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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Blood par Labige

[6 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Pour ceux qui ont une impression de déjà vu, Aosyliah a aussi écrit à partir de ce magnifique dessin. Je conseille d’ailleurs d’aller lire ce texte et tous ses autres magnifiques écrits.
Merci à Shaman et Lucette.

Bellatrix n’a qu’opiné de la tête avant de rejoindre le rang des initiés. Cela fait plus d’un an qu’elle attend avec impatience cette soirée mais son empressement ne doit pas la gâcher. Pas ce jour-là, pas maintenant qu’elle va faire partie des leurs. Cet espoir vibre en son être, raisonne dans tout son corps, l’obsède, la possède, la détruit. Elle sait aussi que la morsure cuisante de la marque dépassera la douleur suscitée par le désir Et à présent, elle a un but concret, vrai. Les promesses vagues et irréelles de Rosier prennent tous leurs sens et Bellatrix se sent vivante. 

Ses yeux sont à présent posés sur le bout de ses bottes. Noires, comme sa cape. Vaste morceau de tissu qui dissimule sa robe rouge sang. Lucius, qui est venu la chercher, lui a intimé de se changer. Si elle ne veut pas sortir vivante de cette réunion, c’est son choix. Mais se démarquer le premier soir n’est pas la meilleure idée qu’elle ait eue. Il lui a dit, répété, elle n’a rien voulu entendre. Ce soir, elle veut être vue de tous. Qu’ils sachent qui elle est et qu’ils devinent ce qu’elle deviendra. Elle sait qu’ils ne verront tout d’abord que le corps derrière le vêtement parce que ce sont des hommes et qu’elle les connait. Elle sait aussi qu’ils ne voudront pas d’elle car elle est encore une gamine. Une femme dans un corps qu’elle considère comme celui d’une enfant, mais ça, ils s’en apercevront plus tard. Bellatrix aimerait paraître plus vieille qu’elle ne l’est et montrer qu’elle n’a pas peur de la vie et de l’engagement vers lequel elle s’avance. Alors ils ne pourront la considérer que comme déterminée après cet acquiescement silencieux. Quant au Maître,  il n’a rien dit et a tout juste posé les yeux sur elle. A-t-il vu l’éclat du sacrifice dans ses yeux ? De l’adhésion à cette cause qu’elle partage pleinement ? Elle souhaite de tout cœur qu’il ait compris qu’elle n’attendra pas, que ce soir elle reviendra réclamer son dû. Et, tandis que son ami s’avance à son tour, elle prend sa décision. Avant que Rosier ne lui dise que Lucius l’emmènerait là où il faudrait pour son admission, les perspectives que lui ouvrait son avenir la décevaient quelque peu. Aujourd’hui elle comprend qu’un métier n’est rien d’autre qu’une couverture. Elle discerne même qu’un poste haut placé lui permettrait de mieux remplir ses missions. Ses missions… Oui, elle considère que son admission parmi les Mangemorts est acquise. La confiance est une arme qu’elle manie à la perfection, la robe rouge en est une jolie preuve. Elle sourit et retient le rire qu’elle aimerait laisser s’envoler. Qu’elle est heureuse ! Elle se sent comblée et n’ose imaginer le sentiment d’exaltation qui l’enivrera d’ici quelques heures.

La soirée s’allonge, dure, devient inutile. Avant qu’elle ne passe, Bellatrix observait. Une main gantée, une mèche de cheveux, un modèle particulier de chaussures, un masque abimé, rien ne lui a échappé. Si elle veut trouver sa place ici, cela se fera au dépend des autres. Il est dans la nature des Black de ne pas se laisser marcher sur les pieds, elle fera honneur à sa famille comme sa mère et son père ont dû le faire avant elle. Ils ne sont pas là ce soir parce qu’elle est leur fille mais elle ne leur racontera rien. Ils n’en ont pas besoin puisqu’ils ne veulent pas s’affirmer comme plus que partisans.  Cependant, ce bonheur qu’elle ressent jusqu’au bout des doigts, jusqu’au bout de ses cheveux qu’elle aimerait rejeter en arrière avec un sourire éclatant, elle doit le communiquer.

 

La cape voltige derrière l’adolescente plus si innocente qui court dans les escaliers. Elle est essoufflée mais l’excitation coule dans ses veines et elle ne sait comment la tempérer. Alors elle laisse revenir son enfance, ne contrôlant plus ses émotions, redevenant la petite fille qui s’agitait autrefois partout. Elle entre vivement dans sa chambre et tape de son poing dans le miroir. Ce n’est pas un geste de colère comme peuvent en avoir d’autres mais il est apaisant. Nécessaire. Le sang ruisselle le long des phalanges et efface le sourire qui barrait ses lèvres. Enfin. Quand Bellatrix se regarde dans le miroir elle voit son visage déformé mais aussi ses joues rougies. Le froid n’y est pas pour grand-chose, elle en a conscience. Mes pommettes sont trompeuses, essaye-t-elle de se persuader. Pourtant, est toujours présent dans son esprit le compliment de Rabastan Lestrange. Elle est au-dessus de toutes ces frivolités, se répète-t-elle. Elle ne doit pas s’égarer, les sentiments sont pour les faibles.

Personne ne lui a demandé d’où venait le bruit de verre brisé, on respecte son intimité. Les filles Black doivent passer par des épreuves et Bellatrix doit apprendre à se contrôler. C’est pour ça que Cygnus et Druella ne se manifestent pas.

La porte grince mais Andromeda ne détourne pas la tête. Bellatrix aurait aimé qu’elle sursaute mais c’aurait été trop lui demander, elle a l’ouïe fine. Narcissa se faufile à la suite de son ainée dans la chambre de la cadette. Les trois filles sont alors réunies, comme souvent. C’est une chose qui arrive de moins en moins car leurs avis divergent sur plus d’un point et elles essayent d’éviter les conflits qui dérapent rapidement. Au moins, cette situation a son avantage : leurs conversations sont détendues, parfois sérieuses, souvent passionnantes.

 

–       Comment était cette soirée en compagnie de Lucius, Bella ? demande enfin Andromeda, rompant le silence pesant.

–       Agréable. Parfaite même.

–       Tu étais avec Lucius ? s’étonne Narcissa. Tu ne m’en avais rien dit.

–       Oh, tu sais, ‘meda a l’habitude de retourner les situations à son profit, transformant quelque peu la vérité.

–       Que pourrai-je tirer de ça, explique-moi ? réplique celle-ci en haussant les épaules. Si tu veux, je rectifie. Comment était cette soirée en compagnie de Tu-Sais-Qui ?

 

Bellatrix hésite à renifler dédaigneusement devant le ton sarcastique de sa sœur. Si le sang sur sa main n’était pas là pour lui rappeler que les sentiments n’ont pas de place dans cette maison, elle l’aurait giflée pour avoir mentionné d’une telle façon le Maître. Son Maître.

 

–       Tiens, tu ne l’appelles plus par son nom maintenant ? Quelqu’un aurait-il réussi à te dissuader de lui manquer de respect ? A moins que tes amis Poufsouffle aient enfin compris de qui il s’agit vraiment…

–       Pourquoi est-ce Lucius qui est venu te chercher, Bella ? essaye de tempérer Narcissa.

–       Il a reçu lui aussi une mission. Je ne sais pas en quoi elle consiste, ni même si elle lui convient. Qu’importe, c’est personnel !

 

La jeune femme a bien insisté sur le dernier mot, montrant ainsi à ses sœurs qu’elle accède à autre chose, à un statut qu’elles ne peuvent atteindre ni comprendre.

 

–       Si tu n’es pas venue pour nous parler de la tienne, tu aurais dû t’abstenir d’entrer, reprend Andromeda.

–       Andy, je suis sûre que Bella allait nous raconter. Poudlard ne t’apprend donc vraiment pas à améliorer ton impatience ! la réprimande Narcissa.

–       Je ne vois pourquoi je devrais changer, je suis telle que je suis et je le resterai.

–       Toujours Purs, ne l’oublie pas d’ailleurs.

–       Je sais.

 

La tension est palpable. En quelques mots ont été mises sur le tapis les amourettes des deux plus jeunes qui n’intéressent pas l’aînée, les valeurs de la famille qu’Andromeda n’a pas l’air de prendre en compte, et la supériorité incontestable de Bellatrix. L’aînée… un mot qui sonne bien pour la décrire. Toujours la première, toujours la meilleure. Personne ne pourra changer cet état de fait. Alors qui serait étonné d’apprendre qu’elle s’est lancée dans le terrible parti des Mangemorts ?

 

–       Un Sang-de-Bourbes, grimace-t-elle.


Pas besoin d’aller plus loin ni de développer sa pensée. Ce qu’elle doit exécuter ne la révulse pas pour l’acte lui-même mais parce qu’elle devra toucher sa victime. Pauvre enfant qui aura les doigts brûlés par tant de saleté.

 

–       Tu vas le faire ? demande Andromeda.

 

Bellatrix se rend compte que sa sœur regarde ses pieds comme elle l’a fait plus tôt dans la soirée. Mais lorsqu’elles réalisent cette action, leurs sentiments sont diamétralement opposés. La cadette a honte de cette sœur haineuse, sans pitié et ambitieuse. La plus âgée ressent l’immense paix intérieure qu’apporte la sensation d’avoir trouvé sa place. Satisfaction contre répugnance.

 

–       A-t-elle le choix ?

 

Stupide Narcissa qui n’a pas compris quel a été l’enjeu de la réunion. Croit-elle que sa grande sœur suit aveuglément l’idéologie de ses parents ? N’a-t-elle pas l’impression que le Sang doit régir le monde sorcier ? Bellatrix se surprend à être pensive face à ces deux questions. Serait-elle la seule à avoir saisi l’importance des propos que leurs géniteurs leur ont inculqués et que le Maître approuve ? Ne comprennent-elles pas l’importance du Sang et l’aubaine que leur famille leur a offerte ? L’opportunité de nombreuses positions sociales devrait les mener vers l’avant mais n’a l’air que de les reclure dans leur sottise. A y réfléchir, si Narcissa devient Malefoy, il sera peut-être encore temps qu’elle revienne dans le droit chemin. Peut-être même comprendra-elle son choix, sa nécessité, son désir d’être l’égale des autres Mangemorts. Elle en parlera à Mère le lendemain mais là, il est temps pour elle de montrer ce que vaut sa détermination. Bellatrix se lève et sans un mot ni un regard, laisse ses cadettes derrière elle. Sa cape n’a pas quitté ses épaules mais la robe rouge est trop courte et trop moulante pour ce soir. Quoique… Avec le temps, elle trouve que ses cheveux foncent et perdent cette jolie apparence auburn qu’elle apprécie tant. Parfois, elle remarque quelques éclats rouges qui persistent. Et, alors, sa robe pourpre les met parfaitement en valeur. Le rouge… la couleur du sang, la couleur du désir. Une teinte qui fascine et attire la jeune femme. Pourtant, ce soir, elle veut se fondre dans l’ombre, ne faire plus qu’une avec l’obscurité pour savourer la sensation d’être maitresse de ses actes. D’être une silhouette noire dans la nuit. Une femme insaisissable, froide et déterminée. D’un autre côté, elle doit rester désirable. Jamais elle n’avait autant aimé son corps que quelques heures auparavant quand les regards des autres hommes s’étaient posés sur elle.


            Lorsque Lucius lui a demandé de se changer, trouvait-il que cela était incommodant ? Qu’elle dérangerait ? Ou imaginait-il la gêne qu’elle pourrait ressentir en se sentant impudiquement déshabiller du regard ? Non, il n’est pas si attentionné. Mais il a compris que c’est le désir que Bellatrix recherche. Cette envie qui les affaiblit et les ronge de l’intérieur, qui les rend à sa merci. Ce n’est qu’un jeu auquel elle se livre docilement et qui lui permet de tendre lentement mais surement les fils de sa toile. Elle aspire à un rang qui l’oblige à tendre la main doucement, effleurer du bout des doigts l’âme de ses victimes, puis refermer son poing. Imparable, imprévisible et sans pitié. La jeune femme caresse délicatement les tissus des robes qui sont accrochées devant elle et savoure son toucher en alerte, si sensible, qui l’emmène vers l’extase. La bulle de ses pensées éclate quand Andromeda toque à la porte et appelle :

 

—     Bella ?

—     Que me veux-tu ?

 

Elle ne peut s’empêcher d’être agressive. Elle ne voulait pas que sa sœur vienne et encore moins qu’elle la dérange dans un moment si parfait.

 

—     Tu devrais mettre la robe que Cissy et moi t’avons offerte.


Ce n’est qu’un murmure prononcé, qu’une seule phrase dans un unique souffle. De déception peut-être, de renoncement. Bellatrix l’a écoutée et abonde dans cette idée. Le tissu est parfait, la couleur tout autant. Un marron pas trop sombre ni trop clair. Chocolat aurait été parfait mais n’est-ce pas une couleur trop enfantine et arrêtée ? La valse du dégradé brun et des touches dorées éclatantes est idéale. La jeune  femme sait qu’elle parait plus vieille dedans, plus mature. Plusieurs sorciers ne considèrent pas les plus jeunes, ayant à peine dix-sept ans, comme majeurs. Pourtant, ils ont le droit d’user de la Magie comme eux bien qu’ils n’ont, pour la plupart, pas terminé leurs études. Est-ce parce qu’ils doivent rester à Poudlard qu’on ne porte que sur eux un intérêt futile et bien mince ? Pourquoi ne considère-t-on pas la puissance de son interlocuteur ? Trop expérimentés. Et ce rejet est d’autant plus fort envers les femmes. Pourquoi ?

Ces questions, Bellatrix se les est posées maintes fois sans obtenir une once de réponse. Elle en a assez de n’être regardée que comme l’aînée  de trois sœurs, que comme celle qui doit assurer la dignité de la famille. Jamais on ne lui a demandé ce qu’elle pensait de la Magie, ni comment elle aimait l’utiliser. Auraient-ils compris cette union qu’elle réalise avec sa baguette ? Cette force prodigieuse qu’elle sent déferler en elle à chaque fois ? Auraient-ils pris peur face à ces mots ? Parfois, elle se l’imagine et se délecte de l’image des visages effarés qu’elle invente. Elle aimerait qu’ils aient peur d’elle, qu’ils la craignent. Ou, mieux, qu’ils la respectent pour ce qu’elle est vraiment et non pour ce qu’elle paraît être. L’apparence se plie à des contraintes particulières auxquelles Bellatrix rêve de s’échapper. La folie lui tourne la tête et c’est souvent qu’une autre personne doit atténuer ses projets. Ses sœurs notamment. Ces deux-là ont peur et de cette peur, elle s’en délecte. Elle savoure la puissance dont elle bénéficie. Et c’est pourquoi elle croit en Voldemort. Parce qu’il sait utiliser ce sentiment qu’éprouvent les faibles. S’ils ont peur, n’est-ce pas parce qu’ils n’ont pas la conscience tranquille ? Que craignent-ils s’ils n’ont rien à se reprocher ?


            Tandis qu’elle ajuste les derniers détails de son plan, Bellatrix se pince les lèvres pour ne pas rire de ces conclusions. Ce soir, elle joue dans la cour des grands et elle y a sa place ! Elle compte bien le prouver au monde entier. Peu après, elle dévale l’escalier et s’engouffre dehors. Sa Poufsouffle de sœur lui dirait qu’on s’engouffre à l’intérieur d’une pièce et non dehors. Mais pour elle, la tiédeur de la nuit est un univers dans lequel elle plonge littéralement. Il fait sombre, et elle s’y sent à son aise.

 

—     Bonjour monsieur, puis-je vous aider ?

 

Voix suave ou sensuelle ? A moins qu’il n’y ait pas de différence. L’homme la dévisage, il ne doit pas croire imaginable et possible qu’une telle femme soit assise à sa table. A vrai dire, il a l’impression qu’elle vient d’apparaitre devant lui. Une fée, une femme irréelle. Pas de son monde en tout cas. Il jette un coup d’œil à ses vêtements, plisse le nez, et baisse son regard sur ses doigts tremblants. Il est miséreux et misérable, il n’existe aucun autre mot pour le qualifier. N’importe qui de sensé voudrait se trouver à au moins dix pas de lui. Sauf qu’une si magnifique créature ne peut être sensée. Alors il joue le tout pour le tout décide d’oublier qu’il ne s’est pas lavé la veille, ni l’avant-veille, ni même depuis une semaine.

 

—     Ça dépend si vous donnez en nature.

 

Qu’il est prévisible ! Elle s’attendait à ça. Exactement. Presque mot pour mot. Mais finalement, il ne vaut pas mieux que les Moldus. Il ne faut pas qu’elle oublie qu’il est à peine au-dessus d’eux, si ce n’est au même niveau. Bellatrix sourit bien que ce soit de manière totalement ironique, ce que l’homme ne comprendra évidemment pas. S’il savait à quel point elle se retient de partir loin d’ici, de renoncer à tout. Qu’elle préfère mourir de honte que de le toucher… Elle se retient et bat légèrement des cils. De ce timbre de voix qu’elle ne se connaissait pas, elle répond que bien sûr, elle est disponible pour lui procurer une du temps maintenant. Procurer, il tique sur ce mot. Elle est d’accord, c’est tout ce qu’il comprend.

 

—     Je… j’habite à quelques pas d’ici. Vous m’accompagnez ?

 

Il bafouille et vacille en se levant, ce que la jeune femme trouve absolument pathétique. Elle lui murmurera cela au creux de l’oreille plus tard, quand l’heure sera venue aux confidences. Il paye son café noyé dans son whisky d’une pièce étrange, inhabituelle, que le barman prend négligemment. Les autres clients n’ont rien vu et sont trop souls pour essayer de saisir ce qui aurait pu les surprendre. Bellatrix laisse vagabonder son regard tant que celui-ci ne se pose pas sur l’immonde créature qu’elle doit suivre. Elle n’était jamais venue ici et vient d’apprendre que c’est un bar à la fois sorcier et Moldu. La société entière devient contaminée, remarque-t-elle seulement. Oui, il est temps que le Maitre change cette décadence, cet ordre indécent des choses. Tandis qu’il referme poliment la porte derrière elle, l’empêchant de claquer contre le battant – geste de galanterie et de lucidité dans les brumes de son esprit – elle se dirige nonchalamment vers la rue qui part sur leur droite. Quelques secondes à peine se déroulent avant que Bellatrix ne se retourne.

Que fait ce Scroutt à Pétard ? Elle ne veut pas se montrer impatiente car il le prendrait dans un tout autre sens, mais le temps lui presse et elle retient avec de plus en plus de peine le dégoût qui s’infiltre en elle.

 

—     Comment savez-vous que j’habite par là ? demande-t-il, suspicieux.

—     Oh, je ne sais pas. Cette rue me parait tellement… parfaite. Pourquoi attendre ?


Merlin qu’elle se déteste ! Et elle ressent la même chose pour lui. Le sursaut d’intelligence qu’il vient d’avoir n’a pas perduré, l’homme a déjà affiché un sourire conquérant sur ses lèvres et ses yeux pétillent de désir. Charnel, purement charnel. Durant cet instant qui à elle parait long, Bellatrix plein de toutes les parcelles de son corps cette créature si humaine, si méprisable. Elle ferme les yeux et espère que la Magie est ce qui peut la différencier de lui. Son Sang. Ses pensées se tournent vers cette échappatoire, vers cette solution. Les mains baladeuses commencent à baisser ses manches et le tissu qui restait la seule barrière entre son corps et celui de l’autre, glisse lentement. Pourquoi a-t-elle pris cette robe ? Elle s’enlève si facilement que Bellatrix a l’impression que ce n’est qu’une couverture qu’une personne tire aisément.

Et, soudain, elle se reprend. Il ne pense qu’à la beauté qui s’offre à lui, qu’à son désir qu’elle ressent, qui l’écœure. Parce qu’elle n’y prend aucun plaisir – comment le pourrait-elle ? – elle reste maîtresse de la situation. Doucement, ses doigts remontent le long de sa cuisse, frôlent le pantalon de l’homme. La position est encore plus indécente mais elle ne s’en préoccupe guère. La torture arrive à son terme.

 

            Au premier coup, elle n’entend que le hoquet de surprise. Cette exclamation s’étouffe contre sa poitrine, cela aurait pu n’être qu’un soupir. Elle attend et ne bouge plus. Elle attend qu’il réagisse. Mais elle a deviné juste, il n’en fera rien. Peut-être prévoyait-il la mort comme une amie ? Trop faible pour la rejoindre de lui-même, il aura préféré patienter et quelqu’un le fasse à sa place. Cependant, il ne la connait pas. Il n’a pas idée de la déception qu’elle aurait s’il venait à mourir immédiatement, sans la moindre once de souffrance, sans la moindre supplication. L’heure de Bellatrix commence et elle n’est pas encore finie. Alors elle tourne la lame, paisiblement. Les gémissements s’amplifient et le Sang Impur s’accroche à ses vêtements ; il serre ses poings, se mord les lèvres, et ne peut empêcher le sang de couler. Le liquide imprègne le vêtement et la jeune femme sent sa chaleur sur ses mains. Elle les essuiera sur sa robe et brûlera celle-ci. Pour l’instant, elle se délecte de la scène qui se déroule sous ses yeux et dont elle est l’actrice principale. L’investigatrice, la décisionnaire.

La jouissance qu’elle éprouve face à cet éclat de vie qui quitte les yeux ternes, devant l’ambiance macabre qui envahit la petite rue, va au-delà de ses plus folles espérances. Quand le corps glisse contre elle, que l’odeur du sang lui monte à la tête, elle ne se retient plus et laisse échapper un râle, un cri de plaisir. Puis elle observe le mourant, l’observe mais ne se penche pas vers lui. Quelle satisfaction aurait-elle tiré d’un éclat d’un vert et d’un décès rapide ? Elle préfère se perdre dans la fragrance enivrante et entêtante qui l’emmène vers l’extase. Elle ne regrette pas son geste. Même si elle a pu avoir d’infimes doutes ces dernières heures, ils se sont déjà évaporés. Loin, très loin d’elle. Ainsi, lorsque sa respiration est le seul bruit qui transperce la nuit, elle se trouve différente. Une autre. Elle a aussi l’intuition que ses cheveux n’auront plus la folie des éclats auburn, qu’elle ne pourra plus jouer à l’innocente. Elle est une femme, elle est Bellatrix.

 

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu ;)
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