Errare Magus Est by Steamboat Willie
Summary:


Illustration : Warner Bros, Pixabay - Montage par mes soins.

Deux siècles après l'époque où Voldemort a terrorisé la société sorcière, la vie suit son cours à Poudlard.

Edelyne Weasley, élève de Serdaigle en septième année, a toujours été fascinée par les histoires racontées dans sa famille. Tout spécialement celles concernant un certain Sirius Black...


Categories: Durant Poudlard, Résistance Characters: Neville Londubat, Sirius Black
Genres: Polar/enquête
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Le tombeau des héros est dans le cœur des vivants , Sirius, plus qu'une étoile
Chapters: 2 Completed: Oui Word count: 3895 Read: 1009 Published: 08/10/2017 Updated: 12/10/2017
Story Notes:

Réponse au concours de Night Circus :
 Le tombeau des héros est dans le coeur des vivants

Le but était d'écrire dans un futur très éloigné de la Bataille Finale, à propos des événements qui se sont déroulés dans les livres.

1. La Guerre des Sorciers by Steamboat Willie

2. Sirius Black, bandit ou victime ? by Steamboat Willie

La Guerre des Sorciers by Steamboat Willie
Author's Notes:

Réponse au concours de Night Circus :
 Le tombeau des héros est dans le coeur des vivants

Le but était d'écrire dans un futur très éloigné de la Bataille Finale, à propos des événements qui se sont déroulés dans les livres.

 

                Edelyne Weasley s’était préparée depuis longtemps à faire cet exposé. En fait, elle avait commencé dès que le professeur Crivey avait expliqué que les élèves de sa promotion devraient raconter l’histoire de leur famille, au début de l’année scolaire.
                Comme elle était une descendante directe de deux des héros qui avaient mis fin au règne de terreur de Voldemort, elle avait toujours entendu parler lors des réunions de famille des exploits de Ron Weasley, de Hermione Granger et de Harry Potter. Du meurtre des parents de Harry Potter à la défaite du mage noir, Edelyne savait tout ce qui s’était dit sur cette période sombre de l’Histoire Sorcière. Elle savait que poser le contexte ne serait pas un problème. Elle n’apporterait pas grande chose de nouveau à la chronologie des événements. Ce qui la faisait stresser, en revanche, était la présentation de la deuxième partie. Celle où elle parlerait du paria de l’Histoire, celui que les Sorciers considéraient comme le pire mangemort qui ait jamais suivi Voldemort...

                Sirius Black, le parrain du Survivant.

                Après avoir installé sur le bureau du professeur Crivey tous les documents qu’elle souhaitait exploiter, elle regarda la pile de parchemins. Ils étaient parfaitement bien rangés : elle pourrait sans souci trouver celui dont elle avait besoin. Par contre, elle se fit la réflexion qu’il y en avait beaucoup, et elle se demanda si c’était judicieux. Aucun de ses camarades n’avait présenté autant de documents que ce qu’elle avait là.
                D’un autre côté, peu de familles avaient autant d’archives accessibles que la sienne, entre les rapports de différents services du Ministère, devenus publics car vieux de plus de cent ans, les numéros de la Gazette du Sorcier et d’autres publications de l’époque et surtout, le Musée de la Guerre, situé à Pré-au-Lard... En plus des documents privés qu’elle avait trouvés dans sa famille.
                La jeune femme se dandina un peu d'un pied sur l'autre. Le professeur lui demanda si elle était prête ; elle confirma et il lui fit signe de commencer. Edelyne déglutit, observa à nouveau ses parchemins et prit son souffle avant de se lancer. 
                - Je sais que certains s'attendaient à ce que je parle de Harry Potter, dit-elle en préambule, héros de la Guerre des Sorciers, pendant laquelle il a tué Voldemort. Je crois pourtant que tout ou presque a été dit sur lui, aussi, ne sera-t-il pas le sujet principal de cet exposé.

 

                Elle vit le professeur Crivey sourire à cette évocation. Il faisait partie de ceux qui lui avaient demandé si elle se focaliserait sur lui... Elle avait eu peur que son ‘non’, sorti plus abruptement qu’elle ne l’aurait voulu, ne vexe son professeur. Elle se dit qu’au moins, celui-ci n’avait pas l’air en colère qu’elle n’ait pas suivi sa demande.
                - Je vous rassure, dit-elle en riant un peu pour évacuer sa nervosité, je me suis tout de même concentrée sur la Guerre des Sorciers, pendant laquelle les sorciers britanniques ont lutté contre Voldemort et ses Mangemorts. »

 

                Edelyne marqua un temps pour amener, d’un coup de baguette magique, un de ses parchemins. Elle le stabilisa à hauteur des yeux de ses camarades, le déroula et le fit passer devant chacun. C’était le portrait de Voldemort le plus connu au monde. Le sorcier n’avait d’humain que sa silhouette. Le haut de son visage ressemblait plutôt à une tête de serpent démoniaque. Chauve, les yeux rouges, il n’avait pas de nez mais deux fentes verticales et le dessus du nez semblait recouvert d’écailles. Tout dans son regard dégageait une haine qui faisait, plus de deux cents ans après la Bataille Finale, encore frémir de peur ceux qui le regardaient.
                « Celui qui se faisait appeler Voldemort a commencé à se faire connaître dans les années 1970. Barnaby Stokey, l'un des premiers membres de la Société Historique Sorcière, créée en l'an 2123, affirme dans son livre Mangemorts de la Haute Société, qu’il est probablement passé par Durmstrang, à l’époque où l’école enseignait encore la Magie Noire. »

 

                Edelyne vit son professeur froncer les yeux. Barnaby Stokey était un des plus grands historiens sorciers anglais. Après que Neville Londubat, en tant que directeur, ait congédié à sa façon le professeur Binn's, de plus en plus de sorciers se sont intéressés à l'Histoire. Jusque là, les dates et événements étaient transmis par tradition orale ou compilés par des auteurs passionnés qui en avaient fait leur hobby. Avec la création de la Société Historique Sorcière, l'étude de l'Histoire était devenu un métier à part entière ainsi qu'une science précise.

 

                Dire que Barnaby Stokey affirme, c'est indiquer qu'il n'a pas de sources et qu'il se trompe. C'est tout simplement remettre son travail en question. De la part d'une simple élève, c'était franchement gonflé. Edelyne continua rapidement, autant pour éviter de se faire interrompre que pour oublier la plume, dans le fond de la classe, qui s'agitait dans tous les sens.

 

                «Il était un disciple de Gellert Grindelwald et il a fini par faire sienne la quête du pouvoir. Le fait que Voldemort ait commencé sa conquête du monde sorcier par l’Angleterre s'explique simplement quelles sont les origines du mage noir. Symboliquement parlant, c’était très fort de commencer par le pays d’Albus Dumbledore, le Sorcier qui avait mis fin aux agissements de son Maître.
                Beaucoup de Sorciers l'ont suivi par envie du pouvoir ou par peur. En tout cas, très vite, les sorciers anglais ont connu la Marque des Ténèbres et le nom de ses suiveurs : les Mangemorts… »

 

                Edelyne fit de nouveau une pause, pour afficher une reproduction de la Marque des Ténèbres qu’elle avait trouvée dans les archives publiques du bureau des Aurors. Elle avait illustré l’un des tous premiers rapports d’enquêtes après les premiers meurtres au nom du mage noir.

 

                Puis, elle créa une frise chronologique au tableau, de 1970 à 1998, où elle marqua les événements principaux de l’ascension à la mort de Voldemort, à mesure qu’elle racontait ce qui s’était passé. De la montée de Voldemort jusqu’à sa mort lors de la Bataille Finale, en passant par le meurtre des parents de Harry Potter, après leur trahison. Une fois que la frise fut complète, elle fit un gros plan sur la fin du mois d’octobre 1981. Quand Voldemort avait tué les Potter. En particulier, sur le mot trahison. 

 

                « Lorsque James et Lily Potter ont compris qu’ils étaient une cible de Voldemort, ils ont décidé de se cacher. Ils ont fait appel à un Gardien du Secret, Sirius Black. C’était un ami très proche de la famille et également le parrain de Harry Potter. Les Aurors ont arrêté Sirius Black en pleine rue, après le meurtre de plusieurs moldus et celui de Peter Pettigrow, un autre ami de la famille. Il n’y a pas eu de vrai procès, sa culpabilité étant trop évidente. Il a donc été envoyé à Azkaban et y est resté jusqu’en 1993, date de son évasion. »

                La jeune femme avait terminé de poser le contexte. Maintenant, elle devait passer à la partie la plus ardue de son exposé. Lorsque le professeur Crivey avait expliqué à ses élèves ce qu’il attendait d’eux, il avait été très clair : il ne voulait en aucun cas une récitation d’un cours passé. Et elle se rendait compte que c’est exactement ce qu’elle venait de faire. D’ailleurs, la plume du professeur grattait toujours aussi frénétiquement, et Edelyne ne doutait pas de la teneur de ce qui s'écrivait... Heureusement, elle était sûre d’elle. Même si une petite voix ne pouvait s’empêcher d’ajouter chaque fois : ‘à peu près’.

 

                « Tout cela, reprit-elle, est exposé au Musée de la Guerre de Pré-au-Lard. Il y a toute une salle qui relate la vie de Sirius Black, en particulier de sa trahison à son évasion. On ne sait pas ce qu’il a fait après son évasion. Les Aurors l’ont recherché pendant trois ans, jusqu’en 1996, lorsque les Mangemorts ont attaqué le Ministère. L’Ordre du Phénix, organisé par Albus Dumbledore et principale organisation de la résistance de l’époque, est intervenu. Plusieurs sont morts, dont Sirius Black. »

 

                Edelyne fit apparaître une reproduction de la salle du Musée en question et fit faire une visite virtuelle à sa classe. Et, effectivement, après l’évasion de Sirius Black, il n’y avait plus qu’une petite vitrine pour illustrer la fin de sa vie. Quelques avis de recherche du Ministère et la liste des morts de la Bataille du Ministère, sur laquelle le nom de Black figurait effectivement parmi les Mangemorts.

 

                Elle observa le professeur Crivey, qui poussait un soupir exaspéré. Ses camarades semblaient s’ennuyer ferme.

 

                 « C’est exactement là que je voulais vous mener. À cette période de la vie de Sirius Black où personne ne sait ce qu’il a fait…
                - Attends ! intervint le professeur, manifestement agacé. Précise ton sujet, s’il-te-plaît ! »

 

End Notes:

Contraintes du concours respectées dans ce chapitre :

Dans ce chapitre, on découvre les erreurs historiques par rapport aux faits qui se sont déroulés dans les livres.

Et les personnages visitent (virtuellement) le Musée qu'ils ont eu maintes fois l'occasion de visiter lors de leurs sorties à Pré-au-Lard.

Sirius Black, bandit ou victime ? by Steamboat Willie
Author's Notes:

Le titre de ce chapitre est un clin d'oeil au Chicaneur, qui avait sous-titré ainsi son article qui rapportait le témoignage de Doris Purkiss, qui affirmait que Sirius était en fait Stubby Boardman, chanteur du groupe les Croque Mitaines.

                « Précise ton sujet, s’il-te-plaît !
                - Eh bien, je voudrais parler de ce que Sirius Black a fait pendant toute la période où il était en fuite.
                - Parce que tu sais ce qu’il a fait ?
                - Euh… Oui ? »

 

                Edelyne était devenue rouge pivoine. Elle savait qu’elle n’avait pas choisi un sujet facile. Un sujet à propos duquel la vérité officielle était communément admise. Dans la classe, ses camarades s’étaient redressés. Le professeur Crivey avait la bouche entrouverte, il semblait choqué. Enfin, il sembla se ressaisir et lui dit sans vraiment y croire « c’est un sujet intéressant… J’espère que tu as des documents à nous présenter. Vas-y, continue. »

 

                La petite voix angoissée souffla à Edelyne qu’elle aurait mieux fait de parler de Harry Potter, ou de prendre n’importe quel autre sujet que la Guerre des Sorciers. Son professeur ne croyait manifestement pas à la possibilité de découvrir ce que Sirius Black avait fait à ce moment-là. Tremblant légèrement, la jeune adulte se tourna vers ses documents et en sortit celui qui lui avait fait se poser des questions tout au long de son enfance. L’arbre généalogique de sa famille.

                « Voyez-vous, depuis que je suis petite, je me pose cette question. Pourquoi, si Sirius Black a causé autant de torts à la famille Potter… Pourquoi est-ce que Harry Potter a choisi de nommer son fils aîné James Sirius ? » demanda Edelyne avant de marquer une pause.

 

                Elle observa son auditoire et se rendit compte qu’elle avait gagné des points. Ouf. C’est à ce moment-là qu’elle vit le directeur Neville Londubat avancer vers l’avant du cadre, au fond de la salle. Elle se demanda s’il était là depuis longtemps. En tout cas, il semblait très intéressé. La jeune femme sentit son cœur descendre d’encore un cran dans sa poitrine. Pourvu qu’elle ne se trompe pas !

 

                « Je me suis donc demandée ce que Harry Potter pouvait savoir de Sirius Black, entre 1993 et 1996, soit de la troisième à la cinquième année d’Harry Potter. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en place pour l’année 1993/94, puisque des détraqueurs ont été postés à Poudlard pour protéger les élèves du Mangemort évadé. Albus Dumbledore s’y est d’ailleurs opposé, mais n'a plus eu son mot à dire quand Black a tenté de rentrer par deux fois dans la tour de Gryffondor et que les Aurors ont supposé qu’il tentait de rejoindre Harry Potter pour le tuer. À mon sens, c’est complètement idiot.
                - Comment ça ? interrompit de nouveau le professeur d’histoire.
                - Et bien, si j’étais un psychopathe cherchant à tuer un élève et pouvant accéder à l’enceinte de Poudlard, je ne prendrais pas le risque de traverser le château jusqu’à la tour de Gryffondor… Je resterais dans le parc, je lui lancerais un Imperium et je le forcerais à venir jusqu’à moi, seul. En fait, avec tous les portraits dans les couloirs et les surveillants qui tournent dans le château, c'est même un plan excessivement risqué.
                - Peut-être. Mais un avis n'est pas un fait, miss Weasley. »

 

                Cet exposé était une catastrophe.

 

                « D'accord, je vais donc passer à Remus Lupin, si vous le voulez bien. C'était également un ami de James Potter. Comme Sirius Black et Peter Pettigrow. Et justement, cette année-là, il était professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Plus tard, il a rejoint l'Ordre du Phénix, tout comme Kingsley Shacklebolt, l'ancien Ministre, quand Albus Dumbledore les a convaincus du retour de Voldemort. Or, à cette époque, monsieur Shackelbolt était un Auror talentueux. Mieux, même : c'était l'Auror chargé de retrouver Sirius Black. C'est-à-dire qu'un excellent Auror, qui connaissait l'un des plus vieux amis de Sirius Black, n'a jamais pu retrouver le dit Mangemort pendant trois ans. Ça me semble très étrange. Ce qui m'amène à poser deux théories...
                - Nous sommes toute ouïe, indiqua insolemment Thomy.
                - Monsieur MacGillan ! s'exclama le professeur Crivey pour reprendre son élève. Continuez, miss Weasley.
                - Deux théories donc. Soit Sirius Black était effectivement un Mangemort très bien caché. Soit Sirius Black faisait partie de l'Ordre du Phénix. »

 

                Un éclat de rire général répondit à cette phrase. Sirius Black, membre de l'Ordre du Phénix ? N'importe quoi !

 

                Edelyne soupira. Puis elle se rendit compte que le directeur Londubat la regardait avec un sourire bienveillant – le genre de sourire qui vous dit : « Continue ! Tu as raison ».
                Cela eu le don de totalement rassurer Edelyne, et elle continua sans se soucier de ce que disaient ses camarades.

 

                « Je vais commencer par explorer l'hypothèse communément admise de Sirius Black qui aurait été un Mangemort. Si tel avait été le cas, beaucoup de questions restent ouvertes : pourquoi s'est-il enfui seul en 1993, sans en faire profiter d'autres Mangemorts ? Comme ceux qui se sont massivement échappés en janvier 1996 et que l'on a retrouvés au Ministère. Vous me direz que ce n'est pas forcément évident. Mais alors, pourquoi n'a-t-il jamais tenté de faire sortir ses camarades ?
                Comment se fait-il qu'il n'ait pas été aperçu, lors de l'évasion massive des autres Mangemorts d'ailleurs ? S'il faisait partie des fidèles de Voldemort, il aurait dû aller les aider, non ?
                De même, lorsque Harry Potter a raconté le retour de Voldemort à la Gazette du Sorcier, il cite les noms de tous les Mangemorts présents. Et, là encore, Sirius Black n'apparaît pas. C'est pourtant celui qui lui aurait causé le plus de tort. C'est donc le premier nom qu'il aurait dû citer.
                - C'est là encore un simple avis, mademoiselle Weasley.
                - Très bien, répondit Edelyne, qui sortit le livre Mangemorts de la Haute Société. Je termine sur un dernier point : pourquoi, si Sirius Black a été Mangemort, n'avons-nous absolument aucune idée de ses agissements, alors qu'il existe une liste pour tous les autres ? Pourquoi est-ce que Barnaby Stokey ne s'est jamais posé la question de ce profil tellement différent de tous les autres ?
                - D'accord, répondit le professeur. Ça, c'est un argument que je veux bien entendre. Alors, quelle est ta réponse ?
                - Comme je le disais, je pense que Sirius Black était un membre de l'Ordre du Phénix et qu'il a soutenu Harry Potter pendant tout le temps qu'il a vécu en cavale. D’abord et avant tout, parce qu’il a été innocenté officiellement. Je n’en ai pas trouvé la trace dans les archives officielles du Ministère, mais dans les archives de la Gazette du Sorcier, qui en a parlé dans un entrefilet pendant l’été 1996, tandis que tout le monde s’inquiétait du retour de Voldemort.
                - C’est un peu court, comme preuve. Surtout sans papier officiel du Ministère. Là, vous rapportez uniquement des on-dit, et donnez surtout votre avis.
                - Il y a aussi les archives des journaux moldus de l’époque. Quand Sirius Black s’était échappé, en 1993, les informations moldues ont annoncé qu’il était en liberté, dangereux, et demandait aux moldus qui l’apercevraient de prévenir les autorités.
                En 1996, John Major était premier Ministre moldu. Il a transmis l’information selon laquelle Sirius Black était innocent et que les recherches étaient annulées vers la fin de l’année, alors qu’il allait se représenter. Son adversaire principal, Tony Blair, a utilisé cette histoire pour le discréditer. Il y a donc de nombreux journaux qui ont parlé de Sirius Black, comme le Times, le Daily Telegraph, le Guardian ou l’Independent. »
                À ce moment-là de sa tirade, les murs de la classe étaient recouverts de Unes moldues, dont plusieurs proclamaient, sous une photo immobile du concerné : « Sirius Black innocent ! »
                « Miss Weasley, ça reste très peu historique, comme preuve. Ce que je vous demande, ce sont des documents officiels qui corroborent que ce que vous avancez.
                - Je sais bien. Comme je n’ai rien trouvé d’autre, je me suis demandé comment Barnaby Stokey avait déterminé que Sirius Black était innocent. Et voilà ce que j’ai trouvé : quand il parle de Sirius Black, il dit : ‘la famille Black avait longtemps été active au sein du Ministère, au même titre que la famille Malefoy. C’est sans doute ce qui explique que, alors que le Ministère souhaitait faire oublier qu’ils avaient nié depuis si longtemps le retour de Voldemort, ils ont décidé d’innocenter Sirius post mortem afin de redorer un minimum le blason de ceux qui le représentaient’.
                En dehors du fait que ni Sirius Black, ni son frère, ni ses parents n’ont travaillé au Ministère, ce qui indiquerait l’inutilité d’une telle démarche, il y a aussi cet article de la Gazette, rédigé par Rita Skeeter, à propos de Harry Potter, quand il est devenu chef des Aurors : ‘Espérons que le nouveau chef des Aurors, qui prend ses fonctions aujourd’hui même, ne sera pas tenté de changer la vérité à sa convenance, comme le Ministère a déjà pu le faire pour un certain Sirius Black, de sinistre mémoire, afin de redorer le blason de ses représentants’.
                Déjà, le passage sur Sirius Black rédigé par Stokey ressemble à l’article de Rita Skeeter. Ensuite, Rita Skeeter était une journaliste spécialisée dans les ragots : elle a aussi écrit des livres, comme L’armée de Dumbledore, le côté sombre des vétérans, résumé ainsi par Fleury & Botts : Une biographie sans langue de bois par Rita Skeeter, la journaliste spécialiste en ragots, qui prétend pouvoir révéler les vices des anciens élèves de Poudlard qui étaient membres de l'armée de Dumbledore.
                Je pense donc ne pas me tromper quand je dis que Barnaby Stokey s’est basé sur les écrits peu fiables de Rita Skeeter.
                - C’est effectivement intéressant, mais ça reste à prouver mieux que ça, miss Weasley.
                - Est-ce qu’un témoignage de l’époque vous suffirait, professeur Crivey ? »

 

                Tout le monde se retourna. Neville Londubat, dans sa tenue directoriale, se tenait dans le tableau de la bataille et les regardait d’un air amusé.

 

                « Et bien, si vous voulez parler de votre témoignage, professeur Londubat, je pense que oui.
                - Fort bien ! répondit l’ancien directeur d’un air jovial. Miss Weasley a parfaitement raison. Quand Rita Skeeter a sorti son livre sur l’Armée de Dumbledore, dont j’ai fait partie, Harry Potter était fou de rage. Il s’est inspiré des lois moldues et il a inspiré le Ministre de l’époque, Kingsley Shacklebolt, pour faire passer les lois sur le droit à l’image et le droit à la vie privée. Rita Skeeter s’est retrouvée assignée au tribunal quasiment une fois par semaine. Elle a arrêté sa carrière de pseudo-journaliste quelques temps après… Elle était tout sauf fiable.
                Pour ce qui est de Sirius Black, j’attends la fin de l’exposé pour finir mon témoignage… » ajouta-t-il en souriant et en observant Edelyne. Cette dernière reprit la parole :
                « Merci, professeur Londubat. Je vais finir avec les documents qui viennent de ma famille et qui ne sont pas connus du grand public.
                Tout d’abord, le titre de propriété de la maison de mes cousins du côté d’Harry Potter, à Grimmauld Place : comme vous pouvez le voir, les propriétaires successifs y sont notés. Dans les années quatre-vingt dix, c’était d’abord Sirius Black qui était propriétaire de la maison. En 1996, c’est Harry Potter qui en devient le légitime propriétaire.
                Ensuite, cet extrait de compte à Gringotts. De la même manière, le compte de Sirius Black est devenu la propriété d’Harry Potter à son décès. Harry Potter était donc le bénéficiaire du testament de Sirius Black. On pourrait penser qu’il a fait de Harry son héritier à la naissance de ce dernier, et qu’il a oublié ce détail quand il a trahi la famille Potter.

                Mais dans ce cas, on ne pourrait expliquer cette seule et unique transaction, en 1993, pour acheter un Éclair de Feu et l’envoyer à Harry Potter, à Poudlard. Balai que l’on voit sur les photos de l’équipe de Quidditch de Gryffondor, dans les mains de Harry Potter, de 1994 à 1997.

 

                En conclusion, je dirai que Sirius Black a fait partie de l’Ordre du Phénix rapidement après son évasion et jusqu’à sa mort. Que, contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas lui qui a trahi la famille Potter. Qu’il y a encore des questions restées sans réponses, mais qu’avec des recherches approfondies, on pourrait facilement y répondre. En particulier avec l’aide du professeur Londubat… »

 

                Un lourd silence s’installa dans la classe. Le professeur Crivey relisait les notes prises à la plume à papote. De l’estrade où elle se tenait toujours debout, Edelyne voyait beaucoup de ratures, de flèches et de passages soulignés. Elle nota aussi qu’il fronçait les sourcils, ce qui était rarement bon signe.
                Finalement, il soupira et mit ses notes à la poubelle. Ce qui augmenta singulièrement le rythme cardiaque de son élève qui, tétanisée, se dit qu’elle allait récolter son premier Troll de toute sa scolarité. Alors qu’il ne lui restait qu’un trimestre à Poudlard…

 

                « C’était intéressant. Je dirais que le principal défaut est que cela manquait de fluidité. Peut-être aurait-il fallu revoir votre façon d’agencer les arguments et les informations. Vous avez également traîné en longueur pour nous présenter la guerre des sorciers. La moitié de votre exposé sur ce qu’on sait déjà, c’est trop.
                - Oui… parvint-elle à souffler, au bord des larmes.
                - Ceci dit, c’était un sujet difficile, en particulier pour démontrer que nous n’avons peut-être pas retenu la vérité, finalement. Est-ce que votre famille serait d’accord pour me confier ces documents afin que je les étudie ?
                - Je ne sais pas. Il faudrait leur demander…
                - Très bien. Je contacterai vos parents… En attendant, je vous donne un Efforts Exceptionnels. »

 

La sonnerie retentit à ce moment-là. Edelyne n'en revenait pas d'avoir eu un E... Elle qui pensait qu'elle aurait un T ! Ses camarades prirent leurs sacs et sortirent de la salle. Edelyne mit un peu plus de temps pour ranger ses affaires et sortir à son tour. Quand elle referma la porte de la salle de classe, elle vit le professeur Crivey en grande discussion avec le portrait de l’ancien directeur Londubat. Elle sourit et partit retrouver ses amis et savourer sa bonne note…

End Notes:

Dans ce chapitre, on trouve les contraintes du concours suivantes :

Un paragraphe d'au moins 200 mots devra être consacré à une réflexion sur la fiabilité de l'Histoire, en particulier avec le dialogue :
« Miss Weasley, ça reste très peu historique, comme preuve. »
jusqu'à :
« Est-ce qu’un témoignage de l’époque vous suffirait, professeur Crivey ? »
(358 mots selon Word)

Maximum 7 chapitres (puisque c'est le dernier)

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