Beauté sombre by jalea
Summary:

image de selenada sur DA



Les Chasseurs de Vélanes changent de cible et commencent à s'intéresser d'un peu trop près aux vampires. Judith Powell est une activiste passionnée qui ne tolère pas l'injustice. Alors, c'est décidé : elle va soutenir leur cause et même venir en aide à Elgar, un pseudo vampire dont elle n'a aucunement confiance.

Suite de " Beauté fatale"


Categories: Romance (Het), Epoque Maraudeurs Characters: Autre personnage, Les Maraudeurs, Lily Evans, Personnage original (OC)
Genres: Aventure/Action, Comédie/Humour, Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Vélanes&Vampires
Chapters: 9 Completed: Non Word count: 22588 Read: 3670 Published: 06/04/2021 Updated: 08/01/2023
Story Notes:
Bonjour :)

Me revoilà comme promis avec la suite de "Beauté Fatale" du point de vue de Judith. J'ai posté la fin il n'y a pas très longtemps alors ça devrait être encore tout frais dans vos esprits ;)

Pour les nouveaux arrivants (s'il y en a) je vous conseille de lire ma première fic avant celle-ci ou vous risquez d'être complétement largués xD

Petites infos qui ne servent à rien mais que vous allez quand même lire :

Concernant le titre "Beauté sombre", vous l'aurez peut-être deviné, il ne fait pas référence à Judith mais à Elgar.

J'ai longuement hésité avant d'inclure un vampire dans l'une de mes fanfictions parce que j'ai eu ma dose avec twilight, vampires diaries, the originals et j'en passe... mais finalement, je me suis dit que ça pourrait être intéressant une relation sorcière/vampire et j'avais envie de développer ça, voir ce que ça pouvait donner. Je vais sûrement emprunter des clichés aux vampires dans la littérature moderne, je m'en excuse d'avance xD


Comme toujours, l'univers, les lieux et une bonne partie des personnages appartiennent à J.K Rowling.

1. Le nouveau décret by jalea

2. Le baiser du vampire by jalea

3. Entraînement de Quidditch by jalea

4. Rendez-vous raté by jalea

5. L'intruse by jalea

6. Un petit sacrifice by jalea

7. Discussion entre filles by jalea

8. Rencontre dans le parc (Partie 1) by jalea

9. Rencontre dans le parc (partie 2) by jalea

Le nouveau décret by jalea
Author's Notes:
L'histoire prend place quelques mois plus tard, au début de la septième année de Deanna et Judith.

Merci à SumiShann pour sa correction.


Bonne lecture.
Chapitre 1 : Le nouveau décret.





Quoi ?

J'approche le journal de mon visage pour mieux lire. Je n'ai pas d'hallucination, c'est bien écrit là, noir sur blanc : Le Ministère a lancé un nouveau décret afin de recenser les vampires. Je devrais me réjouir qu'il laisse enfin tranquille les Vélanes, mais je n'y arrive pas.

Je referme violemment le journal et le jette sur la table.

— C'est un scandale ! je hurle à m'en casser la voix.
— Le fait que tu ne sois pas encore sortie avec moi ? Ouais, je confirme, c'est un scandale, répond Black, muni de son habituel rictus goguenard.

Un sourire moqueur et approbateur parait sur tous les visages, tandis que je me retiens d'étrangler le Maraudeur. Il y a des choses horribles qui se passent là dehors, mais tout ce qui intéresse mes petits camarades, c'est de savoir si je vais bientôt, oui ou non, sortir avec Sirius Black.

Consternant.

Je ne laisse cependant rien paraître de mes émotions et décoche un ravissant sourire au jeune homme, ainsi qu'au reste des Gryffondor, avant de me lever d'un bond pour aller en informer ma cousine. Que le Ministère a lancé un nouveau décret, j'entends, et non pas que Sirius Black veut sortir avec moi. Ça, tout le monde le sait déjà.

— Est-ce que tu as lu la Gazette du Sorcier ?! je demande sans détour.

Deanna lève ses immenses yeux bleu-vert vers moi, en arquant un sourcil interrogateur.

— Bonjour à toi aussi, Judith. Comment vas-tu, aujourd'hui ?

Je m'assieds à sa gauche, sans prendre la peine de lui répondre.

— C'est un véritable scandale ! fais-je à nouveau sur un ton révolté.
— Oui, j'ai cru comprendre, soupire-t-elle, mais j'ignore de quoi tu parles.

Je lève les yeux au ciel. Il serait vraiment temps que ma cousine s'abonne à la Gazette pour se tenir au courant de l'actualité.

— Le Ministre de la Magie a fait passer un nouveau décret pour - tu ne vas pas en revenir - recenser les vampires ! A croire que ce crétin de Minchum en a après toutes les créatures magiques ! Non, mais c'est franchement insensé qu'un homme pareil soit à la tête de notre gouvernement !

Notre actuel Ministre, Harold Minchum, surnommé affectueusement « Atchoum » par quelques-uns de mes camarades (en référence à un conte Moldu), est un incapable ! Vous savez ce qu'il a fait, pour essayer d'arrêter l'ascension de Voldemort vers le pouvoir ? Il a placé plus de Détraqueurs autour de la prison d'Azkaban. Cela aurait été une excellente idée si Voldemort était prisonnier, mais ce n'est pas le cas. Le Mage noir déambule librement dans nos rues (j’exagère à peine) et franchement, avec tout ce qu'il y a à visiter à Londres, vous pensez vraiment qu'il va se dire : «  Tiens, et si j'allais faire un petit tour à Azkaban pour saluer de vieux copains ? Il parait que c'est très joli, à cette période de l'année. »

N'importe quoi !

Folle de rage, je fulmine encore pendant plusieurs minutes, avant de m’apercevoir du manque de réaction de Deanna.

— Pourquoi n'as-tu pas l'air surprise ?

La Poufsouffle se contente de hausser les épaules.

— C'était à prévoir. Il a été réélu et n'a plus aucune raison de se faire bien voir aux yeux de ses électeurs. La Gazette dit quoi sur les Vélanes ?

Je lâche un soupir d’exaspération.

— Pas grand chose, à part que le décret est toujours en suspens. C'est grâce à Miss Beauchamp, elle a réussi à rassembler le nombre de signatures nécessaire pour faire annuler cette loi.

Je retrouve aussitôt le sourire. Marguerite Beauchamp est une véritable source d'inspiration pour toute Vélane qui se respecte. C'est une jeune femme d'à peine vingt-ans qui est très impliquée dans diverses causes. Elle fait également partie de plusieurs associations caritatives.

Ma cousine rejette ses longs cheveux blond-roux par dessus son épaule d’un geste très... féminin. Ce serait mentir de dire que son changement d'apparence ne l'a pas profondément marquée. Elle essaie de donner le change, mais je ne suis pas dupe.

Deanna adopte l'attitude de la jolie fille qui s'assume pleinement, alors que ce n'est pas totalement le cas. J'ai tenté à plusieurs reprises d'aborder le sujet avec elle, mais à chaque fois, la Poufsouffle se ferme comme une huître. Elle prétend être heureuse et que tout va bien. Dans ces moments-là, j'ai l'impression de me trouver face à un miroir car je m'esquive de la même façon lorsque mon amie Beth Goldstein m'interroge sur ma condition.

— Alors pourquoi le décret est en suspens, et non annulé ? me demande ma cousine.

Mon sourire se dissipe instantanément, et je sens aussitôt un sentiment de colère m'envahir.

— Parce que le Ministre et ses conseillers cherchent des vices de procédure, ils veulent gagner du temps. Je n'en reviens pas que ce soit le tour des vampires...

Avec tout ce qui se passe en ce moment, et la guerre qui se profile, on serait en droit de penser que les décrets concernant les créatures magiques soient le cadet de leurs soucis !

Deanna emprunte un journal à un Poufsouffle pour vérifier la chose par elle-même. Pendant sa lecture, ses sourcils parfaitement dessinés se froncent tellement qu'ils ne forment plus qu'une ligne mince.

— Il est écrit là que les vampires sont des êtres très dangereux, il y a un paragraphe entier là-dessus... et que de nouveaux Chasseurs ont été recrutés par le Ministère pour les trouver et les soumettre à un examen psychologique avant de les relâcher dans la nature.

Ben tiens, parlons-en de cet examen psychologique : je n'y crois pas. Quelque chose me dit qu'ils refuseront de les « relâcher dans la nature ». Traitez-moi de complotiste si vous le voulez, mais cette affaire de décrets est louche !

— C'est pas croyable ! Nous devons absolument arrêter ça, Deanna ! je m'exclame en haussant le ton, attirant le regard des élèves alentour.
— Nous ? Et que veux-tu que nous fassions, exactement ?
— Je n'en sais rien , mais il faut agir !
— Hum... je peux dire quelques chose ?

Je cligne bêtement des yeux, avant de me tourner vers l'amie de ma cousine, une jeune fille frêle aux cheveux courts. La Poufsouffle est tellement discrète que je ne l'avais pas remarquée. Deanna lui adresse un sourire engageant.

— Bien sûr, Ellis.
— Pourquoi ne pas faire une pétition pour les vampires afin de bloquer le processus ? Comme l'a fait, euh... ( elle baisse le regard vers le journal ouvert) Miss Beauchamp ?

Lorsqu'elle finit de parler, ses joues s'empourprent, tandis que je la dévisage avec des yeux ronds comme des soucoupes. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?!

— C'est une excellente idée ! Je vais organiser ça, et bien sûr, vous allez m'aider toutes les deux.
— Comment ? couine Palmer, intimidée.
— Je ne sais pas encore. Je vous tiendrai au courant.

Revigorée, je bondis sur mes pieds et m'apprête à rebrousser chemin, quand ma cousine m'interpelle :

— Une seconde, Judith ! Tu ne crois pas que...( elle semble peser ses mots) que c'est aux vampires de régler ça ? Attends un peu avant de me sauter à la gorge, enchaîne-t-elle en me voyant ouvrir la bouche. Je dis juste qu'ils sont...

J'attends la suite, qui ne vient pas.

— Ils sont quoi ?

Deanna lâche un faible soupir, avant de répondre :

— Les vampires se mélangent rarement aux sorciers, tu le sais bien. Ils sont très communautaires...
— C'est faux ! je la contredis immédiatement.

La Poufsouffle repose son verre de jus de citrouille et me gratifie d'un petit sourire narquois. Je déteste ce sourire. Il n'augure jamais rien de bon.

— Vraiment ? Tu connais des vampires, peut-être ?
— Eh bien, je... oui !
— Qui donc ? chantonne Deanna en battant des paupières.

Ça aussi, c'est assez déroutant. Lorsqu'elle prenait des potion de camouflage, ma cousine n'avait pas pour habitude de minauder. Ce qui me prouve, une fois de plus, qu'elle a des troubles de la personnalité. C'est compréhensible, après tout ce qu'elle a traversé. Pourquoi refuse-t-elle de m'en parler ? Je ressens une pointe de culpabilité ; c'est sûrement de ma faute. Si je n'avais pas été aussi dure, elle se sentirait assez à l'aise avec moi pour me dire ce qui ne va pas.

Voyant qu'elle attend ma réponse, je lui donne le premier nom qui me vient à l'esprit :

— Elgar, dis-je fièrement.

En prononçant son prénom, mon cœur rate un battement. Je n'ai vu ce garçon qu'à deux reprises, mais j'ai été immédiatement saisie d'un mauvais pressentiment. Je trouve qu'il a un air... sournois. Et manipulateur, aussi.

La jolie Poufsouffle hausse les yeux au ciel.

— Arrête, Judith, tu ne crois même pas qu'il est un vampire, se moque-t-elle.
— Peu importe ce que je pense ! Il prétend en être un, alors ça compte. Est-ce que vous allez m'aider, oui ou non ? j'insiste avec sérieux, en les regardant tour à tour avec une vague inquiétude.

Je ne me sens pas la force de m'embarquer dans cette croisade toute seule, et je doute que Miss Beauchamp ait du temps à m'accorder. Depuis le début de l'année, je lui ai écrit une dizaine de lettres, qui sont restées sans réponse. Je ne l'en blâme pas, je sais qu'elle est très occupée.

Ma cousine m'adresse un grand sourire. Un sourire un peu crispé, certes, mais rassurant.

— Oh, oui ! s'enthousiasme-t-elle, nous sommes toutes les deux impatientes... n'est-ce pas, Ellis ?

Son ton est ironique ; Deanna fait partie de cette catégorie de personne pensant que l'on ne peut rien faire contre le système, que c'est perdu d'avance. Mon regard se tourne alors vers sa meilleure amie, espérant un peu plus de soutien de sa part. Ellis Palmer me dévisage avec des yeux ronds comme des billes.

Une lueur apeurée s'empare de ses prunelles.

— Tu connais vraiment un vampire ?
Le baiser du vampire by jalea
Author's Notes:
Bonjour,

J’espère que vous allez bien.

Voici le chapitre 2. Je ne sais pas encore trop où je vais avec le thème des vampires mais je vais essayer d'éviter les clichés, même si cela risque d'être difficile xD

Un grand Merci à Elowl, Athena666, Elianna pour leurs reviews au premier chapitre et aussi à SumiShann pour sa correction.


Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 2 : Le baiser du vampire.





— Je m’ennuie...

Je tourne la tête pour offrir un sourire conciliant à ma voisine, Beth Goldstein. Elle soupire lourdement, avant de bloquer sa plume entre son nez et ses lèvres. Moi, ça m'arrange d'avoir un double cours d'Histoire de la Magie. Je peux faire mes affiches tranquillement, sans me soucier du professeur Binns, qui est perdu dans un monologue sur la révolte des Gobelins.

— Qu'est-ce que tu fais ? m'interroge la blonde, quelques minutes plus tard.

Je relève la tête dans sa direction et la gratifie d'un sourire étincelant. Il était temps ! J’espérais bien qu'elle me pose cette question. Je brandis sous son nez mon affiche la plus réussie.

Beth grimace légèrement. Bon, c'est vrai que mes talents de dessinatrice laissent un peu à désirer, mais c'est l'intention qui compte, non ?

— Je fais quelques tracts pour venir en aide aux vampires. Tu as lu la Gazette ? Le ministère a lancé un nouveau décret visant à...
— J'ai lu ça, oui, me coupe immédiatement la Gryffondor, craignant sans doute que je me lance dans une discussion interminable. Minchum a totalement perdu la tête, je n'aimerais pas être à la place de ce vieux croûton.

Je me remets au travail, un peu déçue par son manque d'enthousiasme, mais pas réellement surprise. Beth Goldstein est la personne la plus profondément blasée de Poudlard. Elle est dévorée par un terrible ennui ; rien ne semble véritablement la réjouir ou l’intéresser, pas même la compagnie de ses amis ou de sa famille. Son visage rond, un peu bouffi et ses yeux petits et enfoncés lui donne un air toujours endormi. Beth passe la majorité de son temps à bailler, si bien que cela a fini par inquiéter le professeur McGonagall, en deuxième année : « Cette petite souffre de quelque chose ! » avait-elle dit à l'infirmière. Bien sûr, il n'en était rien.

Beth n'est pas malade, elle trouve juste que : « c'est barbant d' aller en cours » et elle est assez polie pour le montrer à nos professeurs. La blonde a peu d'amis parce qu'elle donne l'impression de se ficher royalement de tout. Ce n'est pas (entièrement) vrai. Elle m'a avoué avoir beaucoup de mal à se concentrer dans des activités intellectuelles intenses et persistantes, du mal à parler de banalités avec ses camarades. Elle trouve cela fatiguant et surtout : ça l'ennuie.

En ce qui me concerne, je respecte sa personnalité. Sur certains points, nous ne nous ressemblons pas du tout. Mais elle aussi, me prend comme je suis. C'est ce qui fait que notre étrange amitié fonctionne.

— Pourquoi ? je demande distraitement, le nez dans mes parchemins.
— Ben, c'est clair que leur communauté ne va pas apprécier, répond l'adolescente sur le ton de l'évidence. Si j'étais Minchum, je m'enfermerais à triple tour dans mon bureau. J'aurais trop peur que des vampires me tombent dessus, qu'ils me vident de mon sang pour ensuite me jeter dans un vieux caniveau...

Sa voix est calme et posée comme d'habitude, il n'y a aucune trace de peur sur son visage. Je la regarde béatement, en clignant des yeux.

— Ou pire, qu'il me donne le baiser du vampire, ajoute-t-elle avec une sérénité inimitable.
— Le baiser du vampire ? Qu'est-ce que c'est ?

Cela ne me dit rien du tout, pourtant j'ai lu quelques bouquins sur le sujet. La blonde lâche un soupir à fendre l'âme, avant de répondre :

— C'est un rituel assez sordide. D'abord le vampire suce le sang de la personne qu'il veut « engendrer » mais il ne doit pas tout boire hein, au risque de la tuer. Ensuite, le vampire lui donne un baiser pour sceller le rite. Une fois que c'est fait, pour que la personne devienne vampire à son tour, elle doit boire le sang d'un autre humain. C'est assez barbare, je trouve. Et franchement répugnant.
— Répugnant ?
— Je te laisse imaginer la chose, si...

Son regard se pose inconsciemment sur les Maraudeurs et un fin sourire moqueur étire ses lèvres. James Potter, un grand brun à lunettes plutôt baraqué s'amuse à jeter des boulettes de papiers sur la tête de Severus Rogue, qui les esquive avec agilité. A côté de lui, Sirius Black et Peter Pettigrow se marrent comme des baleines, ce qui me fait lever les yeux au ciel.

Sérieusement, c'est quoi ces gamineries ? Ils sont en septième année !

— Tiens, imagine un peu que Potter soit un vampire et qu'il veuille un sous-fifre à sa botte, lance Beth en riant. Un matin, il se dit « J'ai bien envie d'avoir un larbin qui fera tous mes devoirs. Pourquoi pas un prof ? » et là, dans le couloir, il tombe sur qui ? Le bon vieux Slug...
— Non ?!

Voilà que je me laisse prendre au jeu, alors que son histoire est tout ce qu'il y a de plus invraisemblable.

— Potter n'aurait pas le choix, il serait obligé d'enfoncer ses crocs dans la gorge de Slughorn et lui rouler ensuite un patin pour que le vieux accepte de faire ses devoirs.

Je fais la moue ; mon amie a quand même une drôle d'imagination.

— Beurk, c'est dégoûtant, Beth ! Maintenant, j'ai l'image en tête...

La blonde pouffe de rire, amusée.

— T'as qu'à remplacer Slug, se moque-t-elle.

Je lui rends son sourire. Cette question ne nécessite aucune réponse, Beth sait que j'en ai strictement rien à faire de Potter. Il est arrogant, présomptueux et railleur, tout comme Sirius Black.

Mais revenons à nos lutins, je ne suis pas certaine de comprendre ce qu'elle veut dire.

— Gardons Slughorn. Tu veux dire qu'il... qu'il serait dans l'obligation de faire tout ce que Potter voudrait ? Comme un esclave ?
— C'est l'idée. Tous les vampires ont un maître de première génération.
— De première génération ?

Mes yeux doivent ressembler à deux soucoupes géantes. Comment se fait-il que Beth en sache plus sur les vampires que moi ?

Ses petits yeux marrons se fixent sur les miens.

— Ceux qui sont nés vampire, explique patiemment la rouge et or.

Je laisse planer quelques instants de silence, le temps de réfléchir.

— Je n'ai jamais entendu parler du « baiser du vampire », je souligne en croisant les bras sur ma poitrine.
— Certains appellent cela se faire « vampiriser », mais ça revient au même. Ma mère a une bibliothèque remplie de vieux bouquins, et comme l'été, je m'ennuie... se justifie la blonde en soupirant.

Je retrouve le sourire, voilà pourquoi j'apprécie tellement Beth, elle est très cultivée, on peut parler de tout et elle m'apprend un tas de choses.

— Tu pourrais demander à ta mère de m'envoyer ses livres concernant les vampires ?
— Oui, si tu crois que ça peux t'aider...

J'enroule une mèche de cheveux autour de mes doigts, ce que je fais toujours lorsque je suis nerveuse. J'ai un mauvais pressentiment, et il me prend maintenant comme un regret de m'être embarquée dans cette croisade.

Sans que je ne puisse rien y faire, le regard bleu acier de Elgar me revient en mémoire, comme s'il était devant moi ; peu à peu, ses traits se dessinent dans mon esprit. Les poils de mes bras se hérissent, tandis que je repousse cette illusion avec force.

C'est vrai, ce garçon a quelque chose d'effrayant. Je ne vais pas faire marche arrière pour autant.

— Tu... tu as déjà rencontré un vampire ? je lui demande à mi-voix.
— Non. Seulement une sirène qui a essayé de m'arracher le bras. Elle était plutôt sympathique.

Ne vous formalisez pas, Beth trouve tout le monde « sympathique ».

— Est-ce que tu acceptes d'être la première à signer ma pétition ?
— Bien sûr, répond aussitôt cette dernière en souriant.

Mon cœur bondit de joie, tandis qu'elle griffonne son nom en début de page. Je n'ai même pas eu besoin de la convaincre. Peut-être que la tâche va s’avérer plus facile que ce que je pensais ?

— Voilà, dit-elle joyeusement en me rendant mon parchemin, il ne te reste plus que mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf signatures à récolter !

Mon sourire s'évanouit instantanément.

Beth Goldstein a toujours le chic pour démoraliser les gens et ce, sans même s'en apercevoir.


******



— C'est pas que je veux pas signer ta pétition...


Je ferme un instant les yeux pour m'empêcher d'étriper Peter Pettigrow. Cela fait une vingtaine de minutes que j'essaie de lui expliquer ma démarche, sans succès. Le jeune homme me regarde d'un air totalement ahuri, comme si je l'avais brusquement tiré de son sommeil.

— Mais je ne comprends pas pourquoi c'est toi qui t'en charges. Je croyais que tu étais une Vélane ? Ce qui est étrange d'ailleurs, parce que je pensais que les Vélanes étaient toutes blondes...

Je me mords l'intérieur des joues pour ne pas répliquer. Je ne suis pas à cent pour cent une Vélane, bon sang ! Je ne suis qu'à moitié Vélane, j'ai hérité des traits et couleur de cheveux de mon père. Combien de fois vais-je devoir le répéter ?

Je le savais, j'aurais dû commencer par Sirius Black ! Malheureusement, Pettigrow est le premier Maraudeur sur lequel je suis tombée et j'étais tellement impatiente d'obtenir ne serait-ce qu'une de leurs signatures... les Maraudeurs sont admirés, adulés, aimés, divinisés comme de véritables dieux grecs. Si ces quatre garçons signent ma pétition, les autres Gryffondor suivront le pas, sans se poser de questions.

— Si je m'en charge, c'est par pur esprit de solidarité, je grince entre mes dents, perdant patience. Alors, tu veux bien ajouter ton nom ? je demande une nouvelle fois.

Je lui tends mon parchemin ainsi qu'une plume, lui décochant mon plus beau sourire. L'adolescent me dévisage un instant en rougissant, puis lâche :

— Seulement si James et Sirius sont d'accord.

Mon sourire se dissipe tandis que mon visage s'assombrit. Il se moque du monde ? Quelle perte de temps !

— Tu as besoin de leur approbation, Peter ?

Mon ton a cessé d'être amical, et j'insiste bien sur son prénom pour l'impliquer davantage dans la discussion. Pettigrow rougit de plus belle, et détourne le regard un quart de seconde.

— Non, mais nous sommes tous les quatre solidaires. Remus doit aussi accepter, hein...

Ma bouche s'entre-ouvre sous l'effet de la surprise. Peter Pettigrow me rejette mes propres paroles à la figure pour s'esquiver !

— Tu devrais tenter le coup avec Evans, lance-t-il d'un air désolé, en voyant la rousse passer la grande porte.

Je lâche un faible soupir et me relève du canapé. J'étais persuadée que ma pétition serait accompagnée d'une centaine de signature avant la fin de la journée, mais pour le moment, je n'ai obtenu que trois signatures.

J'ai attiré l'attention de quelques étudiants de cinquième et sixième année, l'ennui c'est qu'ils ne sont pas majeurs, et je n'ai pas envie que le Ministère réfute ma pétition pour ce simple motif.

Arrivée à la hauteur de notre préfète-en-chef, je plaque un grand sourire sur mon visage. Lily Evans n'est pas dupe, elle m'observe en fronçant les sourcils.

— Tout va bien, Judith ?

Je me contente de hocher la tête, sans perdre le sourire. Lily n'est pas ce que l'on peut considérer une amie proche, mais c'est une bonne camarade de classe, et je sais qu'elle aussi est contre les décrets de recensements.

— Tu as sans doute lu les dernières nouvelles dans la Gazette ? Ce qu'impose le Ministère aux vampires est tout bonnement scandaleux ! J'ai donc pris d l'initiative de leur venir en aide et de...

— Où est-ce que je signe ? m'interrompt-elle avec un demi-sourire.

Mon sourire s'élargit, je savais que je pouvais compter sur notre préfète.

— Juste là... merci beaucoup ! Je sais, il y a peu de signatures pour l'instant, dis-je en remarquant sa mine étonnée, mais je viens seulement de commencer ma tournée.

Mon enthousiasme débordant ne la refroidit pas, au contraire. La rouquine m'adresse un sourire encourageant.

— Et j'ai aussi prévu quelques réunions, ainsi qu'une ou deux manifestations...

Je me mordille la lèvre inférieure pour m'arrêter de parler. Qu'est-ce qui me prend ? Je n'ai pas besoin de me justifier auprès d'elle. Sans que je ne sache vraiment pourquoi, Lily Evans m'a toujours un peu impressionnée et intimidée. Sûrement parce qu'on la prend toujours au sérieux, contrairement à moi.

C'est pas faute d'avoir essayé. J'ai beau prendre ma posture la plus rigide, ma voix la plus autoritaire... rien n'y fait, je ne suis tout simplement pas crédible aux yeux de mes camarades. Je crois que c'est à cause de ma voix ; elle est trop enfantine.

— Je suis certaine que tu obtiendras très vite les signatures manquantes, me rassure Lily. Tu me tiens au courant pour les dates de réunions ?
— Évidemment, tu seras la première informée.

Elle grimace, puis finit par dire :

— Peut-être que si un Maraudeur signait ta pétition, cela encouragerait les autres Gryffondor ?
— Oui, sûrement, fais-je en soupirant.
— Tu devrais demander à Remus.

Je hoche la tête, sans grande conviction. Remus Lupin est le plus discret de la bande, je ne le connais que très peu et j'ai peur qu'il m'envoie sur les roses comme Pettigrow vient de le faire.

Je remercie néanmoins la rouquine, c'est agréable de se sentir soutenue.

— Judith ?

Je me fige net et fais volte-face vers la préfète, surprise.

— Oui ?
— Et les professeurs, tu y as pensé ?

Je cligne bêtement des yeux. Il y a une vingtaine de professeurs à Poudlard, sans compter la bibliothécaire, l'infirmière, le concierge et le Garde-Chasse...

Je me fends d'un grand sourire.

— Merci, Lily !
Entraînement de Quidditch by jalea
Author's Notes:
Bonjour,

j'espere que vous allez bien :)

Voici le chapitre 3, j'espere qu'il vous plaira.


Bonne lecture.
Chapitre 3 : Entraînement de Quidditch.




— C'est quoi, cet accoutrement ?

Je pouffe de rire, tandis que ma cousine rougit légèrement. Je la considère alors en arquant un sourcil interrogateur. La Poufsouffle est affublée d'une tenue de sport ; elle porte un maillot et un pantalon moulant qui épousent parfaitement ses formes, ainsi qu'une longue cape noire dorée.

— Je... j'ai comme qui dirait rejoins l'équipe de Quidditch, bredouille-t-elle.

Mon sourire moqueur se fige. Je garde le silence un instant avant de recouvrer mes esprits.

— Toi ? fais-je, abasourdie.
— Oui, moi.
— Mais tu n'aimes pas le Quidditch, je lui rappelle bêtement.

Deanna tire la grimace, comme si elle venait seulement de se souvenir de ce petit détail. Ses épaules s'affaissent en un soupir silencieux.

— Je sais, mais je ressens parfois le besoin de me défouler, alors j'ai passé les sélections. Et j'ai été retenue.

Son visage est devenu froid, impénétrable. Il y a des moments où son comportement m'échappe. Sa dernière transformation l'a profondément chamboulée, je le vois bien. Je veux dire... je connais ma cousine et je sais qu'en temps normal, il ne lui serait jamais venue à l'esprit de... de passer les sélections de Quidditch ! Ou même de faire du sport tout court.

Malgré ma confusion, je tente de paraître joyeuse en m'efforçant de sourire. Deanna a clairement besoin de soutien et d'encouragement.

— C'est génial ! Quel poste vas-tu occuper ? je demande immédiatement avec entrain.
— Celui de Poursuiveuse. D'ailleurs, j'ai un entraînement, là... que voulais-tu me dire ?

J'ouvre la bouche pour répondre avant de la refermer, pensive. J'ai donné rendez-vous à ma cousine pour lui parler de la première réunion que je souhaite organiser pour venir en aide aux Vampires. Je voulais lui demander de la préparer avec moi et de distribuer quelques tracts afin de récolter des signatures, mais... ça peut attendre. Ce n'est pas tous les jours que ma cousine joue au Quidditch !

— Nous verrons cela plus tard, dis-je aussitôt en agitant la main, je ne voudrais surtout pas te mettre en retard à ton premier entraînement. Je peux venir t'encourager ?

La Poufsouffle reprend des couleurs et affiche un petit sourire.

— C'est pas un vrai match, tu sais... Je suis sûre que tu as mieux à faire.
— N'importe quoi !

Je lui prends le bras et nous nous mettons en marche en direction du terrain, qui est... déjà occupé par l'équipe de ma maison. Certains élèves sont même entrain de voler.

— Tu es certaine que tu as un entraînement maintenant ? je questionne, surprise.
— Oui. C'est pas vrai, McDowell va encore péter les plombs ! Pourquoi Potter est incapable de suivre un foutu planning ?! s'exaspère ma cousine.

Sa question n'attend aucune réponse. James Potter roule encore plus des mécaniques depuis qu'il a été nommé Préfet-en-chef. Du fait de sa position, il jouit de nombreux avantages et il en profite allégrement.

— Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!

Cette voix criarde nous surprend et nous sursautons tous les deux en voyant Robert McDowell s'avancer férocement dans notre direction. C'est un grand gaillard aux cheveux châtain clair et aux yeux marron transperçant, foudroyant. Lorsqu'il arrive à notre hauteur, Deanna lâche un énorme soupir. Je les regarde tour à tour, prenant soudain conscience qu'ils font presque la même taille. C'est bizarre, j'ai du mal à m'y faire. Il y a encore quelques mois de ça, c'est moi qui dépassait ma cousine. A côté d'eux, j'ai l'impression d'être toute petite.

— Les Gryffondor, se contente de répondre Deanna, l'air lasse.
— Où sont les autres ? grogne le brun.
— Aucune idée.

La Poufsouffle secoue la tête et arrange d'une main sa queue de cheval, ce qui lui vaut quelques sifflements appréciateurs provenant des tribunes. Deanna ignore royalement les garçons alors que je me retourne, par réflexe. Je croise aussitôt le regard de Sirius Black, qui me décoche un sourire étincelant. Le bellâtre tapote la place vide à sa droite pour m'inviter à le rejoindre. D'un signe de la tête, je décline poliment son invitation.

Si j'avais su qu'il serait là, je me serai abstenu de venir encourager ma cousine.

Pour une raison qui m'échappe, sa présence me met toujours mal à l'aise. Son regard argenté est perçant ; je me sens constamment « jaugée », estimée comme un ravissant trophée qu'il aurait hâte de remporter.

— Ouais, ben ça ne va pas se passer comme ça ! s'emporte McDowell, hors de lui. POTTER ! hurle-t-il à nouveau, J'AI DEUX MOTS A TE DIRE !

— Qu'est-ce qui se passe, McDowell ? lance sèchement le Préfet, s'approchant à grands pas.
— Ce qui se passe ?! s'insurge ce dernier.

Ses yeux couleur ambre projettent des étincelles. Les deux adolescents se dévisagent un instant, tels deux dragons qui se mesurent en se tournant autour. Robert McDowell se redresse et bombe le torse.

— J'ai réservé le terrain, alors j'aimerai savoir ce que ton équipe fait là !

Ma cousine me lance un regard narquois, comme pour dire : « super, nous allons avoir droit a une ridicule démonstration de testostérone ! »

— Bizarre. J'ai consulté le planning et ton équipe n'était pas inscrite pour ce matin, rétorque notre Préfet sur un ton parfaitement poli, quoique légèrement impatient.

— Dis plutôt que tu te crois tout permis, comme toujours ! s'égosille le Poufsouffle. Est-ce que tu sais lire, au moins, monsieur le Préfet-en-chef ?!

McDowell sort de sa poche un morceau de parchemin froissé qu'il tend à Potter. Ce dernier le déplie pour y jeter un coup d'oeil. Ses sourcils se froncent un instant.

— Autant pour moi, ton équipe est bien noté là, admet-il finalement. Je me suis trompé de semaine, désolé.

Cet élan de politesse semble surprendre Rob McDowell ; il ignore quelle attitude adopter. Je dois avouer que James Potter est plus... calme, cette année. En temps normal, il aurait mal réagi et surtout : il ne se serait pas excusé.

— Ouais, ben... que cela ne se reproduise plus, ronchonne McDowell.

« C'est nouveau ça ! » j'entends ma cousine murmurer, ébahie. Bien qu'elle ait parlé à voix basse, Potter semble l'avoir entendu car il tourne la tête dans sa direction. Il parait un instant perdu dans sa contemplation, mais il se reprend bien vite, ce qui n'est malheureusement pas le cas de ses équipiers masculins, qui n'ont de cesse de la dévisager, la bave aux lèvres. Répugnant !

Sérieusement, je la plains. Depuis que Deanna à changé d'apparence, elle a des prétendants à la pelle. Les garçons lui courent après comme si elle était recouverte de biereaubeurre, il y en a même qui se battent pour elle.

Deanna fait semblant de ne rien voir, mais vu le sourire narquois qu'elle se trimballe depuis sa transformation, elle a parfaitement conscience de l'effet qu'elle produit chez la gent masculine. Pire, elle s'amuse, se délecte de ce retournement de situation. Les élèves qui se moquaient d'elle à l'époque, la vénèrent littéralement, aujourd'hui. Je comprends que ma cousine ait envie de se venger, mais je trouve ça un peu... bref, ce n'est pas quelque chose que je prendrai plaisir à voir, si j'étais à sa place.

Néanmoins, j'admets me sentir soulagée car lorsqu'elle est dans les parages, les garçons m'oublient, ils me fichent la paix. A part peut-être Sirius Black. Ce gryffondor est d'une obstination sans égale.

— Nouvelle recrue ? minaude Potter, sans quitter des yeux un seul instant ma cousine.

« Perspicace, le binoclard. » marmonne McDowell d'une voix parfaitement audible. Je retiens un rire. Ce n'est pas parce qu'il est drôle que je dois rire. Après tout, il vient d'insulter l'un de mes camarades. James Potter est dans ma maison et... oh, laissez tomber. Je le connais à peine et cela fait des années qu'il perturbe mon cours préféré : la Divination.

Oui, j'aime bien le cours de Divination, et alors ? C'est passionnant (quand Potter ne joue pas les trouble-faite !)

— Quel poste ?
— Poursuiveuse, répond Deanna en lui retournant un sourire faussement charmeur.
— Je suis poursuiveur, moi aussi.

Ah, ben il fait bien de nous le rappeler ! Ce n'est pas comme si tout le monde le savait déjà. Je vous parie que la rumeur est vraie : James Potter s'est réellement fait tatouer son numéro de maillot sur les fesses. Probablement la fesse droite. Et sur la gauche, il est sûrement inscrit : « J'aime Lily Evans », en gros caractères.

— Sans rire ? ricane Deanna, visiblement satisfaite de sa petite victoire.

Ils se connaissent depuis des années et, durant tout ce temps, James Potter, monsieur je me crois « le plus beau et le plus fort » ne lui a jamais accordé la moindre attention, si ce n'est pour la comparer à, je cite : « un vulgaire corbeau ». Ne me demandez pas ce que cela signifie, j'en ai pas la moindre idée. Mais ce qui est certain, c'est que Deanna l'a très mal pris.

— N'hésite pas à venir me voir si tu as besoin de conseils, Jennings.

Je lève les yeux au ciel, en même temps que McDowell. Voilà que Potter se met à draguer ma cousine. Eh, c'est pas parce qu'elle est rouquine qu'il faut la confondre avec Lily Evans !

— C'est trop d'honneur, ironise le Poufsouffle en battant des paupières.
— Bon entraînement, conclut le brun à lunettes, sans cesser de sourire comme un abruti.

Je le suis du regard en me demandant comment c'est possible d'avoir un air aussi niais peint sur le visage. Je veux dire, pourquoi les garçons sont-ils aussi sensibles à la beauté ? Ca me dépasse complètement. En ce qui me concerne, je n'ai jamais fixé quelqu'un avec insistance, juste parce qu'il a un physique avantageux.

— Je n'arrive pas à croire que Potter se soit excusé... et que tu te sois retenu de le frapper, dit brusquement ma cousine, me sortant de mes pensées.

McDowell la regarde à peine et fait mine de réajuster ses genouillères.

— Je ne suis pas une brute, Jennings.

Deanna arque un sourcil sarcastique et lui répond en toute franchise :

— L'an dernier, vous avez tous les deux fini à l'infirmerie.
— L'an dernier, c'était l'an dernier ! rétorque-t-il d'un ton bourru, les joues rouges de colère. Ou de honte ?

Son regard se pose ensuite sur sa coéquipière et il fronce soudain les sourcils.

— Quoi, pourquoi tu me regardes comme ça ? demande Deanna, sur la défensive.

Le jeune homme détourne aussitôt le regard et se gratte la tête, gêné.

— Il y a un problème avec ta tenue, tu ne crois pas ? C'est trop petit.

Ma cousine hausse des épaules.

— Non, ça va, je suis à l'aise.
— Je te dis que c'est trop petit ! s'agace-t-il, ce n'est pas censé être aussi... peu importe, je te commanderai une nouvelle tenue dans la journée. décrète le brun. Allez, en place tous le monde ! Pourquoi il n'y a personne ?! s'égosille-t-il à nouveau.

— J'en sais rien, moi. Pourquoi tu n'arrêtes pas de me hurler dans les oreilles ?! riposte Deanna sur le même ton, tu ne peux pas te contrôler un peu ? Les gryffondor nous regardent...

— Rien à battre des gryffondor ! tempête McDowell, oubliant ma présence.

Ok, inutile de le prendre personnellement. En disant cela, il pensait sûrement à Potter.

— T'es lourd dingue, McDowell !

J'observe cet échange avec incrédulité.

Bien que Deanna n'aime pas l'évoquer, je sais que Robert McDowell lui a fait beaucoup de mal ; avant sa transformation, il se moquait constamment d'elle et l'obligeait même à faire ses devoirs. Bien sûr, il n'était pas le seul à se comporter comme un parfait idiot, et bien évidemment, Deanna ne peut pas en vouloir à la terre entière indéfiniment, mais je ne comprends pas pourquoi elle accepte de lui adresser la parole, pourquoi elle intègre son équipe ?

Surtout qu'ils n'ont pas l'air de s'entendre ; les cris et piques cinglantes fusent de toutes parts.

— Dois-je te rappeler que je suis ton Capitaine, Jennings, et qu'à ce titre tu me dois le respect ?
— C'est toi qui ose me parler de respect ? C'est Sainte-Mangouste qui se fout de la charité !

Je recule de quelques pas, prête à battre en retraite.

— Bon, ben... je vous laisse, hein.


Ah, le Quidditch. Cela rend les élèves pratiquant ce sport très violents.



******



— … et c'est donc pour cette raison que j'ai décidé de leur venir en aide.

Une fois mon petit discours terminé, je relève les yeux vers le visage de Sirius Black.

Ce dernier me contemple avec un petit sourire narquois aux lèvres, pleinement conscient de mon embarras. Je n'accorde pas facilement ma confiance aux garçons, encore moins aux Maraudeurs et à celui-ci en particulier. Black est un joueur, et surtout un coureur de jupons qui recherche les aventures amoureuses. Les plus jolies filles de Poudlard sont à son bras, les plus riches aussi. Il écrit des lettres passionnées à l'une, et court après d'autres. Contrairement à certains garçons, il n'a aucun problème pour exprimer ses « sentiments » en public, il n'éprouve aucune honte et il est totalement indifférent de l'opinion que peuvent avoir les autres sur lui.

Quelque part, j'admire son charisme, son éloquence, son assurance sans faille. J'aimerais avoir autant confiance en moi, mais je suis loin du compte.

Son silence me rend nerveuse. L'assurance dont j'ai tenté de faire preuve tout au long de mon discours commence à s'estomper.

— Alors... tu v-veux bien signer ma pétition ? je bafouille timidement.

Le Maraudeur esquisse un petit sourire, que je prends pour une réponse affirmative. Je lui tends aussitôt une plume, qu'il ne saisit pas. Mon bras reste bêtement en l'air.

— Bien sûr que oui, Judith. Si c'est tellement important pour toi...

Le brun fait un mouvement dans ma direction mais je recule immédiatement. Comment ça, si c'est tellement important pour moi ?

— Je ne veux pas que tu signes ma pétition uniquement pour me faire plaisir, Sirius. C'est un sujet important qui mérite réflexion.

Le jeune homme me décoche son plus ravissant sourire.

— Tu es vraiment une passionnée, dit-il en posant une grande main chaude sur mon épaule.

Ce contact me réchauffe. Mais il me met aussi mal à l'aise. Décontenancée, je lève les yeux vers lui. Son regard gris pâle est doux et intelligent, bien que sans chaleur. Il semble m'apprécier, mais pas pour ce que je suis vraiment. Nous nous connaissons depuis plusieurs années, pourtant il ne m'a jamais questionné, ne s'est jamais intéressé à moi. Il ne sait rien de mes goûts, de mes attentes, de mon sentiment de solitude total lorsqu'une personne me dévisage juste parce que je suis d'origine vélane.

Je détourne les yeux un instant pour regarder ma cousine voler, avant de les reposer sur le Maraudeur. Son sourire s'élargit, et il poursuit, d'une voix veloutée :

— Tu pourrais, peut-être... me parler plus en détail des vampires lors de la prochaine sortie à Pré-au-lard ?

Évidemment. J'aurai dû me douter que je ne réussirai pas à obtenir sa signature aussi facilement.

Je ferme les yeux un instant. Juste une fraction de seconde, le temps de prendre ma décision. Si un Maraudeur figure sur ma liste, je sais que les autres gryffondor suivront. Encore plus si c'est Sirius Black, le garçon le plus populaire de toute l'école.

Je parviens à conserver un sourire de façade, je ne veux pas lui faire ressentir ma nervosité, mais à l'intérieur, je bouillonne. Et je sais que je n'ai pas vraiment le choix.

Une boule se forme dans ma gorge, mais je la ravale.

— J'en serai enchantée, fais-je d'une voix mielleuse.





End Notes:
Voilà pour aujourd'hui :)

On retrouve Elgar le vampire au prochain chapitre xD

à bientôt !
Rendez-vous raté by jalea
Author's Notes:
Bonjour,

Voici le chapitre 4, j'espere qu'il vous plaira :)


Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 4 : Rendez-vous raté.




— Une bièreaubeurre, s'il vous plaît.

Je m'affale sur un tabouret et étends de tout mon long mes bras sur le comptoir dans un grognement.

— Dure journée ? constate brillamment le sorcier qui est assis à ma droite.

Je me soutiens la tête d'une main, avant de répondre, sans même prendre la peine de le regarder :

— Vous n'avez même pas idée...

Je sirote mon verre en jetant des regards blasés autour de moi, dépitée et lointaine, l'air absorbée par la contemplation des gens qui m'entourent. Mon rendez-vous avec Sirius Black c'est plutôt mal passé. Le gryffondor pensait que nous avions un rendez-vous « amoureux » mais si j'ai accepté sa proposition, c'est uniquement pour lui parler du nouveau décret mis en place par le Ministère... La conversation a tourné court lorsque le Maraudeur a compris qu'il n'obtiendrait rien d'autre de ma part que des discours enflammés sur le sujet. Il a prétexté devoir rendre service à l'un de ses amis puis il m'a planté comme une idiote, chez Mme Pieddodu.

Sans même avoir signé ma pétition !

— Bienvenue au club, lance mon voisin en riant.

Je me fige brusquement alors qu'un froid glacial s'empare de moi. Dans ma tête, le souvenir d'une voix moqueuse me revient. Je me retourne et aperçois le profil de jeune homme à ma droite. Son nez est droit, ses traits sévères. Ses cheveux bruns foncés sont plaqués en arrière et font ressortir ses pommettes saillantes.

Mes yeux s'écarquillent de surprise.


— Elgar ? je l'interpelle d'une petite voix.

Le concerné soupire lourdement, avant de se tourner vers moi. Il arque un sourcil et sa bouche fait un drôle de pli qui ressemble un peu à un sourire.

— On se connaît, ma jolie ?

Je suis forcément un peu vexée qu'il ne se rappelle pas de moi, mais je me dis que c'est ridicule. De toute évidence, il n'en est pas à son premier verre...

— Judith Powell. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques mois, à la Tête du Sanglier. Lors de la réunion... sécrète, j'ajoute à mi-voix.

Puis nous nous sommes croisés à Poudlard peu de temps après ; Elgar était venu nous avertir ma cousine et moi que des Chasseurs de vélanes allaient procéder à un contrôle dans notre école.

Ses yeux bleu-gris me sondent tel un détecteur de métaux avant qu'il daigne enfin ouvrir la bouche :

— Oh, bien sûr. La fille qui ne croit pas aux vampires...

Je sens mes joues s'empourprer contre mon volonté, tandis qu'il me sourit d'un air goguenard. Malgré son sourire, le reste de son visage demeure froid, impassible. Mon cœur commence à s'emballer de façon inexplicable. Sûrement parce que je n'aime pas que l'on se moque de moi.

— Je crois aux vampires, mais pas que tu sois un vampire, je précise avec animosité.

Le jeune homme émet un rire profond et guttural. Un rire inquiétant, presque dément, qui me déstabilise totalement. Le soi-disant vampire me fixe de son regard bleu glacial jusqu'à ce que je ne puisse plus le supporter. Il est très séduisant, mais il dégage quelque chose qui me dérange beaucoup. Quelque chose de mystérieux et... effrayant.

Je détourne la tête pour mettre fin à la conversation, et en profite pour commander un autre verre. Elgar m'imite rien que pour m'ennuyer, semble-t-il. J'avais espéré qu'il s'en irait. Je sens son regard m'inspecter et se poser sur mon cou. Puis, du coin de l’œil, je le vois vider son verre d'un trait.

— Comment va ta cousine ? demande-t-il abruptement, me faisant à moitié sursauter.
— Très bien, merci.
— Elle prend toujours des potions de camouflage ?
— Non, elle a arrêté, dis-je avec fierté.

Je déglutis difficilement tant ses prunelles semblent me transpercer avec intensité. Je peux y lire comme une attente, presque un espoir.

— Tu veux dire qu'elle parade volontairement en « tenue » de Dryade ?

Ah tiens donc, il a connaissance des Dryades ? Je l'observe avec surprise ; non seulement il en a connaissance mais il parait également croire en leur existence.

Les Dryades sont des nymphes liées aux arbres en général et plus particulièrement aux chênes. Ce sont les ancêtres des Vélanes. Leur pouvoir est plus grand, et par conséquent plus dangereux. Le Professeur Henry Leroy a étudié cette "espèce" en voie d'extinction, mais bon nombre de sorciers le considère comme un charlatan qui court les villes et les campagnes pour vendre son livre "chimérique".

Ma cousine Deanna est pourtant la preuve vivante que les Dryades existent !

— Pas exactement. Ce serait trop long à te l’expliquer, mais disons juste que l'infirmière de notre école lui a préparé une potion pour atténuer sa beauté surnaturelle. Elle... elle n'est plus du tout dangereuse pour les sorciers.

— Tant mieux. Je suis ravi pour ta cousine, dit Elgar d'un sourire sans joie.

Je hoche la tête, puis je décide de l'ignorer. C'est un garçon trop étrange. Il est vrai qu'il parle bien ; il s'exprime d'une manière noble, avec une distinction tout aristocratique. Néanmoins, il m'en faut plus pour accorder ma confiance à quelqu'un.

— Qu'est-ce que c'est ?

Je me raidis lorsque son bras frôle le mien.

Quand nos regards se croisent, mon cœur se met à battre un peu plus vite. Ses yeux transpirent l'arrogance teintée d'un autre sentiment que je ne saurais identifier. La couleur de ses prunelles paraît plus claire ; elles sont à présent d'un bleu laiteux, presque translucide.

— Une...une p-pétition pour venir en aide aux vampires.

Génial, voilà que je me mets à bégayer comme une andouille ! Bon sang, qu'est-ce qui m'arrive ? Je reviens d'un rendez-vous avec Sirius Black, tout de même. Cela devrait rehausser un tant soi peu ma confiance en moi, non ?

Le coin de sa bouche se relève et il esquisse un demi-sourire, en ricanant.

— Donc à moi ? Puisque je suis aussi un vampire, insiste le bellâtre.

Je lève les yeux au ciel, tandis que le jeune homme m'emprunte ma plume pour y apposer son nom.

— C'est une perte du temps.

Je le toise en fronçant les sourcils, perplexe.

— Pardon ?
— Ta pétition, grince-t-il entre ses dents, avant d'avaler un autre verre de Whisky Pur Feu.

Mes joues s'embrassent d'irritation.

— Alors pourquoi l'as-tu signé ? je rétorque du tac au tac, sur un ton glacial.

Le brun se lève de son tabouret. Il fait un pas vers moi puis se ravise, hésitant. Tout à coup, son expression devient sérieuse ; c'est celle d'une personne mûre :

— Parce que tu as l'air aussi désespérée que moi, Judie.
— C'est Judith ! je le corrige en haussant le ton.

Je n'aime pas que l'on écorche mon prénom ou que l'on m'affuble de surnoms débiles. Seule ma cousine a le droit de m'appeler Jude. Le pseudo vampire se contente de sourire, dévoilant des dents bien blanches. « Je sais » murmure-t-il, assez fort pour que je l'entende.

Sans plus de cérémonie, le jeune homme tourne les talons. Je le suis un instant des yeux, et ma bouche s'ouvre sans que je puisse m'en empêcher :

— Tu ne devrais pas te promener à Pré-au-lard, en ce moment. Ce n'est pas prudent.

Je n'ai pas croisé de Chasseurs, mais mieux vaut prévenir que guérir. Quelque chose me dit qu'ils seront prochainement envoyés par le Ministère... Elgar s'immobilise près de la sortie. Puis, il se retourne vivement pour me fixer. Son sourire me semble vaguement narquois, et je n'aime pas du tout la façon dont il me regarde. Comme si j'étais très naïve.

— C'est toi qui devrais être prudente, Judie. lâche-t-il du bout des lèvres.

Mon cœur se met à cogner dans ma poitrine, pendant que ses prunelles ombrageuses me foudroient.

Ces mots sonnent comme un avertissement. Ou une menace.
L'intruse by jalea
Author's Notes:
Bonjour,

Voici le chapitre 5, j'espere qu'il vous plaira.


Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 5: L'intruse.




« C'est toi qui devrait être prudente, Judie »

Cette phrase tourne en boucle dans mon esprit. Non, mais c'est quoi son problème à ce type ? N'importe quel autre vampire serait reconnaissant de ma prise d'initiative, au lieu d'essayer de me faire peur et de me décourager.

— Puisque je te dis qu'il a un grain. Il n'est pas net !

J'enfonce violemment mon couteau et ma fourchette dans mon morceau de steak, et m'acharne dessus. Comment ose-t-on appeler ça de la viande ?

Deanna lâche un faible soupir pour me signifier poliment que je commence à l'ennuyer.

— Vu ce qui se passe en ce moment, tu ne peux pas lui en vouloir... le défend-t-elle, pour une raison qui m'échappe.

Je repose mes couverts sur la table. Ok, j'abandonne. Ce steak est immangeable, tellement il est dur ! Je vais devenir végétarienne, à partir de maintenant. Ce sera plus simple et plus sain.

Et puis, c'est assez chic et moderne, je trouve. Je m'imagine bien dire : « Non merci, je suis végétarienne. Je soutiens les fermetures des marchés aux bestiaux, vous devriez en faire autant.» Il n'y a pas à dire, ça force à réfléchir. D'ailleurs, pourquoi n'ai-je pas pensé plus tôt à devenir végétarienne ? Moi qui suis pour la cause animale, c'est surprenant !

— Non, Elgar était déjà bizarre bien avant que le Ministère ne s’intéresse aux vampires, fais-je remarquer.
— Ah ! Tu admets enfin qu'il est un vampire, se moque Deanna.
— Pas du tout.

Où a-t-elle vu que les vampires sortaient le jour, hein ? Ce sont des créatures de la nuit, tout le monde le sait, ça. Même les moldus !

— Oh, je t'en prie, s'agace la Poufsouffle, pourquoi inventerait-il une chose pareille ?

Je hausse des épaules.

— C'est peut-être un fanatique ?

Il en existe de toute sortes : je connais un gryffondor qui collectionne les griffes de Dragons.

— Bien sûr ! ricane ma cousine, Elgar est un grand fan de vampires, ça se voit tout de suite au premier coup d'oeil. Je te rappelle qu'à notre rencontre, il a tout de suite deviné que j'étais une Dryade. Comment expliques-tu cela ? enchaîne-t-elle presque immédiatement, retrouvant son sérieux.

Je lève les yeux au ciel tant je suis découragée de voir qu'elle est incapable de faire les liens qui s'imposent.

— Oh, c'est vrai que c'était vraiment difficile à deviner avec ton physique de déesse !

Elgar a des yeux et il sait s'en servir. Chapeau bas à ce " vampire " ! La Poufsouffle soupire lourdement.

— Je peux savoir ce que ce pauvre garçon t'a fait ? demande-t-elle en enfournant dans sa bouche une pomme de terre.
— Rien, mais je ne l'apprécie pas, c'est tout. Il se moque constamment de moi.

Et je n'aime pas ça.

Deanna m'adresse un petit sourire qui me déplait fortement.

— Je fais pareil et pourtant tu m'adores.

Je l'ignore délibérément, préférant me concentrer sur un garçon de cinquième année qui la dévisage ouvertement. Aucune discrétion, vraiment. Cela doit bien faire une quinzaine de minutes qu'il fixe Deanna, l'admirant comme si elle était directement descendue de l'Olympe. Je grimace en le voyant s'efforçait d'essuyer discrètement son coude trempé de graisse. Puis, il manque de renverser son verre, qu'il boit finalement d'un coup, comme un alcool fort.

Je le regarde en tournant la tête de droite à gauche.

Navrant.

Pourquoi les garçons sont si... vous voyez ce que je veux dire ?

— En plus il m'appelle Judie ! je m'emporte subitement en repensant à Elgar.
— C'est assez mignon, rit ma cousine.

Je lui décoche un regard assassin.

— Je déteste.

Elle ouvre la bouche pour répondre quelque chose mais se ravise en remarquant Robert McDowell.

— J'en ai ras-le-choixpeau des Gryffondor ! s'exclame ce dernier d'une voix forte.

Le jeune homme prend place à côté de moi en soufflant comme un bœuf. C'est pas croyable, ce Poufsouffle est un véritable paquet de nerfs, il est toujours en colère.

Je m'écarte pour lui laisser un peu de place, ce qui ne semble pas plaire à ma cousine. Je comprends vite à son regard qu'elle veuille que je lui demande de partir. Euh... elle oublie que McDowell est à sa table et que c'est moi, l'intruse ?

— Qu'est-ce que Potter t'a encore fait ? lui demande Deanna en soupirant.

McDowell commence à empiler de la nourriture sur son assiette comme s'il n'avait pas mangé depuis quinze jours.

— Qu'est-ce que les Maraudeurs m'ont fait, tu veux dire ! cingle-t-il en versant une louche de sauce dans son assiette. Tout à l'heure, en quittant le vestiaire, je me suis pris un seau de limaces gluantes en pleine tronche. C'était à vomir !

J'imagine la scène et grimace aussitôt de dégoût, l’appétit coupé. Ma cousine, elle, retrouve instantanément le sourire. Son beau visage s'illumine d'un plaisir sincère.

— Non, j'ai manqué ça ?

À ces mots, McDowell relève brusquement la tête pour le regarder dans les yeux. Il arque un sourcil, surpris par son air ravi, je suppose. Deanna ne se démonte pas.

— Enfin, je veux dire... c'est pas gentil de leur part, se rattrape-t-elle avec un immense sourire qui ne trompe personne.

McDowell esquisse une sorte de grimace, à mi-chemin entre le sourire et la moue.

— Ce n'était pas pour moi mais pour un élève de Serpentard, il paraît. répond-t-il, retrouvant son air renfrogné.
— C'est complètement faux, Rob, j'y mettrai ma baguette au feu.

Une jolie brune se penche vers lui pour lui parler, écrasant un première année au passage. Son regard est marron et profond. Dans ses yeux brille une lueur incendiaire. Je la reconnais aussitôt, c'est l'une des colocataires de ma cousine.

— C'est une déclaration de guerre ! Un affront de plus que les Poufsouffle refusent de laisser passer. Nous allons nous venger ! scande Evelyn Wells avec ferveur, attirant l'attention des élèves alentour.

Pardon ? Une déclaration de Guerre ? Je me tourne vers Deanna, qui se contente de hausser les épaules, comme si cette scène était parfaitement anodine.

— Chouette ! s'enthousiasme une Poufsouffle aux cheveux courts, qui sort de je ne sais où. Tant qu'à faire on pourrait aussi se venger de certains Serpentard, non ? Je vous rappelle tout de même que Rogue m'a brûlée la main au troisième degré, l'an dernier.

— Tu ne vas pas recommencer avec ça, Lynn. intervient la voisine de Wells, l'air courroucée.

— Mais c'est pourtant la vérité ! s'indigne la concernée.

McDowell pointe sa fourchette dans sa direction, avec un air déterminé sur le visage.

— Ouais, il va falloir qu'on s'occupe de ce crétin une bonne fois pour toutes. Et des Maraudeurs, aussi !

Je les observe tour à tour, me sentant soudain de trop. Honnêtement, je n'ai pas très envie de les entendre comploter contre des élèves de ma maison...

— Je ferai mieux d'y aller, moi.

Evelyn Wells se penche encore plus pour me zieuter, se couchant presque sur la table. Il émane d'elle une extraordinaire force de caractère qui m'intimide un peu.

— Tant mieux ! Les espions, on aime pas ça, Powell.

Je la dévisage, bouche-bée. Moi, une espionne ?

— Change toute de suite de ton, Wells. la prévient Deanna, le regard noir.

La jolie brune nous adresse à toutes les deux un sourire dégoulinant d'hypocrisie.

— Désolée, mais je ne voudrais surtout pas que ta chère cousine raconte nos plans à son petit-ami. claironne cette dernière, me faisant rougir jusqu’aux oreilles.

Oh, non ! Je croyais avoir été discrète, mais apparemment pas assez.

— Qu'est-ce que tu racontes ? Judith n'a pas de petit-ami, rétorque immédiatement Deanna en pouffant de rire.

Le sourire sardonique de la brune s'élargit :

— Bien sûr que si. Je l'ai vu siroter un thé avec Black, à Pré-au-lard.
— Quoi ?!

Les yeux de ma cousine s'écarquillent de stupeur. Je rougis de plus belle ; tous les regards sont braqués sur moi et attendent impatiemment ma réponse.

— Avec Black ? dit finalement McDowell, brisant le silence. Une victime de plus, c'est bien trich'te, soupire-t-il, la bouche pleine.

Je les observe un à un, avec l'envie qu'un trou s'ouvre sous mes pieds et m'avale toute entière. C'est affreux ! Si Evelyn Wells est au courant de ma petite escapade avec Sirius, nul doute que cela à dû faire le tour de l'école.

— Je... Sirius n'est pas mon petit-ami ! fais-je désespérément.
— Vraiment ?

Wells se penche encore un peu plus pour étudier mon expression. Elle doit finir par me croire, car un sourire amical étire ses lèvres.

— Génial, une Gryffondor dans notre camp ! s'extasie-t-elle. Tu acceptes d'être notre espionne, hein, Powell ?

Je me tourne à nouveau vers ma cousine, qui se tape le front d'une main, l'air lasse.

— Ou alors, tu acceptes de changer de maison avec moi. Pitié, ces crétins me rendent complètement folle !
— Tu sais qu'on entend tout ce que tu dis, face de troll ? se fâche McDowell.

Et voilà, c'est reparti pour les insultes ! Je ne comprends vraiment pas les Poufsouffle, parfois. Dans ma maison, les élèves qui ne s'apprécient pas évitent de se croiser. Et puis : "face de troll", vraiment ? Cela ne s'applique plus à Deanna depuis longtemps !

Cette dernière roule des yeux, avant de lâcher à voix haute :

— Vous me rendez complètement folle !

Evelyn Wells la gratifie d'un énorme sourire railleur.

— Moi, je dirais plutôt qu'on rend ta vie un peu moins ennuyeuse. Je t'en prie, il n'y a vraiment pas de quoi.

— Bon, et pour les serpentard, alors ? revient à la charge Lynn Rodgers. Et si on essayait de coincer Rogue dans un couloir sombre ?

Lisa Dobson rejette ses cheveux blonds par dessus son épaule, grimace, plisse les paupières comme pour essayait de comprendre les propos farfelus de son amie.

— Beuuurk ! Chacun ses fantasmes, ce n'est sûrement pas le mien, répond-t-elle, la mine dégoûtée.
— C'est une déclaration de GUERRE, Lisa ! s'enflamme à nouveau Wells, le poing en l'air.

La blonde partage un regard exaspéré avec ma cousine. Les pauvres, ça ne doit pas être facile tous les jours de supporter Evelyn Wells.

— Ah ouais, bien sûr. Contre quelle maison, cette fois ?
— Les Gyffondor, évidemment ! répond aussitôt McDowell en la regardant comme si elle venait d'une autre planète.
— La semaine dernière, c'était les Serdaigle...
— T'inquiète pas, je suis toujours sur le coup, assure Wells.
— C'est justement ce qui m'inquiète, soupire Dobson.

Je les observe tour à tour, tandis qu'ils déblatèrent sur la popularité infondée des Maraudeurs, la méchanceté gratuite des Serpentard, et l’intelligence sur-évaluée des Serdaigle. Soudain, cela fait "tilt" dans ma tête. Je suis entourée d'une dizaine d’élèves majeurs, souhaitant s'impliquer dans diverses causes.

Je saisis le sac à mes pieds et en sors ma pétition, ainsi qu'une plume et un pot d'encre. Je dégaine ensuite mon plus beau sourire commercial et interromps le flot des conversations :

— J'accepte volontiers d’être l'espionne de la maison Poufsouffle ! j'annonce fièrement, d'une voix exagérément forte. D'ailleurs, vous savez que le choixpeau avait envisagé de m'envoyer dans votre fabuleuse maison ?
Un petit sacrifice by jalea
Author's Notes:
Bonjour,

Voici le chapitre 6, j'espere qu'il vous plaira :)


Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 6 : Un petit sacrifice.




— Savez-vous à quel point la communauté des vampires est méprisée, Professeur McGonagall ? Nombreux sont obligés de se cacher ou mentir pour vivre décemment, parmi les sorciers. Sans compter qu'ils sont affreusement discriminés ! Il est très difficile pour eux d’accéder aux études supérieures, de trouver un emploi ou un logement. Et de surcroît, la plupart n'ont aucunes ressources ! Notamment, les « nouveaux » vampires ; ils sont contraints de vivre dans des squats insalubres, sans eau potable. Ils sont détestés et traités avec un grand mépris par ceux qui sont contre la mixité sociale, et de plus...

— Oui, oui ! Où est-ce que je signe, Miss Powell ? m'interrompt brutalement la vieille sorcière en se massant les tempes.

J'affiche un sourire radieux et lui tends immédiatement mon parchemin ainsi qu'une plume. J'ai récolté pas mal de signatures, aujourd'hui. Bon, c'est vrai que j'ai du faire un peu le « forcing » pour que certains professeurs acceptent de m'écouter mais le résultat est là, c'est le principal ! La quasi totalité des enseignants soutiennent ma cause.

— Merci, Professeur.

McGonagall se contente de hausser les yeux au ciel.

— Vous allez arrêter de me suivre, maintenant ? J'aimerai me rendre aux toilettes des dames, si possible, soupire-t-elle.

— Oh, bien sûr ! fais-je en rougissant.

Je rebrousse chemin vers la salle commune des Gryffondor, un sourire béat aux lèvres. Cette journée était très productive ! Je passe la grande porte, la tête basse, occupée à comptabiliser mes signatures. « Cinquante-et-un, cinquante-deux, cinquante-trois... ».

Je m'affale lourdement sur un canapé et laisse échapper un soupir de frustration.

— Que cinquante-trois ?! je me lamente à voix haute, faisant sursauter quelques élèves au passage.

C'est tout ? Tous ces efforts pour seulement... cinquante-trois ridicules petites signatures ! Un sifflement derrière moi me fait me tourner brusquement. Je me renfrogne devant ma meilleure amie.

— Oh là, qu'est-ce qui ne va pas ? s'enquiert Beth Goldstein en fronçant les sourcils.

Je balance ma pétition sur la petite table en soupirant, avant de reposer ma tête contre le dossier du canapé.

— Je n'ai récolté que cinquante trois signatures...
— Woah, il y a le nom du Professeur McGonagall là-dessus ! Bien joué, me congratule la Rouge et Or.

J'esquisse un petit sourire. Il est tellement rare de voir Beth s'enthousiasmer... c'est quelqu'un d'assez défaitiste, en général. Il est vrai que Minerva McGonagall a été la plus difficile à convaincre : « Votre prise d'initiative pourrait être mal perçue par les vampires, Miss Powell. » m'a-t-elle averti.

Je ne vois vraiment pas en quoi !

Et puis, il faut bien que quelqu’un se décide à faire quelque chose contre les mesures autoritaires du Ministère, non ?!

— Il me faut deux mille signatures, fais-je remarquer, soupirant de plus belle.
— Et les Maraudeurs, alors ? Je ne vois pas leurs noms. Cela attirerait pourtant du monde...

Je me redresse un peu, le rouge aux joues.

— Je... je suppose que tu es au courant. Tu as forcément entendu des bruits de couloir disant que...

— Tu es sortie avec Sirius Black, termine mon amie, toute guillerette.

— Ne te moque pas, surtout, je la préviens d'une œillade assassine.

J'ai déjà bien assez honte de moi comme ça.

— C'est le garçon le plus populaire de l'école, pourquoi je me moquerais de toi ?

Parce que j'ai accepté de sortir avec lui uniquement pour qu'il accepte de signer ma pétition, ce dont je ne suis vraiment pas fière. J'explique cela à mon amie qui contre toute attente, éclate de rire.

— Ouais, autant lier l'utile à l'agréable, tu as bien raison.

J'esquisse un demi-sourire. Beth n’émet jamais aucun jugement sur ma conduite ; je devrais prendre exemple sur elle car à son inverse, je n'arrive pas à m'empêcher de donner des leçons de morale à tout va.

— Mais attends... pourquoi son nom n'est pas inscrit sur ta liste ?

Une bouffée de colère m'envahit soudain, et j'explose littéralement :

— Parce qu'il m'a planté chez Mme Pieddodu avant même que je n'ai le temps de lui parler !

Ses yeux s'écarquillent comme si elle ne s'attendait pas à pareille réponse.

— Non, c'est une blague ? Depuis le temps qu'il te court après et il te largue comme ça, comme une vieille chaussette ? Sans même payer la note ?

Ma meilleure amie s'exprime d'un ton trop vif et trop passionné, ça ne lui ressemble pas. Elle a plutôt pour habitude de soupirer pour marquer sa difficulté à m'écouter avec attention. Je la considère longuement, en arquant un sourcil perplexe.

— Comment sais-tu qu'il n'a pas payé la note ?

L'adolescente repousse une mèche de cheveux blond de son visage, en rougissant légèrement.

— J'en sais rien. Je l'ai supposé, c'est tout...

Ouais, mon œil.

— Tout le monde est au courant, c'est ça ?
— Tout le monde est au courant, confirme la blonde avec une moue désolée.

— Génial, je grommelle dans ma barbe.

Il ne manquait plus que ça, vraiment. Je vais avoir droit à de nombreuses réflexions et moqueries de la part de mes colocataires ce soir, c'est certain ! Je partage ma chambre avec Éloïse Migden et Arya Burrows.

Soyons clair : je n'aime pas dire du mal de mon prochain, mais ces deux filles sont de véritables pestes. Elles se sont liguées contre moi le jour même de notre rencontre. Au début, j'étais aux anges ; notre chambre était deux fois plus grande que celles des autres, et de plus je n'avais que deux colocataires et pas quatre, comme ma cousine. J'étais plus que ravie d'avoir mon espace à moi, mais j'ai très vite déchanté.

Éloïse et Arya ont immédiatement fait bande à part. Elles ne m'incluaient pas dans leurs jeux ou leurs discussions, j'étais tout simplement inexistante à leurs yeux. Je m'y suis habituée et me suis fait rapidement d'autres amies. Ma relation avec mes colocataires à cependant empirée lors qu'elles ont appris que ma cousine et moi étions d'origine vélane.

Depuis ce jour, c'est très tendue dans le dortoir. Les deux Gryffondor me méprisent et me narguent constamment là-dessus : " Ta cousine, je veux bien le croire, mais toi ? Non, tu n'es pas assez belle et tu n'es même pas blonde !".

— Et Remus Lupin, tu lui as demandé ?

Lupin ? Je fais la moue. J'avais envisagé de le faire, mais je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il m'évite. Son attitude est étrange : à chaque fois que l'on se croise dans les couloirs, il passe devant moi en baissant la tête. En fait, je crois qu'il évite tout le monde, à part ses amis. Alors, je n'ai pas très envie de l'embêter avec ça.

— Non, je ne lui ai pas demandé...

— Qui ne tente rien n'a rien ! déclare Beth en se levant.

— Où vas-tu ?

Elle m'arrache ma pétition des mains, et me subtilise une plume.

— Je vais me charger de Pettigrow.

Je secoue aussitôt la tête.

— Non, c'est inutile. Il ne signera que si ses amis le font...

— C'est ce qu'on va voir.

Médusée, je regarde Beth marcher en direction de Pettigrow, d'un air déterminé. Le Maraudeur est occupé à... ne rien faire. Le regard dans le vide, il est vautré dans un canapé en cuir rouge. Beth lui donne une grande tape sur l'épaule qui renverserait à terre un hippogriffe, mais Pettigrow ne bouge pas d'un millimètre. Il est assez trapu et large, et prend presque toute la place sur le canapé deux places.

Beth se positionne face à lui, en arborant son habituel sourire ennuyé.

— J'ai besoin de ta signature, Pettigrow.

Elle lui tend ma pétition, sans vraiment lui laisser le choix. Le Maraudeur se redresse un peu, l'air surpris.

— C'est quoi ?
— Une demande à mon initiative pour annuler les cours du lundi, ment-elle avec sérénité. On est tous crevés en début de semaine, tu n'es pas d'accord ?

Les deux adolescents se toisent un moment, puis Pettigrow approuve d'un hochement tête. J'ouvre la bouche en grand, tandis qu'il griffonne son nom, sans même prendre la peine de lire ce qui est écrit sur le papier.

— Merci, Pettigrow.
— J’espère que ton projet aboutira. Tiens-moi au courant.
— C'est ça, je t'envoie un hibou, assure la blonde sur un ton légèrement railleur.

Beth me rejoint à grands pas, le sourire aux lèvres, tandis que j'ai la bouche toujours grande ouverte.

— Je n'arrive pas à le croire, je murmure, ébahie.

Mon amie se contente de hausser les épaules.

— Suffit de savoir comment appâter les crétins. Rien de compliqué avec Pettigrow, il ne pense qu'à deux choses : manger et glander.

Je pouffe de rire.

— Je devrais t'engager à plein temps, fais-je remarquer, à moitié sérieuse.

Son sourire se crispe, et je comprends tout de suite à son expression qu'elle n'est pas emballée par l'idée, bien au contraire. Beth est un peu réservée, elle n'aime pas se mélanger aux gens. Si elle est allée voir Pettigrow, c'est uniquement pour m'aider à obtenir la signature d'un Maraudeur.

Je contemple le gribouillis de Pettigrow comme si c'était le Saint Graal, avant de relever les yeux vers ma meilleure amie.

— Merci, Beth.
— Ça ne vaut pas la signature de Black ou Potter mais c'est toujours ça, non ?

Je cligne des yeux, hébétée. Quelle idiote ! J'ai complètement oublié James Potter. Comment est-ce possible ? Il est aussi populaire que Sirius Black. Je le cherche du regard dans la salle, mais malheureusement il n'est pas là. Mes yeux s'arrêtent alors sur notre Préfète-en-Chef et un sourire éclaire aussitôt mes traits.

J'observe quelques instants la rouquine tandis qu'un plan germe dans mon esprit tordu.

Lily Evans risque de m'envoyer paître, mais comme dit Beth : quitte ne tente rien n'a rien.

Tout en m'approchant, je réfléchis à ce que je vais lui dire, et surtout la forme que je dois employer. Je la dévisage quelques secondes, puis lorsqu'elle lève les yeux vers moi, je me jette à l'eau : je lui expose mon idée en long, en large, et en travers, en omettant volontairement sa directe implication.

Lily reste silencieuse et quelque peu incrédule, puis elle rit de son joli rire cristallin.

— Pour résumer, tu me demandes de demander à Potter de signer ta pétition ?
— Hum... oui ?

Mon sourire se fige alors que le sien s'étire ; elle semble trouver cette idée absurde. La rouquine me considère longuement, dubitative.

— Pourquoi tu ne vas pas le voir toi-même pour lui poser la question ?

Je détourne le regard, un peu gênée. C'est pas évident ? Je pensais qu'elle avait compris.

— Eh bien, j'ai pensé... comme il t'apprécie énormément... qu'il n'oserait rien te refuser, je réponds maladroitement.

Ce n'était sûrement pas la bonne chose à dire ; ses sourcils se froncent en signe de mécontentement.

— Black t'apprécie énormément, lui aussi. Les rumeurs disent pourtant qu'il t'a plantée en beauté.

Je la fixe avec effarement. J'ai l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac. Je ne m'attendais pas à recevoir ce genre de pique de la part de Lily Evans. Je cherche une répartie cinglante, avant de me raviser. Il n'y a aucune trace de moquerie sur son visage, je crois qu'elle voulait juste énoncer un fait.

— Écoute, ça n'a rien avoir avec moi...

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que la Préfète m'interrompt brutalement en levant une main en l'air :

— Si je demande un service à Potter, je lui devrais quelque chose en retour. Et je ne veux rien lui devoir. Tu comprends, j’espère ?

Je reste un instant sans voix, même si sa réaction était à prévoir. Je pensais qu'elle comprendrait. Parfois, il est nécessaire de mettre sa fierté et son ego de coté pour faire avancer les choses ! Et comme Lily Evans soutient ma cause, j'ai naïvement cru qu'elle accepterait de faire un petit sacrifice. Comme je l'ai fait avec Sirius Black.

Je lâche un énième soupir, exaspérée. Pourquoi suis-je la seule à m’inquiéter de la tournure que prend notre société ? Cela nous concerne tous, par Merlin ! Je tente de contenir mon agacement et expire lentement avant de reprendre d'une voix que j'essaie de maîtriser :

— Bien sûr, c'est juste que... Lily, ce qui se passe en ce moment est trop important. Tu as sûrement lu les dernières nouvelles ? Cela ne fait que commencer ! Je suis convaincue qu'un jour, les Chasseurs viendront chercher les nés-moldus.

Cette fois, j'ai peur d'être allée trop loin, de m'être laissée emporter, mais en y réfléchissant bien... c'est une forte probabilité. Lorsque le Ministère aura fait le tour de toutes les créatures magique, que lui restera-t-il ?

Lily m'observe sans rien dire pendant quelques secondes interminables. Puis ses épaules s'affaissent et sa voix devient plus douce :

— D'accord, donne-moi ton papier, soupire-t-elle. Merlin, je sens que je vais le regretter !

La Préfète-en-chef se lève d'un bond, si vite qu'elle me donne le tournis. Elle scanne la salle commune des yeux, probablement à la recherche de James Potter, puis voyant qu'il est absent, pivote sur ses talons.

La jeune fille se retourne néanmoins pour m'adresser un regard sévère.

— D'ordinaire, je ne fais pas ce genre de choses. Je ne manipule pas les garçons pour obtenir ce que je veux.

Je hoche vigoureusement la tête.

— Je sais, oui ! Tu es une fille droite, Lily.

Maintenant, je me sens un peu coupable. Peut-être que je n'aurai pas dû lui demander un truc pareil... la jolie rousse me décoche un demi-sourire, comme pour me rassurer.

— Toi aussi, Judith. De plus, tu as des principes et des valeurs humanistes. Ce n'est pas le cas de tout le monde, malheureusement.

Son regard se perd et ses yeux s'embuent un peu. Elle semble soudain triste, perdue dans ses pensées. J'ouvre la bouche et la referme sans savoir quoi dire. Lily Evans n'est pas une amie proche, c'est tout juste une bonne camarade. Ce serait malvenue de ma part de l'interroger sur sa vie privée, surtout après le service que je viens de lui demander.

Quand ses yeux vert émeraude se pose à nouveau sur moi, ils deviennent vifs et brillants.

— Tu peux compter sur moi, ce sera fait. Même si ce n'est pas de gaieté de cœur.
Discussion entre filles by jalea
Author's Notes:
Bonsoir :)

J'en profite également pour mettre à jour cette histoire.

Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 7 :Discussion entre filles.





— Que sais-tu à propos d'Amos Diggory ?

Je m'arrête brusquement d'écrire pour regarder ma cousine d'un air désabusé. Elle a abandonné ses devoirs, et contemple le paysage par la fenêtre. Elle joue avec une mèche de ses cheveux blond-roux, sans se soucier du groupe de garçons assis à la table voisine, qui nous reluquent sans vergogne. Je leur jette un regard noir avant de me tourner vers Deanna. Je prends soudain conscience de quelque chose d’inhabituel et dérangeant : elle porte du rouge à lèvres.

Ma cousine, Deanna Jennings, porte du rouge à lèvres ! Ce n'est pas normal du tout, ça. Et franchement, je ne vois pas l’intérêt. Elle est déjà d'une grande beauté, avec ses longs cheveux blond-roux, son visage rond et délicat, et ses yeux couleur bleu indigo.

— Euh... pas grand chose. Si ce n'est qu'il est sorti quelques semaines avec Lily Evans, l'an dernier. Pourquoi cette question ?

La Poufsouffle hausse des épaules.

— Il a l'air gentil.

Je ne connais pas suffisamment Diggory. Nous ne sommes pas dans la même classe mais je sais qu'il a beaucoup de succès auprès des filles.

— Je suppose, oui...

Je me remets à écrire frénétiquement dans le but de terminer mes devoirs le plus rapidement possible. Lily m'a donné rendez-vous à l'heure du déjeuner pour me dire si Potter à signé ma pétition.

— Et il est beau garçon, ajoute Deanna, l'air de rien.

Je me fige net, ma plume à la main. Ma bouche s'ouvre de stupéfaction. Je n'ai pas rêvé, là ? Bon sang, plus le temps le passe et moins je reconnais ma cousine !

— Tu commences à m’inquiéter, Deanna. dis-je sérieusement.

— Pourquoi ça ? s'étonne cette dernière, les yeux ronds.

— Ben, tu... tu t’intéresses aux garçons !

— Comme toutes les filles de mon âge. D'ailleurs, toi, tu as accepté un rendez-vous avec le Don Juan de service, alors... chuchote-t-elle d'un léger ton de reproche.

Ah non, ça n'a rien de comparable !

— Uniquement par intérêt, je précise à mi-voix.

Je me sens rougir de honte sous le regard mi-moqueur, mi-accusateur de ma cousine. Je ne me laisse cependant pas démonter et tente de recentrer la conversation sur quelque chose de plus productif :

— Tu ne crois pas qu'il y a plus important à faire ? Tu as lu le journal, ce matin ?

— Ouais, bien sûr. C'est le gros bazar avec... les vampires ?

Je roule des yeux. C'est pas croyable, Deanna ne lit jamais le journal ! Elle n'est au courant de rien, même lorsque cela concerne directement notre communauté.

— Tu ne crois pas si bien dire ! je m'enflamme à voix basse, pour éviter que la vieille Pince ne me tombe dessus, ils ont élaboré une potion pour les détecter et les marquer !

La Poufsouffle se contente de soupirer en secouant la tête. Quelques mèches de cheveux blonds-roux volettent autour de son visage. Son manque de réaction me crispe. Après plusieurs secondes de silence, les bras croisés sur ma poitrine, j'insiste :

— Tu entends, Deanna ? Le Ministère veut les marquer comme du bétail !

Ma voix monte dans les aigus, ce qui me vaut un grand "CHUT !" de la part de la bibliothécaire. Je lui adresse un sourire d'excuse qui ne parait pas l'apaiser ; je sens son regard insistant fixer mon dos.

— Genre, sur les fesses ? murmure la Poufsouffle avec un demi-sourire. Du coup, pour reconnaitre un vampire, les chasseurs devront demander aux personnes qu'ils contrôlent de retirer leurs frocs en public ?

Comment ? Je dévisage ma cousine avec une expression sidérée.

— C'est censé être une plaisanterie ? je grince entre mes dents.

La jeune fille hausse des épaules, comme pour dire : « Mieux vaut en rire qu'en pleurer ».

— Ca n'a rien de drôle ! je m'emporte à voix basse, la situation est critique, Deanna. Et ne va surtout pas croire que toi et moi l'avons échappé belle, le Ministère n'en n'a clairement pas terminé avec les vélanes.

La Poufsouffle ne semble pas du tout mesurer la gravité de la situation, de jour en jour plus terrible. Depuis qu'elle a changé d'apparence, elle fait comme si tout était parfaitement normal, comme si elle était une simple... sorcière de dix-sept ans.

— Que veux-tu y faire ? Nous sommes coincés ici pour encore six bons mois...

Et alors ? J'ai déjà réfléchi à la question, et ce n'est pas parce qu'on est coincé à Poudlard qu'on ne peut rien faire.

— Nous devons organiser une nouvelle réunion de toute urgence. Nous allons inviter tous les vampires !

Cette fois, c'est Deanna qui me dévisage avec sidération.

— Redescends un peu de ton nuage, Judith. Le seul vampire qu'on connaisse, c'est Elgar... Elgar... c'est quoi son nom, déjà ?

— Aucune idée. Je n'ai pas souvenir qu'il se soit présenté.

Les poils de mes bras se hérissent à la simple prononciation de son prénom. Décidément, je n'ai pas du tout confiance en ce pseudo vampire.

— Okay, alors on va inviter Elgar et c'est tout. La petite fête va être sympa, à nous trois ! ironise la Poufsouffle.

— Cesse d’être sarcastique, Deanna. Depuis que tu as changée d'apparence, tu es vraiment infernale.

Je me mords aussitôt la langue ; les mots ont dépassés ma pensée. Je n'ai pas réfléchi – ou plutôt, je pense à autre chose, à ce que qui se passe dehors.

— Infernale ? répète doucement ma cousine.

Son regard bleuté m'étudie, devient brûlant, me scrute avec une attention alarmante. C'est une chance que ses émotions ne puissent plus prendre le dessus car elle se serait sûrement transformée en furie, là, tout de suite.

Mal à l'aise, je gigote sur mon siège.

— Pas vraiment. Enfin, tu... tu te montres cynique et...

— J'ai toujours été cynique, me coupe-t-elle abruptement.

— Tu l'es encore plus maintenant, je rétorque avec tout le tact dont je suis capable.

Ses yeux virent au bleu nuit profond, presque noir. Sa mâchoire est serrée. Je ne lui fais pas réellement de reproches, c'est juste une constatation. Je m'inquiète de son changement de personnalité, c'est tout. L'ancienne Deanna ne se maquillait pas.

Et elle ne se serait jamais intéressée à ce bellâtre de Diggory !

— Je te rappelle qu'avant ma transformation, je faisais tout mon possible pour garder la bouche fermée afin d'avoir la paix !

" CHUUUUT !" lance une nouvelle fois Mme Pince depuis son bureau, agacée. Je l'ignore royalement, concentrée sur ma cousine.

— Pourquoi on se dispute ? Je voulais juste... tu n'es pas obligée d'organiser cette réunion avec moi si tu ne le veux pas, dis-je rapidement pour tenter d'apaiser la situation.

J'aurai mieux fait de me taire. Notre relation est trop importante pour moi, Deanna est comme ma sœur. Je dois arrêter de la sermonner, elle n'est plus une enfant. Elle peut prendre seule ses décisions, sans que je n'ai besoin de l'y forcer.

Le visage de la Poufsouffle se radoucit, et ses épaules se détendent.

— Donc, la réunion va se résumer à un tête à tête entre Elgar et toi ? raille-t-elle, retrouvant un semblant de sourire. C'était peut-être ce que tu cherchais à obtenir depuis le départ...

Pardon ?! Je la dévisage avec des yeux ronds, la bouche grande ouverte.

— Oh, je t'en prie ! fais-je en levant les yeux au ciel, je me fiches complètement de ce pseudo vampire aux cheveux gominés.

Et des garçons, en général. J'ai franchement mieux à faire que de me soucier de ma vie amoureuse. Deanna soupire lourdement, l'air ennuyée.

— S'il te plait, Jude ! Est-ce qu'on pourrait, pour une fois, avoir une conversation normale ?

Je l'observe avec attention et elle fait de même avec moi. Je comprends rapidement qu'elle agit ainsi pour compenser notre dispute. Et peut-être aussi qu'elle en a marre que je lui rappelle sans cesse que nous sommes toutes les deux différentes des autres filles de notre âge.

Bon, puisqu'il le faut...

Je me soutiens la tête d'une main, et lâche un soupir à fendre l'âme.

— Bien. Parlons des garçons puisque tu en meurs d'envie.

Un petit sourire sardonique se dessine sur mes lèvres, et je lui pose la question qui me turlupine depuis plusieurs semaines :

— Qu'est-ce qui se passe exactement entre Robert McDowell et toi ? Vous avez une relation très étrange, je trouve.

Je fais mouche, le sourire de ma cousine s'évanouit instantanément. Elle détourne le regard et croise celui d'un sixième année, qui lui adresse un clin d'œil rieur. Deanna le gratifie d'un regard dédaigneux, avant de répondre :

— Il ne se passe rien. On joue dans la même équipe de Quidditch, point barre. T'es gentille, tu évites de prononcer son nom en ma présence.

Eh bien, je ne m'attendais pas à une réaction aussi... virulente. Cela attise encore plus ma curiosité.

— J'ai touché un point sensible, on dirait. Allez, Deanna, tu peux tout me dire...

Son beau visage est fermé, ses traits sont tirés. Je ne sais pas quoi en penser, je l'ai peut-être un peu trop bousculée.

C'est pourtant sur un ton calme, qu'elle rétorque :

— Rob McDowell est un crétin doublé d'un vantard égocentrique.

— C'est pas le seul à Poudlard, je souligne.

Son regard bleu devient d'une clarté glaciale, un instant, et se vrille dans le mien.

— McDowell m'a rendu la vie impossible pendant des années. Il a eu la mauvaise idée de s'excuser, et maintenant je dois faire comme comme si rien ne s'était passé ! s'emporte la Poufsouffle, sur un ton rageur. Il est dans ma maison, ma classe et en plus, la vieille McGo me l'a collé en binôme cette année. C'est vraiment agaçant de devoir lui parler, lui sourire en permanence, alors que...

— Tu n'en as pas envie, je termine pour elle. Oh, c'est bon Mme Pince, on s'en va ! je lance d'une voix exaspérée à son attention.

Je me lève d'un bond, n'en pouvant plus de ses "CHUT !" à répétition. Deanna ne se fait pas prier ; elle ramasse rapidement ses affaires qu'elle fourre n'importe comment dans son sac.

Une fois dans le couloir, je poursuis notre conversation :

— Pourquoi tu ne lui dis pas tout simplement d'aller se faire voir ? A McDowell, j'ajoute face au regard interrogateur de ma cousine.

La jeune fille cligne des yeux en me regardant d'une drôle de manière. Elle ne s'attendait visiblement à ce que je lui donne ce genre de conseil. J'ai plutôt pour habitude de détourner le sujet de la conversation pour revenir à ce qui m’intéresse : les Vélanes, le Ministère, ou les Vampires.

C'est le gros défaut dont je souffre, mais j'essaie de m'améliorer.

— Parce que j'ai en quelque sorte accepté ses excuses, et que je ne peux pas revenir en arrière. Il n'y a aucune raison, puisque son comportement envers moi est devenu... (Deanna semble chercher le mot juste) amical.

— Amical ? je me moque, vous vous insultez à longueur de journée !

— Oui, mais de manière amicale.

— Ah, bon. Qu'est-ce que ça devait être quand ce n'était pas amical...

Nous échangeons un bref regard avant d'éclater de rire toutes les deux. Cela ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Deanna m'agrippe brusquement le bras, son visage est soudain illuminée, elle rayonne littéralement.

— Tu sais quoi ? On va l'organiser ta réunion et les Poufsouffle vont nous donner un coup de main. J'ai déjà plusieurs noms en tête...

Pour je ne sais quelle raison, son expression devient machiavélique. Je lui rends son sourire, sans trop savoir dans quoi je mets les pieds.

Tout est possible, avec les Poufsouffle.
Rencontre dans le parc (Partie 1) by jalea
Author's Notes:
Bonsoir :)

J’espère que vous allez bien. Ca fait un petit moment que je n'ai rien posté et je m'en excuse.

Je vais essayer de mettre à jour mes fics cette semaine. Et je commence par le chapitre 8 des aventures de Judith. J’espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture,
à bientôt.
Chapitre 8 : Rencontre dans le parc (Partie 1)




— Salut, Lily ! Est-ce que tu as... ?

La jolie rousse lève aussitôt une main en l'air pour m'arrêter. Mon sourire se crispe, ma démarche se voulant assurée est stoppée.

— Je n'ai pas encore eu le temps de lui parler, dit-elle en faisant allusion à James Potter. Enfin si, j'aurais pu lui parler mais j'ai sans cesse reculer l'échéance parce qu'il est franchement insupportable.
— Oh.

Je ne trouve rien d'autre à dire et me contente de la dévisager avec déception. J'avais tant espéré obtenir la signature de James Potter ! Si un garçon aussi populaire adhérait à ma cause, je suis certaine que cela intéresserait des dizaines d'autres élèves...

Je me rapproche prudemment de ma camarade, comme si elle était un serpent venimeux prêt à mordre au premier mouvement. Même si elle essaye de le cacher, l’exaspération et la colère émanent de tous les pores de sa peau. Ses cheveux habituellement lisses sont ébouriffés, et elle a oubliée sa cravate. Ça ne lui ressemble pas de paraitre aussi... négligée.

— Vous avez pourtant l'air de mieux vous entendre, non ?

Je me mords aussitôt la langue en captant son regard noir. Oh, bon sang. J'aurais mieux fait de me taire.

— Tu parles ! s'exclame la préfète, attirant des regards curieux. Je dois faire semblant d'avoir de bonnes relations avec lui, parce que cet abruti est aussi préfet-en-chef. Je n'arrive toujours pas à le croire ! Son père a sûrement soudoyé le directeur, si tu veux mon avis.

Quoi ? Albus Dumbledore n'est pas le genre de sorcier à accepter un pot de vin ! J'ouvre la bouche, indignée, avant de la refermer dès que je réalise qu'aucun mot ne daigne se former sur ma langue. La rouquine ne pense probablement pas ce qu'elle dit, elle est juste en colère contre Potter. Comme toujours !

A contre cœur, je finis par articuler :

— Ne te sens pas obligée de faire ça pour moi, Lily.

Elle lève encore la main pour brasser de l'air.

— Une promesse est une promesse ! Justement le voilà, remarque-t-elle d'une moue ennuyée.

Je me retourne par réflexe, et mon regard tombe sur un grand jeune resplendissant. Tout, en lui, exprime une virilité triomphante : ses cheveux d'un noir de jais, son teint halé, la régularité presque parfaite de ses traits. C'est curieux, avant aujourd'hui, je ne l'avais pas vraiment remarqué.

James Potter avance avec une démarche de conquérant, un sourire aux lèvres, saluant quelques camarades au passage. Je me tourne vers Lily, qui mitraille littéralement du regard son collègue. La pauvre, elle a déjà l'air sur les nerfs. C'est vrai que les Maraudeurs peuvent être agaçants, mais ils ne sont pas pire que certains Serpentard. Il lui suffirait juste de les ignorer, comme je le fais.

Tandis que je m'installe à table pour prendre tranquillement le petit-déjeuner, la préfète se lève d'un bond, me faisant sursauter.

— Viens avec moi.

Son ton est sans appel, et d'ailleurs elle n'attend pas de réponse. Je l'imite et la rattrape rapidement. Nous nous arrêtons toutes les deux devant James Potter, qui est occupé à tartiner de beurre un petit pain. Lorsqu'il lève le regard vers nous, ses sourcils se froncent légèrement.

Je regarde Lily. Elle est devenue subitement muette. Alors que j'hésite à prendre la parole, un sifflement appréciateur qui m'est apparemment destiné résonne derrière mon épaule.

— Bonjour, les filles ! fanfaronne Sirius Black, un grand sourire aux lèvres.

Le bellâtre prend place à coté de son meilleur ami, qui le salue d'un simple hochement de tête. Puis, Sirius se tourne vers moi et me décoche son habituel clin d'oeil. Je me sens intimidée par son attitude, et c'est probablement son intention.

Fort heureusement, notre préfete-en-chef se décide à ouvrir la bouche :

— Je peux te parler, Po... James ? Ça ne prendra qu'une minute.
— Bien sûr, Lily.
— En privée.

Le brun à lunettes se fige et la considère en arquant un sourcil, visiblement intrigué.

— Enfin non, pas en privée ! se reprend-elle immédiatement en rougissant affreusement. Tes amis peuvent rester, ça les concerne également.

Sirius ouvre aussitôt la bouche pour dire quelque chose de probablement graveleux mais son voisin l'en empêche en lui assenant un coup de poing dans le bras.

— Je t'écoute, dit-il à Lily, avec sérieux.
— Je ne sais pas si tu es courant mais le Ministère veut imposer...
— Un décret visant à recenser les vampires, termine le préfet-en-chef avec un rictus suffisant.

La rouge et or se renfrogne, alors que de mon côté, je me réjouis que James Potter s’intéresse à l'actualité. Et moi qui ai toujours pensé qu'il était superficiel !

— Hum, oui. Et Judith...
— A eu la très bonne idée de faire une pétition pour annuler cet loi. Pour cela, elle doit récolter deux milles signatures.

Le jeune homme se tourne dans ma direction pour m'offrir un sourire amical.

— J'en ai entendu parler.
— Apparemment, répond la rouquine en rejetant ses cheveux par dessus ses épaules, dans un geste agacé. J'ai suggéré à Judith de venir te voir, mais elle avait peur que tu refuses de signer sa pétition.
— Vraiment ? lance Sirius dans ma direction, me dévisageant avec surprise.

Sous son inspection, je sens mes joues chauffer. Je n'aime pas quand il me regarde trop longtemps de cette façon, comme si.. comme s'il s’intéressait véritablement à ce que je pense alors que dans le fond, il n'en a rien à faire.

— Je lui ai répondu que c'était impossible, que les Maraudeurs ne pouvaient qu'être pour ce genre d'initiative, poursuit la rouquine d'une voix lente et minaudé. N'est-ce pas, Remus ? ajoute-t-elle en se tournant vers un garçon aux cheveux châtains.

Remus Lupin a l'air fatigué, les cernes sous ses yeux sont un peu plus prononcés que d'habitude. Pourtant, il nous accueille avec un grand sourire franc et chaleureux qui me fait chaud au cœur.

— Oui, évidement.

Je partage un large sourire avec Lily, aux anges. Je m'empresse de sortir de ma pétition, ainsi qu'une plume, que je tends au Maraudeur. Il griffonne son nom à l'endroit que je lui indique, ce qui provoque en moi des papillons dans le ventre. Remus Lupin est aussi populaire que ses amis, c'est une belle avancée !

— Merveilleux. A ton tour, Black.

Remus fait passer le parchemin à son voisin, qui tire la grimace. Il ne semble pas apprécier de recevoir des ordres, mais obtempère quand même. Sous le choc, mes yeux s'écarquillent. Cela fait des semaines que j'essaie de convaincre Sirius Black, sans succès. Woah, je crois que Lily Evans est ma bonne fée !

— Po... James ? se corrige la rousse, les dents serrées.

Contre toute attente, le brun à lunettes reste stoïque ; il ne saisit pas la plume que Sirius Black lui tend. Son expression devient sévère, une ride verticale se forme au milieu de son front, entre ses sourcils.

— Sérieusement, Lily ? Tu penses réellement avoir besoin de nous menacer pour qu'on signe ton maudit papier ?

"Maudit papier ?" Je me vexe un petit peu alors qu'à coté de moi, Lily affiche un air incrédule.

— Pardon ? Je ne vous menace pas, je veux juste...
— Comment vous appelez ça, vous autres ? la coupe Potter, en se tournant vers ses amis.
— De l'intimidation pure et simple, répond aussitôt Sirius. Ce que j'admire, Evans ! lance-t-il en tapant ses paumes l'une contre l'autre.

La concernée ouvre aussitôt la bouche pour rétorquer, mais son homologue la devance :

— C'est une très bonne initiative, Judith. Je suis cependant surpris que tu aies envoyée Lily au lieu de venir directement nous voir.

Son regard d'un marron chaud est franc, direct et bienveillant. Je me sens soudain coupable et très stupide. James Potter et moi sommes dans la même classe, mais je ne l'ai que très peu côtoyée. J'avais une image de lui totalement différente et je dois le dire, peu reluisante.

Mon regard se tourne alors vers Sirius Black. Je me mets à bégayer comme une petite fille :

— Je.. j'ai essayé, mais...
— Oh, c'est de ça que tu voulais me parler, l'autre jour, chez Mme Pieddodu ? Désolé, Judith. J'ai cru que tu allais te lancer dans un cours d'Histoire, et ce n'est pas ce qui me passionne le plus...

C'est donc pour cette raison qu'il m'a laissée en plan ? Je ne sais pas si je dois rire ou me fâcher. Je lui jette un regard terrible puis décide de l'ignorer, tout simplement.

— Quel manque de savoir-vivre, déplore Remus Lupin.

Pettigrow, lui, ne peut s'empêcher de s'esclaffer.

— Ne fais pas attention à Sirius. La seule chose qui le passionne, c'est lui-même, dit Potter à mon attention.
— Eh ! s'offusque ce dernier, je t'ai entendu, Cornedrue !
— Parce que je l'ai dit assez fort.

Le jeune homme lui décoche un regard faussement désespéré, avant de saisir la plume pour noter son nom à son tour. Lorsqu'il me rend mon parchemin, je leur adresse à tous les quatre un grand sourire de reconnaissance.

— Merci beaucoup, les garçons !

Je m'apprête à tourner les talons, quand Peter Pettigrow m'interpelle :

— Attends ! Moi, je n'ai pas signé.
— C'est vrai, confirme Lily.

Je me fige net, et ma respiration reste coincée dans ma gorge. Je bredouille lamentablement :

— Euh, si... Bethany Goldstein est passée te voir hier, tu te souviens ?

Je suis embarrassée par le mensonge de mon amie ; pour obtenir la signature de Pettigrow, Beth a prétexté que c'était une pétition pour "annuler les cours du lundi".

— Oui, mais c'était à propos de... oh ! comprend-il soudain, en rougissant à vue d'oeil.

Je m'attends à ce qu'il se mette en colère ou qu'il raconte la vérité à ses amis, mais le gryffondor ne réagit pas. Il détourne simplement la tête pour mettre fin à la conversation. Pettigrow s'est fait avoir, et n'a apparemment aucune envie que cela se sache.

Je profite que ma "bonne fée Lily" soit près de moi, pour ajouter :

— Je compte bientôt organiser une réunion pour soutenir la cause des vampires. Vous voulez y participer ?

La réponse du Préfet-en-chef ne se fait pas attendre :

— Les Maraudeurs sont à ton entière disposition. N’hésite pas si tu as besoin d'aide.
— Merci beaucoup, James ! je m'exclame avec ravissement.

Il me rend mon sourire, l'air un peu étonné de ma réaction. C'est vrai que je peux me montrer trop enthousiaste, parfois. Ma cousine trouve d'ailleurs ça effrayant.

— J'ai promis que je ne dirai rien, alors tu n'as pas à t'en faire à ce sujet.

Je tourne la tête vers Lily, surprise. Je pensais qu'elle s'adressait à moi, mais ce n'est pas le cas, elle regarde James Potter.

— Tu pensais réellement que je refuserais de signer cette pétition ? rétorque le brun à lunettes.

Les deux adolescents s'observent un petit moment en silence.

Les autres Maraudeurs discutent de leurs devoirs, et moi, je reste plantée là sans trop savoir quoi faire. Je devrais sans doute laisser les Préfets entre eux car ils ont visiblement des choses à se dire, mais ce serait malpolie de ma part de m'en aller comme ça, sans avoir au préalable remercié Lily pour son aide.

Cette dernière détourne le regard et soupire lourdement.

— Non, je pensais juste que...
— Que le sort des vampires ne m’intéressait pas, lâche sèchement James.
— Arrête de terminer mes phrases, Potter. C'est agaçant !
— J'y peux rien, je lis en toi comme dans un livre ouvert, Evans. riposte-t-il sur le même ton.

La rousse se contente de lever les yeux au ciel. Puis, sans plus de cérémonie, elle me fait signe de la suivre. Il y a un silence pesant durant lequel ma camarade semble être perdue dans ses pensées.

— Merci pour ton aide, Lily, vraiment ! dis-je pour lui rappeler ma présence. En fin de compte... James Potter est plutôt sympathique, non ?

Son regard couleur émeraude se pose brusquement sur moi. Une drôle de lueur brille dans ses prunelles. Elle ne semble pas de mon avis, loin de là.

— Ne te laisse pas avoir par son sourire charmeur. Il a uniquement signé ta pétition pour me prouver que j'ai tort. Pff, comme s'il s’intéressait réellement au sort des vampires ! Sa famille possède trois elfes de maison, tu le crois, ça ?

Mes sourcils se froncent et se rejoignent ; je ne comprends pas où elle veut en venir.

— Excuse-moi, mais je ne vois pas le rapport avec les vampires...

La rouquine recule d'un pas, comme si je l'avais poussée.

— Comment ça, tu ne vois pas le rapport ? Les sorciers prennent les elfes de maison pour des esclaves !

Les yeux écarquillés, je la regarde avec perplexité. Et ça me revient soudain : Lily Evans est d'origine Moldue. Alors, je me mets à rire, pas pour me moquer d'elle mais parce qu'à présent, je comprends son attitude.

— Les elfes de maison ont besoin d'un maitre, Lily. Un peu comme les chiens, tu vois ? Ils ont besoin de servir leur propriétaire pour être heureux.

Je la gratifie d'un sourire tandis que la préfète me fixe d'un air béat, comme si elle me découvrait pour la première fois. Ses pupilles se dilatent. Ses narines frémissent. Puis, elle explose :

— Je rêve ou tu les compares à de vulgaires animaux de compagnie ?!


******



— Qu'est-ce qui t'a pris de faire un débat avec la préfete-en-Chef ? Tu sais bien qu'elle a un grain, et pas un petit ! fait remarquer ma meilleure amie, en se mordant les joues pour ne pas exploser de rire.

Je me décale un peu pour lui laisser une place sur le canapé. Beth s'y affale lourdement, comme si elle avait perdu sa colonne vertébrale.

— Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle m'ait fait une scène monstre devant tout le monde, dans la grande salle.
— C'était très humiliant, commente la blonde en grimaçant.

Je me contente de hocher la tête, sans rien dire. Lily Evans n'a rien d'une bonne fée ! Sous ses airs de fille angélique se cache en réalité une harpie ! Elle m'a hurlée dessus pendant presque dix minutes, jusqu'à ce que le professeur Chourave se décide à intervenir :

" - Veuillez baisser d'un ton, Miss Evans. Vos cris matinaux dérangent les enseignants.
- Désolée de vous importuner, Professeur ! ai-je répondu ironiquement "

Ce n'est pas comme si j'étais MOI aussi dérangée par le fait qu'une folle furieuse me crie dessus comme un putois, de bon matin !

— Ma pauvre Judith... Je ne sais pas pourquoi tu te retrouves toujours dans des situations embarrassantes.

Je me redresse sur le canapé pour regarder mon amie dans les yeux.

— Ce n'est pas vrai ! Je la contredis, piquée au vif.

La blonde lâche un petit ricanement moqueur.

— Je te rappelle que Sirius Black t'a larguée en plein rencard.
— Trop gentille de ta part, Beth.
— Et n'oublions le Professeur McGonagall, qui t'a hurlé dessus dans le Hall ce matin d'arrêter de la suivre dans les toilettes.

Ouais, ben c'est pas de ma faute ! Je crois qu'elles se sont passées le mot, avec Lily.

— C'était un malentendu, je voulais juste lui rendre un devoir.
— Tu aurais pu attendre un moment plus opportun, non ? raille Beth.

Je croise les bras sur ma poitrine et lui décoche un regard noir.

— C'est bon, tu as fini de te moquer de moi ?
— Oui, je crois que j'ai fais le tour. Pour l'instant, ajoute-t-elle en riant.

un silence s'installe entre nous. Silence que Beth ne tarde pas à interrompre :

— Je m'ennuie.
— Pour changer ! fais-je en roulant des yeux.
— Et si on allait faire un tour dans le parc ?
— Non, je préfère... oui, allons-y !

Mes colocataires viennent d'entrer dans la salle commune, je n'ai aucune envie de les voir.

En passant devant elles, je tourne volontairement la tête en espérant que cela suffise pour les dissuader de m'adresser la parole. Eh bien, c'est très mal connaitre Kathleen Migden et Oryana Burrows.

Les deux adolescentes se livrent aussitôt à une imitation de Lily Evans :

— Comment oses-tu comparer les elfes de maisons à de vulgaires animaux de compagnie, Powell ?!
— C'est répugnant.
— Et abjecte !

"Ignore-les" me chuchote Beth à l'oreille. Mouais, plus facile à dire qu'à faire.

— Où cours-tu comme ça, petite voyeuse ?! McGonagall a surement terminé ce qu'elle avait à faire au petit coin !

Une fois dans le couloir, je laisse échapper un soupir de désolation.

— Pourquoi s'acharnent-elles sur moi ?

Beth marche si lentement que je suis obligée de ralentir la cadence. Sans grande surprise, ma question semble l'ennuyer. Mais en toute franchise, je ne sais pas s'il existe une seule chose au monde qui n'ennuie pas Bethany Goldstein.

— Tu n'as pas encore compris ? Elles sont jalouses !
— Jalouses ? je répète bêtement, incrédule.
— Oh, Judith ! soupire mon amie, parfois, il faut vraiment tout t'expliquer. Oui, Migden et Burrows sont jalouses. Tu es très jolie, brillante, tout le monde t'apprécie...
— Ah bon ?

Pas Migden et Burrows, en tout cas. Et certainement pas tous les Serpentard. La semaine dernière Evan Rosier m'a balancé du porridge dans les cheveux sous prétexte que je venais faire "ma propagande" à sa table. " Les vampires sont une abomination, Powell. Tout comme les sang-de-bourbes !" m'a-t-il craché à la figure. J'ai répondu par un sourire hypocrite, accompagné d'un : " La seule abomination que j'ai jamais vu, c'est toi, Rosier."

— Sirius Black t'as invitée à sortir, et même s'il t'a laissée tomber, il recommence à te faire les yeux doux.

Oh non ! Elle l'a remarqué, elle aussi ? Je pensais que c'était mon imagination qui me jouait des tours.

Mon cœur s'emballe soudain sans raison apparente. Non, c'est faux, je connais la raison : je suis mortifiée à l'idée que Sirius Black me refasse des avances. J'essaie, la plupart du temps, de donner l'image d'une jeune femme sûre d'elle mais en réalité, dès qu'un garçon s'approche de moi, il n'y a rien à faire, je suis prise d'une peur panique ! La peur qu'il ne s’intéresse à moi que parce que je suis d'origine vélane. Et malheureusement pour moi, c'est ce qui arrive la plupart du temps car à ce jour, aucun, je dis bien AUCUN des garçons m'ayant invitée à sortir n'a fait l'effort d'essayer d'apprendre à me connaitre.

Je ne sais pas comment fait Deanna pour supporter ça chaque jour que Merlin fait ! Je pensais qu'elle aurait du mal a gérer la situation, mais c'est tout le contraire, elle semble plus épanouie. Elle envisage même de sortir avec Amis Diggory, c'est dire !

Il y a une partie de moi qui est fière d'elle, et une autre partie... qui l'envie. A sa place, je crois que j'aurais des nausées à longueur de journées. J'assumerais ma condition, c'est sûr, mais je ferai au moins cinq à six crises de panique par jour !

— Et ça ne plait pas du tout à Burrows, qui est raide dingue de monsieur grosses-chevilles... en plus, ta cousine est devenue belle à damner à saint, ce qui n'arrange pas ta situation.

C'est vrai que c'est de ma faute, si ma cousine est une Dryade et que Sirius Black me colle au train ! Je lâche un autre soupir, exaspérée.

— Qu'est-ce que je dois faire, alors ? C'est de plus en plus tendu, dans le dortoir.

— Trouve-toi un petit-ami. Un garçon pas très intelligent et moche. Ça les calmera un peu, je pense...

Je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel. Les idées de Beth sont toujours farfelues.

— Bien, je vais essayer de trouver ça ! fais-je sur un ton sarcastique.

Me prenant au sérieux, la blonde continue sur sa lancée :

— Peter Pettigrow serait un excellent choix. Mais si tu veux vraiment que tes colocs t'adorent, vise encore plus haut. Le top, ce serait... Severus Rogue.

Je m'étrangle à moitié avec ma salive.

— Rogue ? Tu es folle ?!

Ce Serpentard est aussi aimable qu'un Détraqueur, et encore, c'est pas gentil pour les Détraqueurs.

— C'est sûr, tu auras la paix avec un garçon comme lui. Avec Burrows, Migden... et aussi Black. Il sera tellement dégoûté qu'il ne posera plus jamais les yeux sur toi.
— Tu crois ?

Beth me sourit, satisfaite d'avoir enfin éveillé mon intérêt. Dans le fond, pourquoi pas ? Me trouver un petit-ami uniquement pour avoir la paix n'est pas une si mauvaise idée. Mais hors de question de demander ça à Rogue ! Ce garçon est odieux, hautain et méchant.

Je m'arrête soudain de marcher en remarquant deux silhouettes dans le parc.

— Qu'est-ce qui t'arrive ? me demande mon amie, étonnée.

Ma bouche devient soudain très sèche. Je reste clouée sur place.

— C'est... c'est Elgar !
Rencontre dans le parc (partie 2) by jalea
Author's Notes:
Bonsoir :)

Mes meilleurs vœux et une très belle année à tous =D

Je reviens après une longue absence, je suis désolée pour l'attente mais je compte bien me rattraper ;)

Voici le chapitre 9 des aventures de Judith, j'espere qu'il vous plaira !

Bonne lecture,
à bientôt
Chapitre 9 : Rencontre dans le parc (partie 2)




Ma bouche devient soudain très sèche. Je reste clouée sur place.

— C'est... c'est Elgar.
— Qui ça ? demande Beth en fronçant les sourcils.
— Là, dans la Cour avec le Professeur Slughorn ! Que fait-il ici ?!
— J'en sais rien. Tu veux aller le saluer ?

Je secoue aussitôt la tête de droite à gauche.

— Non ! Je ne le connais pas si bien que ça. Partons.

Nous traversons la cour à petits pas rapides. Je garde la tête baissée, comme si cela me permettait de devenir invisible.

— Miss Powell, Miss Goldstein ?

"Avance sans te retourner !" je lance à la blonde, en espérant que le professeur Slughorn nous laisse poursuivre tranquillement notre route.

— Dois-je vous rappeler que la forêt est interdite, mesdemoiselles ? lance-t-il d'une voix plus forte, nous obligeant à nous arrêter.

Je relève la tête et remarque que nous étions sur le point d'emprunter la mauvaise direction. Résignées, Nous nous retournons Beth et moi d'un même mouvement pour aller à la rencontre des deux hommes.

— Bonsoir, Professeur Slughorn. Nous n'avions pas l'intention d'aller dans la forêt...
— On voulait juste prendre un peu l'air, vient à mon secours Beth, remarquant mon embarras.
— Bien, mais ne vous éloignez pas trop. Il se fait tard.

Je sens le rouge me monter aux joues. Slughorn ne s'adresserait pas différemment à des première année ! Un toussotement se fait entendre, obligeant Slughorn à se tourner vers son premier interlocuteur.

— Oh, je manque à tous mes devoirs ! Mesdemoiselles, je vous présente un ami de longue date, Elgar. Nous nous sommes rencontrés lors de mon voyage à Moscou. Elgar est incollable sur les origines de la Russie kiévienne. Ce jeune homme est doté d'une mémoire remarquable, il retient absolument tout. J'avoue bien que j'aimerais moi aussi l'être, mais je suis obligé de vider de temps en temps ma mémoire pour emmagasiner de nouvelles informations...

Je me mets fixer le jeune homme, sans retenue, en arquant un sourcil perplexe. Moscou ? Elgar serait donc originaire de Russie ? Je le détaille des pieds à la tête. Avec ses cheveux plaqués en arrière, sa longue veste de cuir, et son regard polaire, il pourrait facilement passer pour un Chasseur. C'est peut-être son but, car ainsi, il ne risque pas de se faire contrôler les employés du Ministère.

— Elgar, voici deux de mes plus brillantes élèves : Judith Powell et Bethany Goldstein.

Nous échangeons toutes les deux un regard sceptique ; c'est à peine si nous atteignons la moyenne dans son cours. Elgar nous observe en hochant poliment la tête.

— Enchanté de vous connaître, mesdemoiselles.

Je l'observe en arquant un sourcil ; pourquoi prétend-il me rencontrer pour la première fois ? Un peu surprise, je décide d'entrer dans son jeu :

— Elgar comment ? Je n'ai pas saisi votre nom.

Ses prunelles se posent sur moi et un sourire narquois étire ses lèvres.

— Parce que je ne vous l'ai pas dit, Miss Powell.

Il n'ajoute rien de plus. Je dois pincer les lèvres pour éviter que mon sourire poli ne se transforme en une grimace.

— Hum, et bien... je me renseignerai à ce sujet, conclut Slughorn en lui serrant la main.
— Merci, Horace. J'attends de vos nouvelles.
— Je vous ferai parvenir un hibou dès que possible. Et n'oubliez pas votre promesse, lui rappelle-t-il en riant.

Elgar nous jette un regard en biais, ce qui m'intrigue d'autant plus.

— Oui, ma promesse. Je la regrette déjà, mais vous savez que je tiens toujours parole...
— Je le sais bien, mon cher ! s'exclame Sluhorn en souriant de toutes ses dents.
— J'ai beau être venu à maintes reprises vous rendre visite, j'ai bien peur de ne pas retrouver seul la sortie. Peut-être que ces charmantes demoiselles pourraient me raccompagner ? demande Elgar, de sa voix la plus polie.

Le sourire de Slughorn se dissipe instantanément et il semble soudain extrêmement mal à l'aise. Son regard passe d'Elgar, Beth et moi, sans jamais se poser sur l'un d'entre nous.

— Je... je ne suis pas sûr que...
— Avec plaisir, monsieur je-n'ai-pas-de-nom-famille. je réponds pour mettre fin à la tergiversation de notre professeur.

Assez de paternalisme, Slughorn est peut-être notre professeur mais nous sommes majeures, Beth et moi !

— Bien. Miss Powell, Miss Goldstein, ne traînez pas trop en route.

Elgar doit avoir perçu l'inquiétude dans sa voix car son expression se fait soudain grave et sérieuse.

— Vous n'avez aucune inquiétude à avoir, Horace. Vous le savez ?
— Évidement, répond ce dernier en esquissant un drôle de rictus, à mi chemin entre le sourire et la grimace.

Après une dernière poignée de main, notre professeur tourne les talons. Je remarque cependant qu'il prend tout son temps pour rentrer, trainant presque des pieds. Et il lui arrive assez souvent de regarder par dessus son épaule.

Une fois qu'il est assez loin pour ne pas nous entendre, je me retourne vivement vers Elgar :

— Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

Il me renvoie un sourire empli de suffisance.

— Toujours aussi accueillante, Judie.
— C'est Judith ! je le corrige avec hargne. Et ne change pas de sujet, je veux savoir pourquoi tu es venu voir le Professeur Slughorn.

Son regard se pose sur Beth, qui n'a pas encore ouvert la bouche.

— Ton amie est curieuse, énonce-t-il avec lenteur.
— Et encore, tu n'as rien vu, soupire la blonde.

Je lui jette un regard outré.

— Beth !

La gryffondor m'ignore superbement.

— Je dois rentrer, j'ai oublié que j'avais un devoir à terminer. J'ai été ravi de te rencontrer, Elgar.
— Moi de même, approuve l'intéressé en hochant la tête.

" Quoi ? Non, reste !" je supplie Beth en lui faisant les gros yeux.

— On se retrouve dans la salle commune des gryffondor ! lance-t-elle en partant.

Je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel. Ce n'est pas comme si on pouvait se retrouver ailleurs !

Un long silence s'installe, puis Elgar me dévisage, l'air dubitatif :

— Alors... commence-t-il sans terminer sa phrase.

Je m'oblige à soutenir son regard bleuté et essaie de reprendre maitrise de moi même. Bon sang, j'ai horreur de me retrouver seule avec un garçon et ça, Beth le sait pertinemment !

— Alors ? je répète d'un ton mordant.
— Tu me raccompagnes, oui ou non ?

Et puis quoi, encore ? Qu'il commence déjà par me dire la raison de sa présence ici ! Comme il ne semble pas disposé à le faire, je pointe du doigt un petit sentier, à la sortie du parc.

— C'est tout droit par là. Puis ensuite à gauche, à droite, et encore à gauche. Au bout de quelques minutes, tu tomberas sur une fontaine ornée d'une statuette de sorcière qui se noie. Tu devras faire vingt-sept pas en direction du cabanon abandonné où une gargouille te demanderas un mot de passe, mais il te suffira de la contourner pour longer le lac et...

— Il n'y a pas un chemin plus court ? m'interrompt-il sèchement.

Je le gratifie d'un grand sourire sardonique.

— Peut-être bien. Que voulais-tu au Professeur Slughorn ? je demande sur un ton faussement badin.

Elgar me rend mon sourire, mais le sien est crispé. Il serre les dents.

— Tu es assez exaspérante, dans ton genre. Tu as de la chance que je sois au régime où je t'aurais déjà régler ton compte.

Un courant d'air glacial vient subitement m'envelopper, me faisant frissonner tout entière. Je ne sais pas s'il cherche à m'intimider, mais j'avoue que cela fonctionne parfaitement. Je me gifle mentalement de ne pas parvenir à garder mon assurance.

Ma voix devient faible et frêle :

— Ce qui signifie ?

Son sourire s'élargit, dévoilant des canines blanches et menaçantes.

— Un vampire doit se nourrir, tu sais ?
— Si tu crois que tu me fais peur !

J'essaie de prendre un ton moqueur, mais ma voix se met à trembler, et mon cœur s'agite follement dans ma cage thoracique. Il n'y a personne à l'horizon ; je suis seule, avec pour compagnie un garçon que je connais à peine et qui prétend être un vampire.

Il y a de quoi légèrement paniquer, non ?

— Oh, j'avais oublié : tu ne penses pas que je sois réellement un vampire, se moque le concerné.
— Non, mais je crois réellement que tu penses en être un, si ça peut te consoler.

Le jeune homme roule des yeux. Ma remarque l'exaspère, et tant mieux, car j'ai l'impression de maitriser à nouveau la situation.

— C'est fou, à chaque fois que je discute avec toi, je sens un mal de tête poindre ! m'apprend-il en me bousculant pour que je me hôte de son chemin.

J'ai une furieuse envie de le planter là et de partir.

— Donc, c'est tout droit par là ? Ensuite à gauche, à droite, et encore à gauche. Après quelques minutes, je tomberais sur une fontaine ornée d'une statuette de sorcière qui se noie. Et vingt-sept pas supplémentaires en direction du cabanon abandonné où une gargouille me demandera un mot de passe inutile, il me suffira de la contourner pour longer le lac. Et après ?

Je reste scotchée. Il est carrément antipathique, limite agressif mais Merlin, je ne peux pas m'empêcher d'être admirative ! Il a retenu mots pour mots toutes les indications que je lui ai données.

— La sirène du lac t'indiquera le chemin.
— La... sirène ? répète-t-il d'un air désabusé.

Ses prunelles tempétueuses s'ancrent aux miennes. Puis, il hausse un sourcil en m'observant, comme si j'étais particulièrement stupide.

— Dis-moi, il t'arrive d'ouvrir tes livres scolaire ? Les sirènes ont peur des vampires, elles ne s'approchent qu'en cas d’extrême nécessité. Si nous attaquons l'une des leurs, par exemple. Ta petite sirène, là... elle vit en colocation ?

Ses yeux brillent d'une lueur inquiétante, et un sourire mauvais vient éclairer son visage émacié. Mon cœur cogne si fort qu'il semble prêt à s'évader de ma cage thoracique. Je me force à rire, avant de riposter :

— C'est censé me faire peur ? Désolée de te décevoir, mais tu es aussi effrayant qu'un lutin de Cournouailles.

Son léger froncement de sourcils m'indique qu'il sait que je mens. Elgar fait un pas dans ma direction. Puis, un autre. Et encore un autre. Je déglutis avec difficulté. A présent, il me domine de toute sa hauteur ; ses yeux bleus-gris me transpercent et, un sourire arrogant étire ses lèvres minces.

— Les cours se passent bien ? Tu es en dernière année, c'est ça ?

Sa question me prend totalement au dépourvu tant elle sort de nulle part. Ses yeux d'un bleu intense ont une puissance magnétique. Il m'est impossible de bouger ou me dérober.

— Euh, je... oui, je suis en septième année. Ça se passe bien, merci.

C'est un mensonge. Avec tout ce qui se passe en ce moment, j'ai beaucoup de mal à me concentrer en cours.

— Et toi, que fais-tu dans la vie lorsque tu ne t'attaques à d’innocentes personnes pour te nourrir ? j'ironise à peine.

Son regard se détourne un instant, comme s'il n'avait aucune envie de répondre à cette question.

— Je traîne ici et là... et je m'occupe des affaires de mon oncle. De ses erreurs, plutôt.

Sa voix n'est plus si sûre, je n'ose pas l'interroger davantage et lui propose de le raccompagner.

— Et pour la sirène ?
— Je connais un raccourci, j'avoue en rougissant.

Je m'attends à une quelconque remarque désobligeante, mais à la place, il se contente de hocher la tête.

La nuit commence à tomber, nous marchons en silence. Je cherche désespérément un sujet de conversation, mais rien ne me vient à l'esprit, si ce n'est " Il fait plutôt doux, ce soir, non ?"

— Merci de m'avoir raccompagné, dit Elgar.

Je relève la tête et constate que nous sommes déjà arrivés devant l'immense portail de fer forgé. Je ressens un immense soulagement ; je n'aurais pas à lui parler du temps qu'il fait.

— De rien.
— Mais, tu sais... ce n'est pas très prudent de suivre un inconnu. Un vampire, qui plus est.

Son ton condescendant me porte sur les nerfs. Je me redresse de toute ma hauteur.

— Tu n'es pas un inconnu. Et encore moins un vampire.

Je n'y crois pas, c'est tout !

J'ai lu dans plusieurs livres écrit par des moldus que les vampires ne sortaient que la nuit car ils ne supportent pas la lumière du jour. Et aussi, qu'ils dégagent une forte odeur de décomposition ! Ce n'est pas le cas d'Elgar. Je dirais qu'il sent... le savon. Et quelque chose d'autre que je n'arrive pas à identifier.

Ce dernier soupire lourdement.

— Tu es plutôt têtue, en plus d'être exaspérante.

Sans plus de cérémonie, il commence à s'éloigner, les mains dans les poches.

— Attends ! Je compte organiser une réunion à la tête du sanglier pour aider les vampires.

Le jeune homme revient sur ses pas avec un sourire. Ses yeux étincellent d'une lueur moqueuse.

— Et comment comptes-tu les aider, exactement ? En leur payant des verres ?

Je me raidis complètement. Sans que je n'arrive à me l'expliquer, sa remarque me blesse profondément. Peut-être parce que je m'intéresse sincèrement aux sort des vampires. Parfois, j'ai l'impression d'être la seule à vouloir me battre pour des causes impliquant des vies humaines.

— Puisque tu dis être un vampire, j'ai pensé que cela pourrait t’intéresser.

Ma voix tremble un peu trop à mon goût, mais je parviens à me montrer indifférente. Elgar me dévisage un court instant, avant de finalement acquiescer.

— Quand ça ? Je ferai sans doute une apparition.
— Je n'ai pas encore fixé la date. Si tu veux bien me communiquer tes coordonnées, je t'enverrais très prochainement un hibou.
— C'est inutile. Si tu veux réellement me trouver, tu me trouveras.

Je le dévisage à mon tour, la mine interdite.

— Comment ?
— Transmets mes amitiés à ta charmante cousine.

Il élude ma question. Évidemment, pourquoi en serait-il autrement ? Je crois qu'il veut se donner un genre mystérieux pour aller de paire avec sa soi-disant identité de vampire.

— Je n'y manquerais pas, je minaude en retour, sans pouvoir m'empêcher de grimacer.

— Oh, et...

En à peine un battement de cils, le voilà brusquement tout près de moi.

— Qu'est-ce que tu fais ?

Un lent sourire se dessine sur ses lèvres fines.

— Tiens donc... on a peur, tout à coup ?

Je lâche un petit ricanement qui se rapproche plus du son étranglé :

— Non. Je me demande juste pourquoi tu envahis mon espace personnel.

Ses yeux me fixent dans un silence quasi religieux. Puis, il se penche vers moi pour me renifler. Oui, me renifler ! Comme une bête sauvage traque sa proie.

Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Je me sens oppressée et prise au piège. Il me suffirait pourtant de m'éloigner et prendre mes jambes à mon cou ! Malheureusement, j'ai beau me raisonner, mon corps refuse de bouger.

— C'est bien ce que je pensais. Tu possèdes une âme très jeune, dit-il finalement sur un ton très bras.

Je croise les bras sur ma poitrine pour prendre un air assuré et mettre de la distance entre nous. Son petit numéro commence sérieusement à me taper sur les nerfs, il serait temps que j'y mette un terme.

— Ravie de l'apprendre. C'est fini, ce reniflage ?

Mon ton est sec et méprisant, mais ça ne semble pas l'atteindre. Il continue de me scruter avec insistance, jusqu'au plus profond de mon être.

Soudain, je me sens de plus en plus mal, je suffoque. Je n'arrive plus à respirer ! Ma gorge se serre, mes mains tremblent et de grosses larmes se mettent à rouler sur mes joues. J'ignore ce qui m'arrive mais j'ai l'impression qu'on essaie de m'arracher le cœur de la poitrine.

— Arrête ça tout de suite ! Je ne sais pas ce que tu es entrain de faire, mais ARRÊTE !

Elgar se recule d'un coup, comme si je venais de le frapper. Le regard coupable qu'il me lance me confirme qu'il est responsable de ce qui vient de m'arriver. Je dégaine ma baguette magique à la vitesse de l'éclair, prête à en découdre :

— Qu'est-ce que tu m'a fait ?!

Lorsqu'il se décide enfin à me répondre, son ton est calme et posé.

— Rien du tout.
— Ne me prend pas pour une idiote ! je hurle en retour, hors de moi.

A nouveau, il me regarde comme si j'étais très naïve.

— Qu'aurais-je pu te faire ? Je ne suis même pas un vampire, d'après toi.
— Tu m'as jeté un sort !

Mon poing se serre ; je jure que s'il continue de me regarder ainsi, comme si j'étais totalement idiote... La colère que je ressens me comprime la poitrine comme une chape de plomb. Merlin, que m'a-t-il fait ? Je n'ai jamais ressenti une douleur si vive, mêlée à une telle sensation de tristesse, de mal être.

— Tu m'as déjà vu avec une baguette magique ? riposte-t-il avec condescendance.

Pourquoi je perds mon temps avec ce malade ? Il n'avouera rien, de toute façon. Je baisse un peu ma baguette, sans pour autant la ranger.

— Je ne veux plus que tu t'approches de moi. Ni de ma cousine ! je préviens d'une voix sourde.
— Je ne t'ai rien fait, assure-t-il, cette fois avec insistance. Tu ferais mieux de retourner au château, Powell. Il se fait tard.

Je tique ; c'est la première qu'il me nomme si vulgairement par mon nom de famille.

— Pas tant que tu ne m'auras pas dit...
— Je suis en contact avec Horace Slughorn pour affaires. Et mes affaires ne te concernent en rien, Powell. Maintenant, va-t-en !

Son ton autoritaire et intransigeant me déplaît et me fait trembler de rage. Non, mais pour qui il se prend, ce pseudo vampire aux pouvoirs douteux ?!

— C'est à toi de t'en aller. Moi, j'étudie ici ! je beugle en retour.

— Peut-être, mais je ne crois pas que les enfants soient autorisés à sortir passé vingt-heures.
— Quel sens de l'humour, vraiment ! je cingle, cassante.

Elgar parait brièvement surpris, mais retrouve presque aussitôt son air mauvais.

— Le portail est protégé par un sortilège ?
— Peut-être, fais-je sur le même ton hautain.

Sans que je ne puisse le contrôler, un petit sourire suffisant se dessine sur mes lèvres.

Le portail de l'école est bien protégé par un sortilège mais (ça tombe sous le sens) les élèves ignorent comment mettre fin à l'incantation. Il est évident que le Professeur Slughorn a déjà levé le sortilège ou il n'aurait pas accepté que Beth et moi raccompagnons son invité. Je dois dire que je suis un peu vexée ; Slughorn pense que nous sommes toutes les deux trop sages pour profiter de l'occasion de filer en douce avec le premier pseudo vampire venu.

Il glisse la main dans ses cheveux bruns plaqués en arrière. Pour la première fois, je décèle de la nervosité chez monsieur le vampire. Une hésitation se lit même dans ses prunelles bleu-gris.

— Peux-tu, s'il te plaît, l'annuler ? me demande-t-il d'un ton de voix modéré et respectueux.

Mon sourire s'élargit en voyant à quel point il semble embarrassé.

— Nan ! je réponds joyeusement.

L'expression de son visage devient sévère et l'ambiance est soudain glacée. Mon sourire se fige. Je déglutis et me frotte les bras pour chasser les frissons qui me parcourent. Soutenir son regard polaire est loin d’être facile, et je finis par détourner les yeux.

— Tu me fais perdre patience, Powell. Sache que j'ai le pouvoir d'obtenir de toi ce que je veux.
— Qu..quoi ? je bredouille, abasourdie et incrédule.
— Et oui, un autre de mes nombreux pouvoirs de "pseudo vampire".

Je me sens rougir comme si j'étais coupable de quelque chose, alors que je n'ai rien fait de mal. "Pseudo vampire" ?! Comment peut-il savoir... je ne crois pas l'avoir dit à voix haute ! Mon cerveau menace d'exploser, tellement je me mets à réfléchir à toute vitesse. Je suis certaine de ne lui avoir jamais dit ça en face !

— Tout ce que je veux, tu entends ? Il me suffirait juste de te regarder et de me concentrer, susurre Elgar d'un ton bas et menaçant. Mais je suppose...(il s'approche d'un pas dans ma direction) que tu n'as rien à craindre de ma part ? Puisque je ne suis pas un vampire.

Je dois l'avouer : je commence à avoir peur. Vampire ou pas, ce garçon est louche, imprévisible et semble-t-il, dangereux. Je me demande toujours ce qu'il m'a fait, c'était bel et bien un sort, non ?

— Le Professeur Slughorn a déjà annulé le sortilège. Si ce n'était pas le cas, il aurait insisté pour te raccompagner lui-même.

Un silence pesant s'installe, alors que le jeune homme continue de me fixer sans la moindre gêne, en serrant la mâchoire. Il faut que je me calme, je ne dois pas me laisser gagner par la panique qui s'empare de moi. Si Elgar était si dangereux, le professeur Slughorn n'aurait jamais accepté de nous laisser Beth et moi, seules avec lui, pas vrai ?

— Tu... tu peux t'en aller, maintenant. j'articule péniblement.

Au coin de ses lèvres, un sourire froid et sans pitié se dessine, m'arrachant un autre frisson.

— Là, tu vois, tu sais te montrer raisonnable, déclare-t-il d'un ton lugubre.

Mon cœur bat la chamade, je suis incapable de détourner les yeux. Incapable de bouger, de parler. Comme prise dans un tourbillon de stupeur et de frayeur. Il me regarde encore et encore, en penchant la tête sur le côté, comme pour accentuer l'impression magnétique de son regard.

— Dommage... souffle-t-il, l'air déçu.

Le jeune homme reste silencieux et son sourire inquiétant disparait pour laisser place à ce visage impassible, inexpressif.

— Un petit conseil, Powell, lance-t-il avant de franchir le portail.

Soudain, ses prunelles me fixent avec une sincérité et une détermination que j'ai du mal à comprendre.

— Reste loin de moi, et évite de m'adresser la parole.
— Pourquoi ? je demande malgré moi, interloquée.

Je m'oblige à ne pas ciller lorsque son regard s'obscurcit.

— Tu poses trop de questions ! Tu devrais arrêter ça tout de suite, si tu ne veux pas t'attirer de vrais ennuis.

Cette dernière phrase, combinée à l'agacement et à la froideur d'Elgar, me fait l'effet d'une douche glacée. Mes muscles se tendent. Je suffoque et jurerais que mon cœur s'est arrêté de battre.

— Je vais tout de même te répondre...

Il me regarde, sourit d'un air mauvais, me dévisageant avec une insistance délibérée.

— Ta présence m’importune, Powell. Tu es une insupportable petite fille.

Sur ces derniers mots qui finissent de m'achever, il disparaît dans la nuit. Seulement alors, je me remets à respirer normalement. En fait, je n'avais même pas remarqué que je retenais ma respiration. Je cligne des yeux, hébétée, et reviens au moment présent.

Une sourde colère grimpe en moi et mes poings se crispent.

Moi, une insupportable petite fille ?!
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