continuer sa phrase qu’elle se précipita sur lui et plaqua une main sur sa bouche. De l’autre côté de la statue, des voix se firent entendre.

- Tu devrais en parler à Potter, disait l’une des deux, légèrement inquiète.
- Et ça changerait quoi ? Je peux très bien m’en sortir toute seule ! Ce n’était rien d’autre qu’un petit malaise. J’ai repris connaissance à peine trente secondes plus tard, pas de quoi fouetter un hippogriffe ! répondait l’autre d’un ton plus ou moins assuré.
- Pas de quoi fouetter un hippogriffe ? Vraiment ? Il faut que tu te fasses soigner, Weasley. Après ce que tu m’as raconté à Pré-au-Lard…
- J’ai fait une erreur. Je n’aurais dû rien te dire, Malefoy.

Fred s’était figé. Elena se pencha vers son oreille et murmura :
- C’est l’une de tes cousines, non ?
- Rose, avoua Fred dans un souffle en lui faisant signe de se taire.

Dans le couloir, le dénommé Malefoy émit un bruit de bouche méprisant.

- Tu n’as besoin de personne, c’est ça ? Tu te trompes. Tu devrais en parler à quelqu’un d’autre. Une personne de confiance. Tu as une mine affreuse et tu n’as que la peau sur les os. Et maintenant ça… Un vulgaire malaise, hein ? Regarde la vérité en face. Tu ne manges rien et tu sais très bien ce qui se passe si tu te forces… Tu es malade, Rose. Tu dois te faire aider.
- Ecoute-moi bien Malefoy, parce que je ne me répéterai pas, siffla la voix de Rose d’un ton menaçant. Nous ne sommes pas amis. Nous sommes tous les deux préfets et nous faisons nos rondes ensemble, c’est tout. Mes confidences n’étaient rien d’autre qu’un moment de faiblesse passager et si tu racontes à qui que ce soit ce que je t’ai confié cet après-midi là…
- Tu fais une grave erreur, Weasley. Tu regretteras de ne pas m’avoir écouté, dit l’autre, sa voix baissant d’une octave. Je ne dirai rien. Je suis peut-être un Serpentard mais j’ai assez d’honneur pour savoir garder les secrets. De toute façon, tu sais où me trouver…

Fred et Elena entendirent des pas s’éloigner dans le couloir et un hoquet résonner dans le couloir juste avant que des sanglots, presque silencieux, ne leur parviennent aux oreilles. Fred eut un geste brusque en direction de l’entrée du passage mais Elena le retint par la main.

- Elle ne voudrait pas que tu la voies comme ça.
- Comment tu le sais ? chuchota Fred d’un ton sec en récupérant sa main.

Elena baissa doucement la tête et ses yeux gris se teintèrent de larmes contenues.

- Fais-moi confiance, Fred. Ta cousine se hait déjà suffisamment pour ses faiblesses.

Fred comprit très bien que, à travers ces mots, la jeune fille décrivait son propre mal-être. Instinctivement, il posa une main réconfortante sur son épaule. Elena ne devait pas croire qu’il avait honte d’elle, de sa maladie. C’était déjà assez difficile pour elle sans qu’elle ne s’inflige une telle pensée.

- Je n’ai pas honte de toi, déclara-t-il à voix basse alors que, derrière la statue, les pas de sa cousine s’éloignaient. Ce n’est pas du tout ce que tu crois, c’est juste que… Je ne veux pas…
- T’attacher ? finit-elle d’une petite voix, son front se plissant. J’avais compris, Fred. Moi non plus, tu sais, je ne voulais pas m’attacher à toi… Je ne l’ai pas choisi.

La main de Fred glissa de l’épaule de la jeune fille. Elena eut un petit rire étrange qui sonnait faux.

- Rassure-toi, je ne te demande pas d’éprouver quoi que ce soit pour moi, Fred Weasley, lâcha-t-elle d’une voix emplie d’amertume. Tout ce que je veux, c’est vivre, tu comprends ? Alors emmène-moi avec toi.

L’intonation de sa voix se brisa et elle attrapa la manche de sa cape.

- S’il-te-plaît…
- Elena… soupira-t-il aux prises avec lui-même.

Dans son esprit, les conseils de l’elfe refirent surface et Fred acquiesça doucement en lui prenant la main. Mieux valait vivre avec des remords qu’avec des regrets.

Les deux jeunes gens se remirent en route. Dans le hall, Molly Weasley venait d’attraper deux élèves ayant dépassé le couvre-feu et Fred Weasley en profita pour rejoindre le renfoncement qui les conduirait dans le parc de Poudlard. Ils ne virent pas que la jeune fille qui se tenait devant Molly n’était autre que Melissa Sanders et un septième année de Serpentard, Brian Connors.


Molly Weasley remonta ses lunettes de son index et posa un regard froid sur les deux élèves qu’elle venait de prendre en fraude dans les couloirs. La jeune fille n’était pas du genre à passer sur les incartades amoureuses plus que les autres infractions, bien au contraire. En face d’elle, Melissa Sanders tentait de se faire la plus petite possible et avait les yeux braqués sur ses petites chaussures noires. Quant à Brian Connors, il avait relevé le menton et défiait la Serdaigle du regard.

Le brun était un Serpentard de sa promotion et, même si elle n’avait aucun grief contre lui, Molly ne supportait pas ses allures d’aristocrate prétentieux. De plus, il était le meilleur ami de Scorpius Malefoy, ce qui était un défaut particulièrement affligeant selon elle. Le jeune homme venait d’une lignée de sang-purs américaine et le faisait régulièrement savoir. La réputation et l’image étaient primordiales pour les garçons de sa trempe et, bien que les mœurs sorcières avaient légèrement changées, certaines familles restaient sur leurs principes de ne pas se mélanger aux sang-mêlés ou aux nés-moldus.

Or, Melissa Sanders n’était pas une sang-pur, jugea rapidement Molly, un sourire se dessinant au coin de ses lèvres en se rappelant l’avoir entendu parler de ses parents dans la salle commune.

- Dégage, Sanders, ordonna Molly en faisant un geste de la main pour lui indiquer l’escalier.

La jeune fille allait s’exécuter mais Connors la retint par la taille, la ramenant contre lui.

- Surveille tes manières, Weasley.
- Veux-tu bien nous faire l’honneur de déguerpir, Sanders ? obtempéra Molly avec un petit rire sec. Je dois parler à ton petit-ami

Molly n’avait toujours pas remis la main sur son dossier et elle commençait sérieusement à s’inquiéter de ce qui allait lui arriver. Lucy avait commencé la partie, avait placé ses pions. Molly n’en avait aucun. Du moins, pour l’instant…

- Qu’est-ce que tu me veux ? interrogea Brian, glacial, lorsque Melissa ne fut plus dans son champ de vision. Me filer une retenue pour avoir dépassé le couvre-feu ?
- Je pourrais… répondit Molly, un doigt sur les lèvres comme si elle réfléchissait. Mais j’ai un marché à te proposer, Connors.
- Un marché ? Et qu’est-ce qui peut te faire penser que ça m’intéresse ? répliqua-t-il avec un sourire méprisant.
- Sanders.
- Quoi, Sanders ? fit-il en fronçant les sourcils d'un ton soudainement moins assuré.
- Nous savons tous les deux que la petite Melissa Sanders n’est pas de ton rang, Brian, dit-elle en insistant sur son prénom. Comment réagirait Papa et Maman s’ils étaient au courant ?

Brian Connors prit une profonde inspiration et plissa les lèvres. Il se pencha ensuite vers elle, jouant de la petite taille de la jeune fille pour asseoir sa supériorité.

- Et comment comptes-tu procéder ?
- Lucy, chuchota Molly d’un ton sirupeux, ses yeux fixés dans les siens.

Brian se redressa d’un coup sec. Aucun doute que le prénom de sa sœur cadette, connue dans tout Poudlard comme le loup blanc et crainte par ses pairs, avait fait son petit effet. Satisfaite, Molly sourit. A cet instant, elle n’avait plus rien à perdre. Et tant pis si, pour cela, elle devait ressembler à Lucy.

- Elle se fera un plaisir de détruire ta précieuse réputation, Connors.
- Qu’est-ce que tu veux ? s'enquit-il brusquement.
- Lucy a quelque chose qui m’appartient, murmura-t-elle sur le ton de la confidence. Quelque chose qui pourrait me créer de sérieux ennuis.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Mon dossier scolaire, répondit-elle en le fixant par-dessus ses lunettes d’un regard perçant. Mais je te préviens, le marché va dans les deux sens, si tu oses me doubler, je n’hésiterai pas à divulguer tes petits secrets.
- Bien. J’enverrai quelqu’un le récupérer. Qu’est-ce qui me garantit que tu protégeras ma réputation une fois que ce sera fait, Weasley ? rétorqua-t-il, doucereux.
- La confiance.
- ça ne me suffit pas. Je veux une garantie.
- Très bien, Connors, soupira la jeune fille.

Molly réalisa quatre ou cinq mouvements de poignet avec sa baguette en répétant une formule à voix basse. Une fois que ce fut fait, elle releva les yeux vers Brian et recommença le même procédé sur lui.

- Si l’un de nous commence à répéter nos petits secrets à quelqu’un, il sera incapable de continuer. Ainsi, nous sommes sûrs de la loyauté de l'autre. Tu marches avec moi ? déclara-t-elle en lui tendant sa main.

Brian Connors serra la main de Molly Weasley sans se départir de sa méfiance. La jeune fille ne s’en formalisa pas. Ce qu’elle désirait, c’était un allié dans sa bataille contre Lucy, pas un ami. Et Connors avait l’air absolument parfait pour ce rôle. Lucy ne se douterait jamais qu’un loup était entré dans la bergerie.


Lucy ne cessait de tourner entre ses draps, ne parvenant pas à trouver le sommeil. Elle sentait que Scorpius et Elisabeth se détachaient peu à peu d’elle et cela ne lui plaisait pas. Bien entendu, elle avait toujours le petit secret de Malefoy entre les mains et le mariage arrangé de McKenzie, mais la jeune fille avait besoin que leur loyauté ne faiblisse pas. Elle avait un besoin maladif de contrôle et de pouvoir sur ses camarades.

Lorsqu’elle était arrivée à Poudlard, elle s’était sentie si rejetée, mise de côté… Lucy était l’élément indésirable, le vilain petit canard du clan Weasley. Elle se souvenait encore du premier Noël qu’elle avait passé au Terrier après sa répartition à Serpentard.

Elle avait dû subir les sourires crispés des adultes, les manigances de ses cousins qui partaient plus loin dès qu’elle s’approchait, les moqueries blessantes de James Sirius et l’indifférence froide de son père. Sa déception envers elle et l’attention qu’il portait à Molly, la prunelle de ses yeux.

Lucy se redressa dans son lit. Aucun doute qu’elle ne parviendrait pas à s’endormir pour le moment.

La jeune fille enfila ses chaussons et se dirigea vers la salle de bains sur la pointe des pieds. Lorsqu’elle se plaça face au miroir au-dessus du lavabo, elle observa son reflet.

Le reflet d’une fille sadique qui prenait un malin plaisir à faire souffrir les autres. Ses yeux vert pâle étaient démaquillés et sans le contour noir, le blush et le rouge à lèvre rouge, Lucy ressemblait à une jeune fille de dix-sept ans plutôt banale. Elle se força à sourire de cette façon que ses camarades redoutaient, celle qui annonçait que leur réputation allait s’effondrer, que leur vie ne serait jamais plus la même après qu’elle eut décidée d’en faire un enfer.

Lucy n’y parvint pas. Elle était fatiguée. Elle ne voulait plus qu’une chose à présent. Terminer ce jeu au plus vite. En finir avec ses cousins et cousines. Et avec elle-même.

Tout était en place à présent. Ne restait plus qu’à porter le coup fatal. Pour l’instant, elle n’avait qu’à laisser couler, les regarder s’effondrer les uns après les autres comme des dominos. Un château de cartes.

Hugo serait certainement le premier. Au delà de ses apparences de petit con immature, il était le plus fragile. Il ne supporterait pas longtemps la solitude. Viendrait ensuite le tour de Rose, sa sœur. Elle était déjà au bord du précipice. Un simple coup de vent et elle tomberait. Lily et Fred seraient les suivants. Lily s'oublierait dans les méandres de ses sentiments, tout comme Fred quand il perdrait sa précieuse Serdaigle. Molly aurait beau se débattre, elle sombrerait comme les autres. Et Roxane suivrait.

La fière et égocentrique Roxane. Une grimace tordit les lèvres de Lucy alors qu’elle songeait à ce dernier coup. Le plus retors, le plus vicieux. Stella Dubois était un pion plutôt douée quand elle y pensait. Une alliée de choix. Il fallait dire qu’elle aussi avait ses raisons d’en vouloir à Roxane, ses raisons d’écouter les ordres de Lucy. Ses raisons de distiller chaque jour son venin, de petites remarques insignifiantes en allusions sordides, Mary Peters finirait par comprendre qui était Roxane et ce qu’elle représentait vraiment pour elle. Insignifiante, transparente. Son ombre.

Et Roxane Weasley perdrait. Comme les autres. Comme elle. Elle les entraînerait dans sa chute.

Lucy Weasley jeta un dernier regard à son reflet, retourna dans le dortoir et se recoucha. Cette fois, elle trouva le sommeil rapidement.


Le réveil enchanté de Roxane Weasley se mit à entonner un air des Magics et la jeune fille marmonna des paroles incompréhensibles avant de sortir une main des couvertures pour l’éteindre. C’était la plus longue journée de la semaine pour les Serdaigle.

Étirant ses muscles endoloris, la jeune fille passa la tête au-dessus des draps et ronchonna deux fois plus en voyant Mary qui attachait sa cravate bleu et bronze autour de son cou.

- Tu aurais pu me réveiller !
- Si je l’avais fait, tu m’aurais insultée, répliqua faiblement son amie.
- Et alors ? Je vais être en retard maintenant, marmonna Roxane en glissant un pied hors du lit. Tu peux me passer mon uniforme ? Il doit traîner sur une étagère dans la salle de bains, dit-elle avec un geste vague de la main.

Son amie poussa un soupir discret mais ne répliqua pas, se pressant d’aller chercher le dit uniforme qu’elle tendit à Roxane. Celle-ci le prit sans un remerciement et commença à enfiler les manches de sa chemise.

- Botanique ! s’exclama soudainement Roxane en se souvenant de leur premier cours. Je hais la Botanique ! dit-elle avec une grimace dégoûtée.

S’il y avait bien un cours où sa mémoire photographique ne lui servait à rien, c’était bien celui-là. Longdubat était un bon professeur, patient et compétent, elle ne pouvait pas lui retirer mais il avait cette lenteur dans sa façon de parler et cette manière de rempoter les plantes avec douceur qui donnait à Roxane des envies de meurtres, elle qui détestait tout particulièrement avoir les mains pleines de terre. Le comble étant qu’il l’avait placée avec Nott qui se débrouillait très bien dans cette matière et qui ne cessait de s’en vanter. Une véritable torture pour Roxane !

- Dis… commença Mary en la fixant timidement. Il s’est passé quelque chose entre Nott et toi ces derniers temps ? Je veux dire… Il ne te regarde plus de la même façon qu’avant.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ? rétorqua vivement Roxane, presque sèchement.
- Rien… Ce n’était qu’une impression, répondit Mary en se triturant les doigts, mal à l’aise.

Roxane eut un petit rire nerveux et moqueur tandis qu’elle enfilait sa jupe à plis. Elle mit ensuite ses chaussures et attacha sa cravate avant de se diriger vers la porte du dortoir en attrapant Mary par le bras. Cette dernière n’osa pas lui dire qu’elle avait planté ses ongles dans sa peau et se contenta de la suivre.

En bas des escaliers qui menaient à la salle commune des Serdaigle, Maxence Stuart et Peter Nott étaient installés sur les fauteuils bleu nuit en acajou. Roxane se racla la gorge pour faire valoir leur présence.

- Stella n’est pas là ? demanda-t-elle en constatant l’absence de la blonde.
- Il te manque une esclave, Weasley ? ne put s’empêcher de lancer Peter, faisant rougir Mary jusqu’aux oreilles.

Roxane se détourna dignement et entraîna son amie vers le portrait de leur salle commune.

- On se voit en classe, Nott. Je suis certaine que tu meurs d’impatience de mettre tes talents à mon service, déclara-t-elle avec un signe élégant de la main alors que le portrait se refermait sur elle.

End Notes:
Les reviews sont un moteur pour avancer, pour me donner l'inspiration et l'envie d'écrire la suite et ne pas me dire que j'écris n'importe quoi. Surtout que cette fiction me donne beaucoup beaucoup de mal et que ça me ferait vraiment réellement énormément plaisir d'avoir des retours de lecteurs "invisibles" dessus ! ;) Sachez que j'adore lire votre ressenti :hug:
Nous sombrons tous by Lyssa7
Author's Notes:

Bonjour !

J'ai mis le temps parce que ce chapitre était... extrêmement difficile à mettre en place et à écrire. Je préviens qu'il sera bien plus difficile que les autres et qu'il mérite amplement son rating. Vous aurez pas mal de réponses sur le passé de la famille Weasley-potter, notamment les premières années de Lucy. 

J'espère qu'il vous plaira ! Je tenais à remercier tous ceux qui ont pris le temps de me laisser une review sur le précédent chapitre, sachez que ces commentaires me vont droit au coeur ! N'hésitez pas à renouveler l'expérience ! ;) 

Des bisous,

Lyssa.

" Nous nous tenons en équilibre sur un fil invisible et si l'un d'entre nous tombe, nous sombrons tous." Lucy Weasley.

Classe de Botanique
2 novembre 2023 : 8h40



- Les enfants, nous allons aujourd’hui étudier La Rosée de Lune dont nous allons tenter d’extraire la sève. Je vous demanderai d’être…

Roxane Weasley se désintéressa des explications du professeur Londubat, ennuyée par ses longs monologues vantant les qualités des plantes. Sur sa droite, son binôme de cours, Peter Nott, lui jeta un regard de biais avant de se pencher discrètement vers elle.

- Tu ferais mieux d’écouter, Weasley, si tu ne veux pas t’évanouir par la faute des vapeurs, lui conseilla-t-il avec un rictus. Pas que ça me dérangerait mais je ne tiens pas à être accusé de « Non assistance à sorcière en danger ».

Si Roxane aimait qu’on se préoccupe d’elle plus que tout au monde, elle détestait au contraire qu’on la prenne pour une princesse en détresse. Elle fusilla son voisin de table du regard alors qu’il lui tendait un pince-nez. Nott se détourna d’elle, caressant doucement les pétales de la fleur magique dont, expliqua-t-il, la sève entrait dans la composition de la Goutte du Mort-Vivant. La plante sembla se détendre, s’alanguissant sous ses caresses, et Roxane observa les doigts fins du jeune homme continuer son œuvre. Elle se souvint de la pression qu’il avait exercé sur sa nuque d’un geste de la main, ces mêmes doigts lui procurant une multitude de frissons, et le teint de la jeune femme devint soudainement pourpre.

Ce fut justement à cet instant que Peter releva la tête et planta ses yeux dans les siens. S’il comprit son changement de comportement, il n’en laissa rien paraître et fit glisser le pot vers elle.

- A ton tour, fit-il en haussant les sourcils.
- Je n’ai pas l’intention de… réfuta-t-elle en secouant la tête. Tu fais ça très bien, Nott ! Fit-elle en ressaisissant brusquement. Il n’est pas question que je touche à cette plante. Tu as dit toi-même que sa sève faisait partie des ingrédients qui composent la potion de la Goutte du Mort-Vivant.
- Ce sont ses vapeurs protectrices qui sont dangereuses, pas sa sève. Du moins, pas avant qu’elle ne soit mélangée aux autres ingrédients. Si tu avais suivi les recommandations du professeur Londubat, tu le saurais autant que moi ! rétorqua-t-il avec agacement.

Roxane soupira. Elle savait qu’elle était en tort mais elle n’était pas prête à l’admettre. Surtout pas devant ce Nott qui la prenait constamment de haut et qui pensait qu’elle ne connaissait rien à rien.

- Je ne toucherai pas à cette plante, insista-t-elle dans un murmure glacial. Si tu oses m’y forcer, j’irai voir McGonagall pour harcèlement sexuel...

Peter cligna plusieurs fois des yeux comme éberlué par la menace de la jeune fille face à lui. Pourtant, Roxane Weasley était plus que sérieuse. Elle n’hésiterait pas si cela pouvait sauvegarder ses arrières et, dans le même temps, prendre le pas sur lui. Un sourire étira les lèvres pulpeuses de la brune alors qu’elle désignait d’un gracieux mouvement de la main la plante aux pétales translucides.

- Si j’étais toi, je ne traînerais pas, lui intima-t-elle. Les autres ont presque terminé.
- Tu ne le feras pas… répliqua-t-il en se reprenant, la fixant de son regard gris pâle.
- Tu crois ? J’ai un témoin, Nott. Tu te souviens sans doute que ma cousine nous a vus ?
Peter se redressa et Roxane fronça les sourcils. La conversation se faisait de plus en plus menaçante, un bras de fer silencieux s’était engagé entre eux.

- Tu parles de Rose ? Elle est trop honnête, elle ne mentira jamais pour toi, Weasley, chuchota-t-il tandis qu’un rictus ironique se dessinait sur ses lèvres fines.
- Elle le fera si je lui demande, Nott. Tu peux me croire.

Le ton assuré de la jeune fille sembla déstabiliser Peter quelques secondes. Heureusement, la sonnerie marqua la fin de l’heure à ce moment précis et le professeur Londubat vint vers eux pour vérifier leur travail.

- Vous n’avez pas énormément avancé, remarqua-t-il d’une voix qui se voulait sévère. Je vous prierai de vous concentrer la prochaine fois. Surtout vous, miss Weasley !

Roxane hocha la tête mais ne baissa pas les yeux. Une fois leur professeur parti, elle se rapprocha de Peter et lui souffla à l’oreille :

- Il ne tient qu’à toi que la prochaine fois convienne à Londubat.

Sur ces paroles, Roxane Weasley rejoignit Mary Peters, un petit sourire satisfait aux lèvres. Elle ne remarqua pas que sa cousine, Molly Weasley, une table derrière eux, avait suivi leur échange.


Molly Weasley se pinça l’arrête du nez pour endiguer sa migraine. L’échange qu’elle venait d’intercepter entre Peter et Roxane avait agi comme une gifle, lui renvoyant certains souvenirs au visage après toutes ces années. Un mot surtout : Harcèlement. Redressant ses lunettes, la jeune fille secoua vaguement la tête. Roxane ne savait pas de quoi elle parlait… ou plutôt elle aurait dû le savoir après toutes les humiliations qu’elle avait fait – et faisait encore - subir aux autres.

Le harcèlement était un sujet que Molly avait refoulé au plus profond de son être durant des années, qu’elle avait mis volontairement de côté parce qu’elle ne savait pas comment y faire face, parce qu’elle n’avait pas su comment réagir. Tu n’as pas voulu, c’est une sacrée nuance, non ? lui souffla une voix menaçante.

Des frissons parcoururent l’échine de la jeune fille alors qu’elle repoussait la culpabilité qui émergeait soudainement dans son esprit. Elle n’avait rien pu faire, ce n’était pas de son ressort. Elle n’avait que quatorze ans, elle était trop jeune.

Arrête de te chercher des excuses, Mollynette. Tu as fermé les yeux sur ce que je pouvais ressentir. Tu as préféré croire que j’allais bien, que je m’en sortirai. Tu m’as laissé tomber au moment où j’avais le plus besoin de ta présence. Ce qui t’importait vraiment, c’était toi. Uniquement toi. Personne d’autre.

- La ferme, Lucy, grogna Molly en serrant les poings.
- Weasley ?

Perdue dans ses pensées, Molly sursauta brièvement avant de se retourner vers Brian Connors. Le Serpentard se tenait nonchalamment adossé à l’une des tables, une main dans une poche et l’autre sortant un dossier de sous sa cape au liseré vert et argenté. Le cœur de la jeune fille s’arrêta quelques millièmes de secondes tandis qu’elle vérifiait si personne ne se trouvait dans la serre.

- Relax, on est seuls, dit Brian avec un rictus.
- T’as été rapide, Connors, remarqua-t-elle d’un ton sec.
- Je ne souhaite pas laisser traîner cette affaire trop longtemps, répondit-il froidement en lui tendant le dossier. Se mêler des affaires de Lucy est dangereux et inconscient mais puisque tu m’as mis la baguette sous la gorge…
- Comment t’as fait pour le récupérer ? s’enquit-elle en faisant semblant de ne pas entendre ses insinuations.
- Lucy n’est pas la seule à posséder des petits oiseaux parmi les élèves de notre maison, chuchota-t-il avec un sourire vicieux. Qu’est-ce que tu vas en faire ?

Molly repoussa une mèche de cheveux bruns qui lui tombait devant les yeux et le considéra par-dessus ses lunettes. Brian avait fait ce qu’elle lui avait demandé mais ce n’était pas pour autant qu’elle lui accordait son entière confiance. Sa carrière, son avenir était en jeu. Tous ceux croisant son chemin étaient capables de lui nuire.

- Moins tu en sauras, mieux tu te porteras, Brian.
- Bien. Alors c’est tout ? On est quittes.

Le pli des lèvres de la jeune fille se pinça et elle s’approcha un peu plus de Connors jusqu’à ce qu’elle ne soit qu’à quelques centimètres de lui. Un rire moqueur s’échappa de sa bouche alors qu’elle se permettait de resserrer la cravate du jeune homme. Ce dernier, muet de stupeur, attendit sa réponse.

- Ce n’est pas aussi simple, murmura-t-elle.
- Ah oui ? fit-il, ses sourcils se fronçant et ses yeux verts luisants d’une ombre menaçante.
- Oui, répliqua-t-elle avec fermeté. Tu vas devoir rester dans le coin, Connors. J’ai besoin d’un allié ces temps-ci pour savoir ce que Lucy prévoit de faire…
- Je me fiche de…

Brian fut coupé dans son élan par le doigt de Molly sur ses lèvres.
- Tsss… Ne dis pas n’importe quoi. Ta réputation en dépends. Tu ne voudrais pas être éclaboussé par un scandale, n’est-ce pas ? Tu penses à la pauvre petite Melissa Sanders ?
- Tu n’es qu’une… siffla le jeune homme, tout son corps tendu par la colère.
- Je sais, rétorqua-t-elle dans un bref mouvement d’épaules. Il le faut.

Molly se recula et Brian lui tendit une deuxième fois le dossier. Elle s’en saisit. La fureur transparaissait sur chacun des traits de l’imposant Serpentard mais ce fut sur un ton glacial qu’il s’adressa à elle avant de sortir des serres.

- Vos parents sont des héros, Weasley. Vous, leurs enfants, vous n’êtes que des tarés. Tu le sais ça aussi, non ?

Molly en était consciente plus que jamais. Si elle avait fait en sorte de protéger Lucy au moment où elle le demandait, rien ne serait arrivé. Et Lucy ne serait jamais devenue ce qu’elle était à présent. Si l’un d’eux avait fonctionné différemment avec elle, peut-être que… La jeune fille eut un geste d’impatience et renversa l’un des pots contenant un plant de Rosée de Lune. Le passé appartenait au passé et, avec des si, on aurait pu réécrire la Bataille de Poudlard. Molly Weasley ne pouvait plus faire marche arrière. Si Lucy voulait la faire payer pour ses erreurs, elle était prête à en découdre.


Lucy Weasley étala ses longues jambes devant elle, sa plume d’oie au coin des lèvres et écrivit quelques mots sur son parchemin. Elle ne reprenait les cours qu’à dix heures et elle avait décidé que ce laps de temps devait être utilisé à bon escient. La jeune fille, malgré ses travers, n’était pas une mauvaise élève. Elle avait toujours su garder la tête hors de l’eau bien qu’elle se soit battue contre les courants continuellement. On ne pouvait plus lui reprocher d’être faible. Plus jamais, songea-t-elle, sa plume crissant légèrement sur le papier.

La salle commune des Serpentard était vide et la jeune fille en profitait généralement pour souffler. Porter le masque de la garce de l’école était fatiguant et, parfois, elle se plaisait à redevenir cette petite fille joyeuse – et naïve – qu’elle avait été pendant quelques minutes. Elle oubliait Hugo et Lily – qui lui avaient tourné le dos dès leur entrée en première année – elle ne songeait plus à Rose – qui se mentait à elle-même – ni à Fred qui réalisait peu à peu qu’il ne serait jamais ce qu’il voulait faire croire. Elle ne pensait plus aux répliques blessantes de Roxane et Molly n’était plus cette sœur qui l’avait laissée tomber au pire moment de sa vie. Plus rien ne l’atteignait plus. Pendant une minute ou deux avant que l’amertume ne la ronge de plus belle. Avant qu’elle n’ait envie qu’ils souffrent tous. Jusqu’au dernier.

Lucy posa sa plume et un rictus déchira ses lèvres peintes de rouge. Elle les entendait encore. Leurs voix. Celle de Rose d’abord, la seule qui aurait pu la comprendre mieux que personne. Elle se souvenait de ses larmes qui inondaient son visage, de la rougeur qui avait enflammé ses joues avant qu’elle ne se raccroche à l’un des lavabos des toilettes du deuxième étage.

« C’était ton petit-ami ! Et tu oses me dire que tu sais ce que je ressens ? Tu oses ?! Ce qu’il m’a fait n’a rien à voir avec les petites rumeurs qu’il a fait courir sur toi ! Et si je m’étais tenue éloignée, comme tout le monde l’a fait depuis que tu es arrivée ici, alors je serais vivante ! Vivante, tu comprends ? Ne t’approche plus jamais de moi… Tu es un poison, Lucinda. »
Un poison, c’était exactement ce qu’elle était devenue. A cause d’eux.

Liam avait été sa première victime, le premier à payer les conséquences de ses actes, bien que ce ne serait jamais assez comparé à ce qu’il leur avait fait. A Rose et à elle.

Personne n’avait cru Lucy, personne ne l’avait écouté. Liam était son petit-ami. Qui aurait pu croire que Liam Nelson, le meilleur élève de sa promotion en quatrième année, joueur de Quidditch au poste de poursuiveur adulé, aurait pu être un tel monstre ? Au début, Lucy était fière qu’il s’intéresse à elle, qu’il lui accorde de l’attention alors qu’elle en manquait cruellement à son entrée en deuxième année. Il lui disait qu’elle était belle et Lucy le croyait même s’il était parfois trop tactile et qu’elle le repoussait gentiment… A la fin, elle avait compris qui était le garçon en réalité. L’ombre derrière le masque. Trop tard. Ses mains trop baladeuses, elle les sentait encore sur son corps et elle pouvait frotter, encore et encore, jamais les traces ne disparaîtraient.

Lucy avait rompu et Liam avait fini par raconter des rumeurs malsaines, des mensonges sur une vie sexuelle imaginaire, qui avaient enflé au sein de l’école. Et finalement, c’était elle qu’on avait transformé en menteuse. La jeune fille s’était sentie tomber dans un gouffre sans fin ; le fil invisible sur lequel elle tenait déjà difficilement venait de se casser et personne n’avait été pour la rattraper. Et pourtant, elle avait essayé…

La première personne vers qui Lucy s’était tournée avait été Molly. Après tout, même si sa sœur l’ignorait constamment depuis son arrivée à Poudlard, elle ne pouvait pas l’abandonner dans un moment pareil. C’était ce qu’elle pensait, ce qu’elle avait cru. Molly avait froncé les sourcils par-dessus ses lunettes, le regard rivé sur l’un de ses livres de Métamorphose.

« Tout le monde te voit dans les couloirs avec lui. Tu l’embrasses. Tu te colles à… Enfin bref, Roxane en a parlé hier soir dans notre dortoir et… Tu as toujours eu pas mal de facilités pour donner ta version des choses, Lucy.
- Ma version des choses ?!
- Écoute, Lucy. Repose-toi et ne prête pas attention à ce qui se raconte, d’accord ? »


Molly n’avait pas compris. Elle n’avait pas senti les regards sur elle. Les rires qui la suivaient. Après cela, Lucy avait pleuré des nuits entières et elle s’était jurée de le faire payer à Liam. De lui faire payer les piques de Roxane chaque fois qu’elle avait le malheur de la croiser.

« C’est pas un peu provocant cette couleur de vernis, Lucy ? », « Reboutonne ta chemise, tu vas encore dire qu’on te harcèle. »

Les rires moqueurs de Hugo et ses blagues graveleuses et les regards gênés de Lily qui – avant Poudlard – avaient été ses amis, ses cousins, sa famille. Elle avait essayé de se rapprocher de Fred, celui qu’on ne prenait jamais au sérieux, celui qui se complaisait derrière des faux sourires en pensant qu’il pourrait la comprendre mais la réponse avait été claire. « Je suis Fred Weasley, d’accord. Et tu te trompes complètement en pensant avoir affaire à quelqu’un d’autre. Je ne mens pas. Je ne ressemble pas à une fille dans ton genre. Dégage, ok ? » Ils l’avaient tous rejetée. Tous, sauf Rose.

«  On m’a dit que je pourrais te trouver à la bibliothèque.
- Qu’est-ce que tu veux ? Me cracher à la figure, toi aussi ?
- Non. Je suis prête à te croire. Albus dit que tu vas pas bien.
- Potter est perspicace dis-donc ! »


Albus était le seul à la défendre quand il le pouvait, stoppant les quolibets de ce ton calme qu’elle lui enviait. Ce n’était pas pour autant qu’il était venue lui demander de ses nouvelles mais, rien que pour ça, elle le remerciait. Rose et Lucy avaient échangé quelques discussions dans la bibliothèque, des rires et des confidences. Jusqu’à ce soir de mars où elle avait trouvée Rose dans les toilettes du deuxième étage. Lucy avait compris au premier regard. Liam avait sévi. Une fois de plus. Rose avait croisé les bras sur sa poitrine comme pour se protéger et son regard, bordé de larmes, s’était fait meurtrier. Lucy avait voulu poser une main sur son épaule mais Rose s’était reculée comme si elle l’avait brûlée.

« Qu’est-ce qu’il a fait ?
- Tu le sais parfaitement. Il a…
- Est-ce qu’il…
- Non ! Il n’en a pas eu le temps… Davis… est arrivé avant.
- Je suis vraiment désolée, Rose. Je sais ce que tu ressens…
- C’était ton petit-ami ! Et tu oses me dire que tu sais ce que je ressens ? Tu oses ?! Ce qu’il m’a fait n’a rien à voir avec les petites rumeurs qu’il a fait courir sur toi ! Et si je m’étais tenue éloignée de toi, comme tout le monde le fait depuis deux ans, alors tout ça… Tout ça ne serait jamais arrivé. Ne t’approche plus jamais de moi… Tu es un poison, Lucinda. 
- C’est ce que tu penses ? Que j’ai tout inventé ? Que j’ai menti ?
- Je ne veux pas le savoir… Je veux simplement oublier. »


Rose s’était raccrochée au lavabo comme à une bouée. Elle souffrait de la même façon et elle la rejetait. Comme les autres. Pire qu’eux puisqu’elle seule savait ce qu’elle ressentait. C’était à ce moment précis que Lucy s’était jurée de devenir celle qu’ils avaient fait naître. Lucy, la reine des Serpentard. La vile manipulatrice. La diablesse en jupons qui défaisait une réputation d’un claquement de doigts. Quid mieux qu’elle pour le savoir puisqu’on l’avait brisée ? Elle avait laissé pousser ses cheveux et elle avait emprunté le rouge à lèvres d’une septième année. Elle avait raccourci ses jupes aussi. Et son petit jeu à l’image de la revanche avait commencé. Lucinda s’était construite une autre réputation à coups de menaces et de manipulations. Elle s’était entourée des élèves de Serpentard à la fois méprisés et admirés : Scorpius Malefoy et Elisabeth McKenzie. Et elle avait fait de ses faiblesses des armes.

L’été suivant, elle avait effectué des recherches sur la famille Nelson, sur les parents de Liam. Le bureau de son père, chef du Département de la Coopération Magique, était empli de dossiers répertoriant toutes les familles sorcières vivant en Angleterre et la jeune fille n’avait pas mis longtemps à mettre le doigt sur un élément intriguant. Les Nelson – ou plutôt les Claws -- venaient de New York et ils n’étaient pas étrangers à une affaire de blanchiment d’argent. Le MACUSA était entré en relation avec le Ministère de la Magie britannique pour que la famille, richissime et ayant investi dans les nombreux changements du monde sorcier - notamment ministériels - au cours des dix dernières années, déménage en Grande-Bretagne. Si cette histoire venait à se savoir et que les journaux l’apprenaient… Les menaces anonymes avaient suffi. Les Nelson étaient partis vivre en Australie, emmenant avec eux Liam et ses travers pervers.

Lucy envoya valser sa plume d’oie et se mordit la lèvre inférieure jusqu’au sang. Le goût acre du liquide et sa couleur pourpre se mélangea au rouge à lèvres. Liam étant à des milliers de kilomètres d’ici et elle avait eu tout le loisir de se pencher sur le cas de sa famille. Ces héros, pensa-t-elle alors qu’un rire suffisant envahissait l’espace de la pièce. A chaque cause, ses conséquences. L’effet papillon. Et Rose, la jolie fleur, fanerait plus rapidement que les autres, Lucy Weasley s’en faisait la promesse.


Rose Weasley plissa les yeux, tentant de contrôler le vertige qui la saisissait. A ses côtés, Albus se plaignait du manque d’investissement de sa camarade de classe pour le projet de Défense contre les Forces du Mal et Jane et Franck essayaient de le rassurer sur la qualité des notes qu’il avait pris. La jeune fille n’entendait qu’un vague brouhaha, ses oreilles bourdonnaient et sa vision devenait floue…

- Weasley ?

Une main se se posa sur son épaule et elle s’en dégagea précipitamment. Rose ne supportait pas les contacts. Pas depuis ce soir-là. Albus se stoppa tandis que la jeune fille se retournait, ses prunelles se plantant dans celles de Scorpius Malefoy.

- Est-ce que ça va ? s’enquit ce dernier en fronçant les sourcils.
- Depuis quand tu prends des nouvelles de ma cousine, Malefoy ? Interrogea Albus avant que Rose n’ouvre la bouche. Y a quelque chose que je dois savoir ? demanda-t-il en fixant la rousse qui palissait soudainement.
- Eh bien… commença Scorpius.

Rose se racla bruyamment la gorge et fusilla le Serpentard du regard avant de se tourner vers Albus. Son cousin ne devait pas être mis au courant. Elle avait pris soin pendant toutes ces années de ne lui avouer que le strict minimum. S’il connaissait le reste, elle n’était pas certaine qu’il ne dise pas tout à ses parents. Et, plus que tout, ce n’était pas à Scorpius Malefoy de divulguer ses secrets.

- Nous avons des divergences sur le projet et sur les horaires de nos rondes nocturnes, n’est-ce pas ? mentit-elle avec aplomb sans lâcher son homologue des yeux. Je vais très bien, précisa-t-elle lentement, articulant chaque mot tandis que Scorpius hochait la tête en direction de Albus.
- Ouais, on a des… divergences sur pas mal de points, Weasley et moi, dit-il en hochant la tête avec l’air de quelqu’un vaguement convaincu.

Albus haussa les sourcils, Franck et Jane avancèrent un peu plus. Rose poussa un long soupir.

- On peut avoir cinq minutes ? Je vous rejoins dès qu’on a mis les choses au point, déclara Rose en faisant un signe dans la direction de Malefoy.

La tension entre les quatre adolescents de dix-sept ans était palpable et ce fut finalement Franck qui entraîna Albus en arrière, aidé par Jane.

- Allez viens, mec. Tu l’as entendue, non ? Elle va bien, fit-il en jetant un coup d’œil blessé vers Rose.
- J’ai entendu, répondit Albus avant de se détourner sans un seul regard pour sa cousine.
- On a tous les trois entendu, ajouta Jane en haussant les épaules, une grimace aux lèvres.

Évidemment, Rose savait parfaitement que ses amis se doutaient de quelque chose, qu’elle n’avait pas réussi à leur cacher ses moindres faits et gestes, surtout pas à Albus, mais c’était tellement plus facile de le penser, de ne pas les inclure dans cette descente aux enfers. Elle les avait blessés, cruellement, et elle lutta pour ne pas craquer, pour ne pas s’effondrer en sanglots au milieu de ce couloir. Elle attendit qu’ils aient passé l’angle pour croiser de nouveau le regard de Scorpius. Tout en passant une main sur son front, elle lui lança à voix basse :

- Tu es fier de toi, je suppose ?
- Weasley… soupira-t-il en prenant un ton paternaliste, les sourcils froncés d’inquiétude.
- Ne prend pas cet air-là avec moi, Malefoy ! Je ne suis pas ton amie, d’accord ? Mêle-toi de tes affaires et oublie une bonne fois pour toutes ce que je t’ai dit.
- Tu crois que c’est facile d’oublier un truc dans ce genre-là, Weasley ? répliqua-t-il en baissant l’intonation de sa voix alors que trois élèves passaient près d’eux. Tu as besoin d’aide.
- Change de refrain, tu veux bien ? murmura-t-elle, la voix brisée. Je ne veux pas d’aide, tu comprends ? Si c’est ça qui te pose un problème de conscience, tu peux dormir tranquille. J’ai refusé l’aide que tu as voulu m’apporter, tu n’as rien à te reprocher !

Un sourire moqueur étira les lèvres roses de la jeune fille et elle remit sa tignasse rousse en arrière d’un geste. Rose voulait se prouver, à elle et aux autres, qu’elle allait bien. Elle avait réussi à s’en sortir la première fois, elle le referait sans que personne ne lui donne la main. Il suffisait qu’elle essaie de manger… La lueur dans ses yeux se fit terne et la jeune fille réprima un haut-le-cœur. La nourriture la dégoûtait tout comme les formes sous sa chemise qu’elle ne parvenait pas à effacer.

- Ce n’est pas aussi simple, Weasley, rétorqua le jeune homme d’un ton grave. Tu ne peux pas raconter de telles choses et demander à ce qu’on ferme les yeux. Je ne peux pas…
Il ne put terminer sa phrase. Face à lui, la jeune fille perdait pied et il parvint à la rattraper à la dernière seconde.

- Bordel, Weasley… Comment je vais faire maintenant ? marmonna-t-il en considérant la jeune fille inconsciente dans ses bras.

Rose était un poids mort et le jeune homme, bien qu’il savait que le scandale ne tarderait pas à éclabousser Poudlard et la communauté sorcière, fut soulagé de voir Hugo et Fred Weasley ainsi que Lily Potter courir vers lui. Fred fut le premier à arriver près d’eux et glissa le bras de Rose sur ses épaules. Puis, ce fut au tour de Lily et Hugo. Si la première semblait complètement paniquée, le deuxième tremblait littéralement de colère. Et, alors que Lily se mettait de l’autre côté pour soutenir Rose jusqu’à l’infirmerie, Hugo Weasley soulevait Scorpius Malefoy par le col de sa chemise.



- Qu’est-ce que t’as fait à ma sœur, Malefoy ?!

Les yeux bleus et vitreux du Gryffondor rencontrèrent les prunelles grises et froides du Serpentard. L’haleine fétide de Hugo chatouilla les narines de Scorpius qui éclata d’un rire méprisant.

- Les Weasley n’ont pas besoin de moi pour se foutre en l’air si tu veux mon avis…
- La ferme, Malefoy ! répliqua Hugo en resserrant sa prise sur son col.
- La bièraubeurre te suffit plus, hein ? fit Scorpius d’un ton venimeux. T’es passé au whisky ?

Hugo raffermit un peu plus son emprise jusqu’à ce que le Serpentard manque d’air. Son teint devenait violacé. Il aurait pu le tuer sans s’en rendre compte. Une enflure de plus ou de moins sur terre…

- Laisse-le ! ordonna une voix féminine en l’attrapant par les épaules, le faisant relâcher Malefoy. T’es complètement cinglé, Weasley !

Elisabeth McKenzie se précipita sur Scorpius qui suffoquait, reprenant lentement sa respiration. Lorsqu’elle fut sûre qu’il allait bien, elle s’approcha doucement de Hugo, les mains en avant. Le jeune homme paraissait à mille lieux de la scène. Ses yeux ne semblaient même plus les voir. Soudainement, pris d’une pulsion, il éclata de rire sous le regard estomaqué des deux autres.

- On va tous finir dans le trou, vous le savez ?

Et, d’un pas claudiquant, il s’éloigna dans le sens inverse. Rose était en de bonnes mains avec Lily et Fred. Elle n’avait pas besoin de lui. Personne n’avait besoin de quelqu’un comme lui. Un déchet. Hugo Weasley n’entendit pas les paroles lourdes de sens qu’Elisabeth McKenzie adressait à Scorpius Malefoy.

- Ça va trop loin, Malefoy.
- Je sais, McKenzie. Je sais.

End Notes:

Ce chapitre vous a-t-il surpris ? Quelque chose vous gêne ? C'est la petite case blanche juste en bas. :D 

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