Le Paradis de mon Enfer by Cassy
Summary:

Année 1978 à Poudlard: le Mage Noir prend de l'ampleur et sème la terreur dans le monde des sorciers. A l'école de Magie, cela n'empêche pas les Mauradeurs et leurs acolytes de faire les quatre-cents coups. 

Cependant, lorsque la mort elle-même s'immisce dans la vie, comment y réchapper?

Venez découvrir la septième année de James, Sirius, Remus, Lily et leurs amis: entre amour, passion, trahison, jeux et ennemis, à qui faire confiance? 

 

Rating -16 à partir du chapitre 18 ! 

1ère partie terminée : du Chapitre 1 : Cérémonie de rentrée

                                 Au Chapitre 35: La première fois 

 


Categories: Epoque Maraudeurs Characters: Les Maraudeurs
Genres: Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Lemon soft
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 71 Completed: Oui Word count: 365647 Read: 58030 Published: 02/10/2016 Updated: 16/02/2020
Story Notes:

Bonjour à tous,

Voilà maintenant presque 6 ans que j'écris des Fanfictions. 6 ans, et c'est la toute première que je publie. Pourquoi me direz-vous? J'imagine que "mes" personnages (ou plutôt la manière dont je me représente ceux de l'incroyable J.K. Rowling) sont arrivés à leur point de maturation dans ma tête :) 

Je suis heureuse de partager cette fanfiction avec vous, et j'espère que vous aurez autant de plaisir à la lire que j'ai eu à l'écrire.

NB: je prends toutes critiques, positives ou négatives, du moment qu'elles soient constructives et non pas une manière de se décharger de la mauvaise journée passée ;) 

NB 2: certains personnages sont totalement inventés. Il vous faudra peut-être du temps pour vous y habituer, mais après 6 ans, vous pensez bien qu'il m'était impossible de ne pas les inclure :D 

 

Sur ce, très bonne lecture! 

1. Chapitre 1: Cérémonie de rentrée by Cassy

2. Chapitre 2: Quidditch et Botanique by Cassy

3. Chapitre 3: Potions et Réactions partie I by Cassy

4. Chapitre 4: Potions et Réactions partie II by Cassy

5. Chapitre 5: Le Club de Slug by Cassy

6. Chapitre 6: Une invitation périlleuse by Cassy

7. Chapitre 7: Tensions by Cassy

8. Chapitre 8: Fête et Morosité by Cassy

9. Chapitre 9: Un whiskey Pur Feu by Cassy

10. Chapitre 10: Zone d'ombre by Cassy

11. Chapitre 11: Gryffondor VS Serpentard by Cassy

12. Chapitre 12: La Nouvelle by Cassy

13. Chapitre 13: Duels by Cassy

14. Chapitre 14: Visites à l'infirmerie by Cassy

15. Chapitre 15: Pré-au-Lard by Cassy

16. Chapitre 16: Halloween by Cassy

17. Chapitre 17: Le temps d'une soirée Partie I by Cassy

18. Chapitre 18: Le temps d'une soirée Partie II by Cassy

19. Chapitre 19: Blessures by Cassy

20. Chapitre 20: Passer le cap by Cassy

21. Chapitre 21: Les liens du sang by Cassy

22. Chapitre 22: Pactes by Cassy

23. Chapitre 23: Demander pardon by Cassy

24. Chapitre 24: Revanches by Cassy

25. Chapitre 25: Quatre Bièraubeurres by Cassy

26. Chapitre 26: Le danger by Cassy

27. Chapitre 27: Patronus et parchemins by Cassy

28. Chapitre 28: Mouvement de panique by Cassy

29. Chapitre 29: Ruptures by Cassy

30. Chapitre 30: Un cadeau pour Noël by Cassy

31. Chapitre 31: Le bal de Noël by Cassy

32. Chapitre 32: le Seigneur des Ténèbres by Cassy

33. Chapitre 33: Du Courrier by Cassy

34. Chapitre 34: Un accueil chaleureux by Cassy

35. Chapitre 35: La première fois by Cassy

36. Chapitre 36: Retour à la réalité by Cassy

37. Chapitre 37: Des échanges houleux by Cassy

38. Chapitre 38: La sentence by Cassy

39. Chapitre 39: Pièces détachées by Cassy

40. Chapitre 40: Recoller les morceaux by Cassy

41. Chapitre 41: Parler d'avenir by Cassy

42. Chapitre 42: S'envahir de bonheur by Cassy

43. Chapitre 43: Transplanage by Cassy

44. Chapitre 44: Surprise! by Cassy

45. Chapitre 45 : Bataille des (s)exs by Cassy

46. Chapitre 46: Deux peuvent jouer Partie I by Cassy

47. Chapitre 47: Deux peuvent jouer Partie II by Cassy

48. Chapitre 48: Anti-romantique by Cassy

49. Chapitre 49: Culpabilité by Cassy

50. Chapitre 50: Esprit de battants by Cassy

51. Chapitre 51: Rapprochements by Cassy

52. Chapitre 52: Une nuit d'été by Cassy

53. Chapitre 53: Pression by Cassy

54. Chapitre 54: Mauvais choix by Cassy

55. Chapitre 55: Les conséquences de ses actes by Cassy

56. Chapitre 56: Action ou Vérité? by Cassy

57. Chapitre 57: Sur le fil du rasoir by Cassy

58. Chapitre 58: Implosion by Cassy

59. Chapitre 59: Explosion by Cassy

60. Chapitre 60: A l'écart by Cassy

61. Chapitre 61: Effervescence by Cassy

62. Chapitre 62: Cassure by Cassy

63. Chapitre 63: Les forces du Mal by Cassy

64. Chapitre 64: Descente en Enfer by Cassy

65. Chapitre 65: Mulciber by Cassy

66. Chapitre 66: Des moldus à Poudlard by Cassy

67. Chapitre 67: Impero by Cassy

68. Chapitre 68: La Gardienne des secrets by Cassy

69. Chapitre 69: Un plat qui se mange froid by Cassy

70. Chapitre 70: ASPICS by Cassy

71. Chapitre 71: Ce n'est qu'un aurevoir by Cassy

Chapitre 1: Cérémonie de rentrée by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous,

Voilà le premier chapitre de ma Fanfiction: j'ai voulu le garder sobre, plus descriptif que réellement empli d'actions, car je pensais important de poser le cadre et de donner un bref apperçu de la manière dont les personnages vont intéragir les uns avec les autres :)

 

 Bonne lecture! 

 

Les murs étaient d'un marbre impeccable. Il émanait du château une sérénité probablement due aux nombreux sorts destinés à le protéger. Le terrain de Quidditch était calme, comme s'il attendait patiemment la venue d'anciens et de nouveaux élèves y disputant des matchs endiablés. Le saule cogneur se tenait fier et droit, espérant tromper les quelques téméraires qui auraient osé s'aventurer trop près de lui. Les remontrances incessantes de Rusard ainsi que les regards perçants et fourbes de sa chatte Miss Teigne ne réussissaient à briser le paisible cadre qu'offrait Poudlard à cet instant. James Potter prit un grand bol d'air frais, ébouriffa ses cheveux et sourit : cela avait beau faire sept ans, jamais il ne se lasserait de la vue de son école lors du premier jour de la rentrée. C'était comme un matin de Noël, où absolument rien ne pouvait ébranler la joie et la fébrilité des élèves.

-Rêveur Cornedrue ?

Sirius Black se tenait aux côtés de son meilleur ami, son éternel fin sourire postiché sur ses lèvres parfaites.

-Essaye plutôt « heureux ».

-Ne me dis pas que tu es devenu romantique en l'espace d'un été ? se moqua le troisième de la bande, Remus Lupin, lui aussi d'un enthousiasme qui lui était peu commun. Ses traits qui habituellement lui donnaient un air malade rayonnait, et ses yeux couleur miel pétillait de bonheur.

-Tu aimerais bien, sourit l'intéressé.

-Là je te reconnais ! s'écria Sirius en lui tapant amicalement dans le dos. Et toi Queudver, quelque chose à rajouter ?

Le dernier du petit groupe, Peter Pettigrow, sembla étonné qu'on lui donnât la parole. Rougissant quelque peu, il répondit de sa timide voix :

-He bien... J'espère qu'il y aura du pudding au diner.

Sous les rires de James et Sirius, les quatre amis- qui s'étaient fait connaître sous le nom des Maraudeurs- s'échangèrent un regard complice et passèrent les portes de l'école de magie, une même promesse dans le cœur : ça allait être une année mémorable.

 

 

-Les premières années, mettez-vous en rang derrière moi. Dépêchez-vous ! J'imagine que pour la plupart d'entre vous, vos parents vous ont déjà amplement parlé de Poudlard bien avant que vous ayez reçu votre lettre. Pour ceux qui ne seraient pas encore très accoutumés à la magie, voici ce qu'il vous faut savoir pour la cérémonie de ce soir : Mr. Dumbledore, le directeur de l'établissement, va commencer par vous adresser un discours de bienvenue puis listera les quelques points les plus importants du règlement. A prendre très au sérieux.

Lily Evans sourit lorsqu'elle vit sa professeure de sortilèges, le professeur Mcgonagall, toiser les jeunes de onze ans terrifiés par-dessus ses minuscules lunettes.

-Bien, reprit-elle en se redressant. Après cela aura lieu la répartition dans l'une des quatre maisons de l'école : Gryffondor - Lily la vit bomber le torse en prononçant le nom-, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Le Choixpeau sera placé sur votre tête et vous indiquera dans quelle maison vous allez passer les sept prochaines années.

-Et s'il l'on sait déjà dans quelle maison on va finir, est-ce réellement nécessaire ?

Le ton hautain qu'avait employé le jeune garçon aux cheveux blonds ne trompait personne. Il n'y avait que Serpentard pour accueillir des étudiants aussi vaniteux. 

Mcgonagall lui lança un regard si perçant qu'il parut vouloir se cacher derrière la mèche qui lui barrait le visage.

-Ridicule. Soupira Nelly Wilbongs, qui se tenait aux côtés de Lily. S'il savait l'humiliation qu'il va ressentir à chaque fin d'année, quand Gryffondor aura encore une fois remporté la coupe des maisons.

Toutes deux venaient d'entrer dans la Grande Salle. Elles furent accueillies par Sir Nicolas, l'un des nombreux fantômes du château, ainsi que par une multitude de plats qui n'attendaient que d'être engloutis. Sans oublier les élèves de Poudlard, tous assis à leur table respective, selon la maison dont ils faisaient partis, le sourire aux lèvres, surexcités d'être enfin retournés dans leur collège pour une année entière. La dernière, en ce qui concernait Nelly et Lily.

-Tu t'imagines qu'il y a sept ans on était à leur place ? fit la seconde avec une pointe de nostalgie.

-Je ne préfère pas. Tu étais déjà tellement énervante à cette époque, rétorqua sa meilleure amie, un sourire malicieux au coin des lèvres.

Lily sourit. Elle se rappelait parfaitement avoir rencontré Nelly dès son premier jour d'école, lorsque toutes deux avaient été réparties à Gryffondor, la maison du courage. Un lien s'était immédiatement créé et très vite les deux jeunes femmes, pourtant bien différentes sur quelques points, ne se quittaient plus.

-Tu as bien bronzé cet été ! fit remarquer Lily à sa meilleure amie.

Nelly était une jeune femme grande aux longues jambes et à la taille très fine. Sa peau, matte au naturel, s'était encore matifiée avec le soleil des vacances. Ses cheveux étaient eux aussi foncés, de même que ses grands yeux bruns.

-J'aimerais te retourner le compliment, mais tu as toujours l'air d'une poupée.

Lily éclata de rire. Elle-même abordant des longs cheveux bouclés et d'un roux foncé, presque auburn, sa peau laiteuse ne bronzait pas facilement. Cependant, quelques taches de rousseur supplémentaires étaient apparues sur son nez durant les vacances d'été. La jeune femme avait de surcroit de magnifiques yeux verts, en amande.

Les deux jeunes filles s'installèrent à la table des Gryffondors alors qu'Albus Dumbledore prenait place sur l'estrade, le regard bienveillant mais ferme. Il ne lui suffit que de s'éclaircir brièvement la gorge pour que le vacarme ne se transforme en murmure.

-Mes chers élèves. Quel plaisir que de se retrouver en ce début d'année ! Bien que je pus passer le reste de la soirée à vous dire à quel point vous tous m'avez manqué, je vais choisir de passer rapidement au règlement que notre concierge, Mr. Rusard, m'a sommé de vous rappeler. Il est interdit de quitter le château sans autorisation, comme il est interdit de quitter son dortoir après le couvre-feu. L'accès au troisième étage est également interdit. Pour ce qui est des premières et deuxièmes années, vous ne pouvez participer aux visites annuelles de Pré-au-Lard. Enfin, notre concierge prie certains élèves de collectionner les bonnes notes plutôt que les retenues. Mr. Rusard est fatigué de devoir trouver de nouvelles punitions.

Le temps qu'il prît pour s'éclaircir la voix lui permit de lancer un œil malicieux bien que sévère vers quatre élèves en particulier. James, Sirius, Remus et Peter, quant à eux, arborèrent leur plus beau sourire. 

-Bien, je crois m'être fait comprendre, continua le directeur avec un petit rire. Je demande aux premières années de s'avancer, afin que la répartition commence !

Durant les longues, très longues minutes où le Choixpeau déterminait dans quelle maison tel et tel élève appartenait, Lily ne quitta pas l'estrade des yeux, applaudissant avec ferveur lorsqu'un petit nouveau était assigné à Gryffondor et détériorant le fait qu'autant de jeunes soient envoyés à Serpentard. Elle ne pouvait comprendre par quelle malédiction cette maison existait encore. La maison de la ruse, comme le Choixpeau la présentait. « De la bêtise et de la cruauté, oui », pensa-t-elle. Sans même s'en rendre compte, son regard dériva vers la table des serpents et se posa sur un certain noiraud qui avait la tête plongée dans son assiette.

 

-Dites-moi les gars, vous comptez travailler un peu cette année, ou vous considérez toujours qu'ouvrir un livre avant un examen soit un affront à votre propre intelligence ?

La répartition venait de se terminer. Les Maraudeurs mangeaient avec appétit tout en discutant vivement de l'année qu'ils venaient d'entamer.

-On verra le moment venu, répondit James en haussant les épaules. Pour l'instant, je suis plutôt impatient de voir ce que l'équipe de Quidditch va donner !

Ça n'était un secret pour personne, James Potter et le Quidditch ne faisait qu'un. C'était pour son talent indéniable en tant qu'attrapeur qu'il était devenu le capitaine de l'équipe de Gryffondor.

-Peut-être que cette année tu vas enfin te rendre compte que Mckigan ne fait absolument rien mis à part jouer de ses muscles !

Cassidy Potter mâcha dans sa pomme de terre, l'esprit fébrile.

-Tu l'auras sans doute remarqué, mais jouer de ses muscles peut être utile quand tu es gardien. En ce qui concerne le fait qu'il te drague, à toi de te débrouiller.

Sa jeune sœur lui lança un regard noir. Cadette d'un an de James, Cassidy n'en était pas moins en septième année. En effet, il n'y avait en réalité que onze mois qui séparaient les deux frères et sœur, et ça avait été pour cette raison que leurs parents avaient insisté auprès de Dumbledore pour qu'ils puissent effectuer leur scolarité ensemble. La jeune femme ressemblait en tout point à son frère, si ce n'était les nombreux centimètres en moins, ses yeux d'un bleu vif et les quelques mèches caramel qui se fondaient dans ses cheveux brun foncés. Garçon manqué et insensible aux frasques de son grand frère, l'adolescence avait cependant poussé Cassidy à se comporter davantage en tant que fille. Excepté sur le terrain de Quidditch.

Cassidy tira puérilement la langue.

-Ou peut-être qu'elle aime ça mais qu'elle veut faire semblant que non se moqua Dorcas Meadowes, la meilleure amie de Cassidy.

Dorcas était aussi à Gryffondor. Beaucoup plus féminine que son amie, c'était elle qui avait appris à Cassidy tout ce qu'il y avait à savoir du maquillage et des garçons et c'était à cette époque que leur amitié s'était cimentée. Dorcas était petite, très mince et délicate. Ses longs cheveux noirs et lisses contrastaient avec le vert de ses yeux.

-Ou peut-être qu'elle est jalouse. Tu ne m'avais pas dit que tu voulais devenir gardien, Cassy ? demanda Sirius, mine de rien.

La jeune fille haussa les épaules.

-Sérieusement ?! s'enquit James. Je ne peux pas réellement me permettre de perdre une attaquante comme toi, désolé. En plus, être gardien, c'est fait pour les mecs.

-Si on pouvait éviter de parler Quidditch, ça ramène toujours votre côté macho, à vous les mecs, ronchonna Alice Fortescue, une amie de la bande, en remettant en place une mèche de ses courts cheveux noirs de jais.

Frank Londubat, son petit ami- bien plus grand et baraqué et joueur de Quidditch de surcroit- s'empêcha de rire alors que Sirius lui adressa une terrible grimace. Alice lui lança une pomme de terre à la figure en lui tirant la langue.

-Au fait James, dis-moi par quel miracle, ou devrais-je dire malheur, Albus Dumbledore a cru bon de te nommer préfet-en-chef, alors que tu n'as jamais été préfet et qu'en plus de ça, tu collectionnes les retenues ? demanda la jeune fille, soudain dubitative.

James ébouriffa ses cheveux et pris un air suffisant.

-J'imagine qu'il s'est tout simplement rendu compte de mon talent et qu'il a pensé, à juste titre, que je serais un merveilleux modèle pour les petits froussards de première année.

Chaque année, deux préfets-en-chef étaient élus, afin notamment de former les nouveaux préfets de cinquième année, de s'occuper des tours de garde les plus importants et d'être, en règle générale, un modèle de vertu pour les autres élèves. James n'avait jamais été préfet, puisque c'était Remus qui avait été nommé ainsi en cinquième année. Sans doute le directeur avait-il pensé que le jeune homme, souvent la voie de la raison des Maraudeurs, pourrait calmer les frasques de ses meilleurs amis. Le petit groupe en avait déduit que Remus avait failli à sa mission, puisque c'était James qui avait été nommé préfet-en-chef. « S'il pense que je vais me calmer, il se met le doigt dans l'œil », avait dit le jeune homme dans un éclat de rire lorsqu'il avait reçu son badge, un Remus décomposé à ses côtés. Lily Evans avait été nommée en tant que deuxième préfète-en-chef. James sourit à cette pensée.

-Sans doute, et il serait si fier de t'entendre les appeler les « froussards de première année », lança Remus, sarcastique mais cependant bon joueur. S'il te plaît, inculque-leur de bonnes valeurs.

-Bon point Lunard ! Inculque-leur les valeurs des Maraudeurs, il nous faudra bien une relève quand nous serons partis, sourit Sirius.

Ce fut ainsi que leur première soirée se déroula, dans l'amitié, la bonne humeur et l'insouciance. Cependant, malgré les blagues incessantes de son meilleur ami et les réprimandes régulières de Remus, James ne pouvait s'empêcher de jeter régulièrement de petits coups d'œil à sa droite. Décidément, ses cheveux roux ne cesseraient jamais de flamboyer.

End Notes:

Un deuxième chapitre arrivera très prochainement :) 

Merci de votre lecture et de vos éventuels reviews,

 

A bientôt! 

Chapitre 2: Quidditch et Botanique by Cassy
Author's Notes:

Bonjour bonjour,

 

Un grand merci à toutes les personnes qui ont lu le premier chapitre, c'est vrai que ça fait toujours plaisir de voir les views :) 

Voici un deuxième chapitre assez court (en règle général ils seront plus longs) qui va un peu dans la continuité du premier, et qui met en place les interactions principales des personnages.

Ne vous inquiétez pas, plus d'action arrivera bientôt! :D 

 

Bonne lecture! 

 

-Comme vous le savez sans doute déjà, vous êtes ici pour la répartition de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Je rappelle à ceux qui étaient déjà dans l'équipe les années précédentes que rien ne garantit votre participation au tournoi de cette année. Tout dépendra de vos compétences. En ce qui me concerne, je reste le capitaine et j'endosse à nouveau la lourde responsabilité de rendre cette équipe meilleure en attrapant le vif d'or, comme à chaque fois !

Des gloussements parurent aux oreilles de James, qui sourit avec fierté. Il déplaça son regard vers les gradins en vue d'en identifier la source. Son sourire n'en démordit pas. Les filles de Poudlard lui avaient manqué. S'il regardait bien en plissant les yeux, il pouvait reconnaître les quelques unes avec lesquelles il lui était arrivé de flirter. Puis il y avait sans doute les nouvelles, celles qui avaient entendu parler de la réputation des Maraudeurs, et qui étaient venues voir d'elles-mêmes si le jeu en valait la chandelle. Elles n'allaient pas être déçues.

-Encore une chose : il est impossible, je dis bien impossible, d'intégrer l'équipe de Quidditch de Gryffondor si vous ne vouez pas, comme moi, une haine infinie envers nos chers Serpentards.

Cette fois-ci, ce fut de vifs rires qui accompagnèrent ses propos, et qui ne venaient pas uniquement des gradins, mais aussi des membres de son équipe. Il était de notoriété publique que Gryffondor et Serpentard se détestaient, mais lorsqu'il s'agissait de la coupe annuelle de Quidditch, une compétition hargneuse s'installait. 

-Heureusement que ce n'est pas le seul critère, tu aurais à débattre avec les trois autres maisons de Poudlard sinon !

Les mêmes filles qui se pavanaient devant James auparavant laissèrent éclater leur accord face aux dires de Sirius, la deuxième star de l'équipe de Gryffondor, si ce n'était de Poudlard. Jamais la popularité de James et Sirius ne leur avait causé de jalousie. Au contraire, les deux amis étaient plutôt amusés de la situation, et ne s'empêchaient pas d'en profiter quand l'occasion se présentait. De plus, James devait avouer qu'il comprenait toutes ces filles. En effet, Sirius n'était pas son meilleur ami pour rien. Doté d'une classe dont ni James ni personne ne pouvait se vanter, il était de plus extraordinairement beau. Ses cheveux noirs ébène contrastaient avec le gris métallique de ses yeux. James savait parfaitement qu'il ne pouvait combattre le charisme de Sirius et cela ne l'avait jamais ennuyé que son ami ait du succès. Lui-même était loin d'être en reste. Ses muscles dus au Quidditch, sa chevelure indisciplinée qui montait en épis derrière sa tête ainsi que son regard marron malicieux encadré de lunettes lui valaient de nombreuses admiratrices. Néanmoins, une de pas assez à son goût.

-Bien, continua-t-il en s'éclaircissant la voix, refusant de se laisser distraire lors de l'un des événements les plus importants de l'année à ses yeux. Maintenant que les choses sont claires, je vous laisse vous répartir par poste que vous voulez atteindre et, à tour de rôle, me montrer de quoi vous êtes capables !

Ce fut avec aisance que Sirius enfourcha son balai et prit sa place en tant que batteur, sachant pertinemment qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il ne soit pas choisi. D'une part car il était le meilleur ami de James, et d'une autre car il était tout simplement le meilleur.

-Tiens, tu n'as pas tenté ta chance au poste de gardien finalement ?

Cassidy venait d'arriver à ses côtés, prête à prouver sa valeur de poursuiveuse.

-Mon frère m'a convaincue ! sourit-elle. Vous ne pouvez définitivement pas vous permettre de perdre un élément comme moi.

Sirius lui lança un regard entendu.

-He bien vas-y Potter, montre-nous de quoi tu es capable !

C'est à ce moment-là que James lança le souaffle dans les airs, que sa petite sœur ne manqua pas d'attraper au vol.

 

-Sirius Black et Franck Londubat, batteurs. Cassidy Potter, Léane Derby et Rudolf Verpey, poursuiveurs. Célestin Mckigan, batteur. Et enfin, le meilleur pour la fin, James Potter, attrapeur. Des objections ?

Ce fut d'une voix assurée que James annonça les noms de ceux qui formeraient l'équipe de Quidditch de Gryffondor pour sa dernière année en tant que capitaine. Il le fit avec une pointe de nostalgie au cœur. Les membres de l'équipe n'avaient pas énormément changé depuis l'année précédente, excepté pour Léane et Rudolf, qui venaient tout droit de quatrième année.

-En ce qui concerne ceux qui n'ont pas été pris, sachez que cela s'est joué à peu, et que quand l'un de nous tombera malade, vous serez les premiers sur la liste. Continuez à vous entraîner dur ! Et n'oubliez pas de venir nous encourager durant les matchs, rajouta-t-il avec un clin d'œil à ceux qui avaient été recalés. Et maintenant, à la douche !

-Bien joué mec lança Sirius en marchant vers son meilleur ami. Tu as un don pour regrouper les meilleurs.

-Un don, un don... ça ne l'a pas empêché de recruter Mckigan ! ronchonna Cassidy.

-Tu dis ça parce qu'il a arrêté deux de tes tirs ? s'amusa James.

-Laisse tomber. Tu ne peux pas comprendre. Bonne douche les nazes ! On se voit en botanique.

 

-Veuillez prendre votre exemplaire de Mille herbes et champignons magiques je vous prie. Mr. Potter, cela fait deux minutes que le cours a commencé.

-Le Quidditch Miss Chourave, le Quidditch ! s'excusa James d'une manière théâtrale tout en se hâtant de se mettre à sa place.

-Et bien le jour où votre Quidditch vous permettra de savoir les bienfaits de la bouse de dragon, je vous en tiendrai compte, répliqua la professeure, ses joues rondes rosissant quelque peu.

-Ça donne un meilleur teint ? tenta James, tout en sachant que ses dires ne feraient que provoquer les rires de la classe.

-Dix points en moins pour Gryffondor.

Ce fut avec un regard sévère mais malicieux que la professeure de botanique répondit à l'étudiant, qui se contenta de hausser les épaules et de se mettre aux côtés de ses amis, son éternel sourire arrogant aux lèvres. Il ne se rendit pas compte qu'à quelques centimètres de là des regards furieux, et l'un en particulier, le fustigeaient.

-Attends qu'elle m'ait vu jouer au Quidditch, ça va la rendre toute chose. Et cette fois, ça sera cent points pour Gryffondor, murmura James à Sirius, qui se contenta d'un énorme éclat de rire.

-Vous êtes immatures, on vous la déjà dit ?

-Un peu d'humour Cassy.

-Pas quand tu nous fais perdre des points. Maintenant, montre-toi intelligent et mets-la en veilleuse, ça nous fera des vacances. 

-Si tu le dis, répondit son frère aîné, sans perdre, encore une fois, une miette de son assurance.

-Miss Chourave ! interpella une fille à l'autre bout de la serre, ce qui coupa Cassidy dans sa tentative de répondre à James. Je ne retrouve plus mes lunettes de protection. Est-ce que ce serait possible d'en emprunter une paire ?

-Quelqu'un aurait-il des lunettes à prêter à Miss Evans ?

Il n'en fallut pas plus pour que James ne dégainât les siennes. Ce fut avec désinvolture qu'il s'approcha de Lily et les lui tendit.

-Tiens ! Je finirai l'exercice avec Sirius de toute manière, alors autant qu'elles servent à quelque chose.

-Merci, répondit la jeune fille en prenant les lunettes du bout des doigts, comme si elles allaient les lui brûler.

C'est en ravalant sa salive qu'elle feignît d'ignorer James pour se replonger dans son ouvrage.

-De rien Evans. Travaille bien !

Le jeune homme reprit place aux côtés de ses amis en se passant une main dans les cheveux.

-Alors Cornedrue, je vois que tu es toujours sur la petite Evans, lança Sirius, moqueur.

-Pas encore, mais j'y travaille.

-Sérieusement ? lança Remus, qui jusque-là avait préféré garder le silence. Cette fille est mon amie, alors si tu pouvais éviter de jouer avec elle comme avec toutes les autres, ça m'arrangerait. En plus de ça, elle t'a fait comprendre à plusieurs reprises que tu ne l'intéressais pas.

Tout le monde ou presque à Poudlard savaient que Lily Evans n'aimait pas les Maraudeurs. Elle trouvait James d'une arrogance sans limite, Sirius froid et dénué de compassion et Peter dépourvu de toute personnalité. Pourtant, son amitié avec Remus en avait surpris plus d'un. En effet, les deux jeunes gens étaient amis depuis leur début de troisième année. Ils avaient par la suite tous les deux été nommés préfets lors de leur cinquième année. Cependant, rares étaient les fois où Lily passait du temps avec lui, car rares étaient les fois où Remus n'était pas avec James, Sirius et Peter. 

-Qui a parlé de jouer avec elle ? lança James après avoir feint de n'avoir pas entendu la dernière remarque de son ami.

-C'est vrai Remus, mon frère voue une admiration pour Lily depuis son entrée à Poudlard, murmura Cassidy, en prenant garde à ce que l'objet de leur discussion de l'entende pas. Crois-moi, elle vaut plus que toutes les autres à ses yeux. Pas vrai Jamesi ?

-N'exagère pas, la rembrunit James, quelque peu refroidi. Je ne lui voue pas une admiration particulière. C'est le fait qu'elle me résiste. Ça la rend particulièrement... Désirable.

-Et on peut savoir comment tu vas t'y prendre, toi qui apparemment es le plus grand séducteur de Poudlard ? railla sa petite sœur.

-Ne t'inquiètes pas pour ça, j'ai un plan. Et crois-moi, il est déjà en train de marcher.

-Et comment ça ?

-Ça me parait évident ! lança Sirius, le sourire narquois. Tu ne comprends donc rien à la psychologie féminine ?
-Eclaire-nous, toi qui passe ton temps à fourrer ta langue dans la bouche des filles, tu dois avoir réussi à atteindre leur cerveau depuis le temps.

Sirius éclata d'un rire qui ressemblait étrangement à des aboiements de chien face à la remarque de Cassidy.

-Ça doit sûrement être ça ! N'empêche, je ne vois pas pourquoi Evans prendrait tant de peine à montrer sa répugnance à James si, comme elle le dit si bien, il l'indiffère réellement.  

Tout le petit groupe en resta bouche bée, ne pouvant contredire les paroles du jeune homme. James, quant à lui, regarda son ami d'un air entendu : lorsqu'il s'agissait de filles, tous deux savaient comment s'y prendre. Et ce dernier comptait bien obtenir ce qu'il désirait, d'une manière ou d'une autre.

 

-Alors comme ça James te prête ses lunettes maintenant. C'est nouveau ?

Ce fut avec une naïveté contrefaite que Nelly avait posé la question, en continuant l'activité que Miss Chourave leur avait assignée quelques minutes auparavant.

-Il a voulu faire son intéressant, comme à son habitude. Et crois bien que je vais les lui rendre aussitôt le cours terminé ! Je ne veux rien devoir à Potter, répliqua Lily, un peu trop brutalement à son goût.

-Je vois que tu es sur la défensive... Tu sais, tu ne devrais pas laisser un simple garçon avoir autant d'influence sur tes émotions.

Le ton qu'employait Nelly laissait clairement supposer qu'elle se moquait quelque peu de son amie de toujours.

-Si tu penses qu'après toutes ces années Potter peut avoir une quelconque influence sur ce que je ressens, c'est que tu ne me connais vraiment pas. Son arrogance ne me touche plus.

-Tu as sans doute raison. Le fait est, elles te vont bien, sourit Nelly, ravie de constater qu'encore une fois, elle avait visé juste.

Lily, de son côté, se rembrunit. Qu'est-ce qu'ils avaient tous avec Potter ? D'abord Alice, qui n'arrêtait pas de vanter ses mérites depuis quelques temps, et maintenant sa propre meilleure amie, qui insinuait qu'elle serait troublée par lui. Jamais, ô grand jamais, Lily Evans ne serait troublée par ce genre d'individus. Lorsque la sonnerie retentit, la jeune femme se précipita hors de la classe, bouillonnante et oubliant complètement le fait que les lunettes qu'elle avait rageusement fourré dans son sac ne lui appartenaient pas.

End Notes:

Merci de votre lecture et à bientôt pour un troisième chapitre! 

Chapitre 3: Potions et Réactions partie I by Cassy
Author's Notes:

Bonjour,

 

Premièrement, je voudrais remercier toutes les personnes qui ont lu le début de ma fanfiction, c'est un plaisir :)

 

Voici le troisième chapitre: les actions commencent gentimment à arriver :)

 

Je vous souhaite dès lors une bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser des reviews :)

 

Une semaine avait passé depuis la rentrée et déjà les élèves de Poudlard croulaient sous les devoirs et autres parchemins à rendre.

-C'est pas possible ! Encore trois centimètres à rendre en divination. Je ne sais vraiment pas comment je vais m'y prendre, soupira Alice en se resservant de céréales au miel.

-Tu vas faire comme moi, t'y prendre à la dernière minute. Je t'assure, il n'y a que ça qui marche, répondit Sirius avec un haussement d'épaules.

-C'est bien votre truc à vous, les Maraudeurs. Tout faire à la dernière minute. Seulement, on n'en a pas tous les moyens, ronchonna la jeune femme.

-Je te rappelle que tu as eu la meilleure moyenne en divination, l'année dernière, contra James.

-Deuxième meilleure moyenne, rappela la jolie brune avec un clin d'œil. Je crois que tu sais mieux que moi qui obtient les meilleures notes à chaque coup.

-J'attendais juste que tu me le rappelles, sourit le jeune homme, un brin moqueur.

-En attendant, on a potion aujourd'hui. Et rien ne me réjouit moins que de partager un cours avec eux.

Par « eux », Cassidy entendait les Serpentards. Comme la plupart des Gryffondors, la jeune femme supportaient très mal le fait d'avoir été répartie avec les élèves de Serpentard pour un cours aussi important que les potions. Sans compter que le professeur lui-même était le directeur de la maison ennemie.

-Soyons optimistes, au moins Slughorn ne fait pas de favoritisme, tenta Remus sans grande conviction.

Le groupe d'amis termina rapidement son petit déjeuner, mais aucun ne semblait vouloir se lever le premier, jusqu'à ce que James prenne les devants :

-Serpentards ou pas, je suis bien décidé à avoir mes ASPICS de potions, et ce n'est en tout cas pas Malefoy et ses acolytes qui vont m'en empêcher.

 

-Ça y est. Le calvaire va commencer.

-Tu parles. Toi au moins tu n'auras pas à essuyer leurs blagues sur ton sang.

-Vois le bon côté des choses : tu pourras encore une fois leur prouver que les nés-moldus peuvent être bien supérieurs à eux.

Comme à son habitude, Nelly réussissait à redonner du courage à sa meilleure amie. En effet, Lily avait beau être la meilleure de sa promotion, voire de Poudlard, cela devenait compliqué de prétendre au fil des années que les insultes à son égard ne la touchaient pas. Surtout lorsqu'elles venaient d'un ancien ami... Ce fut la boule au ventre de devoir partager un cours avec Severus qu'elle entra dans la classe, prenant automatiquement place aux côtés de Nelly.

-Miss Evans, Miss Wilbongs !

Les deux jeunes femmes se retournèrent dans un même mouvement. Leur professeur de potions, Horace Slughorn, marchait vers elles de sa démarche lourde, un énorme sourire maillé aux lèvres qui lui donnait un air quelque peu ivre.

-Quel plaisir de vous revoir, j'espère que vous avez passé d'excellentes vacances ! Ô les miennes furent mémorables. J'ai été faire de la pêche dans le nord de l'Irlande. De la pêche vous imaginez ? Ma douce Lily, j'ai immédiatement pensé à vous. La pêche moldue est excellente pour la concentration et la patience.

-Ravie de vous revoir professeur, lancèrent Lily et Nelly à l'unisson dans un éclat de rire.

-Hum dites-moi Miss Evans... Que faites-vous vendredi soir ?

Horace Slughorn avait pris sa voix la plus basse et mystérieuse pour poser la question.

Lily hésita. Elle pensait savoir ce qui allait suivre, mais ne pouvait décemment pas mentir une fois de plus, elle ne l'avait que trop fait l'année précédente.

-Je n'ai pas grand-chose de prévu, mis à part avancer mes devoirs.

-Prodigieux ! Vos devoirs pourront attendre : vous êtes invitée à ma première soirée de l'année. J'ai hâte de vous y retrouver ! Sur ce, bon cours mes demoiselles.

En effet, chaque année et ce depuis sa cinquième année Lily était invitée aux fameuses soirées d'Horace Slughorn, aussi connu sous le nom de « club de Slug ». La légende disait que quiconque se montrait à ses soirées aspirait à devenir quelqu'un. Bien que Serpentard d'origine, le professeur n'en demeurait pas moins plus ouvert que la moyenne en ce qui concernait ses fréquentations. Pour lui, le talent valait mieux que le sang. Ce fut ainsi qu'il avait créé des soirées dans le plus grand des secrets. Il conviait « l'élite », qui pour lui passait aussi bien par des élèves talentueux et travailleurs, à l'instar de la rousse, que d'autres jeunes gens de bonne famille dont le nom primait sur les capacités scolaires.

-Eh bien... Je viendrai volontiers.

-Brillant ! Retrouvez-moi dans mon bureau à dix-neuf heures trente. Ne prenez pas la peine de manger avant. Ah tiens, Lucius, quel plaisir de vous retrouver !

L'expression de Lily se décomposa. Lucius Malefoy, le roi des Serpentards, venait de débarquer dans la salle de classe, sa froideur résonnant dans les tempes de la rousse. Affublé de son éternelle clique- le gang, comme les Gryffondors l'appelait-, il prit place avec un fin sourire à l'encontre du seul professeur pour lequel il avait de l'estime, sa petite-amie Narcissa à ses côtés, au moins aussi froide que lui.

-Espérons qu'il ne l'invite pas, grogna Nelly.

Il ne fallut à Slughorn que quelques secondes pour convaincre Lucius de se joindre à sa soirée.

-Génial. Comme ça je suis sûre de ne pas y aller.

-Lil's, tu ne pourras pas le fuir toute l'année, lança Nelly avec fermeté. Va à cette soirée et cloue-lui le bec. Il ne peut rien te faire dans l'enceinte de Poudlard.

-J'imagine que tu as raison.

-J'ai toujours raison.

-Fais attention, le plafond est plus bas qu'il n'y parait.

Les deux jeunes filles se détendirent et se mirent à rire.

-Qu'est-ce qu'il y a d'aussi drôle ?

James venait de faire irruption dans la discussion des deux amies. Lily se rembrunit immédiatement.

-Rien de bien intéressant. Slughorn veut que Lily aille à sa soirée, répondit Nelly, quelque peu gênée devant l'un des garçons les plus populaires de toute l'école, tandis que son amie la fustigeait du regard.

-Ah tiens ! Je n'ai jamais compris pourquoi il ne m'avait jamais invité. J'ai cru qu'il allait le faire à plusieurs reprises l'année passée. Rusard l'aura probablement fait changé d'avis. Au fait Evans, tu as toujours mes lunettes je te rappelle.

Prise au dépourvu devant la remarque du jeune homme alors qu'elle mettait toute son énergie à l'ignorer, elle ne sut que répondre.

-Comment ça ?
-Tu sais, en botanique, quand je t'ai prêté mes lunettes. Je les attends toujours, répondit-il tout en sourire devant l'embarras de la jeune femme.

-Et bien je ne les ai pas sur moi, dit-elle, aussi froide que la glace.

-Puisque tu les oublies tout le temps, nous ferions mieux de prévoir un moment pour se voir. Tu pourras me les rendre plus facilement, comme ça.

Ce fut cette fois-ci avec un regard beaucoup plus provocateur qu'il laissa Lily dans son désarroi.

-Quel imbécile ! Comme s'il n'avait pas pu me les demander plus tôt.

-Oui, vraiment. Aucune tenue ce Potter. Tu comptes le fuir, lui aussi ? demanda Nelly, tentant de masquer tant bien que mal son ironie.

Elle avait toujours été du côté de Lily mais n'avait jamais bien compris la haine que son amie pouvait porter à James. Certes, ce garçon n'était pas toujours des plus sérieux, mais il n'en demeurait pas moins drôle et sympathique. Lily vit son amie jeter un coup d'œil vers les Maraudeurs.

-Aucunement. Je vais l'ignorer. Fini les disputes inutiles avec Potter, je n'ai plus de temps pour des idioties pareilles. Que lui et Black fassent ce qu'ils veulent, ça ne me touche absolument pas. Rien de ce que James Potter ne puisse faire ou dire ne m'atteint. C'est simple, il n'existe pas.

-Bien sûr.

Cette fois-ci, Nelly eut du mal à masquer son petit rire et simula une toux. Petit à petit, les apprentis sorciers s'assirent et se turent lorsque Slughorn prit place devant le tableau noir.

-Mes chers élèves. Je suis tellement heureux de vous retrouver pour une année qui se révèle des plus importantes : réussir vos ASPICS de potions vous mènera vers des carrières des plus prestigieuses. Vous voir si nombreux pour ce cours m'emplit de joie ! Bien, passons aux choses sérieuses -le professeur eut un rire nerveux qu'il tenta de masquer en se plongeant dans un manuscrit- votre livre de cette année, qui s'intitule Manuel avancé de préparation de potions n'a pas un titre anodin. Nous allons concocter et travailler sur des philtres plus difficiles les uns que les autres, sans compter que certains pourront se révéler dangereux. Je demanderai donc à ceux qui n'ont pas l'habitude d'ouvrir un exemplaire de changer leurs coutumes.

Sirius et James échangèrent un regard entendu.

-Afin de vous repousser dans vos limites et de vous apprendre le contrôle à toute épreuve, j'ai décidé de changer quelque peu ma manière de faire.

Cette fois-ci, tous les étudiants échangèrent des regards curieux, voir inquiets. Slughorn se dandinait d'un pied à l'autre, les mains jointes.

-Nous allons travailler en duo, afin principalement d'éviter des accidents inutiles, continua le professeur.

Son regard se porta sur Alice, qui haussa les épaules avec un petit rire. Il était de notoriété publique que la jeune fille n'était pas particulièrement faite pour les potions. Elle n'avait eu ses BUSE qu'à force de travail acharné et avait même pris quelques cours particuliers avec Lily.

-Comme vous le savez, le professeur Dumbledore ainsi que tous les enseignants de cette école souhaitent renforcer l'esprit d'équipe entre les maisons de Poudlard ainsi qu'un certain contrôle de vous-même en ce qui concerne des rivalités qui, à notre humble avis, n'ont pas lieu d'être.

Le professeur marqua une pause, ferma brièvement les yeux, puis rassembla son courage et annonça d'une voix qui se voulait puissante :

-Pour ce faire, un membre de la maison Gryffondor sera réparti avec un membre de la maison Serpentard. J'ai tiré les noms au sort. Inutile de vociférer, ma décision est irrévocable.

Malgré les protestations ouvertes et tonitruantes, Slughorn prit la liste qu'il avait posé sur son bureau afin d'annoncer la répartition.

-Professeur, je ne crois pas qu'il soit judicieux de parler de contrôle alors que chacun d'entre nous va tout faire pour brûler son coéquipier, protesta Sirius, perdant son sang-froid.

-Sans compter qu'être dans la même classe qu'eux est déjà un assez grand défi pour nous, renchérit James.

-La ferme Potter. On sait tous que les plus incapables du cours se trouvent dans votre maison.

Cette fois-ci, Alice se tourna vivement vers Lucius, prête à lui bondir dessus.

-Fais attention à toi Malefoy, prévint Franck, prêt à tout pour défendre l'honneur de sa petite-amie.

-Je répète : ma décision est irrévocable, alors inutile de jouer les chouettes enragées, ce cours se déroulera comme je l'ai prévu, car nul autre que moi ne possède le pouvoir de décision ici, est-ce que c'est clair ?

La salle se tut devant une telle démonstration d'autorité. Une première pour Slughorn. Lui-même semblait choqué d'avoir haussé la voix et semblait sur le point de tourner de l'œil.

De leur côté, Lily et Nelly s'étaient échangées un regard plus qu'inquiet. A quoi leur enseignant avait-il pu bien penser ?
-Il a vraiment perdu les pédales cette fois. On va s'entretuer, s'affola Nelly.

Lily ne répondit pas, la boule dans son ventre s'agrandissant. Finalement, affronter Potter ne semblait pas grand-chose face à cette nouvelle.

-Bien. Et maintenant, passons à la répartition.

End Notes:

Merci de votre lecture!

A bientôt pour la suite de ce chapitre! 

Chapitre 4: Potions et Réactions partie II by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous,

 

Encore une fois merci de vos lectures. N'hésitez pas à laisser des reviews, ça peut m'aider à savoir ce que vous pensez des mes chapitres :)

 

Voici un quatrième chapitre, qui est en fait la suite du troisième. Avec ce chapitre, on entre dans le vif du sujet: tout n'est plus tout rose ;) 

 

NB: j'ai commencé ma fanfiction en centrant mon histoire sur les Maraudeurs, plus particulièrement sur James et Lily comme vous avez pu le remarquer. Cependant, il y a parfois où je me sens obligée d'écrire l'histoire du point de vue d'un autre personnage, comme ici avec un paragraphe sur le point de vue de Sirius, parce qu'il me parait difficile de faire autrement. En plus, il y a bon nombre de personnages que j'aime tout autant que James et Lily ;). 

NB2: les (futurs) Mangemorts entrent en scène dans ce chapitre. Etant donné que pour l'instant je centre mon point de vue sur les Maraudeurs et Compagnie, il est évident qu'ils sont décrits comme des êtres abjects. Mais il ne sera pas improbable, voir même carrément possible que je change parfois mon point de vue vers celui des Mangemorts, parce que bon... Je les trouve super intéressants aussi, et j'ai même un petit faible pour Lucius :D Haha, c'est bon c'est dit ;) 

 

Sur ce, Bonne lecture ! 

 

Il régnait dans la salle des potions un climat de tensions peu commun. Chacun avait pris sa place au côté de son nouveau coéquipier imposé. Un silence accablant trônait dans la classe alors que Slughorn écrivait au tableau les différentes directives afin de préparer un élixir d'Euphorie.

-Et bien qu'attendez-vous ? Mettez-vous au travail voyons !
Les faibles bruissements des pages qui se tournaient remplirent quelque peu l'ambiance électrique de la pièce, alors que la plupart des élèves fumaient de l'intérieur. C'était du moins le cas de James, qui se retrouvait aux côtés de son ennemi de toujours, Malefoy. Avec un soupir, il ne put s'empêcher de faire un tour de la classe, afin de voir l'ampleur des dégâts. Sirius était avec Severus Rogue, le pantin de Lucius, qui n'en restait pas moins l'un des meilleurs élèves en potions. Remus, lui, avait hérité de Blaise Goyle, l'élève le plus idiot de Poudlard aux yeux de James. Le jeune homme n'en esquissa pas moins un sourire en imaginant les réactions de son meilleur ami face à la stupidité du Serpentard. Peter était avec Wilkes, Cassidy avait hérité de Elia Parkinson, aussi méchante et cruelle que sa maison. Dorcas s'était mise au boulot en silence. James la soupçonnait de ne pas oser faire autrement. La jeune femme n'était pas en compagnie du plus tendre des Serpentards, puisqu'elle se trouvait affublée de Mulciber, dont la réputation n'était plus à faire. Alice était répartie avec Avery, l'un des acolytes de Mulciber. Il avait un humour au moins aussi noir que son âme. Rookwood avait pris place aux côtés de Franck, qui ne cessait de lancer des regards inquiets à sa copine.

James secoua la tête. Tout cela lui semblait presque irréel. Le jeune homme ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers l'arrière et plus particulièrement vers Lily, déplorant le fait que les nés-moldus soient obligés de partager le cours avec des Serpentards qui ne rateraient pas une occasion pour se moquer de leur sang. Cependant, il fut presque soulagé de voir Narcissa assise près de la rousse. Certes, c'était une Black- la famille de Sirius au complet ne lui inspirait que mépris et répugnance, au vu de leur adoration de la magie noire- et la petite-amie de Malefoy en prime, mais selon les dires de Sirius, elle était de loin la plus calme et réservée de la famille. James la voyait mal lancer des piques à Evans. Nelly, quant à elle, avait hérité d'Evan Rosier, dernier membre impitoyable du gang. James eut un pincement au cœur pour elle aussi, ainsi que pour tous les membres de sa maison. Au final, tous les serpents se valaient.

-Sache que cette mascarade ne m'impressionne en aucun cas, Potter. Je ne compte ni faire d'effort, si ce n'est prétendre être d'accord avec Slughorn, ni t'épargner. Nous ne sommes pas des coéquipiers et on ne le sera jamais.

Rarement désorienté, James perdit son sang-froid face à la remarque calme mais perçante de son rival, ses cheveux blonds parfaitement lisses contrastant avec le regard sombre qu'il lui adressait.

-Fais attention à toi Malefoy. N'oublie pas que je suis l'un des meilleurs élèves de cette école. Une mauvaise dose et toi et tes petits amis vous retrouvez avec des membres en moins.

-Moi et mes petits amis expérimentons les potions depuis bien plus longtemps que toi et tes poltrons. Je te le répète : ça ne m'impressionne en aucun cas.

Pour la première fois depuis qu'il était à Poudlard, James Potter eut la boule au ventre. Pas uniquement pour lui, puisqu'il était conscient de ses qualités, mais pour tous ses amis de Gryffondor. Il savait parfaitement que tous n'étaient pas doués en potions, à l'instar d'Alice et qu'en plus de ça, la maison or et rouge ne possédait pas le même sens de la cruauté que les Serpentards. Fumant de l'intérieur, il prit son livre et concocta lui-même le philtre d'Elixir, non sans remarquer que Lucius avait pris de l'avance sur lui.

 

-Tu penses peut-être que je vais faire tout le travail ?

Lily ne se l'avouait pas, mais se retrouver avec Narcissa était une aubaine sachant les spécimens dont Nelly et Alice avaient hérité. Sa gorge se noua en pensant à tout ce que ses amies allaient devoir subir cette année-là en potions. Quant à elle, elle ne comptait pas se laisser faire, se rappelant tout de même que Narcissa n'en demeurait pas moins la petite-amie de Malefoy, et que rien n'était sûr avec lui.

-Je m'occuperai de peler les gousses de Mandragore. Quant à toi, mélange l'armoise et la poudre de corne de licorne.

Lily préféra ne pas obtempérer, connaissant sa propre valeur en cours de potions. Narcissa ne réussirait pas à la déstabiliser sur ce point. La rousse était de loin l'une des meilleures à tous ses cours, mais elle avait une petite préférence pour les potions. Un seul élève réussissait parfois à la surpasser. Décidant de ne pas se laisser perturber encore plus qu'elle ne l'était déjà, elle s'interdit de se tourner vers le jeune homme aux cheveux gras qui, elle le savait, allait passer de sales quarts d'heure.

 

-Tu as l'habitude d'être le larbin des autres non ? Alors je te laisse préparer la potion, Servilus.

En entendant Slughorn le répartir avec Severus, Sirius avait presque béni le choix de son professeur d'unir les deux maisons ennemies. Si quelque chose lui faisait encore plus plaisir que d'anéantir les Serpentards, c'était d'humilier Rogue. Personne ne l'ignorait, Severus était le bouc-émissaire des Maraudeurs depuis leurs débuts à Poudlard, en particulier de Sirius et de James. Le jeune Gryffondor ne l'expliquait pas bien mais sa haine pour celui qu'ils avaient nommés Servilus ne faisait qu'augmenter avec les années. « Comment peut-on être aussi faible ? » Sirius aussi avait grandi dans une famille qui pratiquait la magie noire, lui aussi aurait pu se laisser aller à la facilité et rejoindre les rangs de celui-dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom, lui aussi aurait pu rester auprès de sa famille. Au lieu de cela, il avait décidé de se battre contre la partie la plus noire de lui-même, d'abandonner les siens et de se faire bannir de son propre toit. Mais pas une minute il ne le regrettait. Ce qu'il déplorait, c'était tous les autres qui n'étaient pas capables du même choix.

-La ferme, Black.

- « La ferme, Black ». Quelle répartie ! Pas étonnant que tu n'arrives pas à grader dans ton gang, avec un sarcasme aussi naze. Au fait, essaye de ne pas mettre trop de graisse dans la potion, tu serais gentil.

Bien entendu, la remarque était facile au vu du physique peu avantageux de Rogue. Il était maigre, tellement blanc qu'il en devenait livide, avait un gros nez crochu et des cheveux noirs, la plupart du temps gras.

-Je te le répète : ne me cherche pas trop.

-Sinon quoi ?

-Tu serais surpris de voir de quoi je suis capable.

-Ô je le sais très bien. Tu es le genre de mec à traiter sa soi-disant meilleure amie de sang-de-bourbe. Pas de quoi être troublé si tu veux mon avis. Maintenant, mets-toi au boulot. Rien que de te parler me donne presque autant de boutons que tu en as.

L'incident s'était passé en cinquième année. Severus avait traité Lily, qui l'avait toujours soutenu face aux Maraudeurs et au reste de l'école, de l'insulte la plus méprisante à l'encontre d'une personne née moldue. James avait voulu prendre sa défense en pendant le garçon à un arbre, mais la jeune femme n'en était ressortie que plus énervée. « Drôle ironie du sort », pensa Sirius. Ça ne l'avait que plus conforté dans sa haine envers le garçon.

 

La sonnerie retentit et tous les élèves bondirent de leur siège, ne prenant même pas la peine de saluer leur professeur. Ce cours de potions avait été le plus long de l'histoire. Le bilan : Wilhema Mcmillan, d'origine rousse, était ressortie les cheveux verts, Alice avait fait exploser une partie de son bureau et aucune des potions concoctées n'avaient donné de résultats, ce qui avait valu aux élèves un parchemin de vingt centimètres à rendre pour le prochain cours en plus des devoirs ordinaires.

-La prochaine fois, je vous assure que je n'hésiterai pas à lui fourrer sa tête de furoncles dans la potion, chaude de préférence ! 

Lorsqu'il s'agissait d'haïr Elia Parkinson, personne ne pouvait arrêter Cassidy.

-Ou mieux : je vais essayer de la tuer. Une goutte de poison dans sa potion et pouf ! plus de Parkinson.

La jeune femme avait presque craché le nom.

-Fais comme moi, lui conseilla Sirius, profites-en pour la déstabiliser. 
-Je te rappelle que toi, tu as Servilus, se moqua Dorcas.

-Oui, alors ne viens pas la ramener, maugréa Cassidy, sa mauvaise humeur étant désormais presque palpable. Et toi James, qu'est-ce qu'il y a à dire sur Malefoy ?

-Rien à dire.

Sa réponse surprit tout le petit groupe qui se dirigeait vers la Grande Salle pour déjeuner. Remus se stoppa net dans sa marche.

-Même moi je suis prêt à dire que Goyle est la créature la plus stupide qu'il puisse exister sur cette Terre. Je ne suis même pas sûr que le type sache écrire. Qu'est-ce qu'il se passe Cornedrue ?

-Aucun d'entre eux ne méritent qu'on ne leur donne autant d'importance. Ils sont dangereux, Lunard. Je n'y croyais pas jusqu'à aujourd'hui mais maintenant j'en suis convaincu. Ce n'est pas juste une haine entre maisons, ça va au-delà de ça.

-Tu veux dire... Ils pourraient faire partie d'un groupe de magie noire ? demanda Alice, quelque peu ébranlée après avoir failli brûler au sens propre du terme.

-Je dirais même d'un groupe en particulier, lança-t-il, la voix basse et l'œil grave.

Tous se turent. Il était rare que James se comporte de manière sérieuse, surtout après un cours aussi pesant. C'est pourquoi aucun de ses amis ne remit en doute son allégation. Le gang de Malefoy avait une mission en tête : rejoindre les rangs de Lord Voldemort, le mage noir le plus cruel et puissant de l'histoire. Son seul nom avait pris une telle ampleur que le monde magique avait pris pour habitude de l'appeler Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. A Poudlard, personne n'ignorait ce qui se passait à l'extérieur : des membres du Ministère qui agissaient étrangement, des disparitions de moldus soudaines, des familles entières de sorciers au sang considéré comme « impur » décimées. Plus les jours passaient, plus les rangs de ceux qui suivaient le mage noir -les Mangemorts- grossissaient. Et James en était certain : Malefoy et ses acolytes en feraient partie à leur départ de Poudlard.

-C'est une guerre. A nous de choisir de quel côté on veut être.

Ce furent sur les mots solennels mais non démunis de sens de Sirius que la bande prit place dans la Grande Salle, le cœur lourd pour la première fois depuis la rentrée.

End Notes:

Merci de votre lecture,

 

A très bientôt pour un cinquième chapitre :)

 

Chapitre 5: Le Club de Slug by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un cinquième chapitre: je suis en vacances, alors je peux poster plus régulièrement ;-). En règle générale, j'essayerai de poster un chapitre par semaine :)

 

Ce chapitre se concentre plus particulièrement sur Lily, parce que j'adore tout bonnement ce personnage: j'aime sa franchise, le fait qu'elle soit intelligente et qu'elle n'ait pas besoin de se rendre plus bête qu'elle ne l'est pour plaire ;) La preuve avec notre petit James, qui ne se lasse pas de lui courir après! Ne vous inquiétez pas, leur relation va évoluer vers autre chose que: "vas-tu me rendre mes lunettes?" Mais j'aime prendre mon temps et construire les relations. 

Comme vous le verrez prochainement, il y aura bien d'autres relations que James/Lily, qui j'espère vont vous plaire :)


Sur ce, très bonne lecture mes amis! 

 

Une deuxième semaine venait de s'achever à Poudlard. Les septième années, plus que tous les autres, étaient assaillis de devoirs, en plus de la matière de sixième année à réviser.

-Comment ils comptent nous laisser le temps de réviser l'ancienne matière si on n'a déjà pas assez de temps pour assimiler la nouvelle ?
Nelly et Lily se trouvaient dans la Salle Commune de Gryffondor, et travaillaient sur un devoir de Sortilèges particulièrement compliqué.

-Je pense que si l'on a bien travaillé l'année dernière, on sera récompensé, assura Lily.

-Justement..., marmonna Nelly, sans que son amie ne lui prête véritablement attention.

-Tu m'excuserais un instant ? demanda la rousse. Il faut que j'aille voir Remus au sujet de nos patrouilles.

Nelly acquiesça en tournant la tête : Remus venait en effet d'entrer dans la Salle Commune en compagnie de Peter Pettigrow.

-Remus !

-Salut Lily ! Tu vas bien ? Pas trop difficile cette première semaine ?

-La pression commence déjà à monter mais je m'y attendais. Et puis, j'ai quand même un peu revu la matière de l'année passée cet été, alors je ne me fais pas trop de soucis.

Remus sourit : s'il y avait bien quelque chose dont il était sûr, c'était que Lily Evans ressortirait première de leur promotion.

-En faite, j'aurais aimé qu'on parle un peu des patrouilles de préfets. Je sais bien que tu n'es pas préfet-en-chef, mais je me suis dit que ça ne changeait pas grand-chose après tout, tu as aussi des patrouilles à faire.

-Pet', ça t'ennuie d'aller m'attendre sur les fauteuils ? Je fais mon boulot de préfet et je viendrai te donner un coup de main pour ce devoir.

Lily adressa un bref signe de la main au garçon grassouillet qui décampait vers les fauteuils.

-Alors ces patrouilles ? demanda Remus, un sourire bienveillant aux lèvres en voyant la gêne évidente de Lily.

-Tout d'abord, sache que si je viens t'en parler à toi, c'est parce que je sais que tu prends ce boulot très au sérieux, répondit la jeune femme pour qui -elle ne se l'avouait pas- il était tout bonnement impossible de demander de l'aide à James Potter.

Elle avait cru vomir en entendant la nouvelle que son coéquipier allait être le jeune homme, elle qui avait espéré de toute ses forces qu'elle serait à nouveau aux côtés de Remus.
Le lycanthrope eut un petit sourire en coin : il était quelque peu ironique que lui-même dût parfois donner des remontrances à des élèves en retard compte tenu du nombre de fois où lui et ses amis avaient violé le règlement, contraints ou non.

-Voilà alors enfaite..., commença Lily d'une petite voix avant d'être interrompue par une voix beaucoup plus masculine.

-On complote en secret ? J'espère qu'il ne s'agit pas de ma paire de lunettes Evans, sinon, je devrai prendre des mesures conséquentes.

Lily ferma les yeux quelques instants. Était-il possible de parler à Remus sans que Potter ne se voie dans l'obligation de prendre parti ? « Jamais. », lui intima une petite voix intérieure qu'elle ne connaissait que trop bien.

-Ce que je fais avec Remus ne te regarde en rien, Potter. Maintenant, si tu me permets, j'aimerais finir ma conversation. Et ne t'inquiète pas pour tes lunettes - elle cracha presque le mot-, elles te seront rendues bien avant que tu aies à les utiliser.

James sourit, de cet abominable sourire arrogant selon Lily, et lança un « amusez-vous bien ! » avec un clin d'œil envers Remus, qui s'efforçait de rester impassible.

-C'était là où je voulais en venir, continua Lily en tentant tant bien que mal de maîtriser sa colère, si ça ne t'ennuie pas, j'aurais bien aimé que tu m'accompagnes dans mes premières patrouilles.

La jeune fille se dandinait d'un pied à l'autre, rarement contrainte à demander de l'aide.

-Pas de problème pour moi ! Au vue des temps qui courent, je trouve ça plus prudent. Et puis ce sera une bonne occasion pour nous de parler sans être interrompu, lança Remus avec un clin d'œil.

Lily lui sourit, soulagée que son ami ait compris. La jeune fille avait beau être l'une des meilleures de son année, voire de l'école, les patrouilles nocturnes étaient devenues de plus en plus inquiétantes depuis que son amie, Mary McDonald, s'était fait agressée dans les couloirs de Poudlard l'année précédente. Lily chassa de sa tête ce souvenir douloureux, puis remercia Remus avant de rejoindre sa meilleure amie.

-Alors ? demanda Nelly, un peu trop vite à son goût.

-Je ferai mes patrouilles avec Remus. Ce sera enfin l'occasion d'être un peu seule avec lui !

Lily replongea dans son devoir de sortilège, ne remarquant pas le tic nerveux que Nelly avait adopté en prétendant sourire à son amie.

 

-Tu es sûre que ça ne fait pas trop ?

-Je te l'ai répété cent fois : cette robe te va à ravir ! Et puis, Slughorn aime que vous soyez bien habillés non ?

-Honnêtement je m'en contre-fiche d'être bien habillée. J'ai un devoir de sortilège pas terminé à rendre et aucune envie de me promener dans les couloirs comme si j'allais à un bal.

-N'exagère pas, tu portes une robe noire cintrée. Pas de dentelle, aucun décolleté, rien d'affolant en soi. Même si tu es très jolie dedans !

-C'est toi l'experte.

Lily et Nelly se tenaient devant le miroir de leur dortoir, débattant de la tenue sobre mais élégante que portait la rousse pour assister à la fameuse soirée de rentrée de Horace Slughorn. Pour l'occasion, la jeune fille avait noué ses cheveux en une longue tresse qui lui descendait le long du côté droit.

-Ne te cherche pas plus d'excuse. Je sais très bien pourquoi tu ne veux pas y aller.

-Et pourquoi ? demanda Lily avec un peu trop de vigueur.

-Malefoy sera là.

La rousse se rembrunit.

-Malefoy habite dans le même lieu que moi. Je le vois pratiquement tous les jours. Pourquoi est-ce que j'en aurais peur maintenant ?

-Parfait ! Hé bien aucune raison de redouter la soirée. Maintenant file, Slug' n'aurait pas envie de te voir en retard !
Lily se renfrogna, regarda une dernière fois son reflet dans le miroir, qui lui parut au final satisfaisant, puis s'en alla d'un pas qui se voulait décidé au dehors du dortoir après un dernier au-revoir à Nelly. Lily appréciait énormément son professeur des potions mais ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui lui passait par la tête. Comment pouvait-il être assez naïf pour convier deux personnes aussi différentes que Malefoy et elle-même à une même table ? Bien entendu, il y avait eu le discours du Choixpeau et de Dumbledore lui-même sur l'importance de l'entraide entre maisons, mais personne n'était assez dupe pour ne serait-ce que penser qu'une réconciliation entre Gryffondor et Serpentard fût possible. Apparemment, Slughorn ne l'avait pas bien compris.

Ce fut dans ses pensées et le regard vers le bas qu'elle bouscula quelqu'un dans la salle commune, prête à passer le portrait de la Grosse Dame, chargée de garder la porte.

-Excuse-m...

Lily releva la tête et son visage s'assombrit aussitôt.

-Potter, pourquoi faut-il toujours que tu sois dans mes pattes ?

-Parce que tu ne m'as toujours pas rendu mes lunettes, et je commence à me faire du souci, répondit James, son éternel sourire suffisant aux lèvres.

Il prit quelques secondes afin de détailler Lily : les formes de ses jambes, sa taille marquée par sa robe noire, la tresse qui s'écoulait le long de sa poitrine, ses yeux de biche.

-Un problème ? demanda la jeune femme, impatiente. Il est évident que je n'ai pas tes lunettes sur moi, alors laisse-moi passer.

-Tu as rencard ?

James avait tenté de prendre un air nonchalant en posant la question.

-Ça ne te regarde en rien ! Maintenant laisse-moi passer Potter, j'ai des personnes bien plus intéressantes à aller voir.

« Des personnes », lâcha une petite voix dans la tête du jeune homme, qui reprit son sourire.

-Amuse-toi bien Evans !

-C'est ça.

Désormais aussi furax que nerveuse, Lily se dirigea vers le trou de la salle commune de Gryffondor, ne remarquant pas que les yeux de James étaient inlassablement posés sur elle. Elle dévala les escaliers à toute allure puis reprit son souffle quelques secondes avant de frapper à la porte du bureau de Slughorn, et d'entrer en entendant un enthousiaste « Venez seulement ! » lui répondre.

-Ma chère Lily ! Qu'est-ce que vous pouvez être ravissante, vous illuminez la pièce dans cette robe !

Lily venait d'entrer dans le bureau de son professeur de potions, quelque peu gênée face à la remarque de ce dernier.

-Vous êtes en retard, lança Slughorn avec un clin d'œil.

-Oh ! Eh bien, c'est que...

-Je vous charrie ! Nous ne nous étions même pas installés. Je vous en prie, prenez place.

Lily eut un soupir de soulagement en voyant que Slughorn désignait le siège à côté de lui, et qu'il y avait trois places entre elle et Lucius Malefoy. Le jeune Serpentard n'avait pas bougé lorsque Lily était entrée mais elle pouvait aisément sentir la haine dans son regard, qu'elle comptait éviter toute la soirée.

-Bien, prenez place mes chers, prenez place. Dites-moi Jacobsen, comment se porte votre père depuis sa promotion au ministère ?
Lily vit un jeune Serdaigle de quatrième année se redresser, réajuster sa cravate, s'éclaircir la gorge et dire d'une voix pompeuse :
-Papa est absolument ravi de servir dans le bureau à côté de celui du ministre. C'est un homme tout à fait charmant, à en croire papa. Il me dit même qu'il adore les patacitrouilles !
Le professeur de potions éclata d'un rire lourd, presque grossier, tandis que Lily lui lançait un petit sourire gêné, la tête plongée dans son assiette.

Le reste de la soirée se passa de la même manière : Slughorn interrogeant les élèves les uns après les autres et les élèves tentant d'impressionner par leurs relations. Lily remarqua qu'elle était la seule qui avait été invitée uniquement grâce à ses notes. Quand vint son tour, elle ravala la bile qu'elle avait au fond de la gorge et concentra son regard sur Slughorn, ce qui l'aidait à oublier le regard brûlant de haine que lui envoyait un élève à sa droite.

-Ma douce Lily, je suis sûre que vous serez impressionnante en potions cette année. Je ne vous le dis pas assez, mais vous êtes l'une des élèves les plus brillantes qu'il m'ait été donné d'avoir dans mes nombreuses années d'enseignement.

La rousse se félicita intérieurement d'avoir une peau qui ne rougissait pas facilement. Les joues brûlantes, elle marmonna un remerciement timide.

-Professeur.

-Oui Mr. Malefoy ?
-Pensez-vous réellement que les nés moldus aient leur place parmi les sorciers ?
Il y eut un lourd silence, suivi d'un bruit de fourchette lâchée dans une assiette. Le professeur Slughorn blanchit considérablement, malgré son quatrième verre de vin achevé.

-Mr. Malefoy, je pense que notre jeune Lily est ici une preuve inconsidérable qu'avec beaucoup de travail il est tout à fait possible de...

-Beaucoup de travail, je n'en doute pas, coupa le blond, de sa voix trainante et imperturbable. La sorcellerie ne se doit-elle pas d'être naturelle ?

Elia Parkinson, qui accompagnait Malefoy, avait l'air d'un crapaud qui venait d'avaler une mouche particulièrement savoureuse. Tout autour de la table, seuls les yeux des autres élèves, à la fois choqués et avides d'en entendre plus, ne bougeaient. Slughorn, complétement dépassé, ne pipait mot. Lily sentit ses joues bruler, mais non plus de timidité :

-Et dis-moi Malefoy, quand ta petite amie aura raté son examen de potions, est-ce que tu penseras toujours que la sorcellerie est naturelle pour tout le monde ?

-Toi, ne m'adresse pas la parole, lança le blond, empli de haine.

Lily se leva, ce qui fit vaguement trembler la table :

-Ou sinon quoi ?

Malefoy en fit de même, les deux dégainèrent leur baguette.

-STOP !

La table entière sursauta et se retourna d'un seul mouvement vers Slughorn, lui-même surpris de devoir hausser la voix une fois de plus.

-Enfin bon, nous sommes ici pour passer un bon moment, pas pour alimenter une quelconque haine entre maisons. Lucius, notre amie Lily a sa place comme tout le monde dans cette école, si ce n'est plus aux vues de ses capacités supérieures en ce qui concerne la magie. Elle est probablement la sorcière la plus douée que j'ai connu dans ma carrière. Maintenant asseyez-vous, la glace ne va pas se manger toute seule !

Le professeur tenta d'aborder un sourire rassurant alors qu'il s'épongeait le visage avec un mouchoir qu'il sortit de sa veste en velours côtelé. Lily baissa sa baguette, sans lâcher Malefoy des yeux. Puis elle prit une grande respiration et se rassit, bien déterminée à finir cette soirée aussi vite que possible.

La fin du repas se passa dans un silence morbide, que Slughorn tentait de briser à plusieurs reprises par quelques blagues. Lily finit sa glace en quatrième vitesse, puis, lorsqu'elle jugea que les conversations avaient assez repris pour qu'elle puisse s'éclipser sans trop se faire remarquer, elle remercia son professeur et sortit du bureau, la tête haute. Une fois dehors, elle courut jusqu'à la salle commune de Gryffondor, de grosses larmes lui coulant le long des joues.

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous aura plu!

 

Encore une fois, n'hésitez pas à laisser des review. C'est vrai que j'aimerais bien savoir ce que vous pensez de ma fanfiction: si vous la trouvez totalement vide de sens ou si vous êtes contents quand vous voyez qu'un nouveau chapitre est sorti :)

 

A très bientôt! 

Chapitre 6: Une invitation périlleuse by Cassy
Author's Notes:

Bonjour,

 

Me revoilà avec un sixième chapitre: un peu plus calme cette fois-ci, qui se base plus sur les interactions entre les personnages :) 

 

Je vous souhaite à tous une très bonne lecture! 

 

-Veuillez ouvrir vos livres à la page quatre-vingt-dix-sept. En silence, s'il vous plait.

Les Gryffondors ainsi que les Serdaigles de septième année venaient d'entrer dans la salle de Défense contre les Forces du Mal.

Lily s'installa aux côtés de Nelly et ouvrit son livre, perdue dans ses pensées. Depuis la soirée de son professeur de potions, elle n'avait cessé de penser à ce qu'il s'était passé et redoutait plus que tout son prochain cours de potions.

-Au fait, tu ne m'as pas exactement dit comment s'était déroulé ta soirée chez Slughorn ?

-Rien à dire, marmonna Lily, qui avait un souvenir cuisant de l'humiliation qu'elle avait subi.

-Mais Malefoy ne te fait plus peur, rassure-moi ?

« Si, plus que jamais ».

-Non.

-Parfait !

-Miss Evans, Miss Wilbongs, l'une d'entre vous pourraient-elles définir ce qu'est un Inferi ?

Nelly sursauta et se tassa sur sa chaise, honteuse de n'avoir pas écouter un mot du début du cours.

-Les Inferi sont des cadavres d'hommes réanimés par un mage noir, principalement pour constituer une armée. Ils sont très difficiles à combattre puisqu'ils sont déjà morts mais peuvent être repoussés grâce au feu, énonça la rousse avec confiance.

Le professeur de Défense contre les Forces du Mal, Monsieur Burbog, haussa un sourcil, puis reprit son cours.

-Lily, si tu savais à quel point je suis contente d'être ton amie parfois !

-Parfois ?

-Tout le temps, pour ainsi dire !

Les deux amies se sourirent et se concentrèrent sur les Inferis.

 

 

-Deux semaines. Deux semaines et je suis déjà exténué !

Peter, Remus, James et Sirius étaient attablés à la Grande Salle, devant leur déjeuner.

-Ne t'inquiète pas Queudver, on va vite se revigorer !

-Qu'est-ce que tu as en tête Patmol ?

Sirius regarda James avec un regard entendu.

-Je pensais à une petite soirée, histoire de se détendre un peu. En plus de ça, ça fait déjà deux semaines qu'on est à Poudlard, et je n'ai toujours pas dragué Marlene McKinnon !

James éclata de rire.

-Parfait pour moi ! Mais tu oublies un petit problème...

-Lequel ?

-Une soirée je veux bien, mais dans la salle commune de Gryffondor, ça risque d'être difficile d'y amener une Serdaigle.

-Quel autre endroit tu envisagerais ?

James eut un sourire carnassier en se tournant vers Remus.

-Ne compte pas sur moi, se contenta de dire le lycanthrope, les sourcils froncés et les yeux plongés dans la Gazette du Sorcier.

-Enfin allais ! C'est notre dernière année Lunard.

-Je suis préfet, j'ai des responsabilités. Que tu as aussi en tant que préfet-en-chef, soi-dit en passant.

-Ça ne t'a pas empêché de participer à nos blagues ces dernières années, et nos blagues n'ont pas empêché Dumbledore de me nommer préfet-en-chef, ce dont je lui suis amplement reconnaissant. Depuis, tu noteras que j'ai fait mon travail remarquablement bien : aucun élève de première année n'a été traumatisé. Au contraire, j'ai même donné mes anciennes notes à Clark Dipret.

Remus ne releva pas la remarque de James, bien décidé à ne pas laisser ses amis le pervertir une fois de plus.

-J'aimerais qu'on me mette au courant, je ne suis plus du tout là, intervint Sirius. Tu t'expliques Cornedru ?

-Eh bien, en tant que préfet-en-chef, j'ai un local à disposition tout près de la salle commune des Gryffondors. Il y a un petit canapé et un meuble où l'on classe nos bilans de patrouille. Il n'est pas très grand, mais il suffirait d'un sort pour l'agrandir. En utilisant ce local, on pourrait inviter aussi les Poufsouffles et les Serdaigles, dont McKinnon.

-Pas si bête Jamesi ! c'est conclu, on fera la fête dans la salle des préfets-en-chef ! lança Sirius, ne voyant pas bien pourquoi James continuait de fixer un Remus têtu, le regard résolument fixé sur son journal.

-Queudver, à toi de jouer, pria James.

-Je suis extenué, et je pense qu'une fête pourrait sincèrement me remonter le moral. En plus de cela, si James est d'accord d'utiliser ce local, ça ne portera pas préjudice à ton rôle de préfet pas vrai ? Et ce n'est pas la première fois qu'on enfreint le couvre-feu... Pense aux nuits de pleine lune.

-Tu viens de mettre le doigt sur un point particulièrement problématique.

-On ne choisira pas une date de pleine lune !

-Je ne parlais pas de ça, mais plutôt du fait que Cornedrue n'est en effet pas le seul à pouvoir bénéficier de ce local.

Cette fois-ci, Remus avait levé les yeux de son journal et fixait plus particulièrement James, lequel arborait son éternel sourire arrogant.

-Lunard, c'est la première chose à laquelle j'ai pensé.

-Tu iras la convaincre toi-même !
-Tu sais très bien que ça ne marchera jamais. Je n'arriverais même pas à finir ma phrase ! Venant de toi, elle le prendra beaucoup mieux. Le bon Remus qui vient proposer de s'amuser à une soirée entre amis, comment refuser ? Sans compter qu'il y a des chances qu'elle ramène Nelly, dit James en se voulant désinvolte.

Remus espéra que ses amis n'avaient pas remarqué qu'il s'était légèrement empourpré. Sirius sembla soudain comprendre la situation, et arborait un sourire au moins autant grand que son meilleur ami face à Remus.

-Je vous promets que si quelque chose se passe mal, vous me le payerez toute l'année.

Sirius et James s'échangèrent un clin d'œil : c'était dans la poche.

 

-Dis Lily, on fera l'exposé sur les Inferis ensemble ?

-Non, je commence à en avoir marre d'être toujours avec toi.

-Très drôle. Dis-moi simplement sous quel angle tu veux attaquer le sujet, et j'irai me documenter.

Lily lança un regard entendu à Nelly, tandis qu'elle se resservait de gratins de pommes-de-terre, un de ses plats favoris. Alors qu'elle débattait avec son amie de la meilleure façon d'aborder l'influence que pouvaient avoir les Inferi dans les contes pour enfants, Remus vint les interrompre, les mains dans les poches :

-Salut Lily ! Dis... Il faudrait que je te parle de quelque chose.

-Je peux vous laisser, proposa Nelly, quelque peu déçue que Remus l'ait ignoré.

-Oh non ! ça te concerne aussi à vrai dire. Enfaite... Etant donné que c'est notre dernière année, j'ai pensé -le jeune homme avait jugé préférable d'employer la première personne pour ce genre de requête auprès de Lily- que ça pourrait être une bonne idée de se détendre le temps d'une soirée.

Lily haussa un sourcil, amusée de la gêne du jeune homme. Nelly, quant à elle, s'était rabattu dans ses légumes, cachant son sourire. Remus prit une grande inspiration et s'assit aux côtés de la rousse.

-Enfaite, j'aurais aimé savoir si je pouvais utiliser le local de préfet-en-chef vendredi, le temps d'une soirée entre amis. Tu y seras invitée bien sûr, et toi aussi Nelly !

La jeune femme leva subitement la tête, ses joues prenant une teinte rose soutenue.

-Quel genre de soirée ? demanda Lily, soudain plus sèche.

-Rien de mal. Des amis, de la musique, peut-être une ou deux bièraubeurres.

-Et pourquoi vous n'utilisez pas la salle commune de Gryffondor ?

Il était évident pour la jeune femme que Remus n'avait pas eu cette idée tout seul. Le simple fait que Potter avait jugé bon d'utiliser Remus comme intermédiaire la mettait dans tous ses états. Et puis, il était absolument exclu qu'elle prête ce local, et encore moins qu'ils y organisent une fête.

-Je voulais inviter quelques personnes de Serdaigle et de Poufsouffle.

Lily s'apprêtait à un refus catégorique lorsqu'elle croisa le regard de Nelly. Était-il possible qu'il soit suppliant ? Alors qu'elle s'apprêtait, avec une peine immense, à poser ses conditions, les hiboux et chouettes firent irruption dans la Grande Salle, le bruissement de leurs ailes emplissant le faux ciel. Une lettre tomba devant la rousse. Profitant du fait que Remus et Nelly avaient engagé une conversation, elle déchira l'enveloppe, un sourire aux lèvres en reconnaissant l'écriture de sa mère.

Sourire qui s'évanouit rapidement au fil de sa lecture :

« Chère Lily,

Si tu savais comme tu nous manques à ton père et à moi. Cela ne fait que deux semaines mais nous comptons déjà les jours qu'ils nous restent avant de te revoir.

Nous espérons de tout cœur que tu profiteras de cette dernière année à Poudlard, et nous sommes absolument certains que tu la réussiras aussi brillamment que les autres.

Nous t'écrivons cette lettre à la demande de Pétunia- elle a parlé de toi l'autre jour et il nous a semblé que tu lui manquais beaucoup, à elle aussi. Mais tu connais Pétunia, jamais elle ne l'avouera de vive voix. Tu dois sans doute te souvenir de Vernon, son collègue ? Il était venu prendre le thé un après-midi cet été. Un jeune homme charmant. Pétunia est tombé sous son charme, et tous deux ont prévu de se marier dans deux semaines. Nous avons absolument tout essayé afin de trouver une date qui pourrait te convenir, j'ai même pris contact avec ton directeur pour savoir s'il était possible que tu manques quelques jours d'école, mais aucune solution ne semblait convenir. Je t'assure que Pétunia tenait absolument à ce que tu sois là, mais trouver une date aurait pris un temps trop considérable puisqu'elle et Vernon veulent se marier avant la fin de l'année. De plus, tu sais comme les Eglises sont prisées aux alentours de Noël.

Ne le prends surtout pas personnellement. Lorsque tu seras de retour pour les vacances, Pétunia et Vernon organiseront une grande fête afin que tu puisses être là, avec nous. Ta sœur tenait à ce que tu saches que ta présence va énormément lui manquer. Garde à l'esprit que les cérémonies à l'Eglise, c'est ennuyeux !

Avec énormément d'affection, nous attendons avec impatience les prochaines vacances.

Nous t'aimons très fort,

 

Papa, Maman, Pétunia. »

 

Alors qu'elle terminait la lettre, la jeune femme eut de la peine à retenir les larmes qui menaçaient de couler. Le simple fait que Pétunia n'ait même pas tenu à lui écrire la lettre personnellement venait appuyer le fait qu'elle était probablement soulagée que Lily ne serait pas là le jour de son mariage. « Monstre », lui intima une voix intérieure, aux étranges accents de sa sœur.

-Lil's, tu vas bien ?

La question de Nelly la ramena sur terre, et elle se rendit compte que les regards de sa meilleure amie et de Remus étaient posés sur elle.

-Eh bien... Je ne sais pas trop. Ma sœur se marie dans deux semaines.

-Madame Parfaite a-t-elle trouvé un Monsieur Parfait ?
-Apparemment. Et elle n'a pas jugé bon de m'inviter.

-Comment ça ? Ce n'est pas elle qui t'a écrit la lettre ?
-C'est ma mère qui m'a envoyé cette lettre, en regrettant le fait que je ne serai pas présente et en assurant que Pétunia avait tout fait pour choisir une date qui me convenait, mais que cela, je site « aurait pris un temps trop considérable, puisque Pétunia et Vernon veulent se marier avant la fin de l'année ».

Un silence suivit les paroles de la jeune femme. Lily ne s'était jamais entendu avec sa grande sœur, bien plus stricte et froide qu'elle. Lors de leur jeunesse, Pétunia ne manquait jamais de faire remarquer à Lily sa différence. Cependant, une cassure s'était véritablement établie lorsque Lily avait appris qu'elle était une sorcière. Une cassure certes, mais la rousse pensait tout de même que sa sœur la voudrait à ses côtés le jour de son mariage.

-Lily, je suis vraiment désolé. Je n'aurais pas dû venir t'embêter avec mes histoires de soirées, tu as probablement assez à faire avec tout ça et puis...

-Vendredi après notre tour de garde c'est ça ? Je laisserai tes... amis, s'occuper des boissons et de la musique. Quant à moi, je serai bien présente.

Remus eut un air étonné mais ravi face au retournement de situation. Lily, quant à elle, déchira la lettre. Il était hors de question que Pétunia ne gâche sa dernière année. Au contraire, puisque sa sœur avait décidé de célébrer le jour le plus heureux de sa vie sans elle, rien ne l'empêchait elle-même de s'amuser.

-Nelly, tu viendras ?

-Je ne manquerais ça pour rien au monde ! Tu n'imagines pas tous les stratagèmes que j'ai déjà mis en place pour convaincre Lily de s'amuser un vendredi soir. Si j'avais su que tu étais la clé, je serais venue te voir plus tôt.

Remus eut un sourire gêné mais satisfait, tandis que Nelly semblait elle-même étonnée de ses propres paroles. Avec un énorme sourire, Lily remercia Remus et tous deux décidèrent des personnes qu'ils allaient inviter.

End Notes:

Merci de votre lecture, n'hésitez pas à laisser des reviews!

 

On se retrouve au prochain chapitre :) 

Chapitre 7: Tensions by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Encore une fois, merci pour tous vos views et pour les reviews, ça fait toujours plaisir ! :) 

 

Voici le 7ème chapitre: tensions, qui ne porte pas un nom anodin, comme vous le constaterez. Je dois avouer que j'a-dore voir les Maraudeurs s'énerver, eux qui sont d'habitude si plein de vie! Ce n'est que la première étape d'autres épisodes, qui deviendront de plus en plus noirs, d'où le rating de -16. 

 

Comme je l'ai déjà dit, je ferai probablement sous peu un chapitre qui se concentrera plus sur le point de vue des Serpentards, afin qu'on en apprenne un peu plus sur leurs envies, leurs vices mais aussi leurs possibles sentiments.

 

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture ! 

 

Au cours de la semaine, la rumeur s'était déjà propagée à Poudlard de la fameuse soirée qu'allaient prévoir les Maraudeurs.

-On ne pourra définitivement pas inviter tout le monde.

Les quatre amis se rendaient à leur cours de potions et discutaient des détails de la fête.

-Choisis les filles les plus canons et on dira aux autres que ce n'est que partie remise !

James sourit des paroles de Sirius.

-Patmol, certains d'entre nous ont envie de passer une soirée agréable entre amis et non te voir draguer la moitié de Poudlard, contra Remus avec humeur.

-On se calme Lunard, je plaisantais !

James décida d'intervenir, ne supportant pas de voir ses amis se chamailler.

-Tu es tout de même d'accord sur la liste de base que nous avons établi ?

-Redis-la pour voir.

-Et bien nous quatre, bien évidemment. Cassy, Dorcas. Evans, Wilbongs. Alice et Franck. Marlene, pour faire plaisir à Sirius et Emeline, pour faire plaisir à Marlene, bien que ça ne m'enchante pas.

Emeline Vance était aussi en septième année à Poudlard, chez les Serdaigle. Elle avait été la première vraie petite-amie de James au cours de l'été précédent. De nature quelque peu pimbêche, la belle avait décidé de mettre un terme à leur relation pour se retourner vers Benjamin Fenwick, une autre icone masculine de l'école, Serdaigle de surcroit.

-C'est comme tu le sens mon vieux, lança Sirius.

-Ne t'inquiète pas, Vance et moi c'est de l'histoire ancienne. Lunard, ça te convient pour l'instant ?

Remus soupira. Ce n'était pas souvent que James se montrait si conciliant, lui-même allait faire un effort. La pleine lune avait eu lieu deux jours auparavant, et Remus n'avait pratiquement pas dormi les deux nuits qui avaient suivi. Ses amis semblaient avoir beaucoup moins de peine à supporter les nuits blanches que leur imposaient la lycanthropie de leur ami. Le souvenir que James, Sirius et Peter l'accompagnaient chaque mois dans son « petit problème de fourrure » - comme aimait l'appeler James- lui remonta instantanément le moral.

-Oui, ça me va bien. Ajoute Lena Malarkey, de Poufsouffle et son petit-ami, Ian Payles, ils sont avec moi en runes anciennes, très sympathiques. Pour le reste, tu peux demander aux invités s'il y a des personnes qu'ils veulent absolument voir invitées.

-Il y a bien quelqu'un que j'aimerais inviter : Irina Patil, lança Peter, écarlate.

Ses trois amis s'arrêtèrent net. Jamais Peter Pettigrow n'avait montré un quelconque intérêt pour la gent féminine. Au contraire, plus James et Sirius tentaient de le décoincer plus le garçon s'obstinait dans sa timidité et son repli sur lui-même.

-Je vais aux toilettes, lança le jeune homme, la tête basse et les joues presque fumantes.

-Ajoute-la sur la liste, répondit sèchement Remus en voyant que Sirius s'apprêtait à faire une blague.

-Parfait, sourit James. En ce qui concerne les boissons, Sirius et moi on s'en occupe, pas vrai Sir ?

Le jeune homme ne répondit pas.

-Patmol ?

-Heu oui, très bien.

James haussa un sourcil, surpris du changement subit du comportement de son ami. Puis, en tournant la tête vers la droite, il comprit. Ils venaient d'arriver devant la porte de la salle de potions, où trônait une bande de Serpentards. Au milieu, Regulus Black chuchotait quelque chose à l'oreille de Lucius Malefoy, puis se coupa net lorsqu'il vit les Maraudeurs arriver, plus particulièrement Sirius.

Les deux frères n'avaient plus de contact depuis que Sirius avait quitté la maison. Il était difficile d'ignorer la tendance d'adoration à la magie noire de Regulus, à la vue de ses fréquentations. Plus jeune d'un an de Sirius, il n'en était pas moins brillant, ni moins beau. « Un truc de Black », pensa James, soudain tout autant maussade que son ami. James avait grandi dans une famille aimante et soudée, et il lui arrivait parfois d'oublier que Sirius n'avait pas pu bénéficier du même soutien. Il lança un regard qui en disait long à Regulus avant de se tourner vers son ami afin de voir sa réaction.

-Ne t'arrête surtout pas pour moi, lança froidement le jeune homme à son frère en le poussant d'une épaule pour entrer dans la classe.

-Un problème, Black ?

Malefoy s'avançait d'un air dangereux vers Sirius.

-Oui, un gros. Le fait que tu vives est déjà un problème en soi mais entrainer les plus jeunes que toi dans tes vices, Malefoy, ça me dégoûte.

Lucius ricana, mais ses yeux ne suivaient pas : une lueur mauvaise venait d'y passer. Il s'avança encore un peu plus, baissa la voix et dit d'un air menaçant :

-Il reste au moins des Blacks décents pour rattraper le déshonneur que tu as imposé à ta famille. N'oblige pas les autres à avoir la même faiblesse que toi.

Il n'en fallut pas moins à Sirius pour dégainer sa baguette magique, et à James de le suivre. Regulus n'avait pas bougé d'une oreille, le regard fixé au mur derrière son grand frère.

-Fais attention à toi Malefoy, n'oublie pas que je peux te faire brûler en moins d'une dans ce cours, menaça James.

-James Potter, le grand justicier. Ça ne te suffit pas d'être un traître à ton sang, encore faut-il que tu lances des menaces en l'air et que tu te pavanes comme si le château t'appartenait ?
James rougit faiblement en n'espérant que cela n'allait pas se voir. Quelqu'un d'autre lui avait déjà dit ses mots : serait-il en effet un garçon moins bon qu'il ne pensait ? Il secoua la tête, refusant de se laisser intimider par Lucius Malefoy.

-Jaloux ? Je comprends : avoir besoin d'arranger un mariage pour que les gens t'aiment, j'aurais de la peine à l'accepter, moi aussi.

Ce fut au tour du blond de pâlir. Narcissa se trémoussa à ses côtés, mal à l'aise.

-Fais attention à toi Potter, papa ne sera pas toujours là pour te protéger, sois-en sûr.

James se tourna violemment vers Mulciber, sa baguette suivant le mouvement. Son père était un auror réputé au Ministère de la Magie. Le père de Mulciber lui aussi travaillait au Ministère, mais James savait pertinemment que ce n'était qu'une couverture.

-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Ça veut dire qu'un incident peut très vite arriver. Regarde ce qu'il s'est passé avec la petite McDonald l'année dernière. Personne n'est à l'abri de rien de nos jours.

Mulciber eut un sourire carnassier alors que James pâlissait à vue d'œil. Il se tourna vers Sirius, lequel eut un regard dégoûté.

-C'était bien toi alors, cracha le brun.

-Je n'ai jamais dit ça, dit Mulciber en haussant les épaules.

-Et toi ? Tu trouves ça normal qu'une élève de notre année ait été agressée dans les couloirs si fort qu'elle ne soit jamais revenue ?

Sirius venait de s'approcher dangereusement de Regulus. Il avait remis sa baguette dans sa poche et avait pris son frère par le col de sa chemise pour le faire réagir. Jamais James n'avait vu son meilleur ami dans cet état, lui d'habitude si plein de vie. Regulus ne bougeait toujours pas.

-Sirius, pas si fort, Slughorn va arriver, tenta de le calmer Remus.

-Ecoute ton petit-copain Black, ou sinon tu vas te faire taper sur les doigts, ironisa Lucius.

Alors que James et Sirius s'apprêtaient à foncer sur le Serpentard, une voix de fille tonitruante résonna :

-Qu'est-ce qui se passe ici ?!

James tourna la tête aussi vite que l'éclair. C'était bien la première fois qu'il n'était pas content de voir Lily. Machinalement, il recula d'un pas et abaissa sa baguette, comme pris en faute.

-La sang de bourbe, juste ce qu'il nous manquait, jubila Malefoy.

Sa petite-amie choisit ce moment pour s'éclipser dans la classe, et Regulus en profita aussi pour s'en aller, sous le regard haineux et dégoûté de Sirius.

-La ferme, Malefoy.

James avait réagi comme s'il avait été brûlé au fer rouge.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? T'en pinces pour la moldue ? Pas mal, si tu aimes le genre souillé.

Mulciber ainsi qu'Evan Rosier, les acolytes de Lucius, eurent un rire mauvais.

Tout le petit groupe se retourna vers Lily, s'attendant à une réplique cinglante, mais la rousse ne cilla pas, les larmes lui montant aux yeux.

Malgré une petite voix dans sa tête qui lui rappelait l'épisode de cinquième année, James décida d'intervenir :

-Choisis mieux les gens que tu méprises Malefoy. Elle peut te mettre KO sans même à avoir à parler. Pendant que tu te caches derrière deux brutes et deux obèses qui te servent d'amis, n'oublie pas qu'en terme de magie, tu ne vaux pas grand-chose. 

Cette fois-ci, Lily rougit. James n'osa pas la regarder de suite, se souvenant que la rousse n'aimait pas qu'on la défende mais, lorsqu'il comprit qu'elle ne réagissait pas, il tenta un regard vers elle. Il ne sut s'il l'avait rêvé ou non, mais il lui semblait qu'elle lui avait souri en retour. Malefoy, quant à lui, tremblait de fureur. Il avait perdu tout air ironique, ce qui ne le rendait que plus inquiétant.

-En parlant d'obèse, où est Pettigrow ?

Ni d'une ni de deux, James, Sirius et Remus foncèrent sur Malefoy, Mulciber et Rosier, non pas avec leur baguette, mais directement avec les poings.

-STOP ! Slughorn va arriver d'une minute à l'autre, hurla Nelly, quelque peu anxieuse de voir l'issue de la dispute.

-Ah Wilbongs ! on t'entend enfin. Tu sais, tu n'es pas une sang-de-bourbe toi, rien ne nous empêche de faire plus ample connaissance. Si tu veux, tu peux venir dans mon dortoir de temps en temps, je pourrai te montrer d'autres talents que j'ai, mis à part les potions, lança Evan, provocateur.

Alors que personne ne s'y attendait, Remus balança son poing dans la figure du Serpentard.

Ce fut comme si la scène s'était figée pendant un instant. Ni les Serpentards ni les Gryffondors ne s'attendaient à pareil revirement, surtout venant de la part du sérieux préfet Remus Lupin. Cela semblait avoir détendu l'atmosphère du côté des Maraudeurs, qui se montrèrent ouvertement fiers de leur ami. Quant à Lily, un sourire énigmatique était venu se posticher sur ses lèvres.

Voyant Rosier prêt à répliquer, Nelly s'interposa entre lui et Remus :

-Je crois que ça suffit maintenant. En plus de ça, en potions, tu crains complètement tocard.

Puis elle entra dans la classe comme si rien ne s'était passé, suivi par un Remus aux anges et un Sirius plus détendu. Evan était allé aux toilettes soigné son œil, et Mulciber l'avait accompagné, non sans pousser Lily violemment de l'épaule.

-Vous allez le payer, cracha Malefoy avant d'aller s'asseoir en potions d'un pas rageur.

Alors seuls devant la salle de classe des potions, Lily et James se regardèrent, mal à l'aise.

-Tu crois qu'ils iront dire quelque chose à Slughorn ? demanda James.

-Je ne pense pas. Après tout, nous sommes préfets-en-chef, on peut faire de leur vie un enfer. Et puis, je doute qu'aucun professeur ne croit leur histoire. 

-Je ne dis pas ça parce que je pense que tu ne sais pas te défendre, mais tu ferais mieux de ne pas faire tes rondes seule, le soir.

Lily acquiesça. C'était la première fois depuis leur entrée à Poudlard que James Potter ne l'agaçait pas. Il semblait au contraire mature, presque inquiet pour elle.

-Bon, je pense qu'il est temps d'aller en classe, dit le garçon en faisant un pas.

Presque par réflex, Lily le rattrapa par l'épaule puis le lâcha immédiatement, comme si elle venait de faire un geste interdit.

-Potter, je voulais te dire... Merci.

La rousse entra dans la classe et s'assit aux côtés de Narcissa de la même manière que s'il n'y avait eu personne à côté d'elle. James, quant à lui, tenta de maîtriser le sourire nigaud qui s'était étalé sur son visage puis entra dans la classe, reprenant son éternel air arrogant. La scène de dispute qui venait de se passer lui paraissait à mille lieux.

End Notes:

Et voilà !

J'espère sincèrement que avez apprécié ce chapitre, que j'ai personnellement adoré écrire. 

N'hésitez pas à laisser vos impressions et, en même temps, dites-moi ce que vous pensez de la longueur des chapitres: parfois je les trouve trop courts, parfois trop longs, c'est très difficile à dire lorsqu'on n'a pas assez de recul.

 

Merci à tous et à bientôt pour le prochain chapitre! 

Chapitre 8: Fête et Morosité by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Merci beaucoup de vos views et reviews pour les chapitres précédents.

Voici le chapitre 8, qui traite de la fameuse! fête des Maraudeurs. Je tiens à préciser que je suis moi-même une adepte de fêtes entre amis, et c'est pour ça que je vais en inclure dans ma fanfiction, car j'estime que même si nos Maraudeurs vivent à l'époque, et dans un monde de sorciers de prime, leur jeunesse ne doit pas énormément différer de la nôtre ;) !

Je vous souhaite une très bonne lecture !

 

-Alors, comment trouves-tu les cours cette année ?

Remus et Lily faisaient leur ronde du vendredi soir. Colin Dipret, un élève de première année, avait essayé de se cacher dans les toilettes alors qu'ils venaient d'aller chercher des bonbons à la cuisine. Lily avait d'abord voulu l'emmener chez Mcgonagall, puis Remus avait tempéré en reprenant les bonbons et en le renvoyant dans son dortoir, tout en le prévenant que s'il venait à recommencer il n'aurait pas de deuxième chance. C'était ainsi que les deux adolescents se rendaient dans les cuisines pour rendre les bonbons aux elfes de maison.

-Je me sens à l'aise dans toutes les matières, excepté en runes anciennes, répondit la jeune fille qui tenait le paquet de bonbons en le tripotant des mains. Et toi ?

-Je pense que ça va être une bonne année. Moi, c'est plutôt en arithmancie que j'ai des lacunes. C'est à cause de l'année passée, Sirius et James m'empêchaient d'écouter en cours. Ça t'embêterait si je me mets près de toi cette année ? ça m'aidera probablement à rester concentré, sourit le garçon.

Lily et Remus étaient de grands amis lorsqu'ils étaient tous les deux. La jeune femme avait été soulagée lorsque le jeune homme avait accepté de faire les rondes avec elle. Ça lui faisait du bien de lui parler seul-à-seul.

-Aucun problème ! Je peux sans autre te donner mes notes de l'année passée tu sais.

-C'est gentil Lily. Je t'aiderai en runes anciennes ! Je crois que c'est une de mes matières préférées. Ça aide tellement pour l'écriture actuelle.

-Tu aimes écrire ?
Remus haussa des épaules.

-Plutôt, oui. J'ai même envisagé de devenir journaliste un temps, mais au vu des horreurs qu'il y a dans les journaux, ça me refroidit un peu.

Lily ne répondit pas tout de suite. La Gazette du Sorcier était devenue depuis quelques temps un étalage de personnes mortes ou disparues.

-Je te comprends. Mais je pense qu'un journaliste peut faire changer les choses : informer les gens, c'est peut-être le seul moyen de contrer l'ignorance tu ne crois pas ?
-Entièrement d'accord, sourit Remus. Au fait, au lieu de tripoter ce paquet de bonbons, tu ne crois pas qu'il serait plus judicieux de tout simplement l'ouvrir ? Tu sais, les elfes nous ont donné de la nourriture pour la fête de ce soir, alors un paquet de bonbons en plus ou en moins...

Lily baissa des yeux, l'air coupable.

-Tu as le droit de t'amuser, la rassura Remus, qui semblait avoir deviné ses pensées.

-Je le sais bien, mais je culpabilise. Je viens de sermonner Colin Dipret et je fais pire que lui.

-Tu sais... J'y ai pensé et, si l'on regarde bien, rien n'est mentionné dans le règlement en ce qui concerne le local des préfets-en-chef, il est simplement dit que vous devez l'utiliser pour vos fonctions.

-Et en quoi boire des bièraubeurres et manger des bonbons volés font partie de nos fonctions ? demanda Lily, cependant tout sourire aux lèvres.

-Les elfes de maison nous les ont donnés de leur plein gré ! Ils adorent James et Sirius : lorsqu'on était en troisième année, on allait souvent leur tenir compagnie. Je crois qu'ils se sentent seuls parfois. Et puis, nous on y va pour faire notre rapport. Si après on y reste pour une bièraubeurre ou deux, je ne vois pas le mal.

Lily sourit : son ami l'avait convaincu.

-C'est parti ! lança-t-elle.

 

-Quand comptes-tu attaquer McKinnon ?
La fête battait de son plein dans le local des préfets-en-chefs. Etant donné que Lily avait fait la ronde du soir, James avait préparé la soirée dans les règles de l'art. Au programme : Franck avait apporté une radio où se déchaînaient les voix des Bizarr' Sisters, Cassidy et Dorcas s'étaient occupées d'agrandir la salle par un charme, James et Sirius s'étaient procurés des boissons et de la nourriture et Peter accueillait les invités et leur servait un verre de bièraubeurres.

-Laisse-moi le temps de boire un verre et je mets le plan à exécution.

James et Sirius étaient debout devant la table qu'ils avaient mis en place où trônaient des montagnes de bonbons, de biscuits salés en tout genre ainsi que d'autres sucreries. Au final, chaque invité avait amené une personne de son choix et la salle, bien qu'agrandie par la magie, était remplie.

-Tu crois que Peter osera approcher la petite Patil ? demanda Sirius avec un sourire un brin moqueur.

James se tourna vers son ami. Peter, qui avait désormais terminé de servir les invités, se tenait près de Franck et d'Alice et lançait, par intervalles de dix secondes, des coups d'œil vers Irina Patil, qui elle riait à gorge déployé avec Benjamin Fenwick. James se rembrunit : rien ne lui ferait plus plaisir que son ami puisse réussir à passer du temps avec Irina.

-Tu crois qu'il faut qu'on lui file un coup de main ? demanda-t-il à Sirius, lequel haussa ses épaules.

-Ce que je vais dire va probablement paraître choquant, mais je ne voudrais pas qu'il pense qu'on veuille draguer Irina à sa place. Et puis... Elle semble plus intéressée par ce Fenwick de malheur.

James acquiesça, honteux d'avoir lui-même penser à la même chose. Il se rendait bien compte que les choses devaient être plus difficiles pour Peter, et que parfois lui et Sirius ne l'aidaient pas beaucoup. Reprenant une gorgée de bièraubeurre, il mit en place un plan d'action dans sa tête qu'il irait exposer à Peter plus tard dans la soirée, lorsque son ami aurait assez bu pour au moins tenter une approche. Ce fut pris dans ses pensées qu'il vit Lily et Remus, hilares, passer le seuil de la porte. Sans trop savoir pourquoi, son estomac se noua. Il but d'une traite le reste de sa bièraubeurre et détourna la tête en quête de quelque chose de plus fort.

 

-Alors, tu regrettes ? sourit Remus.

Lily et lui venaient d'arriver. Ils avaient écrit leur rapport sur une feuille afin de la transmettre au professeur Mcgonagall et s'étaient servis une bièraubeurre.

-J'avoue que ça ne fait pas de mal de se détendre de temps en temps. Et puis, c'est comme tu as dit : rien ne dit dans le règlement que nous n'avons pas le droit de faire de fête dans ce local, répondit la jeune femme en haussant les épaules, un fin sourire aux lèvres.

-Salut la compagnie ! Comment s'est passé votre tour de garde ?

Nelly venait d'arriver, un verre à la main. Elle semblait plus ouverte et pétillante qu'à l'habitude.

-Très bien. Dis-moi Nel's, combien de verres as-tu déjà bu ? demanda Lily, énigmatique.

Nelly lui lança un regard qui en disait long, puis finit par sourire.

-Ce n'est pas de ma faute, Sirius n'arrête pas de me resservir !

La rousse se rembrunit. Elle jeta un regard en arrière et perçut le jeune homme, accompagné de James, d'Alice et de Franck.

-C'est chouette que tu t'amuses, lança-t-elle tout de même à sa meilleure amie.

Puis elle prit une grande inspiration, vida d'une traite le reste de son verre et dit d'une petite voix :

-Vous m'excuserez, mais il faut que je fasse quelque chose d'important.

Nelly et Remus haussèrent les sourcils en voyant la jeune femme s'éloigner. Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était seule en compagnie de Remus, Nelly plongea dans son verre, en quête de quelque chose à dire.

-J'en déduis que la soirée a commencé depuis un moment ?

Soulagée que le jeune homme ait pris les devants, l'adolescente se détendit quelque peu et sourit à son interlocuteur.

-Depuis une bonne heure déjà. C'était une très bonne idée ! Je suis étonnée que Lily ait accepté.

-Il a fallu rusé, elle voulait se défiler, annonça Remus dans un faux soupir.

-J'en déduis que tu es très doué pour faire changer les gens d'avis.

-Très doué, dit le jeune homme d'un air énigmatique.

Il prit du temps pour détailler la jeune femme. Aussi loin qu'il pouvait se le rappeler, Nelly lui avait toujours plu, physiquement du moins. Le fait que lui et Lily s'étaient éloignés de par les amis du jeune homme, le lycanthrope n'avait jamais pris la peine de connaître Nelly, mais ça n'avait jamais été l'envie qui lui manquait. Ce soir-là, elle abordait une jupe cintrée ainsi qu'un haut noir moulant, qui dévoilait ses courbes fines mais féminines. Etonné de loucher plus qu'il n'en fallait sur ses jambes, il se ressaisit et proposa à la jeune fille de se diriger vers la table des boissons, remarquant que leurs deux verres étaient vides.

 

La soirée battait de son plein. Déjà quelques élèves se déhanchaient au milieu de la pièce, quelque peu ébréchés. Franck avait amené quelques cigarettes, qu'il ne fumait que très occasionnellement, sous l'œil plein de reproches de sa petite-amie qui avait pris un air prostré. Ce fut lorsque les deux jeunes gens entreprirent une querelle d'amoureux que Sirius avait jugé bon de s'éclipser pour aller entamer une discussion avec Cassidy, dont il avait été surpris de voir qu'elle ne portait pas de pull informe mais un t-shirt moulant qui suivait les formes parfaites-selon Sirius- de son corps.

-Je vois que tout le monde s'amuse, excepté mon frère. Tu sais ce qu'il a ce soir ?

Cassidy et Sirius se tournèrent d'un même mouvement pour découvrir un James maussade.

-Aucune idée. Ça doit avoir un rapport avec Vance, qui a ramené son insupportable petit-ami.

-Insupportable certes, mais canon.

Sirius ne releva pas la remarque.

-Ou peut-être que ça a un rapport avec Peter. James voulait qu'il aille draguer la petite Patil, mais apparemment Queudver s'est défilé.

-Irina Patil ? Qu'il l'oublie. Cette fille est raide dingue de Fenwick depuis notre quatrième année. Le fait qu'il sorte avec Emmeline ne l'a pas arrêtée, j'ai entendu dans les toilettes des filles qu'elle voulait lui concocter un filtre d'amour. Peter mérite bien mieux que ça.

Sirius haussa les épaules :

-Sans doute, mais c'est la première fois qu'il nous fait part de ses préférences en matière de filles, alors je me vois mal le rabâcher.

Cassidy acquiesça en silence.

-Au faite, où est Dorcas ?

-Maintenant que tu me poses la question, je me le demande bien. Bon, je vais essayer de la retrouver et voir pourquoi mon looser de frère tire la tête depuis toute à l'heure. A plus tard Sir' !

-Amuse-toi bien, répondit le jeune homme avec un sourire, en voyant la jeune fille s'éloigner.

Désormais seul, il fit un bref tour de la pièce des yeux pour s'apercevoir que sa cible première se trouvait elle aussi sans compagnie. S'approchant d'elle, il lança avec confiance :

-Salut Marlene ! Tu vas bien ?

La jeune femme, de Serdaigle, était petite, avait les cheveux châtains bouclés et abordait un style relativement sobre, avec une touche de sensualité que Sirius appréciait particulièrement.

-J'aime beaucoup cette soirée. J'imagine que c'est parce que tu y as contribué, répondit la jeune femme en un battement de cils.

Le Gryffondor bomba le torse et aborda son sourire le plus charmeur. Lorsqu'il s'agissait de faire succomber la gent féminine, il n'y avait plus beaucoup de secrets pour lui. Il n'expliquait pas bien le succès dont il pouvait faire preuve, mais il pensait que son côté rebelle y contribuait pour beaucoup. Cependant, jamais il ne lui serait venu à l'esprit de s'en plaindre. Remus l'avait souvent sermonné sur sa manière de traiter les filles, mais Sirius se disait qu'avec le temps, elles avaient probablement compris qu'il n'était pas du genre à s'engager. Il préférait amplement donner de son temps à ses amis que de sortir avec une fille. Lorsqu'il jeta un regard vers Alice et Franck, toujours en dispute, il ne fut que conforter dans son choix.

-Ravi de voir que ça te plait. Tu n'es plus collée à Emmeline ? J'ai cru que je ne pourrais jamais t'approcher.

Marlene eut un petit rire enjôleur :

-Comme tu peux le voir, elle est collée à sa nouvelle conquête. Ou devrais-je dire victime ? Vu la tête de ton ami, j'ai plutôt l'impression qu'elle fait souffrir les garçons qu'autre chose.

Sirius haussa un sourcil et détourna la tête, pour voir un James plus morose que jamais.

 

James était affalé sur un canapé, seul et un verre à la main. Il avait le regard fixé sur Emmeline. Il n'était pas particulièrement jaloux, mais en voyant cette dernière minauder face à Fenwick, l'humeur du jeune homme ne s'était pas arrangé. Certes son ex petite-amie ne l'intéressait plus, mais ce n'était pas pour autant qu'il appréciât de la voir draguer un autre. De plus, il avait tenté d'exposer un plan à Peter pour que ce dernier aille aborder Irina Patil, mais son ami avait prétexté un mal de tête horrible et était allé se réfugier dans les toilettes. James le soupçonnait de déprimer fortement. Pour finir, Alice et Franck s'étaient rabibochés et étaient collés l'un à l'autre à ses côtés, et le Gryffondor n'appréciait que moyennement d'être la cinquième roue du carrosse. Alors qu'il ressassait ses mauvaises pensées, une voix- qu'il ne connaissait que trop bien-, l'interrompit :

-Potter, il faut qu'on parle.

End Notes:

Et voilà! J'espère que ce chapitre vous aura plus, la suite arrive très bientôt, et nous verrons ce que notre chère Lily à à dire à James! ;-)

 

A bientôt !

Chapitre 9: Un whiskey Pur Feu by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Je reviens avec un nouveau chapitre, la suite du huitième à vrai dire. J'ai personnellement pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre: comme je l'ai déjà mentionné pour un chapitre précédent, j'aime beaucoup retrouver les Maraudeurs dans des endroits où nous avons "moins" l'habitude de les voir (ici, dans le cadre d'une fête). J'ai beaucoup aimé les faire évoluer les uns indépendemment des autres car, avant d'être quatre amis, ils sont quatre jeunes hommes avec, à mon avis, des caractères très différents. Et puis, c'est toujours un plaisir de faire évoluer la relation James/Lily, mais je vous laisse le découvrir ;)

Bonne lecture !

 

-Dorcas, t'étais où ?! Je t'ai cherché pendant des heures !

Cassidy se tenait au-dehors du local des préfets-en-chef. Après avoir cherché sa meilleure amie dans les toilettes du local, elle s'était rendue compte que cette dernière s'était échappée de la soirée. Elle l'avait retrouvé dans les toilettes de l'étage de la salle commune de Gryffondor.

-Tu es complètement folle d'être sortie, si on se fait prendre, on sera tous collé jusqu'à la fin de l'année !

-Désolée Cassy, mais j'avais besoin d'air. En plus, quelqu'un s'est enfermé dans les toilettes à la fête ! Impossible d'y entrer.

Cassidy observa sa meilleure amie et ne put s'empêcher un soupir. Visiblement, cette dernière avait bu bien plus que son petit gabarit ne lui permettait. Dorcas, en plus d'être petite, était incroyablement fine et délicate. Ce soir-là, ses longs cheveux noirs étaient lisses et descendaient le bas de son dos. Cependant, malgré la beauté et la grâce de son amie, la jeune Potter ne pouvait que remarquer que la jeune femme avait énormément de peine à marcher.

-Dis-moi, combien de verres as-tu bu ce soir ?

Dorcas haussa les épaules.

-Peter n'arrêtait pas de me servir, au début !

-Et pourquoi tu ne m'as pas prévenue que tu venais ici ?

En effet, cela paraissait soupçonneux à Cassidy que son amie soit sortie seule dans les couloirs à une heure avancée de la nuit, elle qui était d'habitude si peureuse et timide.

-Je te l'ai dit, j'avais besoin d'air, maugréa Dorcas.

Choisissant de ne pas insister, Cassidy passa un bras sous l'épaule de sa meilleure amie et lui dit d'un ton ferme :

-Assez de bièraubeurres pour ce soir ! Viens, je te ramène.

-Où ça ?! Je veux retourner à la fête moi, la réprimanda Dorcas en haussant la voix.

-Pas si fort ! Quelqu'un aurait pu nous entendre.

Alors qu'elle ramenait une Dorcas se répandant en excuses dans le local où se passait la fête, Cassidy ne remarqua pas qu'à quelques mètres d'elles, quelqu'un les avait bel et bien entendues.

 

-Potter, il faut qu'on parle.

James avait cru rêvé lorsqu'il avait relevé la tête de son verre et s'était retrouvé nez-à-nez avec Lily.

-Evans, j'espère que tu passes une meilleure soirée que moi, maugréa-t-il.

La rousse haussa un sourcil, visiblement perturbé par l'attitude apathique du garçon, lui qui d'habitude ne ratait pas une occasion de la chambrer. « Ou de te draguer », lui intima une voix qu'elle préféra taire à tout jamais.

-Ça peut aller. Est-ce qu'on peut parler ?

-Je t'écoute.

Lily tourna la tête et, en s'assurant que la lumière était assez tamisée et que les étudiants étaient assez ébréchés pour ne pas s'en rappeler le lendemain, elle rassembla toutes ses forces et s'assit aux côtés du garçon.

-Avant toute chose, je tiens à t'assurer que je ne l'ai pas fait exprès.

Désormais intrigué par la tournure que prenaient les choses, James haussa un sourcil et planta son regard dans celui de la jeune femme. « Comment est-ce possible d'avoir des yeux aussi verts ? ».

-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, dit-il en toute sincérité.

Il n'était pas spécialement d'humeur à donner à la jeune femme une occasion de le rembarrer ce soir-là.

-Et bien voilà... D'habitude, je suis quelqu'un d'extrêmement soigneuse et organisée. Cependant, j'estime que l'on peut tous faire des erreurs et...

-Evans, viens-en droit au but.

-J'ai perdu tes lunettes.

Le brun ne put cacher sa stupéfaction.

-Comment ça mes lunettes ? Je les ai sur mon nez.

Lily dut se concentrer pour ne pas rouler des yeux.

-Je parlais de celles que tu m'as prêté en botaniques. Les lunettes de cours !

Prenant grande peine à cacher le fou-rire qui s'imposait à lui - Lily n'avait aucune idée d'à quelle point les lunettes de botanique du garçon lui importaient peu-, James préféra jouer de la situation.

-Oh celles-là... Eh bien, tu ne crois pas que ça va être un peu problématique pour moi de suivre les cours de Miss Chourave, maintenant ?

Lily baissa la tête, honteuse. Elle n'avait absolument pas prévu de devoir une dette à James Potter en ce début de septième année.

-Je m'en rends bien compte. J'y ai pensé : c'est ma faute, je n'avais qu'à être plus soigneuse.

James prit le soin d'acquiescer, prétextant un tic pour justifier le sourire qui lui naissait aux lèvres.

-Et comment comptes-tu réparer les dégâts ? demanda-t-il des plus sérieusement.

Ce fut la deuxième fois en un mois que Lily fut déstabilisée par le jeune homme. D'une part, car elle n'aimait pas le ton sérieux qu'il employait et d'une autre, car elle se rendait bien compte que les lunettes n'étaient pas la seule fois où James avait volé à son secours.

-Je te donnerai les miennes jusqu'à ce qu'on ait une visite à Pré-au-Lard. Après quoi je t'en rachèterai une nouvelle paire.

James gigota nerveusement sur le canapé : il n'avait pas prévu un tel retournement de situation. Il pensait plutôt faire du chantage à Evans : elle avait perdu ses lunettes, alors elle devrait l'aider en botanique et ainsi passer du temps avec lui. Cependant, si quelque chose le mettait amplement mal à l'aise, ce fut que quiconque dépensât de l'argent pour lui, lui qui venait d'une famille aisée et qui n'avait jamais manqué de rien.

-Pas la peine. Je te l'ai dit : ces lunettes ne me servent pas à grand-chose. J'en demanderai une nouvelle paire pour Noël si ce n'est que ça !

-J'insiste. Tu as déjà été gentil de me les prêter.

James n'en crut pas ses oreilles : Lily Evans, le trouver gentil ? Il fallait qu'il rebondisse.

-J'insiste en retour. Et crois-moi, je suis bien plus borné que toi sur ce coup-là.

Lily se mordit la joue pour ne pas rire.

-Prends au moins les miennes jusqu'à ce que tu en reçoives de nouvelles !

James secoua la tête :

-Exclu. Miss Chourave va faire une syncope si elle découvre que la meilleure élève de Gryffondor n'a plus de lunettes pour suivre ses cours. Je l'aime beaucoup tu comprends, je ne voudrais pas lui faire ça.

Cette fois-ci, Lily laissa échappa un fin rire.

-Bien, tu as gagné. La prochaine fois, tu sauras qu'il ne faut rien me prêter.

-C'est noté, lança le garçon avec un sourire sincère.

Lily lui retourna un sourire timide puis, en se rendant compte qu'elle était assise à côté de James Potter et qu'elle n'avait plus rien à lui dire, elle voulut disparaître. En même temps, quelque chose l'empêchait de partir : d'une part car le jeune homme se retrouverait seul et d'une autre, elle ne se l'avouerait jamais, car il était agréable de voir le regard du brun inlassablement posé sur sa nuque. Désormais mal à l'aise comme jamais, elle cherchait une échappatoire à tout prix. James, de son côté, s'amusait de la gêne de la rousse : c'était enivrant pour lui de posséder le pouvoir.  Alors qu'il s'apprêtait à relancer la conversation, quelqu'un déboula dans le local dans un grand fracas. Relevant la tête, il découvrit sa petite sœur, une Dorcas presque inconsciente dans ses bras. Ni d'une ni de deux, il posa son verre sur la table basse et vola au secour de Cassidy, ne remarquant à peine que Lily l'avait suivi.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-Rien de bien grave, ne t'inquiète pas.

En voyant la scène, Franck avait été éteindre la musique et Alice avait rallumé la grande lumière. Alors que tout le monde se dirigeait vers l'entrée afin de voir si tout se passait bien pour Dorcas et Cassidy, deux personnes se démarquaient des autres et n'avaient pas semblé faire plus attention à la situation : il s'agissait de Sirius et de Marlene qui s'embrassaient à pleine bouche au milieu de la pièce. Lorsqu'enfin le jeune homme se rendit compte de la situation, il lâcha immédiation sa partenaire et se dirigea à son tour vers les deux jeunes femmes.

-Vous allez bien ? demanda-t-il, inquiet.

-Tu as d'autres choses à faire, lança froidement Cassidy. Je ne pense pas que ça soit utile d'être autant autour de Dorcas, elle a juste trop bu, dit-elle plus fort afin que toute l'assemblée l'entende. Franck, tu peux remettre la musique s'il te plaît ? Et pour l'amour du ciel Alice, éteins-moi cette lumière !

Se rendant compte de l'humeur assassine de la jeune femme, le couple s'exécuta et très vite les élèves reprirent leurs discussions.

-Où est-ce que tu l'as retrouvé ? insista Sirius, Marlene pendue à son bras.

-Black, j'étais sérieuse ! Je pense que le moins de gens on sera, le mieux on se portera. Alors retourne à tes petites affaires et laisse-moi gérer ça.

James s'éclaircit la gorge, profondément mal à l'aise. Il avait plutôt l'habitude de prendre la défense de son ami lorsqu'il s'agissait des sautes d'humeur de sa petite sœur, mais au vu de la situation il préféra ne pas s'en mêler.

-Très bien, cracha Sirius lorsqu'il vit que personne n'était prêt à prendre sa défense. Tu viens Marlene ? On va se trouver un coin plus tranquille.

Alors qu'il s'apprêtait à sortir de la pièce, Cassidy lui lança un regard noir.

-Comme s'il ne pouvait pas rester nous aider ! il ne pense vraiment qu'à lui.

-Tu plaisantes ? C'est toi qui viens de le jeter. Alors, qu'est-ce qu'elle a par Merlin ? demanda James en perdant son calme.

Ne se sentant absolument pas à sa place, Lily décida tout de même de rester afin de s'assurer que Dorcas allait bien, se sentant quelque peu responsable de la soirée.

-Ce serait peut-être plus calme si on l'emmenait dans les toilettes, on dirait qu'elle a besoin de se rafraîchir un peu.

En effet, Dorcas ne tenait presque plus debout, et avait la tête posée sur l'épaule de sa meilleure amie tandis qu'elle se répandait en excuses.

-Merci Lily, sourit Cassidy, désormais beaucoup plus douce et détendue. Tu m'aides James ?

Les quatre adolescents se dirigèrent vers les toilettes du local, pour se rendre compte que la porte était fermée.

-Dorcas m'a dit que la porte était déjà fermée tout à l'heure.

-Ouvrez la porte s'il vous plait ! Il s'agit d'une urgence, hurla James en tapant contre la porte.

Aucune réponse.

-J'ai ma baguette magique, et je n'hésiterai pas à m'en servir si vous n'ouvrez pas tout de suite, menaça Lily.

Il fallut quelques secondes pour qu'un petit cliquetis se fasse entendre et que Peter sorte des toilettes, rouge de honte.

-Qu'est-ce que tu fais encore là mec ? s'écria James, qui pensait que son ami était allé se coucher depuis le temps.

-Je me suis endormi, répondit le garçon grassouillet en haussant les épaules, honteux.

-Ce n'est rien. Merci d'avoir ouvert, répondit Lily, ne voulant pas enfoncer le garçon plus qu'il n'en fallait.

-Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Peter en prenant conscience de la présence de Dorcas.

-Trop de boissons, répondit Cassidy. Je m'en occupe.

Elle et Lily menèrent Dorcas dans la petite pièce et l'assirent sur les toilettes. Lily prit du papier qu'elle mouilla d'eau glacée pour le poser sur le front de la jeune femme, qui avait désormais les yeux fermés.

-Je ne comprends pas, elle n'a jamais été comme ça, se lamenta la jeune Potter.

-Ça peut arriver à tout le monde, marmonna la rousse sans grande conviction.

Il était vrai qu'elle n'appréciait que très moyennement Dorcas, pour des raisons personnelles, et le fait de la voir dans cet état ne faisait que conforter ses pensées. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir lui venir en aide, car elle détestait plus que tout voir des personnes quelconques en position de faiblesse.

Un peu plus loin, James sermonnait Peter :

-Vieux, on te croyait parti ! Pourquoi tu n'es pas venu nous chercher, moi ou Sirius ?

Le jeune homme haussa les épaules.

-Je ne voulais pas vous embêter, vous aviez l'air de bien vous amuser.

-Premièrement : je ne m'amusais pas du tout. Deuxièmement : tu sais très bien que tu passes avant une fête ou une fille.

Peter rougit.

-Je ne pense pas que Sirius aurait été ravi que je le coupe dans son élan avec Marlene...

-Peut-être pas, mais il aurait été là pour toi. Et moi aussi, comme toujours. Dis-moi la vérité Pet'... Tu ne t'es pas endormi ?

-Pas réellement. On va dire que j'étais à peu près dans le même état que Dorcas. Et j'avais honte de sortir, surtout en sachant qu'elle allait me voir...

James soupira. Il était tellement improbable pour lui que quelqu'un puisse avoir honte au point de s'enfermer dans les toilettes.

-On s'en fiche de ce que les autres pensent. En plus de ça, Cassy m'a dit que cette fille était complétement cinglée. Et je t'assure que j'en ai fait l'expérience, les filles cinglées, c'est tout sauf une partie de plaisir. Promets-moi que c'est la dernière fois que tu ne viens pas nous demander de l'aide. Regarde Dorcas : ça aurait pu être dangereux !

-Je te promets.

James tapa dans la main de son ami et se retourna afin de porter son aide aux filles.

-Alors, elle va mieux ? demanda-t-il.

-Oui, répondit Lily, à qui l'échange des deux garçons n'avait pas échappé. Merci de ton aide, rajouta-t-elle avec un sourire bienveillant.

-Avec plaisir, lança-t-il avec un sourire au moins autant grand.

 

-Je te l'accorde : vous avez un vrai don pour les fêtes.

Nelly et Remus s'étaient tapis sur un grand fauteuil dans le coin de la pièce et discutaient depuis bien des minutes désormais.

-Merci, sourit Remus. Je ne me souviens pas vous avoir déjà vu aux fameuses fêtes des Maraudeurs avec Lily, ce n'était pas trop votre truc avant ?

Nelly soupira :

-Tu plaisantes, on adore faire la fête ! On ne dirait pas comme ça, mais Lily a une sacrée descente quand elle veut.

Le jeune homme éclata de rire.

-Enfaite, je crois qu'elle n'apprécie pas trop tes amis... continua la jeune femme en baissant la tête.

-Ça, je l'avais bien compris. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, ils ne conviennent pas à tout le monde, la rassura Remus, conscient que les Maraudeurs pouvaient être autant aimés que détestés.

-Probablement. Je pense tout de même qu'elle n'est pas très partiale dans son jugement. Pour ma part, je n'ai aucun problème avec vous.

Ce fut au tour de Remus d'être gêné.

-C'est une bonne nouvelle.

Les deux adolescents se sourirent.

-On a fait beaucoup de soirées avec les Serdaigles, l'année passée !

-Les Serdaigles ? Ils vous ont laissé entrer dans leur salle commune ?

-Ils sont moins conservateurs que nous, ria-t-elle. Enfaite, Lily était brièvement sortie avec Jason Wesley, alors ils nous invitaient souvent.

-De l'équipe de Quidditch de Serdaigle ? Comment ça se fait que je ne savais pas ?

-Elle était très discrète. Tu sais, Lily a beaucoup de prétendants, elle voulait éviter un carnage.

Les deux Gryffondors éclatèrent de rire.

-Ça se défend. Et toi, combien de prétendants prêts à faire un carnage as-tu ?

Nelly eut un petit rire nerveux.

-A vrai dire, soit ils sont extrêmement timides, soit je n'en ai pas tant que ça.

-Je penche pour la première option. C'est impossible qu'une fille comme toi n'attire personne.

La jeune femme, abasourdie du compliment, planta ses grands yeux bruns dans les yeux miel du jeune homme.

-Merci, fut tout ce qu'elle put dire.

Remus lui sourit gentiment.

-Tu voudrais boire quelque chose ?
-Je crois que je ne pourrais plus avaler une gorgée de bièraubeurre.

-Parfait ! Un Whiskey pur feu dans ce cas-là ?

-Vous avez réussi à vous dénicher du Whiskey pur feu ?

-Tu serais étonnée des talents de James et Sirius lorsqu'il s'agit d'obtenir ce qu'ils veulent.

-Eh bien... Je goûte volontiers.

Remus se leva, alla se servir deux verres de l'hydromel doré et revint s'asseoir auprès de Nelly.

-Pour vous mademoiselle.

La jeune fille lui adressa un regard de braise et, quelque peu hésitante, amena le verre à ses lèvres afin de goûter le liquide. Très vite, elle sentit sa trachée lui brûler et quelques larmes montèrent à ses yeux.

-Délicieux, lança-t-elle en tentant de garder la maîtrise d'elle-même.

Remus, d'abord désireux de ne pas lui en tenir compte, ne put s'empêcher un éclat de rire.

-Tu n'en avais jamais goûté ?

-Pas vraiment, avoua-t-elle en posant son verre et en toussotant.

-Je suis vraiment désolé ! lança Remus, toujours hilare.

-Aucun problème. C'est intéressant d'essayer de nouvelles choses.

Encore une fois, leur regard se croisèrent. Remus posa à son tour son verre, tout en gardant ses yeux plantés dans ceux de la jeune fille, qui abordait un sourire à la fois timide, à la fois... aguicheur. Le jeune homme s'approcha de Nelly et posa sa main sur la cuisse de la jeune femme. Ils inclinèrent ensuite respectivement leur tête et...

-La soirée est terminée !

Soudain, les lumières se rallumèrent abruptement. Remus et Nelly se décollèrent immédiatement, comme pris en faute. Lui reprit son verre et elle se leva. Franck, qui avait haussé la voix, ramassait le plus d'affaires qui lui passaient sous les mains :

-Alice a vu Mcgonagall dans les couloirs ! On se tire, dépêchez-vous !

End Notes:

Et voilà!

Qu'avez-vous pensé de ce petit épisode "fête" dans ma fanfiction? Laissez-moi des reviews ;-)

On se retrouve dans une semaine pour un chapitre un peu particulier, qui sort des sentiers battus..

A bientôt!

Chapitre 10: Zone d'ombre by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre, qui sort de la logique prédeterminée de ma fanfiction sur les Maraudeurs, puisqu'il s'agit d'un chaptire sur le POV de Severus Rogue!

J'ai pris énormément de plaisir à écrire ce chapitre, car c'est un personnage que j'ai tout simplement adoré dans les tomes de Harry Potter, bien qu'il soit très intriguant, ambigu et parfois totalement immoral. Par son POV, je me suis immiscé dans le quotidien des Serpentards.

NB: Je sais parfaitement que certaines choses ne coïcident pas avec le canon original, puisque Lucius n'a enfaite jamais été dans la même année que les Maraudeurs et probablement que Mulciber, Evan et compagnie non plus. Cependant, j'estime que si on fait certaines modifications qui apportent à l'histoire et qui sont assumées, ce qui est mon cas, ça peut être amplement justifier.

 

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture ! :)

 

Le mois de septembre était arrivé à sa fin. Déjà les feuilles avaient changé de couleur et la température baissé de quelques degrés. Désormais, les élèves de Poudlard ne sortaient plus qu'avec leurs écharpes aux couleurs de leur maison. Le début du mois d'octobre signifiait aussi un match de Quidditch imminent. C'était un samedi après-midi, froid mais ensoleillé et la plupart des élèves de Poudlard étaient allés se promener dans le parc ou encourager son équipe favorite, probablement en entraînement.

Dans cette ambiance automnale, un jeune homme marchait silencieusement dans le deuxième étage de Poudlard, revenant de la volière d'où il était allé envoyer une lettre. La tête basse, les cheveux lui pendant devant les yeux, il priait pour que personne ne le croise, comme il le faisait souvent lorsqu'il se promenait seul dans le château. La plupart de ses amis faisaient partis de l'équipe de Quidditch de Serpentard et étaient partis s'entraîner. Lorsque Lucius lui avait demandé s'il voulait aller les voir, Severus Rogue avait immédiatement refusé, prétextant un devoir important à faire. Ses devoirs étaient en fait finis depuis longtemps, et la lettre qu'il venait d'envoyer n'était autre que celle de Mulciber qu'il lui avait demandé d'aller apporter à la volière à sa place. Il s'apprêtait donc, avec la plus grande peine du monde, à regagner la salle commune de Serpentard, d'où il continuerait sa lecture d'un livre de potions particulièrement complexe qu'il avait emprunté à la bibliothèque. A mesure qu'il lisait, il se permettait de faire quelques corrections dans son propre manuel de potions, où il s'était rendu compte que quelques améliorations pouvaient être faites.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua à peine que ses pieds rencontrèrent deux autres. Le cœur battant dans ses tempes, il releva la tête :

-Ah monsieur Rogue ! Quel plaisir de vous voir. Vous n'êtes pas dehors par un si beau temps ?

Le Serpentard se força à calmer sa respiration et fut empli de soulagement en voyant Horace Slughorn lui adresser un sourire goguenard.

-Je voulais finir mes devoirs avant d'aller me promener.

-Vous devriez profiter mon cher, les devoirs peuvent attendre ! Et puis, je suis persuadé que vous avez déjà fini le parchemin que je vous ai demandé d'écrire pour lundi ? Eh bien, bon samedi mon cher, bon samedi.

Le ventre de Severus se tordit de plus belle. Il parvenait avec grand peine à oublier les cours de potions qu'il devait subir chaque semaine. Autrefois l'une de ses matières préférées, cette classe était devenue un véritable combat personnel pour le jeune homme. En s'efforçant de garder Sirius Black le plus loin possible de sa tête, il redoubla son allure afin d'arriver au plus tôt dans sa salle commune.

Une fois arrivé, il se laissa lourdement tombé sur le canapé vert de la pièce, en regardant la fumée noire qui provenait de la cheminée. Le feu s'était éteint et le froid fit frissonner Rogue.

Alors que le jeune homme s'était remis à la lecture et la modification de ses livres de potions, des voix tonitruantes retentirent dans la pièce :

-On va leur faire la peau avec nos nouveaux balais ! Aucun risque qu'ils nous battent, ces loosers !

-Tu as vu la tête de Potter lorsque j'ai attrapé ce vif d'or ? Il serait temps qu'il comprenne qu'il n'a aucun talent, juste beaucoup de chance.

Mulciber, Malefoy, Rosier et Avery venaient d'entrer dans la salle commune de Serpentards, en habits de Quidditch et leur balai à la main.

-Ah Rogue ! Alors ces devoirs ? demanda Lucius ironiquement.

-J'ai tout terminé, maugréa Severus. Comment c'était, l'entraînement ?

-Les Gryffondors avaient demandé le terrain, mais on ne l'a pas entendu de cette façon, rigola le blond en lançant un regard entendu avec ses acolytes.

-Ouais, inutile de te dire qu'on ne leur a pas laissé le choix ! On a joué un match « amical », continua Mulciber en mettant bien les guillemets en prononçant le mot et en ne se privant pas d'éclater de rire, étant donné que Madame Bibine n'était pas là pour faire sa satanée d'arbitre, disons qu'on s'est bien lâché.

-Oui, lança Evan, j'espère que Black sera remis demain pour le match, ce serait dommage qu'ils doivent se trouver un nouveau batteur !

Toute la bande éclata d'un rire mauvais. Severus se força à suivre le mouvement. Il ne ressentait aucune empathie pour Black, bien au contraire, mais ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il paierait très cher les actes de ses coéquipiers à son prochain cours de potions. Lucius se laissa tomber avec une nonchalance qui lui était propre et comme si la salle lui appartenait sur le canapé à côté de Rogue :

-On a croisé la sang-de-bourbe en revenant ici. Pas à l'entraînement de Quidditch, la pauvre doit avoir peur des balais. Elle était dans le parc, avec la petite Wilbongs - à ce nom, Evan eu un sourire saugrenu que Lucius lui rendit bien-, ô, et il y avait aussi Diggory. Ils sortent ensemble tu penses ? Après tout, c'est un Poufsouffle, donc forcément un traître à son sang.

Rogue ne broncha pas. Il savait parfaitement que Lucius le provoquait et il ne voulait pas lui donner une chance de gagner. Intérieurement, il bouillonnait. Lily Evans et Amos Diggory ? « Qu'est-ce qu'elle peut bien faire avec un naze pareil ? » Il ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres :

-Et, que s'est-il passé ?

Lucius plissa les yeux dans un air mauvais.

-Ça t'intéresse ?

-De savoir si vous êtes assez stupides pour attaquer une élève à la vue des professeurs ? Oui, ça m'intéresse.

Malefoy parut soulagé.

-On a d'autres plans pour elle, répondit-il en regardant ses amis, plus sûr de lui que jamais. Venez les mecs, on va se changer ! Rogue, si tu vois Narcissa, dis-lui que je serai à la Grande Salle.

Mais Severus n'écoutait plus. « On a d'autres plans pour elle ». Ces mots tournoyaient dans son esprit au point de brouiller son cerveau. « D'autres plans pour elle ». D'autres plan que de l'attaquer dans les couloirs ? Le Serpentard n'arrivait plus à bouger. Il avait été témoin de la « blague » qu'avait fait Mulciber à Mary McDonald l'année passée, uniquement parce que la jeune fille l'avait battu en duel en cours de Défense contre les Forces du Mal. L'adolescente avait failli finir noyée, et depuis, personne ne savait ce qui était exactement advenue d'elle. La peur avait suffi à la jeune femme pour qu'elle ne dénonce aucun des Serpentards présents, et Mulciber s'en était sorti comme si de rien n'était. S'ils étaient capables de faire ça à une sorcière de sang pur, qu'allaient-il bien pouvoir faire à une née moldue ? Le ventre plus tordu que jamais, il prit une décision : il irait voir le match de Quidditch, Evans y serait probablement. Il fallait qu'il trouve un moyen de lui parler coûte que coûte, car se taire et laisser sa bande faire n'était tout simplement pas une option pour lui, pas lorsqu'il s'agissait de Lily Evans. Livide et pantelant, il ne remarqua à peine que Narcissa venait de s'asseoir à côté de lui :

-Tu vas bien Sev, ? Tu es tout blanc. Au faite, tu sais où est Lucius ?

 

Dimanche. Le jour de match était arrivé. Serpentards comme Gryffondors étaient fébriles. Des élèves de premières et deuxièmes années se baladaient dans les couloirs avec des pancartes à l'effigie de leur maison. Beaucoup d'élèves de Serdaigle ainsi que de Poufsouffle montraient ouvertement leur soutien à la maison rouge et or.

Au milieu de cette ambiance électrique, Severus prenait son petit-déjeuner à la table des Serpentards, entouré de Lucius, Narcissa, Mulciber, Avery, Rosier, Wilkes, Crabbe et Goyle. Aussi maussade que le temps, qui était ce jour-là brumeux et gris, il tournait sans grande conviction sa fourchette dans ses œufs brouillés, qui, au lieu de lui donner faim, lui donnaient la nausée.

-Prêt pour le match, Lucius ? demanda Crabbe de sa voix grave, la bouche pleine de toast.

-On ne peut mieux. Après la raclée qu'on leur a mis hier à l'entraînement, il n'y a aucune chance que l'on ne gagne pas !

Les adolescents de l'équipe se lancèrent un regard entendu.

-C'est plutôt facile de gagner quand on triche, non ?

Severus n'en revenait pas d'avoir prononcé ces mots. Lui qui d'habitude n'osait jamais donner son avis, il venait d'ouvrir ouvertement les hostilités avec Lucius Malefoy, le jeune homme le plus influent de sa maison. Il entretenait envers lui une rancune depuis que le blond avait sous-entendu tout le mal qu'il voulait faire à Lily. Lily Evans, qui ne lui parlait plus, qui le méprisait, qui faisait partie des Gryffondors, qui était une née moldue. Lily Evans, qui avait été sa seule et unique amie. Lily Evans, qu'il avait abandonnée. Il ne l'abandonnerait plus.

Malefoy dévisagea le brun comme si c'était la première fois qu'il le voyait, et qu'il se rendait soudainement compte de sa laideur.

-Tu peux répéter ça, Rogue ?
Toute la bande s'était tu et regardait avidement l'échange entre leur leader et celui qui normalement se tenait à l'écart. Tout le monde, excepté Narcissa. Elle avait les yeux résolument plantés dans son assiette, et semblait sur le point d'intervenir.

Severus hésita. Soit il se taisait une fois de plus et était à nouveau la risée des Serpentards, la risée de Poudlard, soit il intervenait et montrait que lui aussi pouvait avoir du pouvoir. Relevant les yeux, il planta son regard dans celui du blond, qui lui renvoyait d'innombrables signaux de haine et semblait le défier.

-Je disais : c'est plutôt facile de gagner quand on triche, non ? D'après ce que vous m'avez dit hier, vous n'avez pas vraiment joué selon les règles habituelles du Quidditch.

-Et qu'est-ce qui t'y connais toi, aux règles habituelles de Quidditch ? Tu ne réussirais même pas à décoller de ton balai. Ça voudrait dire décoller ton nez graisseux de tes fichus bouquins.

Crabbe, Goyle, Avery, Wilkes, Mulciber et Rosier eurent un rire mauvais. Severus, quant à lui, se sentit bouillonné. Son propre allié utilisait les mêmes insultes que ses ennemis de toujours.

-J'attends de voir ce que tu vas être capable de faire aujourd'hui, Malefoy. Jusqu'à maintenant, Potter réussit toujours à te rafler le Vif d'Or. Dois-je te rappeler que tu as pleuré lorsque Serpentard a fini dernière dans le classement, l'année passée ?

Malefoy se leva, ainsi que Crabbe et Goyle-en bons gardes du corps- et, désormais, plusieurs élèves avaient tourné la tête pour voir ce qu'il se passait à la table des Serpentards.

-Redis-moi ça pour voir, espèce de petit minable. Tu ne serais rien sans moi, absolument rien. Je t'ai défendu devant l'école quand Potter et sa bande t'attaquaient, j'ai t'ai pris son mon aile, j'ai même passé tes tars sous silence.

Par « tars », Severus savait que Malefoy entendait son père moldu et son amitié avec Lily. Il se sentit soudain honteux d'avoir osé s'opposer à Lucius Malefoy.

-Refais-moi une remarque de ce genre, et tu es fini.

Par « fini », Severus savait que Malefoy ne remettait pas en cause leur amitié. Le jeune homme ne broncha pas. Il n'osait pas le confronter à nouveau, mais ne voulait pas non plus s'excuser, de peur que Lucius ne se croie ensuite tout permis. Mais le blond ne se rassit pas. Au contraire, il voulut sortir du banc afin, Severus l'imaginait, de venir l'attaquer directement.

-Arrête ça tout de suite, Lucius.

Le Serpentard se stoppa net dans ses gestes. Narcissa venait de parler. Rogue était autant choqué que les autres de voir la jeune femme tenir tête à son petit-ami, elle qui d'habitude préférait se terrer au silence.

-Pardon ? demanda Lucius, qui fit mine de ne pas avoir bien entendu.

Narcissa soutint le regard d'un bleu d'acier de Malefoy, un regard qui ne laissait que deux choix : soit s'y perdre éperdument-ce qu'elle faisait en temps normal-, soit baisser la tête et fuir. Elle ne fuirait pas, pas cette fois-ci.

-Je te demande de te rassoir, s'il te plait. Tu es en train de faire une scène pour une stupide compétition de Quidditch. Severus t'a dit ce qu'il pensait, tu lui as dit ce que toi tu pensais, quant à moi, je pense que cette altercation puérile peut s'en tenir à ça, si tu veux bien. Alors rassieds-toi et termine ton petit-déjeuner, tu veux ?

Pendant quelques instants, ce fut comme si le monde s'était arrêté à la table des Serpentards. Lucius fulminait, mais une lueur étrange était passée dans ses yeux : serait-ce de la reddition ? Crabbe et Goyle se tenaient à l'affût, apparemment désireux de voir Rogue réduit en bouillit. Avery, Mulciber et Rosier avaient pris un air sournois et se lançaient des regards qui en disaient long sur ce qu'il pensait de la soudaine prise de parole de Narcissa. Severus, quant à lui, ne pouvait décrocher son regard de celui de la jeune femme. S'il avait pu lui communiquer son entière gratitude, il l'aurait fait sans hésiter. Il prit soudain conscience qu'il avait toujours apprécié la jeune femme. Bien qu'elle fût une Black au sang-pur et donnait souvent l'air d'être incomparablement hautaine, elle n'en demeurait pas douce et, il le remarquait désormais, elle pouvait se montrer implacable. Sans qu'il ne s'en rendit réellement compte, il s'évertua à penser que si Lily avait été une sang-pure à Serpentard, elle se serait sans doute incroyablement bien entendu avec Narcissa.

-Bien. Mais promets-moi que c'est la dernière fois que tu me manques de respect, Sev.

Rogue secoua la tête, abasourdi du soudain changement d'humeur de Lucius Malefoy, qui avait plutôt l'habitude de réduire ses ennemis à néant. 

-J'ai peut-être dépassé les bornes, tu m'excuseras.

Lucius lui lança un vague signe de tête, mais ses yeux ne demeuraient pas moins haineux. Alors qu'un silence morbide avait pris place à la table verte et argent, les hiboux firent irruption dans la Grande Salle. Severus ne prit même pas la peine de regarder si le sien était là, il s'avait parfaitement que personne ne lui envoyait jamais de lettres. Une lettre tomba cependant entre lui et Narcissa. La jeune femme fut plus rapide, et il apparut vite que la lettre lui était adressée.

-C'est Bellatrix.

Ce simple nom suffit à donner des frissons au jeune homme. Bellatrix Black, bientôt Lestrange, était la sœur ainée de Narcissa. Elle était la femme la plus noire, délurée, fanatique et dangereuse que Severus ait jamais eu à rencontrer. Il pensait pourtant que personne ne surpasserait sa mère, mais Bellatrix l'avait détrompé. Au contraire de Rogue, les autres s'arrêtèrent de manger et s'approchèrent de Narcissa, comme s'ils attendaient que Bellatrix leur ait laissé un mot. Narcissa prit du temps pour lire la lettre, et il était difficile de déceler la moindre émotion. Lucius avait lui aussi penché la tête afin de voir ce que Bellatrix pouvait bien écrire à sa petite-amie.

-Elle se marie aux vacances d'hiver, lança finalement la blonde d'une voix morne qui laissait deviner qu'elle n'était pas la première admiratrice de sa grande sœur. Vous êtes conviés, rajouta-t-elle en laissant un regard presque apeuré à Lucius.

Severus haussa les sourcils : Bellatrix Black conviait l'entièreté des « amis » de Narcissa à son mariage avec Rodolphus Lestrange, un autre adepte de magie noire et qui passait probablement la plupart de son temps à torturer des animaux ?

-Tous, c'est-à-dire... ?

-C'est-à-dire toi, Mulciber, répondit Narcissa avec fermeté - Severus avait remarqué qu'elle semblait très contrarié-, ainsi que Avery, Evan, Wilkes, Crabbe, Goyle et toi, Sev.

Rogue n'en crût pas ses oreilles. Qu'est-ce qu'il pourrait bien faire au mariage de la sœur de Narcissa ? Il n'était même pas proche de la jeune femme. Il comprenait sa colère, elle n'aurait pas même une amie fille pour l'accompagner au mariage. Apparemment, il était le seul à n'avoir pas compris cette invitation, car tous les autres, Lucius y compris, avaient retrouvé le sourire et se lançaient des regards entendus.

-Bon les mecs, on va le gagner ce match ou quoi ?

End Notes:

Et voilà! J'espère que ce chapitre, qui a été un peu plus long à écrire, vous a plu!

 

Qu'avez-vous pensé du POV Rogue? Est-ce que vous trouvez que je reste fidèle aux personnages?
J'espère vraiment que cela vous a plu, car je pense ajouter des chapitres POV Serpentard assez régulièrement dans ma fanfiction :)

 

Sur ce, on se retrouve ainsi que les Maraudeurs la semaine prochaine!

Merci à tous :)

Chapitre 11: Gryffondor VS Serpentard by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Me revoilà! Les fêtes de fin d'année (qui sont mes préférées), ayant eu raison de moi, j'ai pris pas mal de retard dans l'écriture de ma fanfiction (et je m'en excuse fortement!)

Mais me revoilà avec un nouveau chapitre, à nouveau POV Maraudeurs, que j'ai particulièrement aimé écrire :)

J'essaye de faire les chapitres un peu plus longs! Et j'ai désormais deux semaines de vacances, durant lesquelles j'essayerai de rattraper mon retard et de poster plus souvent! :)

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne lecture ! 

 

-Vous vous souvenez de ce que l'on a dit ? Les batteurs, vous ne les lâchez pas d'une semelle. Au moindre cognard envoyé, je veux qu'il soit détourné. A la moindre tricherie, je veux que vous leur fonciez dessus. Les poursuiveurs, quant à vous, vous devrez vous montrer intransigeants et plus rapides que jamais. Mckigan, s'il faut que tu tiennes ton balai par ton petit doigt pour arrêter le souaffle, fais-le. Quant à moi, je ferai mon possible pour attraper le Vif d'or le plus vite possible, et leur clouer le bec ! Ce qu'ils ont fait hier ne peut pas rester impuni. Vous êtes avec moi ?

L'équipe de Gryffondor au complet opina d'un air grave devant James Potter, qui se tenait debout au milieu du vestiaire, son étoile filante à la main.

-Bien ! Sirius, tu te sens opérationnel ?
Le jour d'avant, les Serpentard avaient cru bon de monopoliser le terrain alors qu'il était réservé à la séance d'entrainement de Gryffondor. Ceux-ci avaient joué de la façon la plus déloyale possible au Quidditch et Sirius s'était retrouvé avec deux côtes fissurées. Bien entendu, Madame Pomfresh lui avait donné un remède, mais celui-ci ne faisait entièrement effet que si la personne restait au repos. Ce qui n'était pas dans les plans de Sirius.

-J'ai mis un bandage super serré, je ne sens plus rien, mentit celui-ci, qui se tenait les côtes.

-Bien. C'est ma dernière année en tant que capitaine, et je dois très égoïstement avouer que si on laisse les Serpentards remporter la coupe, je partirai de Poudlard avec un goût amer dans la bouche. Alors, je vous le répète : vous êtes avec moi ?

-OUIIII !

Ce fut dans un cri de guerre inimitable que les Gryffondors se levèrent afin de rejoindre le terrain, le cœur plus déterminé que jamais.

-Tu es sûr que ça va aller ? chuchota Cassidy à l'oreille de Sirius qu'elle avait vu se tenir les côtes.

-Je devrai probablement retrouver Madame Pomfresh après ça, et je vais me ramasser un gros savon. Mais je ne peux pas abandonner James maintenant.

Cassidy acquiesça, avec non moins un air inquiet sur le visage.

 

-Allais Lily ! C'est notre dernière année, on se doit d'aller soutenir notre équipe, non ?

Nelly et Lily étaient dans la Salle Commune de Gryffondor, la première résolument plantée dans ses devoirs et la seconde essayant de la traîner vers le terrain de Quidditch, malgré la brume environnante.

-Ne prétends pas que tu connais quelque chose au Quidditch, ça ne t'a jamais vraiment intéressée.

Nelly soupira : lorsqu'il s'agissait d'aller voir un match où James Potter était le roi, il était très difficile de faire changer Lily d'avis. Elle n'avait été voir que quelques matchs de Quidditch et, la plupart du temps, elle prenait un livre avec elle.

-Il m'a semblé que toi et James vous entendiez mieux, pourtant ! Tu étais collée à lui à la soirée.

Lily releva brusquement la tête et soutint le regard malicieux de Nelly.

-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, dit-elle en rosissant légèrement.

-Oh vraiment ?! Ne fais pas l'idiote. De un : James ne va même pas voir que tu es là, il sera bien trop concentré sur le Vif d'Or pour regarder les tribunes. De deux : Amos Diggory sera probablement là aussi, lorsqu'il ne soutient pas Poufsouffle, il est pour Gryffondor et je parie qu'il espère te voir. De trois...

-De trois, Remus sera là aussi, j'avais compris, Nel's.

Ce fut au tour de la brune de rougir.

-Alors là, tu n'y es pas du tout ! J'allais dire, de trois : Gryffondor joue contre Serpentard. Tu as entendu ce qu'ils ont fait hier à l'entraînement non ? On se doit d'aller pour voir que tout cela ne dégénère pas.

Lily soupira. Son ventre se tordit à la pensée de Lucius Malefoy envoyant un cognard dans les tribunes qui la viseraient probablement. Puis elle pensa à Nelly et à son penchant pour Remus et finit par dire d'une voix lasse :
-Que ce soit clair, je viens uniquement pour toi. Sûrement pas pour Diggory, et encore moins pour Potter.

Nelly leva le poing en signe de victoire.

-Habille-toi bien, j'ai entendu dire qu'il faisait très froid dehors !

Résignée, la rousse referma son livre d'arithmancie, pris son écharpe et ses gants et suivit sa meilleure amie vers les tribunes glaciale du terrain de Quidditch.

 

-Que le match commence !

Serpentards comme Gryffondors se trouvaient sur leur balai, à leur place respective sur le terrain. Après s'être presque écrasés la main, James et Lucius avaient pris leur poste de capitaine et avaient attendu le signal de Madame Bibine pour commencer le match. C'était Alice qui le commentait.

-Le match a donc officiellement commencé. On espère tous que Malefoy a encore l'usage de sa main, James avait l'air de serrer tellement fort.

Des rires éclatèrent du côté des tribunes de Gryffondor, qui étaient trois fois plus proéminentes que celle de Serpentard ce jour-là, puisque les Serdaigles et les Poufsouffles avaient choisi de soutenir la maison rouge et or.

-Miss Fortescue, un peu de tenue je vous prie, lança Mcgonagall, la lèvre néanmoins tressaillant.

-Je vous prie de me pardonner, professeur Mcgonagall, je ne voudrais pas heurter les sensibilités. On dit que les Serpentards ont la larme facile, je voudrais l'éviter à tout prix.

Cette fois-ci, la professeure de métamorphose ne prit même pas la peine de réprimander son élève.

-Le match a commencé et c'est une partie endiablée qui va se jouer sous nos yeux ! Gryffondor mène le jeu, avec Derby en possession du souaffle. Derby qui fait la passe à Potter junior, qui semble plus déterminée que jamais ! Allais Cassidy !

-Fortescue, je vous demanderais plus d'impartialité, la reprit Mcgonagall.

-Encore une fois, désolée professeure. Potter junior toujours en possession du souaffle, un cognard fonce droit sur elle ! Cognard finalement intercepté par le beau, le grand et le fort Londubat !

Ce fut encore une fois une explosion de rire dans les gradins de Gryffondor.

-Potter junior réussit à garder le souaffle, Black vient se greffer à ses gestes pour la protéger des cognards misérablement envoyés vers les Gryffondors. Potter junior s'approche des buts adverses et... POTTER JUNIOR MARQUE ! 10 points pour Gryffondor !

La tribune rouge et or sembla bouger d'un seul et même mouvement, tandis que les élèves hurlaient et sautaient sur place.

Au milieu des sorciers déchaînés, Lily tentait de se protéger, sa meilleure amie sautillant sur place à ses côtés.

-Tu as vu ! Je t'avais dit que ça allait être grandiose.

-Grandiose, oui, murmura la rousse en serrant les dents.

Lorsque les deux filles avaient gagné les tribunes, elles avaient immédiatement trouvé Remus, qui semblait les attendre. Nelly lui avait lancé un sourire flamboyant, auquel il avait répondu par un air malicieux. Lily avait vu Amos du coin de l'œil, puis s'était empressée de trouver une place dans les gradins le plus loin possible de son admirateur. Amos Diggory passait son temps à essayer de séduire Lily et la jeune femme, bien que le trouvant d'une gentillesse incomparable, n'était pas le moins du monde intéressée. C'était ainsi qu'elle s'était retrouvé au premier rang dans les tribunes de Gryffondor, à tenir la chandelle aux côtés de ses deux amis. Il n'avait suffi que de quelques secondes pour que James Potter la reconnut et lui lançât un sourire empli d'arrogance, comme s'il croyait qu'elle n'était venue que pour lui. Pour couronner le tout, elle avait aperçu dans la tribune adverse, exactement en face de la place où elle se trouvait, Severus, le regard bas et inquiet. Elle avait bien entendu essayé de s'éclipser, mais la foule en folie l'en empêchait. Son unique lot de consolation étaient les commentaires hilarants de son amie Alice.

-Je sens les Serpentards quelque peu tendus, pas vous professeure ? continuait la jeune femme, pleine d'entrain. Serpentard tente de reprendre le souaffle avec Parkinson, mais Black lui fonce dedans avec fougue. Parkinson tombe presque de son balai, mais Avery vient à la rescousse. Dommage Avery, tu aurais mieux fait de t'occuper du souaffle ! Souaffle qui est superbement repris par Potter junior, qui semble inarétable aujourd'hui. Une bataille de cognards semble avoir lieu à l'autre bout du terrain ! Londubat et Black s'allient contre Mulciber et Wilkes. Attention Franck !

Les Gryffondors retinrent leur souffle en voyant un cognard voler à deux centimètres de l'oreille de Franck, qui paraissait boosté par les commentaires flatteurs de sa petite-amie.

-Londubat reprend le contrôle avec perfection. Il fait jouer de ses muscles et OH ! Le cognard met Wilkes à terre. Quel dommage !

-Fortescue !

-Je suis sincère professeure ! Je déplore le fait que Franck ait dû en arriver là ! Alors qu'on s'intéressait tous à cette bataille de cognard, Potter junior fait une avancée fulgurante vers les buts adverses, elle se retrouve seule avec le gardien et MARQUE ! 20 à 0 pour les Gryffondors !

Cette fois-ci, Lily n'essaya pas de se protéger mais fut au contraire prise dans le mouvement d'allégresse de sa tribune.

-On va gagner, c'est sûr ! cria-t-elle à Nelly qui éclata de rire.

-Eh bien, je ne savais pas que tu étais une fan de Quidditch, Lil's ! lança un Remus hilare.

Lily lui sourit en retour et remarqua le mouvement imperceptible que Remus avait fait envers Nelly, comme s'il avait voulu lui prendre la main et qu'il s'était finalement ravisé. La rousse se sentit soudain empli d'une joie peu commune, et ne regretta pas un seul instant d'être venue soutenir l'équipe de Gryffondor.

Le match continua pendant une heure, une heure où les deux équipes se livraient un combat acharné et où tous les coups étaient permis. Wilkes ne s'était pas remis de sa chute et les Serpentards ne jouaient désormais qu'à six, ce qui ne les rendaient que plus dangereux. Lucius et James volaient côte à côte alors qu'aucun d'eux n'avaient repéré le vif d'Or. Le but était désormais de faire tomber l'autre de son balai. Bien qu'elle fît tout pour éviter de regarder dans sa direction, Lily ne put s'empêcher de penser que James était remarquablement habile sur un balai. Malgré le comportement violent des Serpentards (Mulciber s'était désormais munie de la batte de Wilkes et lançait simultanément les deux cognards sur l'équipe de Gryffondor), les rouges et or menaient toujours le match à 70 contre 30. Alice continuait de faire des remarques mais, à mesure que Franck se faisait poursuivre par des cognards en folie, ses commentaires se faisaient de plus en plus inquiets. Puis, alors que Madame Bibine avait laissé tomber son sifflet pour poursuivre directement dans les airs les joueurs en faute (c'est-à-dire à peu près tous), Alice hurla :

-James Potter a repéré le vif d'Or ! Allais James, donne tout ce que tu as !

Lily retint sa respiration en voyant le jeune homme foncer droit sur quelque chose qu'elle n'arrivait pas à voir d'où elle était assise. A ses côtés, Nelly avait agrippé le bras de Remus, qui avait désormais un sourire nigaud postiché sur ses lèvres.

-Malefoy semble en avoir enfin pris conscience et se dirige dans la même direction que Potter, mais Potter est plus rapide et plus habile.

Pendant quelques secondes, tout s'était figé : Madame Bibine s'était interposée entre Franck et Mulciber, lequel regardait son capitaine avec avidité. Cassidy s'était aussi stoppée à quelques centimètres des buts, le souaffle sous le bras, pour regarder son frère poursuivre le Vif d'Or. Sirius était à moitié couché sur son balai, une expression de souffrance intense sur le visage, mais ne décollait pas son regard de son meilleur ami. Même les professeurs, Mcgonagall en premier, s'étaient levés et retenaient leur respiration.

-Potter n'est plus qu'à quelques centimètres du vif d'Or, il tend le bras, ALLAIS JAMES !

Mcgonagall ne releva pas le manque d'impartialité.

-Potter se rapproche, il devance Malefoy de bien des centimètres. POTTER ATTRAPE LE VIF D'OR ET FAIT GAGNER 150 POINTS A SON EQUIPE ! GRYFFONDOR L'EMPORTE !

Lily sauta de joie et hurla à s'en irriter les poumons. Elle sauta dans les bras de Nelly et Remus et les trois restèrent ainsi, un immense sourire aux lèvres. La rousse comprenait maintenant pourquoi autant de personnes aimaient le Quidditch : ça n'avait rien avoir avec le sport en lui-même, ni même l'adoration des joueurs. C'était l'esprit d'équipe, le fait de ne se sentir qu'un alors qu'on était des centaines. Le fait que pendant un instant, plus rien ne comptait à part les secondes qui éloignaient de la victoire. C'était James Potter, qui avait un sourire franc et sincère et qui brandissait le vif d'Or en fonçant sur ses coéquipiers et en les remerciant de leur jeu impeccable. C'était les larmes qui perlaient dans les yeux de Cassidy. C'était Sirius qui, malgré sa douleur lancinante, serrait ses meilleurs amis dans ses bras. Lily le réalisait à présent : ce qui comptait en cet instant, ce n'était rien d'autre que l'esprit d'équipe, et l'amitié.

-GRYFFONDOR A BATTU SERPENTARD ! PREMIER MATCH DE L'ANNEE ET SERPENTARD EST BATTUE PAR LES GRYFFONDORS !

-Miss Fortescue, auriez-vous l'amabilité de vous éloigner de votre micro ? s'époumona Mcgonagall qui, Lily l'aurait juré, pleurait à chaudes larmes.

Puis, alors que les Gryffondors se croyaient à l'abri, que Franck avait abandonné sa batte pour rejoindre Alice, que le reste de l'équipe se serraient dans les bras et que les professeurs avaient tourné le dos, Lily vit un mouvement imperceptible provenir des tribunes de Serpentard. Elle aurait voulu hurler mais ne put que se cacher les yeux. Le reste de la scène se passa au ralenti : deux cognards fonçaient droit sur l'équipe de Gryffondor. Sirius les vit au dernier moment et entraîna Cassidy sur le côté, mais ce fut trop tard que James se retourna. Il se reçut les cognards en plein dans le ventre et tomba de son balai en perdant le Vif d'Or des mains. Ni d'une ni de deux, Lily dégaina sa baguette magique de sous sa cape et hurla :

-Arresto momentum !

A quelques centimètres du sol, James s'immobilisa dans sa chute et retomba sur le sol avec délicatesse. Une délicatesse qui malheureusement n'arrangeait pas la douleur qu'il pouvait ressentir au ventre du fait des deux cognards qu'il avait reçu.

Une véritable vague de panique s'installa dans la tribune de Gryffondor ainsi que dans celle des professeurs alors que James ne se relevait pas. L'équipe de Gryffondor au complet l'entourait, et Cassidy s'était agenouillée et avait posé la tête de son grand frère sur ses genoux, une expression d'extrême inquiétude sur le visage. Le jeune homme semblait à moitié dans les pommes. Dans les tribunes des Serpentards, au contraire, des sourires vicieux s'étalaient sur les visages des élèves et l'équipe de Lucius avaient regagné les vestiaires comme s'ils avaient gagné le match.

Lily, Nelly et Remus avaient couru sur le terrain avant tous les autres. La première ne savait pas très bien pourquoi elle s'inquiétait ainsi, ni pourquoi elle avait sauvé le garçon, mais une petite voix intérieure lui disait que ça avait un rapport avec la formule qu'elle avait vu Rogue marmonner juste avant que les deux cognards ne touchent James.

-James ! Mec tu vas bien ? s'écria Remus en prenant place aux côtés de son ami, de Sirius et de Cassidy.

Pendant quelques secondes, le jeune homme ne répondit pas, toussotant et se tordant le ventre.

-Et toi Lunard, ça irait si tu t'étais ramassé deux cognards dans le ventre ?

Malgré l'inquiétude ambiante, Remus esquissa un fin sourire : son ami n'avait pas perdu la tête.

-Probablement pas. Madame Pomfresh va soigner ça, ne t'inquiète pas.

-Ce n'est pas pour moi que je suis inquiet, plutôt pour celui qui a fait ça.

L'estomac de Lily se tordit à son tour. Elle espérait de tout son être que ce n'était pas Severus.

Alors que James se remettait à tousser et que Sirius s'était à son tour allongé, ses côtes ayant déclaré forfait, Madame Bibine déboula sur le terrain, accompagnée des professeurs et de Dumbledore, le visage déformé par la colère :

-Je vous annonce que cette victoire est tout bonnement annulée !

End Notes:

Et voilà!

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? :) Est-ce que je suis toujours fidèle au style Maraudeurs? Et dites-moi un peu ce que vous pensez qu'il va arriver ensuite, j'aime beaucoup lire les différentes théories ^^

 

A bientôt (je ferai en sorte que l'attente soit moins longue!) pour un prochain chapitre!

Chapitre 12: La Nouvelle by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Merci pour les views et reviews du dernier chapitre :)

Comme promis, je poste plus régulièrement étant donné que je suis en vacances et je me sens particulièrement inspirée ces temps-ci :)

 

Je vous souhaite dès lors une bonne lecture!

 

Une nuit avait passé depuis le match endiablé de Gryffondor et Serpentard. James et Sirius l'avaient passé à l'infirmerie, sous les remontrances sonores de Madame Pomfresh. Personne n'était venu les voir le soir même puisque l'équipe de Gryffondor était de corvée de nettoyage suite à la colère de Madame Bibine («et vous pouvez être heureux de ne pas être tous renvoyés, si vous n'étiez pas en dernière année, ce serait fait ! »). Les Serpentard avaient eux écopé du ramassage de bois dans la Forêt Interdite, en pleine nuit, accompagnés de Hagrid. Ils n'avaient donc pas non plus pu rendre visite à Wilkes, toujours inconscient depuis la chute de son balai.

Le matin pointait son nez à Poudlard et le soleil se levait, éclairant les feuilles orange et rouge du parc. James et Sirius n'avaient pas beaucoup dormi, d'une part à cause de la douleur mais aussi du fait de leur colère.

-Je n'en reviens toujours pas que Bibine ait annulé la victoire ! Je n'ai pas attrapé le Vif d'Or en trichant, et tu ne t'es pas cassé deux côtes de plus pour que le match soit tout bonnement annulé !

James se tenait assis dans son lit, un bandage autour de son ventre mais partiellement guéri- il ne restait plus qu'une ecchymose de la taille d'un souaffle autour de son nombril. Sirius, quant à lui, restait couché. Il devait passer une nuit de plus à l'infirmerie, suite à ses désormais quatre côtes cassées.

-Comment ça va se passer tu crois ? On devra rejouer le match ? demanda Sirius qui grimaçait à chaque mot qui sortait de sa bouche.

-Eh bien...

Alors que James allait répondre une fois de plus qu'il irait mettre un peu de bon sens dans l'esprit de Madame Bibine, des voix tonitruantes amplifièrent l'infirmerie.

-Les mecs ! On est désolé, on ne pouvait pas faire autrement.

James tourna la tête et vit le reste de l'équipe de Gryffondor ainsi, à sa grande surprise, que Alice, Nelly, Remus et Lily, qui ne semblait pas des plus ravie d'avoir été traînée là. En voyant la jeune femme, James se sentit de suite revigoré et se redressa de quelques centimètres dans son lit tout en passant mécaniquement la main dans ses cheveux.

-Pas de soucis, Pomfresh nous a prévenus. Rassure-moi Franck, Madame Bibine déconnait lorsqu'elle parlait d'annuler la victoire ?

Le garçon baissa la tête et la secoua deux fois de gauche à droite. Sirius laissa échapper un juron.

-Et personne ne compte faire quelque chose à propos de ça ? J'ai attrapé le Vif d'Or, Sirius a probablement perdu une côte ou deux, et Franck a failli mourir plus d'une fois dans ce match ! Qu'est-ce qui ne va pas avec elle ?

-Elle dit que les seules personnes qui n'ont pas triché dans notre équipe sont Cassidy, Léa et Rudolph. Ils n'ont pas dû faire la punition, mais Cass' a insisté pour nous accompagner.

-Si j'avais pu, j'aurais fait tomber Parkinson de son balai moi-même, répliqua Cassidy tout en prenant place sur le lit de Sirius, ça me paraissait normal que je vous accompagne.

-Si on avait su, on serait venu aussi... lança Léa, la tête basse.

-Ce n'était pas du tout un reproche ! la rassura Franck, on comprend tout à fait. Mais le fait est que la victoire est bel et bien annulée. Madame Bibine ne sait pas encore si elle le comptera pour un match nul ou si l'on devra le rejouer.

-Et qu'est-ce que Mcgonagall dit de ça ? intervint Sirius.

-Qu'est-ce que tu veux qu'elle vienne faire là-dedans ? lui demanda Alice.

-Tu sais bien qu'elle éprouve une passion inconditionnelle pour le Quidditch, elle pleurait lorsque James a attrapé ce Vif d'Or.

Alice haussa les épaules.

-Quoi qu'il en soit, s'il faut que cette victoire soit annulée, il faut absolument que l'on rejoue, affirma James, c'est exclu qu'on octroie aux Serpentard un match nul. Au fait, où est Peter ? Je ne l'ai pas vu au match !

-Malade, répondit Remus. Il vaut mieux le tenir à l'écart de tout cela, les Serpentard pourraient se venger sur lui.

Un silence suivit ses paroles.

 

Lily n'avait pas pris la parole lors de l'échange entre les membres de l'équipe de Gryffondor. Elle n'avait pas prévu de se retrouver au chevet de James Potter à l'infirmerie après une chute dont elle l'avait sauvé. Cependant, Nelly avait insisté pour qu'elle les accompagne elle et Remus à l'infirmerie car, comme elle l'avait dit : « tu semblais savoir ce qui s'était passé avec ces cognards ». C'était précisément la raison pour laquelle Lily était présente : pour s'assurer que James n'apprenne jamais qu'elle l'avait sauvé ou que Rogue pouvait avoir quelque chose avec sa chute. Elle se tenait cependant à l'écart, les yeux résolument plantés dans le sol, en faisant de son mieux pour éviter le regard de James qui n'arrêtait pas de tourner la tête dans sa direction. Elle crut que son estomac lui était remontée dans sa gorge lorsqu'elle l'entendit demander :

-Au faite je me demandais : est-ce que quelqu'un sait qui est la personne qui m'a sauvé de ma chute ? J'aimerais lui envoyer quelque chose, comme des fleurs ou du chocolat.

La rousse se sentit rougir de la tête aux pieds, tandis que les regards de Remus, Nelly et Alice se posaient furtivement sur elle. Sa meilleure amie dut sentir sa gêne puisqu'elle répondit, le plus naturellement du monde :

-Je n'ai personnellement rien vu, mais je pense que ça doit être un professeur.

-Moi, je préférerais savoir qui c'est qui a envoyé ces cognards, lança Sirius- ce qui fit instantanément remonter l'estomac de Lily, j'aimerais lui envoyer autre chose que des fleurs.

-C'est forcément un coup des Serpentard, répondit Cassidy. Maintenant à savoir lequel...

Alors qu'elle se croyait à l'abri, Alice, ne remarquant pas la gaffe qu'elle faisait, répliqua :

-Je ne voudrais accuser personne sans avoir de preuve, mais depuis mon estrade, j'ai très clairement aperçu Rogue à la première rangée des tribunes de Serpentard. Il semblait marmonner dans sa barbe, et Lucius lui a lancé un regard qui en disait long juste avant que les cognards ne te tombent dessus, James.

Lily ferma un instant les yeux en s'attendant au pire. Elle ne savait pas bien pourquoi elle s'obstinait à prendre la défense de son ancien ami devenu un ennemi, mais elle ne pouvait laisser les Maraudeurs s'attaquer une fois de plus au garçon.

-Servilus ?! s'époumona Sirius. Il va comprendre ce que c'est que de s'attaquer à nous. Je ferai en sorte d'être sur mes pieds au cours de potions, et je lui enverrai autre chose qu'un cognard dans la figure !

James ne réagissait pas, mais semblait hors de lui.

-Ce n'est peut-être pas lui.

Lily savait qu'elle n'aurait pas dû intervenir, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Même Nelly fit un pas en arrière, signifiant qu'elle ne la soutiendrait pas cette fois-ci. Remus semblait réfléchir à toute vitesse à un moyen de détourner la conversation et dit à tout hasard :

-Le cognard n'a pas pu venir des tribunes, il vient forcément de...

-Peut-être pas lui ?

James s'était entièrement redressé dans son lit et la couverture qui le cachait dès lors glissa sur son torse qu'il dévoila partiellement.

-Comment peux-tu encore le défendre alors qu'il m'a envoyé deux cognards dessus ? Regarde !

Il défit son bandage et, pour une fois, ce n'était pas pour montrer ses muscles mais la blessure dont il avait hérité. Bien que Lily se sentît honteuse et détourna bien vite le regard (non pas à cause de l'ecchymose), elle sentit la colère monter en elle.

-Et je te le répète : tu n'as aucune preuve que ce soit Severus. Pourquoi ce ne serait pas Mulciber ? il est batteur de l'équipe à ce que je sache !

-Servilus me déteste depuis toujours, il n'est jamais venu à un seul match de Quidditch et comme par hasard, le seul jour où il est là, je me reçois deux cognards dans le ventre droit après avoir fait gagner mon équipe. Sois réaliste Evans !

-Et toi ne me parle pas comme ça ! Alice a peut-être mal vu.

Lily se tourna vers son amie en quête de soutien, mais la jeune fille ne put que hausser les épaules.

-Je vois, lorsqu'il s'agit du grand James Potter qui fait gagner son équipe avec son Vif d'Or et sa blessure de guerre, personne ne peut plus rien dire !

-Qu'est-ce que tu insinues Evans ?

-Je ne suis peut-être pas une grande professionnelle du Quidditch, mais je t'ai vu jouer, et j'ai vu de quelle manière tu essayais de faire tomber Malefoy de son balai, alors ne fais pas le garçon outré d'apprendre que Madame Bibine a décidé d'annuler votre stupide victoire à votre stupide jeu !

Excepté les cris des deux jeunes personnes qui résonnaient dans l'infirmerie, plus aucun son ne se faisait entendre. Personne ne savait s'il fallait partir en courant, séparer James et Lily ou continuer à écouter, impuissants, la dispute.

-Avoue-le, continuait la rousse sans pouvoir s'arrêter, tu es bien content que ça te soit arriver. Comme ça tu peux montrer à toute l'école comme tu es fort et pourquoi pas exhiber ta blessure ainsi que tes muscles, n'est-ce pas Potter ?

Ce fut au tour de James de rougir et de ramener vivement les couvertures sur son torse.

-Oh, et si au passage tu peux faire accuser un élève qui est déjà détesté de toute l'école et harcelé par sa propre maison pourquoi pas, tant que ça te profite !

-Excuse-moi ?! s'écria James en se levant carrément de son lit, tu ne peux pas sincèrement penser ce que tu viens de dire Evans ! Harcelé par sa propre maison ? Servilus fait tout pour qu'on le haïsse, avec ces livres de magie noire, sa manie de mettre des ingrédients que lui seul connait dans les potions et devrais-je te faire oublier les amis qu'il a ? Tu veux peut-être que je réveille Wilkes pour que vous puissiez ensemble faire une ovation à votre ami commun Severus Rogue ?

Lily savait au fond d'elle que James n'avait pas entièrement tort, mais les mots s'échappèrent plus vite que ses pensées :

-Tu sais quoi ? Je ne serais même pas énervée si j'apprenais que Severus t'avait vraiment envoyé ces cognards, il serait peut-être temps que quelqu'un te remette à ta place et t'empêche de te pavaner avec tes stupides Vif d'Or et tes stupides cheveux !

James fut piqué au vif :

-J'oubliais, tu pardonnes plutôt vite quand il s'agit de Servilus. Se pavaner dans le château c'est honteux, mais te traiter de Sang-de-Bourbe ça passe, du moment que ce n'est pas moi.

Il regretta ses mots aussitôt qu'ils étaient sortis, et ne remarqua à peine l'énorme gifle qu'il reçut. Lily sortit en trombe de la salle, sous le regard choqué des autres élèves présents. Elle ouvrit la porte à la volée puis, avant de la refermer brusquement, se tourna une dernière et lança haineusement :

-Au faite, c'est moi qui t'ai sauvé, et c'est la chose la plus stupide que j'ai faite depuis longtemps !

 

Plusieurs jours avaient passé depuis le match raté entre Gryffondor et Serpentard et la dispute de James et Lily qui s'en était suivie. Personne, que ce soit du côté des Maraudeurs ou de Nelly n'avaient osé aborder le sujet auprès des deux jeunes gens. L'ambiance était désormais électrique lorsque la rousse et le jeune homme se trouvaient en même temps dans la Salle commune de Gryffondor ou s'asseyaient trop près l'un de l'autre à la Grande Salle.

Ce jour-là, Gryffondor comme Serpentard allaient avoir potions, et jamais l'humeur de Lily n'avait été aussi mauvaise depuis son retour à Poudlard.

-Ecoute Lil's, je comprends que tu n'es pas enchantée de passer un cours avec Serpentard, mais dis-toi que l'entièreté de la maison est dans le même état que toi. De plus, n'oublie pas que tu n'as pas hérité du pire...

Nelly et Lily prenaient leur petit-déjeuner dans la Grande Salle, le plus loin possible des Maraudeurs (ce que Nelly avait de la peine à accepter puisqu'elle n'avait pas pu reparler à Remus depuis la dispute) et la rousse n'avait pipé mot depuis qu'elle s'était levée. En entendant sa meilleure amie prononcer ces mots, elle la regarda un instant puis lança un profond soupir, honteuse :

-Je suis tellement désolée Nel's, je sais bien que tout le monde est dans le même panier. C'est juste que j'ai de la peine à me concentrer depuis... Enfin, bref. Tu as raison, je n'ai vraiment pas hérité de la pire personne.

Elle lança un petit sourire à Nelly qui lui répondit par un hochement de tête. L'ambiance se détendit ensuite quelque peu et les deux filles abordèrent d'autres sujets de conversation :

-Je sais qu'on n'y est pas encore, mais tu comptes rentrer à la maison pour Noël ? demanda la brune.

-Aucune idée, répondit Lily qui faisait son possible pour ne pas se rembrunir. C'est-à-dire qu'avec le mariage de Pétunia qui aura eu lieu, je ne sais pas si j'ai vraiment envie de rentrer pour passer le réveillon avec la famille de son Vernon.

-J'avais oublié cette histoire. Tu le vis comment, qu'elle va se marier ?

-Honnêtement... Je n'y ai pas vraiment pensé jusqu'ici. J'imagine que je suis contente pour elle, du moment que son mari la traite bien et qu'elle est heureuse. J'ai laissé tomber l'idée qu'un jour on redeviendrait proche. J'ai une autre famille maintenant.

Les deux amies se sourirent cette fois-ci vivement et avec sincérité.

-Et toi, tu comptes rentrer chez toi pendant les vacances ?

Nelly était une fille unique de bonne famille qui avait toujours vécu parmi les sorciers. Son père travaillait en tant qu'apothicaire dans leur village et sa mère s'occupait généralement du foyer, tout en aidant son mari à s'occuper des plantes et autres mandragores dont il avait besoin pour sa boutique. Lily avait déjà passé plusieurs jours durant les vacances des précédentes années dans la famille Wilbongs, et elle adorait les parents de Nelly. Cependant, la dernière fois qu'elle avait passé quelques jours chez sa meilleure amie, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer la fatigue dont les deux parents faisaient preuve. Peut-être était-ce dû au temps qui couraient ? Les gens osaient beaucoup moins sortir de chez eux depuis la montée au pouvoir du Mage Noir et Lily imaginait sans difficulté que la clientèle de Mr. Wilbongs avait considérablement diminué.

-Mes parents insistent pour que je passe le réveillon avec eux, mais ils ont quelque chose de prévu pour le Nouvel An. On pourra peut-être le fêter ensemble ?

-Très bonne idée, lança Lily qui avait retrouvé son sourire et avait momentanément oublié les tensions qu'il pouvait y avoir au sein et en-dehors de sa maison.

Ce ne fut que pour un cours instant, jusqu'à ce que les chouettes et les hiboux qui apportaient le courrier ne lancèrent la Gazette du Sorcier entre Nelly et Lily. La seconde donna une noise à sa chouette puis défit la ficelle du journal. Il était impossible de passer à côté de l'énorme titre de la Gazette ce jour-là : « Une famille de moldue au complet assassinée, l'œuvre du Mage Noir ».

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Nelly à sa meilleure amie en voyant sa tête se décomposer.

-Ils habitaient dans le quartier à côté du mien, ne put que marmonner celle-ci, ça aurait pu être mes parents.

 

-Ecoutez ça les mecs !

La nouvelle n'avait pas mis longtemps à se répandre et désormais, chaque élève présent dans la Grande Salle essayait de se dénicher un journal. Remus avait déplié le sien et lisait l'article à James, Peter, Sirius, Cassidy et Dorcas, qui l'écoutaient d'un air grave.

- « Le père de famille travaillait au ministère moldu de Londres et s'occupait des affaires étrangères. Il a été découvert qu'il avait régulièrement contact avec notre ministre de la Magie, Harnold Minchum, et connaissait dès lors l'existence de la magie. Les raisons de son assassinat, - qui ne peut être que l'œuvre des adeptes du Seigneur des Ténèbres, n'ont pas été entièrement éludées et deux Aurors réputés, Filibius Barney et Fleamont Potter ont repris l'affaire en main ».

Remus s'arrêta dans sa lecture et releva subitement la tête alors que Cassidy lui arrachait le journal des mains :

- « Nous n'avons pas encore de nouvelles des deux Aurors mais, dès que ce sera chose faite, le lectorat de la Gazette du Sorcier sera le premier au courant ».

Elle regarda son frère, désormais fou d'inquiétude.

-Papa, murmura Cassidy.

End Notes:

Et voilà !! :D

 

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Je sais bien que je vous fais languir par rapport à tous ces couples, mais je ne pense pas que James et Lily se soient passé en un claquement de doigt, sans que James ne fasse de gaffe ;-)

Je vous souhaite une belle journée et à bientôt pour un nouveau chapitre! :)

Chapitre 13: Duels by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

Premièrement: merci beaucoup pour les views et les reviews des précédents chapitres, ça me fait chaud au coeur!
Deuxièmement: DESOLEE! Je sais que je suis en retard et que je poste moins souvent: périodes d'examens l'oblige!

Mais je reviens avec un nouveau chapitre que j'ai écrit d'une traite (je l'ai relu plusieurs fois mais si vous voyez des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part!) et que j'ai pris beaucoup de plaisir à construire :) On retrouve nos Maraudeurs dans une ambiance toujours plus tendue, et pourquoi ne pas rajouter une pincée de Serpentards pour pimenter le tout? ;)

 

En ne vous en disant pas plus, je vous souhaite une bonne lecture!

 

Une semaine avait passé depuis que la Gazette du Sorcier avait publié son article. Depuis, aucune nouvelle précise du père de Cassidy et de James n'était à déplorer. Leur mère leur envoyait un hibou tous les jours leur informant des quelques bribes d'informations dont le ministère lui faisait part. Il était désormais certain que Fleamont n'était pas mort, mais il n'y avait aucune nouvelle sur son état et les Mangemorts coupables de l'attaque étaient toujours en liberté.

-Tu sembles fatiguée. Tu n'arrives toujours pas à dormir ?
Dorcas et Cassidy se trouvaient devant la salle de classe des Sortilèges.

-Ce n'est pas tant que je ne dors pas, mais plutôt que je cauchemarde toutes les nuits, soupira la sœur de James.

-Tu devrais aller voir Madame Pomfresh, elle pourrait sûrement te donner une potion pour le sommeil.

Cassidy haussa les épaules alors que le professeur Flitwick se frayait un chemin pour ouvrir la porte de la salle de classe.

-Et ton frère, il en dit quoi ?

-On n'en a pas vraiment reparlé.

-Comment ça ? Il doit être dans le même état que toi, non ?

Encore une fois, la brune haussa les épaules.

-Je ne comprends pas. Vous vous entendez bien d'habitude, pourquoi est-ce que vous ne vous soutenez pas dans une telle situation ? demanda Dorcas, sincèrement perturbée pour son amie.

-En règle générale, il préfère trouver son soutien auprès de Sirius, répondit Cassidy amèrement.

-Je pensais que toi et Sirius vous vous entendiez bien aussi, tenta timidement Dorcas.

-Ouais, bref, on se met devant ou derrière ?

Dorcas comprit que la conversation était terminée et proposa une place au deuxième rang. Depuis une semaine, son amie était devenue irritable et supportait très mal que quiconque vienne lui parler de son père, même si c'était pour lui montrer son soutien. Dorcas savait que ce n'était pas la première fois que Cassidy était dans cet état, mais elle aurait espéré pouvoir compter sur James pour aider la jeune femme à remonter la pente. La noiraude se tourna vers l'arrière pour observer le grand frère de son amie, en conversation bruyante avec ses trois acolytes, comme si rien ne s'était passé.

 

-Qu'est-ce que vous croyez que Flitwick va nous apprendre cette fois ? J'espère qu'on en a enfin terminé avec le sortilège d'Enervatum, j'en ai marre de me faire stupéfixié juste pour que l'on puisse me réanimer.

Remus, Peter et Sirius acquiescèrent silencieusement.

-Qu'est-ce qui se passe les mecs ?

Personne ne sembla vouloir prendre la parole. En jetant un coup d'œil aux deux autres, Sirius se dévoua :

-Ça fait une semaine Cornedrue, et tu ne nous as toujours pas parlé de la disparition de ton père.

James se rembrunit immédiatement et s'affaissa de quelques centimètres dans sa chaise.

-Ben quoi alors ? Qu'est-ce qu'il y aurait à dire ? Et puis d'abord, il n'a pas disparu. Le ministère sait qu'il est vivant : il a réussi à leur envoyer un message codé. On ne sait juste pas où ils en sont dans leur mission, c'est tout. Ce n'est pas la première fois.

Encore une fois, un silence suivit ses propos. Le père de James avait en effet déjà disparu lors d'une de ces missions d'auror pour le ministère. Cela s'était passé leur de la deuxième année de James et Cassidy, et il s'était passé des mois sans que le ministère ne leur donne de nouvelles. James, dans l'insouciance de son âge, avait réussi à faire face avec ses armes d'enfant. Cassidy, cependant, avait failli rater son année et, pendant plusieurs semaines, elle restait seule, incapable de se faire des amis.

-Et ta mère, comment elle le prend ? demanda Sirius.

Lui-même était bien placé pour savoir que les parents de James s'entendaient à merveille. Un lien inexplicable les unissait l'un à l'autre, peut-être expliqué par le fait qu'ils avaient réussi à avoir des enfants très tard et que, lorsque Euphemia était elle aussi aurore, ils avaient partagé plus d'une mission périlleuse ensemble. Sirius avait une profonde affection pour l'un comme pour l'autre depuis qu'il l'avait accueilli sous leur toit comme s'il était leur fils.

-Comment tu veux qu'elle le prenne ? l'agressa James. Elle est seule dans son manoir à se ronger les sangs toute la journée. Elle essaye d'envoyer des lettres de réconfort, car elle sait parfaitement que Cassidy n'est pas capable de gérer, mais je sais très bien qu'elle non plus ne gère pas bien la nouvelle.

-Je te trouve un peu dur.

Cette fois, c'était Remus qui avait pris la parole.

-Cassidy gère la nouvelle comme elle peut, comme toi d'ailleurs. Tu ferais mieux de jouer ton rôle de grand frère au lieu de cacher ton angoisse sous ta colère.

James, les joues aussi rouges que sa cravate, s'apprêtait à répondre lorsque le professeur Flitwick- qui devait se tenir debout sur une pile de livres pour voir la classe, s'éclaircit la gorge :

-Bonjour à tous ! Nous allons aujourd'hui consolider le sortilège d'Enervatum. Il est l'un des plus importants lors des épreuves d'ASPICS : si vous stupéfixiez un élève sans être capables de le réanimer, vous perdrez des points considérables.

L'humeur de James n'avait jamais été aussi basse depuis sa rentrée à Poudlard.

 

 

-Faisons tous ensemble une prière pour que le cours de Défense contre les Forces du Mal soit moins répétitif !

Nelly, Lily, Alice et Franck se trouvaient à la Grande Salle, où ils prenaient leur petit-déjeuner. Lily réprima un rire en se servant sa troisième cuisse de poulet.

-Impossible ! J'aime beaucoup Flitwick, mais il aurait dû comprendre que nous maîtrisons le sort d'Enervatum depuis le premier jour qu'il nous l'a montré.

Alice et Franck acquiescèrent en souriant. Après la nouvelle de la Gazette du Sorcier, les quatre amis avaient passé beaucoup de temps ensemble. Lily avait envoyé une lettre à ses parents afin qu'ils prennent garde à qui ils ouvraient leur porte, leur expliquant en détails la situation. Elle imaginait sans peine la réaction de Pétunia (« ça y est, on ne doit pas se contenter de supporter ses manies de sorcières, maintenant, on va aussi se faire tuer à cause d'elle ! ») mais cela lui était égal. Son humeur s'était cependant amélioré au fil des jours : elle avait évité le regard de Severus à chaque fois qu'elle le pouvait et, ses amis l'avaient compris, il ne valait mieux pas aborder le sujet Potter pour le moment. Elle se rendait bien compte que ni James ni Cassidy n'était dans une position confortable mais ne pouvait se résoudre à leur montrer du soutien.

-Du moment que ça n'inclut pas de tomber sur des coussins aussi durs que le sol, je suis pour ! sourit Alice.

C'est ainsi que les quatre Gryffondor se dirigèrent devant la salle de Défense contre les Forces du Mal. Le déjeuner empli de bonne humeur qu'ils avaient passé avait fait oublié à Lily qu'ils devaient partager le cours avec les Serpentard. D'un signe de tête, Lily montra les verts et ors à Nelly et Alice, alors que Franck allait rejoindre les Maraudeurs.

-Super, marmonna la dernière, espérons qu'on doive les stupéfixier, je me ferai un plaisir de dire au professeur Burbog que je n'ai pas encore compris le sortilège d'Enervatum. Qu'ils aillent rejoindre Wilkes à l'infirmerie !
Wilkes ne s'était toujours pas remis de sa chute de balai.

-Avec toi rien ne m'étonnerait Fortescue. Je ne comprends toujours pas comment tu as fait pour réussir tes études jusqu'à présent. C'est pour ça que tu sors avec Londubat ? Il doit être sacrément stupide pour sortir avec une petite grosse comme toi, mais lui au moins, il se débrouille en potions.

Alice se retourna et aperçut Malefoy et sa bande. Elle rougit de rage et plissa les yeux.

-Contrairement à Narcissa, si j'en crois Lily.

Ce fut au tour de la blonde de rosir légèrement, sans perdre une seule seconde son air hautain. Contrairement à son habitude, Lucius ne prit pas la défense de sa petite-amie mais arbora un sourire vicieux :

-Alors comme ça, tu veux te frotter à moi, Evans ? Espérons que vous ayez quand même appris quelque chose avec Flitwick, parce qu'aujourd'hui, c'est duel ! Et je me ferai un plaisir de combattre contre toi.

Lily sentit ses entrailles se tordre.

-Comment ça, duels ? intervint Nelly en voyant que son amie ne savait pas quoi répondre.

-Faut-il que je t'épelle le mot, Wilbongs ? Pas étonnant que tu sois amie avec Fortescue, souffla Malefoy avec dédain.

-Elle au moins, elle est jolie, sourit Rosier.

Alors qu'Alice et Lily dégainaient leur baguette, Nelly les coupa dans leur élan :

-C'est bon les filles, attendons de faire ça dans les règles de l'art. Contrairement à vous, Gryffondor sait gagner à la loyale, et n'a pas besoin de subterfuges pour arriver à ses fins. C'est ce qui s'appelle le talent, et c'est pourquoi moi et Alice faisons partie de la meilleure maison de Poudlard. Sur ce, bon cours !

Fière de sa meilleure amie, Lily passa devant Malefoy et osa même le pousser de l'épaule, afin de lui montrer qu'elle n'avait en aucun cas peur de lui.

-Tu leur as cloué le bec ! s'écria Alice avec excitation.

Malefoy n'avait pas menti : leur professeur de Défenses contre les Forces du Mal avait bien en tête de faire des duels. A la place des pupitres habituellement alignés, il y avait une énorme estrade d'où s'écoulait un tapis bleu roi aux abords dorés. Les élèves se tenaient debout tout autour : Gryffondor d'un côté et Serpentard de l'autre. Le professeur Burbog, un imposant sorcier noir (de la maison Poufsouffle) aux robes toutes plus colorées les unes que les autres, entra dans la classe et le silence se fit.

-Bonjour à tous ! Je ne vous ai volontairement pas prévenus de ce que nous allions faire aujourd'hui, pour tester votre habilité à improviser.

Dans la salle de Défense contre les Forces du Mal, on pouvait entendre une mouche voler. Les élèves avaient tous sorti leur baguette et regardaient férocement la maison adverse.

-Bien : avant de commencer, je vais vous lister les quelques règles des Duels de sorciers, que je vous invite à prendre très au sérieux.

Le professeur n'avait pas besoin d'en dire plus pour se faire respecter.

-Premièrement : on s'avance l'un vers l'autre, on s'arrête à un mètre de l'adversaire et on se salue. Vous avez bien entendu Mulciber, on se salue, avez-vous un problème avec cette pratique ?

Mulciber ne répondit pas mais lança un regard de dédain à son professeur.

-Après vous être salués, vous ferez trois pas en arrière, vous vous retournerez, nous compterons ensemble jusqu'à trois et vous pourrez commencer. Le but de cet exercice est bien entendu de désarmer son adversaire. Les sorts telle que la stupéfixion ou la pétrification doivent impérativement être maîtrisés et tout élève stupéfixié doit pouvoir être réanimé.

Alice, Nelly et Lily se lancèrent un regard entendu.

-Je serai intransigeant quant à la tenue de ce cours : je connais les rivalités entre maisons, puisque j'ai moi-même été élève ici, continua le professeur avec un brin de fierté dans la voix, mais nous sommes toujours dans le cadre d'un cours et toute infraction aux règles coûtera à la maison concernée de nombreux points en moins ainsi qu'une retenue. Compris ?

Encore une fois, le silence se fit dans la salle. Les visages étaient graves et quelques élèves s'étaient repliés vers le fond de la classe, cachés par les plus téméraires.

-Je pense m'être fait bien comprendre. Qui veut commencer ? Pas toujours les mêmes, lança-t-il par-dessus ces lunettes dorées en forme d'amande en voyant James et Lucius lever la main.

Les deux jeunes gens soupirèrent et se lancèrent un regard meurtrier. Finalement, Goyle fut désigné pour Serpentard et Alice pour Gryffondor. Cette dernière, qui tentait un sourire en direction de Franck (qui semblait plus livide que jamais) se dirigea cependant d'un pas énergique vers l'estrade, sa baguette bien en main. Goyle trébucha sur le long tapis lorsqu'il arriva en haut de l'estrade, et Malefoy lui lança un regard assassin.

-Détruis-la Goyle ! siffla Mulciber, qui s'était tellement approché de l'estrade qu'il bloquait la vue à d'autres élèves.

-Aucun commentaire, lança sévèrement le professeur Burbog. Miss Fortescue, Mr. Goyle, veuillez vous avancer à un mètre l'un de l'autre.

Alice le fit sans rechigner mais Goyle fit une grimace de dégoût lorsqu'il se retrouva tout près de sa rivale, ce qui fit éclater de rire sa bande.

-Dix points de moins pour Serpentard, dit le professeur d'un ton qui n'acceptait aucune réplique. Levez vos baguettes, reculez de quelques pas.

Alice resta face à Goyle pendant cette étape, préférant ne pas donner à son ennemi une occasion de l'attaquer dans le dos.

-Retournez-vous. A trois, vous attaquerez. Un...

L'ambiance n'avait jamais été aussi électrique, même lors des cours de potions. Lily, Nelly et Franck s'étaient eux aussi rapprochés de l'estrade, et Franck tenait sa baguette aussi haut que s'il devait lui-même combattre contre Goyle. Les Maraudeurs, eux aussi, se tenaient tout près de leur amie, le regard fixé sur la bande à Malefoy, prêts à intervenir si les Serpentards devaient être déloyaux.

-Deux...

Les Gryffondor retenaient leur respiration, certains se serrant l'un contre l'autre.

-Trois !

-Expelliarmus ! lança Alice alors que Goyle venait tout juste de lever sa baguette, baguette qui décolla de ses mains et vint atterrir dans celles d'Alice.

Du côté des Gryffondors, ce fut une explosion de joie. Franck monta sur l'estrade enlacer sa petite-amie, laquelle arborait un sourire plus étincelant que jamais. Lily et Nelly sautillaient sur place et même Cassidy, qui n'avait pas souri depuis une semaine, lança des regards scintillants à son amie.

-Excellent ! lança le professeur Burbog. Dix points pour Gryffondor ! Vous avez été rapide Miss Fortescue, vous n'avez pas hésiter, ce qui est un très bon point. Mr Goyle, si vous aviez levé votre baguette lorsque je l'avais demandé, vous auriez pu contrer ce sort.

En voyant le regard de Malefoy, les élèves comprirent vite que Goyle allait passer un mauvais quart d'heure.

-C'est de la simple chance, c'est tout, lança Mulciber, plus méprisant que jamais. Fortescue a simplement lancé le seul sort qu'elle maîtrisait. Expelliarmus, ça fait des années qu'on le connait celui-là.

Des ricanements accompagnèrent ses dires, mais Alice n'en perdit pas moins son sourire alors qu'elle rejoignait les condisciples de sa maison.

-Eh bien Mulciber, j'imagine que vous pourriez venir nous montrer de quoi vous êtes capables, lança le professeur, perdant le sens des convenances. Un volontaire chez les Gryffondors ?

Le silence revint. Il était de notoriété publique que Mulciber était l'un des plus dangereux de la bande à Malefoy. Il maîtrisait la magie noire depuis des années, et n'hésitait pas à l'utiliser quand bon lui semblait. Il avait toujours fait partie des meilleurs élèves de l'école et, paradoxalement, était excellent dans la Défense contre les Forces du Mal. La bande de Malefoy (qui venait de donner un coup de pied dans le tibia de Goyle pour l'inciter à arrêter ses excuses) reprit ses airs confiants et mauvais.

-Mr. Potter, Mr. Black, j'admire votre motivation, croyez-le bien. Il vous sera bien entendu donné l'opportunité de montrer de quoi vous êtes capables, mais j'aimerais voir quelqu'un que je n'ai pas l'habitude d'interroger.

Son regard balaya les Gryffondors puis se posa sur une personne en particulier :

-Miss Wilbongs, seriez-vous d'accord de venir faire ce duel ?

Une baguette tomba chez les Gryffondors que Lily s'empressa de ramasser. Son cœur venait de s'arrêter : elle-même avait été très amie avec Mary McDonald, la première victime de Mulciber. Il était hors de question que sa meilleure amie ne souffre elle aussi de l'esprit vicieux du Serpentard. Nelly, quant à elle, semblait avoir perdue sa voix.

-Je peux aussi le faire, professeur, lança soudainement Remus. Je ne m'entraîne pas souvent devant toute la classe, ce serait un bon exercice.

Le professeur Burbog ne répondit pas, attendant la réponse de Nelly. Celle-ci, revigorée par l'attention que lui portait Remus, se ressaisit et annonça d'une voix forte :

-Je vais le faire, professeur.

Des applaudissements, cependant mal assurés, accueillirent sa réponse.

-T'es plus forte que lui Nelly ! lança William Pine, un Gryffondor de son année.

-Oui, montre-leur ! rajouta sa petite-amie, Ellis Harbor.

Lily devint livide en voyant son amie monter sur l'estrade et faire son possible pour paraître assurée. Les yeux de Mulciber avaient pris la même teinte de ceux de Miss Teigne lorsqu'elle voyait une souris. La rousse resserra plus fermement que jamais sa main contre sa baguette, bien décidée à attaquer au moindre coup bas de Mulciber.

-Saluez-vous.

Nelly et Mulciber se recourbèrent à peine, le regard plantés dans les yeux de l'autre. Alors que tout le monde regardait l'échange, Lily remarqua que Dorcas venait de sortir discrètement de la classe. Sa haine explosa soudainement dans son ventre, et elle se promit que Mulciber ne ferait aucun mal à Nelly sous ses yeux.

-Levez vos baguettes.

La rapidité du Serpentard n'avait échappé à personne. Cependant, Nelly, désormais seule sur l'estrade, se sentait plus confiante que jamais et une détermination nouvelle apparaissait dans son regard.

-Reculez de quelques pas.

Il ne fallut que d'une seconde à Lily pour qu'elle comprenne que Nelly venait de faire une énorme erreur : la jeune femme s'était en effet retournée, laissant ainsi le loisir à Mulciber de l'attaquer de dos.

-Sectumsempra ! lança férocement celui-ci.

Pendant quelques instants, la scène se figea : il y avait Mulciber, le regard avide et un sourire mauvais sur les lèvres. Il y avait Malefoy et sa bande, qui venait acclamer leur héros. Il y avait les Gryffondors, qui pendant quelques secondes n'avaient pas bougé puis, dans une marée de pieds et de mains, avaient accouru sur l'estrade. Il y avait le professeur Burbog, qui hurlait comme un dément qu'absolument jamais dans sa carrière il n'avait vu telle déloyauté. Puis il y avait Nelly, étendue sur l'estrade, du sang lui coulant le long des cuisses, des bras, de la bouche. En voyant son amie ainsi, Lily s'écroula à ses côtés, des larmes chaudes lui brouillant la vue. « Ils paieront », fut la seule chose qu'elle fut capable de penser.

End Notes:

Et voila!!

Qu'avez-vous pensé de ce nouveau chapitre? Et de Mulciber?

Je tiens à préciser que j'ai complètement inventé le professeur Burbog, car, j'ai beau avoir cherché, je n'ai pas trouvé qui était professeur contre les Forces du Mal à cette époque. Cependant, je l'aime beaucoup! Il me fait un peu penser à Kingsley (vous aurez remarqué les ressemblances ;-)) et j'aime beaucoup l'idée qu'un professeur de Poufsouffle (qui est pour moi une maison sous-estimée) fasse preuve d'autant de charisme et d'autorité! Qu'en avez-vous pensé?

 

A bientôt pour un nouveau chapitre :)!

Chapitre 14: Visites à l'infirmerie by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Désolée de ce retard!! J'avais les examens, je suis partie en vacances et je n'ai pas pu écrire aussi souvent que je le voulais!

Néanmoins, me revoilà avec un tout nouveau chapitre qui j'espère va vous plaire :) C'est un peu un chapitre de "transition", et il est de ce fait un peu plus court!

Je vous laisse donc découvrir ce chapitre ! Bonne lecture!

 

-Ça te fait toujours mal ?

-Uniquement quand je parle, quand je ris et quand je m'assieds.

Lily éclata de rire. Elle était venue rendre visite à Nelly- comme les quatre jours précédents, à l'infirmerie. Cette dernière était restée deux jours sans se réveiller, mais Madame Pomfresh et ses fameux filtres avaient redonné la force nécessaire à la jeune femme pour se requinquer.

-Ils t'ont dit quand tu pourrais sortir ? demanda la rousse, les sourcils froncés.

-Si tout va bien, demain matin. Madame Pomfresh insiste pour que je passe une dernière nuit ici, afin d'être sûre que je sois sur pied lorsque je reprendrai les cours. D'ailleurs, j'ai manqué beaucoup de choses ?

-Rien d'important. Mcgonagall a dit que tu pourrais passer quelques minutes à son bureau dès que tu te sentiras mieux pour qu'elle te montre exactement à quoi ressemble le sortilège d'Apparition. Tu verras, rien de bien compliqué ! Il suffit d'abaisser correctement sa baguette et tu peux par exemple faire apparaître un bon thé chaud provenant des cuisines !

Nelly sourit face à l'enthousiasme légendaire de son amie lorsqu'il s'agissait de parler d'études. Lily le remarqua et toussota :

-Pour le reste, je t'aiderai, ne te fais pas de soucis.

-Et Mulciber, il a récolté quoi ?

La mine soudain contrite, Nelly avait posé la question à la volée, comme si elle lui brûlait les lèvres depuis trop longtemps. Les yeux de Lily s'assombrirent, et elle perdit tout sourire.

-Retenue pendant une semaine et cinquante points en moins pour Serpentard.

Nelly eut un rire ironique.

-Cinquante points en moins... Dix par journée que j'ai passé à l'infirmerie, très juste comme punition.

-Son père travaille au ministère. Mais le professeur Burbog était furieux ! Il a vociféré que jamais de sa vie il n'avait vu un élève se comporter de la sorte. Crois-moi, Mulciber ne tentera pas quelque chose de sitôt !

Lily espérait que ce mensonge aiderait Nelly à se sentir mieux. Cette dernière se força à sourire.

-Sur une note plus légère : la fête d'Halloween à Pré-au-Lard, c'est bien ce week-end ?

Tous les ans, les élèves de la troisième à la septième année avait la possibilité de se rendre à Pré-au-Lard lors du week-end d'Halloween. Cependant, les élèves de septième année avaient de plus la permission d'y passer la soirée du samedi soir jusqu'à une heure du matin au Trois Balais, qui organisait une petite fête à l'occasion.

-J'avais complètement oublié ! lança Lily, à nouveau enthousiaste. Bien que... Tu penses que tu pourras y aller ?

-Je ne vais quand même pas louper ça ! répondit son amie, déterminée. Ça fait depuis que j'ai onze ans que j'attends ce moment avec impatience. Tu penses que certains professeurs y vont ?

-Imagine Mcgonagall accoudée au bar en regardant les garçons danser.

Alors que les deux amies s'étaient mises à pouffer de rire en imaginant leurs professeurs faire la fête avec eux pour l'occasion, la porte de l'infirmerie s'ouvrit soudain et des voix masculines emplirent la pièce.

-Tu es bien sûre que nous avons le droit d'être ici ?

-Ce sont les heures de visite après les cours Lunard ! Ne te défile pas.

-Je ne me défile pas ! Mais vous n'étiez pas obligés de venir avec moi.

-Nous aussi on veut savoir comment elle va !

A cette dernière voix, Lily se rembrunit immédiatement. Nelly, au contraire, avait rosi légèrement et se recoiffait les cheveux en essayant de prendre un air détaché.

-Comment je suis ? glissa-t-elle précipitamment à la rousse, dont le regard s'était inconsidérablement assombri.

-Tu es bien, comme toujours ! répondit-elle avec énervement. Je vais te laisser, j'ai encore beaucoup de devoirs et s'il faut que je recopie tes notes j'aurai besoin de...

-Salut les filles !

Lily se figea sur place, se retourna et tomba nez-à-nez avec les Maraudeurs. Sirius se tenait au-devant et souriait. Peter s'était approché de la chaise à côté du lit de Nelly et s'y assit timidement. James, quant à lui, se tenait en arrière, les mains dans les poches et le regard résolument planté vers Nelly, comme si Lily n'avait pas existé. Enfin, Remus, un peu gauche, tenait un grand bouquet de fleurs dans les mains et ne semblait pas savoir s'il fallait entamer une conversation ou s'enfuir les jambes au cou. A sa vue, Lily ne put s'empêcher de sourire et son cœur se réchauffa à l'idée qu'il était venu voir Nelly.

-Eh bien, salut Nelly ! On est venu voir si tu tenais le coup, dit Remus qui avait finalement opté pour la conversation. C'est pour toi, ajouta-t-il en lui tendant les fleurs. Elles sont de la part de nous quatre ! se crut-il obligé de rajouter précipitamment.

Le teint d'un rose soutenu, Nelly prit les fleurs, les sentit et, avec un sourire flamboyant, les posa sur l'étagère à ses côtés.

-Merci beaucoup, elles sont très belles.

« En effet ! Des roses rouges, Remus ne lésine pas sur les moyens » pensa Lily qui devait s'empêcher d'éclater de rire devant la gêne du jeune homme.

-Alors, comment tu vas ?
-Ça va mieux ! Mais Madame Pomfresh préfère me garder encore cette nuit.

-Je suis content de te l'entendre dire, répondit Remus, la tête toujours enfoncée dans les épaules.

Pendant quelques secondes, un silence gênant s'installa, que James et Lily n'arrangeaient pas en s'obstinant à regarder chacun dans une direction complètement opposée.

-Et sinon, lança Sirius en s'éclaircissant la gorge (Peter reprit son souffle bruyamment lorsqu'il se rendit compte que le silence ne s'intensifierait pas), vous comptez vous rendre à Pré-au-Lard ce week-end ?

-On en parlait justement ! répondit Nelly, joyeuse et elle aussi soulagée que la conversation reprenne. On pensait y aller !

-Pour la fête aussi ?

-Bien entendu ! C'est la seule fois de notre vie que nous pourrons faire la fête à Poudlard sans violer au moins une cinquantaine de règles, je compte bien en profiter !

Les Maraudeurs eurent un petit rire.

-C'est vrai que ça changera de d'habitude. J'ai entendu dire que cette fête était démente ! Je crois bien que Madame Rosmerta a un petit faible pour les étudiants éméchés.

Madame Rosmerta était la patronne du bar et faisait grand effet sur les garçons de Poudlard.

-Elle aura un gros faible pour toi alors ! lança Remus, ce qui fit rire tout le monde.

La conversation reprit de bon train et même Peter s'avança de quelques centimètres sur sa chaise pour y prendre part. Seule Lily et James restaient postés sur leur position, tels deux enfants dont les parents les auraient obligés à se réconcilier. Ceci n'échappa pas à Nelly, qui décida d'intervenir :

-Au faite James, est-ce que le ministère a eu des nouvelles de ton père ?

Etonné qu'on lui parle, le jeune homme dut reprendre ses esprits avant de répondre :
-On sait qu'il est en vie et qu'il se cache. Les Aurors sont partis à la recherche des deux Mangemorts à leur poursuite : on ne sait toujours pas leur identité. Ma maman dit qu'elle a de fortes chances de penser que mon père se cache dans les montagnes : ils l'ont souvent fait lors d'autres missions, et mon père y connait tous les recoins. Apparemment, il y a aussi de fortes chances de penser qu'il est en contact avec Dumbledore, ce qui rassure beaucoup ma mère. Elle dit que ce n'est qu'une question de temps avant que le ministère ne les retrouve, sain et sauf.

James reprit son souffle après sa tirade qui, étonnamment, semblait l'avoir libéré d'un poids. Sirius, Remus et Peter semblaient découvrir eux aussi l'histoire pour la première fois.

-Pourquoi tu ne nous en as pas parlé ? s'étonna Sirius, un brin de reproche dans la voix.

James haussa les épaules :

-Ce n'est rien de concret, et je ne voulais pas vous embêter. En plus, j'ai reçu ce matin le hibou de ma maman qui me disait que toutes les chances étaient de notre côté

-C'est super vieux ! lança Remus pur détendre l'atmosphère tout en lançant un regard équivoque à Peter.

-Oui, acquiesça celui-ci, mais on savait très bien que ton père allait s'en sortir, c'est le meilleur auror de son temps !

James sembla se détendre et tenta un sourire envers ses amis, qui le lui rendirent.

-Cassidy est au courant ? demanda tout de même Sirius, toujours vexé de n'avoir pas été informé.

-Je le lui dirai ce soir.

-Dans tous les cas, je suis vraiment contente pour toi, lui sourit Nelly.

Lily sentit soudain quelques regards se poser sur elle et, imperceptiblement, ses joues s'embraser. Dire qu'elle était indifférente au sort du père de James était un mensonge. D'une part car il était aussi le père de Cassidy et que Lily avait commencé à apprécier la jeune femme, et d'une autre car elle se souciait bien trop des autres pour être aussi égoïste. Cependant, sa fierté et le souvenir cuisant de l'humiliation que James lui avait fait subir l'empêchèrent de rétorquer quoi que ce soit. Comprenant qu'il ne servait à rien de forcer son amie, Nelly repartit sur le sujet de Pré-au-Lard et la conversation alla de bon train. Remus s'était même assis sur le rebord de son lit et, pendant quelques minutes, c'était comme s'ils n'étaient que les deux. Alors que James, Sirius et Peter cherchaient un moyen d'ouvrir les placards fermés par magie de Madame Pomfresh afin de « prendre quelques ingrédients pour tester des nouvelles potions », disaient-ils, que Lily s'était assise sur la chaise et feignait poliment d'inspecter le bouquet de roses de sa meilleure amie et que Nelly et Remus étaient en grande conversation sur le banquet d'Halloween tenu à Poudlard, la porte de l'infirmerie grinça une nouvelle fois. Cette fois-ci, le cœur de Lily bondit dans sa poitrine et la peur commença à s'infiltrer dans ses veines. Severus Rogue, probablement venu rendre visite à Wilkes, venait d'entrer dans l'infirmerie, mais s'arrêta net sur le pas de la porte encore ouverte lorsqu'il vit qui s'y trouvait à l'intérieur.

De longues et pénibles secondes passèrent sans que personne ne trouva quoi dire. Le Serpentard restait dans l'intermédiaire de la porte, hésitant sur la marche à suivre et implorant le regard de Lily. La jeune femme, quant à elle, s'était brusquement tournée vers James, le mettant au défi de faire quoi que ce soit. Regard que l'adolescent sembla prendre au sérieux puisqu'il se détourna de la porte et murmura d'un ton glacial :

-Je pense qu'on a fait notre temps ici. Remets-toi vite Nelly !

James, sans un regard vers Lily, s'approcha de la porte, hésita une demi seconde en s'approchant de Severus puis fit comme si personne ne se trouvait dans son intermédiaire avant de la franchir et de disparaître dans les couloirs. Sirius et Peter le suivirent de près, le premier ne se privant pas de pousser le Serpentard de l'épaule en passant à ses côtés. Remus resta quelques instants debout devant le lit de Nelly, les bras ballotant, avant de hausser les épaules et de lancer timidement :

-Et bien à plus les filles ! J'espère vous voir à la fête.

Lorsque Remus eut à son tour disparu dans le couloir, Severus lâcha la porte et fit quelques pas dans l'infirmerie, les yeux toujours rivés vers Lily, laquelle s'était rapprochée de Nelly comme pour la protéger. Hésitant, le jeune homme ne se dirigea pas vers le lit de Wilkes mais fonça tête baissée en direction des filles.

-Lily, j'ai besoin de te...

-Je n'ai peut-être pas été assez claire la dernière fois, coupa sèchement celle-ci en se retournant brusquement vers Severus, le regard froid et imperturbable, mais je te défends de m'adresser la parole pour quoi que ce soit.

Ce fut comme si Rogue avait été brûlé à chaud avant qu'on lui lance un saut d'eau froide sur la tête. Rougissant comme jamais dans sa vie, il tourna les talons et disparut lui aussi dans l'encadrement de la porte aussi vite que l'éclair.

-Lily, tu vas bien ? demanda Nelly après avoir laissé à sa meilleure amie quelques secondes pour se remettre de son choc.

Contre toute attente, la rousse adressa un sourire franc à son amie :

-Et bien enfaite, mieux que ce que je ne pensais.

Tandis que toutes deux reprenaient la conversation sur la soirée d'Halloween, Lily tentait de faire taire cette petite voix au fond de son esprit qui lui chuchotait que si elle se sentait aussi bien, c'était parce que James avait choisi de ne pas attaquer Rogue, probablement pour elle.

End Notes:

Et voilà! Qu'avez-vous pensé de ces différentes visites à l'infirmerie? On sent la tension monter, et ça ne va pas s'arrêter là ;) que pensez-vous qu'il se passera à la soirée d'Halloween?

 

J'ai hête de vous retrouver pour un nouveau chapitre, merci de vos lectures et à bientôt!

Chapitre 15: Pré-au-Lard by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à toutes et à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre, que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire :) ! Il est un peu plus léger que les précédents, mais j'avais envie de retrouver notre bande comme on les aime ;)

 

Sur ce, je vous laisser apprécier la lecture de ce chapitre, et me dire ce que vous en pensez!

 

-Est-ce que tu prends des gants ?
-Il fait plutôt froid là-bas non ?

-Je crois que je vais prendre mon écharpe, tout compte fait.

-Je rappelle que les troisièmes années doivent passer chez Monsieur Rusard afin qu'il vérifie vos autorisations !

C'était l'effervescence à Poudlard. En effet, la sortie du weekend d'Halloween à Pré-au-Lard était enfin arrivée et jamais les élèves n'avaient été aussi excités depuis le début de l'année. Au milieu des troisièmes années qui tentaient de se frayer précipitamment un chemin pour rejoindre le concierge, Lily et Nelly souriaient. Elles s'apprêtaient elles aussi à se rendre au village voisin de Poudlard, l'un des seuls villages de sorciers de la région. Lily, en tant que préfète-en-chef, avait dû aider le professeur Mcgonagall à rassembler les élèves de troisième année. A quelques mètres d'elle, elle avait aperçu James qui devait s'occuper de la discipline mais qui, d'où elle était, donnait l'impression de distribuer des bonbons aux élèves les plus dissipés. Après avoir déversé sa colère sur les quelques ambitieux deuxièmes années qui avaient tentés de frauder, elle avait rejoint sa meilleure amie et s'était mise en route vers Pré-au-Lard.

-Tu te sens mieux ? demanda la rousse à Nelly, qui était sortie de l'infirmerie le jour même.

-Comme neuve ! répondit celle-ci, enthousiaste, Madame Pomfresh m'a entièrement rafistolé et je dois dire que ce n'était pas désagréable de ne pas avoir de cours pendant une semaine.

-Oui et bien, ne recommence pas trop souvent...

-Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire. Il n'empêche que je suis en pleine forme maintenant, alors profitons-en ! Quel est le programme ? demanda Nelly afin de détourner la conversation.

-Et bien j'avais pensé faire un tour chez Honeydukes, mes parents ont tout simplement adoré les ananas confits lorsque je leur en ai envoyés l'année dernière !

-C'est parti pour Honeydukes !

Les deux filles se dirigèrent donc d'un pas léger vers le magasin de bonbons. Elles y restèrent une bonne heure, discutant avec leurs congénères de Poudlard et goûtant les diverses friandises posées sur des petits plateaux tout le long du magasin. Après être reparties avec chacune un sac rempli d'ananas confits, de dragées surprises de Bertie Crochue, de Chocogrenouilles, de crapauds à la menthe et de nougats moelleux (la friandise préférée de Lily), Nelly insista pour faire un tour chez Zonko. Prétendant n'être pas du tout en accord avec les objets vendus dans la boutique de farces et attrapes, Lily passa tout de même un temps considérable à s'intéresser aux savons sauteurs ainsi qu'aux tasses à Thé mordeuse. Nelly, quant à elle, acheta d'autres bonbons- à hoquet, qu'elle prit bien la peine de séparer de ses autres friandises de chez Honeydukes.

-Attends de voir la tête de Rosier lorsque je lui en ferai manger pendant les cours de potions.

Lily ne prit même pas la peine de réprimander son amie et décida qu'elle pouvait se délester de son rôle de préfète-en-chef avant d'en acheter à son tour :

-Attends de voir la tête de Narcissa !
Hilares, les deux filles continuèrent à écumer les rues de Pré-au-Lard, jusqu'à environ quatorze heures. Nelly, qui était passionnée par la confection des habits, avait insisté pour aller chez Gaichiffon, le magasin de prêt-à-porter. Elle y avait passé plus d'une heure à toucher les différents textiles jusqu'à ce que Lily, qui se lassait rapidement des magasins de vêtements, la somme de sortir de la boutique.

-Alice m'a demandée si on voulait les rejoindre elle et Franck au Trois Balais, ça te tente ? demanda Lily.

-S'ils ne passent pas leur temps à se bécoter, je te suis ! sourit Nelly.

-Ne t'inquiètes pas, ils sont allés au salon de thé de Madame Pieddodu, ils se seront bécotés là-bas.

L'endroit était réputé non pas pour les thés, mais surtout pour l'ambiance qui poussait les jeunes gens à se rapprocher.

D'un pas joyeux, Lily et Nelly se dirigèrent vers les Trois Balais, le célèbre pub de Pré-au-Lard. Lorsqu'elles poussèrent la porte, elles découvrirent avec stupéfaction que la moitié de leurs congénères y étaient. Il y avait Irina Patil, en grande conversation avec Benjamin Fenwick. Deux tables plus loin, Emmeline Vance et Marlène McKinnon riaient aux éclats en pointant suspicieusement le doigt sur la coiffure d'Irina. Au bar, quelques élèves de quatrième et cinquièmes années jouaient une partie d'échecs devant l'œil amusé de Madame Rosmerta, qu'un jeune homme tentait de draguer. Certaines tables étaient même occupées par des professeurs et Lily dut s'abstenir de rire lorsqu'elle vit le professeur Mcgonagall, un verre de jus d'œillet aux lèvres.

-Regard, elle est là-bas ! annonça Nelly en s'avançant vers une table du centre.

Lily plissa des yeux et vit Alice, accompagnée de son petit-ami Franck. A leur côté se tenaient Dorcas et Cassidy. La rousse eut un mouvement de recul et se rappela qu'elle n'avait aucune raison de détester Cassidy. Après tout, si les gens s'amusaient à la juger par rapport à sa propre sœur, peu ne l'apprécieraient. Quant à Dorcas, Lily avait décidé de lui laisser une chance : il était possible qu'elle ait mal vu...

-Salut les belles ! Comment vous allez ?

D'un entrain que personne ne pouvait imiter, Alice avait poussé la chaise qui était à ses côtés et Nelly s'y assit.

-Ça va super et vous ? répondit Lily en s'asseyant aux côtés de Cassidy.

-Génial ! Quels magasins vous êtes allés voir ?

Alors que Franck sortait un par un tous les articles qu'il avait achetés chez Zonko, une bande d'amis venait d'entrer bruyamment dans le pub. Lily renversa la moitié de sa Bièraubeurre sur son pull lorsqu'elle se rendit compte que la bande s'avançait droit sur sa table. A son grand damne, Peter prit place à ses côtés, Sirius en face, et Remus prétendit devoir parler à Franck, ce qui lui donnait une bonne excuse pour être face à Nelly. Enfin, James prit place à côté de Sirius, en diagonale de Lily, comme si celle-ci n'avait pas existé. Du côté d'Alice, la conversation reprit de bon train et Nelly essaya même un savon sauteur, ce qui fit éclater de rire Remus. De l'autre côté de la table, cependant, l'ambiance n'aurait pas pu être plus tendue. Dorcas et Peter avaient presque disparu dans leur verre tant ils avaient la tête penchée en avant et Cassidy, s'obstinant à ne pas regarder son frère, fixait désormais le plafond. Hésitant entre la colère et le malaise profond de la situation, Lily réfléchissait à toute vitesse à une excuse plausible pour s'éclipser du bar aussi vite que possible. « Alors toi, pour apprendre tous tes cours tu es la reine, mais tu n'es pas fichue de trouver une excuse pour partir quand tu le devrais ! ». Désormais aussi en colère contre elle-même, elle n'avait à peine remarquer qu'elle buvait depuis deux minutes un verre vide.

-Au faite, papa va bien Cass.

Si la tension avait déjà augmenté, elle était désormais à son comble. Cassidy, comme si cela lui coûtait énormément, se tourna lentement vers son frère.

-Comment ça ?

Sous le coup de l'émotion, elle n'avait pu que murmurer.

-Maman m'a envoyé une lettre. Ils ont de fortes raisons de penser qu'il se cache dans les montagnes.

Toute la table se taisait désormais. Même Nelly et Remus s'étaient immobilisés dans leur bataille de savons sauteurs.

-Et tu ne me le dis que maintenant ?

Cassidy ne semblait pas spécialement en colère, mais plutôt attristée. Lily, pour la première fois depuis des jours, regarda James. Elle fut presque surprise de ne pas retrouver son éternel sourire arrogant, mais plutôt une mine contrite et honteuse.

-Je sais... J'ai été un gros nul. J'avais tellement peur qu'il lui arrive quelque chose que je m'imaginais que si l'on n'en parlait pas, ça ne pouvait pas être réel. Je suis vraiment désolée.

Alors qu'elle portait machinalement son verre vide à ses lèvres, Lily crut s'étrangler. James Potter venait de s'excuser officiellement devant une tablée de Gryffondors.

-La prochaine fois, dis à maman de m'écrire à moi aussi.

-Elle ne voulait pas t'affoler.

Sirius venait d'intervenir. Cette fois-ci, Lily décela clairement la colère dans les yeux de Cassidy.

-Oh oui, j'oubliais, je suis la folle de la famille c'est ça ? Sirius, sans vouloir t'offenser, tu n'étais pas là la dernière fois que ça s'est produit, alors tu n'en as aucune idée de ce que l'on peut ressentir.

Encore une fois, un silence pensant vint alourdir l'ambiance de la table. Lily fut surprise de découvrir un Sirius non pas désinvolte et hautain comme à son habitude mais profondément blessé. James s'abstint de venir en aide à son meilleur ami, comme il le faisait souvent.

-Bon les mecs, et si vous oubliiez cette histoire ? Votre père va bien et il va s'en sortir, pour ma part, c'est le plus important.

James lança un coup de tête reconnaissant envers Franck.

-Je suis d'accord avec toi ! continua Alice d'une voix enjouée. Et puis, ça nous fait quelque chose de plus à fêter ce soir, non ? Tu es d'accord Cassidy ?

La jeune femme haussa les épaules.

-Allais ! On va bien s'amuser ! D'ailleurs, je propose que nous les filles, on utilise le local de préfet-en-chef afin de se préparer toute ensemble, et on rejoindra les garçons à la fête ! Qu'est-ce que vous en dites ?

Les idées de Lily s'affolèrent alors que Nelly et Dorcas approuvaient vivement l'idée d'Alice.

-Oh que non ! Je n'utiliserai plus ce local pour autre chose que mes devoirs de préfète-en-chef !

-Tu sembles oublier quelque chose Lil's, lança mystérieux Nelly.

-Comment ça ?

-Je connais le mot de passe !
Désormais folle de rage contre sa meilleure amie et n'osant à peine regarder à sa diagonale, Lily s'apprêtait à répliquer de manière cinglante qu'il était hors de question qu'elles utilisent ce local lorsque Cassidy prit la parole :
-Après tout, ça pourrait peut-être me faire du bien de me détendre un peu.

La bouche ouverte, prête à répliquer, Lily fondit littéralement lorsqu'elle vit le regard presque implorant de la jeune Potter.

-Je vous préviens que si Mcgonagall nous découvre, je joue la carte de l'amnésie complète et je vous dénonce, toutes autant que vous êtes.

-C'est gagné ! rigola Nelly.

Les conversations reprirent de bon train et bien que l'on sentît une certaine gêne du côté de Cassidy et Sirius, la jeune femme et James échangeaient désormais des mots aimables et imaginaient ce que leur père devait manger lorsqu'il se cachait. Il restait Lily, qui écumait de rage dans son coin. Elle n'arrivait même pas à être contente de voir sa meilleure amie se rapprocher autant de Remus, tant elle lui en voulait de l'avoir amenée à dire oui pour le local. « Je vais perdre mon titre de préfète-en-chef pour une soirée d'Halloween ! ». Elle ne l'expliquait pas bien, mais tout cela était de la faute à James pour elle : d'une part, elle s'était rendue compte que le jeune homme avait des capacités à s'excuser, ce qui ne l'avait que renfrogner davantage : « après tout, il pourrait s'excuser auprès de moi ! » Ensuite, bien qu'elle appréciât modérément Cassidy, elle ne se sentait pas prête à passer toute une soirée en sa compagnie ainsi que celle de Dorcas. Enfin, le fait que Nelly s'était aussi bien intégrée auprès des Maraudeurs la mettait profondément en colère. Alors qu'elle ressassait ses mauvaises pensées, le groupe se leva en annonçant qu'il était temps d'aller apprécier le Banquet d'Halloween de Poudlard avant de se préparer pour la fameuse soirée. Lorsque Lily vit le sourire flamboyant que Remus lança à Nelly, elle culpabilisa immédiatement d'avoir été ne serait-ce qu'un peu jalouse de la popularité de son amie.

 

 

-Quel plaisir de vous avoir tous réunis autour d'un pareil festin pour cette soirée si unique d'Halloween !

Alors que les élèves des quatre maisons étaient attablés à leur place respective, Dumbledore- qui arborait une magnifique robe bleu nuit ponctuée de petites lunes argentées- s'était levé pour prononcer quelques mots.

-Je tenais juste, avant que nous puissions rassasier nos estomacs, rappeler aux élèves de septième année que la soirée d'Halloween est permise à condition de respecter certaines règles.

Le directeur joncha la salle par-dessus ces lunettes en demi-lune, l'œil pétillant mais sévère.

-Madame Rosmerta s'est portée garante pour dénoncer tout comportement jugé irrespectueux. De plus, bien que vous ayez désormais l'âge de boire du Whiskey pur Feu, je vous rappelle que la consommation d'alcool est interdite dans l'enceinte de Poudlard. Monsieur Rusard se chargera donc de contrôler vos retours et les élèves qui ne seront pas en état de rentrer dans leur dortoir devront passer dans mon bureau.

Pas un mot ne se faisait entendre dans la salle, les discours de Dumbledore étant souvent pris très au sérieux.

-Pour finir, je finirai par souhaiter à vous tous un excellent appétit !
Il tapa dans ses mains et des ribambelles de plats tous plus succulents les uns que les autres apparurent sur les tables. Les discussions reprirent de bon train.

-Alors Cornedrue, sur qui tu jettes ton dévolu ce soir ?

Les Maraudeurs venaient de piocher dans les différents plats, impatients de manger mais aussi de se rendre à la fête de Pré-au-Lard.

-Pour l'instant, je jette mon dévolu sur ce rôti !

Ses trois amis éclatèrent de rire. James se sentait beaucoup plus léger depuis qu'il avait appris que son père s'en sortirait et qu'il avait pu en reparler avec sa sœur.

-Mais je ne pense pas que je serai le premier à draguer ce soir.

-On sait, Patmol va se jeter sur toutes les filles ! Ou plutôt, toutes les filles vont se jeter sur Patmol.

Les dires de Peter firent encore une fois éclater de rire la bande.

-Détrompe-toi Queudver, je ne parlais pas de Sirius !

-De qui alors ? demanda le jeune Black, qui avait l'habitude d'être le tomber du groupe.

James se tourna lentement mais avec un énorme sourire vers Remus, qui prétendait devoir refroidir sa purée.

-Quoi ? finit-il par maugréer.

-Ne fais pas l'innocent Lunard ! Je sais très bien sur qui tu as jeté ton dévolu, moi.

-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

-Tu veux parler de la petite Wilbongs ? s'écria Sirius qui sembla soudain comprendre.

Remus lui lança un regard assassin :

-Premièrement, son nom est Nelly. Deuxièmement, tu veux bien la fermer ?!

Sirius haussa les épaules.

-Il n'y a pas de quoi en avoir honte, elle est très jolie !

-Je n'ai jamais dit le contraire.

-Alors, qu'est-ce que tu as prévu pour la séduire ? demanda James d'un air taquin en voyant son ami plonger dans son assiette.

-Vous voulez bien me laisser tranquille et vous mêler de vos affaires, oui ? Je ne compte absolument pas séduire Nelly pour la simple et bonne raison qu'elle ne me plait pas.

Sirius haussa un sourcil.

-Je suis soulagé que tu dises ça. Parce qu'à moi, elle me plait bien.

Remus s'étouffa avec un bout de haricot et dut se resservir de jus de citrouille pour que sa quinte de toux ne passe.

-Tu plaisantes j'espère ? Je ne te vois pas du tout avec elle. Ton style, c'est plus les Marlene McKinnon, plus farouches quoi ! Et puis bon, tu comptes les embrasser toutes les unes après les autres ?

Les sourires de Sirius et James s'élargirent tandis qu'ils se lançaient un regard entendu.

-Oh, et si je peux faire plus que les embrasser.

Remus laissa tomber sa fourchette dans son assiette et planta son regard dans les yeux azur de son ami :

-Alors écoute-moi bien mon vieux, il est hors de question que tu tentes quoi que ce soit avec Nelly ce soir, compris ?

Sirius éclata d'un rire qui ressemblait à un aboiement de chien.

-Merci Lunard, c'est tout ce dont on avait besoin.

James dut se tenir les côtes tant il riait.

-Comment ça ?

-Et bien, on a la confirmation que tu l'aimes bien, répondit Peter, lui aussi tout sourire.

-Et comment tu peux en être aussi sûr, Queudver ?
-Pour la simple et bonne raison que c'est la première fois que je te vois devenir aussi rouge que moi !

Ce fut l'hilarité générale au sein du groupe et même Remus dut concevoir à esquisser un sourire.

-Vous pouvez bien faire les malins ! Surtout toi, James. Après tout, on sait très bien sur qui tu aimerais pouvoir jeter ton dévolu. Dommage qu'elle soit moins encline !

-Tu crois ça Lunard ? Eh bien, je te fais deux paris : ce soir, tu conclus avec Wilbongs et ce soir, je me rapproche d'Evans !

Surpris mais impressionné, Remus tendit la main à son ami qui la serra chaleureusement.

-Que le meilleur gagne !

End Notes:

Et voilà!

Cette fameuse fête d'Halloween s'annonce plutôt chouette, pas vrai ? ;) Je vous réserve pas mal de rebondissements et il y aura probablement deux chapitres consacrées à cette fêtes et tout ce qui gravitera autour.

J'annonce aussi que le rating -16 prendra tout son sens aux alentours du chapitre 17!

 

Merci a tous pour votre lecture et à bientôt pour un nouveau chapitre! :)

Chapitre 16: Halloween by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre qui traite de la fameuse fête d'Halloween des Trois Balais.

Ceci n'est que la première partie, je vous réserve bien des choses croustillantes pour la deuxième. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire car il met en scène des moments simples mais significatifs entre les personnages.

J'ai choisi de changer mes POV pour ce chapitre en me concentrant sur... Alice! C'est un personnage que j'adore (tout comme Neville bien entendu) et j'estimais qu'elle méritait de prendre plus de place dans ma fanfic le temps d'un chapitre :) En plus, son point de vue m'a permis de faire interagir toutes les filles ensemble sans que ça ne devienne trop lourd!
Il y a aussi un paragraphe qui reprend le POV de Sirius, vous comprendrez dans la deuxième partie pourquoi... ;)

 

Sur ce, bonne lecture!

 

La jeune fille s'observait depuis quelques minutes dans la glace. Son reflet ne l'avait jamais particulièrement dérangé, mais elle se rendait compte qu'elle n'avait pas la taille des autres filles. Ni même leur prestance, leur beauté ou leur habilité à séduire. Quand bien même, elle s'était toujours trouvée quelque chose en plus. Était-ce sa manière de s'habiller, de s'assumer ou son humour ? Elle ne pouvait le dire avec certitude, mais elle pensait avoir un charme particulier que peut-être les autres filles ne possédaient pas. Ce soir-là, Alice Fortescue portait une robe noire tout en dentelle qui accompagnait ses courbes, certes généreuses mais bien placées. De hauts talons venaient agrandir sa petite taille. Elle avait décidé de se maquiller plus qu'à l'ordinaire pour l'occasion et, alors qu'elle jetait un dernier coup d'œil dans le miroir, elle ne pouvait s'empêcher de penser à la réaction de Franck lorsqu'il la verrait.

-Alice, jamais ô grand jamais je ne mettrai ces chaussures, tu m'entends ?

La jeune femme se détourna de son reflet pour voir une Cassidy Potter complètement désabusée devant les bottes à hauts talons que lui avait présenté son amie. Elle sourit en voyant la tête de la jeune femme.

-Cassy, le but de cette soirée c'est de s'amuser, pas vrai ? Sincèrement, c'est la seule et unique soirée où l'on peut faire quelques folies sans que Rusard ne s'en donne à cœur joie. Tu devrais changer tes habitudes !

-Premièrement : je ne vois pas en quoi être perchée sur des échasses va m'aider à m'amuser et deuxièmement : ce n'est absolument pas mon style, avec quoi veux-tu que je les porte ?

-Je t'ai justement choisi une robe.

-UNE ROBE ?!

Cassidy failli s'étouffer en voyant le vêtement blanc qu'Alice lui présentait sous les yeux, ce qui fit éclater de rire Dorcas Meadowes, la troisième Gryffondor présente dans la pièce.

Les trois filles se trouvaient au local des préfets-en-chef situé à côté de la salle commune des Gryffondors. Elles y avaient pris leurs affaires respectives et Alice avait amené sa collection de maquillage ainsi que quelques habits en plus, ayant prévu que Cassidy n'aurait pas emporté d'habits particulièrement convenables pour une fête. Lily et Nelly étaient quant à elles retournées se changer dans leurs vestiaires. Alice soupçonnait la première de vouloir passer le moins de temps possible dans ce local.

-Cassidy, tu m'as donnée carte blanche pour t'habiller, te maquiller et te coiffer ce soir. S'il te plait, fais-moi ce simple plaisir : laisse-moi au moins essayer quelque chose et si le résultat te donne envie de te jeter de la tour d'astronomie, tu pourras mettre un de tes pulls difformes et des chaussures trouées.

-Merci beaucoup, Alice.

-Tu sais bien ce que je veux dire ! J'aime beaucoup ton style. Mais ce soir, tu te dois d'être séduisante. Ton but est bien de draguer, pas vrai ?

-Et dis-moi qui je pourrais bien draguer ? s'étonna Cassidy en lorgnant sans relâche sur la robe blanche, qu'elle tenait comme si ça avait été une mandragore.

-A toi de nous le dire, sourit Alice.

-Allais, crache le morceau, la pressa Dorcas.

Cassidy roula les yeux au ciel.

-Vous les filles, vous êtes complétement obnubilées par les garçons ! Mais dites-moi, quel bien vous ont-ils apportés jusqu'à présent dans vos vies ? Alice, je t'interdis de répondre, tu es un cas à part et Franck est une espèce en voie de disparition.

La jeune femme éclata de rire.

-Je ne pense pas que Franck soit si spéciale. Je veux dire, il est génial c'est sûr ! Mais si tu creuses, tu peux trouver d'autres garçons qui lui ressemblent. Quant à moi, je suis tout ce qu'il y a de plus normal ! lança Alice en envoyant un coussin dans la figure de Cassidy qui ne put s'empêcher de sourire.

-Oui, et laisse-moi te rappeler que tu es aussi une fille, ce serait bien que tu t'en souviennes de temps à autres, soupira faussement Dorcas.

Ce fut dans l'hilarité générale que les trois filles continuèrent à se préparer et qu'Alice s'attela à transformer Cassidy, qui ne cessait de geindre. Alors que la brune tentait tant bien que mal d'appliquer du rouge à lèvres à la sœur de James, la porte du local s'ouvrit et les trois jeunes femmes sursautèrent d'un même mouvement.

-Pas de panique, ce n'est que nous ! Et regardez ce qu'on amène !

Nelly et Lily venaient d'entrer, des bièraubeurres dans leurs deux mains. Lily semblait moins enjouée que son amie.

-Oh j'ai dû la forcer ! expliqua Nelly en montrant la mine défaite de la rousse, mais elle me remerciera à la fin de la soirée, pas vrai Lil's ?

-Contente-toi de la fermer et aide-moi à ouvrir ces bouteilles.

Alors que les deux filles se débarrassaient de leur manteau et ouvraient les bouteilles, Alice laissa échapper un sifflement.

-Alors là les filles, vous vous êtes données ! Vous êtes magnifiques !

Elle détailla Lily en premier : la jeune femme était habillée en noir, ce qui faisait ressortir l'auburn de ses cheveux, bouclés à la perfection pour l'occasion. Elle aussi portait de petits talons et Alice fut étonnée de découvrir le décolleté de la jeune femme.

-Tu as des vues sur quelqu'un Lil's ?

La rousse se détourna aussi vite que l'éclair vers Alice et rosit.

-Absolument pas, Nelly m'a forcée à m'habiller comme ça !

-Forcer, tu parles ! Je t'ai forcée à arrêter de te regarder dans le miroir, oui.

Ce fut à nouveau l'hilarité générale.

-Et toi Nelly, sur qui as-tu des vues ce soir ? demanda énigmatiquement Lily.

-Personne, répondit la jeune femme, trop vite pour que ça ne soit plausible.

Alice la détailla à son tour. Nelly était sans nulle autre celle qui possédait la plus belle taille : grande, fine mais avec quelques formes, elle ne se rendait probablement pas compte de son allure. Sa peau était matte et ce soir-là, elle avait opté pour un haut sexy et des bottines à talons. Alice avait toujours admiré son sens du goût pour s'habiller. Avec une petite idée de qui était le coup de cœur de Nelly, elle choisit de jouer la carte de l'innocence :

-Vraiment personne ? Dommage...

-Pourquoi dommage ?

Alice sourit. Nelly venait de tomber dans le panneau.

-Oh disons que... Je sais que tu ne rends pas tout le monde indifférent.

Cassidy et Dorcas, qui jusque-là s'étaient faites oubliées, tendirent l'oreille.

-Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire.

Lily prétendit avoir de la peine à ouvrir sa bouteille de bièraubeurre pour masquer le bruit de fou rire qui la prenait.

-J'en ai aussi entendu parler, lança Cassidy, faussement désintéressée.

Alors que Lily distribuait les bouteilles, Nelly devenait de plus en plus rouge.

-Vous voulez bien en venir au fait ?

-Je pense qu'il y a une personne en particulier qui aimerait bien mieux te connaître, si tu vois ce que je veux dire.

-Non Alice, je ne vois pas. En ce qui me concerne, je ne compte vraiment séduire personne !

-Bois cette bouteille, et tu nous en reparleras ! coupa Lily, ce qui provoqua un fou rire général.

A mesure que la soirée avançait, les filles se laissèrent aller à quelques confidences entre elles. Au moment où Cassidy sortait, affublée de sa robe blanche et de ses bottes à talons noires, accompagnée d'une Dorcas en robe bordeaux, les trois autres lancèrent des colibris et sifflèrent.

-Arrêtez, on dirait des garçons ! se plaignit Dorcas, qui cependant abordait un grand sourire.

-Devant de telles vélanes, comment ne pas tomber raide dingue ? rigola Nelly.

-Vélane, tu parles ! Je ne sais pas comment je vais faire pour marcher...

-Cassidy, je t'interdis formellement de te changer !

-Tu m'avais dit que j'aurais le choix !
-Et bien je te l'enlève. Nous sommes toutes pour cette tenue, la majorité l'emporte.

-Tu es magnifique ! acquiesça Lily. Comme quoi, il n'y a pas que Nelly qui va séduire ce soir !

Les filles en étaient à leur deuxième bouteille de bièraubeurre et plus la soirée avançait, plus les conversations se dirigeaient vers les garçons.

-En parlant de ça... commença Nelly, mal à l'aise. De qui vous parliez qui avant ?

-Quelle question : Evan Rosier bien sûr !

Lily se fit amicalement taper sur l'épaule.

-Je crois que tu le sais mieux que nous, sourit Alice.

Nelly lui rendit un sourire flamboyant.

-Vous êtes prêtes ? Il est vingt heures trente et je crois que c'est le moment que nous faisions une entrée fracassante !
Alice, aussi excitée qu'une puce à l'idée de passer une soirée avec ses quatre amies, nettoya le local d'un coup de baguette magique, prit son manteau et ses gants et se dirigea avec les autres vers un Pré-au-Lard éclairé pour l'occasion.

 

 

-Faites passer les hydromels !

-Queudver, le tien ! Ne le fais pas tomber s'il te plait.

-Et le mien, il est où ?

Sirius sourit et tendit un verre d'hydromel à James.

-Le voilà.

Les Maraudeurs étaient accoudés au bar des Trois Balais, devant une Madame Rosmerta complètement dépassée par les commandes. Sirius sourit en regardant autour de lui : la lumière était tamisée, le bar était plein de jeunes gens surexcités et surtout, les filles étaient plus séduisantes que jamais.

-Bon les mecs, quelle est votre stratégie pour ce soir ?

-De quoi tu parles Patmol ?

-Ne fais pas l'innocent avec moi Lunard.

Remus haussa les épaules et but une gorgée de son verre.

-Blague à part, je vous demanderais de pas être trop insistants avec moi ce soir, si vous voyez de quoi je veux parler.

-Non, de quoi veux-tu parler ? demanda faussement James.

Remus lui lança un regard assassin puis, en voyant que ses amis n'en démordraient pas, décida de la jouer franc jeu :

-Je veux parler de Nelly. Je l'aime bien et je ne pense pas que vos blagues vont m'aider à me rapprocher d'elle.

-Et bien, c'est tout ce qu'on demandait mon petit Lunard ! lança Sirius en allant taper l'épaule de son ami, et ne t'inquiète pas, tu vas très bien t'en tirer tout seul !

-En parlant de filles, je crois bien qu'elles arrivent, dit timidement Peter en se retournant vers la porte du bar.

Sirius tourna lentement sa tête, un fin sourire aux lèvres. Lorsqu'Alice poussa la porte, il ne fut pas étonné de voir Franck immédiatement rejoindre sa petite-amie qui, il fallait le dire, était extraordinairement jolie ce soir-là. Puis Lily et Nelly franchirent à leur tour l'entrée du bar. Sirius jeta un coup d'œil à son meilleur ami qui, il le voyait bien, essayait de se composer une mine indifférente, complètement ratée. Il fit semblant de tousser pour masquer son fou-rire. Quant à Remus, il abordait un sourire sincère, quelque peu gêné mais Sirius fut surpris de découvrir dans le regard de son ami une détermination nouvelle. Le jeune Black ne se priva pas de détailler de haut en bas les deux filles qu'il trouvait d'un charme fou. Bien qu'il ne fût pas le plus grand fan de Lily, il fallait avouer que ses cheveux ne laissaient personne indifférent. Il soupçonnait même quelques Serpentards de s'être retournés sur le passage de la jeune femme. Quant à Nelly, c'était ses jambes galbées et sa taille de guêpe qui attiraient le regard, bien que son visage ne fût pas en reste. Mais Sirius se contenta de regarder quelques secondes, car il était absolument hors de question qu'il ne tente quoi que ce soit avec les prétendantes de ses meilleurs amis. A la suite de Lily et de Nelly, Dorcas entra, moins timide qu'à l'habitude. Sirius fut surpris de découvrir le côté séduisant de sa tenue. Finalement, Cassidy passa la porte du bar. Alors qu'il s'apprêtait à boire une gorgée de son hydromel, il s'empressa d'abaisser son verre. « Cassidy en robe et en talons ! » : il en restait bouche bée. Elle avait bouclé ses cheveux et ses yeux d'un bleu éclatant étaient surlignés d'un fin trait noir. Conscient qu'il devait rapidement reprendre ses esprits, Sirius se tourna vers James. Celui-ci avait fait l'erreur de boire une gorgée et s'étouffait désormais avec, Peter lui tapant dans le dos distraitement, lui aussi hypnotisé par les cinq filles.

-Qu'est-ce qu'il se passe Jamesi ? Ne me dis pas que tu as déjà trop bu !

Alice venait d'arriver devant les Maraudeurs. Sirius garda son regard rivé sur elle, n'osant pas dévisager de trop près Cassidy devant son frère, bien que l'envie n'y manquât pas.

-Excuse-moi, mais d'où te vient cette robe ?

James s'adressait à sa petite sœur, complètement désemparé devant sa tenue.

-Ne commence pas, James. C'est Alice qui me l'a prêtée !

-Alice ?! Pourquoi habiller ma sœur de cette façon ? Tu veux me faire faire un arrêt ?

Alice eut un rire moqueur.

-Ta sœur a le droit de se comporter en fille de temps en temps.

James eut un reniflement dédaigneux.

-A quoi ça sert ? Qui pourrait bien te plaire ici de toute manière ?

Sirius perçut une légère inquiétude dans le ton de son meilleur ami et s'empressa de boire une gorgée.

-Ce n'est pas ça la question. J'avais envie de me plaire à moi pour une fois !

-Et tu avais besoin de mettre des talons aussi hauts ?

Alors que Cassidy commençait à bouillonner, Alice se mit rapidement entre les deux frère et sœur.

-Ecoute, James. Premièrement : ta sœur a seize ans, je pense qu'elle est assez grande pour s'habiller comme bon lui semble. Deuxièmement : on compte passer une bonne soirée et on pensait qu'en vous rejoignant ça allait être le cas, alors fais en sorte que ça le soit. Troisièmement : on porte toutes des talons, mais pour les autres, ça n'a pas trop l'air de te déranger...

James rosit légèrement et son regard dévia imperceptiblement vers Lily, qui faisait mine de parler avec Nelly pour ne pas interférer dans la dispute.

-Et bien prenez donc un verre !

Alice sourit à James qui lança une grande tape dans le dos de Cassidy :

-Tu t'habilles peut-être comme une fille, mais je suis toujours ton grand frère, essaye simplement de t'en souvenir, lança-t-il avec un clin d'œil.

-J'essaierai de ne pas te faire faire d'arrêt !

Soulagé de la tournure que prenait les événements, Sirius commanda cinq autres hydromels pour les nouvelles arrivées. Puis, alors que les conversations avaient repris de bon train, il décida de s'approcher de Cassidy :

-Personnellement, je trouve que ça te va très bien.

-Merci, répondit-elle froidement.

Le jeune homme haussa un sourcil : il avait l'habitude des sautes d'humeur de la jeune Potter, mais elle ne semblait pas spécialement froide avec les autres. Puis il se rappela l'entrevue de l'après-midi. Décidant qu'il retenterait une approche lorsque la soirée serait entamée, il se dirigea vers un Peter plus joyeux que jamais.

 

 

La soirée avait débuté depuis une vingtaine de minutes. Toujours accoudés au bar, l'équipe des Maraudeurs et leurs amis discutaient joyeusement de sujet anodins, heureux d'être ensemble. Après avoir passé plus de dix minutes à se bécoter avec Franck, Alice et lui avaient fait le pari de rapprocher Nelly de Remus. La jeune femme s'était gardée de le dire à son petit-ami, mais elle s'était intérieurement promis d'essayer de faire en sorte que Lily et James se rabibochent. Prête à se délecter de sa mission, elle rejoignit ses amies qui riaient joyeusement.

-Alors, de quoi vous parler ?

-On pariait sur le plus long baiser entre toi et Franck. J'ai dit trente secondes, et Lily quarante-cinq.

Alice secoua la tête mais rigola tout de même :

-Verdict ?

-Une minute et vingt-et-une secondes ! Je n'ai jamais vu un baiser aussi long, rigola Lily.

-Et sinon, mis à part vous moquer de moi, vous ne voulez pas trouver quelqu'un à embrasser pendant une minute vingt-et-un ?

Lily et Nelly arrêtèrent de rire d'un coup. La première secoua la tête d'un air assuré, mais la deuxième rosit légèrement.

-Blague à part, vous savez très bien qui j'aurais envie de bécoter, lança cette dernière, gênée.

-Blague à part, je pense qu'il n'attend que ça, répondit Lily en montrant d'un signe de tête Remus.

Le jeune homme était accoudé au bar et prétendait prendre part à la discussion entre Sirius et Peter, mais ne cessait de lancer des petits coups d'œil dans leur direction.

-Vas-y ! Qu'est-ce que ça te coûte ? la poussa Alice.

-Il risque de me trouver ridicule !

-Impossible ! Et puis, si je ne m'abuse, c'est lui qui est venu vers toi les dernières fois. Tu ne l'as pas trouvé ridicule si ?

-Bien sûr que non !
-Alors il n'y a aucune raison pour que lui oui.

-Et si ces amis se moquent de moi ?

-Oh ne t'inquiète pas, ils le regretteront amèrement s'ils le font. Et puis, ils ne sont pas si méchants que ça. Je pense qu'ils veulent le bien de leur ami autant que nous !

Nelly sembla revigorée.

-Je devrais y aller, pas vrai ?

-Oui, assura Lily.

Il n'en fallut pas plus à la jeune femme pour vider son verre d'une traite et rejoindre Remus. D'où elle était, Alice observa la scène : Nelly s'approcha timidement mais avec volonté vers le jeune homme, qui fut surpris mais réellement ravi, au vu de son énorme sourire. Sirius et Peter, qui se jetèrent tout de même un regard entendu, se retournèrent rapidement vers Cassidy et Dorcas. Alice sourit et se retourna vers Lily :

-A ton tour !

Lily, qui buvait un peu d'hydromel, faillit s'étrangler avec sa gorgée.

-Comment ça ?
-Tu m'as bien comprise : c'est facile de se cacher derrière les histoires des autres. Mais il est temps que tu penses un peu à toi ma jolie !

-Je n'en ai aucunement envie, se renfrogna la rousse.

-Pourquoi ?

-Parce que personne ne me plait, voilà tout !

-Tu vas me dire que sur l'ensemble des garçons de Poudlard, tu les trouves tous laids à jeter à la poubelle ?
-Aucun rapport avec le physique : bien sûr qu'il y a des garçons mignons. Ils sont justes...

-Pas assez bien pour toi ?

Lily parut offusquée :

-Tu penses vraiment que je suis ce genre de personne ?

-Pas du tout, justement. Tu dois donc avoir quelqu'un qui te plait.

Alice vit que son amie prenait le temps de réfléchir puis hausser les épaules :

-Et bien je ne l'ai pas encore trouvé !

Alice sourit. Elle avait une théorie sur le cas Lily et désirait la tester le soir même

End Notes:

Et voilà ! Qu'avez-vous pensé de ces interactions et surtout: qu'est-ce que vous pensez qu'il va se passer pour le reste de la soirée ? ;-)

Je dois avouer que cette idée de fête est l'une des premières qui me soit venue en tête lorsque j'ai commencé à écrire cette fanfiction, c'est pourquoi je prends mon temps et je fais un peu trainer les choses en longueur...

Mais la deuxième partie arrive bientôt (j'aimerais la poster ce week-end)!

Merci à tous et à bientôt!

Chapitre 17: Le temps d'une soirée Partie I by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

 

Premièrement: MERCI pour vos views et reviews et merci d'être au rendez-vous quand mes chapitres sortent, ça me fait énormément plaisir :D! 

Désolée de cette longue attente!! J'ai énormément de travail pour les cours ces temps-ci. Cependant, me revoilà non pas avec un mais DEUX chapitres. C'est vrai que j'ai été très inspirée pour cette fête de Halloween. Je l'avais déjà dit, mais c'est un épisode que j'avais imaginé au tout début de l'écriture de ma Fanfiction, et je pense que ces deux chapitres marquent un tournant dans l'histoire. Tout s'accélère ! 

J'espère sincèrement que vous aurez autant de plaisir à les lire que j'ai eu à les écrire :D 

PS: je sais, j'en ai fait voir à Lily de toutes les couleurs, mais c'est une fille forte, elle va s'en remettre ;-) 

 

Très bonne lecture ! 

 

Cela faisait une heure que la soirée battait de son plein dans l'enceinte des Trois Balais. Madame Rosmerta, qui avait déjà mis dehors les quelques téméraires élèves qui n'avaient pas l'âge requis pour la fête se battait désormais avec les montagnes de verres à essuyer. Les Serpentards s'étaient établis dans un coin et une étrange fumée verdâtre s'y échappait. Tous les autres élèves parlaient et dansaient entre eux, peu importe la maison à laquelle ils appartenaient.

Au milieu de cette excitation générale, Lily observait avec avidité sa meilleure amie interagir avec Remus. Rien ne lui ferait plus plaisir à l'instant même que Nelly puisse enfin se sentir complètement à l'aise. Elle voyait cependant que leurs échanges restaient timides. Lily s'était tenue volontairement à l'écart des autres lors du début de la soirée, car elle ne se sentait absolument pas à sa place au milieu des Maraudeurs et refusait catégoriquement de parler à James. Cependant, Alice lui avait fait comprendre qu'elle ne comptait pas passer sa soirée à l'écart et avait rejoint Dorcas et Cassidy, qui se trouvaient à côté des Maraudeurs. La rousse soupira lorsqu'elle se rendit compte qu'elle n'avait pas d'autres choix que de les rejoindre si elle ne voulait pas passer sa soirée à boire seule. « Complètement minable... », se lamenta-t-elle intérieurement alors qu'elle approchait timidement des trois filles.

-Lily ! Comment se passe ta soirée ?

Cassidy semblait légèrement éméchée.

-Plutôt bien, et la vôtre ?

-Absolument incroyable ! Et devine quoi : j'ai dû prêté ma baguette à Madame Rosmerta : la sienne ne voulait plus laver de verres.

Lily éclata de rire devant l'enthousiasme de la jeune femme.

-Et bien, c'est tout à ton honneur, mais tu n'oublieras pas de la récupérer !
-Aucune chance, j'ai tout là-dedans.

Cassidy montra sa tête avec son doigt. Alice prit la sienne dans ses mains d'un air faussement dramatique et s'approcha de Lily :

-Comment se passe la mission séduction de Nelly ?

Toutes les filles se retournèrent d'un même mouvement.

-Je crois que ça se passe bien, mais j'ai l'impression qu'ils auraient besoin d'un petit coup de main.

Il n'en fallut pas plus à Alice pour prendre l'initiative de s'approcher des deux jeunes gens. Lily suivit le mouvement, doutant de la réaction de Nelly.

-Comment se passe votre soirée les amis ?

Remus et Nelly se tournèrent d'un même mouvement, comme surpris qu'il y ait des gens autour d'eux.

-Je la trouve chouette, et vous ?

-Plutôt sympathique aussi. Remus, ça te dérange si nous t'empruntons Nelly quelques minutes ?

Lily ne comprit pas bien la stratégie d'Alice et vit perler le doute dans les yeux de sa meilleure amie. Imperceptiblement, Alice leur fit un clin d'œil. Remus, qui avait de la peine à cacher sa déception, adressa tout de même un grand sourire aux filles :

-Sans problème ! On se retrouve plus tard ?

Nelly acquiesça, bien qu'elle fût dans l'incompréhension totale. Puis, sans prévenir, Alice prit brusquement la main de ses deux amies et les lancèrent sur la piste de danse.

-Ne posez pas de questions, dansez !

Une musique endiablée vint appuyer ses paroles. La jeune fille éclata de rire et se mit à sauter en tous sens en faisant virevolter ses cheveux. D'abord dubitatives, Lily et Nelly furent très vite entrainées dans le rythme qu'Alice leur contraint à prendre, n'ayant pas lâché leurs mains.

-Tu vois, je t'avais dit que ça allait marcher ! hurla Alice aux oreilles de Lily en pointant Remus du doigt.

La rousse remarqua qu'en effet le jeune homme ne lâchait pas Nelly des yeux, laquelle ne semblait pour une fois pas le moins gênée du monde. Bien au contraire, elle jouait de ses hanches tout en lançant des regards charbonneux à Remus.

-Et ce n'est pas le seul, crut bon de rajouter la brune.

Lily se figea aussitôt dans son mouvement. En effet, quelques pas plus loin du lycanthrope et de Peter se trouvaient Sirius et James qui ne se privaient pas de les manger du regard.

-Pourquoi tu t'arrêtes ? demanda Alice, qui semblait déjà connaître la réponse.

-Et bien, il fallait que Remus regarde Nelly. Il la regarde. Mon job ici est terminé !

-Pas si vite ! Pourquoi tu te défiles dès que l'attention est portée sur toi ?

Lily crut qu'Alice continuait de plaisanter mais lorsqu'elle se rendit compte que son amie était bel et bien sérieuse, elle prit quelques secondes pour réfléchir à la question. En effet, pourquoi était-elle si fermée ? En règle générale, elle appréciait les fêtes et ne rechignait jamais à enflammer la piste de danse. Mais ce soir-là, quelque chose la bloquait complètement. Au fond d'elle, elle pensait connaître la réponse. Et Alice aussi :

-Lil's, je te connais depuis des années. Ecoute... Ce n'est pas à moi de te dire avec qui tu dois être amie ou non, ou même ce que tu dois faire. Mais tu as le droit de t'amuser. Cette soirée n'est pas uniquement pour Nelly. Alors si tu as envie de te lâcher complètement, fais-le ! Peu importe ce que les autres peuvent en penser. Peu importe ce que quiconque peut en penser.

Les paroles d'Alice semblaient résonner en Lily. Il était évident qu'elle n'était pas à l'aise uniquement car James Potter lui lançait des regards. Il devait probablement se moquer d'elle intérieurement, ou même ouvertement avec Sirius. « Et qu'est-ce que ça peut bien faire ? ». Elle n'arrivait pas bien à comprendre pourquoi le jeune homme réussissait à avoir un tel pouvoir sur elle. Cependant, Alice avait raison : il était temps que cela cesse et qu'elle commence à penser à elle.

-Tu sais quoi ? Cette chanson est ma préférée !

Alors qu'une musique lascive emplissait le bar, ce fut au tour de Lily d'entrainer Alice avec elle près de Nelly, que Cassidy avait rejoint. Lorsqu'elle vit la rousse, la jeune Potter lui sauta dans les bras :

-Je suis très contente de te connaître ! Tu es vraiment super comme fille. Et tu sais, moi aussi je déteste mon frère parfois !

Lily éclata d'un rire sincère. Bien décidée à donner une raison à James de la regarder si intensément, elle se mit à se déhancher avec sensualité tout en faisant tournoyer Cassidy sous ses mains. Elle pouvait sentir ses cheveux lui effleurer le creux des reins alors qu'elle se laissait aller à la musique, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Puis la musique se termina et une autre, plus dynamique, enchaina. Les quatre filles éclatèrent de rire en se regardant dans les yeux :

-Je ne savais pas que vous étiez de si bonnes danseuses ! s'écria Cassidy en s'adressant à Nelly et à Lily, je peux vous offrir un verre ?

Les deux filles acquiescèrent tandis qu'Alice annonçait rejoindre Franck.

-Ne vous bécotez pas trop ! lança Nelly, tout sourire.

-Et vous, faites-en sorte de bécoter !

 

Sirius et James étaient accoudés au bar. Le premier ne savait plus ce qui était le plus jouissif à contempler : les quatre filles qui se déhanchaient sur la piste et qui lui donnait envie de les rejoindre sur-le-champ, les têtes ahuries de Remus et Peter qui ne se donnaient plus la peine de faire sembler de parler ou les yeux de James qui détaillaient depuis plus de trois minutes les jambes de Lily.

-Vieux, tu risques de perdre tes yeux si tu ne les clignes pas !

James se tourna vers lui comme l'éclair et, pris en faute, éclata de rire.

-Coupable !

-Je ne l'avais jamais vu comme ça, je dois te dire.

-Moi non plus, soupira James. Mais j'étais convaincu qu'il y avait plus en elle qu'une simple préfète-en-chef première de la classe.

Sirius sourit :

-Et ton pari avec Lunard, comment tu comptes t'y prendre ?

James prit une goutte de sa bièraubeurre avant de lancer un sourire goguenard à son meilleur ami :

-J'attends la bonne occasion. Mais crois-moi, je ne compte pas lâcher l'affaire !

-Je n'en attendais pas moins de toi.

-Et toi alors ? C'est toujours McKinnon ?

Sirius haussa les épaules, préférant taire que sa cible ce soir-là n'était absolument pas Marlene.

-Je préfère voir comment vont les choses. Et ce serait chouette si c'était vous qui embrassiez une fille pour une fois ! D'ailleurs, regarde la tête de Lunard, complètement sous le charme. On les rejoint ?

Chose dite chose faite, James et Sirius rejoignirent leurs deux amis.

-Alors comme ça on reluque les filles ? Pas très classe tout ça.

-La ferme Patmol, lança Remus en ne lâchant pas son regard de Nelly qui venait de se faire dangereusement approchée par un Serdaigle.

-Enervé Lunard ? le provoqua James. En même temps, il me semble que nous avions un pari ce soir. Et jusqu'à maintenant, je ne vois pas grand-chose de ta part si tu veux mon avis.

Remus se tourna brusquement vers le brun :
-Tu veux peut-être qu'on parle de toi ?
-Evans est plus dure à approcher.

-Peut-être. Il n'empêche que moi au moins, je prends les choses en mains.

Devant les mines surprises de ces trois amis, Remus vida son verre d'un trait et partit d'un pas déterminé vers les filles. Sirius laissa échapper un sifflement admiratif :

-Ça alors, il semblerait que ce sera lui qui gagnera votre pari, Cornedrue, dit-il à son ami, déconfit.

 

Les quatre filles étaient toujours sur la piste de danse. Lily voyait Nelly essayer de se débattre contre Teddy Wildbroth, de Serdaigle. Alors qu'elle s'apprêtait à menacer le garçon de lui confisquer sa baguette (chose qu'elle n'avait enfaite pas le droit de faire même en tant que préfète-en-chef) pour délester son amie, Remus s'interposa entre les deux jeunes gens :

-Tu m'excuseras, lança-t-il à un Teddy désabusé, mais j'ai quelque chose d'important à faire.

Ni d'une ni de deux, le garçon attrapa Nelly par les hanches et posa, plus doucement que son geste précédant, ses lèvres sur les siennes.

-Oh mon Dieu ! hurla Cassidy.

Hésitant entre l'exaspération et la joie intense, Lily finit par éclater de rire devant la scène qui s'offrait à elle. Cassidy s'était mise à sauter d'excitation devant Remus et Nelly, qui s'entrelaçaient et ne semblaient plus vouloir se lâcher. Remus avait désormais glissé une de ses mains dans la chevelure de la jeune fille, l'autre restant bien agrippée à ses reins. Nelly, quant à elle, le tenait par l'épaule et une de ses mains vint timidement caresser la joue du garçon. Lorsqu'enfin ils se desserrèrent l'un de l'autre, bien moins gênés qu'on aurait pu le croire, Nelly lança un regard subtil à Lily qui lui envoya un clin d'œil qui signifiait : « c'est bon, tu peux y aller ». Plus loin, les Maraudeurs restant sifflaient bruyamment leur ami et Lily entendit même l'un d'eux (elle fut surprise de se rendre compte que c'était Peter) lancer un : « lâche-toi Remus ! ». En fou-rire, elle se tourna imperceptiblement vers la source du raffut et, pendant quelques secondes, son regard croisa celui de James. Ce dernier était brûlant. Il n'y avait aucune ironie, aucun sourire en coin qui promettait une réplique cinglante. Il n'y avait que son regard qui la détallait de haut en bas, de la même manière qu'un lion aurait pu guetter une gazelle. Subitement, Lily annonça à Cassidy :

-Il faut que j'aille aux toilettes. Tu veux m'accompagner ?

-Je vais plutôt essayer de chercher Dorcas. Promets-moi que l'on se retrouve plus tard, d'accord ?

-C'est noté !

Lily sourit et partit aussi vite que possible aux toilettes, se promettant qu'elle ne laisserait plus son regard divaguer autant. Elle remarqua que Nelly et Remus avaient disparu et se promit aussi qu'elle devrait retrouver sa meilleure amie avant la fin de soirée. Arrivée aux toilettes, la jeune femme fit couler l'eau et se regarda dans le miroir. La fête ne lui avait pas porté préjudice puisque son maquillage était intact et sa chevelure soignée. Secouant la tête avec un petit rire pour se faire à l'idée que Nelly et Remus s'étaient embrassés et avaient disparu, elle se pencha pour faire couler de l'eau sur sa nuque.

-Tu t'amuses Evans ?

Lily sursauta et se releva, piqué au vif. Dans le miroir en face d'elle se tenaient Lucius Malefoy et Evan Rosier, le sourire carnassier. Tâtonnant ses poches, elle se rendit compte qu'elle avait laissé son sac près du bar, sa baguette à l'intérieur. « Comment être aussi bête ? ». Alors que la panique commençait à s'infiltrer dans ses veines, elle se retourna pour faire diversion :

-Ce sont les toilettes des filles, je ne crois pas que vous y ayez votre place.

Elle tenta de passer entre les deux garçons : le plus vite elle rejoindrait la fête, le plus vite elle serait en sécurité. Seulement, les Serpentards semblaient avoir d'autres projets pour elle. Avec une force qu'elle ne soupçonnait pas, Lucius la plaqua contre le mur brutalement et son dos heurta violemment le marbre glacé :

-Tu crois peut-être que tu vas t'en tirer comme ça, Evans ?

Les larmes lui montant aux yeux, Lily ne savait plus quoi faire pour se défendre :
-Qu'est-ce que j'ai fait ?

-Ce que tu as fait ? Premièrement, tu as débarqué à Poudlard avec ton sang de vermine. Ensuite, tu as fait en sorte de sympathiser avec un Serpentard : tu pensais peut-être que Rogue allait t'aider à te faire accepter ? Personne dans notre maison n'accepte les sang-de-bourbes. Je sais parfaitement ce que tu lui as dit l'autre jour à l'infirmerie. Tu te permets même de le repousser, toi, le bas de l'échelle. Mais surtout, tu as osé t'en prendre à moi, plusieurs fois cette année. Tu te crois peut-être hors d'atteinte à Poudlard entourée de tous tes misérables amis. Mais aujourd'hui, Potter n'est pas là pour jouer le sauveur. Alors dis-moi Evans, ça fait quoi de se sentir comme ça ?

Lily pleurait désormais à chaudes larmes. Elle ne voyait aucune sortie de secours, si ce n'était hurler. Puis elle eut une idée :
-Narcissa sait que tu t'en prends aux filles ?
Pendant une demi-seconde, Lucius parut déstabilisé. Puis il serra plus fort autour du cou de Lily :

-Peu importe ce que pense Narcissa, et puis, elle n'est pas là.

-Laisse-moi au moins prendre ma baguette, que ce soit un combat égal.

Malefoy et Rosier éclatèrent d'un rire sans joie, mesquin et mauvais.

-Justement, parlons de baguettes. Tu dois te demander pourquoi on ne t'a pas directement lancé un sort. Tu vois, le cher Evan que tu vois ici présent a eu une idée formidable : puisque tu es une sale Moldue, faisons-le version moldu.

Puis Lucius leva le poing. Impuissante, Lily se cacha les yeux et pria pour que le coup ne fasse pas trop mal.

 

End Notes:

A tout de suite pour la seconde partie :-) 

Chapitre 18: Le temps d'une soirée Partie II by Cassy
Author's Notes:

Et voilà la deuxième partie!! 

J'espère que vous avez apprécié la première. Premier "couple" formé: Nelly et Remus. Pour savoir si ce sera la seul de cette soirée, je vous laisse avec la deuxième partie de ce chapitre: Le temps d'une soirée :D 

 

Bonne lecture! 

 

Lily ne s'était jamais sentie aussi impuissante. Elle se demandait si le coup allait faire mal, ou si quelqu'un allait l'entendre pour venir la sauver. Elle ne pouvait même pas hurler tant sa gorge était serrée.

-Tu ne te défends même pas Evans ?

Tremblante de la tête aux pieds, Lily ne se rendit même pas compte que Malefoy venait de la lâcher.

-Tu crois vraiment que je vais m'abaisser aux manières vulgaires de se battre des moldus ? Sûrement pas. Tu es désormais prévenue : baisse la tête quand tu me vois passer. Garde le profil bas. Et ne t'avise plus jamais d'adresser la parole à Rogue, ou tu auras à faire à nous. Et cette fois, pas d'avertissement.

Lucius la balança une derrière fois contre le mur et Rosier cracha par terre avant de sortir nonchalamment des toilettes des filles, laissant une Lily complètement traumatisée s'effondrer sur le sol.

 

Il était désormais minuit et Sirius se demandait s'il n'allait finalement pas regagner Poudlard. Peter avait mystérieusement disparu avec Melinda Howl, une petite Poufsouffle joufflue. James était à sa gauche et avait entamé une discussion avec Emmeline qui en avait profité pour poser la main sur son épaule. Il aurait au moins espéré que Vance serait avec Marlene, mais c'était peine perdue. Il était très heureux que ses amis profitent de leur soirée - il ne l'avait lui-même fait que trop de fois-, mais l'ennui commençait à le gagner. C'est alors qu'il vit Cassidy, seule sur la piste de danse, qui semblait désemparée. En lançant un regard en coin à James, qui tournait le dos à la piste, il se décida à rejoindre la jeune femme.

-Alors comme ça tu es toute seule ?

Cassidy sursauta et dut se retenir au jeune homme pour ne pas tomber.

-Sirius, tiens donc ! Tu n'es pas avec McKinnon ce soir ?

-Je n'en avais pas envie. Je m'apprête à rentrer.

-Comment ça ?

Sirius haussa des épaules :

-La soirée est chouette mais mes amis n'ont plus besoin de moi. Dis, tu ne voudrais pas rentrer avec moi ? Tu sembles un peu ébréchée, voire carrément soule. Et ça ne me plait pas de te savoir seule.

-Tu t'inquièterais donc de mon sort ? lança Cassidy avec un sourire énigmatique.

-Je ne l'ai jamais caché.

Les deux adolescents se lancèrent un regard de braise et la sœur de James perdit son sourire pour se perdre dans le regard du noiraud :

-C'est vrai ce que disent les filles, tu as définitivement des beaux yeux.

Sirius éclata de rire :

-Alors, qu'est-ce que tu choisis de faire ?

Cassidy haussa les épaules :

-Je veux bien rentrer, mais je dois d'abord retrouver Dorcas !

-On peut se séparer et faire le tour si tu veux. Va voir du côté du bar, j'irai vers les toilettes. On se retrouve ici dans cinq minutes et si on ne la trouve pas c'est qu'elle est déjà rentrée, ça te va ?

Cassidy acquiesça et, alors qu'elle passait devant lui pour partir à la recherche de son amie, Sirius en profita pour lui effleurer la main. Puis, comme si de rien n'était, il partit de son côté à la recherche de Dorcas. Il passa devant les Serpentards qui semblaient en pleine crise de fou-rire et douta fortement de la présence de la jeune femme à cet endroit. Puis il arriva devant les toilettes et se demanda ce qui lui avait pris de choisir cet endroit : il ne pouvait décemment pas entrer dans les toilettes des filles. Il resta quelques instants planté devant la porte pour voir si Dorcas en sortait puis, décidant qu'il s'était suffisamment ridiculisé, il se décida à rejoindre Cassidy. Alors qu'il s'apprêtait à partir, il entendit le bruit du robinet accompagné de reniflements imperceptibles. Se pouvait-il que Dorcas ait des ennuis ? Prenant son courage à deux mains, il ouvrit la porte des toilettes des filles.

-Lily ?!

Elle était restée assise par terre quelques seconds, le temps de reprendre son souffle. Plusieurs émotions l'avaient accompagnée : la peur, l'effroi, la tristesse et la colère. Après ce qu'elle avait estimé être vingt minutes, Lily s'était relevée d'un bond : il était hors de question qu'elle reste terrée dans les toilettes de peur. Elle s'était regardé dans la glace : il restait des traces de larmes mais ses yeux avaient dégonflé. Puis elle avait allumé l'eau pour se rafraîchir quand une voix l'interrompit :

-Lily ?!

La jeune femme sursauta tellement qu'elle laissa s'échapper un petit cri. Les yeux encore embués, il lui fallut quelques secondes pour reconnaître Sirius. « Tout mais pas lui ». Encore une fois, une vague d'émotions la submergea : elle tergiversait entre le soulagement et la honte.

-Qu'est-ce que tu fais dans les toilettes des filles ?

Sirius se redressa, mal à l'aise.

-Enfaite, je cherchais Dorcas. Tu ne l'aurais pas vue par hasard ?
Lily fit non de la tête. Sirius resta planté devant la porte.

-Tu as pleuré ? demanda-t-il.

Son ton ne trahissait ni moquerie ni compassion. Il s'agissait plutôt d'une affirmation.

-Ça ne te regarde pas, à vrai dire.

-Probablement que non.

Voyant qu'il ne semblait pas prêt à s'en aller, Lily se tourna brusquement vers Sirius :

-Tu vois bien que Dorcas n'est pas là, alors qu'est-ce que tu fiches encore ici ?
-Tu trembles et tu as pleuré. Et je n'ai pas envie de te laisser dans cet état-là. Alors tu as le choix : soit tu me dis ce qu'il s'est passé et je te laisse tranquille, soit on reste ici quelques instants de plus à se regarder dans le blanc des yeux.

Mi-furieuse mi-suprise, la rousse hésita : il s'agissait de Sirius Black, le cousin de Narcissa et meilleur ami de James Potter. Il ne pouvait être fiable. Dans le même temps, lui et sa bande l'avaient déjà sauvée devant Malefoy. Elle se souvenait de la règle numéro une que son père lui avait fait promettre de suivre avant son entrée à Poudlard : « si quelqu'un t'embête ou te fait du mal, promets-moi d'en parler ».  « Je ne peux de toute manière pas tomber plus bas ».

-Malefoy m'a menacée et je n'avais pas ma baguette, lança-t-elle rapidement.

-Comment ça ?! Ici même ? Il a osé ?

Lily acquiesça d'un signe de tête.

-Mais... Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
-En soi rien, mais j'ai bien cru qu'il allait me frapper un moment donné.

Lily n'avait pas prévu la réaction de Sirius : ce dernier semblait en grande rage.

-Et bien ne t'inquiète pas, je vais aller m'en occuper sur-le-champ.

-Non, Sirius, ne fais pas ça s'il te plait ! Et puis, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Tu ne m'apprécies pas à ce que je sache.

-Jamais personne n'attaquera une fille devant moi, encore plus lorsqu'il s'agit d'une Gryffondor. Que je t'apprécie ou non n'a rien avoir là-dedans. Et peut-être que si tu étais un peu plus aimable, j'aurais moins de peine à t'apprécier.

Lily ne répondit rien. Les reproches semblaient bondir sur elle. Toutes inhibitions avaient quitté son corps depuis la presque agression de Malefoy.

-Peut-être. Mais si tu les attaques, alors Madame Rosmerta forcera tout le monde à sortir de son bar, ne voudra plus jamais organiser de soirées et tu auras des ennuis. Sans compter que je devrai aller m'expliquer avec Mcgonagall et je ne compte vraiment pas perdre mon poste de préfète-en-chef pour Malefoy et sa bande.

Sirius sembla réfléchir quelques instants avant d'affaisser ses épaules :

-Bien, tu as gagné. Je ne ferai rien. Ce soir tout du moins. Attends que j'en parle à mes amis, on ira leur régler leur compte !
-Non ! Je ne veux absolument que J... que tes amis sachent que je me sois faite attaquée !

Sirius roula des yeux et soupira.

-Comme tu veux. En attendant, tu ne comptes pas rester dans ces toilettes indéfiniment oui ? Laisse-moi au moins te raccompagner à la fête. Si tu veux, Cassidy et moi on rentre maintenant, tu peux nous accompagner.

Lily acquiesça :

-Laisse-moi prendre mon sac au bar et je vous suis.

-Bien, on sera devant l'entrée.

-Merci, Sirius.

-C'est normal. Promets-moi que tu le diras si Malefoy ou quiconque vient te menacer à nouveau ?
Lily acquiesça puis sourit :
-Je ne compte pas en faire une habitude.

Sirius sourit à son tour. Les deux adolescents sortirent des toilettes. En passant devant la bande à Malefoy, Lily leva haut la tête et fit semblant de ne pas les apercevoir. Elle se demandait si Severus était là au milieu, entrain de rire avec les autres de son désespoir. Après tout, il était allé se plaindre de la manière dont elle le traitait, et c'était pour cela qu'elle s'était faite agressée. Il était temps qu'elle se fasse une raison : elle ne serait plus jamais amie avec Severus Rogue. La salle était toujours autant voire plus remplie que lorsqu'elle l'avait quittée. Les élèves semblaient plus que jamais vouloir profiter de la dernière heure qui s'offrait à eux. Lily plissait des yeux : Nelly et Remus n'étaient nulle part, de même qu'Alice et Franck. Elle soupira : elle aurait aimé prolongé la soirée pour ne pas finir sur ce désastre. Mais si elle en croyait Sirius, Cassidy comptait rentrer et elle se voyait mal lui demander de rester en sa compagnie. Résignée, elle décida d'aller chercher son sac :

-A plus tard, lança-t-elle à Sirius.

La rousse repéra rapidement la cachette qu'elle avait choisi pour mettre son sac ainsi que celui de Nelly en sûreté sous le bar. Elle se précipita pour les prendre mais fut coupée dans son élan. A quelques centimètres de son sac se trouvait James Potter, en grande conversation avec Emmeline Vance. Le garçon dut sentir son regard, car il se retourna en un éclair vers elle. Lily était furieuse : il ne suffisait pas qu'elle se fasse agresser, il fallait aussi qu'elle tombe sur James Potter en plein session de drague. Cette fois-ci bien décidée à partir du bar le plus rapidement possible, elle se rua sur les deux sacs qu'elle prit à la volée et se retourna violemment vers la sortie. Le problème était qu'elle ne pouvait plus apercevoir les portes d'où elle était tant la salle s'était remplie. Une musique tonitruante venait de démarrer, que Lily comparait aux basses moldues et les élèves de Poudlard semblaient soudain pris de folie. Bien qu'elle détestât les espaces clos, savoir James Potter à ses côtés enlacer Vance lui donna le courage nécessaire pour s'engouffrer dans la foule en délire. Chose qu'elle regretta à peine avait-elle posé les pieds au milieu. Très vite, trois garçons qu'elle n'arrivait même pas à distinguer tant ils étaient prêts l'entourèrent et se mirent à sauter en l'air. Instinctivement, Lily plaça un des sacs sur sa tête pour se protéger des probables coups de coudes et se recroquevilla. Jamais elle ne s'était sentie aussi démunie qu'en cette soirée. Paralysée par la peur et le souffle manquant, elle n'eut même pas le réflexe de sortir sa baguette pour l'aider à se frayer un chemin parmi les élèves en délire. Soudain, une main vint lui agripper fermement le tour de taille. Alors qu'elle s'apprêtait à lancer le sac qu'elle tenait sur sa tête sur celui qui s'était permis ce geste, son poignet fut brusquement arrêté par une deuxième main.

-Doucement, Evans. Je veux te sortir de là.

Pour la énième fois de la soirée, Lily fut estomaquée. James Potter se tenait devant elle, la dominant de toute sa taille, une main sur sa taille et l'autre entourant (avec douceur mais fermement) son poignet.

-Lâche-moi tout de suite, Potter ! Je peux me débrouiller toute seule.

Il lui lâcha le poignet mais garda une main fermement au creux de ses reins, l'étau des élèves se resserrant toujours plus autour d'eux.

-Tu n'y arriveras pas toute seule, Evans. Je ne veux pas te faire de mal, juste te raccompagner vers la porte.

Sans se l'avouer, Lily fut soulagée d'entendre ces mots. Elle le crut immédiatement quand il affirmait ne pas vouloir lui faire de mal. Et il fallait avouer qu'un garçon n'était pas de trop pour la protéger de la horde en folie.

-Attendons peut-être que la musique se calme ! hurla James aux oreilles de Lily, qui approuva silencieusement.

Pendant quelques secondes, alors même que la musique était à son comble, un silence complet se fit dans la tête de Lily. Ce soir-là, elle était passée par toutes les émotions et sensations existantes : l'agacement de devoir prêter son local, la fébrilité lorsqu'elle avait bu les premières gouttes de bièraubeurres, l'excitation de se rendre à la fête, la gêne de se retrouver toute seule, la joie de voir Nelly embrasser Remus, la peur atroce de souffrir face à Malefoy, la honte devant Sirius et la colère de ne pouvoir se dépêtre des élèves de Poudlard. Mais, alors qu'elle se trouvait devant James Potter, son ennemi de toujours, elle ne ressentait plus rien de tout cela. Elle faisait tout simplement le vide. Et Lily découvrit quelque chose peut-être pour la toute première fois de sa vie : il était bon de ne penser à rien. De ne pas laisser son cerveau dicter ses émotions. De laisser son corps ressentir. Elle se trouvait devant James Potter, et le jeune homme n'avait pas bougé : sa main était toujours dans le creux de ses reins. Si elle y pensait, elle pouvait ressentir les mouvements imperceptibles qu'il faisait pour la tenir près de lui et la force dont il serait capable de faire preuve si jamais elle s'en allait. Et ça ne la mettait pas en colère, ni ne lui faisait peur. Elle ne l'avait que trop ressenti au cours de cette soirée. Désormais, elle ne sentait que les doigts de James qui appuyait pour qu'elle se rapproche. Puis elle sentit une deuxième main qui remonta le long de sa cuisse. Sans qu'elle ne s'en rendît pleinement compte, elle lâcha les deux sacs. La musique avait ralenti, les élèves s'étaient gentiment détournés d'eux. Mais Lily voulait que ça dure encore quelques instants. Elle avait besoin de ressentir son corps, de se sentir protégée. C'était ce que faisait James Potter en ce moment-même : il l'attira vers elle avec un mouvement légèrement plus brusque et ne s'arrêta pas d'appuyer dans son dos même lorsqu'ils se trouvèrent collés. Sa deuxième main s'arrêta sur la cuisse de Lily, qu'il caressait doucement. Puis, alors qu'elle avait attrapé un coude à James pour s'empêcher de tomber à la renverse, Lily ferma les yeux et sentit les lèvres du jeune homme se poser doucement sur les siennes. A mesure que la musique, lascive et sensuelle, avançait, les lèvres de James devinrent plus insistantes, jusqu'à y glisser sa langue à travers. Lily n'avait pas bougé mais s'était légèrement mis sur la pointe des pieds, peut-être pour accentuer le baiser. Plus rien ne comptait : ni Malefoy, ni Sirius, ni les gens autour, ni même son aversion pour James Potter. Ce qui comptait, c'était les sensations qui partaient du bas de son ventre pour remonter dans sa poitrine : la chaleur, mais aussi une vague électrique qui traversait son corps tout entier. Jamais elle n'avait ressenti ça. Aussi brutalement qu'une douche froide, le baiser prit fin. Lily était presque sûre que ce n'était pas elle qui en avait décidé ainsi tant elle avait perdu la maîtrise de son corps. Elle reprit conscience de tout : la soirée, la musique, la lumière, les élèves. Elle remarqua que son souffle était court et qu'elle se mordillait la lèvre au point d'y laisser une éraflure. Elle ravala la bile qui se trouvait au fond de sa gorge et planta son regard, désemparée, dans celui de James. Celui-ci semblait en bien meilleure posture, et avait repris son éternel air arrogant et sûr de lui :

-Et bien, voilà, la musique s'est calmée. Je te souhaite une très belle nuit, Evans.

 

 

 

Si Sirius avait dû décrire cette soirée, il l'aurait sans aucun doute qualifiée de « complètement cinglée ». Remus avait été le plus entreprenant, Peter l'avait abandonné pour une fille et, comble de l'ironie : il avait très clairement vu James et Lily s'embrasser. Au départ, il avait pensé que son imagination lui jouait des tours : la foule d'élèves étaient tellement dense qu'il était impossible d'y voir clair. Puis il avait fallu se rendre à l'évidence : les deux ennemis avaient bel et bien échangé un baiser. Sirius ne savait qu'en penser. Il pouvait imaginer que Lily avait été décontenancée par la menace de Malefoy et qu'elle ait momentanément perdu la tête, mais il se demandait s'il n'y avait pas plus que ça. Le jeune homme décida qu'il réfléchirait à tout cela le lendemain. Il venait de passer le contrôle de Rusard, qui semblait plus maussade que jamais (n'y avait-il eu aucun élève à réprimander ?) et marchait en direction de la salle commune de Gryffondor avec Cassidy.

-Tu te sens mieux ?

La jeune femme marchait désormais droit et semblait un peu moins éméchée que dans le bar.

-Le plein air m'a fait du bien.

Sirius sourit, il était content de voir qu'elle était dans un état plus conscient.

-Oh non ! s'écria-t-elle en se tapant la tête avec sa main.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-J'ai oublié ma baguette au Trois Balais. Madame Rosmerta en avait besoin pour essuyer ses verres. Lily m'avait prévenue que je devais la reprendre. Quelle gourde je fais !

Sirius eut un rire discret.

-Tu voudrais aller la rechercher ?

-Je n'ai pas le courage, il faudra probablement déjà me couper les pieds. Tu sais la douleur que ça inflige de marcher avec ça ?

Elle leva sa jambe pour montrer son talon. Sirius éclata de rire :

-Je suis plutôt content d'être un garçon quand je vois ça.

Cassidy lui tapa gentiment sur l'épaule. Ils venaient d'arriver devant le portrait de la Grosse Dame.

-Avant qu'on entre, commença Sirius, je voulais savoir si tu m'en voulais toujours pour la remarque que j'ai faite sur l'histoire avec ton père.

Cassidy garda le silence quelques secondes puis planta son regard dans celui du brun ténébreux.

-Non. Il faut tout simplement que je me fasse à l'idée que James est plus proche de toi que de moi, c'est tout.

-N'importe quoi ! Il ferait tout pour toi, tu le sais très bien.

Cassidy haussa des épaules.

-Bon... On entre ?

Sirius regarda le portrait endormi de la Grosse Dame. Il n'avait aucune envie d'entrer dans cette salle commune pour laisser Cassidy remonter dans son dortoir. Il se rendit compte qu'il n'avait pas remarqué à quel point elle était jolie ce soir-là : la robe mettait parfaitement en avant ses formes, les bottes allongeaient le galbe de ses jambes et sa coiffure encadrait son visage à la fois doux et froid.

-Pour dire vrai Cass, je n'ai absolument pas envie de rentrer maintenant.

La jeune femme soupira légèrement. Son regard bleu azur se planta dans celui gris de Sirius.

-Moi non plus.

Il n'en fallut pas plus au jeune homme pour l'attirer vers lui d'un geste assuré et pousser ses lèvres contre celles de la jeune femme. Indifférent au fait qu'il embrassait Cassidy dans les couloirs de Poudlard, ses mains se laissèrent aller au corps de la jeune fille, laquelle s'était agrippée aux cheveux de Sirius. Soudain, elle stoppa le baiser :

-Attends, pas si vite. On ne peut pas faire ça ici.

Sirius sourit et laissa son regard divaguer vers le local des préfets-en-chef :
-James m'a donné le mot de passe.

Cassidy semblait hésiter. Puis elle croisa une nouvelle fois le regard de Sirius et céda :

-C'est d'accord.

Avec la sensation qu'il aimait tant d'être encore une fois arrivé à ses fins, Sirius lança le mot de passe à la porte du local qui s'ouvrit imperceptiblement. Ne prenant pas la peine d'allumer les lumières, il tint Cassidy par la taille et la poussa gentiment mais fermement vers le canapé où il la pressa de s'allonger. Prenant place au-dessus, le jeune homme passa une main sur la cuisse de Cassidy, laquelle se cambrait légèrement. Il profita de la cambrure pour passer sous sa robe et remonter sa main, lui griffant légèrement le dos au passage.

-Attends, soupira la jeune femme.

-Je t'ai fait mal ?

-Non. Mais on ne devrait pas faire ça.

Sirius prit un certain temps pour observer Cassidy : ses yeux bleus reluisaient de désir, et il pouvait sentir son corps se trémousser sous le sien. Il sourit avec assurance et haussa un sourcil :

-Comme si c'était la première fois, lança-t-il avant de reprendre leurs baisers endiablés.

Sirius décolla ses lèvres de Cassidy pour descendre dans son cou. Il vint lui mordiller le lobe avant de descendre plus bas, vers le creux de son épaule puis la naissance de ses seins. Il sentait la jeune femme qui se crispait de plaisir sous lui, une sensation qu'il appréciait tout particulièrement. D'un mouvement agile et rapide, Sirius remonta la robe de Cassidy pour la faire passer par-dessus sa tête. Il découvrit des sous-vêtements en dentelles bleu clair qui mettait le teint halé de la jeune femme en valeur. Tandis qu'il remontait l'une de ses mains sur la cuisse de Cassidy et qu'il faisait passer l'autre dans ses cheveux, le noiraud continua à descendre le long de son ventre. Lorsqu'il atteignit le nombril, il laissa son souffle s'échapper, ce qui suffit à l'adolescente pour se cambrer davantage. Avec un sourire carnassier, Sirius sut que c'était gagné : Cassidy avait abdiqué, et il comptait bien lui prouver qu'elle avait eu raison.

End Notes:

Et voilàààà!!

 

Je dois dire que je suis super heureuse d'en être arrivée là: c'est assez compliqué d'avoir quelques choses de précis dans la tête et de le retranscrire sur papier. Mais finalement, j'ai écrit ces deux chapitres relativement naturellement, et je suis plutôt contente du résultat. 

Dites-moi ce que vous en avez pensé: est-ce que vous pensez que c'est trop d'un coup, ou alors est-ce que vous appréciez que l'histoire s'accélère comme ceci le temps de deux chapitres? Et surtout: est-ce que vous vous y attendiez?

 

A bientôt pour un nouveau chapitre et de nouvelles aventures avec nos Maraudeurs, Des bisous! :) 

Chapitre 19: Blessures by Cassy
Author's Notes:

BONJOUR A TOUS!

 

Je suis sincèrement DESOLEE pour toute cette attente. Je dois avouer que j'ai été vraiment prise par mes examens et des événements familiaux, et un peu laissé tomber ma Fanfiction temporairement. Mais me voilà de retour avec un nouveau chapitre! :D ça m'a vraiment fait du bien de réécrire, et de me replonger dans cette fanfiction.

 

Sans autres informations, je vous laisse à votre lecture!

 

Il avait beau essayé, mais rien n'y faisait. Il était désormais impossible pour lui de s'endormir. C'était la deuxième nuit d'affilée qu'il ne réussissait à trouver le sommeil. Il passait ses nuits à se tourner et se retourner, ruminant et parfois même martelant son coussin de coup furieux. Décidant qu'il était désormais trop tard pour essayer de voler quelques minutes de sommeil, Severus Rogue enfila sa robe et dévala les escaliers de la salle commune de Serpentard. Alors qu'il s'apprêtait à aller prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle, il s'arrêta net en voyant une silhouette élancée devant la cheminée.

-Tu ne dors pas ?

Le garçon ravala la bile qu'il avait au fond de la gorge en apercevant Lucius Malefoy. Celui-ci était nonchalamment affalé sur le canapé vert de la salle commune de Serpentard.

-Non. Je vais aller manger.

-Pas si vite.

Rogue sentit une onde glacée le long de sa colonne vertébrale.

-Assieds-toi quelques secondes, si tu veux bien.

Il obéit, tout en ne réussissant pas à regarder le blond dans les yeux.

-Je ne t'ai pas vu de tout le week-end. Que s'est-il passé ?

Severus bouillonnait. « Il sait, ce minable ». Le jeune homme avait été traîné de force à la soirée d'Halloween, où il savait pertinemment qu'il n'allait absolument pas s'amuser. Cependant, la bande de Malefoy avait insisté pour qu'il les rejoigne. Il avait passé sa soirée assis dans un coin, un verre de Whiskey Pur Feu à la main à écouter Evan Rosier se vanter de ses nombreuses conquêtes. Puis il l'avait vu. Belle, comme toujours, mais plus séduisante qu'à l'accoutumée. La vue de ses hauts talons l'avait chamboulé et, pendant quelques secondes, Rogue avait cru qu'il allait pouvoir aborder Lily, comme un inconnu qui rencontrait une jolie fille. Cependant, sa fébrilité n'avait duré qu'un court instant. Très vite Malefoy l'avait lui aussi aperçu : « si je te vois encore reluquer une sang-de-bourbe, tu vas passer la pire année de ta vie Rogue ». Severus avait alors détourné le regard, non sans avoir une image permanente de sa chevelure flamboyante dans la tête. Il avait prétendu rire aux blagues grossières de Rosier et Avery, avait fait mine de s'intéresser au départ subit de Mulciber, et s'était resservi de boissons plus qu'il n'en fallait. Puis Malefoy s'était éclipsé. Il avait d'abord pensé qu'il était allé se trouver un coin tranquille afin de bécoter Narcissa, mais la jeune femme demeurait dans le groupe, plus ennuyée que jamais. Severus s'était d'abord senti soulagé : il allait pouvoir contempler Lily à souhait. Mais la jeune femme n'était nulle part. Il avait été soulagé de voir qu'elle n'était pas en compagnie de Potter, lequel draguait insupportablement et avec une confiance urticante Emmeline Vance. Puis Malefoy revint, et Severus comprit : il était arrivé quelque chose à la rousse. Il se devait d'aller voir, mais le regard persistant du chef de bande sur lui le forçait à rester assis. Ses mains tremblaient et son cerveau s'était emballé lorsqu'il l'avait vu, sortant des toilettes avec Sirius Black. Il s'était souvent imaginé l'effet que ça lui ferait si la jeune femme en venait à faire ami-ami avec ses pires ennemis. Mais même dans son imagination, rien ne pouvait le préparer à une telle souffrance. Il eut tout autant fait de prendre sa baguette et de se taillader le ventre. Mais ce n'était rien, rien face à ce qui avait suivi : James Potter avait embrassé Lily Evans, sa Lily. La fille à qui il avait tout appris, celle qui avait été sa seule et unique amie dans ce monde. Mais elle embrassait l'arrogant, le minable, le pathétique fils de riche, le garçon qui le surpassait en tout, le merveilleux James Potter. Et elle semblait apprécier chacun des gestes de son ennemi. Son monde s'était temporairement effondré. Il n'avait trouvé le sommeil depuis.

-Je n'étais pas très bien, finit par dire Severus, la gorge plus nouée que jamais et le regard bas.

-Trop de Whiskey Pur Feu ? J'imagine que tu n'as pas l'habitude.

Rogue acquiesça.

-Tu n'as sans doute pas non plus l'habitude de voir Potter embrasser la sang-de-bourbe que tu convoites.

La blessure se rouvrit. Avec elle un sentiment d'impuissance et une peur inexplicable. Malefoy parlait calmement, presque comme à un ami. Ce qui ne le rendait que plus dangereux.

-Il est temps que tu choisisses ton camp, Rogue. Elle ne sera jamais des nôtres, tu le sais très bien.

-Vous lui avez fait du mal.

Le jeune homme avait parlé dans un murmure. Une goutte de sueur perlait le long de son nez proéminant, tourné vers le sol. Ses cheveux gras commençaient à lui coller à la nuque et son rythme cardiaque s'était emballé. Pourtant, il se devait de savoir la vérité.

-Comment ça ?

-Vous avez fait du mal à Lily, ce soir-là.

Lucius se redressa de toute sa hauteur. Il regarda Severus avec un mélange de dédain et quelque chose qui ressemblait à de la pitié. Puis un sourire énigmatique vint s'étaler sur ses lèvres. Il mit la main sur l'épaule de Rogue.

-Elle n'avait pas l'air d'avoir très mal, quand Potter lui a fourré sa langue dans la bouche, pas vrai ? Ecoute-moi... Je peux concevoir que tu la trouves jolie. Si l'on oublie son sang, il est vrai qu'elle est agréable à regarder. Tu étais jeune, tu pensais qu'elle serait comme toi. Il est maintenant temps que tu te réveilles. Ce soir-là, Evan et moi on est allé aux toilettes. On a croisé Black, le ton est monté. Evans a vu la scène. Elle a tenu à sauver son ami. Ça s'est arrêté là. Crois-moi, je ne suis pas ton ennemi. Evans et Potter, ce n'est qu'une question de temps. Elle deviendra meilleure amie avec Black et toi, tu seras... quoi ? Relégué à la seconde place ? Le garçon qui lui portera ses livres pendant qu'elle tiendra la main à Potter ?

Si Severus avait pu hurler, il l'aurait fait. Hurler, jusqu'à ce que ça lui fasse un peu moins mal. Ça lui ferait toujours mal, il en était conscient. Il était impossible que la blessure qu'avait ouverte Malefoy ne se referme à jamais : Lily était venue à la rescousse de Sirius Black, avant d'embrasser James Potter. Il ne savait pas bien ce qu'il avait fait pour mériter une telle peine. Peut-être son père avait-il raison : il n'était qu'un bon à rien, il ne méritait pas de vivre, pas d'être aimé. Peut-être même que Malefoy serait la meilleure chance qu'il ait d'avoir jamais un semblant d'amitié. Dans tous les cas, la peine jamais ne se tarirait. Lucius avait laissé sa main sur l'épaule du noiraud, puis la retira soudainement.

-J'ai besoin de toi Severus, demain soir.

Le garçon releva la tête, malgré les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Il était incapable de parler.

-Viens dans le parc de Poudlard à vingt-trois heures. Amène ton matériel de potions, on en aura besoin. C'est pour Regulus : il va le faire.

 

 

-Lil's. Lil's ! LIL'S !
-Qu'est-ce qu'il y a encore ?!

-Réveille-toi !

-Nelly, il est six heures du matin. Il me reste encore trente minutes avant de me réveiller. Laisse-moi.

Lily recouvrit sa tête de sa couette, priant de toutes ses forces pour que sa meilleure amie ne la laisse se rendormir. Puis elle sentit qu'on la secouait. L'agacement l'ayant gagné sur son sommeil, elle balança la couette de côté et se redressa d'un bond :

-Qu'est-ce que tu me veux à la fin, Nelly ?

-Dépêche-toi de te préparer, veux-tu ?

Lily se frotta les yeux, encore à moitié endormie. Nelly était déjà habillée, coiffée et plus maquillée qu'à l'habitude.

-Il est SIX heures du matin ! On va prendre notre petit-déjeuner dans une heure, comme tous les matins.

Nelly soupira.

-Est-ce qu'il faut vraiment que je t'explique tout ?

Lily haussa les sourcils.

-Je te pensais un peu plus réveillée que ça, Lil's. Remus et moi, on ne s'est pas revu. Pas un mot, rien du tout. Pas que je m'attendais à ce qu'il veuille me voir, je me disais juste qu'après... Enfin... Après s'être embrassés toute la soirée, peut-être que...

Lily sourit en voyant son amie bafouiller.

-Enfin bon : pas un mot.

Nelly regarda son amie comme si elle était censée soudainement comprendre le tenant de la situation.

-Et... ? l'encouragea Lily, qui se disait que quelque chose lui échappait.

Nelly soupira à nouveau.

-Tu es sérieuse ? Est-ce que ton cerveau ne se met à fonctionner qu'à partir de sept heures du matin ? Et je vais forcément le voir : c'est lundi, on a des tonnes de cours en commun aujourd'hui.

-Nelly : sois tu vas droit au but, soit je me rendors sur-le-champ.

-Je ne sais pas comment je dois me comporter avec lui : lui dire salut, lui faire la bise, aller lui parler, l'ignorer complètement ? Est-ce que c'est à moi de faire le premier pas ou non ?

-Je n'en sais trop rien... D'après ce que tu m'as dit, Remus t'a raccompagnée au château et vous vous êtes échangés un dernier baiser, ce qui devrait normalement dire que...

-Oui, je sais très bien ce que c'est censé vouloir dire. Seulement, il ne m'a pas reparlé. J'ai vu James et Sirius dans la Salle commune hier, mais aucun signe de Remus.

Lily se rembrunit et se trémoussa inconfortablement en entendant ces noms.

-Il devait probablement avoir de la peine à se remettre de la soirée, comme nous tous...

-Soit. Mais c'est à lui de faire le premier pas ! C'est lui le garçon, lui qui est resté terré dans le dortoir.

-Ça ne m'explique toujours pas pourquoi tu es déjà habillée si tôt.

Cette fois-ci, Nelly lui administra une petite tape derrière la tête.

-Parce que je veux y être plus tôt que Remus ! On fera semblant de prendre notre petit-déjeuner : je ne vais rien être capable d'avaler. Quand il entrera avec sa clique, tu riras à gorge déployée de ma blague et on fera semblant d'être en grande conversation. Je feindrai de ne pas le voir. S'il vient vers nous, engage la conversation. Et s'il ne vient pas et bien... On ira en cours de potions.

L'estomac de Lily se noua. Elle allait devoir revoir James. Elle-même s'était aussi terrée tout le week-end dans le dortoir, prétendant avoir de la peine à se remettre de la fatigue. Cependant, plusieurs choses l'avaient tracassée : la violence de Malefoy à son égard, le sauvetage de Sirius et le baiser avec James. Ne serait-ce que d'y penser et déjà elle rougissait jusqu'aux oreilles. Elle était furieuse contre elle-même, elle se détestait. Elle n'avait ni réussi à se défendre, ni réussi à repousser son pire ennemi. De plus, Nelly ignorait tout de ses péripéties. Lily lui avait juste raconté qu'elle était rentrée un peu après qu'elle et Remus se soient embrassés. Mais voir sa meilleure amie ainsi anxieuse à l'idée de voir le jeune homme lui suffit à lui donner le courage nécessaire :

-Bien, je vais me préparer. Donne-moi quinze minutes.

 

James bâilla devant ses céréales. Il avait pourtant dormi comme un bébé la nuit précédente, comblée de rêves qu'il préférait ne pas avouer à voix haute. Pour il ne savait quelle raison, Remus les avait sommés de se dépêcher d'aller prendre leur petit-déjeuner. Il semblait maussade et parlait peu. James avait pourtant tenté de le chambrer sur ses baisers avec Nelly, mais le jeune homme avait tenu à mettre les choses au clair dès le début : il ne voulait pas en parler. Sirius avait pourtant essayé d'insister, mais c'était peine perdue. C'était ainsi qu'il se retrouvait en compagnie du reste des Maraudeurs à six heures quinze devant ses céréales. A défaut de chambrer Remus, Sirius et James avaient trouvé une nouvelle cible :

-Raconte-moi encore une fois comment ça s'est passé, Queudver.

Peter Pettigrow avait embrassé une fille, et, même si James était plus que ravi pour lui, il avait du mal à se faire à l'idée. La jeune fille en question s'appelait Melinda Howl, et était à Poufsouffle, une année en-dessous d'eux. Elle aussi était un peu enrobée et avait rougi plus qu'il n'en fallait lorsque James et Sirius étaient allés la féliciter.

-Tu comptes la revoir ?

Peter haussa les épaules, plus gêné que jamais.

-Bien sûr qu'il compte la revoir, Patmol ! Tu devrais l'inviter dans notre salle commune. On peut même te laisser le dortoir si tu y tiens...

Sirius éclata d'un rire grossier.

-Vous êtes lourds.

Remus n'avait pas levé son regard de la Gazette du Sorcier mais son ton était équivoque.

-Lunard, tu peux tirer la tête si ça te fait plaisir, mais ne force pas les autres à faire pareil, s'il te plaît, lança Sirius, un peu plus froid qu'à l'ordinaire.

-Vous le mettez mal à l'aise.

-Je pense que Queudver peut parler pour lui-même, non ? contra James. On te met mal à l'aise, Pet' ?

Plus rouge que jamais, le jeune homme grassouillet haussa des épaules :

-Un petit peu...

Remus lança un soupir méprisant. James posa brutalement sa cuiller dans son bol. Il avait été sur un petit nuage le weekend durant, et il ne comptait pas se laisser aller à la colère, d'autant plus qu'il devait partager un cours de potions avec les Serpentards le matin même.

-Excuse-moi si c'est le cas, Peter. Je suis juste heureux pour mon ami, comme je suis heureux pour toi Lunard. Il n'y a que toi qui n'es pas heureux d'avoir embrassé la petite Wilbongs.

Remus posa violemment son journal sur la table :

-Premièrement, elle s'appelle Nelly. Deuxièmement, j'aurais aimé la traiter avec un peu plus de respect que de l'embrasser pendant une fête. Vous pensez peut-être que vous êtes les rois du monde parce que vous arrivez à attraper toutes les filles dans vos filets, mais ce n'est pas comme ça que j'imaginais mon premier baiser avec une fille.

Sans regarder derrière lui, il se leva, mit son sac sur l'épaule et partit rageusement de la Grande Salle. James se sentait idiot. Il oubliait parfois que tout le monde n'était pas comme lui, que certaines personnes avaient une plus grande sensibilité, et avaient d'autres attentes concernant leurs relations. De plus, s'il ne se trompait pas, la pleine lune allait approcher : il aurait dû s'en douter avant d'attiser le feu.

-Et bien, au moins c'est sorti ! lança nonchalamment Sirius. Et toi Cornedrue, au lieu d'embêter nos chers amis qui ne sont pas des dragueurs invétérés de notre espèce, raconte-nous un peu ta soirée.

La question avait été lancé sur le ton de la conversation, mais James hésita. Il n'avait dit absolument à personne ce qu'il s'était passé ce soir-là. Il ne savait pas bien pourquoi il ne s'en était pas vanté : Evans s'était laissée embrasser. Elle qui passait la plupart de son temps à faire en sorte de ne pas respirer le même air que lui, elle s'était laissée faire. Et elle avait semblé aimer ça. James sourit en y repensant. Oui, il était assez expérimenté pour savoir quand une fille aimait être embrassée, et ç'a avait été le cas de Lily. Cependant, quelque chose l'empêchait de divulguer la vérité : il voulait garder ce moment secret pour lui encore quelques temps.

-Rien de spécial, dit-il en haussant les épaules. J'ai papoté avec Vance, puis je suis rentré. Vous auriez d'ailleurs pu m'attendre !

-J'ai raccompagné Cassidy, répondit Sirius, soudainement austère.

James n'essaya pas de comprendre et pensa qu'il était temps d'arrêter de parler de cette soirée. Il finit rapidement son bol de céréales et rassembla tout son courage pour se lever afin d'aller en cours de potions.

 

 

Lily s'était préparée en quatrième vitesse et avait dévalé avec Nelly les escaliers. Il était six heures vingt lorsqu'elles arrivaient devant les portes de la Grande Salle.

-Attends !

-Nelly, je ne me suis pas coiffée pour que l'on puisse venir ici plus tôt. Pourquoi est-ce que tu veux soudainement attendre ?

-J'ai peur...

-De quoi ? Il ne va pas te manger. Allais, viens avec moi.

Elle-même était loin d'être en reste : elle était nerveuse à l'idée de voir James. Cependant, elle prit son courage à deux mains et poussa les portes. L'endroit était presque désert, et il était facile de repérer le groupe des Maraudeurs. Seulement, Remus n'était pas avec eux. Lily se tourna vers son amie, laquelle affaissa ses épaules :

-J'imagine que ça ne servait à rien de se dépêcher. J'ai ma réponse dans tous les cas...

-Ça ne veut rien dire ! Il n'est peut-être tout simplement pas encore debout.

-Il m'évite, c'est sûr. Ces quatre sont ensemble tout le temps, pourquoi pas aujourd'hui ?
Lily ne sut que répondre. Alors qu'elle s'installait le plus loin possible des Maraudeurs restants, elle se promit qu'elle irait parler à Remus à la première occasion. Dans une ambiance morne, les deux filles avalèrent en vitesse des toasts et du porridge. Soudain, Lily vit du coin de l'œil que James, Sirius et Peter se levaient. Sans qu'elle ne sache pourquoi, son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine. Elle s'efforça de garder son regard rivé sur Nelly, se préparant à une blague salace de la part de Potter et de Black. Il lui avait probablement tout raconté. Cependant, lorsque les garçons passèrent devant elle, James ne prit même pas la peine de la saluer, l'ignorant avec un aplomb peu commun. Ce fut comme si son cœur lui était retombé le bas de sa poitrine.

-Tu viens, on a cours avec Serpentard, lança-t-elle à Nelly, au moins aussi morne qu'elle désormais.

Les deux filles se levèrent en silence et allèrent dans la salle de classe du professeur Slughorn. Les Serpentards n'étaient pas encore présents, mais les Maraudeurs l'étaient. Encore une fois, James ne tourna pas son regard vers Lily, riant aux éclats face à une blague de Sirius. La rousse vit Remus dans son coin, qui faisait de son mieux pour ne pas tourner la tête vers Nelly, laquelle s'était assise en silence. Bouillonnant de rage contre les Maraudeurs, Lily s'assit rageusement sur sa chaise. Quelques secondes plus tard, elle sentit qu'on s'installait à côté d'elle. La chevelure blond platine qui effleurait le pupitre ne laissait pas de doute quant à l'identité de la personne. Bien entendu, Narcissa et Lily ne se saluèrent pas. Puis les autres Serpentards arrivèrent, et enfin le professeur Slughorn :

-Bonjour à tous mes enfants ! Je suis très heureux de vous revoir pour une nouvelle semaine palpitante. J'ai ouïe dire qu'une certaine festivité avait eu lieu ce weekend, j'espère que vous serez tout de même concentrés.

La classe ne répondit aucunement au clin d'œil de l'enseignant, dont le sourire s'affaissa.

-Bien..., reprit-il, gêné, on reprend la fabrication des Elixirs d'Euphorie. Jusqu'à maintenant, je tiens à préciser que seuls deux élèves ont réussi à fabriquer l'Elixir jusqu'au bout. Severus Rogue et Lily Evans, bien entendu.

Lily sentit ses joues s'embraser tandis que de nombreux regards, haineux pour la plupart, la traversaient. Elle n'osait pas tourner la tête vers Malefoy qui, elle le savait, devait la toiser depuis sa place. Narcissa émit un rictus méprisant. Rouge de colère, la rousse tourna la tête aussi vite que l'éclair :

-Un problème ?

-On était deux à fabriquer cette potion. Mais bien entendu que Slughorn a ses petits préférés. Qu'est-ce que tu as dû faire pour entrer dans son groupe ? Lucius m'a dit que tu étais la seule...

Narcissa ne finit pas sa phrase. Lily bouillonnait. Alors comme ça, Malefoy s'amusait à se moquer d'elle auprès de sa petite-amie ?

-Ecoute-moi bien. Premièrement : je suis plus douée que toi, c'est pour ça que je suis invitée aux soirées de Slughorn et qu'il m'apprécie. Je n'ai besoin d'aucun garçon pour exister, et je n'ai pas besoin de suivre les ordres de mon petit-ami. Deuxièmement, coupa Lily en voyant que Narcissa s'apprêtait à répliquer, puisque ton cher Lucius te dit tout, il a sans doute dû t'expliquer ce qu'il s'était passé à la soirée d'Halloween, ce weekend.

Devant l'air ahuri de la blonde, qui avait quelque peu perdu son air hautain, Lily déversa la colère qu'elle n'avait que trop retenu durant le jour précédent :

-Il a voulu me frapper. Il est venu jusque dans les toilettes des filles pour m'intimider et me mettre son poing dans la figure. Il n'est pas allé jusqu'au bout, mais il m'a juré qu'il le ferait sous peu. Tu apprécies ça, que ton futur mari tape des filles ?

Lily reprit son souffle et regarda autour d'elle. La plupart des élèves étaient appliqués à leur potion, sauf deux. James et Malefoy, qui étaient à sa droite, la regardaient intensément : le premier avec effarement, le deuxième avec haine. Narcissa, quant à elle, regardait Lucius sans réussir à masquer son désappointement. Puis, sans crier gare, James balança son poing dans la figure de Malefoy.

-Qu'est-ce qu'il se passe ici ?! Hurla Slughorn.

Le professeur dégaina sa baguette, et un filament rouge en sortit.

End Notes:

Et voilà!!

Est-ce que ça va pour vous que je passe d'un POV d'un personnage à un autre? C'est beaucoup plus facile pour moi de changer de POV pour raconter les histoires que je veux raconter ;-)

 

Je pensais faire un POV Narcissa sous peu, ça vous intéresserait?

 

En attendant le prochain chapitre - qui arrivera bien plus tôt que celui-là- je vous fairs plein de bisous!

Chapitre 20: Passer le cap by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Je SAIS, je suis réellement nulle pour tenir mes promesses... Je vous avais dit que je posterais plus régulièrement, et me voilà, un mois plus tard, avec un nouveau chapitre. Pour ma défense, c'est les vacances d'été, et j'ai eu de la peine à me tenir à l'écriture de ma Fanfiction. Mais me revoilà avec un nouveau chapitre (un peu plus long que d'habitude, pour me faire pardonner), dont une partie que j'imagine depuis maintenant pas mal de temps, qui peut sembler anodine mais qui est très importante pour moi et pour la manière dont je perçois les relations entre Maraudeurs!

 

Sans plus d'information, je vous laisse à votre lecture!

 

Lily marchait dans les couloirs, furieuse. « Comment ai-je pu être aussi stupide et me laisser aller à de telles confidences ? ». Un jour venait de passer depuis qu'elle avait avoué la vérité à Narcissa, et cela faisait un jour qu'elle ruminait en boucle la scène : l'air dépité de la blonde, le regard haineux de Malefoy et surtout, la réaction de James. La rousse ne savait pas bien ce qui la rendait le plus folle de rage : la peur qu'elle ressentait des représailles du Serpentard, où le fait que James Potter ait encore une fois trouvé bon de la prendre en excuse pour s'en prendre à Malefoy. Il était évident pour Lily que le jeune homme n'avait pas réagi de cette manière pour elle. Sinon, il ne l'aurait pas tout bonnement ignoré depuis leur baiser. Lily rougit à cette pensée. Désormais aussi gênée qu'enragée, elle remarqua à peine qu'elle revenait sur ses pas et se trouvait à nouveau devant la bibliothèque qu'elle venait de quitter quelques minutes plus tôt. S'embrasant à vue d'œil, elle repartit d'un pas pressé vers la Salle commune de Gryffondor. Il ne lui était plus possible de garder son secret plus longtemps : elle devait le dire à Nelly. Après avoir réprimandé des deuxièmes années qui rôdaient dans l'enceinte du château et avoir failli écraser la queue de Miss Teigne- qui se trouvait dans ses pieds-, elle atteignit la Salle commune, essoufflée et la mine contrite. Reprenant quelque peu ses esprits et réarrangeant ses mèches rebelles, elle prononça le mot de passe et la Grosse Dame la fit entrer. C'était l'effervescence : des premières années s'occupaient de pousser les tables dans les coins tandis que d'autres élèves, plus âgés, installaient une radio. Il lui sembla même voir quelques Bièraubeurres lui échapper des yeux. Attrapant un première année au vol, elle laissa tomber le livre qu'elle avait emprunté à la bibliothèque et lança, furieuse :

-Qu'est-ce que c'est que tout ce bazar ?

Le jeune garçon, visiblement apeuré, se recroquevilla sur lui-même.

-Je ne vais pas te faire de mal. Seulement, je suis préfète-en-chef et j'aimerais bien savoir pourquoi la Salle commune de ma maison est mise sans-dessus dessous.

-Un garçon nous a demandé de déplacer les tables. Il a dit que c'était pour faire une surprise à son ami.

-Quel garçon ?

Le jeune homme haussa les épaules.

-Je suis préfète-en-chef ! Si tu ne veux pas me le dire à moi, tu iras le dire au professeur Mcgonagall et alors...

-Lui aussi dit qu'il est préfet-en-chef.

Si Lily avait été en colère auparavant, ce n'était rien face à la fureur qui la submergeait, à tel point qu'elle ne vit pas le petit garçon prendre ses jambes à son cou, les larmes au bord des yeux. Oubliant la promesse qu'elle s'était faite d'aller voir Nelly pour lui avouer son plus horrible secret, Lily se fraya un passage à coup de coudes à travers la foule. Elle trouva bien rapidement la cause du raffut : James Potter se tenait au milieu de la Salle, débitant ses ordres aux garçons de première année pendant que les filles gloussaient entre elles.

-POTTER !

 

 

-Tu penses qu'il va aimer la suprise ? Je ne suis pas vraiment sûr que Patmol aime les surprises...

-Il aimera celle-là, fais-moi confiance Queudver.

-Je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il est un peu morose ces temps-ci.

-Ne le prends pas mal, Lunard, mais je crois qu'il est surtout morose avec toi, après votre petite accroche de hier.

James, Peter et Remus étaient dans la Salle commune de Gryffondor. Les cours venaient de se terminer avec deux heures de métamorphose, et les Maraudeurs s'étaient retrouvés dans la salle commune. Tous, excepté Sirius.

-Et où est-il ? demanda Remus en feignant n'avoir pas entendu la dernière remarque de James.

-J'ai mandaté Cassidy pour qu'elle l'occupe pendant que l'on prépare les derniers détails. Ensuite, on ira dîner ensemble comme si de rien n'était et, lorsque l'on remontera : surprise !

James haussa un sourcil devant le manque de réaction de ses deux camarades.

-Enfin quoi, Sirius a dix-sept ans aujourd'hui ! C'est quand même normal qu'on le fête, non ?

-Je ne sais pas trop, commenta Peter. Il n'a jamais semblé beaucoup apprécié ses anniversaires...

James balança sa main en l'air comme s'il chassait négligemment une mouche :
-Balivernes. Il n'aime peut-être pas être le centre de l'attention, mais je crois qu'il aime faire la fête, peu importe la raison. Quoi de mieux que de fêter sa majorité ? Ça veut dire qu'il pourra enfin utiliser la magie en dehors de l'enceinte de ce château, et qu'il est aussi libre pour...

-Partir de chez lui ? coupa Remus avec un haussement de sourcil réprobateur.

James soupira :

-J'allais plutôt dire : libre pour faire ce qu'il souhaite de sa vie. J'en ai parlé à mes parents dans ma dernière lettre, et ils ont trouvé que cette fête était une bonne idée. En plus, il s'agira juste de prendre quelques Bièraubeurres entre amis. Rien de plus que ce qu'on fait généralement après un match de Quidditch.

-Et qu'en est-il de la horde de filles qui se pavaneront devant lui pour lui souhaiter un bon anniversaire ?
-C'est ce que je dis : rien d'inhabituel, sourit James.

Peu convaincus, Remus et Peter l'aidèrent tout de même à déplacer les fauteuils et à accrocher une banderole rouge et or : BON ANNIVERSAIRE SIRIUS. James appela ensuite les premières années et les autres élèves présents dans la salle pour leur donner quelques directives :

-Je voudrais que vous poussiez les tables plus loin. Quant à ceux qui ont plus de quinze ans, si vous aviez l'amabilité d'aller dans les cuisines nous chercher de quoi étancher notre soif et, si vous le pouvez, quelques gâteaux et biscuits, j'en serais très reconnaissant. Dites à Wilber que vous venez de la part des Maraudeurs, cet elfe nous adore. Pour ce qui est de la radio, ça serait bien si...

-POTTER !

James sursauta. Il n'y avait qu'une personne pour l'appeler par son nom de famille sur un ton aussi furax. Même le professeur Mcgonagall ne montait pas autant dans les aigus lorsqu'il s'amusait à faire des blagues dans ses cours. Ses amis partirent aussi loin que possible de lui. Osant à peine tourner la tête, une cascade rousse inonda bientôt son champ de vision. Elle semblait plus furieuse qu'il ne l'avait jamais vu : quelques mèches dépassaient de son visage cristallin, et ses joues avaient pris une teinte d'un rouge soutenu. Son regard trahissait sa colère. Il l'avait presque oublié. Presque...

-Evans ! Tu veux te joindre à la préparation de notre petite fête ? Toute personne ayant aidé aura accès aux Bièraubeurres plus rapidement que les autres. Si tu le souhaites, tu peux déplacer ce fauteuil près de la...

-Comment oses-tu ? Est-ce que je dois te rappeler que je suis aussi préfète-en-chef et que tu ne peux tout simplement pas prendre ce genre de décisions sans m'en parler ?

James ne savait pas comment réagir. Il lui était facile de jouer l'innocent et de la narguer, puisqu'elle démarrait aux quarts de tour. Mais il n'était plus très sûr d'en avoir autant envie qu'avant. Depuis leur baiser échangé, il avait eu du mal à s'enlever l'image de Lily de sa tête. Il n'en avait toujours parler à personne. Comme à son habitude, il avait réussi à justifier son acte de colère envers Malefoy par une simple « haine tenace ». C'était tout du moins ce qu'il avait dit à Mcgonagall après avoir écopé de deux dimanches de retenue ainsi qu'avoir fait perdre cinquante points aux Gryffondor. Lily, Malefoy, Narcissa et lui-même étaient enfaite les seuls à savoir pourquoi James avait réellement frappé Lucius. Mais ça aussi, il avait décidé de le garder pour lui. Il avait pris l'habitude d'ignorer Lily, pour éviter tout débordement. Jusqu'à ce moment-là.

-Ecoute... C'est les dix-sept ans de mon meilleur ami, et j'ai pensé qu'une fête pourrait l'aider à passer le cap. Rien d'extravagant : on trinquera, on écoutera les meilleurs morceaux à la radio et on ira au lit. Je te promets même de ne pas me coucher après minuit.

Narguer Lily Evans était définitivement plus fort que lui. Mais pouvait-il réellement se passer de ce tic qu'elle avait de pincer ses lèvres lorsqu'elle était en colère contre lui ? Probablement pas : il avait vécu les sept précédentes années à vouloir provoquer ce tic, il n'allait sûrement pas s'arrêter de ci-tôt. Se rappelant tout de même la gifle cuisante qu'elle lui avait administré lorsqu'il était allé trop loin, James recula d'un pas.

-Je me fiche éperdument que ton meilleur ami ait dix-sept ans aujourd'hui, et je ne vais sûrement pas y prendre part. Si cette mascarade n'est pas finie à minuit tapante, j'irai réveiller le professeur Mcgonagall.

-Marché conclu. Elle m'a déjà donné deux dimanches de retenue, elle n'aura qu'à en rajouter un si je ne respecte pas le couvre-feu.

Il vit Lily s'embraser : elle savait de quoi il parlait. Elle savait qu'il avait écopé de ses jours de retenues pour avoir frappé Malefoy, et elle savait pourquoi il avait frappé le blond. Soudain, l'expression de la rousse changea : c'était toujours de la fureur, mais il y avait quelque chose d'autre dans son regard, qu'il avait de la peine à identifier.

-Ça ne te suffit pas de m'humilier, encore faut-il que tu t'en vantes ?

James fut pris de court. S'il était vrai qu'il aimait la provoquer, en aucun cas il n'avait jamais voulu l'humilier. Et il ne voyait pas bien comment il aurait pu s'y prendre pour le faire. S'apprêtant à répliquer, cette fois-ci avec sérieux, il fut coupé par une Lily beaucoup plus froide :

-Tu as jusqu'à minuit. Ensuite, tu ranges la salle et je ne veux plus jamais entendre parler de toi.

 

 

Sirius remonta le col de sa veste et passa son écharpe autour de son cou. Le mois de novembre avait apporté son lot de froid, de vent et de grisaille. Bien qu'il n'en eût pas besoin pour se sentir maussade. Cassidy avait insisté pour l'emmener prendre l'air, et il avait accepté uniquement par peur de la vexer. Tout ce qu'il souhaitait était de prendre un bain et de s'endormir afin que cette journée se termine le plus rapidement possible.

-Alors, ça fait quoi d'être majeur ?

Le jeune homme prit une grande inspiration. La question que tout le monde lui avait posé sans relâche depuis le début de la journée : « comment te sens-tu après avoir passé le cap ? C'est quoi, avoir dix-sept ans pour toi ? Tu te sens homme, Sirius ? » Comme si le simple fait d'avoir un an de plus pouvait y changer quelque chose. Il était exactement le même que le jour précédent, et le jour suivant, il resterait le même. Cependant, il haussa les épaules et répondit de la même manière mécanique qu'il l'avait fait durant la journée :

-Ça ne change pas grand-chose pour l'instant, vivement que je puisse utiliser ma baguette en-dehors de l'école.

C'était bien la seule perspective qui le réjouissait depuis le début de sa journée. En effet, les adolescents atteignaient la majorité à dix-sept ans dans le monde des sorciers, et acquerraient avec cela le droit d'utiliser la magie en dehors de leur enseignement. Si Sirius avait déjà transgressé bon nombre de règlements, il n'avait jamais osé se servir de sa baguette en-dehors de Poudlard. Seulement, il ne pourrait le faire qu'aux prochaines vacances, à savoir celles de Noël : la perspective était soudainement beaucoup moins réjouissante.

-Je vois. C'est vrai que c'est plutôt sympa ! Mais je n'ai jamais vraiment compris pourquoi tout ce chamboulement autour de cet âge. Ce n'est qu'un âge après tout. La fin de nos études à Poudlard, ça ça va être l'évènement de l'année ! Remarque, je n'aurai même pas encore dix-sept ans, je me demande bien ce que je vais pouvoir faire...

Sirius sourit. Il était vrai que Cassidy était plus jeune que lui d'un an.

-Ne t'inquiète pas trop pour ça, on a le temps de voir venir.

-N'empêche, il serait plutôt temps de s'en inquiéter, tu ne crois pas ? C'est notre dernière année.

Sirius se rembrunit à nouveau. S'il y avait quelque chose qui le réjouissait encore moins que son anniversaire, c'était la perspective de quitter le seul endroit où il ne se soit senti chez lui.

-Tu sais ce que tu vas faire, après Poudlard ? insista Cassidy, qui, il le voyait, faisait des efforts pour maintenir une conversation.

-Pas vraiment, marmonna-t-il, son envie de rentrer prendre un bain reprenant le dessus. Ecoute Cass, c'est sympa de vouloir faire un tour, mais je suis un peu fatigué et je crois que je vais juste rentrer dans la salle commune et...

-Non !

L'entrain de la jeune fille le fit sursauter. Elle rougit légèrement.

-Je veux dire... Je ne t'ai pas amené là par hasard, j'aimerais te parler de ce qu'il s'est passé entre nous l'autre soir.

Ce fut au tour de Sirius d'être déstabilisé. La soirée d'Halloween lui paraissait si loin qu'il n'y avait pas réellement pensé depuis que ça c'était passé. Ce n'était pas dans les habitudes de Cassidy de revenir sur de tels sujets, pourquoi le faisait-elle à présent ? A moins que...

-Ne me dis pas que vous me préparez une surprise ?

La jeune fille s'arrêta net, et ses épaules s'affaissèrent :

-Mon frère va me tuer. Il m'avait conseillée de te parler de Quidditch, mais on ne sait même pas quand on va rejouer notre match contre Serpentard, alors je ne savais pas de quoi te parler... Tu pourras feindre la surprise, s'il te plaît ?

Le jeune homme ne répondit pas. Il ne voulait pas de surprise. Il ne voulait pas fêter son anniversaire. Il ne voulait pas passer la soirée avec ses amis, et il ne voulait pas que James Potter, qui avait été incapable de lui avouer la vérité quant à son baiser avec Lily Evans et la vérité sur pourquoi il avait frappé Malefoy- ne lui organise quoi que ce soit.

-Et bien dis à ton frère que ce n'est pas la peine qu'il prenne du temps pour moi. Je ne veux pas de surprise, pas de fête, pas de cadeau, pas de vœu. Pour l'instant, je ne souhaite qu'une chose : prendre un bain afin d'être sûr que mes doigts peuvent encore bouger et aller dormir.

Désormais furieux, il s'apprêtait à rentrer dans le château d'un pas rageur lorsque Cassidy se planta devant lui :

-C'est quoi ton problème ? Tes meilleurs amis t'organisent une surprise pour la meilleure fête de ta vie, et toi tu joues les sinistres ? Si tu aimes que l'attention te soit autant portée, il suffit de le dire.

-Le meilleur jour de ma vie ? Ce jour signifie que je n'ai désormais plus aucune attache qui me relie à ma famille, si ce n'est mon nom. Ça signifie que, lorsque je sortirai de Poudlard, je serai livré à moi-même, sans personne pour me guider sur le chemin à prendre. Ça signifie aussi que tu es vraiment trop jeune pour moi, et que ce qu'il s'est passé l'autre soir ne se reproduira plus jamais.

C'était injuste, et il le savait parfaitement. Il ne voulait pas se retourner pour voir les larmes perler dans les yeux de Cassidy, pour voir comment il avait, encore une fois, déçu profondément quelqu'un. Il voulait rentrer prendre un bain, et c'était ce qu'il allait faire coûte que coûte.

Il passa le portrait de la Grosse Dame d'un pas rageur et entra dans la Salle commune de Gryffondor.

-Patmol, qu'est-ce que tu fais là ? s'égosilla James en tentant de cacher une horrible banderole.

Sirius planta son regard dans celui de son meilleur ami :

-Ecoute, James. Je ne veux pas de stupide fête, encore moins de stupide banderole. Je veux être seul ce soir.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu nous fais une crise parce que tu deviens vieux ? Ecoute, si tu préfères qu'on reste entre amis...

-Ami ? Tu oses parler d'amitié alors que tu gardes tous tes secrets pour toi ? Je ne suis pas ton ami. Je suis tout-au-plus ton partenaire pour trouver de nouvelles blagues. La sensation que tu te donnes d'aider quelqu'un.

Ça aussi, c'était injuste. N'était-il pas celui qui cachait à James ce qu'il se passait entre lui et Cassidy ? Il sortit de la Salle commune en trombe : ce n'était pas d'un bain qu'il avait besoin, c'était de s'éloigner le plus possible de ce château.

 

 

Elle n'avait pipé mot depuis le début du repas. Même la part de gâteau à la pomme qu'il y avait dans son assiette réussissait à l'énerver.

-Lily, tu comptes dire ce qu'il ne va pas ou tu préfères qu'on le devine ?

Alice et Nelly l'accompagnaient. Lily n'avait même pas essayé de cacher son désarroi, elle comptait tout simplement ne plus parler jusqu'à ce que la température qui embrasait ses joues diminuent de quelques degrés.

-Je préfère qu'on me laisse tranquille pour l'instant. Demain est un autre jour.

Ses deux amies se regardèrent en soupirant.

-De deux choses l'une : soit tu as appris une mauvaise nouvelle, soit quelqu'un t'a mis dans cet état. Dans tous les cas, c'est probablement quelque chose qui mérite que l'on soit au courant, non ?

Lily réfléchit. Ce n'était pas tant qu'elle n'avait pas confiance en Nelly et en Alice, mais c'était plutôt le fait de le dire à voix haute. Avouer qu'elle avait embrassé James, qu'elle s'était faite attaquée par Malefoy, sauvée par Sirius et que James avait cru bon de l'humilier un peu plus en se servant d'elle comme excuse pour frapper son pire ennemi, ça ne lui semblait pas concevable. Ça rendrait le tout trop réel. Elle concéda tout de même à lever la tête vers ses deux amies. En regardant Nelly, elle se souvint qu'elles étaient meilleures amies depuis leur premier jour à Poudlard, et qu'il n'y avait pas un secret qu'elle n'avait pas partagé avec elle. Aucune de deux n'allaient la juger. Elles pourraient même l'aider à passer le cap de l'humiliation. En prenant une grande respiration, Lily posa sa fourchette :

-Et bien enfaite...

A peine avait-elle pris la décision de tout avouer qu'une énorme chouette hulotte entra dans la Grande Salle et se posa devant elle. A ses pattes était accrochée une unique lettre, à son nom. Déconcertée, Lily prit le parchemin, paya la chouette qui s'envola élégamment hors de la salle et entreprit de lire.

-Enfaite, j'ai besoin d'air. On se verra demain les filles, dit-elle sèchement à la fin de sa lecture. 

Elle se leva d'un bond et sortit de la Grande Salle. « Je ne pleurerai pas, pas ce soir, pas maintenant ». Et pourtant, c'était la seule chose qu'elle souhaitait à l'instant : pleurer. Mais elle savait que si elle se laissait aller aux larmes, c'était un torrent qu'elle allait devoir affronter. Elle s'était empêchée de pleurer le week-end durant. Mais elle continua à serrer les dents. Tout ce qui lui fallait, c'était un bol d'air frais. La rousse poussa les portes du château et se retrouva dans l'enceinte principale, qu'elle traversa à la volée. Au loin se distinguait la cabane de Hagrid. Peut-être était-ce auprès de lui qu'elle trouverait du réconfort ? Après tout, il lui était arrivé d'aller visiter le garde-chasse, étant plus jeune, pour se plaindre des cours ou de certains professeurs. Hagrid lui avait toujours remonté le moral, avec ses paroles d'une douceur peu commune pour un demi-géant et d'une gentillesse infinie. Mais elle se doutait qu'il ne lui serait d'aucune aide ce soir-là. Sans s'en rendre compte, elle dépassa sa cabane et se trouva à l'orée de la forêt interdite. Lily s'arrêta net. Elle n'avait pratiquement jamais violé aucune règle de l'école, ou du moins jamais de sa propre initiative. Mais il y avait quelque chose qui la poussait à le faire ce soir-là : la promesse d'être seule. Elle s'engouffra donc la forêt, poussa quelques branches et se trouva au cœur des arbres. Il n'y avait plus de bruit, rien que le bruissement des feuilles. La pénombre rendait la vue difficile, bien que la Lune, qui était bientôt toute remplie, brillait de mille feux. Soudain, un bruit anormal se fit entendre, comme si quelqu'un marchait près d'elle et s'était encoublé à une branche. Elle dégaina sa baguette et son cœur se mit à cogner contre ses tempes. Elle avait peur, et de la peur, elle n'en avait que trop ressenti.

-Qui est là ? lança-t-elle d'une voix qu'elle voulait assurée.

-Moi.

Lily se retourna aussi vite que l'éclair et tomba nez-à-nez avec Sirius. Elle abaissa immédiatement sa baguette et son cœur retrouva un rythme plus régulier : il ne lui ferait pas de mal.

-Qu'est-ce que tu fiches ici Black ?

-Et toi ?

Lily rougit. Elle ne pouvait sortir la carte de la préfète-en-chef, puisqu'elle-même venait juste de violer la règle la plus importante de Poudlard.

-J'avais besoin d'air, et d'être seule.

-Désolé de contrer tes plans. La forêt est grande, on peut sans autre rester chacun dans notre coin.

Puis le jeune homme s'assit contre un arbre, les mains dans les poches, le regard perdu. Lily voulut partir, mais quelque chose l'en empêcha. Elle essaya de se convaincre que ce n'était que parce qu'elle ne voulait pas être seule dans la nuit qui était désormais tombée, mais il y avait bien autre chose. En regardant Sirius, elle ne voyait pas le jeune homme malicieux, parfois vicieux, qu'elle ne connaissait que trop bien. Il semblait au bord d'un gouffre que lui seul pouvait voir. Sans réellement s'en rendre compte, elle se laissa tomber à côté de lui :

-J'ai entendu dire que c'était ton anniversaire.

-A ce qu'il parait.

-Et bien... Bon anniversaire.

-Merci.

-Tu sais, je crois qu'ils t'ont préparé une fête, là-haut. Tu ferais peut-être bien de t'y pointer.

-A mon avis, elle n'aura pas lieu.

Lily comprit au ton du jeune homme qu'il ne souhaitait pas en parler. Mais elle savait aussi bien que quiconque que tout le monde avait besoin de parler de ses soucis. Il fallait juste trouver une oreille attentive.

-Pourquoi ça ?

-Tu ne comprendrais pas.

-Essaye. Au pire, tu auras dit un secret à Lily Evans, et nous serons quitte : tu ne dis rien à personne concernant Malefoy, je ne dis rien concernant ton secret. Au mieux : je comprendrai peut-être.

Elle vit le jeune homme hésiter.

-Rien de bien palpitant au final. J'ai dix-sept ans aujourd'hui, et aucun membre de ma famille n'a tenu bon de me le souhaiter. Pas que je m'y attendais, surtout pas. Mais enfin... J'imagine que c'est officiel à présent : je suis renié de la famille Black. Je ne dis pas que ce n'est pas ce que je voulais : j'ai passé ma vie à les fuir, et c'est moi qui ai pris la décision de quitter cette maison horrible. C'est juste que... Imaginer que je suis maintenant un adule, que je doive décider de mon futur, et que je vais devoir le faire tout seul et bien... ça m'a fichu un coup.

La rousse se tut pendant un instant.

-Figure-toi que je te comprends.

Sirius haussa un sourcil :

-Sans vouloir te vexer Lily, je ne suis pas certaine que tu puisses me comprendre. Je sais bien que tu ne m'aimes pas, tu n'as pas besoin de rester, je ne vais pas faire de bêtises tu sais.

-Si je voulais partir, je l'aurais fait. Je ne te déteste pas. Pas vraiment... Je n'aime pas ton attitude, ni tes blagues, ni ton comportement. Mais toi, je ne te connais pas assez pour t'apprécier ou non. Cependant, je te comprends. Je viens de recevoir une lettre de mes parents : ma sœur s'est mariée. Un mariage moldu, comme j'en rêvais étant petite. Dans mes rêves, j'aurais accompagné ma sœur jusque dans l'Eglise. La réalité est toute autre : elle s'est mariée sans m'en parler, et la personne qui l'a accompagnée n'était autre que la sœur de son mari, une certaine Marge. Pétunia me déteste. Et réellement. Je ne suis qu'un monstre à ses yeux. Et, quand j'aurai dix-sept ans, probablement que je ne ferai plus partie de sa famille non plus. Ironique, quand on y pense... Je suis un monstre pour elle et, à Poudlard, je suis un monstre aux yeux de certains élèves. Je comprends ce que tu ressens : tu as l'impression que tu n'appartiens à personne, que ta place n'est nulle part. Je ne connais ta famille que par réputation, donc je ne vais pas parler pour eux. Mais en ce qui concerne ta vie ici, à Poudlard, et bien... Tes amis t'ont organisé une fête, pas vrai ? Et crois-moi, ils y mettaient du cœur. Je sais d'expérience que l'on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis. Il y a sûrement une raison pour ça, tu ne crois pas ?

Elle avait parlé posément, facilement. Elle n'avait plus envie de pleurer : le dire à voix haute faisait certes d'un problème une réalité, mais c'était aussi l'accepter. Sirius la regardait. Si intensément qu'elle en aurait rougi s'il avait fait jour. Elle pouvait voir le gris de son regard même à travers le bleu de la nuit.

-Je comprends mieux maintenant, dit-il soudainement avec un sourire sincère.

-Quoi ?

-Ce que certains te trouvent. Je crois qu'il est temps que l'on rentre, maintenant.

-J'attendais que tu dises ça, je meurs de peur dans ses bois !

Il éclata de rire en se relevant, et l'aida à reprendre pieds. Alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie de la forêt, un bruit, cette fois-ci presque imperceptible, attira leur attention.

-C'est peut-être les centaures, suggéra Lily, dont la peur revint à la surface.

-Regarde, il y a de la lumière là-bas !

Sirius alluma sa propre baguette et se dirigea vers la source du bruit, une Lily plus qu'hésitante à ses côtés.

-Oh non, pas ça ! s'écria soudain Sirius.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-C'est mon frère, ils sont entrain de lui faire quelque chose !

End Notes:

Je voulais savoir si c'était difficile pour vous de suivre les différents POV. C'est vrai que j'imagine mes personnages parfois plus complexes que ce qu'on pourrait penser, et je trouve important de passer d'un POV à un autre pour montrer comment une même situation pour être perçue totalement différemment d'un personnage à un autre, comme ici avec Lily et James.

En plus de cela, je dois avouer que j'adore tester des nouveaux POV (Narcissa sera mon prochain! :) ) mais je voulais savoir si cela vous convenait? Je compte aussi faire un POV Remus, Nelly, Cassidy et même Dorcas. Mes POV principaux restent cependant Lily, James, Sirius et Rogue parce que bon... C'est impossible de ne pas avoir de petits préférés ;-)

A bientôt (cette fois je m'y tiens!) pour un nouveau chapitre!

Chapitre 21: Les liens du sang by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

J'ai ENFIN tenu mes promesses, puisque me revoilà déjà avec un nouveau chapitre :) Je dois dire que je suis très inspirée ces temps, donc j'en profite.

J'ai testé un nouveau POV pour ce chapitre, et les choses avancent encore un peu plus... Je vous laisse le découvrir!

Bonne lecture!

 

Cela faisait vingt minutes qu'elle se brossait les cheveux. Bien qu'ils fussent extrêmement lisses de nature, elle avait passé tout ce temps à en prendre soin, jusqu'à ce qu'ils soient si doux que la brosse glisse parfaitement dedans. Elle soupira. Elle ne pouvait retarder plus longtemps le moment où elle devrait rejoindre la Grande Salle et l'affronter. Elle ne l'avait que trop évité le jour précédent, et elle n'était plus très sûre de quoi il serait capable si jamais elle le faisait encore plus longtemps. En prenant une grande inspiration, Narcissa se regarda une dernière fois dans le miroir. Elle avait de beaux traits : un visage fin mais carré, un nez droit, une bouche fine et sévère, ainsi que deux magnifiques yeux noirs. « Une vraie Black », pensa-t-elle. Seuls ses cheveux, d'un blond inégalable, rendait la froideur de son visage plus supportable. Décidant qu'il ne servait à rien de faire traîner les choses plus que de mesure, Narcissa sortit de son dortoir, passa la porte des cachots qui caractérisaient la Salle commune de Serpentard et se dirigea vers la Grande Salle, le ventre noué. Elle n'avait pas reparlé à Lucius depuis la révélation du cours de potions. Elle avait prétexté un mal de ventre et n'avait pas assisté au dîner, puis s'était terrée dans son dortoir depuis ce moment-là. La jeune femme ne savait pas bien comment gérer ses émotions contradictoires. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien faire, même si c'était vrai ? Lily Evans était une moldue, elle se devait donc de la mépriser par nature. Cependant, Narcissa ne pouvait s'empêcher de ressentir la bile au fond de sa gorge à chaque fois qu'elle pensait à Lucius, son poing penché en avant vers la Gryffondor. Evans n'avait pas menti, de ça elle était sûre. Son ton, son tremblement et la réaction de son petit-ami n'avait pas trompé. « Peut-être qu'elle le méritait », c'était ce que Narcissa n'avait cessé de se répéter depuis la révélation. Bien entendu qu'Evans était une Miss Je-sais-tout insupportable, mais elle ne voyait pas bien comment elle pouvait mériter de se faire frapper dans les toilettes des filles lors d'une soirée à Pré-au-Lard. « Il ne l'a pas fait », était la seconde pensée qui lui était venue à l'esprit. Mais pourquoi ne l'avait-t-il pas fait ? S'était-il résigné de son plein gré, ou quelqu'un l'y avait-il contraint ? Narcissa voulait des réponses. Elle connaissait Lucius depuis leur entrée à Poudlard et, aussi loin qu'elle pouvait s'en rappeler, il lui avait toujours plu. Le jeune homme avait énormément de succès à Serpentard, et très vite il avait commencé à sortir avec des filles. Lorsque ses parents lui avaient un jour annoncé leur amitié avec les Malefoy, et le bien que cela pourrait faire à leur famille que Lucius devienne un jour son mari, Narcissa avait sauté de joie. Les deux familles avaient arrangé une rencontre et le jeune homme s'était montré poli, bien que distant. Très vite, Narcissa avait compris qu'il n'était pas prêt à renoncer à son succès. Pourtant, quelques années plus tard, leur relation était officielle, et le mariage était déjà prévu pour leur sortie de Poudlard. Elle n'avait jamais eu que lui, et n'aurait jamais que lui. Cela lui convenait parfaitement, puisqu'elle en était éperdument amoureuse. Cependant, malgré ses sentiments, Narcissa n'avait réussi à faire taire la petite voix dans sa tête qui lui intimait que Lucius n'était peut-être pas celui qu'elle croyait. Ruminant, elle remarqua à peine qu'elle venait de passer les portes de la Grande Salle. Alors qu'elle se dirigeait machinalement vers la table des Serpentard, son cœur se mit à battre la chamade : il était là, au milieu de sa bande, comme un marionnettiste lors d'un spectacle.

-Tiens, une revenante.

C'était Mulciber qui avait parlé, un mépris dans la voix qu'elle ne connaissait que trop bien. Narcissa ne l'avait jamais aimé. Elle n'avait jamais apprécié aucun garçon qui entourait Lucius, si ce n'était de temps à autre Severus. Mais Mulciber, elle s'en méfiait. Elle ne savait que trop bien de quoi il était capable.

-Salut, dit-elle d'une voix froide en tentant tant bien que mal de masquer son tremblement.

Elle prit place aux côtés de Lucius, qui la sondait comme s'il avait voulu la passer aux rayons x.

-Salut, finit-il par dire, implacable.

Lucius n'avait jamais été le genre de petit-ami à la prendre par la main ou à l'embrasser pour la saluer, mais elle avait l'habitude de plus de considération. « C'est à moi d'être fâchée, pas à lui ».

-Ton ventre va mieux ? demanda Severus, dont elle avait à peine remarqué la présence.

-Oui, c'est gentil, merci.

Un froid glacial venait de s'abattre sur la tablée, et Narcissa se demanda si Lucius n'était pas en train de parler d'elle avant qu'elle n'arrive. Rougissant quelque peu, elle prit un toast et le beurra : elle avait faim, elle qui n'avait pas dîné le soir précédent. Les conversations reprirent gentiment, mais elle n'en faisait pas partie. Mulciber et Evan parlaient à voix basse et mystérieuse tout en lançant des coups d'œil à Lucius, lequel était occupé à donner ses habituels ordres à Crabbe et Goyle. « Des gorilles, ceux-là ». Elle ne les appréciait guère plus que tous les autres. Seul restait Severus, à l'écart, le nez planté dans ses œufs.

-Comment se passent les cours pour toi, Sev ?

Surpris qu'on lui accorde la moindre attention, le garçon releva précipitamment la tête.

-Oh, plutôt bien. Dommage que Slughorn ait eu une idée si abominable de nous mettre avec les Gryffondor, parce que j'apprécie beaucoup les potions cette année.

La blonde détourna le regard, irritée. Elle n'avait aucune envie d'aborder le sujet des cours de potions à l'instant. Rogue sembla le remarquer, puisqu'il s'éclaircit la gorge et dit :

-Et toi alors ? Une préférence pour quelque chose ?

Elle haussa les épaules. Elle ne détestait pas l'école, mais ne l'appréciait sans plus de mesure. À sa sortie de Poudlard, elle allait probablement se marier avec Lucius, avoir des enfants et rester à la maison, comme l'avait fait sa mère avant elle. Narcissa l'avait toujours su et, de ce fait, elle ne s'était jamais passionnée pour une branche en particulier.

-J'aime bien les sortilèges, finit-elle par dire.

Rogue lui lança un sourire, si tordu qu'elle se demanda s'il savait seulement comment sourire. Puis il repartit dans la contemplation de son assiette. La conversation était finie.

Lucius ne lui avait toujours pas adressé la parole, et Mulciber et Evan continuaient de se parler à voix basse avec toujours plus d'intensité. Soudainement, quelqu'un vint taper sur l'épaule de Lucius et Narcissa sentit qu'un sac lui effleurait le bras. Elle leva la tête et aperçut son cousin, Regulus. « Enfin un peu de compagnie ». Elle s'était toujours bien entendu avec Regulus. Il était plus jeune d'un an qu'elle, mais elle se souvenait qu'il prenait toujours sa défense, enfant, lorsque Bellatrix lui faisait des mauvaises blagues. C'était le seul cousin qu'elle avait. Du moins, le seul à qui elle pouvait encore adresser la parole. Cependant, il ne lui adressa pas un regard. Il semblait préoccupé.

-C'est à quelle heure, ce soir ? demanda-t-il précipitamment.

Un silence s'appesantit à nouveau à la tablée des Serpentards. Mulciber et Rosier arrêtèrent subitement de parler. Lucius déroba un regard vers Narcissa, mais il ne fut pas assez discret pour qu'elle ne remarque que quelque chose clochait.

-On en reparle, Reg.

Regulus regarda à son tour la blonde, avec moins de subtilité et soupira, signe qu'il avait compris qu'elle n'était pas au courant. « Au courant de quoi ? » se dit-elle désespérément. Elle avait l'habitude que Lucius lui fasse toute sorte de cachotteries, mais elle le supportait de moins en moins. Elle avait d'abord pensé qu'il aimait tout simplement passer du temps avec ses amis, et que leurs blagues ne regardaient qu'eux. Cependant, depuis un certain temps, elle sentait que les réunions de la bande à Lucius étaient devenues plus sérieuses. Et elle n'en faisait pas partie.

-Tu viens, on va en cours.

Narcissa eut tout juste le temps de fourrer le morceau de toast qu'elle tenait dans sa main avant que Lucius ne la lui prenne fermement. Il l'entraina devant la salle de botanique, le premier cours de leur journée. La jeune femme ne pipa mot, le regard résolument planté sur la porte.

-Tu vas faire cette tête toute la journée ? finit par demander Lucius, qui paraissait plutôt ennuyé qu'affolé à l'idée.

Narcissa consentit à regarder le jeune homme :

-Je n'ai pas très envie de te parler pour le moment.

-Et je peux savoir pourquoi ?

Elle haussa un sourcil :

-Je pensais que tu aurais compris.

-Que tu prennes la défense d'une sang-de-bourbe ? Non, je ne comprends pas. Et je ne le tolérerai pas.

Narcissa sentit le sang lui monter à la tête. Lucius retournait complètement la situation, comme il savait si bien le faire. Seulement, elle ne voulait pas être comme les membres de sa bande. Elle aussi voulait montrer qu'elle pouvait dire « non ».

-Tu n'as pas à tolérer quoi que ce soit, il me semble. Je peux décider de mes propres actes. Et, pour l'instant, je ne souhaite pas te parler.

Lucius la regarda fixement. Il semblait surpris, voir même estomaqué de la réaction de la jeune femme. Soudain, il s'approcha d'elle et, par réflex, Narcissa recula. Chose qu'elle regretta immédiatement quand elle vit le rictus satisfait du blond.

-Quand on sera marié, je serai en mesure de ne pas tolérer ce genre de comportement. Il faudra faire un choix, Narcissa. Sinon, je ne vois pas bien ce qu'on fait ensemble. Si tu es de mon côté, alors rejoins-moi dans mon dortoir à dix-huit heures. Sinon, vas faire ami-ami avec la sang-de-bourbe, et j'annonce à ma famille que je romps les fiançailles.

Lucius poussa la porte de la salle de classe et s'assit d'un air suffisant. Elle resta là, complètement hébétée, essayant de comprendre la portée des paroles de son petit-ami. Mais l'était-il encore ? C'était à elle de faire un choix, il lui avait donné cette responsabilité. Comme vidée de toute énergie, elle entra à son tour dans la salle de classe puis s'assit, le plus loin possible de Lucius Malefoy.

 

 

 

Severus regarda dans son matériel de potions : il devait absolument apporter tous les ingrédients nécessaires. « J'ai la mandragore, l'armoise, le gingembre, la poussière de corne de licorne, la queue de rat, le venin de serpent. » lista-t-il mentalement tout en effleurant du bout des doigts les ingrédients, comme on effleurerait un objet précieux qu'on ne voudrait pas casser. Tout était là. « Excepté le dernier ingrédient », pensa-t-il, la boule au ventre. Le dernier ingrédient allait être apporté par un autre individu que lui. « Mais c'est moi qu'ils ont choisi pour faire la potion. », lui intima une voix qui le rendit soudainement fier. « Oui, mais tout simplement car ils ne savent pas la faire eux-mêmes », contra une autre voix, la voix habituelle qui le guidait dans la plupart de ses actions. La voix qui le ramenait à la réalité : Lucius ne l'avait choisi uniquement car il avait besoin de lui. Mais en ce moment-même, peu importait au jeune homme. Ce qui importait, c'était de trier les ingrédients par importance, de revoir les notes du livre qu'il avait volé dans la réserve de Madame Pince-la bibliothécaire, et surtout, d'être sûr et certain que cela allait marcher. « Je devrais sans doute la refaire ». Il sourit à cette idée : il n'avait pas réellement besoin de refaire la potion, il la connaissait par cœur. Mais il allait la refaire, il allait broyer la poudre de corne de licorne, y mélanger l'armoise et le gingembre. Il allait ensuite ajouter la mandragore, puis tourner trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, et trois fois dans le sens inverse. Il laisserait ensuite mijoter pendant vingt minutes sur son chaudron, puis rajouterait la queue de rat. Il y aurait une explosion, mais il fallait surtout laisser s'échapper la fumée et ne pas brasser jusqu'à ce qu'elle se soit complètement évaporée. C'était l'erreur que faisaient beaucoup de personne. « Mais pas moi », reprit la voix qui le rendait fier. Il rajouterait ensuite le venin de serpent : il fallait être très attentif à ne pas y toucher de ses propres mains, mais attentif, il l'était toujours lorsqu'il s'agissait de potions. Le dernier ingrédient, c'était Regulus qui allait l'apporter. « Mais c'est toi qui l'auras amené jusque-là. Tu seras l'homme d'importance, ce soir ».

 

 

 

Elle tapait du pied, nerveuse. Elle n'avait osé quitter la bibliothèque, de peur de croiser quelqu'un qui pourrait lui poser les mauvaises questions. Elle n'avait pas non plus été dîner, rien que l'idée d'avaler quelque chose de solide lui était insupportable. Narcissa regarda pour une énième fois l'horloge de la bibliothèque : dix-sept heures cinquante-cinq. Elle devait choisir. Mais le choix, elle l'avait fait des années auparavant. Ce n'était même plus un choix, elle ne l'avait jamais réellement eu. Il lui fallait juste du courage pour affronter ce qu'elle devait affronter. Elle prit une respiration, toute pensée quittant momentanément son cerveau, puis quitta la bibliothèque. Elle se dirigea rapidement vers les cachots de la Salle commune de Serpentard : elle priait pour ne croiser personne. Elle marchait vite pour éviter d'avoir à penser, mais ces tremblements lui rappelaient sa peur. Lorsqu'elle poussa la porte, elle fut soulagée de voir que personne n'était présent dans la salle. Tremblotante, elle se dirigea vers le dortoir des garçons. C'était la première fois qu'elle y allait. Ne sachant pas comment réagir une fois devant la porte, elle choisit finalement de frapper timidement.

-Entre, lui répondit immédiatement la voix glaciale de Lucius.

Elle poussa la porte et découvrit le jeune homme, assit sur un lit à baldaquin, le nez droit et la tête haute. Il ne disait rien, il la regardait juste. Elle rougit : elle n'avait pas prévu une telle réaction. Il lui avait demandé de choisir, et elle l'avait fait : elle était venue le rejoindre. Dans ce cas-là, pourquoi ne réagissait-il pas ?
-Et bien, je suis venue, comme tu peux le voir, finit-elle par dire, toujours dans l'intermédiaire de la porte.

-Je vois. Entre, et ferme.

Elle s'exécuta, mais resta au même endroit. Lucius ne disait toujours rien. Il semblait la sonder du regard. Elle fut à nouveau tentée de rougir, mais une émotion toute autre la submergea : l'agacement. C'était assez humiliant pour elle d'être mise dans une position pareille, elle n'allait pas en plus accepter qu'il enfonce le clou.

-Lucius, je suis venue jusqu'ici pour toi. Tu ne vas tout de même pas rester silencieux ?

Il ne répondit pas de suite, comme s'il cherchait ses mots.

-Assieds-toi, fit-il en lui montrant le lit.

Narcissa hésita : il semblait froid, distant, impénétrable. Pourquoi devait-elle s'assoir ? La peur la submergea à nouveau : et s'il voulait finalement la quitter ? La boule au ventre et la gorge serrée, elle s'assit à bonne distance de Lucius. Il ne disait toujours rien.

-Bon, tu vas me dire pourquoi tu m'as fait venir ici oui ou non ? Je devrais être celle qui es fâchée, et pas le contraire !

-Et pourquoi ça ?

La blonde bouillonnait : il cherchait à la provoquer. C'était pour ça qu'il ne parlait pas, pour ça qu'il attendait qu'elle lui dise les choses. Tant pis, si c'était ce qu'il voulait, elle allait le lui donner.

-Parce que tu as failli frapper une fille !

Lucius détourna le regard. Narcissa fut soulagée de voir qu'il n'en semblait pas particulièrement fier. Il prit une grande inspiration et planta ses yeux bleus dans les siens :

-Je ne l'ai pas fait, et je n'allais pas le faire. C'était de la provocation. J'avais envie qu'Evans comprenne qu'il ne fallait pas s'attaquer à moi, à plus fort qu'elle. Elle se pavane comme si elle était la meilleure dans ce château, simplement parce que Dumbledore a été assez stupide pour la nommer préfète-en-chef. Elle n'a aucun droit d'être ici. Alors oui, je lui ai fait peur. Et elle a été assez stupide pour croire que j'allais la frapper, comme si je m'abaisserais aux manières de faire des moldus.

Narcissa tentait d'assimiler ce qu'il venait de lui dire. Elle le croyait, quand il disait qu'il n'allait pas le faire. Mais cela ne la rassurait pas pour autant.

-Quand même, je ne trouve pas ça très classe.

Lucius haussa un sourcil :

-Et moi, je m'inquiète du fait que tu choisisses de défendre une sang-de-bourbe. Dois-je te rappeler que tu as renié ta sœur parce qu'elle a marier un pauvre moldu ?
Narcissa se crispa. Ce n'était pas un souvenir dont elle avait envie de parler.

-Je ne la défends pas du tout ! Je n'aime pas Evans. Mais je n'aime pas l'idée que tu utilises ta force pour intimider les filles, c'est tout.

Lucius la sonda encore une fois :

-Tu n'as pas peur de moi, quand même ?

Elle haussa les épaules. Lorsqu'Evans lui avait dit la vérité, en cours de potions, elle avait eu peur de lui. Peur de ce qu'il était capable de faire. Contre toute attente, Lucius s'approcha d'elle et lui prit doucement la main. Avec son autre main, il lui releva le menton, la forçant à le regarder dans les yeux.

-Tu n'as pas à avoir peur de moi. Je ne te ferai jamais de mal, tu m'entends ? Evans, je ne la considère pas vraiment comme une fille. Mais, si elle reste à sa place, je te promets de ne plus la provoquer. J'ai aussi fait ça pour toi, Narcissa.

-Comment ça ?

-Et bien... Disons qu'Evans n'a pas toujours été très gentille à ton égard. Elle a dit que...

Lucius semblait gêné. Narcissa ne l'avait jamais vu aussi doux, aussi avenant.

-Tu peux me le dire. Je sais bien qu'elle ne me porte pas dans son cœur.

-Elle a dit que tu étais nulle en potions.

Si elle en croyait ses mots, Lucius n'avait tenu qu'à défendre son honneur. Elle était soulagée, mais il persistait encore un goût amer dans sa bouche.

-Alors, tu as fait ton choix ? demanda-t-il en la regardant si intensément qu'elle en rougit.

-Je te l'ai dit : je suis là, répondit-elle en haussant les épaules.

Sans qu'elle ne pût s'y attendre, Lucius lui attrapa l'arrière de la tête et l'embrassa à pleine bouche. Elle fut si surprise d'un tel geste de sa part qu'elle ne réagit pas immédiatement. Elle ne s'agrippa à ses épaules que lorsqu'il la prit par la hanche pour la faire basculer sur le lit. Le blond l'embrassait comme il ne l'avait fait qu'une seule fois : la première fois qu'ils avaient passé une nuit ensemble. C'était l'été précédent : les Malefoy avaient tenu à inviter les Black dans leur énorme manoir. La route étant longue, la famille de Narcissa avait pu rester dormir dans la demeure. Pendant la nuit, Lucius, qui avait déjà dix-sept ans, avait jeté un Assurdiato sur la chambre de Narcissa avant de la rejoindre dans son lit. Elle rougirait à ce souvenir si elle n'était pas tant occupée à maîtriser les battements de son cœur. Elle avait moins peur que la première fois, mais se sentait toujours désemparée dans les moments intimes.

-Détends-toi, lui murmura-t-il avant de mordre la naissance de son épaule.

Au lieu de se concentrer sur ses peurs, Narcissa concentra toute ses pensées vers Lucius. Ses mains, qui venaient de lui enlever prestement son haut. Sa langue, qui se baladait désormais sur sa clavicule. Puis son souffle, saccadé, qu'elle sentait battre contre sa poitrine. Timidement mais avec volonté, elle passa ses propres mains sous le t-shirt de Lucius et le lui enleva. Il avait un corps sculpté, elle sourit en le redécouvrant. Il s'arrêta de l'embrasser et la regarda, à nouveau son air suffisant sur le visage.

-Tes copains ne vont pas venir ?

Il haussa un sourcil, comme pour lui dire : « est-ce que tu viens réellement de poser cette question ? »

-Personne ne viendra, assura-t-il cependant.

Puis il passa sa main sous le dos de la blonde, et l'attira à lui.

 

 

Lily prit un grand bol d'air frais. C'était la deuxième fois en quelques jours qu'elle avait une discussion avec Sirius Black. Elle ne savait pas quel effet ça lui faisait réellement. C'était étrange, certes, mais ç'avait été facile. Elle était cependant contente de rentrer au château, car l'ambiance de la forêt interdite en pleine nuit n'était pas faite pour elle. C'était sans compter le bruit qu'ils venaient d'entendre.

-C'est peut-être les centaures, suggéra Lily, dont la peur revint à la surface.

-Regarde, il y a de la lumière là-bas !

Sirius alluma sa propre baguette et se dirigea vers la source du bruit, une Lily plus qu'hésitante à ses côtés.

-Oh non, pas ça ! s'écria soudain Sirius.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-C'est mon frère, ils sont entrain de lui faire quelque chose !

Lily plissa des yeux : elle pouvait en effet voir que plusieurs personnes s'étaient rassemblées dans un coin de la forêt, leurs baguettes allumées. Elle s'approcha, et distingua aussi Regulus Black au milieu du cercle formé par les autres Serpentards : Malefoy, Mulciber, Rosier, Goyle, Crabbe, Avery et Rogue. Une boule lui monta dans la gorge.

-Je vais les tuer !

-Non, Sirius, attends !

Elle retint le jeune homme par le bras.

-Attendre quoi ? regarde, il y a un couteau !

Lily l'avait vu, aussi. Malefoy semblait présider la réunion, mais c'était Severus qui faisait tout le travail : il se penchait sur une potion et, lorsqu'il y mit un ingrédient, une flamme verte jaillit du chaudron. La rousse se crispa encore plus : c'était de la magie noire, elle en était certaine. Elle devait partir, c'était évident. Quitter le plus rapidement possible la forêt interdite, retourner dans son dortoir et prétendre que cette soirée n'était jamais arrivée. Mais quelque chose l'en empêchait : elle devait savoir si Severus était réellement l'un des leurs. Elle retenait toujours Sirius du bras, lequel semblait lui aussi hypnotisé par la scène. Rogue ajouta encore un ingrédient à la potion, et Malefoy prit le couteau dans ses mains :

-On s'est réuni ce soir, car Regulus a émis un souhait : être des nôtres. Je ne vais pas prononcer de long discours, vous savez tous ce que cela signifie. Comme pour chacun d'entre nous, il fallait rendre l'acte concret. Sev', merci pour ta potion, tu nous as été très utile, comme à ton habitude.

Lily vit le jeune homme baisser la tête, mais un sourire effleura son visage. Elle serra les poings, folle de rage. « Il est des leurs ».

-Regulus, si tu veux bien me tendre ta main, continua Malefoy en levant le poignard.

La rousse sentit Sirius se tendre sous elle :

-Il faut que j'aille l'aider !

-Sirius, ton frère n'a pas l'air d'être forcé à faire quoi que ce soit. Nous sommes à deux contre huit, c'est trop dangereux.

Il le savait aussi, c'était pour cela qu'il n'avait pas bougé. Elle concentra à nouveau son regard vers la scène qui se déroulait devant ses yeux : Malefoy leva le poignard, prit la main de Regulus et lui entailla profondément la paume, avant de la diriger vers le chaudron.

-Les liens du sang ! tonna Malefoy.

-Les liens du sang, répéta Regulus, dont il était impossible de déchiffrer l'expression.

Les autres levèrent leur baguette et entonnèrent :

-Les liens du sang !

-C'est une cérémonie, murmura Sirius, qui tremblait à présent. Une cérémonie, pour faire partie de la bande à Malefoy. Ils le tiennent, avec cette potion. Regulus est passé du mauvais côté, et il ne pourra jamais revenir.

Lily comprenait son désarroi, elle qui devait empêcher les larmes de couler à la vue de son ancien ami.

-On y va, dit-elle en poussant doucement Sirius.

Celui-ci, dépité, hocha la tête, comme défait. Ils atteignirent le château en silence. Lily avait froid, mais ce n'était pas uniquement dû au temps. C'était aussi l'onde glacée qui lui parcourait l'échine et venait hérisser tous ses sens. Elle avait l'impression qu'on l'avait ouvert à vif. Elle n'osait imaginer ce que Sirius ressentait. Elle n'osait pas même le regarder. Ensemble, ils se dirigèrent vers le portrait de la Grosse Dame. D'une voix faible, tremblotante, Lily prononça le mot de passe. Elle passa le trou de la porte, et découvrit une salle commune vide. Elle ne savait pas exactement l'heure qu'il était, mais il était probablement tard. La salle avait retrouvé son apparence normale. Soudain, elle entendit un mouvement près de la cheminée. Son ventre se tordit : c'était James. Il les avait vu. Sirius l'aperçut à son tour. Son expression changea du tout au tout : s'il semblait dépité, il avait maintenant l'air d'un petit garçon pris en faute. Il se dirigea vers James :

-Laisse-moi t'expliquer.

Lily fut surprise : qu'est-ce qu'il y avait à expliquer ? Et pourquoi James semblait-il dans une fureur telle qu'elle ne l'avait jamais vu ?

-Je comprends mieux, maintenant, cracha-t-il à Sirius.

Puis il se tourna vers Lily, et la jeune femme eut l'impression de passer sous une cascade d'eau glacée :

-Quant à toi, Evans, joue les saintes-nitouches autant que ça te plait. Pour ma part, je vais suivre ton conseil : ne plus jamais t'approcher.

Lily était déconcertée. Il ne jouait pas, ne la narguait pas. Elle pouvait sentir sa colère. Les paroles qu'il avait eu à son égard avait eu l'effet d'un coup de massue. Impuissante, elle regarda Sirius. Celui-ci baissa la tête, soupira, et, sans un mot, partit dans son dortoir. Seule dans la salle commune, Lily n'y tenait plus : elle desserra les dents, et un flot de larmes courut le long de ses joues.

End Notes:

Et voilà!!

Dites-moi: qu'avez-vous pensé du POV Narcissa? Est-ce que je suis plus ou moins restée fidèle au personnage?

 

Merci de vos reviews, et à bientôt!

Chapitre 22: Pactes by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!!

 

Je crois que je suis désormais à cours d'excuses, si ce n'est que je sus aux études, que j'ai commencé un stage dans une entreprise et que boulot + devoirs ne font pas bon ménage! Quoi qu'il en soit, sachez que même si certains chapitres sont plus longs à écrire, je n'oublie pas du tout ma Fanfiction!! J'ai toujours plein d'idées, je sais plus ou moins comment elle va se terminer et... Roulements de tambours... J'en ai prévu une deuxième après celle-ci! Merci à vous de continuer à me suivre dans cette aventure :)

 

Me revoilà donc avec un nouveau chapitre, pour rappeler à tous les bienfaits de l'amitié, et remettre un peu d'ordres dans tous ces drames ;-) Bonne lecture! 

 

Lily se réveilla, déboussolée, ballonnée et le visage bouffi. Il lui fallut quelques secondes pour se remémorer les événements qui s'étaient enchaînés : le baiser avec James fut la première chose qui lui revint en tête. Suivirent la lettre de ses parents, l'escapade avec Sirius, la cérémonie, et le regard dégoûté de Potter quand elle était revenue à la salle commune. Elle se rappela aussi que c'était la raison pour laquelle ses yeux collaient et que sa tête semblait écrabouillée. Elle se leva, pantelante, puis alla se passer de l'eau glaciale sur le visage. Elle se regarda : ses yeux étaient gonflés, mais, si l'on ne savait pas qu'elle avait pleuré, on ne pouvait pas s'en apercevoir rien qu'en la regardant. Elle soupira : elle savait pertinemment ce qu'il fallait qu'elle fasse pour se sentir mieux, mais ça n'allait pas être chose facile. Elle s'habilla, se maquilla légèrement pour couvrir ses cernes, se coiffa de deux longues tresses et alla prendre son petit-déjeuner en compagnie de Nelly.

-Où tu étais passée, hier soir ?

Sa meilleure amie donnait elle aussi l'impression d'avoir passé une nuit difficile. Elle se souvint que Nelly aussi avait son lot de malheurs, et se sentit soudain plus égoïste que jamais. En regardant la brune dans les yeux, elle posa sa fourchette et prit une grande inspiration :

-Il faudra que je te parle. Je ne t'ai pas tout dit au sujet de la soirée d'Halloween, et je ne t'ai pas tout dit au sujet de hier soir. Je m'en excuse d'avance. Mais il faudra absolument que tu sois au courant. Alice aussi, doit être au courant.

Elle avait dit le tout machinalement. Elle se l'était répétée dans sa tête des dizaines de fois depuis le matin même, et elle avait débité les mots sans réfléchir. Il fallait qu'elle se confie, et qu'elle arrête de mentir à ses amies. Nelly parut subjuguée. Elle avala difficilement le morceau de muffin qu'elle avait dans la bouche et haussa les épaules :

-Et bien, j'imagine que c'est le moment ou jamais !

-Tu ne m'en veux pas ?
-Comment je pourrais t'en vouloir, je ne sais même pas de quoi tu parles.

Lily éclata de rire. Cela lui fit un bien fou.

-Je veux dire, tu ne m'en veux pas de savoir que je ne t'ai pas tout dit ?

Nelly réfléchit un instant :

-Je déciderai si je t'en veux ou non quand tu m'auras dit la vérité. Mais je peux déjà dire que non, je ne t'en voudrai pas. Le but, c'est que la vérité sorte un jour ou l'autre.

Lily sourit. Les événements passés lui avaient presque fait oublier à quel point elle était chanceuse d'avoir une amie comme Nelly.

-Et toi, comment tu te sens concernant... ?

La rousse n'osait pas prononcer le nom de « Remus » à voix haute, de peur de blesser son amie. Laquelle se rembrunit immédiatement.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'imagine que je me suis encore une fois faite des idées dans le vide. Il est peut-être comme ses amis, au fond.

-Non.

Lily avait répondu plus vite que l'éclair. S'il y avait une chose dont elle était certaine dans tous ces drames, c'était que Remus n'était pas comme les autres Maraudeurs. Il n'était pas comme les autres garçons, à vrai dire. Nelly haussa un sourcil.

-Il n'est pas comme Black ou... Peu importe. J'irai lui parler, promit Lily.

-Pour lui dire quoi ?

-Pour lui dire qu'il ne peut pas te traiter comme ça, et qu'il ne le fera pas. J'ai bientôt une garde de prévue avec lui, je viendrai sur le sujet, et crois-moi, j'essayerai de savoir ce qu'il se passe dans sa tête.

Bien qu'elle eût une petite idée de ce qu'il se passait dans la tête de Remus, il y avait des secrets qui ne lui appartenaient pas de révéler. Nelly fronça les sourcils, puis sembla décider que l'idée n'était pas si mal.

-Essaye de ne pas me faire paraître désespérée !
Lily rit à nouveau.

-Tu es désespérée ! Et désespérante. Mais ne t'inquiète pas, il n'en saura rien.

Nelly lui envoya un bout de figue dans la figure :

-Bon, c'est quoi tous ces mensonges que tu veux révéler ?
-Ce soir. Je dirai à Alice de venir.

-Ça me va. Sans compter que ce soir, c'est pleine lune. Ça rajoutera un côté mystique à ces fameuses révélations.

 

 

James mit quelques secondes à émerger de son sommeil perturbé. Il se souvint immédiatement de la raison pour laquelle il n'avait pas réussi à s'endormir la veille jusqu'à tard dans la nuit, et pour laquelle sa tête cognait contre ses tempes. Les cheveux plus ébouriffés que jamais, il ne prit même pas la peine de se passer la main dedans, s'habilla précipitamment et descendit dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner. Il n'avait aucune envie de voir Sirius, ni d'entendre ses excuses. Le fait était que son meilleur ami, son frère, l'avait trahi. Il avait d'abord réagi sur le coup de la colère : quand il avait vu Evans et Sirius, son cœur était momentanément resté suspendu au bout de ses lèvres. Ç'a avait été un coup de massue, une trahison. Puis il avait cherché à comprendre : pourquoi son ami de toujours lui ferait-il cela ? Et surtout, pourquoi est-ce que ça le touchait autant ? Il avait l'habitude de voir draguer Sirius, et il savait bien que celui-ci, lorsqu'il s'agissait de filles, n'était pas des plus loyaux. Il ne l'avait jamais jalousé en rien, ce petit jeu le faisait plutôt rire. Mais pourquoi avait-il l'impression qu'une partie de son cœur avait été arrachée et dévorée ? C'était alors qu'était apparu un sentiment qu'il n'avait connu que peu de fois dans sa vie : la tristesse. James Potter n'était pas triste : il pouvait être en colère, parfois abasourdi, ça lui arrivait même d'avoir peur. Mais triste, ça n'était pas lui. Il était trop occupé à faire des blagues, prétendre que sa vie était un rêve et renforcer sa popularité pour être triste. Pourtant, c'était de la tristesse qu'il ressentait. Sirius Black avait renié leur amitié, et James ne s'en remettait pas. Mais il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi Evans : Evans qui regrettait leur baiser, Evans qui le méprisait, Evans qui préférait son meilleur ami, son meilleur ami plus beau, plus populaire, plus mystérieux. Ce fut dans ses émotions maussades et le ventre noué que James descendit prendre son petit-déjeuner. Il eut tout juste le temps de voir une crinière rousse à la table des Gryffondors pour décider qu'il n'avait finalement pas autant besoin de manger que ce qu'il ne pensait. Il détala de la Grande Salle et passa les portes du château qui le menèrent droit dans l'enceinte. Le temps était gris, brumeux et l'atmosphère froide. Regrettant de n'être pas plus habillé, il ne put se résoudre à retourner dans le château. Il ne voulait pas affronter Sirius, il ne voulait pas voir Evans se pavaner sous ses yeux et il ne voulait pas être celui dont on avait pitié. Pire, il ne voulait pas être celui que ses amis avaient abandonné. Si Sirius avait décidé de mettre au tapis leur amitié, alors qui lui restait-il ? Bien entendu, Remus refuserait de prendre parti, comme le garçon généreux et intelligent qu'il était. Probablement que Peter se rangerait de son côté, après tout, il était bien plus gentil avec lui que ne l'était Sirius. Mais ce n'était pas d'idolâtrie dont il avait besoin. Il pensa soudainement à sa sœur. Cassidy le soutiendrait, elle serait là pour lui. Mais ce n'était pas son rôle. C'était lui le grand frère, devoir auquel il avait failli un nombre incalculable de fois. Il ne pouvait pas demander à Cassidy d'être là pour lui. Alors que le désespoir venait s'ajouter à sa tristesse, une voix féminine interrompit ses pensées :

-James ? Qu'est-ce que tu fais dehors tout seul par ce temps ?

Le garçon sursauta et reconnut Alice dans le brouillard matinal. Elle avait les joues d'un rose soutenu, et son visage- bien qu'emmailloté dans une épaisse écharpe- souriait. Il tenta de sourire à son tour :

-J'avais besoin d'air frais.

-Et bien tu en es servi ! Dire qu'on n'est que début novembre... Mais enfin, l'automne aussi a ses bénéfices. Ne répète pas ça à Franck, mais je trouve que c'est la saison la plus romantique de l'année. J'aimerais bien qu'il s'en souvienne...

James sourit cette fois-ci pour de vrai. La jeune femme semblait si authentique à cet instant qu'elle réussissait à lui faire momentanément oublier sa peine.

-Je lui glisserai un mot, si tu veux.

-Ce n'est pas un mot que tu devras lui glisser si tu veux qu'il t'écoute, c'est carrément une tirade ! Je pense qu'un snargalouf serait plus romantique que Franck.

James pouffa.

-Je dois dire que je n'ai pas rencontré beaucoup de snargaloufs dans ma vie. Au faite, qu'est-ce que toi tu fais dehors de si bon matin ? Je croyais que tu n'étais pas du genre lève-tôt.

-Pas du tout, même. Mais j'avais besoin de voir Hagrid : ne le répète à personne, mais il m'aide pour mes devoirs de Soins aux créatures magiques. Il ne me donne pas toutes les réponses, bien sûr ! Enfin bon... Tu le connais, il a de la peine à tenir sa langue. Disons que ça m'aide à assurer au moins l'une de mes moyennes.

James savait qu'Alice avait plus de peine à l'école, et il eut soudain honte de se préoccuper de ses minables peines de cœur.

-Tu sais que je peux t'aider, si tu en as besoin.

-Merci James.

-Je suis sérieux, Alice. J'ai de la chance d'avoir plus de facilité, dans pratiquement toutes les matières. Et puis, tu me ferais un service : on dit qu'être capable de transmettre aux autres nous signifie que nous avons atteint le degré maximum de connaissance. Je vais tous les bluffer aux ASPICS grâce à toi.

Alice éclata d'un rire joyeux.

-C'est noté ! Je sais que tu es le dieu de la Défense contre les forces du Mal. Je prendrai volontiers ton aide, si ça te dit.

-Parfait. On préparera des horaires. Avec un peu de chance, ça rendra Franck jaloux, et il sera obligé de se montrer romantique, dit-il avec un clin d'œil.

-Je répète : j'aurais de meilleures chances de rendre un snargalouf jaloux. Merci pour ton aide James. Maintenant, si tu veux bien, je vais rentrer avant que mes doigts restent définitivement figés. Et puis, j'ai beau aimer l'ambiance matinale, mais je reste convaincue que la brume et la pleine lune, ça ne fait pas bon ménage.

Le cœur de James se mit à battre rapidement et ses yeux s'écarquillèrent : comment avait-il pu oublier ?

 

 

Sirius se réveilla. Ou plutôt, il émergea de la phase de demi-sommeil dans lequel il avait réussi à sombrer aux alentours de quatre heures du matin. Sa tête menaçait d'exploser, et il ne savait pas bien s'il voulait réellement sortir de ses draps. Même si ses pensées ne lui étaient pas de très bonne compagnie, il n'avait au moins pas besoin d'affronter la réalité depuis la soie rouge de son lit. Pourtant, il se leva tout de même, machinalement, certes, et tout en sachant qu'il allait devoir affronter bien plus que ses sombres pensées. Une vague d'émotions subite le prit au ventre, et Sirius se demanda un instant s'il n'allait pas vomir. Il courut aux toilettes, puis se passa de l'eau froide dans la nuque et sur le front. Il était moite, et ses yeux rougis par la fatigue. Il but une longue gorgée et ramena ses cheveux (qui avaient sérieusement besoin d'une coupe) dans un élastique qu'il noua négligemment derrière sa tête. En prenant une bonne respiration, il tenta de rassembler ses pensées : Regulus était passé du mauvais côté de la barrière. Il avait prononcé les mots, il avait donné son sang et était devenu l'un des leurs. C'était plus que devenir un ami attitré de Malefoy, Sirius s'en rendait parfaitement compte. Il n'y avait désormais plus rien qui le reliait à Regulus, puisque celui-ci avait même renié son propre sang. Cette pensée lui donna encore une fois envie de vomir. Puis il y avait James : son meilleur ami à qui il avait fait du mal, contre sa volonté. « Ou peut-être pas », lui intima une petite voix qui perçait de plus en plus à l'intérieur de sa tête endolorie. Sirius se regarda dans le miroir : il aurait voulu arranger les choses. Il aurait voulu aller voir son petit frère, et lui dire que tout irait bien, qu'il était là pour le protéger, là pour s'assurer que personne ne lui ferait de mal. Dans ses rêves les plus fous, Regulus le rejoindrait du bon côté. Sirius se ressaisit soudainement : ce n'était pas un rêve qu'il était en train de vivre, c'était la réalité. Et la réalité était toute autre : Regulus était à Serpentard, il idolâtrait la magie noire et, aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, Sirius était presque certain que Regulus ne fût jamais véritablement son petit frère. « C'est James, ton frère ». A cette pensée, le jeune homme prit une décision qui lui parut comme une évidence : il devait tout simplement dire la vérité à James. Lui dire que son attitude l'avait blessé, lui dire que Lily et lui s'étaient juste découverts des points communs et qu'ô grand jamais il n'avait pensé à la lui prendre. Le cœur plus léger, Sirius partit s'habiller, déterminé à agir sur les choses sur lesquelles il avait encore une emprise.

 

 

-Alors, c'est quoi cette nouvelle si excitante que tu veux nous faire parvenir ?

Il était huit heures du soir. Le parc de Poudlard semblait comme suspendu dans le temps : la brume du matin avait persisté, jusqu'à former une épaisse couche opaque dans l'atmosphère, qui rendait difficile la distinction de la Forêt Interdite et de la cabane de Hagrid. Seule la lune, complètement pleine, brillait pour les éclairer. Pourtant, dans la froideur automnale, Lily se sentit prise d'une chaleur soudaine. Alice et Nelly avaient suivi ses instructions : elles ne l'avaient pas questionné de la journée sur sa grande révélation et avaient mangé au dîner en concentrant leur discussion sur les devoirs à rendre. Mais le moment était venu pour la rousse d'affronter.

-Croyez-moi, ça n'a rien d'excitant, commença-t-elle, une boule dans la gorge.

Alice semblait l'écouter attentivement, et Nelly avait les sourcils haussés, comme si le fait de voir sa meilleure amie si grave l'amusait. Lily consentit à lui adresser un petit sourire. Puis elle prit une grande respiration :

-Alors voilà : je tiens premièrement à vous dire qu'il ne faudra m'interrompre sous aucun prétexte. Si possible, vous montrerez vos émotions après que j'ai fini de raconter mon histoire, car j'ai besoin de toute votre stoïcité pour vous dire ce que j'ai à vous dire. Ensuite : s'il est possible de trouver au fond de vos trippes la force pour ne pas me juger, ou plutôt, le moins possible, car c'est humainement impossible de ne pas juger ce que j'ai fait, ce que quelqu'un m'a fait, mais enfin... Vous comprenez ce que je veux dire. Ou vous allez comprendre. Le fait est que... Potter m'a embrassée. C'était à la soirée d'Halloween : j'étais complètement perdue, Malefoy a menacé de me frapper dans les toilettes des filles. Heureusement, Black m'a trouvé et m'a aidé à me remettre de mes émotions. Il n'est pas si terrible, si on creuse bien... Mais je devais récupérer mon sac, ou plutôt, nos sacs. Et la musique était si forte, la foule est devenue complètement hystérique ! Je vous assure, c'était comme si un sort avait été jeté dans le bar. En y pensant bien, c'est possible qu'un sort ait été jeté dans le bar. Ce serait une explication bien plus rationnelle à ma soudaine perte de contrôle totale de mon éthique personnelle. Quoi qu'il en soit, James Potter a fourré sa langue dans ma bouche. Et je me suis laissée faire.

Elle avait dit le tout si vite que la respiration qu'elle prit après sa longue tirade laissa une large trace dans l'atmosphère. Elle ne releva la tête du sol, auquel elle s'était adressée, qu'après s'être assurée d'avoir assez d'air dans les poumons pour ne pas tomber dans les pommes. Alice la regardait, les yeux grands ouverts et la mine estomaquée.  Nelly avait désormais les sourcils froncés. Puis son regard croisa celui de Lily, et elle éclata de rire. D'un rire sincère, joyeux, incontrôlable. Alice ne mit pas longtemps à la suivre. Alors que ses deux amies se bidonnaient devant elle, Lily sentit la boule qu'elle avait dans la gorge lui dévaler l'estomac, pour s'évaporer. Elle se sentait légère comme jamais elle ne l'avait été.

-C'est tout ce que ça vous fait ? Je vous ai menti ! J'avais une bonne raison : j'étais dans un déni tellement profond que j'aurais été capable de me mentir à moi-même si sa vue ne m'avait pas ramené à la réalité. J'ai voulu vous le dire, je vous assure. Hier soir, je voulais vraiment le faire. Mais j'ai reçu cette lettre de mes parents, m'annonçant que Pétunia s'était mariée et...

Alice et Nelly s'arrêtèrent de rire. La deuxième, tout en essuyant les larmes qui avaient coulé le long de ses joues, reprit un brin son sérieux :
-Lil's, tu n'as pas à t'excuser. Tu avais besoin de temps pour le digérer, et je comprends.

-Au faite, tu étais sérieuse quand tu as dit que Malefoy avait voulu te frapper ? demanda Alice.

-Il est venu m'intimider dans les toilettes. Il ne l'aurait peut-être pas fait, je ne sais pas... Quoi qu'il en soit, je préfère oublier cette histoire, et me rappeler de toujours avoir ma baguette sur moi. On ne sait pas de quoi ils sont capables.

Le silence se fit pendant quelques secondes.

-Vous ne m'en voulez pas ? demanda Lily d'une petite voix.

-Bien sûr que non. Tu es notre amie, quoi qu'il arrive. Et ta sœur ne sait vraiment pas ce qu'elle rate en ne t'invitant pas à son mariage.

La rousse sourit et se souvint de ce qu'elle avait dit à Sirius le soir précédent : « on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ».

-Je ne t'en tiendrai pas rigueur à une condition, lança Nelly, énigmatique.

-Laquelle ?
-Dis-nous sincèrement, et je saurai si tu mens : comment embrasse le légendaire James Potter ?

Lily s'embrasa. Elle avait été tellement prise dans sa colère, sa tristesse et sa peur qu'elle ne s'était jamais posée la question. Elle n'avait embrassé qu'un seul garçon dans sa vie, son premier petit-ami. La jeune femme avait tellement tenté de fuir ce souvenir qu'il lui fallut quelques secondes pour se reconnecter à la scène. Une nouvelle boule apparut dans son ventre, d'une toute autre sensation que la première...Mais elle restait Lily Evans, et bien qu'elle ne voulût plus mentir à ses amies, il y avait des choses qu'elle n'était pas encore prête à avouer.

-Et bien... Mise à part son arrogance et le fait que je lui étriperais volontiers les cheveux, on va dire qu'il ne se débrouille pas trop mal. Pas trop mal pour un Potter dans son genre, je veux dire. Tout en sachant que ça ne se reproduira jamais.

Lily eut juste le temps de voir Alice et Nelly s'échanger un regard qui en disait long.

-Faisons un pacte, lança la première. On doit toujours pouvoir tout s'avouer, sans peur d'être jugée.

Lily et Nelly attrapèrent les mains qu'Alice leur tendait :

-Marché conclu.

 

 

Sirius n'avait pas réussi à rejoindre James de la journée. Ce dernier était tant occupé à le fuir que le jeune homme avait passé des heures à cogiter. «Et s'il ne voulait plus jamais être mon ami...». James était la seule famille qu'il ait à ce jour, il ne pouvait se résoudre à le perdre sur un malentendu.

-Ne t'inquiète pas, il sera là ce soir.

Sirius était en compagnie de Peter et de Remus, lequel avait des cernes si grands qu'ils prenaient la moitié de son visage. Les trois garçons attendaient le dernier des Maraudeurs, à l'orée de la Forêt interdite.

-Et s'il ne venait pas, juste à cause de moi ?

Remus soupira :

-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous. Et sincèrement, je ne suis pas sûr de vouloir le savoir. La seule chose dont je suis sûre, c'est que James n'oublierait jamais une nuit de pleine lune.

Sirius baissa la tête. C'était quelque chose qu'il aurait pu faire : oublier d'aller aider Remus. Mais pas James, c'était le plus loyal de tous. « C'est aussi pour ça qu'il ne pardonne pas les trahisons », lui intima une petite voix qu'il ne connaissait que trop bien.

-Allais Sir', toi et Cornedrue vous êtes les meilleurs amis du monde, pas vrai ? Ça va forcément s'arranger.

Peter disait vrai : leur amitié tiendrait. Cependant, plus les minutes passaient, plus le cœur de Sirius venait cogner contre ses tempes. Il était neuf heures, et il était impératif que les Maraudeurs regagnent la Forêt interdite pour se préparer à la transformation. Comme toutes les pleines lunes, Sirius se transformerait en chien-ce qui lui procurait la plupart du temps un enthousiasme intense-, James en cerf, Peter en rat et Remus, lui, serait contraint de devenir un loup-garou.

-Il est neuf heures.

-Il va venir, Patmol. C'est lui qui vous a convaincu de devenir des Animagi pour moi. Il ne laissera pas tomber maintenant.

Des secondes passèrent, qui parurent aux yeux de Sirius une éternité, avant qu'une tignasse mal coiffée et des lunettes carrées ne les rejoignent. Il avait les mains dans les poches, et regardait Remus :

-Désolé du retard, mec. J'ai dû aller voir Mcgonagall pour mes heures de retenue.

-Pas de mal.

James n'avait pas lancé un regard à Sirius. Alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la Forêt, Remus le stoppa net :

-Pas si vite. Je veux que vous vous expliquiez maintenant. Pas question que vos querelles viennent tout chambouler ce soir. C'est déjà un moment assez pénible pour moi, je ne voudrais pas retrouver un cerf ou un chien mort demain matin en me réveillant.

James restait buté, le visage cette fois-ci tourné vers la lune.

-J'ai foiré, je sais, se lança courageusement Sirius. J'étais énervé contre toi, parce que je t'ai vu à la soirée d'Halloween. Je t'ai vu... Enfin tu sais.

-Tu m'as vu embrassé Evans ?! s'écria James, désormais subjugué.

-Tu as embrassé Lily ?! s'égosilla Remus.

-Oui, et je l'ai vu, continua Sirius en coupant l'élan de Peter-lui aussi sous le choc de la révélation. Je pensais que tu viendrais nous voir, mais tu n'avais apparemment pas assez confiance en moi pour me confier cela. Je ne cherche pas d'excuse, j'ai été complètement naze. La journée de mes dix-sept ans a été l'une des pires de ma vie.

Et il leur raconta tout : sa morosité, la manière dont il avait manqué de respect à Cassidy (il se tint tout de même de dire de quelle nature provenait ce manque de respect), son frère et la bande de Malefoy et, enfin, Lily.

-Evans ne voulait pas que je te le dise, mais elle s'est faite agressée par Malefoy, le soir d'Halloween.

-Je sais, maugréa James. C'est la raison pour laquelle je suis collé. Elle l'a dit à Narcissa en cours de potions, j'ai entendu et j'ai mis un pain dans la figure de Malefoy.

-Comment ça ?! Malefoy a attaqué Lily ? Eh bien... Je comprends mieux maintenant.

Remus semblait désorienté et triste.

-Quoi qu'il en soit : je ne ressens rien pour elle, et elle ne ressent rien pour moi. Je l'ai croisé dans la Forêt interdite, elle a été témoin de la scène avec Regulus, et on est remonté dans la salle commune. C'est tout, je te l'assure.

James semblait hésiter. Il regardait désormais Sirius dans les yeux, comme pour le sonder :

-Je te crois, finit-il par dire, ses traits se détendant immédiatement.

Sirius eut un sourire flamboyant.

-Merveilleux. Si l'on pouvait aller se transformer, ça m'évitera à tous de vous tuer.

Les dires de Remus firent rire la bande.

-Je n'en reviens pas, pouffa Peter. Dire que Lily Evans a été dans la Forêt Interdite !

-Dire que Lily Evans a embrassé James Potter ! s'écria Remus en mimant le dégoût.

James éclata de rire :

-Faisons un pacte : plus de secret entre nous. Je crois qu'on l'a prouvé à maintes reprises, mais on n'est jamais aussi performant que lorsqu'on partage tout, vous ne croyez pas ?

Les trois quatre acquiescèrent, Sirius le premier. Les Maraudeurs se tapèrent dans les mains.

-C'est parti, le premier transformé gagne la course !

Alors que les quatre amis se lancèrent tête baissée dans la Forêt, la lune éclairant leur pas, Sirius ne put faire taire la petite voix qui lui intimait qu'il était celui qui déshonorait leur pacte.

End Notes:

J'espère sincèrement que vous avez apprécié ce chapitre!
N'hésitez pas à me laisser des reviews et surtout à me dire ce que vous pensez/avez envie de voir pour la suite, j'adore voir les différentes théories et les envies de chacun :)

 

Petit indice pour le prochain chapitre: disons que le loup trouvera bientôt sa louve... ;-) 

 

Plein de bisous et à bientôt! 

Chapitre 23: Demander pardon by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un nouveau chapitre, à nouveau un peu plus léger :) J'avais besoin de revoir les Maraudeurs unis et de faire avancer petit à petit certaines histoires... ;-)

 

Sur ce, bonne lecture!

 

-Et je vous prierais de me rendre, pour le prochain cours, un parchemin de vingt centimètres sur les sortilèges informulés et la manière de les contrer mentalement. Sans soupir, ce serait encore mieux !

Alors que le professeur Burbog congédiait ses élèves, Lily laissa un long soupir s'échapper de ses lèvres.

-C'est décidé, j'arrête le collège. Je rejoins mes parents, ils m'apprendront tout ce que j'ai à apprendre sur l'apothicaire, se plaignit Nelly.

-Vous au moins, vous avez une chance de vous en sortir. Je ne suis même pas sûre d'avoir compris ce qu'était réellement un sortilège informulé, renchérit Alice, la mine dépitée.

Une semaine avait passé depuis que les trois filles avaient scellé leur pacte d'amitié. Une semaine remplie de devoirs, de cours et de matière toujours plus difficile à assimiler. Lily ne s'en plaignait pas particulièrement, ça lui empêchait de trop penser aux événements récents et, étant donné qu'elle passait la plupart de son temps à la bibliothèque, elle n'avait pas à croiser les Maraudeurs.

-On ne va pas se décourager de si vite les filles ! On a une heure de libre, le meilleur que l'on puisse faire, c'est d'aller à...

-...la bibliothèque, on sait, finit Nelly sans grande conviction. Pour une fois, je vais te suivre. Je crois que ce sera la meilleure façon d'en finir avec cette montagne de devoirs.

-Si ça ne vous ennuie pas, je vais rejoindre Franck. Il m'a promis de m'aider avec la métamorphose et les sortilèges. En échange...

-On ne veut pas savoir ce qu'il demande en échange, blagua Nelly.

Alice lui poussa gentiment l'épaule.
-En échange, je lui donne un coup de main en botanique. Pour une fois que je suis la meilleure dans une matière !

Lily sourit gentiment à son amie tandis qu'elle descendait les escaliers à toute vitesse pour rejoindre son petit-ami. Elle avait une affection toute particulière pour Alice, et se sentait parfois honteuse de se plaindre alors qu'elle avait les meilleures notes de sa promotion. Pourtant, douée ou pas, la rousse ne pouvait s'empêcher de ressentir l'angoisse se propager dans ses veines à chaque fois qu'un professeur leur donnait une nouvelle matière à intégrer. C'était pour cela qu'elle préférait prendre les devants, et aller à la bibliothèque à la moindre occasion pour éviter de prendre du retard. Nelly était tout le contraire : elle ne faisait ses devoirs que par crainte d'être interrogée et de devoir répondre devant toute la classe et n'affectionnait pas particulièrement le fait d'étudier des heures d'affilée. Parfois, Lily l'enviait : elle se mettait probablement moins de pression. Mais il était difficile pour la jeune femme de se concentrer sur ses études quand sa meilleure amie préférait dessiner à ses côtés. En effet, Nelly avait une âme artiste que Lily admirait profondément.

-Bon, on va à la bibliothèque ou quoi ?

La rousse sourit :

-Si tu me promets de travailler au moins une demi-heure avant de te mettre à tes dessins.

Nelly fit mine de réfléchir :

-Une demi-heure... Si on compte les cinq premières minutes où je chercherai mon matériel, les cinq suivantes qui me serviront à prendre ma plume et à écrire le titre, les quinze minutes où je vais vaguement faire des recherches dans des bouquins et les cinq dernières minutes où je vais tenter d'écrire quelque chose... ça me paraît correct, je devrais m'y tenir.

Lily éclata de rire.

-C'est vendu !

D'un pas plus léger, les deux jeunes femmes se dirigèrent vers la bibliothèque tout en discutant des différentes hypothèses qu'elles pourraient écrire pour le devoir de Défense contre les Forces du Mal.

 

 

 

-Remus, on peut savoir ce que tu fiches ?

-Quelle question, il fait ses devoirs.

-C'est celui de métamorphose ? J'avoue que j'aurais bien besoin d'aide...

Remus soupira. Ses amis n'étaient définitivement pas d'un grand secours lorsqu'il s'agissait d'étudier. Lui-même était loin d'être en reste : il aimait chercher dans des livres, lire pendant des heures et écrire. Cependant, ce n'était pas toujours facile pour lui de faire ses devoirs alors que James et Sirius blaguaient et que Peter lui demandait de l'aide.

-Oui, je fais mes devoirs. Queudver, si ça ne t'ennuie pas, demande à Cornedrue pour cette fois-ci. J'aimerais avoir fini rapidement.

-Pourquoi Cornedrue ?! Moi aussi je peux t'aider, fit Sirius à Peter, la mine outrée.

-Vraiment ? demanda le garçon grassouillet avec espoir.

Sirius fit mine de réfléchir :

-Si j'en avais envie, oui. Mais pour l'instant, ce n'est vraiment pas le cas. Le devoir est à rendre pour mardi prochain, ce qui veut dire que je ne me pencherai pas dessus avant lundi soir. Si tu peux attendre lundi soir, je t'aiderai volontiers. Sinon, en effet, demande à Cornedrue.

James éclata de rire :

-Pas de bol Pet', mais je suis Sirius sur ce coup.

Remus ne put s'empêcher de sourire face à la mine déconfite de Peter. Bien qu'il fût plein de compassion envers la difficulté qu'avait son ami à suivre les cours, rien ne lui faisait plus plaisir de revoir la complicité de James et Sirius à l'action.

-Je t'aiderai demain, promit-il toutefois à son ami.

-Merci, Lunard.

-Et pourquoi es-tu si pressé de terminer ce devoir ? Mcgonagall t'effraie à ce point ? demanda James, son éternel sourire moqueur aux lèvres.

-On peut voir ça comme ça, répondit Remus évasivement, sentant le rouge lui monter aux joues.

-Lunard, commença Sirius d'un ton plein de sous-entendus, dis-nous la vérité.

Le jeune homme hésita, puis se rappela du pacte d'amitié fait une semaine plus tôt. Le fait était qu'il avait passé la semaine à cogiter et à se sentir plus lamentable que jamais. Cela ne lui ressemblait pas de traiter les filles de cette manière. Il avait voulu approcher Nelly toute la semaine, mais celle-ci l'avait ignoré avec tant d'aplomb que Remus en avait eu le sang glacé. Il aurait pensé que Lily viendrait le saluer, et qu'ainsi il pourrait profiter de l'occasion, mais la rousse semblait au moins aussi résolue à ignorer les Maraudeurs que son amie. Il ne pouvait réellement les blâmer, que ce soit lui-même ou James, aucun des deux n'était exempt de reproches. Seulement, Remus avait bien l'impression qu'il serait le seul à s'excuser.

-J'ai envie de voir quelqu'un.

-Quelqu'un... dit Sirius en hochant la tête comme s'il réfléchissait, quand tu dis quelqu'un, c'est pour dire Nelly Wilbongs, c'est ça ?

Remus s'embrasa cette fois-ci complètement.

-Oui, marmonna-t-il, contrit.

-Courageux de ta part, fit James sérieusement.

Remus fut soulagé de voir que son ami semblait songer à la possibilité de faire de même avec Lily. Soudain, il eut une idée.

-J'ai besoin de ton aide, fit-il à l'intention de James.

-Je ne suis pas sûr d'être la bonne personne sur ce coup-là, Lunard.

-Je suis même carrément sûr qu'il ne l'est pas, surenchérit Sirius.

-Je ne veux pas que tu ailles parler à Nelly, je veux juste que tu prennes mon tour de garde ce soir. Comme ça, j'aurai plus de temps pour faire mes devoirs, et je pourrai même te donner à un coup de main Queudver. Et ensuite, j'irai parler à Nelly. Elle sera probablement dans la salle commune. Je demanderai à Alice de l'y retenir. Alors ?

James eut un sourire entendu envers Remus :

-Alors j'accepte. Je dirais même avec plaisir.

Sirius haussa un sourcil :

-Je ne comprendrai jamais votre engouement pour un travail aussi rébarbatif qu'être préfet. Faire des tours de garde... Si encore il y avait quelques Serpentards avec qui se battre en duels. Mais j'imagine que ce n'est pas le cas.

-Patmol, pour une fois que je me sens plus intelligent que toi, je vais en profiter. James est content de faire ce tour de garde parce que Evans y sera. Je me trompe ? demanda Peter, rougissant de son aplomb.

Remus ricana lorsqu'il vit le visage de Sirius s'illuminer :

-Mais bien sûr ! Dans ce cas, je compte sur vous pour un compte-rendu complet les mecs !

Plus léger de voir James si enjoué, Remus ne put nier la boule qu'il sentait dans sa gorge lorsqu'il pensait à ce qu'il allait dire à Nelly le soir même.

 

 

Lily bâilla et regarda sa montre. Elle devait rejoindre Remus à dix-neuf heures pour son tour de garde. Cette journée lui avait semblé interminable : deux heures de Défense contre les Forces du Mal, une heure libre à essayer de rattraper son retard dans ses devoirs, une heure de métamorphose, le dîner- qu'elle avait principalement passé à la bibliothèque-, deux heures d'arithmancie et deux heures de sortilèges. Elle n'avait pris que vingt minutes pour manger son dîner puis était remontée dans la salle commune afin de terminer ses devoirs et d'y attendre Remus. Bien que la salle fût bondée, elle n'apercevait pas son ami. Elle était impatiente de lui reparler et, surtout d'amener le sujet « Nelly » sur la table. Voyant qu'il était dix-neuf heures passées et qu'il n'était toujours pas là, la rousse prit la décision de sortir de la salle. « Il m'attend probablement au dehors ». Elle passa donc le trou du portrait de la Grosse Dame, et s'aperçut que quelqu'un l'attendait effectivement au-dehors de la salle commune. Mais ce n'était pas Remus.

-Salut, Evans. Remus m'a demandé de le remplacer, il avait quelque chose... d'important à faire ce soir. J'espère que ça ne t'ennuie pas trop.

Lily fut outragée de voir à quel point James semblait nonchalant et à l'aise. Pendant quelques secondes, sa gorge, si nouée qu'elle était, l'empêcha d'émettre le moindre son.

-Non mais tu te fiches de moi ?! explosa-t-elle finalement en sortant machinalement sa baguette. Il est absolument exclu que je fasse ce tour de garde avec toi, tu m'entends ?

-A vrai dire, je t'entends très bien, et j'imagine que tout le château aussi. Abaisse ta baguette, veux-tu, je ne voudrais pas devoir sortir la mienne.

Lily baissa les yeux sur sa baguette qui était effectivement pointée sur le Gryffondor et rougit. James ne perdait pas une miette de son arrogance. Elle hésita quelques instants : il était hors de question qu'elle ne remplisse pas ses devoirs de Préfète-en-Chef. D'un autre côté, elle pourrait faire son tour de garde seule. Mais une petite voix lui rappela ce qui lui était arrivé la dernière fois qu'elle s'était retrouvée seule à un endroit. Le souvenir cuisant de Malefoy levant le poing sur elle la fit frissonner. Finalement, une seule solution s'imposait à elle. D'un regard empli de dégoût, elle cracha à James :

-Bien, mais tu ne m'adresses pas la parole.

-Comme tu veux.

-Je t'ai dit de ne pas me parler !
-Tu es celle qui me parle, pour l'instant...

-Potter, je te préviens, arrête ce petit jeu tout de suite sinon...

-Sinon quoi ?

Lily bouillonnait. Le garçon avait un sourire provocateur aux lèvres. « Il n'a pas changé, il se fiche de toi, encore et toujours ». Seulement, cette fois-ci, elle n'était pas seulement remontée contre lui. Une boule inexplicablement chargée vint se loger dans son ventre pour remonter le long de sa gorge. Un instant, Lily crut presque que les larmes lui montaient aux yeux.

-Juste... Tais-toi, s'il te plaît, dit-elle d'une petite voix.

Lily vit James se rembrunir immédiatement. Pire, il la regardait avec un air qu'elle ne lui avait jamais vu sur le visage avant... Se pourrait-il que ce soit de l'inquiétude ? Lorsque le garçon se rendit compte que la jeune femme l'observait, il reprit son éternel air arrogant.

-Et si je ne me tais pas, tu feras quoi ? Après tout, je suis aussi Préfet-en-Chef, tu ne peux pas me menacer de grand-chose.

N'y tenant plus, Lily se planta devant lui :

-Ce n'est pas un jeu, Potter. Ces rondes, c'est très sérieux pour moi. Si on tombe sur des Serpentards qui font je-ne-sais-quoi à je-ne-sais-qui, je veux pouvoir agir. Seulement, j'ai besoin que quelqu'un soit avec moi, tu comprends, pour éviter que...-sa voix se brisa un court instant- Enfin, bref. Pour faire cette ronde, j'ai surtout besoin que tu te taises, c'est compris ?

-Je comprends.

Cette fois-ci, le garçon était sérieux. Lily hocha de la tête et continua sa ronde, le plus rapidement possible. Une demi-heure plus tard, après avoir vérifié les moindres recoins du château, il s'avéra que tout était calme ce soir-là. Les deux Gryffondors reprirent donc le chemin de la Salle commune. La rousse avait hâte que cette soirée se termine, elle avait même hâte de reprendre ses devoirs. Ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame, en silence. Alors que Lily s'apprêtait à dire le mot de passe, elle fut bloquée par la main de James qui s'appuya sur le portrait, lequel émit un son étouffé.

-Avant que tu plonges dans tes livres, j'ai besoin de clarifier quelque chose. Je sais que ce n'est pas un jeu, et je n'essayais pas de me moquer de toi. Je n'ai jamais voulu t'humilier, et je voulais que ce point soit clair entre nous.

Puis il dit le mot de passe et passa le portrait, laissant une Lily vaguement pantelante et le souffle coupé sur le pas de la porte.

 

 

 

Cela faisait dix bonnes minutes que Remus plantait sa plume dans son encre sans la ressortir vraiment. Sa tête cogitait : elle était là, à quelques mètres de lui, son beau visage plongé dans un carnet dont il ne pouvait voir le contenu. Elle semblait perdue dans ses pensées, et, surtout, elle ne lui accordait pas la moindre attention. Cela faisait dix minutes que Remus cherchait des excuses pour ne pas affronter ce qu'il s'était promis de faire : « il y a trop de monde », « je vais attendre que les premières années soient couchés », « je ne veux pas que Sirius et Peter me voient ». Cependant, s'il ne se décidait pas à l'instant, James et Lily seraient de retour et, alors, il perdrait tout courage pour aller parler à Nelly. En prenant une grande et longue respiration, Remus boucha définitivement son encre, fourra sa plume dans son sac qu'il balança sur son dos et s'approcha de la jeune femme, d'une démarche moins détendue qu'il l'aurait souhaité. Arrivé devant elle et en voyant qu'elle ne bougeait pas, il s'éclaircit la gorge :

-Salut, Nelly.

La jeune femme leva soudainement la tête, et il vit ses joues s'embraser légèrement. Une fois la surprise passée, ce fut de l'agacement qu'il perçut sur ses traits fins et délicats.

-Salut, répondit-elle froidement.

Quelque peu déconcerté par le manque d'enthousiasme de la jeune femme, Remus se mit à se balancer d'un pied à l'autre. Il sentait les regards de Sirius et Peter dans son dos, et il lui semblait que le bruit de la salle commune s'était momentanément tari. Avec un élan de détermination, il dit d'une voix assurée :
-J'aurais besoin de te parler, si tu es d'accord. Je pense que ce serait bien qu'on le fasse à l'extérieur.

Nelly sembla hésiter quelques minutes. Elle lança un regard à Alice, laquelle avait fait semblant d'être obnubilée par son devoir de botanique. En voyant qu'elle n'avait pas de soutien, la jeune femme hocha la tête.

-Merci, dit Remus avec sincérité.

Les deux adolescents sortirent de la salle commune, puis allèrent dans une salle de classe vide. Lorsque Remus ferma la porte, il se sentit soudainement idiot, les bras ballants et le cœur battant. Il s'éclaircit à nouveau la gorge :

-J'ai été un vrai nul.

Le jeune homme rougit, il était d'habitude le meilleur lorsqu'il s'agissait de peser ses mots. Mais rien d'autre ne voulait sortir.

-C'est vrai, finit par acquiescer Nelly, toujours aussi froide.

En prenant une grande respiration pour faire redescendre le sang qui lui était monté à la tête, Remus posa son sac à terre et s'approcha gentiment de la jeune femme :
-Tu as tous les droits de m'en vouloir. Tu as même le droit de ne plus vouloir m'adresser la parole. Je ne t'ai pas traitée correctement. Je n'ai sincèrement aucune excuse. Il m'arrive parfois d'être dans des mauvais jours, et je n'arrive pas à contrôler mes comportements... Mais je crois que même ça n'excuse en rien la manière dont je me suis comporté.

Un brin soulagé de voir que son aisance des mots lui était revenue, il attendait tout de même la réaction de Nelly avec inquiétude. La jeune femme le sondait et semblait réfléchir à toute vitesse.

-C'est vrai que ton comportement n'est pas excusable. J'estime que je méritais au moins que tu viennes me parler, même si c'était pour me dire que tu regrettais ce qu'il s'était passé.

-Tu as raison, j'aurais dû venir te parler. Mais si j'étais venu te parler, je ne serais pas venu te dire que je regrettais, car ce n'est vraiment pas le cas...

Les traits de Nelly parurent se détendre. Remus s'approcha encore de quelques pas.

-Et pour toi ?
Elle haussa les épaules :

-Sur le moment, je ne regrettais pas. Mais vu la façon dont tu t'es comportée ensuite, oui, j'ai regretté.

Remus sentit ses épaules s'affaisser mollement. « Tu l'as mérité », lui intima une petite voix.

-Je comprends.

Un silence s'installa pendant quelques minutes, que Nelly vint briser :

-Et bien, si c'est tout ce que tu avais à me dire...

En voyant qu'elle s'en allait, Remus la rattrapa par le bras :

-Attends ! Ce n'est pas tout. J'aurais voulu savoir s'il était possible que je me fasse pardonner. J'aimerais... Je ne sais pas, disons... T'emmener boire un verre. Ou quelque chose comme... Un vrai rendez-vous.

Il n'avait pas lâché son bras, mais se sentait plus idiot que jamais. Les joues de Nelly reprirent une teinte rosée, et il vit un sourire perler à ses lèvres.

-Et tu voudrais m'emmener boire un verre quand ? La sortie à Pré-au-Lard n'est pas prévue avant des semaines...

Remus n'avait pas prévu ce contretemps. Il était évident qu'il voulait la voir avant.

-Eh bien, on n'a cas prévoir d'aller se balader dans l'enceinte de Poudlard. Je sais que ce n'est pas exactement le premier rendez-vous rêvé mais... Je suis persuadé que je te ferai découvrir des coins dont tu n'avais pas la moindre idée qu'ils existaient !

Il s'autorisa un sourire, qu'elle rendit plus timidement.

-Bon. C'est d'accord pour une balade.

La boule qui le serrait dans son ventre faisait désormais une fête d'enfer. Il lui parut difficile de ne pas sauter de joie.

-Merci. Et encore désolé pour mon comportement. Ça n'arrivera plus.

-Allons déjà se balader, et je déciderai plus tard si tu mérites mon pardon ou pas.

Puis elle s'en alla. Bien qu'il sût qu'il allait devoir prouver bien des choses, Remus ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles. Il allait avoir un premier rendez-vous avec une fille. En reprenant son sac, il se permit se lever le poing en l'air en signe de victoire, et se recomposa un visage serein et sobre pour revenir à la salle commune tout raconter à Sirius, James et Peter.

End Notes:

Merci de votre lecture, et à bientôt pour un nouveau chapitre, où nous pouvons nous attendre à voir évoluer certaines situations... Et où je vais m'essayer à un POV Cassidy!

 

A bientôt!

Chapitre 24: Revanches by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

Inutile de vous servir le même refrain qu'à chaque fois: bien sûr que je suis désolée de l'attente! Je vais vraiment VRAIMENT essayer d'être plus assidue dans mes écrits, car j'aimerais beaucoup posté des chapitres plus régulièrement.

 

Mais me revoilà avec un nouveau chapitre, qui s'intitule "revancheS" pour bien des raisons ;-) Un petit chapitre "Girls Power" que j'ai particulièrement aimé écrire, notamment pour une scène spécifique qui fera avancer l'histoire de deux personnages :) Sans trop vous en dire, je vous laisser à votre lecture!

 

PS: J'ai été visiter les studios de Harry Potter à Londres et OH MON DIEU c'était absoluement et incroyablement MAGIQUE! Est-ce que l'un ou l'une d'entre vous y a déjà été? Si oui, comment les avez-vous trouvé?

 

Novembre était déjà bien entamé, et le temps- qui n'accordait aucune clémence aux élèves de Poudlard- était froid, brumeux et venteux. Ce samedi-là ne faisait pas exception à la règle. Alors qu'elle regagnait vivement le terrain de Quidditch, son balai sur le dos, Cassidy remonta l'écharpe aux couleurs de Gryffondor qui bordait son cou. Elle se sentait en forme et déterminée. C'était ce jour-là que sa maison devait rejouer son match contre Serpentard. Madame Bibine avait été intransigeante : s'il y avait la moindre tricherie, les deux équipes seraient définitivement éliminées du tournoi. Il était hors de question pour Cassidy que cela se produise : elle voulait absolument remporter la coupe de Quidditch lors de sa dernière année. Elle savait aussi combien cela comptait pour James, bien que son grand frère eût plus à se reprocher qu'elle concernant l'annulation du précédent match. Alors qu'elle pensait aux nouvelles figures qu'elle avait appris à l'entrainement, une main se posa avec douceur sur son épaule. En sursaut, elle se retourna pour voir Sirius, lui aussi en habits de Quidditch, lui sourire :

-Alors, prête ?

-Plutôt, répondit-elle d'une voix froide.

Essayant de se remémorer avec peine la figure qu'elle avait en tête, elle s'obstina à ne pas regarder les yeux métalliques du brun. Cassidy n'avait pas oublié une seconde la manière dont Sirius l'avait traitée, et surtout les mots qu'il avait pu avoir à son encontre. La jeune femme n'était pas stupide, elle savait parfaitement que la situation dans laquelle elle s'était mise ne pouvait durer éternellement, mais elle espérait plus de considération de la part du garçon.

-Pour ma part, je ne me fais pas de soucis. Je n'ai jamais vu un entrainement aussi productif que le nôtre ! Et puis si tu joues comme la dernière fois, on est sûr de gagner.

Cassidy vit du coin de l'œil que Sirius continuait de sourire, mais il semblait moins sûr de lui qu'à l'habitude. Elle se força à regarder droit devant elle, sachant combien il était dur de détourner son regard du jeune homme une fois perdu dans ses yeux.

-J'ai briefé Franck : on va continuer à être très offensif, mais on va vraiment éviter de perdre notre sang froid. Le seul problème que je vois, c'est Malefoy, il arrive toujours à trouver un moyen d'énerver James. Mais je vais lui parler, il sait combien c'est important pour lui et pour l'équipe de gagner ce match !

Cassidy ne répondait toujours pas, mais elle sentait le sang lui monter à la tête. Pour une raison qu'elle n'expliquait pas, le fait que Sirius lui parla de son frère la rendait encore plus folle de rage qu'elle ne l'était déjà.

-Tu connais ton frère, il a le sang chaud. Mais si toi et moi on se met ensemble pour lui dire de se calmer, il y a de grandes chances qu'il nous écoute et...

N'y tenant plus, Cassidy se posta devant Sirius, planta son balai dans le sol et son regard dans les yeux gris du garçon avec résolution :

-Je pensais que mon silence serait révélateur, mais apparemment tu as besoin d'un peu d'aide. Je n'ai aucune envie de t'adresser la parole, aucune envie de te répondre et aucune envie que tu me parles. Et surtout, je déteste par-dessus tout que tu me parles de James comme si tu étais le meilleur ami qu'il puisse avoir sur cette planète. Tu n'es le meilleur ami de personne, et tu n'es bienveillant envers personne. On va gagner ce match, et j'irai parler à James. Maintenant, laisse-moi tranquille.

Puis elle se retourna et avança d'un pas vif vers les vestiaires du terrain de Quidditch. Elle ne savait pas s'il l'avait suivi, ou si ses paroles lui avaient provoqué la moindre réaction. Arrivée aux vestiaires, Cassidy soufflait comme si elle avait déjà joué le match, et sentait ses joues lui brûler- ce qui était anormal aux vues de la température plus qu'automnale. Le cerveau brouillé par l'énervement, elle remarqua à peine que les filles de l'équipe l'avaient rejoint. Elle tenta cependant de s'intéresser à leur conversation quand James arriva, Sirius à ses côtés. Il semblait à nouveau sûr de lui et riait avec aplomb.

-Votre attention à tous ! commença James. On s'apprête à jouer le match qui sera déterminant pour la coupe de Quidditch de cette année. Comme vous le savez, les agissements de certaines personnes de cette équipe- moi y compris, ont amené Madame Bibine à prononcer l'une des sentences les plus terribles en Quidditch : l'annulation de notre victoire. Je ne tiens à blâmer personne, surtout compte tenu du fait que je suis le premier responsable. Mais mon ami ici présent - Cassidy vit James taper sur l'épaule de Sirius- m'a rappelé à quel point il était important que je garde mon calme pendant ce match. Je vous invite à écouter ces braves et judicieux conseils : si vous êtes énervés, canalisez cette rage dans le jeu, et non pas sur les Serpentards. Brimez vos oreilles, fermez vos yeux, visualisez vos parents, peu importe, du moment que l'on gagne à la loyale ! Vous êtes avec moi ?

-OUI ! cria l'équipe de Gryffondor au complet.

Cassidy vit son frère lui sourire, ce qu'elle ne put lui retourner. Elle s'apprêtait cependant à suivre son conseil : canaliser sa rage dans le jeu.

 

 

Cela faisait plusieurs minutes que Narcissa patientait. Elle qui était d'un naturel calme et patient, elle sentait l'agacement la prendre quand elle consulta sa montre pour se rendre compte que Lucius la faisait poireauter depuis plus de vingt minutes. Elle fut un instant tentée de monter le chercher dans son dortoir, mais se doutait bien qu'il était entouré de sa bande. Puis la blonde se mit à repenser à la dernière fois qu'elle était dans le dortoir de son petit-ami, et l'agacement laissa la place à une toute autre sensation. Rougissante, elle sursauta quand une main se posa avec vigueur sur son épaule.

-Qu'est-ce que tu fais là ?
C'était Lucius. Sa bande au complet l'attendait derrière, les yeux de Mulciber, Rosier et Avery particulièrement insistants sur Narcissa. Elle sentit l'embrasement la gagner de plus en plus, elle avait l'impression que ses pensées étaient mises à nue devant les Serpentards présents.

-Je t'attendais.

-Comment ça ?

-Et bien, on avait dit qu'on se voyait aujourd'hui. Tu devais m'aider pour...

Narcissa devint cette fois-ci franchement rouge, mais ne baissa pas le regard. Au contraire, elle envoya des yeux agacés à la bande à Lucius, afin de leur faire comprendre qu'elle voulait être seule avec son petit-ami. Ils ne bougèrent pas. Le blond afficha une mine exagérément blasée :

-C'est juste, j'avais oublié. Mais on rejoue le match contre cette bande de traître-à-leur-sang dans quelques heures. Je dois entrainer mon équipe.

La blonde détourna cette fois-ci le regard. Une tristesse accablante venait tenir compagnie à sa rage grandissante. Elle dut mordre sa lèvre pour ne pas pleurer.

-Ça ne fait rien.

Sans lui accorder un autre regard, Lucius s'apprêtait à rejoindre ses amis. Puis Narcissa eut une idée :
-Severus ne vient pas avec vous j'imagine ?

-Autant je donnerais cher pour le voir sur un balai, autant il n'a pas sa place dans ce genre d'entrainement, lança Mulciber, ce qui fit éclater de rire la bande, Lucius y compris.

Narcissa lui lança un regard à glacer le sang, mais le garçon lui tint tête. Elle se retourna vers son petit-ami :

-Bien. J'irai lui demander à lui, de m'aider en potions. Bon entrainement.

Avant d'entrer dans son dortoir, elle eut juste le temps de se retourner pour voir que c'était au tour de Lucius de rougir, et que Mulciber et Avery se bidonnaient silencieusement à l'arrière. Bien qu'elle fût soulagée de voir qu'elle avait sauvé le peu de crédibilité qu'il lui restait, Narcissa ressentit tout de même une boule lui monter dans la gorge en pensant à la réaction du blond lorsqu'il la reverrait.

 

 

Nelly se regarda dans le miroir pour la énième fois depuis le début de la matinée : elle passa en revue sa tenue - une jupe cintrée, taille haute, accompagnée d'un pull à col roulé et de bottines noires, qui mettaient en valeur ses jambes. Ses cheveux étaient noués à l'arrière dans un chignon lâche (« ça donne l'impression que tu n'as pas passé trois heures à te coiffer tout en complimentant ton visage », lui avait dit Lily). Elle s'était permis une couche de mascara et de rouge à lèvre foncé, qu'elle regrettait maintenant qu'elle voyait la dégaine que ça lui donnait.

-J'ai l'impression d'avoir trente ans et d'être incroyablement sûre de moi. Le rouge à lèvre, c'est trop.

-Ce n'est pas trop ! lança Lily, qui venait d'apparaître dans le miroir. Ça met tes yeux en valeurs, ainsi que ta tenue. C'est un premier rendez-vous. Je suis persuadée que Remus se sera aussi fait beau.

-Et je suis persuadée qu'il n'aura pas mis de rouge à lèvre. Comment tu enlèves ce truc ?

-Aucune idée, c'est Alice qui me l'a prêté.

-Génial. Et si j'ai envie de l'embrasser, je l'enduis de rouge à lèvre ?

Nelly vit Lily sourire de toutes ces dents. Elle-même roula des yeux vers le ciel.

-C'était une façon de parler. Bien sûr que je ne vais pas l'embrasser. Je ne sais même pas si je lui ai pardonné.

-Tu lui as pardonné, lança Lily, toujours tout sourire.

Nelly soupira :

-Je vais arrêter de me regarder, ça me donne la nausée. Donne-moi mon manteau et mon écharpe s'il te plait.

Alors que Lily s'affairait, Nelly prit en vitesse un mouchoir et tenta d'éponger le plus qu'elle le put le rouge à lèvre. Lorsqu'elle se regarda à nouveau dans le miroir, elle vit que la couleur était restée mais qu'elle était tout de même bien atténuée. Soulagée, elle passa le manteau et l'écharpe que son amie lui tendait et, ne laissant pas Lily le temps de protester, s'évapora dans la salle commune. La jeune femme sentit l'angoisse la prendre alors qu'elle descendait les escaliers du dortoir. C'était la première fois de son existence qu'elle allait à un rendez-vous. Elle n'avait embrassé qu'un garçon lors d'une soirée à Serdaigle, et c'était dans le cadre d'un jeu de bouteilles. Remus était le premier avait qui elle avait envie de sortir. Le cœur martelant sa poitrine, elle se faufila à travers les élèves de Gryffondor pour attendre le garçon dans le coin d'une pièce. Alors qu'elle mettait toute l'énergie du monde à se concentrer sur un portrait d'une vielle dame qui tricotait, elle sentit une main se poser fébrilement sur son épaule.

-Salut Nelly.

La jeune femme sentit son cœur valser à l'intérieur, mais la boule qu'elle avait dans le ventre s'évapora lorsqu'elle le vit. Remus était beau : il l'était toujours, mais particulièrement ce jour-là. Il semblait moins fatigué qu'à l'habitude, portait des habits moins rapiécés et, surtout, Nelly remarqua que le garçon avait coiffé ses cheveux, probablement avec du Gel Mégafixant de chez Eskidur. Il tenait son manteau à la main. Nelly lui adressa un sourire flamboyant :

-Salut.

-Tu es prête pour le tour ?

Elle acquiesça en hochant la tête. Sa gorge la piquait tant elle était sèche. Remus la laissa passer en premier à travers le portrait de la Grosse Dame, lui indiqua le chemin des escaliers et la fit passer à travers l'imposante porte du château, pour se retrouver dans l'enceinte de Poudlard. Il passa alors son manteau et ses gants. Nelly était de plus en plus nerveuse : ils ne parlaient qu'à travers des micro-phrases, et Remus semblait lui aussi gêné. Elle avait compté sur lui pour faire la conversation. La jeune femme pouvait être très loquace lorsqu'il s'agissait de faire rire ses amis, ou de critiquer une personne qu'elle n'aimait pas. Mais elle avait toujours été très mal à l'aise avec les gens qu'elle ne connaissait pas, particulièrement quand ceux-ci se trouvaient être des garçons qu'elle trouvait très séduisants.

-Je te laisse me suivre.

Plus ils marchaient en silence, plus Nelly se demandait si ça n'avait pas été une erreur. Peut-être qu'elle fantasmait Remus, parce qu'il était craquant, intelligent et qu'il faisait partie de la bande populaire de Poudlard. En même temps, elle aimait à penser que ce n'était pas pour cela qu'elle l'avait choisi : sinon, elle aurait jeté son dévolu sur Sirius. Elle n'aurait jamais osé penser à James, elle s'imaginait déjà la réaction de Lily. Mais Remus lui avait toujours semblé intéressant et plein de bon sens. « Il l'est, avec Lily ». Nelly se mit à penser qu'en effet, le garçon se montrait ouvert, avenant et gentil avec sa meilleure amie. Son cœur se remit à tambouriner contre sa poitrine : ce n'était pas lui le problème, c'était elle. Il ne l'appréciait pas assez pour lui faire la conversation. Et elle n'était pas assez intéressante pour qu'il trouve quelque chose à dire. C'était à elle de parler, à elle de lui dire quelque chose. Nelly ne regardait pas où ils allaient, perdue dans ses pensées qui se bousculaient : Lily avait toujours été plus intéressante et intelligente qu'elle, et Remus était habituée à ce genre de filles brillante dans tout ce qu'elles entreprenaient. Ce n'était pas son cas, elle était tout simplement dans la moyenne, mais ne brillait dans aucun domaine. Dépitée, Nelly en conclut que ce n'était pas Remus qui n'était pas fait pour elle, mais elle qui n'était pas faite pour lui. Perdue dans un flot de tristesse, de gêne et d'inquiétudes, la jeune femme trébucha sur une racine. Remus eut juste le temps de la rattraper au vol. Elle se retrouva collée contre son torse et sentit les muscles du jeune homme contre son bras. Elle le regarda dans les yeux et l'inquiétude qu'elle pouvait ressentir quelques secondes auparavant s'envola comme si elle n'avait jamais été présente. Il lui sourit :

-Joli rouge à lèvre.

Elle s'embrasa et rigola.

-Tu trouves ? Lily ne l'aimait pas.

-Elle avait tort.

Puis, alors qu'elle se relevait dans une position plus agréable, Remus posa une main sur ses hanches et l'embrassa. Ça n'avait rien à voir avec leur premier baiser. Bien entendu, ce dernier était agréable : c'était dans le feu de la passion que les deux jeunes gens s'étaient embrassés à la fête d'Halloween, et c'était leur corps qui s'étaient exprimés. Mais celui-là ruisselait de quelque chose de plus intime : Remus exprimait par un geste ce qu'il ne pouvait dire en mots. Sentant son corps se détendre drastiquement, Nelly passa l'une de ses mains dans les cheveux du jeune homme, l'autre posée sur son épaule pour s'assurer de ne pas tomber à la renverse. Quant à lui, il la tenait toujours fermement par la taille et avait posé délicatement l'une de ses mains sur la joue de la jeune femme. Le baiser sembla durer des heures à Nelly, mais, lorsqu'il prit fin, elle se rendit compte que ce n'était que quelques secondes qu'elle aurait voulu à tout prix prolonger. Remus la regarda à nouveau et éclata de rire :

-Et bien, on peut dire que ça m'a détendu ! Pour te dire la vérité, je tremblais à l'idée de ce rendez-vous. Je dois avouer que je ne suis pas habitué à sortir avec d'aussi jolies filles...

Nelly, aux anges, éclata de rire à son tour.

-Et je ne suis pas le genre de fille qui détend l'atmosphère quand elle est tendue. Pardonne-moi.

-Je croyais que c'était à toi de me pardonner ? lui fit-il avec un clin d'œil.

Elle haussa les épaules :

-Disons que tu es en phase de l'être.

-Et qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour l'être complètement ?

Elle lui sourit timidement, et reposa prestement ses lèvres sur celles douces du jeune homme. C'est ainsi que se passa le premier rendez-vous de Nelly : elle passa son temps à embrasser Remus, lequel se montrait toujours plus entreprenant. Alors qu'elle fermait les yeux une énième fois pour se laisser évader dans les baisers du Gryffondor, Nelly se rendit compte qu'elle n'avait toujours aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient.

 

 

 

-Allais, Lil's, viens avec nous, tu vas voir ça va être génial !

-Je n'en ai aucune envie. Je saurai le résultat de toute manière, alors à quoi bon y assister ?

-C'est ta dernière année et c'est l'équipe de notre maison ! Ce match est crucial. Tu te souviens de la manière dont il a terminé la dernière fois ?

Lily soupira : elle se souvenait parfaitement de la manière dont avait terminé le dernier match entre Gryffondor et Serpentard et, lorsqu'elle pensa à la manière dont James l'avait traitée après qu'elle l'ait sauvé, elle sentit une bile au fond de sa gorge. Elle regarda Alice, qui la suppliait de l'accompagner depuis cinq bonnes minutes, avec détermination :

-Je ne viendrai pas.

-Très bien, je ne voulais pas avoir à en arriver là : si tu ne viens pas, je resterai avec toi. Je te parlerai, de sorte que tu ne puisses pas faire tes devoirs, et je te parlerai tellement que tu vas me détester au bout de quinze minutes. Franck tient une demi-heure, mais c'est une espèce rare de calme que je sais pertinemment que tu ne possèdes pas. Au bout de ces quinze minutes, tu vas devenir désagréable. On va se disputer. Je vais bien entendu t'en vouloir, car tu m'auras empêchée d'aller voir le match de mon petit-ami, et s'il lui arrive quelque chose je t'en tiendrai bien sûr responsable, mais c'est sans compter...

-STOP ! Premièrement, tu as tort : jamais je ne tiendrai quinze minutes. Deuxièmement, tu as gagné, je viens. Mais que ce soit bien clair : on n'y va uniquement pour voir Franck jouer, et personne d'autre, compris ?
-Qui veux-tu qu'on aille voir de toute manière ? demanda Alice, l'œil malicieux.

Contrite mais tout de même amusée, Lily passa son écharpe aux couleurs de sa maison et se laissa diriger par Alice vers les tribunes du terrain de Quidditch. Alors qu'elle se démenait pour trouver une place le plus loin possible de la première rangée, une main se posa sur son épaule et la secoua vivement. C'était Nelly :

-ON EST ENSEMBLE ! lui hurla-t-elle dans les oreilles.

Alice l'avait aussi entendue, et, alors que les paroles de son amie lui parvenaient au cerveau, Lily se mit elle aussi à hurler :

-C'EST SUPER !

Les trois filles sautèrent sur place pendant quelques secondes en se tenant la main, euphoriques.

-Où est-il ? finit par demander Alice.

-Il est allé voir Sirius et James une dernière fois, il dit qu'il se doit de les canaliser avant le match.

Bien qu'extrêmement heureuse pour son amie et ne tenant plus d'apprendre tous les détails, Lily sentit l'anxiété parcourir son corps. Elle allait revoir James, et il allait probablement se montrer tout aussi arrogant qu'il l'avait été les précédentes fois. Elle allait revoir Malefoy, et rien qu'à cette idée son corps entier se tendit. De plus, la petite scène euphorique des filles les avait amenées à se retrouver exactement où Lily voulait éviter d'être : au premier rang. Alors que l'angoisse menaçait de la faire vriller, la rousse aperçut dans les tribunes adverses quelque chose qui lui retourna l'estomac : Severus était assis au milieu et la regardait d'un regard brûlant. Elle ne l'avait jamais vu la regarder avec autant d'aplomb. Lily crut même discerner du dégoût dans les yeux de son ancien ami. Un tout autre sentiment que l'angoisse vint prendre possession du corps de la jeune femme : elle n'avait plus peur, elle n'était plus gênée. La seule chose qu'elle voulait à présent, c'était que Gryffondor batte à plat de coutures Serpentard. Elle voulait sa revanche.

End Notes:

Et voilà! Merci beaucoup de votre lecture, comme à chaque fois n'hésitez pas à laisser des reviews pour me dire vos impressions et vos envies!

 

Pour le prochain chapitre, je compte réitérer un POV Cassidy, car c'est un personnage que je veux faire évoluer. Je vais aussi refaire un POV Alice et me pencher un peu plus sur son couple, comme ça m'a été demandé! et enfin, on va retrouver les Jily comme on les aime...

 

A bientôt (je vous assure, je ferai de mon mieux) pour un nouveau chapitre! 

Chapitre 25: Quatre Bièraubeurres by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

J'essaye de réduire au maximum l'écart entre mes chapitres. Un grand MERCI à toutes les personnes qui m'écrivent des reviews et lisent ma fanfiction, ça me fait vraiment plaisir! Je suis preneuse de toutes les remarques, alors n'hésitez pas :-)

 

Voici un chapitre que j'ai beaucoup beaucoup aimé écrire! Il n'y a rien à faire, j'ai mon petit faible pour James et Lily... Bonne lecture! :D 

 

Cela faisait plus d'une heure que ça avait commencé. Pourtant, il ne sentait aucune fatigue. Ses membres ne le picotaient pas, il ne se sentait pas sur le point de tomber de son balai. Au contraire, c'était son cœur qui donnait le tempo, et celui-ci tamponnait contre sa poitrine au rythme des acclamations des tribunes. Il n'avait pas envie de voir qui le huait ou l'acclamait. Il n'avait même pas envie de voir les filles se serrer contre elles afin de l'apercevoir de loin. Tout ce qui comptait pour James Potter en ce moment même, c'était d'attraper le Vif d'Or. Son équipe menait de deux-cent-vingt points contre deux-cent. C'était l'un des matchs les plus tendus qu'il eût jamais à jouer. Bien que cela lui eut arraché la langue que de l'admettre, mais il n'avait jamais vu les Serpentards aussi bien jouer. Chaque muscle de son corps était tendu, de sorte à ce qu'il ne commette aucune faute. Son équipe s'était tenu remarquablement bien. Il avait vu Sirius serrer du poing et Franck cogner sa batte en l'air à la suite des provocations de la maison adverse, mais aucun n'avait franchi la limite. Cassidy jouait exceptionnellement bien, comme à son habitude, et avait marqué à elle seule la moitié des points. Son équipe brillait. C'était à lui de briller à présent. Il ne pouvait s'empêcher de sentir Malefoy derrière lui. Bien que son balai fût plus rapide que celui de son ennemi, et que James se savait bien plus habile, il ne pouvait s'empêcher d'enfoncer les ongles dans ses mains pour ne pas flancher. Soudain, il le vit : comme une lueur, comme s'il l'avait appelé. Le Vif d'Or, brillant de mille feux, l'attendaient quelques mètres plus loin, le défiant de l'attraper. James délaissa ses mains devenues douloureuses pour agripper son balai de toutes ses forces : son seul et unique but était de gagner. Il se fichait de faire des figures pour impressionner la galerie, ça lui était égale d'être acclamé. L'important, c'était de faire gagner son équipe, c'était de battre Serpentard, c'était d'attraper le Vif d'Or. Il accéléra, plongea vers le bas, prit un virage serré vers la droite, remonta en piqué, tourna à gauche et, alors qu'il tendait son bras à quelques centimètres de la boule dorée...

-Si tu l'attrapes Potter, on se vengera sur la sang-de-bourbe !

Malefoy le talonnait, il était à hauteur de ses hanches, mais James pouvait entendre sa voix lancinante dans ses oreilles.

-Cette fois-ci, même ses sales moldus de parents ne la reconnaîtront pas.

Malefoy prenait de la vitesse, et le bras de James s'affaissait.

-Il n'y aura même pas besoin de baguette. Les poings suffiront.

Malefoy était désormais à sa hauteur, et James avait replanté ses ongles dans ses mains.

-Qui sait, peut-être qu'elle aimera ça ?

James sentit son cœur cogné, contre ses tempes cette fois-ci, il reprit son manche à balai, bien décidé à en finir avec Malefoy.

-JAMES ! LE VIF D'OR ! lui cria la voix lointaine de Cassidy.

« Venge-la », fut la dernière chose que James se dit avant de tendre la main et...

-GRYFFONDOR L'EMPORTE !

Une explosion de joie fusa de toute part de James. Malefoy avait disparu de son champ de vision, cette fois-ci élargi par la marée humaine qui se dirigeait vers lui. Un flot rouge et or l'enlaça de toute part, lui criait dans ses oreilles et lui tapait dans le dos. Au loin, il entendit des cris de rage. Mais rien ne comptait plus à présent : il avait attrapé le vif d'Or, il s'était vengé. Il l'avait vengée.

 

-Je t'avais dit que tu serais contente d'être venue.

-Lâche-moi avec ça.

-Tu aurais dû te voir sauter de joie, une vraie midinette.

-Alice, je te préviens...

-C'était sans compter les larmes qui perlaient dans tes yeux !

-Ferme-la.

Lily se rembrunit alors que son amie éclatait de rire à ses côtés. Elle ne l'avouerait jamais à voix haute, mais il était vrai que le match de Quidditch auquel elle venait d'assister était le plus beau de sa vie, bien qu'elle n'eût pas assisté à beaucoup de rencontres. Tout d'abord, elle avait été le témoin des rires nerveux de Nelly et Remus alors qu'ils se tenaient publiquement la main, et avait même vu un baiser volé lors d'un but marqué par Cassidy. Puis il y avait eu la victoire. Jamais elle n'avait ressenti autant d'émotions de sa vie : la peur, la rage, puis le soulagement intense, l'enthousiasme, la joie profonde et vraie d'avoir gagné contre Serpentard. Elle en avait oublié Malefoy et Rogue. Seulement, il était irrévocablement impossible pour elle d'oublier James dans ce contexte-ci, alors qu'une horde de groupies déchaînées scandait son nom de toute part de Poudlard. Elle avait pensé qu'en rejoignant la Salle Commune les cris se calmeraient, mais tout était pire : des banderoles avaient été installées, de la musique tonnait dans la pièce et Lily avait même vu des quatrièmes années avec des Bièraubeurres sous le bras. Pour couronner son agacement, Alice ne cessait de se bidonner à ses côtés.

-Tu as gagné, j'arrête.

La rousse se sentit quelques secondes soulagée.

-J'ai quand même une dernière question.

-Quoi ? demanda-t-elle avec méfiance.

-Tu ne crois pas que notre grand gagnant mérite une récompense ? Je suis persuadée que si tu le laisses t'embrasser à nouveau, ce sera officiellement le plus beau jour de sa vie.

N'y tenant plus, Lily administra une tape sèche sur l'épaule d'Alice.

-On a fait un pacte ! Plus jamais on ne devait en parler ! dit-elle, les dents serrées et les joues écarlates.

Alice, les larmes aux yeux tant elle riait, se retint de répondre quoi que ce soit.

-Blague à part, tu comptes cautionner cette petite fête, Madame la Préfète-en-cheffe ?

Lily réfléchit un instant : elle avait bien entendu été outrée de voir des adolescents de quatorze ans avec des Bièraubeurres à la main, avait réprimandé des deuxièmes années qui étaient restés dans la salle et avait fichu dehors à grands coups de baguette des filles de Serdaigle, venues « voire le héros du jour ». Puis elle se souvint de l'euphorie qui s'était répandue dans ses veines lorsque Gryffondor avait gagné, et se dit qu'il serait injuste de sa part de priver les joueurs de fêter leur victoire.

-Je vais aller me chercher une Bièraubeurre. Je serais idiote de ne pas cautionner cette fête. Sans compter que je ne suis pas la seule qui peut en décider.

-Autant dire que ce serait perdu d'avance, murmura Alice en pointant son doigt sur le portrait de la Grosse Dame qui venait de s'ouvrir.

L'équipe de Gryffondor au complet passa les portes, James le premier. Lily sentit son ventre se tordre en le voyant. Il semblait rayonnant. C'était la première fois qu'elle le voyait sourire ainsi : sans artifice, sans arrogance ni mépris. Il était tout simplement heureux. En secouant la tête et rougissant de ses pensées, la rousse alla se servir une Bièraubeurre et se retira dans le coin le plus loin possible de James Potter.

 

La fête battait son plein, et les joueurs de l'équipe de Gryffondor chantonnaient des chansons au milieu de la Salle commune, où une foule déchaînée les acclamait. Alice éclata de rire en voyant que Franck tentait une voix d'octave. Elle adorait le voir ainsi : plein de vie, enthousiaste et heureux. Elle se rendait parfaitement compte de la chance qu'elle avait de sortir avec Franck Londubat, le beau joueur de Quidditch. Une amertume lui vint à la bouche lorsqu'elle pensa au nombre de gens qui ne la pensaient pas à la hauteur. Elle-même en avait douté, et doutait parfois encore : elle n'avait pas un corps athlétique à l'instar de son petit-ami, était moins doué à l'école et moins populaire. Parfois même, lorsque toute confiance avait quitté son esprit, Alice se mettait à penser qu'elle ne le méritait pas une seule seconde, et qu'il finirait par la quitter. De plus, si la jeune femme aimait autant voir son petit-ami de longue date ainsi, c'était parce qu'il était en règle générale plus calme et en retrait lorsqu'il se retrouvait avec elle. Il n'était pas du genre à la rassurer, et Alice en avait cruellement besoin. Alors qu'elle ressassait ses pensées, son sourire s'évaporant de son visage, Franck déboula de la foule hystérique et l'embrassa en vitesse.

-Tu as vu cette fête ? Je crois que jamais mon équipe n'a été aussi contente de gagner !

-C'était super ! Tu as vraiment bien joué.

-Oui, et Sirius était aussi exceptionnel ! Je savais bien qu'on pouvait les battre à plate couture sans les faire tomber de leur balai.

Alice se contenta de sourire. Elle n'arrivait pas à faire partir le petit goût amer que sa Bièraubeurre lui avait laissé au fond de la gorge.

-Tu vas bien ? Tu as l'air pensive.

Alice réfléchit un instant : elle n'avait jamais réellement fait part à Franck de tous ses doutes. Il lui arrivait d'allumer la mèche, mais jamais le garçon n'en faisait cure. Plus leur relation avançait- et devenait de prime sérieuse- plus la jeune femme se disait qu'il serait temps que son petit-ami sache toute la vérité. Cependant, quand elle vit que Franck tournait déjà la tête vers son équipe pour les rejoindre, elle répondit comme à son habitude :

-Tout va bien. Va t'amuser, on se voit plus tard.

Le garçon lui sourit, posa ses lèvres sur sa joue et repartit chanter de plus belle avec son équipe. L'esprit désormais morose, Alice voulut rejoindre Lily, mais il était difficile de distinguer quoi que ce fût dans le désordre de la salle commune. Alors qu'il lui semblait voir une tignasse rousse à quelques mètres, une autre personne déboula de la foule et lui tomba dessus :

-Alice ! Tu es exactement la personne que je cherchais !

La jeune femme sursauta lorsque Nelly lui agrippa le bras. Elle semblait proie à une forte angoisse.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?! Tu as l'air toute excitée !

Alice vit son amie reprendre son souffle et lui montrer un coin plus tranquille, où il restait un bout de fauteuil à occuper. Elle s'assit, et attendit que Nelly prenne parole :

-Je ne sais pas du tout comment m'y prendre ! lâcha la brune après quelques secondes de réflexion.

Alice dut se retenir pour ne pas éclater de rire. Nelly semblait tellement vulnérable ainsi qu'il était difficile de garder son sérieux.

-Continue, l'encouragea-t-elle tout de même.

-Et bien, j'adore Remus. Mais je suis complètement nulle avec lui. Je suis sûre qu'il regrette déjà de m'avoir demandé de sortir avec lui ! En plus, si tu le voyais, il est tellement imposant avec ses remarques intelligentes et son petit air de poète déchu. Moi, et bien... Je ne suis que moi. Quand on s'embrasse, tout va bien. Sans compter qu'il embrasse comme un dieu, mais là n'est pas la question. Mais quand on se parle, je perds complètement mes moyens et plus un mot ne sort de ma bouche ! Tu crois que c'est normal ? Tu penses qu'il regrette ?

Cette fois-ci, Alice ne put se retenir et laissa éclater son rire. Devant l'air ahuri de Nelly, elle reprit ses esprits par de grandes respirations et se souvint de ses débuts avec Franck, et d'à quel point, encore à l'heure actuelle, elle avait besoin qu'on lui dise ces mots :

-Nelly, sois toi-même, tu n'as rien à être d'autre. Si Remus t'a choisie- et crois bien qu'il avait des vues sur toi bien avant que tu n'en aies sur lui- c'est qu'il apprécie comme tu es. Tu n'as pas besoin de jouer un rôle, ou de faire la conversation si tu te sens gênée. Bien qu'étant donné le débit que tu viens d'avoir dans tes paroles, faire la conversation n'a pas l'air d'être un trop gros problème pour toi. Ne te mets pas la pression. Et embrasse-le beaucoup !

Ce fut au tour de Nelly de rire.

-Tu as toujours les meilleurs mots. Je crois que tu ne te rends pas compte à quel point ton aide est précieuse !

Alice accueillit les bras de Nelly, qui lui furent d'un réconfort apprécié, tant elle espérait qu'ils soient ceux de Franck.

 

 

James ne s'était jamais senti aussi vivant. Il ne comptait plus les Bièraubeurres, mais c'était un autre sentiment que l'alcool qui le faisait se sentir aussi bien. L'émotion euphorique d'avoir fait gagner son équipe. Il se sentait prêt à gagner la coupe, prêt à passer ses ASPICS avec brio, prêt à entamer une nouvelle vie. Ce soir-là, James était tout simplement heureux, comblé. De plus, le fait de voir Remus avec Nelly l'emplissait de joie. Il n'avait pu s'empêcher quelques remarques moqueuses lorsqu'il avait vu le teint soutenu de son ami quand il avait annoncé aux Maraudeurs qu'il était en couple. Mais malgré tout, James était ravi. S'il devait être entièrement honnête envers lui-même, il avouerait qu'il ressentait une pointe de jalousie quand il voyait le lycanthrope enlacer la taille parfaite de la brune. Cependant, c'était de la joie sincère et bienveillante qu'il ressentait pour eux. Il espérait que Peter et Sirius pourraient vivre la même chose. Quand il regardait son meilleur ami faire le pitre et l'imiter en train d'attraper le Vif d'Or, James sentait sa joie se dédoubler. Il n'était heureux que lorsqu'il pouvait être au milieu de ses amis. Il aurait voulu que sa sœur participe à l'explosion de joie de l'équipe de Gryffondor, mais Cassidy avait disparu de la Salle Commune. Il se promit de la chercher lorsque l'ambiance se serait calmée. Elle y était pour beaucoup dans la victoire de l'équipe de Quidditch, et pour beaucoup dans son bonheur actuel.

-A quoi tu penses ?

James secoua la tête et revint à la réalité. Sirius se tenait à quelques centimètres de lui, un sourire moqueur aux lèvres.

-A rien de spécial, dit James en haussant les épaules et rougissant quelque peu.

-Menteur. Tu avais un sourire nigaud. Balance !
-J'étais juste en train d'apprécier le moment. Je sens qu'on va la gagner, cette coupe !

Sirius sourit de toutes ses dents en lui tapant dans la main et dans le dos.

-Regarde-moi ça : il ne nous faut rien de plus ! Du Quidditch, des amis et des Bièraubeurres.

James acquiesça. Mais, lorsqu'il y réfléchit de plus près, il manquait quelque chose pour parfaire à son bonheur. Presque machinalement, il fit un tour des yeux de la Salle commune, à la recherche d'une couleur de cheveux bien spécifique. Lorsqu'il l'aperçut en train de s'énerver contre un deuxième année, il sourit et son cœur se mit à battre plus prestamment dans sa poitrine. Puis il la vit secouer la tête, prendre sa baguette et s'engouffrer dans le portrait de la Grosse Dame. Poussé par l'impulsion du moment, James s'excusa auprès de son équipe, posa rapidement sa Bièraubeurre sur un coin de table et passa à son tour l'encadrement de la porte. Il mit quelques instants à repérer où elle s'en allait : précisément dans le local des Préfets-en-Chef. Sentant que les habituelles remarques arrogantes et autres sarcasmes étaient sur le point de le lâcher, James se sentit soudainement démuni. Il entra à son tour dans le local et vit la rousse penchée vers l'étagère où ils rangeaient leurs rapports quotidiens. Il plissa des yeux pour mieux voir : Lily n'était pas en train de chercher les parchemins, mais elle prenait enfaite des Bièraubeurres. Il sourit : il savait parfaitement ce qu'il allait faire.

-Et bien, je vois que tu en caches des choses ici.

La rousse sursauta tellement qu'elle fit tomber les quatre Bièraubeurres qu'elle avait tenté de mettre dans ses bras.

-Navré, je ne voulais pas te faire peur, dit James avec un sourire narquois.

Il vit Lily devenir rouge de colère. Il aimait beaucoup la teinte que ça donnait à ses pommettes.

-Potter, si tu ne fiches pas le camp d'ici tout de suite, je t'assure que je vais...

-Quoi ? demanda-t-il, provocateur. Tu vas appeler Mcgonagall ? Tu vas crier ? Me lancer un sort ? Ou peut-être me jeter une de ces Bièraubeurres à la figure.

Plus il parlait, plus il avançait vers Lily. Il vit sa lèvre inférieure trembler. Les bras de la jeune femme ne bougeaient cependant pas, et il fut rassuré de voir qu'elle n'avait pas sorti sa baguette. Jamais il ne pourrait la provoquer en duel.

-Potter, je ne suis vraiment pas d'humeur à écouter tes sornettes. Je vais prendre ces Bièraubeurres, qui sont pour Alice, Nelly et Remus, soi-dit-en-passant, et tu vas me laisser passer.

-La quatrième, elle est pour qui ?

-Comment ça ?

-Tu as dit que les Bièraubeurres étaient pour Alice, Nelly et Remus. Mais tu en as quatre.

James se mordit la lèvre pour ne pas rire lorsqu'il vit la Gryffondor jeter un regard coupable sur ce qu'elle tenait dans ses mains.

-Je...

-Tu n'as pas besoin de te justifier. Ton équipe de Quidditch a gagné, et tu as envie de fêter ça. Pas de quoi en faire un drame.

Il était sincère lorsqu'il disait ça. Lily ne répondit pas, mais ses épaules semblèrent se détendre. James eut presque juré qu'elle allait lui sourire. Quand il vit qu'elle ne bougeait pas, il décida de s'approcher. Ils n'étaient désormais plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

-Mais à l'avenir, préviens-moi quand tu veux planquer des boissons dans notre local. Je t'amènerai quelque chose de plus fort.

Cette fois-ci, la rousse ne put retenir son sourire, mais leva aussi les yeux au ciel :

-Je n'ai pas besoin de quelque chose de plus fort. C'était occasionnel et ça ne se reproduira pas !

James éclata franchement de rire.

-Tu n'enlèves jamais cette étiquette de Préfète-en-Chef...

-Coincée, c'est ça que tu veux dire ?

James se retint. Il n'avait pas envie de la froisser, alors qu'elle semblait se détendre à nouveau.

-Non, pas coincée. J'allais plutôt dire... « Sérieuse ».

Lily haussa un sourcil.

-Il n'y a aucune honte à être sérieuse. Si tu l'étais un peu plus souvent, peut-être que...

-J'aurais les meilleures notes de la classe ? Mis à part toi, je suis le meilleur, je te rappelle.

Il la vit fulminer. Il sourit : il n'y avait rien de plus réjouissant pour lui que de la voir se mettre dans tous ses états pour des notes.

-Bien. Si tu as fini de te moquer de moi, j'aimerais passer. J'ai quatre Bièraubeurres à rapporter de toute urgence à la Salle commune parce que tu as gagné le match, toi qui es si fort, si intelligent et si doué.

James sentit la situation lui échapper des mains alors qu'elle passait devant lui et s'approchait dangereusement de la sortie. Se mordant la lèvre pour trouver quelque chose qui la ferait rester quelques instants de plus, il prit une grande inspiration et lui lança :

-Lily, attends !

Jamais James n'avait vu la jeune femme se tendre aussi rapidement. Même ses remarques les plus acerbes ne la rendaient pas aussi crispée. Quant à lui, une sensation toute nouvelle se propageait dans son ventre. C'était la première fois qu'il l'appelait ouvertement par son prénom. Il se rendit compte qu'à quel point c'était un joli prénom, et qu'il lui allait si bien. Regingué d'une nouvelle énergie, il s'approcha à nouveau de la rousse. Elle ne bougeait pas. Tentant le tout pour le tout, il posa une main sur son épaule et la fit pivoter pour la forcer à le regarder dans les yeux.

-Avant que tu ne dises quoi que ce soit, laisse-moi te dire une chose.

C'était Lily qui avait parlé, James pouvait sentir son corps s'affoler sous sa main.

-Je t'écoute.

-Je n'ai pas besoin que tu aies pitié de moi. Peut-être que je suis la Préfète-en-Chef coincée que tu penses que je suis, et que je mérite toutes tes moqueries. Mais je n'ai pas besoin qui quiconque ait pitié du fait que je sois seule et sans défense. Compris ?

James dut faire appel à tous ses muscles pour garder un visage impassible. Comment pouvait-elle croire qu'il était là par pitié ? « Elle parle de Malefoy et des fois où tu lui as sauvé la mise ». Il aurait pu se lancer dans un discours pour lui dire à quel point elle avait tort. Comme il la trouvait sexy plutôt que coincée, courageuse plutôt que faible, intelligente plutôt que sérieuse. Mais il n'était pas prêt à dire ses mots. Lorsqu'il l'avait appelé par son prénom, il n'y avait une seule chose qu'il avait eu envie de faire. Et ce n'était pas de parler. Alors, James reprit son sourire arrogant et planta son regard dans les yeux émeraude de Lily Evans.

-Entièrement compris.

Il fit descendre la main de l'épaule de la jeune femme à sa hanche, en prenant soin d'effleurer ses seins. Une autre sensation - dont il avait plus l'habitude cette fois-ci- s'empara désormais de son bas-ventre quand il la sentit se trahir en accueillant sa main.

-On m'attend, fit Lily d'une voix tremblante et cassée.

-Ils t'attendront encore un peu.

Puis il la poussa gentiment mais avec fermeté contre le mur et l'embrassa. Il la pressa de lâcher les Bièraubeurres pour pouvoir sentir son corps contre le sien, ce qu'elle fit sans rechigner. Il la sentait moins désemparée que la première fois. D'une main plus assurée que ce qu'il ne pensait, James pressa le dos de Lily de sorte à ce qu'il n'y ait plus d'espace entre eux deux. La jeune femme se laissait faire, mais il lui était difficile de dire si elle voulait que ça continue. Pour accentuer leur baiser, le garçon enroula l'autre de ses mains dans ses cheveux bouclés et appuya gentiment. Cette fois-ci, il sentit Lily se contracter sous ses mains. Elle avait les siennes posées sur ses bras, avec douceur. Puis il la sentit se tortiller, et il sut que c'était gagné : elle s'abandonnait à lui. Confiant, sa main droite agrippa la cuisse de Lily et la monta gentiment contre la sienne. Ce baiser était certes moins doux et langoureux que le premier, mais James sentait que la jeune femme était toute aussi pressante que lui. C'était l'exultation de tous les sentiments et ressentiments qu'ils pouvaient éprouver l'un pour l'autre. C'était passionné et sensuel. Délaissant la bouche pulpeuse de la jeune femme, James écarta quelques mèches de cheveux et trouva son cou. Il l'entendit respirer bruyamment et sentit sa poitrine se lever alors qu'il mordillait la naissance de son épaule puis remontait vers le lobe de son oreille, qu'il vint titiller de sa langue. A ce moment-là, Lily s'agrippa à son bras et mit sa main dans ses cheveux, comme pour le presser d'appuyer plus. Jamais il n'avait ressenti cela. Certes, James avait déjà eu des expériences avec des filles. Mais jamais il ne s'était senti perdre pied à ce point-là. Alors qu'il se demandait s'il n'allait pas lui enlever son pull ici même, contre ce mur, ce fut au tour de Lily de stopper net le baiser.

-Attends.

Elle le repoussa gentiment de ses mains délicates. James fut surpris de voir à quel point son souffle était saccadé et à quel point lui-même avait de la peine à sentir l'oxygène dans ses poumons.

-Je t'ai fait mal ?

Elle secoua la tête.

-Ecoute, je crois que je préfère qu'on en reste là pour ce soir. Tu comprends je...

Il la coupa en secouant la tête.

-Tu n'as pas besoin de te justifier. On arrête si tu veux qu'on arrête.

Elle sembla hésiter mais finit par acquiescer. A contrecœur, James décolla son corps du sien, qu'il sentait encore chaud, et mit les mains dans ses poches. Il vit la jeune femme ramasser gauchement ses Bièraubeurres, les joues rosées et le regard gêné. Lui-même ne se sentait absolument pas de faire une blague ou de sortir l'une de ses fameuses remarques. Il la regardait s'en aller, une pointe dans le cœur. Puis, avant de sortir complètement, elle se retourna vers lui avec un air qu'il ne lui connaissait que trop bien :

-Une dernière chose Potter. Si tu dis quoi que ce soit de ce qu'il s'est passé à qui que ce soit, je te réduis en bouilli et je te donne à manger aux Scrouts à Pétards de Hagrid. Compris ?

James éclata de rire, soulagé de voir qu'il ne l'avait pas complètement chamboulée.

-Entièrement compris.

C'était officiel : James Potter ne s'était jamais senti aussi vivant qu'en cette soirée-là.

End Notes:

Et voilà!! 

Je sais que je fais languir la situation, mais vous l'aurez compris: l'attente, c'est mon truc ;-) 

 

A bientôt pour un nouveau chapitre, où on en apprendra encore plus de Cassidy, d'Alice... Et de Dorcas!

Des gros bisous! 

Chapitre 26: Le danger by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Tout d'abord: merci pour les reviews sur le précédent chapitre, ça m'a fait vraiment plaisir :)

Ensuite: ce chapitre est beaucoup plus d'introspection que les précédents, mais il est à mon sens primordial puisqu'il fait inconsidérablement avancer l'histoire!

Je vous invite à relire le chapitre "Visites à l'infirmerie", qui pourrait bien vous aider à comprendre de quoi on parle ici...

Sans vous en redire plus, je vous souhaite une belle lecture! 

 

Il se fichait sincèrement de ce qui se passait au-dehors. Il n'avait plus aucune envie d'y prendre part. C'était une erreur d'y aller, de les voir gagner et de la revoir. Il n'avait plus aucune envie de ressentir ce qu'il ressentait en permanence : il était de trop, il n'était pas aimé, il n'était pas voulu. Lorsqu'il avait assisté au match de sa maison contre Gryffondor, Severus s'était rendu compte que rien ne l'intéressait moins que le Quidditch. C'était barbare et le premier idiot pouvait être bon. La preuve : James Potter avait attrapé le Vif d'Or. Une boule vicieuse vint se blottir dans son ventre et il eut pendant un court instant l'impression qu'il allait vomir. C'était l'effet que lui faisait James Potter :il lui donnait envie de dégobiller. Il le haïssait. Severus se demandait même s'il serait un jour capable de lui faire du mal. Mais le garçon avait pris une décision, notamment lorsqu'il avait vu sa Lily sauter de joie lorsque le plus populaire de l'école avait fait gagner Gryffondor : il ne voulait plus y prendre part. C'en était désormais terminé des matchs à n'en plus finir, des fêtes idiotes auxquelles il ne voulait pas assister et ses tentatives désespérées de recoller les morceaux. Il savait pertinemment qu'il lui serait impossible de faire en sorte que Lily lui pardonne, et qu'ils redeviennent amis. Pas uniquement parce qu'il avait eu un comportement inacceptable, mais il faisait désormais partie de la bande. Bien qu'il essayât jusqu'aux plus profonds de ses entrailles d'être impassible, Severus ne put s'empêcher de sentir une chaleur se propager dans ses veines. Il avait désormais intégré la bande à Malefoy. Depuis cette nuit-là, rien n'était plus pareil. Il avait gagné quelque chose qu'il n'avait jamais eu dans sa vie : du respect. Malefoy lui-même ne lui avait plus jamais parlé de la même manière à compter du moment qu'il avait été l'homme de la situation. En effet, quand il avait permis à Regulus d'intégrer la bande, par cette potion complexe, sombre et magnifique, Severus avait changé son statut : il n'était plus le boulet que les Serpentards devaient se traîner, il était indispensable aux liens qui les unissaient. Et ça- bien que s'il y pensât de plus près il eût aussi envie de vomir- ça l'emplissait d'un sentiment tout autre : il se sentait important. Pendant quelques instants, Severus se laissa submerger par ce sentiment de plénitude.

-On peut savoir ce que tu fais ?

Severus sursauta, contraint de sortir de sa torpeur de bien-être. C'était Mulciber, qui le surplombait de toute sa hauteur. Après le match, tous les joueurs de l'équipe de Serpentard s'étaient retirés en silence dans leur dortoir respectif, et Severus avait bien compris qu'il n'y était pas invité. C'est pourquoi il était retourné s'asseoir sur le canapé en cuir de la Salle commune, qui semblait être le seul endroit où il se sente bien. Jusqu'à l'instant même.

-Je révise, répondit le jeune homme en se sentant rougir.

S'il était en partie content de faire partie de la bande à Malefoy, Severus n'en appréciait pas pour autant les membres. Et si Rogue n'avait aucune affection particulière pour Wilkes, Avery ou Rosier, ni même pour Lucius, il redoutait plus que tout Mulciber. Le garçon était de loin le plus retors, et n'hésitait pas à faire du mal à quiconque se mettait en travers de sa route. Les poils désormais hérissés, Severus garda le regard fixé sur son manuel de potions.

-Pff, fit Mulciber avec dédain. Je n'ai personnellement pas besoin de ça. D'ailleurs, tu pourras me filer un coup de main pour le devoir de potions, je n'ai pas le temps de le faire.

Ce n'était pas une question. A contrecœur, Severus hocha la tête.

-Bon, j'ai quelque chose d'important à faire. Dis à Lucius de ne pas m'attendre ce soir, j'en aurai pour un moment.

Rogue fut pendant l'espace d'une demi-seconde tenté de lui demander où il allait, puis il se souvint de qui il avait en face de lui.

-Très bien.

Désormais aussi mal que lorsqu'il avait quitté le terrain de Quidditch, le Serpentard se replongea dans son manuel, en quête d'un réconfort que seules les potions pouvaient lui procurer.

 

 

 

Elle n'en avait que faire qu'on la félicite ou qu'on lui dise à quel point elle était géniale. A l'instant précis, elle n'en avait même que faire d'avoir remporté la victoire. La seule chose qui pourrait combler l'immense vide qu'elle ressentait à présent était sa meilleure amie. C'est pourquoi Cassidy avait quitté la fête après la victoire de Gryffondor, et n'avait pas participé aux brimades de ses coéquipiers ainsi qu'aux clameurs de sa maison. Elle ne souhaitait qu'une seule chose : voir Dorcas. Lorsqu'elle avait vu Sirius rire aux éclats avec James, son ventre n'avait fait qu'un seul tour. Cassidy lui en voulait énormément : comment pouvait-il faire comme si rien ne s'était passé ? Une petite voix dans sa tête, moqueuse, lui intima : « et comment as-tu pu croire une seule seconde que ça lui ferait quoi que ce soit ? ». Cassidy s'en voulait plus à elle-même qu'à quiconque d'autre : elle savait à quoi s'y attendre. C'était de Sirius Black dont on parlait : le garçon avait beau être extrêmement attachant et loyal envers ses amis, il n'en restait pas moins complètement inaccessible. Il était beau- et Cassidy était d'avis qu'il était trop beau pour qui que ce fût dans l'école, y compris elle-même- ainsi que sexy, et même un peu dangereux. La boule qu'elle avait au fond de la gorge se propagea dans tout son corps pour l'habiter d'un désagréable sentiment de nostalgie. C'était ce qui l'avait fait craquer chez lui : le danger. Il avait beau être le meilleur ami de son grand frère, et vivre de prime dans sa maison, mais Cassidy ne savait jamais à quoi s'attendre avec Sirius. Il était rebelle, et ça ne le rendait que plus désirable. Quand bien même, elle s'en voulait de s'être arrêté à un aspect aussi superficiel que son physique : même si le garçon était d'une beauté inégalée, il restait un simple garçon. De plus, plus elle y pensait, et plus Cassidy se dit qu'il n'avait de loin pas toutes les qualités recherchées pour une relation saine : il pouvait être vicieux, voir même méchant, ses sautes d'humeur ne se comptaient plus et le danger qu'il représentait allait plus loin que sa part rebelle : Cassidy sentait que Sirius, même s'il avait coupé les ponts avec sa famille, gardait encore des traces de froideur et d'implacabilité de la légendaire famille Black. Alors qu'elle marchait en silence dans les couloirs, Cassidy en vint à penser à elle-même : qu'est-ce qui le rendait plus attirant qu'un autre ? Il était le seul qu'elle n'ait jamais eu. Bien qu'elle ne fût pas la fille croqueuse d'hommes par excellence, la jeune femme n'en attirait pas moins quelques garçons. C'était son côté spontané, bagarreur, garçon manqué qui plaisait. Mais avec Sirius, c'était différent : elle voulait être fille, elle se sentait femme. Cassidy soupira « c'est ça que tu aimes chez lui ». Elle n'avait eu que trop l'habitude des brimades de son grand frère, et même parfois de ses parents, sur son look peu raffiné et ses manières peu féminines. Toute sa vie, elle avait été comparée à James : elle l'avait pris comme modèle depuis son plus jeune âge. Elle le suivait dans ses bêtises, le couvrait lorsqu'il allait se faire punir par leurs parents, lui piquait ses habits et avait commencé le même sport que lui. Cassidy n'avait eu que peu d'amies filles, car la plupart voulait être son amie tout simplement pour pouvoir approcher James Potter. Elle était en règle générale bien plus proche des garçons, mais tout de même avec retenue, car son grand frère n'en restait pas moins protecteur à son égard. Dorcas avait été la seule qui ne s'intéressait pas à James, mais à elle. Sinon, personne ne faisait la différence : elle était dans l'ombre de son grand frère. Mais Sirius avait fait la différence : il l'avait vu autrement, comme une personne à part entière, comme une femme en devenir et non pas comme la petite sœur dont il fallait s'occuper. C'était ça, qui l'avait fait craquer.

Complètement perdue dans ses pensées et sur le point de laisser les larmes s'échapper, Cassidy se souvint brusquement de la raison pour laquelle elle marchait dans les couloirs de Poudlard à une heure si tardive. Elle voulait trouver Dorcas. Elle n'était de loin pas du genre à s'épancher sur sa vie privée, mais, à ce moment-même, elle ne voyait que cette issue pour ne pas retomber dans ses travers d'autrefois, lorsque son père avait été en danger de mort. Elle s'était tellement renfermée sur elle-même qu'elle en avait oublié la notion du temps, des études. Elle n'avait que douze ans, mais ne profitait jamais de sa vie d'enfant au point même de ne se nourrir que le strict minimum, et d'en vouloir à la terre entière pour ses malheurs. C'était définitif : Cassidy ne voulait plus endurer tout cela, et elle savait que la meilleure personne pour changer cela, c'était elle-même. Mais pour ce faire, elle avait besoin du soutien de sa meilleure amie. Elle rebroussa donc chemin et se mit résolument à la recherche de Dorcas, disparue depuis la fin du match.

 

 

 

 

L'ambiance était on ne peut plus morose. Severus préférait encore le calme que la solitude lui procurait. Désormais, l'équipe de Serpentard était revenue de leur dortoir pour se mettre en rond près de la cheminée dans la salle commune de leur maison. Lucius au centre, ils déblatéraient sur la façon dont ils se vengeraient sur les Gryffondors pour leur avoir volé leur victoire. Severus aurait voulu s'éclipser et rejoindre Narcissa qui, à l'autre bout de la salle, semblait n'avoir pas été conviée à la petite réunion. Il aurait sans autre préférer l'aider dans ses devoirs et continuer à changer des items dans son manuel de potions. Mais, lorsque le regard de Lucius s'était posé sur lui, Severus avait senti qu'il se devait de rester.

-Où est Mulciber ? demanda le blond.

Rogue sentit sa gorge se nouer.

-Il est parti tout à l'heure. Il ne m'a pas dit où.

-Et on ne sait pas quand il reviendra ?

Severus haussa des épaules. Malefoy laissa échapper un soupir de dédain.

-Vu comme il a joué aujourd'hui, il ne devrait pas se permettre de partir sans nous dire quand il reviendra. Tant pis pour lui, si nous échafaudons un plan pour nous venger ce soir, il ne participera pas.

S'il y pensait de plus près, Rogue trouvait presque un côté rocambolesque à la situation : ils étaient une bande de jeunes sorciers en herbe de dix-sept ans qui parlaient de vengeance et faisaient des réunions secrètes dans les bois la nuit. Seulement, il savait bien que ça allait plus loin que cela : ce n'était pas juste une guerre de maison, il y avait un message bien plus sournois là-derrière. Severus était parfaitement au courant de ce qu'il se passait à l'extérieur, bien qu'il fût dans le déni le plus total lorsqu'il s'agissait de dire de quel côté il se trouverait lorsqu'il sortirait de Poudlard. Mais, lorsqu'il regardait la scène qui se déroulait sous ses yeux, avec Lucius comme chef d'orchestre et le reste des Serpentards pendus à ses pieds, un éclair de lucidité le traversa : en intégrant la bande, il avait bel et bien choisi son camp. Avec une irrésistible envie de vomir, Severus essaya de porter toute son attention sur les paroles de Malefoy, qui parlait exceptionnellement doucement- et Rogue comprit qu'il ne voulait pas que Narcissa entende :

-Il faut attaquer fort. Si on veut qu'il y ait une répercussion sur toute la maison, c'est simple, on s'en prend à ces abrutis qui se croient les rois du monde parce qu'ils savent approximativement voler sur un balai. Potter et son pot-de-colle, c'est là qu'il faut toucher.

Severus remarqua que Lucius avait beaucoup de peine à nommer le nom de « Black » et à l'associer à Gryffondor.

-Il n'y a pas que Black et Potter dans l'histoire, lança Rosier avec un sourire en coin.

Severus fronça les sourcils : s'il se fichait des histoires de Quidditch, il n'en était pas moins sensible à la manière dont Malefoy allait se venger. Et, s'il devait être honnête, il se ferait un malin plaisir à participer à la descente aux enfers de Potter et Black.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Y'a la jeune Potter aussi, lança Rosier en laissant transparaître son sourire vicieux.

Avery, qui semblait collé à Evan, gloussa d'une telle manière que Severus le regarda avec dégoût. Il n'aimait définitivement pas les membres de cette bande.

-Ça commence à m'intéresser, répondit Lucius avec lui aussi un sourire qui en disait long. Dommage que Mulciber ne soit pas là, il a de l'expérience avec les filles de Gryffondor.

L'équipe au complet se lança des regards entendus. Severus sentit la boule dans sa gorge sur le point d'exploser, et il envisagea pendant un cours instants de courir aux toilettes. Malefoy voulait parler de « l'incident » de Mary McDonald. Le garçon secoua la tête pour éviter d'y penser de plus près. 

-Qu'est-ce que tu proposerais, Evan ?

-Je n'y ai pas réfléchi de plus près, mais je peux clairement arriver avec quelque chose pour demain.

-Parfait. Maintenant, passons à Potter et sa bande. Je veux frapper tellement fort qu'ils soient sur le point de se retirer de la coupe et de trembler dès qu'ils sortent de leur salle commune. Et pour ça...

-Pour ça, j'ai ce qu'il te faut !

Severus sursauta. Il reconnaissait cette voix, mais il ne l'avait plus entendu depuis des semaines. La salle commune de Serpentard sembla se figer pendant quelques secondes : c'était Wilkes. Il était de retour de l'infirmerie. Il semblait en pleine forme et, bien qu'il conservât quelques balafres des blessures qui lui avaient causé de rester plusieurs semaines avec Madame Pomfresh, son sourire n'en disait pas moins long sur ses intentions.

-Wilkes, ravi de te voir.

La voix de Lucius trahissait son étonnement, mais restait implacablement froide.

-De même.

-La prochaine fois, tu resteras sur ton balai, lança Rosier, moqueur.

Encore une fois, Avery gloussa, et Severus se demanda s'il n'allait pas lui jeter son manuel de potions à la figure.

-Ne t'inquiètes pas pour ça. Je vais même faire mieux. Vous parliez de vous venger de Potter ? J'ai exactement ce qu'il vous faut.

-Comment ça ? demanda Lucius, qui semblait à vif.

-Et bien...Disons que j'ai gardé quelques souvenirs de mon petit passage à l'infirmerie, et ce ne concerne pas uniquement le fait que Mélisandre Ervags se soit déshabillée devant moi en pensant que je dormais.

Les Serpentards rigolèrent, mais semblaient avides de connaître la suite.

-On ne voit pas où tu veux en venir, sois plus clair.

-Et bien, je sais que Wilbongs était aussi à l'infirmerie.

-Elle aussi s'est déshabillée ? lança Evan, mais Lucius le fit taire d'un geste de la main.

Severus haussa les sourcils : il se souvenait parfaitement de cet événement, et de la honte cuisante qu'il avait ressenti face à Lily.

-Elle a eu de la visite. Et disons que je n'étais pas entièrement endormi lorsqu'ils sont tous venus la voir. Par tous, j'entends bien sûr Potter. Et vous avez de la chance, il a fait des confidences qui pourraient se révéler très intéressantes.

Lucius sourit d'un sourire que Severus n'avait vu que peu de fois sur son visage : il préparait le coup du siècle. Alors que le chef de bande invitait Wilkes à s'asseoir à côté de lui, Severus essaya tant bien que mal de chasser de son esprit le fait que la boule dans sa gorge était loin d'être dissipée.

 

 

Le danger. C'était enivrant. C'était cette sensation si intime et inédite de dépasser les limites, d'être plus forte que tout. C'était la chaleur qui se répandait dans ses veines, les délicieux chatouillements qu'elle ressentait dans son ventre, l'électricité qui la parcourait quand elle pensait à ses mains puissantes posées sur ses épaules délicates, à ses lèvres accaparantes qui goûtaient chaque parcelle de son corps. Le danger, elle en était devenue accro. Au point de répéter toujours les mêmes erreurs, de mentir, de se mentir à elle-même, d'aller à l'encontre de toutes les valeurs qui lui avaient été inculquées et auxquelles elle persistait à croire. Le danger, ça l'avait fait devenir une autre personne. Mais, lorsque le danger se présentait à elle sous la forme de ses traits parfaits, elle ne répondait plus de rien. Bien entendu, elle se haïssait un peu plus à chaque fois. Elle se dégoûtait, même. Mais ça ne surpassait pas ce sentiment si intense et puissant qui la submergeait à chaque fois qu'elle se mettait en danger. Car elle était loin d'être naïve et idiote, elle savait bien qu'elle encourait des risques : ça allait au-delà de l'interdit, c'était quelque chose de plus profond qu'elle entravait lorsqu'elle se donnait entièrement à lui. C'était à cette sensation de danger enivrante qu'elle pensait lorsqu'elle le vit : il avait la même carrure imposante, le même regard perçant, le même sourire en coin, les mêmes yeux sondeurs, calculateurs et mauvais qu'elle lui connaissait. Tout dans sa personne aurait dû être repoussant, puisque tout dans sa personne transpirait le danger. Il était dangereux, et elle le savait. Ce n'était pas tant qu'elle le savait qui l'horrifiait, c'était qu'elle aimait ça.

End Notes:

Voilà voilà... Ne m'en voulez pas de vous laisser sur ça ;-)

 

Je vous retrouve bientôt pour un nouveau chapitre et vous fait plein de bisous! 

Chapitre 27: Patronus et parchemins by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà!! Alors j'avoue que ces temps c'est vraiment la folie, entre mes cours, mes travaux à rendre et mon stage, je ne sais plus où donner de la tête! Mais j'ai tout de même pris le temps d'écrire ce chapitre, parce que j'aimerais avancer ma fanfiction de sorte à écrire les chapitres de Noël en même temps que notre Noël à nous, qui est ma fête préférée ;-)

 

Sans trop vous en dire, je vous souhaite une belle lecture!

 

Novembre était bientôt passé, et déjà les décorations de Noël enduisaient les murs de Poudlard. Les élèves déambulaient dans les couloirs, leurs écharpes serrées autour de leur cou ainsi que leurs gants bien en mains. Plus les jours s'amenuisaient, plus les devoirs amplifiaient. En effet, c'était connu dans l'école que plus la fin de l'année approchait, plus les professeurs se sentaient obligés de terminer en urgence des chapitres, des potions ou des livres, comme s'il n'était plus possible de les étudier à partir de janvier.

C'était dans cette ambiance certes outrageuse de par la montagne de travail mais chaleureuse à la vue des décorations de Noël que Lily faisait ses devoirs en compagnie d'Alice et de Nelly. Elles étaient toutes les trois dans la Grande salle, pendant une heure libre entre un cours de métamorphose et un cours de défense contre les forces du mal. Le professeur Mcgonagall leur avait donné cinquante centimètres de parchemin à rendre sur la façon de concentrer son esprit pendant un sortilège informulé. Alors qu'elle cherchait des idées dans son Manuel de métamorphose avancée, Lily laissa ses pensées vagabonder. Elle songea tout d'abord à Noël, et au fait qu'elle allait revoir sa sœur Pétunia et son nouveau mari. Elle était triste lorsqu'elle y pensait, car elle savait pertinemment que l'esprit de Noël ne serait pas présent. Ça ne serait qu'une vague série de reproches, de remarques lancinantes et de regards malveillants en coin. Elle aurait voulu rester à Poudlard pour ce dernier Noël, mais ses parents avaient insisté pour qu'elles soient auprès d'eux. Ce qui la réjouissait cependant, c'était ce qu'avait dit Mcgonagall lors du cours de métamorphose : le professeur Dumbledore songeait à donner un bal en l'honneur des fêtes de fin d'année. Rien n'était encore sûr, mais lorsqu'elle avait vu sa directrice de maison s'emballer en parlant de la valse traditionnelle de Noël, Lily se doutait bien que c'était gagné d'avance. Elle-même adorait ce genre de festivité, et ne pouvait s'empêcher d'être excitée à l'idée d'aller s'acheter une belle robe. Bien vite, la mélancolie qui l'habitait lorsqu'elle pensait à sa sœur laissa place à une excitation contenue. Elle s'imagina aller dans les rues enneigées de Pré-au-Lard s'acheter une belle tenue avec Nelly et Alice, boire un chocolat chaud au Trois Balais, elle s'imagina enfilant sa robe, puis danser au bras de...

-Lily, tu vas bien ?

La rousse secoua la tête, rouge de honte. Elle venait de faire tomber son livre de métamorphose, qui avait entrainé dans sa chute sa plume et son encre. Gênée, elle sortit maladroitement sa baguette et murmura une formule pour nettoyer le fouilli qu'elle avait causé.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as l'air ailleurs, remarqua Nelly, les sourcils froncés.

La jeune femme tentait sans grande réussite de maîtriser sa gêne et ses rougissements.

-Je pensais à Pré-au-Lard, répondit-elle finalement, décidant de ne mentir qu'à moitié.

-La prochaine sortie y est bientôt ! s'extasia Alice. J'ai vraiment hâte de revoir les décorations de Madame Rosmerta, elle a le chic pour ça. Et toi Nelly ?
-Moi, j'ai surtout hâte d'aller chez Madame Pieddodu avec Remus, répondit la brune qui rougit à son tour.

Lily sourit. Elle était réellement contente de voir son amie si épanouie avec le jeune homme, qui, de plus, était quelqu'un à qui elle tenait beaucoup. La conversation repartit de plus belle sur les couples d'Alice et de Nelly et, bien que la rousse rigola aux nombreuses anecdotes d'Alice, elle ne put s'empêcher de garder en tête l'image qui lui était venue lorsqu'elle avait fait tomber son manuel.

-Bon, ce n'est pas tout, mais on a cours de défense contre les forces du mal !

Les trois filles rangèrent rapidement leurs affaires et se dirigèrent vers la salle de classe du professeur Burbog, qui les attendait déjà, dans une robe jaune canari cette fois-ci.

-Ah, Miss Evans, ravie de vous revoir. J'ai un exercice qui devrait particulièrement vous plaire aujourd'hui. Les professeurs Mcgonagall et Flitwick n'ont tari d'éloges sur le fait que vous êtes avancée dans tous leurs cours. Et je ne parle même pas du professeur Slughorn. J'imagine que cet exercice vous paraîtra facile !

Bien que flattée du compliment, Lily eut soudain l'envie de disparaître sous terre. Elle vit qu'Alice et Nelly avaient des sourires polis, mais ne pouvait s'empêcher de sentir une gêne profonde lorsqu'un professeur la tarissait de compliments devant elles.

-J'espère ne pas vous décevoir, répondit-elle tout de même.

Alors qu'elle voulait prendre place au côté de Nelly, quatre élèves, plus bruyants que la normal, débarquèrent dans la classe dans de grands gestes éloquents.

-Ah, vous voilà, commenta le professeur Burbog par-dessus ses lunettes d'un air sévère mais un sourire en coin.

Ce n'était plus de la gêne que ressentait Lily à ce stade-là, c'était tout son corps qu'elle devait combattre pour ne pas prendre ses jambes à son cou et s'enfuir. Pour le comble de son angoisse, ce fut finalement Remus qui prit place à côté de Nelly, qui la regardait avec un air désolé. Franck et Alice s'étaient mis dans le coin de la classe, la jeune femme paraissant tendue et crispée. Décidant finalement de faire semblant qu'elle n'avait rien vu, Lily s'assit une table derrière Nelly et Remus. Elle pensait savoir ce qui allait se passer, et le redoutait plus que tout. Son cœur s'était mis à battre contre ses tempes, tandis qu'elle plantait ses ongles dans la paume de sa main, devenue douloureuse. James Potter passa à côté d'elle et, alors que son cœur menaçait d'exploser, s'assit au bureau parallèle au sien, Sirius prenant place à ses côtés. Aussi rapidement qu'il s'était mis à battre, son cœur sembla s'arrêter net et retomber le bas de son ventre. Ce fut comme le vide, et Lily se rendit compte qu'elle ne se sentait absolument pas soulagée. Avide de voir s'il avait les yeux posés sur elle, elle tenta un regard en coin. James était en grande conversation avec Sirius, et semblait n'avoir même pas remarqué sa présence. Désormais aussi furax qu'elle était gênée, la rousse planta son regard droit devant elle, et salua à peine la pauvre Milla Everdine qui s'était assise à côté d'elle.

-Bien, bonjour à tous. Comme je le disais à certains de vos confrères, nous allons aujourd'hui apprivoiser un sort qui n'est pas à la portée de n'importe quel sorcier, mais qui est le plus important de la communauté magique. Lorsque vous saurez maîtriser à la perfection ce sort, vous pourrez vous féliciter d'être un sorcier aguerri.

La classe entière écoutait le professeur Burbog sans ciller. Il avait l'art de captiver son audience.

-Bien. Qui a déjà entendu parler des Patronus ?

Alors qu'elle s'apprêtait à dégainer sa main plus vite que l'éclair, Lily fut pour la première fois de ses études devancer.

-Monsieur Potter ?

-C'est un esprit protecteur, qui peut servir de boucliers contre certaines créatures ou faire office de messager.

-Je vois que vous vous êtes renseignés sur le sujet. Le sortilège du Patronus va vous permettre de faire apparaître cet esprit protecteur. Qui peut me dire contre quel genre de créature il protège ?

Cette fois-ci, ce fut à Sirius d'être plus rapide que Lily.

-Contre les détraqueurs, principalement.

-Très juste, Monsieur Black. J'ajoute cinq points pour Gryffondor. Quelqu'un saurait quelle forme prend un Patronus ?
Cette fois-ci, Lily ne laissa à personne le temps de lever la main avant elle.

-Miss Evans ?
-La forme d'un Patronus diffère d'une personne à une autre, il n'a donc pas de forme définie. Le sort pour le faire apparaître est : Spero Patronum.

Le professeur Burbog eut un petit rire :
-Je me demande si je ne vais pas vous demander de faire le cours à ma place. Vous l'avez déjà pratiqué ?

Lily fit non de la tête.

-Je suis sûr que vous y arriverez en un rien de temps. Je vous demanderais à tous de laisser vos baguettes de côté et de répéter après moi, bien distinctement : Spero Patronum.

-Spero Patronum, chantonna la classe.

-Très bien. Maintenant, je vais vous expliquer l'essence même d'un Patronus : un Patronus est une représentation d'une force positive, qui représente l'esprit et le cœur profond d'un sorcier. Vous ne pouvez donc pas l'appliquer en apprenant par cœur une formule, ou en vous concentrant de toute vos forces. C'est en allant puiser dans votre « moi » profond que vous pourrez faire apparaître votre Patronus. Il n'y a donc aucune manière de se mentir, si l'on veut produire un bon et efficace Patronus.

Plus un seul bruit ne se faisait entendre dans la classe. Certains élèves se regardaient, horrifiés, tandis que d'autres hochaient la tête avec avidité.

-Pour lancer le sort du Patronus, il est nécessaire de concentrer toutes ses forces sur un souvenir particulièrement heureux. Lorsque vous sentirez ce souvenir dans chacune de vos veines, et uniquement à ce moment-là, vous pourrez essayer de produire un Patronus. Bien. Qui veut essayer ?
Pendant quelques secondes, on entendit les mouches voler. Lily sentit quelques regards insistants se tourner vers elle. Il était vrai qu'elle était souvent celle qui se désignait pour tester les nouveaux sorts, mais celui-là ne lui inspirait rien qui vaille. Soudain, un garçon se leva de sa table et vint se joindre au professeur.

-Parfait, Monsieur Potter, je vois que vous souhaitez participer aujourd'hui. Bien. Concentrez-vous sur un souvenir heureux. Pensez à autre chose que la tartine que vous avez mangé ce matin ou à la dernière fois que vous avez échappé à Monsieur Rusard.

La classe éclata de rire.

-Il faut un souvenir plus puissant, quelque chose qui envahisse votre esprit.

Sans qu'elle ne se l'explique, Lily se mit immédiatement à rougir. Elle voyait James fermer les yeux, se concentrer, puis esquisser un fin sourire.

-Vous êtes prêt ? murmura le professeur Burbog.

James hocha la tête.

-Maintenant.

-Spero Patronum, lança le garçon avec intensité.

Pendant quelques secondes, un faible jet lumineux sortit de la baguette de James. Plus personne ne parlait.

-Réessayez, il est normal de ne pas réussir du premier coup.

Lily vit James rouler des épaules, comme s'il essayait de détendre chaque muscle de son corps. Il ferma à nouveau les yeux, et sembla plus déterminé que jamais lorsqu'il prononça :

-Spero Patronum.

Cette fois-ci, le jet de lumière se transforma petit à petit en un immense cerf majestueux. Le cerf, toujours dans un halo de lumière, fit deux fois le tour de James qui le regardait avec des yeux étincelants. Puis il galopa une dernière fois autour du sorcier et s'évapora dans un filament d'étoiles. La classe, composée de Gryffondor et de Poufsouffle, se fondit en un tonnerre d'applaudissements, tandis que Sirius, Remus et Peter s'étaient mis à siffler et à féliciter leur ami avec ferveur.

-Bien joué, Cornedrue ! lança Sirius.

Le jeune homme souriait comme jamais, et même le professeur Burbog lui administra une tape sur l'épaule pour le féliciter.

-Parfait, excellent, excellent ! J'offre dix points de plus à Gryffondor. Bien, maintenant, je vais vous demander de vous lever. Nous n'avons plus besoin de ces bureaux.

D'un coup de baguette, le professeur expédia les bureaux dans les coins de la salle de cours.

-Sortez tous votre baguette et, à l'instar de Monsieur Potter, laissez-vous submerger par un souvenir heureux et prononcer la formule : Spero Patronum.

La boule au ventre, Lily prit sa baguette et se mit dans un coin reculé de la salle. En fermant à son tour les yeux, elle tenta de toute ses forces de retrouver un souvenir heureux. Après avoir fait le tri dans tête, elle choisit finalement de se concentrer sur le moment où elle avait appris qu'elle serait préfète-en-cheffe. En visualisant le mieux qu'elle le pouvait la lettre qu'elle avait reçu, elle prit une grande inspiration et, se voyant déjà concurrencer Potter, lança :

-Spero Patronum.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se rendit compte que sa baguette n'avait émis qu'un faible bruissement de lumière, qui s'était rapidement éteint. A l'instar de son cœur tout à l'heure, c'est son sourire qui s'évanouit en quelques secondes. Comme si la malchance s'emparait d'elle, le professeur Burbog l'avait vu.

-Il n'y a pas de quoi s'en faire, Miss Evans. C'est un sort que peu de sorciers arrivent à pratiquer du premier coup. Il y a de fortes chances que votre souvenir n'était pas assez puissant.

Avec une irrésistible envie de pleurer, Lily se força à trouver d'autres souvenirs heureux : lorsqu'elle avait appris qu'elle était une sorcière, lorsqu'elle avait reçu son premier bulletin de notes, la première fois qu'elle avait réussi une potion. Seulement, sa baguette émettait à chaque fois le faible halo de lumière puis s'éteignait aussi rapidement. Sirius fut le deuxième à faire apparaître un Patronus : c'était un chien qui courait dans toute la classe et avait failli renverser Irina Patil. Ce fut ensuite au tour de Remus : son Patronus n'était pas encore dessiné aussi proprement que ceux de ses compatriotes, mais Lily distinguait clairement un animal à quatre pattes... Les trois garçons furent les seuls qui arrivèrent à faire apparaître une forme distinguable. Cependant, Lily ne pouvait s'empêcher de remarquer que tout le monde avait fait apparaître des jets de lumière impressionnants, et qui duraient plus que trois secondes. Le coup final lui fut porté lorsque Peter Pettigrow fit apparaître un rat qui s'évapora aussi rapidement qu'il était arrivé. Remus, Sirius et James s'étaient précipités vers lui pour le féliciter chaleureusement lorsqu'il l'avait fait. Décidant qu'elle détestait ce sort plus que tout, et qu'elle n'allait pas tarder à détester Monsieur Burbog, Lily rangea sa baguette et attendit que le cours se termine. Alors que les élèves avaient été mandatés par leur professeur pour remettre les pupitres en place, la jeune femme prit son sac et y fourra sa baguette dans un geste rageur. Tandis qu'elle s'apprêtait à quitter la classe avant tout le monde, elle vit deux pieds se poster devant elle. Elle se releva aussitôt.

-On dirait que Madame la Préfète-en-chef n'est plus la meilleure de classe. Quoi qu'il en soit, si tu as besoin d'aide, tu sais où me trouver.

Incapable de répondre quoi que ce soit à James Potter, qui la regardait de son air suffisant et provocateur, Lily sortit de la classe en trombe, ignorant de tout son aplomb son cœur qui s'était remis à battre la chamade.

 

 

 

La journée avait passé incroyablement vite, et Sirius avait trouvé que c'était l'une des meilleures qu'il avait vécu depuis le début de l'année. En effet, le fait qu'il ait réussi à faire apparaître un Patronus lui avait redonné toutes ses forces, et il se sentait désormais prêt à passer ses ASPICS avec brio. Il n'avait pas été difficile pour lui de trouver un souvenir heureux et puissant. Bien que sa vie d'enfant n'eût été que malheurs et désespoir, il n'avait eu qu'à penser aux Potter et à l'accueil qu'ils lui réservaient pour se sentir habité de ce sentiment de gratitude. Pensif, Sirius se laissa tomber sur son lit. James, Remus et Peter étaient encore dans la salle commune entrain de terminer leur devoir, mais Sirius se sentait complètement épuisé des jours qui venaient de s'écouler. Il y avait d'abord eu son anniversaire, qui avait été l'un des pires de sa vie. Ensuite, il y avait eu Regulus, qui était définitivement passé du côté obscur. Puis la réconciliation avec James, la victoire au Quidditch, la montagne de devoirs, mais surtout, le fait que Cassidy ne lui parlait plus. D'un geste machinal, Sirius fouilla dans son sac à dos et en sortit un bout de parchemin rapiécé.

-Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, murmura-t-il en y pointant sa baguette.

La carte se remplit alors des habituelles traits d'encre qui constituaient l'entièreté du château de Poudlard, ainsi que des points minuscules qui représentaient les élèves en motion. Sirius sourit : la carte était devenue un objet indispensable à ses yeux. En laissant ses pensées divaguer, il se souvint de la fois où ils l'avaient créé. Ça avait été la consécration des Maraudeurs : devenir des Animagi afin d'aider Remus, puis créer la carte, afin d'être sûrs de ne pas être repérés. Il se souvint d'avoir pratiquer maintes et maintes fois le sortilège d'Homonculus pour être sûr que la carte leur soit fiable. Il sourit en pensant au nombre de fois où ils avaient évité Rusard grâce à ce bout de parchemin. Puis, comme il le faisait souvent ces temps, il déplia l'objet entièrement et se mit à la recherche de deux points en particulier : Regulus se trouvait dans la salle commune de Serpentard et ne bougeait pas. Sirius l'imagina faisant ses devoirs, ou complotant avec Malefoy. En secouant la tête pour éviter de penser à son petit frère, il fit plusieurs fois le tour de la carte, à la recherche d'un nom en particulier. Son ventre fit un bond lorsqu'il l'aperçut : elle se rendait sur le terrain de Quidditch. Il haussa les sourcils : il faisait noir à l'extérieur, et il n'était pas très à l'aise à l'idée de la savoir seule dehors dans ces conditions. Il restait ainsi plusieurs minutes, à observer son point se déplacer sur le terrain de Quidditch et en l'imaginant faisant les figures les plus compliquées. Avec une boule au ventre qui n'avait rien d'agréable, Sirius ravala la bile qu'il avait au fond de la gorge et murmura : « méfaits accomplis ».  C'était ce que Sirius ressentait face à cette situation : il avait déjà fait assez de mal ainsi. Il souhaitait pouvoir faire comme avec la carte, pouvoir tout effacer. Désormais maussade et loin du sentiment de plénitude que lui avait procuré le Patronus, Sirius se glissa sous sa couette, en concentrant toutes ses pensées le plus loin possible du terrain de Quidditch, et d'elle.

 

 

 

 

Cassidy se sentait bien : elle n'avait certes pas réussi à faire apparaître un Patronus, à l'instar de son frère, mais avait tout de même fait apparaître plus de filaments argentés que la plupart de ses camarades de classe. L'air frais du soir et le sentiment de bien-être qui s'écoulait dans ses veines après un entrainement de Quidditch lui procurait un apaisement complet. Elle était loin des ressassements des jours précédents. La jeune femme avait décidé de profiter librement de sa dernière année à Poudlard, et cela passait grandement par le fait de mettre toute son énergie dans le Quidditch.

-Alors comme ça, tu t'entraines de nuit ?
Cassidy sursauta. Elle plissa des yeux en voyant une silhouette replète arriver dans sa direction. Soulagée de reconnaître Dorcas, elle lança :

-Si je deviens douée de nuit, imagine ce que ça peut donner de jour !

Sa meilleure amie éclata de rire. Cassidy était heureuse : cela faisait un moment que les deux jeunes femmes n'avaient pas passé de temps ensemble autre que pour leurs devoirs.

-Au fait, où tu étais l'autre soir, lorsque nous avons gagné contre Serpentard ?

En effet, Cassidy se souvint qu'avant de se plonger dans ses sombres pensées, son but premier était de trouver Dorcas. Soudain, la jeune femme vit son amie se tordre, gênée.

-Et bien...

-Ne me dis pas que tu étais avec un garçon !

Pendant quelques instants, Cassidy crut avoir vu juste : son amie n'avait pas une peau qui rougissait, mais elle pouvait percevoir sa gêne jusqu'à travers le terrain de Quidditch. Cependant, Dorcas finit par la regarder dans les yeux et éclata de rire :

-Tu ne crois pas que tu serais la première au courant si c'était le cas ? Pour tout te dire, je ne me sentais absolument pas bien, et je suis allée prendre un bain. Disons pour faire court que je me suis endormie dedans.

Cassidy rigola à son tour, soulagée qu'il ne se soit rien passé de grave.

-Bien. Mais à l'avenir, promets-moi que l'on restera ensemble lors de ces fêtes !
-C'est promis.

Alors que les deux jeunes femmes remontaient l'allée vers l'enceinte de Poudlard, discutant frénétiquement du cours sur la Défense contre les force du mal, Cassidy sursauta une deuxième fois. Elle venait de recevoir quelque chose sur la tête. En allumant sa baguette et en se tournant pour voir qui la suivait, Dorcas l'imitant, elle finit par découvrir la source de son mal de crâne sur le sol. C'était un bout de parchemin, auquel avait été accroché une petite pierre.

-Qui a bien pu te lancer ça dessus ? Tu n'as pas mal ?
-Si, c'est atroce, répondit Cassidy en se massant la tête avec une grimace.

L'esprit toujours alerte et la baguette bien en vue, la Gryffondor décida tout de même d'ouvrir le fin bout de parchemin.

-Qu'est-ce qu'il y a d'écrit ? s'écria Dorcas en voyant la mine horrifiée de son amie.

Cassidy, incapable de parler, lui montra le parchemin :

 

                                               Ils ont ton père.

End Notes:

Et voilà!!! J'aime toujours autant écrire sur un POV Lily, je m'identifie vraiment beaucoup à elle. 

En espérant que ce chapitre vous a plu, je vous dis à bientôt pour la suite :D

Chapitre 28: Mouvement de panique by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

 

Je ne préfère pas faire de promesses que je ne sais pas tenir ;-) mais vous risquez d'être bombardés de quelques chapitres d'ici Nouvel An. Je me bats contre mes examens de fin d'année et la fin de mon stage pour pouvoir écrire les chapitres qui me tiennent à coeur d'ici 2018 :) 

 

Mais bon... On sait comment ça va quand je promets des chapitres rapidement!

Dans tous les cas, je vous souhaite une bonne lecture de celui-ci :D 

 

Son cœur battait contre ses tempes à mesure qu'elle franchissait les marches du château, quatre à quatre. Elle ne voyait pas les élèves revenir de la Grande Salle par groupes de trois ou quatre, ni les tableaux qui l'interpellaient pour aller moins vite, ni les armures qui- décorées de guirlandes et de boules de Noël- essayaient de se dépêtrer. Même les lancées qu'elle sentait dans tout son corps ne l'arrêterait pas. Elle n'arrêterait pas tant qu'elle n'aurait pas vu James.

-Cassidy, attends, qu'est-ce que tu fais ?

La voix de Dorcas lui parut lointaine, comme si elle appartenait à un autre monde. Elle ne comprenait pas. Personne ne pouvait comprendre, à part son frère. Leur père était en danger. Elle le sentait au plus profond de ses entrailles, c'était ce sentiment-là même qui lui permettait d'aller aussi vite. Il fallait absolument qu'ils agissent. Il était hors de question qu'elle le laisse tomber.

Hors d'haleine et d'une fébrilité non maîtrisée, Cassidy déboula dans la salle commune de Gryffondor, si fort que les rares élèves présents se retournèrent vers elle à l'unisson.

-James ! James, j'ai besoin de toi !

Elle vit le sourire de son grand frère s'évanouir lorsqu'il aperçut son air affolé, ses cheveux en bataille et son balai qu'elle venait de lancer abruptement à travers la pièce. Quelques secondes plus tard, qui parurent des heures à Cassidy, Dorcas les rejoint, elle aussi essoufflée et le visage grave.

-Cassy, qu'est-ce qu'il se passe ?! Tu as l'air complètement déboussolée, lui lança Remus en voulant lui poser la main sur l'épaule.

La jeune femme l'ignora et tendit le bout de parchemin à James, qu'elle ne lâchait pas des yeux. Aussi rapidement qu'elle avait vu son sourire s'évanouir, elle vit la panique gagner les yeux de son frère.

-James, il faut y aller ! Ils l'ont, c'est certain. Ils vont le tuer si on ne fait rien !

Remus et Peter jetèrent eux aussi un coup d'œil sur le parchemin et se regardèrent, horrifiés. James semblait pétrifié. En plus de la peur tenace qui menaçait de la faire vomir, Cassidy sentit un profond agacement se tordre dans son ventre.

-Fais quelque chose ! hurla-t-elle à James.

-Je pense qu'il faut en parler au professeur Mcgonagall et aller voir Dumbledore. Il saura quoi faire. Il sait toujours quoi faire.

Cassidy se tourna brusquement vers l'origine de la voix : c'était Lily, elle et Nelly se tenaient quelques centimètres derrière Remus, et avaient pris connaissance des mots- concis mais horrifiants- du parchemin. Sans qu'elle ne l'explique, Cassidy se sentit rassurée. Lily représentait l'intelligence, et elle avait le recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions. Sans réussir à parler tant la boule qu'elle avait dans la gorge grossissait, la jeune femme acquiesça néanmoins. Elle vit la rousse et sa meilleure amie partirent de ce pas chercher leur directrice de maison. James semblait avoir repris quelque peu ses esprits. Il se mit à faire les cent pas dans la salle commune. Remus avait prié les personnes restantes dans la salle de rentrer dans leur dortoir, pour éviter un attroupement inutile.

-Cassy, on doit aller l'aider, c'est évident.

La jeune femme fut rassurée de voir que son grand frère était désormais sûr de lui, bien qu'affolé.

-Mais il nous faudra Sirius pour ça.

Cassidy sentit son corps se tendre tout entier. Elle avait complètement oublié que le dernier Maraudeur n'était pas présent, avec eux. Son cerveau se mit à réfléchir à toute allure. Puis elle se rendit compte qu'elle se fichait pas bien mal de leur querelle, qu'elle n'avait même aucune importance. Sans hésitation, elle acquiesça :

-Dépêche-toi.

 

 

Il lui semblait qu'une vie s'était passée entre son Patronus et les événements qui se déroulaient sous ses yeux. James ne s'était jamais senti autant alerte qu'en ce moment-là. Son père était en danger, en danger de mort, et il fallait impérativement qu'il agisse. Il monta les marches vers le dortoir des garçons plus vite qu'il ne l'avait jamais fait, et déboula dans la chambre. Heureusement pour lui, Sirius ne dormait pas, mais regardait le plafond de son lit à baldaquin, pensif. Il sursauta lorsqu'il vit son meilleur ami. Très vite, il comprit que quelque chose n'allait pas :

-Qu'est-ce qu'il se passe ?
-C'est mon père, les Mangemorts l'ont eu. On part à sa recherche, tu viens ?

James eut un vertige lorsqu'il vit celui qu'il considérait comme un frère se lever et passer ses chaussures à la volée. Il prit sa baguette et tira James hors du dortoir sans une seconde d'hésitation. Bien que la situation fût tout sauf rassurante, James se sentit mieux de savoir qu'il aurait toutes les personnes qui comptaient à ses yeux pour l'aider. Il préférait ne pas penser à ce qu'il leur faudrait affronter pour sauver son père. Ce qui comptait, en cet instant, c'était la force que cela lui donnait.

Lorsqu'ils descendirent dans la salle commune, le professeur Mcgonagall se tenait, en robe de chambre écossaise et les cheveux défaits, au milieu des Maraudeurs, de Cassidy, Dorcas, Lily et Nelly.

-Potter, nous allons aller voir le directeur. Miss Potter, je vous prierais de raconter en détails comment ce parchemin vous est parvenu, et nous pourrons ainsi décider d'un plan d'action.

A une vitesse affolante, le groupe se dirigea vers les gargouilles qui gardaient le bureau d'Albus Dumbledore. Bien que la situation ne s'y prêtait absolument pas, James ne put s'empêcher de remarquer que Lily se tenait à ses côtés, au moins aussi inquiète que les autres. Il fut pendant une demi-seconde tenté de lui prendre la main, mais la voix du professeur Mcgonagall la coupa :

-Sucette sorbet.

Les gargouilles s'écartèrent alors, et laissèrent place à des marches d'escalier au moins aussi somptueuses. Bien qu'il ait collectionné les retenues et remarques de ses professeurs, jamais James n'avait pénétré dans le bureau du directeur. Il ne put s'empêcher de se sentir impressionné. Le groupe entra dans le bureau. Dumbledore ne dormait pas. Il avait toujours sa robe de jour sur ses épaules, et était en pleine discussion avec le portrait de Phineas Nigellus, un ancien directeur de Poudlard.

-Directeur, veuillez pardonner notre intrusion tardive. Le fait est que Miss Potter a reçu un parchemin des plus inquiétants. Expliquez-lui, encouragea le professeur Mcgonagall en poussant Cassidy.

James vit sa sœur expliquer son récit, pas le moins du monde intimidée. Il sentit une détermination dans sa voix comme jamais, et sentit la subite envie de la prendre dans ses bras pour la serrer très fort. Dumbledore avait écouté jusqu'au bout, regardant Cassidy par-dessus ses lunettes en demi-lune. Puis, après l'avoir laissé terminer, il se tourna vers le professeur Mcgonagall. Son regard était grave :
-Professeur, il faudra raccompagner ses jeunes gens à leur dortoir et s'assurer qu'il ne leur manque rien.

Puis, sans un regard pour les élèves présents, il se retourna vers les portraits d'anciens directeurs qui ornaient son mur et se mit à murmurer des paroles incompréhensibles depuis où se trouvait James. Le jeune homme se sentit soudain envahi d'un mouvement de panique et de colère :
-Comment ça, dans notre dortoir ? Il est hors de question que je reste à Poudlard. Vous n'avez pas entendu ma sœur ? Les Mangemorts ont mon père ! Ils vont le tuer ! Il faut qu'on aille le sauver.

-Il faut en effet que quelqu'un aille sauver votre père, Monsieur Potter. Seulement, permettez-moi de vous assurer qu'il ne sera en aucun cas des élèves de Poudlard.

Puis, plus doucement, le directeur s'avança et lui posa la main sur son épaule :

-Faites-moi confiance. Je connais des personnes qui iront sauver votre père. Je m'engage moi-même à le faire, à compter du moment que je vous saurai en sécurité dans votre dortoir.

Sans pouvoir argumenter, James se trouva contraint à regagner la salle commune, guidé par le professeur Mcgonagall. Une fois passée le portrait, la veille dame se tourna vers les élèves présents :

-Vous avez entendu le professeur Dumbledore. Il est impératif pour votre sécurité que vous restiez dans ce château. Potter, je sais combien il est difficile pour vous de ne pas vous empêtrer dans les ennuis jusqu'au cou, mais c'est une question de vie ou de mort. Vous n'aiderez en aucun cas votre père en allant vous faire tuer par ses ravisseurs. Laissez les sorciers aguerris agir. Je vous donnerai des nouvelles aussi vite que je le pourrai.

Puis elle les laissa, pantelants, au milieu de la salle commune dont le seul bruit environnant était les ronronnements de la cheminée.

-Elle a sans doute raison, nous devrions mieux attendre ici, lança finalement Lily, la voix douce et mal assurée.

James se tourna vers elle : même elle n'y croyait pas.

-Attendez-moi là, je sais ce qu'il me reste à faire.

Comme si la réponse lui avait été donnée dans les yeux de la rousse, James courut une nouvelle fois dans son dortoir, pour cette fois y extraire sa cape d'invisibilité, celle-là même que son père lui avait légué. Il redescendit les escaliers à la volée, passa le portrait et mis la cape. Aussi vite que possible, il regagna le bureau du directeur et murmura le mot de passe en espérant que les gargouilles ne trahiraient pas sa présence. Heureusement, les voix sonores et paniquées du bureau couvraient son bruit. Désormais, la totalité des professeurs de Poudlard étaient présents dans le bureau de Dumbledore.

-Professeur, commença la voix fluette de Flitwick, savez-vous comment procéder ?

-Oh croyez bien que je ne vais pas attendre ici patiemment que le ministère se décide à mobiliser ses Aurors. Ce serait une grande erreur de ma part. Je vais m'y rendre moi-même, mais il me faut attendre mes renforts.

-Vos renforts ? demanda Mcgonagall, que l'inquiétude dans la voix trahissait.

-Vous pensez bien que si un mage noir aussi puissant que Lord Voldemort se dresse contre les sorciers de Grande-Bretagne, je n'allais pas sagement attendre que le ministère agisse.

Un frisson avait parcouru les professeurs lorsque Dumbledore avait prononcé le nom.

-Et comment pouvez-vous savoir où il se cache ?
-Dans quelques instants, Minerva.

Puis les professeurs attendirent, silencieux. James tapait du pied, impatient : il était tenté de débouler dans le bureau et de hurler sur son directeur, dont le calme le paniquait plus qu'il ne le calmait. Soudain, une voix- que James ne connaissait pas- retentit :

-Il le détienne près de Londres, à l'orée de la montagne du Richmond. C'était là qu'il se cachait.

James ne prit pas la peine de savoir exactement comment la voix pouvait connaître l'emplacement de son père, mais sans se poser de question, il courut le plus vite qu'il le put dans la salle commune : c'était décidé, il partait le chercher.

 

Les minutes où James les avait quittés paraissaient des heures à Lily. Personne ne disait un mot, et elle pouvait sentir l'inquiétude de Cassidy à travers la pièce. Sirius était allé se posticher à ses côtés, les bras croisés, et ne la lâchait pas du regard. Dorcas lui tenait la main, elle aussi morte d'inquiétude. Près de la cheminée se tenait Peter, ses yeux mouillés rivés sur le feu. Remus et Nelly se tenaient tout près d'elle et regardaient dans des directions opposées tout en se tenant la main. Lily avait essayé de garder son sang froid et de penser rationnellement : la meilleure chose à faire était d'écouter Mcgonagall, et d'attendre. En même temps, elle se demanda ce qu'elle ferait si l'un de ses parents, ou même Pétunia, était en danger de mort. Elle n'attendrait pas, c'était une certitude. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsque le portrait de la Grosse Dame s'ouvrit de lui-même. Soudain, la tête de James apparut dans les airs, puis son corps. Eberluée et à court de mot, elle entendit James s'écrier :

-Je sais où il est, suivez-moi.

Sirius et Cassidy furent les premiers, suivis de Remus, Nelly et Dorcas. Lily n'hésita pas : elle allait les aider, il lui fallut juste une seconde pour se remettre du choc de l'apparition soudaine de James.

-Tu viens ? lança-t-elle abruptement à Peter.

Sans un mot, il se leva et suivit Lily, qui aurait juré qu'il le faisait à contrecœur. La jeune femme courut derrière les autres et, après un moment, se rendit compte que James les emmenait sur le terrain de Quidditch.

-Il est à Londres, près des montagnes, là où il se cachait, expliqua-t-il alors qu'ils courraient, le souffle court. On va y aller en balai.

Soudain, Lily sentit le souffle lui manquer. Elle avait toujours eu le vertige et avait mis un point d'honneur à ne jamais approcher un balai à moins de dix mètres. Mais il fallait dépasser ça : elle voulait à tout prix être là pour les aider. C'était une Gryffondor, et jamais un Gryffondor n'abandonnait. Ils arrivèrent, échevelés, sur le terrain de Quidditch. Cassidy avait déjà enfourné son balai, Dorcas derrière elle. James se mit à courir dans les vestiaires :
-Je n'ai pas mon balai sur moi.

Il revint quelques secondes plus tard avec deux balais supplémentaires et en lança un à Sirius.

-Il va y avoir un problème. On ne peut pas tous tenir sur ses balais. Il va falloir choisir.

Lily sentit son cœur retomber dans sa poitrine. Il était hors de question qu'elle reste en arrière :

-Je viens, s'entendit-elle dire d'un ton assuré en agrippant le balai de James.

Il lui lança un regard à la volée, et elle crut y déceler une profonde gratitude.

-Je viens aussi, acquiesça Remus.

-Il est hors de question que je te laisse y aller sans moi, contra Nelly.

-Nel's, je serai mieux si tu restes ici. En plus, tu pourras prévenir Mcgonagall, c'est bien que vous restiez en arrière.

-Je veux venir, lança Nelly qui paraissait plus déterminée que jamais.

-Ce n'est pas le moment de discuter ! s'écria Cassidy, folle d'inquiétude. Peter et Dorcas, vous restez ici. Vous irez prévenir Mcgonagall que nous sommes partis, comme ça, ils pourront nous envoyer des renforts au cas où...

Sa voix se brisa. Pendant un instant, personne ne bougea. Puis Dorcas descendit du balai, les larmes lui coulant le long des joues.

-Je ne veux pas te laisser aller toute seule.

-Je sais. Je sais que tu viendrais si tu avais le choix. Mais je ne te le laisse pas.

Pleurant à chaudes larmes, Dorcas enlaça sa meilleure amie. Lily remarqua que Peter n'avait pas bougé, et semblait profondément soulagé. Remus monta à l'arrière de Cassidy, Nelly sur le balai de Sirius et Lily grimpa sur le balai de James, en s'agrippant fermement à ses épaules.

-Faites attention à vous ! fut la dernière chose que la rousse entendit alors que le sol se dérobait sous ses pieds.

Elle ferma les yeux et planta ses ongles dans les épaules de James. Ça allait vite. Bien plus qu'elle ne l'avait imaginé. Il faisait aussi extrêmement froid là-haut, dans le ciel.

-Virage à droite ! entendit-elle James hurler.

Brusquement mais habilement, il fit pivoter son balai vers la droite, et le cœur de Lily manqua un battement.

-Lily, si tu continues, je ne vais plus sentir mes épaules. Respire un bon coup et regarde devant toi, c'est le meilleur moyen contre le vertige.

Honteuse de laisser sa peur prendre le dessus, la jeune femme écouta le conseil. En effet, la vitesse paraissait plus supportable si elle ouvrait les yeux. Elle se força à regarder à côté d'elle, pour voir Nelly et Remus aussi mal à l'aises qu'elle à l'arrière de leur balai. Ça lui permettait d'oublier la hauteur. Alors qu'elle commençait tout juste à s'habituer au vol, James piqua vers l'avant et pris de la vitesse. Lily ferma à nouveau ses yeux, mais préféra enrouler ses mains sur son torse pour éviter de lui infliger une souffrance supplémentaire. Puis, bien plus doucement qu'elle ne l'avait imaginé, ils atterrirent. Pantelante, elle ouvrit les yeux et descendit du balai. Ils étaient à l'orée d'une forêt, au pied d'une montagne. Seule la lune, à moitié pleine, éclairait les environs.

-Lumos, murmura-t-elle, tendue et alerte.

Instinctivement, les autres vinrent se placer aux alentours, de sorte à avoir une vue à trois-cents-soixante degrés. Soudain, après des minutes qui parurent des heures, un bruit se fit entendre de la forêt. Un homme en sortit, suivi de plusieurs autres. Il était grand, sale, et avait les yeux jaunes d'un prédateur. Un pelage noir et dru couvrait une partie de son visage et ses dents, taillés en pointe, souriait comme s'il avait vu quelque chose de particulièrement alléchant :

-Bien, bien, bien. Regardez-moi ça mes amis. Une brochette d'élèves juste pour nous.

Lily eut juste le temps de se retourner pour découvrir un Remus plus blême que jamais. Puis Greyback lança les hostilités, et Lily eut juste le temps de plonger de côté pour éviter son sort.

End Notes:

A très bientôt pour la suite :D ! 

Chapitre 29: Ruptures by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

Premièrement, je tenais à vous dire un grand MERCI: j'ai passé la barre des 10000 views, et c'est un très beau cadeau pour les fêtes de fin d'année :D 

Ce qui m'amène à mon deuxième point: je vous souhaite un tous de très belles fêtes de fin d'année, et si comme moi c'est synonyme de regarder un film de Harry Potter, profitez bien ;-)

 

Comme je vous l'avais dit, je souhaite pouvoir poster plusieurs chapitres en cette fin d'année. Je sais bien que celui-ci ne ruissèle pas de l'esprit de Noël, mais les prochains seront un peu plus féériques ;-) Bien que... Mais enfin, vous verrez tout ça :D 

 

Je vous souhaite donc une très belle lecture et j'espère que ce chapitre pourra être posté à temps :) 

 

 

 

Les sorts fusaient de toute part. Des jets de lumières rouges et verts sifflaient aux oreilles de Remus, qui tentait tant bien que mal de garder le cap. Sa baguette semblait greffée à son bras tant il serrait fort ses doigts pour être sûr de la maîtriser. Il était incapable de dire ce qu'il ressentait à l'instant même. La peur l'empêchait de penser rationnellement alors même que ses sens agissaient pour lui. Il ne savait comment cela était possible, mais il lui semblait entendre sa voix lancer des sorts dont il se rappelait à peine depuis l'extérieur de son corps. A mesure que son instinct le poussait à plonger de côté pour éviter des sorts et à en lancer à son tour, la petite voix dans son cerveau se mit à fuser. « C'est lui, il s'attaque à Nelly ». En effet, cela faisait quelques minutes que Nelly était aux prises avec Greyback, lequel hurlait de rire à mesure que les tentatives de la jeune femme l'effleuraient.

-Alors ma petite, on veut jouer à la grande ?

Le sang de Remus se glaça imperceptiblement.

-J'ai hâte de goûter à ta peau, elle m'a l'air délicieuse.

Remus vit sa petite-amie devenir blême. Lily était venue à sa rescousse. Lui-même aurait voulu en faire de même, si le Mangemort avec lequel il se battait depuis ce qui lui semblait des heures avait bien voulu lui laisser une seconde de battement.

-Quand j'en aurai fini avec toi, je m'occuperai de ton petit-copain. C'est lui, là-bas ?

Lorsque le regard de Greyback se posa sur lui, ce fut comme revivre la scène une seconde fois.

Il se voyait enfant, à quatre ans, près de la forêt qui longeait sa petite maison. Son père s'était encore endormi en lisant le journal, et sa mère était probablement entrain de cuisiner ces fameux cookies dont elle seule avait le secret. Il savait pertinemment qu'il n'avait pas le droit de sortir sans demander la permission, mais c'était tellement tentant. C'était la fin de l'après-midi, et le coucher de soleil derrière la cime de la forêt semblait l'avoir appelé. Il s'était donc aventuré un peu plus loin qu'il n'en avait l'habitude. Après tout, pourquoi ne pas transgresser les règles, puisqu'il était de toute manière entrain de désobéir à ses parents ? Et puis, il reviendrait, et sa mère lui donnerait des cookies. Son père bougonnerait comme il en avait l'habitude ces temps-ci, mais ils ne lui en voudraient pas longtemps, il en était sûr. Alors Remus avait pris un bâton par terre, et avait prétendu savoir lancer des sorts comme il voyait son père le faire. Il l'avait surpris à s'entraîner une fois. Lorsque Remus lui avait demandé ce qu'il faisait, son père avait répondu : « c'est pour être prêt quand les loups-garous viendront, mon fils ». A vrai dire, Remus n'avait pas la moindre idée de ce qu'était un loup-garou. Pour lui, ce n'était rien d'autre que les histoires effrayantes que lui racontaient sa grand-mère quand il ne voulait pas manger ses carottes ou ranger ses jouets. Insouciant, Remus s'était mis à courir dans tous les sens, prétendant se battre contre des trolls, des gnomes et mêmes des tigres. Alors qu'il tapait un arbre du bout de son bâton, il entendit un bruit qui venait du milieu de la forêt.

-Papa ? lança-t-il de sa voix d'enfant, affolé à l'idée que son père le découvre aussi loin de la maison.

Mais son père ne répondit pas. Remus se mit à sourire : il n'était pas furieux, il voulait lui faire une blague.

-Je sais que tu es derrière l'arbre, papa.

Remus rigola mais sentit tout de même une pointe d'excitation : il n'aimait pas lorsque son père lui faisait des frayeurs, mais préféra cela à le voir furieux.

-Allais, papa, montre-toi.

Quelqu'un se montra. Mais ce n'était pas son père. C'était un... Remus regarda l'inconnu de plus près, et se rendit compte que ce n'était pas un homme, pas vraiment.

-Rien de tel que la chair fraiche d'un enfant innocent.

Ce soir-là, Remus comprit pour la première fois ce qu'était un loup-garou.

 

Ce fut lorsqu'un sort passa si près de lui qu'il lui entailla profondément la joue que Remus revint à lui. Il ne savait combien de temps il était resté pantelant, mais il se rendit compte que la situation avait évolué : Sirius gisait désormais à côté de lui, et Remus espéra de toutes ces forces qu'il était uniquement inconscient. Il comprit alors que son ami s'était interposé entre lui et le Mangemort qu'il combattait. Remus sentit soudain une rage comme il n'en avait jamais connu s'emparer de son corps en entier : il était hors de question que l'un de ses meilleurs amis meurt pour lui, encore moins par la faute de Fenrir Greyback. Ce dernier était encore aux prises avec Nelly et Lily. Plus loin, James et Cassidy combattaient un Mangemort qui semblait plus déchaîné que jamais. Remus se retourna vers son propre adversaire, celui qui avait dû désarmer Sirius. Soudain, sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, le Mangemort fut frappé par un sort et s'immobilisa avant de tomber dans un bruit sourd. Remus se retourna : c'était Lily. Elle avait réussi à détourner un sort de Greyback à temps pour pouvoir se retourner contre le Mangemort que Remus combattait. Empli d'une gratitude infinie envers sa meilleure amie, le jeune homme rejoignit les deux filles et se décida à l'affronter. Il tremblait de toutes ses forces, mais lorsqu'il planta son regard dans les yeux jaunes du loup-garou, il se sentit soudain plus déterminé que jamais.

-STUPEFIX ! hurla-t-il.

Pendant une seconde, Greyback perdu son sourire carnassier. Le sort de Remus avait failli le toucher.

-On dirait que tu aimes souffrir, petit.

Le loup-garou fit tourner sa baguette dans ses mains plusieurs fois, et la ramena vers son torse. A ce moment-là, Remus comprit qu'il cherchait à rassembler le maximum de force qu'il le pouvait. Dans un cri strident, horrifiant, diabolique, Greyback laissa exploser sa haine et Remus se sentit projeter de plusieurs mètres en arrière. Sa tête heurta une pierre et, pendant des secondes qui lui parurent des heures, le jeune homme vit noir. Il dut se battre contre lui-même pour ouvrir les yeux, et s'assurer que sa baguette était toujours dans sa main. Plus loin, Cassidy et James avaient hurlé, mais ne pouvaient se dépêtrer de leur adversaire, qui semblait plus coriace et vicieux que les autres. Alors qu'il amortit un geste pour se relever, Remus se sentit projeter une deuxième fois vers le sol, cette fois-ci par un pied à découvert, dont les ongles jaunis et acérés s'enfonçaient dans son épaule.

-Cette fois-ci, ton père ne sera pas là pour te couvrir. Tu es à moi seul. Regarde bien la tête de ta petite-amie pendant que je m'occupe de toi, et sache que c'est elle la prochaine.

Remus sentit les larmes lui couler le long des joues. Tout était fini. Il lui semblait revivre l'événement en entier. La peur, la douleur, les pleurs, l'effroi de ses parents lorsqu'ils avaient compris ce qu'il était devenu : un monstre. Remus lança un dernier regard à Nelly, elle aussi inconsciente sur le sol. Lily rampait un peu derrière, pleurant à chaudes larmes, à la recherche de sa baguette. James et Cassidy avaient plongé chacun d'un côté, essayant de se protéger de la cascade de sorts que leur lançait le Mangemort à la volée. Remus crut même entendre un rire de femme hystérique. Puis il regarda une dernière fois Greyback, et ferma les yeux : il ne voulait pas que sa dernière image soit ses pupilles jaunes qui avaient habité ses cauchemars tant de fois. A la place, il s'efforça de penser à tous ceux qu'il aimait. Puis il sentit le souffle putride de la bête contre son cou, et...

-IMPEDIMENTA !

Puis Remus s'évanouit à son tour.

 

 

 

 

La neige tombait dru, et le paysage ne pouvait être plus féérique. Les arbres de la Forêt interdite étaient recouverts d'une épaisse couche d'un blanc pur, qui donnait à l'atmosphère ambiante un calme dont Nelly avait grandement besoin. Cela faisait une semaine et quelques jours que la bataille avait eu lieu. Elle ne se souvenait pas encore très bien de l'enchaînement des événements. C'était probablement le pouvoir de l'adrénaline. Elle se rappelait de la peur qui l'avait habitée lorsque la troupe avait décidé d'aller à la rescousse du père de James et Cassidy. Elle se rappelait aussi de la détermination qui l'avait envahie lorsque Remus avait tenu à ce qu'elle reste au château. Puis il y avait eu le trajet, et Nelly savait que c'était la première et dernière fois qu'elle montait sur un balai. Et les hostilités. Lorsqu'ils étaient arrivés, la jeune femme se souvint de l'espoir futile et enfantin qu'elle avait eu quand personne ne venait à leur rencontre : peut-être s'étaient-ils trompés, peut-être n'allaient-ils pas devoir combattre. Elle savait que c'était incroyablement égoïste, mais elle avait peur. Seulement, un homme était sorti de la forêt environnante, bien que Nelly ne sache pas réellement si on pouvait le qualifier « d'homme ». Elle n'avait jamais vu créature aussi répugnante que lui. Ses dents jaunes, son sourire qui promettait d'intenses souffrances à quiconque croisait son chemin. Mais Nelly n'avait pas eu le temps d'avoir peur, car la chose l'avait choisie elle : dès lors, son seul instinct avait été de combattre, de se protéger et de protéger ses amis : c'était pour cela qu'elle faisait partie de la maison Gryffondor. Peu importe la crainte, peu importe les pensées importunes, Nelly savait que si elle avait dû mourir pour ceux qu'elle aimait, elle l'aurait fait. Elle sentit une larme couler le long de ses joues lorsqu'elle pensa au regard terrifié que lui avait lancé Remus. Elle ne saurait dire pourquoi, mais il semblait beaucoup plus affecté que les autres par la présence de ce Greyback. Nelly aurait voulu penser que c'était parce qu'il s'attaquait à elle, sa petite-amie, mais un sentiment tout autre habitait son corps : il y avait quelque chose de plus qui lui échappait. Perdue dans ses pensées, elle entendit à peine la porte du dortoir s'ouvrir à la volée :

-Dernier examen passé. Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sorti.

Il semblait dérisoire à Nelly que l'on puisse s'inquiéter pour des examens de fin d'année, mais c'était pourtant ce qui s'était passé. L'histoire de la bande partie sauver le père des plus populaires de l'école n'avait mis que quelques heures à faire le tour de l'école. Bien entendu, la plupart des élèves idolâtraient les six Gryffondors et l'histoire avait vite pris des proportions énormes qui n'avaient rien avoir avec la réalité. Nelly avait même entendu une jeune fille de Serdaigle parler du fait que Sirius Black avait terrassé trois Mangemorts à la fois par une pirouette sur son balai. La jeune femme savait que la réalité était toute autre : ils n'avaient été que six élèves de Poudlard contre trois Mangemorts, et auraient tous terminés de la même manière s'ils n'avaient pas été sauvés au dernier moment. Nelly eut un frisson en repensant à ce qui aurait pu se passer si...

-Au faite, Dumbledore m'a demandé comment tu allais. J'ai dit que Madame Pomfresh t'avait remise d'aplomb. J'ai eu raison, pas vrai ?

Nelly regarda Lily froncer des sourcils en essayant de décrypter son visage. Le directeur de leur école était en effet arrivé à temps, accompagnés de plusieurs autres sorciers dont Nelly ne se rappelait pas leur visage, pour les sauver d'un triste sort. Seulement, les Mangemorts, en voyant Albus Dumbledore se tenir devant eux, avaient rapidement pris les jambes à leur cou. Heureusement, le père de James et Cassidy avait lui aussi pu être sauvé, car ses ravisseurs n'avaient pas eu le temps de l'emporter avec eux. Il était désormais à Ste-Mangouste, l'hôpital des sorciers, d'où il allait pouvoir sortir avec des blessures minimes comparées à celles qui auraient pu se produire si les Mangemorts avaient gagné la bataille.

-Oui, je vais mieux. Seulement, je ne dois pas être très résistante, vu que je suis toujours celle qui finit à l'infirmerie.

Lily prit place à côté de Nelly, sur le rebord de la fenêtre sur lequel la jeune femme était assise et d'où elle contemplait le paysage depuis plusieurs instants.

-Arrête ça. Sirius aussi était mal en point.

-Oui, mais il n'a dû rester à l'infirmerie qu'un seul jour. Je suis restée tout le weekend.

En effet, Nelly était restée inconsciente pendant une bonne partie de la nuit, et s'était réveillée en angoisse dans un lit de l'infirmerie de Poudlard. Heureusement, Sirius était lui aussi présent et avait pu lui raconter tout ce qu'il s'était passé et la rassurer. Lui s'était réveillé au moment où ils étaient arrivés à l'école, escorté par les acolytes du directeur. Sirius lui avait dit qu'il n'avait pas reconnu beaucoup d'Aurors, et soupçonnait leur directeur de préparer quelque chose dans le dos du ministère.

-Arrête avec ça. Tu t'es battu avec le pire...

Nelly ne répondit pas. Elle voulait oublier le plus rapidement possible ce qui s'était produit cette nuit-là.

-Alors comme ça tu as réussi les runes anciennes ? Comme je suis surprise, lança Nelly avait un sourire pour changer de sujet.

Elle vit sa meilleure amie détendre ses traits et lui sourire à son tour.

-Disons que je n'ai pas vraiment eu le temps de réviser. Mais je crois que le fait que j'écoute en cours m'a sauvée.

Une fois les multiples explications données, tout d'abord au directeur ainsi qu'aux directeurs de maisons, puis à l'entièreté de l'école qui voulait savoir avec avidité les moindres détails de la bataille, il avait fallu reprendre la vie courante à Poudlard. Nelly s'estimait heureuse de n'avoir écopé que de cent points en moins pour Gryffondor pour non-respect du règlement - ce qui était une moindre compensation quand elle pensait qu'ils étaient partis contre toute recommandation risquer leur vie. De plus, aucun des élèves de leur maison ne leur en avait tenu compte, puisqu'ils passaient leur temps à les vénérer. James et Lily avaient pu conserver leur poste de préfets-en-chef, mais Mcgonagall avait insisté qu'à la moindre autre incartade, il leur serait retiré. Ils avaient donc dû passer les examens de fin d'année sur les chapeaux de roue, et Dumbledore avait tenu à préciser qu'il ne leur serait accordé aucun traitement de faveur. Nelly pensait cependant ne s'en être pas trop mal sortie. Il y avait des côtés positifs à être meilleure amie avec Lily Evans, qui avait passé plus de temps à la bibliothèque que partout ailleurs dans le château la semaine écoulée.

-Aufaite, j'ai une super nouvelle à t'annoncer ! lança Lily, dont le visage s'illumina.

-Dis-moi ?!

-Le bal de Noël aura bel et bien lieu, c'est ce weekend que ça se passera, avant que tous les élèves rentrent chez eux pour les fêtes.

-Super !

Nelly se sentit soudain toute excitée. Elle pourrait y aller avec Remus.

-Mcgonagall nous a dit que l'on devrait superviser les décorations, et s'assurer que les élèves jusqu'en quatrième année ne restent pas plus tard que onze heures et demi. Quant aux autres, on pourra faire jusqu'à une heure du matin ! Mais elle a bien insisté sur le fait que nous pourrons aussi profiter de notre soirée.

-Nous ? demanda Nelly avec un sourire qui en disait long.

Elle vit Lily rougir et regarder par terre.

-Tu sais bien. Moi et Potter, les préfets-en-chef.

Nelly secoua la tête avec un rire. Elle ne comprenait pas pourquoi Lily mettait un point d'honneur à appeler James par son nom de famille même après tout ce qu'il s'était passé. Cependant, cet événement avait du bon, puisque les six élèves entretenaient désormais des rapports amicaux, et que James et Lily semblaient s'accommoder au fait de faire partie de la bande d'amis. Même si Nelly sentait de la gêne chez sa meilleure amie à chaque fois qu'il était présent, ce qui était pour elle un signe qu'il ne la rendait pas indifférente.

-Descends dans la salle commune. Il y a presque tous les élèves de Gryffondor, on fête la fin des examens.

Nelly soupira. Elle ne s'était pas sentie proche des gens depuis une semaine, mais elle se dit que cela lui ferait du bien d'être entourée de ses amis, et surtout de Remus.

-C'est décidé, lança-t-elle avec un sourire.

Les deux filles descendirent les escaliers qui menaient à la salle commune de Gryffondor. Lily n'avait pas menti, il devait y avoir presque la totalité des élèves présents. La salle était bruyante mais chaleureuse, avec ses nombreuses guirlandes et boules de Noël, ses bougies qui flottaient dans les airs et les mini-sapins postichés sur l'encadrement des fenêtres. Certains élèves faisaient des batailles de bavboules, d'autres des parties d'échec, ou encore s'échangeaient leurs cadeaux de Noël. Les rires fusaient de toute part et Nelly se rendit compte qu'une grande marmite de chocolat chaud trônait sur le feu. Elle alla de ce pas s'en servir un verre, et rejoignit Lily qui était avec Alice et Franck. Les deux jeunes gens se tenaient sur les fauteuils, mais ne semblaient pas participer à l'ambiance festive de la salle commune. Nelly savait qu'ils regrettaient beaucoup de ne pas avoir été présents pour James et Cassidy, et elle soupçonnait Alice de se sentir fortement mise de côté. Elle alla donc se placer à ses côtés et l'enlaça dans ses bras.

-Prêts pour les fêtes ? demanda-t-elle avec un sourire. Chez qui allez-vous cette année ?

-La veillée se fera chez moi, commença Franck, et Noël chez Alice. Je dois encore trouver un cadeau pour ton père.

La jeune femme, qui semblait bouder, retrouva un sourire. Franck, au contraire, se renfrogna.

-Sujet sensible, on dirait, rigola Lily.

-En effet, répondit Alice. L'année passée, Franck avait mis un mois à trouver un cadeau pour mon père : il lui avait dégotté un assortiment de bièraubeurres artisanales. Et c'est à cet instant que mon père a décidé qu'il ne boirait plus de bièraubeurres, mais préférait le whiskey pur feu.

Le souvenir semblait renfrogner Franck d'avantage, mais Alice le poussa gentiment du bras :

-Tu sais qu'il plaisantait, pas vrai ? Il a bu tes bièraubeurres à la minute où tu as quitté la maison. C'est mon père tout craché. Il a sans arrêt besoin de le mettre mal à l'aise, expliqua-t-elle aux autres.

Nelly se retenait de rire devant la mine du jeune homme.

-Oui, et bien ça marche.

-Justement, tu devrais entrer dans son jeu ! Il adore pouvoir plaisanter avec les gens. Achète-lui des chaussettes épaisses, ou un ensemble de père Noël. Il adorera, je te l'assure.

Franck ne put s'empêcher de pouffer.

-Vendu, dit-il en embrassant tendrement sa petite-amie.

Nelly les regarda avec envie. Elle n'avait pas partagé ce genre de moment avec Remus depuis la bataille. Le jeune homme restait distant, et mettait un point d'honneur à la voir uniquement en compagnie des autres. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsque quelqu'un lui pressa la main sur l'épaule : c'était Remus. Son ventre fit quelques bonds, et elle sourit gentiment au jeune homme. Il avait l'air grave, et fit signe à Nelly de le suivre. Sans un mot, ils passèrent le portrait de la Grosse Dame, et Remus dégota une salle de classe. Elles étaient toutes libres à présent.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle, la porte à peine fermée.

Le jeune homme regardait par terre. Puis il prit une grande inspiration, et plongea ses yeux de miel dans les siens.

-On ne peut pas continuer Nelly.

La boule qui auparavant sautillait dans le ventre de la jeune femme retomba lourdement, et elle sentit une autre se nouer dans sa gorge. En voyant qu'elle ne répondait pas, il s'approcha d'elle et lui prit la main :

-Je t'assure que ça n'a rien avoir avec toi. Tu es belle, tu es intelligente, tu me fais rire. Tout en toi m'attire. Mais c'est tout simplement impossible entre nous deux. Je ne vais rien t'apporter de bon. Au contraire, je te mettrais en danger. Regarde ce qui s'est passé la semaine dernière. Tu es venue sauver le père de mon ami. Tu es venue pour moi, je le sais bien. Et puis, il y a eu...

Remus replongea son regard dans le sol.

-Je suis sincèrement désolé. Mais tu seras mieux sans moi, c'est sûr et certain. Je ne suis pas fait pour toi. A vrai dire, je ne suis fait pour personne.

Puis, aussi soudainement que son annonce, aussi froidement que son regard, aussi insupportables que ses mots, Remus lui lâcha la main et sortit de la pièce.

 

 

Elle sentait qu'il allait lui falloir beaucoup de courage. Elle savait que ça allait faire mal. Pas pour lui, bien entendu. Il lui paraissait complètement impossible qu'il ne ressente quoi que ce soit pour elle, elle en était consciente. Mais elle... Elle avait mis tellement d'énergie à mentir à ses amis, à se mentir à elle-même, à se dire que ce n'était qu'une erreur de jeunesse, qu'une manière de tester ses limites, qu'elle en avait oublié la réalité. A l'heure actuelle, elle était prête à être honnête, non seulement envers elle-même, mais envers aussi envers lui. Il l'avait complètement chamboulée, manipulée, détruite. Il avait joué avec elle comme un marionnettiste avec ses poupées. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle était restée. Elle était devenue dépendante de lui. Mais c'en était terminé. Elle avait pu se mentir un certain temps, se dire qu'il n'était pas si terrible, que sa maison ne représentait pas ce qu'il était à l'intérieur, que tout le monde avait droit à une seconde chance. Mais elle n'avait plus la force de se mentir. Elle savait pertinemment qu'il était pour quelque chose dans ce qui s'était passé pour le père de Cassidy. Bien que les larmes coulaient drastiquement, Dorcas sentit une force nouvelle se propager dans ses veines en pensant à sa meilleure amie. Puis elle le vit. Il l'attendait, comme elle le lui avait demandé. En prenant une grande respiration, elle s'approcha, prête à rompre.

-Tu m'as demandé de venir ?

Il était probablement encore plus beau à présent qu'elle savait qu'elle n'allait plus pouvoir le toucher. Il avait posé la question avec nonchalance, et la regardait comme s'il voulait lui arracher ses habits à l'instant même. Cependant, il ne bougea pas lorsqu'elle s'arrêta quelques centimètres plus loin qu'à son habitude.

-Oui. Et je vais être brève. Je sais ce que tu as fait, et je sais que tu y es pour quelque chose dans la prise d'otage du père de Cassidy. Je ne veux plus jamais te voir.

Pendant quelques secondes, qui lui parurent des heures, il ne réagit pas. Puis il leva un sourcil moqueur tout en conservant sa posture nonchalante - appuyé contre le mur- qu'il avait depuis qu'elle l'avait vu.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-il posément, sûr de lui.

Dorcas sentit son cœur battre contre ses tempes. Bien entendu qu'il n'allait pas lui avouer. Mais peu importait, elle était sûre de son choix et devait s'y tenir.

-Ecoute, je n'attends pas de toi que tu me dises la vérité. Mais je sais ce qui s'est passé. La seule chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi nous envoyer ce message : tu voulais que je me fasse tuer, c'est ça ?

Cette fois-ci, Dorcas vit le garçon se redresser de toute sa hauteur et froncer les sourcils.

-De quel message tu veux parler ?

-De celui que tu as lâchement lancé sur Cassidy, pour nous prévenir que « ils » avaient son père, peu importe de quels « ils » tu voulais parler. Je comprends maintenant : tu voulais qu'on aille le sauver, tu voulais que les Mangemorts nous attrapent et nous tuent.

Dorcas pleurait à chaudes larmes, mais peu lui importait, c'était la colère qui l'emportait sur le reste. Le Serpentard approcha de quelques centimètres et la força à le regarder :

-Tu vas m'expliquer très clairement ce qui était écrit sur ce message.

Il paraissait plus furieux que jamais, et Dorcas sentit la peur prendre possession de son ventre. Elle se dépêcha de se dégager et recula de quelques pas.

-Non. Je ne veux plus te parler. C'est fini.

Elle vit ses yeux se remplirent d'une colère comme jamais elle ne l'avait vu. Instinctivement, sa main essaya de trouver sa baguette, mais il fut plus rapide. Il lui attrapa violemment le poignet et le plaqua contre le mur.

-Personne ne me dit que c'est fini, tu m'entends ? Personne ne décide pour moi.

Il était si près qu'elle dût tourner la tête, les joues pleines de larmes, pour ne pas le regarder dans les yeux. Elle allait mourir de peur si elle le faisait. Elle sentit soudain l'étreinte du garçon se desserrer, et en profita pour partir en courant, en espérant qu'il ne l'avait pas suivi. Elle l'avait fait. Elle avait rompu avec Mulciber.

End Notes:

Et voilà!!  Sur ce, à bientôt (demain, normalement), pour un nouveau chapitre :D 

Chapitre 30: Un cadeau pour Noël by Cassy
Author's Notes:

Salut à tous!!

Je vous souhaite un JOYEUX NOEL!! J'espère que vous pouvez profiter d'être avec les personnes que vous aimez, et profiter de ce moment si magique :-)

 

Comme promis, voici le prochain chapitre de ma Fanfiction ;-) Je suis particulièrementinspirée, et j'avais vraiment envie de pouvoir retrouver cet esprit léger des fêtes même dans ma fanfiction :D 

 

Sur ce, je vous souhaite une très belle lecture! 

 

Le grand jour était arrivé. Tout Poudlard était en effervescence. Il semblait que les émotions contenues durant l'année scolaire avaient explosé à l'approche de l'événement de l'année dans l'école. Jamais les décorations n'avaient été aussi belles. Chaque armure redorait de guirlandes et de bonnets de père Noël, chaque personnage de tableaux avaient eux aussi joués le jeu en se déguisant. Hagrid avait fait un effort tout particulier en amenant le plus de sapin possible de la Forêt, qu'il avait décoré avec ses soins. Le seul problème était les gnomes de jardin qui s'y étaient greffés et qui essayaient de mordre chaque élève qui s'approchait trop d'un arbre. Les fantômes du château passaient leur temps à chantonner des airs connus, et même les professeurs semblaient détendus et fébriles, à présent que les examens étaient passés et l'année terminée. C'était dans cette ambiance chaleureuse, conviviale et amicale que Lily avait passé sa journée à peaufiner les préparations du bal. Elle avait mis à contribution les quelques élèves qui s'étaient proposé pour l'aider, et, avec le professeur Mcgonagall, avait préparé la plupart des décorations de la Grande Salle. La plupart des élèves se trouvaient à Pré-au-Lard, où ils pouvaient faire leurs derniers achats de Noël et s'acheter une tenue pour la soirée. Lily était bien entendu déçue de ne pas pouvoir partager cette journée avec Alice et Nelly, qui en avait cruellement besoin, mais leur avait donné sa liste d'achat et leur faisait confiance pour lui trouver une robe digne de ce nom. Cette journée avait été une bonne occasion de connaître sa professeure dans d'autres conditions que les cours, et la rousse avait été étonnée de voir que la vieille Dame était une inconditionnelle de Noël, de la danse et de la musique traditionnelle. James aussi avait été réquisitionné, mais aidait le professeur Flitwick à déplacer les armures du château dans la Grande Salle pour qu'elles puissent profiter de la fête. Alors que Lily mettait toute son énergie à faire tenir une banderole, Peeves - l'esprit frappeur du château, vint la décoller en accompagnant son geste d'un autre plus grossier à l'encontre de la préfète-en-chef. Rouge de colère, Lily s'apprêtait à sortir sa baguette afin de lui faire peur, mais ce dernier se mit à tournoyer aux alentours de la jeune femme, qui perdit équilibre et se sentit tomber du tabouret sur lequel elle était montée pour accrocher la banderole. Alors qu'elle s'attendait à une douleur intense lorsqu'elle tomberait par terre, Lily sentit des mains douces mais fermes la retenir par la taille. Désemparée, elle se retourna pour remercier la personne venue à son secours. Lorsqu'elle se retrouva face à un James, le sourcil arqué et le regard narquois, elle ne sut quoi dire. Depuis ce qu'il s'était passé dans la forêt de Londres, Lily et James avaient souvent été amenés à se côtoyer, ne serait-ce que par leurs amis communs ou leur rôle de préfets-en-chef. La jeune femme s'était même suprise à ne pas être irritée par sa présence. Le jeune homme semblait avoir pris de la maturité, et gardait ses remarques ironiques et mal placées pour lui. Cependant, ils ne s'étaient jamais trouvés seuls à seuls, et n'avaient encore moins pris le temps de discuter de ce qu'il s'était passé à leur dernière soirée. Lorsqu'elle sentit les mains du jeune homme sur sa taille, ce fut comme revivre cette scène une seconde fois. Se sentant rougir et perdre ses moyens, elle se dégagea de l'étreinte du garçon et remit ses cheveux en place, en quête de quelque chose à dire.

-Je crois que le terme que tu cherches est « merci », finit par dire James, qui ne pouvait s'empêcher de sourire devant la gêne de la jeune femme.

-Oui, c'est ça. Désolée, j'ai été surprise, j'ai cru que j'allais tomber. Eh bien... Merci.

-Je vois que Peeves n'est pas près de se calmer pour la nouvelle année, lança James en regardant la banderole avec un grand sourire.

-Je ne comptais pas dessus. Mais s'il pouvait éviter de faire tomber ce que j'ai mis la journée à préparer, ça m'arrangerait. Ce que disait le professeure Mcgonagall était vrai, il n'y a réellement que Dumbledore qui puisse en faire quelque chose.

James haussa un sourcil, comme s'il réfléchissait, puis, avec un sourire carnassier, lancer à l'esprit frappeur :

-Eh, Peeves ! Si tu veux réellement mettre le château sans dessus-dessous, va dans la salle de classe du Professeur Bones. Il y a toute un attirail de décorations là-bas, et on m'a dit que c'était là que tous les professeurs se retrouveront avant la fête.

Ni d'une ni de deux, l'esprit frappeur tournoya une dernière fois autour de Lily, qui frappait dans le vide de ses poings puis, dans un cri strident et un dernier geste grossier, suivit les conseils de James.

-C'est quoi cette histoire ? Il n'y a rien dans la salle de classe du professeur Bones ! s'écria Lily.

Elle vit James regarder par terre et froncer des sourcils, comme s'il cherchait à établir une histoire dans sa tête.

-Potter ... ?

James releva la tête et, comme un enfant pris en faute, confronta Lily :

-Il est fort probable que nous ayons mis des bombabouses dans la salle du Professeur Bones pour que Rusard tombe dessus.

Lily ne sut exactement pourquoi, mais elle ne trouva absolument rien à redire tant elle devait se forcer à garder une mine impassible. L'attitude du jeune homme qui, les mains dans les poches, faisaient balancer un de ses pieds en l'air l'attendrissait plus que ne l'énervait. En secouant la tête pour éviter de succomber à ce genre de pensées, la jeune femme croisa les bras :

-Je vois qu'il n'y a pas que Peeves qui n'est pas près de se calmer pour la nouvelle année.

James sourit et s'approcha d'un centimètre vers Lily, qui sentit son ventre se tendre.

-Et qu'est-ce que tu vas faire Madame la préfète-en-chef, me dénoncer ?

-Arrête tes enfantillages. C'est dangereux les bombabouses !

-Ne me dis pas que tu plains Rusard ?

-Là n'est pas la question ! s'écria Lily, qui sentit que James allait recommencer à la mettre dans tout ses états. Et le Professeur Bones, tu y as pensé ?

-C'est un fantôme.

-Sous prétexte que c'est un fantôme, il mérite de se faire exploser son bureau ?

Lily vit James prendre une grande respiration, puis la regarder avec un sourire plus malicieux que jamais.

-Tu as raison... Je crois que je mérite que tu me dénonces. Même que tu me colles ! Tu pourras choisir toi-même ce que tu voudras que je fasse, dit-il en s'approchant dangereusement de la jeune femme qui devait déployer toutes ses forces pour ne pas reculer.

-Ne me tente pas, dit-elle en tentant de garder son sérieux.

Puis James se colla à elle et lui murmura à l'oreille :

-Je crois que tu l'es déjà.

Lily sentit une électricité à peine dissimuler passer dans l'entièreté de son corps. Elle se racla la gorge et regarda par terre, gênée. Heureusement, James avait décidé de lui aussi reprendre son sérieux et sembla soudain tout aussi embarrassé qu'elle.

-Lily, il fallait que je te demande quelque chose.

La jeune femme sursauta lorsqu'il prononça son nom. Elle ne s'y faisait définitivement pas.

-Dis-moi ?

-Premièrement, je voulais te remercier pour... Tu sais, la dernière fois. Je veux dire, je sais que tu es préfète-en-chef et que tu prends tes études très au sérieux et crois-moi, j'ai compris ça. Mais... Le fait est que tu es quand même venue nous aider à sauver mon père. Et je voulais te dire merci.

Il plongea son regard dans le sien et Lily eut la brusque envie de le prendre dans ses bras. Envie qu'elle étouffa en rompant leurs regards.

-Il n'y a pas de quoi. C'était tout à fait normal. N'importe qui en aurait fait de même.

-Je ne crois pas, non. En plus, tu as été la seule à pouvoir désarmer un Mangemort et ça, crois-moi, c'est la classe.

La jeune femme se sentit sourire : c'était le genre de compliments auxquels elle ne pouvait pas résister.

-Et donc ? Tu avais une question je crois bien.

Lily vit le jeune homme se tendre quelque peu, et elle fut surprise de voir que ses joues avaient pris une jolie teinte rosée. Elle ne l'avait jamais vu aussi intimidé.

-Je sais bien que ça doit te paraître bizarre, mais je me suis dit que ça pourrait être pas mal si... Disons, on allait ensemble au bal.

Le sourire qui venait s'étirer sur le visage de la jeune femme retomba aussi vite qu'il était arrivé, et elle sentit son cœur battre contre ses tempes : elle n'avait pas prévu qu'il lui demande de l'accompagner au bal. Elle-même s'était dit qu'elle resterait avec Nelly, et avait passé la semaine à éviter Amos Diggory qui tenait à tout prix à lui offrir une danse, ce dont elle n'avait aucune envie. Mais aller au bal avec James Potter, le plus populaire de l'école, celui qui pouvait avoir n'importe quelle fille à ses bras ? Ça lui paraissait impensable qu'il veuille l'accompagner. De plus, il n'avait pas cet habituel sourire moqueur pendu à ses lèvres, il était donc des plus sérieux lorsqu'il lui proposait cela. Lily réfléchit à toute vitesse : que risquait-elle ? Après tout, c'était uniquement pour la remercier d'être allée l'idée. Il ne fallait pas qu'elle se fasse d'idée, elle savait pertinemment qu'il n'y avait rien de plus.

-Eh bien... Je crois que j'ai ma réponse. Désolé, je ne voulais pas t'embêter. J'espère qu'on se verra au bal !

James avait dû prendre son silence pour un non, alors qu'elle-même était de plus en plus sûre de sa réponse. Lily savait que ce qu'elle voulait était... :

-Non. Je veux dire : oui, je viendrai au bal avec toi.

Pendant quelques instants, les deux jeunes gens se regardèrent dans les yeux, un fin sourire aux lèvres, sans réellement savoir si ce qui était entrain de se produire était réel ou non. Lily semblait comme dans un rêve : elle se trouvait face à face avec James Potter, et il ne l'énervait pas. Au contraire, elle se sentait fébrile à l'idée qu'il l'ait invitée au bal. Elle se sentait importante, et elle sentait dans le regard du jeune homme qu'il en avait réellement envie.

-Eh bien, on a cas dire qu'on se retrouve à la Salle Commune à dix-huit heure trente. Je t'attendrai, j'imagine que je serai prêt avant toi, lui lança-t-il avec un clin d'œil.

Elle sourit et hocha de la tête.

-A ce soir, dit-il en se dirigeant vers les portes de la Grande Salle, Evans ! rajouta-t-il de dos.

Lily éclata de rire et tourna sur elle-même. Légère d'une émotion nouvelle, elle remonta sur son tabouret, prête à remettre en place la magnifique banderole qui allait ornée la Grande Salle lors du bal de ce soir. Le bal auquel elle assisterait avec James Potter.

 

 

 

La journée avait été productive : les rues de Pré-au-Lard avaient apporté leur lot de magie, de chants de Noël, de chocolat chaud, thé à la cannelle et autres friandises à déguster sur le chemin. Les boutiques étaient toutes mieux décorées les unes que les autres, et la neige environnante donnait un aspect irréel au village de sorciers. Tous les élèves étaient détendus, et même quelques professeurs s'étaient rejoints aux Trois Balais, dont Horace Slughorn qui, une pinte de bièraubeurres à la main, titubait en chantant « Neige, le dragon aux écailles blanches ». Nelly remontait l'allée qui menait à Poudlard en compagnie d'Alice et de Franck. Tous trois s'étaient retrouvés tôt le matin afin de profiter au maximum des boutiques de Pré-au-Lard et de terminer leurs achats de Noël. Ils s'étaient arrêtés dans tous les magasins du village, et avaient pris trois grandes tasses de chocolat chaud maison divins de Madame Rosmerta. Nelly avait tenu à mettre toute son énergie sur sa liste de Noël et celle que Lily lui avait donné. Elle avait donc trouvé tous les articles qu'elle souhaitait pouvoir offrir à ses amis et à sa famille, et en avait profité pour aider Alice à se trouver une robe de bal. Elle-même savait déjà ce qu'elle allait porter. Bien entendu, la boule qui venait se nouer dans sa gorge à chaque fois qu'elle pensait qu'elle allait devoir aller seule au bal de Noël la rongeait de l'intérieur, et elle avait prétendu avoir une quinte de toux lorsque les larmes avaient commencé à couler en passant chez Madame Pieddodu, le seul pub où Nelly avait tenu à ne pas mettre les pieds. Heureusement, Alice et Franck avaient été très compréhensifs et lui avaient changé les idées tout au long de la journée. De plus, ils ne s'étaient pas bécotés une seule fois, bien que Nelly soupçonnât que ce n'était pas uniquement à cause d'elle. Elle sentait comme une distance entre les deux jeunes gens, et elle espérait sincèrement qu'Alice n'allait pas subir le même sort qu'elle. Nelly avait mis trois bons jours à vouloir ressortir du dortoir des filles, où elle avait passé ses journées à pleurer ou dormir pour se remettre de ses larmes. Par la suite, elle avait mis un point d'honneur à toujours se montrer sous son meilleur jour et, surtout, à ne jamais croiser le regard de Remus Lupin. Elle lui en voulait. Il avait été injuste et elle ne comprenait pas une seconde pourquoi le jeune homme avait tenu à mettre fin à leur relation alors qu'elle s'était conduite héroïquement. Cependant, la réalité l'avait frappée, et elle avait décidé qu'elle n'allait pas se laisser aller à la déprime durant les fêtes de Noël. Elle ne voulait pas être comme ces filles dont le seul but dans la vie était de plaire aux garçons. C'était pour cela qu'elle avait mis toute son énergie dans ses cadeaux de Noël, qu'elle attendait avec impatience de pouvoir offrir à ses amies. Ce fut ainsi que les trois jeunes gens rejoignirent le château, les joues rouges et les mains enrobés de paquets divers. Franck les quitta et laissa un faible baiser sur la joue d'Alice pour rejoindre ses amis, à qui il souhaitait aussi donner des cadeaux.

-Où penses-tu qu'elle soit ? demanda Alice qui faisait tomber les flocons de neige de ses cheveux.

-J'ai presque envie de répondre la bibliothèque, mais je pencherais pour la Grande Salle.

Alice éclata de rire et les deux filles se mirent à la recherche de Lily. Celle-ci ne se trouvait pas dans la Grande Salle, mais lorsque Nelly vit le professeure Mcgonagall apprendre à un Poufsouffle aussi rouge que les couleurs de Gryffondor la valse traditionnelle de Noël, elle ne regretta pas d'avoir cherché dans cet endroit. Ça lui faisait un bien fou de pouvoir rire en toute légèreté, sans avoir peur de se faire tuer par un Mangemort ou de mourir de souffrance parce qu'un garçon la quittait. Alice et elle rejoignirent donc la Salle commune, et finirent par trouver Lily dans le dortoir en train de faire les cent pas.

-Je vous attendais ! s'écria-t-elle lorsqu'elle vit ses amies.

Elle les serra brièvement dans ses bras et planta son regard dans les paquets de Nelly :

-Tu as ma robe ?

-Ai-je au moins le temps d'enlever mon manteau et mon écharpe ? rigola Nelly, qui ne comprenait pas la soudaine excitation de sa meilleure amie.

Une fois ses affaires posées, les trois amies allèrent s'asseoir sur le lit de Nelly. Celle-ci commença par sortir une petite enveloppe d'un de ses paquets qu'elle tendit à Alice :

-Ton cadeau, lui dit-elle avec un sourire.

Alice prit le paquet et Nelly éclata de rire lorsqu'elle ouvrit l'enveloppe, qui ne contenait pas moins qu'un abonnement annuel à Sorcières Hebdo. Alice prit son amie dans ses bras et s'exclama :

-Tu me connais trop bien ! J'ai tanné mes parents pour qu'ils me l'offrent, mais ils m'ont dit que ça me distrayait de mes études. N'importe quoi, ils donnent d'excellents conseils sur la manière de concilier vie professionnelle et vie amoureuse. En plus, c'est là-dedans que j'ai appris à faire ses petits dessins sur mes ongles. La formule n'est pas si terrible, je pourrai vous en faire si vous voulez !

Nelly et Lily éclatèrent de rire face à l'excitation d'Alice, qui semblait plus rayonnante que durant la journée. Lily donna à son tour son cadeau à Alice, qui comprenait une boîte de maquillage extra longue durée achetée sur le Chemin de Traverse durant les vacances d'été et une boîte de caramels qui ne collent pas aux dents de chez Honeydukes. Alice l'embrassa à son tour, des étoiles dans les yeux en découvrant la couleur de rouge à lèvres qui manquait à sa collection. Puis la rousse donna son cadeau à Nelly, qui comportait un magnifique cahier à dessins ainsi que toute une palette de crayons qui s'aiguisaient à mesure que la propriétaire dessinait. Elle fut incroyablement touchée par ce geste, surtout en ayant une vague idée du prix que ça avait dû coûter à Lily.

-A mon tour ! lança Alice en se précipitant sur ses paquets.

La jeune fille avait acheté trois colliers, dont deux pour Lily et Nelly : la première reçut un collier en or avec un pendentif en forme de cygne blanc : « aussi majestueux que toi ! » lança Alice, qui s'était choisie pour elle-même un pendentif en forme de marmotte, car Franck la tannait sur son besoin de sommeil au-delà de la norme. Nelly, quant à elle, reçut un collier avec un pendentif qu'elle ne reconnut pas tout de suite.

-Tu le tiens à l'envers, plaisanta Alice.

En rigolant, la jeune femme retourna le pendentif et reconnut un magnifique loup.

-Je voulais t'offrir un cheval au départ, car je sais que tu les aimes beaucoup. Mais je ne sais pas trop pourquoi, quand j'ai vu celui-ci, j'ai pensé à toi. Tu as un certain mystère en toi-même. Et dans les animaux totems, le loup représente l'envie de liberté et une intelligence vive. Je pense que ça te correspond bien.

Nelly ne sut quoi dire et sentit les larmes lui monter aux yeux, mais cette fois-ci d'émotions positives. D'un geste vif, elle prit ses deux amies dans ses bras et se sentit comblée : il n'y avait rien de tel que l'amitié pour rendre Noël encore plus féérique que ça ne l'était. En reprenant ses esprits, elle se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas donné son cadeau à Lily.
-Lil's, je n'ai pas acheté de robe pour toi à Pré-au-Lard.

Elle vit sa meilleure amie se décomposer, comme si le monde tombait à ses pieds.

-Tu ne peux pas me dire ça. Ecoutez... On a promis de tout se dire et de ne pas se juger, et de toute manière vous allez le savoir. Potter m'a invitée au bal. Inutile de t'exciter Alice, je pense que c'est uniquement pour me remercier de ne pas l'avoir empêché d'aller sauver son père. D'ailleurs, c'est ce qu'il m'a dit, il tenait à me remercier. On y va en tant que... Je dirais en tant que deux préfets-en-chef qui se doivent mutuellement des choses. Mais je ne vais pas pouvoir y aller sans robe ! Je savais que c'était une mauvaise idée. Je devrais probablement annuler, pas vrai ? De plus, je t'ai dit que j'allais y aller avec toi Nelly. Je ne peux pas t'abandonner ! Qu'est-ce qu'il m'a pris de dire oui ? Je suis vraiment la pire amie qui existe. Pardonne-moi, je vais aller dire à Potter que...

Durant la litanie de sa meilleure amie, Nelly s'était levée et était partie fouiller quelque chose dans son armoire. Lorsqu'elle eut trouvé l'objet de ses recherches, elle se posta devant Lily et la fit taire d'un geste :

-Tu iras au bal avec James Potter, ou sinon je t'assure que c'est moi qui ne viens pas. J'aurai bien assez à faire avec Alice et Franck, et puis il y a Cassidy et Sirius ! Ne t'inquiète pas pour moi, je saurai me débrouiller. Et tu penses sincèrement que je vais m'ennuyer alors que j'aurai tout le loisir de t'observer devenir complètement hystérique avec James ? Au contraire, c'est le plus beau cadeau que tu puisses me faire. Maintenant, prends-moi ça, c'est ta robe.

Lorsqu'elle vit les yeux de sa meilleure amie s'agrandir de plaisir et qu'elle crut y déceler une larme, Nelly sut que c'était malgré tout l'un des plus beaux Noël de sa vie.

-Mais je croyais que tu n'en avais pas acheté ?

-Parce que c'est le cas. Je l'ai faite.

-Quoi ?! Tu as fait ça ? s'écria Alice en osant à peine toucher le tissu. Ça a dû te prendre des heures !

Nelly haussa les épaules :

-J'adore faire ça. J'ai aussi confectionné la mienne.

Emue, Lily enlaça Nelly puis fit signe à Alice de venir :

-Les filles, je sens que cette soirée promet de belles choses. Promettez-moi que quoi qu'il arrive, on se retrouve à la fin de la soirée et l'on termine cette veillée de Noël ensemble.

-C'est promis ! lança Nelly.

La jeune femme se rendit compte que les cadeaux étaient une chose, mais que le plus beau qu'elle pouvait accepter était devant elle, et ce n'était rien d'autre que l'amitié. 

End Notes:

Et voilà!! 

Si tout va bien, le prochain chapitre, le fameux bal, sera lisible demain :-) 

Très belle journée à vous! 

Chapitre 31: Le bal de Noël by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à toutes et tous!

 

Le voici, le fameux chapitre du bal de Noël: je dois dire que je suis très émue et contente de pouvoir le publier, car c'est un chapitre que j'imagine depuis le début de ma Fanfiction. Je savais que ça allait être un tournant dans l'histoire !

Je voulais vous remercier pour les belles reviews sur le précédent chapitre: j'adore Noël et je suis vraiment contente d'avoir pu transmettre un peu de cette ambiance féérique à travers ma Fanfiction, je pense que c'est important de se rappeler de ce genre de choses en cette période de l'année :D Et j'aime voir les Maraudeurs et leurs amis heureux!

 

Je vous laisse donc découvrir ce chapitre, et j'espère qu'il vous plaira autant que j'ai aimé l'écrire! 

 

Le dortoir des filles s'était rapidement transformé en un fouillis non égalé alors que gisaient à terre des habits, des chaussures, que les étagères débordaient de bijoux et maquillage, ainsi que d'accessoires à disposer dans les cheveux. Bien qu'elle ne fût pas la plus grande amatrice de préparations entre filles, Cassidy devait avouer qu'elle prenait beaucoup de plaisir à être entourée de ses amies, qui mettaient un point d'honneur à la maquiller et à lui faire enfiler toute sorte de bijoux plus brillants les uns que les autres. Pour une fois elle se laissait faire, et était même impatiente de voir le résultat. Depuis qu'elle savait son père en sécurité, et qu'elle savait qu'elle allait le revoir pour Noël, c'était comme si ses épaules s'étaient soudainement déchargées d'un poids.

Elle avait passé une journée féérique à chercher des cadeaux pour toute sa famille en compagnie de Dorcas. Les deux jeunes filles avaient écumé les rues de Pré-au-Lard en chantant des chants de Noël et en se lançant des boules de neige, puis avaient rejoint James, Sirius, Remus et Peter afin de s'échanger les cadeaux. De la part de son grand frère, elle avait reçu un essentiel à balais ainsi que des nouveaux gants de Quidditch. Elle avait ri lorsqu'elle lui avait donné son cadeau, qui ne contenait pas moins que le livre des Cinq exploits les plus marquants du Quidditch. Dorcas lui avait offert sa robe de bal, en précisant qu'elle savait parfaitement que son amie n'en aurait pas acheté si ça n'avait pas été le cas. Cassidy avait tendu son paquet à Dorcas, qui avait eu la larme à l'œil en découvrant les chaussures qu'elle n'avait pas les moyens de s'offrir ainsi que le sac qui allait avec. Cassidy avait demandé à son grand frère et aux Maraudeurs de se joindre à elle pour pouvoir offrir ce cadeau à Dorcas, qui lui tenait tant à cœur. Puis la jeune femme avait rougi lorsque Remus et Peter lui avaient tendu un livre sur Comment séduire un sorcier en cinq étapes, et leur avait tendu leurs traditionnelles boîtes de caramels de chez Honeydukes ainsi que deux jeux de cartes de batailles explosives. Les Maraudeurs s'étaient eux aussi échangé leurs cadeaux, qui consistaient en de nombreux accessoires de farce et attrapes de chez Zonko, encore plus de friandises de chez Honeydukes et un magazine pour Sirius où des filles, en bikini, souriaient à l'objectif sans bouger d'une semelle. Cassidy fronça les sourcils lorsqu'elle prit le magazine dans ses mains, et James lui expliqua que c'était une version moldue. Elle le reposa en souriant. Il ne lui restait plus qu'un cadeau à donner, mais elle ne savait pas comment s'y prendre. Alors que la petite bande avait commandé des chocolats chauds et que James s'était levé pour aider Madame Rosmerta à les apporter, Sirius s'était approché d'elle :

-J'aimerais te parler. Tu as quelques secondes à m'accorder ?

Cassidy avait hoché la tête et tous deux étaient sortis des Trois Balais, dans l'air froid mais agréable du mois de décembre. Ils avaient fait quelques pas en silence et s'était trouvé un coin à l'abri des regards. Puis Sirius avait planté son regard dans le sien et avait prit une grande respiration :

-Toute cette histoire avec ton père, ça m'a complètement chamboulé. Et je tenais à sincèrement m'excuser pour mon comportement. J'ai vraiment été un idiot. C'était mon anniversaire, et ça me rappelait à quel point j'était seul, et je me suis vengé sur toi, ce qui n'était pas du tout correct. Mais je me suis rendu compte d'une chose en allant sauver ton père, c'est que je ferais n'importe quoi pour vous. Je sais bien que je ne suis pas un Potter, et je ne veux en aucun cas prendre la place de qui que ce soit. Mais vous êtes comme ma famille. Et c'est pour ça que je voulais te demander pardon.

Pendant quelques secondes, Cassidy n'avait rien répondu. Elle-même avait mis quelques jours à se remettre de la bataille. Elle en avait voulu à Sirius pour son comportement, mais elle se souvenait de la peur qui l'avait tiraillé lorsqu'elle l'avait vu se faire atterrer par un Mangemort. Elle savait que le climat dans lequel ils vivaient ne leur accordait pas une sécurité totale, et elle ne voulait pas passer ses fêtes de Noël à en vouloir au garçon.

-Excuses acceptées, avait-elle fini par dire. J'ai un cadeau pour toi, ajouta-t-elle avec un sourire.

Elle avait tendu au garçon un paquet de taille moyenne. En fronçant les sourcils mais avec un sourire impatient, Sirius avait ouvert son cadeau. Il contenait un grand cadre qu'elle avait fabriqué elle-même, avec au milieu une photo- version sorciers cette fois-ci- de ses parents, de James, d'elle-même et de Sirius. Cette photo avait été prise lors de l'été précédent, quand Sirius avait emménagé définitivement dans leur maison. Le cadre était aux couleurs de Gryffondor, et Cassidy avait fait attention d'y faire apparaître tout ce dont Sirius raffolait : une grenouille à la menthe de chez Honeydukes, une moto moldue miniature, le lion qui symbolisait le courage de la maison Gryffondor, deux mains qui se tenaient l'une par l'autre en signe d'amitié, puis la silhouette d'une belle fille sur le côté. Il avait éclaté de rire en la voyant.

-Je vois que tu me connais bien ! dit-il. Merci.

Cassidy voyait dans ses yeux qu'il était profondément touché. A court de mots, il l'avait prise brièvement dans ses bras et avait regardé une dernière fois le cadre et l'image, un sourire béat aux lèvres.

-J'ai aussi quelque chose pour toi ! s'écria-t-il en reprenant ses esprits.

Il lui avait tendu un petit paquet délicatement emballé. Intriguée, Cassidy fit attention à ne pas déchirer le paquet, puis découvrit une petite boîte d'un blanc nacré avec un ruban sur le dessus. Elle l'ouvrit, et vit à l'intérieur une paire de boucles d'oreilles en or blanc. Elles étaient simples, assez petites, sans fioritures inutiles, mais Cassidy n'en avait jamais vu de plus belles. Elle les effleura des doigts, incapable de parler pendant quelques secondes. Puis elle avait regardé Sirius, lequel semblait ravi de l'effet provoqué.

-Eh bien... Elles sont magnifiques. Merci beaucoup.

Il haussa des épaules et la reprit une fois dans ses bras.

-J'oubliais, dit-il alors que la jeune femme s'apprêtait à repartir dans le pub, je voulais savoir si ça te disait de m'accompagner au bal, ce soir.

-Comment ça ? avait été la première réponse qui avait franchi ses lèvres.

-Eh bien... Plusieurs personnes m'ont demandé de les accompagner, mais je dois avouer que je n'avais pas vraiment envie de sortir avec une fille ce soir.

En voyant qu'il s'enfonçait, il avait secoué la tête avec un petit rire :
-Je veux dire, je n'avais pas envie de faire de faux espoirs à qui que ce soit. Et puis... Pour être franc, j'avais bien envie de t'y emmener. En tant qu'amis bien sûr ! Je pense que c'est bien si on y va, mais en tant qu'amis.

Il avait insisté sur la dernière phrase, et Cassidy avait compris que Sirius ne l'emmenait pas au bal au même titre qu'il aurait emmené l'une de ses nombreuses prétendantes. En même temps, elle avait réfléchi : cette histoire lui avait prouvé qu'ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre. Et ce serait l'occasion de sceller leur amitié, une bonne fois pour toute.

-Marché conclu, avait-elle dit avec un sourire.

Puis les deux jeunes gens étaient retournés dans le pub, d'où les rires fusaient et l'ambiance n'aurait pu être plus magique.

 

C'était ainsi que Cassidy se trouvait entrain de se préparer fébrilement accompagnée de ses amis. Pour l'occasion, Alice avait tenu à ce que toutes les filles soient présentes. Elle et Dorcas avaient donc été conviées en compagnie de Lily, Nelly et Alice pour une séance maquillage et essayage intensive. Alice s'était occupée de leur maquillage et Lily de leur coiffure. La première prête fut Dorcas. Cassidy eut de la peine à ravaler sa salive en la voyant : elle portait une somptueuse robe bleu roi avec des manches en dentelle, et avait relevé ses cheveux en un grand chignon qu'Alice avait vu dans un de ses magazines Sorcières Hebdo. Puis Alice elle-même avait défilé, et Cassidy avait sifflé la jeune femme qui portait une très belle robe rose pâle en deux pièces, ornée de pierreries fines sur les coutures. Cassidy avait eut le souffle coupé en découvrant Nelly qui avait fabriqué sa robe elle-même : elle était dorée, épousait les formes de son corps parfaitement et se terminait en un tourbillon de dentelles et de frou-frous qui lui donnait du volume. La jeune femme avait relevé ses cheveux dans un chignon, mais bas cette fois-ci d'où s'échappaient des mèches parfaitement bouclées. Puis vint le tour de Cassidy : elle avait pris tellement de plaisir à regarder ses amies se préparer qu'elle en avait oublié sa propre tenue. Lorsqu'elle se regarda dans le miroir, elle se dit qu'il y avait du bon à être une fille : la robe que Dorcas lui avait offerte était tout simplement divine. Elle était d'un rouge pur, qui rappelait les couleurs de sa maison, et avait les bretelles et le dos orné de dentelles d'un blanc nacré. Elle était légère, mais mettait en valeurs ses formes. Ses cheveux étaient bouclés et elle avait ramené quelques mèches vers l'arrière de sorte que les boucles d'oreilles offertes par Sirius se voient. Le maquillage fait par Alice, simple mais sophistiqué, la mettait en valeurs. Pour la première fois de sa vie, Cassidy eut de la peine à s'arracher à son reflet. Ce ne fut que lorsque Nelly pressait Lily de sortir de la salle de bain qu'elle revint à la réalité. James avait enfin fait le pas d'inviter la jeune fille au bal, et Cassidy en était ravie. Elle savait combien son grand frère, même s'il ne l'avouerait jamais, avait attendu ce moment depuis ses débuts à Poudlard. La rousse sortit enfin de la salle de bain, et Cassidy sourit en pensant à la réaction de son frère lorsqu'il la verrait.

 

 

 

Il était prêt, et attendait patiemment dans la salle commune. Les préparatifs avaient été rapides, mais il était content de voir qu'il avait pu faire quelque chose de ses cheveux. Il était aussi ravi de voir que Remus avait repris quelques couleurs, et avait malgré toutes les péripéties passé une agréable journée. James savait que son ami avait été le plus affecté de tous par la bataille qui s'était produite avec les Mangemorts, et les événements qui en avaient suivi. Lorsque le lycanthrope avait annoncé aux garçons qu'il ne souhaitait pas les accompagner au bal, James avait déployé toutes ses armes pour le convaincre du contraire, allant même jusqu'à menacer qu'il n'y irait pas non plus si son ami ne se décidait pas. James était content de voir que Remus était tout de même présent et, qu'en compagnie de Peter, ils étaient prêts à mettre les événements passés de côté pour passer une bonne soirée. Quant à lui, il ne se souvenait pas avoir été aussi excité depuis des années. Le sentiment qui l'habitait devait approximer celui qu'il avait lorsque, enfant, il s'apprêtait à ouvrir ses cadeaux de Noël. Il mentirait s'il disait qu'il n'avait pas une pointe de crainte, mais préférait se laisser aller aux émotions positives et apprécier le moment qui lui était donné. Alors qu'il remettait en place pour une énième fois les manches de son costume, James crut manquer un battement de son cœur lorsqu'il vit du mouvement dans l'escalier du dortoir des filles. Elle était là. Elle descendait les escaliers et lui lança un sourire timide. Pendant quelques secondes, il eut l'impression que le temps s'était arrêté. Il l'avait toujours trouvé belle, peu importe ce qu'elle portait ou comment elle était coiffée. Mais à l'instant précis, James eut l'impression qu'il vivait un rêve éveillé. Elle portait une somptueuse robe pourpre, qui descendait en cascade le long de ses jambes. Ses cheveux étaient relevés vers l'arrière, mais venait effleurer son cou et ses épaules de leurs boucles parfaites. Le sourire qu'elle lui lançait était amplifié par son rouge à lèvres, et jamais ses yeux verts en forme d'amande n'avaient paru aussi délectable à James. Lui-même se sentait un peu idiot de n'avoir pas passé plus de temps dans la salle de bain. Elle s'approcha de lui, et ils restèrent à une certaine distance pendant quelques instants. Se sentant de plus en plus stupide, James décida de se ressaisir. Elle était venue au bal avec lui, et s'était faite plus belle que jamais, il ne risquait rien à s'approcher un peu. En essayant de paraître sûr de lui, il lui posa la main sur l'épaule et lui baisa tendrement la joue. Joue qu'il vit rosir quelques secondes plus tard.

-Je suis ravi que tu m'accompagnes, lui dit-il finalement.

Elle lui sourit, mais semblait ne pas réussir à dire quoi que ce soit.

-Oh et tu es magnifique, mais ça me paraissait évident.

Cette fois-ci, la jeune femme laissa échapper un rire fin.

-J'ai quelque chose pour toi, lui dit-il, soudainement gêné. Enfaite, j'ai offert un de ces magazines moldus à Sirius, et dedans, il parait d'un certain bal, je ne me souviens plus du nom.

-Le bal de promo ? dit-elle enfin, un sourire aux lèvres en voyant James aussi intimidé.

-Oui, c'est ça, le bal de pormo.

-Promo, corrigea-t-elle.

-Promo, pardon. Dans l'article, il parlait du fait que le garçon doit apporter un cadeau à la fille qu'il a invité et... Enfin bon, voilà.

Embarrassé, James sortit un petit paquet de l'une de ses poches qu'il tendit à la jeune fille. Il contenait un bracelet surmonté d'un rose et d'un lys. C'était toujours à cela qu'il pensait lorsqu'il voyait Lily. La rousse le mit immédiatement au poignet et le remercia vivement.

-Il est très beau. Et j'ai toujours rêvé de participer à un bal de promo, alors...

James sourit, ravi de l'effet qu'il avait produit.

-J'ai aussi quelque chose pour toi, dit-elle alors qu'il s'apprêtait à sortir de la salle.

-Ah oui ?!

En raclant sa gorge, la rousse lui tendit un paquet qu'il déballa rapidement. James éclata de rire lorsqu'il vit ses lunettes de botanique entourées d'un petit ruban rouge de Noël.

-Enfin ! J'allais presque te demander des intérêts.

-A vrai dire... Je ne les ai toujours pas retrouvées, dit-elle en rougissant. Alors j'ai gardé les tiennes, et je t'en ai acheté de nouvelles.

Pour une raison qu'il ignorait, James trouvait le fait qu'elle ait tenu à garder ses lunettes incroyablement attendrissant.

-Merci beaucoup, dit-il sincèrement. Il est temps de découvrir ces décorations que tu as mis tellement de temps à préparer !

-En espérant que les armures que tu as apporté dans la salle se seront bien tenues.

En offrant son bras à la jeune fille, qu'elle prit immédiatement, James passa le portrait de la Grosse Dame et suivit les autres jusqu'à la Grande Salle. En passant les portes, il crut vivre un rêve. La salle était divine : de la neige tombait du plafond, qui était décoré de multiples bougies. Les décorations, blanches et argentées, ornaient les armures, les tableaux, les statues de la Grande Salle. Les quatre tables avaient été poussées dans les coins, où trônaient un buffet alléchant, composés de tous les aliments incontournables de Noël. Près d'où était la table des professeures habituelles se tenaient un orchestre, devant une piste de danse en marbre aménagée pour l'occasion. Jamais James n'avait vu la Grande Salle aussi bien décoré, et il remercia le ciel d'avoir pu profiter de ce bal de Noël durant sa dernière année à Poudlard. Pendant quelques instants, le petit groupe se regarda dans les yeux, bouches bée. Petit à petit, tous les élèves de Poudlard s'étaient réunis, n'osant pas approcher de près la piste de danse. Puis Albus Dumbledore, qui portait une robe argentée assortie à la salle, se leva et parla dans sa baguette qui amplifiait sa voix :

-Mes chers élèves, quel plaisir que j'ai de vous voir aussi nombreux pour ce bal ! Vous me faites un immense honneur de partager avec moi ce moment si magnifique qu'est la fête de Noël.

James remarqua que des larmes perlaient dans les yeux de son directeur.

-Bien, avant de commencer, permettez-moi de vous rappeler ce que Mr. Rusard est venu me dire avec bienveillance tout à l'heure : il est interdit à tout élève de quitter l'enceinte de Poudlard pendant ce moment de bal. De plus, les Préfets et Préfets-en-chef feront attention à ce que les élèves en-dessous de la sixième année regagnent leur dortoir à onze heures trente.

James lança un regard entendu à Lily.

-Afin que vous puissiez profiter au maximum de la piste de danse que Miss Mcgonagall a mis toute la journée à installer - le directeur lança un regard entendu à son adjointe qui, la mine fière, semblait fébrile à l'idée de danser enfin - il a été convenu que les tables soient mises de côté et le buffet posé dessus. Ainsi, vous pourrez apprécier la nourriture tout au long de la soirée sans avoir besoin de vous asseoir aux tables. Dernière précision : nous avons engagé les Bizarr' Sisters, qui viendront en deuxième partie de soirée.

Il y eut des quolibets et des sifflements dans toute la salle et James se sentit fébrile.

-Que la soirée commence !

Dumbledore fit signe à l'orchestre qui, commandé par le professeur Flitwick, se mit à entonner une valse de Noël. Pendant plusieurs minutes, personne n'osa bouger. Puis le directeur invita le professeur Mcgonagall, la mine plus réjouie que jamais, sur la piste. Le professeur Chourave les rejoignit bientôt, accompagné d'un Slughorn beaucoup moins impatient et dont la tête en disait long. Très vite, les autres professeurs les rejoignirent, mais les élèves ne bougeaient toujours pas. Quelques-uns, à l'instar de Peter et de Remus, s'étaient précipités sur la nourriture. Puis, soudain, sans qu'il ne s'y attende, un Serdaigle de cinquième année, plus courageux que les autres, entraina sa cavalière sur la piste. Très vite, les autres couples suivirent. James voyait que Lily lançait des regards à Nelly, laquelle n'avait pas de cavalier. Cependant, un Poufsouffle de sixième année, que James croyait connaître sous le nom de Peter Mcgowan, demanda la jeune fille à danser, laquelle eut l'air surprise mais ravie. Elle sourit à Lily lorsqu'elle passa devant, et James se dit qu'il n'avait pas aucune excuse.

-Eh bien, je crois que c'est à notre tour, lança-t-il en lui tendant la main.

Avec un sourire, elle accepta la proposition et le garçon l'entraina sur la piste de danse, où plus rien ne lui semblait impossible.

 

 

 

La fête battait de son plein. Les traditionnelles valses de Noël avaient laissé la place aux Bizarr' Sisters qui, avec leurs guitares et batterie, enflammaient la piste de danse. Le buffet se régénérait à mesure que les élèves mangeaient la dinde, les fourrés à la viande et autres gâteaux et chocolat. Le jus de citrouille coulait à flot, et Igor Wilfrick, de Serpentard, avait été chassé à grands coups de balai par Rusard dans son dortoir lorsqu'il l'avait vu versé du whiskey pur feu dans la marmite de jus. Cassidy avait passé une merveilleuse soirée. Elle avait été surprise de voir que Sirius l'avait invité à danser, bien que ce ne fût de loin pas son activité préférée. Ils avaient donc tournoyé au rythme de la valse de l'orchestre, pendant ce qui lui avait semblé des heures, puis s'étaient rendus vers le buffet, où ils avaient rejoint Remus et Peter, lesquels étaient en pleine partie d'échecs. Les deux n'avaient aucune cavalière. Cassidy leur avait proposé une danse, mais aucun des deux n'avait accepté, bien qu'il lui semblât que Peter en mourrait d'envie.

-Pourquoi n'as-tu pas invité la fille que tu as embrassé ? lui avait-elle demandé, ce qu'elle avait regretté quand elle avait vu la couleur qu'avait pris le jeune homme.

Alice et Franck les avaient rejoints, essoufflés de leur danse. Cassidy avait été heureuse de voir que Dorcas s'était faite invitée à danser par Stefan Lowkey, un garçon très mignon de Serdaigle. Comme à leurs habitudes, les Serpentards restaient dans leur coin et très peu d'entre eux se trouvaient sur la piste de danse. Seuls James et Lily semblaient collés à la piste. Cassidy avait dansé avec Sirius, avec Franck, et s'étaient même faite invitée par Benjamin Fenwick, bien que Sirius ne leur ait pas laissé le temps de terminer leur danse, prétendant avoir peur qu'il n'y ait plus de dinde à manger (bien que le buffet se remplissait tout seul). Mais elle n'avait pu danser avec son frère, qui semblait hypnotisé par Lily. Elle était heureuse de voir leur sourire ravi sur leur visage, et n'avait pas essayé de les décoller, tant elle aimait voir son frère de la sorte. C'est ainsi qu'ils s'étaient tous retrouvés pour manger dans le buffet et prendre le temps de reposer leurs pieds.

-Vous passez une bonne soirée ? s'écria Alice, qui devait hausser la voix pour se faire entendre par-dessus le rock endiablé des Bizarr' Sisters.

-Super ! répondit Cassidy. Et toi ?

La jeune femme vit Alice hésiter quelques secondes puis lui sourire, d'un sourire qui paraissait quelque peu forcé.

-Aussi. Mais j'ai mal aux pieds. C'est bien joli de mettre des talons, mais on aurait dû penser aux patchs longue-durée ! Ils en vendent chez Zonko.

-La prochaine fois, sourit Cassidy.

Cela lui faisait du bien de goûter à la délicieuse nourriture de Poudlard, et de passer ce temps avec ses amis. Cassidy préférait ne pas penser au moment où il lui faudrait quitter à tout jamais cet endroit qu'elle chérissait temps. Perdue dans ses pensées, elle remarqua à peine que Sirius lui tendait la main :

-Tu viens ? Ils ont ralenti le rythme.

En effet, la bande de musiciens avaient décidé de passer à un air beaucoup plus lent, agréable, avec une mélodie parfaite pour danser en couple. Le cœur battant à tout rompre, ce qu'elle ne s'expliquait pas, elle prit la main que lui tendait Sirius et le suivit sur la piste de danse. Le garçon plaça l'une de ses mains sur la taille de la jeune femme, qui sentit son ventre se tordre. Elle plaça la sienne sur son épaule, et leurs deux autres mains étaient toujours enlacées. Ils se mirent ainsi à tournoyer lentement au rythme de la musique, en ne se lâchant pas du regard. Soudain, elle sentit la main de Sirius glisser de sa hanche vers le creux de son dos, pour la pousser encore plus près de lui. Elle-même dévia vers la nuque du jeune homme, et dût s'y accrocher pour être sûre de ne pas tomber. Pendant quelques secondes ou quelques minutes, Cassidy ne saurait le dire, il lui parut qu'ils n'étaient plus que les deux. Elle ne voyait plus que ses yeux d'un gris électrique, qui semblaient la noyer dans son regard. Elle ne voyait plus que son sourire, qui, finement, s'étirait de part et d'autre de son visage élégant et d'une beauté inégalée. Puis elle sentait son odeur, si propre à lui, qui lui embaumait l'esprit. Imperceptiblement, elle appuya sur la nuque du jeune homme et renforça le contact avec sa main. Il accepta ce geste, puisque lui-même replaça ses doigts de sorte qu'ils enlacent ceux de la jeune fille. Les paroles des musiciens semblaient être la seule chose qui flottaient entre les deux jeunes gens. Il n'y avait plus personne autour, il n'y avait que la musique, et ce lien invisible entre eux deux qui, à mesure qu'ils se rapprochaient, s'amenuisait. Sirius appuya plus prestement dans le creux du dos de Cassidy, laquelle dut s'accrocher à sa chemise pour ne pas vaciller. C'était la danse la plus belle mais aussi la plus triste qu'elle n'ait jamais vécu. Elle aurait voulu ne jamais quitter son étreinte, elle aurait voulu qu'il l'embrasse à même cette piste de danse, elle aurait voulu qu'il n'y ait réellement que la musique entre eux deux. Mais, alors que la chanson était sur le point de se terminer, Cassidy comprit la portée des paroles de Sirius : « je pense que c'est bien si on y va, mais en tant qu'amis ». Sirius n'avait pas tenu à emmener Cassidy parce que c'était elle. Il avait voulu lui faire comprendre que désormais, ils ne seraient plus que ça. Plus qu'amis. Et cette danse, en un sens, était la fin de quelque chose. Cassidy le ressentait dans tout son corps, une sensation plus forte, plus douloureuse mais aussi plus intense qu'aucune autre. Elle savait qu'il ressentait la même chose. Elle pouvait le voir dans le gris de ses yeux. Elle pouvait le sentir dans la pression de ses mains. Elle était désormais si proche de lui qu'elle pouvait même entendre le cœur du garçon battre contre sa poitrine. Elle n'avait pas envie de pleurer. Elle voulait profiter des dernières secondes à vivre ces sensations en compagnie de Sirius. Alors que la musique prenait fin, le garçon brisait l'étreinte de leur main et vint placer la sienne sur la joue de Cassidy. Il se pencha et lui fit un baiser sur la joue. La jeune femme comprit que c'était un aurevoir, une manière d'exprimer ce que tous les deux savaient déjà depuis bien longtemps : c'était impossible. Il fallait qu'ils se fassent une raison. Puis, alors que les Bizarr' Sisters entonnaient leur dernière phrase, il murmura à son oreille : « merci ». Puis il s'en alla. Cassidy comprit que c'était la première et la dernière fois qu'ils danseraient ainsi.

 

 

 

 

Lily était aux anges : elle avait passé une soirée de rêve. Elle avait été heureuse de voir que ses amis, Nelly particulièrement, avaient aussi pu profiter de leur soirée. La jeune femme avait été invitée à danser par pas moins de quatre prétendants, et Lily ne savait même pas avec lequel elle se trouvait actuellement. Elle sourit en pensant au fait que sa meilleure amie puisse aussi apprécier ce bal. Lily avait tenu à aller voir Remus durant la soirée, qu'elle avait évité depuis qu'il avait rompu avec Nelly. Ils avaient échangé leurs cadeaux respectifs, et avaient éclaté de rire lorsqu'ils s'étaient rendus compte qu'ils avaient eu la même idée, à savoir un agenda qui aidait à planifier les révisions. Lily voyait que Remus tentait de garder la face, mais elle était tout de même contente de voir qu'il rigolait avec ses amis. Cependant, il était allé se coucher plus tôt que tout le monde. Curieusement, Alice et Franck étaient eux aussi retourner dans leur dortoir plus tôt. Lily s'était promis de demander à son amie si elle avait pu profiter de sa soirée comme elle se le devait. Quant à elle, elle avait été sur un nuage la soirée durant. James, qui s'était révélé un très bon danseur, l'avait faite tournée sur elle-même durant toutes les valses de Noël. Puis ils avaient pris du temps, minime, pour manger, mais étaient vite repartis sur la piste de danser pour écouter les Bizarr' Sisters. Lily avait ri aux éclats devant le rock'n'roll endiablé de James, et s'était sentie plus légère que jamais en dansant comme une folle et en oubliant le monde alentour. Cependant, le devoir les avait rappelés à l'ordre lorsqu'il avait dû s'assurer que les élèves en-dessous de la sixième année rentrent comme il se devait dans leur dortoir. Cela faisait désormais presque quarante minutes qu'elle courait en tout sens pour être sûre que les élèves étaient là où il le devait. Mais rien de tout cela ne pouvait ébranler la joie qui l'habitait en ce moment même, pas même les remontrances de Rusard. Alors qu'elle faisait pour la dernière fois le tour de la salle commune de Gryffondor, elle se décida à rejoindre James, lequel lui avait promis de la retrouver dans la Grande Salle pour danser jusqu'à la toute fin de soirée. Un sourire aux lèvres, elle rangea sa baguette et passa devant les toilettes des filles du quatrième étage. Elle se dit soudain que cela ne lui ferait pas de mal de se regarder une fois dans un miroir et s'assurer que son maquillage avait tenu. Alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans les toilettes, une voix féminine la fit s'arrêter sur place :

-Laisse-moi tranquille, je t'ai dit que je ne voulais plus te voir.

Lily reconnut Dorcas, laquelle semblait en mauvaise position et irritée.

-Tu pensais que j'allais laisser passer le fait que tu danses avec eux ?

Lily sentit son sang se glacer. Elle resta figée sur place lorsqu'elle reconnut la voix de Mulciber, et pendant quelques secondes se demanda si elle n'allait pas prendre ses jambes à son cou. Mais le fait de savoir Dorcas avec lui donna le courage nécessaire pour rester. La rousse se dépêcha de prendre sa baguette et se tint à l'affût, prête à lui bondir dessus.

-On croirait presque que tu es jaloux, à t'entendre.

Lily fronça des sourcils. Dorcas ne semblait pas apeurée, juste agacée. Elle savait qu'elle ferait mieux de partir, qu'elle n'avait aucune envie de savoir ce qui allait se produire, mais quelque chose la tenait cloutée sur place.

-Pff, lança Mulciber avec dédain. Jaloux d'eux ? Comme s'il pouvait m'égaler en quoi que ce soit.

Lily était contente de ne pas voir ce qui se produisait, mais les bruits ne trahissaient pas le fait que Mulciber venait de plaquer Dorcas contre le mur.

-Arrête.

Lily comprit immédiatement au son de la voix de Dorcas qu'elle n'avait aucune envie que Mulciber arrête.

-Tu en meurs d'envie, murmura-t-il.

Comme si on lui avait jeté un saut d'eau froide sur la tête, Lily prit ses jambes à son cou quand elle entendit des bruits de baiser, et comprit que ce qu'elle avait redouté, la raison pour laquelle elle n'appréciait pas Dorcas au départ, s'était révélé être vraie. Complètement déboussolée et avec une soudaine envie de vomir, la rousse ne se rendit à peine compte qu'elle retournait vers la Grande Salle. Comment était-il possible que quelqu'un se laisse tenter par Mulciber ? C'était probablement l'élève le plus dangereux de Poudlard. Tout le monde savait qu'il était coupable du départ de Mary McDonald. Tout le monde savait de quoi il était capable. Il était impossible que Dorcas l'ignore. La chair de poule sur tout le corps et perdue dans ses pensées, Lily se rendit soudain compte qu'elle était arrivée à destination. James l'attendait près du buffet, un grand sourire aux lèvres. Lorsqu'elle le vit, une foule de pensées traversèrent son esprit. Elle fut en premier lieu tentée de lui dire la scène à laquelle elle venait d'assister. Puis elle eut envie de retourner se coucher, comme tous les autres, et d'oublier cette fin de soirée. Mais quelque chose dans le sourire à James lui fit soudainement oublier tout le reste. Elle retrouva instantanément l'esprit féérique qui l'avait habité tout au long de la soirée. Les Bizarr' Sisters venaient d'entonner un air connu, et les élèves qui étaient restés dansaient tous ensemble au milieu de la piste. Dans un coin, Horace Slughorn était occupé à raconter des blagues auxquelles Hagrid riait à gorge déployée, manquant d'éclabousser de sa choppe le professeur Chourave. Le professeur Dumbledore et Mcgonagall étaient eux aussi au centre de la piste, et il semblait que la directrice de Gryffondor apprenne de nouveaux pas aux directeurs. Les fantômes du château dansaient dans le plafond, qui n'arrêtait pas de faire couler ses flocons dans la Grande Salle. Lily n'avait aucunement envie de penser à Dorcas et Mulciber. Elle voulait vivre les derniers instants du bal de Noël, qui serait son dernier à Poudlard. Elle s'approcha alors de James et se retrouva à quelques centimètres de lui.

-Folle soirée, n'est-ce pas ? lui lança-t-il avec un sourire entendu.

Elle ne put qu'acquiescer. Soudainement, elle fit ce qu'elle avait envie de faire depuis qu'il l'avait invité au bal, depuis qu'elle l'avait vu, plus beau que jamais dans son costume, depuis qu'ils avaient dansé ensemble, depuis bien plus longtemps que cela si elle était honnête envers elle-même. Elle posa donc une main délicate sur la joue du jeune homme et se pencha gentiment vers lui. Lorsque leurs lèvres se joignirent, elle sentit toute l'émotion de la soirée amplifiée par la musique dans l'entièreté de son corps. Ce fut comme si la salle avait soudainement explosé en une myriade d'étincelles, comme si le sol se dérobait sous ses pieds. James comprit bien vite l'intention de Lily, et l'enlaça avec force mais douceur dans le dos tout en accompagnant le baiser. Ils restèrent ainsi longtemps. Lily était incapable de dire combien de temps. Elle était incapable de dire qui les avait vu, mais elle s'en fichait. Il n'y avait que ce baiser qui comptait. A l'instant même, alors que James avait plongé une main dans ses cheveux pour approfondir leur étreinte, Lily sut qu'elle était en train de vivre l'un des plus beaux Noël de sa vie.

End Notes:

Et voilà!

Pour tout vous dire, j'ai eu la larme à l'oeil en écrivant ce chapitre, car j'avais l'impression de ressentir les émotions de tous ;-) La chanson que j'ai écouté en écrivant la partie de Cassidy et Sirius est "Forever Young" de Alphaville. Je la trouve magnifique, mais très nostalgique et mélancolique, et c'était pour moi un peu l'idée de cette danse.

 

A bientôt pour un nouveau chapitre, qui sera un peu moins féériques que les deux derniers, puisque POV Serpentard :) 

Des bisous! 

Chapitre 32: le Seigneur des Ténèbres by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Je voulais commencer par vous dire un immense MERCI pour les magnifiques reviews que vous m'avez laissées sur mes derniers chapitres. Comme je l'ai dit, ces chapitres étaient importants pour moi et surtout pour laisser transparaître l'esprit de Noël et, à vous en croire, c'est pari réussi :) 

Me revoilà donc avec un nouveau chapitre, qui du coup est bien moins féérique que les précédents... Je dois avouer que le POV Narcissa devient l'un de mes préférés, et que j'ai particulièrement aimé écrire ce chapitre qui pour moi marque l'un des tournants les plus importantes de l'histoire.

 

Je vous laisse donc à votre lecture !! :) 

 

Noël avait été comme elle savait que ça allait être : froid, dénué de sentiments, une raison de plus pour sa famille de tisser des liens dans le monde des sorciers, et de l'utiliser à cette fin. Narcissa soupira. Elle n'aurait jamais pensé avoir à ce point-là envie de retourner à Poudlard. En effet, l'ambiance dans le manoir des Blacks n'était pas faite pour elle. Même si elle avait l'habitude de passer inaperçue auprès de ses parents, elle avait espéré pouvoir engager une conversation avec sa grande sœur, Bellatrix, mais ça n'avait pas été le cas. Sa sœur avait enfaite déjà rejoint le 12, Square Grimmaud, qui était la maison de son oncle et sa tante, où aurait lieu le mariage. Narcissa frissonna à cette pensée. Elle allait être le témoin du mariage de sa grande sœur, mais elle n'en avait aucune envie. Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais mettait cela sur le compte qu'elle ne connaissait pas son fiancé, Rodolphus Lestrange, et savait exactement que ce ne serait pas le mariage de ses rêves. De plus, elle appréhendait le fait que ses camarades de classe aient aussi été conviés à l'événement, et ne pouvait s'empêcher de s'attendre au pire. C'était ainsi que Narcissa avait passé ses vacances : son père l'avait questionnée sur ses notes et réprimandée lorsqu'elle lui avait dit qu'elle avait de la peine en potions (elle s'était bien gardée d'avouer que la moldue qui partageait sa classe se débrouillait bien mieux qu'elle), puis sa mère l'avait questionnée sur sa relation, en insistant sur le fait que l'alliance avec les Malefoy était primordiale dans les temps qui couraient. La jeune femme comptait les jours qui la séparaient de son retour à Poudlard. Bien qu'elle n'ait pas plus d'amis dans son école qu'à la maison, il y avait au moins Lucius. La blonde frissonna en pensant à son petit-ami. Il ne lui avait pas écrit depuis les vacances, mais elle savait qu'elle le reverrait au mariage.

-Cissy, on part dans quinze minutes. Es-tu prête ?

-Oui, mère.

Narcissa prit la valise qu'elle avait passé la journée à préparer, puis s'assura que sa chambre était correctement rangée. Elle ne la reverrait qu'à l'été. Elle traina sa valise jusque dans le salon, et attendit que son père ne prenne la parole.

-Comme vous le savez, nous allons passer le reste des vacances chez mon frère. Il est nécessaire de faire bonne figure, et de retenir tout ce dont nous parlions. Narcissa, quel sera ton rôle ?

-Je serai le témoin de Bellatrix. Je vais l'aider à se préparer, échanger les alliances, et servir les invités lors de la réception.

-Très bien. Ta mère et moi nous occuperont des Malfoy comme s'ils s'agissaient de notre propre maison. Je compte sur toi pour leur faire un bel accueil.

Narcissa hocha la tête, en sentant son cœur battre un peu plus fort. Les Blacks étaient une famille puissante dans la branche des sorciers, mais la jeune femme savait que son père, qui était le cadet de la famille, voulait prouver que lui aussi pouvait avoir du pouvoir, au-delà de son frère. C'était aussi pour cela qu'il avait arrangé deux mariages pour ses filles : l'un avec les Lestrange, l'autre avec les Malefoy, qui étaient les deux autres plus puissantes familles dans le monde des sorciers.

-Nous pouvons y aller.

Elle vit sa mère entrer dans la cheminée, et prononcer l'adresse de la maison dans laquelle ils se rendaient. Puis son père lui fit signe d'y aller à son tour. Narcissa prit donc sa valise, une poignée de poudre de cheminette et lança : « 12, Square Grimmaud ». Elle se sentit tournoyer dans le vide et, pendant quelques secondes, sentit son cœur lui remonter dans sa poitrine. Puis, le noir se transforma en couleurs et elle sentit à nouveau du dur sous ses pieds. Elle était arrivée. Très vite, elle sentit qu'on lui prenait sa valise des mains. C'était l'elfe de maison de son oncle, Kreattur. Elle l'avait toujours trouvé si hideux qu'elle n'osa pas le regarder trop longtemps.

-Cissy !

Sa sœur l'enlaça dans ses bras sans qu'elle n'ait le temps de regarder autour d'elle. La pièce était en pleine effervescence : de nombreux elfes de maison avaient été mis à contribution pour préparer le séjour, qui allait tenir lieu d'autel pour la cérémonie. La famille du fiancé de Bellatrix, les Lestrange, étaient présents. L'oncle et la tante de Narcissa, Orion et Walburga Black, étaient au petit soin pour eux. Narcissa sentit son ventre se tordre lorsqu'elle vit que les Malefoy étaient là aussi. Elle sourit à Lucius lorsqu'elle le vit, mais le blond lui répondit par un signe de tête froid. Elle voulut aller saluer sa future belle-famille, mais sa sœur l'en empêcha.

-Ça fait plaisir de te revoir sœurette. Alors, raconte-moi tout : est-ce que Serpentard va gagner la coupe des maisons cette année ?

Bellatrix n'avait pas changé. Elle avait toujours sa prestance que personne ne pouvait imiter, son ton hautain qui laissait supposer qu'elle se pensait au-dessus de tout le monde, l'adoration dans sa voix lorsqu'elle parlait de son ancienne maison de Poudlard et, plus que tout, le regard mauvais et fanatique que Narcissa lui connaissait si bien. La blonde se dit qu'elle avait de la chance d'être sa sœur, sinon elle n'oserait absolument sous aucun prétexte lui adresser la parole.

-Je n'en sais trop rien. Pour l'instant, je crois que l'on est à égalité avec Serdaigle.

Narcissa se tint de dire que Serpentard était à égalité avec Serdaigle à la deuxième place, Poufsouffle se tenant en tête de la coupe des maisons. Bellatrix laissa échapper un soupir de pur dédain :

-J'en espérais plus de toi, petite sœur. La maison Serpentard est ta première fierté. C'est la marque la plus absolue de ton sang pur, de ta suprématie sur le monde des sorciers. Rappelles-en-toi. Tu ne peux pas te permettre d'être ex-aequo avec les Serdaigle.

Bellatrix accompagna ses dires d'une moue de profond dégoût lorsqu'elle prononça le nom de la maison adverse.

-Du moment que ce ne sont pas les autres.

Par « autres », Narcissa savait que Bellatrix entendait Gryffondor.

-J'espère que vous allez les écraser. J'ai entendu parler du match de Quidditch. Pitoyable, lança sa sœur avec un sourire moqueur et rabaissant.

Narcissa haussa des épaules :

-Je n'y connais pas grand-chose en Quidditch.

-Pas toi, mais j'en attendais plus de ton futur mari.

Narcissa sentait que la conversation déviait vers un endroit où elle ne souhaitait pas aller. Bellatrix avait toujours été moqueuse à l'encontre de Lucius, et plus particulièrement de l'attachement que Narcissa lui portait. Sa soeur avait la profonde conviction que l'amour était la plus grande faiblesse que le monde ait connu, et qu'il n'y avait que le pouvoir qui pouvait régner. La blonde savait pertinemment qu'elle n'avait aucune chance de la contrer lorsqu'elle allait sur ce terrain-là.

-D'ailleurs, je vais aller lui en toucher deux mots. Il se doit de faire honneur à la maison Serpentard. A mon époque, elle était de loin la meilleure devant les trois autres.

Narcissa fut tentée de la suivre, pour au moins être proche de Lucius, mais s'abstint en pensant à la tournure qu'aurait la conversation. Alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre son cousin, Regulus, Narcissa entendit un bruit derrière elle et se retourna abruptement : quelqu'un venait d'apparaître dans la cheminée de son oncle. Quelqu'un qu'elle n'avait aucune envie de voir.

-Salut, ma jolie.

Narcissa soupira, elle ne comprenait toujours pas pourquoi Bellatrix avait tenu à inviter ses congénères de Poudlard, et encore moins ce qu'Avery venait faire dans un mariage familial.

-Salut, soupira-t-elle, résignée à passer les jours les plus pénibles de sa vie.

 

 

 

 

S'il avait pensé que les choses se tasseraient après avoir quitté Poudlard pour deux semaines, Severus se trompait lourdement. Il avait espéré pouvoir trouver du réconfort dans les vacances, et dans le fait qu'il serait absolument et totalement seul. En effet, il était déjà extraordinaire que ses parents n'aient pas oublié de venir le chercher à la gare de King's Cross à l'arrivée du Poudlard Express. Mais, en règle générale, Severus passait ses vacances dans sa chambre à réviser ses cours et à tester de nouvelles potions. Il ne sortait que pour tester des sortilèges trop dangereux à lancer dans sa chambre. Cependant, c'était sans compter qu'il avait été convié au mariage de Bellatrix Black, bientôt Lestrange, avec le reste de ses congénères de Poudlard. Il en avait assez de les voir, de les entendre se vanter de leurs différentes prouesses, que ce fût avec les filles ou en Quidditch, de se sentir à l'écart. Le garçon, en souhaitant tenir la promesse qu'il s'était faite de ne plus assister à aucun événement de Poudlard, n'était pas allé au bal de Noël. Il avait ainsi naïvement pensé qu'il n'aurait pas à sentir qu'il était seul durant ses fêtes de fin d'année, qu'il ne fêtait pas non plus à la maison. Mais la bande de Malefoy avait cru bon de le charrier et d'insister sur le fait que s'il n'était pas venu, c'était uniquement car il n'avait trouvé aucune cavalière. Bien que ce fût entièrement vrai, Severus n'en pouvait plus d'entendre les quolibets de ses camarades, qu'il ne pouvait décemment pas appeler amis. Pourtant, il lui faudrait les supporter, eux et leur famille, pendant le mariage. Il n'avait toujours aucune idée de la raison pour laquelle il avait été convié, mais ne s'en sentait absolument pas rassuré. C'était ainsi qu'il se sentait, au milieu des autres dans le séjour de la maison des Blacks, tel un intrus qui n'avait absolument pas sa place - un sentiment commun pour le jeune homme.

-Bien réussi les examens ?

Regulus venait de prendre place à ses côtés. Lui et Severus n'étaient absolument pas proches, mais il semblait au jeune homme que le jeune Black ne prenait pas spécialement plaisir à l'humilier à l'instar des autres. Au contraire, il semblait assez en retrait dans la bande, et passait la plupart de son temps seul, comme coupé du monde. Cependant, Severus ne pouvait s'empêcher de s'imaginer son grand frère quand il le voyait : Regulus avait cette irritante caractéristique des Blacks, qui consistaient à avoir une prestance et un charisme si grands qu'ils éclipsaient tout le monde.

-Je pense que oui. Et toi ?

Regulus haussa des épaules :

-Potions et Défense contre les Forces du mal, sûr et certain. Pour le reste, je m'en remets à la chance.

Une autre caractéristique qui donnait la nausée à Severus : les frères Blacks avaient la manie d'être au-dessus des autres, en ce qui concernait les études comme le reste. Néanmoins, le garçon ne montra pas son agacement se contenta d'acquiescer. Ce fut ainsi que la conversation prit fin, car ils n'avaient absolument plus rien à se dire. Heureusement, après de longues et pénibles minutes, Narcissa les rejoignit. Elle semblait tout autant maussade que Severus.

-Prêt à être témoin ? lui demanda Regulus, un sourire lui passant sur le visage.

Severus vit la jeune femme hausser des épaules :

-Je n'aurai pas un très grand rôle à jouer.

-Tu vas quand même devoir assister Bellatrix...

Le regard de Narcissa s'assombrit.

-Oui et bien, espérons qu'elle ne soit pas trop exigeante.

Regulus laissa échapper un son qui se situait entre le rire et l'étouffement.

-Tu as de l'espoir.

Narcissa ne répondit pas mais Severus remarqua qu'elle semblait sur le point d'exploser. Le jeune homme n'avait jamais rencontré Bellatrix Black, mais en avait entendu parler de réputation. Elle était célèbre à Serpentard, notamment pour avoir été l'élève qui ait le plus défendu les couleurs vertes et argent de Poudlard. Et par « défendre », Severus comprenait maintenant ce que ses camarades entendaient. Lorsqu'il avait été la saluer et la féliciter, il avait senti son corps entier se tendre. S'il savait que Regulus, Narcissa et même Sirius lui faisaient un effet similaire, à savoir le faire sentir comme s'il était un moins que rien, ce n'était rien comparé à ce que la vue de Bellatrix avait produit chez lui. Elle était magnifique. D'un genre de beauté qu'il était impossible d'imiter. Bien que tout chez elle était repoussant, de son regard à glacer l'enfer jusqu'à son rire dénué de joie, moqueur et impulsif, Bellatrix était pourtant le genre de femme de qui il était impossible de détourner le regard. Elle avait d'imposants cheveux d'un noir de jais, bouclés et plus épais que Severus n'en avait jamais vu. Ses traits étaient fins, élégants et hautains, comme toute la famille Black. Mais ce qui avait le plus attiré Severus fut son regard. Ses paupières lourdes encadraient d'immenses yeux noirs, qui semblaient n'avoir pas de pupilles tant ils étaient foncés. Le garçon avait vite compris que c'était à l'effigie de leur propriétaire. Il ne s'était pas attardé vers la femme, qui, de noir vêtu, semblait mener son monde à la baguette. Même les parents de Rodolphus, son futur époux, semblaient mal à l'aise à côté de l'aînée des Blacks.

-Narcissa, va montrer à Severus sa chambre, veux-tu. Il va rester avec nous pour les prochains jours.

La mère de la jeune femme avait parlé sur un ton directif, qui n'acceptait aucun refus. Severus vit Narcissa s'exécuter :

-Viens, l'incita-t-elle.

Rogue, plus mal à l'aise que jamais, suivit la blonde. Il savait parfaitement qu'il ne restait pas par bonté de cœur, mais tout simplement car il n'avait pas d'autres endroits où aller, et surtout parce que ses parents n'avaient évidemment pas été conviés à l'assemblée. Severus se demandait s'il savait qui était son père... Le cœur lourd et palpitant, il suivit Narcissa vers une chambre reculée du manoir, en espérant de toutes ses forces que le mariage passerait vite et qu'il pourrait retourner à Poudlard.

 

 

 

Elle n'avait cessé de se tourner et se retourner, dans une quête désespérée de trouver du sommeil. Narcissa était pratiquement certaine que dans toutes les autres familles de sorcier, un tel rassemblement pour un événement aussi beau que le mariage était l'un des plus heureux de l'année. Cependant, elle n'avait senti aucune once de joie dans les moments qu'elle avait passé avec les Blacks, les Malefoy et les Lestrange. Les échanges restaient froids et, la plupart du temps, les parents restaient entre eux. Les femmes préparaient le mariage, et les hommes disparaissaient mystérieusement dans la cuisine pendant des heures, avec une interdiction formelle de les rejoindre. Ce qui la déprimait plus que tout, c'était que Lucius et ses acolytes en avaient faits de même, trouvant à chaque fois une pièce différente pour se rassembler et en lançant un sort pour être sûrs de ne pas être entendu. Narcissa avait passé la journée à répondre aux moindres exigences de Bellatrix, qui elle ne se privait pas de donner ses ordres et de terroriser les elfes de maison. Elle avait essayé de faire connaissance avec Rodolphus, son futur beau-frère, mais le jeune homme ne semblait pas le moins du monde intéressé à la connaître. Au contraire, il s'était lui aussi éclipsé avec les hommes de la maison, apparemment convié aux réunions secrètes. Bellatrix ne lui avait pas adressé la parole de la journée. Narcissa s'était rendu compte que c'était ce qui allait l'attendre. Un mariage, dénué d'amour, de sentiments, de joie. Elle ne pouvait s'empêcher de laisser les larmes couler lorsqu'elle y pensait. La seule consolation de cet événement avait été le fait qu'elle pourrait voir Lucius pendant les vacances. Seulement, le jeune homme n'était pas venu lui adresser la parole une seule fois. Elle se souvenait pourtant de la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans la même maison... Seule dans son lit, Narcissa rougit à cette pensée. Elle se rappelait exactement ce qu'il s'était passé cette nuit-là, et ne pourrait jamais l'oublier. Décidant qu'il valait mieux se laisser aller à ce genre de pensées, un peu plus réjouissantes, la blonde se repassa le cours des événements de cette soirée dans sa tête :

C'était officiel : elle était la fiancée de Lucius Malefoy. Elle se souvenait parfaitement de ce qu'elle avait ressenti lorsque sa mère lui avait annoncé qu'il lui avait trouvé le parfait futur époux. Narcissa avait d'abord eu peur : elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait refuser, l'honneur des Blacks étant en jeu. De plus, après la trahison d'Andromeda, comment décevoir ses parents ? Elle ne pourrait certainement pas donner son opinion. Néanmoins, lorsque son père avait prononcé le nom de « Lucius Malefoy », la jeune femme avait senti son ventre ne faire qu'un tour. Le garçon lui avait toujours plu. Elle le trouvait hypnotique, lui et sa façon de mettre Serpentard à ses pieds. Il était le roi. Auprès des filles - qui, Narcissa le savait, lui accordait les récompenses de son succès- c'était une légende. Et cette légende allait être son mari. Toutefois, c'était sans compter la réaction du jeune homme. Lorsqu'elle l'avait revu à Poudlard, elle avait pris son courage à deux mains et était allé lui parler. Lucius n'aurait pu être plus froid et distant. Narcissa avait décidé d'en parler à sa sœur, laquelle lui avait d'abord conseillé de l'oublier et de se concentrer sur le fait de devenir une sorcière accomplie. Cependant, la blonde avait vite fait comprendre à sa sœur que c'était important pour elle d'être appréciée de son futur mari. Bellatrix s'était bien entendu moqué de long en large, mais avait tout de même accorder quelques conseils à sa petite sœur. Celui dont Narcissa se souvenait fut la « séduction ». Seulement, la jeune femme avait quatorze ans à l'époque et n'y connaissait absolument rien. Elle avait cru mourir de honte lorsque Bellatrix lui avait appris tout ce qu'il y avait à savoir des relations homme-femme. Narcissa n'avait bien entendu jamais partagé ce genre de conversation avec qui que ce soit. Définitivement trop jeune pour mettre à bien les conseils de Bellatrix, la blonde avait attendu que le premier pas vienne de son prétendant. Mais Lucius n'avait jamais fait le premier pas. Il avait continué à batifoler, et elle savait pertinemment qu'il sortait avec plus de filles que ce qu'il n'essayait de faire transparaître. Cependant, les deux avaient grandi. Narcissa était devenue une jeune femme, belle et attirante, et elle avait senti un changement de perception chez Lucius. Il semblait plus enclin à lui parler en dehors des cours, et l'avait même invitée une fois lors d'un weekend à Pré-au-Lard. Puis il y avait eu la fameuse rencontre officielle, les « fiançailles », si l'on pouvait appeler cela ainsi. Les parents de Narcissa avaient invité les Malefoy à passer le weekend dans leur manoir, afin de faire plus amples connaissances. Cependant, Narcissa s'était vite rendue compte que ce n'était qu'un prétexte pour envoyer les jeunes dans d'autres parties de la maison et de rester seuls pour parler de choses dont la jeune femme n'avait pas idée. C'était ainsi qu'elle s'était retrouvée un soir, en compagnie de Bellatrix et Lucius, près du feu de cheminée du séjour. Leurs parents se trouvaient dans la cuisine et les avaient sommés de vaquer à leurs occupations.

-Capitaine de l'équipe de Quidditch, c'est ça ? demanda Bellatrix qui ne cessait de détailler Lucius de haut en bas

-Exact, répondit le jeune homme.

Il ne semblait pas particulièrement gêné, mais Narcissa le sentait plus tendu qu'à l'habitude.

-Lorsque j'étais à Poudlard, nous avions tellement écrasé les Gryffondors qu'ils avaient décidé d'abandonner avant la fin du tournoi.

Bellatrix eut ce rire mauvais et dépourvu de joie dont elle seule avait le secret, et sa jeune sœur vit son fiancé tenter un sourire puis se renfrogner immédiatement.

-Je vais aller me coucher. Ma chambre est celle au bout du couloir à droite, c'est ça ?

-Je vais te la montrer, coupa Bellatrix en ne laissant pas le temps à Narcissa de répondre.

La jeune femme était donc restée ainsi, à contempler le feu, la boule au ventre de savoir ce que sa grande sœur pouvait bien fabriquer. Puis elle avait décidé de rejoindre elle-même sa chambre, déçue de la tournure que prenaient les événements. C'était sans compter Bellatrix, qui l'intercepta à l'intermédiaire de sa porte.

-Tu te souviens de notre discussion, petite sœur ? Celle que nous avions eu quand tu as su que Malefoy deviendrait ton mari.

En rougissant jusqu'aux oreilles, Narcissa acquiesça.

-Eh bien, il semblerait que tu aies à mettre mes conseils en application...

Puis Bellatrix était partie, un air moqueur et victorieux sur son visage. Le cœur battant, Narcissa attendait dans sa chambre : que fallait-il qu'elle fasse ? Devait-elle rejoindre Lucius, ou attendre ? Ou bien était-ce encore une blague douteuse de sa sœur pour l'humilier ? Elle avait l'habitude : enfant, Narcissa était le bouc-émissaire de Bellatrix, qui prenait un malin plaisir à faire valoir son pouvoir sur elle. Perdue dans ses pensées, la jeune femme sursauta lorsqu'elle entendit des coups portés à sa porte. Tremblante, elle alla ouvrir et découvrit Lucius sur le pas de la porte. Le garçon portait un bas de pyjama avec un débardeur blanc, qui laissait clairement apparaître ses muscles. Il avait sur le visage un sourire qui en disait long sur ses intentions, et il ne paraissait pas le moins du monde stressé ou même gêné. Sans que Narcissa le convie, il entra dans la chambre et regarda alentours.

-C'est comme je me l'étais imaginé.

Narcissa regarda elle aussi sa chambre, parfaitement rangée, avec pour seule décoration l'arbre généalogique des Blacks au-dessus de son bureau. Les draps étaient bleu roi, ainsi que les rideaux de nuits. Tout le reste de la chambre était d'un blanc nacré, parfaitement épousseté. Elle ne répondit pas, la gorge si nouée qu'elle était incapable de parler. Puis Lucius la détailla de haut en bas. Narcissa se félicita mentalement de porter un pyjama en soie vert, qui la mettait en valeur. Cependant, elle rougit plus qu'il n'en faut lorsqu'elle vit le regard brûlant de son fiancé se poser sur ses formes naissantes.

-Drôle de weekend, n'est-ce pas ? Nos parents qui complotent entre eux, et ta sœur qui joue les entremetteuses.

Narcissa sentit son corps entier se tendre : qu'est-ce que Bellatrix avait-elle pu bien dire à Lucius ? Encore une fois, elle fut incapable de répondre. Le jeune homme le comprit et eut un petit rire moqueur, qu'il réprima lorsqu'il vit Narcissa, complétement désemparée qui se tenait les bras au milieu de la pièce. Puis il s'approcha d'elle et lui posa une main sur sa taille, en ne la lâchant pas des yeux. Narcissa crut un instant qu'une vague électrique avait parcouru son corps, qui était tellement à vif qu'elle ne savait plus si ça lui faisait du bien ou du mal.

-On va être marié, et ce pour le restant de notre vie. Je me suis dit que ce serait... Judicieux si... On apprenait réellement à se connaître.

La voix du jeune homme était suave et il détaillait désormais Narcissa avec tellement d'insistance et d'ardeur qu'elle hésita entre prendre la fuite ou fondre en larmes. Toutefois, un coin de son cerveau, minuscule et le seul qui n'était pas embué par la peur, lui dicta la marche à suivre : elle avait toujours voulu plaire à Lucius, et il était certain en le regardant qu'il était profondément attiré par elle. Elle savait ce qu'il lui restait à faire. Timidement et en déglutissant péniblement, Narcissa avait fait glisser la bretelle de sa nuisette, puis la deuxième, et avait senti le morceau de tissu effleurer ses cuisses pour tomber sur le sol sans un bruit. Elle portait des sous-vêtements simples, noirs, mais élégants pour une jeune fille de son âge. Pendant quelques instants, Lucius n'avait rien dit : il prit son temps pour détailler chaque parcelle du corps de Narcissa, puis s'était décollé d'elle. Paniquée et sentant son envie de pleurer revenir de plus belle, la jeune femme avait d'abord pensé qu'elle n'était pas assez bien. Mais Lucius prit en réalité sa baguette, et, ayant déjà l'âge requis pour le faire, lança un sort d'Assurdiato sur la porte de la chambre. Puis il revint vers la jeune femme et, plus brusquement que précédemment, l'attira à lui. Il l'embrassa à pleine bouche. C'était la première fois que Narcissa embrassait un garçon pour de vrai. Elle avait bien essayé une fois, lorsque Bellatrix avait fait venir des garçons quand leurs parents étaient partis en weekend voir de la famille, mais elle avait détesté cela. Cependant, avec Lucius, c'était différent. Il faisait vibrer tout son corps, et elle pouvait sentir l'excitation du jeune homme à travers leurs bouches qui tournoyaient à l'unisson. Il prit ensuite la tête de la jeune femme dans ses mains et lui mordilla la lèvre. Puis il commença à descendre, vers ses oreilles, sa nuque, ses clavicules, ses seins. Narcissa rougit lorsque le garçon lui dégrafa son soutien-gorge et le lança négligemment dans la pièce. Il l'attira ensuite à lui et la pria de se coucher sur son lit. Il prit place au-dessus et continua l'exploration du corps de la jeune femme avec sa langue. Alors qu'il descendait toujours plus bas, Narcissa se tendit et le fit relever la tête :

-Lucius, je... Je dois t'avouer quelque chose.

Il la regarda en haussant un sourcil, quelque peu irrité de devoir s'arrêter dans ses actions.

-Je... Tu vois, c'est... C'est ma première fois.

Avec un fin rire, il la regarda dans les yeux et murmura, sûr de lui :

-Je sais.

-Et ça ne... ça ne te dérange pas ?

Il fit non de la tête. Narcissa n'était pas stupide, elle savait pertinemment que Lucius avait déjà eu ce genre d'expériences, et avec des filles bien plus farouches qu'elle, qui devaient probablement suivre le genre de conseil que Bellatrix lui avait donné. Pour sa part, elle se sentait incapable de faire tout ce dont sa sœur lui avait parlé.

-Tu sais, je ne vais pas être... Enfin je veux dire, je ne sais pas, je ne connais pas...

Lucius posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire et la regarda dans les yeux. Ce fut la première fois que Narcissa se perdit si éperdument dedans.

-Ne t'inquiète pas. Moi je sais.

 

Ce fut ainsi que c'était passé la première nuit entre Narcissa et Lucius. La jeune femme, en repensant à tout cela, fut presque tentée d'aller le réveiller en pleine nuit, mais elle savait qu'il partageait sa chambre avec Mulciber, et ne voulait en aucun cas le mêler de près ou de lui à sa relation. Elle avait espéré que son petit-ami ne prenne les devants, comme il avait l'habitude de le faire, mais il semblait avoir des choses plus intéressantes à faire que de passer du temps avec elle. L'esprit désormais bien loin du mariage qui allait avoir lieu, Narcissa trouva enfin le sommeil, des souvenirs plein la tête.

 

 

 

Ça avait été exactement comme il se l'était imaginé : froid, dénué de sentiment, de joie, de partage. La cérémonie avait été rapide, les alliances échangées sans un mot, le baiser conventionnel et obligatoire. La danse n'avait duré que quelques minutes. La seule chose commune à ce dont Severus connaissait des mariages étaient que les invités se tenaient désormais dans le séjour, avec des tenues toutes plus belles et ornées les unes que les autres, un verre à la main. Bellatrix se tenait au milieu de la foule et semblait plus fébrile et excitée que jamais. Elle était magnifique, dans une longue robe noire avec un corset qui relevait sa poitrine et lui donnait un air plus farouche et dangereux que Severus n'avait jamais vu chez quiconque auparavant. Il ne comprenait cependant pas la raison de son excitation soudaine. Elle n'avait montré aucune émotion particulière lors de son mariage, si ce n'était un certain ennui lorsque le sorcier chargé de la cérémonie parlait. Mais elle semblait à présent en pleine adoration, et Severus aurait juré que ses yeux avaient changé et avaient pris une teinte encore plus foncée qu'à l'ordinaire. Soudain, alors que la foule d'invités s'étaient tous rassemblés au salon, un silence morbide se fit. Un silence comme jamais Severus n'en avait été témoin. Il en avait le sang glacé et dut faire jouer tous les muscles de sa main pour ne pas laisser tomber le verre de Whiskey pur Feu qu'il tenait. Le jeune homme remarqua que tous les invités avaient la tête basse et les mains jointes, comme s'ils faisaient une sorte de prière. Seule Bellatrix lança parfois des regards excités et fanatiques vers la porte d'entrée. Severus imita cependant le reste des invités, une peur le tenaillant comme jamais il n'en avait ressenti dans sa vie, pas même lorsque son père se mettait en colère lorsqu'il était enfant. Puis tout s'éclaircit et il comprit enfin la raison de son invitation : il avait d'abord pensé que c'était pour faire une potion, et avait même effleuré l'espoir que c'était parce que Lucius l'appréciait, et qu'il faisait réellement parti de la bande. Mais il avait vite compris, en passant son temps seul et en n'étant pas une seule seconde sollicité, que ce n'était pas le cas. Mais, alors qu'il trônait dans le coin du séjour, au milieu de cette foule de sorciers de sang pur, qui s'étaient faits plus attrayants les uns que les autres, ces sorciers qui- de prime abord plus hautains et dédaigneux que personne- avaient désormais un air soumis sur leur visage, Severus comprit ce qui était entrain de se passer. Il comprit même pourquoi il avait été invité. Il se sentit soudain sur le point de tourner de l'œil ici même, dans la pièce. Il ne sut pas quel miracle, il réussit à rester sur ses pieds, mais son cœur s'était emballé de telle sorte que Severus se demanda même s'il n'allait pas mourir, au milieu du manoir des Blacks, sans que personne n'y prête attention. Puis, pétrifié sur place et en ressentant l'atmosphère la plus lourde, tendue et étouffante qu'il n'eut jamais ressenti, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il sentit les personnes alentours tous effectués un même mouvement pour relever la tête de quelques millimètres. N'y tenant plus, il fit de même. Et Severus Rogue vit pour la première fois, devant ses yeux, surplombant la foule, en n'ayant juste besoin d'exister afin de soumettre une assemblée, le Seigneur des Ténèbres.

End Notes:

Et voilà !! 

J'espère que ce chapitre vous aura plu.

Le prochain traitera du Nouvel An (Je suis un peu en retard par rapport à notre période de l'année actuelle, mais je pense que l'on peut faire un effort pour retourner dans cet esprit festif qui était encore présent il n'y a que quelques jours ;-)) 

A bientôt pour un nouveau chapitre! 

Chapitre 33: Du Courrier by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Rien n'exprime à quel point je suis DESOLEE de cette longue attente. Je sais que j'avais promis d'autres choses, mais les événements récents m'ont contrainte à arrêter temporairement l'écriture de ma Fanfiction. J'ai en effet pris la décision de déménager, et tout a été super rapide, ce qui fait que je n'avais ni le temps ni, je dois l'avouer, l'inspiration pour continuer.

Mais ME REVOILA!! Je suis tellement contente de pouvoir republier un chapitre!! :D Comme je l'ai dit, même s'il y a des longues périodes où je ne publie pas, je compte bien terminer cette Fanfiction ;-)

 

Voici donc ce nouveau chapitre, qui est un peu plus transitoire par rapport aux précédents mais que j'ai tout de même beaucoup apprécié écrire. Il m'a permis de reprendre contact avec les personnages, et de repositionner un peu les différentes relations!

Je vous laisse donc à votre lecture!! :D

 

Noël s'était passé de la manière dont elle l'avait prédit : Pétunia ne lui avait adressé la parole que pour lui demander comment elle comptait les protéger de la menace du monde sorcier, son fiancé - Vernon, n'avait pas tenu bon de se présenter à elle (Lily soupçonnait sa sœur de lui avoir dit les pires atrocités à son sujet) et ses parents avaient tenté tant bien que mal de faire ressortir l'esprit de fêtes, a priori déchu depuis longtemps. Lily avait tout de même tenu à donner son cadeau à sa sœur et à ses parents, qui eux s'étaient montrés beaucoup plus enthousiasmés par les ananas confits de chez Honeydukes. Pétunia était restée bloquée sur le paquet, dont on pouvait voir que le bonhomme- qui portait un chapeau fait d'ananas- dansait. Elle n'avait dès lors pas voulu goûter aux friandises. Cependant, Lily avait tout de même passé un moment agréable, à regarder des films de Noël (la télévision lui avait manquée), ainsi qu'à déguster les fameux chocolats chauds maison de son père près de la cheminée. Mais la rousse ne s'était pas éternisée chez ses parents. En effet, elle avait été invitée à passer quelques jours chez les Wilbongs, comme souvent depuis les précédentes années.

-Je dois dire que je suis contente de voir que tu n'as pas encore ouvert tes bouquins !

Nelly et Lily étaient toutes deux dans la chambre, la première en train de dessiner et la seconde en train de polir sa baguette. La rousse haussa les épaules :

-Je n'en avais pas réellement envie, à vrai dire. Et puis, j'ai prévu de revoir mes cours après le nouvel an.

Nelly roula des yeux.

-Moi qui pensais que tu allais prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année !

-Et en quoi arrêter de réviser mes cours serait une bonne résolution ? demanda Lily avec un sourire.

-Et bien je ne sais pas, tu pourrais ... t'amuser ! Bien qu'il me semble que tu ne sois pas en reste à ce niveau-là, dit Nelly avec un sourire énigmatique.

Lily se sentit rougir. Elle savait parfaitement de quoi sa meilleure amie voulait parler.

-Eh bien, pas de résolution pour moi cette année, choisit-elle de répondre afin de changer de sujet. J'ai décidé d'apprécier la vie au jour le jour !

Nelly sembla satisfaite de la réponse de la rousse.

-Et toi ? demanda Lily.

Son amie haussa les épaules.

-Ma résolution serait de ne plus me faire briser le cœur.

Lily regretta d'avoir posé la question. Elle savait pertinemment que Nelly avait beaucoup de peine à oublier son histoire avec Remus, et que la jeune femme avait encore des sentiments pour le garçon.

-Je suis désolée... On n'en a pas réellement parlé, tu sais, mais sache que je suis de ton côté. Il n'avait aucune raison de faire ce qu'il a fait.

Lily était sincère. Bien que Remus restât à proprement parler son ami, elle n'était en aucun cas en accord avec la manière dont il avait décidé de terminer les choses avec Nelly. Mais la rousse savait qu'il ne lui appartenait pas d'expliquer pourquoi le garçon avait tenu à faire les choses de cette façon. Nelly soupira :

-C'est très gentil, Lil's. Mais je sais qu'il est ton ami, et je ne veux pas que tu aies à choisir entre nous deux. C'est juste que... Il me manque.

Lily prit brièvement son amie dans ses bras, laquelle se remit à dessiner en essayant de paraître nonchalante. Alors que les deux filles commençaient à parler des ASPICS et du fait que la deuxième partie de l'année allait être plus corsée que jamais, quelques coups se firent entendre à la porte.

-Bonjour les filles, il y a du courrier pour vous.

Lily ne pouvait s'empêcher de remarquer que le père de Nelly semblait plus fatigué que jamais. Ses traits, autrefois souriants, étaient tirés et chaque mot qui sortait de sa bouche semblait être un effort. Nelly avait assuré à Lily que c'était parce que les fins d'année étaient toujours difficiles pour les apothicaires, mais la jeune femme n'en était pas convaincue. Cependant, elle appréciait toujours la chaleur et l'accueil que les Wilbongs lui faisaient chaque année. Lily se leva, prit les lettres et remercia Mr. Wilbongs. Soudain, elle laissa échapper un cri strident.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? s'affola Nelly.

-Ce sont les résultats de nos examens de fin d'année !
Sans autre mesure, Lily lança sa lettre à Nelly et ouvrit la sienne à la volée, le cœur plus battant que jamais. Une bouffée de soulagement intense la parcourut lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait réussi tous ses examens. Cependant, lorsqu'elle s'attarda de plus près à ses résultats, un léger picotement se fit ressentir dans le creux de son ventre.

-Alors ? demanda Nelly, un grand sourire aux lèvres.

-Réussi ! sourit Lily, qui vit sa meilleure amie rouler des yeux.

-Je sais bien que tu as réussi, mais tu es contente des résultats ?

Lily haussa les épaules.

-Et bien, j'ai fait Optimal dans toutes les matières, sauf pour une...

Alors qu'elle sentait le rouge lui monter aux joues, Lily fut surprise de voir Nelly éclater de rire.

-Qu'est-ce qui te fait tant rire ?

-C'est ta tête ! Tu réagis comme si tu venais de louper trois examens. Laisse-moi deviner, là où tu n'as pas eu Optimal, tu as eu Effort exceptionnel ?

Lily se sentit à nouveau gênée, mais pour une toute autre raison.

-Oui... Et toi alors ? dit-elle pour changer de sujet, incapable d'avouer à Nelly que la matière dans laquelle elle avait eu un Effort exceptionnel n'était autre que la Défense contre les forces du mal.

-J'ai réussi dans toutes les matières. J'ai eu un acceptable en histoire de la magie et en botanique, mais j'ai assuré aux potions, sortilèges et métamorphoses. Et... Roulement de tambour... J'ai même eu un Optimal en Défense contre les forces du mal !

Pendant quelques secondes, Lily ne réagit pas. Ce fut en voyant la mine que faisait son amie qu'elle lui sauta dans les bras pour la féliciter, honteuse de la pointe de jalousie qui lui tiraillait le ventre. Afin de mettre côté la partie qu'elle appréciait le moins chez elle, Lily décida de s'attarder sur le reste du courrier.

-On a reçu une carte d'Alice ! Regarde, c'est une photo de leur Noël.

Les deux amies éclatèrent de rire lorsqu'elles virent la jeune fille, entourée de ses parents qui lui tapotaient dans le dos ainsi que Franck qui, vêtu d'un horrible pullover jaune canard, semblait vouloir disparaître sous terre. Au dos de la photo, Alice avait tenu à leur laisser un petit message : « Papa a encore gagné ».

-Elle doit faire référence à cet horrible pull qu'a Franck. Qui oserait porter une telle chose ? s'insurgea Nelly.

Les larmes aux yeux, Lily s'apprêtait à poser la photo sur le bureau de Nelly quand une dernière lettre tomba par terre. La rousse ne l'avait pas aperçu auparavant. Sur l'enveloppe, une fine écriture indiquait l'adresse des Wilbongs, ainsi que les noms de Nelly et de Lily. Cette dernière fronça les sourcils : mise à part Alice, personne ne savait qu'elle était chez son amie. Bien entendu, Dumbledore avait un sixième sens pour ce genre de choses et c'était pourquoi elle recevait chaque année à la période des fêtes son bulletin de notes chez les Wilbongs. Intriguée, elle se dépêcha d'ouvrir l'enveloppe. Son cœur ne fit qu'un bond, et les résultats de ses examens lui semblèrent soudain dérisoires face à ce qu'elle ressentait à l'instant même.

-Qu'est-ce que c'est ?

Les mains tremblantes pour elle ne savait quelle raison, Lily prit le temps de s'éclaircir la gorge afin de se donner une contenance, puis dit d'un air qui se voulait faussement désintéressé :

-C'est Potter.

Ni d'une ni de deux, Nelly sauta de son lit, fit tomber ses crayons et lui arracha la lettre des mains, qu'elle se mit à lire à haute voix :

Chères Lily et Nelly,

Vous êtes cordialement invitées à fêter votre nouvelle année comme il se doit, de la manière la plus démente qu'il existe. En effet, mes parents m'ont fait l'incroyable cadeau de partir en weekend et de nous laisser le manoir, à Cassidy et à moi. Vous êtes donc conviées au manoir Potter le 31 au soir, dès dix-huit heures. Il n'y a rien besoin d'apporter, mais Sirius a tenu à ajouter une règle : les filles sont obligées de porter des hauts talons. Au plaisir de vous revoir,

James Potter

Pendant quelques instants, ni Nelly ni Lily ne pipèrent mot. Puis la première se tourna vers la seconde, un sourire carnassier aux lèvres :

-Et bien Miss Evans, il semble que ça devienne sérieux entre vous !

-N'importe quoi, se renfrogna Lily en lui arrachant la lettre des mains. Il nous l'a écrite à toutes les deux !

-Comment savait-il que tu étais chez moi ?

Lily fouilla dans sa mémoire, et devint aussi écarlate que la rose que Nelly était en train de colorier :

-Il se peut que je lui en ai parlé lors du bal...

-Oh... Tu veux dire, le bal où tu l'as embrassé ?

-La ferme. Je te l'ai déjà dit, c'était dans la folie du moment. Nous n'avons pas reparlé depuis, il ne m'a pas écrit...

-Jusqu'à aujourd'hui, coupa Nelly avec un air énigmatique. Alors, que comptes-tu faire ?

-Cette lettre était adressée à nous deux. Qu'est-ce que tu en penses ?

Lily sentit son cœur tambouriner contre ses temps lorsqu'elle vit que Nelly réfléchissait. Elle savait que cela allait être dure pour son amie de se retrouver dans la même fête que Remus, et elle ne voulait pas la priver d'un bon moment. De prime, les filles avaient décidé qu'elles fêteraient le Nouvel An en compagnie des parents de Nelly.

-Je pense que la question ne se pose pas. On y va !

Alors même que Nelly se remettait au dessin, Lily se mordit la lèvre. Pour une raison qu'elle aurait été d'incapable d'avouer à qui que ce fût, pas même sa meilleure amie, la jeune femme se sentait soudain aussi légère qu'une plume. Il lui avait écrit.

 

 

 

 

-Comment ça va se passer pour la musique, c'est Franck qui s'en occupe ?

-Exact. Alice m'a assuré qu'elle prendrait le tourne-disque de son père. Apparemment, il doit se faire pardonner de sa conduite envers Franck.

Sirius et James étaient accoudés à la cuisine du manoir Potter, le premier en train de regarder le second préparer des tonne d'amuse-bouches.

-Rappelle-moi ce que tu as dit à tes parents ? s'amusa Sirius en goûtant une bouchée d'un feuilleté au fromage divin.

-La strict vérité : que l'on allait s'amuser entre amis, et que j'allais profiter de leur absence pour inviter quelques élèves de Poudlard.

Sirius pouffa. Il s'était bien tari de dire à Mr. et Mme. Potter le nombre d'invités lorsque ceux-ci avaient tenté de le questionner. La garçon savait qu'il leur devait bien des choses, notamment le fait d'avoir un toit décent sur la tête, et la possibilité de passer les fêtes de fin d'année entouré et apprécié. Noël avait d'ailleurs été l'un des meilleurs de sa vie : Sirius s'était souvenu d'à quel point, malgré les circonstances, il aimait cette fête si féérique. Les Potter avaient tenu à le traiter comme un membre de la famille. Il avait donc participé à la confection du dîner du réveillon, avait assisté Mr. Potter dans la découpe de la dinde et avait aidé Mme Potter à servir le reste de la famille lors du repas. Après cela, lui, James et Cassidy s'étaient adonnés à un match de Quidditch endiablé dans la neige. La fin de la soirée avait servi à la distribution de cadeaux, et jamais Sirius n'aurait pu exprimer à quel point cela l'avait touché que tout le monde ait tenu à lui en faire un. C'était définitif : les Potter étaient comme sa famille. Cependant, s'il y avait bien quelque chose qui était sûr aux yeux de Sirius, c'était que quoi que James eût prévu, il s'attèlerait toujours à le couvrir de quelque manière. C'était ainsi que le jeune homme était resté vague lorsque les parents de James et Cassidy l'avaient assaini de questions, et avait prétendu ne pas en savoir plus. Les faits étaient tout autre : Sirius connaissait parfaitement l'ampleur de la fête que préparait James pour la nouvelle année, et il comptait bien l'aider.

-Au lieu de me regarder cuisiner, rends-toi donc utile. Je pense que Cassidy aurait bien besoin d'aide avec les tonnes de couvertures qu'elle doit monter à l'étage.

Soudain tendu, Sirius obtempéra tout de même sans rien laisser transparaître. Il profita au passage pour prendre un nouveau petit-four, et monta les escaliers quatre à quatre. Il trouva Cassidy dans l'une des chambres du grand manoir, en train de mettre en place diverses couvertures sur les fins matelas qui étaient posés à terre. En effet, James avait prévu de laisser quelques-uns des invités, qui habitaient plus loin, dormir à la maison ce soir-là.

-Besoin d'aide ? demanda-t-il en tentant de paraître le plus nonchalant possible.

Il vit la jeune fille sursauter et ses joues rosir légèrement.

-Pas plus que ça.

-Laisse-moi quand même t'aider. James est à la cuisine et je crois qu'il en a marre de m'avoir dans les pattes. Je pense que je l'encombre plus qu'autre chose.

Il vit Cassidy esquisser un sourire et se détendit quelque peu. Les deux jeunes gens n'avaient pas eu l'occasion de se retrouver seul à seul depuis le bal. Sirius avait passé une très belle soirée lors du bal de Poudlard, et était même désormais en partie réconcilié avec la danse. Toutefois, le jeune homme savait pertinemment ce que cette danse voulait dire, et lui-même en avait été l'instigateur. Cassidy et lui étaient donc rentrés au manoir Potter et, comme à leur habitude, avaient réussi à paraître parfaitement normaux aux yeux de tous. Sirius avait parfois honte de la facilité avec laquelle il parvenait à faire croire à James et à ses parents que Cassidy n'était rien d'autre que la petite sœur de son ami. De plus, il aimait ces moments-là, car ils lui faisaient oublier la vérité, qui était toute autre. La jeune Potter et lui-même avaient été tellement occupés à préparer Noël et à passer du temps en famille qu'ils ne s'étaient jamais réellement reparlé. Bien qu'elle souriait, Sirius sentait une gêne ambiante dans l'atmosphère, et se dit qu'il était temps qu'il ait la conversation qu'il lui brûlait d'entamer.

-Ecoute Cass', il y avait quelque chose dont je voulais te parler, commença-t-il tout en disposant les oreillers par-dessus les couvertures.

-Je t'écoute.

-Et bien, je pense que tu l'as ressenti comme moi, mais ce bal était une manière de terminer... ce qui se passait entre nous. Et je dois avouer que j'ai beaucoup apprécier le fait de pouvoir redevenir comme avant, lorsque l'on est revenu ici. Qu'est-ce que tu en penses ?
Il vit la jeune femme froncer les sourcils tout en s'affairant à mettre des draps aux matelas.

-Oui, sans doute.

Sirius se mordit la lèvre. Ce n'était pas la réaction qu'il prévoyait lorsqu'il se repassait la conversation dans sa tête. Décidant d'abandonner définitivement les oreillers, il alla se posticher devant la jeune femme, la forçant à le regarder dans les yeux :

-Je pense que l'on est d'accord pour dire que cette situation ne peut plus durer. Je ne peux plus mentir à ton frère, encore moins à tes parents. Ils m'ont accueilli alors que je n'avais aucun autre endroit où vivre. Je ne peux pas les trahir de cette manière.

-Et je comprends ça, Sirius, dit-elle avec sincérité. Seulement, quand tu parles d'être « comme avant », et bien je ne peux pas m'empêcher de penser que...

-Que quoi ? l'encouragea-t-il.

-Que je ne vais plus compter. Je sais bien que tu es le meilleur ami de James, et que vous êtes comme des frères tous les deux. Je l'ai bien compris. Seulement... Cette dernière année, j'ai eu l'impression de compter pour toi, et je ne voudrais pas redevenir uniquement « la petite sœur de James Potter ».

Ce fut au tour de Sirius de froncer les sourcils.

-Tu n'as jamais été uniquement sa petite sœur. Tu es aussi mon amie. Et c'est ça que j'ai apprécié ces derniers jours. D'être ton ami.

Il se sentit soulagé d'un poids énorme lorsqu'il vit les épaules de la jeune femme descendre de quelques centimètres et un grand sourire éclaircir son visage.

-C'est ce que je voulais entendre.

Requinqué d'une énergie nouvelle et prêt à aller faire la fête, Sirius fut couper dans son élan par la main de Cassidy :

-Une dernière chose, dit-elle en le regardant à son tour dans le blanc des yeux, étant donné qu'on est ami, ça veut bien dire que l'on va avoir d'autres... relations. Je sais bien que c'était déjà le cas pour toi mais... en ce qui me concerne... Tu étais... Je veux dire... Le seul... Tu vois...

Sirius ne put s'empêcher de sourire d'un air entendu à la jeune femme, puis se souvint que ce genre de sourire était inapproprié envers une amie.

-Je vois. Et donc ?

-Et donc j'ai envie de me trouver quelqu'un d'autre. Ça ne t'ennuiera pas ?
Elle ne disait pas cela pour le rendre jaloux, il pouvait le voir à sa gêne. Sirius déglutit péniblement, encore une fois surpris que la conversation prenne des détours aussi peu désirés.

-Aucunement. Tu pourras même me demander des conseils, lança-t-il avec un clin d'œil qui se voulait détaché.

-Super ! Merci. A plus tard !

-A plus, Cass', dit-il en lui tapotant l'épaule et en espérant de toutes ces forces qu'elle n'avait pas remarqué que ses poings s'étaient fermés si forts qu'il pensait ne plus pouvoir les décoller les uns des autres.

 

 

 

 

Tout était prêt : il avait passé la journée à s'assurer qu'il y aurait assez de nourriture et de boissons pour tenir la nuit entière. Il s'était aussi assuré de cacher les objets de valeur de son père, les bijoux de sa mère et avait demandé à Sirius de lancer un sort de protection aux peintures préférées de ses parents. Il en avait fait de même pour le tapis, sur lequel son ami avait lancé un sort de Recurvite auto-régénérant. Il était content de faire la fête, mais ne voulait en aucun cas se faire tuer par ses parents le jour d'après. Puis il s'était lui-même préparé, et avait enfilé sa plus belle chemise, ainsi que passer plus d'une demi-heure à tenter de coiffer ses cheveux. L'épi était toujours là, mais au moins le devant ne lui tombait plus devant les yeux. James se sentait fébrile à l'idée de cette soirée. Les fêtes de fin d'année avaient été délectables, comme à leur habitude. Le fait que Sirius partage celles-ci avec lui l'avait fait réaliser à quel point son ami faisait désormais partie de la famille. Il avait de plus reçu son bulletin de notes, qui était- sans grande surprise- excellent. James avait passé de merveilleuses vacances, et comptait bien commencer la nouvelle année aussi enthousiasmé qu'à l'instant même.

-Les premiers invités arrivent ! s'écria la voix de sa sœur, qui, dans le hall d'entrée, s'occupait d'accueillir les nombreux élèves de Poudlard conviés.

James avait vu les choses en grand : il avait invité la quasi-totalité de ses congénères de septième année de Gryffondor, plus ou moins quelques Serdaigles et Poufsouffles. Sans compter les personnes que les invités s'autoriseraient à amener. Mais James était confiant : son manoir était grand, et il était d'avis que tout le monde était le bienvenu tant que ce n'était pas un Serpentard. Son cœur se mit à battre lorsque sa sœur ouvrit la porte. Il fut presque déçu de découvrir Rudolph et Léana, ses coéquipiers de Quidditch.

-Salut les mecs ! Prenez donc un verre. Sir', tu t'occupes de leurs manteaux ?

Avec un signe de la main qui voulait dire qu'il lui obéissait au doigt et à l'œil, son meilleur ami s'exécuta. Les autres invités arrivèrent peu à peu, et lorsque Franck et Alice se pointèrent, James sauta sur la jeune fille afin de lui prendre des mains le tourne-disque. Il s'empressa de mettre de la musique et, bientôt, les conversations allèrent de plus belle et le manoir fut empli d'un vacarme saisissant. Cela faisait trente minutes que la fête avait débuté, et James se sentait de plus en plus nerveux. Elle n'avait rien répondu... Et si jamais elle avait décidé de ne pas venir ? Après tout, Lily et lui n'avaient pas reparlé depuis le bal. Ils s'étaient embrassé, beaucoup. James sourit à ce souvenir. Puis ils étaient montés se coucher. Ils n'avaient pas pris le Poudlard Express ensemble et James n'avait fait qu'apercevoir la jeune femme à King's Cross, dont les parents étaient venus la chercher avec cette automobile étrange que James connaissait sous le nom de « voiture ». Il n'avait plus eu de nouvelle depuis, et n'en avait pas donné, jusqu'à son invitation. Il était resté vague, et avait tenu à l'envoyer aussi au nom de Nelly, puisqu'il se souvenait que la rousse lui avait parlé de son séjour chez les Wilbongs. Mais les deux filles n'avaient pas répondu à son invitation, et, plus le temps passait, plus il s'inquiétait de les voir arriver. Alors qu'il questionnait Franck sur la raison pour laquelle il avait accepté de porter un pullover aussi immonde que sur la carte qu'Alice lui avait envoyé pour Noël, son cœur fit un bond lorsqu'on sonna à la porte.

-J'y vais ! s'écria-t-il aussitôt.

Il contourna Remus et Peter qui s'amusaient à faire une bataille d'échec version sorciers, dut rentrer son ventre pour passer entre une bande de filles de Serdaigle qui gloussèrent lorsqu'elles le virent, poussa Sirius qui s'apprêtait à ouvrir la porte et trouva enfin la poignée.

-Salut, bienvenue au manoir Potter !

James fit son sourire le plus éclatant et laissa passer les nouvelles arrivées. Il savait pertinemment au fond de lui que Lily allait venir. Et il n'était pas déçu. Elle était présente, plus belle que jamais. James se détendit et sut une chose : ça allait être une soirée dont il se souviendrait toute sa vie.

 

End Notes:

Et voilà!

 

J'annonce déjà que je vais probablement (tout dépendra de l'inspiration) faire les prochains chapitres en deux parties, et que ceux-ci vont principalement se concentrer sur le couple Jily ... Vous allez sans doute comprendre pourquoi ;-)

 

A bientôt pour un nouveau chapitre!

Chapitre 34: Un accueil chaleureux by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Comme je l'ai dit, c'est une période charnière de ma vie, et j'ai donc moins le temps d'écrire.

Mais me revoilà avec un nouveau chapitre, que j'ai a-do-ré écrire! Surtout parce que (j'espère) il donne une idée de ce qui va arriver pour la suite, et j'adore faire monter la pression de mes personnages, et peut-être de vous ;-)

 

Sans autre détail, je vous souhaite une belle lecture!

 

-Salut, bienvenue au manoir Potter !

Lily sentit la boule qu'elle avait au fond de la gorge se dissiper dans l'entièreté de son corps lorsqu'elle vit James devant elle, un énorme sourire aux lèvres. Elle n'avait aucune envie de lui sourire en retour, mais elle sentit malgré elle ses lèvres s'étirer lorsqu'elle croisa son regard.

-Entrez seulement.

Lily suivit Nelly, et les deux filles découvrirent avec un stupeur un hall d'entrée digne d'une maison de maître. Il était grand, les plafonds hauts, les poutres boisées chaleureuses, les tableaux aux murs leur souriant avec bienveillance. Lily mit quelques instants avant de se recomposer une mine convenable. James, apparemment ravi de l'effet que sa maison venait de produire sur les deux arrivées, prit leur manteau et leur fit signe de le suivre.

-Bonjour mesdemoiselles, je vois que vous êtes toute en beauté. Content de voir que vous avez suivi ma demande, les salua Sirius avec un clin d'œil.

Lily se sentit rosir en voyant le jeune homme la détailler de haut en bas. En effet, Nelly comme elle avaient choisi de s'habiller de belles robes toute en paillettes et de mettre- comme le soulignait la lettre- de hauts talons. Elle sourit tout de même au garçon, et se surprit à penser qu'elle n'était pas irritée par sa remarque.

-Et je vois que vous n'êtes pas si mal non plus, comme quoi, tout est possible, lança Nelly avec ironie.

Sirius parut surpris de l'audace de la jeune femme, mais éclata d'un rire- qui aux yeux de Lily ressemblait plus à des aboiements de chien- et passa son bras autour de sa meilleure amie.

-Eh bien, je sens que ça va être une bonne soirée !

Lily fut surprise de remarquer le geste du jeune homme, mais se souvint qu'il s'agissait de Sirius Black, et qu'elle ne connaissait aucune fille avec laquelle le garçon n'était pas tactile.

-Une petite visite ? demanda James.

Lily acquiesça, et les quatre jeune gens entrèrent dans le salon. La rousse se sentit soudain envahie, tant la pièce était pleine à craquer d'élèves de Poudlard. Elle remarqua que presque tous ses amis de Gryffondor étaient présents, en plus de quelques Serdaigle et Poufsouffle, certains même de cinquième et sixième année. Elle ne prit l'ampleur de la popularité des Maraudeurs qu'à l'instant même. Elle-même avait toujours eu beaucoup d'amis, et était en général une personne que les gens appréciaient. Mais ça n'avait rien avoir avec ce qui se déroulait sous ses yeux : les élèves présents dans le manoir Potter étaient non seulement extasiés de pouvoir fêter la nouvelle année ensemble, mais il y avait aussi cette flamme dans leurs yeux lorsque James et Sirius entrèrent dans la pièce, comme s'ils étaient des espèces de dieux vivants. Lily se sentit soudain fortement gênée, et ne put s'empêcher de remarquer les regards électriques des filles à son égard, alors qu'elle se tenait à côté du maître des lieux.

-Vous l'aurez compris, on se trouve dans le salon, sourit James alors qu'il se frayait un chemin parmi la foule d'élèves qui, des verres à la main, commençaient à se déhancher au rythme de la musique que Franck choisissait.

Rassurée de voir ses amis, Lily passa un groupe de Poufsouffle en train de faire une bataille de Bavboule pour aller saluer le jeune homme.

-Salut les filles ! Comment allez-vous ?

Alors que Nelly blagua sur le pull-over jaune de Franck, Lily remarqua l'effort que ce dernier devait faire pour continuer de sourire et paraître nonchalant.

-Mr. Fortescue est très doué pour obtenir ce qu'il veut, blagua-t-il, mais Lily sentit que quelque chose ne tournait pas rond chez le garçon.

Alors qu'elle s'apprêtait à lui demander comment s'étaient passés ses examens, la rousse sentit qu'on lui sautait soudainement dans les bras. Elle eut juste le temps de voir des mèches noir de jais lui envahir la vue avant qu'Alice ne saute sur Nelly.

-Je suis tellement contente de vous revoir ! Comment se sont passées vos vacances ? Laissez-moi deviner : Lily, ta sœur t'a probablement fait la misère et Nelly, tes parents étaient les mêmes personnes adorables qu'ils sont absolument à chaque fois que je les vois.

La rousse éclata de rire en remarquant que son amie semblait passablement ébréchée. Cependant, une petite voix dans sa tête lui fit comprendre que Franck ne trouvait pas cela autant drôle que ce qu'il ne laissait paraître. Elle le remarqua à l'éclair qui passa dans ses yeux lorsqu'il regarda sa petite-amie.

-Franck, mets la musique plus fort s'il te plaît. Rudolph vient d'entamer la chanson du  Petit Dragon ! lança James à son ami qui, ni d'une ni de deux, monta le son d'un cran. -Il n'arrête pas de la chanter, expliqua le garçon en se penchant vers Lily, laquelle sentit immédiatement les picotements de son ventre reprendre de plus belle.

-On continue la visite ? s'écria Sirius, qui tenait toujours Nelly par les épaules.

Lily n'était pas sûre d'apprécier ce geste. Bien qu'elle commençait à tolérer le jeune homme, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était l'ami de Remus. En y pensant, elle remarqua qu'elle n'avait toujours pas  vu le jeune homme.

-Est-ce que Remus est ici ? demanda Lily en baissant la voix pour être sûre que Nelly ne l'entendrait pas.

James fit oui de la tête et fronça lui aussi les sourcils en voyant son meilleur ami tenir la taille de Nelly, qui elle riait à gorge déployée de ses blagues. Puis il se tourna imperceptiblement vers Lily, et reprit son éternel air confiant et quelque peu arrogant qu'il maîtrisait à la perfection. Pour elle ne savait quelle raison, la rousse ne trouvait pas cela incroyablement irritable ce soir-là, mais était plus d'avis que c'était... séduisant. En secouant la tête pour éviter de penser à la proximité qu'elle avait avec le jeune homme qu'elle avait embrassé la dernière fois qu'elle l'avait vu, elle se concentra plutôt sur la visite du manoir. James leur fit découvrir la cuisine, où Cassidy et Dorcas mangeaient des petits-fours encore chauds.

-On n'en aura plus sinon ! rigola Cassidy en haussant les épaules.

Puis la jeune femme salua vivement Lily, laquelle lui sourit avec sincérité. Cependant, lorsque Dorcas s'approcha pour lui dire bonjour, la rousse sentit tous les muscles de son corps se contracter, et ne put même pas lui retourner la politesse. Cela n'était apparemment pas passé inaperçu aux yeux de James, auquel elle choisit de sourire pour noyer le poisson. Elle n'avait pas oublié la scène à laquelle elle avait assisté au bal de Noël, et le fait de voir Dorcas, tout sourire, faire comme si elle était quelqu'un de bien rendait Lily nauséeuse. Elle n'avait aucune envie de parler à la jeune femme, et se promit de l'éviter autant que faire se peut durant cette soirée. James prit ensuite  une porte qui donnait sur le jardin, qui était autant grand et somptueux que le reste du manoir. Lily fut étonnée de voir la prestance et l'élégance du manoir des parents à James. Elle ne savait trop pour quelle raison, mais elle s'était imaginé quelque chose de beaucoup plus pompeux, plus tape-à-l'œil. Seulement, bien que la grandeur du manoir ne laissait pas de doute quant aux moyens financiers de la famille Potter, tout dans leur maison était chaleureux et accueillant. Sirius, qui était le seul qui possédait la majorité et donc le droit de faire de la magie en dehors de l'école, leur créa un chemin à travers l'épaisse couche de neige du jardin pour atteindre une charmante cabane en bois de saule, qu'un imposant pin venait cacher partiellement.

-A mon tour de vous montrer mon palais !

Lily fronça les sourcils et, lorsque Sirius ouvrit la porte pour les laisser passer, elle se rendit compte que ce n'était autre que sa chambre. Celle-ci, à l'inverse du manoir, était telle que Lily se l'était imaginée. En fouillis, aux couleurs de Gryffondor et les murs tapissés de photos moldues de moto et de filles en bikini. Elle éclata de rire en voyant la tête perplexe de Nelly qui s'attendait à ce que les filles sur le papier bougent.

-C'est la version moldue, expliqua-t-elle avec un clin d'œil.

-Eh bien, tu ne laisses pas grand chose à l'imagination, sourit Nelly en regardant de plus près une photo où une fille se tenait sur une moto, presque entièrement nue.

James et Sirius se regardèrent et éclatèrent de rire. Lily fut soudainement envahie d'une chaleur grandissante en voyant les deux meilleurs amis. Elle se rendit compte que ce genre d'amitié, qu'elle-même partageait avec Nelly, était impossible à briser. Elle fut touchée de voir de quelle manière les Potter avaient accueilli Sirius Black, qui pourtant venait d'une famille plus que douteuse, sous leur toit. Ce fut à ce moment-là qu'elle comprit l'engouement des élèves de Poudlard, qu'elle comprit pourquoi une telle ambiance régnait lorsque les Maraudeurs étaient présents. Ce n'était pas uniquement leurs blagues incessantes, leurs notes excellentes, leur habilité à jouer au Quidditch ou même pour leur physique avantageux. C'était principalement pour cet esprit d'équipe, d'amitié, de loyauté, que les Maraudeurs étaient appréciés. Tout le monde se sentait accepté avec eux. Et Lily se rendit compte à l'instant même que James y était pour beaucoup. En sentant ses joues s'embraser alors que Nelly lui souriait avec insistance après qu'elle ait regardé James plus qu'il n'en fallait, la rousse s'apprêta à pousser la porte de la cabane, mais quelqu'un le fit à sa place.

-James, il n'y a plus de feuilletés ! Alice va faire un carnage si tu ne vas pas en refaire sur-le-champs.

Lily sentit un malaise grandissant emplir la pièce qui, une minute auparavant, résonnait des rires des garçons. Remus sembla le remarquer aussi et baissa la tête.

-Je ne savais pas que vous étiez là, dit-il comme s'il voulait s'excuser. Ravi de vous revoir. Vous avez passé de belles vacances ?

Lily se tourna imperceptiblement vers son amie et se rendit compte que Nelly n'avait aucune envie de répondre. Décidant qu'elle ne voulait pas prolonger plus longtemps l'embarras dans lequel Remus se trouvait à l'instant même, elle choisit de prendre la parole :

-Tout s'est bien passé ! Et toi ?

-Pareil. Peter est venu passé quelques jours à la maison, et mes parents ont tenu à inviter le reste de ma famille. Je n'ai pas vraiment vu le temps passé.

Alors que le silence s'installait à nouveau, la jeune femme décida de le briser à nouveau :

-Vous avez aussi reçu vos bulletins de notes ?

Elle n'y pouvait rien, c'était plus facile pour elle de parler de cours et de notes, des choses qu'elle maîtrisait, plutôt que de laisser un tel malaise se développer dans la pièce. James sembla le remarquer et essuya un rire moqueur, mais lui fut tout de même reconnaissante de faire la conversation :

-Tout bon, mais ce n'est pas une surprise, lança-t-il avec suffisance.

-J'ai aussi passé dans toutes les matières, répondit Remus, beaucoup plus humble et réservé. Mais l'arithmancie était plus difficile que prévu. Et toi Lil's ?

Alors que tous les regards se tournaient vers elle, et que la pièce ne pouvait être plus pesante qu'à l'instant même, Lily prit une grande respiration et, en regardant Nelly pour se convaincre qu'elle prenait la bonne décision en avouant ce qu'elle s'apprêtait à avouer, elle lança en essayant de paraître nonchalante :

-L'arithmancie s'est bien passée mais... Il y a une matière que j'ai moins bien réussi que les autres.

Elle sentit son visage rougir violemment et regretta instantanément d'être partie sur ce sujet. Cependant, lorsqu'elle vit que Nelly avait détourné son attention de Remus pour la regarder avec curiosité, elle sentit que son sacrifice était nécessaire pour la bonne marche de la soirée. Sans grande conviction et en mettant tous ses muscles à contribution pour ne pas croiser le regard de James, elle expliqua :

-Je n'ai pas réussi à faire le sort du Patronus, alors j'ai eu Effort Exceptionnel en Défense contre les forces du mal, dit-elle en regardant à terre et en articulant le moins possible.

Pendant quelques secondes, personne ne pipa mot. Puis Sirius éclata de son rire bruyant en se tenant les côtes. James le suivit de près, et même Nelly se joignit à eux. Seul Remus esquissa un sourire, puis se ravisa en voyant le regard éclair de Lily envers lui. Après tout, c'était pour détendre l'atmosphère qu'elle avait choisi de révéler son échec, pas pour que l'on se moque d'elle.

-Très bien, on continue le tour ? demanda-t-elle froidement.

Nelly s'arrêta presque aussitôt de rire, en reconnaissant le ton susceptible de son amie, mais un léger tic continuait de faire trembler ses lèvres.

-Désolée Evans, mais tu dis ça comme si c'était la pire chose qu'il était arrivé dans ta vie. Ça veut dire que tu as Optimal dans toutes les autres matières ?! s'écria Sirius, soudain plus sérieux.

Elle hocha la tête, loin d'être détendue par la remarque du jeune homme.

-Eh bien... Merci pour cette révélation, elle aura fait ma soirée, lança le noiraud lui administrant une tape dans le dos. Vous venez, on va rejoindre les autres !

Toujours tout sourire, Nelly passa à côté de Lily et prit soin de suivre Sirius de près, Remus leur ayant emboîté le pas quelques mètres plus loin. En mettant toute son énergie à paraître nonchalante mais avec une envie subite de quitter la pièce, Lily faisait tout pour éviter le regard de James. Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce, elle sentit la main du jeune homme se poser sur sa taille.

-Lily, attends.

Comme pour la première fois qu'il l'avait appelée par son prénom, la rousse sentit une vague électrique parcourir l'entièreté de son corps. Les picotements dans son bas-ventre reprirent de plus belle. Elle se tourna et, les joues frémissantes, fut contrainte de regarder James dans les yeux. Il lui restait un air moqueur et ironique mais, lorsque leur regard se croisèrent, le jeune homme parut soudain beaucoup plus mature, voir même légèrement embarrassé.

-Avant que l'on rejoigne les autres, j'aurais aimé te parler de quelque chose.

Les battements de son cœur s'accélérèrent abruptement, et Lily sentit ses tempes se soulever à  même mesure que sa poitrine.

-C'était par rapport à l'autre soir, dit-il avec un léger sourire.

La tension était à son comble. Elle ne pouvait rien faire d'autre que tenter de maîtriser sa respiration. Lily s'attendait à tout instant à ressentir la main de James à nouveau sur sa hanche. Et tout dans son corps s'était mis en marche pour accueillir cet instant, où leurs lèvres se retrouveraient à nouveau.

-C'était une super soirée, lança-t-il avec un rire franc.

Lily n'y tenait plus. Elle voulait qu'il arrête de parler sur-le-champs et qu'il l'embrasse. Son cœur menaçait d'exploser d'un instant à l'autre.

-Je ne regrette absolument pas tout ce qu'il s'est passé. Mais...

Ce fut comme si son cœur manqua un battement. Lily n'était pas dupe, elle savait pertinemment ce qu'un « mais » impliquait dans une conversation.

-Je pense que c'est mieux si on y va doucement. Tu comprends, j'apprécie le fait que tu ne me détestes plus, et sincèrement, je trouve que ce serait chouette si l'on pouvait devenir... Disons... Des amis ? Je sais bien que tu me trouves insupportable, et il y a parfois où je ne te comprends pas du tout, continua-t-il avec sincérité, mais j'apprécie le fait que l'on puisse passer des soirées ensemble. Et je trouverais bête de tout précipiter. Car on ne va pas se mentir, toi comme moi ne sommes absolument pas prêts à ce qu'il y ait plus entre nous. Tu n'es pas d'accord ?

Son cœur était retombé au même endroit où, quelques secondes auparavant, les picotements faisaient la danse du soleil dans le ventre de Lily. Elle eut l'impression qu'on lui versait un seau d'eau glacée dans le nuque, le long de son échine. La rousse arriva tout juste à ravaler la bile qu'elle avait au fond de la gorge, et mit quelques instants à se composer une mine convenable :

-Entièrement d'accord, fut tout ce qu'elle put répondre.

James lui lança un sourire ravi, et Lily se rendit compte que ce n'était pas un test de sa part. Il était sincère quand il disait qu'il n'était pas prêt. Ce fut à ce moment-là que Lily se rendit compte qu'elle l'était. Elle n'était pas venue passer la nouvelle année dans le but de devenir amie avec James Potter. Et James ne la révulsait plus. Au contraire, elle commençait même à apprécier le garçon qu'il était. Mais ce qui était sûr, c'est qu'elle voulait tout sauf être son amie. Complètement déboussolée, elle le suivit lorsqu'il lui fit signe de sortir de la cabane.

-Au fait, Miss Evans, je pourrai vous donner des cours. Personnellement, j'ai eu un Optimal en Défense contre les forces du mal.

Alors que James lui lança son fameux sourire moqueur, Lily sentit la situation lui échapper complètement. C'était donc cela que James souhaitait à présent : être son amie, et recommencer ses blagues incessantes. Cependant, la rousse ne put s'empêcher de remarquer le clin d'œil imperceptible qu'il lui avait fait en prononçant ses mots, et, bien qu'elle luttait de toutes ses forces contre, les picotements reprirent de plus belle.

 

 

La soirée avait désormais complètement débuté, et tous les élèves invités étaient présents. Cassidy avait pris son rôle d'hôtesse à cœur, et était allée parler à tous les nouveaux arrivants, ne serait-ce que pour leur demander s'ils comptaient coucher au manoir. A son grand soulagement, le nombre de personnes qui restaient dormir ne dépassaient pas le nombre de lits qu'elle avait prévu. Puis elle avait laissé son frère prendre les devants, car il était certain qu'il était le maître des lieux ce soir-là. C'était lui qui avait tout cuisiné, qui s'était occupé de prendre les manteaux des invités, s'était assuré qu'il y aurait assez de nourriture et de boissons pour tenir la nuit entière, et qui avait demandé à Sirius de faire la quantité de sorts nécessaires pour être sûr de protéger les affaires de leurs parents. Cassidy était contente de voir son frère prendre autant à cœur son rôle, mais ne pouvait s'empêcher de se sentir mise de côté, comme souvent avec lui.

-A quoi tu penses ?

La jeune femme sursauta lorsque Dorcas lui posa la question. Les deux jeunes femmes se tenaient dans la cuisine, où elles s'assuraient de s'apprivoiser de petits-fours pour la soirée, avant qu'ils ne soient engloutis par la foule affamée. Apparemment, sa meilleure amie s'était rendue compte de son air pensif. Cassidy se composa un sourire et haussa les épaules :

-Rien du tout, pourquoi ?

Dorcas fronça les sourcils, puis Cassidy la vit souffler avec impatience et prendre un air qu'elle n'avait rarement vu chez son amie :

-Écoute, Cass. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ce soir, c'est une super occasion de faire la fête, et je vois bien que quelque chose ne va pas. Je commence à en avoir un peu marre que tu ne me fasses pas confiance. Je te connais bien, et je sais quand quelque chose cloche. Alors sois tu me le dis et on passe la super soirée que c'est censé être, soit on reste indéfiniment cachées dans cette cuisine à se goinfrer. Qu'est-ce que tu choisis ?

Cassidy fut estomaquée de la réaction de son amie, qu'elle connaissait si douce et réservée qu'il lui semblait impossible qu'elle hausse le ton. Elle fut en premier lieu tentée de lui répondre du tac au tac et de se retirer dans sa chambre, mais les yeux de Dorcas n'étaient pas jugeant, ils étaient plutôt soucieux de comprendre. Alors, Cassidy prit à son tour une grande respiration :

-C'est une super soirée, je te l'accorde. Mais j'ai l'impression d'être chez quelqu'un d'autre. Personne ne m'a adressé la parole. Irina Patil m'a même repris son manteau des mains quand j'ai voulu le ranger pour aller le donner à mon frère. La raison pour laquelle je ne te dis pas ce genre de choses n'a rien avoir avec un manque de confiance, c'est juste que je ne veux pas être à chaque fois la rabat-joie qui t'empêche de t'amuser en soirée, tu comprends ?

Dorcas eut un sourire doux et avenant.

-Irina Patil ? Est-ce que le fait que tu vas passer une bonne soirée ou non va dépendre de Irina Patil ? Je ne suis même pas sûre que ton frère l'ait invitée. Elle s'est probablement invitée toute seule.

Cassidy eut un fin rire.

-Je sais bien tout ça... C'est juste que... C'est aussi chez moi. Et pour l'instant, j'ai l'impression d'être encore une fois à la fête de James et...

-Et Sirius ? sourit Dorcas d'un air un peu trop entendu au goût de Cassidy, qui hocha tout de même la tête.

Encore une fois, Dorcas regarda Cassidy dans les yeux, les sourcils haussés, comme si elle attendait quelque chose d'elle.

-Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Cette fois-ci, Dorcas leva carrément les yeux au ciel :

-Combien de temps comptes-tu me prendre pour une cruche ? Je sais très bien ce qu'il se passe entre toi et Sirius. J'ai remarqué dès le moment où nous sommes retournés à Poudlard.

Cassidy sentit ses joues s'embraser. Si Dorcas avait remarqué, qui d'autre était dans le même cas ? Sans s'en rendre compte, elle fit le tour de la pièce des yeux, pour s'assurer qu'il n'y aurait pas d'oreilles indiscrètes.

-Moins fort, veux-tu ! Je ne vois pas de quoi tu veux parler...dit-elle dans une tentative désespérée d'induire en erreur Dorcas.

-Pas de ça avec moi. Je sais bien que vous avez recommencé. Je ne t'ai pas jugée la première fois dont tu m'as parlé, pourquoi je te jugerais cette fois-ci ?

Cassidy se détendit quelque peu et se souvint de la réaction de son amie lorsqu'elle lui avait avoué avoir succombé au charme de Sirius. Cependant, elle avait mis un point d'honneur à ne plus en parler, et avait insisté sur le fait que cela ne s'était produit qu'une seule fois.

-Écoute, Sirius et moi c'est fini. Et pour de bon cette fois. C'est vrai, on a... On a craqué. Une fois. Mais je t'assure que c'est terminé maintenant. On a eu une discussion aujourd'hui, et nous sommes tombés d'accord sur le fait que nous étions mieux en tant qu'amis.

Dorcas continuait à regarder son amie, les bras croisés et les sourcils haussés, comme si elle n'en croyait pas un traître mot.

-Je te l'assure ! Et c'est mieux comme ça. Sirius et moi ne serons que de simples amis.

Cassidy sursauta lorsqu'elle entendit que quelqu'un se raclait la gorge derrière elle. Elle devint écarlate en voyant Alice, sur le pan de la porte, quelque peu embarrassée.

-Je venais voir où en étaient les petits-fours et... Disons que je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre votre conversation, dit-elle en haussant les épaules pour s'excuser.

Dorcas regarda son amie avec un haussement d'épaule, pour lui signifier qu'elle n'avait plus aucun choix que d'avouer. Irritée de la tournure que prenaient les événements ce soir-là, Cassidy fit entrer Alice dans la cuisine et ferma la porte. Après s'être assurée que plus aucune oreille indiscrète ne traînait derrière les portes ou les fenêtres, la jeune femme prit une grande inspiration et confronta ses deux amies :

-Très bien. Oui, il s'est passé quelque chose avec Sirius. Oui, je ne vais pas mentir, j'ai aimé ça. Et non, je ne voulais pas spécialement que cela s'arrête de sitôt. Mais écoutez-moi bien : c'est définitivement terminé, et vu comme il se comporte avec les filles ce soir, je pense que c'est beaucoup mieux pour nous deux. Alors non, je ne suis pas enchantée, et bien sûr qu'au fond...

Cassidy marqua une courte pause, et Alice en profita pour prendre la parole :

-Pour être très honnête, je m'en doutais. Mais ne t'inquiète pas, rajouta-t-elle en voyant l'air affolé de Cassidy, c'est uniquement parce que je te connais bien. Et Franck n'en a aucune idée, tu dois me croire. Je ne savais pas que vous aviez... Conclu- Cassidy se sentit rougir jusqu'à son cuir chevelu- mais peu importe. Tu es une grande fille, et tu peux faire ce que tu veux.

-Là n'est pas la question. C'est terminé, et j'aimerais que nous n'en parlions plus. Nous sommes amis, et c'est très bien comme ça, dit-elle avec fermeté pour mettre fin à la conversation. Maintenant promettez-moi une chose, c'est que...

-James ne doit rien savoir. Nous ne sommes pas complètement stupides, tu sais, lança Dorcas avec un sourire.

Cassidy soupira. Cela ne l'arrangeait pas que Dorcas et Alice soient au courant. C'était plus facile de prétendre que ce n'était pas arrivé lorsque personne ne savait.

-Si ce que tu me dis est bien vrai, tu n'as donc aucune raison de rester cloîtrer dans cette cuisine, ajouta Alice avec un sourire entendu envers Dorcas. C'est ta maison, c'est ta fête, et c'est ta soirée. Et laisse-moi juste te dire une dernière chose, Miss Potter : sache que, d'après ce que j'ai entendu, je sais que quelqu'un n'est pas totalement indifférent à toi ce soir...

Cassidy fronça les sourcils :

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Et bien, j'ai entendu dire que Benjamin Fenwick te trouvait plutôt séduisante... Et vu comme il est habillé ce soir, tu ne peux décemment pas dire que tu ne lui trouves pas un charme indéniable.

Cassidy réfléchit quelques instants : elle n'avait pas l'habitude que des garçons soient intéressés par elle, encore moins lorsque ceux-ci n'étaient pas en premier lieu amis avec son grand frère. Benjamin Fenwick était beau, c'était indiscutable. Mais avait-elle réellement envie de passer à autre chose aussi vite ? Dorcas sembla lire dans ses pensées :

-Tu penses que Sirius va se priver ? demanda-t-elle abruptement.

Cassidy fit non de la tête, mais ne pipa mot. Puis Alice vint à la rescousse de Dorcas, prit la jeune Potter par le bras et la força à la regarder :

-Ecoute-moi bien. Je sais exactement ce que tu penses. On ne va pas se raconter de salades, Sirius est un canon. Pas qu'il m'intéresse, se crut-elle obligée de rajouter, mais c'est un fait : il est beau, il est mystérieux, il est dangereux. Qui ne craquerait pas ? Mais laisse-moi te dire quelque chose : Sirius n'est pas le seul.

Cassidy lâcha un soupir et se dit que c'était l'opportunité rêvée de se confier. Elle n'osait pas le faire avec Dorcas, car elle savait que son amie n'avait aucune expérience en la matière, mais avec Alice, c'était différent.

-Oui mais... Je ne sais pas comment le dire... commença-t-elle, gênée. C'est qu'avec Sirius c'était... Différent. J'aimais bien son côté...

-Mauvais garçon ? Finit Dorcas, ce qui surpris fortement Cassidy, qui acquiesça.

Alice éclata de rire :

-Tout le monde aime les mauvais garçons, surtout quand ils ont le physique de Sirius. Mais je te le répète : il n'est pas le seul. Et puis, le problème avec les mauvais garçons, c'est que ça ne se finit jamais bien...

Cassidy hocha la tête pour acquiescer, et vit que Dorcas avait soudainement baissé la tête.

-Et puis, maintenant que l'on est entre filles, je me permets de vous faire une petite confidence, chuchota Alice en faisant signe à ses amies de s'approcher. Même les gentils garçons peuvent parfois... Réserver de belles surprises.

Cassidy marqua un temps de pause et éclata de rire face à la confidence d'Alice, qui était clairement trop ébréchée pour se rendre compte de la portée de ses paroles. Finalement reboostée par les paroles de ses amies, la jeune femme décida qu'il était temps qu'elle profite de la soirée qu'elle avait elle-même organisé.

 

 

La soirée était exactement telle qu'il l'avait imaginée : les gens riaient, dansaient, les boissons coulaient à flot, la nourriture était appréciée. James se sentait heureux de voir à quel point tous ses amis appréciaient de se réunir pour passer l'année. Lui-même n'était pas en reste : il avait tenu à parler à tous les invités, et à se montrer le plus accueillant possible, comme ses parents lui avaient toujours appris. Il avait partagé un moment avec Cassidy, et cela lui avait fait du bien de voir qu'elle appréciait sa soirée. Cependant, il n'était que modérément ravi de voir que cela faisait plus de vingt minutes qu'elle parlait à Benjamin Fenwick. Il pensait connaître les filles et avait remarqué que sa petite sœur se touchait les cheveux plus qu'il n'en fallait. Il se promit de lui parler lorsqu'il aurait du temps. Il était content de voir qu'elle profitait de sa soirée, mais ne voulait pas la voir fréquenter n'importe qui. Et bien qu'il ne le connût que de réputation, James n'avait aucune sympathie pour ce Fenwick. D'autant plus que ce dernier était sorti avec Emmeline Vance, qui n'était autre que l'ex-petite-amie de James. Le garçon secoua la tête pour éviter d'y penser. Vance faisait aussi partie de la soirée mais, contrairement à Halloween, elle n'était pas venue lui adresser la parole, ce que le garçon appréciait particulièrement. Après avoir fait le tour des invités, James rejoignit donc ses amis, les seuls avec lesquels il eut envie de passer le reste de sa soirée. Alors que Peter tannait Sirius pour qu'il le serve de Whiskey Pur Feu - ce que ce dernier prenait un malin plaisir à refuser- James s'approcha de Dorcas et d'Alice, qui, sur le canapé, regardaient la scène en se bidonnant.

-Comment allez-vous mesdemoiselles ?

-Très bien et toi, Monsieur ?

-On ne peut mieux ! sourit James avec sincérité.

Il avait toujours apprécié la compagnie de ces filles. Non seulement elles étaient la petite-amie de Franck et l'amie de Cassidy, mais James appréciait aussi de leur parler seul à seul.

-Comment se sont passés vos examens ? demanda-t-il alors qu'il leur resservait de la bièraubeurre, qu'Alice semblait avoir bu plus qu'il n'en fallait.

-Réussi, sourit Dorcas avec timidité. Et toi ?

-Pareil, lança-t-il nonchalamment.

-J'ai raté les potions, lâcha soudainement Alice.

James et Dorcas se lancèrent un regard embarrassé, et le garçon se sentit soudain plus idiot que jamais. Il passait son temps à se vanter de ses notes et du fait qu'il n'avait pas besoin de réviser pour les atteindre, et il oubliait que d'autres n'avaient pas cette chance. De plus, une petite voix dans sa tête lui rappela la promesse qu'il avait faite à Alice de l'aider à réviser, ce qu'il n'avait pas tenu, compte tenu de tous les événements qui s'étaient produits depuis. Il comprenait désormais pourquoi la jeune femme semblait boire plus qu'à l'accoutumé, et mettait son cœur à paraître plus enjouée que jamais. Cependant, il se souvint aussi d'une deuxième promesse qu'il avait faite à Alice : celle de l'aider à titiller Franck. Et, lorsque James regarda le garçon- qui n'avait pas bougé de derrière son tourne-disque de la soirée, il se dit que c'était le moment ou jamais.

-Accorde-moi cette danse et je te ferai oublier ça, lança-t-il avec un sourire charmeur.

Alice le lui rendit et, sans rechigner, le rejoignit au milieu du salon, là où quelques élèves avaient improvisé une piste de danse. Alors qu'une musique entraînante emplissait la pièce, James lui prit les mains et fit tournoyer la jeune femme autour de lui. En plus des cours et du Quidditch, le garçon avait la chance d'être relativement doué en danse.

-Je suis désolé Alice, j'avais promis de t'aider pour les cours, lança-t-il à l'oreille de la jeune femme.

Celle dernière secoua la tête :
-Ce n'est pas de ta faute. Je n'ai pas assez révisé. Ne t'inquiète pas, Lily a promis de me donner des cours de potions.

James sourit et, sans s'en rendre réellement compte, laissa son regard dériver vers les cheveux roux qui caractérisaient la jeune femme. Cette dernière détourna le regard, et il comprit vite qu'elle était en train de les regarder. Chose dont il comptait bien profiter. Avec un sourire carnassier, James se colla contre Alice et commença à bouger lascivement son corps, tout en la faisant tourner sur elle-même. La jeune femme éclatait de rire à  mesure que la chanson accélérait, et qu'il la faisait tourner de plus en plus vite. Bien vite elle perdit l'équilibre et James, ne se privant pas, la rattrapa en se collant à elle. Il n'avait jamais considéré Alice comme une proie potentielle, puisqu'elle avait toujours été avec Franck du plus loin qu'il s'en souvenait. Cependant, il fallait avouer qu'elle était particulièrement jolie, et puis, s'il ne s'en abusait, la tête que faisait Franck à l'instant même prouvait à James qu'il avait amplement tenu la deuxième promesse qu'il avait faite à Alice.

-Je crois bien que ça marche, lui dit-il avec un clin d'œil. Ça m'a donné une idée ! lança-t-il en lâchant soudainement la jeune femme.

Il lui fallait l'aide de Sirius pour ce qu'il avait prévu.

 

 

La jeune femme passait une soirée agréable : elle avait tenu à aller parler à Remus, et le jeune homme lui semblait en meilleur état qu'avant les vacances de Noël. Elle avait été ravie de voir que Nelly profitait de sa soirée, mais se promit tout de même de parler à sa meilleure amie de sa proximité avec Sirius qui, plus les heures ne passaient, semblait indécollable de la jeune femme. Lily était désormais assise sur le canapé, et tentait tant bien que mal de paraître nonchalante face à la scène qui se déroulait sous ses yeux : James et Alice étaient au milieu du salon et dansaient ensemble, bien plus collés qu'il n'en fallait pour une danse entre amis. La rousse avait fait glissé son regard vers Franck : ce dernier semblait fulminer de l'intérieur, mais ne laissait rien transparaître. Cependant, le regard haineux qu'il lançait à sa petite-amie à l'instant même fit hésiter Lily à aller prévenir Alice. Elle n'avait jamais vu Franck dans un état pareil. Le garçon était d'habitude réservé, doux et avenant. Cependant, cette soirée avait prouvé à Lily que son intuition de départ était juste : il y avait bel et bien quelque chose qui ne tournait pas rond. Perdue dans ses pensées, la rousse remarqua à peine qu'on venait de s'asseoir à ses côtés :

-Et bien ! Il danse bien le petit Potter.

C'était Alice : elle semblait essoufflée et avait un grand sourire aux lèvres. Pour elle ne savait quelle raison, Lily fut incapable de le lui retourner.

-Tu sais, je pense que tu as assez bu pour ce soir.

Alice chassa de sa main comme pour dire qu'elle n'écouterait pas un mot de ce que Lily avait à lui dire :

-Ne t'inquiète pas Lil's, je ne vais pas te le piquer. On a fait ça pour rendre jaloux Franck !

Bien qu'elle se détestât de penser ainsi, Lily fut soulagée d'un poids.

-Je ne m'inquiétais pas. Et il n'est pas à moi...

Alice regarda son amie et éclata de rire.

-Tu devrais voir ta tête, à essayer de prétendre qu'il ne te plaît pas. C'est la nouvelle année : ça veut dire que tout est permis !

Bien que son amie fut définitivement saoule, Lily sentait qu'Alice était sincère.

-C'est vrai, continua la jeune femme qui prit un air soudain plus sérieux, on ne sait pas ce qui nous attend à l'extérieur... Alors pourquoi se priver ? La vie, c'est ici et maintenant.

Lily sourit face aux paroles d'Alice. La jeune femme avait cette qualité rare de voir la beauté dans les moindres petites choses, et était capable de redonner du baume au cœur à n'importe qui. C'était pour cela que Lily l'appréciait autant. Et c'était aussi pour cela que la rousse décida de baisser sa garder, une bonne fois pour toute :

-Oui et bien... Il n'est pas de cet avis.

Alice la regarda, les sourcils froncés :

-Comment ça ?

-Il veut qu'on soit juste amis.

Comme précédemment, Alice balaya sa main dans les airs :

-N'importe quoi. Il ne te mangerait pas ainsi du regard si c'était le cas.

Lily ne put s'empêcher de sourire.

-On verra bien ce que l'avenir nous réserve, dit-elle, soucieuse de changer de sujet le plus vite possible. Au faite Alice, je ne t'ai jamais demandé comment ça avait réellement commencé entre toi et Franck.

Lily sentait que c'était le moment d'aborder la question de la relation d'Alice, mais elle choisit de le faire le plus subtilement possible. La noiraude se redressa, et eut un sourire doux, comme si elle se rappelait un beau souvenir.

-Je crois qu'on s'est toujours plu mutuellement. On était des amis, au départ. Et puis, il était très timide, moi plus exubérante... Je crois qu'il a assez vite compris qu'il me plaisait. Seulement, c'était le grand, le beau, le joueur de Quidditch Franck Londubat et moi et bien... Je ne me pensais pas assez bien. Alors, je n'ai jamais osé lui dire. Et un jour, il m'a invité à sortir. Comme ça, de nulle part. Puis il m'a avoué que je lui plaisais depuis longtemps, on s'est embrassé et c'était parti !

Lily éclata de rire : aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle avait toujours connu les deux tourtereaux ensemble et amoureux. Puis, soudain gênée, elle se trémoussa sur le canapé, et posa une question qui lui brûlait les lèvres depuis trop longtemps :

-Et... La suite ?

Elle osa à peine croiser le regard d'Alice, mais comprit que la jeune femme savait pertinemment de quoi elle voulait parler. Alice essuya un petit sourire, mais sembla elle aussi un peu gênée de raconter la suite :

-Et bien... Cela faisait six mois que l'on se fréquentait. J'étais allée passer les vacances de printemps chez ses parents, pour apprendre à les connaître. Et... Disons que, ça s'est fait naturellement : on a attendu que ses parents dorment. C'est lui qui a fait le premier pas. Heureusement, car j'étais tétanisée. Nous n'avions pas prévu cela, disons que... C'était l'instant présent.

Lily hocha la tête pour montrer qu'elle comprenait. Cependant, ce n'était pas la seule chose qu'elle souhaitait savoir. Cela faisait un certain temps qu'elle y pensait, et qu'elle voulait aborder le sujet avec Alice, qu'elle savait la plus expérimentée de ses amies.

-Et... C'était comment ?

Alice lui sourit :

-C'était très bien.

-Ça ne fait pas... ?

-Mal ? Alice haussa les épaules : pas vraiment. Du moins, je pense que si tu te sens prête, et que c'est le bon garçon, ça n'est pas douloureux. Ça ne l'était pas pour moi. Je crois que l'important, c'est juste... D'être là. Être présente, et ne pensez à rien d'autre. Et puis, les garçons savent comment s'y prendre, c'est généralement eux qui font le premier pas dans ces cas-là. Tu n'as jamais... ?

Lily fit non de la tête et se sentit rosir.

-Mais tu es sortie avec Peter, de Serdaigle ?
-Oui. Il y a bien eu une fois où... Nous aurions pu. Disons que c'est allé assez loin. Mais...

-Ce n'était pas le moment.

Lily acquiesça et sourit à son amie, qui le lui retourna. Soudain, la musique s'arrêta et Lily entendit un raclement de gorge. C'était Sirius qui, au milieu du salon, demandait l'attention de tous :

-Nous avons décidé de pimenter quelque peu cette soirée ! C'est pourquoi Jamesi et moi, on a décidé de mettre en place un jeu de la vérité ! Vous pourrez tous y participer, mais ça risque d'être difficile de jouer tous ensemble. Les règles sont simples : nous mettrons une baguette au centre d'une table. Une personne la fait tourner : la baguette désigne quelqu'un, et la personne qui l'a faite tournée peut poser n'importe quelle question à cette personne. La vérité, rien que la vérité. Vous aurez droit à un joker. Ceux qui décident de participer se tiennent de dire la vérité. Autrement, ne jouez pas. Et ceux qui mentiront... On leur a concocté quelque chose de spécial, rajouta le garçon en lançant un clin d'œil à James.

-Vous pouvez venir vers nous, nous avons préparé les équipes !

 Alors que les picotements de son ventre se remettaient à danser de plus belle, Lily s'avança vers le garçon et jeta un coup d'œil à la liste qu'il tenait devant ses yeux. Lorsqu'elle se rendit compte de qui elle avait dans son équipe, elle ne sut s'il fallait sautiller dans tous les sens ou prendre les jambes à son cou. Dire la vérité comportait certains désavantages que la jeune femme n'était pas prête à affronter.

 

End Notes:

Et voilà! :D J'ai vraiment hâte d'écrire la suite, et j'essayerai de la poster le plus rapidement possible.

D'ici là, des prognostics? Comme je l'ai dit, ça se concentrera principalement sur James et Lily ;-)

A bientôt pour un nouveau chaptire!

Chapitre 35: La première fois by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec, j'ai envie de dire, LE chapitre. Ca ne le sera peut-être pas pour vous, mais sincèrement, ce chapitre me tenait réellement à coeur. Je pense que le titre en dit déjà long... Mais c'est un chaptire qui pour moi marque le début de quelque chose de nouveau, le plus grand tournant dans l'histoire. C'est toute une symbolique, des questionnements, que j'ai souhaité retransmettre, qui pour moi sont l'essence du passage de l'enfant à l'adulte.

Il se concentre principalement sur le POV Lily et James, car, malgré tout, ils restent ma plus grande source d'inspiration.

 

J'espère sincèrement que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'ai eu de l'écrire.

Je vous souhaite dès lors une très belle lecture!

 

En venant passé la soirée du Nouvel an au manoir Potter, Nelly ne pensait pas s'amuser autant. En effet, la fête était loin d'être terminée, mais elle était déjà heureuse du temps qu'elle avait passé à raconter ses vacances à ses congénères de Gryffondor, à rigoler avec Lily et Alice, et à goûter les fameux et délicieux petits fours préparés par James. Mais si Nelly ne s'attendait pas à ce que la soirée se passa ainsi, c'était aussi pour une raison tout autre. Bien qu'elle ne l'avouerait jamais de vive voix, mais il avait été plaisant pour elle que Sirius la mette autant à l'aise lors de la soirée. Elle était bien entendu mal à l'aise, et n'avait bien que trop remarqué le regard lourd de reproches que lui avait lancé Lily lorsqu'elle s'était laissée inviter danser par le garçon aux yeux hypnotiques. Cependant, il était agréable de se sentir regardée, bien qu'elle ne comprit pas exactement pourquoi Sirius se comportait ainsi en sa présence. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle n'avait pas pensé à Remus ce soir-là, bien qu'il ne se trouvât qu'à quelques mètres d'elle. Et Sirius y avait été pour beaucoup. Bien entendu, elle ne s'attendait pas à ce que cela aille plus loin. Elle comprenait bien qu'il était dans la nature du jeune homme de se montrer avenant, et parfois même carrément entreprenant auprès de la gente féminine. Mais cela lui avait bien du bien, de se sentir valorisée de cette manière. Ce fut la tête dans ses pensées et occupée à se resservir à boire que Nelly sursauta lorsqu'on vint lui mettre une main sur l'épaule.

-Désolé, je ne voulais pas te faire peur.

Le sourire nigaud qu'elle avait aux lèvres alors qu'elle pensait aux charmes de Sirius s'évapora instantanément pour laisser la place à un nœud dans la gorge quand elle découvrit Remus devant elle, les mains dans les poches, apparemment gêné.

-Je voulais juste savoir comment s'étaient passées tes vacances. Mais, si tu préfères, je peux te laisser tranquille, rajouta le jeune homme en se rendant probablement compte de la mine qu'affichait Nelly.

Cette dernière réfléchit quelques instants : elle en voulait toujours à Remus. Elle n'avait cessé d'y penser depuis les vacances. Toutefois, ce soir-là, un autre sentiment l'avait habité, et il avait été bon de laisser sa rancœur de côté. De plus, la jeune femme se dit qu'une nouvelle année allait débuter, et qu'il ne menait à rien de bon de s'accrocher au passé. En prenant une grande respiration, elle se força à se composer un air un peu plus neutre :

-C'était chouette. Lily est venue passer du temps à la maison. Mais trop court, comme d'habitude. Surtout que je ne suis vraiment pas prête à passer mon dernier semestre à Poudlard, répondit-elle en toute honnêteté.

Remus sembla touchée de la voir encline à la conversation, mais prit conscience des paroles de la jeune femme :

-Tu as raison. C'est dingue de se dire qu'il ne nous reste que si peu de temps. Sans compter qu'on va le passer à réviser.

Nelly acquiesça.

-C'est pour ça qu'il faut profiter de ce genre de fêtes, dit-il avec un air qui sembla un peu trop amer au goût de Nelly, qui hocha à nouveau la tête.

-Et toi, tes vacances ? Demanda-t-elle, soucieuse de ne pas laisser le silence s'installer.

-Eh bien...

Remus n'eut pas le temps de répondre qu'une voix tonitruante demandait le silence dans le salon :

- Nous avons décidé de pimenter quelque peu cette soirée ! C'est pourquoi Jamesi et moi, on a décidé de mettre en place un jeu de la vérité ! Vous pourrez tous y participer, mais ça risque d'être difficile de jouer tous ensemble. Les règles sont simples : nous mettrons une baguette au centre d'une table. Une personne la fait tourner : la baguette désigne quelqu'un, et la personne qui l'a faite tournée peut poser n'importe quelle question à cette personne. La vérité, rien que la vérité. Vous aurez droit à un joker. Ceux qui décident de participer se tiennent de dire la vérité. Autrement, ne jouez pas. Et ceux qui mentiront... On leur a concocté quelque chose de spécial.

C'était Sirius. Nelly se retourna vers Remus, qui regardait son ami sans sourire le moins du monde, et sentit que la soirée allait peut-être prendre une tournure moins agréable que ce qu'elle n'en donnait l'air.

 

 

L'idée lui était parvenue alors même qu'il dansait, et qu'il voyait que son plan pour rendre Franck jaloux marchait à merveille. James n'était pas du genre à aimer chambouler ses amis, mais il lui semblait impératif que cette fête entre dans tous les esprits pour des générations à venir. C'est ainsi que le jeu de la vérité avait mûri dans sa tête, et qu'il était allé retrouver Sirius pour tout mettre au point. Il pouvait toujours compter sur son ami quand il s'agissait de jouer les animateurs. Bien entendu, les équipes n'avaient pas été faites au hasard. Il n'avait même pas eu besoin de dire quoi que ce soit à son meilleur ami pour que celui-ci ne mette Lily dans la sienne. Il ne savait pas bien pourquoi, mais il trouvait le fait de pouvoir tirer les vers du nez à Evans bien plus excitant que tout ce qu'il n'avait fait jusqu'ici dans cette fête.

-Je rappelle les règles : je tourne la baguette, et je peux poser n'importe quelle question à celui qui est en face. Si celui-ci ne veut pas répondre, il a droit à un joker. Passé ce joker, un terrible sort vous attend si vous osez ne serait-ce que mentir, ou omettre de répondre. Bien, en tant qu'initiateur de cette petite merveille, je commence.

James se sentait fébrile comme avant un match de Quidditch. Il avait l'impression que le pouvoir résidait dans ses mains, et il aimait particulièrement cela, d'autant plus que Lily semblait complètement tendue, en face de lui, la mine contrite. Il prit sa baguette, et essaya de la diriger par la pensée alors qu'il la faisait tourner. Finalement, cette dernière s'arrêta en face de Cassidy, et James se dit alors qu'il n'était pas prêt à lancer de sortilège informulé. Bien que déçu de ne pas pouvoir questionner Lily, le jeune homme se dit que c'était l'occasion parfaite d'en savoir un peu plus sur les relations de sa sœur, sujet qui le taraudait depuis bien des semaines.

-Petite sœur, la vérité rien que la vérité. Est-ce qu'il y a quelqu'un à Poudlard qui te plaît ?

Il aurait bien entendu souhaiter en savoir bien plus que cela, et notamment la nature des relations qu'elle avait déjà entretenu avec un garçon qui lui plaisait, mais ne se sentait finalement pas si à l'aise qu'il ne laissait transparaître de poser ce genre de questions. Cependant, il n'eut pas le temps de se concentrer sur son malaise avant de se rendre compte que celui de sa sœur était encore plus grand. Il ne pensait pas l'avoir déjà vue rougir ainsi. Cassidy avait donc des vues sur quelqu'un. Il espérait de toutes ses forces que ce n'était pas Fenwick.

-Pour tout te dire, je te trouve très indiscret. Mais puisque c'est le jeu de la vérité, sache qu'il y a plus d'un garçon qui me plaisent à Poudlard. Et je crois en plaire à plus d'un aussi.

James se sentit rougir jusqu'aux oreilles. Il n'avait pas prévu une telle réponse. Pour lui, sa sœur n'était pas comme toutes les autres filles. Il aimait la penser si passionnée par le Quidditch et ses figures qu'elle n'avait pas le temps de penser aux garçons. Et jamais il ne lui serait venu à l'idée de penser que des garçons pouvaient être intéressés par elle. Alors que Dorcas et Alice se moquaient gentiment de lui, le jeune homme leur marmonna de se taire.

-Et on peut savoir qui ? ne put-il s'empêcher de demander à la dérobée.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Cassidy de devenir aussi rouge qu'une écrevisse. James fronça des sourcils, impatient connaître la réponse.

-Tu n'as le droit qu'à une question ! s'écria finalement Alice, en rompant le silence qui était venu s'écraser sur la petite troupe. A ton tour Cassy.

En voyant sa petite sœur prendre au bon la perche que lui tendait Alice, James se promit d'essayer d'en savoir plus quant aux préférences de Cassidy. Cette dernière fit tourner la baguette et, comble de l'ironie, celle-ci se posa droit devant James, qui sourit pour masquer le stress qui était venu s'insinuer dans son ventre.

-Très bien mon cher frère. Puisque les hostilités ont commencé : avec quelle fille es-tu allé le plus loin ?

James fut outré de voir avec quel aplomb Cassidy avait posé la question, et une boule vint se loger dans sa gorge. Depuis quand sa petite sœur parlait-elle de ce genre de sujets ? Il se promit qu'il fallait impérativement qu'il ait une conversation avec elle. Puis il tourna imperceptiblement la tête vers Lily. Cette dernière avait une mine difficile à déchiffrer : elle semblait faire un effort surhumain pour ne rien laisser transparaître, ce qui fit penser James qu'elle n'était de loin pas indifférente à la réponse qu'il allait donner. Alors que Sirius se bidonnait à ces côtés en notant le malaise du garçon, James se dit qu'il était temps qu'il retourne la situation à son avantage. C'est ainsi qu'il se força à reprendre une contenance et, avec son éternel air arrogant et suffisant, dit tout simplement :

-C'était avec Emmeline.

Cassidy, en voyant que son frère la soutenait du regard, ne put rien ajouter d'autre et hocha la tête. Sirius lui tapa dans le dos avec un clin d'œil, lui qui savait tout sur son meilleur ami. James s'autorisa à regarder Lily, et remarqua que les efforts qu'elle faisait pour paraître indifférent étaient en vain, puisqu'elle semblait avoir plus que jamais du mal à avaler. Il sourit, et fut finalement revigoré par l'aspect du jeu qu'il avait inventé. Il put à nouveau faire tourner la baguette- qui ne tomba pas sur Lily, à son grand désarroi- mais vers Franck.

-Je ne veux pas jouer, dit immédiatement le garçon, qui semblait plus morne et maussade que jamais.

-Tu es obligé ! s'écria Sirius, apparemment outré. Ou tu devras subir le sort du Recurvite. James le maîtrise à la perfection, rajouta le garçon en envoyant un clin d'œil à James, qui se sentit soudain mal à l'aise et évita de regarder en direction de la rousse.

-Allais Franck, dit celui-ci. C'est le jeu !

Mais Franck fut plus borné que les Maraudeurs réunis, et James choisit finalement de poser une question à Alice, laquelle semblait bien plus encline à jouer. Le garçon se dit que c'était finalement l'occasion de mettre le feu aux poudres, et de faire comprendre à Franck que sa petite-amie en attendait plus de lui :

-Alice, si tu ne sortais pas avec notre cher Londubat, qui pourrait te plaire dans cette pièce ?

Il fut ravi de voir que Franck avait bougé de quelques millimètres, et tenait son verre si fort que ce dernier menaçait d'exploser. Alice ne semblait pas le moins du monde gênée de répondre à la question, et dit tout naturellement :

-Sirius.

Le garçon concerné cracha la boisson qu'il était entrain d'avaler, et James lui tapota dans le dos en éclatant de rire.

-Et bien, tu me fais un honneur ma très chère. Sache que tu m'aurais aussi beaucoup plus, lui lança-t-il avec un clin d'œil charbonneux, auquel Alice répondit par des battements de cils exagérés.

Bien qu'hilare devant la scène qui s'offrait à lui, James ne put s'empêcher de remarquer que Franck ne trouvait cela absolument pas drôle, et s'en voulut quelque peu d'avoir posé la question. D'autant plus qu'il savait pertinemment que Sirius ne se priverait pas d'aller vers Alice. Il n'y avait décidément aucune fille qui résistait aux charmes de son meilleur ami.

-A mon tour ! s'écria Alice.

James suivit avec minutie la baguette faire son tour, et sentit son ventre faire un bond lorsqu'elle se posa enfin vers la personne qu'il attendait depuis le début du jeu. Il sourit intérieurement en voyant Lily se trémousser sur le canapé, visiblement mal à l'aise. La rousse lança un regard qui en disait long à Alice, mais cette dernière ne semblait avoir perdu toute inhibition ce soir-là.

-Lily : dis-nous l'un de tes plus noirs secrets. Et étant donné que j'en connais pas mal sur ton compte, tu as plutôt intérêt à ce qu'il soit croustillant.

James se sentait fébrile comme lorsqu'il se trouvait sur le point d'attraper le Vif d'Or. Il prenait un malin plaisir à voir la rousse se trémousser, et la trouvait encore plus délectable lorsque ses joues prenaient cette teinte rosée. Il la vit avaler une dernière fois sa salive, puis lever les yeux et dire avec une voix plus assurée que l'on aurait pu le croire :

-J'ai triché aux épreuves de BUSE.

Sirius avala à nouveau de travers, mais James fut tellement abasourdi qu'il ne lui tapa pas dans le dos cette fois-ci. Lily n'avait pas rougi plus qu'outre mesure. Elle baissa le regard mais le releva bien vite, preuve qu'elle assumait ses paroles. Alice et Nelly ouvraient des yeux énormes. C'était un secret qu'elle n'avait apparemment jamais partagé.

-Comment ça ? murmura Alice, qui semblait avoir perdu sa voix.

-C'était à l'épreuve de divination. Je déteste cette branche, et je n'avais pas eu le temps de réviser. Je sortais avec Peter en ce temps-là, et il avait tenu à ce que j'aille voir son entraînement de Quidditch- James sentit une remontée et eut la soudaine envie de vomir, il avait complètement oublié que Lily aussi avait un passé- Je m'étais laissée bêtement entraîner. Alors, en rentrant dans mon dortoir ce soir-là, j'ai attendu que les autres dorment et j'ai passé la nuit à recopier mes notes de cours dans ma trousse. J'ai lancé un sort pour les dissimuler à la vue des autres. Il m'a fallu une bonne partie de la nuit pour le réussir. L'avantage, quand on est bonne élève, c'est que les professeurs ne nous soupçonnent pas. Et j'ai passé l'épreuve, finit-elle avec un haussement d'épaules.

Personne n'osait dire quoi que ce soit. La légendaire et meilleure élève de Poudlard Lily Evans avait triché, d'autant plus à une épreuve aussi importante que celle des BUSES.

-C'est pour ça que tu as eu une meilleure moyenne que moi, lâcha Alice, dont la voix avait pris une étrange teinte voilée.

Cette dernière, ainsi que Nelly, semblaient être les seules à ne pas trouver la révélation de Lily incroyablement géniale. Sirius alla lui taper dans le dos pour la féliciter, et même Remus rigola face aux dires de la Gryffondor. Quant à James, il ne regretta jamais autant qu'à l'instant même d'avoir dit à la jeune femme qu'il ne souhaitait qu'être amis. Elle ne lui avait jamais paru aussi belle, aussi sexy et aussi inaccessible qu'à l'instant même. Il la voulait. Peu importait si cela allait déboucher sur une relation ou non, tout ce qu'il savait, c'était que chaque terminaison nerveuse de son corps l'attirait un peu plus vers Lily. Et, alors qu'il la regardait sourire au petit groupe après sa révélation et que son regard croisa le sien, James sut qu'elle pensait exactement la même chose.

-Les gars ! Ça va bientôt être la nouvelle année, s'écria soudain Peter en pointant son doigt dodu vers l'horloge du salon, forçant James à revenir à la réalité.

En effet, l'aiguille indiquait qu'il était minuit moins cinq, et que la nouvelle année s'apprêtait à débuter. En ressentant encore une fois une excitation palpable, il décida de suspendre le jeu pendant quelques instants pour faire une annonce générale :

-Les amis ! Il est désormais temps pour nous de commencer cette année comme il se doit. Ce sera nos derniers mois à Poudlard, et je compte bien en profiter. Qui pense comme moi ?

Une acclamation bruyante accompagna ses paroles.

-Au diable les ASPICS et autres examens, je parle de réellement profiter : plus de soirées, plus de Quidditch, plus de flirts, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Encore une fois, les élèves présents l'acclamèrent. Puis Sirius vint le rejoindre :

-Vous connaissez la tradition : si l'on veut qu'une nouvelle année soit bonne, il faut embrasser quelqu'un sur la bouche à minuit.

La foule se montra à nouveau hystérique, et James éclata de rire : son meilleur ami venait probablement d'inventer cette tradition.

-Je voulais vous remercier pour cette soirée, qui pour l'instant se montre à la hauteur de mes espérances. Mais ce n'était ici que l'échauffement et, comme dans un match de Quidditch, c'est quand le sifflet démarre que tout s'accélère. Alors qui est avec moi pour terminer cette soirée et commencer cette année comme il se doit ?

Les élèves présents, ses amis, laissèrent éclater leurs accords et applaudirent. James se sentait vivant comme jamais : il était heureux. Il était entouré de ses amis, de sa sœur, de ses camarades de Poudlard. Et tout le monde semblait passer une soirée mémorable. Il laissa échapper son regard vers les yeux vert émeraude de la fille qu'il convoitait, et fut touché de voir qu'elle lui souriait, de ces sourires sincères qu'il était impossible de feindre.

-Alors partageons ensemble cette dernière danse de l'année mes amis
-Et n'oubliez pas, rajouta Sirius, embrassez quelqu'un !

La foule se mit à siffler et, alors que Franck avait remis la musique en route et que le tube de l'année du groupe des Bizarr' Sisters envahissait la pièce, James sauta au milieu de la foule et se mit à danser comme il ne l'avait fait que rarement. Il fut émerveillé de voir que même Peter et Remus l'avaient rejoint, et, qu'avec Sirius, les Maraudeurs au complet se donnait à cœur joie de laisser leur année derrière eux. La musique tonitruante avait rassemblé l'entièreté des élèves présents dans le salon, et tous se tenaient les uns contre les autres, en se tenant par les bras et en chantant à tue-tête les paroles du chanteur. James se sentait pousser des ailes. Ça n'avait rien avoir avec les Bièraubeurres qu'il avait bu- il avait souhaité ce soir-là rester le plus lucide possible et n'avait rien bu d'autre- c'était un sentiment beaucoup plus noble et authentique qui lui parcourait l'échine et venait exploser dans son ventre : c'était le fait d'être aimé, et d'aimer en retour. Il tenait dans ses bras Sirius et Remus, qui lui même tenait Peter. Il semblait à James qu'ils étaient invincibles, et que rien ne pourrait jamais leur arriver. Leur amitié était trop forte, trop belle et, en cet instant, il ne l'aurait changée pour rien au monde. Puis il y avait Cassidy, qui se tenait en face d'eux et éclatait de rire en dansant avec Dorcas. Il n'aurait pu être plus heureux de voir sa petite sœur aussi comblée qu'à cet instant, et il se dit qu'il avait une chance inouïe de l'avoir. Nelly et Alice se tenaient tout prêt, tout aussi souriantes que les autres en se déhanchant et bougeant leurs cheveux. Même Franck participait à la danse, et un fin sourire était enfin parvenu à ses lèvres. Puis il y avait Lily : elle dansait à la perfection et son sourire était éclatant, étincelant. Ses cheveux, magnifiquement bouclés, lui descendaient en cascade dans son dos, que James avait envie de presser pour l'attirer à lui. Elle était belle, et elle était heureuse d'être ici. Il ne voulait pas gâcher le moment et tenter de briser les liens qu'ils avaient réussi à créer depuis quelques mois. Le regard de la jeune femme croisa le sien, et son sourire lui indiqua qu'elle pensait exactement la même chose.

-Dans dix secondes ! S'écria soudain Sirius en montrant l'horloge.

Alors, la foule se mit à scander en coeur :

-Dix, neuf, huit, sept, ...

James sentait son coeur battre la chamade, comme les secondes qui le séparaient d'attraper le Vif d'Or. Il se souvint des paroles de son meilleur ami, et il n'y avait qu'une seule fille qu'il ait envie d'embrasser à l'instant même.

-Six, cinq, quatre,...

Il n'hésita pas plus, et s'approcha de Lily, dont il prit le creux du dos, chose qu'il avait envie de faire depuis longtemps.

-Trois, deux, un : BONNE ANNEE !

Leurs lèvres se touchèrent, l'instant d'une seconde. C'était bref, mais pendant cette seconde, James n'entendit plus le bruit alentour, il n'entendit plus les cris de joie et les « bonne année ». Pendant cette seconde, il n'y avait qu'elle.

-Bonne année, lui murmura-t-il au creux de l'oreille, auquel elle répondit par un sourire éclatant.

Ça allait être leur année. Il le savait.

Puis James la laissa s'en aller, comme un accord silencieux qu'ils avaient passé l'un envers l'autre, et se tourna lui-même vers ses amis dans une accolade chaleureuse. Puis il s'avança vers sa petite sœur et la prit dans ses bras, chose qu'il n'avait plus faite depuis des années. Il lui sourit et lui fit un clin d'œil avant de souhaiter la bonne année à Nelly, Dorcas, Franck et Alice. Il se tourna ensuite vers Sirius et lui demanda :

-Au faite, tu as embrassé qui ?

Sirius sembla plus gêné que jamais.

-Mec, je crois que cette soirée va dégénérer.

-Qu'est-ce que tu as fait ? lui demanda sérieusement James en remarquant que son ami ne rigolait pas.

-Je n'ai rien fait. C'est plutôt ce qu'on m'a fait.

-Nelly ? demanda James en baissant la voix, ayant remarqué que les deux jeunes gens étaient proches depuis le début de la soirée.

Sirius fit non de la tête et tourna son regard vers Cassidy, qui parlait avec Alice. Et James comprit.

-Alice ?! s'écria-t-il le plus silencieusement possible, en s'assurant que Franck- qui était à nouveau derrière le tourne-disque, n'entendrait pas.

-Oui ?

Malheureusement pour James, Alice avait entendu.

-Rien, je me demandais juste si je t'avais souhaité la bonne année, dit-il en tentant de noyer le poisson.

-Tu l'as fait, dit-elle en s'accrochant à son bras - et James comprit qu'elle était bien plus ébréchée que ce qu'il ne pensait et semblait à peine consciente de ses actes. Mais tu aurais pu le faire comme Sirius, et m'embrasser.

James sentait que la situation allait lui échapper, et se sentait à des millions de kilomètres du bien-être des minutes précédentes. Franck était toujours le nez dans son tourne-disque, et James appelait du regard Cassidy pour qu'elle vienne l'aider, ce que la jeune femme fit.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Ton frère aurait voulu m'embrasser, comme l'a fait Sirius.

James vit Cassidy lâchement froidement la main d'Alice et se tourna à la volée vers lui et Sirius, le regard noir.

-Je n'ai rien fait ! s'écrièrent les deux garçons en même temps.

James se tourna à son tour vers Sirius avec de gros yeux. La situation lui échappait complètement des mains, puisque Franck venait de baisser la musique et s'était approché d'eux, les sourcils froncés.

-Ne dis pas n'importe quoi Alice, c'est toi qui t'es jeté sur moi, lança Sirius qui n'avait pas remarqué la présence de Franck.

Pendant quelques instants, plus personne ne parla. Seule Alice continuait de gigoter dans tous les sens, James tentant tant bien que mal de la tenir en place. Il n'avait jamais vu Franck dans un tel état de colère. Le garçon était d'une nature très calme, posée. Il pouvait se montrer offensif pendant les matchs de Quidditch, mais ce n'était rien comparé aux montées d'énervement sanguines de Sirius ou de lui-même. Et pourtant, James ne se serait jamais confronté à Franck en cet instant précis. Sirius l'avait remarqué aussi, et s'était reculé de quelques pas en voyant la réaction du petit-ami d'Alice.

-Comment ça ? finit-il par dire dans un murmure plus qu'inquiétant, le regard rivé sur Alice.

Cette dernière eut l'audace de rigoler, et James la tint plus que jamais près de lui, désormais soucieux de la protéger.

-Vieux, vraiment, ce n'est rien c'est juste que... commença Sirius.

-Toi, tu la fermes, lui répondit Franck, le visage déformé par la haine. Ça te fait peut-être rire de draguer les copines de tes amis et de savoir que les filles sont à tes pieds, mais ne t'avise plus jamais de t'approcher de ma copine, ni de moi.

James sentait tous ses muscles se contracter. Il retint Sirius, lequel semblait sur le point de provoquer Franck en duel, et lui adressa un regard qui en disait long. Après tout, Franck n'avait pas tord sur tous les points... Son meilleur ami le regarda, comme abasourdi qu'il ne prenne pas son parti, jeta son verre par terre et s'en alla de la pièce. Désormais, tous les regards étaient posés sur eux. Le début d'année rêvé de James s'était évaporé, et laissa place à ce désastre dont il n'était désormais plus que le spectateur.

-Et toi, tu joues les saintes-nitouches à pleurer que je ne suis pas assez romantique, ou je ne sais quelle ânerie. Et tu oses me faire ça ?

Franck s'était approché dangereusement d'Alice, laquelle ne riait plus du tout. Elle semblait comme une petite fille qui se faisait gronder violemment par un professeur, et ses yeux se remplissaient de larmes. James se mit entre eux-deux et posa sa main sur le torse de Franck :

-Ne dis pas des choses que tu vas regretter. Ne fais pas des choses que tu vas regretter, lui dit-il calmement.

Franck le regard quelques instants en respirant bruyamment, puis ravala sa salive et recula de quelques pas. Il regarda Alice avec un dégoût non dissimulable et annonça, devant la moitié des élèves de Poudlard :

-C'est terminé. Toi et moi, on n'est plus rien du tout.

 

 

 

C'était en passe de devenir la pire soirée à laquelle il n'ait jamais participé. Il ne se souvenait pas s'être senti aussi mal depuis longtemps. Sirius se tenait dans sa chambre, affalé sur son lit, en ruminant encore et encore les paroles de Franck. C'était donc ainsi que ses amis le voyaient ? Comme celui qui leur piquait leur petite-amie ? Il en voulait terriblement à Franck. Il l'avait humilié devant tout le monde, qui plus est à une fête qu'il avait aidé à préparer. Et qu'avait-il pris à Alice ? Il n'avait jamais voulu l'embrasser. Il ne s'y attendait pas du tout. De cela il était sincère. Sirius  en voulait aussi à James, qui ne l'avait pas défendu. Etait-il réellement son ami ? Alors qu'il bouillonnait de l'intérieur, une petite voix- que Sirius ne connaissait que trop bien- lui rappela quel genre d'ami lui-même était. Car, s'il avait été honnête avec lui-même, il savait pertinemment qui il aurait voulu embrasser à minuit. C'était d'ailleurs vers elle qu'il se dirigeait lorsqu'Alice lui avait sauté dessus. Il se dit finalement que la situation dans laquelle il se trouvait était des moindres comparé à ce que cela aurait pu être si c'était vers Cassidy qu'il s'était dirigé. La colère laissa place à la culpabilité et au désarroi : il était bien comme Franck l'avait dit. Il avait eu une aventure avec Cassidy, puis avait attisé le feu avec Alice. Ce n'était pas lui qui l'avait embrassé, mais il ne l'avait pas repoussé non plus. Puis il y avait Nelly, qu'il avait passé la soirée à charmer : était-ce réellement pour rendre Remus jaloux ? C'était ce dont il essayait de se persuader. Mais la réalité était nuancée : bien entendu que ses amis étaient tout pour lui, mais peut-être était-il le tombeur sans cœur dont tout le monde parlait. Car il y avait bien une partie de lui qui aimait ça. Il aimait que les filles le regardent, il s'était senti complimenté quand Alice lui avait dit qu'il lui aurait plu. Est-ce que ça voudrait dire qu'il aurait pu trahir Franck de la sorte ? « Jamais ». De ça, il en était certain. Il était certes un coureur de jupons hors pair, mais l'amitié passait avant tout pour Sirius. Alors que ses joues recommençaient à retrouver leur température normal, le jeune homme se dit que c'était le moment pour lui de retourner à la fête, et de faire amende honorable. Il se leva donc de son lit, mit la main sur la poignée et poussa :

-Oh, tu m'as fait peur !

C'était Marlene. Elle avait poussé la porte en même temps que lui et avait fortement sursauté en le voyant.

-Désolé, dit-il, peu sincère.

Il n'avait pas réellement envie d'entamer une conversation avec elle, ni de savoir pourquoi elle se trouvait dans sa chambre.

-Je peux entrer ? J'ai toujours voulu voir où tu habitais.

Sirius soupira, mais se dit que ce n'était pas le moment de briser encore un autre cœur. Il s'exécuta donc et la laissa entrer. La jeune femme semblait charmée par ce qu'elle voyait :

-Wouah, c'est grand. Les Potter ont vraiment l'air super, comme famille.

Sirius acquiesça : de ça aussi, il en était certain. Il espérait que Marlene allait tout simplement sortir de la chambre, retourner à la fête, comme si de rien n'était. Il espérait sincèrement qu'il n'ait pas à la repousser. Pas parce qu'il avait peur de lui faire du mal, mais parce qu'elle portait une robe si courte qu'il était difficile pour Sirius de ne pas laisser ses yeux divaguer.

-Tu voulais quelque chose ?

Sirius choisit le conversation, qui était un bon moyen de rester l'un à distance de l'autre. C'était sans compter Marlene :

-Te voir.

La jeune femme s'était dangereusement approchée du jeune homme. Sirius se sentit déglutir alors qu'elle venait de poser sa main sur son torse. Main qu'il reprit, pour la repousser :

-Ecoute, Marlene... Ce n'est vraiment pas le moment.

-J'ai entendu ce qu'il s'est passé. Je sais très bien que tu n'aurais jamais embrassé Alice. Et tout le monde le sait, ne t'inquiète pas.

Elle était sincère, et Sirius se sentit un peu mieux. Marlene venait de reposer sa main sur son bras, et s'était encore approchée de quelques centimètres, sans lâcher son regard. Elle se mit sur la pointe des pieds, approcha son visage du sien, puis se détourna au dernier moment pour lui murmurer à l'oreille :

-C'est la nouvelle année. J'ai envie de la commencer comme il se doit.

Sirius sentit tous le ressentiment qu'il pouvait avoir auparavant éclater dans son corps, et l'adrénaline qu'il ressentit à cet instant ne le fit pas hésiter plus de deux secondes : il souleva Marlene sans cérémonie et l'allongea sur son lit, puis commença à l'embrasser. Après tout, peut-être que les rumeurs étaient vraies : peut-être était-il réellement le genre de garçons que tout le monde pensait qu'il était.

 

 

 

Cela faisait plus d'une demi-heure qu'elle la cherchait. Elle avait été regarder dans les moindres coins du manoir, était même allée jusqu'à s'aventurer dans le grenier, où elle avait déguerpi aussi vite que possible tant il était noir. Mais Alice était introuvable. Lily s'en voulait énormément. Elle s'en voulait de n'avoir pas vu que son amie était aussi mal en point, de n'avoir pas désamorcé la dispute, de n'avoir pas prévenu Alice que Franck était bouillonnant depuis le début de la soirée. Lily voulait à tout prix trouver son amie. Mais la fête avait repris, et les élèves étaient désormais plus déchaînés que jamais. Alors qu'elle commençait à sentir l'irritation la gagner dans l'entièreté de son corps, Lily tomba sur la seule personne qu'elle avait mis un point d'honneur à éviter la soirée durant.

-Lily, est-ce que tu as vu Cassidy ? Je ne la trouve plus depuis un moment.

Lily se sentit sur le point d'exploser. Elle n'avait aucune envie de répondre à Dorcas, elle n'arrivait même pas à la regarder dans les yeux.

-Non, répondit-elle, aussi froide qu'un glaçon.

Dorcas sembla le remarquer et rougit violemment. Elle tenta de lui sourire, mais Lily lui lança un regard à glacer le sang. Puis elle partit de la cuisine le plus vite possible, en étant certaine que cette soirée ne pouvait plus être sauvée.

-Lil's, enfin, je te cherche depuis des heures !

Nelly lui déboula dessus. La jeune femme semblait ravie et souriait. Lily ne réussit à lui retourner la politesse.

-Où étais-tu ? demanda-t-elle, clairement refroidie par l'entrevue avec Dorcas.

-Je cherchais Alice, répondit Nelly, qui elle-même se renferma face au ton de sa meilleure amie.

-Elle est introuvable. J'espère qu'elle n'a pas fait de bêtises, lança finalement Lily, incapable de cacher son soucis.

-Franck est parti. Il était furax, il jurait que s'il ne partait pas, il allait aller casser la figure de Sirius. Mais il n'y est pour rien. J'ai vu ce qu'il s'est passé, c'est Alice qui s'est jetée sur lui.

Lily ressentit l'énervement la gagner. Depuis quand Nelly défendait-elle Sirius au lieu de son amie ?

-Alors ça y est, tu as changé de Maraudeur, c'est Sirius maintenant ?

Nelly sembla estomaquée du ton qu'avait employé son amie.

-Je peux savoir ce que tu sous-entends ?

-Ce que je sous-entends, c'est que tu as passé les vacances maussade en pensant à Remus, mais il ne semblait pas te manquer beaucoup ce soir.

A peine les paroles étaient sorties que Lily les regretta amèrement. C'était injuste de se venger sur son amie et, bien qu'elle n'était pas en total accord avec le comportement de Nelly ce soir-là, elle n'avait en aucun cas l'intention de laisser sa colère l'emporter. La brune mit quelques instants à se remettre des paroles de Lily puis, après avoir repris contenance, dit d'un ton froid :

-J'oubliais, il n'y a que miss parfaite qui peut se laisser aller à tricher juste pour avoir une meilleure moyenne que les autres. Le fait que tu n'arrives pas à te décoincer ne regarde que toi, mais ne me reproche pas de m'intégrer. Quant à Remus, figure-toi que nous sommes à nouveau amis, et il n'avait pas l'air le moins du monde dérangé par mon rapprochement avec Sirius. Passe une bonne soirée.

Puis Nelly s'en alla, laissant une Lily complètement pantelante dans le hall de l'énorme manoir des Potter.

 

 

La fête avait repris son cours normal, et cela faisait une demi-heure que James essayait de rétablir l'ambiance de la soirée. Il avait remis la musique, avait instauré de nouvelles règles pour les parties de Bavboule, et avait encouragé les couples présents à danser ensemble. Fort heureusement, son entrain naturel l'avait emporté sur la violente dispute qui s'était produite entre Franck et Alice. Il n'avait pas essayé de retenir le premier quand celui-ci avait voulu partir, car il savait pertinemment que la situation aurait dérapé. Mais il n'avait pas non plus tenu à aller voir Sirius, car il n'était réellement pas en accord avec son comportement ce soir-là. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de draguer Nelly, puis d'embrasser Alice ? James aussi aimait les filles, mais l'amitié serait toujours primordial à ses yeux. Il se promit qu'il aurait une conversation avec son meilleur ami le lendemain. Alors qu'il essayait de nettoyer comme il le pouvait les tâches qu'avaient faites Sirius en lançant son verre sur le tapis de sa mère, James tomba sur Cassidy- laquelle riait aux éclats après une blague de Fenwick :

-Je peux savoir ce que tu fais ?!

Cassidy sursauta, et fit signe à Benjamin de l'attendre. Puis il s'approcha de son frère :

-De quoi tu parles ?

-Je te signale que la fête a failli tourner au désastre. Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Tu t'amuses à fricoter avec ce crétin, dit-il en lançant un coup de tête vers Benjamin qui les observait de loin.

-La fête a repris depuis bien quinze minutes. Et ce ne sont pas tes affaires. Occupe-toi de tes conquêtes !

-Ne va pas sur ce terrain avec moi. C'est aussi ta fête. Est-ce que tu t'es occupée d'Alice, au moins ?

James fut surpris de voir tous les muscles de Cassidy se tendre, et il savait pertinemment que cela n'augurait rien de bon lorsqu'elle se mettait dans ses états :

-Ecoute-moi bien. Le fait que tes amis soient des idiots qui couchent avec tout le monde ne regarde que toi. Pour ma part, je vais apprécier ce qu'il me reste de ma soirée, avec qui j'en ai envie. Si tu avais du courage, tu en ferais peut-être autant !

Puis elle le laissa seul, les bras pantelants. Les paroles de sa petite sœur furent un électrochoc : il n'avait aucune envie de commencer sa nouvelle année à nettoyer un tapis. Il n'y avait qu'une seule personne avec qui il voulait réellement terminer cette soirée. Et il allait la trouver.

 

 

 

 

Il fallait qu'elle la trouve. Elle mettait désormais toute son énergie dans cette simple tâche : trouver Alice. Elle savait pertinemment que la jeune femme était probablement partie. Elle avait déjà fait trois fois le tour du manoir. Mais cela l'empêchait de penser à la portée des paroles de sa meilleure amie. Ainsi était-elle réellement la fille coincée que les autres pensaient qu'elle était ? Lily se sentait mal : elle avait envie de rentrer chez elle. De retrouver ses parents. Même de revoir Pétunia. Au moins, elle savait à quoi s'attendre avec sa sœur. Elle n'aurait pas pensé Nelly capable de lui dire de telles choses. Mais en même temps, une culpabilité tenace lui tiraillait le ventre : elle-même n'avait pas été tendre. La tête complètement dans ses pensées, Lily ne remarqua à peine qu'elle venait de pousser une porte qu'elle n'avait jamais poussée. Ce ne fut que lorsqu'elle se retrouva entièrement dans la pièce qu'elle se rendit compte d'où elle se trouvait. C'était la chambre à James. Elle le savait au fond d'elle et pourtant, cela lui semblait difficile à croire. Ce n'était pas comme elle se l'était imaginée. Elle aurait plutôt penser trouver une chambre en fouillis avec quelques affaires qui traînaient sur le sol. Pourtant, la réalité était toute autre. La chambre était remplie d'affaires, certes, mais celles-ci étaient bien rangées et semblaient avoir une place minutieusement choisie. Lily referma la porte doucement, comme par crainte de se faire prendre sur le fait. Puis elle se mit à arpenter la pièce, grande - comme le reste du manoir- avec un plafond haut, des poutres boisées et une longue fenêtre qui lui donnait tout son charme. Sur un mur se trouvaient les couleurs de Gryffondor, avec une énorme photo de l'équipe de Quidditch. A côté se tenait une imposante commode, avec les nombreuses récompenses de Quidditch de James. Sur le rebord de la fenêtre, le jeune homme avait disposé plusieurs cadres, avec des photos de ses parents, qui semblaient heureux et aimants, de lui et de Cassidy plus jeunes (Lily rigola en ayant de la peine à distinguer lequel des deux étaient le garçon) et une photo des Maraudeurs. James avait même gardé une place pour ranger ses affaires d'école, sur une chaise, mais celles-ci ne semblaient pas avoir été ouvertes depuis longtemps. Lily se sentait bien dans cette chambre. Elle fut surprise de laisser son regard dériver vers l'imposant lit, qui semblait très accueillant et où elle se laissa aller à imaginer James entrain d'y dormir. Alors qu'elle s'apprêtait à laisser sa curiosité l'emporter et à ouvrir une porte d'un des placards, Lily sentit son cœur ne faire qu'un bond lorsqu'on ouvrit la porte de la chambre à la volée. Elle s'éloigna immédiatement du placard, prise en faute, et sentit ses joues s'embraser lorsqu'elle se rendit compte que ce n'était autre que James.

-Je cherchais Alice, et je suis tombée ici. Je suis désolée, je n'aurais pas dû, se mit-elle a bafouiller en secouant la tête, prête à partir.

Mais James lui bloqua le passage :

-Il n'y a pas de mal, ne t'inquiète pas. Alice est partie depuis un moment je crois...

Le silence s'installa dans la chambre, et Lily se rendit compte qu'une fois la porte fermée, l'on n'entendait plus le vacarme saisissant du manoir.

-J'ai demandé à Sirius de jeter un sort d'Assurdiato, au cas où je dormirais avant que la fête ne prenne fin, expliqua James en voyant l'air curieux de Lily.

La rousse hocha la tête.

-Tu as vu Franck ? Demanda-t-elle, une boule dans la gorge.

James fit non de la tête : il semblait aussi embarrassé par la situation qu'elle. Cela fit du bien à Lily, de savoir qu'elle n'était pas la seule à s'inquiéter de ses amis. Soudain, elle sentit toute la culpabilité, le ressentiment et le souci qu'elle se faisait depuis précédemment retomber lourdement dans son ventre. Il lui semblait devenir beaucoup plus légère. Et c'était James qui lui faisait cet effet-là.

-Tu comptais venir dormir ? demanda-t-elle finalement, soucieuse de ne pas laisser le silence s'installer.

James eut un petit rire :

-Pas du tout. A vrai dire, je te cherchais.

Il avait dit cela avec confiance, et ne la lâchait pas des yeux. Lily se sentit à nouveau rougir. Mais cette fois-ci, elle décida de ne pas détourner le regard.

-Et bien, tu m'as trouvée.

James sourit à nouveau :

-Dans ma chambre.

-Je dois dire que je ne la pensais pas comme ça.

James fit quelques pas vers Lily, tout en laissant son regard balayer sa propre chambre. Puis il se planta devant elle :

-Pour tout te dire, je crois que tu ne me pensais pas comme ça.

Lily lui sourit gentiment. Elle réalisait à présent qu'elle avait mal jugé James. Il n'était pas uniquement le personnage arrogant et imbu de sa personne qu'elle pensait qu'il était. Il y avait quelque chose de sincère en lui. Quelque chose qui, à l'instant même, la forçait à tendre tous les muscles de son corps pour ne pas se coller contre lui. Elle pouvait sentir chaque partie de son corps indéniablement attiré par le jeune homme. Ça n'avait pas tant avoir avec le fait qu'il était beau, ou même sexy dans sa chemise bleue. Il y avait quelque chose de physique, de chimique. Même si elle l'avait voulu- et une partie d'elle le voulait- elle n'aurait pu le nier. Elle ne pouvait plus nier l'effet que lui faisait James Potter. Lily ne pouvait plus nier qu'elle était indéniablement attirée par lui. Soudain, tout ce qu'elle avait ressenti au cours de la soirée s'évapora. Il n'y avait plus qu'une seule sensation qui transperçait son corps, et lui faisait se demander si elle n'allait pas perdre pied. C'était les papillons qu'elle sentait partir de son bas-ventre pour se dissiper dans sa poitrine, ses bras, ses jambes. Pendant quelques instants, son cerveau s'arrêta de fonctionner. Elle n'attendait plus qu'une chose : qu'il fasse le premier pas.

-Et bien je dois dire, Miss Evans, que j'ai été très surpris de votre révélation. Comme quoi, nous nous sommes tous les deux bien trompés sur l'autre.

Puis James s'approcha encore plus, réduisit l'écart qu'il restait entre leur deux corps, prit Lily par le creux du dos et posa son autre main sur sa joue, et l'embrassa. La jeune femme sentit les papillons qui grésillaient dans son ventre exploser de joie, et elle ne put s'empêcher de se trémousser contre le jeune homme, lequel contribuait à la garder sur ses deux pieds. Jamais elle n'avait ressenti ça. Tous leurs baisers échangés avaient été plus que satisfaisants, et Lily s'était toujours sentie perdre pied. Mais à l'instant même, il lui semblait qu'une réelle connexion s'était établie entre eux. Elle pouvait le ressentir à travers son corps, si puissamment qu'elle ne savait plus si cela faisait du bien ou du mal. Puis, tout en continuant de l'embrasser, James poussa gentiment Lily vers le lit. Le contact du matelas sur la peau et le fait de n'avoir plus à se tenir sur ses jambes fut une réelle délivrance pour la jeune femme, dont elle sentait que les tremblements de son corps lui échappaient. Son cerveau se remit à fonctionner, et Lily se rendit compte qu'elle avait peur. Son cœur se mit à battre la chamade alors que James se décolla de sa bouche afin de goûter à son cou. Elle essayait tant bien que mal de masquer ses tremblements. James sembla le remarquer, puisqu'il cessa de l'embrasser et la regarda dans les yeux :

-Tu vas bien ?

Lorsqu'elle planta son regard dans celui du jeune homme, Lily sut. Elle comprit ce qu'Alice voulait dire quand elle parlait d'être « là ». Elle sut que c'était le moment. Et James le savait, lui aussi. Elle pouvait le dire à la manière dont il la regardait, dont il la touchait, dont il l'embrassait. Lily hocha la tête. Puis James, qui semblait beaucoup plus sûr de lui qu'elle, alla éteindre la grande lumière pour n'allumer que celle de sa table de chevet, ce qui rassura considérablement la rousse. Puis il reprit place sur elle, et l'embrassa à nouveau. Ce fut d'abord tendre, il venait la chatouiller de ses lèvres. Puis il devint plus insistant : il glissa sa langue à travers la bouche de Lily pour venir titiller la sienne. La jeune femme pouvait sentir l'envie de James exulter à travers son souffle court. Puis le jeune homme passa une main sous sa robe, et se mit à lui caresser les cuisses. Les sensations qu'elle ressentait à présent étaient indescriptibles aux yeux de Lily tant les pensées se bousculaient dans sa tête : elle avait peur. Ce n'était pas prévu. Et elle n'avait pas l'habitude de vivre des choses qui n'étaient pas prévues. De plus, ils n'étaient même pas en couple. Mais pourtant, elle lui faisait une entière confiance. Et si son cerveau lui mettait des bâtons dans les roues, son corps dictait tout le contraire : elle ressentait les caresses de James se multiplier dans l'entièreté de ses muscles, de sa peau. Tout en elle était devenu électrique. Puis le jeune homme enleva sa chemise, et elle découvrit son torse musclé à la perfection. Ce fut à cet instant que Lily décida que, pour la première fois de sa vie, elle ne laisserait pas son mental dicter sa conduite. Elle décida de s'abandonner complètement au moment. D'être « là ». Elle posa donc une main timide mais déterminée sur son torse, et partit à la découverte du corps à James, lequel continuait ses baisers électriques sur la partie haute de son corps. Puis il décida de passer sa main franchement sous sa robe, et la lui enleva prestement. Lily aurait pu se sentir gênée de se retrouver en sous-vêtements devant celui qui, il n'y avait pas longtemps, était son ennemi, mais l'envie dans le regard de James la dissuada de ne ressentir aucune honte de son corps. Ils reprirent leur baiser, à la manière d'une danse. Le corps de James, sur elle, était chaud. Elle le sentait exulter comme elle-même se sentait à vif. Puis, alors que le jeune homme remontait toujours plus loin le long de sa cuisse, Lily stoppa les baisers et plongea son regard dans le sien :

-James- c'était si bon de dire son prénom- il faut que je te dise... C'est... C'est la première fois.

Il fallait qu'il soit au courant. Le jeune homme lui sourit gentiment, l'embrassa tendrement, et la regarda à nouveau :

-Tu es sûre ?

Lily n'hésita pas une seule seconde et hocha la tête. Ce n'était peut-être pas ce qu'elle avait imaginé, ou ce dont elle avait prévu. Mais, au fond d'elle, elle savait cependant qu'elle se trouvait exactement là où elle devait être.

 

End Notes:

Et voilà, pour ce chapitre: La première fois.

Je sais que je risque d'avoir certains commentaires, et que ce n'est peut-être pas la façon dont vous vous imaginiez leur première fois. Personnellement, je trouve cela encore plus beau que ce ne soit absolument pas prévu, et j'ai énormément aimé décortiquer les moindres pensées de Lily pour ce moment si spécial entre eux deux. N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, même si vous n'êtes pas de mon avis :)

 

La suite de la Fanfiction, je ne l'ai pas encore très bien en tête. Mais je pense qu'elle va prendre d'autres virages, peut-être plus sombre, que cette première partie.

 

Dans tous les cas, un grand MERCI d'être restée avec moi dans cette aventure, et j'espère que vous me suivrez dans la suite de mes chapitres ;-)

 

A bientôt donc, pour un nouveau chapitre!

Chapitre 36: Retour à la réalité by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

Je ne vais plus m'excuser du retard, juste vous dire qu'actuellement je suis dans une période de ma vie charnière où je n'arrive plus à écrire autant que je l'aimerais. Voilà pourquoi les chapitres sont plus espacés que d'habitude.

 

Mais me revoilà avec ce chapitre qui porte bien son nom: Retour à la réalité!

J'en profite pour vous remercier de toujours continuer à lire ma Fanfic et de rester avec moi malgré mon inconsistance, ainsi que pour vos reviews!! ça me fait vraiment vraiment chaud au coeur.

 

Je vous souhaite une bonne lecture ! :D

 

Les couloirs étaient bondés, tant d'élèves surexcités que des fantômes, qui s'amusaient à bloquer le passage aux moins hardis. Le volume sonore était tel qu'il fallait soit hausser la voix pour se faire entendre ou tendre l'oreille pour pouvoir suivre les conversations. Bien que l'hiver fût toujours piquant, l'ambiance était si confinée dans le château qu'elle rendait la respiration difficile. La buée sur les fenêtres témoignait de la lourdeur du climat environnant. Au milieu d'une foule de sorciers qui s'échangeaient des mots vigoureux, tenaient leur baguette à la main ou feuilletaient dans des livres, Severus Rogue se sentait étouffé. C'était tout ce qu'il haïssait : non seulement il n'avait aucune sympathie pour Poudlard, pour ses cours ou pour les professeurs, mais il n'y avait rien de pire pour lui que se retrouver au milieu de ses congénères, tous plus heureux les uns que les autres d'être de retour dans leur école tant chérie. Bien que s'il dût choisir, Severus préférait être à sa place actuelle plutôt qu'où il se trouvait une semaine plus tôt. En ayant du mal à avaler la bile qui était apparue dans sa gorge, le garçon - toujours aussi maigrichon et mal chaussé - se fraya un chemin parmi la foule, dévala les escaliers les plus proches et se trouva un coin à l'abri de l'excitation environnante. Il s'appuya contre le mur, le contact avec le froid lui accordant une clémence appréciée, et se laissa tomber contre le sol. Il avait une profonde envie de vomir. C'était à la fois les pires vacances et les meilleures qu'il n'ait jamais connues. Il se demandait encore comment cela était possible, de ressentir autant d'émotions contradictoires à la fois. Ses parents ne lui avaient pas accordé la moindre attention, bien qu'il n'en attendait pas moins d'eux. Il avait passé la plupart de son temps seul, dans sa chambre, dans le noir. Au moins, c'était une manière pour lui de ne pas avoir à affronter perpétuellement les regards des élèves de Poudlard, les mêmes qui, quelques instants auparavant, riaient aux éclats dans les couloirs alors qu'il passait entre eux, invisible. Puis il y avait eu le mariage. Le seul auquel il n'eut jamais assisté, mais Severus était certain qu'il resterait le pire. Du moins, avant qu'il n'arrive. Le garçon n'avait jamais ressenti ça. Il n'était même pas sûr de pouvoir parler d'émotions tant la sensation corporelle que lui avait laissée le Seigneur des Ténèbres était forte. Il aurait pu être marqué au fer rouge, et ne pas sentir une telle intensité dans tout son corps. Le simple souvenir du mage noir passant le pas de la porte du manoir Malefoy suffit à Severus pour sentir un liquide glacé s'écouler le long de son échine et son cœur battre contre ses tempes. Il n'avait à peine osé croiser son regard, encore moins lui adresser la parole. Il n'avait pas bougé, avait eu le temps de sentir la robe du sorcier effleurer le sol à quelques centimètres de lui lorsqu'il marchait à travers les invités, comme pour sonder lequel aurait l'audace de lever la tête. Bien entendu, ça n'avait été le cas de personne. Dans un moment de folie, Severus avait bien soulevé de quelques millimètres son regard, seulement pour apercevoir les larmes qui perlaient dans les yeux de Bellatrix. Elle qui n'avait montré qu'un ennui profond lors de son mariage, ce moment-ci semblait être le plus beau de sa vie entière. Rogue se demandait si c'était la première fois qu'elle le rencontrait. Alors que les souvenirs menaçaient de le faire tourner de l'œil, le jeune homme appuya sa tête un peu plus contre le mur, et se força à garder contenance. Le moment n'avait duré que quelques secondes, le temps que le Seigneur des Ténèbres ne convie les adultes - ainsi que Bellatrix et son nouveau mari- à une nouvelle réunion secrète. Bien entendu, personne n'avait essayé de les rejoindre, ni même n'avait posé de questions quand, une heure plus tard, les adultes ressortaient de la salle et que le Seigneur des Ténèbres semblait être parti. Cependant, ce qui avait fait de ce moment l'un des meilleurs pour Severus, c'était lorsqu'il avait enfin relevé la tête, et avait découvert dans le regard de ses camarades présents la même lueur qui devait briller dans le sien : l'impression de faire partie de quelque chose d'important.

 

 

 

-Je crois que je ne me sens vraiment pas assez bien pour y aller. Peut-être que c'est la grippe ? Il fait encore tellement froid dehors.

La rousse détourna le regard mais eut le temps de voir sa meilleure amie lever les yeux au ciel et taper du pied. Elle avait passé la plus grande partie de sa nuit à trouver toute sorte d'excuses possibles pour ne pas assister à son premier cours de l'année. Elle avait imaginé dire qu'elle préférait rattraper son retard dans les Forces du Mal plutôt que de passer du temps en botanique, là où elle avait eu une note maximale. Elle avait ensuite pensé sortir du dortoir en pleine nuit, afin de prendre froid et d'avoir la voix enrouée le lendemain matin. Cependant, ce plan comportait un problème : elle était toujours préfète-en-cheffe, et ne souhaitait pas perdre son poste juste pour manquer une journée de cours. Puis elle avait finalement choisi l'excuse la moins solvable : la grippe. Comme attendu, Nelly ne la crut pas même un énième de seconde.

-Lil's, tu vas sortir de ton lit et te montrer à la hauteur du courage de la maison Gryffondor.

Lily fit une moue : le dilemme lui avait trotté dans la tête la nuit durant : fallait-il y aller ? Et si elle y allait, que fallait-il faire ? N'y avait-il pas un moyen d'arriver en cours sans avoir à lui parler ?

-Je peux peut-être prétendre être en retard ? J'aurai juste à m'asseoir à côté de toi et à filer une fois le cours terminé.

-Et comment comptes-tu faire à l'heure de midi ?

-Si tu crois que j'arriverai à avaler quoi que ce soit...

Cette fois-ci, Nelly soupira carrément et se planta devant son amie, laquelle se ratatina dans son lit :

-Maintenant tu m'écoutes. Tu vas te lever, te préparer et nous allons aller manger notre petit-déjeuner, comme deux filles normales qui reprennent leur année d'étude après les vacances de Noël. Je te rappelle que si tu veux garder ton titre de meilleure élève de l'école, tu dois te pointer en cours.

Lily se mordit la lèvre : Nelly venait de toucher un point sensible. Il était certain qu'elle n'avait pas envie de faire l'impasse sur ses notes, et elle comptait profiter de sa dernière année à Poudlard pour prouver que ses heures de travail acharné avaient servi à quelque chose. Mais en même temps...

-Je n'ai qu'à prétendre que mon devoir de préfète-en-cheffe m'a appelé ! Après tout, je suis certaine que je peux trouver un ou deux premières années qui n'ont aucune idée de la salle où ils doivent se rendre. Je n'aurai cas les accompagner, et je n'arriverai que deux petites minutes en retard au cours.

-Et ton petit-déjeuner ?

-Je te l'ai dit, je n'ai pas faim, répliqua Lily, implacable.

Cette fois-ci, Nelly prit la couette de la jeune femme, la balança d'un geste ferme à travers le lit et força son amie à se redresser:

-Tu vas m'écouter, et distinctement : tu es une Gryffondor. Tu affrontes les Serpentards tous les jours, tu apprends des sorts dangereux, et tu t'es même battue contre des Mangemorts. Alors ne me dis pas que tu as peur de croiser Ja...

-Ne dis pas son nom ! s'écria Lily, ce qui fit lever les yeux de Nelly au ciel à nouveau.

-Tu ferais bien de t'y habituer. Et j'aurais imaginé que tu ne sois pas contre entendre son prénom, maintenant que vous avez...

-Stop ! Je ne veux plus rien entendre ! Je savais que c'était une erreur de te le dire.

Lily vit que Nelly ne pouvait s'empêcher de sourire.

-Qu'est-ce que je dois faire ? dit-elle d'un ton désespéré en attrapant le col de son amie.

-Aller prendre ton petit-déjeuner.

Le ton de Nelly ne laissait place à aucun refus. Avec un soupir, Lily s'approcha de la glace pour regarder son reflet : heureusement, le manque de sommeil ne s'était pas installé assez pour laisser des marques sous ses yeux. Elle avait la même mine que d'habitude, bien qu'un peu plus tendue qu'à l'ordinaire. La jeune femme avait déployé tous les efforts possibles pour y penser le moins possible. Chose qui avait été un échec lamentable. Cependant, c'était plus facile pour elle de faire comme si rien ne s'était passé lorsqu'elle était encore chez Nelly. Si elle était entièrement honnête envers elle-même, elle avouerait qu'elle avait bien entendu attendu une lettre, les jours qui avaient suivi le Nouvel An. Mais, plus la rentrée approchait, plus elle s'était faite à l'idée que la lettre ne viendrait pas. Elle avait donc mis un point d'honneur à ne plus mentionner l'événement en question, et Nelly avait respecté son choix. Les deux jeunes filles avaient donc terminé leurs vacances au calme, en révisant la plupart du temps. La rousse avait bien entendu déployé tous les stratagèmes possibles pour éviter de le voir dans le Poudlard Express, ce qui avait été tâche compliquée au vue de leurs responsabilités de Préfets-en-chefs, mais qu'elle avait menée brillamment. Seulement, voilà qu'elle se retrouvait le jour de rentrée devant le fait accompli : elle allait devoir revoir James Potter. Le ventre noué plus que jamais, elle mit une de ses longues mèches rousses devant ses yeux et sortit du dortoir, comme une condamnée qui n'aurait plus qu'un jour à vivre.

 

 

Ses vacances avaient été extraordinaires : elle s'attendait pourtant à passer la plupart de son temps à ressasser et se chamailler avec son frère, mais il n'avait été rien de tout cela. Bien entendu, la soirée du Nouvel An avait laissé des séquelles plus au moins impossibles à masquer dans la maison des Potter et ses parents leur avaient tenu un discours moralisateur qui avait duré en tout et pour tout quarante-sept minutes et vingt-six secondes. Cassidy se souvenait encore d'avoir gardé les yeux rivés sur l'horloge du salon alors que sa mère et son père se tenaient devant eux, les mains sur les hanches en essayant de comprendre à quel moment la soirée avait pu dégénérer ainsi. En effet, le tapis du salon avait été impossible à nettoyer, ainsi que les entailles sur les tableaux du hall d'entrée difficilement réparables. L'ambiance qui régnait dans le manoir au retour de ses parents laissaient présupposés que la soirée avait échappé au contrôle des instigateurs. Elle avait donc écouté son père s'égosiller sur le fait que c'était son manoir et que, jusqu'à nouvel ordre, il n'avait pas des lutins de Cornouailles pour enfants, sa mère hurler avec hystérie qu'elle leur ferait passé le restant des vacances à essayer de nettoyer le tapis (qui lui venait de tante Hélène), puis avait longuement attendu qu'ils se calment pour terminer par s'asseoir et entamer l'une de ces conversations ventileuses sur le respect de la famille et les responsabilités. Le tout avait terminé avec quelques larmes de sa mère, une moue indéterminée de son père, avant que les deux parents ne leur disent qu'ils les aimaient toujours. Cassidy avait subi le monologue de ses parents, comme James et Sirius qui, quelques mètres plus loin, semblait ne plus savoir où se mettre. Elle-même avait plutôt trouvé la scène comique et ne s'était pas sentie visée le moins du monde, puisqu'elle n'était pas à l'origine de la dispute qui avait éclaté dans le salon, et encore moins du bazard que les invités avaient laissé. Elle avait fait son possible pour ranger et, lorsqu'elle s'était trouvée dans l'incapacité de trouver James ou Sirius, avait décidé que ce serait à eux de nettoyer le manoir. Cependant, ses parents étaient arrivés avant que les deux garçons ne soient même réveillés. Elle n'avait donc pas pris la parole, et avait vaguement hoché la tête quand son père leur avait demandé s'ils avaient bien retenu la leçon. Elle était tout à fait au clair sur son attitude et son manque d'implication, puisqu'il était exclu pour elle de prendre des responsabilités qui n'avaient pas lieu d'être. Elle comprenait aussi la moue tendue et honteuse de Sirius, puisqu'il n'y était pas pour rien dans l'histoire. Ce qu'elle comprenait moins, c'était le sourire de James. Il n'était pas arrogant comme à son habitude (jamais son grand frère n'oserait prendre cet air devant leur père, surtout si ce dernier était dans une colère noire), non plus implorant. Il semblait flotter dans les airs, comme si James lui-même n'en avait pas eu conscience. Il l'avait gardé tout au long des vacances. Cet incident n'avait pas réussi à gâcher la nouvelle année à Cassidy. Elle-même avait passé un Nouvel An mémorable. Son ventre se tordit à la pensée qu'elle allait revoir Benjamin. Le garçon lui avait fait oublier les frasques de Sirius (auquel elle n'avait pas adressé plus de deux mots d'affilée depuis la fête), et avait occupé la grande partie de ses pensées. C'était ainsi qu'elle se réjouissait de reprendre les cours à Poudlard, notamment pour ce qui allait constituer leur dernier semestre d'études.

-Tu es prête pour la botanique ? demanda-t-elle d'un ton enjoué à Dorcas, qui se resservait de céréales au miel.

-Plutôt, répondit celle-ci, bien moins enjouée que la première.

Cassidy n'en fit pas cas. Benjamin venait de pousser les portes de la Grande Salle. Il était beau, peut-être même encore plus dans son uniforme aux couleurs de Serdaigle. Le cœur de la jeune femme se mit à tamponner contre sa poitrine.

-Aufaite, tu as eu contact avec Alice ? demanda Dorcas, qui semblait encore endormie.

Cassidy sentit l'excitation retomber dans sa poitrine. Elle s'était efforcée de ne pas penser à son amie les vacances durant, et l'apparition subite de Benjamin lui avait fait momentanément oublier qu'elle allait devoir revoir Alice. Elle haussa les épaules :

-Non. Mais ce ne sont pas mes affaires. Tu viens, on a botanique !

Dorcas ne put que se contraindre à la suivre. En se levant, Cassidy osa un dernier regard vers la table de Serdaigle. Benjamin la regardait. Il lui fit un subtil clin d'œil. C'était officiel : la nouvelle année débutait parfaitement pour Cassidy Potter.

 

 

Il n'avait aucune envie d'y retourner. La seule pensée de remettre les pieds à Poudlard l'avait travaillé tout le long de ses vacances. Pour éviter d'y penser, il avait redoublé les entraînements de Quidditch et s'était même pris à ouvrir ses bouquins d'école. Mais rien n'avait pu enlever le goût amer que Sirius avait dans la bouche depuis cette soirée-là. La première difficulté avait été de faire sortir Marlene en douce de la maison sur le petit matin, tout en ayant à supporter les regards accusateurs de la jeune femme. Puis il avait dû se retrouver seul dans son lit, avec pour seule compagnie la culpabilité grandissante qu'il ressentait dans son corps et ses pensées que le moment passé avec Marlene n'avait réussi qu'à dissimuler partiellement. Il s'était finalement endormi, pour se réveiller en trombe lorsqu'il avait compris que Monsieur et Madame Potter étaient de retour plus tôt que prévu. Il avait découvert l'état du manoir en même tant qu'eux, et jamais il n'avait ressenti de plus grande honte qu'en voyant Monsieur Potter taper du pied et Madame Potter lâcher quelques larmes. Après tout, ils avaient été si généreux envers lui, l'avaient toujours traité comme un membre de la famille, et la seule manière qu'il avait trouvé de leur être redevable était en organisant une fête qui dégénère. Il s'était donc tu, avait encaissé les coups, et n'avait pas manqué d'aller s'excuser encore une fois auprès de Madame Potter, qui lui avait assuré que cela ne changerait rien au fait qu'il pouvait rester habiter chez eux. Cependant, il avait remarqué son regard plus fuyant qu'à l'accoutumée, et ne s'était senti que plus minable. Il avait donc passé la plupart du temps cloîtré dans sa chambre. Monsieur Potter les avait faits nettoyé le manoir de fond en comble, ce que Sirius avait pris très au sérieux. Il faisait attention à être présentable et de bonne humeur lors des moments de repas, mais, lorsqu'il le pouvait, retrouvait la pièce au fond du jardin, où une solitude lancinante le prenait aux tripes. Cassidy ne lui avait pas adressé une phrase entière, et il n'était pas très sûr d'en avoir envie. Même James semblait lui avoir accordé moins de visites qu'à l'accoutumée. Sirius avait bien essayé de lui en vouloir, mais son meilleur ami semblait intouchable depuis cette soirée de Nouvel An, et, lorsque Sirius essayait de le questionner à ce sujet, James répondait tout simplement que c'était la plus belle soirée de sa vie, et qu'il lui expliquerait lorsqu'ils seraient de retour à Poudlard. Le garçon avait de la peine à comprendre comment un fiasco pareil pouvait être qualifié de « plus belle soirée de la vie », mais s'était promis de questionner son ami à ce sujet une fois de retour à Poudlard. C'était ainsi qu'ils avaient pris le Poudlard Express ensemble, pour retrouver Remus et Peter. Bien qu'il savait que c'était là les derniers mois qui lui étaient accordé pour profiter de son école tant aimée, Sirius ne pouvait s'empêcher de ressasser cette histoire, et, depuis que les parents de James s'étaient montrés plus distants que d'ordinaire envers lui, le jeune homme n'arrivait pas à chasser la bile et l'anxiété qui le prenaient aux tripes lorsqu'il pensait à l'après-Poudlard.

-Sir', tu en penses quoi ?

Le garçon releva la tête si prestement qu'il en ressentit le tournis. Les Maraudeurs se trouvaient dans le dortoir et s'apprêtaient à aller prendre leur petit-déjeuner en ce jour de rentrée.

-De quoi ?

Il n'avait pas écouté un traître mot de la conversation environnante. Il vit Remus lever les yeux au ciel et soupirer.

-Tu peux revenir parmi nous ? Tu as déjà tiré la tête tout du long dans le train.

-Il a été comme ça toutes les vacances, surenchérit James en haussant les épaules.

Sirius se tourna vers lui et haussa un sourcil. Ça n'avait pas semblé déranger James que son ami ne soit pas aussi jovial qu'à l'ordinaire, pourquoi amener le sujet sur le tapis à présent ? Prêt à répliquer, Sirius se dit qu'il s'était mis assez de personnes à dos dans cette école sans avoir à perdre ses amis. Il soupira donc et se força à sourire :

-C'est peut-être parce que je pense à Marlene. Je vous avais dit qu'elle était venue me rendre une petite visite à Nouvel An ?

Sirius vit Remus lever les yeux au ciel et soupirer, bien qu'un fin sourire était venu illuminer ses lèvres. James, quant à lui fronça brièvement les sourcils puis un autre sourire- plus mystérieux- étira sa bouche. Seul Peter semblait en admiration devant Sirius, comme d'ordinaire lorsque le garçon faisait ce genre de nouvelles.

-La pauvre, commenta Remus avec légèreté, elle n'a toujours pas compris à ce qu'il semble.

-Depuis le temps, je pense qu'elle doit savoir, renchérit Peter qui semblait vouloir à tout prix d'autres détails.

Sirius sentit malgré lui un poids s'évaporer de ses épaules. Il avait réellement appréhendé le retour à Poudlard et de revoir ses amis, car, s'il était entièrement honnête envers lui-même, il savait pertinemment qu'ils avaient des choses à lui reprocher. Mais le fait de retrouver les mêmes réactions qu'à l'accoutumée, avec un Remus réprobateur mais conciliant et un Peter en adoration devant lui avait conforté Sirius dans ses sentiments : ils restaient ses amis quoi qu'il arrive. Seul James ne réagissait pas comme à son habitude, et le même sourire goguenard et niais qu'il avait eu lors des vacances venaient à nouveau flotter dans les airs. Sirius leva un sourcil :

-Vieux, tu vas enfin nous dire pourquoi tu souris comme un idiot depuis cette satanée soirée ?

 

 

 

Tout lui paraissait un peu plus beau qu'à l'accoutumée. La neige environnante, qui donnait à l'atmosphère une clarté soutenue. Le Poudlard Express, bondé d'élèves surexcités qui le faisaient sourire en pensant à toutes les belles aventures qu'ils allaient vivre. Même Rusard et Miss Teigne n'avaient pas réussi à tarir son bonheur lorsqu'ils l'avaient bloqué dans les couloirs dans une misérable tentative de mise en garde avortée. Il avait passé les plus belles vacances de sa vie entière. Bien entendu, il n'avait pas fait le malin lorsque son père lui avait fait comprendre que c'était la dernière fois qu'il organisait une fête ou lorsque sa mère avait pleuré, mais il s'était assuré de réparer les dégâts. Le nuage sur lequel il flottait semblait impénétrable, imperturbable, de même que son être. James se sentait vibrer. S'il était honnête, il dirait qu'il avait un sentiment mitigé envers les actions de Sirius, mais n'avait pas trouvé la force ni l'envie de lui en parler. Sa bulle de bien-être était bien trop confortable pour que quiconque vienne à la perturber.

-Alors ?

James secoua la tête. Il était encore une fois reparti dans ses pensées, comme si le monde s'arrêtait provisoirement de tourner pour le laisser apprécier ses doux souvenirs. Ses trois amis le regardaient de la même manière, les sourcils levés, en attente d'une nouvelle croustillante. Soudain, le garçon prit conscience que sa bulle de bien-être allait provisoirement s'estomper. Le simple fait de devoir le dire à voix haute, d'avoir à accueillir les réactions des autres, était synonyme de devoir laisser s'évaporer ce souvenir, qu'il ne lui appartienne plus entièrement. Mais James savait que c'était la chose à faire : ils avaient fait un pacte, et il comptait bien l'honorer. Avec plus d'appréhension qu'il n'aurait pensé, il annonça, d'une voix moins confiante qu'il ne le voulait :

-Il s'est passé quelque chose à cette fête. Entre Lily et moi.

Le fait de prononcer le nom de la jeune femme à voix haute lui donna un sentiment étrange, comme si le souvenir était à la fois plus réel et plus lointain que jamais. La réaction de ses camarades, ou plutôt l'absence de réaction, fit tambouriner son cœur contre sa poitrine. Remus fut le premier à prendre la parole :

-Ça fait bizarre de t'entendre l'appeler par son prénom.

-Oui, je ne m'y attendais pas, renchérit Peter qui regardait au sol, comme perdu dans le vague.

Sirius s'était trémoussé sur le lit et redressé de quelques centimètres : il semblait être le seul à prendre conscience des paroles de James.

-M'enfin. Et comment ça va se passer maintenant ? demanda Remus. Est-ce qu'on aura droit à d'autres disputes, ou bien vous allez profiter de chaque instant pour vous bécoter quand on aura le dos tourné ?

James commençait à comprendre ce qui était en train de se passer. Il comprenait aussi qu'il allait devoir le dire à voix haute. Soudain, sa bulle de confort et de bien-être semblait lointaine, et le retour à la réalité un peu moins plaisant qu'il ne l'aurait imaginé. Il n'était pas sûr d'avoir envie de faire ça. Pourtant, un regard envers Sirius, dont les lèvres s'étaient étirées en un sourire sarcastique dont lui seul avait le secret, lui fit comprendre qu'il était trop tard pour reculer. En prenant soin de cacher son malaise, il racla sa gorge et s'efforça à regarder ses amis dans les yeux :

-Lunard... On a fait un peu plus que se bécoter, à vrai dire.

Les réactions ne manquèrent cette fois-ci pas. Remus sauta du lit comme si ce dernier avait été brûlant, en demandant à James de répéter ce qu'il venait de dire, incapable d'y croire. Peter ne tarda pas à le suivre, et le suppliait de donner plus amples détails. James éclata de rire face à ce soudain engouement. L'annonce que Rusard allait être nommé directeur aurait probablement causé moins de remous chez ses amis. En insistant sur le fait que c'était la seule chose qu'il leur dirait (ce dont Remus le remercia), James ne manqua pas de noter le manque d'implication de Sirius. Son meilleur ami souriait et se moquait des réactions de Remus et Peter, mais, lorsque James croisa son regard, il lui sembla voir une pointe de tristesse dans les yeux de Sirius. Comme si le fait que James ne garde ce souvenir jalousement marquait une forme de trahison envers son meilleur ami. Le jeune homme se sentit soudain contrarié, et un sentiment de gêne ne tarda pas à accompagner son irritation.

-Et donc, qu'est-ce qu'il se passe maintenant ? demanda Remus.

-On va prendre notre petit-déjeuner, lança James en haussant les épaules.

Son ami lui administra une tape derrière la tête, plus douloureuse qu'il ne voulait le laisser paraître :

-Avec Lily, andouille.

James s'arrêta dans son geste en se demandant comment il était possible qu'il soit aussi stupide. Sa bulle de bien-être avait bien entendu consisté à penser à Lily sans relâche. Sa peau douce, la façon qu'elle avait d'embrasser, ses joues qui étaient devenues rouges lorsqu'elle s'était déshabillée, la sensation qui avait accompagné le jeune homme lorsqu'il avait compris qu'elle lui faisait assez confiance pour... Tout ce qu'il s'était passé. Ces souvenirs avaient été ses alliés durant ses vacances, comme un bouclier au monde externe. Mais pas un seul instant il n'avait pensé à ce qu'il se passerait lorsqu'il la reverrait. Il n'avait d'ailleurs pas essayé de la revoir dans le Poudlard Express, trop occupé à complimenter la beauté du paysage, à la recherche du moindre indice qui pourrait lui rappeler l'événement. Maintenant qu'il s'y penchait, James se rendit compte qu'une sensation dont il n'avait pas l'habitude venait lui tirailler le ventre : la peur. Après tout, qu'est-ce qui allait se passer à présent ?

-Ne me dis pas que vous ne vous êtes pas reparlés ?

James rougit devant l'air inquisiteur de Remus. Il mentirait s'il disait qu'il n'avait pas même pensé à lui écrire, mais cette satanée bulle de bien-être l'en avait dissuadé. S'il lui écrivait, il recevrait alors une réponse : comment être sûre qu'elle ne viendrait pas le ramener brutalement à la réalité ? Et après tout, qu'est-ce qu'il lui aurait bien dit ?

-Non, choisit-il de répondre honnêtement, avec sobriété.

-Mais tu vas la voir, lui dit Peter.

Bien que ces mots révélaient d'un fait, ils prirent soudain tout leur sens dans l'esprit de James. Il allait la revoir. A l'instant même peut-être, alors que les quatre amis descendaient les escaliers qui menaient dans la Salle commune. Mais elle n'était pas là.

-Tu vas me dire qu'il s'est passé... Ce qu'il s'est passé avec Evans et que vous n'en avez pas reparlé ? lança Sirius, qui parlait pour la première fois.

-Pas si fort, murmura James avec autorité tandis qu'il regardait si quelque les avaient entendus.

Apparemment, les élèves présents étaient plus intéressés par leur emploi du temps que la conversation des Maraudeurs.

-Écoutez, ce n'est pas si simple. Il y a eu cette fête, et puis mes parents qui sont devenu fous. Patmol, tu es bien placé pour savoir à quel point ça a dégénéré.

Un silence gênant pesa sur le petit groupe. La bulle de bien-être de James venait d'exploser en mille morceaux, et c'était désormais l'appréhension, la culpabilité et l'irritation qui le gagnaient petit à petit. Sirius ne répondit pas, mais lui lança un regard lourd de reproches auquel James répondit par un silence obstiné. Remus se racla la gorge, se tardant d'être encore une fois celui qui calmait les esprits :
-J'imagine que ce n'est pas si grave. Mais tu vas devoir lui parler.

-Je le sais bien, merci, répondit James plus âprement qu'il l'aurait voulu.

-Ça tombe bien, la voilà, lança Peter d'une petite voix timide.

James sentit son cœur tambouriner contre sa poitrine. Lui qui pourtant avait fait preuve d'une confiance en lui appréciée une semaine plus tôt, il se trouvait à l'instant même complètement démuni. En tentant de garder une certaine contenance, il se passa automatique la main dans les cheveux, puis se retourna.

-Salut, Evans.

 

End Notes:

Et voilà!!

N'hésitez pas à dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, et sur ce que vous pensez qu'il va se passer dans les prochains.

J'ai vraiment envie de reprendre une écriture plus spontanée, où je me laisse aller à décrire les émotions des personnages comme je les ressens. Mais ne vous inquiétez, je vous réserve encore plein de surprises, de coups de théâtres, de tragédies...!

A bientôt pour le prochain chapitre!

Chapitre 37: Des échanges houleux by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

Me revoilà avec un nouveau chapitre, qui cette fois a un peu plus d'actions! J'ai vraiment beaucoup aimé l'écrire, et surtout reprendre le POV Narcissa :-)

Je vous laisse donc lire ce chapitre "échanges houleux" qui, je le crois, porte bien son nom ;-)

 

Belle lecture!

 

« Salut Evans » : ces simples mots, qui pourtant avaient été prononcés maintes fois auparavant, résonnaient dans sa poitrine avec une incommensurable sensation d'humiliation. Cela faisait dix bonnes minutes qu'elle se forçait à garder la tête dans ses céréales, refusant à ses larmes de couler. Elle s'était rarement sentie aussi humiliée de toute sa vie. Pourtant, une petite voix au fond d'elle lui disait qu'elle savait pertinemment à quoi s'attendre, et qu'elle n'avait fait que récolter ce qu'elle avait mérité. Elle s'était imaginée la scène des centaines de fois : elle avait bien entendu pensé l'ignorer au premier abord, ou alors avoir l'une de ces grandes conversations qui faisait rougir. Elle avait même pensé lui proposer une balade autour de Poudlard. Pourtant, peu importait les scénarios qu'elle s'était imaginée, l'attitude de James dans sa tête était toujours la même : il était plus qu'enclin à entamer une conversation avec elle. Et voilà qu'elle se trouvait assise au milieu des Maraudeurs à la Grande Salle, incapable de parler tant ces simples mots l'avaient blessée : « Salut, Evans ». Jamais, ô grand jamais, s'était-elle imaginé que James n'en aurait tout simplement rien à fiche.

-Tu vas bien ?

La jeune femme sursauta en se rendant compte qu'elle tournait machinalement sa cuiller dans ses céréales, incapable de manger. Remus venait de la sortir de ses ruminations. Lily tenta un sourire, mais celui-ci resta bloqué au fond de sa gorge. Elle choisit donc de hausser les épaules. Remus lui lança un sourire bienveillant et compatissant, qui ne voulait dire qu'une seule chose aux yeux de Lily : il était au courant.

-Comment se sont passées tes vacances ? demanda-t-il dans une tentative de changer de sujet.

La rousse s'éclaircit la gorge, s'assurant qu'un son puisse en sortir. Puis, avec tout le courage dont elle était capable, elle répondit :

-C'était chouette. J'ai passé la plupart du temps chez Nelly. Ses parents ont beaucoup travaillé, alors nous avions la maison pour nous entraîner aux sortilèges que Mcgonagall nous a donné en devoirs.

Le sujet des révisions était le seul qu'elle pouvait assurer à l'instant même. Remus sembla le comprendre et sourit vivement :

-Eh bien, j'ai hâte de retourner en cours de sortilège et d'être encore une fois spectateur du talent de Lily Evans.

La jeune femme réussit enfin à sourire. Remus était toujours d'un réconfort apprécié lorsqu'elle se trouvait en position de faiblesse. Le jeune homme comprenait. Il savait ce que cela faisait que de se sentir rejeté, ou humilié. Elle se rendit compte qu'il lui manquait énormément, et qu'elle souhaitait plus que tout conserver leur amitié si précieuse. Sans réfléchir plus qu'outre mesure aux conséquences de ses paroles, ni aux conclusions que certains iraient en tirer, Lily demanda à brûle pourpoint :

-Est-ce que ça te dirait que nous allions nous balader après les cours, ce soir ?

Remus sembla extrêmement surpris. A ce moment-ci, Lily réalisa de ce qu'elle venait de demander : elle ne savait pas bien pourquoi, mais elle avait réellement envie de passer du temps avec Remus. Elle tourna lentement la tête vers la droite, pour découvrir Nelly et Sirius en grande conversation. Pour une raison qui lui échappait encore, son irritation ne fit qu'augmenter, et elle ne regretta pas un seul instant ce qu'elle venait de demander à Remus. Le jeune homme sembla se faire la même réflexion, puisqu'après avoir jeté un coup d'œil envers son ami, il se tourna vers Lily et dit avec un grand sourire :

-Ce sera avec plaisir.

Lily se sentit soudain plus légère, comme si elle n'aurait pas à affronter cette épreuve toute seule. En finissant rapidement ses céréales, elle se leva et croisa l'espace d'une seconde le regard de James : peut-être avait-elle rêvé, mais il semblait encore plus hors de lui qu'elle ne l'était. Cette fois-ci remontée comme une horloge, la jeune femme attrapa ses affaires et, sans attendre Nelly, fonça vers la salle de son premier cours : les potions. La rentrée à Poudlard s'annonçait définitivement moins agréable qu'elle ne l'avait promis.

 

-Comment se sont passées tes vacances ? Ta sœur s'est mariée si je ne me trompe pas.

La jeune femme soupira. Elle en avait marre de devoir sans cesse répondre aux mêmes questions depuis sa rentrée à Poudlard. Cela faisait uniquement quelques heures qu'elle était de retour dans le château, mais les commentaires avaient fusé. Narcissa n'était pas dupe. Elle savait pertinemment que ses camarades de Serpentard n'en avaient que faire de savoir comment s'étaient passées ses vacances. L'unique sujet de conversation était le fameux mariage de Bellatrix Black, désormais Lestrange. Narcissa se demandait à quel point les élèves de Poudlard connaissaient la vérité à propos de cet événement. Un frisson désagréable parcourra son échine alors qu'une reviviscence de la scène lui revint en mémoire. Elle avait fait de son mieux pour oublier le plus possible ce mariage, et la peur qui lui avait tiraillé le ventre après le passage du Lord. Désormais furieuse qu'on lui rappelle constamment un souvenir qu'elle préférerait enterrer, Narcissa répondit, comme à son habitude :

-Elles étaient bien, merci.

C'était ainsi qu'elle avait été élevée : rester froide, implacable, ne jamais montrer d'émotions, quoi qu'il arrive. Pourtant, un feu commençait à bouillonner dans son ventre : elle n'avait jamais eu de réels amis à Poudlard et, soudainement, elle devenait l'attraction principale des Serpentards. Mais ses camarades de classe n'étaient pas les seuls contre qui la jeune Black était furieuse. Alors que Narcissa prenait place dans la Grande Salle, Erin Midawes à ses côtés, elle se tarda d'être arrivée à temps pour ne pas avoir à s'asseoir avec Lucius. En effet, elle était tellement remontée contre son petit-ami qu'elle n'aurait pas pu afficher autant d'ignorance qu'elle le souhaitait à sa vue. Le blond n'était cependant pas encore arrivé dans la Grande Salle.

-Et alors, ce mariage ? insista Erin.

Narcissa se força à garder contenance et, pour masquer le tremblement de ses mains, se servit de céréales au miel :

-C'était une belle cérémonie. Et tes vacances ? demanda-t-elle afin de changer de sujet.

Erin et elle n'avaient jamais été de grandes amies. En effet, Narcissa trouvait la jeune fille à la chevelure rouge bien trop extravagante et séductrice pour ne lui trouver ne serait-ce qu'un point commun avec elle. Erin était de ces filles qui mettaient trop de maquillage, et qui n'hésitaient pas à parler fort et se faire remarquer. Le genre de filles qui plaisaient fortement aux amis de Lucius. La blonde se renfrogna à l'idée de devoir lui faire la conversation. Elle avait cependant trop d'élégance pour l'envoyer paître, bien que l'envie ne lui manquait pas.

-Pas trop mal. J'ai largué ce crétin de Wilkes. Il est venu à la maison pendant les vacances, et lorsque papa lui a demandé ce que son père faisait au Ministère, cet idiot n'a même pas été capable de lui répondre correctement. Tu dois savoir à quel point papa aime la politique.

Narcissa savait en effet qui était Mr. Midawes, comme quiconque lisait la presse. Il occupait un très haut poste au Ministère de la magie, et était respecté- ou plutôt hautement craint- dans le monde des sorciers. La blonde hocha la tête par politesse.

-Et toi alors ? Avec le petit Malefoy, comment ça se passe ?

Narcissa faillit s'étrangler avec la gorgée de jus de citrouille qu'elle était en train d'avaler. Entendre Lucius se faire appeler « le petit Malefoy » la laissait déjà pantelante, mais c'était tout bonnement la première fois que quelqu'un la questionnait à ce sujet. En sentant ses joues s'embraser, elle choisit la sobriété :

-Ça va bien.

C'était bien entendu un mensonge, mais si l'idée de parler du mariage de sa soeur la répugnait, le fait d'entamer une conversation sur la bienséance d'un couple avec Erin Midawes l'horrifiait en tout point. Ce n'était pas ainsi que l'entendait son interlocutrice :

-Ah oui ? Et pourquoi tu n'es pas avec lui ? Tu le suis partout d'habitude.

Cette fois-ci, Narcissa sentit son sang ne faire qu'un tour. Ses joues devinrent carrément rouges. Erin abordait un sourire goguenard, pas le moins gênée du monde face à la jeune Black. Narcissa avait pourtant l'habitude qu'on lui montre le respect qu'inspirait son nom. Elle n'était pas uniquement la petite-amie de Lucius Malefoy, elle était aussi la fière descendante de la famille Black, l'une des plus puissantes dans le monde des sorciers.

-De quel droit te permets-tu de me parler ainsi ? grinça-t-elle en faisant de son mieux pour maîtriser ses tremblements.

Erin haussa les épaules, nonchalante :

-C'était juste une question. Tu deviens presque aussi rouge que mes cheveux, fais attention. Aufaite, voilà ton prince charmant.

D'un mouvement de la tête si tranché qu'elle crut que sa nuque craquait, Narcissa se tourna vers la porte de la Grande Salle. Lucius venait en effet de passer les portes, son interminable horde de laquets à ses trousses. La jeune femme sentit son cœur battre la chamade. La vérité était que Lucius ne lui avait presque pas adressé la parole des vacances. Les occasions n'avaient pourtant pas manqué : ses parents étaient bien trop occupés à faire des réunions secrètes et à voyager de manoirs en manoirs pour se soucier du fait que Lucius et Narcissa ne dorment ensemble. De plus, elle était certaine qu'aucun de ses amis n'aient osé dire quoi que ce soit si ç'a avait été le cas. Mais Lucius n'en avait rien fait : il l'avait à peine salué le matin du départ, et s'était mis dans le coin d'un wagon du Poudlard Express, ne se souciant guère que Narcissa doive passer l'intégralité de son trajet entre Crabbe et Goyle, occupés à faire des parties de Bavboule, dignes d'enfants de cinq ans. Elle avait espéré tellement plus de ses vacances. Ils ne s'étaient pas parlé depuis, et Narcissa commençait même à douter de la nature de leur relation. Avec une désagréable sensation que quelque chose qu'elle ne souhaitait absolument pas allait se produire, la jeune femme sentit son corps se tendre. Elle vit Avery pointer son doigt sur elle et se diriger dans leur direction. Wilkes semblait se tenir en arrière, peu désireux de croiser le regard d'Erin, laquelle semblait plus détendue que jamais. Narcissa se surprit à admirer ce trait-là de sa personnalité. Elle aurait aimé montrer une nonchalance à toute épreuve, et feindre de se pourfendre en rire face aux blagues de sa congénère. Mais le fait était qu'elle n'arrivait même plus à faire semblant de manger tant son ventre était noué. Lucius ne l'avait pas vu ou, dans tous les cas, n'en avait pas l'air. Il murmura quelque chose à l'oreille de Mulciber qui, le sourire vicieux, acquiesça. Puis le jeune homme s'assit à la table. Aux côtés d'Erin. Sans un regard pour Narcissa. La jeune femme sentit la tension retomber, mais d'une manière qui n'acceptait aucun soulagement. Elle eut envie d'éclater en sanglot, ou de lancer son bol de céréales à travers la pièce. En tant que jeune fille de bonne famille, elle ravala plutôt la bile qu'elle avait au fond de la gorge et but une gorgée de jus de citrouille afin de faire passer le goût amer qu'il restait dans sa bouche. Lucius ne l'avait même pas regardée ou saluée. Après avoir estimé qu'assez de temps était passé pour pouvoir s'éclipser sans que cela n'ait l'air d'avoir un rapport avec l'arrivée de Lucius, la blonde se leva discrètement.

-Où tu vas ?

Elle avait presque oublié le timbre de sa voix. Il était sec et tranchant comme de l'acier.

-En cours, répondit-elle, incapable de soutenir son regard brûlant.

Elle leva cependant assez vite les yeux pour s'apercevoir le regard houleux qu'il venait d'échanger avec Mulciber. Narcissa comprit que c'était à son sujet qu'ils échangeaient auparavant. Elle comprit aussi que Lucius était tout bonnement en train de se moquer d'elle. Les joues rouges et les larmes menaçant de couler, elle s'éclipsa aussi vite que possible de la Grande Salle, avec une profonde envie de ne plus jamais adresser la parole à Lucius Malefoy.

La jeune femme ne remarqua à peine qu'elle venait d'arriver devant la salle de potions. Elle avait presque oublié qu'elle allait devoir subir les Gryffondor en plus de son irritation grandissante. La boule au ventre, elle ne mit pas longtemps à apercevoir la chevelure flamboyante qui caractérisait sa coéquipière de potions. Avec le cœur aussi battant que si elle devait elle-même présenter la matière, elle s'assit et feignit l'ignorance. Elle ne savait pas bien si c'était sa propre fulmination qu'elle ressentait ou celle d'Evans. La Gryffondor semblait fourmiller d'une haine grandissante. Pour elle ne sut quelle raison, Narcissa n'en fut que plus apeurée. Les deux jeunes femmes étaient les premières présentes dans la salle de classe. Même Slughorn ne s'y trouvait pas encore. Narcissa priait pour que quelqu'un, quiconque, entre dans cette salle dans les secondes qui suivraient.

-Tu penses peut-être que le bureau t'appartient ? Mets tes affaires ailleurs.

Evans venait de parler, d'une voix si tranchante que Narcissa en eut le souffle coupé. Elle savait parfaitement quelle attitude son nom et sa maison lui dictaient d'adopter : froide, hautaine et surtout, méprisante. Cependant, pour elle ne savait quelle raison, Evans l'intimidait. C'était bien entendu un secret dont elle ne pouvait parler à personne, surtout pas à Lucius ou à sa famille. Il la bannirait pour n'avoir rien que ressenti la moindre anxiété à l'idée de répondre à une née-moldue. Pourtant, c'était ce que la blonde ressentait face à la Gryffondor.

-Tu es sourde ? Je t'ai dit de bouger ! s'écria Evans en faisant tomber les livres que Narcissa avait disposé sur le bureau.

Cette fois-ci les tempes brûlantes, la Serpentarde soutint le regard de sa rival d'une façon si perçante qu'elle la sentit se déstabiliser.

-Ne fais plus jamais ça. Ramasse ces livres.

-Si tu penses que tu vas m'intimider, tu rêves.

Narcissa sentit ses entrailles se tordre. Il était hors de question qu'elle, Narcissa Black, se soumette à Lily Evans, la moldue. Alors qu'une bouffée de haine menaçait de la submerger, elle se leva pour dominer la rousse de toute sa hauteur :

-Comment oses-tu m'adresser la parole de cette façon ? Est-ce que tu sais à qui tu parles ?

Elle vit Lily se lever à son tour :

-Je m'en contre-fiche de ton nom, de ta famille, ou de celui avec qui tu devras te marier. Si je te dis de bouger tes livres, tu les bouges.

La rousse semblait hors d'elle-même : ses joues étaient devenues rouges, ses mains tremblaient de fureur et ses yeux reflétaient tout le mépris et la haine que Narcissa lui inspiraient. La blonde se sentait elle-même perdre pied. Elle ne voulait plus se taire et rester dans l'ombre. Lucius la considérait déjà comme une moins que rien, mais elle ne pouvait se résoudre à inspirer le même mépris à Lily Evans. Ce n'était pas digne de qui elle se devait d'être. Alors, Narcissa reprit contenance et, avec tout le dédain dont elle était capable de faire preuve, répondit ce que ses parents lui avaient appris à penser :

-Tu fais honte au monde des sorciers. La vermine comme toi ne devrait pas avoir sa place à Poudlard. Tu n'es qu'une...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Lily se jetait littéralement sur elle. Non pas avec sa baguette, mais à même ses poings. Narcissa fut tellement déstabilisée qu'elle tomba par terre, la rousse la maintenant fermement au sol. Elle savait pertinemment qu'elle ne faisait pas le poids, surtout au vu de la fureur de sa rival. Alors qu'elle sentait une vive griffure lui lacérer la joue, la blonde tenta vainement de prendre en main sa baguette qui avait glissé à quelques centimètres des deux jeunes femmes. Soudain, elle sentit Evans se faire projeter quelques mètres plus loin. Narcissa mit un moment avant de comprendre ce qu'il se passait et de se relever. Elle comprit bien vite que c'était Lucius qui les avait séparées, et avait fait valser Evans sur le bureau, laquelle se tenait désormais les côtes. Narcissa vit qu'il était sur le point de la frapper. Elle ne sut pourquoi, mais son réflexe premier fut de vouloir l'arrêter. C'est ce qu'elle aurait fait si quelqu'un ne s'en était pas chargé à sa place. Severus venait d'entrer en trombe dans la salle de classe, et avait lâché son sac pour se jeter corps et âme sur Lucius. Narcissa vit que le garçon avait même arracher un pan de la robe de son petit-ami dans son geste vaillant. La blonde ne savait plus quoi faire.

-COMMENT OSES-TU ?! hurla Lucius à gorge déployée.

Narcissa vit que Rogue avait peur, mais elle remarqua aussi qu'il s'était interposé entre Lucius et Evans, et qu'il ne comptait pas s'écarter.

-Je te laisse une seule chance Servilus, lança le Serpentard dans une haine incommensurable, si tu ne t'écartes pas, je te prends avec elle.

Narcissa tremblait. Elle ne savait pas ce qu'elle devait faire : elle savait pertinemment qu'il lui serait incapable de contrôler la haine de Lucius, pas lorsqu'il était dans cet état. De même, elle ne voulait pas s'allier à lui et attaquer Severus. De plus, elle remarqua que Lily avait repris sa baguette, et ne savait que trop bien les compétences de la jeune femme en matière de magie. Elle-même brandissait la sienne sans aucune conviction, la main plus tremblante que jamais.

-Laisse-la, dit Severus dans un murmure plus courageux que Narcissa ne l'aurait pensé.

-Je n'ai pas besoin que tu me défendes, cracha Evans, laisse-moi me battre en duel avec ce minable.

-Espèce de sale sang-de-bourbe ! S'écria Lucius en poussant Severus à terre et en bondissant sur Evans.

Narcissa vit que la rousse n'avait même pas eu le temps de réagir que son petit-ami la tenait par le cou, plus menaçant que jamais. Aussi vite que Severus avait été projeté à terre, ce fut au tour de Lucius de valser à travers la salle. James Potter venait d'apparaître, ruant de coups le Serpentard qui, dans sa chute, avait perdu sa baguette. Narcissa leva la sienne pour contrer Potter, mais Evans la désarma aussitôt. Elle vit que la rousse s'élançait vers elle afin de reprendre où elle en était restée, mais Severus l'en empêcha. A leurs côtés, Potter et Lucius se lançaient un combat sans pitié. Narcissa sentit ses jambes flageoler et, elle ne sut pas bien pourquoi, se mit à ruer de coups Severus, lequel faisait de son mieux pour garder les deux filles séparées. Alors que Narcissa se disait que l'un d'eux allait probablement finir tué, une détonation plus puissante qu'elle n'en avait jamais entendu explosa dans ses oreilles :

-COMMENT OSEZ-VOUS ?! DANS MA SALLE DE CLASSE. JE RETIRE TOUS SES POINTS A GRYFFONDOR ET SERPENTARD. DUMBLEDORE SERA PREVENU. VOUS NE VOUS EN TIREREZ PAS COMME CA MES ENFANTS.

Projetée à terre par le sort de Slughorn, qui, hors de lui, faisait jaillir des étincelles violettes de sa baguette, Narcissa se leva péniblement, une douleur lancinante à la joue, au coude et dans le bas du dos. Elle ne mit pas longtemps à se rendre compte que les élèves de Serpentard et Gryffondor se tenaient derrière le professeur, dans un silence de mort. La jeune femme remarqua que la bande de Lucius regardait la scène, des sourires amusés aux lèvres. Lorsqu'elle se tourna vers son petit-ami, elle n'osa même pas croiser son regard tant celui-ci brûlait d'une rage incontrôlée. Potter l'avait salement amoché. Le Gryffondor arborait quant à lui une simple égratignure sur la joue, de même qu'Evans, qui, le souffle court, semblait prendre conscience de l'horreur de la situation. Severus avait le regard bas et se tenait le bras, endolori. Pour la première fois de sa vie, Narcissa eut honte de qui elle était.

 

End Notes:

J'espère qu'il vous aura plu ;-) J'ai hâte de développer les conséquences à cette violente dispute!

A bientôt pour un nouveau chapitre!

Chapitre 38: La sentence by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

Ca fait maintenant un bon bout de temps que je n'ai pas posté de chapitre, comme vous avez dû sans doute vous rendre compte. Je ne sais pas si vous allez continuer à lire cette fanfiction, car je comprends qu'après un certain temps peut-être que l'engouement se perd.

 

Quoi qu'il en soit, j'ai eu beaucoup de peine à avoir de l'inspiration et à écrire ces derniers mois, dûs à des événements de vie personnels. Cependant, comme je l'ai toujours dit, je sais que je terminerai cette Fanfiction, car cela me tient beaucoup trop à coeur et c'est un défi personnel que je me met ici. Ce que je ne souhaitais pas était de bâcler l'écriture simplement pour avoir quelque chose à poster. J'ai envie de faire selon mes envies, selon mon inspiration et j'ai envie de "rendre justice" à toutes ces idées que j'ai eu, car je sais exactement comment je veux que cette Fanfiction se termine.

 

Voilà donc la suite du chapitre, que j'ai écrit en plusieurs fois car l'inspiration ne me revient pas d'un coup. Je vais toujous garder le même ton pour cette Fanfiction, mais je pense que certains personnages vont se développer différemment de ce que l'on a vu depuis le début, car cela fait maintenant 2 ans que j'ai commencé à publier, et j'ai moi-même changé entre deux.

 

Je souhaite remercier les personnes qui continueraient à lire cette Fanfiction, et vous souhaite dès lors une très très belle lecture! :D

 

La salle retentissait d'un silence assourdissant, tellement prenant qu'un cri aurait probablement été d'un réconfort apprécié. Lily fulminait. Elle ne savait plus très bien si elle était encore maîtresse de ce qu'elle ressentait à présent. Quiconque lui aurait adressé la parole à l'instant même en aurait payé les conséquences. Elle détestait tous ceux qui l'entouraient. Mais pire, elle se détestait elle-même. Elle sentait l'entièreté de ses muscles contractés de telle sorte qu'elle ne pouvait plus bouger. Désormais, c'était son cerveau le seul et l'unique maître de ses sensations. D'où la désagréable impression de bourdonnement qui la suivait depuis plusieurs minutes. Mais si Lily était hors d'elle-même, ce n'était rien face au professeur Mcgonagall :

-Non seulement je me demande COMMENT deux élèves de Gryffondor peuvent à ce point-là répandre l'opprobre sur ma maison, mais je suis outrée de me rendre compte que ces deux élèves en particulier sont préfets-en-chef !

Lily n'osait regarder sa directrice de maison que par intermittence. Lorsque c'était le cas, elle pouvait voir les veines de son professeur palpiter et ses joues se teindre d'une couleur qui n'augurait rien de bon pour les deux élèves présents dans le bureau. Immédiatement après l'incident, Slughorn - lui aussi d'une fureur rarement témoignée - avait trainé les coupables devant le directeur qui, d'une voix calme et sereine, avait annoncé que c'était aux directeurs de maison de régler ce genre de situations. Ainsi, Lily et James s'étaient rendus en silence et fulminants dans le bureau du professeur Mcgonagall, qui n'en avait pas cru ses oreilles lorsque le directeur lui avait calmement expliqué la situation. Lily forçait les muscles qui l'écoutaient encore à ne pas se tourner vers sa droite. Cependant, elle pouvait sentir la présence de James, et devinait qu'il n'allait pas sortir le jeu de l'arrogance cette fois-ci. Elle pouvait deviner qu'il devait avoir au moins autant honte qu'elle face à la colère du professeur Mcgonagall :

-Alors ?! Des explications ? Miss Evans, je vous rappelle que vous êtes la meilleure élève de votre année, si ce n'est de Poudlard. Vous voulez sérieusement compromettre votre avenir avec un comportement aussi bas ?

Lily sentit ses yeux se remplir dangereusement. Elle savait pertinemment que Mcgonagall avait raison, et n'avait pas besoin de son enseignante pour se sentir honteuse. Cependant, elle trouvait toujours compliquée de devoir constamment jouer le rôle de l'élève modèle, sous prétexte qu'elle avait un meilleur niveau que les autres. Incapable de parler, elle se contenta de hocher la tête.

-Et vous, Potter ? J'ai l'habitude de vos frasques mais je dois avouer que je suis AU BOUT, vous m'entendez, AU BOUT de ce que je peux supporter venant de vous !

Lily fut surprise de voir que le garçon choisit lui aussi la voie du silence.

-Vous pensez bien qu'il va me falloir des explications, et meilleures que ça ! Je suis hors de moi vous m'entendez, HORS DE MOI !

Lily l'entendait parfaitement, comme sans doute tous les Gryffondors présents dans la salle commune à ce moment-là. En effet, le bureau du professeur Mcgonagall devait porter jusqu'aux oreilles des plus indiscrets, et la rousse rougit rien qu'à y penser. Cependant, il lui était impossible de prendre la parole sans, elle le savait, déverser un torrent de larmes. Chose qu'elle s'interdisait formellement en présence de James Potter.

-Donc on nous apprend à défendre les plus démunis, à se défendre, mais quand on le fait on est puni, c'est ça ?

Cette fois-ci, Lily n'y tint pas. Elle se tourna vers son congénère. James semblait moins mal en point qu'elle : il n'avait qu'une égratignure sur la joue, mais un vilain bleu commençait à s'étendre sur son poignet gauche. Elle devait à sa posture qu'il devait avoir quelques douleurs aux côtes. Mais le garçon ne se démontait pas pour autant : il avait parlé avec sûreté, et défiait le regard de son professeur. A cet instant, elle le haït encore plus que précédemment : non seulement il était prêt à compromettre son intégrité, il fallait aussi qu'il mette son avenir en péril. Le professeur Mcgonagall semblait sur le point de tourner de l'œil tant elle était rouge et pincée :

-Potter, votre arrogance légendaire n'a pas sa place dans ce bureau. Vos frasques avec Black, vos soi-disant « blagues » que j'ai dû supporter toutes ces années. J'ai passé sept années à rattraper vos sornettes ! Je dois avouer que vous y avez mis du cœur, et vous vous êtes surpassés cette année, puisque désormais vous mettez toute votre énergie à mettre votre vie ainsi que celle de vos camarades en danger. Vous et vos amis avez enfreint toutes les règles possibles de Poudlard, et pourtant vous y régnez en maîtres. Soit. J'ai été élève ici, je comprends comment ça marche. Mais ça, voyez-vous, je vous l'interdis. Je vous interdis de mettre en péril la réputation d'une maison qui a mis des années à se bâtir. Sur le courage, certes. Pas la bêtise !

Un silence pesant alourdit encore, si c'était possible, l'atmosphère du bureau. Lily n'osait plus bouger. Elle n'avait jamais vu sa professeur, d'ordinaire tant maîtresse de ses émotions, perdre complètement le contrôle. Elle lança un regard en biais à James, et se rendit compte qu'il était loin du regard de honte qu'elle avait pensé deviner en début de rabrouage :

-Le courage ?! Donc, à votre sens, le courage serait de ne rien faire quand mon père est attaqué par des Mangemorts ? De laisser « les adultes » s'en occuper ? Vous n'auriez absolument rien fait, et il serait mort ! Si c'est ce que vous appelez de la bêtise, alors je préfère être bête que courageux. En ce qui concerne Malefoy, il était prêt à attaquer Lily. Et quand je dis attaquer, vous savez pertinemment ce que ça veut dire. Je suis donc censé voir mon amie se faire agresser sans lever le petit doigt ? Parce que ça n'arrivera jamais.

La rousse ravala la bile qu'elle avait dans la gorge et, l'envie de pleurer lui étant passé du tout au tout, se tourna avec virulence vers le jeune homme :

-Comment oses-tu te servir de moi pour justifier tout ce que tu fais ?! Je m'en serais sortie contre Malefoy, et je n'aurais pas eu besoin de l'agresser physiquement ! Je n'ai pas besoin de toi Potter, et nous ne sommes sûrement pas amis.

A nouveau, un silence pesant. Cette fois-ci, le professeur Mcgonagall s'était assise, et semblait sur le point de craquer. Elle avait la tête entre ses mains, et il était difficile de détecter ce qu'elle pensait. Lily fulminait, et la rage avait tellement pris possession d'elle-même que ses mains tremblaient. Elle sentait le regard de James poser sur elle, mais était incapable de le défier.

-Bien, reprit la voix - beaucoup moins forte - du professeur Mcgonagall. Je crois un peu mieux comprendre la situation. Potter, je suis peinée de savoir que vous pensez que je n'aurais rien fait pour défendre votre père. J'y aurais mis ma vie en péril, s'il avait fallu. Je ne voulais pas mettre la vôtre. Je vois que nous avons un grand désaccord sur ce que ce doit d'être le courage. Mais je me souviens avoir eu dix-sept ans. Et je comprends. C'est pourtant exclu que deux de mes meilleurs élèves se compromettent de telle sorte au sein de ma maison. Je pensais vous retirer vos privilèges de préfets-en-chef...

Lily sentit à nouveau les larmes lui monter, et implora sa professeure du regard.

-Cependant, j'ai l'impression qu'une autre sentence serait plus adaptée.

Reconnaissante, le cœur de Lily se mit tout de même à battre plus fort :

-Vous ferez toute vos rondes à deux. Vous me ferez des rapports après chaque ronde. Le local des préfets-en-chef ne sera PAS une excuse pour y inviter des élèves. Il ne sera utilisé uniquement pour vous deux. Après chaque ronde, vous vous y rendrez pour écrire un rapport de vingt centimètres de parchemin, que vous viendrez me remettre immédiatement après écriture de celui-ci. S'il ne s'est rien passé, vous me ferez des dissertations sur ce qu'est le courage pour vous. S'il s'est passé quelque chose, vous me rendrez les faits avec exactitude et essayerez de trouver des façons non-violentes de régler les conflits. C'est votre dernière chance, et c'est non-négociable. A la moindre incartade, la moindre tentative d'enfreindre ce serait-ce qu'une règle de Poudlard, je vous retire vos privilèges.

Elle avait parlé comme à son habitude, d'un ton qui n'acceptait ni refus ni remarque de toute sorte. La colère de Lily s'était évaporée pour laisser place à un sentiment encore moins noble : le dépit. Elle se sentait salie, comme si tout ce qu'elle avait mis si longtemps à construire s'effondrait devant elle, et qu'elle était incapable d'y remédier d'aucune façon. Elle voulait pleurer toutes les larmes de son corps, mais se força - avec le peu de force qu'il lui restait- à attendre encore quelques minutes.

-Vous pouvez sortir de mon bureau.

Lily ne dit rien, et passa devant, pressée de courir à son dortoir pour laisser exploser le flot de larmes qu'elle retenait depuis trop longtemps. Une fois dehors du bureau, elle pressa le pas, mais un bras l'arrêta dans sa course :

-Attends.

C'était James. La pression sur son épaule la força à se tourner, mais elle ne consentit à le regarder dans les yeux. Elle garda un silence têtu, la tête vers la gauche.

-Ecoute... Je t'ai défendu, et je ne vais pas m'en excuser. Je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes contre moi à la moindre occasion. Enfin c'est vrai, Malefoy était en train de t'agresser ! Que ce soit toi ou une autre, j'aurais fait la même chose : je ne peux pas voir une fille se faire agresser, encore moins par quelqu'un comme Malefoy. Lily garda encore quelque peu le silence, car elle ne voulait en aucun cas donner le moindre signe de vulnérabilité à Potter. Elle espérait que l'échange allait s'arrêter ainsi, mais le garçon continua sur sa lancée :

-Et je pensais sincèrement qu'on était devenus amis.

Lily n'y tint plus :

-Amis ?! J'ose espérer que tu te fiches de moi ! Mcgonagall a raison, tu dois être vraiment stupide pour faire ce que tu fais ! Non seulement tu me mêles à tes histoires et me fait presque perdre mon poste de Préfète-en-cheffe, mais en plus de ça tu me traites comme une moins que rien. J'ai bien compris que tu t'en fichais de tout, que tu avais l'habitude de tout avoir et que tu ne te demandais pas si tu faisais du mal ou non. Mais il y a des choses qui comptent pour moi ! Des choses que tu m'as... Prise ! Et tu oses venir me dire que l'on est amis ?! Je ne serai jamais ton amie. Je ne serai jamais rien pour toi.

Lily pleurait, mais peu lui importait. Elle était dans un état si second que le regard des autres ne comptait désormais plus. Elle avait beau prétendre ne rien ressentir, essayer de garder la face, mais elle avait espéré plus. Elle avait espéré plus de James, de leur relation, de ce qui allait ressortir de cette fameuse soirée du Nouvel An. Elle s'en rendait compte à présent. L'indifférence de James à son égard venait lui briser tous ses espoirs, ainsi qu'il lui semblait chaque parcelle de son corps. Elle ne savait pas que ça pouvait faire aussi mal. C'était pour cela, qu'elle se fichait des regards affolés sur son passage, des élèves de Gryffondor qui lui demandaient si ça allait, et même de regagner son dortoir en pleine journée pour ne plus en sortir.

 

 

 

Cela faisait quelques minutes que le cours avait repris, et personne n'osait piper mot. Même les Serpentards, qui d'ordinaire étaient si bravaches, ne bougeaient pas de leur chaise. Il était vrai que la présence momentanée du directeur avait considérablement alourdi l'atmosphère. Albus Dumbledore n'avait pas besoin d'être en colère pour imposer du respect. Le simple fait de son regard inquisiteur et perçant suffisait à faire changer d'avis les plus téméraires. Evan Rosier à ses côtés, Nelly tentait de s'appliquer tant bien que mal à ce qu'elle devait faire. Cependant, elle ne réussissait à se concentrer : en effet, les événements s'étaient enchainés avec tant de vigueur qu'elle ne savait plus quoi penser. Une demi-journée ne s'était même pas écoulée qu'elle détestait déjà la rentrée à Poudlard. Depuis son réveil, elle n'avait ressenti que frustration après avoir vu Remus et Lily se parler, énervement lorsque sa meilleure amie ne l'avait pas attendu pour aller en cours et peur en voyant l'ampleur de ce qui aurait pu se passer si Slughorn n'était pas intervenu. Elle s'en voulait aussi, notamment après avoir reparlé à Sirius. Nelly était à l'instant même bouleversée, et ne savait pas bien si elle se devait d'aller voir Lily ou non. Sa raison lui dictait d'être présente pour son amie, mais la désagréable sensation dans son ventre l'en dissuadait. La tête perdue dans ses pensées, la jeune femme ne remarqua pas qu'elle venait de faire tomber un ingrédient sur le pupitre :

-Fais attention !

Rosier avait parlé. Nelly l'avait presque oublié. Elle se souvint d'avoir appris qu'elle allait être à ses côtés, et de la peur qu'elle avait ressentie. Elle aurait aimé que ce soit à nouveau le cas, car cela aurait voulu dire qu'Evan Rosier était le pire souci duquel elle devait s'occuper. A présent, elle ne remarquait même plus sa présence. Il fallait avouer qu'il était moins intimidant que ce qu'elle n'aurait pensé. Elle ne répondit pas, s'interdisant de s'excuser devant un Serpentard.

-Tu fais n'importe quoi, laisse-moi faire, lui dit-il sèchement.

-Comme si tu savais faire quoi que ce soit en potions, répondit-elle sur le même ton.

Il la regarda d'un regard noir, mais Nelly ne baissa pas les yeux.

-Tu crois peut-être que je vais tout te passer sous prétexte que tu es jolie ?
La brune fut complètement déboussolée. Elle ne s'attendait pas à ce qu'un Serpentard lui fasse un tel compliment, bien qu'il ne l'eût pas dit sur ce ton. Désemparée, elle prit au bon le fait que Slughorn - les oreilles encore rouge de fureur - les congédia. Elle prit son sac à la volée et sortit rapidement de la salle des potions, d'où elle avait l'impression d'étouffer. Une fois dehors, elle se rendit compte qu'elle avait une heure à tuer sur son planning. La bienséance eût voulu qu'elle la passe à la bibliothèque, mais Nelly se rendit compte qu'elle ne s'y était jamais rendu sans Lily. Puis elle pensa à son amie, et au fait d'aller la trouver. Mais la boule dans son ventre l'en empêchait toujours. Elle voulut alors trouver Alice, mais s'arrêta dans sa marche : Nelly se rendit compte qu'elle n'avait pas aperçu son amie. Puis elle eut soudain honte : les événements de la matinée l'avait fait complètement oublier Alice, qui devait elle-même avoir son lot de déboires. Pour elle ne sut quelles raisons, la brune n'en fut que plus irritée envers Lily. Alors qu'elle entendait la voix de Remus, en grande conversation avec Sirius, s'approcher dangereusement, Nelly décida qu'il était temps qu'elle sorte du château : elle n'avait plus envie de les voir, ou de parler à quelconque élève. Elle sut alors qui aller voir, et prit le chemin des portes de Poudlard.

 

 

-Qu'est-ce que tu penses qu'il s'est passé ?

-J'en sais rien mec, mais il faut qu'on le retrouve. Je pense que ça a à voir avec Malefoy, il n'était pas en classe.

-Comme d'habitude...

-On ira lui faire la peau.

-J'imagine que James est dans de sales draps parce qu'il a voulu lui faire la peau. Peut-être qu'il faudrait la jouer profil bas dès maintenant.

Sirius fut surpris du ton sec et piquant de Remus. Lorsqu'ils avaient regagné la salle de classe, deux chaises étaient à terre et Narcissa se tenait le poignet, désemparée. Bien entendu, il n'avait pu se résigner à lui demander ce qu'il s'était passé. Lorsque Slughorn était revenu, il était plus énervé que jamais, et avait intimé aux élèves de ne poser aucune question sous peine de se voir renvoyés temporairement de l'école. Sirius savait pertinemment qu'il n'avait aucun droit de faire cela mais, pour une raison qui lui échappait, n'avait pas voulu défier son professeur. Il avait donc mis en application le philtre de mort que Slughorn leur apprenait, seul - ce qui faisait dire à Sirius que Rogue n'y était pas pour rien dans l'absence de son meilleur ami.

-Certes. Bon, on le trouve ou bien ?

Sirius se sentait lui-même de plus en plus agacé par le comportement de Remus : en effet, celui-ci pouvait se montrer aussi avenant qu'il pouvait être lancinant. Et, bien que s'il s'écoutât de plus près il comprenait son ami, il ne pouvait se résoudre à lui demander ce qui n'allait pas. « Tu as sans doute peur de la réponse », lui intima une voix qu'il préféra taire momentanément. Les deux amis partirent en direction de la salle commune, où ils pensaient trouver James, étant donné l'heure de libre que les septièmes années de Gryffondor avaient. En chemin, ils croisèrent les Serdaigles, qui eux se dirigeaient vers leur prochain cours de sortilèges. Sirius sentit son ventre se contracter à la vue d'un élève particulier : Benjamin Fenwick, en grande conversation avec Cassidy, abordait son air parfaitement sûr de lui et hautain qui avait bâti sa réputation au sein du collège. Derrière, Ilona McDonald's et Sarah Baker les fusillaient du regard. Sirius sentit soudain une montée de colère se propager dans son être, et arrêta Cassidy d'un coup de bras sec :

-Est-ce que tu sais où est passé ton frère ?

Surprise du ton cinglant du garçon, la jeune Potter libéra son bras au moins aussi sèchement et répondit avec fermeté :

-Je ne suis pas les moindres faits et gestes de James. Tu m'excuseras, mais je vais à la bibliothèque travailler. Ça m'évitera de faire perdre tous les points à ma maison. A bientôt, lança-t-elle en se tournant vers Benjamin qui adressa un sourire victorieux à Sirius.

Le jeune homme se sentit fulminer, mais n'eut pas le temps de répondre qu'une autre tignasse châtain se posta devant lui :

-J'imagine que tu n'as pas beaucoup de respect pour qui que ce soit, mais j'espérais un peu plus de considération de ta part que le fait de devoir partir en trombe de ta maison. Tu es vraiment le pire des garçons de cette école, Sirius Black.

Abasourdi par les paroles de Marlene - qu'il n'avait jamais connu aussi lancinante - Sirius ouvrit grands les yeux, mais ne sut que répondre. La jeune fille s'en alla elle aussi en trombe, le laissant pantelant au milieu du couloir. Un peu plus loin, Remus l'attendait, faisant mine de n'avoir pas entendu les échanges.

-Qu'est-ce qu'elles ont toute aujourd'hui ? tenta Sirius, en prenant un faux ton détaché.

Il vit son ami le regarder droit dans les yeux sans rien répondre :

-Quoi ? demanda le garçon aux cheveux d'ébène en haussant les épaules.

Il vit Remus prendre une grande inspiration et, le regard toujours aussi perçant, dire :

-Ce qu'elles ont, c'est qu'elles en ont peut-être marre d'être considérées comme des objets. Peut-être qu'elles commencent à prendre conscience que le monde n'appartient pas à Sirius Black, et que Sirius Black ne peut pas se permettre de faire ce qu'il veut de qui il veut.

Sirius sentit l'entièreté de son corps se tendre. Il avait l'impression que Remus retenait ses paroles trop longtemps, et avait enfin trouvé le courage de les lui balancer à la figure. Cependant, ce qui l'inquiétait le plus n'était pas la colère qu'il pouvait ressentir dans le regard du lycanthrope, mais la manière dont il avait parlé au pluriel. Sirius sentit son cœur s'emballer en se rendant compte qu'il parlait aussi de Cassidy.

-Je ne comprends pas ce que tu veux dire, lança-t-il en tentant de garder la face.

-Ce que je veux dire, c'est que tu joues avec les filles. Un coup tu prends Marlene, puis tu l'embrasses, puis tu couches avec elle, puis tu la jettes, puis tu la reprends pour recoucher avec elle dans la maison de ton propre meilleur ami. Pas étonnant qu'elle réagisse comme ça. Un coup tu embrasses la petite-amie de Franck, un coup tu dragues Nelly. Et même Cassidy...

Sirius se sentit sur le point de s'évanouir tant son cœur menaçait de sortir de sa poitrine.

-Regarde comme tu lui parles : tu n'as peut-être aucune considération pour elle, mais elle est autre chose que la petite sœur de James.

Malgré la tension environnante, Sirius ressentit son pouls reprendre un rythme qui ne lui donnait pas l'impression qu'il était sur le point de mourir. Cependant, sa stupéfaction et sa colère n'en démordirent pas.

-Tu en mourrais d'envie pas vrai ? De me balancer ces choses à la figure ?

Sirius vit Remus s'avancer de quelques centimètres :
-Peut-être qu'il est temps que quelqu'un le fasse. J'en ai marre de devoir tout te passer sous prétexte que tu es un Black. Ça a l'air de t'arranger parfois, pas vrai ?

Menaçant, Sirius s'approcha à quelques centimètres du visage de son ami- dont il n'était plus très sûr qu'il l'était :

-Tu es quelqu'un que j'apprécie et que je respecte, mais dis encore quelque chose comme ça et il n'y aura plus aucune amitié lieu d'être.

Les pulsations lui tamponnant désormais la gorge, Sirius quitta le couloir à grandes enjambées et, sans même s'en rendre compte, quitta l'enceinte du château, en quête d'un moyen rapide de se défouler.

 

 

 

Elle avait passé la journée à ressasser, seule. Nelly n'avait pas trouvé le réconfort qu'elle aurait souhaité auprès de Hagrid, puisque celui-ci donnait des cours aux deuxièmes années à l'orée de la Forêt interdite. Elle avait donc traîné dans l'enceinte du château, le vent glacial et la neige environnante lui piquant les yeux. Puis elle avait tenté de travailler à la bibliothèque mais, perdue dans ses pensées, n'avait même pas réussi à finir son dessin. Finalement chassée par Madame Pince lorsqu'elle avait voulu manger un morceau de chocolat, Nelly avait fini par rejoindre ses classes, dépitée. Elle n'avait pas croisé beaucoup de personne, et se rendait compte que sans Lily et Alice, elle se sentait très seule, même au sein de sa maison. Elle avait bien fini par manger avec Hannah Davis et Justin Pyle, deux Gryffondor de son année, mais une fois le sujet des cours épuisé, s'était rendue compte qu'elle n'était pas très douée pour se faire de nouveaux amis. En effet, Nelly était une personne renfermée, qui préférait les personnes connues depuis longtemps aux nouvelles rencontres. Une fois les cours terminés, la jeune femme décida une nouvelle fois de tenter sa chance auprès de Hagrid. Elle passa ses gants, son écharpe et son bonnet et respira un bon coup avant d'aller braver le froid de janvier. Nelly eut envie d'utiliser sa baguette afin de créer un chemin dans la neige, mais n'eut pas le courage de la sortir de son sac. Elle pria donc pour que ses bottes ne prennent pas l'eau et, la tête dans son écharpe, se fraya un chemin à travers l'enceinte de Poudlard. Quelques téméraires élèves- surtout des plus jeunes - avaient bravé le froid et le vent de l'hiver afin de se laisser aller à une bataille de boules de neige. En les regardant, Nelly sentit son ventre se tordre. Elle se souvenait parfaitement l'avoir fait, de même, des heures durant, avec sa meilleure amie. Elle savait pertinemment que grandir impliquait de ne plus faire de batailles de boule de neige, mais Nelly était nostalgique du temps où les garçons, la guerre environnante et les notes n'étaient que des soucis lointains, inconscients et incongrus. Perdue dans ses pensées, elle heurta soudain quelque chose de dur et faillit tomber à la renverse. En relevant les yeux pour se rendre compte qu'elle se tenait à non moins que Sirius Black, elle ôta son bras et rougit.

-Salut. Je suis désolée, je ne t'avais pas vu.

-Pas grave.

A son ton, Nelly comprit qu'il ne fallait pas insister. Il resta cependant postiché devant elle, son balai à la main. A bien y penser, la jeune femme se rendit compte qu'elle ne se souvenait pas avoir vu le Gryffondor en classe, pas plus qu'aucun Maraudeur, si ce n'était Peter. Elle fut tentée de demander pourquoi, mais se souvint qu'encore une fois, elle n'était pas l'amie de Sirius Black.

-Eh bien, bonne soirée, lança-t-elle avec un faible sourire.

-C'est ça. Toi aussi.

Nelly eut l'impression que Sirius avait l'envie de lui dire quelque chose, mais le vit se raviser et partir dans la direction de Poudlard, lui aussi sans s'aider de sa baguette. Encore plus perturbée qu'auparavant, elle marcha machinalement devant la cabane du garde-chasse de Poudlard. Une fois devant, Nelly se rendit compte qu'elle se sentait bête. Hagrid avait bien entendu toujours été là pour tout élève qui en avait besoin, mais elle ne lui avait jamais rendu de visite seule, et c'était la première fois de l'année qu'elle allait réellement lui adresser la parole. Prête à rebrousser chemin, elle sursauta lorsqu'elle entendit toussoter derrière elle :

-Nelly ! Quel plaisir de te voir là, comment tu vas ?

-Bien, merci, et vous Hagrid ?

La vue embuée par le froid et son bonnet tombant, Nelly aperçût tout de même le garde-chasse - mi-homme, mi- géant - les cheveux encore plus hirsutes qu'à l'ordinaire, la barbe gelée par endroits et portant sur l'épaule ce qui semblait à l'adolescente des fouines mortes.

-Oh tu sais, l'hiver n'est jamais la saison préférée d'un garde-chasse. C'est pour les snargaloufs, tu comprends, expliqua-t-il en tapotant les supposées fouines.

Nelly fit mine qu'elle comprenait, et sourit, gênée.

-Eh bien, ne reste pas là, entre donc, l'invita-t-il en ouvrant la porte de sa petite cabane.

Un feu crépitait dans le coin et Crockdur, l'énorme molosse, leva la tête en voyant les nouveaux arrivés entrer. Il fit brièvement la fête à Nelly, mais préféra regagner le coin de la Cabane, là où son gigantesque panier trônait près du feu. Ravie de la chaleur bienvenue que lui procurait la cabane, Nelly ôta sa veste et ses gants. Hagrid ne mit pas long à lui servir le fameux thé trop sucré et les biscuits beaucoup trop durs. Nelly trouva la chaleur du thé tout de même réconfortante.

-Tu as passé de belles vacances ? lui demanda-t-il sur le même ton enjoué qu'elle lui avait toujours connu.

Nelly regarda le garde-chasse de plus près et se rappela sa première entrevue avec lui, à son arrivée même à Poudlard lors de la traversée du ruisseau pour rejoindre le château. Elle se souvint avoir été apeurée par la grandeur du géant, pour finir par être rassurée par sa gentillesse. Très vite, l'ampleur de la beauté et de la magnificence du château avait effacé les craintes qu'elle pouvait avoir au sujet de Hagrid. Ça, et sa rencontre avec Lily, qui s'était faite immédiatement dans la barque qui les menaient vers les plus belles années de leur vie. Nelly sentit encore une fois son ventre se tordre de nostalgie à ce souvenir.

-Chouettes, mais trop courtes !

Hagrid rigola et fit trembler toute la table, ce qui força Nelly à tenir sa tasse de thé au plus près.

-C'est chaque année la même chose ! Ça file à une vitesse ! Et dire que vous avez bientôt fini.

Nelly sentit sa gorge se nouer, préférant ne pas penser à la fin de Poudlard.

-Ah... Je dois avouer que j'aime chaque année, mais j'ai une petite préférence pour la vôtre.

-Ah oui ? demanda Nelly, curieuse.

-Ne le dis pas trop autour de toi, mais je dois avouer que vous étiez une année mémorable. Oh bien sûr, Potter, Black et leur bande n'y sont pas pour rien ! De vrais petits margoulins ceux-là. Mais ça met du baume au cœur, surtout quand les blagues ne nous sont pas destinées, pas vrai ?  Ça m'a rappelé mes débuts à moi, à Poudlard. On n'oublie jamais ces années-là, pas vrai ?

Nelly acquiesça, le cœur au bord des lèvres.

-Mais dis-moi, comment ça se fait que tu sois ici sans Lily ?

La tête à nouveau dans ses pensées, la jeune femme avait presque oublié le pourquoi de sa présence. En ravalant sa salive, elle but une gorgée de thé et regarda le feu crépiter :

-Eh bien, quelque chose s'est mal passé en cours. Je crois qu'elle a eu une altercation avec Malefoy, et elle n'est pas revenue en classe de toute la journée.

Nelly préférait rester factuelle. Hagrid parut outré de la nouvelle :

-Ah ça, Malefoy... Des margoulins comme Potter ça va, mais des Malefoy, on s'en passerait bien. J'espère qu'elle va bien ?

Nelly ne sut que répondre.

-Eh bien... Je ne l'ai pas encore vu.

Hagrid marqua une courte pause. Bien que le garde-chasse ne fût pas un modèle d'intelligence pure, Nelly savait qu'il était bien plus avancé que certaines personnes lorsqu'il était question de relations humaines.

-Tu sais Nelly... Nous vivons de drôles de temps. De très drôles de temps. L'amitié, c'est la seule valeur sûre qu'il reste. Et puis, je me souviens encore vous voir, les deux petites dans vos barques. Lily ne connaissait rien, et tu lui as appris tout ce qu'il y avait à savoir du monde des sorciers. Je vous revois entrer dans ce château. Ça compte ça, pas vrai ?

Nelly acquiesça, incapable de parler. Elle savait qu'elle avait pris la bonne décision en venant voir Hagrid. Il ne lui suffisait que de peu de mots pour redonner le baume au cœur. Après avoir fait mine de s'intéresser aux biscuits trop cuits mais décliner l'offre, avoir fait une dernière caresse à Crockdur et avoir salué Hagrid, Nelly sortit de la cabane et, cette fois-ci munie de sa baguette, se fraya un chemin à travers la neige, exempt d'humidité. Elle entra dans les couloirs et, bien que les bruits portant de la Grand Salle lui indiquassent qu'il était temps de manger le dîner, elle fila tout droit vers le dortoir des filles. Elle y trouva ce qu'elle savait y trouver : Lily et Alice, toutes deux dans leur lit, l'une faisant mine de lire un livre et l'autre roulée en boules dans ses draps. Nelly se posta au milieu de la chambre, soudain très gênée et mal à l'aise. Lily l'avait vue, mais n'avait pas décroché son regard de son livre.

-Vous n'avez pas faim ? demanda-t-elle finalement.

La rousse fit signe de tête que non, et seul un grognement parvint de la boule de draps qu'était Alice. Nelly soupira et ses épaules s'affaissèrent de quelques centimètres :

-C'est vraiment nul, ce qui est en train de se passer. J'aurais dû venir voir comment vous alliez. Je n'ai vraiment aucune excuse. Je suis désolée.

Lily consentit à baisser son livre, et Nelly vit Alice remuer de quelques centimètres pour laisser entrapercevoir sa tête et ses yeux bouffis. Elle semblait malade.

-Mais depuis quand on se terre dans son dortoir à cause de garçons ?

-Ce n'est pas à cause d'un garçon, répondit sèchement Lily.

-Eh bien, tu t'es tapée dessus avec Malefoy, non ?

La rousse haussa les épaules :

-Je n'ai en tout cas pas peur de lui.

-Je le sais bien. Mais tu te terres dans ton dortoir. Tu es préfète-en-cheffe, tu ne peux pas louper la première journée de cours !

-Oui et bien, j'ai failli perdre ce poste.

-Comment ça ? demanda Alice, dont la voix enrouée laissa présupposer qu'elle ne faisait pas que se terrer, mais qu'elle était bel et bien malade.

Lily leur raconta exactement le déroulement des événements de la journée, et Nelly sentit une rage monter en elle envers Malefoy. La réaction de sa professeure lui semblait injuste. Cependant, elle remarqua que Lily faisait tous les efforts possibles pour ne pas aborder le nom de James, ce que Nelly respecta.

-C'est n'importe quoi ! Enlever TOUS les points à Gryffondor ? Et te menacer d'enlever ton poste ?! Tu t'es défendue bon sang. Ne culpabilise pas, personne ne t'en tiendra rigueur.

Nelly le pensait, et elle vit le regard reconnaissant de son amie. Alice les avait rejointes sur le lit de Lily, et semblait enfiévrée.

-Et toi, comment tu te portes ?

La jeune femme haussa les épaules :

-Mes vacances furent les pires de ma vie. J'ai été malade presque toute la deuxième semaine, et je n'arrive pas à donner le tour. Mcgonagall est au courant.

-Est-ce que tu as... Reparlé... Tu sais ? tenta Lily.

Nelly vit Alice se renfrogner et des larmes lui monter aux yeux :

-Je préfère ne pas en parler pour l'instant.

Un silence pesant suivit ses paroles. Nelly soupira à nouveau, et déclara :

-J'ai besoin que l'on fasse un nouveau pacte. Peu importe les garçons, peu importe les Serpentards, peu importe les disputes ou quoi que ce soit. On finira cette année ensemble, on finira Poudlard main dans la main, comme on l'a commencé.

Elle tendit ses deux mains, que Lily et Alice vinrent prendre avec un sourire. Nelly se sentait beaucoup plus légère, comme si les événements de la journée n'avaient été qu'un mauvais rêve brumeux. Alors qu'elles se demandaient s'il n'était pas temps de refaire surface pour aller manger, quelqu'un toqua à la porte. Curieuse, Nelly alla ouvrir. C'était Sarah Davis, la fille qui occupait le dortoir d'à côté :

-On m'a mandatée pour venir te chercher, Lily. Remus t'attend pour votre promenade.

Nelly se tourna comme un éclair vers son amie, qu'elle vit rougir jusqu'aux oreilles. La nouvelle année promettait des défis que Nelly n'était pas sûre de pouvoir surmonter.

 

End Notes:

Merci à tous ceux qui ont lu ce chapitre, et je vous dis à bientôt je l'espère, pour de nouvelles aventures!!!

 

Chapitre 39: Pièces détachées by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!!

 

Me revoilà avec la suite de la Fanfiction avec ce chapitre: des pièces détachées qui, je crois, porte bien son nom!

Comme je l'ai dit, je poste moins régulièrement car, étant en plein dans mon travail de Bachelor, ça devient difficile pour moi d'écrire aussi régulièrement que je le voudrais. Cependant, cette fanfiction est toujours une bouffée d'air pour moi, et je reprends petit à petit l'inspiration. Il y a parfois des incohérences que j'essaye d'éviter au maximum, car je commence à beaucoup plus développer d'autres personnages, comme celui d'Alice. J'aime beaucoup voir plusieurs manières de penser, et ces personnages m'aident à faire avancer l'histoire. J'espère que ce chapitre vous plaira!

 

Sans plus attendre, je souhaite une agréable lecture et tiens à remercier les personnes qui lisent et aussi celles qui me laissent des reviews! ça fait vraiment chaud au coeur, et ça me donne la force et la motivation pour continuer cette Fanfiction!

 

Belle lecture :D :D !

 

Ce n'était pas dans ses habitudes de fuir. Ou de ne pas vouloir parler. Ou d'éviter le monde. Au contraire, c'était une personne d'un entrain naturel, d'une joie communicative et qui aimait les autres. Profondément. Pas juste parce qu'elle aimait être le boute-en-train, mais aussi parce qu'elle savait qu'elle pouvait apporter quelque chose. Pourtant, cela faisait une semaine qu'Alice faisait semblant d'être malade. Bien entendu, elle l'avait été au début. Les ruptures n'étaient définitivement pas faites pour elle. Mais la grippe avait passé, pour ne laisser place qu'à un simple rhume. Si ses amies insistaient pour qu'elle aille voir Madame Pomfresh, elle avait jusqu'à présent réussit à éviter une ultime humiliation lorsque l'infirmière l'aurait renvoyé en classe à grands coups de pieds dans les fesses. Mais Alice ne pouvait s'y résoudre. Elle savait pertinemment que l'histoire avait fait le tour de Poudlard, et qu'elle ne serait plus le boute-en-train de l'école, mais tout simplement son bouc-émissaire.

-Tu vas mieux ?

Machinalement, Alice toussota et se racla la gorge, comme à chaque fois que Lily lui avait posé la question lors de la semaine écoulée.

-Ça peut aller.

-Alice, il faudra que tu retournes en classe.

La jeune femme leva les yeux vers son amie. Cette dernière savait. Mais Alice n'était pas surprise : il n'y avait rien qui échappait au regard aiguisé de Lily Evans. Elle sentit ses épaules s'affaisser, ainsi que le peu de dignité qu'il lui restait.

-C'est aussi évident ?

-Pour moi, oui. Mais si tu agis comme ça en classe, les professeurs ne sauront pas que tu as fait semblant pendant une semaine.

-Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu l'avais remarqué ?
-Parce que j'ai pensé que tu avais besoin de ce temps pour toi. Alors j'ai pris tes notes, fait tes devoirs et je t'ai excusée devant les professeurs. Mais au-delà de cette semaine, je ne peux plus rien pour toi.

-Merci, murmura Alice, consciente qu'elle mettait son amie dans l'embarras.

-Ce n'est rien. Ce n'est pas pour moi que je m'inquiète. Tu vas venir en cours, aujourd'hui ?

Alice soupira. C'était le lundi, et le lundi voulait dire potions avec les Serpentards. Elle n'était pas sûre de pouvoir le supporter. C'était sans compter l'ambiance glaciale qu'il y allait avoir après l'incartade entre les Gryffondors et les Serpentards, dont elle avait été mise au courant par Lily et Nelly.

-Au faite, où est... ?

-Je ne sais pas, répondit Lily un peu trop rapidement.

-Vous ne vous êtes pas reparlées depuis ?

-Un peu. C'est toujours assez embarrassant.

Alice avait été témoin de l'éloignement des deux jeunes femmes lors de la semaine écoulée : en effet, Lily et Nelly venaient la trouver séparément et, lorsque par mégarde elles se croisaient, un silence gêné et équivoque s'installait dans la pièce. Alice s'en voulait de ne pas pouvoir les soutenir plus.

-Mais elle sait que tu n'es qu'amie avec Remus ?

-C'est ce que je lui ai dit ! C'était juste une promenade... Et nous avons principalement parlé cours si tu veux savoir. Remus est mon ami depuis longtemps mais... Je ne voudrais pas perdre Nelly pour si peu. Ce serait bête.

Alice se dit qu'il était temps qu'elle reprenne son rôle de pacificateur qui lui était connu :

-Et pourquoi tu ne vas pas lui dire à elle ?

Elle vit la rousse hausser des épaules, et Alice se surprit à sourire pour la première fois depuis longtemps.

-Je sais. Ce n'est pas évident d'accepter que l'on ait pu faire une erreur. Nelly est encore amoureuse de Remus, ça crève les yeux. Je comprends donc qu'elle ait pu ne pas apprécier ta balade avec.

Elle vit Lily se renfrogner.

-Mais je te comprends aussi ! Vous êtes amis, et je sais très bien qu'il n'y a pas plus.

La rousse sembla se détendre.

-Tu as sans doute raison. J'irai lui parler.

Alice se félicita intérieurement d'avoir pu encore servir à quelque chose auprès de ses amies.

-Et toi ?

-Comment ça ? demanda-t-elle, l'infime joie qu'elle avait ressenti immédiatement évaporée.

-Et bien... Peut-être que tu devrais aussi parler à certaines personnes ? Mais pour ce faire, tu es obligée de te lever et de te préparer. Allais c'est parti, on va en cours !

En sachant pertinemment que cette journée allait être la plus longue de sa vie, Alice se leva péniblement des couettes qui avaient été son seul pilier lors de sa semaine de rentrée à Poudlard.

 

 

-Et là, il a osé me dire qu'il voyait quelqu'un. Tu imagines ?! Voir quelqu'un, alors qu'il était avec moi !

Narcissa n'écoutait que d'une oreille les périples d'Erin. Pensive, elle retournait ses céréales avec la même envie de vomir qui ne l'avait pas quitté de la semaine et du week-end. Elle avait essayé de prendre l'air, mais la température était tellement descendue qu'il était impossible de sortir du château sans que ses pointes de cheveux ne gèlent. Elle avait aussi envisagé l'option devoirs, mais n'avait réussi qu'à mélanger le cours de sortilèges avec le cours de métamorphose et s'était faite rabrouer par le professeur Mcgonagall, ce qui avait parfait à sa honte. Sa seule option était désormais d'écouter Erin qui, elle ne savait pour quelle raison, s'était mise en tête de devenir son amie.

-Tu m'écoutes ?

Narcissa secoua la tête et rougit, comme ça lui était arrivé trop souvent à son goût la semaine écoulée.

-Oui, désolée j'étais dans mes pensées.

-C'est encore avec ton petit Lucius ?

Narcissa soupira. Elle détestait qu'Erin lui ait donné ce prénom. Cependant, elle n'avait plus de contact avec le « petit Lucius » depuis qu'elle avait été claire sur le fait qu'elle n'acceptait pas un tel comportement de sa part. Bien entendu, Lucius avait été adulé de Serpentard lorsque l'histoire avait fait le tour de la maison. Narcissa savait pertinemment que ce qu'il s'était réellement passé était moins glorieux : Lucius aurait été dans de sales draps si Slughorn ne l'avait pas séparé de Potter. Pourtant, à entendre le reste des Serpentards, Lucius avait été l'homme de la situation. En remarquant que la seule personne qui ne trouvait pas le récit convaincant était sa petite-amie, le blond n'avait que moyennement apprécié ne pas être adulé par elle. Mais Narcissa ne pouvait s'y résoudre : elle avait été morte de peur face à la colère d'Evans, et de voir son petit-ami s'en prendre aussi fermement à une fille... Elle avait les frissons rien qu'à y penser. La seule personne que Lucius méprisait à l'instant présent plus qu'elle était Severus. Narcissa n'avait trouvé le courage de lui reparler depuis l'incident. Il était devenu le paria des Serpentards.

-Ne l'appelle pas comme ça, maugréa la jeune femme entre ses dents.

Erin parut surprise.

-Eh bien, ça va vraiment plus mal que je ne pensais. Qu'est-ce qu'il a encore fait ? Draguer la mauvaise personne ?

Narcissa se sentait bouillonné.

-Car oui, il faut savoir que ton petit-copain était moins farouche avant que tu ne jettes ton dévolu sur lui.

La blonde se sentit devenir tomate. Elle leva la tête et regarda Erin, dont elle avait désormais pris la couleur de ses cheveux rouge vif.

-Qu'est-ce que je dois comprendre par-là ?

Sa congénère semblait se délecter de la situation. Pas gênée le moindre du monde, la Serpentarde annonça :

-Disons que je lui ai appris plusieurs choses. Mais bon, tu dois le savoir mieux que moi, il est assez doué de base.

Narcissa se sentit perdre pied. Elle lança sa cuiller violemment dans son bol et se leva :

-Tu te crois peut-être intelligente et séduisante parce que tu largues des types comme Avery et Wilkes, mais si je peux me permettre, tu es le genre de fille avec qui l'on passe sa première nuit, pas avec qui l'on veut passer ses dernières.

Narcissa sentait son pouls contre son cou et ses mains trembler. Mais elle n'était pas prête à lâcher son regard. Erin parut réellement surprise, puis amusée. Elle regarda autour d'elle et Narcissa fit de même, pour se rendre compte que des Serpentards de troisième année les avaient entendus, choqués. Elle leur lança un regard à glacer le sang et ils décampèrent de la Grande Salle. Narcissa ne se rassit pas et soutint le regard d'Erin, qui, après quelques secondes, soupira et dit calmement :

-Et bien, il était temps. Je pensais réellement que tu étais le genre de fille à tout accepter sans broncher. Mais non, on dirait que j'ai réveillé la Black qu'il y a en toi.

En sentant ses jambes flageoler, Narcissa se vit contrainte à se rassoir.

-Ecoute. Oui, il s'est passé quelque chose entre Lucius et moi. Mais c'était il y a longtemps. Et il était moins expérimenté que maintenant j'imagine. Tu dois savoir comme moi que tu n'étais pas sa première ?

La blonde sentit son pouls dans sa gorge se transformer en une boule impossible à faire partir. Elle acquiesça à contrecœur.

-Narcissa, est-ce que je peux être honnête ?

La Serpentarde trouvait toujours incroyable la manière dont Erin s'adressait à elle, comme si elles étaient de vieilles amies.

-Il me semble que tu n'as pas besoin de mon autorisation.

Erin sourit :

-Non. Je pense que tu devrais assumer qui tu es. Tu es une Black, ta famille est la plus puissante famille dans le monde des sorciers. Les Malefoy n'ont absolument rien à vous envier. Pourquoi tu es autant en retrait ? Ton petit Lucius, il n'est rien sans toi.

Narcissa sentit son pouls se calmer quelque peu. Elle n'avait pas quitté Erin des yeux. La jeune femme semblait sincère, mais elle avait parlé de manière nonchalante, comme si c'était la chose la plus banale qu'elle pouvait dire.

-Enfin c'est vrai ! Tu es le meilleur parti qu'il pourrait avoir.

Narcissa se sentit se tendre. Elle en avait plus qu'assez d'être réduite à un « bon parti » lorsqu'il s'agissait de Lucius. Elle maugréa et fit mine d'acquiescer, pour ne pas montrer que cette situation la touchait plus qu'elle ne voulait l'admettre.

-Et donc ?

-Donc quoi ?

-C'est quand que tu montres qui tu es ?

A l'instant même, Narcissa entendit des bruits fracassants dans la Grande Salle : la bande de Lucius faisait son entrée. Depuis l'incident, ils s'étaient mis en tête de devenir les rois de Poudlard. La blonde savait pertinemment que c'était plus pour sauver l'honneur de la maison devenue ennemie des trois autres que parce qu'ils l'étaient réellement, mais il s'avérait que Lucius et ses acolytes ne s'étaient jamais autant acharnés à faire de Poudlard leur terrain de jeu. Elle ne savait pas comment cette histoire allait se terminer, mais elle pressentait que ça n'augurait rien de bon pour personne. Elle vit des Serdaigle de quatrièmes années s'écarter du chemin, le regard bas, lorsque Mulciber, Wilkes et Avery passèrent les portes.

-Et c'est parti, murmura Erin, comme si la situation n'était qu'une vague plaisanterie.

Narcissa, pour sa part, se sentait beaucoup moins confiante. Encore moins lorsqu'elle vit qu'ils se dirigeaient droit vers les deux jeunes femmes. Wilkes prit place à côté d'Erin, qui l'ignorât avec tant de superbe que Narcissa ne put s'empêcher d'être admirative. En face d'elle prit place Mulciber. La jeune femme était de moins en moins à l'aise en sa présence, car elle sentait pertinemment que le garçon n'avait aucune considération ou respect pour sa personne. Comme la plupart des amis de Lucius, ce qu'il laissait faire sans broncher. Puis le blond prit place à côté d'elle, comme si elle lui appartenait, comme à son habitude. Il ne lui dit pas bonjour, mais se mit à parler avec Mulciber du prochain match de Quidditch :

-Ils ont tous plus peur les uns que les autres maintenant qu'ils savent de quoi tu es capable, dit Mulciber avec un air supérieur.

Lucius acquiesça d'un sourire entendu.

-Peur ou pas, ce sont les Poufsouffles. Qu'est-ce que tu veux qu'ils aient comme chance contre qui que ce soit ?

La remarque fit exploser de rire la tablée. Lucius était sans conteste le roi des Serpentards. Mais Narcissa ne voulait pas y participer. Elle se pencha pour ramasser son sac et, après un regard entendu avec Erin, se leva pour partir. Elle pensait le faire en se faisant le moins remarquer mais, à peine se fût-elle extirpée du banc que la bande cessa toute conversation. Mulciber avait les yeux plantés vers Lucius, et semblait le défier du regard. Avery et Wilkes s'échangeaient des regards entendus, sur le point d'exploser de rire. Rosier, quant à lui, continuait de manger comme si rien ne s'était produit.

-Je peux savoir ce que tu fais ? demanda Lucius d'un ton qui glaça le sang à Narcissa.

Elle n'avait jamais été habituée à des gestes d'affection, ou à de la considération lorsqu'ils n'étaient pas tous les deux. Ça ne l'avait jamais réellement fait souffrir, puisqu'elle aurait détesté devoir exposer sa relation aux autres élèves de Poudlard. Le rôle de l'invisibilité lui avait toujours convenu. Pourtant, elle n'était tout de même pas habituée à ce que Lucius lui-même semblât la traiter comme une moins que rien, d'un ton qui n'annonçait que dédain et moquerie.

-Tu vois bien, je pars, répondit-elle, se tannant mentalement de ne pas pouvoir contrôler le tremblement de sa voix.

Lucius eut un petit rire moqueur :
-C'est ce que tu crois. Assieds-toi.

Erin s'était momentanément figée, et semblait pour une fois interpellée par la situation. Plus personne dans la bande ne parlait. Mulciber fixait toujours Lucius. Rosier s'était arrêté de manger. Narcissa se sentit trembler dans l'entièreté de son corps.

-Sûrement pas, je m'en vais.

Elle fit un geste, mais fut arrêtée par le bras de Lucius, qui lui attrapa brutalement le poignet.

-J'ai dit : assieds-toi.

Narcissa tenta de se défaire de l'emprise du Serpentard, mais il resserra sa prise.

-Laisse-moi partir.

Il la regarda avec tellement d'intensité que, pendant une fraction de seconde, elle aurait voulu qu'ils ne soient que les deux. Cependant, le regard lancinant de Mulciber sur sa personne l'empêchait de s'y résoudre. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, à se défier du regard. Alors que la tension était à son maximum, et qu'elle se demandait si Lucius n'allait pas la plaquer au sol ou lui arracher ses vêtements devant tout le monde, Erin vint briser l'atmosphère qui était devenue insoutenable d'intensité à la blonde :

-Ça suffit cette comédie. Narcissa, on y va. Lucius, quand tu auras envie de traiter ta copine avec le respect qu'elle mérite sans avoir besoin de ta bande de toutous, tu nous feras signe.

Wilkes se mit à rire bêtement.

-Quant à toi, continua Erin, tu ferais mieux d'apprendre à te gérer, avant de te moquer de qui que ce soit.

Ce fut au tour d'Avery et d'Evan de pouffer de rire.

-Comment ça ? Je ne comprends pas, lança Wilkes d'un air béat.

-C'est bien ce que je disais : soit tu es trop lent, soit tu es trop rapide.

Pour la première fois depuis la rentrée, Narcissa lança un sourire sincère à l'intention d'Erin. La tête de Wilkes en valait largement la peine. Ses amis se bidonnèrent, et l'atmosphère se détendit. Narcissa réussit à se défaire de l'emprise de Lucius et, sans lui lancer un autre regard, s'éloigna de la Grande Salle à grands pas. Elle ne savait pas très bien ce qu'il s'était passé à l'instant même, mais elle savait que ça allait changer beaucoup de choses. Pourtant, lorsqu'elle repensait à son regard, elle se rendit compte que la peur n'était pas la seule émotion qu'elle avait ressentie. Narcissa rejoignit son cours d'histoire de la magie, incapable de maîtriser le fin sourire qui était venu se nicher sur ses lèvres.

 

 

 

Comme elle l'avait prévu, la journée était longue, incroyablement longue. Elle avait réussi à éviter la plupart des personnes au petit-déjeuner, et avait avalé ses toasts en quatrième vitesse afin de pouvoir regagner rapidement la salle de classe et s'installer dans un coin au fond de la salle. Elle fut reconnaissante à Lily de prendre place à côté d'elle, ce qui lui évitait le sentiment de honte de se retrouver seule, avec les regards aiguisés des élèves postés sur elle. Son ventre s'était tordu d'une telle façon lorsqu'elle l'avait aperçu qu'elle avait immédiatement su qu'elle avait fait une énorme erreur de revenir en cours aussi rapidement.

-J'aurais dû attendre.

-Qu'est-ce que ça aurait changé ? Que tu viennes aujourd'hui ou demain, c'est la même chose, dit Lily d'une voix douce alors que les élèves prenaient place en salle de métamorphoses. 

-Je pensais plutôt à attendre quelques mois, que la situation se tasse et que je puisse partir de Poudlard sans plus le revoir.

Elle vit la rousse lever les yeux au ciel. Mais Alice ne plaisantait qu'à moitié. Elle ne se sentait pas assez forte pour affronter les élèves avides de ragots qu'elle devinait sous les regards soit de pitié, soit méprisants.

-Ils t'ont sûrement déjà oubliée. La nouvelle histoire, c'est le fait que j'ai failli me faire frapper par Malefoy. Ne t'en fais pas.

Alice ne se sentit pas mieux face aux paroles de son amie, mais plutôt honteuse du fait qu'elle accaparait l'attention.

-Tu vas bien ?

Lily haussa des épaules :

-Je ne retournerai plus jamais à une réunion du club de Slug, et il faudra définitivement que j'aille m'excuser auprès du professeur Slughorn. Mais je n'ai pas peur, si c'est ce que tu veux savoir.

-Irina Patil m'a fait savoir que les Serpentards sont devenus complètement fous. A l'en croire, ils n'arrêteraient pas de faire peur aux plus jeunes, et ils n'ont prévu aucune pitié pour le prochain match de Quidditch. Tu n'as pas peur de faire tes rondes ?

Alice vit son amie se renfrogner, et elle comprit que ce n'était pas un sujet à aborder. Elle comprit aussi que ça avait avoir avec James Potter, lorsque le garçon entra dans la classe, lui aussi moins heureux qu'à l'ordinaire. Alice prit quelques instants du recul : comment la situation avait-elle pu à ce point dégénérer ? Elle se sentait coupable de tout cela. Nelly entra finalement dans la salle de classe, et le courant d'air glacial qui lui frôla l'épaule lorsqu'elle passa à côté d'elle et de Lily fit dire à Alice que les Serpentards n'étaient pas le seul souci qu'elles auraient à affronter. En s'empêchant de toutes ses forces de ne pas regarder sur sa droite, pour ne pas le voir, la jeune femme ouvrit son livre et se rendit compte qu'elle avait pris un tel retard sur la matière qu'elle ne savait même pas comment faire apparaître un oiseau, alors que le professeur Mcgonagall leur donnait déjà la consigne que les ailes devaient être rouges et non pas magenta. Elle lança un regard désespéré à Lily, et la rousse comprit rapidement qu'elle était complètement perdue. Elles se mirent donc toutes deux à essayer de faire apparaître un oiseau. Ceux de Lily étaient majestueux, avec des ailes rouge vif bordés de doré. Alice n'avait réussi qu'à métamorphoser un faible moineau, d'un gris terne.

-C'est le début, lui murmura Lily, ça m'a aussi pris du temps.

Alice savait pertinemment qu'elle mentait, mais elle était reconnaissante à son amie d'essayer de lui remonter le moral. Le cours passa rapidement, mais la matière que le professeur Mcgonagall tentait de faire ingérer à Alice semblait complètement indigeste. De plus, son esprit était ailleurs : elle ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'aucun des Maraudeurs ne riait aux éclats - ce qui rendait la classe ennuyeuse- que le professeur Mcgonagall avait félicité Lily avec plus de froideur qu'à l'accoutumée, que Nelly n'avait pipé mot depuis le début du cours et qu'elle était assise seule à l'avant de la classe. Ils étaient comme des pièces détachées d'un puzzle qui s'était misérablement étalé au sol, et Alice savait qu'elle en était en grande partie coupable.  Seules Cassidy et Dorcas, deux rangées devant, semblaient rigoler entre elles et se raconter des ragots. Mais Alice eut une boule en ventre en pensant à la première, et sut qu'elle ne pourrait plus jamais rigoler avec elle, de par ses actions. N'y tenant plus, Alice se tourna : il avait le visage fermé, comme à son habitude, mais un air beaucoup plus dur qu'à l'ordinaire traversait son visage. Elle le trouvait beau. Peut-être même encore plus désormais qu'elle savait qu'il ne serait plus jamais à elle. Il était assis à côté de Peter, mais les deux ne se parlaient pas. Au-devant se trouvaient James et Remus, qui semblaient l'un comme l'autre accaparé dans leur tâche, ou plutôt leurs pensées. Sirius était aussi assis seul, et un seul regard fit comprendre à Alice que personne n'avait intérêt à se trouver à côté de lui. Elle eut une soudaine envie de pleurer en voyant le jeune homme. Si seulement elle n'avait pas fait ce qu'elle avait fait... Elle n'était pas prête à y penser, ni à être totalement honnête sur le pourquoi de son geste. Elle retenta un regard vers Franck, mais celui-ci n'avait pas bougé. C'était officiel : elle n'existait plus à ses yeux. La fin du cours sonna, et Alice se précipita sur son sac. Elle fut cependant interrompue par le professeur Mcgonagall :

-Pas si vite ! J'ai une annonce à vous faire : je veux que vous soyez dans la Grande Salle dans dix minutes, pas une de plus ! Le professeur Dumbledore et moi-même avons plusieurs annonces à vous faire concernant la suite de vos études. Toutes les septièmes années seront réunies : je ne veux donc aucun débordement.

Le ton du professeur Mcgonagall était équivoque et, avec l'impression que ses épaules pesaient des tonnes et que plus rien ne serait jamais pareil, Alice se leva et avança lourdement vers les portes de la Grande Salle.

 

 

 

-Bien. Nous vous avons tous réunis aujourd'hui pour vous faire plusieurs annonces, commença le professeur Mcgonagall une fois les élèves en rang et le silence complet obtenu. Premièrement : vous l'aurez remarqué, mais ce début d'année a été éprouvant à bien des égards. Sachant que le prochain cours de potions aura lieu dans quelques minutes, je vous suggère d'apprendre de vos erreurs, car le professeur Slughorn ne sera pas capable de supporter d'autres débordements dans son cours.

Lily se sentit immédiatement rougir, et elle sut que les regards de certains de ses camarades étaient accusateurs : Nelly avait tort, les Gryffondors avaient bel et bien tenu compte du fait qu'ils aient perdus tous leurs points. Elle s'interdit de regarder en direction de James, et espérait que lui aussi était la cible des regards.

-Cependant, la situation s'est vite améliorée et je tiens à remercier personnellement nos deux préfets-en-chef, Miss Evans et Monsieur Potter, pour le travail quotidien dont ils me font part. J'espère que ce bon travail pourra continuer ainsi jusqu'à la fin de l'année.

Jamais Lily ne fut plus reconnaissante envers son professeur. Elle avait bien remarqué la façon plus froide que Mcgonagall avait de l'aborder, mais l'enseignante avait dû comprendre que Lily était assez punie par ses camarades et par les regards brûlants de haine du côté des Serpentards. C'était un sujet auquel elle s'interdisait de penser.

-Je laisserai notre cher directeur prendre la parole à ce sujet.

Le professeur Mcgonagall fit quelques pas en arrière, et le professeur Dumbledore prit la parole, calme, serein, un sourire bienveillant aux lèvres :
-Je comprends que la rivalité entre maisons, que nous encourageons sous ses formes les plus saines, puisse parfois prendre des virages que personne n'arrive à maîtriser. Cependant, si je puis me permettre, vous serez dans quelques mois livrés à vous-mêmes, dans le monde parfois effrayant que l'on appelle le monde des adultes. Et dans ce monde-là, il ne s'agit plus de simples rivalités entre maisons. Il s'agit de beaucoup plus que cela. Il s'agit de croire que le monde peut être porté par des êtres qui s'aiment, qui se soutiennent. Il s'agit de combattre ce en quoi l'on ne croit pas : la peur, l'ignorance, la faiblesse. Votre seul moyen d'y parvenir, est si vous restez soudés. Tous ensemble. Ne laissez pas ces rivalités de maisons s'étendre au-delà de ce que ça devrait être. Ne laissez pas l'en-dehors, changer ce que vous êtes au-dedans.

Lily sentit des frissons se propager dans l'entièreté de son corps. Il n'y avait rien d'anodin dans les mots de son directeur, non plus que le ton grave qu'il avait abordé dans ses paroles. Pendant quelques secondes, personne ne pipa mot. Lily sentit ses yeux se remplir dangereusement. « Rester soudés » : c'était tout ce qu'ils n'étaient pas à l'instant même.

-Bien, reprit le professeur Mcgonagall d'une voix plus haute qu'à l'ordinaire après s'être éclairci la gorge. Avant de vous laisser partir, laissez-moi vous annoncer que les heures de rencontre avec vos directrices et directeurs de maison pour parler de votre avenir seront annoncés dans le courant de la semaine prochaine dans vos salles communes respectives.

Cette fois-ci, les élèves commencèrent à s'agiter : la fin de Poudlard était une perspective que peu attendaient avec impatience, et elle devenait de plus en plus réelle. Une autre pensée qui donnait à Lily l'envie d'éclater en sanglots.

-S'il vous plait, continua le professeur en redemandant le silence. Etant donné que la plupart de vous auront dix-sept ans dans l'année, ou l'ont déjà, les permis de transplanage auront aussi lieu dans le courant du mois de mars. Les horaires des cours de répétition seront également affichés dans vos salles communes.

Cette fois-ci, ce fut une ovation claire et franche qui accueillit les propos du professeur Mcgonagall, ce qui fit rire le directeur et Lily. La jeune femme, complètement prise par les événements récents, avaient complètement oublié que la vie à Poudlard ne s'arrêtait pas, et que ses meilleurs apprentissages n'avaient pas encore eu lieu : le permis de transplaner - et donc de disparaître d'un endroit pour réapparaître à un autre à l'aide de la magie - était une perspective qui comblait de joie Lily. Elle devenait enfin une adulte, et ça avait du bon. Avec un grand sourire, elle se tourna vers Alice qui elle la regardait avec de grands yeux abasourdis, une main sur la bouche.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-J'ai failli oublier ! Tu as dix-sept ans dans moins d'un mois ! Lily Evans : prépare-toi à vivre ta fête de l'année, car je m'en charge et crois-moi, on s'en souviendra pour longtemps !

Lily n'avait pas prévu de se retrouver si rapidement le centre de l'attention. Elle n'avait pas non plus prévu que James Potter n'entende ce fait et la regarde avec autant d'intensité, ni que Nelly ne s'éclipse aussi rapidement de la salle. Une chose était certaine : les dix-sept ans de Lily Evans n'allaient pas passer inaperçu.

 

End Notes:

Merci de votre lecture! J'ai hâte de connaître vos impressions.

Pour le prochain chapitre, je pense reprendre le POV Rogue, qui doit être bien déboussolé de la situation, et aussi celui de Cassidy et de Dorcas qui, bien qu'elles soient parfois moins présentes, sont deux personnages que j'adore tout bonnement et auxquelles je m'identifie beaucoup.

 

A bientôt donc pour un nouveau chapitre!

Chapitre 40: Recoller les morceaux by Cassy
Author's Notes:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un nouveau chapitre!

Je tiens à remercier de tout court les personnes qui continuent à lire et à laisser des reviews pour ma Fanfic. Je suis vraiment touchée. Etant donné que je prends plus de temps entre les chapitres dû à ma situation personnelle, j'essaye au maximum d'éviter les incohérences. Si vous en voyez qui pointent le bout de leur nez, n'hésitez pas à m'en faire part ! :)

 

Je vous laisse donc à la lecture de ce chapitre, qui pour moi était nécessaire car il couvre plusieurs points de vue, et que j'avais besoin de faire un petit tour de tous les personnages de ma fiction. J'ai aussi tenu à reprendre le point de vue Dorcas et Cassidy, qui sont deux personnes que j'adore, malgré le fait qu'elles sont parfois moins présentes. Je vous laisse donc découvrir leurs aventures, et vous souhaite une très belle lecture!

 

Il aurait eu envie d'en finir. De ne plus exister. Toute sa vie il s'était battu pour faire partie de quelque chose, pour être reconnu. Mais à l'instant même, jamais il n'aurait autant aimé qu'on ne le voie pas. Qu'il soit invisible. Non seulement il allait devoir subir les humiliations et les brimades de son coéquipier de potions, mais en plus il allait falloir affronter la haine et le mépris de sa propre maison. Severus Rogue était devenu le paria des Serpentards, l'opprobre de la maison vert et argent. Et ce pour quoi ? Il n'avait eu aucun remerciement, aucune reconnaissance. Bien au contraire, c'était vers Potter et sa bande que les éloges iraient, forcément. Potter et Black, qui, il le sentait, allait lui faire passer l'une des pires heures de cours de sa vie.

-Bouge de là, c'est ma place.

Black venait d'entrer dans la salle, comme si elle lui appartenait, comme à son habitude.