S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Un verre aux vaincus par weasley16

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

 

Note de chapitre:

Donc voilà ma participation au projet Deathly Hollow! Donc le projet constituait en gros à raconter la façon dont l'entourage de James Potter à réagit à sa mort!

Merci à princesse pour sa relecture!

N'hesitez pas à me donner vos retours!

 

Le bruit sourd de trois coups portés avec précipitation sur une porte réveilla en sursaut Krystin Rosmerta. Les terribles palpitations angoissées avec lesquels elle devait vivre depuis quelques années bousculaient l’intérieur de son corps si violemment qu’elle crut, que cette fois elle n’y survivrait pas. Il y avait longtemps désormais que les sorciers considéraient les visites en pleine nuit comme synonymes de mauvaises nouvelles. Chaque visite, en réalité, revêtait la teinte rougeâtre de l’interdit, mais à défaut d’y trouver une quelconque excitation, on n’y voyait qu’un moment trop vite distillé dans le parfum âpre de la peur. Avalées par le malheur effroyable qui s’était rependu au Royaume-Uni, les amitiés s’estompaient. Seul le venin insidieux d’un homme noir d’âme et de coeur persistait . On ne voyait plus d’amour fleurir au coin des rues. On ne fréquentait plus ses amis de crainte de ne plus les voir. Les hommes se terraient dans leurs maisons, espérant seulement que personne ne viendrait les déranger, qu’aucun son ne donnerait raison de s’exprimer au tourment qui se nichait au creux de chaque être.

Même un caractère aussi chaleureux que celui de Krystin ne pouvait lutter contre cette terreur instinctive qu’avait insinué en chacune de ses pensées la montée en puissance de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Elle tentait de rire pour que ses clients continuent de venir, elle tentait de sourire, de danser. Le cœur n’y était plus.

 

On frappa une seconde fois.  Elle saisit rapidement sa baguette qu’elle n’éloignait jamais bien loin d’elle et patienta, immobile, les cheveux éparpillés sur sa nuque gracieuse, l’oreille tendue vers le moindre son qui lui signifierait qu’elle n’avait pas rêvé. De nouveaux coups retentirent dans le silence glacé de cette nuit d’Halloween et Krystin eut la confirmation qu’ils s’attaquaient bien à sa porte. Elle était décidée à ne pas bouger d’un poil, à ignorer la menace. Ainsi peut-être partirait-t-elle ? Mais Krystin Rosmerta n’était plus une enfant, elle savait que se blottir sous sa couette ne la protégerait pas. Le danger était bien réel et elle considérait chaque heure qui passait comme une victoire contre la mort. Ses amis tombaient autour d’elle, des disparitions, des meurtres, des tortures. Elle sentait son pub espionné de part et d’autre des deux camps. Les mangemorts ne tarderaient pas à se présenter à elle de nouveau. Dumbledore, également. Ils exigeraient d’elle une réponse. Mais Krystin ne voulait pas se battre.

 

Sa porte gronda encore une fois sous l’influence d’un poing. Cependant, cette fois-ci, la manœuvre s’accompagnait d’un son, une voix. Krystin mit quelques secondes avant de réaliser que quelqu’un hélait son nom. Elle descendit précipitamment jusqu’à la porte d’entrée des trois balais, s’apprêtant à ouvrir à cette voie familière, chaude et ambrée, à laquelle elle ne parvenait pourtant pas à associer un visage, mais retint son geste au dernier moment. Fol-Oeil le lui avait maintes fois répété lors de ses passages au pub, la vigilance était son seul allié ! Il avait même tendance à le répéter un peu trop souvent lorsqu’il abusait de whisky Pur-Feu. Mais en réalité, peu importait le problème de boisson de Fol-Oeil — ce problème, après tout, était partagé par la plupart des clients des Trois Balais —, car ce précieux conseil avait évité à Krystin Rosmerta de nombreux ennuis.

 

— « Qui va là ? » Demanda-t-elle d’un ton autoritaire. « Le pub est fermé. Revenez demain. »

 

— « C’est moi Rosmerta ! » répondit de manière empressée l’intrus derrière la porte. « C’est Diggory ! »

 

Les yeux de Krystin s’écarquillèrent en une charmante expression de surprise.

 

— « Amos ? » questionna-t-elle, intriguée.

 

— « Il est mort ! Mort ! » Hurla-t-il. Krystin ouvrit la porte avec précipitation, oubliant toutes les consignes de sécurité contre le sortilège de l’impérium que ressassait à longueur de journée la gazette du sorcier.  Encore un autre mort. Krystin craignait d’apprendre son nom. Elle avait déjà perdu trop d’amis.

Cependant, l’air de jubilation qui déformait les traits vigoureux d’Amos Diggory la fit douter.

 

« Qui est mort ? »

 

« Il est mort. » Répéta Diggory, incapable de réprimer sa joie.

 

« Tu veux dire... Lui ? » Krystin pointait sur Diggory ses yeux avec insistance, ayant saisi son épaule qu’elle serrait avidement. Au creux de son ventre, elle pouvait sentir le vent de l’espoir lui secouer les tripes. Gentiment d’abord, puis brutalement, crispant ses muscles, bloquant sa respiration. Tout en elle implorait Diggory de la soulager, par un simple « oui », de plusieurs années d’angoisses. Cependant, ce fut un par un long rire euphorique que Diggory apporta la confirmation. Il était mort. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, vaincu. Elle attrapa Diggory et le serra contre lui, l’écrasant presque de sa joie nouvelle, sa gaieté libérée. Les yeux embués de larmes, hoquetant de rire, Krystin pouvait néanmoins entendre les prémices d’un monde acculé qui revient à la vie.  Partout dans Pré-au-Lard résonnaient des rires, des hurlements de joie, l’ébauche d’un avenir meilleur. Il était mort !

 

— « Rosmerta, ouvre une bouteille ! Vite ! » Cria quelqu’un dans son dos. Elle se retourna et aperçut Pius Shafiq qui avait pénétré dans son pub, et qui fouillait derrière le comptoir à la recherche de vivres. Lui aussi avait les yeux brulants de larmes. Elle remarqua, à sa grande surprise, que pendant qu’elle célébrait son bonheur dans les bras de Diggory, une dizaine de sorciers étaient entrés aux Trois balais et que d’autres affluaient encore. Il y avait Bathsheba Babbling accompagné de son époux, Thitrus, le vieux Herbert Beery, appuyé sur sa canne et même ce bon Arnold Bondupois dont la guerre n’avait pas épargné l’embonpoint. Tant de sorciers qu’elle n’avait plus vue fréquenter son pub depuis des mois. Elle laissa échapper un long soupir heureux, essayant de retrouver ne serait-ce qu’une seconde la pleine maitrise de ses pensées puis se dirigea vers le comptoir, songeant avec bonheur que la nuit serait longue.

 

Longue, elle le fit. Chacun allait et venait dans son pub, les yeux gorgés d’une expression nouvelle, une expression de liberté. Chacun faisait jaillir des éclairs lumineux de sa baguette qui venaient lécher goulument des visages émerveillés. Des feux d’artifice explosaient dans le ciel, virevoltant follement au milieu des étoiles dont l’éclat paraissait plus intense que jamais. Une course de balais s’était improvisée, bien qu’aucun sorcier ne semblait véritablement en mesure de conduire. Les balais s’alignaient gauchement les uns à la suite des autres, tentant, dans une pathétique et euphorique chevauchée, d’atteindre l’adversaire devant soi, sans pour autant être capables de voler plus que quelques mètres. Les rumeurs allaient bon train. D’aucuns prétendaient que c’était la ministre de la magie, Milicent Bagnold elle-même, qui avait vaincu le mage noir. La plupart accordaient à Albus Dumbledore le statut de sauveur tandis qu’une rumeur absurde voulait qu’un bébé soit à l’origine de la mort de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Mais dans la confusion générale, chacun riait, exultait, buvait, et peu se souciaient réellement pour l’instant de connaître le fin mot de l’histoire. Ce fut Rufus Scrimgeour qui apporta les premières vraies nouvelles, deux heures après qu’Amos Diggory ait surgir de derrière la porte de Krystin. Il fit une entrée fracassante aux Trois Balais, la baguette pointée vers le ciel, le regard déterminé. Le pas décidé, il avait saisi Krystin par la taille et l’avait voracement embrassé sous les hourras de la foule. Krystin laissa échapper un rire chaleureux, saluant avec humour le renouveau de la tendresse. Après que Scrimgeour ait fini de boire sa pinte, ce qu’il fit avec son autorité habituelle, conservant cette énergie qui ne l’avait jamais quitté pendant la guerre, une nuée de sorciers s’agglutinèrent autour de lui, impatients de connaître le récit des évènements qui avait eu lieu en cette nuit d’Halloween. Il prit un visage sérieux, et son torse s’étira longuement vers le ciel, ce qui lui conféra une aura presque mystique.

 

— « Il a été tué par Harry Potter. » Des murmures s’élevèrent de part et autre du comptoir. Krystin, les mains occupées par une bierraubeurre qu’elle servait, considérait Scrimgeour d’un air curieux.

 

Amos Diggory rit bruyamment avant de s’exclamer avec emphase.

 

— « Tu veux parler de James Potter. Voyons, Scrimgeour, Harry n’est qu’un bébé. »

Scrimgeour secoua la tête avec agacement.

 

— « Je sais encore ce que je dis Amos. Pas comme toi qui ne tiens déjà plus sur tes deux jambes. C’est le petit Harry qui à tuer Vous-Savez-Qui. »

Un long silence suivit sa déclaration. Krystin, au bout d’un instant, osa formuler la question qui la taraudait.

 

—«  Mais, et James Potter, que lui ait-il arrivé? »  La figure de Scrimgeour prit un air féroce et il annonça d’un ton abrupt.

— « Mort. Lily Potter également. » La communauté sorcière accusa le coup. Krystin posa un regard mélancolique sur le fond de son pub et il lui paraissait apercevoir James et ses cheveux en bataille en train de la saluer dans la foule.

 

Cependant, aucun des autres sorciers présents n’était réellement peiné par la nouvelle de la mort des Potter. En d’autres circonstances, le décès de deux sorciers courageux et admirés aurait probablement ajouté à la tristesse et la morosité ambiante, mais ce soir là, il ne semblait pas leur faire plus d’effet que l’ennui léger que provoquait une mouche insistante. Seule la curiosité dominait leurs pensées. Bien malgré elle, la soif de savoir de Krystin Rosmerta l’emporta également sur tout désir de recueillement et elle fit bientôt partie de ceux qui noyaient de questions Scrimgeour.

 

— « Pourquoi Vous savez qui voudrait-il tué un bébé ? Est-il spécial ? »

 

— « Comment a-t-il trouvé les Potter ? J’ai entendu dire qu’ils étaient protégés par Dumbledore ? »

 

— « Le petit Potter est-il également un mage noir ? Il n’y a que les mages noirs qui peuvent vaincre la mort ! »

 

— « ça suffit » rugit Scrimgeour avec humeur, faisant taire tout le monde. Il haranguait l’assistance de son regard furieux et chacun se ratatina devant la puissance de son visage. Krystin osa tout de même poursuivre. Elle saisit le bras de Scrimgeour avec douceur et l’encouragea avec chaleur.

 

— « Rufus, dites-nous. Que s’est-il passé ? »

 

Scrimgeour s’apaisa soudainement et ses yeux s’emplir d’une fureur différente lorsqu’il les posa sur Rosmerta. Il tenta de maitriser sa voix, mais le claquement houleux de sa langue contre son palais trahissait son excitation.

 

— « Personne ne le sait vraiment. Vous-Savez-Qui recherchait les Potter depuis longtemps. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais James et Lily étaient de courageux sorciers qui ont posé de nombreux problèmes à Vous-Savez-Qui. Quoi qu’il en soit, c’est après eux qu’il en avait cette nuit. Il a trouvé la maison des Potter et a d’abord assassiné James avant de s’attaquer à Lily. On raconte qu’ils ont tous les deux farouchement tenté de sauver leur fils. Évidemment, aucun d’entre eux n’était de taille à lui résister. Une fois les parents abattus, Vous-Savez-Qui a décidé d’en finir une fois pour toutes et d’éliminer également le bébé. Pourtant, lorsqu’il a pointé sa baguette sur Harry, le sort qui devait le tuer s’est retourné sur lui. La maison a explosé, ne laissant qu’un seul et unique survivant, Harry Potter. C’est le seul qui ait jamais pu résister à un sort de mort. C’est le seul qui y est jamais survécu. » Il attrapa Krystin par la main et dessina lentement quelque chose sur son front avec son doigt. « L’enfant n’a rien, excepté une seule et petite cicatrice, en forme d’éclair, sur le front. »

 

Les sorciers accusèrent plusieurs halètements de surprise. Bientôt le gazouillis excité des chuchotements se métamorphosa en un puissant vacarme.

 

Aux trois balais, on n’avait plus que le nom d’Harry Potter à la bouche. Le garçon qui a survécu.

 

Pourtant, Krystin Rosmerta ne parvenait pas à se joindre aux discussions des autres. Inexplicablement, elle restait immobile, en proie à un vertige soudain. Son caractère aurait dû lui dicter de tenter de déceler les secrets les plus sombres entourant la disparition de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom et de l’assassinat des Potter mais la seule image qui lui venait en tête était celle d’un jeune garçon, aux cheveux noirs et aux lunettes carrées pénétrant avec aplomb pour la première fois aux Trois Balais. Elle l’avait repéré tout de suite celui-là, avec ses postures grandiloquentes et théâtrales, sa façon de parler fort et son air malicieux. Lui et Sirius Black, elle les avait pris pour des chapardeurs... Elle s’assit brutalement sur une chaise pour ne pas tomber au sol. Sa tête lui causait soudainement une horrible douleur. Elle ne le connaissait pas si bien pourtant, mais de tous les élèves de Poudlard, Sirius Black et James Potter étaient ceux avec lesquels elle avait le plus discuté. Ils étaient si drôles... Black et Potter lui avait même fait du gringue une fois. Elle gloussa malgré elle. Ils avaient dix ans de moins qu’elle.

 

« J’aimerais porter un toast à Harry Potter. » S’écria bientôt Arnold Bondupois. Il fut aussitôt acclamé par l’entièreté du pub qui se mit à scander avec véhémence le prénom du petit Potter.

Elle savait que James avait rejoint l’ordre du phénix il y a quelques années de cela, après sa sortie de Poudlard. Une partie des élèves qu’elle avait vue grandir de loin en faisait parti et Krystin Rosmerta louait leur courage. Elle en avait été incapable. Sa seule opposition contre le mage noir se résumait à tenir son bar tout les jours, coute que coute. Elle pouvait se féliciter d’avoir réussi au moins ça. Un poids vint soudain alourdir sa poitrine. Tant d’enfants étaient morts. James Potter n’était qu’un enfant.

 

Elle se serra une pinte d’hydromel pour tenter de se réchauffer face à l’étrange fraicheur qui s’emparait d’elle. Elle but d’une traite le liquide qui ne parvint qu’à lui donner la nausée.

 

— « ça n’a pas l’air d’aller Rosmerta. » Murmura une voix grave à la gauche de Krystin.

Bathsheba Babbling, les mains soigneusement posées sur sa robe de soie verte, contemplait Krystin d’un œil pénétrant. Son visage accusait quelques rides, mais l’éclat de sa peau ajoutait à ses gestes une aura lumineuse. Plus que sa beauté, ses traits anguleux, ses mouvements lents et ses yeux si mélancoliques inspiraient un respect sincère. Elle enseignait l’étude des runes à Poudlard depuis plus de trente ans. Krystin avait rarement discuté avec elle et ne pouvait donc avoir un avis objectif sur sa personne. La seule chose qu’elle lui reprochait, c’était de consommer trop peu.

 

— « J’ai bien connu Lily Evans. ». poursuivit Babbling. « Une de mes élèves préférées. Charmante et d’une intelligence remarquable. J’ai rarement côtoyé de sorciers aussi vifs d’esprit qu’elle. Une enfant très appréciée des autres élèves également. Je ne connais personne qui soit en mesure d’émettre la moindre critique envers elle. »

 

— « Je ne la connaissais pas vraiment. » Admit Rosmerta. Elle se souvenait simplement d’un joli brin de fille, extrêmement courtoise, qui se faisait constamment suivre par Potter.

 

— « James, par contre », continua Babbling sans prêter attention à l’intervention de Krystin, « c’était une autre paire de manches. Évidemment, je ne l’ai jamais eu dans mon cours. Il a choisi divination. Je me console en songeant qu’il considérait simplement ma matière comme trop sérieuse pour lui. Un sacré numéro. Il se passait rarement une journée sans que l’un des professeurs se plaigne de lui ou au contraire loue ses qualités. Une puissance magique exceptionnelle d’après certains, un esprit vantard et impertinent selon d’autres. Je n’ai jamais eu l’occasion de me faire ma propre opinion, même si je dois avouer que lui et ses amis ont maintes fois égayé la grande salle par leurs farces. Je ne suis pas étonnée que Lily ait épousé un homme comme lui. C’est si triste. Deux jeunes gens si doués et personne à part nous deux pour pleurer leur mort. Ils se réjouissent et oublient que des vies ont été brisées. Ils portent en étendard le nom de Harry Potter, mais ignorent volontairement qu’il ne connaîtra jamais ses parents. Les sorciers sont parfois bien égoïstes. Plus personne ne semble se souvenir que c’est pour les sauver eux que les Potter se battaient. Et vous, Rosmerta, vous le connaissiez ? »

Krystin sursauta légèrement en entendant son nom. Elle ne s’attendait pas à ce que Babbling lui pose la question et elle fut surprise de ne savoir que répondre.

 

« Eh bien... Hésita-t-elle. Lui et ses amis avaient le nez régulièrement fourré dans mon pub. Nous discutions, parfois. Il me faisait rire. Il ne m’a jamais causé d’ennui et me ramenait toujours un petit quelque chose pour Noël. Oh, trois fois rien... » dit-elle en hoquetant légèrement. « Une boite de dragées surprise. Une sucette en sucre. Une année, lui et ses amis m’ont fabriqué une magnifique enseigne qui arrosait les clients qui sortaient de mon pub trop éméché. Pour leur remettre les idées aux clair ont-ils dit.  Cette enseigne était drôle ! Malheureusement, au bout de quelques mois, l’enseigne s’est rebellée et elle envoyait de l’eau à tous ceux qui osaient franchir la porte des Trois Balais. Je ne pouvais plus faire un pied en dehors de chez moi sans me retrouver trempée ! » Elle rit franchement au souvenir de cette anecdote. « Il était toujours après sa Lily, mais ses tentatives de séduction n’étaient jamais très efficaces. Un jour, il a arraché des fleurs pour elle dans le jardin de Beery pour les lui offrir. Malheureusement, il a choisi une espèce de plante belliqueuse. Je ne vous raconte pas la tête de Lily lorsque le bouquet s’est mis à lui frapper le crâne. Elle lui a lancé son jus de tomate au visage. L’état dans lequel il se trouvait ensuite ! Le pauvre, il était tout penaud ! Je lui ai offert une bierraubeurre pour le consoler. » L’éclat de rire de Krystin Rosmerta s’étira longuement, suspendu dans l’air festif du bar. Mais bientôt les soubresauts délicats qui agitaient sa gorge laiteuse gonflèrent jusqu’à devenir des sanglots.

 

C’était absurde. La guerre était finie. Pourquoi pleurait-elle ? Babbling exerça une pression réconfortante sur l’épaule de Krystin, mais resta silencieuse. Tordant dans sa main un torchon sale, elle laissa divaguer, honteuse, son regard vers une des tables. Elle eut le sentiment d’être entrainée un an plus tôt, lorsque le bar était vidé des éclats de rire de ce soir et qu’elle voyait James Potter pour la dernière fois. Des bribes d’images lui revinrent en mémoires, l’écho d’une voix commençait à se dessiner. Elle se souvenait si bien…

 

— « Tu sais que je suis surveillé. Tu ne devrais pas venir ici. Si les mangemorts te trouvaient… » lui avait –elle dit alors avec agacement tandis qu’elle lui servait un verre. Le pub était vide et la nuit avait depuis longtemps recouvert Pré-au-Lard.
Le rire franc de James avait aussitôt soulagé son irritation.

 

— « Mais où irais-je dans ce cas pour boire une aussi bonne bierraubeure ? La guerre ne signifie pas que l’on doive se priver de toutes les bonnes choses de la vie n’est-ce pas ? Voldemort lui-même comprendrait, je suis certain qu’il s’empiffre de chocogrenouilles dès que les mangemorts ont le dos tourné. »

 

Krystin avait haussé les épaules et s’était assis à sa gauche.  James semblait fatigué ce soir-là. Le dos vouté, le teint terne, il serrait son verre avec mollesse. De lourdes cernes encerclaient ses yeux bruns qui conservaient cependant une lueur chaleureuse. Il revenait d’une mission pour l’ordre.

 

— « Ne prononce pas son nom James. Je ne comprends pas que Dumbledore envoie de si jeunes gens dans des missions si périlleuses. Tu n’as donc jamais peur ? »

 

James avait incliné sa tête sur le côté, comme si elle devenait soudainement trop lourde pour lui. Il avait perdu de la superbe énergie qui le caractérisait lorsqu’il était à Poudlard. Il paraissait moins confiant, moins assuré, plus fragile. Pourtant, cette fragilité nouvelle, bien qu’elle lui faisait perdre sa théâtralité exubérante qui en amusait certains et en agaçait beaucoup d’autres, loin de le rendre moins beau lui octroyait une splendeur différente. Plus réelle, plus humaine. Il sembla ce soir-là dans les yeux de Krystin Rosmerta que l’humilité récente qui s’affichait sur lui le rendait tout à la fois pathétique et sublime et elle aurait voulu le serrer dans ses bras comme on serre un enfant blessé. Des années plus tard, nombreux furent ceux qui applaudissaient son courage, mais aucun n’eut l’idée de vanter sa faiblesse qui lui donnait toute sa bravoure.

 

— « Si, tout le temps. » Avait-il soupiré. « Mais c’est pour ça que je me bats. Et pour mon fils. »
Les grands yeux bleus de Krystin s’étaient élargis sous la surprise. James avait eu un imperceptible sourire.

 

« Evans..?»

« Enceinte, oui. » Il s’était levé difficilement, sa bierraubeurre à moitié pleine, le corps chancelant, mais une expression radieuse sur le visage.

 

— « Dans ce cas, tu ne crois pas que tu devrais faire plus attention à toi ? » Krystin avait désigné d’un coup d’œil la longue estafilade qui abimait joliment sa joue.

 

— « J’ai toujours pensé que la meilleure façon d’éviter le danger, c’était de foncer droit sur lui. Et c’est un principe que j’ai toujours eu à cœur de respecter. » Rit-il.

 

— « Et maintenant ? »

 

Son visage prit une teinte grave. Krystin n’avait jamais vu une telle expression sur le visage de James Potter.

 

— « Maintenant, peut-être que ce sera différent. Maintenant que je vais être papa. » Il savoura longuement le mot, comme s’il en prenait la pleine mesure, jonglant amoureusement avec sa sonorité. « Mais Lily et moi souhaitons qu’il vive dans un monde paisible. Qu’il grandisse dans autre chose que la peur. C’est pourquoi nous nous battrons jusqu’au bout. »
Il se dirigea lentement vers la porte et le terrible sourire qu’il adressa à Krystin valait toutes les explications du monde. Il se battait, car il n’avait pas le choix.
— « A bientôt Rosmerta. » Avait-il murmuré dans une infinie tendresse. « Quand nous nous reverrons, je suis certain que toute cette merde sera terminée. »

 

Désormais, James Potter avait disparu et des sorciers empâtés occupaient la table ou il avait bu sa bierraubeurre. Elle ne le reverrait plus.

 

Elle se racla la gorge, tentant de chasser les prémices d’un tremblement acide dans la voie, encore ébranlée par l’émotion intense de se souvenir.

 

— « J’aimerais porter un toast en la mémoire de James et Lily Potter. » Déclara-t-elle bruyamment. Les occupants du pub la regardèrent, intrigués.

 

 

« À James et Lily Potter ! » s’exclama-t-elle. Elle fut rapidement imitée par les autres sorciers du pub, qui se joignant à elle, brandirent le nom des deux vaincus devant eux, le faisant résonner dans Pré-au-Lard.
« À James et Lily Potter ! » répétèrent-ils
« À James Potter. » Chuchota Krystin Rosmerta à l’adresse de la chaise vide qu’il avait occupé il y a des mois de cela. 
James avait raison. Tout était fini maintenant. Il avait gagné. Avec un peu de chance le petit Harry Potter ne connaîtrait jamais la guerre.

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.