Le Paradis de mon Enfer by Cassy
Summary:

Année 1978 à Poudlard: le Mage Noir prend de l'ampleur et sème la terreur dans le monde des sorciers. A l'école de Magie, cela n'empêche pas les Mauradeurs et leurs acolytes de faire les quatre-cents coups. 

Cependant, lorsque la mort elle-même s'immisce dans la vie, comment y réchapper?

Venez découvrir la septième année de James, Sirius, Remus, Lily et leurs amis: entre amour, passion, trahison, jeux et ennemis, à qui faire confiance? 

 

Rating -16 à partir du chapitre 18 ! 

1ère partie terminée : du Chapitre 1 : Cérémonie de rentrée

                                 Au Chapitre 35: La première fois 

 


Categories: Epoque Maraudeurs Characters: Les Maraudeurs
Genres: Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Lemon soft
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 71 Completed: Oui Word count: 365647 Read: 58852 Published: 02/10/2016 Updated: 16/02/2020
Chapitre 22: Pactes by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!!

 

Je crois que je suis désormais à cours d'excuses, si ce n'est que je sus aux études, que j'ai commencé un stage dans une entreprise et que boulot + devoirs ne font pas bon ménage! Quoi qu'il en soit, sachez que même si certains chapitres sont plus longs à écrire, je n'oublie pas du tout ma Fanfiction!! J'ai toujours plein d'idées, je sais plus ou moins comment elle va se terminer et... Roulements de tambours... J'en ai prévu une deuxième après celle-ci! Merci à vous de continuer à me suivre dans cette aventure :)

 

Me revoilà donc avec un nouveau chapitre, pour rappeler à tous les bienfaits de l'amitié, et remettre un peu d'ordres dans tous ces drames ;-) Bonne lecture! 

 

Lily se réveilla, déboussolée, ballonnée et le visage bouffi. Il lui fallut quelques secondes pour se remémorer les événements qui s'étaient enchaînés : le baiser avec James fut la première chose qui lui revint en tête. Suivirent la lettre de ses parents, l'escapade avec Sirius, la cérémonie, et le regard dégoûté de Potter quand elle était revenue à la salle commune. Elle se rappela aussi que c'était la raison pour laquelle ses yeux collaient et que sa tête semblait écrabouillée. Elle se leva, pantelante, puis alla se passer de l'eau glaciale sur le visage. Elle se regarda : ses yeux étaient gonflés, mais, si l'on ne savait pas qu'elle avait pleuré, on ne pouvait pas s'en apercevoir rien qu'en la regardant. Elle soupira : elle savait pertinemment ce qu'il fallait qu'elle fasse pour se sentir mieux, mais ça n'allait pas être chose facile. Elle s'habilla, se maquilla légèrement pour couvrir ses cernes, se coiffa de deux longues tresses et alla prendre son petit-déjeuner en compagnie de Nelly.

-Où tu étais passée, hier soir ?

Sa meilleure amie donnait elle aussi l'impression d'avoir passé une nuit difficile. Elle se souvint que Nelly aussi avait son lot de malheurs, et se sentit soudain plus égoïste que jamais. En regardant la brune dans les yeux, elle posa sa fourchette et prit une grande inspiration :

-Il faudra que je te parle. Je ne t'ai pas tout dit au sujet de la soirée d'Halloween, et je ne t'ai pas tout dit au sujet de hier soir. Je m'en excuse d'avance. Mais il faudra absolument que tu sois au courant. Alice aussi, doit être au courant.

Elle avait dit le tout machinalement. Elle se l'était répétée dans sa tête des dizaines de fois depuis le matin même, et elle avait débité les mots sans réfléchir. Il fallait qu'elle se confie, et qu'elle arrête de mentir à ses amies. Nelly parut subjuguée. Elle avala difficilement le morceau de muffin qu'elle avait dans la bouche et haussa les épaules :

-Et bien, j'imagine que c'est le moment ou jamais !

-Tu ne m'en veux pas ?
-Comment je pourrais t'en vouloir, je ne sais même pas de quoi tu parles.

Lily éclata de rire. Cela lui fit un bien fou.

-Je veux dire, tu ne m'en veux pas de savoir que je ne t'ai pas tout dit ?

Nelly réfléchit un instant :

-Je déciderai si je t'en veux ou non quand tu m'auras dit la vérité. Mais je peux déjà dire que non, je ne t'en voudrai pas. Le but, c'est que la vérité sorte un jour ou l'autre.

Lily sourit. Les événements passés lui avaient presque fait oublier à quel point elle était chanceuse d'avoir une amie comme Nelly.

-Et toi, comment tu te sens concernant... ?

La rousse n'osait pas prononcer le nom de « Remus » à voix haute, de peur de blesser son amie. Laquelle se rembrunit immédiatement.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'imagine que je me suis encore une fois faite des idées dans le vide. Il est peut-être comme ses amis, au fond.

-Non.

Lily avait répondu plus vite que l'éclair. S'il y avait une chose dont elle était certaine dans tous ces drames, c'était que Remus n'était pas comme les autres Maraudeurs. Il n'était pas comme les autres garçons, à vrai dire. Nelly haussa un sourcil.

-Il n'est pas comme Black ou... Peu importe. J'irai lui parler, promit Lily.

-Pour lui dire quoi ?

-Pour lui dire qu'il ne peut pas te traiter comme ça, et qu'il ne le fera pas. J'ai bientôt une garde de prévue avec lui, je viendrai sur le sujet, et crois-moi, j'essayerai de savoir ce qu'il se passe dans sa tête.

Bien qu'elle eût une petite idée de ce qu'il se passait dans la tête de Remus, il y avait des secrets qui ne lui appartenaient pas de révéler. Nelly fronça les sourcils, puis sembla décider que l'idée n'était pas si mal.

-Essaye de ne pas me faire paraître désespérée !
Lily rit à nouveau.

-Tu es désespérée ! Et désespérante. Mais ne t'inquiète pas, il n'en saura rien.

Nelly lui envoya un bout de figue dans la figure :

-Bon, c'est quoi tous ces mensonges que tu veux révéler ?
-Ce soir. Je dirai à Alice de venir.

-Ça me va. Sans compter que ce soir, c'est pleine lune. Ça rajoutera un côté mystique à ces fameuses révélations.

 

 

James mit quelques secondes à émerger de son sommeil perturbé. Il se souvint immédiatement de la raison pour laquelle il n'avait pas réussi à s'endormir la veille jusqu'à tard dans la nuit, et pour laquelle sa tête cognait contre ses tempes. Les cheveux plus ébouriffés que jamais, il ne prit même pas la peine de se passer la main dedans, s'habilla précipitamment et descendit dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner. Il n'avait aucune envie de voir Sirius, ni d'entendre ses excuses. Le fait était que son meilleur ami, son frère, l'avait trahi. Il avait d'abord réagi sur le coup de la colère : quand il avait vu Evans et Sirius, son cœur était momentanément resté suspendu au bout de ses lèvres. Ç'a avait été un coup de massue, une trahison. Puis il avait cherché à comprendre : pourquoi son ami de toujours lui ferait-il cela ? Et surtout, pourquoi est-ce que ça le touchait autant ? Il avait l'habitude de voir draguer Sirius, et il savait bien que celui-ci, lorsqu'il s'agissait de filles, n'était pas des plus loyaux. Il ne l'avait jamais jalousé en rien, ce petit jeu le faisait plutôt rire. Mais pourquoi avait-il l'impression qu'une partie de son cœur avait été arrachée et dévorée ? C'était alors qu'était apparu un sentiment qu'il n'avait connu que peu de fois dans sa vie : la tristesse. James Potter n'était pas triste : il pouvait être en colère, parfois abasourdi, ça lui arrivait même d'avoir peur. Mais triste, ça n'était pas lui. Il était trop occupé à faire des blagues, prétendre que sa vie était un rêve et renforcer sa popularité pour être triste. Pourtant, c'était de la tristesse qu'il ressentait. Sirius Black avait renié leur amitié, et James ne s'en remettait pas. Mais il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi Evans : Evans qui regrettait leur baiser, Evans qui le méprisait, Evans qui préférait son meilleur ami, son meilleur ami plus beau, plus populaire, plus mystérieux. Ce fut dans ses émotions maussades et le ventre noué que James descendit prendre son petit-déjeuner. Il eut tout juste le temps de voir une crinière rousse à la table des Gryffondors pour décider qu'il n'avait finalement pas autant besoin de manger que ce qu'il ne pensait. Il détala de la Grande Salle et passa les portes du château qui le menèrent droit dans l'enceinte. Le temps était gris, brumeux et l'atmosphère froide. Regrettant de n'être pas plus habillé, il ne put se résoudre à retourner dans le château. Il ne voulait pas affronter Sirius, il ne voulait pas voir Evans se pavaner sous ses yeux et il ne voulait pas être celui dont on avait pitié. Pire, il ne voulait pas être celui que ses amis avaient abandonné. Si Sirius avait décidé de mettre au tapis leur amitié, alors qui lui restait-il ? Bien entendu, Remus refuserait de prendre parti, comme le garçon généreux et intelligent qu'il était. Probablement que Peter se rangerait de son côté, après tout, il était bien plus gentil avec lui que ne l'était Sirius. Mais ce n'était pas d'idolâtrie dont il avait besoin. Il pensa soudainement à sa sœur. Cassidy le soutiendrait, elle serait là pour lui. Mais ce n'était pas son rôle. C'était lui le grand frère, devoir auquel il avait failli un nombre incalculable de fois. Il ne pouvait pas demander à Cassidy d'être là pour lui. Alors que le désespoir venait s'ajouter à sa tristesse, une voix féminine interrompit ses pensées :

-James ? Qu'est-ce que tu fais dehors tout seul par ce temps ?

Le garçon sursauta et reconnut Alice dans le brouillard matinal. Elle avait les joues d'un rose soutenu, et son visage- bien qu'emmailloté dans une épaisse écharpe- souriait. Il tenta de sourire à son tour :

-J'avais besoin d'air frais.

-Et bien tu en es servi ! Dire qu'on n'est que début novembre... Mais enfin, l'automne aussi a ses bénéfices. Ne répète pas ça à Franck, mais je trouve que c'est la saison la plus romantique de l'année. J'aimerais bien qu'il s'en souvienne...

James sourit cette fois-ci pour de vrai. La jeune femme semblait si authentique à cet instant qu'elle réussissait à lui faire momentanément oublier sa peine.

-Je lui glisserai un mot, si tu veux.

-Ce n'est pas un mot que tu devras lui glisser si tu veux qu'il t'écoute, c'est carrément une tirade ! Je pense qu'un snargalouf serait plus romantique que Franck.

James pouffa.

-Je dois dire que je n'ai pas rencontré beaucoup de snargaloufs dans ma vie. Au faite, qu'est-ce que toi tu fais dehors de si bon matin ? Je croyais que tu n'étais pas du genre lève-tôt.

-Pas du tout, même. Mais j'avais besoin de voir Hagrid : ne le répète à personne, mais il m'aide pour mes devoirs de Soins aux créatures magiques. Il ne me donne pas toutes les réponses, bien sûr ! Enfin bon... Tu le connais, il a de la peine à tenir sa langue. Disons que ça m'aide à assurer au moins l'une de mes moyennes.

James savait qu'Alice avait plus de peine à l'école, et il eut soudain honte de se préoccuper de ses minables peines de cœur.

-Tu sais que je peux t'aider, si tu en as besoin.

-Merci James.

-Je suis sérieux, Alice. J'ai de la chance d'avoir plus de facilité, dans pratiquement toutes les matières. Et puis, tu me ferais un service : on dit qu'être capable de transmettre aux autres nous signifie que nous avons atteint le degré maximum de connaissance. Je vais tous les bluffer aux ASPICS grâce à toi.

Alice éclata d'un rire joyeux.

-C'est noté ! Je sais que tu es le dieu de la Défense contre les forces du Mal. Je prendrai volontiers ton aide, si ça te dit.

-Parfait. On préparera des horaires. Avec un peu de chance, ça rendra Franck jaloux, et il sera obligé de se montrer romantique, dit-il avec un clin d'œil.

-Je répète : j'aurais de meilleures chances de rendre un snargalouf jaloux. Merci pour ton aide James. Maintenant, si tu veux bien, je vais rentrer avant que mes doigts restent définitivement figés. Et puis, j'ai beau aimer l'ambiance matinale, mais je reste convaincue que la brume et la pleine lune, ça ne fait pas bon ménage.

Le cœur de James se mit à battre rapidement et ses yeux s'écarquillèrent : comment avait-il pu oublier ?

 

 

Sirius se réveilla. Ou plutôt, il émergea de la phase de demi-sommeil dans lequel il avait réussi à sombrer aux alentours de quatre heures du matin. Sa tête menaçait d'exploser, et il ne savait pas bien s'il voulait réellement sortir de ses draps. Même si ses pensées ne lui étaient pas de très bonne compagnie, il n'avait au moins pas besoin d'affronter la réalité depuis la soie rouge de son lit. Pourtant, il se leva tout de même, machinalement, certes, et tout en sachant qu'il allait devoir affronter bien plus que ses sombres pensées. Une vague d'émotions subite le prit au ventre, et Sirius se demanda un instant s'il n'allait pas vomir. Il courut aux toilettes, puis se passa de l'eau froide dans la nuque et sur le front. Il était moite, et ses yeux rougis par la fatigue. Il but une longue gorgée et ramena ses cheveux (qui avaient sérieusement besoin d'une coupe) dans un élastique qu'il noua négligemment derrière sa tête. En prenant une bonne respiration, il tenta de rassembler ses pensées : Regulus était passé du mauvais côté de la barrière. Il avait prononcé les mots, il avait donné son sang et était devenu l'un des leurs. C'était plus que devenir un ami attitré de Malefoy, Sirius s'en rendait parfaitement compte. Il n'y avait désormais plus rien qui le reliait à Regulus, puisque celui-ci avait même renié son propre sang. Cette pensée lui donna encore une fois envie de vomir. Puis il y avait James : son meilleur ami à qui il avait fait du mal, contre sa volonté. « Ou peut-être pas », lui intima une petite voix qui perçait de plus en plus à l'intérieur de sa tête endolorie. Sirius se regarda dans le miroir : il aurait voulu arranger les choses. Il aurait voulu aller voir son petit frère, et lui dire que tout irait bien, qu'il était là pour le protéger, là pour s'assurer que personne ne lui ferait de mal. Dans ses rêves les plus fous, Regulus le rejoindrait du bon côté. Sirius se ressaisit soudainement : ce n'était pas un rêve qu'il était en train de vivre, c'était la réalité. Et la réalité était toute autre : Regulus était à Serpentard, il idolâtrait la magie noire et, aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, Sirius était presque certain que Regulus ne fût jamais véritablement son petit frère. « C'est James, ton frère ». A cette pensée, le jeune homme prit une décision qui lui parut comme une évidence : il devait tout simplement dire la vérité à James. Lui dire que son attitude l'avait blessé, lui dire que Lily et lui s'étaient juste découverts des points communs et qu'ô grand jamais il n'avait pensé à la lui prendre. Le cœur plus léger, Sirius partit s'habiller, déterminé à agir sur les choses sur lesquelles il avait encore une emprise.

 

 

-Alors, c'est quoi cette nouvelle si excitante que tu veux nous faire parvenir ?

Il était huit heures du soir. Le parc de Poudlard semblait comme suspendu dans le temps : la brume du matin avait persisté, jusqu'à former une épaisse couche opaque dans l'atmosphère, qui rendait difficile la distinction de la Forêt Interdite et de la cabane de Hagrid. Seule la lune, complètement pleine, brillait pour les éclairer. Pourtant, dans la froideur automnale, Lily se sentit prise d'une chaleur soudaine. Alice et Nelly avaient suivi ses instructions : elles ne l'avaient pas questionné de la journée sur sa grande révélation et avaient mangé au dîner en concentrant leur discussion sur les devoirs à rendre. Mais le moment était venu pour la rousse d'affronter.

-Croyez-moi, ça n'a rien d'excitant, commença-t-elle, une boule dans la gorge.

Alice semblait l'écouter attentivement, et Nelly avait les sourcils haussés, comme si le fait de voir sa meilleure amie si grave l'amusait. Lily consentit à lui adresser un petit sourire. Puis elle prit une grande respiration :

-Alors voilà : je tiens premièrement à vous dire qu'il ne faudra m'interrompre sous aucun prétexte. Si possible, vous montrerez vos émotions après que j'ai fini de raconter mon histoire, car j'ai besoin de toute votre stoïcité pour vous dire ce que j'ai à vous dire. Ensuite : s'il est possible de trouver au fond de vos trippes la force pour ne pas me juger, ou plutôt, le moins possible, car c'est humainement impossible de ne pas juger ce que j'ai fait, ce que quelqu'un m'a fait, mais enfin... Vous comprenez ce que je veux dire. Ou vous allez comprendre. Le fait est que... Potter m'a embrassée. C'était à la soirée d'Halloween : j'étais complètement perdue, Malefoy a menacé de me frapper dans les toilettes des filles. Heureusement, Black m'a trouvé et m'a aidé à me remettre de mes émotions. Il n'est pas si terrible, si on creuse bien... Mais je devais récupérer mon sac, ou plutôt, nos sacs. Et la musique était si forte, la foule est devenue complètement hystérique ! Je vous assure, c'était comme si un sort avait été jeté dans le bar. En y pensant bien, c'est possible qu'un sort ait été jeté dans le bar. Ce serait une explication bien plus rationnelle à ma soudaine perte de contrôle totale de mon éthique personnelle. Quoi qu'il en soit, James Potter a fourré sa langue dans ma bouche. Et je me suis laissée faire.

Elle avait dit le tout si vite que la respiration qu'elle prit après sa longue tirade laissa une large trace dans l'atmosphère. Elle ne releva la tête du sol, auquel elle s'était adressée, qu'après s'être assurée d'avoir assez d'air dans les poumons pour ne pas tomber dans les pommes. Alice la regardait, les yeux grands ouverts et la mine estomaquée.  Nelly avait désormais les sourcils froncés. Puis son regard croisa celui de Lily, et elle éclata de rire. D'un rire sincère, joyeux, incontrôlable. Alice ne mit pas longtemps à la suivre. Alors que ses deux amies se bidonnaient devant elle, Lily sentit la boule qu'elle avait dans la gorge lui dévaler l'estomac, pour s'évaporer. Elle se sentait légère comme jamais elle ne l'avait été.

-C'est tout ce que ça vous fait ? Je vous ai menti ! J'avais une bonne raison : j'étais dans un déni tellement profond que j'aurais été capable de me mentir à moi-même si sa vue ne m'avait pas ramené à la réalité. J'ai voulu vous le dire, je vous assure. Hier soir, je voulais vraiment le faire. Mais j'ai reçu cette lettre de mes parents, m'annonçant que Pétunia s'était mariée et...

Alice et Nelly s'arrêtèrent de rire. La deuxième, tout en essuyant les larmes qui avaient coulé le long de ses joues, reprit un brin son sérieux :
-Lil's, tu n'as pas à t'excuser. Tu avais besoin de temps pour le digérer, et je comprends.

-Au faite, tu étais sérieuse quand tu as dit que Malefoy avait voulu te frapper ? demanda Alice.

-Il est venu m'intimider dans les toilettes. Il ne l'aurait peut-être pas fait, je ne sais pas... Quoi qu'il en soit, je préfère oublier cette histoire, et me rappeler de toujours avoir ma baguette sur moi. On ne sait pas de quoi ils sont capables.

Le silence se fit pendant quelques secondes.

-Vous ne m'en voulez pas ? demanda Lily d'une petite voix.

-Bien sûr que non. Tu es notre amie, quoi qu'il arrive. Et ta sœur ne sait vraiment pas ce qu'elle rate en ne t'invitant pas à son mariage.

La rousse sourit et se souvint de ce qu'elle avait dit à Sirius le soir précédent : « on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ».

-Je ne t'en tiendrai pas rigueur à une condition, lança Nelly, énigmatique.

-Laquelle ?
-Dis-nous sincèrement, et je saurai si tu mens : comment embrasse le légendaire James Potter ?

Lily s'embrasa. Elle avait été tellement prise dans sa colère, sa tristesse et sa peur qu'elle ne s'était jamais posée la question. Elle n'avait embrassé qu'un seul garçon dans sa vie, son premier petit-ami. La jeune femme avait tellement tenté de fuir ce souvenir qu'il lui fallut quelques secondes pour se reconnecter à la scène. Une nouvelle boule apparut dans son ventre, d'une toute autre sensation que la première...Mais elle restait Lily Evans, et bien qu'elle ne voulût plus mentir à ses amies, il y avait des choses qu'elle n'était pas encore prête à avouer.

-Et bien... Mise à part son arrogance et le fait que je lui étriperais volontiers les cheveux, on va dire qu'il ne se débrouille pas trop mal. Pas trop mal pour un Potter dans son genre, je veux dire. Tout en sachant que ça ne se reproduira jamais.

Lily eut juste le temps de voir Alice et Nelly s'échanger un regard qui en disait long.

-Faisons un pacte, lança la première. On doit toujours pouvoir tout s'avouer, sans peur d'être jugée.

Lily et Nelly attrapèrent les mains qu'Alice leur tendait :

-Marché conclu.

 

 

Sirius n'avait pas réussi à rejoindre James de la journée. Ce dernier était tant occupé à le fuir que le jeune homme avait passé des heures à cogiter. «Et s'il ne voulait plus jamais être mon ami...». James était la seule famille qu'il ait à ce jour, il ne pouvait se résoudre à le perdre sur un malentendu.

-Ne t'inquiète pas, il sera là ce soir.

Sirius était en compagnie de Peter et de Remus, lequel avait des cernes si grands qu'ils prenaient la moitié de son visage. Les trois garçons attendaient le dernier des Maraudeurs, à l'orée de la Forêt interdite.

-Et s'il ne venait pas, juste à cause de moi ?

Remus soupira :

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous. Et sincèrement, je ne suis pas sûr de vouloir le savoir. La seule chose dont je suis sûre, c'est que James n'oublierait jamais une nuit de pleine lune.

Sirius baissa la tête. C'était quelque chose qu'il aurait pu faire : oublier d'aller aider Remus. Mais pas James, c'était le plus loyal de tous. « C'est aussi pour ça qu'il ne pardonne pas les trahisons », lui intima une petite voix qu'il ne connaissait que trop bien.

-Allais Sir', toi et Cornedrue vous êtes les meilleurs amis du monde, pas vrai ? Ça va forcément s'arranger.

Peter disait vrai : leur amitié tiendrait. Cependant, plus les minutes passaient, plus le cœur de Sirius venait cogner contre ses tempes. Il était neuf heures, et il était impératif que les Maraudeurs regagnent la Forêt interdite pour se préparer à la transformation. Comme toutes les pleines lunes, Sirius se transformerait en chien-ce qui lui procurait la plupart du temps un enthousiasme intense-, James en cerf, Peter en rat et Remus, lui, serait contraint de devenir un loup-garou.

-Il est neuf heures.

-Il va venir, Patmol. C'est lui qui vous a convaincu de devenir des Animagi pour moi. Il ne laissera pas tomber maintenant.

Des secondes passèrent, qui parurent aux yeux de Sirius une éternité, avant qu'une tignasse mal coiffée et des lunettes carrées ne les rejoignent. Il avait les mains dans les poches, et regardait Remus :

-Désolé du retard, mec. J'ai dû aller voir Mcgonagall pour mes heures de retenue.

-Pas de mal.

James n'avait pas lancé un regard à Sirius. Alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la Forêt, Remus le stoppa net :

-Pas si vite. Je veux que vous vous expliquiez maintenant. Pas question que vos querelles viennent tout chambouler ce soir. C'est déjà un moment assez pénible pour moi, je ne voudrais pas retrouver un cerf ou un chien mort demain matin en me réveillant.

James restait buté, le visage cette fois-ci tourné vers la lune.

-J'ai foiré, je sais, se lança courageusement Sirius. J'étais énervé contre toi, parce que je t'ai vu à la soirée d'Halloween. Je t'ai vu... Enfin tu sais.

-Tu m'as vu embrassé Evans ?! s'écria James, désormais subjugué.

-Tu as embrassé Lily ?! s'égosilla Remus.

-Oui, et je l'ai vu, continua Sirius en coupant l'élan de Peter-lui aussi sous le choc de la révélation. Je pensais que tu viendrais nous voir, mais tu n'avais apparemment pas assez confiance en moi pour me confier cela. Je ne cherche pas d'excuse, j'ai été complètement naze. La journée de mes dix-sept ans a été l'une des pires de ma vie.

Et il leur raconta tout : sa morosité, la manière dont il avait manqué de respect à Cassidy (il se tint tout de même de dire de quelle nature provenait ce manque de respect), son frère et la bande de Malefoy et, enfin, Lily.

-Evans ne voulait pas que je te le dise, mais elle s'est faite agressée par Malefoy, le soir d'Halloween.

-Je sais, maugréa James. C'est la raison pour laquelle je suis collé. Elle l'a dit à Narcissa en cours de potions, j'ai entendu et j'ai mis un pain dans la figure de Malefoy.

-Comment ça ?! Malefoy a attaqué Lily ? Eh bien... Je comprends mieux maintenant.

Remus semblait désorienté et triste.

-Quoi qu'il en soit : je ne ressens rien pour elle, et elle ne ressent rien pour moi. Je l'ai croisé dans la Forêt interdite, elle a été témoin de la scène avec Regulus, et on est remonté dans la salle commune. C'est tout, je te l'assure.

James semblait hésiter. Il regardait désormais Sirius dans les yeux, comme pour le sonder :

-Je te crois, finit-il par dire, ses traits se détendant immédiatement.

Sirius eut un sourire flamboyant.

-Merveilleux. Si l'on pouvait aller se transformer, ça m'évitera à tous de vous tuer.

Les dires de Remus firent rire la bande.

-Je n'en reviens pas, pouffa Peter. Dire que Lily Evans a été dans la Forêt Interdite !

-Dire que Lily Evans a embrassé James Potter ! s'écria Remus en mimant le dégoût.

James éclata de rire :

-Faisons un pacte : plus de secret entre nous. Je crois qu'on l'a prouvé à maintes reprises, mais on n'est jamais aussi performant que lorsqu'on partage tout, vous ne croyez pas ?

Les trois quatre acquiescèrent, Sirius le premier. Les Maraudeurs se tapèrent dans les mains.

-C'est parti, le premier transformé gagne la course !

Alors que les quatre amis se lancèrent tête baissée dans la Forêt, la lune éclairant leur pas, Sirius ne put faire taire la petite voix qui lui intimait qu'il était celui qui déshonorait leur pacte.

End Notes:

J'espère sincèrement que vous avez apprécié ce chapitre!
N'hésitez pas à me laisser des reviews et surtout à me dire ce que vous pensez/avez envie de voir pour la suite, j'adore voir les différentes théories et les envies de chacun :)

 

Petit indice pour le prochain chapitre: disons que le loup trouvera bientôt sa louve... ;-) 

 

Plein de bisous et à bientôt! 

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