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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Et 1, et 2 et 3... par Emiwyn

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ma participation à la fête des Dix Ans d'HPF... C'est tardif, fort court, mais présent. Joyeux anniversaire, petit site d'amour !
Note de chapitre:

Bon... Les temps sont durs, cela fait pile un an que je n'ai rien publié, et à peu près le même temps que je n'ai rien écrit.

Crise de la page blanche, plus le temps, les raisons sont multiples... Du coup, voilà un petit texte qui ne casse pas quatre pattes à un canard, mais que je me suis follement amusée à écrire (en prenant des libertés quant aux dates ;) )

Et vive le foot, et vive l'Irlande x).
Et 1, et 2 et 3...


-Salut ! Tu vas bien ?

-Ça va et toi ma chérie ? En forme ?

-Comme d'habitude quand je viens au Kilkenny's, tiens donc ! Euuuuh... Bah j'attends mon cousin et ma pote, du coup je vais me prendre une p'tite Murphy's. En pinte, évidemment.

-Je te sers ça ! Vas donc t'asseoir à votre table habituelle, je te l'apporte.

-Merci !

Je vais m'asseoir, accusant avec délices le bruit mou de la banquette qui s'affaisse sous mon poids. Je soupire après ce début de semaine épuisant, les élèves assourdissants et la route entre Rennes et Lorient. Un instant de répit. Enfin.
Je détaille autour de moi les habituels tiroirs de bois nommés en fonction des différents whiskys proposés, je joue avec les rainures gravées dans le bois de ma table, j'écoute un peu distraite le son des commentateurs télé. L'odeur est comme d'habitude un mélange de vieille moquette, de cuir et de bière, un mélange un peu étrange qui marque de sa patte les pubs irlandais. Ça sent la bière, le cœur des hommes et le rugby, ça sent les terres profondes et le vent d'hiver sur les falaises déchirées. Ça sent l'Irlande et comme à chaque fois, le sourire étire mes lèvres et mon pouls bat de façon plus régulière. Il y a comme un air de chez moi quand je bois une bière.

Je me renfonce dans le canapé, et consulte mon téléphone. On avait dit vingt heures trente ! On se fait avoir à chaque fois, on se dit une heure, on se bouge une demi-heure plus tard, résultat le match est commencé quand on arrive dans les bars et c'est si peu blindé qu'on se retrouve en terrasse du Kenland à trois kilomètres de l'écran. Ça m'agace... Bref, ma pote elle au moins ne devrait plus tarder.

La sonnerie du texto me ramène à mon écran, et la déconvenue se marque sur mon visage. Son mec vient d'arriver et ils veulent le regarder ensemble à l'appart. Deuxième sonnerie, le cousin : « Match de hand demain à dix heures, je prends un covoit' dans dix minutes pour rentrer. C'est rien que le premier tour, on s'en fout, on se retrouve pour les huitièmes ou alors c'est des blaireaux. Bisous ma cousine adorée». Mouais, tu te rattrapes bien, mais bordel, je me retrouve toute seule, moi ! Super, un pub sur-blindé, devant un match toute seule, j'adore. Genre le truc que tu dois partager un minimum, je suis comme une sans-amis. J'hésite à rentrer.

-Bah alors, ils font quoi les autres ?

-Ils m'emmerdent ! Je suis toute seule, ils m'ont lâchée... Du coup je vais rentrer, c'est super...

-Bah attends, on la passe ensemble, la soirée, viens au bar, tu te poses devant comme ça on discute, tu regardes le matche et ça ira...

-T'as raison ! Après tout j'en peux plus, c'est la fin de l'année, je l'ai bien méritée, cette soirée.

Hop, j'embarque ma veste, mon sac, et je délocalise au bar. J'en serai le pilier, ce soir, et qu'importe, je vais profiter de mon match, de la patronne avec qui je m'entends bien, et je vais m'éclater. Non mais.

Je tire le tabouret et ne peux m'empêcher de remarquer que l'homme assis sur celui d'à côté est franchement pas mal. Grand, cheveux bruns avec des reflets cuivrés, de sacrés yeux verts... Il me plaît bien, celui-là. Et il ne dénote pas dans l'intérieur calfeutré du Kilk'. Je m'excuse d'un sourire quand sans le faire exprès je bouscule ses jambes. Il me sourit et décidément, j'ai le cœur qui bat tout vite de gêne et de détournement d'yeux. Décidément... Je suis toute seule, j'ai une pinte de bière à la main et un mec canon à côté de moi, si j'étais plus dégourdie je passerais une sacrément bonne soirée. Mais toute mal à l'aise que je suis sans ma bande d'amis, je ne suis capable que de croiser les jambes et de river mes yeux sur l'écran-télé qui nous montre les joueurs en train d'entrer sur le terrain.

A cet instant, plus de solitude, plus de mec mignon, seulement les hymnes, mon fervent patriotisme chaque fois que mon pays ou mon pays de cœur a un match, et ma volonté de défendre leurs couleurs. La France joue, ce soir, et au football, sport national s'il en est. Je bouffe des yeux Griezmann et Debuchy, souris devant la mine renfrognée de Ruffier, remplaçant de Lloris bien malheureusement, je mange mes lèvres devant Matuidi en espérant qu'il jouera aussi bien ce soir que contre la Norvège et au PSG, et je joins les mains devant Benzema et Giroud en priant pour qu'ils marquent. Dans le stade rempli au Brésil, derrière les échauffourées, la beauté du sport et des joueurs qui s'arrachent pour le maillot français. Allez les gars, on y croit.

En un temps record que je ne m'explique pas, ma bière est vide. J'en recommande une, elle est notée. Je sens que je vais aller loin, comme ça. En tournant mes yeux vers la patronne, je croise ceux du bel homme. Une petite quarantaine d'années, j'aime bien, et un regard qui – sans être lourd – se fait légèrement insistant. Maladroite, je lui fais un « cheers » en trinquant imaginairement de ma bière, et avant de revenir au match qui commence, je le vois qui lève son verre. Nous les entrechoquons, et avec l'accent le plus adorable de l'univers, il murmure « allez la France... ». Je fonds.

-Vous n'êtes pas d'ici ?

-Non, euh... Je suis... Irish ?

-Oh, irlandais ? Vous êtes venus au bon endroit !

-Ha, ce doit être les racines, ou quelque chose comme ça...

-Vous parlez super bien français, vous êtes ici depuis longtemps ?

-Non, mais une branche de ma famille vit en France, donc je parle un peu le français. Je fais trop d'erreurs, mais c'est une jolie langue.

Je me sens obligée de le remercier, et avec un sourire, j'enchaîne :

-Vous êtes bien fair-play de venir voir un match de l'équipe de France... D'autant que vous, les irlandais, vous nous haïssez un peu, non ?

Il me regarde, interrogateur. Ça, c'est bien la première fois qu'on me la fait. Un irlandais de quarante piges qui ne se souvient pas du « vol » des français avec la main de Thierry Henry en 2010, c'est improbable. On me l'a tellement dit quand j'étais en Irlande, cela semblait être un tel crève-cœur que je m'étonne de sa méconnaissance de l'incident diplomatique.

-Non... Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

-La main de Thierry Henry ?

Je tente, on ne sait jamais... Mais la vacuité de son regard me confirme son ignorance.

-Vous ne devez pas trop suivre le foot.

-Ah si, j'ai déjà regardé des matches de football ! Même que j'en ai vu un entre... Hum... Arsenal ? And... Tottenham ?

Je ne sais pas trop quoi dire... Connaître la premier league qui est anglaise – surtout pour un irlandais – et ne pas parler de l'équipe nationale ou de la coupe du monde, c'est étrange. Je n'épilogue pas, après tout Paul Pogba vient de faire encore une de ces actions dont il a le secret et vient de passer à Benzema qui ne concrétise pas, et je me reconcentre sur le match.

-Est-ce que vous... Cette question, pardonnez-moi Miss, va sonner bizarre, mais il faut que je demande à quelqu'un... Est-ce que vous pourriez me dire où nous sommes exactement ?

Ok, c'est bien ma veine... Je me tape une espèce de fou qui ne cesse de me causer alors que j'essaie de suivre les actions. Je me tourne vers lui, un peu agacée. Il est tout gêné, il a la tête baissée, mais son regard lorsqu'il le relève, est direct.

-Je... Nous sommes à Rennes, bien sûr ! En Bretagne !

-En Bretagne ? Nous sommes tout près de l'Angleterre, alors ?

-Eh bien, ma foi, oui, dans un certain sens... Vous êtes bizarre, vous le savez, ça ? Bientôt vous allez m'annoncer que vous voyagez en cabine de police et que vous n'êtes pas sûr que votre TARDIS vous ait déposé au bon endroit ?

-Ah non ça mademoiselle, c'est le Doctor, et je l'ai rencontré, il ne me ressemble pas du tout !

Je blanchis. Dieux tout puissants, j'ai un taré en face de moi. La patronne capte mon regard et s'approche.

-Tout va bien ?

-Oui, tout va bien, mademoiselle et moi discutons.

L'homme lui fait un sourire tellement charmant qu'elle repart sans m'avoir délivrée.

-Je suis désolé de vous demander ça, mais voyez-vous je suis perdu, et j'aimerais rallier l'Angleterre. Seulement je n'ai ni monnaie muggle, ni moyen de transport et je ne comprends pas...

-Qu'avez-vous dit ?

-Que je n'avais aucun moyen de transport...

-Non, avant.

-Que je n'avais pas d'argent sur moi ?

-Non, vous avez dit autre chose, vous avez utilisé un terme spécifique.

Cette fois, il n'y a plus la moindre trace de flirt ou de blague dans les yeux de l'irlandais. Nous avons le regard fixé dans celui de l'autre pendant un temps indéterminé. Nous entendons une explosion de joie autour de nous et un « Blaise Matuidi vient de marquer, c'est un exceptionnel joueur, ce garçon, il a sa place au PSG, il a sa place parmi les meilleurs, et surtout il a sa place en équipe de France ! Voilà qui relance les chance des Bleus...», mais ni l'un ni l'autre ne cillons. Une seconde ou une minute, je suis incapable de quantifier le temps passé dans ses yeux. Soudain, il sourit, les rides au coin de ses yeux se creusent, et ses pupilles restent toutes froides.

-Et si nous sortions ? J'irais bien faire un tour...

-Pour que vous me jetiez un Oubliettes... ?

J'ai parlé à mi-voix, incapable d'assumer ce que je viens de dire.

-Un Oubliettes ? Vous êtes étrange mademoiselle, peut-être avez-vous trop bu...

-Je vous emmerde, et je ne crois pas être étrange, vous êtes très très bizarre... Je peux savoir pourquoi vous citez Harry Potter ici en plein milieu d'une soirée, vous qui avez quarante-cinq ans et qui commencez à être bien vieux pour ces conneries ?

-Oi ! J'ai quarante-quatre ans, d'abord, et ensuite comment ça « je cite Harry Potter » ? Comment une petite muggle comme vous connaît Harry ?

Je défaille. J'ai dû me cogner la tête ou quelqu'un a dû verser un truc pas net dans mon verre.

-J'hallucine. J'hallucine complet. Et la petite moldue, vous savez ce qu'elle vous dit, hein ?

-Vous êtes très weird. Au-delà du fait que vous êtes française, vous êtes très très... Bizarre.

-Vous vous foutez vraiment bien de moi.

Un silence s'installe. Il me regarde toujours, et je regarde le match. Les suisses sont très offensifs, mais je n'en ai plus rien à faire.

-Expliquez-moi au moins comment vous connaissez notre monde. Vous êtes mariée à un sorcier ? Vous en connaissez ? Votre frère ou votre sœur est allé à Hogwarts?

-Oh, misère, il continue.

-S'il vous plaît, j'essaie de vous faire la conversation, mais il faut surtout que je trouve un point de ralliement sorcier pour revenir dans notre monde. Mais je n'y connais rien à la France, moi ! Et encore moins à Rennes !

-Ça ressemble à quoi, votre point de ralliement ?

J'arrive pas à croire que je suis en train de gober ça. Je dois être plus atteinte encore de potterite que je ne veux bien me le faire croire.

-Je ne sais pas... Il faut que vous sentez que vous êtes repoussée, que vous avez pas du tout envie d'y aller, que ça a l'air mal famé. Ou alors c'est complètement ailleurs, derrière un mur insoupçonné.

-Ouais, en mode voie 9 ¾, quoi.

-Comment vous connaissez le quai d'embarquement pour le Hogwarts Express, vous ?

-Oh là, longue histoire. On bouge, je finis juste ma bière.

Je descends d'un trait la fin, paye et pleure ma soirée tranquille. J'embrasse la patronne, lui souris rapidement et esquive son clin d’œil, tandis que je suis l'irlandais qui se faufile hors du bar surpeuplé.

Sous le crachin breton décevant pour un trois juin, je noue un tour de plus de mon écharpe, et réfléchis. Il est vingt-deux heures, le métro fonctionne toujours, et nous devons aller dans un endroit mal famé, mais proche d'un lieu fréquenté pour que les sorciers y accèdent le plus facilement possible. Y'a plus qu'à espérer que ce ne soit pas un malade mental qui attend pour m'assassiner, parce que ça ressemble drôlement à un scénario de film d'horreur où la fille se balade en culotte et se ramène dans tous les coins sombres de sa maison. Je prends mon téléphone et le cale dans la manche de mon cuir, caché. J'y tapote rapidement le 17, histoire d'appeler la police si jamais je soupçonne le moindre truc pas net, et j'essaie de me concentrer.

-Y'a une université sorcière, à Rennes ?

-Mais qu'est-ce que je peux en savoir, moi ?

-J'en sais rien, peut-être parce que de nous deux, c'est vous le sorcier ?!

Je me détourne, légèrement agacée et suis le regard amusé d'un couple qui s'avance vers les portes du bar. Je vacille un peu, fais semblant d'être prise de boisson, et prends le bras de mon boulet du soir pour l'embarquer vers République afin d'aller à Kennedy. Après tout, c'est un des endroits les moins bien réputés de Rennes.

L'homme s'émerveille devant les escalators, glapit de terreur lorsque le train du métro se met en marche, et veut sortir dès qu'on arrive à Saint-Anne, la station suivante. Je le gourmande silencieusement, et souris à un gars bourré qui nous regarde d'un œil vitreux. Heureusement à Rennes, c'est pas les originaux qui manquent. Lorsque nous arrivons au terminus et que nous sortons sur la dalle Kennedy, l'homme fronce les sourcils.

-C'est moche, ça pue ici, et c'est certainement pas un endroit magique, je sentirais un minimum de vibrations.

-Bah excusez-moi, je vous ai emmené dans un endroit mal-famé, c'est bien ce que vous aviez demandé !

-Non mais il valait mieux un endroit moins ouvert, avec des portes et des endroits où un monde pourrait se dissimuler.

-Très facile, j'ironise.

Je réfléchis. Mal famé, un endroit où il y aurait suffisamment d'immeubles pour que l'un d'entre eux soit suffisamment désaffecté pour qu'on n'ait pas envie d'y aller et qui abriterait une administration magique... Et là, j'ai su que j'avais trouvé : la place du Colombier. Il y a du passage, mais je suis à peu près certaine que je n'irais jamais pour tout l'or du monde dans certains bâtiments où même les squatteurs ne traînent pas, et l'endroit est là aussi mal réputé.

Nous reprenons le métro dans l'autre sens, et dans le wagon vide, je lui demande :

-Comment se fait-il que vous vous retrouviez là ?

-Je ne sais pas du tout... J'étais seul à mon bureau, je faisais les comptes du Chaudron Baveur,...

-Mais ! C'est pas Hannah Abbot qui est censée le tenir, le Chaudron ?

-Comment connaissez-vous tout ça ?

-Je vous expliquerai après. Donc ?

-Eh bien, je tenais les comptes, ce que Hannah gère normalement parce que je suis plutôt au niveau de l'organisation de l'événementiel – on accueille beaucoup de groupes de musique sorcière le soir – mais là elle est partie s'occuper de son petit dernier parce que Neville ne peut pas quitter Hogwarts. Et tout d'un coup... J'avais disparu. Paraît que ce genre de phénomène est extrêmement rare, mais je me suis retrouvé ici avec juste un poil de monnaie moldue parce que je suis parti acheter un appareil photo il y a deux jours. Après des heures de déambulation, je me suis posé au pub où vous m'avez rencontré. Et vous, comment connaissez-vous tant de choses sur notre monde ?

Par où commencer ? Les sagas ? Harry ? La personne extraordinaire qu'il est à mes yeux et qui m'est juste si chère qu'apprendre qu'il n'est pas qu'un être de papier bouleverse ma conception du monde, dois-je l'évoquer ?

-Vous connaissez Joanne Kathleen Rowling ?

-Oui, bien entendu. Enfin, pas de visu, je l'ai jamais eue, mais elle était connue parmi les élèves.

-Etait ? Elèves ?

-C'est bien de la prof d'Etude des Moldus qui a disparu, dont vous parlez ?

J'en reste sans voix.

-Eh bien, je ne savais pas qu'elle était une sorcière prof d'Etude des Moldus... Pour nous, elle a écrit l'une des sagas de romans qui s'est le plus vendue au monde. Elle a raconté l'histoire d'un petit sorcier de ses onze ans à ses dix-huit ans, qui affronte un mage noir beaucoup trop fort pour lui, mais qu'au prix de bien des vies, il réussit à vaincre lors d'une bataille finale le deux mai 1997.

Son regard s'est assombri au fur et à mesure de mon explication. Nous montons les marches et nous dirigeons vers la place que j'évoquais. Tandis que nous patientons au passage piétons pour que le feu passe au vert, je le regarde dans les yeux.

-Je suis désolée, si tout cela est vrai. Pour nous, ce sont des romans.

-Pour nous, c'est notre histoire.

-Je suis désolée.

-Vous l'avez déjà dit.

-Non, mais... Vraiment. Et pour tout. Il y a tant de choses que j'aimerais vous dire, et trop peu que j'arrive à formuler. Vous avez été d'un courage exemplaire, et je ne sais pas si c'est un réconfort, mais tous les enfants du monde moldu qui ont eu onze ans en 1999 quand est sorti le premier tome, se sont sentis concernés et ont appris à travers vous les horreurs qu'une guerre, qu'une idéologie aussi raciste peut créer.

Il est gêné, je le vois, et je m'arrête de parler. Il y a trop que je voudrais dire, et trop peu que je réussis finalement à évoquer, mais je vois que sous la gêne, il a les yeux qui brillent un peu. J'aimerais lui demander son nom, mais je n'ose pas. Et si c'est un personnage inconnu de Rowling ? Si c'est quelqu'un qui a été en première ligne de la guerre, mais qui n'a pas été évoqué comme tous ces personnages dont les parents sont morts, les frères et sœurs ont souffert, mais qui ne faisaient pas partie de la « Bande à Harry » ?

Je réfléchis aux yeux verts, à l'Irlande et à son âge. L'évidence me frappe avec la force de toutes les révélations de la soirée.

-Seamus Finningan... ?

Je pose la pointe de la question à la fin de la phrase, mais elle peine à franchir mes lèvres tant je suis sûre de mon fait.

-Oui. A t-elle parlé de moi, aussi ? Moi qui fus si insignifiant, à côté de Harry ? Moi dont la cousine a été torturée, qui ai été mis en pièce par les Carrow, est-ce que j'ai été évoqué ? Non, pardon, c'est stupide, mesquin et déplacé. Sommes-nous arrivés ?

Je n'ose lui dire que ce sont les fanfictions plus que les romans qui l'ont porté aux nues, lui personnage tertiaire dans le périmètre de vie de Harry mais trop peu important pour qu'on s'attarde sur sa vie et ses douleurs.

-Oui, elle parle de vous. Et oui, nous sommes arrivés.

Ma voix est douce, presque d'outre-tombe tant j'ai l'impression de flotter dans un univers parallèle. Je vois qu'il me regarde, inquiet.

-Sentez-vous quelque chose de magique ?

-Oui, clairement. Je vois le bâtiment, il est sublime, son architecture est assez incroyable, on dirait un bateau. Vous ne devez voir que...

-Mais si je le vois ! Ce sont les Champs-Libres, une bibliothèque !

-Ça c'est étrange ! Je vais essayer de rentrer, pour voir.

Nous faisons le tour du bâtiment, fermé à cette heure tardive, et il monte à la terrasse du café de la bibliothèque. Il pousse une porte qui, fort étonnamment, s'ouvre. Je tente de passer à mon tour, et elle se ferme sous mon nez. C'est donc bien là. Il fait demi-tour, et me rejoint rapidement.

-C'est bon, c'est là. Je... Pour notre monde...

-Je garderai le secret. Vaut mieux que tout le monde croit que cette histoire sort de la tête de Rowling.

Je me promets à part moi d'en parler au moins sur HPF, afin de partager l'énormité de la chose, mais je ne le dis pas.

-Merci mille fois. Je ne vous ai même pas demandé votre prénom.

-Emy. Je vous en prie, c'était improbable de vous rencontrer.

-A qui le dites-vous. J'aurais aimé vous voir en d'autres circonstances.

-Moi aussi... Je vous recroiserai peut-être en Irlande, qui sait !

-Haha, oui, peut-être. Bon...

Les au-revoir s'attardent, et ça m'énerve, je ne sais pas dire au-revoir pendant trois heures. Je m'approche, lui plante un baiser sur la joue parce que quand même, je le serre dans mes bras un instant sans rien lui dire parce que ce serait gâcher le moment, et je m'éloigne.

-Au revoir, Seamus Finningan.

-Au revoir.

Je marche pour aller prendre mon bus comme dans un rêve. Je ne connais pas le score de l'équipe de France, je suis comme à mille lieues du football. Et puis... J'ai eu ma part de magie pour la soirée.
Note de fin de chapitre :

Ouais, j'me suis fait plaisir... Ca vous a plu quand même ?
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