L'empreinte du désespoir by AlbeAlder
Summary:

 

Image par karfozy sur DA, retouchéee par mes soins.

 

 

 

1989, Angleterre. Quoi de mieux qu'un trio composé d'une harpie, d'un mage un peu rêveur et d'un cracmol de 13 ans pour retrouver des Povrebines clandestins ?

 

Ou comment un Newt Scamander pétri de bonnes intentions embarqua son petit-fils dans une aventure bien plus dangereuse que prévu.

 

 

 

 

 

(Réponse à un concours sur un autre site, sous le pseudo d'AlbeVallon7.)


Categories: Les Animaux Fantastiques Characters: Newt Scamander, Personnage original (OC), Rolf Scamander
Genres: Aventure/Action, Famille, Polar/enquête
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 4855 Read: 1067 Published: 02/10/2018 Updated: 07/10/2018
Story Notes:

Bonjour à tous ! Voici ma première fanfiction sous ce profil. :)

Il s'agit de ma réponse à un concours sur un autre site HP, dont les consignes étaient celles-ci : "Vous obtiendrez la clef de cette porte en imaginant la vie de Norbert Dragonneau après ses exploits dans le premier film des Animaux Fantastiques. Anticipez le prochain film ou faites un bond dans le temps plus conséquent, libre à vous de choisir !


Comme je n'avais que 5000 mots et que je me suis lancée le défi de faire une histoire avec de l'action, j'ai dû faire des choix... Par exemple, j'ai choisi de ne pas mentionner l'âge de Newt (oui oui, je garde le nom anglais ici X'D), tout simplement parce que si Dumbledore est capable de nager la brasse mieux que Harry (cf tome 6), je pense que Newt peut passer une journée à cavaler sans que ce soit trop étrange. :) Oui, je le précise ici, parce que ça manque quand même au texte. X'D Breeef, j'aurais pu rallonger cette fic pour ce site, mais je sais pas, je l'aime bien comme elle est... Donc je l'ai laissé telle quelle. Enjoy !

 

1. La forêt désolée by AlbeAlder

2. Ravage parmi les étals by AlbeAlder

3. Et le vent devint tempête by AlbeAlder

La forêt désolée by AlbeAlder
Author's Notes:

Merci beaucoup d'avoir jeté un coup d'oeil à cette fic ! J'espère qu'elle vous plaira.

Je vous laisse découvrir le premier chapitre...

1. La forêt désolée.





Avec douceur, Newt Scamander posa sa main sur l'épaule de son petit-fils, Rolf. Assis sur le perron de la petite maison avec un air renfrogné, l'adolescent était apparemment occupé.

- Toujours en train de jouer avec les potions de ton père à ce que je vois ?

Le garçon de treize ans sursauta et leva un regard coupable vers son grand-père : en face de lui gisait le corps d'un écureuil récemment assommé.

- C'est très dilué, marmonna Rolf en rangeant rapidement la seringue qu'il venait sans doute d'utiliser, il va se réveiller dans quelques minutes.
- Je pense que tu peux mieux occuper ton temps, assura Newt d'un ton assuré. Allez, suis-moi, on va faire une petite randonnée.
- Euh... Quoi ?
- Ne t'inquiète pas, poursuivit l'ancien Poufsouffle, tes parents sont d'accord avec moi. Il est grand temps que tu cesses de t'apitoyer sur ton sort - surtout avec les dons que tu as.

Rolf eut alors une drôle d'expression, a mi-chemin entre l'amertume et le dédain, mais Newt préféra l'ignorer. D'accord, son petit-fils était cracmol, très bien. Et il comprenait que chaque année en septembre, alors que tous ses amis le laissaient derrière avec des regards de pitié, il n'avait aucune de raison de se réjouir. Mais Rolf avait pour lui d'autres choses que le talent magique... Confiant, il s'adressa à l'adolescent sur un ton autoritaire :

- Ne te charge pas trop, on va devoir marcher un peu. Et n'oublie pas d'embrasser tes parents !

Il se sentit observé quelques secondes, puis Rolf résigné se leva et s'engouffra dans la maison. Il revint vite, uniquement chargé de la sacoche dont il ne se séparait jamais et qui contenait tous ses outils de prédilection. Sans même se tourner, Newt lui tendit son bras.

- Accroche-toi bien surtout, recommanda-t-il.
- Je sais.

Le mage visualisa sa destination, puis il transplana, Rolf fermement accroché à lui. Reprenant leur souffle, ils se redressèrent pour observer le décor autour d'eux : il n'y avait plus la moindre habitation. A la place, les deux Scamander étaient encerclés par de hauts arbres à la cime sombre, eux-mêmes contenus par des collines. Le ciel maussade y avait l'air particulièrement bas, et une bruine légère leur tombait dessus. Rolf cligna des yeux plusieurs fois.

- Où sommes-nous ? Demanda-t-il.
- Dans la région de Lakeland, au Nord de l'Angleterre, répondit Newt en se mettant en route. Cette région est la plus marécageuse... Fais attention à l'endroit où tu mets les pieds d'ailleurs.
- Ah, euh... Et pourquoi on y va au juste ? Fit l'adolescent en emboîtant le pas de son grand-père.

Newt marchait vite, d'un pas décidé. En arrivant devant un rocher aux angles tranchants, il agita sa baguette d'un geste sec. L'atmosphère humide parue alors frémir tandis qu'ils s'enfonçaient plus loin sur le sentier tortueux.

- Je viens de nous faire franchir la barrière magique qui empêche les curieux de s'aventurer ici, expliqua-t-il devant l'air interrogatif de son petit-fils. Quant à notre présence ici, elle est due à cette lettre.

Sans cesser de marcher, il sorti une lettre très abîmée de son manteau et la tendit à Rolf. Pendant que celui-ci lisait, il continua ses explications :

- On m'a signalé l'activité d'un ou de plusieurs Povrebines ici - ce qui est anormal. Les Povrebines influent le désespoir aux personnes qu'ils décident de suivre pour les attaquer, alors leur présence est particulièrement réglementée. Et comme cette zone est très appréciée par les randonneurs moldus, tu te doutes que le Ministère n'en laisserait pas traîner par ici !
- Attends, attends... Fit Rolf qui venait de finir sa lecture. Ursula Carmen... Tu n'avais pas dit que c'était une harpie ? s'exclama-t-il en redressant la tête.
- Si. Elle vit dans cette forêt, et la présence d'un...
- D'accord, donc les Povrebines posent problème, mais pas une harpie dévoreuse de chair humaine ? coupa le jeune homme dégoûté.
- Oh, il y a longtemps que les harpies ont cessé de manger les humains, répondit Newt avec un léger sourire. Et j'ai d'ailleurs aidé Ursula Carmen à faire face à ce genre d'accusation il y a une dizaine d'année. Elle sait ce qu'elle me doit, et c'est pour ça qu'elle m'a alerté moi au lieu du Ministère. Tout ce qu'elle veut, c'est qu'on la débarrasse du Povrebine : les harpies y sont très sensibles.

Rolf fit une moue. De toute évidence, il n'était pas convaincu... Mais il admit néanmoins :

- En tous cas, je suis d'accord avec toi. Y a un truc louche dans cette histoire.

Newt hocha simplement la tête, et les deux Scamander poursuivirent leur chemin au sein de la forêt. Ils cheminèrent sans parler, de plus en plus sur leur garde à mesure qu'ils s'enfonçaient. Une lumière opaline parvenait à passer entre les ramures, et pourtant, la piste sinueuse avait quelque chose d'oppressant.
Ils avancèrent malgré tout, jusqu'au moment où la sensation d'étouffement fut proche de l'accablement. Alors, Newt s'arrêta net, et se tournant vers l'adolescent, il demanda :

- Tu sens ? 

Rolf acquiesça.

- C'est bien un Povrebine, et je crois que nous sommes tout proche, dit Newt. Bon, un sortilège d'allégresse devrait suffire à nous protéger de son influence.

Le sorcier lança donc le sortilège, et aussitôt, une sensation de réconfort prit la place du fort malaise qu'ils ressentaient. Ainsi protégés du Povrebine ils se remirent en marche dès que Newt eût lancé un sort de détection, guidés par un filet de lumière.
Tous deux restaient néanmoins sur leurs gardes : le jeune homme était attentif au moindre bruit tandis que Newt agrippait fermement sa baguette.
Et ils avaient raison, car après quelques minutes de marche à peine, ils entendirent des éclats de voix qui les fit sursauter. Or, personne n'aurait dû être présent à cet endroit... Se figeant derrière un tronc, ils tendirent l'oreille pour écouter la dispute :

- Et qu'est-ce tu vas en faire de ces satanées bestioles, hein Dave ? Me demande bien c'que tu f'rais sans moi...
- Ferme-là. Tu peux gagner beaucoup, tu le sais non ?
- Tu parles...
- Oh, arrêtes ça Mondingus. Je croyais que tu voulais ce blé !
- Ben...
- Alors ferme-là, et aide-moi ! Je joue gros moi...

Newt fronça les sourcils. Ce n'était bien sûr pas la première fois qu'il tombait sur ce type d'escroquerie, mais pour des Povrebines ? Décidément, toute cette affaire avait quelque chose d'étrange. A un détail près : il n'était pas du tout surpris par la présence de Mondingus Fletcher.
Inspirant profondément, il se prépara à jaillir d'entre les arbres. Avant cela, il chuchota avec empressement :

- Rolf, je veux que tu restes ici.
- Mais...
- Ne bouge pas !

Avant que son petit-fils n'ait eut le temps de répliquer, il s'élança vers les deux hommes, et sa baguette pointée sur eux il hurla :

Stupéfix !

Mondingus, un petit homme crasseux aux jambes arquées, cligna stupidement des yeux alors que le dénommé Dave évitait prestement le sort. Il brandit à son tour sa baguette, une expression de pure horreur peinte sur le visage.

Impedimenta ! Expelliarmus ! Impedimenta ! Mondingus, fils de cognard, je te jure que si tu m'as vendu au Ministère... Impedimenta !

Avec une vivacité étonnante, Newt slaloma entre les sorts sans être touché. Un regard lui permit de vérifier que Mondingus était bien figé au sol - malheureusement, c'était la seconde d'inattention que l'autre sorcier attendait :

Confundo !

Le sortilège le frappa de plein fouet et lui coupa le souffle. Incapable de maîtriser ses jambes, Newt s'effondra sur le sol mouillé. Du coin de l'œil, il aperçu une cage magique où trois Povrebines étaient serrés les uns contre les autres. Les créatures velues observaient le combat d'un air avide, apparemment déçues de ne pas pouvoir dévorer le perdant.
Luttant contre le sort qui lui embrouillait les idées, Newt parvint à se redresser sur les genoux, et à lancer d'une voix peu assurée :

Experlliarmus...

Par miracle, il réussit à atteindre le dénommé Dave qui se hâtait de rassembler ses affaires et les Povrebines. La baguette sauta hors des mains de l'escroc qui regarda Newt, un air paniqué sur le visage.

Incarcerem ! lança Newt en tentant de se relever.

Mais cette fois-ci, il rata sa cible de peu - seul l'un de ses bras fut touché. L'homme tenta aussitôt de s'en débarrasser, ce qui donna un peu plus de temps à Newt pour viser :

Incarc...
Stupéfix !

Surpris, l'ancien Poufsouffle se sentit propulsé sur plusieurs mètres de terre humide, les muscles raidis. Visiblement Mondingus s'était finalement relevé, et avait secouru son comparse. Immobilisé, il ne put qu'observer avec impuissance les deux malfaiteurs embarquer la cage enchantée. Puis ils fuirent en transplanant dans un craquement rempli d'urgence.

- Grand-père !

Le hurlement retentit dès que le lieu fut déserté, et bientôt Newt put voir Rolf accourir vers lui, le visage très pâle.

- Je vais bien, ça va...

Avec une grimace et l'aide de l'adolescent, il parvint à se remettre debout. D'un regard, il embrassa la scène : les deux sorciers avaient définitivement disparus, emportant les Povrebines avec eux. A ses côtés, Rolf se tordait les mains.

- Je... Je suis désolé, je n'ai rien pu faire... Et le sort, il faut que nous allions... Que nous retournions...
- Il faut que nous retrouvions les Povrebines, le coupa Newt. Ne t'inquiètes pas pour le sortilège de confusion, Mondingus l'a lancé trop vite et les effets s'estompent déjà.
- Mais...

Devant le regard flamboyant que le sorcier lui adressa, Rolf se tut... Uniquement pour mieux rétorquer :

- Même en imaginant qu'un cracmol et un vieux comme toi soient les mieux placés pour courir après ces types, ce qui est débile, comment tu comptes t'y prendre ? On a rien ! Pas l'ombre d'une piste !

Newt ouvrit la bouche, mais ne dit rien : aucune idée ne lui venait. Autour d'eux, la bruine continuait à tomber doucement, et le temps passait... Les Povrebines devaient déjà se trouver loin. Mais au moment où le mage se résignait...

- Je sais où ils sont, croassa une voix rocailleuse.

Une voix de harpie.    

End Notes:

Voici pour ce premier chapitre. J'espère qu'il vous aura plu ! ♥

Ravage parmi les étals by AlbeAlder
Author's Notes:

Merci beaucoup pour vos commentaires sur le premier chapitre ! <3 J'espère que la suite vous plaira.

Ce qui est bien avec les scènes de combat, c'est que je ne me rends même pas compte que j'écris... X'D Enjoy!

2. Ravage parmi les étals.




Rolf eut un mouvement de recul face à la harpie qui venait d'apparaître dans leur dos : ses cheveux ternes recouvraient son corps décharné en paquets emmêlés, et au milieu d'un visage sans âge brillaient férocement deux yeux injectés de sang. Newt en revanche resta parfaitement serein, comme si rien ne pouvait l'étonner.

- Ursula Carmen, dit-il doucement. Vous ne m'aviez pas dit qu'il s'agissait de contrebande...
- Quoi ? S'offusqua Rolf, toujours éloigné. Cette... Chose savait pour les sorciers et elle n'a rien dit au Ministère de la Magie ?

Ursula promena sur les deux hommes un regard suintant d'hostilité.

- Le Ministère... N'a rien à faire chez moi ! Ils m'auraient dédaignée... Malmenée... Insultée ! Caqueta-t-elle hargneusement.
- Rolf, nous n'avons pas le temps pour ça... Intervint alors Newt en voyant que son petit-fils s'apprêtait à répliquer. D'ailleurs elle a raison : les agents du Ministère auraient sûrement refusés de l'écouter. Maintenant Ursula, pouvez-vous nous dire où sont allés ces voleurs ? demanda-t-il en attirant l'attention de la harpie.
- Sur... Votre Chemin de Traverse, lâcha Ursula comme à contrecœur. Je peux sentir la piste des Povrebines d'ici.
- Et comment pouvons-nous êtres sûrs qu'elle ne ment pas ? dit Rolf d'un ton cinglant.

Il paraissait furieux du tour que prenait leur aventure, et Newt ne pouvait l'en blâmer. Malheureusement, il n'avait pas le temps pour le rassurer convenablement : s'ils voulaient rattraper Mondingus et ce Dave, ils devaient bouger immédiatement. Pourtant, le mage hésitait... Pouvait-il vraiment embarquer Rolf avec lui ? Cela aurait déjà été dangereux pour un sorcier de treize ans... Alors un cracmol...
Comme si elle avait pu lire ses pensées, la harpie darda sur lui un regard perçant.

- Si nous le mettons en sécurité, nous ne pourrons pas les rattraper. Siffla-t-elle.
- Très bien, se décida tout-à-coup Newt. Ils ont sûrement perdu du temps pour masquer la cage des Povrebines... Allons-y !

Ses deux compagnons fortuits échangèrent un regard, puis vinrent chacun serrer l'un des bras du sorcier.

- Comme si j'allais te laisser seul avec une harpie... Marmonna Rolf pour lui-même.

Newt eut un sourire, puis ils transplanèrent. Aussitôt, l'humidité étouffante de la forêt s'évanouie au profit d'un charivari de sons de toutes sortes : ils se trouvaient juste à côté de Fleury & Bott, et le Chemin de Traverse était bondé.

- Comment allons-nous faire pour les retrouver ? Demanda Rolf d'un ton désespéré, les yeux fixés sur la foule.
- Par-là.

Ursula Carmen s'était retranchée derrière les deux sorciers dès leur arrivée ; à présent, elle tendait un long doigt en direction d'une ruelle en contrebas. Newt s'y engagea sans laisser à Rolf le temps de discuter, guidé par la harpie. Il entendit l'adolescent grogner, mais bientôt celui-ci parvint à sa hauteur pour lui chuchoter :

- Et pourquoi tu ne lui as pas lancé de sortilège d'allégresse à elle ? Je croyais que les harpies étaient sensibles aux Povrebines...
- C'est vrai, dit le mage sans quitter Ursula des yeux, seulement elle n'aurait jamais accepté qu'un sorcier lui lance un sort... Sans compter que nous ne pourrions pas retrouver les Povrebines sans ce flair.
- Mouais...

Ils poursuivirent leur route au pas de course, toujours en suivant la harpie qui avançait avec brusquerie en marchant droit devant elle, laissant les passants l'esquiver au dernier moment. Sans l'avoir prémédité, Newt sorti sa baguette, et au même moment, elle s'arrêta. Le sorcier se mit à sa hauteur, puis s'aperçu qu'elle gardait ses yeux sanglants fixés sur un magasin. Il s'agissait de l'Apothicaire : on apercevait des silhouettes mouvantes à l'intérieur du magasin. Rolf s'exclama :

- Ce sont eux ! Ils vont sortir !

Quelques secondes plus tard en effet, les deux crapules étaient dehors. Cette fois-ci, Newt ne leur laissa pas le temps de le voir :

Stupéfix !

Mais à son désarroi, le sort alla s'écraser le mur d'une boutique voisine : il avait apparemment sous-estimé le sortilège de confusion de Mondingus. Dans un ensemble presque parfait, les deux hommes tournèrent un visage paniqué en direction du trio.

- ‘Nous ont encore repérés, grommela Mondingus en brandissant sa baguette. J'aime pas ça, mon gars.
STUPEFIX ! Hurla Dave sans se préoccuper de son coéquipier. STUPEFIX ! SILENCIO !

Les sorts fusèrent et deux malheureux passants furent projetés sur les pavés tandis que les autres s'enfuyaient en criant. Quant au sort de mutisme, il atteint Ursula en pleine poitrine. Furibonde, la harpie fusa sur les deux sorciers qui se rendirent compte trop tard de leur erreur : avec une force surprenante, la créature entreprit de plaquer Dave au sol, ses ongles crochus profondément enfoncés dans son dos.

Inpedimenta ! Cria Mondingus.

Ursula fit un vol plané de quelques mètres. A la grande surprise de Newt, Rolf accouru vers elle alors que la baguette du sorcier crasseux était pointée sur lui. A cette vue, le sang de l'ancien Poufsouffle ne fit qu'un tour :

PROTEGO ! rugit-il.

Le sort enveloppa l'adolescent et la harpie, mais Mondingus n'attendit pas de savoir ce que le mage lui réservait. Comme Dave s'était finalement relevé, il l'empoigna par la manche et les escrocs se mirent à courir. Ce fut à cet instant que Newt la vit : soigneusement désillusionnée, la cage était presque invisible et flottait derrière les malfrats comme un ballon d'hélium.

- Non... lâcha Newt en se mettant à leur poursuite, NON ! PETRIFICUS TOTALUS !

Il les rata de peu alors qu'ils bifurquaient dans l'Allée des Embrumes, mais Dave perdit un sac. Sur leurs talons, le mage brandit une fois de plus sa baguette :

Stupéfix ! Expelliarmus !
Lashlabask ! s'égosilla Dave après avoir évité les sorts.

Des étincelles jaillirent dans son sillage, mais Newt s'en protégea d'un mouvement ample de baguette. Il entendit des cris et des exclamations furieuses derrière lui, ainsi qu'un bruit de course. Son cœur tambourinait dans sa poitrine : Rolf et Ursula ne l'avaient tout de même pas suivi ?
Il dut les chasser de son esprit pour parvenir à suivre les deux sorciers qui s'étaient engagés dans une autre ruelle exiguë. Tournant prestement, la baguette tendue pour se protéger, il remarqua ainsi qu'ils avaient commis l'erreur de s'enfoncer dans une impasse.

Stupéfix ! 

Il évita le sort de Dave sans mal, puis dans la seconde qui suivit, Rolf et Ursula arrivèrent à ses côtés.

- Bon, j'crois que c'est là que nos chemins se séparent, dit alors Mondingus en abaissant légèrement sa baguette.
- Quoi ? Paniqua Dave.
- L'prend pas mal, mais j't'avais prévenu. T'es fait manipuler, poursuivi l'escroc sans quitter le trio des yeux.
- Attends ! Tu peux pas...
- Désolé, mais j'tiens pas à m'retrouver à Azkaban pour tes conneries.

Sur ces mots, il transplana.

Stupéfix ! Se mit alors à aboyer Dave en les visant tour-à-tour. STUPEFIX ! STUPEFIX ! STUPEFIX !

Newt réagit avec un temps de retard : il parvint à dévier les trois premiers sorts, mais le dernier heurta Rolf en plein visage.

- Aaaargh ! Gémit l'adolescent.

Un bruit de verre cassé avait accompagné sa chute. Newt ne put s'empêcher de lui jeter un coup d'œil pour vérifier qu'il allait bien, et Dave en profita pour lever sa baguette. Mais avant qu'il ait eut le temps de prononcer le moindre sort, Ursula lui refondit dessus, une lueur sauvage au fond de ses yeux de rapace. Avec un cri silencieux, elle propulsa le sorcier au sol et se planta devant lui, le corps agité de tremblements.

- URSULA, NE LE TOUCHEZ PAS !

La harpie s'immobilisa, le regard ancré sur l'homme qui tentait de se redresser.

Pétrificus Totalus ! Lança le mage très rapidement.

Dave se figea sur place, ses yeux dardant toujours un regard hystérique droit devant lui. Ursula Carmen prit une inspiration sifflante et sembla revenir à elle-même. A contrecœur sembla-t-il, elle se dirigea vers Newt et désigna sa baguette.

- Quoi ? Oh, bien sûr, dit l'homme qui avait complètement oublié qu'elle était muette. Finite Incantatem.
- ... Merci, finit par dire la harpie de sa voix rocailleuse, bien que son ton indique tout sauf de la gratitude.
- Oh non... ronchonna Rolf derrière eux en inspectant ses affaires cassées. Heureusement que les potions sont protégées par un sortilège incassable.

L'adolescent avait une joue complètement égratignée et du sang s'en écoulait, mais il ne semblait pas en faire grand cas.

- Je te rachèterai du matériel, assura Newt qui s'était approché de la cage à peine visible des Povrebines. Si tu veux bien, je vais d'abord ramener ces gaillards au Ministère...

Il tendit la main vers la cage mais se stoppa : quelque chose clochait. 
Soudain, une incantation étouffée retentit, et il fut paralysé en plein mouvement. Autour de lui, Rolf et Ursula subissaient le même sort. La dernière chose que le mage put voir avant qu'on ne l'assomme fut Dave se relever.
Puis tout fut noir.

***




A son réveil, Newt comprit immédiatement qu'il avait quitté les allées malfamées du Chemin de Traverse. Il ouvrit les paupières avec difficulté, et se rendit compte qu'il était affaissé sur un fauteuil en bois vernis. L'endroit lui paraissait familier... Une plainte retentie sur sa droite, et le sorcier reporta son attention sur son petit-fils qui était en train de s'éveiller, tout comme Ursula Carmen.

- Où sommes-nous ? marmotta Rolf.

Ses yeux écarquillés lui donnaient des airs de hiboux.

- Vous vous trouvez dans les bureaux des Aurors au Ministère de la Magie, grommela une voix aux accents brusques.

Un sorcier au visage couturé de cicatrices s'avança vers eux en boitant. Newt entendit l'adolescent glapir, sans doute à cause de l'œil bleu vif qui tournoyait dans l'orbite de l'homme, ou encore parce qu'il lui manquait une partie du nez. Ursula, elle, se tint coite. Alastor Maugrey la dévisagea avec circonscription avant de poursuivre :

- Apparemment, vous vous seriez retrouvés à vous battre contre Dave Gougeon. Et j'aimerai bien en connaître la cause...
- Pourquoi ? Demanda Rolf avec une effronterie sans pareille.

L'œil magique de l'Auror vint se fixer sur lui.

- Oh, ne t'inquiète pas mon garçon, j'allais vous le dire : l'homme que vous avez combattu est recherché pour meurtre.    

End Notes:

Merci d'avoir lu ! Le prochain chapitre sera le dernier de cette mini-fic. :)

Et le vent devint tempête by AlbeAlder
Author's Notes:

La conclusion de cette histoire ! Je suis très heureuse du résultat, même si j'aurais aimé pouvoir développer un peu la fin, mais bon... 5000 mots, c'est 5000 mots.

En espérant que vous aurez apprécié !    

3. Et le vent devint tempête.



Il ne fallut à Maugrey qu'une dizaine de minutes pour raconter les faits : comment, il y avait trois jours, le Ministère avait reçu un appel après la découverte du corps d'une petite sorcière dans le Lancashire ; comment de combine en magouille, et aidés par de rares témoignages, ils étaient remontés jusqu'à Dave Gougeon ; comment, enfin, ils avaient retrouvés sa trace en pistant Mondingus jusque dans les forêts du Lakeland, avant qu'un intrus ne les précède et n'attaque les deux sorciers...
Newt garda le regard fixé sur un point derrière l'Auror avec détermination. Il avait beau faire, apparemment sa route était vouée à croiser celle du Ministère de la Magie, et jamais dans des circonstances paisibles...

- Si je vous suis, dit alors Rolf en fronçant les sourcils, vous êtes en train de nous dire que vous nous suivez depuis la forêt ? Mais pourquoi vous n'êtes pas intervenus ? 
- Nous ne sommes pas intervenus parce que vous aviez un meilleur moyen pour les retrouver, grogna l'Auror en regardant Ursula. Un moyen qui, j'ai cru comprendre, n'aime pas le Ministère. Et nous allions prendre la relève sur le Chemin de Traverse, mais de toute évidence cette équipe était constituée d'empotés geignards. Tout ce qu'ils ont pu faire, c'est ramasser cette sacoche que Gougeon a laissé tomber en s'enfuyant.

Du menton, il désigna l'objet qui reposait sur un coin du bureau. Newt vit les yeux de Rolf briller de convoitise : il semblait ne pas se rendre compte de l'endroit où il se trouvait, au contraire de la harpie qui était restée raide comme un piquet depuis son réveil. C'est à elle qu'Alastor Maugrey s'adressa ensuite :

- J'ai conscience de votre aversion pour nous, maugréa le sorcier en guise d'introduction, et elle est réciproque. Mais nous voulons coincer Gougeon, et vous voulez que les Povrebines s'en aillent, alors il me semble...
- C'est inutile, le coupa abruptement Ursula Carmen.
- Il me semble que vous ne m'avez pas compris, insista l'Auror.

Ses yeux dépareillés rencontrèrent le regard ensanglanté de la harpie.

- Non... Imbécile, reprit celle-ci avec un ricanement. Il est ici. Ce Gougeon. Il est au Ministère !

Pendant un instant, Newt crut que Maugrey allait jeter un maléfice à Ursula. Mais à sa grande surprise, l'Auror se redressa et se mit à claudiquer vers la porte qu'il ouvrit violemment.

- UN CRIMINEL S'EST INTRODUIT ICI ! aboya-t-il en faisant sursauter les employés présents. QUE TOUS LES AURORS SE DEPLOIENT ; LES AUTRES TENEZ-VOUS À L'ECART ! Et vous, suivez-moi ! Ajouta-t-il à l'intention du trio.

La harpie et Newt lui emboitèrent aussitôt le pas, mais Rolf hésita un instant devant la sacoche du meurtrier. 

- TU VIENS AUSSI MON GARÇON ! tonna la voix de Fol Œil.
- Oui, oui !

Il se hâta de les suivre, mais l'ancien Poufsouffle aurait pu jurer voir un éclat de verre disparaître entre ses mains. Il décida que cela attendrait et suivit l'Auror qui donnait ses ordres, la voix amplifiée par un Sonorus, son œil bleu vif tournoyant sans relâche pour repérer Dave Gougeon. Autour de lui, c'était la panique : en dehors des Aurors, un flot continu de sorciers se hâtaient dans le sens inverse. En quelques instants à peine, Newt perdit de vue Ursula. On entendait plus que le martèlement des pas d'une centaine de personne et la voix tonitruante de Maugrey Fol Œil.
Soudain, celui-ci s'immobilisa, son œil magique fixé sur l'un des étages inférieur. Prestement, il fit un tour sur lui-même et considéra la panique qui régnait dans le couloir, puis sans préavis il hurla par-dessus la foule :

- Eh, mon garçon, tu vois l'ascenseur à ta gauche ? Vas-y, emprunte-le et embarque tous les Aurors que tu peux avec toi : notre ami se trouve au Département des Mystères...

Newt se retourna également, et constata alors avec horreur que c'était à Rolf que ces instructions étaient adressées.

- Vous ne pouvez pas... Commença-t-il, paniqué.
- Quoi, il a des cours pour apprendre à se défendre, non ? Grogna Maugrey à son encontre. De toute façon on ne lui demande pas de se battre. EH BIEN VAS-Y MOLASSON, QU'EST-CE QUE TU ATTENDS ? vociféra-t-il en voyant l'hésitation de l'adolescent.
- ROLF, NON ! Hurla Newt.

Mais son petit-fils ne pouvait pas l'entendre, lui, par-dessus le bruit qui régnait. Effaré, il vit le jeune homme finir par s'engouffrer dans l'ascenseur, suivit par moins d'une dizaine d'Aurors.

- Vous êtes cinglé, gronda alors le sorcier en se tournant vers Maugrey. Il est cracmol !
- Et il était le plus proche de l'ascenseur, fit son interlocuteur qui gardait son œil magique fixé sur le sol. Mais la situation est moins idéale que ce que je croyais, en effet. Venez, je connais quelques raccourcis.

Sans vérifier s'il était bien suivi, l'Auror se faufila au travers de la foule pour le mener jusqu'à un pan de mur qui se déroba lorsqu'il appliqua sa baguette dessus. Les deux hommes se mirent à courir au mieux de leur capacité dans l'escalier en colimaçon qu'ils venaient d'emprunter : en quelques minutes, ils parvinrent jusqu'en bas, et Maugrey rouvrit le mur. Ils débarquèrent dans un corridor à l'atmosphère étouffante : Dave Gougeon se trouvait au centre, vers la porte menant au Département des Mystères, et une quinzaine de sorciers avaient leurs baguettes pointées sur lui. 

- Baissez votre baguette, Dave ! criait l'un d'entre eux.

Le fugitif avait un visage ruisselant de sueur et semblait sur le point de faire quelque chose d'extrêmement stupide. On pouvait voir la cage des Povrebines toujours flotter au-dessus de lui, mais cette fois-ci, Newt souhaitait seulement retrouver son petit-fils. Tout-à-coup, il vit une silhouette glisser le long du mur vers Dave, et son cœur rata un battement : il savait que c'était Rolf.

- Jamais ! s'égosilla le criminel en s'enfonçant plus loin dans le corridor. Je ne pourrirai pas à Azkaban !
- Vous savez que vous ne pourrez pas toujours fuir !

Dave déglutit, et observa nerveusement autour de lui.

- ARRÊTEZ ÇA ! lui cria Newt en écartant tous ceux qui se trouvaient sur son passage. Dave, ne faîtes pas ça, supplia-t-il, vous savez que vous aggravez votre cas... Après cette petite fille...
- C'était un accident ! rétorqua l'homme avec l'énergie du désespoir. Je... Je ne voulais pas... Mais... Grâce aux Povrebines...

Il secoua la tête. Quand il releva les yeux, ceux-ci luisaient d'un éclat de folie.

- C'est trop tard de toute façon... dit-il dans un souffle.

Tout alla très vite.
D'un geste puissant, Dave fit disparaître la cage des Povrebines. Aussitôt, un hurlement à glacer le sang retentit et Ursula Carmen qui se trouvait non loin s'écroula au sol, et une terrible sensation de désespoir broya les entrailles de Newt. Profitant du chaos qu'il venait de créer, le meurtrier saisit l'un des trois Povrebines et courut en direction de la porte du Département des Mystère. Hagard, Newt commença à le suivre, mais quelqu'un le devança : à sa grande surprise, il vit qu'il s'agissait de son petit fils.

- Rolf...

Newt aurait voulu hurler, mais il ne put que voir le jeune cracmol disparaître à la suite de Dave. Dans un dernier regain d'énergie, le sorcier se força à les rattraper et franchit à son tour la porte noire. Il constata que l'adolescent avait presque rattrapé l'homme, et que celui-ci, s'en apercevant, le menaçait de sa baguette.

- Vous ne pourrez pas vous échapper ! Tempêtait Rolf avec bravade.
- Vas-t-en sale cracmol... Vas-t-en...
- Vous savez que j'ai raison ! Vous avez tué quelqu'un !
- Je... Tu l'auras voulu ! 

Newt comprit que le sorcier n'était pas loin de basculer dans la folie. Il tendit le bras dans un geste désespéré :

Proteg...
ENDOLORIS ! Hurla Dave.

Un jet d'une puissance phénoménale enveloppa alors la silhouette fragile de Rolf qui heurta le sol avec force. Le meurtrier, quant à lui, observait son œuvre avec un mélange d'horreur et de fascination en attendant les horribles cris de douleur qu'il allait déclencher. Or il n'y eut pas de cris : le sort avait échoué.
A la place, Rolf se redressa avec une vitesse surprenante, et d'un geste précis, il planta une seringue dans la jambe de Dave qui l'observa avec un air surpris. Quelques secondes s'écoulèrent puis finalement, l'homme s'évanouit dans un soupir.

- Même les cracmols... Peuvent utiliser la Goutte du Mort Vivant, fit Rolf à bout de souffle.

Newt se précipita vers son petit-fils et le serra dans ses bras, de toutes ses forces.

Incarcerem, fit une voix derrière eux.

Des cordes apparurent autour du corps inconscient pendant que les Aurors qui venaient de pénétrer dans la salle maîtrisaient le Povrebine. Desserrant son étreinte, Newt observa le visage de son petit-fils : celui-ci semblait ne pas savoir ce qu'il devait ressentir, à part un intense soulagement. Les reproches et les compliments allaient attendre qu'ils récupèrent de cette folle journée.
Les deux Scamander se relevèrent péniblement et sortirent du Département des Mystères. Presque aussitôt, ils se firent accaparer par des sorciers qui les félicitèrent. Rolf rosit de plaisir, mais Newt choisit de s'esquiver en souriant : ce moment n'était pas le sien. Repérant Ursula Carmen en retrait de la foule, le sorcier se dirigea en définitive vers elle. 

- Nous avons attrapé les Povrebines, conclut-il inutilement une fois à sa hauteur.

La harpie semblait dans un état second : du sang brunâtre s'écoulait d'une morsure sur son épaule.

- Il... A réussit à l'arrêter, croassa-t-elle en désignant Rolf. Alors que c'est un cracmol.
- Oui.
- Il... Va être connu. Peut-être interviewé. C'est bien.
- Ça se pourrait bien, dit Newt. Le monde magique n'est pas parfait, mais qui sait : peut-être que certaines choses vont commencer à changer maintenant qu'une harpie et un cracmol ont permis d'arrêter un meurtrier.

Ursula tenta de retenir l'ébauche d'un sourire. Le cœur soudain plus léger, tous deux continuèrent d'observer Rolf rougir sous les félicitations.    

End Notes:

Voici la fin de cette petite histoire... Merci d'avoir lu jusqu'au bout. :)

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