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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Projet Phoenix par AliFantasque

[134 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Voici donc la première fanfic de Harry Potter que j'avais commencé à écrire il y a deux ans maintenant. Veuillez excuser le style des premiers chapitres, j'avais seize ans à l'époque et depuis il a bien évolué. L'histoire est encore en cours d'écriture, elle fait actuellement 47 chapitres et nous sommes encore loin de la fin.

Voici donc le topo : ce n'est pas une histoire essentiellement centrée sur une romance, elle mélange plusieurs genres : Action, aventure, uchronie, dystopie et aborde certains thèmes comme l'amour (dans son sens général), la guerre, la liberté, les totalitarismes et la quête de soi. L'idée de départ a été inspirée par le roman de Jean-Claude Mourlevat, Le Combat d'Hiver, avant de tirer ses références d'autres univers, en particulier un roman de George Orwell que nous évoquerons par la suite.

Je ne pourrais pas tout dire dans une note, mais j'espère que vous prendrez plaisir à lire cette histoire, autant que j'en ai eu à l'écrire. Pour ceux qui apprécieraient, il y a aussi du suspense à vous éclater le cerveau, alors ne râlez pas trop si une question tarde trop à avoir sa réponse.

La fanfiction abordera cependant d'autres thèmes plus sensibles au fur et à mesure que l'intrigue progressera. Il n'y a pas de warning, mais je déconseillerai plutôt cette fanfic aux moins de 15 ans, à moins que vous ayez une bonne maturité au cas où vous vous situeriez dans cette classe d'âge.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir !

Note de chapitre:

Voici donc le premier chapitre de Projet Phoenix ! N'hésitez pas à commenter cet incipit, et bonne lecture !

Disclaimer : L’univers de Harry Potter ne m’appartient pas (sinon j’aurais tué tous les personnages sans exception), de même que certains des personnages évoqués ici. Seuls mes OCs m’appartiennent (logique). Quant aux citations que je mets, ou les références, je n’en ai pas la totale propriété (ou alors mon âme s’est réincarnée dans le corps de toutes les personnes qui les ont dites, ce qui serait quand même vachement balèze).

Chapitre 1 - Enfant de Héros

 

« L’esclave n’a qu’un maître. L’ambitieux en a autant qu’il y a de gens utiles à sa fortune. »

Jean de la Bruyère

 

« Suivant. »

            La voix avait claqué, froide et impassible. Meryl tressaillit, et leva la tête. Une femme de haute stature l’observait, par-dessus ses lunettes en demi-lune, reniflant dédaigneusement.

            « Ce n’est pas le moment de rêvasser. Levez-vous et dirigez-vous vers le bureau. »

            Mal assurée, Meryl se leva de sa chaise, et sous le regard insistant de la dame acariâtre, elle suivit le chemin indiqué, ne pouvant s’empêcher de trébucher tout de même. Lorsqu’elle passa la porte du bureau, elle prit son temps pour la refermer et se retourner vers l’homme, assis devant sa table, comme s’il attendait son prochain prisonnier pour un interrogatoire.

            « Ah, asseyez-vous, » lui dit-il, en désignant la chaise en face de lui.

            Elle y prit place sans rechigner.

            « Evaluons votre cas, dès à présent… murmura t-il, en faisant venir à lui un dossier jaunâtre d’un seul coup de baguette magique et en l’ouvrant sans se servir une seule fois de ses doigts. Une feuille en sortit et il la parcourut brièvement.

            « Meryl Greylord. Fille de Héros, âgée de seize ans, est-ce bien cela ? »

            La jeune fille acquiesça.

            « Très bien. Vous avez des prédispositions pour la magie de soins, à ce qu’on m’a dit. Vous avez aussi des qualités non négligeables en astronomie, mais autrement, rien d’autre ne semble vous intéresser. Vos compétences en duel et en potions ne volent pas bien haut. »

            Elle baissa la tête. Son cas serait vite expédié, elle le savait. Elle avait toujours été bonne à rien, d’après ses professeurs. Elle était « de trop faible nature » et une empotée finie. C’était comme si son esprit ou son corps refusait de lui obéir lorsqu’elle devait lancer le sort offensif ou verser l’ingrédient.

            « J’ai eu à traiter des dossiers autrement plus complets que le vôtre. Cela m’étonne d’ailleurs de vous. Vous auriez dû… faire honneur à la lignée de Héros dont vous descendez. »

            Il avait dit cela sur un ton sarcastique et provocateur. Par lignée de Héros, il sous-entendait le père ou la mère sorcier que Meryl n’avait pas connus, et cela la mettait terriblement mal à l’aise lorsqu’on faisait des allusions à son ascendance. Comme si les professeurs et les gens importants en savaient davantage qu’elle à ce sujet.

            « Néanmoins, à l’approche de vos dix-sept ans, vous devez accomplir le parcours qui est donné à chaque Enfant de Héros depuis le début du règne de notre bien-aimé Seigneur. Selon vos compétences, vous allez être placée dans la branche qui vous conviendra le mieux de notre armée qui ne cesse de s’accroître. »

            Meryl releva la tête, le cœur battant. Le verdict tardait à venir. L’homme prenait son temps. Il leva un sourcil narquois, parcourut le parchemin des yeux et lança, d’un ton sans réplique :

            « A la défense. Vous serez une excellente guérisseuse pour nos combattants. Vous savez que la paix de ce pays est encore troublée par les hordes de terroristes qui sévissent, causant de nombreuses rixes sanglantes… Bien que réduits, vos talents seront utiles à vos supérieurs, là-bas. Je leur envoie votre dossier dès maintenant. Il sera tenu en compte si vos résultats sont probants, néanmoins, soyez assurée de cela. »

            Comme l’entretien touchait à sa fin, la jeune fille attendit l’autorisation de se lever, et lorsqu’il lui fut donné, elle se prépara à quitter la pièce. Juste à ce moment, son interlocuteur dit, de manière mystérieuse et sournoise :

            « Au revoir, Meryl Greylord… En espérant que vous fassiez vos preuves. Passez à la salle suivante, à présent. »

            Elle quitta le bureau, une boule dans le ventre. En se retournant, elle eut la malchance de tomber sur Helena Yaxley, une fille qu’elle détestait par-dessus tout. Celle-ci ricana en la bousculant pour entrer à son tour dans la pièce qu’elle avait quittée auparavant. La lueur flamboyante dans ses yeux ne laissait rien présager de bon.

            La salle suivante dont avait parlé le Héros qui avait étudié son dossier se trouvait au bout d’un large couloir, où patientait une file d’élèves attendant leur passage. Il s’y livrait des examens de baguette magique et des tests de résistance, pour savoir si on était apte à combattre, mais aussi des tests de compréhension, pour vérifier le niveau intellectuel. De ce côté, Meryl n’avait pas d’inquiétude, mais au niveau physique et offensif, elle était perdante. Depuis toute petite, elle se traînait de classe en classe, comme un boulet, sans jamais s’améliorer en aucune façon. Certains l’avaient traité de Cracmolle, ou son équivalent. Mais elle était loin de l’être, car elle avait su montrer des prédispositions à la magie très tôt, et pas n’importe quelle magie… La magie de soin.

            Rares étaient ceux qui pouvaient maîtriser cet art, et ce n’était pas faute d’avoir essayé. Chez elle, c’était inné. Ses facultés se concentraient dans cette aptitude, si bien qu’elle se montrait faible dans tout le reste. On la méprisait pour cela parce que justement, après tout, que valait ce talent quand on pouvait servir une cause noble, en tuant, en dominant des gens ? Car c’était à cela qu’on destinait les Enfants de Héros : dominer, et être intraitable à l’égard de leurs inférieurs.

            Ceux qu’on appelait les Héros se faisaient en réalité nommer par le passé Mangemorts : les fidèles serviteurs du Seigneur des Ténèbres, qu’Il puisse vivre à jamais. Leurs descendants se devaient d’être leur fierté, et de leur succéder dignement. Certains Enfants étaient des figures connues : Helena Yaxley, par exemple, bien que son père n’eut servi que d’espion dans leur armée, à l’époque de la grande guerre, voici à présent quinze ans. Theodora Zabini, Caelius Lestrange…  Tant de nobles familles qui avaient inscrit leur nom dans l’Histoire.

            Meryl ne figurait pas parmi ces familles. Elle était insignifiante, appartenant à la plèbe des Héros… Elle était même largement en dessous, car elle possédait un handicap qui la compromettait aux yeux de ses égaux.

            Elle était de Sang-Mêlé.

            C’était une tare, une souillure. Elle était née avec le sang mélangé d’un de ces êtres inférieurs que l’on nommait Moldus et d’un sorcier –ou une sorcière, elle n’en avait aucune idée- qui avait osé transgresser une règle fondamentale. Cela ne l’avait pas empêché d’intégrer les rangs des soldats en devenir, un honneur qui ne fut jamais plus donné après elle.

            En effet, la politique de rigueur instaurée par le Nouveau Ministère lors de la prise du pouvoir du Seigneur prévoyait de nettoyer le pays, voire le monde, de ses parasites ; autrement dit, seuls les Sang-Pur avaient le droit de vie. Mais la tâche s’était avérée trop disproportionnée, le nombre de fidèles étant encore réduit, malgré les nouvelles recrues qui venaient garnir les rangs de Héros. Faute de pouvoir tous les tuer, on avait réduit les Moldus, les traîtres à leur sang, les Cracmols et autres créatures récalcitrantes en esclavage, en attendant de trouver un plan d’extermination pour toute cette vermine. Les Sang-Mêlé étaient venus plus tard, ceux-ci possédant du sang de sorcier dans les veines, et exprimant leur dévouement pour la noble cause des Héros. Certains avaient même servi dans l’armée, mais bien peu avaient eu droit à leur nom inscrit dans l’Histoire. Et de toute façon, quelle utilité ? Les Enfants de Héros n’étaient pas chargés de les connaître.

            Meryl n’avait que deux ans et demi lorsque le Nouveau Ministère était né et que leur camp avait remporté la victoire. On l’abreuvait de ce cours d’Histoire depuis des années, et elle le connaissait sur le bout des doigts. C’était d’ailleurs une qualité dont elle pouvait se vanter : posséder une bonne mémoire.

            Et lorsque notre Seigneur, implacable et sage, leva Sa baguette pour lancer le sort mortel sur le scélérat, celui-ci en vint à Le supplier, Lui demandant de lui laisser la vie sauve. Une telle preuve de lâcheté n’était-elle pas indigne d’un prétendu héros ? Harry Potter ne méritait que trop peu ce statut donné par les siens. La preuve en était donnée à cet instant précis…

 

Cette partie l’avait vraiment marquée, lorsqu’elle avait parcouru les pages du Vox, la bible sacrée des Héros. Les exploits du Seigneur y étaient retranscrits, à partir du moment où Il commença à faire entendre Sa parole jusqu’à Ses derniers faits. Chaque geste, chaque mot qu’Il prononçait était noté. Le Vox était un livre que l’on ne devait jamais cesser d’écrire. Il fallait le chérir et le lire tous les soirs, se l’imprimer dans la tête. Les Enfants de Héros le faisaient avec ferveur. Meryl, elle, ne vénérait pas ces écrits notés de sa main sous la dictée des professeurs. Elle les parcourait avec attention, les étudiait pour ainsi dire. Elle avait appris à écrire ainsi dès son plus jeune âge, à partir du moment où elle avait su tenir la plume. Avec le temps, le volume s’épaississait, mais était magiquement rétréci pour être plus transportable. Lorsqu’elle désirait lire une page, celle-ci venait, et elle la lisait. C’était mieux que de devoir les tourner.

En tant que Sang-Mêlé, Meryl aurait dû être tuée après la prise de pouvoir, avec tous les autres enfants que l’on avait réunis devant le Seigneur des Ténèbres.

Car elle avait eu « la chance » de Le voir une fois, même si elle ne s’en souvenait plus. Il avait décidé de lui laisser la vie sauve, sans qu’elle sût exactement pourquoi. Il avait ordonné Lui-même qu’elle soit éduquée comme tout Enfant de Héros, et toujours elle L’avait remercié, en secret, pour cette vie qu’Il lui avait laissée. C’était bien une chose qu’elle Lui devait, après tout. Les autres enfants, elle ignorait ce qu’on avait fait d’eux. Morts, sûrement.

La file avançait, et Meryl prenait peu à peu place, patientant jusqu’au moment où la sorcière lui demanderait sa baguette pour un examen rapide. Devant elle, les autres riaient, s’échangeaient des plaisanteries, et elle n’y prenait pas part. Elle était plongée dans ses pensées.

Elle ne savait rien de ses parents, même pas la plus petite once de leur identité. Elle savait que si elle était là, c’était parce que l’un d’eux avait servi la cause du juste, mais lequel ? Elle ignorait même si il ou elle était encore en vie, si elle l’avait déjà croisé, ou entendu son nom. Ce pouvait être aussi bien un de ses professeurs, ou bien un proche du Seigneur ?

A seize ans, presque dix-sept, ses interrogations restaient insatisfaites, mais elle n’avait pas démordu. Si c’était un but dans sa vie, alors elle ne le lâcherait pas.

Sans qu’elle eût vu le temps passer, ce fut enfin son tour d’être en bout de file. Un raclement de gorge la ramena à la réalité.

« Baguette, s’il vous plaît, » dit l’Héroïne.

Elle tendit sa baguette, et la femme l’examina très attentivement. Elle nota quelque chose sur sa feuille tout en énonçant à voix haute :

« Bois de poirier et cœur de dragon. 28,75 centimètres. Sifflante. Très bien, passez à la phase suivante. »

Sans plus de commentaire, elle lui tendit sa baguette et la jeune fille s’éloigna pour aller se poster dans un autre endroit de la pièce, où l’attendaient deux sorciers, un homme et une jeune femme qui la salua avec un sourire.

« Nous devons évaluer vos compétences intellectuelles et nous enquérir de vos spécialités. L’examen se composera de quelques questions avec un temps imparti pour chacune d’elles. Les résultats ne vous seront pas donnés à la fin de la séance, vous devrez céder immédiatement la place au candidat suivant. »

Meryl acquiesça et s’assit, concentrée. Les premières questions la mettaient à l’épreuve sur des connaissances basiques et elle n’eut aucun mal à y répondre. Les suivantes, toutefois, la firent déglutir et elle chercha plus longtemps. Il n’y en eut aucune qui resta sans réponse, néanmoins. La dernière se focalisait sur l’astronomie, son domaine de prédilection. A chaque réponse donnée, l’homme notait quelque chose avec sa plume sur un parchemin.

« Parfait. Passez maintenant à la partie pratique, dans la salle d’à côté. »

Meryl quitta l’entretien avec soulagement et passa la porte qui donnait sur une salle d’entraînement. Plusieurs élèves se concentraient déjà à lancer des sorts avec leur baguette, allant du plus basique au plus violent, c’est-à-dire les sorts relatifs à la magie noire. Elle détourna le regard et fut accueillie par un jeune Héros qui l’accueillit avec un sourire. Il lui parut néanmoins froid et déterminé.

« Suivez-moi, nous allons tester vos compétences en magie. »

Ils marchèrent tout le long de l’arène, passant derrière des élèves qui se faisaient noter par des professeurs. Meryl comprit que celui-ci allait devoir l’évaluer.

« Vu dans vos résultats que vous n’aurez pas une carrière très probante dans ce domaine. Vous semblez plus vous appliquer sur la tactique de défense, dit l’homme, une fois qu’ils se furent installés dans la zone où elle allait lancer ses sorts, où trônait un mannequin immobile. J’imagine que vous allez être placée en défense ?

-Oui, » répondit-elle, simplement.

L’autre sourit et lui ordonna de lui faire voir sa baguette.

« Petite nature, d’après ce que je vois, » commenta t-il, en la regardant brièvement.

Meryl sentit la colère l’envahir. Elle n’aimait pas qu’on critique ses défauts, et son tempérament trop faible. On réclamait des Enfants de Héros qu’ils aient du culot et en même temps du dévouement. Elle ne possédait ni l’un ni l’autre et cela lui avait valu de nombreux sarcasmes.

« Premier sort : désarmement, » dit-il, enfin, et il attendit qu’elle fasse ses preuves.

Elle n’eut aucun mal à l’appliquer sur le mannequin qui s’anima soudainement. La baguette qu’il tenait s’envola. Le professeur eut une moue appréciatrice tandis que l’objet allait récupérer son bien et se repositionner face à l’élève.

« Pas mal. Deuxième sort : stupéfixion. »

Encore une fois, elle réussit. Elle savait que le plus dur était à venir.

« Troisième sort : entrave. »

Ainsi, cela continua. Chaque sort était plus dur que le précédent, et elle avait de plus en plus de mal à tenir le coup. Le pire advint lorsqu’ils s’attelèrent à l’art noble et mystérieux de la magie noire : c’était le domaine où elle était le plus mal à l’aise, et c’était cela qui lui valait d’être aussi incompétente dans les duels instaurés entre les élèves, qui étaient sans pitié. Chaque fois, à cause de sa faiblesse, elle se faisait battre et finissait à l’infirmerie.

« Appliquez-vous à lancer ce sortilège correctement. Il peut vous servir si on vous demande de faire vos preuves. Notamment dans les interrogatoires. Personne n’est à l’abri de devoir se retrouver devant un Rebelle. »

Les interrogatoires étaient la justice de ce pays. Les Rebelles étaient ceux qui s’opposaient au régime imposé par le Seigneur et Ses plus proches collaborateurs, qui souhaitaient   conserver l’ordre et la sûreté dans la nation. Ces gens étaient des nostalgiques de l’ancien régime, gouverné par des incompétents et des faibles, naïfs et incapables de mener une politique fiable. Le monde d’avant était bien sombre. En venant au pouvoir, le Seigneur avait su éclairer le cœur de Ses fidèles, et prouver Sa dignité et Sa clémence à l’égard des sous-races. Quand tous auraient dû mourir, Il avait laissé la vie sauve à quelques-uns, dont Il se servait à des fins obscures. Soit ils étaient esclaves, soit ils servaient de cobayes dans ces lointains laboratoires, où l’on menait des expériences mystérieuses et inconnues du citoyen lambda. 

« Sortilège Doloris. J’espère que vous serez à la hauteur. »

La baguette de Meryl resta figée dans sa main, tandis qu’elle contemplait avec stupeur le mannequin qui se mouvait et semblait attendre, docilement. Elle commença légèrement à trembler, et aucun son ne franchit ses lèvres. Elle savait que c’était une étape à franchir, l’avant-dernière d’ailleurs. Le sort suivant allait être pire encore, et elle sentait que c’était au dessus de ses forces de lancer les sortilèges du jugement sacré. Le professeur attendait, guettant ses réactions, et lorsqu’il vit qu’elle était incapable d’en faire plus, il soupira et dit :

« Je vois que l’examen est terminé. Si vous n’êtes pas capable de lancer ce sort avec toute la force de votre haine, alors vous aurez encore moins de chance de le faire avec le suivant. Vous pouvez partir, les résultats de votre examen vous seront communiqués en fin de journée et d’ici une semaine, vous ferez vos bagages avec tous vos camarades. »

Meryl, soulagée, mais n’osant pas le montrer, rangea sa baguette et quitta la salle d’entraînement, rejoignant ainsi le reste de sa promotion qui riait et plaisantait, finalement heureux que cette période se termine, car ils pouvaient se permettre de se détendre. Solitaire, elle parcourut la cour du Pensionnat, et alla trouver refuge au pied d’un arbre, dans un endroit où on ne risquait pas de venir la déranger.

Elle était heureuse que tout ceci se termine enfin ; ces longues années dans ce Pensionnat de malheur, entourée de gamins endoctrinés qui répétaient ce que leurs parents leur disaient. Car beaucoup avaient leurs parents en vie, contrairement à elle. Helena Yaxley, par exemple, ainsi que ses deux sbires, Theodora Zabini et Caelius Lestrange. Ils ne cessaient de la bassiner avec les paroles de leurs propres parents, sur la pureté du sang, l’infériorité des esclaves… Ils vivaient dans un monde hiérarchisé et ils s’en accommodaient, contrairement à elle qui avait beaucoup ressenti le fait que son sang n’était pas pur, par rapport aux autres. Cela faisait d’elle la cible idéale pour les jeux cruels des autres enfants, encouragés par leurs aînés d’ailleurs.

Le père d’Helena était directeur du Département de la justice magique au Nouveau Ministère, une fonction honorable, et sa fille en était très fière. Elle avait des prédispositions pour les sortilèges de magie noire. Elle y excellait même. Elle ferait une très bonne combattante. Sa mère, quant à elle, vivait dans un grand manoir, en Angleterre, entourée de ses domestiques et ses amis. Elle était une Héroïne passive, c’est-à-dire qu’elle ne prenait pas vraiment part à la vie politique du Nouveau Ministère, mais qu’elle y adhérait.

Theodora Zabini était une jeune fille âgée de deux ans de moins que ses aînées. Cela ne l’empêchait pas d’être douée et d’avoir donc pu sauter des classes, entrant ainsi dans la promotion d’Helena et de Meryl. Elle ne valait pas mieux que son amie, ayant le même goût pour la magie noire qu’elle, et vénérant ses parents, Héros accomplis qui entretenaient de bonnes relations avec les plus proches collaborateurs du Seigneur. Caelius, quant à lui, était celui qui avait le plus de renommée de par son nom dans la bande. Fils de Rabastan, reconnu très tardivement par son père, il était néanmoins digne de lui succéder. On ne savait presque rien de sa mère.

Ils étaient les trois Enfants de Héros que Meryl craignait le plus. A cause de leur sadisme et de leur haine envers elle.

Elle en avait assez de cette vie où elle était continuellement rabaissée, où elle ne se faisait que des ennemis. Elle se demandait si quelque part, il pouvait y avoir un endroit où on la laisserait en paix. Elle croyait très peu en la notion d’ami. Elle ne savait même pas ce que ça pouvait bien être. Elle s’allongea sur l’herbe et ferma les yeux.

Lorsqu’elle les rouvrit, la cour était quasiment vide. Le ciel s’orangeait et elle se rendit compte qu’elle avait dû s’endormir, et que personne ne l’avait réveillée. Elle se mit debout sur ses jambes, malgré son impression de flottement, et se hâta vers le hall du Pensionnat, où devaient normalement être donnés les résultats aux examens des dernière année. Lorsqu’elle arriva, elle vit un attroupement qui se formait, et elle dut lutter pour se frayer un chemin, malgré les bousculades et les grognements auxquels elle eut droit.

Elle arriva à se trouver une place où elle s’assit, à moitié essoufflée. Une estrade les surplombait tous, où se massaient des sorciers en robe noire qui conversaient en attendant que les retardataires arrivent. Meryl était parmi les derniers arrivés, ce qui était tant mieux car quelques minutes trop tard et elle aurait été recalée et obligée de repasser l’examen l’année prochaine. Ce qu’elle ne souhaitait absolument pas.

Peu à peu, les places autour d’elle furent très vite occupées, par les élèves en phase terminale dont la plupart se hâtait déjà de prendre la suite de l’œuvre parentale, jugeant leur cause juste et noble. Des fois, elle se disait qu’elle n’était décidément pas normale, et elle s’en voulait d’être si faible, car elle était quasiment la seule dans cette année à douer des préceptes enseignés par leurs professeurs au fil de leur instruction. Elle n’avait jamais confié ses doutes à personne, simplement parce qu’on ne l’écouterait pas, ou pire, qu’on se moquerait d’elle de la pire façon qui fût.

Les gens sur l’estrade, quant à eux, se mirent en place sur la scène, comme pour présenter un spectacle, et se positionnèrent face à un écran, apparu magiquement sur le mur derrière eux, où devaient se refléter les résultats des examens. A tour de rôle, chacun devait interpeller un élève un à un, du premier au dernier, c’est-à-dire de celui qui aurait le mieux réussi au plus cancre d’entre eux. Meryl frissonna. Si elle était dernière, elle savait ce qui l’attendait…

L’un des sorciers tendit alors sa baguette vers sa gorge et prononça un sort bref, qu’elle connaissait par cœur toutefois. En effet, même si elle ne possédait que des capacités basiques en sortilèges, elle connaissait la formule « Sonorus » aussi bien que n’importe quel autre sorcier, il ne fallait pas exagérer.

« Bienvenue à tous, ce soir, nobles Enfants de Héros, dont les noms pour la plupart ne seront pas inconnus de la majorité… » commença t-il, d’une voix de stentor qui fit taire les derniers éclats de voix et amena une ambiance studieuse dans la salle.

Certains desdits Enfants bombèrent le torse, fiers comme des paons, mais reprirent bientôt contenance, attendant la suite du discours.

« En ce dernier jour où vous avez été amenés à tester vos capacités, afin de déterminer dans quelle faction de l’entreprise de Notre Seigneur, puisse t-Il vivre à jamais, vous étiez réellement dignes d’être placés, nous avons, comme il se devait, organisé une cérémonie durant laquelle vos résultats vous seraient attribués. Certains d’entre vous ont démontré des qualités brillantes et serviront sans aucun doute avec ferveur parmi nous, tandis que d’autres n’occuperont que des postes basiques, mais pas dénués d’importance (des élèves ricanèrent dans la salle. Sûrement des gens qui savaient qu’ils ne feraient pas partie de cette population). Pour couper court aux éloges que nous, examinateurs, réservons à la plupart d’entre vous, aussi bien sincères qu’ironiques, nous allons maintenant passer à l’appel des élèves, du meilleur au dernier. Nous tenons à vous dire, toutefois, pour alléger vos cœurs angoissés, que personne n’a été recalé cette année, et donc convié aux tâches ingrates du Pensionnat, comme ont dû expérimenter certains de vos confrères l’an dernier…

Meryl n’avait plus pensé à cette éventualité. Evidemment, il y avait pire que passer une année de plus ici à trimer pour espérer enfin partir la fois suivante… C’était rester vivre en ces lieux, traité comme un moins que rien.

Elle était soulagée. Cela voulait donc dire qu’elle allait être libérée sous peu de cet enfer de jeunesse.

L’homme laissa la place à une sorcière assez belle, aux longs cheveux blonds, pas aussi blonds que les siens mais beaux tout de même, qui ondulaient dans son dos. Elle secoua cette chevelure et appliqua le même sort sur elle que son camarade plus tôt, entonnant d’une voix gracieuse et charmante :

« Le premier candidat est une jeune fille que nous allons avoir l’honneur de récompenser ce soir. Tu obtiendras ta place dans les rangs des plus proches officiers de Notre Seigneur, puisse t-Il vivre à jamais. Approche, Helena Yaxley. »

Un sourire rayonnant et vaniteux affiché sur son visage, Helena se leva, et jeta un regard dédaigneux sur la foule, avant d’entamer une démarche princière pour parvenir sur l’estrade, auprès de la femme blonde qui la félicita et tendit une pile de parchemin, en même temps qu’un feuillet à signer avec une longue plume d’or. La Plume de la Promesse, se dit Meryl, en frissonnant. Objet créé au cours du règne du Seigneur des Ténèbres, beaucoup plus efficace qu’une marque des ténèbres ou un serment inviolable, elle liait celui qui s’en servait à un serment sacré, celui de prêter à jamais fidélité à son maître. Helena était d’ores et déjà une servante dévouée et elle avait choisi sa voie.

« Père sera fier de moi, l’entendit-elle murmurer, auprès de ses amis, lorsqu’elle revint s’asseoir près d’eux.

-Félicitations à toi, » lui dirent-ils, avant de retourner leur attention vers l’estrade, comme la sorcière appelait déjà le candidat suivant.

La cérémonie continua ainsi. Au fur et à mesure, le taux d’élèves n’ayant pas encore été appelé s’amenuisait, et Meryl restait vissée sur sa chaise, de moins en moins prête à bondir au fil du temps, des noms et des visages qui passaient. Une sombre déprime envahissait son âme et emprisonnait son cœur dans un mur froid, en même temps que son échine se glaçait. De toute évidence, elle était la dernière, et on allait l’humilier comme jamais.

« Dernière prétendante, enfin, pour clore cette cérémonie, » clama la femme blonde, qui lui paraissait de moins en moins belle et de plus en plus diabolique.

Les résultats s’affichaient par chiffres au tableau. De ce qu’elle en voyait, Meryl voyait déjà une série de notes plus que déplorables, et peu d’éloges de la part du jury. Avant même qu’on l’appelle, elle se leva, résolue à en finir vite, et marcha jusqu’à l’estrade, comme un condamné s’en va à l’échafaud.

La sorcière la regarda arriver d’un air impassible, sans prononcer le moins mot, comme elle avait pu faire pour les autres candidats. D’ailleurs, elle avait de moins en moins gardé l’usage de la parole au fur et à mesure que ceux-ci défilaient. L’avant-dernier, elle lui avait peut-être accordé une monosyllabe, à peine. Machinalement, elle lui tendit sa pile de parchemins mais pas la Plume de la Promesse ; elle n’en avait pas besoin. Ce fut dans un silence de mort, presque plus humiliant que des huées, qu’elle descendit en hâte se rasseoir sur sa chaise, pressée que l’attention des autres se reporte ailleurs que sur elle.

Ce fut sur cette conclusion que l’homme revint pour porter un toast à l’attention de toute l’assemblée, félicitant les nouvelles recrues pour leur entrée dans la vie active. Les langues commencèrent alors à se délier. Meryl fut la seule à ne pas prendre part aux bavardages. N’étant déjà pas un moulin à paroles, il s’agissait en plus de la dernière chose qu’elle souhaitait entreprendre.

Elle regarda autour d’elle et décida de s’éclipser discrètement. Peine perdue, quelqu’un l’avait vue, un peu plus loin.

 

~oOo~

 

« Alors, on fausse compagnie au gratin de l’Empire, maintenant ? » s’exclama une voix horriblement familière aux oreilles de la jeune fille.

Alors qu’elle se préparait à s’engager dans le couloir pour rejoindre sa chambre, elle se retourna, et regarda avec un dédain marqué la nouvelle venue dans toute son élégance : Helena Yaxley, en personne.

« Tes amis ne sont pas avec toi ? » demanda t-elle, calmement.

Helena esquissa une moue méprisante.

« Qu’est-ce que tu crois ? Ils s’amusent. Et je ne vois pas pourquoi tu irais te soustraire à la fête. »

Sans donner le temps à sa voisine de réagir, elle dégaina sa baguette et la pointa sur elle.

« Tu viens sans faire d’histoire. La présence de tous les diplômés est exigée. Encore, tu ne le serais pas (un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres), nous accepterions ce fait, mais si tu veux éviter de t’enfoncer plus que tu ne l’es déjà, fais-nous honneur de ta présence.

-Etonnant, de la part de quelqu’un qui n’arrête pas de retrousser le nez à longueur de journée dès que je suis dans ton champ de vision. Je me lave tous les jours, pourtant.

-Tu pues le Sang-de-Bourbe, rétorqua l’autre, et elle agita sa baguette. J’ai déjà quelques idées de sorts que je pourrais tester…

-Article numéro un : ne jamais s’en prendre à un camarade sauf si le professeur vous le demande. Si tu te mets à faire ce que tu veux, je ne donne pas cher de ta peau lorsque tu seras au service de…

-La ferme ! » s’écria l’autre, et le sort informulé jaillit instantanément. Meryl n’eut que le temps de faire appel à son adresse pour s’écarter à temps. Connaissant Helena, les sorts qu’elle lançait n’étaient jamais gentillets…

« Article numéro 2 : tout acte de magie dans les couloirs est puni par le sortilège Doloris. Il y a des restrictions même si on a plus de droits en tant qu’élèves de la dernière année.

-Nous ne sommes plus des élèves.

-Alors, conduis-toi en mouton docile. »

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Meryl chancela lorsque l’éclair passa à côté d’elle et fit exploser le mur juste derrière. Arriverait-elle un jour à ne plus en arriver à cette extrémité ? Helena était le genre d’hystérique qui savait s’emporter pour un rien, et c’était cela le plus gênant. Les folles furieuses n’étaient pas les plus faibles en combat.

« Que se passe t-il, Hel’ ? »

Les deux autres sous-fifres de la jeune fille apparurent et considérèrent l’état dans lequel le mur se trouvait. Tandis que Theodora tentait de rassembler les morceaux pour pouvoir lancer le sortilège de réparation, Caelius regarda tour à tour son acolyte et Meryl. Il ne put s’empêcher de lancer, comme un crachat :

« Encore en train de t’occuper de la vermine, Hel’ ? Tu devrais souffler, elle n’en vaut pas la peine. Laisse-la faire ce qu’elle veut, elle rira moins dans les semaines à venir. »

A cette remarque, le visage auparavant défiguré par la rage et la folie d’Helena reprit des couleurs et elle esquissa un sourire large et inquiétant. Article numéro 3 : les folles ne doivent pas exister, songea Meryl.

« D’accord, laissons-la profiter. Quand tu sauras ce qui t’attend, demi-sang, tu ne perdras rien pour attendre. »

Et laissant en suspens ces paroles qui se voulaient inquiétantes, la fille se détourna et partit, escortée de Caelius et de Theodora qui était restée légèrement en arrière pour finir de réparer les dégâts.

Celle-ci jeta un bref regard à sa voisine et lui souffla, non sans quelque reniflement :

« Je pensais qu’au fil du temps tu aurais appris qu’il ne fallait pas la contrarier… Crois-moi, à ta place, je me plaindrais. »

Quand les individus furent partis loin, Meryl poussa un soupir qui cachait mal son appréhension. Pourquoi était-elle ici, au juste, si c’était pour être traitée comme une moins que rien ? Elle aurait eu plus sa place parmi les esclaves…

Esclave étant synonyme de Sang-de-Bourbe, Sang-Mêlé et Elfes de maison. Les traîtres à leur sang étaient mis à l’écart car on les éradiquait dès qu’on mettait la main sur eux. Les esclaves ne devaient jamais côtoyer les Héros, car cela leur aurait été préjudiciable.

Le cœur serré, Meryl traversa les couloirs jusqu’à sa chambre, là où elle pouvait être le plus à même de réfléchir librement, loin du chahut et de la foule qui lui donnaient envie de vomir.

Elle avait la chance de posséder une chambre à elle seule, étant en dernière année de ses études. Durant les premières années au Pensionnat, elle avait dû partager sa chambre avec d’autres filles qui lui avaient mené la vie dure. Elle en avait perdu un temps précieux de sommeil qui avait mal participé à sa croissance. Mais à présent, le problème ne se posait plus, puisqu’elle allait quitter ces lieux horribles qui lui avaient volé plus qu’ils ne l’en avaient privée son enfance.

Elle s’assit sur le lit, lasse, et regarda longuement par la fenêtre. Les jours étaient comptés à présent, avant qu’elle ne cède cette chambre à quelqu’un d’autre. Il fallait dès aujourd’hui commencer à ranger ses affaires et s’empresser de quitter les lieux une fois qu’elle aurait obtenu son affectation quelque part, pourvu que ce soit ailleurs qu’ici.

Elle laissa ses parchemins sur son lit, tandis qu’elle se levait pour aller se pencher à la fenêtre. Ce soir, c’était la pleine lune, elle voyait déjà l’astre flamboyant s’élever à l’horizon pour dominer le monde en lui exposant sa face rageuse. Les loups-garous seraient de sortie ce soir, il était donc fortement déconseillé de sortir par une telle nuit. Meryl était la première à observer scrupuleusement cette règle. Elle n’avait jamais vu un loup-garou en face, et de toute façon elle ne préférait pas.

Elle resta ainsi, les yeux dans le vide, rêvant d’un ailleurs… de son futur qu’elle ignorait encore.

 

~oOo~

 

La semaine qui passa fut rude. A cause des railleries de ses camarades qui avaient tous été témoins de son humiliation publique suite à la remise des diplômes, Meryl attendait de plus en plus avec impatience le jour où elle pourrait enfin partir, bagages en main, vers la destination qu’on lui avait choisie. Elle évitait tant que possible Helena et sa bande, qui eux jouissaient de l’adoration que leur vouaient les autres élèves. C’était la loi du plus fort et du plus audacieux. Meryl n’avait ni force ni audace, ce qui lui avait valu la dernière place.

Ce fut un beau matin, au petit déjeuner que tous prenaient en commun dans le réfectoire du Pensionnat, qu’on annonça l’arrivée du courrier. La jeune fille dut entreprendre tous les efforts possibles pour ne pas sautiller sur sa chaise, attendant avec une impatience mal maîtrisée ce qui lui était dû… car ce devait être aujourd’hui et nul autre jour ! C’était à peine si elle ne levait pas la main pour qu’on lui distribue son courrier avant celui des autres.

Les hiboux n'étaient plus autorisés à entrer au sein des établissements scolaires depuis l’appropriation de Poudlard par les forces du Seigneur des Ténèbres, puisse t-Il vivre à jamais. Le courrier était scrupuleusement contrôlé avant d’être distribué. Ainsi, toute correspondance suspecte ne pouvait passer entre les mailles du filet. Les « vautours », comme on les appelait, y veillaient.

Lorsque enfin, on arriva à sa table, on ne lui donna en tout et pour tout qu’une simple enveloppe. Quand d’autres recevaient en plus de leur admission le Seigneur savait où des lettres de leurs proches, allant de leurs amis jusqu’à leurs cousins…

Peu importait pour sa part, Meryl avait l’habitude. Elle dut se contrôler durant tout le petit-déjeuner, et quand le moment fut venu de s’en aller, ce fut en s’engageant dans le couloir en sécurité qu’elle déchira l’enveloppe.

Oui ! C’était bien ce qu’elle pensait. Meryl dut souffler plusieurs fois avant de se mettre à lire chaque mot de ce qui était dit. A la fin, elle baissa le papier, le visage livide et légèrement maladif.

« Evidemment… Il faut que je quitte un enfer pour atterrir dans un autre… »

Car la jeune fille venait d’apprendre qu’elle venait d’être affectée dans le camp de retranchement, tout près d’Oxford. C’était le plus dangereux car le plus exposé. Le nombre de morts qui s’élevait dans leur camp chaque année battait des records. Meryl songea amèrement que pour les autres, c’était le plus sûr moyen de l’envoyer à la mort sans avoir à se souiller les mains de son sang impur. Elle comprenait la menace voilée d’Helena le soir de leur confrontation…

« Il n’y a qu’aux imbéciles que la fortune sourit, » tenta t-elle de se rassurer. Et elle froissa la lettre officielle dans sa main droite, moite de sueur et de ressentiment.

 

~oOo~

 

Elle était prête. Son maigre bagage en main, sa chambre vidée comme si elle ne l’avait jamais occupée, Meryl se prépara à prendre un Portoloin. C’était aussi ce qu’il restait de l’ancien monde. Les Portoloins restaient bien trop utiles pour qu’on s’en débarrasse. Leur utilisation était soigneusement surveillée. A chaque instant, quand un Portoloin était créé, le Département spécialisé pour ce genre de cas au Nouveau Ministère le repérait et l’archivait dans ses dossiers, avant d’envoyer le rapport au Chef Suprême. Le Chef Suprême étant le Seigneur des Ténèbres en personne, bien entendu. Qui d’autre ?

Meryl se sentait affreusement angoissée. Elle savait que c’était sûrement la dernière fois qu’elle voyait cette prison, mais ce lieu ayant été toute son adolescence, elle avait peur de ce qui l’attendait à l’extérieur. Elle n’avait pas perdu de temps concernant son départ. C’était le moment venu qu’elle avait senti une chape de plomb retomber sur ses frêles épaules.

« Tu es là. Approche. »

Le sorcier qui avait parlé était un homme chauve à l’air fatigué, vêtu d’une longue robe noire, caractéristique des Héros. Il tenait une vieille botte usée entre ses mains, visiblement inerte. Meryl comprit qu’elle n’avait pas encore été ensorcelée. Alors qu’elle s’approchait avec sa valise, l’homme posa la botte par terre et lui demanda :

« Juste une formalité d’usage… Votre identité ?

-Meryl Greylord, monsieur. »

L’homme esquissa une moue dégoûtée qui ne le rendit pas appréciable aux yeux de la jeune fille, puis haussa les épaules et, un léger sourire narquois sur les lèvres, il agita sa baguette pour jeter un sort à la botte. Il avait suffi de quelques étincelles pour faire la différence entre objet inerte et objet magique.

« Vous atterrirez directement à l’orée du campement. Là-bas, quelqu’un vous accueillera directement et vous guidera. Je vous souhaite une bien belle carrière. Destination : camp de retranchement S, au nord-est d’Oxford. »

Elle entendit son ricanement lorsque, comptant jusqu’à trois, elle s’empara de la vieille botte et sentit une secousse telle que ses pieds quittèrent le sol et  qu’elle sentit quelque chose la tirer vers l’avant par le nombril. C’était affreusement désagréable, mais… heureusement passager.

Ce fut lorsque Meryl sentit son corps heurter un sol herbeux et qu’elle entendit une voix tout près d’elle qu’elle sut que son destin n’était plus qu’à quelques pas…


Dans le prochain chapitre…

            Ses pas restaient imprimés dans la terre légèrement humide tandis qu’elle avançait. Elle ne croisait personne. Tout le monde était cloîtré dans le bâtiment qui lui était assigné. Pourtant, elle regardait quelquefois de tous côtés pour voir s’il n’y avait pas une présence, quelque part… même animale.

            Meryl avait réellement l’impression de se trouver dans une ville fantôme. Pas la moindre activité. Rien ne bruissait, même pas les arbres en surplomb, ni même l’intérieur des murs.

            La mort rôdait en ces lieux. A tout instant elle pouvait la faucher. Meryl frissonna davantage. Elle aurait dû prendre une cape pour se couvrir, le vent était vraiment trop frais…

            Ses pas l’avaient menée sans qu’elle en prenne conscience dans un « quartier » semblable à celui qu’elle avait quitté. Les bâtiments avaient la même structure, la sensation d’insalubrité était la même, et surtout, le silence morbide était toujours là. Meryl se sentait de plus en plus seule. Elle se disait même qu’à tout instant, elle pouvait quitter ce lieu sans se faire prendre, car après tout, il ne semblait pas y avoir âme qui vive hormis la sienne.

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