Maman, j'ai raté le portoloin ! by Pikenikdouille
Summary:

Réécriture de la comédie de Noël culte : Maman, j'ai raté l'avion !

Par un mauvais concours de circonstances, Albus Potter se retrouve seul au Terrier à la veille de Noël, alors que sa famille est partie pour la France...

De leur côté, deux escrocs ratés ; Gilderoy Lockart et Mondingus Fletcher, décident de cambrioler la maison dans l'espoir d'y trouver des reliques du passé glorieux de Harry Potter...


Categories: Divertissement Characters: Albus S. Potter, Famille Potter, Famille Weasley
Genres: Aventure/Action, Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Vous prendrez bien une autre tranche de Noël ?
Chapters: 9 Completed: Oui Word count: 16497 Read: 1916 Published: 30/10/2021 Updated: 23/12/2021
Story Notes:

Cette fanfiction est ma participation au concours de Noël lancé par Hazalhia, formule "Aventure de Noël"

Voici les consignes: 

- Le/les personnage.s partent à la recherche de quelque chose (l’enjeu de la quête est libre : cela peut aller d’un trésor, au chien du voisin en passant par une chaussette mystérieusement disparue)
- Votre histoire doit impliquer au moins un enfant (il participe à la quête, c’est pour lui qu’on fait la quête, il est l’objet de la quête, peu importe)
- Le/les personnages doivent affronter des péripéties et au moins l’une de leur peur
- L’histoire doit se dérouler en moins d’une semaine

1. Chapitre 1 by Pikenikdouille

2. Chapitre 2 by Pikenikdouille

3. Chapitre 3 by Pikenikdouille

4. Chapitre 4 by Pikenikdouille

5. Chapitre 5 by Pikenikdouille

6. Chapitre 6 by Pikenikdouille

7. Chapitre 7 by Pikenikdouille

8. Chapitre 8 by Pikenikdouille

9. Chapitre 9 by Pikenikdouille

Chapitre 1 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Et voilà un premier chapitre de cette petite fiction !

J'espère que celles et ceux qui connaissent le film s'y retrouveront, et que les autres apprécieront quand même !

Bonne lecture...

 

Le Terrier n’avait pas changé, finalement… Harry et Ginny arrivaient main dans la main à hauteur de la maison d’Arthur et Molly Weasley, échangeant des souvenirs qui n’appartenaient qu’à eux. Dans les bras de son père, Lily, un minuscule bébé, était invisible sous les plis de ses vêtements d’hiver et dune couverture de voyage à carreaux…

              « Vous croyez que tonton Ron est arrivé… ? s’enquit James, l’aîné des enfants Potter

              — Ta tante Hermione n’aime pas être en retard, répondit Ginny. Je suis certaine qu’ils sont tous là »

Et aussitôt, les visages réjouis de Rose et de Hugo apparurent au carreau de la cuisine. La porte d’entrée s’ouvrit à la volée et la silhouette légèrement voutée d’Arthur Weasley se dessina, bientôt masquée par George, Angelina, Charlie et Percy.

              « Nom d’une chouette, lança Charlie en pointant le jeune James de l’index, c’est le portrait craché de son père ! »

L’adolescent passa une main dans les cheveux en bataille qui lui tombaient sur le front mais Ginny remarqua qu’il avait l’air très satisfait de la comparaison… Hermione sortit à son tour sur le perron pour embrasser ses neveux et ses nièces. Alors que les conversations et les accolades se poursuivaient dans l’entrée de la vieille maison, Albus Severus Potter se faufila vers la cuisine. Sa grand-mère Molly lui glissa plusieurs sablés dans la poche :

              « Ne dis rien à tes cousins et à ton frère, implora-t-elle, j’ai à peine le temps de faire cuire une fournée qu’ils ont déjà tout dévoré ! »

Albus acquiesça mollement et rejoignit le salon où la vieille radio diffusait des chants de Noël démodés. Pourquoi fallait-il passer les fêtes ici et rassembler la famille au grand complet ? Il préférait le cercle réduit de ses parents, de son frère et de sa petite sœur. Il préférait sa petite maison confortable, sa chambre bien rangée, ses affaires soigneusement ordonnées… D’ailleurs cette année, c’était encore pire que les dernières fois :

              « Vous êtes contents d’aller en France ?! lança joyeusement Rose à James et Fred II tandis qu’ils s’abandonnaient tous les trois sur le canapé.

              — Moi je suis super content de revoir Dominique et Louis, lança James en glissant négligemment un bras derrière sa tête. J’espère que Victoire me présentera ses copines. Je compte bien me marier avec une française, plus tard… »

Rose esquissa un sourire timide tandis que Hugo et Fred pâlissaient d’admiration devant l’aisance naturelle de leur cousin. Albus ne put réprimer une grimace de dégoût.

              « Quelqu’un veut faire une partie d’échecs version sorcier ? tenta-t-il bravement »

Fred, James, Rose et Hugo tournèrent la tête. Molly II, la fille aînée de Percy entra au même moment dans le salon :

              « Hé ! Venez tous, papy va nous aider à faire un bonhomme de neige comme les moldus ! »

Tout le monde sauta sur ses jambes. Hugo paraissait ravi et, même s’ils essayaient de garder un air plus dégagé, Rose, James et Fred ne parvenaient pas tout à fait à cacher leur enthousiasme. En une seconde, tout ce petit monde disparut dans le jardin…

Albus se retrouva seul dans un coin du salon, la voix de la vieille Celestina Moldubec grésillant dans le poste de radio derrière lui…

              La neige s’était mise à tomber en petits flocons cotonneux qui augmentaient l’épais tapis blanc sur la pelouse du jardin. Hermione et Harry s’éloignèrent du groupe d’adultes, absorbés par les préparatifs du voyage.

              « Il faudra se lever aux aurores pour ne pas rater le portoloin, indiqua la sorcière.

              — Pas de problème, fit Harry d’un ton dégagé. On se couchera de bonne heure.

              — Et Arthur m’a demandé de jeter les sortilèges de protection sur la maison. Je pensais m’en occuper ce soir, si tu veux bien m’aider, Harry »

Harry lui lança un regard amusé. Il était bien placé pour savoir qu’Hermione était la personne la plus douée en sortilège dans toute la maison !

              « Si ça peut te faire plaisir… souffla-t-il.

              — Molly m’a dit que la maison sera coupée du réseau de cheminette demain après notre départ… »

Harry haussa les épaules : depuis quelques années, les sorciers prenaient cette précaution pour éviter les cambriolages. D’après lui, c’était sinon complètement inutile au moins totalement excessif. Même pendant la guerre, on n’en faisait pas autant !

              « Qui aurait l’idée de venir cambrioler le Terrier ?! lança-t-il en secouant la tête.

              — Tu l’ignores peut-être, Harry, commença Hermione de sa voix la plus condescendante, mais tous les objets ayant un lien proche ou lointain avec toi se vendent à prix d’or au marché noir ! Ce ne serait pas étonnant du tout que quelqu’un de mal intentionné… »

Mais la fin de la phrase d’Hermione se noya dans une boule de neige qui la frappa en plein visage ! Les éclats de rire s’interrompirent aussitôt pour repartir de plus belle tandis que Ron accourait en s’excusant !

A quelques pas derrière un massif d’edelweiss enchantées, un bonhomme de neige rutilant, coiffé d’un chapeau de sorcier rapiécé, tendait ses bras de branches vers le soleil couchant. Toute la famille se lança alors dans une bataille de boules de neige improvisée !

Ron, Harry et Hermione se servaient de sorts de catapultage pour riposter aux habiles lévitations de Charlie et Ginny. Percy était affecté au stock et à la confection de projectiles pour Rose, Hugo et James. Molly, entourés de Fred II, Angelina et Audrey, organisait une opération de sabotage en bonne et due forme !

Albus se glissa derrière son frère pour se joindre à l’action mais James ne le remarqua pas et sortit de la poche de sa cape sa baguette magique dont il ne s’était plus séparé depuis le jour où il l’avait achetée sur le Chemin de traverse.

               « Tu n’as pas le droit de t’en servir ! siffla Albus dans le dos de son frère. Ne fais pas ça…

              — La ferme, Al’ ! Je t’ai rien demandé »

James avait à présent les doigts serrés sur sa baguette et Albus eut sincèrement l’impression que son frère allait enfreindre la loi des sorciers :

              « NON ! s’écria-t-il en se jetant sur James pour retenir son geste »

Les deux garçons tombèrent dans la neige et roulèrent en se débattant. Ginny bondit hors de son poste de bataille :

              « Nom d’une chouette, qu’est-ce qui vous prend ?!

              — Il veut se servir de la magie ! cria Albus en repoussant James en arrière.

              — Mais non ! rugit James, écarlate, Je l’aurais jamais fait ! Maman !

              — Stop ! intervint Harry »

Le bras levé, il demanda à tout le monde de mettre fin à la bataille de boules de neige et aida ses fils à se relever :

              « Papa… geignit Albus avec l’intention de s’expliquer.

— Tu n’es qu’un sale petit cafeteur ! l’interrompit James d’un ton assassin. Le Choipeau t’enverra à Serpentard, c’est sûr et certain !

— James, ça suffit ! coupa sèchement Harry. Je ne veux plus vous entendre, ni l’un ni l’autre !

— Non je n’irai pas à Serpentard ! rugit Albus, le rose lui montant aux joues »

Ce fut le mot de trop. Harry rattrapa par le col James qui s’échappait vers la cuisine et empoigna le bras d’Albus. Ginny, Hermione, Ron et Charlie essayaient de faire rentrer les autres enfants dans la maison, mais Molly II, Rose et Hugo luttaient pour voir la scène :

              « On ne peut pas vous faire confiance ! gronda Harry. Puisque vous ne savez pas vous amuser, vous aller passer le reste de votre temps libre à dégnomer le jardin et vous irez directement vous coucher après le diner.

              — Quoi ?! s’étouffa James.

              — Parfaitement ! trancha encore son père, péremptoire. Peut-être que travailler ensemble vous rendra un peu plus fraternels… »

Mais il n’en fut rien. Et l’ambiance était même devenue glaciale entre les deux frères lorsque leur grand-mère les appela pour venir manger. Rose, Hugo, Fred et Molly les accueillirent à la table des enfants avec de petits sourires timides.

              « Il y avait beaucoup de gnomes… ? essaya Rose pour briser le silence.

              — Il y en avait au moins un gros… souffla James entre ses dents avec un coup d’œil mauvais à son cadet »

Hugo ne put s’empêcher de pouffer de rire. Rose eut un sourire indulgent et Fred soupira :

              « Faut pas vous fâcher juste avant Noël les gars, ça va gâcher la fête !

              — La fête ?! persiffla Albus. Laisse-moi rire ! On va passer Noël loin de chez nous. On ne parle même pas français, on ne va rien comprendre ! »

Hugo et Rose échangèrent un regard interloqué et Molly parut tout à coup un peu inquiète.

              « Tu peux pas la fermer, non ?! s’emporta James. T’es jamais content de rien, toi ! T’as qu’à aller vivre chez les moldus, on sera plus tranquilles sans toi ! »

Albus se redressa en renversant son verre d’eau et la corbeille à pain. Molly poussa un cri suraigu ! Ginny et Hermione arrivèrent en courant. La voix de Ron lança depuis la table des adultes :

              « Qu’est-ce qui se passe, là-bas ? »

Albus ramassa le pain et tenta d’éponger l’eau renversée avec sa serviette mais trop tard : son père arrivait à grandes enjambées…

              « C’est James qui m’agresse ! se défendit aussitôt Albus »

Mais la dénonciation n’était pas le mode opérateur préféré de Harry et il avait toujours du mal à supporter qu’un de ses fils accuse l’autre pour se disculper. Ses poings se serrèrent malgré lui et il lança :

              « Cette fois tu as gagné, Albus !»

Le garçon parut moins impressionné que furieux mais les autres enfants baissèrent le nez dans leurs assiettes. Même James ne fit aucun commentaire. Harry tira Albus par le bras pour l’entrainer dans l’escalier.

              « Harry… essaya vainement Ginny, mais elle ne se leva pas pour intervenir.

              — Allons, allons Harry, fit Arthur dans une ultime tentative pour apaiser les choses, Albus n’est pas un mauvais garçon… »

Mais Harry fit mine de ne pas l’entendre :

              « Dis bonsoir, Albus, ordonna-t-il à son fils »

Et sans plus dissimuler ni sa colère, ni son insolence, le garçon répéta : bonsoir Albus !

 

End Notes:

(les reviews, c'est un peu la vie, hein... N'oubliez pas !)

Chapitre 2 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voici le deuxième chapitre de cette petite ave,ture de Noël ! Bonne lecture...

Il y avait quelques minutes que Harry avait refermé la porte du grenier du Terrier sur son fils cadet. Assis sur un vieux matelas recouvert d’un plaid à carreaux, Albus fulminait ! Tout ça, c’était la faute de James, ce frère rebelle et flamboyant que tout le monde adorait ! Le préféré de ses parents, il en était sûr ! La preuve : c’était lui qui était puni alors qu’il avait essayé de se montrer juste et raisonnable… Et personne ne prenait jamais son parti à lui, Albus, même pas sa grand-mère Molly, même pas sa cousine Rose qui semblait pourtant l’apprécier. Pas même sa mère qui prétendait aimer ses enfants à égalité…

Albus se roula en boule sur la couverture et fronça le nez devant le tapis de poussière qui recouvrait les meubles cassés ou bancals entreposés dans la sous-pente. Une unique lucarne laissait voir le jardin plongé dans la nuit… Plusieurs étages en-dessous, le bruit lointain des conversations et des rires était par instant couvert par les grognements inintelligibles de la goule de maison. Voilà, pensa-t-il avec amertume, je suis logé à la même enseigne que la goule ! Et je ne manque à personne…

Même l’oncle Percy qui s’était fâché autrefois avec toute la famille était en bas avec les autres, ce soir ! Tout le monde était si bien à sa place… Sauf Albus ! Il sentit sa gorge se serrer. James avait peut-être raison : il irait sans doute à Serpentard, la maison rivale de celle par laquelle passaient tous les membres de sa famille…

Une colère sourde et vengeresse monta dans la poitrine du jeune garçon…

              « Par Merlin, je voudrais me retrouver tout seul, je voudrais qu’ils disparaissent tous de ma vie ! marmonna-t-il, son cœur battant si fort qu’il eut un peu peur de la puissance de ce sentiment »

             

Au moment où Ginny, Arthur et Charlie se levaient pour aider Molly à débarrasser la table, Harry suggéra à Hermione qu’ils aillent ensemble s’occuper des sorts de protection à jeter sur le Terrier.

              « Tu as raison, répondit-elle en sortant dans le jardin enneigé. Allons-y ! »

Elle recula jusqu’à la clôture qui délimitait le terrain des Weasley et leva sa baguette. Une paroi lumineuse, semblable à celle d’une gigantesque bulle de savon, se forma autour de la propriété… Lorsque le dôme fut tout à fait établi, d’une clarté parfaite, Hermione baissa la main :

              « Ça devrait largement suffire… déclara-t-elle. Seules les personnes présentes dans l’enceinte du Terrier pendant le sortilège seront en capacité de franchir la protection à partir de demain… »

Harry acquiesça et ses yeux tombèrent sur la tête chauve et grisâtre d’un gnome de jardin sortant d’un bosquet. Il le chassa d’un coup de pied. Il pensait à ses fils, à leur travail inutile de l’après-midi pour dégnomer le jardin, à leurs disputes continuelles… Il avait tant rêvé d’une famille unie et solidaire !

              « Ce ne sont que des enfants, Harry… tenta de le rassurer Hermione qui devinait toujours si bien ses pensées. Ça s’arrangera avec le temps, j’en suis certaine »

 

              Au même instant de l’autre côté de la maison, tapis derrière le pommier des Weasley, deux hommes échangeaient des paroles inaudibles. Ils avaient suivi des yeux les deux célèbres amis depuis le début de leur travail de mise en sûreté du domaine. Et ils restèrent encore immobiles le temps de les laisser franchir le seuil de la maison dans l’autre sens...

L’un des deux intrus était petit et replet. Sa redingote mangée aux mites était ornée de boutons de nacre témoignant qu’il avait connu des jours meilleurs. L’autre, grand et mince, affichait une mine bienheureuse, un sourire naïf et deux grands yeux bleus nébuleux. Il semblait s’inquiéter de son allure, passant constamment une main dans ses cheveux blonds et époussetant à chaque pas sa robe de sorcier d’une teinte lilas défraichie…

Harry et Hermione n’avaient pas eu le temps de retirer leurs capes lorsqu’on frappa à la porte. Molly leur demanda d’ouvrir et dans un premier temps, Harry ne reconnut pas les deux personnages qui se tenaient en face de lui… Hermione, Ron et Ginny se pressèrent à sa suite.

              « Par le caleçon de Merlin ! s’écria enfin Ron »

Il tapait frénétiquement du coude contre les côtes de Harry :

              « Tu vois ce que je vois ? Est-ce que tu peux le croire ?! Sérieusement ?! »

Hermione, visiblement abasourdie, se tourna vers Ginny comme pour vérifier qu’elle n’était pas victime d’un sortilège de confusion. A présent, tous les quatre avaient reconnu les traits précieux de Gilderoy Lockart, l’ancien professeur-escroc devenu amnésique et, à ses côtés, l’ex-membre de l’Ordre, voleur de profession, qui avait fui en pleine débâcle, Mondingus Fletcher !

Les deux crapules formaient certainement le duo le plus pitoyable et le plus inattendu qu’on pouvait imaginer… Harry n’en revenait toujours pas, trop ahuri pour se demander ce que ces deux-là pouvaient bien leur vouloir, quand une plainte lui déchira les oreilles !

              « LAAAAAAAAAaaaaaaaa… »

Lockart ouvrait à présent grand la bouche, comme pour avaler les flocons de neige qui continuaient de tomber ! Puis, presque aussitôt, Mondingus l’imita ! Enfin les deux compères se lancèrent dans une entreprise que personne n’avait anticipée : ils se mirent à chanter !

Oui, à chanter ! Il ne s’agissait pas d’un véritable cantique de Noël, bien que Harry crût reconnaître une mélodie traditionnelle dans ce goût-là… Les paroles, en tout cas, étaient pour le moins originales :

              C’est le temps du Sauveur Potter, du béni Harry,

              Depuis son berceau jusqu’à son tombeau,

              Avec courage il combattra,

              Du mage noir il nous délivrera…

Molly et Arthur arrivèrent au pas de course au moment où le duo entamait un Il est né le Divin Potter… Harry sortait déjà sa baguette !

              « Comment osez-vous venir ici ?! s’emporta Hermione. Après ce que vous…

              — Oh oui, interrompit la voix gémissante de Lockart qui baissait les yeux, il parait que nous avons fait des choses horribles…

              — …que nous regrettons terriblement, ajouta précipitamment Mondingus, Et c’est pour cela que nous essayons d’offrir un peu de gaité aux sorciers en chantant devant leur porte, maintenant ! »

Harry remarqua la corbeille où quelques noises avaient été jetées. Derrière lui, Mr Weasley essayait de retenir son épouse Molly et son fils Charlie, tous deux visiblement décidés à en découdre ! Le teint d’Hermione devint blême et elle sortit à son tour sa baguette.

              « Très bien, très bien… trancha Mondingus en rangeant la corbeille dans un pli de sa cape. Gilderoy, allons-nous-en !

              — Déjà ? s’étonna l’autre »

Mais son compère le tirait si vigoureusement en arrière qu’il le fit trébucher sur le perron verglacé. Harry ne put réprimer un sentiment de pitié qu’il s’efforça de contenir en regardant les deux sorciers transplaner aussi vite qu’ils le pouvaient !

Une longue discussion occupa Harry, Ron, Hermione et Ginny pour déterminer si Lockart et Mondingus méritaient meilleur accueil. Après tout c’était Noël ! Mais tous, y compris Molly et Arthur, estimaient qu’ils s’en tiraient à bon compte. Harry en particulier, aurait eu mille bonnes raisons de leur jeter un sort ! Ron, pour sa part, jugeait qu’il aurait fallu les envoyer à Azkaban, ne fussent que pour leurs fausses notes et les paroles de leurs chansons…

Après une ultime tasse de thé, tout le monde regagna sa chambre pour boucler ses valises et se coucher. Ginny essaya de ne pas penser à Albus, seul dans le grenier peu hospitalier. Elle ferma la valise qui contenait les affaires de son plus jeune fils et alla vérifier que celle de James était prête aussi.

              « Je l’ai terminée ce matin ! assura ce dernier en voyant sa mère inspecter la chambre.

              — Formidable… fit Ginny, et ta baguette magique ?

              — Ma ba…quoi ? Papa m’a dit de la laisser ici… »

Ginny leva sa propre-baguette :

              « Et bien entendu, pour la première fois de ta vie tu as décidé d’écouter ton père ? »

Elle ponctua sa phrase d’un accio baguette qui révéla que l’objet avait été dissimulé dans une chaussette au fond du sac de voyage de James. L’adolescent soupira.

              « De toute façon tu n’as pas le droit de t’en servir, James… argua Ginny. Range-là dans son étui et n’en parlons plus. Bonne nuit… »

Elle quitta la pièce après l’avoir embrassé.

Dehors, malgré l’obscurité, on voyait les flocons épaissir et tourbillonner sous les rafales d’un vent glacial. Les pauvres gnomes de jardin n’eurent pas d’autres choix que de se serrer les uns contre les autres pour se tenir chaud mais, attirés par la maison, ils parvinrent à s’engouffrer par un soupirail et tout à leur joie, se lancèrent dans un sabotage sournois de tous les objets qui passaient à leur portée !

Le sortilège de réveil de la formidable pendule de Mrs Weasley s’en trouva brisé et de sonnerie matinale, il n’y eut point…

              Quand Hermione ouvrit les paupières, elle s’étonna d’abord de ne pas les trouver aussi lourdes qu’elle aurait cru. Puis elle remarqua la lueur rose du ciel et les traits dorés qui filtraient d’entre les nuages…

              « RONALD ! cria-t-elle en sautant du lit. ON NE S’EST PAS REVEILLES ! »

S’ensuivit une telle cavalcade que ni Ron, ni Harry, ni Ginny, ni même aucun des enfants arrachés à leur sommeil n’aurait pu en faire le récit chronologique ! La seule chose certaine était que le réveil n’avait pas sonné ! A présent, il fallait courir d’une valise à l’autre en implorant Merlin de leur permettre d’attraper…

              « Le porto… Le porto… hoquetait un Percy désespéré, le portoloin ! »

Tiraillé entre la recherche de sa chaussure droite et celle de sa chaussette gauche, Arthur lançait quant à lui des jurons depuis les quatre coins de la salle à manger.

              « Les valises ! lança Audrey à Hermione. Prenons les valises et partons ! Maintenant ! »

Harry acquiesça : mieux valait oublier une cape ou une paire de gants que de rater le portoloin ! Molly II, James et Rose se précipitèrent à la suite des adultes tandis que Hugo courait derrière eux dans sa robe de chambre !

Dehors, l’air était aussi froid que la veille sous les pâles efforts d’un soleil timide… La tempête faiblissait mais des amas de neige rendaient la progression difficile, surtout pour les enfants. Charlie prit soin de seconder sa mère. On arriva bientôt devant une grosse pelle à neige, abandonnée au beau milieu d’un champ désert. Les pas de toute la famille se lisaient aisément dans la neige fraiche…

              « Vite ! cria Arthur en consultant sa montre. Plus que quatre minutes !

              — Le voilà ! cria Percy en pointant du doigts la pelle à neige plantée dans le sol, juste devant eux »

Lilly pleurait dans les bras de Harry. Il tenta de la calmer sans cesser de la protéger du froid. Hermione comptait une nouvelle fois les valises et les sacs répandus autour d’eux.

              « Vite ! gronda Charlie

              — Je veux être sûre de ne rien oublier ! coupa-t-elle sèchement avant de reprendre le compte des bagages.

              — Maman ! lança Hugo, désemparé »

Ginny et Mrs Weasley ramassèrent autant de sacs que possible. Charlie, Ron, Percy et Harry se chargèrent des plus grosses valises.

              « Cette fois Il faut y aller, annonça Audrey avec un calme qui ne laissait pourtant pas de place à la réplique »

Les mains se tendirent les unes après les autres pour s’accrocher le long du manche de la pelle… Et la campagne enneigée de Loutry Sainte-Chassepoule se mit aussitôt à tourner, tourner, tourner…

End Notes:

La suite arrive bientôt !

Chapitre 3 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Et voici la suite de cette aventure !

Merci mille fois pour vos lectures et vos reviews, j'adore partager cette réécriture avec vous !

La goule de maison qui occupait le Terrier depuis de longues années avait coutume de faire une grasse matinée lorsque la nuit avait été venteuse… Mais dès qu’elle se réveilla ce matin-là, elle se mit à frapper de toutes ses forces sur les tuyaux !

Albus bondit hors de son duvet, le cœur battant. Il chercha d’abord les contours de sa chambre avant de se souvenir qu’il n’avait dormi ni dans son lit, ni même chez lui ! Le grenier du Terrier était baigné d’une douce lumière et d’un silence parfait. Dehors, l’épais manteau de neige étouffait le moindre bruit mais les gnomes de jardin étaient revenus en nombre et s’attaquaient joyeusement au potager… Albus enfila ses pantoufles et descendit l’escalier biscornu, une odeur réconfortante de chocolat chaud lui montant aux narines…

              « Mamie ? appela-t-il en pénétrant dans la cuisine »

Un toast à moitié dévoré trainait sur la table, près d’une bouilloire tiède. Albus parcourut la pièce des yeux. Il ne l’avait jamais vue dans un tel désordre ! Un bol de chocolat avait été renversé. Des corn-flakes jonchées le sol. Il y avait même, jeté à terre, un pull violet tricoté d’un grand R…

              « Oncle Ron ? »

Le silence paraissait de plus en plus dense. Albus réitéra ses appels :

              « Maman ?! Papa ?! »

Au grenier, la goule donna un grand coup dans la plomberie et Albus tressaillit. Il n’avait jamais vu cette créature et, même si elle ne lui faisait pas vraiment peur, il redoutait toujours de se retrouver nez à nez avec elle au détour d’un couloir…

              « James… ? essaya-t-il sans obtenir plus de réponse »

A présent, la salle à manger s’étendait devant lui, immense et déserte… L’écharpe de Charlie pendait au dossier d’une chaise. Commençant à croire à une mauvaise blague, Albus croisa résolument les bras :

              « Très bien ! Si ça vous amuse tant que ça de jouer à cache-cahe, moi, j’ai passé l’âge ! Je vais me faire un bon petit déjeuner ! »

Il fit mine de s’en retourner vers la cuisine mais le stratagème n’eut aucun effet et cette fois, Albus tapa du pied !

              « C’est pas drôle ! Oncle Charlie, si c’est une farce, eh bien, je… »

Albus s’arrêta, pris d’un doute effroyable ! Il scruta le salon et la salle à manger puis remonta quatre à quatre l’escalier et visita une à une les chambres de l’étage, ouvrant les commodes et les penderies, regardant sous les lits et même dans les commodes…

Il n’y avait personne.

Dans la chambre qu’il occupait habituellement avec James, un détail attira son attention : un étui à baguette gravé aux initiales de son frère.

              « Tiens, tiens… »

Il songea à toutes les fois où James avaient refusé de la lui prêter, sous prétexte qu’il était trop petit ou qu’une baguette magique ne se prêtait pas ! Albus lança sur un ton de défi :

              « Je t’emprunte ta baguette, James…ça ne te dérange pas, j’espère… »

Il la fourra dans sa poche et resta quelques secondes immobile, prêt à s’enfuir à toutes jambes, mais là encore rien ne se produisit…

Redescendant au salon escorté du même implacable silence, Albus se laissa tomber dans le fauteuil de son grand-père… Il fallait se rendre à l’évidence : la maison était vide ! Mais s’ils étaient tous partis prendre le portoloin, pourquoi personne ne l’avait réveillé ?!

James ou l’oncle Charlie auraient pu faire ça, peut-être… Mais ses parents ?! Même si Harry avait hurlé qu’il en avait plus qu’assez de lui, même s’il l’avait puni la veille, jamais il ne serait parti en vacances sans lui ! Et sa mère ?! Non. Il y avait forcément une autre explication…

Une longue minute passa durant laquelle les pensées d’Albus tournèrent dans son esprit. Ses peurs, ses désirs, ses souvenirs défilèrent devant ses yeux… Sur le parquet, une lueur argentée attira son regard : c’était la cape d’invisibilité de son père. Soudain, une terreur froide comme il n’en avait jamais connue, s’installa en lui. Qu’avait-il fait ?!!

Par Merlin, je voudrais me retrouver tout seul, je voudrais qu’ils disparaissent tous de ma vie ! 

Les mots qu’il avait prononcés la veille, au cœur de la colère et du désespoir, sonnèrent tout à coup à ses oreilles comme une incantation ! Se pouvait-il que, par un charme magique qu’il ignorait, son vœu se soit réalisé… ? Se pouvait-il que souhaiter ardemment quelque chose…le fasse advenir ?!

Non ! Non, ça ne se pouvait pas ! Albus l’aurait su… Pourtant, il avait souhaité que sa famille disparaisse et le fait était que sa famille avait bel et bien disparu ! Et après tout, il avait du sang magique dans les veines… Et pas n’importe quel sang ! Il ignorait encore presque tout au sujet de la magie… Et Harry lui avait toujours dit qu’il se passerait certainement des choses étranges quand il serait en colère… Or, il n’avait jamais été aussi en colère que la vieille !

Une vague de panique monta dans la poitrine du jeune garçon. Qu’allait-il faire, maintenant ? Qu’allait-il devenir ?!

Mais dans la même minute, toutes les punitions injustifiées de ses parents, tous les sarcasmes de James, la gentillesse mielleuse de Rose, la camaraderie forcée de Hugo, l’indifférence polie de ses grands-parents le frappèrent comme une gifle ! Qu’y avait-il à regretter dans tout ça ? Rien, assurément !

Un sourire satisfait dérida l’inquiétude sur le visage d’Albus :

              « Je suis seul… murmura-t-il pour lui-même… Je suis LIBRE !!! »

 

Bill et Fleur faisaient les cent pas entre les parterres de l’hôtel particulier des Delacour, en compagnie de leurs enfants, Victoire, Dominique et Louis. Un sifflement se fit entendre puis un tourbillon de couleurs brouilla le décor dans un concert de voix ! Bientôt, Mrs et Mr Weasley apparurent au bout de l’allée, suivis de Harry et Ginny, Charlie, Percy, Audrey et les enfants…

Les retrouvailles chaleureuses mêlèrent si bien les cousins, les parents et les frères et sœurs que Ginny se sentit l’esprit confus, comme essayant de retrouver un fil qui continuait de lui échapper. Un sentiment étrange grandissait en elle tandis que toute la famille s’acheminait vers l’entrée des parents de Fleur… Harry lança un coup d’œil par-dessus son épaule. Fred II et James agrémentaient leurs discours de grands gestes pour se faire comprendre de leurs cousins francophones. L’image était attendrissante mais ne parvint pas à dissiper la contracture qui nouait les muscles du dos de Harry… Une Nouvelle fois il laissa ses yeux voyager de visage en visage.

              « A quoi tu penses… ? demanda finalement Ginny, les sourcils froncés.

              — J’ai l’impression que… »

La phrase se perdit car Harry ne savait pas très bien comment décrire ce qu’il ressentait. Les choses étaient allées très vite, mais il était certain d’avoir bouclé les valises. Il était certain que le réseau de cheminette serait coupé comme il le fallait et que les sortilèges lancés par Hermione protègeraient efficacement le Terrier. Pourtant…

              « J’ai l’impression qu’on a oublié quelque chose… finit-il par avouer à sa femme »

Ginny hocha la tête, visiblement soulagée d’entendre que ses propres-craintes étaient partagées !

              « Oui, sourit-elle presque. Moi aussi ! C’est fou, je n’arrête pas de chercher ce que… »

Mais à cet instant, Harry et Ginny se figèrent comme si un sort invisible venait de les pétrifier ! Ron et Hermione se tournèrent vers eux et au milieu de la bonne humeur générale, les époux Potter crièrent d’une même voix horrifiée : ALBUS !

 

Albus en était à son huitième tritons au gingembre… Après les quatre tartines à la confiture de lait (qu’on trouvait toujours dans les placards de sa grand-mère), il avait profité de l’absence de toute autorité pour dévaliser les réserves de sucreries de la maison. La casserole de chocolat au lait se mit soudainement à déborder et Albus se précipita pour la retirer du feu… Dans le reflet d’une grosse marmite en cuivre, il lui sembla alors distinguer une silhouette… Albus fit volte-face et se dissimula dans les rideaux de la fenêtre. A quelques mètres de l’allée qui conduisait à la maison, deux silhouettes ; l’une haute et mince, l’autre petite et tassée, avançaient péniblement dans la neige… Il colla son oreille à la cloison.

              « Dépêche-toi, nom d’une chouette ! grondait une voix rocailleuse »

Le plus grand sorcier se pressa aussi vite que ses bottes à boucles violettes le lui permettaient et fit la courte-échelle à son camarade. Ce-dernier passa par-dessus la clôture et retomba lourdement dans le jardin du Terrier.

              « A ton tour Gilderoy ! aboya-t-il »

Bientôt, les deux hommes s’engagèrent en direction de la porte d’entrée. Albus réalisa avec effroi que les protections magiques n’avaient aucun effet sur les deux intrus. Par un hasard qui lui échappait, il comprit que ces inconnus savaient en prime que la maison devait être vide ! Alors, animé par un courage qui le surprit lui-même, Albus arracha la cuillère en étain qui pendait au mur et en frappa de toutes ses forces le ventre de la grosse marmite de cuivre !

              DONG !!!

Les deux silhouettes se figèrent dans l’instant. Le plus petit des deux hommes abaissa la baguette magique qu’il avait brandie en direction de la porte d’entrée.

              « Qu’est-ce que c’est que ça ?! geignit le dénommé Gilderoy.

              — Je…je ne comprends pas. Ils devraient être partis… »

Le cœur d’Albus rata un battement. Il observa l’échange de regards interloqués entre les intrus puis entendit le plus petit marmonner :

              « Bon, retournons au village. Inutile de nous faire remarquer s’il y a quelqu’un… »

Il y eut encore des bruits de pas précipités et de glissades involontaires dans la neige, et le silence revint. Lorsqu’Albus osa enfin sortir de sa cachette, le soleil avait décliné. Il vérifia que tous les verrous de la maison étaient en place et courut se réfugier dans la chambre de ses grands-parents, la main serrée sur la baguette de James…

 

              Ginny et Harry tournaient en rond dans la cuisine des Delacour.

              « Il faut retourner au Terrier par n’importe quel moyen, répéta Harry pour la centième fois. Je refuse que mon fils reste une minute de plus tout seul de l’autre côté de la Manche ! »

Il avait voulu transplaner immédiatement après avoir réalisé l’absence d’Albus et Charlie et Ron n’avaient pas été de trop pour aider Ginny à le retenir : la tempête de neige qui s’était décalée sur la France rendait l’opération beaucoup trop risquée ! La solution ne pouvait pas non plus venir du réseau de cheminette car la remise en service de la cheminée du Terrier prendrait plusieurs jours…

              Fleur entra à ce moment-là dans la cuisine, tenant un morceau de parchemin :

              « Voici l’adresse du bureau de transports magiques le plus proche… Mais à cette saison, le délai de mise en place d’un portoloin est…

              — Il y a bien des procédures en cas d’urgence ! s’emporta Harry »

Fleur baissa les yeux, incapable de lui confirmer cette information.

              « On ne risque rien à aller les voir, suggéra Ginny. Ils auront peut-être un portoloin déjà actif à nous proposer… »

Malheureusement, après une interminable attente au milieu de voyageurs perdus et de transplaneurs en attente d’une accalmie météorologique, la sorcière du guichet leur annonça que le seul portoloin qu’ils auraient peut-être une chance d’attraper partait le lendemain soir en direction de Bristol.

              « Bristol ?! Demain ?! s’étouffa Ginny. Et pourquoi pas Tokyo le mois prochain ?! »

Fleur, qui jouait les interprètes, se garda de traduire cette réponse.

              « Louons des balais ! lança Harry sans trop y croire.

              — Ne dis pas n’importe quoi ! s’impatienta Ginny. Avec ce vent en plus de la neige, ce serait encore plus dangereux que le transplanage ! »

La tête dans les mains, elle se mit à chercher un ami, un voisin, un collègue qui aurait maintenu sa cheminée ouverte, mais tous ceux auxquels elle pensait étaient soit absents, soit injoignables.

              « Neville est resté à Poudlard et Luna est en vacances dans les Bermudes… soupira Harry.

              — Et Malefoy ? souffla tout à coup Ginny. Il doit bien y avoir quelqu’un au manoir qui pourrait nous accueillir. »

Harry sentit sa mâchoire se serrer.

              « Je t’en prie, Harry… C’est pour Albus que nous faisons ça ! »

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Les paris sont ouverts pour imaginer quelle solution vous choisir Harry et Ginny !

Chapitre 4 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Et voilà un nouveau chapitre enneigé !

Merci à vous pour vos reviews encourageantes et votre lecture enthousiastes ! J'adore attendre Noël avec cette petite histoire...et avec vous !

 

Les choses se compliquaient sérieusement pour les deux escrocs maintenant qu’ils découvraient que Le Terrier n’était pas déserté… Aussitôt franchi le champ qui bordait la maison, Mondingus tira Lockart par le bras :

              « Il va falloir s’organiser : si le gamin est resté là, l’opération va être beaucoup plus délicate que prévu…

              — Si le gamin est là, les parents le sont forcément… soupira Gilderoy »

Mais Mondingus le détrompa : il avait clairement vu la famille disparaitre dans un tourbillon depuis le clocher de l’église du village, le matin-même.

              « Je ne comprends pas… J’étais certain que…»

Mondingus suspendit sa phrase. Il avait la désagréable impression d’être observé. Par-dessus son épaule gauche, il remarqua un homme d’âge mûr, le visage dans l’ombre, une cape de voyage miteuse et rapiécée rabattue sur de longs cheveux gris et mal entretenus…

              « Retournons à l’auberge. On sera plus au calme pour discuter… »

Et ils enfourchèrent leurs antiques Etoiles Filantes… L’homme à la cape rapiécée les regarda disparaitre dans la vallée gagnée par le crépuscule. Il reprit son chemin le long de la clôture du Terrier, baguette magique en avant, répandant devant lui un filet de vapeur tiède pour déneiger le chemin…

 

Albus se réveilla en sursaut une demi-heure après s’être assoupi dans le lit de Molly et Arthur. Il venait de revoir en rêve les deux silhouettes d’hommes qui avaient rodé autour de la maison un peu plus tôt... Cette fois, ils parvenaient à s’y introduire et Albus se retrouvait face à eux !

Pâle et tremblant, le jeune garçon s’assit au bord du grand lit. Sur la table de chevet, un large cadre montrait la famille rassemblée au grand complet. Albus reconnut les visages souriants de ses parents, plus jeunes. A côté de Harry, Ron et Hermione s’adressaient des sourires tendres et se penchaient l’un vers l’autre pour se murmurer des choses. Artur tenait Charlie par les épaules et Molly, Percy et Audrey conversaient prêt d’une poussette. Plus loin, James et Rose se poursuivaient dans les hautes herbes du Terrier. C’est alors qu’Albus se reconnut, lui : un tout petit enfant qui faisait quelques pas timides au milieu des siens, entouré de paquets cadeaux ! C’était la photo de son premier anniversaire…

Une vague d’émotion monta en lui. Il n’y avait pas d’autres photos dans la chambre de ses grands-parents. Seulement celle de ce jour où tous s’étaient réunis pour célébrer sa venue au monde… Le visage doux de Ginny se tourna alors dans sa direction. Elle lui souriait d’un air confiant.

              « Maman… chuchota Albus en caressant la surface mouvante de la photographie magique »

 

              Conscient que les deux intrus pourraient revenir et que l’hypothèse d’une présence à l’intérieur de la maison les avait fait fuir, Albus décida d’entretenir de son mieux l’illusion d’une maison bondée…

Dès que la nuit fut bel et bien tombée, il alluma le poste de radio à son volume maximum, ouvrit une fenêtre de l’étage pour que la musique soit audible de loin, parcourut à bon rythme les escaliers et claqua vigoureusement toutes les portes devant lesquelles il passait… Au rythme des Bizar Sisters, il s’exerça au sort de flipendo, le seul que James avait consenti à lui enseigner en cachette de leurs parents. Les tentatives réussissaient à raison d’une fois sur trois. Mais son frère n’était plus là pour l’encourager…

La vision du sapin de Noël au milieu du salon fit néanmoins enfler la mélancolie d’Albus. Des chaussettes pour chaque membre de la famille avaient été pendues au manteau de la cheminée au-dessus de laquelle était accrochée la fameuse horloge de Molly. Toutes les aiguilles portant les prénoms des Weasley pointaient sur « en voyage ».

La goule de maison choisit ce moment pour faire une nouvelle fois tinter un concert de tuyauterie dans le grenier et Albus sortit de ses pensées, décidé à trouver une occupation utile. Il monta dans l’ancienne chambre que son oncle George avait occupée avec son jumeau qui n’avait pas survécu à la guerre… La pièce avait plus l’allure d’un laboratoire loufoque que d’une chambre d’enfant ! George et ses associés y montaient encore parfois pour y tester de nouveaux produits de farce et attrape. Albus reconnut immédiatement les boîtes à flemme garnies de nougats nez-en-sang et de pastilles de gerbe. C’était un grand classique du magasin de son oncle ! Une caisse de baguettes farceuses et un stock de pétards mouillés du docteur Flibuste occupaient un pan de mur. Sur les étagères, des fioles de philtre d'amour par dizaines et des pots de crèmes canaris se faisaient une place auprès de pralines longue-langue et de fizzwizzbizz. Il y avait aussi d’anciens modèles d’oreilles à rallonge et un frisbee à dents de serpent.

Albus arracha une plume en sucre d’un sachet de friandises et se mit à la sucer sans entrain et contempla les lumières de Loutry Ste Chassepoule en contrebas. Harry et Ginny l’avaient souvent emmené au marché de Noël et il eut soudain envie de s’y rendre, même si ça devait être seul…

Mais avant de redescendre chercher son manteau et une écharpe, il remarqua deux balais planant sans grâce en direction de la maison. Ce devait être de vieux modèles car leur trajectoire et leur vitesse oscillaient constamment. Albus aurait trouvé ça plutôt comique, s’il n’avait pas eu l’effrayante impression qu’il s’agissait une nouvelle fois des deux intrus…

Ses craintes se confirmèrent lorsque Mondingus et Lockart posèrent finalement pied à terre pour se cacher derrière un buisson du jardin… La radio était restée allumée et Albus rassembla tout son courage pour courir dans la maison, imitant le bruit de plusieurs personnes se déplaçant.

              « Tu vois…marmonna Gilderoy, il y a du monde et…

              — Tais-toi ! coupa Mondingus »

Le voleur expérimenté fixa la seule ombre qu’il pouvait distinguer derrière les rideaux tirés. Une petite silhouette qui s’agitait en tous sens. Un sourire malin étira son visage ridé.

              « Il est tout seul… déclara-t-il d’un ton définitif.

              — Mais si… essaya Gilderoy tandis qu’Albus ouvrait la fenêtre et lançait une oreille à rallonge dans l’espoir d’entendre la conversation des deux hommes.

              — Ecoute-moi bien, Gilderoy ! rugit Mondingus en saisissant son acolyte par le col. On va faire ce que j’ai prévu ! »

Albus avait mis l’oreille à rallonge en place à présent. Il entendit distinctement la fin de l’échange :

              « Cette maison servait de lieu de réunion à l’Ordre du Phénix ! Potter y a passé beaucoup de temps, des vacances… Je suis certain que les tiroirs et les commodes regorgent d’objets lui ayant appartenus et d’autres souvenirs de cette période qu’on revendra des fortunes ! »

Albus ne bougeait plus d’un cil, la respiration suspendue.

              « Demain soir, quand tout le village réveillonnera, on viendra ici ! Comme ça il fera noir… »

Il y eut un ricanement stupide :

              « Oui ! Et les enfants, ça a peur du noir ! approuva gaiment Gilderoy

              — Quand je t’ai sorti de Ste Mangouste, tu en avais peur aussi Gilderoy !

              — Non, rétorqua vivement l’autre ! Non, c’est pas vrai ! »

Albus écouta les protestations indignées du dénommé Gilderoy se perdre peu à peu dans le lointain… Les deux escrocs s’en retournaient vers le village. Mais ils allaient revenir, cette fois c’était certain ! Et ils feraient tout pour pénétrer le Terrier… A cette pensée, Albus sentit un frisson lui parcourir l’échine.

 

Ginny et Harry s’étaient disputés en rentrant chez les Delacour. Elle prétendait que se rendre au Manoir des Malefoy la rapprocherait déjà d’Albus. Harry voulait quant à lui trouver un moyen d’arriver au plus près du Terrier…

              « Je ne supporte pas de rester les bras croisés alors que notre fils est tout seul dans un autre pays ! s’emporta Ginny pour la troisième fois. »

Harry se frappa le front contre le carreau de la fenêtre, ses yeux verts se perdant dans les trombes d’eau qui s’abattaient sur la région…

              « J’ai fait envoyer un employé du Ministère au Terrier ! annonça Hermione en accourant à la cuisine, tenant encore sa plume à la main. Il va passer voir si Albus va bien. Et le prévenir que vous revenez dès que possible… »

Harry poussa un soupir de soulagement et Ginny tomba dans les bras d’Hermione… Néanmoins, elle finit par déclarer :

              « Ce soir, c’est le réveillon. Je vais essayer de joindre Drago par le réseau de Cheminette et lui demander d’arriver chez lui. Une fois là-bas, je me débrouillerai pour rejoindre le Terrier ! »

Hermione et Molly l’observèrent se pencher vers la haute cheminée, une poignée de poudre argentée dans la main. Quelques instants plus tard, une lueur verte éclaira la grande salle à manger du manoir Malefoy. Drago, Astoria et leur fils Scorpius se tournèrent en même temps vers les flammes émeraude. Un tournoiement de cape et de cheveux roux plus tard, la silhouette d’une femme se détacha de l’âtre…

              « Bonsoir Drago… fit simplement Ginny en s’avançant vers lui »

Les trois Malefoy ne bougèrent pas jusqu’à ce qu’Astoria se lève de son fauteuil pour accueillir la nouvelle-venue et Ginny fut saisie par l’élégance avec laquelle on l’accueillait, bien qu’elle n’ait ni demandé la permission d’arriver au manoir, ni même prévenu ses hôtes !

              « Je suis désolée de vous déranger et d’arriver sans message préalable… commença-t-elle à l’adresse du couple. Mais j’ai de graves ennuis et je ne voyais personne d’autre qui…

              — Parmi vos nombreux amis, personne pour vous aider, vraiment… ? siffla Drago d’un air de mépris et d’ironie »

Mais Ginny se tourna plutôt vers Astoria pour lui faire le récit des événements. Et à mesure qu’elle parlait, l’émotion faisant trembler sa voix, Drago sembla se radoucir. Plusieurs fois il jeta un œil inquiet à son fils qui écoutait lui aussi, et sembla immensément rassuré de pouvoir poser une main sur son épaule, sur son visage, lorsque la situation de Ginny Potter faisait monter en lui l'angoisse de perdre son fils... Drago finit par déclarer :

              « Dis-nous comment nous pouvons te venir en aide.

              — Je dois retourner au plus vite au Terrier, déclara Ginny.

              — Viens avec moi, lança Drago en l’entraînant sur le chemin qui conduisait hors du domaine... »

Les deux anciens ennemis se retrouvèrent dans le vent glacé… La grille du domaine était couverte de givre et la neige ne s’estompait qu’aux endroits où on avait marché…

Drago ferma les yeux, et fit un petit geste élégant avec sa baguette magique. Ginny l’observa sans comprendre.

              « Je pense que c’est la meilleure option… déclara Drago en rouvrant les yeux. »

A peine achevait-il sa phrase qu’un grand bruit métallique résonna dans le silence. Ginny sursauta. Une lumière aveuglante coupa son champ de vision et elle discerna bientôt une haute masse violette… Puis il y eut un bruit de klaxon et des éclats de voix derrière une porte qui s’ouvrait…

              « Bienvenue à bord du Magicobus, transport pour sorcières et sorciers en perdition, fit une voix enjouée »

Ginny découvrit alors un homme à l’apparence brouillonne. Il devait avoir une quarantaine d’années mais avait gardé l’apparence d’un grand adolescent, peut-être à cause des cicatrices de bontons qui constellaient son visage.

              « Je suis Stan Rocade et je serai votre contrôleur »

Ginny se rappela l’existence du Magicobus et réalisa qu’elle allait pouvoir regagner le Terrier ! Elle se tourna vers Drago, les yeux humides de gratitude.

              « Je… bredouilla-t-elle

              — Alors, vous montez ? lança Stan depuis le marche-pied du bus à double-impérial. On a un tas de passagers à emmener aux quatre coins du pays, figurez-vous ! »

On apercevait en effet derrière les vitres une assemblée d’hommes et de femmes patientant sur des fauteuils.

              « Vas-y, ne perd pas de temps ! »

Ginny posa le pied sur la plateforme du bus et se retourna pour remercier Drago. Il fit un geste évasif de la main et lui adressa un sourire encourageant. Par-dessus son épaule, Ginny aperçut Astoria et Scorpius sur le perron du manoir, qui lui faisaient un signe d’au-revoir…

 

End Notes:

Alors, que dites-vous de cette avancée ?!

Chapitre 5 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Nous avions laissé Ginny devant le Magicobus tandis qu'Albus s'apprêtait à visiter le marché de Noël, vous vous souvenez ?!

Voici venu le moment de les retrouver !

Bonne lecture et merci à tou.te.s pour vos reviews !

« Un chocolat, s’il vous plait… demanda Albus en approchant du stand »

Le marché de Noël de Loutry Ste Chassepoule s’étendait le long de la rue principale du village. Les échoppes éphémères installées sur des tréteaux proposaient divers articles de la production locale de fruits, de légumes, de confiseries et de babioles magiques en tout genre. Albus avait immédiatement été attiré par la délicieuse odeur de chocolat qui montait du chaudron cuivré et reluisant d’une grande sorcière aux cheveux crépus…

La marchande remplit une tasse à la louche et la lui tendit mais alors qu’Albus cherchait cinq mornilles dans ses poches, une main à la peau grise et fripée déposa la monnaie à sa place sur le comptoir. Albus tressaillit et tourna lentement la tête… C’était le Schnock !

Du moins, c’était le vieil homme que James et Fred II avait depuis longtemps surnommé le Schnock. Un personnage sinistre à l’air bourru et aux yeux encavés sur le compte duquel on racontait des histoires à faire peur… La seule fois où Albus avait osé en demander plus à ses parents, Harry lui avait touché l’épaule affectueusement et, d’un air grave et solennel, il avait déclaré qu’un jour, Albus serait en âge qu’on lui raconte toute l’histoire… Il s’était donc contenté des rumeurs épouvantables colportées par son frère et ses cousins.

Impressionné, Albus recula précautionneusement, oubliant tout à fait la tasse de chocolat sur le comptoir ! Il mit le plus de distance possible entre lui et le Schnock et fut aussi étonné que soulagé de constater que le vieil homme n’essayait pas de le suivre… Albus acheta une tourte de dinde aux champignons et un morceau de bûche de Noël. Il lui restait juste assez de monnaie pour quelques œufs et une bouteille de lait. Enfin, il commença à remonter la rue en direction du Terrier.

Les jets d’eau de la jolie fontaine du village avaient été magiquement figés en pleine action, donnant à l’ensemble l’aspect scintillant d’une sculpture de glace… Les gerbes d’eau jaillissant des tubes et les gouttelettes suspendues en l’air reflétaient la lumière comme les milles perles de cristal d’un lustre somptueux… Le garçon ralentit et finit par s’arrêter, bouche bée devant ce spectacle. Mais à mesure que sa surprise se transformait en admiration, Albus éprouva un vide au creux de l’estomac… Il aurait voulu partager cette vision avec ses parents, avec ses cousins, et même s’il ne se l’avouait pas vraiment, avec son frère James…

              « Que penses-tu de ça, petit… ? demanda une voix rauque juste derrière lui »

Albus fit volte-face et se retrouva nez à nez avec le Schnock ! Il eut d’abord l’idée de crier au secours, mais quelque chose l’en empêcha… Le vieil homme lui tendait la tasse de chocolat qu’il avait oublié quelques instants plus tôt sur le comptoir de la marchande. Après une hésitation, Albus tendit fébrilement la main pour saisir la tasse et à sa grande surprise, rien de terrible ne se passa !

La première gorgée de chocolat chaud lui apporta un réconfort inimaginable. Le Schnock s’installa silencieusement sur le banc qui faisait face à la fontaine et but une gorgé du verre de vin chaud qu’il tenait à la main.

              « …c’est une jolie fontaine, à mon avis, déclara-t-il. Ce centaure est plus vrai que nature, non ?! »

La fontaine se composait en effet d’un centaure en train de se cabrer, bandant un arc dont la flèche projetait une gerbe d’eau immobile… Rassemblant tout son courage, Albus vint s’assoir à côté de l’homme et observa le centaure un moment. On lui avait raconté que ces créatures lisaient l’avenir dans les étoiles…

              « Vous croyez que les centaures savent si ma famille va revenir… ? lança Albus sans réfléchir »

Le Schnock leva un sourcil mais sa surprise ne sembla pas durer. Une profonde mélancolie passa dans ses yeux noirs.

              « Parfois nous pensons être loin de ceux qu’on aime, mais ils restent toujours dans notre cœur, déclara-t-il »

Albus acquiesça silencieusement.

              « Je voudrais revenir en arrière, avoua-t-il »

Pour la première fois, l’homme eut un sourire. Pourtant, une immense tristesse, une solitude insondable émanaient de lui.

              « Je te comprends mieux que tu ne penses, mon garçon, déclara-t-il »

Il y eut un nouveau silence. Albus avala ce qui restait de son chocolat et remit ses gants. Il se sentait complètement découragé. Alors, le Schnock prit une grande inspiration pour parler :

              « J’avais un fils. Un brave garçon, comme toi… Il n’est plus de ce monde à présent et ma femme et moi, nous n’avons jamais pu nous en remettre »

Albus ne disait rien, pétrifié par la tristesse de cette confidence.

              « Il y a des années qu’elle ne veut plus fêter Noël, ni même venir au village… Je la comprends, d’ailleurs. Mais il faut bien que quelqu’un fasse les courses… »

Le Schnock montra le panier rempli de légumes à ses pieds…

              « Vous pourriez peut-être lui proposer de faire les courses avec vous… suggéra Albus.

              — Je préfère lui éviter la peine de sortir de la maison… marmonna le Schnock.

              — Sans vouloir vous offenser, répliqua alors Albus, moi je pense que ça ferait du bien à votre femme de sortir de la maison ! Bien sûr, au début ce serait un petit peu dur, mais si vous l’aidez, elle y arrivera certainement ! »

Le Schnock posa sur le jeune garçon un regard ému. Le froid redoublait et Albus resserra son écharpe avant de se lever.

              « Si je peux te donner un conseil, mon garçon, fit alors le Schnock, n’essaie pas de changer le passé… Il y a certainement beaucoup mieux à faire dans l’avenir… »

Albus s’immobilisa un instant pour repasser cette phrase dans sa tête…

              « Je vais y réfléchir, promit-t-il avant d’ajouter avec une pointe de curiosité. Et vous, qu’allez-vous faire avec votre femme ?

              — Eh bien, je… Je vais y réfléchir moi aussi… lâcha le Schnock avec un sourire »

Mais cette fois, quelque chose de nouveau pétillait dans ses yeux noirs.

« Ca m’a fait du bien de te parler, déclara-t-il.

— A moi aussi… Merci pour le chocolat. Je m’appelle Albus. »

Il tendit la main et le schnock la serra avec une force mêlée de tendresse :

              « Joyeux Noël, Albus. Je m’appelle Amos. »

 

Le terrier était silencieux comme rarement on l’avait vu. Albus franchit la porte et alla se servir un verre de lait. Il resta à contempler le salon un long moment : la large cheminée ornée de chaussettes surprises, le sapin décoré de petits vifs d’or, de fées et de lutins en porcelaine qui souriaient et faisaient des clins d’œil quand on passait devant eux…

              « Ce n’est peut-être pas ma maison, mais c’est quand même mon foyer… raisonna-t-il à haute-voix »

Sa décision était prise depuis qu’il avait quitté le village en ruminant les paroles d'Amos : il allait défendre de toutes ses forces le Terrier et ses trésors ! Ces sales types n’avaient qu’à revenir, s’ils en avaient le courage ! Albus ne leur faciliterait pas la tâche !

Dans le garage où Arthur Weasley s’adonnait à ses lubies les plus insolites se trouvait un plan du Terrier, dessiné par le grand-père d’Albus lui-même, à la façon des moldus… Le garçon le décrocha du mur et repéra soigneusement toutes les entrées ainsi que les endroits stratégiques de la maison… A défaut de connaître les sortilèges de défense, il aurait besoin de tout le matériel magique qu’il pourrait trouver…

Ce fut tout naturellement qu’Albus grimpa une nouvelle fois jusqu’à l’ancienne chambre de Fred et George pour commencer à y lister ses trouvailles :

              Des bombabouses

              De la poudre d’obscurité instantanée du Pérou

              Une bouteille de philtre d’amour Premier Regard, nouvelle formule, ultra-puissant

              Des Feufous Fuseboum, déflagration Deluxe

              Deux Frisbee à dents de serpent

Les boites à flemme qu’il avait récupérées la veille pourraient aussi lui être utiles. Et il possédait également :

              Une caisse de baguettes farceuses

              Un carton de pétards mouillés du Dr Flibuste

Albus vérifia le plan du Terrier et se mit au travail ! L’installation des pièges dans chaque pièce lui redonnait peu à peu espoir. Et ce n’était pas de trop pour garder courage, tandis que le jour déclinait rapidement ! Bientôt, il entendit l’horloge de sa grand-mère sonner 19h… La goule de maison grogna. Pour la première fois de sa vie, Albus fut ravi de l’entendre ! Elle venait de lui donner une ultime et excellente idée… Il courut à la buanderie où sa grand-mère gardait les remèdes et potions à ne pas mettre entre toutes les mains… Il l’avait entendu raconter à Harry que, depuis la guerre, elle gardait toujours un flacon de Polynectar, au cas où… Albus dégota la potion et y ajouta un de ses cheveux. Immédiatement, le liquide se mit à bouillonner… Satisfait il rangea la fiole dans sa poche…

 

Le Magicobus était bondé ! Ginny batailla pour se frayer un chemin parmi les sorciers déjà installés sur de confortables fauteuils, escortée de Stan Rocade qui lui faisait l’article :

              « Une tasse de chocolat, ma p’tite dame ? »

Ginny refusa en s’efforçant de lui adresser un sourire poli. Sans comprendre pourquoi, elle était agacée par cet homme !

              « C’est dommage, reprit-il, parce qu’on a une promotion sur les chocolats, le soir de Noël : pour l’achat d’une tasse, la brosse à dents et la bouteille d’eau sont offertes ! »

Il paraissait très content de lui.

              « Je n’ai pas le cœur à boire du chocolat, désolée ! répliqua Ginny.

              — Oh, eh ben c’est que vous devez avoir des ennuis ! Et dans ce cas-là, il n’y a rien de mieux qu’une bonne tasse de chocolat ! »

Ginny leva des yeux effarouchés vers le contrôleur, mais il lui adressait un sourire si franc qu’elle n’osa rien ajouter. Stan s’éloigna mais revint quelques instants plus tard avec une tasse fumante.

              « C’est moi qui vous l’offre, annonça-t-il en lui tendant la tasse. »

Il fit apparaitre un strapontin près du fauteuil que Ginny avait fini par trouver près de la vitre et se tint là en silence jusqu’à ce qu’elle ait bu la dernière goutte de chocolat. Malgré son angoisse au sujet d’Albus, elle devait bien reconnaître que le breuvage lui avait apporté un certain réconfort.

              « Je dois rejoindre mon fils… Il est seul à la maison… Nous l’avons…oublié ! »

Elle baissa les yeux sur la tasse vide, envahie par la honte.

              « Ce sont des choses qui arrivent… déclara aussitôt Stan.

              — Vous êtes sérieux… ? s’étouffa Ginny. Quel genre de parents oublient leur enfant à la maison ?! »

Stan haussa les épaules, un sourire triste aux lèvres.

              « Les miens ! souffla-t-il. Les miens, ils ont oublié de venir me chercher au Poudlard Express les trois premières années… »

Ginny se tourna vers son interlocuteur, incrédule.

              « …ils espéraient que quelqu’un me reconduirait à l’école s’ils ne venaient pas, continua Stan. Je me suis fait ramasser tellement de fois par le Magicobus que j’ai fini par obtenir le poste de contrôleur… »

Ginny ouvrit la bouche, ébahie et compatissante, mais ne trouva rien à répondre.

                            « Oh mais maintenant ça va, je gagne ma vie, vous voyez ! Et j’ai même la chance de passer les fêtes avec des tas de voyageurs très sympathiques ! »

Ginny jeta un regard aux usagers endimanchés qui se rendaient sans aucun doute à des diners de réveillon… Elle éprouva alors un élan de sympathie attendrie pour Stan.

              « Et ne vous en faites pas pour votre fils, je suis sûr qu’il ne vous en voudra pas !

              — Merci, Stan… souffla Ginny en posant la tête sur son épaule tandis que le Magicobus faisait un nouvel arrêt le long du chemin de traverse »

 

L’antique radio du Terrier faisait grésiller de vieux tubes de Noël interprétés par l’iconique Celestina Moldubec… Albus roula son plan de bataille pour le fourrer dans sa poche et passa mentalement en revue l’ensemble des pièges qu’il venait de mettre en place… Malgré la peur que les choses ne tournent pas à son avantage, une certaine adrénaline étira un sourire de satisfaction sur ses lèvres. Il était prêt !

Il réchauffa la tourte qu’il avait achetée au marché et dressa la table dans le salon, face à la cheminée et au sapin. Dehors, le froid intense avait givré les vitres et le pas de la porte. Le jeune garçon avait même failli glisser en accrochant la couronne de Noël à la porte. Chaque année, sa tante Audrey en confectionnait une elle-même avec des bois et des végétaux magiques qu’elle offrait ensuite à Mrs Weasley…

Albus passa à table et porta la fourchette à sa bouche au moment où des bruits de pas précautionneux approchaient de la maison… Le garçon lâcha ses couverts, souffla les deux chandelles posées sur la table, et serra la baguette de son frère contre son cœur. A pas de loups, il gagna le placard sous l’escalier et se tint sur ses gardes…

End Notes:

Alors, alors, que pensez-vous de l'identité du Schnock ?!

J'avais pensé à Rogue, mais puisqu'il est mort... Et Merly Flora avait imaginé Xenophilius Lovegood, ce qui m'a tout simplement pétrifiée parce que c'est une super idée à laquelle je n'avais pas pensée !

Chapitre 6 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Nous avons laissé Albus sous l'escalier et notre duo de cambrioleurs devant la porte du Terrier !

Voici la suite de leurs aventures !

« Laisse-moi faire, ordonna la voix de Mondingus Fletcher »

Il y eut un concert de jurons marmonnés tandis que les deux cambrioleurs dérapaient sur le pas de la porte verglacé en se gênant mutuellement. Gilderoy se rattrapa in extremis au col de Mondingus et leurs deux silhouettes emmêlées se stabilisèrent enfin derrière la vitre givrée. Albus retint son souffle. On frappa trois coups…

              « Joyeux Noël, petit Potter… Nous savons que tu es là et que tu es tout seul. Ouvre-nous la porte et nous ne te ferons pas de mal… »

Albus sentit son sang se glacer. Il ne bougea pas.

              « Allons, allons… fit encore la voix doucereuse. Ton papa et moi avons été amis autrefois, tu sais… Ouvre-nous et nous te raconterons toute l’histoire…

              — Oui, oui, renchérit alors Lockart en se penchant à son tour vers la serrure. Nous te raconterons un joli conte de Noël… »

Sa phrase se perdit dans un ricanement stupide. Albus recula vers les premières marches de l’escalier.

              « Ce crétin de gamin ne nous ouvrira jamais ! grogna alors Mondingus avec un geste impatient. Allons-y ! »

Il jeta un œil autour de lui : il n’y avait pas un niffleur à l’horizon. Il pointa sa baguette sur la porte et prononça Alohomora. La poignée de bronze tourna avec un cliquetis approbateur, mais au moment où Mondingus voulut s’en saisir, la couronne de Noël à laquelle il n’avait pas pris la peine de jeter un seul regard se mit à frétiller…

              « Euh… ? eut seulement le temps d’hésiter Lockart »

Déjà, trois botrucs avaient surgi de la couronne où ils avaient élu domicile, attirés par les essences magiques qui la composaient !

              « REDUCTO ! DEPULSO ! DEPULSO ! cria Mondingus, ratant à plusieurs reprises ses cibles »

Lockart, lui, ne parvenait qu’à se débattre à grands moulinets de bras inutiles ! Assailli de botrucs effarouchés, il ne pouvait même pas protéger ses précieux cheveux dorés et s’agitait de plus en plus, frappant par inadvertance un Mondingus impuissant :

              « Mais arrête de gesticuler comme ça, sombre abruti ! gronda finalement celui-ci lorsque le dernier botruc décida de battre en retraite… »

Les deux sorciers échangèrent un regard hostile. Mondingus se retourna vers l’entrée :

              « Très bien, sale petit morveux ! cria-t-il en envoyant son meilleur coup de botte dans la porte qui céda sous le choc. J’espère que tu as prévu quelque chose de plus sérieux que ça pour nous retenir… »

Lockart, resté sur le pas de la porte, eut soudain une grimace d’appréhension :

« On ne devrait peut-être pas dire ça, si ? glissa-t-il à son camarade.

— C’est un gosse de huit ans, Gilderoy ! Qu’est-ce que tu veux qu’il nous fasse ?! Bon, va de ce côté, et moi je passe par là… »

Au moment où les deux hommes se dirigeaient en deux points opposés du rez-de-Chaussée, Albus se glissa sous la cape d’invisibilité de son père qu’il avait précieusement gardée depuis le matin du départ. A pas délicats, il remonta l’escalier, jetant de temps à autre des regards derrière lui, et espérant que ses pièges auraient raison de l’ambition des cambrioleurs…

Mondingus s’était élancé vers le salon qu’il avait autrefois fréquenté comme membre de l’Ordre du Phenix. L’ameublement était inchangé et il se dirigea immédiatement vers un grand buffet. Outre la vaisselle dépareillée, il ne trouva qu’un petit coffret où les insignes de préfet et de préfet-en-chef des enfants Weasley avaient été précieusement agencés sur un coussin de velours… Une moue déçue passa sur son visage.

Faute de mieux, Lockart avait quant à lui rempli son sac des chandeliers en étain disposés sur la cheminée. Lorsqu’il se tourna vers la grande armoire héritée de la tante Murielle, il avait bon espoir d’y trouver des choses plus intéressantes… A l’intérieur, une odeur de renfermée se mêlait à l’obscurité. Lockart s’avança, croyant discerner dans le meuble des contours mouvants… Soudain, une silhouette blanche jaillit devant lui ! La jeune femme, le sourire affable mais l’air carnassier, portait une blouse vert clair à l’effigie de l’Hôpital Ste Mangouste…

              « Nnnn…non… balbutia Lockart en reculant d’un pas, le visage crispé. Non, non : vous n’avez plus le droit ! Je su..suis guér…guér…guéri… »

Mais la médicomage avançait inexorablement vers lui ! Il sortit sa baguette magique d’un geste tremblant mais ne parvint pas à articuler la moindre formule, la terreur grandissant sur son visage !

Alerté par les murmures de plus en plus décousus de son comparse, Mondingus se détourna de la commode qu’il avait commencé à fouiller :

              « Ridikulus ! lança-t-il »

Les boutons de blouse de la médicomage sautèrent les uns après les autres et sa silhouette disparut en fumée à l’instant précis où elle allait se retrouver dans le plus simple appareil ! Lockart eut un soupir, mi-soulagé mi-déçu et rajusta sa coiffure.

              « Je t’ai expliqué cent fois ce que c’est qu’un épouvantard, Gilderoy ! gronda Mondingus. Remets-toi au travail ! On n’a pas toute la nuit…»

Lockart tâcha de reprendre ses esprits et pour s’y aider, se servit un verre d’eau de la carafe posée sur la table du salon, parmi les restes du diner d’Albus. La fraicheur du breuvage lui éclaira immédiatement l’esprit. En fait, c’était sans doute l’eau la plus délicieuse qu’il avait bue de sa vie ! C’était comme si son corps s’était soudain ouvert au bonheur, comme si son cœur s’était mis à battre différemment ! Puis il croisa enfin le regard de son ami le plus cher, de l’homme qui l’avait sauvé de l’hôpital, le seul qui avait bien voulu de lui… Mondingus Fletcher !

              « Quoi ? lança ce-dernier en levant un œil sur Gilderoy. Pourquoi tu me regardes comme ça ? »

Mais Lockart paraissait trop stupéfait de voir que son camarade lui adressait la parole pour penser à lui répondre… Il avait sursauté de joie en croisant son regard et le fixait à présent avec une expression d’admiration extatique, quasi douloureuse… Mondingus se retourna pour s’assurer qu’une vélane ne venait pas d’apparaitre dans son dos! Dans l’intervalle, Gilderoy s’était élancé vers lui d’un pas conquérant :

              « Mon Dingus… s’écria-t-il

 - Mais… Gilderoy, qu’est-ce qu’... eut seulement le temps de gémir Mondingus avant que les lèvres tendues de Lockart n’effleurent son nez »

Mondingus recula précipitamment. Une chaise se renversa. Il dut bondir en arrière pour éviter une nouvelle tentative de baiser passionné ! Gilderoy tendait les bras pour l’étreindre, aveuglé par la passion ! Sa bouche rencontra encore le vide avant qu’une gifle magistrale ne le ramène à la réalité !

              « Tu n’es qu’un crétin ! cria Mondingus en s’emparant de la carafe à laquelle son camarade s’était abreuvé. Ne jamais boire à un récipient que tu n’as pas rempli toi-même ! Combien de fois je te l’ai répété ?! »

Tandis que la dispute éclatait au rez-de-chaussée, Albus avait rejoint le grenier où la goule était sortie de son nid nauséabond, alertée par le bruit… La répugnante créature posa sur le garçon un regard flou. Albus déglutit péniblement mais ne recula pas. D’un geste fébrile, il tendit à la goule le flacon de potion qu’il avait glissé un peu plus tôt dans sa poche… Le liquide était peu ragoutant, mais sûrement pour cette raison, la goule sembla très intéressée et se pressa de saisir le flacon pour avaler d’un trait son contenu… Albus joignit les mains :

              « Pourvu que ça marche, pourvu que ça marche… murmura-t-il »

Et en effet, la goule fut bientôt agitée de hoquets et de tremblements tandis que sa peau se mettait à frémir et que son visage se déformait… Albus se trouva alors face à face avec un jeune garçon d’une taille identique à la sienne. Ses traits étaient parfaitement semblables aux siens ! Le polynectar avait fait son effet !

              « Wouah… lâcha-t-il. Bon, écoute, tu dois descendre ! »

Il montra l’escalier à la goule métamorphosée.

              « Il y a plein de trucs à manger dans la cuisine ! Vas-y maintenant ! »

Les yeux de la créature avaient scintillé au mot manger et son corps frétilla à l’évocation de la cuisine. Elle se mit aussitôt à descendre les marches !

Mondingus avait vidé le reste de la carafe remplie de philtre d’amour sur le tapis et brandi sa baguette magique. Cette fois-ci c’était clair : ce sale gamin avait décidé de leur mettre des bâtons dans les roues ! Mais il n’était plus question de renoncer ! Il ordonna à Gilderoy de ne plus rien avaler et de poursuivre les fouilles dans la cuisine.

              « On ne sait jamais… La mère Weasley y passe un temps fou ! Elle y a peut-être des cachettes intéressantes… »

Lockart acquiesça en s’éloignant, la joue toujours douloureuse de la baffe de Mondingus. C’est alors que des pas résonnèrent du côté de la buanderie. Mondingus se redressa pour se précipiter, baguette en avant. A quelques mètres, il discerna un petit garçon en pyjama, le visage presque grisâtre, brun comme l’était son père, quelques taches de rousseur sur le visage comme sa mère !

              « Te voilà, petit diable ! »

La petite silhouette s’immobilisa et tourna de grands yeux verts en direction de son interlocuteur :

              « Guuuhu ? »

Mondingus leva un sourcil devant la mine ahurie et le langage inarticulé du garçon. Il lui ordonna de lever les mains et de ne pas bouger mais aucune lueur de compréhension n’illuminait le regard vague du garçon… Mondingus s’avança précautionneusement, sans abaisser sa baguette. Une odeur pestilentielle lui hérissa soudain les narines ! Il saisit l’enfant par le col mais remarqua aussitôt que son comportement n’avait rien d’humain ! Il grognait d’une manière très étrange. Très semblable à celle d’une…goule de maison ! Alors, un filet de bave coula de la bouche de la créature et Mondingus reconnut aussitôt l’épaisse substance du polynectar ! Comprenant qu’il ne s’agissait pas d’Albus, il lâcha le col de pyjama et recula précipitamment, l’air dégoûté !

              « Espèce de sale gosse… cracha-t-il entre ses dents. Je vais t’apprendre à… »

Mais un cri strident coupa son grognement : depuis la cuisine qu’il avait entreprit de fouiller, Lockart hurlait de douleur !

                            « Gilderoy ? appela Mondingus en repoussant la répugnante goule de maison qui lui barrait le chemin »

A genoux devant la cuisinière, Lockart couvrait son nez à deux mains sans parvenir à contenir un flot de sang ! Mondingus retourna les tiroirs à la recherche d’un torchon.

              « Tu as mangé un de ces trucs ?! lança-t-il en désignant les papiers de nougat qui jonchaient la table de la cuisine »

Mais Gilderoy n’avait pas besoin de répondre : Mondingus avait clairement reconnu les emballages du magasin Weasley !

              « Ça va s’arrêter tout seul, mais tu es un crétin fini, Lockart ! N’avale plus un seul morceau de nourriture que tu trouveras ici, compris ?! »

Gilderoy acquiesça d’un air coupable.

              « Allez, amène-toi ! Allons voir à l’étage… ordonna Mondingus. »

Lockart, la main toujours contractée sur le torchon qui épongeait son nez sanguinolant, se pressa à sa suite.

 

Le magicobus fit une embardée et dérapa sur le trottoir avant de s’arrêter dans un grand coup de frein ! Les passagers qui avaient les mains libres se retinrent à leurs fauteuils tandis que ceux qui tenaient une tasse de chocolat s’écrasaient contre les vitres…

Ginny ne put retenir un sourire devant le visage maculé de chocolat d’un vampire en costume trois pièces. Ce-dernier s’essuya de son mouchoir et descendit à la suite d’une superbe femme aux ongles manucurés d’un rouge écarlate. Le couple s’engouffra dans une ruelle obscure et disparut.

              « PROCHAIN ARRET : LES TROIS BALAIS, cria le conducteur »

Ginny soupira… Il restait une bonne dizaine de passagers à déposer avant que son tour arrive.

End Notes:

Merci pour votre lecture !

Chapitre 7 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Vous prendrez bien une autre part de cette aventure de Noël ?!

Merci infiniment pour vos reviews, et maintenant, bonne lecture !

Mondingus et Lockart arrivèrent en trombes au pied de l’escalier et montèrent deux marches avant qu’une voix juvénile mais pleine d’arrogance ne les interrompe :

              « Alors les gars, vous trouvez votre bonheur… ? »

Les deux hommes levèrent le nez d’un air de surprise peu avantageux. Ils aperçurent d’abord le dos de la goule en pyjama qui parvenait péniblement au palier puis, derrière elle, un jeune garçon au sourire insolent… Mondingus bouscula Lockart, décidé à corriger ce petit garnement mais il entendit alors l’incantation du sortilège de repousse-tout et eut tout juste la présence d’esprit de se plier en deux. Une bombabouse rebondit sur les marches, contre la cloison, lui frôla le crâne, et s’écrasa sur Lockart qui tomba à la renverse dans une explosion d’immondices !

Gilderoy était visiblement un peu sonné par sa dégringolade. Mondingus se redressa et mesura des yeux la chute à laquelle il venait lui-même d’échapper :

              « Je vais te le chercher ! lança-t-il d’un ton vengeur à son acolyte »

Il se retroussa les manches et s’élança dans l’escalier. Le sortilège résonna une nouvelle fois. La deuxième bombabouse n’eut même pas le temps de se cogner aux marches ! Elle frappa directement Mondingus au creux de l’estomac et le fit basculer en arrière au milieu d’une gerbe boueuse !

Albus eut un cri de triomphe et embrassa la baguette magique de James qui lui avait si bien obéi ! Puis, tandis que les deux escrocs se relevaient non sans mal dans la marée nauséabonde et glissante, il courut vers l’ancienne chambre de Percy…

L'immense cage d’Hermès, le vieil hibou de l’oncle Percy, occupait une bonne partie de la pièce et ressemblait davantage à un centre de loisirs pour volatile à la retraite qu’à un abri classique comme on en vendait sur le Chemin de traverse… Albus eut un mal de chien à détourner l’attention de l’animal de la balançoire à mouvement perpétuel sur laquelle il paraissait…

              « Je t’en prie Hermès ! C’est urgentissime ! geignit le garçon tandis que le hibou s’élançait nonchalemment dans un toboggan miniature… »

Mais à l’instant où il terminait sa phrase, une boule de plumes grise se posa triomphalement sur le large bureau. Albus tourna les yeux et reconnut immédiatement Coq’, le minuscule hibou de son oncle Ron, qui tendait sa patte, prêt à servir ! Albus ne réfléchit pas plus longtemps, accrocha la lettre et ouvrit la fenêtre !

Aprésent, les savons sauteurs de la salle de bain voisine s’en prenaient à Mondingus qui avait ouvert la porte sans se méfier… Immédiatement, des dizaines de savons étaient tombés de l’étagère sur laquelle ils tenaient en bascule ! Mondingus avait d’abord eu toutes les peines du monde à se relever, glissant sur les savons surexcités... Maintenant, une mousse épaisse recouvrait son crâne dégarni et la moitié de son visage. Son nez rougi par la colère terminait de le faire ressembler à un père Noël de pacotille ! Il se frotta les yeux du revers de la manche tandis que les terribles savons renouvelaient leurs attaques…

              « J’arrive ! lui lança Lockart sur un ton providentiel depuis le palier »

Albus vit alors passer Lockart en plein élan dans l’entrebâillement de la porte de la chambre de Percy. Il attendit qu’il soit suffisamment loin pour se précipiter vers la chambre de Charlie où il retrouva une partie des stocks qu’il avait constitués. Une boite d’un gris peu engageant annonçait en lettres marron : MARECAGE AMBULANT. Albus s’en saisit et détacha l’adhésif marqué de l’avertissement : durée d’efficacité pouvant varier. Puis il renversa la bibliothèque adossée au mur avant de s’échapper aussi vite et discrètement que possible !

Lockart sursauta au moment où les étagères de bois se brisaient sur le sol ! Il se tenait baguette brandie devant la salle de bain, mais les savons sauteurs étaient trop rapides pour qu’il espère les toucher ! Le seul sortilège qu’il avait osé était passé à un centimètre de l’oreille de Mondingus !

Puis soudain, Lockart sentit ses pieds s’engluer dans le sol…

              « Qu’est-ce que… balbutia-t-il en baissant le nez sur ses bottes »

Le plancher avait disparu sous ses yeux ! Le palier était à présent complètement recouvert d’une eau trouble et stagnante. Une vase verdâtre collait à ses semelles, entravant ses mouvements comme s’il marchait dans la glue ! Par endroits, des mottes de terre hérissées de roseaux et de chardons arrivaient jusqu’aux genoux !

              « Finite incantatem ! essaya Mondingus tout en essuyant de l’autre main le savon qui lui brûlait les yeux »

Mais le marécage ne disparut pas. Il ne changea pas même d’aspect ! En d’autre temps, la grande Inquisitrice de Poudlard elle-même n’avait rien pu faire contre le marécage ambulant des jumeaux Weasley. D’ailleurs, ce produit était devenu la cible privilégiée d’un projet de loi pour en interdire l’achat aux mineurs scolarisés…

En attendant, Albus était passé devant la chambre de Bill et il atteignit l’escalier qui conduisait au deuxième étage… Mondingus crut l’apercevoir au bout du couloir mais une terrible douleur à la cheville détourna son attention ! De la chambre ouverte de Charlie s’échappaient des exemplaires du Monstrueux Livre des Monstres. Ils avaient été entraînés dans la chute de la bibliothèque et n’avaient visiblement pas apprécié l’expérience, si on en jugeait par la hargne avec laquelle ils tentaient de dévorer les bottes des deux cambrioleurs !

Albus formula des prières pour que Coquesigru transmette sa lettre le plus vite possible tout en courant vers la chambre de George, à l'étage supérieur ! Il récupéra un sac plein de pétards et de fusées explosives et traîna jusqu’à l’escalier d’où il était arrivé une grosse caisse de baguettes farceuses… En contrebas sur le plaier inférieur, les deux escrocs venaient de se débarrasser des livres en furie !

              « DESCEND DE LA, ESPECE DE PETIT VAURIEN ! rugit Mondingus en montrant le poing »

Mais au moment où il se lançait dans l’escalier, Albus renversa l’énorme caisse de baguettes qui s’éventra aussitôt pour répandre son contenu dans les marches… Mondingus dérapa sur l’une des baguettes et chuta en entraînant Lockart qui le suivait de près ! Les deux sorciers se retrouvèrent sur le palier marécageux du premier étage, à plat dos au milieu d’une centaine de baguettes magiques toutes plus vraisemblables les unes que les autres… Ils échangèrent un regard.

              « Tu as la tienne… ? questionna Mondingus d’un air soupçonneux »

Lockart fouilla ses poches mais n’y trouva rien. Il se pencha pour ramasser ce qui semblait être sa baguette mais au moment de la tester, un unique confetti en sortit avant de disparaitre en plein vol… Mondingus leva vers lui un regard exaspéré et lança accio baguette de cérisier !

Une bonne trentaine de baguettes (probablement toutes en bois de cerisier !) fusèrent aussitôt dans leur direction. Mondinsingus pesta ! Gilderoy crut d’abord reconnaître sa baguette dans le lot. Mais un poulet en caoutchouc sauta de l’instrument. Il en ramassa une autre qui émit un couinement grossier tandis que la troisième dont il se saisissait devenait aussi molle qu’un morceau de guimauve !

              « Accio baguette de Gilderoy Lockart ! aboya finalement Mondingus en jetant un coup de pied impatient au milieu des instruments magiques »

Péniblement, une baguette s’éleva dans les airs et Lockart l’attrapa au vol pour la glisser dans la poche de son veston.

              « Ne la lâche pas ! recommanda Mondingus. Et maintenant, Finissons-en avec ce sale gamin ! »

 

Un petit hibou ébouriffé atterrit juste devant la fenêtre d’un bâtiment grisâtre. C’était la seule façade sans illuminations. L'unique fenêtre éclairé donnait sur un bureau poussiéreux à l’intérieur duquel deux sorciers en uniformes bleus jouaient à la bataille explosive…

              « Tu crois que ce hibou est pour nous… ? interrogea mollement le sorcier le plus proche de la fenêtre, la bouche encore pâteuse de son donut au marron.

              — J’en sais rien, fit l’autre en reposant sa tasse de thé, mais il vaut mieux lui ouvrir ou ce satané oiseau va casser la vitre ! »

Coquesigru frappait en effet le verre de toute la puissance de son bec ! Le sorcier de garde lui arracha son pli et lut à haute-voix :

URGENT

ATTAQUE AU TERRIER

LOUTRY STE CHASSEPOULE

DEUX MECHANTS

AU SECOURS !!!

 

              Debout derrière la porte du magicobus, Ginny serrait les poings d’un air hargneux. Elle avait sans doute plus voyagé en une nuit que durant les dix dernières années réunies ! Sa patience s’évaporait à mesure que les ramassages d’urgence s’ajoutaient aux trajets déjà prévus des sorciers et des sorcières de tout le pays ! Comble de malchance, les arrêts imprévus consistaient le plus souvent à secourir des individus ivres de Whisky pur feu ou de gaz euphorisant… Son arrivée au Terrier était donc constamment repoussée. Et pendant ce temps-là, Albus était seul !

              « Je suis désolé… souffla Stan Rocade en refermant la porte du véhicule sur un énième sorcier titubant. Entre les ivrognes et les accidents domestiques, on est très demandé… »

Il s’agissait en effet à présent de raccompagner un homme dont le frère avait enfoncé la tête dans la dinde de Noël avant de le jeter dehors !

              « Vous allez trouver ça bizarre, continua-t-il, mais les gens se disputent beaucoup plus à Noël que le reste de l’année… »

Ginny ne répondit rien. Cela ne lui semblait pas bizarre du tout… Au contraire. Elle pensa soudain à la dispute qui avait éclatée entre James et Albus la veille du départ. Puis à celle entre Albus et Harry, un peu plus tard cette même soirée… Elle se sentait terriblement mélancolique.

              « C’est le soir de Noël que je suis parti de chez moi… lui confia alors Stan. Je me suis dit que si rien ni personne ne me retenait à la maison un soir comme celui-là, c’était le signe qu’il fallait aller voir ailleurs… »

Ginny ouvrit la bouche, à court de formule réconfortante à prononce en pareille situation…

Mais Stan troqua alors son sourire triste contre un clin d’œil :

              « Regardez ! »

Ginny crut d’abord que la joie de son interlocuteur était provoquée par la neige scintillante qu’on voyait tourbillonner par la fenêtre du bus. Mais en collant son nez contre la vitre, elle discerna le panneau de bois familier, bordé de stalactites, qui annonçait : LOUTRY SAINTE CHASSEPOULE – 30 km

Chapitre 8 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Je pense que ce chapitre sera l'avant-dernier...

J'espère qu'il vous amusera toujours et je tâcherai de poster la fin de cette fic au plus tard le 25, pour un petit cadeau de Noël à vous qui avez si gentiment adorablement suivi l'écriture de cette aventure de Noël !

Joyeuses fêtes <3

Voilà. Le réveillon s’achevait. Encore un Noël. Un Noël sans Cédric…

Amos Diggory se leva de son fauteuil et se détourna de la cheminée… De l’autre côté du foyer se tenait sa femme, pelotonnée dans un châle, occupée à tourner les pages d’un album-photo qu’elle connaissait par cœur… L’homme s’avança vers la fenêtre et contempla la nuit étoilée. Devant la maison, sur les dalles, il restait l’empreinte de la main de son fils unique. Amos en avait tracé le contour lui-même avec sa baguette magique. Cédric avait 5 ans… Il y avait si longtemps. Et pourtant, Amos avait parfois l’impression de revoir courir ce petit garçon dans le jardin. Il entendait son rire au fond de son cœur. Toutes les nuits, l’empreinte de son fils luisait d’une clarté dorée, là devant la maison…

Le vol d’un hibou au-dessus de la plaine sortit Amos de ses pensées… Il tira le rideau pour suivre le volatile du regard. Qui pouvait bien envoyer du courrier à une heure pareille, un soir de Noël ?! Il se persuada que l’animal était sans doute simplement sorti chasser, mais un drôle de pressentiment s’installa dans son esprit. Si bien qu’il se décida à enfiler son manteau et sortit dans la nuit glacée…

Dehors, tout semblait calme et endormi. Un bruit lointain de pétard le fit sursauter… Sûrement des gosses qui faisaient les idiots ! Mais soudain, un éclair de lumière déchira l’horizon ! Une cascade de détonations pétarada avec une telle puissance qu’Amos sortit sa baguette, en alerte ! Les lumières venaient de l’autre côté de la colline, au-delà du bois, dans la direction de la vieille bicoque des Weasley !

 

Albus entendit une série d’explosions, en cascade, telles qu’il n’en avait jamais connues !

Les Feufous Fuseboum qu’il avait allumés avant de les lancer par la fenêtre devaient avoir réveillé tout le village ! Tant mieux, pensa Albus tout en s’écartant précipitamment de la fenêtre !

              « C’est quoi tout ce bouquant ?! cria Lockart »

Mondingus, abasourdi, leva le nez vers la volée de marches qui rejoignait le niveau supérieur…

Le dernier étage du Terrier desservait les chambres de Ginny et Ron. Au-dessus, il n’y avait que le grenier habituellement occupé par la goule de maison et une petite niche où les hiboux et chouettes de passage trouvaient de quoi se nourrir et se reposer…

Albus y grimpa aussi vite que possible. Il alla récupérer dans l’ancienne chambre de sa mère un sac à dos qu’il avait pris soin de préparer à l’avance, au cas où il parviendrait jusque-là ! Au fond, Albus avait espéré que quelqu’un ; Harry, Ginny, Merlin… N’importe qui !, viendrait rapidement à son secours, comme par magie… Mais il se félicita mentalement d’avoir tout de même envisagé de devoir se débrouiller tout seul ! A présent, il comprenait que son seul espoir résidait dans son plan.

              « Pourvu que Coquesigru prévienne les bonnes personnes ! songea-t-il furtivement »

Déjà, des pas se faisaient entendre sur le palier derrière lui ! Albus s’assura que son sac à dos était correctement bouclé et couru dans la chambre de Ron pour s’emparer du superbe Nimbus 2020 que son oncle s’était offert pour son dernier anniversaire… Albus n’était monté qu’une seule fois sur un véritable balai de course, et encore, c’était à l’arrière de Harry ! La puissance au décollage et la vitesse de vol n’avaient rien à voir avec celles des balais-jouets qu’il avait possédés jusque-là… De plus, cette fois-ci, il ne s’agissait pas de faire quelques mètres sur une aire de jeu ou de longer une colline en pente douce ! Albus se tenait devant une fenêtre ouverte sur la nuit, trois étages de vide sous les pieds ! Depuis cette hauteur, le ciel paraissait un océan d’encre et les étoiles, minuscules points d’espoir dans le lointain, semblaient froides et indifférentes… Mais le remue-ménage dans la pièce voisine rappela Albus au danger le plus immédiat ! Il n’avait pas le choix. Se cramponnant de toutes ses forces au manche du balai, il s’inclina légèrement en avant et sentit bientôt ses appuis s’évanouir. Avec un terrible frisson, son corps bascula dans la nuit !

Albus eut un vertige effroyable. L’air glacial s’engouffra dans les manches de son pull. Le vent siffla à ses oreilles. Il plissa les yeux dans l’obscurité et comprit juste à temps qu’il descendait en piquet ! Rajustant in extremis sa position sur le Nimbus, il parvint à rectifier la trajectoire dans une posture pour le moins acrobatique ! Ses pieds ballants écorchèrent le sol givré sur un bon mètre puis le balai remonta légèrement tandis que le correcteur de trajectoire intégré et le système de stabilisation breveté rééquilibraient le vol… Dès qu’il eut franchi la barrière du jardin, Albus bifurqua vers le bois de Loutry Ste Chassepoule. Par-dessus son épaule, il aperçut Lockart qui sortait en courant de la maison, sautait la barrière et le poursuivait à grandes enjambées dans la neige fraiche … Moins agile, Mondingus avait dû mettre plus de temps à redescendre les escaliers et se précipitait à son tour à la poursuite d’Albus, aussi vite que sa bedaine et sa petite taille le lui permettaient… Soudain, Mondingus s’arrêta à bout de souffle et transplana à l’orée du bois. Le pop qui accompagna sa réapparition fit sursauter Lockart qui se perdait entre les sapins et les buissons épineux… Il n’avait pu retrouver que le balai du garçon, jeté à terre… Les parages étaient déserts et calmes, comme si une chape de silence s’était abattue sur la campagne environnante…

 

              « Il a dû continuer à pied ! Il ne peut pas être bien loin ! s’écria Lockart en s’engageant sur le sentier »

Mondingus ne répliqua pas mais retint son acolyte par le bras :

              « Regarde ça… souffla-t-il »

A la clarté du croissant de lune, sur l’étendue de neige immaculée, des traces de pas se formaient sous les yeux des deux sorciers telles les empreintes d’un fuyard invisible… Lockart resta bouche bée ! Comment ce gamin faisait-il pour disparaitre parfaitement ? Mais déjà, Mondingus lui serrait vigoureusement le bras et transplanait en l’entraînant avec lui, à peine cinquante mètres plus loin…

Albus entendit un nouveau pop, terriblement sonore cette fois ! Terriblement proche ! Il cessa immédiatement de courir mais déjà, un vent glacé lui caressait la nuque ! Un frisson descendit dans son dos, sur ses bras. La cape d’invisibilité venait de lui être arrachée !

              « Alors petio… ? Tu croyais encore nous avoir ?! lança le petit homme grassouillet »

Les deux escrocs pointaient leurs baguettes sur lui !

Albus était trop pétrifié pour articuler le moindre mot. Il tourna un regard désespéré vers le Terrier, là-bas, au-delà des champs enneigés. La maison lui paraissait si lointaine, à présent…

 

              « STUPEFIX ! »

La voix, rauque et forte à la fois, déchira la nuit ! Gilderoy vacilla. Le temps que Mondingus se retourne, Lockart s’était effondré, le nez dans la neige !

              « Stupéfix ! lança encore Amos Diggory »

La main sur l’épaule d’Albus se desserra soudain et Mondingus s’écrasa à son tour sur le sol. Le regard d’Albus passa sur les deux escrocs stupéfixés et retourna à la silhouette massive qui lui était venu en aide…

C’était le Schnock ! Puis, Albus se souvint de son échange avec l’homme et il murmura :

              « Merci, Amos ! »

Amos s’assura que le garçon allait bien et le raccompagna jusqu’au Terrier. A l’intérieur, ils prirent le temps d’une tasse de thé avant de remettre la maison en ordre. Il était tard et Albus se sentait épuisé, vide de force et d’émotions comme après une bataille ! Lorsque les deux sorciers en uniformes bleus descendirent des hippogriffes de la Sûreté Magique devant la maison, ce fut Amos qui leur raconta tout ce qui s’était passé et les conduisit jusqu’aux cambrioleurs stupéfixés…

Mondingus et Gilderoy, immobiles sur le sol glacé, ne pouvaient que pester intérieurement en assistant à leur propre-arrestation, impuissants !

              « Vous les connaissez ? demanda l’un des sorciers en uniforme à Amos Diggory.

              — Non… Je les ai simplement vus roder dans le coin ces jours-ci… indiqua-t-il avant de sursauter : Attendez ! Celui-ci, je sais qui c’est ! »

Il désigna Lockart et expliqua que son fils Cédric l’avait eu comme professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard, avant qu’on découvre que cet homme était un imposteur !

              « Je me souviens de cette affaire, acquiesça l’un des sorciers. Ma femme avait lu tous ses livres ! Elle n’en revenait pas de découvrir que c’était un ramassis de flan de citrouille ! »

Et il boucla les menottes magiques dans le dos de Gilderoy avant de répéter l’opération sur Mondingus. On ne mit fin à leur stupéfixion qu’une fois qu’ils furent solidement ligotés !

Albus regagna la chambre de ses grands-parents pour enfiler son pyjama. Par la fenêtre, il vit passer Mondingus et Lockart, attachés l’un à l’autre sur le dos d’un hippogriffe récalcitrant ! Mondingus avait la mine revêche mais gardait un silence obstiné. Lockart quant à lui, semblait surtout fasciné par les créatures volantes et il s’adressait gaiement à l’hippogriffe comme on aurait bavardé avec un bon ami…

Une bouffée de soulagement et une certaine satisfaction gonflèrent la poitrine d’Albus. Il contempla une dernière fois la nuit enneigée, les étoiles scintillantes et le croissant de lune. Sur la table de chevet, la vieille photographie retint son attention. Les visages de toute sa famille lui adressaient des sourires bienveillants…

Albus soupira. Les paupières lourdes et le cœur serré, il se glissa dans les couvertures et s’endormit.

End Notes:

Bon, eh bien en voilà deux qui vont dormir au chaud, qu'en dites-vous ?!

Chapitre 9 by Pikenikdouille
Author's Notes:

Ultime chapitre de cette fanfiction qui m'aura apporter beaucoup de joie !

Merci à tou.te.s pour vos reviews et joyeux Noël à chacun.e d'entre vous !

*** Bonne lecture ***

L’aurore de ce matin de Noël était claire et lumineuse, d’une douceur rose et caressante qui donnait à la neige épaisse l’aspect d’une mousse de lait… La porte du Terrier était ornée de la jolie couronne confectionnée par Audrey…

Un vacarme métallique de freinage et de dérapage caoutchouteux troubla tout à coup le silence paisible. Albus se réveilla en sursaut, la main crispée sur la baguette magique de James avec laquelle il avait dormi !

Après une arrivée en fanfare, le magicobus ronronnait doucement, attendant que la passagère descende pour se précipiter à nouveau au secours d’autres sorciers en perdition… Stan Rocade se leva pour aller ouvrir la porte à Ginny. Il paraissait fatigué mais heureux :

              « Vous y voilà, bailla-t-il en dépliant le marche-pied »

Ginny le remercia et lui souhaita un joyeux Noël. Stan eut un clin d’œil avant de sauter à l’intérieur du bus en agitant la main. En une seconde tonitruante, le magicobus avait disparu !

La main tremblante, Ginny ouvrit la porte :

              « Albus ?! appela-t-elle en s’avançant dan l’entrée »

La maison était silencieuse. On avait décoré le manteau de la cheminée et le sapin était lui aussi dressé dans le salon. Mais il n’y avait pas trace de son fils… Ginny sentit toutes ses craintes se cristalliser comme un gros glaçon qui aurait essayer de descendre dans sa gorge…

              « ALBUS ! cria-t-elle encore »

L’écho de sa voix lui parut terrifiant ! Elle courut à la cuisine, dans la buanderie et se précipita dans l’escalier, ouvrant bientôt toutes les portes à la volée ! Dans la chambre de ses parents, le lit était défait. Ginny se sentit vaciller !

Tapis derrière la porte, la main serrée sur la baguette magique, Albus retenait sa respiration… Il avait reconnu la voix de sa mère, mais son arrivée lui paraissait si incroyable qu’il s’était méfié, craignant un nouveau piège…

Il observa sa mère jeter des regards de panique autour d’elle, monter les étages, les redescendre, repoussant chaque obstacle, fouillant chaque pièce… Lorsque Ginny se résolut à regagner le rez-de-chaussée, son cœur battait si fort qu’il lui faisait mal. La maison était impeccable, d’un ordre inhabituel et inquiétant… Elle s’appuya contre le mur du salon, sentant une nouvelle vague d’angoisse paralyser son corps.

C’est alors qu’elle le vit descendre les marches une à une… Son petit visage trahissant la surprise, ses regards pleins de questions : Albus !

              « Maman… ? dit-il en posant le pied sur le tapis du salon »

Soudain, Albus et Ginny se retrouvèrent face à face comme s’ils s’étaient quittés une minute plus tôt. Le petit garçon portait par-dessus son pyjama le pull de Noël tricoté d’un grand A, offert par sa grand-mère quelques jours plus tôt…

              « Oh, Al’ ! murmura Ginny, la gorge serrée par l’émotion »

Elle s’avança pour l’embrasser mais Albus ne bougea pas. Son regard était fixe, ses lèvres pincées… Quand elle tendit la main pour le toucher, il recula d’un pas.

              « Albus, je te demande pardon… Je suis si désolée, souffla Ginny en posant un genou à terre »

Le contact soudain du corps chaud de son petit garçon la ramena alors à la vie… Au premier mot d’excuse, Albus s’était jeté dans ses bras ! Il serra sa mère contre son cœur et toutes les chandelles de la pièce s’allumèrent aussitôt !

              « Si ton père était là, il dirait que c’est une nouvelle preuve de la magie qu’il y a en toi ! chuchota Ginny »

Puis elle l’examina, s’assura qu’il allait bien, lui posa mille questions, si bien qu’Albus dut hausser la voix pour se faire entendre :

              « Mais où sont tous les autres ?!

              — Oh, grimaça Ginny, malheureusement ils n’ont pas pu… »

Mais un vrombissement de tous les diables secoua la pièce avant la fin de sa phrase. La table se mit à trembler et les chaussettes accrochées au manteau de la cheminée se détachèrent !

              « Mais c’est pas croyable, ça ! POUSSEZ-VOUS ! cria une voix depuis l’intérieur du conduit de cheminée »

Dans l’âtre, des flammes vertes étaient apparues. La tête de George Weasley émergea alors du feu émeraude !

              « Les gosses de nos jours ne respectent plus rien ! ronchonna George en s’extirpant de la cheminée tandis que James, Rose et Hugo le bousculaient pour sortir à leur tour.

              — Du calme, Georgy ! lança Mr Weasley, Ce ne sont que des enfants…

              — Des enfants bien plus respectueux que toi à leur âge, d’ailleurs… ajouta Percy qui avait suivi son père »

George s’épousseta. Harry, Ron et Hermione arrivèrent dans la foulée et déboulèrent aussitôt dans le salon d’où Albus et Ginny n’avaient pas encore eu le temps de bouger !

              « Merlin soit loué, vous êtes là ! lança Hermione.

              — Albus ! s’écria Harry en attrapant son fils par les épaules. Tu vas bien ?! »

Il y eut de longues accolades dans la salle à manger avant que Ginny ne demande :

              « Mais, comment avez-vous fait pour…

              — On a pris le portoloin, bien sûr… fit Percy d’un ton d’évidence en rajustant son veston impeccable.

              — Celui pour Bristol dont tu ne voulais pas entendre parler, précisa Ron avec un clin d’œil à sa sœur.

              — Et ensuite, Bristol-Londres en balai… continua Hermione. Nom d’une chouette, je ne suis pas près de recommencer une chose pareille !

              — On a dû faire un petit arrêt au Chaudron Baveur, raconta à son tour Mrs Weasley qui tenait Lily dans ses bras.

              — Et c’est là qu’on a appris que le réseau était rétabli avec le Terrier, alors on a tous sauté dans la première cheminée disponible ! acheva Arthur »

Ginny était ébahie de voir toute la famille de retour au Terrier. Mais Audrey s’inquiéta soudain de réalités plus prosaïques :

              « Il faut aller faire des courses ! Il n’y a plus rien pour le petit-déjeuner…

              — Euh… J’ai acheté du lait et des œufs au marché, lança humblement Albus »

Il n’avait pas encore ouvert la bouche et tout le monde se tourna alors vers lui. Les visages étaient partagés entre la surprise et l’admiration. Seul James paraissait amusé :

              « Finalement, tu n’es peut-être pas le dernier des petits crétins… déclara-t-il en donnant à Albus une tape dans le dos »

Les deux frères échangèrent un sourire.

              « Joyeux Noël, James… lança alors Albus.

              — Joyeux Noël, Al’… répondit James »

Il y eut de petits rires satisfaits et quelques applaudissements attendris de la part de Molly et Hermione. Bientôt, Percy s’attaqua à la préparation des œufs. George et Molly préparèrent une marmite de chocolat chaud. Harry regarda ses fils installer ensemble les bols et les assiettes autour de la table. Jamais un matin de Noël ne lui avait semblé aussi parfait…

 

             Après le déjeuner, Rose et Percy s’étaient lancés dans une partie d’échecs version sorcier afin de s’assurer que les pièces offertes par Harry et Hermione à leur nièce fonctionnaient correctement. Le fou blanc chantait Jingle Bells à chaque déplacement. Les tours et les cavalier adverses, exaspérés par la rengaine, trépignaient d’impatience à l’idée d’en découdre ! Hermione et Ginny buvaient le thé en échangeant des commentaires sur les livres qu’elles avaient reçus en cadeau. James arriva alors avec son balai flambant neuf pour proposer un match à trois contre trois :

              « Papy, papa et oncle Ron contre maman, Albus et moi ! suggéra-t-il »

C’était la première fois que James envisageait d’emblée de faire équipe avec son petit frère. Mais Albus déclina poliment l’invitation tandis que George acceptait de le remplacer. Tout ce petit monde enfila gants et écharpes pour se diriger vers le terrain derrière le Terrier. Albus s’approcha quant à lui de la fenêtre qui donnait sur la colline… Il faisait à présent un beau soleil d’hiver et la neige était d’une blancheur éclatante…

A quelques mètres sur le chemin, il distingua deux silhouettes qui avançaient lentement, main dans la main. L’homme portait un épais manteau de fourrure. La femme semblait maigre et fragile, son visage pâle comme si elle n’était plus sortie depuis de longues années… Albus ouvrit de grands yeux !

 

Dehors, Mrs et Mr Diggory ralentirent le pas en apercevant la petite silhouette d’Albus qui progressait dans la neige pour venir à leur rencontre… Le garçon s’arrêta devant eux dans une glissade comique ! Amos plissa les yeux et reconnut immédiatement le petit-fils des Weasley au secours duquel il était venu…

              « Joyeux Noël, Mr Diggory ! lança Albus en tendant une main gantée à Amos »

Ce-dernier lui serra la main avec chaleur et se tourna vers sa femme, l’air anxieux. Mais à sa grande surprise, un sourire doux s’était étiré sur son visage.

              « …Joyeux Noël à vous aussi, Mrs Diggory, fit simplement Albus »

La femme se pencha pour embrasser le petit garçon sur la joue. Albus fut saisit par la grâce de cette femme d’âge mûr, par la beauté de son regard clair et par la douceur de sa voix quand elle lui chuchota :

              « Merci jeune homme »

Ils firent quelques pas ensemble sur le chemin avant de tomber sur le match de quidditch en train de se dérouler. Les Diggory saluèrent Albus et l’engagèrent à venir un jour boire le thé, quand il reviendrait en vacances chez ses grands-parents…

              « Allez, à toi Al’ ! lança joyeusement James en atterrissant près de son frère sur le balai tout neuf.

              — C’est vrai ? Tu… Tu veux bien que je l’essais ?! s’étonna Albus en saisissant pieusement le manche du balai que lui tendait James »

Il s’envola aussitôt, un vent frais de liberté lui caressant le visage. Harry et Ginny crièrent des hourras. Percy sortit à son tour sur le terrain, son appareil-photo à la main, et déclara qu’il fallait à tout prix immortaliser l’instant !

              « Attendez-moi une seconde ! fit James en se précipitant vers la maison »

Tout le monde se rassembla devant le Terrier, commentant les passes et les buts du match qui venait de se jouer, mais le froid se faisait de plus en plus incisif… James ne revenait pas.

              « Mais enfin, qu’est-ce qu’il fabrique ?! s’impatienta Harry en jetant un regard vers la fenêtre de l’étage qui s’était allumée.

              — Il veut peut-être mettre son pull de Noël pour la photo … ? suggéra un peu naïvement Hugo qui portait lui-même le sien. »

Albus avait du mal à souscrire à cette idée et commença effectivement à se demander ce que son frère voulait absolument placer sur cette photographie… Un frisson terrible monta alors en lui !

Soudain, il y eut un cri de rage depuis l’intérieur de la maison ! La fenêtre s’ouvrit avec fracas et on entendit la voix de James Potter électriser l’atmosphère de bonheur familial :

              « ALBUUUUUS, QU’EST-CE QUE TU AS FAIT AVEC MA BAGUETTE MAGIQUE ?!!! »

End Notes:

Et voilà !

J'espère que cette petite fic de Noël vous aura amuser !

Bonnes fêtes à vous et à bientôt !

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