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News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Par delà le Mur par Samantha Black

[28 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling.

Je tiens à remercier ma bêta Temperance01 pour ses conseils et sa correction.

Tous les ans, la même frénésie prenait les elfes de maison de la famille Black. Chacun se précipitait pour effectuer les directives que la maîtresse avait données. Tout devait être parfait pour la grande fête organisée à la résidence d’été des Black.

Comme chaque année, Iona Black avait pensé à chaque détail pour que la soirée soit une réussite. Les invitations avaient été lancées quatre mois plus tôt. Chacun avait bien entendu répondu présents. Toute la bonne société sorcière se retrouvait lors de cette soirée. Quelle meilleure occasion pour rencontrer des jeunes gens en âge de se marier ! Le bal donné par la famille Black était le plus prisé avec celui du nouvel an que donnaient les Potter chaque année. Chacun rêvant de s’y faire inviter et ainsi d’avoir la possibilité d’y parader.

Dans une chambre du premier étage de la noble demeure, deux jeunes filles d’une quinzaine d’années se préparaient aidées par un des nombreux elfes de la famille Black.

— Comment me trouves-tu ? demanda la plus âgée des deux en tournant sur elle-même.

— Tu es sublime, répliqua sa cadette sincère.

— Merci ! Tu es jolie, toi aussi, rétorqua l’autre.

Elle attrapa sa cadette par les mains et elles tournèrent sur elles-mêmes en riant. Isla et Elladora n’avaient qu’une année d’écart et partageaient tout depuis leur naissance. Les liens du sang avaient toujours été l’une des valeurs primordiales chez les Black.

— Crois-tu que je vais lui plaire ? questionna Elladora.

Après leur danse, Elladora était allée s’admirer dans le miroir en pied de la chambre.

— Tu ne peux que lui plaire, répondit Isla.

Elladora fit un sourire éblouissant à sa sœur. Cette dernière regardait son aînée avec envie. Elladora avait toujours été considéré comme la plus belle des deux sœurs et savait très bien en jouer. Plantureuse à souhait, l’aînée des deux sœurs Black avait aussi la chance de posséder une chevelure d’or qui se coiffait avec une grande facilité. Les cheveux d’Isla bruns presque noirs ne cessaient de frisoter rendant difficile la tâche des elfes de maisons. Leur volume arrangeait encore moins les créatures. Iona s’était d’ailleurs de nombreuses fois maudite d’avoir transmis les cheveux de son père à deux de ses enfants. Phineas, son fils, possédait, en effet, la même chevelure bouclée qu’il avait préférée garder courte.

Deux petits coups secs furent frappés à la porte. Phineas entra après y avoir y été invité.

— Mère nous attend pour faire notre entrée, déclara-t-il de sa voix guindée.

Les deux jeunes filles allèrent le retrouver. Elles saluèrent sa femme d’un signe de tête poli.

— Prête, Isy ? questionna Elladora à l’oreille de sa sœur.

Pour toute réponse, Isla sourit à sa sœur et passa son bras sous le sien. Ils descendirent les escaliers. La porte menant à la salle de réception s’ouvrit à leur arrivée.

— Mrs Ursula Black ! Mr Phineas Black ! Miss Black et Miss Isla Black! annonça l’elfe de maison.

Le cœur d’Isla battait la chamade. Elle prit une grande inspiration avant d’entrer dans la salle à la suite de son frère et de son épouse. Tous les regards étaient tournés vers les nouveaux arrivants. Isla aperçut son amie Azyla Potter parmi les invités. Elle lui fit un sourire d’encouragement.

— Mesdames ! Messieurs ! commença Iona Black au centre de la pièce. Je vous souhaite la bienvenue au manoir Black et à la trentième édition de notre prestigieuse soirée d’Eté qui, je l’espère, le sera encore plus que la précédente. Musique !

Un air de valse s’éleva dans la salle. Mr Black tendit sa main à sa femme qui la prit élégamment. Le couple dansa plusieurs secondes seul avant que Phineas et sa femme ne les rejoignent.

— M’accorderez-vous cette danse, Miss Isla ? interrogea une voix masculine.

Le cœur d’Isla rata un battement lorsqu’elle reconnut son propriétaire. Harfang Londubat était un des meilleurs partis de la soirée et aussi un charmant jeune homme. Elle lui offrit sa main et le garçon l’entraîna sur la piste de danse.

— C’était un plaisir de danser avec vous, Miss Isla, souffla-t-il avant de lui baiser la main.

Les joues d’Isla se colorèrent légèrement de plaisir. Tandis qu’Harfang s’éloignait pour retrouver ses amis, Isla se fraya à chemin parmi les invités. Elle retrouva Azyla près du buffet.

Azyla Potter venait tout juste d’obtenir ses ASPIC et avait par conséquent fini sa scolarité à Poudlard.

— Comment vas-tu ma chère Isla ? demanda-t-elle en la voyant venir vers elle. Je t’ai vu danser avec notre capitaine préféré, ajouta-t-elle en souriant.

Les joues d’Isla un peu plus rouges. La jeune fille se maudit intérieurement d’être aussi sensible.

— Il m’a simplement invité pour la première danse, répliqua-t-elle.

— Ce qui signifie sans aucun doute qu’il s’intéresse à toi, conclut Azyla.

— Quelqu’un t’a il invité ? questionna Isla curieuse.

Le regard d’Azyla se perdit au loin.

— Azyla ! Azyla ! Ça ne va pas ? Désires-tu un verre d’eau ? s’inquiéta Isla.

— Je… Isy, il faut que je t’apprenne une nouvelle, déclara-t-elle en reportant son attention sur son amie. Peut-on aller dans un endroit tranquille ?

— Bien entendu, répondit-elle en lui faisant signe de la suivre.

Les deux jeunes filles se retrouvèrent dans un petit salon. Azyla sortit sa baguette pour insonoriser la pièce.

— Isy… Je… Je vais me marier, lâcha-t-elle dans un murmure.

— Te marier ? Avec Alister ? s’étonna Isla. Mais je croyais que…

— Je ne vais pas me marier avec Alister, répliqua Azyla. Je… Perceval m’a demandé de l’épouser et j’ai accepté.

— Perceval ! Te rends-tu compte de ce que tu fais, Azyla ? Es-tu prête à renoncer à ton honneur, à ta famille pour Perceval Weasley ?

Une ombre passa dans le regard d’Azyla qui le détourna.

— Je te pensais plus intelligente que cela, déclara-t-elle visiblement déçue.

— Voyons Azy ! Je n’ai point dit cela pour te blesser ! Je préfère simplement te mettre en garde sur ce à quoi tu t’engages en épousant un Weasley.

— Je sais parfaitement que les Weasley sont considérés comme des traîtres-à-leur-sang mais j’ai fait mon choix. Je vais devenir Mrs Perceval Weasley et par conséquent moi-même une traître-à-mon-sang. Toutefois, la question n’est point là ! Je… Pourrons-nous rester amies après cela ?

— Tu sais parfaitement que mes parents…

— Et si tes parents ne savent rien ? Si je te demande simplement de continuer à me considérer comme ton amie sans pour autant que nous continuions à nous parler. Je… J’aimerais simplement savoir au fond de mon cœur qu’il me reste une amie véritable.

La porte s’ouvrit avant qu’Isla ait pu répondre quelque chose.

— Puis-je savoir ce que vous faites ici ? questionna Phineas.

— Nous désirions discuter tranquillement quelques instants. Je… Nous allions retourner à la soirée à l’instant, répondit Isla.

Phineas jeta un regard suspicieux à Azyla Potter avant de s’éloigner en laissant la porte ouverte. La jeune Black comprit le message que lui faisait passer son frère par ce détail.

— Retournons à la soirée, proposa-t-elle en se dirigeant vers la porte.

Azyla la suivit dans la salle de réception.

— Ma chère. Je vous cherchais. Où étiez-vous ? questionna Alister Malefoy en venant vers elles.

Azyla lui fit un grand sourire. Un de ces sourires qui donnent l’impression à son destinataire qu’il est réellement apprécié. Lorsqu’on naissait dans une famille de Sang Pur de haut rang, on maîtrisait toujours parfaitement l’art du mensonge.

— Nous discutions Isla et moi au calme, expliqua-t-elle. Je suis désolé de vous avoir obligé à me chercher.

— N’en faites rien, ma chère ! J’adore vous chercher, répliqua le jeune homme en lui baisant la main.

Isla se retint d’esquisser un sourire moqueur. Alister serait beaucoup moins heureux de la « chercher » comme il le disait lorsqu’il apprendrait son mariage avec un traître-à-son-sang. Il invita son amie à danser et Isla se retrouva seule à regarder les couples évolués sur la piste. Elle repéra sa sœur qui dansait avec Aurelus Lestrange. Elladora rêvait de l’épouser depuis bien des années mais le jeune homme ne s’était pas encore déclaré à son grand désespoir.

Au cours de la soirée, Isla fut invitée à danser par divers partenaires qu’elle connaissait de près ou de loin. Puis tard dans la nuit, les invités prirent congé les uns après les autres.

— Une véritable réussite, lâcha Mr Black lorsque le dernier fut parti.

— En doutiez-vous, mon époux ?

— Je ne doute jamais de vous, Iona, murmura-t-il en souriant.

Isla s’excusa et monta dans sa chambre après avoir salué sa famille. Son elfe personnel arriva dans un « pop » sonore alors qu’elle pénétrait dans sa chambre. Il l’aida à se dévêtir et retira tous les sorts qui retenaient ses cheveux en place. La jeune fille passa sa chemise puis alla se coucher dans son grand lit à baldaquin.



oOoOoOo


Isla, son sac sur l’épaule s’éloignait de la maison pensive lorsqu’elle fut appelée par la voix de sa mère.

— Puis-je savoir où vous allez ? questionna Iona du perron.

— Me promener, Mère, répondit la jeune fille.

— Ne sortez pas de la propriété ! Il serait fâcheux que vous rencontriez une de ces vermines de Moldu.

— Bien entendu, Mère.

Sa mère la suivit du regard alors qu’elle s’éloignait. La propriété Black faisait plusieurs dizaines d’hectares et Isla avait toujours adoré s’y promener. Elle s’installait souvent à divers endroits et en profitait pour faire des dessins. Cet après-midi là, elle s’installa non loin du mur qui marquait les limites de la propriété Black. Elle dessinait un oiseau lorsque des éclats de rires le firent s’envoler.

La jeune fille se tendit l’oreille et constata qu’ils venaient de l’autre côté du mur. Elle se leva et monta sur quelques pierres qui dépassaient pour regarder. Une bande de garçons de son âge se baignait dans un étang à une cinquantaine de mètres du mur. Ils se lançaient de l’eau dans le visage en riant. Elle-même ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Ses parents avaient toujours été très stricts avec Phineas, Elladora et elle et ce n’était pas le genre de chose qu’ils auraient accepté.
Isla s’apprêtait à descendre lorsque son pied glissa. Elle tomba lourdement sur le dos et ne put s’empêcher de pousser un cri de douleur.

— Vous avez entendu ? s’exclama une voix masculine.

Horrifiée, Isla porta une main à sa bouche retenant sa respiration alors que le silence se faisait de l’autre côté du mur.

— T’entends des voix maintenant, Bob, ricana une autre voix.

— Taisez-vous ! répliqua-t-il.

— Hey Bob ! Qu’est-ce… ? Grimpe pas sur ce mur ! T’es malade !

Les yeux d’Isla s’agrandirent d’horreur. Si ces moldus la voyaient et que ses parents l’apprenaient, elle allait avoir de graves ennuis. Elle se leva rapidement, attrapa son sac et courut. Elle entendit à peine la voix du garçon qui l’appelait. La jeune fille s’arrêta le cœur battant près des écuries de la propriété. Elle porta sa main à sa poitrine et reprit doucement sa respiration.

— Ça ne va pas, Miss Isla ? demanda le palefrenier.

— Si ! Si ! Ne vous inquiétez pas Godefroy ! Je… Je venais juste vérifier si Morgana avait bien été pansée aujourd’hui, inventa-t-elle en se dirigeant vers la stèle de son hippogriffe.

— Je l’ai pansée moi-même, Miss Isla.

Isla s’inclina devant Morgana qui fit de même. Elle s’avança donc vers son hippogriffe et lui caressa affectueusement le bec.

—C’est… C’est parfait, Godefroy ! déclara-t-elle en prenant un ton suffisant. Vous faites du très bon travail.

— Merci Miss Isla, répliqua le palefrenier visiblement intrigué.

— Je… Je me dois maintenant de prendre congé ! Je… Au revoir, Godefroy, dit-elle en s’inclinant légèrement.

— Au revoir, Miss Isla, répliqua-t-il en l’imitant.

D’un pas rapide, la jeune fille retourna au manoir. Elle monta les escaliers menant à sa chambre et ferma la porte derrière elle. Elle soupira profondément le dos à la porte. Que lui avait-il pris d’aller si près du mur ! Elle savait pourtant qu’il ne fallait en aucun cas que des moldus puissent la voir.

Elle fronça les sourcils ayant soudain l’impression qu’il lui manquait quelque chose d’essentiel. Frénétiquement, elle fouilla dans son sac à la recherche de son carnet à dessins. Elle ne put s’empêcher de pousser un gémissement en constatant qu’il n’était définitivement pas dans son sac. Elle avait oublié son carnet près du mur. Son carnet rempli de dessins dont plusieurs avaient rapport avec le monde sorciers. Il fallait qu’elle le récupère et vite. Elle se dirigea vers la porte la main tendue. Non ! Sa main retomba le long de son corps. Elle ne pouvait pas y retourner, pas tout de suite en tout cas. Les moldus seraient sans doute encore là-bas et cette fois-ci, il était certain qu’ils l’apercevraient.

La jeune fille s’assit sur son lit. Il fallait qu’elle trouve une solution pour récupérer ce carnet et de préférence sans que les moldus l’aient vus. La dernière partie risquant sans doute d’être la plus compliquée. Elle se maudit intérieurement de ne pas avoir jeté un sort d’invisibilité sur les dessins de son carnet.

Isla décida finalement qu’elle y retournerait le lendemain dans la matinée. Toutefois, cette histoire de carnet n’arrêta pas de la tarauder toute la soirée et même durant la nuit. Ceci fut même la cause d’un cauchemar. Son père apprenait que des moldus avaient vu son carnet et décidait de la renier. Angoissée, elle se réveilla alors que le soleil commençait à peine à se lever. Elle alla se débarbouiller et s’habilla avant de descendre.

Les elfes de maison se précipitèrent pour lui servir son petit déjeuner. Son père la rejoint quelques instants plus tard.

— Et bien Isla, seriez-vous tombée de votre lit, ce matin ? demanda-t-il en s’installant à ses côtés.

— Je dois dire que pour une raison qui m’est inconnue, j’ai assez mal dormi cette nuit, mentit-elle à moitié. D’ailleurs, Père, vous commencez bien tôt aujourd’hui, remarqua-t-elle.

— C’est à cause de cette loi sur la tolérance vis-à-vis des Sang-de-Bourbe, ils veulent interdire l’appellation Sang-de-Bourbe ce qui est selon moi totalement hypocrites. Qu’on les appelle Sang-de-Bourbe ou Né-Moldu ne changera rien à leur statut après tout.

Isla se contenta de hocher la tête. Après tout son père n’avait pas totalement tort, ce n’était pas parce qu’on obligeait les gens à les appeler Nés-Moldus qu’on pourra aussi les obliger à les respecter.

— De toute manière, ces temps-ci les Amoureux des Moldus ne cessent de gagner du terrain. Ils parlent même de créer un département spécialisé dans le détournement de l’artisanat moldu. Sans doute une idée de Weasley et de ses amis Sang-de-Bourbe, soupira Mr Black.

Isla ne put s’empêcher de songer à son amie Azyla qui n’allait pas tarder à épouser un « Amoureux des Moldus » comme son père les appelait.

— Je vais vous laisser, ma fille, déclara-t-il en se levant. Vous saluerez votre mère et votre sœur de ma part.

— Bien entendu, père, répondit-t-elle en l’imitant.

Isla attendit que son père sorte de la pièce et transplane avant d’aller chercher sa cape. Elle enfila cette dernière par-dessus sa robe et sortit de la maison. Elle se dirigea d’un pas rapide vers l’endroit où elle se trouvait la veille et commença à chercher son carnet dans l’herbe imprégnée de rosée.

— Nom d’un strangulot, jura-t-elle au bout de plusieurs minutes. Il est où ce fichu carnet de malheur !

— C’est ça que vous cherchez ? questionna une voix masculine.

Isla sursauta portant automatiquement sa main vers sa baguette. Assis sur le mur, un gaillard roux lui montrait le carnet à la couverture de cuir.

— Que… Que faites-vous ici ?

— Je suis venu vous rendre votre livre, répondit-il en se laissant tomber au pied du mur. Je me doutais que vous reviendrez tôt pour le récupérer, ajouta-t-il en lui tendant.

Isla lui jeta un regard suspicieux. C’était la première fois qu’elle parlait à un Moldu et elle savait très bien qu’elle ne pouvait pas leur faire confiance.

— Je vous assure que je ne l’ai pas regardé si c’est cela qui vous inquiète, déclara-t-il.

La jeune fille lui prit son carnet des mains et le fourra dans sa poche.

— Je vous remercie, lâcha-t-elle.

— De rien ! Je… Je ne savais pas que la propriété Black était habitée.

— La famille Black vient durant les mois d’été, répondit-elle.
— On raconte au village qu’elle est hantée.

Isla ne put s’empêcher de penser au fantôme de son arrière-grand-tante qui hantait depuis près de trente ans les sous-sols de la demeure.

— Elle ne l’est pas mais… mais je ne vous conseillerais pas d’aller importuner ses propriétaires, lui conseilla-t-elle.

— Je n’en avais nullement l’intention. Au fait, je ne me suis pas présenté… Je… Je m’appelle Robert Hitchens.

— Enchantée Mr Hitchens, répondit-elle stoïque.

— Puis-je vous demander votre nom ?

Isla rougit violemment sous le regard amusé du garçon.

— Voyons Monsieur, cela ne se fait point, rétorqua-t-elle en reculant de deux pas.

— Je… Veuillez pardonner mon… mon impudence, Miss Smith, répliqua-t-il en s’inclinant légèrement.

Isla arqua un sourcil surprise et se retint de lui demander la signification du nom, Smith. Après tout, elle ne lui avait donné aucun nom.

— Je… Je vais devoir vous quitter, Mr Hitchens ! Je vous remercie encore pour mon carnet. Au re… Au revoir, lança-t-elle avant de partir.

La jeune fille prit sur elle de ne pas se retourner. Toutefois, elle ne put faire abstraction du regard vert qu’elle sentait peser sur son dos. Ses joues se colorèrent malgré elle en songeant au fait qu’elle avait parlé à un Moldu pour la première fois de sa vie. Un Moldu qui ne semblait d’ailleurs pas être beaucoup plus vieux qu’elle. Sans doute, un an tout au plus. Se rendant compte de ses réflexions, Isla se morigéna intérieurement. Il était moldu et il y avait par conséquent peu de chance pour qu’ils soient amenés à se rencontrer de nouveau. Et il était sans doute préférable que cela reste ainsi.

Lorsqu’elle pénétra dans le manoir une vingtaine de minutes plus tard, sa mère et sa sœur étaient attablées à la table de la salle à manger et dégustaient leur petit-déjeuner en silence. La jeune fille tenta de passer devant la porte sans se faire remarquer mais n’y parvint malheureusement pas.

— Puis-je savoir l’endroit où vous étiez par cette heure matinale ? questionna sa mère.

Isla ne put faire autrement que de revenir sur ses pas pour pénétrer dans la salle à manger.

— Bonjour Mère ! Bonjour Elladora, les salua-t-elle. J’ai voulu profiter du fait qu’il fasse encore frais pour faire une balade, Mère, répondit-elle humblement.

— Avez-vous vu votre père, ce matin ? questionna Iona Black, ne relevant pas la réponse de sa fille.

— Oui, Mère. Il m’a demandé de vous saluer de sa part Elladora et vous, répondit-elle.

— Bien. Vous pouvez vous en aller, si vous le désirez, rétorqua Mrs Black légèrement troublée.

Elladora et Isla échangèrent un regard surpris mais ne firent aucune remarque. La plus jeune préféra, comme sa mère lui avait permis, quitter la salle. Elle monta dans sa chambre et reprit son devoir de métamorphose où elle l’avait laissé. Quelques minutes plus tard de discrets coups furent frappés à sa porte et sa sœur passa la tête par l’entrebâille.

— Puis-je entrer ? demanda-t-elle.

— Bien sûr, répondit Isla en posant sa plume.

— Que fais-tu ? questionna Elladora l’air de rien.

— Mon devoir de métamorphose.

Elladora s’installa sur le lit d’Isla et fit mine d’observer la décoration de la chambre. Comportement qui ne pouvait que passer pour étrange aux yeux de sa sœur du fait que la décoration n’avait pas changé depuis bien des années.

— Que se passe-t-il Ella ? interrogea Isla.

— Tu… Tu ne trouves pas que Mère et Père sont étranges depuis quelques jours, déclara Elladora en touchant le baldaquin rouge.

— Toi aussi tu as remarqué !

— Je… Je dois dire que je m’inquiète un peu, avoua Elladora. Je… Je crois que Père… qu’il a une liaison, ajouta-t-elle dans un murmure.

— Une liaison ?

— Une liaison, oui avec… avec une autre femme, explicita-t-elle. Si cela se sait…

— Mais avec qui aurait-il une liaison ? Toutes les jeunes femmes de bonne… Avec une… ? Non, Père ne ferait pas cela ! L’honneur de notre famille est plus important que tout pour lui, répliqua Isla. Il a juste beaucoup de travail avec ces lois de tolérance vis-à-vis des Moldus.

— Tous les hommes ont… Père et Mère font chambre à part depuis la mort de Sirius.

— Père n’est pas comme tous les hommes, insista Isla.

— Isy ! Il serait peut-être temps que tu arrêtes de voir notre père comme un héros… Il… C’est un homme comme un autre après tout !

— Mais de là à salir le nom de notre famille !

— J’espère juste que cela ne sera pas découvert, soupira Elladora. Au fait, Aurelus organise une réception pour ses dix-huit ans et il m’a demandé de t’inviter. Il y aura Harfang, ajouta-t-elle espérant sans doute convaincre sa sœur.

— Je viendrais avec plaisir. Quand est-ce ?

— Vendredi prochain. Nous prendrons la poudre de ch…

Un cri retentit au rez-de-chaussée coupant court la conversation. Isla et Elladora s’entreregardèrent avant de se précipiter en bas. Lorsqu’elles pénétrèrent dans le salon, leur mère était assise dans un fauteuil visiblement affligée. Un elfe de maison lui tendit un verre qu’elle repoussa prestement et qui en tombant laissa un tache d’eau sur le tapi. La pauvre créature s’empressa de la faire disparaître tandis que Mrs Black le congédiait agacée.

— Que se passe-t-il, Mère ? questionna Elladora inquiète.

— Il se passe… Il se passe que cette petite ingrate d’Azyla Potter a épousé ce traître-à-son-sang de Weasley, samedi dernier. Pauvre Hadriane ! Quel scandale ! Comment ! Comment ! Comment peut-on faire subir ça à sa famille ! Ingrate ! Croyez-vous que je dois écrire quelque chose à cette pauvre Hadriane ?

— Mère ! Reprenez-vous ! la reprit Elladora d’un ton sec. Cela n’apportera rien de se donner ainsi en spectacle devant les serviteurs !

Tout en disant cela, Elladora jeta un regard noir à l’elfe qui avait passé sa tête dans l’entrebâille de la porte.

— Vous avez raison, Ella ! Je… Puis-je avoir un verre d’eau ?

L’un des elfes se précipita pour lui tendre un verre qu’elle prit d’une main tremblante. Elle but une gorgée avant de prendre une grande inspiration.

— Amenez-moi du parchemin et une plume, il faut que j’écrive une lettre de soutien à cette pauvre Hadriane. A moins que… Croyez-vous qu’elle préférait ne plus entendre parler de cette catin?

— Sans doute, mère, répliqua Elladora. Mrs Potter ne préférait plus jamais entendre parler de sa… de cette catin, se reprit-t-elle.

— Vous avez sans doute raison, Ella, déclara-t-elle après plusieurs secondes réflexions.

Elle tourna un regard mauvais dans la direction de sa fille cadette.

— Et vous ! Vous ne dites rien ! Votre amie s’en va épouser le premier va-nu-pieds qui passe et cela ne vous choque en rien. Vous l’aurait-elle dit ? demanda-t-elle suspicieuse.

— Bien sûr que non, Mère ! Je… Je suis juste bien trop outrée par le comportement si peu digne d’A… de cette catin pour dire quelque chose, voilà tout, répondit Isla essayant de paraître convaincante.

— Bien ! Je… Cette nouvelle a épuisé mes pauvres nerfs, soupira Mrs Black. Il va falloir que j’aille me reposer, ajouta-t-elle en se levant.

Lorsqu’elle quitta la pièce, Elladora se tourna vers sa sœur.

— Tu étais au courant ?

— Bien sûr que non, mentit Isla.

— Trahir ainsi sa famille et son sang, il faut vraiment avoir peu d’honneur pour le faire.

— Peu d’honneur, oui, répliqua la cadette pensive.

La nouvelle de la mésalliance d’Azyla Potter fit rapidement le tour du monde sorcier. Chacun y allant de son commentaire et souhaitant montrer qu’il en savait plus sur l’affaire que son interlocuteur. Lorsque Iona Black alla voir son amie Hadriane Potter quelques jours après l’annonce, aucune d’elles n’évoqua le mariage honteux. Mrs Potter en fut d’ailleurs ont ne peu plus reconnaissante à l’égard de son amie.

Le principal sujet de conversation durant la réception d’anniversaire d’Aurelus Lestrange fut d’ailleurs aussi le mariage de l’aînée des Potter. Chacun y alla de son commentaire et certains osèrent même faire une remarque à Isla du fait de son affinité avec la Gryffondor. Harfang Londubat qui se trouvait non loin pris d’ailleurs sa défense lorsqu’elles l’accusèrent d’avoir été au courant des intentions de son amie. Isla ne put s’empêcher de rougir légèrement tandis que Harfang lui souriait amicalement. Ce dernier profita de la situation pour inviter Isla à danser.

Lorsqu’Elladora et Isla rentrèrent au Manoir Black, la première n’arrêta pas de lui répéter la chance qu’elle avait d’intéresser ainsi Harfang Londubat. Ce dernier était, en effet, un des meilleurs parties de sa génération.

Le lendemain matin, lors du petit-déjeuner qu’elles prirent seules. Elladora continua :

— De plus, n’était-il l’élégance personnifiée lorsqu’il t’a défendue de ces deux vipères ? Je suis persuadée qu’Harfang et toi feriez un couple parfait.

— Nous nous connaissons à peine, tempéra Isla.

— Père et Mère ne s’étaient rencontrés qu’une seule fois avant leur mariage, remarqua Elladora.

Isla se retint de lui rappeler que cela n’avait sans doute bien fonctionné puisqu’elle pensait que leur père avait une liaison.

— Et toi ? Je t’ai vu danser toute la soirée avec Aurelus. T’aurait-t-il fait sa déclaration ?

— Il m’a… Nous allons nous fiancer ! s’exclama-t-elle joyeusement. Il… Il est allé voir Père durant notre réception d’été et… et Père lui a accordé ma main. Il voulait me faire la surprise.

— Combien de temps devront durer vos fiançailles ?

— Jusqu’à la fin des études de potion d’Aurelus. Et puis, nos fiançailles ne seront officielles qu’au printemps prochain. Je suppose que Père veut laisser le plaisir à Mère et à Mrs Lestrange d’organiser de belles fiançailles. En tout cas, je dois avouer que ce délai me pèse un peu. Comme tu le sais, je suis si impatiente de devenir Mrs Lestrange.

— Quand Aurelus aura-t-il fini ses études ?

— D’ici trois ans.

— Tu auras vingt-et-un ans, c’est un bon âge pour se marier, je trouve, déclara Isla songeuse.

— Tu trouves ? Personnellement, j’aurais préféré me marier dès la fin de mes études à Poudlard.

Elladora continua à parler mariage et robes durant le reste du repas. Isla l’écoutait gentiment se contentant d’intervenir à certaines fois.

Cet après-midi là, Elladora alla sur le Chemin de traverse avec des amies tandis que Iona Black devait aller rendre visite à Mrs Potter. Isla se retrouva donc seule au Manoir. La jeune fille en profita pour aller se promener comme elle le faisait souvent.

Elle esquissa un sourire en pensant au Moldu à qui elle avait parlé il y avait de cela plusieurs jours. Contrairement à ce qu’elle avait redouté au vu de ce qu’on lui avait dit sur les moldus, Isla l’avait trouvé plus intrigant qu’autre chose. Elle devait avouer qu’il avait quelque peu attisée sa curiosité. Les Moldus étaient-ils tous ainsi ? Peut-être ses amis et lui étaient-ils retournés à l’étang ? Peut-être y étaient-ils à cet instant précis ? Elle jeta un regard vers le Manoir qui était déjà loin. Cela ne coûtait rien d’aller voir. Et puis, ses parents n’en sauraient rien.

Elle prit une grande inspiration et se dirigea vers l’endroit où elle avait rencontré le Moldu. La jeune fille tendit l’oreille lorsqu’elle arriva près du mur mais n’entendit rien. Elle monta sur le mur pour jeter un coup d’œil de l’autre côté. Personne. Isla redescendait du mur lorsqu’elle remarqua un morceau de papier coincé dans les irrégularités du mur. La main tremblante, elle le prit. Il était légèrement humide. Elle le déplia et lut :

Miss Smith
Si vou lisé ces lignes cé que vous ête curieuse come je le suposè dan le cas contraire ce papié ne servira à rien


Isla arqua un sourcil, relut la phrase avant de regarder si le Moldu n’avait rien écrit derrière. Elle ne put, toutefois, s’empêcher d’esquisser un sourire amusé. Ce Moldu avait un drôle de sens de l’humour et ne semblait pas très doué en orthographe aussi. Elle rangea ce papier dans sa poche et retourna au Manoir. Elle jeta un coup d’œil à la pendule familiale. Tout le monde était où il devait l’être. Elle s’installa dans un fauteuil. Ses doigts effleurèrent le papier froissé. Ce Moldu l’intriguait. Elle se demandait quelle pouvait être sa vie quotidienne. Ses parents lui avaient répété un bon nombre de fois que les Moldus étaient beaucoup moins avancés que les sorciers. Toutefois, elle n’avait jamais constaté une différence importante entre les Sang-de-Bourbe de Poudlard et des gens de sa classe. Contrairement à ce que ses parents lui disaient, ils savaient tous lire, étaient propres sur eux et ne semblait pas plus stupide qu’un autre.

Isla avait toujours compris en quoi la pureté de son Sang était importante. Elle admettait même que les grandes familles de Sang Pur méritaient plus d’accéder à Poudlard que les autres. Toutefois ce qui la dérangeait c’était que son entourage avait toujours décrit les Moldus comme des animaux ce qui d’après ce qu’elle avait vu ne semblait pas être le cas.

Isla rentra au manoir tout en réfléchissant à ce qu’elle allait faire. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge. L’aiguille de sa mère et de sa sœur étaient toujours pointées vers la case « En sortie » tandis que celles représentant son frère et son père montraient celle « Au travail ».

De toute manière, elle pourrait toujours mentir en prétendant être aller se promener dans le parc. Et puis en se dépêchant, elle pourrait être de retour avant dix-sept heures trente après tout elle ne comptait pas s’éterniser là-bas. Elle attrapa sa cape et la mit sur ses épaules. Sa décision était prise. Et puis, ses parents n’en sauraient rien. Du moins l’espérait-elle.

La jeune fille sortit du Manoir après avoir prévenu un elfe qu’elle allait faire un tour dans le parc. Elle se dirigea vers l’ouest sachant que le village moldu était dans cette direction. Lorsqu’elle arriva près du mur, elle mit un pied sur une pierre qui dépassait pour se hisser au sommet avant de redescendre de l’autre côté. A cet endroit, la propriété Black était bordée par une route faite de terre. Elle la suivit et repéra bien vite le village en haut d’une colline à environ cinq kilomètres de là. La jeune fille décida de suivre la route tout en ne cessant de se questionner sur ce qu’elle allait découvrir.

Elle n’avait jamais côtoyé de Nés-Moldus et encore moins de Moldus par le passé. Les seuls liens qu’elle avait ce monde était une de ses camarades de dortoirs Sang-Mêlée avec qui elle n’était même pas amie, à peine de simples connaissances en fait.

Elle arriva plus rapidement qu’elle ne le pensait aux portes du village. Elle écarquilla les yeux en voyant le nombre de gens qui se pressaient. La jeune fille se fit d’ailleurs bousculer plusieurs fois tandis qu’elle avançait dans la rue. Elle arriva finalement sur la place principale au milieu de laquelle s’élevait un bâtiment beaucoup plus haut que les autres. Elle s’arrêta pour le regarder mais dut rapidement avancer après s’être de nouveau fait bousculer. Sur et autour de la place de nombreuses petites échoppes avaient été installés et les Moldus semblaient acheter des choses à chacune d’entre elle. Des magasins ambulants ? Elle jeta un regard curieux à l’une de ces échoppes qui vendait du tissu. Le vendeur capta son regard.

— Une jolie étoffe pour une jolie demoiselle ? questionna-t-il en souriant.

Isla écarquilla les yeux d’horreur en comprenant qu’il lui parlait. Elle fit demi-tour pour s’éloigner mais bouscula quelqu’un. Ce dernier jura et partit avant d’avoir pu laisser le temps à Isla de lui répondre. La jeune fille partit se réfugier le long d’une maison et regarda la foule se presser. Tout ceci lui rappelait le Chemin de Traverse à la veille de la rentrée scolaire.

La jeune fille décida de continuer dans une rue adjacente. Son regard s’arrêta sur l’enseigne d’un pub. Bien qu’elle ait déjà fréquenté le Chaudron Baveur, Isla ne pouvait dire s’ils se ressemblaient du fait qu’elle n’avait jamais vu le bar de l’extérieur. La jeune fille continua son chemin observant avec intérêt les façades des maisons et des magasins. Elle s’arrêta pour regarder plus attentivement l’enseigne de l’auberge du village faite de fer forgée.

Au loin, elle entendit la cavalcade d’un cheval mais ni prêta pas attention tout à sa contemplation. Les Moldus ne semblaient pas si différents des Sorciers. Tout comme les sorciers, ils avaient des magasins, des pubs et vivaient dans des maisons certes humbles mais des maisons tout de même.

— Attention ! s’exclama une voix masculine.

Isla sentit une poigne de fer se refermée sur son poignet et la tirer violemment en arrière. Elle faillit perdre l’équilibre mais l’homme qui la tenait la retint.

— Ça va m’selle ? Vous avez rien ?

Isla lui lança un regard choquée et s’éloigna vivement.

— Que vous a-t-il pris ?
— Vous avez failli vous faire écraser par le cheval ! rétorqua-t-il en le montrant d’un coup de tête.

Isla suivit le regard de l’homme. Un cheval s’éloignait à une allure assez vive obligeant les passants à faire de brusques écarts.

— Mer… Merci Mr, bredouilla-t-elle gênée.
— Z’êtes sûre que ça va ? Vous êtes toute pâle ! Robert ! Un verre d’eau, s’il te plaît ! s’exclama-t-il.

Isla se laissa guider par l’eau vers un tonneau sur lequel il la fit asseoir.

— Miss Smith ! s’exclama une voix qu’elle connaissait.

Isla releva la tête et ne put s’empêcher de rougir légèrement voyant le grand gaillard roux qu’elle avait rencontré quelques jours plus tôt.

— Votre verre, ajouta-t-il en lui tendant.
— Merci, Mr Hitchens, répliqua-t-elle en le prenant.

Le garçon esquissa un sourire. Tandis que l’homme regardait les deux jeunes gens l’un après l’autre visiblement surpris.

— Je retourne m’occuper de la jument de Mrs Peterson. Ne traîne pas trop ! lança-t-il avant de s’éloigner.

— Vous êtes venue faire le marché alors, remarqua Robert après plusieurs secondes de silence gêné.

— Le marché ? questionna Isla.

— Acheter des… des provisions.

— Euh… En effet, je…je… j’avais besoin de tissus, mentit-elle. Vous… Euh… Vous travaillez ici ? demanda-t-elle en regardant l’intérieur de la forge.

— En effet, la forge appartient à ma famille depuis six générations, répondit-il fièrement.

— C’était donc…

— Mon père, oui. Je vais devoir… Euh retourner travailler. Je… Ça a été un plaisir de vous revoir.

— Je… Merci pour le verre d’eau, répliqua-t-elle.

— Il n’y pas de quoi, déclara-t-il en commençant à se diriger vers la forge.

Il fit à peine deux pas avant de revenir vers la jeune fille.

— Je… Pardonnez-moi si… si je vous parais cavalier. Je… J’aimerais connaître votre prénom.

Isla le regarda quelques secondes en silence se demandant ce qu’elle allait répondre. Devait-elle mentir ?

— Lucretia. Je m’appelle Lucretia, répondit-elle préférant donner son deuxième prénom.

— Lucretia, répéta le garçon en souriant. Je… Je… Au plaisir de vous revoir, Miss Lucretia, souffla-t-il avant de s’éloigner de nouveau.

Isla le suivit du regard alors qu’il se dirigeait vers l’intérieur de la forge. Elle but une gorgée d’eau pour reprendre contenance avant de se demander où elle devait le mettre. Après de nombreuses hésitations, la jeune fille entra à l’intérieur de la forge. Robert Hitchens frappait le fer rougi avec force. Elle l’observa quelques secondes songeuse.

— Vous désirez autre chose, Miss Smith ? questionna la voix de Mr Hitchens

La jeune fille ne put s’empêcher de sursauter tandis que ses joues prenaient une légère couleur rosée.

— Je venais juste vous rendre votre… votre verre, répondit-elle en reprenant contenance.

— Je vois, déclara l’homme en prenant le verre qu’elle lui tentait.

— Je… Je vous remercie pour tout.

— Pas de quoi, Miss Smith, rétorqua-t-il bourru.

Isla lui fit un sourire crispé. Elle le salua poliment avant de partir. Il fallait vite qu’elle rentre au Manoir avant que ses parents ne se rendent compte son absence. Elle marcha d’un pas rapide sur la route ressassant ce qu’il venait de se passer. Elle avait été dans un village moldu. Elle avait failli se faire écraser par un cheval et surtout elle avait donné son deuxième prénom à un Moldu. La jeune fille était mortifiée par ce qu’elle venait de faire. Si ses parents l’apprenaient… Elle secoua la tête. Elle ne préférait pas imaginer ce qu’ils pourraient lui faire. Toutefois malgré ce sentiment de peur, elle ressentait au plus profond d’elle-même comme de la satisfaction. Elle s’était posée de nombreuses questions sur eux ces derniers temps et sa petite escapade lui avait permis de répondre à certaines d’entre elles. Elle rentra dans la propriété Black en montant par-dessus le mur et regagna le Manoir.

L’un des elfes de la famille se précipita vers elle pour l’aider à retirer sa cape.

— Madame vous attend dans le salon, Miss Isla, déclara-t-il respectueusement.

La jeune fille se dirigea vers la pièce répétant mentalement le mensonge qu’elle avait préparé avant son escapade. La porte du salon était entrouverte. Isla comprit rapidement que sa mère n’était pas seule. Sans doute, avait-elle invité une amie à prendre le thé ?

Lorsqu’Isla pénétra dans la pièce, tous les regards se tournèrent vers elle. Elle reconnut Harfang Londubat et sa mère. Harfang se leva en signe de politesse. Isla fit une légère révérence pour les saluer.

— Voudriez-vous du thé, Isy ? questionna sa mère.

— Oui, répondit-elle en s’asseyant à la gauche de Iona Black. Merci Mère, ajouta Isla lorsqu’elle l’eut servi.

— Iona nous expliquait que vous vous promeniez souvent dans le parc, déclara Mrs Londubat.

— Il est vrai que je passe beaucoup de temps à l’extérieur, répondit la jeune fille timidement.

— L’appel du grand air, sans doute, intervint Harfang en souriant.

Isla répondit à son sourire du mieux qu’elle put. Ils discutèrent par la suite des nouvelles lois en faveur des Nés-Moldus et Moldus. Mrs Black déplora que cela demande beaucoup de travail à son mari qui passait de plus en plus de temps au Ministère. Chacun y alla de son petit commentaire, faisait remarquer que les Moldus ne méritaient pas qu’on prenne la peine de s’intéresser à eux. Après tout, les sorciers pouvaient faire des choses que les Moldus ne savaient pas et ne sauraient jamais faire ; ceci suffisait à prouver que ces derniers leur étaient inférieurs.

— Vous êtes bien silencieuse, ma chère Isla, remarqua Harfang. Le sujet vous ennuierait-il ?

— Je vous écoutais, répondit-elle poliment. Et je trouve que… que vous avez parfaitement raison les Moldus ne méritent en aucun cas que l’on s’intéresse à eux.

Les deux femmes approuvèrent d’un hochement de tête tandis que le sourire de Harfang s’élargissait.

— Et puis, tout le monde sait que les Sang-de-Bourbe ont volé leurs pouvoirs aux Cracmols, ajouta-t-elle se voulant sûre d’elle.

— Quand je pense à toutes ces familles dévastées à cause de ces Sang-de-Bourbe, je suis… commença Mrs Londubat avant de sortir son mouchoir. Ne se rendent-ils pas compte du mal qu’ils font ?

Elle s’essuya les yeux avec le coin de son mouchoir avant de le ranger. La conversation continua sur le statut du Sang avant qu’Elladora ne rentre. Mrs Londubat prit congé peu de temps après.

Après le dîner, Elladora et Isla se retrouvèrent dans la chambre de cette dernière pour discuter. Elladora raconta à sa sœur les moindres détails de sa journée et lui offrit même un collier en argent que la plus jeune s’empressa de mettre.



oOoOoOo


La loi de tolérance vis-à-vis des Moldus étaient passées au parlement sorcier avec très peu d’avance. Un département de contrôle de l’artisanat avait par conséquent vu le jour et comptait en tout et pour tout trois membres dont deux Nés-Moldus.

Isla était allée acheter ses fournitures avec sa sœur dès les premiers jours du mois d’août. En voyant les gens se presser dans l’allée pavée, Isla n’avait pu s’empêcher de songer au village Moldu et à comment l’avait appelé Robert… son marché. Cette petite sorti avait permis à Isla de noter des points communs entre les sociétés sorcière et moldue. Toutefois, la jeune fille n’avait pas revu Robert Hitchens depuis et se demandait même si le fait de le revoir était une bonne idée.

Isla se dirigea vers les écuries de la propriété. Ce jour-là, les hypogriffes avaient été lâchés dans un pré adjacent aux écuries. Morgana, son hypogriffe, vient vers elle en trottinant. Isla fit une légère courbette à laquelle Morgana répondit. La jeune fille commença à la câliner.

— A ton avis Morgana, je vais le revoir ou pas ? murmura-t-elle pensive.

Morgana se contenta de fermer les yeux et d’appuyer plus fort sa tête contre le ventre d’Isla.

— Tu ne m’aides pas beaucoup, Morgana, répliqua Isla en riant.

Tout en caressant son hypogriffe, la jeune fille repensa son récent intérêt pour les moldus. Devait-elle continuer sur ce chemin au risque de s’y brûler les ailes ? Elle soupira bruyamment. L’image de Robert Hitchens en train de frapper sur du fer rougi lui revint à l’esprit. Lorsqu’elle l’avait vu faire, elle n’avait pas compris à quoi cela servait mais elle avait trouvé son activité extrêmement intéressante. Isla essaya d’occulter le fait qu’elle avait trouvé le Moldu particulièrement attirant. Un Moldu ne pouvait être attirant ! Mais il pouvait lui apprendre des choses sur son monde.

— Tu es une brave fille Morgana, souffla-t-elle en lui grattant le cou. A plus tard, ajouta-t-elle avant de partir vers le mur.

La jeune fille jeta un coup d’œil de l’autre côté mais ne vit personne. Les alentours de l’étang étaient déserts. Elle décida de s’installer dans l’herbe pour attendre. Elle sortit son livre de métamorphose et lut pour tromper l’attente. Personne ne vint ce jour-là. La jeune fille retenta l’expérience plusieurs fois. Le troisième jour, elle entendit du bruit de l’autre côté du mur. Elle rangea le livre qu’elle lisait dans son sac.

— Bonjour Miss Lucretia, déclara Robert Hitchens.

Elle releva la tête et sourit au jeune homme. Ce dernier avait passé la sienne par-dessus le mur.

— Bonjour Mr Hitchens, répondit-elle en se levant.

La jeune fille escalada le mur pour se retrouver côté moldu. Elle jeta un coup d’œil à l’attirail qu’avait ramené le garçon. Lui se dirigea vers l’étang et s’installa près de son bord. Il récupéra quelque chose dans le seau. Isla se rapprocha pour voir ce qu’il faisait de plus près. Elle ne put réprimer une grimace en le voyant planter un asticot dans une tige de fer. Toutefois, elle se reprit en songeant que les sorciers eux-mêmes utilisaient des choses peu ragoûtantes dans leurs potions.

Robert l’invita à s’asseoir à côté de lui.

— Vous avez déjà pêché ? questionna-t-il en faisant tremper la tige de métal dans l’eau.

Isla observa l’objet qu’il tenait entre les mains. Un manche à balai auquel était accrochée une ficelle avec à son extrémité la tige recourbée comme un crochet.

— Vous voulez essayer ? demanda le garçon.

—Essayer quoi ?

— Bah… De pêcher ! Ma belle-mère serait contente si je lui ramenais un poisson.

— Ça sert à attraper les poissons ? interrogea Isla intriguée

La jeune fille rougit légèrement en se rendant compte qu’elle passait sans doute pour une inculte aux yeux du jeune Moldu. Mais celui-ci se contenta de lui faire un sourire indulgent avant de lui expliquer le fonctionnement de ce qu’il appelait une canne à pêche.

— Comme c’est ingénieux ! s’exclama Isla enthousiaste.

Robert sourit plus largement tandis qu’Isla examinait la canne avec attention. La jeune fille ne s’était, en effet, jamais demandée comment les aliments arrivaient dans son assiette et tout ceci lui apparaissait comme révolutionnaire pour des gens sans pouvoir magique. Elle capta le regard de Robert et rosit. Elle lui rendit sa canne à pêche timidement.

— Je suis désolée. Je ne voulais pas paraître… Pardonnez-moi !

— Ce n’est pas grave, répliqua le jeune garçon en souriant. C’est la première fois que vous voyez une canne à pêche ?

— Je dois avouer que oui, répondit la jeune fille gênée.

— Je… Ouh ! Je crois que j’ai attrapé quelque chose, déclara-t-il en sortant une belle carpe de l’eau.

Isla le regarda retirer l’hameçon, comme il l’appelait, de la bouche du poisson. Il déposa ensuite ce dernier au fond du seau.

— Je ne vous propose pas de mettre l’asticot, plaisanta-t-il en attrapant un.

Il l’installa sur l’hameçon qu’il mit ensuite dans l’eau.

— Il y a beaucoup de poissons dans cet étang ? questionna la jeune fille.

— On y pêche rarement donc je pense qu’ils ont pu proliférer en toute tranquillité.

— Et quand avez-vous découvert l’étang, en fait ?

— Il y a un mois ou deux. Et sinon… Que faites-vous chez les Black ? Je veux dire comme travail, explicita-t-il. Sans vouloir être indiscret bien entendu, ajouta-t-il, les joues rosies.

Isla esquissa un sourire en songeant qu’il finissait toutes ses questions par ce genre de phrases polies. Elle songea à son ancienne préceptrice, Miss Prince et décida une nouvelle fois de mentir.

— Je suis la préceptrice des enfants Black, déclara-t-elle en souriant.

— Et vous travaillez pour eux depuis longtemps ?

— Un an, tout au plus, répondit-elle en souriant.

Bien qu’elle fasse un peu plus vieille de son âge, la jeune fille ne voyait pas l’intérêt de risquer que son mensonge soit découvert.

— Et vous ! Depuis combien de temps travaillez-vous avec votre père ?

— Activement depuis quatre ans avant je l’aidais juste de temps en temps, répondit-il en souriant.

— Et en quoi consiste votre métier exactement ? demanda-t-elle curieuse.

— En fait, la plus grosse partie consiste à ferrer les chevaux mais il nous arrive de ne faire simplement que du travail de forge.

Isla fit mine de savoir de quoi il parlait bien qu’elle est seulement compris que comme les gobelins, il forgeait certains objets.

— Cela doit être intéressant comme métier, déclara-t-elle.

La jeune fille espérait, en effet, qu’ainsi il s’étende plus sur ce qu’était son métier. Elle fut donc ravie de l’entendre parler avec une passion non dissimulée de son métier. Isla l’écouta avec attention.

— Je dois vous ennuyer avec tout ça, lâcha finalement Robert.

— Oh non ! Pas du tout ! Vous semblez vraiment aimer votre métier.

— On a ça dans le sang, se contenta-t-il de répondre.

Les deux jeunes gens discutèrent de choses et d’autres jusqu’à ce que Robert ne jette un regard au ciel.

— Il commence à se faire tard, déclara-t-il. Vous devriez rentrer où vos employeurs vont se demander où vous êtes, ajouta-t-il en se levant.

— Vous avez raison, répliqua-t-elle en l’imitant. Je… Au revoir, Ro… Mr Hitchens.

— Vous pouvez m’appeler Robert si vous le désirez, Miss Lucretia, rétorqua-t-il en lui souriant.

Isla se contenta de répondre à son sourire avant de se diriger vers le mur.

— Attendez ! Je vais vous aider, lança-t-il. Je vous fais la courte échelle, dit-il en se mettant en place. Vous mettez votre pied dans mes mains et je vous monte, expliqua-t-il.

Isla le fit rougir violemment sans qu’elle ne sache pourquoi. Elle fit comme il lui disait et se hissa avec son aide en haut du mur. Elle jeta un coup d’œil dans la direction de Robert qui repartait vers ses affaires. La jeune fille se mordilla la lèvre inférieure réfléchissant à toute vitesse.

— Robert ! appela-t-elle.

Le jeune garçon se retourna presque instantanément.

— Jeudi après-midi ?

— Jeudi après-midi, répliqua-t-il.

La jeune fille sourit au garçon avant de descendre du côté de la propriété Black.

C’est ainsi que commencèrent les rencontres secrètes d’Isla Black et de Robert Hitchens.

Note de fin de chapitre :

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