Secrets de préfets by AliceJeanne
Summary:

Image libre de droits, montage canva

*o*

Règle n°1 du code d'honneur des préfets:

"Ce qui est dit dans la salle de travail des préfets, reste dans la salle de travail des préfets."

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Correction de Maisie Andrews: Un secret entre préfets est un secret bien gardé.

Précision de Percy Weasley: Manger un cookie de Maisie rend plus bavard qu'une pie.


Categories: Epoque de Harry Characters: Percy Weasley, Personnage original (OC)
Genres: Amitié, Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Nuits d'HPF, La pensine de Maisie Andrews, L'insigne de la discorde
Chapters: 3 Completed: Non Word count: 4809 Read: 884 Published: 24/10/2019 Updated: 03/01/2021
Story Notes:

Recueil de OS, pour certains écrits durant les nuits, portant principalement sur Percy et Maisie (mais pas que...) et leurs aventures en tant que préfets puis préfets-en-chef.

1. Question de probabilité! by AliceJeanne

2. Le cauchemar by AliceJeanne

3. Entremetteuse en chef by AliceJeanne

Question de probabilité! by AliceJeanne
Author's Notes:

Se situe au début de la sixième année de Percy et Maisie, quelques semaines avant la fanfic "La nuit des six trouilles"

 

Image libre de droits, montage canva

 

oOo

 

Au dernier étage de la plus haute tour du château de Poudlard se trouvait une salle aux mille et un secrets brumeux que seule la possession d'un troisième œil permettait de percevoir. Derrière une trappe tombant du plafond, succédant à un escalier sans fin dans lequel les soupirs des étudiants s'étaient maintes fois éteints, se trouvait l'antre des mystères impénétrables des choses probables et futures. Dans une ambiance tamisée, la pièce ornée de draperies et poufs bariolés était bien souvent le théâtre de sordides révélations, tout comme de rêves que la voix feutrée du professeur Trelawney ne parvenait à troubler. Et dans cette salle si haut perchée, un jeune garçon aux cheveux roux tentait désespérément de garder les yeux ouverts sous le regard moqueur de sa meilleure ennemie, qui, malgré ses cernes violacés débordant sur ses pommettes, était quant à elle, parfaitement réveillée.

 

Percy avait maudit le gestionnaire des emplois du temps toute la nuit lorsqu'il avait compris qu'étant donné le faible nombre d'élèves de son année à avoir choisi de poursuivre la divination comme option, il se verrait dans l'obligation de passer tous ses cours en compagnie de celle qui était la plus à même de le rendre fou: la préfète de Poufsouffle, Maisie Andrews.

 

Parfois, il se disait qu'elle le collait uniquement pour l'agacer un peu plus, et il n'était certainement pas très loin de la réalité. Cinq ans qu'elle lui suivait comme son ombre, toujours au coude-à-coude avec lui lorsque de chaque nouvel examen, toujours à proximité, véhiculant une délicieuse odeur de cookie à chaque pas. Il étouffa un bâillement. La nuit précédente avait été bien courte, Fred et George ayant tenu à souhaiter une heureuse première garde à leur préfet de frère. Garde qu'il avait partagée avec Maisie ce qui avait été bien loin de l'aider à la rendre reposante car la jeune-fille avait, depuis toujours, l'art et la manière de le faire parler jusqu'au petit matin, taquinant chaque aspect de sa vie qui, selon elle, le nécessitait.

 

Percy piqua du nez et Maisie lui donna un coup de coude. Il lui adressa un regard noir et elle lui répondit par un sourire. Il jeta un coup d'œil dédaigneux vers le tarot sur leur table et elle s'appliqua à prendre en note ce que leur dictait leur professeur. Percy avait choisi de poursuivre la divination en ASPIC, ainsi que la plupart de ses matières pour le simple et immense honneur de parvenir à cumuler douze «optimal» tout au long de sa scolarité. Maisie l'avait imité car elle était curieuse de tout et ne savait encore réellement ce qu'elle souhaitait exercer comme future profession.

 

«Coupe le paquet Percy! lui demanda-t-elle le regard brillant, le faisant sursauter.»

 

L'adolescent obtempéra, se demandant ce que son «amie» allait bien pouvoir lui prédire de catastrophique car aucune prédiction ne se révélait bénéfique une fois passée dans les mains expertes de Sibylle Trelawney. Maisie commença à aligner les cartes, concentrée et Percy s'amusa de voir se dessiner de petites rides au coin de ses yeux et sur son front, témoins de sa profonde réflexion. La veille, avant de s'endormir pour quelques heures, ils avaient misé deux échanges de garde pour celui qui réussirait à faire la prédiction la plus juste. Et bien que Percy ne jugeait pas la divination comme étant une matière très sérieuse, il éprouvait tout de même une envie, guidée par la compétition, de faire démentir les propos de la jeune-fille. Ne serait-ce que par principe. Aussi, feuilleta-t-il son manuel à la recherche de clefs d'interprétation.

 

«Hum... commença Maisie en se frottant le menton. Je vois un grand changement dans les prochains mois. Quelque chose d'intimement personnel. Peut-être même de sentimental.»

 

Percy esquissa un rictus.

 

«Hum... je vois quelque chose de bleu, continua-t-elle, faisant plisser des yeux son binôme qui ne vit pas le fin sourire fendre les lèvres de sa camarade. Oui, je vois un oiseau bleu, avec des cheveux blonds. Serait-il probable que tu fasses ta déclaration à Pénélope prochainement?»

 

Percy lâcha son livre. Comment osait-elle?! Alors que la principale intéressée n'était qu'à quelques mètres d'eux, lorgnant sur son propre tarot avec circonspection, tandis que son partenaire de Serpentard, dernier élève de leur petite classe, feuilletait avec la rage du désespoir, son livre en quête d'une explication aux sombres présages qu'elle lui avait énoncés.

 

«Je vois également un duo et un grand malheur s'abattre sur toi, poursuivit-elle en fronçant les sourcils pour cacher son hilarité face à sa précédente réaction. Peut-être Fred et George vont-ils se venger prochainement suite à notre saisie dans leur stock de bombabouses de cette nuit?

 

- Il n'y a pas besoin de posséder le troisième œil pour faire cette prédiction ronchonna-t-il en songeant sombrement au fait qu'il regretterait certainement amèrement d'avoir gâché leur première farce de l'année.

 

- Mais il se pourrait également que cette grande épreuve t'ouvre les portes d'un bonheur autrement insaisissable, reprit-elle avant de interrompre pour réfléchir, un sourire mutin délicatement plaqué sur son visage au teint mordoré délicatement accentué par l'été.»

 

Percy grinça des dents. Qu'allait-elle donc encore inventer pour le mettre dans l'embarras. Dire qu'il était celui à l'origine du stupide pari les condamnant à avouer à leur coup de cœur ce qu'ils avaient au plus profond d'eux-mêmes. Maisie devait certainement tremper ses pâtisseries dans du whisky Pur Feu avant de les lui servir afin qu'il ait de telles idées saugrenues.

 

«Donc, si j'ai tout compris, conclut-elle, Fred et George vont t'organiser un rencard. C'est la seule explication logique et rationnelle à ce tirage de cartes.»

 

Le Gryffondor pouffa, rien n'était plus improbable.

 

«Il y aurait plus de chances que tu me battes en ASPIC de métamorphose plutôt que ce fait se produise, railla-t-il. La métamorphose avait toujours été une des matières dans laquelle Maisie excellait le moins.

 

- Dans ce cas prépare ton costard mon petit Perse'! s'exclama-t-elle car je compte bien obtenir un A sur mon prochain devoir.

 

- Si tu obtiens un A, je te promets d'encourager l'équipe de Poufsouffle lors du prochain match de Quidditch.

 

- Marché conclu! finalisa la jeune-fille le regard luisant, lui tendant une main cordiale qu'il serra avec défi.»

 

L'histoire raconte que le jaune canari allait à merveille à Percy et que Fred et George eurent un impact majeur sur l'avenir de sa relation avec Pénélope Deauclair, mais, bien entendu, le principal intéressé ne s'en venta jamais.

 

oOo

End Notes:

Texte écrit lors de la nuit d'octobre 2019

Le cauchemar by AliceJeanne
Author's Notes:

SPOILER Entre Autre - chapitre 10


1er Septembre 1993

 

Image libre de droits, montage canva

 

oOo

 

L’encre gicla dans les airs et s’écrasa sur le parchemin sous les yeux horrifiés de Percy Weasley qui poussa un hurlement de rage teinté de désespoir. Pour la première fois de sa vie, il était en retard pour quelque chose et la pire chose de son existence, un traité que le Ministre de la Magie lui-même lui avait commandé il y a de cela trois semaines. Il allait déshonorer sa famille, son nom et même son ancienne maison s’il ne rendait pas le document en temps et en heure. Comment pouvait-il même prétendre à une carrière au sein du ministère s’il n’était pas capable de la plus petite des rigueurs ?

 

Plusieurs coups de baguette ne changèrent absolument rien au désastre qui venait de se produire et Percy se vit contraint de recommencer son ouvrage, pour la centième fois depuis le début de sa mission. À chaque fois la même rengaine, il parvenait presque à poser le point final et son encrier se renversait sur les mots fraîchement tracés sur le papier. À chaque nouvelle tentative, la voix déçue de son employeur retentissait un peu plus fortement dans les oreilles de l’ancien préfet.

 

« Vous êtes en retard Weasley. Cela ne va pas, absolument pas. C’est indigne d’un employé de mon bureau. »

 

Et à chaque fois Percy s’activait de plus belle, grattant de sa plume le parchemin plus vite qu’il ne l’avait jamais fait. Mais à mesure que le retard s’accumulait, le désespoir le gagnait.

 

« Je vous en prie Monsieur le Ministre ! pépiait-il en s’arrachant les cheveux. C’est la première fois ! Je vous jure que cela ne se reproduira plus!

 

- Trop tard Weasley ! L’échéance est dépassée, Miss Deauclaire a été beaucoup plus efficace que vous. »

 

Le cri qui s’échappa des lèvres de Percy n’avait d’égal que la lamentation d’un phénix. Et ce fut sur cette atroce pensée de ne pas avoir été à la hauteur qu’il s’éveilla, secoué par la Poufsouffle la plus inquiète de Poudlard.

 

Maisie l’observait avec crainte, les cheveux emmêlés et les yeux gonflés de celle que l’on venait de tirer d’un profond sommeil. Elle se tenait redressée sur un coude, une de ses mains posée sur son épaule et un vieux pull de Quidditch en guise de pyjama. La mémoire revint à cet instant au septième année. Il était à Poudlard, dans la Salle de travail des préfets, et rien de tout ce qu’il venait de vivre n’était réel puisqu’ils effectuaient simplement leur première garde de l’année en tant que préfet et préfète-en-chef. Il soupira de soulagement et se laissa mollement retomber dans les coussins de la mezzanine dans lesquels ils s’étaient assoupis après avoir longuement discuté de leur proche avenir professionnel.

 

« Ton cauchemar avait l’air véritablement affreux, commenta Maisie en lui frictionnant le bras.

 

- Tu n’as pas idée, maugréa-t-il. Heureusement qu’il ne pouvait pas être réel.

 

- Comme tous les rêves, répondit-elle laconiquement. »

 

Il hocha la tête avec satisfaction, puis retira délicatement la main de Maisie de son épaule, sur laquelle elle s’était arrêtée.

 

« Merci.

 

- Pas de quoi. De toute façon, tu m’empêchais de dormir, indiqua-t-elle avec un petit sourire moqueur. J’ai juste une question. »

 

Percy lui lança un regard intrigué, méfiant vis-à-vis de son air satisfait.

 

« Tu es certain que c’était véritablement un cauchemar ?

 

- Bien sur pourquoi ?

 

- Parce que tu n’as pas cessé de crier « Oh, Pénélope !» et « Je serai ce que vous voulez Monsieur le Ministre » entre deux gémissements. »

 

Percy devint plus rouge que la plus écarlate des tomates du potager de Hagrid.

 

« Bien sûr ! Qu’est-ce-que tu t’imagines ?! s’étouffa-t-il, gêné qu’elle ait pu se méprendre.

 

- Oh, beaucoup de choses au vu de ce que tu m’as raconté toute à l’heure. »

 

Le jeune-homme souhaita ardemment être foudroyé sur place. Il devenait beaucoup trop proche de Maisie qui appréciait beaucoup trop le taquiner. Pourquoi s’était-il choisi une telle amie ?

 

« Je suis certain que tu mets du veritaserum dans tes cookies.

 

- Nul besoin avec toi Perce’, tu es un vrai livre ouvert.

 

- C’est injuste ! se renfrogna-t-il. Tu profites de la situation car tu sais que jamais je ne te demanderai de détails sur ta propre relation.

 

- L’avantage de sortir avec un dragonologiste, s’amusa-t-elle.

 

- L’avantage de sortir avec le seul dragonologiste qui soit aussi mon frère, plutôt, bougonna-t-il. »

 

Percy fit mine de bouder tandis que Maisie, après avoir laissé échapper un petit rire et quelques éclats gênés, s’allongeait à nouveau dans le but de trouver un peu de repos afin d’affronter le lendemain. Puis soudain alors que la jeune-fille retombait dans les bras de Morphée, un éclair de génie traversa le cerveau embrumé du Gryffondor.

 

« Oh mais j’y pense...

 

- Tu touches à Ellie et je te prouve que je peux être aussi hargneuse que le sujet d’étude de Charlie.

 

- Intéressant Andrews, ricana l’adolescent satisfait avant de se tourner à son tour et de faire semblant de somnoler.

 

- Je ne sais pas ce que tu t’imagines Weasley, mais cesse immédiatement, grogna-t-elle en l’assommant d’un polochon en entendant ses éclats de rire.

 

- Trop tard Maiz’. Je viens tout d’un coup de comprendre ce qui plait tant à mon frère chez toi. Dis-moi, est-ce qu’il lustre souvent tes belles écailles lorsque tu fulmines ? »

 

La Poufsouffle piqua un fard tout en saluant la performance. Après tout, elle lui avait tendu la perche et il avait remis les compteurs à égalité. Cependant, Percy ne payait rien pour attendre.

 

« La prochaine fois je te laisse rendre ton document en retard, maugréa-t-elle. »

 

oOo

End Notes:

Texte écrit initialement lors de la Nuit Insolite de Septembre 2019, légèrement remanié depuis

Entremetteuse en chef by AliceJeanne
Author's Notes:

Petit prologue à Entre Autre...


Prend place le premier vendredi après la rentrée de 1993.

 

Gribouillage made in mes mains, montage canva

 

oOo

 

 

Encore plus agacé qu’à l’ordinaire par ses camarades de promotion, ses frères turbulents et le monde en lui-même, Percy Weasley traversait les couloirs de l’école à grands pas, défiant quiconque de se mettre en travers de son chemin. Sa première semaine en septième année avait été longue et périlleuse et le premier tour de garde du weekend ne s’annonçait pas mieux. Il n’aurait jamais dû laisser Chloé Austin et Cédric Diggory, les nouveaux préfets de Poufsouffle se charger de faire le planning du mois de septembre, tout était à refaire, ils n’avaient absolument pas respecté les paires imposées par le règlement. Ils y passeraient certainement des heures, ce samedi, avec son homologue féminin, pour tout arranger. Maisie Andrews, bien qu’elle soit parfois bien insupportable avec sa manie de vouloir recouvrir le monde de cookies - et elle était en passe d’y parvenir - avait le mérite de savoir travailler correctement, et surtout d’être capable de s’adapter à toute la rigidité dont il avait besoin pour se sentir heureux. De plus, elle n’était pas de mauvaise compagnie et il était bien forcé d’admettre qu’elle commençait vraiment à lui être sympathique. Bien entendu, il était absolument hors de question que quiconque l’apprenne, l’encre avait déjà bien assez coulé à leur sujet durant leur cinquième année. Maudite soit Alditha Selwyn et son immaturité désolante. Bien qu’à la réflexion, l’ancienne préfète-en-chef avait tout de même participé à sa mise en couple avec Pénélope Deauclaire, la préfète de Serdaigle. Bénie soit Alditha Selwyn et la haine viscérale qu’elle voue à Maisie.

 

Après quelques volées d’escaliers, il parvint enfin à la salle tant chérie, nichée sous la bibliothèque, l’antre des préfets offrait le cadre de travail studieux idéal. Calme, tant que Gemma Farley et Abbie Young ne s’y trouvaient pas. La Serpentard et la Gryffondor de dernière année passaient une grande partie de leur temps à bavasser de tout et de rien depuis qu’elles se connaissaient et, bien entendu, Gemma, pour ne pas attirer les foudres de certains membres de sa maison vouant une haine farouche aux rouge et or, ne laissait libre cours à ses cordes vocales que lorsqu’ils se trouvaient entre eux. Il n’y avait bien que Maisie et Pénélope à pouvoir canaliser leurs collègues, et il bénissait silencieusement chacune de leurs interventions. Cependant, cette fois-ci, les deux jeunes-filles étaient à la porte, révisant vraisemblablement leurs cours de métamorphose de la semaine, tout en montant la garde. Le Gryffondor arqua un sourcil, cela ne lui inspirait rien de bon.

 

« Salut Percy ! s’exclama Maisie en l’apercevant. Tu souhaites te joindre à nous ?

 

- Sans façon, répondit-il en remontant ses lunettes sur son nez. Pourquoi restez-vous dehors ? Vous avez oublié comment ouvrir une porte ? »

 

Maisie soupira en levant les yeux au ciel, imitée par Pénélope qui darda sur son petit-ami un regard exaspéré.

 

« Ta compréhension de la gente féminine et des codes sociaux est encore bien défaillante, Perse’, déclara-t-elle. »

 

Le susnommé dégaina un air pincé et l’apposa sur son visage. Que Maisie le gratifie de boutades passait encore, son cas était désespéré, mais qu’elle partage cette manie avec la Serdaigle était absolument inenvisageable.

 

« Nous faisons le guet, expliqua-t-elle finalement.

 

- Tu ne peux pas entrer, Percy, renchérit Maisie en le voyant s’avancer malgré l’avertissement. Pas alors que j’ai mis toute mon âme et toute mon énergie dans la stratégie hautement complexe qui récolte certainement, en ce jour, le succès dû au prix de mes efforts.

 

- Arrêtez de tourner autour de votre chaudron et de me lancer de l’or de farfadet, que se passe-t-il là-dedans ? s’agaça-t-il en essayant d’esquiver ses deux camarades qui lui barraient à présent le passage. »

 

La Poufsouffle fit mine de siffloter et reprit son manuel de métamorphose afin d’interroger Pénélope qui préparait sa baguette pour pointer une pomme avec un air décidé. Percy crut devenir fou. Les préfètes voulaient vraiment sa raison. Certes, il ne les échangerait pour rien au monde, il ne pouvait nier que l’ambiance de franche camaraderie qu’elles instauraient lui apportait bien quelquefois du baume au cœur, mais parfois il était persuadé que le plan suprême de la petite bande était de le rendre complètement chèvre.

 

« Pas de batifolage dans la salle de travail des préfets, articula-t-il sur un ton très protocolaire et faussement outré.

 

- Sauf erreur de ma part, répliqua Maisie, tu es très mal placé pour exiger quoique ce soit à ce propos.

 

- Je ne vois absolument pas ce que tu insinues, bafouilla-t-il en devenant plus rouge que sa cravate, imité par Pénélope qui, pour la forme, adressa un regard noir à la jeune-fille. »

 

Maisie ricana, elle ne se lasserait jamais de taquiner son ami sur le sujet. Mais après tout, c’était entièrement sa faute s’il n’était pas capable de verrouiller correctement les portes.

 

« Bien, souffla-t-il en se détendant, Maisie ne perdait cependant rien pour attendre. Qui sont les deux malheureuses victimes ?

 

- Une bonne entremetteuse ne révèle pas ce genre de choses, répondit-elle avec un sourire énigmatique. »

 

Percy ronchonna avant de se laisser tomber à quelques pas du sac de Pénélope qui venait de changer la pomme en une petite statuette finement sculptée et représentant, à s’y méprendre, à un centaure.

 

« Je ne te pensais pas intéressé par ce type de potins, s’amusa Maisie en s’installant à côté de lui. Depuis quand cela te fait-il vibrer autant que Zak et Rhys ? »

 

Le Gryffondor fronça le nez, Zak Kirby et Rhys Lynch parvenaient à accomplir l’exploit de faire plus de bruit à eux deux que l’intégralité du club des supporters de l’équipe de Quidditch de sa maison un soir de victoire. De plus, rien de ce qui se tramait dans le château n’échappait à leurs yeux et oreilles affûtés, nul doute que leur future carrière dans le journalisme serait brillante. Percy restait singulièrement étonné que Maisie ait réussi à leur cacher sa relation avec Charlie, car bien que discrète, il avait cependant déjà entendu la jeune-fille y faire allusion plusieurs fois. Et tout le monde savait qu’ils avaient des espions dans tous les coins du château, prêts à enregistrer la moindre discussion croustillante. Elle devait certainement avoir une stratégie imparable pour parvenir à un tel résultat. Rares étaient les personnes conservant une part de mystère, une fois parvenus en septième année.

 

« Depuis que cela m’empêche de rentrer dans notre salle pour aller y faire mes devoirs et revoir le planning des tours de garde, grogna-t-il finalement, un coup de coude de la jeune-fille l’ayant tiré de ses songes.

 

- Ah, se rembrunit Maisie. Il est vrai que Cédric et Chloé se sont un peu mélangé les pinceaux, ce n’est pas très équilibré...

 

- Je ne te le fais pas dire ! Ils auraient tout de même pu faire un effort.

 

- Cela fait à peine une semaine qu’ils sont préfets, Perse’ ! intervint Pénélope qui les avait rejoints. Laisse-leur le temps d’apprendre, tout le monde ne peut pas être aussi doué que toi dans ce genre de tâches. De plus, Cédric est également passé capitaine cette année, ce n’est pas rien et cela demande également un gros investissement. Quant à Chloé, tu as pu le voir à la réunion dans le Poudlard-Express, elle est assez distraite. »

 

Percy rougit légèrement et se radoucit, Pénélope parvenait toujours à calmer ses ardeurs lorsqu’il était agacé. Maisie avait certainement dû lui donner des cours, car, avant l’année précédente, elle était bien la seule à pouvoir se vanter d’être capable de lui tenir tête lorsqu’il était d’une humeur de dragon grincheux.

 

« Vous reprendrez le planning demain après-midi, cela ne devrait pas vous prendre trop de temps, reprit la Serdaigle. Selon plusieurs professeurs, vous êtes la paire de préfets-en-chef la plus efficace depuis des décennies. Et pour ma part, je dois bien avouer que je suis parfois jalouse de votre synergie. J’ai même longtemps cru que vous sortiez ensemble. »

 

Maisie piqua un fard et Percy toussa bruyamment, s’étant étouffé avec sa propre salive. Lui et la Poufsouffle ? Impensable ! Il régnait entre eux une rivalité fraternelle depuis leur première rencontre lors de leur premier voyage en direction de Poudlard. Sortir avec Maisie serait particulièrement incestueux, quand bien même l’embrasser lors de leur cinquième année n’avait pas été la pire des corvées. Elle sentait les cookies et le parchemin neuf, ce qui rendait sa compagnie supportable. Mais elle n’était rien de plus que sa meilleure adversaire. Il n’était pas même prêt à admettre qu’ils étaient amis malgré les boutades régulières de nombreux autres préfets à ce sujet. Mais Percy n’avait pas d’amis, uniquement des collègues, il était impératif que tout cela reste professionnel. Par ailleurs, qu’il sorte avec Pénélope était une lourde infraction au règlement qu’il s’était lui-même imposé.

 

« Si tu y tiens, murmura finalement Maisie en lui adressant un regard maternel, je parlerais avec eux et leur réexpliquerais notre façon de procéder. Cédric adore faire des fiches, je suis certaine qu’il sera ravi de rédiger une notice à l’intention des nouveaux préfets.

 

- C’est une bonne idée, approuva Percy. Elle servira certainement à Tom et Sofia qui doivent s’occuper de celui d’octobre. »

 

La Poufsouffle esquissa un sourire satisfait et se releva avant de demander au garçon s’il ne voyait pas d’inconvénient à l’aider à réviser le nouveau sort qu’ils venaient d’apprendre, un peu plus tôt dans la journée. Percy accepta avec joie, le sortilège de désillusion, presque prohibé par le Ministère de la Magie, l’intriguait. Il trouvait fascinante l’inspiration que certains sorciers trouvaient dans la faune et la flore, leur permettant par la suite l’élaboration de sorts plus farfelus les uns que les autres. Il se plaisait parfois, dans le plus grand des secrets, à s’improviser découvreur de charmes et écumer les livres à la recherche d’idées. Il n’était jamais réellement parvenu à des résultats concluants mais cela lui donnait un satisfaisant sentiment de grandeur.

 

Maisie et Percy avaient presque réussi à disparaître complètement sous les yeux de Pénélope lorsque Cédric fit son apparition au bout du couloir, avisant avec un air perplexe ses camarades, lançant des sorts dans le couloir. Leur préfet-en-chef ne se laisserait jamais aller à de telles futilités sans une excellente raison, ou bien une menace diaboliquement formulée de Maisie. Et, s’il se fiait à son expression dépitée et impatiente, la deuxième hypothèse était certainement la bonne.

 

« Que se passe-t-il là-dedans ? questionna-t-il après avoir salué les septième année.

 

- Mon talent s’exprime ! »

 

Percy leva les yeux au ciel, il commençait à s’impatienter. Il voulait bien être compréhensif, empathique même, mais là, cela en était bien assez. Déjà une demi-heure qu’il cédait aux caprices de la jeune-fille sans voir le bout de la plaisanterie, il était temps d’agir.

 

Furtivement, sans laisser le temps à la préfète-en-chef de lui barrer le passage, il se rua sur la porte. Pénélope avait, malheureusement pour lui, de bons réflexes et ce fut dans un énorme fracas, propulsés par la magie involontaire de Maisie qu’ils furent tous les deux expédiés, ainsi que la porte de la salle de travail des préfets, à l’intérieur de celle-ci.

 

« Oups. »

 

Lorsque la poussière cessa de tourbillonner et que Maisie et Cédric eurent relevé les deux infortunés étudiants, leurs regards croisèrent ceux des deux jeunes-filles, enlacées sur le canapé. Lucy et Chloé étaient recouvertes d’une épaisse couche grisâtre, les faisant ressembler à deux montagnes de sucre glace et avisaient leurs camarades avec sidération.

 

« Ça, c’est ce qui s’appelle soigner son entrée... Quoi de neuf Percy ? lança Chloé avec autant de décontraction que possible une fois ses esprits retrouvés. »

 

Le Gryffondor se contenta de jeter un regard assassin vers son homologue féminin, lui promettant qu’elle ne risquait pas de lui faire oublier cette affaire de sitôt et tourna les talons avant de sortir à grands pas de l’antre des préfets. Pénélope haussa les épaules et échangea un regard navré avec les quatre Poufsouffle avant de partir à sa poursuite. Un Percy agacé laissé sans surveillance dans Poudlard était une menace encore plus importante qu’un basilic dans une canalisation trop étroite. La jeune-fille se tordit les mains avant de remettre la porte dans ses gonds d’un petit coup de baguette magique. Il faudrait qu’elle songe à rééquilibrer son traitement inhibiteur. Cependant, pour l’heure, elle avait une chose encore plus importante à faire...

 

Ses yeux se figèrent sur les doigts noués de la cinquième et de la sixième année de sa maison, son petit stratagème de les envoyer toutes les deux chercher ses affaires de Quidditch dans son casier avait fonctionné à merveille. Lucy et Chloé flirtaient depuis l’année précédente et n’avaient de cesse de trouver des excuses pour ne pas se parler sans la présence de leurs camarades. La nomination de Chloé au poste de préfète avait été une source immense de stress pour la jeune poursuiveuse qui avait à plusieurs reprises essayé de parler à la née-moldue durant l’été, sans résultat probant, Lucy se défilait toujours. C’était remplie de désespoir qu’elle s’était confiée à Maisie dans le Poudlard Express, la semaine précédente. La septième année avait paru concernée et lui avait promis de l’aider, sans pour autant préciser comment elle s’y prendrait. Chloé n’avait pas prêté attention à la lueur de défi et de malice qui s’était installée dans son regard, tant elle avait été soulagée de pouvoir parler à quelqu’un et ne s’était donc pas méfiée. Lucy, de son côté, ayant déjà passé toute une année aux côtés de sa camarade préfète avaient immédiatement senti que quelque chose d’étrange se tramait lorsqu’un bruit de verrouillage avait retenti lorsqu’elle avait fermé la porte derrière elle. Ses doutes s’étaient confirmés lorsqu’elle s’était retrouvée nez à nez avec Chloé qui inspectait d’un air songeur un plat de leurs cookies préférés, auquel était joint une petite note, ou plutôt, un ordre.

 

« PARLEZ. »

 

Quoique l’on pouvait en dire, du fait de leur caractère brutal et excessif et également un peu effrayant, les méthodes de Maisie fonctionnaient à merveille. Chloé avait un instant maudit la jeune-fille avant de s’apercevoir de l’évidence, elle était prête à parler à Lucy, peu importe les conséquences que cette discussion aurait. Sa camarade ne lui aurait jamais joué un tour pareil sans être certaine du résultat. Maisie faisait parfois peur, mais elle n’était rien de plus qu’un monstre de gentillesse. Et lorsque Lucy lui avait proposé de s’asseoir dans le vieux canapé violine, son cœur avait bondi dans sa poitrine avant de lui adresser une bénédiction silencieuse.

 

« Alors ? l’interrompit avec amusement la jeune-fille. »

 

Pour toute réponse, Lucy leva leurs mains liées, un sourire timide aux lèvres, avant de se lever d’un bond, entraînant sa nouvelle petite-amie dans son sillage. Celle-ci articula silencieusement des remerciements avant de disparaître dans un claquement de porte, laissant Cédric seul face à l’air triomphant de sa meilleure amie. Maisie reprit néanmoins rapidement un visage sérieux et sortit une petite fiole de son sac, mieux valait qu’elle prenne en avance sa potion, ce soir, elle ne tenait pas à détruire une autre partie du château. Le cinquième année la regarda faire distraitement, en silence, elle n’aimait pas particulièrement parler de ce qui pouvait l’isoler et il respectait cela. Il ne la rejoignit que lorsqu’elle se laissa tomber devant la cheminée, son livre de soins aux créatures magiques sur les genoux, une lettre de Charlie s’en échappant.

 

Cédric se gratta la tête nerveusement, c’était le moment où jamais pour lui demander conseil, car une fois plongée dans ses révisions, elle devenait aussi irascible de Percy en cas d’interruption impromptue. Il s’approcha avec hésitation avant de prendre place à ses côtés, repliant ses jambes contre sa poitrine. Maisie lui jeta un regard curieux teinté d’inquiétude et détourna son attention des mots de l’apprenti dragonologiste.

 

« Tout va bien ? »

 

Il déglutit. Ce n’était pas le moment de flancher et maintenant qu’il lui avait laissé paraître qu’il était préoccupé, elle ne le lâcherait plus.

 

« Je crois qu’il est temps que tu m’aides avec Hermione Granger. »

 

oOo

 

 

End Notes:

Petite ouverture avec d'autres préfets que je vais tâcher de développer!

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=37082