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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Le dernier ordre par Aosyliah

[10 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonjour à tous !

Je n'ai pas beaucoup publié ces derniers temps, mais me revoilà avec un nouvel OS ! Je n'en suis pas entièrement satisfaite, je dois dire, je le trouve inachevé. Donc j'apporterai sans doute des modifications en changeant peut-être de ton ou d'approche sur certains passages, où je n'ai pas l'impression d'avoir été dans le juste.

Bref ! Je vous laisse à votre lecture ^^
Une violente bourrasque de vent cingla le visage de Regulus, déposant sur sa peau l’impression d’être asséché par le sel baignant dans l’air. Il ouvrit les yeux et découvrit l’endroit où il venait d’être amené. Devant lui, la silhouette menaçante d’une falaise se découpait sur le ciel assombri par le mauvais temps. Des énormes blocs de roche semblaient s’être détachés de la paroi, et formaient à présent des taches sombres qui se noyaient sous l’écume des vagues qui venaient se briser contre leur flanc. Regulus prit conscience qu’il se tenait lui-même sur l’un de ces rochers, séparé de la falaise par l’eau bouillonnante qui se déchaînait en-dessous de lui. Insidieusement, cette vision de chaos fit ramper en lui un sentiment qui fit trembler ses mains et désordonna les battements de son cœur. La peur l’étreignait.

- Maître, il faut descendre par ici, Monsieur, lui parvint la voix lointaine de Kreacher.

Une nouvelle bourrasque de vent frappa le corps déjà transi de froid du jeune homme, l’arrachant au spectacle de la violence saisissante qu’il avait sous les yeux. C’est donc l’endroit, se dit-il. Il ne pouvait s’empêcher de penser que ce lieu était à l’image du Seigneur des Ténèbres. Sombre. Impitoyable. Terrifiant. Insensé. Au fond de lui, la peur était toujours présente, mais la conviction du devoir gardait Regulus lucide. Il n’y avait plus de recul en arrière possible. Il allait affronter le destin qu’il s’était choisi. Il fallait qu’il le fasse. Il devait détruire l’Horcruxe du Seigneur des Ténèbres.

- Maître, supplia l’elfe de maison.

Regulus tourna la tête vers le petit être qui se tordait les mains. Par Salazard, se demanda le jeune homme, quelles tortures Kreacher avait-il déjà subies dans cet endroit ? Il semblait si effrayé, si frêle, et pourtant si déterminé à exaucer les vœux de son maitre. Cette image renvoya le jeune homme à ses propres souvenirs. Avait-il eu l’air si pitoyable d’empressement, face au Seigneur des Ténèbres ? Avait-il été ce servant, cet esclave prêt à tout pour une loyauté aveugle ? Regulus ne pouvait s’en convaincre. Car après tout, il se tenait là, au-dessus de cette mer déchaînée qui semblait réclamer sa part de sacrifices, contemplant l’écrin de furie qui dissimulait aux yeux du monde le plus précieux des secrets du Seigneur des Ténèbres.

Regulus fit un mouvement de la tête pour indiquer à Kreacher qu’il était prêt à le suivre. L’elfe ouvrit la voie, descendant de rocher en rocher, là où les éléments avaient creusé un escalier naturel entre les flots. Bientôt, le jeune homme aperçut l’anfractuosité qui cachait l’entrée de la caverne. Des eaux sombres et tourbillonnantes l’en séparaient encore. Il ne prit pas la peine d’essayer de transplaner de l’autre côté, il savait déjà que cela lui était impossible. Le vent sembla mugir de plus belle autour de lui, assourdissant, exhortant le jeune homme à l’action, le défiant de pénétrer dans l’eau. Regulus marqua un temps d’hésitation. Que faisait-il là ? Pourquoi était-il venu ? Parce qu’il aimait. Il aimait la vie. Il lui fallait détruire la Mort.

Le jeune homme porta son regard sur l’eau qui venait se briser à ses pieds. Lentement, il s’enfonça à sa rencontre. Le contact glacial engourdit ses membres avec l’aisance d’un poison, rendant ses mouvements saccadés et difficiles. Le froid emprisonnait doucement ses sens et déjà, sa respiration devenait erratique. Il continuait d’avancer, pourtant, fixant avec détermination les pieds de l’elfe de maison qui l’attendait de l’autre côté. Lorsqu’il fut assez près, Kreacher le hissa hors de l’eau comme s’il n’avait pesé pas plus lourd qu’une plume. Et dès que son maître eut rejoint la terre ferme, il sécha ses vêtements d’un claquement de doigts. Regulus sentit instantanément une onde de chaleur le parcourir. Il contempla la distance qu’il avait parcourue et fut étonné de constater qu’elle avait pourtant été courte. Le trajet lui avait semblé durer des heures, et lorsque le jeune homme songea qu’il n’avait affronté là que la première des épreuves qui l’attendaient, un frisson le parcourut. Il fut tenté, pendant un instant, de rebrousser chemin. Mais la perspective de plonger à nouveau dans cette eau glaciale le retint. De toute façon, à quoi cela lui servirait-il ? Il était trop tard, maintenant.

- Et ensuite ? demanda-t-il en se tournant vers son elfe.

- Par ici, Maître, lui indiqua Kreacher en ouvrant la voie.

Regulus le suivit sans mot dire. A travers la pénombre, il distinguait à peine où il mettait les pieds. Derrière lui, le mugissement du vent n’était déjà plus qu’un murmure. Il n’entendait plus que l’écho de ses pas contre la roche et la foulée, plus discrète, de Kreacher. Elle s’interrompit soudain et Regulus, qui ne voyait plus rien à présent, sortit sa baguette de sa poche pour éclairer la cavité. L’elfe s’était arrêté devant une paroi, à quelques mètres devant lui. Le jeune homme s’approcha pour examiner la roche, mais rien ne laissait deviner une quelconque ouverture. Pourtant, Kreacher lui avait parlé d’un lac et d’une ile. Or, il n’y avait rien d’autre dans cette cavité étroite que l’obscurité. S’était-il trompé d’endroit ? Non, c’était impossible. Cette paroi devant laquelle se tenait son elfe de maison devait être le passage vers le lac. Mais comment l’ouvrir ?

- Comment passer de l’autre côté ? demanda-t-il à Kreacher.

L’elfe se dandinait d’un pied sur l’autre, visiblement nerveux.

- Maître, geignit-il, nous devrions rentrer. Madame votre mère va s’inquiéter, il faut rentrer à la maison…

- Kreacher, dis-moi comment ouvrir le passage, ordonna Regulus.

Les grands yeux de la petite créature papillonnèrent un instant sous les assauts de la panique, mais il ne pouvait se soustraire à un ordre direct. Dans un souffle, il fournit la réponse à son maître.

- Le sang est la clef.

Le cœur de Regulus manqua un battement. Il aurait pourtant dû s’y attendre, mais cela n’empêcha pas la peur de refaire surface en lui. Tenant toujours sa baguette à la main, il se retrouva incapable de faire le moindre geste. Dans sa tête, ne cessait de résonner la phrase de Kreacher, l’enfermant un peu plus à chaque fois dans la panique qui menaçait de le submerger. « Le sang est la clef, le sang est la clef, le sang… ». Regulus prit une vive inspiration. Ce n’était qu’un mot. Il ne devait pas le faire reculer. Il ne devait pas l’impressionner. Après réflexion, Regulus trouva même cela quelque peu déconcertant. Un peu de sang n’était pas un lourd tribu à payer pour passer. Et compte tenu de ce qui l’attendait, qu’avait-il à faire de quelques gouttes de sang ? Il perdrait bien plus, lorsque tout serait terminé.

- Il me faut un couteau, exposa le jeune homme en se rendant compte qu’il n’en portait pas sur lui. Kreacher ?

L’elfe gémit, puis claqua une nouvelle fois des doigts. La lueur que dégageait l’extrémité de la baguette de Regulus éclaira soudain les contours d’une lame qui flottait à quelques pas devant lui.

- Merci, murmura le jeune homme en s’en emparant.

- Maître… supplia à nouveau l’elfe.

Mais avant qu’il ait pu terminer sa plainte, Regulus avait déjà relevé sa manche gauche, levant haut devant lui le bras qui portait la marque du Seigneur des Ténèbres. Ne sachant trop comment doser la force qu’il fallait pour entailler sa peau, il passa le couteau sur son bras d’un geste sec. Kreacher poussa un cri aigu. La brûlure que provoqua la lame en pénétrant sa peau fit grimacer le jeune homme. Mais ce ne fut rien comparé aux picotements qui suivirent. Regulus n’avait jamais connu une telle sensation, et de peur de flancher, il préféra ne pas regarder le sang s’échapper à grosse gouttes de sa plaie, ondulant peu à peu par-dessus le serpent tatoué dans sa chair. Il s’empressa plutôt d’apposer son bras contre la paroi en prenant soin, malgré la douleur, d’appliquer tout le sang qu’il pouvait sur la roche. Dès que cela fut fait, il ramena son bras vers lui et, lâchant le couteau qui tomba sur le sol dans un bruit métallique, il referma la plaie à l’aide de sa baguette. La brûlure n’était déjà plus qu’un souvenir, mais l’attention de Regulus n’était pas au soulagement. Son regard avait été attiré par la lumière qu’émirent les contours étincelants d’une arcade qui était en train de se dessiner dans la paroi. L’instant d’après, la roche à l’intérieur de l’arcade disparut, laissant la place à une ouverture.

Regulus inspira profondément. A travers l’arcade, il ne pouvait voir qu’une obscurité totale. Lorsqu’il ordonna à son elfe de le suivre, sa voix tremblait un peu. Il savait que ce n’était maintenant plus qu’une question de temps avant qu’il n’ait à affronter la plus dure des barrières qu’avait dressées le Seigneur des Ténèbres, et bien malgré lui, il sentait son estomac le tirailler un peu plus à chaque pas. Mais en dépit du doute et de la peur, Regulus continuait d’avancer, tenant bien haut sa baguette devant lui pour avoir plus de lumière.

Dès qu’il pénétra dans la caverne, il fut saisit par le silence qui y régnait. Aucun bruit ne filtrait plus de l’extérieur, il n’entendait plus que le son étouffé de ses pas alors qu’il longeait, Kreacher sur ses talons, un immense lac noir dont il ne parvenait pas à apercevoir l’autre rive. Le jeune homme s’exhorta au calme, conscient qu’il fallait encore qu’il repousse la panique qui tentait de l’envahir. Il n’avait pas encore accompli ce pourquoi il était venu.

- Où est le bateau, Kreacher ? demanda-t-il à l’elfe qui piétinait derrière lui.

Contrairement à ce à quoi il s’était attendu, aucun écho ne vint se répercuter contre les parois de la caverne. Le son de sa voix s’était à peine élevé qu’il avait été aussitôt étouffé par l’obscurité, comme une menace qui mettrait en garde Regulus de faire connaître sa présence en ces lieux. Le jeune homme déglutit péniblement dans une vaine tentative pour rendre l’atmosphère moins oppressante.

- Plus loin, Maître, couina l’elfe.

- Montre-moi.

Kreacher poussa un gémissement avant de passer devant son jeune maître et de le précéder sur le sol inégal. Regulus le suivit, tous ses sens en alerte. Ils longèrent la rive du lac pendant ce qu’il lui sembla une éternité, jusqu’à ce qu’il manque de peu de heurter Kreacher, qui s’était soudain immobilisé. Le jeune homme scruta les ténèbres du lac, mais il ne vit rien d’autre que sa surface lisse et noire.

- Je ne vois rien, Kreacher. Où est le bateau ? Tu m’avais parlé d’un bateau.

Même s’il comprenait la réticence de l’elfe, Regulus commençait à s’impatienter. Depuis qu’il avait découvert l’existence de l’Horcruxe, l’urgence de le détruire était devenu sa seule préoccupation. Il savait que le trouver allait être pénible, douloureux et qu’il n’en reviendrait pas. Et même s’i l était déterminé comme rarement il l’avait été, il connaissait ses faiblesses. Il lui fallait agir rapidement. Prendre son temps ne lui donnerait que l’occasion d’écouter ses peurs et de faire demi-tour. Affolé par l’agacement de son maître, qu’il avait toujours connu calme, Kreacher s’empressa de le rassurer.

- Il est là, il est là Maître ! Il est sous l’eau !

Le petit être tendit alors sa main au-dessus du lac sombre et ferma ses yeux apeurés. Une chaîne en cuivre surgit des eaux dans un bruit d’éclaboussures et vint se loger dans la minuscule main de l’elfe, qui commença à tirer dessus de toutes ses forces. Lentement, une frêle embarcation perça la surface du lac, sous l’œil stupéfait de Regulus qui sentait son cœur battre à un rythme erratique. Une fois émergée, l’embarcation glissa en silence sur les flots jusqu’à ce que la coque vienne buter contre la rive, aux pieds de Regulus. Le jeune homme ne pouvait détacher ses yeux de l’embarcation. Jamais il n’aurait pensé à aller la chercher sous l’eau. Regulus prit une inspiration pour se redonner du courage et esquissa un mouvement pour monter dans le bateau.

- Le Maître doit faire attention ! s’exclama Kreacher en se précipitant sur le sorcier. Le Maître ne doit pas toucher l’eau, Monsieur. Le Maître ne devrait pas monter dans le bateau ! S’il vous plait, Maître, rentrons !

De grosses larmes roulaient sur les joues grises de l’elfe, qui crispait ses doigts autour du bras de son maître dans une tentative désespérée de lui faire rebrousser chemin. Regulus sentit son cœur manquer un battement. La détresse de son elfe le touchait profondément. Ne voulant pas affronter cette supplication, Regulus détourna la tête et porta son regard vers le lac. Il était si proche du but, il ne pouvait renoncer maintenant, même si tout en lui lui criait de partir au plus vite, de sauver sa vie. De faire demi-tour avant qu’il ne soit trop tard.

Mais il était déjà trop tard. Il avait découvert le secret du Seigneur des Ténèbres, il avait trouvé sa caverne et il s’apprêtait à mettre la main sur l’Horcruxe. Même s’il l’avait voulu, il lui était impossible de faire machine arrière. S’il y avait une chose que Regulus avait apprise, c’était qu’on ne pouvait démissionner de chez les Mangemorts. Il était jeune et il avait commis une erreur de jugement. Cette erreur, il savait déjà depuis longtemps qu’il la paierait de sa vie. D’une manière ou d’une autre, il ne pourrait y échapper. Soit il mourrait dans cette caverne en offrant un peu d’espoir à ceux qui se dresseraient contre le Seigneur des Ténèbres, soit il mourrait sous la torture que son ancien Maître lui infligerait lorsqu’il découvrirait sa traîtrise. Et cette perspective, Regulus ne voulait pas même y songer. Il avait vu ce que la folie de ce sorcier pouvait faire, et pour rien au monde il n’aurait souhaité subir son courroux.

Plus que jamais, le jeune homme se sentait lâche. Il préférait mourir en solitaire plutôt que de se dresser pour défendre ses convictions et en assumer les conséquences. Il n’était pas comme ces gens qui se sacrifiaient pour défendre les êtres qui leur étaient chers, il n’était pas de ceux qui trouvaient le courage de se battre pour leurs idéaux jusqu’à la mort. Il n’était pas comme Sirius. Regulus marqua un temps d’arrêt. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas songé à son frère. Qu’allait-il advenir de lui ? Que lui arriverait-il dans cette lutte dans laquelle il s’était engagé et où il ne pouvait sortir vainqueur ? Face au Seigneur des Ténèbres, seule la mort l’attendait.

Sirius… Comme il regrettait à présent de ne pas l’avoir écouté ! Comme il regrettait de lui avoir tourné le dos ! A une époque, son frère avait représenté tellement pour lui. Le voir partir avait été une déchirure. Et lorsqu’il avait regardé sa mère brûler son nom sur l’arbre généalogique, Regulus avait senti une part de lui-même brûler avec, remplacée plus tard par la colère de se sentir abandonné. S’il avait écouté ses mises en garde contre les Mangemorts, les choses auraient-elles été différentes ? Peut-être n’aurait-il pas rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres, peut-être se serait-il contenté de regarder les choses de loin. Mais Sirius, lui, se serait battu quand même, Regulus en avait l’intime conviction. Son frère était un téméraire idéaliste.

Et s’il avait eu raison sur le Seigneur des Ténèbres, cela n’en rendait ses idéaux pas moins absurdes. Les nés-moldus et les sorciers ne pourraient jamais être sur le même pied d’égalité. Leur nature était, par définition, différente. Et surtout, Regulus n’admettaient pas que les sorciers vivent cachés. Il ne comprenait pas comment le monde sorcier en était arrivé là, et encore moins que l’on s’en contentât joyeusement. Les défenseurs de ce mode de vie avaient beau invoquer les traques passées, la peur des moldus face à la magie, jamais Regulus n’accepterait ces arguments. Cette terre était aussi la leur, pourquoi devoir se cacher comme des rebus de l’humanité, alors que les sorciers maîtrisaient le plus beau cadeau de la nature, la magie ? Alors que ce savoir devrait inspirer le respect ? Ce n’était pas juste. Entre les moldus et les sorciers, la place des sorciers devraient être en haut de la pyramide et non l’inverse.

C’était pour ces convictions-là que Regulus s’était rallié au Seigneur des Ténèbres et à ses promesses de révéler l’existence des sorciers au moldus, et d’enfin reprendre la place qui leur était due dans ce monde. C’était parce qu’il pensait sincèrement que la connaissance des sorciers auraient dû faire d’eux non pas des dieux, mais des supérieurs. Comme Regulus admirait les gens de talent, les moldus auraient dû admirer les pouvoirs que savaient maîtriser les sorciers et qui leur étaient inconnus. C’était une logique qui, pour lui, n’impliquait pas forcément l’idée de domination ou de crainte. C’était une simple évidence.

Au début, il avait pensé que l’extrémisme des Mangemorts n’était qu’un excès de zèle dans cette volonté de rétablir enfin l’ordre des choses. Mais très vite, alors qu’il accompagnait les Mangemorts dans leurs missions, il était tombé de haut. Ces meurtres, cette sauvagerie. Tout cela n’avait aucun sens. Ce n’était pas ce qu’il voulait, ce n’était pas comme cela qu’il avait imaginé la réapparition des sorciers. Etre supérieur n’impliquait pas pour lui la domination dans l’horreur et la violence. Le carnage dont se repaissait chaque jour le Seigneur des Ténèbres, ce n’était pas ce qu’il désirait. Le Seigneur Noir recherchait le pouvoir et le sang, Regulus souhaitait la justice et la liberté de mouvement. Les moldus étaient certes inférieurs aux sorciers, mais cela ne justifiait pas leur éradication. Ce génocide de masse n’avait aucun sens. Regulus voulait changer le monde, pas le détruire.

Fort de son pouvoir, le Seigneur des Ténèbres avait l’habitude de se vanter d’être indestructible, et Regulus s’était demandé comment il pouvait en être si sûr. Il voulait trouver un moyen d’arrêter ces massacres, cette folie à laquelle se ralliaient de plus en plus de sorciers. Et puis un jour, le Seigneur des Ténèbres avait ordonné à Regulus de lui prêter son elfe. Le jeune homme le connaissait déjà assez pour savoir que la vie d’un elfe ne comptait pas plus à ses yeux que celle d’un moldu. Dans la crainte de ne jamais revoir Kreacher et avec l’envie de savoir pourquoi le Seigneur des Ténèbres avait besoin d’un elfe de maison, lui qui les méprisait tant, Regulus avait pris soin d’ordonner à Kreacher de revenir une fois que le Seigneur des Ténèbres n’aurait plus eu besoin de lui.

Et l’elfe était revenu. Regulus avait retrouvé un être affaibli, terrifié et assoiffé. Lorsque Kreacher lui eut raconté tout ce qu’il s’était passé dans la caverne et ce, dans les moindres détails, le jeune homme avait déjà une piste vers laquelle creuser. Le Seigneur des Ténèbres, pensant que l’elfe n’en ressortirait pas vivant, avait laissé échapper des indices précieux pour les recherches de Regulus. Quelques semaines plus tard, il trouvait dans un vieux livre poussiéreux appartenant à la famille Black depuis des générations, un mot qui lui donna des frissons. Le Seigneur des Ténèbres avait caché une partie de son âme dans un objet, le protégeant ainsi de la mort. Aucun doute n’avait subsisté pour Regulus : ce qu’il était allé cacher dans la caverne était un Horcruxe, et Kreacher lui avait servi de cobaye pour les défenses qu’il avait mises en place pour protéger l’objet.

L’horreur de cette découverte avait plongé Regulus dans un état d’affolement. Cette information en mains, il ne pouvait tout simplement pas fermer les yeux. Il ne pouvait pas laisser immortel un être qui n’avait aucune limite dans la cruauté. Il devait détruire l’Horcruxe.

- Maître, je vous en prie, Maître, geignit la voix lointaine de Kreacher.

Regulus détourna le regard de la masse sombre du lac et planta ses yeux dans ceux, suppliants, de son elfe de maison. Son cœur se serra douloureusement.

- Je n’ai pas le choix, murmura-t-il d’une voix pâle.

Kreacher ne comprenait pas. Comment aurait-il pu ? se demanda Regulus. Tout cela le dépassait lui-même. Un Serpentard tel que lui, attaché aux valeurs du Sang-Pur, comment en était-il arrivé là ? Il revoyait encore l’air fier et satisfait que sa mère avait arboré lorsqu’il lui avait montré le tatouage prouvant son appartenance aux Mangemorts. A ce souvenir, Regulus découvrit son bras gauche et s’abîma une dernière fois dans la contemplation de la Marque des Ténèbres, symbole de l’horreur et de l’erreur qui avait été la sienne.

La vue du tatouage et les souvenirs dont il était chargé rappela à Regulus la détermination qui l’avait amené dans cette caverne. Il rabattit sa manche d’un geste vif et monta dans l’embarcation en prenant soin de ne pas toucher l’eau, comme le lui avait conseillé son elfe. Il se demanda vaguement ce qui faisait si peur à Kreacher, caché sous la surface du lac, mais il préféra ignorer les questions qu’il se posait. Il avait le sentiment qu’il n’était pas très avisé d’être curieux, dans cette caverne. Une fois installé, il eut encore à ordonner à son elfe de maison de le rejoindre pour vaincre ses réticences. Il se détestait de devoir infliger cela à Kreacher, de le forcer à affronter une nouvelle fois l’obscurité de cet endroit, mais il ne pouvait faire autrement.

Lorsque le petit être fut monté dans le bateau, qui n’oscilla pas sous son poids, l’embarcation commença à se mouvoir d’elle-même et entama la lente traversée du lac. A chaque mètre parcouru, Regulus sentait son estomac se nouer un peu plus douloureusement. Lorsque Kreacher gémit en cachant ses yeux de ses mains, le jeune homme ne put s’empêcher de se demander ce qui avait causé cette réaction. Imperceptiblement, il se pencha vers l’eau noire. Pendant un moment, il ne vit rien. Soudain, il recula brutalement en laissant échapper un son étranglé sous l’effet de la surprise et surtout, de la peur, qui fit faire une brusque embardée à son cœur. La frêle embarcation oscilla dangereusement tandis que Regulus tentait de calmer sa respiration précipitée. Des cadavres, des cadavres pâles, fantomatiques, leurs yeux voilés grand ouverts, flottaient à quelques centimètres de la surface. Cette vision creusa une brèche en Regulus, une brèche qui permit à l’angoisse de s’insinuer en lui avec toute la force du désespoir. Il n’y avait plus de place pour les pressentiments. Regulus savait, maintenant.

Terrorisé, le jeune homme mit un certain temps avant de se rendre compte que la barque n’avançait plus. Il se retourna et découvrit enfin l’ile sinistre sur laquelle ils semblaient s’être échoués. Voulant mettre le plus de distance possible entre lui et les créatures qui étaient sous l’eau, Regulus sauta à terre et enjoignit Kreacher à le rejoindre. L’ile, faite de roche lisse n’était pas bien grande, mais elle offrait l’illusion d’un répit dans les tourments du jeune homme. Son soulagement fut de courte durée, cependant, car il ne pouvait plus ignorer à présent le bassin en pierre qui se trouvait à quelques pas devant lui, et qui émettait une lueur verte inquiétante. Après s’être armé d’une vaine respiration, Regulus s’approcha du bassin et découvrit le liquide vert qu’il contenait et qui était la source de cette lumière surnaturelle.

- Kreacher, souffla Regulus sans lâcher des yeux le bassin, est-ce là-dedans que le Seigneur des Ténèbres a placé le médaillon ?

- Oui, monsieur, hoqueta l’elfe entre ses pleurs. Et ensuite, le Seigneur des Ténèbres a rempli le bassin, Maître, et puis il a forcé Kreacher à boire la potion. C’était horrible, Maître ! horrible ! Kreacher suppliait pour qu’on l’achève et le Seigneur des Ténèbres riait. Et lorsque Kreacher a fini de boire, le Seigneur des Ténèbres a remis de la potion dans le bassin, et il est parti en laissant Kreacher tout seul dans cet horrible endroit. Maître, rentrons, rentrons ! Kreacher ne veut pas rester ici, rentrons s’il vous plait, Maître !

Tout au long du récit de l’elfe, les battements du cœur de Regulus n’avaient cessé de s’accélérer. Il ferma les yeux et déglutit douloureusement pour combattre la nausée qui l’envahissait. Sa main se crispa sur sa baguette et une unique larme, témoin de la terreur qui saisissait de toute part ce garçon qui était à peine sorti de l’enfance, roula sur sa joue avant de tomber au-dessus du bassin. Mais arrivée à quelques centimètres de la surface, elle s’écrasa dans le vide sans toucher le liquide vert, comme si pleurer sur ce qui l’attendait était refusé au jeune homme. Un ultime coup de couteau planté dans le cœur de l’humanité.

Regulus resta longuement immobile devant le bassin, incapable d’esquisser le moindre geste. Il laissa la peur, l’horreur, l’abomination pénétrer en lui avec toute leur force destructrice, il les autorisa à ravager l’infime espoir qui se tapissait encore quelque part, au fond de lui. L’espoir détruit, il ne lui restait plus rien. Plus rien à quoi se raccrocher, plus rien à regretter. S’enterrer soi-même et accepter. Accepter enfin. Accepter finalement. Il n’allait pas mourir. Il était déjà mort.

Lentement, il se retourna vers son elfe de maison, qui se cachait toujours la tête entre ses mains. Tout en lui n’était plus que détermination. Il avait eu tant de fois l’occasion de se retourner. Et pourtant, il ne l’avait pas fait. Il était parvenu jusqu’à cette caverne, il était parvenu jusqu’à cette ile, il était parvenu jusqu’à ces mots qu’il avait eu la hantise de prononcer :

- Kreacher, regarde-moi.

L’elfe écarta les doigts de ses mains et fixa ses larges prunelles dans celles de son maître. Regulus fouilla dans sa poche et en sortit un objet qui scintilla dans la lumière verte qui enveloppait l’ile.

- Lorsque le bassin sera vide, échange le médaillon qui repose au fond avec celui-ci, ordonna-t-il à Kreacher en lui agitant devant ses yeux le faux Horcruxe. Quand tu auras mis le faux médaillon dans le bassin, remplit-le à nouveau avec la même potion. Dès que ce sera fait, rentre tout de suite à la maison, ne m’attends pas. Tu as bien compris ? Rentre sans moi.

- Oui, Maître, répondit l’elfe d’une petite voix, ses yeux se remplissant d’effroi.

- Une fois à la maison, mets le vrai médaillon en sûreté. Je t’interdis de parler à Mère, à Père, aux Mangemorts ou au Seigneur des Ténèbres de cette caverne et du médaillon. S’ils te demandent où je suis, tu leur mentiras. Tu leur diras que tu ne sais pas où je suis allé. Ils ne doivent pas le savoir, sous aucun prétexte, tu as compris ?

- Oui, Maître, geignit l’elfe de maison, incapable de faire autrement.

- Tu ne diras rien à Sirius non plus, ajouta-t-il après un instant d’hésitation.

Regulus tendit le faux médaillon à Kreacher, qui le saisit d’une main tremblante, tandis qu’un sanglot lui secouait la gorge. En lui donnant ces ordres, son maître venait de lui faire comprendre ce qu’il avait refusé de croire : il ne ressortirait pas de cette caverne.

Regulus se redressa de toute sa hauteur en inspirant profondément. Il se retourna lentement vers le bassin en pierre et fixa la potion qu’il contenait.

- Kreacher, je vais maintenant te donner mon dernier ordre.

L’elfe laissa échapper un cri.

- Maître ! Non, Maître !

- Si je te donne des ordres à partir du moment où j’ai commencé à boire, tu les ignoreras. Quoi que je fasse, quoi que je dise, continue de me faire boire cette potion jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

- Maître, Kreacher vous supplie !

- Fais-moi boire tout le contenu de ce bassin jusqu’à la dernière goutte, ordonna Regulus d’une voix forte.

Avant que l’elfe n’ait pu émettre le moindre son, Regulus conjura une coupe en argent à l’aide de sa baguette et la remplit de potion. Ne se laissant pas le temps de réfléchir, il la porta à ses lèvres et en but le contenu d’un trait. Aussitôt, il s’effondra à terre dans une plainte à glacer le sang. Sa baguette roula sur le sol dans un chaos total tandis que Regulus criait de douleur et criait des paroles incohérentes.

Kreacher ne pouvait aller contre la volonté de son maître. Son esprit tentait en vain de lutter contre le serment magique qui le liait au jeune Black, faisant trembler son frêle petit corps. Mais inexorablement, il avançait vers le bassin en pierre. De grosses larmes dévalaient ses joues lorsqu’il s’empara de la coupe abandonnée aux pieds de son maître, qu’il l’abaissa à la rencontre du liquide vert et revint vers Regulus pour le forcer à boire. Le jeune homme, les yeux exorbités ingurgita le liquide malgré lui et se contorsionna à nouveau dans un cri de douleur.

- NON ! s’exclama Regulus. Pas eux ! Pas les enfants !

Les visions d’horreur se succédaient en lui. Ses pires craintes, ses plus sanglants souvenirs. Son corps tout entier était parcouru de spasmes violents. Il était au-delà de la douleur, au-delà de l’horreur. Et Kreacher, dévasté et incapable de mettre un terme aux souffrances de son maître continuait de porter la coupe à ses lèvres.

- Il est mon frère ! s’écria-t-il dans un hurlement déchirant.

Les yeux fous, l’elfe continuait de faire des allers-retours entre le bassin et Regulus. Il vivait la souffrance de son maître comme la sienne. Chacun de ses cris, chacune de ses suppliques, chacune de ses contorsions lui faisait subir le pire des tourments, le déchirait de toute part. Chaque gorgée faisait atteindre à son jeune maître un nouveau palier dans l’innommable.

- Tue-moi ! TUE-MOI !

Kreacher trébucha et vomit sur le sol inégal tandis que Regulus continuait de lui hurler de l’achever. L’elfe se releva, poussé par une force invisible contre laquelle il ne pouvait lutter et recueilli dans la coupe d’argent les dernières gouttes de la potion qu’il s’empressa d’administrer à son maître. Aussitôt, les cris se turent et Regulus roula sur le sol dans le silence perçant. Mais Kreacher ne pouvait aider son maître à se relever, il ne pouvait le ramener au manoir. Ses hoquets de pleurs se firent déchirants, lorsqu’il s’empara du médaillon qui gisait au fond du bassin. Il le remplaça par le faux Horcruxe et remplit à nouveau le bassin de potion. La pensée qu’en faisant cela, un autre être affronterait les mêmes souffrances que son maître ne l’effleura pas un instant. Seule l’horreur que venait de subir le jeune Black emplissait son esprit. L’elfe jeta un dernier regard à ce maître qu’il aimait tant.

Regulus entendit un « crac » sonore et ouvrit les yeux. Tout était noir autour de lui, il ne voyait plus rien. Il était dévasté, épuisé, exsangue. Et il avait soif, tellement soif. Si soif… Il savait qu’il y avait de l’eau, beaucoup d’eau, tout près de lui. Il la sentait, la désirait ardemment. Dans l’obscurité totale, il tâtonna la roche qui l’entourait et rassembla les maigres forces qui lui restaient. Il se traîna sur le sol, il rampa. Lorsqu’il toucha l’eau du bout des doigts, il se souleva sur ses mains dans un dernier sursaut d’énergie et s’avança jusqu’à ce que sa bouche entre en contact avec la surface du lac. Il but l’eau à pleines gorgées et le liquide le ranima assez pour qu’il prenne conscience de l’intense soulagement que celui lui procura, des bruits de violentes éclaboussures qui le cernèrent soudainement et de la main froide et poisseuse qui s’abattit sur son bras.

Une dernière fois, il eut peur, une dernière fois, il espéra. Et il fut entraîné dans les abysses.
Note de fin de chapitre :

Voilà ^^

Bon, je l'avoue le "non, pas les enfants", je trouve ça ridicule -_-

Sinon, dans le canon Kreacher voit Reg s'enfoncer dans l'eau, donc une petite différence ici.
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