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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


A Day In The Life par Mak

[56 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

B'jour ! Voilà un p'tit OS écrit une nuit entre minuit et deux heures du matin… Une idée toute bête qui ne me lâchait pas depuis que je l'avais imaginée. Il fallait que je l'écrive, cet OS.
Je mets le disclaimer à la fin pour ne pas casser le suspense.
Bonne lecture !

EDIT : Je suis vraiment super débile… Une occasion en or de vous faire partager des titres des Beatles sans avoir l’air d’une malade et je n’y ai même pas pensé… Bref. Les titres, je les ai changés pour des titres (ou fragments) de chansons de – devinez quel groupe. Je mettrai l’explication à la fin de chaque chapitre !
« Bonjour, sorciers d’Angleterre ! Il est huit heures du matin et vous commencez la journée avec la Radio Indépendante à Transmission Magique ! Tout de suite, les nouvelles avec Sally Edison et Thésée Dutoc, puis la revue de presse avec Frédéric Momsen. Bonjour Sally, bonjour Thésée ! »

- La ferme… marmonnai-je en tendant le bras hors de mon lit.

Comme je gardais les yeux fermés, je mis cinq minutes à appuyer sur le bouton pour faire taire le grésillement de la radio. Je poussai un long soupir quand le silence régna à nouveau dans la maison, et profitai tranquillement du reste de sommeil dans lequel tout mon esprit était encore plongé.

Je rouvris brusquement les yeux, poussai un juron et tombai de mon lit dans ma précipitation. Je perdis quelques précieuses secondes à m’extirper de mes draps, puis, tout en jurant, je courus à sa salle de bain, m’arrêtai à mi-chemin en m’écriant « J’aurai jamais le temps ! » puis courus jusqu’à la cuisine, attrapai une pomme et sortis de chez moi en un coup de vent.

Je revins tout aussi vite pour prendre ma baguette avec moi, puis repartis.

Un instant plus tard, la porte se rouvrait à nouveau sur moi. J’avais oublié mn sac. Je claquai à nouveau la porte derrière moi…

…pour la rouvrir. Parce que j’avais oublié de m’habiller.

J’enfilai les premiers vêtements qui me tombaient sous la main, et ressortis de chez moi, à peu près certaine d’avoir encore oublié une demi-douzaine de choses essentielles.

Nous étions le 15 mai 1967 et moi, Poppy Pomfresh, 23 ans, passais l’examen de ma vie ce jour-même.

Je dévalai les escaliers de l’immeuble, réveillant sans doute au passage tous mes voisins. Je mordis dans ma pomme tout en essayant de me remémorer l’un de mes cours d’anatomie, pour réviser. Arrivée dans la rue, je tirai un papier de ma poche, où se trouvaient l’adresse où je devais me rendre et l’heure. L’examen commençait à neuf heures trente, je devais donc y être à huit heures quarante – il était huit heures quinze – et c’était au Nord-Ouest de Londres, dans un quartier que je connaissais bien. Comme ce n’était pas très loin du Chaudron Baveur, je transplanai là-bas, puis sortis côté moldu. Je jetai un œil à ma tenue – une robe bleue aux manches mi-longues et des bottines noires : cela ferait l’affaire pour ne pas attirer l’attention des Moldus – puis je fourrai sans discrétion mon chapeau de sorcière dans mon sac à main et courus pendant cinq bonnes minutes, slalomant entre les Moldus pressés, et traversant comme une sauvage. Pour ma défense, je n’avais jamais compris le concept des feux pour les piétons.

J’arrivai finalement à Cavendish Avenue, regardai ma montre, et jurai à nouveau. 8h27. Je courus le long de la rue, et traversai sans regarder la route pour dépasser un groupe de jeunes filles.

C’est là que je me fis renverser par une voiture.

OoOoO


« Bonjour à tous ! Il est neuf heures et vous écoutez BBC Londres ! Tout de suite, les nouvelles… »

- La ferme, marmonnai-je en tendant le bras hors du lit.

Je tapotai contre une table de chevet en cherchant mollement à éteindre la radio. Puis je réalisai que la table était anormalement encombrée. Il y avait là deux livres… une petite boîte contenant vraisemblablement des pilules… un cendrier…

Un cendrier ? Depuis quand je fumais, moi ?

C’est alors que quelque chose me frappa. « Vous écoutez BBC Londres ! »

Je me rappelai brusquement de tout : mon retard ce matin, ma course à travers la ville moldue, et enfin la voiture qui m’avait frappée…

Conclusion : j’étais chez les moldus. Point positif : j’étais en vie. Point négatif : il était neuf heures et j’allais être en retard à mon examen si je restais plus longtemps !

Je me redressai sur le lit et fis fonctionner mes articulations. « Rien de cassé, tant mieux », pensai-je. « Hier, j’ai mangé des spaghetti… C’est bon, ma mémoire marche. Maintenant, plus qu’à sortir d’ici et à aller à mon centre d’examen. Ils devraient pouvoir me prendre même si je suis un peu en retard. Et en sortant, on pourra toujours me soigner s’il y a un problème. »

Je me levai, fis quelques pas dans le noir. Tout allait bien. Avec l’aide de la lumière qui filtrait de sous une porte, je trouvai mon sac posé dans un coin de la pièce. J’en vérifiai le contenu : ma baguette était toujours à l’intérieur.

« Tout est parfait. Plus qu’à filer d’ici… En une demi-heure, je devrais pouvoir atteindre le centre d’examen sans être en retard… »

La porte s’ouvrit.

Par pur réflexe – réflexe complètement idiot, je vous le concède – je me mis à hurler. L’homme qui avait ouvert la porte se mit à hurler aussi – par réflexe ? Nous restâmes à hurler, face à face, pendant dix bonnes secondes, puis je me dis qu’il pourrait être intelligent d’arrêter de hurler et de passer à autre chose vu que j’étais déjà assez en retard comme ça.

- Désolée, monsieur, dis-je. Je peux sortir ? Je suis pressée.

- Je ne crois pas, non, répondit-il. Je vous ai renversée en voiture, je me sens responsable. Comment vous sentez-vous ?

- Vous êtes bien gentil, je me sens parfaitement bien, je pense que je peux y aller maintenant, répliquai-je en essayant de sortir.

- C’est ce qu’on dit, fit-il en se mettant en travers de mon chemin.

- Laissez-moi rectifier : vous êtes bien gentil mais je suis infirmière. Je me sens bien, et suis plus à même que vous de savoir si je vais bien ou pas. A moins que vous n’exerciez dans la médecine ?

Il fit un pauvre sourire :

- Euh… ma mère était infirmière ?

Je lui lançai un regard glacé qui n’eut pas l’air de l’affecter. Je n’avais pas du tout envie de rire. D’une, j’étais avec un moldu. N’allez pas croire que j’étais anti-moldu. Les moldus sont certainement des hommes comme des autres. Mais en l’occurrence, on ne peut pas leur parler de notre monde, et il faut avouer que c’est plutôt handicapant dans une conversation.

Et de deux, si je ne me dépêchais pas, j’allais être EN RETARD POUR MON EXAMEN ! L’un des examens les plus importants de ma vie !

Je fis un pas sur le côté pour essayer de le contourner, mais il fit un pas sur le côté lui aussi. Son sourire s’agrandit alors que mon regard se faisait plus meurtrier. Parce qu’il était en contre-jour, je ne pouvais voir que ce sourire irritant, et cela m’énervait encore plus.

- Dites, je ne sais pas si vous me voyez clairement ou pas, mais là, je suis en train de vous assassiner du regard. Si vous continuez comme ça je vais finir par vous assassiner tout court.

Il éclata de rire. La baguette me démangeait. Stupide secret magique !

- Vous êtes une marrante, vous, dit-il en rigolant. Vous voulez prendre votre petit-déjeuner avec moi ?

« J’ai une tête à prendre les petits-déjeuners avec les inconnus, espèce d’imbécile ? »

D’un autre côté c’était ma seule chance de sortir de la chambre sans lui lancer un Avada Kedavra, ce qui était préférable vu le métier que je comptais exercer.

- Pourquoi pas, mais très vite, je suis vraiment pressée.

- Vous pouvez laisser votre sac dans la chambre, vous remonterez le chercher après, me proposa-t-il.

- Non, aboyai-je. Je le garde.

J’avais l’intention de sortir de cette maison dès que possible. Je n’allais pas abandonner mon sac.

Nous descendîmes des escaliers qui débouchaient sur un salon très encombré. Je n’y fis même pas attention, cherchant des yeux une sortie. Tandis que l’homme qui m’avait récupérée prenait la direction de la cuisine, je me dirigeai vers la porte d’entrée. Je posai la main sur la poignée dessus.

- Loupé, chérie. Ca, c’est la sortie.

Je fis volte-face. L’homme, qui avait à peu près mon âge, était adossé au mur, bras croisé, avec son sourire insupportable sur les lèvres. Il se passa une main dans ses cheveux noirs et courts – « drôle de coupe de cheveux », songeai-je – alors que ses yeux marron rieurs continuaient de me fixer.

- Pourquoi dites-vous « loupé » ? répliquai-je en abaissant la poignée.

J’avais l’intention de faire une sortie très théâtrale. Malheureusement, la porte était fermée. Et au lieu de le laisser comme deux ronds de flanc dans son salon, je me retrouvai à m’acharner sur la poignée pendant dix bonnes secondes. Jusqu’à ce qu’elle me reste dans la main.

Juron.

- Vous… ne me reconnaissez pas ?

Je me retournai, la main dans le dos, devant la porte. Pas la peine qu’il sache que j’avais fichu en l’air sa porte d’entrée. Comment allais-je sortir ?

- Si, bien sûr, vous êtes ministre, répondis-je sans réfléchir en regardant dans le salon, repérant une fenêtre ouverte donnant sur un jardin.

Il éclata à nouveau de rire, et j’en profitai pour courir jusqu’à la fenêtre.

- Hé, une minute ! Revenez !

Je jetai un coup d’œil en arrière : l’homme me courait après. Je me pris les pieds dans un meuble et tombai par terre en criant. Il me tomba dessus à son tour. J’essayai de m’extirper de sa prise, en vain.

- Dégagez, vous allez m’étouffer !

- Charmant, commenta-t-il en s’asseyant sur mon dos.

- Vous êtes lourd !

- Si je me lève, vous allez vous enfuir. J’ai juste ?

Je l’injuriai.

- Je suppose que c’est un oui. Comment vous appelez-vous ?

- Vous pensez que j’ai que ça à faire ? Laissez-moi partir, je ne vous ai rien fait !

Je commençai à avoir peur. Qu’avait cet homme ? Voulait-il m’attaquer ? Me tuer ? Me violer ? J’avais la baguette dans la main, heureusement. Mais je ne voulais pas le combattre avant d’être sûre de ses intentions.

- Moi, c’est Paul, dit-il. Paul McCartney.

- Mais j’en ai rien à foutre, laissez-moi partir ! Vous savez que vous avez l’air d’un obsédé sexuel, là ?

- C’est la première fois qu’on me le dit, fit-il d’un air étonné. Vous ne savez vraiment pas qui je suis ?

- Bah si, Paul McMachin. Vous venez de le dire. Vous allez partir, maintenant ? Je suis vraiment, vraiment pressée. J’ai un examen et…

- Vous n’avez jamais entendu parler de moi ?

- Non ! Vous allez me laisser partir, nom d’un hippogriffe ?

- Nom d’un quoi ?

- Laissez tomber. Ecoutez-moi bien, monsieur. Si à trois vous n’êtes pas parti, je vous assomme.

Tant pis, j’allais utiliser ma baguette. Je risquai une grosse amende, mais je n’avais plus le choix.

- Vous croyez être en position de m’assommer ? rigola-t-il.

- Parfaitement. Une… deux…

Il ne s’en allait toujours pas, riant de plus en plus fort.

- Deux et demi… deux trois quart… Je suis sérieuse, arrêtez de rire !

Il continuait de rire.

- Trois ! Tant pis pour vous. Lashlabask !

M. McTruc fut propulsé en arrière et je me relevai en quatrième vitesse. Je redescendis ma robe et jetai un regard en arrière. Il se tenait douloureusement l’arrière du crâne ; il s’était cogné contre une table. Des larmes perlaient à ses yeux. Il avait l’air d’un petit garçon blessé, et je fus prise de pitié. Je m’approchai de lui.

- Je suis désolée, je ne voulais pas faire ça, vous m’y avez forcée, lui dis-je doucement. Enlevez vos mains, je vais vous soigner.

Je retirai délicatement ses mains et passai la mienne sur son crâne. Sous ses cheveux, je sentis une petite bosse. Je regardai mes doigts : il y avait du sang dessus.

Applaudissez Poppy Pomfresh, l’infirmière qui attaque ses patients avant de les soigner.

Je posai la pointe de ma baguette sur son crâne :

- Episkey !

Après tout, je lui avais déjà lancé un sort, je pouvais bien lui en lancer un autre. Je préviendrais des Oubliators plus tard pour qu’ils passent chez cet homme.

La bosse diminua légèrement de taille et l’écoulement de sang se tarit. Satisfaite, je me relevai. Il m’attrapa la main, et je baissai les yeux sur lui. Il me dévisageait, l’air stupéfait.

- Comment… comment vous…

- Compliqué, le coupai-je. Maintenant, vous allez être un gentil garçon et vous allez m’indiquer une autre porte de sortie.

- Une autre… hein ?

Je lui fis un grand sourire et lui montrai la poignée de porte cassée que je tenais toujours dans ma main.

- Ah, dit-il finalement. Une autre porte de sortie. Je n’en ai pas.

- Génial, soupirai-je.

- Vous êtes une sorcière ?

- Hein ? Non, balbutiai-je, qu’est-ce qui vous fait dire ça, non, pas du tout, les sorcières ça n’existe pas…

- C’est un chapeau de sorcière qui dépasse de votre sac ?

J’appuyai machinalement sur le rebord de mon chapeau pour qu’il rentre dans mon sac.

- Et votre bout de bois, là. C’est une baguette ? demanda-t-il en se redressant.

- Non…

- C’est quoi, alors ?

- Un bout de bois.

- Et pourquoi avez-vous un bout de bois dans la main ?

Croyez-le ou non, sur le coup, je ne trouvai aucune excuse valable pour expliquer la présence d’un bout de bois dans ma main.

- Vous êtes une sorcière, dit-il d’une voix tremblante. Vous êtes une sorcière ! Vous êtes une…

- Petrificus Totalus !

Il tomba à terre, l’air encore plus terrorisé. Je m’approchai de son visage. Il était tellement paniqué que cela me donna envie d’imiter un rire de méchante sorcière, rien que pour lui faire un peu plus peur. Cependant, je décidai de jouer les gentilles infirmières à la place :

- Oui, je suis une sorcière et je dois passer un examen pour devenir infirmière dans très peu de temps maintenant. Alors voilà ce qu’il va se passer. Je vais lever le sort que je vous ai lancé. Puis je vais sortir d’ici. Vous, vous allez rester tranquille.

D’un coup de baguette, je lui rendis sa liberté de mouvement. Cependant, il ne bougea pas d’un poil.

- Et dans la journée d’autres sorciers viendront vous rendre visite pour…

- Pour me tuer ? couina-t-il.

Je levai les yeux au ciel.

- Non, pour nourrir leurs dragons.

- Oh mon dieu ! gémit-il d’une voix suraigüe.

Pour le coup, c’est moi qui éclatai de rire. L’accumulation du stress d’arriver en retard ajoutée à la réaction ridicule de cet homme, je suppose. Lui me regardait toujours avec ses grands yeux marron paniqués, et cela me faisait encore plus rigoler. Et quand je me rendis compte que mon rire l’effrayait, je repartis dans une crise de fou rire encore plus grande.

- Mais non ! finis-je par m’exclamer quand je réussis enfin à me calmer. Ils viendront pour vous faire oublier l’existence des sorciers. Il ne faut pas que les mol – les gens sans magie apprennent notre existence. Ne vous inquiétez pas, personne n’a l’intention de vous tuer.

Je me dirigeai vers la porte d’entrée et me souvins qu’il n’y avait plus de poignée.

- Ah, au fait, je sors par où ?

- Ca va être compliqué, dit l’autre. Même si vous pouviez sortir par la porte, cela poserait problème. Vous êtes vraiment une sorcière, alors ?

- Pourquoi cela poserait-il problème ? demandai-je en ignorant sa question.

- A cause des filles devant le portail, répondit-il naturellement.

- Ah oui, je les ai vues tout à l’heure, c’est à cause d’elles que je me suis fait renverser, marmonnai-je. Pourquoi sont-elles là, d’ailleurs ?

Je me tournai vers lui. Il fronça les sourcils en me fixant, puis son regard s’éclaira.

- Ah, mais bien sûr ! Comme vous êtes une sorcière, vous ne connaissez pas les Scarabées !

- Me prenez pas pour une imbécile non plus, je sais ce qu’est un scarabée, grognai-je. Et je ne vois pas le rapport.

- Mais non, pas « scarabées », « Beatles » ! B-E-A-T-L-E-S. C’est mon groupe de musique. Vous connaissez la musique, hein ?

- Au risque de me répéter, ne me prenez pas pour une imbécile, je sais ce que c’est que la musique. Mais je n’ai en revanche jamais entendu parler des Beatles. De toute façon, quel est le rapport avec la présence des filles devant chez vous ?

- Ce sont des fans.

- Vous voulez dire qu’elles attendent de vous voir ?

- Exactement.

« J’échange de place avec l’une d’entre elles quand elles veulent. »

- Ecoutez, il faut vraiment que je passe mon examen, moi. Je dois sortir d’ici. Et je ne peux pas transplaner, je ne suis jamais allée là-bas.

- Vous ne pouvez pas… quoi ?

- Oubliez.

- Je peux vous accompagner en voiture. C’est la seule solution. Si vous sortez toute seule, vous allez vous faire étriper par les filles. La voiture vous protégerait.

Passer une minute de plus avec ce malade mental ? Et dans une voiture, en plus ? Cet engin de l’enfer en métal qui faisait plein de fumée ?

- Pourquoi pas, ce sera une expérience intéressante, m’entendis-je dire.

Je ne sais pas qui avait parlé en moi. Peut-être mon côté casse-cou de Gryffondor.

Sauf que moi, j’étais une Poufsouffle.

Je crois qu’on appelle ça de la schyzophrénie.

OoOoO


- Donc, comment m’as-tu dit que tu t’appelais, déjà ?

- Je ne vous ai pas dit mon nom. Et je ne me souviens pas vous avoir autorisé à me tutoyer. Où suis-je sensée m’asseoir ?

- Tu n’es jamais rentrée dans une voiture ou quoi ?

- Et vous, vous êtes déjà monté sur un balai ? Non ! Alors, je m’assois où ?

- Euh… à gauche. Où dois-je te déposer ?

Je lui tendis mon papier en ouvrant la portière (du premier coup !). Je m’assis sur le siège en cuir et lui s’assit à ma droite. Curieuse, j’observai l’intérieur de l’engin. Il y avait une espèce de gros cercle pivotant devant lui, et une manette qui montait du sol entre nos deux sièges.

- Hé bah c’est pas la porte à côté, commenta l’homme – comment s’appelait-il, déjà ? John ?. Tu dois y être à 9h30. C’est grave si tu arrives en retard ?

- Oui c’est grave. Et j’aimerais bien que vous arrêtiez de me tutoyer. Je ne vous connais pas.

- Mais si, enfin, je t’ai dit comment je m’appelais tout à l’heure.

- George, c’est ça ?

- Loupé.

- Bon, vous démarrez votre machine, oui ou m-AAAAH ! C’était quoi ça ?

- Ca, c’était juste le démarrage, dit-il, écroulé de rire. Attachez-vous.

M’attacher ?

- Avec la ceinture, continua-t-il, son sourire grandissant.

- Je suis en robe, lui rappelai-je.

- Et alors ?

- Et alors je ne porte pas de ceinture.

Cinq minutes plus tard, nous étions partis. Il avait encore les larmes aux yeux.

- Oh, ça va, grognai-je.

Il se mordit la lèvre pour ne pas rire et tourna l’objet circulaire et pivotant placé devant lui.

Tout se mit à tourner. Je fermai les yeux et essayai de ne pas vomir, tout en m’accrochant au siège. Je sentis la voiture s’arrêter, et j’ouvris les yeux. Nous étions encore dans l’allée où se trouvait la voiture, et il me regardait d’un air inquiet.

- Ca va ? me demanda-t-il. Tu es toute pâle.

- Arrêtez de me tutoyer, vous ne savez même pas comment je m’appelle.

- Tu t’appelles Poppy Pomfresh, je viens de le lire sur le papier que tu m’as donné. Alors, tu te sens bien ?

- Ca … a tourné… quand vous avez tourné le… machin.

Il eut l’air étonné.

- Oui… c’est normal… C’est ce qui se passe quand on tourne le volant… Tu es sûre que ce n’est pas une séquelle de ton accident de tout à l’heure ?

- Non, dis-je un peu plus fermement. Alors ce machin, ça s’appelle un volant ? Et comment ça marche ?

Il l’utilisa à nouveau pour faire tourner la voiture vers la gauche en sortant de l’allée. Les hurlements hystériques des filles devant sa porte d’entrée nous poursuivirent un moment.

- Elles sont complètement folles, murmurai-je pour moi-même.

- Folles de Paul McCartney, compléta-t-il.

- C’est pas comme ça que vous vous appelez ?

- Si.

- Vous avez l’habitude de parler de vous à la troisième personne ? Remarquez, vu la grosse tête que vous devez avoir, ça ne m’étonne qu’à moitié.

- Si c’est pour être agréable comme ça, tu peux te brosser pour que je t’accompagne jusque là-bas, répliqua-t-il.

- Je ne dis que la vérité. Si des dizaines de garçons bien habillés attendaient devant ma porte tous les jours dans le simple espoir de me voir, j’aurais aussi la grosse tête.

- Ah, dit-il en souriant.

- … mais je ne parlerais pas de moi à la troisième personne.

- Comment c’est, le monde magique ? m’interrompit-il en ignorant délibérément ma remarque.

- Euh… bien ?

- Mais encore ?

- Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Et comment c’est, le monde moldu ?

- Pardon ?

- Laissez tombez…

- Ca existe vraiment, les balais volants, les dragons et les potions ?

- Bien sûr. Il y a des sports qui se jouent sur balai volant. Il y a des centres d’élevages de dragons un peu partout dans le monde. Et les Potions sont une matière que les élèves suivent à Poudlard, l’école de sorcellerie.

- Il y a une école de sorcellerie ?

- Bien sûr, où les petits sorciers apprendraient-ils à maîtriser la magie, sinon ? Et vous, le monde sans magie, c’est comment ?

- T’es sérieuse ? Tu ne sais pas comment c’est, un monde sans magie ?

- Mais vous allez arrêtez de me tutoyer, oui ?

- Non. Tu sais quoi, ça me plairait bien de sortir avec une sorcière comme toi.

Il me lança un regard en coin assorti d’un sourire charmeur qui me laissa de glace. Je plissai les yeux.

- Ca c’est marrant. Moi, ça ne me plairait pas du tout de sortir avec un moldu comme vous.

- Ca veut dire quoi, ça ?

- Ca, ça veut dire que vous venez de vous prendre un râteau.

- Mais non, pas ça… « Moldu », ça veut dire quoi ?

- Un moldu, c’est une personne sans pouvoir magique. Vous avez terminé, avec vos questions ?

- Non ! répondit-il avec un grand sourire de petit garçon.

Il donna un coup de volant sur la gauche et je me cramponnai à mon siège.

- T’as vraiment la trouille quand je tourne le volant, hein ?

Et ça l’amusait, en plus. Quel gamin.

- Un peu, admis-je. On va encore beaucoup tourner comme ça ?

- Y a pas le choix, la route n’est pas toute droite. Et quand je vais vite, ça te fait peur aussi ?

La voiture alla soudain beaucoup plus vite. Cela ne me fit ni chaud ni froid.

- Non. J’ai déjà été lancée à plus de 150 kilomètres à l’heure sur un balai pour rattraper un joueur blessé.

- Woah ! T’es déjà montée sur un balai ?

- Soyez gentil, regardez la route.

- Est-ce que je pourrai monter sur un balai, moi aussi, un jour ?

- Bien sûr, lui dis-je. Mais ce sera le vôtre. Un balai qui ne vole pas.

Il eut l’air très déçu.

- Ne me regardez pas comme ça, regardez la route. Je vous ai dit tout à l’heure qu’on viendrait vous voir pour effacer tous vos souvenirs du monde magique.

- Même si je te jure que je ne dirai rien ?

- Ne le prenez pas trop mal mais je ne vous fais pas confiance. Et je n’ai pas l’intention de vous revoir un jour.

- Tu me détestes à ce point ? s’écria-t-il, un peu blessé.

- Regardez la route ! Ce n’est pas que je vous déteste, mais je suis une sorcière, vous êtes un moldu, et même si je n’ai rien contre les moldus je préfère la communauté sorcière. C’est tout !

- Et si j’apprenais à devenir sorcier ?

J’éclatai de rire.

- Quoi ? fit-il en tournant à nouveau la tête vers moi, étonné, et peut-être un peu énervé de ne pas comprendre.

- Regardez la route, bon sang ! On ne devient pas sorcier comme ça. Ca ne s’apprend pas. On naît sorcier.

- Oh, soupira-t-il, manifestement déçu.

Il y eut une pause.

- Tu sais faire d’autres tours de magie ?

- On appelle ça des sortilèges, rétorquai-je sèchement. Oui.

- Tu peux en faire un ?

« Bonne idée, je vais lui lancer un Silencio ».

- Non.

- Un petit tour juste pour moi ?

- Encore moins si c’est « juste pour vous ». De toute façon on pourrait me voir et je tiens à éviter à ce que la moitié des Londoniens moldus apprennent l’existence de la magie. Un seul, c’est bien suffisant pour l’instant. Pourquoi sommes-nous à l’arrêt ?

- Parce qu’il y a un feu rouge.

- Et pourquoi venez-vous de redémarrer ?

- Parce que le feu est passé au vert.

Je notai ces précieuses informations dans un coin de ma tête. Dorénavant, je saurais comment traverser sans risquer ma vie.

- On est bientôt arrivé ?

- Dans dix minutes.

Je regardai ma montre. Neuf heures vingt-cinq. Mon examen commençait dans cinq minutes.

- Vous ne pourriez pas accélérer un peu ?

- Non, il y a une limitation de vitesse en ville. Si je la dépasse, j’aurai une contravention.

- Mon examen est vraiment urgent.

- La contravention est vraiment chère.

Je lui lançai un regard noir et jetai un œil à ses pieds. Il y avait trois pédales par terre. L’une d’entre elles, reléguée sur le côté, semblait ne servir que rarement. Paul n’utilisait celle d’à côté que pour ralentir ou s’arrêter. La troisième, enfin, semblait concorder avec chaque accélération de la voiture.

D’habitude, je suis une fille sérieuse. Je vous le jure. Quand j’étais à Poudlard, je ne suis pas sortie une seule fois de mon dortoir après le couvre-feu. Ensuite, quand je vivais chez mes parents, je ne rentrais pas après minuit. Et pour parachever le tableau, je n’ai jamais été ivre de ma vie. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, je considère que la chose que je fis était plus un acte de folie passagère qu’un acte provenant de mon cerveau de fille sérieuse. Ecraser la pédale d’accélération ne faisait pas partie du genre de choses que j’aurais faites en temps normal.

Paul hurla, et j’éclatai de rire en appuyant un peu plus fort (cela contribue à mon hypothèse de folie passagère).

- T’es tarée ! Enlève ton pied ! Enlève ton pied !

- Non ! Je suis pressée ! REGARDE LA ROUTE !

Je fis faire une brusque embardée à la voiture faisant tourner le volant vers moi, pour éviter un véhicule à l’arrêt. Nous criâmes. Paul reprit le volant et remit la voiture sur le côté de la route.

- Lâche l’accélérateur, on doit tourner ! hurla-t-il.

- NON !

- Ca va secoueeeeeeeeeer !

Je fus propulsée sur lui ; ma ceinture était mal attachée. Mon pied lâcha la pédale d’accélération. Je m’agrippai à Paul, terrorisée. Soudainement, la vitesse me faisait peur.

- Pousse-toi, pousse-toi, je vois rien ! cria-t-il.

En essayant de me dégager, je donnai un coup de pied en arrière et j’atteignis une pédale. La voiture pila, et heureusement que Paul me tenait, sinon je serais probablement passée à travers la fenêtre à l’avant de la voiture.

- Mais t’es complètement malade ! hurla-t-il. Qu’est-ce qui t’a pris ?

- Ca alors ! m’écriai-je en l’ignorant totalement, regardant à travers la fenêtre de la porte qui était de son côté. C’est ici !

La voiture s’était arrêtée juste devant l’adresse où je devais me rendre. Je reconnus d’ailleurs l'une de mes camarades de promo devant l’entrée. Joyeusement, je récupérai mon sac à ma place et je sortis de la voiture. J’en fis le tour et arrivai saine et sauve sur le trottoir. Une main m’attrapa alors l’épaule. Je me tournai vers Paul.

Nous nous regardâmes droit dans les yeux. Ses cheveux partaient dans tous les sens, sa chemise était défaite et ses pupilles étaient complètement rétractées de terreur. Dans ses yeux marron, je voyais nettement mon reflet : j’étais décoiffée, ma robe de travers et un peu déchirée.

Nous éclatâmes de rire en même temps.

- Merci beaucoup de m’avoir accompagnée, Paul, lui dis-je en lui serrant la main. Désolée pour le coup de peur que je t’ai infligé.

- Pour te faire pardonner, tu sortirais avec moi ?

- Alors là tu peux rêver !

- Tiens donc, tu me tutoies, maintenant ?

- Quoi, vous préférez le vouvoiement ?

Il me prit les mains et me regarda sérieusement.

- Poppy, tu vas vraiment envoyer ces gens pour tout me faire oublier, ce soir ? Tu veux vraiment que j’oublie tout ?

Son regard était brûlant, et je faillis baisser les yeux, gênée. Mais à la place, je me concentrai sur le sentiment qui l’animait.

Son regard était brûlant, certes. Mais pas d’attirance, d’amour ou d’autre niaiserie du genre. Brûlant de curiosité.

- Oui, Paul, soupirai-je en souriant. Et ce regard, ça marche peut-être avec la majorité des filles, mais pas avec moi.

- Sacrée Poppy ! rigola-t-il.

- Je te laisse, Paul McLarren.

- McCartney.

- Si tu veux. Je vais devoir y aller maintenant, ou je vais vraiment être en retard. Au revoir !

- Au revoir, Poppy, dit-il doucement.

Je lui fis un signe de la main et rejoignis mon amie, qui m’avait vue et m’attendait devant la porte.

- Charmant, celui-là, remarqua-t-elle. Tu sors avec lui depuis quand ?

- Il ressemble un peu à Paul McCartney des Beatles, non ?

- Connais pas. C’est quoi, les Beatles ?
Note de fin de chapitre :

NB : Beatles est la combinaison de deux mots anglais : Beat (rythme) et Beetle (scarabée). D’où le « Je sais ce qu’est un scarabée » de Poppy !
Poppy Pomfresh © JKR
Paul McCartney (l) © himself
*Didn’t know what I would find there : paroles de “Got to get you into my life”, avant-dernière chanson de l’album Revolver.*
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