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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


À la lueur de nos yeux noirs par littleblackheart

[5 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Hello !

Je poste ce texte après être tombée sur le concours organisé par Kathleen sur le forum d'HPF, intitulé La Noble et Très Ancienne Famille des Black.

L'énoncé exact du concours était le suivant :
Votre Black devra s'appeler Black depuis sa naissance. La partie de sa vie que vous décrirez devra se dérouler entre 0 et 16 ans. Votre Black doit être mineur. Vous pouvez écrire un seul ou plusieurs chapitres, mais la fic devra être terminée au premier jour du vote. Enfin, votre œuvre devra mentionner la devise des Black : Toujours purs. Il n'y a pas d'obligation de genre, mais la fic ne doit pas être à vocation humoristique. Un minimum de 800 mots serait idéal pour bien accompagner votre Black.

Mon texte se porte du point de vue d'Andromeda Black, alors qu'elle a dix ans. Normalement, je remplis les conditions.
Note de chapitre:

Bon, eh ben voilà, je m'essaye à un concours. Waayoy, je ne sais pas ce que ça va donner ! J'ai écrit ce texte un peu sur un coup de tête. J'espère que ça vous plaira ! Ce n'est pas joyeux. Vous êtes prévenus.

C'est la première fois que j'écris quelque chose sur les Black. J'espère vraiment que ça ne tombera pas dans le too-much, et que j'ai bien respecté les personnages ! À vous de me dire ;)

N'hésitez pas à aller lire les autres textes du concours, certains sont vraiment sublimes. Je suis un peu téméraire de concurrencer ça, mais bon.

J'ai écrit cette histoire en écoutant en boucle Black eyes de Radical Face. Il me semble qu'elle va bien à ce texte :)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, l'OS est long, mais je ne me voyais pas du tout le couper !
— Ne t'endors pas.

Andromeda serre un peu plus fort ses draps entre ses doigts. Ses grands yeux noirs sont écarquillés sur les ténèbres. Elle enfonce sa tête dans son oreiller, comme pour essayer de s'y cacher, de s'y enfoncer. La nuit a envahi sa chambre, elle recouvre tout de sa sombre couleur d'encre. Aussi noire que les yeux de l'enfant, aussi noire que le coeur des truands, aussi noire que le nom de sa famille.

Black. Quoi de plus simple. Quoi de plus compliqué, que les Black. Un drôle de poids à porter, lorsque l'on doit brandir fièrement ce nom trop obsur. Andromeda Black. Ce Black, il se tient à côté, pas bien imposant, mais si lourd. Andromeda a dix ans, mais elle sait déjà, que ce nom-là, il sera toujours là, rôdant. Andromeda est fière de son nom. Son père le lui a dit, les Black sont des rois. Oui, elle est fière de son nom. Mais elle en a peur, aussi. Il lui rappelle trop la nuit, la profondeur des ténèbres, et les ombres fuyantes, effrayantes. Alors Andromeda, piégée dans son lit, entre ce nom et la nuit, ouvre grands les yeux, et elle écoute. Elle écoute un souffle rassurant, familier.

— Bella... Tu veux pas venir dans mon lit ? J'ai peur.

Andromeda implore silencieusement. Elle a vraiment peur. Elle ne sait pas pourquoi elle a si peur, tout à coup. Mais le souffle ne suffit plus. Elle veut de la chaleur, elle veut l'amour. Elle veut que sa soeur la prenne contre son coeur. Alors, même si elle sait que Bellatrix va sûrement refuser, elle murmure, elle avoue sa faiblesse, elle la confesse à la nuit. Elle la confie à une Black. Elle retient des larmes de soulagement quand elle entend un froissement, puis des bruits légers de petits pas gracieux. Elle soupire de joie quand un corps chaud et fin se glisse dans son lit, et elle se blottit contre Bella. Elle enfouit son nez dans les cheveux bouclés. Elle adore l'odeur de sa soeur. Elle respire la beauté, l'élégance. Elle sent la fleur, et pour Andromeda, c'est le parfum le plus doux du monde. C'est le parfum de sa grande soeur.

— Tu ne dois pas avoir peur, Andromeda. Une Black n'a peur de rien, ce sont les autres qui tremblent devant la grandeur de son nom.

Andromeda ne peut s'empêcher de frissonner. La voix de Bellatrix est froide, et vient geler son sang. Elle se colle un peu plus à sa soeur, et hoche la tête contre son cou. Tout à coup, Bella l'étreint fortement. Andromeda sent quelque chose d'humide contre sa peau, mais elle ne dit rien. Bellatrix n'est pas en train de pleurer. Elle n'aime pas pleurer.

— Ça va aller. Ça va aller. Cissy va bien. Elle est juste un peu malade. Ce n'est pas grave. Elle est juste un peu malade. On ne doit pas avoir peur. Ils vont vite la guérir, tu vas voir, ma Meda. Et on sera à nouveau toutes les trois. Toutes les trois, pour toujours. Toujours ensemble.

La fillette hoche la tête, encore une fois. Elle pleure à son tour, mais elle ne dit rien. Quand on est une Black, on pleure dans le noir, et dans le silence. Andromeda se souvient alors pourquoi elle a si peur, ce soir.

C'est Cissy. Leur petit cygne. Elle est si belle, Narcissa, avec ses longs cheveux blonds et ses yeux bleus, plus bleus que le ciel, plus innocents que ceux des anges. Narcissa, qui est tombée. Les larmes d'Andromeda continuent de couler. Cissy. Leur petite soeur, leur petit cygne. Malade.

C'était hier. Elle jouait, avec Cissy. Bella était assise, droite, belle, fière devant ses devoirs. C'était samedi. Bellatrix repartait à Poudlard dans une semaine, il faisait beau, il faisait chaud. Andromeda jouait à un jeu, elle ne sait plus lequel, avec leur petit cygne. Soudainement, Narcissa s'était levée. Elle avait dit qu'elle s'ennuyait. Leurs parents étaient partis, dans un endroit pour les adultes, les laissant dans leur grande maison froide. Elles étaient seules, sous la seule surveillance d'un elfe de maison au dos courbé. Cissy avait vu là l'occasion de s'amuser. Malgré les protestations d'Andromeda, et les ordres froids de Bella, Narcissa s'était approchée du haut buffet d'acajou. Elle avait pris une chaise, était montée dessus. Elle avait tendu les bras. Andromeda avait bondi, inquiète, en même temps que Bella. L'elfe criait. Mais c'était trop tard. Narcissa avait déjà touché le vase. Andromeda ne savait pas ce que c'était que ce vase. Il était noir. Encore, du noir. Il suintait de malveillance. Il était interdit d'y toucher. Et Cissy avait osé enfreindre cette règle. Lorsque sa petite main blanche s'était posée sur la porcelaine froide, il y avait eu comme un grondement, et Narcissa avait hurlé. Elle était tombée de la chaise. Andromeda avait accouru. Leur petit cygne ne bougeait plus. Un filet de sang au coin de la bouche. Un vase intact.

— Toutes les trois, pour toujours. Toujours ensemble. Tu me le promets, Bella ?

— Oui, Meda. Maintenant, tais-toi. Mais ne t'endors pas.




~~°~~


Dans tes rêves...

— Meda.

— Non, Narcissa. C'est Andromeda.

— Meda.

— D'accord, si tu veux, Meda. Et toi, ce sera Cissy.

— Cissy ?

— Oui. Cissy.

— D'accord. Et Bellatrix ?

— Bella.

— Bella. Meda. Et Cissy. Dis, Meda... Pourquoi, moi, je vous ressemble pas ? Pourquoi, moi, j'ai des cheveux tout blancs ? Pourquoi je ne peux pas être comme vous ? Je veux être comme vous.

— Ne dis pas de bêtises, Cissy. Tu es un cygne.

— C'est quoi un cygne ?

— C'est toi, Cissy.

— C'est beau, un cygne ?

— C'est magnifique, un cygne. C'est le symbole de la pureté. Et la pureté, Cissy, c'est très important. La pureté, c'est tout. Tu te rappelles ? Toujours purs.

— Toujours purs. Je t'aime, Meda.

— Moi aussi, Cissy.


... un jour de printemps.

~~°~~





— Debout, Andromeda ! Je t'avais dit de ne pas t'endormir. On doit se dépêcher.

Andromeda ouvre ses paupières collées par la fatigue. Bellatrix a allumé la lampe de chevet. La nuit a battu en retraite. Le nom est toujours là. Andromeda s'asseoit au bord du lit, se frottant les yeux. Elle est déjà habillée de sa robe de sorcière. Avec envie, elle regarde Bella prendre sa baguette. Elle aimerait tellement en avoir une à son tour. Il lui faut attendre l'année prochaine.

— Arrête de rêver ! On y va.

Bellatrix se faufile dans le couloir, sans bruit. Andromeda admire sa grâce. Elle éteint la lumière et se glisse à sa suite. Elles tiennent leurs chaussures à la main, et le marbre est gelé sous leurs pieds nus. Le coeur d'Andromeda bat à toute allure. Elle sursaute au moindre bruissement, son esprit est en ébullition, partagé entre l'excitation et la peur d'être découverte.

Une horloge, au loin, résonne.

Un coup. Un coup qui retentit longtemps. La maison tremble. Les murs frémissent, le bois craque, les portes grincent. Andromeda tremble aussi. Elle entend le vent.

Vent de mort, qui souffle au-dehors. Il gronde, féroce. Il fait claquer les volets, il fait plier le chêne, il fait grincer la lourde porte de fer. Andromeda tremble. Bella, elle, ne tremble pas. Elles descendent les escaliers, si imposants, taillés de cette pierre blanche, synonyme de richesse, de noblesse, de réussite. Elles arrivent dans le salon, et Bella s'arrête. Elle se tourne vers Andromeda qui elle, regarde le mur en face de la cheminée. Le mur est tapissé tout du long par un gigantesque arbre généalogique. Tout Black qui se respecte connaît le moindre de ses ancêtres. Et tout Black qui se respecte ne s'attarde pas sur les petits points brûlés.

— Notre famille est la plus grande famille de Sang-Purs. Etre une Black, c'est un honneur. Les Sang-de-Bourbre sont une infamie, Andromeda. Un jour, nous les éliminerons tous. Tu verras, Meda. Les Sang-Purs retrouveront toute leur gloire.

Machinalement, Andromeda hoche la tête. Mais un sentiment étrange lui dévore le ventre, aux mots de Bellatrix. Il y a trop de haine, dans ces mots. Et que veux-t-elle dire, par éliminer ? Mais elle a appris à ne pas poser trop de questions. Après tout, ses parents ont forcément raison. Ou du moins, ils n'ont jamais tort. Alors, Andromeda ne cherche pas à comprendre. Pas pour l'instant. Elle reste indifférente à cette folie qu'elle devine, elle acquiesce sans rien dire.

Pour l'instant.

— Tu as la Poudre de Cheminette ? demande Bella en mettant ses chaussures.

Andromeda sort un petit sachet de sa poche. Elle le tend à sa soeur, avant de nouer ses lacets. Sans un mot, Andromeda se place dans l'âtre de la cheminée. Elle prend une poignée de la poudre verte. Elle lève le regard. Bella la fixe, impassible. Derrière, l'immense arbre généalogique semble l'écraser. Andromeda se sent minuscule. Ses yeux glissent vers le haut du mur, où leur devise, celle qui régit depuis toujours leurs vies, se détache en lettres rouge sang.

Toujours purs.

Andromeda jette la poudre, et prononce sa destination. La dernière chose qu'elle aperçoit avant d'être aspirée par les flammes, ce sont les yeux noirs de Bella, reflétant la lumière verte de la cheminée.

— Hôpital de Sainte Mangouste !




~~°~~


Dans tes souvenirs...

— Père, puis-je sortir de table ?

— Nous n'avons pas fini, Andromeda.

— S'il vous plaît Père, je voulais...

— Vous osez m'interrompre ?

— Non, Père, je suis désolée, mais il faut que...

— À quel moment ai-je raté votre éducation ? À moins que vous ne soyez mentalement déficiente ? Ma réponse est non. Oserez-vous me désobéir ?

— Non, Père. Je suis vraiment désolée.

— Tenez-vous droite.

— Oui, Père.

— Regardez donc l'arbre de vos ancêtres. Ne croyez-vous pas qu'il faut mériter sa place sur ce mur ? Si vous continuez à tenir tête à vos parents, et à vous montrer si insolente, il est certain que vous ne méritez pas la vôtre. N'oubliez pas, Andromeda, que notre famille est un modèle d'excellence. Ne me décevez pas. Quelle est notre devise ?

— Toujours purs, Père.

— Oui, toujours purs. Ne la prenez jamais à la légère. Soyez-en digne ! À l'avenir, ne vous avisez plus de me contredire. Maintenant, finissez votre assiette, ma fille.

— Oui, Père. Bien, Père.


... un soir d'hiver.

~~°~~





Andromeda atterrit lourdement sur le carrelage de Sainte Mangouste. Elle se releve prestement afin de laisser Bellatrix débarquer à son tour. Inquiète, elle regarde tout autour. Mais personne ne semble s'intéresser à elle. Il y a beaucoup d'activité, malgré l'heure. Un hôpital ne dort jamais.

Il y a de nombreuses cheminées. Horrifiée, Andromeda voit un homme ensanglanté apparaître dans une gerbe de flammes vertes. Il a le visage tuméfié, et il est rouge, si rouge qu'on ne distingue presque plus ses traits. Deux hommes habillés d'une blouse blanche accourent en direction de la personne blessée, qui s'effondre dans leurs bras. L'enfant sent un haut-le-coeur lui secouer l'estomac. Elle met une main devant sa bouche, les larmes lui montant aux yeux. Elle ne comprend pas. Qu'est-ce qui a bien pu arriver à cet homme ? Qu'avait-il fait pour mériter cela ? Son visage, si sale, si... si souillé.

— Tu n'as pas intérêt à vomir, Andromeda ! Tu es une Black, pas une paysanne qui tourne de l'oeil devant une goutte de sang !

Andromeda ferme les yeux, prend une profonde inspiration, parvient à juguler son sentiment d'horreur et repousse les larmes. Elle reprend un masque neutre, comme sa Mère lui appris à avoir en public. Pour Andromeda, revêtir ce masque, ce n'était jeu, jusqu'ici. Un jeu de rôle amusant. Elle ne trouve plus ça drôle. Plus du tout.

— Tu ne trouves pas ça joli, toi, le sang ? Regarde comme c'est beau...

Andromeda dévisage Bella, cherchant à évaluer si cette dernière est sérieuse. Bellatrix a un regard rêveur, et elle contemple le blessé sanguinolant à la manière d'un artiste qui savoure la subtilité de son oeuvre, passionné par la beauté des formes et l'exaltation des couleurs. Une sueur froide dégouline lentement le long de son dos, et, effrayée, Andromeda prend la main de sa soeur pour qu'elle enlève cette lueur sauvage de son regard.

— On y va ?

Bella émerge de sa rêverie et entraîne sa soeur dans les couloirs. Andromeda sait qu'elle ressemble à sa soeur. Avec leurs visages fins, leurs lèvres fines et pincées, leurs beautés aristocratiques et leurs peaux blanches, on aurait presque pu les prendre pour des jumelles. Mais le plus marquant, cela reste leurs yeux. Des yeux noirs, très foncés, qui semblent tout analyser, tout deviner. Des yeux identiques. Et des regards si différents.

Andromeda frissonne. Bellatrix a changé. Elle a toujours été arrogante, toujours été farouche et attachée aux valeurs du sang. Elle fait la fierté de leurs parents, elle rend honneur aux Black. Elle grandit, se fait des amis. Mais Andromeda n'aime pas ça. Parce que Bella lui fait de moins en moins de câlins, elle ne joue plus avec elle, elle n'invente plus d'histoires avec elle. Ça lui fait peur. Elle resserre un peu plus sa prise sur la main de Bella.

— Cissy...

Elles sont dans une grande chambre blanche. Andromeda la hait tout de suite, cette pièce. Elle est trop... pure. Trop pure en apparence. Mais Andromeda sait que cette chambre n'est pas aussi pure qu'elle veut bien le montrer. Elle est souillée. Souillée par la mort et la souffrance.

— Cissy, on est là, petit cygne.

Andromeda lâche la main de Bella pour s'approcher de l'ange blond qui se tient allongé dans le lit. Elle est tellement belle, leur Cissy. Andromeda passe ses doigts sur la joue pâle. Toutes les trois. Elles sont toutes les trois.

Toujours ensemble. Mère n'avait pas voulu les emmener voir Narcissa à Sainte Mangouste. Père avait même refusé de leur dire si elle allait bien. C'était sa punition, selon lui. Elles auraient dû l'empêcher de toucher le vase. Bellatrix avait hoché la tête, sagement, mais elle n'avait pas pu supporter l'attente, le désarroi, la culpabilité. Alors, elle avait espionné Mère. Elle avait compris que Cissy était malade, à Sainte Mangouste, et elle avait réussi à trouver le numéro de la chambre. Elle avait parlé de son plan à Andromeda. Andromeda lui avait demandé si ce n'était pas dangereux et inapproprié de désobéir à Père et Mère. Bella lui avait froidement rétorqué que si la cause était juste, tous les risques valaient la peine d'être pris.

— J'ai rêvé de toi, cette nuit, Cissy.

— Meda ?

— Cissy !

— Bella ?

Narcissa papillonne des yeux, et lève un bras pour aussitôt le laisser retomber. Bellatrix s'avance pour passer une main aérienne dans les cheveux blonds.

— Repose-toi, mon petit cygne. Repose-toi.

Dans un geste d'une douceur infinie, elle dépose un baiser sur le front de Narcissa. Andromeda reste figée par cette délicatesse. Bella n'embrasse personne. Parfois, elle réconforte Andromeda, mais elle n'embrasse jamais personne. Bellatrix se retourne alors vers elle, ses yeux noirs insondables.

— Toujours ensemble, Meda. Toujours ensemble.

Andromeda ne dit rien. La lueur est là. Le nom plane toujours dans les ombres. Quelques minutes plus tard, elles repartent, et Cissy sourit dans son sommeil.




~~°~~


Dans tes pensées...

— Aujourd'hui, j'ai vu un petit garçon en accompagnant Mère au ministère. Il était gentil.

— Il s'appelait comment ?

— Je ne sais pas.

— Tu ne lui as pas demandé ?

— Bah, on a joué à chat, et puis Mère est revenue. Elle a regardé le garçon, tu sais, avec ses yeux, là. Les mêmes yeux avec lesquels elle regarde les elfes, et les autres. Les Sang-de-Bourbre.

— Alors, ce garçon est une erreur de la nature. C'est sans aucun doute un Sang-de-Bourbre. Tu ne dois plus penser à lui.

— Mais, Bella, il était si gentil ! Je croyais que les Sang-de-Bourbre étaient horribles, et méchants.

— Ça suffit, Meda !

— Tu ne comprends rien ! Mère lui a presque craché au visage !

— Elle aurait dû, si elle n'était pas si distinguée ! Meda, c'est un Sang-de-Bourbre. Aurais-tu oublié ?

— Oublié quoi ?

— Toujours purs. Ce garçon, c'est un monstre. D'accord, Meda ?

— Oui. Oui Bella.


... un matin d'été.

~~°~~





Les deux soeurs rejoignent les cheminées du réseau de Cheminette de l'hôpital sans encombres, malgré leur nervosité. En arrivant dans la cheminée du salon, Andromeda époussete sa robe, et retire ses chaussures. Elles restent muettes, avec Bella. Il n'y a rien à dire. Cissy va bien. Il n'y a plus de quoi avoir peur. Tout à coup, le bruit d'une porte qui s'ouvre les fait sursauter. Paniquée, Andromeda cherche une cachette des yeux quand Bellatrix lui fait signe. Andromeda s'agenouille derrière le lourd canapé de cuir noir au moment où les chandelles s'allument.

— Il est lourd, cet empaffé !

Andromeda reconnait cette voix. C'est celle de son Père. Elle est rauque, éraillée. Elle peut presque paraître agréable, mais Andromeda sait que lorsqu'il s'énerve, cette voix devient dure, coupante, et terrorisante. L'enfant crispe ses mains l'une contre l'autre. Elle n'a jamais eu aussi peur. Si son Père les surprend, elles seront sévèrement punies. Andromeda regarde Bella, mais celle-ci s'est approchée du bord du divan, et a laissé légèrement dépasser sa tête pour pouvoir observer la scène.

— C'est le sang, ça. Forcément, il est tellement impur, que ça doit peser dans ses veines...

Deux rires gras résonnent dans le salon. Andromeda est terrifiée. Elle croit reconnaître cette dernière voix. Il lui semble que c'est celle de son oncle. Le frère de sa mère. Un Rosier. Andromeda ne l'aime pas. Il a des petits yeux plissés, et il a toujours un affreux rictus au bout des lèvres. Vaincue par la curiosité, l'enfant se glisse jusqu'au bout du canapé, et, précautionneusement, ose jeter un oeil.

Son sang se glace. Son coeur se brise. Elle plaque une main sur sa bouche pour s'empêcher de hurler.

— Un Whisky ?

Andromeda voit son oncle hocher la tête, et Père disparaît de son champ de vision. Mais Andromeda le remarque à peine. Son attention est complétement accaparée par autre chose. Il y a un homme au sol.

Il ressemble à l'homme de l'hôpital. Sale. Souillé. Rouge. Des larmes acides coulent sur les joues d'Andromeda. Pourquoi son Père n'a-t-il pas emmené cet homme à l'hôpital ? Que fait-il ici, dans son salon ? Pourquoi personne ne l'aide ? Du haut de ses dix ans, Andromeda ne comprend pas. Elle ne veut pas comprendre. Pas comprendre que son Père n'est pas un héros. Elle veut juste pleurer. Et crier.

La silhouette gémit. Et là, Andromeda sent son âme qui s'éclate au sol.

Son oncle regarde la loque gémissante. Et il lance un coup de pied violent, cruel, dans la tête de l'homme blessé. Andromeda se met à détester son oncle. De toutes ses forces. Elle voudrait se lever, les supplier de laisser partir cet homme prostré sur le tapis du salon. Mais elle est paralysée. Bloquée derrière ce canapé, tétanisée, trop apeurée. Profondément choquée. L'homme ne bouge plus. Etrangement, Andromeda est soulagée. Ça fait trop mal, de le voir s'agiter, et trembler, sans que personne n'écoute ses supplications muettes. Personne. Sauf elle. Elle, qui demeure désespéremment figée.

— Alors Cygnus, est-ce que je t'ai convaincu ce soir ? Je suis persuadé que Lord Voldemort serait ravi de te compter parmi les siens. Nous ne sommes pas nombreux pour le moment, mais tu verras, le Maître est puissant. Il va nous rendre notre suprématie.

Andromeda voit son Père qui soupire en faisant tourner son verre dans lequel flotte un liquide ambré.

— Je ne sais pas. Je ne suis pas prêt à m'engager dans une voie aussi... définitive.

— Tu n'as pas aimé ce soir ?

— Si. Ce Sang-de-Bourbre que tu as ramassé nous a bien occupé. J'y réfléchirai.

— Très bien.

Un long silence vient planer sur la pièce alors que les deux hommes s'assoient sur deux fauteuils de velours vert. Andromeda ferme les yeux. Elle ne peut pas voir ça. Elle sent que ce n'est pas normal. Ce qui ce passe sous ses yeux, c'est mal. Son estomac se retourne dans son ventre quand elle entend une phrase qu'elle ne comprend pas.

— Débarrasse-toi de ça. Il salit le tapis de ma femme.

Andromeda ouvre les yeux, irrésistiblement attirée par le drame qui se joue sous ses yeux. Son oncle brandit sa baguette. Andromeda atteint le summum de la frayeur. C'est une terreur sans nom qui la prend. Un désespoir sans fin. Une panique terrible, que jamais aucun enfant ne devrait ressentir.

C'est la mort, qui arrive.

Un éclair vert zèbre l'air. Andromeda crie. Son exclamation se perd au milieu d'une autre.

Avada Kedavra !

Des yeux fixent la scène. Deux paires, deux jumelles. Des yeux noirs, identiques. Des regards, différents. Des émotions, opposées.

C'est la mort, qui arrive. À la lueur de leurs yeux noirs.




~~°~~


Dans ton coeur...

— Mère, comment Père vous a demandé en mariage ?

— Il l'a fait officiellement devant ma famille et la sienne lors d'un somptueux dîner. Nos parents étaient très heureux de cette union. C'était l'occasion de renforcer l'unité entre les Sang-Purs. Notre mariage était prévu pratiquement depuis le jour de notre naissance.

— C'était un mariage arrangé ?

— Oui.

— Mais... Pourquoi ?

— Toujours purs. Voilà, pourquoi, Andromeda.

— Vous êtes amoureuse de Père ?

— Dormez maintenant.

— Mère, aurais-je le droit de tomber amoureuse ? De qui je veux ?

— Bonne nuit, Andromeda.

— Etes-vous heureuse, Mère ?

— Ça suffit maintenant ! Taisez-vous. Dormez. Cessez de posez des questions idiotes que vous ne comprenez même pas. Bonne nuit.

— Mais Mère...

— J'ai dit : bonne nuit. À demain, Andromeda.


... un crépuscule d'automne.

~~°~~





Un craquement caractéristique retentit dans le salon. L'elfe venu essuyer les tâches de sang s'en est allé. Il n'y a plus de trace, plus rien, juste ce tapis trop propre. Juste ces ancêtres, témoins d'un autre temps de ce meurtre trop vite effacé, trop vite oublié. Les lumières du salon s'éteignent. Andromeda pleure. Elle ne peux pas s'arrêter. Son corps est agité par des sanglots convulsifs. Son nez coule, elle s'en moque. Ses yeux sont gonflés, elle n'y pense pas. Elle secoue son torse d'avant en arrière, ses bras serrés contre elle. Elle entend Bella qui se lève. À travers ses yeux flous, elle voit sa silhouette noire, debout devant elle.

— Bella... Prends-moi dans tes bras... Bella... J'ai peur... Et j'ai mal, là... Pourquoi, Bella ? Je ne comprends pas. C'est un cauchemar, c'est ça ? Je suis dans un cauchemar ? Je vais bientôt me réveiller, n'est-ce pas ? Bella... Aide-moi... Explique-moi... Je ne comprends pas !

Andromeda se sent sombrer un peu plus et frémir sous le ton sec de sa grande soeur.

— Arrête de pleurnicher, Meda ! Ce n'était qu'un Sang-de-Bourbre. Il ne valait guère mieux qu'un insecte.

Bellatrix n'a que douze ans. Elle parle comme si elle en avait vingt. Elle parle comme une adulte. Comme une adulte au coeur de glace. Elle a toujours été en avance, plus intelligente. Et Andromeda a peur, de sa soeur. Comment peut-elle dire ça ? N'a-t-elle pas vu, elle aussi, cet homme, ravagé, tué ? Andromeda lève les yeux. Bella la fixe, l'air dégoûté.

Il y a cette lueur, dans ses yeux noirs. Elle est trop bestiale.

— Tu as entendu ce nom, Meda ? Lord Voldemort... Il va faire de grandes choses. Je le sens. Il va faire des choses si puissantes que tous courberont l'échine, et que tous se prosterneront devant lui. Calme-toi, Meda. Cissy va bien, arrête de pleurer.

Cissy ? Mais elle ne pleure pas pour Cissy. Andromeda a de plus en plus peur. Elle ne reconnaît pas sa famille. Est-ce cela, être Black ? Non, ce n'est pas possible. Sa Mère, elle ne ferait rien de cela. Narcissa, non plus. Et ses cousins, ses petits cousins ? Sirius et Regulus ? Pourraient-ils participer à une telle horreur ? Non, elle ne peut pas le croire. Andromeda plonge son regard dans les prunelles de Bella.

Bella. Sa soeur. Si belle.

Sa soeur. Qui sombre dans la folie. Andromeda, ça, elle ne le comprend pas, elle n'a pas de mots pour le décrire, elle ne peut que ressentir. Ce soir, Andromeda voit. Elle voit sa soeur qui se perd. Sa soeur, qui, lentement, glisse vers les âbimes. C'est ténu, encore. Ce n'est pas tout à fait là. Ce n'est pas tout à fait présent. Ce n'est pas tout à fait sûr.

Mais ça arrive. La folie de Bella. Sa folie. Le début de sa folie. Andromeda tremble.

— Tu m'énerves.

Bellatrix part, à son tour. Il n'y a plus personne. Que ce silence.

Alors Andromeda vomit. Elle vomit sur le tapis. Elle vomit son horreur. Et elle pleure. Longtemps. Son coeur est brisé. Elle ne sait pas comment le réparer. Le nom rôde. Il la renifle. Il l'emprisonne. Black. Les ténèbres l'entourent. Toute entière. La tristesse la dévore, l'incompréhension la détruit. Et quand, le matin, le soleil vient caresser sa peau, Andromeda se relève. Vieillie de mille ans.

Une dernière fois, elle lève le regard sur le mur.

Toujours purs.


Des lettres rouges. Rouges de sang. Andromeda regarde ses mains.

Rouges. Rouges de sang.

Toujours purs... À quel prix ? Pour quelle vie ?

Toujours purs. Toujours ensemble. Cette nuit, c'était un cauchemar. Cette nuit, elle l'avait rêvée. Bella lui avait promis.

Toujours ensemble.
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