Et alors, on attend pas Patrick? by bellatrix92
Summary:

https://wir.skyrock.net/wir/v1/profilcrop/?c=isi&im=%2F3806%2F47893806%2Fpics%2F3347526076_1_2_VPAcoGn5.jpg&w=530&h=398

 

Ou les tribulations d'un auror français, un poil vieux jeu et franchement beauf, après une mission en Angleterre.

 

Car Patrick a un caractère qui ne laisse personne indifférent, qu'on l'aime ou qu'on le déteste. Son côté bravache, son orgueil à fleur de peau et sa bravoure inconditionnelle... Autant de choses qui reviennent lorsque les autres parlent de lui.

 

Mais qui est vraiment Patrick et qu'est-ce qui se cache derrière la rude façade qu'il affiche?

 

 

Montage réalisé avec une image appartenant à Pathé Distribution


Categories: Tranches de vie, Romance (Het), Univers Alternatifs Characters: Personnage original (OC)
Genres: Amitié, Guerre
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Les Enfants perdus, La Guerre des Sorciers, Les chroniques du Blocksberg
Chapters: 4 Completed: Non Word count: 3275 Read: 565 Published: 12/02/2022 Updated: 12/02/2022
Story Notes:

Les quatre premiers chapitres ont été écrits dans le cadre de la nuit érotique du 12 février 2022 (et si vous vous demandez pour certains où se cache l'érotisme, hébien c'est normal!).

 

Mais c'était surtout l'occasion de brosser le portrait d'un personnage qui me trottait depuis un moment dans la tête. 

Mesdames et Messieurs, voici l'histoire de l'illustre et inénarable Patrick Tillois (aussi appelé Casanova ou "le Seigneur des Beaufs") à l'occasion)!

1. A travers les stores by bellatrix92

2. Quand il y a de la mousse by bellatrix92

3. Quatre fraises sur une paire de fesses by bellatrix92

4. le murmure by bellatrix92

A travers les stores by bellatrix92

 

La lumière qui filtrait à travers les stries des stores semblait intense dans la pénombre ambiante, et elle se reflétait de manière très crue sur le corps d'Audrey qui s'était assise et reprenait doucement son souffle tandis que lui faisait de même allongé entre les draps. Il devinait sans aucune hésitation qu'il avait les joues aussi rouges que les siennes.

Et redressée comme elle l'était à ses côtés, la jeune femme ressemblait à une statue grecque, et lui adorait ses adorables petits seins ronds qui la faisaient ressembler à une Venus antique, d'autant qu'elle en avait le visage et le port.

Audrey avait pourtant déjà repris son air sérieux tandis qu'elle examinait les tatouages qui ornaient son corps, ainsi que ses cicatrices. Elle faisait toujours cela, tentant de saisir ce qu'elle ne pouvait comprendre chez lui.

 

Pourquoi avait-elle succombé à son charme ? Il n'aurait su le dire car il ne comprenait pas les femmes, aussi souvent qu'ils les fréquente. Bien sûr, il savait qu'il n'était pas dénué de charisme, malgré sa calvitie déjà prononcée qui l'avait parfois fait surnommer « le moine » dans son unité d'aurors spécialisés mais pas toujours finauds.

Il avait une démarche souple et rapide qui interpellait souvent ceux qui ne le connaissaient pas, et une prestance qui intimidait bon nombre de personnes. De là découlait ses attraits, et le charme qu'il possédait. Quant-à ses blessures de guerre, il ne les exposait pas en public, inutile donc de leur attribuer ce mérite.

Une cicatrice en forme de croissant, vestige de la morsure de l'un de ces maudits loups animagus était visible sur son bras droit en ce début de matinée. Mais dès lors qu'il revêtirait son uniforme, elle disparaîtrait au dessous, tout comme le reste.

 

Ses tatouages, la seule excentricité qu'il s'était autorisée. Il en était bardé de haut en bas, mais pas sur les mains ni sur le visage.

Un dragon sur l'épaule et le bras droit cachait une grave brûlure qu'il avait reçue lors de sa première année de service, un phénix sur l'épaule gauche lui rappelait de quelle manière il avait été sauvé par miracle lorsqu'une accromentule l'avait mordu sur le mollet droit, mollet sur lequel elle était aujourd'hui dessinée de manière stylisée.

Quant-au loup qu'il s'était fait tatouer dans le dos, s'il cachait une profonde griffure qui avait également failli l'emporter, il faisait toutefois également référence à ce damné Delfuego et à un maléfice qu'il lui avait envoyé, bien des années plus tôt, alors qu'il combattait aux côté d'Albus Dumbledore pour protéger les accès de Poudlard donnant sur la Forêt interdite.

Qu'est-ce qu'Audrey pouvait comprendre de tout ceci, elle qui était moldue ? Rien. Pourtant sa curiosité ne semblait pas avoir de limite et c'est d'une main douce qu'elle caressait à présent le phénix sur son épaule.

Soudain elle le regarda dans les yeux :

- Je ne connais pas cet oiseau, dit-elle. Qu'est-ce que c'est ?

- Un phénix, répondit-il. Celui-ci s'appelle Fumseck.

- Tu le connais ? Demanda t-elle.

- Si l'on peut dire.

 

Pouvait-on connaître un phénix ? Se demanda t-il franchement.

 

Il en doutait, même Albus Dumbledore en personne semblait prendre ses précautions avec l'oiseau, quoique celui-ci lui soit lié.

Nerveusement, il attira Audrey contre lui et c'est avec un sourire qu'elle vint se coucher à son côté tandis qu'il lui caressait ses cheveux :

- Faut-il toujours que tu scrutes mes cicatrices ? Lui murmura t-il.

- Elles sont intrigantes, répondit la jeune femme. Je ne comprends pas comment tu as pu les avoir. On dirait que tu t'es battu contre des créatures extraordinaires et qu'elles ont failli gagner.

 

Si seulement elle savait... Songea t-il avec amertume. Si elle savait à quels combats il s'était livré, à quelle violence lui et ses frères d'armes s'étaient exposés, combien étaient morts en service dans ce pays... Et surtout pourquoi.

Cela ferait bientôt six ans que toutes ces horreurs avaient pris fin et que lui-même, après une longue convalescence due à sa blessure, était resté fixé en Angleterre sans bien savoir pourquoi, vivotant et se contentant d'un boulot d'auxiliaire et de consultant auprès du Ministère. Bien-sûr, cela avait ses avantages et en premier lieu celui de la liberté. Il l'appréciait chaque jours, notamment lorsqu'il s'éveillait aux côtés de la jolie femme qu'il serrait à présent contre lui.

 

Car Audrey Adrian était belle, pas très intelligente certes, complètement ignorante même... Mais c'était une femme bonne et douce, aimante avec son petit garçon, soigneuse dans sa manière d'être et de tenir son foyer, travailleuse... D'énormes qualités qui lui faisait regretter à lui qu'elle ne soit ni de son rang ni de son monde.

Pourtant, et il en devenait chaque jour un peu plus conscient, il avait besoin d'autre-chose que de cette silhouette magnifique se découpant dans les rais de lumière du volet.

Son pays lui manquait, ses frères d'armes, ses missions... Le sens de sa vie lui manquait.

 

Et quand il regardait le ventre de sa compagne qui commençait tout juste à s'arrondir, alors que lui-même planifiait déjà sa fuite (il ne pouvait appeler cela autrement), la culpabilité lui pinçait le cœur. Pourtant il savait qu'il ne resterait pas, qu'il ne pourrait pas s'y résoudre.

 

Quand il y a de la mousse by bellatrix92

 

Ce savon venait lui rappeler, d'une manière cruelle et implacable, ce que cela coûtait de fuir comme un lâche. Mais par Merlin, de quelle manière avait-il pu être ainsi ensorcelé ? Et, surtout, dans quel but ?

Audrey n'était qu'une moldue sans histoire après tout, alors pourquoi ce larcin qu'il avait effectué dans ses placards, juste avant de quitter les lieux en catimini, se retournait-il ainsi contre lui ? Devait-il en déduire qu'il était surveillé ? Espionné ? Que quelqu'un lui voulait du mal ?

Pourtant il avait tout fait pour rester discret et même à travers son retour en France... Il logeait pour cette nuit dans un sinistre hôtel moldu au centre du pays... Hôtel tenu d'une main de tyran par une certaine Monique Fontaine.

Hôtel plutôt miteux où, il n'avait pas tardé à le découvrir, l'eau chaude manquait cruellement dans les douches.

Mais bon, le confort c'était pour les mauviettes ! Du moins il s'était efforcé de le penser tandis qu'il se mouillait le corps et tentait d'oublier que, chez Audrey, il aurait eu de l'eau chaude et la perspective d'un bon repas une fois propre, sans compter tout le reste.

Non, parce qu'à part la curieuse enseigne aux couleurs criardes qu'il avait aperçue depuis la fenêtre de sa chambre, il ne voyait pas où il pourrait manger ce soir. Et pour ne rien arranger, l'enseigne en question, un McDonald's, n'était autre que celle où travaillait depuis peu cette tendre amie qu'il avait laissée (mais pas si seule) sur le bord du chemin, là-bas en Angleterre.

 

Trêves de scrupules cependant, car il avait du pain sur la planche, s'était-il efforcé de penser tout en vidant presque la moitié de la bouteille de savon et tout frottant nerveusement mais consciencieusement chaque partie de son corps, jusqu'aux plus intimes.

Étrangement, il ressentait le besoin de se laver depuis qu'il avait passé la porte de l'appartement d'Audrey, comme s'il lui avait fallu se nettoyer entièrement de ce séjour si prolongé en Angleterre, comme si c'était essentiel pour tout oublier... Tourner la page afin de mieux repartir.

Au début, l'odeur forte de produit lui avait justement bien plu pour cette raison... Ce n'est que lors d'un premier essai de rinçage que tout avait dégénéré.

Lorsqu'en même temps que lui, deux autres hommes avaient commencé à se laver et que la pression de sa douche déjà glacée s'était en plus considérablement réduite...

Alors même que le produit se mettait à mousser sur sa peau au contact de l'eau...

 

Que se passait-il par Merlin ? Et pourquoi la situation s'aggravait-elle alors qu'il tentait désespérément d'enlever le surplus de savon en se frottant de partout ?

Rien à faire, les blocs de mousse qu'il éjectait de sa peau y revenaient de plus belle et grossissaient à vue d'oeil. Par Merlin, cela commençait même à chauffer à certains endroits ! En moins d'une minute, voilà qu'il ressemblait à une barbapapa géante, sans compter que l'odeur devenait à présent franchement chimique et agressive !

 

Peste soit de ce filet d'eau froide qui ne voulait rien rincer ! Et peste soit de cette mousse qui, tout en envahissant dangereusement sa cabine, commençait à déborder par dessus et par dessous !

 

Grelottant et fébrile, incommodé, Patrick saisit la bouteille et l'examina sous tous les angles... Mais rien, pas la moindre trace de sort ou de manipulation. Le phénomène était inexplicable. Et autour de lui, la mousse formait un rempart qui l'obligeait à creuser pour ne pas mourir étouffé.

- Il me faut plus d'eau... Gémit-il.

 

Soudain, alors qu'il évacuait vers le haut de la paroi de douche de grandes écharpes de mousse, le bruit d'une paire de talons claquant sur le sol parvint aux oreilles mousseuses de Patrick qui se raidit en comprenant qu'une femme (en sans doute pas n'importe laquelle, s'il en jugeait par le personnel de ce coupe-gorge miteux) venait d'entrer dans l'espace des douches normalement réservé aux hommes.

- Qu'est-ce que c'est que toute cette mousse ? S'écria d'une voix de stentor la tenancière de l'hôtel de l'autre côté de la paroi. Et... Pourquoi est-ce que cela sent le détergent partout ? Qui m'a mis le bazar ici ?

 

Bien qu'en mauvaise posture, Patrick n'osa rien répondre face à cette diatribe autoritaire, mais il fut soudain pris d'un doute et examina un peu mieux le lourd flacon qu'il tenait en main.

Transparent et rempli d'un liquide vert, il ne différait pas beaucoup à première vue de ce qu'Audrey utilisait d'habitude mais, en le retournant, il put lire en grosses lettres :

 

Dischwashing Liquid

 

Et juste en dessous, en tout petit :

Geschirrspülmittel

Liquide Vaisselle

 

Quatre fraises sur une paire de fesses by bellatrix92
Author's Notes:

Bon je pense qu'à ce stade, tout le monde a compris que Patrick était un BEAUF... Mais un beauf avec de l'épaisseur, quand-même!

Patrick se demandait à présent, premièrement s’il avait bien fait de venir, et deuxièmement s’il n’aurait pas du faire demi-tour et retourner en Angleterre.
Étrangement, ce n’était pas tant retrouver les siens qui avait été compliqué. Au contraire, ses camarades l’avaient accueilli à bras ouverts et décidé de fêter son retour dans une cérémonie de bizutage digne de leurs soirées d’intégration, lorsqu’ils avaient vingt ans et que la guerre faisait rage…
Mais on saluait toujours le retour d’un auror dans son unité, surtout lorsqu’il se disait que l’auror en question était revenu de lui-même au moment des difficultés, quitte à tout laisser afin de venir prêter main-forte. Et Patrick n’ignorait pas plus que les autres que, du côté de l’Europe de l’Est, les choses recommençaient à se tendre et qu’ils y seraient très vite dépêchés.
C’était même cet appel qui l’avait décidé à partir et à rejoindre les siens.

- Et alors ?! Hurla Gaston en entrant dans le bar à côté de lui, à l’adresse d’autres gars de son unité déjà attablés autour d’on ne savait quoi.
- On n’attend pas Patrick ?! Renchérit Thierry qui s’était glissé en riant de l’autre côté.
- Bien-sûr que si on l’attend, répliqua Christian qui, déjà assis à table, venait de lever sa chope. Et de pied ferme !

À côté de lui, Vincent lui adressa un geste d’invite, visiblement déjà un peu aviné :
- Viens-là Patrick ! Dit-il en riant. On a une surprise pour toi !

Il s’avança… Non, il fut traîné par ses camarades jusqu’à la table tandis que son cœur s’emballait. Qu’avaient encore inventé les gars de son unité pour le mettre mal à l’aise ?
Ce qui suivit dépassait son imagination et le laissa indécis un court instant. Pas choqué, pas même outragé, simplement indécis.

Eric, le plus jeune de l’unité, était allongé sur la table entièrement nu. Et sur la raie de son derrière, quatre fraises étaient posées et soigneusement alignées.

Il savait déjà ce qu’il devait faire, et il savait aussi que plus il attendrait, plus il se montrerait indécis, plus ses camarades s’échaufferaient et ajouteraient des détails, des choses humiliantes. Il savait que, s’il s’était écouté, il aurait pu cueillir les quatre fruits d’un simple geste de la main, sans même effleurer la peau d’Eric, puis tout en restant digne, les déguster et improviser un discours sur tout ce qui les attendait.

Seulement, il n’était pas bien sûr de le désirer. Pour tout dire à présent, il n’était plus sûr de ce qu’il devait faire, ni même de ce qu’il voulait faire.
Désirait-il véritablement ces missions futures ? Cette promiscuité qu’il avait partagé tant d’années avec eux ? Ces risques ? Ces douleurs et ces blessures qu’il devinait déjà ? Combien de tatouages ajouterait-il encore sur sa peau s’il en ajoutait jamais ?
- Allons.. Dit-il en souriant et en jouant le précieux afin de gagner du temps. Si au moins cette magnifique paire de fesses était féminine…

Les autres éclatèrent de rire, rassurés par sa décontraction apparente mais pas décidés pour autant à le laisser s’en tirer ainsi. Il fallait qu’il agisse, et vite.
Aussi d’un geste rapide, il attrapa la fraise située sur la zone la plus sensible et croqua dedans sans laisser paraître la moindre gêne :
- Aux femmes que nous croiserons, dit-il en levant le trognon comme on aurait porté un toast, toujours en souriant.
- Il en a marre des Anglaises, crut bon de préciser Thierry aux autres qui rirent de plus belle.

Patrick saisit la seconde fraise et la jeta en l’air avant de la rattraper avec les dents et de croquer dedans comme l’autre. Celle-ci était mûre, meilleure au goût.
- Aux monstres que nous abattrons ! Cria t-il presque, sur un ton féroce après l’avoir dégustée.

Une volée d’acclamation salua son initiative et il saisit méthodiquement la troisième fraise qu’il soupesa avant de la gober :
- Aux richesses qui nous dédommagerons de nos peines.

C’était ironique, et les autres ne s’y trompèrent pas, ils éclatèrent de rire. On ne faisait pas ce métier pour de l’argent et chacun ici le savait parfaitement, tout au plus la solde pouvait offrir quelques réconforts comme une bonne bouteille ou une fille de temps en temps. Disons qu’elle faisait vivre un homme célibataire habitué à un confort spartiate.
Le souvenir des repas d’Audrey commençant à le hanter, il se dépêcha d’attraper la dernière fraise, la fixant avec envie :
- Et à la bonne chère que nous ferons entre frères ! Dit-il d’une voix solennelle.

Ensuite seulement il la mangea, tandis qu’autour de lui un concert d’acclamation et d’applaudissements un peu éméchés retentissait et qu’Eric se relevait pour prendre part à la fête tout en se rhabillant sous les rires de ses camarades. Patrick de son côté restait songeur malgré son humeur bravache apparente. Ce soir plus que jamais il n’était pas sûr d’avoir fait le bon choix.

Pas à cause des autres, mais à cause de lui-même.

Serait-il digne et capable de remplir cette mission qu’il désirait remplir plus que tout ? Serait-il capable de redevenir cet homme fort dont tous ici semblaient se souvenir ?
le murmure by bellatrix92

 

« Quel âge à ton enfant ? » Murmurait la voix dans son esprit.

 

C'était un rêve et il le savait parfaitement, mais celui-ci s'était rapidement transformé en cauchemar, et plus encore à son réveil car la réalité restait bien plus lourde à porter que les songes.

Il l'avait revue, la belle femme qui hantait certaines de ses nuits depuis presque dix ans, il avait reconnu sa démarche souple dès les premières esquisses du songe, cette peau nue au hâle naturel si rare chez les Anglaises, ce corps fin et souple taillé comme celui d'une statue et cette grâce naturelle qu'elle ne devait à aucune éducation. Il l'avait désirée, encore et encore, sans pouvoir l'obtenir et c'est là que le cauchemar avait commencé.

Il voyait la courbe de son corps, le galbe de ses fesses, la courbure de son dos, ses seins toujours aussi désirables, ses longues jambes et sa taille fine, son visage très doux aussi en encadré de cheveux qu'elle ne domptait que le jour venu...

Elle l'avait regardé, avec toujours cette intensité naïve qui le faisait toujours fondre, cette candeur inattendue chez une créature qui en avait pourtant vu d'autres... Car Audrey était de ses femmes qui ne s'étaient jamais fixées, comme lui mais pas par choix... Tous les hommes l'abandonnaient et lui-même n'avait pas fait exception.

Et aujourd'hui elle se vengeait en l'abandonnant à la solitude au milieu de son rêve, sans un regard en arrière ou presque, se fondant dans le décor.

 

Sa frustration l'avait réveillé lorsque, dans un battement de cil, Audrey avait disparu en fumée devant ses yeux. Il s'était redressé d'un bon, haletant et étrangement agité.

Son unité était pourtant là, les autres dormaient autour de lui mis à part Christian et Thierry qu'il entendait faire leur tour de garde au dehors. Le bruit des respirations régulières de ses semblables aurait du l'apaiser... Mais il n'en était rien et pour cause, cela faisait des semaines qu'ils avaient établi leur base dans cette région instable de la Forêt Noire où sévissait une force sombre, quelque-part au fond des bois.

Ondin ? Armée d'ondins ? Démon ? Mage noir ? Patrick était incapable de le dire, mais le danger n'en était pas moins palpable et, la veille encore, le jeune Eric avait été sérieusement blessé par un maléfice qui avait bien failli le vider de son sang.

Il était alité depuis et rien ne disait qu'il se remette facilement de ses blessures. En effet le maléfice avait été si bien lancé qu'on aurait pu croire à des morsures de loups-garous, en plus sanglant encore et le jeune homme n'avait du sa survie qu'au sang d'ondin qui coulait dans ses veines et refermait plus rapidement ses plaies.

 

Mais la réalité qui venait de rattraper Patrick était encore toute autre : après des mois de rumeurs qui l'avaient laissé plus effrayé que jamais quant-à la situation au Royaume-Uni, le retour de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom venait d'être confirmé par le Ministère de la Magie et son vieil allié Dumbledore enfin réhabilité.

Sauf que cette confirmation mettait un terme définitif à la politique de discrétion de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, et que les meurtres commençaient à se généraliser dans tout le pays. Emeline Vance et Amelia Bones avaient ainsi été tuées quelques jours plus tôt et ce double-meurtre troublait l'auror français bien plus qu'il ne voulait l'admettre. En effet il estimait particulièrement Amelia et appréciait Emeline.

 

Fermant les yeux pour tenter d'oublier la réalité, Patrick essaya de retrouver l'image d'Audrey dans son esprit. Mais lorsque celle-ci lui apparut, ce n'était plus que sous la forme d'un cadavre recouvert de brume, les yeux grands ouverts et la courbe de ses reins accentuée par la position de son corps tombé au sol. Un véritable cauchemar.

 

A nouveau, la culpabilité le rongeait, comme elle l'avait rongé neuf ans auparavant.

 

« Quel âge a ton enfant à présent ? » Murmura de nouveau la voix.

 

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=38466