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News

Journées reviews du 3, 4, 5 décembre 2021


Lire, écrire…

PAPA-NOËL : Oh oh oh ! Viens aider les lutins lors de la Journée Reviews de décembre !
MAMAN-NOËL : Elle se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 décembre !
LUTINS : Alors viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.




De le 24/11/2021 10:54


117ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 117e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 11/11/2021 14:44


Sélections du mois


Félicitations à Taka, Catie et popobo qui remportent l'enchanteresse Sélection Lieux Magiques !

Pour janvier 2022, c'est le thème de Créatures Magiques qui vous arrachera peut-être quelques frissons d'horreur... ou quelques soupirs de Boursoufflets attendris ! Vous pourrez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de novembre, pleurez, criez, lamentez-vous ou peut-être, guérissez en faisant votre Deuil. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Et on se retrouve en décembre pour la Sélection de Noël qui sera tout à fait spéciale (comme l'année dernière en fait) !


De Equipe des Podiums le 08/11/2021 12:08


26ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 26e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 6 novembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 30/10/2021 19:21


Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


La vie est tout sauf un long fleuve tranquille par Smittina

[508 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonjour tout le monde !
Voilà... on se rapproche vraiment dangereusement de la fin de cette fiction... Ca me fait un gros pincement au coeur si vous saviez... Mon petit bébé... Mais bon, je ne vais pas m'étaler sur ça à présent, ce chapitre n'est pas encore le dernier. Néanmoins, j'espère sincèrement qu'il vous plaira. Il fait partie de mes préférés.... J'y ai mis beaucoup de coeur et je me suis vraiment éclatée à l'écrire...

Bonne lecture !
Et on se retrouve en note de fin de chapitre car j'ai quelques trucs à dire sur ce chapitre :)

 

REMARQUE : J'ai écrit cette fiction Adieux, jours heureux il y a quelques temps de cela. Elle vient en complément de ce chapitre. C'est une sorte de missing moments. Au cas où cela vous intéresse ;-)

 

 

 

L'aube se leva et les premiers rayons du soleil vinrent progressivement envahir le dortoir des Septième Année. Pourtant les filles continuaient à dormir à poings fermés. Les semaines précédentes avaient été plus qu'éprouvantes – entre ASPIC et révisions – et elles avaient bien besoin de repos. Alors, elles restaient volontiers prisonnières des bras de Morphée, profitant une dernière fois de ces moments de calme et de sérénité que les mûrs de Poudlard leur offraient depuis le premier jour où elles y avaient mis les pieds. Le lendemain tout serait différent et leur vie prendrait un cours que nulle personne ne pouvait imaginer ou prévoir. Elles seraient à l'extérieur, dans le monde réel. Celui où des personnes innocentes mourraient dans une guerre d'idéologie et où l'avenir y était plus qu'incertain. Elles seraient en guerre, tout simplement. Une guerre dans laquelle elles seraient forcément amenées à prendre position, à un moment ou à un autre. Elles ne se voilaient pas la face à ce sujet. Aucun Septième Année ne le faisait.

Parmi toutes les filles présentes ce matin-là, Chris semblait être celle qui avait le plus mal dormi. Elle n'avait eu de cesse de se retourner et de se réveiller tous les quarts d'heures car la veille au soir, en souhaitant une bonne nuit à ses meilleures amies, elle avait enfin pris conscience que toute cette merveilleuse aventure – ces sept années passées dans ce château – était sur le point de se terminer. Bien sûr, elle était consciente qu'une autre commencerait aussitôt, mais l'issue de cette dernière était déjà plus incertaine. Elle avait tenté de s'endormir en tentant d'imaginer ce que serait sa vie dans deux jours, deux mois ou même deux ans mais tout ce qu'elle voyait était flou, hypothétique. Elle n'aimait pas vivre dans l'incertitude, détestait les changements, et pourtant, elle devait l'accepter : quoiqu'il advienne, le lendemain matin, elle allait quitter définitivement Poudlard, qu'elle le veuille ou non.

Chris se réveilla de nouveau et roula sur le côté pour tenter de se rendormir pour la énième fois, mais les rayons du soleil sur son visage la dérangèrent et l'en empêchèrent. Elle papillonna alors rapidement des yeux avant de les ouvrir une bonne fois pour toute. De son lit, elle pouvait apercevoir le Parc de Poudlard ainsi que le Terrain de Quidditch. Un doux mais triste sourire s'étira alors sur son visage car ses plus beaux souvenirs à Poudlard, elle les avait passés là bas, sur un balai, les cheveux au vent et une foule de spectateur scandant son nom ainsi que celui de son acolyte et ami, James Potter. La mélancolie s'emparant progressivement de son être, Chris soupira profondément. Merlin que cet endroit aller lui manquer.

—    Tu ne dors pas ? Chuchota alors une voix, située sur sa droite.

Chris se redressa légèrement sur son coude pour être sûre qu'elle n'avait pas rêvé et qu'elle était bel et bien réveillée à présent. Son regard rentra alors en contact avec les petits yeux bleus de Mary qui semblaient encore ensommeillés. D'ailleurs, cette dernière n'avait très bonne mine, comme si pour elle aussi la nuit avait été particulièrement courte et agitée.

—      Je n'ai plus sommeil... Murmura alors Chris.

—      L'as-tu, comme moi, seulement trouvé le sommeil cette nuit ? Soupira alors Mary d'un air profondément mélancolique.

Chris haussa des épaules. Après tout, elle était incapable d'affirmer avec certitude qu'elle avait dormi cette nuit là car de son point de vue, elle était aussi fatiguée que si elle avait fait une nuit blanche. Puis, elle vit Mary balancer ses jambes hors du lit et venir la rejoindre à pas feutrés. Chris prit alors soin de s'asseoir dans son lit et l'instant d'après, Mary s'assit à côté d'elle et laissa sa tête reposer sur l'épaule de son amie. C'était ce qu'elle faisait toujours quand elle avait besoin de réconfort, et comme elle en avait pris l'habitude depuis sept ans, Chris reposa sa tête sur la sienne. C'était peut-être un geste simple mais il avait toujours suffi à Mary pour se sentir mieux.

—      Demain tout sera différent, n'est-ce pas ? Chuchota tristement la jolie brune afin de ne pas réveiller les autres filles de son dortoir.

—      Oui... confirma Chris, sur le même ton. Mais voyons le bon côté des choses...

—      Lequel ?

—      Quoiqu'il arrive, on sera toujours là l'une pour l'autre, avec Lily...

Mary esquissa son premier sourire de la journée, même si ce dernier demeurait assez maigre en comparaison de tous ceux qu'elle avait pu offrir par le passé. Un silence s'installa ensuite entre elles, durant lequel elles se contentèrent de fixer les extérieurs du château, bercés dans un flot de lumière rasante.

—      J'ai peur... Admit finalement Mary, dans un soupir à peine audible.

Chris déglutit et passa une main autour des épaules de l'une de ses meilleures amies afin de la réconforter et de la rassurer. Cependant, Chris ne prononça aucune parole car dans le fond, elle aussi était effrayée par l’inconnu qui les attendait de l'autre côté de ces mûrs.

 

***

 

 

Ce matin là, l'ambiance dans la Grande Salle était partagée pour une fois. D'un côté, il y avait les Septième Année qui semblaient habités par une triste et profonde mélancolie, et de l'autre ils y avaient le reste des élèves qui semblaient particulièrement impatients de rentrer chez eux pour les vacances d'été. Après tout, il leur était assuré qu'ils reviendraient l'année d'après alors pourquoi ne pas être enthousiaste à l'idée de rejoindre leur famille et de passer deux mois sans étudier et sans réviser ? Cela aurait été complètement idiot de leur part. Alors, ils riaient et plaisantaient de bon matin tandis que d'autres n'avaient pas cette chance et préféraient se complaire dans un silence complet.

—      Tu peux me passer le sucre Queudver ? Demanda poliment Remus, qui avait l'air extrêmement fatigué.

La pleine lune approchait et comme à chaque fois que cela se produisait, les traits de son visage étaient particulièrement tirés et son air semblait particulièrement maladif. En temps normal, il savait qu'il pouvait compter sur l'abri de la Cabane Hurlante et le soutien moral de ses meilleurs amis pour supporter ses transformations. Cependant, comme chaque été, il devait rentrer chez lui et savait qu'il aurait à endurer toute cette épreuve, seul, enfermé dans un abri du jardin de sa famille. Un endroit où il passait son temps à se mutiler à défaut de pouvoir sortir et étancher sa soif de sang frais.

Les autres années, il le prenait sur lui en se répétant que ce n'était que deux voire trois pleines lunes à passer sans eux, loin de Poudlard, et qu'ensuite tout rentrerait dans l'ordre une fois qu'une nouvelle année débuterait. Seulement, Remus venait de prendre conscience ce matin là que dans deux mois, il n'y aurait plus de rentrée, plus de cours, plus de dortoir commun avec ses amis, plus de sorties nocturnes avec eux. Dans deux mois, il devrait trouver un travail quelconque et banal qui ne l'intéressait guère car sa condition de lycanthrope ne lui permettait pas d'intégrer des métiers comme Auror ou enseignant. Il était voué à une vie de misère, en changeant de petits boulots dès que son identité nocturne serait révélée et cela le déprimait.

Mais ce qui angoissait le plus Remus, ce n'était pas tant sa prochaine vie professionnelle à venir, car depuis tout petit, il avait bien compris que ça ne serait pas facile pour lui et qu'il aurait à endurer une vie de pariât. Non. Ce qui l'effrayait vraiment, c'était de devoir à nouveau se retrouver seul. Bien sûr, il se doutait qu'une amitié aussi forte que celle qu'il entretenait avec les garçons perdureraient au delà de ses mûrs, mais pour combien de temps ? Comment fera-t-il quand ils seront tous mariés et qu'ils auront des enfants ? Ils s'éloigneraient progressivement, il le savait. Surtout que pour sa part était destiné à une vie de loup solitaire, il ne se faisait aucune illusion là dessus. C'était un choix qu'il avait pris depuis bien longtemps déjà. Depuis qu'il avait vu ses parents souffrir de ses regards remplis de mépris que leur renvoyaient les gens qui avaient découvert pour sa lycanthropie. Souffrir aussi de ses déménagements à répétition qui avaient ébranlés la santé fragile de sa mère. Il ne voulait plus imposer cette vie là à qui que ce soit et c'était la raison pour laquelle il s'était toujours interdit de tomber amoureux de quiconque.

A cette pensée, le regard de Remus se reporta involontairement vers Chris qui riait aux côtés du Sixième Année, Gary Newmann. Un sourire triste s'étira alors sur son visage, elle avait l'air d’être heureuse en fin de compte. Et même si ça lui faisait mal à chaque fois qu'il pensait à elle, il ne pouvait s'empêcher d'être ravi pour elle. Chris était quelqu'un de bien, et elle avait droit au bonheur, comme tout le monde.

Le petit déjeuner dans la Grande Salle prit fin, et les élèves se séparèrent. Mary et Benjy prirent ensemble la direction du Parc du château pour profiter ensemble de ces derniers moments de calme avant la tempête. Chris, James et Sirius s'en allèrent vers le Terrain de Quidditch pour voler une dernière fois ensemble, et Lily les abandonna pour aller voir Slughorn dans ses Cachots. Remus et Peter s'étaient proposés de l'accompagner pour ne pas qu'elle reste seule dans les couloirs et en particulier dans les couloirs qui menaient tout droit à la Salle Commune des Serpentard. Mais cette dernière avait gentiment décliné leur offre en leur assurant que tout se passerait bien pour elle et que dans tous les cas, elle n'hésiterait sûrement pas à user de magie sur ses serpents s'ils devenaient trop gênants. Alors, les deux Gryffondor restant, ceux qui n'avaient ni petite amie, ni passion, ni professeur à voir, rejoignirent leur Salle Commune dans le silence le plus complet. Là bas, ils ne réfléchirent pas longtemps et montèrent jusqu'à leur dortoir pour s'affaler dans leur lit. Ils devinrent alors profondément nostalgiques : ils avaient passé les plus belles années et les plus beaux moments de leur vie entre ces quatre mûrs et bientôt, ils devraient les quitter à jamais. D'autres prendront leur place, d'autres riraient et feraient de belles batailles de traversins ici. Merlin qu'il était difficile de dire adieu à son deuxième foyer.

—      Tu as décidé de ce que tu allais faire après ? Une fois sorti de Poudlard ? Demanda subitement Peter.

—      Je pensais postuler pour des petits emplois chez des apothicaires ou des libraires... Répondit Remus, d'un ton monotone. Et toi ?

—      J'ai envoyé ma candidature pour le stage de soins aux créatures magiques proposés par l'ami du professeur Brûloprot... Soupira Peter, las.

—      Tu n'as pas l'air très convaincu par ton choix... Remarqua judicieusement Remus.

—      C'est juste que la perspective de devoir quitter définitivement Poudlard m'effraie, avoua sincèrement Peter.

—      Quitter un cocon pour affronter la vie extérieure n'est jamais facile, dit alors Remus.

—      C'est surtout que je doute d'avoir ma place dans un monde qui a été récemment déclaré en guerre...

—      Je te rassure, tu n'es pas le seul à te poser la question...

—      Mais toi tu es déjà très doué en Défense contre les Forces du Mal. Tu sauras te protéger sans la moindre difficulté, alors que moi...

—      Ne te sous-estime pas Queudver, rétorqua alors gentiment Remus, un sourire tendre au coin des lèvres. Tu as fait énormément de progrès dans cette matière, et d'après ce que j'ai entendu dire de la part du professeur Montagh, tu t'en es très bien tiré à ton épreuve d'ASPIC. Je suis donc certain que tu t'en sortiras très bien une fois dehors.

Peter lui sourit. Son ami avait toujours été d'un grand réconfort et d'un grand soutien dans ses moments de doutes. Il ne lui en serait d'ailleurs jamais assez reconnaissant. Cependant, il restait un point qu'il voulait aborder avec lui. Quelque chose dont il se sentait capable de parler qu'avec le plus sage des Maraudeurs et aussi celui qui lui avait tendu la main en premier, lors de leur première année. Celui qui lui avait affirmé qu'il n'était pas seul et qu'il pourrait toujours compter sur lui.

—      Tu as réfléchi à la proposition de l'Ordre du Phénix ?

Remus soupira alors et hocha de la tête. Bien sûr qu'il y avait pensé. Cela l'avait même obsédé depuis que James leur en avait parlé à la rentrée des vacances de printemps.

—      Je ne me suis pas encore décidé, avoua-t-il alors sincèrement. D'un côté, je trouve leur cause noble et primordiale, et je pense que j'aimerais pouvoir faire partie de ces hommes et ces femmes qui combattent et essaient de contrecarrer les plans de Voldemort, dans l'ombre. Mais d'un autre... Je ne suis pas sûr qu'ils voudraient de moi s'ils apprenaient ma réelle nature, et je ne supporterai pas qu’ils finissent par me claquer la porte au nez...

—      Mais Dumbledore est au courant, il a sûrement dû...

—      Non, Peter... le coupa gentiment Remus. Je pense qu'il ne serait pas judicieux de la part de Dumbledore de leur parler de ma nature... La peur des loups-garous peut-être viscérale chez certaines personnes et je pense qu'il perdrait bon nombre de ses membres si ces derniers venaient à apprendre quel monstre je suis vraiment...

—      Arrête... Tu es loin d'être un monstre Remus Lupin... Tenta de le rassurer Peter, avec un franc sourire étiré sur son visage.

Remus lui rendit immédiatement son sourire mais demeura silencieux. Il savait que son ami essayer de le rassurer mais quoiqu'il dise, Peter ne pourrait jamais lui ôter cette idée de la tête. Il était né sorcier mais était devenu monstre le jour où Fenrir Greyback l'avait attaqué. C'était ainsi. C'était même ce que tout le monde pensait. Il lui avait fallu du temps, beaucoup de temps, mais il avait fini par accepter le fait qu'il était différent des autres et que rien ni personne ne pourrait y changer quoique ce soit.

—      Et toi ? Finit par demander Remus, afin de détourner l'attention de lui et de son « petit problème de fourrure ». Tu as décidé quoi ?

—      Je... Je pense décliner...

—      Pourquoi ? S'étonna Remus, en fronçant des sourcils.

—      Soyons lucide Lunard, je n'ai pas ma place dans cet Ordre...

—      Si c'était le cas, pourquoi James...

—      Parce que Cornedrue nous a mis dans la confidence et qu'ils se sont sentis obligés de me proposer une place...

—      Je pense que tu as tort et que tu es une fois de plus en train de te sous-estimer mon ami...

Peter lui sourit gentiment et ce fut à son tour de ne rien répondre. Il ne voulait pas mentir et faire croire à Remus qu'il buvait ses paroles. Il savait très bien de quoi il était capable et il savait qu'il était tout sauf au même niveau que ses amis lorsqu'il s'agissait de magie. Alors pourquoi est-ce que l'Ordre du Phénix, fondé par Dumbledore lui-même lui accorderait une place en son sein ? A ses yeux, c'était aussi absurde que de demander à Rusard de produire du feu avec une baguette. Pourtant, Peter savait qu'intégrer cet Ordre serait bénéfique pour lui. Bien sûr, il devrait combattre les Mangemorts aux côtés de ses amis mais au moins, il ne demeurerait pas seul dans son coin. Il ferait partie d'un groupe remplis de grands et puissants sorciers qui seraient en mesure de lui venir en aide à n'importe quel moment. Et puis, si Remus arrivait à braver ses peurs, ils pourraient de nouveau être réunis à l'extérieur, tous les quatre. Comme ils l'avaient été durant les sept dernières années. Ça serait comme si les choses n'auraient pas changé et cette idée plaisait beaucoup à Peter qui n'avait jamais aimé que l'on le brusque dans ses habitudes. Oui... Ça serait tellement bien au final. Si seulement il pouvait être à la hauteur de ses meilleurs amis, cela rendrait les choses beaucoup plus faciles pour lui.

—      Promet-moi d'y réfléchir encore un peu ? Lui sourit alors Remus.

—      D'accord... Soupira Peter. A condition que tu en fasses de même.

Remus se mit à rire mais acquiesça. Une partie de lui aussi n'arrêtait pas de penser qu'avec cet Ordre, il se sentirait probablement moins seul et entouré comme du temps de Poudlard. Il prendrait donc encore le temps d'y réfléchir.

 

 

***

 

 

Lily marchait d'un pas décidé et pressé dans les couloirs qui menaient aux Cachots du Professeur Slughorn, un bocal entre les mains. La discussion qu'elle avait eue avec Peter durant leurs révisions des ASPIC lui avait fait comprendre à quel point le Maître des Potions avait joué un rôle important dans sa vie et dans son intégration à Poudlard. Sans parler du fait qu'elle avait réalisé à quel point il allait lui manquer une fois dehors. Alors, elle avait décidé de lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur et de le remercier pour l'aide et le soutien qu'il lui avait toujours apporté en toutes circonstances.

Alors qu'elle était presque arrivée à destination, elle tourna prestement au détour d'un couloir et rentra en collision avec un jeune homme à la stature fine, aux cheveux noirs et aux yeux qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau à Sirius mais en beaucoup moins beau. Sous le choc de l'impact, le bocal en verre tomba au sol et se brisa. Sans savoir à qui il avait affaire, Regulus Black se pencha rapidement en avant et pointa sa baguette sur l'objet pour le réparer. Puis, il s'en empara pour le rendre à son propriétaire lorsque son regard croisa celui d'une magnifique jeune femme rousse bien connue chez les Serpentard. Les traits de son visage auparavant doux et chaleureux - tout comme l'étaient ceux de Sirius la plupart du temps - changèrent du tout au tout pour devenir aussi froid que la glace. Lily pensa alors qu'il ne devait certainement pas être heureux d'avoir prêter main forte à une Sang de Bourbe et elle se mit à le toiser d'un air profondément dédaigneux.

—      Merci, lui dit-elle alors simplement en récupérant son bocal qui était toujours détenu entre les mains de Regulus.

Comme cela était à prévoir, le Serpentard ne répondit pas et elle s'empressa de continuer son chemin en direction des Cachots de Slughorn qui n'étaient plus qu'à quelques pas à présent. Cependant, alors qu'elle posa sa main sur la poignée de la porte et qu'elle s'apprêta à y pénétrer, une chose pour le moins inattendu se produisit. Pour une raison qui lui échappa totalement, Regulus Black s'adressa à elle, l'infâme vermine.

—      Si tu cherches Slughorn il est parti pour le Ministère après le petit déjeuner dans la Grande Salle, lança-t-il d'un air nonchalant. Il ne reviendra pas à temps.

Et sans ajouter le moindre mot supplémentaire, Regulus lui tourna le dos et s'enfuit dans le couloir menant à la Salle Commune des Serpentard, laissant derrière lui une Lily Evans plus que surprise par un tel comportement de sa part. Cela ne lui ressemblait pas de vouloir en quelque sorte l'aider ou lui donner des informations susceptibles de l'intéresser. Surtout qu'elle savait par Sirius que son frère était totalement perverti par les idéologies de ses parents et qu'il était voué à joindre les rangs de Voldemort une fois qu'il aurait fini sa Septième Année d'étude à l’École de Sorcellerie. Alors pourquoi avait-il était si courtois envers elle ? C'était une question qui aurait pu l'obséder durant pas mal de temps mais elle se rappela qu'elle était venue en ces lieux pour une bonne raison et qu'elle ne repartirait pas sans avoir accompli la mission qu'elle s'était donnée. Bien sûr, elle était déçue que Slughorn soit parti, ce qui impliquait qu'elle ne pourrait pas lui dire au revoir en personne. Cependant, cela ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas mettre son plan à exécution.

Alors, Lily poussa la porte et se retrouva dans la salle de classe qu'elle préférait entre toute. Celle où elle avait toujours eu l'impression de pouvoir être elle-même. Celle où elle se sentait comme un poisson dans l'eau. Cette salle abritait tellement de souvenirs également. Des souvenirs heureux pour la plupart. Et à cette pensée, une triste et profonde mélancolie s'empara d'elle, tandis qu'elle déambulait dans les allées, effleurant du bout des doigts les différentes paillasses qu'elle avait occupées. D'abord avec Severus. Puis avec Mary. Et pour finir, celle qu'elle avait occupée avec James depuis le mois Décembre. Une place au fond, bien évidemment, avec son Maraudeur de petit ami, il était tout bonnement impensable de se retrouver au premier rang.

Elle finit néanmoins par atteindre sa destination finale : le bureau de Slughorn parfaitement rangé au millimètre carré. Là, elle resserra lentement son étreinte autour du petit bocal en verre qui demeurait entre ses mains depuis qu'elle avait quitté son dortoir, le matin même. Elle avait préparé un long discours pour son Maître de Potion, son ami. En vain. Il n'était pas là ce jour là et elle n'aurait probablement pas la chance de pouvoir lui exprimer toute sa reconnaissance en personne. En revanche, il y avait toujours ce bocal. Ce simple et minuscule cadeau qu'elle avait eu l'idée de lui offrir en guise de remerciement. C'était le moins qu'elle pouvait faire pour lui. Alors, elle consentit à le poser enfin sur son bureau. Puis, elle sortit sa baguette et le remplit d'un fond d'eau. Elle sortit ensuite une fleur de lys de sa poche et vint la déposer en son centre. Puis, elle pointa sa baguette sur le bocal et se concentra. Elle visualisa dans son esprit la métamorphose qu'elle voudrait voir opérer le jour où Slughorn verrait le bocal pour la première fois, et lança son Sortilège dans le silence le plus complet. Puis, elle s'empara d'une plume et d'un morceau de parchemin vierge, qui traînaient sur le bureau de son professeur favoris et griffonna quelques lignes pour lui témoigner de son plus profond respect :

Je regrette de vous avoir raté ce matin. J'aurais tellement souhaité vous parler une dernière fois avant de partir. Mais tant pis, je vous laisse néanmoins cette note et un présent. Ce cadeau c'est celui d'une petite fille de moldue qui ne connaissait strictement rien à la magie et qui s'est épanouie comme jamais dans votre cours parce que vous n'avez pas hésité une seule seconde à la prendre sous votre aile. Je ne pourrais jamais assez vous remercier pour tout ce que vous m'avez apporté durant ces sept incroyables années passées à vos côtés. Vous êtes sans nul doute la personne qui me manquera le plus dans ce château.

Avec tout mon respect et toute l'amitié que je vous porte.
Lily.

La jeune femme prit ensuite la direction de la sortie, une fine larme roulant délicatement sur sa joue. Merlin qu'il était difficile pour elle de faire ses adieux à un endroit et à une personne qui l'avait tout simplement transfigurée au fur et à mesure des années.

 

 

***

 

 

 

Sirius marchait d'un pas assuré et l'air désinvolte dans les couloirs de l'école. Il avait tourné en rond toute la journée en se demandant sans cesse quelle était la chose qu'il aimerait le plus accomplir une dernière fois avant de quitter le château. Cependant, cela faisait bien deux heures qu'il déambulait dans Poudlard, changeant sans cesse d'idées comme de paires de chaussettes. Il commençait à croire que s'il n'arrivait pas à se décider, c'était peut-être parce qu'il avait déjà tout fait et tout expérimenté dans cette école et qu'elle n'avait plus le moindre secret pour lui et ses amis. De plus, contrairement à Mary ou à James et Lily, Sirius n'avait pas d'attaches émotionnelles, pas de petites amies avec qui profiter de cette journée. Il aurait pu rester avec Remus et Peter ou avec l'une de ces filles qui rêverait d'être avec lui certes. Mais au bout du compte, Sirius finit par comprendre qu'il ne ressentait pas le besoin de partager ses derniers moments de vie à Poudlard avec une tierce personne, ni même d'accomplir quelque chose d'exceptionnel capable de mettre Rusard dans tous ses états. Non. Il voulait simplement être seul avec ses pensées les plus intimes.

Quand il eut enfin réalisé ce qu'il attendait vraiment de cette journée, Sirius prit la direction d'un des rares endroits de Poudlard qui demeurait désert et qu'il appréciait tout particulièrement pour la tranquillité qu'il offrait. C'était une petite salle de classe qui abritait autrefois des cours de Divination, abolis par le professeur Dippet dans les années 1940, et qui se situait au pied de la Tour Nord de Poudlard. Un petit nid douillet dans lequel il n'avait jamais amené qui que ce soit et dans lequel il se réfugiait quand ça n'allait pas et qu'il s'évertuait à le cacher aux yeux du monde des sorciers. C'était peut-être la seule réaction liée à son éducation conservatrice de Sang Pur qui lui restait : celle de ne pas montrer ses faiblesses et de toujours les cacher, comme si rien ne l’atteignait.

La première fois qu'il avait trouvé refuge dans cette salle, c'était le jour où il avait vu son petit frère prendre la même voie que le reste de sa famille en se trouvant réparti à Serpentard. Même s'il était seulement âgé de douze ans, Sirius avait bien compris ce que cela impliquerait pour eux. Regulus deviendrait tout aussi perverti que le reste de sa famille et Sirius ne pourrait rien faire contre ça. Alors, il avait quitté ses amis à la fin du premier dîner pris dans la Grande Salle et était allé dans cette pièce où il avait explosé quelques livres poussiéreux qui traînaient à l'aide de sa baguette. Il avait ainsi pu exprimer sa colère sans la moindre retenue, et sans que personne ne puisse voir ses émotions prendre le contrôle sur le Black qu'il était. Cela lui avait fait un bien fou.

La deuxième fois où il y avait mis les pieds, c'était après qu'il ait joué un sale tour à Servilus en Cinquième Année et que cela lui avait presque coûté sa place à Poudlard ainsi que son amitié avec Remus. Ce dernier était resté plusieurs semaines sans lui adresser la parole. Les plus longues semaines de toute son existence durant lesquelles il n'avait eu de cesse de venir dans cette pièce pour laisser abattre son masque et pleurer. Ses amis, c'était tout ce qui comptait à ses yeux et il ne pouvait pas supporter l'idée de devoir en perdre un. Ça lui faisait tellement de mal. Mais heureusement, James avait réussi à recoller les morceaux entre eux et à présent tout était redevenu comme avant ce qu'ils appelaient « l'incident ».

La troisième fois avait eu lieu en début d'année, peu de temps après qu'il ait quitté définitivement le domicile familial pour venir vivre chez les Potter. C'était l'époque où Mary vivait encore très mal la mort de ses parents et où Sirius passait la plupart de son temps libre à la consoler et à l'écouter parler. Cependant, un matin, il avait reçu un hibou de la part d'un notaire l'informant du fait qu'il venait de toucher une somme très importante d'argent de la part de son oncle Alphard qui venait de décéder. Sirius avait alors quitté la Grande Salle en donnant un faux prétexte et était venu dans cette salle pour verser quelques larmes pour cet homme qui avait toujours été là pour lui, d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Le frère de sa mère qui contre toute attente lui avait laissé toute sa fortune alors qu'il était censé avoir apporté le déshonneur sur sa famille. Il lui était tellement reconnaissant pour ce don, mais était en même temps si triste de ne plus jamais avoir la chance de pouvoir le remercier de son vivant pour toute l'aide et le soutien qui lui avait apporté suite à sa fuite de la Noble et très Ancienne Maison des Black.

Cette pièce représentait donc beaucoup aux yeux de Sirius qui une fois de plus s'apprêtait à y pénétrer pour y trouver un certain réconfort quant à l'idée de devoir partir, ainsi que des réponses à certaines questions qu'il se posait au sujet de son avenir en dehors de ces mûrs. Bien plus qu'une école, Poudlard avait été pour lui un véritable foyer. Gryffondor avait été sa première maison. Cette école était le seul endroit sur terre dans lequel il avait enfin su trouver sa place et déterminer qui il voulait être vraiment. Elle lui avait donné la force de s'émanciper précocement de sa famille et le courage de leur tourner définitivement le dos. Et sans rien lui demander en échange, elle lui avait fourni une toute autre famille à laquelle il ne s'attendait pas : les Maraudeurs. Ces trois garçons si différents mais qui dans le fond se complétaient et formaient ainsi la plus belle famille qu'il n'avait jamais rêvé d'avoir. Alors comment pouvait-il arriver à admettre que Poudlard c'était terminé ? Comment pouvait-il ne serait-ce qu'imaginer qu'il ne mettrait plus jamais les pieds dans la Grande salle ? Ni arpenterait de nouveau ces escaliers qui n'en font qu'à leur tête ? Sans parler de leur canapé, au coin du feu ? D'autres allaient-ils prendre leur place ? Est-ce que ces mûrs se souviendront d'eux avec le temps ? Tant de questions qui envahissaient toujours l'esprit de Sirius lorsqu'il poussa la porte de cette salle de classe supposée vide pour pouvoir s'y recueillir.

Cependant, jamais le jeune homme n'aurait imaginé une seule seconde qu'une autre personne se trouverait déjà là, à l'abri des regards indiscrets. Cette autre personne à la chevelure châtain clair étrangement ébouriffée qui hurlait et qui explosait toutes les bougies qui demeuraient inutilisées dans la pièce, d'un simple coup de baguette magique. Elle semblait folle, hystérique, mais surtout profondément en colère, dévastée. Elle était loin de cette image de jeune femme calme et posée, qui semblait toujours contrôler et cacher ses réelles émotions, tout comme lui. A vrai dire, c'était l'une des raisons qui le poussait à la détester autant. Ils avaient reçu la même éducation et avait l'impression de revoir sa mère à chaque fois qu'il posait son regard sur elle et ses manières. Cependant, en la voyant ainsi, folle de chagrin et révoltée, Sirius n'eut aucun doute et déglutit fortement.

Pour la première fois de sa vie, il se mit à ressentir une profonde et sincère compassion pour cette Serdaigle qu'il méprisait tant. Car il n'y avait qu'une seule raison qui pouvait la pousser à abattre son masque de froideur et d'indifférence. Une seule raison qui aurait pu la pousser à s'isoler et à se cacher pour craquer, comme lui le faisait souvent dans cette pièce. Il avait certainement dû se passer quelque chose de grave pour qu'elle réagisse de la sorte. Et dans cet état de rage et de désespoir, Sirius arrêta de voir la Sang Pur que son éducation avait fait d'elle, mais il entraperçut la véritable Dorcas Meadowes qui semblait se cacher derrière son masque. Celle qu'il n'avait plus revu depuis l’enfance.

Dorcas finit d'exploser la dernière bougie et s'empara d'un livre poussiéreux sur la table pour l'envoyer valser à travers la pièce. Cependant, le manuel rata Sirius de peu et elle se rendit alors compte de sa présence à ses côtés. Depuis combien de temps était-il là ? L'avait-il vu craquer ? A en voir sa tête de chien battu, Dorcas comprit qu'elle avait été prise en flagrant délit. Alors, elle ravala ses larmes et reprit rapidement le contrôle de ses émotions avant de cracher :

—      Qu'est-ce que tu fais là toi ? Tu n'as pas une Poufsouffle à peloter avant ton départ ?

Dans d'autres circonstances et s'il ne l'avait pas vu pleurer, Sirius lui aurait rétorqué méchamment avec beaucoup d'agressivité. Mais ses larmes étaient bien réelles et il ne pouvait les ignorer. Il savait que c'était la Sang Pur et son éducation qui parlait, pas la vraie Dorcas Meadowes dont James n'arrêtait pas de lui parler et qu’il avait connu, jadis. Alors, il ne dit rien et encaissa ses paroles sans bouger d'un iota, tandis que la petite pièce sembla se murer dans un profond silence. Dorcas quant à elle, le dévisageait, comme si quelque chose clocher chez Sirius Black. En règle générale, il lui aurait rétorqué des paroles blessantes et cela lui aurait donné un prétexte pour pouvoir sortir de cette pièce. Cependant, il n'avait rien dit et il continuait à l'observer avec cette compassion qu'elle ne supportait pas. Pourquoi agissait-il de la sorte cet après-midi là ?

—      Tu veux en parler ? Finit par proposer Sirius, d'un ton neutre.

—      De quoi ? Rétorqua-t-elle froidement, sur la défensive.

—      De la raison qui t'a poussée à dévaster cette pièce...

—      Je ne vois pas de quoi tu parles, s'obstina-t-elle, la tête haute cette fois. Je vais bien. Et puis d'ailleurs, pourquoi est-ce que je voudrais en parler avec toi ? Tu me détestes...

—      Tu n'as pas besoin de jouer à ça avec moi Meadowes, intervint alors Sirius en éludant volontairement ses dernières paroles. Dois-je te rappeler que nous avons reçu la même sorte d'éducation toi et moi et que lorsque nous avions sept ans nous jouions ensemble avec Regulus et Melissande, dans mon jardin ?

Dorcas ne répondit rien mais Sirius vit qu'à l'évocation de sa sœur, la Serdaigle tressaillit.

—      Je sais que ça ne va pas... Alors si tu veux me dire ce qui...

—      Pas la peine, le coupa-t-elle avec un peu moins de froideur. Tu n'as qu'à lire ça...

La jeune femme s'empara d'un extrait de la Gazette du Sorcier délivrée le midi dans la Grande Salle qui traînait sur l'un des pupitres et le lui lança. Sirius l'attrapa en l'air et lui renvoya un regard interrogateur.

—      Je pense que le grand garçon que tu es devenu saura faire le lien tout seul...

Sirius se pencha alors sur la première page du journal. Il n'eut d'ailleurs pas besoin de lire grand chose, le premier titre se suffisait à lui seul :

EVASION LORS DU TRANSFERT A AZKABAN : MILDRED MEADOWES ET D'AUTRES MANGEMORTS REJOIGNENT DE NOUVEAU LES RANGS DU MAGE NOIR !

Pour une raison qui lui était inconnu, le cœur de Sirius se serra alors involontairement dans sa poitrine tandis qu'il reporta de nouveau son regard sur la Serdaigle qui ne semblait plus pouvoir retenir ses larmes à nouveau.

—      Meadowes, je...

—      Épargne ta salive, le coupa-t-elle dans un sanglot. Il n'y a rien à dire de plus à part que cette meurtrière s'en est tiré...

—      Dorcas…

—      ELLE LES A TUE ! Cria-t-elle, le visage déformé par la douleur. ET UNE FOIS DE PLUS ELLE EST LIBRE ! TU COMPRENDS SIRIUS ?

Ses yeux étaient noyés de larmes tandis que son corps tremblait de rage. Sirius ressentit quant à lui un étau se resserrer fortement tout autour de son cœur.

—       Elle est libre comme l'air...

Et Dorcas s'effondra brutalement sur le sol, comme si le poids de cette nouvelle était devenu subitement trop difficile à porter. Ses jambes avaient lâché et elle se retrouvait par terre en train de pleurer, sous le regard profondément désolé de Sirius qui ne savait trop comment réagir face à la situation. Ce n'était plus la Dorcas Meadowes, froide, insensible et hautaine qui était sous ses yeux. Celle qu'il méprisait et à qui il aurait bien volontiers craché à la figure. Cette femme là, anéantie voire dévastée, il ne l'avait jamais vu auparavant. C'était une inconnue pour lui, mais une inconnue qui semblait profondément souffrir de l'évasion de la Mangemorte. Sa mère biologique – cette affreuse bonne femme manipulatrice - qui avait tué ses parents adoptifs. Et Sirius Black ne pouvait que ressentir de la compassion grandissante pour cette femme qu’il avait jadis apprécié et qu’il avait perdue au fil des années.

Alors, il inspira fortement et fit une chose qui le surprit lui-même. Il fit un premier pas en avant, suivi rapidement d'un second. Et en l'espace de quelques secondes, Sirius se retrouva à s'asseoir à ses côtés. D'un geste maladroit et hésitant, il passa son bras autour des épaules de la Serdaigle qui contre toute attente ne le repoussa pas. Puis, il tapota son épaule en guise de réconfort tandis que Dorcas continuer de se vider de toutes les larmes de son corps. Et ils restèrent longtemps ainsi. L'une larmoyant, le cœur meurtri. L'autre réconfortant celle qui cinq minutes auparavant il considérait comme étant sa pire ennemie. Seulement Sirius se sentait impuissant face à son chagrin. Ils n'étaient pas encore sortis de Poudlard et la Guerre faisait déjà des ravages en son sein. Merlin que leur avenir leur paraissait encore plus obscur à présent...

 

 

***

 

 

La musique retentissait devant un banquet improvisé par les Septième Année et où tous les résidents de la Tour de Gryffondor avaient été conviés. On était bien loin de fameuses fêtes données en l'honneur des champions de Quidditch, ni de celles orchestrées pour les anniversaires. L'ambiance de celle-ci était beaucoup plus calme et posée. Un pot de départ sur un air profondément nostalgique. Même Ashley et Vera ne débordaient pas autant d'enthousiasme et d'énergie qu'en temps normal. Elles se contentaient de parler avec Jenna Bell et ses amies de Sixième Année avec qui elles s'étaient toujours très bien entendues. Mary avait fait une brève apparition mais était vite partie rejoindre Benjy avant la fin du couvre-feu. Chris quant à elle s'était isolée dans un coin de la Salle Commune où elle parlait et riait une dernière fois aux côtés de Gary qui l'avait prise par surprise quelques minutes avant, en l'embrassant. Un beau cadeau d'adieu aux yeux de la petite blonde à lunettes qui ne pouvait s'empêcher d'arborer un sourire niais depuis que ses lèvres étaient rentrées en contact avec celles du Sixième Année. Les autres quant à eux, c'étaient retrouvé assis autour de la cheminée. Ils voulaient une dernière fois se remémorer les meilleurs moments qu'ils avaient passé ensemble à Poudlard, une bièraubeurre importée clandestinement dans le château à la main.

Au bout d'un moment, James fut appelé par ses autres coéquipiers de l'équipe qui avaient quelques mots à lui dire. Le Poursuiveur et Capitaine de l'équipe de Gryffondor s'excusa alors auprès de ses meilleurs amis et de Lily et alla rejoindre son équipe. Sirius en revanche n'avait pas jugé bon de participer à la discussion et avait préféré changer de place pour s'asseoir aux côtés de la jolie rouquine qui, le regard braqué sur James, se tordait nerveusement les doigts.

—      Je pense que tu devrais profiter du fait que l'équipe l'ait isolé de la bande pour vous esquivez de la fête sans que personne ne le remarque, chuchota alors Sirius à son oreille.

Lily acquiesça rapidement,  de plus en plus anxieuse.

—      Pourquoi tu stresses Evans ? S'amusa alors Sirius. Ce n'est pas la première fois que tu fais quelque chose de contraire au règlement, si ?

—      Bien sûr que non, seulement... Et si ça ne lui plaît pas ?

—      T'en fais pas, la rassura Sirius d'un air compatissant. Rien que l'idée de passer du temps seul avec toi lui plaira... Tu peux en être sûre...

Lily soupira fortement en essayant de se convaincre que Sirius avait raison, lorsqu'elle vit James prendre dans ses bras tous ses coéquipiers, un par un.

—      Allez, c'est le moment Evans, l'encouragea Sirius. Amusez-vous bien...

Et Sirius se leva pour retourner auprès de Remus et Peter qui avaient engagé une nouvelle partie de bataille explosive. Lily quant à elle, en fit de même mais se dirigea, les mains moites, vers son petit ami qui semblait en avoir terminé avec ses coéquipiers. Il avait déjà un large sourire de satisfaction au coin des lèvres mais ce dernier s'étira davantage lorsqu'il l’aperçut se dirigeant droit vers lui. Lily lui rendit alors son sourire et lorsqu'elle arriva enfin à sa hauteur, elle enroula ses bras autour de son cou afin de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Cependant, lorsqu'ils se séparèrent, James remarqua presque immédiatement cette lueur particulière dans son regard. Celle qui témoignait pour elle d'une joie immense entremêlée paradoxalement à une profonde mélancolie.

·         Tout va bien ? S'enquit-il alors, les sourcils légèrement froncés.

·         Suis moi... Se contenta-t-elle de répondre.

Ses mains entrelacées aux siennes, Lily prit la direction du portrait de la Grosse Dame et elle l'incita à la suivre. De prime abord, James parut surpris. Il l'interrogea même du regard mais la jeune femme se contenta d'hausser les épaules, en prenant un air enfantin et mystérieux. Il ne lui en fallut pas plus pour que sa curiosité prenne le pas sur son étonnement, et James l'accompagna hors de la Tour de Gryffondor.

Sans prononcer le moindre mot, il la suivit dans le Grand Escalier, puis dans un couloir du rez-de-chaussé supposément interdit aux élèves de l'école. Cependant, le cerveau du brun à lunettes se mit à fonctionner à cent à l'heure au moment même où leurs pieds foulèrent le sol de ce couloir en particulier car seuls James et le reste des Maraudeurs savaient vraiment ce qui s'y trouvait. Plus ils avançaient, plus ils avaient des hypothèses bien précises concernant l'endroit où elle l'emmenait. Et ses doutes se confirmèrent au moment même où il la vit s'arrêter devant une statue qu'il ne connaissait que trop bien.

—      Jusqu'ici je n'ai posé aucune question Lily-Jolie, mais là...

—      Aie confiance, d'accord ? Répondit-elle simplement.

James la dévisagea quelques secondes et il ne put résister bien longtemps à son magnifique sourire ainsi qu'à son regard suppliant. Alors il céda encore et il la suivit sans rien dire derrière ce passage secret qu'il avait emprunté des dizaines de fois en trois ans, et qui menait à la cours où avait été planté le Saule Cogneur. Là bas, il la vit sortir sa baguette pour jeter une branche sur l'un des nœuds de l'arbre qui l'immobilisa immédiatement. Très peu de personnes savaient pour ce nœud. A vrai dire, James pouvait presque les compter sur les doigts d'une main. Quelqu'un avait forcément dû la mettre dans la confidence, et son cerveau continua à émettre toute sorte d'hypothèses tandis qu'ils empruntèrent ensemble le passage secret menant à la Cabane Hurlante. Pourquoi l'emmenait-elle là bas ? C'était la question qui tournait en boucle dans son esprit depuis qu'ils avaient emprunté ce couloir et pour laquelle il était impatient d'avoir des réponses.

Après quelques longues minutes de marches dans un couloir sombre, seulement éclairé par leur sortilège d'allumage de baguette, James et Lily finirent par arriver dans le Hall du grande bâtisse. De vieilles tapisseries reposaient sur les mûrs abîmés et dégradés par le temps. Un magnifique lustre en cristal trônait au dessus de leur tête, tandis qu'un imposant escalier semblait mener à l'étage de cette vétuste demeure qui a une époque, lorsqu'elle était encore habitée, devait être tout bonnement somptueuse. Pour y avoir passé des nuits entières à jouer et à apaiser l'esprit de Remus, James connaissait l'endroit comme sa poche et il fut surpris de constater ce soir-là, qu'apparemment Lily aussi. Sa petite main toujours refermée autour de la sienne, la jeune femme l'incita à prendre les escaliers qui menaient à l'étage, toujours dans un silence complet. Durant leur ascension, ils pouvaient voir à de nombreuses reprises, de larges entailles sur les tapisseries, laissées par des griffes acérées. C'était tout ce qui restait des quatre premières années durant lesquelles Remus avait été enfermé ici, seul, à chaque pleine lune. Les séquelles de transformations particulièrement douloureuses durant lesquelles l'appel du sang avait été trop fort et qu'il avait cherché un moyen de s'enfuir hors de cette maison totalement condamnée où il demeurait prisonnier. A cette pensée, James sentit son cœur se serrer. Remus avait tellement souffert par le passé. Mais il était tout de même heureux de constater qu'au fil du temps, leur amitié lui avait permis de surmonter ces nuits particulièrement douloureuses. Cependant, James n'eut guère le temps de se pencher davantage sur la question car il vit Lily pousser l'une des portes de l’étage, renforçant de nouveau toutes les interrogations qu'il avait à son sujet, depuis qu'elle lui avait demandé de la suivre dans leur Salle Commune.

Il connaissait cette pièce et sans même y mettre les pieds, il pouvait décrire avec précision tout ce qui s'y trouvait. Cependant, quand il pénétra à son tour à l'intérieur, James fut une fois de plus agréablement surpris. C'était comme si la pièce avait été métamorphosée depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Un feu crépité dans la cheminée, et les cadres disposé sur la tablette avait été nettoyés. Dans un coin, se trouvait un vieux gramophone qu'on avait réparé et à qui on avait su redonner de sa splendeur. Au sol, le parquet était lustré et les maigres rayons de la lune qui arrivaient à pénétrer les fenêtres condamnées semblaient se refléter dessus. Et puis, il y avait sur la droite un remarquable lit à baldaquin qui avait été totalement délesté de sa poussière, et semblait à présent comme neuf. A vrai dire, c'était toute cette pièce à qui on avait su redonner vie. D'ailleurs, James ne semblait pas en croire ses yeux. Il était bouche bée, en train de contempler cette chambre comme si c'était la première fois qu'il la voyait. Et lorsque son regard stupéfait se posa enfin sur Lily, qui se tenait devant lui à présent, un magnifique sourire timide au coin des lèvres, ce fut comme s'il venait d'assister au clou du spectacle. Elle avait peut-être redonné de la superbe à cette pièce, pour lui, mais elle demeurait la chose la plus belle qui se trouvait devant ses yeux.

—      Je voulais qu'on passe un moment seuls, rien que tous les deux... Avoua-t-elle alors, d'un air gêné, témoignant pour elle de toute son anxiété. Et Sirius m'a parlé de cette endroit et de l’importance qu’il pouvait avoir à tes yeux…

Suite à cet aveu, James lui sourit tendrement mais presque amusé. Sirius... Il aurait dû se douter que c'était lui qui avait parlé de la Cabane Hurlante à Lily. Son frère de cœur savait l’importance qu’il pouvait accorder à ce lieu. C'était ici qu'il avait passé ses plus belles nuits, en compagnie de ses meilleurs amis, sous sa forme animale qui était une seconde peau pour lui. C'était dans cette maison qu'il avait fait ressortir le cerf qui sommeillait en lui. Il avait tout simplement appris à se connaître dans cette demeure, et à savoir qui il était vraiment.

—      Bien sûr ça nécessitait un peu de ménage pour qu'on puisse y passer notre dernière nuit à Poudlard, ensemble, mais...

—      C'est parfait, la coupa-il alors, avec un regard chaleureux et un sourire tendre qui semblaient tous deux exprimer une profonde émotion et reconnaissance.

Lily lui rendit son sourire, soulagée et ravie de constater que sa petite surprise pour eux semblait lui plaire. Ensuite, sans crier gare, James sortit rapidement sa propre baguette de sa poche et la pointa sur le vieux gramophone qui se mit alors à jouer une vieille valse à six temps typiquement sorcière. Puis, il fit une révérence dans sa direction, digne des plus nobles familles de sorciers dont il faisait partie, et tendit une main dans sa direction. Lily ne se fit pas prier bien longtemps et accepta chaleureusement de partager cette danse avec lui. Cependant, elle se passa bien volontiers de la manière dont se dansait la valse et se jeta tout bonnement à son cou. James sourit devant tant de spontanéité et d'impatience de sa part, et referma ses mains autour de ses hanches. Il enfouit ensuite son visage dans sa chevelure flamboyante et vint s'enivrer de cette douce odeur de fleur de lys qui émanait de son corps. Et les deux jeunes amoureux dansèrent pendant un temps relativement court mais qui leur parut comme étant une éternité. Rien n'avait changé depuis le mois de Février. Quand ils se trouvaient dans les bras de l'un de l'autre, c'était comme si le temps se figeait autour d'eux et que rien d'autre n'avait de véritable importance. Du moins, jusqu'à ce que le tourne-disque ne déraille et qu'un bruit strident et dérangeant ne vienne les importuner dans ce moment d'intimité.

Une fois la cacophonie retombée d'un simple coup de baguette magique, il fut évident pour eux que le temps de la valse était terminé. Alors, avec un magnifique et tendre sourire au coin des lèvres, Lily s'empara de la main de son petit ami et l’entraîna avec elle en direction du lit à baldaquin. Là bas, ils s'y allongèrent, toujours dans les bras l'un de l'autre et ils se mirent tous deux à fixer le plafond. Leurs doigts entrelacés, les deux Gryffondor se sentirent soudain envahir par une vague de mélancolie survenant de nulle part qui les poussa à perdre progressivement tout sourire.

—      Cet endroit va me manquer... Soupira James au bout de quelques minutes de silence.

—      Je sais que tu y as passé beaucoup de nuits avec les garçons mais...

—      Non Lily, la coupa James, amusé de prime abord, avant de laisser la nostalgie s'emparer de nouveau de lui. Je parlais de Poudlard, de ses professeurs, de ses fantômes, de ses élèves... Enfin... Tout ce que l'on peut trouver de fabuleux à l'intérieur de ces mûrs...

James marqua une courte pause durant laquelle il resserra involontaire son étreinte autour de ses doigts.

—      J'y ai passé les plus belles années et j'y ai rencontré les personnes les plus importantes de ma vie... Et j'ai peur que demain… Lorsque l’on franchira la Grande Porte pour la dernière fois… Tout ce que Poudlard a bien voulu me donner en sept ans, la vie à l'extérieur me le reprenne d'un simple coup de baguette magique, en un rien de temps...

—      T'en fais pas, chuchota alors Lily sur un ton rassurant. Je pense que les garçons te quitteront pas de sitôt...

James lui sourit tendrement mais ces mots qui lui brûlaient la langue s’échappèrent presque instantanément :

—      Et toi ?

Sa question retentit dans la pièce vide et surprit énormément Lily qui se décida enfin à détourner son regard du plafond pour venir planter ses deux magnifiques yeux en amande, dans ceux de James, qui la fixait également, inquiet. Alors, elle se retourna dans le lit pour pouvoir lui faire face.

—      Moi je ne vais nulle part ailleurs qu'avec toi... Lui sourit-elle gentiment, tout en caressant son visage du bout des doigts. Je pensais que tu le savais...

—      On a jamais évoqué ce sujet ensemble auparavant... Rétorqua James, avec une profonde sincérité et un léger triste sourire au coin des lèvres. Et étant donné que tu ne parles jamais de tes sentiments, j'ai peur que tu...

Mais James n'eut jamais le temps de finir sa phrase car Lily s'était empressée de réduire la distance entre eux et de l'embrasser comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Dans ce baiser, elle y mit tous les sentiments qu'elle pouvait ressentir pour lui. Elle lui ouvrit son cœur et peut-être même qu'elle y laissa un fragment infime de son âme. Et lorsqu'elle y mit fin, elle demeura silencieuse pendant quelque temps, tandis que son regard dévisageait chaque trait de son visage, comme si elle tenait à immortaliser à jamais ce moment dans son esprit.

 Elle avait toujours été celle qui doutait, celle qui n'arrivait pas à faire le premier pas en avant, celle qui n'avait jamais vraiment su ce qu'elle voulait. Elle avait toujours été l'indécise des deux, celle qui n'acceptait pas et ne comprenait pas ses sentiments. Elle avait mis tant de temps à analyser, à essayer de comprendre ce qu'elle ressentait. Elle avait même tenté plusieurs fois de mettre des mots sur la multitude de sentiments qui se bousculait aux portes de son esprit à chaque fois qu'elle se trouvait avec lui, alors que la réponse était pourtant si simple. Peut-être même qu'elle l'avait toujours su mais qu'elle avait peur de le dire ou même d'y penser.

Mais ce soir-là, tandis que son regard s'était plongé dans le sien, Lily n'avait plus peur, et ne doutait plus. Tout était aussi clair que de l'eau de roche pour son esprit et il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire : parler, comme il le lui avait plus ou moins demandé quelques secondes plus tôt. Alors, elle prit une légère inspiration, confiante pour une fois, et prononça ses trois petits mots qu'elle s'était toujours interdite de dire à qui que ce soit.

—      Je t'aime.

Le surprise, la stupéfaction, le soulagement suivi d'un bonheur intense. Voilà ce qu'avait ressenti James Potter lorsque ces mots pour les moins inattendus étaient sortis de la bouche de sa petite amie. Pour seule réponse, il ne trouva qu'à l'embrasser de nouveau, avec tout l'amour qu'il lui portait depuis tant d'années. Un amour qu'il savait enfin parfaitement réciproque.

Et dans ce lit à baldaquins, le temps se figea de nouveau autour d'eux. Il n'y avait plus de départ, plus de guerre, plus rien. Il n'y avait qu'eux et eux seuls, qui comptaient. Cette nuit leur appartenait. Dernier moment de calme avant la tempête qui se profilait à l'horizon. Dernier moment de leurs jours heureux qu'ils seraient contraints de laisser derrière eux, une fois cette nuit d'amour passée.

 

 

 

Note de fin de chapitre :

J'ai quelques petits trucs à dire concernant ce chapitre donc :

1) Vous aurez surement remarqué le ptit clin d'oeil aux films concernant le présent de Lily pour Slughorn. C'est une scène qui m'a toujours plu et qui me tenait à coeur de retranscrire ici même si ce n'est pas dans les livres à proprement dit.

2) La scène entre Sirius et Dorcas, c'est celle que j'ai préféré écrire... Je sais que le personnage de Dorcas vous semble encore flou car je n'ai pas tout dévoilé de son histoire dans cette fiction-ci. Je réserve ça pour la suite de cette fiction ;-) Mais en tout cas, Dorcas est un personnage que j'affectionne particulièrement et j'espère que ça vous a fait autant plaisir qu'à moi de la voir montrer ces faiblesses pour une fois :)

3) Concernant la scène Lily/James, j'ai pris aussi beaucoup de plaisir à l'écrire. C'est un tout dernier moment de pur Jily que je voulais vous offrir ici... Il conclut je pense toute l'histoire que j'ai voulu leur attribuer durant toute cette fiction. J'espère qu'il vous aura plu :)

 

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CONCERNANT LA SUITE
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Il me reste un épilogue à publier. Je ne sais pas quand je le ferais mais surement dans 2/3 semaines. Le temps pour moi d'écrire quelques chapitres supplémentaires de la suite de cette fiction avant d'en commencer la publication. Ainsi, lorsque l'épilogue sera publié, je publierai en parallèle le prologue de la suite de cette fiction qui s'intitulera A contre courant.

Je me laisse ce petit lapse de temps histoire de pouvoir publier à un rythme régulier et donc pour ça, j'ai besoin d'avoir un certains nombres de chapitres écrits en avance. Sachant qu'en moyenne les chapitres font 7000/8000 mots si ce n'est plus pour certains et qu'il faut compter environ 1h d'écriture minimum pour 1000 mots.

Voilà, comme ça vous savez tout de l'avancement du projet ! Et je vous dis à dans 2/3 semaines donc pour cloturer cette aventure et en commencer une nouvelle à vos côtés si cela vous dit toujours !

Sinon, comme d'habitude, je vous invite à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre. Ca fait toujours plaisir d'avoir des retours :)

A bientot !!!

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