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32ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

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Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic. A très bientôt !

 


De Les Nuits le 06/02/2023 15:45


128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Petite thérapie acidulée par Arielle

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour/bonsoir, tout le monde !

 

Cela fait un moment que cette idée de One-shot me trotte dans la tête, et je me suis enfin décidée à y donner "vie". C'est la première fois que j'écris sur Albus Dumbledore, aussi j'ose espérer que ce petit texte vous plaira.

Petite thérapie acidulée

 

 

Il régnait ici comme une odeur de brûlé, sans doute une potion qu'on aurait laissée mijoter trop longtemps sur le feu. Du moins, c'était ce que pensa Dumbledore en fermant la porte. Il traversa le long couloir, scrutant les murs recouverts de tableaux enchantés. Certains le regardaient passer, indifférents, tandis que d'autres le saluaient poliment. Il leur adressa un signe de tête, puis s'arrêta devant l'entrée menant au petit salon. Il se racla la gorge et fit mine de tousser pour signaler sa présence à la maîtresse de maison. Cette dernière apparut comme par enchantement, les mains recouvertes d'un liquide verdâtre peu appétissant. Elle le gratifia d'un sourire chaleureux.

- "Oh, bonjour ! Vous devez être mon rendez-vous de seize heures." Dit-elle en attrapant une petite boîte en fer posée sur la cheminée.

- "Bonjour, Madame..."

- "Miss !" Le coupa la jeune femme qui, d'un coup de baguette, métamorphosa la boîte en torchon.

Elle s'essuya rapidement les mains, puis s'avança en lui tendant celle de droite. Dumbledore la serra et, avant même de pouvoir lui dire quoique ce soit concernant le motif de sa présence ici, elle lui proposa de prendre place sur le canapé bleu-nuit.

Une fois assis, Albus se mit à l'observer de plus près. C'était une personne tout à fait charmante, cela va sans dire. Quoique légèrement maladroite si on se fiait à l'odeur de potion loupée, ainsi qu'à ses mains tantôt tâchées. Il huma discrètement l'air afin d'identifier le type de préparation dont il était question. Il plissa les paupières, activant ses sens olfactifs : une légère puanteur de bézoard calciné. Mais aussi un relent de baies de gui roussies. Et... D'où pouvait bien provenir cet étrange arôme à la fois boucané et alambiqué ? Dumbledore inspira profondément, se concentrant sur la dernière effluve, puis ne put retenir son exclamation :

- "De la corne de licorne !" S'écria-t-il, faisant sursauter la jeune femme en face de lui. "Pardon. Vous prépariez une potion d'éveil, n'est-ce pas ?"

- "Oui, mais... Comment le savez-vous ?"

- "Oh... Mon nez est certes amoché, mais je parviens encore à distinguer les ingrédients nécessaires à la préparation de chaque potion. Cela dit, je crois sentir que la votre vous a causé quelques difficultés."

- "Je suis très impressionnée !" Répondit son interlocutrice. "En effet, comme vous devez le savoir, cette potion est censée mijoter durant vingt-quatre longues heures. Je m'étais lancée dans d'autres concoctions en attendant, et la potion d'éveil m'est complètement sortie de la tête !"

Elle rit de son étourderie, puis fit léviter un petit carnet jaune qui finit par gracieusement atterrir sur ses genoux. Elle tendit ensuite le bras vers la commode située près de l'accoudoir, et sortit une plume d'oie du tiroir.

- "Bien, Monsieur... Dumbledore, c'est bien ça ?"

- "Oui."

- "Alors... Dites-moi tout."

Albus rajusta nerveusement ses lunettes. Il n'était plus très sûr de ce que pourrait bien lui apporter cette visite. Son ami Elphias Doge avait rudement insisté, lui assurant que cette Psychomage saurait l'aider à surmonter ses angoisses nocturnes, en plus d'alléger son esprit tourmenté par les remords. Certes, il avait besoin de se confier à quelqu'un, et bien qu'Elphias essayait constamment de lui tirer les limaces à cornes du nez, Albus demeurait muet comme une carpe.

Il faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître. Malheureusement, parfois, lorsqu'il était seul et livré à son fardeau, ses pensées divaguaient inlassablement vers ses sombres regrets.

- "Par où commencer..." Murmura-t-il en taquinant machinalement du doigt un des pompons du coussin en soie posé à côté de lui.

- "Le début."

- "Le début..." Dit-il, songeur. "Je m'appelle Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. J'imagine que ce nom vous est familier."

- "Oui."

- "Alors vous avez certainement entendu parler des rumeurs qui circulent autour de mon patronyme."

- "Les gens colportent divers sons de cloche." Rétorqua la jeune femme.

- "L'origine de ces sons de cloche est bien fondée."

- "Votre père ?"

Dumbledore acquiesça en silence.

- "Monsieur Dumbledore, vous êtes ici en sécurité. Personne ne vous jugera. Et sachez que je ne suis pas de ceux qui s'intéressent aux ragots."

Il la gratifia d'un demi-sourire et, à présent résigné à aller jusqu'au bout de cette séance, il se passa une main tremblante sur la figure avant de reprendre contenance.

- "Ma petite sœur, Ariana..." Sa voix vacilla dangereusement. "Elle avait six ans lorsque ses pouvoirs avaient commencé à se manifester de façon aléatoire. Ma mère, Kendra Dumbledore, envoyait souvent mon frère, Alberforth, s'occuper du troupeau en compagnie d'Ariana."

La nostalgie laissa rapidement place à l'amertume. Ses derniers mots en étaient imprégnés, et la Psychomage comprit que la suite risquerait d'être difficile à exprimer. Aussi, elle fit glisser le bol de sucreries posé sur la table-basse en direction de son patient. Ce dernier en prit une au hasard : une dragée au goût délicieusement acidulée. Du citron. Il fut surpris du réconfort que lui procura la friandise.

- "Un jour, alors qu'elle partait rejoindre Abelforth aux champs, ses pouvoirs s'étaient de nouveau manifestés. Mais il a fallu que trois moldus y assistent. Inutile de vous dire que..." Albus s'interrompit un instant, le visage voilé d'une douleur savamment dissimulée. "Ils l'avaient torturée... S'étaient acharnés à la traiter de monstre, de paria. Ce n'était encore qu'une petite fille, elle ne maîtrisait pas ses pouvoirs..."

- "Les moldus sont souvent effrayés par ce qu'ils ne comprennent pas ou ignorent." Commenta son auditrice, remuée par cet aveu.

- "Ariana en était ressortie complètement changée. Elle n'avait plus jamais été la même. Elle restait malgré tout une fillette douce et gentille... Mais son angoisse reprenait parfois le dessus. Son esprit avait été altéré par le choc qu'elle avait vécu et, couplé à ses pouvoirs en pleine émancipation, elle s'était retrouvée victime d’innombrables crises. C'était... Tout bonnement horrible. Elle perdait totalement le contrôle durant ces moments de folie passagère. C'était effrayant, voir dangereux. Son avenir était clairement compromis. Ma mère avait passé le reste de sa vie à prendre soin d'elle. A la cacher aux yeux de tous. Personne ne devait savoir. Personne ne devait connaître les troubles d'Ariana." Dumbledore marqua une pause, les mains à présent jointes sur ses cuisses. Il se tritura machinalement l'index avec l'ongle de son pouce.

C'était une période de sa vie qu'il n'aimait pas se remémorer, et il était persuadé qu'en parler à une inconnue ne suffirait pas à soulager ses maux. Pourtant, il reprit :

- "Mon père, Perceval Dumbledore, s'était mis en tête de la venger. Un sorcier contre trois moldus, un véritable jeu d'enfants... A cette époque, je ne comprenais pas pourquoi il nous abandonnait. Il était parti sans la moindre explication. Vous aviez certainement entendu parler de son procès. Un jugement contre lequel il ne s'était pas défendu. Pour tout le monde, c'était un meurtre de sang froid. Une ignoble manifestation de sa haine envers les moldus. Il ne pouvait pas trahir le secret d'Ariana au risque de la voir enfermée à St-Mangouste. Mes parents n'y auraient pas survécu. Ariana était une victime, pas une coupable. Nous étions tous tenus au secret."

- "C'est le désespoir qui a guidé la baguette de votre père." Compatit la Psychomage.

- "Un désespoir qui le tuera quelques mois après son incarcération à Azkaban." Souligna cruellement Albus. "Je ne lui ai jamais pardonné. Mon nom portait les séquelles de cette affaire. Partout où j'allais, j'étais connu comme étant le fils d'un meurtrier."

- "Et aujourd’hui ?"

- "Aujourd'hui..." Il déballa un deuxième bonbon au citron avant de poursuivre. "Je continue à faire de mon mieux pour redorer le blason familial."

- "Comment faites-vous cela ?" S'enquit la jeune femme.

- "Loin de moi l'idée de me vanter, mais j'ai été un excellent élève durant ma scolarité à Poudlard. Mes professeurs disaient sans cesse que j'étais l'élève le plus brillant jamais vu dans cette école."

- "Vous aviez besoin de reconnaissance, pas vrai ?"

- "J'avais surtout besoin de me forger une réputation capable de surpasser celle de mon père. Lui qui avait dégradé la sienne quitte à déshonorer notre famille." Répondit platement Dumbledore, ses traits dénués de toute expression. "Et j'ai réussi bien qu'Alberforth me reprochait souvent de ne pas être suffisamment concerné par l'état de notre sœur."

- "Etait-ce le cas ?"

Cette question le désarçonna, mais il ne laissa rien filtrer de son embarras.

- "Peut-être. Le fait est que je ne supportais pas de la voir dans cet état. C'était sans doute lâche de ma part, ce qui est assez ironique venant d'un Gryffondor, mais je persistais à fuir sa présence. Même durant les vacances scolaires, je préférais me rendre chez des amis, plutôt que de retrouver ma famille."

- "Que s'est-il passé ensuite ?"

La suite n'avait rien de réjouissant, et cela ne fit qu'accroître le malaise d'Albus.

- "L'été de mes dix-sept ans, fraichement diplômé de Poudlard, je m'apprêtais à faire un tour du monde en compagnie de mon meilleur ami, Elphias Doge. Un projet rapidement compromis par la mort tragique de ma mère."

- "Ce voyage avec votre ami n'était rien de plus qu'une nouvelle échappatoire ?"

- "Pas totalement. Je voulais partir à la découverte du monde. M'abreuver de connaissances. Etudier les différentes cultures magiques. Mais qu'importe... J'ai dû tout remettre à plus tard. La réalité venait de me rattraper."

- "Par réalité vous entendez Ariana ?"

- "Oui." Répliqua péniblement Dumbledore. "Abelforth venait de terminer sa Quatrième année. Il était rentré à la maison pour les vacances d'été. Et..."

Un ange passa, rendant l'atmosphère encore plus oppressante qu'elle ne l'était déjà.

- "Et ?" L'encouragea doucement la Psychomage.

- "Et ce jour-là, Ariana ne se sentait pas bien. Son état n'était plus très stable. Jamais je ne saurais ce qu'il s'était réellement passé... Tout ce que je sais, c'est qu'elle était entrée dans une colère noire, et ce sans raison apparente. Abelforth n'avait rien pu faire, tout s'était déroulé très vite. Ma mère voulait tenter de la calmer, et Ariana avait fini par s'en prendre à elle."

- "Avez-vous reproché ce drame à votre sœur ?"

- "Je..." Il soupira puis se prit la tête entre les mains. "Indirectement, oui. Je lui en ai voulu pendant très longtemps. Etant qu'aîné de la famille, j'étais devenu responsable d'eux. Ils devaient être ma priorité. J'avais pour devoir de subvenir à leurs besoins, quitte à faire une croix sur mes ambitions. Abelforth culpabilisait. Pas pour mes rêves abandonnés. Non. Il culpabilisait parce qu'il ne pouvait pas rester auprès d'Ariana. Ils étaient très proches tous les deux. Il était prêt à arrêter ses études, mais il en était hors de question. Je l'avais obligé à aller au bout de sa scolarité."

- "Vos relations avec lui ne se sont jamais améliorées ?"

- "Non." Expira pesamment Dumbledore. "J'avais beau respecter mes engagements envers lui et Ariana, Abelforth n'y voyait qu'un sacrifice forcé et hypocrite."

- "Etait-ce le cas ?"

- "A cette époque, oui. Ariana était un obstacle à ma brillante carrière. Je devais m'occuper d'elle, continuer à la protéger. Même notre entourage le plus proche ignorait son existence. Et cette situation me pesait. J'étais comme pris au piège. La voie du succès auquel j'aspirais ne m'était plus ouverte. C'est ce que je pensais... Jusqu'au jour où je l'ai rencontré, lui."

La jeune femme se redressa légèrement, de plus en plus captivée par le récit de son patient. La pression venait de monter d'un cran, aussi elle ne put résister à la tentation de poser une question qui lui brûlait les lèvres :

- "Qui ?"

- "Gellert Grindelwald. Un sorcier très prometteur, très doué en matière de potions et sortilèges. Il était doté d'une intelligence redoutable."

Albus sentit son ventre se tordre d'appréhension. Se remémorer les instants passés au côté de Gellert amplifia son trouble naissant. Ses doigts se mirent à triturer les plis de sa robe de sorcier, tandis que ses joues s'étaient colorées d'une légère teinte rosée.

- "Que représentait cet homme pour vous ?"

- "Un esprit brillant. Quelqu'un que je considérais comme étant mon égal. Il était le seul à me comprendre. Nous passions le plus clair de notre temps libre ensemble à élaborer diverses théories. Il me surprenait constamment, moi, l'éternel pragmatique qui se croyait difficile à impressionner. Il était assoiffé de connaissances. Comme moi, il n'en avait jamais assez. Notre course au savoir nous avait rendus ivres de pouvoir. Et la connaissance, le savoir, étaient la clé du pouvoir. C'était devenu une véritable obsession. Nous avions même échafaudé des plans pour un nouvel Ordre de la Sorcellerie." Déclara fébrilement Albus, gêné par ses aveux. "Notre quête du pouvoir nous avait conduit à quelque chose de beaucoup plus excitant. Les contes pour enfants faisaient partie intégrantes de nos recherches. Aucune piste n'avait été évincée. Toute information était devenue cruciale. Et... Nous avions fini par convoiter les Reliques de la Mort."

La Psychomage laissa échapper un hoquet de stupeur tandis qu'un désagréable frisson remontait le long de son échine. Puis, comme victime d'un sortilège, elle se statufia, raide comme la justice.

Son patient baissa la tête, peu enclin à affronter son regard scrutateur. Il relâcha quelque peu sa posture et, mué d'un courage digne de Godric en personne, il continua son récit.

- "Abelforth accusait Gellert d'avoir une influence néfaste sur moi. Il me répétait sans relâche que j'avais mis de côté Ariana. Que je l'abandonnais pour être avec Gellert. Et... Ça aussi, c'était vrai. J'étais jeune, le cœur débordant de rêves de grandeur. Un cœur que Gellert s'était approprié. Entre mon devoir d'aîné et l'amour, j'ai choisi la deuxième option. C'était égoïste. Irresponsable. Mais je ne pouvais plus vivre sans lui. Nous voulions révolutionner le monde."

- "Vous... Lui aviez-vous fait part de vos sentiments ?" S'enquit son interlocutrice, à présent rétablie du choc de tantôt.

- "Non. Et je n'en aurais jamais l'occasion. Pas après ce qu'il s'était passé." Albus se laissa aller contre le dossier du canapé, le cœur lourd et le regard vague. "Abelforth s'occupait seul d'Ariana. Et chaque fois que Gellert venait me rendre visite, mon frère s'appliquait corps et âme à l'inculper de tous nos problèmes. Gellert disait souvent que ma sœur était devenue folle depuis son agression. Que je ne pouvais rien y faire, et qu'il était temps pour moi de vivre ma vie."

- "Vous étiez d'accord avec lui ?"

- "Je ne sais pas..." Dumbledore réfléchit quelques secondes avant de reprendre la parole. "Ariana était une personne douce, inoffensive, parfois même craintive. La mort de ma mère était accidentelle. Ma sœur n'était plus elle-même durant ses crises. Ce n'était pas sa faute. Mais je savais aussi que Gellert avait raison. Ariana souffrait d'un mal incurable. Une folie qui lui aurait valu une vie entière dans le département psychiatrique de St-Mangouste. Une existence que je ne me voyais pas lui imposer. D'autant plus qu'Abelforth s'y serait formellement opposé."

- "Votre frère était-il au courant de vos sentiments pour cet homme ?"

- "Non. Mais je le soupçonnais de savoir. Sans doute était-ce évident. Je n'en sais rien. Il le haïssait. Un jour, lors d'une visite habituelle de Gellert, Abelforth s'en était pris ouvertement à moi. Il avait tenté de me convaincre de prendre d'avantage soin d'Ariana. Il disait que je n'étais rien de plus qu'un ambitieux sans aucune valeur morale. Et l'inéluctable s'était alors produit." Albus pressa furieusement ses paupières, la respiration hachée par les larmes qu'il s'entêtait à refouler.

- "Tout s'était déroulé si vite. Tellement vite. Je n'avais pas conscience du danger qui émanait de nous." Sanglota-t-il. "Nous nous étions disputés, Abelforth et moi. Sa rancœur dépassait l'entendement. Et mon égoïsme se suffisait à lui-même. Gellert s'était mis en colère. Une fureur que je ne lui connaissais pas. J'étais si heureux de le voir me soutenir que j'en avais oublié tout le reste. J'avais mis du temps à comprendre ce qu'il se passait. Gellert s'était attaqué à Ableforth. Il lui avait infligé le sortilège Doloris sous mes yeux. J'étais comme pétrifié, incapable de réagir. Je regardais mon frère se tordre de douleur."

Ses pleurs redoublèrent de puissance. La Psychomage lui tendit un mouchoir, puis en sortit un autre pour elle.

- "Je n'ai... Je n'ai rien fait. J'étais terrifié. Et lorsqu'Abelforth s'était ressaisi, baguette au poing, prêt à en découdre, j'ai su qu'il était temps d'intervenir. Gellert n'en démordait pas. Il repoussait les assauts de mon frère sans trop d'efforts. J'ai essayé de les séparer. Gellert était un excellent duelliste, et même si c'était peu probable, je ne voulais pas qu'Abelforth le blesse. Un innommable chaos. Le salon s'était transformé en un véritable champs de bataille. Les cris et les insultes fusaient dans tous les sens. Les sortilèges aussi. Nous étions si absorbés par le combat, que nous n'avions pas vu Ariana entrer dans la pièce."

Albus leva la tête en direction de la jeune femme assise en face de lui. Elle avait une main plaquée contre sa bouche, le regard empli de compassion.

- "Nous n'avions jamais su de qui était parti le sort... Et ça n'avait pas d'importance. Nous étions tous les trois coupables." Dumbledore se tut, se moucha, puis retira ses lunettes. "Je n'ai plus revu Gellert depuis cette tragédie."

Sa dernière phrase n'était rien de plus qu'un mensonge. Gellert avait bel et bien disparu suite à l'incident mais, quelques années plus tard, Albus avait retrouvé sa trace. Son amour de jeunesse s'était transformé en une personne méconnaissable. Il était devenu l'un des Mages noirs les plus redoutés du monde. Un fléau qu'Albus ne pouvait tolérer, et ce malgré ses sentiments. Aujourd'hui, Gellert était enfermé à Nurmengard. A cette pensée, Dumbledore tâta sa manche, faisant frotter sa peau contre la Baguette de Sureau. Grindelwald avait poursuivi seul leur quête. Et l'ironie avait décidé que ce serait à Albus d'hériter de l'une des Reliques de la Mort, autrefois tant fantasmées par les deux compagnons.

- "Qu'en est-il de votre frère ?"

- "Abelforth ne me pardonnera jamais la mort d'Ariana. Il m'en tient pour responsable et, quelque part, je partage cet avis."

- "Pourquoi ? Vous disiez que vous étiez tous les trois responsables." Objecta la Psychomage.

- "Oui, mais... Rien de tout cela ne serait arrivé si je n'avais pas rencontré Gellert. Et si je ne l'avais pas aimé au point d'en être aveuglé." Rétorqua Albus en entamant un autre bonbon au citron. "Ces dragées sont exquises."

- "Ceux sont mes préférées."

Il lui adressa un sourire en coin.

- "Qu'est-il arrivé à votre nez ? Vous disiez qu'il était amoché lorsque vous vous êtes amusé à deviner quel type de potion j'avais préparé." L'interrogea de nouveau la jeune femme en raturant une ligne de son bloc-note jaune.

Albus se massa nerveusement le nez, puis fit craquer la coque du bonbon contre ses dents avant de répondre :

- "Je dois cette légère déformation au poing d'Abelforth, lors de notre dernière rencontre. C'était durant les funérailles d'Ariana."

- "Oh... Je vois. Pourquoi le laisser comme tel ?"

- "Parce que c'est une maigre punition comparée à ce que je mérite."

La Psychomage s'apprêtait à relancer la discussion, mais Albus ne lui en laissa pas le temps. Il se leva, le corps quelque peu engourdi, puis sortit sa baguette nichée au fond de sa double-manche. La jeune femme fronça les sourcils, surprise de le voir lever son arme. Il étira ses lèvres en un sourire désolé et, déterminé, lui lança un sortilège d'immobilisation.

Il se sentait égoïste, un sentiment devenu désagréablement familier depuis le temps. Mais qu'importe. Il s'empara du bloc-note, déchira les pages qui le concernaient, puis remit le tout à sa place.

- "Je pourrais vous remercier d'avoir su être à l'écoute, Miss. Mais ça ne servirait à rien." Il rajusta sa longue robe violette et reprit place sur le canapé, une expression neutre peinte sur le visage. Puis, d'un informulé, il leva l'enchantement.

Confuse, la jeune femme cligna des yeux une poignée de secondes, et faillit crier lorsqu'elle vit la baguette de son patient rivée droit sur elle.

- "Oubliette." Incanta-t-il.

Instantanément, tout souvenir de cette entrevue se dissipa de l'esprit de la Psychomage qui, égarée dans un incompréhensible brouillard, mit une bonne minute avant de prendre conscience de la présence d'un homme dans son salon. Elle avait l'agaçante impression d'omettre quelque chose.

- "Vous... Excusez-moi, vous disiez ?"

- "Que j'étais bel et bien votre rendez-vous de seize heures."

- "Oh oui, c'est exact. Je l'ai certainement noté quelque part... Ah, voilà !" Dit-elle après avoir feuilleté le fameux carnet jaune. "Monsieur Dumbledore, donc. Que puis-je faire pour vous ?"

- "Mon ami vous a chaudement recommandée. Il paraît que aviez fait des études pour devenir Médicomage ?"

- "Oui. J'ai aussi un diplôme en Psychomagie. Mais j'ai toujours refusé de travailler dans les hôpitaux. J'aime être proche de mes patients." Affirma la jeune femme.

- "Et c'est tout à votre honneur, Miss."

- "Pourquoi me demandez-vous cela ?"

- "Pour tout vous dire, votre profil m'intéresse. J'ai été récemment nommé Directeur de Poudlard pour succéder à Monsieur Dippet. Et l'infirmière de l'école a été contrainte de nous quitter. L'heure de sa retraite a sonné. Par conséquent..." Albus appuya ses coudes sur ses jambes. "Je voulais savoir si ce poste vous conviendrait ?"

La Psychomage le jaugea du regard puis, voyant qu'il ne plaisantait pas, elle bondit sur ses pieds.

- "Ce... Ce serait merveilleux, Monsieur !"

- "Parfait !" S'exclama Dumbledore, ravie de cette nouvelle. "Je vous enverrai un hibou pour vous tenir au courant de toutes les formalités nécessaires, ainsi que votre contrat."

- "Vous... Vous partez déjà ? Mais vous venez à peine d'arriver ! Laissez-moi vous offrir une tasse de thé !"

Il lui sourti, amusé par tant d'entrain.

- "Pardonnez-moi, Miss, mais j'ai du travail qui m'attend. Nous aurons tout le loisir de faire plus ample connaissance plus tard." S'excusa-t-il en se dirigeant vers la sortie.

- "Monsieur Dumbledore ?" L'apostropha-t-elle en lui emboitant le pas.

Il se retourna.

- "Merci. Merci pour cette formidable opportunité."

- "De rien, Miss. Je suis sûr que vous ferez un excellent travail."

Il lui serra la main, la faisant rougir jusqu'à la racine des cheveux. Mais il n'y prêta pas attention et, non sans un dernier coup d'œil en direction du bol rempli de sucreries, il tourna les talons.

- "Je vous dis à très bientôt, Miss Pompfresh."

Albus referma la porte et partit se réfugier dans l'allée, prêt à transplaner. Il était à présent sûr d'une chose : les thérapies ne pouvaient strictement rien faire pour lui. Il avait beau parler de ce qui le minait au plus profond de son âme, cela n'avait pas pour autant soulagé sa peine. Il allait devoir continuer de vivre avec ce fardeau, aussi opressant et obscur puisse-t-il être. Peut-être que la seule personne sur Terre capable d'adoucir son calvaire n'était autre qu'Abelforth. Mais ça, ce n'était pas prêt d'arriver.

Par ailleurs, s'il y avait bien une chose que Dumbledore avait retenu de cette visite, c'était que les friandises au citron seraient dorénavant son péché mignon.

 

 

Note de fin de chapitre :

Un grand merci à tous ceux qui auront pris la peine de lire ce texte !

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