Pour toujours Nephtis by bellatrix92
Summary:

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Nephtis Rosier, épouse d'Abraxas Malefoy, mère de Lucius et Ignacius Malefoy. 

Quelques morceaux choisis de son mariage jusqu'à sa mort.

 

L'image appartient à Disney


Categories: Biographies, Univers Alternatifs Characters: Famille Malefoy
Genres: Famille
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Enfants perdus, La Guerre des Sorciers, L'illustre et noble famille Malefoy, Eris Malefoy, l'héritière déconfiée
Chapters: 3 Completed: Non Word count: 5539 Read: 870 Published: 13/09/2020 Updated: 22/12/2020
Story Notes:

Cette fanfiction fait partie de ma série UA "Les enfants perdus" et revient sur le personnage de Nephtis.

1. Magnifique by bellatrix92

2. Aimante by bellatrix92

3. Lucide by bellatrix92

Magnifique by bellatrix92
Author's Notes:

Bonne lecture!

- Tu es vraiment magnifique !

La voix de Callypso n’est qu’un souffle, et pourtant l’on y perçoit une admiration toute maternelle. Nephtis ne tique pas, elle sait déjà qu’elle est jolie, et encore plus qu’elle a énormément de chance.

Qui aurait cru qu’elle, la benjamine des Rosier, fasse un tel mariage avec la conjoncture actuelle ?

Des années auparavant sa mère, née Gaunt, s’était déjà élevée au dessus de sa condition en épousant son père. Les railleries avaient été nombreuses car cette famille passait pour dégénérée, mais trois fils bien faits de leur personne et deux filles charmantes avaient suffi à faire taire les sarcasmes.

Achille, de dix-sept ans son aîné, a épousé Callypso Prewett, une autre Sang-Pur. Les autres n’ont pas encore trouvé chaussure à leur pieds, à part sa sœur Druella qui s’est mariée très jeune à Cygnus Black.
Dans quelques mois, elle sera mère une seconde fois, après la naissance de la petite Bellatrix.

Nephtis sait que son destin aurait largement pu être pire. C’est Achille et Callypso qui l’ont élevée depuis ses sept ans, lorsque ses parents sont morts au service de Grindelwald. Et en temps que chef de famille, son frère aîné s’est énormément préoccupé de son avenir. C’est à lui qu’elle doit ce mariage prestigieux avec l’héritier des Malefoy car il a su profiter de sa place enviable au sein du ministère pour la propulser dans les hautes sphères.
Elle sait aussi parfaitement qu’il s’est servi d’elle, comme d’un joyaux familial mettant en valeur sa propre personne. Mais elle ne lui en veut pas, c’était la meilleure chose à faire, pour lui comme pour elle.

Magnifique ? Dans sa robe blanche à col de dentelles, elle se sent surtout un peu perdue à vrai dire, du haut de ses dix-huit ans à peine sonnés. Bien sûr elle est jolie, cela elle le sait très bien. Les Malefoy sont très sélectifs dans le choix de leurs conjoints et la santé prime sur tout le reste, avec l’apparence physique et la pureté du sang bien-sûr. Ils connaissent et craignent les ravages de la consanguinité.

Mais magnifique ?
A vrai dire, elle en doute et se sent surtout effrayée par l’ampleur de la tâche qui l’attend. Les Malefoy sont immensément riches, le père d’Abraxas en fin de vie et on attend d’elle qu’elle administre leur immense domaine aux côtés de son mari.

Oui elle a peur, et il y a de quoi.
Callypso et Achille l’ont bien-sûr formée à ce rôle d’épouse et d’administratrice. D’ailleurs elle avait depuis un an la responsabilité d’une partie de la maison, pour soulager Callypso, déjà mère quatre fois et encore une fois enceinte. Nephtis sait pertinemment que ce ne sera pas la dernière, sa tante ne vit que pour enfanter et elle a encore quelques années avant que l’âge ne la rattrape.
Elle-même ne pourrait pas, c’est bien trop dur et elle se félicite que les Malefoy ne fassent pas partie des « familles de lapins » comme on appelle parfois certaines familles de sang-purs comme les Prewett, les Rosier, les Weasley ou encore les Nott. Les Malefoy au contraire ont bien compris que limiter leur nombre de descendants permettait de préserver leur fortune, et ils s’y emploient. Un fils, deux au grand maximum etdes filles peu dotées leur ont permis de rester la famille la plus riche du monde sorcier britannique.

Nephtis doute, d’elle-même, et de tout jusqu’à son destin en fait. Est-elle vraiment à sa place dans un tel milieu ? Elle, la Choixpeauflou Poufsouffle/Serpentard ? Le choixpeau a hésité presque dix minutes avant de lui demander son avis entre les deux.
Elle-même doit se l’avouer, elle a hésité une demi-seconde. L’esprit de la maison au blaireau l’avait toujours attirée et, à l’époque, ce n’était pas un tel enjeu.

Mais avec le recul, elle se félicite d’avoir choisi Serpentard, car sans cela toutes ces portes ne lui auraient jamais été ouvertes.
Aimante by bellatrix92
Author's Notes:

Et voici un second chapitre sur notre chère Nephtis.

J'espère qu'il vous plaira.

- Mon fils, je ne pense pas honnêtement que ce soit une bonne idée.
- Mais mère, je l’aime au point de ne plus pouvoir regarder aucune autre femme.

Nephtis soupire, ce garçon n’en fera jamais qu’à sa tête de toute manière, et elle le sait bien. En même temps, c’est un peu normal puisque c’est elle qui lui a donné le jour. Et que les Rosier n’en font jamais qu’à leur tête également :
- Je ne dis pas que cette jeune femme est sans qualités, répond t-elle avec douceur. J’ai même beaucoup d’estime pour elle. Mais elle est une créature fragile qui ne t’accompagnera pas dans la vieillesse. Aucun de ses nombreux frères et sœurs n’a atteint l’âge adulte, ne l’oublie pas.
- Faut-il pour autant la condamner à la solitude ? Lui demande Ignacius en colère.

Elle soupire une seconde fois. Elle déteste vraiment faire souffrir cet enfant, son plus jeune et le plus gentils de ses deux fils.
Par quel miracle a t-il atterri à Serpentard ? Elle l’ignore encore. Enfin, elle pense qu’il a sûrement fait comme elle : il a demandé au Choixpeau et celui-ci n’a pas refusé. Même si Abraxas ne l’aurait pas épargné dans le cas contraire, elle sait bien qu’elle-même lui aurait pardonné Poufsouffle ou Serdaigle. Elle s’attendait véritablement à ce qu’il y entre, avec son caractère et ses dispositions d’esprit.

Mais Serpentard ? Non, ce pauvre garçon n’en a pas le profil… Même s’il a été suffisamment malin pour venir annoncer d’abord à sa mère et surtout pas à son père ses intentions de mariage.
Lucius, lui, avait fait le contraire et il y avait de quoi. La fille sur laquelle il avait jeté ses vues avait tout pour plaire à Abraxas : belle, jeune, sang-pur, fortune relative et santé de fer.

Pour Ignacius, les choses sont différentes :
- Mon fils, dit-elle doucement. Réfléchis je t’en prie.
- J’ai déjà réfléchi trop longtemps mère.
- Laisse moi en douter, répond t-elle alors sur un ton sec.

Comme il n’ose rien dire de plus, elle s’adoucit et s’approche de lui :
- Tu es un garçon aussi ardent que vigoureux, lui murmure t-elle. Je te connais bien tu sais. Tu n’aimes rien de plus que sortir, recevoir, explorer. Tu aimes les femmes aussi, dont tu te fais volontiers le séducteur. Et surtout tu souhaites fonder une famille. Ne penses-tu pas sérieusement que ton cœur, en se portant sur Hortense Nott, fait une énorme erreur ?
- Pourquoi donc ? Demande le jeune homme.
- Parce qu’elle n’aura jamais la force de te suivre dans tout cela. Tu seras inquiet tant qu’elle vivra car elle sera malade et souvent affaiblie. Je te connais et je sais que tu seras incapable de vivre ta vie dans ce cas, cela te rendra infiniment malheureux. Quant-à avoir des enfants, laisse-moi te parler en temps que femme qui en a eu deux : il serait folie d’y songer. Une femme comme Hortense Nott ne peut supporter une grossesse. Et quand par miracle elle y arriverait, ce serait pour mourir en couches. Est-ce cela que tu veux ?

Il ne répond rien, car il n’y a rien à répondre. Cependant son regard décidé qui affronte sa mère ne peut tromper sur ses intentions :
- Tu ne changeras pas d’avis, pas vrai ? Murmure t-elle.
- Non mère, répond t-il. Pouvez-vous en parler à père avant moi ? Je compte lui annoncer la chose demain.

Elle hoche la tête mécaniquement. La soirée risque d’être houleuse et elle le sait. Mais elle aime ce jeune fils plus que tout et sait depuis longtemps qu’il a hérité d’elle bien davantage que des Malefoy.

Le soir-même donc, elle frappe à la porte du cabinet de curiosités de son mari. Elle n’a véritablement pas l’habitude d’y entrer et Abraxas le sait, si elle vient ici c’est qu’il doit l’écouter :
- Mon ami, dit-elle après qu’il l’ait faite entrer et invitée à s’asseoir sur un fauteuil promptement désencombré. J’ai reçu ce matin la visite d’Ignacius qui souhaitait m’entretenir d’un sujet sérieux.
- S’agit-il des ses projets de mariage avec Miss Nott ? Demande Abraxas à brûle-pourpoint.

Nephtis, parfaitement surprise, hoche mécaniquement la tête et répond pour garder contenance :
- Vous êtes donc déjà au courant.
- Disons que je m’en doutais, répond Abraxas. Lucius et moi avons remarqué l’intérêt qu’il porte à cette jeune personne lors du bal donné par les Selwyn. Une vraie famille de dégénérés d’ailleurs, ceux-là…

Nephtis déglutit :
- Qu’en pensez-vous ? Demande t-elle d’une voix anxieuse.
- Ma foi, répond son mari. J’ai d’abord songé à confronter mon fils et à l’avertir de la précarité d’un tel projet. Car la demoiselle n’est guère riche et surtout condamnée… Et puis j’ai réfléchi et je pense que, dans la configuration actuelle, c’est peut-être le mieux.
- Je vous demande pardon ? S’étrangle Nephtis.

Elle a du mal à y croire, et surtout à comprendre où Abraxas veut en venir. Comment peut-il accepter une telle chose, fier comme il l’est ?
Son mari remarque son trouble, son incompréhension totale même, et juge bon de lui expliquer :
- Ma chère, Dit-il d’une voix autoritaire et assez solennelle. Nous avons eu deux fil et non un. Ce qui veut dire que l’héritage des Malefoy est sur le point d’être divisé en deux branches et que cela l’amoindrira considérablement. Cela, notre famille a toujours souhaité l’éviter. Maintenant, si notre plus jeune fils épouse une femme affaiblie qui ne lui donne aucun enfant, sa part retournera par défaut dans la branche principale à sa mort. Notre patrimoine sera ainsi reconstitué et reviendra intact au petit Drago.

Nephtis soupire, à la fois amère et soulagée :
- J’imagine que Lucius a approuvé votre projet, murmure t-elle.
Lucide by bellatrix92
Il fallait bien qu’elle soit lucide, qu’elle se rende à l’évidence : on lui cachait des choses dans cette famille.

Elle avait commencé à le remarquer presque deux mois plus tôt. Que signifiait donc le manège suspect auquel se livraient ses deux belles-filles ? Ces visites qu’elles se rendaient plusieurs fois par semaines sans l’inviter par exemple ?
Elle avait voulu croire au départ que ce n’était que le signe d’un rapprochement entre les deux jeunes femmes, mais cette mise à l’écart croissante avait fini par beaucoup lui peser. Le manège avait même commencé un peu avant et, depuis qu’elle l’avait enfin remarqué, elle rongeait son frein, d’autant qu’elle n’avait plus vu Hortense depuis plus de trois mois, la jeune femme étant de plus en plus fréquemment indisposée… S’il s’agissait bien de cela car Narcissa ne se gênait pas pour autant pour s’inviter.

Mais qu’à cela ne tienne, à présent Nephtis était bien décidée à savoir enfin ce qui se tramait dans son dos. Et c’est sur Narcissa que le sort tomba, la première fois qu’elle eut l’occasion de la mettre au pied du mur alors qu’elles se trouvaient seules dans le jardin attenant au manoir du Wiltshire :
- Vous semblez contrariée, belle-maman, venait de lui faire remarquer la jeune femme visiblement intriguée.
- Je le suis en effet, lui répondit froidement Nephtis. Non seulement, il est extrêmement vexant d’être tenue volontairement à l’écart de la boucle des informations, mais en plus je constate que je suis mise à l’écart de manière croissante de vos activités avec Hortense.

Narcissa resta un instant surprise, ses joues rosirent un peu, puis elle répondit d’une voix qu’elle s’efforçait visiblement de contrôler :
- Que voulez-vous dire ?
- Je parle de ces visites quasi-quotidiennes que vous rendez à Hortense sans m’y inviter, ni même m’en aviser d’ailleurs, comme si j’étais une indésirable. Sachez également que votre époux lui-même commence à s’en aigrir.
- Mon époux, répliqua alors Narcissa avec la même froideur. A bien assez de maturité pour m’entretenir lui-même de ce genre de choses. Et au-delà de tout ceci, je nourris des doutes sérieux sur le bien-fondé de votre démarche.
- Est-ce une fin de non-recevoir ? Lui demanda Nephtis, outrée de l’attitude de sa bru.

D’ailleurs, sa réponse fit rater un battement à son cœur :
- On peut dire cela, oui, lui répliqua Narcissa aussi sec avant de se détourner en ajoutant. Mêlez-vous donc un peu de vos affaires Nephtis.

La vieille femme sentit aussitôt la fureur l’envahir, pourtant elle n’eut même pas la force de poursuivre Narcissa pour l’obliger à s’excuser. L’audace et surtout la froideur glaciale de sa bru l’avaient complètement déstabilisée. Tout ceci était si soudain qu’elle ne pouvait se l’expliquer.
Avait-elle froissé les deux jeunes femmes ? Il est vrai que son attitude était parfois un peu rude, mais il lui semblait bien qu’elle avait fait des efforts colossaux pour se maîtriser…
Depuis qu’Ignacius, son fils, lui avait clairement fait comprendre qu’il ne tolérerait plus ses écarts de comportement et ses phrases parfois assassines.
Avait-elle dit quelque-chose depuis ? Il ne lui semblait pas pourtant ? S’était-elle montrée excessivement intrusive ?
Elle ne voyait pas à quelle occasion… Tout était vraiment arrivé sans la moindre explication.

Contrariée, un rhumatisme réveillé par la tension autant que par l’humidité et le froid ambiants, elle s’emmitoufla dans sa cape et ne tarda pas à rentrer, un poids sur l’estomac.

Lorsqu’elle pénétra dans le château, Narcissa avait déjà quitté les lieux et sa cape avait à nouveau disparu. Nephtis sentit une boule se former dans sa gorge et remonta dans les appartements qu’elle partageait avec son mari, luttant contre l’envie de s’inviter à l’improviste chez Ignacius en empruntant sa cheminée. Mais il ne l’aurait sans doute pas toléré.
La mort dans l’âme, elle ôta sa cape qu’elle suspendit elle-même à la patère, s’assit dans un canapé devant la cheminée et appela :
- Dobby.

L’elfe apparut aussitôt :
- Maîtresse ? Dit-il d’une voix aiguë.
- Apporte-moi une tasse de thé je te prie.
- Tout de suite, maîtresse.

L’elfe disparut dans un craquement sonore. Son absence ne dura pourtant que vingt ou trente secondes au bout desquelles il réapparut, un large plateau dans les mains qui contenait une bouilloire, deux tasses et soucoupes ainsi qu’un assortiment de gâteaux variés.
- Voici maîtresse, dit-il avant d’ajouter devant son air surpris : Le maître a également souhaité venir boire le thé ici. Dois-je l’attendre pour vous servir ?
- Non, je te prie, répondit Nephtis qui avait plus que tout envie d’être seule. Je le servirai moi-même lorsqu’il arrivera. Va maintenant.

L’elfe lui servit une tasse, s’inclina et disparut, la laissant perdue dans ses sombres pensées.
Le craquement sonore de son transplanage résonnait encore dans les oreilles de Nephtis lorsque son mari Abraxas entra dans le salon de leur appartement :
- Vous semblez contrariée mon amie, lui fit-il remarquer en guise de salut.

C’était la deuxième fois qu’on lui disait cela en moins d’une heure mais Nephtis ne releva pas l’expression. Elle hocha la tête sombrement et servit une tasse de thé à son époux qui l’observait avec inquiétude.
Soudain gênée, elle attendit qu’il se soit assis pour lui raconter l’altercation qui l’avait opposée à Narcissa, ainsi que ses griefs envers ses deux belles-filles.

Il était très rare qu’elle se confie ainsi à lui mais, à sa grande surprise, Abraxas ne se moqua pas d’elle, pas plus qu’il ne prit la chose à la légère. Au contraire, il répondit sur un ton très sérieux :
- Cela fait plusieurs semaines que Narcissa est extrêmement soucieuse en effet, je l’ai bien remarqué quoique son agressivité envers vous m’étonne. A vrai dire, je pensais que vous partagiez les mêmes inquiétudes qu’elle…

Il s’interrompit un instant, visiblement hésitant, avant de poursuivre :
- Mais de ce que vous m’en racontez, je vois bien qu’elle ne s’en est pas ouverte à vous.

Nephtis, surprise, lui répondit d’une voix tremblante :
- Non, elle ne m’a fait part à aucun moment d’une inquiétude quelconque… A vrai dire elle m’a même soigneusement tenue à l’écart de sa vie privée depuis plusieurs semaines.
- Donc vous n’êtes pas plus avancée que moi à priori. J’ai cependant remarqué que notre pauvre Ignacius est aussi extrêmement tendu ces temps-ci et lui non plus n’a rien voulu me dire.
- Vous pensez que c’est lié ? Lui demanda Nephtis avec inquiétude.
- Je ne vois qu’une raison possible à cela, répondit Abraxas. Et je pense que vous ne devriez pas tenir rigueur à votre bru de son… mouvement d’humeur. Elle essaie sans doute de vous préserver même si ce n’est sans doute pas la meilleure manière de faire.
- Qu’êtes-vous en train de me raconter ? Lui demanda Nephtis complètement perdue.

Abraxas la regarda, comme s’il évaluait sa solidité, avant de répondre :
- Je pense que Narcissa et Ignacius sont actuellement au chevet de notre chère Hortense.
- Que… Demanda Nephtis qui craignait soudain de comprendre.
- Hortense n’est pas sortie du manoir depuis plusieurs semaines, notre fils est mort d’inquiétude depuis presque autant de temps. Là-dessus, Narcissa se rend presque tous les jours à son chevet, délaissant mari et enfant… Cela fait quelques temps que je me penche sur la question et je sais de source sûre qu’Ignacius a annulé la venue de deux collaborateurs chez lui ces derniers jours. L’épouse de l’un d’eux qui connaît bien Hortense a évoqué sa santé… Cela ne nous laisse que peu de doutes.
- Vous pensez qu’ils veillent sur Hortense parce que… Elle est malade ?
- Je pense, mon amie, qu’Hortense est même au plus mal.

Nephtis poussa un cri et porta la main à son cœur. C’était comme si un poids venait de tomber dans sa poitrine.
- Mais, s’entendit-elle murmurer d’une voix suraiguë. Nous ne pouvons pas laisser notre fils seul dans de telles circonstances !
- Il nous faut pourtant faire preuve de lucidité, répondit sombrement Abraxas. Ignacius n’a pas sollicité notre présence. Je pense personnellement qu’il serait indélicat de notre part de l’imposer…

Il se renfonça dans son fauteuil, le visage étrangement pâle, et soupira :
- J’ai bien peur qu’il ne nous faille attendre… Narcissa est partie très brusquement tout à l’heure, après avoir reçu un message dans la cheminée… Peut-être auront nous aujourd’hui une explication à tout cela...

La gorge nouée, Nephtis se prit la tête dans les mains pour dissimuler les larmes qui coulaient sur ses joues. Abraxas posa doucement une main sur son épaule. Lui semblait totalement incapable d’en dire plus.
L’attente s’installa, interminable et insupportable. Nephtis pleurait sans s’arrêter, malgré les caresses amicales d’Abraxas sur ses épaules. Et elle pouvait le sentir prostré juste à côté d’elle, en silence.
A vrai dire, elle se sentait coupable : sa rudesse au début du mariage de son fils et ses mauvaises manières avec Hortense lui retombaient dessus à présent. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même.

Combien de temps l’attente dura t-elle ? Elle ne le sut pas, mais alors que la nuit était tombée depuis longtemps, le feu dans la cheminée prit soudain une couleur verte et la voix de Lucius résonna dans la cheminée :
- Père, Mère, les appela t-il d’une voix un peu tremblante. Ignacius vient de nous envoyer un message… Je suis dans le salon.

Nephtis, l’estomac plus retourné que jamais, se leva aussitôt d’un pas mécanique et avec Abraxas ils sortirent de chez eux pour descendre les marches d’un pas lourd jusqu’au salon.
Lucius s’y trouvait déjà, marchant de long en large et visiblement très retourné également.
- Que se passe t-il ? Lui demanda Abraxas tandis que Nephtis se trouvait dans l’impossibilité ne serait-ce que d’ouvrir la bouche. Elle avait même envie de vomir.

Lucius pourtant, s’il semblait perplexe et bouleversé, n’avait pas la figure d’un homme triste. Il tenait un parchemin à la main et le tendit à ses parents en répondant :
- Je ne comprends pas ce que veut dire mon frère mais il demande à nous voir.

« Père, Mère, Lucius,
Un événement pour le moins inattendu, je n’ose dire encore inespéré, vient de se produire à Battle. Aussi je sollicite votre présence dès que cela vous sera possible. Narcissa est déjà chez nous. »

Abraxas avait lu le texte à voix haute et il ajouta, traduisant à voix haute la pensée de Nephtis :
- C’est incompréhensible… Mais Ignacius doit être totalement sous tension car il a repris son horrible écriture d’enfant… Lorsque je le forçais encore à refaire ses pages de calligraphie.
- Allons-y, répliqua alors Nephtis d’une voix blanche. Je veux savoir ce qu’il en est.
- De toute évidence, fit observer Lucius. Ils ont besoin de nous et la situation semble demander une totale confidentialité. Dépêchons-nous.

Ils hochèrent gravement la tête et Abraxas se dirigea le premier vers la cheminée dans laquelle il entra d’un pas qui se voulait décidé après avoir attrapé une pincée de poudre de cheminette.
- Manoir Malefoy, Phantom Alley, Battle ! Récita t-il d’une voix forte.

Quelques instants plus tard, ils atterrissaient l’un après l’autre dans le salon du manoir de Battle.
Ignacius les attendait, visiblement sur les nerfs mais son visage profondément heureux choqua Nephtis qui n’attendit même pas que Lucius soit apparu pour se précipiter sur lui :
- Bonjour mon fils, dit-elle en contenant à grand-peine la crise de nerfs qu’elle sentait venir. Que signifient donc tous ces mystères par Merlin ? Allez-vous donc enfin tout nous expliquer ?

Ignacius l’étreignit d’un air qui se voulait rassurant, définitivement imperméable aux convenances, et répondit alors que Lucius sortait de l’âtre en toussant :
- Venez, Hortense et moi avons quelque-chose à vous annoncer… Pardonnez-nous ces cachotteries, mais notre situation était si précaire ces dernières semaines que la discrétion nous a paru le meilleur compromis.
- Je me demande bien ce que vous avez encore trafiqué, maugréa Abraxas.

Tendus mais rassurés par la mine heureuse du jeune châtelain, ils suivirent Ignacius dans les étages jusqu’à une chambre donnant sur le jardin que Nephtis ne l’avait jamais vu encore utiliser. Ignacius toqua à la porte et les annonça :
- Hortense, Narcissa, dit-il. Mes parents et Lucius sont là.

Sans attendre, il les fit entrer dans la pièce et les trois restèrent figés de stupeur, peinant d’abord à comprendre, puis à réaliser et accepter :

Ignacius et Hortense (sa marque était nettement visible) avaient réaménagé cette chambre d’amis de fond en comble. Les murs autrefois vert foncé à liseré d’argent s’ornaient à présent d’une peinture, toujours verte certes, mais d’un ton clair plus doux et parsemée de belles roses blanches à tiges dorées qui couraient le long des murs et des colonnades comme s’il s’était agi d’une véritable plante. Le plafond était d’un blanc lumineux, comme les rideaux et les quelques meubles… Dont un berceau.
Et assise au centre de la pièce sur un fauteuil blanc qui relevait ses jambes, une Hortense très fatiguée mais souriante donnait le biberon à un minuscule bébé aux cheveux déjà très brun.

Incapable de parler et complètement choquée, Nephtis les contempla pensivement durant plusieurs secondes avant que son plus jeune fils ne brise la glace. Debout juste à côté d’elle, il déclara d’une voix étrangement peu assurée malgré son bonheur évident :
- Eris est née le 7 décembre, il y a trois jours… Nous n’avons rien dit plus tôt parce que…

Nephtis en avait assez entendu. D’un geste vif et se remettant soudain à pleurer, elle empoigna Ignacius par le col et lui administra deux gifles sonnantes :
- Je n’y crois pas, non je n’y crois pas ! Comment avez-vous pu oser manquer à ce point de confiance envers nous et nous cacher un événement d’une telle importance ?

Elle ne savait pas vraiment si elle pleurait de soulagement, de colère ou de joie mais elle se reporta dans la foulée sur Narcissa qui se tenait en retrait, lui disant d’une voix peu amène :
- Et vous, petite sotte, à aucun moment vous n’avez jugé utile de me mettre dans la confidence ?

À présent elle sanglotait tellement fort qu’elle arrivait à peine à parler. Tout juste parvint-elle à articuler une phrase assassine à l’adresse de sa bru qui secouait fermement la tête :
- Vous qui n’avez jamais supporté la vue du sang… Vous pensiez vraiment être plus à même que moi d’accompagner votre belle-sœur ?

Mais elle n’en dit pas plus car Abraxas lui saisit l’épaule et la ramena à lui tout en murmurant d’une voix pressante :
- Du calme mon amie, je comprends que la situation vous bouleverse mais, d’une part Ignacius n’a pas terminé ses explications, et d’autre part ce genre de débordement n’est clairement pas approprié à la situation présente.

En effet constata Nephtis malgré sa colère, Hortense avait brusquement pâli et Ignacius s’était précipité à son chevet. Quant-à Narcissa, elle l’observait avec crainte et trouva juste la force de murmurer, non sans une certaine froideur :
- C’est à moi qu’Hortense s’est confiée… à moi et à personne d’autre, il était donc hors de question que je trahisse sa confiance.

C’était les mots de trop. Honteuse mais encore en colère, Nephtis sortit de la pièce au pas de charge avant d’exploser une seconde, Abraxas sur ses talons.
Elle attendit d’être loin dans les escaliers pour laisser totalement libre-cours à ses sentiments contradictoires, là elle s’effondra en pleurant sur les marches.
Abraxas s’assit à côté d’elle et lui passa une main dans le dos.
- Je comprends que vous soyez vexée, dit-il. Mais reprenez-vous un peu je vous prie.
- Je ne suis pas vexée, répliqua t-elle aussitôt. Je suis folle de rage.
- Nous nous en sommes tous rendus compte, lui répondit-il doucement. Mais voyez le bon côté des choses, ce n’est pas ce que l’on craignait…
- Oui… Sanglota t-elle. Oui, certes...

Il fallut à Nephtis plusieurs minutes pour se calmer et reprendre ses esprits, un long moment durant lequel Abraxas resta assis avec elle sur les marches à la bercer doucement, ce qui ne lui était pas arrivé souvent.
Enfin, elle parvint à faire cesser ses hoquets et se releva avec peine, appuyée sur le bras de son mari. Ils remontèrent à pas lents vers la chambre.

La chambre était d’un calme tendu lorsqu’ils y pénétrèrent à nouveau. Hortense avait repris quelques couleurs mais restait visiblement secouée, ce qui mit Nephtis encore plus mal-à-l’aise.
Ignacius se tenait près d’elle et jouait à laisser la petite Eris attraper son doigt.

Quant-à Lucius et Narcissa, un peu à l’écart à l’autre bout de la pièce, ils semblaient en pleine explication :
- … Ne voulait pas faire espérer en vain, était en train de dire la jeune femme visiblement contrite. Et jusqu’au bout nous avons craint le pire...

Nephtis aurait voulu hurler, mais toute sa verve l’avait soudainement abandonnée.
Sentant probablement qu’elle ne savait pas comment aborder les choses, Abraxas parla pour eux-deux :
- Bien, dit-il. Vous trois, vous allez nous expliquer toute cette histoire afin que Lucius ne soit pas le seul à être mis dans la boucle. Mais, avant toute chose… Hé bien, j’aimerais quand-même voir cette petite demoiselle de plus près.

Joignant le geste à la parole, il s’avança vers Hortense qui lui confia l’enfant avec appréhension. Mine de rien, elle semblait encore totalement épuisée et d’ailleurs Nephtis s’étonnait qu’elle soit encore en vie. Une grossesse aurait du la tuer.
Pourtant, le bébé était magnifique, avec des cheveux sombres et un visage illuminé de deux grands yeux gris au regard déjà acéré.
- Qu’elle est belle ! Souffla Nephtis.

Toute sa vie, elle avait espéré une petite fille et voir son souhait le plus cher réalisé à présent donnait à la situation quelque-chose de totalement irréel. Abraxas ne tarda pas à lui donner le bébé et fit apparaître à côté d’Hortense un fauteuil pour qu’elle puisse s’asseoir elle-aussi.
- Pourquoi nous l’avoir cachée ? Demanda t-il à Ignacius qui se contenta de baisser la tête d’un air gêné.

Lucius intervint :
- Mon frère, dit-il avec exaspération. Avait peur pour notre sensibilité.

Personne ne releva et il poursuivit :
- Il a beau savoir que nous en avons vu d’autres, que lui-même est beaucoup plus délicat que nous… Et bien il a estimé qu’il convenait de nous préserver.
- Durant tous ces mois, répliqua alors Hortense d’une voix faible. Nous avons crains une cruelle déception, c’est cela que nous souhaitions éviter au reste de la famille.
- Et à présent ? Demanda Nephtis.
- Nous pensons pouvoir dire qu’Eris et moi sommes hors de danger, même si les médicomages m’ont recommandé le biberon et non le sein.
- C’est un miracle, ajouta Ignacius d’une voix encore désolée. Personne n’y croyait, jusqu’au bout nous avons craint une tragédie.
- Et même, plus les mois passaient, plus nous la craignions, expliqua Narcissa. Mais il est vrai que ces derniers temps, garder le secret était de plus en plus éprouvant.
- Pourquoi être allés jusqu’au bout alors ? Demanda Nephtis.

Ce fut Hortense qui répondit :
- Si moi ou le bébé, ou même nous deux avions du mourir, la perte aurait été moins cruelle pour tout le monde que si toute la famille avait attendu cette naissance.

C’était une véritable illusion, songea Nephtis. Elle-même était bien assez lucide pour savoir que les choses auraient été bien plus lourdes à porter dans ce cas pour Ignacius.
Mais comme il observait le bébé, tout à son bonheur, elle accepta de mettre pour l’instant sa lucidité un peu de côté.

Elle était heureuse elle aussi.
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