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Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


En Provence insouciance par Bloo

[19 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Les personnages appartiennent à J.K Rowling.

Ce texte est un cadeau pour Violety. Un peu en retard, je l'avoue, le premier chapitre devait être terminé avant la fin du mois d'Août, mais bon... le 2 septembre, c'est presque le mois d'Août non ?

Pour toutes nos conversations, nos suppositions, nos discussions, ces histoires sur Parvati qui ont (parfois) dérivé sur nos vies, tous ces petits moments de bonheur en lisant tes MP.
Note de chapitre:

Il y aura quatre chapitres en tout et je vous laisse deviner le titre des trois suivants (c'est dur hein ?).

J'ai pas voulu cocher "Tragédie/Drame" en genre, parce que même s'il y en a sûrement un peu, je pense que l'amitié et le bonheur sont au-dessus. Ou en tout cas, c'est ce que j'ai essayé de faire.

Bonne lecture !

Un sourire de connivence et ils avaient ouvert, ensemble, la porte de leur été en Provence : c’était les vacances et ils l’espéraient une nouvelle jouvence, c’était les vacances et, ils l’appelaient, enfin l’insouciance.

Et déjà, il lui semblait que ça faisait des mois, des mois qu’il était là, et peut-être, même, des mois des jours toujours. C’était ce qu’il avait d’abord pensé quand Dobby les avait arrachés à la sombre cave des Malefoy – que chaque endroit désormais lui paraîtrait le paradis s’il se rappelait le manoir maudit. Et la Chaumière aux Coquillages l’avait été, en quelque sorte, elle avait été pour quelques journées suspendues le paradis de Dean et le paradis de Luna, le paradis des oiseaux de mer et des herbes folles qui poussaient entre les dunes. Mais si la Chaumière était le paradis alors il fallait désormais à Dean un mot plus fort pour définir leur maison en Provence.

C’était une immense maison, spacieuse et lumineuse, même bien trop grande pour Dean, Lavande, Parvati et Seamus, quoi que Parvati la moue boudeuse avait vanté un palace plus somptueux encore dans son Inde familiale. Ils avaient ri, tous les trois, avec Lavande et Seamus, moquant la susceptibilité de leur amie, et parce qu’il savait qu’elle n’était qu’un déguisement, trahissant un réel amusement. D’ailleurs, ils étaient si reconnaissants envers Parvati qu’ils s’étaient accordés pour ne pas la taquiner au moins deux heures entières : c’était ses parents à elle qui avaient loué la villa pour l’été, et l’avaient proposé à leurs deux filles, mais Padma avait décliné. Elle avait entamé avec ses camarades de Serdaigle un tour de monde accéléré, et, à cette heure-ci, se trouvait quelque part entre l’île de Madagascar et le Mozambique. Alors le paradis provençal était à Parvati et Dean et Lavande et Seamus ses amis.

Le paradis était à lui, à ses pieds et sous ses yeux émerveillés, mais entre les brins de lavande et les feuilles d’oliviers dansaient des figures plus sombres, hachées. Parfois, Dean croyait se distinguer à travers l’une des imposantes baies vitrées, ou dans les eaux transparentes qui remplissaient la piscine et ses marches romaines, mais il ne parvenait pas à saisir tout à fait ce qui lui semblait davantage une ombre que son reflet. Il ne savait même pas ce qu’il cherchait, exactement, ou plutôt si, il ne le savait que trop bien, mais il se refusait à l’énoncer : il ne voulait pas s’entendre répliquer que Dean qui souriait, Dean qui avait des rêves et des projets, ce Dean-là n’était plus qu’un fantôme.

— Tu penses à quoi, Dean ?

Et il releva la tête, et il se refusa à énoncer ses pensées. Seamus s’était planté devant lui, son éternel sourire aux lèvres, comme s’il n’avait pas été Seamus Finnigan, combattant, comme s’il n’avait pas été Seamus Finnigan, détenteur d’un Ordre de Merlin, première classe, pour avoir formé, avec Neville Londubat, Luna Lovegood et Ginny Weasley, le fer de lance de la résistance à Poudlard, et pour s’être jeté dans la bataille de Poudlard avec flamboyance.

— Je réfléchis à ce qu’on pourrait faire demain, mentit Dean.

— Et ?

— Et quoi ?

— Et tu as trouvé, alors ?

— En fait, non, je n’ai pas d’idée.

— Pour demain, je n’en ai pas non plus, mais je peux te proposer quelque chose de beaucoup plus proche, a alors offert Seamus en adoptant le ton qui était le sien lorsqu’il évoquait une escapade rigoureusement interdite par le règlement.

— Et ça consiste en quoi ? s’enquit un Dean soupçonneux.

Il se souvenait bien de la dernière fois où il avait répondu par l’affirmative à l’une de ces propositions de Seamus : c’était en sixième année, il s’était retrouvé coincé dans un couloir humide entre Miss Teigne et Rusard, au beau milieu de la nuit, et il avait écopé de deux semaines entières de retenue alors que les beaux jours perçaient enfin le triste ciel écossais.

— Tu verras bien ! s’est exclamé Seamus le visage radieux.

Et Dean n’avait pas eu le cœur à faire mourir ce sourire, encore moins à mentir, à prétendre que, face aux mimiques de son meilleur ami, il était capable et d’une quelconque façon de lui dire non. Il adorait Seamus, son honnêteté, son assurance, son exubérance surtout, et cet art qu’il avait de la communiquer à celles et ceux qu’il aimait. Il l’a regardé s’avancer d’un pas décidé vers la piscine, et plonger dans un grand éclat de rire, et faire crier et courir et vivre Parvati dont les lourds cheveux nattés faisaient dans l’eau comme une couronne.

Alors, seulement, Dean se rendit compte qu’il manquait un autre sourire, des boucles blondes sur la terrasse que dissimulaient des arbustes soigneusement taillés. Lavande n’était pas sortie, et depuis qu’ils étaient ici, Dean ne se rappelait pas l’avoir encore vue une fois s’aventurer hors des murs ocres. Il fronça les sourcils, se dirigea à l’intérieur dans le salon et la trouva là, lovée dans le canapé, une citronnade à ses côtés et dans ses mains, un petit livre fin.

— Qu’est-ce que tu lis ? lui demanda Dean en s’enfonçant dans l’épais fauteuil qui faisait face au canapé.

— Je crois que je n’en ai pas la moindre idée, répondit Lavande les lèvres pincées.

— Et pourquoi tu lis ça, alors ?

— Je connais des bribes de français. Et j’ai compris que ça devait parler de guerre, et de résistance, et de courage. Mais ça, c’était juste le résumé, à l’intérieur en vrai, je ne comprends pas un mot sur deux.

L’army dé ombes, déchiffra Dean.

Il la contempla un instant, Lavande qui, d’aussi loin qu’il s’en souvenait, avait toujours été coquette et raffinée. Il se rappelait l’avoir beaucoup moquée à ce sujet, mais si Lavande avait une multitude de défauts et les reconnaissait volontiers, elle n’était pas susceptible pour un sou – à ce jeu-là, il était bien plus amusant de taquiner Parvati, et Seamus et lui l’avaient bien compris.

Lavande, l’exubérante la superficielle la pipelette la passionnée Lavande, portait une longue robe rose à minuscules fleurs blanches qui lui chatouillait les chevilles, cintrée, et le chouchou qui dégageait de son visage les plus longues mèches de cheveux avait des rubans blancs striés de jolis cœurs rouges, et des bijoux argentés étincelaient à ses poignets et ses doigts, et sur ses lèvres, il y avait un rose pâle qui n’était pas leur couleur naturel, et autour de son cou, jusqu’à son menton et son épaule gauche, malgré la chaleur étouffante, Lavande avait un foulard.

— Tu sais qu’il y a des sortilèges pour te traduire ce livre, avança Dean.

— Mais je connaissais des bribes. Je dois me rappeler.

— Et pourquoi ne pas lire autre chose en attendant ?

— Parce que je n’aime pas abandonner.

Et Dean acquiesça. C’était peut-être, après tout, ce qui avait fait de Lavande, comme Seamus et comme Parvati et comme leur jeunesse engagée, une résistante.

Il resta assis face à elle, et se surprit à apprécier le silence qu’elle troublait parfois par un soupir, ou en cornant une page. Parce que ça n’était pas un silence angoissant mais un silence complice, un silence apaisant. Il la regarda, et regarda les jardins et leurs ornements par la baie vitrée, la regarda encore, puis s’empara d’un livre à son tour, mais le choisit en anglais. Et après, Parvati et Seamus vinrent les rejoindre, et ils prirent des paniers, et ils filèrent au village le plus proche sur de vieux vélos grinçants, remplir leurs sacoches de fruits et légumes frais.

Tous les quatre, ils firent la cuisine, et prirent le repas, et parlèrent assez longtemps pour voir les étoiles se dessiner dans le ciel noir, mais bien avant minuit, Parvati poussa un long bâillement, tandis que Lavande dodelinait de la tête. Les filles prirent vite la direction de leur chambre, se disant fatiguées par le voyage, même s’ils savaient tous : ils étaient partis dès le premier des vacances, n’attendant pas même le résultat de leurs ASPICS, parce que les examens et la fin de Poudlard et le premier anniversaire de la bataille avaient été éprouvants.

Lavande et Parvati avaient à peine disparu à l’angle d’un couloir que Dean et Seamus se tournèrent l’un vers l’autre.

— Alors, cette idée de génie ? lança Dean.

— Tu vas voir tout de suite !

Seamus se leva, tendit la main vers Dean et l’entraîna à sa suite dans une course effrénée, pour le simple plaisir de rire aux éclats lorsqu’ils s’arrêtèrent essoufflés au portail de la villa. Ils prirent soin de le refermer derrière eux, et s’en allèrent par un sentier côtier qui menait à une minuscule crique en contrebas, dont la plage n’était accessible qu’à marée basse. Ils ne parlèrent pas, ils étaient amis depuis assez longtemps pour ne pas meubler chaque silence, mais lorsque Seamus jeta soudain un regard en arrière, Dean bondit sur l’occasion :

— On découche ce soir, Monsieur Finnigan ?

— Comment ça ? rétorqua celui-ci avec un peu trop d’empressement pour feindre l’étonnement.

Mais il ne rougit pas, et Dean se souvint d’une époque où le visage de Seamus était si expressif qu’il n’était pas capable et, d’ailleurs, ne se risquait même pas, à énoncer le moindre mensonge. C’était une époque vieille d’à peine deux ans et qui en paraissait vingt de plus et Dean s’efforça de la chasser de son esprit pour ne se concentrer que sur ce qui restait, malgré tout : la gêne palpable de Seamus, ses yeux qui le fuyaient tout à coup et en même temps, l’esquisse de sourire sur ses lèvres. Ils avaient remarqué au matin, avec Parvati, que Lavande sortait de la chambre de Seamus plutôt que de la sienne, et la jeune femme n’avait fait aucun effort pour le cacher – Seamus était bien le seul à se croire discret et ils en ricanaient tous les trois.

— Nous sommes presque arrivés, articula Seamus après s’être raclé la gorge.

Il reprit sa marche aussitôt, tandis que Dean scrutait l’horizon sans que son regard n’accroche autre chose que du sable, des rochers et ce qu’il devinait être de l’écume à quelques mètres. La nuit était noire, la lune n’était qu’un fin croissant. Il l’avait à peine réalisé que, déjà, il sentit son pouls accélérer.

— Et on y est ! s’exclama enfin Seamus.

Dean la vit alors. Ils avaient tourné derrière les roches épaisses et passé la grève et longeaient désormais la crique mais ça n’était pas la plage en elle-même qui intéressait Seamus. C’était la grotte – c’était une grotte. Ils en distinguaient l’entrée et, si Seamus paraissait excité de sa trouvaille, pour Dean, elle ressemblait furieusement à un énorme monstre avec de longues dents.

— Qu’est-ce que c’est que ce truc ? s’efforça-t-il de demander avec calme.

— Je suis tombé dessus en courant ce matin sur la plage. Je voulais l’explorer un peu, mais la marée montait et puis, je me suis dit qu’à deux, on s’amuserait sûrement mieux à l’emprunter. Lavande déteste les endroits clos et Parvati aurait trop peur que l’eau monte alors, j’ai pensé à toi, bien sûr.

— Bien sûr.

Il déglutit presqu’en même temps qu’il s’exprimait et manqua de s’étouffer sans que Seamus ne paraisse le noter. Mais Dean ne pouvait pas dire à Seamus que : que l’idée de s’aventurer là lui paraissait effrayante plus qu’amusante qu’il y voyait un monstre et que le noir, que le noir – non, vraiment, il ne pouvait rien dire à Seamus qui, malgré la torture, la peur, la douleur et la mort, Seamus qui malgré la résistance et la guerre et la bataille semblait toujours le même être jovial.

— T’as pris ta baguette ? lui demanda celui-ci.

Et Dean acquiesça. Seamus sortit la sienne, n’eut pas besoin de prononcer le Lumos parce qu’il maîtrisait désormais mieux que chacun d’entre eux les sortilèges informulés, et Dean lui, Dean dut chuchoter dans sa main. Ils pénétrèrent alors la caverne en prenant garde à ne pas glisser sur les pierres détrempées. Ils marchèrent, en silence toujours, ils marchèrent et après des minutes infinies Seamus s’écria tout à coup :

— Je me demande où ça mène, t’as vu, on ne voit pas même plus la plage !

Dean se retourna alors, manquant de se cogner contre les parois glacées, et constata qu’en effet, autour d’eux, il n’y avait plus que du noir. Il n’y avait plus que du noir, et la forme des rochers qu’il distinguait faiblement à la lueur de sa baguette, mais surtout il n’y avait plus que du noir. Parfois, une goutte venait s’écraser au sol et troublait alors le silence de ce qui ressemblait désormais à une cave plutôt qu’à une caverne. Mais surtout Dean, Dean et sa respiration saccadée, Dean venait troubler le calme qui régnait en ces lieux obscurcis, et il ne savait soudain plus prétendre le contraire.

— Alors, vieux, t’as la frousse ? ricana Seamus.

Mais son ami ne l’entendit pas. Ses oreilles étaient bouchées. Sa bouche, pâteuse. Et son esprit embrumé. Il lui semblait que plus rien n’existait que la grotte et, de temps à autres, lancinantes, les eaux qui venaient éclater au sol depuis les parois.

Dean sentit ses muscles se contracter, un à un, à commencer par son cœur enserré et dont les battements se faisaient si frénétiques qu’il crut un instant qu’il allait exploser. Et alors, seulement, alors il réalisa que le décor était encore plus sombre qu’il ne l’avait imaginé, plus noir, plus oppressant, et il ne réalisa qu’après des minutes infinies que sa baguette était tombée au sol et que seul Seamus les éclairait, mais qu’il ne distinguait plus les traits de son visage. Qu’il ne distinguait plus son ami. Qu’il ne distinguait plus la présence d’autrui et finalement l’existence de quelqu’un d’autre que lui. Il ne distinguait rien, rien, si ce n’étaient les formes obscures et menaçantes qui se mouvaient tout à coup, et menaçaient de le dévorer.

— Dean…

Elles se rapprochaient – les formes se rapprochaient. Elles connaissaient son prénom ! Et que savaient-elles encore. Il ouvrit la bouche, s’efforça d’articuler quelque chose, n’importe quoi de distinct, mais il n’y parvint pas. Il s’efforça d’y croire : c’était des roches, ça n’était que des roches et Dean, lui, Dean n’était pas seul, il était avec Dean, il était avec Lavande et Parvati pour un été en Provence, Dean n’était pas seul dans une caverne une cave sans issue, Dean n’était pas seul alors, pourquoi se sentait-il abandonné, pourquoi se sentait-il cerné menacé attaqué, si Dean n’était pas seul.

— Dean, répétèrent-elles.

Il ferma les yeux, serra très fort ses paupières, espéra. Mais tout ce qu’il voyait, tout ce qu’il avait sous ses yeux clos, c’était la cave des Malefoy. C’était les journées dans la forêt, dans la nuit noire, à ne pas oser allumer le moindre feu, c’était les murs humides et puants, c’était se demander : est-ce que je vais mourir ? Est-ce que je vais mourir ce soir ? Est-ce que je vais mourir demain ? Est-ce que je vais mourir avant, ou après ? Avant Hermione, après Harry, avant Luna, après Ron, est-ce que je vais mourir comme Ted, est-ce que je vais m’échapper et retomber entre leurs mains, et jusqu’où me retrouveront-ils ?

— DEAN !

Soudain la voix lui parvint et une image, Luna, des boucles blondes et des radis colorés aux oreilles Luna, qui murmurait que tout irait bien et qui brillait alors comme une étoile Luna, un astre, son astre dans les affres qui le dévoraient.

Et cette fois Seamus.

Enfin, Seamus.

Il entendit Seamus, il le sentit, aussi, quand il passa ses bras sous ses épaules et, défiant les quolibets qui le voulaient plus frêle, plus vulnérable que d’autres, il sentit que Seamus le ramenait à la plage, au ciel translucide, il sentit que Seamus le ramenait à la vie.

Et il vit, et il respira et enfin, enfin le monde tournait droit.

Il respira, et Seamus le regarda, le visage fermé les sourcils froncés, Seamus le contempla sans rien laisser deviner de ses émotions autrefois si lisibles, et une seconde, Dean crut qu’il était en colère contre lui.

Il n’était pas préparé à entendre :

— J’suis désolé.

— Tu es quoi ? s’étonna Dean.

— Je suis désolé.

Constatant l’incrédulité de son ami, qui était resté à moitié avachi dans le sable humide, Seamus s’abaissa pour lui faire face, les mains croisées sur ses jambes pliées.

— Je suis désolé, de ne pas avoir deviné. Et pourtant, je m’en doutais. Je m’en doutais cette année, à Poudlard, quand on rejoignait le dortoir le soir et que tu étais juste, différent. Tu étais différent dès que la nuit tombait. Mais on n’a jamais vraiment parlé de ce qui s’est passé, cette année-là, et tu sais, là-bas. On n’a jamais parlé de tout ça, mais je suis désolé, j’aurais dû deviner.

— Tu aurais dû deviner quoi ? Que j’allais me comporter ce soir comme un froussard, comme un fichu môme de huit ans qui a peur du noir ?

— Non. J’aurais dû deviner, j’aurais dû savoir, que les blessures qui n’ont pas laissé de marques visibles mettent aussi du temps à cicatriser.

Passa un instant, un moment, suspendu dans le temps qui peut-être ne s’écoulait plus, ou peut-être s’écoulait enfin correctement, désormais que Seamus savait et que Dean respirait. Tous les deux, ils gardèrent le silence, et fixèrent leur regard au loin. Pour Seamus : sur la mer noire et paisible. Pour Dean : dans les étoiles.

— C’est idiot, vraiment, finit par souffler Dean.

— Qu’est-ce qui est idiot ?

— On a été des enfants, et comme tous les enfants, on a eu des peurs, et comme tous les enfants, en grandissant, on les a surmontées. C’est idiot de se dire que, maintenant que je suis grand, je dois affronter quelque chose que je croyais avoir laissé derrière moi.

— Mais tous les enfants n’ont pas vécu la guerre, opposa Seamus.

— Nous n’étions plus des enfants.

— Ah ouais, mais alors, qu’est-ce qu’on était ? On était quoi, Dean, dis-moi, des adultes ? Des grandes personnes ? On a fait des choses… et on en a vues de pires encore. Et moi, tout ce temps-là, je n’ai pas eu l’impression d’être un adulte. Je n’ai jamais, jamais pensé que c’était ça, de devenir un grand.

— Tu sais, Seamus, je ne pensais pas te dire ça un jour, mais après tout : peut-être que tu es beaucoup, beaucoup trop modeste.

Il avait mis juste assez d’ironie dans sa voix pour que Seamus, dans la nuit soudain claire, lui offre un pâle sourire avant de lui intimer de se taire, d’un geste de la main. Mais ses lèvres pincées s’entrouvrirent et Dean crut d’abord qu’il allait lui dire quelque chose, qu’il allait lui dire enfin ce qui lui bleuissait le cœur sous ses airs ravis, ses airs guéris, et puis Seamus se laissa tomber sur le dos, dans le sable tiédi malgré l’heure tardive. Dean s’allongea à son tour, à ses côtés, et il réalisa que c’était lui, qui allait parler.

— Raconte-moi, l’intima Seamus.

Et il raconta.

Il ne s’attarda guère sur la cavale en elle-même dont il avait déjà narré le plus gros à Seamus. Ç’avait été une infinie fuite en avant, et de la peur de la peur tout le temps, mais de l’autre côté de la bataille, du bon côté, Dean l’aurait presque qualifiée de promenade de santé.

Il raconta sa capture.

Il raconta la panique qu’il avait ressentie lorsque les Rafleurs l’avaient cueilli. Il raconta qu’il avait oublié sa fausse identité malgré les milliers de fois où ses compagnons de route et d’infortune l’avaient fait réciter. Il raconta le mensonge qu’il avait finalement balbutié pour paraître un Sang-Mêlé et échapper à une exécution sommaire. Il raconta que, à ce moment-là, la pensée fugace l’avait caressé : ne vaudrait-il pas mieux mourir que de subir ainsi ?

Et il raconta encore.

Il raconta le soulagement égoïste qu’il avait ressenti en découvrant Luna dans la cave des Malefoy. Il raconta sa culpabilité, et les sentiments contradictoires qui l’avaient tiraillé, qui le tiraillaient encore lorsqu’il posait ses yeux sur elle. Il raconta les petits riens dont il rythmait ses journées dans une vaine tentative de ne pas perdre l’esprit. Il raconta la fois où un homme, masqué bien sûr, s’était approché de la grille et où il avait pensé : ça y est. Ça y est, c’est fini, ça y est, ma vie s’arrête ici. Il raconta qu’à force la peur était moins grande et qu’il lui arrivait de confondre la panique et l’attente de la mort. Il lui raconta comment, les dernières fois, ni Luna ni lui n’avaient pas mangé, laissant leur ration de côté pour Ollivander qui s’affaiblissait et leur avait déjà récité son testament. Il raconta s’être mentalement préparé le sien et avoir regretté de ne pouvoir lui confier en mains propres ses dessins, à lui, Seamus, et c’est à ce moment que les larmes ont jailli et coulé en silence sur les joues lisses sauf les cicatrices de Seamus.

Dean narra encore Luna. Comme il enviait d’abord les rêves qu’elle s’inventait pour s’échapper, et comme il les avait craints, ensuite, lorsqu’il avait réalisé qu’elle les confondait pour de vrai avec la réalité. Il narra encore Harry et Ron, il narra les hurlements de Hermione et comme ils l’avaient finalement arraché à son anesthésie : il ne voulait pas souffrir, et il ne voulait pas mourir, et par-dessus tout il désirait sortir.

Il parla, raconta encore, presqu’une heure durant, et il lui sembla que les monstres qu’il narrait à son ami perdaient de leur superbe et rapetissaient et retrouvaient quelques couleurs chatoyantes, au fur et à mesure qu’ils lui échappaient pour danser dans d’autres yeux que les siens. Dean n’était pas serein, il ne le serait peut-être plus jamais ; mais il était soulagé, parce que ses sentiments, ils étaient deux désormais pour les absorber, ils étaient deux, désormais, pour les affronter.

— Tu réalises, Seamus ? J’ai pensé mourir, trop de fois pour me souvenir de chaque, et j’ai pensé à ma mère, bien sûr, à mes frères et sœurs. Mais à la fin, à la fin de tout, j’ai pensé à Lavande et Parvati, et j’ai pensé à toi. J’ai pensé que notre amitié était ce qui m’avait été donné de plus précieux, et c’était réconfortant parce que ça, ça n’était pas un rêve, c’était une vérité, à laquelle je me suis raccroché sans oser vous la confier et c’est ça, qui est idiot, vraiment, c’est ça qui est idiot, parce qu’on devrait dire aussi ce qui est beau.

Il sentit de la chaleur, de la douceur dans sa paume, et très vite il réalisa que les doigts de Seamus s’étaient glissés dans sa main, et qu’il n’avait pas besoin de le voir pour deviner son visage éternellement amical dans le ciel qui les surplombait tous les deux.

— Et tu sais, Dean, avec Neuville, souvent, on regardait les étoiles dans notre dortoir, le soir. Je ne sais même pas comment, pourquoi on a commencé ça, mais on les regardait, et on les comptait. On se disait que toi, que Harry et Ron, peu importe où vous étiez, vous deviez les voir aussi. Et je les comptais comme pour m’assurer que les vôtres ne manquaient pas. Et cette année, notre vraie septième année, si je dois dire la vérité, je n’ai jamais vraiment arrêté de les compter.

Et leurs deux mains se serrèrent encore, un peu plus fort, avant que Seamus ne se redresse et se dresse sur la grève, face à la mer et sa joyeuse écume, entraînant avec lui Dean, qui enfin plantait ses yeux noirs dans les yeux bruns.

— J’ai besoin de me rappeler qu’elles brilleront toujours, confia Seamus.

Alors, Dean pressa à son tour les mains rugueuses, où les chaînes et les sortilèges de torture avaient creusé des marques indélébiles. Mais ces mains désormais, les mains de Seamus, elles serraient les siennes sur le pourtour de la Méditerranée, et sans doute, tout n’était pas bien, mais s’ils étaient deux alors tout pouvait être mieux.

Ils se tinrent droits, silencieux, à peine caressés par une brise d’été, comptant l’un les étoiles et l’autre les secondes qui séparaient le tourbillon des vagues s’échouant à leurs pieds.

Et puis, Seamus dit :

— Allez, on devrait rentrer.

— Tu as peur que Lavande débarque, c’est ça ?

— Elle ne me le pardonnerait jamais si je la trompais avec toi.

— T’en fais pas, ça n’a jamais été dans mes intentions.

Dean et Seamus marchèrent – et dans les cieux au-dessus d’eux chantait une chevêche.

— Je suis sûr que tu mens.

— Je pourrais sortir avec une fille ou avec un garçon, tu sais bien, mais certainement pas avec toi.

— Et bien moi, si j’étais une fille, je voudrais sortir avec moi.

La chevêche s’était tue mais les étoiles brillaient, elles brillaient fort brilleraient toujours, et tous les oiseaux de la mer et les rapaces du pays et sans doute les chouettes du monde entier, tous, toutes, cette nuit-là en Méditerranée, ils écoutèrent un chant, un murmure plus beau encore, celui de l’amitié.

— Je n’aurais jamais dû te dire que tu étais modeste, clairement, ça t’est monté à la tête.

— Tu es un rabat-joie.

— Je sais, mais tu m’aimes comme ça.

— Qui a dit que je t’aimais ?

— Toi, sur cette plage, cette nuit.

— C’est vrai.

Et les murmures muèrent en cris, les mains se délièrent pour attraper des poignées de sable qui volèrent de Dean à Seamus, de Seamus à Dean, les empreintes dans le sable s’espacèrent sous l’effet d’une course endiablée qui n’était plus ponctuée que de grands éclats de rire et, à la volée :

— T’en fais pas, je t’aime, moi aussi !

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu !

J'aime écrire sur Lavande et Seamus, sur Lavande et Parvati, mais je n'ai jamais vraiment écrit sur Dean et Seamus. Du coup, j'espère que mon texte n'est pas trop massacré. o/ N'hésitez pas à me donner vos avis ! La suite... je vais essayer de ne pas être trop longue !

Voilà, puis tout plein de bisous à toi Mathilde. b29;
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