Igor Karkaroff et la Guerre des sorciers by bellatrix92
Summary:

https://media.harrypotterfanzone.com/igor-karkaroff-crouching-down.jpg

 

Igor Karkaroff, de sa libération d'Azkaban jusqu'à sa mort.

 

Image appartenant à Warner Boss


Categories: Biographies, Tranches de vie Characters: Les Mangemorts
Genres: Autres genres
Langue: Français
Warnings: Scène(s) gore(s)
Challenges: Aucun
Series: Les Enfants perdus, La Guerre des Sorciers, Les chroniques du Blocksberg
Chapters: 4 Completed: Non Word count: 6815 Read: 763 Published: 01/01/2021 Updated: 13/04/2021

1. L'attente by bellatrix92

2. Alliés et adversaires by bellatrix92

3. La meilleure des taupes by bellatrix92

4. Le cours des baguettes by bellatrix92

L'attente by bellatrix92
Author's Notes:

Coucou à tous, 

Je poste ce premier chapitre des aventures d'Igor en espérant que celles-ci respectent bien la chronologie.

Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Il sait parfaitement qu'il risque très gros, mais la proposition est beaucoup trop alléchante pour qu'il la refuse, surtout depuis cette cellule sordide où les détraqueurs le tuent à petit feu, sans parler du côté sinistre et morbide de cette prison.

 

Aussi il n'a pas hésité une seule seconde face à une telle opportunité.

Alors même qu'il n'est plus que l'ombre de ce qu'il était par le passé, guère davantage qu'un spectre errant entre ces quatre murs de pierre, il possède encore suffisamment de lucidité pour savoir où est son intérêt. Et de toute manière, ce maître auquel il ne croit plus a déjà trop pris de lui, quand bien même il le redoutait plus que tout de son vivant.

 

Mais, est-ce que son témoignage peut vraiment suffire à le faire gracier ? Il veut espérer que oui, même si ses doutes sont profonds. C'est qu'il n'est tombé que pour un délit d'appartenance au groupe des mangemorts.

Son implication dans des massacres ou d'autres crimes n'a jamais pu être prouvée après tout, mis à part finalement cette réunion où Rosier et les autres avaient torturé à mort une enfant de moldus et au cours de laquelle il s'est très bêtement fait arrêter.

C'était tellement idiot, après quinze jours sans nouvelles du Seigneur des Ténèbres, que pouvaient-ils donc espérer prouver ?

 

Pour autant, le délit est relativement faible étant donné que lui-même s'est contenté de regarder. Les noms qu'il a donnés peuvent bien suffire, même si cette ordure d'Alastor Maugrey fera tout pour le garder sous les verrous, lui qui a eu tant de mal à l'attraper.

 

Il espère en tout cas que son séjour en prison ne s'éternisera pas, car attendre dans cette cellule est à présent insupportable.

Maintenant qu'il a l'espoir d'en sortir un jour...

 

Un bruit soudain l'alerte, pas le râle habituel des détraqueurs mais un bruit bien humain : des pas, une conversation animée aussi et il lui semble reconnaître au milieu une voix furieuse...

 

Plein d'espoir, il se redresse...

 

Alliés et adversaires by bellatrix92

 

Il respire un grand coup, tandis qu'il s'observe dans le miroir de la salle de bain.

 

A vrai dire, cela fait bien longtemps qu'il n'a pas eu à soigner son apparence, qu'il n'en a pas eu l'occasion ni la possibilité surtout. Aussi, bien qu'il ait toujours pris soin de lui-même et de son apparence dans sa jeunesse, il a quelque-peu perdu ses vieux réflexes. Le prouve bientôt une bête blessure qu'il se fait en se rasant.

 

Mais il faut bien cela pour s'imposer comme le futur directeur de Durmstrang, et puis de toute manière cela est réglé en un simple coup de baguette, cette chère amie qu'il a eu la joie de retrouver après huit ans derrière les barreaux...

Le voilà bientôt parfaitement présentable à défaut d'être particulièrement beau.

Être beau non plus n'a plus d'importance à présent. Il sait pertinemment quelle image il doit renvoyer : celle de l'homme puissant et entier, incarcéré pour des broutilles par un ministère anglais névrosé, un personnage de convictions qui a payé pour de simples opinions affirmées un peu trop courageusement et qui revient en force pour remettre les élèves sur les rails après des années de laxisme et de crainte liées à la chute du Seigneur des Ténèbres.

 

Il sait très bien ce que le Conseil d'administration de Durmstrang attend de lui : une refonte de l'école et une réorientation profonde de ses vocations après le passage de son prédécesseur qui, heureusement, n'a pas réussi à la faire ouvrir aux sang-de-bourbe malgré tous ses efforts.

Pour mener ses projets à bien, il sait qu'il peut compter sur toutes ces familles très conservatrices qui forment le noyau dur de l'école, et réciproquement. La relation sera équilibrée, d'autant qu'il est des leurs depuis très longtemps, que ce soit parce qu'il a grandi avec eux dans cette école qu'il estime plus que tout, ou parce qu'il les a côtoyés après, tout au long de sa carrière.

 

Oui, il va mettre bon ordre à toute cette histoire et agir à son échelle, qui n'est pas si modeste maintenant qu'on lui propose un poste à pouvoir.

Mais plus jamais d'implication directe dans des groupuscules violents, il a compris la leçon avec ces quelques années qu'il vient de passer en prison.

- Fermeté et pondération, murmure t-il d'une voix suave devant le miroir.

 

Quelques dizaines de minutes plus tard, c'est rasé de frais, son bouc soigneusement taillé et vêtu de sa plus belle cape de fourrure qu'il fait irruption dans la salle où se tient le Conseil d'administration de l'école. Les autorités, les quatre familles élues et deux professeurs l'attendent de pieds ferme, il le comprend bien.

Pourquoi est-il soudain anxieux ? Se demande t-il vaguement.

 

Ils le connaissent tous après tout et ne doutent pas de lui, à part peut-être cet idiot de Cyrille Moskova qui aurait mieux fait de rester enfermé avec ses pierres dans son laboratoire plutôt que de briguer cette place au Conseil d'Administration.

Oui, c'est bien eux qui ont permis sa sortie d'Azkaban, et qui comptent sur ses positions pour affermir la place de l'école au sein de la Communauté magique internationale.

Alors pourquoi a t-il l'impression qu'ils l'attendent au tournant, lui l'ancien professeur d'arts obscurs qui a depuis si longtemps fait ses preuves ? Doutent-ils de lui, ou tiennent-il simplement à vérifier qu'il tiendra ses positions, même affecté par huit ans de prison ?

Il espère en tout cas que c'est la seconde option.

 

La réunion commence dans une atmosphère pesante, très pratique pour déstabiliser les opposants. Il a l'habitude et va droit au but après avoir écouté les chiffres, alarmants il est vrai :

- Qui nous fait concurrence depuis mon départ ? Demande t-il de but en blanc aux familles d'élèves rassemblées. Je sais que Beaubâtons a de plus en plus de succès chez les familles aisées mais cela ne devrait pas être aussi prononcé Puisque c'est sa filière d'enseignement supérieur qui est prisée. Alors qui d'autre ?

- Le développement de l'école féminine du Blocksberg n'est pas sans nous inquiéter, répond alors Herr Frühehof qui représente les illustres familles allemandes. Mon propre frère a même décidé d'y inscrire sa fille lorsque Schwester Elisa a été élue Supérieure. Ils ont de plus en plus de succès, y compris auprès de familles éminentes...

- Cet institut s'appuie sur une des lacunes de notre école, intervient alors Cyrille Moskova à la surprise générale. C'est cela précisément qui explique son succès.

- Une lacune ?

 

Igor lui a répondu d'une voix à la fois douce et tranchante, le mettant implicitement au défi de poursuivre. Pas un mot plus haut que l'autre mais le ton est donné. Pourtant son adversaire ne se laisse pas impressionner et répond :

- Bien sûr une lacune, et depuis des décennies. Depuis le début ou presque en fait, notre école accueille bien plus de garçons que de filles, que ce soit à cause du contenu de ses enseignements, de sa politique, ou pour des raisons culturelles.

- Et ? Réplique Igor avec sarcasme.

- Et bien le Blocksberg s'est tout simplement engouffré dans la brèche, et avec une facilité déconcertante. C'est une école féminine dont l'enseignement est beaucoup plus...

 

Il hésite un peu :

- Beaucoup plus quoi ? Lui demande alors Herr Frühehof, franchement agacé, tandis qu'Igor choisit de rester silencieux.

- Et bien, répond Cyrille Moskova. J'ai failli dire « beaucoup plus inoffensif » mais cela ne correspond décidément pas. Disons que par le contenu tourné vers de la magie plus intuitive, l'ambiance générale et la possibilité de poursuivre des études supérieures, tout cela pour un prix défiant toute concurrence... Et bien nous avons là un cocktail très tentant pour des familles voulant scolariser leurs filles. Ce sont elles qui quittent en masse notre école depuis quelques années.

- Et vont se mélanger aux Sang-de-bourbes qui y sont également accueillis... Grince quelqu'un.

 

Boris Krum, cet éternel modéré, intervient alors :

- Quel est le fond de votre pensée, Cyrille ?

- Je pense, répond celui-ci. Que Durmstrang, de part ses particularités et sa politique générale, devait s'attendre à une telle concurrence un jour ou l'autre, surtout à présent que les temps et les sociétés changent. Qu'on le veuille ou non, le Blocksberg nous est complémentaire en terme d'accueil des enfants sorciers.

- C... Complémentaire?!

 

Igor s'est étranglé en répondant, ce qui lui arrive rarement. Il darde sur son ancien collègue et futur subordonné un regard assassin qui n'est pas seulement joué. Comment ce rêveur imbécile ose t-il proférer de telles inepties ?

 

Mais sans se démonter, Cyrille Moskova répond sur un ton presque décontracté :

- Bien sûr que nous sommes complémentaires, une école surtout prisée par les garçons et une autre réservée aux filles et ouvertes aux nés-moldus. Deux échelles de prix, deux enseignements distincts.

- Osez-vous vraiment comparer notre école à cet institut de seconde zone, Cyrille ? Gronde Igor d'une voix doucement menaçante.

- Oui, répond son adversaire sans sourciller. J'ai cette lucidité et ce n'est pas de la complaisance.

- C'est toi qui le dis... Marmonne Herr Frühehof.

- Je ne dénigre pas Durmstrang, réplique Cyrille Moskova. Je ne nie pas son histoire et sa renommée. Cependant il nous faut regarder les choses en face : une autre école est en train de se tailler une place en Europe, une place de plus en plus reconnue et la réduire à un simple bricolage serait un manque de discernement cruel... J'en veux pour preuve le fait qu'une membre d'une éminente famille y soit scolarisée, sans vouloir vous manquer de respect Herr Frühehof.

 

L'allemand grogne et Cyrille poursuit :

- Tout cela pour dire que, soit nous nous efforçons de rester compétitif pour assurer un retour de ces demoiselles dans notre giron, soit... Et bien nous acceptons qu'une part de la population sorcière féminine du continent soit scolarisée ailleurs... Et nous nous concentrons à développer nos spécialités, de duellistes notamment puisque vous êtes une figure reconnue dans ce domaine Igor.

 

Les deux hommes s'affrontent du regard. C'est qu'aucun n'est dupe sur les véritables idées ou intentions de l'autre. D'ailleurs ici, personne n'est dupe. Tout le monde sait que Cyrille Moskova se drape dans le progressisme quand Igor Karkaroff défend les vieilles traditions et le sang sorcier.

 

Alors oui, il va développer les spécialités de l'école, comme le dit si bien son adversaire. Il va rendre à cet établissement la place qui lui est due et redonner à ses étudiants l'aura de crainte qu'ils dégageaient jadis.

 

Mais, pour autant, pas question de laisser la moindre école faire de l'ombre à Durmstrang. Ce serait totalement intolérable.

Le regard furtif mais entendu qu'il échange avec Herr Frühehof confirme leur entente. Ils se verront plus tard pour mettre les choses au point.

 

 

Une nouvelle aire commence pour cette école.

 

La meilleure des taupes by bellatrix92
En quelques mois, il a déjà accompli beaucoup. Mais à présent c’est une étape cruciale de son plan qui est en train de se mettre en place et il doit bien s’avouer que Herr Frühehof a fait du bon travail.
Oui, c’est exactement la bonne personne qu’il a fait tomber dans ses filets… On n’aurait pas pu trouver mieux et il jubile intérieurement.

Il a du mal à cerner ce qu’il a véritablement devant lui, mais en tout cas cette jeune femme est plutôt belle, très à son goût en tout cas et suffisamment jeune pour qu’il étende sur elle son influence.
Pour lui qui n’a pas profité de compagnie féminine depuis plusieurs années entre la prison et sa nouvelle charge de directeur, c’est même assez tentant.

Mais il doit d’abord régler les choses sérieuses et s’assurer de la pérennité de ses actions. Après quelques jours à l’avoir retenue prisonnière, tout en assurant au Monde sorcier qu’il faisait l’impossible pour la retrouver étant donné qu’elle était tombée dans la zone de l’école, il sait tout d’elle et a même pu constater certaines particularités fort intéressantes.
Debout face à lui, les mains enchaînées dans le dos et l’uniforme froissé, Athénaïs Bellona essaie en vain de cacher sa peur. Venant d’une auror, la tentative n’a rien d’étonnant et il en a réduit de plus coriaces au temps où il était mangemort.

Cependant, il y a plus intéressant et c’est précisément ce qui lui fait dire que Herr Frühehof s’est dépassé.
Cette femme-là n’est pas seule : elle est l’hôte d’une autre entité, bien plus puissante qu’elle et avec qui établir une alliance pourrait bien s’avérer intéressant.

D’autant qu’il pense savoir exactement de qui il s’agit.
- Ainsi donc, murmure t-il à la vivernière en face de lui. Vous avez étudié plusieurs années au Blocksberg.
- Dans le Supérieur, oui, répond t-elle terrifiée.
- Voilà qui est curieux, et vous êtes auror si je ne m’abuse, pour le Ministère allemand...

D’un claquement de doigts bien étudié, il fait tomber les menottes qui enserrent les mains de la jeune femme. Elle baisse la tête, ramenant ses bras contre sa poitrine comme pour cacher cet uniforme qu’il a reconnu au premier coup d’œil.
- Les aurors ne sont pas mes ennemis, lui annonce t-il d’une voix douce. Cette terre est indépendante de leur juridiction, voilà tout. Et ils doivent le comprendre, mais… Dans la mesure où vous n’avez fait qu’entrer, visiblement par erreur, et que vous n’avez combattu aucun de mes hommes, vous êtes pour l’instant seulement sous notre régime de l’hospitalité.
- Alors dîtes à vos sbires de me relâcher, réplique la jeune femme.
- Je le ferai, répond Igor. Mais seulement contre quelque-chose de votre part.

Elle ne répond pas, un refus dérisoire de négocier avec un ennemi potentiel. Mais ce n’est pas grave car il n’a pas besoin de son assentiment au fond : elle sait déjà parfaitement qu’elle n’a pas le choix.
- Je n’attends de votre part aucune trahison du Ministère allemand, avec lequel je collabore volontiers de toute manière. Rassurez-vous déjà sur ce point. Non, ce que je cherche, c’est une promesse de votre part de m’apporter une aide pour la suprématie de Durmstrang.

Elle écarquille les yeux de stupeur, le regardant avec un étonnement qui le régale :
- Vous êtes retenue ici depuis plusieurs jours, lui fait-il remarquer pour enfoncer le clou. Et vous allez vous en sortir vivante… Autant vous dire qu’il ne sera plus question de réintégrer les aurors après cela.

Elle déglutit avec peine, soudain pâle. Il ajoute avec délectation :
- Aussi, vous allez démissionner et demander le poste vacant d’enseignante vivernière qui s’est libéré au Blocksberg. Je sais que vous l’obtiendrez car je connais vos états de service figurez-vous… Je sais précisément qui vous êtes et cela ne devrait guère vous étonner après tout… De là-bas vous me renseignerez.
- En somme, vous me demandez de devenir votre taupe.

Devant son air horrifié, il sourit plus largement :
- Je refuse, réplique alors la jeune femme. Vous n’avez qu’à me tuer.
- Vous n’avez pas les moyens de refuser Athénaïs, répond t-il de sa voix suave en faisant rouler sa baguette entre ses doigts.
- La torture ne m’effraie pas, réplique t-elle.
- La torture peut-être. Mais qu’en est-il de votre… Petit secret ? Que se passerait-il s’il parvenait à la connaissance des ministères européens ? Souvenez-vous, je sais exactement qui vous êtes : la fille d’un illustre enseignant de cette école… Et, pire que cela, je sais également CE que vous êtes.

Les yeux de la jeune femme s’agrandissent, reflétant sa peur soudaine. Il sait qu’il l’a prise au piège et il sourit.
Mais reste encore à vaincre sa résistance, car ce n’est pas avec elle qu’il veut traiter en particulier, mais plutôt avec l’entité qu’elle abrite.
- Rumpel ? Souffle t-il aimablement. Peut-être pourriez-vous indiquer à notre jeune amie la voie à suivre. Après tout, si je ne me trompe pas, vous êtes son guide depuis de nombreuses années.

Disant cela, il se retourne vers son bureau et ouvre dessus un long coffret de sapin contenant une antique baguette. Il la prend délicatement et la remet à la jeune femme :
- Il me semble que ceci vous appartient Rumpel. Je crois que vous serez beaucoup plus à l’aise pour discuter avec moi si je vous la rend.
- Merci, répond alors la jeune femme avec un étrange sourire carnassier.

Igor se félicite : Herr Frühehof et lui ont réussi, après tant de moi à rechercher et espérer.
Ils ont retrouvé Rumpel Schwarzenberg, l’âme damnée de la Forêt Noire et l’une des plus puissantes enchanteresses qui y aient vécu, l’adversaire historique des sorciers du Blocksberg.

Qu’elle ait choisi de posséder une si jeune et si médiocre sorcière pourrait certes paraître étrange, mais Igor pense comprendre les raisons d’un tel choix.
Comme Rumpel Schwarzenberg, Athénaïs Bellona est une vivernière et sa bête est puissante, elle crache même du feu… Ce sont également deux femmes de Sang-Pur.
Au delà de ceci, Athénaïs Bellona est une inconnue éduquée à la maison bien que fille d’un enseignant de Durmstrang.

Or, Igor sait combien Rumpel Schwarzenberg a toujours aimé l’école de Durmstrang, bien qu’elle-même n’y ait jamais officiellement étudié. Et il l’a croisée de nombreuses fois déjà, sous une forme ou l’autre.
Autant qu’elle déteste l’institut du Blocksberg…

- Quelle superbe alliée j’ai à mes côtés, souffle t-il en laissant libre-cours à sa jubilation.

Il a réussi et il le sait. Il détruira ce misérable institut dissident, aussi loin et protéger soit-il. Car c’est de l’intérieur qu’il compte l’attaquer.
Le cours des baguettes by bellatrix92
Author's Notes:

Et c'est parti pour un chapitre plutôt long par rapport à ce que j'ai l'habitude de publier sur cette fic. J'espère que le contenu ne vous ennuira pas et sera compréhensible...

 

Bonne lecture! Et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

 

Merci à FearlessUntamed, AleynaButterfly et MadameMueller pour leurs reviews sur les chapitres précédents!

- Ma chère, je pense que vous devriez présenter votre baguette à ce cher Mykew. J'ai moi-même toujours été fasciné par son ancienneté, et je serai ravi d'avoir de la part de notre ami des explications sur cet objet d'un travail remarquable.

 

Un peu tendue, Athénaïs n'en obéit pas moins et sort de la poche de sa manche l'antique baguette, dont elle se sert depuis qu'elle est en âge de pratiquer la magie. Étrange, mais il ne s'attendait pas à une telle émotion de la part de sa jeune maîtresse qui semble presque terrifié à l'idée de montrer sa baguette à son propre fabriquant.

 

Gregorovitch la saisit avec des gestes tremblants et Igor a aussitôt la certitude qu'il ne s'est pas trompé, car le fabricant écarquille les yeux sous l'effet de la surprise, tout en la faisant rouler entre ses doigts et en soufflant d'une voix presque aiguë :

 

« Cyprès et crin de sombral, 25 cm, robuste... Cela fait tellement longtemps ».

 

Igor sourit plus largement. Gregorovitch a bien-sûr reconnu la baguette qu'il contemple à présent d'un air profondément troublé, puisqu'il l'a fabriquée lui-même. Pourtant il ne semble pas en croire ses yeux et bredouille à l'adresse d'Athénaïs :

- Où l'avez-vous donc eue ?

- C'est un héritage, répond la jeune femme un peu mal-à-l'aise. Un cadeau fait à ma mère il y a longtemps, par une très vieille amie qui voyait sa fin venir...

- Je pense avoir une idée bien précise de qui était cette vieille amie dont vous me parler, répond aussitôt le fabriquant. Une femme puissante et redoutable, même si je ne l'aurais pas deviné au premier abord, et cette baguette a ressenti une connexion terriblement profonde avec elle.

 

Athénaïs n'ose rien répondre, elle pâlit même légèrement lorsque le fabricant ajoute :

- Mais sur vous, sa magie est totalement aléatoire... Ne niez pas, cela se devine très bien. Ce n'est pas une baguette qui correspond à une femme comme vous.

- Mais cela n'en reste pas moins ma baguette, réplique fermement la jeune femme, le visage soudain buté. Je l'utilise depuis que je suis enfant et c'est avec elle que je pratique ma magie.

 

Comme il lui adresse un regard très réservé, elle ajoute froidement :

- Je suis enseignante de stratégie magique, et j'ai été auror je vous signale. Je ne suis pas quelqu'un d'inoffensif quoi que vous en pensiez. Et si cette baguette n'était pas appropriée pour moi, alors jamais je ne serais allée jusqu'où je suis allée.

 

Igor remarque que le visage de sa jeune maîtresse est fermé, il pense même y percevoir de la crainte. Mais après-tout, Athénaïs a ses raisons, et jusqu'à présent elle a été très efficace comme elle a tenu à le souligner, même avec une baguette de seconde main.

 

En témoigne l'affaire qu'elle lui a rapportée quelques semaines plus tôt, et qui se trouve être la raison précise de cette rencontre qu'il a organisée aujourd'hui avec le fabricant de baguettes magiques le plus renommé du continent européen.

- Je vois en tout cas que vous reconnaissez votre travail au premier coup d'oeil, intervient-il pour couper court au débat et étouffer dans l'œuf la dispute naissante. Et vous vous doutez bien que je n'ai pas demandé à notre jeune amie de vous montrer sa baguette sans une bonne raison.

- Je pense en effet comprendre où vous voulez en venir Igor, répond Gregorovitch avec gravité. Figurez-vous que je suis extrêmement que vous m'avez alerté sur la situation. Inutile de mener une action aussi théâtrale et venons-en au fait.

 

Igor n'insiste pas. Il le voit bien, Gregorovitch est aussi tendu et furieux que lui, révolté par ce qu'il lui a appris quelques heures seulement auparavant.

Ou plutôt, il est pour l'instant très inquiet, mais on ne peut douter que les détails qu'Athénaïs s'apprête à lui donner achèveront de le faire sortir de ses gonds :

- Dîtes-moi, comment réagit le reste de la profession à... La nouvelle ? Demande Igor d'une voix onctueuse à Gregorovitch.

- Je n'ai encore rien divulgué, réplique le fabricant de baguettes sur un ton sec. Après-tout je ne suis au courant que depuis ce matin et je n'ai guère d'éléments précis pour le moment.

- Je peux vous en fournir, dit aussitôt Athénaïs.

- Mais de toute manière, dit-il presque sans l'écouter et d'une voix passablement accablée. Je doute que cela fasse une véritable différence. Les allemands n'empiètent pas sur le terrain d'Ollivander, donc il ne fera pas de vagues... Quant-aux Français et aux Italiens, ils n'ont aucun fabricant qui fasse le poids... Je dirais même que s'ils s'avisaient de faire la même chose que les allemands, ce serait une catastrophe.

 

Igor soupire avec accablement, car le coup porté aux affaires de l'école comme à celles de Gregorovitch pourrait être important si la chose venait à se généraliser, au-delà de la simple anecdote commerciale.

Comme pour lui faire écho, Athénaïs ajoute gravement :

- Je savais déjà que les Hergott, qui fabriquent surtout des bâtons d'enchanteurs, étaient très proches de l'école et qu'ils arrangeaient volontiers les étudiantes. Cela n'a jamais été un secret pour personne. Mais que les Frühehof rentrent dans le même jeu, cela me dépasse totalement.

- Et surtout, réplique Igor. C'est un autre poids de mesure puisqu'ils fournissent de nombreux élèves du continent, y compris parmi les miens.

- Quels sont les termes exacts de leur entente ? Demande Gregorovitch sur le même ton.

 

A présent, il est parfaitement clair qu'il contient la colère qui semble monter en lui.

Igor le sait, le fabricant a déjà tout compris et il n'attend que des faits tangibles pour exploser. Athénaïs respire un bon coup et lui répond :

- Dans les grandes lignes, le Blocksberg a conclu avec ces deux fabricants un accord officiel prévoyant une baisse du prix des baguettes ou des bâtons d'enchanteurs pour les élèves et les étudiantes de l'école. Ceci contre le rachat d'anciennes baguettes ayant appartenu à des proches décédés. Celles-ci seraient soit remises en vente après vérification et rafraîchissement, soit démontées et leurs matières premières réutilisées si possible. Le prix varierait selon l'état de la baguette rachetée.

 

Gregorovitch a écouté sa tirade en écarquillant progressivement les yeux et en contractant les mâchoires. Soudain, il se lève, le rouge lui montant aux joues :

- Et c'est l'école qui propose un tel accord ? Tonne t-il, le souffle court.

- Les deux parties se sont entendues, répond Athénaïs avec un sourire un peu accablé. C'est une proposition officielle qui sera faîte aux familles de tous les élèves dès l'année prochaine... L'objectif officiel est de limiter le nombre d'élèves arrivant à l'école avec une baguette de seconde main, en donnant aux familles les moyens de leur en acheter une qui soit adaptée. Bien entendu, il s'agit également d'augmenter le nombre d'inscriptions à l'école et, connaissant la camérière Angela qui est véritablement la personne derrière cette manœuvre, de donner plus de clientèle aux Frühehof et aux Hergott.. Qui sont deux familles de parents d'élèves.

- Il faut donc nous préparer à une ruée dans leurs rangs, souffle Gregorovitch offusqué.

- Sachant qu'en plus, ajoute Igor. Les élèves du Blocksberg peuvent entrer à l'école dès six ans et que même si l'enseignement magique est limité à cet âge-là, elles ont le droit de posséder une baguette dès le moment où elles commencent l'école, l'opportunisme risque d'être prononcé.

- Cela dit, le tempère Athénaïs. L'immense majorité des élèves n'achète de baguette que pour entrer dans le secondaire et, actuellement, une seule fillette de la petite école en possède déjà une. C'est un profil très précoce d'ailleurs.

- Djenna Allali ? Demande Igor qui a longtemps ruminé cette perte.

- Elle-même, répond Athénaïs.

 

Devant l'air très interrogateur de Gregorovitch, Igor explique :

- Encore un très bon profil qui nous échappe au profit de cette école allemande. Un très grand potentiel, une éminente lignée maghrébine, mais un choix déplorable de la famille.

 

Athénaïs renchérit d'un hochement de tête et ajoute gravement :

- Dans tout les cas, cela veut dire que des familles peuvent saisir l'occasion d'acheter une baguette et de ramener une ancienne à n'importe quel moment. Je ne serais pas étonnée que, dans les années qui viennent, nous ayons de plus en plus de petites filles avec leur baguette avant l'âge recommandé.

 

Igor la coupe sans scrupule, il ne tient pas à ce que la discussion s'éparpille :

- Revenons à nos baguettes justement, si vous le voulez bien Athénaïs. Que pensez-vous du problème Mykew ?

 

Gregorovitch est toujours aussi rouge et tremble de rage à présent. La réponse d'Athénaïs semble avoir achevé de le mettre en colère et il tonne encore une fois :

- Une manœuvre commerciale déloyale, et un véritable scandale ! Je ne peux accepter une telle chose... Vous comprenez pourquoi...

 

Bien sûr qu'il comprend pourquoi. Igor sait parfaitement ce qui révulse tant Gregorovitch : tout simplement l'idée que ses propres baguettes soient ramenées à d'autres fabricants... Un aspect de la question qui n'a pas dû échapper aux allemands d'ailleurs...

Non seulement ceux-ci obtiennent des matières premières de qualité à très bas-coût, voire des baguettes entières, mais en plus ils peuvent espérer étudier et copier le savoir de Gregorovitch grâce à l'arrivée massive de ses anciennes baguettes.

Car personne n'ignore que, comme Athénaïs, de nombreux Européens de l'Ouest possèdent une baguette de l'atelier Gregorovitch, et que celles-ci se transmettent dans la famille car ayant la réputation d'une grande longévité.

 

D'un regard appuyé, Igor indique à sa compagne qu'elle va devoir détailler, et celle-ci ne s'en prive pas :

- En Allemagne, dit-elle. Les baguettes se vendent une dizaine voire une quinzaine de Hexe Mark, et les Hergott comme les Frühehof se sont entendus avec l'école pour proposer trois à cinq Hexe Mark de rachat pour une baguette ramenée.

- Cela fait un tiers du prix, souffle Gregorovitch à la fois stupéfait et horrifié. C'est énorme ! Je ne comprends même pas... Comment peuvent-ils espérer être rentables après cela ?

- Dans cette réduction, explique Athénaïs. Il y a en réalité un Hexe Mark fixe qui est donné par le fond de bienfaisance des Sorciers de Forêt Noire. Le reste correspond au rachat de l'ancienne baguette par le fabriquant.

 

Gregorovitch tape brutalement sur le bras de son fauteuil. A présent il est tellement hors de lui que le rouge qui lui monte aux joues laisse craindre qu'il ne fasse brutalement une attaque. Le teint livide par ailleurs, il ne dit rien, se contentant de se prendre la tête dans les mains, visiblement aux prises avec un profond désarroi :

- Vous ne vous sentez pas bien Mykew ? S'inquiète Igor d'une voix pleine de sollicitude.

 

L'autre met du temps à répondre. Aucun doute que la nouvelle l'a atteint, anéanti même, mais il reste incapable de formuler une réponse avant plusieurs secondes :

- Je n'ai aucun contrôle sur ces fabricants pirates, souffle t-il. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais me Ministère allemand tient à son indépendance par rapport à la Confédération Magique Internationale. Il les protège farouchement et ne négociera pas.

- Avec vous non, renchérit Igor.

 

Mykew lui renvoie un regard accablé mais également furieux. Igor fait une pause, savourant son effet, puis ajoute :

- Mais avec moi, si. Car je possède des leviers de pression que vous ne possédez pas Mykew.

 

Les deux hommes se regardent sans aménité, conscients que pour l'heure, c'est entre eux deux que le rapport de forces se joue.

- Que voulez-vous de moi Igor ? Demande sans détour Mykew Gregorovitch.

- Une chose très simple, répond t-il. Vos baguettes magiques sont les plus réputées mais aussi les plus chères d'Europe. Je veux que vous baissiez leur prix pour mes étudiants.

- C'est impossible ! S'écrie aussitôt le fabricant. La qualité a un prix et je refuse de brader mon travail !

- En échange, ajoute Igor sans faire mine de l'écouter. J'irai moi-même négocier une interdiction pour les fabricants allemand de pratiquer le rachat des baguettes qui ne proviennent pas de leurs boutiques. Après tout, à part vous personne ne le fait en Europe et Ollivander refuse même pratiquement tout rachat de baguettes tout court.

- Mon prix, réplique Gregorovitch d'une voix forte. C'est le prix et il n'est pas surestimé ! Si je le baisse, c'est ma réputation qui en souffrira. La clientèle considérera cela comme suspect et c'est sur la qualité de mon travail que je risque d'être attaqué.

- Au contraire, réplique Igor. Si vous faîtes exactement ce que je vous dis, le pari sera clairement gagnant, pour vous comme pour moi.

 

Gregorovitch lui envoie un regard peu amène mais Igor ne se démonte pas et lui explique :

- Ce que je vous propose Mykew, c'est de vous allier à mon école et de le faire presque officiellement.

- Une alliance ? Pourquoi donc ?

- Pour promouvoir un enseignement de la plus grande qualité possible pour les jeunes sorciers du continent, répond fermement Igor.

- J'aimerais bien savoir, dit Gregorovitch d'une voix plus que réservée. Comment vous comptez agir concrètement.

 

Igor respire un coup, se renfonçant dans son fauteuil autant pour atténuer la tension qu'il sent à présent dans sa colonne vertébrale, éprouvée par la couchette de sa cellule à Azkaban, que pour ménager son effet. Le manège dure plusieurs secondes durant lesquelles il sent le regard furieux de Gregorovitch braqué sur lui.

Enfin, il ose répondre :

- Vous savez, dit-il d'une voix douce. Que Durmstrang est un institut qui offre une importante bourse aux étudiants internationaux, à la condition qu'ils soient de bonne famille.

- Je le sais très bien oui, répond Gregorovitch. Mais quel rapport avec la situation qui nous occupe ?

- Et bien, répond Igor. Jusqu'à présent les étudiants étaient parfaitement libres du choix de leur baguette... Cependant je pourrais arguer de la nécessité que les étudiants possèdent un équipement de qualité pour changer cela. Ce ne serait d'ailleurs même pas un prétexte fallacieux...

- Vous obligeriez vos étudiants à vous fournir chez moi ?

- Pas tout à fait, répond Igor. Car une telle mesure serait bien trop brusque et extrême. Certains élèves venant du Royaume Uni et d'Amérique, ce serait clairement nous attirer les foudres d'autres fabricants renommés et risquer de perdre les familles attachées à d'autres traditions magiques.

- Exact, souligne Gregorovitch. Nous déclencherions immanquablement une réaction d'opposition.

 

Ils sont bien d'accord là-dessus, mais Igor a encore une dernière carte à abattre :

- Cela dit, explique t-il. Les étudiants qui viennent des pays en question sont généralement des jeunes gens fortunés, puisque notre système de bourse ne s'étend pas sur ces régions qui ont leur propre école.

- Jusqu'ici je vous suis, acquiesce Gregorovitch sur un ton prudent.

- Donc en toute logique, répond Igor. Nos étudiants qui bénéficient d'une bourse n'achètent pas leurs baguettes chez Ollivander ou en Amérique. Ce qui veut dire que nous n'empiéterons pas de toute manière sur d'autres fabricants dignes de ce nom.

- Vous voulez donc imposer aux étudiants boursiers de votre école de se fournir chez moi ?

- Je souhaite conditionner l'obtention d'une bourse pour l'école Durmstrang à l'achat d'un équipement de qualité, répond Igor en articulant soigneusement. En imposant un certains nombre de normes dans les fournitures qu'apportent les élèves avec eux, sur les chaudrons par exemple qui devront être en étain et d'une certaine épaisseur pour éviter les accidents, sur la matière et la qualité des bottes et gants de protection... Et surtout sur l'achat des baguettes qui ne devra pas se faire au rabais, en se fournissant chez des fabricants peu recommandables.

 

Gregorovitch hoche la tête, à présent la lumière semble se faire dans son esprit et un début d'approbation apparaît sur son visage :

- Brillant Igor, souffle t-il. Vous incarnez ainsi un progressisme indiscutable. Votre école gagne en réputation de qualité, tout en restant abordable pour n'importe quel étudiant si je vous suis.

- L'école de Durmstrang, répond Igor sur un ton passionné qu'il n'a pas à feindre. A formé des générations entières de sorciers illustres, de remarquables duellistes notamment. Ce qui m'importe avant tout, c'est de ne pas la laisser être dépassée par des instituts de seconde zone, au simple motif que ceux-ci seraient plus accessibles financièrement. Si nous laissons faire une telle chose, alors nous ne tarderons pas à faire face à une chute drastique du niveau des sorciers européens.

- Je suis complètement d'accord avec vous sur ce point, répond sentencieusement Gregorovitch. Maintenant exposez-moi en détail votre plan, en précisant bien quel sera votre rôle, le mien, et pour quelles conséquences attendues.

 

Igor respire, il va réussir à le convaincre, il le sait. Il n'a pas besoin de le persuader car les enjeux sont trop grands pour lui également.

Pourtant, il s'offre le luxe d'une petite manipulation en saisissant doucement le poignet d'Athénaïs qui, à sa demande, ressort sa baguette :

- Dîtes-moi Mikew, demande t-il, toujours de cette même voix doucereuse. Combien de baguettes de seconde main comme celle de notre jeune amie circulent actuellement en Europe ?

- Je ne sais pas bien, répond le fabricant. Il m'arrive d'en recevoir qui datent de mes ancêtres à la quatrième ou cinquième génération... Je dirais entre deux et dix mille... Mais toutes ne sont pas utilisées et toutes ne me sont pas ramenées pour être rachetées... Certaines sont pieusement conservées en souvenir d'un ancêtre disparu, d'autres aussi alimentent des réseaux de contrebande et essaiment dans le monde entier.

- Si je ne m'abuse, répond Igor avec douceur. C'est ce dernier point qui vous a poussé à racheter vos propres baguettes.

- Oui, répond franchement Gregorovitch. A vrai dire, c'était suite à une négociation avec plusieurs ministères européens qui désiraient juguler un peu ce trafic.

- Je vois, répond Igor. Et même si cela ne semble pas vous avoir enchanté dans un premier temps, ce circuit de rachat des baguettes déjà existant est certainement ce qui va nous sauver la mise à tous les deux en légitimant toutes nos démarches futures.

 

Devant l'air intrigué et vaguement inquiet de son interlocuteur, Igor ajoute :

- Il faut, dans notre intérêt à tous les deux, que vous retrouviez le monopole de ce circuit et que personne ne puisse racheter vos baguettes à votre place.

- Un beau discours, lui fait remarquer Gregorovitch. Mais qu'en est-il des actes ? Comment comptez-vous fair pour rendre un tel objectif simplement réalisable ?

- Nous allons travailler ainsi, répond méthodiquement Igor. D'abord, je vais annoncer de nouvelles exigences concernant les inscriptions à Durmstrang, notamment les demandes de bourse. Je vais annoncer un relèvement du niveau d'exigence tout en proposant des solutions pour que les familles des étudiants soient en capacité financière de les équiper correctement. C'est là que vous allez intervenir : en baissant légèrement le prix de vos baguettes pour ceux qui s'inscriront et, surtout, en proposant une offre intéressante pour le rachat d'anciennes baguettes, ce qui diminuera le coût de cette fourniture qui est très onéreuse.

- Je ne pourrai pas m'aligner sur le prix des allemands, répond aussitôt Gregorovitch. Ce qui risque de se produire avec votre plan, c'est que les familles leur vendent en masse mes baguettes en inscrivant leurs filles au Blocksberg, et qu'ils inscrivent leurs fils en profitant de votre système de bourses. Eux seront gagnants, mais nous guère.

- Parce que cela n'est que la première partie du plan, répond Igor. Car, dans le même temps, c'est un combat contre la contrefaçon et la contrebande d'artefacts que nous allons mener.

 

Devant le silence décontenancé de Gregorovitch, il poursuit :

- Mikew, sachez que les ministères d'Europe sont particulièrement préoccupés par l'apparition d'objets magiques non conformes, et de pratiques alternatives difficiles à encadrer. Il y a, dans les instances, des personnes qui pourraient être particulièrement intéressées et regarder notre action d'un bon œil. Aussi, voici ce que je vais faire : je vais aller négocier avec chaque ministère européen pour lequel Durmstrang a mis en place un système de bourse, en particulier la Confédération magique germanique. Je vais leur imposer de mettre en place des mesures drastiques et d'interdire tout rachat de baguettes sur leur territoire, faute de quoi les étudiants boursiers qui dépendent d'eux ne seront plus acceptés à l'école de Durmstrang. Et, dans le même temps, je vais laisser courir la rumeur selon laquelle les familles qui inscrivent leurs filles au Blocksberg ou dans d'autres instituts non-conformes verraient toute demande de bourse rendue un peu plus difficile pour leurs fils...

- Laisser courir la rumeur ? S'inquiète Gregorovitch.

- Bien entendu, répond Igor. Il n'est pas question de réellement discriminer ces élèves, et le fait doit même pouvoir être facilement démenti... Mais un peu de crainte freinera le phénomène de dispersion des étudiants modestes... Et nous préservera, je pense, au moins de la revente de vos baguettes à des fabricants étrangers, notre grand cheval de bataille et le plus médiatisé j'y compte bien.

- Et si les familles ne peuvent pas revendre leurs anciennes baguettes à l'inscription de leurs filles, devine Gregorovitch. Vous espérez que celles-ci reviendront dans le giron de Durmstrang.

- Oui et non, répond Igor. Durmstrang est un institut qui ne correspond clairement pas à tous les profils féminins... Et l'enseignement en famille est souvent très approprié aux jeunes filles.

 

Un silence se fait et il ajoute rapidement :

- Mais en tout cas, il nous faut décourager absolument la création et la pérennisation d'instituts alternatifs.

- L'action me paraît pertinente... Répond prudemment Gregorovitch.

 

Igor sourit largement et répond :

- Alors, marché conclu Mykew ?

- Voyons les détails, répond le fabricant, toujours très pragmatique.

 

Igor sait déjà qu'il a gagné. Il remarque cependant le visage troublé de Mykew Gregorovitch lorsque ses yeux tombent une fois de plus sur la baguette d'Athénaïs, qui étrangement ne s'est pas empressée de la ranger.

 

Igor pense savoir pourquoi elle lui fait cet effet, cependant il se garde bien de le montrer ou de dire quoi que ce soit. C'est un équilibre précaire auquel il joue, et ce qu'il sait ou ne sait pas ne doit pas être publié.

 

Si la chose venait à se savoir, ce serait dangereux pour eux trois, lui et Athénaïs le savent parfaitement et Igor suppose que Gregorovitch s'en doute un peu.

Après-tout, lui sait très bien pour qui il a fabriqué cette baguette, des décennies en arrière. Et il n'ignore pas non plus un certain nombre des crimes qu'elle a commis...

 

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=37903