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News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Big Brother par Bevy

[12 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Voici ma participation à l'échange de Noel 2013
3, pour Yume, avec Olivier Dubois et Katie Bell. Voilà, j'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire!

Et merci à Lilmordefaim de m'avoir corrigé ce texte!
Note de chapitre:

Je le disais, ceci est ma participation à l'échange de Noel 2013. Cela faisait un moment que je n'avais pas essayé d'écrire sur Olivier Dubois et Katie Bell, alors j'espère que ça vous plaira! Et n'hésitez pas à commenter pour me laisser votre avis, les reviews sont la paye des auteurs amateurs après tout^^.
Quelque part dans l'obscurité, un volet claque au vent. C'est répétitif, agaçant. Olivier se demande comment les Moldus de la maison voisine font pour supporter ça. Leurs volets clos et l'absence de lumière laissent deviner qu'ils dorment. Logique, à presque minuit. Lui, ce bruit lui met déjà la pression. Ou peut-être est-ce le silence de cette nuit d'hiver, trop claire, sans nuage. Même Katie a cessé son bavardage incessant, s'agrippant à son bras pour lui désigner l'arbre duquel elle était tombée, petite. Le terrain de jeu de foot ou de basket, souvenirs de parties mémorables. Ou encore, la rivière dissimulée dans le bosquet d'arbres, en contre bas où elle faisait les quatre cent coups avec ses amis. Mais Olivier n'a rien dit. Ca lui fait plaisir de voir de nouveau Katie ainsi. Ouverte, amusante et enjouée. De revoir des couleurs sur ses joues et qu'un vrai sourire illumine son visage. Katie qui est bien silencieuse à présent, alors que son flot de paroles aurait dû s'intensifier une fois arrivés devant la maison de ses parents. Un bref coup d'œil derrière lui confirme ce qu'il craint. Katie a disparu. Evaporée dans la nuit. Brutalement, le grincement du portail fait sursauter le jeune homme et main crispée sur sa baguette, il se prépare à faire face.

"Exper...
- Qu'est que tu fous, Olivier? demande Katie, à moitié dissimulée derrière le portail en fer forgé.
-Qu'est que, toi, tu fiches? s'énerve Olivier. Tu disparais souvent sans prévenir? J'aurais pu te blesser!
- Avec un sort de désarmement? Tu es sérieux? rigole Katie.
-Marre-toi, la Môme, avec ta chance, j'aurais pu te crever un œil, bougonne Olivier.
- Je veux bien admettre que je suis malchanceuse, mais à ce point, ça frôle le vaudou ou une malédiction! Viens, je te fais visiter!
- Vite fais, alors, prévint Olivier. Ton plan pue, rappelle-t-il en vérifiant par-dessus son épaule que rien n'a bougé dans son dos.


Malgré les quelques lampadaires, la petite rue de Leadworth reste plongée dans le noir. Les feuilles mortes jaunes et oranges, gelées par le givre du début d’hiver s’amassent toujours sur le trottoir, aux pieds des arbres et dans le caniveau. L’ensemble donne un air désolé. Olivier cherche à comprendre comment la morosité ambiante de cette rue peut rappeler de bons souvenirs à Katie. Mais la gosse restait cloisonnée une bonne partie de la journée à cause des rafleurs et des décrets du nouveau gouvernement. Alors, oui, il peut concevoir qu’elle veuille revoir quelque chose de familier, de rassurant, quelque chose que la guerre n’a pas contaminée par sa haine des moldus, des sang- mêlés et autres indésirables décrétés par le nouveau ministère. Même si c’est de l’inconscience d’improviser une visite nocturne de Leadworth alors que les rafleurs sévissent un peu partout, traquant les nés moldus et autres indésirables. Mais Katie est une tête brulée, du pur jus de Gryffondor.


Au final, Olivier s’exécute et referme lui-même le portail, désireux de ne laisser aucune trace de leur passage. Bien qu’à une centaine de kilomètres de là, Mr et Mrs Bell apprécieraient sans doute moyennement que leur fille rentre par effraction chez eux. Un genou à terre, Katie soulève un gros pot de fleurs. Celles-ci sont mortes depuis longtemps. Olivier observe son manège un petit moment, puis demande :

« Tu crois vraiment qu’on va se rendre compte que le pot de fleurs à bouger de deux centimètres ? se moque-t-il.
– Je remets les clefs à leur place.
– Parce que tu as utilisé les clefs pour m’ouvrir ? D’ailleurs, t’es rentrée par où ?
– Par derrière. Plusieurs des planches du jardin basculent. Comme ça, mes parents et moi étions sûrs de toujours pouvoir rentrer, même en ayant oublié ou perdu nos clefs, explique Katie en se relevant.
– Et personne n’ai jamais rentré chez toi par effraction ? s’étonne Olivier.
– Tu sais, c’est un petit village. Tout le monde se connait. Puis le double des clefs de la maison est ailleurs. On n’est pas inconscient à ce point.
– Et ça ne serait pas plus simple de rentrer par magie ?
– Je n’ai pas envie d’utiliser ma baguette, répond Katie. Je n’ai jamais eu à le faire chez moi. Je n’ai pas envie que ça change aujourd’hui ! lui répondit plus sèchement son amie.
-T’ énerve pas. C’était juste une question », réplique Olivier, toujours un peu sur les nerfs en dépit de l’apparente décontraction de Katie.


Confuse et rougissante, elle baisse les yeux. Elle a l’air fragile ainsi. Katie ressemble toujours à une poupée pour enfant, avec son sourire candide, ses rougeurs et ses cheveux bruns, presque noirs. Olivier n’y avait pas cru, lorsque qu’Alicia et Angelina l’avaient amenées aux sélections. Fraichement nommé capitaine, l’adolescent était resté hermétique aux appréciations des deux poursuiveuses. Pour lui, ses coéquipières voulaient surtout que leur nouvelle copine intègre l’équipe. Cette gamine, fluette, nerveuse, avec son genou écorché et des étoiles pleins les yeux ne l’avait pas convaincu. Mentalement, alors qu’elle s’installait dans la file des joueurs potentiels, Olivier s’était préparé à la décevoir, elle et les filles : des mômes nés moldus qui se découvraient une passion pour le vol et le Quidditch, il y en avait à la pelle. Mais au final, peu nombreux étaient ceux pour qui les capitaines avaient vraiment du temps à investir pour développer l’étincelle de talent qu’ils avaient. Puis il l’avait vu jouer, métamorphosée sur le balai prêté par Angelina. Et Olivier avait revu son jugement, soulagé de ne pas avoir à reconnaitre d’avoir eu tort devant Alicia, à qui il s’était contenté d’un « On verra ça aux sélections ». Puis il y avait eu Harry et Olivier avait alors su qu’il ne pourrait pas avoir de meilleure équipe. Car si Harry avait le Quidditch dans le sang, Katie l’avait vraiment, cette étincelle de talent. Il suffisait d’une allumette pour lui donner vie. Il avait été la flamme.


« Désolé Olivier, c’est juste que c’est important pour moi de faire ça sans magie. Je ne sais pas comment te l’expliquer.
– C’est rien. T’as tes raisons. Garde quand même ta baguette à la main. Et laisse-moi passer devant ! »
Katie lève les yeux au ciel et soupire :
« Je te rappelle que c’est moi qui ai suivi des cours avec l’AD et Harry. Et qu’on est chez moi.
– Je te signale que tu n’as jamais eu de notes convenables en Défense Contre les Forces du Mal. Personnellement je trouve que tu es plus menaçante avec une batte qu’avec ta baguette.
– Fiche-toi de moi, Dubois ! Une batte de Quidditch ou de Base Ball est une arme redoutable et fortement dissuasive ! »


Le ton faussement agacée de Katie et son sourire mutin allègent un peu son appréhension. Les premiers préparatifs de Noël des voisins Moldus des Dubois, avait plongé Katie dans une étrange morosité. Le nez collé à la fenêtre, emmitouflée dans sa vieille veste des All Black, elle avait passé les quatre derniers jours à observer la maison des Ridley et leurs décorations trop lumineuses. Le regard dans le vague, elle dessinait distraitement des vaguelettes avec la buée laissée par son souffle et Olivier avait craint qu’elle ne repense alors un peu trop à ses quelques mois de coma, à l’attaque ratée dont elle avait été victime. Alicia lui avait confié que les premières crises de Katie, sitôt sortie du coma, avaient été aussi éprouvantes pour elle que pour Katie. Puis ses crises d’angoisse, de panique avaient laissé place à des cauchemars récurrents puis un peu plus espacés dans le temps. Et Katie avait pu retourner à Poudlard. Les médicomages, ses imbéciles, n’avaient même pas été capables de justifier aux parents de Katie leur incompétence. Olivier et Mrs Bell avaient dû user de persuasion pour dissuader Mr Bell d’expliquer sa façon de penser aux médecins. Alors un vrai sourire de Katie valait beaucoup, même dans une situation un peu stressante.


« Quand même, je préfère passer devant, insista Olivier.
– S’il y avait eu des rafleurs dans le coin, ils nous seraient déjà tombé dessus, » affirme Katie.


Le jeune homme préfère ne pas répondre, satisfait que Katie ne s’entête pas à discuter son autorité et le laisse prendre la tête de leur excursion. La perception du danger par Katie est un débat stérile et perdu d’avance. Même alitée, sa camarade refuserait de reconnaitre les risques auxquelles elle s’était exposée. C’était sans doute ça qui avait terminé de le convaincre de ses prédispositions au Quidditch : sa façon de foncer tête baissée. Elle aurait été parfaite sans la malchance qui lui collait au train comme un suçacide à une paire de chaussures.


« Mon père va être fou quand il va voir l’état du jardin. Tu sais, quand j’étais petite, il m’embarquait dehors avec lui quasiment tous les week end. Je l’aidais à enlever les mauvaises herbes ou je rempotais les fleurs. C’est irrécupérable maintenant ! Il nous faudrait une Mrs Chourave pour sauver tout ça !
–J’aurais pas imaginé que ton père avait autant la main verte. Ça ne saute pas aux yeux quand tu le vois.
– Il n’ y a pas grand-chose à faire ici. Avoir un potager ou un jardin est un passe-temps comme un autre. Moi, je détestais ça. Je m’ennuyais et je préférais jouer avec les copains dehors .Si j’avais su ! »

Olivier ne répond rien et laisse le silence se réinstaller. Répondre à Katie qu’un jour elle pourra de nouveau jardiner avec son père, ce serait lui faire des promesses en l’air, ça la ferait souffrir un peu plus, car elle devinerait la vérité qui se cache derrière. Ce serait absurde. Et puis, Olivier ne trouve pas les mots pour le lui dire autrement, sans que ça sonne comme une promesse. Lui répondre la vérité crue, que c’est encore de l’ordre de l’hypothétique ne lui rendrait pas service, même si le Gryffondor a une sainte horreur du mensonge. Même dans les pires crises, il préférait mettre ses coéquipiers face au désastre à venir, plutôt que de trouver des formules réconfortantes louant un peu trop leur talent. Sans son pessimisme, Olivier n’était pas sûr qu’ils auraient gagné la coupe, au cours de sa dernière année. Entre l’obstination d’Angelina à le contredire et la trop grande assurance de Fred et George depuis qu’ils les avaient qualifiés de « boulets humains », ils auraient filé droit au désastre en se reposant sur leurs lauriers et en minimisant leur défaite.

« Tu me fais la visite alors ? Et j’aimerais bien récupérer un de tes vieux ballons de baskets, affirme-dit-il dans une tentative pour changer de sujet.
– C’est une bonne idée ça, approuve Katie. J’adorerai rejouer au basket ball mais il n’y a que Lee et Angelina qui savaient y jouer à Poudlard. Et tu sais à quel point Angie est mauvaise perdante… Tu te souviens des règles ?
– Je vous ai regardé jouer quelque fois. Harry avait essayé de m’expliquer les règles mais c’était confus.
– Oui mais moi, je te les ai réexpliquées plusieurs fois aussi. J’ai dû te mettre au parfum de pas mal de sport.
– Ecoute, on verra ça quand on y jouera. Ça m’a l’air bien plus fun que le hockey sur gazon.
– Faudrait que t’assistes à un vrai match de Rugby, un jour. C’est encore mieux que le basket.
– Sans façon Katie. Ça m’a tout l’air d’être un sport pour que les midinettes matent des combats de mecs dans la boue !
– Ose me redire ça et tu gouteras à ma batte de baseball, menace Katie, rieuse. Il y a un esprit d’équipe incroyable dans ce sport. Et des beaux mecs aussi. Mais tu sais, les filles y jouent aussi. »

Elle farfouille dans une caisse en bois, près de la porte. L’éclairage automatique qui s’est enclenché inquiète le Gryffondor : le voisinage, habitué à voir le perron des Bell éteint, leur maison silencieuse, les volets clos, vont se poser des questions. Officiellement, Béatrice et Jonathan se sont temporairement installés chez sa mère, devenue impotente. Officieusement, ils se cachent dans l’attende de meilleurs jours. Mais cela lui permet aussi de garder sa baguette à la main, braquée sur le recoin sombre du jardin. Olivier a encore du mal à admettre que, depuis l’été, les rafleurs ont d’autres chats à fouetter que de surveiller la maison d’une ancienne élève de Poudlard, même s’il elle est née moldu. Enfin, elle sort un trousseau de clef d’une botte crottée. Le jeune homme ne peut s’empêcher d’étouffer son rire. Il y a quelque chose de comique, de très propre à Katie dans cette façon de fouiller. La Môme avait toujours un bric-à-brac impressionnant dans son sac, au collège.


« Les clefs du palace ! » lance t’elle, triomphante.
Les clefs cliquettent dans la serrure. Katie pousse la porte de son entrée quand la lumière du perron commence à grésiller, avant de se rétablir. Figée, Katie fixe l’ampoule, comme si elle venait de prendre conscience d’un détail important.


« Rentrons, puisqu’on est là pour ça ! », somme Olivier.


Avec fermeté, il pousse Katie à l’intérieur. La lumière du perron, filtrée par la faïence de la porte, éclaire un peu l’intérieur du hall. Olivier identifie ce qu’il pense être un combiné de téléphone, pendouillant au bout de son fil torsadé. Les quelques bibelots posés sur le meuble sont déjà recouvert d’une couche de poussière. La main toujours sur l’épaule de Katie, il demande :


« Katie, tu es sûre de ce que tu fais ?
– Ce n’est que ma maison, Olivier. Je veux juste récupérer quelques affaires.
– Comme tu veux, la Môme. Allons-y. »


Katie commence à avancer mais s’arrête presque aussitôt devant une porte entrouverte. La clenche de celle-ci est cassée. . A la lumière de sa baguette, le Gryffondor peut voir la surprise figée les traits de son amie. Elle est de nouveau pâle mais une lueur de détermination brille dans ses yeux marrons. La Katie rieuse et enjouée lui parait soudain loin, mais il la préfère à la Katie mélancolique des derniers mois. Cette Katie battante devait bien apparaitre un jour. Il y a quelque chose de fort, de communicatif dans cette fermeté, qui lui donne à lui aussi envie de pousser cette porte. De nouveau, il est ce jeune homme ragaillardi et déterminé, celui qui voulait à tout prix aller à Gryffondor, celui qui a démissionné de l’équipe de réserve du Club de Flaquemare, ne supportant pas l’intolérance de son entraineur, Armand Jarmusch. En dépit de sa passion pour le Quidditch, de sa volonté à devenir un joueur professionnel, Olivier n’avait pu supporter les préjugés et le parti prit de son entraineur. Cet homme qu’il avait appris à apprécier et admirer pour sa droiture et sa pédagogie dans sa profession, avait fini par retourner sa veste juste après la chute du ministère, fortement intéressé par les nouvelles doctrines ministérielles. Olivier s’en était voulu d’avoir été aussi aveugle et il ne lui avait pas fallu longtemps pour donner sa lettre de démission. Son amour pour le Quidditch ne valait pas qu’il sacrifie lui aussi ses principes et son intégrité. Le Quidditch n’aurait pas dû être touché par la vague extrémiste contre les sorciers indésirables.

« Je n’aime pas ça, Olivier. Tu es prêt ?
– Je le suis depuis qu’on est entré, chuchote-t-il, plus déterminé que jamais.


L’adrénaline et un peu le goût du risque lui manquaient. Depuis qu’il a quitté son club, lui aussi s’enlise dans une drôle de monotonie, ponctuée par un quotidien morose de temps de guerre et l’écoute clandestine de Potterville.


Katie entrouvre un peu plus la porte et Olivier pointe lui aussi sa baguette sur l’obscurité de la pièce. Rien ne semble bouger dans , aucun bruit ne brise le silence. Olivier envoie flotter dans les airs des sphères lumineuses pour éclairer les lieux, révélant le désastre.
La table base en verre est brisée en morceau. L’écran de la boîte à images, étudier en Etude des Moldus est dans un état similaire. Le sofa et les fauteuils sont éventrés et les livres de la bibliothèque à terre, déchirés. Un des pieds de la table familiale est cassé et les chaises sont brisées. Un troupeau d’hippogriffes n’aurait pas fait moins de carnage. Katie s’est raidie et lui-même reste figé devant ce désastre. Olivier ne peut prétendre connaitre les pensées qui se bousculent dans la tête de Katie mais les imagine. Le silence est brisé par un son rauque qui se révèle être sa propre voix. La jeune femme ne lui répond pas et le bouscule pour sortir.


« Katie ! Attends ! »


Katie ne répond pas, ne se retourne pas. Olivier manque de lui saisir le bras sur le seuil de la porte du salon. Pris par surprise, il la laisse file. Les autres portes ouvertes du rez-de-chaussée, de la cuisine et des toilettes sont elles aussi forcées. Les sphères enchantées suivent sa course, l’éclairant et dévoilant le triste spectacle des pièces dévastées.

« Katie ! Arrête-toi ! » ordonne t’il.


Elle ne lui répond pas directement et le jeune homme ne distingue que des « Non ! Non ! Ça ne peut pas être possible ! » . Il arrive enfin à lui saisir le bras devant l’une des pièces de l’étage. La course a essoufflé Katie, colorié ses joues. Ou peut-être est-ce la colère ?


« Lâche-moi ! Lâche-moi Olivier !
– Non Katie ! On en a assez vu. On rentre ! C’est dangereux ici !
– Je veux rester ! martèle Katie. Je veux voir l’étendue des dégâts !
– Et à quoi ça te servira ? Dis le moi, à quoi ça te servira ? Ceux qui ont fait ça peuvent revenir à tout moment !
– Qu’ils reviennent. Je les attends ! Je leur fait la peau à ses salauds ! », continue de crier Katie.

Une nouvelle fois, elle tente de se débattre et donne un coup dans la porte, mal fermée. Les sphères lumineuses éclairent une nouvelle pièce. Katie émet un hoquet et Olivier lui lâche le bras.
Matelas et couvertures sont retournés. Une tête de panda en peluche trône dans l’entrée. Les portes de l’armoire tiennent difficilement sur leurs gonds. Ce qui était autrefois un bureau git dans un recoin. Les posters sont déchirés. Et il y a le message. Ce message qui glace le sang d’Olivier. Ou qui le fait bouillonner. Lui-même ne sait plus.


"Sang de bourbe"


Les rafleurs ont cherché Katie. Ne l’ont pas trouvée, elle et ses parents. Alors ils ont dépouillé sa maison, ruiné son salon, dévasté sa chambre. Est-ce une mise en garde ou une simple distraction pour eux ?
Katie s’est assise dans l’entrée, la tête de panda entre ses mains. Olivier se met face à elle pour la forcer à se relever mais Katie refuse de prendre sa main.


« Allons-nous en Katie. S’il te plait. Il n’y a rien de bon pour toi ici.
– Ils m’ont tous pris, Olivier. Tout volé. Mon droit d’être sorcière. Ma maison. Mes souvenirs d’enfance. Ils ont même essayé de me tuer. Ils l’auraient fait si j’avais été là avec mes parents ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Qu’est que j’ai fait ? »



Les cris de Katie ont laissé place aux sanglots. Le jeune homme tire Katie vers lui, la forçant à se relever. Elle chancelle, puis se laisse aller contre lui, comme une poupée de chiffon, avec ses joues souillées par les larmes. Olivier se sent désarmé alors il fait la seule chose qu’il puisse faire : la serrer dans ses bras pour calmer ses sanglots et répéter ce qu’il lui a déjà dit, après la mort de Rufus Scrimgeour.


« Ils ne t’ont pas tout pris, Katie. Tes parents sont cachés et en sécurité. Et toi aussi. Ils ne t’auront pas. Ils ne te toucheront pas. »


Fuir cette chambre, ces souvenirs brisés. Emmener Katie loin de tout ça et ne plus avoir à supporter sa douleur. La ramener en lieu sûr pour que tout ça l’atteigne moins. Katie relève la tête pour le regarder droit dans les yeux.


« Et il se passera quoi, le jour où ceux qui ont fait ça, se pointeront chez toi ? Qu’ils mettront tes parents en danger ? Tu ne pourras pas toujours me protéger ! »


C’est d’une voix encore tremblante que Katie lui demande ça, mais la colère qui brille dans ses iris, la réalité des propos sont comme un coup de couteau. Mais dans le fond, Olivier a toujours su à quoi il s’exposait en cachant Katie. Ses parents aussi. Ce n’est pas l’acte le plus téméraire qui soit, celui qui marquera les mémoires, mais au moins, Olivier a le sentiment de faire quelque chose de concret. Et Katie est son amie. L’une des rares qui a pris la peine de prendre de ses nouvelles après son départ de Poudlard. Celle qui avait la patience et la gentillesse de répondre à ses nombreuses questions sur les sports moldus. La seule de son équipe à avoir essayé d’être son amie, à voir au-delà de sa passion envahissante du Quidditch. Tout ça c’était construit sur plusieurs années, mais Olivier ne regrettait pas d’avoir répondu aux timides marques d’amitié de Katie, d’avoir continué à mieux la connaitre même après avoir quitté l’école.
Dans le fond, Katie avait toujours été sa préférée, même si tout le monde semblait penser qu’il ne jurait que par Harry.


« On ne te livrera pas à eux, Katie. Même sous contrainte. Alors laisse-moi veiller à ce que rien ne t’arrive.
– C’est déjà ce que tu fais. Je ne veux pas qu’il arrive quelque chose à tes parents à cause de moi. Et ni à toi, confie-t-elle.
– S’il doit se passer quelque chose, ça ne sera pas de ta faute Katie ! Rentrons maintenant. »

Katie ne lui répond pas mais serre fort sa main pendant qu’il se prépare à transplaner. Demain sera un autre jour, imprévisible, mais il sera là pour Katie. Aussi longtemps qu’elle en aura besoin.
La guerre finira bien par prendre fin un jour. Olivier veut y croire, même si rien ne le laisse penser. Parce que l’espoir de jours meilleurs est tout ce qu’il leur reste.
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