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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Jour de fête par TeddyLunard

[5 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Première participation au concours Lorsqu'on écrit l'Histoire pour le sous-thème 3 : Fêtes et mémoire.

 

Note de chapitre:

Remerciements particuliers à lilimordefaim qui, grâce à son aide, a permis à ce texte d’évoluer et de prendre une dimension que je n’étais pas capable de donner. Je remercie aussi hermione 140 pour sa correction orthographique initiale.

Les trompettes ensorcelées résonnent bruyamment à l’extérieur de la tente des commémorations, faisant se retourner tous les convives sur leurs chaises. Un petit sorcier agite sa baguette magique vers les instruments flottant dans les airs. Je l’observe de loin : son nez crochu et ridé soutient tant bien que mal de petites lunettes rondes et poussiéreuses. Son costume paraît neuf, mais en l’observant attentivement, on peut voir qu’il est un peu usé ça et là. Ses chaussures cirées datent de la mode d’il y a cinquante ans. Rapidement, je sors le carnet de notes de mon père. Après avoir tourné quelques pages, je trouve son nom : Filius Flitwick. Selon papa, c’est un ensorceleur très réputé qui a plus d’un tour dans son sac.

Seulement, il semblerait qu’il ait un peu perdu de sa superbe car la mélodie s’échappant des cuivres sonne plus comme le cri d’un gobelin qu’on égorgerait avec ses pièces de monnaie.


Entre alors le cortège de la commémoration. Il est constitué des anciens professeurs ayant participé à la Bataille de Poudlard, ainsi que des anciens élèves, parents et créatures ayant combattu pour la défense de l’Ecole. Le défilé est conduit par une grande sorcière au chapeau pointu, portant une robe vert émeraude : Minerva MacGonagall. La directrice de Poudlard. Rabat-joie à plein temps, elle sait néanmoins se faire entendre quand il le faut. Succédant à Albus Dumbledore, elle a du faire ses preuves et a réussi par la même occasion à remettre l’Ecole sur pieds en moins de deux mois, tirant les ficelles d’une main de fer. Mon oncle la définie comme une des plus grandes sorcières que la Terre ait porté. Peut-être a-t-il raison. En tout cas, dans tous les récits de guerre qu’il me fait, c’est ainsi qu’il la dépeint. Je ne le comprendrais donc jamais…

Ses traits sont tirés par la vieillesse et elle semble à la fois exaspérée et désappointée par la musique stridente que produit Flitwick. Derrière elle se trouve Horace Slughorn, l’ancien maître des potions. Bien que je ne l’ai jamais eu comme professeur à Poudlard, je le reconnais facilement car sa photo était parue dans tous les journaux sorciers après que Voldemort ait été vaincu, vantant les mérites des élèves et des professeurs…mais plus particulièrement les siens, je crois me souvenir qu’il s’était qualifié de « sauveur » pour cette école.

Il avait ainsi fait la une de dix gazettes, qu’avait soigneusement découpées ma grand-mère Andromeda pour les accrocher les unes après les autres sur sa cible et les transpercer de ses fléchettes. J’avais pu en lire quelques-unes avant qu’elles ne finissent percées de part en part. Une véritable Black. Je crois bien qu’elle ne s’est jamais vraiment remise de la mort de son mari, mon grand-père, celui dont je porte le nom en hommage à son courage. Quoi qu’elle puisse dire, je sais bien qu’il lui vient des moments de mélancolie quand elle lance ses fléchettes, ses quelques larmes qu’elle efface discrètement d’un revers de la manche sont là pour en témoigner.


Slughorn avance lentement, une canne en bois verni dans sa main droite, sa main gauche tenant un pan de son costume violet contrastant avec le vert clair de sa robe de sorcier. Il semble essoufflé par la marche et, de là où je suis, je l’entends respirer bruyamment comme un centaure asthmatique. Dans le groupe des parents, pas besoin de carnet pour reconnaître la formidable Mrs Weasley, qui, spécialement pour ce jour, a revêtu sa plus belle robe couleur carotte. Tête haute, elle s’avance fièrement derrière les professeurs. Tout le monde jette sur elle des regards admiratifs, ils savent tous de quoi elle est capable depuis qu’elle a terrassé Bellatrix Lestrange.

Enfin, le groupe des anciens élèves pénètre dans la tente. A sa tête, Harry Potter, mon parrain. Je me retourne instantanément, il ne faut pas qu’il me voit ici, je tiens à lui faire une surprise.


C’est la première fois que j’assiste à une commémoration de la Bataille de Poudlard. Je n’avais jamais voulu me rendre à cette cérémonie auparavant, j’ai toujours eu peur de ce que je pourrais trouver ou de qui je pourrais croiser. Je ne me sentais pas prêt à affronter les amis de papa, ayant peur de ce qu’ils pourraient me révéler sur lui qui aurait fait se dissoudre l’image du père idéal que j’avais moi-même créé grâce aux photos qu’il avait laissé derrière lui. J’ai aussi toujours eu peur de ce que les autres penseraient de moi.

Mes parents avaient une réputation retentissante. Quand ils sont morts, cette image est retombée sur moi, comme un lourd fardeau. Il me fallait coller à cette renommée pour faire honneur à leurs souvenirs. J’ai toujours craint de ne pas être à la hauteur de leurs espérances ou de celles de leurs amis. Ce sont eux que je crains par-dessus tout, avec leurs codes et leurs morales. Pour prouver que Rémus Lupin est bien mon père et que Nymphadora Tonks est bien ma mère je devrais me conformer à ce qu’ils étaient ? Et si je ne le fais pas ? Qu’arrivera-t-il ?


Derrière Harry suivent Hermione Granger, Ron Weasley, Neville Londubat –mon ancien professeur de botanique – et une autre dame dont les cheveux blonds emmêlés tombent jusqu’à ses hanches. Elle est vêtue d’une robe assez étrange de couleur radis et ses boucles d’oreilles ont la forme d’oignons. Je sors le carnet de mon père de ma poche et en tourne les pages. Cette femme est Luna Lovegood, j’ai entendu dire qu’après la bataille, elle s’était exilée en Irlande, seule au milieu de nulle part, pour prendre ses distances avec les hommes qui avaient été les auteurs de tant d’atrocités en si peu de temps. Je relis une fois sa description et m’aperçois qu’après celle-ci, papa a écrit une phrase que je ne comprends pas vraiment :


« Prends garde aux Ronflaks cornus. »


Qu’est-ce qu’un Ronflak ? Aucune idée…

Encore une blague de papa…

Les membres du cortège s’assoient sur les chaises du premier rang, devant l’estrade qui va servir pour les discours. Je prends place à l’arrière de la tente.

Minerva MacGonagall monte sur l’estrade. Elle respire la fierté à deux lieux à la ronde. Sa robe traîne derrière elle, lui donnant un air de noblesse. Selon papa, c’est une grande magicienne douée d’une bonté incommensurable :


« Bienvenue à vous tous, commence-t-elle, oui, bienvenue à tous pour ce vingtième anniversaire commémoratif de la Bataille de Poudlard. Aujourd’hui est un grand jour. Aujourd’hui est un jour de fête. Il y a vingt ans, grâce à votre courage et votre loyauté, Poudlard fut sauvée de la destruction, les Mangemorts furent vaincus et le règne sombre du Seigneur des Ténèbres s’acheva le matin même. Cette guerre montra, montre et montrera toujours que Poudlard est indestructible et incartable. Il est vrai que de puissants charmes et sortilèges protègent l’enceinte de l’école, ils assurèrent notre sécurité pendant une partie de la nuit. Seulement, ces petites incantations n’y sont pas pour grand-chose si la victoire fut notre. Durant cette sombre nuit, les élèves et les professeurs se battirent ensemble. Et c’est ensemble que nous avons gagné la guerre. Main dans la main. Bien que cette victoire ai fait renaître la joie et l’espoir de jours meilleurs, il ne faut pas oublier qu’elle a détruit aussi beaucoup de vie. Il y eut des morts, beaucoup de morts. Mais leur sacrifice restera à jamais gravé à même les murs de Poudlard. Ces personnes donnèrent leurs vies pour que vos enfants, les enfants de vos enfants et les générations à venir puissent continuer à étudier dans cette Ecole. Pour honorer leurs souvenirs, après la bataille, professeurs et élèves s’unirent une dernière fois pour porter en terre les disparus et pour leur offrir les cérémonies nécessaires. Ainsi ils battirent ensemble un parc, où chaque mort repose en paix avec, en face de chaque tombe, un plan de capucines, fleur de la loyauté et du patriotisme. Dès à présent, les nouveaux élèves ont l’obligation de se rendre dans ce parc pour redonner vie aux fleurs fanées et entretenir les tombes afin qu’ils prennent conscience que c’est grâce aux hommes et aux femmes qui sont morts il y a vingt ans qu’ils peuvent encore avoir une scolarité tournée vers l’humanité plutôt que vers la cruauté.

« Mais trêve de bavardages ! Qui de mieux aujourd’hui pour nous parler de la Bataille de Poudlard qu’un ancien élève ayant fait partie des combattants, qui s’est illustré par sa bravoure lors de la bataille, en détruisant le dernier Horcruxe reliant le Seigneur des Ténèbres à notre monde ? Mesdames et messieurs, Mr Neville Londubat. »


Des applaudissements accueillent le professeur de botanique. Mr Londubat monte sur l’estrade, salue un instant son ancienne professeur de métamorphose et s’installe devant le pupitre. Il sort de la poche intérieure de sa robe un bout de parchemin. La vue de tant de monde semble quelque peu l’impressionner.


« Aller Neville ! » crie un homme au quatrième rang sur ma droite.


Il me semble reconnaître Seamus Finnigan. Un « pyromaniaque » selon papa…

Mr Londubat sourit maladroitement, pose son parchemin sur le pupitre, prend une grande bouffée d’air et commence son discours :


« Bonjour tout le monde, salue-t-il, voilà maintenant vingt ans, nous avons combattu les mangemorts et vaincu Voldemort. »


A l’annonce de ce nom, un frisson parcourt l’assemblée. Bien que mort, son nom inspire toujours la terreur. Cela n’empêche pas Mr Londubat de continuer sur sa lancée :


« Voldemort était relié au monde des vivants par sept Horcruxes, détruites les uns après les autres par Albus Dumbledore, Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger. J’ai détruit le dernier qui était sous la forme d’un serpent en lui tranchant la tête d’un coup grâce à l’épée de Godric Gryffondor. A cet instant, Voldemort redevint un simple mortel comme vous et moi. Grâce au grand courage de Harry Potter, cette nuit-là, le Seigneur des Ténèbres est mort sous l’effet de son propre sortilège. J’étais là. Je l’ai vu trépasser. Quand ses suivants virent tomber leur maître, ils jetèrent leurs baguettes les uns après les autres et se rendirent. Actuellement, ils finissent leurs jours à Azkaban. »


De bruyants applaudissements accompagnent ces paroles.


« Les morts étaient cependant nombreux et leur perte fut douloureuse. Dans la bataille, beaucoup d’entre nous perdirent des amis et des proches. »


Instinctivement, il lance un regard vers Mrs Weasley. Celle-ci sert la main de son mari et sanglote discrètement dans un mouchoir. Arthur la prend dans ses bras et elle fond en larmes.


« Ces personnes étaient dotées d’un sens du devoir qui surpasserait celui d’une armée entière. Le courage d’une seule de ces personnes équivalait à celui de milliers de combattants. Lutter : tel était leur mot d’ordre. Lutter jusqu’au matin. Pour Poudlard. Et malgré tout, ils restaient simples. Je me souviens de Fred Weasley me faisant une blague sur les gobelins avant l’attaque. Je crois qu’il ne les appréciait pas beaucoup. »


Quelques personnes rient de cette blague.
Mr Londubat poursuit son discours en nous racontant différents moments de la bataille dont il a été témoin et qui révélaient de la bravoure de chacun. La Tour Nord, La Grande Salle, La Cour de Métamorphose, la salle de Défense contre les Forces du Mal, le Chemin de Ronde ou encore le pont qu’il avait fait exploser avec Seamus Finnigan et Ginny Weasley. Il termine son monologue en rappelant le souvenir de tous les défunts. Il dicte les noms de tous ceux morts pour Poudlard. Mon sang ne fait qu’un tour lorsqu’il prononce :


« Rémus Lupin et NymphadoraTonks »


Mes parents. Les larmes me montent. Je les essuie d’un revers de manche. Si seulement je les avais connus ! Si seulement ils n’étaient pas morts ! Des tas de personnes me vantent le mérite de mon père et de ma mère, mais si je ne les ai jamais connus, à quoi cela sert-il ?

McGonagall remonte sur l’estrade et annonce que, comme le veut la coutume de la cérémonie, nous allons nous rendre sur les tombes des morts et les fleurir.

Mon cœur s’emballe, je panique. Je n’avais pas du tout prévu ça! Quel est l’usage quand on se rend sur la tombe d’un proche ? On lui parle ? On dépose des fleurs ?

Jusqu’à maintenant, je n’avais pas vraiment réalisé ce qui m’attendait. J’avais toujours eu peur de cette confrontation. J’avais toujours eu peur de perdre me moyens, de réaliser que mes parents n’étaient pas vraiment qui ils prétendaient être. Des peurs absurdes qui grandissaient en moi chaque jour. La peur récurrente de ne pas être à la hauteur de tout ce que m’avais raconté Harry. Leur courage semblait sans limites et leur fils refoule pendant vingt ans l’envie de venir sur leurs tombes. Quelle aberration !

Je tente de me calmer. Je suis Teddy Lupin, par Merlin ! Je suis le fils d’Aurors connus et reconnus, je dois me comporter comme tel !

Je prends une grande bouffée d’air frais. Mon cœur cesse de battre la chamade, mon sang circule de nouveau normalement.

Tout le monde sort de la tente par une ouverture sur le côté droit. Je suis le cortège jusqu’à l’entrée du cimetière. Je me prépare à affronter la situation comme un Lupin. Mais pour l’instant, c’est autre chose que je dois affronter :


« Teddy ! »


Oh, par la barbe de Merlin, je reconnaitrais cette voix n’importe où. Je me retourne et vois courir vers moi la plus belle femme que cette terre ait jamais portée : Victoire Weasley. La seule qui puisse réellement me comprendre, la seule qui ne prenne pas de gants avec moi, la seule qui ne voit pas mes parents en me regardant. Quand elle arrive face à moi elle me colle un baiser sur les lèvres :


« Mes parents sont là, me dit-elle, viens leur parler, ils seront content de te voir ! »


Quoi ? Elle veut que je parle aux beaux-parents ? Et bien voila autre chose !

Il me faut une excuse, vite ! Si ses parents me voient, je peux dire adieu à la discrétion que j’espérais. S’ils me voient, la nouvelle de ma présence ici fera sans aucun doute la Une du prochain numéro de La Gazette du Sorcier ! Mais je n’ai pas le temps, elle me tire vigoureusement par la manche de ma veste avant que j’ai pu protester. Bientôt, nous arrivons devons ses parents. Bill me lance un regard surpris et semble décontenancé. Puis, s’apercevant que je le regarde, il ferme la bouche et s’avance vers moi :


« Ah ! Teddy ! s’exclame Bill en me serrant vigoureusement la main, tu es venu, c’est formidable ! »


Je peux voir de plus près cette impressionnante balafre qui lui traverse le visage. Lui aussi partage la condition de mon père, deux cicatrices, le même auteur. Bientôt, il lâche ma main et viens reprendre le bras de sa femme. Il affiche un sourire bienveillant. C’est extrêmement difficile de rester stoïque devant tant de compassion. Il ne dit rien, peut-être n’y a-t-il rien à dire.

Sa femme me regarde aussi avec bienveillance. Seulement, une petite pointe de pitié vient me transpercer le cœur. Elle a pitié de moi, je devrais y être habitué mais ça me fait toujours le même effet. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa fille. Les mêmes cheveux blonds, les yeux bleus scintillants et une beauté incomparable.

Je hoche la tête pour les saluer, le silence se prolonge.

Je ne voulais croiser personne, ne voulant pas avoir à me justifier auprès de mon entourage, préférant affronter seul la situation, sans interruption de mes amis, qui pourraient me déstabiliser sans le vouloir, ou mettre à mal ma volonté d’affronter mes parents et tout ce qu’il représente…de toute évidence, c’est raté.
Je sens le rouge me monter jusqu’aux oreilles.


« Ted, me prévient sa femme, tes cheveux rougissent… »


Ca y est, je suis cuit.


« Oh oui, ca arrive souvent ce genre de truc. C’est un don que j’ai hérité de ma mère, c’est très compliqué à gérer.
—Ca alors, me répond admirativement Fleur Weasley, quelle chance d’avoir hérité d’un tel pouvoir ! Sais-tu que cette couleur te va à ravir ? Je devrais peut-être essayer moi aussi, tu ne penses pas Bill ? »


Je vois bien sa tentative pour détendre l’atmosphère. Au fond, Fleur n’est pas méchante, c’est normal de ne pas se sentir assuré devant un orphelin…


« Tu es déjà très belle ! lui répond-il prestement »


Il l’embrasse amoureusement. Puis, il se tourne vers moi :


« Nous sommes ravis d’avoir pu te voir aujourd’hui, Ted, me salue Bill, on ne va pas t’embêter plus longtemps. On se reverra sans doute à la maison. Bonne journée Ted.
—Bonne journée, je les salue. »


Je me retourne pour poursuivre mon chemin quand je réalise quelque chose :


« Bill ! je l’apostrophe, tu pourrais me rendre un petit service, s’il te plaît ?
—Bien sûr, me répond-t-il amicalement.
—Est-ce que tu pourrais éviter de dire aux autres que je suis là ? Je voudrais être seul quand je parlerais à mes parents…tu peux faire ça pour moi s’il-te-plaît ? »


Il hoche la tête en affichant un grand sourire.


« Bien sûr, me répond-il, ton secret est bien gardé. »


Il m’adresse un clin d’œil amical. Je lui souris, son visage s’éclaire.

Je tourne alors les talons et me rend vers l’entrée du cimetière. Je passe le petit portail en bois blanc et commence à chercher les tombes de mes parents. Je sais qu’avant la bataille, mon père et ma mère avaient demandé à être enterrés ensemble. Je parcours les allées, passant entre les pierres tombales, me faufilant parmi les nombreux sorciers qui se pressent près des stèles pour y déposer des fleurs.

Au loin, j’aperçois Mrs Weasley, à genoux devant la tombe de Fred Weasley, son fils. Cela fait vingt ans qu’il est parti, mais elle continue à verser des larmes sur son tombeau. Elle est secouée de gros sanglots et son mouchoir est trempé. Arthur se met à genoux à côté d’elle et l’enserre dans ses bras. A présent, elle se repose sur son épaule. Bill et Percy sont derrière elle. Ils posent doucement une main sur chaque épaule de leur mère. Les mots sont inutiles, aujourd’hui, ils ont le droit de pleurer. Percy fait disparaître une larme qui coule sur sa joue. George, Ginny et Ron s’avancent et aident leur mère à se relever. Ils la soutiennent. Ils pleurent eux aussi.
Elle se retourne vers eux et les prend tous dans ses bras, toute sa famille. Et tous pleurent.
Je m’éloigne, ne voulant pas gâcher ce moment d’émotion.

Jusqu’à présent, j’ai réussi à passer inaperçu aux yeux de toute ma famille, et c’est primordiale pour atteindre mon but : parler seul à mes parents.

J’arrive bientôt à l’extrémité de l’allée principale. Un frisson parcourt l’ensemble de mon corps. J’y suis presque, je le sens. J’arrive enfin au bout de cette allée qui semble mesurer des kilomètres. Au fur et à mesure que j’avance, il m’est de plus en plus difficile de lever les pieds et d’avancer. Mon estomac se tord de douleur et de peur. L’heure va bientôt arriver. Mes mains deviennent moites, je me sens rougir. Je tourne au bout de l’allée et m’engage dans la première rangée de stèles. Il semblerait que tout le poids du monde ait été posé sur mes épaules, me faisant m’enfoncer plus profondément dans la terre molle du parc. Enfin arrivé je pose mes yeux sur la première pierre tombale qui se dresse devant moi.

Dans le marbre sont gravés deux noms d’Aurors connus, ayant participés à la bataille de Poudlard. Tous les deux morts au combat. Mon père et ma mère, Rémus Lupin et Nymphadora Tonks. Mon cœur chute dans ma poitrine, les larmes me montent, j’étouffe un sanglot.

Je reste immobile, ne sachant quoi faire, perdu dans mes pensées. Alors nous y voila. L’heure de la confrontation est enfin arrivée. Je revois toutes les photos contenues dans la malle de mon père. Toutes celles où il est avec ma mère, toutes celles avec ses amis, et puis celles où sont présents les membres de l’Ordre du Phénix. Le petit carnet dans ma poche semble chauffer mon flan. Je passe la main dans mes cheveux et pense immédiatement à ma mère. Sur toutes les photos que j’ai pu voir d’elle, elle semblait si heureuse, elle souriait sans cesse. Grand-mère disait qu’elle gardait sans cesse ce petit côté enfantin et maladroit qui avait tant séduit mon père.

Sur la stèle figure un cadre où ils sont présents sur la même photo, dans les bras l’un de l’autre. Ils sourient. Ils sourient et me regardent.

Cette fois je tombe pour de bon, mais jambes ne peuvent pas supporter un tel choc. Je suis trop ahuri pour pleurer. Je ne peux dire combien de temps je reste à genoux devant les deux portraits. Dix minutes ? Une demi-heure ? Une heure ? Aucune idée.

Une main se pose doucement sur mon épaule, m’extirpant de ma léthargie. Je me retourne, c’est Harry.


« Bonjour, Teddy, me dit-il, un sourire bienveillant sur son visage.
—Bonjour Harry, je lui réponds.
—Je ne savais pas que tu viendrais, poursuit-il.
—Je voulais te faire la surprise, je réplique gentiment.
—Et bien c’est réussi, tu m’as beaucoup surpris en venant ici, m’affirme-t-il. »

Son sourire s’allonge.

Je reste muet.

« Quelque chose ne va pas, Teddy ? demande-t-il.
—Je…je ne…, je bredouille, je ne sais pas comment on fait.
—Comment on fait quoi ? s’enquit-il
—Comment on parle à ses parents quand on ne les a jamais connus. »


Mon parrain soupire. Je sens qu’il cherche ses mots.


« Teddy, commence-t-il en s’agenouillant auprès de moi, tu sais, je me suis retrouvé dans la même situation que toi, je sais ce que tu ressens. Mes parents sont morts quand je n’étais encore qu’un bébé. Moi aussi, je me suis retrouvé devant leurs tombes sans savoir quoi dire. Moi non plus, je n’étais pas prêt. Alors, le conseil que je pourrais te donner, c’est de rester toi-même. Reste toi-même et tu verras, tout ira pour le mieux. Je sais que ça ne doit pas t’avancer à grand-chose mais, tu sais, j’ai connu ton père et ta mère, ils t’aimaient de tous leurs cœurs, et je pense qu’ils n’accepteraient pas de voir leur fils contrefaire sa personne pour venir les voir. Ton père a toujours essayé de donner une vie correcte à ta mère et à toi, et tout cela en conjuguant le fait qu’il était un loup-garou. Je me souviens, j’avais treize ans quand j’ai découvert qu’il portait en lui cette malédiction. Malgré tout, il ne l’a pas nié, il vivait avec et l’assumait complètement. Alors, le seul conseil que je te donne maintenant, c’est de rester toi-même. »


Rester soi-même ? Comment on s’y prend pour rester soi-même quand on n’a jamais vraiment su qui étaient nos parents, quand tout ce qu’ils sont repose sur des témoignages, des suppositions ou des photos ?

J’inspire un coup. Qui suis-je en vérité ? Je suis Ted Rémus Lupin. Les gens me surnomment Teddy Lupin. Mes parents étaient des Aurors. Mon père était un loup-garou et ma mère était une Métamorphomage. Mon père était intelligent, il m’a laissé un carnet avec toutes ses observations sur toutes les personnes qu’il a croisé où il répertoriait tous les gens qui lui semblaient dignes de confiance. Ma mère m’a donné son don de métamorphose. Mes cheveux changent de couleur selon mon humeur.

Je ressemble à mon père et j’ai le caractère de ma mère, enfin, c’est ce que tout le monde ne cesse de me raconter. Mes parents sont morts pendant la Bataille de Poudlard. Mon grand-père est mort en fuyant les mangemorts, il les a combattus toute sa vie. Je porte son nom en hommage à son courage. Ma grand-mère, Andromeda, fait partie de la famille des Black. C’est elle qui m’a élevé avec l’aide de Harry. Elle joue très bien aux fléchettes et déteste Horace Slughorn. Je lui rappelle aussi beaucoup mon grand-père, de par le nom et le caractère. Je suis un sorcier. Je suis Ted Rémus Lupin.

Voilà qui je suis.

Je souffle.


« Ne t’en fait pas, me confie Harry, tes parents étaient des gens biens et courageux. Ils ont tout fait pour que tu ais une vie confortable.
—Mais je ne les ai jamais connus, je réponds, vous me définissez sans cesse par rapport à mes parents mais si je ne les connais pas, à quoi cela sert-il ? »


Harry s’assoit à côté de moi.


« Tu sais, pendant la Bataille, j’ai réussi à m’emparer d’une pierre qui pouvait faire revenir les esprits des morts. J’ai vu mes parents, j’ai aussi vu ton père. Ses paroles résonnent encore dans mon esprit : « Des gens expliqueront à Teddy pour quoi ses parents sont morts ». »


Je le regarde, intrigué, il ne m’avait jamais raconté cela auparavant.


« Tes parents sont morts pour te maintenir en sécurité, ils sont morts pour le bien de tous mais particulièrement pour toi, leur fils, qu’ils chérissaient de tous leurs cœurs.
—Tu es en train de me dire que c’est de ma faute si mes parents sont morts ? je m’exclame brutalement.
—Pas du tout ! me répond-t-il calmement. Mes parents à moi aussi sont morts pour me protéger. Ma mère s’est jetée entre moi et Voldemort pour me sauver. Elle a utilisé toute la magie qu’il lui restait pour me maintenir en vie. Tes parents ont fait la même chose pour toi. Ils ont barré la route aux mangemorts et à Voldemort pour ta survie. Parce qu’ils tenaient à toi. »


Je le fixe un moment, incrédule. Je n’arrive pas à croire ce qu’il me dit. Mais je dois me rendre à l’évidence, il a raison.


« Tu sais, Teddy, ajoute-t-il, même si tes parents ne sont pas là avec toi physiquement, ils resteront à jamais ici. »


Il montre mon cœur du doigt. J’acquiesce.


« Merci Harry, je chuchote.
—De rien, dit doucement Harry. »


Il s’en va en me laissant seul. Je m’assois face à mes parents.

Rester soi-même…plus facile à dire qu’à faire.

« Papa, maman, je les salue, c’est moi, c’est Teddy, votre fils. »


Je m’arrête. Que dire de plus ?


« J’ai fini mes études et je suis actuellement en stage dans l’Ordre. Ma petite amie s’appelle Victoire, c’est une Weasley, j’ajoute dans un sourire, je pense qu’elle vous plairait, elle est belle, intelligente et très gentille. »


Alors, en moi, se produit comme un déclic. Jusqu’à lors, ma vie s’est concentrée autour de la quête d’identité de mes parents, je n’ai pas eu le temps de vivre ma vie, je n’avais qu’une seule ambition, connaître mes parents. J’ai quand même eu le temps d’avoir une petite amie mais cela n’empêche pas le fait que je n’ai jamais étais moi-même, j’ai toujours été influencé par les témoignages de ma famille qui m’assimilait à ma mère. Il m’a donc était difficile de me trouver et de m’assumer. Seulement, cet acharnement au travail, cette ténacité dans les recherches de mes parents me font voir qui je suis vraiment. J’ai du caractère, je suis tenace et ne lâche rien.

Quand j’ai décidé quelque chose, je vais jusqu’au bout, si je tombe, je me relève et recommence jusqu'à ce que cela fonctionne. « Rester soi-même » prend alors tout son sens. Les paroles sortent alors de ma bouche tout naturellement. Je ne me pose plus de question, je leur explique ma vie en détails. Je leur décris mes sept années à Poudlard sans rien oublier. Je nomme mes professeurs les uns après les autres. Je leur dit que la maison Gryffondor a gagné sept fois d’affilés la Coupe des Maisons. Je leur raconte tout ce qui me passe par la tête, important ou non, ça m’est égal, je leur dis tout. C’est comme une délivrance. Un poids est soudain ôté de mes épaules.

Lorsque je me tais enfin, le soleil se couche.
Je me lève et jette un dernier coup d’œil à la photo de mes parents. Je les salue de la main, je leur promets de revenir l’année prochaine. Je crois me souvenir d’avoir embrassé mon père et ma mère, de les avoir serré fort contre moi.

Avant de m’en aller, je sors ma baguette et pointe la pierre tombale. Des couronnes de fleurs viennent orner le marbre froid, les plans de capucine reprennent vie. Je regarde à nouveau le cadre. Les rayons du soleil couchant semblent donner de la couleur à la photo en noir et blanc de mes parents. Ils semblent reprendre vie sous mes yeux en un ballet de couleur magistral.

Résigné, je tourne les talons et sors du cimetière, le sourire aux lèvres.

Aujourd’hui est un jour particulier.

Aujourd’hui est sans doute le plus beau jour de ma vie de sorcier.

Aujourd’hui est un jour de fête.

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