Les Illustres by Sifoell
Summary:

Nous sommes dans les années 30. Le registre des 28 Sacrés listant les familles de Sangs-Purs vient d'être publié.

Mais Farrel et Felicia Fletcher n'en ont cure. Eux, ce qu'ils veulent, c'est collectionner des objets ensorcelés.

Enfin, surtout ceux qui ne leur appartiennent pas.

Photo de John, Pexels, montage sur Canva par mes soins.


Categories: Univers Alternatifs Characters: Aucun
Genres: Angoisse/Suspense, Aventure/Action, Famille
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Nuits d'HPF, Les Fletcher, Années 1920-1940
Chapters: 11 Completed: Non Word count: 20816 Read: 2014 Published: 26/09/2020 Updated: 09/09/2021
Story Notes:

Alors, attention, voici plusieurs infos :

Les illustres parlent donc de deux membres de la famille Fletcher, famille méprisée dans le monde sorcier parce qu'ils ont un peu tendance à être des criminels. Je vais sans doute étendre l'histoire des Fletcher à l'ensemble de la fratrie, et leurs parents. Les illustres est une fic qui est donc liée à Jusqu'à ce que la mort nous unisse qui lui est contemporaine et Menteurs, voleurs, tricheurs qui commence en 1982.

Oui, je sais, arrête de te disperser. Mais je fais ce que je veux, d'abord.

Je pars sur de l'expérimental car les chapitres qui composeront cette fic seront directement inspirés des nuits d'écriture auxquelles je vais participer. Les chapitres seront donc courts, et je les publierai ou les écarterai si j'en juge ainsi.

Je vous souhaite une bonne lecture !

1. Miroir by Sifoell

2. Le collier d'alliance by Sifoell

3. Se mange froid. by Sifoell

4. L'Illusionniste by Sifoell

5. Le Magicobus by Sifoell

6. Un sourire idiot et un sourire inquiétant by Sifoell

7. La femme étoilée by Sifoell

8. L'allée des Embrumes by Sifoell

9. La gisante by Sifoell

10. La trouille du siècle by Sifoell

11. Olly by Sifoell

Miroir by Sifoell
Author's Notes:

Bonjour,

Ceci est ma participation à la nuit du Samedi 26 septembre à 20h. Thème : Miroir

Je vous souhaite une bonne lecture !

Chaque créature vivante a une ombre, et un reflet. Absolument toutes, petite, grande, magique ou non. Absolument toutes.

Sauf Farrel et Felicia, frère et sœur, qui ont tant étudié la magie de l'apparence et de l'illusion, qu'ils ont fini par apprendre à s'en extraire, ne pas se refléter, éviter que le soleil ou la lumière ne portent leur ombre. Farrel et Felicia ont maîtrisé l'illusion au point de disparaître et de devenir de véritables légendes dans le monde des sorciers.

Associée à leur science de l'illusion, est leur soif insatiable d'Histoire, et leur recherche sans fin d'objets magiques qu'ils collectionnent avec amour, et dont ils ne font pas commerce. Quoique, des fois, il faut bien manger...

Ils sont capables de choses tellement nouvelles qu'elles n'ont pas encore de noms.

Ils sont tous deux petits et fluets, et si on ne les regarde pas de trop près, ils passeraient pour des enfants ou de jeunes adolescents. Bruns tous deux, la peau claire, et deux billes noires en guise d'yeux.

Et comme ils se sont affranchis de l'apparence pour plonger dans l'illusion, ils se sont aussi affranchis d'une partie de leur famille, pour vivre leur vie, et s'en foutre des qu'en dira-t-on. Contrairement à leur sœur Phedra, qui s'est lancée dans cette idée absurde de faire entrer la famille Fletcher dans le registre des 28 sacrés, dans les rangs des familles de Sangs-Purs, chez les Illustres.

Phedra est leur aînée, et comme eux, elle est brune, petite et fluette. Mais, contrairement à eux, elle a subi de plein fouet la fuite de leur père, Flynn Fletcher, avec une Moldue, et l'abandon de leur mère, et d'eux, ses quatre enfants, Fortunat n'étant encore qu'un frémissement dans le ventre de sa mère quand Flynn s'est enfui. Farrel et Felicia sont nés à dix mois d'écart l'un de l'autre, et sont tellement proches qu'ils se sentent jumeaux. Phedra a toujours été de côté, plus sombre, plus proche de leur mère Matty. Et Fortunat, l'enfant, abandonné avant que d'être, trop sauvage pour être approché, ne leur a pas donné envie d'essayer ni même de l'envisager.

Farrel et Felicia sont passés maîtres dans la magie de l'illusion, et la traversée des miroirs est leur spécialité. Pouvoir se déplacer d'un miroir à l'autre, naviguer de ces pièces reflétées à ces pièces aveugles est devenu plus qu'un passe-temps, mais un moyen de subsistance. Ces deux sorciers sans reflet, sans apparence peuvent espionner et voyager absolument partout, entrer et sortir du monde magique au monde Moldu, des coffres de Gringotts à Poudlard, affranchis des distances.

End Notes:

Voilà, voilà

N'hésitez pas à laisser un message si vous le souhaitez !

Le collier d'alliance by Sifoell
Author's Notes:

Bonjour tout le monde !

Et me voici de retour avec Les Illustres, qui suit la famille Fletcher, apparentée à ma petite Philo. Nous suivons de nouveau ici Farrell et sa soeur Felicia qui sont... en plein boulot. Et nous avons un aperçu sur la magie qu'ils utilisent.

Ce chapitre est inspiré par la dernière nuit HPF et le mot-clé était "ravageur".

Je vous souhaite une bonne lecture !

« Arrête cela immédiatement, Farrell. Cela ne sert à rien. Nous avons tout le temps. »

Avec un petit sourire aux lèvres, Felicia lui montre la montre à gousset qu'elle a dans la main. Cela fait déjà une quinzaine de minutes qu'ils sont à la recherche d'un bijou unique, comme l'est chaque objet qu'ils collectent. Felicia tire sur le bouton, le remonte quatre fois, et appuie de nouveau dessus avec une expression satisfaite. Farrell soupire. De leur duo de cambrioleurs, il est les bras, et elle est le cerveau.

« Et, ajoute-t-elle d'un air suffisant, il est extrêmement dangereux de manipuler tous ces objets à la main. On est dans le coffre des Nott, qui baignent dans la magie noire. Mets tes gants au moins avant de toucher quoi que ce soit ! »

Felicia regarde autour d'elle le fouillis d'objets hétéroclites que Farrell a jeté à bas des étagères. Il est imprudent de laisser une trace de leur passage. Comme il est imprudent de laisser un tel fouillis. Mais maintenant que Felicia a utilisé la montre, ils ont une heure devant eux. Ils ne peuvent pas utiliser leur baguette dans Gringott's, il y a des sorts anti-magie, des sorts gobelins, puissants et inconnus, mais qui, comme tous les sorts, ont une faille : ils ont réussi à entrer par cet énorme miroir au cadre de bois noir, pour atterrir sur cette table qu'ils ont malencontreusement brisée.

« Bon, réfléchissons une minute. Nous ne pouvons pas user de sort d'attraction, ce serait trop facile, et Merlin merci, il n'y a pas de sort anti-voleur, dit-elle avec un rire dans la voix, vu qu'aucun voleur n'est censé pénétrer Gringotts... »

Farrell reste les bras ballants, une petite veine sautant à sa tempe. Ce qu'elle peut lui taper sur les nerfs, parfois ! A tout savoir. Felicia était un chapeau-flou, et aurait pu se trouver à Serdaigle, mais elle a suivi son frère et sa sœur à Serpentard, car il n'aurait pu en être autrement. Elle regarde le désordre et pouffe de rire.

« Tu as tout ravagé, un vrai Troll. »

Elle met son pouce à côté de son index.

« Mais un tout petit Troll. »

Elle éclate de rire devant son air déconfit.

« Bon, quand tu auras fini, tu peux peut-être m'aider ? »

Son visage arbore une expression soudainement sérieuse. Ses yeux noirs se promènent sur le capharnaüm que son frère a provoqué, et elle a une moue désolée devant la table brisée.

« Rien que l'on ne puisse réparer... Bon. Si j'étais ce vieux Teignous Nott, tellement imbu de la pureté de mon sang, où mettrai-je le collier enchanté de mon aïeule ? »

Pendant sa diatribe, elle enfile ses gants aussi, consulte sa montre rapidement.

« Quarante-cinq minutes avant que le temps redémarre ici. »

Felicia promène son regard sur les meubles précieux, et avise une coiffeuse avec un miroir. Elle fouille dans ses poches à la recherche de la bourse anti-magie, et la garde dans sa main. De ses mains fines, elle ouvre le premier tiroir de la coiffeuse, pour trouver un peigne en os de dragon ouvragé, et incrusté de pierres précieuses. Elle le montre à Farrell, une expression interrogative dans les yeux.

« Tu en dis quoi ? On le vend dans l'Allée des Embrumes ? On peut en sortir deux cent gallions au moins, et Nott sera ravi de le racheter... »

Farrell pousse un soupir, et ouvre un autre tiroir, pour en trouver un parchemin qu'il déroule et consulte. Felicia repose le peigne dans le premier tiroir, avec un air de regret.

« Une reconnaissance de dette des Malefoy. »

Farrell se marre.

« J'adore découvrir leurs vils petits secrets pendant qu'on les détrousse... Tu imagines si on trouve un contrat les liant aux Black ? »

« Je préfère ne pas y penser. »

Felicia ouvre un autre tiroir et pousse une exclamation de joie.

« Eurêka ! J'ai trouvé ! Il paraît que ce collier permet à son porteur d'attirer tous les regards. C'est un collier d'alliance... »

Farrell secoue la tête, un sourire carnassier sur ses lèvres.

« Ces Sangs-Purs, qu'est-ce qu'ils ne feraient pas pour s'assurer une descendance. La femme qui le porte attire son mari comme ça, et quand elle ne le porte pas, il l'ignore, c'est ça ? »

« Plus ou moins. Ca me dépassera toujours. Bon, on y va ? »

Farrell regarde autour de lui avec un air envieux.

« On est venu pour un seul objet, Farrell. C'est ce que l'on s'est toujours dit et ce que l'on a toujours fait. »

Il est les bras, elle est le cerveau. Sa petite sœur, presque jumelle à quelques dix mois près.

« C'est ce que l'on s'est toujours dit, et ce que l'on a toujours fait, Felicia. »

L'air grave, elle hoche la tête, et commence à ranger rapidement ce qui peut l'être. Puis, d'un air désolé, elle consulte la montre de nouveau.

« Il nous reste quinze minutes, juste le temps de filer... »

Elle grimpe sur la table brisée, mais étant si légère, rien ne s'effondre sous son poids. Elle passe une main sur le miroir, et a ce petit sourire satisfait qui agace tout le monde quand tout se passe exactement comme elle l'a calculé, puis le traverse, bientôt suivie par son frère. Dès qu'ils ont tous deux quitté le coffre de Nott, et que leur magie les a suivis, une alarme stridente résonne partout dans le coffre, répercutée par les parois de métal gobelin.

Il ne faut pas deux minutes à une armée de gobelins pour entrer dans le coffre des Nott et constater les ravages, la table brisée, l'alarme stridente qui résonne, et les éclairs qui fusent de partout dans l'immense coffre. Un gobelin déroule un immense parchemin, coche quelque chose pour signaler la table brisée, et ils commencent l'inventaire de ce qui manque, leur alarme leur assurant le fait que ce coffre vient d'être cambriolé.


Les miroirs ne font que refléter l'apparence, ils ne portent pas les voix, alors Felicia discute avec son frère, voyageant d'un reflet à l'autre, connaissant par cœur cet enchevêtrement de pièces reflétées, par des miroirs de poche oubliés sur un coin de table ou ces immenses miroirs dans les salles de bain, les entrées. Autant de portes entre le monde réel et celui des reflets, autant de passages à exploiter, autant de vies à espionner.

Repensant à sa sœur Phedra, le visage de Felicia se chiffonne en une moue colérique.

« Quand je pense que ce gros lard de Nott lui a lancé plusieurs Doloris. »

Farrell ne dit rien mais écoute. Le petit visage de Felicia se tourne vers lui.

« Mais quelle idée elle a eu d'aller le voir aussi. Bon, elle a surpris Septimus Weasley faire des avances à Cedrella Black... Et alors ? C'est leur problème ! Et cette histoire de faire inscrire la grande famille Fletcher dans le registre des 28 Sacrés, non, mais... Qu'est-ce qui lui a pris, de croire un instant que Nott allait y accéder ? Et qu'est-ce qu'on s'en fout, sérieusement ! Ils ont qu'à rester entre eux dans leur petit club de bourgeois... »

Felicia est toujours pleine de mots, et Farrell empli de silence. Farrell, s'il ne dit rien, pense exactement la même chose que Felicia : Phedra a eu profondément tort et s'est mis en danger pour un rêve fumeux.

« Faut dire que déjà notre réputation n'était pas terrible, mais quand papa nous a laissés pour sa moldue... » murmure Farrell.

C'est toujours comme ça qu'ils l'appellent tous. Sa moldue. La femme qui a détourné leur père de sa famille. Pourtant, les enfants de Flynn Fletcher n'ont qu'une franche indifférence envers les Moldus, contrairement à certaines vieilles familles de Sang-Pur qui leur sont franchement hostiles.

« Et alors ? »

Felicia s'arrête dans le noir, entre une salle de bain éclairée par une fenêtre grise, et un immense salon richement décoré. Si elle ne se trompe pas, ils doivent être dans l'East End.

« Et alors ? En quoi cela regarde qui que ce soit à part nous ? Les histoires de coucherie des voisins regardent les seuls intéressés. »

Ils traversent de nouveau les grandes étendues sombres, entre deux scènes reflétées. Mais Felicia bifurque brusquement sur la gauche.

« Où tu vas ? »

« Nott. J'ai envie de casser deux trois bricoles chez lui. »

Elle se retourne vers son frère, indécis.

« Tu n'as jamais eu envie d'être un fantôme ? »

Felicia a ce sourire inquiétant sur les lèvres, qui veut dire : « suis-moi jusqu'au bout et on lui fera vivre un enfer... »

Farrell avale sa salive et la suit en haussant les épaules.

Le vieux Nott a quand même lancé des Doloris à leur sœur aînée.

End Notes:

Et voilà !

Les deux ou trois prochains chapitres sont en partie écrits, mais je modifierai les écrits faits lors des Nuits afin de rendre l'ensemble cohérent.

Merci de votre lecture !

Se mange froid. by Sifoell
Author's Notes:

Bonjour tout le monde,

Voici donc le troisième chapitre des Illustres. Comme je vous l'ai dit lors de la présentation de la fic, chaque chapitre a d'abord été travaillé à partir d'un thème d'une nuit d'écriture. La dernière partie de ce chapitre répond donc au thème de la Nuit du 26/09/20 : le mépris. J'ai ensuite retravaillé le chapitre afin de le lier aux précédents et suivants, de créer un ensemble cohérent.

J'espère que la lecture vous sera agréable, et je remercie les personnes qui m'ont laissé des reviews (Bella, Caro, Fearless), ainsi que les partenaires de word wars sur discord (je fais de la pub, viendez nombreux.

« C'est là, Farrell, j'en suis sûre... Un tel étalage d'oseille... »

Felicia dessine ce sourire inquiétant sur ses lèvres, concentrée comme un chat prêt à bondir sur une souris. Ils sont tous deux dans le monde des miroirs, comme ils l'appellent. Ils sont tous deux dans l'encadrement d'un immense miroir donnant sur un salon luxueux. Des fauteuils crapauds à la valeur inestimable, de précieux ouvrages dans une bibliothèque fournie, des tapis devant la cheminée au-dessus de laquelle ils sont reflétés. Felicia se rapproche du miroir comme elle le ferait d'une fenêtre, vérifiant si le foyer est allumé, et c'est le cas. Mauvais plan pour entrer par là de manière discrète chez Nott. Felicia attrape la manche de son frère.

« Viens, il doit y avoir d'autres miroirs, une salle de réception sûrement. »

Puis elle ajoute en marmonnant d'un air dur.

« C'est là qu'il a torturé notre sœur. »

Ils poursuivent leur chemin dans l'ombre entre les scènes éclairées, comme sur une scène de théâtre, quittant les projecteurs.

« Je suis sûr que le tapis devant la cheminée est un tapis volant. »

Felicia se tourne vers son frère, un air gourmand peint sur le visage.

« J'ai toujours voulu avoir un tapis volant. C'est la classe. Ça fait penser aux Mille et une nuits. »

Farrell réprime un petit rire. Felicia a toujours aimé les contes, car, comme elle dit « Il y a une sagesse dans les contes que l'on ignore bien trop souvent. »

Ce sont Les Contes de l'Illusion, de Damian Darkwater, qui les ont conduit à utiliser cette magie.

Ils arrivent alors dans une salle de réception, dont la décoration est presque sobre au regard de ce qu'ils ont vu dans le salon. Quelques tables entre les immenses fenêtres, et des miroirs sur plusieurs murs, sans doute pour que les convives puissent s'admirer danser. Les lustres sont par contre d'un goût plutôt criard, et Felicia fait la moue. Ils ne peuvent pas s'empêcher de montrer qu'ils ont les moyens.

Ce sont des miroirs qui prennent des pans entiers du mur. Pas d'escalade, pas de risque de chute. Les doigts dans le nez.

« Viens, on sort là. »

Felicia sort ses gants en cuir de dragon de sa poche, les enfile, puis sort sa baguette, imité par Farrell qui ne la sent pas trop, l'escapade chez Nott. Ils traversent alors tous deux le miroir, ressentant la familière sensation de froid, comme s'ils traversaient un rideau d'eau, mais sans se mouiller. Felicie met son index devant sa bouche, et lance un sort de discrétion sur eux d'eux, connaissant la maladresse légendaire de Farrell, on n'est jamais trop prudent. S'admirant dans le miroir, elle esquisse une pirouette de danse, faisant gonfler sa robe qui volette autour de ses chevilles, puis de ses mollets, et elle sourit à son frère, complètement à l'aise. Comme si c'était parfaitement normal de faire la belle chez Nott, qui a torturé leur sœur.

Ils ouvrent alors de grands yeux sur le plafond qui est enchanté et présente un ciel bleu, traversé de quelques cotonneux nuages blancs. Puis, ils admirent le sol en marbre qui glisse. Felicia fait la moue, elle espère que Farrell ne va pas s'étaler de tout son long. Puis elle détourne son attention de la salle de réception, il n'y a rien à voler, ici. Elle se dirige vers une des portes de la salle, fait jouer doucement la poignée dans sa main, et l'ouvre délicatement. Felicia jette un œil dans le couloir. Il n'y a personne, mais par mesure de sécurité, elle lance un sort d'endormissement qui ricoche, de portrait en portrait, tout le long du couloir. Les précieux ancêtres des Nott. La fierté de l'illustre famille de Sang-Purs. Felicia se demande alors quel ancêtre honteux n'a pas son portrait ainsi affiché, et a un sourire amer. Une fois dans le couloir, elle lance un « hominium revelio », puis un « servus revelio »*. Le sort ne révèle personne et Felicia, satisfaite, avance à pas de souris, suivi de près par son frère qui a aussi la baguette en main.

Comme deux équipiers qui se connaissent par cœur, ils se répartissent les tâches selon leurs talents : Felicia excelle dans les Informulés donc c'est elle qui lance les sorts avant qu'ils ne soient détectés. Par contre, s'ils sont repérés, Farrell prend la place, étant un bon duelliste et ayant une puissance magique étonnamment importante comparé à sa taille. Felicia pointe de la baguette un tableau représentant une grosse et vieille femme endormie dans un fauteuil crapaud qui peine à la contenir, elle, et sa robe bouffante. Elle fait un signe de la main, montrant son cou. Le collier d'alliance lui appartenait. Felicia a les yeux qui pétillent, ils ont vraiment espéré faire se marier cette femme ? On dirait Teignous en femme...

Elle fixe attention chacun des portraits endormis, à la recherche d'un objet qui pourrait être là, ou qui était dans le coffre. Elle reconnaît d'ailleurs dans la main d'une jeune femme à l'aspect fragile le peigne en os qu'elle a presque regretté de laisser à Gringott's. Felicia s'arrête devant une autre porte dont elle essaie de faire jouer la poignée pour l'ouvrir, mais elle semble fermée à clé. Elle l'ouvre alors d'un alohomora désinvolte, entrouvre la porte, relance un sortilège de détection d'homme ou de serviteur et entre dans une chambre à coucher. Il y a là un lit à baldaquin, une armoire, une commode, une coiffeuse, et un porte-manteau. A côté de la fenêtre, une petite bibliothèque, quelques revues sur un guéridon et un fauteuil qui appelle à s'assoir dedans.

Felicia désigne d'un mouvement de la tête la porte de la chambre et met sa main au niveau de sa cuisse, signalant que c'est la chambre d'un enfant. Parce qu'on peut être cambrioleur et avoir des principes : Felicia et Farrell jamais ne voleront les affaires d'un enfant. En sortant de nouveau dans le couloir, Felicia remarque la silhouette frêle de l'elfe de maison qui est en train de brosser les franges du tapis, et le stupéfixe en passant. Elle se tourne alors vers son frère qui est en train de virer au vert et mime en levant les bras le déplacement d'un fantôme sous un drap blanc, un boulet au pied. Oui, Felicia peut mimer tout cela juste en levant les bras et traînant une jambe. Puis elle sourit, et ils continuent de se promener de pièce en pièce, silencieux comme des ombres, repérant des objets, en déplaçant d'autres.

Ils arrivent alors dans un bureau, au dernier étage de la maison. Portant toujours leurs gants en cuir de dragon, leurs yeux s'illuminent. Des volumes rares dans la bibliothèque, un imposant bureau aux tiroirs fermés, et, ce coup-ci Felicia en est certaine : un tapis volant sous le bureau. Elle sautille sur place, ne produisant pas plus de bruit que des gouttes de pluie sur le toit. Farrell commence à se tendre face aux manifestations de joie de sa sœur. Et s'ils se faisaient prendre ? Puis il hausse les épaules. S'ils se faisaient prendre, elle les sortirait de là. Elle l'a toujours fait.

Felicia ouvre les tiroirs du bureau un à un pendant que Farrell examine la couverture des livres, baguette en main, aux aguets. Il fronce les sourcils en repérant un ouvrage qui semble ne rien avoir à faire là, et du bout de la baguette appuie dessus. Il y a alors un bruit de frottement et la bibliothèque semble se fendre en deux, révélant un passage menant à un atelier de potions. Felicia et Farrell échangent un regard entendu, et Farrell s'avance alors, seul, dans l'atelier. C'est sa partie. Sa compétence. Son péché mignon. La rigueur des exactes mesures, la liberté d'expérimenter, d'améliorer. Si Farrell s'était écouté et que son destin en avait décidé autrement, il sera certainement un potionniste d'exception au Chemin de Traverse, mais il se contente d'être un cambrioleur doué et un potionniste à son compte. Se promenant parmi les fioles, comme s'il avait le temps, il observe les ingrédients flottant dans des bocaux, les plantes séchant, accrochées aux poutres du plafond, les petits sacs contenant des poudres d'os, des dents de dragon. Soudainement inspiré, il sort de sa poche son sac sans fond, permettant d'y glisser des objets volumineux sans qu'ils ne soient lourds ou encombrants. Et il entreprend de le remplir, de littéralement vider toutes les étagères d'ingrédients. Ca, ce sera pour Phedra, Teignous. Tu attaques une Fletcher, et tu les attaques tous. Il y en a pour une fortune, et cela servira uniquement à Farrell qui, pour une fois, laisse flotter un discret sourire sur son masque d'impassibilité.

Farrell se tourne alors vers Felicia, levant les mains vers le ciel. Felicia lui montre le tapis des yeux, le regard brillant comme une enfant lors de son arrivée à Poudlard. Farrell soupire, fait léviter le bureau, et Felicia en profite pour faire rouler le tapis qu'elle garde contre elle. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour sa sœur ? Ils remettent ensuite tout en place dans le bureau, comme s'ils n'étaient jamais venus ici. Oh, le vieux Nott remarquera qu'il lui manque un tapis et que son atelier de potions a été « visité ». Mais il ne saura absolument pas par qui.

Ils retournent sur leurs pas, passant dans le couloir des portraits endormis, et par la porte entrouverte de la salle de réception, Felicia lance le contresort de stupefixion à l'elfe qui se redresse, secoue la tête, mais elle choisit de laisser les portraits poursuivre leur sieste.

Et c'est avec un tapis sous le coude qu'elle franchit le miroir par lequel ils sont entrés, suivis par un Farrell qui a l'air d'avoir gagné à la loterie.


« Fais comme si tu ne l'avais pas vu, Farrel. Agis normalement, bon sang ! »

Puis Felicia ajoute entre ses dents :

« De toute façon, il est plus que probable que Nott ne nous ait pas du tout vu, ou ne daigne pas nous voir... »

Felicia roule ses yeux noirs dans ses orbites, imitant sans le savoir Farrel qui le fait mais pour d'autres raisons. Farrel a toujours eu la sale manie d'avoir l'air particulièrement coupable, même quand il est innocent. Alors que Felicia pourrait être prise sur le fait, la main dans le sac, son esprit vif et calculateur trouverait immédiatement une explication fort plausible à sa présence sur le lieu d'un cambriolage.

Teignous Nott marche dans l'Allée des Embrumes comme si le monde lui appartenait, ce qui n'est pas complètement faux. Il est à la tête d'une fortune fabuleuse, et Felicia et Farrel n'ont visité qu'un de ses coffres, celui qui contient les objets magiques, car le vieux Teignous a un autre coffre avec tous ses gallions, et ses lingots d'or. Mais ils ont aussi visité sa maison. Visité seulement. D'ailleurs, l'idée saugrenue passe dans l'esprit de Felicia que le vieux Nott sous ses sourcils broussailleux, pourrait aussi mettre ses parchemins de reconnaissance de dette et les bijoux, dans cet autre coffre. Mais elle balaye cette idée d'un revers de main, tandis qu'avec Farrel, aussi nerveux soit-il, ils se dirigent vers le brocanteur.

Oh ! Pense Felicia. C'est peut-être parce que le bijoux de l’aïeule de Nott est dans sa poche que Farrel paraît avoir vu un Détraqueur.

« Je te dis qu'il nous suit... »

Felicia lui adresse un regard noir pour toute réponse, puis elle marmonne.

« Nous ne sommes rien de plus que de la vermine pour un sorcier comme lui. Non, crois-moi, il préfèrerait nous voir ailleurs que dans la même rue que lui. »

Puis d'un air plus léger.

« C'est plutôt basique de penser comme un Sang-Pur, Farrel : nous d'abord. Ils ne pensent qu'à eux, c'est simple. »

Une main s'abat soudainement sur l'épaule de Felicia qui, tout à ses réflexions qu'elle partageait avec son frère, n'a pas fait attention que le vieux Nott a accéléré le pas pour les rattraper. Faut dire qu'il est tellement énorme que cela relève déjà d'un exploit.

« Fletcher ! »

Felicia se retourne, surprise. Les petits yeux inquisiteurs de Nott parcourent son visage. Puis, il récupère sa main qu'il avait laissé sur l'épaule de Felicia, et la frotte sur son pardessus vert, comme s'il s'était sali à son contact.

« Vous n'êtes pas la bonne Fletcher... »

Felicia réfléchit rapidement.

« Vous voulez parler de ma sœur aînée, Phedra ? »

Les sourcils broussailleux se rejoignent.

« Oui. Phedra Fletcher. »

Un index impérieux s'agite sous le nez de Felicia qui en reste de marbre, alors que Farrel achève de se décomposer à côté d'elle, la main en suspens vers sa sœur, prêt à transplaner.

« Vous direz à Phedra Fletcher de ne même pas penser que votre famille peut être dans le registre des 28 Sacrés. »

Il arbore une mine franchement dégoûtée et Felicia une mine presque amusée.

« Vous direz à Phedra Fletcher de ne plus jamais croiser mon chemin. »

Le vieux Nott recule et va pour partir quand Felicia l'interrompt, les yeux noirs emplis de défi.

« Phedra Fletcher est notre sœur aînée. Elle ne doit plus jamais croiser votre chemin, sinon ? »

Teignous reste figé, choqué par l'impertinence de la jeune femme qui s'est redressée de toute sa stature, si petite et si sûre d'elle. Le vieux secoue la tête et poursuit son chemin. Felicia se sent soudainement emplie d'une colère froide et regarde son frère qui est passé par toutes les nuances de gris et de blanc.

« Tu te souviens qu'il a un autre coffre ? »

Farrel ne répond rien.

« J'ai toujours rêvé de vivre à la campagne dans une grande maison. »

End Notes:

* Je révèle le serviteur

J'espère que la lecture vous a été agréable, laissez un petit mot si vous en avez le temps ;)

L'Illusionniste by Sifoell
Author's Notes:

Bonjour tout le monde,

Voici donc un nouveau chapitre des Illustres, où on commence un peu à parler du père qui manque, à savoir Flynn Fletcher (ne vous faites pas d'illusions, on n'en saura pas plus, hein).

Comme déjà précisé dans les notes d'histoire, je me sers des Nuits d'écriture pour écrire des courts textes que je retravaille. La première partie de ce chapitre est donc sur une thématique : l'apologie (thème de 23h de la nuit du 26 septembre 2020).

Je vous souhaite une bonne lecture !

Felicia et Farrel sortent du brocanteur de l'Allée des Embrumes, les poches vides du collier d'alliance, et pleines de gallions. Felicia a négocié dur et a réussi à empocher 190 gallions, ce dont elle s'est contenté.

Farrel la suit comme un petit garçon, lui, son aîné pourtant, qui a toujours autant de mal à prendre des décisions et se repose tellement sur Felicia qui le mène à la baguette...

Ils continuent de descendre l'Allée des Embrumes, Farrel n'étant pas franchement à l'aise dans cette rue qui pue la magie noire, alors que Felicia, elle, se sent à son aise où qu'elle soit. Il faut dire qu'elle en connaît un rayon en maléfices en tous genres. Elle est redoutable avec une baguette.

Felicia fronce les sourcils en voyant un rassemblement de sorciers, tous moins recommandables les uns que les autres. Ils encerclent un petit sorcier à la voix qui porte, et qui vomit l'idéologie des Sangs-Purs, vomissant sa haine des Sangs de Bourbe, ces voleurs de magie. Farrel met sa main sur le bras de sa sœur, voulant être ailleurs, comme si souvent. Ce qu'il peut être poltron, alors qu'il est si talentueux. C'est quelque chose qui dépasse Felicia. Elle repense à cette idée de lui trouver une femme qui pourrait lui donner cette confiance dont il manque tant, ce qu'elle n'arrive pas à faire.

« Nous sommes pour la pureté du Sang sorcier ! Le sang magique nous appartient ! Ils n'ont qu'à partir, rentrer chez eux, chez les Moldus, ces Sangs de Bourbe qui nous volent notre magie, nous volent nos emplois, nos femmes ! »

La main de Farrel se serre autour du bras de sa sœur.

« Allons-nous en ! »

« Nous sommes des sorciers, bon sang de baguette, Farrel. Écoute ce qu'a à dire le vieux débris. »

Quelques sorciers se tournent vers Farrell et Felicia et s'en éloignent imperceptiblement. Les yeux de Felicia brillent d'une fascination morbide, comme si elle découvrait quelque chose de particulièrement immonde, et ne pouvait en détacher son regard.

« S'il-te-plaît », insiste Farrell.

« Attends... »

La voix du vieil homme retentit de nouveau, haranguant la foule. Felicia sent parmi les sorciers autour d'eux cette fascination, cet accord. Elle donnerait tout ce qu'elle peut pour fasciner les foules de cette manière.

« Poudlard les accepte tous ! Sangs-Mêlés, Sangs de Bourbe, alors que Durmstrang n'accepte que les sorciers dont la pureté de sang ne fait pas défaut... »

Felicia attrape la main de son frère.

« J'en ai assez entendu, allons-y. »


Felicia regarde son frère qui a une mine boudeuse.

« Dis-le. »

« Quoi ? »

« Dis ce que tu penses, Farrell ! » s'agace Felicia.

Il enfonce ses mains dans ses poches, renfrogné. Mais Felicia patiente. Quand elle le secoue un peu comme elle le fait, il finit toujours pas dire ce qu'il pense. Et généralement, cela vaut le coup de l'écouter.

« Je suis pas d'accord avec ce qu'ils disent... » bougonne-t-il.

« Et... »

Farrell regarde sa sœur l'espace d'un instant, avant de se concentrer sur la rue.

« Et... »

« Et j'ai peur que tu ne sois d'accord avec ce qu'ils disent. »

La petite main de Felicia s'abat sur le bras de Farrell avec une force qui l'étonnera toujours.

« C'est bien mal me connaître, petit frère. Mais je te remercie de ta confiance. »

Farrell la regarde alors vraiment. Déjà parce que quand elle l'appelle petit frère c'est qu'il l'a déçue, et ensuite parce que cela ne veut généralement rien présager de bon. Felicia poursuit son chemin et sa pensée.

« Ce qui me fascine, c'est qu'ils aient un auditoire. Ils propagent la haine, l'inégalité, et tu sais bien que notre famille a souffert de cela, Farrell. Je ne comprends pas pourquoi des gens les suivent. »

Farrell pousse un soupir de soulagement.

« Je pense aussi qu'on est imprudent. »

Felicia a un sourire goguenard et agite les gallions durement gagnés qui sont bien cachés au fond de sa poche.

« Je pense le contraire. Je pense que j'ai envie de lui en mettre plein la vue au vieux Nott. J'ai envie de leur en mettre plein la vue, à tous ces vieux cons prétentieux qui se pensent au-dessus de tous et de tout. »

Felicia a de nouveau cette expression un peu inquiétante sur le visage, et Farrell n'en mène pas large. Mais il la suivrait au bout du monde, sa petite sœur.


Ils arrivent tous deux à la maison familiale. Celle où vit leur mère, Mathy, leur sœur aînée Phedra, et leur petit frère Fortunat. Cette maison où ne vit plus leur père, qui les a abandonnés pour sa moldue. En entendant les cris de leur mère et de Fortunat, Farrell et Felicia se regardent l'un l'autre.

« Il est vraiment temps qu'on prenne un appartement, Farrell... » marmonne-t-elle.

Soupirant, Farrell ouvre la porte. Les hurlements laissaient présager la scène à laquelle ils assistent : un sacré capharnaüm règne dans le séjour, et leur mère a sûrement demandé à Fortunat de ranger ses affaires, ce avec quoi il n'est bien entendu pas d'accord du tout. Pire, elle a du essayer de le forcer à venir et il a du se débattre, à en juger par l'oeil bleuissant de leur mère.

« Oh, ça suffit, Fortunat ! Tu arrêtes de crier ! Que se passe-t-il ici ? »

Mathy et Fortunat essaient l'un comme l'autre d'expliquer ce que Felicia a déjà compris, chacun rejetant la faute sur l'autre.

« Stop ! Fortunat, tes jouets dans ta chambre, tout de suite ! On va avoir une explication tout à l'heure tous les deux, parce qu'il faut que tu arrêtes de taper maman, c'est compris ? Maman, viens que je soigne ton œil. »

Le grand garçon roux de cinq ans, déjà grand et costaud, darde un œil haineux sur sa grande sœur qui a les sourcils froncés et l'air sérieux. Puis il bougonne et attrape un à un ses jouets, dans une lenteur absolument horripilante. Felicia le quitte des yeux, et vient embrasser sa mère, tout en faisant un signe à Farrell pour qu'il garde à l’œil la petite terreur.

Les deux femmes vont dans la cuisine, et Felicia ne peut s'empêcher de s'inquiéter en voyant les traits tirés de sa mère, ses cheveux qui grisonnent de plus en plus. L'abandon de leur père lui a mis un sacré coup. Et Fortunat a posé problème déjà lors de la grossesse qui a rendu Mathy fatiguée et déprimée. Et quand il est né, il n'a pas fait une seule nuit complète avant ses trois ans. Il a parlé très tard, a marché tard aussi. Et depuis quelques mois, il est impossible pour lui d'entendre le mot non. Impossible de comprendre que les adultes ne sont pas là pour satisfaire ses caprices dans l'immédiat.

Mathy se laisse tomber sur une chaise et se met à pleurer. Felicia referme la porte de la cuisine afin de préserver son intimité, et que surtout, Fortunat ne jubile pas de la mettre une nouvelle fois dans des états pareils. Non, il y a vraiment un truc qui cloche avec ce gosse, et Mathy devrait l'écouter et l'emmener voir un médicomage. Felicia prend sa baguette et d'un mouvement du poignet acciote un linge et une bassine dans laquelle elle verse de l'eau. Regardant l’œil de sa mère, elle grimace.

« Allez, maman. Arrête de pleurer... »

« Ce serait plus facile si ton père était là. »

Felicia grimace de nouveau.

« On n'en sait rien. Peut-être que lui aussi serait débordé. »

Elle tamponne délicatement l’œil qui commence à gonfler.

« Si ton père n'était pas parti, peut-être que Fortunat ne serait pas comme ça. »

Felicia hausse les épaules.

« On n'en sait rien. Peut-être Fortunat est comme ça parce qu'il est comme ça. »

Mathy attrape alors la main de sa fille dans la sienne.

« Arrête de le défendre toujours. »

Felicia se recule et regarde sa mère dans les yeux.

« Qui ça ? Fortunat ? »

« Non. Ton père. »

« Mais je ne le défends pas, maman. Combien de fois faut-il que je te le dise ? Je ne lui pardonne pas d'être parti. Et encore moins de ne pas être revenu, de ne pas nous donner de nouvelles. De te laisser toute seule. »

Mathy se remet à pleurer et cela fend le cœur de Felicia, comme à chaque fois que sa mère parle de son père. Felicia soupire, et son regard se pose sur l'immense affiche moldue que sa mère n'a pas eu le cœur de jeter, qui représente Flynn l'Illusionniste, qui donne un spectacle de cabaret dans le Londres moldu, dans un cirque itinérant. La peinture est flatteuse, montrant un jeune homme brun à la moustache audacieuse, portant un de ces pantalons noirs dont la taille est si haute, une veste queue de pie et une chemise blanche à jabot. Felicia secoue la tête en regardant l'image de son père qui, bien qu'absent depuis presque six ans, est partout dans cette maison. Mathy n'a jamais eu le cœur de jeter ses affaires alors qu'ils n'ont aucune nouvelle de lui. Pas la moindre piste. Rien.

Comme s'il s'était évanoui dans la nature.

End Notes:

Voilà, j'espère que le voyage a été agréable.

N'hésitez pas à me dire si vous avez des théories sur la disparition de Flynn Fletcher ou sur Fortunat qui est un gamin difficile. Ceux qui lisent Menteurs, voleurs, tricheurs, vous avez tilté qui il est ?

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Le Magicobus by Sifoell
Author's Notes:

Bonjour tout le monde,

Et bien ça y est, voici un nouveau chapitre. Cette fois-ci la thématique ne m'a pas été inspirée par les Nuits (le prochain chapitre si), mais Guette m'a très gentiment donné pour thème "rater son bus". Alors, si vous voulez savoir comment Farrell Fletcher a raté son bus, c'est par ici !

Pour une fois, Farrell sort sans Felicia. Après la dernière crise de larmes de leur mère, et vu ses difficultés avec Fortunat, Felicia a préféré rester à la maison, même si c'est irrespirable comme elle le dit si bien. Farrell dit au revoir à la cantonade, claque la porte et dépasse le portail de la maison. Il appelle le Magicobus d'un coup de baguette magique, et resserre sur lui son manteau. Farrell n'est jamais très à l'aise à l'idée de sortir seul, mais là, ce sera l'affaire d'une heure. Un petit coup de volant jusqu'au Chemin de Traverse, un saut chez l'apothicaire, un autre au bureau de poste, et peut-être aussi à l'Allée des Embrumes, et c'est bon.

Le Magicobus arrive à toute vitesse, les roues ayant passé très près des pieds de Farrell qui a reculé d'un bond. La porte s'ouvre et un ouvreur en livrée, portant un couvre-chef ridicule même pour un sorcier, s'incline.

« Soyez le bienvenu au Magicobus, monsieur. Si vous voulez bien vous avancer, cela fera onze mornilles. »

L'homme tend une main gantée de blanc et le regarde derrière son monocle qui lui fait froncer un sourcil. Farrell fouille ses poches et lui tend l'argent, avant de monter dans le bus et de saluer le conducteur qui, lui aussi, porte une sorte d'uniforme de théâtre. Farrell trouve qu'ils en font trop car, depuis la création du Magicobus, il y a plus de soixante ans, les vieilles familles de Sangs-Purs le boycottent, trouvant que c'est une invention digne d'adorateurs des Moldus. La compagnie de bus a donc décidé que le conducteur et le poinçonneur seraient très bien habillés, et ils ont investis dans des rideaux de velours, des tapis persans et des lits bien confortables. Farrell s'avance dans le Magicobus qui est quasiment vide. Il adresse un sourire poli mais gêné à une vieille sorcière qui le reluque de haut en bas et de bas en haut, et décide de la dépasser vite fait et de s'asseoir au fond du bus, près de la fenêtre. De l'autre côté de la banquette il y a un sorcier dont Farrell ne voit pas le visage.

Farrell tâte la poche intérieure de son manteau, contenant l'énième lettre qu'il a écrite à son père. Farrell étant un homme de peu de mots, les lettres qu'il écrit à son père ne varient guère. Il les connait toutes par cœur. Elles commencent invariablement par « Papa »et se terminent toutes par « j'espère avoir de tes nouvelles bientôt. » Et au milieu, c'est de l'inquiétude, du quotidien, des espoirs, des projets. Il en envoie une par mois, et elles ne lui reviennent jamais, ce qui laisse supposer à Farrell qu'elles arrivent bien quelque part. Mais jamais il n'a de réponse. Pas plus que Felicia, pas plus que Phedra. Pas plus que Mathy. Mais à chaque fois qu'il poste une nouvelle lettre, il a toujours ce fichu espoir que son père lui répondra.

Le sorcier émet un ronflement sonore et marmonne dans son sommeil, faisant sortir Farrell de sa bulle rêveuse. Il regarde alors paresseusement les rues et les bâtiments qui défilent à toute vitesse. Mais sans prévenir, le bus pile, expédiant Farrell, le sorcier qui ronflait et l'autre sorcière dans le siège en face d'eux. Farrell se masse le nez, le sorcier grogne et la sorcière insulte le conducteur. L'ouvreur prévient alors, d'une voix de Loyal.

« Arrêt à King's Cross pour le monsieur du fond ».

Le sorcier se lève en grommelant et descend du bus qui redémarre aussitôt sur les chapeaux de roue.

« Prochain arrêt, le Chemin de Traverse pour le sorcier du fond et la sorcière de devant. »

Farrell regarde l'ouvreur qui se rassoit sur son siège, puis la sorcière qui lui adresse un clin d’œil. Farrell rougit violemment et s'adosse de nouveau, se perdant dans les rues qui défilent si vite que son regard ne peut s'attarder sur rien, ce qui lui donne un peu la nausée. Le bus pile de nouveau, mais cette fois, Farrell a jeté ses bras en avant contre le siège pour éviter de venir s'écraser dedans. Quand le bus s'est arrêté, Farrell se lève, les jambes un peu flageolantes. Il dépasse la sorcière qu'il ignore et rougit jusqu'aux oreilles quand il sent une main se fermer sur sa fesse gauche. Il se raidit imperceptiblement et descend à toute vitesse du Magicobus, il entre en trombe dans le Chaudron Baveur qu'il traverse sans saluer qui que ce soit, puis sort sa baguette et marque précipitamment les pierres qui révèlent le Chemin de Traverse. Farrell arrive hors d'haleine à la boutique de l'apothicaire qui est tout en bas, et se recompose quand il entre un peu trop brusquement dans la boutique et expédie la porte et la clochette dans le meuble en bois, dans un grand fracas.

L'apothicaire est derrière son comptoir, la main sur sa poitrine généreuse, reprenant son souffle.

« Bien le bonjour, monsieur. Hé bien, quelle entrée ! »

Ses joues rosies, elle se reprend, et réajuste le col de dentelle blanc sur sa robe bleu marine.

« Oui, excusez-moi Madame Anderson, je pense que j'ai trébuché. »

Farrell rougit violemment, puis regarde dans la rue derrière lui si cette sorcière qui a l'air d'avoir au moins cent ans ne l'a pas suivi. Il referme doucement la porte, tâte par habitude la lettre qu'il a dans sa poche intérieure, comme pour s'assurer de sa présence, et se réajuste aussi. Farrell se dirige vers les étagères et commence à regarder l'étalage de plantes, de bocaux, les bols emplis de substances étranges mais qui lui sont toutes plus familières les unes que les autres. Farrell apprécie de concocter des potions. Il s'abîme dans cette rigueur qui fait appel à un peu de sa créativité. Il est dans son élément. Il entend derrière lui l'apothicaire s'affairer dans les étalages, décrocher des plantes qu'elle avait mises à sécher au plafond. Il lui jette un coup d’œil et admire son profil concentré, sa peau laiteuse mise en valeur par sa robe sombre, ses lourds cheveux châtains réunis en un chignon suranné, son tablier d'apothicaire aux poches multiples serrant sa taille fine. La bouche légèrement entrouverte, Elizabeth Anderson se retourne et le surprend à la regarder, et ce moment semble se figer dans le temps, jusqu'à ce que la porte s'ouvre de nouveau et que le tintement de la clochette les interrompe.

L'apothicaire accueille alors son nouveau client et Farrell observe les yeux de tritons. Il récupère plusieurs petits sachets de papier et se sert dans les rayonnages. L'apothicaire est de nouveau derrière son comptoir, à l'attendre. Il dépose les sachets sur plan de travail, elle les pèse soigneusement, note les ingrédients, leur poids et leur prix, fait un calcul rapide et annonce.

« Deux gallions, quatre mornilles et douze noises s'il-vous-plaît, monsieur... »

« Oh, Farrell Fletcher. »

« Farrell Fletcher. »

Elle note son nom sur un petit carton et y dessine deux runes.

« Votre carte de fidélité, Farrell Fletcher. Au bout de dix runes, vous avez 10% de réduction sur les herbes séchées. »

Elle lui tend la carte d'une main un peu tremblante, n'osant pas trop le regarder, et il effleure ses doigts par inadvertance en la prenant, troublé. Farrell sourit, la regarde rapidement, avant de prendre congé.

Farrell va ensuite poster sa lettre à son père, mais ne pense plus à l'Allée des Embrumes. Il remonte tout le Chemin de Traverse, parcourt le Chaudron Baveur sans saluer personne, perdu dans ses pensées. Arrivée dans la rue moldue, il sort discrètement sa baguette et appelle le Magicobus. Mais quand il se rend compte qu'à côté de lui, il y a la vieille sorcière qui lui a mis la main aux fesses, il s'affole, et s'affole d'autant plus qu'il s'est rendu compte qu'il n'a pas payé les ingrédients de l'apothicaire. Il ouvre de grands yeux sur la sorcière grimaçant un sourire, et parcourant en courant le chemin inverse pour débouler de nouveau avec fracas à la boutique de l'apothicaire, hors d'haleine.

Elizabeth Anderson est cette fois-ci perchée sur un tabouret, en équilibre instable, la main de nouveau sur sa poitrine généreuse qui est juste à la hauteur des yeux de Farrell qui ne peut pas regarder ailleurs. Il baisse alors la tête, fouille dans ses poches, et lui tend l'argent qu'il lui doit en regardant les chaussures noires de l'apothicaire.

« Aidez-moi, Farrell Fletcher. »

Elle lui tend la main qu'il saisit, et descend de son tabouret. Farrell lève alors la tête, esquisse un sourire très gêné.

« Je m'excuse, Mme Anderson, de débarquer comme ça pour la deuxième fois. Je ne vous ai pas payée tout à l'heure, cela ne se reproduira plus. »

Il lui tend les pièces qu'elle saisit, les doigts de l'apothicaire s'attardant un peu trop longtemps sur la paume de sa main. Il remarque les yeux troublés, les joues roses, les lèvres entrouvertes. Son sourire gêné devient un sourire bête.

« A bientôt, Farrell Fletcher. »

« A bientôt, Elizabeth Anderson. »

Le moment dure encore une éternité avant que Farrell se décide à le rompre pour rentrer chez lui. Envolées de sa tête les courses à faire à l'Allée des Embrumes, envolé l'espoir d'avoir une réponse de son père. Seules les lèvres entrouvertes d'Elizabeth Anderson occupent ses pensées. Il n'avait jamais remarqué à quel point elles étaient généreuses, elles aussi.

End Notes:

J'espère que le chapitre vous a été agréable. J'en ai encore quelques uns sous le coude, pour cette fic qui se dessine tranquillement. Les personnages commencent à prendre consistance dans mon esprit, et je les aime tous !

A bientôt, et au plaisir de lire vos reviews !

Un sourire idiot et un sourire inquiétant by Sifoell
Author's Notes:

Voilà voilà un petit dernier, où entre mignonnitude et danger, les Fletcher flirtent, surfent, que dis-je, vivent à plein régime !

La troisième partie de ce chapitre répond à la thématique "Immatériel" de la nuit du 17/10 (non, je ne suis pas DU TOUT en retard). Je suis le lapin blanc...

Felicia est assise sur le plan de travail de la cuisine, et d'une main fume une cigarette, tandis que de l'autre, elle fait léviter, sans baguette, une boule de papier. Mathy et Phedra sont assises l'une à côté de l'autre à table. Mathy et Phedra discutaient mais se sont tues, fascinées par l'adresse de Felicia, qui est train de raconter son futur plan de cambriolage d'une voix presque blasée. Phedra a les mains posées sur son ventre proéminent, essayant de calmer l'enfant à naître qui bat des pieds et des mains. Felicia interrompt son récit, attrape la boule de papier de sa main, et saute du comptoir.

« Tu veux que je lui chante une berceuse ? Tu grimaces depuis tout à l'heure, peut-être que si je chante, il va s'endormir et arrêter de te taper dans le ventre... »

Elle tire une dernière bouffée de cigarette avant de la faire disparaître dans l'air d'un claquement de doigt, sous l'air réprobateur de sa mère. Felicia a toujours beaucoup trop ressemblé à son père.

« Ou alors je lui fais la liste des courses que Farrell devait faire tout à l'heure. »

Felicia roule des yeux, l'air profondément ennuyée.

« Il dort encore Fortunat ? »

« Non, il joue dans le jardin. Il est calme aujourd'hui. »

Felicia acquiesce et se met à chantonner une ballade sorcière, tout en esquissant quelques pas de danse autour de la table, regardant sa mère et sa sœur, qui représentent à peu près tout ce qu'elle ne voudrait jamais devenir. Mais c'est sa famille, et elle les aime férocement, quand elles se lancent dans des quêtes désespérées comme redorer le blason de la famille, déjà entaché quand Phineas Fletcher a eu la bonne idée de faire rentrer illégalement un Demiguise aux Amériques il y a trois siècles de cela ; ou quand leur père a eu la très bonne idée aussi de donner des spectacles de magie pour les Moldus en Angleterre puis aux Amériques, et qu'il n'est jamais revenu. Elle les aime encore plus fort quand elles bataillent avec les manques, le manque d'un mari pour sa mère, le manque d'un père pour sa sœur.

Non, Felicia ne sera jamais comme elles. Déjà, elle ne se mariera probablement pas. Elle préfère les étreintes sans lendemain, sans fausses promesses, furtives et dans le noir, à l'idée de s'enchaîner à vie avec un homme. Non, la vie dure bien trop longtemps pour s'encombrer. Felicia veut être libre.

Et elle continue de chantonner, faisant tourner sa robe de sorcière autour de ses chevilles fines, les regards de sa mère et de sa sœur fixés sur elle, peut-être un peu rêveuses, peut-être un peu envieuses. Felicia n'est pas fille à se laisser impressionner ou encombrer de conventions.

C'est à ce moment que Farrell décide de rentrer, venant faire éclater la bulle dans laquelle Felicia avait plongé les deux autres femmes, les conversations éteintes, l'esprit ailleurs. Les bras encombrés de paquets et un sourire idiot plaqué sur le visage, il s'arrête, jette un œil à la cuisine, puis se précipite bien trop vite dans sa chambre, comme s'il avait quelque chose à cacher. Felicia le suit de ses pas légers, grimpant les escaliers comme un chat. Farrell entre dans sa chambre et va pour fermer la porte quand il voit sa sœur et, de surprise, il lâche dans un bruit de papier froissé et de feuilles séchées écrasées, les paquets qu'il portait. Felicia se baisse pour les ramasser.

« Oh, tu as été chez l'apothicaire ? »

Elle lève les yeux sur son frère dont le sourire idiot s'agrandit, soulignant le rouge de ses joues, et son regard encore plus fuyant que d'habitude. Felicia fronce les sourcils. Elle va devoir lui tirer les vers du nez.

« Et l'Allée des Embrumes, tu as oublié, n'est-ce pas ? »

Le rouge de ses joues devient sérieusement cramoisi, et son regard se fixe sur ses chaussures. Un vrai gamin pris en faute.

« Elle s'appelle comment ? »

« Quoi ? »

« La fille, Farrell », précise Felicia, patiente.

Farrell se met à bredouiller, et va pour récupérer les paquets des bras de sa sœur et lui fermer la porte au nez quand elle en décide autrement et se glisse à l'intérieur de sa chambre, puis entreprend de ranger les ingrédients. Le problème étant que Felicia ne range jamais rien. Sauf si on le lui demande. Beaucoup trop de fois pour finalement le faire soi-même.

« Elizabeth » marmonne-t-il, le regrettant déjà. S'il commence à dire un bout de l'histoire,il va finir par la dire en entier, et ce qu'il en espère aussi.

« Oh. Elizabeth. Joli prénom... »

Felicia ouvre des bocaux vides qu'elle étiquette et y verse des feuilles d'asphodèle séchées, faisant se crisper Farrell dont le regard dévie vers le bocal déjà étiqueté au nom de la plante. C'est sa méthode, à Felicia, pour d'une part finir par ne rien ranger, et d'autre part, finir par tout savoir. Ranger de la manière la plus incohérente possible pour que la corvée incombe à quelqu'un d'autre, et agacer l'air de rien mais le plus intensément possible, pour qu'il lui dise tout avant de la mettre dehors. Elle grimace un sourire qui ne se dessine que sur une joue, la joue opposée à l'endroit où Farrell vient se glisser et lui prendre les sachets, les bocaux et les étiquettes des mains. Elle ne voudrait pas qu'en plus de le faire tourner en bourrique, il sache qu'elle sait, ce serait encore plus agaçant...

« C'est l'apothicaire. Elle est jolie. Elle m'aime bien, je crois. Elle a oublié de me faire payer, du coup j'y suis retourné... »

« Et tu as oublié l'Allée des Embrumes. »

Il acquiesce, ses mains occupées à ranger au cordeau les bons ingrédients dans les bons bocaux qui rejoindront la bonne place, l'étiquette soigneusement mise en évidence et bien lisible.

« Et j'ai oublié l'Allée des Embrumes. Mais je vais y retourner demain. »

« Comme ça tu retourneras la voir. »

Farrell se contente de hausser les épaules, mais c'est évident comme son nez au milieu de son visage. Felicia sourit, et a même un tout petit rire de contentement, surtout quand elle sent sur ses épaules les mains de son frère qui la raccompagnent à la porte.


Farrell soupire profusément. Rien de tout cela ne lui convient. Il avait prévu de retourner sur le Chemin de Traverse seul, de se rendre d'abord à l'Allée des Embrumes pour regarder quelques prix, demander à Beurk s'il cherchait des objets en particulier, puis d'aller chez le Prophétiseur Etoilé pour qu'il lui fasse une séance. Farrell soupire. Ce gars est un charlatan, à coup sûr, mais le fait qu'il lui dise ce qu'il voit de son avenir le rassure de temps en temps. Mais hors de question d'y aller avec Felicia qui, la dernière fois, a tellement râlé, remis en question chaque phrase, chaque élément de son rituel, et jusqu'à la couleur de ses rideaux, que l'homme affable ne l'était plus et a interdit à Felicia de remettre les pieds dans son honorable établissement. Farrell soupire de nouveau.

« Si tu continues, tu vas te vider de tout ton air... » s'amuse Felicia qui sort de chez Barjow et Beurk, Farrell sur ses talons avec la mine longue d'un gamin boudeur. Elle se retourne alors vers son frère.

« Bon. Tu veux aller chez le vieil Hector ? »

La mine sombre de Farrell répond pour lui.

« Vas-y, je t'attends dehors. Je ne voudrai pas perturber son troisième œil. » dit-elle en faisant des gestes dans l'air comme si elle dispersait de la brume autour d'elle.

Et paie-le en whisky, ça va l'aider à mieux voir... »

Chantonnant, Felicia délaisse Farrell qui poursuit sa route, et de son pas dansant, va regarder les vitrines. Quand Farrell ressort une trentaine de minutes plus tard de chez le Prophétiseur Etoilé, il a la mine de celui qui n'a pas reçu de réponses claires à ses questions, et qui a vu ses interrogations démultipliées. Cette fois-ci, Felicia s'abstient de tout commentaire. Elle désigne du nez le même attroupement que la dernière fois, la même voix haranguant la foule disparate. Parmi les sorciers présents à écouter, la lourde silhouette de Teignous Nott. Farrell réprime un frisson.

Felicia a un sourire plaqué sur son visage. Le genre de sourire qui ne présage rien de bon. Farrell frissonne et garde ses yeux sur sa sœur.

« Bon. C'est quoi ton idée ? »

« On va cambrioler le vieux Teignous. Sa maison. Et on va signer ce cambriolage. Je rêve de voir le vieux Teignous rager parce qu'il lui manque quelque chose chez lui. »

Farrell blémit.

« Tu plaisantes ? »

Felicia se lève.

« Pas du tout. »

Son idée est faite.

« Bon, tu viens ? »

Oui, il la suivrait jusque dans les enfers s'ils existaient.


Ils sont sortis de chez eux par le miroir du salon. Felicia et Farrell connaissent par cœur ce labyrinthe de scènes éclairées ou sombres qui les mène de miroir en miroir, de maison en maison. L'avantage, de voyager dans l'immatériel, c'est que personne ne peut les voir ou les entendre, à part s'ils les regardent passer. Mais généralement, les Fletcher sont tout ce qu'il y a de plus discret et silencieux, sauf quand Felicia en décide autrement.

Il y a un petit miroir sur une commode, bien trop petit pour les laisser passer. Mais Felicia s'y arrête, sûre d'elle.

« Regarde, des escaliers. On est dans l'entrée chez le vieux Teignous. »

Elle passe sa main dans le miroir, et tâte sur la gauche un objet qu'elle a remarqué. C'est un petit miroir de poche, enfermé dans un écrin d'argent. Le genre de miroir qu'une femme garde dans son sac pour se repoudrer le nez. Elle le récupère et l'inspecte, s'y regarde, avant d'éclater de rire. Elle montre alors le reflet à son frère qui a les sourcils froncés devant cet accès d'hilarité. Farrell observe son reflet, circonspect. Il reconnaît son petit visage pâle, ses yeux bruns, et plus il regarde, plus son visage rajeunit, ses joues s'arrondissent...

« Un miroir du passé ? »

Felicia hausse les épaules.

« Je n'en sais rien, mais c'est marrant. On le garde. On va au prochain ! »

Elle désigne d'une main la scène suivante, éclairée de dizaines de bougies vacillantes. Un immense miroir qui doit donner sur une salle de réception au goût douteux. Felicia n'aime pas le faste. C'est empli de fausseté, c'est du mensonge sous des kilos de luxe.

« Quand je pense que le vieux Nott a racheté le collier d'alliance pour 200 gallions. Quel imbécile. Ce miroir, on peut en tirer au moins 30 gallions aussi chez Barjow. »

D'un geste agile, Felicie grimpe sur le buffet luxueux qui est surplombé par un miroir imposant.

« Un hippogriffe pourrait passer là » marmonne-t-elle.

Elle traverse le miroir comme s'il était un simple rideau, ne rencontrant aucune résistance. Farrell la suit avec une agilité moindre.

« Détends-toi donc, petit frère. On a l'impression que tu as quelque chose à te reprocher. »

Oui, d'être chez Nott.

Felicia se promène dans la salle de réception comme si elle était chez elle, fascinée par le faste. D'immenses miroirs tapissent les murs, sans doute pour que les invités puissent se voir valser, avec dans leurs bras, les sorcières les plus en vue.

Ses chaussures en cuir de dragon, semblables à des ballerines de danseuse, ne font aucun bruit sur le marbre du sol. Farrell a presque les mêmes, et lui aussi est plus silencieux qu'une souris.

« On aurait peut-être pu explorer plus de l'autre côté avant de venir ici. »

Felicia lui lance un drôle de regard.

« Tu n'écoutes vraiment jamais ? Quand on a vendu le collier d'alliance chez Barjow, il a dit que tous les mardi, la plupart des 28 en âge de se marier se retrouvaient pour un thé chez les Malefoy. »

« Mais Nott il a au moins..."

« Il a au moins deux filles à bien marier. Il n'est pas là, et elles non plus. »

« Et sa femme ? »

« Chez les Malefoy... Suis un peu, Farrell. »

« Et s'il y a des elfes ? »

« Bien sûr qu'il y a des elfes, Farrell. On est chez les Nott, une des familles de sangs-purs les plus influentes d'Angleterre. S'ils apparaissent, on les oubliette. Ça, tu sais bien le faire, petit frère. »

Farrell serre les dents. Il est l'aîné de Felicia qui se complait à l'appeler petit frère quand il se comporte comme un pleutre. Alors, il se tait.

La petite silhouette de Felicia glisse, silencieuse, sur le sol, suivie par Farrell qui a l'impression de faire autant de bruit qu'un troll des cavernes. Ils quittent tous deux la salle de réception. Felicia se tourne vers Farrell, l'index posé sur ses lèvres, désignant d'un geste de la tête la galerie de tableaux d'ancêtres qui sont tous en train de roupiller joyeusement dans leur cadre. Puis elle sourit. Cet imbécile présomptueux de Nott a des petites pancartes sur chaque porte du couloir notant dans quelle pièce on entre. D'un geste de la baguette, elle ouvre la porte du bureau de Nott, et émet un petit souffle méprisant par son nez en observant le faste du bureau.

« M'as-tu vu » marmonne-t-elle.

Puis, d'un geste de la baguette, elle lance un sort de détection de sortilèges aux alentours, puis un sort de détection de protections. Son sourire s'agrandit quand la partie gauche de l'opulent bureau luit d'une lueur bleue.

« Tellement prévisible. »

Ils commencent tous deux à fouiller le bureau entier, équipés de leurs gants en peau de dragon, lançant sort de détection sur sort de détection, leur sac sans fond à la main. Et la moisson est bonne. Tellement bonne qu'aux oreilles de Felicia résonnent les gallions qui s'entrechoquent déjà dans leur bourse.


Rien ne les a surpris ou dérangé, tout a été bien trop facile. C'est ce qui alarme Farrell.

« Felicia », chuchote-t-il.

Elle continue à fourrager les tiroirs du vieux Nott, son regard brillant d'une lueur inquiétante.

« Felicia », chuchote-t-il de nouveau, de manière plus pressante.

« Je t'ai entendu, c'est juste que je ne t'écoute pas. »

« Faut qu'on y aille. »

Les yeux de Farrell se dirigent vers la porte du bureau. Ils n'ont aucun miroir assez grand pour quitter cette pièce. Les yeux de Felicia se posent un instant sur Farrell qui semble être sur le point de paniquer. Elle soupire, puis se rappelle leurs règles. Ne prendre qu'un objet. Mais elle veut tellement qu'il sache qui s'est attaqué à lui.

« Faut qu'on y aille, Felicia. »

Et c'est là qu'ils entendent la porte d'entrée, et des pas au rez-de-chaussée. Felicia agite sa baguette dans l'air, et tout ce qu'ils ont dérangé, et qu'ils n'ont pas enfourné dans leur sac reprend sa place initiale.

« Galerie », marmonne Felicia.

Elle se lance un sort de discrétion, ainsi qu'à son frère, et ils sortent sur la pointe des pieds dans le couloir dont les portraits semblent s'éveiller, mais ne les remarquent pas. Ils entrent dans la salle de réception quand ils entendent des bruits de pas dans les escaliers. Felicia presse son frère à grimper sur la commode, franchir le miroir et disparaître, tenant sa baguette en main, prête à s'en servir. Elle suit son frère, grimpe à son tour sur la commode, traverse le miroir quand à l'extrémité de son champ visuel la grosse bedaine de Nott apparaît, mais elle est dans le miroir, en sécurité.

Et peut-être est-ce par fronde, pour le provoquer un peu, mais, contrairement à Farrell qui a quitté la scène éclairée, Felicia reste un peu trop longtemps derrière le miroir accroché au-dessus de la commode. La large silhouette de Teignous Nott apparaît dans le miroir et Felicia recule en esquissant une révérence. Elle sait qu'il la voit, alors elle sourit et fait quelques pas de danse, quand elle voit la mine du vieux Nott se tordre de colère, son bras dessine des volutes dans l'air tandis que sa voix résonne jusque de l'autre côté du miroir qui vole en éclat, tout comme tout le reste de la scène.

End Notes:

J'espère que la lecture vous a été agréable, j'attends la nuit de ce samedi 12/12/20 pour enrichir la fic de plusieurs autres chapitres :)

N'hésitez pas à me dire si vous me souhaitez sept ans de malheur après tout ça!

Et sinon, d'après-vous, le bris du miroir va-t-il provoquer quelque chose aux Fletcher ?

La femme étoilée by Sifoell
Author's Notes:

Coucou tout le monde,

Je suis super honteuse de mettre à jour Les Illustres si tard, surtout que j'ai laissé Felicia en mauvaise posture.

Pour la petite histoire, sans faire exprès j'ai créé un deuxième document "illustres" sur mon ordi, et j'ai avancé sur les deux en même temps, mais sur plusieurs pages. Et quand je me suis rendu compte de ma bourde, j'ai boudé très fort, parce que les réécritures, je trouve ça d'un chiant !!! Je réécris peu. C'est comme ça que je fonctionne. Donc, là, j'ai pris un peu le temps, parce que zut, ça fait quasiment un mois et demi...

Alors, petit rappel du chapitre dernier : Felicia, toujours dans l'idée de faire rager le vieux Nott qui avait torturé leur sœur Phedra, après avoir piqué un collier d'alliance dans leur coffre à Gringott's en passant par les miroirs, va carrément cabrioler Nott chez lui, avec Farrell qui n'en mène pas large. Sur la fin du chapitre, Farrell est reparti par le miroir, et Felicia vient juste de le faire, mais elle est surprise par Nott qui lance un sort sur le miroir et le brise...

Alors, sept ans de malheur pour qui ?

« Non ! »

Le cri de Farrell résonne dans le monde derrière le miroir. Felicia tourne la tête autour d'elle, tous les meubles sont brisés. Elle sent sur son visage quelque chose couler, mais n'a pas le temps d'y porter ses mains que déjà Farrell est sur elle, la cueille dans ses bras et l'emmène hors de la pièce, ignorant la face grimaçante de Nott, visiblement satisfait de son effet. Et c'est une fois qu'ils ont rejoint les ombres, dans cet entre-deux sombre et vide séparant les miroirs, que Farrell pose Felicia au sol, son buste sur ses genoux, et délicatement, écarte ses mains de son visage. Et parce que Farrell est un très mauvais menteur et que la moindre expression se lit sur son visage, Felicia panique soudainement et regarde ses mains poisseuses de sang. Contrairement aux meubles, elle n'est pas entièrement coupée, mais elle est quand même lacérée. Les mains de la jeune femme s'envolent comme des oiseaux vers son visage. Elles tâtent la joue fendue, la gorge lacérée, alors que les mains de Farrell se concentrent sur l'impact au-dessus de son cœur, comme une étoile sur une fenêtre dont les branches vont s'agrandissant, jusqu'à en rejoindre les bords. Farrell promène sa baguette éclairée d'un lumos sur le visage de Felicia, puis ses membres, son ventre, et il grimace et serre les dents, essayant visiblement de se contenir au maximum.

« C'est comment ? »

Les yeux noirs rencontrent les yeux noirs, mais il ne dit rien, il semble réfléchir.

« Merde... »

Farrell regarde rapidement l'étendue des dégâts. Le visage. Le buste. L'épaule. Le bras. Une des branches de l'étoile lui a traversé la joue mais lui a évité l'oeil. Elle aurait pu être aveuglée.

« Merde, merde... Merde ! »

« Il t'a lancé quoi ? »

Felicia secoue la tête.

« Je ne sais pas lire sur les putains de lèvres de Nott. »

« C'est un maléfice, Felicia. De la magie noire. Je dois te soigner... On y va. »

Et Farrell la cueille de nouveau dans ses bras alors que les yeux de Felicia s'agrandissent, que la douleur sourde parcourant tout le devant de son corps commence à se réveiller, et que l'idée qu'elle est défigurée à jamais lui taraude l'esprit.

Alors, le corps de sa sœur contre lui, ce corps qui ne pèse rien mais est pourtant tellement dur qu'il pense porter une statue, il voyage à la lisière des scènes éclairées des maisons, hôtels, appartements, leur préférant l'obscurité des pièces sans miroir. Et il murmure, comme une litanie, autant pour elle que pour lui.

« Ça va aller, Fe... Ça va aller... »

Farrell a pris le temps de réfléchir, quand il portait contre lui le corps figé de sa petite sœur, réduite à une boule de chair tremblotante et silencieuse. Tout ce qu'elle n'est pas censée être. Le vieux Nott a été bien trop loin. L'esprit de Farrell tourne à plein régime. Il va soigner Felicia du mieux qu'il peut, les lacérations ne semblent pas trop profondes, mais il n'a pas regardé de près. Ensuite, il va probablement se disputer avec Phedra et leur mère qui vont leur reprocher les risques inconsidérés qu'ils courent régulièrement. Puis, il va préparer des potions de guérison, des potions apaisantes. Enfin, il va s'occuper de Nott. Connaître sur le bout des doigts ses faits et gestes. Trouver son point faible et s'en servir. Et se venger, d'une manière peut-être moins audacieuse que Felicia qui ne peut jamais lutter contre l'envie de se pavaner, alors que Farrell est plus discret. Sournois.

Il reconnaît alors les meubles de leur salon, et la psyché qui fait le coin.

« Tu peux te mettre debout, Felicia ? On arrive. »

Mais elle ne répond rien, ni par la voix, ni par un geste. Alors, Farrell se faufile, d'abord une épaule, puis son dos, puis une autre épaule, prêtant attention à ne pas cogner Felicia qui doit souffrir le martyr. Il parvient à entrer dans le salon, en nage tous les deux, et il s'appuie un instant, rien qu'un seul instant, sur le chambranle de la porte, les bras brûlants de fatigue, le dos aux muscles noués, la nuque raide, commençant à trembler. Reprendre son souffle, juste un instant, avant de monter les escaliers. Quand il est enfin dans leur salon, il pose délicatement Felicia dans un fauteuil, Farrell décroche un à un les doigts de Felicia qui sont pris dans sa veste comme les pattes d'un oiseau dans un filet.

« Allez, montre, Felicia. »

Mais elle secoue la tête, rassemblant en grimaçant ses jambes contre elle.

« Maman ! » appelle Farrell.

Il essaie de déplier le corps de Felicia qui veut rester en boule, mais son regard est vide, résolument dans la vague, et ses yeux lourds. Il écarte doucement les mèches de son visage.

« Maman ! » rappelle Farrell avec un peu plus d'empressement.

Des petits pas se précipitent par la cuisine, et Mathy essuie ses mains terreuses sur son tablier.

« J'étais dans le jardin. »

Ses yeux s'exorbitent*.

« Que s'est-il passé ? »

« On a eu un problème chez les Nott. Un miroir brisé. Le vieux a lancé un maléfice... Felicia, je t'emmène dans ta chambre, ce sera plus facile si tu es allongée, d'accord ? »

Mathy pointe son index vers les escaliers et s'y précipite.

« Sa chambre est ouverte. Je te ramène la trousse. Dépêche-toi, Farrell. »

Il se baisse et cueille Felicia de nouveau dans ses bras, déjà en nage tous les deux. Il grimpe les escaliers, précédé par leur mère qui arbore une mine inquiète. Farrell entre dans la chambre de Felicia et la dépose sur le lit défait de Felicia. Elle n'a jamais été foutue de faire son lit, ni de ranger quoi que ce soit. Il étire son dos puis se penche vers elle, toujours recroquevillée sur elle-même. Les mains de Felicia s'agitent et se portent à son visage, son cou, son buste, s'inquiétant des vêtements poisseux de sang...

« N'y touche pas, Fe... Fe... Laisse-moi regarder, s'il-te-plaît. »

Et il y a ce bruit inconnu qui lui glace le sang. Le bruit des sanglots de Felicia qui lui secoue le corps et qu'elle étouffe de ses mains. Il a un moment d'arrêt. Elle cachait son visage, essayait de le tâter pour en repérer les dégâts, ou elle se mordait les doigts pour s'empêcher de pleurer ?

Farrell se recule, ne sachant que faire d'autre que serrer les dents, serrer les poings, fermer son cœur. Il se laisse faire quand sa mère arrive avec sa trousse, les onguents et potions qu'il prépare avec minutie, une bassine d'eau tiède qui lévite derrière elle, suivie par une ribambelle de linges blancs, et par une aiguille enflammée pour la rendre stérile. Mathy le met dehors et lui ferme la porte au nez, et l'esprit de Farrell repousse la stupeur pour se mettre en route, forcer un peu les engrenages grippés par le chagrin, nourrir ce feu vengeur de toute son intelligence et sa roublardise, toutes ses connaissances, toutes ses capacités à être au bon endroit au bon moment et à se lier avec les personnes qui entourent Nott pour en apprendre le plus sur lui, découvrir son point faible, et l'exploiter jusqu'à le presser comme un citron et l'acculer.

Quand il revient dans la chambre de Felicia qui pleure doucement, leur mère le met de nouveau à la porte en lui demandant d'attendre un peu, qu'elle l'appellera.

« Allez, Felicia, laisse-toi faire. Il n'y a rien que je n'ai déjà vu, ma fille. »

Felicia se noie dans la sollicitude maternelle. Mathy éloigne les bras de sa fille de son corps, et le visage inexpressif, entreprend de la déshabiller à coups de baguette magique, et de voir l'étendue des dégâts. L'impact du sortilège a frappé Felicia sous la clavicule gauche, comme si sa fille était de verre, elle arbore une étoile au-dessus du cœur, et dont les branches s'étalent dans toutes les directions, poisseuses de sang. Mathy a une sueur froide quand elle se dit que si c'est de la magie noire, comme le dit Farrell, elle en gardera des traces toute sa vie. Sa dernière fille, son intrépide petite fille...

Et dans le couloir, appuyé sur le chambranle de la porte, il y a Farrell, les larmes dans ses yeux noirs, qui mûrit sa vengeance, mais une vengeance qui les mettrait définitivement à l'abri. Quelque chose de suffisamment énorme pour que le vieux Nott leur fiche la paix, et les craignent. Un plan se dessine dans son esprit. Un plan qu'il va mettre en œuvre dès qu'il aura soigné le mieux possible sa petite sœur qu'il a failli à protéger. Alors, plutôt qu'avoir des regrets, il va la venger, mais de manière bien plus sournoise.

Faire en sorte que Nott ait besoin d'eux.

Alors, le plan le plus tordu et méticuleux se met en place dans son esprit. Et Felicia frémirait de voir ce sourire naître sur les lèvres de Farrell. Elle l'appellerait son grand frère et serait fière de lui. Et un peu effrayée aussi, sûrement.


Felicia ne sort plus de sa chambre, et Farrell, lui, est toujours parti à droite à gauche, tôt le matin, pour rentrer après la nuit tombée. Et Mathy est débordée entre Felicia qui semble avoir perdu son feu, Fortunat qui, sentant que quelque chose ne va pas dans la famille, n'en fait qu'à sa tête, Phedra, dont le terme approche et qui s'inquiète, et Farrell son si discret grand garçon qui semble chercher quelque chose dehors, mais Mathy ne sait pas quoi.

Les lacérations qui parcourent le corps de Felicia laisseront des traces, Farrell a assuré Mathy que c'était un sortilège de magie noire qu'a lancé Nott. Sans savoir de quel sortilège il s'agir, il n'y a quasiment aucun espoir de l'annuler. Et ça, Farrell aussi, s'est mis en tête de pouvoir le réparer. Rendre son visage à sa sœur qui vit les volets fermés, les lumières éteintes, la porte close, et refuse de voir qui que ce soit, et ne se nourrit que quand elle vacille tellement elle s'affame.

Et Mathy remarque tout, Mathy se doute, comme elle s'est doutée de quelque chose pour Flynn qui passait de plus en plus de temps hors de la maison, et dont l'ambition devenait de plus en plus grande, d'être de plus en plus loin. Jusqu'à ce qu'il ne revienne plus, ne réponde plus à leurs lettres. Disparaisse au monde. Il y a d'abord eu cette fascination pour les moldus, et ses représentations d'illusions dans leur monde. Il s'est attiré l'attention du Ministère, mais pas suffisamment pour se faire arrêter. Puis il y a eu cette attirance aveugle et désespérée pour la magie de l'illusion, les miroirs et les ombres. Il a été jusqu'à sacrifier son propre reflet et sa propre ombre pour acquérir cette magie. Et le temps, bien sûr. Le temps. Les Fletcher ont en leur possession tant de prototypes de montres à gousset qui servent à tellement de choses différentes : rappeler les rendez-vous, ralentir, accélérer ou arrêter le temps. Mais pas voyager dans le temps, chose interdite par le Ministère et rigoureusement surveillée. Flynn a toujours su jouer au funambule avec les lois sorcières et celle des Moldus. Toujours à la lisière.


Farrell a mis son plus beau costume, le pantalon qui a une taille haute. Il a glissé dans son pantalon sa plus belle chemise blanche, celle qui est un peu bouffante et le fait ressembler à un danseur espagnol, ou à un toreador, avait plaisanté Felicia. Mais ça, c'était quand elle plaisantait encore. Il a mis sa veste de costume grise, et enfilé une cape ainsi qu'un chapeau appartenant à son père, sa mère étant dans l'incapacité la plus totale de se débarrasser du moindre objet appartenant à leur père. Et malgré le regard vaguement inquiet de sa mère, et celui fatigué de Phedra qui n'est qu'à quelques jours de devenir mère, il a transplané pour aller au Chemin de Traverse.

La main entourant fermement sa baguette, il a traversé le Chaudron Baveur, puis descendu la rue pavée. Et avant de franchir la porte de l'Apothicaire, Farrell a inspiré un bon coup, souhaitant qu'un peu de l'assurance de son père déteigne sur lui, où que ce connard soit. Il ouvre la porte qui tinte, et flâne entre les flacons, les paniers de plantes séchées, les bocaux où des choses familières flottent. Farrell se compose un personnage de jeune homme sûr de lui, parce qu'il est là pour deux choses : savoir si le vieux Nott vient lui acheter des choses régulièrement, et si oui, quels ingrédients, et revoir Elizabeth Anderson. Il entend un raclement de gorge et se détourne de l'étalage pour ôter son chapeau et saluer d'un sourire qu'il espère charmeur, la belle apothicaire.

Le rouge monte aux jours rondes d'Elizabeth, et Farrell ne se souvenait pas que ses lèvres étaient si pleines. Il se perd un peu dans ses yeux noisette, note sa taille fine soulignée par le lien de son tablier aux multiples poches, et cette poitrine tellement généreuse qu'elle menace de jaillir de son corsage.

« Elizabeth, bonjour. »

Bien qu'il n'ait pas eu tant que cela le temps de repenser à cette jeune femme, le fait de la voir en chair et en os devant lui lui rappelle à quel point il a eu tort. A quel point ces pensées auraient été bien plus belles que celles alimentant son plan de vengeance.

« Farrell Fletcher, bonjour », l'imite-t-elle en esquissant une petite révérence hors de propos.

« Je peux vous aider ? »

Farrell la dévore des yeux et ignore les battements de son cœur.

« Oh oui, certainement. Teignous Nott vous passe des commandes, non ? Et vous les faites livrer, n'est-ce-pas ? »

Elizabeth, interdite, fronce les sourcils.

« Non. C'est un potionniste qui s'occupe des commandes de Monsieur Nott. Mais... Pourquoi posez-vous cette question ? »

« Monsieur Nott souhaite que je m'occupe désormais de ses commandes. Je suis potionniste, et je m'installe en tant que tel. Il n'est plus satisfait du travail de l'ancien Maître des Potions. »

Elizabeth le regarde quelques instants, ne sachant trop que penser. Elle cligne plusieurs fois des yeux, mais cela ne lève en rien le doute qui s'insinue en elle. Elle hésite.

« Écoutez, monsieur Nott ou monsieur Prince viendront m'en avertir le cas échéant. Je préfère passer par eux. »

Farrell sourit, se donnant en spectacle comme peut le faire Felicia quand elle est au mieux de sa forme.

« Oui, excusez-moi, c'était un peu cavalier de ma part. »

Il lui adresse un clin d'oeil et sa main touche le bord de son chapeau.

« Vous aimez le bleu, Elizabeth ? »

Elle fronce les sourcils, interdite.

« Heu... Oui ? »

« La prochaine fois que je viens vous acheter des ingrédients, je vous apporterai des myosotis. »

Elizabeth rougit fortement, puis sourit de toutes ses dents avant d'avoir pu le réprimer. Là-dessus, Farrell sort en souriant encore, puis il retourne chez lui, le cœur plus léger. Il a maintenant deux pistes. Revenir cette nuit par les miroirs dans la boutique d'Elizabeth Anderson pour consulter son registre, et essayer de savoir qui est ce Prince qui est potionniste pour le vieux Nott.

End Notes:

* ses yeux s'exorbitent : je sais, ça ne se dit pas, mais j'aime bien...

Alors, d'après vous, que va pouvoir découvrir Farrell sur Nott ? Et Felicia, quelles conséquences sur elle a eu le bris du miroir ? MadameMueller m'a demandé si quelqu'un s'était attiré sept ans de malheur... Hum hum, on va voir ce que cette idée alléchante à laquelle je n'avais pas pensé du tout a pu donner dans mon cerveau fatigué de publier cette fic à 2h du matin !!!

J'espère que la lecture vous a été agréable et à bientôt pour de nouvelles aventures !!!

L'allée des Embrumes by Sifoell
Author's Notes:

Salut les gens,

Les Fletcher vous ont manqué ? Farrell est de retour.

Au dernier chapitre, nous avons laissé les Fletcher en mauvaise posture, Felicia s'est reçu un sort du vieux Nott qui a été démultiplié par le miroir qui s'est brisé, et elle est sans doute défigurée.

Alors, c'est au tour de Farrell d'agir et de prendre les commandes. S'en sortira-t-il sans Felicia ?

On se retrouve en bas ?

C'est tellement simple que cela en serait presque ennuyeux. Farrell a attendu que tout le monde se couche, pour passer par le miroir du salon et passer dans le monde de l'entre-deux, celui qui est entre les reflets et ce qui se reflète. Quelque part, ça le gêne de visiter la boutique d'Elizabeth de nuit, et de trahir sa confiance, mais il n'a pas le choix. Il doit mettre sa famille à l'abri et surtout Felicia.

Farrell se promène furtivement dans le monde sombre, évitant les scènes garnies de meubles. Normalement, c'est Felicia qui le mène par le bout du nez, mais Farrell, tout en discrétion, a de sacrées capacités d'observation. Et le monde de l'entre-deux n'a pas le moindre secret pour lui. Quand Farrell reconnaît certaines boutiques du Chemin de Traverse, il sait qu'il n'est pas loin. Un discret petit miroir rond, qui est plus décoratif qu'autre chose vu qu'il est au-dessus d'une porte, lui renvoie une partie de la boutique de l'apothicaire. Et derrière, il y a celui qu'il cherche. Le miroir qui est dans l'entrée à côté du porte-manteau. Farrell s'y faufile comme un chat, étonné de son agilité. Sans doute est-il plus gauche quand Felicia prend les commandes et ne lui laisse aucune place. Il tourne la tête autour de lui, c'est l'entrée de service, celle qui doit être derrière le magasin. Il est soulagé qu'il n'y ait aucun système d'alarme. Elizabeth est imprudente, certains des ingrédients qu'elle vend valent une petite fortune. Il le lui suggèrera, à l'occasion.

Quoique.

Farrell avance dans l'entrée de service et trouve une porte sur sa gauche, qu'il ouvre. C'est une petite salle de bain, qui doit servir à ce qu'Elizabeth se rafraichisse quand elle a fait séché des plantes, pour en ôter leur odeur. Il y a une porte sur la droite également, celle menant à son bureau. Un bureau étonnamment clair, presque scolaire. Des meubles simples, en bois de teintes chaudes, quelques registres dans une armoire qui ne ferme pas. Rien ne se ferme à clé, rien n'est protégé. Dans le doute, il enfile quand même ses gants en cuir de dragon, s'assoit sur la chaise de bois inconfortable, et consulte le registre qui est sur le bureau. Et il sourit. C'est exactement ce qu'il cherchait. Une liste des clients, le détail de ce qu'ils ont acheté, leur quantité, et le prix.

Farrell sort un carnet de parchemin de sa poche et note tout ce que Prince achète. Il fronce les sourcils quand il ne trouve nulle mention de Teignous Nott. Cela va lui compliquer la tâche, parce que le potionniste peut acheter quelque chose spécifiquement pour une commande, pour renouveler ses stocks, ou pour des clients réguliers.

Et tant qu'il est là, il s'imprègne de la présence d'Elizabeth, se remémorant ses yeux noisette et son sourire timide. Farrell espère qu'il ne l'a pas offusquée par ses demandes concernant Nott. Puis il sourit en pensant au bouquet de myosotis qu'il lui a promis la prochaine fois qu'il la verrait. Il va devoir faire quelque chose pour cela aussi.

Les mains gantées de Farrell effleurent ces choses qu'Elizabeth a touchées. Et ses pensées s'évadent. Il se demande si elle aime bien lire des livres, écouter de la musique, ce qu'elle fait pour occuper ses soirées. Vit-elle encore chez ses parents qui tenaient la boutique il y a quelques années ? Farrell est un peu plus vieux qu'elle, et se souvient à peine de la petite fille qu'elle était à Poudlard, alors que lui était déjà dans ses dernières années. Mais il n'est pas là pour ça, et à la faveur de la nuit et de la boutique déserte, il fouille un peu, discrètement, remettant chaque objet à l'exacte place qu'il occupait. Une manie que Felicia goûte peu, elle qui ne range jamais rien.

Il découvre un petit atelier de potions, là où elle réalise ses potions ménagères qu'elle vend à petit prix. Généralement, les sorcières ne prennent pas la peine de les fabriquer, voulant s'épargner cette tâche fastidieuse, et il est facile de pouvoir en écouler un beau stock pour un effort mineur. Elizabeth a l'air de bien avoir repris le commerce de ses parents, et cela le rend fier, alors qu'il vient tout juste de la rencontrer vraiment, et que le peu qu'il connaît d'elle lui donne envie d'en savoir tellement plus.

Mais ce n'est pas le moment, alors Farrell range avec regret tous ces objets et quitte par le miroir cet endroit habité de la présence d'Elizabeth.


De retour dans le monde des reflets, le carnet de parchemin contre son cœur, Farrell se promène entre les scènes meublées. Il trouve l'atelier de potionniste de l'Allée des Embrumes, et s'y glisse par un imposant miroir où ces sorciers qui utilisent sans doute autrement leur balai que pour se déplacer, doivent se mirer avant de revêtir leur air revêche pour impressionner la clientèle. Farrell glousse en s'imaginant ses confrères qui sont tellement sûrs de leur talent qu'ils regardent de haut toute personne franchissant le seuil de leur boutique. Farrell n'a jamais rejoint leur joyeuse confrérie parce qu'il sait faire preuve d'humilité, et qu'il n'a pas besoin de voir l'admiration dans le regard de clients pour savoir qu'il est très bon dans ce qu'il fait. Fabriquer des potions. Les concevoir. Les sublimer.

Et cambrioler ou espionner, seul ou avec Felicia.

D'un geste souple, il craque ses doigts emprisonnés dans les gants de cuir de dragon, puis sa nuque, et assouplit ses épaules. Quelques uns des sorciers qui travaillent ici étaient avec lui à Serpentard. Il les connaît et sait qu'il doit se garder de leur méfiance naturelle, à moins qu'ils soient suffisamment sûrs d'effrayer qu'ils ne s'embarrassent pas de protection, ce qui est possible aussi. Il saisit entre ses doigts sa baguette, lance un sortilège de détection dans l'entrée, et la lumière bleutée vient se poser sur l'encadrement de la porte. Haussant les épaules, il lance un Finite Incantatem à ce qui devait être un sortilège anti-intrusion. Mais son instinct dit que cela n'est pas suffisant. Il s'avance prudemment, et effleure les boiseries finement ouvragées de la porte. Une sorte de spectre jaillit dans le couloir et vient fondre sur lui, mais Farrell ne bouge pas, un sourire en coin sur son visage.

C'est tout ? Ils pensent effrayer qui, des Moldus ?

Farrell traverse alors le spectre qui profère des insultes et malédictions en latin. Ce n'est guère plus qu'un épouvantail à voleurs de bas étage. Rien qui ne puisse le faire fuir... Il s'avance dans le couloir qui compte trois portes de chaque côté, et une au bout, menant sans doute à leur boutique. Il lance sur chacune d'entre elle un sortilège de détection, et il ne remarque rien qu'un simple alohomora ne puisse résoudre. Il agit méthodiquement. Pièce par pièce.

La première est une réserve d'ingrédients. Il l'éclaire d'un lumos, et plisse les yeux en lisant les étiquettes ou en reconnaissant les herbes, yeux de grenouilles, mandibules d'araignées... Il est dans son élément, mais il est là pour enquêter et non faire ses emplettes. Mais face à la profusion d'ingrédients, il songe que peut-être bien il leur demandera s'il peut les rejoindre. Oui, sûrement. Il referme la porte de la réserve où chaque centimètre de la petite pièce est occupée par des étagères croulant sous des bocaux, dont certains contiennent des choses qui bougent.

La seconde est une réserve de potions, il lit quelques étiquettes. Cela va des potions ménagères très communes, à des potions qui devraient être interdites... Certaines lui font se dresser les poils de sa nuque. Et du felix felicis... Cela coûte une véritable fortune, mais il préfère fabriquer les potions qu'il utilise lui-même, on ne sait jamais. Les potionnistes de l'Allée des Embrumes semblent fournir Sainte-Mangouste, mais sûrement aussi des sorciers et sorcières en mal d'amour. Certaines de ces potions pourraient abolir tout consentement. Mais là encore, aucun registre... Il sort et verrouille la porte derrière lui.

La troisième porte de ce côté du couloir ouvre sur une bibliothèque sombre où d'épais volumes côtoient des rouleaux de parchemins et quelques carnets. De ses gants de cuir, il effleure quelques volumes, et pousse la curiosité jusqu'à en parcourir certains. Au cas où, sait-on jamais, cela peut servir, Farrell en copie quelques uns qu'il réduit et glisse dans ses poches. Il repasse ensuite dans le couloir pour prendre la première porte et là, il sourit. Un bureau et des registres. Exactement ce qu'il cherchait. Il épluche les registres, et son sourire se dessine quand il reconnaît les noms et en face les commandes d'ingrédients effectuées pour ces clients. Ainsi, Gerald Malefoy a des soucis érectiles... Toujours bon à savoir. Mais ce n'est pas si étonnant, ce vieux barbon approche des cent ans et vient de convoler en justes noces pour la troisième fois avec une jeune sorcière qui, si ses souvenirs sont bons, avait la cuisse légère lorsqu'elle était à Poudlard. Comment s'appelait-elle, déjà ? Maria Fawley... Elle doit avoir à peine vingt-cinq ans, et déjà deux enfants nés hors union. Un affront que le nom de Malefoy parviendra à gommer, sans doute...

Son cœur manque un battement quand il trouve le nom de Nott. Farrell consulte la liste des ingrédients, sort son carnet, la recopie méticuleusement, réfléchit un peu et l'évidence lui vient en pleine face. Nott a besoin d'une potion de régénération sanguine. Vu les quantités d'ingrédients commandées chaque semaine, il en prend tous les jours. Ses doigts gantés de cuir parcourent les pages et les pages retranscrivant la même chose depuis des mois et des mois. Des années. Farrell se retourne vers les autres registres. Et c'est la même chose. Il en prend tous les jours et depuis très longtemps. Nott a du avoir une grave maladie, sans doute une dragoncelle particulièrement virulente, dont la forme la plus grave, et rare, fait éclater les cellules sanguines. D'où son teint blafard et les potions quotidiennes. Muni de cette information précieuse, Farrell prend bien le soin de tout ranger tel que c'était, de reverrouiller toutes les portes derrière lui, et de lancer de nouveau le sortilège pour que leur épouvantail spectral effraie quiconque s'aventure dans leur petit atelier.

Tout cela a été facile, peut-être trop facile. Mais il ne semble pas à Farrell, qui arpente le monde au-delà des miroirs, qu'il ait raté quelque chose et se soit fait repérer. Il rentre alors chez lui, et s'enferme dans son atelier.


Après plusieurs jours, Farrell a préparé une potion anti-coagulante. C'est une potion qui, sur n'importe quel sorcier, n'aurait pour effet que de fluidifier le sang, elle est particulièrement utile dans les cas des personnes âgées ou ceux qui ont une mauvaise alimentation, pour éviter les problèmes de cœur. Mais Farrell y a ajouté un petit ingrédient qui va rendre inefficace sur le vieux Nott les potions qu'il prend quotidiennement. Et seul Farrell en connait l'antidote.

Mathy regarde son fils partir, une fois la nuit tombée, par le miroir du salon. Mais ce qu'elle suppose être la fuite d'une maison qui est quasiment endeuillée est en fait la finition d'un plan parfaitement huilé.

Dans le monde au-delà du miroir, Farrell marche d'un bon pas. Il est habillé tout de noir, comme souvent, et a déjà revêtu ses gants en cuir de dragon. Il retrouve rapidement le miroir de l'entrée de l'atelier de potionniste, et le franchit, la baguette déjà tendue. Mais à son grand déplaisir, quand il est dans l'entrée, il entend des voix dans la boutique. Soupirant, il repasse dans le monde des miroirs, et va jeter un œil pour voir qui peut être là. L'information est toujours bonne à prendre.

Dans la boutique des potionnistes, il y a un autre miroir, petit. L'avantage, c'est que l'on peut voir sans forcément être vu si on s'y prend bien. L'inconvénient, c'est que l'on n'entend pas. Farrell s'avance dans la boutique, et tend le cou pour voir qui est là. Il y a trois silhouettes, dont deux de dos. Mais la longue chevelure blonde de l'un d'entre eux lui fait supposer que c'est un Malefoy, sans doute le fils de Gerald, Barney. Il a toujours trouvé ce nom débile, mais il est à la hauteur de celui qui le porte. Il reste patienter, le temps qu'ils s'en aillent, et que Farrell puisse faire ses petites affaires. Remplacer le flacon de la potion de régénération sanguine par la sienne. Il s'assoie tranquillement sur un comptoir et bat des pieds dans le vide, en attendant.

Personne ne fait jamais attention aux miroirs qui sont pourtant de si belles fenêtres vers cet ailleurs qu'il sait si bien explorer, et Felicia aussi. Quand elle ira mieux.

Il patiente une trentaine de minutes, jouant avec sa montre à gousset, il compte bien l'utiliser, ce sera plus prudent. Car si son père est parti en voleur, il leur a laissé le résultat de ses travaux sur le temps, et sur l'illusion. Leur héritage, en quelque sorte. Même si le vieux bougre ne répond à aucune lettre, comme s'il était mort. Ou qu'il s'en fichait d'eux. Farrell ne sait pas quelle option il préfère.

Il tourne la tête vers la boutique et la découvre vide. Les bougies qui l'éclairaient sont éteintes, et il n'y a pas l'air d'avoir âme qui vive ici. Farrell saute du comptoir sur lequel il était assis, et s'approche du miroir, ne voyant que la boutique vide et sombre. Il retourne alors vers le miroir de l'entrée qui ne nécessite aucune acrobatie pour le franchir. Là encore, personne, et la boutique est sombre. Il traverse alors, lance quelques sortilèges de détection, déverrouille toutes les portes, désactive l'épouvantail. Dans ses souvenirs, les potions prêtes à être livrées sont derrière la troisième porte en entrant. Il entre donc, silencieux comme une ombre pour tomber nez à nez avec Prince, le potionniste qui livre toutes les semaines sept fioles au vieux Nott. Farrell n'ayant jamais été à l'aise quand il est pris la main dans le sac, surtout qu'un simple hominium revelio lui aurait évité ça, reste comme deux ronds de flanc devant le sorcier, la bouche entrouverte, la baguette à la main.

« Ah, c'est donc vous qui êtes entré il y a quelques nuits. »

Farrell ne dit rien, et ignore son cœur qui bat douloureusement dans sa poitrine.

« Je ne vous ferai rien, mais je veux savoir comment vous êtes entré. »

Un petit sourire en coin se dessine bien involontairement sur ses lèvres et il hausse les épaules.

« On dit que les femmes ont leur secret, disons que j'exploite mon côté féminin... »

Le sorcier, qui le domine d'une bonne tête, tout en longueur et pâle comme un cadavre, hoche de la tête.

« Et puis-je savoir ce que vous venez faire ici, puisque vous ne volez rien ? »

L'esprit de Farrell fuse à toute vitesse.

« Vous allez avoir envie de m'embaucher. Parce que ce que je m'apprête à vous proposer risque de vous intéresser... »

La grande main du potionniste se tend vers la porte.

« Venez dans mon bureau, nous y serons mieux, et... Vous savez déjà où il est, n'est-ce-pas ? »

Farrell a l'audace de rougir. Felicia est tellement plus à l'aise dans ces cas-là. Il s'efface devant la haute silhouette tout de noir vêtue, et suit Prince jusqu'à son bureau. Le potionniste s'installe dans son fauteuil et allume tous les chandeliers d'un geste de la main. Farrell s'assoit dans l'autre fauteuil, le bureau les séparant.

« Bien. Pourquoi vais-je avoir envie de vous embaucher ? »

« Pour mes compétences. Je suis très bon, meilleur que vous, en potions, et j'ai les oreilles qui traînent partout. Je suis au courant de plein de choses qui peuvent vous intéresser... »

Les petits yeux noirs du maître des potions se plissent et la main de Farrell se resserre autour de sa baguette tandis que son autre main joue avec le bouton de la montre à gousset.

« Impossible... »

Farrell ouvre de grands yeux étonnés.

« Quoi ? »

« Les miroirs ? »

Farrell blêmit. Oups, c'est pas bon. Pas bon du tout. Felicia sera furieuse si on lui annonce avoir retrouvé son corps dans un fossé. Détourner son attention... Détourner l'attention d'un foutu legilimens...

« Une femme a ses secrets, monsieur Prince. Et je ne vous dévoilerai pas les miens. »

Farrell se compose une expression neutre sur le visage alors qu'il panique totalement. Son index et son pouce tirent sur le bouton de la montre à gousset, il la remonte trois fois, et repousse le bouton. L'homme en face de lui n'a pas bougé. Farrell se lève alors, l'homme étant figé. Soupirant, il joue avec sa baguette, la dirige sur le front du potionniste, et lance un oubliette qui renvoie le torse de l'homme contre le dossier de son fauteuil. Farrell serre les dents. Ça, c'est pour l'avoir surpris... Il quitte ensuite le bureau, jette un œil à la montre qui lui laissera une bonne heure de libre, et retourne dans la réserve des commandes. Il trouve facilement dans les étagères la caissette étiquetée « Nott », et remplace la potion prévue pour le lendemain par la sienne, d'un simple sort de vases communicants. Il referme tout soigneusement derrière lui et se demande encore quelles traces de son passage d'il y a quelques jours il a pu négliger pour se faire surprendre...

Felicia est l'audace, mais elle est aussi la prudence. Quelque chose lui échappe définitivement. Il repassera voir Prince à l'occasion. Parce qu'au final, Farrell pense qu'il aimerait travailler avec lui. Il n'est pas un si stupide Serpentard, après tout, vu qu'il a deviné qu'il était passé et l'a surpris.

Farrell quitte alors les lieux, et retourne chez lui.

End Notes:

Et voilàààà !

Bon, comme d'habitude, les personnages n'en font qu'à leur tête, mais je trouve que Farrell s'est plutôt bien débrouillé.

Et oui, le monde est petit, nous avons ici affaire au grand-père du Prince de Sang-Mêlé, notre inénarrable Severus Rogue. Une description un peu familière, non ? Un don commun aussi sans doute ? En lisant la bio de Salazar Serpentard (rien à voir ici, je vous rassure), j'ai appris que le don de legilimancie était héréditaire, donc voilà, cela m'est offert sur un plateau, je n'allais pas laisser cette précieuse info de côté !

J'espère que la lecture vous a été agréable, et comme d'habitude, les reviews sont très appréciées et j'y réponds avec plaisir :)

A bientôt pour de nouvelles aventures !

La gisante by Sifoell
Author's Notes:

Salut salut,

Au dernier chapitre, Farrell visitait l'atelier des potionnistes afin de mettre en route un plan : empoisonner le vieux Teignous Nott pour venger ses sœurs, et aussi accessoirement se fournir un travail en lui vendant des potions pour l'empêcher de mourir.

Farrell vient mettre les derniers projets à exécution ici.

Je tiens à adresser un immense merci à Lsky et sa Cartographie des Bibliothèques, car ici, nous avons en première partie un aperçu du Bizarre incident du chien pendant la nuit et un immense merci aux Equipes des Nuits (le thème de la seconde partie étant papier, de la nuit du 12 décembre).

Je vous souhaite une bonne lecture !

C'est parfaitement apprêté que Farrell retourne sur le Chemin de Traverse le lendemain. Il a dans l'idée de voir d'abord Prince à la boutique de potionnistes, et ensuite d'aller visiter Elizabeth. Et enfin de passer à la Ménagerie Magique acheter un molosse à Felicia. Un gros truc noir avec des plis et qui bave, bref, un charmant animal. Felicia a toujours eu un faible pour les trucs moches.

Habillé dans les vêtements d’apparat que son père utilisait lors de ses spectacles pour les moldus, Farrell traverse le Chaudron Baveur, puis descend le Chemin de Traverse, bifurque dans l'Allée des Embrumes, s'attirant quelques regards qu'il ignore allègrement. La veste en queue de pie est peut-être de trop, c'est pour ça. Par plaisanterie, il touche le rebord de son chapeau haut de forme et adresse une oeillade à une sorcière qui le regarde passer avec des yeux mauvais, puis il toque et entre dans l'atelier de potions. Prince est là, dans le fond de leur boutique, comme un oiseau de mauvaise augure, le nez busqué, les mains crochues. Farrell marche droit sur lui.

« Bonjour, monsieur Prince. Nous ne nous connaissons pas, mais je suis maître des potions également. J'aimerai vous proposer mes services. »

Les petits yeux noirs du sorcier détaillent la mise de Farrell, puis se plante dans ses yeux. Farrell arbore un sourire franc, celui que Felicia appelle son sourire de premier de la classe.

« Notre équipe est au complet. »

« Il manque toujours quelqu'un à une équipe, une fois qu'on l'a trouvé, on s'en rend compte. »

Le sorcier esquisse un sourire sinistre.

« Je ne pense pas, non. »

Farrell s'approche alors du potionniste, et, sur le ton de la confidence, affirme.

« Je peux entrer et sortir comme je le veux de votre boutique ou de votre atelier de potions. J'ai vu que vous vendiez des potions qui intéresseraient certainement le service des Aurors, mais je pense que vous voulez vous éviter quelques ennuis... »

« C'est vous qui... »

« C'est moi qui... »

Farrell agite sa main devant lui, confirmant la supposition non-dite. Il sort de sa manche une carte calligraphiée avec son nom et la dépose sur le comptoir, puis referme sa main gauche dans sa poche autour du talisman empêchant le legilimens d'agir.

« Je peux vous être utile, et vous pouvez m'être utile. Je commencerai la semaine prochaine, j'ai des affaires à régler, avant. Cinquante gallions par semaine, plus un intéressement sur les potions que je fabrique, invente, sublime. »

« Mais comment ? »

Farrell sourit d'un air mystérieux.

« Je le peux, c'est tout ce qui vous concerne. »

Là-dessus, il quitte la boutique de potions, sa queue de pie voletant derrière lui comme une traîne. Arrivé dehors, il soupire, étire les muscles crispés de ses épaules. Puis il remonte vers la boutique de l'apothicaire. Mais en y entrant, dans le tintement joyeux de la clochette qui annonce son arrivée, Farrell est déçu de voir un petit homme portant le tablier brodé au nom de la boutique.

« Bonjour, mademoiselle Anderson n'est pas là ? »

Le petit homme chauve lève les yeux sur le client élégamment vêtu, puis il secoue la tête.

« Non, ma fille s'occupe de ma femme qui est souffrante. Vous êtes ? »

Le cœur de Farrell manque un battement et son sourire se crispe.

« Farrell Fletcher. Je suis maître de potions. Je vais travailler avec l'atelier de potionnistes qui est un peu plus bas. Vous avez besoin d'aide pour votre épouse ? »

Le petit homme sourit chaleureusement.

« Non, ne vous inquiétez pas. C'est gentil de vous inquiéter. »

Farrell hausse les épaules, et lui adresse un sourire franc.

« Vous direz à votre fille que je lui dois toujours un bouquet de myosotis. »

Quand il sort de la boutique, il est tout rêveur, il quitte l'Allée des Embrumes, remonte le Chemin de Traverse et s'arrête devant la Ménagerie Magique qui vend toutes sortes de bestioles, qui vont du chartier au lapin métamorphe en passant par les volatiles. Farrell entre dans un concert de clochettes qui réveillent des cris de toutes parts. Il s'avance vers le vendeur qui porte des gants en cuir de dragon et est en train de limer les dents du lapin métamorphe quand il est sous sa forme de lapin et non de porte-savon.

« Bonjour monsieur, je voudrai un Sinistros s'il-vous-plaît. »

La pince échappe à la poigne du vendeur, et le porte-savon de son gant.


Felicia est allongée dans sa chambre, dans le noir. Cela fait plusieurs jours que le miroir s'est brisé, et plus que son corps qui guérit doucement, c'est sa fierté qui est blessée. Farrell toque à la porte, et comme il n'a aucune réponse, il rentre quand même, mais à la Farrell, discrètement, s'excusant dans toute son attitude d'oser agir de la sorte. Mais quand il voit les yeux qui brillent dans le rai de lumière du volet, puis la main bandée de Felicia qui s'envole vers sa bouche, étouffant un sanglot, son cœur se serre et il se précipite à son chevet.

« Tu as mal ? Ne t'inquiète pas, ça va passer. Reprends un peu de la potion antidouleur que je t'ai préparé. »

Felicia secoue la tête et de la main bandée qui n'est pas sur sa bouche, elle lui fait le signe de dégager. Mais Farrell refuse, s'agenouille, rassemble sa sœur dans ses bras et vient plaquer sa tête contre son épaule. Elle se raidit à son contact, refusant en bloc de paraître faible, refusant de pleurer, refusant d'avoir échoué, refusant cette douleur.

Et refusant le fait d'avoir le corps et le visage bardés de cicatrices qui ne s'effaceront jamais. C'est un sort de magie noire que lui a lancé Nott. Il savait parfaitement ce qu'il faisait en le lançant. Il l'a lancé pour mutiler, et le miroir l'a démultiplié.

La main toujours devant sa bouche, et plaquée contre le torse sec de son frère, Felicia refuse de se laisser complètement aller. Cela, elle ne le fait que quand tout le monde dort, que la maison est silencieuse, et qu'un sort de discrétion est lancé sur sa porte. Mais Farrell ne dit rien, il sait. Il lui caresse les cheveux d'une main, puis murmure dans ses cheveux.

« Je sais comment vous venger, Phedra et toi. Il ne nous fera plus rien. Et je vais même devenir son fournisseur officiel de potions. Tous les jours, une fiole, jusqu'à ce qu'il meurt. Cela va nous apporter un complément de revenu non négligeable. »

La respiration erratique de Felicia se calme alors que son esprit se met en marche. Farrell répond alors à sa question informulée.

« J'ai passé la semaine à suivre ses faits et gestes et me renseigner sur ses habitudes. Nott a du avoir la dragoncelle en étant petit, et est passé à ça d'en mourir. Tous les jours, il se rend chez le potionniste du Chemin de Traverse qui lui donne un traitement pour éviter de retomber malade. J'ai intercepté ce traitement, et lui en ai donné un autre que j'ai concocté. Mais cela l'a plus empoisonné qu'autre chose. Et je lui ai envoyé une lettre ce matin qui va s'enflammer dans une petite heure. Si je compte bien, c'est le temps qu'il lui reste à peser le pour et le contre et à m'ouvrir la porte quand je me rendrai chez lui. »

« Et tu as su tout ça comment ? »

« J'étais à Poudlard avec le fils du potionniste. Il m'en devait une. » ment Farrell.

« Et tu as utilisé le papier inflammable ? »

« Le papier soufré, corrige Farrell. C'est l'encre qui est inflammable. Au bout de douze heures, il y a une réaction chimique entre les deux, et l'encre s'enflamme, et le papier aussi. »

« Et le sortilège du voleur ? »

« Il reproduira exactement le même papier. Je ne cours aucun risque. »

Il éloigne sa sœur de son torse, maintenant qu'elle a repris le contrôle de ses émotions, et que son esprit tourne à plein régime. Cherchant à accrocher son regard, Farrell parle en détachant soigneusement les mots.

« Et après, quelque soit sa décision, c'est terminé. Pas de représailles. C'est la condition pour que je le soigne. Il nous fiche la paix, mais on lui fiche la paix. On deviendra un autre de ces foutus contrats qui rejoindront son coffre. Je me suis bien fait comprendre ? »

« Et les 28 ? »

« Comment ça ? »

« Les Fletcher rejoignent les 28 ? »

Farrell secoue la tête. Il ne veut pas se soumettre à la lubie de sa sœur aînée, Phedra, d'autant qu'il pense que c'est très dangereux de faire partie de ces familles, qu'elles soient influentes, riches ou non. La lie de leurs pensées est bien trop boueuse pour lui, et il ne veut pas mettre les pieds là-dedans.

« Je m'expliquerai avec Phedra. Je ne veux pas qu'on fasse partie de leur petit club. »

Farrell serre une dernière fois sa sœur contre lui, puis l'éloigne de lui et se lève.

« Tu me rejoins dans le jardin ? J'ai un cadeau pour toi. »

Les sourcils de Felicia s'élèvent.

« Mais il faut que tu viennes, parce que c'est dans le jardin, et maman ne veut pas de ça dans la maison avec Fortunat. »

Farrell a un rire bas qui met quelques étoiles dans les yeux de Felicia.

« Allez, viens. »

Il lui tend sa main qu'elle saisit et il la tire du lit, attend qu'elle enfile une veste de laine et sort de la chambre. Felicia commence à avoir des doutes quand elle voit les regards que lancent sa mère à Farrell, et Phedra n'est pas en reste, reposant, énorme, sur le canapé ses deux mains englobant son ventre.

« Tu es complètement malade, Farrell. Phedra a eu tellement peur qu'elle aurait pu accoucher sur place. »

Felicia se demande ce qu'il a ramené exactement de la Ménagerie Magique, et elle sent les regards qui changent en se posant sur elle, comme une attente, un croisement de doigts. Elle sourit sans rien dire, et suit Farrell dans le jardin. Mais elle s'arrête brusquement, la bouche grande ouverte et la main sur le cœur... Farrell se retourne en souriant.

« Il n'y en avait pas à la Ménagerie Magique, donc j'ai du me rabattre sur l'Allée des Embrumes... Son propriétaire était ravi de s'en débarrasser. »

Là, noir, immense et hirsute, les yeux rouges qui lancent des flammes et les crocs dépassant de ses babines, il y a un Sinistros comme elle n'en a jamais vu qu'illustré sur des livres.

End Notes:

Et voilàààà !

Cela faisait un moment que je n'avais pas mis à jour les Illustres, donc c'est fait ! Cela m'a tellement fait rire d'imaginer Farrell adopter un Sinistros pour sa soeur, et vu que ce sont des créatures qui ont la réputation de porter malheur...

J'ai encore quelques idées d'avance qui sont écrites, y a plus qu'à... pour la suite.

J'espère que la lecture vous a été agréable !

A bientôt !

La trouille du siècle by Sifoell
Author's Notes:

Salut tout le monde,

Tout d'abord, mes confuses, cela fait plus de deux mois que je n'ai pas mis Les Illustres à jour. Felicia me boude, d'ailleurs, parce qu'elle était si contente d'avoir adopté un Sinistros ! Mais bon, elle a eu deux mois pour mûrir des projets de vengeance envers le vieux Nott.

 

 

Les Sinistros sont décrits dans tous les livres comme des chiens spectraux. Ça, c'est parce que rares sont les sorciers capables de les attraper. Farrell et Felicia sont sans doute incapables de le faire, mais ils n'ont jamais essayé.

Les Sinistros ont surtout une sale réputation, comme tant d'autres animaux magiques méconnus. Nicolas Mellon n'était pas vraiment le propriétaire du Grim. Disons qu'avoir un hôtel-restaurant sorcier et un Sinistros dans le jardin, ça n'aide pas à avoir des clients. Et comme Nicolas Mellon est quelqu'un de déterminé, il a réussi à s'emparer du Sinistros, qui est aussi inoffensif qu'un épouvantard, et a trouvé en Farrell le sorcier qui le débarrasserait de ce repousse-client ambulant.

Felicia pour le moment, est occupée à grattouiller l'immense chien, allongée par terre, la laisse nouée autour du poignet.

« Et il mange quoi le Grim ? »

Farrell secoue la tête.

« Absolument aucune idée. Mellon ne m'a pas dit l'avoir nourri. »

Felicia relève la tête et regarde son frère, vaguement inquiète, puis de nouveau le chien dont la bouille la fait fondre. Il ferme les yeux du bonheur d'être caressé, laissant entrapercevoir que de petites flammèches qui s'échappent de ses paupières.

« Va me chercher de la viande à la cuisine. »

Farrell obéit, et adresse un signe de tête à sa mère et à Phedra qui sont dans la cuisine. Il fouille les placards à la recherche d'un bout de viande.

« C'est une bonne idée que tu as eu, mon fils. Un chien. Même si c'est ce chien. »

Le jeune homme émet un petit rire tout en prenant un reste de carcasse de poulet dans le placard réfrigéré d'un sort.

« Tu sais ce que ça mange, un Sinistros ? »

Phedra, les mains entourant son ventre marmonne.

« Ça mange, un Sinistros ? »

Farrell aussi les épaules, et chuchote en souriant.

« Je suis sûre qu'elle va garder son nom. Le Grim. »

« Charmant » marmonne Phedra.

Et quand Farrell sort de la maison pour rejoindre le jardin, les deux femmes éclatent de rire. Felicia est toujours allongée par terre, la laisse nouée à son poignet. L'énorme chien spectral est allongé à côté d'elle, les yeux mi-ouverts emplis de flammes paresseuses. Felicia a toujours eu un faible pour les trucs effrayants et bizarres. Voire les deux à la fois. Il n'y a qu'à voir ses choix amoureux.

« Oh, le poulet ! Bonne idée. Lance. »

Farrell secoue la tête, et attrape la carcasse par le bout d'os avant de la lancer vers les mains tendues de Felicia qui s'apprête à la réceptionner comme un souaffle. Mais avant qu'elle n'ait pu refermer ses mains sur le poulet, les mâchoires du Sinistros claquent à quelques centimètres de ses doigts qu'elle recule en pâlissant. Elle exhale un soupir effrayé avant de dire d'une petite voix.

« Oh ben il aime le poulet... Je ne vais plus jamais rapprocher mes doigts de sa gueule quand il mange par contre... »

Felicia se redresse et le regarde attentivement, puis se tourne vers Farrell qui l'observe d'un air ahuri.

« Grim vient de gober tout rond une carcasse de poulet ? »

Farrell acquiesce. Le Sinistros exhale un rot qui semble tout droit sorti de l'enfer et laisse une odeur de soufre autour de lui. Felicia évente l'air autour d'elle avec une grimace.

« Dis, Farrell. J'aimerai que tu ailles sur le Chemin de Traverse et que tu m'achètes tous les livres sur les Sinistros que tu peux trouver. »

Elle émet un gloussement en regardant le chien monstrueux.

« Je l'adore déjà... »

Farrell sourit, mal à l'aise. Elle a vraiment toujours eu un faible pour les trucs affreux.

 

Les jours qui suivent, Felicia ne se sépare pas du Grim. Elle fait même le pari de lui ôter sa laisse, et il la suit absolument partout. Felicia a toujours eu un don avec les animaux magiques. Elle n'a jamais peur de rien, et c'est ce qu'elle dit souvent, « ces petites bêtes, on ne les connaît pas suffisamment, c'est pour ça qu'on en a peur... ». Alors, quand Farrell revient du Chemin de Traverse avec un sourire niais sur les lèvres et quelques fleurs de myosotis sur le col, Felicia note tout, parce qu'elle remarque toujours tout, mais se jette sur les livres comme un Fletcher sur un bon coup, et se plonge dans des histoires effrayantes. Mais elle ne trouve que contes et légendes. Pas la moindre étude suffisamment sérieuse sur les Sinistros. Même pas dans Vie et Habitat des Animaux Magiques de Norbert Dragonneau. Soupirant, Felicia tapote son genou sur lequel l'immense tête de Grim vient se poser, y bavant profusément. Elle entreprend alors de lui gratter les oreilles d'une main et d'écrire au Magizoologiste de l'autre.

Felicia sait que Norbert Dragonneau est souvent par monts et par vaux, elle adresse donc sa lettre aux éditions Obscurus qui ont publié le livre du magizoologiste.

 

Monsieur Dragonneau,

 

J'ai de fortes raisons de penser que les Sinistros ne sont pas de simples mauvais présages, mais des chiens fantomatiques qui pourtant sont aussi de chair et de sang, et ont des yeux de feu. J'en ai un en ma possession qui se nourrit pour le moment de carcasses de poulet. Il a un comportement tout canin, apprécie les caresses et les attentions bienveillantes.

J'ai obtenu un Optimal à mes BUSES et ASPICS en Soins aux Créatures Magiques, mais pourtant, je n'ai jamais eu de réel cours sur les Sinistros. Je ne trouve que contes et légendes dans la littérature. Auriez-vous connaissance d'un livre sérieux sur le sujet ? Avez-vous déjà pu en observer ?

Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez me rencontrer, et rencontrer Grim.

 

Sincèrement,

 

Felicia Fletcher.

 

Si Felicia n'avait pas perdu un peu de l'audace qui la caractérise avec sa nouvelle apparence, il est fort probable qu'elle aurait quitté la maison et se serait mis en recherche de Norbert Dragonneau avec Grim au bout de sa laisse. Mais Felicia n'a pas mis un pied en dehors de la maison depuis l'accident avec le vieux Nott, et son cœur se nourrit d'idées de vengeance.

Et plus tard dans la soirée, alors qu'elle essaie de s'habituer à sa nouvelle apparence, l'idée de se promener dans le monde au-delà des miroirs avec Grim et de foutre une trouille monstre aux vieux Nott fait s'étirer en un sourire ses lèvres détruites, et elle se trouve d'une effrayante beauté, alors qu'avant elle n'était que belle. Souriant toujours, elle part se coucher, ses bras entourant le garrot du Grim qui, en bon toutou fantomatique, prend les trois quart du lit et éclaire la nuit de ses yeux de feu.

 

La pâle lueur du matin réveille Felicia qui s'étire comme un chat avant de refermer ses bras sur Grim. Elle se tourne pour se lever, et tombe par terre. Grim ne lui a pas laissé un quart du lit, mais juste une bande suffisamment étroite pour rester allongée, et ne pas bouger d'une oreille. Chantonnant un air entraînant, elle part dans la salle de bain se préparer, et met sa plus belle robe noire. Elle arrange ses cheveux et les laisse cascader dans son dos, applique du maquillage sur ses lourdes paupières, puis va prendre son petit déjeuner.

La maison dort. Pas un bruit ne vient troubler le silence. Elle trouve sur la table de la cuisine une petite fleur de myosotis oubliée, et se note pour plus tard qu'elle devra tirer cela au clair avec Farrell. Felicia siffle doucement, et sourit en entendant les grosses pattes de Grim faire un bruit de cavalcade dans les escaliers. Il a sûrement réveillé tout le monde. Felicia flatte Grim et trouve un morceau de parchemin et une plume, puis griffonne un simple mort.

 

Partie rendre visite à Nott. Reviens vite. Fé.

Felicia acciote alors sa baguette, se dirige résolument vers le miroir du salon, la peau du cou de Grim dans la main, et glisse dans le monde au-delà du miroir avec le Sinistros. Elle est tellement satisfaite d'avoir réussi cette prouesse qu'elle éclate de rire dans le salon qui n'est pas son salon, de l'autre côté du miroir. Elle lâche alors la peau du cou de Grim et marche avec entrain dans le labyrinthe de scènes éclairées, Grim sur ses talons.

Elle va foutre la trouille du siècle au vieux Nott.

 

End Notes:

Et voilàààà,

Donc, dans ma petite tête, au prochain chapitre, Felicia et Grim vont mettre la trouille à Nott (je repensais aux sept ans de malheur que MadameMueller avait évoqué en review, je te remercie au passage).

Et tout bientôt, un certain magizoologiste va sans doute venir chez les Fletcher avec sa petite valise.

A bientôt, et n'hésitez pas à laisser un petit mot

Olly by Sifoell
Author's Notes:

Hey,

Au chapitre précédent, Felicia découvre un peu plus son Grim, et fomente des plans de vengeance envers le vieux Nott...

On la retrouve dans ce chapitre qui la concerne.

En parcourant les chapitres précédents, je vais tenter d'axer un peu plus les suivants sur les autres membres de la famille Fletcher : Mathy, Fortuna et Phedra, et développer un peu plus l'histoire de Flynn qui est absent.

Je n'oublie pas non plus de faire intervenir Norbert Dragonneau d'une manière ou d'une autre, dans un des chapitres qui vient (et j'ai eu une idée de fifou sur Felicia tout à l'heure... Avec un personnage que JKR n'a pas utilisé dans ses livres, mais dont on connaît l'existence via une vidéo Youtube).

Je vous souhaite une bonne lecture !

Felicia sort à pas de loups d'un des miroirs de la galerie, la baguette en main. D'un index pointé vers le sol, elle ordonne à Grim de s'asseoir et de ne pas bouger. Fine et délicate, elle se prend à s'admirer dans les miroirs de la salle de réception, et esquisse une pirouette gracieuse sur elle-même, comme lors de ce jour où le vieux Nott lui a arraché son visage. Une effrayante beauté, voilà ce qu'elle est devenue. Elle s'en contentera. Elle s'en servira. Elle portera son visage comme un étendard.

Imprudente et provocatrice, la baguette fermement tenue en main, elle se met à siffloter un air entraînant, et danse de plus belle, s'observant avec attention. Elle n'a rien perdu de sa grâce ni de sa souplesse. La cicatrice ne fait que la sublimer. Felicia entend alors des chuchotements dans le couloir contenant les portraits des ancêtres du vieux Nott. Elle sourit alors, et appelle franchement.

« Teignous Nott ! Vous avez de la visite ! Maintenant que vous avez eu affaire à mon frère Farrell Fletcher, ayez l'obligeance de bouger votre gros cul pour venir m'accueillir ! »

Un PLOP retentissant se fait entendre et un elfe de maison tremblant de peur la regarde avec effarement. Felicia sourit de sa bouche déchirée et d'une douce voix demande.

« Comment t'appelles-tu ? »

« Olly, maîtresse... »

« Tu peux m'appeler Felicia, Olly. Sais-tu où est ton maître ? Je souhaite le rencontrer, j'ai quelque chose à lui montrer. »

L'elfe de maison hoche de la tête, ne sachant visiblement pas comment se comporter.

« Je vais réveiller le maître. »

Felicia sourit d'un doux sourire. Elle a toujours voulu avoir un elfe de maison, ils sont presque aussi mignons que les Sinistros, et les Nott doivent en avoir tant et tant...XXX Elle décide de ne pas trop s'éloigner du salon de réception et adresse une révérence à l'elfe qui en ouvre les yeux de surprise avant de disparaître. Felicia se regarde alors dans les miroirs immenses de la salle, voit l'ombre de Grim qui la suit. Elle tapote ses genoux, lève son index en l'air, et part en courant à l'autre bout de la salle. Le Grim l'a suivie, la langue rouge pendante, une fumée de soufre l'auréolant, sa queue battant. Ses oreilles montrent qu'il est attentif, a sans doute envie de jouer. Les Sinistros jouent-ils ? Felicia, les joues rouges d'avoir couru, lève de nouveau son index, et traverse en courant la salle, pour retrouver le Grim à l'autre bout. Un chapelet de rires s'échappe de sa bouche, et tout ce qu'elle a envie, c'est d'entrer dans le miroir et de plonger ses mains dans la fourrure noire et épaisse de l'animal. Elle a toujours eu un truc, avec les animaux fantastiques. Un peu essoufflée, elle sursaute quand l'elfe réapparaît et piétine d'un pied sur l'autre.

« Le maître arrive. Il vous fait dire qu'il n'est pas content de votre visite qui n'a pas été annoncée. »

Felicia ouvre sa main derrière elle, demandant silencieusement au Grim de se cacher. Cela serait dommage que cette belle surprise n'en soit pas une. L'elfe regarde bêtement dans le miroir, puis ses yeux globuleux se posent sur le visage innocent de Felicia.

« Je vais attendre ton maître ici, Olly. »

L'elfe repart cette fois-ci en marchant, mais lance un dernier regard vers le miroir puis Felicia avant de quitter la salle.

 

« Quel beau cadeau vous m'avez fait là, Teignous Nott. »

Felicia désigne son visage d’un geste élégant de la main.

« Et j’ai appris que mon frère aussi vous en a fait un beau ? »

Le vieux Nott, engoncé dans une robe de chambre d’un vert douteux qu’il n’arrive pas à fermer, sur son pyjama rayé laissant apparaître son ventre. Il esquisse une grimace laide et tire sur les pans de sa robe de chambre.

« Alors, oui, vous avez accepté que mon frère vous prépare une nouvelle potion pour maintenir votre vieille carcasse en vie ? Parce que sinon, votre lignée s’éteindrait avec vous. Avez-vous trouvé la greluche qui acceptera de vous épouser ? »

« Si vous êtes venue pour m’insulter, vous pouvez repartir, Fletcher. »

Felicia sourit et penche la tête, comme un oiseau de proie contemple son futur repas, elle qui est si frêle et lui si imposant. Elle se met alors à rire et recule vers les miroirs.

« Oh, je ne suis pas venue que pour vous insulter, Teignous… Je peux vous appeler Teignous ? »

Quand elle sent dans son dos la surface froide du miroir, elle toque deux fois dessus et murmure un sortilège qu’elle a trouvé dans ce carnet appartenant à son père.

« Je suis venue vous maudire. »

Les yeux pâles du vieux Nott s’agrandissent de surprise et ses bajoues tremblent un peu quand le Sinistros apparaît dans le miroir, et entre dans sa galerie. Felicia promène une main paresseuse sur sa fourrure si sombre qu’elle semble absorber la lumière.

Les yeux du vieux Nott basculent dans ses orbites, et il perd l’équilibre, tombant comme une planche sur le sol de marbre de la galerie. Felicie ouvre de grands yeux, son coeur se pinçant à l’idée que son frère risque de perdre un apport substantiel en gallions, et elle se précipite à son côté. Dans un PLOP qui la fait sursauter, Olly apparaît de nouveau, regarde le Sinistros sans s’y attarder, mais panique à la vue de son maître. La main de Felicia va sur le cou du vieux Nott et elle grimace.

« Merde. »

Sa main va ensuite prendre le pouls de Teignous sur son poignet et elle pousse un soupir de soulagement. Ouf, Farrell sera payé pour les potions qu’il va lui concocter quotidiennement. Le gros imbécile n’est qu’évanoui. Elle lance un regard apaisant vers Olly.

« Tout va bien, je vais le réveiller, mais tu l’aideras à se lever. »

La perspective de toucher Nott lui donne des aigreurs d’estomac.

Felicia se lève, vive, et brandit sa baguette vers Nott qui se met à ronfler. Elle se marre et lui lance un vigoureux enervatum. Elle y a peut-être été un peu fort, avec le Sinistros… Felicia rit quand même de nouveau. Elle recule de deux pas alors que Nott papillonne des yeux et qu’Olly, de toute sa petite et frêle stature, aide son énorme maître à se relever.

« Vous avez combien d’elfes de maison ? »

Nott baisse les yeux vers Olly.

« Je vis seul, je n’ai besoin que de lui. »

Felicia acquiesce et sourit à l’elfe de maison. Elle n’a jamais été capable de leur donner un âge, mais celui-ci semble jeune.

« Libérez-le, je le veux. »

La peau du cou du vieux Nott prend une couleur rougeâtre inquiétante. Mais ses yeux se posent de nouveau sur le Sinistros à l’haleine chargée de souffre et aux yeux brillants de feu. Soupirant d’un air contrarié, Nott dénoue le foulard qu’il porte autour du cou et le tend à l’elfe, avant de le secouer jusqu’à ce qu’il accepte de le prendre.

« C’est la dernière chose que vous obtiendrez de moi. »

Felicia sourit et incline sa tête en une mascarade d’assentiment. Non, elle fera ce qu’elle voudra quand elle le voudra, comme d’habitude.

« Vous… Vous m’avez libéré, maître ? Olly ne travaillait pas bien ? »

Nott ignore la petite voix aiguë de son elfe et marmonne en quittant la galerie.

« Ne revenez pas. »

Felicia remarque la crispation des épaules et de la nuque de Teignous quand son rire accompagne sa sortie.

« A bientôt, Teignous. »

Sûre d’elle, Felicia se penche vers l’elfe de maison.

« Tu travaillais très bien, Olly. Tu es un très bon elfe de maison. Veux-tu venir avec moi ? On va faire une promenade dans les miroirs, et tu travailleras ensuite pour ma mère. J’ai un jeune frère qui est turbulent, ma mère a besoin d’aide. Cela te plairait ? »

Buvant ses paroles, Olly acquiesce avec de plus en plus d’entrain. Felicia se relève, toute souriante encore.

« Et tu n’auras jamais plus à voir sa sale tête. »

La jeune femme dirige sa baguette vers le miroir, et le pointe de son index. Grim y rentre, suivie par Felicia qui a attrapé la main d’Olly. Quelques instants plus tard, ils ont disparu des reflets de la galerie de Nott.

End Notes:

J'espère que la lecture vous a été agréable, ça me désole de m'être un peu éloignée d'HP ces temps-ci (je vous l'ai dit que je suis tombée dans la marmite Marvel ? et je développe des projets originaux aussi).

Je ne promets rien en terme de publication, mais je n'abandonne aucune fic (c'est mes bébés, on n'abandonne pas ses bébés).

A bientôt,

Sifoell.

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=37716