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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Jusqu'à ce que le manège sans neige par Bloo

[17 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Les personnages appartiennent à J.K Rowling..
Note de chapitre:

Bon. Autant vous le dire tout de suite, j'ai été très inspiré pour ce texte, j'ai eu tout plein d'idées, mais je ne sais pas, je trouve le rendu... bizarre. En fait, c'est la première fois que je fais un OS de ce genre, qui s'étale sur quand même près d'un an, mais surtout, c'est -presque- la première fois que j'écris sur Harry/Ginny. Pourtant, c'est un couple que j'adore. Pour moi, c'est même THE couple. Mais je ne sais pas, je n'ai pratiquement jamais écrit sur eux alors j'ai peur de les avoir gâché, d'avoir raté Ginny ou raté Harry, bref, rien de très réjouissant.

L'idée était dans ma tête depuis un petit moment, mais j'ai finalement écrit cet OS aujourd'hui, parce qu'il neige beaucoup, beaucoup, beaucoup en Normandie, et que regarder la neige tomber à travers la fenêtre m'inspire beaucoup.

Bonne lecture !

Ce n’est jamais facile, les lendemains de guerre. Ça l’est encore moins, quand la guerre en question nous a arraché des proches. Pour Ginny Weasley, ces lendemains de guerre ressemblaient donc à tout, sauf à quelque chose de festif.

Quand Ginny s’imaginait sa vie future, il n’y avait toujours eu place que pour le bonheur. Elle se voyait épanouie, avec de bons résultats aux examens qui lui permettraient d’obtenir un travail intéressant, avec des amis qui l’apprécieraient depuis le premier jour et un mari qui l’aimerait, avec lequel elle aurait des enfants qu’elle verrait grandir et s’épanouir à leur tour. Des rêves de petite fille, des rêves rangés dans un tiroir à la fin de sa première année à Poudlard. Des rêves qui depuis, n’étaient plus ressortis de ce tiroir. Les rêves, quand y’a la guerre, à quoi bon. Ça ne sert qu’à se rassurer, à faire comme s’il n’y avait aucun risque de mourir le lendemain. Et se rassurer, Ginny n’en avait pas besoin.

Elle était forte.

Elle était forte avant.

Avant la fin de la guerre.

Elle était forte Ginny. Elle avait fait partie de ces élèves qui refusaient de se soumettre, de ces élèves qui refusaient le mal-être. Oui mais voilà, la guerre était finie, et Ginny ne savait plus quoi faire. Depuis son plus jeune âge, elle avait appris à résister. Résister contre six grands frères qui prenaient beaucoup de place à la maison de par leurs nombreux talents. Résister contre les souvenirs de sa première année avec lesquels bien d’autres jeunes de son âge n’auraient jamais pu vivre. Résister contre un amour qui faisait d’elle une petite fille timide. Résister contre la menace croissante d’un retour de Lord Voldemort auquel ses parents avaient toujours cru, n’adhérant pas à la théorie de sa mort. Résister contre des idéaux racistes et qui pourtant faisaient leur chemin dans la société sorcière. Résister contre les Mangemorts. Résister contre le mal. Résister contre Voldemort. Elle avait tout fait. A seize ans, Ginny avait davantage résisté que certains adultes parmi les plus aguerris. Mais vivre simplement sa vie sans avoir à se battre contre des armées plus puissantes, Ginny n’avait jamais fait. Et Ginny ne savait pas comment faire.

Ce matin-là, l’été touchait à sa fin. Ginny était assise en tailleur sur son lit quand Harry entra dans la pièce.

-J’y retourne, lui dit-il simplement.

Malgré elle, elle laissa échapper un soupir de soulagement. Depuis la chute de Voldemort, Harry n’était plus le même. Et ne le serait probablement jamais plus. Lui et Ginny avaient passé l’été au Terrier, s’évitant sans arrêt. Lui rongé par le poids de sa culpabilité et les souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres qui l’assaillaient. Elle tentant de faire le deuil d’un frère tout en passant ses journées aux côtés d’une mère effondrée et d’un autre frère brisé.

Dehors, tout allait pour le mieux. Le monde magique se reconstruisait. Les gens retrouvaient l’espoir, le bonheur. Et ici, au Terrier, on se détruisait.

-Tu refais une septième année ? demanda-t-elle sans lever les yeux vers lui.

-Je fais une septième année plutôt.

-Alors on sera ensemble.

Il leva vers elle des yeux étonnés. C’était la première fois que leur regard se croisait depuis plusieurs jours. Ils furent si surpris, presque effrayés, par ce contact, qu’ils le détournèrent immédiatement.

-J’ai travaillé tout l’été, expliqua-t-elle en regardant par la fenêtre. J’ai passé les examens de fin de sixième année en candidat libre il y a quelques jours, comme beaucoup d’autres élèves. Je passe en septième année. On sera ensemble.

-On sera ensemble.

 

*

**

 

-C’était un beau match, hein ? lança Lavande d’un ton enthousiaste.

Ginny esquissa un petit sourire. Elle n’était pas peu fière de ce qu’elle avait accompli sur le terrain de Quidditch. Elle avait marqué à elle seule plus de la moitié des points de son équipe. Décidée à profiter de la soirée, sa soirée, elle attrapa un verre d’alcool que lui tendait Seamus et le vida d’une traite. Ce n’était même pas pour le plaisir de boire. Juste pour avoir ce sentiment de légèreté qui l’avait quitté depuis longtemps. Au bout de plusieurs heures, elle eut l’impression d’avoir retrouvé quelqu’un qu’elle aurait égaré longtemps auparavant. Une Ginny insouciante et pleine de joie de vivre.

Mais à peine la pensée de cette Ginny l’eut-elle effleurée qu’elle se sentit emplie d’une grande mélancolie. Lentement, elle se dirigea vers le dortoir des filles et s’arrêta en chemin dans les escaliers, pour appuyer sa tête contre la fenêtre glacée.

-Ginny, tu ne saurais pas où est Harry ? lui demanda Lavande.

-Dans son dortoir, probablement. Il était fatigué.

-Je crois que nous sommes tous fatigués.

Ginny jeta un regard en biais à Lavande. La jeune fille était plus belle que jamais. Pas qu’elle ait l’air particulièrement heureuse, non, au contraire. Elle n’était revenue à Poudlard que depuis deux semaines. Les blessures que lui avaient infligées Greyback l’avaient maintenues à Sainte-Mangouste tout ce temps. Par pudeur, Ginny n’avait osé lui en parler. Elle savait juste que Lavande avait été mordu au niveau du ventre et que Greyback commençait à s’attaquer à son cou quand Hermione l’avait assommé. Et pourtant, Lavande était belle. Elle était belle, avec son visage plus pâle que jamais, ses lèvres roses toujours étirées en un petit sourire, ses yeux surtout. Ses yeux, son regard, ce regard à la fois si heureux et si triste, qui illustrait parfaitement le paradoxe dans lequel vivait Lavande. Elle était finalement guérie, avait retrouvé Poudlard, sortait avec Seamus, avait retrouvé Parvati. Mais, parce qu’avec les guerres il y avait toujours un mais, elle avait appris à son réveil à Sainte-Mangouste, alors que la guerre était terminée depuis un mois et demi déjà, que ses parents avaient été assassiné la veille de la bataille de Poudlard, alors qu’elle était cachée dans la Salle sur Demande.

Depuis, Lavande était comme ça. Magnifique, splendide même, comme si la guerre l’avait embelli. Magnifique dans sa mélancolie.

-Vous êtes ensemble ou pas ? finit par demander Lavande.

-Qui ça ? demanda Ginny en cessant de dévisager sa camarade.

-Toi et Harry.

-Je ne sais pas.

-En général, c’est le genre de choses que l’on sait.

-Depuis la fin de la guerre, « en général », ça ne veut plus dire grand-chose.

-Je sais.

Elles se dévisagèrent un instant, rien qu’un instant. Le temps pour chacune de plonger son regard dévasté dans celui de l’autre.

-Harry reviendra, tu sais, lui dit alors Lavande.

Et tandis que Lavande redescendait vers la salle commune où la fête battait toujours son plein, Ginny laissait les larmes silencieuses couler doucement le long de ses joues. Elle ne savait guère pourquoi elle pleurait. Peut-être parce que Fred était mort, peut-être parce qu’Harry était si différent, si absent, peut-être parce que la vie n’était plus ce qu’elle était. Peut-être parce qu’elle n’avait pas pu dire à Lavande que ses parents reviendraient, alors que s’il n’y avait pas eu la guerre, elle aurait pu le lui dire.

 

*

**

 

-Les gars, je vous ai dit que je voulais dormir, grommela Harry.

-Ça tombe bien, moi tu ne m’as rien dit.

Harry se redressa. Devant lui, il y avait Ginny. Elle donnait l’impression qu’elle venait juste de sortir du lit, ses longs cheveux roux emmêlés retombant sur sa poitrine simplement couverte d’un t-shirt trop long pour elle. Ses longues jambes fines étaient nues. Ses yeux, fatigués, cernés. Mais c’était Ginny, là, juste devant Harry.

Alors Harry sourit. Et il eut même un peu mal, parce que cela faisait longtemps que ses lèvres n’avaient pas fait cet effort.

-Que me vaut cette visite ? demanda-t-il en se redressant.

-J’avais besoin de parler.

-Parle, alors.

-Mais je ne sais pas quoi dire.

Le silence emplit la pièce quelques minutes. Il n’était pas gênant, pourtant. Pour qu’il soit gênant, il aurait fallu qu’il soit inhabituel. Or, les silences, ils étaient tout sauf inhabituels entre Harry et Ginny ces derniers temps.

-Tu as des nouvelles de Ron et Hermione ? demanda Ginny.

-Oui. Ces deux-là, s’ils ne finissent pas mariés… Ron aide toujours George. Et Hermione, tu la connais, elle bosse comme une dingue au Ministère. A ce rythme-là, elle sera Ministre dans quelques années.

-Ils s’aiment, ces deux-là, hein ?

-Oui, bien sûr.

-Et nous, on s’aime ?

Ginny s’était brusquement tournée vers Harry, l’empêchant de répondre trop rapidement. Elle voulait qu’il réfléchisse. Elle voulait qu’il se pose de vraies questions, qu’il s’interroge vraiment, une fois, rien qu’une fois.

-Mais bien sûr qu’on s’aime.

-Prouve-le-moi.

Comme il ne réagit pas, Ginny franchit les quelques centimètres qui les séparaient encore et plaqua ses lèvres contre les siennes. Elle tenta de lui montrer, à travers ce baiser, que rien n’avait changé. Mais au fond d’elle-même, elle savait bien qu’elle mentait. Ce baiser, il n’avait absolument rien à voir avec ceux qu’ils avaient échangé jusqu’à présent. C’était un baiser fade, un baiser sans goût, un baiser sans vie.

-Tu vois Harry, dit-elle en se relevant et en s’éloignant, les larmes aux yeux. Moi je ne suis pas certaine que l’on s’aime encore.

 

*

**

 

Quand ils revinrent pour Noël, le Terrier semblait avoir retrouvé un peu de sa chaleur. Pourtant, leurs cœurs à eux, ils étaient plus las que jamais. Alors que chaque jour, le monde sorcier se remettait et pansait ses plaies, Ginny et Harry eux, se laissaient lentement sombrer.

Même Molly semblait aller mieux. Un matin, elle proposa à Harry et Ginny, restés seuls au Terrier tandis que tous les autres sortaient, faisaient quelque chose, d’aller se promener un peu à Londres. Ils n’auraient qu’à transplaner. Mais aucun des deux ne bougea. Molly insista. Ils restèrent à leur place. Alors, Molly finit par hausser les épaules et retourna à ses occupations. Elle avait bien senti, que sa fille n’était plus la même qu’avant. Et elle avait été surprise de voir que Ginny, sa courageuse et impulsive Ginny, se laissait abattre de la sorte. Elle commençait même à se demander si c’était vraiment la guerre, si c’était vraiment la mort, qui mettait sa petite fille dans un état pareil.

 

*

**

 

-Ginny, je crois que je vais aller faire un tour en ville.

-Fais comme tu veux, répondit-elle, glaciale.

-J’aimerais que tu viennes avec moi.

-Moi j’aimerais que tout soit comme avant. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

-Viens avec moi.

-Je n’ai pas envie de venir.

-Ça ne sert à rien de rester ici à se morfondre.

Cette fois, ce fut la goutte de trop. Ginny se redressa d’un bond, refermant violemment le livre qu’elle était en train de lire et l’envoyant valser contre un mur. Ses mains étaient parcourues de tremblements et un instant, Harry crut qu’elle allait se jeter sur lui pour l’étrangler.

-Et c’est toi qui me dis ça ? Qu’est-ce que c’est, ça, une petite leçon que tu as apprise par cœur avant de venir me voir ? Ou mieux, quelque chose que Maman t’a chargé de me dire ? Parce que j’espère bien que c’est une plaisanterie. Toi, depuis la fin, depuis que l’on a gagné, tu… tu… toi, tu n’as rien à me dire ! Parce que depuis que c’est fini, TOUT EST FINI ! Y’A PLUS RIEN, Y’A PLUS RIEN ! hurla Ginny comme une démente.

-Ginny, s’il te plait, est-ce que…

-NE ME DEMANDE RIEN ! s’écria-t-elle. RIEN DU TOUT !

-Ginny…

-JE T’AI DIT DE NE…

Sa phrase resta en suspens, le reste de ses mots se perdirent. Cette fois, c’étaient les lèvres d’Harry, un peu plus chaudes que la dernière fois, qui s’étaient collées aux siennes. Et si ce baiser était encore loin de ressembler à tous ceux qu’ils avaient pu partager, il avait déjà meilleur goût que le précédent.

-D’accord, murmura-t-elle quand Harry se fut éloigné de quelques pas.

L’instant d’après, ils se retrouvèrent dans un endroit familier. Ou du moins, que Ginny trouvait familier, sans vraiment savoir pourquoi. Elle n’avait pas l’impression d’être déjà venue dans ce square. Il était assez grand, il y avait même en son centre quelques manèges recouverts de neige. Peut-être la raison pour laquelle elle ne reconnaissait pas l’endroit.

-Harry… où sommes-nous ?

-Près d’un endroit qui compte beaucoup pour moi. Et qui a compté pour toi.

Ginny leva les yeux, promena son regard sur les maisons alentours. C’est alors que les souvenirs l’assaillirent et qu’elle reconnut le square dans lequel elle se trouvait. Elle eut une étrange sensation au niveau de son cœur, comme s’il ne battait plus vraiment. Mais il finit par repartir, une fois la surprise passée.

-Je ne savais pas que tu allais toujours au square Grimmaurd, murmura Ginny.

-Parce que je n’y suis plus retourné depuis… des mois.

-Des mois, des années tu veux dire.

-Non, des mois.

Ginny haussa un sourcil, ce qui lui donna un air interrogateur.

-Tu ne m’as jamais vraiment raconté ce qu’il s’était passé pendant tout ce temps. Enfin, tu m’as expliqué les Horcruxes. Mais du reste tu ne m’as jamais rien dit.

Harry haussa légèrement les épaules, sans regarder Ginny dans les yeux. Il attrapa délicatement sa main et la mena vers le centre du square, là où devant une maison qui avait appartenu à des sorciers conservateurs aux idéaux racistes, jouaient des petits enfants Moldus dans des manèges électriques.

-Tu sais, je n’ai pas encore réussi à mettre des mots dessus, finit-il par dire, l’air plus coupable que jamais.

-Et bien il serait peut-être temps, dit Ginny d’un ton dur en lâchant sa main.

Les cris de joie des enfants agissaient sur elle comme un électrochoc. Il y avait dans le monde encore du bonheur, encore des gens qui parvenaient à être heureux. Ça aurait dû lui sauter aux yeux, pourtant. Ça aurait dû lui sauter aux yeux depuis un long moment déjà. Parce qu’elle était Ginny Weasley. Parce qu’elle était destinée à être une battante, dès sa naissance. Parce qu’elle devait être forte et parce qu’elle l’avait toujours été.

Sauf ces derniers mois.

-Regarde ces manèges, qui s’enneigent, dit-elle avec ce même ton dur. Regarde-les. Ils sont comme nous. De la neige tombe sur eux, atteint même leur cœur. Comme elle atteint les nôtres. Comme elle atteint le tien. Et…

Harry la regarda, attendant la sentence. Il savait, il avait senti tellement fort dans sa manière d’agir, que ce jour serait un tournent dans leur relation.

-Et c’est l’hiver, toujours. Avec toi, c’est toujours l’hiver, lâcha-t-elle enfin. Mais moi, je suis une fille de l’été. Alors l’hiver… je n’en veux pas.

Elle avait déjà lâché sa main quelques instants auparavant. Si elle ne l’avait pas fait, lui l’aurait fait alors qu’elle lui annonçait, sans vraiment le dire clairement, que ce qu’il y avait entre eux était désormais terminé.

La première fois qu’ils avaient rompu, c’était lui qui avait prononcé les mots. La deuxième fois, c’était donc logiquement à son tour. Et étonnement, Harry n’eut pas envie de pleurer. Pourtant, quand il avait tenté de comprendre la douleur de Ginny, quand mille et une fois il avait essayé de se mettre à sa place, il était toujours parvenu à la conclusion que lui aurait très mal vécu une rupture. Et pourtant, à cet instant, cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Comme à peu près tout. Parce qu’avoir des sentiments, ressentir, vivre, c’était quelque chose qu’il ne faisait plus. Quelque chose qui ne pouvait pas revenir comme ça, en quelques secondes.

 

*

**

 

-Lavande, pourquoi t’es si belle ? demanda Ginny un soir de février.

La salle commune des Gryffondor était alors pratiquement vide. Seuls restaient un élève de septième année penché sur un devoir de Potions, et Lavande et Ginny assises sur le canapé le plus près du feu.

-Toi, tu me demandes ça ? dit Lavande en lui souriant.

-Oui. T’as jamais été aussi belle. Moi, j’ai jamais été aussi transparente.

-Ma mère disait toujours que l’on n’est jamais aussi beau que lorsque l’on est en couple. Parce qu’on est alors tellement heureux qu’on rayonne, et qu’on renvoie aux autres une image de nous plus belle que la réalité.

Le silence s’installa, troublé uniquement par les crépitements du feu et le grattement de la plume de l’élève sur son parchemin.

-Je suppose donc que toi et Harry, c’est terminé.

-Tu supposes bien.

-Depuis quand ?

-Depuis Noël. A peu près.

-Je n’en étais pas vraiment sûre.

-On n’allait pas non plus faire un communiqué officiel.

-C’est toi qui a rompu.

-Oui.

-Ce n’était pas une question. Ça j’en étais sûre.

-Pourquoi ?

-Parce que ça se voyait. Que tu allais finir par exploser, à un moment ou à un autre. Je veux dire… tu es Ginny. Tu es la fille qui a fait partie des chefs de la Résistance à Poudlard l’année dernière. Beaucoup de gens en parlaient, tu sais.

-Ils parlaient de quoi ?

-De toi et Harry. Presque tout le monde s’étonnait. Parce que t’es Ginny Weasley, et que Ginny Weasley ne se laisse pas abattre.

Ginny ne dit rien.

-Tu sais, il y en a même que ça inquiétait. Parce que, si même Ginny Weasley ne voyait aucune raison de continuer à vivre, alors qui allait le faire ? Mais finalement, ils ont réussi. Toi aussi tu aurais réussi je pense. Mais il y avait Harry.

-Il y a toujours Harry, rectifia Ginny.

-Oui, parce que tu l’aimes encore. Mais le Harry d’en ce moment, il…

-Il ?

-Il ne te convient pas.

Les grattements de la plume avaient cessé. Quand Ginny jeta un rapide coup d’œil derrière elle, elle vit que l’élève de septième année avait à son tour rejoint son dortoir. Elle se retourna vers Lavande. Elle constata alors, avec un mélange de surprise et d’attendrissement, que bercée par le rythme des flammes Lavande s’était endormie.

 

*

**

 

-Ginny, c’est une lettre de ta mère. Je ne sais pas pourquoi, ton hibou attendait à une fenêtre de la salle commune ce matin.

Ginny attrapa la lettre que lui tendait Harry, légèrement anxieuse. Pourquoi donc le hibou n’avait-il pas simplement attendu l’heure du déjeuner ?

-Tu veux que je m’en aille ? demanda Harry.

-Non, reste. Si c’est une mauvaise nouvelle, je préfère que tu sois là.

-Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?

-Ça veut dire que tu es important.

Harry acquiesça et, sans rien ajouter d’autre, s’assit en silence aux côtés de Ginny. Il la regarda décacheter puis ouvrir la lettre, anxieuse. Lui aussi l’était, un peu. A Poudlard, il avait trop rarement reçu des lettres pour pouvoir les considérer comme de simples nouvelles que l’on s’envoie régulièrement. Il s’attendait presque à voir les traits du visage de Ginny se décomposer et les larmes perler aux coins de ses yeux. Mais ce fut un tout autre spectacle qui s’offrit à lui. Celui d’une Ginny souriante comme jamais.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-il, enthousiaste à l’idée d’être mis au courant d’un évènement heureux.

-C’est Percy. Il va se marier.

-Avec qui ?

-Une certaine Audrey, une collègue du Ministère. Je sais, on ne l’a jamais vu mais…

-C’est super ! Vraiment, ajouta Harry avec un sourire.

Ginny leva alors les yeux vers Harry et pour la première fois depuis leur rupture, plongea ses yeux dans les siens. Ils étaient toujours aussi beaux qu’avant, ces yeux qui lui avaient inspirés un poème lors de sa première année. Si beaux qu’elle resta un moment figée en les contemplant, en oubliant complètement le monde autour d’elle. Il fallut qu’un élève bouscule sans le faire exprès le fauteuil sur lequel elle était assise pour qu’elle reprenne contact avec la réalité.

-Je… je vais aller lui répondre, dit Ginny, troublée.

Mais tandis qu’elle se dirigeait vers l’escalier menant au dortoir des filles, elle ne put s’empêcher de repenser à Harry, et à ce qu’elle lui avait dit une nuit d’hiver, devant les manèges du Square Grimmaurd.

-Tu sais Harry ! s’exclama-t-elle. Je… l’hiver, moi, ce n’est pas mon truc. Mais, le printemps. Le printemps, j’aime bien.

Et elle courut vers son dortoir, les joues rouges, se demandant ce qu’il lui avait pris de prononcer des paroles aussi stupides.

 

*

**

 

Un an. Un an jour pour jour que la grande bataille de Poudlard s’était déroulée ici-même. Un an qu’une cinquantaine de personnes étaient mortes, tombées pour la liberté. Un an que Ginny avait perdu un frère, avait perdu un ami, avait perdu des proches. Un an qu’elle tâchait de faire du mieux qu’elle pouvait.

-Tu es prête ? lui demanda Parvati.

-Oui, je crois, murmura Ginny en se regardant dans le miroir. Lavande ?

-C’est bon, lança cette dernière en sortant de la salle de bain.

Les trois filles restèrent un instant face à face, aucune ne sachant ce qu’il convenait de dire. Elles étaient seules dans leur dortoir. Les autres filles étaient déjà parties depuis un moment, soit retrouver des proches venus pour l’occasion, soit moins émues par cette cérémonie puisque l’année précédente, elles n’avaient pas l’âge requis pour combattre.

Le visage de Colin vint hanter Ginny une seconde.

-Au moins… depuis tout ça, on a parcouru du chemin, finit par dire Lavande.

Parvati et Ginny acquiescèrent.

-Peut-être qu’on devrait… comment… Ginny, dis-moi tout ce que j’ai fait depuis la bataille.

-Comment ça ?

-Dis-moi tout ce que j’ai fait, répéta Lavande.

-Et bien… tu… tu as, commença Ginny en hésitant. Tu as passé près d’un mois et demi à Sainte-Mangouste dans un état grave. Et, quand tu t’es réveillée, tu as…

-Continue, dit Lavande sans ciller.

-Quand tu t’es réveillée, tu as appris que tes parents étaient morts quelques jours seulement avant la bataille, voir le jour-même. Mais malgré ça, tu ne t’es pas effondrée. Tu as tout fait pour guérir le plus vite possible et regagner Poudlard. Tu as retrouvé la plupart de tes amis, parce qu’ils ont tous voulu revenir à Poudlard pour que l’année que nous ayons passé avec les Carrow ne soit pas la dernière. A peine une semaine plus tard, tu sortais avec Seamus. A vrai dire, tout le monde n’attendait que ça depuis le milieu de l’année dernière, mais bref. Tu t’es battue tous les jours. Parfois, tu quittais les salles de cours précipitamment pour courir à l’infirmerie, parce que tes blessures te faisaient encore mal. Et puis, par moment, on voyait que t’étais triste, que ça n’allait pas. Mais tu ne t’es pas laissé abattre. Tu as continué à vivre.

Face au silence des deux filles en face d’elle, Ginny précisa :

-Je… je ne sais pas quoi dire d’autre.

-C’était parfait, dit Parvati.

-Je ne comprends pas bien pourquoi tu voulais faire ça, avoua Ginny.

-Et toi Ginny ? dit Lavande en lui souriant. Toi, tu as perdu un frère, et des amis. Tu es retournée au Terrier, et tu as passé l’été à travailler pour passer en septième année, t’évitant ainsi de penser à tout ce qu’il s’était passé. Après, t’as eu des moments difficiles, des coups durs. Mais si tu n’étais pas heureuse, c’était parce qu’Harry n’était pas comme avant. Parce que lui il n’arrivait plus à vivre alors que toi tu aurais pu le faire. Tu as fini par t’en rendre compte et tu as rompu avec lui. Après cela, tout est allé mieux. Tu as repris le contrôle sur ta vie, tu es redevenue presque comme avant. Presque, parce qu’il te manque quand même quelque chose.

-Tu es toujours amoureuse d’Harry, dit Parvati avec un petit sourire.

 

*

**

 

-Salut Harry.

Elle savait bien qu’elle le trouverait ici. Du haut de la tour d’astronomie, la vue sur le parc et ses alentours était tout simplement magnifique. Et surtout, la tour était suffisamment élevée pour que le murmure des conversations du parc n’y parvienne pas. On y était tranquille. Et s’il y avait bien une chose à laquelle Harry avait toujours aspiré, c’était la tranquillité.

Elle s’assit à côté de lui.

-C’était une belle cérémonie, dit-elle en regardant du coin de l’œil le monument qui rendait hommage aux victimes de la bataille.

-Oui.

Une légère brise vint soulever les cheveux roux de Ginny. Harry se tourna vers elle.

-Ça peut paraître stupide de dire ça un jour pareil mais… je suis content.

-Tant que tu as tes raisons, ce n’est pas stupide. Tu me les expliques ?

Harry resta silencieux un instant. Non pas qu’il ne voulait pas partager ses sentiments, son ressenti, avec Ginny. Mais tout simplement, parce qu’il lui avait fallu un an pour mettre des mots sur sa douleur. Alors, exprimer ces mots à l’oral, comme ça, en quelques secondes, ce n’était pas chose facile.

-Je suis content parce que je crois que je suis enfin passé à autre chose. C’est long, un an. Ron et Hermione, par exemple, eux ils ont mis bien moins de temps à se remettre. Pourtant, eux aussi ils ont eu leur lot de choses difficiles à vivre. Mais… j’ai enfin compris que ce n’était pas de ma faute. Tous ces gens qui sont morts… quand McGonagall a cité leur nom, j’ai cru que ça allait être une nouvelle épreuve, que j’allais une nouvelle fois me sentir coupable. Mais là, j’ai juste réalisé que ces gens… ils ne sont pas morts pour moi. Si ça avait été quelqu’un d’autre à ma place, ils l’auraient quand même fait. Parce qu’ils avaient des idées, des convictions, une opinion, parce qu’ils avaient foi en un monde meilleur. Et que moi, je n’étais jamais qu’un… qu’un symbole, et peut-être un espoir aussi, parce qu’il y a eu cette nuit où ma mère s’est sacrifiée et que cette nuit a montré que même Voldemort n’était pas invincible. Alors, tous ces morts... ils ne sont pas morts pour moi. Ils sont morts pour une cause. Et qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir se dire ça.

Pendant qu’il parlait, quelques larmes avaient dévalé ses joues. Pourtant, il avait parlé d’une voix claire, distincte, sans butter sur ses mots. Du bout des doigts, Ginny essuya ces quelques larmes silencieuses qui s’étaient échappées, des larmes un peu étranges, résultat d’un mélange, celui de la tristesse, de la joie, de la nostalgie, du soulagement.

-Je suis désolé pour le début d’année Ginny.

-C’est rien. Tu sais, lui dit Ginny, j’aurais quand même été triste un temps. J’ai toujours, toujours, toujours eu un objectif. Tenir, résister, lutter. J’ai connu la douleur, la tristesse, mais il y avait toujours une lutte à mener, une cause à servir, alors je pouvais penser à autre chose. Mais là, après la bataille, je me suis retrouvée confrontée à ma douleur sans savoir quoi faire. Et ne pas savoir quoi faire n’a fait que m’attrister encore plus. Comme si tout ce que nous avions fait, tout ce pour quoi nous avions combattu, avait été vain. Et puis, j’ai fini par réaliser que oui, il y avait bien un objectif. Reconstruire le monde magique. Bâtir une nouvelle société. Et ça, c’est quand même un sacré boulot non ?

Ils rirent tous les deux aux éclats, leur premier vrai rire commun depuis plus d’un an. Dehors, le soleil brillait de mille feux. Ses rayons venaient se répercuter sur le monument en marbre blanc qui honorait les morts.

 

*

**

 

-Tu m’emmènes où ?

-C’est une surprise.

-On va transplaner ?

-Prépare-toi, oui.

Quand elle ouvrit les yeux, elle ne fut même pas étonnée. Elle l’avait senti, qu’ils allaient revenir ici. Ces derniers temps, on ne cessait de leur faire des sous-entendus plus ou moins subtils sur tous les moments qu’ils passaient ensemble. Sur les regards qu’ils s’échangeaient. Sur les gestes qui ne trompaient personne.

-Dois-je comprendre que tu m’en veux d’avoir rompu ? dit-elle d’un air taquin en regardant les manèges à quelques mètres.

-Oui, c’est un des messages que j’essaye de te faire passer, dit-il sur le même ton.

C’est elle qui lui prit la main.

-Rassure-toi, je ne t’en veux pas, crut bon de préciser Harry.

-Je sais. Tu n’as pas besoin de le préciser.

-Et puis, si ça peut te consoler… moi aussi j’aurais rompu avec moi.

-Parce que vous êtes plusieurs ? s’exclama Ginny d’un air faussement étonné. Et dis-moi, il y en a encore combien d’autres, des Harry Potter ?

-Il n’y en a qu’un seul : celui qui est là avec toi. Parce qu’Harry Potter n’est pas vraiment Harry Potter sans Ginny Weasley à ses côtés.

Quand elle était petite, Ginny s’était toujours imaginée que le plus beau baiser qu’elle échangerait avec un garçon, serait un baiser sous la neige. Parce que la neige, c’est joli, c’est romantique. Mais des années plus tard, Ginny avait l’impression de n’avoir que trop attendu que le printemps refleurisse. Alors, les baisers sous la neige, ce serait pour plus tard. De l’hiver, elle en avait encore bien assez dans son cœur, quand elle repensait à tout ce qu’elle avait vécu, à tous ceux qu’elle avait perdu. Heureusement que dans son cœur, le printemps avait fini par revenir planter ses graines de bonheur. Et Ginny savait, elle sentait tellement fort, que le printemps finirait même par laisser sa place à l’été.

Plusieurs mois auparavant, Ginny et Harry se séparaient dans ce square, devant ce manège enneigé. Aujourd’hui, ils se réconciliaient dans ce square, devant ce manège sans neige.

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu !

Alors, vous en avez pensé quoi ? Vous avez l'impression de retrouver le Harry et la Ginny du roman, vous les trouvez trop dénaturés, ou vous trouvez leur "déprime" réaliste ? N'hésitez pas à me dire tout ce que vous avez pensé dans une petite review, ça fait toujours plaisir ! ;)
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