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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Harry Potter et les Six Fondateurs par Arnaldus

[25 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Cette fic est une alternative au tome 6. Elle a été écrite avant PDSM et elle propose une 'résolution' de la guerre contre Voldemort, et un certain nombre d'hypothèses toutes personnelles sur les personnages (à vous de juger). J'ai écrit une suite, qui reprend les mêmes personnages et leur fait affronter, toujours à Poudlard, une autre menace.
- "Les enfants, je vous en pris!" commença à dire Arthur.

- "NOUS NE SOMMES PLUS DES ENFANTS!" cria Ron. "Harry n'est plus. Personne ne peut l'être après une telle horreur." Il étouffa un sanglot.

Prologue

Albus Dumbledore était seul dans son bureau de Directeur à Poudlard. Il n'y avait plus aucune trace du désordre causé par le passage du jeune garçon qui était toujours son élève favori. Tout avait été réparé très vite. Pas parce que le Directeur voulait oublier ce qui c'était passé, mais parce qu'il ne pouvait pas supporter les témoignages de la souffrance qui avait été exprimée dans cette pièce.

Tout avait été réparé, sauf une chose: la confiance en soi de Dumbledore lui même.

Je ne peux pas y arriver tout seul. Harry ne peut pas y arriver tout seul. Je ne sais même plus comment l'aider à présent.

La guerre contre Voldemort durait depuis plus de vingt ans. Ils avaient gagné beaucoup de combats, mais ils avaient aussi perdu beaucoup de camarades.

Et nous sommes en train de perdre la guerre.

C'était tout juste s'il parvenait à contenir celui qu'il continuait d'appeler Tom Jédusor. Il savait depuis longtemps que seul Harry était capable de gagner cette dernière bataille, et il avait essayé de lui donner toutes les chances de s'y préparer, de survivre et de devenir assez fort pour remplir son destin.

Le garçon était fort, mais il était en train d'être détruit par les épreuves inhumaines qu'il subissait. Toutes les tentatives du Directeur pour le protéger avaient une fâcheuse tendance à se transformer en de nouvelles formes de torture.

Je ne peux plus le protéger désormais. Je dois trouver un moyen pour qu'il se protège lui même.

Il regarda sombrement le magnifique objet d'argent qui traînait sur son bureau. Il ressemblait pour moitié à un mobile complexe et pour le reste à une sorte d'horloge. Les pièces métalliques scintillaient dans la lumière des bougies qui éclairaient la pièce. C'était supposé être un instrument de divination. Un cadeau de la part d'un ami qui croyait en ces choses. Bien sûr l'appareil n'avait jamais fait aucune prédiction valable, mais il était joli à regarder, et c'est pourquoi il l'avait conservé.

Je vais prendre le risque qu'il en est capable.

Le Directeur n'aimait pas faire des paris, mais il avait déjà essayé de tout contrôler, et ça n'avait pas très bien marché. Poursuivre cette stratégie devenait plus dangereux que d'essayer autre chose. Une expression résolue prit forme sur le visage du vieux sorcier au fur et à mesure qu'il échafaudait un nouveau plan. Après un moment, un sourire éclaira son visage.

Même un Gryffondor pouvait avoir envie de mettre toutes les chances de son coté.

Chapitre 1 - Réflexions et Résolutions

Manoir de la famille Krum, Bulgarie : Un matin de début juillet

Le manoir de la famille Krum était une vieille demeure, nichée avec grâce au milieu d'un grand parc naturel. Une pelouse descendait doucement vers un petit lac encadré par quelques groupes d'arbres. Ca et là, des massifs de fleurs apportaient des touches de couleurs.

La propriété dominait un petit plateau et s'ouvrait sur un horizon de chaînes de montagnes grises et banches. L'air était frais à cause de l'altitude mais le soleil d'été rendait l'atmosphère très agréable.

L'aile sud du bâtiment était surmontée d'une terrasse, avec une grande table sur laquelle on pouvait apercevoir les restes d'un petit déjeuner familiale. Malgré l'heure tardive, quelqu'un y était encore installé. Une jeune fille avec une longue et volumineuse coiffure marron.

Hermione Granger admirait la vue avec contentement.

C'est vraiment magnifique, pensa-t elle. Exactement le genre d'endroit qui vous font oublier les problèmes du monde, ou qui laisse à penser qu'ils ne sont pas si importants.

Mais ce n'est pas vrai, semblait lui répondre une petite voix du fond d'elle même.

Hermione et ses parents étaient ici depuis une semaine. Ils avaient été invités par les parents de Viktor Krum pour des vacances en famille. Les adultes s'entendaient relativement bien ensemble, surtout si on considérait le peu de chose qu'ils avaient en commun. Les Krums étaient une des plus anciennes familles de sorciers et le père et la mère d'Hermione étaient des 'Moldus', des humains sans pouvoirs magiques, des dentistes pour être précis. Chacun comprenait à peine ce qu'était l'univers de l'autre.

Hermione et Viktor représentaient l'unique point de contact entre leurs deux mondes.

En pratique il n'y avait pas de problèmes. Ils étaient tous des gens suffisamment généreux et tolérants pour que, malgré leurs différences considérables, ils puissent vivre ensemble sans heurt - unis par rien d'autre que leurs goûts communs pour des choses aussi universelles que la nature, le vin et la musique. Et le fait que leurs enfants soient des amis sincères.

Et peut être plus que cela.

Bon sang, pensa-t-elle. Ca va trop vite et je n'ai pas vraiment réfléchi à ce que je veux faire.

Viktor était un célèbre joueur de Quidditch qui avait fait ses études à Durmstrang, une autre école de magie ici en Bulgarie. Ils s'étaient rencontrés deux ans auparavant, lors du tournoi de la Coupe de Feu à Poudlard. Il était un des champions en compétition et il l'avait invitée lors du bal d'honneur donné à cette occasion.

Elle avait acceptée, un peu surprise, mais ils s'étaient très bien entendus ensemble. Il était plus vieux qu'elle et sa maturité l'avait attirée. La plupart des garçons de son age, même ses amis proches, l'énervaient souvent par leurs goûts immodérés pour les jeux et les farces. En contrepartie elle savait qu'elle était généralement jugée trop sérieuse par ses camarades.

Malgré sa célébrité Viktor était un garçon calme et réservé. Il avait trouvé en elle un auditoire attentif et intelligent, et en retour elle avait appris de lui beaucoup de choses pratiques sur le monde des sorciers. Ce monde merveilleux qu'elle avait découvert tardivement, et où elle voulait prendre toute sa place.

Depuis leur première rencontre ils s'étaient écris régulièrement et ils avaient pu se revoir brièvement, à l'occasion de courtes visites de Viktor à Londres. Plusieurs fois il avait proposé à Hermione et à ses parents de venir passer quelques jours ici. Cette année ils avaient acceptés.

Viktor est un compagnon agréable. Il peut paraître étrange aux yeux des autres mais il est une des rares personnes qui ne me considère pas comme une intellectuelle obsédée par les livres et les études. Il est intelligent et il m'apprécie comme je suis, sans être jaloux ni moqueur.

La veille au soir ils s'étaient promenés tous les deux. Main dans la main en parlant de choses diverses, des livres qu'ils avaient lus, du concert que les parents de Viktor allaient organiser pour le village voisin, de ce qu'elle voulait faire après ses études.... Plusieurs fois il avait évoqué, sans le dire explicitement, des projets qu'ils pourraient faire ensemble, plus tard.

Vivre ici avec lui. Est-ce que je suis prête à cela?

Elle devait bien admettre que ce n'était pas une mauvaise idée dans l'absolu. Les Krums étaient une ancienne lignée de sorciers, respectés par tous. Ses parents étaient en sécurité ici. Ce qui n'était pas une chose à prendre à la légère dans ce monde qui était le leur.

Dans le monde d'Harry Potter et de Voldemort. Un monde où des sorciers criminels tuent les Moldus par plaisir.

Viktor n'avait pas parlé de la guerre avec Voldemort. Il aurait pu le faire. C'était un sujet d'actualité important en Angleterre depuis sa réapparition officielle. Même ici en Bulgarie les journaux l'avaient évoqué. Voldemort était un sorcier terriblement maléfique et extrêmement puissant. Au point que nombre de gens n'osaient même pas prononcer son nom.

Harry avait été un des participants à ce fameux tournoi. Il avait même gagné la Coupe, ex-aequo avec son ami Cédric, et cela avait failli lui coûter la vie. Voldemort avait transformé l'épreuve en un piège diabolique. Harry avait réussit à s'échapper mais Cédric était mort, tué par un des sbires de Voldemort.

Pourquoi est-ce que je pense à Harry en ce moment?

Harry avait confronté Voldemort une nouvelle fois, dans les sous-sols du Ministère de la Magie à Londres. Hermione avait été avec lui, ainsi que d'autres de leurs amis: Ron, Luna et Neville. Hermione avait été gravement blessée, presque mortellement. Harry lui avait sauvé la vie de justesse. Machinalement elle passa sa main sur son ventre. Elle était remise maintenant mais elle en garderait des cicatrices toute sa vie, au moins celles ci seraient moins visibles que celle que Harry portait au front. La marque que Voldemort lui avait infligée en essayant de le tuer alors qu'il n'était qu'un bébé.

Une autre personne était morte au Ministère. Sirius, le parrain d'Harry. Elle savait que ça avait été un choc terrible pour lui. Il avait déjà beaucoup changé depuis le tournoi mais après cela il était devenu presque comme un étranger.

Qu'est ce qu'il peut bien être en train de faire?

Si quelqu'un mérite d'avoir des vacances comme celles-ci c'est bien lui. Au lieu de çà il doit rester avec cette famille monstrueuse qui l'héberge. Pas d'amis, pas de promenade le soir, pas de concerts.

Un profond sentiment de tristesse l'envahit. C'était vraiment trop injuste. Au moment où elle pensait au futur, à son futur, elle aurait voulu que Harry soit enfin heureux, qu'il ait une vraie famille, qu'il puisse être avec ses amis.

Au lieu de cela il était obligé de rester dans cette horrible maison, au milieu de ces gens qui le méprisaient, et cela uniquement parce que c'était le seul endroit avec une magie assez puissante pour le protéger de Voldemort. Une magie conjurée par sa mère avant qu'elle ne soit assassinée.

Il y avait beaucoup de mort et de tragédie dans la vie d'Harry. Elle ne pouvait qu'en être profondément touchée car il était un de ses amis les plus chers.

Elle sentit les larmes venir. Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Dans son imagination elle le voyait, assis dans sa chambre, triste, seul ou éventuellement en train de parler avec Hedwig, son hibou. Peut être lisait il un livre ou bien....

La vision qu'elle conjurait amplifia encore sa tristesse. Elle éclata en sanglots et pendant un moment elle ne pouvait penser à rien d'autre qu'à cette image désespérante. Tout d'un coup une main lui toucha gentiment l'épaule.

Elle leva la tête. Sa mère se tenait à coté d'elle. Elle ne l'avait pas entendu venir.

- "Hermione ma chérie. Que ce passe-t-il?" Elle pris sa fille dans ses bras. "Pourquoi pleures tu? Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas?

Elle secoua la tête et essaya de se reprendre.

- "Non rien. Il n'y a rien...." Elle n'avait pas envie d'en parler. Elle pris un mouchoir et s'essuya les yeux.

- "Excuse moi. C'est stupide. Il fait beau et on passe des vacances géniales ici. Je ne sais pas ce qui me prend." Elle se moucha énergiquement. "Ca va bien maintenant. Pas de problème."

Sa mère la regarda anxieusement.

- "Je ne suis pas sûre que ça aille bien comme tu dis. Est-ce que tu ne penses pas que nous devrions en parler ensemble?" Elle lui caressa doucement la joue. "Peut être que je peux t'aider?"

Machinalement Hermione acquiesça. Oui m'aider. Je veux aider Harry aussi. On devrait tous s'entraider.

Mais immédiatement elle sut que cela n'était pas possible. Qu'est ce que sa mère pourrait bien comprendre de la situation? Depuis longtemps elle n'essayait même plus d'expliquer ce qui se passait dans son autre vie. D'ailleurs la plupart du temps ses parents ne s'y intéressaient pas vraiment. C'était trop étrange, trop irrationnel pour eux.

- "C'est bon Maman." Elle força un sourire. "Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de grave. J'ai juste eu des pensées tristes, c'est idiot." Elle se leva. "Je vais aller me refaire une beauté. Tout va bien."

Sa mère n'en était pas convaincue mais elle n'insista pas.

- "Très bien ma chérie, comme tu veux, mais si tu as besoin de moi je ne serai pas loin. Je vais m'installer près du lac." Elle regarda sa fille s'en aller avec une légère inquiétude.

Elle se disait qu'elle ne l'avait vraiment pas vue grandir. Toute petite Hermione avait été une gamine brillante et enjouée, mais au fur et mesure que son intelligence s'était développée, elle s'était éloignée de ses camarades. Elle était devenue introvertie, et solitaire. Sans cesse au milieu de ses livres. Elle et son mari commençaient à s'en inquiéter sérieusement jusqu'au moment ou ils avaient reçue cette convocation pour cette étrange école de magie.

Leur monde avait basculé lorsqu'ils leur furent expliqué que les sorciers et le sorcières existaient vraiment et que leur fille en était une. Les faits étaient là, indiscutables. Il ne faisait pas de doute pour eux que c'était vrai, mais ils ne le comprenaient pas vraiment.

Par contre pour Hermione, cette annonce avait été une véritable révélation. Elle était rentrée de son premier trimestre avec plus d'enthousiasme qu'ils ne lui avaient jamais vu. Elle parlait de nouveaux amis, de connaissances fascinantes, de professeurs extraordinaires. Ils étaient un peu perdus mais il était clair que leur fille avait trouvé sa place dans ce monde. Ils l'avaient accepté.

C'était il y a cinq ans et elle avait encore changée depuis. Elle leur parlait moins et quand elle le faisait, ils pressentaient un coté sombre dans sa vie. Et souvent ils ne comprenaient absolument rien à ce qu'elle devenait.

 

Privet Drive,

A ce moment là Harry était effectivement en train de discuter avec Hedwig. Il complimentait l'oiseau tout en détachant le parchemin fixé à sa patte.

- "Merci Hedwige. Tiens voilà un petit cadeau pour toi." Il donna un morceau de gâteau au hibou, qui le prit dans son bec et, après quelques cercles autour de la pièce, alla se percher dans sa cage.

Ca vient de Remus. Il remarqua immédiatement l'écriture caractéristique de son ancien professeur et son visage s'éclaircit. Remus Lupin et Rubeus Hagrid étaient les derniers amis des ses parents à être encore en vie, et ils représentaient pratiquement tout ce qu'il lui restait comme famille.

Albus Dumbledore avait aussi été un de leurs amis, mais il était difficile de considérer un aussi puissant sorcier comme un parent. Et puis sa dernière rencontre avec Harry avait été pénible.

Je suis injuste. Il s'est quand même occupé de moi pendant toutes ces années.

Il n'avait pas vraiment envie de penser au Directeur de Poudlard en ce moment.

Harry savoura le moment avant d'ouvrir la lettre. Son existence à Privet Drive était si ennuyeuse et si déprimante qu'il en venait à faire durer les moindres occasions agréables.

Les premiers jours avaient été les pires. Il avait passé son temps à ressasser les événements de la bataille du Ministère, la mort de Sirius et les terribles révélations de Dumbledore. Des centaines de fois il avait repassé en revue ses actions et toujours en se disant qu'il aurait pu faire autrement, qu'il aurait pu éviter la mort de Sirius.

Après cela il avait essayé de se distraire avec des livres et des revues, L'Hebdo du Quidditch et même Une histoire de Poudlard, mais tous lui semblait futile et sans intérêt. Poudlard traînait sur la table de nuit et en le regardant il pensa à Hermione. C'était son livre favori et elle en parlait sans cesse. Si tu avais lu 'Une histoire de Hogwarts' tu saurais que...

Il ne put s'empêcher de sourire en évoquant l'image de la fille à la chevelure marron qui était la meilleure élève de l'école, et que l'on imaginait pas sans un livre à la main. Elle et Ronald Weasley étaient ses meilleurs amis. Ils avaient découvert le monde merveilleux de Poudlard ensemble et ils y avaient fait leurs premiers pas comme sorciers et sorcière.

Ces premières années d'insouciance étaient bien loin désormais.

Ca fait trop longtemps que je me complais dans la pitié, se dit il. C'est aussi le reproche que Phileas Nigellus, l'ancien directeur de Poudlard, lui avait fait depuis son tableau animé dans le bureau de Dumbledore. Il avait dit que les adolescents étaient insupportables à ne jamais cesser de se plaindre, et qu'ils ne pensaient qu'à eux.

Quand on avait des amis comme Ron et Hermione, quoi qu'il advienne, c'était déjà beaucoup.

Peut être que ça mériterait que je le leur écrive? Voilà qui serait une bonne idée.

Il ouvrit la lettre de Remus.

Mon cher Harry,

Excuse moi de ne pas t'avoir écrit plus tôt. J'ai pensé que tu aurais besoin de passer un peu de temps seul avec toi même. Je sais que c'était le cas pour moi car, si Sirius comptait beaucoup pour toi, il était aussi mon ami, et je partage ta peine.

Je pense à toi chaque jour Harry, et quand bien même je ne peux prétendre remplacer Sirius, je veux pouvoir d'aider comme il l'aurait fait. Laisse moi le faire s'il te plait.

Il s'est passé des choses terribles, pour notre monde, pour nos amis, et surtout pour toi. Pire encore, ce n'est pas fini comme tu le sais bien hélas. C'est injuste mais c'est comme ça.

Mais tu dois savoir que tu n'es pas tout seul Harry. Tu as des amis et ils t'aiment. Rappelle toi que l'affection de tes proches t'a déjà protégée, et qu'elle le peut encore. C'est très important.

Nous n'allons pas attendre que d'autres malheurs surviennent. Nous allons combattre cette menace. Tous ensemble, et nous allons gagner. Je sais que nous y arriverons.

Alors n'abandonne pas.

Je tiens à toi Harry. Je voudrais vraiment que nous puissions parler tous les deux. Qu'en penses tu? Dis moi quand je pourrais venir te voir. J'imagine que ça serait mieux à un moment où ton oncle et ta tante ne sont pas là.

Affectueusement,

Remus Lupin

P.S. Souviens-toi de sa dernière.

La première réaction d'Harry fut la colère, comme chaque fois qu'on parlait de Sirius, ou qu'il avait l'impression qu'on avait pitié de lui, puis son émotion s'atténua lentement. Il savait que Remus ne lui voulait que du bien, et qu'il l'avait souvent montré.

Quelle date somme nous aujourd'hui? Oui la pleine lune était il y a deux jours. Il vient juste de récupérer.

Remus était un Loup-Garou. Il avait été mordu par l'un d'eux lorsqu'il était enfant et chaque mois, à la pleine lune, il se transformait en une créature monstrueuse. C'était pour lui une maladie chronique et très douloureuse.

Et pourtant Remus était toujours un compagnon agréable et plein d'entrain. Extrêmement loyal et attentifs aux autres.

Il relut la lettre.

Nous allons combattre cette menace... et nous allons gagner.

La phrase martiale lui remonta le moral. C'était effectivement ce genre de chose que l'on attendait d'un Gryffondor. Une affirmation de courage et de détermination.

Nous n'avons certainement pas beaucoup gagné ces derniers temps. Il serait plus juste de dire que nous n'avons pas tout perdu.

Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir dire par "Souviens-toi de sa dernière"? Cette phrase évoquait une seule chose pour Harry. La Beuglante que sa tante Pétunia avait reçue il y a un an.

"Souviens-toi de ma dernière, Pétunia!"

Cela c'était produit au moment où son oncle avait été sur le point de le jeter en dehors de sa maison. La Beuglante, une lettre enchantée et particulièrement bruyante, avait été envoyée par Dumbledore à sa tante, pour lui rappeler de sa promesse de le garder, lui Harry, chez elle. C'était indispensable pour sa protection ainsi que le Directeur lui avait expliqué plus tard. Quel choc ça avait été pour son oncle, qui haïssait tous ce qui avait trait à la magie, de découvrir que sa femme avait forgé un pacte avec des sorciers!

Mais Remus n'est pas en train de parler de Pétunia ici. C'est de moi qu'il s'agit.

Ferait il référence à ma dernière conversation avec Dumbledore?

Pour la première fois depuis qu'il était revenu ici, Harry revint sur les paroles du vieux sorcier. Beaucoup de choses avaient été dites ce soir là. Il n'avait jamais vraiment cherché à les analyser.

Bien joué Harry! Il s'agit seulement du sorcier le plus compétent du monde. Qu'est-ce qu'il aurait bien pu t'apprendre? C'est tellement plus simple de t'apitoyer sur ton sort!

Il se leva et commença à marcher en long et en large dans la chambre, toujours énervé mais surtout envers lui même. Remus essaye de me dire quelque chose et cette lettre a un sens caché. Qu'est-ce que ça peut bien être?

Il y avait des raisons pour user de telles ambiguïtés dans les communications. Certains craignaient que le courrier volant ne puisse être intercepté. Même si désormais le Ministère est de notre coté et que Voldemort doit être sur la défensive pour un moment.

Harry relut la lettre attentivement, cherchant des indices.

"... Tu as des amis et ils t'aiment... l'affection de tes proches t'a déjà protégée... c'est très important."

Il parle d'affection et d'amitié. Bien sûr que c'est bien de se sentir aimé mais qu'est-ce que ça à voir avec nos problèmes?

Harry ne voyait pas l'intérêt de tels émotions dans la lutte contre Voldemort. Contre un ennemi capable de tuer avec un seul mot, et qui avait corrompu tant de gens pour en faire des Mangemorts - des sorciers criminels dévoués à sa cause et à infliger douleur et mort envers des innocents.

Il s'agissait d'une guerre sans merci, et dans une guerre la chose la plus importante devait être de se battre, de rassembler ses forces et de les utiliser contre l'ennemi.

Mais Dumbledore ne semble jamais agir de cette façon. Avec lui l'accent est presque toujours mit sur la défensive.

Remus serait il en train de parler de la magie que sa mère avait utilisée pour le protéger de Voldemort avant qu'il ne la tue? Celle là même qui rendait nécessaire sa présence à Privet Drive chaque été?

Ces sortilèges dataient de presque seize années maintenant, et ils étaient toujours efficaces, enfin en tout cas pour celui de cette maison. En utilisant son sang pour se régénérer, Voldemort avait neutralisé l'autre protection que sa mère avait préparée. Celle qui lui avait presque permis de le tuer en le touchant de ses mains.

Ce type de magie pourrait il devenir une arme?

Il se rappela une autre chose que Dumbledore avait dite. Voldemort était incapable de comprendre la force que représentait l'amour. Et pour dire vrai moi non plus. Ca ne ressemble en rien aux sortilèges que l'on nous enseigne à Poudlard.

Dumbledore lui avait aussi dit que, lors de la dernière bataille du ministère, lorsque Voldemort avait pris possession de son esprit, c'était l'affection que Harry avait pour Sirius, qui avait forcé Voldemort à fuir. Harry se souvenait encore de la terrible douleur et du désespoir qu'il avait ressenti.

Il y a peut être bien quelque chose d'important derrière ces paroles. Peut être devrais-je effectivement en discuter avec Remus.

Il pris une plume et un morceau de parchemin, et il commença à rédiger une réponse. Oui. Ils allaient en discuter. Au moins ça l'occuperait et ça lui remonterait le moral.

Et peut être que je pourrais aussi en parler avec quelqu'un d'autre.

Harry donna un autre morceau de gâteau à son hibou.

- "Prend des forces Hedwige. Je vais avoir pas mal de travail pour toi ce soir."

Cher Remus,

Merci pour ton message. Oui je serais heureux qu'on se voie. Les Dursley seront absents demain après midi. Pourquoi ne passerais tu pas à ce moment?

Respectueusement

Harry

Il enroula le message et l'attacha à la patte de l'oiseau.

- "Ceci est pour Remus mais j'ai besoin que tu revienne vite car j'aurai une autre livraison pour toi."

Je vais écrire à Hermione. Je me demande comment ce passe ses vacances.

 

Manoir de la famille Krum,

Hermione remonta dans sa chambre et se passa un peu d'eau sur le visage. Elle se força à aborder son problème 'logiquement' comme elle le faisait toujours.

Qu'est-ce qui m'arrive à la fin? Je suis là en train de passer des vacances idéales et le simple fait de penser à Harry me fait fondre en larmes comme une stupide gamine sans cervelle. On dirait tout à fait cette gourde de Cho avec sa manie de pleurer pour un oui ou pour un non.

Cho Chang.

La petite amie d'Harry.

Ex-petite amie, corrigea-t elle.

Au souvenir des embrouilles de son ami avec la jolie Serdaigle, Hermione ne put s'empêcher de sourire. Il avait été complètement perdu, particulièrement lors de leur sortie à Pré-au-lard, lorsque lui et Cho s'était disputés parce que Hermione avait demandé à Harry de la rejoindre en plein milieu de leur balade. Harry avait bêtement obtempéré et Cho l'avait très mal pris.

Ce n'était vraiment pas sympa de ma part.

Cette réflexion spontanée la surpris. Elle n'avait pas cherché à provoquer de dispute. Simplement ce pauvre Harry n'avait aucune connaissance des subtilités de la psychologie féminine.

Alors qu'elle même les connaissait très bien.

Hermione était assez honnête avec elle même pour remettre en question son attitude à cette occasion. Avait elle, consciemment ou pas, cherché à perturber les relations entre Harry et son amie?

Elle n'avait pas été jalouse. Elle se souvenait même d'avoir été heureuse pour lui lorsqu'il avait commencé à sortir avec Cho. Et de toute façon elle même était avec Viktor.

Elle était toujours avec Viktor. Hier ils s'étaient embrassés pour la première fois. Au clair de lune près du lac.

Très romantique, exactement comme je l'avais prévu.

Ca avait été très agréable mais elle n'avait pas perdue la tête. Elle était restée maîtresse de la situation. Comme toujours.

Mais est-ce vraiment ce que je veux?

Elle se souvenait de la tête d'Harry lorsqu'il avait embrassé Cho pour la première fois. Il ne touchait plus terre. Il semblait tellement heureux qu'elle en avait été émue.

Bon sang pourquoi est-ce que je n'arrête pas de penser à lui comme ça?

Quels étaient ses sentiments pour Harry? Cela méritait peut être de s'y arrêter.

Lui et Ron sont mes meilleurs amis. Nous avons découvert la magie et affronté des dangers ensemble. Nous avons tellement partagé de choses que nous sommes comme des frères et soeurs.

Est-ce que je veux plus que cela?

C'était une très bonne question. Qu'est-ce qu'elle voulait exactement?

Du fond d'elle même elle savait qu'elle voulait ce qu'elle avait aperçu dans les yeux d'Harry ce jour là. Elle voulait connaître cette passion.

Harry ne comprend peut être rien aux filles mais il sait tomber amoureux.

Etait elle amoureuse d'Harry?

Elle avait pleurée en pensant à lui. Jusqu'à quel point ses sentiments pour lui n'étaient rien d'autre que de la compassion pour ses malheurs? La pitié n'était pas une bonne base pour construire une relation romantique. Viktor et elle se considéraient comme des égaux. Si elle voulait seulement aider Harry il serait plus simple de rester son ami.

Je donnerais ma vie pour Harry. Est-ce que j'en ferais de même pour Viktor?

Dans son coeur elle savait que oui, mais pas pour les mêmes raisons.

Donner sa vie pour quelqu'un n'est pas la même chose que d'être prête à la passer avec lui.

Hermione sentit que c'était là le noeud du problème. Elle chercha à imaginer sa vie, sa vie d'adulte, avec quelqu'un, avec un homme, et ce que cela signifiait.

Harry ou Viktor?

Elle n'y arrivait pas. Il y avait des arguments valables et insuffisants des deux cotés. Elle était confuse et pleine de doutes.

Je dois faire un choix et je n'y arrive pas. Il va falloir que j'en parle avec quelqu'un.

Il semblait bien qu'elle allait devoir accepter l'offre de sa mère en fin de compte. Elle attendit encore un peu puis finalement se leva, sortit de sa chambre et descendit l'escalier.

Dans le hall elle rencontra Viktor et son père.

- "Bonjour jeune demoiselle. Comment allez vous?" lui demanda t il.

- "Bonjour Hermione," dit Viktor d'un ton agréable.

Elle pris la main de Mr Krum et lui offrit son plus beau sourire.

- "Très bien merci. C'est une matinée splendide et je passe vraiment un moment merveilleux chez vous. Bonjour Viktor." Le garçon eut droit à une bise affectueuse sur la joue.

- "Veux tu m'accompagner au village ce matin?" lui demanda-t il. "Il y a quelques courses à y faire."

- "Ca sera avec plaisir mais là maintenant je doit voir quelque chose avec Maman. Est-ce que ça peut attendre une petite heure?"

- "Bien sûr. On se voit tout à l'heure alors."

C'est vraiment un garçon facile à vivre. Je ne crois pas qu'on se soit jamais disputé à propos de quoi que ce soit.

Ce n'était pas vraiment le cas avec Harry qui pouvait être une des personnes les plus butées qu'elle connaissait. Elle soupira en se rendant compte qu'elle passait son temps à les comparer.

Ce n'est pas si simple. Certaines choses sont plus importantes que d'autres.

Hermione quitta la pièce et se dirigea vers le jardin. Sa mère était assise sur un des bancs à coté de l'eau. Elle marcha dans sa direction.

Elle avait une bonne idée de ce dont elle voulait parler mais une partie importante concernait Voldemort et le monde des sorciers, dont ses parents étaient totalement ignorants. Ca compliquait les choses.

C'est probablement mieux d'ailleurs qu'ils en sachent si peu. Il y a toujours une possibilité pour qu'il m'interdise de revenir à Poudlard. D'un autre coté il ne me croiront peut être pas de toute façon.

Sa mère sourit en l'apercevant.

- "Tu as une meilleure tête que tout à l'heure ma chérie." Elle la regarda avec attention. "Est-ce que tu vas me dire ce qui te rendais si triste?"

Hermione s'assit à coté d'elle et commença à expliquer l'affection qu'elle éprouvait pour Viktor mais comment elle n'avait pas vraiment prévue de s'engager sérieusement, alors qu'elle se posait également des questions vis à vis d'un autre de ses amis.

- "Harry. C'est ce garçon qui est dans ta classe et dont tu m'as déjà parlé? Celui qui est orphelin?"

- "Oui. Lui, moi et Ron, c'est à dire Ronald Weasley qui vient d'une autre famille de sorciers, nous sommes toujours ensemble et nous avons eu beaucoup... d'aventures." Elle regarda sa mère avec un air défensif. "Je parle de choses sérieuses, pas simplement des escapades de gamins. Je ne peux pas tout t'expliquer mais tu dois me croire lorsque je te dis que le monde des sorciers est très différent de celui des Moldus... enfin du monde réel pour toi."

Elle expliqua que Harry avait été confronté à pas mal de problèmes l'année précédente et qu'elle se demandait si elle était vraiment attirée vers lui ou bien si ses sentiments n'étaient qu'une sorte d'attitude maternelle.

Sa mère ne put s'empêcher de sourire. Attitude maternelle, vraiment? Mais elle ne releva pas.

- "Tu semble prendre cela très à coeur Hermione. A ton age cela n'est pas inhabituel de sortir avec plusieurs petits amis."

Hermione sursauta.

- "Maman! Je t'assure que je ne te dérangerais pas si c'était juste une question de 'petits amis' comme tu dis. C'est quelque chose de beaucoup plus sérieux de ça." Elle soupira intérieurement. Ca c'est bien toi ma grande. Dieu nous préserve que tu ne prennes pas quelque chose au sérieux.

Elle grimaça et continua d'une voix plus basse.

"Je ne veux pas jouer avec eux. Je les respecte trop pour ça."

- "Excuse moi ma chérie. Tu as entièrement raison et je t'approuve complètement." En fait elle était plutôt contente. Son attitude était certainement un signe de maturité.

"Est-ce que tu es déjà sortie avec ce Harry?"

- "Non... Je veux dire, ce n'était pas à l'ordre du jour jusqu'à maintenant. Je ne sais même pas s'il y a pensé lui même. Il me considère sans doute comme une soeur. Il avait une petite amie l'année dernière mais c'est fini entre eux maintenant."

A ton age les garçons ne considèrent jamais les filles comme des soeurs ma chère enfant, pensa sa mère.

- "Qu'est ce qu'il te vient à l'esprit quand tu pense à lui?" demanda-t elle.

Hermione prit une profonde inspiration, détourna son regard vers la surface du lac, et se lança.

- "Et bien c'est la personne la plus courageuse et la plus vaillante que je connaisse. Il a vraiment beaucoup souffert et à cause de ça je voudrais l'aider et aussi le consoler, mais il garde beaucoup de choses en lui même. Il peut être très têtu parfois mais quand les choses vont bien c'est vraiment un merveilleux compagnon et nous avons passé des moments formidables ensemble."

- "Et quand tu pense à Viktor?"

Hermione sourit à sa mère, elle devinait la technique que celle-ci était en train d'appliquer. Bien sûr les professions médicales suivent des cours de psychologie pratiques.

- "Viktor est gentil. Il est intelligent, et Harry aussi d'ailleurs!" Tu te disperses ma grande! "On a eu des discussions très intéressantes sur plein de sujets, et j'ai appris beaucoup de choses sur ce monde que je ne connaissais pas. Sur la manière dont les sorciers vivent en famille par exemple. Viktor est toujours agréable à vivre et avec lui je me sens... en sécurité."

Elle fit une pause. Etait-ce tous ce qu'elle avait à dire à propos d'un garçon qu'elle fréquentait depuis plus d'un an? A coté de cela elle se sentait capable de parler de Harry pendant des heures. Elle sentit une boule dans sa gorge. Sa mère resta un moment silencieuse.

- "Tu n'est pas amoureuse de Viktor," annonça-t elle. "Il ferait sans doute un bon partenaire mais tu n'est pas sûr que la vie soit assez stimulante avec lui."

Hermione acquiesça. Elle pensait exactement la même chose.

- "Mais ta vie peut être intéressante de ton seul fait, même si tu ne partage pas tout avec ton compagnon."

Hermione réfléchit. Ca ressemblait plutôt à un choix par défaut et elle avait plus d'ambition que cela. Je veux que ma vie soit un succès à deux, en équipe. Elle secoua la tête.

Sa mère continua.

- "D'un autre coté il parait évident que tu es très attirée par Harry. Dit comme ça le choix parait simple. A moins qu'il n'y ait autre chose?"

Elle a raison. Ca devrait être une décision plutôt simple.

- "J'ai peur," dit elle en baissant les yeux.

- "De quoi donc?" vint la réponse, étonnée. "De lui? C'est vrai que tu le présente comme quelqu'un d'assez impressionnant."

De quoi ai-je le plus peur? Qu'il dise non et qu'il me rejette? Suis je si vulnérable? Non. S'il ne m'aime pas nous resterons quand même des amis. Ca fera mal mais je m'en sortirais.

Qu'est ce qu'il pourrait se passer d'autre? L'un de nous pourrait mourir dans cette guerre et là l'autre souffrirait vraiment. Hermione s'imagina être tuée, ou torturée jusqu'à la folie comme les parents de Neville. Elle n'avait pas à se demander comment Harry réagirait, ou elle même, si c'était l'inverse.

Elle réalisa que cela pouvait très bien se arriver. Elle frissonna et pâlit.

Le fait est que la mort, ou de terribles blessures, était des choses qui feraient toujours partie de la vie d'Harry tant que Voldemort ne serait pas vaincu. C'était déjà atroce d'y penser pour soi mais lorsque ça touchait des êtres chers alors ça devenait insoutenable.

Harry. Il vit avec des idées comme ça dans la tête depuis que Cédric est mort. Ce n'est pas étonnant qu'il ait changé.

Son visage se durcit au fur et à mesure qu'elle découvrait ce qu'impliquait son choix.

- "Hermione! Qu'est-ce que tu as?" Sa mère se rendait compte qu'il se passait quelque chose. Hermione l'ignora.

Elle réalisa autre chose.

Comment puis je penser que c'est de la pitié que j'éprouve pour lui? Il est incroyablement fort de pouvoir vivre cette situation et ne pas s'écrouler.

Elle était fière de lui.

- "Hermione! Est-ce que j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas?"

Non. Tu as dit exactement ce que j'avais besoin d'entendre. Je l'aime, je l'admire. Il a besoin de quelqu'un pour l'aider et je veux être cette personne. Quelles qu'en soient les conséquences.

- "Hermione? Répond moi s'il te plait?"

Elle se tourna vers sa mère. Comment lui expliquer tout cela? C'est impossible mais ce n'est plus nécessaire. J'ai choisi.

- "Non ça va. Je... Je ne peux rien te dire d'autre." Elle se leva, confiante dans sa décision. "Merci beaucoup Maman. Tu m'as vraiment aidée, et ne t'inquiète pas. Je sais ce que je doit faire." Elle força un sourire.

Sa mère la regarda attentivement.

- "Tu en es sûre?"

- "Oui, absolument. Et maintenant je dois alors en ville avec Viktor. Ca ne va pas prendre longtemps et nous seront de retour pour déjeuner." Hermione embrassa sa mère et elles se regardèrent un instant. "A tout à l'heure Maman."

Viktor. C'est lui l'étape suivante. Ca ne va pas être facile mais il faut que je lui explique. J'espère seulement que je ne vais pas lui faire trop de peine.

Elle commença à organiser ses idées en revenant vers la maison.

- "Hermione!"

Elle s'arrêta.

- "Oui Maman?"

- "Est-ce que tu vas parler avec Viktor?" Elle se mordilla la lèvre et continua doucement. "Et ensuite tu vas t'en aller n'est-ce pas?"

Elle a compris. C'est une bonne chose, elle expliquera la situation à Papa.

- "Oui. Je veux m'occuper de ça le plus vite possible."

Même si je n'ai pas une idée très précise de comment faire.

- "Hermione. Puis je te donner un conseil à propos de Viktor?" Elle acquiesça. "N'en dis pas trop. Juste que tu as besoin de réfléchir." Puis, d'une femme à une autre. "Ca sera plus facile pour lui s'il prend le temps de comprendre par lui même." Elle fit une pause. "Même dites avec gentillesse, certaines paroles peuvent faire très mal."

Elle a raison. Il va falloir que je m'en souvienne.

- "Merci Maman. Je note ça. C'est un bon conseil."

Viktor l'attendait dans le salon, en train de lire l'équivalent Bulgare de La Gazette du Sorcier.

- "Est-ce que tu est prête Hermione?"

Il la regarda avec une mine interrogative et se leva pour lui prendre la main.

"Tout va bien? Tu as un air un petit peu étrange?"

Elle secoua la tête. Ce n'était pas l'endroit pour ce qu'elle avait à dire.

- "Non ça va bien. On y va?"

Ils marchèrent en silence pendant un moment, en se tenant par la main. Hermione sentait son coeur battre plus fort que d'habitude, et elle essayait de se calmer en regardant le paysage. Plusieurs fois Viktor lui jeta des regards inquiets. Il percevait son trouble et essayait de comprendre ce qui se passait.

Elle si sérieuse aujourd'hui. Elle est toujours sérieuse quand elle travaille mais jamais quand nous sommes seulement... ensemble.

- "Hermione? Qu'est-ce qu'il y a? Il y a quelque chose je le sens."

Elle s'arrêta, lâcha sa main et le regarda avec un sourire un peu triste.

- "Oui Viktor, il y a quelque chose que je dois te dire."

Une sensation glacée l'envahi et son regard changea de l'interrogation à l'inquiétude. En voyant cela Hermione se haït pour ce qu'elle allait faire.

- "Viktor, je t'aime bien, et je suis très heureuse d'être ton amie, mais au delà de cela je ne suis pas sûr de ce que je ressent... Et je pense que je doit te le dire et..." Il vaut mieux que je m'arrête là et que j'attende de voir comment il réagit.

Viktor avala la boule qu'il avait dans la gorge. Est-ce qu'elle est en train de me dire qu'elle ne n'est pas amoureuse? Que c'est déjà fini entre nous? En vrai les choses n'étaient jamais allées très loin et il n'avait vraiment pensé à ce qu'ils pourraient faire ensemble que ces derniers jours, où il avait réalisé qu'elle pouvait devenir très importante pour lui.

En la regardant là maintenant elle lui semblait plus désirable que jamais. Elle était tellement vitale avec son merveilleux visage, si intense, et cette immense chevelure qui semblait toujours excessive pour sa petite taille.

- "Hermione, Je... Je ne pas quoi dire. Je pensais que ça allait bien entre toi et moi. Est-ce que j'ai fait quelque chose que ne j'aurais pas dû?"

Elle avait mal en entendant la douleur qui perçait dans sa voix. Elle avança vers lui mais s'arrêta avant de le toucher.

- "Non! Bien sûr que non. Tu as été très bien et j'ai été très heureuse avec toi. Je suis toujours... heureuse."

Elle prit une profonde respiration.

"Viktor je suis très contente de te connaître, et je trouve vraiment que tu est un type bien et si quelque chose cloche c'est de mon coté que ça se passe. J'ai besoin de... de faire quelque chose. De vérifier que..." Elle s'interrompit.

"Et toi tu as besoin d'avoir quelqu'un qui va être avec toi sans aucune arrière pensée." Elle arrêta son discours en sentant les larmes qui lui montaient aux yeux encore une fois.

"Viktor Je suis vraiment désolée." Elle fit un terrible effort pour le regarder en face, et pour garder le peu de contrôle qu'elle avait encore, malgré la peine qu'elle lisait sur son visage.

Ils restèrent silencieux pendant un long moment. Elle n'osait plus rien dire et Viktor ne savait pas comment répondre. Finalement il se détourna et repris le chemin, sans se retourner. Peu après elle le suivi silencieusement.

Il y avait au moins dix minute de marche pour atteindre le village. Hermione ne pouvait pas se forcer à le suivre dans les magasins. Elle décida de l'attendre à l'entrée de la rue principale. Il serait forcé de repasser devant elle, sauf s'il décidait de transplaner directement au manoir. Non il ne fera pas ça. De toute façon je vais l'attendre.

Elle vit un banc sur le coté de la route et elle s'assit dessus.

Une demi-heure plus tard elle l'aperçut qui revenait, et il lui semblait qu'il se tenait un peu plus droit. Elle le fixa sans bouger et s'arrêta pratiquement de respirer le temps qu'il arrive à son niveau. Il alla jusqu'à elle et s'assit à ses cotés.

- "Ca va Hermione." Il tenta un pauvre sourire triste. "Je ne vais pas te dire que j'accepte tout ça tranquillement. Ca fait mal comme tu peux l'imaginer, mais je crois comprendre ce que tu ressent, et peut être que tu as raison d'avoir... des doutes quand à nous deux." Son expression s'affirma. "Comme tu me l'as dit, moi aussi je t'aime bien et j'espère que nous resterons amis. Quoiqu'il arrive je voudrais que tu soit heureuse, et que tu sache que je serais toujours là pour t'aider si tu as besoin de moi.

Le visage mouillé de larmes d'Hermione s'éclaira d'un sourire.

- "Je serais toujours ton amie Viktor!" s'écria-t elle du fond de son coeur. Elle pris sa main et la serra contre sa joue. "Et on se reverra, je te le promet." Elle essuya ses yeux.

"Tu sais ça fait la deuxième fois que je pleure comme une madeleine aujourd'hui. C'est plus que les deux dernières années. Je suis en train de devenir une petite fille ridicule."

- "Tu n'es pas ridicule Hermione. Jamais." Il se leva et lui tendit le bras. "Et si on rentrait maintenant?"

 

Le Terrier, le soir même,

Molly Weasley était dans sa cuisine en train de préparer le dîner. Chez les Weasley cette opération était toujours une tâche collective qui faisait intervenir la cuisinière mais aussi un certain nombre des occupants enchantés de la cuisine.

Autour d'elle, des casseroles, des cuillères et des ingrédients tournoyaient et faisaient leur travail. Pour le moment une sélection de légumes et de viandes étaient en train d'être coupés et bouillis pendant d'une bande de flacons d'épices et de condiments cherchaient à capter son attention en dansant en l'air, agitant de minuscules bras et accompagnés de divers recettes et ustensiles.

Ce soir là 'Curry' était particulièrement en forme. Le bocal jaune repoussait énergiquement ses concurrents et avait formé une alliance avec un livre de cuisine exotique : Délices d'Inde. En face, une bouteille de vin lui tenait tête avec l'appui d'une recette française de Poulet à la Bordelaise.

Molly considéra le plat français trop lourd pour le soir.

- "Non Claret, pas cette fois ci, mais je te promet qu'on fera quelque chose ensemble dimanche prochain." Le bocal de curry tira une longue langue moqueuse en direction de son rival qui se mit en position de l'atteindre d'un bouchon bien placé. Molly intervint pour rétablir l'ordre et après un moment de chahut, le calme revint dans la cuisine et elle put terminer de planifier le reste du repas.

Lorsque tous les plats furent laissés à eux mêmes, et à la surveillance des ustensiles magiques qu'elle avait préparés, elle rejoignit le reste de la famille dans le salon.

Arthur et Ron s'affrontaient dans une partie d'échecs. Ginny lisait tranquillement un livre. Fred et Georges ne rentreraient pas avant le week-end et Percy...

Son expression se troubla et sa bonne humeur disparue. Ils étaient toujours brouillés avec Percy.

Par Merlin! Percy quand vas tu réaliser ce que tu as fait et revenir vers nous? Comment peux tu ne pas comprendre à quel point le Ministère a été injuste avec nous et avec Harry?

En pensant au jeune orphelin elle devint encore plus triste.

Harry, ce pauvre garçon. Je sais bien que Dumbledore a ses raisons de ne pas nous le confier pour tout l'été mais quand même. Il doit bien y avoir une meilleure solution que de l'envoyer chez ces bandits. Il ne peut même pas pratiquer sa magie là bas.

La réalisation que quelqu'un d'aussi jeune que Harry (pas si jeune que cela. Il a seize ans maintenant, ce n'est plus un petit garçon) avait besoin de s'entraîner à combattre pour sa survie, changea son émotion en colère. En tant que mère elle attachait beaucoup d'importance à une enfance heureuse et le moins qu'on puisse dire était que Harry n'en avait pas eu. Les responsabilités et les dures leçons de la vie viennent bien assez vite. Ce garçon mérite mieux qu'il n'a et nous devrions au moins pouvoir lui donner un minimum de vie familiale.

En regardant Ron et Ginny elle se dit que, étant ses amis proches, ses enfants étaient plus exposés que la plupart à la menace que faisait peser Voldemort dans cette guerre. Le seul avantage de la situation était de leur donner une maturité plus avancée pour leur age. En tant que membre de l'Ordre du Phoenix elle comprenait les nécessités mais aussi les risques. Elle était fière d'eux mais aussi terriblement inquiète. Elle soupira Il n'y a pas de choix. Nous faisons ce que nous devons.

Comme s'il lisait dans ses pensées Ron leva la tête et regarda sa mère.

- "Ca sens rudement bon Maman. Et si on invitait Harry ce soir?"

- "Tu sais bien ce que Dumbledore a dit. Il est encore trop tôt."

- "Oui mais Maman écoute. Là où il est il n'a probablement rien d'autre à manger qu'un morceau de pain sec et de l'eau croupie. Il va perdre des forces et s'il est attaqué il..." Ron s'étrangla à l'idée que Harry puisse être mis en danger par Voldemort.

Ginny soupira.

- "Ron, on t'as déjà expliqué qu'il est en sécurité là bas," répondit-elle d'une voix fatiguée par les répétitions. "Il ne peut rien lui arriver sauf s'il quitte la maison, ce qu'il ne fera pas parce qu'il a plus de bon sens que toi."

- "Et nous avons envoyé de la nourriture la semaine dernière et hier encore, donc il ne risque pas de mourir de faim," ajouta Molly.

Ron savait tous cela mais son ami lui manquait et il savait que Harry était malheureux. Il sentait aussi que c'était une erreur de le tenir à distance.

- "Et qu'est-ce qu'on fait pour le Quidditch? Et pour l'entraînement en défense? Il y a tant de choses importantes qu'on devrait faire ensemble."

Il se leva et commença à marcher de long en large pour essayer d'évacuer sa frustration. Celle-ci montait au contraire.

"C'est stupide! L'année dernière c'était la même chose et il en presque mort. Sirius..."

Il s'arrêta à la vue des têtes que faisaient ses parents. Ils avaient encore en mémoire les événements qui avaient conduits à la mort de Sirius.

"Excusez moi. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire... je veux dire... j'ai confiance en vous mais..." bredouilla-t il.

Arthur se leva et posa la main sur l'épaule de son fils.

- "Calme toi Ron. Nous savons ce que tu ressens et combien c'est dur, mais il faut nous faire confiance. Cette année ne va pas être comme la précédente. Beaucoup de choses ont changées. Oui beaucoup de choses ont changées. En bien comme en mal, mais nous sommes plus fort maintenant et nous n'avons pas le Ministère contre nous.

Pendant un instant, il hésita à évoquer les plans dont il discutait avec Dumbledore. De savoir que celui-ci préparait quelque chose leur remonterait le moral mais il était trop tôt pour en parler, et il ne voulait surtout pas leur donner de faux espoirs. Ils étaient prêts à s'accrocher à n'importe quoi et la déception serait bien pire que n'importe quelle frustration.

"Allez Ron, c'est à ton tour de jouer...."

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